La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- Paris. Un an................................. 20 fr. »
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- AVEC LES TABLES DES DIX PREMIÈRES ANNÉES ET DE LA 2e SÉRIE DES ANNÉES SUIVANTES
- l'pris. __ Imprimerie Laiiurf., rue de Fleuras, 9.
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- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- DIRECTEUR
- HENRI DE PARVILLE
- YINGT-SIXIÈME ANNÉE
- 1898
- DEUXIÈME SEMESTRE
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- PARIS
- MASSON ET C", ÉDITEURS
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- 20° ANNÉE. — N° 1505.
- i JUIN 1898.
- LÀ NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET I)E LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LA TÉLÉGRAPHIE SANS FILS
- EXPÉRIENCES DE M. DUCRETET
- Un commit aujourd’hui les expériences de Hertz, dont nous avons parlé à plusieurs reprises1, et qui permettent de transmettre à distance des rayons
- électriques comparables aux rayons lumineux. Ce effets sont obtenus à l’aide d’une bobine de Ruhm-korff, d’un oscillateur spécial et d’un résonnaleur. L’oscillateur consiste en principe en deux sphères métalliques, polies, mises en communication avec des surfaces métalliques formant capacité. Ainsi que
- l’oste transmetteur. l'ostc récepteur.
- La télégraphie sans lits.
- l'ont indiqué MM. de la Rive et Sarazin, on augmente la production des ondes considérablement en faisant éclater l’étincelle dans un liquide isolant. Lorsque l’oscillateur fonctionne, on constate les effets à distance, à l’aide d’un conducteur discontinu en forme de cercle qui constitue le résonnatcur; entre les deux extrémités du conducteur jaillit une petite étincelle induite.
- 1 Voy. n° 838, du 22 juin 1889, p, 51. année. — 2e semestre.
- C’est là le principe fondamental de la production et de la transmission des ondes hertziennes à distance d’une façon analogue aux ondes lumineuses, suivant la théorie de Maxwell ; l’expérience est venue appuyer cette, théorie d’une façon éclatante.
- Nous ne rappellerons pas ici tous les essais entrepris avec les ondes hertziennes ; nous nous contenterons de mentionner ce qui peut être utile pour notre sujet.
- En 1890, M. E. Branly inventa les radioconduc-
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- teurs, qu’il a décrits ici lui-mème dans un précédent article1. Ces appareils sont des révélateurs très s'lisibles, même à grande distance, des ondes émises. C’est en utilisant ces appareils et les principes dont nous venons de parler que M. le professeur russe Popofî réalisa en 1895 des expériences de télégraphie sans fils; il avait imaginé un appareil pour enregistrer les ondes électriques produites par les perturbations atmosphériques et transmettre à distance des signaux qui étaient enregistrés par un récepteur en utilisant le code Morse. Ces mêmes expériences lurent reprises par M. Marconi en 1896.
- Dernièrement, M. Dueretet, à l’exposition de la Société française de physique et à l’Académie des sciences, a repris avec succès toutes ces expériences, et a obtenu des résultats vraiment curieux.
- Poste transmetteur. — Dans la figure ci-jointe, n ms avons supposé un poste transmetteur à gauche et un poste récepteur à droite. Les divers appareils sont représentés comme ils se trouvent disposés pour l’expérience, et réunis par des fils d’une façon schématique. Le courant envoyé par une petite source d’énergie électrique P' arrive d’abord à Vinterrupteur figuré en 1 et dont nous allons expliquer la fonction. Ce courant sert uniquement à mettre en marche le petit moteur placé à la partie supérieure de l’interrupteur. Ce dernier est à mercure renfermé dans le godet K; au-dessus se trouve de l’alcool protégé par un couvercle. métallique ; la tige verticale interruptrice est commandée par l’arbre du petit moteur électrique ; elle est animée d’un mouvement alternatif rectiligne. On a été obligé de prendre ces dispositions pour l’interrupteur parce que les étincelles de rupture qui jaillissent dans l’air produisent un échaulîement élevé détériorant les surfaces métalliques et empêchant la marche régulière de la bobine d’induction. Un courant arrive en P d’une source extérieure, vient aux bornes du commutateur placé sur la planche de l’interrupteur à droite, sort par le fil a, vient «à la deuxième borne de la bobine, traverse le circuit inducteur, ressort par l’avant-dernière borne et, par le fil b, arrive à un.manipulateur M figuré en o. Cet appareil consiste en une tige verticale que l’on enfonce à la main dans un liquide isolant pour appuyer sur une partie métallique et fermer le circuit. Il permet d’envoyer le courant dans le circuit primaire de la bobine d’induction par longues et par brèves. A la sortie du manipulateur 1 * courant remonte par le fil c à une borne de l’interrupteur, puis traverse une tige verticale, le godet à mercure K revient au commutateur et de là à la source du courant P. Les deux bornes extrêmes de l’interrupteur sont reliées par des fils e et d an condensateur de la bobine d’induction. Les fils /‘et g du circuit induit de la bobine sont reliés aux bornes extrêmes de Voscillateur (n° 4). Dans une cuve R, remplie de liquide isolant, se trouvent deux sphères A et B dont on peut régler à volonté la distance. L'étincelle jaillit entre ces deux boules; on peut
- 1 Voy. n° 1301, du 1 mai 1808, p. 354.
- l’observer en 0. Un des lils d’une borne extérieure est relié en h à la terre; l’autre eu i aboutit à une tige verticale isolée et portée sur un tabouret.
- Nous avons ainsi tous les appareils nécessaires au poste transmetteur. Nous fermons d’abord le circuit du courant P' à l’aide d’un petit interrupteur placé sur le côté, nous mettons en marche le moteur de l’interrupteur. Nous fermons ensuite le commutateur placé sur la même planche, et, à l’aide du manipulateur M, nous établissons une série de contacts brefs ou longs. Nous produisons ainsi entre les sphères A et B des étincelles, et une série de décharges longues ou brèves. Les ondes électriques sont transmises à distance à travers l’espace, et nous allons les recueillir au poste récepteur.
- Poste récepteur. — Dans ce poste récepteur, placé à droite de notre figure, nous trouvons d’abord à distance dans la campagne une tige verticale destinée à recueillir les ondes électriques, semblable à celle qui se trouvait au départ du poste transmetteur. En F est le tube radioconducteur avec un frappeur automatique G qui vient toucher le tube après chaque réception et le remettre en son état primitif. Le deuxième fil est relié à la terre T. Ces conducteurs font l’office de collecteurs des ondes électriques, ils ont été employés par M. Popofî. Dans le poste sont un relais polarisé R très sensible, une sonnerie d’appel S, un enregistreur Morse, et un deuxième relais R' pour fractionner les éléments de la pile locale qui fait fonctionner l’appareil dès que le radioconducteur est en action. L’enregistreur Morse de M. Dueretet est automatique; il enregistre alors, sans l’aide d’aucun télégraphiste, toutes les ondes électriques émises soit dans l’atmosphère, soit par le poste récepteur ou toute autre source. M. Dueretet a disposé un enregistreur horaire à marche continue pendant huit jours pour enregistrer les ondes électriques et atmosphériques dans les observatoires.
- Ces expériences offrent, on le voit, un grand intérêt ; elles montrent que l’on a bien résolu un problème que l’on n’eùt même pas osé énoncer, il y a quelques années. J. Laefargue.
- LES COMBUSTIONS SPONTANÉES
- DANS LA MARINE AMERICAINE
- La perte du Maine a-t-elle été causée par l’explosion d’une torpille de fond, mise en feu par quelque sous-offieier trop zélé, ainsi que le pense le gouvernement des États-Unis, ou est-elle due à une combustion spontanée du charbon emmagasiné dans les soutes du bâtiment, comme le suppose le gouvernement espagnol ?
- Ce qu’il est permis d’affirmer c’est que les combustions île charbon à bord des navires de guerre américains ou dans les docks sont extrêmement communes. Depuis juin 1894, on n’en a pas compté moins de vingt sur dix navires. La fréquence de ces accidents a ému l’amirauté américaine qui, à la fin de l’année dernière, a décidé d’entreprendre une enquête sur les causes de ces combustions et sur les moyens de les prévenir. Cette étude lut confiée à trois ofli-
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- ciers do la marine, le lieutenant Griflin, l’ingénieur Mac Farland et le chimiste Westerson. Dans un volumineux rapport, daté du 27 janvier dernier, ces officiers établirent ce qu’avait démontré dès 18761e professeur Vivian Lewes du Collège royal de Greenwich, les causes du phénomène de la combustion. Ils prouvèrent que certaines qualités de charbon se prêtent mieux que d’autres à ces inflammations ; que les Etats-Unis ne possédaient qu’un nombre très restreint de mines de charbon non dangereux; que peut-être on pourrait écarter le péril avec des briquettes-Ils terminaient leur rapport en engageant l’amirauté à faire des expériences avec des mélanges de charbons américains à la suite desquelles on adopterait le type qui présenterait le plus de sécurité.
- A-t-on donné suite au vœu formulé par la commission d’enquête? Nous l’ignorons. Mais nous ne serions pas surpris que ces expériences aient été renvoyées à une date ultérieure, à cause des dépenses, d’ailleurs assez faibles, qu'elles doivent entraîner. Jusqu’à présent les États-Unis pensaient qu’ils n’avaient besoin ni d’une grosse armée ni d’une marine puissante. Il en résulte que la flotte américaine est loin d’être celle qui convient à un peuple qui a tant d’intérêts à protéger sur tous les points du globe. À l’exception de quelques imités récentes, ses navires sont vieux, usés, démodés, mal armés. Aussi voyons-nous les Américains réduits, pour faire face au conflit avec l’Espagne, à acheter de tous côtés des navires d’occasion. Ils ont en revanche un personnel officier de premier ordre ; comme instruction et bravoure, il ne le cède à personne. Raison de plus pour le mettre le plus tôt possible à l’abri d’accidents tels que celui qui, si l’on en croit les Espagnols, a coûté la vie à tant de braves gens devant la Havane. L. R.
- OBSERVATION PHOTOGRAPHIQUE
- d’une occultation
- Le 25 février 1898, M. Edward King, astronome a l’Observatoire de Harward College, a obtenu pour la première fois l’enregistrement photographique d’une occultation d’étoile par la Lune.
- L’appareil employé était celui qui sert couramment à l’Observatoire pour photographier les éclipses des satellites de Jupiter. La plaque sensible, placée près du foyer de la lunette astronomique, reçoit à chaque seconde un déplacement produit par un électro-aimant relié à une pendule sidérale. Elle s’avance d'une faible longueur, donne une série d’images de l’étoile jusqu’au moment de sa disparition. M. King a trouvé que l’occultation de l’étoile 26 Bélier dont il s’agissait s’est produite le 25 février 1898 à 6h 35™ 50%06.
- D’après les expériences faites par MM. Henry, à l’Observatoire de Paris, en 1886, les durées de pose nécessaires à la formation des images photographiques des étoiles sont données ci-après: lre grandeur, 0%005; 2e grandeur, 0%01 ; 5e grandeur, 0S,03 ; 4° grandeur, 0',1.
- L’intensité de l’image étant proportionnelle à la durée d’exposition, on peut conclure de son examen la fraction de seconde pendant laquelle la plaque a été impressionnée.
- D’après Astrophysical Journal, un procédé analogue avait déjà été essayé par l’astronome Bond qui avait obtenu des photographies de la lune et de l’Épi de la Vierge le 2 juin 1857; mais les plaques n’étaient pas alors assez sensibles pour permettre d’apprécier un phénomène instantané. L. Bardé.
- LES VINS SALES
- Il faut plaindre les chimistes-experts qui ont à répondre à la question sacramentelle : « Tel vin est-il naturel?... » Le vin n’en a pas l’apparence parce que sa composition s’éloigne de la moyenne. Et, cependant, il peut être naturel. Voici un exemple curieux. D’après la loi du 11 juillet 1891 (article 25), un vin est falsifié s’il renferme plus de 1 gramme de chlorure de sodium (sel maiin) par litre. Or, on a rencontré depuis 1891 beaucoup de vins contenant plus de 1 gramme de sel marin. Ces vins étaient-ils dont falsifiés? En Algérie, on soutenait, au contraire, que des vins absolument purs de cer laines régions renfermaient naturellement des proportions beaucoup plus considérables de sel. M. Edm. Bonjean fut chargé par le Comité consultatif d’hygiène publique d’aller étudier sur place les vins de la province d’Oran. L’enquête fut faite dans des régions situées sur les bords des lacs salés de l’Oranic : Misserghin, Bou-Ya-Cor, Quatre-Chemins, Saint-Cloud, la Senia. M. Bonjean préleva des raisins sur pied et sur treilles, les écrasa et en fit du vin. 28 échantillons furent examinés. L’analyse lui révéla dans quelques vins la proportion admise; mais, dans la plupart, elle était doublée, triplée et même plus que quintuplée. Les vins des régions salées renferment des proportions anormales de sel.
- Ces faits montrent jusqu'à quel point le chimiste-expert doit être prudent quand il dépose ses conclusions sur les falsifications des substances alimentaires et en particulier sur la falsification des vins. Les vins salés de l’Oranie sont falsifiés, d’après la loi, et, cependant, ils sont naturels. El nunc erudimini ! Flamel.
- MARMITES TORRENTIELLES
- Les touristes qui ont visité Lucerne connaissent aussi, sans aucun doute, le fameux Gletscheryarten ou Jardin des Glaciers. Ils se rappellent ces trous aux parois lisses, ces cavités superbes qu’on nomme Marmites de géants ou Moulins de glaciers; ces trous ont été formés par l’action des eaux qui ruisselaient autrefois des grands glaciers de cette région; ces eaux roulaient et tourbillonnaient en entraînant' avec elles des quartiers de roches plus ou moins dures et des débris de toute espèce, qui, doués ainsi d’un puissant mouvement de rotation, creusaient dans la roche des cavités de plus, en plus profondes; l’effet était vaguement analogue à celui que produit une vrille en tournant dans un trou.
- Ce phénomène est très commun; mais les eaux ruisselant des. glaciers ne sont pas seules à le produire. Dans les cours d’eau, partout où naissent des tourbillons, faisant tourner des galets de roches dures, il peut se former des marmites qu’on appelle en ce cas « marmites torrentielles » ou « fluviales ». Elles abondent dans les parties rapides des torrents et des fleuves et au pied des grandes chutes d’eau, cascades ou cataractes.
- On a mesuré avec exactitude les dimensions de bien des marmites glaciaires : par exemple, la plus grande et la plus belle du Gletscheryarten de Lucerne a 9m,5U de profondeur et 8 mètres de dia-
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- mètre; au col de Maloja, parmi les marmites qu’on a récemment découvertes et déblayées, on en a trouvé une qui n’a pas moins de 11 mètres de profondeur avec un diamètre de 6 mètres. On a mes iré aussi bien des marmites torrentielles; c’est ainsi que, malgré les difficultés extrêmes de l'observation, on a pu s’assurer qu’au pied de la chute du Niagara, il s’en était formé une de 50 mètres de diamètre.
- Combien a-t-il fallu de temps pour la formation des marmites glaciaires ou torrentielles? Est-ce des dizaines d’années on des dizaines de siècles?
- I nc première réponse à cette question vient d’être donnée par M. Jean Urunhes, professeur à l’Université de Fribourg (Suisse) '.
- Un peu en amont de Fribourg, au sommet d’un des nombreux méandres de la Sarinc, en un point où l’éboulement de la partie supérieure de la falaise mollassique avait rétréci le lit, raccourci le cours, et accru par suite la déclivité, on a profité de ces circonstances pour construire un barrage et créer une chute d’eau dont la force est aujourd’hui exploitée par une usine électrique : c’est le barrage de la Maigrange, dont la construction a été commencée en 1870 et terminée en 1872. On a creusé à la même époque, à travers le promontoire de mollasse qui formait la rive convexe du méandre, un canal de décharge, long de plus de 100 mètres, légèrement incliné, et qui se termine par une chute de 9 mètres (fig- !)•
- Ce canal, séparé du réservoir d’amont, dit Lac de Pérolles, par une chaussée de 0m,80 de hauteur, est relativement étroit par rapport à la surface du réservoir : les eaux y atteignent souvent la hauteur de 1 mètre, et même deux mois et demi ou trois mois par an le niveau dépasse 1 m,80 ; lors de la crue
- 1 C. R. Acad, des Sc., 14 février 1898. — M. Brunhes ne sc contente pas d’être un géologue distingué ; tout récemment l’Académie française vient de lui attribuer le prix d’éloquence pour son travail sur Michelet.
- exceptionnelle du o octobre 1888, les eaux s’y sont élevées au-dessus de 4 mètres. 11 faut remarquer enfin que le canal, dont l’ouverture est de 55 mètres, va se rétrécissant et a seulement 28 mètres dans sa partie centrale : on comprendra aisément que dans la masse d’eau qui s’écoule par ce déversoir, il se produise de très nombreux tourbillons : le canal de décharge est une sorte de « rapide ».
- Aussi le lit du canal, surtout en aval du resserrement, est-il semé de nombreuses marmites (fig. 2), que M. Urunhes a pu observer, vider et mesurer au mois de novembre dernier, grâce à une sécheresse exceptionnelle qui avait mis à découvert le fond du canal durant une semaine. La 'plus profonde des
- marmites est celle qu’on aperçoit sur la gauche de la figure 2 : elle a une ouverture vaguement elliptique ; ses deux diamètres sont
- SE - NW = 0»,535 et
- NE —SW =0-,712;
- sa profondeur maxima est de lm,21. Si l’on songe qu’il y a 25 ans le fond du canal a été établi par des ouvriers avec la régularité approximative d’un canal horizontal, on peut affirmer que ces cavités ont eu besoin pour leur formation du maximum d’un quart de siècle.
- Bien mieux, à l’extrémité du canal de décharge, sur la rive gauche en aval, on a construit en 1879-1880 une échelle à poissons qui se composait de gradins tous légèrement creusés en auges vers l’amont : c’était là une disposition très favorable à la production des marmites, et adoptée comme en vue d’une expérience; en effet, a chaque gradin, une marmite s’est rapidement formée. Aujourd’hui, au bout d’une période de moins de 18 ans, l’échelle à poissons est en partie démolie; la plus grande marmite se trouve au bas de l’échelle, au-dessous d’une chute de 2m,815, et elle constitue une sorte de sac relativement très étroit : les deux diamètres en croix à bipartie supérieure sont 0m, 90 et 1 mètre; la profondeur est de 5m,27. Ainsi une marmite dé o'n,27 de profondeur a pu se former en moins de 18 ans.
- Fig. 1.— Le canal Je décharge de la Maigrange, vu d’aval.
- (Au moment où la photographie a été prise, le canal était à peu près à sec, et la chute était gelée.) (Cliché de M. J. Brunhes.)
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- M. Jean Rrunhes a encore étudié en détail les formes et la structure intérieure de ces curieuses cavités ; ses pho-f o g r a p h i e s e n montrent avec netteté les traits distinctifs; par exemple la fig. o laisse très clairement apercevoir sur le côté droit une de ces saillies en forme de spirales qui révèlent le vrai sens et le réel caractère des m o u v c m c n t s tourbillonnaires de l’eau ; la ligure 4 prouve que ces marmites sont produites en différentes fois et par des tourbillons de force diverse; la marmite qu’on peut examiner comprend deux étages qui correspondent deux phases de creusement; la première fois, la marmite s’était arretée au point où le mouvement giraloire du tourbillon
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- se trouvait contrarié par la présence d’un caillou de la mollasse, dont on voit encore l’empreinte; puis
- un second tourbillon est survenu, nettement distinct du premier, avec rayon plus court, et qui a creusé le trou beaucoup plus exigu et étroit du second étage.
- K n fi n nous mentionnerons encore un autre dessin de M. Rrunhes, qu’il n’a pas été possible de reproduire ici. Entre deux marmites voisines on aperçoit une espèce de promontoire, langue ou nez, comme on voudra, d’environ 0,n,15 de longueur. Cet appendice est très fragile, et dès qu’on l’a touché, l’extrémité s’en est brisée. Que conclure cependant de celte circonstance?C’est que si l’eau est la cause de la pro-
- 2. — Trois des marmites torrentielles du canal de décharge. (Cliché de Ms. .1. Brunlms.)
- Fig. 5. Fig. i.
- Fig. 3. _ Une grande marmite de l'échelle à poissons, montrant sur sa paroi un beau pas de spirale. (Diamètre au niveau de l'eau lm,5t> et l'°, i ; profondeur 1"',30. )
- Fig. i. — Marmite torrentielle à deux étages. (Vue prise directement au-dessus du trou.) (Clichés de M. J. Brunhes.)
- duction de ces cavités, elle ne les creuse pas elles-mêmes; mais elle opère à l’aide des sables et des
- galets quelle entraîne et qui produisent sur le fond l’effet d’une râpe ou d’une meule ; là où l’eau passe
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- toute seule comme à la partie supérieure du trou, l’action de l’eau est très lente et presque insignifiante, témoin cette langue si curieuse, demeurée .intacte malgré ce passage de l’eau tout le temps qu’a duré l'approfondissement des deux marmites, autrefois voisines et aujourd’hui rejointes.
- Mais quel que soit l’intérêt de tous ces problèmes secondaires, le principal mérite des observations de M. Brunhes est, je le répète, de nous faire connaître un cas où il est possible d’attribuer à des marmites torrentielles un âge exact et indiscutable ; or la solution ainsi obtenue n’est pas faite pour contenter ceux qui ont coutume de réclamer des périodes de temps indéfinies, pour la production de tous les phénomènes géologiques. A. de Lapparent.
- Membre de l'Institut.
- LES PRODUCTIONS AGRICOLES DE CURA
- Alors que tous les regards sont fixés sur l’île de Cuba, qui depuis de nombreuses années demande son indépendance ; alors que deux grandes puissances, l’Espagne et les États-Unis, se livrent une guerre meurtrière à son sujet, il n’est peut-être pas sans intérêt de nous occuper de cette contrée désormais célèbre, tout au moins en ce qui concerne ses productions agricoles, qui ont une grande importance. A ce sujet, les documents les plus circonstanciés nous ont été fournis par le Dr Delcano, qui en qualité de médecin-major a habité et parcouru l’ile de Cuba pendant plusieurs années, et auquel nous sommes heureux de témoigner ici toute notre gratitude.
- La « Reine des Antilles », comme on l’appelle quelquefois, ou encore, depuis quelques années, « l’île en feu», mesure environ 1200 kilomètres de l’est à l’ouest, sur une largeur moyenne de 96 à 120 kilomètres; elle occupe une superficie_totale de 11 135 000 hectares, sur lesquels 900 000 hectares sont en culture, 1 600 000 d’hectares sont occupés par des pâturages et des prairies et 8 000 000 d’hectares comprennent des terres incultes ou des forêts impénétrables, presque des forêts vierges.
- Le climat est celui de la zone tropicale, c’est-à-dire qu’une saison pluvieuse alterne avec une saison sèche. Dans l’intérieur de l’île, la température la plus élevée dépasse rarement -f- 29° et les froids les plus intenses ne font guère baisser le thermomètre au-dessous de 10°. La saison sèche, qui est en même temps la saison froide, s’étend de la fin de novembre au milieu de février. Pendant la période chaude ou pluvieuse, il tombe souvent une hauteur d’eau de 2 et même 4 mètres.
- Le relief de l’île est peu accidenté, toutefois il y a de nombreuses ondulations qui donnent une grande variété au paysage. Dans les vallées, le sol est très profond et excessivement fertile.
- L’analyse d’une terre, de nature silico-argilo-calcaire, provenant des environs de Guantanamo, nous a donné la composition suivante :
- Azote......................... 2,0 pour 1000
- Acide phosphorique............... 1,8 —
- Potasse.......................... 3,0 —
- Chaux totale..................... 8,6 —
- Au demeurant, la grande richesse de Cuba est l’agriculture et, sous ce rapport, on ne saurait mieux la comparer qu’à l’ancienne grande colonie française de Saint-Domingue, c’est-à-dire que c’est essentiellement une
- colonie de plantations. Néanmoins, depuis quelques années, le nombre de celles-ci tend à décroître et les 5500 grandes exploitations ou haciendas de crienza, que la' statistique mentionnait il y a une quarantaine d’années, sont aujourd’hui descendues à 2900 environ.
- 11 existe, en outre, une moyenne de 85 000 autres propriétés rurales moins importantes, où les cultures sont plus spécialisées1.
- Les cultures alimentaires les plus importantes sont le riz, et surtout le maïs, qui fournit deux récoltes par an. Ces deux produits constituent la base de la nourriture des habitants. Il existe de magnifiques cultures de caféiers, de cotonniers, d’indigotiers, de tabac et surtout de cannes à sucre.
- La production du tabac a une juste célébrité, elle atteint, année moyenne, environ 180 000 balles. Le cru le plus renommé est celui de la Vuelta de Abajo.
- Non seulement Cuba cultive le tabac, maison y fabrique d’excellents cigares connus dans le monde entier, environ 2000 millions par an ; or, chose bizarre, la production de l’île est plutôt inférieure à la consommation locale, car, outre le tabac cubain, on emploie à la confection des cigares beaucoup de tabac importé des pays voisins et principalement du Honduras ; environ 250 à 300 millions de cigares sont exportés et le reste est fumé sur place. Comme on le voit, les Cubains sont des fumeurs effrénés, les femmes même y fument la cigarette et même le cigare. C’est toutefois la canne à sucre qui occupe la plus grande étendue des plantations de Cuba. Tandis qu’en 1768 on produisait dans l’île 12 540 tonnes de sucre, la production s’élevait à 695 000 tonnes en 1868, et, dans ces derniers temps, la production sucrière de Cuba a sensiblement dépassé, année moyenne, 980 000 tonnes, dont la plus grande partie a été expédiée aux États-Unis.
- Les sucreries, généralement, annexées aux grandes plantations de cannes, sont surtout concentrées à Gibara, Santiago, Guantanano et Manzanillo.
- Comme complément de la production sucrière, il faut encore citer à Cuba la distillation des mélasses en vue de la production du rhum; or, en 1896, on a distillé 9308 barils de rhum, dont 2756 ont été expédiés dans l’Amérique centrale et méridionale.
- Après la canne à sucre, la culture la plus importante de l’île est celle du caféier. La production de cette graine est évaluée à environ 78 000 arrobes de 25 livres.
- On trouve également à Cuba de magnifiques cacaoyers, de bananiers et de cocotiers. Viennent ensuite, dans des proportions moindres, l’ananas, l’oranger, l’arachide ou pistache de terre, le cotonnier, l’indigotier, etc.
- Les épaisses forêts de Cuba produisent en grande quantité des ébéniers, des sapotiers, des cèdres, de l’acajou, etc. ; malheureusement l’exploitation de ces essences précieuses laisse encore beaucoup à désirer.
- La production animale de l’île est en augmentation sensible depuis quelques années,1 on compte actuellement 484 700 chevaux et mulets, contre 325000 en 1885. Il y a environ 25 000 ânes, tandis qu’il y a dix ans, la statistique comptait 1 000 000 d’individus de la race bovine; en 1896, ce chiffre dépassait 2 400 000 tètes; ce sont des bêtes de petite taille. On compte actuellement près de 79 000 moutons et 525 000 chèvres. L’élevage du porc a une très grande importance ; il y en a environ un million de têtes, ces porcs sont de conformation en général défectueuse et ressemblent quelque peu aux
- 1 Ces propriétés représentent une valeur d’env.'ron 1100000 000 de francs (1896).
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- sangliers. Les abeilles sont également très nombreuses et l’apiculture n’est pas un des moindres produits de l’île, car la production du miel est d’environ 55 000 tonneaux et celle de la cire dépasse 22 000 arrobes. (l’est un des principaux produits d’exportation.
- La valeur totale de la production agricole de l’ile de Cuba est évaluée à près de 2 milliards, dont moitié pour la production agricole brute et moitié pour le travail industriel.
- C’est au xvme siècle qu'a commencé le développement des plantations. À l’élevage du bétail on joignit la culture du tabac; mais, le gouvernement s’en étant réservé le monopole, en 1717 plusieurs insurrections éclatèrent, qui furent d'ailleurs vite comprimées. Néanmoins, à cette époque, une immense contrebande se développa, surtout avec la Jamaïque et le monopole fut affermé à des marchands de Cadix.
- Le développement du commerce de Cuba, intérieur comme extérieur, date de 1818, époque à laquelle on permit aux étrangers d’v prende part. Comme le fait remarquer un auteur anonyme1 le commerce extérieur a été gêné par les taxes douanières imposées à l’exportation; abolies en 1866, elles ont été rétablies depuis. L’exploitation économique de la colonie par la métropole est une cause essentielle de son mécontentement. Le commerce extérieur est, par définition, maritime; il est fait principalement par le port de la Havane qui en absorbe les cinq huitièmes.
- Le mouvement commercial des ports de la Havane, de Cienfuegos et des huit autres ports de Cuba, a été, d’après M. D. Ramon, de 5181 navires en 1896, ceux-ci jaugeant 660976 tonnes.
- D’après le dernier relevé statistique, en 1896, l’exportation s’est élevée à 448 265 070 fr.,dont 424825 425 fr. pour les produits végétaux, 6 010 025 pour les produits animaux, et 17 429 620 francs pour les produits minéraux. Les productions minérales de Cuba se rencontrent surtout dans les régions montagneuses, qui décèlent des mines d’or, de* cuivre et de fer ; il y a aussi des carrières de marbre, d’ardoises, des sources minérales, de bitume, des marais salants et quelques gisements carbonifères2.
- La moitié du commerce de Cuba se fait avec les Etats-Unis, le quart avec l’Espagne.
- L’île importe beaucoup de denrées alimentaires, sur-, tout des viandes desséchées ou charqui, provenant de l’Amérique du Sud, du poisson salé venant des États-Unis, des farines de blé provenant de ce dernier pays et à’E:-pagne ; enfin une foule de produits manufacturés importés d’Europe, car l’industrie manufacturière de l’île est quantité tout à fait négligeable et presque tous les objets de fabrication y viennent de l’étranger.
- Enfin, notons pour terminer que la population totale de Cuba s’élève à environ 1 420 000 âmes, soit 12 à 15 habitants par cent hectares. C’est en 1886 que la libération des esclaves a été accomplie dans l’île ; il ne restait plus alors à affranchir que 25 000 esclaves, en vertu de la loi de 1880 qui avait promulgé l’abolition graduelle de l’esclavage. Les affranchis continuèrent à travailler comme serviteurs dans les plantations.
- Indépendamment de l’élément noir ou africain, Cuba compte dans sa population beaucoup d’Espagnols. Après ces derniers, les colons les plus nombreux sont d’origine
- 1 La Grande Encyclopédie. Tome XIII.
- 2 En 1891, on comptait, dans la province de Santiago-de-Cuba, 296 mines de fer, de manganèse et de cuivre, occupant 13 727 hectares.
- française, descendant des fugitifs de Saint-Domingue, qui sont surtout établis dans la région orientale.
- 11 n’en est pas moins vrai que le fond des colons est
- avant tout cubain. Malgré la richesse du sol, malgré la prodigalité du climat, le paysan cubain, il faut bien l’avouer, est sans initiative et n’a pu se faire une existence confortable. II vit, en général, dans une maison de bois couverte de feuilles de palmiers, sans autre ouverture que la porte; son existence est d'ailleurs assez misérable, d’autant plus, qu’il est pressuré d’impôts de toutes sortes. A. Larb.viætrier.
- CONCOURS DE
- VOITURES DE PUCE AUTOMOBILES
- DE
- « L’AUTOMOBILE-CLUB DE FRANCE b1
- Dans le premier article de scs statuts, Y Automobile-Club de France spécifie son but en se qualifiant de Société d’encouragement de l'industrie automobile, et parmi ses moyens d’action figurent des courses, des concours, des expositions, des conférences et des congrès.
- Il faut reconnaître — et ce n’est que justice — que ce programme est fidèlement suivi. Après la Course Paris-Marseille de 1896, les Conférences et le Concours des poids lourds de 1897, Y Automobile-Club a organisé le Concours de fiacres, l’Exposition d’automobiles et la Course Paris-Amsterdam de 1898, en attendant un Congrès dont la date ne saurait être mieux fixée qu’en 1900.
- Nous voulons appeler tout spécialement aujourd’hui l’attention de nos lecteurs sur le Concours de fiacres, commencé le 1er juin, et qui durera jusqu’au
- 12 juin. Tous les véhicules ayant pris part au Concours figureront à l’Exposition qui s’ouvrira du 15 au 50 juin dans le jardin des Tuileries.
- Douze concurrents, présentant ensemble vingt-six véhicules, ont répondu à l’appel de Y Automobile-Club, malgré les rigueurs du programme imposant un parcours journalier varié de 60 kilomètres au minimum dans une durée de seize heures.
- Les fiacres admis au concours pouvaient figurer dans les six catégories suivantes :
- I. — a. Voitures à deux places fermées.
- b. Voitures à deux places découvertes,
- avec capote.
- c. Voitures mixtes à deux places pouvant
- se fermer ou se découvrir ins tanta- ' nément.
- IL — a. Voitures à quatre places fermées avec galerie pour bagages (50 kilogrammes par voyageur). b. Voitures à quatre places découvertes avec capote.
- * Nous publions seulement les dessins de voitures que nous avons pu nous procurer. Certaines autres voitures, que nous aurions désiré montrer aussi à nos lecteurs, n’étaient pas dans un état d’avancement suffisant pour que nous puissions en prendre des photographies, au moment où nous mettions cet article sous presse. N. D. L. R.
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- LA NATURE.
- III. — Voitures à six places fermées, avec galeries pour bagages (50 kilogrammes par voyageur).
- Les véhicules doivent cire construits de telle façon que tous les voyageurs y soient confortablement installés ; ils doivent être munis d'un odomètre, ou compteur kilométrique, de deux freins, l’un progrès-
- Fig. 1. — Compagnie française des voi
- sif, l'autre instantané, et d’une marche arrière.
- Sur les 26 véhicules inscrits, 16 sont électriques, 10 à essence de pétrole. Au moment où nous écrivons cet article (22 mai), tous les fiacres ne sont pas encore terminés, et nous avons dû nous contenter d’en reproduire neuf. Nous présenterons les autres dans un second article consacré à l’examen des
- s élcctromobiles : 1. Victoria. — 2. Coupé.
- dispositifs des voitures et des résultats du concours.
- Le 1er juin sera consacré à l'examen des conditions d’établissement, de système et de marche des voitures. Du 2 juin au 10 juin, les fiacres auront à parcourir 9 itinéraires déterminés, les mêmes pour tous. Le 11 juin, on répétera les expériences du l<r juin, afin de se rendre compte des perturbations apportées à la marche des véhicules par un service de 9 jours consécutifs. Le 12 juin,jour du Grand Prix, les fiacres iront à Versailles et reviendront par le Bois de Boulogne, pour figurer dans le retour classique de cette solennité bien parisienne. Ils feront ensuite, les 15 et 14 juin, une toilette sérieuse avant de se présenter à l’Exposition le 15 juin.
- Les essais du 1er et du J1 juin comporteront des déterminations et des expériences dont voici Ténu mération :
- Déterminations. — Poids de la voiture à vide en ordre de marche (comprenant le poids du conducteur). Charge utile. Répartition du poids sur les essieux (en charge et
- à vide. Poids complet de la batterie d’accumulateurs). Volume. Encombrement. (Pour les voitures à pétrole, poids des approvisionnements.) Moteurs. — Poids. — Puissance normale. — Différence de potentiel normale
- maxima. — Vitesse de rotation. — Encombrement. — Caractères particuliers. — Dispositions spéciales des transmissions, du combina-teur ou règle-marche et des freins.
- Expériences.— Les expériences porteront sur les points suivants : Résistance au roulement en palier. — Puissance dépensée en palier à diverses vitesses. — Puissance aux démarrages en palier. — Mêmes expériences sur une rampe déterminée.
- Pour les neuf itinéraires on relèvera les facteurs suivants : Parcours maximum du véhicule. — Chemin total parcouru. — Vitesse commerciale. — Energie totale absorbée aux bornes de la batterie (enregistrée par les compteurs).
- On en déduira le plus grand nombre possible de valeurs absolues ou relatives des principales conditions de fonctionnement, telles, par exemple, que les suivantes :
- Énergie spécifique, en watts-heure par voiture-km ;
- — — — par tonne-km ;
- — — — par voy.-km, etc.
- Fig. 2. — Coupé Peugeot à pétrole.
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- Pour les 9 itinéraires, des commissaires accompagneront chaque véhicule et noteront soigneusement, sur une feuille de service, tous les incidents du parcours journalier, les consommations, les vitesses
- réelles en palier et sur certaines rampes connues, etc Le jury du concours est composé de 12 membres, 6 pris parmi les membres de l’Aulomobile-Club, et G élus par les concurrents. Ce jury dres-
- Fig. 3. — 1. Cou^é électrique Kriéger.
- 2. Coupé Panhard à pétrole. — 5. Victoria électrique Kriéger. — i. Coupé électrique Doré. — 5. Landau Panhard à pétrole.
- 6. Coupé de la Compagnie des transports automobiles.
- sera un rapport indiquant le prix de revient journalier de la traction de chaque voiture, la régularité du service, et fera connaître son appréciation sur lelégance, le bruit du véhicule et la commodité des voyageurs.
- Ce rapport auquel il sera donné une grande
- publicité, sera envoyé à tous les maires de chefs-lieux de département et d’arrondissement. Les concurrents dont les véhicules seront reconnus présenter les conditions requises pour le service des voitures de place recevront des médailles, des diplômes, et, éventuellement, des prix en argent ou objets d’art
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- LA NAÎTRE.
- qui seraient mis à la disposition du jury dans ce but par des donateurs généreux. La Compagnie générale des Voitures de Paris a déjà offert un prix de 2000 francs et la Chambre syndicale des entrepreneurs des voitures de place du département de la Seine un prix de 1000 francs.
- Les vingt-six véhicules présentés au concours se répartissent ainsi dans leur ordre d’inscription : 1,2,5. —Kriéger. Électricité. Coupé. Victoria. Tracteur.
- 4, 5, 6, 7, 8. — Panhard-Levassor. Essence de pétrole. Coupé. Victoria. Landau. Fiacre à galerie. Omnibus.
- 9. — Prétot. Essence de pétrole. Avant-train moteur.
- 10, 11. — Compagnie française de-voitures électromobiles. Electricité. Coupé. Victoria.
- 12. — Société des automobiles Peugeot. Essence de pétrole. Coupé.
- 15. Compagnie générale des transports automobiles. Électricité. Coupé trois-quarts.
- 14. — Brulé et Compagnie. Essence de pétrole. Cab.
- 15. — Compagnie générale des automobiles. Essence de pétrole. Victoria.
- 10. — Kriéger. Électricité. Coupé.
- 17, 18. — Compagnie générale des voitures de Paris. Électricité. Coupé. Victoria.
- 19. —Agence générale des automobiles. Essence de pétrole. Coupé.
- 20. — Doré. Electricité. Coupé.
- 21. 22, 23, 24, 25, 26. — Jeantaud. Électricité. Coupé. Mvlord. Coupé trois-quarts. Landaulet. Drojki. Caï).
- Le jury est ainsi composé :
- Membres nommés par les concurrents : MM. van Zuylen de Nievelt, de Dion, Forestier, Hospitalier, Monmerqué, Solignac.
- Membres nommés par la Commission du concours des fiacres : MM. Bixio, Bourdil, Eschwege, Herard, Talansier, de la Valette.
- Nos lecteurs pourront, en jetant un coup d’œil sur les neuf ligures qui accompagnent cet article, se faire une idée des formes de voitures de place automobiles qui circuleront dans Paris avant la fin de l’année. Il serait imprudent de risquer une appréciation quelconque à leur sujet, et nous préférons laisser ce soin au jury compétent. E. Hospitalier.
- U CHIQUE1
- La chique qui a été décrite et nommée Pulex pene-trans en 1767 par Linné et plus tad par Westwood en 1836 sous le nom plus rationnel de Sarcopsylus pene trans, est une Diptère, famille des Pulicidinées de la tribu des Sarcopsylinées. Sa conformation générale est analogue à celle de la puce ordinaire : l’appareil buccal seul diffère, il est plus compliqué. Il se compose de deux mâchoires lamelliformes, de deux mandibules en forme de spatules étroites, d’une lèvre inférieure papuleuse et d’un suçoir lancéolé percé d’un canal dont l’extrémité est garnie de pointes courtes très acérées.
- 1 Voy. n° 1147 du 25 mai 1895, p. 401.
- Son corps couvert de poils soyeux est d’un brun noirâtre plus foncé sur la tête. Sa longueur varie entre 6/10 de millimètre et 1 millimètre; le mâle est un peu plus gros que la femelle. Le nom de puce chique lui vient du mot espagnol Chiqua (petite) que lui donnent les Hispano-Américains. On trouve la chique sur toute la côte occidentale de l'Afrique depuis la colonie portugaise du Mossamédès jusqu’au Cap Vert et dans toute l’Amérique du Sud septentrionale et les Antilles entre les 50° de lat. Nord et 25° de lat.Sud. Fdlc n’a fait son apparition au Sénégal, au Soudan et à Konakry que depuis une quinzaine d’années. Les auteurs qui ont traité de la Pulex pénétrons ne sont pas du même avis en ce qui touche son pays d’origine. D’après les uns, elle est originaire du Brésil, d’autres lui donnent comme berceau le Gabon ; certains enfin lui donnent deux pays d’origine : le Brésil et le Gabon. A notre avis, la chique serait originaire du Gabon et non d’Amérique, car dans aucune relation des voyages des conquérants du Brésil, il n’est fait mention de cet insecte, tandis que les capitaines malouins, qui les premiers établirent des comptoirs au Gabon, en parlent dès le quinzième siècle. Selon toute probabilité la Pulex pénétrons a été importée au Brésil et dans les Antilles espagnoles par les esclaves que les négriers amenaient des pays voisins des bouches du Congo. A ceci on pourrait faire l’objection qu’aucun individu n’aurait pu garder une chique sous son épiderme pendant les trois ou quatre mois que durait alors la traversée, mais si ce n’était l’esclave lui-même qui l’apportait, les porcs qui faisaient la base de la nourriture du bois d'ébène se chargeaient parfaitement de l’importation, car ces animaux ont les pattes littéralement criblées de chiques sans qu’ils en paraissent incommodés en aucune façon. De plus le lieu d’élection de la puce chique étant le sable sec, il se peut fort bien que l’importation ait été faite par le sable que transportent les navires, soit comme lest, soit comme agent de nettoyage.
- Pour pénétrer sous l’épiderme la Pulex pénétrons fore un petit trou avec ses mâchoires et l’agrandit avec son suçoir jusqu’à ce qu’elle puisse entrer sa tête, elle se peletonne alors et pénètre dans les tissus, la tête en avant, l’anus vers l’orifice, pour y pondre et y couver ses œufs. Son intromission n’est douloureuse que pendant la période d’incubation ; elle produit un chatouillement d’abord léger mais qui devient insupportable avec l’éclosion. Sa présence n’est décelée que par un point grisâtre. Une fois implantée dans le tissu cutané, l’abdomen grossit démesurément et forme une vésicule blanchâtre de la grosseur d’un petit pois ; ce gonflement est déterminé par les organes génitaux développés par l’ovulation. A ce moment la tête de la puce n’apparaît plus sur le vésicule (nommé sac ou poche) que comme un petit point noir. L’incubation terminée, la poche se crève, la chique meurt et les jeunes puces pénétrantes, sous forme de larves, s’échappent par la boutonnière faite à l’épiderme et tombent sur le sol où elles se transforment en insectes parfaits.
- La puce pénétrante s’attaque à toutes les parties du corps, mais son lieu d’élection a le plus généralement pour siège les membres inférieurs. Son parasitisme est signalé par un chatouillement et par un petit point grisâtre à fleur de peau; si l’on a soin de l’enlever aussitôt avec une épingle, son intromission sous la peau n’a aucune suite ; mais si on la laisse s’y développer et y mourir il survient souvent un ulcère phagédénique.
- La chique n’a de préférence ni pour le nègre ni pour
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- LA NATURE.
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- l’Européen, le cuir des animaux est pour elle tout aussi apte à lui servir de couveuse que la peau de l’homme. On a dit que la chique s’attaquait plus particulièrement aux gens cachectiques ; je ne crois point qu’il y ait dans cette assertion quelque fonds de vérité, mais il est certain que les accidents consécutifs à l’intromission de la chique sont plus fréquents et plus graves chez les impaludés.
- Après l’expulsion des œufs, les débris de la chique qui restent dans la cavité qu’elle s’était aménagée sous l'épiderme, se décomposent, donnent lieu à une émission de pus et déterminent un ulcère phagédénique qui est l’accident le plus redoutable du parasitisme de l’insecte qui nous occupe.
- Cet ulcère est rond, creusé en forme de godet, d’une couleur violacée; ses bords sont fongueux; les tissus avoisinant paraissent contenir du pus et sont fort enflammés; il émet un pus d’une odeur très âcre analogue à celle de la décomposition cadavérique. Douloureux au début, il devient atone, détruit les tissus, et se gangrène rapidement s’il n’est activement combattu. Le meilleur traitement et le plus généralement employé consiste à
- toucher l’ulcère avec un pinceau trempé soit dans de la teinture d’iode, soit dans une solution d’azotate d’argent ; dès que la plaie bourgeonne on fait des pansements humides à l’iodoforme. Si l’ulcère se gangrène la cautérisation au thermocautère s’impose, sinon il faut avoir recours à l’amputation, car la marche est extrêmement rapide. Henry Chastrey.
- PLANTES VÉNÉNEUSES
- RÉPUTÉES INOFFENSIVES
- Ces plantes sont d’autant plus dangereuses qu'elles n’excitent point la méliance.
- Tel est le faux-ébénier (Cytise Aubour), commun dans les Alpes, planté dans nos parcs et jardins, dont il fait l’ornement avec ses belles fleurs en grappes jaunes, ressemblant (à part la couleur) à celles de l’acacia.
- Mais tandis que ces dernières sont inoflensives, les fleurs et toutes les parties du faux-ébénier renferment un dangereux poison, la cytisine; ce qui n’empêche pas
- les chèvres de dévorer les feuilles, et les lièvres de ronger l’écorce au point d’empêcher les reboisements par le cytise tentés sur divers points. La chèvre d’ailleurs est réfractaire à la plupart des poisons : elle broute sans danger pour elle les feuilles d'aconit napel (vulgairement casque de Minerve) qui sont mortelles pour la plupart des animaux.
- Telle est encore la clématite ordinaire, dont le suc est très âcre et attaque violemment la peau : d’où le nom d’herbe aux gueux donné à cette plante fort utile aux mendiants d’autrefois qui l’employaient pour se faire d'admirables plaies artificielles.
- Citons encore les germes de pommes de terre, qui renferment un poison redoutable, la solanine : ce poison se trouve aussi dans les feuilles, les tiges et les fruits de la pomme de terre ; le tubercule seul en est exempt.
- Vers la fin de l’hiver, les pommes de terre doivent être égermées avec soin : avec la pointe d’un couteau on doit toujours enlever soigneusement la base du germe, autrement dit Y œil de la pomme de terre.
- Mais les domestiques peu soigneux, mais les restaurateurs à bon marché, épluchent les pommes de terre très sommairement ou même pas du tout, quand il s’agit d’en faire des purées : les pelures et les germes restent sur la passoire à purée. Dans ce cas, la purée prend une saveur âcre, bien connue de tous ceux qui vivent dans les restaurants à bas prix.
- Cette saveur n’est autre que celle de la solanine : on la retrouve dans les pommes de terre qui ont verdi, en mûrissant hors terre. Il faut donc toujours rejeter les pommes de terre qui ont verdi ou du moins enlever les parties vertes.
- La solanine cause des maux d'estomac et des irritations d’intestins, qu’on attribue toujours à d’autres causes.
- Dans la plupart des campagnes, les porcs sont nourris de pommes de terre; les paysans ne prennent pas la peine de les égermer ; aussi, chaque année à la fin de l’hiver, beaucoup de porcs maigrissent, perdent l’appétit et, signe caractéristique, sont paralysés du train de derrière. Souvent même, quelques animaux périssent.
- Ces faits d’empoisonnement par la solanine ne sont pas suffisamment connus des éleveurs de porc : c’est un véritable service qu'on leur rend en vulgarisant ces notions pratiques.
- Citons enfin l’if dont les feuilles sont très vénéneuses. Les baies rouges que porte cet arbre ont un goût sucré et peuvent être mangées sans inconvénient; toutefois la graine ou amande est excessivement amère ; elle doit être vénéneuse comme les feuilles.
- Comme les ifs sont souvent taillés, il faut se rappeler que les feuilles et les jeunes branches provenant de la taille peuvent donner lieu à des accidents. Guignet.
- LE TATOUAGE ARTISTIQUE
- DANS LES DEVERSES PARTIES DU MONDE
- Alors qu’en France, la pratique du tatouage est absolument tombée dans le vulgaire ; en Angleterre, en Amérique, en Océanie, à Burmah et au Japon, le tatoueur est aujourd’hui un artiste, un véritable peintre... sur peau humaine. D’ordinaire dans ces divers pays, le beau sexe consent moins facilement que le sexe fort à se soumettre pendant des heures aux souffrances produites par les aiguilles acérées de l’opérateur. Cependant à Bornéo les femmes sont
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- LA NATURE.
- tatouées sur les mains, les bras, les pieds et les chevilles. Quant aux hommes, ils portent simplement des dessins sur leurs épaules. Aux îles de la Reine Charlotte, les Haïdas sont tous décorés de la sorte et le dessin y joue le rôle de totem1. Aussi le chef ïlaïda a-t-il ceux des membres de sa tribu reproduits sur son corps. La population mâle des îles Marquises est recouverte de la tête aux pieds d’arabesques en points noirs, ce qui s’observe plus rarement chez les femmes. Aux îles Samoa et dans tout cet archipel, les hommes sont seuls tatoués; aux îles Fidji, au contraire, il n’y a que l’élite féminine dont le corps soit ainsi bigarré.
- Chez les Maoris de la Nouvelle-Zélande, on tatoue les lèvres des dames en bleu et la figure de leurs époux porte des incisions pratiquées à l’aide d’un coquillage aigu. La manière d’opérer est fort douloureuse. On laisse les plaies ouvertes durant quelques jours, puis on les enduit d’une terre de couleur. La teinte persiste après cicatrisation, et, pendant la durée de cette dernière, il est impossible au patient d’avaler le moindre aliment solide, ses mâchoires étant trop endolories pour lui permettre la mastication. Toutefois le sort de ces peuplades, comparé à celui des veuves des îles Hawaï, est fort doux. On imprime, en effet, sur la langue de ces malheureuses, le nom de leur mari décédé.
- Dans ces dernières années, les missionnaires ont combattu énergiquement cette coutume barbare et elle est en train de disparaître.
- Comme autre exemple de cruautés tatouagesques, on peut également citer la loi promulguée par le dernier roi de Rurmah. Elle enjoignait à tous ses sujets du sexe masculin de se faire tatouer, dès l’âge de dix ans, la partie du corps comprise entre la ceinture et les, genoux, beaucoup
- 1 Le totem est, d’après la croyance de certains peuples sauvages, un esprit favorable qui veille sur chacun d’eux.
- d’enfants mouraient des suites de l’opération à cause du grossier instrument de cuivre qui servait à la pratiquer. Depuis que cette terre est devenue possession anglaise, ce cruel usage est tombé en désuétude et les sculpteurs indigènes de peaux humaines, n’exercent plus leur talent qu’aux dépens des Européens, — ce qui, paraît-il, ne laisse pas que de leur donner de jolis bénéfices.
- Mais les tatoueurs du Japon dépassent de beaucoup en habileté les artistes océaniens. Un des plus renommés actuellement est Ilori1 Chyo. Il commença par s’exercer sur son maître Hori Yasu qui eut bientôt la peau toute parsemée des dessins de son élève. Celui-ci sait faire intervenir dans ses compositions les règles de la perspective ou des ombres et il n’a été imité avec succès que par l’anglais Macdonald dont nous parlons plus loin. Une visite à Chyo, dit M. GambierBoIton, dans le Strantl Magazine auquel nous empruntons ce détail, est pour le voyageur européen, de passage à Yokohama, une très agréable distraction, car, sans même se laisser tatouer, il peut assister à une séance. Deux ou trois élèves, au corps illustré de splendides « fresques » aident le « maître » et apportent des cigarettes ou des rafraîchissements aux spectateurs. L’un d’eux a le front orné d’un lézard si bien exécuté qu’une mouche craindrait de passer au voisinage !
- Les instruments qu’emploie Chyo sont d’élégantes baguettes en ivoire artistiquement enjolivées et terminées à leurs extrémités par des aiguilles de dimension variable. Les unes servent au tracé, les autres pour ombrer. Il utilise encore une petite seringue en argent. Par ce moyen, la sensation se trouve fort amoindrie et elle se réduit à celle d’un grattage. Aussi mainte Européenne a franchi « l’atelier » de l’artiste et en est ressortie, emportant sur son
- 1 Hori en japonais signifie tatoueur.
- Fig. 1. — Tatouage anglais. Combat d'aigles, par M. Macdonald.
- Fig. 2. — Toile d’araignée, dessinée par le tatoueur japonais Chyo, sur la poitrine de M. Gambier Bolton.
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- épaule qui une cigogne, qui un papillon. Chyo aurait même tatoué au bras gauche l’empereur de Russie, Nicolas II, lors de son voyage en Orient. Mais hélas ! si nous en croyons l’information récente d'un journal américain, la police viendrait de chercher noise à notre héros et aurait exigé la fermeture de son officine, l’art qu'il exerce étant contraire aux lois japonaises. Cependant, ajoute notre confrère un millionnaire de New-York, grand protecteur de tous les arts, M. Bandcl, l’aurait emmené en Amérique pour y continuer sa profession moyennant une subvention de 12000 dollars. Quoi qu’il en soit, le mérite de Chyo est d’avoir découvert une troisième couleur le brun et de l’utiliser concurremment avec
- F*g- 3-
- Tatouage américain représentant la Cène, de Léonard de Vinci, et exécuté par les frères Riley, sur le dos de M" Emma de Burgli»
- le tatoueur a réussi, paraît-il, à donner de l’expression aux figures des apôtres et il a gravé sur la nappe qui recouvre la table, la maxime : Love one another, aimez-vous l’un l’autre. Sur celui de son époux, la figure du Christ est une excellente représentation de l’original. Les de Burgh ont, en outre, la poitrine constellée de plusieurs ornements. On distingue sur celle du mari une jeune fille déployant une banderole avec cette tendre devise : Forget me not, ne m’oubliez pas, écrite au-dessus du nom de sa femme et réciproquement Mme de Burgh porte sur son sein le nom de son époux.
- Si maintenant, nous revenons en Europe, nous n’aurons guère à nous arrêter qu’en Angleterre pour voir des tatouages artistiques. Là, opère M. Sutherland Macdonald, un professionnel qui a réussi à égaler et peut-être même à surpasser les tatoueurs japonais.
- le bleu foncé et le vermillon. Il a produit de magnifiques « tableaux » qui se promènent de par le monde. Nous en reproduisons un d’après son album. C’est une toile d’araignée tatouée sur la poitrine d’un Anglais, M. Gambier Bolton (fîg. 2).
- Aux Etats-Unis d’ailleurs, il trouvera des rivaux parmi lesquels les plus connus sont les frères Riley. Leur spécialité est le tatouage de ceux qui gagnent leur vie en s’exhibant en public. Dans ce genre, Emma de Burgh et son mari, Frank de Burgh nous offrent les spécimens les plus remarquables de leur travail (fîg. 3 et 41. Les dessins qu’ils portent sur eux représentent la Cène de Léonard de Vinci, le Calvaire et divers autres sujets. Sur le dos de Mme de Burgh,
- Fig. 4.
- Autre tatouage américain gravé sur la poitrine de M. Frank de Burgh et dû également à MM. Riley.
- 11 a trouvé une couleur bleue et un vert magnifique. Il cherche à présent un jaune et un bleu lavande. Il emploiera donc bientôt les sept couleurs et il en tirera, croit-il, de merveilleux effets. De plus, il a perfectionné les pointes d’acier et pris un brevet pour un appareil électrique lui permettant de dessiner 5 ou 6 fois plus vite, d’avoir un tracé beaucoup plus régulier et de rendre l’opération moins douloureuse qu’avec les anciens procédés. Toutefois, pour les ombres et les traits forts, il se sert également des aiguilles japonaises. Enfin il ne néglige pas les prescriptions hygiéniques indiquées par la science, puisqu’après usage, chaque instrument est trempé dans le sublimé.
- Parmi ses « œuvres », on cite un serpent enroulé autour du cou, un dragon et surtout un combat de deux aigles (fig. 1). Les officiers anglais fréquentent
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- son atelier au « Hammam » de la « Jermyn Street », ils s’y font inscrire sur le bras les insignes de leur régiment. Lien plus, des lords de la haute aristocratie ont été ses clients. Quant aux nobles dames, il leur vend à prix d’or des paires de bas bleu foncé, inusables et indéchirables... n’insistons pas. Enfin, selon le témoignage des personnes qui ont eu la chance d’examiner la finesse et le coloris de ses (( pinceaux », la photographie ne peut donner qu’une idée imparfaite des « chefs-d’œuvre », malheureusement éphémères, de ce Raphaël du tatouage.
- Jacques Rover.
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- Les bicyclettes à chaîne et àcatènes. — La
- question de la supériorité des transmissions à chaîne sur les transmissions à engrenages dans les bicyclettes, au point de vue du rendement, a fait déjà couler beaucoup de flots d’encre. Les différences entre une chaîne neuve et une chaîne vieille d’une part, entre une acatène bien construite et bien réglée ou mal construite et mal réglée, d’autre part, suffisent pour expliquer les opinions et les résultats les plus différents. Pour couper court à toute discussion, M. le professeur Carpenter, de l’Université de Cornell (Ithaca), dont nous avons signalé ici même les expériences, vient d’écrire au chef du laboratoire d’expériences de la Pope Manufacturing C°, d’Hartford, une lettre qui mettra fin, il faut l’espérer, à toutes les discussions relatives à ce problème délicat, eu égard aux facteurs multiples qui interviennent dans sa solution. Après avoir fait ressortir que l’ensemble de son étude n’établit qu’une différence assez faible, presque insensible, en faveur de a chaîne, il ajoute que cette différence est plusieurs fois moindre que celles résultant des pneumatiques de diverses marques, et même, dans bien des cas, des différences entre pneumatiques de même marque. Le cycliste incapable d’établir sincèrement une différence entre les qualités de divers pneus sera donc, a fortiori, incapable d’apprécier la faible différence provenant de la substitution d’une transmission par engrenages à une ti'ansmis-sion à chaîne. La question, fermée sur le terrain acaté-nien, va donc se rouvrir avec plus d’ardeur sur le terrain... pneumatique.
- Le système métrique en Amérique. — Le
- Comité des poids et mesures et monnaies siégeant à Washington a autorisé son président à déposer un rapport favorable à un bill déposé par M. Huxley et tendant à l’adoption en Amérique du système métrique comme base des poids et mesures. En voici le texte : « Que, depuis et après le 1er juillet 1900, tous les départements du gouvernement des États-Unis, dans toutes les transactions exigeant l’emploi de poids et mesures, excepté l’arpentage des domaines publics, emploient et fassent seulement usage des poids et mesures du système métrique ; et qu’à partir du 1er juillet 1900, le système métrique de poids et mesures soit l’étalon légal des poids et mesures reconnus aux États-Unis. » Après l’approbation par le Comité, l’adoption du bill n’est certainement qu’une simple formalité. Les États-Unis donnent un bel exemple : quand les Anglais se décideront-ils à l’imiter?
- Le budget de la marine anglaise. — Pour l’année financière qui a commencé au 1er avril 1898, le budget de la marine britannique prévoit un chiffre for-
- midable de dépenses de 594 millions 1/2 de francs : c’est bien plus que pour les derniers exercices, puisque, en 1897-98, les crédits avaient été seulement de 558 millions 1/2 et de 545millions 1/2 en 1890-97. 11 faut bien dire que, durant l’exercice 1898-99, on aura en construction ou en achèvement 12 cuirassés, 10 croiseurs de lre classe, 0 de 2e classe, 10 de 5° classe, G avisos, 4 canonnières à hélices jumelles, 41 contre-torpilleurs, et enfin un yacht royal. Ce sont des preuves suffisantes que la Grande-Bretagne ne veut se laisser distancer par aucune nation.
- Nouveaux canons anglais. — Le gouvernement anglais vient de commander aux grandes usines anglaises Vickers et Cie, des canons de 12 pouces et de 6 pouces (ceux-ci à tir rapide), qui paraissent devoir donner des résultats fort remarquables, grâce à un ensemble de nouvelles dispositions, notamment pour ce qui est du mécanisme de culasse et de celui qui assure l’explosion de la charge. Toute la manœuvre de ces pièces est automatique, et on les a munies d’un affût d’un nouveau système. Elles sont construites d’après un type qui a été soumis à une série d’essais, et avec lequel, même sur un ancien affût, on a pu tirer en moyenne un coup par 9 secondes 1/8; sans viser, on est arrivé à tirer 20 coups en 214 secondes, ou en 259 secondes en visant ; avec le nouvel affût, on compte qu’un coup ne prendra pas plus de 8,50 secondes et 6,5 secondes, suivant qu’on visera ou non. La puissance développée par les canons de ce modèle perfectionné atteindra 1 004 528 kilogrammètres par seconde, alors qu’en l’état actuel les pièces du même calibre ne donnent que 1 003 738 kilogrammètres.
- Un curieux générateur à vapeur. — C’est une invention qui, à notre connaissance, n’a pas encore été soumise à des essais complets, mais qui présente au moins des dispositions originales, et qui est due à M. J.-H. Knight, de Barfield (Farnham). La chaudière se compose, comme généralement, d’un tube d’acier enroulé sur lui-même et enfermé dans un foyer convenable ; mais l’inventeur a voulu remédier aux inconvénients particuliers de cette sorte de générateurs : d’abord une production de vapeur très irrégulière, et, en second lieu, une facilité considérable pour les coudes du tuyau à se boucher du fait des dépôts de l’eau. M. Knight a donc rempli le tube de petites billes qui peuvent s’y mouvoir librement sur une courte distance : elles mettent obstacle au passage de l’eau dans les enroulements inférieurs, ce qui, à ce qu’assure l’inventeur, force la vapeur à s’élever régulièrement et sans violence. De plus, comme ces billes sont constamment en mouvement, elles détachent et pulvérisent les incrustations au fur et à mesure que celles-ci se produisent.
- Dépôts électrolytiques rapides. — On sait que la densité de courant que l’on peut employer pour déposer électrolytiquement le cuivre, pour la fabrication électrolytique des clichés typographiques, par exemple, est limitée par la qualité du métal déposé, et, pour obtenir une épaisseur suffisante, il fallait au moins jusqu’ici cinq à six heures. M. Swan a récemment indiqué que la rapidité du dépôt pourrait être augmentée en entretenant le bain dans un état constant d’agitation. En appliquant le principe indiqué par M. Swan, M. Killingworth Hedges a pu élever la densité du courant à 20 ampères par décimètre carré et réduire de six à une heure seulement le temps nécessaire à un dépôt de cuivre d’épaisseur suffisante sur un cliché. M. Hedges obtient ce résultat en
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- élevant la solution do sulfate de cuivre à 2 mètres environ au-dessus de la cuve électrolytique, à l’aide d’une pompe centrifuge, et en la faisant couler par un ajutage au-dessus de l'empreinte à recouvrir.
- Le plus jjraml cargo-hoat du inonde. — En
- même temps que les immenses paquebots à grande vitesse, il était donne à notre époque de voir surgir d’énormes cargo-boats qui, en un voyage, portent plus de chargements que cinq navires marchands d’il y a dix ans. Le plus grand de ces Léviathans modernes est le Cymric, qui appartient à la « While Star Company ». Il a 182™,90 de long, 19”,50 de large, 12“,80 de creux et 12 250 tonnes (gross tonnage). Mù par deux hélices, ce steamer est aménagé de telle sorte qu’il peut recevoir de nombreux passagers, une vingtaine de mille tonnes de marchandises et 830 tètes de bétail. Les passagers y trouveront de fort luxueuses installations, ils payeront moins cher que sur les paquebots-poste parce que la traversée sera [dus longue, mais ils y auront un confortable très suffisant. Enfin le Cymric pourra servira l’occasion de troopship et recevoir plusieurs milliers d’hommes. C’est, rappelons-lc, grâce à ces énormes bâtiments que le fret diminue sans cesse. Conséquence inéluctable : dans l’avenir, le nombre des navires diminuera, mais le tonnage général augmentera avec le développement des transactions et le bon marché des transports maritimes.
- L'éclairage électrique «lu Parlenu*nt anglais.
- — On vient de terminer l’installation de l’éclairage électrique dans le Palais du Parlement à Londres : il y a déjà en service 5000 lampes de puissance variable.
- Les téléphones «les trains bavarois. — D’après notre confrère Éleclrotechnische Rundschau, tous les trains sur les chemins de fer bavarois possèdent un récepteur et un transmetteur téléphoniques grâce auxquels les agents peuvent partout se mettre en communication avec la station la plus voisine.
- L'arrosage au pétrole. — Si l’arrosage de la mer à l’huile pour, calmer les tempêtes est une pratique presque aussi ancienne que la navigation, l’arrosage des rues au pétrole pour apaiser les tempêtes... de poussière est d’une application plus moderne. C’est en Amérique, naturellement, que nous trouvons cette utilisation nouvelle. La Long Island Railroad C° vient de s’assurer la licence d’un système spécial d’arrosage, dù à M. Nichol, exploité par la Dustless Roadhed C° (compagnie des chaussées sans poussière). Elle se propose de l’utiliser pour arroser ses lignes de chemin de fer et y supprimer la poussière. Une autre compagnie, la West Jersey and Seashore Railroad C°, qui a fait des essais avec ce système l’été dernier, vient d’adopter ce système pour l’appliquer sur tout son réseau. Grâce au bas prix du pétrole en Amérique, on peut concevoir et réaliser de semblables applications. Heureuse Amérique....
- Installation hydro-électrique en Russie. —
- Une grande entreprise se poursuit actuellement en Russie dans le but d’utiliser, pour la production de l’électricité, les chutes d’eau de Narowa, d’imatra et de Wozen : le courant engendré sera transmis et distribué à Saint-Pétersbourg et dans les faubourgs, non seulement pour l’éclairage, mais aussi pour la force motrice.
- Manuscrits minuscules. — 11 s’agit de ceux (pie confectionnent les prêtres du « Temple Doré » d’Amrits-ar, dans le Pendjab, pour vendre aux touristes visitant ce saint lieu. Chaque manuscrit est fait sur un
- petit livre dont les pages ont 8 millimètres de large et autant de hauteur : on y écrit tout le chapitre d’introduction de l’Adi-Granth, c’est-à-dire des écritures sacrées des Sikhs de l’Inde.
- Le service d'incendie «V Londres. — Londres possède 700 pompiers, dont le traitement annuel est de 2580 francs, sans parler des officiels; ; le budget total de son service d’incendie atteint 3 750 000 francs. Quant au matériel, il comprend 68 pompes à vapeur de types divers, 100 pompes à bras, et 155 échelles, engins de sauvetage et chariots; ajoutons-y cinq pompes flottantes. Le Fire Department, comme on nomme ce service, consomme annuellement 900 000 hectolitres d’eau, pour lutter contre des sinistres qui font pour 30 millions de ravages.
- ACADÉMIE DUS SCIENCES
- Séance dit 31 mai 1898. — Présidence de M. Wolf.
- Particularité de la végétation d'une algue. — M. Dchérain présente une Note de M. Rouilhac relative à nne algue le Nostoc punctiforme. Rien éclairée cette plante vit, comme toutes les algues vertes, en décomposant l’acide carbonique aérien ; mais, quand elle est soumise à une lumière insuffisante, elle languit, à moins qu’on n’introduise dans la solution nourricière une matière organique telle que le glucose. M. Rouilhac a reconnu, en outre, que le Nostoc punctiforme peut même végéter dans l’obscurité complète, tout en conservant sa couleur verte, si la dissolution dans laquelle elle a été ensemencée renferme encore du glucose. Cette plante présente cette propriété de vivre tantôt comme une [dante à chlorophylle normale, tantôt comme un champignon.
- Les puits artésiens d'Algérie, -v- M. Georges Rolland s’est préoccupé de l’influence. de la multiplication des puits artésiens de la région de l’oued R’hir. La nappe qui alimente ces eaux est aujourd’hui suffisamment connue grâce aux nombreux forages exécutés depuis 37 ans. M. Rolland estime qu’on ne peut lui demander davantage et qu’il y a lieu, par des mesures administratives, d’enrayer les forages. 11 observe que la moitié de l’eau actuellement débitée est perdue faute de canalisations pour l’utiliser. 11 faut donc non pas creuser de nouveaux puits, mais utiliser mieux ceux qui existent.
- L'oxyde de carbone du sang. — M. Moissan analyse une Note de M. Nicloux, relative à l’influence des réactions internes sur l’oxyde de carbone du sang. On sait maintenant que 100 volumes du sang d’un animal, vivant dans les meilleures conditions physiologiques, contiennent 0,15 volume d’oxyde de carbone. Cette dose normale provient-elle des réactions internes de l’organisme; les expériences de M. Nicloux concluent dans ce sens. II soumet un animal à une asphyxie partielle et lui tire du sang. Ce sang ne contient plus que 0,02 à 0,03 volume d’oxvde de carbone pour 100 volumes, c’est-à-dire une quantité qui peut presque s’abaisser au huitième de la quantité normale.
- Action de certaines substances sur la tuberculine. — M. Chauveau présente une Note de M. Arloing relative à l’actio* de certaines substances sur le bacille de Koch. L’eucalyptol, le gaïacol, la créosote émulsionnés avec de l’huile et injectés à certains animaux un peu réfractaires
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- à la tuberculose, telle que la chèvre, communiquent à leur sang la propriété d’exercer sur le bacille de Koch la même action agglutinante que le sang des animaux injectés avec de la tuberculine.
- Varia. — M. Ollier présente une série de photographies d’un malade auquel il a refait une épaule artificielle en soudant l’humérus sur la clavicule. — M. Villard démontre que les rayons cathodiques produisent une action chimique réductrice quel que soit le gaz introduit.
- Ch. DE VlLLEDEl'IL.
- point à profiter de cette disposition phénoménale, et, s’il quitta bientôt la filature, ce fut seulement pour entrer dans une eorderie de l’État de Rhode Island, puis pour s’engager au service militaire. Là il donna des représentations à ses camarades du régiment; les officiers eurent bientôt vent de la chose, ils voulurent eux aussi connaître cette merveille, et ils organisèrent une représentation privée où ils invitèrent des amis et des journalistes, et dont Morris fut l’attraction.
- UNE PEAU EXTRAORDINAIRE
- Les bœufs, les chevaux, les chats, les chiens, et bien d’autres animaux, ont la particularité, heureuse à certains points de vue, de posséder une peau extrêmement élastique, qui est presque flottante autour des tissus quelle enveloppe, qu’on peut tirer facilement sans que l’animal ressente aucune sensation pénible. Cette faculté ne nous appartient pas, à nous autres pauvres humains, et c’est à peine si nous pouvons soulever à deux centimètres, en la pinçant avec les doigts, la peau du dos de nos mains.
- Mais à toute règle il y a une exception : c’est ce qui constitue les phénomènes, et tel est le cas pour M. James Morris, qui se montre actuellement, en Angleterre, dans le fameux cirque « Barnum and
- M. Morris dans un de ses exercices. (D’après une photographie.)
- Bailey ». M. Morris, que nous pouvons présenter à nos lecteurs grâce à une photographie qui nous a été communiquée par M. Bailey, est connu indifféremment sous le nom de India-rubber man (l’homme en caoutchouc) ou Elastic skin won-der (la merveille à la peau élastique). À le voir en dehors de ses exercices, et comme on peut le constater en regardant le côté droit de sa figure, il ne présente rien d’anormal : c’est un homme vigoureux, dans la force de l’âge, aux traits assez réguliers, et d’une excellente éducation. Né en 1859 à Copenhagen, dans l’État de New-York, il commença par être employé dans une filature de coton; c est en 187o (et l’on ne nous dit pas comment) qu il s aperçut qu’il était doté d’une peau élastique peu commune. Il avait coutume alors de la tirer pour amuser ses camarades (les autres enfants employés dans la même usine), mais il ne songeait
- Le directeur du « Westminster Muséum » apprit l’existence de l’homme à la peau élastique, et il réussit à l’engager pour un an ; dès lors M. James Morris avait trouvé sa voie, et il a couru le monde en tirant parti de son « Elastic skin », comme disent toutes
- les affiches. Depuis quatorze ans il s’est exhibé un peu partout aux Etats-Unis, au Canada, et maintenant il est venu visiter notre vieux monde ou plutôt së montrer à lui.
- On ne peut pas véritablement considérer le spectacle qu’il donne comme gracieux : à ce point de vue la photographie ci-jointe sera plus éloquente que tout ce que nous pourrions dire. Il arrive à se tirer la peau du front, des joues, de la poitrine, de façon vraiment fantastique; il en fait autant pour la peau de son nez, qui, suivant l’expression pittoresque d’un spectateur, prend alors l’aspect d’une trompe d'éléphant.
- Nous rappellerons, à propos de cette plasticité singulière du visage dont jouit M. Morris, l’exemple si curieux dont avait parlé ici-même M. Albert T issandier1, dans le récit d’un de ses intéressants voyages autour du monde : il s’agit du grimacier japonais Morimoto qui réussit, notamment, à remonter ses lèvres inférieures et son menton de façon à faire disparaître le bout de son nez, et cache sa bouche dans les plis de ses joues. Les effets auxquels arrive M. Morris sont obtenus différemment, mais ils nous semblent au moins aussi extraordinaires, et, au point de vue physiologique même, ils mériteraient d’être étudiés de près.
- Daniel Bellet.
- 1 Voy. n° 958, du 10 octobre 1891, p. 296.
- Le Gérant : J*. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- 1506. — 1 1 JUIN 1898.
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- EXCURSION SCIENTIFIQUE DE « LA NATURE »
- CANTAL ; PLATEAU CENTRAL ; GORGES DU TARN (4 août — 16 août 1898)
- Sous la. direction de M. MARCELLIN BOULE Docteur es sciences, Assistant au Muséum d’histoire naturelle.
- Notre projet d’excursion dans le massif Central dont nous avons parlé dans notre numéro du 7 mai a reçu un accueil inespéré. Avant même que nous eussions donné l’itinéraire et les conditions de notre
- voyage, nous avons reçu de nos abonnés de nombreuses demandes de renseignements. Enhardis par ce premier succès, nous nous sommes mis à l’œuvre sans relard et nous sommes aujourd’hui en mesure
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- Itinéraire
- DU VOYAGE DE "LA NATURE
- dans le
- MASSIF CENTRAL
- DE LA FRANCE
- E.Michiels del.
- de donner des détails précis à nos nombreux correspondants. Notre tâche a été du reste facilitée par la bonne volonté des différentes compagnies de chemins de fer, de la Société des mines de De-cazcville, de notre savant collaborateur et ami, M. Martel, de M. Fabre, le directeur de l’Observatoire de l’Aigoual, etc.
- Notre voyage durera douze jours ( i août-16 août) et dans cet espace de temps relativement restreint, nous pourrons faire visiter à nos adhérents un grand
- 26° année. — 2° semestre.
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- nombre de localités curieuses et de sites remarquables.
- Nous donnons ci-dessous l’itinéraire que le directeur de notre excursion, M. Marcellin Boule, a tracé lui-même dans ce pays dont il est originaire, et sur lequel il a publié de si intéressants travaux. C’est dire que rien de ce qui peut intéresser les touristes ne sera omis.
- 1er jour. — Rocamadour. Descente dans le gouffre de Padirac, navigation souterraine. Le gouffre de Réveillon.
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- !2C jour. — Reeazeville. Visite de la tranchée de la Salle, des fours à coke, des haut fourneaux, des aciéries et forges.
- 5e jour. — Descente dans les mines de Reeazeville par le puits Bourran. Excursion en voiture aux environs.
- 4e jour. Aurillac.
- 5° jour. Yic-sur-Cère ; Le Pas de la Gère ;
- Curehourse ; la foret ensevelie de la Mougudo.
- 6e jour. — Le Lioran, promenade en voiture aux environs. Murat.
- 7e jour. -- Ascension du Puy Mary (1787 mètres), déj(Miner champêtre au sommet.
- 8e jour. Saint-Flour. Le viaduc de Garabit.
- 0e jour. Mende; le Gausse de Sauve terre;
- Ispagnac, Sainte-Enimie.
- 10R jour. - Descente en barque des gorges du Tarn; Le Ghâteau de la Gaze; Le Ilozier; Peyreleau.
- 11e jour. -— La grotte de Dargilan. Meyrueis.
- 12e jour. — Vue de Bramahiau; Ascension de l’Aigoual; Le Vigan.
- Conditions générales du voyage : Nous avons fixé à 250 francs le prix de souscription à notre voyage.
- Ge prix comprend tous les frais de voyage depuis le moment de la Réunion des touristes ?i Rocama-dour, le 4 août au matin, jusqu’au moment où ils se sépareront, au Vigan, le lb août au matin (trajets en chemin de fer, en voiture, en bateau, transport des bagages, frais d'hôtel, repas, pourboires).
- Pour l’aller à Roeamadour et pour le retour du Vigan tous les adhérents au voyage bénélicieront d’une réduction de moitié prix sur les chemins de fer français. Pour profiter de cet avantage on devra fournir en s’inscrivant les renseignements nécessaires à l’établissement de billets nominatifs que l’administration de La Nature pourra délivrer grâce au concours des Gompagnies de chemins de fer.
- 11 est bien entendu que seuls, les abonnés de « La Nature » (et leur famille) pourront prendre part à notre excursion, mais le nombre des adhérents étant limité, nous prions ceux-ci de faire parvenir le plus tôt possible leur adhésion aux Bureaux de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain.
- L’Administration de La Nature assurera, pendant toute la durée du voyage, toute l’organisation matérielle : trains spéciaux, voitures, bateaux, repas et coucher, et s'efforcera de donner aux touristes tout le confort que les ressources du pays permettront d’obtenir. Les dispositions seront prises pour le transport des bagages', il est cependant recommandé de n’emporter que des valises qui puissent trouver place dans les voitures et les barques.
- Il sera organisé pendant la durée du voyage un Concours de photographie entre les touristes. Les meilleurs clichés obtenus serviront à l’illustration
- d’un numéro spécial de La Nature dans lequel il sera rendu compte du voyage. Nous reviendrons sur ce concours et sur les prix qui y seront attribués.
- Le programme détaillé du voyage sera envoyé à toute personne qui en fera la demande.
- L’EXPOSITION ÜTlOimClLTlHE
- On a dit, bien des fois déjà, que ce qui ressemblait le plus à une exposition, c’était une autre exposition. Vraie en elle-même et dans la plupart des cas, cette boutade souffre cependant quelques heureuses exceptions. C’est ce ({ne peuvent affirmer les visiteurs habituels de nos floralies parisiennes. Cette année tout particulièrement, la Société nationale d’horticulture de France s’était arrangée pour donner du nouveau : disposition nouvelle de la section consacrée aux Roses, inauguration d’un véritable salon de peinture destiné à recevoir les tableaux de fleurs et les aquarelles.
- Les Roses, c’est le triomphe de nos expositions! Nulle part ailleurs on n’en voit une telle profusion. A Lyon même, la terre classique des roses, la reine des fleurs ne revêt pas de pareils attraits. Les roses jusqu’ici étaient placées dans une tente de dimensions trop étroites où elles ne se révélaient pas sous leur véritable jour ; la foule qui se presse toujours autour d’elle ne pouvait les admirer comme elles le méritent. Cette année, on leur a donné une tente spéciale d’accès facile, séparée du reste de l’exposition, où la circulation est commode, où le public peut à son aise regarder et s’extasier. Y a-t-il des nouveautés dans ces jolis groupes de rosiers à haute tige, de rosiers à basse tige, de rosiers thé, d’hybrides remontants? apparemment oui, mais est-il bien nécessaire de les énumérer par le menu et une belle rose, que! que soit son nom, n’est-elle pas, ne sera-t-elle pas toujours une belle rose ?
- Dans ce palais des roses, nous comprenons plus que jamais, ce qu’on a souvent répété, que les plus belles choses, même quand elles sont vieilles, paraissent toujours nouvelles. C’est ce que nous nous disions, en extase devant cette admirable corbeille de plantes annuelles que présentait la maison Vilmorin. Mais pourquoi no pas l’avoir mise à la place d’honneur sous la grande tente? Dans cet assemblage harmonieusement disposé, on ne sait trop ce qu’il faut le plus admirer, du groupement lui-même, de la savante recherche des coloris et de leur assemblage ou du choix des plantes qui y concourent. Chacune de ces plantes en elle-même est peu de chose. C’est ici une Capucine, là un Tagète, plus loin un Pétunia; ce sont encore des Digitales, des Lupins, des Nernesia, des Giroflées, en un mot la flore habituelle des petits jardins. Mais quel goût a présidé à la disposition de ces petits riens, goût irréprochable et qui ne se dément jamais, depuis tantôt 29 ans que nous suivons avec passion nos grandes exhibitions florales parisiennes. Pour nous, c’est le clou annuel.
- Combien nous aimons mieux ces humbles végétaux que les orgueilleuses Orchidées, les rigides Broméliacées! Elles sont bien belles, bien curieuses cependant ces fdles des tropiques ; mais leur grâce a je ne sais quoi de raide, de peu naturel qui ne séduit pas. Un admire sur le moment, puis on oublie. Et puis, à parler franc, ne sont-elles pas trop aristocratiques, ces capricieuses dont la fleur se pave au poids de l’or? Une macule en plus ou moins sur un pétale se chiffre de suite par quelques centaines de
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- francs, quand ce n’est pas par quelques milliers. Et dans tout cela il n’y a qu’engouement. Un Cattleya vaut lü francs; un autre, qui lui ressemble infiniment, en vaut 1000. Puisque nous parlons de plantes de serre, disons un mot de ces végétaux à feuillage bigarré, aux macules diversement colorées qui produisent un effet si étrange et parfois si ornemental. Ce sont ces délicats Cajpdium aux feuilles transparentes d’où la chlorophylle a presque disparu, ces Croton, ces Anthurium, ces Marantha, ces Dracœna, etc., qui sont bien placés au voisinage des plantes à urnes, ces fameuses plantes insectivores, dont Yinsectivorité n’a jamais existé. Les Nepenthes et les Sarraccenia, dont nous voulons parler, attirent toujours l’attention. Les longues feuilles creusées en cornet des dernières plantes, les urnes suspendues à de grêles attaches dans les autres, surprennent toujours. On se demande quel étrange caprice a présidé à leur éclosion, quelle place mystérieuse ils tiennent dans l'enchaînement des formes du monde végétal.
- Mais ce ne sont que des curiosités dont quelques amateurs seulement peuvent se payer la fantaisie. Bien plus humbles sont ces Bégonias à fleurs ou à feuillages dont les races vont chaque année en se perfectionnant. Les uns tiennent leurs fleurs bien érigées, bien droites à l’extrémité des pédoncules rigides, ce sont des tiges de fer, suivant l’expression consacrée. Les autres en touffes basses, compactes, au feuillage élégant et bien ornementé, brillent au premier rang des végétaux destinés à garnir les appartements. Nous signalerons tout particulièrement de charmantes petites plantes telles que Comtesse de Montesquion, Souvenir du Comte de Mon-tesquiou, etc., qui valent assurément, au point de vue de la grâce décorative, nos plus jolis Bertolonia.
- Les Pélargonium forment toujours des massifs fulgurants; les Cloxinia montrent leurs larges cloches si finement ocellées, les Caleéolaires leurs corolles en forme de sabots aussi étranges d’aspect que brillantes de coloris.
- Les arbustes d’ornement garnissent, sous la forme des Rhododendrons, des Azalées, des llydrangées de MM. Croux, Moser et Boucher, les parois de la grande tente. Les Clématites à grandes fleurs de M. Boucher leur tiennent dignement compagnie, et en les voyant, on ne peut s’empêcher de regretter que la culture de ces jolies lianes soit aussi négligée de nos jours. Quelles superbes étoiles que les Clématites Étoile de Paris, Fairy Queen, aure-liana superba; quels jolis pompons que la Lorraine, Grande-Bretagne, Madame Méline, Madame Georges Boucher, etc. !
- C’est aussi au rang des plus belles nouveautés arbustives qu’il faut placer les admirables lilas à fleurs doubles de MM. Lemoine de Nancy. On ne peut rien imaginer de plus séduisant, de plus gracieux, que les variétés à fleurs virginales comme Madame Lemoine et Madame Casirnir-Perier. En d’autres teintes, c’est Michel Buchner, professeur Maxime Cornu, Charles Joly, etc.
- En commençant nous signalions une innovation, en terminant nous en trouvons d’autres encore que nous sommes heureux de faire connaître. Et tout d’abord les plantes alpines de la maison Vilmorin. Disposées sur les gradins superposés d’un rocher artistement construit, ces fleurettes brillent de tout leur éclat, se présentent sous le jour même où elles apparaissent au milieu des prairies alpines. C’est une évocation des hauts sommets au centre de Paris, où les Renoncules aux fleurs délicates, les mignons Œillets, les Gentianes, les Violettes, les Saxifrages, les Saules à la naine structure, se mêlent dans un harmonieux
- ensemble. Nous comprenons la flore alpine de cette façon; le grand public s’arrêtera avec intérêt et le botaniste s’instruira devant cette vivante leçon de choses. Que pourrions-nous encore signaler? Une toute nouvelle nouveauté, la dernière même — pardonnez-moi le néologisme, — c’est VAcalypha Sanderiana,un(i euphorbiacée qui rappelle l’Amarante crête de coq et puis encore l’humble Nemesia présenté en coloris variés et agréables par M. Gravereau, un petit Caladium rouge et presque rustique de MM. Cayeux et Leclerc, une curieuse vigne tonkinoise de M. Sallier, l’Œillet le Colosse de M. Vacherot, l’Œillet Mademoiselle Lucie Faure de M. Régnier, etc., etc.
- Enfin, la Société nationale d’horticulture voulait, elle aussi, avoir son Salon, et sa tentative audacieuse a pleinement réussi en attirant à elle les toiles de Ttmruer, de Cesbron, de Biva, de Mme Catherine Brongniart, de Mrae Jeanne Cornu, de Mllc Fernande Viger, la fille du distingué président, et les merveilleuses aquarelles de Mme Madeleine Lemaire devant lesquelles se pressait un public enthousiaste. P. Haiuot.
- LES TRAVAUX
- DE LA LIGNE COl!RCELLES-€H\Ml»-DE-M\ItS
- L’approche de l’Exposition de 1900 fait hâter les travaux de plusieurs lignes de chemin de fer se prolongeant dans Paris telles que la ligne de Sceaux, la ligne d’Orléans et la ligne des Moulineaux. Cette dernière déjà amorcée en 1889, avec sa gare terminus au Champ-de-Mars, a pu rendre ^quelque
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- îqo zoo 3oo £oo ôooMàl.
- Fig. 1. — Plan indiquant te tracé de la ligne de raccordement entre la Petite-Ceinture et la ligne des Moulineaux.
- service aux visiteurs ; mais maintenant qu’elle va se prolonger jusqu’aux Invalides et desservir une partie du réseau de l’Ouest, pour soulager les gares Montparnasse et Saint-Lazare, son importance va devenir considérable et il était utile de la relier avec la ligne de ceinture rive droite où les gar.es du Nord et Saint-Lazare amènent une affluence de voyageurs qui va chaque jour en grandissant. Or, à cause de la différence du niveau, ce raccordement est impossible au viaduc du Point-du-Jour, où ces
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- lignes se coupent, et on a pris le parti de faire le raccordement à la gare du Champ-de-Mars en construisant une nouvelle ligne partant de la gare du Trocadéro, traversant en tunnel la colline de l’assy et la Seine sur un nouveau pont (fig. 1). L’établissemen t de cette nouvelle voie ne se fait pas sans de grandes difficultés en raison de la situation toute particulière où l’on se trouve : terrains presque entièrement bâtis de maisons importantes et sous sol formé en partie de glaise et en partie d’anciennes carrières.
- Pour ne pas perdre de temps on a dù, en raison d’expropriations non encore terminées, commencer les travaux des galeries en creusant des puits partout où cela a été pos-
- Fig. 2. — Passerelle provisoire pour l’évacuation des déblais.
- sible; toutes ces galeries partielles devant ensuite se rencontrer il faut, pour arriver à ce résultat final, un tracé préparatoire sur le terrain qui présente les plus grandes difficultés en raison des obstacles continuels qu’on y rencontre. Les travaux sont déjà
- à l’heure actuelle assez avancés et en attendant le pont définitif dont nous avons parlé précédemment (voyez n° 1288 du 5 février, p. 145) l’évacuation des déblais se fait au moyen d’une passerelle provisoire, établie au-dessus de la Seine pour rejoindre la ligne des Moulin eaux (tig. 2). La section de la ligne de ceinture comprise entre la
- gare de Cour-celles, où se trouve l’embranchement de Saint-Lazare, et la gare du Trocadéro, est déjà sur-
- Fig. 3. — Aspect ancien de la ligne de Ceinture, avec talus inclinés garnis d’arbustes.
- chargée; le nombre des voyageurs qui était en 1885 de 11 7 00 000 en moyenne est passé actuellement à près de 25 000 000, et, avec le nouveau débouché offert par le raccordement dont nous venons de parler, elle deviendra tout à fait insuffisante au moment de l’Exposition. On a donc dù se résoudre, pour pouvoir doubler le nombre des trains, à doubler le nombre des voies; ce travail qui
- Fig. 4. — Aspect nouveau, avec quatre voies et murs droits.
- est actuellement en pleine exécution, présente peut-être de plus grandes difficultés encore que le percement du tunnel, car on est enserré de toutes parts par des immeubles auxquels on ne peut toucher. La ligne primitive comporte heureusement sur une grande partie de son parcours des talus assez inclinés sur lesquels avaient poussé des arbustes (fig. 5), qui donnaient un coup d’œil pittoresque,
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- ([uc vont regretter les riverains, (juand ils seront remplacés par des murs droits (lig. 4).
- Mais on a pu, la plupart du temps, leur donner une compensation en élargissant le boulevard cjui longe la voie, de façon à permettre d’y planter des arbres. 11 peut paraître au premier abord bizarre qu’on rende du terrain aux voisins quand on élargit une tranchée; mais il a suffi pour cela de construire le mur sur le milieu du talus, au lieu de le faire partir de son ex-trémité supérieure; on a ainsi, dans le bas, la place nécessaire à l’établissement d’une voie et on gagne, dans le haut, la même largeur qu’on rend pour élargir le boulevard.
- Depuis le point de départ jusqu'à la gare de la
- Porte Maillot on a placé une voie nouvelle de chaque côté des anciennes ; avec une circulation aussi active que celle qui existe ces travaux étaient fort délicats, car on ne dispose guère que des T> heures de nuit pendant lesquelles il ne passe pas de trains toutes
- les 5 minutes. On a donc commencé pendant ce court laps de temps à attaquer le talus avec un grand nombre d’ouvriers et on a chargé les déblais sur des trains amenés sur les voies existantes. Dès qu’on a eu la place suffisante, on a placé des rails provisoires pour recevoir les wagons ; mais on n’avait pas toujours accès à ceux-ci et dans bien des cas il a fallu installer sur le train lui-même (fig. 5) une petite voie destinée aux wagons Decau-
- Fig. f>. — Passage sous les ponts; galeries percées de chaque côté pour le passage des wagonnets.
- ville qui leur amenaient les déblais. Partout où il y a des ponts, et ils sont nombreux sur cette ligne, on a percé de chaque côté une galerie donnant [tassage aux wagonnets (fig. 6) ; [tuis plus tard on élargira cette galerie [tour permettre le passage des trains normaux et finalement on remplacera les tabliers anciens par d’autres franchissant d’une seuleüportée la tranchée nouvelle.
- Fig. 7. — Élargissement aux environs de la gare de l'Avenue du Bois de-Boulogne.
- Dans certains endroits, comme aux environs de la gare de la Porte Maillot, l’ancienne ligne est déjà resserrée entre des murs droits ; d’autre part le boulevard ne peut être ni déplacé, ni réduit en largeur et on devra creuser en dessous une demi-voûte [tour avoir l’emplacement nécessaire aux nouvelles voies; ses trottoirs se trouveront alors en encorbellement, supportés par des colonnes en fonte.
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- Dans d’autres parties, aux environs de la gare du Hois-de-Boulogne, on construit les deux voies nouvelles du même côté (tîg. 7) sans toucher à la situation ancienne; on travaille de l’autre côté du mur qui limitait l’ancienne tranchée et qu’on abattra ensuite. Il a l'allu pour cela déplacer le boulevard bannes, ce qiiï était-facile puisqu’il est limité par les fortifications ; on a entaillé le nouveau boulevard
- dans les talus de celles-ci, qui sont du reste destinées à disparaître dans deux ou trois ans. Pour desservir les quatre voies dans les gares on placera deux quais qui serviront, l’un pour les deux voies montantes, l’autre pour les deux voies descendantes (lig. 8). Les gares resteront connue actuellement au-dessus de la tranchée et deux escaliers conduiront aux
- Fi". 8. — Disposition dos quais dossorvant la ligne à quatre voies I1
- t«‘s gares. Des endroits où l’on
- rencontre la plus grande complication se trouvent au passage sous les grandes avenues ou les places, telles que la place Gourcclles, l’avenue de la Grande-Armée et l’avenue du Bois-de-Boulogne. Il ne faut interrompre la circulation ni en dessus pour les voitures et les piétons, ni en dessous [tour les trains qui se succèdent sans cesse; en outre on rencontre dans le sol à traverser des conduites d’eau et de gaz importantes dont on ne doit [tas non [dus interrompre le service; ces sections ne sont pas encore commencées et nous aurons probablement à y revenir un jour.
- Cette petite ligne, qui ne coûtera pas moins de 4 millions par kilomètre, restera un exemple frappant des difficultés de toutes sortes que sait vaincre la science de l’ingénieur. G. Mareschal.
- ANALYSE
- DES MOUVEMENTS DU CHEVAL
- I>AR LA CUROXOPHOTOGRAPHIE
- La méthode que j’ai désignée sous le nom de ehro-nophotographie et qui consiste à prendre sur une pellicule qui se déroule au foyer de l’objectif une série de photographies instantanées d’un animal en mouvement, est surtout connue du public sous la l'orme de projections animées. Les images photographiques projetées successivement à de très courts intervalles se fusionnent sur notre rétine en une sensation continue qui reproduit d’une manière saisissante l’apparence du mouvement lui-même ; mais ces images ne servent guère au physiologiste qui n’y perçoit rien de plus que ce que lui montrerait l’ob-
- servation de la nature, c’est-à-dire des actions si rapides et si complexes, qu’il n’en peut exactement saisir les phases.
- Et pourtant la série des images contient tous les éléments nécessaires à la parfaite connaissance du mouvement des animaux, mais il faut pour cela qu’on les réunisse en une ligure d’ensemble avec-leurs positions relatives dans l'espace, car la comparaison est trop difficile entre des images séparées ; notre mémoire ne garde, pas assez fidèlement le souvenir des premières impressions quand une série d’autres nous arrivent.
- J’ai recouru autrefois à un mode de chronophoto-graphie spécial [tour l’analyse des mouvements. Je recueillais, sur une même plaque, la série des images d’un animal bien éclairé [tassant devant un champ-obscur. Cette méthode était parfaite dans certains cas : lorsqu’on opérait sur un objet ou sur un animal de petites dimensions se déplaçant avec vitesse. Les images successives se disposaient alors à leurs places respectives, sans se confondre entre elles et l’on pouvait obtenir une véritable épure géométrique du mouvement qu’on étudiait. Mais les animaux de grande taille, surtout dans leurs allures lentes, donnaient des images qui se recouvraient entre elles; celles de leurs membres se confondaient en une intrication impossible à déchiffrer.
- Heureusement, au moyen de certains artifices, on peut rassembler les images séparées de la chronopho-tographiesur pellicule mobile, et en tirer l’épure du mouvement; on peut même combiner avec l’épure des formes extérieures celle des os et des muscles, et obtenir ainsi la connaissance des mécanismes cachés dont les mouvements de l’animal ne sont que la manifestation extérieure.
- C’est cette méthode que je vais exposer sommairement. On prend pourpoint de départ des opérations la série des images chronophotographiques d’un cheval, images dont la figure I, p. 25, montre des spécimens pour différentes, allures. Les dimensions de la page n’ont permis de représenter que la moitié d’un pas, sauf pour le galop où la succession des mouvements est plus rapide.
- La pellicule qui porte les images d’un cheval au trot est introduite dans une lanterne à projections; le faisceau lumineux, réfléchi sur un miroir à 45°, va former l’image du cheval en grandes dimensions sur une feuille de papier à dessin horizontale. On suit à la plume, le contour de l’image en le limitant à la tête et au membre antérieur droit [tour éviter toute confusion (tableau I, fig. 1). On trace également la ligne du sol dont les extrémités serviront de repère pour des projections ultérieures. L’image que l’on décalque en premier lieu est la dernière de celles qui correspondent à da série d’un pas. On projette alors la seconde image et l’on dispose, la planche à dessin de façon que cette image soit bien à sa jdace; on en juge par la parfaite superposition de la ligne du sol et de ses deux extrémités avec celles du calque précédent. En faisant ce second décalque
- ST LAZARE
- CHAMP DE MARS
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- on ponctue les contours qui sont censés recouverts par l’image déjà tracée. La troisième image se dessine de même, puis la série des autres, jusqu'à ce qu’on ait figuré un nombre d’attitudes au moins égal à celui qui correspond à la durée d’un pas de trot.
- Les images, ainsi rassemblées (Tableau 1, lig. 1), rappellent les résultats que donnait la chronophotographie sur plaque fixe, mais elles ne présentent aucune confusion.
- Le tableau II obtenu de la meme manière représente les attitudes successives du membre postérieur droit.
- On trouve déjà dans ces simples silhouettes de nombreux renseignements sur la façon dont se comportent les membres d’avant et d’arrière; sur la trajectoire, très analogue des deux pieds, pendant le levé ; sur la direction des membres au moment où ils se posent et au moment où ils quittent le sol. On voit qu’à la fin du levé, le cheval abaisse l’encolure ; c’est l’effet de l’action des muscles rele-veurs de l’épaule dont l’insertion supérieure se fait aux vertèbres du cou. Je n’insisterai pas sur ces détails déjà signalés dans l’étude de l’extérieur du cheval au moyen de la chronophotographie.
- Il s’agit maintenant de déterminer dans ces images des membres les positions que prennent, à chaque instant, les diverses pièces du squelette, et l’état de raccourcissement ou d’allongement des divers groupes musculaires aux instants
- TABLEAU I. — Tigris au trot, (Membre antérieur droit.)
- Attitudes successives du membre antérieur droit au trot.
- Fig. 2. — Positions du squelette à l’intérieur du membre pour chacune de ses attitudes.
- Fig. 3. — Attitudes du squelette seul.
- i. — Squelette. Notation des appuis et levés du pied. — Cqurbe des divers muscles: A, grand rond ; B. sus-épineux; C, Trieeps ; B, Biceps.
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- TABLEAU II. — Tigris au trot. (Membre postérieur droit.)
- Fig. 1. — Attitudes successives du membre postérieur droit au trot.
- Fig. 2. — Positions du squelette à l'intérieur du membre pour chacune de ses attitudes.
- Fig. 3. — Attitudes du squelette seul.
- Fig. i. — Squelette. — Notation des appuis et levés du pied. — Courbes des divers muscles A, Ischio-tibiaux; B, rotuliens; C, gastrocnémiens.
- successifs du pas. Et d'abord, en ce qui concerne le squelette, il faut abattre l’animal, préparer les os de ses membres et les photographier à la même échelle que l’animal vivant. Cela constitue la grande difficulté d’une expérience de ce genre si l’on opère sur un animal de prix.
- Une circonstance favorable est venue lever cette difficulté. Les étalons de l’État, lorsqu’ils sont mis à la réforme, doivent être abattus; M.le professeur Le Hello du Haras-du-Pin a pu ainsi obtenir que l’étalon trotteur Tigris fût envoyé à la Station physiologique pour y être abattu après avoir été soumis à la chronopho-tographie.
- Aussitôt abattu, Tigris fut disséqué, on pesa ses muscles pour des études ultérieures, et le squelette des membres fut préparé, avec les articulations, pour en prendre des photographies. Ces images du squelette, projetées elles-mêmes à la même échelle que les silhouettes de l’animal, furent découpées de manière à donner les divers profils des os sous forme de petits gabarits qu’on agença dans le profil des membres et dont on dessina le contour, comme cela se voit sur les figures 2 dans les deux tableaux.
- Il eût été impossible, et l’expérience me l’a montré, de loger dans les profils de Tigris le squelette d’un cheval quelconque; il y a, d’un animal à un autre, des différences de proportions trop grandes entre les rayons osseux. Dans
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- le cas présent, les deux décalques s’agencèrent d’eux-nièmes avec précision. On peut voir en effet que les saillies osseuses dont le relief se dessine sous la peau, tombent bien à leurs places.
- Voilà donc les attitudes successives du squelette déterminées pour les instants successifs du trot. Cette double figure, nécessaire pour la construction de l’épure, peut paraître un peu compliquée si l’on veut analyser les mouvements du squelette ; on a isolé ce dernier dans les figures 3 qui traduisent mieux le jeu des articulations ainsi que les déplacements de l’épaule et du bassin.
- On voit nettement, par exemple, (pie l'épaule s’abaisse sous le poids du corps dès le début du levé du pied ; à la fin du levé, au contraire, l’épaule est relevée, comme on l’a dit plus haut, parles muscles qui, d’autre part, abaissent l’encolure.
- Mais, outre les renseignements variés que donne l’étude du squelette, celle-ci permet encore de connaître, à chaque instant, letat de raccourcissement ou d’allongement des divers groupes musculaires.
- Les anatomistes ont déterminé le lieu d’insertion de chaque muscle du cheval sur les os. Si donc, d’après les tableaux deM. Barrier, nous marquons, figures 5, la position moyenne des attaches d’un muscle, et si nous joignons par une droite Ces deux insertions extrêmes, la longueur de cette droite représentera celle du muscle à l’instant considéré.
- Comme les muscles ne sont pas contractiles dans toute leur étendue, mais seulement par leurs fibres rouges, on a défalqué de la ligne droite qui représente chaque muscle une longueur constante, à chacune de ses extrémités ; cette partie correspond aux tendons, tandis que la partie moyenne, marquée d’un trait plus fort, répond à la fibre contractile. Cette représentation schématique a l’avantagé de rendre plus sensibles les allongements et les raccourcissements des muscles, en faisant porter ces variations sur une longueur plus petite.
- Toutefois, bien que la figure originale fût d’assez grandes dimensions, il était difficile d’y saisir les
- phases d’allongement ou de raccourcissement des divers groupes musculaires ; ces phases ont été rendues très sensibles au moyen des courbes qui, dans nos deux tableaux, surmontent la figure 4. n les a obtenues en portant en ordonnées néga-
- tives, au-dessous de chaque image du cheval, une longueur correspondante à celle du muscle considéré. La môme lettre désigne dans la figure 4 le muscle et la courbe de ses changements de longueur. Ainsi, dans le tableau I qui correspond. au membre antérieur, la lettre A désigne le muscle grand rond avec des insertions seapulo-humérales ; cette meme lettre
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- se retrouve en face de la courbe des variations de longueur du grand rond. 11 en est de meme pour les muscles sus-épineux, triceps, biceps. Enfin, sur le tableau II, les muscles du membre postérieur et leurs courbes sont pareillement désignés par des lettres communes.
- L’inspection de ces courbes montre que pour chaque membre il existe des muscles à actions alternatives, dont Lun se raccourcit quand l'autre se relâche. Cela ressort des convergences et divergences alternatives des courbes A et R dans les deux tableaux. Ces muscles antagonistes sont, au membre antérieur, le grand rond et le sus-épineux ; au membre postérieur les muscles iscliio-tibiaux et les rotuliens. Toutefois, dans les deux membres, les actions musculaires ne sont point homologues, les muscles seapulo-luiméraux, n’agissant que sur l’articulation de l’épaule, tandis qu'au membre postérieur les antagonistes, allant du bassin à la jambe, commandent à la fois les mouvements de la hanche et ceux du genou.
- Mal gré cette différence, on est frappé de l’analogie des mouvements du cubitus avec ceux du calcanéum, ce qui montre, ainsique l’a fait observer M. Baron, que l'adaptation fonctionnelle a fait acquérir une action semblable à des os' qui ne sont pas anatomiquement homologues.
- La courbe C du tableau II représente l’action des gastrocnémiens ; elle offre une particularité singulière : on y voit de petites ondulations dans le sens du raccourcissement, mais l’extension du muscle est limitée, la courbe des longueurs maxima se réduisant à une ligne droite. Or l’anatomie rend compte de ce phénomène exceptionnel, les gastrocnémiens renferment à l’intérieur de leurs faisceaux contractiles une sorte de cordon tendineux inextensible; ce cordon n’empêche pas les muscles de se raccourcir pendant leur contraction, tandis que dans la phase de relâchement il oppose à leur allongement un obstacle insurmontable. Cette disposition assure la solidarité des articulations du genou et du pied : l’extension de la première entraînant nécessairement celle de la seconde.
- Pour mieux faire saisir à quel moment de l’action des membres correspondent les contractions des différents muscles, on a tracé, en dessous des courbes, la notation des appuis et levés des pieds. Un trait noir horizontal, très épais, marque la durée des appuis ; un double trait blanc celle des levés.
- Il n’y a pas lieu d’insister sur les connaissances multiples qu’on peut tirer de l’examen de ces figures ; on passe de l’une à l’autre suivant le détail que l’on veut y saisir. Ce qu’on vient de lire suffit pour montrer que de la chronophotographie dérivent naturellement, au moyen d’opérations assez simples, une foule de renseignements sur le mécanisme si compliqué des allures du cheval. C’est d’après des figures de ce genre que M. le Hello a établi sa théorie nouvelle du mécanisme de la progression C
- 1 C. II. (le l'Académie des Sciences, 8 juin, 181)6.
- J’ai appliqué la même méthode à l’étude du mécanisme de la locomotion dans un grand nombre d espèces animales et à diverses allures. Mon but était d'étudier d’une façon comparative l'anatomie et la physiologie de l’appareil locomoteur. E.-J. Màrey.
- Membre1 de l'Institut.
- L’ASTRONOMIE AU SALON
- La plupart des œuvres de nos peintres contemporains étant ce qu’ils appellent eux-mêmes des « tranches de nature », il ne sera pas déplacé de parler ici, à un point de vue spécial, des deux Salons ouverts cette année
- — enfin côte à côte —; d’autant que s’il est vrai que les sciences en général forment rarement le motif des tableaux exposés, il en est une par contre — une seule
- — dont le domaine se retrouve à peu près partout, dans les paysages, dans les marines, dans les sujets de genre ou d’histoire, dans certains portraits même, dans tout ce que l’on appelle le « plein air » : c’est la science du ciel, des effets de soleil, de lune, d’étoiles, d’arc-en-ciel, l’Astronomie enfin.
- Or, c’est une chose digne de remarque que, souvent, les meilleurs artistes n’apportent pas la même application, la même conscience à la représentation des objets célestes qui rentrent dans leurs cadres qu’à celle des objets terrestres. Us y mettent plus de fantaisie, v consacrent moins d’étude qu’au reste de leurs tableaux ; et quand ils ont bien « poussé » une toile avec tout leur soin, reproduisant scrupuleusement la forme d’un arbre, la ligne d’un coteau, la couleur d’un ciel, s’il leur vient à l’idée qu’un croissant lunaire ou le point brillant d’une étoile feraient bien dans l’harmonie du paysage, ils le jettent au hasard, n’importe où, n’importe comment, et — disons le mot — « de chic ! »
- Avec l’esprit simpliste qui préside à ces coups de pinceau, il est certain que des erreurs doivent se produire : le soleil et la pleine lune, il est vrai, étant tout ronds, ne peuvent jamais être posés de travers, un cercle n’avant ni haut, ni bas, ni droite, ni gauche, et étant un cercle dans tous les sens.
- Ainsi, M. Adrien Demont — qui est, du reste, le peintre astronome par excellence et qui avait peint, il y a deux ans, une lune presque pleine où l’on distinguait les taches des continents et des mers — expose cette année un « hymne au soleil » qui est resplendissant ; M. Lucien Simonnet, un joli effet de soleil dans le brouillard; M. Firmin-Girard, un rouge soleil couchant à l’heure où les yeux bien exercés y perçoivent parfois des taches; M. Cagniart, un coucher de soleil derrière la fontaine Saint-Michel, presque au sud, c’est-à-dire bien à sa place pour un soir d’hiver où le soleil se couche peu après midi, ce que justifie la neige répandue sur la place. Impeccables aussi sont les effets de pleine lune de MM. Flahaut, Diéterle, Charpin, Eugène Bourgeois, Balou-zet, Le Poittevin, etc.
- Mais le croissant lunaire demande plus de réflexion et est décidément terrible à mettre en place. C’est un sujet d’étonnement de considérer que chez un peuple civilisé, des hommes intelligents peuvent, pendant vingt, trente, cinquante, quatre-vingts ans, voir tous les mois la lune apparaître comme un mince croissant, devenir le premier quartier, la pleine lune, puis décroître en sens inverse, en dernier quartier, en croissant final, et ne pas se demander une seule fois ce qui peut bien produire ce perpétuel
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- changement. Mais cela devient de l'ébahissement quand on i-encontre cette insouciance et cette incompréhension chez des hommes qui, pat’ métier, s’adonnent journellement à représenter des objets éclairés à droite quand la lumière vient de droite, éclairés de face quand elle tombe en plein, éclairés à gauche quand elle vient de gauche, et, enfin, eu « jour frisant », comme ils disent, quand elle vient du fond.
- Est-il besoin de démontrer à ceux-là que la lune est éclairée par le soleil, qui produit le premier quartier, la pleine lune, ou le dernier quartier, suivant qu’il éclaire de droite, de face ou de gauche?
- 11 semble cependant que sous ce rapport, l’erreur devienne d’année en année, de moins en moins fréquente; le goût de l’astronomie tendrait-il à se répandre?M. Didier-Pouget, par exemple, dans son admirable cirque de Ga-varnie, éclairé par un soleil qui rayonne à droite, en dehors du cadre, nous représente bien dans le fond du ciel le croissant lunaire comme un arc dont la flèche serait dirigée vers ce même soleil, c’est-à-dire légèrement relevé, puisque l’astre lumineux est encore au-dessus de l’horizon.
- M. Nozal, de même, peint le premier quartier visible en plein jour : sa courbe s’arrondit donc à droite, assez fortement relevée vers le soleil. M. de Montholon, également, représente la lune éclairée par le soleil non encore couché; son arc lumineux a donc sa convexité légèrement redressée vers le ciel.
- Par contre, mais avec le même sentiment de la vérité, M. Albert Vallet dans son délicieux paysage au crépuscule et M. Albert Fourié dans « la Terre », à la fin d’une chaude journée, inclinent fort justement la rondeur de l’arc, lumineux vers le sol, puisqu’ils représentent une heure où le soleil est au-dessous de l’horizon.
- M. Alaux et M. Lematte ajoutent à cette exactitude du croissant crépusculaire la teinte, très juste de la lumière cendrée, qui achève d’en dessiner le disque, lueur réfléchie par la terre sur la lune, comme un peintre, Michel-Ange, l’expliqua aux astronomes.
- Mais M. hvill, parmi ses merveilleux envois, expose côte à côte deux tableaux qui représentent tous deux le croissant lunaire au-dessus d’un étang : Dans les deux cas, on devine plus ou moins la lueur du soleil disparu vers la droite ; le croissant lunaire, à gauche de cette, clarté, s’arrondit, bien vers la droite, vers le couchant. Pourquoi cependant ne sont-ils pas tout à fait justes? C’est qu’ils sont tous les deux absolument droits : dans le plus petit, à la rigueur, comme il fait encore jour, le soleil venant à peine de disparaître derrière les brumes violettes du couchant, le croissant peut être presque droit puisque le rayon qui le frappe est à peu près horizontal. Mais dans le plus grand, la nuit est complète; les étoiles brillent; la clarté crépusculaire, très faible, ne blanchit plus qu’un point étroit de l’horizon. Le soleil est donc très bas sous la terre et le croissant, très mince, pour être tourné vers lui, devrait être fortement penché. — Un peu trop droits aussi, pour l’heure avancée, sont les croissants de MM. Gosselin, Lucien Griveau, Hdc.
- Dans tous ces exemples, nous avons vu la convexité du croissant tournée vers la droite, comme la courbe d’un D, Voici d’autres croissants, dans le tableau de M. Anquetin, dans celui de M. Duffaud, qui s’arrondissent, au contraire, en forme de C. C’est la fin du dernier quartier. Us ne, suivent plus le coucher du soleil, mais précèdent son lever. Ce ne sont plus des effets de soir, mais des effets d’aui*ore. Dans le premier, en effet, le char de Phœbus
- Apollon, attelé de quatre chevaux cabrés, émerge de der rière une colline à gauche; dans le second, ce sont des amants « surpris par l’aube ». Le soleil ne se trouve plus à droite, comme à son coucher, mais à gauche. Les deux artistes ont donc parfaitement penché, dans la juste mesure, la rondeur du croissant dans la direction voulue.
- Le même croissant en C est par contre inexact dans le tableau de M. Ilipp. Fournier : il est beaucoup trop droit pour une heure où le soleil est encore loin de se lever, à en juger par la couleur du ciel.
- Mais une faute plus énorme se rencontre dans la « Vallée des Rois » de M. Maurice Orange, laquelle est traversée par les rayons d'un lumineux soleil d’Égypte émanant de gauche. Les colosses de Memnon, les montagnes lointaines, tout est éclairé de gauche comme il convient, comme l’a vu le peintre. Puis, le caprice lui a pris de mettre la lune dans le fond; il l’a placée au hasard de l’inspiration et il l’a éclairée de droite ! Que M. Orange retourne ou supprime ce, croissant qui gâte son magnifique tableau. 11 ne l’a pas vu là, à cette heure-là, tourné de, la sorte. G’est la seule note de, chic de son œuvre et elle est fausse !
- La même critique s'adresse à M. Millet fils qui éclaire de gauche son paysage, l’abreuvoir, les chevaux, les maisons, et ne fait d’exception que, pour la lune qu’il éclaire à droite.
- M. Marché, M. Paul Lazerges, M. Le Camus, M. Pierre hagarde s’écartent moins diamétralement de la vérité, puisque leurs croissants ne dévient que d’un quart de cercle, mais leur erreur n’en est pas moins frappante, en raison de l’heure plus avancée qu’ils représentent, le crépuscule et même la nuit. Le soleil étant alors sous l’horizon, ils ont tourné l’arc lumineux vers le ciel où monte la nuit, comme si c’était de cette nuit cpie venait l’éclairage de la lune! Mais, leur demanderons-nous, puisque votre rayon vient de haut sur la lune, pourquoi n’éclaire-t-il pas votre paysage, votre désert, la cime de vos arbres?
- M. Gaston Guignard tombe dans un autre défaut : dans son paysage, nous sommes en pleine nuit et son dernier quartier est bien penché vers la terre, comme éclairé par un soleil lointain, depuis des heures disparu. Mais les cornes du croissant lumineux dépassent les pôles de la lune et semblent vouloir faire, de tour du disque obscur. Il faudrait pour cela que les pôles ne fussent’point opaques. Placez une sphère quelconque, une, orange, une pomme, à la lumière d’une lampe, jamais cette lumière n’en éclairera plus de la moitié à la fois. En ce qui concerne la lune, les pôles sont atteints dès le croissant, et c’est par l’équateur que le quartier grandit ou décroît.
- Quand nous aurons cité les très justes effets d’arc-en-ciel de MM. Guillemet, Dagnaux, Martin, Gustave Colin, nous aurons épuisé notre sujet. Il y a bien des nuits étoilées de M. Arus, de M. AVengel; mais il ne faut pas songer à y retrouver le dessin des constellations. M.. Rovbct peint l’astronome et non l’astronomie.
- Enfin M. Puvis de Chavannes — et nous ne saurions mieux terminer que par un tel maître — représente une nuit où l’on ne voit de la lune que le reflet dans l’eau. Mais la largeur du retlet indique la pleine lune. L’orientation du cours de la Seine montre que l’astre passe à peu près au méridien ; il est donc environ minuit. C’est bien ce que le peintre a voulu rendre.
- La conclusion de tous ces exemples est que la doctrine scientifique semble s’unir à celle de l’art pour dire à l’artiste : « Ne fais jamais rien de, chic, observe, observe sans cesse ! » Gaston Aumelin.
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- CINQUANTENAIRE
- DE LA SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS
- La Société des ingénieurs civils de France célèbre en ce moment le cinquantenaire de sa fondation; nous en profiterons pour rappeler l’historique de cette Société et montrer tout le développement qu'elle a pris aujourd’hui.
- C’est pendant la Révolution de février 1848 que les élèves de l’Ecole centrale se réunirent et songèrent à constituer une Société des Ingénieurs sortis de l’École centrale. Une première réunion eut lieu le 4 mars, sous la présidence de M. Ch. Callon, nommé président provisoire. Une seconde réunion se tint le 11 mars pour approuver les statuts. Dans cette deuxième réunion, plusieurs membres comprenant
- qu’en dehors des élèves de l’École centrale, il pouvait y avoir d’autres ingénieurs distingués qui honoraient la profession d’ingénieur, proposèrent de les admettre également. Cette Société, dès sa fondation, montrait l’esprit le plus libéral au lieu de se restreindre, comme bien d’autres, dans un groupe étroit. Le bureau et le Comité définitifs furent nommés le 25 mars 1848. M. Eugène Flachat était président, MM. Ch. Callon et Degousée vice-présidents. Depuis cette époque la Société a fonctionné régulièrement.
- Le siège social fut d’abord 20, rue Bergère, pendant dix-huit mois, puis 26, rue Buffault. Le 7 juin 1872, la Société faisait construire un immeuble, cité Rougemont,et, le 14 janvier 1897, la Société s’installait dans un nouvel hôtel, 19, rue Blanche.
- Les courbes ci-jointes montrent le développement
- Courbe montrant la progression des adhérents de 1818 à 1898.
- successif de la Société. La courbe la plus élevée nous donne pour chaque année le nombre total de membres, et la courbe inférieure le nombre des membres admis dans une année.
- En 1848, on comptait 154 membres; en 1858, 485; en 1868, 947 ; en 1878, 1526; en 1888,2198. A la fin de 1896, il y avait 2724 membres; à la fin de 1898, il y aura, espère-t-on, en se fiant aux statistiques des années précédentes, 2900 membres. C’est un nombre de sociétaires suffisamment élevé.
- Nous ne pouvons insister ici sur tous les travaux de la Société ; mais l’ensemble des bulletins publiés forme aujourd’hui 65 volumes contenant environ 800 mémoires, accompagnés de 740 planches, dans lesquels on trouve de précieux renseignements relatifs à toutes les applications du génie civil.
- La Société s’occupa également de décerner diverses récompenses. En 1866, elle décida de donner tous les ans, dans l’assemblée générale de juin, une médaille d’or au meilleur mémoire remis dans le cours
- de l’année précédente. Une série de médailles, provenant de fondations diverses, vinrent ensuite s’ajouter à celle-ci.
- Les débuts de la Société furent difficiles au point de vue financier; mais grâce au dévouement des membres, dès 1860, elle possédait un fonds social de 50000 francs et était reconnue d’utilité publique.
- M. Mallet, dans une Notice publiée dans l’annuaire de 1898, a défini nettement le but de la Société, qui est principalement d’éclairer par la discussion et le travail en commun les questions d’art relatives au génie civil, de concourir au développement des sciences appliquées aux grands travaux de l’industrie, et d’étendre, par le concours actif de ses membres, l’enseignement professionnel parmi les ouvriers et les chefs d’industrie ou d’atelier.
- Souhaitons à la Société des Ingénieurs civils de suivre la même progression pour atteindre son centenaire. L. Leroy.
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- MAISONS QUI MARCHENT
- ET PONTS QUI MONTENT
- On sait que depuis quelque temps une nouvelle et étrange mode a pris naissance, celle de faire voyager les maisons ; non des maisons construites en vue de déplacements plus ou moins grands, sortes de roulottes perfectionnées , mais d’honnêtes et vieilles maisons tout à fait dignes dans l’esprit de leurs 'constructeurs de ce nom d’immeuble dont les édifices en pierre qui bordent nos rues semblaient jusqu’ici la sincère expression et l’inviolable apanage.
- Cette mode a pris naissance en Amérique, patrie
- de toutes les bizarreries ; elle a franchi l’Atlantique et chez nous, quoique en nombre modeste, elle a trouvé des adhérents. La France a pu voir une maison d’École, un grand hangar, une habitation en fer et briques, etc., — j’en passe et des plus inattendus — se déplacer, pivoter et aller à quelques
- centaines de pieds plus loin offrir à leurs hôtes de nouveaux points devue.Mais,si en France quelques propriétaires, complices d’architectes d’un mérite incontestable, ont sacrifié à la nouvelle mode, nous sommes loin de l’engouement qu’elle a suscité outreocéan. Là les déplacements d’immeubles sont entrés dans les mœurs courantes, à tel point qu’une compagnie a pu se fonder et prospérer dont la seule
- Fifç. 1. — Relèvement sur place d’un pont de pierre.
- Ha-utea eaux navigables
- Fig. 2. — Coupe en élévation du pont du I’ré-FÉvèque.
- spécialité est le transport des maisons ; un propriétaire a-t-il la nostalgie des points de vue qu’il aperçoit par ses fenêtres, il fait signe aux house-mowers qui, pour une somme modique, relativement, et en un temps assez restreint, transportent l’immeuble où a souhaité de le voir la fantaisie de leur client, sans que celui-ci ait le moins du monde à cesser d’habiter sa propriété, sans qu’il souffre en rien dans la jouissance de son home ; tout au plus a-t-il à déménager les bouteilles renfermées dans sa cave. Un Californien se déplaisant dans la ville qu’il habitait n’a-t-il pas dernièrement emmené sa demeure à trois lieues de là dans une autre ville répondant mieux à ses goûts !
- La vieille Europe et, parmi les nations qui la composent, la France sont loin de pouvoir sous ce rapport se mesurer avec la jeune Amérique, mais il est dans un genre tout semblable une catégorie de tours de force et d’adresse où nous faisons tout par-
- ticulièrement et depuis fort longtemps bonne figure . je veux parler des déplacements verticaux de ponts.
- Un pont a été jeté sur un cours d’eau, un pont sérieux, en fer ou en maçonnerie; pas une simple passerelle ou un pont suspendu ; non, un pont solide donnant passage à des trains ou à un roulage important. Pour une raison ou pour une autre ce pont se trouve être devenu trop bas, il ne peut plus livrer passage sous son tablier aux bateaux qui sillonnent le fleuve. Que faire ? le jeter par terre et en construire un autre ? Non pas, on va tout simplement soulever son tablier, accroître dans la mesure voulue la hauteur des piles et des culées qui le supportent, puis sur les piles et les culées ainsi exhaussées on reposera l’ancien tablier.
- Cette entreprise n’est-elle pas tout au moins aussi considérable que celle de déplacer horizontalement un édifice ? Deux exemples typiques de cette sorte
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- Fig. 3. — Coupe transversale.
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- de travail, tous deux couronnés d’un plein succès, et tous deux bien français feront ressortir ses dif-licultés.
- L’un est vieux de vingt ans. Il s’agissait d’un pont en pierre dont l’arche avait une dizaine de mètres de portée, il fallait relever son tablier d'une quarantaine de centimètres. Sous la voûte on plaça des cintres en bois portés par des vérins (fig. I), on coupa cette voûte aux naissances, on lit agir les vérins, elle monta ; on exhaussa la maçonnerie des supports, on nettoya les joints coupés au moyen de jets d’eau portés par des barres à mine creuses, on luta ces joints au ciment mêlé de sable et on décintra ; le pont n’a jamais bougé depuis. Au cours de l’opération quelques lézardes se produisirent bien dans la voûte support du tablier, mais elles étaient sans importance et furent faciles à combler; de l’avis même de l’ingénieur des ponts et chaussées qui dirigea le travail, elles auraient pu être évitées si, à des cintres en bois, trop flexibles, on avait substitué des cintres métalliques plus rigides. La raison qui lit préférer les premiers aux seconds fut une raison d'économie, ceux-ci eussent coûté beaucoup plus cher que ceux-là.
- Le second exemple est celui d’un pont métallique à deux travées d’une portée totale de 52 mètres (fig. 2 et 5). Son relèvement, de 40 centimètres également, fut exécuté, il y a 15 mois environ, par les troupes du génie. Des vérins hydrauliques servirent au levage, qui atteignit 05 centimètres afin de faciliter la pose des pierres de taille destinées à surhausser les culées et la pile intermédiaire ; la conséquence de cet excès de levage fut l'obligation d’opérer ensuite une descente de 25 centimètres pour amener le tablier sur ses nouveaux points d’appui. Aucun accident ne se produisit bien que le poids total soulevé dépassât 400 tonnes.
- De ces deux ponts, l’un était et est encore jeté sur le canal de l’Est, l’autre sur la Meuse, près Verdun; le premier est un pont route, le second est mixte, il sert au passage' d’une route et d’une voie ferrée.
- Ces deux travaux furent exécutés en territoire français par des services publics français, l’un civil, l’autre militaire; les Américains n’ont donc ni le monopole ni l’initiative des œuvres de difficultés peu ordinaires qui de par leur nature sortent des terrains connus. Léo Dex.
- Budget des établissements astronomiques et météorologiques en 1898. — Observatoire de l’aris, 255500 francs; Bureau des Longitudes, 151 000; Bureau central Météorologique, 182 000; Observatoire physique de Meudon, 71 000; Observatoire du Mont-Blanc, 12 000; Observatoires départementaux (Alger, Besançon, Bordeaux, Lyon, Marseille, Pic du Midi, Toulouse), 213 200.
- 8«li|»édisation des ehcwaux. — M. Albert (îaudrv a présenté d’ingénieuses remarques de M. Joly, vétérinaire à l'Ecole de cavalerie de Saumur, sur la solipédisalion des
- chevaux. Les paléontologistes ont montré que les chevaux ne sont pas très anciens sur la terre. Dans le commencement de l’Éoeène, les ongulés avaient cinq doigts; plus lard, ils ont perdu leur pouce, [dus tard, leur cinquième doigt s’est atrophié, et ils n’ont [dus eu que trois doigts fonctionnels. Puis, les doigts latéraux ont diminué, et enfin, dans le cheval, il n’v a plus qu’un seul doigt; de chaque côté du grand métacarpien, on voit deux stylets, restes des doigts latéraux. Or, sur des milliers de chevaux quaternaires trouvés à Solutré, M. Toussaint a remarqué que les stylets latéraux ne sont pas soudés. M. Joly, en examinant les chevaux de l’Ecole de Saumur, sélectionnés pour la course rapide, a constaté que leurs stylets étaient soudés, et que même, chez les chevaux pur-sang, ils étaient souvent raccourcis. De plus, on observe quelquefois des soudures ou des diminutions dans les os de leur carpe et, de leur tarse. Ces changements qui donnent plus de force diminuent l’élasticité et contribuent à produire les tai es qu’on appelle suros et éparvins. Ainsi le perfectionne-ment du cheval pourra produire sa dégénérescence. Cela, comme le dit M. Albert Gaudry, est très intéressant pour les paléontologistes; car, en suivant les êtres à travers les âges, ils ne voient pas, comme on l’a supposé d’abord, une série de luttes pour la vie où la victoire est restée aux mieux doués. Au contraire, on reconnaît que ce sont les mieux doués, les plus perfectionnés qui disparaissent. Pourquoi? Nous l’ignorons encore.
- lia pluie noire. — La pluie rouge n’est pas un phénomène extraordinaire, non plus que les petites pluies noires dans les grands centres manufacturiers; la bruine qui tombe sur les côtes du nord-est de l’Angleterre, quand Je vent vient de l’ouest, est le plus souvent noire dans les environs de Newcastle. Mais la pluie assez noire pour obscurcir le ciel, au point que les oiseaux vont se percher au milieu de la journée est un phénomène li és rare dans l’Irlande, où il n’y a pas de centre manufacturier. Lue chute de pluie noire fort remarquable a été observée dans le district de Mullingar, le 50 avril 1898, vers deux heures de l'après-midi, et a été décrite longuement dans le dernier numéro de Meteorological Magazine; par M. John Ringwood, de Relis. La surface du sol recouvert de cette pluie mesurait près de 1500 kilomètres carrés (48 kilomètres de long sur 50 de large). L’obscurité était si grande que les lampes ont dû être allumées dans les maisons aussi bien que dans les ateliers, et les oiseaux sont allés se percher comme aux abords de la nuit. Les gens du peuple croyaient même à la fin du monde et se figuraient que le bruit du tonnerre était le son de la trompette du jugement dernier. La matière colorante de cette pluie était tout simplement de la suie ou du charbon finement divisé emporté dans les régions supérieures de l’atmosphère par les fumées des nombreuses usines situées dans le nord de l’Angleterre et dans le sud de l’Ecosse. Cette suie s’était en quelque sorte amassée dans les couches élevées pendant une semaine de sécheresse et donnait des couchers de soleil qui rappelaient ceux que l’on a observés au moment de l’éruption du Krakatoa. En vent violent et humide entraîna les particules de suie en suspension dans l’air vers des nimbus qui fournirent la pluie remarquable citée précédemment.
- Un grand tunnel italien. -— Il s’agit de celui du col de Tende, dont le percement n’a [tas duré moins de 8 ans : il se trouve sur la ligne de Boni à Yintiinillc, dans la section de Limone à Vievole, et l’on peut s’y rendre actuellement en parlant de Boni. Son but (car la section
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- de Vie vole au chemin de fer de Savone-Yintimille sera bien longue à exécuter) est de mettre Turin en relations directes avec Yintîmille, Menton et Nice. Franchissant la ligne de partage des eaux entre la vallée de Vermenagna et celle du Roïa, il est en alignement droit ; son profil à double pente a ‘2 pour 100 d’inclinaison au nord, tandis qu'au sud, il en présente 10 et même 14 pour 100. Long de 8100 mètres, il est à 1050 mètres au-dessus delà mer à son entrée nord, et passe à 870 mètres au-dessous du col : le tunnel de la route de terre, qui a été terminé en 1882, a 5180 mètres de long et passe 280in. plus haut. Les travaux, qui avaient été adjugés pour 15 800 000 fr., se sont trouvés interrompus en 1804 par une prodigieuse rencontre de houes fluentes qui a suspendu le creusement durant plusieurs mois. Les ingénieurs de l’État, après avoir pris T affaire en régie, ont asséché les houes, et, en mars 1800, l’œuvre a pu être régulièrement continuée et menée à bonne fin.
- Fantaisies statistiques. — Les statisticiens ont quelquefois des idées bizarres. L’un d’eux s’est amusé à calculer ce qu’il faudrait dépenser d’énergie, d’eau et de charbon, pour imprimer à la Terre un déplacement de 1 pied (50 centimètres), en supposant quelle soit soumise, dans son ensemble, à une force analogue à la gravité, et égale à celle de la pesanteur, dépense toute platonique, car, malgré son énorme masse, la Terre ne pèse pas, et ce n’est qu’en superposant les hypothèses que l’on parvient à se faire une idée du fameux levier d’Archimède. Etant donné que la masse de la Terre est d’environ 0.1021 tonnes, notre statisticien calcule qu’il faudrait soixante-dix mille millions d’années à une machine d’une puissance de 10 000 chevaux pour déplacer notre globe de 50 centimètres dans l’hypothèse indiquée plus haut. La chaudière alimentant cette machine devrait vaporiser une quantité d’eau telle qu’elle couvrirait la surface entière de la terre d’une couche d'eau de 90 mètres d’épaisseur. La vaporisation de cette eau exigerait quatre millions de milliards de tonnes de charbon. Ce charbon, porté parties wagons de 10 tonnes chacun, occupant une longueur de 9 mètres entre tampons, exigerait quatre cent mille milliards de wagons dont la longueur ferait quarante-cinq millions de fois le*tour de la terre. Ce train, se déplaçant à la vitesse de 40 kilomètres par heure, mettrait cinq millions d’années pour franchir sa propre longueur. Ce train serait 11 500 fois plus long que la distance delà terre au soleil et exigerait, pour être remisé, un hangar dont la surface serait 770 fois celle de l’Europe. Si l’on songe que cette quantité fantastique d’énergie n’est rien devant celle que possède là terre en vertu de son mouvement de rotation autour de son axe, de son mouvement elliptique autour du soleil, et du mouvement de translation du système solaire dans l’espace, que le système solaire, dont la terre n’est qu’une infime partie, n’est lui-même qu’une infime partie de T Univers, on peut se faire une idée exacte de l’infimité de l’homme dans l’Univers, et juger à sa juste mesure son incommensurable orgueil.
- lia portée des tuyaux acoustiques. — A la requête du Comité de la Société des ingénieurs de Berlin, M. II. Scliale a entrepris une série d’expériences sur la portée des tuyaux acoustiques en utilisant des tubes installés dans des mines de Westphalie pour le transport de la puissance mécanique par l’air comprimé. Certains résultats méritent d’être signalés. La plus grande distance à laquelle un signal sonore bien émis peut être entendu
- au bout d’un tube en ligne droite, sans branchements, est d’environ 450 mètres et ne peut dépasser 500 mètres. Les meilleures dimensions sont 50 millimètres pour les distances au-dessous de 200 mètres et 52 millimètres pour les distances supérieures. Pour les systèmes à embranchement, il faut des diamètres de 20 millimètres jusqu’à 50 mètres; de 20 millimètres de 50 à 150 mètres, de 40 millimètres de 150 à 500 mètres et de 52 millimètres au-dessus de 500 mètres. Au-dessous d’un diamètre de 50 millimètres, le frottement intérieur est trop grand; au-dessus de 52 millimètres, la voix humaine n’a pas assez de puissance pour faire vibrer l’air enfermé dans le tube avec assez d’intensité. La voix doit augmenter d’intensité et de clarté avec le diamètre du tube. Les voyelles se transmettent mieux que les consonnes. Le zinc, en raison de sa faible élasticité, est le métal qui convient le mieux, bien que souvent on préfère le fer galvanisé qui transmet bien mieux les coups de marteau. Le tube doit être lisse à l’intérieur et il faut éviter avec soin les changements de section. Le meilleur appel à grande distance est obtenu en frappant le bord du tube; on peut aussi employer une trompette en appliquant le pavillon contre l’embouchure du tube. Les sifflets ne s’entendent qu'à une faible distance.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 0 juin 1898. — Présidence de M. Woi.f.
- Un nouvel élément de l'air, — M. Berthelet lit un mémoire de M. Ramsaydans lequel le savant Anglais décrit les propriétés d’un gaz qu’il vient de découvrir dans l’atmosphère. Il a soumis à une distillation fractionnée un volume de 800 centimètres cubes d’air liquéfié et étudie les gaz de la fin de l’opération. Après en avoir retiré tout l’oxygène au moyen du cuivre métallique, puis tout l’azote et l’argon à l’aide d’un traitement approprié, M. Ramsay a obtenu un réseau occupant un volume de 10 centimètres cubes et montrant faiblement le spectre de l’argon en même temps qu’un autre spectre non encore observé. Ce dernier spectre présente deux raies très brillantes non séparées presque identiques à la raie I) et une raie verte comparable à celle de l’hélium, ainsi que 12 autres raies carac téristiques. Il résulte des considérations sur la longueur d’onde du son dans ce gaz, que ce gaz est un corps simple. M. Ramsay a donné à ce nouvel élément de notre atmosphère le nom de krypton.
- L'air liquide. — Après avoir décrit la machine qui permet d’obtenir un litre d’un liquide à l’heure avec une puissance de 2 à 5 chevaux, M. d’Arsonval rappelle que dès 1888, il a réalisé sous le nom de thermo-isolateur, le vase à deux enveloppes de verre séparées par le vide de Crookes. Ce récipient a été employé par lui pour conserver le chlorure de méthyle liquide; c’est celui qui sert aujourd’hui pour la conservation de l’air liquide. M. d’Arsonval signale encore un procédé fort simple pour obtenir un refroidissement à — 65°. 11 suffit pour cela de verser le chlorure de méthyle liquide qui est lui-même à — 25° dans un vase poreux. Un vase de pile se prête très bien à l’expérience et joue le rôle d’alcaraza.
- Les matières organiques de l'air. — Bans une des précédentes séances, M. A. Gautier a signalé cette particularité que le dosage de l’acide carbonique de l’air révèle une faible différence suivant qu’il est opéré à l’aide de la
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- chaux ou de la baryte. M. Albert Lcvv estime que la cause de cette différence doit être attribuée à ce fait qu’au contact de la baryte, les matières organiques de l’air se transforment en acide carbonique. A l’appui de cette hypothèse, il expose que l’air du centre de la ville ou des cimetières suburbains détendu rapidement, laisse apercevoir un nuage marron qui disparaît sans laisser de trace.
- Les fuseaux horaires. — La Société de géographie d’Alger écrit qu’elle a examiné la question des fuseaux horaires et qu'elle est opposée à ce système. L’Académie des sciences sera appelée à délibérer officiellement sur la même question prochainement. Cu. de Yilledeuil.
- TOUR À TAILLER LES CRAYONS
- C’est un travail bien facile que celui de tailler un crayon, et il semble qu’il ne soit pas utile de construire une machine dans ce but ; les petits taille-crayons à main doivent suf-fire. Cependant l'expérience a déjà prouvé que ces derniers petits appareils, toujours bien simples, donnent souvent de très mauvais résultats. On taille plusieurs fois de suite un crayon avant d’avoir la mine dans l’état où on la désire avant de s’en servir. La plupart du temps, un canif aurait permis d’atteindre rapidement de meilleurs résultats. Mais il ne faut pas considérer le simple amateur qui a un crayon à tailler une ou deux fois par jour. Il faut aussi tenir compte de l’ennui que présente l’opération de bien tailler un crayon et surtout de faire la pointe comme en ont besoin les ingénieurs, les architectes, les dessinateurs, etc., du temps que perdent toutes ces personnes qui, en somme, ont besoin d’un crayon à pointe fine comme outil le plus indispensable; à chaque instant, la pointe demande à être refaite ou tout au moins remise en état. On comprend alors que l’invention d’une machine spéciale à tailler les crayons ait tout de même une certaine utilité.
- Le petit tour en miniature que montre la figure se compose d’un bâti en fonte sur lequel est monté un arbre formant pignon dans toute sa longueur afin que la roue dentée du chariot qui coulisse parallèlement ne sorte pas de l’engrenage quelle (pie soit la distance à laquelle elle puisse se trouver de
- la fraise suivant la longueur du crayon. U est du reste très facile de déplacer par une simple poussée le petit support qui glisse sur une rainure et de l’amener au point où on le désire.
- L’engrenage a pour but d’imprimer au crayon un mouvement de rotation constante ; il est mis en mouvement par un engrenage monté sur l’arbre principal dont l’extrémité fait tourner une roue formant une fraise finement affûtée des deux côtés. Le chariot avance automatiquement lorsqu’on appuie sur un levier et sa course est calculée exactement sur la longueur dont le crayon a besoin d’avancer pour qu’il soit bien taillé et que sa pointe soit aussi parfaitement effilée. On peut, du reste, obtenir à volonté la pointe plus ou moins effilée ; il suffit de s’arrêter au moment voulu ou de continuer encore l’opération. En tournant la roue, on voit nettement ce qui se passe. L’appareil se termine par une grande
- coquille qui protège la fraise et empêche de se blesser. Lorsqu’on veut tailler un crayon, il suffit de pousser en arrière le chariot, de placer le bout du crayon dans le mandrin conique, de telle sorte que l’autre extrémité que l’on désire tailler rentre dans l’ouverture pratiquée à cet effet du côté de la fraise. 11 faut appuyer ensuite avec le doigt sur le levier du chariot et tourner en même temps le volant de la fraise. Le crayon avance tout doucement. Comme l’avancement du chariot est commandé par le levier, il suffit d’appuyer avec plus ou moins de force pour faire avancer le crayon plus ou moins vite suivant la nature du bois et la finesse de la pointe que l’on désire obtenir.
- La fraise, en acier trempé, peut fonctionner pendant plusieurs années; lorsqu’un côté est usé, il suffit de dévisser le volant et de retourner la fraise pour continuer à travailler avec l’autre côté, de sorte qu’on peut se servir du tout pendant des années sans avoir besoin de faire affûter la fraise. Ce petit appareil fonctionne très bien et nous pensons qu’il rendra des services à tous les dessinateurs, ingénieurs, architectes et géomètres.
- L. Dubar.
- Le Gérant : J*. Masson.
- Tour à tailler les crayons.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- .V 1307. — 1 8 JUIN 1898.
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- LES PIGEONS VOYAGEURS
- « Lâchés avec le message qui leur est confié et aussi prompts qu’un clin d’œil, ils n’ont de hâte que pour remplir leur mission. Fidèles messagers, ils s’empressent de remettre le dépôt confié à leurs ailes. » Jaky-Eddix-Abou-Beir-Bf.n Hoddja.
- Les récentes expériences qui viennent d’être faites à bord du transatlantique la Bourgogne, sous la direction du capitaine Raynaud, ont de nouveau attiré l’attention sur ces excellents auxiliaires ailés : les pigeons voyageurs. H y a sept ou huit ans, des essais semblables avaient été tentés ; ils n’avaient pas donné des résultats pleinement satisfaisants, mais depuis la colombophilie a fait des progrès. Dans son numéro du 19 juillet 1890, La Nature signalait le grand développement donné par les puissances étran-
- gères à l’organisation des colombiers maritimes, surtout en Allemagne où les ports de Kœnigsberg, Dantzig, Stettin, Stralsund, etc., possédaient déjà des colombiers parfaitement bien installés et rendant de réels services.
- 11 y a deux ans, notre grand confrère le Petit Journal instituait un concours de colombophilie maritime ; ce sont ces expériences que la Compagnie générale transatlantique, avec l’appui de diverses sociétés colombophiles, a reprises et développées, en procédant à un entraînement méthodique des équipes ailées. Lorsque les résultats déjàobtenus seront pleinement confirmés, on établira un service régulier, avec deux postes de colombiers : l’un au Havre, l’autre à New-York. Naturellement, il y aura deux équipes de pigeons voyageurs, l’un ayant pour colombier d’at-
- Lc Colombier du Jardin d'Acclimatation. (D’après une photographie.)
- tache le port français, l’autre le port américain. Les communications se trouveraient ainsi assurées pendant la plus grande partie du trajet. Du reste, quand bien même la distance à parcourir excéderait les forces d’un pigeon, il y aurait grande chance que le voyageur ailé se reposât en passant sur un autre navire, — les routes des navires variant assez peu.
- Utilisables en cas d’accidents, les pigeons voyageurs pourront l’être également pour prévenir de l’arrivée des paquebots. Voici comment : quittant New-York, par exemple, un transatlantique emporte un panier de pigeons américains ; au retour, à 400 ou 500 kilomètres de New-York, on les lâche, et en raison de la rapidité de leur vol, en quelques heures, ils franchiront le trajet restant à accomplir, apportant ainsi, plusieurs heures à l’avance, l’annonce de l’arrivée du navire aux parents et aux agents de la Compagnie maritime.
- Déjà, de premières expériences avaient démontré
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- qu’on pouvait attendre de la colombophilie maritime des résultats très pratiques. Lors du concours de Saint-Nazaire, dans des lâchers en mer, les pigeons franchirent facilement des trajets de 500 kilomètres. Nul doute qu’avec de l’entraînement, et surtout en choisissant bien les sujets, on n’arrive facilement à augmenter ces distances, mais il faut des sujets particulièrement résistants.
- Voilà longtemps du reste que l’Amérique se préoccupe de cette question de la traversée de l’Atlantique par pigeons voyageurs. Un journal de New-York, le F ranch Lolies'Monthly, rapportait récemment qu’en 1845 un pigeon blessé et exténué tombait à la station de Vaux-Hall, à Londres. Il portait une dépêche indiquant qu’il avait été expédié avec deux autres au duc de Wellington, de l’ile Ichabie, située à une distance de plus de 2000 milles. Le messager fut envoyé au duc, qui reconnut l’exactitude du fait.
- D’autre part, en 1850, le 6 octobre, sir John Ross
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- lâcha, à Assistand Ray, une paire de jeunes pigeons : le 15 octobre, un de ces animaux avait traversé l’Atlantique et arrivait à Ayrshire, en Ecosse, où il avait été élevé. La distance entre le point de départ et le point d'arrivée était cependant de 2000 milles, soit à peu près 5218 kilomètres.
- Le pigeon voyageur est donc parfaitement susceptible de traverser l’Atlantique. En Europe, les plus longs parcours accomplis sont ceux de Rome à Bruxelles, soit 1440 kilomètres, et de Calvi (Corse) à Rruxelles, plus de 1000 kilomètres, y compris les 150 kilomètres de Ta traversée de la Méditerranée.
- Comment., direz-vous, arrive-t-on à un dressage aussi parfait du pigeon voyageur?
- L’éducation des jeunes pigeons commence quand ils ont de 50 à 55 jours : c’est à ce moment et pas plus tard qu’il faut les aduire, c'est-à-dire les exercer à voler autour du colombier sans s'égarer. Cette expression aduire nous vient de Belgique, le pays par excellence des pigeons voyageurs, qui l’a empruntée à la Fauconnerie; elle est synonyme du mot habituer. A cet effet, on ouvre pendant quelques heures de l’après-midi la porte extérieure de la cage d’entrée, en laissant aux pigeons toute latitude pour sortir et rentrer à leur gré. Au bout de quelques jours, ils se décident à sortir pour gagner les toits voisins ; puis ils commencent à voler autour de leur colombier pour faire connaissance avec ses abords. Généralement les jeunes quittent tous ensemble leur colombier et rentrent également.
- Ces exercices continués pendant deux à trois mois précèdent l'entraînement qui est lui-même le prélude obligé des voyages un peu longs.
- Parmi les colombiers pour pigeons voyageurs établis en France, un des plus complets est celui qui s'élève au centre du Jardin d’Acclimatation (voy. h g.).
- Pour le cas ordinaire de l’entraînement normal, les distances auxquelles on transporte successivement les jeunes pigeons sont graduées suivant une progression qui nous a été transmise par un colombophile distingué, le colonel Serval, et dont la loi peut être délinie de la manière suivante :
- La première étape ou le lieu où seront lâchés les pigeons pour la première fois étant choisie à 10 kilomètres environ du colombier, la seconde sera prise à 20 kilomètres au moins, c’est-à-dire en ajoutant la première distance à elle-même ; chacune des étapes suivantes s’obtiendra uniformément en additionnant les distances aux deux précédentes. D’après cette loi, à laquelle il ne faut pas attacher un sens absolu, mais qui a le mérite de pouvoir être facilement retenue, les étapes successives se trouveraient fixées à 10, 20, 50, 50, 80, 150, 210, 540, 550 et 890 kilomètres. Cette dernière distance ne doit être atteinte que rarement; elle est considérée comme une limite extrême, même dans les concours, et dans les exercices destinés à préparer le service de la poste aérienne. Après chaque lâcher, on a soin de donner aux pigeons le temps de se reposer et le bien-être qui les attache au colombier.
- Le réseau de nos colombiers militaires organisé pour mettre en relations nos places de guerre, soit entre elles, soit avec l’intérieur du pays, a été établi en prenant pour limite maximum le portage de 550 kilomètres. Dans chaque colombier, on divise les pigeons en autant de brigades qu’il y a de directions à desservir, et l’entraînement de chaque brigade s’effectue dans la direction même où elle aurait à faire le service en temps de guerre et jusqu’au colombier militaire dont elle doit rapporter les dépêches. Ce système d’entraînement qui a pour résultat de familiariser avec le trajet en vue duquel ils sont spécialement entretenus, n’a cependant rien d’absolu, et il ne faudrait pas croire qu’on ne peut pas, à un moment donné, les faire voyager dans une direction tout autre et inconnue pour eux.
- Dans ce dernier cas, comme dans le premier, ils viendront certainement au colombier, pourvu qu’il s’agisse de pigeons pas trop jeunes et suffisamment expérimentés; la durée du trajet sera un peu plus considérable, voilà tout. C’est ainsi que des pigeons, uniquement entraînés dans la direction Orléans-Belgique, transportés un jour de concours d’Orléans à Bordeaux, reviennent avec la même sûreté que sur les lignes qu’ils connaissaient. C’est même ce qui déroute absolument ceux qui cherchent l’explication de l’instinct des pigeons voyageurs, et qui avaient pu croire que ces animaux prenaient sur leur route des points de repère successifs.
- Quant aux vitesses des pigeons voyageurs, elles varient en sens inverse des distances. Lors du service établi en 1875, entre Versailles et Paris, pour le transport des comptes rendus de l’Assemblée nationale, la poste aérienne ne mettait généralement que 10 minutes pour franchir les 20 kilomètres qui séparaient les deux stations, ce qui donnait une vitesse de 2000 mètres à la minute. En mai 1875, des pigeons lancés de Moulins sur Paris ont effectué un parcours de 290 kilomètres en trois heures, soit à la vitesse de 1600 à 1700 mètres. Mais ce sont des maximums impossibles à réaliser dans la pratique pour la moyenne des sujets. On considère même une vitesse de 1250 mètres comme très belle, et les vitesses habituellement atteintes ne dépassent pas en moyenne 1000 mètres à la minute, pour les trajets jusqu’à 500 ou 600 kilomètres, et par un temps clair. Elles tombent à 600 ou 700 mètres par les temps brumeux. 11 faut, quand le trajet est un peu long, que les pigeons s’arrêtent pour manger.
- On doit donc, pour les grandes distances, s’attendre à voir un assez grand nombre de jeunes et même de vieux pigeons s’égarer en route, ou rentrer en retard quelquefois plusieurs jours après le lâcher ; certains même se perdent complètement. Toutefois, les pigéons qui ont acquis de l’expérience, conservent pendant fort longtemps le souvenir de leur colombier, et savent le retrouver malgré de longs mois d’absence, et même dans la mauvaise saison. C’est, ainsi qu’on a vu, à la fin de la guerre de 4870-1871, des pigeons faire le trajet de Port-de-Piles (Vienne)
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- à Paris — plus de 700 kilomètres — en un jour et demi, en plein hiver et à travers un pays couvert de neige, après cinq mois d’exil.
- Pour les pigeons destinés à un service maritime, il faut choisir des oiseaux très résistants et leur faire subir un entraînement spécial; aussi les pigeons qui avaient été emportés par l’explorateur Andrée, sans avoir subi, au préalable, un entraînement, n’ont-ils pu rejoindre leur colombier.
- Y a-t-il une race de pigeons voyageurs? À proprement parler non ; la patience seule des éleveurs, par des croisements successifs, est arrivée à produire un certain nombre de races assez variées.
- La première, actuellement, est celle de ces pigeons bleus ardoisés, à l’attitude fiôre, à l’œil très vif, d’une mobilité extrême, toujours en éveil, aux longues ailes qui vont jusqu’à l’extrémité de la queue. Us ont les morilles un peu épaisses et pas de chair autour des yeux. Tète mobile et très légère. Les becs courts dénotent en général un meilleur vol, plus régulier et plus puissant. La ligne du bec doit être droite et même légèrement convexe; un pigeon ordinaire a cette ligne très courbe. La couleur du plumage n’a aucune influence sur la qualité du pigeon.
- Comment les pigeons voyageurs portent-ils les dépêches? Pour mettre les dépêches à l’abri de l’humidité, et pour éviter que le messager ailé ne les perde en voyage, on les roulé en forme de cigarette et on les glisse dans un tube de plume d’oie que l’on coud par les deux extrémités à une plume caudale du pigeon, à l’aide d’un fil de soie ciré, en ayant soin de ne pas lier les barbules de la plume de l’oiseau, alin de ne pas faire de solution de continuité dans la largeur de la queue.
- Pendant la saison de la mue, les personnes chargées de l’expédition des dépêches doivent avoir soin de les attacher à une nouvelle plume rectrice, qu’il est facile de distinguer d’une plume qui doit encore tomber et que le pigeon pourrait perdre en route.
- 11 serait à souhaiter que la Compagnie générale transatlantique donnât la plus grande extension possible à ses colombiers maritimes.
- Notre ministre de la marine devrait aussi, suivant en cela l’exemple du ministère de la guerre, qui a établi des colombiers militaires dans les principales places fortes, et distribue chaque année des encouragements aux Sociétés colombophiles, donner plus d’importance qu’ils n’en ont aux colombiers maritimes de Brest, Toulon et Lorient.
- En Espagne, ne l’oublions pas, tous les garde-cotes ont à bord un panier de pigeons dont ils se servent pour rester en communication constante avec les côtes sans avoir besoin de se rapprocher trop du rivage. Cette application facile rendrait de réels services dans notre marine militaire. Paul Mégaix.
- U HÀYANE
- Jlepuis l’ouverture des hostilités entre l’Espagne et les États-Unis, l’ile de Cuba et sa capitale la
- Havane, sont devenues le point de mire du monde entier; il nous a paru intéressant de donner à nos lecteurs quelques renseignements sur la « Perle des Antilles ».
- Cuba (fig. 1) est située à 220 kilomètres au sud de la Floride, à la même distance à l’est de la presqu’île du Yucatan, au nord de la Jamaïque et à l’ouest d’Haïti ; de forme très allongée, elle a près de. 1200 kilomètres de long, sur 80 de large; sa superficie est d’environ 110000 kilomètres carrés, et le développement de ses côtes est de plus de 5000 kilomètres.
- Les rivières qui arrosent la grande île sont peu importantes; le Rio Canto, la principale d’entre elles, n’a <{ue 100 à 120 kilomètres de parcours; une chaîne de montagnes bien marquée partage Cuba en deux versants, celui du nord et celui du sud; quelques-unes de ces montagnes atteignent des hauteurs allant jusqu’à 2000 et 2500 mètres.
- Les côtes très découpées, {tour la plupart basses et marécageuses, sont la cause des maladies épidémiques, comme la fièvre jaune, qui exercent de si cruels ravages sur les populations européennes. On y rencontre de nombreux {torts bien abrités et fréquentés, avant la guerre, par des milliers de navires de commerce espagnols et américains ; ce sont, en suivant le littoral : La Havane, Matanzas, Cardenas, Guanopa, Nuevitas, Santiago, Manzanillo, Cienfuegos, Bétabano, etc.
- La Havane, capitale de l’ile, est une grande ville de 250000 habitants; située à l’entrée d’une rade profonde pouvant contenir plus de 1000 navires, elle est défendue par de nombreux forts, dont les principaux (fig. 2) sont ceux de Cajimas Velasco, del Morro, San Carlos, à gauche de l’entrée, et de Punta, de la Reine, Brava, Chorrera et Principe à droite; — la plupart de ces batteries, placées dans une position dominante et armées de pièces de nouveau modèle, assurent une excellente défense contre un ennemi venant du large, qui aurait d’ailleurs peu de chance de franchir l’étroit goulet donnant accès dans la rade ; celui-ci est, en effet, garni de torpilles sous-marines, dont l’explosion amènerait la perte de navires envahisseurs.
- De la Havane partent plusieurs lignes de chemins de fer, constituant un réseau de plus de 1500 kilomètres.
- Avant la dernière insurrection, Cuba, par sa fertilité et ses richesses naturelles, était une source de revenus considérables pour la mère patrie ; même pendant ces dernières années, la culture de la canne à sucre produisait encore 250 millions de francs ; le tabac, le café, le coton, les mines d’or et de cuivre, donnaient lieu à d’énormes transactions; il y a 10 ans le commerce de la Havane avec les États-Unis seuls, se chiffrait à 11000000 de dollars à l’importation et 50 millions de dollars à l’exportation. La population actuelle est de 2 millions d’habitants, pour la plupart d’origine espagnole.
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- LA NAT L UE.
- oti
- Le jour où lu tranquillité renaîtra dans lTle, où une sage et ferme administration permettra au
- commerce et à l’industrie de se développer, Cuba, le grand marché sucrier du monde, rappor-
- Fig. 1. — Plan de Cuba
- tera chaque année 500 millions à ses heureux possesseurs. Voilà qui explique, mieux que toutes
- Fig. 2. — Port de la Havane.
- les raisons d’humanité, la lutte actuelle entre les États-Unis et l’Espagne. Commandant G.
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- MONTRES SOLAIRES CYLINDRIQUES
- La montre solaire cylindrique, dont M. Ch.-Ed. Guillaume a déjà dit un mot dans ce journal1 en décrivant celle que l’on trouve encore de nos jours en Béarn et dont la gravure jointe à l'article donne une exacte reproduction, fut connue dès l'antiquité.
- De meme forme que la moderne, mais autrement plus riche, elle se composait d’un cylindre sur lequel étaient gravées des lignes verticales que coupaient d’autres lignes disposées en spirales : les heures étaient indiquées par l’ombre d’une lame de métal posée horizontalement. M. Guillaume ayant donné précédemment une très précise description de l’objet, nous n’y reviendrons pas ; nous ne voulons
- Fig-1.
- Clepsydre de Ctésibius.
- Il est certain que la montre cylindrique solaire proprement dite était très connue des Arabes, leurs anciens auteurs en parlent souvent.
- « A Athènes2 où elles étaient nommées Hélio tropes, elles étaient si communes que même les particuliers en portaient sur eux. On en tire la preuve du passage suivant de Bâton, poète comique plus ancien que Ctésibius, passage rapporté par Athénée : « Il regarde si souvent à ce qu’il porte « qu’on croirait qu’il porte une horloge ».
- Les montres cylindriques solaires étaient non moins connues dans l’Europe occidentale, surtout à l’époque de la Renaissance où elles avaient acquis une très grande richesse décorative, nous en avons
- 1 Yoy. n° 998 du 16 juillet 1892, p. 99.
- 2 Histoire de l’Académie des Inscriptions, t. XX, Mémoires de littérature.
- traiter ici que l’historique de cet instrument.
- Nous disons plus haut (pie la montre cylindrique solaire remonte à une certaine antiquité, en effet.
- C. Perrault, dans sa traduction faite en 1684 des dix livres d’architeclure de Yitruve, a dessiné une clepsvdre d’après la description de ce dernier, laquelle fut inventée par Ctésibius d’Alexandrie qui vivait 124 ans avant J.-C. (lig. 1). Un constate dans ce dessin que le cadran de la clepsydre n’est autre chose qu’une montre solaire cylindrique dont l’heure est marquée par l’enfant placé sur un flotteur qui moulait au fur et à mesure que le bassin s’emplissait d’eau. C’est cet enfant qui remplaçait l’ombre du style. Ce même auteur appelle ces cadrans solaires cadrans verticaux et portatifs à cylindres.
- Fig. i. Fig. 3.
- Montre solaire en ivoire. Montre solaire de Neuf-Château.
- trouvé de cette époque représentées et en nature.
- La très remarquable peinture de Neuf-Château (1520-1600), représentant « Le mathématicien Jean Neudorferet son fils » (Musée de Munich), en montre une suspendue comme il convient et fort bien éclairée, ce qui permet d’en étudier les superbes détails (fîg. 5).
- Au musée du Louvre le tableau de Hans Holbein (1495-1554), représentant l’astronomeNicolasKratzer dans son cabinet d’étude, a, au milieu d’instruments de mathématiques, une montre solaire cylindrique mais très simple.
- Jast Amman (1559-1591), dans une gravure sur bois « l’Astronomie », en représente aussi une.
- De la même époque les plus belles étaient en ivoire et souvent enfermées dans des gaines de bois (fig. 2). (Collection de M. Paul Garnier.)
- La collection Spitzer en possédait une du seizième
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- LA NATURE.
- siècle doublement curieuse en ce sens que sur la partie supérieure du cylindre se trouvait un cadran solaire horizontal accompagné d’une boussole.
- Nous en conservons une dans notre collection datant du dix-septième siècle, elle est en bois fruitier linement tournée. Tout cela ne donnait pas l’heure avec une grande précision, tant s’en faut ; mais jadis on était moins exigeant qu’aujourd’hui et [’on considérait ces instruments comme suffisants et surtout de luxe, aussi étaient-ils faits de matières précieuses et soigneusement travaillées.
- Les pauvres montres solaires cylindriques du Béarn que l’on trouve actuellement sont [dus simples ; mais, même pour des bergers, elles seraient avantageusement remplacées par nos montres de poche modernes. Planchon.
- LA FIÈVRE APHTEUSE
- UNE NOUVELLE APPLICATION DE LA SÉROTHÉRAPIE
- Plus de quarante de nos départements et jusqu’à notre marché national de la Villette se trouvent, en ce moment-ci, cruellement éprouvés par une nouvelle recrudescence de la fièvre aphteuse. Cette constatation, certes, n’a rien de réjouissant, et ce n’est pas sans une certaine frayeur que nous voyons cette affection se perpétuer au milieu des locaux qui abritent notre bétail, et chercher ses lettres de naturalisation à l’incurie des populations de nos campagnes et aux transgressions de nos règlements sanitaires.
- La fièvre aphteuse est une intruse d’origine asiatique. Dans l’Extrême-Orient, elle règne en maîtresse, sous une forme tués grave. Dans quelques provinces européennes fhyia Russie les pertes qu’elle cause suppriment parfois jus-j|rt’à>70 pour 100 des effectifs. Lorsqu’elle se décide à quit-Ïm1'vces parages pour faire son tour du monde, elle porte jH^JpH-emiér choc encore brutal, quoique un peu atténué, l’Allemagne. Mais à mesure qu’elle chevauche dans les pays prussiens, elle perd de sa malignité. Déjà à travers l’Autriche, la Suisse, la Hollande, sa marche est ralentie, sa diffusion modérée. Domptée par les vicissitudes de ces pays occidentaux, de ces cieux étrangers, elle franchit nos frontières, son carquois meurtrier allégé, ses flèches venimeuses diminuées. Sous cette livrée, pourtant bénigne, sa visite nous vaut chaque fois l’éclosion d’une épizootie redoutable qui affecte particulièrement les bovidés, sans épargner pour cela les porcs, les moutons, les agneaux et les autres ruminants. Passe encore quand la maladie se localise dans la bouche et se contente de labourer avec le liquide corrosif de ses ulcères envahissants, les lèvres, les gencives, le mufle ou la langue de sa pauvre victime; mais quand elle choisit les mamelles et surtout les onglons, quand elle force le lait, dont la mulsion serait trop douloureuse, de se corrompre dans la glande et la corne de se décoller, la fièvre aphteuse détermine une mortalité sensible.
- La chose devient autrement grave chez les jeunes veaux, les porcelets, les agneaux à la mamelle. Chez eux le lait virulent de la mère empoisonne très subtilement les muqueuses qui tapissent leurs voies digestives, et ne tarde pas à provoquer leur mort.
- D’après ce que nous venons de dire, on comprend qu’au point de vue économique cette épizootie est toujours désastreuse : elle passe au fil de l’épée tous les animaux de lait qui ont le malheui’de lui tomber sous les griffes, et
- cause aux adultes, dont elle trouble les fonctions, une moins-value de 50 francs par tête.
- Les Anglais, qui redoutent la fièvre aphteuse autant que la peste bovine, sont arrivés à l’extirper de leur territoire grâce à la sévérité draconienne de leurs règlements sanitaires. En France, un tel rêve n'ect pas sur le point d’être réalisé. Aussi devons-nous accueillir avec reconnaissance et empressement tout ce qui augure favorablement de sa guérison.
- A ce titre, il faut savoir gré à M. Livfflcr, professeur à l’Université d’iéna, d’avoir soulevé par ses récents travaux un coin de ce voile mystérieux qui entoure l’étiologie de la cocote — car tel est le nom familier sous lequel on désigne cette maladie dans nos campagnes. Jusqu’ici, les éleveurs ne savaient que trop la puissance morbide, la subtilité du liquide qui remplit leo ulcères de la bouche et des onglons, la facilité avec laquelle les litières ou les fourrages en sont souillés et la maladie transmise dans une étable infectée.
- Cette manière de se propager, ces allures envahissantes sollicitaient, pour être expliquées, l’intervention d’un organisme vivant. Et là-dessus tout le monde s’accordait à se représenter le dangereux distillateur du liquide des vésicules sous les traits microscopiques de quelque sournoise bactéridie. Cependant les recherches les plus ingénieuses, les cultures les plus propices, les pièges les plus savants ne parvenaient pas à saisir et isoler l’insidieux fabricant de cette venimeuse cuisine. Et cela laissait quelques doutes dans les esprits sceptiques.
- Ces doutes n’ont plus leur raison d’être à la suite des enseignements que deux faits récents viennent de mettre en lumière. D’abord une ingénieuse découverte faite à l’Institut Pasteur, et dont nous avons rendu compte ici mêmel, nous montra la péripneumonie bovine comme conséquence du développement d’un microbe si ténu, si infime, si exigu que s’il avait des dimensions seulement moitié moindres de celles qu’il possède, il ne serait visible ni dans les cultures, ni dans les préparations microscopiques. L’optique nous apprend, en effet, qu’un corps d’un diamètre inférieur à un demi-millième de millimètre échappera toujours à l’impressionabilité de notre rétine quels que soient les perfectionnements que l’on apporte à la construction des objectifs. La taille du microbe de la péripneumonie bovine est à peine supérieure à cette fraction ; n’est-il pas possible que celle de l’auteur de la fièvre aphteuse reste au-dessous?
- M. Lœffler nous le donne pour certain ; et ses expériences ne paraissent pas mettre en défaut ses affirmations. 11 vient en réalité de constater un fait sans précédent dans l’histoire des microbes, à savoir que la bougie Chamberland, ce filet de porcelaine qui happe au passage les délinquants les plus exigus, toutes les bactéries connues, celle même de la péripneumonie bovine, laisse glisser entre ses mailles serrées l’agent efficient de la lièvre aphteuse. Il est vrai que ce filtre cylindrique, tout en retenant le malfaiteur, livre volontiers passage aux virulentes sécrétions qui sont l’instrument de ses maléfices. Mais ces venins, connus sous l’étiquette de toxines, quoique d’une puissance dont rien n’approche, empoisonnent l’animal, sans Y infecter.
- Pour le prouver, prenons, par exemple, un animal frappé par les affreux spasmes du tétanos et tâchons d’isoler et cultiver le microbe qui provoque l’explosion de cette maladie dramatique. Puis séparons, à l’aide d’un appareil Chamberland, la bactéridie tétanique du liquide,
- 1 Voy. n° 1299, du 23 avril 1898, p. 326.
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- souillé de ses sécrétions, au milieu duquel elle nage. Il nous sera alors facile de constater que deux gouttes de ce liquide filtré suffisent pour foudroyer le cheval le plus vigoureux ou plusieurs centaines de cobayes turbulents. Mais, d’aucune façon, ce cheval et ces cobayes ne seraient capables de transmettre le tétanos à leurs congénères. Or, M. Lœffler est arrivé à provoquer la fièvre aphteuse chez un porc robuste en injectant dans son corps une infime partie du sang d’un veau rendu malade par le quart d’une goutte filtrée d’une culture aphteuse. Le porc ainsi infecté a pu transmettre le mal successivement à un certain nombre d'autres victimes, de façon que de la gouttelette primitive, successivement délayée dans les tissus de ces différents animaux, il n’en restait, dans la dernière injection, qu’à peine la trillionième partie. Or, on ne peut se figurer l’existence, d’un philtre, si infernal fut-il, dont une seule goutte soit capable d’empoisonner les eaux d’un grand lac de la Suisse ! line infection provoquée dans de pareilles circonstances ne peut être due qu’à l’intervention d’un agent actif, d’un germe figuré, extraordinairement prolifique et si petit que la confection de notre organe visuel paraît nous en interdire pour toujours la connaissance.
- Ces ennemis-fantômes sont heureusement vulnérables, malgré leur impondérabilité, et l’on sait la victoire remportée par Pasteur contre l’invisible microbe de la rage et par Koch contre le non moins mystérieux auteur de la peste bovine. M. Lœffler, enhardi par ces succès, s’attacha à rechercher un moyen prophylactique contre la fièvre aphteuse, cette mauvaise fée de notre gros et de notre menu bétail. Il savait que le mal ne prend pas sur les animaux qui ont déjà subi victorieusement, une première fois, ses atteintes; et cela, grâce à une merveilleuse propriété de leur sang. Ce liquide, en effet, élabore, à la suite de son contact avec le virus aphteux, un contre-poison qui vaut aux heureux possesseurs caution d'invulnérabilité. M. Lœffler, pour qui la sérothérapie n’a pas de secret, chercha à transfuser cette résistance aux animaux neufs, c’est-à-dire non touchés par la maladie, en leur injectant quelques centimètres cubes de sang d’animaux qui en ont guéri. Il eut bientôt à constater que ce sang, débarrassé naturellement de ses globules et de ses alluvions hétéroclites, ne parvenait pas à lui tout seul à préserver les animaux des attaques insinueuses de la cocote ; mais que cependant cette immunité était facilement acquise dès qu’à ce sérum on délayait une minime partie de la lymphe délétère emprisonnée dans les vésicules de la bouche. Cette quantité de toxine, quoique minime, inoculée seule, provoquerait une virulente explosion d’aplites, accompagnée de tous les troubles qui sont le cortège habituel de cette affection. En prenant passage dans le sang de l’aniinal qui a déjà eu l’occasion de la combattre, elle ne perd pas ses qualités toxiques. Celles-ci persistent ; seulement le sérum qui l’accompagne exerce, semble-t-il, sur les cellules de l’animal qui la reçoit une stimulation particulière qui augmente leur énergie au point qu’elles deviennent capables de résister à l’action du poison.
- Mais, de quelle façon qu’on l’interprète, le fait n’en est pas moins exact : en injectant dans le sang d’un animal neuf, dix centimètres cubes de sérum d’animaux vaccinés par une première attaque de la cocotte et une gouttelette de virus aphteux, ce mélange ne produit pas la maladie. Il y a plus.
- Cette opération crée une immunité suffisante pour protéger la majorité des animaux contre l’infection. M. Lœffler a constaté en effet que des bœufs ainsi ino-
- culés supportent des doses croissantes de lymphe aphteuse. Pour rendre malade un animal neuf, il suffit de lui loger dans le corps la millième partie d’une goutte venimeuse, tandis que les individus traités reçoivent impunément dix, vingt, trente, et même soixante gouttes!
- « 11 devient ainsi facile, conclut M. Lœffler, de vacciner, temporairement au moins, des animaux n’ayant pas encore contracté la maladie ; en cas d’épidémie, il sera possible de garantir des étables non atteintes par des inoculations préventives contre l’infection aphteuse. » Ainsi soit-il. J. de Loverdo.
- DE LA PYRROTHINE
- La pyrrothine, ou pyrite magnétique, possède de très curieuses propriétés que M. Pierre Weiss, professeur à Rennes, vient de mettre nettement en lumière. Si l’on approche un aimant d’un cristal de cette substance, on reconnaît que l’attraction est nulle dans une direction, tandis qu’elle existe dans toutes les autres. En généralisant cette idée, on est conduit à penser que la pyrrothine ne peut s’aimanter que dans un plan, que l’on nommera tout naturellement plan magnétique.
- Des expériences précises faites par une méthode d’induction ont permis à M. Weiss de vérifier cette conclusion d’une manière aussi parfaite qu’on pouvait l'espérer.
- Toutes les pyrites magnétiques ne sont pas également propres à cette vérification. Les beaux cristaux hexagonaux, provenant de Minas Geraes, montrent le phénomène avec sa plus grande netteté.
- Le singulier phénomène découvert par M. Weiss, ne présente pas un simple intérêt de curiosité ; cette bizarre propriété de la pyrite magnétique, que l’on serait tenté de considérer, à première vue, comme un jeu ou une facétie de la nature, possède en réalité un sens plus profond. Toutes les théories élémentaires du magnétisme qui ont été élaborées jusqu’ici ont été établies sans tenir compte de ce phénomène, et il n’en est aucune qui eût permis de le prévoir. Elles devront donc être spécialisées de manière à cadrer avec lui, ce qui limitera le nombre des hypothèses déjà émises, ou, plus généralement, des hypothèses possibles sur les causes du magnétisme. C.-E. G.
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- LES CALANQUES DU TRAYAS
- (var)
- J’ai déjà essayé, en décrivant le panorama du cap Roux, de faire comprendre la souveraine beauté du massif trop peu fréquenté de l’Esterel, entre Saint-Raphaël et Cannes1. Depuis lors, des séjours plus prolongés sur cet enchanteur rivage m’ont convaincu davantage encore, s’il était possible, de sa supériorité pittoresque sur tous les autres points, pourtant si admirables, de la Côte d’Àzur. Ce n’est plus au sommet des cimes, ni dans les replis des ravins forestiers que je lui ai découvert de nouveaux charmes, mais bien sur la rive elle-même, sur la ligne de contact entre les flots bleus et les roches rouges. En 1895, en effet, j’avais commencé là un travail topographique détaillé, la carte des environs du Trayas au 1/10 000e, comprenant les massifscôtiers
- 1 Voy. n° 1207, du 18 juillet 1890, p. 102.
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- LA NATURE.
- du cap Roux, d’Aurelle, de l'Ours, des Grues et des Saoumes : réduit à l’échelle du 20000e, à l’usage des promeneurs, ce levé, terminé seulement en janvier 1898, va paraître vers la fin de juillet, dans Y Annuaire du club alpin français pour 1897. On y verra quelles exquises promenades, courtes et longues, il est loisible de faire, pendant toute une série de jours, autour de la station du Trayas (à 25 minutes de Cannes) et du petit hôtel Sube, dont j’ai déjà vanté ici même l’irrésistible attrait, eifftant (pie calme et belle retraite. On y verra aussi de quelles erreurs la carte d’état-major au 80000e était entachée, dans ce recoin, à cause de la difficulté cès et de l’absence de chemins, qui le rendaient presque inabordable jusqu’à ces dernières années.
- Or, une des principales parties de mon travail topographique a été la réfection totale du dessin des indentations côtières . les cartes marines elles-mêmes n’avaient pas pu les ligurer avec l’exactitude voulue, parce que, en maintes places, les falaises à pic ne permettent pas de suivre le bord de l’eau, tandis que l’étroitesse des criques ou la multiplicité des petits récifs n’autorisent aucune barque à se rendre compte des vraies sinuosités existantes.
- Les bateaux de toile démontables (Osgood ou Berthon), si précieux pour mes explorations souterraines, m’ont rendu, au Trayas, un nouveau service; grâce à eux, j’ai pu, profitant des mers très calmes, pénétrer dans la multitude des entailles porphyriques que les vagues ont creusées là en fjords lilliputiens tout à fait curieux : ces miniatures de baies aux parois abruptes portent le nom provençal de calanques. Les plus grandes ont cent mètres de longueur sur trente de hauteur, comme la grande calanque Saint-Barthélemy (fig. 1) ; les plus petites quelques mètres à peine pour les deux dimensions; toutes sont étroites. Rien n’est
- plus délicieux, à n’importe quelle heure du jour, que de se glisser au fond de leurs secrètes fentes, d’aborder sur leurs petites plages interdites à tous les curieux, de se baigner dans leurs profondes eaux cristallines. Je ne connais point de côtes offrant de pareils tableaux.
- Mais le pittoresque n’est pas le seul mérite des jolies calanques du Trayas : géologiquement elles ont leur intérêt à cause de leur origine. Assez singulièrement en effet, la roche porphyrique qu’elles
- lacèrent n’a pas la compacité homogène habituelle à cette sorte de pierre : les porphyres de l’Este-rel sont zébrés de grandes fissures naturelles qui en divisent les masses en grossiers polyèdres ; assurément on ne saurait trouver dans ces réseaux de cassures la régularité des diaclases et joints de stratification du calcaire, ni des prismes quasi-géométriques du basalte. Néanmoins les crevasses de ces porphyres, dues sans doute à un retrait de refroidissement, les ont suffisamment pourvus de lignes de moindre résistance (selon l’expression consacrée), pour que l’érosion marine et la fureur des tempêtes trouvent dans ces fissures préexistantes un favorable élément de démolition. I)e même que, dans les cavernes, les eaux souterraines sous pression parviennent à décoller les strates calcaires et à provoquer des éboulements, de même la mer ail Trayas dissocie les polyèdres du porphyre, en élargissant progressivement leurs fissures séparatives. Ce processus géologique est facile à surprendre sur place sur toute la côte de l’Esterel, et la carte à grande échelle montre le frappant entre-croisement de cassures, souvent perpendiculaires et parallèles entre elles, qui a, par place, disposé les calanques, les presqu’îles et les îlots détachés en un véritable damier. A la pointe même du cap Roux, par exemple, ce phénomène est
- Fig. 1. — Calanque Saint-Barthélemy. (D’après une photographie de l’auteur.)
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- très net (fîg. 2). Certes, la désagrégation du littoral traction du cap de la llève, par exemple, qui a, est bien lente et ne présente point la rapidité de des- dit-on, reculé de 1400 mètres en sept siècles; les
- galets rouges et les sables qui forment grèves au fond des calanques-crevasses n’en expliquent pas moins, de la plus patente manière, comment les remous travaillent pour débiter à petits coups les porphyres fendillés de cette localité.
- Rien plus, il est telles de ces cassures que le flot n’a pas fendues jusqu’à leur sommet : seule la partie inférieure en est agrandie et a formé de vraies cavernes, de respectables dimensions. Les grottes du porphyre sont chose rare, a priori paradoxale; il a fallu la fissuration exceptionnelle de celui-ci et son plongemcnt dans la mer même pour créer celles du Trayas, véritable curiosité géologique. J’en ai compté plus d’une vingtaine, pour la plupart inconnues des pêcheurs eux-mêmes.
- Il en est deux particulièrement jolies, sous les
- deux promontoires appelés Pointes du Trayas, à côté déjà station du chemin’de fer; la largeur de leur
- entrée n’atteint pas un mètre ; mais leur longueur est de 25 à
- 50 mètres, et leur hauteur de 5 à 10 mètres ; à l’intérieur elles s’élargissent à plusieurs mètres, élégantes nefs ogivales excavées par la mer dans les solutions de continuité du porphyre (fîg. 5). Elles se terminent par une plage de sable fin, d’où peuvent se contempler les plus merveilleux reflets de lumière, sur le saphir de la mer bleue enchâssé dans le creux écrin de la roche rouge.
- 51 les Néréides d’Homère avaient connu ces inviolables refuges, nul
- doute qu’elles n’y fussent demeurées jusqu’à nos jours. Il y a moins de poésie dans les beaucoup plus grandioses grottes basaltiques de Fingal et de la
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- chaussée des Géants. Au ras de l’eau qui dort ou rugit alternativement sous ces mystérieuses tissures, les pourpres anémones de mer, dont les tempêtes ne troublent guère la vitalité presque immuable, piquent leurs cônes luisants sur les parois du rocher. Et sous l’onde aux clartés diamantines s’endorment les congres et les mulets, bien dédaigneux, en ces sûres retraites, des filets et des tridents. Comme un aquarium aux murs de verre, les étranges grottes du T rayas laissent entrevoir un coin du fond des mers !
- Au point de vue géologique, elles achèvent surtout de démontrer ce que je n’ai cessé de soutenir depuis dix ans, que, pour la formation des cavernes, l’érosion on action mécanique est bien l’agent le plus puissant; puisque, tandis que les grottes terrestres se rencontrent presque exclusivement dans les calcaires, sujets également à la corrosion ou action chimique, les rivages marins, au contraire, où les flots agissent sans conteste par érosion surtout, présentent des cavernes dans des terrains silicatés inaccessibles au processus chimique : les gneiss de Tor-ghatten (Norvège)1, les granits de Bretagne, les schistes ardoisiers et les basaltes d’Irlande2 et les porphyres du Trayas. E. A. Martel.
- TINS ROUGES ET TINS BLANCS
- U y a une quinzaine d’années encore, le vin rouge ouissait de la faveur universelle. Ses qualités étaient ndiscutées, on le considérait comme un auxiliaire précieux de la thérapeutique. Les vieillards lui demandaient la prolongation de l’existence, les parents le développement de leurs enfants, les êtres délicats le retour à la santé. Cette confiance dans le vin rouge, que l’on appelait communément le bordeaux, remontait très haut. De génération en génération, cette conviction se transmettait, en se fortifiant. Souvent la consultation des célébrités médicales consistait en ceci : grand air, exercice modéré, viande grillée, bordeaux à tous les repas. Et par bordeaux, la faculté entendait bien parler du vin rouge, puisque c’était le médoc vieux qu’elle ordonnait aux malades riches. On ne peut nier que les succès de ce traitement étaient nombreux et constituaient de beaux états de service.
- Et voici que, tout d’un coup, du rouge on est passé au blanc. Quel est le médecin qui a pris l’initiative de cette substitution? Quelles ont été ses raisons scientifiques? Quel est le malade à la mode qui lui a prêté l’autorité de son exemple? Nul ne le sait. La solution de ce problème fera peut-être un jour l’objet des études des chercheurs. Il en est des médicaments comme de toutes les autres choses : quand la mode s’empare d’eux, ils font leur chemin. C’est ce qui est arrivé pour le vin blanc, dont on a fait la panacée universelle, et le médecin qui ne l’eût pas ordonné eût été en suspicion auprès de sa clientèle. Aussi, tous se sont-ils ralliés, avec plus ou moins de conviction, à la nouvelle école. Les dissertations orales et écrites n’ont pas manqué. On a attesté aux malades que le vin blanc a une influence aussi heureuse sur les fonctions intellectuelles que sur les fonctions physiques. La victoire était dès ce moment assurée.
- 1 Voy. n° 1176, du 14 décenmre 1895, p. 19.
- 2 Voy. Irlande et cavernes anglaises, p. 125 et 251.
- Il faut dire, pour être juste, que le corps médical a très sincèrement pensé que le bordeaux rouge est l’objet de sophistications sans nombre, préjudiciables à la santé, insaisissables à la dégustation, et qu’il en est autrement du vin blanc, dont la limpidité et la transparence attestent la pureté native et persistante. La fraude, pensait-il. cherche les ténèbres; c’est pour cela qu’elle opère sur le sombre vin rouge. Elle ne peut pas s’exercer sur la liqueur dorée et lumineuse qu’est le vin blanc.
- Rien n’est moins fondé que cette théorie. S’il est malheureusement vrai que le vin rouge soit l’objet, aussi bien dans les pays de consommation que dans ceux de production, de sophistications, qui ne sont pas toujours sans inconvénients pour la santé, les vins blancs n’v échappent pas *. On peut affirmer, en toute vérité, que les vins rouges et blancs sont absolument égaux devant les entreprises de la fraude, contre laquelle protestent le commerce honnête et trois mille cinq cents viticulteurs de la Gironde syndiqués. Ge syndicat lutte, par l’application, sur chaque barrique récoltée, d’une vignette spéciale dont le nombre est égal, et jamais supérieur, à celui des barriques récoltées.
- Le vignoble Bordelais récolte, dans des proportions très inégales, des vins blancs et des vins rouges. Les contrées qui les produisent sont également salubres. Les gens aisés y boivent leurs produits et les travailleurs des vins secondaires, mais surtout les dérivés de ces produits : deuxièmes vins, vins de sucre, piquettes, etc. Un statisticien ingénieux de la Gironde eut l’idée de rechercher, pour voir si le vin blanc avait une supériorité sur le vin rouge au point de vue de la santé, quelle différence il pouvait bien y avoir dans la longévité des habitants, et, au cas de l’affirmative, quelle était-elle? Et le statisticien fit sa besogne en conscience en allant puiser ses renseignements sur les listes électorales de 1894. Puis, pour que ses chiffres ne puissent prêter à contestation et possédassent tous les caractères de l’authenticité, il obtint la signature des maires; la correspondance fut enrichie du sceau des mairies, etc. Or voici les résultats :
- VINS ROUGES Électeurs Électeurs ayant
- inscrits. dépassé 75 ans.
- Arsac 330 13
- Lamarque 373 28
- Castelnau 550 28
- Blanquefort ! 881 56
- Soussans 412 22
- Arcins 131 5
- Moulis 459 15
- Saint-Julien 646 23
- Cussac 477 27
- Saint-Seurin-de-Cadourne. 427 21
- Listrac 796 44
- Margaux 606 47
- Labarde . 159 7
- Vertheuil. 354 17
- Avensan 459 23
- Cantenac 412 15
- Saint-Yzans 266 10
- 7 738 381
- VINS BLANCS
- Sauternes 335 10
- Bommes 211 9
- Barsac 960 27
- Preignac 834 29
- Fargues 268 5
- Saint-Pey-de-Langon. . . 274 7
- Saint-Pardon 117 1
- 3029 88
- 1 On sait que l’on a reconnu récemment • que l’on décolorait les vins rouges pour en faire des vins blancs avec du permanganate de potasse et du charbon.
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- Proportion des électeurs ayant dépassé soixante-quinze ans : Vins blancs, 2905. Vins rouges, 4182. Différence au profit des vins rouges, 1277.
- Ainsi, il ressort de cette statistique que, dans les contrées à vins rouges, le nombre des hommes atteignant soixante-quinze ans est de 25 0/0 au-dessus de celui des communes à vins blancs.
- Les chiffres parlent donc largement en faveur des vins rouges. Toutes choses égales d’ailleurs, serait-ce aux proportions de tanin et de fer contenues dans les vins rouges qu’il faudrait attribuer cet allongement de la vie? En tout cas, cette consultation électorale est bien de nature à rétablir la vieille renommée des vins rouges et à leur rendre la confiance dont on semble les priver sans motif précis depuis quelque temps. G. de Méridon.
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- LE SAGOU
- Parmi les Palmiers utiles, le Sagoutier, qui donne le sagou, est certainement celui qui rend le plus de services aux habitants des pays où il croît.
- Le Metroxylon, vulgairement appelé Sagoutier, est comme tous les palmiers, une monocotylédone arborescente; il appartient à la tribu des Lepidocaryées. Son tronc ou stipe est simple et a une apparence rugueuse due aux bases, desséchées, des feuilles tombées; il est terminé par un bouquet de très grandes feuilles pennées au milieu desquelles se trouve un bourgeon comestible, qui est le chou-sagoutier, et desquelles s’échappent d'énormes inflorescences d’un blanc jaunâtre. Il existe plusieurs variétés de Sagoutiers : le Metroxylon lisse, le Metroxylon maripa, le Metroxylon nipa, le Metroxylon potowa, le Metroxylon de Rumph, qui toutes sont originaires des îles de l’archipel polynésien.
- Les Sagoutiers poussent dans les terrains recouverts d’eau saumâtre, tantôt droits, tantôt complètement couchés, comme le Nipa, lorsque le sol est sans consistance. Leur tronc atteint de 8 à 10 mètres de longueur et lm,30 environ de diamètre ; il contient une pulpe farineuse qui sert à l’alimentation des indigènes et constitue le sagou. Cette pulpe est renfermée dans des cellules adhérentes à des fibres ligneuses d’une grande ténuité. Lorsque l’arbre est plein de farine, les feuilles sont recouvertes à leur base d’une poussière jaunâtre. Les individus réputés pour donner le meilleur sagou ont de 6 à 7 mètres de longueur et 1 mètre à lm,20 de diamètre.
- Pour extraire la substance farineuse, voici comment procèdent les indigènes : ils coupent l’arbre à 40 centimètres environ au-dessus du sol et le sectionnent en morceaux de 50 à 60 centimètres de longueur, qu’ils fondent en deux parties. Ils enlèvent les cellules qui se trouvent à la base du tronc et les jettent : elles ont une coloration rouge brique et gont de mauvaise qualité. Ils obtiennent ainsi une sorte de grand mortier rond, dans lequel ils pilonnent la substance médullaire, qu’ils arrachent du tronçon de l’arbre, jusqu’à ce que la farine soit bien séparée de son (enveloppe ligneuse, qu’ils enlèvent à la main. Ceci fait, ils passent la farine dans les tamis faits avec les fibres des feuilles du sagoutier et la lavent en la pressant dans les mains. La fécule, ainsi dissoute, tombe au fond du vase dans lequel se fait le lavage et se coagule promptement; ils la décantent et en font des rouleaux pesant de 12 à 15 kilogrammes, qui se conservent parfaitement pendant un an et même dix-huit mois. Un arbre de la grosseur que nous indiquons plus haut peut donner de 450 à 500 kilogrammes de farine.
- Le Sagou, qui est fort savoureux, est très sain et fort nourrissant; il contient 6,50 pour 100 de matières azotées et 63 pour 100 de matières hydrocarbonées, le reste est composé de matières grasse, cellulosique et minérales. On en fait des pains qui, bien cuits, atteignent la dureté du biscuit de mer.
- Le Sagoutier est très utile aux habitants de la Polv-nésie : en plus de la farine, il leur fournit des fruits, avec lesquels il fabrique une boisson fermentée très agréable, mais très enivrante; ses feuilles immenses leur servent de matériaux pour construire leurs cases et pour confectionner leur mobilier, et, avec la bourse qui enveloppe les jeunes feuilles et avec leurs nervures, ils fabriquent des tissus très fins et des cordes d’une grande solidité. Le chou-sagoutier, particulièrement celui du Potowa, cuit sous la cendre et aromatisé avec toutes les épices dont ils disposent, est réputé chez les Papouans, comme un mets fort délicat. Henry Chastrey.
- LA PLUIE
- Nous empruntons à l’intéressante conférence faite par M. Plumandon à la Société d’horticulture et de viticulture de Clermont-Ferrand et publiée dans Ciel et Terre, les données suivantes :
- D’après Desains, la quantité de vapeur d’eau contenue dans une colonne d’air ayant la hauteur de l’atmosphère donnerait en France une couche d’eau d’environ 4 centimètres. Peu de pluies en fournissent autant en une journée ; on en note cependant quelquefois de bien supérieures à ce chiffre ; c’est ainsi qu’à Clermont-Ferrand il est tombé 10 centimètres d'eau le 12 septembre 1875; le 17 août 1888, le pluviomètre de cette station a reçu 7 centimètres d’eau en 5 heures. A Yernoux (Ardèche) on a noté 249 millimètres d’eau le 51 juillet 1895. Le 15 novembre 1897, on a recueilli au cap Béarn 210 millimètres d’eau. Dans certains pays tropicaux, les pluies sont bien plus abondantes : il est vrai qu’elles ne sont réparties qu’en moins de cinq mois. A Purneah, dans l’Inde, on a mesuré 89 centimètres d’eau en vingt-quatre heures.
- John Murray a déduit de l’étude des cartes d’Elias Loomis que la quantité d’eau qui tombe annuellement sur la terre y fournirait une couche de 970 millimètres de hauteur. Cette pluie représente 111 800 kilomètres cubes, soit un poids de 111 800 milliards de tonnes.
- C’est dans l’Amérique du Sud qu’on note la plus grande quantité d’eau; les pluies annuelles représentent pour tout ce continent une hauteur moyenne de lm,670; en Afrique on trouve 825m,“ ; dans l’Amérique du Nord, 730mra; en Asie 655mm; en Europe 615mm, et en Australie 520mm (en 1897, le pluviomètre du parc Saint-Maur a reçu 610mm d’eau).
- La répartition de ces pluies sur les diverses régions des continents est très variable; c’est ainsi qu’en Europe, avec une moyenne de 615 millimètres, il tombe 2 mètres d’eau en Norwège, et 2m,80 en Écosse; on recueille 4m,60 à la Yera-Cruz, au Mexique; 5m,20 à Buitenzorg, dans les Indes néerlandaises; 7m,10 à Maranhao, dans le Brésil; et enfin 12m,50 à Cherrapunji, dans l’Inde anglaise.
- En revanche, il ne pleut presque jamais dans certaines régions voisines de l’équateur, telles que le Sahara, l’Arabie, les hauts plateaux de la Perse orientale et du Béloutchistan, etc. Sur le versant oriental des Andes, non loin du désert d’Atacama, il y a souvent de grandes
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- sécheresses; on en cite une qui dura trois années et causa la perte de 5 millions de tètes de bétail. C’est probablement dans cette région, peu fournie en pierres calcaires et riche en mines de sel gemme, que l’on construit les maisons en sel. b. Barré.
- UN NOUVEAU
- SYSTÈME D’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- La lumière produite par un éclairage artificiel doit autant que possible se rapprocher de la lumière du jour : comme cette dernière, elle doit être diffusée, uniformément répartie dans tout le milieu éclairé, et non concentrée dans un petit foyer; et d’autre
- part toute l'énergie absorbée par la source de la lumière doit se convertir en énergie lumineuse, sans production de chaleur. La lampe à incandescence, ne satisfait pas précisément à ces conditions : sa lumière est très concentrée, produit de la chaleur et son rendement est extrêmement faible.
- La revue les Grandes Usines vient de faire paraître une étude détaillée d’un nouveau système d’éclairage dont il nous a semblé intéressant de donner un aperçu. Les tubes de Geissler sont connus de tous : ce sont des tubes en verre contenant des gaz raréfiés que deux électrodes reliés aux bornes d’une bobine de Ruhmkorff permettent de faire traverser par un courant. Dès que ce courant est établi,
- Fig. 1. — 1. Appareil interrupteur. — 2. Disposition générale. — 3. Autres dispositifs. — 4. Interrupteur oscillant.
- les gaz renfermés dans les tubes deviennent lumi-niscents, et cette luminiscence est un exemple de lumière froide. La transformation de l’énergie électrique en énergie lumineuse s’effectue directement sans intermédiaire de chaleur, de corps incandescents, aussi le rendement de l’appareil est-il très considérable. D'autre part, la lumière se produit dans toute la longueur du tube, de sorte qu’en changeant la forme et les dimensions de ce dernier, on peut faire varier la surface lumineuse.
- Jusqu’ici, les tubes de Geissler n’avaient pas d’applications pratiques parce que la lumière émise est très faible et tous les efforts tentés pour leur donner une intensité suffisante étaient demeurés vains.
- Il y a quelques années, M. Tesla parvint, à l’aide de courants d’une grande intensité et de très grande
- fréquence, à donner un grand éclat au tube à gaz raréfié, mais sa méthode exigeait des appareils très grands, très compliqués et par conséquent coûteux.
- Un électricien américain, M. Moore, est parvenu à obtenir un grand éclairement de ces tubes au moyen d’appareils extrêmement simples. Pour bien comprendre leur fonctionnement, il faut tout d’abord se rappeler comment se produit la luminiscence des tubes de Geissler. On emploie ordinairement dans ce but une bobine de Ruhmkorff avec un interrupteur automatique à ressort : l’intensité de la lumière est fonction de la puissance du courant primaire, du nombre de tours de la spirale secondaire, de la fréquence d’oscillations de l’interrupteur, et surtout de la rapidité avec laquelle s’effectue l’interruption du courant dans chaque période d’oscillation
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- de l’interrupteur. Plus l’interruption est instantanée, plus la lumière est éclatante, or, plus l’étincelle jaillissant entre les courants de l’interrupteur est courte, plus rapide est l’interruption. Si donc les étincelles se produisent dans le vide, il suffit pour l’interruption complète du courant d’une distance insignifiante entre les contacts, par conséquent d’un temps minime. M. Moore réalise cette condition à l’aide d’un appareil représenté par la figure 1, n° l : c’est un interrupteur ordinaire à ressort, placé dans un petit tube en verre fermé aux deux bouts et dans lequel la raréfaction est poussée aussi loin que possible; le n° 2 indique comment ce nouvel interrupteur est disposé devant un petit électro-aimant qui produit les oscillations. Dès que les extrémités de l’enroulement de l’aimant sont reliées aux deux
- électrodes du tube, ce dernier émet une lumière blanche d’un grand éclat ; l’enroulement secondaire est supprimé et la force électro-motrice d’un volt suffit pour produire une très forte lumière.
- L’interrupteur oscillant dans le vide constitue le dispositif essentiel et principal de l’appareil de Moore. Pour qu’il réponde pleinement à son but, il doit être construit avec une extrême précision; la longueur, l'épaisseur du ressort ont une grande influence, tandis que d’autre part l’électro-aimant doit être choisi avec un soin tout particulier.
- Il a été construit d’autres interrupteurs plus compliqués que représente le n° 5. Ces deux ligures montrent qu’on peut relier les tubes non seulement avec les extrémités de l'enroulement de l’aimant, mais aussi, et avec le même succès, aux extrémités
- Fig. 2. — Lampes incandescentes Moore.
- de l'armature de l’interrupteur (n° 2). Enfin si une électrode du vibrateur est reliée à une des extrémités d’un lil conducteur soudé à l’intérieur du tube, le tube se remplit d’une lumière blanche et laiteuse ; on peut employer dans ce but les ampoules ordinaires des lampes à incandescence ; il y a là une seconde application de l’appareil Moore (fig. 2).
- Les tubes employés pour l’éclairage n’ont pas d’électrodes intérieures, on évite ainsi la stratification propre aux tubes de Geissler et on augmente leur résistance et leur durée. Les conducteurs sont enroulés sur les extrémités des tubes enduits au préalable avec de la gomme laque, à laquelle est mélangée de la poudre d’aluminium. M. Moore a employé jusqu’ici, pour l’éclairage des grands locaux, des tubes de 2m,30 de longueur sur 44 millimètres de diamètre. Ils absorbent la même énergie qu’une lampe à incandescence de 16 bougies, c’est-à-dire environ 49 watts. On n’a pas encore pu
- faire avec précision des mesures photométriques parce qu’il est très difficile de comparer la lumière d’une bougie ou d’une lampe à incandescence avec la lumière du tube si différente par sa couleur et son caractère.
- D’après les dernières communications, M. Moore organisa, au mois de juillet, une exposition de son système dans un local mesurant 3m,50 de large sur 10 mètres de long environ. La lumière était produite par sept tubes, l’éclairage permettait de lire facilement, et les photographies faites avec cette lumière qui était très diffuse, ont demandé 30 secondes de pose. L’interrupteur oscillant était remplacé par un interupteur rotatif (fig. 1, n° 4) donnant 50 000 interruptions par minute.
- Ce nouveau mode d’éclairage semble appelé à de nombreuses applications lorsqu’il aura été complètement étudié. Louis Tuugan.
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- CHRONIQUE
- La Saint-Médard. — Tous les journaux ont dit qu’il avait plu à la Saint-Médard le 8 juin et que, d’après le dicton connu, il pleuvrait quarante jours durant. D’abord, depuis le déluge, je ne sache pas qu’il ait jamais plu quarante jours de suite. De plus, nous ne sommes pas encore arrivés à la vraie Saint-Médard du dicton. Le vieux dicton est antérieur au quatorzième siècle ; on en retrouve des traces avant cette époque. Or, oublie-t-on qu’en 1582, la réforme grégorienne du calendrier supprima d’un coup 10 jours. Si bien que la Saint-Médard <pii tombait autrefois le 18 juin, survient depuis cette époque le 8. Mais le dicton se rapporte au 18 et non au 8. Nous n’avons donc pas encore atteint la Saint-Médard du dicton. De même le vrai Saint-Barnabe n’arrive que le 21 juin. Les faiseurs de pronostics en sont pour leurs frais. Et ainsi chaque année !
- La pêche au bois de Boulogne. — Pour avoir le droit de pêcher dans les lacs et les étangs du bois de Boulogne, il faut acquitter un droit de 25 francs de juin à avril de l’année suivante. On ne doit se servir que de la ligne flottante à main, et ne pêcher que de 6 heures du matin à 1 heure de l’après-midi. Les deux grands lacs ont une profondeur de 1”,50 à 2 mètres. On y trouve des carpes, des brèmes, des gardons, des goujons, des ablettes, des perches, des anguilles. Pas de barbeau ni de chevaine. Les brochets .abondent dans l’étang de Suresnes; on en pèche aisément de 8 à 12 livres. On en a sorti un mesurant lm,05 de long. Cet échantillon a été conservé dans les bureaux de l’administration du Bois. L’étang de Saint-James, aménagé dans une ancienne carrière, est le plus profond; il a jusqu’à 4 mètres au milieu. On y trouve des carpes, des anguilles, des brèmes. Peu de brochets. On ne pèche de brochets que dans l’étang de Suresnes et dans le grand réservoir supérieur de la Cascade. Tous ces poissons sont excellents. On compte en moyenne 140 à 150 permissionnaires qui se livrent tous les matins au plaisir de la pêche en plein bois de Boulogne, soit pour la ville un gain annuel d’environ 3500 francs.
- La Ficoïde glaciale en salade. - - Dans les jardins d'agrément, on rencontre souvent une plante grasse recouverte de gouttelettes transparentes et solides qui, au soleil, brillent comme de petits diamants. C’est la Ficoïde glaciale (Mesembryanthemum cnjstallinam). Un bien petit nombre de personnes savent qu’on peut la manger en salade, tout à fait à la manière du Pourpier. C’est ce que nous apprend M. Ch. Wendelen dans Chasse cl Pêche. Ses feuilles, dit-il, peuvent être employées pour les potages comme celles du Pourpier, ou être étuvées; ou encore préparées comme les Épinards et même mélangées avec ces derniers dont elles relèvent le goût par leur acidité, qui est appréciable. La Ficoïde, plus rustique que le Pourpier, offre l’avantage de produire plus longtemps; alors que ce dernier disparaît de nos potagers dans les premiers jours de septembre, la Ficoïde donne des feuilles jusqu’aux gelées. Sa production est, en outre, tellement abondante qu’une dizaine de pieds suffisent aux besoins d’un ménage ordinaire.
- Les chemins de fer en Belgiqne. — En 1855, première année de l’exploitation des chemins de fer, l’État belge n’exploitait guère plus de 15 kilomètres de voie ferrée et transportait 421 439 voyageurs. En 1885, la longueur totale du réseau exploité était de 5144 kilomètres, et le nombre des voyageurs transportés se montait à 51 057 884. Au 51 décembre 1890, il y avait,
- enfin, 5302 kilomètres de voies ferrées en exploitation et le nombre des voyageurs s’est élevé au chiffre de 82 070 592. Les recettes brutes de l’exploitation des chemins de fer de l’État par les trains de voyageurs et de marchandises ont produit, depuis l’origine, la somme de 3 785 503 246 fr. 07. Les 2157 locomotives, que possédait l’État belge en 1896, ont consommé pour cette année 827 850 200 kilogrammes de charbon au prix de 7 fr. 29 la tonne, soit une somme de 6 037 116 fr. 64.
- Observations sur les végétaux et sur les animaux à Ismaïlia en 1897 (d’après M. Chiesa). — Janvier. Floraison des pêchers, des abricotiers et des camélias. Taille des vignes. Apparition des cétoines. — Février. Arrivée des hirondelles et commencement du passage des cailles allant en Europe. Floraison et feuillaison complète des abricotiers et des pêchers. Floraison des violettes, du réséda et des rosiers. Récolte des oignons. — Mars. Floraison des pensées, des giroflées, des jacinthes, de l’héliotrope, des fraisiers, des citronniers, des orangers, des mandariniers et des pruniers. Premiers bourgeons des cognassiers et des figuiers. Récolte des lentilles. Continuation du passage des cailles.
- — Avril. Floraison des marguerites, des verveines, des géraniums, des pélargoniums, des œillets, des pieds d’alouette, des phlox, du lin et des rosiers de toute espèce. Feuillaison de la vigne. Floraison des dattiers mâles et de la vigne, achèvement de la récolte des lentilles. Apparition des grillons, des bourdons, des libellules, des loriots, des fauvettes et des sirènes. Disparition des cétoines et des bergeronnettes. — Mai. Maturité des abricots, des melons, des pastèques et du melon du papayer. Floraison du myrte. — Juin. Départ des sirènes et des hirondelles. Maturité des pèches et du raisin. Récolte du blé. Commencement de la crue du Nil. — Juillet. Fin de la vendange. Cueillette des prunes. — Août. Passage des cailles retour d’Europe. — Septembre. Continuation du passage des cailles. Maturité des bananes.
- — Octobre. Cueillette du coton. Maturité des dattes. — Novembre. Passage des cigognes allant vers le sud. Arrivée des bergeronnettes, des moineaux et des alouettes. Maturité du fruit du myrte, des dattes et des mandarines. Récolte du maïs. — Décembre. Continuation du passage des bergeronnettes, des moineaux et des alouettes. Maturité des mandarines et des oranges.
- Exportation du liège algérien — Pendant les trois premiers mois de l’année 1898, l’Algérie a importé en France 11 119 quintaux métriques de liège; pendant la même période de l’année précédente, les importations de liège en France s’étaient élevées à 14 549 quintaux; soit une différence de 3450 quintaux en faveur de l’année 1897. 11 importe de faire observer que les achats de l’étranger ont suivi une progression croissante. L’Allemagne, notamment, s’efforce de monopoliser l’industrie du liège. Elle achète en Algérie des lots considérables des meilleurs produits, les façonne et les vend sous la dénomination de « lièges allemands ». Les qualités inférieures sont vendues comme « lièges d’Algérie »1.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 13 juin 1898. — Présidence de M. Van Tieghem.
- Exploration de l'atmosphère. — M. Bouquet de la Grye lit une Note de M. de Fonvielle contenant la liste des lancements de ballons qui ont eu lieu, après accord,
- 1 D’après la Quinzaine coloniale.
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- dans l’après-midi du 8 juin dernier. Ces ballons étaient munis d’appareils enregistreurs. La France a contribué pour G ballons dans cette expérience, et a obtenu les meilleurs résultats. L’un de ces ballons a atteint 15 000 mètres ; trois autres réglés pour monter à des hauteurs inégales se sont élevés respectivement à 15 500,
- 9 400 et G8G8 mètres. Les autres ascensions ont eu lieu à Bruxelles, à Strasbourg, à Vienne, où elles ont été au nombre de 5 dont 2 par ballons montés à Berlin où elles ont été également au nombre de 5 dont 4 par ballons montés à Munich, en Russie.
- Découverte de sources de naphte. — M. de Lapparent analyse une Note de M. le général Yenukof, annonçant la découverte de sources de naphte à Anaclia, près de la mer Noire. Cette découverte est due à MM. Tzulukidze et Young; elle paraît devoir exercer une grande influence sur les prix du marché européen tant à c.uise de l’importance du gisement qu’à cause de son voisinage de la mer Noire et, par suite, des facilités offertes au transport. Mais, au point de vue scientifique, elle n’est pas sans importance. Les deux explorateurs ont en effet trouvé des sables superficiels imprégnés de 'pétrole et c’est en creusant qu’ils sont arrivés au naphte. Celui-ci est donc venu d’un lieu plus élevé et s’est répandu à la manière de l’eau.. 11 reste à découvrir ce lieu d’origine.
- Le s gaz constitutifs de V atmosphère. — MM. Moissan et Deslandrcs réclament l’ouverture d’un pli cacheté déposé par eux depuis quelque temps. Dans ce pli ils relataient des expériences très délicates d’où ressortait la démonstration de l’existence d’un gaz encore inconnu dans l’atmosphère. Cette découverte a été faite en soumettant à l’analyse spectrale de l’air à une pression inférieure à J millimètre. On voit alors apparaître non seulement les raies de l’argon, mais encore de nouvelles raies qu’ils définissent exactement par leur longueur d’onde. L’expérience a été répétée de diverses manières, afin de s’assurer que les raies en question ne provenaient pas des substances de la préparation ou des appareils. 11 n’y a pas de doute à conserver à ce sujet, il s’agit bien d’un élément encore inconnu de l’atmosphère, et cet élément n’est pas le krypton, car les raies ne s’identifient pas du tout avec celles de ce gaz. Cet élément atmosphérique serait d’ailleurs voisin de l’azote. L’opinion exprimée par M. llamsay relativement à l’existence dans l’atmosphère d’autres gaz que l'argon et le krypton se trouve donc corroborée, sinon vérifiée.
- La loi du mélange des gaz. — M. Daniel Berthelet a étudié la loi du mélange des gaz. Après avoir démontré que la loi de Dalton suivant laquelle chaque gaz se comporte dans le mélange comme s’il occupait seul tout l’espace n’est rigoureusement vraie que pour les gaz parfaits et non pour ceux qui s’écartent de la loi de Mariotte, il donne des formules appropriées.
- Election. — L’Académie désigne en première ligne, presque à l’unanimité, pour la place de membre du bureau des longitudes, M. Lippmann et en seconde ligne M. Appell.
- Varia. — M. Glangeaud a découvert un plissement remarquable dii terrain dans la région ouest de la France, entre Angoulème et Brives. — M. Le Chatellier a étudié la résistance électrique des aciers. — M. d’Arsonval présente un ouvrage de M. Ilénocque sur la spectroscopie du sang, des tissus et des humeurs. Ch. de Yilledeuil.
- Je me demande, en vérité, pourquoi nous sommes si fiers de nos connaissances en agriculture. Pour peu qu’on les examine de {très, en effet, on voit quelles se réduisent à bien peu de choses. Regardez, par exemple, les champignons : il y en a, de par les bois et les clairières, une multitude d’espèces dont beaucoup sont comestibles et même délicieuses. Or, combien savons-nous en cultiver? Une seul, VAgaric champêtre, et encore faut-il avouer que sa culture n’est pas bien difficile. Quant aux Morilles, aux Chanterelles, voire même aux Truffes, etc., nous devons nous contenter de ce que la nature veut bien nous donner.
- Il faut avouer que c’est un peu humiliant pour notre amour-propre. Aussi applaudissons-nous aux recherches de MM. Costantin, maître de conférences à l’Ecole normale, et Matruchot, maître de conférences à la Sorbonne, qui cherchent à rendre domestiques d’autres champignons comestibles de nos pays. Leurs recherches viennent d’être couronnées de succès en ce qui concerne le Tricholome nu, qui, nous l’espérons, va devenir aussi commun sur nos marchés que l’éternel champignon de couche.
- Cette réussite dans la culture du Tricholome nu offre un certain intérêt théorique, car il ajoute une espèce et même un genre de plus à la très courte liste des Basidiomycètes qu’on sait cultiver. Il offre aussi un réel intérêt agricole, car le champignon dont il, s’agit est une espèce comestible très estimée. 11 est d’ailleurs à remarquer qu’au point de vue utilitaire, le Tricholome nu présente sur le champignon de couche divers avantages.
- En premier lieu, c’est une espèce d’aspect très caractéristique, qu’on ne saurait confondre avec aucune autre, et pour laquelle l’inspection de la vente, aux Halles et sur les marchés publics, serait des plus faciles; on sait qu’actuellement, à Paris, on n’autorise la vente que de cinq espèces seulement . Champignon de couche, Chanterelle, Cèpe, Morille et Truffe.
- En second lieu, et c’est là un point important, ce champignon est une espèce d’hiver, très rustique, se développant et fructifiant même au froid : MM. Costantin et Matruchot ont récolté des fructifications de cette espèce dans une partie légèrement abritée d’un jardin, en plein mois de janvier. Sa culture pourrait donc se faire en plein air, presque à toute saison de l’année, tandis que le champignon de couche exige des conditions de température souvent difficiles à réaliser au dehors.
- Le Tricholome nu, connu dans certaines régions, à Poitiers, par exemple, sous le nom de Petit-pied-bleu, est comme notre gravure le représente, un champignon à chapeau, dont la partie étalée est pourvue de feuillets rayonnants à sa face inférieure.
- Quand il est très jeune, il est entièrement violet;
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- LA NAT LUE.
- recouverts d'une cloche, Dans l’un et
- sauf la chair qui est blanche ou seulement violacée. En grandissant, le chapeau devient hrun ou roux. Le chapeau peut atteindre 10 centimètres de diamètre.
- Le pied a souvent plus d’un centimètre d’épaisseur, il est légèrement farineux au sommet.
- Souvent le Petit-pied-bleu pâlit entièrement et devient lilas très dilué.
- La chair est tendre et douce, à odeur de fruits.
- Sa saveur en est légèrement acide.
- Le Tricholome nu est très commun dans les forêts du nord de la France, dans les bois de Conifères et dans les forêts ombragées. Ün le cultive avec du mycélium, — du « blanc », comme on dit pour le champignon de couche.
- MM. Costantin et Matru-chot ont cultivé le mycélium en serre, soit dans des pots à fleurs soit dans des meules découvertes, l’autre cas, un mycélium abondant vient s’effleu-rir à la surface, parfois en touffes épaisses et floconneuses, parfois en couches denses et cru-stacées, et, un ou deux mois après l’introduction des mises, se développent les chapeaux fructifères.
- Dans les cultures en pots, les fructifications sont très nombreuses, leur nombre dépassant une centaine pour un seul pot de culture ; mais les chapeaux restent le plus souvent à l’état d’ébauches.
- Dans la culture en meule, le développement des chapeaux fructifères est plus complet et plus normal. Hexri Coupin.
- —>•§<—
- IA PIERRE MARGERIA
- L’énorme monolithe que représente notre photographie, porte deux noms : pierre Margeria et pierre « mal tournée». Ce dernier nous paraît fort inexact. Margeria est un superbe bloc de roche calcaire très
- Petit-pied-bleu (Tricholoma nudum).
- droit. Il se dresse avec majesté au-dessus des flots limpides et bleus du lac d’Annecy. Autour de lui s’étend un prestigieux paysage, comme la Savoie en possède tant : croupes arrondies du Semnoz, sommets aigus des Bauges, eaux azurées et chantantes.
- Au pied de Margeria on ne peut avoir que ; des idées de bonheur
- , et de paix. Aussi, com-
- prend-on très bien la légende qui s’attache à elle, gracieuse et aimable comme il convient. Quand carillonnaient au loin, pendant la messe de minuit, les cloches des villages, et que leurs notes cristallines voltigeaient dans les vallées endormies, les jeunes filles des environs, en quête de mari, n’avaient qu’à se rendre au pied de Margeria, à faire une prière à la divinité du lieu. Avec leurs blanches mains, elles creusaient ensuite un peu le sol. Elles avaient chance d’y trouver un trésor qui constituait leur dot au jour _ de l’hyménée. Je ne sais si l’on adore toujours Margeria et si l’on a foi en ses trésors. Elle nous paraît solitaire et oubliée au milieu des broussailles. Les archéologues s’occupent encore d’elle, eux qui sont les consolateurs attitrés des ruines. De ce bloc détaché aux temps anciens du mont Veyrier, ils ont fait « un peulvan », et ils supposent avec assez de vraisemblance, qu’il dut être l’objet d’un culte. Bien qu’il paraisse inaccessible, il a été escaladé par un Annécien,
- rierre Margeria. (D'après une photographie.
- Besson-Mériguet.
- Il a vu au sommet de la grande pierre des murailles en ruine : là se trouvait peut-être une tour de guetteur, un petit temple, ou un repaire de brigands. On ne le saura jamais au juste. La pierre garde son secret.
- J. Corceele
- Agrégé de l'Uuiversité.
- Le Gérant : I*. Masson.
- Paris. — Imprimerie" Laihjre, rue de Fleurus, 9.
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- N'° 1508.
- 25 JUIN 1898.
- LA NATURE
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- LES CANAUX DE MARS
- Le dédoublement des canaux de Mars, qui a occupé les deux dernières séances de la Société astronomique de France, semble de plus en plus
- Fig. 1. — Ballon dilaté. Couche humide de plâtre, de 3/10 de millimètre d’épaisseur. Cassures lines et rapprochées.
- Fig. 5. — Couche presque sèche de 6/10 de millimètre Cassures espacées, réparties suivant des arcs de grands cercles
- sombres qui sont vues doubles, quelquefois, par des astronomes dont la lunette n’est pas tout à fait au point. Il suffit, ainsi que je l’ai montré, que ces erreurs focales atteignent à peine un dixième de millimètre, lorsque l’atmosphère est agitée, pour dédoubler toutes les lignes fines.
- D’autre part, quel que soit le succès futur de cette hypothèse, on peut dire que cette dernière est absolument indépendante d’une théorie sur la nature des
- 26’ anuée. — 2e semestre.
- trouver son explication dans des phénomènes purement optiques. La théorie de M. Antoniadi, confirmée par mes expériences et par l’explication que j ai donnée du dédoublement d’une ligne, à la distance de la vision non distincte, paraissent autant de faits désormais acquis. Mars est sillonné de lignes
- Fig. 2. — Couche humide de 6/10 de millimètre. Cassures moins nombreuses et mieux accusées.
- Fig. 4. — Noyau incompressible recouvert d'argile fendillée par dessiccation. (Exp. de M. du Ligondôs.)
- canaux. Que sont donc ces prétendus canaux qui sillonnent la planète Mars et dont les uns atteignent des milliers de kilomètres? La théorie que j’ai développée à la séance du 4 mai de la Société astronomique de France, et qui avait été publiée à la British Astronomical Association, se rattache à des questions de géologie et de physique du globe; à ce titre j’espère qu’elle intéressera les lecteurs du journal.
- La Terre, fluide et incandescente à l’origine, s’est
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- LA NATURE
- recouverte, en se refroidissant, d'une écorce solide qui dut, pour suivre le noyau dans sa contraction, se fracturer en différents endroits. C’est donc à bon droit que la géologie nous enseigne que la Terre s'est ridée par contraction. Faudrait-il en conclure qu’une planète quelconque a dù, ou doit suivre, dans son refroidissement des lois analogues? Ce serait de beaucoup dépasser les prémisses et malgré certaines opinions (peut-être courantes) en géologie, il faut envisager les choses de plus haut. De même qu'aucune planète n’est soumise à des conditions climatologiques exactement les mêmes que celles de la Terre, de même nulle d’entre elles n’a pu avoir, dans le détail, une formation absolument identique. Les lois de la mécanique suffiraient à elles seules pour montrer quelle influence, par exemple, un changement dans la variation de la pesanteur pourrait exercer sur le relief terrestre et sur la courbe des densités à l’intérieur du globe.
- A ceux qui se fieraient peu aux formules mathématiques et aux inductions cependant les plus légitimes, nous donnerons, pour faire cesser leurs doutes, une simple preuve expérimentale. Examinons la surface lunaire à l’aide d’un instrument même très faible, et nous serons frappés par ce fait que rien sur notre satellite ne rappelle les grandes lignes du relief terrestre : à peine deux grandes chaînes de montagnes, les Apennins et les Alpes; partout des pitons, des cratères et des cirques aux proportions gigantesques ; en un mot, un sol à formation presque entièrement volcanique. Un examen plus approfondi nous montrerait qu’avant cet aspect boursouflé, de formation récente, la Lune nous aurait offert un réseau de cassures dont la Terre ne nous fournit aucun exemple. Ces cassures dont quelques-unes se prolongent en lignes droites sur tout un hémisphère, sont encore visibles sous forme de rayontiements autour de grands cratères, tels que Tyeho, Copernic, Aristarquc, etc. Inutile peut-être d’ajouter que la géologie, la science qui a pour objet la structure de l'écorce terrestre, reste muette devant les accidents du sol lunaire. Elle semble dire aux astronomes : « J’ai rempli la tâche que mon nom m’imposait, partagez-vous les terres du ciel et expliquez leur formation ». Avouons très humblement que cette nouvelle besogne n’est pas facile.
- Nasmyth semble être le premier qui réalisa sur un globe en cristal, et par dilatation, des cassures analogues à celles qu’on observe sur la Lune. En 1890, M. Daubrée reprenait des expériences du même genre et prouvait, une lois de plus, qu’il fallait recourir à des actions absolument contraires à celles qui agissent sur la Terre, si nous voulions tenter l’explication des grandes lignes de fracture que présentent certaines planètes. L’année dernière, je voulus reprendre ces expériences de M. Daubrée, en variant absolument le mode opératoire de façon à pouvoir coordonner les résultats. La dilatation, sous la machine pneumalique, de globes recouverts
- de plâtre me donna des aspects rappelant ceux de la planète Mars (fig. 1, 2, 5). N'y aurait-il pas une cause analogue agissant dans les deux cas pour produire les mêmes effets? Peut-être. Cependant il n’est guère vraisemblable que le sol de Mars ainsi que celui de la Lune, cédant à de fortes pressions intérieures, aient fini, un beau matin, par éclater comme le fait un vulgaire ballon trop gonflé! La raison des cassures, toute simple qu’elle soit, parait moins évidente.
- Rien que les planètes n’aient pas été soumises à un mode identique de formation, on pourrait cependant, d’après une théorie récente de mon ami, M. le colonel du Ligondès, les ranger en deux catégories : celles à formation rapide, comme Jupiter et la Terre, et les planètes à formation lente, comme Mars, Mercure et certains satellites. C’est cette idée, appuyée sur des considérations mécaniques absolument sûres, qui m’a suggéré une interprétation nouvelle des expériences dont j’ai parlé.
- Si l’on admet pour Mars une formation lente, on peut dire qu’à chaque instant la condensation s’est opérée d’une façon plus régulière. En outre, la chaleur n’a pu être aussi intense que dans le cas d’une formation rapide, et la contraction a pu s’opérer en même temps que la condensation. Les matériaux de la surface se sont alors ajoutés à un noyau qui devait fort peu se contracter dans la suite. Cette dernière couche a donc vite perdu sa chaleur d’origine et celle acquise par contact avec les couches sous-jacentes. En se refroidissant, elle devait bientôt devenir trop petite pour envelopper le noyau qu’elle recouvrait tout d’abord. De là ces phénomènes de contraction qui ont sillonné la surface de cassures nombreuses. Toutes ces lignes rappellent les phénomènes observés sur des globes dilatés. D’un côté, c’est la surface sous-jacente qui augmente ; de l’autre, sur Mars, c’est l’enveloppe qui diminue. Finalement le résultat doit être.jdentique.
- En résumé, l’écorce de Mars n'a pu se comporter sur cette planète comme la croûte solide sur notre Terre, en raison de la différence de contraction des deux noyaux. Les canaux de Mars sont donc, très probablement, des cassures analogues à celles qui sillonnèrent autrefois le sol de la Lune. Ce sont elles qui séparent de vastes plateaux aux teintes rougeâtres et quelque peu changeantes. Les chaînes de montagne, selon toute vraisemblance, ne sont pas nées encore sur ce globe si jeune. Tout ceci doit faire de cette planète un monde très dissemblable du nôtre.
- Et maintenant, que contiennent ces canaux? Que.sont ces espaces sombres décorés du nom de. rners‘1 La vie est-elle apparue là-bas; et, avec, elle, y trouverons-nous des êtres pensants, des créatures intelligentes qui épient nos mouvements et nous étudient? Autant de questions palpitantes d’intérêt et que nous essayerons d’aborder dans une autre étude. L’abbé Th. Moreux.
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- LA NATURE.
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- LÀ FABRICATION DES PARFUMS
- A GRASSE
- L’extraction des parfums est un art éminemment ” complexe : la fragilité des fleurs, la faiblesse de leur arôme, les quantités qu’il faut traiter et la rapidité de la floraison expliquent aisément les difficultés du problème. D’autres considérations interviennent. La même plante ne fleure pas de même suivant l'heure de la journée; l’air chaud, la lumière exaltent momentanément la production d’odeur, la suppriment complètement, si leur effet se prolonge. Cueillies' sous le soleil les fleurs donnent moins d’odeur que coupées à l’aube ; leur senteur devient plus fine sur les sols élevés, frais et humides, que dans les terrains secs, bas, exposés aux chaleurs. Aux questions de traitements délicats, adaptés au caractère de chaque substance aromatique, s’ajoutent donc des complications de maturité odorante, de cueillette aux instants propices, qui nécessitent pour le fabricant de parfums un apprentissage assez long.
- Le département des Alpes-Maritimes est un jardin merveilleux qui a toujours donné à la parfumerie française une suprématie incontestée : c’est de plus le grenier des parfumeries étrangères. La jolie ville de Grasse, centre unique de fleurs dans le monde entier, abrite depuis plusieurs siècles une industrie agricole considérhble, intéressante et très pittoresque.
- A l’aube, avant que les rayons du soleil aient touché les fleurs, quelquefois même appelés à sons de corne, la nuit lorsque l’orage menace, les coupeurs, femmes et enfants, se rassemblent ; excités par le rythme de leurs chansons, ils se juchent dans les arbres ou se courbent sous les buissons pour faire la cueillette (fîg. 1). Ils sont pour la plupart Italiens, car à ce moment le personnel ordinaire ne suffit pas : il arrive, comme pour toutes les récoltes, des mercenaires. Les fleurs coupées sont mises dans des sacs, transportées à dos d’àne dans les usines ; des jeunes filles les reçoivent, les trient (fig. 2) et les étendent sur les dalles d’une salle fraîche, où le manipulateur vient les chercher. Avant de détailler les différents modes opératoires, il n'est pas inutile de rappeler comment le parfum prend naissance, où il réside, dans quelles conditions il se dégage. L’huile essentielle est localisée dans les cellules de la face supérieure des pétales et des sépales, dans les parties superficielles, les glandes saillantes, les réservoirs peu profondément situés de ces organes ; elle s’y trouve associée à des huiles fixes, des résines, des gommes, des tanins. Chaque cellule n’est pas seulement un réservoir d’essence; elle est elle-même fabrique d’essence. Le parfum n’est pas le résultat d’un dédoublement ; il émane d'un acte de vitalité. Tantôt l’essence s’accumule en gouttelettes dans l’épiderme ; tantôt elle en est éliminée au fur et à mesure de sa production sous forme d’effluves odorants. 11 y a donc deux sortes de fleurs : celles où le parfum existe entièrement condensé avant de commen-
- cer à s’évaporer et celles où il naît petit à petit quelques instants seulement avant de se dégager. Cette différence est facile à observer : froissez une rose il restera sur vos doigts une odeur rosée très nette; frottez un jasmin, vous n’aurez qu’une senteur désagréable de verdure fanée. De là par conséquent deux méthodes différentes. On traitera les fleurs qui abandonnent aisément leur arôme concret par des moyens rapides et violents comme la distillation ; les autres exigeront un procédé plus lent, plus délicat, assez patient pour attendre quelles veuillent bien produire lentement leur parfum, demanderont l’usage d’un séparateur physiologique, d’un dissolvant.
- Là se présente une seconde difficulté : séparer l’huile essentielle des résines, des tanins, des impuretés, enfin de tout le cortège néfaste qui l’accompagne. Un dissolvant de l’essence entraînera en général une partie de ces matières : s’il est soluble, par exemple, dans les liquides aqueux qui imprègnent les tissus de la fleur, il en prendra les mauvaises odeurs. D’autre part, s’il est trop actif il tuera la plante et empêchera l’odeur de se développer. Le séparateur parfait sera donc neutre indifférent, inodore, discret au point de ne s’attacher qu’à l’essence seule. Cet idéal reste encore à trouver. On se contente d’un dissolvant de qualités moyennes qui donne depuis longtemps des résultats presque satisfaisants : c’est la graisse, mélange de bœuf et de porc lavé, fondu, préparé, avec mille soins que la tradition — depuis Dioscoride ! —a légués. On peut la remplacer par de l’huile d’olives très pure, ou de l’huile neutraline très raffinée.
- Telles sont les deux principales méthodes : la distillation et la dissolution. Cette dernière, quand elle a lieu à chaud, prend le nom de macération; quand elle se fait à fond elle s’appelle enfleurage.
- Deux fleurs seulement, l’oranger et la rose, supportent la distillation. On jette 100 litres d'eau et 50 kilogrammes de fleurs dans l’alambic ; on chauffe. L’eau bouillante désorganise les cellules qui emprisonnent l’essence, la met en liberté ; les vapeurs vont se condenser dans un serpentin refroidi ; l’eau et l’essence sont recueillies dans un vase florentin, où la différence de densité les sépare. Les alambics sont à feu nu, ou à vapeur, à double fond. L’eau de réfrigération est fournie par les sources qui descendent des montagnes avoisinantes, traversent la ville de Grasse bâtie en amphithéâtre et passent successivement d’une usine dans l’autre pour aller encore alimenter dans la plaine les moulins à huile. Les fabricants sont admirablement servis par la nature, qui s’est plu à favoriser cette jolie industrie des fleurs où tout, cueillette, séchoirs, distilloirs — établis parfois dans d’anciennes caves — prend un aspect artistique et pittoresque.
- La macération s’applique à la violette, à la cassie, à la jonquille et aussi à la rose, à la fleur d’oranger. Des femmes, chacune devant un fourneau au bain-marie, fondent la graisse dans des bassines étamées, appelées bugadiers ; elles y jettent les fleurs, et à
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- L A N AT IIR K.
- l'aide d une spatule les tiennent immergées à une température de 05° environ pendant une demi-heure :
- puis elles les retirent, les égouttent et passent les résidus amalgamés, échaudés par l'eau bouillante,
- Fig. 1. — La cueillette îles fleurs.
- sous la presse hydraulique pour enlever les dernières traces de corps gras. Mais une seule macération n'a pas suffi pour parfumer la graisse : elle est à peine odorante. Les ouvrières reprennent alors
- cette même graisse, la recharge de fleurs et recommencent cette opération, jusqu’à ce que le corps gras ait acquis la puissance odorante voulue. Un compte environ 5 kilogrammes de fleurs
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- J. A N ATI; KI
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- pour parfumer un kilogramme de graisse. Pour certaines tleurs cela exige vingt-cin<| traitements.
- L'enfleurage est employé pour le jasmin et la tubéreuse (lig. 3). A l’origine il se pratiquait dans des
- Fig. 3. — Enfleurage à froid. (Usine L.-T. Piver.
- Fig. f. — Distillation des fleurs. (Usine L.-T. Piver.)
- plats doubles appelés tiames, qui pouvaient contenir 12 onces de pommade ! Depuis le commencement du siècle, on se sert de châssis, cadres en bois, profonds de 8 centimètres, larges de 00, longs de 95, fermés
- dans le fond par un verre. Sur celte glace à l’aide d’une spatide on étend une couche de graisse, puis en contact direct on pose les fleurs. Les châssis sont disnosés en piles d’une quarantaine les uns au-des-
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- sus des autres. La tleur se trouve ainsi enfermée entre deux châssis, qui forment une petite chambre close, fraîche, où elle développe son arôme dans les meilleures conditions possibles. Le lendemain on remplace les Heurs par de nouvelles jusqu’à ce que la pommade ait l’intensité de parfum suffisante. Pour fabriquer les huiles enfleurées, on emploie des châssis dont la glace est remplacée par un treillage sur lequel repose un morceau de laine imbibé d’huile. On recueille l’huile en pressant toutes les pièces de laine. Ce procédé est très long, il dure pour le jasmin trois mois ; il est de plus très dispendieux par le matériel qu’il exige. La moindre maison possède quatre mille châssis ; de grandes usines quarante mille. Un châssis ne peut, en effet, supporter plus de 500 grammes de graisse, une toile 1 kilogramme d’huile.
- Reste à transformer les corps gras parfumés par macération ou enfleurage, en extraits.
- Pour cela on les met en contact avec de l’alcool dans des récipients animés de mouvements alternés très violents : on agite jusqu’à ce que l’alcool se soit emparé du parfum : on sépare alors par décantation.
- Telles sont les grandes lignes de cette fabrication qui pour résoudre les nombreuses difficultés pratiques, exige mille précautions ou tours de main qu’il serait trop long d’énumérer. La figure 4 montre la distillation.
- Nous nous bornerons, en terminant, à donner quelques statistiques intéressantes :
- On traite annuellement dans le département des Alpes-Maritimes :
- 2 000 000 kilogrammes de roses 2 500 000 — fleurs d’oranger
- 200 000 — jasmins
- 150 000 — cassies
- 150 000 — tubéreuses
- 200 000 — violettes.
- Les prix moyens de vente du kilogramme de fleurs sont pour la violette et la cassie de 4 francs ; la tubéreuse de 5 francs; le jasmin de 2fr, 50; la rose de 65 centimes; la fleur d’oranger de 70 centimes.
- Un plant de violette peut fournir 20 grammes de fleurs, un oranger 10 kilogrammes. Une coupeuse, dans la matinée, c’est-à-dire en quatre heures, peut cueillir 20 kilogrammes de roses, 3 de jasmins, 6 de tubéreuses; dans une journée entière 10 kilogrammes de violettes ou de fleurs d’oranger.
- Pour produire un kilogramme de neroli, il faut plus de 1000 kilogrammes de fleurs d’oranger, soit approximativement 1 200 000 fleurs ; pour 1 kilogramme d’essence de roses, 16000 kilogrammes de roses, ou 5 millions de fleurs.
- On fabrique 500000 kilogrammes de pommades ou d’huiles parfumées; 4 millions de litres d’eaux aromatiques. On évalue la production de la parfumerie en matières'premièrespour le département des Alpes-Maritimes à plus de 15 millions de francs.
- Jacques Rouché.
- L’AVIATION AU SERVICE DE L’ARMÉE
- APPAREIL AVIATEUR ADER
- Nous vivons à une époque d’armements formidables et tous les perfectionnements dans les armes nouvelles sont accueillis avec empressement. Depuis longtemps déjà, on parle de l’aviation appliquée à la guerre; mais en ce moment on s’en préoccupe dans tous les pays, surtout en Angleterre et en Allemagne.
- En France M. Ader étudie la question depuis des années. Des expériences importantes ont été réalisées au mois d’octobre dernier, au champ de manœuvre de Satorv.
- Les appareils aériens de M. Ader sont désignés sous le nom d’ « Avions ». Celui qui a été essayé dernièrement est de grande envergure, environ 10 mètres, il a l’aspect d’une roussette de l’Inde ; quand il est plié on dirait une chauve-souris avec ses ailes fermées.
- La force motrice fournie par le moteur combiné par M. Ader est très considérable, sous un poids faible (environ 3 kg. par cheval nominal) et d’une docilité parfaite. Outre son emploi spécial à l’aviation, le nouveau moteur est, paraît-il, éminemment propice à l’aérostation dirigeable et M. Ader se propose de l’y appliquerprochainement.
- Pour les essais qui ont eu lieu au camp de Satory, une grande aire avait été préparée par les soins de l’autorité militaire. L’appareil s’est très bien comporté d’abord, les machines et les propulseurs marchaient normalement, l’appareil était presque totalement soulevé de terre, lorsque le vent l’a porté hors la piste et malheureusement une avarie grave est survenue qui a mis fin aux expériences. Malgré cet accident, les résultats obtenus par M. Ader, avec son avion, ont paru satisfaisants; ils ont confirmé les calculs relatifs au moteur qui a fonctionné selon les prévisions.
- Les recherches de M. Ader ont été faites sous les auspices et avec des subventions du département de la guerre. Pour en constater les résultats, le Ministre de la guerre avait nommé une commission composée de M. le général Mensier, de M. le général Delambre, de M. le général Grillon, de MM. Sarrau et Léauté, de l’Institut, professeurs de mécanique à l’École polytechnique. Après les expériences de Satory, M. le général Mensier, président de cette commission, a déposé un rapport entre les mains du Ministre.
- Au point de vue des applications à la guerre, il y a deux genres d’Avion projetés : les Eclaireurs et les Torpilleurs.
- Les « Avions éclaireurs » seront aménagés en conséquence et surtout pour aller le plus loin possible; ils fouilleront les horizons lointains, pour découvrir les positions de l’ennemi, surprendre leurs marches et leurs manœuvres et suivre avec précision tous leurs mouvements. On comprend le parti que pourra tirer un État-Major de pareilles informations.
- Les « Avions torpilleurs » seront destinés à combattre ; ils emporteront des cartouches explosibles qu’ils laisseront tomber sur l’ennemi ; on n’a pas besoin d’insister pour comprendre les désordres qu’ils causeront dans les rangs de l’adversaire.
- Mais comme toutes les puissances probablement auront leur genre d’appareil aérien, elles en viendront inévitablement à se combattre entre elles dans l'air. On peut donc prédire que l’Aviation est destinée à modifier l’art de combattre.
- Nous avons pu voir l’Avion n° 3 transformé et l’exa-
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- miner. L'appareil a été vraiment très étudié dans tous les détails. On peut dire, sans exagération, que c’est une merveille de mécanique. Du bout du doigt, on peut agir sur le moteur à vapeur, sur le générateur et sur le foyer, à un tel degré qu’il ne faut pas plus d’une seconde pour faire monter la pression d’une atmosphère. On peut, sans effort et à la main, déplier ou replier les ailes gigantesques qui constituent la surface planante, modifier l’équilibre et diminuer ou augmenter cette sorte de voilure. M. Ader a reconnu que le système aviateur ne devait pas être plan ; il lui a donné le type des grandes ailes de la chauve-souris et réalisé • ces ailes avec de la soie et des tiges de bambou. Le moteur est à vapeur à condensation. Les vapeurs se liquéfient dans un condenseur qui ne laisse rien perdre. Le poids total du générateur, du condenseur, du foyer est d’environ 3 kilo-grammespar puissance de cheval nominal. La machine seule n’arrive pas au poids de. I kilogramme par cheval. Le poids de l’Avion en ordre de marche est de 500 kilogrammes.
- La machine commande directement chaque propulseur et il v en a deux tournant en sens inverse : la machinerie est en acier creux. Tout est rigide et léger. N’insistons pas en ce moment, répétons seulement que tout cela est admirablement combiné au point de vue mécanique.
- M. Ader ne perd pas son temps. Il songe déjà à fonder une Ecole d’Aviation militaire. Cette École serait d’autant plus facile à établir, que tous ses principaux éléments existent déjà dans le Laboratoire d’Aviation de la rue Jasmin, à Auteuil, comme personnel, enseignement, matériel, etc.
- Si donc M. Ader ne s’abuse pas, nous serions à la veille de voir enfin l’honune s’élever dans l’air. Il est de fait que tout fait supposer que l’appareil est réellement prêt pour prendre son vol. Mais qui osera exécuter le premier une expérience aussi dangereuse? Nous aurons à revenir sans doute sur les essais de M. Ader et sur le dispositif réalisé quand son premier « Avion » aura quitté le sol. Jusque-là, pour des raisons qui peuvent intéresser la défense nationale, nous devons rester sobre de détails. J. F. Gall.
- L’EXPOSITION INTERNATIONALE
- D’AUTOMOBILES
- U Exposition internationale d'automobiles actuellement ouverte jusqu’au 3 juillet dans le jardin des Tuileries, à Paris, est un succès de plus à enregistrer à l’actif de VAutomobile-Club de France, qui commence à ne plus les compter.
- L’intérêt tout spécial de cette exhibition qui réunit les derniers perfectionnements de l’industrie automobile, tient à un article très original du règlement général stipulant que l’on n’admettrait dans la classe 1 que les véhicules ayant effectué préalablement le parcours de Paris-Versailles et retour, sous le contrôle d’une commission de réception déléguée à cet effet. Cet article a eu pour conséquence immédiate d’éliminer bon nombre de fantaisistes qui, au Salon du cycle de 1896, exposaient de superbes voitures pseudo-automobiles avec moteurs en bois... ou en néant.
- Nous ne pouvons, dans ce coup d’œil d’ensemble, signaler individuellement les trois cents véhicules de toutes formes, de toutes dimensions et de toutes puissances réunis sur la terrasse des Tuileries, depuis la légère motocyclette, jusqu’au tracteur pour poids lourds, en passant par les tricycles, les voiturettes, les voiturelles, les automobilettes, les voitures prc-
- premenl dites, les fiacres, les omnibus et les camions. Quelques uns de ces véhicules méritent une description spéciale, car ils font leur première sortie dans le monde et n’ont pas encore eu le temps d’être présentés à nos lecteurs.
- Nous décrirons prochainement ces nouveaux venus, en donnant la préférence aux véhicules automobiles légers qui nous paraissent répondre le mieux aux besoins réels de l'automobile. 11 convient, à notre avis, de pousser les constructeurs dans une voie qui nous semble un peu trop négligée par les gros bonnets de cette nouvelle industrie. Entre le tricycle à vitesse vertigineuse et à confortable insuffisant, d’une part, et les voitures imposantes mais d’un prix inabordable — la spéculation des intermédiaires aidant — d’autre part, il y a place pour des voitures ou voiturettes légères à deux places, pesant entre 200 et 500 kilogrammes, et ne coûtant que 5000 à 4000 francs, 5000 francs au plus avec tout le luxe de carrosserie imaginable. Les médecins, les hommes d’affaires, tous ceux qui ne se laissent pas hypnotiser par les grandes vitesses qui ont mis, il faut le reconnaître, l’automobile à la mode, applaudiront aux efforts des constructeurs qui travaillent pour eux, et leur préparent des voitures avec lesquelles il ne sera pas possible de rouler à plus de vingt kilomètres par heure, mais qui permettront de monter toutes les côtes et de se transporter économiquement.
- Pour la première fois, les électromobiles occupent une large place dans l’Exposition, comme elles prendront, avant peu, une large part au transport des voyageurs dans les grandes villes.
- En dehors des onze fiacres électriques ayant participé au concours de l’À. G. F., et dont nous ferons connaître prochainement les intéressants résultats, dès que la Com-mission aura terminé son rapport, il y a bien une douzaine de voitures électriques exposées par d’autres concurrents, ce qui porte à deux douzaines le nombre des représentants de la locomotion électrique sur routes, chiffre des plus encourageants.
- La deuxième classe consacrée aux moteurs pour automobiles occupe une galerie spéciale qui ne sera certainement pas la moins visitée, car un certain nombre de ces appareils sont en fonction, et d’autres disposés pour qu’on puisse facilement étudier tous leurs détails de fonctionnement. Nous avons remarqué, dans une visite rapide, un moteur à essence de pétrole à piston rotatif dans lequel cette rotation produit automatiquement la distribution, et supprime ainsi les soupapes et leur mécanisme. Des tentatives intéressantes de moteurs rotatifs à essence de pétrole sont également à signaler, mais nous devons à la vérité de reconnaître que la plupart de ces moteurs sont de faux rotatifs, car, à l’examen, on y retrouve presque toujours .un certain nombre dépistons agissant successivement, comme dans les moteurs ordinaires.
- Un moteur à essence de pétrole agissant sur les deux faces du piston et un moteur rotatif à vapeur ont surtout frappé notre attention. En matière de moteurs électriques, nous devons regretter l’abstention presque complète de nos constructeurs qui se contentent de les placer sur les voitures, et ne permettent pas ainsi de les examiner à oisir. C’est une lacune à combler pour l’an prochain.
- La troisième classe, dans laquelle figurent les bandages de roues, la quatrième consacrée à la carrosserie pour automobiles, et la cinquième (pièces détachées, accessoires et fournitures diverses) sont également bien représentées, mais leur intérêt est un peu spécial, de même que la sixième classe où l’on peut voir en mouvement le maté-
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- nel de construction et l’outillage pour la fabrication des automobiles.
- La description des agencements de l’exposition elle-même et des agréments variés ménagés à ses visiteurs sortirait de notre cadre : disons seulement qu’ils font honneur à l’Automobile-Club de France, à M. Rives, directeur général de l’Exposition, et à MM. Thévin etIloury, commissaires délégués. L’Exposition restera ouverte jusqu’au 5 juillet : nous ne saurions trop engager nos lecteurs à la visiter : ils reviendront de cette visite avec la conviction que l’industrie automobile, pleine de promesses il y a deux ans à peine, est déjà pleine de résultats, et plus pleine encore d’avenir. Que la France, le berceau de l’automobile, conserve dans cette industrie sa suprématie actuelle, incontestable et incontestée. C’est notre vœu le plus ardent, mais nous l’émettons, hélas! avec quelques craintes sur sa réalisation, car déjà le fisc et l’administration nous guettent.... E. 11.
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- LA VÉGÉTATION AU JARDIN DU HAMMA
- PRÈS d'alGER
- Tous ceux qui traversent pour la première fois la Méditerranée pour atterrir à Alger, ne manquent pas, après avoir visité cette belle cité et la Casbah, c’est-à-dire ce qui reste de la vieille ville arabe, de prendre le tramway qui mène dans la direction est d’Alger Au jardin Hamma. Là, une des plus merveilleuses attractions leur est réservée.
- Le Jardin d’Essai du Hamma est la [dus belle promenade (pie l’on puisse parcourir ; elle intéresse le touriste autant que le naturaliste b Un coin de la riche végétation tropicale pour le curieux qui l’ignore et qui veut s’en faire une idée, tel est le spectacle qui l’attend dans ce jardin qui n’a pas moins de 80 hectares.
- Celui-ci est adossé à une colline qui en dépend, couverte de Conifères gigantesques ; Araucaria de l’Australie, Cyprès et Thuia du Nouveau Monde, Palmiers aux troncs élancés et couronnés d'un robuste feuillage en longues pennes ou en immenses éventails, etc., et le jardin proprement dit s’étend en pente douce jusqu’au bord de la mer.
- Ce Jardin d’Essai, appelé autrefois la Pépinière d’Alger, fut créé en 1852, c’est-à-dire peu de temps après la conquête; il avait alors à sa tète Hardy, habile jardinier. Des travaux importants furent exécutés pour assécher les parties marécageuses et alors malsaines, et enfin régler le terrain arrosé d’abondantes sources qui ont été depuis soigneusement aménagées pour les besoins de la culture.
- On pensait au début de l’occupation de l’Algérie que celle-ci devait donner asile aux végétaux les plus divers, que les cultures des pays chauds pourraient y être entreprises, et que l’on aurait à 200 lieues de la métropole les ressources que l’on demande à nos possessions tropicales. On multiplia les essais avec une certaine persistance, mais on éprouva bien des mécomptes ; on n’avait pas alors de
- 1 Voir la belle publication de l’Algérie artistique et pittoresque (Le Jardin du Hamma, par J. Itouanet).
- notions exactes sur les conditions météorologiques si inconstantes dans le nord de l'Afrique, et les déceptions furent nombreuses. Toutefois, depuis de longues années, le Jardin d’Essai a fourni quantité de plantes et d'arbres utiles ou d'ornement dont les traces se retrouvent dans toute la colonie*
- Le témoignage des tentatives d’introductions anciennes se trouve encore maintenant en nature au Hamma ou dans ses archives. De nombreuses espèces d’arbres et d'arbustes d’Australie, de l’Asie et de l’Amérique, mais peu sensibles aux climats extrêmes, se sont maintenues et ont été la source de la splendeur des riches villas de la Cote d'azur, sur le continent français.
- A la porte d’entrée de cet établissement se voient d’énormes Eucalyptus globulus, les premiers introduits en Algérie, et des Platanes non moins remarquables. Mais ce qui frappe le plus en arrivant au Hamma sont trois ou quatre allées au fond desquelles on distingue à peine la mer dans le lointain : l'une plantée de magnifiques Platanes qui prennent tout leur développement dans ce pays ; une autre formée de Bambous gigantesques et qui certainement sous les tropiques n’atteignent pas une taille supérieure. Le bois de ces Bambous fournit d’abondants matériaux pour le clayonnage, les pieux et tuteurs dont on a besoin, ainsi que des abris pour les jeunes plantes en culture, afin de tamiser les rayons solaires. Enfin une autre allée d’un aspect tout différent est celle de superbes Palmiers, et une autre encore formée de Figuiers particuliers (Ficus Roxburghii) à épais ombrage est vraiment saisissante ; leurs troncs énormes, anfractueux, couverts de puissantes racines adventives sont un frappant exemple de la vigoureuse végétation indienne.
- 11 y a au Hamma quantité d’exemplaires d’arbres exotiques datant de la création du jardin, lesquels ont été soigneusement conservés par les directeurs intelligents qui succédèrent au premier, Auguste Rivière, mort prématurément, et son fils Ch. Rivière, des passionnés pour leur art, et qui sur ce vaste champ d’expériences ont fait des observations (pii ne se comptent plus.
- Dans une grande partie du Hamma les végétaux ont été mis en massifs, par espèces ou par genres, en sorte (pie l'on juge facilement de l'effet que produisent ces associations, comme on peut le voir dans la gravure ci-contre. D’autres se voient çà et là, isolément, et récréant la vue par leur diversité : de gigantesques Palmiers, ou de plus humbles formant d’énormes toulfes ; des Bombacées devenant de grands arbres aux troncs chargés d’aiguillons robustes; des Jacaranda aux fleurs bleu tendre; des Cycadées énormes; des Bananiers chargés de fruits, etc.
- Une allée transversale, celle des rosiers grimpants, est au mois d’avril un spectacle inoubliable : des Palmiers complaisants se laissent envahir par leurs innombrables rameaux, qui atteignent le sommet de leurs supports et retombent garnis d’une quantité
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- Yucca filifcra, du Jardin du Harnina (Algérie)
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- inouïe de fleurs. On admire, mais on passe, car l’intensité du parfum dégagé devient bientôt incom modante. Des lianes aux fleurs éclatantes, rouges, jaunes, violettes : des Uignones, des Passiflores, des Dougainvillea, etc., ne manquent pas là où elles ne sont pas gênantes, car leur développement a souvent besoin d’étre refréné.
- On se tromperait si l’on croyait voir au Ranima un jardin peigné comme il yen a sur la cote française, où les plantes ont Pair d’être en métal ; les soins de propreté ne vont pas jusipi’à les défigurer comme dans nos serres d’Europe, où les feuilles sont coupées aux ciseaux. Ici l’illusion est complète, on croirait que ces végétaux sont réellement chez eux.
- Pour des raisons d’économie, le jardin du Ranima fut concédé à la Compagnie algérienne en 1807, tout en lui réservant son rôle de Jardin d’essai. Cette société y a maintenu son directeur et a entrepris, avec succès d'ailleurs, la multiplication des plantes vertes ornementales, ainsi (pie celle de tous les végétaux utiles ou d’agrément de pleine terre, et c’est par centaines de mille (pie l’on en fait l’exportation chaque année. 11 serait trop long d’entrer dans les détails de ces cultures, où l’art horticultural s'est associé au soleil algérién pour en favoriser le développement, et les moyens ingénieux mis en œuvre pour mener à bien cette entreprise ont besoin d’être vus pour être bien compris.
- Une annexe fort intéressante, inattendue dans ce jardin, est celle de parcs d’autruches qui y ont été installés vers 1857. Ces curieux animaux se reproduisent là comme en pleine liberté et sont superbes de santé et d'allures. Une douzaine de couple pondent, élèvent leur petits et ont formé souche pour plusieurs parcs de diverses localités en Algérie. Un s’est efforcé de développer l’élevage de l’autruche dans 1e nord de l’Afrique, mais des industriels de bonne volonté se sont heurtés à des formalités administratives qui en paralysèrent les intentions. Ces mesures restrictives ont-elles été abrogées depuis peu? Ce serait bien désirable, car l'exemple du développement énorme de cette industrie au Cap de Bonne-Espérance prouve qu’elle est avantageuse, et ce sont les Anglais qui tiennent le marché des plumes d’autruche en Europe.
- La figure ci-jointe, qui représente un massif de Yucca auHamma, a été faite sur une magnifique photographie communiquée par son directeur, lorsqu’un exemplaire hors ligne était en fleur. Cette curieuse espèce avait fleuri en 1876 dans la propriété du baron de Prailly, à Costebelle, pour la première fois en France, et elle avait fait sensation à cause de l’attitude particulière de son inflorescence laquelle, contrairement à toutes les espèces de Yucca'connues, est pendante, en place d’être dressée. Cependant en Algérie ce Yucca était déjà introduit et très développé vers la même époque.
- Les qualités ornementales des Yucca sont trop connues pour y insister. On trouvera, d'ailleurs, un article très détaillé sur leur mérite décoratif et leurs
- propriétés économiques dans le journal1. Mais il était intéressant de reproduire un aussi bel exemplaire d’une espèce peu connue et rare dans les collections. J. Porssox.
- LA FIN DES OISEAUX
- Le rossignol est arrivé à Paris en 1898 le 15 avril. On pouvait l’entendre chanter au bois de Boulogne dès le 16 avril, et, malgré la pluie et le froid, il n’a cessé de chanter loin des allées fréquentées par les automobiles jusqu au 15 juin. L’oiseau chanteur est doué de mémoire et du sens d’orientation, car chaque année il revient de loin et retrouve ses charmilles favorites, les petits bouquets d’arbres où il fête par ses trilles d’allégresse le retour du printemps. L’hirondelle et le rossignol sont fidèles à leurs vieux souvenirs.
- À la porte d’Auteuil il y avait encore, il y a trois ans, une région boisée où les rossignols abondaient. On décida d’y abattre les arbres pour installer le nouveau « Fleuriste de la ville de Paris », qui vient de déménager de la Muette au Parc-des-Prinees. Et la hache des bûcherons fit de grands ravages un mois durant. C’était juste en mars. Quand les rossignols arrivèrent en avril, ils trouvèrent la place à peu près nette, les ormes coupés, les chênes et les bouleaux abattus, les pruniers et les cerisiers sauvages étendus tout de leur long sur les mousses et les grandes herbes. En vrai cimetière d’arbres. Us ne s’en allèrent pas, s’installèrent sur les souches et les quelques arbres encore épargnés et chantèrent toute la journée et toute la nuit. Depuis on a construit de belles serres; les rossignols sont moins nombreux, mais ils sont encore revenus par tradition. Malheureusement on en tue beaucoup en chemin et l’on détruit leurs nids. Quelle rage de destruction !
- Partout, non seulement en France, mais dans toute l’Europe, on fait une guerre acharnée aux oiseaux. C’est un crime de lèse-naturc ; mais c’est encore un danger pour nous. On oublie les services considérables que nous rendent les oiseaux. Nous n’aurons plus d’oiseaux en l’an 1950, si l’on n’v prend pas garde. Non seulement la faune ailée de la France est très menacée, mais aussi celle de la moitié de l’univers.
- Partout où l’Européen pénètre, il tue l’oiseau. Michelet a pourtant crié l’alarme, un des premiers. Les années se succèdent et le mal empire. Dans un village, malgré le maître d’école, les enfants s’acharnent après les nids. « Combien as-tu déniché de chardonnerets ou de pinsons? — Plus de soixante! » Et le questionneur se rengorge : « J’ai dépassé la centaine ! » Et bêtement et stupidement on supprime ces jolies créatures du bon Dieu ! Les explorateurs qui sont des hommes réfléchis, s’en vont de même en pays étranger chasser les oiseaux rares. En Algérie, on a tellement tué de cigognes qu’il n’y en a déjà presque plus. Les cigognes nichent encore sur le toit de l’Arabe, mais fuient le toit de l’Européen.
- Autrefois, les ibis roses pullulaient dans la vallée du Nil; il n’y en a plus. Dans les oasis du Sahara, les jeunes voyageurs fusillent les huppes, les pluviers, à la grande colère des indigènes. Et les oiseaux de passage dans le midi de l’Italie et de la France pour fournir aux exigences de la mode ? Quelles hécatombes ! Et nous nous définissons nous-mêmes : « nations civilisées » !
- 11 existe en France environ 250 espèces d’oiseaux ter-
- 1 Voy. n° 720, du 19 mars 1887, p. 247.
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- restres, 400 peut-être au total, en y comprenant les espèces qui fréquentent les marais, les rivières et la mer. Au printemps, on estime qu’il existe, sur notre territoire, environ 100 millions de couples. Après les couvées, ou peut dire qu’il y a I milliard d’oiseaux en Franco... pendant un mois. Mais les bêtes de proie, l'homme, les intempéries en font disparaître plus d’un tiers. H reste tout au plus, chaque été, un excès de 700 millions d’oiseaux. Cet excès ne persiste pas bien longtemps. Les braconniers et les chasseurs en suppriment plus de 200 millions. Les animaux qui chassent aussi, tels les éperviers, les martres, écureuils, belettes,, chats, etc., détruisent, de leur côté, près de 500 millions d’oiseaux. La production annuelle est vite absorbée et l’on tue toujours. M. André Godard disait récemment dans un excellent article1 : « Il existe en France 350 000 permis de chasse. Le Midi en possède la moitié et ne tue plus que les petits oiseaux, faute de vrai gibier. Marseille compte 15000 chasseurs. A ces chasseurs légaux, il faut ajouter les propriétaires, les enfants surtout, qui tirent dans leur jardin, et surtout enfin une innombrable armée de braconniers pratiquant l’extermination en masse au moven d’une trentaine d’engins prohibés. Aucune gendarmerie ne les réprime efficacement, la nuit surtout. »
- Donc le massacre amène une diminution de la faune supérieure au repeuplement annuel. Et l’on peut prévoir, tout calcul fait, que, si on laisse aller les choses ainsi, dans quarante ans il n’y aura plus d’oiseaux en France, à l’exception des moineaux dans les villes, et un peu de gibier sur les terres gardées.
- Cette conclusion ne me semble pas exagérée. Selon M. Godard, en Maine-et-Loire, département très favorisé cependant par la protection, une dizaine d’espèces d’oiseaux ont totalement disparu depuis trente ans, époque où l’abbé Vincelot les indiquait rares. M. Millet, vingt ans auparavant, les signalait nombreux. Ont disparu les oiseaux aquatiques, la sterne noire, le grand grèbe, le harle-biève, etc.
- En général, ce sont les oiseaux migrateurs que l’on attaque le plus, et parmi ceux-là l’ordre des passereaux et des gallinacées parce qu’ils émigrent vers le Sud; c’est le contraire pour les échassiers et les palmipèdes qui s’en vont nicher dans les régions boréales. Toujours d’après les observations de M. André Godard, dans Maine-et-Loire, sur 200 hectares d’étendue, et en dix ans, les espèces suivantes sont en pleine décroissance : hirondelle, verdier, bergeronnette, accenteur, mouchet, bruant, merle. En Provence, on ne rencontre plus ni corbeau, ni accenteur, ni huppe. Fini, fini déjà.
- Et l’on tue ce qu’il faudrait épargner, et l’on épargne ce qu’il importerait de tuer, c’est-à-dire les rapaces. Un épervier consomme chaque année 1200 oiseaux! On le laisse tranquille, et nous lui servons bien souvent de collaborateur dans son œuvre de destruction. Puis on déboise beaucoup, ce qui aide encore à la destruction des nids. Bref, on fait tout ce qu’il faut pour que notre faune ailée disparaisse le plus vite possible. Concevez-vous les bois, les parcs, les jardins sans ces petits charmeurs que l’on appelle les oiseaux ; les champs, les forêts, les grands plateaux silencieux à tout jamais !
- L’oiseau est l’auxiliaire indispensable de l’homme. Le jour où il aura disparu, nous nous en apercevrons un peu, non seulement au silence et à la tristesse des bois, mais encore au prix des choses. Tout a sa répercussion en ce monde. Si l’on tue les oiseaux, on ne tue pas les
- insectes ravageurs de nos récoltes. Et, quand les insectes seront les maîtres, on verra bien si la faune ailée était bonne à quelque chose. L’oiseau franchement insectivore, le troglodyte, par exemple, apporte chaque jour 401) insectes à ses petits. Le rossignol, la fauvette, etc., enlèvent aussi des millions d’insectes. L’hirondelle, le martinet, l’engoulevent, font une chasse continue aux moustiques. Supprimez les hirondelles, etc., et nous serons en plein âge des moustiques. Le coucou nous débarrasse, et il est le seul dans ce cas, de la chenille velue. Quand le coucou aura disparu, nous serons envahis par les chenilles velues. Est-ce une perspective tentante? Et ainsi pour tous ces insectes que nous laissons tranquilles.
- Les oiseaux, dit-on, mangent nos fruits, les merles dévorent nos cerises et nos abricots, les pies enlèvent la plus belle part de nos vignes, etc. Tuons-lcs. Quelles illusions ! Tout se paye ; il faut bien payer par quelques sacrifices les immenses services rendus par ces petits ouvriers de nos champs et de nos jardins. On a fait, en Amérique et en Europe, le dénombrement des oiseaux utiles et des oiseaux nuisibles. Sur des centaines d’espèces, on en a trouvé bien peu qui fussent réellement nuisibles, et encore n’est-on pas toujours d’accord sur les conclusions. N’a-t-on pas proscrit quelquefois, par exemple, le pivert parce qu’on l’a vu ouvrir une brèche dans un arbre. Mais s’il travaille pour lui, il travaille pour nous; il va retirer de l’arbre une larve qui se serait multipliée et aurait fini par le ruiner. On a mis encore sur la liste de proscription le hibou, la chouette. Ces deux oiseaux de proie purgent les campagnes des souris et des musaraignes! Les corbeaux, si décriés, que l’on recommande d’abattre, sont des mangeurs de vers blancs et nous en débarrassent chaque printemps, etc. On a grand tort de condamner tous ces collaborateurs de l’hoinme sans le savoir, qui nous rendent annuellement de véritables services. La municipalité de Marseille n’a-t-elle pas dù avoir recour* un jour aux oiseaux — on a souvent besoin d’un plus petit que soi — - pour ranimer les arbres de ses promenades. Les insectes pullulaient et les beaux arbres, gravement atteints, ne résistaient plus au mal; on lâcha sur la promenade 2000 fauvettes. Les arbres furent sauvés.
- C’est très bien de repeupler nos rivières de salmonidés, de carpes, etc. ; mais peut-être ferait-on bien de songer dès aujourd’hui à assurer le repeuplement de nos champs en petits oiseaux. Une protection de quelques années suffirait pour nous mettre à l’abri d’une dépopulation très prochaine. Le Sénat a voté un projet de protection, il y a au moins dix ans. La Chambre n’a pas trouvé encore le temps de le sanctionner. En dix ans, on en tue des iiiseaux! Enfin, il y a eu un Congrès international. Que fait-on? Que décide-t-on? M. André Godard, que nous citions tout à l’heure, énumère les principales mesures de sauvegarde à prendre. Elles dépendent de l’initiative gouvernementale et du bon vouloir des particuliers, de l’éducation à donner aux petits enfants et aux grands enfants. On pourrait aussi favoriser l’élevage des espèces qui disparaissent, des grands échassiers, des palmipèdes sédentaires, etc.
- Soyons doux aux oiseaux. Voilà surtout ce qu’il faudrait répéter dans tous les villages et dans toutes les écoles. Soyons durs aux braconniers et aux dénicheurs; ne-détruisons pas les oiseaux; sinon se dressera bientôt devant nous, implacable, désastreuse et toute-puissante l’invasion des insectes. Henri de Parville.
- 1 Revue scientifique.
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- LA TRACTION ÉLECTRIQUE A PARIS
- Une intéressante Iion do l;i Iraclion éloc-
- tri<|iie vient, d'ètre laite .à Paris par la compagnie française Thomson-Houston sur les lignes de tramways de la place de la République d Auborvilliers et à Pantin. Dans Paris les tramways fonctionnent
- par accumulateurs et en dehors par le trolley aérien. Les deux lignes dont nous venons de parler ont dans Paris un parcours total respectif de 0,2 km et 6,7b km, avec un parcours commun de 2,110 km ;le parcours extra-muros est de 1,080 km et 2,080 km. Il existe également trois autres lignes qui desservent divers villages aux portes de Paris.
- La voie a été installée par la Compagnie de
- Fig. 1. — Vue dos trucks à boggies sur lesquels repose la voiture; la batterie d'accumulateurs est placée au milieu.
- tramways de Paris et du département de la Seine; elle est formée par des rails à ornière Rroca, pesant 44 kg par mètre, pour le milieu de la chaussée, et par des rails Vignole lorsqu'elle se trouve en accotement. lies voitures employées, dont la ligure 1 donne une vue d'ensemble, sont des grandes voitures à impériale, pouvant contenir 50 voyageurs dont 4 sur la plate-lorme, 24 à l’intérieur et 28 sur l'impériale .
- On \peut même leur reprocher, contrairement à ce qui se fait partout, d’ètre trop grandes; il est préférable, pour assurer un bon service, d'avoir des voitures petites et de les faire partir souvent. Ajoutons que les voitures actuelles, à part cette remarque, renferment toute une série d’engins perfectionnés. Elles reposent sur des trucks à boggies articulés à Pavant et à l'arrière (pii permettent d’utiliser l’adhérence sur les deux essieux moteurs.
- Les voitures sont entièrement symétriques à Pavant et à l’arrière ; on a pu ainsi éviter le retournement aux points terminus. A la partie supérieure
- se trouve la perche du trolley, qui est fixée dans une rainure pour permettre le passage sous les ponts du chemin de fer dans Paris.
- Chaque essieu moteur est actionné par un moteur électrique de 25 chevaux ; les controleurs qui servent au couplage et à la manoeuvre des divers appareils sont jdacés sur les plates-formes avant et arrière. N’ou-blion s pas de mentionner que chaque voiture renferme des sablières pour répandre du sable sur la voie s’il est nécessaire, des freins à sabots ordinaires et dos freins électro-magnétiques à chaque essieu. Ces derniers ont permis d’arrêter en moins de 14 mètres une voiture changée de 4,4 tonnes, sur une pente de 24 millimètres par mètre à une marche de 20 kilomètres à l’heure.
- Les accumulateurs, de la Société pour le travail électrique des métaux, sont au nombre de 224 éléments cà 7 plaques d’une capacité de 55 ampères-heure. Les plaques d’une hauteur de 0m,51 sur une largeur de 0m,09 sont renfermées dans des boîtes à
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- J, A N AT UH K.
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- {boniU*. La boîte qui renferme lu batterie et qui est placée sous lu voiture (lig. 5), a une longueur de ln,,725, une largeur de 2m,080 et une hauteur de O"1,605. L’équipement électrique de chaque voiture, sur lequel nous ne pouvons insister ici, permet d’envoyer à chacune, soit le courant du trolley, soit le courant des accumulateurs, soit le courant du trolley pour actionner lu voiture et charger à la fois la batterie d’accumulateurs. Chaque voilure est éclairée par 10 lampes à incandescence de 16 bougies.
- L’usine électrique (pii fournit l’énergie nécessaire est au dépôt d'Aubervilliers. Elle est divisée en deux parties principales. D’un côté se trouvent
- la salle des chaudières, la salle des machines et l’atelier de réparation des accumulateurs ; de l’autre côté sont les voies de repos pour les voitures avec les dispositions pour la visite complète.
- Lu salle des chaudières renferme 5 chaudières nmltilubulaires Roser d’une surface de chauffe de 105 mètres carrés, fonctionnant à 10 kg par centimètre carré; ces chaudières sont établies en contrebas, le charbon arrivant à la surface du sol est déversé par des trémies dans des wagonnets.
- Dans la salle des machines, située derrière la salle des chaudières et parallèlement à elle, se trouvent 5 machines à vapeur horizontales à un seul cylindre, à détente Corliss, de la maison Gar-
- Kig. 5. — Tramways électriques de Paris à Aubervillicrs. — Vue d’une voiture à trolley aérien, en dehors de Paris.
- nier, de 250 chevaux à 75 tours par minute. Chacune d’elles actionne par courroie une dynamo compound Thomson-Houston à 6 pôles de 150 kilowatts à 550 volts, à 400 tours par minute, construite par la maison Postel-Vinav. Ces dynamos peuvent également fonctionner comme dynamos shunt à 575 volts pour lu charge des accumulateurs. Deux circuits principaux partent du tableau de distribution, l’un à 550 volts pour l’alimentation du trolley, l'autre à 575 volts pour la charge du cours de route. Les 4 feeders peuvent être branchés à volonté sur l’un ou l’autre.
- Telles sont les principales dispositions d'une nouvelle installation de traction mixte par accumulateurs et par trolley aérien, qui nous semble répondre entièrement aux exigences actuelles de la
- traction dans Paris. Il nous reste à remercier M. Dumartin, ingénieur en chef de la compagnie Thomson-Houston, qui a bien voulu nous fournir des renseignements et nous guider dans nos visites. J. Laffaugie.
- Comètes. — Cinq comètes viennent de faire leur apparition dans le ciel. La lr% la 5° et la 5e sont nouvelles; la ‘2e est bien connue : c’est la comète d’Encke qui revient dix fois en 55 ans, et qui, découverte en 1786, a été vue à 55 reprises différentes. On l’appelle comète à courte période, puisque c’est celle que nous voyons le plus souvent. Elle a été aperçue le 12 juin par M. John Tebbutt, de Windsor (Nouvelle-Galles du Sud), dans la partie de la constellation des Gémeaux qui est
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- voisine du Petit Chien, de la Licorne et d’Orion. Le 11 juin, M. Coddington, astronome à l’Observatoire Liek, a trouvé dans la constellation du Scorpion, au sud de Saturne, une comète qui lui a d’abord paru brillante, mais dont l’éclat diminuait de jour en jour parce qu’elle s’approchait de l’horizon et va bientôt disparaître. Le 14 juin, M. Perrine, autre astronome de l’Observatoire Lick, a trouvé une comète faible, dans la constellation de la Girafe, au-dessus de l'ersée; le 16, il a revu la comète Wolf déjà observée en 1891. Enfin, le 18 juin M. Giacobini a découvert à l’Observatoire de Ai ce, dans le Capricorne, une petite comète à noyau allongé se déplaçant rapidement vers l’Ouest.
- Ascensions aérostatiqnes internationales du
- 8 juin. — A Paris trois ascensions ont été faites. L’aé-rophile n° 3, parti à 2h 30m de l’usine à gaz de la Vil-lette, a été trouvé le matin à Magny (Seine-et-Oise). Les instruments étaient intacts, mais les paysans ont, pour nettoyer le cylindre de l’un des enregistreurs, enlevé le noir de fumée sur lequel s’inscrivaient les courbes. Un second cylindre est intact. L’aérophile n° 4, parti à 10h5m, est arrivé à Yernon, en Westphalie, à 5h du soir. Les instruments qu’il portait sont intacts. La hauteur à laquelle il est parvenu est très grande. Le ballon monté Balaschoff est parti à llh5™ et est descendu vers 2h à Verpilliers près de Roye. il est parvenu à la hauteur de 2300™. A Bruxelles le ballon Y Aurore, parti le matin du parc Léopold, est descendu en Flandre. A Strasbourg le ballon-sonde est parti à 8h50m de l’esplanade de Stein-thor, et s’est éloigné dans la direction du nord. Le ballon monté est parti à 9h et est descendu à 12h35™ à Wit-tersheiin, en Lorraine, après s’être élevé à 1700™. A Vienne le ballon-sonde Falke, lancé de l’arsenal, a crevé au départ; le même accident est arrivé à un ballon monté par deux officiers qui n’ont pas été blessés. Deux autres ballons montés se sont élevés à 2000™ et à 2500m. Une cinquième ascension d’un ballon monté a eu lieu à l’Exposition. Cet aérostat s’est élevé à 4500”, où existent une température minimum de — 8°. A Berlin un ballon-sonde a été lancé, ainsi que quatre ballons montés, qui se sont élevés respectivement à 550l)ra, 5200®, 4200™. A 5500™ on a observé une température de — 12°. On n’a pas encore de nouvelles du ballon-sonde. A Saint-Pétersbourg, suivant les avis de Berlin, un ballon-sonde se serait élevé à 9000® et un ballon monté à 4500™. Ce dernier est descendu à 50km de son point de départ après être resté plusieurs heures en l’air. Nous n’avons point de nouvelles des ascensions faites à Varsovie, à Munich et à Borne.
- D’autre part, à l’Observatoire de Trappes, M. Teisse-renc de Bort a obtenu les résultats suivants : Trois bal-lons-son*des de petites dimensions, réglés de façon à explorer des régions différentes de l’atmosphère, ont été lancés le 8 juin. Le premier est parti de Trappes à 5h5™ et s’est élevé à une altitude d’environ 15 500®, où il a trouvé une température de — 65° ; emporté par le courant supérieur (les cirrus qui venaient du sud 35° ouest, il est tombé à 100km, près de Saint-Quentin, à 6h43m. Le deuxième a été lancé à 4h 55™, s’est élevé à 9400™, où la température était de — 45°, pour tomber au nord, dans l’Oise, à 90km de Trappes. Le troisième, parti à 7h55™, est monté à 6870™, où la température était de — 21°, et descendu à ümenville, à 50k™ au nord-nord-ouest de Trappes, suivant ainsi une trajectoire intermédiaire entre celle du vent inférieur qui soufflait de est-sud-est et le courant supérieur du sud-ouest.
- Enregistrement des décharges électriques. —
- M. Ducretet vient d’enregistrer des décharges atmosphériques au récepteur d’un poste de télégraphie hertzienne sans fil installé chez lui. Le mât s’élève au-dessus du sol à une hauteur de 26™ (l’altitude du sol est d’environ 55™). Ce mât domine les maisons Avoisines et se voit de très loin. Le fil conducteur, isolé, fixé à l’extrémité de ce mât, a 52™ de longueur; ce collecteur des ondes électriques pénètre dans son laboratoire et il est relié à une des électrodes du radioconducteur Branly du poste récepteur, l’autre électrode est mise à la terre. Le samedi,
- 11 juin de 2h 50™ à 3h40™ de l’après-midi, au moment de l’orage, son récepteur automatique a inscrit 511 décharges atmosphériques intermittentes, au fur et à mesure de leur présence sur le mât collecteur. Ces décharges étaient enregistrées avant l’apparition de l’éclair et naturellement avant le bruit du tonnerre. Le 14 juin, M. Ducretet a terminé chez lui l’installation du premier poste transmettant les ondes à grande distance; la distance franchie a atteint 500™, mais il pense qu’elle pourrait être dépassée malgré les mauvaises conditions du voisinage : cheminées, ateliers, tuyauteries pour prises à la terre.
- Protection des oiseaux aux États-Unis1. — — Les Américains ont constaté que la diminution du nombre des oiseaux insectivores était la cause de graves dommages causés aux récoltes par les insectes. Ils ont su prendre une mesure énergique pour parer à ces malheurs. Sur la proposition du sénateur lloar, l’introduction sur les territoires et le transport d’Etat à État des dépouilles ou parties d’oiseaux et des plumes isolées, et leur commerce, sont interdits. On fait exception pour les plumes qui* peuvent être recueillies sur certains oiseaux, comme l’autruche, sans nuire à l’animal. Seuls, les musées et établissements scientifiques peuvent recevoir des oiseaux tués. Le tout sous peine de 50 dollars (250 francs) d’amende par infraction. Voilà donc un commerce détruit en Amérique malgré les protestations énergiques du syndicat des plumassiers qui sont atteints dans leurs intérêts. En présence du péril couru par l’agriculture, le Sénat n’a pas hésité à les sacrifier. Les dames américaines n’auront plus de plumes à leur chapeau sauf celles d’autruche.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 juin 1898. — Présidence de M. Wolf.
- Ascensions de ballons-sondes. — M. Cailletet communique quelques détails relatifs aux ascensions des trois ballons lancés le 9 juin dernier à Paris. Un ballon-sonde a été lâché à 3 heures du matin dans le but de recueillir des données sur la température de l’atmosphère avant le ever du soleil ; il est tombé aux environs de Paris. Un deuxième ballon-sonde, lancé à 9 heures du matin, est tombé non loin d’Aix-la-Chapelle, près de la frontière hollandaise. Ses appareils retrouvés en bon état ont permis de constater qu’il s’était élevé en 50 minutes jusqu’à une couche d’air dont la pression n’était plus que de 0™, 118 et la température de — 65°. Cette pression correspond à une altitude de 13 500 mètres. Arrivé à cette hauteur, le ballon-sonde a plané 'pendant 45 minutes avant de descendre. Quant à l’ascension du troisième ballon qui était monté, il a atteint 2300 mètres. Les ascensionnistes emportaient un appareil destiné à opérer des prises d’air ainsi qu’un tube préparé pour recueillir les microbes. Les résultats n’ont rien de particulier»
- 1 Le chasseur illustré.
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- Les éléments de l'atmosphère. — M. Moissan expose qu’il a donné connaissance à M. Ramsav de sa communication de la dernière séance et donne lecture de la réponse qu’il a reçue du savant anglais. Indépendamment du krypton, il existerait deux autres gaz dans l'argon atmosphérique. Il a fallu opérer sur 18 litres d’argon liquéfié dont la préparation a demandé près d’une année, pour les découvrir, en fractionnant les produits de la distillation. Le premier de ces gaz a reçu le nom de néon, le second qui est solide, dans l’argon liquide, est le métargon. Leurs spectres sont Lien différents de celui de l’argon. Aucun de ces gaz n’est l’élément découvert par M. Moissan.
- Préparation du calcium pur. — Le calcium est un des corps les plus répandus dans la nature; mais, néanmoins, ainsi que l’observe M. Moissan, c’est un des moins onnus parce qu’il n’a jamais été préparé dans un état de pureté suffisant. I)e là, l’incertitude sur sa densité évaluée de 1,4 à 1,8. Il passe pour jaune et n’a été obtenu que par l’électrolyse, en quantités minimes, dont la teneur en calcium varie de 80 à 95 pour 100. La raison de cet insuccès tient aux affinités puissantes du calcium qui se ombine avec beaucoup de corps, l’hydrogène, l’azote, le mercure. M. Moissan a utilisé la propriété du sodium de dissoudre le calcium pour préparer ce dernier corps. 11 décompose l’iodure de calcium par le sodium en excès. Ce dernier traité par l’alcool absolu laisse le calcium sous forme de poudre brillante ayant la couleur de l’argent et contenant 98,8 à 99,2 pour 100 de calcium pur. Cette substance décompose l’eau à la température ordinaire avec grande énergie. M. Moissan a obtenu, par ce procédé, des quantités de calcium bien supérieures à celles qu’on avait réussi à préparer. Il est parvenu également à préparer le calcium par l’électrolyse de l’iodure de calcium, mais dans de moins bonnes conditions.
- Photographie des couleurs. — M. Maurice Lévy présente des photographies colorées obtenues par M. Dugardin à l’aide d’un procédé abandonné depuis longtemps. Quelques épreuves sont réellement belles; d’autres moins réussies. M. Dugardin tire trois épreuves distinctes avec des lumières rouge, jaune, bleue sur des pellicules de gélatine transparente. Puis il superpose ces trois épreuves à l'aide d’un repérage exact. Ce procédé, d’une application extrêmement commode à réaliser, est certainement appelé à un grand avenir en raison des résultats heureux qu’il donne.
- La flore de Madagascar. — M. Drake del Castillo lit un important mémoire sur la flore de Madagascar. On connaît environ 250 rubiacées à Madagascar appartenant à 44 genres. Onze genres formant un ensemble d’une douzaine d’espèces sont propres à cette île. Sur la partie du Continent africain voisine de Madagascar, il n’v aurait pas jusqu’à présent plus de rubiacées et elles sont réparties en 40 genres à peine. Il y a, en faveur du continent africain, un fort excédent d’espèces herbacées appartenant à des genres ayant une aire très vaste. Si l’on retranche les espèces herbacées des deux flores, il y a, au contraire, un excédent en faveur de Madagascar. Cela provient du nombre relativement grand de. genres spéciaux qui sont presque tous ligneux et de la présence d’un groupe d’espèces représenté principalement par les gaertnera et ayant des affinités avec la flore asiatico-malaise. En résumé, il existe trois types parmi les rubiacées malgaches, le type africain, tropical-oriental, le type asiatique et le type africain-austral. Le premier est un peu plus accentué
- que le second, le troisième beaucoup moins que les deux autres.
- Des engrais en horticulture. — M. Dehérain présente, au nom de MM. Hébert et Truffaut, une étude sur l’emploi rationnel des engrais en horticulture. Les auteurs constatent que la composition chimique des sujets traités reste la même, mais que le poids total est sensiblement doublé. Ch. de Vii.i.kdeiil.
- —«“v*4--
- LE BALLON CAPTIF
- DU JARDIN D’ACCLIMATATION
- La direction du Jardin d’Acclimatation a eu l’idée heureuse d’offrir au public un ballon captif fonctionnant tous les jours, quand le temps le permet, et qui fait monter gratuitement ses voyageurs aériens jusqu’à -400 mètres d’altitude. A cette hauteur, la vue panoramique de Paris ayant comme premier plan le Rois de Boulogne et celle des environs, le Mont Valérien, la terrasse de Saint-Germain et les bois de Meudon, est absolument merveilleuse. Le temps n’a pas été favorable, malheureusement [tour les ascensions et le ballon captif a dù souvent rester à terre, retenu par les orages ou le vent. Cependant les Parisiens qui ont pu faire le voyage, s’élevant à près de 400 mètres dans les nuages, sont à bon droit enthousiasmés. Par une journée de beau temps, trois cents personnes peuvent faire une ascension dont la durée est d’environ douze minutes. L’aéronaute expérimenté, M. Léon Lair, qui a dirigé les ballons captifs de New-York en 1892, de Genève et de Bruxelles en 1896 et en 1897, conduit les manœuvres. 11 exécute près de neuf ascensions en deux heures. 11 peut donc faire beaucoup d’heureux. Lorsque le temps est calme et le ciel pur, les visiteurs sont si nombreux et les demandes d’ascensions sont telles qu’on a dù procéder par voie de tirage au sort, pour donner accès dans la nacelle du captif.
- Le ballon captif du Jardin d’Acclimatation, avec des proportions très réduites sans doute, rappelle en presque toutes ses parties le colosse étonnant construit en 1878 par M. H. Giffard et qui a été à cette époque un des grands succès de l’exposition. Le ballon captif de M. Giffard avait un volume de 25 000 mètres cubes; c’était un immense navire aérien dont nous avons longuement parlé déjà1.
- Celui du Jardin d’Acclimatation fonctionne depuis le 1er avril. Son volume n’est que de 3200 mètres cubes. Si ses dimensions sont modestes, ce ballon réunit cependant tous les perfectionnements que la science aéronautique a pu réaliser jusqu’à ce jour.
- Le ballon du Jardin d’Acclimatation a été installé et construit par M. H. Lachambre, l’aéronaute bien connu qui a fait aussi celui dans lequel est parti, l’année dernière, Andrée à la découverte du Pôle Nord. Le ballon de forme sphérique est confectionné en soie de Chine (Ponghi). Pour la calotte supérieure de l’aérostat, la résistance de l’étoffe est de 2400 ki-
- 1 Yoy. ii° 285, du 16 novembre 1878, p. 385.
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- LA NATURE.
- logrammes par mètre carré, les autres parties ont une résistance de 12 à 1500 kilogrammes. L'enveloppe est composée de 5000 panneauxchevauchés enduits d'un vernis spécial qui lui donne une étanchéité par -laite, domine celui de M. (lifîard, le ludion est muni d'une soupape recouverte d’un chapeau qui la préserve des intempéries. Une légère hache de soie du Japon placée sur la partie supérieure protège l'enveloppe et le tilet contre la pluie ou l’ardeur du soleil. A la partie intérieure du hallou est, une deuxième sou [tape qui s'ouvre automatiquement sous l'excès de la pression du gaz. L'aérostat possède un ballonnet compensateur d’un volume de 400 mètres qui est muni de deux autres soupapes automatiques d’un modèle nouveau construites en aluminium.
- Le tilet quieon-tient l'aérostat est en chanvre de Naples; 24000 mailles le composent, et la résistance de chacune de ses cordes est de 250 kilogrammes. Ue tilet, autour de la partie équatoriale , est muni d’un système de cordelettes disposées en pattes d'oie et terminées par des hauhans que des hommes d’équipe viennent amarrer à de forts anneaux fixés au sol, lorsque le ballon cesse de fonctionner.
- Des cordes d’appendice réunissent le tilet au cercle sur lequel viennent aussi s’attacher les cordes
- de la nacelle, comme on le voit sur la tigure 1 qui donne l’ensemble complet du ballon captif
- encore retenu à terre. Ce cercle supporte aussi un dynamomètre qui permet à l'aéro-naute de toujours pouvoir observer la traction exercée par la force du ’ vent durant l’ascension.
- Le câble d’ascension relié au dynamomètre est aussi en chanvre ; sa longueur est de 400 m. et sa résistance à la traction est de [très de 10000 kg. Ce câble passe sous une poulie à mouvement universel lixée au centre d’une cuvette en maçonnerie, qui permet de ramener la nacelle de l'aérostat près du sol. Il va s'enrouler ensuite autour du treuil à vapeur, comme nous le voyons
- ligure 2. Le treuil à vapeur est mis en mouvement par une machine à deux cylindres d'une puissance de 25 chevaux.
- La nacelle circulaire a 2m,60 de diamètre et 16 personnes peuvent s'y tenir confortablement. Le ballon captif est gonflé au gaz hydrogène à l’aide d’un appareil fixe à circulation automatique produisant 150 m5 à l’heure. L’usine à gaz est au fond du Jardin d’Acclimatation, à 160 mètres environ de l’aérostat, c’est par une canalisation souterraine que l’hydrogène parvient au ballon. Albert Tissakdter.
- Le Gérant : I*. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- Fig. 1. — Vue du ballon captif sur la grande pelouse du Jardin d'Accliiuutation. (D’après une photographie de M. Liebert.)
- Fig. 2. — La machine avec le cable du ballon captif enroulé sur son treuil. (D’après une photographie de M. Liebert.)
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- N° 1509.
- 2' JUILLET 1898.
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- NOUVELLE PORTE DE CLOISON ÉTANCHE
- Le cloisonnement à bord des navires est particulièrement précieux au point de vue de la sécurité des transports. Théoriquement au moins, les cloisons étanches partagent le navire en un certain nombre de sections susceptibles de flotter par elles-mêmes, et leur capacité respective est calculée de telle sorte (pie la flottabilité du navire considéré dans son ensemble demeure suffisante alors que, par un choc, une collision ou une autre cause, un ou deux des compartiments sont envahis par l’eau.
- Malheureusement cela n’est que la théorie, et ce qui le prouve bien, ce sont les catastrophes qui se produisent parfois : telle celle du Drumond-Castle, disparaissant en quelques minutes parce qu’une
- partie de sa carène s’est ouverte sur des roches, ou encore du cuirassé anglais Victoria, qui coule presque à pic simplement parce que, dans une manœuvre, le Camperdown lui fait avec son avant un trou dans la muraille. On en pourrait conclure que les cloisons étanches ne sont point aussi efficaces qu’on le croirait, ou que, du moins, elles ne peuvent résister à la poussée de l’eau envahissant un compartiment; mais la vraie raison c’est qu’elles sont percées de portes, et que ces portes ne se trouvent jamais fermées au moment critique; par conséquent, elles annihilent l’effet des cloisons. On comprend comment on se voit forcé de percer une porte à travers le cloisonnement qui sépare deux compartiments : sans cela ces murailles, qui s’élèvent au moins jusqu’à la ligne de flottaison, empêcheraient toute circulation directe entre les parties les plus voisines
- ^^ /&/
- (gjBiBüsn^
- Fig. 1. Fig. 2. Fig. 5. Fig. i.
- La manœuvre de la porte de cloison étanclie Kirkaldy.
- d’un bateau, et, dans un navire à passagers par exemple, [tour passer d’une cabine à une autre, on serait parfois obligé de monter par un escalier jusqu’au sommet de la cloison 'pour redescendre ensuite de l’autre côté.
- Avec une porte, cette complication cesse; mais, au moment d’un accident, il est absolument nécessaire que, instantanément pour ainsi dire, toutes les portes soient fermées. Il est évident que cette condition n’est jamais remplie, si la fermeture doit s’effectuer pour chaque porte isolément et par un mécanisme installé à l’intérieur même des compartiments : car, dans l’émotion d’une collision ou d’une voie d’eau quelconque, on n’a ni le sang-froid ni le temps de descendre exécuter ces manœuvres successives. Pour trancher la difficulté, on a essayé de commander électriquement ou hydrauliquement le mouvement simultané des différentes portes : ce n’est pas sans présenter de graves dangers pour le cas où quelqu’un franchirait une porte au moment
- 26a aanée. — 2e semestre.
- où elle se ferme ainsi automatiquement. En désespoir de cause on a, dans certains navires, adopté des cloisons sans porte. Cela ne résolvait point le problème. Mais il nous semble que la solution vient d’en être trouvée par un ingénieur de Glasgow, M. William Kirkaldy, sous la forme de la porte cylindrique rotative dont nous donnons plusieurs figures, pour en bien indiquer la construction et le fonctionnement. Nous ferons remarquer immédiatement que, dans trois de ces gravures, la porte est montée en place sur une cloison, mais que, dans la quatrième, la porte est isolée, pour qu’on en voie simultanément les deux faces.
- L’invention de M. Kirkaldy comprend un cylindre métallique creux, fermé en haut et en bas par des plaques solidement boulonnées; ce cylindre est à cheval pour ainsi dire sur la cloison, à laquelle il est fixé par un cadre métallique disposé en son milieu et suivant une de ses génératrices. De plus, il comporte deux ouvertures rectangulaires se faisant
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- face; mais, intérieurement à lui, prenant très juste et soigneusement alésé, est un second cylindre qui peut tourner sur un axe central à frottement à billes, et qui, lui, ne présente qu’une seule ouverture rectangulaire exactement de mêmes dimensions que 'chacune des ouvertures du cylindre fixe. Dans la ligure 1, on aperçoit ce cylindre intérieur. Celui-ci constitue réellement la porte tournante, qui exécute sa rotation suivant le sens indiqué par la flèche.
- Un comprend que cette porte ne peut jamais être laissée ouverte, et que cependant elle donne un passage facile à ceux qui ont besoin de lranchir la cloison étanche. Auparavant, on regarde par le petit hublot si personne de l’autre coté ne s’apprête à passer, et, si l’appareil se trouve dans la situation que donne la figure 1, on entre dans le cylindre (tig. 2), puis on lui fait exécuter une rotation de gauche à droite ; l’ouverture par laquelle on est entré est recouverte par la paroi du cylindre, et bientôt l’ouverture opposée se découvre complètement; on peut sortir, la porte étant comme tout à l’heure entièrement fermée. Quand, au contraire, elle se présente sous l’aspect de la figure o, on effectue le mouvement indiqué dans cette figure même, ce qui ramène le cylindre dans la position de la figure 1, et l’on passe comme précédemment, pour sortir ainsi que le montre la figure 4.
- En somme, la porte est toujours ouverte et toujours fermée, ce qui a l’air quelque peu d’un paradoxe, mais ce qui est un fait précieux pour la circulation d’un compartiment à l’autre et pour la sécurité en cas d’accident. C’est une vraie écluse, ce qui est encore un avantage notamment dans les chambres de chauffe où on alimente les foyers en vase clos, car les rentrées d’air importantes sont rendues impossibles. Qu’on n’aille point croire d’ailleurs qu’il faut longtemps pour franchir une porte de ce genre : tout au [dus 5 secondes.
- Fonctionnement rapide et sûr, puisqu’il est entretenu par la manœuvre constante de la vie quotidienne; légèreté, ce qui est bien appréciable sur les navires de guerre et même sur les bateaux de plaisance ou les bateaux à marche extra-rapide ; consolidation de la cloison, grâce au cadre sur lequel elle est montée, la porte imaginée par M. Kirkaldy nous semble posséder des qualités de premier ordre qui lui présagent un succès mérité.
- Damel Bellet.
- LA LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE
- Je ne parle pas ici de la prophylaxie de cette terrible maladie par l’hygiène, la destruction des germes contagieux; il s’agit de la lutte pour modifier la maladie, pou aider à la guérison quand la tuberculose n’est pas trop avancée. Un des grands facteurs du traitement est l’alimentation ; on a même conseillé un véritable gavage. Or on sait que l'inappétence, l’anorexie, est une des caractéristiques de la phtisie; en vain vous présentez à un malade les mets les plus succulents, en vain vous variez les menus, rien n’v fait, le dégoût est insurmontable et
- le malade a une profonde horreur de tous les aliments.
- Un de nos confrères, le I)r Ilibard, a eu l'idée d’utiliser contre cette répulsion alimentaire les grands froids, et les résultats qu’il a obtenus dans le service du I)r Lelulle sont réellement des [dus encourageants. On se souvient que M. Pictet, dans le cours de ses études sur l’action des froids intenses, avait été guéri d’une dyspepsie rebelle en descendant pendant quelques minutes dans son puits frigorifique; notez qu'on peut y faire varier la réfrigération de — 11° à— 100°. Quelques malades avaient été soumis, avec une certaine hésitation, à ce traitement un peu dangereux et en avaient ressenti le plus grand bien. Des troubles de nutrition invétérés avaient été radicalement guéris par cette réfrigération.
- Le I)r Ilibard a voulu se rendre compte de l’action de ces basses températures et il est descendu à plusieurs reprises dans le puits Pictet à Paris et à Genève; mais il observa sur lui et comme il était en bonne santé — ce phénomène pouvait être [dus marqué chez des malades — une grande difficulté à faire ce que l’on appelle la réaction. Deux heures après être sorti de la glacière, il n’était pas encore réchauffé. Le procédé ne pouvait guère être applicable à des malades délicats, fiévreux comme des tuberculeux; on eût risqué d’aggraver à un haut degré l’état du malade, par l’irritation nouvelle des voies respiratoires. Voici comment il a tourné la difficulté pour établir la cryothérapie (de xpioa, grand froid). 11 produit une réfrigération locale de l’estomac. On applique sur la région épigastrique un sac imperméable contenant environ deux kilogrammes d’acide carbonique neigeux; la peau doit être, sous peine de gelures rapides, protégée par une épaisse couche d’ouate; malgré cet enveloppement la température cutanée descend à 25°. L’application se fait tous les jours pendant vingt à trente minutes; quelquefois renouvelée le soir, toujours peu de temps avant l’heure du repas. M. Ribard a constaté chez les malades qu’il a soumis à ce traitement un retour de l’appétit, au bout de deux ou trois jours; la faim devenait exigeante et permettait ainsi de restaurer rapidement un organisme affaibli.
- Comment s’explique- cette action du froid local, poussé à un très haut, ou [tour mieux dire, à un très bas degré? Voici l’interprétation que donne M. Ribard : les physiciens estiment que lorsque les radiations calorifiques descendent à — 60° ou plus bas, il n’existe qu’un bon isolant, le vide ; en d’autres termes les corps deviennent de plus en [dus diathermanes à mesure que diminue la température du centre réfrigérant voisin. Si donc le corps humain devenait absolument diathermane, les rayons calorifiques le traverseraient sans l’impressionner et l’effet thérapeutique serait nul. Mais en réalité et pour une température de — 80° il se passe le même phénomène que pour les rayons X; la peau, les muscles sont traversés, mais le foie, les viscères le sont moins. De ce fait ces organes moins diathermanes subiront un abaissement de température contre lequel l’organisme devra réagir et cette réaction se produit par le besoin d’alimentation, par la sensation de la faim. Le froid active les phénomènes respiratoires et les fonctions digestives; d’où ce résultat : destruction de déchets organiques, absorption plus abondante de matériaux neufs, et nécessité d’un apport alimentaire plus riche et plus fréquent.
- Par ce temps d’estomacs détraqués, la méthode a chance de grand succès; les dyspeptiques, et Dieu sait s’ils sont légion, auront une méthode neuve et originale de prendre un apéritif. Dr A. Cartaz.
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- la natude:
- LE CENTENAIRE DU
- CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS
- Vendredi 24 juin on a célébré le Centenaire du Conservatoire des arts et métiers. Le Président de la République a bien voulu rehausser par sa présence l’éclat de la cérémonie. Le, directeur du Conservatoire, M. le colonel Laussedat, a reçu M. Félix Faure dans le grand amphithéâtre, où l'attendait M. II. boucher, ministre du Commerce, en meme temps qu'un grand nombre de savants étrangers, d’ingénieurs éminents, et que les plus liants représentants de l’industrie.
- Après les discours d’usage, la visite du musée a commencé. La réinstallation, dirigée depuis plusieurs mois par M. le colonel Laussedat, est complète aujourd'hui. Le classement des modèles intéressants, des machines de toutes sortes, des dessins et autres objets qui forment un ensemble unique au monde dans son genre par les souvenirs historiques et glorieux pour la science, et leur haut intérêt, était une besogne délicate fort peu aisée1. Le grand succès obtenu aux Arts et Métiers est la récompense de ces longs et patients efforts.
- L’idée première de la fondation d’un Conservatoire des arts et métiers est due à Descartes, le grand philosophe français qui voulait créer une Université où viendraient s’instruire les artisans et tous les corps de métiers.
- Il fallut plus d’un siècle pour que cette pensée devint une réalité. Le célèbre mécanicien Yaucanson entreprit de former un cabinet de machines dans la rue de Charonne, à l’hôtel de Mor-tagne, qu’il avait loué pour en faire un dépôt dans lequel le public pouvait venir étudier. Après la mort de Vaucanson, en 1782, cette collection, léguée au roi Louis XVI, fut placée sous la direction du savant académicien Vandermonde. Les deux habiles artistes Dosa et billot, formés par Vaucanson, restaient attachés au Cabinet des machines, et C.-P. Molard devenait l’un des membres démonstrateurs. Ce fut là la véritable origine du Conservatoire des arts et métiers.
- La Dévolution venait de détruire les privilèges des corporations, mais on ne tarda pas à comprendre l’importance qu'il y avait à conserver les traditions précieuses qui subsistaient encore dans toutes les professions. Il fallait donc encourager renseignement en faisant des démonstrations publiques aux jeunes ouvriers, à l’aide des machines ou des instruments nécessaires aux arts auxquels on voulait les initier.
- Le 22 pluviôse, an II (10 février 1704), la Convention nationale prenait déjà des mesures de préservation des collections connues, en nommant une commission temporaire des arts, chargée d’inventorier et de réunir dans des dépôts convenables les
- 1 Yoy. n° 589, du 15 nov. 1880 et n° 511, du 17 mars 1885.
- livres, machines et objets de sciences propres à l’instruction publique. Le 10 octobre 1794 (19 vendémiaire, an III), cette grande Assemblée décrétait, sur le rapport des Comités d’agriculture et d’instruction publique, l’établissement à Paris d'un Conservatoire des arts et métiers. La décision importante était prise, mais le Conservatoire ne pouvait encore entrer en activité faute d'un local suffisant. Les collections diverses relatives aux arts et métiers étaient accumulées dans des dépôts et s’y détérioraient. Le public, dans ces conditions, restait privé des moyens qui pouvaient lui faciliter l’étude des modèles.
- Le 26 floréal, an VI (15 mai 1798), le conseil des Cinq-Cents, sur le rapport de Grégoire, décidait d’urgence, qu’une grande partie des bâtiments et des terrains de l’ancien prieuré de Saint-Martin des Champs seraient mis à la disposition du Directoire exécutif pour y installer le Conservatoire des arts ' et métiers.
- Voici (fig. 2) un spécimen du plan réduit qui a été joint au rapport de Grégoire le 15 mai 1798, montrant les bâtiments et les terrains de l’ancien prieuré de Saint-Martin. On voit que les abbés besogneux d’argent avaient déjà vendu à différentes personnes des parties de leur propriété autour de leur belle église et le long de la rue Saint-Martin. Il a fallu les racheter peu à peu pour former le plan actuel. Par suite du prolongement de la rue Trans-nonain, aujourd’hui rue Vaucanson, plus d’un hectare de terrain, appartenant au prieuré fut désaffecté. C’est sur une partie de ce terrain occupée longtemps par la place du Marché Saint-Martin que l’Ecole centrale a été construite.
- Nous extrayons du rapport de Grégoire d’intéressants détails relatifs aux dépôts des collections ; ils feront comprendre combien on avait déjà de documents, de modèles et de machines pour aider aux études scientifiques de chacun :
- « Le premier dépôt est celui du Louvre. Il renferme les machines que Pajot d’Üns-en-Dray avait données à la ci-devant académie des sciences et celles qu’y avait ajoutées cette compagnie savante. On y a réuni la plupart des modèles qui composaient la galerie des Arts mécaniques du ci-devant duc d’Orléans. Le second dépôt est celui de la rue de Charonne composé des machines léguées en 1785 an gouvernement par le célèbre Vaucanson. Cette collection renferme des machines extrêmement ingénieuses pour la préparation des matières filamenteuses, pour le cardage et la filature du coton, le moulinage des soies, etc. »
- C’est cette collection dont G.-P. Molard avait déjà eu la garde. Le 28 vendémiaire, an IX (19 octobre 1800), par un arrêt signé de L. bonaparte, il était nommé administrateur du Conservatoire des arts et métiers et MM. Grégoire, Montgoltier et Beuvelot devenaient membres du Conseil. Les progrès du Conservatoire des arts et métiers sont restés longtemps stationnaires, ce n’est guère que sous le règne de Louis-Philippe que les travaux ont pris un
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- essor considérable. L’architecte, M. Vaudoyer, éditiait une grande partie des bâtiments : la belle entrée
- qui donne rue Saint-Martin et le pavillon de l’escalier d'honneur. 11 restaurait l’église et l’antique
- Fig. 1. — Prieuré _de Saint-Martin des Champs et galeries construites de 1709 à 1713 avec la vue des jardins tels qu’ils étaient eu 1798.
- réfectoire du Prieuré qui pour créer la bibliothèque, du pavillon d’entrée du musée placé au milieu de la cour d’honneur (voy. fig. 5). Les travaux d’agrandissement continuaient aussi sous l’Empire et la République avec M. Ancelet, architecte, qui élevait les belles galeries qui donnent sur la rueYaucanson (en 2 sur le plan fig. 5) et faisait la restauration complète de la tourelle du douzième siècle en conservant la jolie fontaine Louis XY qui y était adossée encore en 1880 pour la placer à l’angle de la rue du Yert-Bois et de lu rue Saint-Martin.
- (Yoy. la ligure 4.)
- Enfin, ces dernières années, les galeries que l’on voit en 1 sur le plan (fig. 5) menaçaient de tomber en ruine, ce sont les anciennes galeries du prieuré construites de 1709 à 1743, dont nous donnons l’aspect (fig. 1), d’après un dessin du temps déposé aux Archives
- aux archives nationales.^
- nationales. Il fallait les restaurer complètement; l'architecte, M. Gcrhardt, fut chargé de ce travail,
- terminé aujourd’hui.
- Si toutes les parties intérieures du Conservatoire ne laissent plus rien à désirer, il est loin d’en être de même malheureusement à l’extérieur. Des réparations importantes sont nécessaires, il faut enfin isoler de toutes parts ce bel établissement.
- La dépense considérable qu’entraînerait l’expropriation des immeubles de la rue du Yert-Bois (voy. plan, fig. 5), a empêché jusqu’à présent de prendre de ce-côté d’utiles décisions. C’est cependant pour le Conservatoire, le point le plus dangereux, à cause de la possibilité des incendies. Du côté de la rue Réaumur, tout est dégagé depuis déjà quelques années, c’est la partie la plus intéressante du Conservatoire. Espérons que bientôt les fonds seront votés, et que la ville de Paris et l’État se
- Réduction du dessin conservé
- date du treizième siècle, Nous donnons l’aspect
- •4 «omêPcea.
- Fig. 2.
- Plan général du prieuré de Saint-Martin des Champs en 1798.
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- mettront enfin d’accord, afin d’exécuter les restaurations de la belle église de l’ancien Prieuré,
- dont on admire les merveilles qui datent du onzième et du treizième siècle, en même temps que
- fluo
- l/aucanson
- Fig. 5.— Plan général actuel (rez-de-chaussée). — 1. Galeries restaurées. — 2. Nouvelles galeries. — 3. Cour avec la fontaine restaurée. — 4. Grand amphithéâtre. — 3. Eglise. — 6. Ancien amphithéâtre. — 7. Administration. — 8. Laboratoire de M. G. Hirsch, cours de mécanique. — 9. Laboratoire de M. de Luynes, teinture et céramique. — lü. Laboratoire de M. Girard (décédé), chimie industrielle. — 11. Laboratoire de M. Jungfleisch, chimie générale. — 12. Poids et mesures. — 13. Salle d’exposition. —^ On a marque de lignes croisées les terrains encore occupés par des propriétés particulières et de lignes parallèles ceux qui sont à la ville.
- l’achèvement des bâtiments destinés aux galeries. Sous le règne de Louis-Philippe, on avait créé dix
- chaires pour les professeurs. Sous Napoléon III, et presque jusqu’il nos jours, elles étaient au nombre
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- de dix-sept. On en a ajouté depuis peu, trois. Une ehaire d’électricité industrielle, une de métallurgie, une autre enfin pour les arts appliqués à l’industrie. Toutes ces chaires n’ont jamais cessé d’ètre occupées par 'des savants de grand mérite. On se rappelle que de nos jours, c’est au Conservatoire que M. Uouillel a évalué pour la première lois la chaleur solaire et établi les lois fondamentales des courants électriques avec des instruments de son invention. Payen trouvait les moyens scientifiques de reconnaître les falsifications des substances alimentaires, Péligot étudiait les propriétés essentielles des aciers, Edmond Becquerel y a poursuivi ses essais sur la photographie des couleurs, Boussaingault et U. T resca faisaient aussi de remarquables travaux. C’est encore dans ces laboratoires que Caston Planté U poursuivi ses premières recherches sur les « piles secondaires », et que M. Moissan a fait avec un succès si retentissant ses découvertes sur le diamant et sur plusieurs métaux.
- Si les professeurs des Arts et Métiers ont exécuté des travaux remarquables ou réalisé de belles découvertes, ils ont formé souvent aussi des disciples qui ont fait honneur à leurs maîtres. Il nous suffira d’en citer un dont le nom est populaire aujourd’hui : M. Henri Gifford5, qui souvent nous a parlé des cours qu’il allait suivre dans sa jeunesse aux Arts et Métiers. C’est là, disait-il, que j’ai presque tout appris. Il inventait plus tard l’injecteur. Tout le monde sait les grands progrès que lui doit la science de l’aéronautique.
- Après la fête de jour, une seconde fête de nuit a eu lieu au Conservatoire. Plus de 6000 personnes invitées ont parcouru le jardin central éclairé au gaz acétylène, les galeries de l’ancien couvent et l’exposition temporaire éclairées à la lumière électrique. Des expériences et des démonstrations intéressantes ont eu lieu dans l’antique église, la bibliothèque et les amphithéâtres. Une médaille commémorative sera frappée pour rappeler cet événement scientifique. Albert Tissaxdier.
- FLEURS COMESTIBLES
- Chez nous, on ne rencontre guère que deux fleurs comestibles : la capucine que l’on mange en salade et l’acacia (Robinia pseudo-acacia) dont on fait d’excellents beignets. Si l’on voulait s’en donner la peine, on en trouverait certainement d’autres; malheureusement — et je ne sais pour quelle cause, — les fleurs nous répugnent à manger et nous craignons vaguement qu’elles nous empoisonnent.
- Dans les pays exotiques, les fleurs comestibles sont plus nombreuses.
- C’est ainsi qu’en Chine, on parfume les potages avec des fleurs d’une sorte de Belle-de-jour (Hemerocallis (/raminea). Tous les ans, le seul port de Chin-Kiang en expédie 3 500 000 kilogrammes dans tout le reste de la Chine, qui en reçoit aussi des environs de Han-Kow et du Japon. Dans l’Inde, on fait un emploi encore plus fréquent des fleurs de Bassies.
- 1 Voy. n° 465, du 29 avril 1882, p. 537.
- Les Bassies sont des arbres à feuilles coriaces. En mars et avril, ils perdent leurs feuilles et, avant d’en acquérir de nouvelles, se couvrent de fleurs très nombreuses, dont la corolle, au lieu de se flétrir après la fécondation, se gonfle de sucre et devient charnue. Elles ressemblent à de petites figues ou à de gros raisins secs; leur saveur ressemble aussi à celle de ces deux fruits.
- Les fleurs tombent d’elles-mêmes pendant la nuit. On les recueille au malin et, pour les conserver, on les fait sécher au soleil : un seul arbre en fournit environ 150 kilogrammes par an. Elles renferment 05 pour 100 de sucre. On les mange sans aucune préparation comme des raisins secs; on peut aussi les faire cuire avec des grains de blé grillé ou en confectionner des ragoûts. Par la fermentation, on obtient de l’alcool à odeur fort désagréable, pour nous tout au moins.
- Une autre Heur comestible de l'Inde est fournie par une polygonée, le Colligonum pohjgonoides, qui abonde dans les plaines désertes situées au sud de la latitude de Lahore. Voici ce qu’en dit M. Julien Petit.
- Comme la plupart des végétaux croissant dans les lieux très arides, — car il se contente des endroits les plus secs et les plus sablonneux, même de terrains salés, — le
- Fleur comestible : Bassie (Bassin latifolia).
- Entière et coupée en long.
- Colligonum couvre toujours de vastes surfaces, et ne se rencontre jamais isolé. C’est d’ordinaire un arbrisseau touffu, haut de i mètre à lm,50. Les échantillons les plus âgés, au port très irrégulier, ont un tronc tout court de 80 centimètres de tour, d’où partent une infinité de rameaux; ils atteignent parfois, mais rarement, une taille de 4 à 5 mètres. Les feuilles d’un vert terne apparaissent en février, et en mai ces arbres portent de nombreuses petites fleurs d’un rose rouge, émettant une odeur agréable, mais capiteuse de fraise mûre, fleurs qui se gonflent bientôt saturées de sucre, puis se vident et ressemblent, comme celles de la Bassie, à de petites figues sèches.
- La récolte, à laquelle les plus pauvres seuls prennent part, s’effectue en juin. Les Hindous consomment ces fleurs soit après les avoir fait cuire avec de la farine, dans la proportion d’un quart à un tiers, soit avec des viandes rôties, et ils les additionnent d’un peu de sel, et de quelques condiments, tels que le Ghee. On ne les emploie généralement qu’après leur avoir laissé passer au moins une nuit dans des jarres de terre cuite.
- Qui trouvera pour notre pays une fleur comestible analogue? Ce serait à souhaiter pour varier un peu notre alimentation. Henri Coupin.
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- L’AIR LIQUIDE
- LA MACHINE LINDE Al] COLLÈGE DE FRANCE
- Nous voici déjà bien loin de l’époque où les physiciens considéraient certains gaz comme permanents, c'est-à-dire impropres à passer de l’état gazeux à l’état liquide. Le 5 novembre 1877, cependant, M. L. Cailletet parvenait à liquéfier le gaz acétylène qui était inscrit sur la liste des récalcitrants; le 26 novembre, il liquéfiait le bioxyde d’azote; enfin, le 24 décembre toujours de la même année 1877, il liquéfiait l’oxygène et l’oxyde de carbone. Enfin, le 51 décembre pour finir l’année, il liquéfiait l’air, l’azote et même l’hydrogène! Les gaz permanents avaient lait leur temps ! Ces découvertes eurent un grand retentissement.
- A vrai dire, on opérait sur bien petite échelle et l’on n’obtenait que quelques gouttelettes liquides ou comme pour l’hydrogène qu’un léger brouillard de condensation. M. Cailletet produisait ces résultats en comprimant les gaz, et en les refroidissant par leur propre détente. 11 imagina aussi pour pousser le froid plus loin, pour atteindre le point critique de l’oxygène (—113°), d’évaporer l’éthylène liquéfié dans le vide comme l’avait déjà fait Faraday pour le protoxyde d’azote. Par cette méthode, MM. Wro-blewski et Olszewski produisirent en 1885 des quantités appréciables d’oxygène, d’azote et d’oxyde de carbone liquides. Dans leur appareil, MM. AVro-blewski et Olszewski parvinrent à abaisser la température jusqu’à —159°. En 1884, M. James Dewar de la Société royale de Londres, en suivant la même voie et en perfectionnant encore les appareils, obtint des volumes de gaz liquéfiés notablement plus grands que ses devanciers. Il put en quelque sorte fabriquer en plein amphithéâtre, devant une nombreuse assistance l’oxygène liquide, l’azote liquide et par suite l’air liquide. On a ici même raconté comment à la stupéfaction de l’assistance, il transformait Pair d’un chapeau en un petit bloc glacé d’air solidifié.
- Mais en définitive, il s’agissait encore d’expériences de laboratoire. Il aura fallu plus de dix ans pour arriver à fabriquer industriellement l’air liquide, notamment pour pouvoir en emplir des bouteilles et en faire des applications multiples à la chimie et à la métallurgie. Ce résultat considérable est dû aux travaux originaux d’un physicien allemand, M. Linde de Munich. Déjà à deux reprises, et les premiers, nous avons fait connaître le dispositif imaginé par M. Linde pour liquéfier industriellement les gaz et notamment l’air1. On pouvait regretter de ne pas posséder encore en France une machine, si modeste qu’elle fût, qui permît à nos savants de voir enfin de leurs yeux l’air liquide et de le manipuler à leur aise. M. le Dr d’Arsonval a pris l’heureuse initiative de faire installer dans son laboratoire du Collège de France, une petite machine de 5 chevaux. (Test
- 1 Yoy. n° 1302, du 14 mai 1898, p. 369.
- M. Linde qui est venu lui-même la faire monter au Collège de France. La machine fournit 1 litre d’air liquide par heure; c’est déjà suffisant pour l’étude. Nous profiterons de cette occasion pour insister sur le dispositif très remarquable qui a permis à M. Linde de résoudre très économiquement et très simplement le problème de la liquéfaction de l’air.
- Ses prédécesseurs employaient trois machines à froid par évaporation, se servant de liquides de plus en plus volatils : acide carbonique, éthylène, oxygène. L’exploitation de ce système complexe était impropre aux usages industriels. M. Linde en est revenu au principe si fécond du refroidissement par la détente du gaz lui-même indiqué par M. Cailletet, mais en usant d’artifices nouveaux extrêmement ingénieux. Aucun réfrigérant auxiliaire! l’air lui-même amène sa liquéfaction. Comme on l’a déjà expliqué ici, tout le mécanisme se réduit à une pompe qui comprime l’air et à un serpentin où il se détend de façon continue par la manœuvre d’un seul robinet. L’air n’étant pas un gaz parfait, il se refroidit par sa détente, mais seulement d’après la formule de Thomson et de Joule de un quart de degré par atmosphère. Pour le refroidir à — 200° environ, température nécessaire à la liquéfaction, il faudrait donc le comprimer préalablement à au moins 800 atmosphères. Ce travail de compression serait énorme. C’est là qu’apparaît la sagacité de M. Linde; il a imaginé d’éviter ce travail : 1° en accumulant les effets de la détente continue ; 2° en ne laissant pas détendre l'air jusqu'à la pression atmosphérique.
- L’accumulation des effets est obtenue au moyen d'un serpentin formé de deux tuyaux concentriques en cuivre entrant l’un dans l’autre et longs de 15 mètres1. Le tuyau intérieur est parcouru par l’air venant de la pompe qui le comprime à 200 atmosphères. Au bout de ce tuyau, l’air se détend dans le second tuyau à 20 atmosphères, et le parcourt en sens inverse après s’être refroidi de 50° par la détente. Mais dans ce trajet il cède le froid produit à l’air qui vient comprimé à 200 atmosphères, de sorte qu’à l’extrémité du second tuyau l’air détendu retourne à la pompe de compression après avoir cédé tout le froid produit par la détente à l’air qui arrive. Les deux tuyaux sont enroulés en serpentin pour tenir moins de place et isolés dans une caisse en bois bourrée de laine brute. De cette façon la température s’abaisse progressivement jusqu’à la température de liquéfaction, jusqu’à ce que l’air qui s’écoule se rassemble à l’état liquide dans le récipient adapté à la base de l’appareil2.
- L’air, comme on l’a vu, est détendu à 20 atmosphères. Pourquoi ne le fait-on pas se détendre jusqu’à 1 atmosphère? Il semble que l’on perde du travail? M. Linde, au contraire, en opérant ainsi, fait une économie d’énergie mécanique. Et c’est la plus grande nouveauté du système et sa vraie caracté-
- 1 Voir l’article de M. Hospitalier, inique précédemment.
- 4 D’Arsonval, Communication à l’Académie des sciences; Comptes rendus, n° 24.
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- ristiquc. En effet, d’après la formule Thomson et •Joule, le refroidissement dépend de la différence des pressions initiale et finale p4— p2, tandis que le travail de compression dépend du
- quotient de ces mêmes pressions — * 11 y a donc
- lh
- avantage à faire j>1 ^—-p2 très grand et — le pins
- P-2
- petit possible. (Test le résultat atteint par M. lande qui donne à pt la valeur de 220 atmosphères et à p2 la valeur de 20 atmosphères et non pas 1 atmosphère. En effet, pj— p2=200, et — = 11 et non
- lh
- 200 comme cela arriverait si l’on détendait jusqu’à la pression atmosphérique.
- La petite machine du Collège de France fonctionne sur ce principe et dépense à peine a chevaux par heure pour fournir un litre. C’est une toute petite machine, puisque M. Linde en fabrique de 50, de 100 chevaux qui produisent de 00 à 100 litres d’air liquide à l’heure (fig. 1).
- Les applications de l’air liquide seront examinées ici à mesure qu’elles auront fait leurs preuves. Nous avons pu manier le singulier liquide, en verser dans nos mains sans nous brûler ; il n’y a pas contact entre la peau et les gouttelettes du liquide qui prennent
- Fig. 1. — Laboratoire de M. d’Arsonval, au collège de France. — Machine Linde : B. Purgeur pour débarrasser l’air de la vapeur d eau. — C. Compresseur d'air. — D. Dynamo motrice. — E. Arrivée du secteur électrique. — F. Serpentins changeurs. — G. Galvanomètre d’Arsoirval. — M. Manomètre à 220 atm. — M’. Manomètre à 20 atm. — K. Récipient où tombe l'air liquide. — S. Premier robinet détendeur. — S’. Deuxième robinet détendeur. — T. Fils du couple thermo-électrique aboutissant au galvanomètre et donnant la température de l’air. — V. Tuyau de basse pression. — V’. Tuyau de haute pression.
- l’état sphéroïdal. M. d’Arsonval en a apporté une bouteille pleine à l’Académie des sciences. Le liquide s’évapore très lentement et on peut le conserver pendant des heures, dans un récipient à doubles parois en verre entre lesquelles on a fait le vide de Crookes. Cette disposition avait déjà été employée par M. d’Arsonval, il y a douze ans, pour conserver à 1’usage des médecins le chlorure de méthyle. Si l’on verse de l’air liquide dans un alcaraza, M. d’Arsonval a constaté que, par simple évaporation, la température de l’air liquide s’abaissait de —191° à —220°.
- L’oxygène bout à —194°, l’azote à —182°, et l’air à —191°. On conçoit que par suite de la différence des points d’ébullition, l’air liquéfié s’enrichisse rapidement en oxygène. M. Linde affirme pouvoir obte-
- nir 6 mètres cubes de gaz oxygène par l’intermédiaire de l’air liquéfié avec trois chevaux-vapeur. Ce serait de l’oxygène à un prix très bas.
- En Amérique aussi, M. Tripler a réalisé une machine très analogue à celle de M. Linde ; il prétend fabriquer avec 50 chevaux 150 litres d’air liquéfié par heure. Ceci mérite confirmation. Quoi qu’il en soit, il n’est pas douteux (pie l’on puisse désormais produire l’air liquide à très bon compte. En Europe comme en Amérique, on fait déjà dans les cours des expériences intéressantes qui font bien connaître les propriétés de l’air liquéfié. M. Tripler les a répétées devant une nombreuse assistance’. Nous résumerons les principales d’après le Scientifie American.
- L’oxygène liquéfié se comporte vis-à-vis d’un
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- aimant comme une aiguille d’acier. On en emplit un petit tube; on le suspend par un cordon librement, et, quand on approche un électro-aimant, le petit tube obéit à l’attraction (lig. 2, n° I).
- Les vapeurs engendrées par l’ébullition à 191° au-dessous de zéro sont lourdes; aussi se déversent-elles tout autour du vase qui renferme l’air liquélié et se traînent comme des lambeaux de nuages sur
- Fig. 2. - Expériences avec l'air liquide. — 1. Action de l’aimant sur l’oxygène liquéfié. — 2. Action de l’air liquide sur le fer. — 3. Force explosive de l’air liquide. — 4. Explosion d’une éponge. — 5. Œuf et boule de caoutchouc flottant sur l'air liquide.
- Fig. 3. — Autres expériences. — 6. Solidification du mercure. — 7. Marteau en mercure solidifié. — 8. Solidification de l’alcool. 9. Expérience avec une cigarette. — 10. Fabrication de la neige sur le feu.
- la table d’expériences. C’est une cataracte d’air (n° 5). Une boule de caoutchouc llotte sur le liquide ; mais, quand on la retire, elle se brise en miettes. Un œul qui a séjourné une .minute dans l’air liquide est dur comme du plomb et se casse sous le moindre effort. Plongeons dans le liquide un objet en fer, il devient
- quand on le retire si friable qu’il s’effrite au moindre choc (n° 2). Le cuivre et le platine restent malléables à cette température de — 191°. Il va de soi que l’air liquéfié jouit d’une force d’expansion énorme, puisque, revenu à son état primitif, il occuperait un volume 748 fois plus grand. 11 suffit d’en verser
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- dans un tube d’acier, de tamponner les extrémités ; bientôt l’évaporation se produisant, les deux tampons sautent avec violence. C’est une bouteille de champagne énergique (n° a).
- Si l’on imbibe une éponge d'un peu d’air liquéfié, et si l’on approche une allumette, c’est une explosion im-
- onge dans tous les sens
- médiate avec projection de (n° A).
- Une goutte d’air
- Le mercure se solidifie à — 40 liquéfié sur le mercure, et le métal se transforme en un bloc solide ; on peut en faire un marteau et enfoncer quelques clous (fig. a,nos (> et 7). L’alcool, que l’on préfère au mercure pour les thermomètres parce qu'il ne se congèle sous aucun climat, se solidifie' progressivement. On plonge dans un verre renfermant de l'alcool un tube plein d’air liquéfié. La masse d’alcool ne forme bientôt [dus qu’un bloc compact. Jamais nous n’avions vu l’alcool solide (n° 8) !
- Enfin, citons cette dernière expérience. Le gaz acide carbonique, produit de la combustion du charbon, se liquéfie et se solidifie à — 52°. Aussi suffit-il d’approcher une cigarette d’un vase renfermant de l’air liquéfié pour voir la fumée blanche de la cigarette se transformer en neige (n°9). L’acide carbonique résultat de la combustion du papier et du tabac se solidifie rapidement sous forme de menus cristaux blancs. On peut répéter l’expérience autrement et donner l'illusion que l’on fait de la neige sur le feu (n° 10). On immerge un charbon incandescent dans un vase plein d’air liquide : le charbon, sous l’influence de l’oxygène, continue à brûler ; mais l’acide carbonique, produit de la combustion, se condense, se liquéfie, se solidifie et couvre de givre le charbon. Ou encore, on [dace sur le feu un récipient en verre renfermant de l’air liquide. Le gaz du foyer s’élève, lèche les parois du récipient et se transforme en neige d’acide carbonique. En sorte qu’on dirait que c’est la chaleur qui produit la neige !
- N’insistons pas davantage. Il nous suffit d’avoir indiqué par quel curieux artifice dans l’emploi de la détente, on était parvenu à produire le froid avec une extrême économie et d’avoir fait connaître sommairement ( l’état actuel de la question de la liquéfaction de l’air.
- Au point de vue philosophique, il nous ser^ permis de faire remarquer en terminant que l’homme est parvenu à produire des températures de beaucoup inférieures à celles que l’on observe sur la terre. Aux pôles de froid, on constate que les températures les plus basses oscillent entre — 60° et — 70°. Ür, les physiciens savent oujourd’hui obtenir bien près de — 260°. Encore un petit effort et l’on sera au zéro absolu, à—275°! Henri de Parville.
- L\ CHALEUR ET LA DILATATION DES RAILS
- Exemple bien curieux, qui nous est certifié comme véritable par M. C.-M. Ginther. Par une chaude journée du mois d’août 1868 vers midi, J. Roberts conduisait un train sur la ligne Chicago-Burlington, dans l’Iowa; le
- convoi marchait à grande vitesse quand, à trois milles de Fairfield et à un mille devant lui, Roberts vit brusquement la voie se soulever, se plier et se tordre en serpent, puis retomber doucement en formant une courbe régulière sur le côté de la plate-forme normale du chemin de fer. Le mécanicien put siffler aux freins juste à temps. Pas une traverse n’avait abandonné les rails, pas un joint n’avait bougé, et le train put passer à toute petite vitesse sur la voie ainsi déplacée de côté. II faut dire qu’on était absolument en plaine, et que les traverses avaient pu ainsi se trouver d’aplomb dans le sol poussiéreux de la prairie. L’empiète démontra que, les rails se touchant absolument, l’expansion du métal avait pu agir puissamment sur un mille de longueur. La ligne courbe formée vint se déposer latéralement, cette ligne représentant la longueur primitive de la voie augmentée de la dilatation produite. 1). R.
- CHEMIN DE FER ET PENTE-FORME MOIREE
- DE L’EXPOSITION DE 1900
- À la suite d’un arrêté de M. le ministre du commerce et de l’industrie en date du 17 août 1897, un concours avait été ouvert pour la construction et l’exploitation d’un chemin de fer et d’une plate-forme mobile à traction électrique destinés au transport des visiteurs dans l’Exposition de 1900 sur la rive gauche de la Seine.
- En demandant ce projet, l’administration de l’Exposition avait surtout pour but de fournir aux visiteurs les moyens de circuler aisément dans le vaste périmètre de l’Exposition. Au 1er octobre 1897, douze demandes d’admission avaient été déposées et, au 28 décembre 1897, cinq soumissions seulement avaient été remises à M. le président de la commission. Nous allons examiner successivement chacune de ces propositions.
- La Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston prévoyait l’établissement d'une voie unique de 1 mètre de largeur. Elle réclamait une subvention de 1 500 000 francs, mais elle abandonnait à l’administration les recettes brutes provenant d’un transport de voyageurs compris entre 9 et 15 millions et les deux tiers de ces recettes au delà de 15 millions. Elle ne prévoyait qu’une seule classe de voyageurs au tarif de 0,r,25. Elle devait installer à Ivrv une usine électrique de 4000 chevaux à courants alternatifs avec transformation dans l’enceinte de l’Exposition. Les trains étaient formés de 2 voitures automotrices contenant chacune 4 moteurs de 40 chevaux et 2, 5 ou 4 voitures remorquées. Dans chaque train, il y avait de 208 à 320 places. L’espacement des trains, de 2m environ pourrait être réduit à lm40‘. 11 faudrait compter en temps normal sur 7920 places offertes et en cas exceptionnels sur 11 520.
- La Société nouvelle des établissements Decauville aîné proposait une voie unique de 1 mètre de largeur, une seule classe de voyageurs au tarif de 0,r,25; elle devait emprunter au secteur de la rive gauche la puissance qui lui aurait été nécessaire et qu’elle estimait à 600 chevaux. Les trains auraient été formés d’une locomotive électrique de 2 moteurs de 75 chevaux et de 4 voitures remorquées. Par heure, il y aurait eu 6800 places offertes. La Société Decauville offrait pour redevances 50 pour 100 des recettes au-dessus de ses dépenses évaluées à 1 800 000 francs, et 5 pour 100 de ces mêmes recettes comme participation du personnel de l’Exposition.
- . La Compagnie du secteur de la rive gauche prévoyait une voie unique de 1 mètre de largeur, et demandait à être autorisée à emprunter l’énergie électrique néces-
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- saire à la station de MM. Schneider et Gie dans l’Exposition. Chaque train comportait 1 voiture automotrice avec 4 moteurs de 50 chevaux, et 4 voitures remorquées. Le nombre des places offertes était de 6800 par heure. La Compagnie offrait 20 pour 100 des recettes hrutes, et 25 pour 100 des bénéfices nets. Elle prévoyait deux classes de voyageurs, l’une à 0,r,50 et l’autre à 0fr,25. M. L. Francq proposait une double voie de largeur normale, indiquait seulement que les voitures automotrices porteraient des accumulateurs ou seraient alimentées par des canalisations. Toutes les dépenses d’installation, évaluées à 5 500 000 francs, resteraient à la charge de l’administration. M. Francq verserait au budget de l’Exposition 1 centime par voyageur si le nombre en dépassait 15 millions, et 2 centimes au-delà de 20 millions. Deux classes de voyageurs étaient prévues, l’une à 0fr,50 et l’autre 0<r,5G.
- M. de Mocomble proposait un chemin de fer à voie unique de 1 mètre de largeur et une plate-forme continue à 2 vitesses supportée par un viaduc dont le tracé serait parallèle à celui du chemin de fer. 11 devait installer une usine électrique dans l’emplacement réservé au dépôt du matériel. Les trains du chemin de fer seraient composés de 5 voitures dont 1 automotrice portant 4 moteurs de 55 chevaux. Le nombre de places offertes serait de 7500 par heure. La plate-forme serait actionnée par des moteurs fixes de 6 chevaux placés tous les 50 mètres ; le nombre de places offertes par heure serait de 58 880, la vitesse de translation maxima étant de 9,720 kilomètres par heure. M. de Mocomble offrait 1 centime par voyageur transporté. Le tarif était de 0fr,50 pour la plate-forme et 0,r,25 pour le chemin de fer.
- La commission, chargée d’examiner ce concours, et qui était formée de M. Dcfrance, directeur des services de voirie de l’Exposition, président, de M. Bouvard, directeur des services d’architecture de l’Exposition, de M. Grison, directeur des finances de l’Exposition, de M. Chardon, secrétaire général de l’Exposition, et de M. Picou, ingénieur principal des installations électriques à la direction générale de l’exploitation de l’Exposition, après avoir examiné toutes les propositions au point de vue des clauses financières et au point de vue technique, s’est particulièrement arrêtée sur les projets de M. de Mocomble. Le chemin de fer à voie unique proposé assure le transport de l’Esplanade des Invalides au Champ-de-Mars, la plate-forme à 2 vitesses dessert le courant contraire. La plate-forme peut offrir par heure 55 ou 40 000 places. Les plate-formes ont déjà donné de sérieux résultats aux Expositions de Chicago et de Berlin. Dans le projetée M. de Mocomble, les deux zones de la plate-forme animées de vitesses différentes sont indépendantes l’une de l’autre. Chacune est entraînée par un rail unique articulé tous les 4 mètres et actionné par des poulies distinctes établies à demeure sur une construction métallique. Ces poulies ne subissent aucun déplacement latéral, et ont dans le sens vertical un léger jeu qui permet d’en régler l’adhérence sur le rail. Les moteurs sont fixes comme les poulies.
- La Commission a invité M. de Mocomble à procéder, dans un délai de 6 mois, à un essai de sa plate-forme sur un circuit fermé de 500 à 550 mètres. M. de Mocomble a accepté. Ces expériences permettront de fixer définitivement les résolutions de la Commission.
- Nous sommes persuadé que ces essais donneront de bons résultats et que nous aurons à l’Exposition un exemple très intéressant de traction électrique par train et par plate-forme mobile. J. Laffargue.
- LES TUBES PNEUMATIQUES POSTAUX
- DE NEW-YORK
- Par une métaphore un peu hardie, on appelle à Paris service télégraphique le service d’envoi accéléré de cartes postales et de cartes-lettres, au moyen d’un réseau de. tubes où circulent des cv-undres porteurs attirés par une dépression d’air. On se plaint beaucoup, et avec raison, de ces dépêches pneumatiques, comme on les appelle maintenant, car elles sont loin de donner, sur les communications par voie postale ordinaire, le gain de temps qu’on est en droit d’attendre de transmissions télégraphiques et à tarif élevé.
- Cependant, si cette application est peu heureuse, en ce sens que le tube pneumatique ne peut remplacer le (il électrique, en principe ce mode de transport est des plus intéressants et peut rendre de signalés services dans l’expédition des correspondances au centre des agglomérations urbaines ; nous entendons les correspondances ordinaires postales, les lettres et les plis de toutes sortes que dans les grandes villes on recueille péniblement dans les bureaux secondaires pour les emporter au bureau central, d’où on les expédie dans leurs directions respectives. Les voitures qu’on emploie pour ce transport coûtent cher, ne vont que lentement, surtout dans les rues encombrées, et contribuent par elles-mêmes à embarrasser encore la circulation.
- Il est évident qu’en principe une installation pneumatique de ce genre se ferait de même façon que celles qui existent pour les cartes dites télégrammes à Paris, à Londres, à Vienne en Autriche, à Lyon, à Marseille, à Bordeaux, à Lille, etc. Le réseau forme une boucle partant du compresseur et y retournant, de sorte que l’appareil pousse et attire tout à la fois un cylindre porteur qui se trouve inséré -dans le tube ; quant à ce cylindre, il devrait présenter des dimensions autrement grandes que celui qui n’est destiné qu’au transport de quelques cartes, et, bien entendu, le diamètre du tube devrait répondre à celui du cylindre.
- Cette idée est née depuis longtemps, à ce qu’il semble, car Denis Papin, en 1667, avait soumis un projet de ce genre à la Société royale de Londres ; un M. Van Estin avait imaginé quelque chose d’analogue à la fin du dix-huitième siècle, et Medhurst, en 1810, avait même proposé de transporter des voyageurs dans un tube pneumatique. Vers 1867, M. Beach avait installé à New-York une petite ligne qui devait recevoir directement les correspondances postales des boîtes aux lettres.
- C’est en 1895, et à Philadelphie, qu’un premier réseau de tubes postaux proprement dits fut créé sur une grande échelle, par la Balcheller pneu-matic Tube Company, qui procéda à Rétablissement dudit réseau entre le bureau central des postes et le bureau secondaire de Chestnut Street, sur une distance d’un kilomètre environ. Les tubes
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- posés n’avaient pas moins de 0nyl52 de diamètre et pouvaient par suite assurer un transit considérable.
- Le succès a été depuis si complet que quand, en 1897, la Tubular Dispatch Co, de New-York, lut autorisée à établir un système analogue entre le General Post-Office de cette ville et certains bureaux, on décida que l’on copierait l’installation de Philadelphie. Le plan qu’on veut mettre à exécution est du reste réellement vaste : il s’agit de poser tout un faisceau de tubes qui partiront du G. P.-O. suivant l’abréviation consacrée (General Post-Office), gagneront d’une part l’extrémité sud de New-York, YExchange Office, puis s’étendront en une petite branche vers l’est et en trois plus grandes, à peu près parallèles, jusqu’au nord de l’agglomération, en desservant l’énorme presqu’île qui constitue la grande cité américaine. Ajoutons qu’une ligne spéciale traversera le pont de Brooklyn, et gagnera le faubourg du même nom.
- Déjà deux de ces lignes sont terminées : celle de l’Exchange Office , et une des lignes remontant au nord qui s’arrête à la 42e rue.
- Les tubes qui ont été posés ont un diamètre de 203 millimètres ; chacune des lignes comprend une pour chaque sens de à côte, à une profondeur de 0m,9i à 2,u,24, et se réunissant aux extrémités du parcours, comme l’indique le schéma (lig. 5) que nous avons reproduit d’après notre excellent confrère Scientifie American. Les cylindres porteurs se déplacent à une allure de 48 kilomètres à l'heure environ (à raison d’un départ toutes les 12 1/2 secondes), dans cette canalisation où l’air circule constamment suivant les flèches indicatrices, partant du compresseur pour y revenir. Ce compresseur c, installé au G. P.-O., envoie l’air en a, 'sous
- une pression qui atteint 42 kilogrammes par décimètre carré au tube de départ : l’air se précipite avec une vitesse croissante, mais une pression décroissante, qui se trouve réduite à moins de 20 kilogrammes à la station d’arrivée U du bureau secondaire; puis il retourne par le second tube, et arrive finalement dans un réservoir où se fait l’aspiration du compresseur.
- Disons rapidement que le cylindre porteur, en tôle d’acier d’une épaisseur de 0,8 millimètre, est muni extérieurement, comme dans les services pneumatiques ordinaires, de deux anneaux étanches assurant son contact intime avec le tube et empêchant le passage de l’air; son avant est recouvert d’un tampon de feutre et de chocs à l’arrivée. 11 n’y a <pii mérite d’être signalé. Il est long de 0m,61, lui
- cuivre amortissant les là rien de particulier
- ce
- qui
- assure une
- deux conduites, circulation, posées côte
- Fig. 5. — Installation schématique.
- contenance très grande. Il s’ouvre par une extrémité et au moyen d’un couvercle à charnières qui se ferme à boulon ; quand la fermeture n’est pas complète, le cylindre ne peut s’engager dans les tubes.
- Comme l’air circule constamment dans la canalisation, il faut des appareils transmetteurs et récepteurs pour permettre, au départ, dé placer un cylindre dans le tube ou de l’en retirer à l’arrivée. Les transmetteurs, désignés par les lettres a et n dans notre schéma, sont tous du même type, au
- G. P.-O. comme aux bureaux secondaires. Disposés sur le tube pneumatique, ils comportent une section mobile de tuyau, qui se transforme, si on la fait osciller sur un axe horizontal E (lig. 1), en une partie intégrante du tube, ou qu’on peut au contraire retirer vers soi, comme si c’était un morceau du tube qu’on aurait séparé du reste par un double coup de scie. Les extrémités de cette section mobile sont assez soigneusement ajustées pour que les joints du tube fixe et du tuyau mobile ne laissent point échapper d’air. Normale-
- E.ftfoFtlElffiC
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- mont le transmetteur, dans la position d’attente, ne forme point partie intégrante de la canalisation, son tuyau récepteur étant tiré en avant, tandis (pie deux lames, entraînées par un mouvement solidaire, sont venues obturer les deux ori-iices libres de 1 a canalisation ; l'air circule alors par le tube en U marqué de la lettre T, et formant la base de l’appareil . Quand on aura glissé un cylindre porteur dans le tuyau récepteur et qu’on voudra mettre celui-ci en ligne avec la canalisation pour que l’air emporte le wagonnet, on commandera par le levier B la soupape d’un cylindre pneumatique inclinéC. Notons, sans pouvoir malheureusement y insister, que la régularité des envois, toutes les 12 1/2 secondes, est assurée par un petit appareil régulateur A, (pii verrouille le levier B tant qu’une certaine quantité d’huile n’a pas été chassée par un piston, la durée de cet écoulement étant justement de 12 1/2 secondes . Exami -nons maintenant les récepteurs qui permettent de retirer le cylindre à son arrivée : ils diffèrent suivant qu’on est au bureau central-ou à un bureau secondaire. Dans ce dernier cas, le cylindre (fig. 2) arrive en vitesse dans une section de tube B, ayant deux fois sa longueur, et pouvant osciller sur des tourillons placés à peu près en son milieu ; le cylindre comprime l’air devant lui, ce qui, outre une plaque à ressort disposée ad hoc, contribue à amortir le choc, et, quand il est entré dans le récepteur, l’air comprimé continue de passer par les
- évidements A pour se rendre au transmetteur et et terminer son cycle. D’ailleurs l’arrivée du cylindre a ouvert une soupape qui évite que ledit cylindre ne soit projeté en arrière, et une certaine
- quantité de cet * air d’échappement va mettre en action le piston D, qui fait osciller B de telle manière que le cylindre glisse en E : l’employé des postes peut s’en emparer d’autant plus facilement que le plateau à contrepoids bascule sous le choc, se place horizontalement et offre pour ainsi dire sa charge à l’agent de service. Quand le plateau reprend sa position, en 3 ou 4 secondes, tout revient dans 1 ’ ordre premier pour une autre réception. Nous ferons remarquer que le tube R porte à son extrémité une surlace courbe P qui obture absolument l’extrémité de la canalisation quand B s’incline. Le récepteur, au bureau
- central (fig. 5), diffère quelque peu de ce type. Le wagonnet por teu r arrive dans une chambre qui se termine par une porte verticale P, et amortit sa vitesse en comprimant l’air qui se trouve en avant de lui; quant à l’air de la canalisation, il retourne au réservoir et au compresseur par des évidements qui lui donnent accès à un tube vertical. Une partie de l’air comprimé par le cylindre prend un passage indiqué par une flèche sur la figure, et vient déprimer un petit piston B, normalement soulevé par un ressort antagoniste; ce mouvement entraîne le tiroir d’un gros piston pneumatique vertical A, qu’on aperçoit au-dessus de la porte P.
- Fig. i. — La réception des envois dans un bureau secondaire.
- Fig. 5. — Le récepteur du bureau central.
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- I/air venant dn compresseur se trouve ainsi admis sous A, qui se soulève. La pression légère qui s’exerce encore derrière le cylindre porteur, le pousse jusqu’au tampon T, et on peut le recueillir et l’ouvrir; en passant il a du reste touché le doigt I), qui remonte le tiroir de A, de telle sorte que celui-ci s'abaisse en refermant P.
- Tout le fonctionnement du système est excellent et remarquablement bien compris ; pour le saisir encore mieux, on pourra examiner la photographie qui représente l’intérieur d'un bureau secondaire avec le récepteur au premier [dan et le transmetteur au fond. Le service des l'estes va gagner beaucoup en rapidité grâce à ce réseau de tubes pneumatiques, et la circulation des rues de New-York sera déchargée très sensiblement, en même temps sans doute «pie la nouvelle organisation conduira à de sérieuses économies. Pierre de Mériel.
- KXl’OSITIOX DU 24 JUIN
- A propos de la célébration du centenaire de la loi d’installation du Conservatoire, dont nous parlons [dus haut, M. le colonel Lausscdat avait également .organisé les 2-4 et 25 juin 1898, une exposition temporaire expérimentale des récentes inventions scientifiques et industrielles que nous avons parcourue avec vif intérêt. Sans insister sur tous les appareils, nous nous contenterons de mentionner toutes les nouveautés installées dans la vieille église de l’ancien prieuré de Saint-Martin des Champs. En entrant nous trouvons d’abord le micropho-nograplie Dussaud, dont nous avons déjà parlé, et qui est maintenant fabriqué industriellement par la Société des téléphones. Nous voyons également des produits chimiques cristallisés d’une grande finesse exposés par la maison Billault, les appareils électriques de M. Ducretet, toutes sortes d’appareils en verre, ampoules, tubes radiographiques de la maison Chabaud, des appareils de démonstration de MM. Digeon et fils, les compteurs électriques Déjardin, des appareils de chauffage et de cuisine au gaz. Non loin de cette dernière exposition, M. Le ftov nous montre enfin des modèles industriels de poêles et d’appareils de chauffage avec la bûche électrique; on est étonné des résultats obtenus surtout si on les compare aux appareils à gaz dont il vient d’être question. La maison J. Richard expose des merveilles de petite mécanique, et c’est plusieurs numéros du Journal qu’il nous faudrait pour essayer de donner une idée de tous ces appareils si ingénieux et construits avec tant d habileté.
- Citons cependant le cinématographe, l’indicateur enregistreur de marche pour automobiles donnant et enregistrant à chaque instant la vitesse en kilomètres par heure à laquelle marche le véhicule, le contrôleur de rondes pour phares, l’indicateur de température à distance, etc., etc. La Compagnie d’appareillage électrique expose une série d’appareils interrupteurs, commutateurs, et l’ingénieur, M. Zetter, nous fait voir en particulier un électro-aimant à acier au nickel déclenchant exactement à 0,4 ampère, ainsi qu’un nouveau petit interrupteur sur porcelaine fort bien compris. Nous trouvons ensuite la lampe à arc Bardon, la lampe Jandus. La maison Gaifte si connue déjà montre des appareils électro-médicaux et appareils de mesure de grande précision. Dans une autre
- partie de la salle, les grandes usines du Creusot ont exposé tout leur matériel électrique, à courants continus, alternatifs et polyphasés, et ils utilisent un petit moteur pour transmettre le mouvement à des modèles très réduits de machines à vapeur dont tous les organes sont en mouvement. N’oublions pas de mentionner la Société des carbures métalliques qui, sous la direction de M. Bullier, a installé l’éclairage à l’acétylène du grand Jardin, et la Société Clémançon qui en quelques jours a monté l’éclairage électrique. Au premier étage, M. Ducretet faisait des expériences de télégraphie sans fils semblables à celles que nous avons signalées ici.
- Nous avons eu la bonne fortune de nous trouver à l’Exposition au moment où M. le Président de la République a fait sa visite. Accompagné par M. le colonel Laussedat, par les membres de l’Institut, par les professeurs du Conservatoire, le Président a parcouru les galeries, examiné tous les appareils avec une bienveillante attention et s’est fait présenter les principaux inventeurs, MM. Bullier, Bichard, etc., qu’il a vivement félicités. Il a ensuite assisté à une des expériences fort curieuses de radiologie, de rayons Rôntgen et de rayons à haute fréquence que M. Radiguet exécutait dans un amphithéâtre spécial. Nous aurons à revenir prochainement sur ces expériences. J. L.
- CHRONIQUE
- IPécIipse partielle de JLune «lu 3 juillet. —
- Dimanche prochain, 5 juillet, jour de la Pleine Lune, notre satellite placé sur le prolongement de la droite qui joint le soleil à la terre, disparaîtra presque complètement, plongé dans l’ombre de la terre. A 7h 55m du soir, la lune commencera à être rongée sur un de ses bords, et comme elle se lève à 8h4m, elle nous apparaîtra nettement échancrée dès son lever. La portion cachée qu. prendra une teinte roussâtre, augmentera jusqu’à 9h27m : les 0,955 du disque seront alors cachés, et il ne restera qu’un croissant délié. A partir de ce moment, la portion éclairée ira constamment en augmentant et le disque entier sera visible à 10h58m.
- La traction mécanique à Paris. — La Compagnie générale des omnibus à Paris vient de décider l’établissement de deux usines, l’une électrique de 4000 chevaux à Vincennes, l’autre à air comprimé de 5000 chevaux à Billancourt. Ces deux usines sont destinées à alimenter des lignes de traction pénétrant dans Paris. L’usine électrique produira du courant continu à 500 volts et chargera des accumulateurs qui seront utilisés dans les voitures des lignes Cours-de-Vinccnnes — Le-Louvre et Yin-cennes — Lc-Louvre. La Société Alsacienne doit établir l’usine, et les accumulateurs seront fournis partie par la maison Blot, partie par la maison Tudor. L’usine de Billancourt actionnera des compresseurs pour comprimer de l’air à 80 atmosphères qui servira à la traction. La maison Dujardin, de Lille, fournira les machines à vapeur, la maison Babrock et \Yilcox les chaudières, et la maison Farcot les compresseurs. Ces usines doivent être prêtes avant l’Exposition de 1900. La Compagnie générale des omnibus a pris la résolution d’essayer tous les systèmes de traction mécanique. Elle possède déjà les systèmes à vapeur Rowan et Serpollet, le système à air comprimé. 11 lui reste encore à installer les systèmes électriques à trolley aérien, souterrain, à contacts à la surface du sol te tous les nouveaux systèmes qui auront pu être inventés avant qu’elle ait pris une résolution.
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- IVouvcau pain an froment et au maïs blanc.
- — Les Américains sont arrivés à utiliser une proportion de inaïs dans la fabrication du pain, en lui conservant ses qualités de bon goût et de blancheur. Le choix des boulangers américains s’est porté sur une farine blanche absolument dégermée qui donne d’excellents résultats. Un grand nombre de boulangeries analogues fonctionnent maintenant en Allemagne, et à Berlin on compte plus de (15 boulangeries spéciales. Les proportions de maïs et de blés sont variables, mais on arrive à un excellent résultat en employant 55 pour 100 de farine de maïs et 07 pour 100 de farine de froment! soit un tiers de maïs pour deux tiers de blé. On fait deux pâtes séparées que l’on mélange ensuite lorsqu’elles sont à point; celle de maïs devra être préparée un peu à l’avance et il est avantageux de la préparer à l'eau tiède. On travaille à la levure et au levain. Le pain obtenu, si le travail a été bien conduit, est d’une très belle nuance, le pain est bien levé, le goût parfait et la croûte est délicieuse ; c’est presque du gâteau quand le pam est frais. Une propriété remarquable de la farine de maïs est d’absorber une grande quantité d’eau (presque le double de la farine de blé) ; par conséquent ce pain se conserve bien plus longtemps frais en même temps que le boulanger voit son rendement en pain s'élever de façon appréciable. Le maïs est un aliment extrêmement nourrissant; sa farine, lorsqu’elle n’est pas dégermée, a une saveur désagréable qu’elle communique au pain; il faut un outillage spécial pour dégermer le grain et la farine n’a plus dès lors de goût bien caractéristique. Le Itr Dujardin-Beaumetz dit dans son livre (( Hygiène alimentaire » que la farine de maïs est la plus nourrissante, qu’elle occupe la première place par le.; matières grasses et azotées qu’elle contient et que l’on comprend la tendance que l’on a de substituer à la farine de froment la farine de maïs. Une analyse récente
- du Laboratoire municipa a donné le tableau compar
- suivant : FI.IXR DE M \ÏS FARINE I)E BI.lî.
- Eau 10 (10 12 (15
- Matières azotées. 14 )) 11 82
- — grasses. 5 8(5 1 5(1
- Amidon . . . . 70 (18 72 25
- Cellulose. . . . néant 0 98
- Cendres . . . . 8 8(1 ' 8 9(1
- 100 » 100 »
- D’où il résulte que le total des matières assimilables est de 88,54 pour la fleur de maïs et de 85,41 seulement pour la farine de blé; il y a de [dus absence de cellulose dans la fleur de maïs. Le maïs communique à ce pain mélangé des propriétés légèrement laxatives ce qui sera apprécié par les habitants des villes. Le pain américain est d’une digestion parfaite. Le boulanger pourra vendre ce pain mélangé environ 0fr,10 par pain de quatre livres meilleur marché que le pain de froment, car le gros sac de farine de maïs dégermé coûte environ 50 francs de moins que le gros sac de farine de blé de première qualité.
- Un nouveau cuirassé russe. — 11 s’agit du Pereswiet, qui a été dernièrement lancé sur la Neva. Ses dimensions sont 152m,42 de longueur, 21”,79 de largeur au maître ban, et 7m,92 de tirant d’eau; son déplacement atteint 12 094 tonnes. 11 possède 5 hélices et 5 machines verticales à triple expansion, devant développer chacune 4800 chevaux indiqués; la vapeur leur sera fournie par 50 chaudières Belleville disposées en six groupes, et présentant une surface de chauffe totale de 4042 mètres carrés.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 juin 1808. — Présidence de M. Woir.
- Exploration radiographique du cœur. — M. Marev présente, au nom de MM. Variot et Chieotot, des dessins du cœur et des gros vaisseaux, en vraie grandeur. Ces dessins ont été obtenus par une méthode spéciale qui en fait le mérite et l’originalité. Les auteurs soumettent le sujet à l'action des rayons X, devant un écran phosphorescent et placent ensuite sur celui-ci une feuille de papier à décalquer. Il ne reste plus qu’à suivre avec un crayon les contours de l’ombre de l’organe. Toutefois les images ainsi obtenues doivent subir une correction géo-métrique pour tenir compte de la distance des plans dans lesquels se trouvent les organes et l’écran. Niais ils fournissent un moyen très commode pour effectuer cette correction qui ramène les images à leur véritable grandeur. Cette méthode est extrêmement rapide ; elle est susceptible, d’après les auteurs, d’être appliquée lors des séances des conseils de révision.
- Les cancers épithéliaux. — M. Guyon fait connaître (pie M. Fabre Domergue a consacré d’importantes et nombreuses recherches à l’élude de l’origine conidiennc des cancers. 11 a été. amené à admettre que les descriptions des auteurs qui ont défendu cette théorie parasitaire se rapportent à des altérations cellulaires. L’auteur, après avoir fait cette constatation, a recherché la cause de ces altérations. Cette seconde série de travaux l’a conduit à établir l’importance du rôle de la « désorientation cellulaire ». D’après M. Fabre Domergue cette désorientation ne permettrait pas seulement d’expliquer l’apparition des corps dégénérés qu’il nomme des pseudo-conidies, mais aussi de faire comprendre l’unité histogénique et philogénétique des tumeurs épithéliales, le mécanisme de leur ulcération et de la cachexie qu’elles occasionnent. La notion du processus formatif des tumeurs épithéliales donnerait à la fois la preuve du non-parasitisme des cancers et la démonstration de leur origine tératocellulaire. Tous ces faits ont été réunis par l'auteur en un volume.
- Formation de certains lacs alpins. — M. Michel Lévy présente une Note de M. Delebecque sur le mode de formation de quelques lacs alpins dont l’un est situé dans le département des Basses-Alpes. Ces lacs sont des dépressions localisées dans le trias. Ce sont de véritables effondrements dus à cette circonstance que le trias renferme souvent des quantités considérables de sels solubles. Lorsque les eaux qui ont traversé ce terrain trouvent, comme dans le cas considéré, un écoulement, les sels sont entraînés et il se produit à leur place, un vide qui détermine un affaissement.
- Décès. — M. Bertrand annonce à l’Académie la mort de M. Paul Serret, et prononce l’éloge de ce géomètre enlevé prématurément à la science avant d’avoir pu réaliser toutes les espérances qu’il avait fait concevoir.
- Ch. de Yilledewl.
- Nous avons reçu d’un de nos abonnés, M. F. Scheu-rer, archéologue distingué, quelques renseignements sur une curieuse découverte de mosaïque et de fragments de poterie qu’il a faite à Eure (Haute-
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- Saône), la. Revue des Beaux-Arts a donné les détails suivants.
- Il y a quelque temps, en Taisant des tranchées dans sa propriété (quartier Saint-Quentin,environs de Eure),M. Pin-dler fut très surpris de retirer du sol une grande quantité de petits cuhesde diverses couleurs, il lit part de sa découverte à M. F.
- Scheurer, qui se mit à faire des recherches dans le terrain. Bientôt furent mis à découvert les vestiges d'une mosaïque de toute beauté, à appareil vermiculé (Iig. J). Par son décor et par l’intention évidente des artistes qui la firent, d’imiter une étoffe historiée, elle se rapproche beaucoup des parements trouvés dans les Basses-Pyrénées. Ce sont de larges bandes formées d’entrelacs, de feuillages, de torsades entourant un motif principal emprunté au mythe de Bacchus ou de Vénus. La coiffure et les draperies de la femme sont rehaussées et rendues plus éclatantes par l'emploi de pâtes de verre coloré, procédé qui était fort à la mode vers le temps d'Adrien.
- L’encadrement de cette mosaïque est formé par un [lavement à carreaux blancs et noirs disposés en quinconces et n’ayant pour toute bordure qu’un petit liseré blanc pour le séparer des murs. Les morceaux en étaient dispersés sans raccord, défoncés, sillonnés dans tous les sens, et les petits cubes descellés de
- leur assiette de béton. Exposée au fer de la charrue et aux piétinements des animaux de labour, elle eut à subir dans un sol détrempé les travaux des champs
- pendant des siècles. Le peu de j)rofondeur où elle fut trouvée en ex pli i[ue le mauvais él a (.Partout où les dessins de la mosaïque étaient conservés intacts, M. Scheurer eut la patience d’en enlever les fragments au moyen de papiers collés et de les fixer sur une nouvelle assiette de ciment.
- A l’aide des croquis pris pendant les fouilles et les fragments restaurés, on a pu faire le dessin de cette mosaïque (pie représente la figure 1. Les fouilles mirent à découvert les fondations de plusieurs murs; et il est de toute évidence que la mosaïque devait
- servir de [lavement à la salle de bains d’une villa romaine, ainsi qu’en attestent les petits couloirs en briques (Hy-pocauste) et les cendres trouvées au-dessous de la mosaïque.
- M. Scheurer fit continuer les fouilles qui avaient déjà donné de si grands résultats et on mit à jour quelques fragments de poteries romaines (fig. 2), des monnaies romaines à l’effigie de César et de Tacite, et de Lucerne au millésime de 1647. M. Gallois.
- Le Gérant : I’. Masson.
- Fig. 1- — Mosaïque gallo-romaine découverte à Lure, quartier Saim-Quentin.
- tig. 2. — tragments de poterie romaine.
- Faris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- V 1510. — 0 JUILLET I89H.
- LA NATURE.
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- SIGNAUX DE MARÉE
- Fig. 1. — La jetée du Havre. Le sémaphore.
- Le Service hydrographique de la marine vient de modifier les signaux de marée faits sur les côtes de France, et notamment à l’entrée des ports. On sait combien les signaux de marée ont d’importance pour la navigation. Toutes les personnes qui vont passer des mois chaque été à la mer s’intéressent vivement à ces signaux.
- Nous croyons hon de reproduire dans le tableau ci-joint les combinaisons admises par l’administration avec leur si gni fication.
- L'innovation qui vient d’être introduite dans le service, consiste à indiquer désormais au sémaphore (tig. 1) les hauteurs d’eau au-dessus d’un repère fixe ou du zéro des cartes. Précédemment on ne commençait à signaler les hauteurs d’eau dans les chenaux qu’à partir de 2 mètres.
- Nous reproduisons les instructions officielles données aux différents ports des côtes françaises.
- Les signaux de marée faits par le Service des phares et balises sont uniquement destinés à indiquer le sens du
- 26* année. — 2e semestre.
- mouvement vertical de la marée et les hauteurs de celle-ci, soit au dessus du zéro des cartes, soit au-dessus d’un repère fixe placé à un niveau déterminé par rapport à ce zéro.
- De jour, ces signaux sont faits à un mât avec vergue au moyen d’une flamme noire et d’un pavillon blanc à croix oblique noire pour l’indication du sens du mouvement vertical de la marée, et par des ballons noirs pour les hauteurs, conformément aux conventions suivantes :
- La flamme placée au-dessus du pavillon indique la marée montante.
- La flamme placée au-dessous du pavillon indique la marée descendante.
- On néglige l’indication des étales de haute et de basse mer.
- Un ballon placé à l’extrémité de la vergue, située à la gauche du mât pour l’observateur placé au large indique une hauteur de 0m,25 au-dessus du zéro ou du repère fixe.
- Un ballon placé à l’extrémité de la vergue, située à la droite du mât pour l’observateur placé au large, indique une hauteur de 0m,50 au-dessus du zéro ou du repère fixe.
- Un ballon placé à chacune des extrémités de la vergue indique une hauteur de 0m,75 au-dessus du zéro ou du
- 6
- 0725 0 7* 50 Ê n o 1 T i 17*00 1725
- 1750 1m75 2m 00 2"*25 2"*50 2775
- 3m00 3"*25 37 50 37*75 4700 4725
- 4750 4 m 75 i ’ 1 5725 5m50 4- 5775
- 1 6m00 4- + 67S0 4- 6 7*75 4- 7700 4-- 7725
- 7750 + 7775 + 8700 4- 87*25 8™S0 4* 8775
- 9m0û + 97*25 + 97*50 + 0775 + 10 700
- Marée montante
- &
- Marée descendante. L.;
- Fig. 2. — Signaux divers.
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- LA NAT LHL.
- repère fixe. Un ballon placé sur le mât au-dessous de la vergue indique une hauteur de 1 mètre au-dessus du zéro ou du repère fixe. Un ballon placé sur le mât au-dessus de la vergue indique une hauteur de 2 mètres au-dessus du zéro ou du repère fixe. Le ballon placé à l’intersection du mât et de la vergue représente une hauteur de 5 mètres au-dessus du zéro ou du repère fixe.
- Les hauteurs de plus de 3 mètres au-dessus du zéro ou du repère fixe sont signalées par la combinaison des signaux indiqués ci-dessus et conformément aux figures.
- Des signaux aussi complets ne sont pas faits dans tous les ports; mais ils ont partout la même signification. Ainsi on peut signaler seulement les variations de hauteur de la marée de 50 en 50 centimètres ou de mètre en mètre, ou bien indiquer avec un seul ballon soit les hauteurs de 1, 2 et 3 mètres, soit une seule des trois. Dans quelques ports on se contente même d’annoncer sans ballon, avec le pavillon et la flamme le temps pendant lequel la mer reste au-dessus du niveau du repère.
- Les signaux faits par le Service des phares et balises ne fournissent aucun renseignement sur les hauteurs d’eau disponibles pour la navigation dans les chenaux ; ces renseignements rentrent dans les attributions du pilotage.
- De nuit, les caractères des signaux de marée sont arrêtés dans chaque cas particulier d’après les exigences locales et portés à la connaissance des navigateurs par des avis spéciaux.
- KRYPTON,
- C'est positivement une boîte à surprises que l’air atmosphérique! Depuis Lavoisier, on croyait que l’air était un mélange de deux gaz, l’oxygène et l’azote ; en gros 21 parties d’oxygène et 79 parties d’azote. On y ajoutait un peu d’acide carbonique, de la vapeur d’eau bien entendu, un peu d’ozone, un peu de nitrate d’ammoniaque après les journées d’orage. Telle était la composition classique de l’atmosphère. Aussi ce fut presque de la stupéfaction quand, en 1894, Lord Rayleigh démontra que l’on avait oublié un élément important : l’argon. L’argon fit naître beaucoup de discussions, mais son existence fut reconnue certaine. Désormais on dut admettre que l’air se composait d’oxygène, d’azote et d’argon.
- Quatre ans à peine se sont écoulés et il faut déjà rectifier nos connaissances acquises, \oici MM. Ramsay et Travers qui découvrent encore un nouveau constituant de l’air1. Et ils en ont envoyé un échantillon à M. Der-thelot. Ce gaz ayant passé inaperçu jusqu’à notre époque, M. Ramsay l’a baptisé du nom significatif de Krypton (caché). M. Berthelot a proposé un nom plus harmonieux, Eosium, parce que la raie spectrale caractéristique de ce gaz est celle que l’on trouve aussi dans l’aurore boréale. Comment MM. Ramsay et Travers ont-ils mis la main sur ce nouveau gaz? Tout s’enchaîne. On sait que l’on liquéfie l’air maintenant avec facilité sous une pression de 180 atmosphères, et un froid de — 191°. M. Ramsay consacra de longues séances cet hiver à distiller lentement de l’air liquide. A cause des points d’ébullition différents des liquides entrant dans la coin position de l’air liquéfié, on se débarrasse ainsi des liquides les plus volatils, de l’azote, et par absorption de l’oxygène; on finit par obtenir l’argon. Les savants anglais ont ainsi préparé une bouteille pleine d’argon liquide. Et encore par évaporation et procédé chimique
- 1 Voir nos Compt. rend, de l'Académie des sciences, n° tôt!6 du 11 juin lbi>8, p. 51
- J.-F. Gau..
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- NÉON,
- ils sont parvenus à rassembler au fond de la fiole un liquide résiduel. Quel était ce liquide qui n’était pas de l’argon, bien qu’il en contînt des traces? Ce liquide volatilisé donna au spectroscope des raies brillantes fort belles correspondant à un gaz inconnu et notamment la belle raie verte de l’aurore boréale. Ainsi fut découvert le krypton. Ce gaz a une densité de 22,47, celle de l’oxygène étant 10. 11 est plus lourd que l'argon, moins volatil que l’azote, que l’oxygène et (pie l’argon.
- Sur ces entrefaites, MM. Moissan et Deslandes faisaient ouvrir un paquet cacheté déposé en 1896 à l’Académie des Sciences. Or, dans ce paquet lu en séance publique, les deux savants français annonçaient avoir trouvé parmi les gaz émis par le minéral cérite chauffé dans le vide un gaz nouveau caractérisé par des raies spéciales; on le retrouve dans l’azote atmosphérique. Ce gaz n’est nullement le krypton! Encore un inconnu!1
- Enfin, et sans entrer dans les détails, M. Ramsav dans la séance du 29 juin de l’Académie des sciences a annoncé encore la découverte de deux nouveaux gaz dans l’air. En continuant à distiller l’argon et après en avoir isolé le krypton, il a rencontré un premier gaz différent des autres par ses raies caractéristiques. 11 l’a nommé Néon (nouveau) ; puis une matière solide laquelle, la température remontant, s’est volatilisée. Ce second gaz ressemble à l'argon, mais présente des raies superbes. Et quand on fait passer le courant électrique au sein de ce nouveau gaz, il brille d’un éclat incomparable. On l’a dénommé Mélaryon pour spécifier sa parenté avec l’argon. Voici donc en moins d’un mois l’air enrichi d’au moins trois gaz inconnus avant le mois de juin 1898. Et l’air aux dernières nouvelles a donc la composition suivante : oxygène, azote, argon,krypton, néon, métargon. Est-ce fini?
- Peut-être non, peut-être au contraire faudra-t-il faire des suppressions. Car sait-on bien s’il ne s’est pas glissé dans l’air liquide quelque matière étrangère se volatilisant et donnant des raies trompeuses. Ce n’est qu’une hypothèse, mais encore est-il qu’il faudra en tenir compte jusqu’à preuve du contraire.
- En tout cas, il ne faut pas trop s’étonner de voir l’air atmosphérique renfermer des traces de gaz qui avaient échappé si longtemps aux investigations des chimistes. JJ a fallu d’abord des méthodes nouvelles pour les isoler. Puis est-ce que l’atmosphère n’est pas le résidu de tous les gaz qui depuis l’origine des temps n’ont pas trouvé à se combiner avec les solides de l’écorce terrestre?
- La composition de l'atmosphère a constamment varié à travers les âges géologiques. Au début, elle renfermait tous les gaz, toutes les vapeurs des matériaux solides qui se sont condensées à mesure du refroidissement du globe. L’atmosphère solaire nous offre en grand un tableau de ce qu’a dû être autrefois l’atmosphère terrestre. Puis, la condensation s’effectuant, les combinaisons chimiques aidant, l’atmosphère s’est épurée; peu à peu les gaz et les vapeurs sont entrés dans les combinaisons solides qui ont formé l’écorce de la terre ; et il n’est plus resté au-dessus de l’écorce que des vapeurs d’eau et des gaz trop en excès pour entrer dans les combinaisons ou impropres à se combiner. L’acide carbonique, en abondance autrefois, a disparu, par combinaison avec les assises calcaires, pour former du carbonate de chaux; le reste est entré en dissolution dans les eaux, et il n’en subsiste plus que de très petites quantités dans l’air. L’oxygène en excès est resté dans l’atmosphère actuelle
- 1 A moins qu'il ne s’agisse que de raies d’azote à basse pression non encore signalées.
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- avec l’azote. Mais il est clair qu’en cherchant bien, on devait retrouver encore des traces de gaz ne se combinant pas aisément avec les matériaux de l’écorce : tel par exemple l’argon, ainsi nommé parce qu’il ne se com bine pas facilement avec une substance quelconque. Après l'argon, on pouvait présumer qu’il existait encore dans ce grand résidu de l’atmosphère ancienne des traces de gaz inconnus restés à l’état de liberté. Et les faits sont venus prouver qu’il en était bien ainsi. Peut-être même la liste des nouveaux gaz se complètera-t-elle encore, mais il est évident qu’il s’agira de traces. .Nous devons être bien près de la fin. En tout cas, ces nouvelles découvertes présentent un haut intérêt spéculatif et témoignent nue fois de plus de la finesse et delà puissance des moyens d'investigation de la chimie moderne.
- Henri de Pauville.
- >4-
- ËB0ULEME3ST DE SAINT-
- -DE-L1YR0N
- J.ES INFILTRATIONS I)KS PLATEAUX DE TUF
- Le 29 mars 1897, à 7 heures du matin, le plateau de tuf haut de 8 à 10 mètres, sur lequel est bâti le village de Saint-Pierre-de-Livron, près Caylus (Tarn-ct-Garonne), s’effondrait en partie dans la vallée de la Bonnette, écrasant deux maisons, entraînant un coin du cimetière et menaçant même l’église.
- D’après les renseignements fournis par un observateur sérieux et compétent, M. Maillet, pharmacien
- à Saint-Antonin, trois causes paraissent avoir déterminé l’accident :
- 1° L’infiltration des eaux sous la masse de tuf, révélée par la découverte d’une petite grotte à stalactites, mise à jour à la suite de l’éboulement ;
- 2° L'abondance des pluies de l’hiver 1896-1897 ;
- 5° L’exploitation imprudente des lianes de tuf de Saint-Pierre, qui n’aurait pas été entourée de toutes les précautions nécessaires.
- 11 y a certainement un enseignement géologique très utile à tirer de l’éboulement de Saint-Pierre-de-Livron. La coupe ci-dessus, due à M. Mathct, montre comment le plateau de tuf a été formé par les dépôts aériens de la source très ealcarifère1 de Notre-l)ame-de-Livron, qui sort du pied du Causse de Livron, en amont de Saint-Pierre2. Or, tout récemment, M. Félix Mazauric a démontré, par l’étude approfondie des grottes très accidentées de la Boudène (Gard)3, entièrement situées dans le tuf, cpie la nature poreuse de cette substance peut permettre aux eaux de s’infiltrer entre la base d’un dépôt de tuf et le sommet de son substratum plus compact. J’avais déjà observé le même fait en 1893 à la Perte de l’Argens (Var)
- 1 Voir Belgiund. Sur la formation des tufs. Bull. Soc. géolog. Réunion de Montpellier, p. 331, 1868.
- 2 Voir mes Abîmes, p. 254.
- 3 Bulletin de la Société de Spéléologie, n° 3, p. 87, 1895.
- (Les Abîmes, p. 421). C’est ce qui s’est produit à la Boudène et, sans doute, aussi à Saint-Pierre-de-Livron. Et ces deux localités nous apprennent que les habitations ou villages, si nombreux, bâtis sur ou sous des falaises de tuf ne sont rien moins qu’à l’abri de quelque cataclysme plus ou moins prochain.
- Un des principaux bourgs de l’Aveyron, Salles-la-Source, est pareillement édifié, dans un des plus pittorresques sites de la France, sur trois immenses terrasses de tuf, étagées à l'issue de la rivière souterraine du Tindoul-de-la-Yayssière1 : précipitée en cascades dès sa venue au jour, cette rivière a, depuis des siècles, redéposé sur ces trois gradins le carbonate de chaux qu’elle avait enlevé par dissolution aux parois de son tunnel calcaire, pendant son long parcours intérieur; de nombreuses usines utilisent maintenant la force motrice de ces chutes successives. Or il est fort possible qu’une partie de la rivière s’écoule souterrainement sous la masse même des tufs de Salles-la-Source (où il existe déjà de petites grottes) et qu’un jour une catastrophe survienne là comme à Saint-Pierre-de-Livron. Assurément il ne saurait être question de déplacer ni d’abandonner un bourg de cette importance, mais il serait bon que les
- habitants et indus-
- Eboulcinent de Saint-Pierre-de-Livron.
- triels de Salles (et des localités situées dans des condilions semblables) prissent note de l’avertissement fourni par Saint-Pierre et s’abstinssent complètement de tous travaux souterrains et de toute exploitation de carrières dans les tufs de leur sous-sol2. L’attention du service des mines et carrières devrait être appelée sur ce point, si nouvellement mis en lumière3. E.-A. Martel.
- 1 Voir C. B. de VAcadémie des Sc., 7 novembre 1892.
- 2 J’ajoute que dans la nuit - du 18 au 19 octobre 1896, entre Ambéricu et Culoz (Ain) sur la ligne de Bourg au Mont-Ccnis, entre le lac des Hôpitaux et la station de Rossillon, une catastrophe est encore duc à des infiltrations sous une masse de tuf : celle-ci, atfouilléc par la source voisine du moulin de la Tufftrre et par des pluies abondantes, se détacha inopinément, s’écroula dans la vallée de l’Albarine, recouvrit sur 200 mètres de longueur la ligne du chemin de fer P.-L.-M., et écrasa la maison d’un garde-barrière en y tuant quatre personnes. Il eut été difficile de prévoir ce triste cataclysme. Je puis parler de ce fait presque de visu, ayant eu l’occasion de passer là le 9 octobre 1896, une semaine avant l’accident et de nouveau le 27 juin 1897 ; à cette dernière date la réparation de la voie ferrée n’était pas encore achevée, et l’on pouvait constater l’importance et la cause de l’cffondrc-ment : sur le flanc méridional de la vallée, le grand arrachement des roches détachées coïncidait avec une ligne très nette de suintements et de dépôts tuflacés ; d’assez loin même on se rendait parfaitement compte que ces suintements avaient dû longuement miner le placage disparu, avant de le projeter brutalement dans la vallée, par un violent effort de pression hydrostatique irrésistible.
- 3 Voir C B. de /’Académie des Sc., 9 mai 1898.
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- LA A AT LU K.
- Ni
- LES R LDI LIIONS SOLXIRES
- ET LES PLANTES
- Le rôle de la radiation solaire dans la nature est un sujet d’étude des plus intéressants [tour les chercheurs. Le soleil n’est-il pas la source même de la vie sur la terre et ne devons-nous pas essayer de pénétrer son action sur les différents êtres?
- Les radiations solaires traversent l’espace éthéré sous forme d’ondulations d'une extrême rapidité, variant d’étendue et de vitesse selon les diverses radiations rouges, vertes ou violettes.
- Les rayons de l’extrémité rouge du spectre solaire sont les plus chauds, d’où leur nom Ao calorifiques ; ceux de l’extrémité violette, les rayons chimiques
- ou actiniques, agissent vivement sur certains sels et notamment sur ceux employés en photographie. Mais il ne faudrait pas se hâter de généraliser cette propriété chimique spéciale, en supposant qu’elle s’applique également à la chimie végétale.
- Un n’a pas encore déterminé l'influence de ces diverses radiations sur l'organisation vitale des différents êtres; on n’a pas encore trouvé non plus à quelles causes sont dues les couleurs des tissus végétaux et animaux.
- Il serait ensuite intéressant de savoir quelles sont les radiations solaires qui agissent avec le plus d’efficacité sur le développement de la vie végétale, sur la germination, la végétation, la floraison, la fructification. À quels agents sont dues ces colorations diverses des plantes, des fleurs, des fruits. Quelles
- Fig. 1. — Champ d'expériences de la station de physique végétale, à Juvisy. — A. Serres à verres de couleurs monochromatiques. — B. Cloches à doubles parois contenant des solutions colorées. — C. Châssis à verres de couleurs non monochromatiques. — B. Radiomètre vaporisateur. — E. Thermomètres de couleur. — F. Pyramides pour l'étude de la température des sols inclinés.
- sont en un mot les différentes influences qu’exerce la lumière solaire sur les êtres organisés du globe.
- C’est pour étudier ces importantes questions, t[ue M. Camille Flammarion a annexé une station de physique végétale à l’Observatoire de Juvisy.
- Pour faire ces études analytiques de longue haleine et qui, [tour la croissance des plantes, demandent plusieurs mois consécutifs, M. Flammarion a fait établir, dans le champ d’expériences de Juvisy, quatre petites serres, dont trois entièrement vitrées avec des verres monochromatiques bleus, rouges et verts, soigneusement examinés au spectroscope, et la quatrième avec des verres incolores (lig. 1, A).
- Nous avons semé, planté et cultivé dans ces diffé rentes serres un grand nombre de [liantes pendan trois années consécutives. La sensitive (mimosa pudica) Vest présentée comme tout indiquée
- pour l’étude précise des différents phénomènes.
- Des jeunes plants de sensitives de 27 millimètres de hauteur ont été mis dans les serres le même jour ; ils avaient tous la même taille et la même vigueur. Trois mois après des modifications considérables s’étaient produites.
- Dans la serre bleue, les plantes n’avaient subi aucun développement. Elles n’étaient pas mortes, elles avaient vécu, mais comme endormies.
- Dans la serre blanche, elles avaient grandi, acquis une grande vigueur, et atteint 100 millimètres.
- Dans la serre verte, elles s’étaient un peu étiolées, et avaient 152 millimètres de hauteur.
- Dans la serre rouge, elles avaient [iris un développement extraordinaire, avaient atteint 425 millimètres, c’est-à-dire une hauteur quinze fois plus élevée que dans la serre bleue, avaient seules fleuri et leur sensibilité s’était accrue à un tel point que
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- LA NATURE.
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- li* plus léger mouvement suffisait pour faire fermer les folioles et faire tomber les pédicules toutes d’une pièce. Les bleues au contraire étaient devenues insensibles.
- Ces résultats ont été enregistrés sur une plaque photographique ; nous reproduisons ici (tig. 2) une photographie faite en 1890 à la fin de l’expérience . Nous avons alors repris ces essais, en aérant et disposant les serres de façon que la chaleur, l'humidité et l’intensité lumineuse soient les memes pour les différentes radiations.
- Ces études reprises sur un grand nombre de plantes : sensitives, strobilanthcs, laitues, maïs, coleus, fraisiers, vigne, haricots, etc., ont donné des résultats identiques, avec quelques variations seulement suivant les genres e espèces.
- La figure été faite d’après une photographie prise en octobre 1897, elle confirme celle de l’année 1896 pour les sensitives.
- Enfin, le diagramme de la lig. A représente la marche de l’accroissement des plantes pendant la durée de l'expérience relative aux sensitives (1897). Les ordonnées mesurent l’accroissement de la plante en centimètres; les abscisses, la durée du temps en jours. Ce diagramme met en évidence l’accroissement rapide de la sensitive rouge comparé à celui de la blanche. La sensitive verte a cessé de croître le 6 août; quant à la bleue, son accroissement presque nul (0,n,005) est dû à la poussée de la sève au moment de la mise en expérience.
- Ces expériences reprises avec des couleurs du spectre de la lumière électrique et des cuves à doubles parois contenant des solutions colorées monochromatiques (fig. 1, 15), ont donné des résultats identiques. Les radiations rouges, reçues à l’exclusion des
- autres, exaltent donc la végétation ; dans le rouge, les plantes croissent avec une rapidité surprenante ; dans le bleu elles ne changent pas, c’est presque un sommeil.
- Mais la lumière n’a pas seulement une action importante sur le développement des plantes, elle joue aussi un rôle considérable dans la coloration des fleurs et des fruits. La chlorophylle qui colore les feuilles en vert est due à la lumière, elle ne se produit pas dans l’obscurité ; la variété rouge de lilas de Marly devient blanche lorsqu’elle est privée de lumière; il suffit, en effet, d’enfermer une panic-ule en bouton dans un capuchon obscur pour obtenir des fleurs blanches ; dans les serres rouges, bleues, vertes, le lilas se décolore également. En mettant des pani-cules à l’obscurité, lorsqu’ils sont déjà plus ou moins colorés, on a du lilas plus ou moins rouge et on peut ainsi obtenir, sur un même pied ou sur une même branche, des fleurs formant une échelle de teintes depuis le blanc jusqu’au rouge violacé. Ces résultats ne sont donc dus, ni à la température, ni à une activité trop grande de la végétation, mais il paraît évident (pie la lumière est la cause de ces phénomènes de coloration et de décoloration. Les feuilles pourprées de Yallernanthera amæna
- Fig. 5. — Action des diverses radiations du spectre solaire sur le développement des plantes : Strobilanthes dijerianus.
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- LA NATURE.
- demeurent absolument vertes sous les radiations rouges ; la fleur de crassula à fleurs rouges, mise en culture à l’obscurité devient blanche; les feuilles de géranium changent de couleur, de dimension et de l’orme suivant les radiations. Enfin, parmi les résultats les plus curieux, nous pouvons citer ceux obtenus avec les coleus; une feuille de coleus rouge encadrée de noir et de vert, perd en partie sa coloration rouge dans la serre rouge et devient jaune bordée de vert dans la serre bleue. Les leucites auxquels est due la coloration des végétaux, se comportent donc différemment suivant la lumière reçue, pour un certain nombre de [liantes. Certaines feuilles et certaines fleurs se transforment sons cette action. D’autres varient sous cette influence combinée avec l’alimentation. D’autres, enfin, sont complètement insensibles à l’action de la lumière.
- Ajoutons encore que les rayons colorés ont des
- Verte
- ?? Juillet 6 Août
- Fig. 4. — Variation de croissance suivant les radiations : Sensitives.
- actions diverses sur le développement des parfums. Dans la serre rouge, l’odeur émise par les fraises imprègne l’atmosphère. Sur un mente pied de crassula, des fleurs épanouies en plein air, au soleil, ont peu de parfum ; il en est de même dans l’obscurité ; tandis que les fleurs placées sous des cloches de couleur sont douées d’un parfum délicat, qui rappelle beaucoup celui de la banane; cueillies et conservées en vases, elles gardent ce parfum, et, en même temps, elles reprennent une partie de leur coloration rouge.
- Enfin, tandis que les fleurs épanouies ont une durée éphémère dans les serres rouge et blanche, elles acquièrent, au contraire, une longévité beaucoup [dus grande dans la serre bleue1.
- Il y a là une série de recherches à poursuivre; il faut compléter ces expériences en variant les sujets et les moyens d’investigation. C’est une voie fructueuse en nouveaux résultats qui pourra peut-être conduire un jour à des considérations pratiques et à des applications nouvelles en horticulture. Grorges Mathieu.
- Ingénieur-agronome à l’Observatoire de Juvisy.
- 1 Les lecteurs qui s’intéressent à ces travaux en trouveront le compte rendu complet dans le Bulletin de la Société astronomique de France (juin 1890 et août 1897) et dans le Bulletin du Ministère de l'Agriculture (1896, n° 2 et 1897, n° 3).
- LE TUNNEL DE GRAYEHALS
- On est en train de creuser en Norvège, pour le chemin de fer de Bergen, un tunnel qui sera le plus long de toute l'Europe du Nord : il s’agit du tunnel de Gravehals, qui aura un développement d’à peu près 5520 mètres.
- En dépit de sa dimension, cet ouvrage n’entraînera qu’une dépense assez faible, ce qui tient d’une part à ce qu'il ne sera que pour une seule voie, sans doute même une voie étroite, et qu'tout à ce qu’il n’aura pas besoin d'être maçonné, le revêtement n’étant nécessaire que sur les 5/100 de sa longueur. On estime que le coût du mètre linéaire de tunnel ne dépassera point 005 francs, le quart environ du prix de revient ordinaire. Le roc qu'il faut traverser est suffisamment résistant pour assurer la solidité de la voûte, et cependant il n’est pas très difficile à excaver.
- Le travail a été entamé en octobre 1805 à l’extrémité ouest, à Opsàt, c’est-à-dire à une altitude de 884 mètres au-dessus de la mer, et, pendant toute l’année 1890, il s’est poursuivi à bras d’hommes : on n’avait pas encore trouvé les chutes d’eau qui devaient fournir la force motrice. A ce point de vue spécial on a dû construire un réservoir pour alimenter d’une façon continue des turbines; on craignait qu’en hiver l’eau ne se congelât avant d’arriver à ces appareils, mais il n’en est rien, sa température ne descendant jamais au-dessous de 0°,5 E. On a installé 2 turbines, respectivement de 100 et 200 chevaux : 00 chevaux sont employés pour 2 perforatrices à eau sous pression; la ventilation, au moyen de 2 ou 5 ventilateurs accouplés, en demandera 50 à 40. Il en faut une quinzaine pour les deux locomotives électriques que l’on va mettre à la place des chevaux qui assuraient jusqu’ici l’enlèvement des déblais : cet enlèvement se fait facilement, grâce à une pente de 2 à 5 pour 100. Il faudra encore 15 chevaux de puissance pour la commande électrique de l’outillage de l’atelier, 25 pour la dynamo d’éclairage, et enfin le reste servira à mettre en marche 2 perforatrices électriques.
- Voici plusieurs mois que l’installation fonctionne, en donnant complète satisfaction : 125 ouvriers sont au travail du côté ouest, et 55 à l’est; on leur a construit des logements, avec boutiques, laiterie, blanchisserie, bains, etc. A Opsât, le creusement à bras d’homme a donné un avancement moyen et quotidien de 0m,90, avec une consommation de 0kg,907 à l‘e,154 de dynamite par mètre cube de roche excavé; avec les perforatrices, l’avancement atteint 2m,15 à 2™,44, mais le coût du travail n’est pas inférieur, parce que la consommation de dynamite est trois ou quatre fois plus forte.
- On compte que le tunnel sera terminé en avril 1905 : 4267 mètres doivent être excavés en venant de l’ouest, dont 505 à bras d’hommes ; la partie est sera faite par les équipes de l’autre chantier d’attaque et complètement sans le secours des machines. Cette bizarrerie apparente tient d’une part à ce que le sol est assez facile à excaver dans l’est, et surtout à ce que la faible longueur à creuser ne valait point la peine d’une installation mécanique., La seule difficulté réelle qu’on rencontre réside dans la mobilité des ouvriers, qui ne restent généralement pas plus de six mois, bien qu’ils gagnent en travaillant aux pièces 5fr,20 par jour, tout en étant logés, chauffés et éclairés, et bien que ceux qui sont employés aux perforatrices touchent jusqu’à 8fr,50 par jour. * I). L.
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- LA NATURE.
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- VOITURES DE PLACE AUTOMOBILES
- CONCOURS I)E
- « L’AUTOMOBILE-CLUB DE FRANCE »
- Dans un premier article publié sur ce concours dans le numéro du 4 juin dernier, nous avons indiqué les grandes lignes de ce concours, donné la liste des véhicules inscrits et reproduit quel ques-unes des voitures prêtes à cette éjtoque. Nous complétons aujourd’hui ce * premier article en faisant connaître les résultats du concours et en reproduisant, ligure o, les voitures qui y ont pris part.
- Rappelons d’abord que la liste d’inscription portait vingt-six véhicules, dont seize électriques et douze à moteur à essence de pétrole. Onze électro-mobiles et une seule voiture à pétrole ont pris effectivement part au concours dès le premier jour. Le seul véhicule à pétrole, le coupé n° 12, présenté par la maison Peugeot, a été représenté à la page 8 de notre numéro du 4 juin. 11 a fonctionné très régulièrement, avec une vitesse de marche supérieure à celle imposée par la préfecture de police, et si le jury n’a cru devoir lui décerner aucune récompense, c’est que sa consommation d’essence a été très élevée et représente un prix prohibitif pour un fiacre circulant dans Paris. Rien que chaque itinéraire de 60 kilomètres ait été parcouru en quatre heures de marche effective, la consommation s’est élevée à 16,5 litres, soit plus d’un quart de litre par voiture-kilomètre. Pendant l’arrêt, le moteur consomme un cinquième de litre par heure pour l’entretien des brûleurs, et 1,85 litre par heure pour la marche à vide réglée au minimum de consommation. Pour un service de fiacres devant durer 14 à 16 heures, avec arrêts fréquents, la consommation journalière pourrait atteindre et même dépasser 20 à 25 litres. A défaut d’autre cause, et sans parler des inconvénients propres au moteur à essence de pétrole, ce chiffre seul justifierait l’abstention presque complète des concurrents.
- U semble désormais acquis par l’expérience que le fiacre à moteur à essence de pétrole ne saurait constituer un système d’exploitation de voitures publiques dans une grande ville.
- Les concurrents électriques étaient au nombre de trois et présentaient onze véhicules, dont trois ont été représentés dans notre numéro du 4 juin. Sept autres électromobiles occupent la page 89 du présent numéro ; ce sont les six voitures de M. Jean-taud et le vis-à-vis de M. Kriéger. La onzième voiture est un coupé à galerie, dont l’aspect extérieur est, à la galerie près, identique au coupé Kriéger reproduit, figure 1, dans notre numéro du 4 juin. C’est ce coupé à galerie et le cab de M. Jeantaud qui ont obtenu chacun un premier prix de 1000 francs. Le fiacre de la Compagnie générale des transports automobiles, a obtenu un second prix de 600 francs. Les 400 francs représentant le solde des 3000 francs
- ont été répartis également entre les quatre conducteurs qui ont conduit leurs voitures pendant douze jours sans anicroche sérieuse.
- Le n° 8 représente une voiture anglaise fort lourde et qui n’a rien d’un fiacre, ni par l’aspect, ni par la légèreté, ni par les performances. Acceptée tardivement, elle fut vite baptisée L'éléphant, on ne sait par qui ni pourquoi. Après quelques essais en palier, elle disparut du concours et nous n’en avons plus entendu parler. Le coupé n° 11, d’origine anglaise, qui a été décrit ici même, il y a un an environ, présenté les trois derniers jours, n’a pas eu un sort plus heureux, car il n’a pu parcourir complètement aucun des itinéraires. Les Anglais auront donc une sérieuse revanche à prendre au concours de l’an prochain.
- Nous ne saurions entrer ici dans tous les détails de ce concours (pii a été pour tous, constructeurs, initiés et profanes, une révélation et un enseignement des plus précieux, une expérience de longue haleine dont profitera l’industrie des voitures électro-mobiles. Nous ne saurions également décrire en détail les voitures présentées au concours et leur mécanisme, nous nous contenterons donc d’indiquer dans leurs grands traits les principaux résultats déjà acquis.
- Le point le plus important et le plus délicat d’une voiture électrique est l’accumulateur : le concours actuel a été un triomphe pour l’accumulateur Fulmen, si habilement mis au point par M. Brault, car tous les concurrents ont employé cet accumulateur. Il en est résulté (pie la comparaison des véhicules a été rendue très facile, puisque tous les accumulateurs étaient équivalents, mais que l’on n’a pu établir aucune comparaison entre différents types. Cette comparaison eût été d’ailleurs absolument illusoire dans un temps aussi court, et nous croyons savoir que la lacune que nous signalons sera comblée par Y Automobile-Club de France, toujours prêt à toutes les initiatives. Un concours d’accumulateurs dans lequel les appareils seront soumis pendant plusieurs mois à des essais nombreux et variés sera organisé l’hiver prochain, et nous serions heureux de recevoir dès à présent les suggestions de nos lecteurs à ce sujet, pour que l’on puisse dresser le plus vite possible un programme aussi complet que possible. U est déjà acquis cependant, par de trop nombreux incendies, que le celluloïd, malgré sa légèreté, sa transparence et la facilité qu’il offre pour la construction des récipients, doit être rejeté, à moins que l’on ne parvienne à le rendre ininllam-mable ou, plus exactement, incombustible, car le celluloïd se consume généralement sans flammes dans les accumulateurs, et c’est là un problème difficile qui se pose aux chercheurs.
- La disposition des accumulateurs dans la voiture est une question également résolue par le concours : il est établi qu’il faut, dans un fiacre, disposer les accumulateurs pour qu’ils puissent s’enlever et se remplacer facilement et rapidement, car l’exploitation rationnelle et économique des électromobiles ne
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- Fig. 1. — Vue de l'usine Clément, à Levallois, au moment de la charge des accumulateurs, après le parcours d’un itinéraire.
- permet pas l'immobilisation de la voiture pendant la recharge : une batterie épuisée ou mise hors service par un accident quelconque doit pouvoir être remplacée en quelques minutes. A ce point de vue, toutes les voitures du concours ne donnent pas une égale satisfaction, et l’on a dù souvent sacrifier l’élégance à la commodité, bien qu’on ait pu quelquefois les concilier dans une certaine mesure : le cabdeM.Jeantaud (lig. 5, n° 2) en est un exemple.
- Au point de vue mécanique, les fiacres forment deux groupes très caractéristiques : l’un comprenant les avant-trains moteurs, l’autre les roues motrices à l’arrière, disposition presque universellement adoptée dans les voitures à pétrole. Or, s’il est logique de mettre les freins d’une voiture à l’arrière pour la retenir à la descente, il est non moins
- logique d’actionner la voiture par l’avant et de la tirer. L’avant-train moteur est donc, en principe,
- préférable, mais lorsque les vitesses ne sont pas excessives, et le terrain trop mauvais , l’avantage n’est pas très important. La solution d’avant-train moteur et directeur, à l’aide d’un moteur actionnant chaque roue fournie par M. Kriéger, est néanmoins très élégante et très simple, car elle rend le moteur très accessible et permet son remplacement en un temps très court.
- Ce principe d’interchangeabilité semble d’ailleurs être le mot d’ordre et l’avenir de la construction mécanique en général, et de l’automobile en particulier, surtout en matière de fiacres dans une grande ville où, g-râce au téléphone, on peut commander à l’atelier de construction, d’un point quelconque, la pièce à
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- Fig. 5. — Voitures ayant pris part au concours. — 1. Laudaulet n° 23 de M. Jeantaud. — 2. Cab u* 25 de M. Jeantaud.
- 5. Vis-à-vis n° 3 de M. Kriéger. — 1. Mylord n° 21 de M. Jeantaud. — 5. Coupé à avant-train moteur n° 21 de M. Jeantaud. 6. Coupé n° 22 de M. Jeantaud. — 7. Drojki u° 26 de M. Jeantaud. — 8. Voiture anglaise dite VEléphant.
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- remplacer et la recevoir en peu de temps par bicyclette, tricycle, voiture ou camion automobile, et même, horresco referens, par hippomobile!
- Cette interchangeabilité se retrouve également dans la carrosserie de quelques voitures. Au point de vue du prix d’achat et de l’encombrement, il est en effet préférable d’avoir un seul châssis-moteur sur lequel on pourra disposer une caisse de coupé l’hiver et une caisse de Victoria l’été, que d’immobiliser deux voitures complètes. Les voitures à caisses, accumulateurs et moteurs facilement interchangeables sont désormais les seules qui puissent prétendre à un service de fiacre dans une grande ville; bon nombre de véhicules présentés au concours sont plutôt des voitures de maître que des voitures de place, et c’est un des principaux résultats de ce concours que de montrer dans quel sens devront être dirigés les perfectionnements pour nous amener rapidement à la solution définitive.
- Quant aux incidents ou pannes dont les voitures ont été les victimes sur les neuf itinéraires, ils sont, en général, sans importance, et nous estimons, pour notre part, qu’ils auraient pu être plus nombreux sans qu’on en puisse tirer aucune conclusion défavorable. Une construction hâtive, un personnel surmené et fiévreux, des parcours plutôt difficiles suffisent pour justifier ces incidents. Chacun de ces incidents a montré un point faible, une disposition à rejeter, une autre à adopter, et le résultat final c'est que, l’an prochain, à pareille époque, nous aurons des fiacres électriques plus perfectionnés.
- Nous avons fait reproduire, figure 1, d’après une photographie, une vue pittoresque montrant les voitures en rechargement après le parcours d’un itinéraire. La figure 2 montre un tableau de charge avec ses prises de courant, son compteur d’énergie, ses rhéostats et les fils volants allant aux voitures.
- Au moment où nous écrivons ces lignes, nous n’avons pas encore entre les mains tous les chiffres qui fixent d’une manière définitive les dépenses d’un fiacre électrique dans les conditions actuelles, conditions essentiellement perfectibles. Ces chiffres feront l’objet d’une Note que nous publierons ultérieurement, lorsque tous les résultats du concours nous auront été communiqués. E. Hospitalier.
- LES ENFANTS-LOUPS
- S’il est une légende qui en paraît bien une, c’est certainement celle de Romulus et Rémus élevés par une louve. Cela semble tout à fait invraisemblable pour peu que l’on songe aux sentiments qui animent les loups à notre égard. Eh bien, une fois de plus nous allons voir qu’il y a toujours quelque chose de vrai dans les légendes, fl paraît, en effet, que dans l’IIindoustan, les Romulus et les Rémus sont très communs. C’est du moins ce qui résulte d’une enquête très sérieusement faite par un auteur anglais, M. George Archie Stockwell. A vrai dire, il s’est borné à enregistrer tous les dires relatifs à des histoires d’enfants élevés par des loups, sans les passer au crible de la critique. Mais quand on voit une histoire racontée
- à peu près de la même façon par des personnes habitant en des localités très éloignées et ne se connaissant pas, on ne peut s’empêcher de penser que le fond de la légende est vraie. Et, dans le cas présent, cette opinion est fortifiée par les déclarations de savants dignes de foi, tels que le professeur Max Muller, sir Roderick Murchison, le général Sleeman, le capitaine Edgerton, le capitaine Graig, le capitaine Aicboletts, ainsi que de hauts fonctionnaires civils de l’Inde, tels que M. Willock et de missionnaires tels (pie M. Ehrard. Certains d’entre eux ont fait des récits absolument véridiques de ce qu’ils ont vu par eux-mêmes.
- Donc, il est établi par toutes ces histoires, que, dans l’IIindoustan, il est fréquent de voir des enfants élevés par des louves et vivre avec elles toute leur vie, menant à peu près la même existence. Dans tous les récits, on est frappé de la similitude des descriptions : tous les enfants-loups se ressemblent. Ils marchent à quatre pattes, s’appuyant non sur l’extrémité des membres, mais sur les genoux et les coudes. Cela — entre nous — paraît bien étrange, car les enfants ont toujours une tendance à se dresser sur leurs jambes et, en admettant même qu’ils aient été élevés par des loups, on ne voit pas trop pourquoi ils auraient adopté un mode si singulier de locomotion. Peut-être est-ce par esprit d’imitation.
- L’intelligence de ces enfants est absolument nulle et, si les faits racontés sont vrais, c’est là une chose fort intéressante à constater. Quand on leur donne à manger, ils flairent les aliments avant de les manger et affectionnent presque exclusivement la viande crue. Quand on veut leur faire plaisir, on leur donne un os à ronger et, alors, ils ne se tiennent plus de joie.
- Chose également curieuse et notée dans presque tous les récits, lesdits enfants dégagent — ou conservent — une odeur de fauve très prononcée. Un de ces enfants, dit le capitaine Edgerton, avait une odeur de loup dont on ne put le débarrasser. Peu de temps après sa capture , trois loups vinrent le visiter : leur aspect indiquait des intentions hostiles; mais, dès le premier examen, ils parurent animés de sentiments plus affectueux et se mirent à jouer avec lui. Deux ou trois nuits plus tard, ils revinrent avec deux autres loups. M. Edgerton dit que c’étaient probablement les frères adoptifs des prisonniers <pie les autres avaient prévenus et qui venaient lui apporter leurs consolations.
- Autre fait général : tous les enfants-loups sont extrêmement sauvages et préfèrent manifestement la compagnie des loups à celle des hommes. Quand on cherche à s’emparer d’eux, ils se défendent comme des fauves. Le récit suivant dù à M. Y. Bail, membre de la Société de géologie de l’Inde, est intéressant à cet égard.
- « Un des deux enfants auxquels j’ai rendu visite, dit-il, avait été capturé avec deux louveteaux. Il paraissait âgé d’une dizaine d’années. Quand on voulut le prendre, il se précipita sur son agresseur et lui fit de cruelles morsures. Il dégageait une odeur nauséabonde qui résista à tous les traitements. On eut beau le frictionner avec de la moutarde et lui donner une alimentation exclusivement végétale, rien n’y fit. Il dormait en plein air, au-dessous d’un arbre. Une nuit, deux loups vinrent le visiter : loin d’être effrayé de cette apparition, il posa sa main sur la tète de l’un d’eux, les loups, touchés de cette marque de confiance, se mirent à jouer avec lui. Pour répondre à leurs avances, il les excitait à gambader en leur jetant des feuilles sèches et de petites branches. La nuit suivante, il vint trois loups, puis quatre la nuit d’après. Tous lui léchaient la face avec plaisir_comme ils
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- l’eussent fait à un de leurs louveteaux. Plus tard, la mère de l’enfant le reconnut comme sien à une cicatrice qu’il portait au front et aux traces d’un abcès sur la joue. »
- Ces enfants-loups sont de véritables brutes. On a toutes les peines du monde à leur enlever leur sauvagerie. Quant à chercher à les faire parler, il n’y faut pas songer. Quelques-uns arrivent cependant à comprendre quelques signes, mais jamais ils ne s’intéressent à ce qui les entoure et ne manifestent d’affection aux gens qui les soignent. C'est là la généralité ; il y a des exceptions.
- En général, les enfants-loups capturés vivent peu; ils meurent au bout de deux ou trois ans, du fait sans doute du changement de régime. M. Eluard, surintendant de l’orphelinat de Secundra, a cependant connu un enfant-loup qui passa de longues années à l’asile d’aliénés de Lucknow. En autre, signalé par M. G. Ross, ancien commissaire adjoint de Sultanpour, devint gendarme. Pris à quatre ans dans une tanière de loups, il faisait entendre des grondements sourds comme ceux que pousse un chien en colère avant les aboiements furieux. Il manifestait une grande répugnance pour les aliments cuits et n’aimait que la viande crue. Cependant, à la suite de soins assidus, son intelligence se développa et on put le mettre à l’école. 11 v prospéra vite et put finalement entrer dans la police. L’histoire finit d’une manière peu banale.
- Que faut-il penser de tous ces récits? Je me garderais bien de vous le dire, n’avant voulu qu’attirer l’attention sur cette curieuse question. Je me bornerai à remarquer que le fait en lui-même n’est pas si extraordinaire ni si isolé qu’on le croit au premier abord. Il existe de nombreux exemples de mammifères allaités par d’autres espèces que les leurs. Quoi d’impossible, dès lors, à admettre ceci : une louve ayant volé un enfant et, l’ayant rapporté dans son aire, le laisse libre pour s’en repaître plus tard tout à son aise. L’enfant, ayant faim, cherche le sein de sa mère et rencontre les tétines de la louve. La succion a heu et la louve s’habitue vite, dès lors, à considérer l’enfant comme son nourrisson. L’adoption est faite.
- Il n’y a peut-être pas un mot de vrai dans tout cela. Mais la chose mérite l'examen. 11 nous reste tant à apprendre! Henri Coupin.
- L’OBSERVATOIRE YEREES
- Ce grand établissement qui dépend de l’Université de Chicago a reçu le nom de son généreux fondateur, M. Charles Ycrkes ; il a été solennellement inauguré au mois d’octobre 1897. Le récit de son origine, de sa construction et de son aménagement a été fait dans plusieurs articles de l’Astrophysical Journal.
- L’Université de Chicago est toute récente : elle date de 1892. Les fondateurs mirent au nombre des matières de l’enseignement, l’astronomie et la physique céleste, dans l’intention de créer un observatoire quand les ressources le permettraient. Il y avait alors dans les ateliers de MM. Al van Clark, les grands opticiens américains, deux gros disques de verre de 105 centimètres de diamètre qui, d’abord destinés à la fabrication d’un objectif pour une université de la Californie, n’avaient pas été taillés par suite de contre-ordres. Sur le conseil de M. G. Ilale, un généreux ami de la science, M. Charles Yerkes saisit l’occasion de se procurer sans délai de très grosses lentilles, il les acheta et les fit tailler en vue de la construction d’un équatorial de 1 mètre d’ouverture qu’il offrit à l’université de Chicago avec la somme nécessaire à l’établissement d’un grand observatoire*
- Après de minutieuses recherches, l’université choisit le terrain le plus favorable pour l’observatoire à 120 kilomètres de Chicago, à Williams Ray (Wisconsin). On commença les premiers travaux en avril 1895, et le personnel de l’observatoire était installé en octobre 1896, un an et demi après (bel exemple pour nos architectes).
- Le rez-de-chaussée a la forme d’une croix dont la grande ligne, longue de 100 mètres, est dirigée de Lest à l’ouest. L’extrémité occidentale est formée par la tour qui supporte le grand dôme de 27 mètres de diamètre destiné à recevoir le grand équatorial. A l’autre extrémité se trouve la salle méridienne. Le transept, fout près de l’extrémité orientale, est terminé de chaque côté par deux tours moins larges mais plus hautes que la première, qui contiendront de petits équatoriaux. L’architecture de l’édifice dont les plans sont de M. Cobb, de Chicago, est de style mauresque très réussi.
- Nous dirons peu de chose des détails intérieurs de l’observatoire. Il y a une élégante salle de réception, un pavillon pour l’héliostat formant l’attique du transept, des laboratoires spectroscopiques et chimiques, un magasin pour les instruments, des laboratoires photographiques, une bibliothèque..., enfin, tous les annexes d’un grand observatoire. La salle méridienne, construite d’après celle de l’observatoire de Berlin, a des parois formées de doubles feuilles d’acier séparées par une couche d’air.
- Le grand équatorial dont nous avons parlé a une distance focale de 18m,9. Le crown qui pèse 91 kilogrammes a 65 millimètres d’épaisseur au centre et 19 millimètres sur les bords. Le flint, séparé du crown par une distance de 21 centimètres, a 58 millimètres d’épaisseur au centre, 51 millimètres sur les bords; il pèse 156 kilogrammes. Les verres qui forment ces lentilles ont été fournis par M. Mantois, de Paris. Les lentilles sont placées dans une gaine d’aluminium enchâssée dans une garniture d’acier. La colonne qui supporte l’axe de l’équatorial est en acier fondu et s’élève à 15 mètres au-dessus du sol. Le tube du télescope a un diamètre de 1 “,52 au centre, 1m,07 à l’objectif, 0,n,97 à l’oculaire. L’instrument est mis en mouvement par des poids et par un moteur électrique; le mécanisme est contrôlé par un système de pendule. L’observateur a sous la main le moteur électrique par lequel il donne à l’instrument tel mouvement qu’il veut. L’équatorial est complété par un micromètre à fils, un spectroscope solaire et un spectro-graphe stellaire construit par M. Brashear. Parmi les autres instruments, nous citerons : une lunette astronomique de 0m,40 avec objectif ordinaire et objectif photographique; un télescope de 0m,10 d’ouverture, une pendule sidérale et un grand nombre d’appareils employés autrefois à l’observatoire de Keenwood. On se propose de placer dans la suite au sommet de la tour sud-ouest un équatorial de 0m,40 qui sera employé pour les recherches micrométriques et une lunette des passages. Un appareil photographique à portraits monté équatorialement servira à l’étude de§ comètes et des nébuleuses.
- Le personnel de l’observatoire Yerkes est ainsi composé : directeur, M. Georges Haie; astronomes : MM. Barnard, Burnham et Wadsworth, tous célèbres par leurs travaux antérieurs. Un mécanicien, M. Ritchev, est adjoint à l’établissement.
- Le programme actuel de l’observatoire comprend des recherches spectroscopiques et de physique céleste, des mesures micrométriques d’étoiles doubles, l’étude des positions des planètes et des satellites. L. Barré.
- Astronome à l’Observatoire national de Paris*
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- lin nuage et la décharge suivra
- LE PARATONNERRE
- Nous sommes en pleine saison d’orages; plusieurs de nos abonnés nous ont demandé des renseignements sur les paratonnerres. Nous résumerons ici en quelques lignes l’état actuel de la question.
- On indique généralement qu’un paratonnerre est formé d’une tige métallique en 1er ou en cuivre, d’une hauteur aussi élevée que possible, possédant à son extrémité une pointe aiguë platinée ou dorée, et réunie par des conducteurs, des tiges de 1er, à des plaques métalliques placées en terri1 pour établir une bonne communication. Il en résulte que si pendant un orage, il survient une décharge électrique entre ge du paratonnerre, cette la conduite et se déversera dans le sol, à la condition que toutes les précautions nécessaires aient été observées. On a cru longtemps, et l’erreur est encore très répandue, qu’une tige de paratonnerre protégeait efficacement l’espace compris dans un cône de révolution ayant son sommet à la pointe de la tige, ayant pour axe la tige et pour rayon de double de la hauteur de pies ont montré nettement que cette hypothèse ne reposait sur aucun fait sérieux et était loin d’ètre exacte. On ne peut indiquer la distance à laquelle une tige de paratonnerre étend sa sphère d’action ; elle n’est pas connue et dépend d’une série de circonstances que l’on ne peut apprécier.
- Ces longues tiges sont lourdes, encombrantes et souvent [dus dangereuses qu’utiles. Elles attirent en effet, la plupart du temps, les décharges atmosphériques. Si l’ensemble de l’appareil est en bon état, il n’en résulte aucun accident ni dommages; mais si la prise de terre est défectueuse, si le conducteur est trop faible, détaché ou n’offre pas de continuité, on est exposé à de graves dangers.
- Nous avons déjà fait connaître, à propos d’un coup de foudre sur la tour Saint-Jacques1, les principales dispositions employées dans un tout autre ordre d’idées par la maison Mildé en ce qui concerne les paratonnerres. MM. Mildé et Grenet suppriment partout les grandes tiges et ne se servent que de simples pointes d’une
- 1 Voy..n° 1229 ctu 19 décembre 1899, |>. 57.
- petite longueur en conducteurs à lames former du bâtiment analogue à la cage de
- Conducteur en ruban do cuivre étmné.
- 5. — brise de terre de M. Grenet.
- base le a tige. De nombreux exem-
- Fig. 4. — Prise de terre Grenet au fond d’un puits à niveau constant.
- les reliant entre elles par des en cuivre rouge, de façon à i protéger une sorte de cage Faraday, dans laquelle on est entièrement protégé. L’armature métallique constitue dans ces conditions un véritable écran qui arrête toutes les décharges électriques. En s'inspirant des instructions données par l’Académie des sciences, les constructeurs ont remplacé les pointes aiguës en platine, qui étaient mauvaises, par un cylindre de cuivre rouge allongé de O"1,50 de longueur et dont la partie supérieure forme un angle de 15° avec la verticale. La figure 5 nous donne une vue d’ensemble d’une maison, établie dans la banlieue de Paris et munie du paratonnerre Mildé. La figure 0 nous montre tout le réseau de rubans en cuivre installé sur la toiture. On voit les o pointes réunies entre elles, [mis les liaisons qui les rattachent aux souches de cheminées avec tuyaux en tôle. Les gouttières tout autour sont aussi reliées en divers points. On forme ainsi, on le voit, une véritable cage réellement bien pro-iar un réseau métallique. Les conducteurs qui descendent le long de l’édifice en deux points opposés [tassent en tranchée pour venir s'attacher sur la canalisation d’eau de la Ville. À ce sujet, rappelons que l’Académie des sciences, dans un rapport spécial, a bien reconnu que pour réaliser de la manière la plus prudente la meilleure préservation des effets de la foudre, il était indispensable d’établir de bonnes communications entre l’appareil du paratonnerre et toutes les pièces métalliques d’une certaine importance extérieures ou intérieures, conduites d’eau, de gaz, etc. Dans les villes, le mode de communication est fourni dans de meilleures conditions par les conduites d’eau qui présentent une très grande surface métallique et qui charrient, de grandes quantités d’eau.
- Dans la figure 1, nous voyons l’installation sur une cheminée d’une petite pointe de 0m,60 à 0m,80. Avec les diverses dispositions que nous venons d’indiquer, on se contente d’assurer un passage facile à la foudre lorsqu’elle se présente, mais on ne va pas la chercher dans les régions élevées.
- Les conducteurs extérieurs reliant le réseau installé sur la toiture à la terre doivent également être
- tégée
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- soignés. Ils doivent présenter la pins grande surface et surtout fournir une masse suffisante pour résister aux effets de fusion des décharges foudroyantes. Un a eu de nombreux accidents à constater par suite de
- fusion de eonduc- «r... ______
- tours.
- La maison Mildé emploie le ruban de cuivre étamé de M. l’ingénieur Grenet d’environ o centimètres de largeur et 2 millimètres d’épaisseur. Ges rubans sont fixés sur les murs, comme le montre la fig. 2, en épousant les moulures et les saillies des surfaces murales.
- Les prises de terre, dans le système Mildé et Grenet, sont for-
- LE TIRAGE AU SORT
- Une question assez intéressante de calcul de probabilités se pose à propos de la manière dont le tirage _______ ----==—* au sort se pratique en Belgique : sur 100 miliciens inscrits, 25 doivent être soldats, et ces 25 sont pris à partir du numéro le plus bas. Les exemptés, participant aussi au tirage, et pouvant tirer un 'des numéros le plus bas, puisqu’il faut toujours le meme nombre de soldats, le nombre de numéros qui sont classés parmi les mauvais est
- Vue d’ensemble d’une maison, dans la banlieue de Paris, munie du paratonnerre Mildé.
- niées par une spirale (tig. o) de 15 mètres d’un conducteur qui est composé d’une àme en cuivre rouge étamé et recouvert d’une enveloppe de plomb anti-monieux. Cette prise de terre ne s’oxyde jamais, quelle que soit la nature du sol dans lequel elle est placée et c’est là un point fort important. La hauteur de la spirale est environ de 8 à 10 centimètres; il est donc possible de l’installer, comme le montre notre figure 4, au fond d’un puits dans lequel il ne peut se trouver que 15 à 20 centimètres d’eau à niveau constant.
- Ajoutons enfin en terminant que les nouvelles dispositions sont de beaucoup plus économiques que les anciennes à longue tige. Des projets de prix de revient ont indiqué une dépense de 550 francs pour l’installation d’un paratonnerre en cuivre rouge, et une dépense de 905 francs pour le paratonnerre à grande tige.
- Tels sont les renseignements que nous pouvons donner à nos lecteurs après nous être inspiré des résultats qu’a fournis depuis de nombreuses années l’installation dont il a été question dans notre article. J. Laffargue.
- —«.Conducteur. ——— — Conducteur en tranchée. s=
- ©Pointe. [BSouche de cheminée avec tuyau en tôle.
- tig. 6. — Réseau de rubans en cuivre installé sur la toiture.
- supérieur au quart du nombre de numéros renfermés dans l’urne. En général, ce nombre de mauvais atteint et surpasse même le tiers du nombre de miliciens.
- A ce propos, j’entendais faire dernièrement la remarque suivante : « Les chances des miliciens au tirage au sort ne sont pas les mêmes. Ceux qui tirent les derniers numéros, par exemple, devant nécessairement prendre les numéros qui restent, ne sauraient en prendre un mauvais, s’il n’en reste que de bons, et inversement. »
- Mais ce n’est évidemment pas de cette manière que le problème doit se poser ; la question peut se formuler ainsi :
- A priori, est-il plus avantageux de tirer au sort le 1er, le 2e,... le 15e,... ou le dernier ?
- Nous allons montrer que les chances sont les mêmes pour tous, avant le commencement du tirage, de sorte que, a priori, il est tout à fait indifférent de devoir tirer le 1er, le 20e ou le dernier.
- En eïfet, supposons, pour fixer les idées, le cas de 100 miliciens. 11 y aura dans l’urne 100 numéros, parmi lesquels 66 bons et 34 mauvais (approximativement).
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- On suit que l’on appelle probabilité d’un événement E, le rapport du nombre de cas favorables à l’arrivée de cet événement, au nombre de cas possibles. — On connaît aussi le principe de probabilité composée : si un événement E dépend du concours de deux autres E1? E2et si l’arrivée de Es est subordonnée à celle de E1? la probabilité de l’événement E est égale au produit de la probabilité de Ej par la probabilité que Et étant arrivé, E2 arrivera.
- 66
- Or le Ier milicien a la probabilité de tirer un
- lût)
- bon numéro. Quant au second, sa probabilité de tirer un bon se compose de deux parties : la probabilité de tirer un bon quand le 1er a tiré un bon, et la probabilité de tirer un bon quand le 1er a tiré un mauvais.
- 1er cas : le lor tire un bon : d’après le principe de probabilité composée, la probabilité pour le second de tirer un bon est égale à la probabilité qu’a GO
- le 1er de tirer un bon multiplié parla probabi-
- lité (pie le Ier ayant tiré un bon, le
- , 05
- bon
- sec*'
- ond tirera un
- fit) fio
- H("1C ;) = — x Jgj.
- *2e cas : le 1er tire un mauvais : on a par analogie :
- ,__ 54 00
- p = TÏÏÔ * 99*
- Donc la probabilité totale pour le second de tirer un bon numéro sera
- 00 05 54 00
- Tüü x 99 + TÔT)x 99
- 00
- TÔT)'
- c’est-à-dire que cette probabilité est la même que pour le 1er.
- Le calcul se poursuit aisément pour le 5e, pour le 4e, et ainsi de suite. U11 trouvera toujours [tour pro-
- , , ... , 96
- habilite -jyyy
- On peut donc affirmer que tous les miliciens ont les mêmes chances et (pie, a priori, l’ordre du tirage est tout à fait indifférent. fl. Couturier.
- Températures de l’air à différentes hauteurs.
- — Dans le Bulletin n° 2 de l’Observatoire météorologique de Blue-Hill, qui dépend de l’Université d'Harvard Collège, M. (dayton donne de très intéressants exemples des changements diurnes de température et d’humidité qui ont été observés à différentes altitudes. Les observations étaient faites au moyen de cerfs-volants, et, en deux occasions, ces appareils ont été maintenus dans l’air pendant 24 heures consécutives. Les résultats obtenus montrent que les variations diurnes de température étaient très faibles ou même milles vers une région située à 700 mètres environ d'altitude, et que la courbe d’humi-
- dité relative à cette hauteur était absolument opposée à celle (pie l’on avait observée à des niveaux inférieurs. Le minimum de l'humidité était noté pendant la nuit, le maximum pendant le jour. Les courbes journalières montrent qu’à une hauteur variable dans certaines conditions la température des couches inférieures décroît de 1 °,7 pour une augmentation d’altitude de 100 mètres. A partir de cette hauteur, l’air devient subitement plus chaud, puis la température décroît, mais un peu plus lentement (pie dans les couches basses. Pendant la nuit, il y a une inversion marquée des températures entre 180 et 500 mètres. Depuis cette couche le thermomètre s'abaisse d’une manière uniforme. Ces expériences ont été faites sous la direction de M. Laurence Rotch, propriétaire de l’Observatoire, savant bien connu par ses belles recherches.
- Le fonctionnement (lu manchon Auer. —
- M. Lamotte a exposé récemment à la Société française de physique la théorie proposée par M. Bunte pour expliquer le fonctionnement du manchon Auer. Tous les manchons actuellement en usage présentent à peu près la même composition, soit 98 à 99 pour 100 d’oxyde de thorium et 2 pour 100 d’oxyde de cérium et des traces d’autres matières qui ne jouent qu’un rôle tout à fait secondaire. Le pouvoir éclairant des manchons 11’est pasdù à un pouvoir émissif spécial, comme M. Bunte s’en est assuré en observant directement l’émission des oxydes de thorium et de cérium et de la magnésie, du charbon de cornues, chauffés dans un four électrique à une température de 2000° environ. Le pouvoir éclairant résulte seulement de la haute température à laquelle le manchon se trouve porté et qui est due, d’une part, aux propriétés catalytiques de l’oxyde de cérium, d'autre part à l’extrême division de celui-ci. La présence de l’oxyde de cérium abaisse en effet la température d’inflammation du mélange d’oxygène et d’hydrogène de G50° à 550°, la combustion est donc fortement activée dans le voisinage du manchon et une grande quantité de chaleur est dégagée. L’oxyde de thorium forme une masse boursouflée, constituée par un grand nombre de filaments très fins, sur lesquels se trouve disséminé l'oxyde de cérium. Grâce à la mauvaise conductibilité de ces filaments fins, la chaleur, au lieu de se dissiper rapidement dans la masse, se concentre, et le manchon est porté à une température très élevée. 11 est certain que les deux éléments concourent au phénomène, car les manchons en oxyde de thorium pur ou en oxyde de cérium pur donnent dix à vingt fois moins de lumière que les manchons constitués par le mélange ci-dessus.
- Les pies et les orages. — Quelques journaux du midi annoncent que les orages qui se sont succédé, récemment, ont permis de .constater l’exactitude d’une observation intéressante, à savoir que les pies construisent leurs nids en raison du temps qu'il fera. Quand l’instinct particulier dont ces oiseaux sont doués les avertit que la saison sera exempte d’orages, ils n’hésitent pas à bâtir leurs nids à l’extrémité des peupliers; si, au contraire, ce même instinct leur fait craindre des perturbations atmosphériques prochaines, ils nichent au milieu des peupliers, contre le tronc, mettant ainsi leurs couvées à l’abri des coups de vent. Cette année, tous les nids de pies, à quelques exceptions près, ont été prudemment construits à l’endroit protecteur, où ils n’ont rien à redouter des orages. Nous avons bien peur, malgré tout, que ces faits ne résultent que d’une illusion. On a dit de même que les abeilles étaient en mesure de prédire le temps et qu’elles fermaient hermétiquement la porte
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- d’entrée des ruchers quand la saison devait être rigoureuse. Or, une enquête sévère faite jiar >1. de Pareille a montré qu’il n’en était absolument rien en Suisse, en Allemagne et en France.
- Le grand projecteur de l’Exposition de Chicago. — Il peut sembler étrange de venir reparler maintenant d'un appareil qui a eu son heure de célébrité passagère pendant la (( Foire du Monde ». ("est assez curieux pourtant de montrer combien il est loin aujourd’hui de son rôle pacifique de jadis : autrefois, juché en haut d’un des principaux palais de l’Exposition Colombienne, il lançait ses rayons lumineux sur les constructions de la (( Ville blanche » ; maintenant son grand miroir éclaire la passe du port de .Norfolk, en Virginie, [tour découvrir les navires espagnols qui essayeraient de la franchir.
- Le rideau métallique du théâtre Drurj-Lane.
- — C’est la maison Merrywcathcr qui vient de construire cet énorme rideau pour la scène bien connue de Londres.
- 11 est entièrement en fer et en amiante, et glisse dans des rainures formées de fers en U ; il est suspendu à des câbles d'acier, et, grâce à un contrepoids, un homme peut le relever sans peine. Si les câbles venaient à se briser pour une raison quelconque, un dispositif pneumatique jouerait le rôle de frein, et le rideau descendrait automatiquement en 15 secondes. Ses dimensions sont 12m,80 sur t)m
- Canons d'un seul morceau. — La (( Olis Steel Company » vient d’essayer de construire un canon de gros calibre en un seul morceau : il s’agit d’une pièce de 22 tonnes. 11 a été fabriqué sous la direction de M. Cattling, et va être prochainement essayé à Sandy llood, sur le polygone du gouvernement américain : mais il est à craindre qu’il ne donne point de résultats satisfaisants.
- Les bateaux européens sur les fleuves chinois. — Dans les négociations conclues récemment entre la Grande-Bretagne et la Chine, il a été stipulé que toutes les voies d’eau intérieures de l’Empire seraient ouvertes aux steamers étrangers. Or, un vapeur a déjà parcouru le cours supérieur du Yang-Tse-Kiang, et a remonté jusqu’à Chungking. C’est là un fait bien intéressant à noter à tous les points de vue : il a été accompli par M. Archibald Little qui avait commandé, dans ce but spécial, à une maison de Shanghaï, un bateau de 15 mètres de long sur 10 de large, et tirant 0ra,91. Jusqu’à présent, le mouvement commercial de Chungking, qui est fort important, s’effectuait uniquement par des jonques, et avec une lenteur déplorable.
- Un train rapide américain. — La Compagnie américaine « Lchsigh Valley Railroad Go » vient de publier des détails assez intéressants sur la circulation durant
- 12 mois de leur train express dit Black Diamond. Ce train effectue un service régulier entre New-York et Buffalo, distance de 720 kilomètres, qu’il parcourt en 9h57m en allant, et en 2 minutes de moins au retour; dans ce temps sont compris dix arrêts, représentant au total 50 minutes, et les 19 minutes qu’il faut pour aller de New-York à Jersey City. Le train en question pèse, sans la machine ni le tender, 185 tonnes, la locomotive en pesant par elle-même62 et demie; les roues motrices de celle-ci ont lm,98 de diamètre. On rencontre sur le parcours des rampes assez fortes, dont l’une atteint 185 millimètres par mètre et se prolonge sur 16 kilomètres. 11 arrive souvent que, dans son voyage de retour, le Black Diamond train marche à l’allure de 129 kilo-
- mètres à l’heure, en maintenant cette allure sur 50. 40, 50, 60 kilomètres et plus, en des points où son horaire vrai ne lui impose que 100 kilomètres. Nous noterons pour finir que la consommation de charbon est d’à peu près 25 kilogrammes au kilomètre.
- Les grands wagons de marehandises américains. — Dans le but très compréhensible de diminuer proportionnellement le poids mort du matériel, les Compagnies de chemins de fer américaines ont une tendance de plus en plus marquée à adopter des wagons d’une capacité énorme. C’est ainsi que « l’Illinois central Railroad » vient de se faire construire des wagons à charbon, pouvant porter près de 57 tonnes; leurs dimensions intérieures sont I0ni,8i de long, 2m,8i de large et 1m,07 de profondeur. Comme de juste, ils sont montes sur des bogies à 4 roues.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 juillet 1898. — Présidence de M. NVolf.
- Préparation d’un corps nouveau. — M. Moissan fait connaître qu’en chauffant le calcium à la température de 1200° dans un courant d’hydrogène, le calcium devient incandescent et donne un produit blanc fondu répondant à la formule Call2 qui est un hydrure de calcium. Ce corps jouit d’un pouvoir réducteur intense. Il réduit l’acide sulfurique. A la température ordinaire, si on le met en contact avec l’eau, il la décompose en donnant de l’hydrogène et de la chaux hydratée. 11 décompose le chlorure de potassium et permet ainsi d’obtenir le potassium.
- Les basses températures et les organismes élémentaires. — M. d’Arsonval expose le résultat de recherches relatives à Faction des températures très basses et de l’air liquide sur les êtres vivants inférieurs. Il a-étudié cette action sur la levure de bière et sur les microbes pathogènes. La levure de bière soumise au grand froid produit par l’évaporation de l’air liquide ou laissée en contact de l’air liquide subit une certaine influence différente, selon que l’on considère la diastase sécrétée ou les cellules. Les propriétés de la diastase ne sont pas modifiées. Quant à la cellule, elle n’est pas tuée, mais seulement anesthésiée pendant un certain temps, car après 2 heures - de froid il lui faut 8 à 10 heures pour retrouver son pouvoir de transformation du sucre de canne en alcool et en acide carbonique. Pour les microbes pathogènes, M. d’Arsonval a réalisé deux séries d’expériences : 1° action indirecte du froid sur les microbes, au travers d’un tube ; 2° action directe de l’air liquide sur les cultures par immersion. Les cultures dont s’est servi M. d’Arsonval ont été préparées par M. Char-rin. L’action du froid, au travers d’un tube sur les microbes ou sur les toxines, a été trouvée nulle. Les cultures ont été laissées au contact de l’air liquide pendant un temps qui a varié de 15 minutes à 6 jours; néanmoins les effets constatés sont peu appréciables. M. d’Arsonval ajoute que l’air liquide fournit un moyen très commode d’obtenir l’hémoglobine cristallisée. Il suffit de verser le sang dans l’air liquide, puis de filtrer sur du papier buvard. Enfin, M. d’Arsonval mentionne deux expériences qui contrediraient l’hypothèse, émise par M. Pictet, relativement à la transparence des corps mauvais conducteurs pour les radiations calorifiques, aux basses températures. 11 verse de l’air liquide dans deux tubes et les place sur les plateaux d’une balance. L’un
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- des tubes est libre ; l’autre est enveloppé de laine ou de plume. Les deux tubes devraient également évaporer l’air ; or, on constate que l’air isolé par une enveloppe de plume se réchauffe beaucoup moins vite. La balance incline en effet rapidement du côté du tube pourvu d’une enveloppe isolante.
- Varia. — M. Œschner de Coninck adresse une Note sur l’élimination des chlorures chez les sujets rachitiques. — M. Léo Vignon a étudié l’absorption des liquides par les textiles. Gu. de Yilledeuil.
- L’ÀUTOHàKPE
- L’autoharpe est un nouvel instrument de musique qui a son intérêt. Quelques heures d’étude suffisent pour pouvoir en jouer convenablement, et il est tout à l'ait agréable entendre.
- L’autoharpe, que représente notre dessin, est munie de 2-4 cordes métalliques et de 6 barres harmoniques, produisant 6 différents accords. Un abaisse l’une de ces barres au moyen d'une touche et on fait vibrer les cordes en les attaquant par-dessus avec le pouce ou avec un anneau spécial. On joue ainsi des mélodies et on obtient de très jolisaccords.
- Les cordes sont numérotées et les touches sont marquées par des lettres ; la musique imprimée porte au-dessus de chaque note l’indication de la touche à abaisser et le numéro de la corde à faire vibrer. Avec une combinaison aussi simple et aussi facile, il n’est pas nécessaire de connaître la musique pour jouer de l’autoharpe. Au bout de peu de temps, on peut correctement jouer et môme accompagner un instrument.
- Le son de l’autoharpe présente une grande douceur et possède un joli timbre. Elle plaît partout et est accueillie avec faveur. C’est l’instrument de famille par excellence pour tous ceux qui n’ont pas de piano à leur disposition. L’autoharpe peut être accordée avec la plus grande facilité, au moyen d’une sorte d’échelle, dont elle est pourvue.
- L’étude de la harpe présente de véritables difficultés. Des inventeurs ont cherché à supprimer un certain nombre de ces difficultés. La maison Pleyel a, par exemple, fabriqué une harpe à deux plans de cordes, qui évite l’emploi des pédales de la harpe ordinaire ; mais, malgré cela, il faut encore d’assez longues
- études pour pouvoir en jouer convenablement.
- Il n’en est pas de meme avec l’instrument (pie représente notre gravure. Cet instrument n’a ni la forme, ni les dimensions d’une harpe, mais s’en rapproche beaucoup par les sons qu’il émet. Cette autoharpe possède des séries d’étouffoirs numérotés qui permettent de faire sans difficulté les arpèges ou les accords arpégés dérivant de chacune des notes de la gamme. Il suffit d’appuyer avec un doigt de la main gauche sur le bouton de l’étouffoir correspondant et de promener un doigt de la main droite pour produire les notes de l’arpège.
- L’instrument est accompagné de cartons sur lesquels sont inscrits des airs de musique, de telle sorte que, le carton étant placé sous les cordes
- à un endroit 'marqué par une flèche, chaque note se trouve exactement sous la corde qui, par sa vibration, doit la produire. L’instrumentiste n’a donc qu’à pincer successivement les cordes au-dessus des notes ; la marche à suivre est indiquée par une ligne brisée avec flèches de direction allant d’une note à une autre. Aux endroits du morceau où il faut faire un accord arpégé, se trouve un chiffre correspondant à l’étouffoir que l’on doit actionner. Ces cartons ne servent évidemment qu’aux personnes qui ne connaissent pas d’une façon suffisante le doigté de l’autoharpe.
- Mais avec cet auxiliaire, le premier venu en quelques heures d’exercice parviendra à jouer un morceau agréablement et à donner à son voisin l’illusion qu’il sait pincer de la harpe.
- L’autoharpe peut développer le goût de la musique et aider à répandre les premiers principes. On néglige peut-être un peu trop la musique chez nous. Dans une petite soirée, récemment, où quelques artistes devaient se faire entendre, il est arrivé que le pianiste, après avoir accompagné une cantatrice, dut s’absenter. Il restait quelques autres artistes qui réclamaient seulement un accord pour avoir le ton; dans une grande assistance, il ne s’est trouvé qu’une seule personne qui a pu leur donner satisfaction. L. Devort.
- Le Gérant : P. Masson.
- L’autoharpe.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1511. — 10 JUILLET 1898.
- LA NATURE.
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- CONCOURS DE CHIENS I)E BERGERS
- Le chien de berger, pendant longtemps délaissé et relégué an dernier rang des races canines, tend à devenir l’objet d’une attention particulière, grâce
- à l’initiative de M. Emmanuel Boulet, fondateur et président actuel du Club Français du Chien de berger. Cette institution, créée il y a quelques
- années, a pour but de poursuivre l’amélioration des races, et d’encourager le dressage de si utiles auxiliaires du cultivateur. Ses deux premiers concours eurent lieu en 1896, dans les environs de Chartres, et en 1897 à Angerville. Le troisième fut organisé cette année avec la collaboration de la Société d’agri-26* année. — 2e semestre.
- culture de Meaux, et se tenait, le 19 juin dernier, à proximité de la gare de Lizy-sur-Oureq1.
- De nombreux bergers s’étaient fait inscrire, et malgré l’affolement bien compréhensible de leurs
- 1 Chef-lieu de canton du département de Seine-et-Marne situé sur la nouvelle ligne de Paris à Reims.
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- LA N A TU HE.
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- animaux, quelques-uns ont [tu présenter des sujets admirables de docilité et d’instinct. Les chiens affectés à la conduite des troupeaux appartiennent à deux races : 1° la race de Beauce (fig. 1), et 2° la race de Brie (fig. 2). L'une et l’autre ont des caractères particuliers qui les différencient bien nettement.
- Le chien de Beauce, d’une hauteur de 0m,60 à O"1,70, a la tète pourvue de poils ras, le corps couvert de poils gros et courts; sa couleur est d’un gris noirâtre et souvent la robe est parsemée de taches lauves ou de feu, surtout à la tète et aux pattes.
- Quant à la race de Brie, elle est facilement reconnaissable à la longueur de ses poils. La tète a un aspect particulier; elle possède de longues mousta-
- H'
- Fig. 5. — Piste pour le concours.
- ches laineuses, et les yeux sont en partie recouverts par les poils retombants ; le corps est garni de poils dé couleurs, noire, gris noir, ardoisée, contrariés parfois par des taches fauves, blanches et grises.
- Le chien de Brie est toujours un peu plus petit que le chien de Beauce, sa dimension maxima ne dépasse pas 0m,65. En dehors des particularités inhérentes aux races, les deux chiens possèdent des caractères extérieurs communs. Tous deux sont solides, charpentés, pourvus d’un double ergot aux membres postérieurs ; la queue est entière et fait le crochet à l’extrémité; les oreilles sont droites si elles sont coupées, et légèrement recourbées à leur extrémité supérieure si elles sont restées à l’état naturel.
- Les ligures 1 et 2 donnent d’ailleurs une idée suffisante de ces deux races de chiens de garde.
- Le concours de Lizy se divisait en plusieurs parties : l°le concours des chiens de bergers, et 2° celui des chiens de bouviers, placeurs et conducteurs de bestiaux.
- A la suite, un lot de 50 moulons était placé dans des parquets spéciaux, et rangé conformément aux usages du marché de la Yillette.
- Enfin, le tout se terminait par un concours d’embarquement à la gare; les employés et le matériel nécessaires ayant été mis très gracieusement à la disposition des organisateurs par la Compagnie des chemins de fer de l’Est.
- Pour les deux premières catégories, c’est-à-dire chiens de bergers et chiens de toucheurs, les exercices étaient les mêmes. Il s’agissait de conduire un lot d’une vingtaine de moutons en les faisant déplacer sur une piste courbe d’environ 400 mètres de long, 6 mètres de large, et limitée à droite et à gauche par deux traits de charrue.
- Tous les concurrents bergers et conducteurs d’animaux se succédaient à tour de rôle et dans un ordre indiqué par la voie du sort. Us portaient au bras gauche un brassard de toile, sur lequel était imprimé en gros caractères leur numéro de passage.
- Les moutons partaient d’un point A (fig. 5), devaient parcourir la courbe AMC, et être conduits jusqu’en B. La piste n’était pas uniforme; elle présentait de place en place une série d’obstacles se rapprochant le plus possible de ceux que les moutons ont à franchir en temps ordinaire. Ainsi, en E, se trouvait un fossé à sec, en F un passage rétréci de l ni,50 limité par deux haies de branchages, en G une banquette de terre coupant la piste dans toute sa largeur et émergeant de un mètre au dehors. Ce dernier obstacle représentait la grosse difficulté qu’il s’agissait de surmonter, et rendait même le travail des chiens des plus délicats.
- Les chiens devaient maintenir les moutons dans les limites tracées, sans aboyer ni les mordre à l’oreille, à la gorge, aux pattes de devant, au ventre, ni profondément aux cuisses. Du reste, les chiens par trop mordants étaient rigoureusement exclus du concours. Le jury pouvait facilement suivre les opérations d’une tribune H située sur le côté. Deux haies a et a' séparaient les tribunes des pistes, et empêchaient les moutons de sortir de l’enceinte.
- Une seconde tribune 11', placée en regard de la première, permettait au public de suivre plus facilement les principales phases du concours.
- Les membres du jury avaient été recrutés parmi les cultivateurs et les éleveurs les [dus autorisés de la région.
- L’épreuve d’embarquement a été particulièrement intéressante. Bien ne saurait dépeindre ces chiens affairés, tournant autour de la bande, l’acculant contre des wagons ouverts et la forçant à entrer. Quelquefois, le conducteur vaincu par la résistance opiniâtre de ses animaux, en prenait un par la nuque ou par la patte, et entrait avec lui dans l’intérieur du wagon où il ne tardait pas à être suivi par toute la troupe inconsciente. Chiens de Beauce et chiens de Brie se sont conduits admirablement pendant le
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- LA X AT U UE.
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- travail. ToutiTois, les premiers semblent avoir été vm peu supérieurs. Moins ardents, plus calmes et plus dociles, ils ont su conduire les moutons au but sans trop les précipiter.
- Jusqu'alors le chien de garde, la plupart du temps croisement confus de plusieurs races, était abandonné à lui-même et fournissait un travail bien imparfait.
- Il est permis de croire qu'avec l’organisation de ces concours et des encouragements distribués chaque année, ou arrivera d’ici peu à l'amélioration de ces races si intéressantes au point de vue agricole.
- Albert Yilcoq.
- LTMIUSTHIE DE IA MARGARINE
- ET SES FRAUDES
- Tout le monde parle de la margarine et peu de personnes connaissent sa composition. Ramassis de graisses malpropres, disent les uns; mixture répugnante formée avec les débris d’abattoirs, reprennent les autres. Rien n’est plus faux. Si des industriels malhonnêtes vendent au public des margarines de mauvaise qualité, ne craignons pas d’aftirmer, en revanche, l’existence de certaines marques, très supérieures à tous égards aux beurres plus ou moins sains qui se consomment journellement dans les grandes villes. Essayons donc de réhabiliter cette substance en jetant un rapide coup d’œil sur sa nature, ses procédés de fabrication et les moyens de combattre les falsifications dont son commerce est l’objet. Du reste, une récente discussion, à la Société belge des chimistes, vient de mettre ce sujet au premier plan de l’actualité.
- On obtient la margarine en barattant l’oléo1 avec du lait et de l’huile de coton, d’arachide ou de sésame. Suivant les saisons, la quantité de substance huileuse incorporée varie beaucoup. Ainsi, en été, on la supprime presque complètement, tandis que dans les grands froids la proportion atteint 50 et 40 pour 100. Cette addition d’huile donne à la pâte de la margarine, naturellement trop cassante, l’onctuosité nécessaire. Les matières premières sont alors portées à la température de 45° dans des réservoirs séparés et disposés au-dessus de la baratte où elles viennent se mélanger. L’opération qui dure deux heures environ doit être surveillée avec soin et arrêtée quand le magma a pris l'apparence de la crème. A ce moment, une rigole de bois le dirige vers une vaste cuve dans laquelle il ne tombe toutefois qu’après avoir rencontré une nappe d’eau glacée venant d’un appareil frigorifique. C’est là le point délicat de la manipulation. 11 faut, en effet-, pour fabriquer une bonne margarine, que son refroidissement ne soit pas trop brusque et que sa solidification s’opère sous forme de grumeaux retenant des traces de petit-lait.
- Un retire ensuite des récipients la substance grasse qui surnage l’eau. On la verse dans des wagonnets perforés, puis on l’arrose avec des ferments de beurres fins afin de lui donner une saveur agréable et on la laisse égoutter durant quelques heures.
- Après, vient le travail mécanique. On malaxe la margarine sur des tables. Le petit-lait s’échappe, la pâte devient homogène comme du beurre et une machine
- 1 Partie liquide qui se sépare du suif quand on le presse à chaud et dont le vrai nom est oléo-margarinc.
- horizontale, formée de deux cylindres cannelés, l’étire. On la débite alors en pains d’une livre et on n’a plus qu’à procéder à l’expédition.
- Telle est, dans ses grandes lignes, une des meilleures méthodes qu’ait dictées l’expérience et, jusque-là, il n’y a rien que de très licite dans cette industrie. Mais les chimistes de Bruxelles se sont surtout préoccupés des commerçants peu scrupuleux qui débitent du beurre margariné comme produit naturel, une faible quantité de margarine étant très difficile à déceler. M. Bruylant* avait proposé d’empêcher toute fraude en forçant, par une loi, les fabricants à dénaturer leur marchandise au moyen de la phénoiphtaléine. Sous l’influence d’une addition de ‘20 milligrammes de cette dernière par 100 kilogrammes de margarine, la falsification, croyait-il, serait facilement reconnue, les substances prenant une teinte rougeâtre en présence d’une solution alcaline. Malheureusement les voleurs d’aujourd’hui sont gens habiles. Faire disparaître la substance révélatrice fut pour eux un simple jeu d’enfants î Aussi le Conseil de santé de l’Empire allemand a-t-il cherché un autre système.
- Il a rendu obligatoire l’incorporation de l’huile de sésame, employée souvent d’ailleurs dans les usines de margarine et dont la réaction est plus persistante. La dose imposée a été fixée uniformément à 10 pour 100.
- Les intéressés ont formulé, cela va sans dire, de nombreuses plaintes contre cette réglementation. Quelques-unes sentent la mauvaise foi, d’autres cependant paraissent fondées. Il sera donc prudent d’attendre les résultats qu’elle donnera de l’autre côté du Rhin pour songer à l’appliquer en Belgique et en France. En tout cas, voici les principaux reproches qu’on lui adresse. D’abord l’impossibilité de se servir de l’huile d’arachide, plus estimée par certaines catégories de consommateurs, et surtout la difficulté d’obtenir la consistance voulue, la proportion d’huile ne devant pas varier suivant les saisons. Enfin, divers agriculteurs ont prétendu que, nourrissant parfois leurs bestiaux avec des tourteaux de sésame, leur meilleur beurre présenterait la réaction caractéristique, la coloration rougeâtre par l’addition d’acide chlorhydrique !
- Tirons l’échelle sur cette constatation inattendue et signalons ce « truc » bien « fin-de-siècle » à nos fermiers : falsifier leurs vaches pour gagner davantage sur le lait et le beurre. Jacques Royer.
- • VISEUR PHOTOGRAPHIQUE
- AVEC MISE AU POINT
- Pour répondre à un désir souvent exprimé par les amateurs photographes, on a construit des appareils dans lesquels la mise au point peut se faire en même temps que la mise en plaque, tout en laissant la plaque sensible à la place qu’elle doit occuper dans l’appareil au moment de la prise du cliché. Plusieurs moyens ont été employés à cet effet : les uns ont placé une glace à 45° derrière l’objectif pour renvoyer l’image sur un verre dépoli, disposé horizontalement à la partie supérieure de la chambre ; au moment d’impressionner la plaque on relève la glace, qui vient masquer le verre dépoli, et fait en même temps fonctionner l’obturateur. D'autres ont remplacé la glace par un prisme ; enfin on a aussi
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- I.À NATURE.
- eu recours au moyen le plus simple, mais le plus encombrant et le plus cher, qui consiste à avoir (leux chambres superposées avec chacune un objectif de même foyer.
- C'est pour arriver au même but, sans compliquer en rien l’appareil, que M. Benoist a imaginé et fait construire par M. Krauss, le viseur indépendant que représente, notre gravure. 11 se compose de deux cadres qui restent toujours parallèles; le plus petit, monté sur une glissière, peut s'écarter ou se rapprocher du plus grand qui est monté de façon à pouvoir se déplacer dans le sens horizontal et dans le sens vertical ; cette combinaison permet la mise en plaque avec ou sans décentrage et la mise au point; il suffit pour cela de placer l’œil de façon que le petit cadre se projetant exactement sur le grand, on embrasse tout le champ à photographier. La théorie de l’appareil procède des principes suivants : la plaque photographique Jet le deuxième point nodal de l’objectif constituent la base et le sommet d’une pyramide quadran-gulaire dont la nappe opposée, ayant pour sommet le premier point nodal, va embrasser le champ photographié. Si l’on constitue une pyramide parallèle à cette dernière, et dont le sommet soit exactement au centre optique de l’œil, cette pyramide visuelle embrassera exactement le même champ que la pyramide photographique, pourvu que l’œil et l’objectif ne soient pas trop éloignés l’un de l’autre.
- Pour constituer celte pyramide visuelle, M. Benoist utilise, comme nous l’avons dit, deux cadres parallèles qui représentent deux sections de la pyramide convenablement choisies pour que :
- 1° La distance des deux cadres soit toujours égale au cinquième de la distance focale employée;
- 2° L’œil étant placé de façon à vo;r le plus petit cadre, qui est noir, se projeter exactement sur le grand, qui est blanc, ait alors son centre optique exactement au sommet de la pyramide.
- Pour le décentrage l’identité du champ visuel et du champ photographique sont obtenus en déplaçant le cadre blanc, dans le même sens que l’objectif, d’une quantité aussi égale au cinquième du déplacement de celui-ci. Des graduations faites sur les cou-Usses qui portent ce cadre, permettent de trouver très
- rapidement la place qui lui convient dans tous les cas.
- La mise au point découle de ce principe (pie le rapport de la grandeur d'un objet à celle de sa projection en perspective, sur un plan parallèle au sien, est égal au rapport des distances respectives de l’œil à l’objet et au plan de projection. Un a pris pour plan de projection celui du cadre blanc et on l’a divisé, par deux séries de fils noirs parallèles, en mailles carrées de dimensions telles (pie si l’œil, amené au sommet de la pyramide visuelle, voit une personne de taille moyenne se projeter sur une, deux, ou trois mailles, etc., la distance de l’œil à celte personne soit égale à 100/1 ou 100/2 ou 100/5 fois la distance focale employée. La mise au point s'obtiendra alors immédiatement d’après les formules connues des lentilles, en faisant avancer l’objectif de 1/100, ou 2/100, ou o/lOO, etc., de sa distance focale, à partir de sa mise au point sur
- l’infini. Pour réaliser ces conditions facilement en évitant tout calcul à l’opérateur, on a placé le long de la coulisse une division en centièmes de la distance focale employée, numérotée 0, 1, 2, o, etc., à partir de la mise au point sur l’infini. D’après ce que nous avons dit plus haut, le nombre de mailles donnant la hauteur d’une personne est aussi le numéro de tirage à donner. En traçant cette division ou a tenu compte de ce que l’œil n’est pas au loyer antérieur de l’objectif, mais au-dessus du foyer postérieur; la correction qui en résulte est du reste une très petite fraction.
- Un voit (pie pour la mise au point il est nécessaire d’avoir, dans le champ embrassé, un personnage debout; c’est le seul inconvénient de l’appareil, mais il est rare que cette condition ne soit pas réalisée.
- En résumé ce viseur présente de réels avantages : l’œil de l’opérateur perçoit, au moment de la pose, non pas une image indirecte réduite, mais le sujet lui-même exactement limité et identique a l’image projetée au même instant sur la plaque sensible ; il réalise celte identité, quelle que soit la distance focale de l’objectif employé, pour une même grandeur de plaque, et quel (pie soit le décentrage;enfin il donne instantanément et sans calcul la distance du sujet. G. Mareschal.
- Viseur photographique de M. Benoist.
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- LA NATURE.
- SANTIAGO DE CUBA
- La haie de Santiago dans laquelle l’amiral Cervcra conduisit si habilement son escadre, est une des plus vastes et des mieux abritées de la grande lie; située sur la cote sud, elle s’étend à l’intérieur des terres sur une longueur de près de 10 kilomètres; sa largeur, très variable, n’est guère que de 100 mètres à l'entrée, et le chenal, déjà très étroit, est encore rendu d’accès plus difficile, par la présence de nombreux bancs.
- La ville de Santiago, qui s’élève en amphithéâtre
- dans le fond de la rade, est la capitale des provinces de l’est; elle renferme une population de 70000 habitants, presque tous d’origine espagnole, et constitue ainsi la troisième ville la plus importante de Cuba ; — elle possède un dépôt de charbon et de nombreux approvisionnements.
- La défense de la rade rendue très facile par le peu de largeur du goulet, est assurée par différents forts ou batteries répandus sur la côte. Le premier que l’on rencontre est le fort Morro (fig. 1 et o) qui s'élève sur une hauteur à l’entrée droite de la passe ; de construction très ancienne, le Morro ne présente pas par lui-même une grande résistance aux coups
- Fig. I. — Le fort
- d'une artillerie aussi puissante tpie celle des vaisseaux américains, mais son armement ayant été renouvelé récemment et composé de plusieurs pièces de 250 millimètres, il peut, grâce à sa position dominante, rendre de grands services à la défense. En suivant le goulet pour pénétrer en rade, on trouve successivement les forts de YEstrella, de Santa Carolina, de Pun ta Garda et quelques autres batteries récemment construites par les Espagnols.
- De l’autre côté du goulet s’élèvent les batteries de la Socapa, armées de pièces nouvelles et bien protégées.
- Sur le rocher Smith, au milieu du chenal, se dresse une batterie du même nom qui, croisant ses feux avec ceux des forts de l’entrée, rend fort difficile
- Morro à Santiago.
- le passage à un ennemi qui ne peut y pénétrer que lentement et en ligne de file à cause des difficultés dont nous avons parlé.
- A l’intérieur de la haie, existent d’autres batteries destinées à entrer en action dans le cas où la passe serait forcée
- Enfin, il convient d’ajouter que le goulet peut être facilement défendu par des torpilles de fond et des batteries de torpilles Withehead que l’amiral Cervera n’aura point manqué de faire établir dès son arrivée en rade.
- La figure 2 représente l’entrée de la baie avec quelques-uns des forts qui la protègent.
- C’est grâce aux dispositions naturelles de la baie et aux défenses qui avaient été accumulées à l’entrée, que l’amiral Cervera et son escadre, composée de
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- LA NAITRE.
- croiseurs cuirassés, Viscaya, Infanta Maria TJieresa, Amiral Oquendo et Crhtobal Colon, et des contre-torpilleurs Furor et Terror, ont pu se conserver
- Fitr. 2. — Entrée de Santiago.
- intacts malgré la présence d'une flotte américaine bien supérieure en nombre; aussi ne peut-on s’expliquer comment l'amiral Cervera s’est décidé à quitter un abri aussi sûr le jour même où la gar-
- Paracfas
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- Echelle.
- Fig* 3. — Carte de Santiago de Cuba.
- nison de Santiago, sous les ordres du vaillant général Linarès, venait de repousser un assaut furieux des Américains.
- Les marins espagnols se sont conduits comme des héros, préférant couler que d’amener leur pavillon ; il leur a manqué, pour vaincre, la discipline, l’orga-
- nisation générale et la préparation à la guerre, sans lesquelles les flottes comme les armées ne peuvent accomplir de grandes choses. Leurs vaisseaux manquaient de munitions; les soutes étaient dégarnies et le charbon embarqué à bord était de si mauvaise qualité que les machines ne- pouvaient produire que la moitié de la puissance maxima; de plus, les canonnières ont fait preuve d’une incapacité notoire : alors que tous les coups des Américains portaient., semant la mort et l’incendie à bord des malheureux croiseurs Espagnols, le leu de ces derniers ne faisait que des avaries insignifiantes à leurs adversaires.
- Malgré cette destruction complète de son ennemi, l’amiral Sampson n’a pas tenté de franchir le goulet pour pénétrer dans la baie et prendre la ville à revers ; il lui faudrait, en effet, sacrifier plusieurs de ses navires qui ne sauraient échapper aux torpilles mouillées dans les passes et aux grosses pièces du fort M-.rro, de la Socapa et de Cayo-Smith ; on assure même que c’est, pour éviter ces torpilles que l'amiral Cervera s’est décidé à sortir en plein jour, contrairement à toutes les règles de la tactique navale.
- Quant à la ville de Santiago elle-même, elle continue à résister avec une vaillance qui fait l’admiration du monde.
- Attaqué par toute l’armée américaine forte de 18 000 hommes, le général Linarès qui ne possédait que 5000 soldats, a obligé celle-ci à se retirer après une bataille acharnée qui n’a pas duré moins de deux jours et au cours de laquelle on a fait, des deux côtés, des prodiges de valeur; le général Shafter attend des renforts pour renouveler son attaque contre la vaillante cité cubaine. Ceux-ci, d’ailleurs, lui arriveront rapidement et sans aucune difficulté maintenant (pie l’Espagne ne possède plus dans ces mers une flotte capable de mettre obstacle au transport maritime d’une armée; la mer est libre de Key-West à Santiago : pas un torpilleur, pas un croiseur ennemi ne peut battre les eaux environnantes et la malheureuse garnison espagnole, malgré son héroïsme et son dévouement patriotique, est appelée à succomber sous le nombre et la puissante artillerie des Américains.
- Après les défaites de Cavité et de Santiago, l’Espagne doit rechercher une paix honorable ; la prolongation de la guerre serait une grande faute de la part du Gouvernement qui assumerait ainsi une lourde responsabilité devant le Pays. Plus la lutte durera, plus elle aura de chance de tourner à l’avantage des Américains qui peuvent, grâce à leurs énormes ressources financières, accroître leur marine et leur armée dans des proportions chaque jour plus considérables. On peut dire que les destinées de l’Espagne se sont jouées à Santiago de Cuba; la partie est perdue, mais le peuple castillan a su donner au monde une preuve de sa vaillance et de son énergie ; qu’il apporte la même ténacité dans l’œuvre de réorganisation qui suivra forcément cette malheureuse guerre et le pavillon espagnol reprendra la place qui lui est due. Commandant G.
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- appareil a grande tension et a haute fréquence PRODUCTION D’EFFLUVES
- EXPÉRIENCES FAITES AU CENTENAIRE DU CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS
- C'est le 20 mai 1891 que M. Tesla présenta à Columbia College les résultats frappants de ses expériences si originales sur les courants alternatifs de haute fréquence. Il vint à Paris en février 1892 et répéta ses essais devant la Société de Physique et la Société des Electriciens. Notre collaborateur, M. E. Hospitalier, présenta alors à nos lecteurs une étude complète dans deux articles bien documentés1.
- M. Tesla indiquait un moyen simple de production de courants alternatifs de grande fréquence basé sur les propriétés des bobines d’induction et des condensateurs. Les bornes secondaires d’une bobine à haute tension sont reliées aux armatures intérieures d’une hou teille de Leyde qui se décharge disrupti-vement. Cette décharge disruptive produit des courants alternatifs de haute fréquence. Ce procédé, disions-nous à l’époque, présente un grand intérêt en ce sens qu’il permettra de reprendre et de compléter les expériences de M. Tesla sans avoir recours à un matériel spécial dont peu de savants peuvent disposer. Les expériences, en effet, ont été fort nombreuses, les appareils ont été perfectionnés, et de tous côtés de nouveaux résultats ont été obtenus. Nous n’avons pas l’intention de parler de tous ces essais et de tous ces appareils et encore moins des théories diverses qui ont été émises pour l’explication de ces phénomènes; il appartient à des voix plus autorisées d’expliquer ces théories, d’autant plus que l’entente n’est pas encore complète entre savants.
- Nous désirons simplement décrire les diverses expériences que M. Radiguet a réalisées dernièrement à l’Exposition du centenaire du Conservatoire des arts et métiers, en utilisant les résonnateurs à
- 1 Voy. n° 950, du 15 août 1891, p. 162 et n° 979, du 5 mars 1892, p. 209.
- haute fréquence de M. le Dr Oudin, construits par M. Radiguet sur ses indications. Le principe de production des courants à haute fréquence est le même que celui indiqué plus haut. Le schéma ci-joint (fig. 1) nous montre tout le dispositif employé. Une dérivation de courant à 110 volts est prise sur le secteur en A. Le courant traverse un coupe-circuit R, un interrupteur C, un ampèremètre D et un rhéostat réducteur de potentiel E. A l’aide du fil lixé en b, le courant passe dans le circuit primaire de la bobine G, traverse un interrupteur spécial F et revient en a à une touche à glissière pouvant se déplacer sur les spires du rhéostat. Aux bornes du circuit secondaire de la bobine se trouve en H le dispositif du Dr d’Ar-sonval pour la production,;! l’aide d’un arc entre les deux armatures d’une bouteille de Leyde, des courants de haute fréquence. Les deux armatures extérieures de la bouteille sont reliées au résonna teur I.
- Nous allons maintenantentrer dans le détail des divers appareils.
- Le rhéostat réducteur de potentiel (fig. 2) est formé par un fil de maillechor t enroulé sur un-tambour. La longueur de fil est très grande. On remarquera aussi qu’à l’intérieur se trouve un deuxième tambour sur lequel est également enroulé du fil. Ce rhéostat est placé directement sur le circuit à 110 volts ; l’intensité qui le traverse pendant les expériences varie de 2 à 12 ampères, et la résistance maxima est de 200 ohms. C’est, comme nous l’avons indiqué, à l’aide de prises en divers points de la résistance que l’on obtient la différence de potentiel et l’intensité nécessaires pour le fonctionnement de la bobine d’induction; le réglage est très aisé par suite du diamètre du fil qui permet un glissement facile de la borne extérieure.
- L’interrupteur F (fig. 2) est formé d’un double électro-aimant maintenu entre deux colonnes. Au centre se trouve une tige qui porte une armature en fer doux mobile devant les pôles des électro-aimants. Une vis L placée à la partie supérieure permet de régler la course de l'armature. Cette dernière porte une petite tige en cuivre qui repose sur un ressort formé de deux lames de cuivre en arc de cercle C.
- Arrivée du secteur
- -f f + A
- Coupe circuit
- Voltmètre
- Ampèremètre!
- Sc.
- Fig. 1. — Schéma des dispositions employées pour les expériences de M. Radiguet. A. Arrivée du secteur. — R. Coupe-circuit. — C. Interrupteur bipolaire, — R. Ampèremètre. — E. Réducteur de potentiel. — F, Trembleur. — G. Robine d’induction. — H. Dispositif du 1/ d’Arsonval. — K, L. Contacts sur le résonnateur. — I. Résonnateur. — M. Volant du résonnateur.
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- fi A NATURE.
- A l’extrémité du ressort est placée une tige de cuivre légèrement conique. Au-dessous de cette tige est disposé un bloc de cuivre maintenu sur le côté par une tige recourbée avec vis mi-crométrique K permettant à volonté de déplacer le bloc de cuivre.
- (Test entre la tige conique et le bloc de cuivre que jaillit l’arc de rupture, analogue à l’arc voltaïque.
- Pour éviter toute détérioration rapide, les contacts sont immergés dans le pétrole contenu dans le vase que l’on aperçoit. On peut
- obtenir des courants de très haute tension en employant une sorte de résonnateur formé d’un solénoïde qui est composé de plusieurs tours de gros fil
- de faible résistance. hes extré-mitésdecetil sont reliées aux bornes d’une source de courants alternatifs à haute fréquence. On n’obtient ce résultat que pour certaines valeurs déterminées de capacité et de self-induction dn solénoïde. L’ensemble des divers appareils servant à ces expériences, est représenté dans la ligure 4.
- ainsi régler très facilement les
- Fis
- Tranlileur et rhéosUU.
- contacts en agissant sur
- a course de l’armature et sur le bloc de cuivre inférieur. Cet interrupteur, comme nous avons pu le constater, fonctionne très rapidement et convient très bien pour les hautes fréquences. On évite ainsi l’inconvénient du contact de platine qui colle, et l’inconvénient du mercure qui s’oxydant fait la queue.
- En G se trouve la bobine d’induction donnant des étincelles d’une longueur de 55 cm.
- Cette bobine est montée dans un bain de paraffine, ce qui isole les couches inférieures du condensateur. En c, sur le côté, sont les prises pour condensateurs de capacités variables, permettant de faire varier les effets.
- Nous trouvons ensuite en 11 le dispositif de M. le Dr d’Arsonval pour la production de courants alternatifs à haute fréquence. Les extrémités du fil induit de la bobine d’induction sont réunies aux armatures intérieures d’une bouteille de Leyde. Les armatures extérieures sont reliées au résonnateur I de M. le Dr Oudin.
- Dès 1892, M. le Dr Oudin a montré qu* l’on j eut
- Fur- 3. — Késouuateur de MM. Oudin et Radiiruet.
- M. Radiguet, sur les indications
- de M. le I)r Oudin, a construit un nouveau résonnateur formé (fig. 5) d’un solénoïde de fil rouge non
- isolé entouré autour d’un cylindre, de bois paraffiné. Le fil a o millimètres de diamètre, la longueur est de 60 mètres et l’écartement des spires atteint 1 centimètre. Une des armatures extérieures de la bouteille de Leyde, dans le dispositif du I)r d’Arsonval, est réunie directement à un contact glissant A à l’extrémité du solénoïde. L’autre aboutit à un contact A' placé sur le côté à une plus grande hauteur. Les contacts sont fixes, et le solénoïde mobile autour d’un axe vertical ; on peut le faire déplacer à l’aide d’une vis tangente, au moyen d’un volant R et augmenter ou diminuer le nombre des spires dans chacune des parties du solénoïde. Le résonnateur est ainsi partagé en deux parties ; à la partie inférieure naissent les oscillations de haute fréquence et à la partie supérieure se trouvent les courants de haute fréquence et de tension très élevée.
- Cet appareil que M. le D" Oudin avait étudie dans
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- Fig. 4. — Vue d’ensemble (les appareils utilisés dans les expériences Radiguet.
- De gauche ;C_droitc — Tableau de distribution, rhéostat, bobine d'induction, trembleur, résonnateur du^'D’ Oudin. Au centre. Aux bornes de la bobine, l’oscillateur du D' d’Arsonval.
- Fig 5. — Principales expériences réalisées avec l’appareil.
- Tubes de Geissler, aigrettes, baleines d’un parapluie illuminées, corde, chaîne de boules, tubes cylindriques.
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- LA NATURE.
- un lmt purement thérapeutique, a été habilement mis à profit par M. Radiguet à la réalisation d’expériences des plus curieuses et des plus suggestives. Quelques-unes de ces expériences sont représentées figure 5. Lorsque l'appareil est entièrement réglé, en approchant la main, on voit jaillir des aigrettes violettes de 15 à 20 centimètres de longueur. Le résonnateur crée tout autour de lui, du haut en bas dans un cercle d’un rayon de 2 mètres, un champ électrostatique alternatif très intense, et l’on peut, les tenant simplement à la main, rendre lumineux une série de tubes de Geissler, ou de Urookes, etc. Le nombre des expériences peut varier à l'infini. Nous citerons en particulier celles du parapluie et de la corde que montre également notre ligure. Si l’on attache une corde métallique à la partie supérieure du résonnateur et qu’on la fasse tourner, on aperçoit un cordon lumineux d'où jaillissent toute une série d’aigrettes violettes. De même si l’on porte un parapluie dans le champ, on voit toutes les haleines devenir lumineuses.
- (le n’est là que le commencement des applications avec cet appareil. Mais qui saurait dire où l’on s’arrêtera maintenant que l’on peut créer facilement un champ électrostatique puissant et assez étendu. Dans peu de temps, sur une scène de théâtre, les danseuses paraîtront portant des objets qui seront lumineux sans attache avec aucune source. Le succès obtenu par M. Radiguet à l’Exposition du centenaire du Conservatoire des arts et métiers nous est un sûr garant (pie ses expériences ont beaucoup intéressé le monde savant et le public. J. Laffargue.
- --c<>«--
- L’HYDROGÈNE ET L'HÉLIUM LIQUÉFIÉS
- L'oxygène ou l’azote, bouillant sous la pression atmosphérique, atteignent des températures parfaitement définies, mais que l’on abaisse sensiblement en diminuant la pression à leur surface. Bientôt le plus volatil des deux, l’azote, se solidifie, et forme une neige assez semblable, à celle que donne l’acide carbonique. Sa température est alors d’environ — 225°, mais ne s’abaisse plus guère si l’on force le vide. Cette dernière température est la plus basse qu’aient donnée jusqu’ici les gaz de l’air, par leur ébullition forcée sous faible pression. Si l’on veut descendre encore, il faut avoir recours à des corps plus gazeux, comme l’hydrogène et l’hélium, préalablement refroidis sous pression, puis détendus brusquement.
- La température critique de l’hydrogène étant supérieure à celle que peut fournir l’air en s’évaporant, il n’y avait d’ailleurs aucun espoir de le liquéfier par simple refroidissement, sous n’importe quelle pression.
- Mais maintenant que l’air coule à Ilots dans certains laboratoires, rien n’est plus facile que de prendre sa température d’ébullition comme point de départ pour descendre encore, et de renouveler, sur l’hydrogène à 200 degrés d’intervalle, les expériences faites sur l’air à la température du laboratoire.
- Nous avons déjà dit quelles tentatives1, couronnées d’un
- 1 Voy. n° 1156, du 27 juillet 1895, p. 139.
- succès tout au moins théorique, avaient été faites par M. Olszevski pour liquéfier l’hydrogène. L’habile physicien de Cracovie l’avait aperçu, il y a trois ans, à l’état fugitif où l’air était apparu à M. Cailletet et à M. Pictet. Quant à l’hélium, soumis au même traitement, il n’avait pas laissé voir la moindre trace de liquéfaction.
- M. James Dewar vient d’être plus heureux; il a vu couler l’hydrogène, et a liquéfié l’hélium. Le procédé employé par M. Dewar n’est plus la détente simple, pratiquée autrefois, mais bien la détente continue, telle qu’on l’effectue dans les appareils industriels de Linde ou de llampson pour la liquéfaction de l’air.
- L’hydrogène, comprimé à 200 atmosphères environ, est renfermé dans un récipient A (Voy. fig.), qui peut en fournir f>00 à 400 litres à la minute. 11 circule alors dans deux serpentins dont le premier Best entouré d’acide carbonique solide bien tassé, tandis que l’autre G plonge dans un vase rempli d’air liquide sur lequel on fait un vide partiel de façon à abaisser sa température jusqu’à 205° au-dessous de zéro. Le gaz passe enfin dans le serpentin où se produit la détente, et qui est lui-même contenu dans un tube D à doubles parois isolées par le vide, et plongeant dans de l’air liquide.
- Les premières portions de l’hydrogène arrivant dans le dernier serpentin servent à le refroidir, puis, au bout de quelques minutes, il tombe en gouttelettes qui se rassemblent au fond du vase. La première expérience faite par M. Dewar, le 10 mai de cette année, donna en cinq minutes 20 centimètres cubes d’hydrogène liquide, et une expérience faite le surlendemain en fournit 50 centimètres cubes.
- Un examen rapide permit de reconnaître qu’à l’état liquide, l’hydrogène est fortement réfringent et très dis-persif, mais incolore. Sa densité est voisine de 0,07. Le fait qu’il ne possède pas l’éclat métallique, comme ses propriétés chimiques avaient conduit à le présumer, ne doit pas surprendre. Depuis que nous connaissons mieux le spectre hors de sa partie visible, nous savons que rien n’est plus variable que l’éclat d’un corps, sa transparence ou son pouvoir réfléchissant suivant les radiations auxquelles ces qualités sont rapportées. Dans une certaine région de l’infra-rouge, le quartz, le sel gemme, et beaucoup d’autres cristaux possèdent un pouvoir réfléchissant qui leur donne un éclat comparable à celui des métaux, au point de vue spécial de ces radiations. L’absence de cet aspect particulier dans l’hydrogène examiné dans le spectre visible ne diminue donc en rien la qualité de métal que lui attribuent les chimistes.
- L’étude individuelle de l’hydrogène à l’état liquide est assurément fort intéressante, mais elle ne représente que le moindre des éléments nouveaux que promet le succès de l’expérience de M. Dewar. L’emploi de l’air liquide comme agent réfrigérant a déjà changé profondément un grand nombre des notions que nous possédions sur la matière. Une réfrigération plus énergique encore permettra de pousser plus loin les investigations, et d’enrichir le domaine de la science de faits nouveaux, dont il est bien difficile de prévoir la nature.
- M. Dewar a commencé par les expériences les plus élémentaires, il a refroidi l’hélium dans le bain d’hydrogène, les très petites quantités que l’on possède de ce gaz rendant absolument impossible sa détente continue, pour laquelle il est nécessaire d’opérer sur des mètres cubes.
- « Ayant un échantillon d’hélium purifié extrait du
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- gaz de Bath, et scellé dans un petit ballon terminé par un tube étroit, ce dernier fut placé dans l'hydrogène liquide ; on vit alors un liquide distinct se condenser. D'après ce résultat, il semble qu’il n’y a pas une grande différence entre les points d’ébullition de l’hélium et de l’hydrogène *. »
- Lorsqu’on imbibe d’hydrogène liquide un tampon de coton, celui-ci se montre assez fortement magnétique, et l’on pourrait croire que l’hydrogène jouit de celte propriété; la raison du phénomène est simple. Les gaz de l’air, 1'oxvgène. en particulier, se congèlent, et, comme l’oxvgène est magnétique, c’est lui qui est attiré par l’aimant.
- Avant d'èlre exposé à l’air, l’hydrogène est absolument transparent. Mais, pendant qu’il s’évapore, il se forme dans sa masse un nuage blanc qui tombe au fond de l’éprouvette. Ce dépôt n’est autre que de l’air solide, qui
- Appareil pour la liquéfaction <l<‘ l'hydrogène.
- reste seul lorsque tout l’hydrogène est évaporé. Il se liquéfie à son tour, puis disparaît finalement par évaporation.
- Tout cela pouvait être prévu, mais il y a néanmoins quelque chose de vraiment émouvant dans la description que donne M. Dewar de ces phénomènes quotidiens transportés aux extrêmes limites des froids obtenus.
- Les phénomènes que l’on observe maintenant sont de ceux qui prendraient naissance sans aucun artifice à la surface d’un corps céleste situé à une grande distance de toute étoile fixe, et ayant lui-même perdu toute chaleur propre. Dans les faibles fluctuations de la température qui se produisent encore sur la planète Neptune, aux confins du système solaire, là où le soleil n’apparaît plus que comme un sou vu à cent mètres de distance, l’air doit ainsi se solidifier par instants, puis fondre et revenir à l’état gazeux, produisant la gelée blanche, la rosée, le brouillard.
- Déjà l’ébullition de l’hydrogène sous la pression atmosphérique a fourni les températures les plus basses que l’on ait pu maintenir pendant quelques instants. On descendra encore en faisant le vide sur l’hydrogène liquide, puis on atteindra, comme pour l’acide carbonique, l’éthy-
- 1 Sur la liquéfaction de l'hydrogène et de l'hélium, Annales de Chimie et de Physique, juin 1898.
- lène, l’air, la limite infranchissable, imposée chaque fois par les propriétés thermodynamiques du corps sur lequel on opère.
- Pour descendre encore, il faudrait, comme nous le disions ici même il y a quelques années, posséder un gaz plus volatil encore que l’hydrogène. L’hélium est dans ce cas, mais sa grande rareté ne permettra probablement jamais de l'employer à des expériences suivies dans la production des grands froids. Si donc le récent succès de M. Dewar doit être salué avec l’enthousiasme qu’entraîne tout grand progrès, on ne peut se défendre d’une sorte de mélancolie à l’idée que l’on touche maintenant aux extrêmes limites de la puissance humaine dans un problème tout palpitant d’intérêt.
- Lorsque l’ébullition de l’hydrogène sous faible pression aura donné tout ce qu’on peut en attendre, la question des grands froids sera arrivée à son terme, à moins qu’une méthode nouvelle ne permette de suivre une piste encore inconnue.
- Peut-être trouvera-t-on le moyen de réaliser, avec les gaz solidifiés, des mélanges réfrigérants, tout comme avec les solides aux températures ordinaires. Mais les faibles affinités des corps aux très basses températures laissent peu d’espoir de ce côté.
- Nous n’avons pu donner ici que quelques rapides indications sur les expériences récentes de M. Dewar, et sur les enseignements immédiats qui s’en dégagent. Il reste maintenant à reprendre le problème de plus haut, et à faire le bilan des progrès réalisés dans la conquête des limites du froid, (l’est ce que nous ferons dans un prochain article. Ch.-En. Guillaume.
- LE F0RM0LATEUR
- Los savantes et intéressantes communications faites au dernier Congrès de médecine et d’hygiène tenu à Madrid ont démontré une fois de plus que si en matière de transmission des maladies on peut dire : « le microbe, voilà l’ennemi », on peut dire aussi : « la désinfection, voilà le remède ».
- Aux antiseptiques à l’état liquide, en solution, les hygiénistes tendent aujourd’hui à substituer les antiseptiques gazeux, particulièrement pour certains objets ou pour l’ensemble d’une pièce, parce que le gaz pénétrant partout, n’oubliant rien, peut plus sûrement détruire, sur les murs ou dans le mobilier les germes morbides.
- Le Formol, solution aqueuse à 40 pour 100 d’aldéhyde formique depuis longtemps reconnu comme le désinfectant le plus énergique, devait plus spécialement attirer l’attention du monde savant.
- Présenté dans le commerce sous forme d’un liquide incolore, doué d’une1 odeur vive, âcre et piquante, toxique comme la plupart des antiseptiques, le Formol n’a guère été jusqu’à présent qu’un agent précieux pour les laboratoires.
- Le problème consistait donc à chercher le mode de transformation qui rendrait l’emploi du Formol sans danger, d’un maniement facile et devant donner des résultats certains. Plusieurs appareils portatifs ont été imaginés.
- En général on vaporise l’alcool méthylique (esprit
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- LA NATURE.
- de bois) en contact avec le platine surchauffé ; mais il ne dégage que de faibles quantités d'aldéhyde formique.
- D’autres appareils emploient le Formol à l’état liquide (10 pour 100 d’aldéhyde formique), c’est-à-dire dans une forme reconnue toxique.
- D'un autre coté, ils présentent des dangers d’explosion puisque, pour dégager l’aldéhyde formique, il faut une pression de plusieurs atmosphères. 11 s’ensuit un mécanisme compliqué, se dérangeant facilement et exigeant un personnel de surveillance et d’entretien; tout le monde ne peut donc pas les faire fonctionner.
- Comment donner à l’aldéhyde formique, à ce désinfectant par excellence, la forme indifférente, maniable, effective, désirée? Quelle forme donner à un appareil d’un mécanisme simple, régulier, sans danger, pouvant être manipulé par tout le monde? Ces desiderata ont été remplis en partie par la méthode de désinfection, de désodorisation, de conservation, de la compagnie « Uelios ». Cette méthode consiste dans la gazéification de l’aldéhyde formique sous forme solide (paraforme) dans les appareils dits :
- « formolateurs ». L’aldéhyde formique est présenté à l’état solide en pastilles dont chacune pèse 1 gramme et contient exactement 100 pour 100 d’aldéhyde formique. En s’évaporisant ces pastilles ne laissent presque pas de résidu. Elles sont absolument inoffensives.
- L’appareil destiné à leur gazéification consiste en une lampe à alcool dont la mèche brûle dans un globe de cristal qui supporte un grand et un petit récipient, indépendants l’un de l’autre, préparés pour recevoir les pastilles. Le grand, le plus approchant de la flamme, sert pour la désinfection, le petit, pour la désodorisation. Tous les deux sont munis d’ouvertures à leurs parois.
- Une fois la ou les pastilles placées dans le récipient, et la lampe allumée, les gaz de combustion (vapeur d’eau) produits par la flamme de la lampe pénètrent par les ouvertures dans le grand récipient et se mélangent intimement avec les gaz d’aldéhyde formique surchauffés qui se dégagent des pastilles. Ce sont donc bien effectivement des gaz surchauffés qui se dégagent et se mélangent complètement et rapidement avec l’air ambiant ; point très important, car ces gaz ne se recondensent pas, comme cela a lieu avec la désinfection par l’emploi du Formol liquide.
- Les formolateurs ont en outre le sérieux avantage de permettre de calculer exactement la dose d’aldéhyde formique .à dégager dans un cas déterminé. De nombreux essais scientifiques faits
- par les autorités les plus compétentes en médecine et en hygiène, ont en effet démontré que, pour désinfecter radicalement une pièce et détruire les germes les plus courants et les plus réealtricants : tuberculose, diphtérie, scarlatine, rougeole, fièvre typhoïde, influenza, coqueluche, anthrax charbonneux même, il suffit de une à deux pastilles par mètre cube.
- La gazéification s’effectue en moins d’une heure ; la pièce laissée sous l’influence de ce gaz pendant 12 ou 24 heures est complètement désinfectée et redevient habitable après une simple aération.
- Les gaz pénétrant dans n’importe quel coin, dans n’importe quel pli il n’est pas nécessaire de procéder au préalable à un nettoyage de murs à la mie de pain, nettoyage toujours fait d’ailleurs d’une manière plus ou moins consciencieuse par les ouvriers. On n’a pas non plus, avec le formolateur, à redouter la moindre détérioration ou altération des objets soumis à son action ; le métal blanc, le fer, l’or, le cuivre, les articles nickelés, les soies de toutes couleurs, les étoffes délicates, le cuir, le caoutchouc, le bois poli, les tentures murales, les peintures, le linge, la literie ne subissent aucune atteinte.
- S’il s’agit simplement d’une désodorisation, on emploie le petit récipient dont nous avons parlé plus haut, on le place dans le grand et on y dépose la pastille.
- La marche de la gazéification peut se régler en modérant la mèche de la lampe. Odeurs de cabinets, cuisine, fumée, moisi, renfermé, etc., sont immédiatement anéanties et non dissimulées sous une autre odeur.
- Un autre service (pie peut rendre le formolateur consiste dans la conservation des aliments pendant les chaleurs par suite des vertus microbicides de l’aldéhyde formique.
- L’appareil est d’un maniement facile, on peut le disposer partout sur une table, sur une cheminée, dans une chambre, de façon à stériliser dans une certaine mesure et .à désodoriser l’air des appartements chargé de miasmes délétères ou d’odeurs désagréables. Quelques pastilles successives dans l’éva-porateur, et immédiatement se dégage le gaz antiseptique et désodorant. L’emploi du Formol sous cette forme nous semble certainement supérieur à l’usage du Formol liquide.
- En somme, pénétration du désinfectant dans tous les corps soumis à son action ; suppression de la détérioration des objets à désinfecter ; absence d’odeur nuisible ou désagréable; prix de revient peu élevé. S. Car-l.
- Type 1. Type 2.
- Type 1. Formolateur «Ilélios» d'appartement. b, lampe à alcool; a, récipient en verre; cp, réservoir à pastilles. Type 2. Lampe de stérilisation d’un appartement.
- B, lampe ; O, mèche; P, réservoir à pastilles.
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- LA NATURE.
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- LA CATASTROPHE DE LA « BOURGOGNE »
- La catastrophe qui vient de se produire aura un long et douloureux retentissement dans le monde entier. En France et aux Etats-Unis, l’émotion est encore grande comme au premier jour. Aux sympathies qui arrivent de toutes parts, on nous permettra de joindre les nôtres et de saluer d’un dernier et respectueux hommage les victimes de cet épouvantable naufrage et les officiers qui sont morts à la place d’honneur.
- On connaît les détails de ce triste drame. Le 4 juillet, vers 5 heures du matin, le transatlantique la Bourgogne, dans sa traversée de retour de New-York au Havre, a été abordé par le Cromartyshire, navire à voiles anglais, et a coulé en quelques instants, faisant 565 victimes parmi lesquelles 447 passagers et 118 hommes d’équipage; seules
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- Fig. 1. — La Bourgogne au port.
- 165 personnes ont été sauvées, y compris 61 hommes de l’équipage. Ces chiffes sont encore sujets à caution.
- La Bourgogne était un des plus rapides navires de la Compagnie générale transatlantique ; ses caractéristiques principales étaient les suivantes :
- Longueur..............151 mètres.
- Largeur .............. 15m,50.
- Tonnage............... 7400 tonnes.
- Les machines, au nombre de deux, développaient une puissance de 8000 chevaux; construite à la Seyne en 1886, la Bourgogne avait été réfectionnée récemment; sa vitesse de route était d’environ 18 nœuds. Quant à l’abordeur, le Cromartyshire, c’est un simple cargo-boat de 2800 tonnes; il se rendait de Dunkerque à New-York.
- Comment la catastrophe a-t-elle pu arriver? Les deux navires naviguaient en plein brouillard. Un n’y
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- Fig. 2. — La Bourgogne eu .pleine mer.
- (D’après des photographies instantanées de M. Brochet.)
- voyait pas à oO mètres de distance. En pareil cas, la sirène, les sifflets sont mis en action. Sur le paquebot transatlantique les signaux réglementaires ont été faits, puisque le navire abordeur les a entendus. Mais la réciproque n’est pas exacte probablement.
- Le Cromartyshir n’aura pas fait de signaux permanents et le paquebot a poursuivi sa route, vitesse réduite comme en pareil cas. Le navire anglais a vu tout à coup apparaître comme un fantôme le grand paquebot français, et, la fatalité aidant, il l’a abordé par le travers, au point le plus faible du bâtiment. Ainsi s’explique comment un navire d'aussi faible tonnage a pu défoncer les œuvres vives d’un paquebot solide comme la Bourgogne. Si l’abordage s’était fait près de l’avant, il se fvit produit une simple avarie sans gravité. La résistance au choc eut été aussi grande vers l’avant qu’elle a été faible près du maître-couple. Le choc a troué les compartiments des chaudières, l’eau s’est engouffrée avec rapidité, et, bien que l’on eût tenté de faire mar-
- cher les pompes, il fallut bien reconnaître que le bâtiment était perdu. Et en effet, il s'inclina d’abord, s’enfonça et en moins de 40 minutes il coulait, ensevelissant dans les profondeurs commandant, officiers, équipage et un grand nombre de passagers.
- Ce n’est pas la première fois que des bateaux de faible tonnage amènent par collision le naufrage de navires de fort tonnage. Tout dépend du point par lequel le navire est abordé. 11 est bien certain que c’est au contraire le navire de petit tonnage qui sombrerait s’il abordait le gros bâtiment par l’avant, dans les régions où la construction possède son maximum de résistance. Car, un paquebot marche toujours à une vitesse supérieure à celle du voilier. Et le choc est en raison de la masse et du carré de la vitesse. C’est généralement le navire qui choque qui fait les ravages. Or ici, la Bourgogne s’est enferrée en quelque sorte elle-même, dans l’avant du bâtiment anglais. Elle avançait avec précaution, mais encore probablement à la vitesse d’au moins 9 à 10 nœuds.
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- Le Cr0mr//7//.s7m7q dit-on, ii’avaiiçait qu’à 5 nœuds. ]1 est Lien clair que, prise par le travers, la Bourgogne progressant relativement assez vite, devait laisser pénétrer avec violence dans son liane l'avant du bâtiment anglais. On va chercher du reste à établir aussi bien que possible à quel navire incombent les responsabilités. Pour le moment, il semble bien que le Cromarlgshire n’a pas tenu compte des signaux du paquebot et a été se jeter sur les compartiments des chaudières. Attendons les résultats de l’enquête qui peut-être pourront fournir quelques renseignements à cet égard.
- On dira aussi que les signaux sonores sont souvent capricieux ; il se produit des réflexions dans le brouillard, des échos trompeurs; cela arrive souvent le long des eûtes. Les sirènes fonctionnent ; on les entend à 3 et 4 kilomètres de distance; puis on ne perçoit aucun son dans une zone intermédiaire. Mais tel n’est pas le cas ici. Les deux bateaux se trouvaient masqués parle brouillard à quelque trente mètres de distance. Les précautions avaient été bien prises. Le commandant Delonc'.e qui s’est enseveli avec son bâtiment était un marin expérimenté, et d’une valeur reconnue par tous ses égaux. On ne peut rien reprocher au commandant de la Bourgogne.
- Les sinistres de cette gravité sont heureusement fort rares; citons le naufrage du Daniel Steinrnan qui lit 120 victimes, du State of Florida, du Scholten dont 150 hommes périrent, du Geiser, de YUtopia englouti avec 560 hommes, de Y Elbe, de la Régente Christine, du Maine.
- 11 faut remonter jusqu’en 1878 pour retrouver le souvenir d’une pareille calamité, surpassant encore en horreur celle du 4 juillet. Là, dans ces mêmes parages, à 20 milles environ d’Halifax, sur la cote de la Nouvelle-Ecosse, un navire anglais, Y Atlantic, touchait les rochers qui forment la pointe de Meaghes et sombrait. Il avait à son bord 1058 passagers, dont 500 seulement purent être sauvés. Et, la même année, à quelques mois de là, dans la nuit du 22 novembre, un autre sinistre qui, de tous points, rappelle celui qui vient de se produire, s’ajoutait à la liste des trahisons de la mer. La Ville-du-Havre, qui, affectée au môme service que la Bourgogne, se rendait de New-York en France, était abordée par le trois-màts anglais le Loch-Earn, prise en travers vis-à-vis du grand mât et, éventrée sur une largeur de plus de 5 mètres, coulait à pic, avec une rapidité effrayante, entraînant avec elle 515 passagers et marins, dont 226 trouvèrent la mort. Heures tragiques dont le détail apparaît horrible par les seuls souvenirs de ceux qui, survivant, assistèrent, dans l'épouvante, à ces scènes où côte à côte se dressent l’héroïsme et la sauvagerie des hommes devant la mort.
- Comment lutter contre des circonstances exceptionnelles. En supposant même que nous ayons trouvé le moyen de préciser en plein brouillard la position de deux navires suivant la môme route, le problème de la sécurité des passagers ne serait pas
- encore résolu1. Et la collision imprévue avec les « icebergs)) et le choc contre les épaves7Icebergs et épaves sont des obstacles dangereux. Précisément le capitaine Delonele avait rencontré un peu avant le naufrage la coque renversée et flottante d’un navire, et, le même jour, il avait évité un iceberg énorme.
- 11 ne faudrait pas, d’autre part, exagérer les dangers que nous courons en mer. Il y a du danger partout. En ce qui concerne les traversées du Havre à New-York, il n’est pas superflu de faire remarquer que la Compagnie transatlantique fait par an 52 départs du Havre et autant de New-York, soit 104 trajets. Or, depuis 1878, date du naufrage de la Ville-du-IIavre, la Bourgogne est le premier transatlantique qui se soit perdu.
- Le naufrage de la Bourgogne fera réfléchir ceux qui ont charge d’àmes. On se décidera à augmenter, dans les constructions nouvelles, les conditions d’insub-mersibilité des paquebots. Il faudra désormais multiplier les sacrifices pécuniaires, penser à la solidité du navire. 11 faudra encore songer sérieusement à provoquer des règlements internationaux qui assureront, dans les limites du possible, la sécurité des routes maritimes. Henri de I'aryii.i.e.
- CORRESPONDANCE
- U FIN DES OISEAUX2
- Nous avons reçu l’intéressante lettre suivante :
- Tous vos lecteurs auront certainement applaudi à la courageuse défense que vous prenez des petits oiseaux, ces amis si méconnus de l’homme. Vous avez éloquemment fait ressortir les services innombrables qu’ils rendent à l’agriculture et la guerre impitoyable et sans profit que leur fait la jeunesse. Vous avez jeté le cri d’alarme en constatant la décroissance de la population ailée et en pronostiquant sa disparition à brève échéance. Enfin vous avez émis le vœu de voir les pouvoirs législatifs doter la France d’une loi protectrice des oiseaux.
- Permettez-moi d'ajouter quelques observations. La faune ornithologique de la Belgique, à peu près semblable à celle de la France, se compose d’environ 540 espèces qui sont rangées en trois catégories par la loi protectrice des oiseaux insectivores édictée en 1875 et revisée en 1882, à savoir :
- 1° Les insectivores en tout temps, tels que les hirondelles, les fauvettes, les mésanges, les rossignols, etc., qu’il est défendu en tout temps de dénicher et de détruire; 2° Les insectivores en temps de chasse, close, tels que les grives, les alouettes, etc. ; même défense pendant cette période; 5° Les oiseaux nuisibles, tels que es pies, geais, etc., qu’il est permis de détruire.
- La loi condamne à des amendes variant de 5 à 25 francs avec emprisonnement de 5 à 7 jours en cas de récidive.
- Eh bien! faut-il le dire, cette loi est peu efficace. Les enfants continuent-de plus bel à dénicher les oiseaux; en hiver les paysans leur tendent mille pièges perfides
- 1 On a expérimenté des avertisseurs microphoniques destinés à prévenir les navires de leur trop grande proximité. Les cryptopbones ne peuvent malheureusement préciser la, position des bâtiments en plein brouillard.
- 2 Yoy. n° 1508, du 25 juin 1898, p. 58.
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- LA NAT U HE.
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- lorsque la faim les oblige à se rapprocher des habitations. L’aulorité locale fait preuve d’une incurie complète ; c’est le régime du laisser-faire.
- J1 faudrait sans doute pour stimuler le zèle des gens de police leur accorder une prime s’élevant par exemple à 50 pour 100 du montant de l'amende et même une médaille après un certain nombre de procès-verbaux du genre. De plus les parents devraient être rendus responsables des délits commis par leurs enfants. La Société protectrice des animaux ne pourrait-elle pas aussi, à l’instar de ce qui se fait à Haie (Suisse), établir pendant l’hiver, sur certains arbres des promenades publiques, des appareils pour la nourriture des oiseaux, recommander de ne tailler qu’après l’hiver les arbres à baies, semer quelques tournesols dont la graine est si appréciée des mésanges, enfin en temps de neige faire balayer certains endroits et y répandre des graines.
- D’autre part, renseignement primaire devrait s’étendre davantage sur les services rendus à l’agriculture et à la sylviculture par les oiseaux. Au lieu de circulaires ministérielles, il faudrait de beaux tableaux scolaires faisant connaître par les yeux aux jeunes gens les insectes et les ravages qu’ils causent dans nos jardins, nos champs et nos bois. De temps en temps l’instituteur ferait une conférence sur une espèce d’oiseaux. 11 est vrai que l’instituteur est déjà surchargé de besogne. Récemment on lui a encore endossé les conférences anti-alcooliques. Mais les administrateurs communaux (municipaux) ne pourraient-ils se charger de ces entretiens? Cela les mettrait ainsi en relation avec leurs administrés en d’autres temps qu’en temps d’élections; car il faut que tous fassent preuve de bonne volonté si l’on veut arriver à un résultat satisfaisant. De fait, l’hirondelle est pour ainsi dire le seul oiseau insectivore échappant à la destruction des enfants grands et petits, grâce à la rapidité de son vol et sur tout à la bonne habitude qu’elle a prise de nicher sous le toit de la maison paternelle. Mais le rossignol même, cet oiseau chanteur par excellence, croyez-vous qu’il trouve grâce devant la jeunesse? Non pas; j’ai connu un jeune homme, âgé de 15 ans, assez cruel pour tirer à la carabine Flobert, dans le jardin de ses parents, un rossignol couvant ses œufs prêts à cclore ! Et puis, on doit bien le dire, ce n’est pas encourageant de savoir que l’oiseau que nous protégeons chez nous sera tué sans pitié dès qu’il aura passé la frontière. Quelles hécatombes ne fait-on pas des hirondelles en Italie ! Il serait nécessaire qu’une entente internationale assurât la protection aux oiseaux insectivores.
- Quant aux oiseaux espèces-gibier, que l’on chasse lors du passage, il me semble que vous avez émis une note trop pessimiste1. Vous dites que dans certains départements une ou plusieurs espèces ont déjà disparu et que leur fin est prochaine. En ne regardant qu’autour de soi, ce qui semble une disparition peut, dans certains cas, n’étre qu’un déplacement. L’habitat de l’oiseau est réglé par scs besoins naturels. 11 se fixe où il trouve facilement la nourriture et en même temps des refuges protecteurs. Or la nature du sol peut changer par suite de défrichements, de reboisements, du creusement des canaux, des étangs, de la construction des usines, de l’établissement de chemins de 1er, etc., etc. Pour en citer un exemple, il est certain que les nombreux canaux qui se sont formés
- 1 Nous ne le pensons pas. L'opinion des naturalistes dont nous nous sommes fait l’écho et celle de la Commission internationale d'ornithologie est très nette à cet égard. Les oiseaux sont très menacés, si l’on ne prend pas des mesures énergiques de conservation. N. de la D.
- entre l'embouchure de l'Escaut et celle de la Meuse, il v a quelque trois cents ans dans la Zélande, y ont amené toute une population nouvelle d’oiseaux aquatiques, au détriment des contrées voisines qu’ils ont abandonnées.
- N'est-il pas possible aussi que les oiseaux, doués d'une si bonne mémoire, ne retournent plus dans les contrées sans sécurité pour eux, par suite de la chasse à outrance qu’on leur fait? Enfin, en ce qui concerne les péripéties des migrations, les oiseaux peuvent s’égarer par suite de vents contraires. On sait que la migration se fait toujours contre le vent et dans la direction à peu près fixe du nord-est vers le sud-ouest et vice versa. Or n’a-t-on pas vu en Angleterre en 1897 par exemple plus de pinsons et moins de rossignols que les années précédentes?
- Mais la fécondité de la nature est inépuisable. Déjà du temps des Romains, qui faisaient une consommation énorme de grives, ne disait-on pas que cet oiseau était menacé de disparaître? Eh bien! on continue à en prendre des quantités incalculables pendant l’époque du passage. Cet oiseau niche principalement dans les pays du Nord. Vers la mi-septembre, il émigre vers le sud-ouest.
- Après avoir été décimée en Allemagne, la grive arrive en Belgique, où elle tombe dans de nombreuses tendries qui l’attendent. En 1897, on à vendu sur les cinq marchés principaux belges 381 (100 grives, et, en outre, il n'v a pas de village chez nous où l’on ne mange des grives en octobre. Celles qui échappent arrivent ensuite dans les vignobles de France, et, sans doute pour oublier les soucis du voyage, elles s’enivrent copieusement. Le vin ne fait-il pas oublier les chagrins! (Musique d’Amb. Thomas). Mais alors elles perdent, toute prudence et tombent en masse sous le plomb des chasseurs ou dans les filets des tendeurs. Voilà donc un oiseau qui donne avec enthousiasme dans tous les pièges qu’on lui tend et qui cependant ne semble pas près de disparaître. Depuis deux mille ans, la grive soutient victorieusement la lutte pour l’existence et la conservation de l’espèce. Cela est de nature à rassurer les plus pessimistes. E. Duca.vMPs.
- Professeur il l'Athénée royal de Louvain
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 juillet 1898. — Présidence de M. YanTieghem.
- Ascensions de ballons-sondes. — M. Mascart expose que M. Teisserenc de Bort, à l’occasion du lancer international de ballons, a lâché trois ballons-sondes à 5 heures, 5 heures et 8 heures du matin. Les ballons étaient pourvus de thermomètres et baromètres enregistreurs qui ont été comparés avant le départ et après l'ascension des instruments. A 10 kilomètres d’altitude, les deux premiers ballons ont révélé une température identique de — 48° ; à 15 kilomètres, la température n’a plus été que de 71°.
- Physiologie des fourmis. — M. Blanchart présente une Note de M. Charles Janet sur la fonction des diverses glandes de l’appareil buccal des fourmis. L’auteur a trouvé qu’elles ont une réaction alcaline. Il a en outre constaté que les individus qui avaient été décapités conservaient la faculté d’exécuter certains mouvements d’un caractère réfléchi. M. Blanchard rappelle qu’il a fait la même observation sur des hannetons décapités.
- Influence de la greffe sur le greffon. — M. Bonnier mentionne un nouvel exemple de l’influence de la greffe sur le greffon obtenue par M. Daniel. Il s’agit de la carotte sauvage et de la carotte cultivée. Le sujet obtenu donne
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- LA NATURE.
- des graines qui produisent des plantes ayant des qualités propres, intermédiaires entre celles des originaux.
- Varia. — M. Raciaux présente une Note de M. Bertrand sur l’action de la Bactérie du charbon sur le sucre de bois (xylose). Cii. de Yui.edeuil.
- COUP DE FOUDRE
- SUR UNE CHEMINÉE «USINE
- La chute de la foudre sur un monument élevé entraîne souvent bien des catastrophes et des dégâts de toute nature. Un ne saurait à ce sujet prendre trop de pré-caulions. En effet, il est recommandé de |ircndre des mesures particulières pour les maisons dans les régions où les orages arrivent fréquemment. Il faut installer des paratonnerres dans de bonnes conditions, et veiller surtout à l’entretien de ces paratonnerres.
- A plus forte raison faut-il se précautionner, lorsqu’il s’agit d’un monument élevé et exposé à recevoir à chaque instant des décharges atmosphériques.
- On peut mentionner à ce sujet spécialement les cheminées d’usines qui sont toujours très élevées, et garnies à l’intérieur de barreaux de fer pour permettre d’atteindre le sommet. Ces barreaux semblent exposer davantage le monument aux coups de foudre.
- Nous en avons du reste un exemple curieux dans l’accident survenu le 5 mai à l’usine de MM. Ermen et Roby, fabricants de iils glacés à Armentières (Nord). M. Robert Battig, ingénieur, à Lille, et M. L. Colombier, à Armentières, nous ont fait connaître le fait et nous ont envoyé, chacun de leur côté, la photographie ci-jointe.
- L’usine dont il est question est située en plein centre de la ville. La cheminée avait une hauteur de 50 mètres, et une circonférence de 10 mètres à la hase; elle portait une couronne à la partie supérieure. A l’intérieur de la cheminée se trouvaient des échelons en fer scellés permettant d’atteindre le
- Un coup de foudre sur
- sommet. La foudre a frappé extérieurement la cheminée, au-dessus de la couronne ; puis elle a traversé la couronne pour venir à l’intérieur longer la paroi et produire la déchirure de 12 mètres en hauteur que montre notre dessin.
- Les briques se sont détachées de tous côtés et ont produit de nombreux dégâts dans les environs où se trouvaient justement des ateliers et dépôts de la fabrique. La cheminée est toutefois restée entièrement debout, et sa hase, jusqu'à une hauteur de 10 mètres environ, n’a nullement été atteinte.
- Cet accident aurait pu être évité en grande partie si la cheminée avait été munie d’un paratonnerre. 11 est certain que les édifices ainsi élevés sont souvent exposés aux coups de foudre et il convient de prendre toutes les mesures de protection nécessaires. On pressent combien il est dangereux d’établir une cheminée semblable au milieu d’une fabrique en plein centre de la ville.
- M. R. Bettig ajoute quelques renseignements sur la reconstruction de la cheminée (pii a causé, paraît-il, de sérieux embarras. Il a d’abord fallu la démolir brique par brique, et pour monter au sommet l’opération présentait des difficultés. On y est arrivé en installant à l’intérieur de la cheminée un échafaudage formé de 5 échelles et de planches disposées spécialement. La couronne s’est d’abord détachée subitement, heureusement sans entraîner le maçon. La construction s’est ensuite poursuivie sans entrave. On voit qu’un simple coup de foudre sur une cheminée peut amener de sérieuses complications, et causer de réels dommages aux industriels. Tous ces accidents doivent servir de leçon pour les installations à établir. Il ne suffit pas d’élever la cheminée, il est essentiel de songer qu'elle peut attirer la foudre et par conséquent il faut l’armer de paratonnerres. J. Leroy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1512
- 25 JUILLET 1898
- IA NATURE
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- TEMPÉRATURE D’ÉRULLITION DE L’OZONE LIQUIDE
- Fig. 1. Préparation de l’ozone liquide. AB, gazomètre à oxygène; CC, laveurs; D, Dessiccateur; E, ozoniseur Berthelot refroidi par la neige carbonique et le chlorure de méthyle; F, tube condenseur de l’ozone, plongé dans l’oxygène liquide; G, une des soudures de la pince thermo-électrique, l'autre étant dans l’ozone liquide ; H, bobine d’induction.
- Fig. 2. Fig. 3.
- Fig. 2. Appareil à oxygène liquide de sir James Dewnr, construit par MM. Lennox, Reynolds et Fyfe. — Fig. 3. Coupe du réfrigérateur à oxygène et à air liquide. A, alcool dans enceinte isolante de liège : B, arrivée du gaz carbonique liquéfié; D, robinet de détente du gaz carbonique liquéfié avec pulvérisateur d’alcool pour obtenir la pâte réfrigérante ; C, entrée de l’oxygène comprimé dans le serpentin refroidi à — 79°; EF, robinet de détente de l’oxygène comprimé. La détente se fait à l’orifice F.
- MM. P. Hautefeuille et J. Chappuis ont, les premiers, obtenu, en 1882, l’ozone à l’état de liquide bleu indigo foncé'.
- 1 Compt. rend, de VAcad, des Sc., t. XCIV, p. 1249; 1882. 26s année. — 2° semestre.
- Les expériences relatives à la détermination de la température d’ébullition de ce liquide ont été exécutées en 1887 par M. Olszewski. Cet habile expérimentateur, après avoir liquéfié l’ozone dans un
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- LA NATURE.
- tube refroidi à — 184°,4 par l’oxygène liquide en ébullition sous la pression atmosphérique, a constaté1 2 3 * * * que l’ozone ne se vaporisait que très lentement lorsqu’on portait le tube dans l’éthylène liquide refroidi à — 140°, mais qu’il se vaporisait très rapidement quand la température de l’éthylène se rapprochait beaucoup de son point d’ébullition. 11 en a conclu que la température d’ébullition de l’ozone liquide devait être voisine de — 106°. Je me suis proposé de fixer cette température avec plus de précision.
- Pour cette détermination, j’ai employé comme appareil thermométrique, un couple fer-constantan fournissant une courbe donnée par la température de la glace fondante, par les points d’ébullition du chlorure de méthyle, seul ou traversé par un rapide courant d’air, par la température du mélange d’acide carbonique solide et de chlorure de méthyle8, par le point d’ébullition du protoxyde d’azote, par celui de l’éthylène liquide, par la température de fusion de l’éthylène solide, et par le point d’ébullition de l’oxygène liquide sous la pression atmosphérique. On pouvait, à l’aide de cet appareil, apprécier les températures à moins d’un demi-degré près.
- L’ozone était obtenu à l’aide de l’ozoniseur E (lig. 1) de M. Berthelot maintenu aux environs de — 79° par un mélange d’acide carbonique solide et de chlorure de méthyle. La liquéfaction de l’ozone se produisait dans un tube vertical F dont la partie inférieure était immergée dans un bain d’oxygène liquide, contenu dans un récipient cylindrique en verre à double paroi, avec espace intermédiaire dans lequel on avait fait le vide de Grookes, comme le recommande M. J. Dewar.
- L’ozone se liquéfiait avant d’arriver dans la partie du tube immergée dans le bain d’oxygène liquide et en un point situé à peu près à 2 centimètres au-dessus du niveau de ce bain, grâce à la basse température qu’y entretenait Yoxygène gazeux.
- L’ozone liquéfié se rassemblait en gouttelettes d’apparence huileuse, ne mouillant pas le verre et descendait dans le bas du tube au fond duquel on avait placé d’avance1 l’une des soudures du couple fer-constantan, l’autre soudure G étant maintenue dans la glace fondante. Pour déterminer ensuite la température d’ébullition de l’ozone liquéfié, on abaissait le bain d’oxygène liquide de manière que sa surface libre soit à plus de 3 centimètres au-dessous de l’extrémité inférieure du tube où l’ozone était réuni, et l’on notait les déviations successives indiquées par le galvanomètre Deprez-d’Arsonval. La déviation, après avoir diminué lentement, demeurait fixe pendant la durée de l’ébullition de l’ozone
- 1 Vieil. Monatshefle für Chemie, t. VIII, p. 69; 1887.
- 2 Les températures étaient données, dans ces deux cas, à l’aide d’un thermomètre gradué d’après les indications du thermomètre à hydrogène.
- 3 Une expérience dans laquelle on descendait l’une des
- soudures du couple (déjà refroidie par l'oxygène gazeux) dans
- l’ozone préalablement liquéfié et maintenu à — 184°,4 a été
- interrompue par une violente explosion.
- liquide, puis diminuait de nouveau et très rapidement jusqu’à ce que la soudure du couple ait atteint la température de l’oxygène gazeux en ce point.
- La déviation stationnaire reportée sur la courbe correspond aune température de — 119°. J’ai répété plusieurs fois l’expérience sur des quantités différentes de liquide et j’ai toujours obtenu le même résultat1. On en peut conclure que la température d’ébullition de l’ozone liquide sous la pression atmosphérique est — 119°.
- L’oxygène liquide employé dans ces expériences était obtenu à l’aide d’un appareil (fig. 2) construit d’après les indications de M. J. Dewar par MM. Lennox, Reynolds et Fyfe. Cet appareil utilisant l’oxygène comprimé, tel qu’on le trouve dans le commerce à Paris, en détermine la détente en F (fig. 3) après l’avoir refroidi par son passage dans un très long tube C (fig. 5) qui s’enroule en trois serpentins parallèles et se termine à l’orifice F. Ce tube est maintenu à — 79° par un mélange d’acide carbonique solide et d’alcool. On peut, de cette façon, obtenir dans un laboratoire ou dans un amphithéâtre, sans pompe de compression et sans force motrice, environ un quart de litre d’oxygène liquide en moins d’une demi-heure. L. Troost.
- Membre de l’Académie des sciences
- PAR SOUVENIR
- M. Colardeau a communique à la Société de physique des expériences faites en vue de résoudre un problème qui ne manque pas d’un certain intérêt psychologique.
- Supposons, dit-il, que par suite d’une circonstance quelconque, l’étalon du mètre vienne à être détruit, ainsi que toutes ses copies, et toutes les longueurs connues en fonction du mètre. Admettons, en un mot, qu’il ne reste rien autre chose de cette unité que le souvenir que l’on en pourrait avoir. Avec ce seul souvenir y aurait-il moyen de reconstituer le mètre perdu?
- Naturellement on essayerait de se tirer d’affaire au moyen de la méthode suivante. On s’adresserait à un grand nombre de personnes ayant eu, avant l’accident, l’occasion de voir ou de manier fréquemment la longueur du mètre. On leur présenterait une tige rectiligne de longueur quelconque manifestement supérieure à 1 mètre et on les prierait de marquer un trait sur cette ligne, de manière que la distance entre ce trait et l’une des extrémités de la tige représente, d’après leurs appréciations, la longueur qu’elles ont connue autrefois sous le nom de mètre. On prendrait la moyenne de toutes ces indications, quand on en jugerait le nombre suffisant, et on aurait ainsi la longueur qui, d’après l’opinion des personnes soumises à l’expérience, devrait être le mètre.
- Cette proposition un peu longue de M. Colardeau se réduit à ceci : reconstituer un mètre, d’après nos souvenirs et « sans tricher ». Par temps de pluie, ce serait presque un petit jeu à recommander.
- Avec quel degré d'approximation aurait-on chance de réussir et de retrouver le mètre vrai?
- 1 J’ai été très habilement secondé dans ces expériences par un de mes anciens élèves, M. Lamotte, agrégé-préparateur à la Sorbonne.
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- LA NAT URL.
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- 11 v a plusieurs moyens d’opérer. On peut essayer de reconstituer le mètre directement ; ou bien on peut faire porter l’expérience sur le décimètre qui, répété 10 fois, donnerait le mètre; on peut le faire porter sur une fraction quelconque du mètre. Tombera-t-on sur des résultats équivalents?
- M. Colardeau a entrepris, sur 100 opérateurs de bonne volonté, une étude systématique de la faculté d’évaluation des longueurs. Ces 100 opérateurs ont été subdivisés en 10 groupes comprenant chacun 10 personnes appartenant à une même catégorie de fonctions (physiciens, mathématiciens, chefs d’ateliers, ouvriers mécaniciens, etc.). Ces personnes de bonne volonté ont été soumises à deux épreuves successives. Dans la première, on leur laisait évaluer à la simple vue la longueur d’une série de réglettes. Dans la seconde, on leur mettait entre les mains une tige rectiligne munie d’un anneau formant curseur et on les priait de placer ce curseur au point jugé par elles convenable pour que sa distance à 1 extrémité de la tige représentât une longueur fixée d’avance.
- Or, les résultats obtenus n’ont pas été si mauvais que l’on eût pu le supposer tout d’abord, (iliaque sujet possède dans son souvenir une fraction du mètre assez exacte et différente, d’ailleurs, pour qu’il puisse se refaire un mètre plus ou moins exact. Les erreurs commises s’accusent, au total, dans le même sens. Toutes les longueurs faibles sont reconstituées trop longues; au contraire, les plus grandes longueurs proposées ont été reconstituées trop courtes. Entre les extrêmes, on trouve des longueurs reconstituées beaucoup plus exactement.
- Banni toutes les longueurs soumises aux opérateurs, il en est une qui semble privilégiée et qui donne la longueur du mètre beaucoup plus exactement que les autres. Celte longueur spéciale est voisine de 15 centimètres. Ainsi le mètre reconstitué par des longueurs faibles telles que 1 ou - centimètres serait trop long d’environ 1 décimètre. La reconstitution par des longueurs croissantes fournit des erreurs par excès qui diminuent à mesure que l’on s’approche de la longueur 14 centimètres. Avec cette longueur de 14 centimètres proposée, beaucoup d’opérateurs parviennent au mètre, à 1 millimètre près. Puis, si l’on continue de proposer à l’estimation des longueurs supérieures à 14 centimètres, on relève des erreurs par défaut. Pour la plus grande longueur proposée, 56 centimètres, l’erreur se traduirait par un mètre trop court de 7 centimètres.
- La reconstitution directe de la longueur même du mètre est beaucoup moins bonne que celle que l’on obtient au moyen de l’évaluation du décimètre, du double décimètre et surtout des longueurs intermédiaires. On s’imagine toujours le mètre plus long qu’il ne l’est réellement. La moyenne des 100 opérateurs de M. Colardeau l’a estimé trop long de 4 centimètres.
- En somme, il résulte de ces expériences que, pour reconstituer le mètre, il n’est pas indifférent de choisir une longueur quelconque d’évaluation ; on réussit toujours mieux en adoptant comme sous-unité des longueurs comprises entre le décimètre et le double décimètre. En partant de ces petites longueurs, on arrive à un mètre exact, à quelques millièmes près. Cette conclusion est intéressante et montre d’abord que nous gardons assez bien la mémoire de certaines longueurs, et ensuite que nos souvenirs sont surtout précis quand ils se rapportent à des longueurs ni trop petites ni trop grandes. Notre optique et notre jugement s’égarent au delà de
- certaines dimensions; ces expériences font voir que nous estimons mieux 1 décimètre que 5 centimètres, mieux encore 15 centimètres que 50 centimètres.
- Si, par hasard, nous avions à reconstituer un mètre absent, ce qui peut arriver plus souvent qu’on ne le pense, nous réussirions donc assez bien en partant de l’évaluation du décimètre et mieux du décimètre et demi. On peut essayer. Ce petit jeu est à la portée de tout le monde... et l’on pourra même donner des gages à ceux qui n’auront pas de coup d’œil! IIeniu de Pahville.
- LE MHU:U PORT DE U1ZERTE
- Bizerte, ce « Brest de l'Afrique du Nord », comme on l'a souvent surnommé, est en train de devenir, grâce à sa situation géographique et à l’exécution de récents travaux, un des points de relâche les plus
- MennâApjemii
- Fig. 1. — Carte de Bizerte et de ses environs.
- importants de la Méditerranée. Certes l’antique Ilippo Zaritus des Romains n’a pas entièrement recouvré sa splendeur passée, mais le vieux port qui n’offrait naguère aux touristes qu’un pittoresque délabrement, peut aujourd’hui abriter toute une flotte.
- Les commencements de sa restauration datent de douze ans. Avant cette époque, l’effondrement et l’ensablement des quais les rendaient inaccostables, les fonds avaient à peine un mètre de profondeur et une barre — atteignant bien 0m,50 à 0m,80 d’eau en été mais que les brisants rendaient impraticable en hiver — s’était formée sur la passe. Enfin la rade,balayée parles vents du nord au nord-est,était de tenue très médiocre. Les grands navires se détournaient donc de ce refuge inhospitalier que visitaient seulement, et encore dans la belle saison,
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- les maboimes pratiquant le cabotage le long des côtes tunisiennes. Aussi, en février 1886, l'amiral Aube, saisissant l'importance stratégique de ce point, proposa de transformer Bizerte en un camp retranché inexpugnable. La crainte de complications diplomatiques retarda cette entreprise qu’on reprendra probablement bientôt. Cependant le gouvernement français décida alors de faire approfondir à trois mètres le port ainsi que l’étroit canal amenant les eaux du lac à la mer (Yoy. lig. 1 et 2).
- Pour combattre l'ensablement on construisit en outre une petite jetée. Trois ans plus tard, après de nombreux sondages préliminaires, MM. Hersent et
- Couvreux demandèrent au gouvernement tunisien l’autorisation d’y établir et d'y exploiter un port de commerce. Leur projet fut accepté, et le 17 février 1890 un décret du Rey approuvait le contrat de concession. 11 comprenait deux jetées d’un kilomètre de longueur, un avant-port, un canal d’accès de la mer au lac, des appontemenls, un mouillage dans la baie de Sebra et des feux destinés à éclairer l’entrée des abords ainsi que le canal. Moyennant l’exécution de ces clauses, l’État s’engageait à verser, entre les mains de la Compagnie qui s’était substituée à MM. Hersent et Couvreux, une somme d’environ 5 millions de francs.
- Fig. 2. — Plan de la ville et du nouveau port de Bizerte.
- Les travaux lurent menés rapidement et le nouveau port était ouvert à l’exploitation le 1er juillet 1895.
- Telle est, brièvement résumée, l’histoire de Bizerte au cours de ces dernières années, donnons maintenant quelques détails techniques.
- L’ouvrage le plus considérable est la jetée nord (lig. 2). Enracinée sur l’ancien môle de la Casbah, elle se dirige à l’est. Sa longueur est de 1 kilomètre et elle s’appuie sur des fonds de 15 mètres. La seconde jetée a 950 mètres. Orientée du sud au nord, elle atteint les memes profondeurs et son inusoir est à 420 mètres de celui de la première. Elles enserrent ainsi un avant-port de près de 100 hectares. Les navires pourront y évoluer à l’aise et ces digues assureront le calme indispensable à un bon mouillage.
- Le canal creusé à 9 mètres au-dessous des basses mers mesure 62 mètres de largeur libre au plafond. Il relie l’avant-port au lac de Bizerte qui a une superficie de 50000 hectares. Il est accessible aux navires du plus fort tonnage et, sa section étant suffisamment large, les remous n’y atteignent jamais une vitesse dangereuse pour leur sécurité. Ainsi, le 16 mai 1896, le Brennus et le Redoutable, deux de nos plus puissants cuirassés, le franchissaient sans difficulté, le vapeur anglais Baku Standard, calant 27 pieds, y entra même au cours de l’année dernière, et, depuis 1895, il reçoit souvent des navires ayant 7 mètres et 7m,50de tirant d’eau. Les déblais provenant du dragage ont été rejetés sur la rive nord. C’est sur ces terre-pleins que la nouvelle ville se bâtit peu à peu. Puisse-t-elle s’édifier
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- LA NATURE.
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- assez vite pour qu'on lui applique le proverbe, Jleri solitudo, hodie viens, cras civilas ainsi que le souhaitait Massieault, le jour où il en posa la première pierre!
- De l’autre coté, le chenal débouche en face de la pointe de Sebra qui se trouve située dans le prolongement de son axe. On l’a surmontée d’un phare afin de faciliter aux navigateurs le passage du canal. Des quais, des grues, des hangars, une voie ferrée, des feux en nombre suffisant répondent à tous les besoins de la navigation et au développement des transactions commerciales. Une dernière particularité à signaler. Comme dans l’estuaire, il se produit des courants atteignant des vitesses de 4 nœuds, la Direction des Travaux publics de la Régence a décidé de remplacer le bac, (pii relie les
- deux bords et qui se trouvait parfois entraîné à la dérive, par le pont transbordeur de MM. Arnodin et de Palacio (fig. a). Ce système fonctionne déjà en Espagne à l'embouchure du Nervion entre Portuga-lète et Las-Arenas. C’est en somme un pont suspendu dont le tablier est élevé à 45 mètres au-dessus du niveau de la mer pour ne pas gêner le passage des paquebots. Il porte un chariot qu’actionnent des câbles mus par une machine à vapeur lixe. Le niveau de la plate-forme coïncide avec celui des quais de chaque côté. De cette façon, rembarquement ou le debarquement des piétons et des voitures a toujours lieu de plain-pied. L’ensemble, fondations en maçonnerie, machinerie, superstructure métallique et accessoires, a exigé 500000 francs. 11 vient d’ètre mis en service. Le port, qui a coûté
- . — Le pont transbordeur de Bizerte.
- Fig. 3
- lo millions, aura donc occasionné à l’Etat une dépense de 6 millions. Quant à la Compagnie, ses débours peuvent être évalués approximativement à 7 millions. La différence entre cette somme et la subvention semble devoir être largement compensée par les revenus de la concession qui lui est accordée jusqu’en 1965.
- Cependant il est permis d’avoir certaines inquiétudes au sujet du développement futur de Rizerte. Sans doute, sa position sur un point avancé des côtes lui assure une situation unique comme escale pour les navires qui se rendent dans les mers de Chine. En outre, dans quelques années, grâce aux 16 millions promis par la Chambre et dont une faible partie (1 600 000 francs) a été votée l’an dernier, il deviendra un port militaire de premier ordre.
- Sera-ce une source de revenus suffisants?Car il ne faut pas compter sur le continent pour soutenir Rizerte. Tunis limitant son rayon d’appel à une
- cinquantaine de kilomètres. Aussi d’après certains ingénieurs, l’importance commerciale que pourra prendre la nouvelle ville ne saurait justifier les sommes consacrées à son amélioration. Espérons pour le « Rrest africain » les plus brillantes destinées et laissons à l’avenir, ce tribunal suprême, le soin de
- nous fixer. Jacques Rover.
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- LE CLIMAT DE PARIS
- Température. — La moyenne annuelle de la température de l’air à l’Observatoire de Paris est de 10°,7, mais par suite de la position occupée par cet établissement au sud de la ville, on peut considérer cette moyenne comme un peu en excès sur celle déterminée en pleine campagne, comme par exemple à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur où elle n’est que de 10°,0. L’influence de Paris a donc pour effet de relever la température, ce qui s’explique d’ailleurs par l’immense agglomération de constructions, le revêtement des chaussées, l’énorme
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- LA NATURE.
- quantité d’eau répandue sous toutes ses formes, la respiration des êtres animés, les fumées, etc.
- Si en moyenne annuelle les observations des Observatoires de Paris ou de Montsouris ne surpassent que d’environ un demi-degré celles faites aux environs, par contre, dans les quartiers du centre, cet excès devient plus accentué, il peut atteindre et même dépasser quelquefois 1 degré. La comparaison des moyennes mensuelles, saisonnières, et des observations diurnes montre des écarts considérables et qui font ressortir davantage l'influence parisienne. Ainsi la variation diurne dans le square de la tour Saint-Jacques par exemple, est moindre qu’au Parc-Saint-Maur : les ininima y descendent moins bas; de huit à neuf heures du malin, le relèvement thermique est moins rapide qu’en pleine campagne ; c’est de midi à trois heures que les valeurs se rapprochent, et enfin sur le soir, comme l’abaissement est plus lent, il en résulte qu’à neuf heures du soir l’écart entre les observations thennométriques faites à Paris ou dans la banlieue atteint son maximum.
- Les extrêmes absolus authentiquement enregistrés jusqu’à présent sont de 58°, 4 les 51 juillet 1881 (Parc-Saint-Maur) et 0 juillet 1874 (Montsouris) et — 25°,0 le 2 décembre 1879 (Parc-Saint-Maur). La température peut subir à Paris une variation de soixante-quatre degrés.
- 11 commence à geler vers le 5 novembre, cependant la température descend au-dessous de zéro, quelquefois plus tôt; ainsi en 1881, il gela dès le 5 octobre. Les dernières gelées se produisent en avril.
- L’action de la gelée sur le sol est variable suivant que celui-ci est dénudé ou recouvert de végétation ou même d’une couche de neige. On a constaté que le sol dénudé est celui qui gèle le [dus profondément, ainsi autour des grands hivers on trouve des conduites d’eau placées à 0ra,80 de profondeur détruites par la gelée.
- Baromètre. — La moyenne annuelle de la pression atmosphérique à Paris (réduite au niveau de la mer) est de 7ü2mm,3. Les extrêmes absolus enregistrés jusqu’ici sont : 780'"'",9 le fi février 1821 à 9 heures du matin à l’Observatoire de Paris (ait. : fi7 m.), et 715mm,2 le 24 décembre de la même année, au même endroit. L’écart entre ces pressions extrêmes est donc de soixante-sept millimètres. Ces variations sont énormes.
- Entre l’observation barométrique de chaque jour à midi l’écart est en moyenne de 5 à 4 millimètres; il est un peu moindre en été, mais dépasse souvent 4 millimètres en hiver. A Paris il se produit presque chaque année une variation de la colonne mercurielle ‘d’au moins 20 millimètres en un jour, mais au delà de 30 millimètres, on n’en connaît que deux exemples depuis l’origine des observations barométriques. Ces grandes fluctuations se produisent pendant la saison froide.
- Humidité. — La plus longue série d’observations hygrométriques que nous possédons pour Paris est celle de l'Observatoire de Montsouris, et d’après ces observations, on a déduit qu’à Paris, en année moyenne, l’atmosphère contient de 6 à 8fr,2 de vapeur d’eau par mètre cube d’air. C’est là un nombre susceptible de s’abaisser de 0mra,58 (9 décembre 1871) ou s’élever jusqu’à 18 et 20ram qu’on observe en été par des temps orageux.
- Pluie. — A Paris, il pleut en moyenne pendant 147 jours chaque année, c’est-à-dire de jours pendant lesquels il tombe au moins 0mm,l d’eau, quantité suffisante pour mouiller le pavé. On compte en outre une cinquantaine de jours de gouttes seulement.
- Dès 1858 on a installé des pluviomètres sur plusieurs
- points de la capitale et des environs. On estime la hauteur annuelle de l’eau météorique qui tombe sur Paris à 555 millimètres, mais ce nombre varie suivant les points d’observations; au centre la pluie est toujours moindre et la quantité accusée par les pluviomètres va en augmentant du centre à la périphérie. Le maximum s’observe aux Buttes Chaumont.
- La hauteur moyenne mensuelle est à Montsouris (1875-189fi) de : janvier : 35mm,2 ; février ; 50ram,3; mars : 5fira'",9; avril : 58mm,9; mai : 4lmm,2 ; juin : 59'”m,2; juillet: 54""",8; août : 49mm,fi; septembre: 49mm,7 ; octobre : fi3mm,2; novembre : 48mm, 1 et décembre: 46'"'",5. Quelquefois lm mois fournit à lui seul plus de
- 100'"'", et en 1854 (juin et juillet) et 189(5 (septembre et octobre) on a même constaté deux mois consécutifs donnant ensemble [dus de 300mm de pluie ; il est aussi raie d’avoir un mois sans pluie ; dans ce cas on cite seulement les mois d’octobre 1752, avril 1893 et septembre 1895. Au printemps, on constate quelquefois des périodes de sécheresse de plus de quinze jours, mais la plus remarquable est celle qui dura du 3 mars au 30 avril 1895, soit [tendant cinquante-huit jours, à peine interrompue par lmm d’eau tombée le 2 avril.
- A Paris, c’est pendant la matinée que la pluie est la plus abondante en hiver; en été c’est de 1 à 10 heures du soir que les averses fournissent le plus d’eau.
- La plus grande quantité d’eau recueillie en vingt-quatre heures est, pour notre région, celle tombée à Versailles du 25 au 26 juillet 1847, où M. Berignv recueillit 103mm,5. A Paris même, les [dus fortes journées de pluie n’ont guère donné plus de 60mm d’eau et elles sont très rares ; d’ailleurs en année moyenne on ne constate qu’une douzaine de jours par an durant lesquels il tombe de 10 à 15mm d’eau.
- Relativement à l’intensité d’une averse, les plus violentes peuvent fournir 500 litres d’eau'par seconde et par hectare. On comprendra quels dégâts considérables pourrait causer une chute de cette importance, si elle se prolongeait au delà de 5 à 8 minutes, temps maximum de leur durée constatée jusqu’à présent, et quel volume d’eau énorme elle déverserait sur le sol, si elle couvrait une grande étendue ; fort heureusement ces pluies, véritables cataclysmes, sont essentiellement locales et ne couvrent le [dus souvent qu’un espace assez restreint.
- Neige. — Il neige peu sur Paris; certains hivers, ce phénomène s’observe durant un ou deux jours; d’autres hivers la neige est plus abondante et peut recouvrir le sol d’une couche de 0m,65 (1788-89) ou 0m,40 (1879-80); l’épaisseur de la couche ne dépasse guère 0m,12.
- Orages. — Autrefois on comptait seulement de treize à quatorze jours d’orages par an, tandis qu’actuellement les observateurs en notent de vingt-huit à trente ; or, il ne semble pas que le nombre en ait ainsi doublé, mais bien qu’un certain nombre échappait aux observateurs ; d’ailleurs à Paris la perception du tonnerre est très difficile à cause du bruit incessant dû à la circulation.
- 11 y a très peu de personnes frappées par la foudre à Paris et cette protection s’étend même à tout le département qui forme comme un anneau autour de la capitale.
- Vent. — A la tour Saint-Jacques, à 58 mètres au-dessus du sol, la vitesse moyenne du vent est de 4 mètres par seconde ; il se produit des vitesses de 30 à 40 mètres par seconde, qui par des bourrasques exceptionnelles peuvent encore être dépassées. Joseph Jaubep.t.
- Chef du service physique et météorologique de l’Observatoire municipal de Montsouris et annexe TourSt-Jacquesi
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- LA NATURE.
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- HISTOIRE NATURELLE DE LA CIGALE
- Les cigales, dont il a été tant parlé dans ces derniers temps à cause des cigalicrs et des félibres, viennent de taire l’objet d’un travail — remarquable bien entendu — de Fabre, d’Avignon1.
- Ces intéressantes bestioles, dont le chant est plutôt désagréable, vivent sous terre, à l’état de larves, pendant près de quatre ans. Elles se déplacent dans le sol et se nourrissent du suc des racines qu’elles puisent avec leur trompe. Au bout de quatre ans, elles font choix d’un terrain très sec et exposé au soleil. Elles s’y creusent des canaux verticaux, longs de 40 centimètres, terminés en bas par une petite loge où elles vivent la plupart du temps. Le reste du canal est plutôt un observatoire météorologique où elles grimpent pour voir si la chaleur est à point pour permettre leur exode. Fait curieux, les parois du canal sont noyées sous une couche d’enduit, et, au dehors, on ne remarque aucune terre rejetée. Qu’est donc devenue celle qui remplissait la cavité? Fahre remarque que la larve émet à sa partie postérieure un abondant liquide auquel il donne provisoirement le nom d’urine, faute d’en connaître l’origine; pour lui, ce liquide mélangé au terreau déblayé lui permet de pénétrer dans les interstices du sol grossier; la partie la mieux délayée s’infiltre avant; le reste se comprime, se tasse, en occupant les intervalles vides. Ainsi se vide la galerie, sans qu’il y ait pour cela aucune fantasmagorie à invoquer.
- Une fois sortie de terre, la larve grimpe sur une branche, une menue broussaille et s’y cramponne solidement (fig. o). Bientôt le dos de l’insecte intérieur faisant hernie, fait éclater le dos de la dépouille. La tète sort ensuite, ainsi que les pattes et les ailes. Pour faciliter ce travail, la cigale se renverse en arrière, d’abord horizontalement, puis verticalement en bas, l’abdomen toujours enfermé dans son étui. Quand la partie antérieure est bien dégagée, l’insecte se relève et, se cramponnant avec ses pattes, permet à l’abdomen de sortir. Enfin la voilà libre, mais molle et incapable de voler. Une demi-heure de soleil et les ailes durcissent. La cigale s’envole et se rend sur un arbre dont elle suce la sève avec son rostre, toujours tournée vers le soleil. Quand on l’agace, elle envoie un jet d’urine à celui qui la trouble. Les paysans connaissent bien cette particularité et estiment même, pour cette raison, qu’il n’y a rien de supérieur à une tisane de cigales pour guérir les infirmités rénales! Quant aux plats de larves de cigales, si goûtées des Grecs, M. Fabre déclare qu’elles sont presque immangeables, malgré leur goût de noisette, à cause de leur coriacité digne de celle du parchemin.
- L’appareil musical de la cigale a déjà été décrit par Réaumur, puis par Carlet. Nous croyons devoir
- 1 In Souvenirs entomologiques, 5* série. Uelagravei édit.
- y revenir parce qu’il a été « peu vulgarisé » et mérite cependant d’être connu. La description de Fabre «pie nous donnons presque in extenso est d’ailleurs remarquablement claire.
- Le mâle seul est chanteur. Sous sa poitrine, immédiatement en arrière des pattes postérieures, sont deux amples platpies semi-circulaires, chevauchant un peu l’une sur l’autre, celle de droite sur celle de gauche (fig. 2). Ce sont les volets, les opercules du bruyant appareil. Soûlevons-les. Alors s’ouvrent, l’une à droite, l’autre à gauche, deux spacieuses cavités connues en Provence sous le nom de chapelles. Leur ensemble forme Yéglise. Elles sont limitées en avant par une membrane d’un jaune crème, fine et molle ; en arrière par une pellicule aride, irisée ainsi qu’une bulle de savon et dénommée miroir en provençal. L’église, les miroirs, les couvercles, sont vulgairement considérés comme les organes producteurs du son. Il n’en est rien, on peut crever les miroirs, enlever les opercules d’un coup de ciseaux, dilacérer la membrane jaune antérieure, et ces mutilations n’abolissent pas le chant de la cigale ; elles l’altèrent simplement, l’affaiblissent un peu. Les chapelles sont des appareils de résonance. Elles ne produisent pas le son, elles le renforcent par les vibrations de leurs membranes d’avant et d’arrière; elles le modifient par leurs volets plus ou moins entr’ouverts.
- Le véritable organe sonore est ailleurs et assez difficile à trouver pour un novice. Sur le flanc externe de l’une et de l’autre chapelle, à l’arête de jonction du ventre et du dos, bâille une boutonnière délimitée par des parois cornées et masquées par l’opercule rabattu. Donnons-lui le nom de fenêtre. Cette ouverture donne accès dans une chambre sonore plus profonde que la chapelle voisine, mais d’ampleur bien moindre. Immédiatement en arrière du point d’attache des ailes postérieures se voit une légère protubérance, à peu près ovalaire, qui, par sa coloration d’un noir mat, se distingue des téguments voisins, à duvet argenté. Pratiquons-y large brèche : Alors apparaît à découvert l’appareil producteur du son, la cymbale. C’est une petite membrane aride, blanche, de forme ovalaire, convexe au dehors, parcourue d’un bout à l’autre de son grand diamètre par un faisceau de trois ou quatre nervures brunes, qui lui donnent du ressort, et fixée en tout son pourtour dans un encadrement rigide. Imaginons que cette écaille bombée se déforme, tiraillée à l’intérieur, se déprime un peu, puis rapidement revenue à sa convexité première parle fait de ses élastiques nervures. Un cliquetis résultera de ce va-et-vient, comme cela avait lieu dans le cri-cri, ce jeu stupide si en vogue il y a quelques années. La convexité des cymbales est produite par la contraction de deux piliers musculaires associés en forme de Y.
- Veut-on faire chanter une cigale morte, mais encore fraîche? Rien de plus simple. Saisissons avec des pinces l’une des colonnes musculaires et tirons
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- LA NATURE.
- par secousses ménagées (fig. J). Le cri-cri mort ressuscite ; à chaque secousse bruit le cliquetis de la cymbale. C’est très maigre, il est vrai, dépourvu de cette ampleur que le virtuose vivant obtient au moven de ses chambres de réso- *. nance ; l’élément fondamental de la chanson n'en est pas moins obtenu par cet artifice d’anatomiste. Veut - on, au contraire, rendre muette une cigale vante? Inutile de lui violenter les chapelles, de lui crever les miroirs : l’atroce mutilation ne la modérerait pas. Mais, par la boutonnière latérale que nous avons nommée fenêtre, introduisons une épingle et atteignons la cymbale, au fond de la chambre sonore. Un petit coup de rien, et se tait la cymbale trouée. Une subtile piqûre, de gravité négligeable, produit ce que ne donnerait pas l’é-ventrement de la bête.
- Les opercules, plaques rigides solidement encastrées, sont immobiles ; c’est l’abdomen lui-même qui, se relevant ou s’abaissant, fait ouvrir ou fermer l’église. Quand le ventre est abaissé, les opercules obturent exactement les chapelles, ainsi que les fenêtres des chambres sonores. Le son est alors affaibli, sourd, étouffé.
- Quand le ventre se relève, les chapelles bâillent, les fenêtres sont libres, et le son acquiert tout son éclat. Les rapides oscillations de l’abdomen, synchroniques avec les contractures des muscles moteurs des cymbales, déterminent donc l’ampleur variable du son, qui semble provenir de coups d’archet précipités.
- La description que nous venons de donner est relative à la cigale commune. En France, nous en avons d’autres espèces. L’une des plus fréquentes
- est la cigale de l'Orne qu’en raison de son chant, on appelle cacan. Chez elle, la chambre sonore et, par suite la fenêtre, manque. De p'us le premier segment de l’abdomen émet en avant une large et
- courte languette rigide qui, par son extrémité libre, s’appuie sur la cymbale. Les chapelles sont très petites, de même que les miroirs. L’appareil de résonance est ici constitué par l’abdomen qui est occupé par une ample cavité si grande que tout son pourtour est translucide. L’est cependant dans cette mince épaisseur que passe le tube digestif réduit à un fil. « Ce ventre creux, dit Fabre, et son complément thoracique sont un énorme r é s o n n a t e u r, com me n’en possède de comparable nul autre virtuose de nos régions. Si je ferme du doigt l’orilice de l'abdomen que je viens de tronquer, le son devient plus grave, conformément aux lois des tuyaux sonores ; si j’adapte à l’embouchure du ventre ouvert un cylindre, un cornet de papier, le son gagne en intensité aussi bien qu’en gravité. Avec un cornet réglé à point et de plus immergé par son large bout dans 1 ’ embouchure d’une éprouvette renforçante, ce n’est plus chant de cigale, c’est presque beuglement de taureau, et les jeunes enfants, se trouvant là par hasard au moment de mes expériences acoustiques, s’enfuient épouvantés. L’insecte qui leur est si familier leur inspire terreur. » Pourquoi les cigales chantent-elles avec tant d’acharnement? On dit ordinairement que c’est dans le but d’attirer les femelles et de les charmer. Fabre remarque avec beaucoup d’à-propos que mâles et femelles sont côte à côte sur les branches, restant
- Fig. 1. — Dispositif pour renforcer le chant d'une cigale. (D'après une photographie de M. Henri Coupin.)
- Fig. 2. — 1, Appareil musical de la cigale vu par la face ventrale. La partie antérieure du volet droit a été coupée à la base; premier anneau de l’abdomen; deuxième anneau ; np, apophyse de la membrane plissée ; C, caverne ; e, aile de l'entogastre ; m, miroir; m’, membrane plissée; P, patte de la 3” paire; gt, gt1, stigmates; t, timbale; 0, volet. — 2, Cigale vue par la face ventrale pour montrer l’appareil musical (0).
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- immobiles occupés ou non à sucer la sève, en tout cas non animés de ce mouvement fébrile cpii se manil'esle chez la plupart des animaux au moment de la reproduction. D’ailleurs, on ne voit
- aucune femelle accourir se jeter dans les bras des virtuoses. Quand le mâle veut perpétuer sa race, il prend la première femelle qu'il rencontre, sans même lui demander son avis. Ce serait terminer
- Fig. 3. — La cigale commune, au vol et posée. En bas, larves sortant de terre et à la surface du sol.
- bien prosaïquement une déclaration qui a duré des semaines.
- D’autre part, c’est presque une règle générale en zoologie, que les animaux qui chantent en vue du rapprochement des sexes ont l’ouïe fine. Or, des expériences de M. Fabre, il résulte que la cigale est sourde ou presque. « De mes expériences en pareil
- sujet, dit-il, je n’eu mentionnerai qu’une, la plus mémorable. J’emprunle l’artillerie municipale, c’est-à-dire les boîtes que l’on fait tonner le jour de la fête patronale. Le canonnier se fait un plaisir de les charger à l’intention des cigales et de venir les tirer chez moi. Il y en a deux, bourrées comme pour la réjouissance la plus solennelle. Jamais homme po-
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- litique faisant sa tournée électorale n’a été honoré d’autant de poudre. Aussi, pour prévenir la rupture des vitres, les fenêtres sont-elles ouvertes. Les deux tonnants engins sont disposés au pied deg platanes, devant ma porte, sans précaution aucune pour les masquer : les cigales qui chantent là-haut sur les branches ne peuvent voir ce qui se passe en bas. Nous sommes six auditeurs. Un moment de calme relatif est attendu. Le nombre des chanteurs est constaté par chacun de nous, ainsi (pie l’ampleur et le rythme du chant. Nous voilà prêts, l’oreille attentive à ce qui va se passer dans l’orchestre aérien. La boîte part, vrai coup de tonnerre.... Aucun émoi là-haut. Le nombre des exécutants est le même, le rythme est le même, l’ampleur du son est la même. Les six témoignages sont unanimes : la puissante explosion n’a modifié en rien le chant des cigales. Avec la seconde boîte, résultat identique. » On comprend, dans ces conditions, qu’il est inutile que les mâles chantent pendant cinquante ou soixante jours pour charmer leurs belles.
- Conclusion : la cigale chante pour le plaisir de chanter, pour se sentir vivre. Elle manifeste à sa manière la joie qu’elle éprouve de rester un peu en plein air, elle qui a vécu pendant quatre ans sous terre.
- Les cigales déposent leurs œufs à l’intérieur de rameaux secs, qu’elles perforent avec leur tarière. En été, quand vient à frapper fortement le soleil, les petites cigales sortent, pas plus grosses que des puces et s’enfoncent en terre où, dès lors, leur histoire est mal connue. Avis aux amateurs d’histoire naturelle qui auraient de la patience.
- Hexri Courra.
- LÀ CÀRBOLITE
- UX SUCCÉDANÉ DU CARBURE DE CALCIUM
- Si l’on en croit Iron Age, la carbolite, un produit nouveau utilisant les laitiers des hauts fourneaux, deviendrait avant peu un rival dangereux du carbure de calcium : une usine est actuellement en construction à Hammond (État d’indiana), en vue de fabriquer ce produit par les procédés de l’inventeur, M. Herman L. Hartenstein, un chimiste de Chicago. La carbolite — ou le carbolite — est un composé de carbures de calcium, d’aluminium et de silicium obtenu par un traitement convenable des laitiers des hauts fourneaux, qui fournit, par son contact avec l’eau, de l’éthylène, un gaz possédant des propriétés équivalentes, au point de vue lumineux, à celles de l’acé-tvlène. Voici le principe du procédé de fabrication de la carbolite. Le laitier, fluide comme de l’eau, est, à l’aide de poches manœuvrées hydrauliquement, versé dans des convertisseurs analogues à ceux de Bessemer, mais disposés pour qu’elles puissent injecter dans la masse du laitier fondu du coke finement pulvérisé.
- Pendant le remplissage, on injecte de l’air pour éviter que la masse fondue ne vienne obturer les tuyères ; dès que le convertisseur est plein, on y injecte le coke pulvérisé et l’on continue l’opération jusqu’à ce que le laitier soit bien mélangé avec le coke en proportions convenables. Le mélange terminé, le convertisseur est retourné sur son axe, et laisse couler la masse entre des barres de
- charbon formant électrodes qui servent à la faire traverser par un courant intense. Le coke étant bon conducteur du courant, tandis que le laitier est mauvais conducteur, la masse s’écbaulfe comme le ferait un corps de médiocre conductibilité.
- La température s’élève, et, au bout de vingt minutes, l’accroissement- de température est tel que le laitier fond et se combine avec le coke pour former des carbures. Lorsque la fusion est réalisée, la matière est fabriquée, et l’on n’a plus qu’à la couler dans des moules de forme appropriée. Elle présente à froid une structure cristalline, un aspect métallique, et une densité environ double de celle du charbon.
- La carbolite peut se conserver indéfiniment et se transporter sans difficulté dans des réservoirs en fer-blanc armés de bois extérieurement. Un kilogramme de carbolite produirait environ 300 litres d’éthylène d’un pouvoir éclairant égal à quinze fois environ celui du gaz d’éclairage ordinaire. La carbolite serait ainsi équivalente au carbure de calcium, mais elle coûterait beaucoup moins cher parce qu’elle utilise les laitiers de hauts fourneaux dont on a quelque peine à se débarrasser, d'une part, et parce que, d’autre part, la fabrication n’utilise l’énergie électrique que pendant un temps relativement court, à la fin de l’opération, pour obtenir la haute température nécessaire à la réaction chimique, la plus grande partie de la chaleur ayant été fournie lors de la fusion du laitier.
- Nous ne nous portons pas garant de l’exactitude rte ces renseignements puisés dans trou Age, un organe technique des plus sérieux, mais ils nous paraissent vraisemblables, et les procédés rationnels; car il est bien inutile de demander au courant électrique toute l’énergie nécessaire à la réaction chimique, à partir de la température ordinaire. Pour tirer une statue d’un bloc de marbre, on a recours à un praticien qui la dégrossit ; l'artiste la termine. Dans la fabrication de la carbolite, le praticien serait le haut fourneau, et l’énergie électrique se réserverait le parachèvement de l’œuvre.
- Notre affection pour l’électricité nous fait vivement souhaiter que notre image soit exacte, ce que l’avenir nous apprendra. E. H.
- INFLUENCE
- DE QUELQUES AGENTS PHYSIQUES
- SUR LES MICROBES
- On peut s’étonner à bon droit, en songeant à la multitude de micro-organismes contenus dans l’air et dans nos divers aliments, que les maladies microbiennes ne soient pas plus fréquentes.
- Les recherches de Miquel ont montré, en effet, qu’en moyenne, il existe dans nos appartements 30 000 microbes par mètre cube d’air, soit 300 000 pour les 10 mètres cubes qui pénètrent chaque jour dans nos poumons. Si l’on y ajoute ceux apportés par les boissons, on reste en deçà de la vérité, en disant que notre organisme résiste à un demi-million de microbes par vingt-quatre heures. Les défenses dont notre organisme dispose pour arrêter, atténuer ou tuer ces agents pathogènes fléchiraient bientôt, si ceux-ci possédaient toujours leur maximum de propriétés nocives. Mais, nous avons en dehors de nous des auxiliaires puissants, quoique inconscients, qui altèrent les agents morbifiques non seulement dans leur vitalité, mais encore dans leur virulence. Il nous a paru intéressant d’étudier le secours que nous prêtent, à ce point de vue, les divers agents physiques.
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- Tout d’abord, dans une atmosphère en repos, la pesanteur agit rapidement non seulement lorsque les germes sont agrégés à des poussières, mais meme lorsqu’ils sont isolés. Les expériences de M. Stern le démontrent surabondamment. Dans une chambre, ce savant pulvérisait un nuage de poussières très ténues et humectées d’une culture microbienne ; le nombre des germes en suspension de 629 à l’origine, tombait à 73 en 11 minutes et à I) en 4 heures et demie. Une vitesse de ventilation capable de renouveler deux ou trois fois l’air par heure, ne débarrassait pas cet air de ses germes plus vite que s’il avait été laissé en repos. La pluie, la neige, la grêle activent encore le dépôt des microbes à la surface du sol. En choisissant les chiffres de Miquel qui sont les plus faibles de tous ceux publiés, on trouve encore qu’à Paris avec 60 centimètres de pluie par an chaque mètre carré reçoit 5 millions de germes.
- Si l’air était immobile, il se purifierait rapidement, mais les germes tombés sont repris par les vents et remis en suspension dans l’air. Un balancement s’établit ainsi dans l’air entre l’apport journalier des germes par les vents et leur précipitation à la surface du sol.
- Que les microbes soient dans l’air ou dans le sol, ils sont soumis à l’action solaire. Le soleil agit par sa "chaleur et par sa lumière.
- La chaleur, qui dessèche le sol, est un auxiliaire précieux pourvu que son action soit suffisamment prolongée. 11 ne faut pas moins de quinze jours d’une sécheresse continue, pour que le nombre des germes diminue. La dessiccation agit plus que la température, aussi, au point de vue de l’hygiène urbaine, on arrive à ces deux extrêmes : ne pas arroser ou laver les rues.
- La lumière a une action puissante et qui a été constatée aux origines de la bactériologie par MM. Downes et Blunt. Dans des expériences faciles à répéter, Buchner a confirmé les résultats de ces premiers auteurs. Des tubes de cultures étaient en certains points recouverts de papier noir, ensemencés, puis exposés au jour. Dans tous les cas, la culture se développait d’une façon plus intense dans les endroits protégés, et d’autant plus que le papier était plus épais.
- Le pouvoir nocif de la lumière s’exerce d’une façon plus rapide sur les spores microbiennes, ainsi qu’il résulte des expériences de M. Arloing sur la bactéridie charbonneuse. Mais à la condition que ces spores soient dans un milieu où elles puissent se développer, la lumière agissant sur la bactéridie naissante plus activement que sur l’adulte.
- On a pu dissocier les actions des différentes lumières du spectre et les rayons les plus efficaces se trouvent vers le violet et l’ultra-violet, ce sont donc les rayons chimiques. Si les cultures sont moins abondantes, elles sont aussi moins virulentes. 11 semblerait, par suite, que cette atténuation constante ne devrait pas tarder à rendre tous les germes non pathogènes. Il n’en est rien cependant, cette atténuation ne se transmettant pas à la descendance. Les cultures filles redeviennent virulentes lorsqu’elles retrouvent les conditions normales.
- La lumière vient encore au secours de notre organisme «on seulement en agissant sur les microbes de l’air et du sol, mais aussi sur ceux contenus dans les eaux.
- Des prélèvements de l’eau d’un fleuve, faits aux différentes heures du jour et de la nuit, montrent que le nombre des microbes diminue d’une façon constante de l’aurore à la fin du jour, pour remonter ensuite pendant la nuit. Nous en tirerons donc la conclusion suivante : il est préférable de faire les provisions d’eau le soir, car c’est à
- ce moment que les germes y existent en moins grand nombre. Comment agit la lumière, serait une question intéressante à traiter, mais nous ne pouvons que faire des hypothèses à ce sujet. Tout au plus sait-on qu’il se produit*fréquemment dans les liquides, exposés au soleil, de l’eau oxygénée dont l’action parasitieide est connue.
- 11 nous reste encore à parler d'une autre source d’énergie, de l’action de l’électricité sur les germes.
- De nombreuses recherches ont été effectuées, mais les difficultés qu’elles comportent sont telles, que les résultats acquis définitivement sont encore peu nombreux. Bien n’est plus facile, en effet, de réaliser des effets chimiques ou calorifiques et par suite de masquer les influences électriques. Un tube, contenant une culture, traversé par un courant, s’échauffe rapidement, et le liquide qu’il contient subit des actions électrolytiques telles qu’en peu d’instant, il a une réaction acide à l’entrée du courant et une réaction alcaline à la sortie. Autre difficulté, le courant traverse-t-il les microbes ou les contourne-t-il? Et pourtant, comment ne pas être séduit par ce merveilleux agent, dont on peut connaître l’énergie, l’intensité, la densité, etc., surtout si l’on songe à son action sur les organismes élevés. On connaît son influence, sur la pression sanguine, sur les vasomoteurs, sur les excrétions urinaires. Duchenne de Boulogne a trouvé en lui un auxiliaire précieux. Le professeur d’Arsonval a pu grâce aux hautes fréquences faire traverser l’organisme par des grandes intensités électriques, sans exciter les nerfs sensitifs et constater ainsi des perturbations organiques considérables.
- On devait donc rechercher si les êtres monocellulaires réagissaient aussi bien que les êtres multicellulaires, à l’énergie électrique. D'une façon nette on a vu que le pôle positif était plus bactéricide que le pôle négatif.
- Cette action a été attribuée par les uns au chlore dégagé, j ar les autres à l’oxygène. Quoi qu’il en soit, on a profité de cette action antiseptique à un point de vue thérapeutique. Toute une école de gynécologistes électriciens, ennemie des méthodes sanglantes, utilise le courant électrique pour combattre les maladies infectieuses, recherchant non pas la destruction de la muqueuse, mais l’action antiseptique.
- On a essayé aussi la stérilisation des eaux au moyen des courants électriques.
- Les courants d’induction doivent nous arrêter davantage, il n’y a plus lieu, en effet, de se préoccuper des décompositions chimiques effectuées par le courant sur les milieux de culture. On se trouve dans les meilleures conditions pour constater l’action électrique sur les germes si elle existe. Une seule précaution est à prendre : se garantir des élévations de température qui sont très rapides.
- MM. d’Arsonval et Charrin ont les premiers étudié ces courants. Ils plaçaient, dans un solénoïde parcouru par un courant de 800 000 oscillations par seconde, un tube de bacilles pyocyaniques. Dans ces conditions, la vitalité du microbe n’était pas atteinte, non plus que sa virulence, mais la culture variait de couleur.
- Si l’électricité n’agit pas directement par elle-même, si son énergie emprunte pour agir sur les germes soit le chlore dégagé au pôle positif, soit la chaleur développée dans le circuit, nous pouvons placer à côté l’action de l’ozone.
- L’ozone se produit facilement sous l’influence des étincelles électriques, il agit d’une façon très énergique sur les germes de l’air. On a pu l’employer, grâce à son énergie, à détruire les microbes contenus dans l’eau. On fait barboter dans l’eau à stériliser de l’air contenant
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- de l’ozone. Il faut d’autant plus d’ozone qu’il y a plus de matières organiques, le nombre desmicrobes importe peu.
- A Oudshoorn, près de Leyde, cette action est utilisée pour stériliser les eaux du vieux Rhin, après une filtration préalable. On arrive parfois à des stérilisations absolues et cela d’une façon économique.
- En résumé, nous voyons que, parmi les différents agents étudiés, c’est l’agent lumière qui est le plus puissant. Il touche tous les germes, altère leurs fonctions et leur vitalité, atténue leurs pigments et fait fléchir leur virulence. Cherchons donc constamment son action. Que nos habitations n’aient plus de coins obscurs, et nous verrons disparaître bien des causes de déchéances organiques. I)r A. Cciu.kmonat.
- RÉGULATEUR AUTOMATIQUE DE TENSION
- Tout le monde sait aujourd’hui qu’il est important, dans une distribution d’énergie électrique, de maintenir la différence de potentiel aussi constante que possible.
- Dans les grandes installations de stations centrales, ce réglage est obtenu le plus souvent à la main ; les électriciens, de surveillance au tableau de distribution, font varier les résistances d’excitation des machines suivant les indications du voltmètre.
- Mais il n’est pas toujours possible dans des petites installations d’avoir un électricien spécial au tableau, et on a besoin cependant de maintenir la tension constante. On a alors recours aux régulateurs automatiques. Le nombre de ces appareils est très grand ; et s’il y en a plusieurs qui donnent de mauvais résultats, on en compte beaucoup qui fonctionnent très bien. Leur principe est connu ; nous n’y insisterons pas. Le courant dérivé s’il s’agit de la différence de potentiel, ou principal s’il s’agit de l’intensité, traverse un solénoïde. A l’intérieur est un noyau de fer qui est plus ou moins attiré et ferme ou ouvre un circuit. Par diverses combinaisons la manette du rhéostat est déplacée pour augmenter ou diminuer la résistance d’excitation.
- Nous avons trouvé dernièrement à l’Exposition du Centenaire du Conservatoire des arts et métiers, un régulateur automatique que nous désirons présenter à nos lecteurs. Il a été construit par M. J. Richard, le constructeur bien connu d’appareils de
- précision. M. P. Perrin, ingénieur de la maison, a bien voulu nous en faire connaître les détails.
- La ligure ci-dessous montre les diverses parties de l’appareil.
- L’appareil avertisseur A, relié aux bornes du voltmètre, se compose d'un solénoïde, dans lequel plonge un noyau de fer doux fixé à l’extrémité d’un levier dont l'autre extrémité sert à établir les contacts et agit commercial pour lancer le courant dans un petit servo-moteur. La sensibilité dn levier peut être facilement réglée à l’aide de contrepoids ; on peut obtenir un déplacement dans un sens ou dans un autre pour une différence de 1 volt. Le déplacement du levier ferme un circuit spécial ou un circuit branché sur la machine à régler sur un petit moteur R qui à l’aide d’une série de transmissions met en mouvement une chaîne Galle C. Celle-ci actionne une roue qui commande une tige se déplaçant
- sur les touches d’un rhéostat R. Ce dernier est placé dans le circuit d’excitation de la machine. Suivant le mouvement en avant ou en arrière, d’après la marche du moteur, on obtient une variation d’excitation et par suite de la différence de potentiel produite. Le moteur ne consomme «pie 0,5 ampère et 5 volts; il est placé en circuit soit avec une lampe rouge, soit avec une lampe bleue, suivant qu’il s’agit d’une diminution ou d’une élévation de tension.
- Nous avons eu l’occasion de voir fonctionner en plusieurs circonstances cet appareil; il est très sensible et, suivant le réglage, se met en marche aussitôt que la limite est atteinte. Nous avons ainsi obtenu des variations de résistance pour des variations de différence de potentiel atteignant à peine un volt.
- L’organe le plus important de ce régulateur est certainement le moteur électrique qui reçoit le courant, lorsque la variation survient et qui se met en marche entraînant les transmissions intermédiaires. Des balais appuient sur le collecteur, sans aucune trace d’étincelles lorsque le moteur est en mouvement.
- Ce régulateur automatique trouvera sans aucun doute de nombreuses applications et rendra des services aux petites usines d’électricité. J. Laffargue.
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- Tableau avec régulateur de tension.
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- LES TIRE-FOND
- ET LUSERE DES TRAVERSES DE CHEMINS DE FER
- On sait qu’il existe deux principaux types de rails employés couramment : le rail Vignole ou à patin qui repose sur la traverse par sa surface plane infé rieure, et le rail à coussinet ou à double champignon qui est pris par un coussinet formant mâchoire et reposant lui-mème par un patin sur la traverse. De toute façon il faut rendre le rail solidaire de cette dernière ; jadis on recourait pour cela, dans le premier type, à des crampons en forme de crochet, et, dans le second, à des clous ronds nommés chevil-lettes. Aujourd’hui on se sert presque uniquement du tire-fond, qui est une vis à bois à tète ronde, présen-
- tant à sa partie supérieure un carré qui permet de la visser avec une clef.
- Malheureusement, peu à peu, sous des influences diverses et notamment sous l’action de la rouille, des vibrations, des secousses, la partie filetée du tire-fond se met à jouer dans la traverse, surtout si les ouvriers qui l’ont posé l’ont enfoncé partiellement à coups de marteau au lieu de le visser consciencieusement. Le bois, une fois mâché, ne retient plus que faiblement la partie filetée, et il faut changer la traverse, car il n’y a pas moyen de la déplacer de façon à donner au rail un nouveau point d’appui et à visser les tire-fond dans du bois sain.
- Un ingénieux inventeur, M. Albert Collet, a eu l’idée d’imaginer un moyen d’enlever le bois carié et de le remplacer par ce qu’il nomme un trénail, c’est-à-dire
- Réparations (les traverses. — 1. Le trénail. — 2. Mèche à enlever le bois carié. — 5. Taraud. — 4. Yissoir. — 5. Araseur. — 6. Tire-fond jouant. — 7. Traverse repercée. — 8. Traverse taraudée. — 9. Trénail vissé. — 10. Trénail arasé. — 11. Tire-fond replacé.
- un morceau de bois dur qu’il insère solidement dans la traverse, et où l’on vissera le tire-fond. Expliquons d’abord l’origine de ce mot bigarre trénail, qui vient de se trouver sous notre plume. En réalité, ce mot, de racine anglaise, doit s’écrire treenail : il est formé de tree (arbre) et de nail (clou), et l’emploi qu’on en fait justifie cette étymologie. C’est un clou de bois, une cheville légèrement conique, que, en Angleterre, on substitue à l’un des tire-fond, et qu’on chasse à force dans un des trous du coussinet ; parfois cette cheville est creuse et, pour mieux la fixer, on y enfonce une broche en fer.
- Le trénail auquel M. Collet a recours est précisément une cheville creuse de ce genre, mais filetée extérieurement, avec une tète légèrement conique, telle que la représente une des figures ci-jointes (fig. 1 ) Une attache est-elle avariée, le bois est-il carié, comme le montre la figure 6? Immédiatement un
- ouvrier, armé de la tarière Collet, qui a un diamètre bien déterminé, après avoir dévissé le tire-fond, perce un trou qui enlève tout le bois carié (fig. 7), puis il s’arme d’un taraud dont nous donnons une vue extérieure et une coupe (fig. 5), et qui est évidé pour laisser sortir le bois enlevé. La traverse une fois taraudée se présenterait en coupe sous l’aspect de la figure 8. On [>rend alors un trénail, qui est en bois tout particulièrement dur, et, au moyen d’un vissoir spécial, on le visse jusqu’à ce qu’il ait traversé toute l’épaisseur de la traverse ; sa tète conique non filetée vient écraser la portion supérieure du pas de vis taraudé dans le bois, et met le trénail dans l’impossibilité absolue de se dévisser (fig. 9). 11 ne reste plus qu’à araser, au moyen d’un autre outil spécial (fig. 5), la partie du trénail qui dépasse la face supérieure de la traverse. On peut alors visser le tire-fond dans le trou du trénail : comme son filet mord dans du bois
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- LA NATURE.
- sain et, en outre, bien plus dur que ne l’est ordinairement celui des traverses, l’attache est non seulement réparée, mais renforcée.
- L’invention est évidemment fort intéressante et pratique, car le remplacement des traverses dont les attaches étaient avariées entraînait jusqu’ici une dépense considérable. Du reste l'emploi du trénail, o.i du moins d’un trénail de dimensions convenables, est susceptible de rendre les plus grands services dans tous les cas où une vis a mâché le bois dans lequel elle est enfoncée. 1). Lebois.
- CHRONIQUE
- La production du corindon au Canada. — A
- la fin de 1896 on a découvert des gisements de corindon dans l’Ontario ; des recherches, faites dans le courant de l'année 1897, ont montré qu’ils s’étendent sur une surface d’au moins 20 000 hectares dans les comtés do Hastings et de Renfrew.
- l"ii wagon de chemin de fer égaré. — C’est le cas qui s’est présenté récemment sur le réseau anglais « London and North Western Railwav ». En effet, voici la circulaire que l’Administration centrale de ce chemin de fer a envoyée récemment à tout le personnel de l’exploitation. « Avis aux chefs de gare, inspecteurs, chefs de sections, etc. — Wagon du London and North Western, n° 60 474, de 7 tonnes, contenant une tonne de cuivre, adressée sur Beccles. Ce wagon est égaré depuis le 7 avril dernier. 11 s’y trouve 141 lingots marqués R. T. avec une couronne entre les deux lettres. » La chose est assez bizarre : passe encore qu’on ait volé le contenu, mais le contenant !
- lin chargement encombrant. —- Récemment, le chemin de fer américain « Pennsylvania Railroad » a eu à transporter, sur une partie de son réseau, une grande poutre métallique d’un seul morceau qui n’avait pas-moins de 52 mètres de long sur 3 mètres de hauteur, et qui pesait près de 65 tonnes.
- La lecture et la fatigue intellectuelle. —
- MM. H. Griffing et Shepherd J. Franz étudient depuis un certain temps l’influence que peuvent avoir, sur la facilité de la lecture, le format, le dessin des caractères d’imprimerie, l’intensité de la lumière, sa qualité, celle du papier, l’interlignage (c’est-à-dire l’espacement des lignes d’impression). Rs arrivent à cette conclusion que l’élément principal de la fatigue visuelle, ce sont les dimensions des caractères : il ne faudrait jamais employer des caractères de moins de 1 millimètre 1/2 de hauteur, et encore la fatigue augmente-t-elle avant même qu’on ait affaire à des lettres d’un format aussi réduit. Par rapport à ce côté de la question, l’éclairage n’est que tout à fait secondaire.
- Le viaduc du liaur. — Un a commencé récemment, sur la ligne de Cannaux à Rodez, la construction d’un grand viaduc qui méritera une description détaillée quand il sera terminé : c’est le viaduc du Viaur. R se composera d’une travée centrale en arc de 220 mètres d’ouverture, et de deux travées de rive, constituées partie par un encorbellement solidaire de la travée centrale, partie par une travée de raccordement : l’ouverture de chacune de ces travées sera de 95 mètres. Avec les arrière-
- culées, la longueur totale de l’ouvrage atteindra 460 mètres, et la voie ferrée sera posée à 116 mètres au-dessus du fond de la vallée. 11 y aura deux fermes principales supportant la voie à lenr sommet et chacune sera divisée en deux portions par une articulation à la clef. Pennes, pièces de pont, longerons, entretoises, contreventements, garde-corps seront en acier laminé dans tous leurs éléments.
- Le sel dans l'eau de mer. — Chaque tonne d’eau de l'océan Atlantique renferme 36 kg de sel (chlorure de sodium) ; de l’océan Pacifique, 35 kg; des océans Arctique et Antarctique, 58 kg; de la mer Morte, 59 kg.
- Le nickel dans la construction des locomotives. — II paraît qu’on va essayer, sur les locomotives de l’État Prussien, des boîtes à feu en acier au nickel; elles coûteront aussi cher que les boîtes en cuivre, mais, tandis que celles-ci ont une épaisseur de 16 millimètres, avec l’acier au nickel on n’aura besoin que d’une épaisseur de 7 millimètres. On mettra probablement aussi à l’essai des boulons d’entretoises en acier au nickel.
- Les houillères de la Grande-Bretagne. —
- L’année 1897 va devenir célèbre dans les annales de l'exploitation des houillères anglaises : c’est en effet la première campagne pendant laquelle la production ait dépassé le chiffre énorme de 200 millions de tonnes. A ce propos, il est intéressant de suivre le développement des houillères de ce grand pays minier, pendant la dernière décade. En 1887, la production était seulement de 164 720 milliers de tonnes; en 1897, elle atteint le chiffre de 205 369; à la première date, le personnel ouvrier comptait 526 277 individus; à la seconde, il était de (595 21 3. C’est-à-dire que, de 1887 à 1897,1a production a augmenté de 24,7 pour 100, tandis que la progression du nombre des ouvriers était de 52,1 pour 100. Chaque ouvrier a donc une production moyenne inférieure à celle qu’il avait jadis, sans doute par suite de difficultés nouvelles dans l’extraction, et cela doit entraîner une majoration dans le prix de revient de la houille à la mine même.
- Une sucrerie monstre aux États-Unis. — Les
- Américains se mettent déplus en plus à cultiver la betterave sucrière et à la traiter pour la fabrication du sucre. Comme en toute matière, ils veulent faire grand : les voici qui construisent à Salinas, en Californie, une usine géante. Le bâtiment principal aura 174 mètres de long sur 50 de large; l’installation permettra de traiter, par vingt-quatre heures, 5500 tonnes de racines, et de produire dans le même temps 450 tonnes de sucre brut.
- La chaleur développée par les lampes à incandescence. — Notre confrère de Londres, Lancet, désire réagir contre le préjugé qui veut que la lampe à incandescence ne dégage point de chaleur, et il attire l’attention sur les dangèrs de feu que peut entraîner cet appareil d’éclairage. « Nous avons plongé une lampe de 16 bougies (à 100 volts) dans un quart de litre d’eau, et, au bout d’une heure, l’eau s’est mise à bouillir; nous l’avons noyée au milieu d’une masse de ouate, et bientôt celle-ci a commencé à roussir, puis à prendre feu. Enfin, des objets en celluloïd placés près de la même lampe se sont enflammés en cinq minutes. » On ne peut admettre ces résultats sans connaître les détails des expériences. S’agissait-il d’une lampe à 90 volts placée sur 100 volts? R est important de le savoir.
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- LA nature:
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- Le quinquina apéritif. — M. P. Caries, dans la Revue de chimie analytique appliquée, définit le quinquina des marchands devin. L’apéritif des cafés et comptoirs de zinc, dit-il, est à fort degré alcoolique, ce qui n’est pas précisément fait pour réprimer l’abus de l’alcool; il est peu amer, et, enfin, le plus souvent il ne renferme pas de quinquina, ce qui pourrait autoriser les consommateurs à poursuivre les fabricants pour tromperie sur la chose vendue. L’amertume est fournie par quelques grammes des amers vulgaires et à bon marché, tels que : la gentiane, le quassia, la petite centaurée... et le quinquina manque si bien, qu’on n’y rencontre pas généralement de tanin autre que celui du vin. Quant aux alcaloïdes, quinine, cinchonine..., ils font absolument défaut. On conviendra qu’une écorce sans tanin ni alcaloïdes n’a jamais été du quinquina. L’absence de tanin est facile à constater avec une solution d’albuminoïdes tels que la gélatine, l’albumine d’œuf. L’absence d’alcaloïdes sera mise en évidence par le réactif de Tanret (ou iodure double de mercure et de potassium acidulé) ou le réactif d’Esbach (acide picrique acidulé), réactifs journellement employés en clinique pour la recherche de l’albumine, des peptones ou des alcaloïdes dans l’urine. Pour confirmer ces dernières réactions de la recherche des alcaloïdes, on pourrait être tenté d’employer aussi le tanin de noix de galle, qui est un réactif des alcaloïdes ; mais ce serait ici une erreur, parce qu’il existe dans la gentiane une substance non alcaloïde, albuminoïde (?) ou dérivé des sucres (?) qui précipite abondamment par les tanins. Les réactions négatives que nous venons d’indiquer sont, au contraire, ou doivent être nettement positives avec le vin de quinquina du Codex; et, en mettant en parallèle le vin officinal et le vin industriel, il est facile de constater la différence. Lien mieux, en agissant avec les mêmes réactifs sur plusieurs vins de quinquina officinaux, on pourra vérifier que les meilleurs, au point de vue thérapeutique, ne sont pas toujours les plus amers, mais ceux qui, en somme, précipitent le plus à la fois par la gélatine et les réactifs d’Esbach et de Tanret.
- Le microbe du fromage de Brie. — MW. Costan-tin et J. Ray ont fait récemment, à< la Société de biologie, une communication sur les champignons du fromage de Brie. Appliquant une méthode analogue à celle qu'emploie M. Jacquemin, de Nancy, pour la vinification scientifique, ils ont sélectionné et élevé des races de champignons (pénicillium bleu et blanc), qui interviennent dans la fabrication du fromage. Par l’emploi de leurs cultures pures, ils ont obtenu des fromages de Brie de qualité supérieure.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 juillet 1898. — Présidence de M. Wolf.
- L'énergie lumineuse et l'énergie chimique. —Al. Ber-tlielot présente les résultats d’importantes recherches sur l’énergie lumineuse et l’énergie chimique. Ces observations mettent en évidence les conditions d’opposition et d’équivalence entre les actions chimiques et les actions lumineuses, conditions à la fois analogues et dissemblables entre les actions chimiques et les actions déterminées par l’effluve électrique. M. Berthelot poursuit l’étude approfondie et la comparaison des effets chimiques développés sous l'influence des différentes énergies.
- La liquéfaction de l'hydrogène. — M. d’Arsonval
- annonce qu’il a réussi à liquéfier l’hydrogène à l’aide de l’appareil de Linde qui a été cependant construit en vue de liquéfier tous les gaz excepté l’hydrogène. Si dans cet appareil on substitue purement et simplement l’hydrogène à l’air et qu’on laisse détendre l’hydrogène de 220 atmosphères à 20 atmosphères, on n’obtient qu’un refroidissement de l'hydrogène fort insuffisant. Mais M. d’Arsonval est arrivé à un résultat complètement satisfaisant, en employant le dispositif de M. Dewar. L’hydrogène est comprimé à 180 atmosphères dans un réservoir; il passe ensuite dans un serpentin entouré d’un mélange de neige d’acide carbonique et d’éther, où il se refroidit à — 100°. 11 traverse ensuite un deuxième serpentin entouré d’air liquide contenu dans un vase à double paroi isolatrice; il en sort à — 205°. II traverse enfin un troisième serpentin plongé dans un vase isolant contenant de l’air liquide plongé lui-même dans l’air liquide. Dans cette partie de l’appareil, il se détend de 200 atmosphères à 1 atmosphère ; l’hydrogène se liquéfie sous l’action de ce travail de détente. M. d’Arsonval a préparé ainsi 10 centimètres cubes d’hydrogène liquide. La température paraît être alors de —256°. Le savant physicien expose ensuite ses vues sur les moyens susceptibles d’être employés pour obtenir le zéro absolu. Peut-on, par l’évaporation de l’hydrogène liquide dans le vide, obtenir une température plus basse? La réponse est négative. Mais M. d’Arsonval pense qu’on peut utiliser l’électricité pour refroidir les gaz. Il observe que la pile thermo-électrique est réversible. La soudure se refroidit par le passage d’un courant de sens approprié. A l’aide de deux soudures plongées dans l’air liquide et d’un dispositif convenable, il a pu obtenir par. le passage d’un courant un abaissement de température de il0. En opérant sur l’hydrogène liquide, on pourrait donc descendre jusqu’à —247°. M. d’Arsonval ajoute qu'il s’agit là d’un premier essai et que l'on doit pouvoir accumuler les effets de ce genre, de telle façon qu’il semble que l’on puisse encore se rapprocher davantage du zéro absolu.
- La houille dans les environs de Boulogne. — M. Gos-selet expose les résultats géologiques des sondages qi i sur des vues théoriques ont été entrepris dans le Boulonnais. On connaît dans cette région un bassin houiller peu étendu qui se trouve dans le prolongement du bassin franco-belge; il s’agissait de rechercher s’il n’existait pas un autre prolongement de ce dernier bassin. Des sondages pratiqués le long d’une petite rivière au sud de Boulogne ont recoupé des schistes noirs appartenant au houiller inférieur; au”nord et au sud de la rivière, on a rencontré le dévonien. Cependant de l’autre côté du détroit on trouvait la houille à Douvres. Des quantités de sondages ont été pratiqués inutilement dans le but de découvrir un prolongement rattachant le gisement anglais à celui du boulonnais. Des sondages à l’est de Calais ont également donné des résultats négatifs; on a trouvé le silurien du grand plateau qui s’étend de Bruxelles à Boulogne. Un autre sondage, à Yimereux, a révélé le silurien à pine profondeur de 400 mètres. Le développement de ce plateau silurien est aujourd’hui constaté jusque près de Lens.
- Élection. — M. Mosso de Turin est élu membre correspondant de la section de médecine et de chirurgie par 28 voix contre 10 données à M. Zambacco de Constantinople.
- Varia. — M. Branly communique une méthode de transmission de signaux en mer. Cu. de Villedeuil.
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- LA NATURE.
- ARBRES REMARQUABLES
- Un de nos abonnés, M. Mahyet, juge d’instruction à Marseille, nous a envoyé des détails curieux sur deux arbres qui ont poussé dans la région du Yar ; nous allons les faire connaître, après avoir tout d’abord remercié notre correspondant de son intéressant envoi.
- Le pin, dit de Bertaud, (pie représente notre ligure 1, est situé au milieu de la route nationale, à 3,2 kilomètres de Saint-Tropez (Yar), arrondissement de Draguignan, sur les bords du golfe de Grimaud. Quand on aurait dû disparaître; respecter. Ce pin a une hauteur totale de 16 mètres, un diamètre au sommet du tronc de 2‘u,24, et de lm,94 à 2 mètres au-dessus du sol. Le tronc a une hauteur de 4m,50. On donne à cet arbre l’àge approximatif de 350 à 400 ans.
- Dans notre ligure 2 est représenté un arbre (pii a poussé sur un pan de mur et y semble bien fixé. Ce pin, dit du Plan de la Tour, est situé presque en bordure de la route qui part de Sainte-Maxime-sur-Mer, dans le golfe de Grimaud, traverse la chaîne des Maures, et passe par le Plan de la Tour pour rejoindre la route de Nice à Toulon.
- Cet arbre est âgé de soixante-dix
- Ha
- de 4 mètres de hauteur. Ce mur provient d’une ancienne chapelle qui existait au siècle dernier. M. Mahyet nous a envoyé aussi une autre pho-
- tographie prise sur le côté et qui montre bien que ce n’est que dans la simple épaisseur du mur que ce pin a lancé ses racines. On ne remarque dans la muraille aucune trace de fissure et aucune crevasse.
- 11 faut en conclure que le mortier employé est réellement bien adhérent, puisque les racines n’ont pu disjoindre les pierres. Et cependant on sait (pie les racines, en poussant avec force au moment de la végétation, ne trouvent pas souvent d’obstacle qui leur résiste.
- On a souvent cité l’exemple de petits a r h r e s ayant pris racine sur des monuments, et nous avons même signalé ici l’arbre qui a poussé depuis déjà de nombreuses années sur la grande
- porte, de l’Opéra de la rue Meyerbeer. Mais il s’agissait toujours d’arbres de petites dimensions. Et de ceux-là on en rencontre uii peu partout. Est-il besoin de rappeler les nombreux arbustes et même les arbres qui ont poussé et végété si longtemps sur les ruines de la Cour des Comptes aujourd’hui démolie pour faire place à la nouvelle gare d’Orléans. Et sur les roches en montagne? Les exemples abondent.
- Mais le Pin du Plan de la Tour a des dimensions exceptionnelles et à ce point de vue il méritait d’être spécialement mentionné. Il faut également remarquer, comme nous cet arbre est âgé de 70 ans.
- Lemart.
- Le Gérant : P. Masson.
- Fig. 1. — Piu, dit Piu de Bertaud, sur la route nationale à Saint-Tropez.
- a construit la route, l’arbre on a eu la sagesse de le
- Fig. 2. — Pin du Plan de la Tour ayant poussé sur un mur.
- ans, sa circonférence est de 0in,90. 5 mètres de hauteur et est situé sur un mur
- l’avons dit plus haut, que C’est une véritable curiosité végétale. L.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1513. — 30 JUILLET 1898.
- LA nature:
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- LES EMBELLISSEMENTS DE TANANARIVE
- Il n’y a pas encore trois ans que nous occupons Tananarive, puisque c’est le 50 septembre 1895 que nos troupes y sont entrées. Cependant telle a été, en ce court laps de temps, l’activité déployée par les officiers et fonctionnaires français que Tananarive a subi une ^complète transformation.
- Un des principaux membres de la colonie anglaise, le Rév. James Sibree, vient de publier dans Y Antananarivo Annual une étude très intéressante sur le nouvel aspect que présente la ville depuis l’occupation française. Sonté-moignageest précieux. On sait en effet que les Anglais ont vu avec dépit notre installation à Madagascar. Pendant que le colonel Shervinton essayait — sans succès d’ailleurs — de mettre les Hovas en état de nous résister, les pasteurs ne se faisaient pas faute de calomnier nos intentions auprès des indigènes. Si le Rév.
- Sibree décerne des éloges à notre administration, on peut donc être certain qu’f'le les mérite.
- Avant 1895, Tananarive constituait bien une ville, si l’on entend par ce terme la réunion d’un grand nombre d’habitants sur une surface restreinte, mais sa vue ne répondait pas à l’idée que ce mot évoque pour nous. L’ancien Tananarive ne possédait pas de rues, au sens européen du mot. On circulait dans des sentiers étroits et tortueux, coupés fréquemment d’escaliers abrupts, difficiles à descendre ou à escalader.
- Les trous et les fondrières ne manquaient pas. Le vaste terrain triangulaire situé au centre de la haute ville et connu sous le nom d’Andolaho avait un aspect repoussant. Les bouchers malgaches y établissaient leurs étals. Des monceaux de détritus et d’ordures exhalant une odeur infecte s'y accumulaient.
- Que de changements en deux ans et demi ! Les anciens sentiers étroits et impraticables ont été, dit le Rev. Sibree, transformés en larges rues, à pentes faciles, que bordent de chaque côté des caniveaux en pierre, et dans la plupart desquelles passent les
- — 2* si'meslre.
- voitures et les bicyclettes, car on compte déjà à Tananarive beaucoup de bicyclettes. Plusieurs grandes artères permettant une circulation rapide ont été ouvertes. Il faut particulièrement signaler la route circulaire qui entoure la ville et épouse toutes les sinuosités du terrain. Elle forme une promenade agréable de 8 à 9 kilomètres de longueur offrant sur la ville et sur la campagne des points de vue variés et pittoresques. Enfin l’ancien terrain vague d’Andolaho a été transformé en un vaste square composé de plusieurs terrasses étagées les unes au-dessus des autres, couvertes de pentes gazonnées, de massifs de fleurs, et réunies les unes aux autres par des escaliers de pierre. Au centre s’élève un kiosque élégant, d’où la musique militaire se fait entendre deux fois par semaine. Une excellente mesure a consisté à donner des noms aux rues et des numéros aux maisons. Nous nous souvenons combien, au Caire, où les rues manquent souvent de noms, et les maisons de numéros, nous avions de peine à trouver la demeure des personnes que nous désirions voir. Jadis, il en était de même à Tananarive. Actuellement les maisons sont numérotées comme en France, numéros pairs d’un côté, impairs de l’autre.
- Fn outre le Gouverneur, le général Gallieni, a eu l’heureuse idée de donner aux rues non pas des noms quelconques, mais ceux de Français, qui avaient bien mérité de Madagascar. La place Richelieu, la place Colbert, l’avenue La Bourdonnais rappellent des noms glorieux de notre histoire coloniale. La place Jean-Laborde perpétue le souvenir d’un de nos compatriotes qui a longtemps résidé à Tananarive et y a joué un grand rôle. En créant une avenue Grandidier, on a voulu reconnaître les services de l’éminent explorateur qui a tant contribué à accroître les notions sur Madagascar.
- D’autres embellissements sont encore projetés. C’est ainsi que dans quelques mois on érigera à Tananarive un monument à la mémoire des soldats et marins morts pendant la campagne de 1895. Les frais de ce monument seront couverts par une souscription publique dont le Comité de Maday as-
- 9
- Monument qui sera élevé à Tananarive à la mémoire des soldats français.
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- car a pris l’initiative et qui a déjà produit la somme de 55 000 francs1. L’exécution en a été cnnfiée à l’éminent sculpteur Ilarrias, et ou a pu admirer la maquette de l’œuvre au Salon des Champs-Elysées de 1807 (Voy. lig.). La France victorieuse décerne de la main droite une couronne à un fantassin assis à ses pieds, tandis que tenant de la gauche un drapeau mi-déployé, elle protège une jeune Malgache. Sur le socle figure l’inscription suivante : Après deux siècles et demi de persévérance, Madagascar devient terre française. 50 septembre 1895.
- Les conquérants d’un pays ont raison d’ériger de pareils monuments. Partout où les Romains ont colonisé, ils ont laissé des traces visibles de leur présence : théâtres, temples, ponts, chaussées, aqueducs. Nous ne tiendrons rien à Madagascar, si nous ne réussissons pas à conquérir les habitants en leur donnant plus de sécurité, de bien-être, et surtout plus de justice qu’ils n’en possédaient jadis. Mais en élevant des monuments, nous prouvons que nous ne nous considérons pas comme des passants et que, bien établis dans le pays, nous avons la ferme intention de nous y maintenir. Hexri Dehéraix,
- Docteur ès lettres.
- LIQUÉFACTION DES GAZ ET ZÉRO ABSOLU
- Depuis que les grands progrès réalisés dans l’obtention des températures très basses ont rendu populaire la question de liquéfaction des gaz, beaucoup de personnes se sont demandé quelle était, en définitive, l’étendue des nouvelles conquêtes, rapportées à l’ensemble des connaissances plus anciennes dans le domaine des températures. La question très délicate du zéro absolu est venue souvent sur le tapis, et beaucoup de ceux qui n’ont pas gardé avec la physique des relations suivies ont vainement recherché dans leur mémoire les raisons qui avaient conduit à assigner une position parfaitement définie à l’origine des températures. On n’admet pas que la température soit limitée vers le haut. Est-il légitime de lui fixer, vers le bas, un point de départ fixe? La position de ce point est-elle bien là où les physiciens le placent? A quelle distance en sommes-nous arrivés? Telles sont les questions auxquelles nous aimerions pouvoir répondre, mais sur lesquelles nous devrons nous borner à disserter.
- Le zéro absolu est, par définition, le point au-dessous duquel il est impossible de descendre. Dans l’idée qui fait de la chaleur un mode de mouvement, ce point correspond à l’absence de toute vibration de la matière ; c’est le repos complet de la molécule. Cette notion de l’origine des températures s’est dégagée peu à peu des progrès réalisés dans la mesure de la chaleur. Durement empirique au début, elle a reçu la sanction d’une théorie profonde à laquelle sont attachés plusieurs grands noms de la physique.
- Lorsque l’on commença à mesurer, ou plutôt à repérer les températures, on discuta longuement de leur point de départ. Finalement, la plupart des physiciens l’admirent là où le thermomètre était descendu le plus bas dans les hivers les plus froids que l’on eût observés. C’est ainsi que le zéro du système Fahrenheit fut placé de telle façon que l'on put espérer ne jamais avoir de tempéra-
- 1 La souscription est encore ouverte, au Comité de Madagascar, 44, Cliaussée-d’Antin, Paris.
- tures négatives. Les premiers thermomètres étaient fondés sur la dilatation des gaz; puis on employa l’alcool dilué dont les dilatations en millièmes du volume initial furent adoptées, comme degrés de l’échelle, parRéaumur. Enfin, le thermomètre à mercure fit son apparition dans les dernières années du dix-septième siècle. Ce fut beaucoup plus tard, après les travaux de Charles et de Gay-Lussac que l’on revint au thermomètre à air, pour avoir une échelle bien déterminée. Les thermomètres à liquides, en effet, diffèrent dans leurs indications, suivant la loi de la dilatation des liquides employés. Gay-Lussac ayant cru observer que tous les gaz possédaient la même dilatation moyenne entre la température de la glace fondante et celle de la vapeur d’eau bouillante, pensa que la loi de la dilatation était la même pour tous, et adopta, comme degrés de température, des fractions égales de la dilatation d’un gaz quelconque, ou d’un mélange de gaz comme l’air atmosphérique.
- Les gaz sur lesquels avait opéré Gay-Lussac étaient humides, et la dilatation qu’il leur assigna était trop forte. Mais, dans des expériences ultérieures, on observa que l’air, par exemple, chauffé de la température de la glace fondante à celle de la vapeur d’eau bouillante, se dilatait de la fraction de son volume à la première température. Dans le système centigrade, on désigna les deux points de repère par 0 et 100, et l’on convint de diviser leur intervalle en cent parties marquées par les centièmes successifs de la dilatation de l’air rapportés au volume à zéro. Chaque degré devenait ainsi, arbitrairement, l’intervalle de température dans lequel l’air se dilatait de la fraction de son volume à zéro. L’échelle des températures étant ainsi définie, il était naturel de l’extrapoler dans les deux sens, et d’adopter la même graduation au-dessous de zéro et au-dessus de 100. Fin retranchant du volume à zéro des fractions successives correspondant à des degrés, on devait nécessairement arriver, après 273 soustractions, à un volume nul, et l’on admit qu’alors, l’échelle des températures s’annulant par définition, il était impossible de descendre davantage.
- C’est, comme on voit, par un procédé enfantin, que l’on arriva à définir le zéro absolu. La base expérimentale de la définition était des plus fragiles, puisque l’on admettait, par simple analogie, que les gaz conservaient la même nature aux températures les plus basses que l’on pùt réaliser, et cependant cette notion du zéro absolu réalisait un grand progrès sur les connaissances antérieures. D’abord on reconnaissait que l’origine des températures était fort éloignée du domaine ordinaire de l’observation, et de plus, par une chance inouïe, le point désigné ainsi par un pur empirisme se trouva être le véritable zéro absolu. Nous ne dirons point quels sont les procédés par lesquels ce fait a pu être vérifié. Il nous suffira de rappeler que les profondes méditations de Sadi Carnot le conduisirent à établir cette notion précise de l’origine des températures sur des considérations relatives au travail dépensé dans des machines ou restitué par elles.
- Depuis lors, l’importance du zéro absolu n’a fait que grandir, car on a reconnu qu’une foule de propriétés des corps sont exprimées par une formule mathématique compliquée lorsque l’origine des températures est prise arbitrairement, et que les expressions se simplifient lorsqu’on part du point où s’annulerait le volume d'un gaz parfait.
- 11 est heureux que l’on ait ignoré pendant longtemps la possibilité de liquéfier certains gaz, et que la thermodynamique ait pu s’appuyer sur une échelle thermomé-I trique définie simplement et facile à réaliser. 11 est heu-
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- reux, en d’autres termes, que la réalisation des températures liasses n'ait été possible qu’à un état déjà très avancé de cette science. La complication des phénomènes aurait arrêté les premiers chercheurs, et les lois simples seraient restées longtemps ignorées.
- Plus tard, on put tout relier à la fiction de l’existence d’un gaz parfait, c’est-à-dire d’un corps possédant, par définition, certaines propriétés très simples que l’on peut confondre avec celles de certains gaz réels, lorsqu’on se borne à les mesurer par des procédés rudimentaires.
- La fig. 1 va nous aider à comprendre ces faits. Prenons, comme abscisses les températures, comme ordonnées, les volumes d’un gaz. L’intervalle compris entre la température de la glace fondante et celle de l’eau bouillante sera représenté par AB, la variation correspondante du volume par CD. Dans la définition de Gav-Lussac, les températures sont proportionnelles au volume du gaz, et la relation entre les températures et les volumes sera donnée par la droite ED. Prolongée jusqu’à la rencontre avec l’axe des X, cette droite marquera en O le zéro absolu. C’est ce que donnerait un gaz parfait. Mais un gaz réel, quel qu’il soit, pourra suivre de très près la
- D
- Fi 1.
- mille atmosphères ou davantage, en produisant les détentes dans un appareil semblable à celui de Linde, mais avec un plus grand nombre de serpentins concentriques on avancerait, en progression géométrique décroissante, vers le zéro absolu, dont on pourrait se rapprocher indéfiniment, mais sans jamais l’atteindre. C’est pourquoi M. Dewar a pu dire très justement dans le mémoire relatif à la liquéfaction de l’hydrogène :
- « L’hydrogène, refroidi à — 194°, point d’ébullition de l’air, est encore à une température qui est deux fois et demie sa température critique, et sa liquéfaction directe, à ce point, serait comparable à celle de l’air pris à 60°, et liquéfié dans un appareil semblable. En d’autres termes, il est plus difficile de liquéfier l’hydrogène en partant de la température d’ébullition de l’air que de produire l’air liquide en partant des conditions atmosphériques ordinaires. »
- Au point de vue très important de l’obtention des basses températures par la détente, il conviendrait donc, si l’on voulait donner une idée de la difficulté de les atteindre, d’adopter une échelle des températures qui serait à l’échelle de Gav-Lussac ce qu’une progression
- droite sur une certaine longueur, et s’en éloignera lorsqu’il se rapprochera de la liquéfaction. Au moment où celle-ci se produit, le volume baisse brusquement. A partir de ce moment, il ne diminue plus que lentement lorsqu’on continue à refroidir. Les variations de volume d’un gaz réel seront donc représentées par une courbe telle que EFG. Dès l’instant où cette courbe commence à s’éloigner de la droite El), il serait absurde de conserver la définition des températures donnée par Gay-Lussac.
- Une question reste à élucider. A quelle distance du zéro absolu est-on arrivé, ou peut-on espérer arriver jamais?
- Nous avons donné, dans un précédent article, les résultats des expériences de M. Olszewski sur la détente de l’hélium1. L’habile physicien de Cracovie, ayant comprimé à 140 atmosphères une certaine quantité d’hélium préalablement refroidi dans l’azote solide, et l’ayant décomprimé subitement jusqu’à une atmosphère, ne vit aucune trace de liquéfaction, et en conclut, par le calcul, que la température atteinte avait été de — 265°, ou de 8° absolus. 11 semblerait donc que l’espace qui reste à franchir pour atteindre le zéro absolu soit insignifiant en comparaison de l’immense intervalle déjà gagné dans les récentes expériences. Il n’en est rien cependant; la détente des gaz produit, en effet, un refroidissement qui, pour des conditions initiales données, représente une fraction déterminée de l’intervalle compris entre le zéro absolu et la température du gaz avant la détente. Si l’on pouvait donc opérer indéfiniment sans être arrêté par la liquéfaction du gaz, on ne gagnerait chaque fois que la même fraction de l’intervalle restant. En débutant par une pression de
- 1 Yoy. n° 1168 du 19 octobre 1895, p. 322.
- géométrique est à une progression arithmétique; on représenterait alors les températures par le logarithme de leurs valeurs dans le système actuel. Le zéro absolu serait alors évalué par moins l'infini, et l’on comprendrait mieux pourquoi ce point est inaccessible1.
- Notre fig. 2 indique les relations qui existeraient entre les deux systèmes, si l’on convenait de conserver les points fondamentaux du système centigrade. Les températures seraient les mêmes à zéro et à 100, mais, au-dessous de zéro, les intervalles - dans le nouveau système iraient sans cesse en croissant.
- Indépendamment du réchauffement, la détente produirait des abaissements de température qui seraient donnés par des distances égales sur l’axe des abscisses, la difficulté de descendre étant toujours représentée par les mêmes longueurs. A la dernière température atteinte, c’est-à-dire à 8 degrés du zéro absolu, un degré en représenterait près de 35 au voisinage du zéro vulgaire. Cette représentation des températures est plus correcte au point de vue thermodynamique. Lille étend indéfiniment dans les deux sens la notion de température, et marque bien le véritable endroit où se trouve le zéro absolu, en un point inaccessible, mais dont on peut espérer se rapprocher indéfiniment. C’est ce que demande notre esprit : la possibilité de toujours progresser.
- Cii.-En. Guillaume.
- 1 Dans l’hypothèse d’un gaz parfait, l’éch. lie ordinaire est ° ; l’échelle logarithmique log v — log v0
- V —
- représentée par : 0 = 273 — serait donnée par : 0'= 100
- log 375 — log 273
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- L’ECLIPSE DE LUNE
- DU 5 JUILLET 1898
- Lu dernière éclipse de Lune s’est passée au centre de la France dans des conditions excessivement favorables.
- Dès le lover de la Lune, vers 8h 12m, celle-ci s’est montrée échancrée. L'ombre de la Terre entamait déjà le disque lunaire. A 9 heures une partie notable en était cachée et à 9h26m, milieu de l’éclipse, 955 millièmes de la Lune étaient recouverts d’un voile sombre avec une belle teinte rougeâtre. On peut se rendre compte par la première photographie que nous présentons (fig. 2), prise au moment de la phase maximum, ____________________________
- rayons du Soleil, grâce à notre atmosphère, sont déviés de leur marche en ligne droite, et, lorsqu’ils sortent, pour former le cône d’ombre pure, ils ont subi une réfraction d’environ soixante-sept minutes. Les génératrices de ce cône d’ombre vont donc converger vers un point moins éloigné qu’on ne l’aurait cru tout d’abord, et, de ce fait, la longueur du cône est réduite à 42 rayons terrestres au maximum. Ainsi que nous l’avons dit, la Lune étant à une distance moyenne de 60 rayons, son globe ne peut jamais pénétrer dans l’ombre pure; à mesure que les rayons traversent des couches d’air de moins en moins denses, ils sont moins déviés de leur direction, et le résultat final est de disperser tous ces rayons sur une immense étendue. En traversant les couches d’air, grâce à la vapeur d’eau, les rayons les plus réfrangibles (violets et bleus) sont presque entièrement absorbés, et il ne reste que les rayons rouges qui viennent frapper le sol lunaire et l’éclairer faiblement.
- A la lunette, les différentes régions ont conservé leur éclairement relatif, et c’est encore le limbe qui paraît le plus brillant ou plutôt le moins obscur. Détail curieux à noter : on peut, pendant une éclipse, étudier facilement encore la topographie lunaire.
- Les cirques se détachent nets sur le disque et ceux qui, au moment de la pleine lune, sont fortement éclairés conservent celte supériorité sur les autres : Tyeho, Copernic, Aristarqne, pendant la dernière éclipse, étaient particulièrement brillants ; ils ne faisaient que nous renvoyer la lumière du Soleil affaiblie par notre atmosphère. Nous nous sommes parfaitement rendu compte qu’il ne faut pas chercher ailleurs l’explication de ce fait signalé à différentes époques par plusieurs observateurs qui croyaient sérieusement à l’existence sur la Lune de volcans encore en activité. Cette netteté des détails sur le disque lunaire confirme une fois de plus l’absence en quantité appréciable d’une atmosphère autour de notre satellite; une couche d’air ne manquerait pas, en effet, d’absorber assez de lumière [tour que les rayons réfléchis par le sol soient, en
- de la grandeur de la partie éclipsée.
- Cette teinte rougeâtre était plus foncée au centre que sur les bords, phénomène qui, jusqu’à ce moment, n’a guère été signalé et que je n’avais pas remarqué aussi bien dans les précédentes éclipses.
- La partie encore visible était, à l’œil nu, d’un beau vert pâle et cette couleur se prolongeait sous forme de deux cornes sur le côté même de cette partie éclairée. A
- quoi est due cette fig. i. _ Croquis de l’éclipse pris le3 juillet à 10b 10m du soir rue de Cliàteaudun, à Paris, couleur rouge
- sombre qu’on remarque habituellement pendant les éclipses de Lune?
- Pour bien comprendre la réponse à cette question, on nous permettra de revenir un peu sur quelques notions théoriques.
- On sait que la Terre projette derrière elle un cône d’ombre très allongé dont les génératrices ne sont autres que les rayons du Soleil tangents extérieurement à la sphère terrestre. Les tangentes intérieures donnent, au contraire, la limite de la pénombre. Le calcul donne pour longueur théorique du cône d’ombre 216 rayons terrestres environ. La Lune étant à une distance moyenne égale à 60 rayons, on voit que dans les conditions favorables notre satellite passe dans le cône d’ombre. Ceci est bien élémentaire et tous les traités de cosmographie nous l’ont appris. Ce que l’on sait moins peut-être, c’est que pratiquement les choses ne se passent pas ainsi. Les
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- LA NATURE.
- i :»3
- sortant de cette atmosphère supposée, bien voisins de l’obscurité la plus complète.
- Un autre fait a dû frapper tous les observateurs dans la dernière éclipse. La partie brillante teintée de vert était séparée de la partie rouge par une zone bleuâtre. Cette remarque n’est pas particulière à l’éclipsedu 3 juillet dernier et on l’a faite bien des fois. Nous avons vu comment on explique la teinte rougeâtre de la Lune. La raison de la teinte vert pâle semble moins facile à donner.
- Quelques astronomes n’ont vu là qu’un phénomène de couleurs complémentaires. Alors pourquoi, dans la lunette, celte zone bleue entre le vert et le rouge? Cette simple objection n’a jamais été réso lue. Voici l’explication nouvelle que m’a suggérée la dernière éclipse. Si elle doit encourir une critique ce ne sera certainement pas celle de manquer de simplicité.
- Notre atmosphère a une épaisseur de 500 kilomètres environ et sa densité décroît rapidement avec l’altitude. L’absorption des rayons solaires doit donc subir dans sa variation une loi analogue à celle de la réfraction : nulle à la limite de l’atmosphère, elle devient maximum vers la surface terrestre. Quelle que soit l’hypothèse admise sur la couleur réelle des rayons solaires, nous pouvons affirmer que ces mêmes rayons réfléchis par le sol de la lune sont franchement jaunes dorés. Sous une grande épaisseur notre atmosphère étant bleue, les rayons solaires se teintent de plus en plus de cette couleur à mesure
- qu’ils se rapprochent de la surface. De jaune d’or qu’ils étaient ils deviennent d’abord vert pâle, puis vert un peu foncé. Ici le jaune disparaît complètement. Il reste la coloration bleue de l’atmosphère, mais bientôt les rayons rencontrent les couches basses qui renferment de la vapeur d’eau et ne
- laissent passer
- que
- les
- rayons
- Fig. 2. — Photographies prises à Bourges de l’éclipse du 5 juillet 1898 (de la phase maximum à la fin). (Clichés de M. l’abbé Th. Moreux.)
- rouges. Ces diflé-rentes couleurs étaient bien accusées dans la dernière éclipse. L’atmosphère très pure se laissait parfaitement pénétrer par les rayons du Soleil et la couleur rouge était d’autant mieux marquée qu’au moment du maximum ces mêmes rayons étaient tangents à la sphère terrestre par 20° de longitude ouest, c’est-à-dire en plein océan Atlantique.
- Nous donnons figure 1 un dessin de l’éclipse pris à Paris, rue de Châteaudun, à I0h 10m du soir. À Bourges Te ciel était excessivement pur. Malgré cela on peut constater sur les photographies qui accompagnent cette note (figure 2) l’absence complète de la partie éclipsée. Tous les photographes en devinent aisément la cause : les rayons rouges impressionnent trop faiblement la plaque photographique pour qu’on puisse apercevoir leur action.
- Ces photographies ont été prises avec une lunette de 108 millimètres; derrière l’oculaire était adaptée une chambre noire très légère ; la pose a varié de 1/2 seconde à 6 secondes. L’abbé Th. Moreux.
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- LA NATURE.
- lot
- L’ALIMENTATION VÉGÉTALE
- AU ZULULAND PENDANT I,A FAMINE
- Le Bulletin de Kew donne d'intéressants renseignements relatifs à l’alimentation des naturels du Zululand pendant la période de famine qui a régné récemment dans ce pays. La flore de la région a fourni 37 de ses représentants au besoin de nourriture qui se faisait sentir et a empêché les malheureux Zoulous de mourir de faim. Aucune des plantes consommées ne semble avoir de qualités alimentaires bien remarquables, non plus que de propriétés vénéneuses ou suspectes. Les feuilles sont les parties qui ont été le plus utilisées en guise d’épinard, après avoir été soumises à la coction. Quelques baies ont été aussi consommées ainsi qu’un petit nombre de racines et de bulbes. La famine qui a sévi dans le Zululand, et qui a causé de grands ravages, a eu pour cause une invasion de sauterelles. La difficulté de transport des vivres s’augmentait encore de l’éloignement du district envahi par le fléau et de la présence de la mouche Tsé-Tsé. La mortalité infantile a dù augmenter dans de larges proportions.
- L’identification des échantillons de végétaux transmis par le gouverneur de Natal, a pu être faite en grande partie. On trouve dans la liste publiée les plantes les plus diverses. Ce sont : Aloe Cooperi Baker, dont la matière qui remplit les tiges a été extraite et soumise à la cuisson; Strychiios Gerrardi N. E. Br., intérieur du fruit débarrassé des graines et grillé ; Sclerocarya Caffra Sond., dont la pulpe des fruits est comestible à Natal; Leucas glabrata, feuilles consommées en guise d’épinards ainsi que celles d’une Cucurbitacée indéterminée, d’une commélinc, des Ophioglossum reticulatum L. et capense Schl., de YAizoon canariense L., du Celosia trigyna L. dont les fleurs sont également utilisées dans l’alimentation; du Riocreuxia tondosa Dec., une petite Asclépiadée appartenant à un genre dédié à notre grand artiste Rio-creux; Solanum nigrum L. ou Morelle noire qui passe pour être vénéneuse quoique Duchesne la signale comme mangeable après avoir été bouillie dans l’eau; Sonchus oleraceus L., le vulgaire Laiteron qui abonde partout chez nous; du Chenopodium ambrosioides L., petite plante naturalisée dans le midi de la France; du Lycium acutifolium.
- A ces plantes qui ont fourni leurs feuilles, il faut en joindre un certain nombre dont on a mis en usage les racines et les bulbes ou les fruits, ce sont : Hypoxis filiformis Baker; Nymphæa stellata Wild., Nymphéacée des plus ornementales qui entre dans l’alimentation journalière des indigènes de Natal ; Niebuhria nervosa Hoch.; un Cephalandra indéterminé; Aberia caffra Harv. et Sond. ; Vangueriainfausta Burch; Strychnos(?); Lantana salviæfolia Jacq. ; Ximenia caffra Sond. ; Sar-costemma viminale R. Br., Asclépiadée dont les femmes indigènes et les enfants de Natal mangent couramment les fruits; Solanum nigrum L. dont nous avons déjà parlé à propos des feuilles; Argyrolobium marginatum, Bolus, dont on consomme les racines crues ou cuites; Scilla lanceæfolia Bak., à bulbe alimentaire après la cuisson; Trichilia Dregeana Harv. et Sond., grand arbre dont le fruit renferme une huile usitée à Natal ; une Légu-mineuse indéterminée; Ehrelia hottentotica B., recherché pour ses fruits; un concombre d’espèce indéterminée.
- Ces 37 plantes représentent environ une trentaine de genres différents appartenant à 23 familles, qui sont celles des Liliacées, Loganiacées, Cucurbitacées, Labiées, Nymphéacées, Commélinacées, Fougères, Verbénacées,
- Amarantacées, Asclépiadées, Solanées, Composées, Légumineuses, Chénopodées, Borraginées, Méliacées, Rubia-cées, Ficoïdées, Olaeinées, Capparidacées, Caprifoliacées, Anacardiacées et Amaryllidacées. De ces familles 3 seulement ne sont pas représentées dans la flore européenne : les Olaeinées, les Commélinacées et les Loganiacées; 5 des végétaux énumérés sont l’objet d’une certaine consommation habituelle à Natal; l’alimentation s’est donc enrichie de 32 plantes nouvelles. P. IIariot.
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- ROCHERS SOUS-MARINS
- Est-ce que, vraiment, il y a des roches qui poussent en mer? Des récifs qui se forment avec certaine rapidité? Une circulaire du ministre de la marine appelait récemment l’attention sur les roches inconnues du littoral et établissait des primes en faveur des pêcheurs qui signaleraient des roches ne figurant pas sur les cartes. Il y a positivement des rochers sous-marins qui ont échappé à l’attention. Un habitant de Biarritz écrit au Cosmos : a Ce qui se passe à Biarritz doit se passer sur les autres côtes rocheuses et peut fort bien expliquer les omissions de nos cartes. Les roches sous-marines poussent et, après quelques années, on peut trouver un récif là où rien de pareil n’existait lorsque la carte fut drossée. Lorsque j’étais enfant, dit-il, il y a bien une cinquantaine d’années, la roche, située le plus à l’ouest dans la ceinture de rochers qui entoure notre promontoire, se découvrait à peine, aux plus basses eaux. Un vieux pêcheur me racontait que, lorsqu’il était à l’âge de dix ans, il s’était trouvé près de cette roche à bord d’un bateau de Biarritz. Le patron lui avait fait remarquer cette roche recouverte alors de plusieurs pieds d’eau et lui avait dit : « Enfant, si tu vis jusqu’à soixante ans, tu verras cette roche hors de l’eau ».
- Aujourd’hui cette roche, qui, aux jours de l’enfance du vieux pêcheur, était couverte d’eau, qui, aux jours de mon enfance, se découvrait à peine aux plus vives eaux, se découvre aujourd’hui de plus de 2 mètres.
- « Fait plus récent. U y a une quinzaine d’années, nos pêcheurs aperçurent à environ 200 mètres du rocher dont il vient d’être parlé, en dehors de la ceinture de rochers qui nous protège, un nouveau rocher « qui poussait ». Aujourd’hui, ce rocher, qui n’existait pas il y a vingt-cinq ans, se découvre aux vives eaux. 11 est sur un point où les cartes marquent 10 mètres d’eau aux plus basses mers et constitue un danger pour la navigation. »
- Il résulterait de’ là que les cartes ne sont pas revisées assez souvent. La carte du golfe de Gascogne a été dressée en 1826 sous la direction de M. Beautemps-Baupré ; elle a été revisée en 1865 par M. Bouquet de la Grye. Depuis ce temps on n’a fait aucune exploration nouvelle.
- Si les roches poussent, comme le dit le correspondant du Cosmos, il faudrait reviser tous les dix ans. Mais poussent-elles vraiment? Puisque les pêcheurs vont être intéressés à signaler les écueils qui ne figurent pas sur nos cartes, il deviendra plus facile de le savoir. 11 n’est pas douteux que le littoral subit des affaissements et des exhaussements; il y a un mouvement de bascule assez prononcé le long des côtes de l’Atlantique. Mais ce mouvement est-il suffisamment marqué pour faire « pousser » des roches hors de l’eau en un demi-siècle? La question, en tout cas, est intéressante à suivre et il est à souhaiter qu’on l’examine de près. L’illusion est facile; mais, dans ce cas, l’indifférence serait coupable. Les roches sous-marines sont dangereuses pour les navigateurs. J.-F. Gau..
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- LA NATURE.
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- LA « SMITHSONIAN INSTITUTION »
- A l’occasion du cinquantenaire de celte fondation (1816-1896), on a publié avec l’approbation du secrétaire général, M. S. P. Langley, un intéressant historique de ses origines, de son but et de ses transformations.
- L’une des particularités de cette œuvre américaine consiste dans la provenance des premiers fonds, dus à la libéralité de l’Anglais Smithson qui, au cours de sa jeunesse, avait pris part avec l’armée britannique à la guerre de l’indépendance.
- Fils naturel d’un lord, sans famille, Smithson légua à la République américaine une fortune d’environ 2 500 000 fiancs pour fonder à Washington un établissement destiné au progrès et à la vulgarisation de la science.
- Grâce au bon vouloir des autorités anglaises les formalités administratives furent aussi abrégées que possible : un an après l’acceptation du legs par le gouvernement des États-Unis, le fondé de pouvoir américain entrait en possession de la donation et en versait le montant dans les caisses du Trésor.
- 11 fallut plus de temps pour étudier le meilleur emploi de cette fortune conformément aux intentions du donateur. Après des tâtonnements inévitables, des constructions et des transformations successives, la Smithsonian Institution est devenue une sorte de vaste Muséum-Bibliothèque qui (comprend à la fois des collections mi néralogiques, botaniques et ethnographiques, principalement de l’Amérique du Nord; une bibliothèque scientifique, partiellement organisée sur le modèle de nos grandes bibliothèques publiques, mais en d’autres parties subdivisée en salles spécialement affectées à des recherches particulières; un parc zoologique où afflue le public, les dimanches et les jours fériés ; un observatoire d’astronomie physique, etc.
- Aucun établissement n’a peut-être organisé aussi largement l’échange de ses publications, car, à la fin de l’année 1895, la Smithsonian Institution entretenait des relations dans ce but avec 10 765 bibliothèques et 12 645 particuliers.
- L’historique auquel nous empruntons les indications précédentes contient les portraits de Smithson et des principaux titulaires qui, depuis l’origine, se sont consacrés au développement de cette remarquable fondation, et se sont illustrés par des mémoires scièntifiques publiés dans les bulletins périodiques de la Smithsonian Institution. L. Barré.
- chons sont constitués par une matière à pouvoir émissif variable avec la longueur d’onde, ce qui est le propre de tous les corps colorés.
- La température du manchon n’est pas, comme le pense M. Bunte, extraordinairement élevée et supérieure à 2O0O°; elle est, en réalité, comprise entre 1600 et 1700°, comme l’est la température des particules de charbon en suspension dans la flamme ordinaire du gaz. Enfin le rendement lumineux n’est pas dû, comme le pense M. S‘ John, à un pouvoir émissif particulièrement élevé. Les pouvoirs émissifs moyens sont plus avantageux. En résumé, la seule cause du rendement lumineux des manchons Auer résulte de la faiblesse de leur pouvoir émissif dans la région infra-rouge du spectre. Ces manchons sont essentiellement composés de deux corps : l’oxvde de thorium 99 pour 100 et l’oxyde de cérium 1 pour 100 qui, pris isolément, ont un rendement lumineux plus faible. Le mélange des deux corps donne un rendement supérieur à la moyenne, parce que ce n’est pas un mélange mécanique, une simple juxtaposition, mais un mélange chimique homogène (isomorphisme ou dissolution solide). Dans ce cas, les pouvoirs absorbants et, par suite, les pouvoirs émissifs ne sont pas la moyenne arithmétique de ceux des éléments constituants. Les mélanges de chlorure ferrique et de chlorhydrate d’ammoniaque sont un exemple connu de ce fait. L. R.
- LE CARILLON
- de saint-germaix-l’auxerrois
- Depuis quelques années, les carillons reprennent faveur. On sait que nombre de villes belges et du nord de la France possèdent des orchestres de ce genre datant du dix-septième ou du dix-huitième siècle. Plusieurs, non des plus mauvais, avaient été laissés pendant des années dans un état déplorable. L’abbé Van Hoorenbeeck, le bienfaiteur de Sainte-Gertrude de Louvain, a été, chez nos voisins, le pro-
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- 6 7»
- 9 10 11 12 13 1» li 16 17
- Fig. 1. — Notes du carillon de Saint-Germain-l’Auxerrois.
- LA RADIATION
- DES MANCHONS A INCANDESCENCE
- MM. Le Chatelier et Boudouard ont étudié récemment la radiation des manchons à incandescence et viennent de présenter les résultats de leurs études à la Société française de physique. Bs ont reconnu que, pour expliquer leur rendement lumineux élevé, il n’y avait pas besoin d’invoquer de phénomène exceptionnel.
- La luminescence, ou fluorescence à chaud, qui avait été mise en avant par M. Nichols dans une étude sur la radiation de l’oxyde de zinc, ne joue certainement aucun rôle. Le pouvoir émissif des manchons est, en effet, pour toutes les radiations et toutes les températures, inférieur à l’unité. U est seulement plus grand dans le violet que dans le vert, et dans le vert que dans le rouge. Il est sans doute extrêmement faible dans l'infra-rouge. Les man-
- moteur des grands travaux de restauration entrepris de tous côtés, à Diest, à Ostende, à Audenarde, à Roulers, etc.
- En France, nous sommes témoins du même zèle. Il y a toutefois cette différence que, chez nous, les municipalités étant essentiellement laïques, c’est surtout l’autorité ecclésiastique qui fait les frais des installations ou restaurations de carillons : ainsi à Dax, à Pontmain, à Cambrai, à Valenciennes. La ville de Paris vient cependant de faire exception à cette règle en votant les fonds nécessaires à la restauration du carillon de Saint-Germain-l’Auxerrois. 11 est vrai que ce carillon est une très belle œuvre, que la dépense n’a pas été considérable (5000 francs à peine) et que l’architecte municipal,
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- LA NATURE.
- le distingué M. Gion, a lutté vaillamment pour obtenir de nos édiles l’exécution de ce travail.
- Les cloches installées dans la tour de Saint-Germain-l’Auxerrois sont au nombre de 58 donnant les notes suivantes (voir les portées). Elles occupent un espace considérable. Leur poids total est de 40000 kilogrammes. La plus grosse qui donne UT en pèse 2000. Le tableau (pie nous donnons plus loin (p. 158) indique les dimensions des principales notes.
- Chaque note possède 4 marteaux actionnés par un rouage particulier et indépendant. Seule, la grosse cloche est dépourvue de marteaux, quoiqu’elle possède comme les autres son rouage. Elle ne sert, par suite, que pour la sonnerie des heures
- de l’horloge. Au total, le carillon comprend donc 148 marteaux avec 148 fils de tirage, et 152 queues.
- Le jeu des cloches est produit automatiquement ou à la main. Le jeu automatique est donné par un cylindre en acier de lm,50 de longueur sur üm,40 de diamètre et 4 millimètres d’épaisseur, percé de 29 184 trous, disposés sur 228 tours de spire. 11 est déclenché par l’horloge de la tour, deux lois par jour, à 11 heures et à 4 heures. Le déclenchement met en mouvement un fort rouage à poids qui entraîne le cylindre garni de picots correspondant aux airs que l’on veut faire entendre. Ces airs sont actuellement au nombre de trois : la Marche de Tu renne, de Lulli, le Tambourin, de Rameau, et
- Fig. 2. — Clavier, cylindre et mécanismes du carillon de Saint-Germain-l’Auxerrois.
- une Vieille chanson française. C’est M. Chapuis, organiste de Saint-Roch, qui a été chargé de mettre au point ces airs dont la musique est forcément un peu spéciale. La cadence en correspond au 76 du métronome. En valeurs de croches, les trois airs ([lie nous venons de citer représentent respectivement 520, 224 et 224 unités.
- Il sera très facile de changer les airs à volonté en déplaçant les picots ou en en mettant de nouveaux. Chacun d’eux se compose en effet d’une partie extérieure tronconique de 7 millimètres environ de longueur qui déborde la surface du cylindre et d’une partie filetée (pii se visse dans son épaisseur. Chaque [ticot, en passant, soulève un levier correspondant à la note qu’il doit donner. Ce levier déclenche lui-même le rouage de sa cloche, une des levées passe et
- il sonne un coup. Nous avons dit que chaque rouage de cloche tire 4 queues de marteaux. Les levées de ces queues sont disposées sur les deux faces de la roue de sonnerie de telle façon que l’un des marteaux est toujours prêt à frapper, deux en préparation plus ou moins avancée et un au repos. C’est cette disposition qui permet au carillonneur, jouant du clavier, d’exécuter des airs assez rapides. Les dessins permettent de se rendre compte de la disposition générale de ces queues de marteaux dont l’ensemble forme, avec les fils de tirages, leviers et autres accessoires, un ensemble des plus pittoresques.
- Le jeu à la main s’exécute par un clavier absolument semblable à celui d’un piano. Il faut seulement un peu plus de force pour presser les touches. Celles-ci sont au nombre de 46, dont 8 ne cor-
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- respondent à aucune cloche et une actionne le rouage du 1)0 le plus grave qui ne possède pas de batteries de marteaux. Le carillonneur peut donc utiliser 57 de ces touches et jouer tous les airs qu’elles permettent. La même note peut être répétée jusqu’à 5 fois par seconde.
- Les touches du clavier produisent sur les leviers de déclenchement des rouages les mêmes effets que les picots du cylindre automatique.
- L’ensemble du système est extrêmement volumineux et n’occupe pas moins de ‘20 mètres en hauteur, sur une surface octogonale de 10 mètres carrés ce (pii représente le joli cube de 200 mètres cubes. La pièce des poids mesure om,90 de hauteur sur 5'",80 de, d iamètre. Celle des mécanismes (pii est au-dessus 4'",50 de haut sur 5'",70 de diamètre; enfin le logemen t des cloches, tout en haut avec leurs batteries et leurs fils, occupe une hauteur de 9,n,50 sur un diamètre de 5‘n,60. Les cylindres des poids des cloches ont des diamètres variant de 25 à 15 centimètres. Chaque cylindre avec, ses rouages, ses accessoires et sa sonnerie constitue une véritable horloge
- Cette installation est unique en son genre.
- Le carillon de Saint-Germain a été achevé en 1878. Sa construction a duré une quinzaine d’années. Une inscription de la grosse cloche nous apprend qu’elle lut, ainsi que ses sœurs, fondue en 1862 par A. Hil-debrand, « fondeur de S. M. l’Empereur Napoléon III ». Le mécanisme tout entier est l’œuvre de l’horloger Collin. Celui-ci fit, avant de présenter le système définitif qui fut exécuté, de nombreuses expériences devant une commission instituée à cet effet et composée de MM. Ballu, l’architecte promoteur de l’idée, le baron Séguier, Chaix d’Est-Ange, le musicien
- Bezozzi, le facteur d’orgues Barker et l’horloger Henry Lepaute.
- Le cylindre automatique, actuellement en acier, était alors en bois : il portait piqués les 4 airs suivants : Chanson des « (floches de Corneville » à 8 heures du matin, ballet de « Si j’étais roi » à midi, air du « Carnaval de Venise » à 8 heures du soir et « Noël » d’Adam, à minuit. Les Parisiens
- n’ont guère eu le temps d’apprécier leur carillon, car à peine installé il fut abandonné et il est resté 20 ans muet. Lorsque M. Gion, le successeur de Ballu. voulut lui rendre la vie, il fallut procéder à une restauration en règle. C’est M. Chateau, le successeur du constructeur, restaurateur déjà des horloges astronomiques de Rouen et de Lyon, qui fut chargé par le Conseil municipal de mener à bien ce travail dont la réception a eu lieu le 7 juillet.
- Le carillon de Saint-Germain-l’Au -xerrois est maintenant frais et pimpant et prêt à charmer les visiteurs de notre future Exposition. Paris ne pouvait vraiment se dispenser de faire ce que la plupart des cités à carillons, bien moins riches que lui, font de tous côtés.
- L’appareil dont nous venons de parler est le premier dans lequel les picots du cylindre et les touches du clavier aient eu simplement à produire un déclenchement au lieu de soulever directement les lourds marteaux des cloches. C’est le premier carillon véritablement mécanique (fig. 2 et 5).
- Au point de vue de l’expression musicale, ce n’est sans doute pas une qualité, mais au point de vue hygiénique, c’est incontestablement un progrès inappréciable pour le carillonneur qui dans les anciens systèmes est obligé de payer d’une fati-r
- Fig. 3. — Cloches et batterie du carillon de Saint-Germain-rAuxerrois.
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- gue musculaire exagérée la valeur supérieure de ses mélodies.
- DIAMÈTRES ET POIDS APPROXIMATIFS DES PRINCIPALES CLOCHES DU CARILLON
- Noirs et u° d'ordre Diana très. Poids approximatifs.
- 1 l T 1 "',;.() 2000 kilogrammes.
- 2 RÉ 1",25 1500 —
- 5 III lm,20 1000 —
- 4 FA 1m, 15 850 —
- 5 SOL lra,05 600 —
- 6 LA 0m,98 450 —
- 7 LA # ü»,92 350 —
- 8 SI 0ra,87 325 —
- 9 DO 0ra,82 250 —
- 10 DO # Om,77 225 —
- 11 RÉ 0'",73 200 —
- Les 13 dernières notes ont le même diamètre (0m,52) et different seulement par leur épaisseur.
- Sans sortir de France, nous dirons pour terminer quelques mots à titre de comparaison sur quelques-uns des principaux carillons qui fonctionnent dans notre pays.
- C’est d’abord celui de Dunkerque, le doyen. On sait (pie Dunkerque dispute à Alost l’honneur d’avoir possédé le premier orchestre de cloches. Le carillon-neur actuel, M. Piéters fils, qui joua l’an dernier devant le Président et auquel M. Félix Faure donna alors les palmes académiques, a 49 cloches à sa disposition.
- La plus grosse pèse 3500 kg environ. Châlons-sur-Marne et Perpignan possèdent des carillons tous récents, le premier de 56 cloches, le second de 46. La plus grosse cloche de Châlons-sur-Marne pèse 2723 kg. La principale de Perpignan, 1650 kg. Cambrai et Saint-Amand du Nord ont chacun 38 cloches. Merville, également dans le Nord, en a 39. Saint-Quentin, 31. Arras, 24, plus 3 cloches d’offices. Bonsecours près Rouen, 25 cloches plus un bourdon de 6000 kg et 4 cloches de sonneries ; Pontmain, 25 cloches également. Notre-Dame de Buglose, 23, la Basilique de Fourvière, 13.
- Les carillons les plus riches en cloches ne sont pas ceux qui possèdent le plus gros poids de métal sonore.
- Les notes graves présentent en effet d’énormes différences de poids. Si l’on voulait par exemple ajouter au carillon de Saint-Germain-l'Auxerrois, seulement le SI bémol et le LA au-dessous de TUT grave qui en est la principale note, cette addition représenterait près de 8000 kg de bronze, presque le poids du carillon actuel tout entier.
- Un exemple typique est fourni à l’appui de ce que nous venons de dire, par le fameux carillon de Westminster. Ce carillon n’est qu’une sonnerie d’horloge, composée de 5 cloches dont la plus grosse pèse 13 800 kg et l’ensemble 22 000 kg, plus que les 56 de Châlons-sur-Marne !
- Pour donner une idée de la valeur du bibelot que recélait la tour de Saint-Germain-l’Auxerrois et que les Parisiens seront reconnaissants à M. Gion de leur avoir rendu, nous dirons que le constructeur des mécanismes, Collin, reçut pour ce travail la somme de 79 960 francs. Comme de son côté le fondeur de cloches encaissa à peu près pareille somme et que d’autre part, il fut fourni avec le carillon une horloge, un baromètre et un thermomètre d’une valeur de 27 000 francs environ, on voit que la ville de Paris ne dépensa guère moins de 200000 francs.
- Sans compter bien entendu le prix de la tour qui fut pour ainsi dire faite exprès pour servir 20 ans de prison â tous ces ingénieux mécanismes.
- C’est du son dans les grands prix.
- L. Reverciion.
- LES FLEURS ET LES OISEAUX
- Nous avons consacré un article aux plantes des Alpes, à leur disparition, aux mesures qui sont prises pour en arrêter la destruction C C’est une question importante dont on s’est peu préoccupé en France et que nos voisins copropriétaires des Alpes, les Suisses et les Italiens, étudient avec soin et méthode. Depuis l’année dernière des faits nouveaux se sont produits : nous voulons les indiquer afin qu’on n’ignore pas les essais ingénieux tentés pour conserver ou restituer aux montagnes les arbres, les fleure et les oiseaux.
- Il existe en Suisse une association pour la protection des plantes; il en existe une semblable en Italie, depuis le 29 juillet 1897. Elle porte le nom de Pro Monlibus et compte, après quelques mois d’existence, cinq cents adhérents phytophiles.
- Le but de l’Association est multiple. On veut sauver de la destruction tout ce qui fait la « parure de la montagne ». On veut sauver les oiseaux. .L’Italie est la grande meurtrière des oiseaux migrateurs. C’est chez elle qu’ils arrivent, c’est elle qui autorise pour ainsi dire leur massacre .
- Écoutez ce cri d’indignation d’un transalpin ami des oiseaux : « Qu’il me suffise de signaler l’immense destruction qu’on fait chez nous des petits oiseaux chanteurs. Souvent de jeunes gamins de huit à dix ans, avec la plus grande indifférence du monde, aveuglent avec un fer rougi au feu, un pauvre petit pinson pour en faire un innocent instrument d’appel et de destruction d’autres oiseaux. »
- On voit des enfants comme des personnes âgées, passer leurs journées à courir les collines et à recueillir les petits oiseaux restés collés contre les branches engluées, et en les ramassant leur casser les pattes, puis les achever en leur brisant la tète contre la première pierre venue. On dresse de tous côtés des Roccoli, sortes de bosquets élevés et artificiellement arrangés pour attraper les petits oiseaux. On y place des oiseaux aveuglés qui appellent les autres. Ces roccoli donnent un produit très rémunérateur; huit cents ou mille oiseaux sont pris par jour sur chacun d’eux.
- Ce sont des hécatombes effroyables : il serait à souhai-
- * Voy. n° 1269, du 25 septembre 1897, p. 260.
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- LA NATURE.
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- ter qu’on entendit par delà les Alpes l’éloquent appel de M. de Parville1 en faveur des oiseaux, nos plus utiles amis, nos plus gais compagnons.
- On se plaint en Italie de ces massacres : jusqu à ce jour on n’a pas pris de mesures efficaces. Les agents de l’autorité ferment les yeux et vivent dans un « dolce farniente ». Les députés, là-bas, tiennent à leur popularité et ne proposent pas de lois restrictives. Espérons (pie les adhérents de Pro Montibus arrêteront les horribles massacres que nous venons de signaler. Peut-être arriverai t-on à d’heureux résultats en enseignant le respect des oiseaux aux petits enfants qui sont d'impitoyables dénicheurs. Devenus grands, ils pourraient propager de saines doctrines et transformer les coutumes barbares et stupides.
- Dans les écoles de Saxe, on trouve des « repaires-abris » pour la nourriture des oiseaux pendant l’hiver. Les élèves partagent leur pain avec les aimables chanteurs : on leur apprend à avoir pitié de ceux qui ont faim et froid. Voilà un excellent moyen, il me semble, pour combattre de mauvaises habitudes. Pro Montibus veut aussi sauver les arbres et arrêter les inondations par la reconstitution des forêts. C’est là une besogne qui paraît urgente à tous ceux qui ont considéré avec effroi les pentes désolées de l’Apennin, bien plus dénudées, bien plus lamentables que celles de nos Alpes et de nos Pyrénées. Il n’existe en Italie aucun service de reboisement régulier.
- Nous avons l’habitude de dire beaucoup de mal de ce qui se fait en France : c’est un sûr moyen d’arrêter les initiatives généreuses. Du moins ici nous pouvons fournir des modèles à nos voisins. Nos « reboiseurs », qu’ils s’appellent MM. Demontzev, Briot, Kuss, etc., font œuvre utile en silence. Pour la flore, les Alpes italiennes ont déjà deux sauveurs, la Société de la flore valdotaine et « Chanousia », le jardin-musée du Petit Saint-Bernard. Là, on ne s’est pas borné aux espèces régionales, on a fait des semis de graines venues de tous côtés, des Pyrénées et de rilimalaya.
- J’arrive à la France, et si j’y arrive en dernier lieu, c’est qu’en réalité nous commençons seulement à protéger nos montagnes. Je ne parle pas des arbres, qui ont des ennemis naturels, leurs propriétaires; des amis dévoués, les agents du service du reboisement. Nos forêts alpestres renaissent pour ainsi dire de leurs cendres.
- Si vous allez dans le Briançonnais, par exemple, ou dans la Maurienne, vous assisterez à la conquête des pentes dénudées et caillouteuses par la végétation arborescente. Pour les plantes, le Club alpin français semble s’être mis à l’œuvre avec courage. La section de Belfort a fait des plantations et des semis sur le Ballon d’Alsace. La section centrale va créer, dans les Vosges également, un jardin botanique étendu, qui servira de refuge et de champ de multiplication aux espèces menacées. Une ville de la Savoie, Annecy, vient de voter l’argent nécessaire pour une création semblable sur les croupes herbeuses du Semnoz.
- Il faut se hâter; tous les jours le mal s’aggrave ; les botanistes amateurs, sûre de l’impunité, arrachent fleurs et racines et ainsi les bulbes sont perdus.
- Nous appelons de nos vœux la création de jardins-refuges et nous demandons aux touristes un peu de pitié pour les plantes. J. Corcelle,
- Agrégé de l’Université.
- 1 Voy. n° 1208, du 25 juin 1898, p. 58.
- LES \ILLES NAISSANTES AUX ÉTATS-UNIS
- Nous avons publié il y a quelques mois une notice : L'or dans les régions arctiques *. Les découvertes faites récemment dans ces lointaines terres américaines de l’Alaska suscitent une fièvre dont l'ardeur semble incomparable. Les chercheurs d’or viennent de fonder une ville sur la cote du Pacifique, pour servir de point de départ aux pionniers des mines du Klondyke situées dans l’Alaska Canadien. Cette ville est née au mois de septembre dernier, elle compte actuellement déjà plusieurs milliers d’habitants. Des rues, bien primitives encore il est vrai, sont tracées et apparaissent régulières, s’éten-
- A N C E DU
- CANADA
- ALASKA f
- Sewar-c
- COLOMBIE
- \ BRITANNIÇU
- W rangel'
- Carte de l'Alaska (États-Unis) montrant la nouvelle ville de Skagway
- dant sur une grande longueur. Elles sont bordées déjà d’une quantité de maisons de bois.
- Vers les premiers jours de septembre 1897, un pionnier, M. Ben Moore, ayant loué un terrain, élevait une cabane pour s’y abriter à côté de son petit magasin. Peu après, la Banque de l’Alaska et la Compagnie du North West Trading se groupaient autour de lui avec un certain nombre de personnes qui s’installaient avec leurs tentes. Quelques semaines plus tard, tous ces pittoresques campements formaient une ville qu’on nommait Skagway.
- Skagway est situé sur une plage fort étendue que recouvre la haute mer. Les bateaux à vapeur n’y peuvent accoster et les chercheurs d’or doivent actuellement débarquer au moyen de bateaux plats et même aussi à dos d’hommes. Bientôt la ville
- 1 Voy* n° 1274, du_30 octobre 1897, p, 343.
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- LA NATURE.
- sera dotée d’un port en eau profonde et deux grands moles sont en construction. Skagway, comme on le voit sur la carte (lig. 1) est placée tout au fond delà province d’Alaska des Etats-Unis, plus au nord encore que le glacier grandiose de Muir, la merveille du pays et le but principal des explorations annuelles que font les touristes en ces curieuses contrées.
- Les villes naissantes américaines excitent toujours l’étonnement des Européens qui peuvent aller les visiter, car rien de semblable n’existe en leur pays. Les villes se fondent toutes d'après un même modèle et il faut avouer que rien n’est [tins étrange ni plus pittoresque. 11 y a quelques années, traversant en chemin de fer les immenses forêts des provinces de Washington, d’idaho et de Mantana aux États-Unis, il m’a été donné d’en voir plusieurs dont les pre-
- mières fondations commençaient à peine. L’était en l’année 1885. Aujourd’hui ces mêmes stations sont devenues sans doute des villes. Le chemin de fer n’était qu’à une seule voie et souvent la vitesse de la machine à vapeur laissait à désirer. 11 est vrai que les paysages sont tellement intéressants en ces pays (pie les touristes ne songent pas à se plaindre. Nous atteignons le superbe lac Rend-d’Ureille (province d’idaho). Quelques Indiens campés sur ses bords ajoutent un charme de [tins au tableau.
- Le lac est traversé sur un viaduc construit sur pilotis provenant des arbres des forêts, nous le revoyons plusieurs fois dans les détours du chemin toujours plus admirable. Des îles vertes, avec les montagnes de Cœur d’Alêne aux belles silhouettes, forment des points de vue variés : Sandpoint, petite
- Fig. 2. — Ville naissante de Trout-Creek, province de Mantana (États-Unis). (D'après nature, par M. Albert Tissandier.)
- localité pleine d’indiens qui viennent curieusement vous voir passer ; puis le grand viaduc où le train ralentit sa marche avant d’entrer en pleine forêt. Nous longeons ensuite les bords de la rivière Clark, et l’on s’arrête à quelques stations de villes naissantes, comme Iléron qui déjà possédait près de 300 habitants. Noxon, Tuscor, enfin Trout-Creek (province de Mantana), dont nous donnons l’aspect. C’était la station la plus caractéristique entre toutes (voy. fig. 2). Trout-Creek se composait alors de cinq maisons faites de planches reliées entre elles par des cabinets de toilette faits de treillages, de quelques tentes et de la station de chemin de fer.
- La station, qu’on ne peut voir sur la gravure, se trouve sur la droite à quelques mètres du Saloon. Quelques tentes étaient groupées autour d’elle, et il y en avait encore du côté opposé. Le tout enfermait à peine 40 habitants, installés en ces lieux pour commencer à exploiter les forêts. Pour vivre, les
- courageux pionniers attendent l’arrivée du train qui apporte les boîtes de conserves quotidiennes et autres provisions. Comme distraction, en dehors du travail possible d’exploitation, ils avaient le Palace ou Dining hall, qu’on voit sur la gravure. C’est là qu’on fait d’assez maigres repas; puis enfin, le soir, dans le Saloon, ceux qui ont gagné un peu d’argent vont lire les journaux en buvant des coktails ou de la bière. L’existence est ainsi faite aux États-Unis pour les fondateurs de ville. Elle est primitive et difficile, mais elle remplit l’esprit des courageux Américains d’espérances diverses qui se réalisent souvent. On a vu en ces pays, plus d’une fois, un pionnier modeste remplacer, au bout d’une dizaine d’années, son premier campement par une grande ville prospère, et sa cabane de planches par une maison luxueuse et confortable.
- Cette visite bien rapide, rendue en passant à la petite ville naissante (le Trout-Creek, me faisait sou-
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- venir d'un album humoristique et très comique illustréj»ar Perey Cruikshank, caricaturiste anglais, publié vers l’an 1845 et qui, depuis, est devenu presque introuvable. Cet album faisait le bonheur de
- Fig. 3. — Première nuit de John Smith et île ses compagnons dans leur nouveau domaine.
- suivant l'usage, John Smith, qui s'installe avec sa famille dans les forêts d’Amérique et parvient non sans peine à y fonder une ville. L’album se
- Fig. 5. — Avant d'abattre un arbre, l'émigrant doit prendre garde à ia direction qu’il lui donnera pour sa chute.
- sa première nuit dans le domaine qu'il vient d'acquérir. Il est campé avec sa famille dans la forêt et visité pendant la nuit par des hôtes qu’il préfére-
- Fig. 7. — Se'méfier delà visite désagréable des sauvages qui viennent parfois brider votre maison pour mieux rôtir vos bestiaux et vos volailles.
- La ligure 5 montre l'écroulement de sa cabane produit par la chute d’un arbre immense qu’il est parvenu à abattre. Dans la figure 6, c’est un nouveau malheur ; l’inconvénient des cyclones qui emportent tout le travail accompli par le malheureux
- ma jeunesse et je l’ai toujours gardé soigneusement. Cruikshank racontait en peu de mois, mais avec des dessins charmants et légèrement grotesques, les mésaventures d'un émigrant anglais nommé,
- Fig. i. — Promenade de John Smith qui se rend compte des difficultés qu’il devra surmonter dans la forêt à exploiter.
- compose de dix dessins1. Voici le spécimen de six d’entre eux qui m'ont paru les plus amusants.
- Dans la figure o, nous voyons John Smith passant
- Fig. 6. — On devra construire sa cabane de bois solidement, afin d’éviter les accidents produits par les cyclones.
- rait ne pas connaître. Dans la quatrième, John Smith visite seul sa propriété et commence à se rendre compte des difficultés de son exploitation.
- Fig. 8. — John Smith jouit enfin de son œuvre, et peut contempler Sinithtoxvn, ville fondée par lui après mille péripéties.
- émigrant. Voici, figure 7, des visites fort pittoresques sans doute, mais peu agréables. Ce sont les
- 1 Hints to émigrants or incidents in the émigration of John Smith of Smithlown. Désignai by Perey Cruikshank. G. llarwood II, Fenchurch Street, London.
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- LA NÀTtJRE.
- sauvages de la foret qui viennent brûler sa cabane pour mieux faire rôtir ses bestiaux et ses volailles. Enfin, nous dit le texte de Cruikshank, John Smith, après bien des difficultés, aidé par ses amis Jones et Robinson, finit par fonder Smith town et est récompensé de toutes ses peines en voyant enfin prospérer sa ville naissante. Albert Tissandier.
- —
- CHRONIQUE
- Inauguration des galeries du Muséum1. —
- Jeudi 21 juillet, a enfin eu lieu l'inauguration des nouvelles galeries du Muséum remise à trois reprises différentes. La cérémonie a été présidée par M. Léon Bourgeois, ministre de l’instruction publique. M. Milne-Edwards, entouré de tous les professeurs de l’établissement, a reçu le ministre à son arrivée et lui a adressé un discours de bienvenue, très joli dans son ensemble et très fin dans ses conclusions. M. Bourgeois, dans sa réponse spirituelle, s’est montré très dévoué aux intérêts et à l’avenir du Muséum. Il a été très applaudi. M. Milne-Edwards a remis au ministre une médaille commémorative de la cérémonie. Cette médaille représente à l’avers le nouveau monument, et porte l’inscription suivante : Muséum d'histoire naturelle, inauguration des nouvelles galeries, et le nom de l’architecte, M. Dutert. Au revers, dans un cartouche lauré, sont inscrits les noms de MM. Milne-Edwards, Gaudry, Bureau, Vaillant, Perrier, van Tieghem, Dehérain, Cornu, Chauveau, Armand Becquerel, Stanislas Meunier, Hamy, Lacroix, Bouvier et Maquenne, professeurs au Muséum. Le ministre a été très acclamé encore lorsqu’il a remis la rosette d’officier à M. Filhol, les croix de chevalier à MM. Stanislas Meunier et Marcellin Boule, la rosette d’officier de l’instruction publique à MM. Marchand, Morot et Gillot, les palmes académiques à MM. Thévenin, Flandrin, Marcelet, Bonir, Testien, Durand et Bastard. Tout le Paris scientifique était au Muséum et l’assistance extrêmement nombreuse. Après la cérémonie officielle, les nouvelles galeries ont été ouvertes et chaque professeur en a fait les honneurs. M. Filhol a établi ses collections d’anatomie comparée au rez-de-chaussée. M. Gaudry a réuni ses collections de paléontologie au second étage. M. Hamy, celles d’anthropologie au deuxième et troisième étage. On peut dire que chacun d’eux s’est surpassé dans le classement de ces magnifiques spécimens. M. Albert Gaudry, avec le concours très empressé de M. Marcellin Boule, a fait de sa galerie une merveille. Les galeries d’anatomie comparée, de paléontologie et d’anthropologie sont maintenant dignes du Muséum de Paris. Mais, hélas, elles sont déjà pleines, archipleines, et..., il faudra prolonger le monument. Les plans ont été faits en conséquence. Restons sur le présent; il est plus que satisfaisant, et nous sommes heureux de pouvoir le dire : il y a là un ensemble de richesses qui nous permettent de tenir bon rang dans le monde.
- Un nouveaji principe de fonctionnement des moteurs & gaz. — Le cycle à quatre temps de Beau de Rochas est aujourd’hui presque exclusivement adopté dans les moteurs à gaz. Il présente cependant certains inconvénients dans son application aux moteurs alimentés par des gaz pauvres ou des gaz provenant des hauts fourneaux, au point de vue du réglage de la marche, et
- 1 Voy. n° 1297, du 9 avril 1898, p. 295.
- du balayage du Cylindre après l’explosion. Un ingénieur français, M. E. Hèirman, a indiqué un nouveau cycle d’opérations qui remédierait à ces inconvénients et donnerait au moteur tous les avantages résultant d’une marche à explosion variable. Pour réaliser ces conditions, M. Heirmann introduit le mélange d’air et de gaz sous pression dans le cylindre au commencement de sa course, coupe cette admission sous pression constante en un point déterminé de la course, variable à volonté, à l’aide d’un organe de distribution approprié (soupape, tiroir, etc.) et réalise simultanément l’inflammation du mélange qui produit ainsi le coup moteur jusqu’à l’extrémité de la course du piston. Pendant le retour du piston, les produits de la combustion sont complètement expulsés, puisque le cylindre ne comporte ni chambre de compression ni espace nuisible sensible. Outre le balayage parfait du cylindre moteur, on obtient deux autres avantages non moins appréciables : une explosion pour chaque tour de l’arbre moteur, et une admission variable, comme pour les moteurs à vapeur. Il est vrai que l’appareil se complique d’une pompe de compression pour le mélange gazeux et d’un réservoir intermédiaire, mais ces complications paraissent de peu d’importance en comparaison des avantages signalés. Quel que soit le sort réservé à cette invention, il nous est agréable de la signaler, car elle montre une heureuse initiative prise en vue de quitter les sentiers battus, et nous devons y applaudir, lors même que les résultats ne seraient pas immédiatement très supérieurs à ceux fournis par les autres procédés d’utilisation des gaz dans les moteurs à explosion.
- Le record de la vitesse sur mer. — Le yacht Ellide, construit par M. E. B. Warren, vice-président de la Barber Asphalt C°, sur les plans de M. Charles I). Mosher, vient d’accomplir l’extraordinaire vitesse de 37,89 milles à l’heure, battant ainsi le record de 37,7 milles établi parla Turbinia. D’après Le Praticien, l'Ellide, a 80 pieds de long (24m,52), 8 pieds 4 pouces (2m,55.) de large et 3 pieds fi pouces ( l111,06) de creux. Sa construction est composée de deux épaisseurs de bois d’acajou sur des bâtis d'acier, et fixées par des boulons de bronze. Cinq cloisons d’acier le divisent en compartiments étanches, et de plus on a ajouté de nombreux réservoirs d’air en cuivre. La machine motrice est une machine à quadruple expansion avec les pistons de 9, 15, 18 et 24 pouces et une course de 10 pouces. La chaudière est du type de celle employée sur le bateau-torpille sous-marin construit à Baltimore. L’essai de vitesse a été effectué sur la rivière Hudson, sur une distance mesurée de 1 mille (1609 m.) et vérifiée parla V. S. Coast Surveg. Cette distance fut franchie en lm35\
- La pôche en Tunisie. — La pêche en Tunisie est très abondante actuellement d’après les renseignements fournis par la Quinzaine coloniale. C’est par 10 000 quintaux que les anchois et les sardines sont recueillis sur la côte de Tabarka pour être salés à terre et expédiés aussitôt à Gènes, Livourne et Palerme. A 35 milles environ dans le nord-est de Tabarka, sur les fonds rocheux de l’île Ga-litc, on prend annuellement jusqu’à 30 000 kilogrammes de crustacés qui sont dirigés soit sur Bône, soit sur l’Italie. Les lacs de Bizerte à eux seuls, par les richesses qu’ils recèlent, assurent la prospérité de cette partie de la Tunisie, car la concession de leur pèche a permis la constitution d’une puissante société, qui, après entente avec l’État, a construit un port superbe. 11 est certain que le bénéfice escompté de ses pêcheries a été pour beaucoup
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- dans l’entreprise recherchée par la Compagnie du port de Bizerte. Celle-ci récolterait une moyenne de 500 000 kilogrammes de poissons; à ce chiffre énorme, il faut ajouter le produit obtenu par la vente de la boutargue, qui est très estimée dans la consommation et très recherchée par le commerce. Dans la zone qui s’étend entre le cap Farina et le cap Bon, y compris les lacs de Tunis et de Porto-Farina, le produit de la pèche peut être évalué à 500 000 francs, non compris celui des anchois et des sardines qui s’élève environ à 90 000 francs, ni celui des thonaires ou madragues situées à Sidi-Daoud, au Ras-Djebel et à Monastir, la première donnant une moyenne de 10 000 quintaux métriques de poisson. Passé le cap Bon, les côtes tunisiennes changent d’aspect, elles perdent peu à peu leur relief et les bas-fonds s’étendent assez loin ; à citer les pêcheries des îles Kerkenna, de Sfax, de la mer de Bou-Grara et de Djcrba ; la pêche de cette île donnant annuellement 6000 quintaux de poissons de toute espèce, d’une valeur de 50 000 francs.
- Briquettes de pétrole. — Un inventeur allemand, M. Kohlendorfer, vient d’imaginer un nouveau procédé pour la fabrication de briquettes avec les résidus de pétrole. D’après le Journal Engineering and mining le procédé consiste à chauffer un mélange de 10 pour 100 de lessive de soude et de 10 pour 100 de matières grasses — du suif par exemple — et à ajouter à la masse chaude 90 parties de résidus de pétrole.. Le mélange final est chauffé pendant une heure, en l’agitant sans cesse et en ayant soin que la température n’atteigne pas le point d’ébullition du pétrole. 11 se fait une sorte de saponification dont le produit est moulé et refroidi, puis coupé en morceaux de la forme et des dimensions que l’on désire. Pendant la fabrication, on peut ajouter à la masse du poussier de charbon, de la sciure de bois, etc.,suivant l’usage auquel sont destinées les briquettes.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 juillet 1898. — Présidence de M. Wolf.
- La thermogénèse animale. — MM. d’Arsonval et Charrin ont étudié l’effet des injections de toxines tétaniques, au pointée vue de la production de chaleur animale développée sous leur influence et des indications thermométriques. Ils ont observé que le thermomètre ne peut renseigner complètement sur la thermogénèse animale ; il faut avoir recours au calorimètre. L’élévation de température ne suit pas la production réelle de chaleur. Ainsi les oiseaux devraient, en raison de la température de leur sang, dégager plus de chaleur que les mammifères. L’expérience montre que, à poids égal, des poules et. des lapins dégagent les mêmes quantités de chaleur. Autre exemple : chez les animaux huilés ou passés au collodion, on constate un abaissement de température centrale; on en conclut qu’il y a diminution de la quantité de chaleur produite. Or, au contraire, le calorimètre montre qu’il y a exagération de la quantité de chaleur dégagée. Avec des injections de toxines tétaniques, on n’observe aucune variation apparente de température pendant plusieurs heures correspondant à la période d’incubation, puis le thermomètre monte. Mais le calorimètre montre que, quelques moments après l’injection, il y a surproduction de chaleur qui, au bout d’un certain temps, cesse pour laisser place à une production normale. Dans ces dernières expériences, c’est donc la déperdition de chaleur par rayonnement qui est influencée.
- La méningo-encéphalite expérimentale. — M. Chauveau expose que M. Phisalix a rencontré sur des cobayes de laboratoire une maladie septicémique spéciale susceptible de servir de champ d’étude à des études médicales importantes. Si l’on injecte dans la veine saphène d’un chien une petite quantité de culture du bacille provenant d’un cobaye impressionné, on détermine une méningo-encéphalite.
- L’acide phosphorique du sol. — M. Duclaux présente une Note de M. Schlœsing fils relative à la quantité d’acide phosphorique dissous dans les eaux du sol. 11 a déplacé l’eau contenue dans divers sols et il a ensuite dosé l’acide phosphorique. Il a ainsi constaté que cette quantité d’acide phosphorique, pour un même sol, était indépendante de la quantité d’eau. S’il y a augmentation de la quantité d’eau, il y a accroissement du poids d’acide phosphorique dissous; s’il y a diminution, la dissolution ne se concentre pas, comme on serait tenté de le croire. Une certaine quantité d’acide phosphorique est abandonnée; de telle sorte que les végétaux d’un sol déterminé y rencontrent toujours dans l’eau la même proportion d’acide phosphorique.
- Nouvelle bobine d'induction. — M. d’Arsonval présente une bobine d’induction imaginée par MM. Wydt et de Rochefort construite en vue de la production des rayons X. Elle peut en effet fonctionner au moyen d’un courant de faible tension et d’intensité peu élevée, tout en. donnant de belles étincelles. Cette bobine est verticale; l’isolant dans lequel elle est plongée est pâteux ; il est enfermé dans un récipient en verre au centre duquel est la bobine. On peut y faire passer de très forts courants sans craindre de percer l’isolant qui en raison de sa viscosité se répare automatiquement. De plus le fil induit n’occupe que la partie médiane du noyau inducteur, cir-c instance qui permet de réduire beaucoup le poids de l’appareil. Ch. de Virledeuil.
- IA YISI0N STÉRÉOSCOPIQUE
- EN CINÉMATOGRAPHIE
- M. Aug. Rateau a présenté le 44 juillet dernier, à l’Académie des sciences, une Note assez courte sur un projet d’appareil permettant d’obtenir la vision stéréoscopique en cinématographie. Voici cette Note.
- « L’appareil cinématographique serait à deux objectifs qui prendraient alternativement une série d’images un peu différentes de la scène à reproduire. Ces deux séries d’images se superposeraient alternativement sur l’écran, mais non pas exactement, par suite de la distance des deux objectifs. L’image serait vue par les spectateurs sans papillo-tement, grâce à la projection alternative qui supprimerait les intervalles d’obscurité sur l’écran. Cependant cette image ne serait pas nette : le dispositif imaginé par l’auteur, pour obtenir à la fois la netteté et l’effet stéréoscopique, consiste à munir chaque observateur d’une sorte de jumelle, dans laquelle un obturateur, vibrant ou tournant synchroniquement avec l’obturateur de l’appareil de projection, ne permettrait de voir sur l’écran qu’al-ternativement, avec un œil et avec l’autre, les images photographiques projetées en séries alternées : l’œil
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- LA NATURE.
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- droit ne voyant que les tableaux de la série de droite, et l’œil gauche que ceux de la série de gauche.... Le synchronisme des deux obturateurs serait obtenu électriquement.... »
- Le principe des vues alternées à l’aide d’appareils conjugués a été indiqué par M.
- Jules Carpentier il y a [très de deux ans, et nous avons nous-mème signalé l’application possible de ces vues alternées à un stéréo-cinématographe 1. Nous devons déclarer qu’à la suite de la publication de cette Note, M. J. Carpentier nous a décrit un appareil absolument identique à celui proposé par M.
- Rateau, en remplaçant les vues colorées par des écrans alternants mobiles.
- A la même époque, un de nos anciens élèves à l’École de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris, M.
- Streiff,nous écrivait pour nous indiquer une solution analogue, en employant une seule bande portant toutes les vues alternées.
- Le projet de M.
- Aug. Rateau ne présente donc aucun caractère de nouveauté ni d’originalité, puisque nous en avons publié nous-même dans ce journal le
- principe il y a plus de dix-huit mois
- UN AGNEAU A HUIT PATTES
- Nous avons déjà signalé à de nombreuses reprises des animaux phénomènes. Pour n’en mentionner que quelques-uns, nous rappellerons le lézard à
- 1 Voy. n° 1231, du 2 janvier 1897, p. 05.
- 2 queues, un serpent à 2 tètes, une cane à 4 pattes *, sans compter tous les autres cas que nous avons signalés au début et dont les articles sont indiqués dans les Tables des matières décennales. M. G. Clément, pharmacien à Apt (Vaucluse), nous a
- récemment communiqué la photographie d’un agneau à 8 pattes, photographie (pie nous avons reproduite dans les figures ci-jointes. La ligure 1 nous donne une vue d’ensemble en avant et la lig. 2 une vue d’ensemble en arrière.
- Cet animal sexe féminin, ayant une tète bien conformée, un buste normal,deux pattes devant et trois corps à l’arrière ; ces corps étaient symétriques, possédant chacun deux jambes et étaient très bien conformés. Ce triple animal n’a vécu que quelques heures, l’épine dorsale ayant
- été brisée pendant P accouchement. L’animal a p part en ait à M. L. Signorel, agriculteur à la ferme de Cheylan, commune de Si-miane, dans les Rasses-Alpes.
- Cette brebis a été empaillée et exposée à Apt. M. G. Clément, notre honorable correspondant, qui a bien voulu nous faire connaître ce nouveau phénomène, a eu la pièce entre les mains pour la photographier. Il nous certifie qu’il n’y a aucune supercherie. Signalons donc à titre de curiosité 1’ « Agneau à huit pattes ». D. Chréson.
- 1 \oy. n° 1209, du 25 septembre 1897, p. 268; n° 1240, du 6 mars 1897, p. 221 ; n° 1235, du 30 janvier 1897, p. 144.
- Le Gérant : P. Masson.
- Fig. 1. — Agneau à huit pattes. Vue d'ensemble en avant. (D’après une photographie.)
- Fig. 2. — Agneau à huit pattes. Vue d’ensemble en arrière. (D’après une photographie.;
- E. Hospitalier
- Paris. — Imprimerie Laucre, rue de Fleuras, 9.
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- N" 1514. — G AOUT 1898.
- LA NATURE.
- GIROUETTE ENREGISTRANTE
- DF. M. A. DE GRANDMAISON
- L’enregistrement des mouvements de l'atmosphère préoccupe depuis longtemps les météorologistes. L’idée d’inscrire sur le papier les variations d’une girouette plongée dans l’air a dû rapidement germer dans le cerveau des savants. Et de fait c’est une idée fort, simple. Le mal est que la girouette, instrument fort capricieux ,comme on sait, et obéissant aux plus folles embardées, ne donne, par un temps agité, que des marques exagérées, désordonnées, dans lesquelles ces mouvements violents recouvrent parfois l’inscription d’une saute de vent, surtout si elle est faible et de courte durée.
- 11 a donc fallu chercher à réduire ces embardées gênantes en régularisant les mouvements de l’appareil, tout en essayant de lui conserver sa sensibilité.
- Pour créer la résistance capable de produire cette larisation, on recours soit à des palettes plongées dans un liquid e plus ou moins fluide, soit à des systèmes d’ailettes compliquées comme celles d’Oes-ler. À ce dernier système appartiennent par exemple les appareils d’Hervé Mangon et de Piazzi Smith. Outre les inconvénients généraux de l’emploi d’un liquide, le système à palettes présente en plus celui très grave de fausser les indications de la plume enregistrante par suite de la réaction sur les palettes de la masse fluide en mouvement. Les anémoscopes à ailettes demandent de leur côté un entretien minutieux tout en offrant une résistance considérable quand ils sont pris en écharpe, et en ne fonctionnant plus par les vents faibles.
- M. de Grandmaison a réussi à atténuer considérait)' année. — 2° semestre.
- blement ces inconvénients en adaptant à la girouette ordinaire un modérateur formé d’un rouage d’horlogerie. La gravure ci-jointe (fig. 1) va nous permettre d’expliquer le principe de son appareil.
- La girouette communique son mouvement à une tige terminée par une came (A) taillée en cœur et formée d’un tube de laiton garni de plomb amortisseur. Par sa pression sur un galet d’axe horizontal
- (B), cette came entraîne par les roues (G) et (D) le cvlindre enregistreur sur lequel appuie une plume descendant dans une rainure hélicoïdale quelle parcourt en 24 heures. Si l’appareil se réduisait à ces éléments, le cylindre tournerait follement à toute impulsion du vent. Au lieu de cela, la roue porte-galet(C) se trouve en relation par un système de roues dentées avec un rochet faisant partie d’un rouage d’horlogerie à échappement circulaire. Cette connexion est détaillée schéma tiquemen t sur la figure 2. Quel que soit le sens dans lequel ait changé la direction du vent, lorsque le cliquet (1) est appuyé sur le rochet (2) les dents de celui-ci présentent une certaine résistance à l’action du vent, résistance dont 1’efl‘et est de diminuer l’enregistrement des embardées folles, tout en laissant en même temps le cylindre soumis à l’action des faibles pressions.
- L’inspection de ce schéma montre que l’action du vent ne peut en aucune façon arrêter le mouvement, puisque, quel que soit le sens de son changement de direction, la bielle (5) agit toujours dans le sens de la flèche (4) sur le rochet dont la rotation a lieu dans le sens de (5).
- Grâce à l’emploi de la came en cœur comme intermédiaire pour la transmission, on peut régulariser la rotation du cylindre enregistreur, ce que ne permettrait pas une liaison rigide. La régularisation
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- regu-a eu
- Fij.-. i. _ Girouette de M. de Grandmaison.
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- peut d’ailleurs, au gré de l’observateur, permettre une rotation plus ou moins rapide.
- Cet appareil exposé par M. Chateau, son constructeur, à la Société de Physique, a été apprécié par les connaisseurs, et, des expériences auxquelles il a été soumis, on a pu conclure qu’il présentait sur
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- Fig. 2. — Schéma du système modérateur.
- ses devanciers les avantages suivants : sensibilité plus grande que les appareils d’Hervé Mangon et de Piazzi Smith, moindre résistance à la tempête, plus grande robusticité, plus grande facilité de construction et d’entretien. Ces avantages sont suffisamment appréciables pour que la girouette enregistrante de M. A. de Grandmaison mérite d’être signalée aux météorologistes. L. Reverchon.
- L’AVENIR DE LA TERRE
- Que n’a-t-on pas dit et écrit sur l’avenir de notre globe ! Quelles légendes et quels romans n’ont pas eu cours, dans la suite des siècles de l’humanité pensante sur ce sujet, entouré de mystères, sujet d’autant plus nouveau, qu’il paraissait insondable!
- La science a-t-elle fait assez de progrès pour que l’on puisse concevoir quelles destinées sont réservées à la Terre qui nous porte et à tous les êtres qui l’habitent? On sait que les astronomes ont déjà répondu à cette question d’une façon générale. 11 était permis aux géologues, qui ont retracé, dans ses grandes lignes, l’histoire de notre planète, depuis que la vie s’est manifestée à sa surface (et cela remonte à des centaines de millions d’années) d’exprimer leur opinion. Il est, en effet, des données scientifiques assez sûres, pour qu’on puisse baser sur elles un raisonnement et des déductions qui ne soient pas taxées de trop de hardiesse ou de témérité. Je désire exposer brièvement, ici, la façon dont les savants envisagent la fin de l’évolution de la terre; je dis la fin, puisque nous savons les changements qu’elle a subis, sinon depuis qu’elle a dû être nébuleuse, puis étoile, au moins depuis qu’elle a passé à l’état de planète. C’est précisément à cette période que l’astronome abandonnant l’histoire de notre globle, le géologue commence à l’étudier.
- D’après les conceptions astronomiques, la Terre s’est détachée de la nébuleuse solaire et, après avoir constitué « un soleil en miniature », s’est condensée par refroidissement. En perdant sa chaleur par rayonnement, dans l’espace, ce globe de feu se recouvrit, à sa surface, d’une écorce solide et obscure. La couche solide servit alors de barrière au rayonnement de la lave en fusion située au-
- dessous, car les pierres possèdent une faible conductibilité. Le soleil est donc l’unique source de chaleur qui a alimenté et alimente encore aujourd’hui la surface terrestre. Par suite de la formation de cette croûte solide, la vapeur d'eau, répandue dans l’atmosphère, se condensa peu à peu et s’accumula dans les premières dépressions de la surface. Ainsi prirent naissance les premiers océans dans lesquels la vie allait bientôt commencer à se manifester sous forme d’êtres dont l’organisation était rudimentaire. Pendant que, répartis d’une manière uniforme, au point de vue géographique, ils allaient évoluer en des êtres plus parfaits, le refroidissement de la terre continuait à se faire sentir; des plissements résultant de la contraction se montraient à sa surface et l’activité interne s’éveillait, à diverses reprises, en des régions variées, sous forme d’éruptions volcaniques.
- Le relief de la terre alla donc en s’accentuant par l'élévation des montagnes et l’approfondissement des premières dépressions océaniques. 11 est probable que les végétaux apparurent alors sur les premiers continents, dont la température devait être tropicale.
- Mais le relief du sol n’est pas seulement soumis à la contraction de Vécorce terrestre, il dépend aussi de l'érosion, produite par les agents atmosphériques. Si la contraction, par suite de refoulements latéraux ou d’affaissements verticaux de paquets de couches, surélève ou abaisse des portions parfois considérables de notre planète, l’érosion produit un effet inverse puisque par l’action de la pluie, de la gelée, et des variations de température, elle désagrège les roches et les réduit en poussière qu’elle transporte et accumule dans les dépressions du sol. Par conséquent la contraction accentue ou au moins conserve, sous une forme ou sous une autre, le relief du sol que la dénudation travaille à supprimer. C’est la résultante de ces deux efforts inverses, qui donne la forme du globe à un moment donné.
- Dans la suite des temps géologiques, la contraction s’est traduite par la formation de chaînes de montagnes qui se sont succédé des pôles vers l’équateur, car le refroidissement a suivi la même direction. Les premières montagnes, qui étaient aussi élevées que celles d’aujourd’hui, ontdisparu en grande partie sous l’influence de l’érosion ; il n’en reste plus que des lambeaux, que les études géologiques permettent seules de rattacher les uns aux autres. L’Ardennes faisait partie,d’une de ces chaînes de montagnes dont les sommets atteignaient 5 à 6000 mètres. Les parties culminantes de la Bretagne, du Massif central de la France, qui étaient réunies aux Vosges, ont été également arasées par les agents atmosphériques.
- Le refroidissement continuant, les climats se différencièrent, et aux végétaux inférieurs, aux invertébrés succédèrent des gymnospermes, puis des angiospermes;.des vertébrés : d’abord des poissons, puis des reptiles, des oiseaux, des mammifères et enfin l’homme.
- L’espèce humaine n’avait pas encore apparu sur la Terre lorsque s’édifièrent les Pyrénées, les Alpes, les Kar-pathes, l’Himalaya, etc., qui font partie d’une même chaîne de montagnes, dont le relief s’est en grande partie conservé, parce qu’elle est la plus récente et que l’action du temps s’est fait sentir sur elle moins longuement.
- Aussi longtemps que la contraction l’emportera, il y aura des chaînes de montagnes, un relief très accentué, des masses continentales, et par suite un écoulement facile des eaux vers la mer. Mais, quand par le refroidissement, cette croûte se sera suffisamment épaissie et sera
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- devenue assez solide pour rendre les refoulements latéraux impossibles, les montagnes cesseront de se former.
- Et comme la dénudation agira seule, elle nivellera peu à peu les terres émergées. Alors par le comblement partiel des bassins océaniques, par l’écoulement de plus en plus difficile, faute de pente, des eaux vers la mer, les masses continentales se résoudront, au moyen de canaux, de largeur variable, en de véritables archipels. A ce moment, il n’v aura pas, à la surface de la Terre, une masse d’eau [dus considérable que celle qui existe aujourd’hui, au contraire ; seulement cette eau sera distribuée autrement.
- Rien ne prouve qu'en ces temps, encore bien éloignés de nous, la vie sera impossible sur la Terre. Cependant, si ses éléments essentiels, l’air et l’eau, ne lui font pas défaut, le froid aura amené certainement un ralentissement de la vie et une disparition au moins partielle des êtres qui vivent à sa surface.
- M. Rollo, le savant professeur de Bruxelles, auquel nous empruntons plusieurs passages importants de cet article se demande puisque tous les corps célestes évoluent, si une planète, autre que la nôtre, ne serait pas déjà parvenue à ce stade que nous venons de prédire à notre globe. 11 y en a une, en effet, c’est la planète Mars, de notre propre système solaire.
- Comme on le sait,, Mars est située entre la Terre et Jupiter. Son diamètre est environ moitié de celui de la Terre, sa surface un quart et son volume un huitième. Mais l’eau n’y occupe que la moitié de la surface totale, au lieu des deux tiers, comme chez nous. Enfin, l'atmosphère de Mars n’est pas aussi étendue que l’atmosphère terrestre. Son éloignement plus grand du soleil, ses dimensions moindres, l’eau et l’air plus rares, sont des indices concordants d’une évolution plus avancée.
- Or, que voit-on sur Mars? Des mers peu profondes, un relief nul et pas de masses continentales, mais une infinité d'archipels dont Tîle la plus considérable ne dépasse pas la Russie d’Europe.
- Mars en serait donc actuellement à celte phase future qui attend la Terre. Et le besoin de savoir, de pénétrer l’au-delà, pousse notre esprit à nous poser cette autre question : lorsque la Terre sera parvenue à la phase représentée aujourd’hui par Mars, que deviendra-t-elle ? Au lieu de continuer à être formée d’une croûte et d’un noyau fluide, elle deviendra complètement solide. Elle absorbera, alors, dans ses crevasses, la totalité de son air et de son eau. La chose sera facile, car l’expérience démontre qu’il lui suffira, pour cela, d’être trois fois moins poreuse, et cent fois moins fissurée que le granit qui a été pénétré de millions de filons de roches plus dures. Ces crevasses ne pouvant plus être bouchées par les injections de substances ignées venant de la profondeur, c’est l’eau qui les emplira. A celte époque, la Terre sera devenue un véritable satellite, mais son aspect sera bien différent de celui de la Lune, dont le relief volcanique semble indiquer, croit-on, que, si elle n’a ni air, ni eau, c’est qu'elle n’en a jamais eu. Lorsque la Terre sera, au contraire, privée de ces éléments, c’est qu’elle les aura perdus. Si, en ce temps, la vie n’a pas cessé, elle ne sera plus possible.
- Et après se demande-t-on ? Après, les crevasses s’agrandiront par suite de la contraction en masse, et la Terre, fortement entaillée, disloquée, réduite en fragments, sera projetée dans l’espace à l'état de météorites.
- Les fissures observées à la surface de la Lune et les météorites, qui sont des portions de noyaux de planètes disloquées, recueillies sur notre globe, nous permettent
- de croire à l’existence future de cet état de la Terre.
- Telles sont brièvement résumées la série des phases par lesquelles a passé et passera probablement notre globe.
- L’homme se plaît à sonder les mystères qui semblent envelopper profondément la destinée de notre planète et quand, par une série de déductions, basées sur des observations, il a pu entrevoir ce qui lui paraît la vérité, il s’arrête, surpris de la grandeur des phénomènes que son esprit a envisagés et de l’infinie petitesse de sa force. Et malgré lui, il se demande quelle est et où réside cette Puissance qui a amené la Terre de l’état de nébuleuse à l’état de planète et la conduira vraisemblablement en un émiettement dans l’espace. Pu. Glasgkaud.
- Docteur ès sciences.
- ME MAISON SUR PONT CANTILEVER
- Tout le monde sait ce que c’est qu’une poutre en cantilever. C’est une poutre métallique, une portion de pont qui s’étend en porte à faux équilibré au-dessus du vide. On est en ce moment, à Birmingham, en train de construire une maison qui reposera en grande partie suides poutres de ce genre, et non point uniquement sur une fondation solide.
- Cette bizarrerie s’explique par les conditions spéciales dans lesquelles se trouve le sous-sol de l’emplacement, où l’on veut élever la construction. En effet, voici un quart de siècle, à ce que raconte notre confrère The Architeci, que ce terrain, qui donne sur la rue dite Carr’slane, demeure complètement inoccupé, tout simplement parce que par-dessous, à un mètre environ de la- surface, passe un tunnel, du « Great Western Railway » : on ne pouvait songer à surcharger la voûte de ce tunnel, et jusqu'à présent la prudence la plus élémentaire avait fait repousser tous les projets de bâtiments à édifier en ce point. Un ingénieur architecte vient d’imaginer un procédé qui va permettre d’y construire une maison à trois étages.
- Celle-ci surplombera de 7m,62 au-dessus du tunnel, mais toute cette portion en surplomb reposera uniquement sur des poutres à cantilever. Ces dernières seront au nombre de 6, et elles porteront un poids variant de 100 à 400 tonnes : la première et la plus chargée est calculée pour supporter un effort de 875 tonnes ; la seconde, que nous pouvons prendre comme type moyen, aura une charge de 375 tonnes. Elle reposera sur les fondations proprement dites par une longueur de 5ra,80 seulement ; mais, pour en assurer l'équilibre, au bout de la poutre qu’on peut appeler le côté de rive, sera suspendu un contrepoids formé d'un bloc de 160 tonnes de béton.
- L’idée est originale, mais elle semble parfaitement pratique. D. L.
- TENSION SUPERFICIELLE
- ET PHÉNOMÈNES CAPILLAIRES
- Dans un précédent article1, nous avons indiqué quelques curieuses expériences qui démontrent l’existence d’une tension superficielle à la surface de séparation de deux milieux. Nous allons passer rapidement en revue les principales conséquences de l’existence de la tension superficielle.
- La première est la suivante : lorsqu’on passe du côté convexe au côté concave de la surface de séparation de deux lluides, il y a une brusque augmen-1 Voir h0 1298, du 16 avril 1898, p. 319.
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- LA N AT ü HE.
- talion de pression, à laipielle on donne le nom de pression capillaire. Laplace a donné une formule qui permet de calculer la pression capillaire, et les conséquences de la formule de Laplace sont assez inattendues :
- La forme d'équilibre d'une gouttelette d'un liquide isolé au sein d’un autre liquide qui a même densité que lui et le soustrait par conséquent à l’action de la pesanteur, doit être une sphère. C’est un lait qu’il est facile de vérifier, en déposant avec précaution une goutte d’huile dans un mélange d’eau et d’alcool ayant même densité que l’huile (n° 1).
- 2° La forme d’équilibre d’une certaine masse d’un fluide isolée au sein d’un autre fluide doit aussi être une sphère ; c’est pour cela que les huiles de savon sont sphériques. C’est, sans doute, aussi pour cela que le soleil, les planètes, la lune sont sphériques1. Si maintenant, passant à un autre ordre d’idées, on cherche la condition d équilibre de deux liquides et d’un gaz, ou d’un solide, d’un liquide et d'un gaz au contact, en tenant compte de l’existence des tensions superficielles, on peut trouver par le calcul la grandeur de l’angle de raccordement. Il est des cas où cet équilibre est impossible ; c’est ce qui arrive pour l'huile versée sur l’eau au contact de l'air. L'huile ne peut prendre une forme d’équilibre, elle s'étale sur l’eau, le plus possible, et forme à sa surface une couche excessivement mince qui reflète les plus vives couleurs (colorations des lames milices). De plus, dans le cas présent, du fait même du remplacement de la surface de séparation eau-air par la surface de séparation lmile-air, résulte une diminution d’énergie potentielle assez notable ; c’est sur ce dernier point que repose la pratique du filage de l'huile qui modifie profondément le régime des vagues.
- De la connaissance de l’angle de raccordement d’un liquide et d’un solide, on peut conclure la forme que doit présenter la surface libre d’un liquide en équilibre ; c’est ainsi que s’explique l’ascension de l’eau dans les tubes étroits, avec formation d’un ménisque concave, la dépression du mer-
- 1 On sait du reste que le très léger aplatissement que présentent les corps célestes est dû à leur mouvement de rotation sur eux-mèines.
- Tension superficielle et phénomènes capillaires.
- cure, avec formation d’un ménisque convexe. L’est ce que montrent les nos 2 et 5 de la ligure où les diamètres des tubes et les courbures ont été exagérés à dessein.
- La forme de ces ménisques permet d’expliquer pourquoi de petits corps flottants placés à la surface d’un liquide s’attirent et se réunissent s’ils sont tous mouillés ou tous non mouillés par le liquide, tandis que deux corps, dont l’un est mouillé et l’autre pas, se repoussent. L’expérience est facile à répéter à l’aide de bouchons de liège ordinaires et de bouchons recouverts de noir de fumée qu’on dépose à la surface de l’eau contenue dans un vase large.
- La variation de l’angle de raccordement au contact d’un liquide et d’un tube imparfaitement mouillé permet de réaliser des chapelets d’index liquides connus sous le nom de chapelets capillaires. Ces chapelets, par suite des variations de pression qui se produisent à chaque courbure liquide, sont très rebelles au mouvement et peuvent même, si le tube présente çà et là des étranglements, former une fermeture hermétique. On sait que si l’on vient à insuffler de l’air dans les artères ou les veines d’un animal, il est fatalement voué à la mort : c’est précisément qu’on a formé dans les vaisseaux sanguins des chapelets capillaires, qui résistent au mouvement et qui arrêtent dès lors la circulation du sang.
- Enfin, sous diverses influences, la tension superficielle d’un liquide est susceptible de se modifier, et il peut en résulter des conséquences variées :
- C’est ainsi par exemple que du vin abandonné à l’air libre perd de l’alcool par évaporation, et sa tension superficielle augmente, en particulier au voisinage des bords du vase. Alors le liquide alcoolique grimpe le long des parois, se mélange au liquide moins alcoolique qui les baigne, et retombe ensuite au fond du vase.
- C’est ainsi encore que la tension superficielle diminuant quand la température s’élève on peut, pour enlever une tache d’huile sur un linge, couvrir de papier buvard l’un des bords de la tache, et approcher un fer chaud de l’autre bord ; peu à peu, le liquide huileux gagne le bord froid et le papier buvard. J. Derôme.
- . Licencié es sciences.
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- LE TÉLÉMÈTRE DU LIEUTENANT FISKE
- Le génie des inventeurs yankees est très surchauffé à l’heure actuelle et on ne saurait être trop circonspect au sujet des abracadabrantes découvertes qu'il enfante depuis quelques mois.
- Plusieurs du reste relèvent plutôt de la pathologie mentale que de la science!
- Telles sont la torpille à pédale, association fantaisiste du scaphandre et du bateau sous-ma-riu, h> cerf-volant téléphone et surtout l’oscillateur électrique, sorti plus probablement de l’oflicine du New-York World que du laboratoire de Tesla. Grâce à ce terrible engin, on pourrait déterminer des explosions à distance, éventrer à plusieurs kilomètres croiseurs, cuirassés ou torpilleurs. En attendant que cette charmante éventualité se réalise, — ce que nous souhaitons le plus tard possible pour le bonheur de l’humanité, — il nous est permis d’accueillir une invention moins sensationnelle mais plus vraie, le télémètre du lieutenant Fiske dont un des derniers numéros du Scientific American nous apporte la description.
- Les navires de guerre de tous les pays se servent d’instruments propres à déterminer avec rapidité et précision, la distance qui les sépare d’un point des côtes ou d’un autre vaisseau. L’artillerie moderne, en effet, a une énorme portée, une grande justesse et chacun de ses projectiles vaut une somme assez rondelette, sans compter qu’ils pèsent parfois 5 à 600 kilogrammes. On ne peut donc en emmagasiner qu’un nombre restreint dans les soutes des plus gros bâtiments. Dès lors il importe de les économiser d’autant que quelques coups bien pointés suffisent à mettre hors de combat les plus magnifiques unités d’une escadre.
- Le principe de tous les appareils qui remplissent
- ce but est le même et revient à une opération trigo-nométrique très simple. Construire un triangle connaissant un côté et deux angles. Autrefois, lorsque les vitesses marines n’atteignaient pas les chiffres d’aujourd’hui, on choisissait simplement, sur le pont
- du navire, une base dont la longueur était déterminée une fois pour toutes. On plaçait un observateur à chacune de ses extrémités et il était chargé de relever au sextant le point à viser. On calculait ensuite le triangle. Mais l’opération demandait un temps assez considérable bien qu’on eût établi à l’avance des tables destinées à l’abréger.
- Le lieutenant Fiske a été plus loin. 11 semble avoir résolu, en grande partie, le problème suivant. Savoir, «à un moment quelconque, par une simple lecture, à combien on se trouve d’un lieu déterminé (fig. 1 ). La méthode qu’il a suivie ressemble à celle de scs prédécesseurs. À chaque station un graphomètre se trouve installé. Il comprend une lunette fixée sur un support (fig 2). Celle-ci peut se déplacer sur un cercle gradué dont la circonférence porte deux arcs métalliques égaux qui s’étendent de part et d’autre du zéro de la graduation et sur lesquels glisse une lame de contact solidaire de la lunette.
- ‘Ceci posé, soient A et B (fig. 5) les pivots de rotation des lunettes C et D, T le but à-, atteindre et h une pile électrique ^ ' dont le courant passe par les centres A et B, puis par les arcs qui sont intercalés dans un pont de Wheatstone abc d. Lorsque les lunettes sont parallèles les résistances des branches du pont s’équilibrent, l’aiguille du galvanomètre reste au repos. Mais quand on en déplace une, de manière que leurs axes forment un angle, l’équilibre n’existe plus et la déviation de l’aiguille croît proportionnellement à la différence entre les arcs parcourus par le courant. Si la lunette prend la
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- LA NATURE.
- direction A T par exemple, l’écart de l’aiguille mesure l’angle G' A G, précisément égal à AT B. Alors, une fois le galvanomètre gradué, une lecture immédiate suffira pour connaître ce dernier angle.
- Outre ce dispositif un téléphone relie les deux postes afin tpie les expérimentateurs soient à même de s'entendre au plus vite avant les visées.
- Ml I I—[
- Fig. 3. — Diagramme explicatif.
- Malheureusement ce télémètre a le défaut de ne fournir de bonnes indications que pour les observations effectuées sur le travers ou en d’autres termes sur la perpendiculaire T B à la hase A B. On peut dans ce cas repérer l’instrument en mesures de longueur et obtenir des indications continues et rapides. Dans les autres alternatives, une légère erreur sur la lecture de l’angle en entraînera une assez grande sur la distance A T, car dans le segment capable d’un angle aussi minime, celle-ci varie beaucoup suivant la direction.
- Le nouvel appareil du lieutenant Fiske semble appelé à rendre les plus grands services aux flottes des diverses nations. Les officiers de marine pourront, grâce à lui, apprécier les distances par une simple lecture. 11 est donc à souhaiter qu’on l’expérimente à bord de nos vaisseaux et, s’il donné des résultats satisfaisants, comme tout permet de l’espérer, qu’on l’adopte au plus vite.
- Jacques Boyf.r.
- LES MÉSAVENTURES DES BOTANISTES
- Autrefois, dans les campagnes un peu arriérées, la chasse était le seul sport connu. L’arrivée d’un chasseur armé d’un fusil ou d’une carabine dans les montagnes
- élevées ou dans les villages éloignés des voies de communication passait inaperçue ; mais si le même homme y arrivait porteur d’une boîte verte et d’un piochon, et récoltait des plantes, aussitôt il éveillait la curiosité et souvent aussi les soupçons des paysans, gens fort défiants de leur nature. Si à leurs questions, le botaniste répondait qu’il récoltait les plantes uniquement jtour les étudier, l’incrédulité devenait manifeste : ils vous observaient et vous suivaient à distance.
- M. Chabert a fait le 24 juillet 1897 à la Société botanique de France une très intéressante communication sur les mésaventures qui attendaient autrefois les botanistes en excursion dans certaines régions arriérées. Nous lui emprunterons les traits les plus caractéristiques que nous compléterons par des souvenirs personnels.
- L’entomologiste était regardé autrefois connue un aliéné atteint de folie douce. Dans les Alpes, un savant collecteur de lépidoptères n’est pas désigné autrement aujourd’hui et il s’étonne que, quoi qu’il dise ou fasse, les paysans l’approuvent toujours. Le malheureux ne se doute pas qu’ils craignent, en le contrariant, de provoquer un accès de folie furieuse !
- Rarement le botaniste a été pris pour un aliéné. Cela est arrivé, pourtant, à un abbé, grand collecteur de lichens alpins. Plus souvent il est pris pour un garçon de pharmacie en quête de plantes médicinales. D’autres fois, il passe pour un malfaiteur récoltant des plantes vénéneuses pour les hommes ou pour les animaux dans un but criminel. Selon les localités, la boîte verte faisait passer autrefois le disciple de Linné pour un marchand de lunettes, un lampiste, un serrurier, un colporteur de dentelles, un marchand d’œufs, un porteur de contraintes, un prestidigitateur en tournée, un arracheur de cors aux pieds. Nous en passons et des meilleurs.
- Une profession que M. Chabert a vu attribuer un peu partout aux botanistes est celle de chercheur de trésors. Les montagnards sont convaincus que les flancs de leurs montagnes recèlent des trésors. Qu’un botaniste aille piocher des plantes, vite la légende se répand qu’il est venu sonder les rochers, et il n’est pas rare de voir les paysans entreprendre des travaux de minage dans le même but.
- Tout récemment à Maurienne, une profonde galerie a été creusée pour la recherche d’un trésor : les travaux n’ont cessé qu’au bout de 5 mois à la suite de plusieurs éboulements.
- M. Chabert raconte qu’en Corse, il fut pris, ici, pour un employé des contributions indirectes venant se rendre compte de la valeur des terres pour augmenter les impôts; là, au contraire, pour un infortuné ayant exercé une vendetta et cherchant à gagner le maquis. Sous cette nouvelle incarnation, il ne trouvait que des gens empressés à la servir ; sous la première c’était tout le contraire.
- Citons encore le nom de Pendiculaire qui fut appliqué pendant longtemps aux botanistes d’une région, parce que l’un d’eux s’était pris d’une belle passion pour les Pédiculaires, genre de plantes scrophulariées, et en demandait à tous les paysans.
- M. Cornu rappelle qu’herborisant aux environs de Paris, lors de l’épidémie cholérique de 1869, il fut pris lui et ses compagnons pour des empoisonneurs de sources et que cette méprise grossière faillit leur être fatale.
- M. Malinvaud rapporte 'qu’en herborisant dans le Li-
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- niousin, il était toujours un objet de grande surprise pour les paysans qui le regardaient avec une curiosité inquiète et défiante.
- Plus tard dans le département du Lot, où ses parents étaient connus, on le regardait comme un inoffensif et les bons villageois qui voyaient en lui un pauvre d’esprit n’avaient pas assez de consolations à prodiguer à la famille, assez malheureuse pour posséder un membre aussi déshérité.
- Dans un autre ordre d’idées, nous pourrions citer M. L etournaux, alors conseiller à la Cour d’appel d’Alger, mis en état d’arrestation sous prévention de vagabondage; il est vrai que, pour herboriser, notre savant botaniste affectionnait un costume qui n’eût rien à craindre de la fatigue ni de la poussière.
- Mais l’aventure la plus extraordinaire qui soit jamais arrivée à un botaniste est certainement celle que M. Copineau rappelle dans le Bulletin de In Société linnéenne du Nord de la France (Ier semestre 1897) et dont le héros fut M. Éloy de Yicq, un botaniste picard, mort il y a peu d’années, qui la racontait ainsi ;
- « Un jour que j’herborisais sur les côtes de la Bretagne, il v a, hélas ! bien longtemps, je me vis soudainement entouré par une bande de douaniers qui déclarèrent m’arrêter au nom de la loi. J’eus beau protester de l’innocence de mes démarches, leur ouvrir ma boîte, leur proposer de fouiller mes poches afin de s’assurer que je ne faisais aucune contrebande, il me fallut gagner la prochaine brigade de gendarmerie. De là, sous bonne escorte, je fus conduit jusqu’au chef-lieu de canton. Les égards que l’on semblait avoir pour moi n’empêchaient pas une stricte surveillance, non plus que le silence le plus rigoureux sur les motifs de mon arrestation. Le juge de paix, devant qui je fus conduit, échangea quelques mots avec le chef de la maréchaussée, puis il procéda à mon interrogatoire, après m’avoir comblé de prévenances et invité à prendre quelque repos. Ah oui, du repos! Il en était bien question, avec l’âge et les jambes que j’avais alors, et surtout excité par la mesure dont j’avais été l’objet! Je lui dis qui j’étais, ce que je faisais dans le pays, et je réclamai vivement ma liberté. Le grave magistrat, qui s’était toujours tenu debout devant moi, de me répondre que, puisque mon identité réelle était percée à jour, il m’engageait à abandonner la fable que je lui débitais et à entrer dans la voie des aveux. — « Mais quels aveux? et de quoi, somme toute, suis-je « inculpé? — Eh bien, s’il faut, pour vous convaincre « de l’inutilité de vos efforts, vous montrer que vous « êtes reconnue, vous êtes Mme la Duchesse de Berry, « et vous parcourez notre littoral en vue d’un débarque-« ment.... »)
- « Je n’eus pas trop de peine à lui prouver que j’étais loin d’être une duchesse et je fus enfin rendu à la liberté, mais ma journée d’herborisation était perdue. J’en étais furieux, mais j’en ris encore. ))
- De nos jours, les erreurs sur la profession du botaniste ne se renouvellent plus guère. Il deviendra de plus en plus difficile pour les disciples de Linné en veine de plaisanterie de se faire passer pour un <( inspecteur départemental des chardons ».
- D’un autre côté aujourd’hui les différents sports à . la mode, tourisme, cyclisme, photographie amènent chaque jour, dans les régions les plus arriérées, des touristes de toute espèce, de tout costume, de tout attirail et les paysans n’y prennent plus garde, sinon pour les écorcher et les plumer. V. B.
- APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES A MAIN
- Les petits appareils à main continuent à croître et à multiplier selon la parole de l’Évangile; ils deviennent même stéréoscopiques, ce qui est un signe des temps, car les temps actuels sont stéréoscopiques. On s’est aperçu qu’on peut se dispenser d’agrandir les petits formats, pourvu qu’on les regarde au stéréoscope ; chaque chose prend alors sa place et on se rend compte de ce qu’on voit. 11 y a quelque quarante ans qu’on savait cela, mais on l’avait un peu oublié probablement ; l’appareil coûte un peu plus cher, puisqu’il y a deux objectifs ; il est aussi un peu plus encombrant, bien qu’on puisse arriver, comme nous l’avons fait pour notre usage personnel, à avoir un appareil de ce genre, donnant deux images 6x6, qui se loge bien dans une poche de vêtement; mais de celui-là nous ne parlerons pas puisqu'on ne le trouve pas dans le commerce.
- L’appareil de poche que l’on peut se procurer facilement est jusqu’à présent à une seule image et le type le plus réduit, comme poids et comme volume, est le petit Kodak de la Cie Eastmann (fîg. 5) qui donne des images 6x9 sur pellicule ; il n’a que 42 millimètres d’épaisseur et pèse tout chargé 400 grammes. Pour arriver à le réduire ainsi on a reporté les bobines sur les côtés ; l’avant, qui porte l’objectif et l’obturateur, se loge entre elles deux quand le soufflet est replié et rien ne dépasse qui puisse gêner quand on le met dans la poche (fig, 5),
- La pellicule, qui peut se conserver assez longtemps, se vend enroulée sur une bobine qu’on place en B, elle permet de faire 12 poses; chacune de ses extrémités est terminée par une longue bande de papier noir, de sorte qu’on peut, en pleine lumière, commencer le déroulement pour amorcer le rouleau C, destiné à l’emmagasiner après chaque pose, et enlever ce rouleau quand il est complètement rempli, pour le remplacer par un autre ; le nombre de poses est donc indéterminé et ne dépend que du nombre des rouleaux qu’on emporte avec soi comme des cartouches.
- En général, les constructeurs continuent à employer de préférence les plaques sur verre. M. Cail-lon construit une jumelle pour les formats 6 1/2 X9 et 9x12 dont le magasin (fig. 4) est fort bien compris; le changement des plaques s’opère en tirant, comme un tiroir, l’arrière M de la chambre ; tout le paquet de plaques, sauf une, se trouve entraîné, celle qui vient de poser est conduite au fond de l’espace resté vide par deux ressorts R qui l’accompagnent jusqu’au bout; de cette façon on peut opérer à coup sûr le changement quelle que soit la position de l’appareil ; le chargement se fait par une ouverture ménagée sur le côté et qu’on ferme avec un bouchon B,
- La planchette qui porte l’obturateur et l’objectif
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- est munie d’une crémaillère permettant la mise au point et le constructeur s’est arrangé de façon à ménager pour la monture de l'objectif une marge suffisante pour placer celui qu'on désire, ce qui est une excellente précaution, chacun ayant là-dessus des idées arrêtées; tel amateur ne veut (pie des objectifs venant de l’étranger, tel autre consent à voir enfin qu’on en fait d’aussi bons en France.
- La Péri-jumelle de M. Irumberry (fig. 6), se fait dans les mêmes formats que la précédente, elle est munie d’objectifs Zeiss. Son système d’escamotage de plaque est tout à fait nouveau et d’un mécanisme très intéressant ; le dessus S du magasin M se lève quand on tire l’anneau R qui s'y trouve fixé et, par ce mouvement, la plaque qui vient de poser est enlevée par deux leviers L au-dessus du paquet des autres plaques qui reste en place; on imprime alors à l’anneau R une demi-rotation et les leviers portent la plaque P à l’arrière du magasin, où elle se loge derrière les autres quand on repousse la partie soulevée; c’est une réminiscence de l’appareil à sac, mais ici tout se fait mécaniquement.
- Le système d’escamotage le plus connu est le châssis Hanau, que la jumelle Carpentier a contribué à faire connaître partout. M. Gaumont l’a appliqué à un appareil 9 X 12, qu’il nomme Spido (fig. 2), et qu’il a muni de tous les perfectionnements qui peuvent contribuer à faciliter la manœuvre et à obtenir des clichés irréprochables. L’objectif est un Zeiss-Krauss monté sur un obturateur Decaux, dont le rendement est comme on sait excellent et dont le modérateur pneumatique M permet la pose ou des vitesses variant de 1/7 à 1/120 de seconde, vitesses contrôlées avec soin pour correspondre à une graduation marquée sur l’appareil. L’avant est muni d’une crémaillère pour la mise au point à partir de un mètre.
- Le Spido se fait également pour vues stéréoscopiques ; il en est de même du reste de beaucoup d’autres que nous avons décrits précédemment comme appareils simples : telles que les jumelles Mackenstein, Joux, Zion, Rellieni. En ce qui concerne cette dernière nous ajouterons que le constructeur vient de terminer un modèle destiné aux pellicules en rouleau, et pouvant donner 100 vues doubles.
- Parmi les nouveaux venus nous devons signaler le Stéréocycle, de M. Leroy (fig. 3), qui se construit en deux modèles, stéréoscopiques tous deux, l’un donnant des images 5x5, l’autre des images 6x6; il n’y a pas de mise au point, les objectifs employés sont ceux de Kock à court foyer et tous les plans sont nets à partir de lm,50; l’obturateur a plusieurs vitesses pour l’instantané et permet la pose. Le changement de plaques est original et ne comporte pas de mécanisme ; les plaques, en regard de chaque objectif, sont indépendantes et on les place comme d’habitude dans de petits châssis (qui ici sont en
- aluminium) ; l’un des paquets H ainsi formé est moins haut que l’autre S de l’épaisseur d’un châssis, mais en temps ordinaire un bouton R pincé à l’arrière du magasin ramène la plaque du dessus au niveau de sa voisine, c’est-à-dire au foyer de l’objectif. Pour faire le changement on desserre le bouton et on tourne l’appareil sur lui-même, dans le sens indiqué par une flèche.
- Dès le commencement de l’inclinaison la plaque du paquet le plus haut glisse dans l’espace resté vide au-dessus de son voisin et c’est celui-ci qui devient alors le [dus haut; la rotation de l'appareil continuant il cède sa dernière plaque à l’autre et ainsi de suite, de telle sorte, qu'après avoir fait faire deux tours complets à l'appareil, les deux plaques qui viennent de poser se trouvent dessous et sont remplacées en face des objectifs par deux autres. Deux ouvertures, garnies de verres rouges G, sont ménagées à l’arrière du magasin pour permettre de contrôler l’opération, en lisant les numéros inscrits au dos des châssis.
- Enfin, pour terminer, voici l’appareil (fig. 1) imaginé parM. Turillon, le constructeur d’objectifs bien connu. Son but est d’utiliser la plaque 9x12 pour faire à l’occasion une vue simple de ce format ou deux vues stéréoscopiques 6x9. Son appareil, qui comporte des châssis doubles à rideau ordinaires, ou un châssis magasin à volonté, est muni à l’avant d’une planchette sur laquelle sont montés deux objectifs avec obturateur unique.
- Cette planchette en se déplaçant permet d’amener un des deux objectifs en face du centre de la plaque, ou de placer les deux objectifs de façon que chacun d’eux soit en face d’une de ses moitiés; dans ce cas une séparation devient indispensable puisque chaque objectif pourrait couvrir la plaque entière : on forme cette séparation en rabattant, au moyen de boutons AC placés à l’extérieur, deux volets I1R qui, en temps ordinaire, sont logés contre les parois de la chambre et qui viennent alors se rencontrer pour former une séparation verticale continue, divisant la plaque en deux parties égales. Avec cet appareil à transformation instantanée, on aura donc le choix entre l'épreuve unique 9 X 12 ou l’épreuve stéréoscopique.
- 11 arrive bien souvent qu’on nous consulte sur le choix d’un appareil et il est à cela fort difficile dé répondre. Outre qu’en général on demande des conseils pour ne pas les suivre, il est assez délicat, parmi une douzaine d’appareils également bons, d’en désigner un plutôt qu’un autre, sans laisser croire qu’on a à cela un intérêt quelconque. Et puis chacun a ses idées sur le format, les châssis séparés ou le magasin; il faut compter aussi avec ceux qui sont très exigeants et qui veulent tous les plans nets, sans avoir à s’occuper de la mise au point, mais qui voudraient aussi une perspective exacte et des sujets assez grands sur l’épreuve ; ces conditions ne sont pas compatibles et il faut un peu
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- Appareils photographiques à main. — 1. Chambre 9x12 Turillon se transformant instaiitauénient en appareil stéiéoscopique. — 2. Le S/iido Gaumont, appareil 9x12 avec obturateur Decaux. — 5. Le Stéréoevcle Leroy, appareil stéréoscopique à changement de plaques rotatif. — i. Jumelle Caillou à cliangement de plaques fonctionnant dans toutes les positions. — a. Le Kodak^de jioelie de la Compagnie Easlmann, — G. La l'éri-jumelle Irumberry-Carette.
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- sacrifier l’une ou autre : les objectifs à court foyer répondent au premier cas, les longs foyers au second. Enfin il y a la question des formats, des vues simples ou stéréoscopiques; on ne peut pas tout concilier et il faut, pour faire un choix, consulter surtout son goût. D’une façon générale le seul conseil qu’on puisse donner c’est de prendre un bon objectif, permettant de faire de l’instantané sans soleil; cela augmentera le prix, mais ce sera encore une économie : les appareils à trop bon marché sont souvent ceux qui coûtent le plus cher. G. Marf.schal.
- LA SOURCE DES RAYONS lîRANÏQUES
- La cause des radiations émises par l’uranium et ses composés, auxquelles Niepce de Saint-Victor avait déjà consacré d’importantes recherches, et sur lesquelles les belles expériences de M. Henri Becquerel ont ramené l’attention, est restée jusqu’ici une énigme pour les physiciens. Il semble bien démontré aujourd’hui que ces radiations naissent sans insolation préalable, et que leur énergie est produite au fur et à mesure de leur émission. D’un autre côté, on n’a pas pu ramener leur production à une modification chimique du métal ou de ses composés, et on en est venu à admettre que ces radiations sont dues à une fluorescence obscure, par transformation des rayons atteignant la source. Dans l’obscurité, les radiations invisibles seules peuvent être invoquées, et la première idée qui se présente consiste à admettre que les rayons infra-rouges émanés de l’enceinte se transforment en radiations ultra-violettes, contrairement à la loi de Stokes. Pour que cette modification fût possible sans contradiction avec le principe de Carnot, il suffirait (pie la portion la plus importante de la radiation reculât plus loin dans l’infra-rouge, fournissant ainsi la compensation pour la fraction dont la température virtuelle a été remontée. Dans ces conditions, on devrait, avec des instruments très sensibles, observer un abaissement de la température de l’enceinte; mais la prodigieuse faiblesse des rayons uraniques rendrait cette variation bien difficilement mesurable par nos moyens actuels.
- Une autre explication, fort ingénieuse, et peut-être un peu plus vraisemblable, vient d’être donnée par Mme Sklodowska-Curie, à la suite d’une importante recherche sur ces radiations.
- De nombreuses expériences ont d’abord été faites en vue de découvrir les composés les plus actifs, et de déterminer la relation qui existe entre l’épaisseur des échantillons et l’intensité des radiations. Mme Sklodowska-Curie a trouvé ainsi que les composés du thorium sont plus actifs que ceux de l’uranium; certains minéraux naturels contenant ce dernier élément émettent aussi des radiations plus abondantes que les composés artificiels faits avec des produits purs.
- L’uranium est très absorbant pour ses propres radiations, mais l’oxyde de thorium l’est beaucoup moins, de telle sorte que leur intensité augmente sensiblement avec l’épaisseur de l’échantillon. Le pouvoir absorbant de l’aluminium est le même pour les rayons émis par tous les composés d’un même métal, uranium ou thorium, dans des conditions semblables. Les rayons du thorium sont d’autant plus pénétrants qu’ils proviennent d’une plaque plus épaisse; ils ne sont donc pas parfaitement
- homogènes, et les moins pénétrants sont sensiblement absorbés par le thorium lui-même.
- L’explication que Mme Sklodowska-Uurie donne de ces phénomènes est la suivante : L’espace est traversé en tous sens par des rayons analogues aux rayons de Rœntgen, mais beaucoup plus pénétrants, qui ne sont absorbés que par un petit nombre de corps et, en particulier, par ceux dont la masse atomique est la plus forte, comme l’uranium et le thorium; ces substances les transforment par une fluorescence obéissant à la loi de Stokes, comme la plupart des corps transforment les rayons X en radiations invisibles ultra-violettes, ou en radiations visibles.
- Cette hypothèse nous semble mériter une sérieuse attention. Si la suite des recherches confirmait son exactitude, elle donnerait l’explication de nombreux phénomènes restés mystérieux jusqu’ici. C. E. G.
- DÉCIMALISATION I)ü JOUR
- ET DE LA CIRCONFÉRENCE
- Les recherches ayant pour but de rendre au jour et à la circonférence leur division normale en 100 parties ou multiples de 100, telle que l’avait décrété la Convention nationale, se poursuivent dans nos corps savants. M. Leroy, horloger de la marine, nous apprend qu’une exposition de tous les instruments décimaux, appliqués au jour, vient d’avoir lieu à l’École d’horlogerie de Paris. De nombreux et intéressants appareils ont été construits, chronomètres, montres, pendules, etc., divisés soit en 100, soit en 400 parties. M. de Rey-Pailhade a fait une conférence documentée sur le sujet. L’an prochain aura lieu un second concours et une nouvelle exposition d’appareils basés sur le système décimal. On poursuit également la fabrication des chronomètres décimaux, divisant le jour en 400 grades, d’après le projet adopté par le Bureau des Longitudes. L’année 1900 pourrait bien ne pas se passer sans que cette importante réforme ait vu le jour, du moins en ce qui concerne les calculs scientifiques.
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- DISPERSION DES MOLLUSQUES
- La nature, en fixant les plantes au sol par leurs racines, semble leur avoir interdit la faculté de se disperser sur la surface de la terre. Elle a très heureusement modifié cette loi contradictoire — en apparence seulement — avec celle de la multiplication de l’espèce, en munissant leurs graines d’or-.ganes spéciaux qui permettent aux divers agents naturels de les emporter au loin et d’assurer ainsi leur dissémination.
- Les mollusques, eux, fixés à leurs rochers ou bien munis d’organes de locomotion très rudimentaires, semblent être dans une situation analogue à celle des végétaux. Et ils n’ont pas, comme ces derniers, de graines ailées ou munies de crochets que les vents ou les animaux pourront emporter loin du lieu d’origine. L’étude des moyens de dispersion de ces êtres sédentaires par nature a été quelque peu négligée et ce n’est guère que- dans ces dernières années qu’on s’en est occupé.
- M. Harry Walles Kew a publié1, dans la collection
- 1 Kegan, Trench Trubner and C°. Londres.
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- des International scientific sériés, un travail très complet et très documenté sur ce sujet et nous voudrions en résumer les parties les plus intéressantes.
- La distribution géographique des mollusques d’eau douce et leur distribution locale dans des masses d’eau isolées prouve nécessairement l’existence de moyens de dispersion : les individus ont été transportés d’un endroit dans un autre, d’un étang dans un autre, du continent aux îles les plus isolées de l'Océan.
- L’objection la plus courante que l’on émet relativement à la possibilité de semblables transports est celle concernant la faculté, pour ces mollusques, de vivre longtemps hors de l’eau. C’est là une erreur qui tient à l’absence d’expériences directes. Plusieurs de ces mollusques sont amphibies et une Limnée (Limnæa truncatula) est pour ainsi dire aussi souvent hors de l’eau que dans l’eau.
- Le professeur Thomas a conservé dans un vase ouvert et sans eau, placé sur la table d’un laboratoire où le soleil donnait plusieurs heures par jour, des L. truncatula ; 50 pour 100 de ces mollusques étaient encore vivants après trente-six jours et beaucoup résistèrent jusqu’à six semaines. M. Christy a constaté qu’une Paludine vivipare, sortie par accident d’un aquarium et qui était restée trois semaines hors de l’eau, y fut réintégrée avec ses semblables et ne parut avoir éprouvé aucun mal de ce séjour.
- Une moule d’eau douce, enveloppée dans du papier et expédiée de Cochinchine en Angleterre y arriva, par suite de circonstances spéciales, après 498 jours, et fut placée dans un aquarium, où elle reprit sa vie habituelle. Enfin, quelques Ampullariæ, placées dans un vase, vécurent pendant cinq ans sous le chaud climat de Calcutta. Cette résistance à la mort, commune à un grand nombre d’espèces et dont on pourrait donner bien d’autres exemples, favorise certainement le transport des mollusques à grande distance.
- Parmi tant de faits curieux et intéressants, rapportés par M. Kew, nous ne retiendrons aujourd’hui que ceux qui ont trait à la dispersion des mollusques bivalves d’eau douce.
- On se rappelle la fable du rat et de l’huître. — La petite scène, si bien racontée par l’ingénieux fabuliste, se reproduit souvent dans la .nature. Les mollusques, en rapprochant leurs valves, serrent assez fortement l’objet qu’on a introduit entre ces sortes de mâchoires, pour pouvoir être emportés avec lui.
- Les gens de la campagne qui font des écumoires avec les coquilles des moules d’eau douce ( Anodonta cygnea) se procurent ces mollusques à l’aide d’un bâton pointu qu’ils introduisent dans l’entre-bâille-me.it des valves. Comme dans la fable, la moule se referme vivement et enserre le bâton. A ce moment, le pêcheur le relève et ramène la moule. C’est véritablement la pêche des moules. L’auteur que nous analysons a fait des expériences directes sur des Anodonta qu’il recueillait ainsi avec un petit bout de bois. Il a pu laisser une Anodonte suspendue
- hors de l’eau pendant 51 heures. Quand elle fut remise dans l’eau, elle se détacha.
- Ce mode de pêcher les moules est fort ancien, car sir Robert Redding, en 1688, raconte que les pauvres du Nord de l’Irlande pêchaient les huîtres perlières les uns avec leur orteil, les autres avec des sortes de pinces en hois.
- Bien souvent des oiseaux, en pataugeant dans les marais ou sur les hords des rivières et étangs, ont ainsi mis la patte sur des mollusques qui se sont vengés de ce sans-gêne en refermant vivement leur coquille et en s'attachant ainsi à l’intrus qui les transportait vers d’autres rivages.
- Dans l’État de Virginie, on prétend qu’il est impossible d’élever des canards à cause des Unio qui saisissent les pattes des jeunes canetons à marée basse et les retiennent jusqu’à la marée montante où ils périssent, n’ayant pas la force d’enlever le mollusque.
- M. Standen, qui s’est beaucoup occupé de la question de dispersion des mollusques, rappelle une observation qu’il a faite étant enfant. Son grand-père possédait une bande de canards que l’on menait chaque jour sur un étang situé à quelque distance de la ferme. Un jour on s’aperçut, au retour, qu’un canard manquait à l’appel : on alla à sa recherche et on le trouva qui revenait péniblement en traînant à la patte une grosse Anodonte qui ne voulait pas le lâcher.
- Les cas de dissémination par les insectes sont plus rares, plus difficiles à observer; mais ils n’en sont que plus curieux pour cela et M. Kew en a recueilli un certain nombre.
- On peut voir au Muséum de Manchester une larve de libellule à la patte de laquelle est fixé un Sphæ-rium corneum (fig. 1). Ce cas n’a pas une grande importance au point de vue de la dispersion, car les larves de libellules ne voyagent guère. Il n’en est pas de même quand ces petits mollusques s’attachent à des insectes aquatiques susceptibles de quitter leur habitat préféré, de s’enlever dans les airs et de se transporter à une distance relativement assez considérable.
- M. Kew cite cinq exemples de Nèpes, larges coléoptères bien connus, aux pattes desquels on trouva des Sphærium ou des Pisidium (fig. 2). Des exemples semblables ont été rapportés par Darwin, à l’occasion d’un Dytique capturé par M. Crick de Northampton, et qui transportait aussi, cramponné à l’une de ses pattes, un Sphærium cor-neuni (fig. 3).
- Le Dytique fut placé dans un aquarium où il conserva cinq jours son comhiensal. Au bout de ce temps, celui-ci se détacha et alla chercher fortune au fond de. l’aquarium.
- Quelquefois, les petits mollusques s’attachent aux antennes des insectes ou des crustacés, et M. Jen-kins a vu, dans un aquarium, une crevette se promener en portant un Pisidium fortement accroché à ses antennes.
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- Pour que les insectes aquatiques puissent concourir efficacement à la dispersion des mollusques, même dans une aire assez restreinte, il est nécessaire qu’ils passent en volant d’un cours d’eau ou d’un étang dans un autre étang ou cours d'eau. Les auteurs ne sont pas bien fixés sur les habitudes aériennes des insectes aquatiques, et sur les voyages qu’ils peuvent effectuer par air. Canon Fowler incline à penser que les Dytiques, par exemple, ne prennent leur vol que lorsqu’ils y sont forcés, quand leur étang est à sec. Mais, par contre, Darwin déclare que les Dytiques volent la nuit et qu’on en a trouvé souvent sur des châssis de couche vitrés. Les insectes, trompés par
- l’aspect brillant de ces vitres qu’ils avaient prises pour la surface de l’eau, étaient venus s’y cogner et étaient restés littéralement sur le carreau. Des naturalistes dont M. Kew donne les noms ont, en outre, capturé au vol des insectes aquatiques en chassant la nuit, ou en ont trouvé près des lanternes électriques dans les villes.
- Des buts que nous venons de rapporter, il résulte que la distribution locale des bivalves peut être influencée, dans une certaine mesure, par les insectes aquatiques. Un vent violent peut aussi entraîner des insectes portant des mollusques et disséminer très loin des espèces intéressantes.
- Dispersion des mollusques. — 1. Larve de libellule transportant un Sphærium. — 2. Nèpe transportant un Pisidium fontinale. — 3. Dytique avec un Sphærium corneum à la patte. — 4. Salamandre avec une coquille à la patte. — 5. Crapaud avec un bivalve à la patte. — 6. Écrevisse portant des Cycins fontinalis. (D’après M. Kew.)
- Les grenouilles, crapauds, salamandres, etc., sont encore assez souvent capturés avec des mollusques attachés à leurs pattes. On a vu des salamandres avec 2 bivalves et des crapauds avec 6 bivalves.
- La première mention d’une capture de ce genre date de 1829. M. Krapp raconte, dans le Journal of a naturaliste l’impression très bizarre que lui a causée la vue d’une* salamandre traînant, bien malgré elle, une coquille (fig. 4).
- Bien d’autres trouvailles sont rapportées par l’auteur que nous analysons, mais il serait trop long de les reproduire toutes.
- D’autres animaux peuvent accidentellement se trouver pris entre les valves des mollusques. M. Todd rapporte le cas d’une tortue qui promena
- longtemps un Vnio attaché à sa mâchoire. M. le professeur Girard a trouvé, dans Seine-et-Marne, des écrevisses dont les pattes étaient garnies de Cyclas fontinalis (fig. 5). Quelquefois, les huit pattes ambulatoires portaient des coquilles : on aurait dit que ces crustacés avaient des sabots. Le professeur Rossmâssler signale en outre que des Dreissena polymorpha s’attachent souvent par le byssus à la queue des écrevisses.
- Comme nous le disions en commençant il ne s’agit ici que de la dispersion des bivalves. Une autre fois nous étudierons les moyens de dissémination des mollusques univalves. V. Brandicourt.
- Secrétaire de la Société linnéemie du Nord de la France.
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- LES BECS A ACÉTYLÈNE
- Un des défauts actuels les plus prononcés des becs à acétylène est l’encrassement rapide par suite des dépôts de carbures qui s’y forment.
- On a déjà cherché bien des moyens pour remédier à cet état de choses. On a essayé d’ajouter à l’acétylène l’air ou des inertes. Ces mélanges permet -tent de donner au bec une plus grande section sans augmenter la consommation d’acétylène. Il en résulte également <pie le gaz refroidit un peu F orifice de sortie, et que l’on évite ainsi les actions chimiques qui agissent sur le gaz pour le transformer en carbures polymères. On a déjà obtenu quelques résultats, mais bien faibles.
- MM. Létang et Ser-pollet viennent d’imaginer une nouvelle disposition qui peut amener encore divers perfectionnements. L’appareil ((ig. 1. n° 1) est formé d’une embase filetée, qui se fixe sur le tuyau de la lampe ; à la partie supérieure se trouvent deux branches faisant entre elles un angle presque droit.
- Sur chacune de ces branches est monté un ajutage conique, dont on voit le détail dans le n° 2 de la figure 1.
- Cet ajutage porte à son extrémité un étroit orifice par lequel jaillit le gaz. Il est recouvert par un capuchon à tcte creuse, monté à vis, et dont le fond est percé, dans la direction du gaz, d’un orifice dix fois plus grand que le premier. Cette disposition éloigne la flamme de l'ajutage ; celle-ci ne
- peut donc ni l’échauffer, ni l’encrasser. De plus, tout autour du capuchon se trouvent une série de trous
- q u i permettent une libre circulation d’air. 11 faut encore remarquer que le gaz sortant de l’ajutage traverse une cavité close, entraîne l’air qui s’y trouve et crée un certain vide. L’air extérieur arrive donc aussitôt, passe sur les bords de l’orifice et se mélange au gaz.
- La convergence des deux jets inclinés, et le double courant d’air ont diminué l’encrassement dans une grande proportion. Des mesures photométriques ont montré, dit-on, que la dépense était de 7,5 litres par carcel-heure.
- Nous mentionnerons également un bec construit par M. Marbec à Aix. Ce bec, que représente la figure 2, est formé de 2 branches légèrement inclinées, de façon que les deux flammes viennent s’écraser. Il se compose d’une partie fixe A portant deux tubulures B et B' dans lesquelles viennent s’emboîter des parties extérieures C. Sur ces parties sont fixés les becs proprement dits en stéatite, en verre, en métal, etc. Comme le montre la partie droite, au-dessus de l’orifice est placé un capuchon avec une ouverture plus large au-dessus; en même temps sur les côtés sont placés des appels d’air extérieur. Grâce à ces dispositions, on peut très facilement régler à la main la direction et l’écartement des deux jets. On peut rapprocher ceux-ci ou les écarter
- Fig. 2. — Bec de M. Marbec.
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- suivant le débit des brûleurs; il est également possible de toujours diriger les jets de manière qu’ils s’écrasent bien. Cette dernière opération peut se faire même pendant l’éclairage.
- MM. Thuillier et Aubry, à Nogent-en-Bassigny, nous ont envoyé récemment un autre modèle formé également de deux branches inclinées. À une certaine distance des orifices de sortie en regard, se trouvent des deux côtés des diaphragmes percés de trous suffisants pour laisser passer le gaz seul. Les orifices ne sont donc jamais en contact avec le gaz et les produits de la combustion. Le bec ne peut non plus être porté à une température assez élevée pour décomposer l’acétylène. L. Leroy.
- STATUE DE Y\\ BENEDEN
- ET LES FÊTES DE MALIXES
- L’Académie des sciences avait chargé de la représenter, aux fêtes de Malines, deux de ses membres les plus autorisés, MM. A. Gaudry et Filhol. Sur notre demande, M. Albert Gaudry, l’éminent professeur du Muséum, a bien voulu nous envoyer de Malines les détails suivants. IL de P.
- 11 y a une douzaine d’années, la ville de Malines, où est né Van Beneden, avait fait une grande manifestation en l’honneur du cinquantenaire du professorat de cet illustre naturaliste. Van Beneden est mort en 1894 dans sa quatre-vingt-cinquième année. On a donné son nom à l’une des plus belles avenues de Malines, et on vient de lui élever une statue en bronze dans cette avenue. Le 24 juillet, Malines a eu une fête d’un éclat extraordinaire à propos de 1’ércction de la statue.
- Van Beneden, par son professorat à l’Université catholique de Louvain et par ses nombreux travaux originaux, a imprimé une impulsion considérable aux sciences naturelles en Belgique. L’Institut de France a reconnu sa valeur en le choisissant pour un de ses associés étrangers ; cette faveur n’a été donnée qu’à un petit nombre de naturalistes. Le savant belge a d’abord étudié les invertébrés, notamment les vers intestinaux; à une époque où plusieurs savants croyaient encore aux générations spontanées, il a montré que les vers se développaient seulement par descendance d’autres vers, et que même les tænias pouvaient, par reproduction, passer du corps d’un animal à celui d’un autre animal d’un genre très différent; ce fait a des conséquences redoutables dont la connaissance est d’une extrême importance pour les animaux domestiques et même pour l’homme. Après avoir fait sur les invertébrés des travaux qui ont eu du retentissement parmi les anatomistes, Van Beneden s’est livré à des recherches paléontologiques sur les grands vertébrés marins. Lorsqu’on a entrepris les fortifications d’Anvers, les sables pliocènes ont été mis à nu sur de vastes espaces, et une quantité de restes de phoques, de cétacés, dont plusieurs sont voisins des baleines, a été exhumée ; des chargements énormes ont été portés au Muséum de Bruxelles; Van Beneden a étudié ces fossiles tantôt seul, tantôt avec l’aide de Paul Gervais. Si remarquables qu’aient été ses découvertes des êtres des temps actuels et passés, elles ne pouvaient être comprises que par les spécialistes et on auraitdù croire qu’elles ne touchaient pas le grand public.
- Aussi est-ce une chose étonnante que la population entière de sa ville natale ait pris part à la manifestation organisée en son honneur.
- Dans la journée, un long cortège de voitures s’est rendu de l’hôtel de ville de Malines à l’avenue Van-Beneden; sur son passage, toutes les maisons étaient pavoisées. La statue en bronze a été dépouillée du voile qui la recouvrait et elle a été remise par le comité de souscription à la cité de Malines représentée par son bourgmestre entouré de ses échevins. Plusieurs discours ont été prononcés. M. Filhol, professeur d’anatomie comme l’était Van Beneden, était naturellement désigné pour parler au nom de l’Institut de France ; il a habilement retracé l’œuvre scientifique du professeur de Louvain, line cantate avait été composée pour la circonstance ; elle a été interprétée par un nombre imposant de voix d’hommes et de femmes. 11 y a eu ensuite un grand banquet présidé par M. Schollaert, ministre de l’intérieur et de l’instruction publique, ayant à ses côtés le cardinal primat de Belgique, et le sénateur Wittmann, président du comité d’organisation. Des toasts ont été portés. J’ai été chargé de porter celui des savants étrangers.
- Ce qui a donné à la fête un caractère absolument particulier a été le cortège avec torches, lanternes de couleur, feux de bengale qui a eu lieu dans la soirée. On ne. conçoit pas comment une ville de cinquante-quatre mille habitants a pu former un pareil cortège ; il devait avoir plus de ‘2 kilomètres de longueur. Il parait que la ville compte une centaine de sociétés et de corporations ; nous ne sommes plus habitués en France à ces corporations qui rendent des services considérables à leurs membres et mettent en honneur toutes les professions. Chacune d’elles avait ses attributs précédés par sa musique et rivalisait pour l’originalité et le brillant des illuminations. Il y avait surtout des écrans lumineux représentant Van Beneden dans toutes les positions : tantôt assis, tantôt debout, tantôt faisant des démonstrations sur un tableau, tantôt couronné par un génie. Les étudiants de l’Univcr-sité de Louvain avaient voulu particulièrement se distinguer. Lorsque le cortège a défilé sur les deux côtés de la grand’place si pittoresque de Malines, avec la merveilleuse tour de sa cathédrale tout éclairée, donnant son harmonieux concert de carillon, ses vieilles maisons illuminées, mêlant leurs feux aux milliers de torches et de lanternes du cortège, le spectacle était féerique. Le tout a été terminé par un feu d’artifice monté au sommet de la tour, c’est-à-dire à 99 mètres de hauteur. Vraiment, on ne pourrait dire à qui cette fête a fait plus d’honneur, à Van Beneden, ou à ce peuple belge qui sait si bien glorifier ses grands savants. Albeut Galduy.
- CHRONIQUE
- Nouvelle petite planète. — Un nouvel astéroïde de 11e grandeur, probablement le 534° de ceux qui cueillent entre les orbites des planètes Mars et Jupiter, a été découvert le 18 juillet par M. Charlois, astronome de l’Observatoire de Nice. Cet astre télescopique est situé dans la constellation du Capricorne, près de la plus belle étoile a, qui brille au Sud à 11 h. 1/2 du soir.
- Collections paléontologiques. — M. Albert Gaudry a insisté, dans une Notice intéressante, sur les travaux scientifiques de Victor Lemoine, dont la science déplore la perte. Le savant paléontologiste de Reims a trouvé dans la colline de Cernay un gisement du 1er-
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- tiairc le plus inférieur, où pendant vingt ans il a fait des fouilles qui ont fourni des restes de grands oiseaux, de reptiles, de mammifères. Comme les mammifères de Cernay sont les plus anciens qui aient été rencontrés dans notre pays, ils sont d’une importance considérable pour l'élude des origines et des développements des animaux les plus élevés. En mourant, le l)r Lemoine a légué sa précieuse collection au Muséum d’histoire naturelle. Sa veuve vient en outre de faire donation au Muséum du terrain de Cernay où l’on pourra continuer les recherches qui ont déjà procuré tant d’objets curieux. Le souvenir de Lemoine devra être conservé avec reconnaissance par les paléontologistes français.
- La chaleur des lampes A incandescence. —
- Les faits relatifs aux dangers des lampes à incandescence, relatés par notre confrère Lancet, Sont exacts mais ne sont pas nouveaux. On se souvient de la mésaventure de ce voyageur qui, ayant voulu utiliser la lampe de sa chambre à coucher en guise de houillote, fut désagréablement réveillé au milieu de la nuit par le commencement d’incendie de son lit provoqué par la chaleur de la lampe. Le fait qu’il est possible de porter un bain d’eau à l’ébullition par une lampe à incandescence est rendu bien évident par un calcul très simple. Considérons, comme dans l’expérience rapportée par notre confrère, une lampe de 16 bougies fonctionnant dans un bain d’un quart de litre d’eau. La dépense de la lampe est d’environ 50 watts, et la portion de la radiation qui traverse l’eau sous une épaisseur peu considérable est de l’ordre du dixième de la chaleur totale produite dans la lampe. Nous pouvons donc admettre que le bain emmagasine, dans chaque seconde, une énergie exprimée approximativement par 45 joules. L’équivalent de la calorie étant, en nombres ronds, de 4,2 joules, le bain de 250 grammes devra gagner, dans chaque seconde, une quantité de chaleur suffisante pour élever sa température de l/25e de degré au minimum. Il n’est donc pas surprenant que le bain puisse arriver à bouillir en moins d’une heure.
- Voici, à propos de lampes à incandescence, une expérience que quelques-uns de nos lecteurs trouveront peut-être assez instructive pour lui en sacrifier une. On met, en série, deux lampes du même type, et l’on vérifie qu’elles atteignent sensiblement le même éclat. On enferme ensuite l’une d’elles dans une enveloppe réfléchissante, par exemple une boîte à biscuits bien polie intérieurement, et, sans rien changer aux précédentes connexions, on fait passer le courant. Si l’on a eu soin de réserver, dans les parois de la boîte, une petite ouverture, on pourra voir la lampe briller d’un vif éclat, et arriver jusqu à la rupture du filament dans des conditions où sa camarade est très éloignée de l’incandescence dangereuse
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 1er août 1898. — Présidence de M. Wolf.
- La fabrication des miroirs dans Vantiquité.
- M. Bertlielot rappelle que l’an dernier, à propos de la découverte à Reims de miroirs de verre datant de l’époque gallo-romaine, il a démontré que ces miroirs avaient été fabriqués en coulant du plomb fondu sur une lame de verre chaud. 11 annonce que 15 miroirs de verre viennent d’ètre découverts à Sophia ; récemment 3 autres miroirs avaient été retirés des fouilles pratiquées sur l'emplacement de l’ancienne Antinoé (Égypte). M. Ber-
- thelot a examiné un échantillon de chacune de ces deux catégories de miroirs. Us sont tous convexes et très brillants. On ne relève dans la couche brillante ni étain, ni mercure. Leur forme tient à leur mode de fabrication, car ils ont été obtenus en coulant du plomb dans un ballon de verre très mince fortement chauffé. Le ballon a ensuite été découpé. Le type de ces miroirs s est perpétué à Florence ; seulement les miroirs florentins sont plus épais parce que l'application de la couche métallique réfléchissante a lieu à froid. Un des miroirs d’Antinoé est enchâssé dans une monture de plomb, un autre dans un cadre de plâtre. Le premier semble avoir été un ornement de costume, l’autre un objet à fixer à une muraille. Les miroirs de Sophia ont clé aussi des ornements de costume; ils datent du troisième siècle. Ces dernières découvertes montrent qu’il y avait dans tout l’empire romain des procédés de fabrication uniformes consécutifs du développement de la civilisation et des communications.
- Le fer dans les végétaux. — M. Dehérain présente une Note de M. Stotlasa, de Prague, relative à la présence du fer dans les végétaux. 11 est démontré que le fer est nécessaire au développement des végétaux ; on avait pensé qu’il se rencontrait dans la chlorophylle. M. Stotlasa démontre qu’il se rencontre dans une substance qu’il appelle hématogène végétale et qui est analogue àl’héma-togène animale.
- Découverte d’un parasite pathogène. — M. Bonnier présente une Note de MM. Matruchot et Dassanville sur un champignon qui a déterminé une épidémie d’herpès sur les chevaux d’un régiment de hussards. Ils ont isolé ce champignon, puis ont pratiqué des cultures qui ont été inoculées à des cobayes et à des chiens avec succès.
- Ch. DE VlLLEDEUlL.
- VOITURES A. VAPEUR EN 1829
- Au moment où les voitures automobiles semblent commencer à produire une révolution dans nos moyens de locomotion, il est intéressant de voir qu’au-trelois des ingénieurs avaient déjà pensé à imaginer des voitures à vapeur et en avaient même créé quelques-unes. Plusieurs modèles ont fonctionné, s’il faut en croire les estampes du temps qui reproduisent ces machines.
- Dans la collection de mon frère, M. Gaston Tissan-dier, il se trouve plusieurs spécimens de voitures à vapeur d’autrefois, dont il a signalé déjà quelques-uns ici1.
- Voici une estampe, intéressante parce qu’elle montre les premiers essais qui ont été tentés. C’est une élégante calèche, attelée à une machine à vapeur montée sur quatre roues. Ce modèle, qu’on a vu marcher à Hounslow (Angleterre) le 11 août 1829, comme la gravure en témoigne, a été construit par un ingénieur du nom de Gurney. Dans le bas de cette image dont nous donnons le fac-similé, figure 1, on a pris soin de mettre en note que dorénavant la vapeur ferait marcher les voitures à la place des chevaux.
- 1 Voy. n° 1145 du 11 niai 1895, p. 575.
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- Dans une autre estampe que nous ne pouvons reproduire ici, la machine à vapeur est placée derrière la voiture. Elle ressemble absolument aux automobiles modernes. Brevetée le 18 juillet 1855, elle fut construite parM. François Macerone et J. S.
- Squirc. Cette voiture à vapeur, dit la légende de 1a gravure, a « déjà marché plus de 600 lieues et continue à marcher tous les jours sur les chemins les plus montueux sans avoir eu besoin de la moindre réparation ni à la chaudière ni à la partie mécanique, etc. »
- 11 y eut à ce sujet des rapports officiels contenus dans le Morning Chronicle du 5 septembre, des 7, 14 et 15 octobre, etc., 1855.
- La tigure 2 représente une amusante critique de ces nouvelles inventions. Une voiture à vapeur avance à toute vitesse sur la route; elle est pleine de voyageurs parmi lesquels se trouve un clergy-inan ; mais, nous dit le dessinateur, il y a sans doute
- quelque chose qui ne marche pas très bien dans la machine. On en voit les effets! Malgré l’accident, un des voyageurs peut encore s’écrier : « Ayez l’œil, Bob, voyez si notre pauvre pasteur est encore en vie ! » Albert Tissandier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- I T» AUI T 1898.
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- Dans un beau travail publié récemment en Angleterre, le professeur J.-J. Thomson avait pensé démontrer (pie divers gaz, soumis à la décharge électrique dans une ampoule de Crookes, pouvaient être amenés à un état tel que la quantité d’électricité emportée par chaque particule était dans un rapport constant à la masse de chacun des petits projectiles échappés de la surface de la cathode. 11 en concluait que tous les gaz sur lesquels avaient porté ses expériences pouvaient être dissociés à un degré tel que les ultimes particules ainsi obtenues étaient identiques entre elles. Pour la première fois se trouvait réalisée la division de la ma-
- tière en ses derniers éléments, qui se trouvaient, être tous semblables, comme, le pensent déjà un bon nombre de savants. Le raisonnement semblait infaillible, le résultat était l’un des [dus merveilleux auxquels la science ait donné le jour dans ces dernières années, et, cependant, le mémoire du savant professeur passa presque inaperçu. Fut-il ignoré de l’ensemble des physiciens, ou bien en attendit-on la confirmation? Toujours est-il qu'on en parla peu, et il semble aujourd’hui que l’on lit bien de se tenir sur la réserve.
- M. P. Yillard, dont nous relations dernièrement les beaux travaux sur le tube de Crookes, vient, en effet, de donner de l'expérience de M. J.-J. Thomson une interprétation différente de celle de-son auteur, et à laquelle il est difficile d’échapper.
- Nouvelle ampoule rudiograpliuiue de M. Yillard. — 1. introduction du gaz. — i et 3. Évacuation.
- De nombreuses expériences, aussi nettes que variées, ayant montré à M. Villard que les rayons cathodiques ont toujours un effet réducteur, il se demande à quoi cet effet peut être attribué, et, poussant plus loin ses investigations, démontre qu’il est toujours dû à la présence de l’hydrogène dans le faisceau cathodique. Bien plus, il admet que les rayons échappés’ de la cathode sont entièrement formés d’hydrogène. La source de ce gaz n’est pas difficile à découvrir, les parois du verre étant toujours recouvertes d’une couche d’eau extrêmement mince, qu’on n’arrive pour ainsi dire jamais à éliminer complètement, et qui fournit presque indéfiniment de l’hydrogène par sa décomposition. Cette idée est corroborée par l’impossibilité, reconnue par M. Yillard, d’obtenir des rayons cathodiques dans une ampoule à électrodes de mercure, préalablement évacuée sur du mercure bouillant.
- Cette propriété de l’hydrogène ayant été mise hors 26' aimée. — 2e semestre.
- de doute, M. Yillard l’utilise immédiatement [tour la régénération des ampoules troj» bien évacuées par le passage du courant. Jusqu’ici, on s’était borné à dégager, soit des parois du verre, soit d’une électrode parasite, le gaz nécessaire au bon fonctionnement de l’ampoule. L’idée de M. Yillard est autre ; il fait pénétrer le gaz de l'extérieur, en se fondant sur le fait, mis en lumière par H. Sainte-Claire Deville, dans les recherches faites en commun avec M. Troost, que l’hydrogene diffuse à travers le platine chauffé au rouge vif, traversant, avec une assez grande rapidité, une lame mince de ce métal.
- La nouvelle ampoule construite avec l’habile collaboration de M. Y. Chabaud, est munie d’un tube de platine T, fermé à son extrémité, et débouchant dans une tubulure latérale (n° 1). Lorsque le tube est devenu trop dur, il suffit de chauffer le [(latine dans un hoc de gaz en flamme réductrice pour le voir, au bout de quelques secondes, devenir plus maniable.
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- L’un des avantages du nouveau procédé consiste en ce qu'il peut être appliqué pendant «pie l’ampoule est en service, à la seule condition que le brûleur soit porté par un manche isolant. 11 est tellement efficace qu’un opérateur peu expérimenté dépassera presque toujours le point où le tube donne la plus grande abondance de rayons X. Le mal est heureusement facile à réparer. L’excès de gaz, nuisible au bon fonctionnement de l'appareil, s'en ira comme il y est entré, par le retournement du même phénomène. 11 suffit, en effet, d’entourer la tubulure d un manchon de platine que l’on chauffe au rouge (nos 2 et 5), pour que peu à peu le vide se fasse de nouveau, aussi parfait que l’on voudra. Naturellement, la sortie du gaz est beaucoup plus lente que sa rentrée, puisque les conditions de densité du gaz dans les deux cas sont fort différentes ; il faut une heure ou deux pour réparer le mal fait en quelques secondes, mais le tube est sauvé.
- Cette expérience montre d’une manière bien évidente que l’hydrogène diffuse jusqu'à sa dernière trace à travers le platine, tandis que les autres gaz de 1’atmosphère s’arrêtent à sa surface.
- Un autre .perfectionnement, de moindre importance, réalisé par M. Villard, consiste à donner .à l’antieathode de platine la forme d’une petite coupe, ouverte sur le coté pour l’entrée des rayons cathodiques, tandis que les rayons X s’échappent par son embouchure, lfe cette manière, ces derniers sortant d’une cage presque fermée, s’en vont complètement déchargés, et n’emportent plus la poussière de platine qui noircit rapidement les ampoules, et oblige à les ouvrir pour les nettoyer1.
- L'écran fluorescent. — On sait, depuis près de deux ans, que les écrans fluorescents se fatiguent lorsqu’ils sont actionnés par les rayons X. M. Ma-cyntyre l’a montré en exposant à un faisceau intense de rayons un écran sur lequel il avait fait des épargnes avec de petites plaques de plomb. Lorsque ces dernières étaient enlevées, les parties qu’elles avaient protégées émergeaient en clair sur le reste de la surface. Cette transformation de la substance sensible n’est pas seulement visible sous l’action des rayons X ; à la lumière ordinaire, elle se manifeste par un changement dans la couleur du sel qui, dans le cas du platino-cyanure de baryum, prend une teinte brune, bien distincte de la couleur verdâtre de la substance à l’état naturel.
- On pouvait se demander si la modification subie par le sel est permanente, et si un écran est fatalement destiné à être mis hors de service au bout d’un temps plus ou moins long. La modification est, en tout cas, de longue durée lorsque l’écran est maintenu à l’obscurité, car on y retrouve, après plusieursjours, la trace à peine affaiblie des précédentes impressions. Mais les écrans peuvent aussi être régénérés ;
- 1 La construction particulière des nouveaux tubes permet de les pousser beaucoup. M. Gaiffé nous a dit avoir obtenu une bonne radiographie du thorax d'un enfant avec une pose de 8 secondes.
- il suffit, pour cela, de les exposer à une vive lumière, et toute leur sensibilité leur est bientôt rendue. 11 faut donc bien se garder de mettre à poste fixe, au fond de leur cône de bois, les écrans servant à la fluoroscopie, mais, bien au contraire, ainsi que l’a fait M. \illard, les monter sur une coulisse ou sur des charnières, et les exposerait grand jour pendant tout le temps qu’ils ne sont pas en service. L’est un moyen très simple de les conserver éternellement jeunes. (ai.-En. Guillaume.
- LE Ul-ATKIÈJIE CONGRÈS POl'H
- L’ÉÏTDE DE L\ TI IIEIÎEULOSE
- Le 25 juillet 1888, il y a dix ans, presque jour [tour jour, s’ouvrait, sous la présidence du savant professeur Chauveau, le premier Congrès pour l’étude de la tuberculose chez l'homme et, chez les animaux. Les lecteurs du journal connaissent l’origine de cette création, due à M. Butel, et savent la faveur et l’empressement avec lesquels elle fut accueillie1.
- La tentative d’ailleurs ne manquait ni de nouveauté ni d’ampleur, (fêtait la première fois qu’on voyait se réunir pour discourir sur une seule maladie, commune mais spéciale, tous ceux qui l’avaient étudiée sous ses formes diverses, chez des êtres différents et avec des moyens d’observation variés. C’était la première fois que la collaboration jusque-là fort restreinte entre vétérinaires, médecins et chirurgiens, hommes de pratique ou de laboratoire, prenait d’aussi vastes proportions, et que l’attention des auditeurs se partageait par parties presque égales entre l’homme, le bœuf, le lapin, le cobaye, les poules, les abattoirs, le lait, la viande, les médicaments, l’hygiène et jusqu’à la thérapeutique et la médecine opératoire. Et ce ne fut pas sans un étonnement mêlé de satisfaction et d’espérance que de cet assemblage disparate, de cette Babel scientifique, on vit se dégager des faits importants et des démonstrations précieuses. Le succès complet de cette première réunion, renouvelé dans les assemblées de 1891 et 1895, vient de couronner le quatrième congrès pour l’étude de la tuberculose ouvert à Paris, le 27 juillet dernier, sous la présidence de M. Nocard.
- Dans le grand amphithéâtre de la Faculté de médecine, tendu de draperies frangées d’or, à l’ombre des drapeaux de toutes nations, en présence de savants de tous pays, on s'est de nouveau groupé pour parler du danger, du grand danger permanent, plus terrible que la guerre et jamais en repos, pour s’entendre sur les nouvelles mesures à prendre, pour connaître les progrès accomplis.
- M. Nocard a ouvert la série des communications intéressantes qui se sont succédées innombrables pendant les quatre journées du Congrès. Dans une allocution d’une éloquence vibrante, l’éminent membre de l’Académie de médecine retrace le plan que l’humanité décimée doit opposer à l’envahissement grandissant du microbe des cavernes. Il constate que le redoutable bacille de Koch paraît résister de plus en plus aux sérums les mieux préparés, aux injections les plus variées, aux traitements les plus ingénieux et jusqu’à l’action mystérieuse de ces rayons Rœntgen, dont l’intervention, dans un moment donné, a fait miroiter quelques lueurs d’espérance.
- Celte longue série d’échecs ne doit ni nous étonner, ni
- | 1 Yov. n3 1058, du 9 septembre 1893, p. 238.
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- nous décourager. Comme M. Roux l’a dit, la question de la tuberculose ne pourra être résolue que par des recherches longues et patientes. Il ne faut pas compter qu’on nous apportera tout d’un coup « la découverte éclatante » ; elle nous arrivera sans doute, en plusieurs fois, morceau par morceau.
- Mais si le remède vainqueur est encore à trouver, ce n’est pas à dire ({lie la tuberculose est incurable. Dieu au contraire, il n’y a pas une maladie chronique {dus facile à guérir, à la seule condition d’intervenir à temps. Mais souvent le traitement ne commence qu’après que le mal a créé des désordres irrémédiables, et c’est pourquoi il faut reconnaître qu’il sera (( toujours plus facile de prévenir le mal que de le quérir ».
- Et c'est pourquoi aussi la prophylaxie de la tuberculose devient le point capital de l’œuvre du Congrès, le but vers lequel doivent converger les ellbrls de tous ses membres.
- Pour le public, la tuberculose est encore considérée comme le type des maladies héréditaires. C’est là une grosse erreur, un funeste préjugé, dont il convient de faire justice. Le bacille de Koch peut parfois passer de la mère à l'enfant, mais ce passage est chose absolument exceptionnelle. La mère 11e transmet à ses produits (pie les prédispositions à la maladie. Et c’est surtout l'allaitement, Icn baisers, la cohabitation étroite et continue qui perpétuent le mal au sein de la famille. Aujourd'hui, même les [dus fermes partisans de l’hérédité tuberculeuse 11e lui attribuent qu’un assez faible contingent d'infection : à peine le sixième des cas observés.
- M. Nocard accepte ces chiffres, et il en conclut que, sur les-150 000 Français qui, chaque année, succombent à la tuberculose, 125 000 pourraient être sauvés, s’ils étaient mis à l’abri de la contagion!
- La contagion ! voilà le grand coupable que nous devons combattre, que nous pouvons empêcher. Nous pouvons, car nous savons comment se fait cette contagion et quel en est l’agent, nous savons que cet agent microscopique découvert par Koch n’existe ni dans l’air expiré par les malades, ni dans leurs déchets, et qu’il pullule par contre dans leurs crachats et dans leur pus. Ces produits sont en en réalité les seuls dangereux et ne le sont qu’autant que la dessiccation les a transformés en poussières. Malheureusement-, comme le bacille de Kocli est un des plus résistants qui existent, il suffit que ces poussières virulentes soient chassées, même après des mois et des années, des meubles, du sol, des murs où elles se sont déposées pour que, flottantes, elles soient inspirées tantôt par des poumons sains qu’elles attaquent, tantôt par des poumons déjà attaqués, dont elles aggravent l’état.
- C’est donc le crachat tuberculeux desséché qui constitue le foyer le plus redoutable de la maladie. Pour réduire considérablement le nombre des victimes que celle-ci amoncelle, il suffirait de recueillir et détruire ces mauvais crachats avant qu’ils soient desséchés. Rien de plus simple ni de plus efficace. Et cependant l’application de telles mesures impliquent une véritable révolution dans les mœurs. Pour que cette révolution s’accomplisse, il faut que les pouvoirs publics donnent, les premiers, l’exemple du respect de ces nouvelles presciiptions de l’hygiène.
- M. Nocard se demande s’il serait si difficile et si onéreux de munir tous les locaux ouverts au public : les salles d’attente et les wagons de chemin de fer, les salles de spectacle, les grands magasins, les bureaux de grandes et petites administrations, les églises, les ateliers, les casernes et surtout les écoles, de crachoirs
- hygiéniques contenant une solution antiseptique et d’une affiche bien apparente interdisant de cracher en dehors de ces crachoirs. Cette habitude prise par le public hâterait la réforme des mœurs si nécessaire pour la prophylaxie de la tuberculose.
- Après l’allocution si remarquable de M. Nocard et durant les six longues séances que le Eongrès a tenues, en quatre jours, dans ce même amphithéâtre, lecture a été donnée de S5 communications afférentes à l’élude expérimentale du bacille et de la maladie, aux etfets des mesures préventives contre le mal chez les animaux, à l’usage de la tuberculine, aux résultats de la sérothérapie, etc. Les communications peuvent être analysées ainsi : 40 provenaient de congressistes parisiens, 50 de médecins de provinces et près de 15 de savants étrangers (Américains, Relges, Danois, Hollandais, Luxembourgeois, et Italiens), l'aiini ces dernières, il convient de mentionner le rapport de M. Rang, professeur vétérinaire à Enpenhague. H race à son système ingénieux applique dans les fermes danoises et dont on ne saurait trop souhaiter l'adoption en France, M. Rang est sur le point d'affranchir son pays du lourd tribut qu'il payait chaque année au redoutable Héau, d’un impôt véritablement progressif qui menaçait d'engloutir, à brève échéance, le capital énorme que représente le bétail si beau et si nombreux du royaume de Danemark. J. j*k Lou-amo.
- CULTURE DU SAFRAN
- La cul litre du safran assez florissante il y a quelques années encore, tend , à perdre beaucoup de son importance. En France, les principaux centres de production sont : une partie du département de Vaucluse, et dans les environs de Paris, les arrondissements de Monlargis et de Pithiviers. Me trouvant à proximité des safranières, j’ai pu suivre de très {très cette culture, et m’entretenir bien souvent avec des propriétaires qui P entreprennent. II est assez facile de constater la dépréciation commerciale de la jdante, et la décroissance constante des surfaces plantées. Depuis plusieurs années, les produits étrangers, et notamment les safrans espagnols et les safrans indiens, sont venus jeter la perturbation sur les marchés français, et porter un grand préjudice à notre commerce local. Chez les petits cultivateurs des environs de Montargis, les demandes se font de {dus en plus rares, et l’écoulement des produits devient même assez incertain. Certes, les safrans exotiques sont inférieurs aux nôtres en qualité, mais leur importation, ne peut qu’être préjudiciable à la culture Française. J’ai pu causer assez longuement l’année dernière avec un safranier, et lui demander ses impressions sur l’avenir de la fameuse plante tinctoriale qui lit pendant une longue période la richesse du Gàtinais. Que voulez-vous, me dit-il : « Nous sommes obligés de restreindre nos cultures à cause des faibles débouchés existants. Autrefois, les transactions commerciales étaient faciles, des commissionnaires passaient dans les exploitations et achetaient le safran à des prix assez rémunérateurs. Aujourd’hui, il nous faut rechercher des acquéreurs et nos bénéfices sont véritablement dérisoires. »
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- LA NAT UK E.
- -ICI
- Le safran (Crocus sativus), est une plante de la famille des Iridées. Ses bulbes sont recouverts de plusieurs tuniques minces et fibreuses; une fois plantés, ils ne tardent pas à donner une gaine de feuilles du centre de laquelle surgit à un moment donné une ou deux Heurs de couleur violette. Dans l'intérieur de la Heur, se trouvent les stigmates qui donnent la matière colorante vulgairement connue sous le nom de safran. Le dessin ci-dessous, reproduction exacte d’une plante en pleine floraison, montre la forme des stigmates qui viennent émerger au dehors. Les Heurs arrivent à leur complet épanouissement vers le mois d'octobre. Immédiatement après, les feuilles restées à l’état rudimentaire prennent leur longueur définitive et couvrent le sol jusque vers le mois d’avril.
- Les stigmates forment donc la partie essentielle de la plante ; ils renferment une huile volatile et une substance colorante polychroïte.
- Sous l’influence de divers produits chimiques, cette matière colorante encore nommée safranine, est susceptible de prendre des nuances dissemblables, d’où son nom de polychroïte (plusieurs couleurs). Sa couleur normale est jaune, l’acide sulfurique la fait passer au bleu, et l’acide azotique au vert. A cause de sa faible solidité, le principe colorant du safran n’est pas utilisé pour la teinture des étoffes ; mais ses propriétés
- font estimer pour certains usages. On l’emploie pour colorer en jaune les pâtes alimentaires, le beurre, les liqueurs, les pâtisseries. En pharmacie et en médecine, il a reçu de nombreuses applications. C’est un excitant, un stimulant et un emménagogue. Les stigmates de safran sont assez couramment employés dans la médecine des femmes à la dose de 8 ou 10 filaments par tasse. Enfin, il entre dans la composition de la thériaque, de l’élixir de Garnis et du laudanum de Sydenham.
- La culture de la plante est l’objet de soins particuliers; elle est généralement concentrée sur des surfaces restreintes et entreprise par des petits cultivateurs qui y travaillent avec toute leur famille. Le safran s’accommode de la plupart des climats; il vient aussi bien en Asie qu’en Europe. En France, il donnera des produits dans le Midi comme dans le Nord à condition que pendant l’hiver il n’ait pas à supporter des froids trop rigoureux. Les oignons ne
- résistent [tas à une température de 12 à 15° au-dessous de zéro. Les hivers désastreux de 1780, de 1819 et de 1825 détruisirent une partie des safranières du Câlinais et des environs de Carpen-tras. A la rigueur, on pourrait remédier à ce défaut de rusticité par un enfouissement plus profond des bulbes au moment de la plantation.
- Le safran est assez exigeant sur le choix du terrain ; on lui réservera de préférence des terres fertiles et d'une propreté absolue. Son mode de culture ne permet pas de le faire entrer dans un assolement régulier, car on est obligé de laisser s’écouler sept ou huit ans avant de le replanter à la môme place.
- Au point de vue agricole, on peut donc l'assimiler à un fourrage artificiel d’une assez longue durée.
- Le sol sera toujours profondément ameubli et préparé par de nombreuses façons culturales. Le régime auquel est soumis le safran l'empêche de fructifier ; il est donc impossible de se servir de graines pour la multiplication de la plante. Un est obligé d'employer les bulbes du commerce, et d’utiliser les caïeux les mieux conformés prélevés au moment de la suppression d’une vieille safranière. Dans ce dernier cas, les bulbes après avoir été épluchés sont conservés en stratification soit dans du sable, soit dans de la terre légèrement humide jusqu’au moment de leur emploi.
- La plantation se fait en ' 'Vf/Tc^ lignes espacées de 0m,15 à 0m,20 depuis le mois de juin safran. Son bulbe jusqu’à la fin du mois d’août.
- En ouvrier « le marreur » ouvre avec une bêche étroite une tranchée d’une quinzaine de centimètres de profondeur et eu garnit régulièrement le fond de bulbes de safran. La jauge est recouverte, et la plantation abandonnée à elle-même pendant quelque temps. Au moment de l'apparition des premières feuilles on donne un léger binage ; les soins d’entretien sont complétés par des binages et des sarclages exécutés aux diverses époques de végétation de la plante.
- Dans le Loiret, la durée de la safranière est d’environ trois ans. Les fleurs apparaissent à l’automne, et la récolte se poursuit sans interruption pendant la presque totalité du mois d'octobre. Des femmes sont généralement chargées de la cueillette ; elles obtiennent la séparation de la fleur en la pinçant dès sa base entre le pouce et l'index.
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- La photographie précédente, prise sur le territoire de Pannes, village éloigné de Montargis de quelques kilomètres seulement, représente une safranière en production. Sa proportion réduite indique le caractère particulier de la culture et sa localisation dans de petites exploitations. La cueilleuse est en train de récolter les (leurs épanouies ; il est assez facile de suivre son travail, et de voir le chemin qui lui reste encore à parcourir. Après avoir été récoltés, les produits devront être épluchés. Pendant les soirées d'hiver, ouvriers et ouvrières sont occupés à ce travail. Il s’agit de séparer la partie utile de tout le corps de la lleur; on y arrive en prenant successivement chaque fleur et en les pinçant à la hase du tuhe de la corolle. Sous ruinfluence de cette pression, les stigmates perdent bientôt leur adhé-
- rence et peuvent être extraits avec grande facilité.
- Le safran ne peut être livré au commerce qu’après avoir été desséché. Les procédés de dessiccation varient avec les exploitations et avec les régions. Dans le Midi, on expose quelquefois les produits au soleil tandis «pu* dans le Gàtinais, on a recours à la chaleur artificielle. Un procédé assez couramment adopté, e*t celui qui consiste à charger un petit tamis de crin de 4(10 à 500 grammes de stigmates, et à l'exposer pendant quelques minutes au-dessus d’un feu de hois ou de charbon. L’opération est délicate et demande une certaine habitude; si elle était un peu prolongée, elle entraînerait la décoloration des produits. Les livraisons se font en sacs, en caisses, en petits barils ou en boîtes de fer-blanc.
- Pendant la végétation, le safran a malheureuse-
- ment à subir les attaques d'un grand nombre de parasites animaux et végétaux. Parmi les premiers on peut citer : les rats et les mulots qui s’attaquent aux bulbes, les lièvres et les lapins qui rongent les feuilles, alors qu’elles commencent à poindre.
- Les deux affections de beaucoup les plus redoutables sont le façon et la mort. Le tacon ou carie du tubercule, semble provenir d’une plaie; par des précautions et une sélection attentive au moment de la plantation, il serait donc possible de limiter considérablement son extension. Quant à la mort, elle est due à un champignon parasitaire (le Rhizoctonia vio-lacea) qui, de tout temps, a été la terreur des cultivateurs du Loiret. A la fin du siècle dernier, Duhamel de Monceau prescrivait déjà des mesures énergiques pour la combattre. Les bulbes atteints sont garnis extérieurement d’un feutrage violacé très serré formé par un mycélium filamenteux. En même temps, la partie solide intérieure devient molle, gluante, et ne
- tarde pas à entrer en décomposition. Jusqu'alors, les cultivateurs en sont réduits à former des ceintures de protection en creusant autour des parties atteintes des fossés assez profonds pour enrayer la marche du parasite et limiter ses actions à une certaine surface. On signale bien depuis peu une méthode de traitement due à M. Millet, propriétaire à Juranville, mais elle n'a pas encore été appliquée suffisamment en grand pour être préconiséè sans réserves. Il suffirait, paraît-il, de faire dissoudre du sulfate de fer dans un lait de chaux et de plonger, dans ce liquide préservateur convenablement titré, les bulbes qui doivent servir à la plantation.
- Les cultures de safran pourraient recevoir quelques modifications avantageuses.
- D’après MM. Chapellier et Aneeau on aurait intérêt à substituer la culture biennale à la culture triennale ; on obtiendrait des oignons et des caïeux beaux et vigoureux, plus résistants aux maladies,
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- et susceptibles de donner, l’année même de Loir plantation, des récoltes [dus assurées et plus certaines. Au moment de la création de la safranière il faudrait aussi, pour garantir davantage la plante contre les froids de l'hiver, forcer un peu la profondeur d’enfouissement des bulbes, et les enterrer environ à 0m,l8 ou à 0m/20.
- 11 est à souhaiter ijue des améliorations sérieuses et des [tris de vente [tins rémunérateurs, viennent enrayer la décroissance d'une culture intéressante, <|ni menace de ne plus subsister bientôt dans le Gàti-nais qu'à Létal de souvenir. Albert Yilcoq,
- Professeur tl'a^riculture à Monlarjfis ( Loiret)
- LES MALADIES DU DÉTAIL
- A MADAGASCAR
- Parmi 1rs maladies assez nombreuses, et souvent encore peu définies au point de vue scientifique, qui frappent le bétail à Madagascar, M. Lharon en a récemment signalé quelques-unes assez curieuses.
- Tel est le moafo, qui sévit à la saison des pluies et frappe les volailles à la même époque, mais sous un autre nom. C'est une affection de la rate et du foie, dont la contagion est extrêmement active ; elle ne se manifeste pas régulièrement tous les ans, mais semble plutôt revenir périodiquement toutes les deux années. La rate est spécialement volumineuse chez les animaux atteints, elle est gorgée de sang noir. On ne signale pas de transmission à l'homme, mais les Malgaches ne consomment point les viandes des animaux mourant du moafo. Dans quelques villages, on empêche les troupeaux de paître là où le moafo a sévi les années précédentes.
- Le Ixilrorio correspond, pour les indigènes, à la lèpre du bœuf : c’est une maladie éruptive dans laquelle des pustules envahissent la bouche, les mamelles, la peau, ainsi que les onglons, qui se détachent quelquefois. Quand la maladie est bénigne, on racle la peau de la bêle, on la lave, et on la frictionne avec de la graisse de porc chaude dans laquelle on a mis du tabac. Quand le bœuf meurt, on en consomme la viande, mais après en avoir flambé la peau comme on le fait couramment pour les porcs.
- Le bœuf qu’on dit romotra est tout simplement atteint de rage ; le cas se présente assez fréquemment, par suite du grand nombre de chiens à demi sauvages qui errent utour des habitations.
- 11 v a aussi le tomboka, qui se traduit par le refus de nourriture, le gonflement du fanon, des beuglements d’augoisse; pour traiter cette maladie, on fait bouillir ensemble du piment, des feuilles de citrouille et une plante qu’on nomme raiiomoahary, et on ingurgite le liquide à la bête, tandis qu’on fait des frictions chaudes ou qu’on applique des linges enflammés sur le fanon. Si le bœuf vient à mourir, ce qui arrive souvent en 2 ou 5 jours, on n’en mange pas la viande.
- On pourrait signaler également dans le même ordre d’idées le tsiboboka, qui serait du à l’ingestion d’œufs ou de têtards de grenouilles : ce mal étrange se manifeste par des coliques et une salivation abondante, et on le soigne avec une macération de tabac qu’on fait avaler à la bête. Parmi les maladies mystérieuses, il faudrait citer enfin le tsinqala : le bétail avalerait une espèce de scorpion d’eau, ce qui lui causerait de violents troubles intestinaux.
- Quoiqu’il soit difficile de croire «à l’histoire du scorpion, il n’en est pas moins vrai que ce mot de tsingala désigne une maladie bien réelle, qui est le plus liabiluelle-ment foudroyante.
- On le voit, le bétail est durement éprouvé en pays malgache; mais il ne semble pas que jusqu’à présent il s’y soit produit le moindre cas de tuberculose. D. L.
- L’INDUSTRIE DES ALLUMETTES
- AU -JAPON
- La fabrication des allumettes a pris au Japon une importance véritablement extraordinaire : pendant l’année I89fi, l’exportation en a été de 17 979 849 grosses de boîtes; et comme chaque boîte contient environ fit) allumettes, cela fait quelque chose comme 155 milliards 540 millions d’allumettes qui sont sorties des poids japonais et principalement de Kobé.
- L’est que précisément le district de Kobé est un des principaux centres de cette fabrication : dans le cours d’une seule année, il a produit plus de 10 millions de grosses, la part du district d’Osaka étant de 5 millions. Dans le premier district, il doit y avoir plus de 4fi fabriques, employant régulièrement quelque 15 000 ouvriers, dont les deux tiers du sexe féminin, et cela sans parler des milliers d’enfants de moins de dix ans qui gagnent quelques centimes par jour à garnir les cadres d’allumettes, et de la foule de femmes qui travaillent à domicile à confectionner les boites.
- La majeure partie des allumettes ainsi fabriquées sont du genre dit « de sûreté », ou suédoises. Le qui est vraiment extraordinaire à noter, c’est Je bon marché4 fantastique auquel le fabricant japonais arrive à produire des allumettes, qui sont pourtant, de bonne qualité.
- En 1895, une caisse pour l’exportation s’es! vendue en movenne 15 i/ens, ce qui fait 59 francs, même en prenant. le cours un peu élevé de 2rr,fï0 pour le yen ; or cette caisse contient 000 douzaines do boîtes, et cela met la boîte à un peu moins de fi millimes la pièce.
- Pour les curieux, nous ajouterons ci-après le détail des frais de fabrication.
- Il faut d’abord le bois, ce qu’on appelle les picots ; on en compte environ 540 paquets de 1400 chacun, et le coût en est de 2,75 vens, une fois qu’ils sont débités en petits bois. On emploie à peu près pour 5,80 yens de produits chimiques ; la fabrication des boîtes revient, à 2,75, celle des étiquettes des bois, à 0,27 vous. Lue fois les allumettes mises en boîtes, on doit procéder à leur emballage pour l’expédition, et ce n’est pas ce qui coûte le moins : 0,80 yen pour le papier d’emballage et la colle, 1,20 pour les feuilles de zinc, 0,70 pour la caisse, et enfin 1,05 yen de main-d’œuvre. P. de M.
- EN NOUVEL ELEMENT
- LU (( POLONIUM ))
- On se rappelle le travail très intéressant deM. II. Becquerel sur les rayons qu’émettent l’uranium métallique et les différents composés contenant l’uranium ; ces rayons ont certaines propriétés des rayons X : ils impressionnent la plaque photographique, traversent certains corps complètement opaques à la lumière ordinaire, et enfin rendent Pair qu’ils traversent conducteur de l’électricité et
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- déchargent ainsi les corps électrisés. M. Schmidt1 et M'ne Sklodowska (airie2, indépendamment, ont repris dernièrement l’étude de ces rayons et ont déterminé la conductibilité de l’air soumis à l’influence de différents corps. Les résultats montrent que l’uranium n’est pas seul à jouir de la propriété signalée par M. Becquerel, mais qu’il la partage avec le thorium et ses composés. Dans cette étude, M1"6 Curie observa que deux minerais d’uranium, le pechblende (oxyde d’urane et la chalcolite (phosphate de cuivre et d’uranyle) sont plus actifs que l’uranium lui-même. Ce fait très curieux donnait à penser que ces minéraux pouvaient contenir un corps nouveau doué, à un haut degré, de la propriété d’émettre les ravons Becquerel.
- Dans une récente note3, M. et Mme Curie viennent de justifier cette hypothèse, en isolant de la pechblende par des moyens purement chimiques, un nouveau corps 400 fois plus actif que l’uranium.
- La recherche chimique, dans un minerai, d’un corps dont on ignore les propriétés, qui s’y trouve en faible quantité et dont on soupçonne seulement l’existence est toujours excessivement difficile et l’on conçoit aisément que malgré les nombreuses analyses faites des pechblendes de toutes provenances, on n’ait jamais décelé la présence de ce nouvel élément.
- Guidés uniquement par la propriété très caractéristique de ce corps d’émettre en quantité considérable les rayons Becquerel, M. et M“e Curie suivaient chaque phase du traitement chimique par la mesure électrique de l’activité des différents produits obtenus dans le cours du traitement. Ils sont parvenus ainsi à écarter peu à peu les différents éléments peu actifs de la pechblende pour arriver finalement aune minime quantité d’un métal à l’état de sulfure, qu’ils ont nommé le polonium.
- D’après ses propriétés analytiques, le polonium se rapprocherait du bismuth, avec lequel il possède entre autres celle de donner des sels qui précipitent par l’eau.
- Il semble donc démontré qu’on a là un nouvel élément à ajouter à la liste des corps simples, de jour en jour plus longue, mais probablement bien incomplète encore. Paul Bary.
- L’HOTEL DES MONNAIES DE PARIS
- Quand on passe sur le quai Conti devant le monument élégant construit par l’architecte Antoine sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI, et lors meme qu’on entre sous les voûtes du grand vestibule, où l’on « n’entend que le silence », suivant l’expression devenue célèbre, on ne s’imagine point qu’on pénètre dans une usine qui fabrique pour des millions et des dizaines de millions de produits. C’est pourtant bien le cas, car la Monnaie de Paris présente une activité dévorante depuis qu’on a eu l’heureuse inspiration de mettre à la tête de cette entreprise d’Etat, l’homme qui était désigné pour cela par sa science profonde de toutes les questions monétaires, notre éminent confrère M. A. de Fo-ville.
- Il faut dire que, jusqu’à ces derniers temps, si
- 1 Comptes rendus de l’Académie des sciences, 2 mai 1898.
- 2 Comptes rendus de l’Acad, des sciences, 12 avril 1898.
- 3 Comptes rendus de l'Acad, des sciences, 18 juillet 1898.
- l’outillage de notre llotel des Monnaies permettait de frapper d’excellentes pièces et de magnifiques médailles1, néanmoins l’organisation générale laissait fort à désirer. On en était pour ainsi dire resté, à ce point de vue, à l’installation même faite par Antoine, et que l’on peut suivre facilement sur le vieux plan que nous reproduisons d’après l’original2 de l’architecte. A cette époque, et comme le fait remarquer M. de Foville, on n’employait que des moteurs animés et des procédés mécaniques un peu primitifs.
- En 1840, la Monnaie de Paris, exploitée par un entrepreneur, comme les Monnaies provinciales de Rouen, Marseille, Lille, Lyon, Strasbourg et Ror-deaux, se trouvait encore à peu près dans le même état. C’est à peine si, vers 1848, on adopta les presses Thonnelier et des moteurs à vapeur : ceux-ci ne consommaient pas moins de 5 kilogrammes de charbon par cheval-heure. Quand, en 188(1, la dernière monnaie de province, celle de Bordeaux, disparut, que le monnayage fut centralisé à Paris et qu’il se fit en régie, on reconstruisit certains ateliers, on adopta deux machines Farcot qui ne consommaient plus qu’un kilogramme de charbon; mais les fonds manquaient, d’autant que la période des grandes émissions était passée, que les commandes se faisaient rares. C’est à grand’peine qu’en 189o on avait pu installer un service d’incendie qui n’existait pas du tout auparavant.
- Cependant la fabrication commençait peu à peu à se réveiller : si l’on en représente l’intensité, de 1880 à 1890, par la cote 51, le chiffre correspondant, pour 1894, était 70; et le Directeur actuel pressentant, grâce à sa connaissance parfaite des laits économiques et monétaires, que la Monnaie de Paris allait avoir à faire face à des demandes de plus en plus nombreuses, sollicitait un crédit de 550000 francs pour mettre la Monnaie à même d’accroître ses moyens d’action ; sur ses propres ressources, l’Administration avait déjà fait installer un petit chemin de fer à voie étroite desservant caisse, cours, ateliers, et un réseau téléphonique intérieur. Grâce au modeste crédit de 550000 francs, et surtout aux bénéfices d’une fabrication intense qui, pendant 1897, peut être représentée par la cote énorme de 555, une vraie réorganisation de la Monnaie a pu être menée à bien.
- Le seco'nd plan que nous reproduisons rend bien manifeste cette transformation et l’extension qu’ont prise les ateliers. C’est ainsi qu’on a reconstruit, à la place de ruines, un atelier spécial pour la frappe des médailles, grand hall vitré, propre, clair et sain, où l’on a replacé les 15 anciens balanciers remis à neuf; on y a ajouté un grand balancier sortant de la maison Pinchart-Deny, puis un grand découpoir à vapeur taillant des tlans qui ont jusqu’à 90 millimètres de diamètre et 8 d’épaisseur, enfin une « ma-
- 1 Voy. n° 1239, du 27 février 1897, p. 200.
- * Il a été publié par le Bulletin de la Société des Amis des monuments parisiens.
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- chine à sabler », pour adoucir la patine des médailles. On a très heureusement modifié l'installation de force motrice : un quatrième géné-rateur est venu compléter les trois qui existaient déjà, on a déplacé et exhaussé la cheminée, établi une troisième machine à vapeur de 75 chevaux, réparé une petite machine d'un modèle ancien, creusé un second puits pour l’alimentation d’eau des chaudières.
- On a créé deux ateliers nouveaux pour la fonte, le laminage, le découpage et la préparation des flans; ces ateliers possèdent tout un outillage neuf : 0 laminoirs, dont deux à cylindres de 40 centimètres de diamètre, f> déeoupoirs, 8 bancs à étirer, 5 -machines à cordonner, 2 cisailles, 4 fourneaux à fondre avec pont roulant, 2 fours à recuire, etc. Au lieu des 20 presses mécaniques qui formaient l’outillage du monnayage en 1880, il en existe maintenant 55, dont 10 grandes Thonnelier donnant 55 pièces à la minute, 12 moyennes du même système qui peuvent fournir 62 piè-
- Fig. J. —. Etat ancien d'après le plan d’Antoine, architecte de l’Hôtel des Monnaies.
- ÉchelL
- Mètres
- Cour
- Cour
- Cour
- d’honneur
- M t C o n t i
- Méridienne
- C O N T I
- Fig 2. — Plan actuel de 1 "Hôtel des Monnaies.
- ces, 6 petites qui en produisent jusqu’à 77, etc.
- La Monnaie dispose actuellement d’une trentaine de balances automatiques, au lieu des 7 quelle comptait en 1805; en même temps, on s’est elforcé de réduire les risques d'accidents, d’améliorer les conditions hygiéniques des ateliers. Les procédés d’analyse des alliages monétaires ont pu être heureusement modifiés et sont devenus beaucoup plus exacts et [dus rigoureux ; un petit moteur à gaz a été installé dans le laboratoire [tour agiter les essais et fournir la soufflerie à un chalumeau à
- Mais on n’a pas oublié non [dus qu’il fallait conserver dans son intégrité le monument de l’architecte Antoine, qui compte parmi les plus belles constructions de l’époque; des réparations d’ordre purement artistique se sont imposées : les statues du pavillon de la rue Guénégaud, la Terre et le Feu de Itupré, l'Air et YEau de Caftieri, ont été remises en état ; au fond de l’impasse Conti, on a dégagé la petite façade assez élégante de l’Hôtel de Laverdy.
- Nous avons dit tout à l’heure que la
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- L A N A T nu;.
- plus grande pariit' do ces dépenses avait pu être faite grâce à l'énorme progrès de la fabrication monétaire
- pendant ces dernières années. On peut se convaincre de l’importance de ce progrès en consultant un tableau
- Fig. 3. — Vue (l’ensemble île l'Hôtel des Monnaies.
- donné par M. de Foville dans son remarquable rapport : ce tableau remonte à 1880, précisément à l'époque où la Monnaie fut mise eu régie. A ce moment on fabriquait , et unique-ment pour la France, 2 millions 1/2 de piè-
- ces,pesant 20000 kilogrammes et représentant une valeur de 200000 francsseulement.
- Il est vrai que dès 1882, on arrive à frapper près de 40 millions de pièces, dont plus de 54 millions pour l'étranger, pesant 295 000 kilogrammes et valant 17 i
- niers exercices les chiffres analogues sont formidables. En 1890, la frappe porte sur 02 millions 1/2 de pièces d’une valeur d’à peu près 240 millions,
- Fig. i. — Porte d’entrée principale de l’Hôtel des Monnaies.
- francs. Mais pour les deux der-
- d’un poids de 709 800 kilogrammes; en 18971, les données correspondantes sont, de 112 000000 pièces,
- 5 42 millions 900000 francs et 97 4200 kilogrammes.
- Dans cet ensemble, une grande partie a é t é m o n n a y é e pour les pays étrangers: à notre clientèle, qui avait compris principalement jusqu’alors la Principauté de Monaco, Haïti, le Maroc, la Grèce, etc., sont venues s’ajouter l’Ethiopie et la Russie. Pendant 1890,la Russie a fait fabriquer pour 50 millions 1/2 de francs de monnaies, sous la forme de pièces en argent d’un
- 1 Chiffres un peu hypothétiques obtenus en doublant la production du premier semestre.
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- LÀ NATURE.
- rouble, de 50 kopecks et de 25 kopecks; durant la première moitié de 1807 (nous n'avons pas les chiffres totaux), la Monnaie de Paris a fabriqué pour le même pays plus de 21 millions de pièces de 50 kopecks, représentant une valeur de pins de 48 millions, et pour 2 755 000 francs de pièces d'argent et de enivre destinées à l’Ethiopie. On ne peut évidemment que se féliciter à tous les points de vue de ces commandes étrangères : elles prouvent en quelle grande estime est tenue notre Monnaie, estime que. l'on comprend bien quand on voit que la perfection du travail monétaire dépasse de beaucoup les exigences légales. Alors que le poids droit d’une pièce de 20 francs est 6&r,45lGI, la plus lourde des pièces neuves pesées par la commission de contrôle ne pesait que Ci»", 450, et la plus légère Gf?r,440 ; l'écart sur le titre n’excède jamais 0,0004.
- Dans un prochain article, nous examinerons les monnaies et les médailles frappées ces temps derniers, afin de montrer qu'au point de vue artistique les résultats sont aussi remarquables qu’au point de vue monétaire proprement dit. Damei. IIiaut.
- LA LIQUÉFACTION INDUSTRIELLE DES GAZ
- Les progrès considérables réalisés depuis quelques années par la liquéfaction des gaz laissent entrevoir l'époque prochaine où l’oxygène et l’hydrogène liquides seront dans le commerce, comme l’acide carbonique, le chlore et l’oxygène sous pression s’v trouvent aujourd’hui.
- Le transport à grande distance de l’oxygène et de l’bvdrogène liquéfiés restera toujours difficile, à cause de l’évaporation nécessaire à l’entretien de l’état liquide et l’hvdrogène pouvant fournir ainsi matière à des mélanges détonants. Le danger n’existe pas pour l’oxygène et l’air liquides, et le déchet que nous signalons ne peut qu’imposer des conditions spéciales de fabrication, de transport et de vente adéquates aux propriétés des nouveaux produits.
- L’air liquide, très riche en oxygène, vaut déjà moins de 2 francs le litre : son prix baissera lorsque des installations importantes pemettront sa fabrication sur une grande échelle, et déjà l’on entrevoit des procédés — encore du domaine de la spéculation, hâtons-nous de le dire, — qui réduiraient dans une large mesure la principale cause de dépense, la force motrice. On pourra s’en rendre compte en se reportant à ce que nous avons publié précédemment ici même sur l’appareil de M. Linde.
- Le principe fondamental sur lequel repose l’appareil de M. Linde est le refroidissement par travail intérieur de l’air se détendant, et dù à ce que l’air n’est pas un gaz parfait. En y joignant le principe de l’accumulation du refroidissement et la réduction du travail de compression par la détente à haute pression, on est parvenu à produire I kilogramme d’air liquide en dépensant un travail mécanique un peu inférieur à 5 chevaux-heure, soit 800 000 kilogrammètres ou 2,2 kiloxvatts-heure.
- Ce chiffre, déjà si bas, ne peut-il être encore réduit, ce qui ferait de l’air liquide industriel un produit à bas prix, et, par conséquent, appelé à d’innombrables applications? La réponse à cette question est affirmative, et la voie nouvelle dans laquelle il convient d’entrer est indiquée par une courte et suggestive lettre qu’adresse lord Rayleigh, le célèbre physicien anglais, à notre con-
- frère anglais Nature. En voici la traduction littérale :
- « La liquéfaction de l’air en une seule opération par « Linde et Ilampson est un grand fait scientifique et un « triomphe du principe de la régénération. Mais il ne « faut pas perdre de vue que le procédé permettant à « l’air de se détendre sans produire de travail, ou tout « au moins do permettre au travail de détente de se pro-« duire au point où l’on veut obtenir le plus grand refroi-« dissement, est un mauvais procédé thermodynamique.
- « Le travail de détente devrait être dissipé non pas à « l’intérieur, mais conduit à l’extérieur.
- « Je sais que les tentatives faites pour détendre l’air « derrière un piston dans un cylindre ont rencontré des « difficultés pratiques résultant des basses températures, (( mais une turbine appropriée pourrait accomplir ce travail.
- « Cette turbine occuperait peu de place, et même, si (( son rendement, était mauvais, elle permettrait néan-(( moins de verser au dehors une fraction importante du « travail de détente. La plus mauvaise turbine vaudrait « encore mieux que pas de turbine du tout, car elle « permettrait probablement de réduire la pression.
- « Il faut bien comprendre, en effet, que le but n’est (( pas d'économiser le travail, mais bien d’obvier à (( réchauffement très préjudiciable résultant de la dissi-« pation de ce travail dans les parties les plus froides « de l’appareil. Il me semble (pie l’avenir nous apportera (( de grands développements dans cette direction, et qu’il « sera même possible de liquéfier l’hydrogène en une (( seule opération. ))
- .Nous enregistrons avec plaisir ces paroles prophétiques de lord Rayleigh, en exprimant l’espoir que la pratique sanctionne, bientôt ses considérations théoriques. 11 s’agit, en somme, de substituer au travail intérieur de la détente un travail extérieur qui verserait une partie de la chaleur totale du système en dehors de la partie à refroidir : rien ne paraît plus rationnel en principe, mais l’invention d’une turbine adaptée à cette application spéciale n’ira pas sans difficulté. Ainsi, la turbine de Laval serait tout à fait impropre à résoudre le problème, car cette machine n’utilise et ne, transforme en travail que la puissance vive ou énergie cinétique du gaz lancé à grande vitesse par une détente préalable, le travail s’accomplissant sur la turbine sans aucun gain ni perte de chaleur.
- L’avenir nous fera connaître la valeur de cette objection et suscitera probablement l’invention de systèmes qui la réduiront à néant. L’est notre vœu le plus ardent en faveur de l’industrie des gaz liquéfiés, dont le siècle prochain tirera un si grand parti. E. IL
- PHOTOGRAPHIE DES COULEURS
- Sans revenir sur les principes de la reproduction indirecte des couleurs par la photographie, dont il a été tant de fois question ici, nous rappellerons les deux points suivants ;
- 1° L’emploi de plaques sensibles orthochromatiques et l’interposition d’écrans colorés appropriés permet d’obtenir d’un même objet trois clichés distincts, impressionnés l’un par les radiations jaunes, le second par les radiations bleues, le troisième par les rouges;
- 2° Les trois négatifs, ainsi obtenus, permettent de tirer trois positifs jaune, bleu et rouge, qui, s’ils sont transparents, donnent par superposition la synthèse des couleurs dont les clichés avaient fait l’analyse.
- Pour la première opération, il y a peu de choses à dire : l’orthochromatisme est presque entré dans la photographie courante et l’on trouve dans le commerce des
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- plaques spécialement sensibilisées pour les radiations jaune, rouge et bleue ; l’incorporation au gélatino-bromure de 0*r,25 de cyanure ou d’aurine, de lu grammes de teinture violette à 4/1000 suffit à obtenir ce résultat. Un écran jaune pour les radiations bleues, bleu ou violet pour les radiations jaunes, vert pour les radiations rouges rend l’analyse des couleurs fondamentales plus complète et l’emploi de l’écran bleu ou violet est toujours indispensable. La durée de pose est une question d’expérience : mais le développement doit se faire dans le même bain, pour que les trois clichés soient d’égales valeurs. Le tirage et la superposition des épreuves transparentes constituent en somme la réelle difficulté, et c’est par là que se différencient les divers procédés.
- M. Maurice Lévy a présenté à l’Académie, récemment1, de belles épreuves de M. Dugardin, que l’on peut obtenir avec un peu d’expérience.
- Voici en quelques mots la façon dont procède M. Dugardin. On dissout dans un litre d’eau 100 grammes de gélatine, que l’on additionne de 1 ou 2 grammes de carmin : le mélange encore chaud est appliqué sur une feuille de papier que l’on avait au préalable mouillée et étendue sur une glace plane : on prépare de même une plaque jaune (jaune de chrome 1 ou 2 grammes) et une plaque bleue (indigo 1 ou 2 grammes). On sensibilise les trois plaques dans un bain de bichromate de potasse et, après exposition sous leur cliché respectif, on développe les trois épreuves à l’eau chaude : c’est ce que l’on a appelé en somme le procédé au charbon.
- La plaque jaune est placée dans l’eau chaude, face en dessus, et on lui superpose un papier fort, dit de transfert, qui y adhère : après séchage, la lame de gélatine jaune se trouve transportée sur le papier ; on la replonge dans l’eau chaude, en même temps qu’on immerge dans un bain, chauffé au bain-marie et contenant 200 grammes de gélatine et 100 grammes de gomme arabique par litre d’eau, la plaque bleue. Celle-ci, face en dessous, est placée sur l’épreuve jaune et les deux surfaces gélatineuses étant glissantes, le repérage se fait avec la plus grande facilité. Après séchage la lame de gélatine bleue se trouve reportée sur la jaune. On refait la même opération pour le transfert de la lame rouge et l’épreuve se trouve ainsi terminée. F. de Launay.
- LE SUIT CHEZ LE CHIEN
- Incidemment, au cours d'un récent article, j’ai cité parmi les meilleurs et les plus habiles sauteurs, nos amis les chiens. Qui n’a vu, en effet, dans les cirques , aussi bien à Paris qu’en province et surtout à l’étranger, soit des grands lévriers, soit même de ces danois aux formes plus pesantes, sauter de hautes barrières sans le moindre effort. Ces sauts sont-ils naturels? Oui, mais il faut qu’un exercice constant vienne entretenir l’élasticité des muscles.
- Comme exemple de saut, naturel chez le chien, l’exemple le plus curieux certainement m’est fourni par le terre-neuve. A voir ce chien, si doux et en même temps si puissant, on ne pourrait guère croire que c’est un sauteur aussi audacieux. Un lecteur de ce journal me fait parvenir une photographie instantanée, que nous reproduisons (fig. 1), d’un terre-neuve sauveteur se lançant dans le port de Saint-Malo
- du haut du quai, soit d’une hauteur de près de 10m,r>0 plus la profondeur de l'eau, soit 12 mètres, nécessaire pour les 45 kg que pèse l’animal. Cette bête, (pii porte le nom bien maritime de Triton, est née en août 1804, d’un père et d’une mère directement importés de l’île de Terre-Neuve ; ce n'est qu’à l’àge de près d’un an, en mai 1895, qu’il a été habitué à la mer; comme dressage, on a commencé à le conduire sur la grève ; là il s’est joué dans l’eau de plain-pied, avec ses parents qui l'entraînaient peu à peu au loin. Dressé au rapport complet, c'est-à-dire, rapportant entre les mains de ses maîtres les objets qu’on lui lançait à l’eau, Triton fut ensuite mené aux bassins de radoub, dont les quais sont élevés de deux à trois mètres au-dessus de l’eau, puis à l’avant-port, en augmentant progressivement, suivant la marée, la distance du quai à la mer, pour arriver finalement à celte hauteur phénoménale de 10m,50. Voilà,certes, un saut (pii laisse loin derrière lui le saut déjà très joli qu'accomplissent, au Nouveau-Cirque, les chevaux sauteurs et plongeurs. Mais Triton n’est pas un animal de cirque, c’est un sauveteur de premier ordre, et certainement si les postes de secours établis le long des grands fleuves et dans nos ports, possédaient tous un chien semblable, bien des noyades seraient évitées.
- . Si Triton a été dressé à sauter dans la mer à une grande hauteur, c’est que ses maîtres ont pensé très justement qu’en cas de noyades, un secours n’est efficace qu'autant qu’il est rapide; ils ont voulu (pie, le cas échéant, le chien n’eût pas à reculer devant une hauteur possible et perdît son temps à aller au loin chercher une descente facile pour revenir sur le lieu du sinistre, tandis que se précipitant à la suite du noyé, si c’est un enfant, le chien le ramènera et le remontera très vite ; si c’est une grande personne et qu'elle paralyse les mouvements de la bête par son étreinte, celle-ci, malgré la lutte, se soutiendra assez longtemps sur l'eau pour permettre à une barque de venir à son secours. Le dressage du terre-neuve se fait très simplement au moyen d’un mannequin.
- Les sauts accomplis par Triton sont, pourrait-on dire, des sauts utiles ; les sauts inutiles étant ceux exécutés par les chiens dits savants dans les cirques. Il y a peu de temps, au Nouveau-Cirque, ou pouvait admirer toute une meute de chiens sautant à des hauteurs assez grandes avec ou sans tremplin ; mais ce sont des sauts faciles à obtenir quand on a mis la main sur un sujet,.
- J’ai eu l’occasion de m’occuper, il y a quelque temps, de la question du dressage des animaux savants au point de vue surtout des méthodes employées par les dresseurs, étonné que j’étais d’avoir lu dans divers journaux qu’il fallait employer le carcan, le collier de force, la longe et la baguette. C’est peut-être le procédé allemand ou italien ; mais, aussi bien en Angleterre qu’en Amérique ou en France, les dresseurs que j’ai pu interroger et suivre, même aux répétitions, n’arrivent à
- 1 Voy. n° 4308, du 25 juin 4898, p. 65.
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- do bons résultats que par la douceur, la patience -la patience surtout — et les caresses. Prenons, par exemple, le saut périlleux : voici le dressage suivant la méthode anglaise, celle qu'emploient M. Marwell et ses élèves. Au jiied d’un mur le dresseur place un matelas épais, puis prenant une halle de caoutchouc, il la lance contre le mur de lias en haut, comme pour faire des ricochets, il fait sauter le chien après la halle. Quand elle est arrêtée par le mur, la halle monte dans une direction verticale, et le chien, lancé après elle, suit le mouvement. Au moment où la halle, son mouvement ascensionnel terminé, décrit une eourhe en arrière et retombe, le chien, pour la rattraper, se renverse; il tombe d’abord sur le dos, on lui fait recommencer ce manège plusieurs lois.
- Puis le dresseur saisit le moment où le chien occupe une position à
- Fig. 1. — Triton, terre-neuve sauveteur sautant dans la nier d’une hauteur de K)"1,50.
- fait achever le mouvement commencé naturellement.
- Voyez qu'il n'est besoin ni de carcan, ni de collier de force, ni de longe, ni de baguette; peut-être
- bien que par les coups on arriverait au résultat ; mais la bête dressée n’aurait, ni légèreté, ni grâce, et on s'apercevrait facilement que son travail n’est fait qu’en rechignant.
- Faire sauter un chien à la corde est chose plus facile quand on a un chien qui saute naturellement au-dessus d’une canne ou du bras étendu : présentez- lui le coude comme obstacle en le plaçant très ras de terre, saisissez le chien par son collier, il saute, maintenez-le en place, recommencez plusieurs fois, petit à petit, amenez-le à sauter la corde traînant à terre, puis posez la corde en arrière, au bout d’un certain nombre de leçons, il sautera sans le
- peu près horizontale, par rapport au matelas; alors, avec la main, il lui imprime un léger mouvement de rotation; au bout de trois ou quatre mois d’études journalières, moins, pour certains sujets, il retombe absoln ment sur ses pattes : le saut périlleux est obtenu.
- Pour le saut en avant, au lieu de lancer la balle de bas en haut, on la lance de haut en bas, et, au moment où le chien va piquer une tête, on le fait tourner sur lui-même en lui saisissant les pattes de derrière.
- La méthode française, celle employée par le professeur Richard, le champion de nos dresseurs, diffère peu; ce n’est pas
- d’une halle dont il se sert, mais d’un morceau de sucre. Il tient du sucre dans la main, fait, sauter le chien après et renverse la main, le chien suit le mouvement, tourne instinctivement sur lui-même, le dresseur l’empoigne par le corps et lui
- Fia
- secours de la main. Ce premier résultat obtenu, vous commencez à lui tourner la corde très lentement au
- moment où elle lui rase les pieds, il sautera. Je ne dis pas qu’on arrive à la perfection très rapidement, mais on y arrive en somme assez vite.
- De même, pour faire jouerdeux chiens à saut de mouton : parmi la troupe de chiens dressés que présentait à la saison dernière le Nouveau-Cirque, il y avait deux sujets exceptionnels dans ce genre d’exercice, nous en donnons une photographie instantanée. Mais il faut bien retenir ceci: tous les chiens ne sont pas susceptibles de devenir de brillants sauteurs ; quand on a trouvé un sujet présentant certaines qualités, il faut de la patience, beaucoup de patience et en même temps de la douceur, voilà tout le secret. Dxri, Mégîun.
- Chiens sauteurs du Nouveau-Cirque.
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- ilïomoriles légères
- Entre le tricycle automobile puissant et léger, mais inconfortable, et la lourde voilure capable de résister aux routes les plus accidentées, et d’atteindre des vitesses qu’une réglementation sévère, prévue depuis longtemps, rendra bientôt inutiles, il y a place, à notre avis, pour des véhicules intermédiaires, et nous avons constaté avec plaisir, à l'Exposition d’automobiles organisée en juin dernier dans le jardin des Tuileries par l’Automobile-Club de France, 411e nos constructeurs commençaient à s’en préoccuper sérieusement. Un tricycle transformé en quadricycle et pouvant recevoir une seconde personne coûte environ 2200 francs; une voiture automobile pour trois personnes coûte de 6000 à 8000 francs et pèse entre 600 et 800 kilogrammes.
- Dans le tricycle transformé, il y a toujours une personne sacrifiée , le conducteur de la voiture, et les deux voyageurs sont toujours en tandem, position peu compatible avec les exigences d’une promena de, car les voyageurs ne peuvent que difficilement se communiquer leurs impressions. D’autre part, si l’on excepte quelques fanatiques de la vitesse et des randonnées de 500 kilomètres par jour, il semble bien inutile de s’encombrer d’un véritable monument roulant, d’un prix presque prohibitif, pour faire des excursions de 100 à 150 kilomètres, distance supérieure aux appétits du plus grand nombre des touristes qui ne cherchent pas la réputation de bouffeurs (sic) de kilomètres.
- Pour fixer les idées, nous dirons que la voiture de promenade pour deux ou trois personnes, pouvant parcourir 150 kilomètres dans sa journée, et 11e dépassant, dans aucun cas, une vitesse de 50 kilomètres par heure, peut être ^établie pour un prix compris entre 5000 et 5000 francs suivant le luxe de la carrosserie sous un poids ne dépassant pas 500 kilogrammes. Ce poids est à considérer lorsque l’on veut expédier une automobile en chemin de fer, ou lorsque le véhicule engagé dans une impasse doit être retourné sur place en soulevant l’avant.
- L’Exposition d’automobiles du jardin des Tuileries renfermait une douzaine de types d’automobiles légères satisfaisant plus ou moins complètement à ces conditions générales. Ne pouvant les décrire tous,
- nous avons choisi comme exemple la voiturelle Decau-ville que représente la figure ci-dessous. Elle est caractérisée par une construction analogue à celle des bicyclettes : roues en acier à rayons tangents, pneumatiques, roues égales de 70 centimètres de diamètre, cadre en tube d’acier. Le moteur à essence de pétrole est à deux cylindres dont les pistons actionnent deux manivelles calées à 180°. Le refroidissement du cylindre est par ailettes; l’allumage est électrique. Le dispositif le plus intéressant et le [dus original de cette voiture est le volant de mise en marche <[ue l’on voit sur la droite, et qui.permet de lancer le moteur en restant sur le siège du véhicule.
- La transmission du mouvement aux roues s'obtient par deux [lignons d’angle : un changement de vitesse mécanique permet de faire varier l’allure du véhicule entre 8 et 50 kilomètres à l’heure.
- La direction agit sur la roue d’avant, montée à
- pivot à l'aide d’un guidon droit sur lequel sont montés la trompe d’avertissement et l’interrupteur de l’allumage électrique. L’encombrement est de 2m,50en longueur et lm,24 en largeur entre moyeux ; le poids à vide est de 220 kilogrammes.
- Pour répondre à la question d’endurance que l’on peut se poser 1 au sujet de voiturettes aussi légères, nous dirons qu’une de ces voiturelles a pris part à la course Paris-Àmslerdam-Paris, en juillet dernier, et a fait tout le parcours dans la catégorie d’amateurs sans aucun incident, à la vitesse moyenne de marche, déjà très élevée de 28,6 kilomètres par heure, mais certainement faible si on la compare à celle du vainqueur, M. Charron, dont la vitesse moyenne a atteint 44,7 kilomètres par heure, ce qui laisse entendre que la vitesse réelle a certainement dépassé 60 kilomètres par heure à certains instants.
- On conçoit que les voitures capables d’atteindre et de soutenir de semblables vitesses aient besoin d’ètre solidement construites, utilisent des moteurs puissants et soient d’un prix élevé ; mais elles ne réalisent que médiocrement, à notre avis, les qualités requises pour le touriste désireux de voir du pays sans se transformer en mécanicien, sans se vêtir de peaux de bêtes, sans porter d’énormes lunettes pour préserver sa vue.
- Nous faisons partie de la minorité convaincue que les courses de vitesse — pure réclame pour les
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- constructeurs — faussent l’esprit de la clientèle automobile future, et communiquent à tous, suivant l’expression imagée de M. Baudry de Saunier, une célérité aiguë, dont il serait préférable d’atténuer l’état, car les conséquences de cette célérité ne sont guère rassurantes au point de vue de la liberté. Si les chauffeurs ne mettent pas un peu d’eau dans leur vin, c’est-à-dire un peu de réduction dans leur vitesse, l’administration tutélaire les rappellera avant peu à une plus juste conception du respect de la liberté des autres, car la route appartient à tout le monde.
- Sous ces réserves, nous applaudirons de toutes nos forces à la création d’un automobilodrome (7) sur lequel pourront se faire des courses à des vitesses illimitées, aux risques et périls des intéressés à ce sport spécial, et sur lequel ils pourront se casser la ... ligure à loisir. Le spectacle sera certainement moins sauvage que celui d’une course de taureaux. E. H.
- Ligne métropolitaine nouvelle à Londres. —
- Ine nouvelle ligne métropolitaine vient d’être inaugurée à Londres entre Waterloo-Station et Mansion House, dans la Cité. Cette ligne passe au-dessous des égouts et des anciennes lignes métropolitaines. Elle a été construite par la méthode du bouclier qui a déjà servi à l’exécution de plusieurs traversées de la Tamise, et notamment pour le tunnel de Blackwall, et qui a été également appliquée d’ailleurs et perfectionnée par nos ingénieurs parisiens pour les grands travaux d’égout qui s’achèvent en ce moment. Pour la traversée de la Tamise on a percé deux puits dans la rivière même; ces puits ont été garnis en fonte et élevés au-dessus du niveau des hautes eaux; ils ont été enfoncés à Gm,70 au-dessous du fond de la rivière. Deux boucliers Greathead ont été descendus pièce par pièce dans chaque puits, afin d’entamer dans les deux sens les deux tunnels que comporte la ligne : un pour chaque voie. Cette division des lignes a permis de ne donner que 5m,GG de diamètre à chacun des tunnels. La traction sera assurée par des moteurs électriques; les trains, formés de 4 voitures, pourront transporter 200 personnes. Le courant sera fourni par un tube d’acier posé entre les rails qui serviront de conducteurs de retour. L’usine génératrice est installée près de Waterloo-Station dans Aubin Street.
- Le cinquième satellite de Jupiter. — Pendant le mois d’avril dernier, M. Sec, astronome à l’observatoire Lowell (Flagstaff, Arizona), a pu faire quelques déterminations des positions occupées par le cinquième satellite de Jupiter. Ce travail lui avait été demandé par M. Barnard qui a découvert cet astre avec le télescope de 0”,90 d’ouverture de l’observatoire Liek. Voici les résultats obtenus :
- Dates. Heures. Longitude. Hayon vecteur
- 1898 avril 18. 12h 49“ 5 287°,2 44", 10
- 02. 15h 10“» 281)0,5 40",05
- 22. 15h20™0 281)0,2 55", 51
- — 25. 8h 55"’ fl 1140,5 51", 57
- — 25. 12h47m 5 287°,5 52",54
- D’après The aslronomical Journal, l’éclat de ce satel-
- lite était celui d'une étoile entre la 14e et la l.V grandeur. Les observations étaient généralement très difficiles.
- La flotte télégraphique du monde. — Il résulte d’une statistique publiée par le Journal télégraphique que les navires spécialement allée tés à la pose et à l’entretien des câbles sous-marins forment une Ilot te importante. Ces navires sont au nombre de 42 et ont un déplacement total de plus de G5 000 tonnes et une puissance nominale totale de près de 10 000 chevaux. Sur ces 42 navires, deux, l'Ampère (505 tonnes) et la Charente (548), appartiennent à la France. Deux de ces navires, le Silvertown et le Faraday, ont un déplacement de près de 5000 tonnes. Le Telegraph Construction and Maintenance C° doit lancer prochainement un nouveau navire à deux hélices qui pourra embarquer 1000 tonnes de cable et poser un câble transatlantique en une seule fois.
- Influence météorologique des forets. — M. Claudot, inspecteur des forêts, qui a étudié cette question tout particulièrement, nous fait connaître dans Ciel et Terre des conclusions intéressantes. La température moyenne de l’air, à ln\50 au-dessus du sol, dit-il, est plus basse sous bois que hors bois; mais la différence est assez faible, et n’atteint pas souvent 0°,5. Fn revanche, on doit noter la constance de la température, beaucoup plus marquée sous bois qu’en plaine : les oscillations diurnes sont moins brusques, les maxima et les minima moins écartés de la moyenne. Cette action modératrice de la forêt ressemble à celle des océans qui tendent à adoucir les climats excessifs ou continentaux et à les l’approcher des climats constants ou littoraux. C’est .à cette action que l’on doit l’atténuation parfois considérable des effets désastreux des gelées printanières et la conservation des organes végétaux nouvellement développés, tels que bourgeons, feuilles ou fleurs. Toutes choses étant égales d’ailleurs, la pluie est plus abondante dans les forêts que dans les plaines. Dans les futaies feuillues, les cimes des arbres arrêtent une fraction des eaux pluviales qui est au moins deux fois plus considérable en été qu’en hiver, et qui pour une année entière varie parfois de 8 à 100 pour 100. Malgré cette déperdition, et grâce à la plus grande abondance des pluies, le sol des forêts est beaucoup mieux arrosé que celui des régions agricoles. Si l’on examine les moyennes annuelles, on voit que l’évaporation de l'eau est trois ou quatre fois plus considérable pour le sol découvert que pour le sol forestier : double ou triple pendant l’hiver, cette évaporation peut être sept fois plus considérable en été. Fn terrain découvert, on observe le maximum au mois de juillet ; sous bois, on le reconnaît en avril. Dans chaque massif boisé, on trouve que les points les plus exposés aux vents du sud et du sud-ouest sont ceux qui reçoivent la plus grande quantité d’eau. La quantité d’eau tombée en forêt surpasse d’environ 11 pour 100 celle qui ai rose la plaine, même en tenant compte de la partie interceptée par les feuilles. En résumé, le sol de la forêt est plus arrosé et conserve mieux son humidité.
- Ventilation des transformateurs. — Dans les transformateurs de faible puissance on s’était contenté, jusqu’ici, d’établir une circulation d’air qui suffisait pour éviter un trop grand échauffemenl des parties internes. La Compagnie Thomson-Houston en particulier avait ein-plové de l’huile et, en donnant aux transformateurs une hauteur faible par rapport aux autres dimensions, était arrivée à trouver une grande surface extérieure, et l’huile pouvait circuler librement entre chaque bobine et refroidir une grande partie des enroulements. La même Compagnie
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- vient d’étudier des modèles spéciaux pour les transformateurs de grande puissance. 11 existe d’abord des transformateurs à soufflage d'air forcé, dans lesquels ont été ménagés de nombreux espaces entre les lames du transformateur et des bobines. Les enroulements primaires et secondaires sont divisés en de nombreuses bobines indépendantes les unes des autres et fortement isolées. La circulation d’air forcée est obtenue par un souffleur que l’on commande électriquement. L’air sous pression pénètre par le bas de l’appareil, arrive dans des conduits verticaux, et se répartit horizontalement entre les bobines; des vannes spéciales sur les cotés du transformateur permettent de régler l’admission, Des transformateurs de ce genre ont été construits pour des tensions de 15 et 20 000 volts. Aux chutes du .Niagara, il y a des transformateurs à soufflage d'air forcé de 2500 chevaux, et à la Compagnie du tramway de Huilai») des transformateurs de 1100 chevaux. Dans les transformateurs où la circulation d’air est naturelle, on a pris les dispositions suivantes. Deux colonnes verticales sur lesquelles les bobines sont enroulées, sont réunies par deux pièces de fer qui forment le circuit magnétique; le transformateur est enfermé dans une enveloppe métallique ondulée verticalement et repose sur une base en fonte. L’air froid pénètre à la partie inférieure et passe à travers le transformateur, le relroidit et s’échappe à la partie supérieure.
- I,a population de la Russie. — Le dernier recensement de la Russie porte sa population à 120 millions d’habitants, dont 04 millions pour les provinces européennes. Seule, la Chine, avec ses 350 à 400 millions d’habitants, la dépasse en population. En étendue (21 millions de kilomètres carrés), aucun pays ne peut lui être comparé, ni la Chine (11 millions), ni le Brésil ou les États-Unis (8 et 0 millions). Si ces espaces immenses étaient peuplés d’après la densité moyenne de nos départements, on y compterait un milliard et demi d’habitants! Mais il est loin d’en être ainsi : la Sibérie, par exemple, qui forme à elle seule la moitié du territoire, n’a que 0 millions d’àmes, soit un habitant par 2 kilomètres carrés. Les provinces relativement les plus peuplées sont le Caucase : 9 millions d’habitants, soit 21 par kilomètre carré, et la Pologne, »pii, avec ses 9 millions et demi d’habitants, soit 74 habitants par kilomètre carré, nous dépasse comme intensité de population. Depuis 1885, la population de l’empire a passé de 108 à 129 millions, soit un accroissement d’un million par an environ.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 août 1898. — Présidence de M. Woi.r.
- Les causes des caractères alpins des végétaux. — M. Bonnier expose les résultats d’expériences <pi il vient d’entreprendre sur la production des caractères alpins chez les végétaux, par alternances de températures. En deux mois il est arrivé à donner à une espèce végétale les caractères propres aux plantes alpestres. 11 a simultanément placé et maintenu pendant deux mois un spécimen de la plante étudiée dans une étuve maintenue à la température de la glace fondante, un autre spécimen dans une étuve maintenue pendant la nuit seulement à la température de la glace fondante et laissée pendant le jour à la température ordinaire; enfin un troisième spécimen a élé laissé à la température naturelle. Il a pu constater tout d’abord que, comme taille, la plante soumise aux alternances de la température était intermédiaire entre le type maintenu continuellement à la température de la
- glace fondante et celui laissé à la température naturelle.
- Il a observé également une floraison plus hâtive, chez la plante soumise aux alternances, que chez la [liante normale. Indépendamment de ces particularités qui s’observent chez les végétaux alpestres, il a noté les modifications de structure qui caractérisent ces derniers végétaux. Toutes les précautions désirables ont d’ailleurs été prises pour éliminer l’influence de la lumière et celle de l’état hygrométrique dans les expériences de M. Bonnier, aussi peut-il affirmer que les changements obtenus ont bien pour cause unique l’alternance des températures.
- Le cœur et la respiration. — M. le professeur Bouchard a dernièrement fait connaître qu’il avait pu, à l'aide de la radioscopie, montrer que certains mouvements du cœur sont liés à la respiration. Il présente aujourd’hui des photographies de grande dimension qui ont été obtenues à l’aide d’un procédé spécialement imaginé par un médecin et qui fournissent la démonstration matérielle des faits observés par M. Bouchard. Rendant le mouvement d'inspiration, l’augmentation de volume de la cage thoracique tend à y faire le vide, l’oreillette se dilate et le sang afflue dans le cœur; pendant l’expiration, les organes reviennent sur eux-mêmes. Ces observations ont, été pour M. Bouchard, le point de départ de recherches sur la physiologie normale et pathologique du cœur. Une énergique inspiration produit une grande dilatation de l’oreillette. M. Bouchard a pensé qu’un phénomène de ce genre devait se produire pendant la quinte de coqueluche. Avant eu l’occasion de placer devant l’écran phosphorescent un enfant, pendant une quinte de coqueluche, il a observé que pendant l'inspiration, alors que, par un spasme, la glotte empêche l’air de pénétrer dans le poumon, le sang afflue au cœur qui devient énorme. M. Bouchard a observé également plusieurs particularités des épanchements de liquide.
- Toxicité du sang d'anguille. — Le sang d’anguille injecté à d’autres animaux est fort toxique. MM. Camus et Glcy ont observé qu’il détruit les globules du sang de l’animal en expérience, et que ceux-ci laissent alors échapper leur hémoglobine. Dans certaines conditions, quelques animaux peuvent résister et deviennent alors réfractaires aux effets de nouvelles injections de sang d'anguille. Comment les globules qui, normalement, sont détruits, peuvent-ils résister chez les animaux réfractaires? MM. Camus et Glev ont eu recours au hérisson parce qu’il résiste au venin de vipère; ils ont constaté qu’il subissait sans inconvénient l’injection de sang d’anguille, mais que son sérum n’est pas immunisant pour les autres animaux. Ils estiment donc qu’il doit exister dans le sang de hérisson un principe qui neutralise l’action du sang d’anguille. Cu. de Yiluedecil.
- LE LANCEMENT DU « PROTET »
- A BORDEAUX
- Le 7 juillet a eu lieu à Bordeaux le lancement du croiseur de deuxième classe Protêt, qui vient d’ètre construit dans les chantiers et ateliers de la Gironde pour la marine française.
- Le nom qu’il porte lui a été donné en souvenir du contre-amiral Protêt qui se fit remarquer par son énergie et sa bravoure dans une brillante carrière. Né en 1808, il était capitaine de frégate en 1840. De 1847 à 1850, il concourut à la suppression de la traite des nègres sur la cote occidentale d’Afrique.
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- LA NAT EBE.
- l./b
- En 1852, il était capitaine de vaisseau et gouverneur du Sénégal. Promu contre-amiral en 1861, il était appelé au commandement de la station navale dans les mers de Chine et du Japon. Les Taï-l'ings, insurgés contre la dynastie impériale Mandchoue, menaçaient l'établissement de Shanghaï.
- Protêt marcha contre eux avec l'amiral anglais Hope et le colonel américain Ward, et les repoussa à Kiadin,Tsing-Pou.
- Le 10 mai 1861, il tombait à Nekio, frappé mortellement.
- Un de nos abonnés à Bordeaux,
- M. G. Joly, a bien voulu nous envoyer les deux intéressantes photographies ci-jointes; nous lui en sommes très reconnaissants. Dans
- Fig. 1. — Lancement du Protêt ù Bordeaux.
- MM. Schneider et Gic, du Creusot; ce sont des machines verticales à triple expansion d’une puissance totale de 9000 chevaux à tirage forcé. Elles actionnent 2 hélices à 5 ailes rapjiortées en bronze d'aluminium de 4,n,50 de diamètre et d’un pas de 5m,05. A la vitesse de lob tours par minute pour les hélices, on compte que la vitesse du navire serti de 19 nœuds. L’éclairage du Protêt serti électrique et c o m p r e n d r a 500 lampes à incandescence de 10 bougies; il y aura de plus 4 projecteurs de 5000 eareels.
- Le croiseur est pourvu d’un pont roulant pouvant soulever des poids de 00 tonnes, c’est ce qui a permis de place r sur chantier
- la ligure 1, le croiseur a glissé et se trouve [ires- j toutes les machines et chaudières. L’armement du que complètement à l’eau ; on voit à l’avant une épaisse I croiseur doit se faire prochainement «à Rochefort,
- fumée qui a été produite par le frottement. La ligure 2 nous montre une vue d'ensemble du croiseur llottant dans l’eau. La longueur totale du Protêt est de 101ni,20, sa largeur de 15m,60.
- Le tirant d’eau est au milieu de 0 mèt. et à l’arrière de 6m,45.
- Le déplacement est de 4114 tonneaux. La coque est entièrement en acier et a été recouverte au-
- dessous de la Bottaison par un bordé de bois de teck avec un doublage en cuivre rouge. Les chaudières, au nombre de 10, sont du système Belle-ville, et sont installées dans quatre compartiments. Les machines motrices ont été construites par
- Fiu.
- et comprendra 4 canons d e 104inm,4, 10 canons de J00mm, 1 0 canons de 47111 "\ et 2 canons de 57iuni, soit au total 20 pièces. L’aména-gementintérieur, d’après les renseignements qui nous ont été fournis, est également très bien compris et ne laisse rien à désirer.
- Le Protêt est un croiseur remarquable qui Vue d’ensemble du croiseur. vient encore aug-
- menter d’une
- unité importante le nombre des navires de notre marine militaire. L. Liaiov.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 151 Ü.
- 20 AOUT 1898.
- LA NATURE.
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- LE NOUYEVL SCAPHANDRE
- BUCHANAN-GORDON
- Le scaphandre rend tant de services sons sa forme actuelle ipi’on ne se demande généralement pas s’il pourrait être encore perfectionné ; et cependant les divers types qui en existent, appareils Delange et Emoux, Cabirol, Denayrouze ou autres, présentent certains défauts communs qui ne sont réellement point sans importance. Le vêlement caoutchouté dans lequel s'habille le scaphandrier n’offre aucune rigidité, et si c’est un avantage en ce que l’homme qui le porte garde toute la liberté de ses mouvements, c’est aussi un inconvénient, parce que le plongeur est soumis directement à la pression (pii l’environne et qui le meurtrit très sensiblement.
- Comme conséquence, on est obligé de lui envoyer de l’air à une pression elle-même énorme, quand il descend à une grande profondeur. On peut ajouter encore que la façon dont son casque repose sur ses épaules le fatigue toujours beaucoup, mais que son habillement est trop peu résistant pour qu’on puisse solidariser ledit casque avec l’ensemble du vêtement et les souliers à semelles de plomb; enfin, ses jambes sont le plus souvent soumises à une traction pénible, puisque les ourdes semelles les maintiennent sur le sol sous-marin, tandis (pie l’air insufflé dans la blouse tend à faire remonter le plongeur.
- Deux ingénieurs australiens, MM. \V. et A. Gordon, viennent d’imaginer un scaphandre d’un type tout nouveau, dont la photographie nous a été envoyée par la grande maison Siebe, Gorman and G0, de Londres, qui s’est chargée de faire en Angleterre des expériences de démonstration avec l’appareil. Celui-ci porte le nom de scaphandre Buchanaii-Gordon (ou Buchanan-Gordon diving dvess), et il
- 26* aauée. — 2e semestre:
- a, paraît-il, déjà été adopté par beaucoup des pêcheries de perles d’Australie.
- Comme on peut le remarquer au premier abord, cet appareil est bien différent de ceux qu’on a l'habitude de voir, et le but poursuivi par les inventeurs a été précisément d’en faire comme une sorte de carapace très ferme, non plus seulement dans la partie qui abrite la tête, mais dans tout son ensemble, d’autant qu’on le destine à des explorations qui atteindront jusqu’à 55 mètres et plus de profondeur. Le plongeur, à l’intérieur de cette véritable coquille,
- flexible cependant, est en grande partie à l’abri de la pression, et peut respirer de l’air presque normal, tout en gardant la liberté de ses mouvements.
- Une véritable cuirasse métallique en cuivre massif lui descend jusqu’à la ceinture, et pèse, à elle seule, 127 kilogrammes ; elle se rattache à un pantalon d’un aspect tout particulier, qui comporte inférieurement de massifs souliers en plomb. Ce pantalon, comme les manches, est formé d’une série de ressorts spirales faits en métal Delta, et recouverts d’une étoffe résistante et imperméable : cet assemblage assure à la fois une solidité presque absolument métallique et une grande facilité de flexion. En somme, jambes du pantalon et manches ressemblent assez aux tuyaux métalliques articulés qu’on fabrique couramment aujourd’hui. Le pantalon est encore renforcé par une série d’anneaux métalliques qui se serrent avec des écrous, et qui entourent, l’un la ceinture, un second le bassin, d’autres le bas de chaque jambe, ou les bras. Grâce à un ensemble de dispositions fort ingénieuses, ce costume peut s’ajuster à la taille des scaphandriers. On a remarqué certainement les sortes de tirants articulés qui s’allongent de chaque côté de la jambe : ils empêchent complètement que l’homme ne soit soumis à des tractions pénibles par suite du poids de ses énormes souliers.
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- Le plongeur clans l’appareil.
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- Il nous faut signaler la façon toute particulière dont est assuré l'échappement de l'air hors du scaphandre. MM. Gordon se sont dit que, quand la valve d’échappement est dans la paroi même du scaphandre, il faut, pour que l’air puisse vaincre la résistance que lui oppose l'eau, qu'on l'envoie au scaphandrier avec une pression plus considérable que celle que représente la colonne d’eau sous laquelle travaille le plongeur. Et comme c’était précisément pour éviter cet inconvénient qu’ils avaient imaginé leur vêtement presque métallique, ils ont fixé la valve d’échappement, qui demeure cependant sous le contrôle du plongeur, sur un tuyau flottant dont l’ouverture supérieure est immergée à la profondeur voulue au-dessous* de la surface de l'eau. On réduit donc à volonté la colonne d'eau contre laquelle l’air doit faire équilibre, et par suite on règle la pression à laquelle on désire fournir cet air au scaphandrier. Toutes les opérations se font d’autant plus sûrement, que l'homme a à sa disposition un téléphone d’un nouveau système imaginé par la maison Siehe Gorman.
- La photographie ci-jointe est prise dans la cale du yacht à vapeur Aerolite, loué à cette occasion pour des expériences qui se sont poursuivies dans le lit de la Clyde; celles-ci ont été laites par M. W.-R. Walker, le chef plongeur de la maison Siehe Gorman : c’est précisément lui qu’on aperçoit par la vitre du casque. Après s’ètre familiarisé avec l'appareil et son fonctionnement, M. Walker lit une première descente à 56m,70; il resta dans l’eau durant 50 minutes, et, en sortant, il était absolument frais et dispos. Sa seconde expérience eut lieu devant un grand nombre de spécialistes, et à peu près par une même profondeur; pendant 40 minutes il parcourut le fond de l’eau et remonta avec un gros poids qu’on lui avait descendu. M. Walker affirme la supériorité de l'appareil. On l'a fait endosser à un plongeur novice : une première fois il descendit à 18 mètres, la seconde à 27, et entin la troisième à 55 mètres.
- Ce nouveau scaphandre semble donc présenter de réels avantages, et les particularités qui le distinguent de ses aînés méritaient bien d’être signalées aux intéressés. Pierre de Mériel.
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- JUPITER
- Jupiter, la plus grosse et la plus brillante planète du système solaire, est visible dès le coucher du soleil, et a illuminé notre ciel jusqu’à neuf heures et demie du soir, le 1er août. Nous nous proposons d’appeler l’attention sur cet astre intéressant à tous égards.
- Cette planète, la principale du système solaire, est 1279 fois plus grosse que la terre et 510 fois plus pesante. Sa masse est cependant 1047 fois moindre que celle du Soleil. Elle tourne autour de eut astre en près de douze ans, de sorte qu’une année jovienne est presque douze fois plus longue qu’une année terrestre. En revanche, un jour jovien, ou la durée de sa rotation autour de son axe, est très faible, 9b55”'573 environ, moins de la moitié de notre jour de 24 heures.
- Une singularité fort remarquable semble indiquer que cette planète n’est pas complètement refroidie et que ses matériaux constituants ne se sont pas encore agglomérés (ou qu’elle est formée de parties mobiles les unes par rapport aux autres) : les régions situées à des latitudes différentes effectuent leur rotation autour de l’axe de Jupiter en des temps inégaux. 11 en est de même du Soleil : les régions équatoriales tournent plus rapidement que les autres.
- Jupiter a cinq satellites ou cinq lunes qui éclairent ses nuits. Le 7 janvier 1610, qui était le premier jour où Galilée dirigea vers cet astre la lunette qu’il venait de fabriquer, cet astronome aperçut le premier, le troisième et le quatrième satellites. Le lendemain, 8 janvier, Simon Marius découvrit le second, et il a fallu arriver jusqu’au 9 septembre 1892, près de trois cents ans plus tard, pour apercevoir le cinquième, extrêmement faible, très rapproché de Jupiter, et noyé dans sa vive lumière.
- L’honneur de sa découverte est justement échu à M. Barnard, savant et habile astronome de l’observatoire Lick, qui est actuellement à l’observatoire Yerkes. Après plusieurs mois de recherches infructueuses avec un petit équatorial, il se servit de la grande lunette de 0m,91 d’ouverture pour étudier Jupiter et ses satellites. Par une nuit très claire, alors que l’astre inconnu était à sa plus grande élongation (ou à sa plus grande distance de la planète), il aperçut une faible lueur comparable à l’éclat d’une étoile de treizième grandeur. C’était le cinquième satellite qui avait échappé jusqu’alors à toutes les investigations. Pour honorer l’auteur de cette belle découverte, l’Académie des sciences de Paris lui décerna la médaille Arago dans sa séance solennelle du 18 décembre 1895.
- Les quatre premiers satellites, qui sont les plus brillants, sont pour ainsi dire invisibles à l’œil nu, sans quoi on les eût découverts avant l’emploi des lunettes; on les aperçoit facilement avec une bonne lorgnette. Ils semblent les gardes du corps de Jupiter, car on les voit le plus souvent les uns en avant, les autres en arrière de la planète, dans le plan de son équateur. Mais ils peuvent aussi se trouver cachés derrière le globe de Jupiter, ou s’ils sont justement en avant, ils forment une tache blanche difficilement visible, de sorte qu’on peut n’en apercevoir que trois, deux, un, ou même, ce qui arrive très rarement, n’en distinguer aucun.
- Leurs dimensions sont extrêmement faibles par rapport à celles de Jupiter: tandis que le diamètre moyen de la planète est de 57",5, ceux des satellites sont respectivement 1",0, 0",9, 1",5 et 4",4, ce qui donne en kilomètres les chiffres 14 000, 595, 529, 575 et 559. Ces satellites tournent autour de Jupiter comme notre lune tourne autour de la terre, en illuminant les nuits des habitants de celle planète, qui ne doivent jamais avoir une obscurité complète. On se demandera peut-être pourquoi nous ne voyons pas ces satellites sous toutes les formes que nous présente la lune, depuis la nouvelle lune jusqu’à la pleine lune, ou inversement. La raison en est bien simple : les planètes et les satellites qui les accompagnent, quand ils sont éloignés comme Jupiter, Saturne, Uranus, ou Neptune, ne nous apparaissent que comme un disque parfait, comparable à celui de la pleine lune.
- En dehors des satellites de Jupiter, très faciles à observer, et dont l’aspect est si variable, on remarque de nombreux accidents à la surface de cette planète. On aperçoit de grandes bandes claires, d’autres sombres, généralement parallèles à l’équateur, d’autres de moindres dimensions, différemment orientées, :.vec des taches
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- claires, d’autres sombres, de teintes fort variées. La plus curieuse est la grande tache rouge, qui est visible depuis le mois de juillet 1878, soit depuis vingt ans. Elle est située par 24° de longitude et par 25° de latitude australe. Elle présente la forme d'une ellipse et possède une teinte d'ocre qui lui a fait donner son nom. Elle paraît effectuer actuellement sa rotation en 9h55m41s,5, tandis que les observations faites depuis le 28 juillet 1878 jusqu’au 17 avril 1808 lui assignent une période de 9h 55® 59s,4, valeur identique à celle qu’a déduite M. llough de 14 50b rotations effectuées de 1879 à 1890. En examinant ces différentes vitesses de 1880 à 1897, M. Denning a trouvé un peu plus de 9h 55m : le minimum était 9h 55“ 55%6, du 27 septembre 1880 au 19 mars 1881 ; le maximum 9h 55 m 42%5, du 15 août 1892 au 8 mars 1895. La vitesse a donc diminué légèrement puisque la durée de la rotation augmentait; elle semble s’accélérer un peu depuis mars 1895.
- Un peut se demander si cette tache n’est pas identique à d’autres rouges ou elliptiques (pii avaient la même latitude et qui ont été observées en 1857 par Dawes, en
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- La planèlc Jupiter.
- D’après un dessin obligeamment communiqué par MM. Paul et Prosper Henri, astronomes de l’Observatoire national de Paris,
- 1858 et en 1859 par Huggins, en 1869 et en 1870 par (dedliill, en 1875 par lord Ross et par Copeland, en 1876 par Russell et quelques autres astronomes : dans le cas de l’affirmative, cet accident de la planète Jupiter aurait plus de 40 ans d’existence au lieu de 20 années qu’on lui attribue généralement.
- Ainsi que le fait remarquer M. Denning dans Nature (21 avril 1898), il y a maintenant un grand nombre de taches brillantes et de taches sombres différemment colorées bien visibles au nord de l’anneau équatorial situé dans l’hémisphère austral. L’observation de leurs retours permet de déterminer la vitesse de leur région. Voici, d’après les éphémérides publiés par M. Crommelin, dans Monthly Notices, les longitudes des principales taches brillantes : 80°, 146°, 209°, 258°, 270°, 549°; voici celles des taches sombres les plus remarquables : 71°, 94°, 116°, 127°, 155°, 216°, 279°, 519°, 555°. Comme leur révolution s’effectue en un jour jovien ou en 9h50m 505 environ, en un jour terrestre ou 24 heures, le chemin parcouru par une tache est égal à 878° environ, soit plus de deux circonférences.
- M. Brenner a découvert deux nouvelles taches fort
- remarquables, le 19 janvier 1898. Cet astronome crut reconnaître deux autres taches aperçues en 1894 et 1896. 11 calcula avec soin la longitude que devraient avoir ces dernières, et il la trouva complètement différente de celle des deux taches qu’il avait aperçues le 19 janvier : ce sont donc bien deux taches nouvelles. M. Nijland en signale pareillement, dans Astronornische Nachrichten, deux autres nouvelles qui ont pour coordonnées : la première, 272° de longitude et 51° de latitude boréale; la seconde, 289° de longitude et 58° de latitude boréale.
- Suivant l'opinion généralement reçue, les bandes brillantes sont probablement des amas de nuages assez vivement éclairés par le Soleil, tandis (pie les bandes obscures seraient les parties transparentes de l'atmosphère. Quant aux taches proprement dites, on n’a pas encore donné d’explication plausible de leur nature.
- En résumé, la surface de Jupiter semble soumise à certaines fluctuations ou à certains changements temporaires, les uns fort durables, les autres passagers. On doit donc l’observer attentivement pour chercher à découvrir les variations de vitesse que l’on a constatées en diverses régions : une discussion approfondie des résultats obtenus nous apprendra si ces changements sont périodiques et nous aidera à découvrir leurs causes. L. Barré, Astronome à l’Observatoire national de Paris.
- l \ INDICATEUR DE RENDEMENT
- On sait que dans les distributions d’énergie électriqua à potentiel constant, un simple ampèremètre permet de connaître à chaque instant, par une lecture directe, l’intensité du courant produit par une dynamo ou absorbée par un appareil d’utilisation quelconque, et d’en déduire, par suite, la puissance correspondante. 11 existe même certains wattmètres à lecture directe qui font connaître celte puissance. 11 n’existait rien d’analogue jusqu’à ce jour pour les moteurs à vapeur, mais cette lacune est maintenant comblée par un appareil récemment inventé par M. le professeur Ripper, de Sheffield. Cet appareil n’est pas autre chose qu’un indicateur de pression spécial : au lieu de tracer la courbe de la pression à chaque instant pour la double course du piston dans le cylindre, cet indicateur porte un index dont la position devant une échelle graduée fait connaître la pression moyenne pendant la course. Comme tous les autres facteurs de la marche du moteur sont sensiblement constants (vitesse angulaire, frottements, etc.), il en résulte que l’indication de l’appareil correspond bien à la puissance moyenne du moteur, et que la graduation peut être faite directement en unités de puissance (chevaux-vapeur, kilowatts ou ponce-lets). Cet indicateur rendra les plus grands services dans les stations centrales électriques, car il permettra de comparer facilement la puissance d’un moteur à celle de la dynamo qu’il actionne, d’apprécier rapidement tout écart anormal dans le rendement, écart dù à un grippement, à un court-circuit dans la dynamo, etc. On pourrait même relier les deux appareils mesurant respectivement la puissance du moteur et celle de la dynamo par un troisième organe qui fournirait la valeur du rapport de leurs indications, c’est-à-dire le rendement organique de l’ensemble.
- La solution simple de ce problème, que nous posions à M. A. Potier, nous a été fournie par lui dans le cas où les deux index des appareils indicateurs se déplacent sur deux échelles rectilignes, et que leurs déplacements sont proportionnels aux puissances. 11 suffit de disposer les deux
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- échelles graduées x, y, parallèlement, en sens inverse, et à une certaine distance l’une de l’autre, de telle façon que leurs zéros se trouvent sur une même perpendiculaire à la direction des échelles. Cette perpendiculaire porte une graduation convenable dont le 1 occupe le milieu et le 0 coïncide avec celui de l’une des échelles. Une droite passant par les deux index coupe la graduation
- en un point correspondant à chaque instant au rapport — des indications x et »/.
- On peut réaliser pratiquement ces conditions par un très grand nombre de moyens. Le plus simple consiste à placer sur la graduation une légère réglette portant une coulisse longitudinale et dans laquelle passent les deux index qui la déplacent. L’intersection de la coulisse avec la graduation fait connaître, par lecture directe, le rap-
- T
- port des indications x et y. On peut remplacer la
- réglette par un fil d’acier rigide reposant sur les deux index dans deux fentes ménagées sur une pièce pivotante montée sur chacun des index. On peut également employer un fil légèrement tendu s’appuyant sur des poulies supportées par les index. Nous n’avons voulu signaler ici que le principe d’un appareil qui peut rendre de grands services non seulement dans les laboratoires industriels, mais dans toutes les usines importantes, en appelant l’attention du mécanicien ou de l’électricien sur tout abaissement anormal du rendement d’un ensemble, abaissement provoqué par un mauvais fonctionnement d’un ou plusieurs organes de cet ensemble. L’indicateur de rendement pourra, dans ce cas, jouer le rôle d’un avertisseur automatique d’incident ou d’accident. C’est surtout à ce point de vue qu’il nous paraît présenter un certain intérêt. E. Hospitalier.
- Fig. 1. Chantier du dépôt avec pont roulant pour l’assemblage des éléments de la voie. — Fig. 2. Chariot porteur (élévation et plan). Fig. 3. Crochet de suspension du pont roulant. — Fig. 4. Machine pour le transport des travées montées.
- MACHINE A POSER LES VOIES MÉTALLIQUES
- PAH TRAVÉES ASSEMBLÉES
- L'emploi des traverses métalliques se répand de plus en plus dans les pays où la conservation du bois présente certaines difficultés inhérentes au climat, ou qui sont dépourvus d’arbres permettant un approvisionnement convenable,
- Parmi ces divers pays, nous pourrons mentionner, notamment la Turquie d’Europe et l’Asie Mineure. La ligne de Smyrne-Cassaba a déjà une partie de ses traverses en bois remplacées par des traverses en acier doux du poids de 50 kilogrammes : les chemins de fer de Salonique à Monastir et de Salonique à Constantinople, ainsi que ceux d’Anatolie sont constitués par des voies entièrement métalliques du même type.
- Ces voies n’ont pas seulement l’avantage de lu
- durée; elles peuvent encore être facilement montées par travées entières correspondant à la longueur des rails et mises ainsi en place tout d’une pièce. C’est ce qui a été réalisé à l’aide d’un appareil spécial dû à M. Behrends, ingénieur en chef de la maison Ph. Holmann de Francfort-sur-le-Mein, et on a obtenu par ce moyen une notable économie dans les dépenses de pose. Il est donc intéressant de les faire connaître. Nous en empruntons la description au journal Le Génie civil1.
- On commence par constituer au dépôt les travées qui ont une longueur de 9m,55 : à cet effet on emploie des wagonnets spéciaux m (fig. 1 et 2) qui portent fixées sur leurs longueurs des cornières destinées à assurer la position des traverses : sur celles-ci
- 1 Le Génie civil. Tome XXXIt, n°‘20. A. Magnicr. Emploi des traverses métalliques sur les chemins de fer turcs.
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- ou vient ensuite boulonner les rails. Chaque tronçon ainsi formé est soulevé par le treuil d’un pont roulant (tîg. 1) de 21m,50 de portée qui dessert tout le chantier et empile les éléments sur les wagons employés au transport des voies. Le crochet de suspension (lig. 5) qui saisit les travées, fonctionne automatiquement : il est pourvu de griffes k qui, abaissées sur les rails des travées se referment pour les enlever. On les dégage ensuite à la main ou au moyen d’une tringle. Le pont roulant porte avec lui sur l’un des côtés une chaudière verticale qui alimente les cylindres du treuil à vapeur.
- Les wagons de transport des voies sont d’un type spécial p, représentés dans les figures 1 et 4. Ils portent des rouleaux pour le guidage des travées : une fois empilées les unes sur les autres sur des
- trucs n, elles y sont assujetties à l’aide de chaînes qui se rejoignent sous les wagons : des montants b, b maintenus par des jambes de force empêchent tout déplacement latéral des charges. Le wagon q, qui suit immédiatement la machine poseuse, ne diffère des autres que parce qu’il repose sur quatre essieux : pour assurer la circulation des trucs chargés sur les wagons p, ils sont réunis les uns aux autres par des tronçons de rails.
- La machine poseuse f (fig. 4 et 5) comprend une chaudière du type locomotive alimentant derrière elle une machine verticale du type pilon qui sert à la translation du convoi : la plate-forme du truc porte également un treuil à vapeur pour amener sur le wagon q les trucs chargés de travées. Le tout repose sur quatre essieux, celui d’arrière étant
- Fig. 5. — Machine pour le transport des travées montées.
- moteur. La plate-forme est munie de montants qui supportent une passerelle <1 inclinée. Cette passerelle est formée de deux poutres à treillis, et présente, tant à l’avant qu’à l’arrière, des porte à faux d’environ 2/3 de la longueur des travées. Sur les membrures supérieures circule un treuil à vapeur c, et sur les membrures inférieures les contre-poids e de ce dernier.
- Voici comment s’opère la pose. Le treuil c étant dans la position de la figure 4, c’est-à-dire au-dessus du premier wagon, on lève la travée en la fixant par son milieu à la chaîne du treuil, jusqu’au niveau des membrures inférieures. On desserre ensuite le frein du treuil qui descend en roulant sur les membrures supérieures, et dont le mouvement est ralenti par l’action des contrepoids e.
- Le treuil étant ainsi parvenu à la position de déchargement, c’est-à-dire au bas de la passerelle, on descend la travée jusqu’à 1 mètre au-dessus du
- ballast, et on l’amène à bras devant la dernière travée posée. Puis on détache la chaîne : la travée reposant sur le sol est prête pour l’éclissage, qui s’exécute après avoir fait reculer la poseuse.
- Pendant cette opération, le treuil c demeure en place sous l’action du frein : dès qu’elle est terminée on le desserre et les contrepoids e agissent pour remonter le treuil à la position de chargement.
- On procède ainsi successivement à la pose de toutes les travées chargées sur le premier wagon. On enlève ensuite le truc qui les portait, et on amène, à l’aide du treuil g, celui du second wagon avec sa charge, et ainsi de suite. Lorsque toutes les travées ont été posées et éclissées, on relève les trucs jetés sur les talus, à l’aide d’une petite grue à bras placée à l’arrière du dernier wagon, et la poseuse retourne au dépôt pour prendre un nouveau chargement.
- Les résultats obtenus sur la ligne Eskichehir-Koniaen Asie Mineure donnent un avancement moyen
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- de 15 à 1600 mètres par jour. Chaque convoi comprenait ordinairement 17 wagons portant chacun 10 travées. On a pu meme avec un convoi de 50 wagons arriver à un avancement de 2866 mètres en 15 heures de travail. Mais ce résultat remarquable était atteint dans des parties exclusivement droites ; on conçoit en effet «pie les parties de la voie en courbe nécessitent un travail plus considérable : aussi, comme le conclut M. Magnier, le procédé de pose par machine est-il surtout avantageux dans les pays de plaines où le tracé de la voie comporte de grands alignements. G. Riciiou,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LES ÉLÉMENTS PARASITAIRES DU GOITRE
- M. le I)r E. Grasset vient de communiquer à l’Académie des sciences le résultat des recherches qu’il poursui sur le goitre depuis de longues années, dans un canton du Puy-de-Dôme où cette affection est fréquente et constitue une véritable endémie.
- I)e cet intéressant travail il résulte d'abord que le goitre n’est pas une maladie idiopathique, locale, mais un symptôme principal d’un état morbide plus général, symptôme caractérisé "[par l'hypertrophie de la glande thyroïde.
- JZyftQPJEU Sc.
- 1. Corps sphériques à granulations pigmentaires rouges. — 2. Flagel-lum libre. — 3. Corps segmentés agglomérés. — 4. Corps segmenté dissocié. — 5. Corps irrégulier à grains de pigment. — ( D’après M. Grasset. )
- Cette maladie étant contagieuse, il faut admettre à sa base un agent d’infection ; mais on ne l’avait pas découvert, jusqu’à présent. M. Grasset croit l’avoir trouvé. Ses premières recherches avaient porté sur des personnes atteintes depuis longtemps déjà, et étaient demeurées infructueuses ; elles n’ont donné un résultat que lorsqu'il put examiner le sang de personnes dont le goitre ne remontait pas à plus de quinze jours.
- Huit sujets présentant cette condition ont offert dans leur sang des éléments parasitaires, constitués par des corps sphériques plus gros que les globules sanguins, des filaments étroits, libres et mobiles, autour desquels les globules étàient agités de mouvements vifs et irréguliers, et des corps segmentés, agglomérés ou désagrégés, mêlés à des grains de pigment rouge.
- On peut se demander pourquoi ces parasites ne se trouvent qu’au début de la maladie, et il y a là une particularité qui permettrait d’estimer douteuse leur intervention comme agents" propagateurs de l’infection.
- Quoi qu’il en soit, la présence dans le sang des goitreux de ces hématozoaires établit un point de contact de plus entre le goitre et le paludisme, rapprochés déjà par ce triple fait que chacune des deux affections a pour symptôme dominant l’hypertrophie d’une glande à sécrétion interne, thyroïde dans un cas et rate dans l’autre, possède une répartition géographique propre, et aboutit en fin de compte à une cachexie.
- Les hématozoaires (pii les provoquent leur paraissent spéciaux, car aucun des goitreux qui ont fourni à M. Grasset ces éléments parasitaires n’était atteint de
- paludisme. A. Acloque.
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- UNE SCIERIE AMÉRICAINE
- M. Guislain, consul de Belgique aux Etats-Unis, a donné récemment des détails curieux sur le fonctionnement d’une grande scierie américaine qu’il a visitée à Tacoma. Elle n’occupe pas moins de 700 ouvriers, dont 560 à l’usine proprement dite, 270 dans les forêts, 70 aux docks.
- Les arbres, dont certains mesurent plus de 2m,50 de diamètre, sont amenés par chemin de fer d’une distance moyenne de 55 kilomètres; la voie ferrée, à son terminus, longe la rivière, qui fournit une partie de la force motrice de la scierie : cette voie est inclinée d’environ 25° vers l’eau, ce qui permet à un seul homme de décharger les wagons en faisant rouler les arbres jusque dans la rivière.
- Ces derniers sont alors entraînés au pied d’une chaîne sans fin qui les prend et les monte à l’atelier de sciage. Ils sont ensuite placés sur un chariot roulant et présentés à une scie à ruban et à larges dents, pour l’équarrissage; quand une face est finie, on n’a qu’à mouvoir un grand bras à crochet qui fait faire à l’arbre un quart de tour et l’assujettit rapidement pour l’équarrissage d’une autre face.
- L’arbre équarri se transporte sur de gros rouleaux, et vient offrir une de ses extrémités à l’aplomb d’une scie circulaire à rotation extrêmement rapide, fixée au bout d’un arbre oscillant. Cette scie remonte, tranche le bout de l’arbre, puis s’abaisse pour que la pièce de bois avance encore jusqu’à lui présenter son autre extrémité ; la scie oscille une seconde fois, sectionne cette extrémité et est abaissée à nouveau. Le débitage en planches peut se faire alors, chaque planche tombant sur une toile sans fin qui la dépose au pied d’un ouvrier. Celui-ci la place sur une table inclinée, munie de rainures pour le passage des chaînes sans fin qui entraînent la planche vers le haut de la table, et d’évidements pour le passage de scies circulaires oscillantes, comme celle dont nous parlions tout à l’heure : suivant que la planche doit être coupée à telle ou telle longueur, l’ouvrier fait remonter telle ou telle scie.
- Les bois sont ensuite disposés sur d’immenses chariots et soumis plus ou moins longtemps à la chaleur d’une étuve chauffée à 60° centigrades; cette chaleur est fournie au moyen d’un courant d’air lancé par des ventilateurs dans des tubes traversant la cheminée des générateurs à vapeur. Ces derniers sont chauffés à la sciure de bois, dont le chargement dans les foyers se fait mécaniquement. I). B.
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- ENGMIS ET PEINTES D’ORNEMENT
- L’agriculture proprement dite, c’est-à-dire la culture rationnelle des champs, a profité largement des progrès des sciences chimiques et est entrée dans une voie dont on ne peut encore prévoir le terme et qui lui promet une longue période de prospérité.
- Une des branches de l’Agriculture générale qui n’a encore que peu profité des bienfaits de la chimie est l’Horticulture. C’est que là, en effet, le problème est plus complexe et le but n’est pas identique à celui qu’on vise dans la culture des champs. En horticulture, le but des praticiens et des amateurs qui s’occupent de cet art varie suivant les genres de plantes. Pour les unes, on cherche à obtenir un feuillage aussi beau et aussi touffu que possible en retardant la formation des fruits et des graines; pour les autres, on veut produire des fleurs nombreuses, belles comme formes et comme couleurs; dans certains cas, il faut obtenir de volumineuses racines et parfois un développement anormal des tiges, pour ne rien dire de la beauté, du volume et du parfum des fruits.
- Ces propriétés si diverses sont modifiables souvent d’après la nature du sol, et les propriétés des terres horticoles ne sont que récemment connues. En plus de ces difficultés, comme la plupart des espèces de plantes horticoles proviennent des régions chaudes du globe, leur développement normal dans nos pays ne peut s’effectuer qu’à l’aide de précautions toutes spéciales.
- Pendant longtemps, l’Horticulture se contenta de suivre au point de vue des engrais et du sol les méthodes empiriques en usage depuis de longues années ou basées sur des expériences exécutées sans grande méthode.
- Depuis quelques années cependant, l’Horticulture, qui auparavant n’était qu’un art et un passe-temps agréable pour nombre de riches amateurs, est devenue une véritable industrie. Tous les établissements d’horticulture se sont agrandis et ont dû étendre leur production pour pouvoir satisfaire leur clientèle qui devenait de plus en plus nombreuse; ils ont cherché par suite les meilleures méthodes pratiques pour obtenir une grande production à peu de frais et ont été obligés pour cela d’avoir recours à la chimie. De divers côtés, surtout en Angleterre et en Allemagne, des expériences et des recherches sont entreprises pour étudier d’une façon systématique l’influence des engrais et des sols sur les végétaux utiles ou d'agrément. Les questions de rendements, comme dans toutes les autres industries, deviennent en horticulture d’une importance primordiale.
- Or si la plante rencontre généralement assez d’acide carbonique et d’eau pour édifier ses tissus, il n’en est pas toujours de même pour ses autres aliments : azote et matières minérales. Très souvent, par suite d’épuisements préalables ou de circonstances particulières, le sol est appauvri en substances
- azotées, en acide phosphorique,en potasse, etc., et, dans ce cas, on a tout intérêt à y incorporer ces matières, afin quelles puissent arriver aux végétaux; c’est là l’origine de l’engrais qui a été fort bien défini par M. Dehérain : « la matière utile à la plante et qui manque au sol ».
- Mais cet engrais ne doit pas être ajouté d’une façon quelconque. Si le terrain n’éprouvait pas le besoin de ce complément d’éléments fertilisants, ou si l’addition en était trop copieuse, l’excédent en serait fixé par le sol à l’état de composés insolubles ou bien serait entraîné par les eaux de drainage et, d’une façon comme de l'autre, risquerait d’être perdu pour les végétaux.
- Pour employer les engrais d’une façon rationnelle, il y a lieu de considérer trois facteurs :
- 10 Les besoins en éléments fertilisants des plantes ;
- 2° La quantité de ces éléments fertilisants que le sol est susceptible de fournir à la plante;
- 5° Les engrais qu’il sera nécessaire d'ajouter au sol pour la culture de la plante et qu’on déduira des deux chiffres précédents.
- Nous nous sommes occupés, en collaboration avec un des meilleurs horticulteurs de Versailles, M. G. Truffaut, de ces diverses questions qui nous ont séduits par leur intérêt et leur nouveauté et nous nous sommes attachés à leur examen depuis un certain nombre d’années. Des expériences particulières et dirigées dans tel ou tel sens, suivant le but pour lequel les végétaux sont exploités, nous ont renseignés sur les meilleures terres et sur les engrais les plus efficaces à employer.
- Dans les cultures horticoles, et notamment dans les cultures de serres, la proportion des principes apportés par le sol est assez minime; d’une part pour satisfaire aux demandes de la pratique horticole, on est obligé de cultiver les végétaux d’ornement dans des volumes très restreints de terre; d’autre part les éléments fertilisants apportés par les différents sols sont loin d’être entièrement utilisés par les plantes, car le drainage favorisé par l’arrosage abondant nécessaire à ces végétaux, en entraîne la plus grande partie hors de la portée des racines.
- En second lieu, on doit connaître les exigences des plantes, tout au moins en azote et en matières minérales; il convient donc de fixer, sous ce rapport, la composition des principaux végétaux d’ornement de belle race et de bonne venue. Un certain nombre d’auteurs se sont voués à celte tâche ingrate, mais nécessaire. Nous possédons une grande quantité de ces déterminations de compositions de plantes que nous poursuivons en ce moment.
- Nous avons songé, pour la commodité des amateurs et horticulteurs à réunir en quelques groupes bien distincts comme composition chimique les plantes qui ont des exigences analogues au point de vue de leur alimentation. Chacune de ces séries ne contient que des végétaux qui ont des besoins similaires, surtout au point de vue des trois aliments principaux : azote, potasse, acide phosphorique.
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- Au point de vue pratique, les amateurs de plantes se trouvent donc en présence d’un certain nombre de formules d’engrais que nous avons combinées et qui doivent, d’une -manière générale, répondre aux besoins principaux de toutes les plantes horticoles habituellement cultivées.
- Comme exemples, nous donnons ci-dessous la composition de deux de nos engrais horticoles, destinés d’une façon générale, l’un aux plantes à feuillage ornemental, l’autre aux végétaux à fleurs et à végétation rapide :
- Acide
- Azote. ]diosj)hori([uc. Potasse.
- Plantes à feuillage.. 9,94 0/0 7,05 0/0 4,50 0/0 Plantes à fleurs . . 5,85 — 12,50 — 3,85 —
- Ces engrais composés renferment en outre une certaine quantité de sels de chaux, de fer et de magnésie destinés à assurer l’alimentation complémentaire des plantes.
- Quand les divers facteurs ont indiqué la nature des engrais qu’il y aurait lieu de distribuer, il faut envisager la manière la plus efficace de fournir ces éléments aux plantes. Les espèces horticoles étant bien plus délicates que les végétaux de nos contrées exigent un grand luxe de précautions pour la distribution des engrais. Aussi fournissons-nous au végétal les engrais qui lui sont nécessaires à l’état de sels neutres et non toxiques, et par conséquent sans danger, s’ils sont même en excès; de plus ces engrais sont presque complètement solubles et assimilables de suite.
- Nous avons ensuite cherché à trouver des moyens pratiques d’employer ces mélanges nutritifs.
- Dans un grand nombre de cas, il y a un intérêt très grand à mettre les matières alimentaires utiles aux plantes sous une forme telle que, placées dans le sol, elles fournissent peu à peu aux racines ce dont elles ont besoin.
- On ne peut songer à placer directement dans la terre des sels purs complètement solubles. Au premier arrosage, tout serait entraîné et une trop grande quantité donnée ainsi à la fois aurait le résultat néfaste de tueries plantes.
- 11 faut donc que l’assimilation des sels purs servant d’engrais soit lente, faible et régulière; c’est
- Fig. 1.— Expériences de huit mois La plante la plus développée a subi
- un problème qui jusqu’ici n’avait pu être résolu.
- Nous y sommes parvenus de la façon suivante. Nous formons, avec nos mélanges de sels étudiés pour chaque groupe de plantes, des pastilles cylindriques très comprimées, d’environ 1 centimètre 1/2 de diamètre et 1 centimètre de hauteur, de poids et volume réguliers. Nous entourons ces pastilles, qui sont solubles, de feuilles métalliques non soudées, puis nous comprimons à nouveau le produit qui prend alors sa forme définitive.
- Quand on place un de ces comprimés dans un milieu humide, l’eau pénètre lentement à travers les enveloppes de métal, les sels se dissolvent et diffusent plus on moins vite, suivant le nombre de ces enveloppes, et les racines des plantes trouvent ainsi la nourriture dissoute dans l’eau à leur disposition et en très petite quantité à la fois.
- Ces sortes de cartouches sont surtout destinées
- aux plantes en pots; le nombre à employer varie suivant la grandeur des pots depuis 1 cartouche pour les pots de 8 centimètres et au-dessous jusqu’à 4 cartouches pour les pots de plus de 25 centimètres de diamètre. Pour mettre en place une de ces cartouches, on fait dans la terre du pot, à égale distance de la paroi et du pied de la plante, un trou du diamètre du comprimé et d’environ 5 centimètres de profondeur ; on y place la cartouche à plat sans toucher, ni déchirer l’enveloppe métallique, puis on recouvre de terre.
- L’action de ces cartouches se manifeste pendant 2 à 5 mois. On ne doit les employer que sur des plantes dont les racines sont en bon état. Elles peuvent remplacer deux rempotages. Au moment où la plante a besoin à nouveau de nourriture, on remplace les cartouches vides par de nouvelles. Ce système permet d’avoir de très belles et de très vigoureuses plantes en de très petits pots, ce qui est très commode pour de nombreux emplois décoratils.
- Un grand nombre d’expériences pratiques exécutées sur les principaux genres de plantes ornementales nous ont montré le bien-fondé de nos vues théoriques.
- Nous avons toujours obtenu une grande différence en faveur des sujets traités par notre méthode pour un même laps de temps; leurs tiges étaient plus turgescentes, plus dures, plus lignifiées; leur port
- sur les Draccena rubra bruanti. deux applications de deux comprimés.
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- était plus affermi, plus élégant. Les poids et les dimensions «les végétaux soumis à l’action des engrais étaient souvent doublés, ainsi que leur valeur marchande. Nous ne pouvons d'ailleurs mieux le démontrer
- qu’en mettant sous les yeux de nos lecteurs la reproduction de «pielques-unes des photographies de diverses plantes d’ornement ayant reçu les engrais dont nous,'parions. On verra, à côté de ces >
- 3 N <
- Fig. 2. — Expériences avec des Fuchsia.
- La plante la plus développée a subi trois applications de deux comprimés.
- végétaux, la reproduction des sujets témoins qui Nous indiquons d’ailleurs sur nos gravures la n’ont reçu aucune addition d’éléments fertilisants. durée de l’expérience et le nombre de cartou-
- Fig. 5. — Expériences de six mois sur les Plcris tremula.
- Les plantes les plus développées ont subi deux applications de deux comprimés.
- ehos qui a été employé pour obtenir le résultat.
- On pourra constater les bons résultats obtenus tant sur les arbustes à feuillage que sur les plantes à fleurs. Les Phœnix, les Dracœna, les Asparagus, les fougères, les Cuphea, les Bouvardia, les Aca-Igpha, les Seaforthia, les Pandanus, les Ficm, les
- Canna profitent à merveille des engrais qui leur sont ainsi distribués; parmi les plantes plus modestes, les Fuchsia, les reines-marguerites, les héliotropes, les chrysanthèmes, les Hortensia, les rosiers, etc., se développent beaucoup plus vigoureusement dans le même laps de temps.
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- Les amateurs pourront donc maintenant, tout en s’épargnant des manipulations délicates et des rempotages fréquents et désagréables, obtenir des sujets vigoureux bien verts et bien développés. C’est en raison du nombre toujours croissant des personnes qu’intéresse à si juste titre la culture ornementale que nous avons cru devoir présenter le nouveau mode d’emploi des engrais horticoles.
- A. Hébert,
- Préparateur à la Faculté de médecine.
- LES MYOPES ET LES PRESBYTES
- DANS LANTIQUITÉ
- Si nous en jugeons d’après l’heure actuelle, où verres de toutes sortes sont pourtant d’un usage courant, il n’a pas dù être facile aux hommes d’autrefois de se rendre compte des défectuosités de leur vue. N’arrive-t-il pas souvent en effet qu’un enfant, qui éprouvait depuis plusieurs années une certaine gène dans la vue sans en soupçonner la cause, vient à connaître enfin qu’il est myope par un événement tout fortuit? I)e même l’antiquité n’a dù que péniblement apprendre à distinguer de façon bien nette les myopes et les presbytes.
- Je voudrais étudier ici à quel point ces notions s’étaient précisées chez les peuples anciens de la période dite classique.
- Consultons l’exposé si complet que Pline l’Ancien nous fait, dans son Histoire naturelle, des connaissances et des légendes de son temps. On y peut lire1 que la vue change considérablement avec les hommes : les uns ne distinguent que de très près, d’autres ne voient que de loin. Chez certains hommes l’œil, ébloui à la lumière du soleil, distingue les objets dans la nuit à la façon des félins; d’autres ont une vue si perçante qu’ils ont pu exécuter des travaux d’une finesse prodigieuse : tel Mvrmécide, qui fit en ivoire un quadrige attelé qu’une-mouche couvrait de ses ailes, etc.
- Pline cite encore d’autres noms; ainsi dans cette phrase : « Neroni nisi cum coniveret ad prope admota hebetes (oculi) », dont la traduction la plus plausible me semble être : « Néron avait la vue faible, à moins qu’il ne s’approchât et jusqu’à ce qu’il fût tout près des objets »2.
- Voilà pour les différentes longueurs de vue. En un autre passage de l’Histoire naturelle, Pline nous donne sur la couleur des yeux des observations plus faciles à faire. Nous y relevons une de ces légendes dont nous parlions tout à l’heure : il paraît que les habitants d'un certain pays ont deux pupilles à chaque œil, et que leurs regards terrifient les étrangers qui les approchent.
- Nous sommes à présent fixés sur ce point que les anciens avaient quelques notions, mais notions tout empiriques, sur différentes infirmités de l’œil. Savaient-ils de même y remédier? Qu’ils l’aient essayé, cela n’est pas douteux : l'Histoire naturelle de Pline abonde en recettes de toutes sortes pour mille maladies, notamment pour les affections
- 1 Livre XI, § 142-144 de l’édition Teubner, à laquelle nous renverrons toujours le lecteur.
- 2 On lit dans la traduction I’anckoucke la version suivante : « Néron, à moins qu'il ne clignât les yeux, ne distinguait pas les objets les plus proches, ce qui reviendrait à dire qu’il était presbyte, tandis que notre traduction le représente c»mmw myope.
- de l’œil; ce sont des liqueurs, des compresses variées, qui éclaircissent la vue, la fortifient, etc., quelque chose comme des remèdes de bonne femme. On peut remarquer, entre autres recettes, qu’on s’aiguise la vue en fixant un scarabée vert, et que les graveurs de pierres fines, ceux qu’on appelait encore glyptographes, se reposent la vue par ce moyen.
- Or, ces remèdes ne sont point aussi imaginaires qu’on pourrait le croire ; il est incontestable que la couleur verte est parmi les plus douces à voir. Ecoutons encore ce que nous dit Pline à ce sujet : « Aucune pierre n’a de couleur plus agréable que l’émeraude; elle l’emporte sur le meilleur vert ; si les yeux sont fatigués de s’être appliqués à quelque objet, la vue de l’émeraude les réconforte, et pour ceux qui gravent les pierres, il n’est rien qui les repose plus agréablement, grâce à cette couleur verte qui soulage la fatigue. » Ainsi donc, scarabée ou émeraude, c’est affaire de fortune entre les graveurs. Le savant naturaliste ajoute que si l’on regarde ces pierres de loin, elles paraissent plus grandes parce qu’elles verdissent l’air ambiant. Elles conservent toujours un doux éclat et restent transparentes dans toute leur épaisseur1.
- Elles sont la plupart du temps concaves ut vision colligant (de sorte qu’elles rassemblent les rayons visuels, traduirons-nous, bien que ce soit tout le contraire, les lentilles concaves rendant les rayons qui les traversent divergents). Il a été pour cette raison défendu de les graver. Enfin celles dont la surface est plus grande réfiètent comme les miroirs les images des objets. L’empereur Néron regardait les combats de gladiateurs dans une émeraude. « Quorum vero corpus extentum est eadem qua spécula ratione supini reruni imagines reddunt. Nero princeps gladiatorum ludos spectabat in zmaragdo2. »
- Nous venons de voir que Pline se trompait, aussi bien sans doute que ses contemporains, sur la propriété physique des verres concaves. Ce qui l’induit en erreur, c’est probablement une analogie qu’il suppose avec les miroirs concaves dont il connaît les effets de condensation sur la lumière et la chaleur, découverts trois siècles auparavant par Archimède qui, des remparts de Syracuse, incendiait lus vaisseaux romains.
- Or ces émeraudes qui servaient de miroirs étaient-elles concaves également? On peut en douter, car Pline les compare aux miroirs ordinaires. Mais que veut-il dire lorsqu’il ajoute que Néron regardait dans une émeraude les combats de gladiateurs?
- Si l’on admet la traduction que nous avons donnée du passage où il était question de la vue de Néron, nous en tirerons cette conclusion, malgré le style un peu décousu de Pline, que Néron corrigeait sa myopie en regardant les jeux à travérs une émeraude transparente de forme concave, ou bien encore en regardant par réflexion sur le miroir concave formé par l’émeraude : l’effet est le même pour la vue. Mais si l’on admet la traduction citée en note, suivant laquelle Néron aurait été presbyte, que signifierait cette histoire d’émeraude? Peut-être l’empereur était-il à la fois myope et presbyte, c’est-à-dire doué d’une faculté d’accommodation très faible, comme il arrive assez souvent.
- Quoi qu’il en soit, il reste la couleur verte de la pierre qui pouvait avoir motivé l’habitude de Néron, car elle atténuait la vivacité des rayons solaires.
- Ce que nous savons sur l’emploi des miroirs concaves,
- 1 Livre XXXVII, § 62.
- 2 Livre XXXVII, § 62.
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- puis, au deuxième siècle après J.-C., Y Optique de Pto-lémée qui donne une table des réfractions éprouvées par la lumière quand elle passe de l’air dans le verre, et quelques autres textes, nous montrent que les anciens avaient certaines connaissances optiques, mais ces notions étaient encore passablement empiriques. Peut-être seuls, des esprits profonds comme celui d’Archimède entrevoyaient-ils quelque rapport entre ces phénomènes, mais à coup sùr, aucun résultat positif n’en résulta et si quelque progrès se lit, il semble bien qu’il fut dù au hasard.
- Pour le cas particulier qui nous occupait tout à l’heure, je veux parler des besicles ou même de simples monocles, il est certain qu’il n’en existait pas. Autrement, comme le dit avec raison, dans Y Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, l’auteur du mot Lunette, comment les poètes ne feraient-ils aucune allusion satirique à l’usage de porter des verres? comment cet usage aurait-il cessé, au point que l’invention des lunettes faite à la fin du treizième siècle excitât un aussi grand enthousiasme? un art simple comme celui-là pouvait-il se perdre? Les anciens, lorsqu’ils parlent des vieillards et des vues courtes, ne disent pas un mot des lunettes; s’ils indiquent des moyens de soulager la vue, et Pline ne s’en fait pas faute, ce sont des remèdes sous forme de drogues, mais non des moyens physiques comme les besicles. L’invention des besicles appartient donc bien à une époque du moyen âge d’ailleurs incertaine. On peut s’étonner de ce fait que les anciens n’ont pas pensé à mouler le verre dans la forme de ces émeraudes concaves ; c’est sans doute qu’ils n’avaient pas vu le rapport nécessaire qu’il y avait entre les avantages apportés aux mvopes par ces émeraudes et leur forme même.
- On s’amusait seulement parfois à regarder dans des émeraudes parce qu’elles 'répandaient sur tous les objets une jolie couleur, et les myopes y voyaient un peu mieux lorsqu'elles étaient concaves; mais ce n’était là qu’un passe-temps pour eux. Néron seul semble s’en être servi d'une façon plus courante, pour voir les jeux du cirque; le féroce despote serait alors le promoteur de cette habitude d’une élégance toute moderne qui consiste à porter le monocle. M. Fouché,
- Vice-président de la Société astronomique de France.
- LES ENFANTS
- ET LES PLANTES VÉNÉNEUSES
- Un de nos confrères de la presse anglaise signalait récemment le danger qu’il peut y avoir à planter indistinctement n’importe quelles plantes ou quels arbustes dans les jardins où on laisse librement jouer des enfants : bien souvent les fleurs, qu’on a coutume de cultiver un peu partout, offrent de réels dangers d’empoisonnement. C’est ainsi qu’on a pu signaler récemment en Angleterre le cas d’un enfant qui, après avoir mangé un certain nombre de renoncules des prés, est mort en peu d’heures, en présentant tous les symptômes d’un empoisonnement par irritation de la muqueuse. Presque toutes les variétés de la famille des renonculacées contiennent des substances agissant comme un poison, quelques-unes même possèdent un principe narcotique. On devrait donc les exclure des jardins que fréquentent des enfants, de même que la morelle furieuse (qui n’est autre que Yatropa belladone), l’aubours (variété de cytise) et l’if. M. J.
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- MOTEURS ÉLECTRIQUES
- Les moteurs électriques sont aujourd’hui très nombreux ; on en trouve de tous modèles, de toutes formes, de toutes puissances. Nous en avons déjà lait connaître un grand nombre, en mentionnant de nouvelles applications, en décrivant de nouvelles installations. Mais nous recevons à chaque instant des lettres de nos lecteurs, nous demandant des détails sur la construction intérieure des moteurs. Il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, de répondre à cos questions. Nous pouvons seulement le plus souvent indiquer la forme générale du moteur, le système, et donner les constantes, c’est-à-dire les conditions de fonctionnement au régime normal.
- Nous avons eu dernièrement la bonne fortune d’avoir entre les mains deux moteurs de faible puissance l’un de 1/8 cheval, à courants alternatifs, l’autre de 1/10 cheval à courants continus et alter-
- natifs. Nous avons pu les examiner de près et même les démonter complètement. 11 nous est donc possible de fournir aujourd hui à nos lecteurs quelques renseignements pratiques qui pourront leur être utiles.
- Ces moteurs sont des modèles construits par la maison Holtzer Cabot, a Boston, et dont le dépositaire à Paris est M. Cadiot.
- La figure 9 nous donne une vue d’ensemble du moteur forme sphérique. Ce moteur fonctionne à courants continus et à courants alternatifs. Dans la figure 1 nous voyons en 1 la carcasse extérieure en fonte montée sur un pied suffisamment solide pour maintenir l’appareil. Au centre, dans le fond, existe une ouverture destinée à recevoir l’arbre de l’induit. Sur les côtés se trouvent des supports pour maintenir les balais en charbon qui appuient sur le collecteur. Dans cette cavité se placent les inducteurs. Ils sont formés (n° 3) par une série de lames de tôle de 1 millimètre d’épaisseur découpées de façon à laisser au centre une partie cylindrique. Ces lames de tôle sont superposées et maintenues par des boulons. Dans les ouvertures ménagées se trouvent les deux bobines inductrices dont les deux fils sont reliés aux balais. Lorsque les inducteurs sont placés dans la cavité, on introduit la bobine induite, l’extrémité de l’arbre se fixe dans l’ouverture dont nous avons parlé plus haut. L’induit est en forme de tambour ; mais l’on a pris de grandes précautions pour les plaques de tôle de fer sur lesquelles sont enroulées les bobines. Elles sont de faible épaisseur, comme le montre le dessin, et superposées. On a pu ainsi, par des inducteurs feuilletés, diminuer notablement les courants de Foucault, et faire fonctionner ces moteurs sur courant alternatif. L’enroulement est sérié. On ne peut dire que ces moteurs fonctionnent dans d’excellentes conditions ; mais enfin ils permettent d’obtenir de faibles puissances sur courant alternatif et peuvent convenir très bien pour actionner des machines à coudre et autres petites applications.
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- LA NATURE
- Lorsque la bobine induite est en place, une seconde carcasse vient s’appliquer et se fixer sur la première. L’arbre qui supporte l’induit se trouve engagé dans une ouverture spéciale et porte la
- poulie sur laquelle se place une petite courroie. Aux deux extrémités de l’arbre sont des petits graisseurs que l’on aperçoit sur la figure 2. Ces moteurs fonctionnent sur courant alternatif à 110 volts et à la
- Fig. 1. — Détails du moteur. — 1. Carcasse extérieure montée sur pied.
- 2. Autre partie de la carcasse extérieure, l'induit étant monté dans l’axe. — 3. Inducteurs.
- fréquence de 42 périodes par seconde. Ils marchent également très bien sur réseaux à courants continus.
- Le second moteur appartient au type des moteurs dits à induction, à induit fermé, sans balais. Ils reposent sur le principe suivant : si, dans un champ alternatif, nous faisons déplacer un conducteur fermé sur lui-même, ce conducteur se met bientôt à tourner à une vitesse angulaire synchronique à la fréquence du champ. Ces moteurs sont simples, on le voit, mais ils présentent en pratique le grave inconvénient de ne pouvoir démarrer même à vide. On a remédié à cet inconvénient par la disposition suivante. Prenons deux circuits séparés, placés perpendiculairement l’un à l’autre, et faisons-les traverser par deux courants alternatifs décalés de 90°. Le champ magnétique formé au centre est un champ composé d’intensité constante, de direction variable, et se déplaçant avec une vitesse angulaire uniforme, en faisant un tour complet par période. Toute bo-
- bine ou tout induit fermé placé dans ce champ se mettra en mouvement en vertu des courants induits
- ou courants de Foucault. Il suffit donc de disposer deux circuits, l’un présentant une faible résistance ohmique et un grand coefficient de self-induction, l’autre une grande résistance et un faible coefficient de self-induc-lion, afin d’obtenir, par les courants décalés de 90°, deux champs magnétiques perpendiculaires qui forment un champ tournant.
- C’est sur ce principe que repose le moteur dont nous allons retrouver toutes les parties dans la figure 3. Nous voyons dans le n° 1 le bâtis de côté, portant au milieu une ouverture cylindrique pour le passage de l’arbre, et au-dessus un graisseur. Ces objets sont nettement visibles dans la figure 5. Dans la figure 3, n° 2, se trouve un anneau formé de feuilles de tôle superposées et présentant à leur intérieur une série d’ouvertures parallèles. On remarque un premier enroulement en
- Fig. 2.
- d'ensemble du moteur HolUer Cabot de 1/10° de cheval.
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- gros fil passant dans les ouvertures dont nous venons de parler (fig. 4). Il y a également au-dessous un deuxième enroulement de fil plus fin, dont les bobines sont décalées par rapport aux pre-
- mières. Les deux extrémités des fils du premier enroulement aboutissent à deux bornes extérieures que l’on voit sur une petite plaquette à la partie supérieure du moteur. Entre ces deux bornes, on
- voit un bouton; en appuyant sur ce bouton, on d’ètrc question, et le moteur se met en marche, ferme le deuxième circuit de fil fin dont il vient Pour achever le montage de la machine, il suffit
- Fig- F- Fig. 5.
- Détails des inducteurs, l'auneau rentré dans le bâtis de côté. Bâtis du côté opposé.
- maintenant de faire entrer l’induit porté dans Panneau n° 3 (fig. 3) à l’intérieur de Panneau portant les enroulements (fig. 4) et de faire pénétrer l’arbre dans l’ouverture ménagée à cet effet. On réunit ensuite les deux parties à l’aide de boulons.
- L’induit est formé d’une série de lamelles rondes
- de fer doux accolées les unes aux autres, enfilées sur l’arbre et maintenues solidement par un écrou. L’extrémité de droite de l’arbre porte la poulie motrice.
- Nous branchons le moteur sur un circuit à courants alternatifs à 110 volts et à 42 périodes par
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- seconde. Nous avons soin en même temps d’appuyer sur le bouton que nous avons mentionné. Nous avons ainsi deux circuits qui sont traversés par deux courants décalés de 90° ; car on a remarqué que le circuit en fil fin a un plus grand coefficient de self-induction. Il se forme un champ tournant; notre induit esl entraîné. Après quelques minutes, le moteur tourne à pleine vitesse angulaire. On peut alors cesser d’appuyer sur le bouton et le moteur est prêt à fonctionner sous charge.
- Telles sont les principales dispositions d’un modèle intéressant de petits moteurs électriques que l’on trouve aujourd’hui dans l’industrie. J. Laffaruue.
- EXPOSITION D E XHLS-C01 HT
- PRÈS I)F. LONDRES
- Un combat naval sur une scène de théâtre est, on l’avouera, un spectacle qui ne manque pas d’originalité. Telle est pourtant la grande attraction offerte par l’Exposition « d’Earls-Court )) près de Londres, à ses nombreux visiteurs. La pièce d’eau rectangulaire sur laquelle l’action a lieu, mesure environ 50 mètres sur 15. Les décors sont peints et disposés sur plusieurs plans de façon à donner aux spectateurs l’illusion d’une vaste baie s’étendant au pied d’une ville bâtie en amphithéâtre. Un fort défend l’entrée des passes donnant accès de la haute mer dans l’intérieur du golfe et plusieurs batteries, placées au premier plan, protègent la ville contre le bombardement d’une flotte. Peu à peu et de tous côtés apparaissent des navires de guerre; ils défilent d’abord en bon ordre tout autour de la pièce d’eau afin de permettre aux spectateurs de les examiner de plus près et d’admirer leur parfaite construction. Chacun de ces navires, au nombre de 14 environ, est une merveille de patience et de précision. L’escadre se compose de 4 ou 5 cuirassés, autant de croiseurs et de quelques torpilleurs. Tous ces modèles, construits et brevetés par M. Leps, de Londres, reproduisent en petit tout ce que l’art naval moderne a pu produire de plus perfectionné; les plus petits mesurent 12 pieds et les plus grands 25 pieds de longueur. Quant au prix de revient il a varié de 4 à 6000 francs pour chacun de ces bateaux. Dans la première partie de la représentation on assiste à des manœuvres d’escadre en temps de paix. Chacune des unités évolue avec une précision remarquable, obéissant aux signaux donnés par le vaisseau amiral, le « Yietory », au moyen de petits drapeaux et de coups de sifflets. Les navires vont, viennent, s'entrecroisent et virent de bord avec une facilité surprenante. Des lancements de torpilles ont ensuite lieu contre des buts mobiles et, chaque fois que le disque est touché, une énorme colonne d’eau jaillit, donnant une parfaite illusion de la réalité. La flotte se retire alors, elle quitte la baie pour la haute mer et devient à partir de ce moment l’escadre ennemie. La nuit arrive, les maisons s’illuminent ainsi que le phare, à l’entrée du goulet, et seuls les projecteurs électriques des ports témoignent de la crainte d’une attaque nocturne. Un par un, les navires de guerre pénètrent alors dans les eaux calmes de la baie, tous les feux à bord étant éteints et les torpilleurs en avant-garde. Tout à coup le faisceau de lumière découvre l’ennemi et une formidable canonnade s’en suit entre les ports et l’escadre. Chaque navire tire 50 coups à peu près et les avaries qu’ils subissent témoignent de la résistance
- désespérée des batteries de la côte. L’un d’eux prend feu et surnage bientôt la coque en l’air, d’autres sombrent; mais, la poudrière de la ville finit par sauter avec une détonation terrible projetant sur la mer les reflets rougeâtres de l’incendie. A partir de ce moment, les forts se taisent et la flotte, pour célébrer sa victoire, illumine et tire un feu d’artifice. Tout cela est saisissant de vérité et tellement bien exécuté, que l’on se croirait réellement à un des héroïques combats de Manille ou de Santiago. On croit généralement que ces résultats surprenants sont obtenus au moyen de fils électriques reliant les navires à la terre ferme. Il n’en est rien cependant, et bien des spectateurs, sans doute, seraient étonnés, si on leur disait que dans chaque bateau se trouve un homme ayant toute une machinerie électrique à sa disposition pour la propulsion, l’artillerie et les signaux, assis confortablement dans un caisson s’étendant au-dessous de l’eau et dont la tête, cachée par la passerelle, est entourée d’une toile métal-tique permettant de voir sans être vu. De l’avis même d’un amiral anglais, l’amiral Markham, ces manœuvres d’une flotte lilliputienne pourraient être d’une grande utilité au point de vue instruction navale. On éviterait ainsi bien des frais et l’on aurait des vues d’ensemble des mouvements d’une escadre rendues difficiles dans la réalité par la fumée des canons et l’étendue du champ de
- manœuvre1. Henri de Thiersant.
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- CHRONIQUE
- La troisième lune. — Au mois de mars dernier, nous avons signalé un mémoire de M. Waltemath, de Hambourg, annonçant l’existence d’une seconde lune circulant autour de la Terre, peut-être autour de la première lune. Cette lune avait été vue, dit-on, à Wiesbaden le 5 février, et même en Chine par trois officiers allemands ; mais on oublie, peut-être pour cause, de donner des noms et des cliifl’rcs>Elle devait repasser sur le disque du Soleil le 50 juillet ou vers cette époque. Nous n’attendons guère le récit d’une observation sérieuse de ce nouvel astre. Mais ce n’est pas tout : English Mechanic, dans son numéro du 20 juillet, nous dit qu’une troisième lune, plus grosse que la deuxième, devait passer devant le Soleil également vers le 50 juillet. Décidément nous sommes en présence de tout un monde de lunatiques. Nous ne serions pas étonnés d’apprendre bientôt qu’avec un faible télescope et une puissante imagination certaines personnes ont aperçu la deuxième et la troisième lune. En si bonne voie de découvertes, elles pourront donner à la Terre cinq satellites comme à Jupiter ou huit comme à Saturne. Soyons circonspects en pareille matière.
- Nouvelle détermination de la densité de la terre. — M. Braun vient d'effectuer une nouvelle détermination de la densité de la terre. Les résultats ont élé publiés récemment par le journal Ciel et Terre. Les observations ont été faites à l’aide d’une balance à torsion spéciale, construite par M. Braun même, et le résultat final donne pour valeur moyenne de la densité de la terre 5,52765, chiffre qui correspond sensiblement à la meilleure détermination de M. Boys.
- La tuberculose à la caserne. — Le passage suivant, extrait par le Progrès médical d’un travail deM. le médecin inspecteur Valin sur la question des planchers dans les habitations collectives, est des plus suggestifs : « Dans
- 1 Pourquoi ne verrions-nous pas cette intéressante exhibition à notre grande Exposition de 1900? N. de la R.
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- une chambrée de caserne, par exemple, voilà un homme qui tousse et qui crache : c’est parfois un tuberculeux en évolution commençante dont la maladie a été méconnue ou dissimulée, et dont la réforme ne sera prononcée que dans quelques semaines. Pendant la nuit il pr ojette sur le plancher des crachats que les chaussures des passants étalent; la dessiccation les transforme en poussière que soulèvera le balayage. 11 y a là une source de dangers considérables et je n’en connais pas d’exemple plus saisissant que ces cas relatés récemment par M. Kelsch à l’Académie de médecine. Il s’agit de deux soldats présentant au talon et à la plante du pied une ulcération rebelle à tout traitement, qui semblait n’ètre qu’une excoriation banale provoquée par la marche ou une écharde du plancher et entretenue par la malpropreté. Brusquement, des accidents de méningite et de phtisie à marche rapide éclatent et emportent en peu de temps ces deux malades; on trouva des bacilles tuberculeux dans les glandes engorgées de l’aine et dans les autres organes une tuberculisation miliaire généralisée. »
- Anguille de la Nouvelle-Calédonie. — M. Jules Garnier avait déjà signalé la présence, dans les rivières de la Nouvelle-Calédonie, d’une anguille de forme spéciale, beaucoup plus grosse, par rapport à sa longueur, que celles que nous connaissons. L’ayant fort rarement rencontrée, il en parla à un colon qui habite la côte ouest, vers le milieu de l’ile, à La Poya. Là existent de grands étangs de 500 hectares de surface, dont les eaux proviennent des torrents voisins, lorsqu’ils débordent à la saison des pluies. L’abord de ces étangs est défendu par des joncs et des plantes aquatiques à feuilles coupantes ; mais, à la suite de longues sécheresses, les eaux se retirent vers le centre de l’étang, où la profondeur est de 4 à 5 mètres. Notre colon eut l’idée de brûler les joncs desséchés et put ainsi s’avancer vers le centre. C’est dans ce parcours que, deux fois en vingt-cinq ans, il rencontra une anguille jusqu’alors inconnue des"habitants de l’ile et d’une espèce extraordinaire. Cette anguille a 2 mètres environ de longueur, une tête aussi grosse que celle d’un homme, des yeux énormes; le corps n’est pas tout à fait aussi gros que la tête ; la peau est d’un vert sombre, la gueule très grande ; cet animal rappelle les formes de la lamproie, mais sa chair n’est pas noire. Les indigènes, qui seuls jusqu’ici connaissaient cette anguille, semblent la redouter beaucoup. « J’ai prié vivement, dit M. Garnier, à la Société de géographie, le colon en question, M. A. Escande, de faire ses efforts pour conserverie corps d’une de ces anguilles géantes, s’il en rencontre une troisième ; il me l’a promis, mais il faudra attendre une époque de longue sécheresse comme il en a vu seulement deux depuis vingt-cinq ans. Quoi qu’il en soit, le fait étant à présent connu, tôt ou tard l’occasion se présentera de se procurer un de ces animaux dont, sans doute, je n'avais vu que des jeunes pendant mes explorations. » Le même voyageur avait également déjà parlé dans ses écrits d’un serpent de 1 mètre à lm,50 de longueur qui existe à la Nouvelle-Calédonie, le Pelamis bicolor. Les habitants le considéraient comme inoffensif; il a des crochets venimeux, mais il ne s’en était encore pas servi contre l’homme ; du moins on n’avait pas encore constaté le fait. « Or, l’année dernière, un Français, passant près d'un nid de ces serpents, fut mordu par la mère et mourut en deux heures; grand émoi dans la colonie, où ce serpent abonde sur certains rivages ; on fit des expériences : des lapins, des chats furent exposés aux morsures du Pelamis et moururent rapidement. Je m’explique à pré-
- sent, dit M. Garnier, la terreur de mes Kanaks lorsque autrefois je voulus leur faire porter un de ces serpents encore vivant, que j’avais pris et que je destinais au musée naissant de Nouméa. »
- L’éclairage électrique dans les régions arctiques. — Suivant notre confrère, le London Electrician, il existe deux villes au delà du cercle arctique qui possèdent une station d’éclairage électrique. Ce sont Hammerfesl et Tromsoe. La lumière électrique doit y rencontrer de nombreux amateurs pendant les longues nuits d'hiver.
- Résistance électrique de deux disques métalliques au contact. — Tout le monde sait que M. Branlv, il y a trois ans, a prouvé que la surface de contact de deux métaux différents, bien nettoyés, bien dressés sur un plan d’acier et superposés avec pression, pouvait offrir une résistance plus ou moins élevée. Le phénomène n’est pas général. Pour certains métaux et alliages, qui servent habituellement dans les mesures électriques (cuivre, zinc, laiton, argent, maillechort, etc.), la résistance au contact est nulle ou très faible ; pour d’autres, tels que le fer, l’aluminium, le plomb, le bismuth, etc., la résistance est souvent très forte. M. Branlv a fait dernièrement une nouvelle communication qui a pour objet d’étendre le phénomène, en montrant que le contact de deux disques d’un même métal est aussi, pour certains métaux et dans certaines conditions, le siège d’une grande résistance.
- Tremblements de terre. — Des tremblements de terre ont été ressentis dans la nuit du 5 au 6 août à Messine, à Iteggio de Calabre, à Millazzo et à Mineo. Ils n’ont causé aucun dégât matériel. A Messine, une forte secousse s’est produite, le G août, à 2h 55m du matin ; elle a duré 5 secondes, trois autres secousses plus légères l’ont suivie. L’agence Reuter télégraphie de Valparaiso qu’une violente secousse de tremblement de terre, dont la durée a été d’une minute environ, a été ressentie dans la nuit du 25 au 24 juillet à Conception et à Talcahuana (Chili). Plusieurs maisons ont été détruites et beaucoup d’autres endommagées. Les communications télégraphiques et téléphoniques ont été interrompues et les fils employés pour la lumière électrique ont été brisés. Un second choc s’est fait sentir dans ces mêmes localités le 24 juillet à lh55"1 du soir.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 août 1898. — Présidence de M. Wolf.
- La composition de l'atmosphère. — M. Uautefeuille dépose une Note de MM. Albert Lévy et Ilenriet, sur le dosage de l’acide carbonique dans l’air. Les différents chimistes qui se sont occupés de cette question sont arrivés à des résultats contradictoires. Boussingault indique une teneur de 40 à 60 cent-millièmes ; Fausky, en Autriche, donne 51 cent-millièmes ; Kofer, dans le désert de Libye, trouve 44 à 49 ; un autre observateur abaisse à 28 la proportion.
- A Montsouris, la moyenne des résultats obtenus par des analyses quotidiennes ininterrompues portant sur 20 années, accuse 50 litres d’acide pour 100 mètres cubes. Mais ces résultats sont observés en faisant passer bulle à bulle l’air dans une solution de potasse, procédé dans lequel la bulle et la solution sont en contact pendant peu de temps. MM. A. Lévy et Henriet ont établi que
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- les résultats varient si l’on modifie cette durée de contact.
- Ils ont montré que l’acide est tout entier absorbé par la potasse ou la baryte au bout de 10 minutes; que cependant l’air donne une proportion croissante si le contact dure de 10 minutes à 2 heures. Ils concluent qu’il n’y a pas seulement dans l'atmosphère de l'acide carbonique tout formé mais encore des matières gazeuses carbonées susceptibles, au contact de l’oxygène et d’un alcali, de se transformer en acide carbonique.
- Une double série d’analyses permet d’apprécier la quantité de ces matières gazeuses carbonées de l’atmosphère. Cette question est liée à celle des fumiers, des odeurs de Paris, etc., et il est intéressant d'en poursuivre l’étude. Il conviendra surtout de rechercher la nature de ces matières gazeuses. Ch. de Yitxedfxie.
- UNE NOUVELLE ARQUEBUSE DE PÊCHE
- Quel est celui qui n’a jamais pêché?... J’entends : |)èché au trident de Neptune.
- Au moment des vacances, pêcher avec succès c’est la joie des grands et des petits.
- Un connaît l’instrument : une sorte de hampe portant à son extrémité une demi-douzaine de pointes acérées. Le pêcheur lance ces pointes sur le poisson, à la manière des sagaies, mais le plus souvent, -de quelque adresse dont il puisse faire preuve, il manque son coup, Il vise mal, son hras vacille.... 11 faut recommencer, et plus d’une fois.
- La nouvelle arme que nous présentons aujour-
- L'arbalètc de pêche.
- d’hui à nos lecteurs, nous parait devoir remédier à ce gros inconvénient.
- Son inventeur, M. Henri Bonnet, ancien mécanicien en chef des paquebots-poste transatlantiques, membre du conseil supérieur de la marine marchande, lui a donné la forme d’un fusil avec canon en fer, destiné à recevoir le trait et muni d’un ressort d’acier assez puissant pour lancer, au moyen d’un simple déclic, une flèche métallique à trois pointes, de 70 centimètres de longueur, à six ou sept mètres de distance.
- Un voit vite, d’après la construction, quels sont les avantages de ce système : légèreté, force de pénétration et portée plus grandes, et surtout certitude de pouvoir viser avec l'œil, et au reposé, chose qui, naturellement, était impossible avec le vieux trident de Neptune.
- C’est là un véritable sport, de [dus en plus en vogue, aujourd’hui,au moment des villégiatures.
- Le pêcheur, au bord de l’eau, attend la venue du
- poisson avec cette patience que seul dans toute l’espèce humaine il sait avoir. Dès que celui-ci apparaît — presque toujours par bandes nombreuses — il épaule son arme, vise, et sans tenir compte de là réfraction dont les effets sont insignifiants à si faible distance, il appuie sur le ressort. Ce ressort se détend et lance sa flèche qui va droit au but si... le pêcheur est adroit. Nous supposerons, bien entendu, qu’il est adroit.
- Il ne lui reste plus alors qu’à tirer sur le filin attaché au fronteau de mire pour ramener le poisson sur la rive.
- L’arbalète de pèche depuis si longtemps cherchée est, croyons-nous, enfin trouvée.
- Nous pensons rendre un réel service à tous les pêcheurs en leur conseillant l’emploi du nouveau trident de Neptune. A. Z.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuhe, rue de Fleurus, 0.
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- y 1517.
- ‘2 7 AOUT 1898.
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- UTILISATION DES ORDURES
- DANS LES VILLES
- La lin du dix-neuvième siècle a porté, sur l’assainissement des villes, une marque profonde. A l’heure actuelle un grand nombre de municipalités s’occupent de transformer leur voirie conformément aux principes de la science de l’hygiéniste : — amenées d’eau potable, drainage efficace des eaux usées, vidange par tout à l’égout ou vidange pneumatique, épandage agricole bien appliqué, ont permis de résoudre une-partie du problème ; il reste une importante question
- souvent négligée, c’est celle du traitement des gadoues et ordures ménagères.
- Jadis, et encore de nos jours dans quelques localités, les détritus étaient portés dans des voiries dites d’immondices, tas d’ordures immenses à quelque distance de la ville où s’accumulaient chaque jour les résidus de toute nature : débris végétaux, cendres, balayures des rues, charognes, etc. L’odeur exhalée par ces amas était intolérable et les miasmes dégagés occasionnèrent de nombreux accidents. Après une putréfaction, entravée par le fait même de l’accumulation empêchant le libre accès de l’air, les ma-
- Fig. 1. — Vue dusine pour le traitement rationnel des détritus des villes: A, arrivée des papiers et chiffons ; B, table de triage, courroie sans fin mue par d" ; C, courroie montant les résidus de triage dans le four d’incinération; D, four d’incinération, d, bouilleur chauffé par les gaz des carneaux e e' se rendant à la cheminée G; d1, petit moteur actionnant l’arbre d" ; M, arrivée du garbage; N, cylindre digesleur pour le traitement des gadoues; v, conduite de vapeur d'eau; F, magasin; O, égouttoir à double fond, les liquides sont repris en o par la pompe p et décantés pour enlever les graisses dans les bacs P ; m, monte-charge ; Q, presse ; R, séchoir; les matières sont chargées en n, une double enveloppe r sert à chauffer à la vapeur tandis qu’une vis hélicoïdale r' entraîne les substances.
- tières étaient quelquefois répandues sur les champs, d'autres fois conservées comme remblais. Ces remblais, du reste, constituent de détestables terrains impropres durant de longues années à toute assise de construction stable et une cause permanente d’insalubrité; les eaux de surface filtrant a travers les couches en fermentation se polluent et viennent souiller les eaux des puits environnants.
- Dans quelques cités côtières, les gadoues étaient purement et simplement jetées à la mer; mais le transport étant très onéreux, les navires ne s’écartaient jamais au Iargejpour culbuter leur chargement, une grande quantité de détritus était ramenée par le jeu des marées et des courants.
- 26* année. — 2* semestre.
- A part ces deux méthodes — coûteuse pour le jet à la mer, insalubre pour le remblais, méthodes aujourd’hui généralement abandonnées, — dans les grandes villes divers procédés sont pratiqués dans le but d’utiliser l’ordure soit pour ses propriétés fertilisantes, soit comme combustible.
- La composition des gadoues varie selon les contrées et les saisons, les pays froids donnent des résidus plus combustibles que ceux des contrées chaudes ; ceux-ci riches en débris végétaux sont très aqueux. À Paris, d’après MM. Girard et Muntz, 100 parties d’ordures ménagères contiennent pour 100:57 d’eau, 15,5 de matières organiques, 58 de matières minérales et le reste en débris de verre, porcelaine, etc.
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- La combustion se pratique surtout en Angleterre, là l’ordure est auto-combustible étant très chargée en cendres et combustibles non brûlés, l’incinération s’effectue dans des fours à haute température, la chaleur des gaz est utilisée pour fournir de la vapeur, transformée ensuite en force motrice ou en électricité-—la station électrique de Shoreditch (Angleterre) n’emploie pas d’autre combustible. — Malgré cette récupération partielle, la dépense s’élève en moyenne de lfl ,50 à lfr,25 par tonne incinérée.
- L’utilisation agricole la plus simple consiste à épandre sur le sol les gadoues. Pratiquée dans un centre de culture intensive, cette fumure devient rapidement coûteuse avec la distance de la ville au point d’utilisation, étant donnée la niasse énorme de pierres, d’eau à déplacer pour enrichir un champ d’une faible quantité d’engrais. Pour enrichir son sol de 800 kilogrammes de substances fertilisantes par hectare, le cultivateur est obligé d’y introduire 6 000 kilogrammes de pierres, ferrailles, débris inertes et de transporter 50 000 kilogrammes
- Fig. 2 et 3. — Façade et coupe d’un four destructor anglais ; A, arrivée des gadoues; a, chargement dans le four; c, grille; b, cendrier; e, grandes portes pour l’entrée directe dans le four de grands objets; d, conduite de vapeur d’eau pour activer le foyer par injection de vapeur.
- d’eau. En outre, si le four anglais détruit complètement les germes, l'épandage direct est dangereux, les débris de verre peuvent blesser les animaux ; ces blessures amènent ensuite rapidement le tétanos.
- Les Américains ont voulu, en satisfaisant les règles d’une complète stérilisation des gadoues, en extraire complètement les engrais et les graisses pour les transformer en produits marchands inaltérables. — Les ordures, dans les villes de l’Union, ne peuvent être incinérées sans addition de charbon, un règlement de police exige des habitants la séparation en tas distincts des résidus utilisables après triage, papiers, chiffons, bouteilles, etc., des cendres et du garbage. Cette dernière catégorie est formée par les débris ménagers riches en substances organiques très humides.
- A Saint-Louis, le garbage est traité par le naphte qui enlève les graisses ; le résidu de l’épuisement, convenablement séché, se vend ensuite comme engrais; à New-York depuis deux ans fonctionne une usine travaillant d’après le brevet Arnold ; dans un grand cylindre, les gadoues sont cuites durant sept heures par un courant de vapeur d’eau à 4 atmosphères ; après refroidissement les eaux de condensation écoulées entraînent toutes les graisses, les tourteaux séchés, blutés forment un engrais contenant toutes les
- matières fertilisantes de la gadoue verte, soit environ 2,65 pour 10!) d’azote, 2,40 d’acide phosphorique et 0,8 de potasse.
- Telles sont dans les grandes villes les méthodes ordinairement suivies ; le problème a-t-il une solution dans ces seules agglomérations et les petites villes ne peuvent-elles trouver dans leurs détritus non une source de revenus, mais au moins une garantie de retrouver les capitaux employés à les transformer, le problème devant recevoir avant tout une solution sanitaire.
- Le principal obstacle à l’extension de ces applications se trouve dans la nécessité d’avoir un certain stock à traiter pour assurer une marche continue aux appareils, fours ou digesteurs. En raison de l’altérabilité rapide des ordures, il faut au moins une alimentation journalière de dix tonnes de détritus, ce qui représente une population de dix mille habitants environ. Mais les avantages et profits du traitement de leurs gadoues peuvent être retirés par des cités moins importantes ; ces cités en s’associant réuniraient les capitaux nécessaires pour élever une usine, la dépense serait peu élevée surtout si des rivières ou des canaux les relient entre elles.
- Dix tonnes suffisent pour alimenter un four destructor système Fryer du prix de 15 000 francs. Avec la chaleur dégagée théoriquement on devrait récupérer 50 à 60 cire vaux-vapeur pratiquement. A la station anglaise d’Uldham, par exemple, 10 à 12 chevaux seulement sont obtenus ; les scories, cendres mélangées au ciment, servent à préparer des mortiers, des briquettes légères. Par la main-d’œuvre cette incinération coûte par jour de 12 à 15 francs. Malgré la force motrice produite, les mortiers vendus, la dépense est grande comparativement au peu de profits retirés de la valeur de l’ordure estimée à environ 8 francs la tonne en tant que matières fertilisantes.
- Pour les raisons exposées plus haut, nous écarterons l’épandage agricole direct, les inconvénients présentés étant beaucoup plus désastreux que le seul avantage de l'apport d’humus dans le sol ; mais les engrais contenus dans l’ordure étant susceptibles d’être séparés avec bénéfice par un procédé chimique d’épuisement analogue au brevet Arnold, nous recommandons cette recherche à la sagacité des chimistes et des hygiénistes. Le procédé Arnold coûte environ 15 000 francs d’établissement pour le traitement de dix tonnes, la dépense en vapeur d’eau, en force motrice pour les broyeurs et malaxeurs étant relativement faible par rapport à la valeur des produits extraits ; avec le garbage de New-York dix tonnes fournissent 300 kilogrammes de graisse vendus 180 francs et 1200 kilogrammes d’engrais vendus 48 francs.
- En résumé, voici de quelle façon nous voudrions voir les municipalités régler cette partie de l’assainissement des rues et habitations. Par mesure d’hygiène le chiffonnier triant au crochet les tas d’ordures et faisant rentrer dans la circulation une masse d’objets peut-être encore en excellent état,
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- mais généralement pollués par les contacts plus ou moins prolongés avec les matières en putréfaction, serait supprimé en tant qu’industriel indépendant, mais embrigadé pour le triage rationnel des résidus ; les habitants seraient tenus de déposer dans des récipients spéciaux les papiers et chiffons, les cendres et les ordures ménagères. Ces trois catégories seraient conduites à l’usine, là les papiers, chiffons, bouteilles triés et désinfectés par uffe équipe d'ouvriers chiffonniers avant d’être vendus au profit de la ville ; la désinfection pourrait s’effectuer par un étuvage ou une exposition dans une atmosphère d’aldéhyde formique. Les derniers débris de ce triage seraient incinérés. La catégorie des cendres peut fournir après criblage une assez forte quantité de combustibles non utilisés; à New-York de ce chef on évalue la valeur du charbon ainsi retrouvé à 0fr,80 par tète d’habitant et par an. Ce combustible servirait , avec la chaleur du four d’incinération des débris de la première catégorie, à fournir la force motrice et la vapeur nécessaires pour l’extraction des graisses et engrais des ordures ménagères proprement dites.
- En résolvant la question dans ce sens, les ressources multiples retirées d’une méthode rationnelle permettraient aux municipalités de satisfaire pleinement les exigences de la salubrité publique en transformant une source de dépenses actuelles en une source de profits. M. Molinié.
- NOUVEAU VERRE BLEU
- A OXYDE DE CHROME
- Le saphir bleu se produit artificiellement dans les mêmes conditions que le rubis. Ces deux jolies pierres sont colorées par de l’oxyde de chrome.
- La seule différence entre elles réside dans les proportions de la matière colorante, peut-être aussi dans l’état d’oxydation du chrome ; mais l’analyse n’a rien pu répondre de précisa eet égard, à cause de la quantité très petite de la matière colorante.
- Dans certaines préparations on a obtenu, placés à côté l’un de l'autre, des rubis rouges et des saphirs du plus beau bleu, dont la teinte est d’ailleurs identique à la teinte du saphir oriental dont la cause est inconnue.
- Gaudin, de son côté, a observé que l’oxyde de chrome chauffé dans la flamme réductrice au chalumeau oxhydrique prend une belle teinte bleu-de-ciel un peu verdâtre.
- M. André Duboin a profité de ces recherches pour obtenir des verres d’un beau bleu à base de chrome et il y est parvenu en chauffant simplement, dans un creuset brasqué au milieu d’un fourneau à vent sans soufflerie et à coke pendant cinq heures, le mélange vitrifiable donnant le verre que l’on veut produire, après y avoir mélangé intimement un peu d’oxyde de chrome ou de chromate de potasse.
- Les verres ordinaires ne donnent pas de bons résultats.
- M. Duboin a obtenu des verres bleus magnifiques en chauffant ensemble :
- Silice, 84 parties ; acide borique anhydre, 39 ; carbonate de baryte, 157,6; alumine, 16 ; bichromate de potasse, 7.
- Ces verres sont d’un très joli bleu tendre. Flamel.
- . L’EXCURSION DE « LA NATURE -
- Notre première Exclusion favorisée par un temps merveilleux a pris fin, selon le programme, le 16 août au Yigan. Le lecteur qui a parcouru des yeux, dans la Boite aux lettres, les télégrammes que nous avons reçus jour par jour, savent l’accueil empressé qu’ont reçu nos excursionnistes. C’était fête sur leur passage. Nous ne pouvions souhaiter un succès plus grand.
- Tout le long de l’itinéraire, on s’est efforcé de nous rendre le voyage facile et agréable, utile et intéressant. C’est avec une véritable satisfaction que nous nous faisons le porte-paroles de ceux qui ont suivi l’excursion, et (pie nous remercions les municipalités, les administrateurs, directeurs, ingénieurs de leurs bienveillantes réceptions, et la presse locale de la sympathie qu’elle n’a cessé de témoigner à La Nature.
- Après 12 jours de relations intimes et cordiales, quand on s’est quitté, c’était avec regret, mais avec l’espoir de se retrouver à l’excursion de 1899. Le voyage de cette année laissera certainement parmi tous ceux qui ont pu l’accomplir un bon et durable souvenir.
- Nous n’avons malheureusement pu être de ceux-là. Mais quelqu’un qui nous touche de près, notre ami et éditeur, M. Georges Masson, malgré ses hautes et multiples occupations, a bien voulu rejoindre les excursionnistes et se faire l’interprète de nos regrets. Il a tenu aussi à porter à M. Marcellin Boule tous les remerciements de la Direction et de l’Administration de La Nature. Nous lui en sommes très reconnaissants. Le savant paléontologiste du Muséum s’est prodigué ; il a été du commencement à la fin l’âme de l’excursion; impossible de mieux faire valoir et de mieux légitimer qu’il ne l’a fait le titre et le programme de La Nature en mettant si nettement en relief, par des causeries charmantes et de savantes conférences, les curiosités du sol et de l’industrie, les incomparables beautés de cette magnifique région de la France.
- Nous n’entrons aujourd’hui dans aucun détail. C’est par centaines que les excursionnistes ont pris des photographies. Nous consacrerons bientôt un numéro spécial à notre excursion de 1898. Ce numéro sera illustré par les excursionnistes eux-mêines. Nous espérons qu’il ménagera plus d’une surprise à nos lecteurs. H. de P.
- DE l.\ DIVISION DES CADRANS D’HORLORES
- La primitive division des cadrans d’horloges à moteur à eau ou mécanique semble avoir été le plus généralement de 24 heures, cependant elle fut aussi de 12.
- Au quinzième siècle, dans les horloges de clocher et au seizième dans toute espèce d’horloge, on trouvait la division de 24 laquelle fut en usage jusqu’au siècle dernier, bien que très rarement du reste.
- Dans les mémoires de littérature de l’Académie des inscriptions 1755 : « Dissertations sur J. de Dondis et à cette occasion sur les anciennes horloges », par Falconet,- on lit :
- « Pontus de Thiard (1521-1605), poète et évêque de Châlons, distingue les horloges qui marquaient et peut-être sonnaient 24 heures, d’avec celles qui n’en marquaient que 12; il appelle entières les premières et les autres demi-horloges.
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- 11 y eut plusieurs façons de disposer les 24 heures sur les cadrans, nous allons en citer quelques-unes.
- Dans les horloges de clocher des quinzième et seizième siècles, les 24 heures étaient marquées sur un même disque en deux périodes de 1 à J 2, Vêtait à peu près l’unique disposition d’alors.
- La cathédrale de Chartres en offre deux très beaux spécimens ; l’un dans le cadran du tour du chœur, et l’autre dans celui placé dans le petit édifice construit spécialement pour l’horloge, en dehors du monument, et qui fut commencé au mois de mars 1520 et terminé la même année (fig. 5). Ce dernier cadran est particulièrement remarquable par la netteté de son dessin. On en trouve ainsi divisés en Angleterre : à Wimborne, à Glaston -
- bury. En Italie : à Venise En Suisse : à Berne, etc.
- Malgré nos recherches, il ne nous a pas été donné de trouver d’horloges d’appartement du quinzième siècle autrement qu’avec l’unique division de 12.
- Dans les horloges de table et d’appartement du seizième siècle, au contraire, il existe maintes dispositions des 24 heures. sur les cadrans. D’abord, celle dont nous venons de parler pour les horloges de clocher, c’est-à-dire deux périodes de 1 à 12 ou de 1 à 24 sur un même disque. Puis, dans d’autres avec deux périodes de 1 à 12 ou de 1 à 24 sur deux disques concentriques. L’idée de plusieurs disques s’explique vu la dimension des cadrans de ces horloges souvent très petites, ce qui, nécessairement, rendait la lecture des heures difficile.
- Fig. 1. — Horloge italienne ilu commencement du sva' siècle.
- Fig. 2. — Cadran, d'après une gravure de Ditterlin.
- Fréquemment, chacun de ces disques avait les heures gravées en caractères différents ; par exemple, l’un était en chiffre arabe et l’autre romain, ou s’ils étaient de même nature, leur aspect différait. Dans l’un la gravure était fine, tandis que
- dans l’autre tous les jambages étaient lourds.
- Ces disques concentriques donnaient un effet décoratif d’une certaine richesse, surtout lorsqu’ils étaient accompagnés d’un troisième et même quelquefois d’un quatrième (fig. 4) concentrique aux premiers : ces disques servaient ou pour le réveil-matin ou pour les phases de la lune.
- Nous avons trouvé dans un dessin de tapisserie de Raphaël au musée du Louvre un cadran de 24 heures dont les caractères étaient disposés de façon rayonnante dans autant de secteurs ; cette manière de diviser le cadran, bien que rare, n’est pas unique. Les signes du zodiaque dans le cadran du tour du chœur de la cathédrale de Chartres dont nous venons de parler plus haut y sont ainsi placés.
- Les montres du seizième siècle ont quelquefois la division de 24 heuresj la collection du prince Solti-koff en possédait une entre autres qui est représentée dans le catalogue de cette vente. Cette superbe pièce porte sur le cadran deux disques avec deux périodes, l’une de 1 à 12 et l’autre de lo à 24, gravées chacune en caractères différents. (Nous ferons remarquer le z employé pour les 2 (pie l’on rencontre très fréquemment dans les cadrans de cette époque.)
- La lecture facile du cadran a de tout temps préoccupé les horlogers ainsi que le nombre des coups à sonner. Aussi, dès le treizième siècle, époque où les cadrans étaient le plus souvent pour les clepsydres divisés en 24 heures, a-t-on fait déjà des cadrans de 6 heures. Nous lisons dans Littré, t. III, p. 570 : « Li jors a 4 quadrans, li qua-dran 6 cures, li cure 4'points, les points 10 moments, etc. »
- Cette tradition s’est toujours continuée, et en Italie où la division en 24 heures a persisté, on a
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- dans certaines horloges du seizième siècle employé ! On doit remarquer qu’il devait être encore beau-les six heures avec les sonneries correspondantes. | coup plus embarrassant de compter 24 coups
- Fig. 3. — Horloge de la cathédrale de Chartres.
- que de lire le nombre 24 directement sur le cadran.
- Martinelli, dans son traité des horloges élémentaires (Venise, 1663), les appelle « horloges de 6 heures à la manière de Rome ». Certainement, il y a eu là une exagération, mais la lecture du cadran était facile et, relativement à la sonnerie, la confusion était impossible, car un coup, à 7 heures du matin ou à 7 heures du soir, ne pouvait indiquer 1 heure du matin ou 1 heure du soir vu la différence du temps.
- (On trouve une convention à peu près "analogue dans les sonneries des horloges japonaises au sujet de la demie.)
- 11 en était de même pour l’indication de l’aiguille des heures. Cette division des cadrans est peu connue, les exemplaires en sont rares. On s’est contenté de la trouver étrange sans en expliquer la raison.
- Dès le quinzième siècle, on eut une autre idée afin de pouvoir rendre les cadrans lisibles;
- on inscrivait dans les disques divisés en 12 heures un second disque concentrique sur lequel étaient marqués les quarts (fig. 2). Cet usage s’est conservé jusqu’au dix-septième siècle. Par ce moyen, l’aiguille des minutes qui, dans nos pendules actuelles, est la plus grande, était alors la plus petite, puisque les heures étaient au delà des minutes ou plutôt des quarts, car la division des minutes au quinzième siècle surtout était assez négligée.
- Dans bien des cas, au seizième et au dix-septième siècle, il y avait deux cadrans séparés, l’un pour les heures, l’autre pour les quarts.
- Le type que nous reproduisons (fig. 1), d’après une
- Fig. 4. — Cadran, d'apres une estampe ancienne.
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- pièce originale, a cela de particulier qu'il nous montre dans une même horloge du commencement du dix-septième siècle trois dispositions des cadrans <pie nous venons de signaler, c’est-à-dire : les cadrans de 12 heures, celui de 6 heures et enfin les quarts d’heure. Nous nous trouvons évidemment là en présence d’une fantaisie comme on en faisait tant alors, aussi n’en est-elle que [dus curieuse.
- Toutefois, on doit reconnaître que pour la lionne lecture d’un cadran, si la division de fi heures est insuffisante, celle de 24 est exagérée tout au moins pour les petits diamètres des cadrans de pendules ou de montres et que, pour ces pièces, malgré une certaine logique relative à la journée de 24 heures, la division de 12 est la plus pratique PI.AXCHON.
- On a donné le nom de mistpoeffers à des détonations mystérieuses, entendues surtout sur les côtes de la mer du Nord et dans les contrées avoisinantes. Le mot mist-poefl'ers est un nom vulgaire employé par les pêcheurs du nord de la Belgique; il signifie hoquet ou renvqi de Brouillard. On dit aussi, parmi la population côtière, zeepoeffers, mot qui possède une signification analogue.
- M. Van den Broeck, l’aimable et savant conservateur du Musée royal d’histoire naturelle de Belgique, a fait une enquête parmi les savants et les personnes ayant entendu les mistpoeffers, afin de déterminer exactement les conditions dans lesquelles ils se produisaient et la source où ils pouvaient prendre naissance, La question est loin d’être résolue, elle est seulement posée. Néanmoins un grand nombre d'observations concordantes viennent préciser certaines faces du problème. Et comme l’attention des habitants des côtes maritimes et des navigateurs est appelée de ce côté, on finira, il faut l’espérer, par établir la genèse des mistpoeffers. Cette étude est d’ailleurs des plus attrayantes, elle attire l’esprit par son originalité et par les problèmes multiples qu’elle soulève, elle ne peut donc manquer d’intéresser tout le monde.
- Nous résumons ci-après l’enquête, faite sur ce sujet, par M. Van den Broeck.
- Lorsqu’on se promène non loin des côtes de la mer du Nord, par un temps calme, un ciel serein et une journée chaude, en des points où aucun bruit des villes n’arrive jusqu’à soi, où un peu de brume flotte sur l’eau, on entend parfois, dans le grand silence de la nature, des séries de détonations sourdes et sans roulement, qui semblent partir de la surface de la mer. Ce sont ces détonations, qui ne ressemblent ni au bruit du tonnerre ni à celui du canon, auxquelles on donne le nom de mistpoeffers.
- Quelle est leur origine et leurs rapports avec les forces physiques connues? Les réponses de quelques-uns des correspondants auxquels s’est adressé M. Van den Broeck vont nous en donner une idée.
- Le phénomène paraît connu depuis longtemps, puisque lord F. Bacon, avocat de la reine Elisabeth d’Angleterre, vers 1600, en fait mention dans ses oeuvres. Humboldt en parle dans son Cosmos et Boussingault écrit, à propos du tremhlement de terre survenu à la Vega di Supia, que des détonations, sans tremblements de terre, sans secousses, furent entendues à plusieurs reprises.
- Les Barisal guns, ces détonations mystérieuses qui se produisent dans les deltas du Gange et du Brahmapoutre, semblent intimement liées au phénomène que nous avons en vue. Comme les mistpoeffers, en effet, elles ont lieu toute l’année, mais principalement lorsque l’air est calme et le ciel clair. On a cru qu’elles étaient en connexion avec des agents, volcaniques ou séismiques, souterrains ou sous-marins, mais aucune de ces hypothèses n’a pu être vérifiée.
- Les détonations observées dans la mer du Nord se produisent surtout pendant les journées chaudes, calmes et ensoleillées de l’été et elles se font entendre par des séries de coups peu nombreux, tantôt de 2 ou 5, tantôt de 3 à 5, mais la plupart des observateurs ne peuvent leur assigner une direction déterminée.
- Quand on se trouve sur le continent, les coups paraissent simples; le mot « boum » prononcé sourdement reproduirait fort exactement l’impression du phénomène. Si les coups sont nombreux, les plus forts semblent s’allonger un peu et répondre à « broum ». M. Rutot et d’autres savants ont ressenti, au moment de la détonation, une légère sensation de tremblement dans la poitrine, tandis que d’autres personnes n’ont éprouvé rien de semblable.
- 11 serait nécessaire que des appareils très sensibles, des microphones et des séismoscopes, installés sur les côtes, vinssent apporter leur contingent de lumière, pour déterminer surtout si le phénomène est aérien ou souterrain. Le léger tremblement ressenti par plusieurs personnes au moment des détonations leur a fait croire qu’elles étaient souterraines et correspondaient à des mouvements séismiques.
- Ce qui tendrait — pour ces personnes — à accréditer cette opinion, c’est que l’intensité maximum des détonations se produit quand la mer est le plus calme. 11 ne semble pas qu’il faille chercher l’explication dans l’entraînement d’une masse d’air, comprimée par les vagues retombantes et essayant de sortir de la prison où elle est enserrée.
- Comment expliquer cependant que ces détonations ne soient entendues que le jour, alors que les moindres bruits sont perçus à des distances considérables dans le silence de la nuit? Leur maximum de production ayant lieu de midi à 3 heures et allant en décroissant de 3 heures au coucher du soleil et en augmentant du lever de cet astre à midi, d’aucuns en ont conclu qu’elles sont dues à l’action de la chaleur solaire sur les vapeurs d’eau suspendues dans l’atmosphère et nullement à une action volcanique ou souterraine.
- Voilà des opinions radicalement opposées, puisque les uns admettent que le phénomène est aérien et que d’autres le considèrent comme ayant sa source dans le sol.
- Sur le même sujet, M. Delvaux écrit ces lignes assez hardies : « En se refroidissant, la surface du vieil ellipsoïde terrestre craquelle comme un « marron » et ce phénomène doit nécessairement être accompagné de détonations de la nature de celles que l’on entend lorsque la glace se fond dans les glaciers ». Cette façon de voir n’explique pas pourquoi les mistpoeffers ne se produisent que le jour et pourquoi les détonations sont d’égale intensité.
- D’ailleurs, le bruit semble toujours venir de la pleine mer, à une grande distance de l’observateur. Et cependant, chose curieuse, les marins entendent toujours les bruits mystérieux au loin et jamais près d'eux, et, en pleine mer, ils paraissent venir de tous les côtés à la fois.
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- Y a-t-il donc un mirage pour l’oreille, comme pour la vue? Mais alors, où est la source de ce mirage?
- Durant plusieurs années, M. Mourlon et ses aides ont été très vivement frappés du nombre cotisidérable de jours pendant lesquels, dans la Campine anversoise, ils entendaient, à diverses reprises, dans la journée, des détonations rappelant celles du canon. L’audition était parfois si accentuée qu’elle devenait obsédante; M. Mourlon croyait que le phénomène auditif avait pour cause des exercices ou des expériences d’artillerie, et, par devers lui, il se disait qu’il était inconcevable que l’on consacrât tant d’argent à brûler de la poudre. Après enquête, il apprit qu’aucun tir n’avait eu lieu dans les environs, ce qu’il avait entendu, c’étaient les mistpoeffers.
- Vers Ostende, la population des côtes est assez familiarisée avec les mistpoeffers, aussi entend-on fréquemment dire : « Le canon de la mer tonne; il va faire chaud, ou le temps va changer ». Y aurait-il là une relation avec les phénomènes atmosphériques? La chose est très vraisemblable, car le soleil paraît jouer un rôle constant et la brume aussi : mais la mer ne semble pas un élément absolument indispensable, puisqu’il y a parfois des détonations terrestres. Les détonations pourraient donc être produites par une rupture d’équilibre entre des couches d’air inégalement échauffées et dilatées. La brume locale, flottante, un chaud soleil et l’absence de vent sont autant de causes favorables à ces échauffements irréguliers.
- « C’est le brouillard qui crève », s’écrient parfois les marins quand ils perçoivent les détonations. Ce sont des différences de tension de fluide électrique des couches profondes et des couches superficielles qui amènent des décharges électriques, et c’est le bruit de ces décharges que l’on entend, expliquent certains savants. Ne seraient-ce pas aussi des volcans sous-marins qui produiraient les détonations?
- Nombreuses, on le voit, sont les opinions émises pour l’explication des mistpoeffers. Sera-t-on jamais édifié complètement sur la nature et la source du phénomène? Il faut l’espérer, car des expériences sont entreprises dans ce but. En attendant qu’elles aboutissent, M. Van den Broeck recevrait ét publierait, avec plaisir, des renseignements sur ce sujet vraiment intéressant, et beaucoup plus complexe qu’on ne le croyait tout d’abord. Ph. Glangeaud,
- Docteur ès sciences.
- LA GRANDE LUNETTE DE 1900
- M. Gautier, le célèbre constructeur d’instruments astronomiques, prépare en ce moment, pour l’Exposition de 1900, une lunette unique au monde. Cette lunette figurera dans un « Palais de l’optique » installé près de la tour Eiffel. Elle aura 60 mètres de longueur, lm,25 d’ouverture et coûtera 1 400 000 francs.
- Une grande difficulté se présentait : comment mettre en mouvement un instrument de 60 mètres de longueur et quelle gigantesque coupole mobile faudrait-il pour l’installer? Un a donné à ce problème une solution fort heureuse : la lunette sera immobile, fixée horizontalement sur des supports en maçonnerie ; elle recevra l’image des astres par l’intermédiaire d’un miroir plan mobile de 2 mètres de diamètre.
- M. Vandevyver, qui a eu la bonne fortune de visiter en détail les ateliers de M. Gautier, boulevard Arago, donne dans Ciel et Terre, les plus intéressants renseignements sur la construction de cette lunette.
- La monture de l’instrument comprend 24 tubes en épaisse tôle d’acier, ayant chacun 2m,50 de longueur et
- lm,50 de diamètre. Dans le même local, on voit une partie de la monture du miroir qui, une fois achevée, aura 10 mètres de hauteur. La partie mobile du sidérostat qu’elle aura à supporter pèse à elle seule 14 000 kilogrammes. Toutes les parties de ce support ont été achevées avec un soin, une exactitude qui les met bien près de la perfection. C’est dans l’atelier de polissage qu’on achève le travail du miroir. Il a 2 mètres de diamètre, 0ra,30 d’épaisseur et pèse 3600 kilogrammes. Le directeur des glaceries de Saint-Gobain, à qui l’on s’adressa d’abord pour le coulage de cette pièce, ne voulut pas s’engager à réussir un travail aussi inusité et aussi difficile. Le projet allait donc être abandonné quand M. Despret, directeur des glaceries de Jeumont, s’offrit à tenter ce tour de force. Il coula 12 disques pour en obtenir un bon : en effet 11 furent manqués, et le seul réussi était le premier.
- Pour obtenir un doucissage et un polissage parfaits de ce miroir, M. Gautier a voulu accomplir tout le travail mécaniquement. Sans entrer dans les détails du montage, nous dirons que le miroir est supporté par un plateau d’acier mobile ; au-dessus du miroir est un rodoir également mobile de lm,20 de diamètre. Le polissage s’opère au moyen d’un mouvement de transmission qui fait tourner régulièrement le miroir, tandis que le rodoir est animé d’un mouvement rectiligne de va-et-vient. Le rodoir ne touche pas le miroir; c’est un mélange d’eau et d’émeri qui agit sur le verre. A mesure que le miroir s’aplanit, on emploie de l’émeri plus fin et on rapproche le rodoir de la surface du verre. Le 15 avril, lors de la visite de M. Vandevyver, la distance entre les deux surfaces n’était plus que de 1 /50e de millimètre; il est vrai que depuis sept mois, du matin jusqu’au soir, le miroir tournait, s’aplanissant de plus en plus, et ce n’était pas encore fini ! Les défauts de planéité du miroir sont tous les jours examinés, et à l’aide d’une méthode si précise que l’on peut apprécier la minime dilatation causée par l’approche de la main près de la surface. Quand la planéité du miroir est parfaite, on le polit pendant un mois à sec avec du tripoli de Venise. Le travail de doucissage et de polissage terminé, le miroir est soumis à l’argenture.
- Les objectifs sont aussi travaillés mécaniquement. Les travaux nécessaires à leur achèvement sont d’une longueur et d’une difficulté extraordinaires, et l’on court à chaque instant le risque de tout perdre. L’un seul des deux flints pèse 360 kilogrammes et vaut 75 000 francs. Les crowns pèsent 220 kilogrammes. Tous ces disques une fois terminés auront la valeur de 600 000 francs. Il y aura deux objectifs : l’un photographique, l’autre visuel ; ils seront interchangeables à volonté à l’aide de petits chariots. Le grossissement sera de 6000 et pourra, paraît-il, être exceptionnellement porté jusqu’à 10000. Rappelons que les plus forts grossissements employés jusqu’à présent sont de 4000.
- La destination future de ce merveilleux instrument est encore inconnue. Toutefois, les résultats qu’on attend de lui laissent bien loin derrière eux tous ceux qu’on a obtenus jusqu’à présent. On pourrait, dit M. Vandevyver, suivre avec cet instrument, à la distance de la terre à la lune, les évolutions d’un corps d’armée, la marche d’un grand transatlantique.
- Cette lunette ouvrira donc, au seuil du vingtième siècle, une phase toute nouvelle dans l’histoire de l’astronomie. Nous espérons que l’œuvre entreprise par M. Gautier aura le complet succès qu’elle mérite pour le plus grand profit de la science. L. Barré,
- Astronome à l’Observatoire national de Paris.
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- ELLEZ (TUNISIE)
- Lorsqu’après avoir quitté le Kef, dans la direction de Kairouan le voyageur traverse la plaine du Sers, il est surpris par la fertilité exceptionnelle du sol due à la désagrégation des montagnes voisines, qui renferment de nombreux gisements de phosphate d’une teneur trop faible, il est vrai, pour être exploités, mais qui, néanmoins, suffisent pour expliquer l'abondance des récoltes de céréales, qui enrichissent les indigènes de cette région oii ne se trouvent pas encore de colons européens.
- Les ruines Romaines foulées à chaque pas témoignent que cette richesse ne date pas d’hier, et les
- restes d’aqueducs, (pii, il y a peu de temps encore, dressaient leurs gracieuses arcades du côté de Darfour, indiquent que les anciens n’avaient pas reculé devant les dépenses les plus considérables pour procurer aux habitants de la plaine l’eau potable qui actuellement leur fait complètement défaut.
- Mais bientôt l’œil, fatigué par l’éclat rutilant des orges, qui n’attendent plus que la faucille du moissonneur, est attiré par une foret verdoyante d’oliviers, qui s’étale sur les pentes du Djebel Gamboura et que couronne l’élégante Kouba-du marabout de Si-Abd-el-Mélègue. A peine a-t-on commencé à s’élever sur les premiers contreforts, que l’on éprouve un véritable enchantement et un grand bien-être en se
- Fig. 1. — Source d’Ellez.
- reposant sous les ombrages des oliviers centenaires arrosés sans cesse par l’eau fraîche et limpide de la source qui jaillit au centre du village d’Ellez (fig. 1 ).
- Cette source, d’un débit considérable, s’échappe en bouillonnant de la roche calcaire, traverse un bassin de construction romaine, pour baigner ensuitq les restes d’un barrage remontant à la même époque et est enfin soigneusement recueillie par une quantité de petits canaux,.qui sillonnent ensuite les olivettes.
- Autour de cette source sont groupées les maisons d’Ellez construites avec des matériaux provenant du pillage des ruines. Il n’est pas un mur de ce village où l’on n’aperçoive, ici, une frise délicatement sculptée, là un fût de colonne en marbre, ou même encore les débris d’une statue, preuves d’une civilisation jadis fort avancée.
- Mais lorsqu’on a gagné l’extrémité du village pour franchir le col, l’aspect change subitement, la nature devient aride. C’est à peine si quelques brindilles d'herbes grossières croissent à travers les fissures du rocher, et l’on se trouve au milieu d’un centre important de constructions mégalithiques, qui paraissent avoir été protégées par un mur d’enceinte, dont on peut suivre les traces sur une longueur de plusieurs centaines de mètres des côtés où une pente douce permet d’accéder plus facilement.
- La présence en cet endroit de plus de soixante monuments mégalithiques de grandes dimensions (fig. 2) trouve son explication dans la facilité qu’a rencontrée le peuple qui les a construits sur ces collines formées de calcaires à stratifications très régulières, dont les plans de clivages^horizontaux ont permis sans grand
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- travail de détacher d’énormes dalles d’une épaisseur de 0m, 10 à 0m,35, matériaux merveilleusement appropriés à leur édification.
- Les constructions semblent toutes appartenir au même type. L’entrée, généralement fort étroite, sans doute pour permettre aux habitants de se défendre plus facilement en cas de surprise, donne sur un couloir assez large où un homme de taille moyenne se tient aisément debout. A droite et à gauche sont percées symétriquement dans les parois trois ou quatre ouvertures qui, partant du toit, s’arrêtent à environ 40 centimètres du sol, permettant l’accès des chambres qui se trouvent de chacun des côtés du couloir. Ces chambres ont à peu
- près toutes la même étendue, soit environ 4 mètres de long sur 2 mètres de large et le terrain y est sensiblement plus bas que dans le couloir. Les parois extérieures de ces monuments et les plaques formant les séparations intérieures ont à peine 10 centimètres d’épaisseur : mais comme des pierres aussi minces auraient quelque peine à supporter, même étant sur champ, le poids du couvert, elles sont doublées de distance en distance sur leur surface externe par des blocs plus épais qui forment ainsi de véritables piliers. Les dalles qui servent de toiture ont parfois plus de 20 mètres de superficie. Les seuils des portes sont plus profondément usés par le passage des nombreuses générations qui ont eu là leurs demeures.
- Fig. 2. — Monuments mégalithiques, à Ellez.
- Aucune ouverture n’a été ménagée pour permettre au jour de pénétrer à l’intérieur et à la fumée de s’échapper. C’est sans doute cette remarque qui a conduit le savant directeur des antiquités et des Beaux-Arts de la Régence, M. Paul Gauckler, à affirmer que tous les monuments mégalithiques signalés sur plusieurs points de la Tunisie et appartenant à diverses époques, pouvant être l’oeuvre d’envahisseurs Carthaginois aussi bien que de Berbères autochtones, sont tous funéraires.
- D’autres bons esprits soutiennent non sans raison que les constructions mégalithiques d’Ellez devaient non former une vaste nécropole, mais bien servir à l’habitation des vivants. En effet, pour ce qui regarde Ellez, l’enceinte encore bien visible qui entourait cet ensemble de constructions du côté où l’accès est le
- plus facile, semble corroborer cette seconde opinion. En outre, près de la porte d’entrée de certaines de ces constructions, on aperçoit des sortes de grossières meurtrières, qui devaient servir aux habitants à repousser les attaques ; mais dont il serait difficile de déterminer l’emploi, s’il s’agissait de tombeaux.
- Toutefois là où les rares savants qui ont visité cette curiosité mégalithique sont le plus en désaccord, c’est lorsqu’il s’agit de fixer la date probable de son érection et d’en indiquer les auteurs. Une supposition assez ingénieuse en ferait seulement remonter la construction à une époque relativement récente, postérieure à l’occupation romaine, au temps de l’invasion des Vandales vers le quatrième siècle de notre ère. J. Jeu,if.n.
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- TUBERCULOSE HUMAINE
- ET TUBERCULOSE AVIAIRE
- Il y a des années que l’on se demande s’il y a identité entre la tuberculose de l’homme et la tuberculose des oiseaux.
- La tuberculose aviaire est-elle transmissible à l’homme? Comme toujours, il y a eu beaucoup d’expériences pour et d’expériences contre. L’identité des deux tuberculoses n’avait pu être démontrée. En apparence, il y a des différences marquées entre les bacilles tuberculeux de l’homme et de l’oiseau.
- Les cultures n’ont pas le même aspect; les températures auxquelles les bacilles cessent de se développer ne sont pas les mêmes; au delà de 42°, le microbe humain ne pousse plus; le microbe de l’oiseau se développe encore à 43 et 44°. Enfin les symptômes diffèrent chez l’homme et chez l’oiseau. Le lapin offre une réceptivité égale pour les deux bactéries ; mais les animaux injectés ne meurent pas de la même façon; toutefois, après quelques passages de lapin à lapin, on retrouve avec le bacille aviaire identiquement les mêmes lésions que celles que produit le bacille tuberculeux humain. Le cheval est difficile à tuberculiser expérimentalement; quand il contracte spontanément la tuberculose, on observe deux types : type abdominal, type pulmonaire. Ces deux types correspondent à deux origines différentes de l’infection. M. Nocard a effectivement constaté que les bacilles isolés dans la forme pulmonaire de la maladie ont les propriétés de la tuberculose humaine, alors que ceux de la forme abdominale se rapprochent de la tuberculose aviaire.
- Bien mieux, l’homme, comme le cheval, semble capable de cultiver les deux bacilles. Il y a deux ans, M. Nocard a trouvé dans les expectorations d’un phtisique des bacilles tuberculeux qui, par leur caractère et par les résultats des inoculations, se rapprochaient sensiblement des bacilles aviaires. Enfin, argument encore en faveur de l’identité des deux bacilles, c’est l’histoire d’un certain poulailler. Dans une basse-cour, les poules se portent fort bien. A partir d’un certain jour, elles sont soignées par un phtisique à expectorations bacilliques. Bientôt, les poules à la santé si florissante devinrent malades. Elles contractèrent la tuberculose. Il y avait lieu de penser après cela que les deux tuberculoses étaient les mêmes. Pour que la preuve fût incontestable, il faudrait, objec-tait-on, arriver à la transformation directe de la tuberculose humaine en aviaire, et inversement. Prenez, disait-on, un des deux bacilles et faites en sorte qu’il acquière les propriétés de l’autre !
- M. Nocard a réussi à réaliser ce desideratum. Et ainsi il aurait finalement résolu un des problèmes qui préoccupent depuis longtemps les physiologistes.
- M. Nocard a transformé une culture de tuberculose humaine en tuberculose aviaire. Il a plongé un sac de collodion renfermant la culture dans le péritoine d’un certain nombre de poules. Le collodion est infranchissable aux microbes et aux phagocytes, et perméable aux liquides et aux substances dissoutes. Le bacille tuberculeux humain ainsi emprisonné est défendu contre les attaques extérieures. Il vit et se développe au sein des liquides de l’oiseau. Or, au bout de six à huit mois de séjour, on a sacrifié les poules et ensemencé le contenu du sac de collodion dans une culture convenable. Les bacilles de cette culture présentent tous les caractères du bacille tuberculeux aviaire. Donc le bacille se modifie dans l’organisme de tla poule ; il y a identité entre les
- deux bacilles. Les deux tuberculoses, si distinctes en apparence, sont donc deux variétés d'une même espèce et non pas deux espèces différentes.
- Le fait est capital, au point de vue physiologique. Au point de vue pratique, on voit que l’homme peut parfaitement bien être infecté par la tuberculose aviaire et qu’il y a certain danger à livrer à la consommation des oiseaux atteints de tuberculose1. Henri de Parville.
- LE SULFATE DE FER ET LES FRUITS
- M. M. Delacharlonny a rapporté un fait intéressant*, que lui a signalé M. Eugène Duret, un Tourangeau qui a de belles vignes. Il est relatif au moyen d’obtenir de gros raisins et de beaux fruits. Le procédé ne devant pas être spécial à la Touraine, il peut y avoir avantage à le divulguer.
- « Il y a quelques années, dit M. Duret, j’allais voir un de mes amis à qui j’avais procuré quelques boutures d’un cépage connu sous le nom de gros-cabernet. Nous touchons à la mi-septembre; on attelle, et nous voilà partis pour la vigne. « Les voici, me dit-il, vos magnifiques raisins. — Mais je ne les reconnais pas : ce n’est pas la variété que je vous ai procurée. Le pinot noir de Lignières ne produit pas de si beaux fruits. — Vous faites erreur. Ce sont bien vos pinots. — Que leur avez-vous fait? Ces raisins sont énormes. — Eh! .voilà : j’ai fait dissoudre 2 kilogrammes de sulfate de fer dans 100 litres d’eau ; j’ai versé de cette solution dans mon pulvérisateur et j’en ai aspergé les feuilles et les fruits de tous ces ceps. Mais il faut choisir le moment. J’ai attendu que les grappes eussent atteint le tiers de leur grosseur ordinaire ; j’ai fait un deuxième traitement un mois plus tard, et enfin je les ai aspergés vingt jours avant la cueillette. Vous voyez l’effet. J’ai obtenu des résultats analogues sur des cerises, des poires et des pommes. »
- Depuis ce temps, un ami de M. Duret a continué ses expériences. Et le succès a été constant. Quant au prix de traitement, il est minime. A la dose de 8 à 10 hectolitres par hectare, il suffit de 15 à 20 kilogrammes de sulfate de fer, soit une dépense de 1 franc à lfr,25 de sulfate de fer par hectare.
- Nous ne nous rendons nullement garant de l’efficacité de ce traitement. Nous croyons savoir qu’il a réussi dans un certain nombre de cas. M. Delacharlonny affirme que beaucoup d’horticulteurs des environs de Paris ont appliqué la méthode à leurs fruits. M. Dessonnois, de Sceaux, du Syndicat des horticulteurs et des jardiniers, aurait obtenu par ce procédé des pommes de Calville blanche et des reinettes du Canada d’une grosseur bien au-dessus de la normale. Le plus simple, en pareille matière, c’est d’essayer. Si vraiment le traitement avait de telles conséquences, il serait bien facile d’obtenir de beaux raisins et des fruits de toute beauté. Aux amateurs de contrôler. J.-F. Gall.
- 1 Au récent Congrès de la Tuberculose, M. Nocard a montré aussi que l’âne, qui passait pour réfractaire, se tuberculise spontanément; placés dans une étable où vivaient des bovidés tuberculeux, des ânes ont contracté la maladie. Enfin M. Huon a signalé un cas de contagion de tuberculose de l’homme à la vache. Cette vache était soignée par un tuberculeux. Elle contracta la maladie. Tout cela n’est pas rassurant.
- * Journal d’agriculture, 1897.
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- LES MASSACRES D’OISEAUX
- Quand nous avons dit, ici1, que l’on finirait par tuer tous nos oiseaux, quelques personnes ont pensé que nous exagérions.
- ' Voici encore un argument que nous joignons aux autres3. 11 est extrait de la proposition de loi relative à la protection des oiseaux. M. le comte du Périer de Larsan, auteur du projet, constate que, de septembre à février, une partie de son arrondissement se couvre de lacets en crin. Tout ce qui passe dans l’air est pris. Un calcul fait dans quelques stations du chemin de fer traversant la partie landaise du département de la Gironde donne, pour une seule saison, le chiffre de 17 000 kilogrammes de petits oiseaux expédiés en messagerie et 8000 kilogrammes par voiture, au total 25 000 kilogrammes. En fixant à une moyenne de 35 grammes le poids de chaque oiseau, on arrive au chiffre de 750 000 petits oiseaux détruits en quelques mois dans une région seulement.
- Or, si l’on considère que les entomologistes évaluent à 200 le nombre de larves, insectes, chenilles, chrysalides, pucerons que dévore par jour un petit oiseau, on arrive à cette constatation que les pauvres oiselets tués auraient, dans une année, débarrassé la terre de 55 milliards d’insectes!
- Le moineau lui-même, si redoutable en tant que granivore, rend de grands services au printemps, quand il est insectivore :
- « Si l’on compte, dit M. Pélicot, 50 millions de moineaux en France, et s’ils détruisent 4 livres de blé à 22 francs les 100 kilogrammes, leurs déprédations s’élèvent à 22 millions de francs. C’est leur budget. Mais, en regard, chacun d’eux détruisant par semaine au moins 1680 chenilles et 360 hannetons (en douze jours et par nichée), on arrive au chiffre très respectable de 84 millions de chenilles dévorées en une semaine, et de 16 billions de hannetons en douze jours, pour toute la France. »
- Déprédation d’une part, destruction des insectes nuisibles de l’autre, cela se compense, et bien au delà.
- L’Italie, l’Autriche, l’Allemagne, la Suisse se sont entendues pour protéger l’oiseau. Et chez nous, quand y songera-t-on sérieusement? Il est vrai que, en Italie et ailleurs, on peut se demander si l’on observe la loi. Quel carnage d’hirondelles en Italie, au bord de l’Adriatique et dans les environs d’Ancône !
- De bon matin, les « cacciaroli » se rendent sur le rivage et tendent leurs filets entre deux perches. Les hirondelles arrivent en grand nombre, sitôt après le lever du soleil. Elles sont fatiguées du long voyage qu’elles viennent de faire et volent à un mètre à peine au-dessus du sol, en compagnie nombreuse. Elles se précipitent dans les filets. Se sentant prises, elles cherchent vainement à s’échapper, en faisant un vacarme assourdissant. Les chasseurs s’approchent alors et marchent en demi-cercle en enfermant les pauvres bestioles dans leur filet. A chaque coup, ils prennent de 500 à 500 hirondelles. Les oiseaux échappés au premier filet en trouvent un second, un troisième échelonnés de 100 mètres en 100 mètres à partir du rivage. Pauvres oiseaux! H. de P.
- 1 Voy. n° 1308, du 25 juin 1898, p. 58.
- 8 Bulletin de la Société d'acclimatation.
- LA TRACTION MÉCANIQUE DANS PARIS
- Actuellement il existe, à Paris, d’après la Locomotion automobile, au moins 9 modes différents de traction mécanique qui sont :
- 1° Automotrice à vapeur, système Rowan (1889); 2° eau surchauffée, système Francq (1889); 3° traction funiculaire (1891); 4° vaporisation instantanée, système Serpollet (1892) ; 5° accumulateurs à charge lente (1893) ; 6“ air comprimé (1895); 7° traction électrique par contacts superficiels ( 1896) ; 8° accumulateurs à charge rapide (1897); 9° serpollet perfectionné (1897).
- La Compagnie des Tramways de Paris et du département de la Seine va généraliser son système de traction par voitures à boggie avec accumulateurs à charge rapide, système Thomson Houston.
- La Compagnie générale parisienne des tramways vient d’installer la traction mécanique sur la ligne Bastille-Charenton avec établissement du fil aérien (trolley) à partir de la rue de Lyon.
- Quant à la Compagnie générale des omnibus, elle a demandé l’autorisation nécessaire pour établir la traction mécanique sur 16 de ses lignes de tramways.
- En somme, il y a actuellement en service, dans Paris, 211 voitures à traction mécanique et 478 voitures à traction animale, non compris les voitures de réserve. Les lignes à traction mécanique offrent une longueur totale de 84 kilomètres contre 208 de lignes à traction animale.
- On peut évaluer au moins à 99 millions, en nombres ronds, la dépense restant à faire pour achever la transformation des lignes de tramways.
- Le dernier projet de métropolitain prévoit une dépense totale de 220 millions. D’où l’on peut conclure qu’une somme de plus de 300 millions est actuellement prévue pour une amélioration prochaine des transports en commun dans Paris.
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- ÉPURATION CHIMIQUE DES EAUX
- DE BOISSON
- L’eau est considérée, ajuste raison, comme l’agent de transport de la plupart de nos maladies infectieuses. Personne n’ignore que le choléra, la fièvre typhoïde, la dyssenterie, etc., se transmettent surtout par les liquides impurs, chargés de germes pathogènes. La purification des eaux de boisson est recommandée aujourd’hui par tous les hygiénistes et les médecins. Il s’agit non seulement de les clarifier, mais encore de les débarrasser des nombreux bacilles pathogènes ou non qui les souillent, et rendent leur usage dangereux. Les eaux, même les plus pures, peuvent être contaminées après une exposition de quelques instants, dans les conduites ou dans les réservoirs et même dans les tuyaux d’amenée dans les appartements ; la filtration ne devra donc avoir lieu que très peu de temps avant l’emploi des liquides.'
- L’historique de la fdtration serait assez long à faire, et les modèles d’appareils employés jusqu’ici sont nombreux. Tout d’abord, on s’est servi du charbon comme moyen d’épuration, puis sont venus les filtres au charbon et à l’amiante, qui clarifiaient bien l’eau mais avaient l’inconvénient de laisser passer beaucoup de germes morbides.
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- LA NATURE.
- Plus tard, de grands progrès furent réalisés avec les filtres Chamberland et Berkefield. Enfin, tout dernièrement, apparut le liltre Eden, qui valut à son auteur des éloges justement mérités. Dans ce dernier modèle, l’épuration et la filtration sont obtenues sur de la poudre de charbon et des lamelles de papier d’une certaine consistance.
- En dehors de ces procédés purement physiques, il en existe d’autres basés sur l’addition de certains produits chimiques dans l’eau, soit pour en coaguler les limons, ou soit pour en détruire les organismes nuisibles.
- Depuis longtemps, l’alunage est employé en Chine et en Cochinchine, pour obtenir la précipitation des limons et la purification des eaux chargées de matières en suspension. Dans le même but, M. le Dr Bur-lureaux avait également proposé une poudre à base de chaux vive, de bicarbonate de soude et d’alun.
- Certes, ces procédés sont d’une efficacité incontestable, mais ils ont l’inconvénient d’exiger un certain repos des li-quides, après l’addition de l’agent coagula-teur.
- En 1873, Gi-rardin proposait déjà d’utiliser les propriétés antiseptiques du permanganate de potasse. L’idée était assez heureuse, mais ne reçut pas immédiatement une sanction pratique. Il faut attendre jusqu’en 1895, pour voirM. Chicandard et Mlle Schipiloff publier, dans l’Union pharmaceutique et dans la Revue d'hygiène, des recherches et des appréciations fort justes sur ces procédés. Deux ans plus tard, MM. Bordas et Girard présentèrent à l’Académie des sciences une excellente méthode d’épuration chimique. Le principal corps employé était le per-
- manganate de chaux, qui, en contact avec les matières organiques des eaux impures, se dédoublait très rapidement en donnant de l’oxygène, de l’oxyde de manganèse et de la chaux. Quant au permanganate de chaux en excès, on s’en débarrassait en filtrant les liquides traités sur une matière réductrice formée d’un aggloméré de coke de cornue,et d’oxydes inférieurs de manganèse. Le permanganate était réduit; il se transformait en bioxyde de manganèse, et celui-ci, en présence de la matière organique de l’eau ou du charbon, repassait à l’état d’oxyde inférieur, susceptible de fixer à nouveau une partie de l’oxygène du perman -ganate. Grâce à cette série de réactions, les agglomérés de charbon et les oxydes inférieurs de manganèse pouvaient fonctionner presque indéfiniment.
- Dernièrement, M. Lapeyrère, professeur de chimie
- et pharmacien principal de la marine, proposa une nouvelle méthode permettant d’arriver très rapidement à la stérilisation presque absolue.
- Son but a été d’a méliorer le sort des malheureux soldats, qui, bien souvent, n'ont pour étancher leur soif aux manœuvres, ou dans les périodes de campagne, qu’une eau croupissante et malsaine.
- Les dernières expéditions du Dahomey et de Madagascar ont d’ailleurs bien nettement montré la faible valeur pratique des procédés employés jusqu’alors.
- Les travaux et recherches de M. Lapeyrère, communiqués à l’Académie de médecine, le 7 décembre 1897, valurent à son auteur un rapport très élo-gieux du Dr Laveran et les félicitations unanimes de
- Fig. 1.
- Filtre de poche Delsol et Fillard, en fonctionnement.
- Fig. 2. — Filtre de poche Delsol et Fillard. Vue d’ensemble.
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- l’assemblée. Des comptes rendus de la séance parurent à cette époque dans les chroniques scientifiques de plusieurs journaux politiques.
- Le système de M. Lapeyrère dépend à la fois des procédés de MM. Burlureaux, Bordas et Girard. L’eau à épurer est traitée par une poudre très complexe, contenant dans des proportions déterminées de la chaux, de l’alun, du carbonate de soude, et du permanganate de potasse.
- L’alun, sulfate double d’alumine et de potasse, mis en présence de la chaux, se combine avec elle pour donner un sulfate de chaux, qui, allié au bicarbonate de soude, formera du sulfate de soude et du carbonate de chaux insoluble. La partie réductrice chargée de retenir le permanganate en excès, est un molleton de laine imprégné d’un sel de manganèse qui devra avoir des effets absolument identiques aux agglomérés de MM. Bordas et Girard.
- De l’eau, traitée par la méthode précédente, examinée au laboratoire de bactériologie de l’Ecole de Rochefort par M. le Dr Grand-Moursel, médecin principal de la marine, ne contenait ni bacille typhique et cholérique, et pouvait être considérée au point de vue pratique comme complètement stérilisée.
- Jusqu’alors, le procédé Lapeyrère n’avait reçu aucune application. Il vient d’être utilisé par MM. Delsol et Pillard dans la combinaison d’un petit lîltre de poche.
- Le nouvel appareil livré au commerce est fort ingénieusement combiné, et susceptible de rendre de réels services au touriste dans ses périodes d’excursion. Il se compose d’un étui de fer-blanc ou d’aluminium renfermant intérieurement un morceau de molleton de laine à longs poils imprégné de la matière réductrice. Le filtre est ouvert à son extrémité inférieure, et pourvu à la tète d’un ajutage métallique sur lequel viendra s’adapter un petit tube de caoutchouc de 50 à 55 centimètres de longueur. Son fonctionnement est excessivement simple. On doit d’abord ajouter le permanganate alumino-cal-caire dans l’eau jusqu’à la coloration rose du liquide,
- ce qui correspond à une dose de 0«r,25 de O*1',50 et de O»1',75 par litre. La proportion de poudre à employer varie du reste avec la nature des eaux et la plus ou moins grande quantité de matières étrangères qu’elles renferment. La filtration et la réduction du permanganate doivent se faire sur le molleton. Pour cela, le corps du filtre est plongé dans l’eau traitée ; il est amorcé en aspirant légèrement dans le tube de caoutchouc, puis pour se renfermer dans le principe même de fonctionnement du siphon, le liquide filtré sera recueilli à un niveau un peu inférieur (fig. 1).
- De temps à autre, il est nécessaire de nettoyer le molleton, soit à l’eau ordinaire, soit à l’eau chargée d’un peu de permanganate. Avec l’usage, la partie
- essentielle du filtre tend à perdre ses propriétés réductrices. Pour les revivifier, il suffit d’extraire le feutre, et de le traiter pendant quelques minutes avec de l’eau bouillante légèrement aiguisée d’acide chlorhydrique.
- Les figures 2 et 5, représentent les diverses parties du filtre. Tous ces organes sont renfermés dans une boîte de fer-blanc A (fig. 2), ou dans un écrin qui n’offrent guère plus de volume qu’un étui à cigarettes. Le corps du filtre est en B ; il est pourvu d’une petite chaînette armée d’un crochet qui permet de le retenir avec plus de fixité sur les bords du vase où il doit fonctionner. Sa partie inférieure est munie d’un bouchon a, dont le rôle est de protéger le feutre ; il devra être enlevé au moment de la filtration, et l’appareil sera alors disposé comme en G. Le feutre est représenté déplié en D, et enroulé tel qu’il se trouve dans le filtre, en E. A l’appareil est annexé un étui F, contenant une certaine quantité de poudre à base de permanganate. Une petite cuillère, f ixée sur le couvercle de la boîte H, permet de doser plus exactement l’agent épurateur.
- MM. Delsol et Fillard se proposent aussi d’étendre le procédé Lapeyrère aux filtres des ménages. On pourrait alors d’après eux obtenir, sans aucune pression, un débit uniforme d’environ 60 litres à l’heure. Les appareils recevraient une réserve de poudre anti-
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- septique et fonctionneraient une façon régulière sans aucune surveillance continue et rigoureuse.
- Plusieurs modèles ont été adoptés par les constructeurs. L’un est formé d’un réservoir, au fond duquel est fixé le manchon réducteur, relié à l’extérieur par un robinet. La pièce essentielle est protégée par une capsule métallique ne livrant passage à l’eau que par les ouvertures inférieures. On ne peut donc recueillir le liquide qu’au fur et à
- mesure de la filtration. Il pourrait être avantageux cependant d’en constituer une réserve dans un récipient spécial situé à la partie inférieure du liltre. C’est pourquoi, dans quelques modèles, on a combiné un vase A (fig 4), pourvu d’un manchon à flotteur F, communiquant au moyen d’un tube en caoutchouc avec le réservoir B. L’eau s’emmagasine dans le réservoir de la base, et peut être soutirée de temps à autre, au moyen d’un robinet R. Sur les côtés du liltre se trouvent un tampon de décharge D ainsi qu’un tube à air recourbé à sa partie supérieure et venant aboutir au compartiment B.
- L’extrémité d du tube est toujours fermée par une boulette de coton cardé. Les filtres Delsol et Fillard, basés sur les observations scientifiques de M. Lapey-rère, semblent présenter toute la sécurité désirable au point de vue de la stérilisation et de la bonification des eaux de boisson.
- Combinés d’une façon simple et pratique, ils peuvent être considérés comme des appareils efficaces appelés à un certain avenir. Albert Vilcoq.
- CORRESPONDANCE
- Valence, le 18 août 1898.
- Monsieur le directeur,
- Je viens déliré dans le n° 1515 du 15 août 1898, p. 166, l’article que l’un de vos collaborateurs consacre aux maladies du bétail à Madagascar, et dans lequel il invoque mon témoignage.
- J’ai publié dans la Revue coloniale, en mars-avril, pour reparaître prochainement dans le Bulletin officiel de l'Agriculture, une Etude sur l’élevage dans le pays sihanaka et dans le haut Boeni.
- Au chapitre des maladies du bétail, j’ai eu soin de présenter la question « au point de vue exclusivement malgache )), et voilà pourquoi j’ai dû me faire l’écho des superstitions et des traditions populaires, en ce qui concerne le kitrotro, le tsiboka et le tsangala. Au siècle de Louis XIV, le consciencieux voyageur de Flacourt n’était
- guère plus avancé, et le peu de temps que j’ai pu consacrer à ma mission, par une bonne saison où les maladies étaient des plus rares, ne m’a pas permis d’en savoir davantage.
- Au point de vue scientifique, il y a mille recherches curieuses à entreprendre.
- Au point de vue sanitaire, il n’y a pas lieu de s’émouvoir à l’excès de ces affections, dont quelques-unes sont contagieuses : le morcellement du pays, la configuration tassée et tourmentée du sol, les différences et les rivalités dans les diverses populations, et enfin, quelques mesures sanitaires faciles à appliquer seront autant de barrières aux contagions qui pourraient se produire.
- Madagascar est mieux partage en ce moment que le Transvaal, décimé par la peste bovine, et mieux encore que l’ouest africain où la péri-pneumonie fait chaque année de trop nombreuses victimes.
- Quant à la tuberculose, elle est, je crois, inconnue jusqu'à présent ainsi que j’ai pu m’en assurer dans l’ouest, dans l’est, dans le nord de l’île et sur le plateau central. A Diego-Suarez, où l’on fabrique d’excellentes conserves (la chair du bœuf malgache est délicieuse), la tuberculose n’existe pas.
- J’ai l’honneur, monsieur le Directeur, de vous prier de vouloir bien agréer, etc. À. Charon,
- Vétérinaire en 1" au 6* d'artillerie.
- Ancien chef du service vétérinaire à Madagascar.
- CHRONIQUE
- Lancement de la passerelle de montage au pont Alexandre III. — Les travaux du pont Alexandre 111 se poursuivent avec une grande activité. Les deux culées s’achèvent, et même, sur la rive droite, l’un des deux massifs de maçonnerie qui recevront les pylônes décoratifs prévus à chacune des têtes du pont est assez haut sorti de terre. Les premiers fers, les poutres recouvrant la voie des tramways qui, à cet endroit pendant la durée de l’Exposition, suivront la berge, sont posés. Et, dans quelques semaines, on commencera le montage des arcs : le samedi, 20 août, dans la matinée, a eu lieu le lancement de la passerelle de service qui permettra ce travail, tout en laissant, au milieu du fleuve, le champ libre à la batellerie. On a donc commencé par établir, à 50 mètres de chacune des rives, un pylône en charpente sur lequel viendra s’appuyer la passerelle. En même temps, on poursuivait, à terre, sur la rive droite, le montage de cette passerelle. Elle aura, achevée, 180 mètres de longueur ; sa largeur est de 6 mètres, sa hauteur de 7 mètres. Elle porte, à la base, sur deux poutres longitudinales, composées de minces lames d’acier, réunies au moyen de rivets, assises de toute la légère charpente de fer. Actuellement, une travée de 45 mètres est montée. C’est de cette travée qu’on a commencé le lancement. La passerelle qui reposait sur les cales ou tins de bois ayant servi à son montage a été soulevée à l’aide de six puissants leviers hydrauliques Puis, on a glissé à l’extrémité de l’estacade jetée entre la culée et le pylône, dans chacune des poutres maîtresses de la passerelle, un groupe de quatre galets de roulement, un système semblable à une vingtaine de mètres en arrière, et un autre système de deux galets seulement, à égale distance de l’extrémité en terre de la passerelle. C’est sur ces vingt galets d’acier qu’a roulé le pont volant. Deux treuils logés dans l’intérieur de la passerelle agissaient sur des palans placés à l’extrémité de l’estacade. A 9 heures, en pré-
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- LA NAT.URE.
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- sence de M. Picard, de M. Alby et de M. Camus, l’opération a commencé. À chaque tour des treuils, la passerelle avança par secousses légères sur son lit de galets. A 11 heures et demie 50 mètres de passerelle d’un poids total de 125 tonnes avaient progressé au-dessus de la Seine. C’est un travail difficile qui a fort bien réussi et qui fait le plus grand honneur à nos habiles ingénieurs.
- La flotte télégraphique du monde. — Sous ce titre1 nous avons dit, d’après une statistique publiée par 1 eJournal télégraphique, que la France ne possédait que deux navires de pose Y Ampère et la Charente. Il en existe trois autres : Le Pouyer-Quertier et le Contre-amiral Caubet, qui appartiennent à la Compagnie française des câbles télégraphiques et le François-Arago, qui appartient à la Société industrielle des téléphones. Le François-Arago est précisément le navire qui vient de terminer la pose du câble transatlantique français reliant Brest aux États-Unis.
- Marées et Mascaret. — Aux syzygies, c’est-à-dire à la nouvelle lune et à la pleine lune, les actions du soleil et de la lune se réunissent pour soulever les eaux de la mer et nous donner de fortes marées. La pleine lune du 51 août sera suivie de la plus grande marée de l’année : son coefficient sera 1,08 alors que les plus forts après lui sont 1,06 (2 août); 1,05 (20 février); 1,04 (6 avril, 19 septembre); 1,05 (22 janvier, 8 mars). Voici les heures d’arrivée du Mascaret ou de la Barre de flot, à Caudebec en Caux, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes. Les moments de l’arrivée à Quillebœuf et à Yillequier précèdent ceux de Caudebec de 46 minutes et de 9 minutes.
- Heures de l’arrivée du Mascaret à Caudebec.
- Dates. Matin. Soir.
- 51 août )> 8" 50m
- 1er septembre 8h 49™ 9h 8"
- 2 9h 26m 9h 45 m
- 5 — 101' 4m
- Brillants météores. — Le 9 juin, vers 10 heures du soir, suivant M. Albert Ashby, de West Croydon, un météore plus brillant que Véga allait de p Ophiuchus a p Lyre. 11 était d’un blanc bleuâtre et laissait derrière lui une traînée d’étincelles. Le 26 juin, vers 11 heures 1/2 du soir, le Hév. Johnson, à Bridport (Dorset), apercevait un météore possédant l’éclat d’une étoile de première grandeur dans la région pauvre en étoiles située un peu au nord de a Sagittaire. Ce météore disparaissait à l’ouest d’n Serpent après avoir augmenté d’éclat jusqu’à devenir aussi brillant que Vénus. 11 s’est déplacé lentement pendant à peu près 5 secondes.
- Bolhlc remarquable. — Un correspondant de The Observatory a vu le 14 juillet à Beachv Head, sur le navire Brighton Queen, un très brillant bolide aussi volumineux que la pleine lune et qui se dirigeait du sud au nord. On n’a pu noter le point exact de son apparition, mais on l’a vu disparaître assez près de l’horizon. 11 a laissé derrière lui une traînée lumineuse de plusieurs degrés de longueur qui a persisté pendant au moins 15 secondes.
- lies variations de la température pendant les cyclones. — Nous extrayons d’un mémoire communiqué à l’Académie des Nuovi Lincei par le P. Dechevrens, directeur de l’observatoire Saint-Louis, de Jersey, les renseignements suivants : L’étude des cartes météorologiques publiées chaque jour par le Bureau météorologique
- 1 Voy. n° 1315 du 13 août 1898, p. 174.
- de France, a permis de reconnaître que les températures maxima et minima qui sont observées dans les zones de pressions atmosphériques extrêmes ne se produisent pas au centre même de ces pressions, mais bien dans leur voisinage. Les courants d’air descendants remarqués dans les régions des fortes pressions barométriques se répandent en diverses directions, d’où les froids observés dans les anticyclones. Pareillement les températures élevées enregistrées dans les zones de faibles régions sont produites par la convergence des courants d’air ascendants. Ce mémoire est accompagné d’un certain nombre d’exemples et de cartes qui en augmentent notablement la valeur.
- Curieux effets de la foudre. — Nous empruntons à English Mechanic le récit suivant : A Limeriek (Angleterre), deux frères étaient couchés côte à côte dans le même lit. La foudre étant tombée sur leur maison, l’un d’eux fut tué tandis que l’autre ne ressentait aucun mal. A Hartlepool, un réservoir à gaz d’éclairage fut mis en pièces, et le gaz s’enflamma.
- I/exploitation «les glaciers. — On sait que, depuis un certain temps, on exploite la glace du glacier du Casset, au mont Pelvoux : une ligne aérienne formée d’un double câble permet de descendre sur la plaine les blocs débités dans le glacier, qui sont expédiés sur Paris, pour le compte d’une Compagnie de glacières. A Grin-delwald, au-dessus d’interlaken, on a commencé de même à mettre « en coupe » le glacier inférieur d’où sort la Lutschine. Les machines frigorifiques travaillent à si bas prix, qu’il est vraiment malheureux de voir exploiter ainsi des beautés naturelles.
- Vitesse de propagation des ébranlements du sol. — M. le Dr Agamennone, dont la haute autorité en séismologie est bien connue, vient de publier le résultat de ses études sur la vitesse de propagation du grand ébranlement produit par le tremblement de terre de Calcutta, le 12 juin 1897. Ce violent phénomène a été enregistré par les barreaux magnétiques de dix-neuf observatoires européens dont le plus éloigné de Calcutta est celui d’Edimbourg : le calcul a donc été relativement facile et comportait de nombreuses vérifications. Les premières vibrations, très rapides, qui ont duré à peu près 25 minutes, parcouraient environ 10 kilomètres par seconde. Les autres oscillations, plus faibles et plus lentes, avaient une vitesse de près de 5 kilomètres par seconde.
- I.e chemin de fer de Tientsin-Pékin. — Cette voie est une des rares lignes ferrées qui existe en Chine : elle a 127 kilomètres de long, et il y circule quotidiennement un train de voyageurs dans chaque sens et cinq trains mixtes. Les tarifs s’y élèvent à un peu moins de cinq centimes au kilomètre. Les employés sont tous Chinois : le mieux payé d’entre eux est le télégraphiste, qui reçoit environ 92 francs par mois; les mécaniciens touchent de 46 à 69 francs, et les autres agents de 14 à 25 francs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 août 1898. — Présidence de M. Wolf.
- Après lecture du procès-verbal, il est procédé au dépouillement de la correspondance. Celle-ci ne contenant que deux lettres, l’une relative à la quadrature du cercle, et l’autre donnant une formule pour la résolution des équations du 4e degré, reconnue fausse par M. Dar-boux, la séance est levée. Ch. de Yilledeuil.
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- LA NATURE.
- LE MEUX PARIS
- DÉMOLITION DE L’ANCIEN COLLÈGE DE GIUNDMONT
- La percée nouvelle que l’on fait en ce moment pour la prolongation de la rue Danton, a donné lieu à un grand nombre d’expropriations. Les derniers vestiges de la chapelle du collège de Grandmont situés rue Mignon, auront disparu quand paraîtront ces lignes. Ce collège fut fondé en 1545, par Jean Mignon,
- Maître des comptes à Paris, pour douze écoliers. U chargeait en même temps ses héritiers de donner la dernière perfection à cette bonne œuvre.
- Jean Mignon mourut en 1548, mais les héritiers n’obéirent pas aux vœux du défunt. L’Université se plaignit au roi, et il lut ordonné en 1555 que Robert Mignon, frère du défunt, achèterait, dans le fief du roi, huit vingt livres parisis de rente amortie pour l’entretien des douze écoliers auxquels il donnerait la maison où demeurait feu son frère, avec quinze lits garnis, etc., et une chapelle avec tous les ornements nécessaires,mentionnés dans le testament dudit Jean Mignon1.
- La chapelle fut *con-struite et dédiée à saint Leu,saint Gilles.
- A peine l’installation de ce petit collège était-elle terminée, qu’aussitôt des procès furent intentés par suite du manque de soins de ses directeurs. Le 24 avril 1584, le roi Henri III donnait le collège Mignon à l’abbé de Grandmont avec douze cents livres de rente en échange du prieuré qu’il occupait à Vincennes avec ses religieux. Le recteur de l’Université s’opposa à ce changement dans la crainte de la suppression des douze bourses pour les écoliers; mais, par suite de l’arrêt rendu le 18 juin 1605, l’échange du prieuré de Vincennes
- 1 Voy. Description historique de la ville de Paris, par Piganiol de la Force.
- avec le collège Mignon fut confirmé. On supprima le Principal ainsi que les douze boursiers et il fut décidé qu’il n’y aurait plus que huit religieux de l’ordre de Grandmont pour faire leurs études, ayant comme chef le Prieur. Cet établissement s’appellerait à l’avenir le collège de Grandmont.
- Le collège de Grandmont a été rebâti entièrement sous le règne de Louis XV, par l’architecte Carpentier. Le portail de la chapelle situé à l’angle de la rue Mignon et de la rue Serpente, qu’on vient de faire disparaître et dont nous donnons l’aspect ci-contre était de Carpentier.
- Le roi Louis XV ayant dissous l’ordre de Grandmont, la maison reconstruite depuis peu par les religieux fit retour à l’Université qui avait alors le collège Louis-le-Grand pour chef-lieu, déversoir central des bourses des petits collèges. Les charges absorbaient sous le règne de Louis XVI presque tout le revenu de la fondation Mignon. Celle-ci était encore cependant une des plus riches fondations administrées par lo bureau Louis-le-Grand, car ses dettes étaient amorties par des redevances stipulées dans des baux emphytéotiques consentis à Simon, imprimeur du Parlement de Paris. Simon qui avait déjà fait un atelier de la chapelle du collège, eut pour successeur un imprimeur du Parlement nommé Nyon. L’hôtel Mignon a été habité ensuite par le conventionnel R. Lindet, député à l’Assemblée législative, qui devint ministre. L’immeuble fut occupé par la mairie du XIe arrondissement. En dernier lieu, des imprimeurs sont revenus dans cet hôtel Mignon, aliéné par l’État en 1824. Albert Tissandier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Façade de la chapelle du collège Grandmont, bâtie sous le règne de Louis XV, par l'architecte Carpentier.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1518. — 5 SEPTEMBRE 1898.
- LA NATURE.
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- LES LAYKIS
- CIIIEXS ABOYEURS
- Ces chiens, dont la patrie est le nord de la Russie et la Sibérie, doivent leur nom à leur manière particulière de signaler la présence du gibier, gros ou petit, en aboyant : « layka » signifie en russe « aboyeur ».
- Les laykis se partagent en plusieurs catégories suivant leurs aptitudes naturelles ou leur dressage, bien primitif du reste; mais, quelle que soit leur spécialité, leur mode de travail reste le môme : dès qu’ils ont aperçu le gibier, gros ou petit, plume ou poil, que leur admirable odorat leur a signalé, ils s’arrêtent et se mettent à aboyer, et, chose étrange, le gibier, hypnotisé, pour ainsi dire, reste à peu
- Fig. 1. — Fomka, chien noir et fauve. Appartenant au (lue N. de Leuchtenberg.
- leur maître. Comme nous n’avons guère eu l’occasion de voir « travailler » ces chiens qu’avec l’ours, c’est ce genre de « travail » que nous présentons ici au lecteur.
- Un sait que l’ours s’arrange pour l’hiver une tanière dans un fourré ou sous quelque arbre renversé; il la garnit de mousse, la couvre de branches et s’y établit à la première chute de neige.
- Si donc on n’a pas eu la chance de trouver les traces de l’ours à la première neige, on est obligé de recourir à la sagacité des laykis, qu’on lance dans les bois. Lorsqu’un de ces chiens trouve un ours, il se met à aboyer devant la tanière ; le chasseur l’entend même à une grande distance et peut, soit tuer immédiatement l’ours en le faisant lever de sa tanière, soit emmener doucement son chien et organiser ensuite une battue, car l'ours ne change pas de tanière pour un chien qui aboie.
- Maintenant représentons-nous une battue. L’ours effrayé par les cris des rabatteurs, quitte sa tanière
- 26a année. — 2" semestre.
- près immobile et laisse approcher le chasseur.
- Parmi ces chiens, les uns servent à découvrir et à signaler la présence des zibelines, martres, écureuils, etc., les autres, celle du gibier à plume : coqs de bois, de bruyère, gélinottes, etc. ; les troisièmes encore poursuivent le renne et l’élan ; d’autres enfin, les plus estimés, s’attaquent à l’ours.
- La taille des laykis n’atteint guère que 45-hO centimètres, leur poil long et assez dur est très varié comme couleur : il y en a de blancs, de marbrés, de fauves, de gris, mais leur coloration typique paraît être la suivante : tète, dos, flancs et queue noirs; poitrail, ventre et face interne des jambes fauves.
- D’humeur farouche et indépendante, ils sont ordinairement d'un courage à toute épreuve et n’hésitent pas à se jeter sur l’ours le plus terrible pour sauver
- Fig, "i. — Mourka, chien gris marbré. Appartenant au (lue N. de Leuchtenberg.
- et, suivi par un ou deux chiens, qui n’aboient presque pas en marchant et auxquels il ne fait aucune attention, arrive sur les chasseurs.
- On tire ; l’ours blessé se met à briser tous les arbrisseaux qu’il peut atteindre, ou bien se jette sur le tireur maladroit ! Alors commence le vrai travail des laykis,' qui s’élancent et attaquent l’ours par-derrière, l’obligeant à s’asseoir ; à peine l’ours assis, les voilà qui tournent devant lui aboyant avec fureur et évitant avec une agilité remarquable les coups de dent et de griffe de la bête blessée. L’ours s’avise-t-il de s’élancer, les chiens se jettent à nouveau sur lui, toujours par-derrière, et l’obligent à s’arrêter. Le chasseur peut ainsi s’approcher tranquillement de la bête et l’achever sans grand danger.
- Même si l’ours renverse le chasseur imprudent ou maladroit, l’attaque d’un ou de deux bons chiens détourne son attention et permet au chasseur terrassé de se dégager lui-même ou à ses compagnons de lui porter secours.
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- LA NATURE.
- Ainsi les deux chiens représentés ici, ont à leur actif un sauvetage : l’un (fig. 2) sauva son premier maître il y a quelques années, et l’autre (lîg. 1 ) cet hiver meme, un garde-chasse qui s’était aventuré troj) près d’une tanière.
- Un conçoit facilement (pie de pareils chiens, ayant déjà fait leurs preuves, soient fort estimés et difficiles à se procurer. 1). N. L.
- SOIE ET FLANELLE
- pouvoir d’imbibition des tissus
- Ce n’est pas esthétique, mais c’est utile.
- hah! c’est superflu. — Mieux, c’est dangereux. — Je vous les défends, dit Galien. — Je vous les ordonne, répond Hippocrate ! Tirez-vous d'affaire en pareille occurrence.
- Il s’agit, — il faut Lien appeler les choses par leur nom, — il s’agit tout simplement de la flanelle, des gilets de flanelle, des gilets de soie, etc. A-t-on assez imaginé de tissus spéciaux pour ce vêtement intime à superposer directement sur la peau! 11 y en a de toutes sortes, et chacun, selon son caprice, prône le sien.
- La flanelle ! portez-en l’hiver, si vous voulez ; mais l’été, pendant qu’il fait chaud, à quoi bon? On mettra difficilement les gens d’accord sur ce sujet complexe. 11 y a longtemps que les partisans de chaque opinion se disputent avec opiniâtreté. C’est que tout dépend des personnes, de leur constitution, de leurs affections, etc. Et chacun peut, au fond, avoir tort et raison. Ce qu’il y a de plus clair, c’est que les sujets, qui ont pris l’habitude de porter de la flanelle auraient grand tort de s’en débarrasser en plein été. La flanelle en hiver n’est qu’un protecteur contre le froid, et elle peut être remplacée par un autre tissu; mais, en été, elle joue un rôle autrement important ; elle est un protecteur contre les refroidissements. 11 convient de remarquer qu’un vêtement n’est chaud que par le matelas d’air qu’il emprisonne et immobilise. C’est l’air très mauvais conducteur de la chaleur, et précisément pour cela, qui empêche la peau de se refroidir. La mince couche d’air interposée entre le corps et l’extérieur constitue la meilleure protection contre le froid. Un vêtement lourd en hiver ne maintient pas la température nécessaire aussi bien qu’un vêtement léger mais poreux, c’est-à-dire susceptible d’emprisonner l’air entre ses mailles. Or, la flanelle est un tissu extrêmement précieux pour combattre tout un tissu extrêmement poreux et léger. Aussi est-ce refroidissement. Réciproquement, s’il défend le corps contre le froid en hiver, il le défend aussi contre la chaleur dans certaines limites, puisque 1 air est mauvais conducteur du calorique.
- Cependant le rôle de la flanelle chez le sujet arthritique, rhumatisant, débile, etc., est encore d un autre ordre et de plus grande importance. La flanelle est l’auxiliaire tout trouvé de notre système nerveux dans la régularisation de l’équilibre de température. C est le système nerveux qui règle la production de la chaleur humaine. Quand nous avons trop chaud, le système vasomoteur ouvre les vaisseaux capillaires, augmente leur calibre ; le sang afflue à la peau et, avec lui, la sueur. Nous transpirons. Le liquide s’évapore activement et l’évaporation, comme on le sait, engendre du froid. Par ce mécanisme, trop connu aujourd’hui pour que nous nous y arrêtions, l’excès de calorique s’en va et nous
- luttons contre la chaleur. On transpire d’autant plus que la température du corps tend à s’élever.
- Nous perdons en liquide en raison même de l’excès de calorique. Un bain à l’étuve d’air chaud à 80°, 90°, 100° et nous expulsons dehors en moins d’une heure plus d’un kilogramme d’eau. Et cependant, malgré cette haute température, la température du sang ne s’élève pas au delà de quelques dixièmes de degré, presque un quart de degré si le séjour dans l’étuve dure très longtemps à 80°. C’est la transpiration réglée par le système nerveux qui contre-balance par refroidissement réchauffement par le milieu extérieur.
- Toutefois, il y a un danger à la transpiration active. Il ne faut pas qu’un courant d’air un peu persistant vienne, quand on est en sueur, frapper une partie du corps. En ce point l’évaporation du liquide s’exagère, un refroidissement rapide se produit et il peut en résulter des conséquences graves. Si, brusquement, le corps en pleine transpiration pénètre dans un endroit froid ou seulement frais, la transpiration est arrêtée1, et c’est ainsi que l’on contracte, surtout lorsque l’on y est prédisposé, des affections redoutables. 11 y a grand intérêt à se prémunir contre les refroidissements dus aux arrêts de transpiration. Ici, la flanelle peut tirer le sujet d’affaire; car elle aussi régularise momentanément le mécanisme de la réfrigération. Elle sert de réservoir auxiliaire à la sueur, et empêche une évaporation trop rapide. Si le tissu spongieux qui emprisonne l’excès du liquide n existait pas, c’est le tissu de toile superposé qui serait en contact avec la peau, et, comme il n’est pas assez épais, il serait insuffisant pour faire office de régulateur. Le refroidissement serait rapide. 11 ne faut donc pas sourire ici des personnes qui prétendent que l’emploi de la flanelle les a sauvées souvent de pleurésies, de fluxions de poitrine. C’est très probable.
- Toutes ces considérations reposent sur les propriétés poreuses de la flanelle. Elles sont évidentes; cependant, malgré un certain nombre de travaux, on ne possédait pas d’évaluation rigoureuse des propriétés d’absorption des liquides par les textiles. La flanelle, on s en sert depuis longtemps; on utilise aussi la soie; mais, enfin, on pouvait se demander quel était le textile qui possédait le maximum de pouvoir absorbant. M. Léo Yignon, chimiste bien connu, de Lyon, a fait récemment dans un but industriel des recherches intéressantes sur le pouvoir d’absorption des textiles. 11 les a entreprises en vue d’éclairer certains phénomènes de teinture et d’impression. Ces études n’en sont pas moins applicables à notre sujet et nous en tirerons profit pour la confirmation de notre thèse.
- M. Vignon, en mesurant le rapport de la surface d un textile à son volume, établit d abord que la surface est très grande, ce qui le range parmi les corps franchement poreux. Puis, il immerge dans de l’eau et autres liquides différents textiles, et il prend leur poids avant et après. Nous reproduisons certains de ses chiffres en ce qui concerne l’eau : par exemple, l’absorption pour 100 grammes de textile ;
- Coton, pour 100 gr., absorption d’eau............... “495 gr.
- Laine, pour 100 gr., absorption d’eau............... 561 gr.
- Soie décrcusèe, pour 100 gr., absorption d’eau. . . 571 gr.
- 1 Ne pas conf .ndre les effets de l’air frais sur le corps eu sueur et les effets de l’eau froide. Il n’y a aucun danger à plonger le corps en légère transpiration dans de 1 eau meme à 10°.
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- Ces chiffres restent les mêmes, quel que soit le poids employé, à 1 pour 100 près, et pour chaque textile. On en déduit que la soie possède le pouvoir d’absorption le plus fort; celui de la laine est à peine inférieur à celui de la soie; seul, le coton a un pouvoir absorbant plus faible. Les textiles absorbent les liquides en quantités considérables et proportionnelles à leurpoids, considérables puisque le poids dreau absorbée est plus du quintuple du poids du tissu. Évidemment on ne saurait les comparer à une éponge très fine, puisque, d’après les essais de M. Léo Vignon, une éponge fine absorbe jusqu’à 3245 grammes d’eau pour 100 grammes d’éponge. Cependant un tissu de soie absorbe presque autant qu’une éponge grossière. Celle-ci prend pour 100 grammes 030 grammes d’eau. La soie n’en prend que 571.
- 11 résulte de ces nombres qu’une bonne flanelle d’épaisseur convenable peut absorber près de six fois son poids de liquide. Nous avions raison de la considérer comme un excellent réservoir de sueur. Et la soie? La soie est encore un meilleur accumulateur. Les gilets de soie sont donc bons. .Mais il faut tenir compte d’une autre considération ; nous voulons parler du « pouvoir calorifique » de chaque textile, de sa faculté d’exiger plus ou moins de calorique pour s’élever de 1° et enfin de sa conductibilité propre. À ce pouvoir est liée l’impression de froid plus ou moins accentué que nous donne le contact d’un tissu. On n’en tient pas compte généralement, et c’est un tort. On éprouve une sensation de froid relative en touchant à un tissu de lin, une sensation un peu analogue en palpant certaine soie. Évidemment, ces impressions sont fugitives; mais elles suffisent pour faire comprendre que, au point de vue de l’absorption et de la conductibilité du calorique, il existe aussi des différences entre les divers textiles.
- Par conséquent, il faut aussi les choisir à ce point de vue spécial. La soie vient après la flanelle à cet égard ; elle semble plus accessible aux variations-de température. De ce chef, elle présenterait sur la vieille flanelle une certaine infériorité. Mais les écarts sont faibles.
- En résumé, nous croyons que l’usage de la flanelle, loin d’être proscrit, doit être recommandé à la plupart des sujets débiles et susceptibles aux variations de températures. Nous croyons que l’on a tort de ne pas conserver ce vêtement pendant les chaleurs, puisque son rôle principal est précisément de contre-balancer les effets de transpiration, de régulariser la température et d’éviter les refroidissements. Tout compte fait, ne dédaignons pas la vieille flanelle, mais la vraie, la bonne, et si elle vous déplaît trop, parce qu’elle date de loin, on peut tout de même avoir recours à la jolie soie décreusée qui crie si gentiment sous les doigts. Flanelle ou soie : mais l’une ou l’autre ! Henri de Parville.
- L’ESSAYAGE DE L’OR
- DANS L’ÉTAT DE NEVADA
- Voici quelques détails intéressants que nous empruntons à M. Guislain, consul de Belgique, sur l’essayage de l’or tel qu’il se pratique à la Monnaie de Carson City, dans le Nevada, où sont constamment enfermées des valeurs énormes de ce métal.
- L’or envoyé à la Monnaie se présente en lingots ou en poudre, et il est ordinairement allié à l’argent, avec une faible proportion de métaux communs; quand il est en lingot, l’essayeur prélève aux deux extrémités du lingot un petit échantillon sur lequel on fera l’analyse. L’essai
- porte sur un dëmi-gramme : si le métal contient beaucoup d’or et peu d’argent, on y ajoute un poids connu d’argent pur, de manière à obtenir deux parties d’argent pour une d’or; on enveloppe le tout d’une feuille de plomb pur, en additionnant d’un peu de cuivre. On soumet à la coupellation dans un four à gaz; le globule qui reste alors est pesé, laminé en un mince ruban, et traité à chaud par l’acide azotique, qui dissout l’argent. L’essai terminé, ce qui demande généralement une journée, le déposant reçoit la contre-valeur de son lingot ou de sa poudre en pièces d’or ou en barres d’or pur, défalcation faite des frais de fusion, d’essai, d’affinage et de séparation des métaux. Ces frais se composent d’abord d’une redevance fixe égale à un dollar pour les premières 1000 onces (31 103 grammes), puis d’un droit régulier de I /10 de cent par once au-dessus de 1000, enfin d’un droit variable établi d’après la richesse en or du lingot. Ce dernier droit est de 2 cents par once quand la richesse est de 1 à 20 pour 100, de 3 cents pour une richesse de 20 à 40 pour 100, puis il monte respectivement à 4 et 6 cents quand la proportion atteint 40 à 70 pour 100 ou dépasse 70 pour 100.
- Pour l’argent contenu dans l’or, le déposant reçoit à son choix des barres d’argent pur ou des dollars pour la valeur marchande de l’argent. P. de M.
- LE CORAIL DANS L’ANTIQIITÉ
- D’après une récente communication de M. Salomon Reinach à l’Académie des inscriptions, les Grecs connaissaient le corail dès le septième siècle avant J.-G. ; mais ils en firent rarement usage, non plus que les Romains. Il est digne de remarque que l’on trouve en très grand nombre des objets de bronze enrichis de corail dans les sépultures de la partie de la Gaule à laquelle correspond le département de la Marne et qu’ils paraissent appartenir au quatrième et au commencement du troisième siècle av. J.-C. et qu’on n’en trouve plus dans d’autres sépultures. M. Reinach en trouve l’explication dans Pline et dans un ouvrage grec contemporain, le Périple de la mer Rouge ; c’est que, vers la fin du troisième siècle, le corail commença à être tellement recherché en Inde que toutes les pêcheries de corail du midi de la Gaule et en particulier celles d’Ilyères furent exploitées par les Phocéens qui les transportèrent de Marseille dans l’Inde pour les changer contre des perles fines et des épices, si bien qu’il ne resta plus de corail pour les Gaulois, qui le remplacèrent par l’émail. I). B.
- UN PROGRÈS DANS LA
- TRANSMISSION DES BICYCLETTES
- Nombreux sont les systèmes proposés ou expérimentés pour améliorer les conditions du travail de l’homme agissant sur les pédales d’une bicyclette. La plupart ont échoué parce qu’ils modifiaient trop ostensiblement l’aspect extérieur de la machine ou la trajectoire décrite par le pied dans le mouvement. Une transmission dans laquelle on ne changerait ni l’aspect ni le mouvement de rotation de la pédale aurait toutes chances de succès, surtout si elle constituait une amélioration sensible sur les systèmes actuels. C’est ce qu’a pensé M. John Fa vêts en combinant une nouvelle bicyclette à transmission par
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- LÀ NATURE.
- engrenages que représente la ligure ci-dessous, empruntée à notre excellent confrère Engineering1. Le principe sur lequel s’appuie M. Favets est des plus rationnels. Le voici en substance. Chaque pédale n’est active que pendant une fraction de sa course descendante. C’est par d'habiles artilices (l'ankleplay ou jeu de la cheville en est un exemple) que l’on arrive à augmenter le temps pendant lequel le pied actionne utilement la pédale et lui fait développer du travail. Ne serait-il pas plus rationnel d’obtenir automatiquement ce résnltat en imprimant à la pédale une vitesse variable, relativement lente dans la partie utile de sa course, rapide dans la partie inutile, lorsque les pédales se projettent au-dessus de l’axe du pédalier? La logique répond oui, et la solution pratique consiste à substituer aux engrenages coniques ordinaires d’un acatène des engrenages coniques elliptiques qui communiquent à l’axe des pédales une vitesse angulaire variable, tandis que l’axe intermédiaire et la roue motrice de la bicyclette tournent à vitesses angulaires constantes, pour une allure déterminée, bien entendu.— On obtient ainsi le même résultat que dans les machines-outils dites à retour rapide, pour lesquelles l’outil ne reste inutilisé qu’un temps relativement court. Ce mécanisme exige que l’arbre de transmission intermédiaire du mouvement de l’axe pédalier à la roue arrière fasse exactement deux tours pendant que l’axe pédalier en fait un seul, mais cela est sans inconvénient au point de vue du choix de la multiplication que l’on peut modifier à volonté par les engrenages coniques ordinaires reliant la roue arrière à l’axe intermédiaire. Cette transmission exige également des engrenages coniques elliptiques parfaitement taillés; mais, avec les progrès actuels de la mécanique de précision, il n’y a pas là une difficulté insurmontable, et la transmission pour bicyclettes de M. Favets nous [tarait être une heureuse et ingénieuse application des propriétés bien connues des engrenages elliptiques. E. H.
- 1 Engineering du 22 juillet 1898, page 21, colonne 2.
- LES ACIERS AU NICKEL
- H n’est probablement aucun groupe d’alliages qui se comporte de façon aussi imprévue que les aciers au nickel. Non point qu’ils n’obéissent à aucune règle; mais les lois qu’ils suivent sont inattendues, et s’écartent autant qu’il est possible de la règle des mélanges à laquelle la plupart des alliages obéissent, en gros, [tour un bon nombre de leurs propriétés.
- Le seul fait, connu depuis une dizaine d’années, que certains alliages de fer et de nickel ne sont pas magnétiques, nous montre que nous ne devrons pas nous attendre à trouver dans ces alliages des propriétés intermédiaires entre celles du fer et du nickel. C’est en effet ce que montre l’expérience.
- Si l’on y regarde de près, on s'aperçoit bientôt que l’absence de magnétisme de certains alliages contenant environ 25 pour 100 de nickel fait partie d’un ensemble d’anomalies magnétiques dont voici les caractères principaux :
- Aux basses teneurs, et jusqu’à 25 pour 100 environ les aciers au nickel peuvent exister sous deux états distincts ; lorsqu’on les ramène du rouge, ils ne sont [tas magnétiques; mais ils le devien-n e n t graduellement lorsqu’ils traversent une certaine région de températures d’autant plus basse qu’ils contiennent plus de nickel. Lorsqu’on approche de 25 pour 100, les alliages doivent être refroidis au-dessous de 0 pour devenir attirables à l’aimant; et, après avoir subi ce traitement, ils restent magnétiques à toute température inférieure à celle du rouge sombre.
- Au-dessus de 25 pour 100, le phénomène change du tout au tout. Les alliages reprennent leur magnétisme aux températures où ils l’ont perdu, et dans la mesure où cette propriété a* disparu dans la chauffe. Plus l’alliage est riche en nickel, et [dus la température de perte du magnétisme est élevée. Peu au-dessus de 25 pour 100, les alliages sont déjà indifférents à l’aimant à la température de la glace fondante. A 40 pour 100, ils ne perdent leur magnétisme que vers 500°.
- Engrenages elliptiques pour bicyclettes.
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- LA NATURE.
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- C’est donc par un singulier hasard qu’un très petit groupe d’alliages n’est pas magnétique à la température ordinaire.
- Si ces alliages n’avaient été étudiés que dans les régions polaires, aucun d’eux n’aurait présenté cette particularité, tandis que, si la température moyenne de notre atmosphère était plus élevée, le groupe des alliages non magnétiques aurait pu s’élargir considérablement.
- Ces variations magnétiques des aciers au nickel deviennent très frappantes lorsqu’on les étudie à l’aide d’un appareil tel que celui que représente notre figure 1, et dont le premier modèle a été construit sur mes in-dications par M. Radiguet. Un petit électro-aimant supporte un réservoir de laiton dont le fond est traversé par des noyaux de fer doux qui s’engagent dans les pièces polaires del’électro.
- La tige d’acier à examiner est suspendue à un fléau de balance que l’on équilibre par des poids.
- contracte en suivant une droite telle que AB, dont l’inclinaison donne le coefficient de dilatation de l’alliage à l’état particulier qu’il possède après la chauffe. Puis, lorsqu’on atteint une certaine température, bien déterminée pour chaque teneur, l’alliage cesse de se contracter, et commence à augmenter de volume par le refroidissement. Mais, si on le réchauffe à partir d’un point I) de cette courbe, il ne revient pas en arrière, et repart au contraire suivant une droite DC un peu moins inclinée que la précédente.
- Si l’on refroidit encore, l’alliage décrit la droite
- Si le réservoir est rempli d’eau froide, l’effort nécessaire à l’arrachement de la tige d’acier nickel peut être assez considérable, mais il diminue à mesure que l’eau s’échauffe, et, pour certaines teneurs, on voit l’attraction s’annuler avant même que l’eau soit bouillante.
- Quelque singulières que soient ces variations magnétiques des aciers au nickel, leurs changements
- de volume sous l’influence de la chaleur sont plus bizarres encore. M. J. Hopkinson a montré déjà que certains de ces alliages peuvent augmenter de volume en devenant magnétiques, et M. A. Le Chate-lier a trouvé qu’aux deux états extrêmes les alliages possèdent les dilatations différentes.
- Étudiant le phénomène de plus près, j’ai été amené à des résultats dont le diagramme ci-joint (fig. 2) donne la représentation graphique.
- Lorsqu’un alliage de la première catégorie se refroidit depuis la température de la forge, il se
- en sens inverse, jusqu’au point d’intersection avec la courbe, le long de laquelle il recommence à se dilater si l’on accentue le refroidissement. On peut ainsi provoquer un allongement de la barre en expérience atteignant 6 millimètres par mètre. Après ce traitement parle froid, l’alliage est magnétique, et ne revient, comme nous l’avons vu, au premier état que si on le chauffe au rouge.
- Les alliages de la deuxième catégorie ne présentent pas ce singulier phénomène de retour par deux chemins différents à la chauffe et au refroidissement ; mais leurs variations de volume sont tout
- ___Platine
- 50 100 B'M 200 250 300
- Températures .
- Fig. 2. — Changements irréversibles de volume d’un acier à 15 pour 100 de nickel.
- 5. — Dilatations vraies des alliages acier-nickel, contenant de 26 à 41 pour 100 de nickel.
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- LA NATURE.
- aussi éloignées de celles qui régissent la dilatation des autres alliages. J’ai pu faire, grâce au bienveillant concours de M. Fayol, directeur général de la Société de Gomraentry-Fourchambault, etdeM. L. Dumas, secrétaire général de cette Société, une étude suivie de ces variations. Cette étude a nécessité la fabrication de nombreux alliages nouveaux, qui tous ont été préparés et analysés dans les aciéries d’Imphy appartenant à la Société de Commentry-Fourcham-bault, J’ai pu utiliser, pour cette étude, les instru-inents très précis dij Bureau international de Poids et Mesures. '
- Le diagramme (fig. 5) représente l’ensemble des résultats trouvés sur ces alliages. Les teneurs en nickel sopt portées en abscisses, et les dilatations vraies en ^ordonnées. Chacune des cinq courbes se rapporte à une température différente, la plus basse étant 0, la plus (levée 200°. Le premier fait qui surprend, à l’inspection de ce diagramme, c’est la granddiversité des dilatations des aciers au nickel entFe,26 et:44 pour 100, et l’écart énorme par rapport aux résultats que la loi des mélanges aurait conduit à présumer. La dilatation des premiers alliages portés dans le diagramme est supérieure à celle du fer et du nickel ; puis elle diminue en même temps que s’accroît la proportion de ce dernier métal, passe par un minimum, et augmente ensuite pour se rapprocher des valeurs normales. A partir de 28 pour 400 environ, la dilatation des alliages est inférieure le celle des composants, et, entre 29 et 50 pour 100, elle passe au-dessous de la dilatation de tous les métaux et alliages connus. Au minimum, la dilatation, des alliages de fer et de nickel est égale au dixième de celle du platine, et au vingtième de celle du laiton.
- Le diagramme présente d’autres particularités intéressantes; j’insisterai sur un point spécial. On voit, un peu après le minimum de dilatation, toutes les courbes se croiser, indiquant une teneur pour laquelle l’alliage se dilate proportionnellement à la température. Au delà de ce point, les courbes sont superposées dans l’ordre inverse du début, de telle sorte que, dans cette région, la dilatation des alliages diminue à mesure que la température s’élève. Ces deux particularités n’avaient encore été constatées dans aucun corps métallique.
- Les singulières propriétés des aciers au nickel qui viennent d’être décrites font prévoir d’intéressantes applications sur lesquelles nous reviendrons prochainement. Ch.-Ed. Guillaume.
- LÀ KIYA
- Les Indiens nomades du Chaco austral et des provinces argentines de Jujuy, de la Riojaet de Santiago delEstero, ont un goût immodéré pour une boisson très alcoolique, qu’ils fabriquent avec les baies de YAlgarobe (mimosa melaiioxylon). Cette boisson se nomme la Kiva.
- La Kiva n’offrirait aucune particularité si ce n’était son mode de préparation, qui paraîtra extraordinaire en pays
- civilisé. En Europe, les élaborations culinaires se font loin des convives; au Chaco austral, la mode est renversée : ce sont les convives qui préparent la Kiva, et ce serait faire une injure grave à un Indien, qui offre l’hospitalité, que de s’y refuser.
- C’est en 1888 que pour la première fois, il me fut donné d’aider à la confection de la Kiva chez le cacique José Petizo (Joseph le petit), chef d’un parti d'indiens Guaranis, nomades et pillards, qui, à cette époque, étaient la terreur des rares estencïeros (agriculteurs-éleveurs) vivant au nord-ouest de la lagune de Los Porongos; je revenais d’explorer le cours moyen du Rio Salado, quand je tombai, par hasard, au milieu de sa tolderia*. José et moi étions de vieilles connaissances ; le coquin, très intelligent, m’avait intéressé, et un an plus tôt, au fort Republica, il avait dù à mon intervention de ne point être fusillé : j’avais “persuadé au commandant du fortin qu’il v avait erreur en la personne.
- Bien que depuis huit jours une dizaine de mes meilleurs chevaux eussent disparu et qu’en le rencontrant fortuitement j’eus toutes sortes de raisons d’être persuadé que c’était lui mon voleur, je fis gracieuse mine à ses effusions de joie et acceptai son hospitalité : je ne pouvais faire autrement, nous étions compadres, et au Chaco s’il est utile d’être le compère d’un coquin il est de toute nécessité de ne point le blesser dans son amour-propre.
- Après avoir ingurgité chacun quelques kilogrammes de poulain grillé et allumé nos cigarettes auprès du feu, l’inévitable maté* fut passé à la ronde; puis une vieille femme déposa devant chacun des convives une forte poignée de haies d’algarobes et une petite assiette de bois. Immédiatement chaque convive, après avoir humé son maté brûlant, s’empressait de mastiquer des haies de mimosa et d’en cracher le jus, ainsi exprimé, dans l’assiette placée à sa portée, qu’une fois pleine, la vieille servante vidait dans une grande jarre de terre. Très intrigué par cette étrange pratique, j’allai demander des explications à mon vaqueano (guide interprète), quand celui-ci, me passant le maté, m’invita à me conformer à l’usage, sous peine d’être taxé d’incivilité vis-à-vis de notre hôte. Ma foi comme c’était une règle de politesse, je passai une heure ou deux à converser avec mon hôte, tout en buvant du maté et en mastiquant, à la grande satisfaction de tous les convives, le plus de fruits d’alga-robe qu’il me fut possible; puis José Petizo m’offrit une liqueur noirâtre, que je trouvai fort bonne : c’était de la Kiva. Un trait de lumière me traversa l’esprit, je savais que cette boisson était tirée des haies du mimosa mela-noxvlon : pas de doute, je venais d’aider à la fabrication de la liqueur chère aux habitants du grand Chaco. C’est, en effet, ainsi qu’elle se prépare : le jus exprimé par mastication est recueilli dans une jarre en terre, dans laquelle on l’abandonne jusqu’à fermentation complète; lorsque la fermentation est terminée, les vieilles matrones qui sont spécialement chargées de ce soin, soutirent et clarifient la Kiva par des procédés analogues à ceux employés en France pour le vin.
- Le Kiva, quoique fort enivrante et malgré sa préparation ‘répugnante, est très savoureuse et possède un parfum agréable qui rappelle un peu celui de la liqueur de vanille. Henry Chastrey.
- 1 Village formé de tentes, du mot espagnol tolda qui signifie tente.
- 2 Le maté est l’ustensile qui sert à prendre l’infusion de la Yerba du Paraguay à laquelle on donne ce nom.
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- LES SERRES DE LA AILLE DE PARIS
- Il y a près d’un demi-siècle, en 1852, l’administration de la Ville de Paris, désirant transformer la capitale et créer, pour ses habitants, des lieux de promenade en harmonie avec la grandeur des autres œuvres dont elle poursuivait l’exécution, a dù, pour introduire un nouvel élément de salubrité, songer à créer de tous côtés des jardins et des squares, sortes d’oasis qui permettent à ses habitants de venir respirer l’air frais etleparfum des fleurs ; mais cette création devait entraîner l’emploi d’une quantité prodigieuse de plantes de tous genres et il a fallu, à cet effet, fonder un jardin fleuriste, des serres et des pépinières, pour en permettre l’approvisionnement.
- Cet établissement a dù être installé sur les
- époque, de grands travaux d’embellissement.
- Peu à peu le nombre des squares s’étant multiplié dans Paris, le goût des plantes s’est développé si bien que, maintenant, dans toutes leurs réunions, les
- Parisiens réclament
- Fig 1. — Plan général du nouveau fleuriste de ,1a Ville de Paris.
- terrains de la Muette, à l’entrée du Bois de Boulogne, où la Ville venait d’entreprendre, à cette
- des décorations végétales (plantes et fleurs) pour rehausser l’éclat de toutes les cérémonies et de toutes les fêtes.
- L’énorme extension donnée par la Ville à ses jardins publics a rendu les serres installées au Fleuriste de la Muette trop exiguës. Les terrains étant devenus d’une grande valeur et ne permettant pas de donner à ce jardin fleuriste le développement qu’il convenait, le Conseil municipal, il y a une dizaine d’années, décida que ces terrains seraient vendus par lots et que de nouvelles serres, beaucoup plus vastes et mieux aménagées, seraient édifiées sur les terrains restés libres et séparés du Bois de Boulogne, « au Fonds des Princes », presque en face du champ de
- Coupe du Pavillon
- Pignon d'extrémité.
- Coupes des Serres.
- Cloison Vitrée.
- Coupe du.Pavillon Central.
- et des Serres
- Fig. 2. — Elévation du palmarium et coupes transversales.
- courses d’Auteuil, où la forêt avait été détruite pour dégager les fortifications, lors de la guerre de 1870. M. Formigé, l’éminent architecte des promenades de la Ville, reçut mission de créer cette installation nouvelle.
- Il faut reconnaître que l’œuvre présentait de sérieuses difficultés, la zone militaire obligeait à placer les grandes serres et les bâtiments d’exploitation dans une partie du terrain si resserrée qu’on a dû dévier l’avenue Victor-Hugo pour obtenir une
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- LA NATURE.
- surface suffisante. En outre, le terrain très accidenté se prêtait mal à la régularité et à la symétrie qu’exigent les constructions de cette nature.
- L’architecte a su en tirer très habilement parti et puiser dans cette difficulté même le principal élément de décoration. En effet, lorsqu’on pénètre dans le nouveau Fleuriste du Fonds des Princes (appelé Fleuriste d’Auteuil) par la route de Boulogne, on arrive sur un terre-plein élevé d’où on domine tout l’ensemble des serres principales, ce qui permet de se rendre compte, d’un seul coup d’œil, de l’importance du travail accompli.
- On a devant soi, à droite et à gauche, deux rangées de serres principales, disposées par groupes de trois, perpendiculairement à la route de Boulogne. En recul, on aperçoit tout au fond la grande
- serre dont le pavillon central forme jardin d’hiver.
- Cet ensemble de constructions est établi sur un terre-plein de 2 mètres de hauteur environ, bordé de balustrades en pierre et enserrant entre ses deux ailes en retour une fort belle pelouse qui accentue l’effet de perspective voulu par l’architecte. En arrière de cette pelouse, un escalier à double rampe entourant une fontaine en pierre sculptée, donne accès au jardin d’hiver.
- Le niveau de cette pelouse et des grandes allées qui font le tour des serres représente la partie la plus basse du jardin ; on y accède, du terre-plein d’entrée par un escalier monumental de plus de 20 mètres de large, et aussi par deux rampes en pente douce qui se recourbent en forme de croissant.
- Derrière la grande serre (pii, grâce à son terre-
- Fig. 3. — Vue prise de l’ouest (côté de l’avenue Victor-Hugo).
- plein, les dissimule entièrement, se trouvent les bâtiments d’exploitation comprenant les écuries, remises et toute l’installation des générateurs de vapeur destinés au chauffage.
- Sur la gauche, toujours au niveau le plus bas, sont groupées les serres de moindre importance, presque complètement masquées par les serres principales qui les dominent de toute la hauteur de leur terre-plein.
- Si nous revenons maintenant à la porte d’entrée sur la route de Boulogne, nous voyons à droite et à gauche de cette porte deux élégants pavillons en briques, recouverts de tuiles, qui forment les bâtiments réservés : celui de gauche à l’Administration, celui de droite à l’École de Botanique. L’installation en est très complète ; l’École de Botanique, par exemple, comprend au rez-de-chaussée : un amphithéâtre, un laboratoire, une salle de micrographie, le cabinet du Directeur, une cuisine et diffé-
- rentes autres pièces avec de vastes dégagements.
- L’autre pavillon comporte toutes les pièces nécessaires à l’installation des services administratifs et notamment du jardinier en chef.
- Quelques chiffres et dimensions permettront au lecteur de se rendre compte de l’importance de l’installation. La grande serre A (fig. 4) mesure une longueur totale de 99 mètres sur une largeur moyenne de 42 mètres environ, sa hauteur au faîtage est de 6m,70 sur les bas-côtés, 7m,75 dans la partie centrale et 17m,75 au dôme qui en forme le milieu.
- A droite et à gauche les deux serres B ont 28 mètres de longueur sur 4 2 de largeur et 6 de hauteur.
- Les deux groupes C comprennent chacun 6 serres de 25 mètres de longueur sur 8 de largeur et 5 de hauteur.
- Iœs petites serres D, au nombre de 64, mesurent
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- LA NATURE
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- chacune de 20 à 25 mètres de long, 5 mètres de large et 2 de hauteur.
- Derrière se trouvent les 9 serres E de 55 mètres
- de profondeur sur 5 de large et 2m,55 de haut.
- En y ajoutant la serre aux plantes vertes F et l’orangerie G cela forme au total 90 serres de
- Fig. 1. — Vue prise du terre-plein (côté de la route de Boulogne).
- diverses dimensions, couvrant une superficie totale l’ancien Établissement de la Muette ne possédait
- de 11 800 mètres carrés. Notons en passant que que 6700 mètres carrés de serres couvertes.
- Fig. 5. — Vue de la grande serre (prise du terre-plein d'entrée).
- La figure 2 nous donne la coupe en élévation du palmarium et les coupes transversales.
- Dans la figure 5 on a une vue prise de l’ouest, du côté de l’avenue Victor-Hugo. La figure A est un** vue prise du terre-plein du côté de la route de
- Boulogne et la figure 5 est une vue de la grande serre, prise du terre-plein d’entrée.
- Le chauffage de ces 11 800 mètres carrés de serres nécessite, comme on s’en rendra compte facilement, un appareillage considérable, le système employé est
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- celui de l’eau chauffée par la vapeur à basse pression. Les générateurs, au nombre de 4, disposés dans une chaufferie unique, peuvent développer ensemble 480 unités. Les hydro-caloriticateurs, de différentes forces, sont au nombre de 64, répartis en 17 postes. Le transport de la vapeur se fait par une tuyauterie spéciale établie dans des galeries souterraines d’une longueur totale de 580 mètres et mesurant lm,20 de largeur sur 2m,60 de hauteur.
- Enfin les surfaces chauffantes représentent comme importance 18 kilomètres de tuyaux lisses de 105 millimètres de diamètre extérieur. C'est à M. L. Grenthe, ingénieur constructeur, qu’a été confiée l’exécution de cette installation délicate.
- En résumé, M. Formigé, en édifiant le nouveau fleuriste d’Auteuil, a accompli une œuvre difficile et qui lui fait le plus grand honneur.
- E. Maglin,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LE ROI DES CARILLONS
- On pourrait croire que, les carillons étant nés en Flandre, c’est dans le nord de la France ou aux Pays-Bas que s’en doivent rencontrer les plus puissants spécimens. Il n’en est rien, et le roi des carillons est portugais. Il faut dire toutefois qu’il a été construit par un Anversois, ce qui sauve l’honneur de la Belgique, au moins dans une certaine mesure.
- C’est au palais royal de Mafra, à 40 kilomètres de Lisbonne, que se trouve ce phénomène qui a, paraît-il, coûté la bagatelle de 800 contos de reis, soit 4 500 000 francs. Son histoire vaut d’être contée.
- Le roi Jean Y, pour intelligent qu’il était, fut chatouilleux sur les questions d’amour-propre. Lorsqu’il se fut mis en tête d’avoir en son palais un carillon plus beau et plus puissant que celui de son cousin d’Espagne à l’Escurial, il fit venir un constructeur anversois, assez peu connu d’ailleurs des chroniqueurs, et répondant au vocable de Nicolas le Vache. Celui-ci, après avoir ouï le souverain narrer son projet, lui crut devoir faire observer que cela coûterait cher, 400 contos de reis environ. Jean V aussitôt de répondre: « Nao julguei que era tao barato. Quero dois » (Je ne croyais pas que ce fût si bon marché. J’en veux deux) ; et voilà pourquoi les tours de Mafra renferment deux carillons absolument identiques, de chacun 48 cloches (4 octaves chromatiques). Indépendamment de ces 96 cloches il s’en trouve encore 18 autres servant aux sonneries de l’horloge et à divers usages.
- Ces cloches sont suspendues à des poutres de section carrée de 33 centimètres de côté. La cloche la plus basse de chacune des deux séries est un sol du poids de 10 000 kilogrammes *. La plus haute n’en pèse que 30. Chacun des carillons a son clavier et son cylindre automatique. Les claviers ont 48 touches de pied et de main. Ils- sont semblables à ceux des anciens orchestres belges.
- Quant aux cylindres de bronze ils mesurent lm,80 de diamètre sur 2m,40 de long. Ils sont piqués de 4 airs de
- 1 Cette cloche mesure 2m,40 de diamètre à la base et 2“,20 de hauteur. Le-poids total des deux accords est d’environ 75000 kilogrammes.
- 50 mesures chacun. Ces airs peuvent être changés. Ces deux morceaux de métal représentent ensemble plus de 20 000 kilogrammes de bronze.
- Cylindres et claviers actionnent les cloches par des marteaux auxquels les relient des fils et des équerres de tirage en nombre considérable.
- Les deux cylindres sont déclenchés par une horloge construite à la même époque et mis en mouvement par des poids de 800 kilogrammes. Cette horloge est tout aussi intéressante que l’orchestre double dont il vient d’être parlé. Elle sonne les heures et les quarts, et sa plus grande roue, toute en bronze, ne mesure pas moins de 96 centimètres de diamètre. La tige de son balancier a 3m,80 de longueur. La lentille ne paraît cependant pas être bien volumineuse. Joaquim de Conceiçao Cornez, à la description de qui ces chiffres sont empruntés par Ed. van der Straeten, le musicologue belge bien connu, ne lui donne que 22 kilogrammes et l’amplitude de ses oscillations est de 20°.
- Cette horloge avec les deux cylindres de carillons, le mouvement, et les sonneries d’heures et de quarts, occupe une surface de 16 mètres carrés et est entourée d’une balustrade de fer. Toute cette installation colossale a été faite avec un soin prodigieux que méritait certes la générosité de Jean Y.
- Les cloches portent toutes le nom de leur fondeur et la date de l’érection de l’instrument campanaire : 1750. Les unes ont été fondues par Nicolas le Vache et les autres par Guillaume Withlocks d’Anvers. Ces deux fondeurs se seront vraisemblablement associés pour exécuter ce grand œuvre. Si le nom de Nicolas le Vache se rencontre rarement dans les annales de la Fonderie, il n’en est pas de même de celui Withlocks, qui n’hésitait pas à se proclamer dans ses correspondances le plus remarquable fondeur du monde.
- Le carillon de l’Escurial qui avait sans doute excité l’envie du souverain de Portugal, était dû à Melchior de Haze, également d’Anvers, et dont la réputation de fondeur est solidement établie. Installé dans une tour du palais des ducs de Brabant, construite en 1668, ce carillon fut transporté à l’Escurial par le comte de Mon-terey, gouverneur des Pays-Bas. 11 y remplaça un accord de 59 cloches1 que l’incendie de 1571 avait détruit. Les cloches de Melchior de Haze avaient comme pendant, dans une tour semblable à la leur, un orgue magnifique de Gilles Brébos. C’est cet orgue que remplaçait sans doute le second carillon de Mafra.
- Tandis que le carillon de l’Escurial a été détruit en 1621 par un formidable incendie, celui de Mafra, plus heureux, a été conservé jusqu’à nos jours et il fait encore l’ornement du vieux palais.
- A l’époque où furent établis ces gigantesques instruments, on ne regardait pas à la dépense ni en Espagne ni en Portugal. Il est probable que de nos jours, un fondeur de cloches ne recevrait pas à ses propositions la
- réponse de Jean V. L. Reverchon.
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- LA VIGNE ET LES VENDANGES EN GÉORGIE
- Au retour d’un récent voyage en Géorgie, un archéologue très distingué, doublé d’un voyageur intrépide qui parcourt, chaque année, un coin de l’Europe orientale, M. le baron de Baye, a donné des détails fort intéressants
- 1 De ces 59 cloches 32 seulement étaient disposées pour fonctionner avec un clavier de carillonneur.
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- LA NATURE.
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- sur les vendanges en Géorgie. Les indications qu’il fournit sont curieuses d’abord parce que, dans ce pays, l’on récolte d’excellents vins qui sont assez peu connus en France; mais, ce qu’il faut surtout noter, c’est que le jus de raisin est traité d’une façon toute particulière en Géorgie.
- La vigne du Caucase atteint facilement la hauteur d’un homme, soutenue qu’elle est par d’énormes tuteurs. Le raisin, gros et ambré, est coupé et chargé dans de grandes corbeilles assez étroites pour leur profondeur ; chaque vendangeur porte sur son dos une de ces corbeilles attachée comme une hotte. Les fruits sont ainsi apportés dans un hangar appelé marane et versés dans d’immenses auges creusées dans un arbre, généralement un tilleul ou un orme. Chaque auge possède un double fond formé d’une sorte de gril, empêchant les parties ligneuses de la grappe et même, au moins partiellement, la peau et les pépins, de suivre le jus : le gril est une claie en branches tressées et recouvertes (peut-être pour parfumer le vin) d’une couche épaisse de verveine sauvage (verbena o'ficinalis).
- Alors commence le foulage, qui est effectué par une équipe relativement très nombreuse de journaliers montes jambes et pieds nus dans l’auge, et piétinant en cadence et en chantant pendant des heures. Le fond proprement dit de l’auge est percé d’un certain nombre de trous, chaque trou .laissant le jus de raisin s’écouler vers un récipient noyé dans le sol du hangar. Ce récipient —- et c’est une des plus grandes bizarreries de l’installation — est tout simplement une grosse amphore en terre cuite, en terre sigillée comme celles des anciens Grecs ou Romains, et dont l’orifice seul émerge du sol. Ces amphores peuvent contenir jusqu’à 500 vèdros, autrement dit 5087 litres, les plus petites étant seulement de 1 1/2 védro.
- On ne remplit chaque récipient qu’aux trois quarts: afin d’empêcher les résidus solides de remonter à la surface, on place des branches à l’intérieur; on recouvre l’ouverture avec une dalle ronde en schiste, qu’on cale avec deux morceaux de bois, de manière que l’air puisse passer. Pendant une semaine on laisse la fermentation se faire; le hangar demeure fermé, mais on y ménage un courant d’air. Alors on s’arme d’un long bâton terminé par un tampon épais formé de plaques d’écorce de cerisier enfilées les unes par-dessus les autres, et on bat le liquide; on a du reste remplacé le liquide évaporé, et enfin on peut fermer le récipient au bout d’un mois. Pour cela on pose la dalle hermétiquement, en entourant de mousse le col de l’amphore, et enfin en recouvrant le tout de sable. Quand on voudra soutirer le vin, on s’armera d’un récipient de cuivre fixé au bout d’un bâton, et on le transvasera dans des outres en peau de bœuf ou de chèvre.
- Comme dernier détail pittoresque, nous ajouterons que, dans chaque hangar, dans chaque chai, pour employer un mot plus exact, se trouve une amphore consacrée à un saint ou au patron de la paroisse : on ne va y toucher que le jour de la fête du saint, et on effectue ce qu’on pourrait appeler la mise en perce. Mais, pour cette circonstance solennelle, ce n’est pas seulement du vin de. l’amphore: qu’il faut boire, mais tout le contenu du vase, et jusqu’à la dernière goutte, sous peine de manquer aux convenances et aux égards dus au saint. Les Géorgiens apprécient fort les crus de leurs vignobles, et l’on ne dit point que jamais on ait manqué à remplir ce devoir quasi religieux. I). B.
- LES
- NOUVELLES FRAPPES DE LA MONNAIE1
- La Monnaie française a derrière elle un passé remarquable : les amateurs de belles médailles en savent quelque chose, et ceux qui voudraient s’en instruire n’auraient qu’à visiter le musée installé au premier étage de l’Hôtel du quai Conti. La visite en est d’autant plus intéressante que, grâce aux efforts du savant directeur de l’administration, M. de Fo-ville, une réorganisation se poursuit d’après un plan méthodique et chronologique. Voici d’abord les médailles les plus anciennes, puis une deuxième salle réservée à celles de l’époque révolutionnaire, une troisième pour le premier Empire; une autre où l’on verra ce qu’était l’art de la médaille au milieu de ce siècle. Enfin une dernière salle contiendra toutes les œuvres de l'époque contemporaine.
- Cette salle va se remplir assez vite, car les nouvelles frappes se sont rapidement multipliées depuis quelque temps, tant pour les monnaies que pour les médailles proprement dites. 11 est intéressant pour nos lecteurs d’avoir sous les yeux les principaux types ainsi créés, même quand il s’agit de pièces françaises, «pii ne parviennent guère à l’étranger.
- Yoilà plus de trois années que M. Chaplin, M. Roty et M. Daniel Dupuis ont été chargés officiellement de chercher de nouvelles effigies pour nos monnaies de bronze, d’argent et d’or. Pour l’or, on ne peut pas dire qu’on soit arrivé à une création définitive, mais il en est différemment pour le bronze et l’argent. On n’a point du reste, dans cette réforme, été dirigé seulement par le désir de faire du nouveau et de supprimer ce qu’on appelait un anachronisme : on manquait de monnaie de billon, et autant valait tâcher de leur donner une apparence plus élégante; pour les pièces d’argent, un grand nombre avaient leur effigie presque effacée.
- Le nouveau « deux sous », comme on dit encore en dépit du système métrique, vient d’être lancé dans la circulation : nous en reproduisons la face et le revers (fig. 1.) 11 est dû à M. Daniel Dupuis : le profil de la République est heureusement dessiné ; nous lui reprocherons seulement cette branche de laurier assez raide qui part de la poitrine et pousse, on ne sait comment, parallèlement à l’axe de la tête. Le revers nous plaît davantage : la tête de la France est gracieuse, gracieuse aussi la tête de l’enfant qui tient tout à la fois en mains les attributs de l’agriculture et de l’industrie. Le relief est remarquable, peut-être même un peu trop accentué au point de vue matériel, car le cordon de la pièce pourrait bien ne le protéger qu’imparfaitement.
- Quant aux monnaies d’argent, elles ont ou auront pour motif principal la Semeuse, de M. Roty : le public l’a déjà vue sur la face des pièces de 50 centimes. Le mouvement du bras droit de la Semeuse,
- 1 Voy. n° 1515, du 15 août 1898, p. 167.
- O-
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- LA NATURE.
- de ce bras qui jette dans le sillon le bon grain, se lève avec énergie au-dessus de l’horizon, sur lequel se dessine le soleil ; le revers est extrêmement simple :
- tout uniment une branche d’olivier portant des fruits et entourée de la devise nationale et des inscriptions nécessaires. Pour juger de l’œuvre, il vaut mieux la
- Fig. 1.
- Sou Indo-Chinois. Nouvelle pièce de 10 centimes avec revers. Revers du sou Indo-chinois.
- voir sur des pièces d’un franc que sur celles de (fig. 2). On eût même désiré, à la Monnaie, que cette 0fr,50, qui offrent une surface par trop réduite Semeuse prît la place des anciennes effigies sur
- 1 franc, face. 1 franc, revers. Pièce russe. Revers de la pièce russe.
- l’écu de 5 francs. En ce moment nous avons en circulation des écus qui portent, les uns le fameux Hercule de Dupré, dont l’adoption avait été décrétée en 1795, d’autres, à partir de l’an XI et jusqu’en 1809, le maigre profil du Premier consul par Tiolier ; c’est ensuite la tête de l’Empereur lau-rée, puis LouisXVIII gravé d’abord par Tiolier, ensuite par Michaut ; Charles X parle même, Louis-Philippe par Domard ; la Cérès d’Oudiné, datée de 1848 ; les Napoléon III de Jacques-Jean Barre et d’Albert Barre. Quand on reprit la frappe sous un nouveau régime, en 1870, on se contenta de la Cérès de 1848 ou de l’Hercule de 1795. Depuis 1878, et encore maintenant, il n’y avait pas lieu de chercher une effigie nouvelle pour hotre « écu », puisque, en vertu de la convention monétaire, la frappe des pièces de 5 francs est inter-
- dite aux différents pays ayant adhéré à l’Union : on ne peut même pas procéder par refonte comme pour les pièces divisionnaires.
- Mais la Monnaie française s’enrichira sans doute avant peu de nouvelles pièces d’or et peut-être yle nickel dont nous aurons à reparler. D’ailleurs nos graveurs ont pu montrer leur talent en créant certaines autres pièces pour les colonies ou l’étranger : pièces d’argent pour la Russie, à l’effigie sobrement dessinée, sous indo-chinois percés comme une sapèque, bons de caisse de 1 franc sur le trésor colonial de la Martinique ou de la Réunion Ajoutons qu’avant peu M. Chaplin aura mis la dernière main à un nouveau thalari pour l’Abyssinie, qui sera certainement une des merveilles de la gravure moderne. C’est une admirable médaille qui viendra éclipser toutes les médailles proprement
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- dites sorties pendant ces deux dernières'ânnées des ateliers du quai Conti.
- Et cependant, comme on s’en peut convaincre en jetant un coup d’œil sur les reproductions que nous donnons, ces médailles sont plus nombreuses que
- jamais. Sans parler de la médaille commémorative de la visite de l’Empereur et de l’Impératrice de Russie à la Monnaie, c’est la nouvelle pièce de mariage de M. Roty, un « hommage à la Science » de M. Bottée (fig. 6 et 7), la médaille commémorative
- Fig.
- 4. Fig. 5.
- Médaille avec son revers. Première pierre du l'ont Alexandre 111.
- de la pose de la première pierre du pont Alexandre III par M. Daniel Dupuis (fig. 4), ou encore une plaquette de M. Roty, rappelant la visite des souve-
- Fig. 6. — Médaille de Bottée.
- graver par M. Yernon une médaille dédiée aux cyclistes, et où une Victoire renonce à se servir de ses ailes [tour monter à bicyclette !
- Grâce à ces efforts qui enrichissent de plus en plus ses collections, la Monnaie de Paris voit son service de vente des médailles reprendre son ancienne prospérité : les ventes n’avaient, en 1891, porté que sur 187 330 unités représentant une valeur de
- rains russes à Versailles, une autre de M. Mou-chon, qui se vend comme un souvenir de la Monnaie de Paris (fig. 3). On a même été jusqu’à faire
- Fig. 7. — Revers de la médaille de Bottée.
- 1 062193 francs, alors que, en 1896, il a été vendu 27 2 008 médailles : il est vrai que la valeur totale n’en atteint que 1088021 francs, mais cela tient à ce que la Monnaie laisse à l’acheteur tout le bénéfice qui provient de la baisse énorme subie par le métal blanc depuis quelques années. Ce qu'il y a de plus remarquable dans cette prospérité du service de la vente de médailles, c’est que, depuis 1893, on
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- LA NATURE.
- a fait disparaître l’ancien monopole de frappe des médailles qu’on avait établi jadis aux dépens de l’industrie privée : comme toujours, la liberté a été plus profitable que le monopole à ceux mêmes qu’on voulait protéger de la concurrence, et cela grâce aillaient des artistes qui travaillent pour la Monnaie de Paris et à l’impulsion nouvelle qu’une direction éclairée a su imprimer à un organisme quelque peu vieilli. Daniel Bellet.
- CHRONIQUE
- Nouveau rideau de l’Opéra. — Pour satisfaire aux demandes de la Commission des théâtres on va établir un nouveau rideau métallique à l’Opéra. Ce rideau, qui sera baissé après chaque représentation ou en cas de sinistre, sera en aluminium. Il aura 17 mètres de largeur sur 16 de hauteur, représentant une surface de près de
- 3 ares. Il sera composé de feuilles d’aluminium ayant
- 4 mètres de long sur 1 de large et 2 millimètres d’épaisseur. Le poids total de ces feuilles sera de 1800 kilogrammes. En fer, le même rideau aurait pesé près de 5000 kilogrammes. Ce rideau est construit par M. Charpentier à Valdoie près Belfort.
- La nouvelle balle anglaise. — Remplaçant complètement la balle classique Lee Metford, et s’inspirant de la fameuse balle Dum-Dum, improvisée pendant la dernière campagne dans l’Inde, la nouvelle halle anglaise vient d’ètre fabriquée par millions de charges qui ont été expédiées au corps expéditionnaire de Khartounij Elle a même diamètre (7,7mm),rnême longueur (30,5mm) et même poids (14er) que la balle Lee Metford, et peut servira toutes les armes à feu et à toutes les mitrailleuses de l’armée britannique. Sa chemise est de nickel, et la base seule en est remplie de plomb; l’extrémité conique demeure vide, et, quand elle frappe les chairs, et surtout le squelette, elle s’écrase, s’ouvre : la pénétration en est diminuée, mais la violence du choc augmente beaucoup, de même que les ravages. Lancée avec de la cordite, cette balle nouvelle a même énergie que l’ancienne balle Martini-Henry, mais elle a un poids juste moitié moindre, ce qui est précieux au point de vue de la charge du soldat. La nouvelle balle et sa cartouche se fabriquent actuellement à Woolwich à raison de 2 millions par semaine, et des contrats ont été passés avec des usines particulières'pour la livraison de 20 millions de ces mêmes cartouches.
- Nuages artificiels. — M. C. de Ward a décrit dans Weather Review une intéressante formation de petits cumulus qu’il a remarquée à l’Observatoire d’Aréquipa (Pérou). Un grand feu de broussailles situées à 24 kilomètres du flanc horizontal de mont Charchani produisait une épaisse colonne de fumée qui s’élevait à peu près à 4200 mètres au-dessüs du niveau de la mer. Le temps était calme et très clair, et l’on voyait à 1000 mètres au-dessus de la fumée se former et disparaître tour à tour de très légers cumulus. On a pu compter en une demi-heure huit de ces petits nuages; le dernier a disparu aussitôt que le feu a été éteint. Cette formation était due à la vapeur d’eau qui est l’un des gaz constituants de la fumée.
- Nouvel observatoire astronomique. — C’est le 20 juin dernier qu’on a inauguré ce nouvel établissement situé sur le Kônigstuhl, prèsde Heidelberg. Suivant Ciel et Terre, l’observatoire comprend deux services
- distincts tout à fait séparés. Le service astrométrique est placé sous la direction de M. Valentin ; son but pratique sera la détermination rigoureuse de l’heure et sa transmission au chemin de fer ainsi qu’à divers établissements de la région. Un cercle méridien de Repsold, de 15 centimètres d’ouverture, est le principal instrument. La partie la plus importante, l’astronomie physique, a pour directeur M. Max Wolf dont tous les savants connaissent les belles découvertes. Dans les bâtiments qui lui sont réservés on remarque deux coupoles : l’une, de 5m,40 de diamètre, abrite l’équatorial dont M. Wolf srest déjà servi avec tant de succès, construite sur les plans du directeur; elle est, paraît-il, d’une mobilité extrême et peut en 6 secondes effectuer un tour entier. La seconde coupole, qui a 6 mètres de diamètre, contiendra prochainement un grand appareil astrophotographique offert par Miss Bruce et dont le célèbre opticien lîrashear termine en ce moment les lentilles. Des ateliers seront adjoints à l’observatoire pour la partie électrique et mécanique.
- La période de n* Bouvier. — À l’aide de nombreuses mesures de ce couple faites depuis 1878, M. Do-berck a repris le calcul de l’orbite. Il a trouvé que la période de révolution de l’étoile secondaire autour de la principale est de 276 ans.
- L’agrandissement de l’usine électrique de Niagara Faits. — Le bâtiment proprement dit de la station centrale de la « Niagara Falls Power Company », vient d’ètre terminé récemment : l’usine de force, qui n’avait primitivement que 42m,68 de long, en a maintenant 130. Le nouvel espace disponible permettra facilement d’installer 7 autres générateurs et de porter à 50 000 chevaux la puissance totale de l’usine.
- Poteaux télégraphiques en granit. — C’est en Suisse qu’on les trouve, où M. le professeur C.-IL Snow les a remarqués sur la route qui borde la rive ouest du lac Majeur et réunit Milan à la Suisse par la passe du Simplon. Ces poteaux, à section carrée, sont du même granit gris qui sert à tailler les bornes bordant les routes, granit qui n’est point très solide; ils ont environ 0"',25 de côté et une hauteur de 7 mètres 1/2. Une fois mis en place, ils reviennent à peu près à 10 francs. Il paraîtrait qu’on les remplace par des poteaux en bois au fur et à mesure qu’ils sont mis hors de service : on reconnaît en effet qu’ils sont assez peu aptes à supporter l’effort transversal qui s’exerce quand on tend les fils.
- Un moteur ù. pétrole à grande altitude. — L’exemple est intéressant à signaler, au point de vue du fonctionnement du moteur : il nous est fourni par Y Engineering and Mining Journal. L’appareil en question, qui a une puissance de 10 chevaux, est du système Weber; il commande un engin de levage dans une mine de Georgetown .(État de Colorado), à une altitude de 3047 mètres au-dessus du niveau de la mer.
- Moteur électrique pour la sonnerie des cloches. — C’est à l’église Saint-Georges, à Berlin, qu'a été installé le moteur en question pour mettre en branle les grosses cloches de cette paroisse. Un électro-moteur de 10 chevaux de force actionne, à raison de 160 révolutions par minute, un arbre sur lequel sont montés trois tambours sans être du reste clavetés. Latéralement à chaque tambour est un petit embrayage à friction fixé sur l’arbre. Si l’on presse l’embrayage sur le tambour correspondant, ils se mettent tous les deux à tourner solidairement, et il en résulte un mouvement de traction sur une corde qui, par son autre extrémité, est rattachée
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- au levier d’une cloche. Quand celle-ci arrive au milieu de son oscillation, elle vient soulever un excentrique qui fait cesser la pression de l’embrayage sur le tambour ; la cloche peut alors revenir sur elle-même et sonner, la corde demeurant toujours suffisamment tendue par un contrepoids. Le même mouvement recommence ainsi, et chaque cloche sonne régulièrement sans qu’il en résulte aucune fatigue pour le sonneur.
- Un ponton flottant de déchargement. — Nous avons signalé le trafic charbonnier énorme qui se fait dans le port de Londres et le matériel qu’il nécessite. Pour faciliter le déchargement des navires charbonniers, on vient de construire et de mettre à flot un ponton monstre en acier, qui n’a pas moins de 152 mètres de long, de 14®,50 de largeur et 3m,80 de creux. Sur presque toute sa longueur, il porte 4 lignes de rails : une des voies sert au déplacement de 9 grues munies d'une balance enregistreuse. Le charbon une fois pesé tombe dans une décharge, d'où il s’écoule dans les chalands accostés au bord du ponton, du côté opposé à celui où sont les navires charbonniers. Toute la force motrice est hydraulique, et elle est fournie par trois grandes pompes et par deux accumulateurs, installés chacun à une extrémité du ponton; l’eau comprimée sert également à commander des cabestans pour assurer les manoeuvres des chalands ayant à venir bord à bord avec le ponton.
- Les hôpitaux de famille dans l’Inde anglaise. — C’est le journal Nature, de Londres, qui en signale la création. On sait que l’administration britannique se heurte aux préjugés les plus enracinés de castes et de religion, quand elle veut envoyer à l’hôpital ordinaire, pour les isoler, des malades atteints de la peste. Pour inspirer confiance aux indigènes, et triompher de leurs répugnances, l’administration admet maintenant la création d'hôpitaux de famille, d’hospices privés qui sont souvent installés dans des maisons qui ont seulement quelques chambres, où les malades peuvent être tenus dans l’isolement. On commence à se trouver fort bien de cette innovation.
- Les dispositifs électriques de mines sous l’eau. — C’est d’une question historique qu’il s’agit. Le journal bien connu Uhland's Wochenschrift rappelle que, dès 1812, le baron Schilling employa un câble placé sous l’eau pour faire détoner, au moyen de l'étincelle électrique, des mines placées dans la Néva; d’autre part, en 1838, le colonel Pasley recourut à la même méthode pour détruire l’épave du « Royal George )) dans le dock de Spithead.
- Station botanique russe. — Nature, de Londres, en signale l’ouverture près du lac Bologoye, sur le plateau Y aidai ; on peut y venir travailler gratuitement. On y trouve une pension organisée sur le principe coopératif et ne coûtant que 42 francs par mois. Les environs et le lac possèdent une flore des plus riches.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 août 1898. — Présidence de M. Wolf.
- Influence de la bicyclette sur les organes thoraciques. — MM. Régnault et Bianchi ont appliqué le pho-nendoscope1 à l’étude des modifications survenues dans les organes thoraciques chez les champions d’une course de 72 heures organisée au Parc des Princes. Ils ont
- 1 Voir la description du Phonçndoscopc dans le n° 1290, du 19 février 1898, p. 179.
- dessiné sur le corps même de trois des coureurs, MM. Miller, Frédérick et Faure, les divers organes avant la course, .immédiatement après la course, et quelques jours plus tard. La comparaison de ces dessins a permis de déduire les conclusions suivantes : les organes abdominaux et surtout la rate, le foie et l’estomac ont beaucoup diminué ; la graisse sous-cutanée a également fondu ; le cœur et le poumon n’ont presque pas diminué grâce à l’afflux de sang provoqué par le travail. Les mouvements continuels des jambes et du bassin joints à l’attitude penchée en avant, ont élevé tous les organes abdominaux; ceux-ci ont surélevé le poumon et le cœur, particulièrement le poumon droit qui touche au foie. L’extrémité pvlorique de l’estomac est relevée, ce qui donne à cet organe la forme d’une besace et y amène une plus longue station des aliments. De même le cœur est remonté vers le cou. Ces déplacements manifestes varient de 2 à 5 centimètres. Les cœurs et les organes de MM. Miller, Frédérick et Faure ont été très résistants; c’est ce qui leur a permis d’accomplir la course. D’autres coureurs ayant avant le départ un cœur moins énergique, se sont arrêtés aux premières heures.
- La vision au travers d’écrans de verres colorés. — M. Henri Cros lit un mémoire sur la détermination de certaines substances par l’examen de ces substances au travers d’un écran composé de deux lames de verres colorés superposées. Les verres employés sont des verres du commerce; l’un est un verre bleu à l’oxyde de cobalt; l’autre un verre jaune empruntant sa couleur à l’oxyde de manganèse et au fer. On place cet écran contre l’œil et l’on éclaire fortement l’objet. Des substances qui donnent à l’œil nu la même impression, regardées au travers de l’écran, apparaissent sous un aspect différent. Ainsi l’émeraude est vue sous une couleur violet rose, tandis que la fausse émeraude garde sa vraie teinte ; le saphir au contraire reste bleu sombre tandis que le faux saphir apparaît rouge rose. M. Cros, en examinant avec cet écran une coupe égyptienne de la Manufacture de Sèvres en pâte bleue, a constaté que celle-ci se montrait telle qu’à la vision directe sauf une partie restaurée qui apparaissait rouge. 11 en a pu conclure que la pâte égyptienne était à base de bleu de cuivre et la partie restaurée à base de cobalt.
- La pression dans les tubes traversés par Vélectricité, — M. Lippmann présente une Note de M. Seguy sur les modifications de la pression des gaz à l’intérieur des tubes traversés par la décharge électrique. L’auteur a constaté que le gaz se raréfiait à l’électrode d’entrée et se condensait à celle de sortie. Ch. de Villedeuil.
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- LAMPES A INCANDESCENCE MINUSCULES
- Il y a déjà longtemps que nous avons signalé ici des petites lampes à incandescence de dimensions restreintes, se prêtant à toutes sortes d’applications diverses. A mesure que les lampes à incandescence de forme ordinaire pour une intensité de 10 à 16 bougies se sont développées, la fabrication des petites lampes ne s’est pas arrêtée ; elle a également progressé et nous donne aujourd’hui des petites merveilles. Nous avons eu dernièrement l’occasion de visiter complètement les ateliers de M. Maurice James, qui s’est fait une spécialité de la fabrication
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- de ces petits modèles de lampes, et il a bien voulu nous guider lui-même dans notre visite en nous montrant les détails de sa fabrication.
- Les lampes dont il est question sont fabriquées en général pour des différences de potentiel de 2 à 25 volts et pour des intensités de 0,25 à 0,6 ampère. La dépense spécifique ne dépasse pas 5 à 4 watts par bougie. Elles affectent toutes les formes et toutes les grandeurs ; au minimum, on î arrive à faire des lampes n’ayant pas plus de 4 millimètres de diamètre.
- Comme dans la fabrication de toutes les lampes, on prépare d’abord le filament qui est ici un filament minuscule de charbon qu’on ne peut saisir qu’avec des pinces. On prend ensuite deux petits fils de platine qu’on a soin de marteler aux extrémités. Puis on fixe les deux bouts du filament sur ces extrémités ; il faut ensuite maintenir les tiges de platine dans un morceau de verre. 11 ne reste qu’à souiller la lampe.
- Les modèles de lampes ainsi fabriqués sont innombrables et affectent les formes les plus diverses. Nous en 'avons réuni quelques exemples dans la figure ci-jointe; nousallons les examiner successivement en indiquant leurs applica tions. Les petites lampes 1, 2 et 5 sont de dimensions très restreintes et sont destinées aux bicyclettes et aux voitures; elles donnent un point lumineux. Le n° 4 est une lampe de forme allongée. La lampe n° 5 est une lampe sphérique avec au centre un seul point lumineux. La ligure n° 6 nous montre une suspension de laquelle tombent une série de feuillages et de fleurs ; chacune des fleurs renferme au centre une lampe minuscule allumée. Dans une pièce obscure, le soir, l’effet est charmant. La lampe n° 7 est utilisée en médecine
- Modèles divers de lampes à incandescence minuscules.
- pour explorer l’intérieur de certains organes; on remarque sur le coté la pointe qui termine la lampe, elle a été ainsi placée afin de laisser une surface nette devant le point lumineux. La lampe n° 8 est une lampe allongée, la lampe n° 9 est également une lampe médicale, comme la lampe n° 7, mais de dimensions plus restreintes. Les lampes n° 10 et n° 12 sont aussi des lampes utilisées en médecine.
- La lampe n° 11 est utilisée dans la marine russe pour le pointage des canons. Souvent on ne peut laisser la lampe apparaître à nu; M. James fabrique un iris (n° 13) dans lequel on peut la placer, et où elle donne de belles radiations jaunes. La lampe n° 14 est une lampe qui est utilisée dans les kiné-toscopes. Enfin, dans le n° 15 nous trouvons une chaîne formée de lampes ovoïdes réunies les unes aux autres à l’aide de petits anneaux brisés et venant se relier à deux bouquets. Toutes les lampes sont étincelantes et la décoration est d’un goût très heureux.
- Nous n’avons fait que mentionner plus haut quelques-unes des applications de ces lampes. Il nous faut encore citer les lampes pour réveils-matin, pour dentistes, pour éclairer des bijoux, les lampes pour projections ; les lampes pour épingles de cravates déjà bien connues. Des modèles spéciaux ont été également faits pour des casques de pompiers et pour des boutons de manchette. Dans la suspension dont il a été question (n° 6), les lampes sont montées en tension sur 110 volts.
- La lampe à incandescence se prête vraiment à toutes les applications. J. Laffargue.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauüre, rue de Fleuras, 9.
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- n° 131 y.
- 10 SEPTEMBRE 1898.
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- L\ SCIE DI\M\NTËE
- Lorsqu’on passe de temps à autre devant les chantiers de l’Exposition aux Champs-Elysées, on est
- surpris de la rapidité avec laquelle les pierres s’entassent les unes sur les autres et avec laquelle les futurs grands palais s’élèvent au-dessus du sol. On aperçoit d’un côté des tas immenses de grosses
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de la scie diamantée aux Champs-Elysées, sur les chantiers de l'Exposition.
- Fig. 2. — Vue de côté.
- pierres, et, quelques jours après, ces pierres ont disparu comme par enchantement pour faire place à d’autres.
- Dans le chantier se trouve en effet un outil très remarquable, la scie diamantée, qui découpe toutes 26° aunée. — 2° semestre.
- Fig. 3.— Vue de l'ace.
- ces pierres et fournit tous les blocs nécessaires à la construction. Cette nouvelle scie est due à M. Félix Fromholt, ingénieur mécanicien à Paris, qui a utilisé pour tailler les pierres de construction le diamant cristallisé dont la valeur n’est que de 10 à 15 francs
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- LA NATURE
- le carat. M. Fromholt a imaginé un mode spécial de sertissure du diamant dans les blocs d’acier pour obtenir les lames des scies. Il a été alors amené a étudier l'action des hautes températures sur le diamant cristallisé et sur le carbone. M. Moissan a pulvérisé un diamant noir cristallisé; chacun des grains de poussière renfermait des taches. En chauflant encore cette poussière, h 200°, M. Moissan observa un dégagement d’acide carbonique, et les taches disparurent.
- M. Fromholt a, de son côté, effectué des essais sur le carbone. Il a pris trois morceaux d’un diamant amorphe. Il en a chauffé deux au rouge vif, l’un pendant quelques secondes et l’autre pendant une minute. Le premier morceau présentait des granulations qui se détachaient aisément, la meule à émeri l’usait rapidement. Le deuxième morceau résistait davantage que le premier, mais beaucoup moins que le morceau qui n’avait pas été soumis à la température élevée. M. Fromholt en conclut que son procédé de sertissage ne pouvait s’appliquer au carbone qu’avec de grandes précautions et qu’il était préférable d’adopter le diamant cristallisé.
- Dans la scie circulaire, actuellement employée, et dont la figure 1 nous donne une vue d’ensemble et les figures 2 et 5 des vues de côté et de face, l’appareil de sciage proprement dit est formé d’un bâti "horizontal en fonte reposant en porte-à-faux sur un massif en maçonnerie. La lame de scie, que l’on aperçoit, est montée en saillie de lm,10 sur un arbre fixé sur le bâti. Cet arbre porte une poulie qui est actionnée par un volant recevant directement le mouvement de la machine à vapeur de 10 à 12 chevaux. Une poulie folle permet d’arrêter à volonté la machine. Cette première disposition convient pour la marche rapide. Dans le cas d une marche lente, l’arbre ne reçoit le mouvement qu’au moyen d’une transmission intermédiaire.
- M. Rarbet a fait à la Société d’encouragement sur cet appareil un intéressant rapport auquel nous empruntons quelques renseignements.
- La scie est disposée pour scier les roches demi-dures d’Euville destinées au soubassement du palais des Beaux-Arts et les roches tendres employées dans les constructions. Pour les pierres dures, on utilise une lame de scie de 2m,20 de diamètre qui porte 200 diamants disposés 40 de champ, 80 sur les arêtes et 80 sur les faces. La lame tourne alors à 300 tours par minute; sa vitesse tangentielle est de 35 mètres par seconde et son avancement dans la roche est de 0m,30 par minute.
- Pour les pierres tendres, la lame de scie a également 2m,20 de diamètre; elle porte des dents en acier qui sont montées sur la lame dans des encoches et maintenues par des vis. De cinq en cinq dents, une dent est remplacée par une pièce d’acier plus courte ({lie les dents, et qui porte sur les lianes un diamant de chaque côté. Cette lame enlève des parcelles et travaille lentement; elle tourne à 12 tours
- par minute ; son avancement dans la pierre tendre atteint 1 mètre par minute.
- Le bloc à scier est monté sur des chariots dont le mouvement est commandé par la machine.
- La scie circulaire a déjà fonctionné depuis plusieurs mois au chantier des Champs-Elysées, et son fonctionnement a donné toute satisfaction. Au point de vue du travail, la scie coupe la {lierre et dresse les côtés en donnant des arêtes vives. Au point de vue économique, le prix de revient d’un mètre carré de trait est de lf,',25; à la main ce travail est payé 10 francs. M. Fromholt vient encore d’installer, aux Champs-Élysées, une scie à mouvement alternatif qui doit scier des {lierres d’une hauteur de 1IU,75. Le concours d’un outil de ce genre est précieux dans les constructions. J. Laffargue.
- LES MIROIRS DE TERRE DANS L’ANTIQUITÉ
- J’ai examiné fan dernier de petits miroirs de verre doublé de métal, trouvés dans des sépultures gallo-romaines (troisième et quatrième siècles) et qui m’avaient été remis par M. Th. Habert, conservateur du Musée archéologique de Reims (Annales de Chimie et de Physique, 7e série, t. XII, p. 451-459). J’ai constaté que le métal était du plomb et j’ai décrit la figure et le moule de fabrication des miroirs, le verre ayant été découpé avec un instrument tranchant dans un ballon soufflé, et le métal fondu ayant été versé dans la concavité de minces capsules sphériques, en forme dé verre de montre, obtenues par ce procédé. La garniture dans laquelle le miroir était serti autrefois avait disparu. .
- Dans ces derniers temps, trois miroirs analogues, provenant de localités différentes et fort éloignées les unes des autres, savoir la Thrace romaine et l’Egypte byzantine ont été soumis à mon examen. Je dois remercier d’abord les savants qui ont bien voulu me confier ces précieux restes de l’antiquité : M. Guimet, fondateur du musée si important qui porte son nom, et M. Dobrusky, directeur du musée de Sofia1. Ces miroirs offrent d’autant plus d’intérêt qu’ils sont pourvus de leur garniture, ce qui en définit {dus complètement les conditions de fabrication et d’usage.
- I. — Miroir du musée de Sofia2. - En 1895, sur les bords de l’Hèbre, près du village bulgare de Saladinovo, à une dizaine de kilomètres de la ville de Tatar-Bazard-jick, on a découvert les restes d’un Nympliéon, temple rustique, dédié aux nymphes .Naïades du lieu par les Thraces, et en vogue aux deuxième et troisième siècles de notre ère. Entre autres objets, furent trouvés treize petits miroirs ronds de verre, montés sur un pied, enchâssés dans un cadre métallique. On y rencontra également des monnaies grecques du temps de la dynastie des Sévères. C’est l’un de ces miroirs que M. Dobrusky a eu l’obligeance de m’adresser.
- Le diamètre total de l’objet, miroir et garniture métallique compris, est de 47mm; le tout est rond, avec trace d’un manche inférieur, rompu, dirigé suivant un rayon.
- 1 M. l’erdrizet, de l’Ecole d’Athènes, m’en avait signalé l’existence.
- 2 Les détails de la trouvaille ont été donnés par M. Dobrusky dans le Bulletin de Correspondance hellénique, t. XXI, p. 118 ; 1897.
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- Le miroir convexe de verre, d’un diamètre apparent de 25—, occupe le centre sous la forme d’une calotte sphérique.
- 11 est encastré sous une couronne métallique plate, large de 1 lmm, épaisse de lram environ, limitée elle-même en dehors et en dedans par deux doubles lignes circulaires. Entre ces deux lignes, un espace annulaire de 5mm, dans lequel court une ligne sinusoïdale, formant guirlande. Au revers cette couronne n’offre aucun dessin si ce n’est un cadre circulaire intérieur; mais le miroir central est caché et maintenu par une plaque métallique circulaire (diamètre, ‘27’""'; épaisseur, 2mm), sur laquelle on lit l’inscription suivante :
- AXII 1H[il P IM
- c’est-à-dire
- 7] /àpi? etpi — je suis la grâce.
- D’après mes analyses, toute cette garniture est formée par du plomb métallique industriellement pur, revêtu d’une couche épaisse d'oxyde carbonaté.
- Les diverses lignes, dessins et impressions de la garniture métallique paraissent avoir été exécutés non par moulage, mais par estampage, au moyen d’un modèle plus dur; la minceur et la mollesse du plomb mis en œuvre s’accordent avec ce genre de fabrication.
- Venons aii miroir de verre. Sa surface visible est circulaire; mais lorsqu’on détache la plaque du revers, on reconnaît que le verre a été découpé avec un outil en forme d’un polygone octogonal irrégulier, à bords mâchés par place et non fendus, précisément comme les miroirs de Reims. Son épaisseur, variable d’ailleurs, est voisine d’un quart de millimètre. L’enduit qui le recouvre se détache en écailles, laissant la surface vitreuse attaquée et irisée. Cet enduit même, épais d’un dixième de millimètre (ou un peu plus) a été formé à l’origine par du plomb fondu dont l’éclat subsiste par places; mais il est aujourd’hui changé presque entièrement en oxyde jaunâtre, irisé, en partie carbonaté, produit sous l’influence du temps, de l’air et de l’humidité. En raison de cette altération, le miroir a cessé de donner des images régulières.
- Il ne saurait d’ailleurs s’agir ici ni d’amalgame, ni d’étamage, la matière ne contenant aucune trace de mercure, ni d’argent, ni d’étain en dose sensible; c’était à l’origine du plomb industriellement pur, qui a été coulé dans la capsule vitreuse, en couche mince formant enduit en constituant le miroir.
- En somme, nous possédons là un petit miroir déposé au Nymphéon comme objet votif, il était susceptible d etre tenu à la main, miroir d’enfant ou de femme, ou ornement d’appartement. Par sa forme et ses dimensions, il se rapproche beaucoup de certains petits miroirs que l’on vend aujourd’hui à Florence, sauf cette circonstance que les miroirs modernes sont plans, plus épais et plus brillants et entourés de bronze au lieu de plomb.
- II. -- PREMIER MIUOIR D’ANTINOE A GARNITURE DE PLATRE.
- — Le musée Guimet a effectué pendant les années 1896-1898, dans les ruines de la ville égyptienne d’Antinoé, des fouilles qui ont amené, entre autres résultats, la découverte de quatre nécropoles d’époque différente, ou spécialement romaine, byzantine et copte. Parmi les nombreux objets trouvés dans les sépultures, on a signalé plusieurs miroirs de verre doublé de métal, appartenant à deux types différents. Ce sont deux de ces miroirs que
- M. Guimet a soumis à mes analyses : l’un grossier et serti dans un grand cadre de plâtre, l’autre plus délicat, à garniture métallique. Ils ne sont ni étamés, ni amalgamés, contrairement aux apparences, et ne renferment ni mercure ni argent, ni antimoine, ni étain ; le plomb seul est entré dans leur fabrication. Ils ne possèdent d’ailleurs aucune garniture métallique. Je parlerai d’abord du premier, dont il existe deux exemplaires dans les vitrines du Musée.
- Le cadre de plâtre est constitué par un pentagone formé d’une base de 90“m, de deux côtés à peu près verticaux de 80mm, le tout surmonté par deux côtés de 70mm, qui se rejoignent à angle aigu de façon à constituer un fronton triangulaire; la hauteur maxima, du sommet anguleux à la base, est de 140mn‘; l’épaisseur moyenne du cadre 8ram. Ce cadre a été teint autrefois d’une couleur rougeâtre ; sur la face principale règne une large rainure noircie par une matière organique (fig. 1, p. 228).
- Au centre de la partie quadrangulaire, l’artisan antique a pratiqué une excavation grossière, de forme arrondie ou plutôt elliptique, d’un diamètre voisin de 50ram; là se trouve logé, à même sur le plâtre, un miroir de verre convexe, grossièrement découpé. Autour de cette excavation, aux quatre coins et au-dessus, on a pratiqué dans le plâtre cinq cavités plus étroites, où ont été logés des fragments de verre irréguliers beaucoup plus petits, provenant du même ballon dans lequel a été taillé le miroir principal. En de ces fragments est carré, quatre sont triangulaires ; le plus grand se trouve dans l’espa:e triangulaire supérieur. J’ai détaché moi-même ces morceaux de verre brisé qui avaient été fixés directement sur le plâtre par un encollage fait avec une matière organique. En outre, le cadre porte cinq marques creuses, arrondies, distribuées autour du miroir et noircies au fond. Au-dessous de la pointe du triangle supérieur existe un trou, percé de part en part, comme pour servir à suspendre le miroir.
- Quant au miroir de verre, il porte encore quelques traces métalliques que j’ai pu même aviver par un traitement acide ménagé. On retrouve ainsi un métal net que la pointe d’un canif a quelque peine à détacher du verre. Ce métal est constitué par du plomb sans mercure, ni cuivre, ni argent, ni étain. 11 est assurément étrange de voir un miroir de verre aussi grossier, entouré de fragments irréguliers du ballon qui a servi à le fabriquer, en guise d’ornements; le tout enchâssé dans un grand cadre de plâtre suspendu. Était-ce là réellement un objet de toilette? ou bien une amulette domestique? C’est ce que nul indice ne permet de décider.
- III. — Autre miroir d’Aniinoé, a garniture métallique. — Ce miroir a été trouvé dans une tombe byzantine, entre les mains d’une fillette. II est assez élégant et comparable à celui de Solia, quoique construit un peu différemment. C’est également un miroir de verre, convexe, doublé de métal, et serti dans une garniture métallique (fig. 2, p. 228). Mais il est beaucoup plus brillant, la surface métallique ayant conservé une grande partie de son éclat, et fournissant encore des images très nettes, bien qu’enlevée par places.
- Le diamètre du cercle de verre apparent est de 33m", c’est-à-dire supérieur d’un tiers à celui de Sofia ; mais la couronne métallique qui l’entoure est plus étroite, et large seulement de 5 à 6mm, épaisse de 1 ,nm,5 environ. Elle est limitée de part et d’autre par deux circonférences de points saillants, que sépare une rainure profonde de T,1,,,,5 environ. Autour de cette couronne règne
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- une série de quatorze petites roses saillantes, d’un diamètre égal à 5mm, rattachées seulement par un point à la couronne. Par suite, le diamètre central du miroir, mesuré horizontalement, monte à 54mm, mais il est plus compliqué dans la direction verticale.
- En effet, en haut, la couronne est jointe à un anneau
- Fig. 1. — Miroir d’Antinoé à garniture en plâtre. (Musée Guimet). (Réduit de moitié.)
- métallique (diamètre extérieur : 20mm; intérieur : lGmm) qui a suspendu le miroir soit au cou, soit à la ceinture. En has et au-dessous de la couronne répond à ce cercle un petit quadrilatère à parois latérales un peu inclinées, épais de 2mm environ et sur lequel se trouve un dessin que l’oxydation a rendu confus. L’ensemble de cette garniture métallique a dù être obtenu par moulage, d’après sa forme et son épaisseur.
- Le revers de ce miroir n’était pas destiné à être vu, il ne porte aucun dessin. Mais de ce côté la garniture métallique est pourvue de quatre pattes grossières, larges de 2 à 3mm, longues de 15 à 20mm, qui sont rabattues horizontalement aux quatre coins du miroir de verre, de manière à le maintenir pressé contre le métal.
- Le miroir de verre lui-même, vu de ce côté, est entièrement apparent au lieu d’être masqué par un cercle de plomb comme celui de Sofia. 11 se présente comme un fragment concave carré, peu régulier, dont les quatre angles ont été enlevés, le tout découpé comme par des ciseaux dans un ballon de verre. L’épaisseur du verre est voisine d’un demi-millimètre.
- Au point de vue de la composition chimique, la garniture et l’enduit métallique du miroir sont également constitués par du plomb industriellement pur, ne renfermant ni mercure, ni cuivre, ni étain en dose sensible. La garniture est recouverte d’une patine d’oxvde de plomb carbonaté, beaucoup moins blanche que celle du miroir de Sofia; ce qui m’avait fait, à première vue, soupçonner la présence de cuivre ou d’étain que je n’ai point retrouvés par l’analyse. Cette différence est également manifeste dans l'enduit en patine du revers, qui recouvre à la fois la garniture et le métal coulé à la surface du verre. Elle est due sans doute à ce que l’oxydation du métal à Sofia
- . s’est accomplie au sein d’un milieu beoucoup plus humide qu’à Antinoé. En fait, si l’on gratte avec un canif l’enduit plu miroir, on dégage aisément le métal par petites lamelles ou rognures, débarrassées d'oxyde, et qui en permettent l’examen approfondi. La couche métallique versée sur le métal avait certainement plus d’un dixième de millimètre d’épaisseur. C’est en raison de ces circonstances que le plomb coulé à la surface concave du miroir s’est bien mieux conservé et nous donne une idée plus exacte de l’éclat originel du miroir et de la netteté des images qu’il était susceptible de fournir.
- En résumé, il résulte de cette étude que l’industrie des miroirs de verre doublé de métal était répandue dans tout l’Empire romain, depuis les Gaules et la Tlirace jusqu’en Egypte : miroirs de petite dimension, très minces, découpés dans des ballons de verre soufflés, ce qui leur communiquait une forme convexe. Dans la concavité, on coulait une couche mince de plomb fondu; le verre était si mince qu’il n’éclatait pas au contact du métal brûlant; puis on ajustait le miroir dans une garniture de métal, de plâtre, ou d’autres substances, telles que du bois. Je n’ai pas, jusqu’ici, connaissance expérimentale de l’emploi de l’étain pour un pareil usage, quoique cet emploi ait été consigné dans un texte d’Alexandre d’Aphrodisie. Les miroirs ainsi obtenus sont brillants et donnent des images nettes, comme le montre celui d’Antinoé; mais ils sont altérables par l’air humide. Leur fabrication a continué pendant le moyen âge, ainsi que l’attestent les textes de Vincent de Beauvais, que j’ai cités précédemment; jusqu’au quinzième siècle, époque où la découverte des propriétés de l’amalgame d’étain a permis d’étendre à froid le métal sur des surfaces planes et de donner au verre une solidité suffisante et une épaisseur convenable pour
- Fig. 2. — Miroir (FAntinoé à garniture métallique. (Musée Guimet). (Légèrement réduit.)
- le dresser parfaitement, en même temps qu’on apprenait à le tailler régulièrement au diamant. On reconstitue ainsi l’histoire de toute une industrie.
- M. Bertuelot.
- Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences.
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- LA NATURE.
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- CARLE SOUS-MARIN FRANÇAIS DE BREST A NEW-YORK
- La pose du câble français qui met en relations directes Brest et New-York vient d être heureusement terminée, ainsi que nous l’avons précédemment annoncé. Ce câble, par son importance et ses grandes dimensions, mérite tout spécialement de fixer l’attention. C’est le second des deux câbles prévus par la loi du 28 mars 1896. L’autre, celui qui relie New-York aux Antilles, fonctionne déjà depuis 20 mois.
- La Société industrielle des Téléphones qui a été chargée de la fabrication et de la pose de ces deux câbles, a fabriqué les âmes à son usine de Bezons ( Seine-et-Oise) ; l’armature a été faite dans son usine de Calais. Son navire, le François-Arago (fig. 1), a été chargé d’une partie des opérations de pose.
- Il nous paraît intéressant de donner ici quelques détails sur la composition de ces câbles : Au centre se trouve l’âme qui se compose du conducteur en cuivre et de son enveloppe isolante en gutta-percha. Sur cette âme sont placées des couches alternatives de jute et de fils d’acier ou de fer qui constituent l’armature et servent de protection mécanique. L’âme reste la même sur toute la longueur du câble, mais l’armature varie avec la profondeur de la mer et la nature du fond. Le câble
- Fig. 1. — Le navire François-Arago ayant fait la pose du càlile.
- qui relie Brest à New-York a plus de 5 700 kilomètres de longueur et pèse environ 9 250 000 kg dont 5500000 kg de fils de fer ou d’acier, 950000 kg de cuivre et 560 000 kg de gutta-percha lavée, représentant 950 000 kg de gutta-percha brute. Son con-
- ducteur est composé de 15 fils de cuivre : un fil central de 3mlll,04 de diamètre et 12 fils de lmm,06.
- Sur ce conducteur est appliquée l’enveloppe isolante dont l’épaisseur est de 5mm,5 ; elle est en gutta - percha e t pèse 180 kg par mille marin.
- Le câble sous-, marin de Brest à New-York comprend 5 modèles : 1° le type 1) de haute mer (fig. 5, n° 1 ) dont l’armature est formée de 24 fils d’acier de 2mm,29 de diamètre résistant à une pression de 120 kg par millimètre carré; 2° le type de haute mer formé de 24 fils semblables en acier; 5° le type intermédiaire
- C (fig. 5, n° 1), armature de 15 fils de 4mm,5 de diamètre en fer ; 4° le type côtier B (fig. 3, n°1) qui possède une première armature en fer de 24 fils de 2mm,29 et une seconde armature de 15 fils de 6mm,8; 5° le type d’atterrissage A (fig. 3, n° 1) revêtus aussi de deux armatures de 24 fils de 2mra,29 d’une part et 10 torons de 5 fils de 5mm,6 d’autre part, même qualité de fer que précédemment. Ce câble peut transmettre par minute 16 mots de 15 signaux par mot.
- Le câble qui relie New-York aux Antilles a été mis en service le 1er décembre 1896. Bien que de moindres dimensions que celui dont il vient d etre parlé, il constitue cependant encore une œuvre fort importante. Sa longueur dépasse 2700 kilomètres et son poids est de 4 000 000 kg. Il a absorbé 2 600000 kg de fils de fer ou d’acier, 150 000 kg de cuivre et 120000 kg de gutta-percha nettoyée. Son conducteur est composé également de 15 fils
- Fig. 2.— Grappin muni de sellettes pour servir de grappins ordinaires.
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- de cuivre : le fil central de lmm,76 de diamètre et une couronne de 12 fils de 0mm,6i de diamètre.
- La couche isolante de gutta-percha a 2mm,5 d’épaisseur et pèse 80 kg par mille marin. Ce câble comprend i modèles : 1° le type de haute mer e (fig. 3, n° 2) dont la protection est assurée par 17 fils d’acier de 2inm,45 de diamètre, ayant une résistance mécanique de 120 kg par millimètre carré; 2° le type de haute mer qui diffère seulement du précédent par la résistance des fils d’acier portée à 145 kg juir millimètre carré; 3° le type intermédiaire c, d (fig. 3, n° 2) qui possède il fils de fer de 4mm,5 de diamètre, résistant à 40 kg par millimètre carré; 4° le type de rive a, b (fig. 3, n° 2) qui est muni
- de deux armatures en fer : à l’intérieur 17 fils de 2mm,45 de diamètre, à l’extérieur 12 fils de 7mm,5. U peut transmettre avec facilité 450 signaux par minute, soit 30 mots en admettant une moyenne de 15 signaux par mot.
- La Société industrielle des Téléphones a accompli heureusement le travail de fabrication et de pose de ces deux câbles dont elle avait été chargée par la Compagnie Française des câbles télégraphiques.
- Le bateau de pose de la Société industrielle des Téléphones est le François-Arago, jaugeant 3500 tonneaux, dont nous avons parlé plus haut. La Société Industrielle des Téléphones s’est servie pendant la pose de ces câbles d’un grappin spécial, que repré-
- Fig. 3. — Câbles sous-marins. — 1. Câble de Brest à New-York. Modèles divers. — 2. Câble de New-York aux Antilles.
- sente la figure 2, inventé par un de ses ingénieurs, M. Rouilliard, et qui a été très utile dans les fonds très difficiles dans lesquels elle a dû travailler pour crocher son câble. F. Delannoy.
- ABEILLES ET MIELLÉES
- Le printemps, l’été sont les saisons pendant lesquelles les abeilles recueillent sur les fleurs Je nectar qu’elles transforment en miel et l’emmagasinent pour les mauvais jours; l’hiver est la période du repos, celle où nos insectes profitent du travail accompli, consomment, vident leurs greniers.
- Mais pendant la belle saison, l’activité est-elle toujours la même, les récoltes sont-elles toujours aussi abondantes? Pas toujours, pas partout.
- Considérons par exemple le Gàtinais, cette région qui produit ce beau miel blanc ou jaune pâle qui est, de tous, le plus estimé dans les environs de Paris et le nord de la France. Le sainfoin, plante extrêmement riche en nectar, est presque la seule qui, dans cette contrée, fournisse du miel. Les abeilles doivent donc, pendant la courte durée de la floraison de cette espèce, une quinzaine de jours environ, récolter, en quelque sorte, tout ce qui leur
- est nécessaire pour l’année entière. Aussi déploient-elles à ce moment une fiévreuse activité, et, chaque jour, une ruche augmente de plusieurs kilogrammes. 11 y a, comme l’on dit dans le Gàtinais, une période de grande miellée.
- Passons maintenant dans un pays de montagnes, en Savoie. Diverses plantes peuvent croître à des hauteurs variées au-dessus du niveau de la mer, et l’époque de leur floraison change avec l’altitude. Les abeilles pouvant aller assez loin, trois kilomètres environ, la durée de récolte sur une plante unique se trouve singulièrement prolongée. Et comme dans les montagnes il y a de nombreuses plantes mellifères, épanouissant leurs fleurs à des époques variées, il en résulte qu’il y a, pendant toute la belle saison, une miellée sensiblement constante.
- Entre les deux cas extrêmes que nous venons de passer en revue, il y a évidemment une foule d’intermédiaires. Et l’on comprend aisément qu’il est des plus importants de connaître le caractère spécial de la flore mellifère du pays où l’on veut faire de l’apiculture, car certaines opérations ajjicoles sont déterminées par l’apparition des fleurs mellifères de la région. Cette connaissance doit même être très précise si l’on veut tirer d’une contrée tout ce
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- qu’elle est susceptible de fournir aux abeilles.
- C’est cette considération qui m’a engagé à suivre de très près les augmentations quotidiennes de poids de quelques ruches durant toute une saison de travail.
- Au Laboratoire de biologie végétale de Fontainebleau, dirigé par M. Gaston Bonnier, professeur de botanique à la Sorbonne, un rucher a été organisé ces années dernières par M. Georges de Layens que la science apicole française, dont il était un des maîtres, a perdu récemment. C’est M. de Layens qui m’a initié à l’apiculture; je ne perdrai jamais le souvenir de ses affectueux enseignements.
- Les résultats que je vais exposer ne s’appliquent évidemment qu’aux régions qui présentent, pour leur tlore indiffère, les caractères que j’aurai l’occasion de signaler.
- Les ruches dont je me suis servi sont des ruches dites Layens, c’est-à-dire des ruches horizontales à cadres mobiles.
- Le procédé le plus simple, pour étudier les variations quotidiennes de poids d’une ruche sans déranger les abeilles, c’est de placer cette ruche, avec son plateau, à demeure, sur une bascule. Une petite baraque à parois en toile serrée, protège contre la pluie, à la fois la ruche et la balance. Une des parois peut être relevée quand on fait une lecture ; on la laisse relevée si le temps est beau; on l'abaisse quand on craint la pluie (lig. 1).
- Pour connaître la variation quotidienne de poids, il suffirait de faire une lecture par jour, soit le matin quand les abeilles n’ont pas encore quitté leur ruche, soit le soir quand elles y sont toutes rentrées. Mais cette donnée unique fournirait peu de renseignements. Elle ne donnerait pas le poids de ce que les abeilles récoltent pendant les heures de travail d’une journée.
- Si, au lieu d’une seule pesée, on en fait deux chaque jour, l’une le matin avant la récolte, l’autre le soir après, on connaît le poids du nectar rapporté dans la journée, et de plus l’on possède une indication intéressante sur l’intensité de l’évaporation pendant la nuit.
- Il est intéressant de peser de temps en temps toutes les ruches de son rucher.
- La ruche sur bascule indiquera, par son étude suivie, le commencement et la fin de chaque période de forte miellée. Rien de plus facile alors, avec un instrument spécial, que de peser les ruches au commencement et à la fin d’une telle période et d’apprendre de la sorte ce que cette miellée aura produit pour chaque ruche.
- L’appareil dont je me sers pour ces pesées m’a été fourni par un constructeur d’instruments apicoles (tig. 3). Imaginons trois montants en bois formant trépied et soutenant, à leur partie supérieure, une poulie. Sur la poulie passe une corde dont une extrémité peut, à l’aide d’un engrenage et d’une manivelle, s’enrouler plus ou moins sur un axe, et dont l’autre extrémité porte un crochet solide. A ce
- crochet, on suspend une balance romaine. A l’un des bras du fléau de cette balance, on fixe un gros crochet où l’on peut suspendre par leur milieu deux fortes cordes portant elles-mêmes, à chacune de leurs extrémités, un crochet. Ces quatre crochets viennent soutenir la ruche par le dessous de son plateau. Quand la ruche est convenablement disposée, on tourne la manivelle de façon à soulever la ruche au-dessus du sol. L’autre bras du fléau est gradué, et le long de ce bras se meut un poids dont la position indique le poids de la ruche. Quelques minutes suffisent pour disposer et peser chaque ruche ; on obtient le poids avec une erreur moindre que un quart de kilogramme.
- Voyous maintenant les résultats obtenus pour une ruche placée sur bascule.
- A Fontainebleau, jusqu’au 10 ou 15 mai environ, c’est encore pour les abeilles la saison de consommation. Bien que certaines journées permettent aux abeilles de butiner, la consommation l’emporte encore presque chaque jour sur la récolte.
- Mais bientôt les belles journées sont [dus fréquentes, la population s’est déjà notablement accrue et les butineuses, devenues plus nombreuses, rapportent nectar et pollen. Aussi les ruches augmentent-elles quotidiennement de poids. Du 11 au 26 mai, le gain réalisé s’est élevé à 1690 grammes.
- Le 26 mai, un gain qui dépasse 1 kilogramme nous avertit qu’une période de grande récolte est à son début. En effet, les acacias commencent à fleurir, et c’est l’espèce la plus mellifère de la région ; c’est à elle qu’est due la grande miellée de printemps.
- Aussi les abeilles manifestent-elles une activité extraordinaire. Au retour dans la ruche elles sont aussi chargées qu’elles peuvent l’être, et l’on s’en aperçoit aisément; car, lorsqu’elles reviennent avec une faible récolte, elles rentrent directement dans la ruche en volant encore. Au contraire, pendant la grande miellée, quand elles ont momentanément emmagasiné beaucoup de nectar dans leur jabot, elles tombent en quelque sorte sur le plateau devant leur porte, et, après un temps de repos, rentrent en marchant. Parfois même, elles tombent sur le sol à une petite distance de la ruche, et sont obligées de reprendre leur vol pour regagner leur demeure; ou bien encore, avant de rentrer, elles se reposent un instant sur un brin d’herbe voisin. Quand on observe ces particularités, on est certain que la journée sera très fructueuse.
- Pour donner une idée de ce qu’est la grande miellée due aux acacias, je dirai que la récolte du 1er juin, celle qui a été la plus forte pendant cette période, s’est élevée à 4ks,960. Pendant cette miellée qui a duré 14 jours seulement, la récolte a été de 25k®,540 d’augmentation nette, c’est-à-dire en tenant compte des pertes dues à l’évaporation du nectar, et en 7 jours seulement sur ces 14, il y a eu un gain de 20ks,510. On voit l’importance de cette miellée, étant donné que le gain de la saison tout entière —
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- 15 mai au 15 septembre environ — n’a atteint cpie 37ks,810. La récolte de 15 jours seulement est le double de la récolte de trois mois et demi.
- Une fois les acacias défleuris, la ruche subit une diminution de poids pendant quelques jours.
- Cela tient à ce que la quantité énorme de nectar qui a été recueillie nécessite une très forte perte d’eau par évaporation. Puis le travail des abeilles continue à augmenter les provisions de la colonie; mais les augmentations quotidiennes de poids deviennent très faibles. Les gains de 500 en une
- malgré
- Fig. 1. — Ruche à demeure sur bascule.
- Les montants de la baraque qui protège la balance et la ruche reposent sur des briques. Entre la boîte de poids et le montant de la bascule, se trouve le carnet d’observations.
- journée sont très rares et souvent ces gains sont in férieurs à 200 grammes. Du 15 juin au 15 août, en deux mois, l’augmentation n’est que de 7 kilogrammes environ.
- Dans la seconde quinzaine d’août et la première de septembre, nouvelle miellée bien accentuée, c’est la miellée dite d'automne, due à la floraison de la bruyère commune ( Calluna vulgaris). On a bien affaire à une période de miellée, car les abeilles manifestent une grande activité et on les voit revenir lourdes, comme nous l’expliquions plus haut.
- Mais il ne faut pas compter sur des récoltes comparables à celles du printemps,
- les jours sont plus courts, le temps est moins beau et les pluies, qui forcent les abeilles à rester à la
- maison, plus fréquentes.
- Aussi
- la grande activité des butineuses un gain quotidien de 500 grammes est chose très rare. Dans ce dernier mois la récolte totale a été un peu inférieure à 6 kilogrammes.
- Vers le 15 septembre des pluies surviennent qui mettent fin à la saison de travail.
- En somme dans la région de Fontainebleau il y a deux périodes de miellée ; l’une, très forte, au printemps est due aux acacias, et elle permet aux abeilles de re-leur récolte to-de l’année;
- cueillir environ les
- deux tiers de taie
- Les ordonnées situées au-dessous de cette ligne indiquent des diminutions de poids; celles au-dessus donnent des augmentations.
- et cela pour plusieurs raisons : la ponte de la reine s’est ralentie, et la population a beaucoup diminué ;
- l'autre, beaucoup plus faible à la fin de l’été pendant la floraison de la bruyère commune.
- En outre, avant la miellée des acacias, les abeilles font déjà en mai quelques modestes récoltes quand le temps s’y prête ; puis, entre les acacias et la bruyère, il y a une période de récolte quotidienne faible, mais qui contribue cependant d’une façon appréciable à la récolte totale à cause de son assez longue durée, deux mois environ.
- Si au lieu de deux pesées seulement, on en fait plusieurs autres dans le courant d’une résultats intéressants.
- journée, on obtient d’autres
- M. Gaston Bonnier a déjà fait connaître que si l’on
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- suit le poids d’une ruche depuis le matin jusqu’au soir par un beau jour on constate ce qui suit :
- Dans les premières heures de la journée la ruche diminue de poids à mesure que les abeilles sortent pour butiner. Mais vers le milieu du jour, les sorties sont moins actives, il rentre à la ruche plus d’abeilles qu’il n’en sort, de sorte que la ruche regagne une partie du poids qu’elle a perdu. Ces sorties moins nombreuses des abeilles coïncident avec une diminution dans la production du nectar par les Heurs. M. Bonnier s’est assuré, par des mesures directes sur les fleurs, qu’il y a moins de nectar vers le milieu du jour que le matin et le soir.
- Quand le moment le plus chaud de la journée est passé,les abeilles ressortent de nouveau en grand nombre, de sorte que l’on constate une seconde diminution du poids de la ruche. Puis, plus tard, les abeilles regagnent leur demeure, le poids de la ruche augmente progressivement, et, à la fin de la journée, toutes les abeilles étant rentrées, l’augmentation définitive représente la récolte du jour.
- La courbe en traits pleins de la figure 2 représente les diminutions ou augmentations de poids d’une ruche pour la journée du 1er août et met en lumière la succession des faits qu’a indiqués M. Bonnier.
- A 6h 1/4 les abeilles n’ont pas encore commencé à sortir. La ruche perd 70 grammes à 8h 1/2,150 à 10 heures, 970 à llh 1/2; c’est le moment de la journée où elle perd le plus; car à 2h 1/2 elle ne perd plus que 590 grammes sur son poids du matin ; plus tard la perte redevient un peu plus grande et atteint 760 grammes à 3h 1/2. Puis, les abeilles rentrant progressivement en plus grand nombre qu’elles ne ressortent, la perte n’est plus que de
- 690 grammes à 4hl/2; il n’y a plus ni perte ni gain à 6h 1 /2 et enfin à 8 heures du soir les abeilles sont de retour, le gain de la journée est de 250 grammes.
- En résumé dans le courant de la journée la diminution de poids de la ruche a présenté deux maximums AB et EF, séparés par un minimum CD, et en fin de compte il y a eu un gain GH.
- Une telle marche dans les variations de poids de la ruche ne se produit cependant pas tous les jours.
- On la constate les jours de faible récolte. Dans ce cas le poids du miel recueilli n’a que peu d’influence sur les variations de poids de la ruche dans le cours d’une journée, et les pertes de poids représentent alors à peu près le poids des abeilles sorties. Comme on sait qu’une abeille pèse environ un décigramme, on connaît approximativement le nombre des butineuses qui sont à la récolte.
- Mais si nous supposons un jour de grande miellée, le poids du miel rapporté ne tarde pas à compenser, et au delà, le poids des abeilles qui sont dehors. Dès lors le poids de la ruche diminue le matin aux premières heures de la journée, mais bientôt recom-mehee à croître et redevient promptement égal au poids du matin, puis continue à augmenter sans discontinuité pendant tout le reste de la journée jusqu’au soir.
- La courbe en traits discontinus de la figure 2 représente les variations de poids de la ruche pour la journée du 51 mai.
- A 5 heures et demie, les abeilles sont encore chez elles; à 7 heures, il y a déjà une forte perte de poids, 470 grammes, et cette perte qui a augmenté peu à peu atteint 650 grammes à 9 heures
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- trois quarts. A partir de ce moment, la ruche va constamment augmenter de poids; elle ne perd déjà plus que 180 grammes à 11 heures et quart, à midi trois quarts elle gagne déjà 340 grammes, et à la fin de la journée le gain total est de 2,630 kilogrammes. La diminution de poids de la ruche a présenté un maximum unique LM (pie l’on voit sur la courhe et le gain du soir est considérable NP.
- Telles sont les deux allures principales que présentent les variations de poids d’une ruche suivant les conditions de miellée et que, seules, des pesées multipliées peuvent faire connaître d’une manière suffisamment exacte.
- Un autre point que mettent en lumière les pesées quotidiennes, c’est qu’il ne faudrait pas croire que la récolte est toujours proportionnelle à l’activité des abeilles. Parfois on remarque, dans le courant de la journée, des sorties et des rentrées nombreuses; les abeilles sont très affairées, et, le soir venu, on est fort étonné de ne trouver qu’une récolte insignifiante.
- C’est que ce jour-là, les fleurs émettent peu de nectar. Les abeilles ont fait de nombreux voyages, mais chaque fois elles n’ont rapporté qu’un maigre butin. Il ne faut pas croire que les abeilles butinent toujours jusqu’à ce qu’elles aient récolté à peu près une charge complète. Quand elles ont visité un certain nombre de fleurs, elles finissent sans doute par se convaincre qu’il y a peu à récolter, et elles reviennent à leur demeure, peu chargées, et il existe des jours où elles se donnent beaucoup de peine pour un résultat fort médiocre.
- L’apiculteur aime à se promener dans son rucher et il peut-être tenté de préjuger de l’abondance de la récolte par l’activité que manifestent les abeilles. On peut aisément se tromper, et la balance fournit des indications beaucoup plus exactes.
- D’après ce qui précède, on voit que par un procédé très simple il est facile d’acquérir des notions variées sur le fonctionnement d’une colonie d’abeilles. Celles que nous venons d’exposer ne sont pas les seules. Léox Dufour.
- Directeur adjoint du Laboratoire de biologie végétale de Fontainebleau.
- L’ACIDE CARBONIQUE DANS L’AIR
- Les différents chimistes qui ont dosé daas l’air atmosphérique la proportion d’acide carbonique sont arrivés aux résultats les plus contradictoires. Tandis que M. Bous-singault annonçait que cette proportion variait entre 40 et 60 cent-millièmes, M. Farsky, en Autriche, donnait une moyenne de 54; Pettenkofer, dans le désert libyque, trouvait des nombres oscillant entre 44 et 49 ; M. Clearson observait une moyenne de 28.
- A l’Observatoire de Montsouris, la moyenne des résultats obtenus par des analyses quotidiennes effectuées sans i nterruption depuis près de vingt années est de 30 litres d’acide par 100 mètres cubes d’air.
- Mais ces résultats sont obtenus en faisant passer bulle à bulle l’air atmosphérique dans une solution de
- potasse : le contact entre la bulle et la solution est de très courte durée.
- M. Albert-Lévy, chef du service chimique à Montsouris, et M. Ilenriet viennent de montrer que les résultats diffèrent quand on augmente la durée du contact et, en faisant varier cette durée, ils obtiennent à volonté tous les nombres recueillis par les divers chimistes et même des nombres infiniment supérieurs.
- A l'aide de ballons spéciaux, décrits dans une communication antérieure faite à l’Académie, MM. Albert-Lévy et Ilenriet ont montré :
- 1° Que l'acide carbonique est tout entier absorbé par la potasse ou la baryte au bout de dix minutes ;
- 2° Que l’air atmosphérique donne cependant des résultats qui augmentent quand la durée de contact s’élève de dix minutes à deux heures.
- Ces savants concluent de ce fait qu’il n’y a pas seule-ment’dans l’air atmosphérique de l’acide carbonique tout formé, mais qu’il existe des matières gazeuses carbonées susceptibles, au contact de l'oxygène et d’un alcali, de se transformer en acide carbonique. Ils ont donc entrepris une double série d’analyses : absorption rapide, bulle par bulle, de l’acide carbonique et absorption lente après un contact de deux heures.
- Tandis que la première série donne des nombres relativement constants, variant par exemple de 29.7 à 54.0, la seconde série fournit des résultats tels que ceux-ci :
- Juillet 15 36.6 Juillet 20 59.6
- — 16 35.1 — 21 58.9
- — 18 35.4 — 22 37.4
- — 19 36.0 —
- Le 2 août dernier, place Saint-Gervais, ils ont obtenu 114 litres! !
- Cette double analyse permettra donc d’apprécier, au grand profit de l’hvgiène urbaine, la quantité de ces matières gazeuses carbonées de l’atmosphère.
- Cette question est ..assez intimement liée à celle des fumées, des ordures de Paris, pour qu’il soit intéressant de continuer sans interruption ces études.
- 11 conviendra ensuite de rechercher la nature de ces matières gazeuses et d’étudier l’influence qu’elles peuvent avoir sur notre organisme. Il y a là un sujet
- important à examiner. J.-F. Gall.
- ——
- LE SULFATE DE FER
- ET LES MAUVAISES HERBES
- Le sulfate de fer est employé depuis longtemps en horticulture et en agriculture. Il ne sert pas seulement, il s’en faut, à obliger les hortensias à nous donner des fleurs bleues au lieu de fleurs roses; on l’utilise, comme on sait, pour l’alimentation de certaines plantes, pour augmenter le volume des fruits, raisins, poires, etc. ; plus encore, on en tire bon parti pour se débarrasser de parasites végétaux gênants.
- L’année dernière, M. F.-Marguerite Delacharlonnv, ingénieur des arts et manufactures, a recherché en faisant une série d’essais quelles étaient les mauvaises herbes qu’une solution de sulfate de fer pouvait détruire. C’est une plaie pour l’agriculture et pour les jardins que les mauvaises herbes. 11 a d’abord constaté qu’une solation de sulfate, à 23 pour 1000, tuait les sauves, les sénés, les ravenelles si répandus dans les champs. Il a ensuite opéré sur les espèces suivantes : la berce, la carotte sauvage, le pissenlit, les léontondons, la grande
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- LÀ NATURE.
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- marguerite blanche, le chardon, la bardane, la pâquerette, l’armoise, la rhinante, la moutarde sauvage, la renoncule, le plantain lancéolé ou moyen et le grand plantain. Avec deux applications, quand une ne suffit pas, on parvient à se débarrasser de ces végétaux parasites.
- Mêmes résultats avec la renouée des oiseaux, le coucou, la prêle des champs.
- L’oseille crépue résiste et sa tige florale se développe après l’arrosage.
- Mais, en somme, on peut obtenir, d’après M. Marguerite Delaeharlonny, des résultats à peu près certains pour les mauvaises herbes dont nous groupons les noms ainsi :
- Berce.
- Carotte sauvage.
- Pissenlit.
- Léontondon.
- Marguerite blanche.
- Pâquerette.
- Chardon.
- Bardane.
- Armoise.
- Rhinante.
- Ravenelle.
- Séné.
- Colchique.
- Renoncule âcre. Plantains divers. Renouée des oiseaux. Coucou.
- Mercuriale.
- Le sulfate de fer entrave le développement des plantes suivantes :
- Carex. Ortie.
- Prèle. Couroude.
- Il n a aucune action efficace sur les graminées et peu sur les légumineuses. Tous ceux dont les jardins sont envahis par les mauvaises herbes pourront tenter l’expérience. En cherchant bien, on devra trouver aussi un poison spécifique pour les plantes qui résistent à Faction du sulfate de fer.
- NOUVEAU TÉLÉMÈTRE
- POUR RATTERIES DE COTE
- DE MM. CUSHING CREHORE F.T GEORGES OWEN SQUIER
- La détermination rapide de la distance des buts mobiles présente dans les tirs à la mer une importance capitale sur laquelle nous n’avons pas besoin d’insister.
- Cette détermination est effectuée au moyen d’instruments spéciaux dénommés télémètres qui généralement opèrent tous en apportant le résultat d’un calcul trigonométrique ayant pour but de déterminer la hauteur d’un triangle dont on connaît la base et ses deux angles adjacents.
- La solution de ce problème est obtenue avec d’autant plus de précision que la base présente une longueur plus considérable par rapport à la distance à apprécier, et c’est cette considération qui amène à recourir aux télémètres à large base toutes les fois qu’il est possible de le faire.
- On voit immédiatement que l’emploi de ces télémètres à large base oblige à disposer de deux postes d’observation un peu éloignés qui ne sont plus dès lors en communication directe et immédiate, comme ils auraient besoin de l’être pour permettre d’effectuer le rapprochement de leurs observations individuelles à l’instant précis où elles sont faites, et c’est là évidemment une condition indispensable lorsqu’on veut suivre le mouvement d’un but mobile comme
- l’est un navire au large qui se déplace devant une batterie de côtes.
- On se trouve donc amené à rechercher le moyen d’obtenir à chaque instant la reproduction continuelle dans l'un des postes d’observation des mesures effectuées dans l’autre, et de disposer par conséquent d’un axe mobile qu’on puisse maintenir continuellement parallèle à la direction variable que prend la lunette d’observation dans le poste en correspondance.
- Le problème qui se pose est en un mot celui de la conservation du parallélisme de deux arbres tournant dans le plan horizontal et séparés par une distance quelconque ; c’est du reste une question qui n’est pas spéciale à la balistique, elle se rencontre fréquemment dans les études physiques, et elle présente un intérêt général tout particulier.
- La solution de principe en avait déjà été fournie par le lieutenant Fiske qui l'avait trouvée dans le pont de Wheatstone, et nous avons décrit dans un numéro précédent1 la disposition la plus récente de l’appareil imaginé par lui.
- L étude de la question a été poursuivie d’autre part par MM. Cushing Crehore et Owen Squier, les ingénieux inventeurs du photochronographe que nous avons décrit précédemment, et ils sont arrivés en partant du principe posé par le lieutenant Fiske, combiné avec l’emploi des courants alternatifs, à constituer un dispositif des plus simples donnant en pratique d’excellents résultats, et nous croyons intéressant d’en donner la description.
- Nous rappelons d’abord dans la ligure 2 la disposition bien connue du pont de Wheatstone, laquelle réalise, ainsi que nous le disions, la solution de principe.
- Un courant électrique venant d’une source M est amené aux points A et B, en chacun desquels il se bifurque, d’un côté, suivant les lignes Rt Lt R, L» et de l’autre, suivant les lignes R3 L3 et R4 L4.
- Les lignes R! Lj et Rs L3 se rencontrent en C, et R<jLj et R4 L4 se rencontrent en I). Ces deux points sont réunis d’autre part par une ligne de jonction sur laquelle est installé un galvanomètre H. Dans ces conditions, la ligne C D est parcourue par un courant dérivé dont l’intensité est accusée par le galvanomètre H, et qui dépend elle-même des différences de tension existant aux points C et I), et ce courant s’annule en particulier si la disposition des branchements opposés 1, 2 et 3, 4 a pour résultat d’assurer l’égalité de ces tensions.
- Cette situation se maintiendra, et, d’une façon générale, le galvanomètre conservera une déviation constante tant qu’aucune cause extérieure n’interviendra pour modifier la résistance de l’un quelconque des 4 branchements.
- Si, au contraire, une pareille intervention se produit, sur le branchement 3 par exemple, on conçoit immédiatement que la tension correspondante au
- 1 Yoy. n° 1514, du 6 août 1898, p. 149.
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- LA NATURE.
- point G se trouvera modifiée, et il se développera aussitôt un courant G 1) qu’accusera dès lors la déviation de l’aiguille.
- Pour rétablir l’équilibre et ramener l’aiguille à sa position initiale, il faudra modifier la résistance du branchement 4 exactement comme l’a été celle du branchement 3, et, inversement, on constatera que cet équilibre est atteint si l’aiguille une fois déplacée reprend bien la déviation, nulle par exemple, qu’elle avait auparavant.
- Le principe ainsi posé trouve son application dans une installation disposée de la manière suivante : la bifurcation formée par les branchements 1, 2 est installée au poste principal qui comprend également le branchement 4 avec la ligne de jonction GP sur laquelle est disposé le galvanomètre dont les indications guident l’opérateur.
- Quant au branchement 3 qui complète avec 4 la seconde bifurcation, il a seulement ses deux points extrêmes G et B au poste principal, mais il en sort immédiatement pour aller jusqu’au poste auxiliaire et en revenir par les lignes de jonction ménagées à cet effet, il se détache en B du branchement 4 et revient en G se réunir au branchement 3 de façon à compléter le circuit.
- L’intervention extérieure dont nous venons de parler et qui a pour effet de modifier la résistance du branchement 3 et d’entraîner par suite l’aiguille du galvanomètre H est provoquée par la rotation même de la lunette d’observation dont le déplacement introduit ainsi une résistance variable dans le circuit. On conçoit dès lors qu’on puisse ramener l’aiguille à sa position initiale en agissant sur l’arbre auxiliaire installé au poste principal et dont les mouvements de rotation ont de même pour effet de modifier la résistance du branchement 4, et on voit par suite la relation nécessaire qui s’établit entre les déplacements angulaires des deux arbres considérés.
- Dans la disposition qu'ils ont adoptée en pratique, MM. Grehore et Squier ont eu recours à l’intermédiaire de masses mobiles en fer doux formant les
- noyaux de solénoïdes ménagés sur les branchements 5 et 4 pour provoquer les variations de résistance électrique que doit entraîner le mouvement de rotation de la lunette d’observation ou de l’arbre conjugué.
- La figure 1 donne d’ailleurs la vue schématique de cette installation, on y reconnaît les solénoïdes
- verticaux des branchements 3 et 4 à l’intérieur de chacun desquels oscille une masse de fer doux, supportée par l’un des fils R et R' lequel passe sur une poulie de renvoi P ou P' et vient s’enrouler sur le cercle gradué horizontal enregistrant les déplacements à mesurer.
- On voit immédiatement que les mouvements de rotation que prend le cercle du poste secondaire sous l'influence des mouvements de la lunette qui y est installée, ont pour effet d’entraîner le fil R et de modifier par un effet d'induction la résistance du solénoïde dont la masse mobile forme le noyau, et par suite celle du branchement 3 tout entier. Cette variation de résistance est accusée au poste principal par la déviation de l'aiguille du galvanomètre installé sur la ligne C D, et on la corrige en agissant sur le cercle gradué de l’arbre conjugué qu’on fait tourner en déplaçant la masse suspendue à l’extrémité du fil R'.
- Lorsque la déviation de l’aiguille est annulée, on en conclut que les déplacements angulaires des deux cercles gradués sont bien égaux dans les deux postes, puisque les déplacements des masses mobiles en fer doux ont modifié également l’intensité du courant et cela dans des conditions d’installation qu’on a eu soin de prendre identiques.
- On voit dès lors que, malgré la distance, il sera possible de suivre dans le poste principal tous les déplacements que prendra la lunette dans le poste auxiliaire, et on réalisera donc le parallélisme cherché en s’attachant simplement à faire tourner le cercle gradué de l’arbre conjugué, de manière à corriger les moindres déviations de l’aiguille aussitôt qu’elles se produisent.
- Poste en correspondance
- Poste-
- Fig. 1. — Schéma de l'installation du télémètre Crehore et Squier.
- Fig. 2.
- Vue schématique de l’installation du pont de Whcatstone.
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- En examinant le schéma, on reconnaît que les deux autres branchements 1 et 2 comportent aussi la même disposition avec insertion d’un solénoïde affecté par la réaction d’un noyau en fer doux.
- Cette disposition n’était pas nécessaire dans ce cas, mais elle a pour avantage de faciliter le réglage en assurant l'uniformisation des résistances dans les différents branchements.
- La ligure 3 montre l’installation effective de l’appareil de réglage sur le branchement n° 4, la même disposition est reproduite d’ailleurs sur le branchement 3, les lettres employées sont les mêmes que sur le schéma ; cette disposition se comprend immédiatement après les explications qui viennent d’être
- données, de sorte que nous n’y insisterons pas.
- Le succès de la méthode exige évidemment que les deux solénoïdes et leurs noyaux nos 3 et 4 présentent, en quelque sorte, une analogie parfaite pour que le noyau de l’appareil n° 3, par exemple dans les différentes positions qu’il peut occuper, entraîne toujours un déplacement rigoureusement égal du noyau de l'appareil n° 4, et que, par suite, les déplacements angulaires résultants restent eux-mêmes toujours égaux.
- C’est là une condition qui peut paraître au premier abord bien difficile à remplir, mais les auteurs ont pu s’en affranchir toutefois, en effectuant le réglage préalable des appareils et en déterminant cm-
- Fi(ç. 3.
- Vuo do l'installation du branchement u° 4-.
- piriquement les positions respectives à donner aux noyaux mobiles pour assurer le parallélisme des deux arbres tournants.
- 11 subit en effet de modifier la forme de la poulie horizontale solidaire avec le cercle gradué de l’axe conjugué de façon à en faire un simple came et non plus un cercle parfait. Les rayons de cette came qui déterminent à chaque instant la longueur d’enroulement du fil et par suite le déplacement du noyau sont déterminés à l’avance de façon à compenser les différences qui ont pu être observées dans les déplacements correspondants des noyaux conjugués.
- La figure 5 montre le schéma de la disposition adoptée pour effectuer ce réglage et vérifier le parallélisme des deux axes entraînés par le déplacement des noyaux des solénoïdes, et la figure 4 dorme la vue de l’installation.
- Fig. 4. — Vue de l'installation des branchements et des miroirs pour la vérification du parallélisme.
- Les deux appareils sont fixés verticalement sur le coté d’une même table et les axes tournants solidaires avec les noyaux supportent, dans leur prolongement, deux miroirs verticaux solidaires avec eux dont on vérifie le parallélisme par la méthode optique.
- L’observateur placé en E (fig. 4) considère à cet effet un objet éloigné 0 dont il reçoit directement l’image par le rayon lumineux 0 E ; il recueille, d’autre part, le rayon 0 M' M E qui lui arrive après double réflexion sur les deux miroirs M' et M, et il reconnaît, par suite, que les miroirs sont bien parallèles lorsque les deux images ainsi obtenues se confondent rigoureusement. Cette méthode est très précise et permet de mesurer les plus légères déviations.
- On voit, dès lors, comment on procède aux obser-
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- vations. On donne au miroir M une position quelconque en agissant sur le cercle gradué de la lunette T (fig. I), on déplace ensuite l’axe conjugué entraînant le miroir M' jusqu’à ce qu’on obtienne le parallélisme et on constate alors la position occupée par les noyaux mobiles ; l’expérience peut se répéter, d’ailleurs, autant de fois qu’on le désire. Lorsque le parallélisme est atteint, on doit observer sur le galvanomètre, comme il a été indiqué précédemment, une déviation nulle résultant de ce que la ligne de
- Fig. 5. — Schéma de l’installation des miroirs pour la vérification du parallélisme des laces.
- jonction du pont de Wheatstone n’est plus parcourue par aucun courant.
- On reconnaît de même en interposant un téléphone sur cette ligne, que l’instrument ne rend plus aucun son.
- Les auteurs déclarent que, dans les expériences effectuées par eux, ils ont toujours observé une correspondance parfaite entre les résultats fournis par ces diverses méthodes de vérification du parallélisme.
- Bien que la méthode électrique soit moins sensible que la méthode optique, ils ont pu vérifier qu'un simple déplacement d’un centième de pouce, soit 0mm,25, communiqué au noyau mobile, avait pour effet de modifier d’une manière sensible les indications du galvanomètre ; ils en concluent donc que l’observation de l’aiguille du galvanomètre, telle qu’elle est prévue dans le fonctionnement pratique de l’appareil, donne une garantie suffisante du parallélisme cherché. L. Bâclé.
- CHRONIQUE
- Les espèces qui s’éteignent. — Pour compléter tout ce qui a été dit à ce sujet, nous signalerons un rapport très complet fait récemment par M. W. T. Harnaday à la Société zoologique de New-York. Ce rapport, publié à la suite d’une enquête, signale comme espèces éteintes aux États-Unis, ou sur le point de l’être, le wapiti ou cervus canndensis, le daim à queue blanche, dit aussi daim de Virginie ; puis naturellement le bison, le castor du Canada, l’antilope à cornes fourchues (antilocapra americana), l’élan, le Caribon, l’ours Grizzly, l’ours noir, la loutre. C’est ensuite, parmi les volatiles, les hérons, les hiboux, les oiseaux de rivage, les pics, les dindons sauvages, la poule des prairies, etc.
- L’emploi de l’aluminium dans la manipulation des acides. — Le journal allemand Technische Miltheilungen recommande tout particulièrement l’emploi d’instruments en aluminium pour la manipulation des cides. Ce métal y est presque aÜssi indi tférent que du
- platine, il peut demeurer sans effet apparent, pendant des jours, dans l’acide nitrique le plus concentré, et l’on comprend que cette propriété est bien précieuse. L’au-; teur de l’article de la publication allemande se sert tout spécialement de pinces en aluminium pour retirer les plaques photographiques des bains à acides.
- Le rendement des moulins à vent. — Notre confrère anglais Nature signale une conférence faite récemment à Copenhague par le professeur La Cour. Insistant sur l’avantage îles moulins à ailes verticales, le conférencier a rendu compte des expériences qu’il a poursuivies au moyen d’un courant d’air artificiel. 11 a pu remarquer notamment qu’un moulin à lfi ailes ne fait que 1 1/3 fois autant de travail qu’un autre à 4 ailes seulement. 11 a trouvé que le rendement du vent frappant les ailes atteint 143,7 pour 100, ce qui peut sembler bizarre, mais s’explique par ce fait qu’on tient compte de l'effet de succion opéré « sous le vent » par le courant qui passe entre les ailes. C’est surtout au point de vue de cette succion qu’il importe le plus de donner aux ailes une forme concave. Si pour mesurer la proportion de vent utilisé, on fait état de la surface vide entre les ailes, on n’obtient plus qu’un rendement de 21 pour 100. Le professeur La Cour a, en outre, construit un régulateur qu’il appelle Kratostale, et grâce auquel un moulin à vent pourrait facilement commander une dynamo.
- Exploration antarctique. — Une expédition commandée par M. Cari Borckgrevink part pour le Pôle Sud à bord du South.ern-Cross, la Croix du Sud. Le 9 août, ce vaisseau mouillait dans les docks de Sainte-Catherine où il complétait son équipage de matelots placés sous les ordres du lieutenant Colbeck. La plupart des hommes de l’expédition sont des Scandinaves. Quelques Finnois sont chargés de la conduite des traîneaux et des chiens; ils emmènent une meute de chiens Samoyèdes, les premiers qu’on introduise dans les régions antarctiques, et sur lesquels on compte beaucoup pour réussir dans l’exploration des terres. Ces animaux, petits, maigres, assez semblables à des renards, sont hardis et très vigoureux. Le Southern-Cross a été construit spécialement sur la demande et aux frais de sir Georges Newnes, ancien membre de la Chambre des Communes et l’un des grands éditeurs du Strand. Partie le 21 août, l’expédition se propose de fixer son quartier général en Tasmanie, d’où elle se dirigera vers le Sud, dans les régions antarctiques inexplorées. — Elle ne rentrera probablement en Angleterre qu’en 1900.
- Les tremblements de terre en Italie. — Le
- professeur Mercalli, bien connu dans le monde savant, vient de publier un important mémoire sur les tremblements de terre du sud de la Calabre et de la région située autour de Messine (Mem. délia Soc. Ital. délia Scienze). La première partie contient un catalogue de tous les tremblements de terre enregistrés dans cette région depuis 1169 jusqu’à nos jours. La deuxième renferme une étude des séries les plus importantes, surtout de celles qui ont commencé le 5 février 1783. La troisième partie, qui est peut-être la plus intéressante, donne les secousses produites depuis le 16 novembre 1894, avec leurs deux centres de production indiqués par l’auteur, l’un dans la mer de Palmi, l’autre au-dessous du versant occidental d’Aspro-monte, entre Cristina et Delianova. Voici les principales conclusions : Les tremblements de terre de la région qui comprend Messine et la Calabre, se produisent généralement en longues séries. — Les grands ravages causés par les secousses de 1783 proviennent non seulement de la
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- LA NATURE.
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- violence des chocs, mais surtout de leur longue durée (au moins 2 minutes), et de la nature du sol *. —Tous les grands tremblements de terre sont indépendants des foyers volcaniques de l’Etna et des îles Lipari, mais proviennent de 18 autres centres sismiques. Dans la recherche des causes de ces tremblements de terre, M. Mercalli considère comme une cause insuffisante la dislocation des roches; il attribue plutôt ces mouvements à des masses d’eau vaporisées instantanément et précipitées dans des cavernes souterraines où elles causent des explosions et des déchirements considérables. D’après l’étude de leur position et de leur origine, le savant auteur propose la dénomination A'intervolcaniques pour les tremblements de terre de la Calabre et de Messine.
- Occultation de Mars par la Lune.— Le vendredi 9 septembre prochain, les astronomes et même les amateurs pourront observer un phénomène intéressant. Vers 2 heures de l’après-midi, la planète Mars sera occultée par la Lune. A 7 heures du matin, on pourra voir la Lune bien visible au milieu du ciel, malgré sa pâleur, fort élevée au-dessus de l’horizon, à 25° environ du zénith. Du côté de l’est, Mars sera éloigné de notre satellite d’environ six diamètres lunaires. D’heure en heure, on verra la Lune se rapprocher de la planète jusqp’à l’atteindre par son bord lumineux à lh44m. A 2h51ra, Mars reparaîtra sous le bord obscur de la Lune. Malgré la pleine clarté du Soleil, à l’heure de l’occultation, on pourra cependant, si le temps est clair, suivre facilement ce phénomène : il suffira, d’après M. Yinot, d’une lunette grossissant de trente diamètres.
- te satellite de Neptune. — A la suite de la publication de la belle série d’observations de cet astre par M. Barnard, M. A. Hall, astronome à l’observatoire de Cunstock (Connecticut), qui s’était occupé en 1883 (il y a donc déjà 15 ans), de rechercher l’orbite de ce satellite, a repris ses calculs. Grâce aux nouveaux éléments, qui lui ont été ainsi fournis, M. Hall a pu conclure (jue ce petit corps est à une distance moyenne de 16"224 (soit à peu près 15 fois le rayon) de la planète de Neptune. La masse de cette dernière, par rapport au soleil, est de 1 : 19 597 zç 101, nombre fort voisin de celui que donne Y Annuaire du Bureau des Longitudes 1 : 19 700.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 septembre 1898. — Présidence de M. Wolf.
- Espèces végétales communes au pliocène et au miocène. — M. E. Rivière présente les résultats d’une étude sur les tufs de la Gaubert (Dordogne). Les échantillons examinés sont poreux, assez friables, d’une teinte blanc jaunâtre et provenant du quaternaire. Ils sont au nombre de quatre offrant des empreintes de feuilles qui ont été déterminées par M. Bernard Renault. Une de ces feuilles se rapproche de celle du cocculus lalifolius des tufs de Meximieux; une autre appartient au genre fa g us et rappelle le fagus dentata du miocène du Groenland; une autre rappelant la feuille du noisetier ressemble beaucoup au Corylus Mac Quarrii du miocène du nord du Groenland; une autre, voisine du Cocculus latifolius, semble nouvelle et a été appelée Cocculus sublalifolius par
- 1 Tremblement périphérique de tassement. Les points de départ des secousses s’échelonnaient le long d’une ligne de faible périphérique qui est en activité depuis 1875.
- M. Renault. Ces feuilles semblent donc appartenir à des espèces rencontrées dans des terrains qui diffèrent beaucoup par leur âge, le pliocène de Meximieux et le miocène du Groenland. Par suite, il peut naître des doutes dans l’esprit sur l’attribution exacte de ces échantillons incomplets et trop peu nombreux à des espèces ayant vécu à une aussi grande distance, dans le temps et dans l’espace. Si ces doutes disparaissent par l’étude d’un plus grand nombre d’échantillons, il sera intéressant de constater que certaines espèces ont apparu d’abord dans les régions septentrionales du Groenland, pour gagner peu à peu, à mesure que la température s’abaissait, les régions méridionales, mais où on les retrouve nécessairement dans des dépôts plus récents comme le pliocène de Meximieux et le quaternaire de la Gaubert.
- Préparation d'un corps nouveau. — M. Moissan présente une Note de M. Vigoureux sur un nouveau siliciure de tungstène. Ce composé est cristallisé, il a été obtenu au moyen du four électrique par l’action directe du tungstène et du silicium,
- La toxicité des sels de cuivre pour les végétaux. — M. Bonnier présente une Note de M. Coupin sur la toxicité des sels de cuivre envers les végétaux de grande culture. Les sels de cuivre sont presque tous également vénéneux et il faut dès lors se défier de l’emploi du sulfate de cuivre pour faire disparaître les mauvaises herbes dans les cultures. M. Coupin a observé qu’une très faible dose de ce sel exerce une action nuisible sur les racines des céréales. Ch. de Villedeuil.
- Depuis l’article que nous avons consacré à la télégraphie sans fils1, il ne se passe pas de jours que nous ne recevions de quelqu’un de nos abonnés la demande de divers renseignements sur les détails des appareils à employer. Un de nos lecteurs, M. Paul Dosne, a construit lui-même un appareil pour réaliser ces expériences et il a bien voulu nous en communiquer les détails. Nous sommes heureux de les faire connaître à nos lecteurs.
- La bobine employée est une bobine de Ruhmkorff (fig. 1, n° 1), donnant 0m,10 d’étincelle. L’oscillateur (n° 2) est formé de 2 sphères métalliques; l’une d’elles, à la partie inférieure, est maintenue sous l’ouverture d’un bocal au moyen d’un anneau formé d’un tube en caoutchouc. Le tout est scellé dessus et dessous avec une coulée de cire à cacheter. L’autre sphère est suspendue sur une tige mobile autour d’une charnière d’un côté, et est munie à l’autre extrémité d’une vis de calage permettant de régler la distance des deux sphères. La partie du bocal contenant les deux sphères est remplie d’huile de vaseline. Au-dessus et au-dessous des sphères s’en trouvent deux plus petites de 0m,02 de diamètre maintenues par des tiges de cuivre fixées dans des tubes de verre épais. Ces tringles de cuivre sont reliées aux fils secondaires de la bobine de Ruhmkorff.
- 1 Yoy. n° 1505, du 4 juin 1898, |>. 1.
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- LA NATURE.
- Le récepteur (n° 5) est composé de la façon suivante. Un circuit est formé d’une pile Leclanché, d’un relais a, d’un tube Ilranly c, d’un galvanoscope d. On peut à volonté supprimer du circuit le galvanoscope d.
- Le déclenchement du relais vient fermer le circuit d’une batterie de 6 piles actionnant une sonnerie b. La place de celle-ci est choisie de façon que le marteau ayant battu sur le timbre revienne frapper le tube de Branly c pour le remettre en état.
- Le tube de Branly est formé d’un tube de verre de 5 millimètres de diamètre et de 0m,06 de longueur.
- Il est muni à ses deux extrémités de deux bouchons dans lesquels passent deux tiges terminées à l’intérieur par un
- petit plateau bien soudé. Entre les deux plateaux, on a répandu de la limaille de nickel pur avec
- 1/10 d’argent. On règle à la main la pression des 2 pistons sur la poudre.
- Cet appareil a permis à notre correspondant d’effectuer quelques expériences à 25 mètres.
- Pour augmenter encore l’effet, M. Paul Bosne a disposé ses appareils aux foyers de deux réflecteurs paraboliques (fîg. 2, nos 1 et 2) formés d’une lame de zinc clouée sur 2 gabarits de parabole découpés dans une planche.
- On peut également, si l’on veut effectuer les expériences à faible distance, se contenter comme oscillateur de deux boules suspendues par 2 fils
- Fig. 1. — Appareils pour la télégraphie sans fils.
- de soie (n° 5) à une tringle revêtue d’un tube de verre.
- Ucs expériences sont, comme on le voit, faciles à réaliser ; nous remercions M. P. Bosne de nous les avoir indiquées et nous espérons que ces renseigne-
- ments pourront être utiles à plusieurs de nos lecteurs. J. Dulong.
- Le Gérant : P. Masson. Paris. — Imprimerie Lahuhe, rue de Fieurus, 9.
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- N° 1520. — 17 SEPTEMBRE 1898. LA NATURE.
- ig {BIBLIOTHEQUE 3
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- MOTEUR ROTATIF A TAPEUR
- SYSTÈME PIERRE ARBEL ET PIERRE TIHON
- L’emploi des moteurs rotatifs ne s’est pas généralisé, en dépit de leurs nombreux avantages, pour des raisons multiples dont l’exposé serait au moins inutile, car ces raisons sont aujourd’hui bien connues. 11 n’en est pas moins vrai que, pour certaines applications, la navigation de plaisance et les automobiles à vapeur, par exemple, la simplicité du moteur rotatif, sa facilité de conduite, de mise en marche, d’arrêt et de renversement de marche, con-
- stituent des qualités précieuses dont on commence à apprécier l’importance.
- Le moteur que nous allons présenter à nos lecteurs, connu dans le monde industriel sous le nom de Moteur-k R* ou Moteur 2 -k R, parce qu’il est dû — fâcheuse intrusion du calembour dans la terminologie— à la collaboration de MM. Pierre Arbel et Pierre Tihon.
- Ce moteur est constitué par un cylindre G surmonté d’un chapiteau contenant les organes de distribution, de deux flasques fermant le cylindre et traversées par l’arbre moteur. A l’intérieur se meut l’anneau-piston que l’on voit en P et qui transmet
- Moteur rotatif à vapeur de MM. Pierre Arbel et Pierre Tihon. — 1. Vue intérieure, la face avant du moteur est enlevée. 2. Coupe transversale. — 3. Vue latérale avec déchirure montrant les divers organes.
- le mouvement de rotation à l’arbre moteur À.
- A l’intérieur du cylindre, et calées excentriquement sur l’arbre moteur, se trouvent deux cames symétriques réunies, en leur centre, par une tige à écrou qui permet de régler à volonté leur écartement. Le joint entre ces deux cames est donc placé dans l’axe du moteur et constitue une gorge plus ou moins ouverte dans laquelle vient se loger une couronne de billes trempées. L’ensemble est logé dans un anneau-piston P portant la cloison de distribution de la vapeur et de même profondeur que le cylindre.
- A l’intérieur de cet anneau-piston est vissée une bague en acier trempé sur laquelle roulent les billes. Celles-ci servent ainsi d’organe de transmission entre l’anneau-piston qui reçoit la poussée de la vapeur et
- la came qui transmet cette pression à l’arbre moteur par un mouvement de rotation.
- L’anneau-piston, en se mouvant autour de l’arbre moteur, a constamment l’une de ses génératrices en contact avec la surface intérieure du cylindre. Il porte, dans son sens longitudinal, une cloison en acier B servant à la distribution de la vapeur, qui s’appuie, comme l’anneau-piston, par ses deux faces latérales, sur les.flasques du cylindre.
- La hauteur de la cloison est telle que celle-ci reste toujours engagée, par son extrémité supérieure, dans une articulation spéciale disposée dans le chapiteau et qui la guide dans ses mouvements.
- L’articulation est formée par deux portions identiques d’un cylindre en bronze auquel on aurait enlevé, en section longitudinale, une épaisseur cor-
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- 26* année. — 2* semestre.
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- LA NATURE.
- respondante à celle de la cloison, les deux segments restants portent deux évidements chargés de démasquer ou d’obturer l'arrivée de la vapeur. Cette articulation se meut à frottement doux dans une alvéole ménagée dans le chapiteau du cylindre et sert d’organe distributeur en ouvrant et fermant l’arrivée de la vapeur sur l’anneau-piston, suivant la position que ce dernier occupe dans le cylindre.
- Deux robinets, placés de chaque côté du genou, servent à établir, suivant le sens de la marche, soit l’admission, soit l’échappement. La manœuvre simultanée de l’ouverture d’un des robinets et de la fermeture de l’autre s’obtient à l’aide d’une seule poignée II commandant une roue dentée qui engrène avec les deux robinets.
- Le renversement de la marche s’obtient donc par la seule manœuvre de cette poignée. U en résulte que ce moteur n’a pas de point mort puisqu’il y a toujours un sens de rotation dans lequel l’anneau-piston se trouve en position de marche.
- La vapeur, arrivant par la double enveloppe du cylindre, passe par l’un des deux robinets, suivant le sens de la marche adoptée, et se rend dans le cylindre où elle pousse l’anneau-piston.
- Quand l’anneau-piston a fait un demi-tour, c'est-à-dire quand il est à la partie la plus basse de sa course, la cloison B étant verticale, l’admission se ferme par le mouvement oscillatoire du genou qui vient obturer la lumière du robinet d’admission.
- La vapeur admise se détend alors et continue à faire remonter l’anneau-piston.
- Lorsque la cloison reprend sa position verticale, c’est-à-dire quand l’anneau-piston atteint le point le plus élevé de sa course, il y a un instant communication entre tout l’intérieur du cylindre avec l’échappement par le deuxième robinet. Immédiatement après, l’évidement du genou découvre à nouveau la lumière du premier robinet, et il y a une admission de vapeur nouvelle avec reproduction du cycle que nous venons de décrire.
- Le graissage est obtenu par un seul graisseur qui lubrifie tous les organes. Une disposition très originale assure l’étanchéité parfaite. Sur toute la surface des faces latérales de l’anneau-piston et de la cloison, on a ménagé une série d’alvéoles empiétant les unes sur les autres, dans lesquelles ont été introduits à grande compression des bouchons de liège affleurant la surface du métal. Sous l’influence de l’humidité de la vapeur, ces lièges gonflent et viennent s’appliquer contre les faces du cylindre formant un joint parfait à frottement très doux.
- Un moteur du poids de 140 kilogrammes, y compris son volant, produit une puissance de 4,5 pon-celets (6 chevaux) avec de la vapeur à la pression de 10 kilogrammes par centimètre carré.
- Le moteur de MM. Arbel et Tihon nous semble d’un emploi tout indiqué sur les petits canots à vapeur, car sa vitesse angulaire peut être calculée pour lui faire actionner directement l’hélice sans aucun organe intermédiaire : toutes les manœuvres
- se réduisent alors à la manipulation du robinet d’admission, d’arrêt et d’inversion de marche.
- E. Hospitalier.
- LE PONT ALEXANDRE III
- LANCEMENT DE LA PASSERELLE
- Nous avons fait connaître précédemment1 la première opération du lancement de la passerelle qui doit servir au montage du pont Alexandre III. Cette
- Fig. 1. — La passerelle sur le premier pilotis de la rive gauche.
- première opération avait pour but de lancer au-dessus du fleuve une longueur de passerelle d’environ 50 mètres jusqu’à un pylône en charpente placé dans le fleuve. 11 restait encore à accomplir une opération plus intéressante et présentant de plus
- Fig. 2. — La passerelle au-dessus de la rive gauche.
- grandes diflicultés. Cette opération a eu lieu le jeudi 8 septembre dans la matinée sans accident, sous la direction de MM. Résal et Alby. MM. Picard, Legrand et Chardon assistaient également à ce travail matinal.
- Le principe du lancement était également le même que celui que nous avons indiqué déjà en quelques lignes. Dans chacune des poutres maîtresses de la passerelle on a glissé un groupe de quatre galets de roulement et d’autres groupes en avant et en arrière. Deux treuils logés dans la passerelle, et qui n’étaient mis en marche que par douze hommes, agissaient sur des palans placés à l’extrémité de l’estacade.
- 1 Yoy. n° 1317, du ‘27 août 1898, p. ‘206.
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- Le travail a commencé vers 5 heures du matin, et peu à peu on a vu la grande masse de fer se déplacer et s’avancer plus ou moins vite selon le mouvement des treuils. Vers f>h,45, le bec de la passerelle déborde en porte-à-faux; mais bientôt, elle vient reposer sur deux galets de roulement installés sur un pylône. C’est à ce moment que nous avons pris une photographie, et l’on voit dans la ligure 1 la position de la passerelle. L’opération se poursuit toujours avec la même activité ; tous les
- Fig. 3. — La passerelle vue de l'extrémité de droite.
- ouvriers sont à leur poste et ne s’en écartent que pour changer et avancer les galets d’arrière et engrener à nouveau les cordages.
- Vers 8h50, l’avant-bec de la passerelle a atteint la rive gauche. La passerelle traverse maintenant
- Fig. 1. — Les galets du roulement.
- toute la Seine. 11 reste encore à ajouter un dernier bras de 50 à 40 mètres pour conduire la passerelle au-dessus de la berge qui borde le quai d’Orsay. Mais cette opération ne présente plus aucune difficulté. La figure 2 nous montre la passerelle prise de côté au moment où elle arrive au-dessus de la rive gauche.
- Pendant l’opération, nous avons visité les diverses parties de la passerelle. On sait quelle a 6 mètres de largeur et 7 mètres de hauteur. 11 s’agit d’une masse de fer importante et que l’on est tout étonné de voir déplacer avec tant de facilité par 12 hommes. La figure 5 nous fait voir les détails de la passerelle à l’extrémité sur la rive droite. Nous montrons égale-
- ment dans la figure 4 une paire des galets de roulement qui servent dans toute la longueur.
- C’était vraiment une opération intéressante qui vient d’être accomplie avec succès. Ajoutons que la navigation n’a pas été interrompue et ne doit pas l’être. Les pilotis dressés en Seine laissent un espace suffisant pour le passage des bateaux. J. L.
- UNE NOUVELLE PLANÈTE
- Le 5*septembrc, dans la soirée, on a reçu à l’Observatoire de Paris un télégramme expédié par le Bureau central de Kiel, apportant une intéressante nouvelle. Le 24 août, M. Witt, astronome à l’observatoire de Berlin, à qui l’on doit déjà la découverte de la 422e petite planète, en a découvert une autre de 1 Ie grandeur, dans la région du ciel située au-dessus du Lion et fort loin de l’écliptique.
- M. Berbericb, autre astronome de Berlin, a déterminé les cléments de l’orbite de ce nouveau corps céleste. 11 a constaté qu’il accomplit sa révolution en 600 jours, environ 86 jours de moins que Mars. C’est donc une planète qui se trouve située entre Mars et la Terre, la première par conséquent d’un groupe tout nouveau dont l’existence avait été annoncée par Le Verrier, mais qu’on n'était point encore parvenu à observer. L’existence d’une planète, petite, mais beaucoup plus rapprochée que Mars, est un événement scientifique très important. On déterminera la distance du soleil avec une très grande précision, et l’on résoudra une foule de questions importantes sur la constitution des terres du ciel. Il est, de plus, probable que cette nouvelle planète a des allures cométaires, en ce sens que l’excentricité et l’inclinaison de l’orbite sont également très grandes. J. R.
- L'ESTOMAC ET LE PH0NEND0SC0PE
- Le Phonendoscope du l)r Bianchi a déjà été présenté à nos lecteurs dans différents articles1 par le I)r Capitan qui, dans des termes très précis, a exposé les avantages qu’offre aux cliniciens l’emploi de cet appareil pour l’examen [des organes internes chez l’homme.
- Par sa forme spéciale, le phonendoscope est un excellent stéthoscope amplificateur dont la petite cavité creusée dans un épais disque de métal recueille et transmet les plus faibles bruits sans qu’ils soient dénaturés par des bruits accessoires ou par des résonances comme cela 'peut arriver avec les stéthoscopes à parois minces et légères. C’est grâce à cet appareil que le I)r Bianchi a pu rendre pratique sa méthode d’exploration des organes internes qu’il n’avait pu réaliser tout d’abord qu’avec des microphones trop délicats pour sortir des laboratoires et pour être employés en clinique.
- L’exploration des organes internes pour déterminer, malgré les superpositions, leur forme et leur position, chez le vivant, en combinant la percussion et l’auscultation, avait été tentée depuis longtemps dans différents pays, mais elle n’est devenue réellement pratique que le jour où le Dr Bianchi a imaginé
- 1 Yoy. n° 1290, Ou 19 février 1898, p. 179, et le n° 1302, du 14 mai 1898, p. 380.
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- de diminuer l’intensité des vibrations provoquées par le doigt percutant, en se contentant de celles produites par la pression et la friction de la peau avec la pulpe d’un doigt. Les vibrations ainsi provoquées n’ont qu’un faible pouvoir de diffusion et l’oreille ne perçoit nettement que celles produites dans l'aire de l’organe en communication avec
- Vertical
- Fig. 1. — A. Coupc schématique de l’estomac dans la position verticale. — B. Projection phonendoscopique de l’estomac. — a, chambre d’air; b, liquide.
- lequel l’on se trouve par l’intermédiaire du Phonen-doscope.
- La Phonendoscopie avait dans l’étude de l’estomac un beau champ de recherches, car, jusqu’à ce jour, cet organe avait presque complètement échappé à tout examen sérieux, malgré les moyens les plus
- A
- Fig. 2. — A. Coupe schématique de l’estomac dans la position horizontale. — B. Projection phonendoscopique de l’estomac. — a, chambre d’air ; b, liquide.
- ingénieux qu’on avait imaginés pour l'étudier. Ni l'éclairage interne avec une lampe à incandescence, ni les rayons X, et encore moins la percussion simple n’avaient permis de déterminer sa position exacte chez le vivant et les modifications qu’il subit dans sa forme à la suite de l’ingestion d’aliments. D’ailleurs, le plus souvent l’exploration se faisait dans de mauvaises conditions : on avait soin, en effet, de coucher sur le dos l’individu en expérience ; or, dans cette position, comme le prouvent les figures schématiques ci-dessus (fig. 1 et 2) le contenu
- de l’estomac est attiré par la pesanteur dans la région dorsale et l’organe déformé ne présente à l’examen qu’une faible partie de sa surface réelle.
- Pour acquérir des notions sur le fonctionnement de l’estomac, il y avait à déterminer la position exacte de cet organe chez le vivant (fig. 4), les variétés individuelles, les changements qu’il subit dans sa forme et dans sa position quand on le charge d’aliments, la vitesse du passage de ces aliments dans l’intestin selon leur nature et selon les individus, les conséquences de ces déplacements de l’estomac sur la position des organes voisins ; sans compter l’étude des cas pathologiques : modifications par maladie, par tumeurs, par alimentation défectueuse, etc.
- Fig. 5. — Tracés successifs de l’estomac de façon à montrer les modifications de forme par l’ingestion de liquides. — A. Vin. — B. Bouillon. — C. Maté, — mm' ligne médiane. —Les tracés sont disposés de droite à gauche.
- Ces différentes questions sont, depuis quelques années, l’objet des études du Dr Bianchi et les résultats de ses recherches ont été publiés dans les comptes rendus de différents congrès1 et dans quelques journaux de médecine*.
- Dans une première série d’expériences, le Dr Bianchi a étudié le temps de séjour des liquides alimentaires dans l’estomac3 : sa méthode consistait à prendre, le matin, le tracé de l’estomac d’un individu à jeun, à qui l’on faisait ensuite absorber un demi-litre de liquide : café, vin, bouillon, bière, etc. Le
- 1 Congrès de médecine. Rome, 1896; Francfort, 1896; Moscou, 1897.
- 2 Archives de physiologie, 1897 : n° 4 : La projection phonendoscopique de l’estomac : A. Bianchi, Ch. Comte. — Archives de la Société de médecine de Paris, 1896-1897.
- 5 Ces recherches commencées en Italie ont été surtout poursuivies en France, soit à la station physiologique du Collège de France où M. le Pr Marey offrit au Dr Bianchi une gracieuse hospitalité, soit dans les hôpitaux et cliniques de Paris où la Phonendoscopie a rencontré de nombreux partisans de sa méthode.
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- tracé de l’estomac était repris aussitôt après l’ingestion de ce liquide, puis de quart d’heure en quart d’heure pendant deux heures. Les tracés succcessifs ainsi obtenus permettent de suivre les déplacements de l’estomac et d'assister à l’évacuation progressif du liquide absorbé.
- Chez un sujet normal les liquides ne passent pas directement de l’œsophage dans l’intestin, comme il a été classique de l’admettre : ils séjournent toujours un certain temps dans l’estomac et le plus souvent plus de deux heures. C’est par une série de contractions rythmées que l’estomac élève le niveau de son contenu jusqu’au pylore et en chasse une partie dans l’intestin.
- Le vin pur (fig. 3, A), en général, ne séjourne que peu dans l’estomac, il en active les mouvements et il en résulte une sensation de faim qui provient probablement de ce que l’estomac continue à se contracter à vide.
- Avec le bouillon (fig. 3,
- B), l’effet est tout autre, une fermentation avec abondant dégagement de gaz ne tarde pas à se produire, l’estomac se distend, on éprouve une
- sensation de plénitude d’où l’on conclut qu’on est rassasié et qu’il n’est pas nécessaire d’ingérer d’autres aliments. C’est sans doute cette sensation de réplétion qui fait attribuer au bouillon une valeur nutritive que les expériences de laboratoire n’ont jamais pu démontrer.
- La présence de gaz dans l’estomac nuit beaucoup à l’expulsion des liquides qui y sont contenus, les contractions gastriques ne parvenant pas à élever le niveau du liquide jusqu’au pylore et celui-ci ne laissant pas facilement passer les gaz.
- Les effets du thé sont très variables, un thé fort, surtout quand il est très riche en principes astringents, semble provoquer l’occlusion du pylore, gênant ainsi l’évacuation de l’estomac tandis qu’un thé léger hâte cette évacuation.
- L’un des meilleurs stimulants des contractions de l’estomac paraît être le maté, ou thé du Paraguay, qui, ne renfermant que peu de tanin, ne peut avoir les inconvénients du thé, même quand l’infusion est concentrée. Dans un cas la démonstration de son effet a été très
- Fig.4. — Projection phonendoscopique de l’estomac E sur un sujet : a, cardia; b, pilore; c, chambre d’air; d, liquide. — Ligne pointülée, rebord de la cage thoracique.
- Fig. 6.
- Fig. 5.
- Figures schématiques des trois types d’estomac.
- 1. Type normal. — IL Type à pylore surélevé ou à cardia abaissé. — III. Type à pylore abaissé ou à cardia surélevé. mm', ligne médiane; E, estomac; c, cardia; p, pilore; C, côlon.
- évidente : le sujet en expérience avait beaucoup mangé la veille, la digestion s’était faite dans de mauvaises conditions et lorsqu’on prit le premier tracé (fig. 3, C), au lieu de trouver comme à l’ordinaire un estomac presque vide, on constata qu’il était distendu et renfermait une forte quan-
- tité de liquide; cependant, après l’ingestion de 500 grammes de maté, l’estomac se vida relativement très vite, plus vite même qu’après l’ingestion d’une quantité analogue d’eau pure.
- Les résultats varient beaucoup d’un individu à un autre et le Dr Bianchi a pu démontrer que ces varia-
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- tions proviennent le plus souvent d’une différence dans la position du pylore par rapport au cardia, et l’on conçoit que si l’orifice de sortie est surélevé l’évacuation ne puisse pas se produire aisément tandis qu’elle peut être facilitée dans le cas contraire.
- Ces considérations ont amené le I)r Bianehi à établir trois types (fig. 5, 6et7) d’estomac selon l’obliquité par rapport à l’horizontale de la ligne réunissant le cardia au pylore. Sans entrer dans les détails sur la cause de ces différences ni sur les déductions que l’ont doit en tirer au point de vue du régime à suivre, il suffit de signaler qu’à côté du type normal dans lequel l’inclinaison de la ligne eardio-pylorique varie de 10 à 50° se trouve, d’une part, le type à pylore surélevé qui, à moins d’un régime sévère, est condamné à la dilatation, et, d’autre part, le type inverse, à ligne eardio-pylorique se rapprochant de la verticale qui, se déchargeant de
- Fig. 8. — Déplacement du coeur C et du foie F par ingestion de liquide dans l’estomac E \ mm’ ligne médiane.
- ses fonctions sur l’intestin, finit tôt ou tard par fatiguer cet organe.
- Chez certains individus, on a pu découvrir un fait des plus curieux; l’estomac ne retenant pas les liquides, et le lait même n’ayant pas le temps de s’y coaguler, le cæcum est amené à jouer le rôle d’estomac supplémentaire. Chez ces personnes la fosse iliaque droite est distendue et à première vue l’on pourrait croire à la présence d’une hernie dans cette région.
- Rien d’autres recherches ont été faites sur l’estomac par le Dr Bianehi qui est arrivé à traduire les mouvements de cet organe et le temps de séjour des aliments par des graphiques ingénieux, mais dont la description qui mériterait d’être détaillée nous entraînerait trop loin.
- 11 est bon de signaler toutefois une série d’études sur les modifications de position des différents viscères voisins de l’estomac, déplacements provoqués par les siens propres et dont il y aurait à tenir compte en clinique, et d’ailleurs chaque fois qu’on entreprend l’étude de ces organes (fig. 8).
- Ch. Comte.
- L\ SUINTINE
- Suint, suintine, lanoline! trois dénominations très voisines qui s’appliquent à une graisse animale dont il ne nous paraît pas qu’on connaisse suffisamment les propriétés et les qualités efficaces. Un médecin militaire, M. Berthier, vient d’v consacrer une étude intéressante qui mérite d’être analysée1.
- La suintine, ou graisse de laine, est le suint du mouton séparé des produits solubles de la sécrétion sudoripare et débarrassé des substances étrangères qui souillent les toisons. C’est un produit de la sécrétion sébacée, matière grasse spéciale cireuse qui lubrifie la peau et qui recouvre les filaments de laine d’un enduit protecteur et imperméabilisant. On l’obtient industriellement dans quelques-uns de nos grands établissements de peignage, notamment à Roubaix. Le procédé suivi à Roubaix chez MM. Alfred Motte etCie, peigneurs de laine, pour extraire la suintine, est du à l’un des chimistes de ces industriels, M. Richard Lagerie, mort depuis plusieurs années. Le procédé est breveté du 02 juin 1891.
- Voici, en résumé, comment on extrait ordinairement la suintine :
- Battage des eaux de lavage de la laine dans une série d’agitateurs; ce battage donne une 'mousse blanchâtre qui contient les parties grasses, cette mousse est recueillie dans des réservoirs et décantée, puis passée dans des filtres afin d’en séparer l’eau qui y reste ; après filtrage le magma obtenu est mis en cataplasmes qui sont chargés dans des presses verticales sur des platines en tôle superposées ; on introduit un filet de vapeur dans les presses et lorsque le chauffage est suffisant on presse de façon à opérer la séparation de la graisse des matières terreuses. La graisse ainsi obtenue est alors recueillie dans des clarificateurs et nettoyée par deux lavages successifs. Après ces diverses opérations la suintine est mise en fûts et livrée au commerce.
- La suintine est de couleur foncée, brunâtre, d’odeur désagréable, odeur de bergerie. Sa consistance est ferme, un peu molle par les temps très chauds ; son point de fusion n’est pas bien connu, parce que les graisses qui la constituent possèdent des points de fusion très différents. Sa composition est, en effet,, très complexe et variable. Graisse neutre, elle est formée d’acides gras combinés à la cholestérine, à des alcools de la série grasse; elle renferme en forte proportion une substance que l’on en retire industriellement et que l’on connaît sous le nom de « lanoline )> et une cire analogue à la cire d’abeilles.
- La lanoline, qui n’est par conséquent que de la suintine purifiée et dont on a enlevé l’odeur et la teinte, est très utilisée en pharmacie, parce qu’elle donne à la peau un grand pouvoir d’absorption des médicaments. On s’en sert aussi dans le traitement des maladies de la peau.
- La suintine, qui n’est que de la lanoline impure, jouit du même pouvoir de pénétrabilité par la peau. Son action locale est même si favorable que le suint purifié commence à entrer dans l’industrie de la parfumerie comme cosmétique; il assouplit la peau sèche, rugueuse, et la souplesse ainsi acquise est relativement durable. La suintine de Roubaix, bien préparée, est antiseptique; elle ne rancit jamais. On lui enlève son odeur désagréable en l’additionnant d’essence de mirbane à la dose de 20 grammes d’essence par kilogramme de graisse. L’essence de mir-
- 1 Revue d'hygiène.
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- bane est un parfum d’usage courant dans la savonnerie. L’addition de mirbane ne fait qu’augmenter les propriétés antiseptiques de la suintine, si l’on en juge par son action sur les plaies. On obtient ainsi un pansement à la ouate et à la suintine siccatif et antiseptique qui reste accolé aux téguments sans le secours d’une bande, et le coton n’adhère pas à la plaie. Les soldats s’en servent avec avantage pour se préserver des frottements et des petites érosions dues à la marche.
- Le prix commercial de la suintine est minime : 16 centimes le kilogramme, ce qui tient évidemment à ce que jusqu’ici ce produit est peu connu et a très peu de débouchés, et surtout à ce que son extraction est une nécessité pour les établissements de peignage qui doivent, sous peine de fortes amendes, épurer leurs eaux résiduelles avant de les rejeter dans les rivières. L’essence de mirbane coûte 2 francs à 5 francs le kilogramme. La suintine parfumée a donc un prix très bas.
- Nous venons de dire que la suintine avait des usages médicaux externes et qu’elle rendait aux marcheurs des services importants. Le pied enveloppé de suintine résiste aux inflammations et aux petites blessures résultant de la marche pendant la saison chaude. Pendant la saison froide, cette graisse prévient et guérit les engelures; elle fait rapidement disparaître les crevasses, les gerçures des mains, en rendant à la peau sa souplesse habituelle. C’est un cold-cream très économique.
- Les applications de la suintine sont du reste nombreuses. La chaussure elle-même peut être soignée par ce corps gras. Le cuir manque de souplesse souvent aussi et cette rigidité est une cause fréquente d’accidents locaux, peu graves puisqu’ils guérissent par le repos, mais suffisants pour arrêter les touristes dans leurs excursions et pour décimer des régiments d’infanterie pendant les premières semaines de marche. Par précaution, il convient d'utiliser la suintine. La chaussure est bien nettoyée de la poussière, de la boue, du cirage; au moyen d’un lavage léger, on étale une petite quantité de graisse avec un chiffon ; on frotte énergiquement pour obtenir une bonne pénétration. Le cuir devient alors très souple et conserve cette propriété ; il acquiert, en outre, l’imperméabilité à l’eau. La suintine doit son pouvoir imperméabilisant à la grande quantité de cire qu’elle contient.
- Peut-être même y aurait-il grand avantage à substituer toujours au cirage une mince couche de suintine.
- Le cirage est l’ennemi de la chaussure. On ne s’en doute pas assez. C’est qu’il contient généralement des acides qui durcissent et fendillent le cuir. Et l’on en abuse! Les hygiénistes militaires ont souvent demandé qu’on en supprime l’usage dans l’armée. M. Berthier a mélangé la graisse de suintine avec du noir de fumée ou noir d’Auvergne dans la proportion de 5 à 6. grammes de noir par 100 grammes de graisse. Ce mélange se fait facilement. Le cuir, frotté avec une petite quantité de cette graisse noire et brossé, acquiert une teinte mate à reflets légèrement luisants, n’ayant pas l’aspect gras du cirage. On peut se servir de la même graisse noircie pour le sabot des chevaux.
- La suintine a encore une application importante qu’il convient de signaler aux touristes et à tous ceux qui sont exposés à recevoir la pluie. Elle rend les vêtements imperméables, mais tout en conservant leur porosité. Imperméabilité à l’eau, perméabilité à l’air. Tel est le problème posé souvent et qui n’avait pas encore été résolu. Les vêtements de caoutchouc sont bien imper-
- méables à l’eau; mais ils le sont aussi à l’air. Mêmes reproches le plus souvent adressés aux vêtements imperméables aux sels d’alumine. Les vêtements mouillés sont dangereux; ils deviennent bons conducteurs et déterminent des refroidissements et des maladies a frigore. Le danger est d’autant plus à redouter, soit pour le soldat, soit pour l’ouvrier, que, le lendemain, les vêtements mouillés n’ont pas toujours eu le temps de sécher et il faut les endurer quand même.
- M. le I)r A. Berthier remarqua, un jour, que les vêtements des Arabes sont imperméables, et ils le sont précisément parce qu’ils sont tissés en laine non désuintée. Il devait venir tout naturellement l’idée, pour imperméabiliser nos vêtements, de leur rendre le suint que leur ont enlevé les procédés de la fabrication. Et on s’est livré à des expériences. On a commencé par employer la lanoline à la dose de 10 à 20 grammes pour 100 grammes de dissolvant, et l’on a donné la préférence, pour le dissolvant, à l’essence de pétrole, qui est relativement bon marché. Le succès a été complet. Voici comment on opère pour imperméabiliser un vêtement.
- Les vêtements à imperméabiliser sont mis dans le plus grand état de propreté, sans savonnage. Puis, on trempe le vêtement dans le liquide imperméabilisateur, on l’v laisse quelques instants; on le tord pour enlever l’excès de liquide. Ou bien, ce qui est plus économique, on imbibe simplement, avec une éponge, la surface extérieure du vêtement, en ayant soin de passer l’éponge sur toutes les parties et de régulariser l’imbibition complète de l’étoffe. M. A. Berthier a imperméabilisé ainsi des pantalons, par le premier procédé, et des képis, au moyen de l’éponge. La quantité de liquide employé pour imperméabiliser une collection de vêtements : capote, pantalon, képi, n’a pas dépassé, en moyenne, deux litres de solution.
- Ce genre d’imperméabilisation n’enlève pas à l’étoffe sa porosité pour l’air et la vapeur d’eau, car, alors que la sudation ne peut s’effectuer avec le caoutchouc ou le tissu passé aux sels d’alumine, on voit avec le tissu préparé à la suintine la sueur traverser le vêtement, ce qu’il a été facile de constater pendant diverses marches militaires. Les fonctions de la peau s’effectuent donc normalement, ce qui est un point capital.
- Les vêtements ainsi traités sont peut-être plus solides qu’avant l’opération. Il convient de ne pas les laver au savon. Un savonnage superficiel mais répété pourrait à la longue faire disparaître l’imperméabilisation. On peut détacher sans inconvénient avec de la benzine. Mieux : après l’action de la benzine, le tissu imperméable à la lanoline semble se mouiller encore plus difficilement qu’avant. L’alcool est sans action sur l’imperméabilisation; l’essence de térébenthine la détruit rapidement. Quant au prix de revient de l’opération, il est insignifiant. La lanoline coûte en ce moment 7 francs le kilogramme; l’essence de pétrole, environ 40 centimes le litre. Pour un pardessus ou un veston à imperméabiliser c’est en moyenne une dépense qui ne dépasse pas 60 centimes.
- Comme l’imperméabilisation ne modifie en rien les teintes et rend l’étoffe douce au toucher, on peut souhaiter que l’opération se généralise et mette l’homme à l’abri du contact de la pluie. On voit donc qu’une matière que l’on envoyait jusqu’ici à la rivière est très susceptible de nous rendre service à divers points de vue. 11 n’y a plus lieu de dédaigner la suintine !
- Henri de Parvilde.
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- LA SOIE D’ARAIGNÉE
- Toute bête disgracieuse n’a droit, de la part de l’ignorant, qu’à l’écrasement brutal sous le talon ; et c’est parce qu’elle est laide que ce sort est fait d’ordinaire à l’araignée. Elle mérite cependant plus de respect ; ceux qui connaissent son histoire savent quels instincts merveilleux elle met en jeu dans sa lutte pour la vie, combien elle est vaillante, patiente, dévouée pour ses petits, utile à l’homme qu’elle débarrasse d’une foule d’insectes malfaisants ; sans compter que la soie produite par ses libères pourrait, obtenue avec discernement, être employée économiquement, et devenir la base d’une industrie rémunératrice.
- La plupart des espèces d’araignées produisent abondamment un fd soyeux, dont elles font un cocon pour leurs œufs, ou avec lequel elles tissent une toile qui leur sert à prendre les bestioles dont elles se nourrissent. La pensée de ne pas laisser sans emploi un produit naturel qui se trouve assez communément, a porté, à différentes époques et surtout dans ces derniers temps, quelques naturalistes à essayer pratiquement l’utilisation de la soie d’araignée.
- Une des tentatives les plus connues, sous ce rapport, est celle de Bon, premier président à la Chambre des Comptes de Montpellier, qui, au commencement du siècle dernier, offrit à l’Académie des Sciences des échantillons de tissus fabriqués avec de la soie d’araignée ; cette soie avait été fournie par des espèces communes dans le Midi de la France.
- Il y a quelques années, un négociant anglais, M. Rolt, renouvela la tentative du président Bon, avec YÉpéire diadème. Ayant observé que cette espèce abandonne rapidement son lil quand on l’enroule, il recueillit ce lil sur un dévidoir très
- léger tournant à une vitesse d’environ 50 mètres par minute ; il trouva que l’épéire pouvait fournir son fil sans interruption pendant trois à cinq minutes. 11 put présenter à la Société des arts de Londres un échantillon de soie, filé en moins de deux heures par 22 épéires, et ne mesurant pas moins de 6000 mètres.
- Malgré ce succès relatif, la tentative en resta là, ce qui donne à penser qu’il est impossible d’obtenir de l’épéire diadème une quantité suffisante de soie
- pour qu’on puisse l'exploiter économiquement. Quant au président Bon, il ne persévéra pas dans son entreprise, et se borna à faire comprendre l’importance de la question sans dégager les inconnues qui s’opposaient à la solution complète du problème.
- I Réaumur, chargé ! par l’Académie d’exa-
- | miner les échantil-
- i Ions qui lui étaient
- j soumis, tout en don-
- nant sa pleine approbation à la tentative, mit en lumière la difficulté qu’il y aurait à la réaliser sur une grande échelle par suite de la pénurie probable de cocons indigènes. Mais en même temps il indiquait le moyen de tourner l’obstacle: « Peut-être trouvera-t-on des araignées qui donnent plus de soie que celles que nous voyons communément dans le royaume ».
- Le véritable nœud de la question se trouvait ainsi défini : si l’on veut arriver à une solution, il faut s’adresser à des espèces exotiques suffisamment prolifiques, dont les individus nombreux puissent être soumis à une sorte de domestication et fournir de la soie en abondance. M. Natalis Rondot en indique deux qui offrent les conditions exigées : Epeira socialis, du Paraguay et de la République Argentine, et Nephilengys malabariensis, qui se trouve dans l’Inde, en Chine, à Bornéo, en Australie et sur la côte occidentale d'Afrique. Une autre espèce, de la province chinoise du Yun-Nan, est indiquée par
- Fig. 1. — Coques de soie de l’araignée de Madagascar.
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- M. Francis Garnier comme produisant un fil très solide, qui entrerait, au moins en partie, dans la fabrication de l’étoffe désignée sous le nom de long hey touan tse, salin de la mer Orientale.
- Enfui, et si nous 1a nommons ainsi après les autres, c’est en quelque sorte pour la mettre hors concours, au premier rang des araignées pouvant fournir une soie utilisable, il faut placer Nephila madagascariensis, l’Epéire de Madagascar, que les Hovas nomment vulgairement halabe (halabé) ou folihala (foulihala). L’honneur d’avoir mis en lumière les précieuses qualités de l’halabé revient au R. P. Gamboué, missionnaire apostolique à Tana-narive et naturaliste distingué, dont les recherches
- se sont poursuivies pendant plusieurs années, et qui, grâce à sa persévérance, a pu amener le problème au point où son application pratique n’est plus qu’une question d’expériences d’ensemble.
- Les premiers essais du R. P. Gamboué relatifs à l’utilisation de la soie de cette grande espèce portèrent sur le peignage et la filature des cocons ovi-gères; il s’appliqua ensuite à la recherche des moyens propres à obtenir directement le fil à mesure qu’il sort des filières, à l'aide de la bassine dont le schéma est page 250 (tig. 3).
- Le compte rendu de ces intéressantes expériences a paru dans le Bulletin de la Société d'Acclimatation du 28 mars 1892 ; le résultat principal qui s’en
- Fig. 2. — L’araignée de Madagascar (Nephila madagascariensis). (Grandeur naturelle) ; à gauche, la femelle, à droite, le mâle.
- dégage est la certitude que l’on peut obtenir de l’halabé un fil continu d’une longueur considérable.. Ayant pris à leur toile cinq femelles, qu’il fixa dans de petites boîtes de manière à laisser seulement émerger l’abdomen, le R. P. Camboué obtint respectivement, de ces araignées, 100, 100, 84, 500 et 60 mètres de fil. C’était relativement peu; mais, ayant constaté que la production du fil est beaucoup plus abondante chez les femelles qui ont pondu, le savant expérimentateur eut recours à des individus présentant cette condition. De six araignées mises en cage après la ponte, il put obtenir ; de la première, 1900 mètres en 10 jours; de la deuxième, 1300mètres en 7 jours ; des troisième et quatrième, 400 mètres en 6 jours; delà cinquième, 1300 mètres en 11 jours ; enfin de la sixième, 4000 mètres en 27 jours.
- La qualité principale de la soie de l’Epéire de Madagascar est d’allier une finesse extrême à une résistance considérable. La comparaison a été faite par le Laboratoire d'études de la soie, à Lyon, entre cette soie et celle fournie par les bombyx de diverses provenances ; 6 baves de bombyx ont été approximativement comparées à 12 fils d’araignée. Dans ces conditions, l’élasticité et la ténacité ont été reconnues égales pour les fils de l’épéire et les baves des cocons domestiques français, le diamètre des brins étant respectivement 0,065 et 0,315.
- L’élevage de la précieuse araignée représente une ressource importante à mettre en valeur, et l’on ne saurait trop souhaiter que des efforts soient faits pour entrer dans la voie dont le R. P. Camboué a déblayé l’entrée. A Madagascar, dans le climat natal
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- de l’Épéire, les essais en grand pourraient se faire certainement avec toutes les conditions du succès. Les observateurs s’accordent à dire, en effet, que l’halabé est très prolifique et très sociable, et le R. P. Camboué estime qu’il serait possible d’établir, soit en plein air, soit à couvert, des magnaneries d’araignées fiieuses dont on utiliserait à la fois les cocons et la soie obtenue directement des filières.
- Il serait peut-être plus difficile d’acclimater en Europe une araignée des zones tropicales qui, habi-
- — Bassine expérimentale. A, Araignée. B, Bassine.
- C, Brûleur. B, Barbin. E, Guindre. F, Filière. V, Volant.
- tuée dans son pays à trouver une proie abondante, pourrait être astreinte sous notre climat à tin jeûne relatif nuisible à sa bonne santé et au fonctionnement normal de ses iilières. En fait, les essais d’acclimatation tentés dans notre pays n’ont pas, jusqu’à présent, donné les résultats espérés; mais il est possible que l’échec soit dû à de mauvaises conditions de nourriture ou d’installation. Quoi qu’il en soit, c’est une question qu’il ne faut pas abandonner ; c’est à la France que revient l’honneur des premiers efforts faits pour doter l’industrie d’une soie jusqu’ici sans emploi : la France a le devoir de persévérer dans cette voie, et ne saurait l’abandonner, si le succès ne répond pas à l’attente, qu’après avoir tout fait pour réussir. A. Acloque.
- L’OBSERYATOIRE DE PARIS EN 1897
- Nous extrayons du Rapport annuel sur l'état de l'Observatoire de Paris pour l'année 1897, présenté au Conseil par M. Læwy, directeur de l’Observatoire, les renseignements suivants : « Le personnel s’est acquitté de sa tâche si difficile de la manière la plus satisfaisante. Les travaux en cours d’exécution depuis une longue série d’années ont été continués avec une très grande énergie, et des progrès importants ont été réalisés dans diverses branches de l’astronomie théorique et pratique. »
- Service méridien. (Chefs de service : MM. Lœwt et Leveau.) — Le cercle méridien du jardin est confié à MM. Renan, Perchot et Ebert pour la détermination absolue de la latitude et des variations qu’elle peut subir.
- Le grand instrument méridien est mis à la disposition de MM. Oltramare et Lancelin, assistés de M./. Chatelu, pour servir à la détermination des déclinaisons absolues des étoiles fondamentales.
- Les instruments de Gambey sont utilisés par MM. Barré,
- Viennet et Brandicourt. La tâche de ces observateurs est de combler les lacunes qui existent encore dans les observations des étoiles de Lalande. Depuis l’établissement du nouveau plan de travail, ces trois observateurs ont obtenu 5777 observations à la lunette et 5764 au cercle.
- En résumé, on compte 16 824 observations méridiennes, dont 122 du Soleil, 56 de la Lune, 27 de Mercure, 68 de Vénus, 2 de Mars, 24 de Jupiter, 12 de Saturne, 10 d’Uranus et 12 de Neptune.
- Équatoriaux coudés. (Chef de service : M. Lœwy.) — L’exécution des clichés destinés à l’atlas photographique de la Lune, dont MM. Læwy et Puiseux ont entrepris la publication, a constitué forcément, cette année encore, le principal emploi du grand équatorial coudé. Il existe en effet certains aspects de la Lune dont nous ne possédons pas encore de représentation satisfaisante. Chacun de ces aspects ne s’offre dans le courant d’une année que pendant quelques jours, qui se réduisent à quelques heures si l’on tient compte de la nécessité d’observer de nuit, et à une hauteur de 40° au minimum au-dessus de l’horizon. Comme il faut en outre des conditions atmosphériques exceptionnelles pour obtenir des clichés qui se prêtent à l’agrandissement, on voit qu’il serait téméraire de vouloir fixer un terme précis pour l’achèvement de l’entreprise. On s’est conformé au plan précédemment adopté, de manière à garder autant que possible à l’œuvre un caractère d’unité. L’étude suivie des circonstances qui peuvent influer sur la qualité des images ne nous a pas révélé cette année de faits essentiellement nouveaux. Les plus actives de ces causes sont, par malheur, celles qui ne dépendent à aucun degré de l’observateur; mais l’opportunité des précautions prises n’en a pas moins été confirmée.
- Le second fascicule de l’atlas, composé de sept planches, a paru dans le courant de 1897. Il est accompagné de croquis sur papier transparent aidant à retrouver les noms des formations principales. Une notice est consacrée à l’énumération et à la description des divers objets délicats sur lesquels les sélénograpbes sont en désaccord et dont nos photographies établissent la véritable nature.
- MM. Læwy et Puiseux ont été assistés d’une manière très assidue par M. Le Morvan.
- Le travail entrepris par M. Hamy au petit équatorial coudé a eu pour objet l’étude d’une méthode signalée par Fizeau pour mesurer les petits diamètres; l’instrument a été ensuite employé à l’observation des planètes et à la recherche des comètes.
- Équatorial de la tour de l'Ouest. (Chef de service : M. Bigourdan.) — Le programme des travaux comporte les observations de comètes, de nébuleuses et d’étoiles doubles, auxquelles on a joint les occultations d’étoiles par la Lune, les éclipses de satellites de Jupiter, etc.
- L’année 1897 a été peu favorisée pour l’état du ciel, sauf pendant les mois d’octobre et de décembre.
- Voici le résumé des observations : comètes, 26 ; nébuleuses, 500; étoiles doubles, 50; astéroïdes, 14; occultations d’étoiles par la Lune, 55; éclipses des satellites de Jupiter, 10 ; étoiles filantes de novembre.
- M. Bigourdan a été assisté avec beaucoup de zèle par M. G. Fayet. — M. Jean Mascart est venu s’exercer à l’équatorial à partir du 1er novembre.
- Équatorial de la tour de l'Est. (Chef de service : M. Callandreau. ) — L’instrument a été utilisé comme l’année précédente pour faire des observations de petites planètes et quelques mesures d’étoiles doubles.
- Carte photographique du ciel. (Chef de service :
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- M. I'aul Henry.) — La première partie de l’exploration photographique du ciel, relative à la construction du Catalogue, peut être considérée comme achevée. Sur les •1260 clichés dont la confection a été dévolue à notre établissement, il ne reste plus à effectuer que quelques clichés omis pour des causes accidentelles. Grâce aux efforts si persévérants et si féconds de MM. Hetiry, nous possédons maintenant, pour la région du ciel qui nous concerne, la base qui nous garantit le succès du Catalogue. Les calculs qui doivent nous fournir les positions précises des astres jusqu’à la onzième grandeur sont en cours d’exécution d’une manière régulière, et les coordonnées rectilignes, première étape des réductions, ont été déjà déterminées pour 429 clichés.
- On a obtenu 74 clichés du Catalogue et 36 clichés de la Carte du ciel.
- Bureau des mesures des clichés du Catalogue. (MIU Klumpke). — Le personnel du Bureau se compose de MUes Klumpke, Marquette, Coniel, Lampdon, Bréard. Les mesures effectuées pendant l’année 1897 comprennent 35 192 étoiles.
- Météorologie. Astronomie physique. Service de l'heure. (Chef de service : M. Wolf.) — Pendant l’année 1897 les observations météorologiques et le service de l’heure ont continué régulièrement. Le fonctionnement des horloges de la Ville a été satisfaisant. Les pendules de l’intérieur de l’Observatoire n’ont subi aucune perturbation. L’envoi de l’heure a été régulièrement fait par M. Guénaire aux villes de Rouen, le Havre, la Rochelle, Nancy, Saint-Nazaire et Chambéry. Les observations de la température des caves au thermomètre à acide sulfureux ont été faites comme précédemment.
- Recherches spectroscopiques. (Chef de service : M. Des-landres.) — M. Deslandres s'est livré avec ardeur et succès à la continuation régulière de ses recherches sur le Soleil, sur les étoiles et sur différents sujets spectroscopiques. Il a été assisté par M. Millochau.
- Bureau des calculs. (Chef de service : M. Gaillot.) — Le personnel comprenait en outre : MM. Bossert, astronome adjoint; hagarde, aide-astronome; Maubant et Pourteau, employés scientifiques ; Simon et Bordier, employés auxiliaires.
- Les travaux exécutés en 1897 comprennent la publication des observations, le Catalogue de l’Observatoire de Paris, les travaux de réduction, etc.
- Services administratifs. (M. Fraissinet.) — Ces services ont fonctionné avec la même régularité que les années précédentes. Le nombre des ouvrages de la^bi-bliothèque s’est augmenté de 326 Volumes ou brochuresTr
- Rattachement de VObservatoire au réseau du nivellement général de France. — Ce rattachement a été effectué dans le courant du mois d’avril 1897 sous la direction de M. Lallemand, directeur du service du nivellement général de la France. L. Barré.
- Astronome à l’Observatoire national de Paris.
- APPLICATIONS NOUVELLES
- DES ACIERS AU NICKEL
- Los remarquables propriétés des aciers au nickel, décrites dans un récent article1 et, en particulier, la très faible dilatation de certains d’entre eux, font entrevoir un grand nombre d’applications diverses,
- 1 Voy. n° 1318, du 3 septembre 1898, p. 212.
- et permettront d’aborder la construction d’appareils irréalisables jusqu’ici.
- Avant de passer en revue ces applications, je désire décrire un appareil destiné à rendre bien évidentes les variations de volume des métaux par la chaleur et qui, manipulé avec soin, permet de comparer entre elles les dilatations de diverses tiges de métal, de manière à obtenir une valeur grossièrement approchée du rapport de leurs allongements.
- L’appareil se compose (fig. 2) d’un bâti en fonte, terminé par deux montants d’inégales hauteurs. Celui de gauche est percé de deux trous, parallèles à la grande longueur du bâti, et dans lesquels on introduit les tiges dont on veut comparer les dilatations. Ces dernières sont retenues en place par des vis de serrage, et reposent, par l’autre extrémité, sur le deuxième montant, dont la face supérieure a été soigneusement planée. Le bâti supporte un fourneau de tôle, que l’on chauffe au moyen d’une rampe de gaz, et qui empêche de grands écarts entre les températures des tiges.
- Pour déterminer les allongements de ces dernières, on introduit, entre elles et le montant de droite, deux épingles de même diamètre, sur lesquelles on a mastiqué des chalumeaux de paille légers et bien équilibrés. On a eu soin d’ailleurs, pour assurer un bon contact, de souder aux tiges de petites plaques parallèles à la plate-forme sur laquelle elles reposent.
- Dès que les tiges commencent à s’allonger, elles font rouler les épingles, et les index se déplacent d’un mouvement rapide pour les alliages fortement dilatables, alors que, pour Fig. i. —Pendule les aciers au nickel les moins dila- ,, .“tlge, ,
- d acier-nickel.
- tables, on n’aperçoit un petit mouvement de l’index qu’après un temps assez long.
- L’artifice employé dans cet appareil pour amplifier le mouvement de l’extrémité des tiges n’est pas nouveau. M. Kapoustine l’a indiqué il y a de longues années et M. Bauschinger l’a employé dans ses célèbres recherches sur la solidité des matériaux. Pour être plus vieux, il n’en est pas moins bon, et mériterait d’être répandu.
- Lorsque les aciers au nickel sont d’une bonne coulée, ils sont très homogènes, à peu près exempts de piqûres même microscopiques, prennent un beau poli, et s’oxydent très peu. Ceux de la deuxième catégorie, qui contiennent plus de 25 pour 100 de nickel, sont relativement doux et se laissent étirer, depuis d’assez gros diamètres, jusqu’à l’état de fils fins.
- La plus importante peut-être des propriétés des nouveaux aciers est la variation continue de leur dilatation avec la teneur, depuis celle du laiton jusqu’au dixième de celle du platine. Or, chacun
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- sait combien les dilatations sont gênantes dans un grand nombre d’appareils, et les ingénieux dispositifs inventés pour en atténuer ou pour en détruire les effets sont la meilleure preuve de l'utilité qu’il y aurait à remplacer, dans un grand nombre de cas, les métaux ordinaires par des alliages très peu dilatables. Parfois, pourtant, on cherchera moins une très faible dilatation qu’une valeur bien déterminée de cette grandeur. Par exemple, pour la monture des grands objectifs, il est utile d’employer un métal se dilatant à peu près comme le verre, afin d’éviter les variations dans le serrage.
- A ce point de vue, les aciers au nickel nous donnent aujourd’hui toutes les combinaisons qu’on n’obtenait jusqu’ici que par l’emploi du platine ou des métaux de la meme famille.
- Il est évident que tous les instruments de physique, d’astronomie, de géodésie pourront bénéficier de l’énorme diminution de la dilatation que donnent certains aciers au nickel.
- L’une des applications les plus importantes des alliages peu dilatables est celle que l’on a commencé à en faire pour la construction des pendules compensés. 0 n
- sait que, par suite de la dilatation, une horloge munie d’un pendule non compensé retarde au chaud et avance au froid; pour les extrêmes des températures de l’été et de l’hiver, les variations atteignent quelques minutes par semaine. Lorsqu’on désire rester au-dessous de cette limite, on compense la dilatation de la tige par celle d’une certaine quantité de mercure contenue dans un vase en verre ou en acier, et qui, en augmentant de volume de bas en haut, relève le centre d’oscillation d’autant qu’il est descendu par l’allongement de la tige. Dans d’autres pendules, on construit un gril composé d’un certain nombre de tiges d’acier qui descendent, tandis qu’une autre série de tiges en laiton, fixées par le bas, se dilatent en remontant. Mais ces deux constructions sont coûteuses, la dernière surtout, à cause de la grande difficulté d’ajustage des nombreuses tiges qui doivent être à la fois très libres et parfaitement guidées.
- Si l’on substitue à la tige d’acier du pendule une baguette d’acier au nickel très peu dilatable, les erreurs dues à la température tombent immédiate-
- ment à une quantité presque négligeable, et cette très petite quantité peut être elle-même rigoureusement annulée par une construction d’une extrême simplicité. Si l’on munit, en effet, le pendule (tig. 1) d’une lentille en laiton L, reposant par sa partie inférieure sur un écrou vissé sur la tige T, on arrive, tout en restant dans les limites de dimensions usitées jusqu’ici, à compenser parfaitement la dilatation de la tige. A première vue, le nouveau pendule ne diffère en rien, par sa construction, des anciens pendules non compensés. C’est seulement l’emploi de l'acier au nickel pour sa tige qui constitue sa supériorité, sans qu’il en résulte aucune difficulté de plus dans la construction.
- Les variations irréversibles de volume que présentent les alliages de la première catégorie pourront permettre l’ajustage de pièces de machines dans des conditions nouvelles. Supposons que l’on
- ait construit, à l’aide d’un alliage qui se gonfle par le froid, un arbre que, pour faciliter la mise en place, on aurait fait un peu trop petit. Si, après l’avoir placé à l’intérieur de sa poulie, on soumet le tout à un froid intense, on obtiendra un serrage extrêmement énergique, tel que l’acier ordinaire le donnerait par une chauffe au rouge de la poulie avant sa mise en place. L’avantage du gonflement sur le frettage à chaud réside surtout en ce qu’il déforme moins le métal et permet d’opérer sans hâte, l’application des basses températures ayant lieu lorsque tous les organes sont à la place qu’ils doivent définitivement occuper.
- Ce procédé rendrait probablement des services dans le frettage des bouches à feu, surtout celles de petit calibre. Un tube d’acier au nickel serait introduit dans une frette d’acier ordinaire et le tout refroidi dans l’acide carbonique solide. En gonflant, le tube se serrerait dans la frette.
- Telles sont les plus évidentes des applications que permettent les aciers au nickel, grâce aux lois très bizarres auxquelles obéissent leurs variations de volume. Leurs propriétés magnétiques ou élastiques en font prévoir d’autres' sur lesquelles j’espère revenir lorsqu’elles auront été plus complètement étudiées. Ch.-Ed. Guillaume.
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- L’ÂLÉTHOMM
- Les principes de la synthèse du mouvement par la photographie ont été magistralement exposés par M. Marey. Il suffit de faire défder au foyer de l’ohjectif de projection une série d’images se succédant rapidement au moyen d'un mouvement de translation discontinu, l’éclairage de chaque vue n’ayant lieu que lorsqu’elle est immobile, et la substitution s’effectuant pendant la période de suppression d e lumière. En résumé, l’écran est alternativement éclairé et sombre. Si l’œil a, par suite de la persistance des impressions lumineuses sur la rétine, la sensation d’un éclairage continu, il n’en existe pas moins un papil-lotement,un sautillement de l’image qui lui enlève la stabilité nécessaire et produit une véritable fatigue chez le spectateur. Aucun des nombreux modèles de cinématographes ne différant d’ailleurs que par les dispositions mécaniques employées pour obtenir la marche saccadée de la pellicule, ne paraît exempt de cette imperfection. Aussi est-ce dans une voie toute différente que nous allons trouver une solution originale du problème.
- L’Aléthorama imaginé par MM. Paul Mortier et Chéri-Rousseau est un appareil destiné à prendre et à projeter des vues cinématographiques; il repose sur un principe tout autre que celui que nous venons de signaler : au lieu d’un mouvement saccadé, la pellicule est animée d’un mouvement continu ; au lieu
- d’avoir sur l’écran des périodes d’éclairage et d’obscurité, celui-ci est éclairé d’une façon permanente par les images qui se substituent les unes aux autres non pas dans leur totalité, mais d’une manière qu’on pourrait appeler complémentaire et qui constitue l’originalité de l’appareil.
- Un tambour métallique A (fig. 1), monté suraxeT,
- est {entraîné d’un mouvement rapide de rotation.
- Il a pour but de faire défiler la pellicule cinématographique devant un faisceau lumineux intense fourni par l’arc électrique (C). Enroulée sur une première bobine B, elle s’emmagasine sur une autre bobine E après avoir contourné le tambour sur lequel elle s’applique comme une courroie de transmission. Elle est, d’autre part, guidée sur ce dernier par des dents qui s’engagent dans les perforations. La circonférence du tambour sur laquelle s’applique la pellicule n’est pas pleine, mais ajourée de façon à ménager une série de petites fenêtres en dessous de chaque image. Concentriquement à la circonférence du tambour et solidairement avec lui, se trouve montée une batterie de miroirs angulaires en nombre égal à celui des fenêtres. Ces miroirs sont inclinés à 90°, l’un par rapport à l’autre.
- Dans ces conditions tout cliché encadré par une fenêtre du tambour donnera naissance en vertu du principe des miroirs angulaires à une image virtuelle rectangulaire parallèle retournée par rapport à l’image qui serait produite sur un miroir unique ordinaire, et dont l’un des axes de symétrie coïncide
- Fig. 1. — L’aléthorama. — 1. Disposition de l’appareil pour faire défiler la pellicule cinématographique devant un faisceau lumineux. — 2. Marche des rayons.
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- LA NATURE.
- rigoureusement avec l’axe de rotation du système : il s’ensuit que pendant que le cliché entraîné en cercle par le tambour se meut rapidement, son image au contraire est immobile sur l’axe. Si un objectif de projection se trouve à distance convenable de l’axe du système l’image apparaîtra immobile sur l’écran. En réalité il n’en est.pas tout à fait ainsi, seul l’axe de symétrie de l’image qui se confond avec l’axe de rotation est immobile, les autres parties de l’image subissent un mouvement général de bascule autour de cet axe de symétrie immobile.
- Néanmoins quand l’amplitude angulaire du mou-
- Fifi. 2. — Formation do l'image dans l aléthorama quand une image entière est dans le faisceau lumineux.
- veulent de rotation est suflisamment faible et ne dépasse pas quelques degrés par exemple, l’image malgré son mouvement de bascule peut être considérée comme pratiquement immobile.
- Le n° 2 de la ligure 1 fera du reste parfaitement comprendre la marche des rayons. Le faisceau lumineux, émané du condensateur G, traverse le diaphragme U dont nous verrons plus loin le rôle,
- Fig. 3 — Formation de l’image complémentaire de l’alétliorama quand deux portions des images voisines sont dans le faisceau lumineux.
- rencontre la bande pelliculaire appliquée sur le tambour TT. L’image formée se réfléchit deux fois à angle droit et vient tomber dans l’objectif de projection qui l’envoie à son tour sur l’écran après une nouvelle réflexion. A cet effet les deux lentilles de l'objectif sont disposées sur une monture spéciale dont le fond reçoit un miroir argenté.
- L’auteur limite le faisceau lumineux au moyen du diaphragme I), de façon qu’une partie de la bande pelliculaire, égale à la dimension d’une des images, soit seule éclairée ; de cette manière deux cas vont se présenter : ou bien la fenêtre du tambour est précisément en face de l’ouverture du diaphragme — c’est le cas représenté par la figure 2 ; — l’image AB, éclairée dans sa totalité, fera son image sur l’axe du système en aob et sera visible sur l’écran en son
- entier ; ou bien le tambour ayant continué sa marche (fig. 3) deux portions des images voisines AB et A'B' se trouveront éclairées. Si le diaphragme était suffisamment ouvert pour démasquer simultanément AB et A'B' nous aurions sur l’axe deux images superposées aob et a'ob'. Mais comme il est intentionnellement réduit nous ne verrons sur l’écran que les parties a'o et ob appartenant chacune à un cliché différent mais qui n’en constituent pas moins une image unique et complète du sujet représenté. Le remplacement des images se fait donc d’une façon complémentaire et non pas dans leur totalité comme dans le cinématographe. Ce procédé supprime complètement le scintillement dù aux alternatives d’éclairage et d’obscurité de l’écran : il permet de ralentir le passage des images sans qu’on puisse apercevoir aucune interruption.
- Dans cet état l’Aléthorama constitue un appareil de synthèse qui paraît comporter de réels avantages sur ceux qui ont été présentés jusqu’à présent : de plus la bande cinématographique n’étant pas soumise à une traction intermittente ou à des frottements répétés est assurée d’une conservation beaucoup plus prolongée.
- Rien ne s’oppose d’ailleurs à utiliser l’Aléthorama comme appareil enregistreur, il serai seulement nécessaire de le compléter par un obturateur spécial qui est constitué par un second tambour intérieur au premier. Sans entrer dans des explications théoriques qui nous entraîneraient trop loin, qu’il nous suffise de dire que ce tambour est percé de fentes étroites dont le nombre est égal à un tiers du nombre des compartiments du tambour principal. Le tambour obturateur est commandé par un jeu d’engrenages convenables et doit tourner dans son mouvement absolu trois fois plus vite que le tambour principal.
- Dans ces conditions non seulement la netteté parfaite des images est obtenue, mais on a réalisé deux résultats qui ont une importance très grande: augmentation du nombre d’épreuves dans l’unité de temps, et vitesse considérable d’obturation. On sait, en effet, que dans le cinématographe il est difficile, par suite des arrêts et des départs de la bande pelliculaire, de dépasser 15 à 20 épreuves par seconde.
- En admettant même 25 épreuves par seconde et un disque dont l’ouverture soit le quart de la circonférence, la durée d’exposition ne dépassera pas 1/100 de seconde, ce qui est absolument insuffisant pour un appareil destiné spécialement à la reproduction des mouvements rapides. Avec l’Aléthorama, l’auteur peut atteindre plus de 2000 épreuves de 25 millimètres de hauteur par seconde.
- En dernier lieu, la juarche continue de la pellicule, en évitant tout arrêt, permet d’augmenter sans difficulté aucune le format des images primaires. C’est là également un point très intéressant, car la petitesse des images empêche d’obtenir des projections suffisantes à cause de l’agrandissement trop considérable qu’il faut employer.
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- Comme on le voit par cette courte description, l'ingénieux appareil de MM. Mortier et Chéri-Rousseau ouvre une voie nouvelle à la cinématographie qui depuis son origine n’a lait aucun progrès appréciable : grâce à lui nous espérons que cette belle découverte, débarrassée de certains défauts et de certaines imperfections, pourra enfin rendre dans le domaine scientifique les services qu’on est en droit d’attendre d’elle. Albert Loxde.
- CHRONIQUE
- Les plantes dans le gypse. — Notre confrère Science a publié les résultats des intéressantes expériences de MM. Cockerell et Garcia sur la culture des plantes dans le gypse. Les expériences ont été faites avec un échantillon d’un dépôt considérable de sable blanc, des montagnes Saint-Andréas (Nouveau Mexique), qui présente pour 100 la composition suivante : gypse, 07; carbonate de chaux, 2,80 ; carbonate de magnésie, 0,06 ; sulfate de magnésie, 0,12 ; sulfate de potasse, 0,07 ; carbonate de soude et chlorure de sodium, traces. 11 y a des plantes qui vivent dans ces sables; la liste en a été dressée par différentes personnes. M. A. Goss cite un Rhus, et plusieurs graminées. Müe Eastwood a constaté l’existence d’un certain nombre d’espèces. Trois de celles-ci présentent du reste des modifications considérables, par où elles s’écartent du type normal de l’espèce. Ce sont Oenothera (Galpinsia) tubicula, var. filifolia; QEnothera albicaulis, var. apysophila, et Bigelovia (Chrysothamus) graveolens, var. appendiculata. Deux autres plantes se rencontrent qui ne présentent aucune modification; ce sont : The-lesperma gracile et Muhlenhergia pengens. M. Wooton y a encore trouvé Conanthus carnosus, Andropogon neo-mexicanus, Sporobolus giganteus et S. nealleyi. Les expériences de MM. Cockerell et Garcia ont porté sur du blé et des pois, qu’ils ont semés comparativement dans le sable blanc en question, et dans quatre autres sols naturels, où les végétaux viennent bien. Le résultat a été qu’en définitive les plantes semées dans le sable gypseux se sont aussi bien comportées que les plantes confiées aux autres sols. Pourtant le blé a mûri un peu en retard dans le gypse. Au total, les sables dont il s’agit semblent, d’après ces essais, aussi propres à la culture que les sols courants.
- La vapeur. — M. Lencauchez a publié dans le Bulletin de la Société des ingénieurs civils un long Mémoire sur la vapeur et son emploi. Toutes les machines à vapeur, faites avec tous les derniers perfectionnements connus et consacrés par la pratique, .se valent à 1 pour 100 près, qu’elles soient à un, à deux,\à trois ou à quatre cylindres à transvasement. La condensation n’est pas indispensable pour arriver au minimum de consommation de vapeur. La surchauffe des enveloppes des cylindres par un courant de vapeur à haute pression, avec retour des purges et de la vapeur en excès aux chaudières, est actuellement une des plus grandes sources d’économies pratiques réalisables. Le réchauffage de l’eau d’alimentation à 100° pour l’introduire aux chaudières à 97 et 98° est la seconde source des plus grandes économies. Le maximum d’économie réalisable pratiquement avec les machines et pour les grandes puissances consiste, pour 1000 chevaux, par exemple, à en avoir 800 à condensation et 200 à échappement dans un réchauffeur-épura-
- teur de l’eau d’alimentation, la portant à 100° pour l’introduire à 97 et 98° dans toutes les chaudières alimentant le groupe des 1000 chevaux.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 septembre 1898. — Présidence de M. Fave.
- Aurore boréale. — M. Faye analyse une Note de M. Des-landres sur une aurore boréale qui a été observée à l’observatoire deMeudon, le 9 septembre, vers 9 heures du soir. Le phénomène a été constaté à 9h 20“, mais il avait peut-être commencé plus tôt; il a acquis tout son éclat vers 9h50“1. Toutefois, il était à peine visible. M. Mellochau, aide-astronome, en a pris deux dessins. Un des plus grands rayons traversait la petite Ourse, et la direction générale de ceux-ci était à peu’près celle du méridien magnétique. Ils avaient une couleur verdâtre due à la prédominance d’une radiation verte correspondant, par sa longueur d’onde, à une raie récemment signalée par M. Berthelot dans le krypton. 11 y a lieu de noter que l’aurore a coïncidé avec le passage au méridien central du soleil d’un fort amas de taches — composé d’une grosse tache accompagnée de deux moyennes. Cet amas est insolite par ses dimensions qui le rendent visible à l’œil nu. De plus, il se présente à l’époque voisine d’un minimum des taches solaires et a également marqué la fin des chaleurs de septembre.
- Préparation de corps nouveaux. — M. Moissan présente une Note de M. Williams sur un carbure double de fer et de tungstène obterni au four électrique par l’emploi de la méthode grâce à laquelle M. Moissan a doté la science de nombreux composés. Le carbure double de tungstène et de fer est très bien cristallisé; il est stable, résiste aux acides ainsi qu’à la vapeur d’eau et raye le verre facilement. M. Moissan présente une autre Note de M. Mourlot sur la cristallisation des sulfures anhydres de calcium et de strontium. Ces composés n’avaient jamais été obtenus cristallisés; M. Mourlot est parvenu à les préparer en beaux cristaux cubiques par la réduction des sulfates correspondants au moyen du charbon à la température du four électrique. Ces composés se dissocient au bout d’un certain temps, si on les laisse dans le four électrique.
- Transformation des rameaux. — M. Bonnier présente une Note de M. Maige sur l’adaptation des plantes à la vie grimpante et à la vie rampante. En faisant varier les conditions d’éclairement de la plante, de manière à maintenir à l’abri de la lumière des rameaux dressés florifères, il est arrivé à les transformer en rameaux grimpants ou rampants stériles. Inversement, par l’action localisée de la lumière, il est arrivé à transformer des rameaux grimpants en rameaux florifères. Ces résultats, obtenus au laboratoire de biologie végétale de Fontainebleau, montrent que la vie grimpante et la vie rampante présentent une grande analogie et expliquent que ces deux modes de vie en apparence si différents se trouvent réunis dans un certain nombre de plantes grimpantes de nos forêts et dans la plupart des lianes des pays tropicaux.
- Varia. — M. André présente un travail sur la constitution des matières naturelles des terres arables. MM. Guillon et Goirand ont recherché les conditions d’efficacité des bouillies cupriques pour le traitement des maladies cryptogamiques de la vigne. M. Dussaud décrit un appareil fondé sur l’emploi de l’action de la lumière
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- LA NATURE.
- sur le sélénium et l’association du téléphone pour obtenir des vibrations d’une membrane qui en soulevant des tiges reproduit à petite échelle le relief des objets.
- Ch. de Yilledeuil.
- LE DOCTEUR SIR JOHN HOPKINSON
- Le démon des ascensions, qui fait chaque année quelques victimes, vient d’enlever à la science un homme d’une haute valeur, le l)r sir John IIop-kinson : parti sans guides pour escalader la Petite Dent de Vei-sivi, dans les environs de Zer-malt, en compagnie d’un de ses fils et de deux de ses filles, il s’est tué avec eux dans une chute épouvantable.
- Agé seulement de cinquante ans, le Dr Hopkinson s’était déjà fait une réputation des plus brillantes dans la physique mathématique ; il était devenu un ingénieur des plus remarquables dans le domaine des sciences appliquées, après avoir été. un « fort en thème » à l’Université de Cambridge.
- Quand, en 1870, il avait passé son doctorat ès sciences, il avait nettement manifesté sa vocation en prenant comme sujets de thèse l’acoustique, la lumière et la chaleur. Il ne tarda point du reste à aborder les travaux pratiques, et à entrer dans une usine de Manchester, où il s’occupa de projets et de construction de machines. Mais il ne commença réellement son œuvre que quand il fut, en 1872, nommé directeur technique des ateliers de construction d’appareils optiques, dans la grande maison Chance frères, de Birmingham. C’était précisément le moment où, en Angleterre, on reconnaissait la nécessité de créer des phares à groupes d’éclats.
- Hopkinson prit en main le problème et le résolut, en inventant un appareil dioptrique fort simple, qui fut adopté d’enthousiasme.
- 11 continua, du reste, d’améliorer les appareils des phares, et ce fut un des principaux artisans de l’introduction de la lumière électrique dans les feux des côtes britanniques.
- 11 quitta la maison Chance pour se livrer presque uniquement à l’étude des dynamos; c’est
- ainsi qu’il in-
- Le Dr Sir John Hopkinson.
- (D'après une photographie de M. Elliott.)
- venta les diagrammes qui sont maintenant d’un usage courant et bien précieux pour analyser le fonctionnement d’un générateur électrique.
- On ne peut passer en revue tous ses travaux, théorie et perfectionnement des dynamos, inventions diverses dans le domaine de l’électricité, expériences sur la conductivité électrique, etc. Mais nous ne pouvons oublier de mentionner ses remarquables études sur le magnétisme qui l’ont conduit à la détermination par le calcul de tous les éléments d’une machine dynamo.
- Devenu membre, dès 1878,de la Royal Society, il s’est dépensé largement pour toutes les sociétés savantes dont il faisait partie. Il fut en effet membre du comité de direction de la Royal Institution of great Britain, et deux fois président de l'Institution of Electrical Engineers.
- Ajoutons qu’il ne chercha jamais à tirer un parti pécuniaire de ses diverses inventions, et que c’était un beau caractère en môme temps qu’un savant d’élite fort estimé. I). B.
- Le Gérant : P. Masson. , Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- Fig. 1. Le Pou de San José; 1. Fragment de rameau attaqué par le Pou de San José (grossi) ; 2. Jeune larve; 5. Larve au sortir de la mère; 4. Jeune larve fixée vue en dessus; 5. Jeune larve vue de profil ; 6, 7. Ijes mêmes ayant sécrété une écaille ; 8. Nymphe en dessous; 9. Nymphe en dessus; 10. Mâle adulte; 11. F'emelle adulte.
- IA COCHENILLE DE SAN JOSÉ.
- L’Europe est menacée d’un nouvel ennemi sur lequel on ne saurait trop veiller, car il vise les cultivateurs déjà [si éprouvés. Comme son trop célèbre prédécesseur le Phylloxéra, l’ennemi en question arrive d’Amérique et n’attend qu’une occasion de s’introduire chez nous.
- Dans le Nouveau Monde où l’agriculture tient une si large place, le Pou de San José — San José scale—est extrêmement répandu sur les arbres fruitiers qu’il fait périr en foule ; c’est un parasite des plus dangereux que l’on ne peut mieux comparer qu’au Phylloxéra pour l'importance de ses dégâts. On le rencontre sur un grand nombre d’arbres : le Tilleul, l’Acacia, l’Orme, le Noyer, l’Aulne, le Saule pleureur, etc. ; mais il manifeste un goût tout particulier pour tous les arbres à fruits: Amandier, Pêcher,
- Abricotier, Prunier, Cerisier, Framboisier, Poirier,
- Pommier, Cognassier, Groseillier, etc. Je n’ai pas entendu dire qu’on l’ait trouvé sur la Vigne ; c’est bien heureux.
- V Aspidiotus perniciosus — c’est ainsi que les naturalistes l’ont baptisé — paraît avoir été amené en Californie avec des plantes provenant du Chili. De là, il a envahi presque tous les États-Unis. On l’a signalé dans les états suivants :
- Alabama, Arizona, Delaware, Florida, Georgia, Idaho, Indiana, Louisiana, Massachusetts, Maryland, New-Jersey, New-York, New-Mexico, Ohio, Oregon, Pen-sylvania, Virginia, Washington, British Columbia. On l’a signalé à File Vancouver et le Canada ne tardera certainement pas à être envahi.
- 26* année. — 2* semestre.
- A.L Oes/tp/it
- Fig. 2. Parasites du Pou de San José; 1. Pentilia Miselia ; 2. Sa larve; 3. Sa nymphe; 4. Cochenilles attaquées par les Pentilia ; 5. Aphelium diaspedis.
- L'Aspidiotus est un hémiptère appartenant à la famille des Coccides ou Cochenilles, c’est-à-dire à la famille de ces insectes en forme d’écailles que tout le monde a remarqués sur les Orangers et les Lauriers-
- roses. Il s’attaque indifféremment à toutes les parties du végétal — feuilles, branches, fruits, — et c’est ce qui en rend la destruction fort difficile. Comme sa fécondité est grande, il pullule littéralement et il n’est pas rare de voir des branches entières recouvertes d’une véritable poussière d'Aspidiotus serrés les uns contre les autres, grouillant comme des asticots dans un cadavre. Tous ces petits animaux se nourrissent à l’aide de leur dard qu’ils enfoncent dans l’écorce et à l’aide duquel ils puisent la sève de la plante. On comprend facilement qu’à ce régime celle-ci s’épuise et ne donne que des fruits tordus, rugueux, craquelés, impossibles à mettre dans le commerce. L’arbre, d’abord improductif, ne tarde pas d’ailleurs à périr.
- Comme les autres Coccides, les insectes jeunes se promènent à la surface de la plante, mais ne tardent pas à se fixer en un point quelconque et à sécréter une écaillé cireuse en forme de bouclier qui la recouvre entièrement (fig. 1, n° 1). Voici la description de l’insecte et de sa vie, due au regretté Brocchi1.
- Ecailles des femelles. — Les écailles des femelles sont circulaires, avec une très faible saillie au centre et d’un diamètre de 1 à 2 millimètres.
- Écailles des mâles. — Celles-ci sont de forme allongée, ovale, ordinairement d’une coloration plus foncée que celles des femelles.
- 1 Agriculture nouvelle.
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- LA NATURE.
- Larves nouvellement écloses. —Les jeunes larves sont de couleur orangée pâle (n° 5). Elles ont de 0mm,24 à 1 millimètre. Leur suçoir a presque trois lois la longueur du corps; il est filiforme. Les antennes ont cinq articles, les deux derniers plus longs que les autres. La tète est un peu concave en avant et les yeux de couleur légèrement pourprée.
- Mâle adulte. — Le mâle est ailé (n° 10) ; il a deux ailes délicates irisées, de longues antennes et un seul style anal. Sa coloration générale est rayée avec une tache plus sombre au prothorax. La tète est plus foncée que le reste du corps; les yeux sont d’un pourpre foncé, quelquefois noirs. Les antennes sont jaunes, les pattes et le style anal sont sombres; le thorax est régulièrement ovoïde, comprimé antérieurement ; il porte une bande transversale brune ; les antennes ont dix articles. Longueur du corps : 0"im,6 ; style : 0m“,2.
- Femelle adulte. — Le corps de la femelle est jaunâtre et presque circulaire (n° 11); la segmentation est visible, bien que peu distincte. Le dernier segment présente les caractères suivants : il y a seulement deux paires de lobes visibles. Ces lobes pré-s.Mitent plusieurs entailles et épines. La femelle a de 0mm,8 à 1 millimètre de longueur.
- Vie de l'insecte. — Pendant l’hiver, les insectes adultes sont réfugiés et immobiles sous leur revêtement résineux. Au commencement d’avril, l’hibernation des mâles prend fm et vers la moitié de mai, les femelles commencent à donner de nouvelles générations. Elles donnent naissance immédiatement à des larves; en d’autres termes elles sont vivipares, contrairement à ce qui se passe chez d’autres espèces pondant simplement des œufs.
- Au moment de sa naissance (n°l),la larve, est microscopique, de couleur jaune orangé, de forme ovale, ayant six pattes et deux antennes; le rostre filiforme est bien développé. Elle reste d’abord immobile, antennes et pattes repliées, puis elle cherche une place à sa convenance sur la plante, enfonce son suçoir dans les tissus et reste dès lors immobile. Elle replie ses antennes et ses pattes et prend la forme circulaire (nos 2, 4, 5). Aussitôt commence le développement de l'écaille. La sécrétion se montre sous forme de filaments de cire, d’abord excessivement ténus, et bientôt tout le corps est recouvert d’une couche cireuse épaisse (nos 1, 6, 7).
- Au commencement, les écailles qui recouvrent les mâles et celles qui recouvrent les femelles sont exactement semblables. Il en est ainsi jusqu’au moment de la première mue qui survient douze jours après la naissance de la larve. A partir de ce moment, les mâles sont un peu plus gros que les femelles; ils ont de gros yeux de couleur pourprée, tandis que ces organes manquent chez les femelles. De plus, après cette première mue, les pattes et les antennes disparaissent dans les deux sexes.
- Les mâles sont allongés, piriformes; les femelles sont presque circulaires, réduites à une sorte de sac, sans segmentation distincte, sans organes vi-
- sibles, sauf un long suçoir filiforme faisant saillie près du centre et à la partie inférieure du corps. La coloration est d’un jaune citron clair dans les deux sexes. Dix-huit jours après leur naissance, les mâles subissent une nouvelle mue ; cette deuxième mue n’a lieu chez les femelles qu’un peu plus tard (vingt jours après la naissance).
- Enfin les insectes arrivent à la forme adulte et bientôt la femelle commence à donner des jeunes. Cette période de production dure pendant presque tout l’été et cesse avec les premiers froids de l’automne.
- Moyens de destruction. — Les remèdes proposés pour détruire les Aspidiotus ne manquent pas ; si l’on en croyait ceux qui les recommandent , ils seraient d’une efficacité absolue. On ne peut s’empêcher de remarquer qu’ils n'ont pu s’opposer à l’extension rapide du fléau.
- L’emploi de l’acide cyanhydrique à l’état gazeux, signalé récemment dans ce journal, a été très recommandé en Amérique. Mais il nous paraît d’une application difficile et semble fort dangereux pour les hommes qui l’appliquent. D’autre part, si la durée de l’action de l’acide n’est pas suffisamment longue, il n’y a que 70 pour 100 d’Aspidiotus tués.
- L’émulsion de savon et de pétrole donne de meilleurs résultats. Pour la préparer, on fait dissoudre un quart de livre de savon dans 1 gallon d’eau bouillante ; puis on ajoute 2 gallons de pétrole et on agite avec force jusqu’à ce que la consistance soit devenue crémeuse. Au moment de s’en servir on la dilne dans de l’eau de chaux ou dans de l’eau de pluie. Certains préfèrent l’émulsion de lait (pétrole, 2 gallons; lait aigre, 1 gallon) que l’on dilue dans une eau quelconque.
- D’autres enfin emploient une émulsion obtenue avec de la résine et de la soude caustique. Un met 20 livres de résine pulvérisée et 5 livres de soude caustique également en poudre, dans 2 pintes 1/2 d’huile de poisson, et 100 gallons d’eau. On fait bouillir pendant une ou deux heures, puis on dilue dans l’eau chaude.
- Toutes ces émulsions s’emploient en badigeons; mais, pulvérisés, ils donnent de meilleurs résultats. Auparavant, les arbres doivent être soigneusement élagués, ce qui rend l’application de l’insecticide plus aisée. De plus, les Aspidiotus échappés du massacre ne trouvent plus que difficilement à se nourrir. Ou a également proposé de détruire les Aspidiotus en favorisant l’extension de plusieurs de leurs ennemis, dont nous représentons quelques-uns (fig. 2) et notamment d’une sorte de petite coccinelle.
- En 1896, on en introduisit un grand nombre en Californie. En 1897, on revint voir ce quelles avaient fait... cétaient elles qui avaient disparu, dévorées sans doute par les oiseaux ! Le professeur Rolfs a préconisé un champignon, sphærostilbe cocco-phila, qui attaque l’Aspidiotus. Des expériences ont été instituées : attendons les résultats, mais celles qui ont été tentées déjà avec d’autres insectes et
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- LA NATURE.
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- avec d’autres champignons ne sont pas d’un très hon augure pour leur réussite.
- L’Amérique envoie en Europe un très grand nombre de fruits secs ou frais. On comprend qu’il est à peu près certain que l’Aspidiotus ne va pas tarder à arriver avec eux. On a déjà signalé sa présence en Allemagne. Aussitôt des mesures énergiques ont été prises : les sacs infestés par le Pou de San José ont été anéantis et, immédiatement, l’introduction des fruits américains en Allemagne a été interdite. Décidément les Allemands deviennent pratiques à rendre des points aux Anglais. Liiez nous, on s’occupe mollement de l’épée de Damoclès dont l’Aspidiotus menace nos cultivateurs ; c’est une terrible responsabilité pour ceux qui ont charge de défendre notre agriculture. Qu'arriverait-il si l’Aspidiotus se répandait par exemple en Normandie dont les pommiers constituent une des richesses ? Ayons le courage d’interdire l’introduction des fruits américains chez nous, fruits qui font d’ailleurs une concurrence déloyale aux nôtres. En Amérique, on n’y regarde pas de si près. Témoin l’histoire suivante qui vaut son pesant d'or. Les pépiniéristes d’Ussy (Calvados) viennent d’ètre avisés que leurs plants ne seront admis dans certains États de l’Union, et notamment dans le Michigan, que si chaque caisse de plants est accompagnée d’un certificat délivré par une personne compétente, agréée par l’agent consulaire des Etats-Unis, et constatant que lesdits plants sont indemnes du San José seule ou autres insectes nuisibles. Chaque certificat entraîne un droit de 60 centimes perçu par l’agent consulaire : c’est l’Amérique qui est envahie par l’Aspidiotus et ce sont nos plants qui sont interdits chez elle!
- Vous allez voir qu’un de ces jours, les Américains vont nous déclarer la guerre pour avoir introduit chez eux le Pou de San José! Henri Couptn.
- CULTURES DE COLOQUINTES
- On sait que la coloquinte a des usages pharmaceutiques assez sérieux : c’est pour répondre à cette demande qu’on la cultive en Espagne, au Maroc et en Turquie d’Asie. La variété que fournit cette dernière contrée est particulièrement appréciée, et, comme le rapportait M. Wallace, consul des États-Unis, on en fait des cultures importantes dans la plaine maritime qui se trouve comprise entre le littoral de la Méditerranée et les montagnes de Palestine ; elles s’étendent depuis Gaza au sud jusqu’à la hase du mont Carmel au nord. Les habitants ne se donnent aucune peine pour faciliter la végétation de la plante; celle-ci, il est vrai, se trouve au mieux du sol et des conditions climatériques et elle donne pour ainsi dire plus de fruits que n’en peut absorber le marché. Le terrain est une sorte de glaise légère, brune, riche, et sans pierres; quand cette glaise est mélangée d’un peu de sable, la coloquinte paraît n’en venir que mieux. 11 ne pleut presque jamais dans cette plaine, mais la plante ne demande point d’humidité.
- Les paysans cueillent le fruit en juillet ou en août, avant qu’il soit complètement mûr, puis ils le vendent
- tel quel aux marchands spéciaux de Jaffa, qui le pèlent, en enlèvent les pépins et mettent sécher la pulpe au soleil. Quand la dessiccation est terminée, on fait de cette pulpe des petites sphères irrégulières qu’on enferme dans des boîtes et qu’on embarque principalement pour l’Angleterre ; le prix moyen de cette marchandise à bord du bateau est d’environ Itr,50 les 455 grammes. L’exportation annuelle atteint 4500 kilogrammes. 1). R.
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- L’aphyso-eautère, ou cautère sans soufflerie, de a privatif, et epuar,, soufflet, deux mots grecs accolés au mot cautère, représenté, en élévation, figure 2,et,en coupe figure 4,est un nouvel appareil chirurgical qui utilise, comme les autres cautères, les pro- l.. priétés bien connues du platine de rester incandescent, lorsqu’il a été préalablement chauffé, pendant tout le temps qu'un courant d’air carburé est projeté à sa surface, et dont l’incandescence est d’autant plus vive que la pression du courant d’air carburé est plus forte.
- Il possède, sur les autres cautères connus, l’avantage de fonctionner d’une façon absolument automatique, sans soufflerie en caoutchouc, ni impedimenta d’aucune sorte, de se manier d’une seule main, tout en restant, à chaque instant, réglable à la volonté de l’opérateur, et de marcher dans tous les sens.
- Voici les dispositions qui ont permis la suppression de la soufflerie (voir la coupe fig/ 1).
- Un réservoir A, cylindrique, en métal, de 18 centimètres de longueur et de 15 millimètres de diamètre, j.ig. 1. recouvert d’un manchon isolateur A', en fibre vulcanisée, communique, par le rnoven d’une ouverture E', réglée par l’extrémité conique d’une aiguille I), avec une petite chambre E, également en métal, qui se termine par un orifice capillaire G', percé dans un bouchon G, vissé sur la chambre E.
- L’aiguille 1), qui sert de régulateur à l’appareil, traverse un presse-étoupes IV creusé dans le bouchon C, et se manœuvre à l’extérieur à l’aide du bouton mole té CL
- L’orifice capillaire G' est situé à une petite distance, et juste en face de l’axe F d’une tuyère métallique continuée par un tube mince, L, en platine, situé à l’intérieur d’une pointe creuse F', également en platine très mince, qui constitue le cautère.
- Cette pointe en platine F' est soudée, par sa basé, à un talon métallique, dans l’intérieur duquel est vissée la tuyère F, et qui se prolonge, en arrière, par une douille embrassant étroitement, à l’aide d’un pas de vis, la paroi extérieure de la petite chambre E.
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- LA NATURE.
- En M sont des ouvertures pour l’entrée de l’air, en M' d’autres ouvertures pour la sortie des produits de la combustion qui a lieu, sans flamme, à l’intérieur de la pointe F'.
- I)' est un tube, soudé au fond de la chambre E, qui a pour fonction de conduire l’aiguille à l’ouverture E', et d’assurer la marche de l’appareil dans toutes les positions. II est un liltre ayant pour but d’empêcher l’obstruction de l’orifice G'. O, une ouverture à vis destinée à l’introduction du liquide alimentaire.
- Pour faire fonctionner cet appareil, on opère ainsi : on le remplit, par l’ouverture O, à l’aide d’une clef « ad hoc » d'éther anesthésique, puis, l’appareil refermé, on le chauffe (tig. 2, n° 2), sur la flamme d’une lampe à alcool, en face de la chambre E, en plaçant la rondelle moletée dans le milieu de la flamme.
- Quand la rosée qui se produit au contact de la flamme a disparu, ce qui a lieu au bout d’une minute environ, on ouvre doucement le réservoir en tournant à gatmlpe le bouton moleté G' d'e l’extrémité arrière, et on place le couteau dans le milieu de la flamme de la lampe.
- La pointe s’allume presque instantanément.
- Voici l’explication de ce qui se passe à l’intérieur.
- L’éther contenu dans le réservoir A s’introduit dans la chambre E, en passant par le tube D' et la petite ouverture E' ; mais comme cette petite ouverture, réglée par l’aiguille D, est presque complètement fermée, l’éther ne passe, pour ainsi dire, que goutte à goutte.
- Cet éther se vaporise instantanément dans la chambre E, préalablement chauffée, se filtre en H, et les vapeurs produites s’échappent avec force par l’ouverture capillaire G'.
- Animées d’une certaine vitesse, ces vapeurs d’éther sortant en G' s’élancent dans la tuyère F, entraînant avec elles, grâce aux ouvertures M, l’air nécessaire à une complète combustion. Le mélange de vapeurs combustibles et d’air atmosphérique vient se brûler, au contact du tube L, et du cautère F', de platine, portés au rouge blanc, et les produits de la combustion sortent en M'. La chaleur de la pointe F' et celle des gaz brûlés font alors retour, par contiguïté, sur le talon du cautère et, de là, sur la petite chambre E et le réservoir A ; elles entretiennent ainsi le chauffage de l’éther et la formation des vapeurs,
- de sorte que l’incandescence de la pointe continue sans interruption pendant trois quarts d’heure, tant qu’il reste de l’éther dans le réservoir A.
- On pourrait croire que le chauffage d’un liquide tel que l’éther, à l’intérieur d’un appareil semblable, présente quelque danger d’explosion.
- 11 n’en est rien.
- En effet, les tubes réservoirs, fabriqués en maille-chort étirés sans soudure, ont été calculés, à l’aide
- de la formule de Lamé : e=^ de
- façon à pouvoir supporter une charge pratique de 50 atmosphères, alors que la charge, en fonctionnement normal maximum, ne dépasse pas 5 atmosphères. Get appareil offre donc un coefficient de sécurité 5 fois plus élevé que celui qu’on exige des chaudières à vapeur.
- En outre, les tubes servant à la fabrication des réservoirs ont été essayés, à la presse hydraulique, à l’aide d’appareils puissants provenant des maisons Morane jeune et Bourdon.
- Ces tubes de maille-chort, calculés pour une charge pratique de 30 atmosphères, alors qu’ils ne doivent supporter qu’une pression effective de 3 atmosphères, ne se sont pas rompus sous une pression de 165 atmosphères. On n’a pu que les dilater de 1 millimètre, et ce n’est que passé 100 atmosphères que les tubes ont subi un commencement de déformation.
- On peut donc affirmer que cet appareil présente une sécurité absolue.
- L’aphyso-cautère, créé pour les besoins de la chirurgie de l’homme, peut aussi être utilisé pour la chirurgie des animaux, particulièrement la chirurgie des petits animaux. Il est muni à cet effet des formes de cautères habituellement employées. II peut, naturellement, être aussi appliqué avec grand avantage à la pyrogravure, son automatisme et sa faculté de marcher dans toutes les positions, par conséquent, d’utiliser, à volonté, la pointe, le tranchant, le plat du couteau, en faisant un instrument particulièrement commode et pratique.
- Nous faisons remarquer que l’instrument, préalablement mis en train, peut rester plus d’une demi-heure au repos ne consommant absolument rien, tout en restant prêt à travailler à l’instant précis où l’on en a besoin (fig. 2, n° 3). D1' M.
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- Fig. 2. — L’aphyso-cautère. — 1. Pièces principales. 2. Mode de chauffage. — 3. L’appareil au repos.
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- LA NATURE.
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- appareil pour la détermination mécanique
- DES COURBES TERMINALES DES SPIRAUX
- Si l’on ne savait pas qu’il existe des montres de poche marchant à une seconde près par jour, on pourrait prédire un échec certain à un constructeur, assez téméraire pour tenter de construire un système oscillant marchant au cent-millième près, alors que sa position est variable, que son support est animé de mouvements irréguliers, que la force motrice et les résistances varient sans cesse ainsi que la température, qu’enfin la puissance dont on dispose est seulement de l’ordre du cent-millionième de cheval.
- Ce que toute l’ingéniosité d’un homme serait impuissante à réaliser, le travail patient et habile des milliers d’artistes qui se sont attachés à perfectionner la construction de la montre a pu l’accomplir, et c’est pour cela qu’au-jourd’huice merveilleux mécanisme est arrivé à un degré de perfection que l’on chercherait vainement dans une autre branche de la construction des machines.
- Les médita-tions profondes des théoriciens n’ont pas été étrangères aux perfectionnements que la montre a subis.
- Les Ferdinand Berthond, les Pierre Leroy, les Brc-guet, savants et artistes à la fois, puis plus tard les Phillips, les Yvon Yillarceau, les Résal, qui surent appliquer leurs connaissances étendues en mathématiques aux diverses parties de ces délicats mécanismes, ont montré les causes des défauts auxquels les montres étaient encore sujettes, et ont indiqué la manière d’y remédier.
- Parmi les théoriciens de l'horlogerie, le plus populaire est Phillips ; non qu’il ait traité le plus grand nombre de problèmes divers, mais parce qu’il a donné une solution, connue de tous les régleurs, du problème de l’isochronisme par des courbes qui portent son nom.
- Cette question de l’isochronisme, c’est-à-dire de l’égalité de durée des oscillations de toutes les amplitudes, est fort délicate. Il s'agit, en effet, d’assurer une durée constante aux oscillations diverses d’un balancier monté sur un ressort ayant la forme d’une hélice ou d’une spirale plate pour des mou-
- vements ayant tous une très grande amplitude.
- Analysant avec une grande perspicacité les causes du mouvement du balancier, Phillips a montré que l'isochronisme est obtenu lorsque le spiral n’exerce sur l’axe aucune force latérale, et que son centre de gravité reste constamment sur cet axe. Développant cette première remarque, il trouve que cette condition est réalisée si le spiral, d’un nombre suffisant de tours, est terminé par deux courbes telles que ABC (fig. 2), ayant leur centre de gravité G sur le rayon perpendiculaire à celui qui passe par leur point de départ, et à une distance de l’axe du spiral égale à r2
- à -j ; r désigne ici le rayon du spiral, / la longueur de la courbe.
- Cette condition est évidemment insuffisante pour déterminer une courbe, même si l’on donne son
- point de départ et son point d’arrivée, et le problème comporte une infinité de solutions. Jusqu’ici, on s’est servi exclusivement d’un procédé graphique pour tracer les courbes de Phillips. Après avoir dessiné, de sentiment, une courbe approchée, on mesure sa longueur, puis on calcule son moment statique par rapport à deux axes rectangulaires. On connaît alors la position de son centre de gravité. S’il n’est pas à l’endroit voulu, on efface une portion de la courbe, on la déplace, et on recommence. Le travail est long et fastidieux ; pour établir une courbe d’un type nouveau par ce procédé, on compte environ deux heures.
- Il m’a semblé que le problème se simplifierait considérablement si l’on substituait un procédé mécanique à la méthode graphique généralement employée. Puisqu’il s’agit de déterminer un centre de gravité, l’emploi de la balance était tout indique.
- Je communiquai l’idée de l’appareil à mon ami M. J. Pettavel, directeur de l’école d’horlogerie de Fleurier (Suisse), qui accepta d’en entreprendre la construction, et combina les détails du dispositif.
- Le principe de l’instrument consiste à représenter la courbe terminale du spiral par un fil de métal suffisamment gros pour que de petits déplacements de son centre de gravité soient sensibles à une balance, et suffisamment flexible pour que l’on
- Fig. 1.
- Appareil servant à la détermination mécanique des courbes terminales des spiraux.
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- puisse modifier sa forme sans difficulté. Ce fil F (tig. 1) est placé sur un plateau portant, en son centre, une pointe sur laquelle il peut pivoter. Au repos, le plateau s’appuie, par son pourtour, sur une plate-forme que traverse, en son milieu, une tige d’acier verticale, terminée par une cuvette bien polie. La manette M permet d'élever ou d’abaisser cette tige. Lorsqu’on la soulève, la pointe vient reposer dans la cuvette, et le plateau se met à osciller. Ce dernier est muni de deux pinces A et R qui servent à saisir le fil, et de deux contrepoids C, C, montés sur des vis, et permettant de le mettre en équilibre.
- Voici maintenant quelles sont les opérations que nécessite la construction d’une courbe de Phillips. Les pinces ayant été placées aux points que doivent occuper les extrémités de la courbe, on soulève le plateau et l’on constate, sur les deux échelles E, le sens et la grandeur approximative du défaut d’équi-
- A
- ABC, courbe terminale du spiral.
- libre, qu’on rétablit à l’aide des contrepoids. On place alors, dans la coulisse pratiquée dans le plateau, une pièce P dont le poids est égal à celui du fil destiné à représenter la courbe. Ce poids est arrêté à une distance du centre donnée par la relation qu’a indiquée Phillips. On crée ainsi un point exactement symétrique de celui que doit occuper le centre de gravité de la courbe, et destiné à lui faire équilibre. On pince alors le fil, en lui donnant une forme quelconque, et on soulève la plate-forme. On constate le défaut d’équilibre du plateau, on retouche la courbe de façon à le diminuer, on vérifie et on recommence jusqu’à ce que le plateau se mette bien horizontal. Une vérification et une retouche ne prennent que «quelques secondes. Avec un peu d’habitude, on établit une courbe nouvelle en moins de cinq minutes. Il suffit alors d’en faire un calque et une réduction pour pouvoir la reproduire sur un spiral.
- Les principes indiqués par Phillips ne s’appliquent pas seulement à la montre. Dans tous les instruments où l’on emploie un spiral pour créer un couple de torsion, on pourrait en faire un bon usage. L’absence d’efforts latéraux, et la proportion-
- nalité des couples aux angles de torsion qu’assurent les constructions déduites de ses principes, sont deux avantages que l’on aurait, tort de dédaigner dans des instruments envers lesquels les exigences augmentent de jour en jour. A chaque type d'appareil devra correspondre une courbe déterminée, et c’est là que nous pouvons espérer voir notre balance rendre quelques services.
- Pour l’horlogerie, on possède déjà des centaines de courbes, établies par la méthode graphique, et satisfaisant à peu près à tous les besoins. Cependant, un habile horloger m’affirmait qu’on n’en aura jamais trop. S’il en est ainsi, j’ai quelque espoir que le nouveau procédé en donnera bientôt assez. Uii.-Ed. Guillaume.
- UN RÉSERVOIR D’IRRÏGÀTION
- D AX S l’aRGENTIXE
- 11 s’agit là d'une entreprise monstre qui mérite, bien les honneurs d’une citation.
- La province de Cordoba possède un sol d’une fécondité naturelle prodigieuse ; malheureusement le climat en est par trop sec, et c’est à peine si l’on compte 75 jours de pluie dans l’année. Toutefois l’on peut parfaitement remédier à ce défaut, en utilisant les crues énormes, mais essentiellement fugitives, que les orages d’été causent dans les rivières, et, qui se perdent peu à peu dans des sables de 2 à 5 mètres d’épaisseur. C/est dans ce but qu’on a établi une digue monstre en travers du Rio Primero, celui-là même qui arrose la ville de Cordoba. Ce barrage, situé dans les sierras de la Punilla, à 25 kilomètres environ de la ville, est connu sous le nom de Digue de San Roque ; il est établi entre deux coteaux et formé par une immense muraille en maçonnerie de 140 mètres de long, haute de 54 mètres, épaisse de 52 mètres à la base et de 5 au sommet.
- Le réservoir ainsi constitué a une superficie de 1004 hectares et une capacité de 260 millions de mètres cubes. Il en paît deux réseaux de canaux d'irrigation, l’un dans le nord, l’autre dans le sud, qui ont un développement de plus de 195 kilomètres. Les travaux ont coûté 5 millions de piastres, ce qui fait 15 millions de francs ; mais c’est là de l’argent bien employé, car les terres irriguées, qui jadis étaient couvertes de broussailles et de plantes épineuses, donnent déjà d’excellents résultats agricoles. Dès maintenant le réservoir de San Roque arrose 5000 hectares environ, et il pourra étendre les bienfaits de l’irrigation à une superficie de 00 000 hectares. D. B.
- POULES ÉLEVÉES PAR DES PERDRIX
- Le bulletin de la Société d’acclimatation, d’après The Zooloyist, rapporte un cas intéressant d’éducation de poussins par la perdrix. De quelle manière les poussins vinrent à naître dans le nid d’une perdrix ? On ne sait pas au juste ; toutes les probabilités sont, toutefois, qu’une poule ayant passé près du nid et étant disposée à pondre, y déposa deux œufs que la perdrix couva avec les siens propres. On eut vent de la chose en apercevant à distance deux volatiles dont la nature et l’espèce étaient incertaines. En approchant — avec précaution, car on croyait avoir affaire à quelque gibier, — on constata que c’étaient
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- deux jeunes coqs, vigoureux et vifs, qui s’enfuirent à toutes jambes. Mais derrière eux se levèrent deux perdrix ; les quatre oiseaux vivaient ensemble et cherchaient pâture en commun. Une des perdrix prit le vol, l’autre s’écrasa dans l’herbe ; les deux poulets se jetèrent dans un marécage rempli d’herbes et de joncs où ils se cachèrent, car les poulets sont tout aussi sauvages que les perdrix ; la longue série d’ancêtres domestiques qu’ils ont derrière eux ne leur a point transmis la domestication héréditaire, et ils sont aussi farouches que les parents d’adoption avec lesquels ils vivent. Chose curieuse, tandis que les jeunes perdrix semblent avoir quitté leurs parents et vivent indépendantes, seuls, les deux poulets d’adoption continuent à tenir compagnie au vieux couple. Souvent, quand on passe dans les champs où habite le quatuor, celui-ci se lève tout d’un coup, comme un seul oiseau ; tous quatre prennent leur vol et vont s’abattre à distance sûre. Les poulets imitent donc les perdrix au point de vue de la sauvagerie et au point de vue de l’usage des ailes. Le poulet vole généralement peu ; il se sert plutôt de ses jambes, et cette modification de l’instinct n’en est que plus intéressante. R. S.
- UN NOUVEAU PROCÉDÉ DE RAFFINERIE
- EN SUCRERIE
- Transformer immédiatement le sucre d’usine en sucre raffiné, ou du moins en un produit qui possède tous les caractères physiques et physiologiques du sucre en morceau que vendent les raffineries, tel est le problème que s’est posé un jeune ingénieur qui lui-même a été raffineur, M. Robin Langlois ; et nous pouvons dire par suite de l’examen des produits de sa fabrication, qu’il a complètement résolu ce problème.
- C’est, comme on le voit, une véritable révolution qui se prépare en sucrerie, et le jour est peut-être proche où chaque fabricant de sucre muni de la machine Robin, dont le coût n’est pas élevé (35 000 francs, nous dit-on), transformera lui-même au fur et à mesure de leur fabrication ses sucres de premier jet en de beaux morceaux blancs, translucides, poreux, de fusion facile et qui ne pourront manquer de plaire à la consommation, surtout si ces divers avantages sont accompagnés d’une petite différence de prix. Or cette différence de prix sera facile à accorder au consommateur si, comme on l’affirme, le raffinage rapide par le procédé Robin coûte 5 à 6 francs de moins que la même opération réalisée dans les usines des grands raffmeurs. Pour obtenir ce résultat, M. Robin se sert de sucres blancs n° 3 et les emploie soit tels quels, c’est-à-dire en petits cristaux, soit après les avoir concassés en poudre plus fine au moyen d’un moulin. Il fait tomber ces cristaux ou cette poudre en nappe mince à travers un nuage de vapeur détendue à 98°, de manière à les humidifier légèrement, tout en les chauffant. Après un malaxage très rapide opéré à chaud, cette masse est reçue dans des moules en forme de parallélépipèdes rectangulaires, puis on la fait refroidir brusquement au moyen d’un courant d’air provoqué soit par une pompe d’aspiration connue en raffinerie sous le nom de pompe-sucette, soit en la faisant traverser par l’air comprimé au moyen d’une pompe à air.
- Ce refroidissement et cette rapide évaporation provoquent la cristallisation de la très petite quantité de sirop saturé qui s’était formée sur les parois des cristaux, et cette cristallisation fait adhérer fortement ensemble tous ces fragments de sucre, de sorte que dix minutes après
- leur introduction dans l’appareil, on peut les en retirer sous forme de petit* lingots de sucre de 20 centimètres de longueur. Il suffît alors de les casser en morceaux, de les empaqueter et on peut les livrer immédiatement au commerce.
- On conçoit que si l’on agglomère ainsi de gros cristaux de sucre tels que ceux que l’on obtient dans certaines fabriques, on obtiendra des morceaux à gros grains, trqs translucides, mais d’une dissolution assez lente, sucre que recherchent les pays du nord consommateurs de thé et d’autres boissons chaudes, ainsi que certaines contrées de France, telles que la Rretagne par .exemple.
- Si, au contraire, on a écrasé finement au moulin les cristaux de sucre, on obtient comme résultat un sucre à grains très fins, faiblement aggloméré et qui se dissout presque instantanément dans l’eau.
- Enfin, en prenant une moyenne et en opérant sur des fragments analogues à la semoule comme grosseur, on aura un sucre fondant moins rapidement, tel que le recherchent les buveurs d’absinthe et la grande majorité des consommateurs français. Comme on le voit, le procédé Robin est fort élastique et permet de faire à volonté tous les genres de sucres que demande la consommation. D’après les calculs de l’inventeur, le coût de la transformation du sucre brut d’usine n° 3 en morceaux raffinés n’excédera pas l",50 les 100 kilogrammes, tandis que pour obtenir les mêmes résultats, les raffmeurs dépensent 7 a 8 francs. On voit donc que, tout en vendant au consommateur le sucre produit au moyen du procédé en question 1 franc ou 2 francs moins cher que celui des grandes raffineries, il y aura encore une belle marge de bénéfices pour le fabricant de sucre. De sorte que l’adoption de ce procédé aura ce rare avantage de satisfaire tout le monde, d’abord le producteur, le fabricant de sucre qui vendra son produit à un prix sensiblement plus élevé et rémunérateur, puis le consommateur qui paiera un peu moins cher ce précieux condiment, enfin le constructeur de machines qui, ayant plusieurs centaines de ces appareils à produire dans les pays sucriers où déjà des brevets ont été pris pour sauvegarder les droits de l’inventeur, trouveront ainsi une fructueuse utilisation de leurs capitaux et de leur main-d’œuvre.
- La raffinerie elle-même y trouvera un sérieux avantage qui viendra compenser en partie la diminution de production qui résultera pour elle de la généralisation en fabrique du raffinage rapide par le procédé Robin. — En effet, dans le travail des pains, il y a toujours une proportion de déchets résultant de la forme des pains, des croûtes coniques, du sciage pour la transformation en morceaux, de la cristallisation serrée de la tête et qui s’élève de 40 à 45 pour 100 comprenant 20 pour 100 de sciure. Or avec la machine en question, on évite l’obligation de refondre et de recommencer le travail de la cristallisation de tous ces déchets ; on les passe au moulin, on leur fait subir la cristallisation rapide et, quelques heures après, ils sont transformés en produits propres à la vente au même titre que les autres sucres de l’usine. Les expériences diverses qui ont été faites ont parfaitement démontré la possibilité de cette nouvelle application du procédé.
- Tout permet donc d’affirmer que la révolution qui se prépare en sucrerie sera favorable à tous les intérêts divers, et, dans ces conditions, son avènement peut être salué comme un des faits économiques les plus intéressants de notre fin de siècle. A. Ladureau.
- Ingénieur chimiste, ancien directeur des Laboratoires de l’État.
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- LA NATURE.
- LA CHÈVRE A GRANDES CORNES
- OU MARKHOR
- Parmi les animaux intéressants dont la ménagerie du Muséum s’est enrichie dans ces derniers temps, il faut citer un exemplaire d’une espèce de Chèvre de l’Himalaya, qui se fait remarquer par la forme turhinée et les dimensions extraordinaires de ses cornes, et qu’on désigne sous le nom scientifique de Chèvre à grandes^ cornes (Capra megaceros) et de Chèvre de Falconer (C. Falconeri). Toutefois le sujet qui vit actuellement au Jardin des Plantes est encore trop jeune pour pouvoir donner une juste idée des caractères de l’espèce, et ce n’est que dans quelques mois que l’on pourra se rendre compte du développement que prennent, chez cette Chèvre, l’armure frontaleM et certaines par-ï| ties du système^» pileux. Auss£ avons-nous jugA nécessaire de' faire représenter,» à côté de ce jeune individu, la tête d’un mâle adulte.'
- Celui-ci porte au j menton une barbe touffue, il a le cou et la poitrine revêtus d’un magnifique camail rappelant celui des ^Mouflons, et descendant parfois jusqu’aux genoux.
- Par son épaisseur et sa couleur d’un brun noirâtre ou d’un noir presque pur en avant, d’un hrun grisâtre en arrière, ce camail contraste avec le reste du pelage qui est peu fourni, peu riche en duvet, et d’un hrun rougeâtre ou d’un gris plus ou moins nuancé de hrun. Les parties inférieures du corps sont toujours d’un ton plus pâle que les parties supérieures et la face antérieure des membres est marquée d’une raie foncée.
- Pendant l’été, la robe des vieux mâles prend des tons gris ou blanchâtres, tandis que celle des jeunes est d’un ton grisâtre, avec une strie brune sur le dos. Les jeunes, comme les femelles, n’ont qu’une courte barbiche et de petites cornes légèrement tordues. Chez les mâles adultes, au contraire, les cornes peuvent atteindre une longueur de 1 mètre à lm,25, non pas, il est vrai, en ligne droite, mais suivant les courbes de leurs spirales. Presque contiguës à la base, elles s’élèvent en divergeant et en se contournant en pas de vis plus ou moins serré, et sont munies de deux carènes, dont l’antérieure, d’abord très
- tranchante, finit par s’arrondir. Il y a là une disposition toute différente de celle qu’on observe chez les Boucs domestiques et chez les Bouquetins sauvages de la Perse, de l’Arabie et de l’Himalaya, dont les cornes, recourbées en cimeterre, sont épaissies en avant et garnies de bourrelets saillants. On constate d’ailleurs des variations considérables dans la longueur et le degré de torsion des cornes et comme ces variations sont souvent accompagnées d’un accroissement ou d’une réduction dans la taille de l’animal, comme elles correspondent parfois à des différences d’habitat, plusieurs auteurs ont cru pouvoir, à l’exemple de M. Blanford, admettre plusieurs races locales chez la Chèvre de Falconer, dont les domaines s’étendent, dans la région himalayenne, depuis le Pir Panjal, qui horde la vallée du Kashmyr, jusqu’aux districts du Baltistan, d'Astor et de Gilgit,
- jusqu’aux monts Ilazara et aux montagnes de l’Afghanistan. Il paraît cependant que ces variétés ne sont pas aussi tranchées qu’on l’avait supposé et qu’il existe en réalité tous les passages entre la Capra Falconeri du Pir Panjal et du Baltistan, dont le mâle mesure plus de lm,20 de hauteur au garrot et à la tête surmontée de longues cornes décrivant une spirale très lâche, très largement ouverte, et la Capra Jerdoni, des monts Suliman, qui est de petite taille et dont les cornes sont fortement tordues en tire-bouchon.
- La Chèvre de Falconer ou Chèvre à grandes cornes est appelée Pass, sur les bords de l’Oxus et est connue des montagnards de l’Himalaya occidental sous le nom de Markore, Markoor ou Markhor. Il est impossible de savoir d’où lui vient ce dernier nom, qui signifie, paraît-il, mangeur de serpents, car le général Kinloch, le colonel Biddulph et M. Dauvergne qui ont successivement chassé et observé la Chèvre de Falconer dans l’Himalaya, n’ont jamais constaté que ce Ruminant se nourrît de Reptiles.
- Comme les autres Chèvres sauvages, les Markhor s vivent en petites troupes, les mâles se tenant généralement isolés et se retirant pendant l’été sur des hauteurs où ils ne sont pas tourmentés par les mouches et où ils peuvent faire tranquillement la sieste à l’ombre des sapins et des bouleaux. A cette
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- époque, ils sont particulièrement difficiles à tirer. Il n’en est pas tout à fait de même à la tin de novembre et en décembre. A cette époque, en effet, dit M. Rauvergne1 2, les sources sont gelées sur les hauteurs et les Markhors sont obligés de descendre dans les vallées, au bord des fleuves pour se désaltérer. C’est aussi le moment de la pariade et les mâles se livrent alors de rudes combats qui leur font négliger toute prudence. Dans le Kashmyr, les Markhors ne vivent pas, comme les Bouquetins, au-dessus de la zone forestière, sur des rochers escarpés, au bord des précipices : ils recherchent de préférence les gorges boisées et ne se montrent que rarement en terrain découvert ; ailleurs, dans le nord de l’Afghanistan, par exemple, ils fréquentent au contraire les pentes couvertes d’é-boulis, où leur chasse présente des difficultés inouïes ; ailleurs enfin, sur les monts Suli-man, qui forment la frontière orientale de l'Afghanistan, ils apparaissent souvent dans des localités moins élevées et plus accessibles. D’une façon générale, d’ailleurs, les Markhors recherchent moins les hauts sommets que les Sakins ou Bouquetins de l’Himalaya*; ils supportent moins bien le froid, sans doute, comme le dit le colonel Biddulph, parce que leur pelage est moins épais et moins laineux; quelques-uns même, ceux qui appartiennent à la variété dite Chèvre de Jerdon (Capra Jerdoni) séjournent dans des régions où la chaleur est assez forte pendant l’été.
- Les Markhors se rencontrent quelquefois en compagnie des Thars ou Jharals de l’Himalaya3, mais ils ne font pas bon ménage avec les Bouquetins et
- 1 Bull, du Muséum d’hist. nat., 1897, p. 218.
- 2 Variété du Bouquetin de Sibérie (C’aura sibirica, var. sakin).
- 3 Voy. n° 1254, du 12 juin 1897, p. lï.
- toutes les fois qu’ils se rencontrent, ils les attaquent. Il est vrai que les mâles de chacune des deux espèces ne s’accordent guère mieux entre eux et, à certaines saisons, se ruent avec acharnement les uns sur les autres, en se dressant sur leurs pattes de derrière et en entre-choquant leurs fronts, à la façon des Boucs. Aussi n’est-il pas rare de rencontrer de vieux mâles qui ont les cornes brisées. Dans certains cas cependant ces mutilations peuvent avoir été produites par les avalanches.
- L’agilité des Markhors est vraiment surprenante et c’est merveille de voir avec quelle rapidité et quelle adresse ces animaux d’aspect majestueux et même un peu lourd circulent sur des pentes abruptes et rocailleuses où le chasseur le plus exercé risque à chaque instant de se rompre le cou. On a pu du reste juger de leur force et de leur souplesse au Jardin zoologique de Londres où un Markhor mâle, en dépit de sa lourde chaîne, grimpait chaque matin sur le mur élevé qui entourait son parquet. Outre cet individu qui a vécu près da trente ans en captivité, le même établissement possédait naguère encore une paire de Markhors donnée en 1866 par le major J. B. Pollock et d’où est issue une nombreuse lignée. Il y a en général un ou deux jeunes par portée. Les Markhors se croisent facilement aussi avec nos
- Chèvres domestiques, et il est probable, d’après
- nous, qu’ils ont contribué à former quelques-unes des races indiennes les plus estimées, telles nue la Chèvre de Kashmyr et la Chèvre du Tibet.
- Chez la Chèvre de Kashmyr en particulier les cornes présentent la même disposition turbinée avec carènes saillantes que chez la Chèvre de Falconer, et si généralement elles s’enroulent dans un autre sens que chez cette dernière, il n’en est pas toujours
- Fig. 2. — Markhor (Capra megaceros), mâle adulte.
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- LÀ NATURE.
- ainsi. La Chèvre de Kashmyr à son tour paraît avoir eu une certaine part dans la formation de la race d’Angora. E. Oustalet.
- L’INDUSTRIE DU JUS DE MISIN
- On a l’habitude d’employer les mots jus de raisin, jus de la treille, comme synonymes de vin; mais, avec lé progrès et les inventions nouvelles, il va falloir modifier le vocabulaire ancien. L’industrie que nous voulons signaler est toute récente, et elle consiste à extraire du raisin le jus, qu’on conserve et qu’on consomme ensuite dans son état frais et naturel, sans le laisser fermenter et donner naissance à de l’alcool.
- C’est au Canada et aux Etats-Unis que cette industrie originale a pris naissance, et, dès maintenant, l’on y fabrique des quantités considérables de ce qu’on appelle pure (jrape juice ou a jus de raisin pur ». En principe, il est facile de comprendre le procédé qu’on doit employer pour empêcher la fermentation de ce jus : comme on ne peut songer à entretenir une température assez basse pour maintenir inertes les ferments, ni à introduire dans cette boisson des substances antiseptiques, on a recours à une parfaite stérilisation suivie d’une exclusion complète de l’air.
- On choisit des raisins très sains et très propres, et l’on en exprime le jus ; on passe celui-ci à travers deux épaisseurs de coton blanchi, ou même, de préférence, à travers un tissu de laine. Naturellement, pour la stérilisation, on recourt au procédé précieux de la pasteurisation, qui rend déjà tant de services, notamment dans la fabrication de la bière. On verse le jus dans une chaudière à double fond, couverte (pour empêcher l’évaporation) ; on élève la température à 49° centigrades, et on maintient à cette chaleur pendant 20 minutes. On retire alors du feu et l’on fait reposer durant 24 heures en laissant couvert. Puis on remet sur le feu, et l’on chauffe à nouveau dans les mêmes conditions pendant une demi-heure ; enfin, on verse le jus, en le passant encore à travers un épais tissu de laine blanche, dans les bouteilles où on doit le vendre, ou bien dans des dames-jeannes en verre ou dans des barils imperméables à l’air et d’une contenance maxima de 22 litres.
- Ces récipients ont dù être auparavant, comme de juste, stérilisés à l’eau bouillante, et portés à la même température que celle du jus au moment de sa mise en fût. Il faut les remplir tous jusqu’à ce que le jus soit près de déborder ; on bouche avec soin, et le bouchon ou la bonde sont recouverts de cire ou de résine. Les récipients en bois doivent être soigneusement vernis extérieurement. Quand on ne met pas le jus immédiatement en bouteilles, il faut ultérieurement, au moment du débit et de la mise en bouteilles, le chauffer à nouveau et le repasser. Tout récipient entamé doit être vidé en 24 heures, sinon la fermentation commence.
- L’horticulteur attaché aux fermes expérimentales du Ministère de l’agriculture canadien a fait des expériences variées sur des pure grape juices, et ces essais ont été absolument satisfaisants. La saveur naturelle du jus se conserve ; pour les variétés acides de raisins, il conseille seulement d’ajouter du sucre au jus, dans la proportion de quelques 60 grammes par litre.
- C’est évidemment une industrie curieuse et susceptible d’un grand développement. I). Lebois.
- PRIX DE RETIENT DE L’ÉCLAIR.\GE
- M. Ad. Bouvier, ingénieur à la Cie du gaz de Lyon, nous a envoyé récemment une petite brochure contenant quelques extraits du compte rendu du vingt-cinquième Congrès de la Société technique de l’industrie du gaz en France. Nous avons surtout remarqué la notice sur la comparaison entre les éclairages à Lyon. 11 est intéressant de connaître ces divers prix de revient comparatifs, en se plaçant en un lieu déterminé. Les appareils sont supposés dans les meilleures conditions de réglage et d’entretien.
- En électricité les lampes à incandescence sont prises comme consommant 3,75 watts par bougie ; le kilowattheure est vendu 0fr,90. 11 en résulte que pour obtenir 1 carcel-heure, il faut consommer 37,5 watts-heures et dépenser 3,375 centimes. Le prix de renouvellement de la lampe n’est pas compris. Avec les lampes à arc de 6 à 10 ampères on obtient la carcel-heure avec une consommation de 10 watts-heure et une dépense de 0,9 centime.
- Le gaz n’est payé à Lyon que 0fr,20 le mètre cube. Les becs papillons consomment 125 litres pour fournir la carcel-heure, occasionnant une dépense de 2,5 centimes. Les becs ronds à cheminée consomment 90 litres et dépensent 1,8 centime.
- La clientèle moyenne ayant comme brûleurs 75 pour 100 de becs divers, dont 37,5 pour 100 de becs papillons, 22,5 pour 100 de becs ronds, 15 pour 100 de lampes Wenham, et 25 pour 100 de becs Auer, dépense actuellement 75 litres de gaz par carcel-heure, soit 1,5 centime. La clientèle de 1898, ayant 60 pour 100 de becs Auer des modèles récents, ne dépense que 50 litres de gaz par carcel-heure et 1 centime. Avec le bec Auer, bec Bébé, ne consommant que 18 litres en moyenne par carcel-heure, la dépense est seulement de 0,36 centime. Enfin en prenant des becs Auer à gaz forcé, non compris le coût de la compression, la dépense est de 0,20 centime; la consommation n’atteint pas 10 litres, par carcel-heure.
- L’acétylène, avec le prix de 0fr,60 le kilogramme de carbure de calcium au détail pour un rendement de 300 litres, revient actuellement au prix de 2 francs le mètre cube. Pour obtenir un carcel-heure, on consomme 7,5litres de gaz; la dépense est donc de 1,5 centime.
- Le pétrole vaut environ 0tr,40 le kilogramme ; la consommation est de 33 grammes par carcel-heure et la dépense est de 1,33 centime.
- L’auteur ajoute que tous les calculs sont faits à éclairage égal ; l’économie relative due aux nouveaux becs Auer est diminuée en pratique par ce fait que le public veut être mieux éclairé avec une dépense moindre.
- Ces chiffres ont leur éloquence, et ils nous montrent tous les progrès qui ont été accomplis dans l’industrie du gaz. Ils ne nous donnent cependant pas une idée exacte du prix de revient de l’éclairage en pratique. 11 ne s’agit pas en effet de faire des comparaisons dans le laboratoire, en se contentant de prendre la consommation de chaque source de lumière, de l’évaluer et d’en déduire un prix. On ne peut comparer deux sources lumineuses qu’en leur ayant fait faire le même service d’éclairage, pendant le même temps, dans les mêmes conditions et en mettant en présence toutes les dépenses respectives ; alors et seulement alors, on pourra donner des prix de revient comparatifs industriels. J. Laffargle.
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- LA NATURE
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- RECHERCHES DE LA HOUILLE
- DANS LE B A S-ltOU I ,0N NAIS
- On a bien raison de dire : « Rien de déconcertant comme une mine ». Que d’espérances et le plus souvent que d’illusions ! Il y a déjà de longues années, le bruit se répandit que la France allait voir s’augmenter considérablement sa réserve houillère. La houille, c’est le pain de l’industrie. La nouvelle était bonne. On y crut, hélas!... Le grand bassin houiller franco-belge devait se prolonger dans le nord de la France. C’était très probable. On s’était décidé à pratiquer des forages. Trois d’entre eux, ceux de Menneville, de Bournonville, de Wewigne, furent poussés très bas; ils atteignirent, sous le terrain jurassique, des schistes qui présentaient les plus grandes analogies avec le houiller inférieur. On allait atteindre le but.
- Point du tout; on perça encore et l’on trouva toujours des schistes. D’autres sondages furent effectués à Samer, près de Werast, et, après avoir traversé sur 102 mètres d’épaisseur les schistes que l’on prenait pour le houiller inférieur, on rencontra le dévonien supérieur. Maudits schistes trompeurs. Ils appartenaient sans doute à læ couche dite silurienne. Dès lors, inutile de poursuivre les recherches.
- C’était fini. Non pas. Autre nouvelle retentissante. Tout à coup on annonce que l’on vient de découvrir à Douvres, en Angleterre, en face de nous, un magnifique bassin houiller. La Manche n’est qu’une, petite cassure insignifiante ; ce qu’il y avait sous Douvres devait se retrouver évidemment en France entre Calais et Boulogne. Comment en douter? Bien que l’on fût payé pour être circonspect, la découverte anglaise fit impression .et l’on finit par se mettre en France à la.recherche du prolongement du bassin de Douvres. N’était-ce pas raison-, nable et tentant? Là-bas de grhndes richesses sous le sol de Douvres et, nous, pourquoi ne les retrouverion’s-nous pas'f? queîque^cinquantaine de kilomètres de distance ? Celà fie disparaît pas brusquement, un?bassin.important. Des* Sociétés résolurent de fouiller le sol. Et en êflet, depuis des'Années, on a entrepris des sondages eq Flandre, dans le département du- Nord et dans la partie voisine du Pas de Calais. Quatre, Je& plus avancées, atteignirent les terrains primaires et tombèrent piteusement, comme précédemment, dans le terrain silurien. On arrêta les autres travaux. Toujours lq silurien !
- Avait-on mal raisonné et s’était-on trompé de direction? Un géologue bien connu, doyen de la Faculté de Lille, M. J. Gosselet, C’avait pensé depuis longtemps. Pour lui, la houille de Do'uvres‘.devaitArès probablement appartenir au grand bàâsin- franco-belge ; mais les couches de ce bassin devaient sufniy à l’ouest yqde» Ferques, un décrochement1 qui les -reportaient.-'au Nord, et M. Gosselet estimait que - le. centre 3e ce bassin devait aller passer entre Vissant et C^laîli^'On est, tenace enTaCB de l’espérance. On fit un sonfagf^Stromne,sur de'.Ôànc ouest du cap Blanc-Nez*. Et "la sondé’’ recoupa_JpoR. couches de houille avec toit et- In tir bien caractérisés! M. Gosselet avait-il trouvé la bonnë'- voie} Le sucfcès'du sondage eut un énorme retentissements, y .
- Malheureusement, quand on continua de -forer,mn ren-contra le schiste dévonien. Malgré tou^-kenquvelle dè lq découverte du terrain houiller se répandit .vite et les sondages se multiplièrent autour de Wissant. Tousy'se .heuij tèrent au calcaire carbonifère, aux schisfeç >dé’v6mens'On même encore au silurien. Il fallut bien en'i&nclurequd le terrainMiouiller de^Wissant n’est qu’un-lambeaii pro-
- bablement transporté ou que, s’il se prolonge en profondeur, il est recouvert par d’autres terrains plus anciens dont l’épaisseur et la disposition sont complètement inconnues. L’exploitation de cette houille ne serait vraisemblablement pas rémunératrice. Cependant, on pouvait encore se dire : on a affaire à un plissement entre Wissant et Samer. Cherchons. Fit l’on fit encore un sondage à Wimereux, et l’on rencontra le silurien à -H3 mètres de profondeur, ün en entreprit un second à Framezelle, près du cap Gris-Nez, et l’on trouva le silurien!
- Conclusion : il est vraisemblable que le dôme jurassique du Boulonnais correspond à un plateau silurien. Conséquence : on doit perdre tout espoir de trouver de la houille dans cette région.
- Et les derniers sondages en vue de trouver le prolongement du grand hassin houiller franco-belge ont été arrêtés dernièrement. C’est M. Gosselet lui-même qui, après avoir raconté ces diverses tentatives, est venu l’annoncer à l’Académie des sciences. Echec! La houille exploitable doit se trouver sous les schistes d’âge silurien ! C’est trop loin de la surface.
- Ainsi, après plus de trente ans de mécomptes successifs, se termine l’histoire des recherches de la houille dans le Bas-Boulonnais. Est-elle bien finie, cette histoire? Qui "oseraitT’affirmer?'Nous trouverons peut-être un jour des rayons x assez puissants pour aller explorer les grandes profondeurs. Alors seulement nous saurons réellement à quoi nous en tenir sur les richesses houillères du nord de la France. ' J.-F. Gall.
- • UE MffîAMAS A PORT-DE-BOUC
- Lorsque l’on construisit, il y a un demi-siècle, sur les plans de Talabot et l)idion, la voie ferrée de Marseille au Rhône v amorce de la grande artère de la Méditerranée sur Paris, une gare fut établie à la traversée de la route d’Istres à Salon, moins pour favoriser le pauvre hameau de Constantine qui, voisin de la station, servit à la baptiser que pour desservir les intérêts industriels et commerciaux des deux petites villes susnommées. Peu d’années plus tard, la station changea de vocable et dut accepter celui de Miramas, du nom du chef-lieu communal, éloigné de trois kilomètres à l’est et perché sur un mamelon isolé dominant l’étang de Berre!
- Aujourd’hui pour la plupart des trains express, Miramas constitue la dernière étape avant Marseille. C’est le point de départ de l’embranchement de Salon, ramifié lui-même en plusieurs lignes„;s*con-daires, et la tête d’une immense gare de triage qui se prolonge dans la Crau. Une véritable ville,.peuplée exclusivement de cafetiers, d’aubergistes, de familles d’employés de chemins. de fer s’accroît sans cesse autour de la voié èt a réussi l’an dernier à confisquer la mairie aux dépens de l’antjque Miramas. Symétri-,. quement à la ligne de Salon qui tourne au nord, une au,tre voie ferrée se détachant aussi de Miramas, pointe vers le sud. Ce petit chemin de fer appartient une compagnie spéciale dont les initiales M. P. B. k (Ifiramas-Port-de-Bouc) indiquent! la*coïncidence du è-point terminus avec le petit portoreé par Napoléon Ie/ a - l’issue dans la mer du canal d’Arles à Bouc1. ~ '1 Bouc dérive ici de « bouche » >c' .
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- Le tracé de notre ligne ne présente, soit à travers la Crau, soit au cœur de la verdoyante banlieue d’Istres, aucune particularité. Deux kilomètres au delà de la station d’Istres, le spectacle change et peu agréablement : de vastes et fumeuses fabriques, entourées d’amoncellements de scories, se dressent au-dessous de coteaux calcinés : c’est la grande usine de Rassuen qui, depuis bien des années, alimente de produits chimiques l’industrie et l’agriculture du Midi. Au delà de Rassuen, la marche du convoi dénote un parcours [dus accidenté ; le train paraît descendre et descend en effet si bien que lorsqu’il s’arrête à la halte suivante, celle de La Valduc, il se trouve à l’intérieur d’une cuvette rocheuse fermée de toutes parts, au fond de laquelle miroite une nappe d’eau sans écoulement, l’étang de la Yalduc.
- Longeant la berge occidentale de celui-ci, la voie circule entre la falaise et les flots jusqu’à la traversée d’un isthme qui barre l’étang au sud. Le train stationne quelquefois vis-à-vis d’un modeste arrêt faisant face à une agglomération de bâtiments en ruines. Puis les rails contournent un nouvel étang, Engre-nier, presque semblable à La Yalduc, quoique un peu moins étendu. Remontant petit à petit, le chemin de fer atteint la gare qui porte le nom du village de Fos, éloigné de o kilomètres sur la droite. Enfin une montée très raide, suivie d’une descente non moins rapide, conduit le train, par un sensible détour, jusqu’aux quais même de Port-de-ltouc.
- La région desservie par cette ligne présente un intérêt très vif aux yeux de l’historien et de l’économiste, comme du géographe et du naturaliste. Pas-
- Fig. 1. — Un train de la ligne M. P. B. stationnant à La Valduc. Le toit du bâtiment est au niveau de la mer.
- sons sur les souvenirs de l’antiquité et bornons-nous aux temps modernes.
- Communes immenses, Istres et Fos (dont Port-de-Bouc n’a été détaché qu’en 1860) exhibent les contrastes les plus curieux. Rochers stériles et abrupts, parsemés de thym, Crau plate et aride où fleurit le ciste, territoires fertiles et cultivés, splendides prairies irriguées complantées d’arbres fruitiers, vergers d’oliviers souvent énormes, enfdades de jeunes amandiers, marécages peuplés de gibier, nappes d’eau douce, saumâtre, salée, sur salée, se succèdent dans une confusion pittoresque qu’explique très bien la structure géologique du terroir qui s’étend du Rhône à l’étang de Berre.
- Au point de vue agricole, grâce à l’irrigation par les canaux de la Durance, pratiquée depuis le siècle dernier, développée dans celui-ci, le pays se maintient suffisamment, sans comparaison toutefois avec la période brillante qui a débuté sous le second em-
- pire pour prendre fin définitivement vers 1880.
- Exploitées depuis peu, après un long abandon, les salines de La Yalduc ont très activement fonctionné à lepoque où la Ligurie et le Piémont, momentanément annexés à l’empire français, tiraient leur sel de Provence. Nous avons mentionné l’existence de constructions ruinées entre les étangs de La Yalduc et d’Engrenier. Ces débris lamentables représentent les vestiges de l’immense fabrique de soude du Plan d’Arenc qui a renoncé à la lutte pour l’existence depuis une décade ou deux. Placée au fond d’un bassin sans issue entre deux mers Mortes en diminutif, l’ex-usine n’est pas et n’a jamais été un séjour bien agréable, même à lepoque déjà reculée où des centaines d’ouvriers s’agitaient dans son enceinte. On assure que le fils de Berthollet, trop peu travailleur et surtout trop dissipé au gré de son père, envoyé par celui-ci en disgrâce au Plan d’Arenc, s’y tua de désespoir!
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- Ayant signalé ce lugubre souvenir, expliquons une curieuse particularité des étangs de La Valduc et d’Engrenier. Comme la mer Morte dont nous
- avons prononcé le nom, ces étangs sont inférieurs au niveau de la mer et sans communication avec elle comme pour le lac Asphaltite ; aussi la salure des
- Fig. 2. — Halte du Plan d’Arenc à lu cote de 9 mètres au-dessous du niveau de la mer.
- eaux était fort élevée autrefois. Alimentés seulement par l’eau de la pluie recueillie par leurs « conques » respectives et concentrée dans leurs cuvettes, exploités en vue de leur sel, et sévèrement privés de la surverse des canaux d’arrosage, les étangs jumeaux auraient fini par se dessécher complète -ment si, au siècle dernier, l’administration des gabelles, et de nos jours la Compagnie des Salins du Midi n’avaient entrepris des travaux pour amener à volonté un peu d’eau de mer dans ces bassins situés : La Valduc à la cote de — 15 mètres, Engrenier à celle de — 8, le seuil argileux qui les sépare de la mer s’élevant à 5m,50 au-dessus des flots.
- Autrefois et toujours comme dans la mer Morte, aucun être vivant, sauf certains crustacés inférieurs,
- ne pouvait subsister dans ces eaux pesantes de La Valduc, gorgées de sel. A cet égard le premier effet
- de l’apport des eaux du golfe de Fos a été bienfaisant ; on vit, pour la première fois, nager quelques poissons dans l’étang et les oiseaux aquatiques, qui fuyaient jadis ces flots sans vie, vinrent prendre leurs ébats à la surface. Mais la quantité de matières solides retirées annuellement ne compensant pas l’excès de sel déposé par l’évaporation de l’eau de mer, évaporation très active dans une nappe peu profonde (lm,50 en moyenne), La Valduc est redevenue ce qu’elle était naguère, un désert liquide. Revenons à notre petite ligne de chemin de fer. La descente sur La Valduc, après Rassuen, amène les rails à une cote négative. C’est,.croyons-nous, le
- Fig. 3. — Profil de la ligne M. P. B.
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- seul exemple d’un chemin de fer inférieur au niveau delà mer, et de quelle profondeur! Le Plan d’Arenc est à —9m,12 et La Valduc à —4 mètres. Il nous a paru intéressant de figurer ici les deux stations ou haltes les plus basses qui existent. Nous donnons également le profil de la curieuse et peu connue voie ferrée, d’après des documents que m. r ingénieur de la Compagnie MPB a bien voulu nous communiquer. Antoine de Saporta.
- NÉCROLOGIE
- Alvergniat (Adrien). — Alvergniat (Adrien) était ne à Droué (Loir-et-Cher) le 21 septembre 1834, il est mort à Paris le 4 septembre 1898. Alvergniat fut réellement le fils de ses œuvres; dès son jeune âge, il s’adonna au soufflage du verre, c’est sans guide qu’il se fit et qu’il atteint la perfection à laquelle il est arrivé comme souffleur de verre, avec les seules ressources de son opiniâtreté, de son intelligence et de son courage. De bonne heure, il fut apprécié des hommes de sciences, quelques-uns surent lui éviter les découragements du début en l’aidant de leurs conseils et même de leur appui.
- Alvergniat, quand il débuta dans la vie, se trouva aux prises avec toutes les difficultés. Son opiniâtreté au travail lui permit de s’assimiler les sciences auxquelles, plus tard, il devait rendre d’importants services. Son courage et une infatigable persévérance lui permirent de rassembler les premiers éléments sur lesquels il échafauda son atelier et sa maison aujourd’hui si universellement connus et appréciés.
- Alvergniat, les fondations de sa maison une fois jetées, invita son frère, souffleur de verre comme lui, à travailler à l’œuvre commune. Celui-ci resta son collaborateur dévoué jusqu’au moment où la mort vint le frapper en octobre 1885.
- On peut dire que beaucoup d’expériences scientifiques n’ont pu être réalisées que grâce à l’habileté du souffleur de verre qui disparaît. Il fut le premier à construire en France les tubes de Geissler, qu’avant ses travaux on était obligé de faire venir d’Allemagne; il consacra une partie de sa vie à la construction des appareils employés pour faire le vide barométrique ; tout le monde connaît la pompe et les trompes à mercure qui portent son nom ; personne n’ignore la trompe à eau qu’avec l’ingénieur Lasne, il sut rendre pratique à ce point qu’il n’existe guère de laboratoires scientifiques ou industriels qui ne l’utilisent. Alvergniat s’est beaucoup occupé de la construction des tubes de Crookes, des radiomètres de Crookes. Il a été le premier à établir, sur une base solide, une méthode de jaugeage qu’on apprécie aujourd’hui encore dans les laboratoires scientifiques.
- Il serait trop long d’énumérer toutes les modifications qu’il a apportées aux instruments les plus divers; bien longue serait aussi la liste des appareils qui ont été imaginés par lui. Des Notes à l’Académie des sciences, des présentations aux Sociétés scientifiques ont marqué les différentes étapes de sa vie. Qu’il suffise de rappeler qu’Alvergniat s’est fait remarquer dans toutes les Expositions universelles et par la précision de ses instruments, et par le fini de ses pièces soufflées. Constructeur consciencieux, artiste reconnu, il avait été décoré de la Légion d’honneur à la suite de l’Exposition universelle de 1889. C. V.
- CHRONIQUE
- É.es pluies pendant le premier semestre de 1898. — Nous étudierons les 12 stations météorologiques françaises principales données par le Bulletin mensuel du Bureau central météorologique de France, et qui sont : Paris (Parc-Saint-Maur), Nancy, Nantes, Lyon (Saint-Genis), Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme (1467m d’altitude), Toulouse, Perpignan, Pic-du-Midi (2859m), Bagnères-de-Bigorre (547m), Langres (plateau 4fifim), Jersey (Iles anglo-normandes).
- Janvier. — Mois sec, d'une température douce et d’une pression atmosphérique élevée (moyenne 772mra,4, maximum 78 lmm,2 le 29 au Parc-Sain t-Maur). La pluie à Perpignan a donné 208mm d’eau en 10 jours, et cependant la hauteur barométrique moyenne était considérable : 770,,>m,fi; au Parc-Saint-Maur on n’a noté que 5mm en 7 jours.
- Février. — Mois pluvieux, avec pression et température moyennes sensiblement normales. La pluie maxima a été recueillie au Puy-de-Dôme : 295mm en 25 jours; on a ensuite noté 146mra au Pic-du-Midi en 10 jours, 116mm à Bagnères-de-Bigorre en 14 jours, et 10lmm au Plateau de Langres en 18 jours. Cette fois Perpignan n’a reçu que 8mm d’eau en 7 jours, tandis qu’on enregistrait au Parc-Saint-Maur 65mra en 17 jours.
- Mars. — Mois pluvieux et froid avec pression basse. Le pluviomètre du Puy-de-Dôme a reçu 179mm d’eau en 28 jours; celui de Perpignan 178mm en 12 jours; celui du Pic-du-Midi, 170mm en 19 jours; celui de Bagnères-de-Bigorre, 135mm en 18 jours, et enfin celui du Parc-Saint-Maur, 55mm en 12 jours.
- Avril. — Mois sec, un peu chaud avec pression barométrique assez élevée. On a noté 210mm au Pic-du-Midi en 18 jours, 157mm à Bagnères-de-Bigorre en 21 jours, et enfin 28mm au Parc-Saint-Maur en 10 jours.
- Mai. — Mois très pluvieux, humide, froid, avec pression faible. Voici les principales pluies :227mm à Bagnères-de-Bigorre en 24 jours, 192mm au Puy-de-Dôme en 51 jours, 174mm au Pic-du-Midi en 21 jours, 120mm à Toulouse en 16 jours, 112mm à Clermont en 20 jours, 105mm à Jersey en 19 jours, 105mm à Nantes et à Langres en 20 jours,
- 100mm à Lyon en 22 jours, et enfin Oô”"11 au Parc-Saint-Maur en 24 jours.
- Juin. — Mois pluvieux, frais avec pression normale. Pluies considérables : 194mm au Puy-de-Dôme en 20 jours, 155mm .y Bagnères-de-Bigorre en 19 jours, U0mm à Clermont en 19 jours, 106mm au Pic-du-Midi en 14 jours, et enfin 85mm au Parc-Saint-Maur en 12 jours.
- En résumé, la station du Puy-de-Dôme (1467mm d’altitude) est celle qui a reçu le plus d’eau pendant ce semestre : 940mra en 159 jours. Nous trouvons ensuite celles du Pic-du-Midi 855mm en 87 jours, de Bagnères-de-Bigorre 785ram en 105 jours, puis nous arrivons à Toulouse 598mm et enfin aux 8 autres stations pour lesquelles le pluviomètre a enregistré au moins 500mm d’eau. Le Parc-Saint-Maur a reçu 530mm en 82 jours.
- Un nouvel élément. — MM. Nasini, Anderlini et Salvadori signalent la découverte qu’ils ont faite d’un nouvel élément, trouvé précédemment dans la couronne solaire, et qu’on croyait ne pas exister sur terre, le coro-nium. Ils ont conclu à son existence d’après l’analyse spectrale des gaz qui se dégagent de la solfatare de Pouz-zoles. Certains autres spectres qu’ils ont remarqués dans ces recherches, leur paraissent dus à des corps encore inconnus.
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- Aurore boréale. — Le 2 septembre, de 7h45m à 8h 15m du soir, M. Stromeyer a observé à Whitby (Angleterre) une belle aurore boréale dont le centre des rayons paraissait situé près de l’horizon, vers le nord, à 25° vers l’est. Les rayons allaient de l’ouest à l’est avec une vitesse d’à peu près 2° par minute. Le ciel était brumeux, mais laissait voir de nombreuses étoilps. Le crépuscule était encore visible à l’ouest, et la pleine lune était fort lumineuse, sans quoi le phénomène eût été très frappant.
- I-.es planètes Mars et Mercure. — A la fin de septembre, les personnes matinales qui aiment à contempler le ciel, pourront faire deux observations intéressantes à l’œil nu avant le lever du Soléil. Elles verront d’abord le rouge Mars dans la constellation des Gémeaux, puis Mercure qui se lèvera une heure et demie avant le Soleil et sera aisément observable quand l’atmosphère sera pure. Les admirateurs de Mercure seront plus heureux que le grand Copernic, le savant chanoine de Thorn, qui, dit-on, se plaignait en mourant de n’avoir jamais vu cet astre.
- Ascension d’un ballon-sonde. — Le lendemain de l’orage du 25 août, à Paris, MM. llermite et Besançon ont lancé, au Champ-de-Mars, à midi, un ballon-sonde de 40 mètres cubes. Jusqu’à 5000 mètres, on put voir le ballon s’élever verticalement, l’air étant très calme ; il continua à monter jusqu’à 10 000 mètres. Là, il fut entraîné par un courant très rapide qui le porta de l’ouest à l’est jusqu’aux environs de Coulommiers où il toucha terre après avoir fait au moins 80 kilomètres vers l’est en une heure et demie. Les observations faites sont très intéressantes : le soleil était alors très ardent et la température à terre était de 50° à l’ombre. Le thermomètre a enregistré, à 10 000 mètres, la température de —50°. L’écart entre cette température et celle de terre prise de même au soleil devait être d’environ 90°, écart relativement beaucoup plus considérable que ceux qu’on observe ordinairement dans les ascensions.
- Nébulosité autour des Pléiades. — M. Barnard a mis en évidence pour la première fois l’existence de cette masse gazeuse diffuse qu’il avait découverte à l’aide d’une photographie obtenue avec un objectif à portraits. Comme ôn avait discuté cette découverte, le savant astronome a envoyé, à The Observatory, la reproduction d’une autre photographie du même amas, prise par M. Wilson avec un objectif à portraits après une exposition de 11 heures. La comparaison de ces deux images, faites à des dates et dans des circonstances très différentes, prouve l'existence, autour des Pléiades, d’une sorte de nuage montrant quelques portions lumineuses dans le voisinage des plus belles étoiles.
- l<a grenouille. — Connaît-on les moeurs et la vie de la grenouille? Un naturaliste, M. Fischer Sigwart, qui observe cet animal depuis trente ans, nous le fait connaître dans la Note suivante : La grenouille est noctambule; de jour elle se tient cachée, mais de nuit elle va et vient, cherchant sa proie. Vers l’automne, elle quitte son terrain de chasse, dans les champs et les bois, pour venir se réfugier dans le voisinage des mares et des étangs. La grenouille est sexuellement adulte à quatre ou cinq ans seulement. Elle passe l’hiver dans les berges des cours d’eau, ou dans la boue au fond des étangs, pour sortir au printemps. A ce moment les individus se réunissent en grand nombre, et l’œuvre de reproduction commence. L’accouplement dure de 5 à 50 jours. Pendant cette
- période, qui dure 154 jours en moyenne, du réveil jusqu’à la ponte, la grenouille ne mange absolument rien, sauf parfois sa propre peau, qui est le siège d’une mue périodique. Après la ponte, les grenouilles quittent l’eau et gagnent les champs et les bois. On peut les nourrir en captivité avec des insectes et des vers de terre.
- ,e Jubilé du serpent de mer. — C’est en 1848 (il y a donc 50 ans) que le capitaine Mac Quhac, les officiers et les hommes d’équipage du Dædnlus affirmèrent qu’ils avaient vu un serpent, ou plutôt un lézard, d’à peu près 180 mètres de long, par une mer calme, entre le cap de Bonne-Espérance et Sainte-Hélène. Depuis cette époque, il ne se passe pas une année sans que l’on n’aperçoive le serpent de mer. Une fois seulement, cet animal a été vu à terre, dans les îles Orcades, en 1868. Il a été examiné par le I)r Barclay, qui a cru se trouver en présence d’un requin. Suivant English Mechanic, l’habitat favori de cet animal est la côte de Norvège ou celle des États-Unis. On ne peut nier son existence, malgré ce qu’en disait le professeur Owers, qu’on ne peut croire à un serpent de 180 mètres de long plutôt qu'à un homme de 15 mètres de haut. Des marins en ont encore vu un échantillon cette année. On ne peut qu’en souhaiter la capture prochaine : ce serait la meilleure manière de couper court à toutes les discussions et de fêter dignement son jubilé.
- La télégraphie pour les voyageurs en chemin de fer. — 11 ne s’agit pas précisément de la télégraphie avec les trains en marche, mais bien d’une innovation essentiellement pratique imaginée dans le duché de Bade, à ce que rapporte M. C. Haas. Les personnes voyageant en chemin de fer et qui ont des dépêches à expédier pendant le trajet les remettent au bureau de poste annexé au train. Le libellé peut être écrit sur une carte postale où l’on biffe le mot Postkart pour le remplacer par le mot telegramm ; puis on colle sur ladite carte des timbres-poste pour la valeur de la, taxe télégraphique nécessaire, et on la jette dans la boîte aux lettres du wagon postal.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 19 septembre 1898. — Présidence de M. Wolf
- Influence de la lumière et de la pesanteur sur la structure des végétaux. — M. Bonnier analyse une Note de M. Ricome relative à l’influence de la lumière et de la pesanteur sur la structure des rameaux des inflorescences. Les recherches expérimentales de l’auteur ont porté sur un grand nombre de plantes, aussi considère-t-il les résultats énoncés comme ayant un caractère de généralité. Il a examiné séparément les actions de la lumière et de la pesanteur, puis l’action combinée de ces deux facteurs. Après avoir rappelé que chez les plantes normales les rameaux d’inflorescence présentent sur la surface supérieure, en deux points, un épais tissu chlorophyllien qui fait presque entièrement défaut sur la surface intérieure, M. Ricome montre que si l’on éclaire le rameau latéralement, au moyen de miroirs, les deux amas de tissus chlorophylliens sont déplacés du côté de la lumière. En retournant la plante de manière à renverser l’action de la pesanteur sur les tissus du rameau, il obtient également certaines modifications; enfin en inversant à la fois l’action de la lumière et celle de la pesan-
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- t eur, il produit un renversement complet de la structure normale.
- Varia. — M. Le Chatelier adresse une Note sur les procédés de coloration des porcelaines. — M. Guyou présente au nom de M. Ravier, ingénieur de la marine, un mémoire contenant une théorie géométrique de la variation des compas. Ch. de Villedeuil.
- LE DÉCAPITÉ AQUATIQUE
- Un de nos amis a vu à l’étranger l'intéressant truc suivant que nous verrons sans doute à Paris'^d’ici peu et qui ne manquera pas d’avoir un grand succès de curiosité, car il est original et d’une présentation nouvelle tout en se basant sur un vieux principe comme on le verra tout à l’heure.
- Yoici comment cette illusion est présentée :
- Sur un léger trépied placé dans une sorte de niche ou de petite salle tendue d’étoffe rouge (velours de lin ou andrinople) se trouve un aquarium dans lequel évoluent des poissons rouges et au milieu de l’aquarium on aperçoit une tête de femme bien vivante, qui remue, sourit, en un mot semble
- Le décapité aquatique.
- absolument à son aise bien que privée de son corps et plongée dans l’eau.
- Le moyen employé n’est pas absolument nouveau, car c’est celui du décapité, mais les détails qui l’accompagnent le rajeunissent et le rendent assez extraordinaire. Si l’on veut bien se reporter au schéma on comprendra de suite l’installation de cette illusion.
- Le trépied est formé de 5 tiges de cuivre doré fixées en bas sur une plate-forme triangulaire et soutenant en haut une autre plate-forme en métal nickelé. A leur point de réunion les 3 tiges solidement soudées semblent être réunies par un simple ruban noué.
- Du socle jusqu’au ruban l’espace est vide, mais au-dessus du ruban se trouvent entre les 5 tiges de cuivre des triangles en glace étamée, doublés de tôle d’acier mince et résistante. La plaque nickelée du dessus est mobile. Avant l’entrée du public, la femme dont la tête doit apparaître se place entre les glaces, les jambes croisées et assise sur ses talons. L’appareil ne peut basculer, car il est solidement vissé au plancher. La plaque nickelée formée de deux morceaux est remise en place. Elle encadre alors absolument le cou et la jointure ne peut s’apercevoir à une petite distance. Comme les
- glaces reflètent le sol qui est ten-du comme les murs, il semble que ce soit le fond de la salle qui est visible entre les tiges supérieures et l’appareil semble absolument à jour.
- Quant au truc de l’aquarium, il est simple : c’est une adaptation d’un aquarium que l’on a déjà vu dans le commerce et dans lequel on aperçoit des oiseaux qui semblent voleter dans l’eau au milieu des poissons.
- L’aquarium en cristal, coulé spécialement pour cet objet, est formé de deux récipients : l’un central, ouvert par le bas, qui entoure la tête ; l’autre, ouvert par le hauLetjmtourant le premier, contient l’eau et les poissons. Le cristal étant bien pur, il est à peu près impossible d’apercevoir le vide central.
- L’aquarium est posé sur 4 petites cales nickelées qui permettent l’introduction de l’air dans le récipient intérieur. Malgré cette précaution la position de la personne décapitée est très incommode et le sujet doit, entre chaque exhibition, sortir du trépied pour prendre un repos bien gagné.
- Le prestidigitateur Alber.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N® 1322. — 1« OCTOBRE 1898.
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- L’AUTRUCHE
- SON ÉLEVAGE EN ALGÉRIE Aü POINT I)E VUE COMMERCIAL
- Dans un récent article paru ici même, sur le jardin d’essai du Hamma, près Alger, M. J. Poisson a consacré quelques lignes de sa merveilleuse description des splendeurs de cet Eden algérien, « à une annexe fort intéressante et inattendue, celle d’un parc d’autruches ».
- « On s’est efforcé de développer l’élevage de l’autruche dans le nord de l’Afrique, dit M. Poisson, mais les industriels se sont heurtés à des formalités administratives », et il demande si ces mesures
- restrictives ont été abolies, souhaitant que cela fût, « car le développement de cette industrie au Cap prouve qu’elle est avantageuse ».
- En suspens depuis quelque vingt ans, cette question de l’élevage des autruches en Algérie, au point de vue industriel, est une de celles qui auraient dû recevoir depuis longtemps une solution pratique, dans notre colonie africaine, et puisque l’occasion se présente de la porter une fois de plus devant l’opinion publique, je mets à profit la gracieuse hospitalité qui m’a été accordée par le Directeur de ce journal.
- Croire que l’insuccès des tentatives faites pour enrichir l’Algérie d’une’ industrie qui a donné la fortune
- Confins du Sahara, habitat de l’autruche barbaresque.
- aux éleveurs de l’Afrique australe, est dû uniquement aux formalités administratives, est une erreur, profonde, qu’il est indispensable de dissiper si l’on ne veut courir à de nouveaux échecs.
- Ces formalités passent au second plan, et n’ont d’autre importance que celle qui leur a été donnée par les industriels eux-mêmes, lesquels ont négligé la condition primordiale du succès.
- Aucune autre nation, mieux que la France, n’est en effet à même de donner à cette exploitation tout le développement commercial et esthétique qu’elle comporte, en raison des contrées possédées par elle aux confins du Sahara, habitat de l’autruche.
- La meilleure preuve, c’est que nous avons détenu le monopole de l’industrie des plumes d’autruche.
- Il faut malheureusement constater que cette source
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- de bénéfices énormes a pris, comme tant d’autres, le chemin de l’étranger, et que, par comble, nous en avons fourni les éléments. Pour mettre les points sur les i, les Anglais sont venus, il y a quelque trente ans, acheter au jardin d’acclimatation d’Alger les couples d’autruches qu’ils ont importés au Cap.
- En transportant au Cap les spécimens d’autruches de race barbaresque, qui se rencontraient en grand nombre dans le sud de l’Algérie, vers la même époque, les Anglais s’imaginaient sans nul doute obtenir des reproductions absolument pures.
- Leurs calculs ont été déçus, et les couples qui ne se trouvaient plus dans le milieu nécessaire à leur évolution héréditaire, ont donné une race bâtarde, qui a fourni la quantité, mais non la qualité*
- C’est à la fois, pour nous, une consolation et la
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- seule base de notre espoir de reconquérir un jour le monopole perdu.
- L’espèce barbaresque qui habitait le sud algérien et alimentait l’industrie plumassière française, produit seule, en effet, avec la race soudanaise (pii donne la couleur noire, la plume de qualité supérieure connue dans le commerce sous le nom de plume simple, sans doublure, cette grande et belle plume si floconneuse, si floue, si gracieuse dans sa courbe naturelle, et coiffée à son extrémité.
- dominent se fait-il, demander a-t-on, que possédant les éléments de cette industrie, nous nous soyons laissé ravir son monopole?
- Cela tient tout simplement à ce fait : au moment où les Anglais nous achetaient les spécimens du jardin d’acclimatation d’Alger, achat auquel on ne donna pas assez d’importance, les troupeaux d’autruches disparaissaient progressiveinent de nos régions du sud par suite des chasses dont elles étaient l’objet de la part des indigènes non surveillés, qui, avec ia plus grande imprévoyance, tuaient les animaux pour avoir leur dépouille et pillaient les nids pour se procurer les œufs.
- Ce procédé a eu pour résultat la destruction partielle de l’espèce, et son refoulement dans des contrées éloignées de notre influence.
- La réacclimatation de l’espèce barbaresque, son élevage et son exploitation dans le sud algérien, sont-ils possibles?
- Telle est la question qui se pose depuis quelques années, en présence des résultats commerciaux obtenus par les Anglais au Cap.
- Je réponds oui hardiment; j’affirme la possibilité de la reconstitution des autruches dans le sud de l’Algérie, et c’est ici que je place la condition primordiale de succès, dont j’ai parlé plus haut, et qui a été négligée dans les tentatives antérieures.
- Tous les essais futurs seront négatifs, tant qu'ils auront lieu dans la région du Tell ou des Plateaux : les parcs installés à Saint-Ferdinand, Aïn-Chémora, Misserghin en sont la preuve. Il faut créer l’autru-clierie 'dans l’habitat même de l’autruche, ou ne rien tenter.
- La condition sine qua non de réussite, réside dans les grandes étendues de terrain, ce qu’ont bien compris les Anglais au Cap ; mais à cette condition vient s’ajouter celles de latitude, de climatologie, de sol, et une foule d’autres secondaires de grande importance, qui nécessitaient une étude approfondie1.
- Les agents reproducteurs, placés dans le milieu indispensable à leur évolution,,donneraient une reproduction normale, naturelle, par atavisme, et fourniraient des plumes, contre la beauté, la qualité desquelles celles de production australe, qui ne peuvent s’utiliser qu’en les doublant, ne pourraient entrer en concurrence.
- Et non seulement nos produits seraient de qualité
- 1 Celle étude a fait l-objet d’un mémoire que j'ai adressé à la Chambre de commerce de Lyon en 1894, et qui a été transmis au gouvernement général de l’Algérie.
- supérieure, mais ils pourraient rivaliser aussi en quantité avec les produits étrangers.
- Quelques chiffres sur la puissance de reproduction de l’autruche, feront mieux ressortir le grand intérêt que nous avons à reconquérir le monopole perdu.
- Les autruches domestiquées au Cap en 1805, formaient un noyau initial de 40 couples ; dix ans après, ce noyau atteignait le chiffre de 10000 têtes; actuellement, il dépasse 500 000.
- De 1879 à 1889, la colonie du Cap a exporté 1 million de kilogrammes de plumes, près de 200 millions de francs, ou 20 millions par an!...
- Je connais plus d’un ministre des finances, qui eût été heureux d’avoir cet appoint pour boucher un trou du budget; les plumes si légèrement traitées auraient pris un fameux poids en retombant dans le vide !...
- Il est superflu d’insister. La question comporte un développement que je ne puis entamer ici, sans abuser de la place qui m’est gracieusement concédée; mais je tenais à faire ressortir que l’élevage de l’autruche et son exploitation sont subordonnés à une installation dans l’habitat même de ces gros oiseaux, si l’on veut obtenir des résultats sérieux.
- Cette condition est tellement absolue, que les tentatives faites en 1878, au parc de Metarieh, près du Caire, par une société de négociants français, ne donnèrent pas les résultats espérés, et cependant le Caire est à une latitude moins élevée que les régions du sud algérien : dix ans après, la Société liquidait. Son actif était racheté par M. Dervieu, banquier à Alexandrie, qui fondait la « Société anonyme du parc de Metarieh ».
- Depuis cette époque, par suite de l’acclimatation des premiers sujets (en majeure partie de race soudanaise) le cheptel d’autruches de ce parc a atteint actuellement, grâce à l’incubation artificielle, un chiffre de 1900 à 1100 têtes.
- C’est assurément un résultat qui vient à l’appui de ma thèse, mais il faut considérer : 1° qu’il est peu important par rapport aux capitaux engagés depuis vingt ans ; 2° que le parc de Metarieh est en Égypte ; 5° qu’il s’agit pour nous de reconstituer en France l’espèce barbaresque, si nous voulons reconquérir un monopole détenu jadis par l’industrie plumassière française, grâce à la faveur esthétique dont jouissait la plume simple auprès d’une clientèle qui n’aurait jamais consenti à se servir comme ornements des affreux tapons vendus aujourd’hui sous le nom de plumes d’autruche.
- Quant aux essais faits dans l’Oued Rir, ils ne sont autre chose que des essais de domestication, mais ne constituent pas un noyau d’autrucherie, seul moyen de repeuplement dont l’installation réclame des conditions particulières et techniques fort multiples.
- L’aimable et compétent directeur du jardin d’essai du Ranima, M. Ch. Rivière, avec lequel j’ai eu le plaisir de.m’entretenir depuis peu de la reconstitution des autruches en Algérie, est en complète con-
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- cordance d’idées avec mes conclusions et son concours précieux est acquis à la solution de la question. Celle-ci est posée à nouveau; je souhaite qu’elle soit entendue....
- Pour moi, je continuerai son étude pratique, sans négliger aucun détail, jusqu’au jour où le but poursuivi sera atteint : rendre au commerce français le monopole d’une industrie d’origine française qu’il n’aurait jamais dû perdre. L. Songy,
- Membre <le la Société de propagande coloniale.
- L’AURORE BORÉALE
- ET LA PERTURBATION MAGNÉTIQUE DU 9 SEPTEMBRE 1898
- Une belle aurore boréale a été vue, en France, en Angleterre et dans les pays du nord de l’Europe, le 9 septembre au soir; cette éclatante manifestation, assez rare dans nos régions, a coïncidé avec le passage d’une énorme tache au méridien central du soleil, et avec une grande perturbation magnétique, enregistrée aux Observatoires du Parc Saint-Maur, de Perpignan, de Lyon, etc.
- Au Parc Saint-Maur, la perturbation se déclare brusquement à midi 12m. L’agitation est d’abord relativement faible, mais vers 2h30“ et jusqu’à 3h20m les oscillations des barreaux du bifilaire et de la balance sont tellement précipitées qu’il est difficile de suivre la trace des rayons lumineux sur le papier sensible ; la déclinaison est moins troublée.
- Les mouvements des aimants sont ensuite beaucoup plus lents, mais de grande amplitude. La composante horizontale Il commence à diminuer rapidement à 7h40m, et la composante verticale I diminue également à partir de 8h 10'"; le minimum de II se produit à 8h24m et le minimum de Z à' 8h 48m. Entre 8 et 9 heures, la force magnétique passe donc par un minimum extrêmement accentué. La déclinaison est minimum à 8h 17m ; elle augmente ensuite de 43' en une demi-heure.
- Pendant cette perturbation, qui a pris fin vers minuit environ, la déclinaison a varié de 47'; la composante horizontale et la composante verticale ont varié respectivement de 1/52 et de 1/255 de leurs valeurs normales à Paris.
- L’aurore boréale semble avoir coïncidé avec la phase de plus grande diminution de la force magnétique.
- Th. Moukeacx.
- Avec la grande indépendance qui caractérise l’enseignement, comme tout le reste, aux États-Unis, il est assez malaisé de se rendre compte du développement de renseignement technique dans ce pays. Aussi est-ce une bonne fortune que de pouvoir mettre à contribution un mémoire lu récemment, devant l’Institut américain des Ingénieurs des Mines, par M. E. Wadsworth, président du Collège des Mines du Michigan. Ce collège ayant lui-même une grande importance, notre auteur était des mieux placés pour se procurer des données très complètes. Disons tout de suite qu’il s’est limité aux écoles qui comptent au moins 50 élèves, et que, par enseignement technique, il faut entendre une de ces quatre branches d’instruction : Génie civil, Mécanique, Électricité ou Mines.
- Voici, comme vue d’ensemble, un tableau fournissant les chiffres totaux des diff erentes sortes d’élèves-ingénieurs dans les écoles en question, pour les années 1895-1896
- 1895-1891) 1896-1897
- Ingénieurs civils. 1256 1158
- — électriciens . . . 1938 1628
- — mécaniciens. 1898 1760
- — des mines.... 244 331
- Ensemble . 5316 4877
- Une diminution assez sensible s’est manifestée en 1890-1897, sauf dans le nombre des étudiants fréquentant les écoles des mines; mais, malgré tout, la prédominance des futurs ingénieurs mécaniciens ou électriciens reste bien évidente et compréhensible.
- Pour l’enseignement du génie civil, il y a 15 Universités ou Instituts faisant des cours. Le plus suivi de ces cours est celui de la fameuse Université Cornell, qui comptait 150 étudiants dans le dernier exercice considéré ; vient ensuite l’Institut polytechnique Rensselaer, dépassant de loin l’Institut technologique du Massachusetts. Les ingénieurs électriciens trouvent 19 grands centres où se préparer à leur futur métier; le principal est encore l’Université Cornell, dont le cours est fréquenté par 250 étudiants; le collège de Colombia, l’Université de Purdue, l’Université de l’État d’Ohio sont également très fréquentés pour le même genre d’études.
- En fait de mécanique, dix-huit grands établissements ouvrent leurs portes aux étudiants ; 254 de ceux-ci vont à l’Institut de technologie de Stevens, 245 à l’Université Cornell, 142 seulement à celle de Purdue. Quant à la technologie des mines, elle n’est enseignée que dans 4 établissements, le collège des mines du Michigan (qui possède 140 étudiants), l’Université de Californie, le collège de Colombia, et l’Université-^ Lehigh. L. B.
- On sait, depuis les expériences de Rennie, que le coefficient de frottement entre deux corps est d’autant plus faible qu’ils sont plus durs. De plus, le rodage produisant le grippement commence pour une charge qui augmente avec la dureté des pièces en contact.
- Alors il en résulte que, en théorie, tous [les frottements devraient être établis entre des corps durs, et c’est en effet dans cette voie que l’on a débuté et que l’on travaille encore pour un grand nombre de machines.
- Mais les corps durs présentent des inconvénients. Lorsqu’on n’a pas pris des soins extrêmes, pour l’ajustage des pièces, celles-ci ne portent l’une sur l’autre que par un petit nombre de points, et il en résulte des pressions locales susceptibles d’amener une détérioration des surfaces. En particulier, si un axe doit reposer sur plusieurs paliers, il devient très difficile d’aligner parfaitement tous les coussinets de manière à assurer les contacts tels qu’ils doivent exister d’après les projets. Là, au contraire, des raisons pratiques conduiraient à adopter un métal mou, susceptible de se déformer, et d’épouser la
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- forme de l’arbre, de façon à le soutenir, après quelque temps de marche sur les plus grandes surfaces possible. Mais alors on revient à des coefficients de frottement considérables, ce que l’on cherche précisément à éviter.
- Entre ces deux écueils, il n’existe pas de moyen terme, tant que l’on s’en tient à une matière homogène. Mais cependant, on peut chercher dans une autre voie, et l’immense diversité des alliages permet, ici encore, de donner une solution complète du problème, en conciliant ces deux conditions opposées en apparence, la dureté et la plasticité. C’est dans cette idée qu’ont été créés, il y a une cinquantaine d’années, des alliages pour coussinets, dont l’emploi s’est généralisé depuis lors en s’étendant à tous les organes de machines pour lesquels on ne peut pas faire de grandes dépenses d’ajustage, et qui ont à effectuer un service pénible, comme, par exemple, tous les axes du matériel roulant des chemins de fer.
- Un pur empirisme conduisit à essayer, au début, les alliages de cuivre, d’étain, de plomb, de zinc, pour lesquels on possède aujourd’hui des centaines de formules, et dont beaucoup donnent des résultats très satisfaisants.
- Mais ce n'est que beaucoup plus tard que l’on en comprit la raison. L’étude des températures de fusion des alliages, et plus encore leur examen microscopique, ont fourni les données rationnelles sur lesquelles il a été possible de fonder une théorie des alliages antifriction.
- On sait, depuis que le microscope est appliqué à la métallurgie, qu’un grand nombre d’alliages se composent d’une masse amorphe, sorte de ciment
- de composition mal définie, contenant des cristaux isolés de l’un des composants, déposé à l’état de pureté pendant la solidification, ou plus fréquemment d’un composé chimiquement défini des métaux formant l’alliage. Le problème des alliages antifriction consiste à chercher un ciment plastique, susceptible de se déformer jusqu’à une certaine limite sans filer sous l’effort et sans criquer, et contenant un grand nombre de cristaux d’un composé aussi dur que possible, sur lesquels devra porter la surface frottante.
- Ainsi posée, la question des alliages pour coussinets prend un caractère hautement scientifique, et c’est sous cette forme que l’a traitée M. Charpy dans un remarquable- mémoire inséré dans le dernier numéro du Bulletin de la Société d'Encouragement , auquel nous renvoyons nos lecteurs désireux de se mieux renseigner sur un beau problème que nous ne pourrons qu’effleurer.
- En général, la température de fusion d’un alliage est inférieure à celle de ses composants. Lorsqu’on laisse refroidir lentement un bain liquide contenant deux métaux dont la température de fusion n’est pas trop différente, l’un de ces métaux se dépose à l’état solide, et l’alliage tend vers une composition correspondant à la température minima de fusion des alliages de ces deux corps.
- yisse 2SO?
- Fig. 1. — Diagramme des températures de fusion
- des alliages de plomb, d'étain et de bismuth ; représentation en plans cotés.
- Fig. 2. — Représentation plastique des températures de fusion des alliages de plomb, d’étain et de bismuth.
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- Cette composition, que M. Guthrie a désignée sous le nom d'eutectique, ne correspond pas, en général, à une formule chimique simple. Lorsqu’on est arrivé à cette composition, les deux corps se déposent simultanément à l’état solide. Dans le mélange de
- trois métaux, les températures de fusion peuvent être représentées, à l’aide des plans cotés, par un ingénieux diagramme triangulaire imaginé par M. Thurston.
- Dans un triangle équilatéral (fig. 1), les sommets
- Fig. 3. — Alliages plomb, bismuth, étain. Fig- 4- — Alliage plomb-antimoine,
- Les cristaux blancs sont des tables de bismuth. contenant des cristallites d’antimoine.
- représentent des métaux purs (le plomb, l’étain et le bismuth dans le cas actuel) , et la proportion de chaque métal est indiquée par celle des hauteurs du triangle passant par le sommet qui lui correspond. Les côtés du triangle donnent les compositions binaires, et tout point intérieur correspond à un alliage ternaire dans lequel la quantité de chaque composant est proportionnelle à la distance de la hase des deux autres métaux.
- On peut alors représenter les températures de fusion des alliages ternaires par des courbes qui relient tous les alliages se solidifiant à la môme température.
- Or, on observe, en traçant ces courbes, dans toute l’étendue du triangle, qu’elles ont des points anguleux rangés sur trois lignes Es, E's, E"e, correspondant à des minima relatifs des températures, et aboutissant toutes trois au même point e, qui est le point représentatif de l’alliage la plus fusible des trois métaux en question.
- Si nous abandonnons la représentation en plans
- cotés pour recourir à un modèle plastique, nous pourrons figurer l’ensemble des températures de fusion de tous les alliages des trois métaux par une surface comme celle dont notre figure 2 donne la perspective. A partir des trois sommets où sont les métaux purs, la surface s’abaisse en trois nappes séparées par des thalwegs concourant au point le plus bas du modèle. Ce sont ces rigoles de la surface qui donnent ce que l’on pourrait nommer les eutectiques relatifs du groupe d’alliages étudiés.
- Dans chaque nappe se dépose, au refroidissement, le métal pur correspondant au sommet contenu dans la nappe; le long de la rigole se sépare l’alliage binaire conduisant vers l’eutectique absolu. On conçoit, sans qu’il soit nécessaire d’insister, combien est précieux un diagramme des températures de fusion pour élucider la constitution des alliages ternaires. Mais il faut, pour établir un tel diagramme, exécuter un très grand nombre d’expériences délicates, et l’on peut
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- sc faire une idée déjà suffisamment nette de cette constitution par l’examen microscopique des surfaces polies, et, au besoin, légèrement mordues à l’acide chlorhydrique.
- Le travail du polissoir permet d’ailleurs, au point de vue pratique, de se rendre compte de la dureté relative des composants de l’alliage. En général, le ciment se creuse, et certains cristaux plus durs restent en relief.
- Les microphotographies que nous reproduisons ici représentent (fig. 5) des cristaux de bismuth, séparés du bain plomb, bismuth, étain, entre 175° et 125°. Autour de chacun d’eux s’étend une zone où l’on distingue du bismuth et de l’étain déposés le long d’une ligne d’eutectiques relatifs entre 125 et 06°. Enfin le ciment se compose du mélange eutectique ternaire venu en noir dans la photographie.
- Dans une autre série, la figure 4 montre des cristaux anguleux d’antimoine; enfin la figure 5 donne l'aspect d’une plaque contenant des cristaux de Sb Su, et, en outre, des étoiles de la composition Sb Cu3.
- Nous n’insistons- pas sur les conclusions que l'on peut tirer d’une semblable étude, trop vaste pour que nous ayons pu faire plus que de signaler à l’attention de nos lecteurs le beau Mémoire de M. Charpy. Ch.-Ed. Guillaume.
- L’OR ET L’ARGENT
- DANS LE MONDE ENTIER
- Les Annales des Mines ont publié dernièrement, à l’aide des statistiques officielles récentes, un relevé général de la production annuelle de l’or et de l’argent dans le monde entier; cette étude nous fournit des renseignements et des chiffres intéressants.
- Un a extrait, dans l’espace d’une année, plus de 206 000 kilogrammes d’or et 4 477501 kilogrammes d’argent, ce qui représente, en nombres ronds, une valeur de plus de 658 millions pour l’or et de près de 934 millions pour l’argent, soit en tout environ 1592 millions. Les principaux pays producteurs de l’or sont : les États-Unis, 172 millions; l’Australie, 127 millions; la Russie, 117 millions; la République sud-africaine, 69 millions; les possessions anglaises de l’Afrique et de l’Asie, 48 millions; la Chine, 27 millions; la Nouvelle-Zélande, 19 millions. La Guyane française, l’Allemagne, la Hongrie, le Chili, le Mexique, le Venezuela, la Guyane anglaise, le Canada, ont une production dont la valeur annuelle, pour chacun de ces pays, oscille entre 5 et 7 millions, en admettant qu’un kilogramme d’or vaut, prix moyen, 3188 francs. On évalue à 209 francs le prix moyen d’un kilogramme d’argent. En adoptant ce chiffre, on constate que les principaux pays producteurs de l’argent sont les États-Unis, dans lesquels l’extraction représente plus de 390 millions; le Mexique, 271 millions;la Bolivie, 80millions; l’Allemagne, 69 millions. Viennent ensuite, fort loin en arrière, le Chili, 15 millions; l’Espagne et la France, chacune 11 millions; l’Amérique centrale et la Guyane anglaise, chacune 10 millions; enfin, la Chine, 9 millions. Quant à la production d’or en France elle est absolument insignifiante et ne dépasse pas 200 kilogrammes, soit une valeur de G40 000 francs environ. J. R.
- —»<>«—
- LE
- PROLONGEMENT DE LA LIGNE D’ORLÉANS
- jusqu’au quai d’orsay
- Le développement incessant du trafic des chemins de fer, l'augmentation constante du nombre des voyageurs dans les gares de Paris ont obligé successivement toutes nos Compagnies à remanier l’installation de leurs gares d’arrivée à Paris, pour tâcher de donner à celles-ci tout le développement compatible avec l’espace disponible. Après les Compagnies de l’Ouest et du Nord', nous voyons actuellement celles de l’Est et de Lyon qui procèdent à ce remaniement sous la pression des besoins nouveaux qu’a provoqués cet accroissement de la circulation. Ces travaux ont été effectués en conservant l’emplacement antérieur qu’on a seulement agrandi au moyen de certaines extensions qu’on a pu réaliser dans le voisinage.
- Pour la Compagnie d’Orléans, la question d’agrandissement se posait dans des conditions un peu différentes, car la gare de la place Walhubert est trop éloignée du centre actuel de Paris et ne peut pas se prêter par conséquent à un trafic de banlieue un peu intense.
- La ville s’agrandit, en effet, M’une façon tout à fait continue dans la direction de l’ouest, comme c’est le cas du reste pour presque toutes les grandes villes d’Europe suivant une loi générale particulièrement curieuse.
- Qu’il faille en chercher l’explication générale dans le mouvement migrateur qui a poussé nos aïeux de race aryanevers l'Occident, ou que plus simplement, à Paris par exemple, il suffise de dire que le déplacement s’effectue de préférence en amont de la ville par rapport à la direction habituelle des vents qui vient de l’Ouest, le fait n’en est pas moins bien établi.
- Nous voyons, en effet, que le centre de la ville se déplace continuellement de ce côté, et les gares situées à l’Est se trouvent ainsi reportées en dehors du mouvement général. Ce déplacement n’aurait pas trop d’inconvénients si nous possédions à Paris une ligne métropolitaine permettant d’accéder aux divers réseaux en partant du centre de la ville ; mais il y a peu de chances désormais pour que nous puissions la voir se constituer, et il devient donc d’autant plus nécessaire que les gares éloignées du centre s’attachent à s’en rapprocher, si elles veulent s’assurer un service de banlieue un peu efficace. C’est là, du reste, ce que la Compagnie d’Orléans a déjà fait, il y a quelques années pour la ligne de Sceaux, dont la gare de départ a été ramenée depuis la place Denfert jusqu’au Luxembourg2, en prolongeant la ligne de 1500 mètres.
- 1 Vov. n° 800, du 29 septembre 1888, p. 277 et n° 987, du 30 avril 1892, p. 349.
- 2 Voy. n° 1139, du 30 mars 1895, p. 275.
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- LA N AT U UE.
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- Cette opération qui a été complètement terminée en 1895 a donné des résultats inespérés ainsi que le constate, dans la Revue générale des chemins de fer, l’éminent ingénieur en chef, M. Brière. Dans la première année d’exploitation, le trafic augmentait en effet dans la proportion de 40 pour 100, et cet exemple si encourageant décida donc la Compagnie à saisir immédiatement l’occasion favorable qui se présenta pour transférer de même la gare de la place Valhubert.
- Elle reconnut, en effet, que l’emplacement occupé par les ruines de l’ancienne Cour des Comptes sur le bord de la Seine, conviendrait particulièrement bien pour cette opération, car il pourrait être raccordé sans trop de difficultés avec la gare actuelle. De plus, l’aliénation des terrains occupés à côté par la caserne d’Orsay augmenterait la surface disponible et permettrait d’installer la nouvelle gare dans les conditions d’ampleur désirables pour un service de cette importance.
- Les négociations engagées avec l’État pour obtenir l’aliénation de ces terrains en même temps que les autorisations nécessaires aboutirent heureusement; la loi votée par le Parlement en décembre 1897 et la déclaration d’utilité publique qui la suivit, autorisèrent la prolongation de la ligne et le transfert de la gare.
- La Compagnie cflOrléans commença immédiatement les travaux qui sont en cours actuellement, et nous avons crû intéressant de donner quelques détails à ce sujet en nous aidant de l’étude publiée par M. Brière avec la collaboration de M. de la Brosse, ingénieur de la Compagnie.
- La ligne projetée partira du terminus de la gare actuelle dont elle prolongera les deux voies centrales. Elle passera sous les bâtiments de la gare de la place Valhubert en plongeant avec une pente rapide de 0m,011 sur une longueur de 440 mètres. De là, elle arrive au quai Saint-Bernard où elle s’établit à ciel ouvert sur le bas port : on a pu, en efïet, y prélever pour l’établissement du chemin de fer une zone de 9 mètres de largeur qui s’étend sur une longueur de 650 mètres jusqu’au pont Sully. A partir de ce point et sur tout le reste du parcours, le quai bas devient très étroit, aussi le chemin de fer pénètre sous le quai haut et reste ainsi en souterrain jusqu’au quai d’Orsay, mais il prend sur la Seine en différents points de nombreux jours qui servent en même temps à l’aération.
- Le profil en long est particulièrement facile ; en dehors du point de départ, les déclivités ne dépassent nulle part 5 millimètres. Le rayon des courbes atteint généralement 200 mètres et ne descend pas au-dessous de 150 mètres; on a pu enfin contourner les culées des ponts sans en compromettre la stabilité.
- Le niveau du rail coïncide à peu près avec le niveau ordinaire des eaux ; la plate-forme sera donc exposée en temps de crue à des sous-pressions ; aussi est-elle munie de radiers inférieurs pour y résister.
- Les travaux seront exécutés par des procédés exclusivement souterrains de façon à ne pas gêner la circulation, comme le cas s’était produit lors du prolongement de la ligne de Sceaux, provoquant ainsi de nombreuses réclamations.
- Dans les parties qui seront suffisamment en contrebas, l’abatage sera effectué par la méthode du bouclier; on soutiendra, en un mot, la faible tranchée de terre qui séparera l’extrados de la voûte du sol de la chaussée par un bouclier en métal qui s’avancera progressivement poussé par des vérins hydrauliques, les maçonneries suivront au fur et à mesure de l’avancement des déblais. Le profil de la voûte en travers adopté dans ce cas est représenté dans la figure 2, dans le cartouche supérieur.
- Lorsque la hauteur du sol de la chaussée sera trop faible pour permettre ce mode de construction, la tranchée de la ligne sera recouverte par un plancher métallique, comme l’indique la figure 2.
- En prévision du prolongement de la ligne de Sceaux jusqu’au quai d’Orsay, on construira sur les 500 derniers mètres du tracé une deuxième voûte accolée à la première. Les voies qu’on y installera seront utilisées provisoirement pour les garages de la gare terminus. La ligne comportera au pont Saint-Michel une station qui sera ouverte seulement au service des voyageurs sans bagages.
- La gare actuelle de la place Walhubert restera comme gare intermédiaire et tous les trains s’y arrêteront ; elle conservera en outre le ^service des messageries et de divers trains exceptionnels comme les trains militaires, de pèlerinage, et en outre le service entier des marchandises. La gare du quai d’Orsay ne sera ouverte qu’au service des voyageurs et de leurs bagages.
- Cette gare comprendra deux étages dont la disposition fort intéressante étudiée par M. Sabouret, ingénieur de la voie, est représentée sur les figures 5, 4et 5. Les rails arriveront à 5 mètres en contre-bas du sol, et l’étage inférieur sera entièrement occupé par les voies, les divers services et bureaux étant installés au rez-de-chaussée qui sera relié au sous-sol par des escaliers et des ascenseurs.
- Ainsi qu’on le voit sur le plan, le rez-de-chaussée occupe exactement l’emplacement total acquis par la Compagnie ; ancienne cour des Comptes, caserne d’Orsay et rue intermédiaire, il présente à peu près la forme d’un rectangle ayant 200 mètres de long sur 75 de large. Dans le sous-sol, ce rectangle est entièrement occupé par les voies prévues au nombre de quinze; mais, comme il était indispensable de ménager à l’origine un éventail de raccordements reliant ces lignes aux voies principales, la Compagnie a dû acheter la propriété d’une partie des caves en sous-sol des deux immeubles voisins séparant l’emplacement de la gare prévue de la rue du Bac ; elle reprendra en sous-œuvre les constructions de ces immeubles en les soutenant par un tablier métallique dont l’entretien est mis à sa charge.
- En dehors de la voie de service voisine de la rue
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- de Lille, les quatorze autres voies de la gare sont rattachées entre elles par une série de bretelles de croisement qui permettent de les utiliser indifférem-
- ment pour l’expédition ou la réception des trains ; on a cependant prévu certaines affectations pour le service courant. Les trois premières voies voisines de
- Fig. 1. — Façade de la nouvelle gare d'Orléans sur la rue de Bellecliasse.
- Fig. 2. — Coupe de la voie dans les parties en tunnel avec plancher en fer soutenant directement la chaussée. ~ Dans le cartouche disposition des parties en voûte.
- la Seine sont destinées à des garages, les quatre suivantes serviront au départ des trains de grandes lignes, puis deux autres à l’arrivée et au départ de
- la banlieue, les deux suivantes à l’arrivée des trains de grandes lignes. Viennent enfin deux autres lignes de banlieue et deux voies de service.
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- Les trottoirs desservant les voies ont des longueurs variant entre 185 et 240 mètres et des largeurs de 6 et 7 mètres, ils seront surélevés de 0m,85
- au-dessus des voies de façon à permettre l’accès de plein pied dans les compartiments. Les trottoirs 2 et 4 (pii sont plus étroits serviront exclusivement à la
- Fig. 3. — Vue d’ensemble intérieure de la nouvelle gare d'Orléans sur le quai d’Orsay, en coupe.
- circulation de service qui s’effectuera ainsi sans gô- chaussée, tout le service du départ est concentré sur ner le va-et-vient des voyageurs. Au niveau du rez-de- la longue façade du quai d’Orsay et celui de l’arrivée
- Fig. 4. — Façade de la nouvelle gare d'Orléans sur le quai d’Orsay.
- sur la cour de la rue de Bellechasse. 11 n’y aura pas de cours pour le garage des voitures de départ, celles-ci n’ayant pas à stationner; cependant, pour ne pas gêner la circulation sur le quai, on a prévu le long de la façade, entre les deux pavillons saillants qui l'enca-
- drent, une retraite de 4m de largeur sur le trottoir.
- Les voyageurs de grandes lignes entreront par ce trottoir couvert d’une marquise et trouveront tous les guichets dans le vestibule de 17 mètres de largeur. Les voyageurs de banlieue entreront par le
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- LA NATURE.
- pavillon Ouest. Les voyageurs gagneront le quai de départ de leur train par des escaliers desservant chaque trottoir, et disposés de manière à éviter tout parcours inutile et toute traversée des voies à niveau. Les bagages sont descendus par des monte-charge sans aucun contact avec le public. Le service de l’arrivée est complètement indépendant de celui du départ. Le voyageur descendant du train, se dirige vers le fond de la gare et y trouve des escaliers doublés d’ascenseur qui le font déboucher dans un vestibule régnant sur toute la façade de la cour. Les bagages, sortis des fourgons, sont chargés sur des chariots et montés par des ascenseurs.
- La question d’aspect architectural de la façade de la gare présentait une importance particulière en raison de la proximité des palais, comme celui des Tuileries et surtout de celui de la Légion d’honneur qui en est immédiatement voisin.
- Il importait, en un mot, d’avoir une façade qui ne fit point tache dans cette région qu’on peut considérer comme l’une des plus élégantes de Paris.
- La Compagnie s’est préoccupée de ce point, et elle a tenu à le faire étudier par des architectes particulièrement autorisés. Nous représentons, dans les figures 1 et 4, les dispositions dues à M. Laloux, et qui, après modifications,ont été définitivement adoptées; on voit que la façade sur le quai d’Orsay restera relativement peu élevée et présentera un caractère général s’harmonisant bien avec celui du palais de la Légion d’honneur.
- La façade sur la rue de Belleehasse sera formée par un hôtel Terminus qui masquera heureusement le pignon vitré du grand hall central. L. Raclé.
- LES
- MALADIES MICROBIENNES DES VÉGÉTAUX
- Les microbes se rencontrent partout dans la nature : ils vivent dans les flaques d’eau, dans les mares stagnantes, les étangs qui renferment les matières organiques, dans les fleuves qui traversent les villes, dans les ports, sur le littoral et même dans les profondeurs de la mer. Ils se
- Métrés
- et Consignai ic
- J Légion L d'Honneui
- Grandes LiqneS'-ffi________[
- Fig. 5. — Installation des voies dans le sous-sol de la gare du quai d’Orsay.
- trouvent suspendus dans l’atmosphère, et ils existent en masses énormes dans le terreau, l’humus et la terre végétale. Ils prennent passage dans l’air que nous respirons, les aliments que nous ingérons, les habits que nous portons pour pénétrer dans notre organisme et y provoquer l’explosion des maladies terribles; ils n’épargnent pas davantage nos animaux domestiques.
- Cependant, à l’égard de nos plantes cultivées, ils paraissent avoir des complaisances inexplicables, et, malgré leur propension marquée d’envahir tout ce qui vit ou tout ce qui croupit, ils ont l’air de respecter tout ce qui végète. Remarquez, en effet, qu’à l’encontre des épidémies meurtrières et des épizooties exterminatrices, les calamités végétales connaissent pour cause non pas des microbes, mais bien des champignons microscopiques : péronospora, oïdium, charbon, carie, etc., ou encore d’insectes parasites : phylloxéra, dorvphora, etc. Les maladies microbiennes proprement dites n’occupent jusqu’ici qu’un minuscule chapitre de la pathologie végétale, et ne semblent causer que des affections peu inquiétantes.
- On a voulu attribuer la rareté de ces perturbations à la nature chimique du plasma végétal qui constituerait, par ses réactions acides, un milieu fort incommode pour les exploits de ces travailleurs microscopiques. A cela on peut objecter que les microbes pullulent dans des liquides rougissant fortement le papier de tournesol, tel
- que le suc gastrique, et qu’ils sont même logés normalement dans les tissus végétaux. C’est ainsi qu’une légumi-neuse, la liane a réglisse (Abrus precatorius), contient constamment dans son suc des bactéries auxquelles elle doit ses propriétés irritantes. On sait, en effet, que ce suc placé sur la conjonctive oculaire amène chez les animaux, une conjonctivite bactérienne intense. C’est du reste là, comme l’a très justement dit Wecker dans une lettre à Pasteur, (( le premier exemple de transmission incontestable d’une maladie infectieuse par un végétal ».
- En réalité donc les végétaux vivants ne jouissent d’aucune sorte du privilège d’immunité en faveur de l’invasion des microbes : leurs tissus restent exposés aux attaques, parfois très graves, de ceux-ci. Il est probable que dans bien des cas où les plantes sont atteintes d’un mal inconnu, la ténuité extrême des bactéries et la grande difficulté de les distinguer, ont fait méconnaître leur présence. Quoi qu’il en soit, le développement de ces parasites exigus a souvent donné la clé de plusieurs altérations végétales et vient encore d’éclairer la cause d’une nouvelle maladie des betteraves qui ne laisse pas que d’inquiéter nos agriculteurs.
- La première observation d’une bactérie attaquant une plante vivante et causant un dommage de quelque importance dans les cultures, remonte à peine à vingt ans. Elle a été faite par M. Prillieux sur différentes espèces de
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- Froment des environs de Paris, dont les grains, rongés par des amas de bactéries (Micrococcus tritieï), présentaient une coloration rose.
- Depuis, on a retrouvé ces agents pathogènes sur les organes les plus variés d’une foule d’autres végétaux. On a vu des tiges nombreuses de Pomme de terre, de Pélargonium, de Bégonia se gangrener et pourrir à la suite des attaques du Bacillus caulivorus; on a signalé dans les pépinières des invasions en colonnes serrées du Bacte-rium Mori, dont les assauts compromettaient l’existence des jeunes mûriers, en arrêtant le développement des rameaux et en leur carbonisant le bout. Dans bien des points du nord et du centre de la France, des champs de Tomates ont été la proie d’une nuée d’autres bacilles qui, de proche en proche, transformaient en une innomable bouillie le contenu des jeunes fruits encore roses. Bolley, en Amérique, en étudiant l’altération si préjudiciable, qui bossue la peau des pommes de terre et la rend galeuse, a prouvé qu’elle n’était point due, selon l’opinion accréditée, aux fortes fumures, mais à la présence d’une bactérie courte, et globuleuse qui, après avoir établi domicile sous la peau du tubercule, distillait un suc irritant dont les vertus virulentes multipliaient les cellules limitrophes et grossissaient la croûte.
- Dans les pays de l’Olivier, on aperçoit souvent sur les branches de ces arbres des tumeurs ligneuses d’un volume variable, de forme capricieuse, vaguement sphérique, avec une dépression qui creuse le centre d’une crevasse profonde. Ces nœuds singuliers, ces callosités rugueuses entraînent, en se desséchant, la perte du rameau qui les porte. Leur multiplication outre mesure rend la végétation de l’olivier languissante et sa récolte douteuse. M. Savasteno découvrit, au centre de ces tumeurs, de frêles bâtonnets d’un microbe spécial (Bacillus oleæ) qui, inoculé, transmet sûrement la maladie à des pieds bien portants. Le pin d’Alep présente aussi des excroissances analogues provoquées par une bactérie du même genre. D’autre part, en Amérique, des microeoques corrosifs rongent l’écorce des arbres fruitiers, tandis que des bacilles fort exigus, en se développant sur le Sorgho, brûlent, pour ainsi dire, les feuilles et surtout les gaines de cette céréale.
- Mais de toutes les affections microbiennes des plantes cultivées dont je n’ai rappelé ici que les principales — la plus sérieuse est, sans contredit, celle qui a sévi avec intensité en Russie et en Autriche et qui, actuellement, cause des dégâts importants dans les plantations de tabac de la vallée de la Garonne et du Pas-de-Calais. Elle attaque les feuilles de cet arbuste, et, grâce aux nombreux îlots que les colonies bacillaires du parasite développent sur le limbe, les tachette de macules jaunâtres bordés d’un cercle plus foncé. L’aspect quelque peu bariolé de la plante attaquée a déterminé les Allemands à désigner cette altération sous le nom de mosaïque.
- La nouvelle maladie des betteraves observée depuis deux ans dans plusieurs cantons des départements du Nord, du Pas-de-Calais, de Seine-et-Oise, de Seine-et-Marne, et sur laquelle MM. Prillieux et Delacroix viennent de présenter une Note à l’Académie des sciences, semble présenter beaucoup de rapports avec la nielle des feuilles de tabac. Ces deux botanistes font, en effet, de la nouvelle maladie, le diagnostic suivant : « Les feuilles de la périphérie, principalement celles du cœur se marquettent de vert et de blanc, comme dans la mosaïque des tabacs à son début. Peu à peu ces petites taches, d’abord bien tranchées, deviennent moins vertes. Les taches, blan-
- ches ou vertes, ne tardent pas à virer vers un ton jan-nàtre uniforme, et la feuille finit par se dessécher. »
- L’examen microscopique des feuilles malades permet de constater, dans les cellules correspondant aux régions décolorées, la présence de très nombreuses bactéries, courtes, un peu en forme de tonnelet, tourbillonnant rapidement dans le liquide contenu dans la cellule. Tout autour d’elle les crépuscules chlorophylliens perdent, avec la netteté de leurs contours, presque toute leur couleur.
- Les feuilles étant le laboratoire principal où s’ébauchent et se constituent les matières nutritives, le trouble de leur fonctionnement a un retentissement immédiat sur les autres organes. Ainsi sur les pieds dont les parties vertes sont fortement attaquées, à partir de la seconde quinzaine de juillet, les racines ne grossissent plus, quoique leur teneur en sucre reste normale, et la perte totale atteint 50 pour 100 de la récolte.
- Cette maladie nouvelle, appelée jaunisse de la betterave, semble prendre naissance dans les pièces de terre ayant donné asile à des porte-graines. Quoique MM. Prillieux et Delacroix ne soient pas encore arrivés à déterminer exactement le mode d’invasion des betteraves atteintes, il reste néanmoins acquis que les microbes perturbateurs s’observent dans l’enveloppe florale, qu’ils persistent, probablement sous forme de spores, dans la graine, et qu’ils conservent leur vitalité dans les feuilles desséchées, contaminées l’année précédente. Donc, pour le moment, tout ce qu’on peut prescrire, afin de diminuer les chances de l’extension de la jaunisse, c’est un assolement plus long, par exemple quadriennal, et l’emploi de semences récoltées sur des plantes saines. J. de Loverdo,
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- L’ÉCIAIMGE DES FERMES1
- Le Dr Calmette dans Le Nord horticole mentionne l’utilisation du gaz des fumiers pour l’éclairage domestique dans les fermes, M. Artigala signale cette étude à l’attention des agriculteurs. En fermentant, dit-il, le fumier produit, outre de l’acide carbonique, de l’ammoniaque et de nombreux carbures d’hydrogène gazeux brûlant avec une flamme éclairante. C’est avec ces carbures que le Dr Calmette voudrait voir les cultivateurs s’éclairer. Une tonne de fumier en produit des quantités considérables. Il suffirait de recouvrir le fumier d’une cloche munie d’un tube abducteur qui conduirait le gaz dans un récipient laveur. Ce second récipient serait recouvert d’un gazomètre qui servirait de magasin au gaz, lequel pourrait, de là, être conduit par tuyautage dans la ferme. Outre l’économie sur l’éclairage, le cultivateur trouverait, en ayant soin d’aciduler l’eau du récipient laveur, l’avantage de recueillir l’énorme quantité d’ammoniaque qui se perd dans l’atmosphère. Il pourrait aussi l’utiliser, comme engrais, à l’état liquide, en laissant précipiter les sels ammoniacaux qu’on recueillerait de temps en temps. En procédant de la sorte, ajoute M. Artigala, on ne perdrait plus des quantités considérables de gaz fertilisants. On estime à 800 millions de francs la valeur du fumier produit annuellement en France. En évitant l’appauvrissement de cette masse d’engrais, on en augmentera d’un bon tiers la valeur fertilisante. L’agriculture française s’enrichirait donc de la somme respectable de 266 millions par an. M. N.
- 1 Cosmos.
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- LA NATURE.
- ÉTUVE À PÉTROLE
- Dans une récente communication aux sociétés savantes, M. J. Tissot vient de décrire un nouveau système de régulation thermique très simple en même temps qu’excessivement exact et sensible, et qui, fait capital, permet le chauffage à l’aide d’une lampe à pétrole de tous les appareils dans lesquels il est désirable d’avoir une température constante. On voit par là que cet instrument réunit de nombreux avantages qui le rendent précieux pour les médecins, biologistes, industriels, etc.
- Le principe employé dans ce régulateur est la modification considérable que subit la tension de vapeur de certains liquides, lorsque la température varie dans de faibles limites.
- Un tube fermé à l’une de ses extrémités et contenant du mercure et quelques gouttes d’un liquide volatil, estplongé dans l’eau qui remplit la double paroi de l’étuve e (ou d’un autre appareil) . Ce tube communique avec un autre AB placé en dehors de l’appareil et contenant également du mercure. Un poids C de 20 grammes repose sur le mercure et est relié au contrepoids H de 17 grammes par un fil passant sur la poulie D.
- Le poids II est également relié par le fil K à un levier horizontal très mobile P, et qui porte à son extrémité une lame horizontale P' destinée à couper la flamme de la lampe H et à l’éteindre.
- Un contrepoids Y de 10 grammes sert à ramener le couteau extincteur en arrière lorsque la lampe doit se rallumer.
- La lampe comprend deux flammes : une grande, destinée au chauffage, et une petite, destinée uniquement à rallumer la grande lorsque le besoin s’en fait sentir.
- Voici maintenant comment fonctionne tout le système.
- Le liquide volatil placé à l’intérieur de l’étuve s’échauffant par trop fait monter le mercure dans le tube AB, élève le poids C, et par suite abaisse le poids H qui attire à lui le couteau extincteur et éteint la grande flamme. Lorsque l’étuve se refroidit c’est exactement l’inverse qui se produit. Le couteau
- extincteur revient en arrière et la grande flamme se rallume. Ce système est de la plus grande sensibilité et la température de l’étuve est toujours réglée avec des écarts qui n’atteignent jamais un demi-degré. Il s’applique non seulement aux étuves, mais aux couveuses artificielles, et, en général, à tous les appareils dans lesquels on a besoin d’une température constante.
- Une dernière remarque à faire est que l’instrument, en même temps qu’il règle la température, règle la dépense de combustible qu’il réduit au minimum ; de sorte que pour un médecin, par exemple, la dépense ne dépassera pas 10 centimes par jour pour l’entretien de son étuve.
- Un premier résultat de la communication de M. J. Tissot sera de vulgariser les recherches de bactériologie parmi les médecins et de leur permettre de baser leur diagnostic sur l’examen bactériologique, chose qui n’était pas possible à ceux qui n’ont pas le gaz d’éclairage à leur disposition. C’est là un fait important, et dont les malades tireront profit. Il est bien certain que n’importe quel médecin, dans le trou le plus reculé et le plus profond, peut faire l’examen bactériologique de crachats suspects, ou de fausses membranes douteuses, en envoyant des échantillons à des établissements industriels où l’on se charge, à des prix d’ailleurs élevés, de faire l’examen requis, et de renvoyer le résultat de cet examen. Mais que de temps perdu, dans bien des cas! Il y a des localités en France, qui sont à plus de 24 heures de Paris par exemple, et s’il faut déjà perdre 48 heures, par le fait de la transmission postale, sans compter un, deux, trois, quatre jours et peut-être plus, par le fait de l’encombrement, le diagnostic est souvent réexpédié trop tard. Le malade n’est point soigné comme il le faudrait, et quand on sait exactement ce qu’il a, il est déjà trop tard. Avec l’étuve à pétrole, instrument simple, peu coûteux, tout médecin peut faire lui-même les recherches nécessaires, et établir son diagnostic dans le minimum de temps.
- Le corps médical ne manquera certainement pas d’apprécier hautement cet avantage.
- G. Dubois.
- Etuve à pétrole.
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- LATJNATURE.
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- L4 LOQUE
- Quelques-uns de nos lecteurs seront peut-être surpris d’apprendre que les abeilles, comme les autres animaux domestiques, sont sujettes à de trop nombreuses maladiesVjui, par moment, déciment leurs populations.
- 11 en est une surtout redoutable entre toutes, d’origine microbienne, contagieuse par conséquent, qui cause parfois dans certains ruchers des pertes considérables : c’est la loque ou pourriture du couvain.
- Quoiqu’elle soit connue depuis Aristote et sans doute même avant, ce n’est qu’en 1874 que le Dr Cohn lit connaître sa nature microbienne, et en reconnut le bacille qui fut plus tard nommé par Chesire :
- Bacillus alvei (fig. 1).
- 11 y a beaucoup à faire encore pour l’étude de cette terrible maladie dont les symptômes au début sont peu tranchés, et passent inaperçus. C’est d’abord une légère dépression des opercules du couvain, puis quelques-uns se crèvent et l’on peut alors constater que la larve contenue dans la cellule est en pleine décomposition. Elle forme une masse visqueuse qui ne tarde pas à brunir. Il en sort une sanie qui tache et colore les opercules (fig. 2).
- Un peu plus tard, les jeunes larves non operculées sont atteintes, pourrissent aussi, et les rayons répandent une odeur nauséabonde. La ruche est perdue. Le microscope montre alors non seulement dans les larves et les nymphes, mais aussi dans l’appareil digestif des abeilles adultes, de nombreux bacilles en forme de bâtonnets mobiles, devenant immobiles ensuite, et à l'intérieur desquels on aperçoit bientôt de nombreux germes ou spores arrondis qui, par leur dissémination, répandront la maladie partout où ils parviendront.
- Ils se répandent, en effet sur le corps des abeilles, sur les cadres, sur les parois de la ruche, sur les parasites qui s’y trouvent souvent et qui se charge-
- ront aussi de les transporter d’une ruche dans une autre.
- Malheureusement les remèdes nombreux, préventifs ou curatifs que l’on a préconisés et sur lesquels nous ne pouvons ici nous étendre, n'ont jamais donné de résultats bien sérieux. L’un des plus connus repose sur l’emploi de l’acide salycilique. Mais dans les ruches ainsi traitées, la maladie reparaît fréquemment au moment où l’on n’y pense plus, croyant avoir obtenu une guérison complète.
- Le plus sûr est de vider complètement toute ruche atteinte, de lui faire subir un lavage à l’acide sulfurique au dixième, et de la conserver longtemps avant de s’en servir de nouveau dans une chambre où l’on a fait brûler du soufre.
- Des rayons quelle contenait on extraira le miel qui servira uniquement pour la préparation de boissons alcooliques, hydromel ou eau-de-vie, et la cire sera fondue à une température suffisante pour détruire tout germe vivant.
- Mais, hâtons-nous de le dire, le seul moyen de se mettre à l’abri de toute contagion, c'est le feu. Si Von peut en faire le sacrifice, il ne faut pas hésiter, et tout brûler : contenant et contenu.
- C’est surtout en Italie que la loque est fréquente, et c’est de là qu’elle se répand depuis quelques années, au point qu’en Allemagne on a dû promulguer des lois spéciales pour s’opposer à son invasion . L’Angleterre s’est également émue, et il est à souhaiter que chez nous les pouvoirs publics ne restent pas indifférents en présence d’un fléau qui pourrait, si l’on n’y prend pas garde, ruiner l'apiculture au moment où elle prend, dans notre beau pays de France, une extension de plus en plus grande.
- L’abeille italienne a peut-être des qualités d’activité et de vigueur qui l’on fait rechercher par les apiculteurs, mais elle a aussi des défauts, et l’on a tort d’oublier que notre race française, plus douce et mieux adaptée à notre climat, est encore celle qui
- Fig. 1. — Bactéries de la loque (Bacillus alvei)', a, bâtonnets; b, bâtonnets plus âgés portant des spores.
- Fig. 2. — Rayons loqueus.
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- LA NATURE.
- donne les résultats les plus surs, et nous sommes convaincus qu’en tout élevage les races locales croisées et sélectionnées avec discernement, seront toujours les meilleures. À. L. Clément,
- Vice-président de la Société centrale d'apiculture et d’insectologie.
- Au sujet de l’article que nous avons publié sous le titre : La grande lunette de 19001, nous recevons la lettre suivante :
- Monsieur le Directeur,
- Nous lisons, dans La Nature, une Note intéressante de M. Darré, astronome à l’Observatoire de Paris, sur la grande lunette de 1900, où le nom de la Compagnie de Saint-Gobain est mentionné.
- En raison de la notoriété de votre journal et de celle de l’auteur de l’article, nous désirons préciser les limites et la nature de notre intervention dans cette affaire.
- Lorsqu’on nous fit l’honneur de nous consulter, on nous indiqua comme dimensions approximatives du miroir à construire, un diamètre de 5 mètres et une épaisseur de 0",90, correspondant à un poids de verre de plus de 15000 kg. Nous répondîmes que la réussite d’une semblable pièce nous paraissait improbable, en raison de son épaisseur, et bien qu’il ne fut pas question de fournir un verre limpide.
- Nous pouvions aisément dépasser le diamètre de 5 mètres, mais nous demandâmes, pour tenter l’essai avec quelque .chance de succès, que l’épaisseur fût réduite environ des deux tiers.
- Ultérieurement, après un nouvel entretien, le poids du miroir fut réduit à 9000 kg avec une épaisseur supérieure à 0ra,50, et nous insistâmes encore pour que celle-ci fût ramenée à un chiffre moindre.
- Les choses en restèrent là ; nous ne fûmes plus consultés, et nous avons appris par la voie des journaux seulement qu’un miroir avait été exécuté.
- Ce n’était d’ailleurs ni la pièce de 0m,90 d’épaisseur, pesant 15 000 kg, ni celle de 0"‘,50 pesant 9000 kg, mais bien une autre pièce de 0m,50 d’épaisseur et du poids de 3000 kg. La Compagnie de Saint-Gobain n’eût pas hésité à accepter ces dimensions, avec le meilleur espoir dans le succès de la fabrication.
- Veuillez agréer, monsieur le Directeur, etc.
- Alfred Biver,
- Directeur général des glaceries de la C* de Saint-Gobain.
- CHRONIQUE
- Les hautes pressions dans les locomotives. —
- La plupart des locomotives en service fonctionnent avec des pressions de vapeur de 10 à 12 kg par centimètre carré. Peut-il y avoir avantage à porter ce chiffre à 15 ou 18 kg par centimètre carré? Cette question a été étudiée par une Association américaine, et nous empruntons quelques renseignements à l’analyse faite par le Génie civil. Le point de vue auquel se placent les Américains est bien différent de celui qu’auraient adopté les ingénieurs européens. Ces derniers ne perdent jamais de vue la consommation de charbon par kilomètre train, leurs collègues des Etats-Unis se préoccupent uniquement d’aug-
- 1 Voy. n° 1317, du 27 août 1898, p. 199.
- menter la puissance de traction de leurs machines, sans se préoccuper de la dépense de combustible. Le rapport de cette Association fait ressortir un certain nombre de points intéressants, mais n’apporte cependant pas de conclusion formelle. L’adoption d’une pression plus élevée permet, à égalité de puissance, de réduire le poids du mécanisme, mais nécessite une augmentation du poids de la chaudière ; il serait intéressant de savoir si l’un compense l’autre ; toutefois, il est un avantage que les Américains semblent apprécier : c’est que l’on pourrait augmenter la puissance sans toucher à la largeur totale de la machine, largeur qui a déjà atteint des limites bien difficiles à dépasser. Le journal anglais appelle l’attention sur un côté de la question qui n’a pas été considéré dans le rapport : quelle importance prendra l’entretien dans une locomotive à haute pression? Outre la nécessité d’une meilleure construction, il est à présumer que telle chaudière qui fonctionnait encore passablement à 10 kg avec quelques entretoises cassées et quelques tubes endommagés, devra, avec des pressions élevées, être réparée chaque fois qu’un incident quelconque se produira. On se demande s’il ne serait pas préférable de chercher à accroître la puissance par une augmentation de la surface de chauffe et de la vitesse de la vaporisation, sans toucher à la pression.
- L’avantage «les grands wagons de chemins de fer. — Le grand journal anglais The Times a publié, dans le courant de cette année, une série d’études fort intéressantes sur les chemins de fer américains, études généralement attribuées à M. Acworth. L’auteur, entre autres remarques, insiste sur la ponctualité presque absolue des trains américains, et il l’explique en disant que l’encombrement des voies est beaucoup moindre que sur les chemins de fer anglais, tout simplement parce que les convois sont formés d’énormes wagons et que cela permet un mouvement considérable. La compagnie anglaise Midland amène journellement à Londres une moyenne de 10 000 tonnes de charbon, ce qui représente au moins 25 trains; le Pennsylvania Railroad ou le New-York Central assureraient les mêmes transports avec 6 ou 7 trains. Le correspondant du Times a pris plaisir à compter lui-même le nombre des grands wagons de 30 tonnes qui entraient dans la composition de 3 trains se suivant, et remorqués chacun par une seule machine : le premier était composé de 70 wagons chargés, le second de 07, et le troisième comptait 91 véhicules vides. On comprend que, dans ces conditions, il se peut faire un*trafic énorme sans encombrement : et encore la compagnie du Pennsylvania se propose-t-elle de remplacer ses wagons de 30 tonnes par d’autres de 50 ! A un point de vue plus général, on peut dire que les Américains ne craignent jamais les trains extrêmement lourds ; un convoi de voyageurs pesant 270 tonnes est considéré comme léger : le train désigné sous le nom de Pennsylvania Limited pèse 350 tonnes, et le collaborateur du Times possède des relevés de trajets faits, à raison de 80 kilomètres et demi à l’heure, avec des trains pesant plus de 500 tonnes.
- Le guano de poisson. — Le guano de poisson n’est pas autre chose qu’une farine de poisson, obtenue en pulvérisant le corps de l’animal dont on a extrait l’huile par pression. Le chimiste canadien Franck T. Shutt en a analysé un grand nombre d’échantillons : pour l’un, par exemple, il a constaté 26,91 pour 100 d’humidité, 57,04 de matières organiques et volatiles, et 16,05 de matières minérales ; il s’y trouvait encore 4,78 d’acide
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- phosphorique total et 4,04 de ce même acide soluble dans une solution d’acide citrique à 1 pour 100 ; puis •10,32 d’azote. Dans un autre échantillon il y avait jusqu’à 17,00 d’acide phosphorique et seulement 3,47 d’azote; dans cet échantillon, du reste, la proportion d’humidité tombait à 5,19. Ces variations s’expliquent parfaitement par le mode de fabrication, la préparation du guano de poisson différant beaucoup suivant les pays. Mais M. Shutt insiste sur ce fait qu’on a là un engrais riche en matière fert.lisante aisément utilisable ; il est puissant, son action rapide, et la fermentation facile dans le sol. Pour en tirer le meilleur parti possible, il faut le mélanger de cendre de bois, de muriate de potasse, etc., car il ne contient pour ainsi dire pas de potasse. On l’applique souvent en couverture, mais il vaut mieux l’enfouir par un léger hersage ; il est d’une valeur toute spéciale pour les céréales, et donne généralement des rendements supérieurs dans les sols légers et chauds. On peut aussi en faire un compost qui devient excellent par fermentation, en le mêlant à de la terre noire ou à de la tourbe.
- La fumée et les orages. — Confirmant les observations d’Arrhenius et d’Ekholm, M. Kasner, de Berlin, après une étude de la périodicité des orages en Allemagne, est arrivé à cette conclusion que, dans les villes industrielles qui contiennent un grand nombre de foyers, il y a toujours un accroissement dans la fréquence des orages du mardi au samedi, et, au contraire, une diminution du samedi au dimanche. Des observations faites à Berlin de 1850 à 1840 et de 1848 à 1891 indiquent un maximum le samedi et un minimum le dimanche ; il en est exactement de même à Aix-la-Chapelle. On pourrait en conclure que les variations dans l’électricité de l’atmosphère sont intimement liées aux quantités de fumée émises dans cette atmosphère.
- I.e service de correspondances de la Sinitli-sonian Institution. — Tout le monde connaît de nom la fameuse Smithsonian Institution et ses magnifiques publications ; mais ce qu’on ignore généralement, c’est qu’elle a un service de correspondances, jouant le rôle d’un véritable « Intermédiaire des Curieux », qui répond à toutes les questions qu’on lui pose de tous les points des États-Unis. Il y arrive annuellement cinquante mille lettres, et elles reçoivent une réponse chaque fois que cela est possible ; c’est le Professeur Henry qui a fondé ce service il y a une quarantaine d’années. Souvent on demande des renseignements quelque peu baroques ; mais on fournit toujours une réponse quand la question semble posée de bonne foi.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 sept. 1898. — Présidence de M. Vax Tieghem.
- Rayon solaire de couleur verte. — M. de Maubeuge, capitaine des Messageries maritimes, relate qu’en traversant la mer Bouge, au moment où le soleil se levait derrière le Sinaï, l’astre du jour a lancé un rayon de couleur vert émeraude, qui a couvert un arc de 10° au-dessus de l’horizon. Une quinzaine de personnes présentes sur le pont ont été témoins du phénomène. M. de Maubeuge rappelle qu’il a déjà signalé à l’Asssociation pour l’avancement des sciences, une observation de ce genre qu’il attribue à la présence de poussières jaunes en suspension dans l’atmosphère.
- Les plante&Mu littoral maritime. — M. Bonnier pré-
- sente une Note de M. Griffon sur l’assimilation chlorophyllienne chez les plantes du littoral. C’est un fait aujourd’hui bien établi que la plupart des plantes qui vivent au bord de la mer, ont, par suite de l’action du chlorure de sodium, des feuilles moins vertes, mais plus épaisses que celles des mêmes espèces vivant à l’intérieur des terres. Déjà M. Lesage a montré que par un véritable balancement organique le tissu en palissade est plus développé chez la première catégorie de plantes que chez la seconde catégorie, mais qu’en revanche les grains de chlorophylle sont extrêmement réduits. M. Griffon a déterminé expérimentalement au laboratoire de biologie végétale de Fontainebleau la quantité d’oxygène dégagée, à surface égale, par les mêmes espèces cultivées suivant les deux manières. Il a constaté que la quantité d’oxv-gène dégagée est toujours beaucoup plus faible chez les plantes qui ont subi l’action du chlorure de sodium que chez les plantes indemnes; la proportion varie de 40 à 60 pour 100 suivant les espèces. Ainsi l’on peut dire que les végétaux terrestres luttent contre le chlorure de sodium et que toujours l’assimilation est plus faible dans ce cas.
- Imitation des phénomènes solaires par les décharges électriques. — M. Zenger ht une Note résumant ses derniers travaux relatifs à la reproduction des phénomènes solaires. Pour ce savant, tous les phénomènes cosmiques sont dus au mouvement tourbillonnaire produit par des décharges électriques à la surface du soleil. De là ses efforts pour mettre en évidence ce mouvement tourbillonnaire dans la décharge électrique. Ses expériences peuvent ainsi se résumer : lre expérience. Si l’on colle sur les bords d’une lame de verre, recouverte de noir de fumée, deux triangles découpés dans une feuille d’étain et qu’on fasse jaillir de puissantes étincelles entre le» deux triangles, on aperçoit une trace d’une projection conique, sillonnée de courbes hélicoïdales de directions contraires aux deux pôles et séparées par un filet de noir de fumée intact correspondant à l’axe du tourbillon. — 26 expérience. Si l’on fixe sur la plaque de verre enfumée un disque de papier d’étain et que l’on fasse jaillir l’étincelle au travers de ce disque on voit apparaître, sur le bord, des flammes longues et minces ainsi que des flammes plus larges, contournées en hélice et produisant exactement les aspects des flammes et des protubérances solaires. — 3e expérience. Si l’on fait tomber des étincelles sur un miroir argenté et vernissé, on reproduit les images des taches avec courbes en spirales imitant le contour des grandes taches cyclonales solaires. Une action prolongée montre, à côté d’une large tache, une quantité de petites taches imitant les groupes de taches solaires. De faibles étincelles continuées pendant longtemps donnent l’aspect d’un amas d’étoiles. — 4e expérience. MM. Zenger et Van der Heen placent un hémisphère sur une plaque enfumée ou sur une plaque photographique. En lançant l’étincelle électrique dans cet hémisphère, ils obtiennent sur la plaque toutes les apparences de la couronne intérieure et extérieure du soleil, avec ses rayons recourbés.
- M. Zenger conclut : les travaux récents de M. Deslandres et de M. Goldstein ont permis d’imiter les phénomènes cosmiques à l’aide des radiations cathodiques. On peut aisément expliquer cette circonstance, car le mouvement tourbillonnaire dans l’espace, du tube de Crookes où il n’existe ni pression ni résistance de la matière gazeuse, doit se produire avec beaucoup plus de régularité que sous la pression atmosphérique. 11 y a, dans ce cas, pendant la décharge, transformation du mouvement tourbil-
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- lonnaire en chaleur, lumière et son, comme dans l’atmosphère, lors de la décharge électrique ou lors de l’aurore boréale. M. Zenger affirme avoir fort bien entendu, le 9 septembre dernier, le son caractéristique des aurores boréales, — une sorte de sifflement — dans son observatoire de Prague, situé hors de la ville, à l’abri des bruits. Ch. de Yilledeuil.
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- TRANSFORMATEUR WYDTS-ROCHEFORT
- Depuis quelques années la bobine de Ruhmkorff a été très étudiée et modifiée pour alimenter les appareils producteurs des rayons Rœntgen, et de courants de haute fréquence. Après divers changements on est enfin arrivé à faire donner à des bobines des étincelles de 30 à 35 centimètres de longueur. Mais les bobines ont souvent présenté des inconvénients dans leur fonctionnement, et le fil induit a été exposé à des destructions rapides.
- MM. Wydts et llochefort sont parvenus à construire un autre transformateur avec des dispositions spéciales permettant d’obtenir de grandes étincelles. Dans la figure ci-contre, la vue n° 1 nous montre une coupe intérieure de l’appareil. Au centre d’un grand vase de verre cylindrique est placé un noyau de fer doux autour duquel s’enroule une double couche de gros fil de cuivre isolé, dont les extrémités aboutissent aux bornes extérieures F G. Ce circuit constitue l’inducteur. Autour de lui est un tube isolant C. Un tasseau de bois B, B repose au fond du vase et arrive à une certaine hauteur pour supporter la bobine induite A. La bobine, comme le montre le n° 3 de la figure, est formée uniquement de fil fin isolé et enroulé sur une bande de papier spécial isolant que l’on a soin d’enrouler en même temps. Une bobine comporte environ 800 grammes de fil fin de 0,16 millimètre de diamètre. Cette bobine est placée en A, et les deux extrémités du fil qu’elle renferme sont reliées en E et D. Le tout est ensuite rempli par un isolant I carburé pâteux.
- Un appareil ainsi construit donne une longueur
- d’étincelle qui peut aller de 22 à 24 centimètres avec une dépense de 6 volts et 4,5 ampères, soit 27 watts environ.
- Depuis quelque temps même, sans augmenter la dépense, les constructeurs sont parvenus à fabriquer des appareils qui avec 2 galettes donnent 0m,50 d’étincelle.
- L’isolant pâteux a une très grande résistance d’isolement; aucune effluve intérieure ne se produit quelle que soit la tension et quel que soit l’écartement des deux bornes. Cette qualité rend la bobine d’une durée infinie, absolument imbrû-lable, même si on la soumet à des courants primaires de tension exagérée. Ajoutons de plus que cet isolant est ininflammable et nullement détonant.
- Dans les bobines de Ruhmkorff, il se produit à l’intérieur une série d’effluves entre les bobines induites, et l’on n’obtient souvent que des étincelles longues très ténues et grêles.
- Avec le transformateur de MM. Wydts et Roche-fort, les phénomènes de self-induction sont très réduits en raison du faible développement de l’induit. L’étincelle prenant naissance et disparaissant avec une grande rapidité a la qualité de l’étincelle de la machine statique. Cette qualité est très intéressante et MM. Wydts et Rochefort nous ont montré des tubes qui, n’étant pas chauffés, durent depuis deux ans.
- Enfin MM. Wydts et Rochefort utilisent pour leurs essais un interrupteur rotatif à mercure placé sur le condensateur.
- Ce nouveau transformateur peut rendre de grands services pour la production des rayons Rœntgen, des courants de haute fréquence du Dr d’Arsonval, et même pour la télégraphie sans fils. Récemment en effet MM. Wydts et Rochefort ont pu télégraphier sans fils à 18 kilomètres avec un transformateur donnant 0m,45 d’étincelle. J. Laffargue.
- Le Gérant : P. Masso:;.
- Transformateur à haute tension Wydts-Rochefort.
- 1. Coupe intérieure. — 2. Vue d’ensemble extérieure. — 3. Bobine induite.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1525. — 8 OCTOBRE 1898. LA NATURE
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- L’OZONE ET LES PHENOMENES DE PHOSPHORESCENCE
- Dispositif expérimental pour la reproduction du phénomène de phosphorescence de l’Océan.
- La nuit venue, lorsque l’orage a grondé, ne vous est-il jamais arrivé de vous pro-mener sur la grève?... L’atmosphère est saturée d’uneodeur acre et les crêtes des vagues, balayées par le vent du large, s’illuminent doucement. Des lueurs légères et fugitives courent sur les eaux, pareilles à de troublants feux-follets. Quelle est leur origine? A quelle eau se doit-on les attribuer?...
- La question est bien facile à résoudre quand il s’agit de ces petits animalcules . microscopi-
- - Appareils divers d'expérience, dite Triplette. — 2. Manchon.
- taines parties de l’Atlantique, sur les côtes de
- Guinée et vers le Cap.
- Mais filtrons cette eau lumineuse et si nous ne parvenons à recueillir aucun être vivant, portant en lui la pâle lueur dont s’éclairent les flots, nous serons fort embarrassés.
- La solution est cependant très simple. Le hasard, cette providence du chercheur, m’a conduit à la trouver. C’est à l’ozone qui se trouve dans l’air que l’on doit demander la clef du mystère.
- Prenons en effet un manchon
- 1. Trompe aspirante à eau à trois tubes, 3. Trompe aspirante ordinaire.
- ques lucioles, que l’Océan berce par millions et que plus d’un navigateur a heurtés, surtout dans cer-26* aaoée. — 2* semestre.
- en verre (fig. 2, n° 2) muni de deux robinets. Remplissons ce manchon d’air ou d’oxygène ozoné et ajou-
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- tons-y avec précaution un cinquième environ de son volume d’eau de mer. Plaçons-nous dans l'obscurité et agitons énergiquement l’appareil. Nous apercevrons dans le tube une vive lueur qui persistera pendant plusieurs secondes. Comme celle des vagues elle disparaîtra pour se montrer encore à une agitation nouvelle, puis s’évanouira tout à fait.
- Nous pouvons, si nous le voulons, produire une luminosité continue en utilisant une trompé à eau (lig. 2, nos 1 eto) et en disposant l’expérience comme l’indique notre gravure (lig. 1). A gauche se trouve le générateur d’ozone O formé par un appareil tout nouveau, sur lequel nous reviendrons prochainement ; un transformateur T actionne cet ozoneur. La trompe E aspire directement, dans l’ozoneur, l’air qui y est amené par une conduite C. La lumière produite prend naissance à la surface de séparation des cènes, ainsi que cela est nettement indiqué (fig. 2, nos 1 et o), au point où l’eau et l’ozone entrent en contact. L’eau conserve sa lueur cinq à six secondes après sa sortie de la trompe ; on peut la recueillir dans une cuve. Projetée sur le sol, elle tombe en nappe de feu et répand des vapeurs d'apparence laiteuse qui ne sont pas sans analogie avec les vapeurs de phosphore.
- Il résulte donc de ces expériences qu’en l’absence de tout animalcule, la phosphorescence de l’Océan est due à l’action de l’ozone.
- Quelle est la cause exacte du phénomène ?
- M. Fahrigqui avait observé accidentellement avant moi la lueur qui se produit au contact de l’eau et de l’ozone, et dont j’ignorais du reste les travaux quand j’ai exécuté mes recherches, conclut, d’expériences faites avec de l’eau seulement, qu’il croyait que « la luminosité était due à l’énergie absorbée par l’ozone lors de sa formation, mais qu’il ne connaissait rien qui lut une preuve ou une probabilité à l’appui de cette hypothèse ». Il n’en est rien.
- Ainsi que je l’ai démontré 1 la luminosité produite est provoquée simplement par l’oxydation énergique de certaines substances organiques contenues dans ’eau. Même avec de l’ozone très concentré, l’eau pure, ne donne lieu à aucun phénomène de phosphorescence.
- Le lait, l’uriné, le benzène, le thiophène, l’alcool donnent lieu, avec l’ozone, à des phénomènes analogues à ceux qui se produisent avec l’eau. L’éclat de la lumière produite varie avec la nature des corps qui entrent en réaction.
- 11 est intéressant de mettre en évidence l’action si énergique et si puissante que l’ozone exerce sur les eaux impures, alors que la disette d’eau de source cause dans la France entière et dans Paris en particulier, une si légitime émotion.
- La purification et la stérilisation des eaux par l’ozone, telle sera probablement la solution du grave problème qui préoccupe nos hygiénistes. M. Otto.
- Docteur ès Sciences physiques-
- 1 Comptes rendus de VAcadémie des sciences (-181)0), l. CXXUI, p- 1005.
- MÉSAVENTURES DE GÉOLOGUES
- Ce ne sont pas aux seuls botanistes que sont réservées, au milieu des campagnes, des aventures désagréables ; les géologues peuvent en revendiquer une large part. Je n en connais pas, cependant, parmi ces derniers, qui aient été arrêtés et pris pour la duchesse de Berry, comme le fut le botaniste Eloy de Vicq, dont M. V. B. nous raconte l’amusante aventure1.
- Ce qui contribue à attirer le plus d’ennuis au géologue ce sont les cartes d’Etat-major qu’il est obligé d’avoir continuellement à la main. Dès qu’on le voit traverser la campagne, examiner la forme du terrain, la direction d’une couche ou d’un filon et noter sur son carnet les observations qu’il vient de faire, immédiatement il est considéré comme espion; c’est dire combien on lui fait grise mine, même dans les départements de l’ouest et du centre de la France où le chauvinisme cependant est loin d’être aussi développé que vers les frontières. C’est la malheureuse guerre de 1870 qui a éveillé de telles susceptibilités dans notre pays, où les gens sont d’ordinaire si confiants. On voit l’ennemi partout, en des points où il n’aurait que faire, où il n’y a ni troupes, ni forts, et où il est à présumer que, la France frit-elle de nouveau envahie, l’envahisseur ne viendrait jamais.
- Il est vraiment regrettable de voir la suspicion dont sont entourés les géologues à peu près partout, même par des gens instruits. Tel ce notaire, d’un département de l’ouest, qui obligea les gendarmes à me mettre la main au collet au nom de la loi, sous prétexte que « j’inspectais le pays » et que j’étais blond, donc Allemand, et qu’en outre j’avais oublié mes papiers d’identité à l’hôtel.
- Dans un bourg du département du Lot, les habitants firent le siège d’une auberge où l’un de mes amis était à déjeuner: le malheureux « errait » dans la campagne depuis plusieurs jours, et « il s’était avisé de casser des cailloux pour laisser croire qu’il n’était pas espion ». Sans l’intervention du maire, il eût été lapidé.
- 11 y a plusieurs années, sur la frontière pyrénéenne, un géologue passa une journée en prison, parce qu’il n’avait pas de papiers d’identité. Lui aussi les avait oubliés à l’hôtel.
- Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de mes confrères auxquels il ne soit arrivé de semblables aventures siir tous les points de la France.
- En 1894, au moment où l’anarchie était à l’ordre du jour, je fus suivi, en Auvergne, pendant toute une journée, par un garde champêtre dont le jeu de cache-cache m’amusait beaucoup; il était le chasseur, j’étais le gibier. Le soir, au moment de rentrer dans la petite ville où j’avais établi mon centre d’opérations, il me barra brusquement la route et d’un air terrible me dit que je n’irais pas plus loin sans que je lui aie expliqué ce que je faisais dans le pays et ce que je portais dans mon sac. (ï Je me promène pour me distraire, lui répondis-je et je porte des bombes. » Au mot de bombes, mon homme prit une résolution énergique, il empoigna vivement mon sac et ajouta : « Vous allez me suivre à la gendarmerie ». Docilement, sans récrier, mais riant sous cape, j’accompagnai (( l’homme à la plaque » chez le brigadier de gendarmerie auquel mon cas fut exposé.
- Puisque je vagabondais dans la campagne et que je portais des bombes, je devais être un anarchiste dangereux. Déjà le brigadier et le garde se voyaient félicités par toute la presse; on les décorerait peut-être pour avoir fait preuve
- 1 Yoy. n° 1514, du fi août 1898, p. 150.
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- {l’an tel courage. Au péril d,e leur vie, ils avaient arrêté un cmule de Ravachol. L’aventure me parut si burlesque que je m’esclaffai, en priant le brigadier de voir ce qu’il y avait dans mon sac. « Garde, voyez vous-même », fut-il répondu. Le gendarme avait-il eu peur de trouver une marmite à renversement? je n’oserais l’affirmer. Mais le moment était trop grave, pour faire la psychologie d’un gendarme. Avec des précautions infinies, on sortit de mon sac un marteau, une fiole, renfermant, à n’en pas douter, un produit explosif, des petits paquets bien enveloppés et des bombes. Le produit explosif était du rhum, les petits paquets des échantillons de roches et les bombes, des bombes... volcaniques.
- Deux hommes qui n’étaient pas contents, c’étaient le garde champêtre et le gendarme; ils perdaient peut-être une occasion de voir leurs noms passer à la postérité.
- La première année que je fus livré à moi-même pour faire de la géologie, j’étais animé d’une belle ardeur. Du matin au soir, je tapais dur sur les pierres que je rencontrais pour y trouver des fossiles et rien ne m’arrêtait : ni le grand soleil, ni la pluie, lin jour qu’il pleuvait à torrents, je trouvais un riche gisement de fossiles dans un trou creusé à l’entrée d’un village. J’étais tellement occupé à recueillir des échantillons, que je ne sentais plus qu’il pleuvait. Soudain je fus interpellé en ces termes par un gros monsieur : « Vous êtes fou, je pense, de casser les pierres de ce trou ». La réplique ne se fit pas attendre : « Le plus fou des deux n’est pas celui qu’on pense ». Mon interlocuteur, un riche vigneron, comprit que je n’étais pas fou, mais il voulut savoir, après s’être excusé, ce qu’il pouvait y avoir d’intéressant dans les pierres que je ramassais si précieusement. Et comme il ne faisait pas bon continuer à discuter dans la rue, il m’offrit un abri et le déjeuner; j’acceptai l’un et l’autre, en disant de prendre garde à ma folie, car elle me reprendrait sans doute après déjeuner.
- Quelque temps après, dans un département où pousse la truffe, je faillis avoir la tète fendue par un paysan, qui me voyant casser des cailloux sous des chênes truffiers (on nomme ainsi les chênes à l’ombre desquels pousse la truffe) se figura que je volai ses truffes. 11 arriva sur moi en vociférant et en brandissant une pioche. Ne sachant à qui j’avais affaire, je me mis sur la défensive et lui criai que s’il s’approchait je tirerais sur lui. Cela le calma net. Je lui expliquai alors que je ne voulais nullement lui ravir son bien, mais lui prendre seulement quelques pierres de son champ. Comme il paraissait incrédule, je lui ouvris mon sac et lui expliquai ce que je faisais. Il partit, croyant avoir devant lui un pauvre, détraqué !
- Une autre aventure qui faillit tourner au tragique, m'arriva dans le même département. Un jour que j’étais en train de relever une coupe géologique le long d’une route, un beau monsieur, aux guêtres vernissées, au veston de velours, le fusil sur l’épaule, et flanqué de deux chiens, m’interpella d’une façon extrêmement grossière. Je n’avais pas à répondre à des sommations faites sur un ton pareil ; je priai donc le monsieur de me laisser à mon travail : mon refus parut l’exaspérer. « Je tiens absolument à savoir ce que vous faites là. Si vous ne voulez rien me dire, c’est que « vous en avez gros sur la conscience » (sic). Je suis persuadé que vous êtes un (( couleur » et c’est probablement vous qui avez mis hier soir le feu à X.... » (Il y avait eu un incendie la veille précisément dans l’endroit où je logeais depuis huit jours). J'avais une envie folle de souffleter ce malotru, mais ce n’était guère prudent, car il avait un fusil et deux
- chiens. Je me contins pensant qu’il se calmerait; je me trompais étrangement. « Je suis le maire de Y..., mon-trez-moi vos papiers. » L’affaire prenait une autre tournure. « Eh bien ! monsieur, prouvez-moi que vous êtes le maire de Y... et je vous dirai qui je suis et ce que je fais. » Comme il n’avait pas d’insignes, je me remis à marcher, mais suivi de mon entêté, jurant qu’il saurait à quel individu il avait affaire. « Quel honneur pour moi, lui disais-je, d’être accompagné d’un officier de la police municipale, je n’ai jamais été à pareille fête. »
- En arrivant à un village, M. le Maire ameuta les gens contre moi et on m’eùt peut-être fait un mauvais parti, comme on l’avait fait quelques années auparavant à un marquis des environs qu’on avait tué, — et je n’étais pas marquis, — lorsque j’avisai un cultivateur, auquel je montrai les papiers réclamés par le maire. Cela calma la foule.
- Mais l’affaire eut un épilogue. A l’hôtel où je racontai mon aventure, on m’apprit que le monsieur guètré n’était pas plus maire que moi, mais en revanche était d’un orgueil sans bornes. Comme il m’avait fortement ennuyé et fait perdre une soirée, je lui fis dire que s’il ne venait pas me faire d’excuses le lendemain je le dénoncerais au procureur de la République pour avoir usurpé un titre qu’il ne possédait pas et avoir menacé et injurié un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions.
- 11 répondit qu’il viendrait. Je fis une tournée le lendemain, mais en arrivant à l’hôtel, je rencontrai des groupes compacts qui pénétrèrent dans la salle du café dès que le pseudo-maire apparut, et comme il était détesté, se mirent à le huer et à le conspuer avec un ensemble remarquable. C’était mon maître d’hôtel qui avait monté le coup. J’étais suffisamment vengé.
- Je neveux pas continuer à raconter mes mésaventures, celles que je viens de citer suffiront pour montrer les professions et les qualités décernées à un géologue. Il en est qui ont été pris pour des colleurs d’affiches, des chasseurs au furet, des vendeurs de journaux, etc., etc. Ce sont là les petits profits du métier. Us délassent l’esprit et égayent au milieu de la solitude où l’on vit parfois durant de longues journées. Cela suffit pour ne point s’émouvoir. On sourit et l’on passe. G.
- Depuis sa dernière victoire sur la Chine, le Japon a développé sa marine militaire dans de telles proportions qu'il est devenu, en Extrême-Orient, un adversaire redoutable même pour les flottes Européennes.
- Au moment de la conclusion de la paix, la marine Japonaise comprenait 44 navires, d’un déplacement total de 79 000 tonnes, parmi lesquels 7 bâtiments déplaçant 15000 tonnes avaient été capturés aux Chinois; à l’heure actuelle, elle dispose déjà de 48 navires de tout rang, d’un tonnage de 116 000 tonnes, et de 27 torpilleurs.
- Cet accroissement de 52 000 tonnes porte sur 5 unités dont le « Fushi » et le « Yashima », cuirassés de 12 800 tonneaux chacun, qui réunissent tous les derniers perfectionnements de l’art naval et qui, il faut l’avouer, sont supérieurs aux bâtiments similaires de la France et de l’Angleterre.
- Le programme définitif établi par l’amirauté Japonaise et qui doit être réalisé en 1905, comprend une force de 67 navires de mer, 12 « destroyers »
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- et 75 torpilleurs; on ne sait vraiment ce qu’il convient le plus d’admirer, chez ce vaillant peuple, de la décision et de l’esprit de suite (pii ont présidé à l’élaboration de ce programme ou de l’activité déployée pour le mener à bien ; cette dernière est telle ([lie le Japon fait construire en ce moment plus de bâtiments (pie la France, que l’Allemagne ou que la Russie ; seule l’Angleterre lui reste supérieure sous ce rapport.
- Voici d’ailleurs la liste des navires construits par la marine Japonaise, dans les divers chantiers du monde.
- En Angleterre. — 5 cuirassés de 14 800 tonneaux ; 1 cuirassé de 10 000 tonneaux ; 2 croiseurs cuirassés de 9000 tonnes et 22 nœuds de vitesse; 1 croiseur de 4500 tonnes et 24 nœuds de vitesse ; 8 torpilleurs de 50 nœuds.
- En France. — 1 croiseur cuirassé de 9000 ton-
- nes et 22 nœuds; 4 torpilleurs de 90 tonnes.
- En Allemagne. — 8 torpilleurs de 90 tonnes.
- En Amérique. — 2 croiseurs de 4770 tonnes et 22,5 nœuds.
- Au Japon même. — 1 croiseur cuirassé de 9600 tonnes ; 5 croiseurs de 5000 tonnes et 20 nœuds.
- Comme on le voit par cette énumération, la flotte Japonaise possédera des types puissants et rapides.
- Le « Fushi et le « Yashima », déjà en service actif, sont des cuirassés d’une valeur militaire remarquable.
- Ils ont une longueur de 122 mètres, une largeur de 22 mètres et un tirant d’eau de 8 mètres ; le cuirassement qui s’étend sur une longueur de 68 mètres se compose de 2 rangées de plaques ; la plus basse qui s’étend à lm,50 au-dessous de la flottaison et à
- Cuirassé Japonais Yashima.
- 0m,9 au-dessus, a 45 centimètres d’épaisseur au milieu et 55 centimètres aux extrémités; la rangée la plus élevée, destinée à assurer la protection de la batterie de canons, a une hauteur de 2m, 10 et une épaisseur de 10 centimètres ; le pont cuirassé qui va de l’avant à l’arrière et qui se trouve à hauteur du can supérieur de la cuirasse la plus basse, a une épaisseur de 7 centimètres.
- L’armement comprend : 4 canons de 50 centimètres en fils d’acier, de 49 tonnes et de 40 calibres, répartis par paire dans deux tourelles-barbcttes situées l’une à l’avant, l’autre à l’arrière; 6 canons de 15 centimètres à tir rapide, de 40 calibres, placés sur le pont supérieur et protégés par d’épais masques en acier ; 4 canons de 15 centimètres semblables aux précédents, dans la batterie, deux de chaque liord; 20 canons de 5 livres Hotchkiss, à tir rapide, dispersés sur le pont supérieur, les passerelles, etc., et 4 canons de 2 livres et demie disposés dans les
- hunes militaires. La torpillerie comporte 5 tubes lance-torpilles de 45 centimètres dont 4 au-dessous de l’eau et un seul au-dessus.
- Les machines, au nombre de deux, sont à triple expansion ; elles reçoivent la vapeur de 10 chaudières ordinaires cylindriques réparties dans 4 chambres de chauffe indépendantes.
- Les essais de ces bâtiments ont été extrêmement remarquables et les ont classés comme les cuirassés les plus rapides du monde :
- Le « Fushi » a donné en effet, à la puissance de 14 100 chevaux, une vitesse de 18n,5 et le « Yashima », avec 14000 chevaux, une vitesse moyenne de 19a,22 pendant 4 heures.
- Ce sont là, nous le répétons, des résultats qui n’ont été obtenus sur aucun cuirassé Anglais ou Français et qui font honneur aux constructeurs de ces superbes vaisseaux. G. Y.
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- AGRANDISSEUR AUTOMATIQUE
- A TOUTES LES DIMENSIONS
- L’agrandisseur automatique des clichés photographiques est né avec les petits appareils à main, comme réponse à ceux qui trouvaient l'image trop petite; c’est en somme une sorte de tirage qui ne demande pas plus de temps, et n’est pas plus compliqué, que le tirage au châssis-presse ordinaire. Avec les appareils que nous avons décrits précédemment, on est restreint à une ou deux échelles d’amplification du cliché en son entier, tandis qu’on préférerait souvent choisir un format quelconque, s’harmonisant avec le sujet ; voire même ne prendre qu’une partie du cliché et agrandir davantage. 11 faut alors avoir recours à l’appareil ordinaire, dans lequel une difficulté de l’opération est la mise au point exacte; le grain du verre dépoli laisse en effet toujours une indécision, qui se renouvelle à chaque changement dans l’échelle de l’agrandissement.
- M. Carpentier a réalisé un dispositif qui évite cette opération délicate : l’objectif est toujours au point, quelles que soient les positions respectives du cliché et de la surface sensible. On sait qu’avec les lentilles les dimensions de l’image d’un objet, et les distances respectives de l’objet à la lentille et de celle-ci à l’écran, sont liées par la loi des foyers conjugués, qui s’exprime par une formule du reste assez simple ; le nouvel agrandisseur automatique donne, dans toutes ses positions, la résolution mécanique de cette formule. Ce résultat est obtenu au moyen d’une équerre rigide, mobile autour de son sommet 0 (lig. 1, n° 2), et qui commande le mouvement de deux coulisseaux B et A portant : l’un le cliché à agrandir, l’autre, la surface sensible; le mouvement de ces coulisseaux est obtenu par deux doigts métalliques I et F qui s’engagent dans des rainures pratiquées sur les branches de l’équerre. Ce système se place dans la plate-forme qui supporte une chambre à trois corps à soufflet (fig. 1, n° 1), analogue aux chambres ordinaires d’agrandisse-
- ment ; l’un des coulisseaux est relié à l’avant B de la chambre, où se placent les cadres de différentes dimensions destinés aux clichés, l’autre à l’arrière A, où se trouve l’emplacement du châssis destiné à contenir la surface sensible, glace ou papier. Un dispositif spécial du porte-clichés permet de placer à volonté le verre ou la gélatine du côté de l’objectif, de façon qu’on peut avoir, suivant les cas, des épreuves retournées ou non ; l’épreuve retournée est très avantageuse pour le cas où l’on veut, partant d’un petit positif, obtenir un grand négatif destiné à être tiré au charbon, parce qu'on peut alors éviter l’opération du double transfert que nécessite ce procédé, quand on opère avec un cliché ordinaire; pour la photocollographie le cliché retourné est indispensable . Au moyen de châssis spéciaux on peut également réaliser l’opération inverse à l’agran-dissement et, d’un grand cliché, obtenir une vue destinée à la pro-jection, par exemple.
- Le corps C du milieu de la chambre est celui qui porte l’objectif, il est placé de telle sorte que le centre optique soit dans le plan transversal de l’appareil qui contient l’articulation de l’équerre ; les deux constantes de l’objectif (distance focale absolue et écartement des points nodaux) sont déterminées directement par les procédés précis de l’optique et tout le réglage du constructeur consiste à placer l’articulation de l’équerre, ainsi que le châssis et le porte-clichés, dans la position exacte qu’ils doivent occuper.
- Le mouvement de l’équerre est commandé par le déplacement de l’arrière de la chambre, obtenu comme d’habitude au moyen d’un bouton molleté agissant sur une crémaillère.
- L’emploi de cet amplificateur est donc d’une très grande commodité, puisqu’on n’a à s’occuper que du côté artistique de l’opération en observant sur le verre dépoli comment se présente l’image dans ses différentes dimensions, sans jamais avoir à vérifier la mise au point qui, par construction, est toujours parfaite. G. Mareschal.
- Agrandisseur automatique.
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- LA NATURE.
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- L’ALTITUDE DES MÉTÉORES1
- On s'étonnera peut-être de l’incertitude qui règne encore sur nos connaissances au sujet des altitudes des météores, et spécialement des bolides, bien que nous soyons à la veille du vingtième siècle. C’est que les astronomes se sont occupés depuis fort peu de temps de ce sujet, qui exige, des connaissances et des expériences spéciales. D’autre part les moyens de communications étaient fort lents, et il était très difficile de pouvoir s’assurer qu’un même météore était observé en deux localités différentes, séparées par une distance assez considérable pour former une base assez longue, capable de déterminer les altitudes cherchées.
- Le moment nous semble bien choisi pour parler d’un tel sujet, car voilà justement un siècle (pie les premières recherches systématiques ont été effectuées par Grandes, à Leipsig et par Benzenberg, à Dusseldorf. Trois ans plus tôt, c’est-à-dire en 1705, un astronome célèbre par ses beaux- travaux, le grand Schrœter, avait observé une étoile filante dans son télescope de 0 mètres de distance focale et il avait cru pouvoir fixer son altitude à plus de fi 000 000 de kilomètres ! Heureusement pour sa mémoire, ses observations astronomiques valent beaucoup mieux que cette dernière mesure.
- Vingt-deux météores observés en 1798 donnèrent à Brandes et à Benzenberg des hauteurs comprises entre 10 et 220 kilomètres, valeurs fort acceptables. En 1825, Brandes entreprit une nouvelle série d’observations et mesura les altitudes de 02 météores : 55 parurent avoir des hauteurs comprises entre 50 et 110 kilomètres.
- Le 10 août 1858, en suivant la méthode de Brandes, Wartmann, de Genève, trouva pour quelques météores une hauteur moyenne de 880 kilomètres et une vitesse de 580 kilomètres par seconde. Comparés avec les observations modernes, ces résultats sont beaucoup moins exacts que les premiers de Brandes.
- Suivant les valeurs adoptées aujourd’hui, les hauteurs moyennes des météores sont de 120 kilomètres à leur apparition et de 80 kilomètres à leur disparition. Quant aux bolides, qui pénètrent dans notre atmosphère beaucoup plus profondément que les étoiles filantes, ils semblent disparaître à une hauteur bien moindre, de 50 kilomètres environ. On prend généralement comme hauteur à l’apparition, celle qui correspond au moment où l’on aperçoit le corps lumineux, moment qui suit d’un certain temps l’instant vrai de l’entrée de l’astre fugitif dans notre atmosphère.
- Il n’est pas rare de rencontrer des météores qui, à l’instant de leur apparition, se trouvent à 160 kilomètres au-dessus du sol. Parmi les nombreuses listes de ces corps dont la m,arche a pu être calculée avec assez d’exactitude, on trouve que sur 577 météores observés, 116 avaient dès leur apparition une altitude minima de 160 kilomètres, tandis que la moyenne était de 209 kilomètres. Un cinquième au moins de ces corps étaient donc incandescents quand ils arrivaient à 160 kilomètres au plus de la surface du sol.
- Les principales recherches sur ce sujet ont été faites par MM. Ileis, A. S. Herschel, G. von Niessl et M. W. Denning qui s’occupe avec tant d’autorité de cette branche de l’astronomie. Voici les principales valeurs obtenues :
- 1 D’après l’article de M. Denning publié dans Nature (7 avril 1898).
- DATES DES MÉTÉORES. HAUTEUR A I.’aPPARITION. OBSERVATEURS.
- 1868 5 septembre. 777 kilomètres. G. vou Niessl.
- 1819 11 août. . . . 317 — E. Ileis.
- 1861 16 juillet. . . 311 — A. S. Herschel.
- 1862 2 février . . 306 — iil.
- 1861 10 août . . . 302 - E. Ileis.
- 1883 3 juin. . . . 392 — G. von Niessl.
- 1861 10 août . . , 296 — E. Ileis.
- 1861 28 juillet. . . 296 — ni.
- 1870 27 septembre. 296 — G. von Niessl.
- 1877 21 mars . . . 296 — id.
- La première est pr obablement erronée , car les obse
- Huuino t'UUi.m J_rix.il mnum v uoco in hvj muio |.h u
- concordantes : elles ont fourni des résultats très différents suivant les modes de groupement des principales données. Ce bolide a été vu pendant longtemps en France et en Allemagne, et les observations qui ont été publiées ont fourni à trois savants des orbites fort différentes dont voici les principales caractéristiques.
- HAUTEUR LONGUEUR (en kilom.) dk la RADIANT.
- APPARITION. DISPARITION. TRAJECTOIRE AR I) CALCULATEURS. — — (kilom.) — — —
- 777 185 12819 13° — 3° G. von Niessl.
- lit 307 1009 22° — 12° A. Tissot.
- 106 104-113 1116 18° — 8° A. S. Herschel.
- La principale remarque suggérée par ce tableau est la suivante : d’après Niessl, le bolide est descendu de 777 à 185 kilomètres. M. Tissot, notre savant compatriote, trouve au contraire que ce corps s’est élevé de 111 à 507 kilomètres. Pour M. Herschel, la marche du bolide a été descendante, et les résultats qu’il a obtenus rentrent bien dans les moyennes adoptées. Quant à l’énorme longueur de la trajectoire, les trois savants la trouvent extraordinaire, mais lui assignent des valeurs fort différentes.
- Pendant l’année 1897, M. Denning a étudié 9 météores pour lesquels il a pu recueillir des données suffisantes :
- Voici leurs principaux éléments résumés dans le tableau qui suit :
- HAUTEUR LONGUEUR
- DE LA RADIANT.
- DATES. GRANDEUR. appa- dispa- TllAJECTOiriE. Ali D
- rition. rition.
- (kü.) (kii.) (kii.)
- 2 août llh5'“, ,5 soir. 2* 180 115 61 40° +55°
- 2 — 11“ 21" 1 — 5”-4“ 221 199 •15 73° +66°
- 8 — 9h 15" n — >2 211 185 101 52° +47°
- 9 — 1h 27" ’ matin 3e-le 225 121 150 46° -t-56°
- 10 — lh 52" « — 3' 211 113 90 58° +60°
- 10 — 2h18" » — 3x ? 220 121 121 44° +45°
- 14 110V. 3h 28” 1 — 1* 201 121 121 156° +9°
- 11 — 5h 52“ " — 1» 166 95 96 152° +22°
- 12 déc. 8h6,n soir. >2 180 30 413 80° +25"
- Dans plusieurs cas on a pu commettre des erreurs résultant de ce que le même corps n’a pas été observé dans les deux stations, et la confusion est souvent bien facile dans le cas des étoiles filantes, puisqu’un grand nombre d’entre elles paraissent s’élancer d’un seul point de l’espace. D’ailleurs il y a de nombreuses causes d’erreur dans l’instant de l’apparition ou de la disparition de l’astre, notamment pour le premier phénomène, puisque l’œil peut n’être frappé de la présence d’un astre qu’après l’arrivée de ce météore en vue de l’observateur.
- En résumé, les altitudes de 209 kilomètres sont assez rares; celles de 240 kilomètres très rares et l’on doit regarder comme probable qu’aucun météore n’est visible à une hauteur supérieure à 522 kilomètres. L. Barre.
- LE TYPE NORMAND CONTEMPORAIN
- A mesure que le goût des études anthropologiques pénètre dans les masses, le nombre des chercheurs augmente, et il n’y a rien d’étonnant à ce qu’une foule de travaux aient paru dans ces dernières années concernant
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- LA NATURE.
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- l'ethnographie de telle ou telle province ou de telle ou telle contrée.
- Bien peu cependant se sont occupés de la Normandie. Les premières recherches ont été entreprises par Reddoé ctLagneau, mais seules les enquêtes des docteurs A. Cher-vin et R. Collignon ont fourni de précieux documents.
- Depuis plus de quatre ans que je fais des études suivies sur les Normands, je suis enfin parvenu à fixer à peu près le type des habitants de cinq départements normands.
- Naturellement cette répartition des individus examinés en cinq départements n’a rien de scientifique, puisque j’ai retrouvé le type normand jusqu’aux environs de Chartres dans l'Eure-et-Loir. D’autre part l’élément breton a de nombreuses proliférations dans la Manche et même dans quelques cantons de l’Orne.
- 11 faut également ajouter que dans les grands centres, comme le Havre, Rouen, Évreux, Cherbourg, le type normand est une exception. Ces villes ont des casernes, et elles se trouvent situées sur les grandes voies de communication qui permettent si facilement le mélange, et favorisent les mariages avec des gens d’autres provinces.
- C’est donc dans les campagnes que j’ai fait la plupart de mes observations les plus fructueuses et encore, dans ces dernières, ai-je choisi principalement les hameaux disséminés dans la campagne de Caen, dans le pays de Caux, et la plaine du Neubourg.
- Mes enquêtes ont généralement porté sur des familles nombreuses; j’avais soin de m’informer : 1° du lieu de naissance de chacun des enfants; 2° du lieu de naissance des parents ; 3° celui des grands parents et des aïeuls si possible. De cette manière j’avais plus de chances de connaître à fond les sujets que j’allais étudier.
- On voit donc le peu de cas que je fais des citadins. A Rouen, par exemple, sur 1000 individus, je n’en ai trouvé que 275 nés en Normandie!
- Au contraire dans la plaine du Neubourg, la vallée de l’iton et dans le Bocage, j’ai vu des descendants de Normands dont les parents n’avaient jamais quitté le village depuis le quinzième ou seizième siècle, s’étant mariés entre eux de générations en générations.
- J’avoue que ce n’est pas chose banale dans le siècle où nous sommes, et que j’étais frappé d’un certain respect quand j’entendais ces braves gens me parler de leurs parents, et me montrer leurs faïences et leurs meubles de chêne, où tous ils avaient mangé, grandi et dormi !
- Peut-être sera-t-on curieux de savoir combien il y a de Normands en Normandie? Le calcul n’a jamais été fait, mais on peut donner une moyenne qui n’ayant rien d’absolu, peut cependant se rapprocher de la vérité.
- Les cinq départements normands comptent au total 2 486 494 habitants (statistique de 1894). Sur ce nombre, on peut admettre 1 000 000 de Normands, et c’est encore beaucoup. Comment peut-on reconnaître un Normand?
- Le Normand est de taille moyenne, et non de taille élevée, comme on l’a trop souvent répété.
- La moyenne de celle-ci est de lm,625 à lm,651. Bien peu de conscrits dépassent lm,75, environ 9 pour 100. Il est de plus un fait indéniable, c’est que la taille s’est abaissée sensiblement après la guerre de 1870, et qu’elle tend à s’élever de nouveau depuis cinq ans, en des proportions très faibles, il est vrai, mais qui n’ont pas échappé aux observateurs.
- L’étude de la coloration des yeux et des cheveux donne des résultats très nets. Les yeux bleu clair et les cheveux blonds sont les plus fréquents dans la Manche et dans l’Orne.
- Les yeux intermédiaires sont faciles à rencontrer dans
- les grands centres, indiquant par là même un plus grand mélange de races, principalement dant les ports de mer, Dieppe 64 pour 100, le Havre 61 pour 100, tandis que Saint-Lô et Bayeux n’en présentent que 50 pour 100.
- Les yeux bruns sont disséminés un peu partout, déroutant l’anthropologiste qui ne sait à quoi en attribuer la véritable cause. Mais en règle générale, les yeux bleus dominent en Normandie, ainsi que les cheveux blonds.
- Les cheveux roux par contre sont très rares, 5 pour 100 au maximum. Les bruns sont plus spécialement cantonnés dans la Seine-Inférieure et l’Eure. Enfin les cheveux noirs ne sont qu’une exception, les individus qui les portent sont tous d’origine étrangère (Auvergne, Provence, Espagne).
- Le Normand est peu barbu, il faut dire d’abord qu’il se rase presque toujours, mais quand il laisse pousser sa barbe, jamais celle-ci n’atteint de grandes dimensions.
- L’indice céphalique des Normands varie peu suivant les départements.
- La brachvcéphalie et sous-brachycéphalie sont la règle, et c’est à peine si l’on rencontre, çà et là, quelques dolichocéphales aux environs de Cherbourg et dans le Cotentin.
- Voici les chiffres obtenus par le I)rR. Collignon et moi.
- SUJETS INDICE SUJETS INDICE
- Calvados. . . . 191 81,62 -i 101 81,58
- Eure g 1 109 81,54 & 214 81,24
- Manche .... dï 919 85,10 t 112 83,00
- Orne o U 120 83,33 97 83.40
- Seine-Inférieure à [ 183 81.10 W a 179 81,20
- Les départements les plus brachycéphales sont l’Orne, la Manche et le Calvados.
- Si j’ajoute maintenant que le Normand a la face large, rarement ovale, le nez un peu épaté, le front large, et le menton souvent proéminent (menton de galoche), j’aurai à peu près dessiné à grands traits ce dernier.
- Dr Ed. Spaukowski.
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- PERFORATRICES ÉLECTRIQUES
- Dans un numéro précédent1 nous avons parlé du percement du tunnel de Gravehals en Norvège et des perforatrices employées dans ce travail. Nous avons pu nous procurer des renseignements sur le percement du tunnel de la Madrague, appartenant à la Société des charbonnages des Bouches-du-Rhône, et sur les perforatrices électriques utilisées.
- Ce tunnel, d’une longueur totale de 44km,8, a pour but d’assurer aux eaux des mines de la région de Gardanne un écoulement direct à la mer et en même temps de permettre un transport économique des charbons jusqu’à Marseille.
- La Société des charbonnages des Bouches-du-Rhône, voulant obtenir un creusement rapide dans des couches de calcaire dur et compact, a choisi les perforatrices électriques de M. Bornet.
- Au départ, une roue Bel ton est actionnée par une chute d’eau, disposée à cet effet, et qui a une pression de 8 kilogrammes par centimètre carré. Sur l’axe de la roue est monté directement un alternateur à courants triphasés de 53 kilowatts. Du tableau de distribution partent les fds pour actionner un affût à trois perforatrices, un ventilateur, et une
- 1 Voy. n° 1310, du 9 juillet 1898, p. 86.
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- LA NATURE.
- locomotive qui sert pendant le percement du tunnel pour enlever les déblais, et qui, ultérieurement, servira au transport des charbons. La locomotive reçoit le courant à l’aide d’un trolley sur /ils aériens.
- Les perforatrices, dont la figure ci-jointe nous montre le mécanisme et la vue d’ensemble, sont des perforatrices Bornet à rotation. Elles sont à avancement automatique de l’outil, et à injection d’eau par fleurets creux. Il en résulte qu’elles peuvent forer facilement et rapidement les roches les plus dures, sans qu’il en résulte un échauffement anormal de l'outil malgré la vitesse. Le modèle choisi a une course de lm,10.
- Les perforatrices sont montées sur une colonne
- qu’on coince contre les parois de la galerie pendant le travail et qui permet aux perforatrices d’être pointées sur toute l’étendue du front de taille dans les directions les plus avantageuses. Dans ce but, la colonne est portée par un balancier monté sur un affût roulant sur rails. Ce balancier peut monter, descendre ou tourner autour de son axe, par des moyens mécaniques qui rendent ces manœuvres très faciles.
- Le mouvement de rotation du balancier, a encore le grand avantage de permettre à cet ensemble de prendre, au repos et pendant le déblaiement, fort peu de place, et d’assurer ainsi un écoulement rapide et facile des bennes chargées des déblais.
- Perforation électrii[ue Bornet. Affût à deux cantius à injection d'eau. — Mécanisme intérieur.
- Sur ce balancier se trouvent, en outre, les moteurs électriques commandant, par l’intermédiaire des barres de transmission à joints articulés, les perforatrices et leurs commutateurs de mise en marche et d’arrêt. Ces commutateurs sont inverseurs et disposés pour permettre, à la fin de chaque forage, de faire revenir en arrière le porte-outil avec une vitesse double de celle utilisée pendant le forage.
- Le courant arrive aux moteurs par l’intermédiaire d’un câble souple de 150 mètres de longueur qui s’enroule sur un tambour monté sur le chariot-affût ou s’en déroule suivant qu’on s’éloignè ou s’approche du front de taille.
- Ajoutons que chaque affût est éclairé, pendant le travail, par deux lampes à incandescence de 52 bougies chacune, portées par des chandeliers grillagés
- qui en facilitent l’emploi. Les trois perforatrices fonctionnant ensemble consomment 6600 watts. 11 faut compter sur une puissance utile de 10 chevaux sur l’arbre de la roue Pelton.
- Toutes les facilités que donnent la commande électrique et la bonne organisation des machines jointes à la rapidité des manœuvres ont permis d’obtenir, dès le début, un avancement double de celui fait à bras — et un prix de revient du mètre, inférieur à celui du travail à bras. Depuis le commencement de l’année l’avancement journalier n’a pas été inférieur à 5 mètres.
- On a ajouté l’an dernier un second affût semblable au premier dont nous venons de parler et qui fonctionne déjà depuis trois ans. J. Laffargue.
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- LÀ NATURE.
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- L’HÉLODERME
- Les collections du Jardin d’Acclimatation s’enrichissent de jour en jour, et bientôt grâce à la vigoureuse impulsion que lui a imprimée depuis quelques années M. Porte, son sympathique directeur, qui ne craint ni ses peines, ni ses fatigues, — on le rencontre en effet, dans une même semaine, au Havre, à Anvers et à Berlin, — l’établissement du Bois de Boulogne sera un établissement modèle et pouvant rivaliser avec les plus célèbres jardins zoologiques de l’étranger.
- Un des derniers pensionnaires arrivés est certainement un des plus curieux et des plus rares spécimens de la faune de l’Amérique centrale. Cet animal porte le nom d’IIéloderme; c’est un Lézard, mais un lézard d’une espèce spéciale qui atteint dans son pays
- d’origine, — Mexique et revers occidental de la Cordillère jusqu’à l’océan Pacifique, — la taille de 1 mètre et [dus ; sa tète est large, couverte de granulations jaunes, son museau épais, la gueule grande et garnie de dents crochues qui présentent un sillon très net semblable à celui qu’on rencontre chez certains serpents venimeux.
- Et, en effet, ce saurien est venimeux, c’est le seul de l’espèce et même le seul reptile, à face de serpent, qui présente cette particularité; il est peu connu, et on n’en rencontre que de très rares exemplaires dans les jardins zoologiques; le Jardin des Plantes en possède un exemplaire vivant, et je crois bien que c’est tout ce qu’il y a sur notre continent, avec le nouveau pensionnaire du Jardin d’Acclimatation. Les naturalistes reconnaissent deux espèces d’hélodermes, VHeloderma horridum et YHelo-derma suspectum ; mais ces deux types sont si peu
- L’héloderme du Jardin d’Acclimatation. (D’après nature.)
- différents l’un de l’autre qu’il se pourrait que ce fût le même, c’est du moins l’opinion du savant professeur du Muséum, M. Vaillant, un spécialiste au point de vue reptiles et poissons.
- Comme aspect général, l’Héloderme a, je l’ai déjà dit, l’allure d’un lézard, mais d’un lézard lourd, épais, à la démarche lente; ses membres sont très courts et massils, sa queue est ronde et pesante, aussi est-ce un animal terrestre par excellence, il ne saurait nager, ni grimper aux arbres. La couleur de sa peau est jaunâtre et tout son corps est semé d’anneaux bruns d’une régularité parfaite, presque élégante, et la joliesse de ses couleurs contraste singulièrement avec l’odeur tout à fait nauséabonde qu’il dégage. Quand on attaque l’Héloderme, il se renverse sur le dos, s’agite en poussant des sifflements rauques et bave une salive gluante.
- Heureusement pour les indigènes du Centre-Amérique, l’Héloderme est plutôt un animal nocturne; dans la journée, il se cache dans quelque trou au
- pied d’un arbre, et y demeure immobile ; la nuit, il sort pour se mettre en chasse, et sa nourriture se compose d’insectes, de lombrics, de myriapodes, de petits batraciens; au Jardin d’Acclimatation, il se nourrit presque exclusivement d’œufs frais.
- Les créoles espagnols donnent à l’Héloderme un nom assez curieux : escorpion ; dans l’esprit primitif de ces populations, ce nom n’aurait-il pas été donné à cause du scorpion, très connu dans les mêmes régions, venimeux aussi et qui, lui aussi, se met sur le dos quand il est attaqué?
- À propos du venin de l’Héloderme, en 1875 une intéressante communication a été faite à l’Académie des sciences de Paris, par Sumichrast : « Les indigènes, disait ce naturaliste, considèrent la morsure de l’Héloderme comme excessivement dangereuse et la redoutent à l’égal de celle des serpents les plus venimeux. On m’a cité, ajoute Sumichrast, à l’appui de cette prétendue propriété malfaisante, un grand nombre d’accidents survenus à la suite de morsures.
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- LA NATURE.
- Sans donner, du reste, le moindre crédit aux récits que j’ai recueillis des indigènes, je ne suis pas absolument éloigné de croire que la bave visqueuse qui s’écoule de la gueule de l’animal dans les moments d’excitation, ne soit douée d’une âcreté telle, qu’elle ait pu, introduite dans l’économie, y occasionner des désordres dont la gravité aura été sans doute fort exagérée. »
- L’explorateur Bôrsch, pendant son séjour au Mexique, a pu, non sans difficultés, se procurer un Uéloderme vivant.
- Pour savoir si, selon l’opinion généralement répandue, la morsure .de cet animal est dangereuse, il cbercba à l’irriter en lui présentant un lézard vivant. L’Héloderme mordit au doigt Borsch et l’un des expérimentateurs ; la blessure, qui saigna longtemps, fut très douloureuse, mais guérit cependant avec assez de rapidité.
- Sumichrast a fait également des expériences qui démontrent que la morsure de l’Héloderme n'est pas aussi inoffensive qu’on le croit généralement, et nous ne pouvons mieux faire que de citer ici, d’après F. Bocourt, une Note assez complète concernant ces expériences.
- « Je suis maintenant porté à croire, écrivait Sumichrast, que la croyance populaire qui attribue à l’Héloderme des propriétés vénéneuses, n’est point sans fondement. Je fis mordre une poule sous l’aile par un individu encore jeune et qui, depuis longtemps, n’avait pris aucune nourriture. Au bout de quelques minutes les parties voisines de la blessure avaient pris une teinte violette ; les plumes de l’oiseau étaient hérissées ; tout son corps éprouvait un tremblement convulsif; il ne tarda pas à s’affaisser sur lui-même; au bout d’une demi-heure environ, il était étendu comme mort, et de son bec entr’ouvert s’échappait une bave sanguinolente. Aucun mouvement ne semblait indiquer l’existence, si ce n’est une légère secousse qui agitait de temps en temps l’arrière de son corps. Au bout de deux heures, la vie sembla renaître peu à peu, l’oiseau se releva sur le . ventre, sans toutefois se tenir debout et ayant toujours les yeux fermés. Il demeura ainsi pendant près de douze heures, au bout desquelles il finit par s’affaisser de nouveau sur lui-même et expira quelques instants après.
- « Un gros chat que je fis mordre à l’une des pattes de derrière, ne mourut point; mais, immédiatement après avoir été mordu, la patte enfla considérablement, et, pendant plusieurs heures, le chat ne cessa de pousser des miaulements qui indiquaient une vive douleur; il ne pouvait se tenir debout et resta, pendant toute une journée, étendu à la même place sans pouvoir se relever et comp lète ment hébété.
- « Quoique ces expériences soient insuffisantes pour prouver que la morsure de l’Héloderme est véritablement venimeuse, elles me paraissent assez concluantes pour faire admettre qu’elle ne laisse pas de causer de très rapides et profonds désordres dans
- l’économie des animaux qui en sont l’objet. La cannelure que l’on observe aux dents de ce reptile n’offre-t-elle pas une analogie réelle avec le système dentaire des Ophidiens venimeux, dont l’Héloderme se rapproche encore par la mollesse de mouvement qui caractérise les serpents, organisés pour saisir leur proie à l'affût et non à la course?
- « Je ne doute pas que des expériences faites avec des individus adultes et nouvellement pris, ne produisent des effets beaucoup plus terribles que ceux qu’a pu occasionner la morsure d’un individu jeune et affaibli par une captivité de près de trois semaines. »
- Des expériences ont également été faites, il y a quelques années, au Jardin de la Société zoologique de Londres ; elles ont pleinement confirmé les observations de Sumichrast. L’Héloderme est jusqu’à présent le seul reptile connu qui soit venimeux, en dehors des serpents. Paul Mégxin.
- IA MANNE DES HÉBREUX
- « Les vivres commençaient à diminuer, dit l’Écriture, « et la famine allait se faire sentir chez les Hébreux, « lorsque la volonté du Très-Haut fit tomber sur la terre « une manne abondante dont se repurent les enfants « d’Israël. Les prévoyants seuls pouvaient en manger, car « elle disparaissait au lever du soleil. »
- De nos jours, cette même manne se présente aux Arabes nomades du Désert, qui en font leur nourriture et celle de leurs méhari, lorsqu’ils ont l'heur d’en rencontrer ; car la manne des Hébreux n’est pas autre chose qu’un thallophyte, connu en botanique sous les noms de Canona esculenta et de lichen esculentus. Les nomades
- l’appellent la trouve
- I.a manne des Hébreux. Lichen esculentus ou Canona esculenta.
- du Sahara et les habitants du Sud algérien Ousseh-el-Ard (excrément de la terre). On en Perse, en Arabie, en Mésopotamie et dans presque tout le désert du Sahara.
- C’est un cryptogame grisâtre de la grosseur d’un petit pois, dont la partie supérieure présente des petites aspérités bractées de trois à quatre millimètres de longueur ; lorsqu’on le coupe, l’intérieur, d’aspect farineux, apparaît sous la forme d’une masse d’un blanc mat. Sa croissance est spontanée.
- Jusqu’ici les divers auteurs ne sont pas tous absolument du même avis sur sa provenance. D’aucuns prétendent que les œufs et les spores du lichen esculentus sont transportés par le vent et qu’ils se développent spontanément sous l’influence de la rosée, qui les sature d’humidité ; d’autres affirment que la manne, après sa disparition, laisse sur le sable un mycélium, analogue au blanc de champignon, qui donne naissance à de petits cryptogames sous l’influence de l’humidité. Cette dernière opinion nous paraît être la plus vraisemblable. On trouve le lichen esculentus par couches de deux à quatre centimètres d’épaisseur.
- La manne est éphémère : il faut la recueillir le matin dès son apparition, car, sous l’influence des rayons brûlants du soleil, elle se dessèche, se confond par sa couleur avec le sable et disparaît; par contre, une fois
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- préparée, elle se conserve parfaitement en vase clos.
- Mlle est connue et très appréciée des Arabes nomades qu’elle a, maintes fois, sauvés de la famine et, par suite, de la mort; aussi, à l’occasion, en font-ils d’amples provisions. La récolte est très facile, car le lichen esculentus n’adhère jamais à aucun corps étranger; il semble avoir été jeté sur le sable.
- La manne ne rappelle que fort peu le goût particulier du champignon ; elle possède une saveur amylacée et légèrement sucrée assez agréable. Tous les herbivores, les chameaux, en particulier, s’en montrent très friands. Pour la manger les Arabes la font bouillir dans l’eau et obtiennent ainsi une pâte gélatineuse, que les gourmets du désert accommodent de diverses façons; pour la conserver, ils la font sécher à l’ombre, ou ils l’enveloppent, lorsqu’elle est réduite en pâte, soit avec des vessies de chameaux, soit avec des peaux de boucs ou d’agneaux.
- Pour cent parties, le lichen esculentus contient environ :
- Eau............................... 16 parties
- Matières azotées ........................14 —
- Matières non azotées ....... 29 —
- Matières minérales................ 5 —
- Matières amylacées et sucrées ... 52 —
- Matière grasse.................... 4 —
- Total . . . .100 parties
- Comme on peut le voir par sa composition chimique, la manne ne constitue pas un aliment complet de premier ordre; mais ses principes nutritifs peuvent parfaitement soutenir un individu pendant quelque temps. Les Arabes des douars algériens de l’extrême limite saharienne et les Chaamba en sont fort amateurs ; et, à la suite d’une légère pluie ou d’une rosée abondante, ils ne manquent jamais de se mettre en campagne pour essayer de découvrir quelques couches de la manne bienfaisante (elle est légèrement laxative), qui apportera un peu de variante à leur alimentation ordinaire toujours si monotone. Henri Chastrey.
- L’AGE DE PIERRE
- DANS LA RÉGION DE SÉTIP (ALGÉRIE)
- A 6 kilomètres à l’est de Sétifet à 700 mètres environ au nord de la route nationale de Constantine, est un puits à débit très variable connu sous le nom de Bir-en-N’sa (le puits des femmes) et qui appartient à la Compagnie Genevoise.
- En 1876 M. Bosquillon de Frencheville, alors directeur de cette Société, faisait exécuter là d’importants travaux afin de découvrir la source qu’il supposait avoir alimenté autrefois cette partie de la vallée.
- Les ouvriers rencontrèrent bientôt toute une série de constructions d’origine évidemment romaine qu’ils furent obligés de détruire et, sous la mosaïque, très grossière, qui garnissait le fond des chambres, ils trouvaient une couche de terre noirâtre, très meuble, qui était mêlée de cendres, de coquilles d’escargots et d’une série de silex taillés.
- M. de Frencheville, aussitôt avisé de ces découvertes, put recueillir en peu de temps une collection très complète de silex, de belle taille et généralement de couleur noire.
- Les ruines de Bir-en-N’sa ont trop souffert pour présenter aujourd’hui beaucoup d’intérêt. Disons cependant qu’elles
- se composent d’un puits demi-circulaire à 5 ouvertures, d’origine romaine, mais restauré à l’époque byzantine et surélevé, il y a quelques années, par les soins de la Compagnie ; d’un double bassin en pierre de calcaire bleu; d’un établissement balnéaire ; enfin d’une habitation probablement agricole dont on retrouve les traces sur un mamelon voisin.
- La mosaïque dont nous avons parlé reposait directement sur le lit de cendres mêlé de terre. C’est dans cette partie des fondations que nous avons trouvé la plupart des silex.
- Parmi les échantillons recueillis par nous, quelques-uns rappellent les types trouvés dans le Grand Erg, au sud d’Ouargla et à Ba Mendil, voire même à M’raïer (oued Hhir). On remarquera cependant que les pointes de flèches sont de différents modèles.
- Quant à la pointe de javelot qui figure sous le n° 20, elle provient également des environs de Sétif, mais de la mcchta Hameria. Celte arme est en silex brun, qui ne se trouve pas à Bir-en-N’sa, et d’un type différent des autres.
- Trouvée, Dieu sait où ! par des indigènes et transformée en pierre à fusil, elle fut probablement jugée impropre à sa nouvelle destination et jetée par son propriétaire. Le hasard l’envoya tomber dans un tombeau romain creusé dans le roc, où je la découvris moi-même l’an dernier.
- Sic faia voluerunt.,..
- Et qui sait si quelque archéologue ne retrouvera pas un jour la collection de Francheville sur les bords du lac de Neuchâtel ou du Léman ?... L. Jacquot,
- Substitut, Membre de la Société archéologique de Constantine et de l’Académie Chablaisienne.
- CHAINES ET ROUES DE CHAINES
- Bien entendu il s’agit de chaînes de cycles et surtout de bicyclettes. La lutte continue toujours entre les machines classiques, munies d’une chaîne de transmission qui dérive plus ou moins de la chaîne de Gall, et celles où le mouvement des pédales commande de toute autre façon la roue d’arrière, qu’on les appelle à volonté sans-chaîne, acatènes ou déchaînées.
- On a voulu derniènement invoquer, à ce propos, l’autorité de M. le professeur R. (]. Carpenter, de Cornell University, mais il semble qu’on ait mal traduit sa pensée.
- Il écrivait, en effet, récemment au Boston Journal of Commerce et à quelques autres journaux américains en leur disant : « Mon attention a été attirée sur un extrait d’un de mes rapports que vous avez publié, et duquel il semblerait résulter (étant donnée la manière dont ledit extrait est fait) que la bicyclette à chaîne donne un meilleur rendement que la chainless. À lire mon rapport dans son entier, au contraire, on ne constate pas qu’il y ait entre les deux systèmes une différence bien sensible : il relève bien, au profit de la machine à chaîne, un rendement légèrement supérieur, mais la différence ainsi constatée est de beaucoup inférieure à celle qui peut résulter de l’usage de bandages de fabrications différentes, ou même de l’emploi de bandages divers d’un même système. En somme... les cyclistes ns
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- pourraient sentir l’augmentation de frottements qui proviendrait de la substitution d’un jeu d’engrenages à une chaîne comme organe de transmission de la force. » Quoi qu’il en soit, il est absolument vrai que la chaîne entraîne une grande déperdition de force dans ses frottements avec les dents de la roue : c’est pourquoi bien des constructeurs ont cherché à remédier à cet inconvénient, en modifiant le type de chaîne ou de roue couramment employé. Parmi ces nombreuses inventions, parfois heureuses, nous en signalerons deux assez récentes.
- La première porte uniquement sur la chaîne, et le système ainsi créé s’appelle « transmission par chaîne (chain gearing)1 Renolds ». Au premier aspect, en voyant la fig. 1, on constate (pie les maillons de cette chaîne ont une forme toute particulière : si l’on tendait ladite chaîne horizontalement, elle aurait un peu l’apparence d’une scie articulée, dont les dents se doubleraient. Les dents de la roue, par contre, sont taillées sur un profil qui ne diffère pas considérablement de celui des dents de roues ordinaires, mais qui, pourtant, répond parfaitement à la forme des extrémités des maillons.
- L’inventeur a cherché essentiellement un dispositif grâce auquel la chaîne soit autant que possible hors d’état de s’allonger ; au reste, en supposant qu’elle s’allonge très sensiblement, elle n’en viendra pas moins convenablement engrener avec la roue. Ce dernier cas est indiqué par la fig. 2, qu’il faut mettre en parallèle avec la fig. 1, où chaîne et roue sont toutes neuves. Nous avons cru devoir donner, dans la fig. 3, le détail des mouvements de la chaîne neuve, c’est-à-dire les positions successives des maillons au fur et à mesure que la roue tourne et qu’ils viennent glisser leurs pointes
- 1 Littéralement, engrenage à chaîne.
- Fig. 1,
- Fig. 4, 5, 0, 7. — Roue à antifriction. Ensemble et détails.
- dans les dentelures. Sans que nous insistions, on remarque que les dents de la roue agissent par compression sur les dents de la chaîne ; le contact se fait sans glissement relatif, et par conséquent les frottements doivent être extrêmement faibles. Quand (fig. 2) la chaîne s’est allongée1 de 49 pour 100, les deux dentelures engrènent encore parfaitement : le seul résultat qui se produise, c’est que les dents de la chaîne portent plus vers la pointe de celles de la roue.
- La chaîne Renolds se fait en types divers, et commence, paraît-il, à être fort appréciée.
- La seconde invention que nous voulons signaler, est la roue de chaîne « antifriction » de M. J. Rimmington. La figure 4 la représente dans son ensemble, et, de prime abord, elle semble ne point différer d’une roue ordinaire; mais, en avant du profil de chaque dent, on aperçoit un petit arc de cercle qui accuse la présence d’un rouleau. Il s’agit, en effet, d’une roue à rouleaux : ce sont des petits cylindres en acier
- durci qui sont logés (comme l’indiquent les fig. 5, 6, 7) dans un évidement de chaque dent et entre deux joues vissées à la roue. Ils ont un certain jeu dans leur logement, et ils peuvent tourner sur eux-mêmes lorsque l'extrémité d’un maillon vient en contact avec eux. On suit facilement ce qui se passe alors en parcourant les trois figures successives 5, 6 et 7.
- Ce système est destiné surtout, dans l’esprit de son inventeur, à s’appliquer au pignon de la roue motrice; il est évident qu’il doit sensiblement diminuer les frottements ; mais il doit aussi nécessiter un entretien minutieux et craindre tout particulièrement la poussière et la houe. L. Leroy.
- 1 C’est fort difficile, car les maillons ont peu d’épaisseur, et par suite les rivets ne peuvent guère fléchir.
- Le fonctionnement de la chaîne Renolds.
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- NOUVEAU
- POT A FLEURS A IRRIGATION SOUTERRAINE
- L’arrosage des, plantes en pots, cultivées sur les balcons, sur les fenêtres et dans les appartements, est une question des plus complexes, principalement lorsque ces plantes se trouvent en la possession de personnes ayant peu de notions de culture. Je n’hésite pas à dire que l’insuccès dans la bonne conservation des plantes d'appartement est dû soit à des arrosages trop répétés qui provoquent la décomposition de la terre et la pourriture des racines, soit au manque d’eau qui fait que ces dernières se dessèchent.
- Depuis bien longtemps des personnes s’occupant de culture ont cherché à simplifier cette question en faisant subir des modifications aux pots à fleurs. L’industrie a vu naître différents systèmes avec lesquels l’arrosage se faisait automatiquement à l’aide de rubans ou de réservoirs nourris -seurs, ou bien encore par une cuvette alimentaire, etc. ; bref, tous ayant pour but unique de le faciliter.
- Est-ce défectuosité du système, est-ce au contraire indifférence de la part du public, toujours est-il qu’aucun d’eux, que je sache,
- n’a eu le succès sur lequel on croyait pouvoir compter.
- Suivant ces questions de très près, je m’intéressais à un pot qui me parut remplir toutes les conditions désirables que depuis longtemps on cherchait : c’est le vase à irrigation souterraine du docteur J. B. Martinetti (fig. 1), qui remporta en 1897 à l’Exposition de Florence le premier prix au concours international d’invention et de perfectionnement des machines et outils utiles à l’horticulture.
- Ce pot étant fabriqué en Italie, j’en fis venir une quinzaine que j’expérimentais de différentes façons. Les résultats obtenus sont tellement concluants en faveur de ce système que je n’hésite pas à en parler : c’est une simplification de la culture des plantes, la
- Fig. 1. — Pot à fleurs à irrigation souterraine.
- question des arrosages étant résolue d’une manière aussi pratique que judicieuse et les soins quotidiens devenant par ce fait moins fréquents.
- En culture ordinaire, dans le but d’éviter la pourriture des racines on draine le fond des pots sur une plus ou moins grande épaisseur, à l’aide de platras et de fragments de poterie. C’est cette partie que le Dr Martinetti a utilisée comme réservoir d’eau. Ce réservoir (A, fig. 2) occupe à peu près le quart de la hauteur des pots, il est verni intérieurement pour que l’eau ne pénètre pas au dehors, comme il arrive avec les pots faits de matière poreuse, et muni, à sa partie supérieure, de deux trous autant pour l’aération que pour le trop-plein.
- U est séparé de la masse de terre par un double fond mobile, nommé diaphragme par l’in-. venteur, qui repose sur un rebord circulaire large de quelques millimètres immédiatement au-dessus du réservoir et des deux trous latéraux. Ce double fond (B, fig. 2) est bombé au-dessus, échancré à quatre endroits de la périphérie et percé au centre d’un trou rond destiné au passage d’un cylindre creux en terre poreuse percé latéralement d’un certain nombre de petits trous dont la direction est de bas en haut afin que la terre qui pourrait tomber dedans passe difficilement dans le réservoir. Ce cylindre ou tube conducteur de l’eau (C, fig. 2) a un diamètre plus ou moins grand, toujours en rapport avec les dimensions du pot. Il est introduit par son extrémité inférieure dans le trou central du double fond et repose légèrement sur le fond même du pot; il est maintenu dans ces conditions par le rebord circulaire qui s’appuie sur le double fond. Il faut donc que sa longueur corresponde avec la hauteur centrale du réservoir.
- Lorsqu’il est en place, l’intérieur du pot a l’aspect de la coupe schématique et longitudinale (fig. 2) et est divisé en deux parties : la supérieure destinée à la terre, l’inférieure devant contenir l’eau. En un mot, le vase dans sa rigoureuse simplicité est composé de trois parties distinctes : le pot proprement dit avec
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- le réservoir pour l’eau à sa partie inférieure; le double fond muni d’un trou au centre et le cylindre conducteur de l’eau.
- Voyons maintenant comment on doit l’utiliser. En supposant que la plante qu’il doit contenir demande des soins ordinaires, le cylindre est rempli de terre tine légèrement tassée, introduit dans l’orifice central du double fond au-dessus duquel on étend une légère couche de mousse principalement à l’endroit des quatre échancrures et de l’embouchure du cylindre ; après quoi le tout est recouvert de terre et la plante est empotée comme dans un pot ordinaire. Si l’on a affaire à certaines plantes qui demandent très peu d’eau au lieu de remplir le tube uniquement de terre line, on y ajoute un peu de sable et de brique concassée. L’empotage terminé on arrose la plante, tout comme si elle était
- ig. 2. — Vues diverses. — A. Réservoir. — B. Double fond mobile. — C. Cylindre conducteur. — 1). Partie supérieure destinée à la plante. — c, c, c, c. Petits trous dans le cylindre pour la pé-
- nétration de l’eau.
- plantée dans un autre pot, autant de fois qu’il est nécessaire, l’eau descendant dans le réservoir lorsque la terre est saturée, et l’on arrête lorsqu’elle s’écoule par les deux trous latéraux situés en haut du réservoir.
- D’après mes expériences cette provision d’eau suf-lit, en plein été, pour huit à douze jours si la plante est placée sur une fenêtre ou sur un halcon en plein midi et elle dure assez pour assurer l’arrosement pendant un mois et plus si la plante se trouve être dans un appartement. L’eau étant épuisée, ce qui s’aperçoit facilement lorsque la terre commence à sécher, on remplit de nouveau le réservoir par le mode habituel d’arrosement ou en introduisant l’eau par un des trous latéraux.
- Le fonctionnement en est absolument automatique, l’ascension de l’eau a lieu par le cylindre, par capillarité d’abord, par capillarité et adhésion ensuite, et est fournie au fur et à mesure que les racines l’ah-sorbent. Il n’y a pas à craindre que l’eau arrive en trop grande quantité, car l’on sait fort bien que l’absorption est d’autant moins rapide que la terre est plus mouillée. La quantité d’eau montée par le tube est en rapport direct avec celle absorbée par les racines et avec celle qui s’évapore constamment
- de la surface. Et, ceci quand bien même on aurait affaire à des plantes exigeant très peu d’eau parce ({lie pour ces plantes, en culture ordinaire, on donne toujours un compost d’autant plus sablonneux mélangé de fragments de cailloux et sec qu’elles craignent davantage l’humidité.
- Ces parcelles qui écartent les molécules terreuses sont autant d’obstacles à l’action capillaire et, dans ce cas, c’est surtout par adhésion que l’eau se maintient dans le compost ainsi formé et en moins grande quantité.
- Les expériences que je poursuis depuis près de cinq mois n’ont fait qu’affirmer la bonne impression et la confiance que j’avais de ce procédé, dérivant d’un principe scientifiquement autant que pratiquement indiscutable, qui n’est pas autre chose que l'application en petit des irrigations.
- Les avantages que l’on retirera de cette invention, qui pour être d’une naïve simplicité n’en est pas moins très méritante, sont nombreux et ils peuvent être résumés ainsi : absorption continuelle et méthodique de l’eau par les plantes, distribution de celle-ci selon les besoins qu’en ont les différentes espèces de plantes, porosité et aération constante de la terre, élimination des lavages successifs causés par les arrosages quotidiens. Et, ce qui a bien son intérêt, si l’on doit s’absenter pendant quelques jours, il n’y a pas à craindre que des plantes dessèchent pendant cette absence par le manque d’eau. Aujourd’hui que le besoin de posséder quelques plantes dans l’appartement ou sur les fenêtres se manifeste chez les personnes de toute classe, il est à souhaiter qu’un potier français fabrique et mette ces pots dans le commerce. Albert Malmené.
- Professeur d'horticulture.
- CHRONIQUE
- Les correspondances téléphoniques en Amérique. — D’après Electrical Engineer de Chicago, le nombre moyen d’appels par abonné au téléphone est, dans cette ville, de 50 ; à San Francisco où il y a un peu plus de 10 000 téléphones en service, on compte une moyenne de 20 appels par abonné, bien que la population ne dépasse pas 400 000 habitants. À Berlin, où il y a, paraît-il, 50 000 téléphones en service, le nombre moyen d’appels ne dépasse pas sept, deux ou trois le matin et trois ou quatre l’après-midi. C’est aux États-Unis que l’on trouve le plus de téléphones ; il n’existerait pas moins de 700 000 appareils. Parmi les États européens, l’Allemagne et l’Angleterre tiennent la tète avec respectivement 140 000 et 116 000 appareils; en France on n’en compterait que 55 000, presque moitié moins qu’en Suède (02 000), à peine plus qu’en Suisse (50 000), juste autant qu’en Écosse (55 000).
- Le train le plus lourd du monde. — Il s’agit naturellement d’un train de marchandises, et qui n’était traîné que par une locomotive^ 11 comprenait 150 wagons de charbon, qui formaient une longueur totale de 11S0 mètres à peu près ; le poids de ce convoi monstrueux, non compris machine et tender, était de 5212 tonnes, dont 5005 de poids utile. 11 a circulé, à allure réduite
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- s’entend, d’Àltoona à Columbia (ce qui fait une distance de quelque 240 kilomètres) sur le réseau du Pennsylvania Railroad.
- Bicyclette et amaigrissement. — Les gens trop gras, ou ceux qui sont simplement curieux de connaître quelques-uns des effets du cyclisme, liront avec intérêt le résultat d’une expérience personnelle à laquelle s’est livré récemment un ingénieur civil américain. Il faisait en moyenne une promenade quotidienne de 7 kilomètres, qu’il portait parfois, mais exceptionnellement, jusqu’à 27 kilomètres ; durant cette promenade il transpirait beaucoup, d’autant plus qu’il buvait abondamment et qu’il était fort gras. Il ne cherchait d’ailleurs nullement à diminuer son alimentation. Au début, il pesait 101 kilogrammes ; au bout d’un peu moins de 5 mois, il ne pesait plus que 90 kilogrammes : sa perte moyenne quotidienne avait été de 00 grammes environ ; mais un certain jour, après une course de 3 heures en plein mois d’août, il avait diminué de 2,205 kilogrammes. Grâce à une transpiration abondante, et à de sages précautions évidemment, toutes ses tendances aux rhumatismes avaient disparu.
- I,e commerce «lu musc en Chine. — On sait que le musc est fourni par le chevrotin porte-musc, qu’on nomme en chinois Changlsii. Cette substance, appelée shé hsiang dans l’Empire du Milieu, est employée comme médecine et comme parfum tant en Chine que dans l’Inde ; on la vend au centième d’once (environ 3 déci-grammes), et, à Sung-p’an notamment, elle vaut 10 fois son poids d’argent, et de 18 à 25 fois à Chung-king. Aussi ne s’étonnera-t-on pas quand nous dirons qu’elle est considérablement falsifiée, parfois de 50 pour 100 de son poids, avec du sang de bœuf desséché, du sable fin et quelques autres matières étrangères.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 oct. 1898. — Présidence de M. Van Tiegiiem.
- La notion du mouvement per les sensations tactiles. — M. Léauté communique une Note de M. Dussaud sur un appareil imaginé par l’auteur, dans le but de permettre aux aveugles d’acquérir la notion inconnue du mouvement des objets tels que le déferlement de la vague, le balancement d’une branche, le vol de l’oiseau, etc. L’appareil est exposé dans la salle des séances; il comporte une série de reliefs estampés sur une bande de celluloïd à la suite les uns des autres et donnant l’image de l’objet dans diverses phases de son mouvement. Cette bande est entraînée par un mécanisme de manière que chaque relief vient passer au-dessous d’une ouverture, au travers de laquelle l’observateur pose l’extrémité des doigts sur la bande. Le mécanisme est combiné de manière que les changements d’images ont lieu très rapidement, mais que chaque image reste un certain temps au contact des doigts. Ce temps peut d’ailleurs varier à volonté. Avec un peu d’exercice, on reconnaît très aisément l’objet représenté en relief, et comme la rapidité de la substitution d’un relief au suivant ne permet pas de se rendre compte du mouvement de la bande, on a l’impression du mouvement de l’objet. L’appareil de M. Dussaud se prête d’ailleurs aisément, on peut le concevoir, à des expériences physiologiques sur le temps nécessaire pour la perception tactile et sur la durée de la permanence des sensations de ce genre.
- U épandage du fumier dans les champs. — M. Dehé-rain a reconnu que le fumier de ferme exposé à l’action
- d'un courant d’air prolongé perd toute l’ammoniaque qu’il renferme, c’est-à-dire un de ses éléments utiles par excellence. En outre, la matière organique se brûle sous l’influence des bactéries et une partie de l’azote se dégage à l’état libre ; en quelques jours, le quart de l’azote disparaît. M. Dehérain critique en conséquence l’habitude si répandue parmi les cultivateurs de déposer dans les champs le fumier en petits tas qui restent exposés parfois pendant des semaines avant que le contenu en soit enfoui par le labour. Si les pluies surviennent, ces places à fumier reçoivent une quantité d’engrais surabondante tandis que les parties voisines sont dépourvues, parce qu’on ne leur distribue plus tard qu’un fumier appauvri par les lavages et par la déperdition de l’azote. M. Dehérain conseille donc, toutes les fois que les conditions atmosphériques ne s’y opposent pas d’une manière absolue, d’enfouir le fumier par le labour aussitôt après le transport dans les champs.
- Augmentation de poids du corps humain. — M. Bouchard expose qu’il a eu l’occasion de constater une augmentation de poids chez un homme qui ne recevait que les gaz de l’atmosphère et ne perdait que les produits de la respiration. La première observation de ce genre qu’il fit lui donna lieu de croire à une erreur; mais il a eu l’occasion, cet été, de répéter la constatation du phénomène, en plaçant le sujet sur la balance enregistrante de Redier. Il a observé des augmentations de poids de 10 gr., 20 gr. et même 40 gr. ; mais ces augmentations n’ont guère persisté plus d’une heure. Il y a donc captation par l’organisme d’un élément atmosphérique. Ce n’est pas l’acide carbonique, car en une heure il n’entre dans les poumons que 0sr,25 d’acide carbonique, d’autre part les affinités si restreintes de l’azote permettent d’affirmer qu’il n’intervient pas. C’est donc l’oxygène qui entre dans l’organisme. Sous quelle forme l’oxygène est-il absorbé? Ce n’est pas par dissolution dans le sang, car la quantité arrêtée serait insignifiante; ce n'est pas non plus par oxvdation de l’hémoglobine, car le calcul montre que la quantité d’oxygène fixé ne dépasserait pas 2 gr. en une heure. Il reste à considérer les métamorphoses que peuvent subir l’albumine, les graisses et les hydrates de carbone. Les réactions auxquelles l’albumine peut donner lieu ne sont susceptibles de fixer que quelques centigrammes d’oxygène. Les hydrates de carbone ne peuvent expliquer une augmentation de poids; la combustion du sucre motiverait au contraire une diminution de poids. La transformation du sucre en graisse provoquerait également une diminution de poids. Les graisses en brûlant donnent de l’eau qui reste dans l’organisme et de l’acide carbonique qui s’en va, mais le bénéfice en une heure ne serait encore seulement que de quelques centigrammes, il est probable qu’il y a transformation de la graisse en glycogène qui peut s’accumuler dans l’organisme sans se brûler, qu’on rencontre en abondance dans les muscles, dans le foie. Cétte transformation comporte la fixation d’un poids considérable d’oxygène. M. Bouchard a d’ailleurs réussi à démontrer expérimentalement l’existence de cette réaction en choisissant des conditions physiologiques favorables. Il met sur la balance un chien préalablement soumis à un jeûne de deux jours, puis enfermé dans une cage maintenue dans une atmosphère tiède. En donnant à manger à ce chien un poids de 500 gr. de graisse environ, on observe au bout de dix à douze heures une augmentation de poids de 4 gr. L’animal pesant seulement 10 kg. l’augmentation est presque de même ordre que celle observée chez l’homme par M. Bouchard.
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- Varia. "— M. Moissan a recherché les impuretés des échantillons de carbure de calcium du commerce. — M. Williams présente une Note sur le carbure double de fer et de molybdène. — M. le Dr Berger lit un mémoire sur un mode d’extirpation des tumeurs malignes de l’extrémité supérieure de l’humérus, par enlèvement de l’omoplate. Ch. de Yilledeuil.
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- G. DE MORTILLET
- La science française vient de faire une grande perte en la personne de Gabriel de Mortillet, décédé, le 25 septembre 1898, dans sa soixante-dix-huitième année.
- Successivement organisateur du musée d’histoire naturelle de Genève, directeur de celui d’Annecy, géologue auprès des chemins de fer italiens, il fut, en 1868, appelé au musée de Saint-Germain auquel il resta attaché jusqu’en 1885. Durant cette période de sa vie, G. de Mortillet publia une série de travaux portant d’abord sur la conchyliologie, puis sur la géologie. Ces études l’amenèrent à s’occuper des questions préhistoriques encore mal connues.
- A la suite d’observations multipliées, sur place et dans les musées, surtout à Saint-Germain — comme aussi à l’Exposition universelle de 1867, où il avait été chargé de l’organisation de la première salle de l’exposition du travail, — G. de Mortillet publia, en 1869, son remarquable essai de classification de l’âge de la pierre qu’il compléta en 1872.
- C’était là une œuvre maîtresse, synthétisant les données scientifiques recueillies alors et qui était tellement conforme à l’observation qu’elle est restée exacte, au moins dans ses grandes lignes ; aujourd’hui encore elle est généralement admise.
- Durant plus de vingt ans, à l’École d’anthropologie, où il occupait la chaire d’anthropologie préhistorique, G. de Mortillet donna un précieux enseignement à de nombreux élèves dont plusieurs, étrangers, sont à leur tour devenus des maîtres dans leurs pays.
- Fondateur des Congrès internationaux d’anthropologie préhistorique, ancien président de la Société d’anthropologie, président de l’Association pour l’enseignement des sciences anthropologiques, prési-
- dent de la sous-commission des monuments mégalithiques du ministère de l’Instruction publique, G. de Mortillet sut remplir ces diverses fonctions avec une exactitude et une distinction remarquables.
- 11 publia un nombre considérable de mémoires dans diverses revues et surtout dans les Matériaux pour [Vhistoire primitive et naturelle de l'homme et ensuite dans l'Homme, deux revues importantes qu’il avait successivement fondées en 1864 et 1884. Son livre le Préhistorique (1885 et 1885) et le Musée préhistorique (1881), magnifique alburmdont les 1262 figures ont été dessinées par son fils Adrien de Mortillet, sont des publications absolument classiques. L’année dernière, il publiait encore un important volume : Formation de la nation française.
- Savant consciencieux, d’une honnêteté scrupuleuse, esprit fin et pénétrant, critique judicieux, G. de Mortillet était un maître plein de bienveillance pour ses élèves auxquels il ne ménageait ni conseils, ni encouragements. Dans la vie privée, c’était l’homme probe et correct, le père excellent que pleure une famille dans la douleur.
- G. de Mortillet joua aussi un rôle politique. Dès sa jeunesse, il était d’opinion avancée ; toute sa vie il resta fidèle à ses convictions. Il fut maire de Saint-Germain de 1882 à 1888, député de Seine-et-Oise, de 1885 à 1889.
- L’œuvre de G. de Mortillet a été considérable ; il sut, par sa classification,, son enseignement, ses publications, coordonner une foule de données diverses, de faits épars, d’observations isolées se rapportant au préhistorique mais que ne reliait aucun lien didactique. Appliquant une méthode scientifique à des sujets ordinairement traités avec la méthode littéraire coutumière, surtout alors, aux archéologues, il contribua, pour une part considérable, à faire de l’anthropologie préhistorique ce qu’elle est aujourd’hui : une science avec son outillage, ses méthodes, ses classifications.
- A ce titre seul, G. de Mortillet peut être à bon droit considéré comme un maître auquel nous tenions à adresser ici un juste tribut d’éloges et un dernier adieu. Capitan.
- Le Gérant : P. Masson.
- Gabriel de Mortillet.
- Paris. — Imprimerie Laiicre, rue de Fleuras, 9.
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- iV 1524. — 15 OCTOBRE 1808.
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- MOTEUR A GAZ DES HAUTS FOURNEAUX
- Des essais très intéressants ont été faits, il y a peu de I des gaz des hauts fourneaux dans les moteurs à gaz. temps, à la Société Cockerill, à Seraing, pour l’emploi | M. A. Greiner, directeur général de la Société, s’est
- Fig. 1. — Moteur Simplex de 200 chevaux à gaz des hauts fourneaux.
- adressé tout d’abord à MM. Delamare-üeboutteville I les moteurs à gaz pauvres. M. Delamare-Deboutte-et Malandin qui avaient particulièrement étudié | ville répondit que les gaz des hauts fourneaux pou-
- Fig. 2. — Vue en bout du même moteur.
- voient très bien être utilisés dans un moteur système Simplex combiné spécialement.
- Des échantillons de gaz prélevés dans les hauts fourneaux d’heure en heure pendant 24 heures et soumis par M. À. Wilz à l’analyse calorimétrique, montrèrent que la puissance calorifique de ces gaz
- 26* année. '— î* semestre.
- ne variait guère. On installa ensuite un moteur Simplex qui fonctionna pendant 18 mois en fournissant une puissance de 4 chevaux. Des études et des améliorations sur ce premier moteur montrèrent qu’il était possible de construire des machines de 150 chevaux au minimum fonctionnant dans les mêmes
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- conditions. La construction commença aussitôt dans les ateliers Cockerill, et un moteur était mis en marche le i l avril 1898.
- Les plus grandes difficultés, rencontrées dans l’emploi des gaz des hauts fourneaux, provenaient de l’inflammation de ces gaz peu combustibles et de la quantité de poussières introduites aux cylindres pendant la marche.
- Le moteur à gaz, que représentent nos deux figures, est un moteur à 4 temps, horizontal, mono-cylindrique. Le cylindre a un diamètre de 800 millimètres, la course du piston est de 1 mètre. A la vitesse angulaire de 105 tours par minute et avec une compression préalable des gaz de 7,5 kg par centimètre carré, sa puissance est de 200 chevaux. Le volant a 4 mètres de diamètre et pèse 15 tonnes. L’allumage électrique est à avance variable, le régulateur est à air.
- Des expériences très complètes ont été faites sur ce moteur par M. A. Witz, qui nous en a fait connaître lui-mème les résultats. Le moteur a été soumis à une épreuve de 24 heures continues, en lui luisant développer sa puissance normale, avec son maximum de 90 admissions pour 100, de manière à conserver l’élasticité de puissance requise pour une bonne marche pratique. Le mécanicien de la machine n’avait qu’à surveiller le fonctionnement. Les gaz étaient fournis par les hauts fourneaux de l'établissement en marche normale soit directement , soit en passant à travers un gazomètre de 300 mètres cubes.
- Le travail dépensé a été mesuré à l’aide d’un frein d’une façon continue. Un compteur a permis de relever le nombre de tours par minute de la machine, et un autre compteur a noté les admissions de gaz. Un enregistreur Richard a tracé la courbe des vitesses angulaires. Cette dernière courbe n’indique que de faibles variations.
- Les principaux résultats ont été les suivants : la vitesse angulaire moyenne a été de 105,2 tours par minute, la puissance moyenne de 181,1 chevaux, le nombre moyen d’admissions de 47 par minute, le rendement organique moyen de 0,85. La consommation de gaz par cheval-heure effectif a été en moyenne de 3,329 mètres cubes; le pouvoir calorifique du gaz a été de 981 calories par mètre cube à 0° et à 760 millimètres en variant de 937 à 1001. La consommation d’eau a été environ de 102 litres d’eau par cheval-heure, et la consommation d’huile et de graisse de 18 grammes.
- Ces résultats sont très intéressants et dignes de fixer l’attention du monde industriel. Comme le dit M. A. Witz, dont on connaît la grande autorité pour tout ce qui touche les moteurs à gaz, la Société Cockerill possède un moteur de 200 chevaux, qui consomme, par cheval-heure, 3,5 mètres cubes des gaz de ses hauts fourneaux, 100 litres d’eau et 18 grammes d’huile, et qui fonctionne aussi régulièrement qu’unemachineà vapeur. J. Laffargee. -----------------------------
- LE CAY-DA
- MATIÈRE COLORANTE PROVENANT DE LA COCHINCHINE
- Malgré l’envahissement progressif, dans l’art de la teinture, des couleurs artificielles, Quelques couleurs naturelles opposent à cet envahissement une vigoureuse résistance, et certaines non seulement conservent leurs positions, mais les développent. De ce nombre sont les cachous.
- On désigne sous ce nom des extraits tinctoriaux importés en Europe par les colonies anglaises et hollandaises. Ils sont fabriqués avec un nombre considérable de végétaux appartenant à des famillesdiffdrent.es : Légumineuses, Rubiacées, Myrtacées, Polygonées, etc. Il suffit de faire bouillir avec de l’eau les parties les plus tendres de la plante, et quand l’extrait a la consistance voulue, on le coule directement dans des caisses garnies de feuilles ou de nattes grossières, ou encore on le divise en cubes que l’on sèche au soleil. Ces procédés rudimentaires, le bon marché de la main-d’œuvre et du combustible, expliquen le bas prix des cachous qui leur permet de lutter avec succès contre les colorants dits d’aniline.
- Bon an mal an, la consommation du cachou en France s’élève à plus de 4 000 000 de kilogrammes. Voici les chiffres de l’importation et de l’exportation :
- IMPORTAT TOXS.
- 1895 1896 1897 1898
- (six mois)
- Quantités en kg : 5 761» Rio 6 201 074 2 976 600 3 173 800 Valeur eu francs : 3 232 371 2 797 923 1 339 470 1 492 626
- Éx PORTAT IOXS.
- Quantités en kg : 302 293 261 369 118 900 99 300
- Valeurs en francs : 283 294 117 930 33 505 46 765
- On estime qu’approximativement, la consommation de la France représente le dixième de la consommation totale du cachou. On voit donc quelle est l’importance considérable de ce marché qui est actuellement entre les mains des colonies anglaises et hollandaises.
- Un de nos compatriotes, M. 0. Piequet, chimiste à Rouen, s'est demandé si, dans les productions de nos colonies de l’Extrême-Orient, on ne trouverait pas des matières colorantes ayant des propriétés analogues à celles des cachous. Grâce à son frère, M. Camille Piequet, contrôleur des contributions directes à Saigon, M. 0. Piequet a pu se procurer un produit appelé Cày-dà et qui est employé par les teinturiers indigènes pour la coloration de leurs étoffes.
- Cette matière colorante est l'écorce d’un arbre qui porte le nom scientifique de Brugniera gymnorrhha. Les Annamites enlèvent cette écorce du bois à l’aide d’un simple couteau; ils la pilent pour la réduire en une poudre grossière qui, mise dans un petit sac, est introduite dans l’eau bouillante. Le bain de teinture ainsi préparé, on y trempe l’étoffe à teindre pendant quelques heures, on la retire et on l’étend sur l’herbe pour la sécher. En même temps, il y a oxydation de la couleur, car le côté qui est à l’air devient plus foncé que celui qui repose sur le sol. La coloration obtenue est d’un brun rougeâtre et est d’une grande solidité.
- M. O. Piequet a fait avec le Cày-dà une série d’essais de teinture et d’impression qui lui ont montré que cette couleur pouvait remplacer le cachou dans toutes ses applications. Il était donc démontré que notre colonie de Cochinçhine pourrait fournir, quand on le voudrait, des cachous d’aussi bonne qualité que ceux que nous recevons des autres pays.
- Restait à faire passer dans la pratique cette heureuse
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- idée. La Chambre de commerce de Rouen s’empara de la question, et, s’appuyant sur l’intéressant travail de de M. 0. Piequet, elle adressa un mémoire à M. le ministre des colonies, en lui montrant les avantages qu’il y aurait, pour notre colonie, à substituer l’écorce du Cày-dà au cachou.
- Le ministre des colonies, à son tour, en saisit le gouverneur général de l’Indo-Chine, et, d’une lettre que ce dernier a adressée au président de la Chambre de commerce de Rouen, il est permis d’espérer que la question finira par entrer dans le domaine de la réalisation. Voici, en effet, les deux passages principaux de cette lettre.
- « J’ai l’honneur de vous faire connaître que plusieurs planteurs de l’Indo-Chine, notamment M. Canavaggio, de Thu-duc (Cochinchine), s’occupent, avec succès, de la culture du Cày-dà. 11 y aurait un réel intérêt, je crois, à mettre en rapport ces producteurs et les industriels de votre région qui font usage ou qui sont disposés à faire usage du produit tinctorial en question.
- « Je vous serais, en conséquence, obligé, Monsieur le Président, de bien vouloir me communiquer les noms de ces industriels, les quantités approximatives d’écorces dont ils auraient besoin annuellement, leur prix moyen, le mode d’emballage (sac ou caisse) qu’ils préféreraient, cl, d’une manière générale, tous les renseignements de nature à éclairer les producteurs de l’Indo-Chine et à leur permettre de donner à la nouvelle culture tout l’essor que nous désirons lui voir prendre. »
- Déjà depuis l’envoi de cette lettre de M. Doumer, gouverneur général de l’Indo-Chine, plusieurs fabriques d’extraits de matières colorantes ont fait venir, en France, un certain nombre de tonnes d’écorces de Cày-dà, pour effectuer des essais de fabrication en grand et présenter le nouveau produit à leur clientèle. Après les expériences de M. 0. Piequet, on peut supposer que le Cày-dà prendra la place qui lui convient dans nos ateliers de teinture et d’impression sur étoffes.
- On ne saurait trop applaudir à ces efforts qui tendent à faire de nos colonies ce qu’elles devraient être depuis longtemps : les fournisseurs de la métropole, pour toutes les substances qu elles produisent ou pourraient facilement produire avec un peu plus d’initiative, et, disons-le, un peu moins d’entraves administratives. L. L.
- Ou’est-ce que peut cacher ce nom bizarre ? En suédois, cela signifie tout simplement le « Bureau du fer », et le fait est que c’est un bureau, une sorte de « chambre des métallurgistes », qui existe à Stockholm. Cette corporation fort ancienne a été fondée en 1747 par les maîtres de forges de Suède, qui réunirent des souscriptions pour établir une banque dans le but de faire des avances sur les stocks de fer, quand la demande diminuait sur le marché, et que, par suite, les détenteurs ne voulaient point vendre à bas prix.
- Le fonds de réserve du Jernkontoret est maintenant de 7 500 000 francs environ. La Société a d’ailleurs élargi ses attributions : elle a organisé tout un corps d’ingénieurs des mines, d’ingénieurs mécaniciens ou métallurgistes. Ceux-ci reçoivent un traitement du Jernkontoret, et ils peuvent de plus percevoir une légère rétribution quand ils sont employés par les manufacturiers. Souvent ils sont chargés de mission à l’étranger pour recueillir des renseignements scientifiques et pratiques.
- Les fonds qui servent à assurer le fontionnement de
- cette institution sont fournis par une légère taxe frappant, la production, et ce « Bureau du fer » est tellement florissant qu’il a pu se faire bâtir un bel hôtel, et qu’il publie annuellement une publication appelée Jernkontc-rets Annoter. Celle-ci contient des mémoires originaux : ce sont les rapports annuels de chacun des agents techniques de l’institution ; les annales en question sont envoyées gratuitement à tous les maîtres de forges de Suède, et elles se vendent fort bon marché au public.
- Le conseil d’administration du « Bureau » est formé d’un président et de neuf conseillers élus pour trois ans et se réunissant hebdomadairement; il y a en outre toujours, un secrétaire permanent et un trésorier. Certainement l’existence de cette institution a dù aider puissamment au développement de l’industrie métallurgique suédoise. L. Leroy.
- UNE CURIEUSE RARE DE MARCHANDISES
- (iliaque fois que, dans une grande ville, l'on a affaire dans une gare de marchandises, on n’a que trop l’occasion de s’apercevoir combien généralement elle est éloignée du centre : il y a pour cela une raison bien légitime, c’est que les gares de petite vitesse, comme on les appelle, nécessitent un emplacement réellement énorme, et que le terrain est extrêmement cher au fur et à mesure que l’on se rapproche du centre des agglomérations urbaines.
- Ces gares doivent donner quotidiennement asile à des trains multiples et comptant chacun un nombre énorme de wagons ; ceux-ci ne sont point déchargés tout de suite, ils attendent leur tour ou la venue du destinataire. Il faut être en mesure de les amener devant des plates-formes surélevées, sur lesquelles s’opérera le déchargement, ou devant des magasins destinés à abriter les marchandises en attendant qu’on les vienne chercher. Il faut également avoir des moyens faciles de garer les véhicules, de les pousser suf des voies d’évitement pour en former des trains et les évacuer. Pour les expéditions et embarquements on doit posséder des facilités analogues, et par suite multiplier les voies le long desquelles les camions pourront amener leur chargement bord à bord avec les wagons, installer des faisceaux d’autres lignes dites de triage, sur lesquelles on repoussera tels ou tels wagons pour en composer des trains qui partiront ensuite dans les diverses directions.
- D’ordinaire on renonce absolument à tenter d’établir une gare de marchandises là où l’espace doit être compté : c’est cependant ce que n’a point hésité à faire une compagnie de transports américaine. La solution parfaitement pratique qu’elle a imaginée mérite d’être signalée pour son originalité. Le plan que nous reproduisons, d’après notre confrère Railroad Gazette, en fera bien comprendre l'esprit.
- La Compagnie en question, qui se nomme « Harlem Transfer Co », a hardiment installé sa gare terminus de marchandises dans un bloc qui n’a pas 100 mètres de large sur 150 mètres de longueur moyenne, entre la rivière Harlem et la 135e rue Est,
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- à New-York; et, dans ce petit espace, M. \V. G. Berg a trouvé moyen de loger toutes les voies de triage dont on avait besoin, en même temps qu’un magasin. L’installation a été menée à bien en moins de trois mois.
- Les choses se compliquaient de ce fait que la gare en question doit recevoir tous ses wagons par bateau, par un de ces ferry-boats ou carfloats qui sillonnent les eaux de New-York, et qui transportent sur leur pont des chargements de véhicules provenant des gares terminus situées sur les rives de la rivière Harlem. La « Harlem Transfer Co » est une compagnie spéciale qui s’est formée pour amener les wagons des différentes compagnies aussi près que possible des clients expéditeurs ou destinataires : c’est le but même auquel répond sa gare. Tous les
- véhicules lui arrivent par cette sorte de port qu’on voit à gauche du plan, chaque ferry venant aborder perpendiculairement au pont flottant ou transfer bridge, sur lequel se terminent deux voies d’accès qui partent de la cour de la gare.
- Examinons le plan et nous verrons immédiatement que les trains ou portions de trains sortant du ferry peuvent, par une manœuvre très simple, venir directement ou en refoulant, et après avoir fait le tour du magasin elliptique destiné aux marchandises, sur l’une quelconque des voies qui se trouvent au nord-ouest ou au sud-ouest dudit magasin ; ils peuvent également arriver sur la voie spéciale qui court parallèlement à la 155e rue, et à l’extrémité de laquelle est un pont roulant pour le déchargement des grosses masses. La machine qui a tiré les wagons du ferry
- Entrée
- Avenue du Chemin de fer
- Echelle
- 5o Met.
- NORD
- ~Chariot=-t'lottàntl
- Docks
- pavee
- aven arrra
- Une curieuse gare de marchandises à New-York.
- peut toujours faire le tour du magasin et les prendre en queue, afin de les pousser sur une voie quelconque sans rester prise derrière eux.
- Entre les voies principales ont été ménagées des voies charretières pavées en bois, et suffisamment larges pour permettre facilement toutes les manutentions. On a certainement remarqué qu’un aiguillage disposé au fond de la gare donne toute possibilité aux wagons d’être amenés au pied même de la halle aux marchandises, devant la plate-forme de chargement ou de déchargement. Qu’on examine bien les avantages que présente cette forme de halle : en même temps qu’elle offre un front considérable, par rapport à ses dimensions effectives, pour l’accostage des wagons, toute la manutention rayonne vers le centre du bâtiment, vers sa cour pavée, dans laquelle pénètrent les camions apportant ou emportant les marchandises. Pour le reste, cette halle n’offre
- rien de bien particulier, puisque c’est tout simplement un bâtiment à charpente de fer et à parois de tôle ondulée.
- Sans insister sur les dégagements, les voies charretières ménagés dans cette gare curieuse, ni sur les autres détails que le plan indique de lui-même, nous ferons remarquer qu’on n’a pas hésité à adopter des courbes extrêmement raides, dont le rayon descend jusqu’à 27m,40; en ces points, l’on a eu soin de porter l’écartement des rails à lm,447 et de donner un dévers qui relève de 5 centimètres le rail extérieur. Les manœuvres sont faites par une loco-motive-tender Baldwin à 4 roués, ayant un empattement de roues de lm,98 seulement.
- C’est assurément un vrai tour de force que d’avoir tiré pareil parti du terrain si réduit dont pouvait disposer la Compagnie. Pierre de Méiiiel.
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- OUTILS EN ACIER PROFILÉ
- L’invention des profilés, suivant l’expression courante, c'est-à-dire des barres de fer obtenues au laminoir et présentant des sections variées, en T, en T, en double T, en cornière, en-V, etc., est venue étrangement simplifier l'art de la construction métallique. Ces profilés constituent par eux-mêmes des pièces de charpente qu’on n’eût jadis pu obtenir que par un travail compliqué d’assemblage. Une maison anglaise bien connue, MM. J. Beardshaw and son, de Sheflield, a récemment imaginé de tirer parti des aciers profilés pour la fabrication des outils. Et dans ce but, aidée du reste par un ingénieur français, M. J. Sapène, elle a d’abord inventé des aciers d’une composition spéciale, un outillage puissant susceptible de laminer ces aciers pour outils, et enfin des profils, en nom-lire restreint il est vrai, mais très sérieusement étudiés, et permettant d’obtenir la majeure partie des outils nécessaires dans les ateliers de construction.
- Pour peu qu’on ait suivi la fabrication de certains outils, ou pour peu même qu’on en ait examiné les dispositions, on doit savoir que, pour tirer d’une barre d’acier pleine, ronde ou carrée, un outil tel qu’un alésoir, une mèche, un instrument de tour, un foret, un taraud, etc., on est toujours obligé de se livrer à un travail long, pénible, compliqué, coûteux, et abîmant même le métal. Quand celui-ci est coupé à la longueur voulue, il faut encore le fraiser,levider, souvent le forger,pour lui donner la forme que doit présenter l’outil une fois achevé, pour creuser les dépressions nécessaires au rôle que remplira l’instrument. Ce sont des opérations très longues à mener à bien ; de plus, le for-geage, entraînant le chauffage préalable, est l’ennemi de l’acier, qu’il brûle souvent et détériore toujours.
- Avec les aciers profilés Beardshaw, plus rien de tout cela, puisque les barres d’acier, à la sortie du laminoir, présentent les évidements nécessaires qu’on donnait jadis par le fraisage; et cela d’autant que les profils en question peuvent être droits ou tordus. On comprend aisément comment les profils droits sont obtenus. Pour les profils tords, ils résultent simplement de ce fait que, au sortir même du lami-
- nage, quand elle est encore chaude et plastique, la barre est saisie par une pince : celle-ci, grâce à un dispositif à vis très simple, est animée d’un mouvement de rotation régulier suivant son axe, et, par suite, la barre est tordue d’après un pas régulier lui-même. Certains des outils que nous avons fait reproduire montrent combien est exacte cette torsion.
- Indiquons rapidement comment les profilés qui sortent des ateliers de Sheffield sont susceptibles de répondre pour ainsi dire à tous les besoins de l’outillage. MM. Beardshaw fabriquent des aciers avec profil en croix, profil à 3 branches, profil en I, profil en V (avec profil porte-outil complémentaire), profils mâles et femelles, certains de ces profils, comme nous l’avons dit, pouvant être tors.
- Voici, par exemple, un profil en croix : une fois que nous l’aurons coupé à la longueur voulue, avec le seul secours de la lime, nous le transformerons
- en un alésoir droit à deux coupes, ou, aussi bien, en un taraud,ou encoreen un foret à centre à deux coupes ; on en pourrait fabriquer également un bédane d’ajusteur, une mèche à canon, une tranche. Avec le même profil d’un plus grand diamètre, et régulièrement tordu à l’usine, nous voici en mesure de faire en un tour de main une mèche cylindrique à 4 branches. Notons en passant que, pour les mèches grossières à murailles, un ouvrier peut prendre un profil droit et en tordre l’extrémité à chaud : il obtiendra l’outil représenté dans la figure 7 qui répond parfaitement à l’usage auquel il est destiné. Ce même profil en croix pourrait encore donner des outils à tourner, à raboter, à dresser.
- Avec le profil à 3 branches, rien ne sera plus facile que de fabriquer, pour ainsi dire en quelques coups de lime, un alésoir à 3 branches et à 2 coupes (fig. 8), par exemple, un taraud, ou encore un alésoir tordu, avec un pas d’une régularité absolue, si l’acier a été tordu à l’usine même de production de ces profilés. Le profil à 3 branches se lamine aussi en un autre type dont les ailes sont plus minces, et qui ne présente pas de renforcement en son centre; nous avons fait figurer, en 5, un grattoir à métaux obtenu avec ce type, qui donne la matière première toute préparée pour certains outils
- POYET
- Outils eu acier profilé.
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- comme, les tamponnoirs droits pour forer avec le marteau.
- Nous pouvons ensuite signaler le profil en 1, tpii est très pratique pour la préparation d’outils de tour légers, raboteuses, mortaiseuscs, à employer sans porte-outil; nous avons tenu à montrer, dans une des figures ci-jointes, une longue mèche à murailles préparée par un forgeron ordinaire, et en un tour de main, au moyen de cet acier acheté non tors à l’usine.
- Enfin nous signalerons le profil en V, pour lequel la maison Beardshaw lamine aussi et vend au mètre courant un porte-outil épousant la forme extérieure du V (fig. 4 et 6); et nous mettrons sous les yeux du lecteur un outil de tour et son porte-outil fabriqués dans des aciers dits à double profil, laminés de telle sorte que, couplés, ils s’épousent mutuellement par leurs faces extérieures.
- Ce que nous avons dit et les figures que nous avons réunies ici, suffiront assurément pour faire comprendre le mérite réellement pratique de l’invention dont il s’agit. Il faudrait ajouter que MM. Reardsbaw réclament pour leurs aciers une qualité toute spéciale; ils en vendent du reste deux types : le mi-dur, pour les outils à choc, et l’extra-dur, pour les outils de tour, alésoirs, forets. Comme tous les aciers fins pour outils, ceux-ci se trempent à l’eau tiède à 15°, après chauffage à une couleur intermédiaire entre le rouge sombre et le rouge cerise.
- Sans doute ces profilés, par suite du travail supplémentaire qu’ils subissent à l’usine, sont un peu plus cher au kilogramme que les aciers ordinaires, mais il faut tenir compte de ce qu’ils sont considérablement moins lourds au mètre courant, puisqu'ils sont tout évidés, et surtout de ce qu’ils sont déjà en grande partie travaillés pour l’usage auquel on les destine.
- Les inventeurs et fabricants ne se bercent pas d’illusions, et, pour faire triompher cette idée si simple et si pratique, il leur faudra évidemment lutter quelque-peu péniblement contre ce que les psychologues appellent misonéisme, et ce qu’on peut nommer tout simplement la routine. Dans les grands ateliers, ils ont déjà trouvé un accueil très sympathique, parce que les ingénieurs éclairés se sont rendus compte de la simplification qu’apporte leur invention ; mais il est à craindre que longtemps encore elle ne soit ignorée ou même repoussée dans les petits ateliers. Daniel Bellet.
- LE NÉMATODE DE LA BETTERAVE
- On peut voir cette année, dans quelques régions des départements de l’Aisne et de l’Oise, des cultures de betteraves présentant çà et là des taches où le feuillage plus ou moins flétri est couvert de. plaques plus ou moins étendues d’un vert jaunâtre mat. En fouillant le sol, on voit que les racines ainsi atteintes
- sont petites et languissantes, et leurs radicelles présentent des renflements blanchâtres. Ce sont des betteraves nématodées, c’est-à-dire attaquées par un ver de la classe des Nématodes, YHeterodera schachtii, qui n’est bien connu que depuis une vingtaine d’années. Toutefois, la maladie est beaucoup (dus ancienne, car il y a cinquante'ans déjà que des taches semblables avaient été observées dans divers districts de l’Allemagne, en Belgique et en France. Les betteraves, ainsi atteintes, donnent non seulement un rendement moindre, mais leur richesse saccharine est beaucoup plus faible. Toutefois le mal avait d’abord été attribué à l’épuisement du sol en acide phosphorique et en chaux, ce qu’on avait appelé la fatigue belteravière.
- En 1859, un botaniste allemand, H. Schacht, découvrit le parasite ; mais il se trompa sur sa véritable nature, en le décrivant comme un Acarien. C’est en 1871 que A. Schmidt rectifia cette erreur; la question fut reprise en 1881 par J. Iüïhn et Liebseher. Enfin, depuis, le Nématode ou anguil-lule de la betterave a été l’objet de travaux très importants de la part de plusieurs naturalistes et agronomes, pour la plupart français, au nombre desquels nous citerons plus particulièrement MM. Aimé Girard, M. Cornu, Prillieux, Schribaux et J. Chatin.
- Ainsi que La constaté ce dernier savant, l’habitat du Nématode n’est pas exclusif à la betterave, car les plantes les plus variées : choux, céréales, blé, avoine, etc., colza,' navet, cresson alénois, navette, épinard, moutarde, radis, etc., peuvent également l’héberger.
- Chez le Nématode de la betterave, il existe une différence très accentuée entre le mâle et la femelle. Le premier (n° 1; voy. fig. p. 312) mesure en moyenne 0mm,8, la tête porte une sorte de coiffe constituant un organe protecteur très efficace pendant les cheminements que le ver doit effectuer dans la terre pour arriver jusqu’aux racines.
- L’extrémité caudale, chez le mâle, est rétrécie et terminée par une pointe légèrement recourbée.
- La femelle (n° 2) est tout à fait différente ; sa ' forme est presque sphérique et la longueur varie entre 0mm,8 et l®01,^. La coloration au lieu d’être grise, comme chez le mâle, est brune ou jaune ; enfin, l’extrémité antérieure ne porte pas de coiffe.
- Cette femelle pond de 200 à 300 œufs, elliptiques (n° 3), qui, contrairement à ce qu’on observe pour la plupart des Nématodes parasites, n’offrent que très peu de résistance aux agents physiques et chimiques ; car, ainsi que l’a constaté M. J. Chatin, une température de + 35° tue infailliblement l’œuf, et un froid de — 10° agit de même. Les larves qui sortent de ces œufs sont de petits vers atteignant 3 à 4 dixièmes de millimètres, qui se meuvent dans le sol humide avec une grande agilité. Viennent-elles à rencontrer les radicelles d’une betterave, elles la piquent avec le dard dont elles sont munies et y pénètrent en creusant une poche où elles grossissent, restant toujours fixées par la tête au tissu cellulaire. Ce sont
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- ces larves qui produisent les renflements caractéristiques des radicelles (nos 5 et 6).
- « Les modes de propagation des Nématodes, lisons-nous dans le Dictionnaire <V Agriculture, de MM. Barrai et Sagnier, sont d’ailleurs nombreux. Ce sont d’abord les outils et instruments sur lesquels s’attache la terre des champs infestés; il faut donc laver avec soin ces outils quand on s’en est servi dans un champ atteint. Les houes de lavage des racines dans les usines, qu’on répand dans les champs, peuvent aussi servir de véhicules aux parasites. 11 n’y a rien à craindre de l’extension par les graines de betteraves, mais les fumiers des animaux nourris avec des racines atteintes, ou avec des pulpes qui en proviennent, constituent un puissant moyen de propagation, car les Nématodes restent vivants après le passage dans l’appareil digestif; toutefois, comme ils sont tués pai une chaleur de 60°, il ne paraît pas qu’il y ait à se préoccuper, sous ce rapport, des pulpes de diffusion, les racines étant soumises, dans les appareils, à une température qui dépasse souvent 70°. »
- Remarquons d’ailleurs, que le parasitisme ne constitue pas, pour le Nématode, une condition absolue d’existence, car il peut vivre librement et persister plusieurs années dans une terre humide ne portant aucune végétation.
- Arrivons maintenant aux moyens mis en œuvre pour combattre cette maladie. Suffirait-il, comme l’ont conseillé quelques auteurs, dit à ce sujet M. J. Lhatin, de renoncer momentanément à la culture des betteraves dans les localités contaminées? En modifiant, par crainte des Nématodes, un assolement uù la betterave occupe souvent la première place, on diminuerait, généralement dans une proportion considérable, les revenus de l'exploitation, sans amener aucun résultat utile. « 11 serait illusoire d’espérer faire ainsi disparaître Ylleterodera, puisque nous savons que c’est un parasite en quelque sorte cosmopolite; faute de betteraves, il s’attaque aux plantes les plus variées, les plus éloignées au point de vue botanique. J’ai vu, en 1887, une récolte de blé gravement compromise pour avoir été tentée sur une terre qui avait porté l’année précédente des betteraves nématodées. »
- Comme moyen préventif, J. Kühn recommande de ne pas utiliser comme fumure des déchets de betteraves nématodées, à moins qu’ils ne soient mélangés avec de la chaux vive, dans la proportion de 6 à l ; le composé ainsi obtenu est, en réalité, beaucoup moins dangereux.
- Pour les invasions peu étendues, M. Aimé Girard a conseillé, comme moyen curatif, les injections dans le sol de sulfure de carbone à doses massives, soit 500 grammes et plus, par mètre carré. Toutefois, il faut reconnaître que ce moyen, outre qu’il est fort coûteux, n’a pas toujours donné les résultats qu’on espérait. D’après une communication, faite le 15 janvier 1890, à la Société nationale d’agriculture, les nitrates seraient nématocides; le sel marin serait
- dans le même cas, ainsi que les chlorures d’ammonium et de potassium et les sulfates alcalins. De tous ces nématocides, le chlorure de potassium serait, paraît-il, le plus actif.
- Plus récemment, M. le D1 0. Yibrans a repris la question des sels de potasse, et il est arrivé aux conclusions suivantes :
- Quand on poursuit le développement de la betterave sur un champ nématodé, on ne remarque, dans la plupart des cas, rien d’anormal dans la végétation, jusqu’à fin juillet; mais, à partir de cette époque, l’aspect des betteraves change.
- La jeune plante a évidemment trouvé une nourriture suffisante par l’engrais artificiel apporté, mais à mesure que la végétation avance, les nématodes prennent le dessus, et la nourriture facilement assimilable diminue. A la fin, elle disparaît complètement et les racines dépensent leur activité à décomposer les combinaisons minérales insolubles. Ce phénomène dure plus longtemps que la multiplication des Nématodes, et comme ces derniers prennent à la plante de la potasse et de l’acide phosphorique, la nutrition du végétal est ralentie, affaiblie complètement à un moment donné, et la récolte se trouve manquée. On a fait cependant la constatation que, par l’emploi des sels potassiques, répété plusieurs années de suite, l’influence des Nématodes diminue fortement. Il est évident qu’il faut, en cela, tenir compte de la composition du sol, et considérer par avance le pouvoir d’absorption de ce sol. L’emploi du carbonate de potasse se fait sentir d’une manière très sensible dès la première année.
- En 1894 et 1895, M. Willot a fait de nombreux essais sur l’emploi des eaux de condensation ammoniacales des usines à gaz pour la destruction des Nématodes. D’après cet agronome, et aussi d’après M. E. Lefebvre, fabricant de sucre à Curgie (Nord), qui a appliqué ce remède, il donnerait d’excellents résultats.
- Toutefois, d’après d’autres expériences faites par M. L. Caillot, directeur de la station agronomique de l’Aisne, les eaux de condensation des usines à gaz, de même que le crüd d’ammoniaque (également recommandé), quoique très fertilisants, seraient d’une inefficacité absolue pour la destruction des Nématodes. On a aussi conseillé pour détruire le Nématode d’introduire dans le sol, en guise de fumure, des chiffons imprégnés de pétrole. Néanmoins, ces expériences ont été contradictoires.
- M. J. Kühn recommande un mitre remède, d’un caractère original. Il préconise la culture àes plantes-pièges ou emprisonnantes (Fang flanzen), telles que le colza et la navette d’été dont on fait des semis successifs et que l’on récolte dans la cinquième semaine de développement, alors que le Nématode, qui est avide de ces crucifères, s’est réfugié dans leurs tissus.
- Lorsqu’on aperçoit, dit à ce sujet M. A. Damseaux, dans les champs, des points où les betteraves s’étiolent et meurent par plaques plus ou moins étendues, on
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- entoure les endroits infestés d’une profonde rigole laissée ouverte, et on exécute l’ensemencement de la plante-piège. La verdure obtenue est séchée et brûlée, ou bien employée à la préparation d’un compost à la chaux dans lequel celle-ci entre environ en poids pour 1/6.
- Actuellement en Allemagne, les terres suspet^es sont ensemencées en navette ou en colza dès que l’on
- 1. Nématode mâle. — 2. Femelle adulte. - 3. Kyste brun rempli
- betteraves; sur les radicelles sont fixées de nombreuses femelle racine de betterave portant une femelle de Nématode engagée soi
- sujet est encore à L’étude. Remarquons, en outre, que les kystes bruns (fig. 5), c’est-à-dire les corpuscules remplis d’œufs, qu’on trouve surtout à la lin de l’été, sont parfois la proie d’un acarien, le Gamarus crassipes (fig. 4), qui les perfore et dévore les œufs qui s’y trouvent.
- Il n’en est pas moins vrai que cette question des Nématodes est grosse de dangers pour l’avenir ; car, ainsi que le fait remarquer très judicieusement M. F. Rohart, nous croyons fermement que, présentement, le Nématode est à peu près partout où
- a terminé le labour de déchaumage de la céréale qui précède ordinairement la betterave.
- Ajoutons aussi (pie l'on a découvert le parasite meurtrier du Nématode dans un champignon microscopique appelé Arthrobotryx, qui d’après le professeur Zopf, développe ses filaments qui enserrent et font mourir les anguillules ; mais nous ne donnons ce renseignement que sous réserve, car ce
- d’œufs. — 4. Gamarus crassipes. — 5. Fragment de racines de , d’Heterodera schachiii. (D’après M. J. Chatin.) — 6. Fragment de s l’épiderme. (D’après M. J. Chatin.)
- l’on a fait des betteraves dans ces dernières années. Il n’est pas encore en force pour révéler sa présence par. de sérieux dégâts, mais il faut songer qu’une invasion souterraine de quelques milliers de sujets seulement sur un hectare, en donnera rapidement des centaines de mille, puis des millions, des centaines de millions et des centaines de milliards en quelques années. Voyez plutôt le phylloxéra, non moins microscopique, qui lui aussi a fait son chemin, lentement, mais sûrement! Albert Larbalétrier.
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- EXPÉRIENCES AVEC LES COURANTS DE HAUTE FRÉQUENCE
- Fig. 1. — Dispositif pour expériences avec les courants de haute fréquence.
- Les expériences de télégraphie sans fils, faciles à répéter à peu de frais, dont nous parlions récemment 1, ont vivement excité l’ardeur de nos abonnés. Plusieurs ont utilisé nos indications, et ils désirent maintenant faire diverses expériences sur les courants à haute fréquence.
- Nous devons également à M. P. Dosne, qui nous avait donné les renseignements précédents, quelques détails sur les dispositions qu’il a employées pour produire ces courants. Une bobine de RuhmkorffB (fig. 1) donnant 0m,10 d’étincelle est en communication avec les deux armatures intérieures de deux bouteilles de Leyde G, formées de deux vases en verre recouverts intérieurement et extérieurement de feuilles d’étain jusqu’aux trois quarts de la hauteur. Au centre se trouve un tube de cuivre recourbé, qui se prolonge par une chaîne à 1 intérieur du vase. C’est en a que jaillissent les étincelles de l’oscillateur. iLes armatures extérieures
- 1 Voy. n° 1319, du 10 septembre 1898, p. 259.
- des bouteilles de Leyde [ communiquent avec un plateau de zinc muni d’une borne. De chaque borne
- part un fil de cuivre, de 2 millimètres de diamètre relié aux extrémités d’un solénoïde entouré sur un flacon à large goulot de 0m,15 de diamètre. Au centre de ce flacon est un cylindre de carton de 0m,05 de diamètre sur lequel est enroulé un fil isolé de 0mm,2 de diamètre. Les extrémités de ce fil sont reliées l’une à une petite tige et l’autre à une petite guérite E en zinc dont le toit est en forme parabolique. Lorsque l’oscillateur a fonctionne, on obtient, à la sortie du transformateur D, des courants à haute fréquence et il en résulte en E un champ intense. On voit alors des tubes de Geissler, des ampoules s’illuminer dans le champ et on peut exécuter une série d’expériences. On peut encore avoir un autre transformateur en adoptant les dispositions de la figure 2, n° 1. A l’intérieur d’un tube en ébonite de 0m,05 de diamètre, sur lequel est enroulé le fil fin isolé, on fixe un petit
- Fig. 2. — 1. Autre modèle de transformateur. — 2. Ozonateur.
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- cylindre en bois où se trouve le solénoïde de cuivre nu. On place le tout dans une éprouvette sans fond, et munie d’un bouchon spécial ; on remplit ensuite le tube en verre d’huile minérale.
- On peut facilement obtenir une certaine quantité d’air ozonisé en tendant à l’intérieur d’un tube de verre (lig. 2, n° 2) un fil de platine et en réunissant ses extrémités à la source des rayons de haute fréquence. On recouvre extérieurement le tube de verre d’une feuille d’étain. Enfin par le tube a on comprime une certaine quantité d’air, qui sort en Z. Une autre disposition a également été adoptée par M. P. Dosne pour produire de l’ozone. Dans un tube de verre assez large arrivent en présence une électrode formée d’un tube qui est terminé par un entonnoir dont le couvercle est percé de trous, et la deuxième électrode formée aussi d’un tube portant à son extrémité un balai métallique. Il jaillit entre les deux électrodes un effluve puissant. Si l’on a soin d’envoyer un courant d'air dansle tube, il en sort fortement ozonisé.
- J. Dulong.
- LES RAYONS ULTRA-YIOLETS
- ET LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Une curieuse application des propriétés des radiations ultra-violettes vient d’être faite par un savant allemand, M. Zickler, à un système de télégraphie sans fil.
- On sait en quoi consistent les radiations ultra-violettes : quand on reçoit sur un écran, dans une chambre noire, le spectre solaire fourni par un prisme, l’écran s’illumine des couleurs bien connues de l’arc-en-ciel : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge. Mais l’écran reçoit d’autres radiations que celles qui s’étendent du violet au rouge : d’une part, au delà du rouge, un thermoscope (par exemple le bolomètre de M. Lengley) révèle l’existence de radiations invisibles, mais douées de propriétés calorifiques : ce sont les rayons infra-rouges ; d’autre part, au delà du violet, les actions chimiques permettent de manifester la présence de rayons invisibles, mais capables de produire des actions chimiques et certains phénomènes variés, comme la fluorescence : ce sont les rayons ultraviolets.
- L’étude des propriétés des radiations ultra-violettes (découvertes par Scheele) fut entreprise par Wollaston, puis continuée par MM. E. Becquerel, Soret, Stokes, Hertz. C’est précisément sur une des découvertes de Hertz que repose l’invention de M. Zickler : les rayons ultra-violets, en tombant sur un corps électrisé, le déchargent. D’après cela, on conçoit facilement qu’on puisse décharger à distance un corps électrisé et que cela puisse être le point de départ de signaux convenus.
- Le transmetteur consiste en une lampe électrique à arc dont les rayons sont envoyés par un système optique vers le poste récepteur. Les lentilles du système optique sont en quartz ; le quartz est en effet la substance qui paraît la plus transparente aux radiations ultra-violettes.
- Au poste récepteur les rayons ultra-violets produisent une décharge dans un circuit spécial, et cette décharge est alors susceptible d’agir soit sur un système de télégraphe écrivant ou imprimant, soit sur un système téléphonique. La disposition imaginée par M. Zickler au poste récepteur est la suivante : un tube de verre est
- fermé à une de ses extrémités par une plaque de quartz qui laisse pénétrer les rayons provenant du transmetteur. Ces rayons viennent frapper une petite plaque placée dans un tube et constituant une électrode; l’autre électrode, peu éloignée delà première, a la forme d’une petite sphère ; et le tube est rempli d’un gaz inerte raréfié. Les électrodes forment les extrémités du circuit secondaire d’une petite bobine d’induction dont la résistance a été calculée de telle sorte qu’il suffise d’un léger excès de courant pour produire l’étincelle. Cet excès de courant est précisément fourni par la décharge.
- On conçoit du reste qu’on puisse varier de bien des façons le dispositif pratique du récepteur. Il importe de dire que jusqu’ici l’appareil de M. Zickler n’a donné de bons résultats à son inventeur que sur des distances relativement faibles : quelques kilomètres au maximum, en utilisant au poste de départ un arc alimenté par un courant d’une vingtaine d’ampères, et dans des conditions atmosphériques particulièrement favorables. C’est qu’en effet L’état de l’atmosphère doit jouer un rôle prépondérant dans la transmission des rayons ultra-violets : tous les milieux ne sont pas également transparents pour ces rayons1, en particulier l’état hygrométrique de l’air doit être un facteur intéressant à considérer.
- M. Zickler a du reste aussi utilisé les résultats obtenus par M. Becquerel et par M. Soret dans l’étude de la transmission des radiations ultra-violettes en remarquant qu’il suffit, pour interrompre toute communication entre le transmetteur et le récepteur, d’interposer entre les deux postes une plaque de verre suffisamment épaisse.
- Le dernier mot, du reste, ne nous paraît pas dit sur un tel système de transmission de signaux à distance. Les rayons ultra-violets ne sont pas les seuls susceptibles de décharger les corps électrisés, les rayons X jouissent aussi de cette propriété et dans des conditions qui ont été récemment élucidées par M. J. Perrin. Curieux rapprochement, non encore expliqué, mais qui peut être le point de départ de recherches théoriques et pratiques de la plus haute importance. J. Derôme,
- Licencié ès sciences.
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- PLUIES DE TERRE ET D’INSECTES
- En raison de sa situation entre les hautes pressions barométriques de la Russie et les basses pressions de la mer Ionienne, la Roumanie est principalement soumise au régime des vents E.-N.-E.
- D’après l’article publié dans Ciel et T’erre par M. Ilepites, le savant directeur de l’Institut météorologique de Roumanie, ce vent, qui souffle en hiver comme en été, est nommé crivetz. C’est le crivetz qui fait tomber en Roumanie des pluies terreuses dont les particules rouges ou jaunâtres proviennent des steppes de la Crimée et de la Tauride. Voici des indications sur quelques pluies remarquables.
- C’est à Braïla, sur le Danube, qu’est tombée le 28 juillet 1833 la pluie rougeâtre appelée pluie de sang. L’analyse qui en a été faite par le Dr C. Ilepites (père de l’auteur de l’article) a prouvé que cette couleur était due
- 1 C’est même là ce qui explique pourquoi nous ne voyons pas les rayons ultra-violets ; M. Soret a montré en effet que si l’humeur aqueuse et l’humeur vitrée sont transparentes pour les rayons ultra-violets, le cristallin en revanche les éteint ; et effectivement M. de Chardonnet a découvert, chez des individus ayant subi l’ablation du cristallin, la faculté de voir la lumière uRra-violette.
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- à une faible quantité de protoxyde de fer que le vent avait entraînée avec la terre.
- Le 22 février 1886, la ville et les environs de Sulina, située à l’embouchure du Danube, ont été recouverts d’une poussière brune qu’apportait un vent E.-N.-E. d’une vitesse de 64 à 82 kilomètres à l’heure et qui venait des steppes de Crimée et de Tauride.
- Le 20 janvier 1805, toujours à Sulina, après une chute de neige ordinaire, la ville fut recouverte d’une couche de neige jaune foncé de 5 millimètres d’épaisseur qui laissa dans le pluviomètre une poussière jaunâtre.
- line pluie chassée par un fort vent du N.-E. tomba le 8 mai 1895 dans le nord de la Moldavie et déposa sur les murailles un enduit terreux de 2 à 6 millimètres d’épaisseur.
- Une pluie d’insectes est tombée récemment à deux reprises différentes en Roumanie, le 19 juillet, à Galatz, le 21 juillet à Bukarest. En quelques instants, les rues de Bukarest étaient couvertes d’innombrables insectes sur une épaisseur de quelques centimètres. C’est surtout autour des lampes électriques et des devantures éclairées qu’on voyait des milliers de coléoptères. Ces insectes étaient emportés par une espèce de trombe qui n’avait que quelques centaines de mètres de largeur. L’atmosphère était calme et sans pluie. L. Barré.
- L'OBSERVATOIRE R’HARWARD COLLEGE
- Le 52e rapport annuel du professeur Edward Pickering, directeur de l’observatoire, montre quels résultats exceptionnels ont été obtenus dans cet établissement avec des ressources assez faibles, grâce à l’habile direction de M. Pickering, au zèle et au travail de ses collaborateurs.
- Le personnel comprend 21 hommes et 19 femmes. Outre l’établissement central de Cambridge, Hanvard College a établi sept stations météorologiques dont l’une, El Misti, est située à l’altitude de 5800 mètres dans les Andes de l’Équateur. De plus, la station météorologique de Blue-Hill dépendant du même établissement s’occupe d’études spéciales sur les nuages et sur l’atmosphère ; on y poursuit ces investigations à l’aide de cerfs-volants munis d’appareils enregistreurs qui se sont élevés jusqu’à 2800 mètres. Le directeur est M. Rotch. La succursale la plus importante d'Hanvard College est l'observatoire astronomique d’Aréquipa dirigé par M. Bailey. On y a tiré 845 clichés spécialement pour l’étude des amas stellaires, le calcul des parallaxes et la spectroscopie. Un télescope photographique Bruce figure parmi les principaux instruments.
- A l’observatoire de Cambridge, pendant l’année 1896-1897, les équatoriaux AV. et E. ont servi à l’étude des étoiles variables. On a sans cesse employé le cercle méridien et le photomètre méridien; ce dernier était entre les mains du directeur, M. Pickering, qui fit 100 000 mesures en 152 nuits. Pendant les vingt dernières années, 860 000 mesures de 40 000 étoiles ont été faites avec cet instrument. Les deux télescopes de 20 centimètres d’ouverture ont donné 6054 photographies des spectres stellaires. Le télescope de Draper de 28 centimètres a servi a photographier les satellites de Jupiter et leurs éclipses ainsi que des étoiles variables.
- De très nombreuses publications ont été faites par Harward College. J. Durand.
- LE LANGAGE PAR GESTES
- Le geste est peu usité dans nos sociétés actuelles. Tout au plus quelques mouvements discrets soulignent encore la parole. On abandonne le geste aux sourds-muets, et il devient difficile de comprendre l’art autrefois si estimé et si apprécié de la pantomime.
- Aussi paraîtra-t-il, au premier abord, singulier d’affirmer qu’il existe une science du geste aussi intéressante que celle du langage. Et pourtant tous les peuples sauvages recourent aux gestes pour s’exprimer; leur langue est si pauvre quelle ne leur suffit pas à se faire comprendre : plongés dans l’obscurité, deux sauvages, affirment les voyageurs qui ont été souvent les témoins du fait, ne peuvent se communiquer leurs pensées, si frustes et si bornées que soient celles-ci.
- Chez l’homme primitif, le geste a précédé la parole, il devait être fort complexe alors que le gosier humain ne prononçait encore que quelques vagues sons rappelant nos interjections.
- Pour le prouver il n’est pas besoin de montrer que les animaux se comprennent mieux par l’attitude que par la voix : un chien, par exemple, a plusieurs façons d’aboyer, mais il manifeste plus clairement par les mouvements de son corps, de ses oreilles, de sa bouche et de sa queue, sa joie, sa tristesse, sa peur, sa colère, son affection envers son maître.
- Les gestes que font les sauvages sont en général identiques chez tous les peuples, caries mouvements sont des réflexes naturels et non conventionnels comme le langage. Aussi a-t-on constaté avec étonnement que les sauvages de pays très éloignés peuvent arriver ainsi à s’entendre et même, fait plus curieux, à comprendre les sourds-muets.
- Même chez les nations policées, le geste n’a point disparu. Et, s’il répugne aux peuples du Nord, il n’en est pas de même pour ceux du Midi. Dans le sud de la France, Provençaux et Gascons gesticulent avec exubérance. Plus au sud encore, à Naples et en Sicile, le geste supplée à la parole; les Napolitains, bien que pourvus de cette admirable langue italienne, se contentent souvent de s’exprimer seulement par gestes.
- Et les illettrés ne sont pas les seuls à employer ce langage, les princes même ne le dédaignent pas. On rapporte cette curieuse histoire du roi Ferdinand : de retour à Naples après la révolte de 1821, il adresse un discours par gestes à ses sujets, leur distribue des reproches, des admonestations, le pardon et enfin les renvoie tous contents, sans articuler un seul mot.
- D’après la tradition, les vêpres siciliennes en 1282 furent préméditées et exécutées dans toute F île, sans prononcer une parole, pour que les Français ignorassent le complot.
- Cette coutume remonte à une haute antiquité et les Napolitains l’ont empruntée aux Grecs et aux
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- Romains qui eux-mêmes la tenaient peut-être des Egyptiens.
- Les auteurs grecs et latins nous fournissent maints détails sur le langage par gestes. Quintilien pense qu’il date des temps héroïques et nous en donne la signification d’après la disposition des doigts. Loin d’être méprisé par les Grecs, il est regardé comme faisant partie de l’éducation d’un homme libre, et Platon en range Remploi dans les vertus civiques. C’était une science avec une terminologie spéciale qu’on apprenait dans les classes de pantomime.
- Les orateurs employaient beaucoup les gestes, et, au théâtre, Eschyle les porta à un haut degré de perfection. Téleste, rapporte Athéneus, était si habile pantomime, qu’il rendait, par le geste seul, les moindres détails du drame « les Sept devant Thèbes ».
- En l’an 190 de notre ère, 6000 personnes vivaient de l’art de la pantomime à Rome.
- Dans les combats du cirque, les vaincus imploraient la clémence du peuple en levant l’index de la main gauche, et celui-ci répondait en tournant le pouce en bas s’il voulait la mort, en élevant les mains, les deux pouces rapprochés, s’il accordait la vie.
- Cette pratique a dù nécessairement laisser de nombreuses traces dans l’art ancien. Depuis quelques années, les savants ont réalisé d’importantes découvertes qui éclairent bien des faits auparavant obscurs.
- Garrick Mallery1, un des premiers, a su interpréter les scènes variées qui se déroulent sur les vases grecs. Parfois l’artiste a inscrit à la bouche de ses personnages les paroles qu’ils profèrent. Mais presque toujours, il les fait s’exprimer au moyen de gestes multiples. Ces dessins qui, de prime abord, nous paraissent froids et obscurs, sont des dialogues animés faciles à comprendre.
- Prenons le groupe de la figure 1. Les classiques nous disent : un satyre joue de la double flûte et essaie d’exciter à la danse deux nymphes, compagnes ài Racchus, Galéné ou la Tranquillité, Eudia ou la Sérénité : la première s’apprête à frapper sur un tambour de basque, et l’autre bat la mesure.
- Explication erronée; en s’aidant du langage par gestes des Napolitains, on reconnaît qu’il s’agit d’une
- 1 Smithsonian institution, 1879-1880, p. 268.
- querelle entre Eudia et Galéné : Eudia montre sa rivale du doigt, ce qui veut dire : « c’est toi », l’autre nie énergiquement en écartant les bras, la figure étonnée. Le geste de la main gauche d’Eudia indique l’origine du conflit : « l’amour ». Eudia accuse Galéné d’avoir détourné son amant.
- L’autre dessin (tig. 2) représente un conseil de guerre. Pallas Athéné, la lance en arrêt, étend sa main gauche en avant, et réclame l’action. « Patience, attendez », réplique le vieillard assis à sa droite qui dirige en bas la paume de la main. « Pourquoi? » demande l’autre vieillard assis à la gauche, la paume de la main en haut. Des deux derniers personnages, celui debout à droite fait le geste du refus, l’autre à gauche accepte.
- On a écrit de gros volumes pour expliquer les sujets des vases grecs ; ces volumes sont à refaire en
- s’aidant de ces nouvelles données. L’art de la danse ne doit pas moins retirer de l’étude du langage par gestes. La danse consiste aujourd’hui en des mouvements har-monieux des membres inférieurs, les bras n’y prennent qu’une faible part. Dans l’antiquité, chez es Égyptiens, les Grecs, les Étrusques et les Romains, les mouvements de bras avaient dans la danse une grande importance. Les dessins de l’époque nous montrent les danseuses remuant les bras, les mains et les doigts en des attitudes variées, comme aujourd’hui les danseuses indoues et javanaises. C’est que chez elles, comme chez ces dernières, ces mouvements avaient une signification et la danse était une pantomime rythmée. D’ailleurs les sauvages primitifs exécutent des danses accompagnées de chants pour évoquer le souvenir des guerres, des chasses, et des événements célèbres. Chez nous la danse a perdu son caractère, elle n’est plus qu’un art peu expressif.
- L’étude de l’antiquité n’est pas la seule à retirer un sérieux avantage de cette nouvelle science. Les sinologues pourront interpréter les nombreux gestes que font les statues de saints et de dieux orientaux. Chaque divinité fait un geste toujours le même, qui paraît être son symbole. Quand les symboles sont nombreux on multiplie les bras comme chez la Dourga indoue ou la Bodhisattva chinoise, chaque main dévoilant une formule sur un geste spécial.
- K A 'A O U"
- Fig. 1. — Peinture d’un vase grec représentant la querelle de deux nymphes.
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- De cette longue étude je n’examinerai ici qu’un sujet : le Yi-Daru, démon protecteur lamaïste dont la statuette en cuivre doré possède de nombreuses mains toutes faisant les cornes avec le second et le
- cinquième doigt, le troisième et le quatrième étant repliés. Faire les cornes en Orient comme dans l’antiquité et chez les Napolitains actuels est un signe usité pourchasser les démons. On peut les faire aussi
- Fig. 2. — Conseil de guerre. Peinture de vase grec.
- avec les trois premiers doigts de la main gauche, les autres étant repliés. On a retrouvé des amulettes antiques composées d'une main en métal aux doigts ainsi disposés et destinées à être portées autour du cou pour conjurer le mauvais sort. Certains reliquaires, conservés encore dans nos églises, sont formés par un bras d’argent qui offre cette disposition, les trois premiers doigts étendus, les autres étant pliés.
- Les prêtres boud-dhi s tes exécutent dans leurs messes de nombreux gestes symboliques qu’étudie actuellement M. de Milloué, le sympathique conservateur du musée Guimet.
- Les Amérieanistes ont aussi beaucoup à attendre de la nouvelle science. Les dessins mexicains montrent que le geste était fréquemment employé avant l’arrivée des Espagnols.
- Nous donnons fig. 3 un dessin tiré des monuments de la Nouvelle Espagne par Kinsborough (t. IV, p. 31). Cette figure est représentée au début d’un édit royal, le sujet fait avec la main gauche le geste d’entendre et
- dirige la droite vers le public pour lui enjoindre d’écouter ce qui suit.
- L’écriture Maya qu’on trouve sur les monuments
- du Yucatan est restée jusqu’à présent indéchiffrable. M. Lewis W. Gunckel1 vient de reconnaître que les hiéroglyphes comprennent un nombre considérable de mains aux gestes expressifs et il en donne la signification ; c’est une première contribution à la lecture de ces hiéroglyphes.
- Rappelons que l'écriture égyptienne offre aussi de nombreux personnages gesticulant.
- On est forcé de reconnaître à la fin de cette investigation un peu rapide que le langage par gestes qui paraît de prime abord si borné et si peu digne d’intérêt, est appelé à résoudre un grand nombre de problèmes de l’histoire de l’humanité. Dr Félix Régnault.
- 1 American antiquarium, sept, et oel. 1897.
- Fig. 3. — Figure américaine. En-tête d’un édit royal.
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- LA NATURE.
- STÉRILISATION DES EAUX PAR L’OZONE
- Au récent Congrès international d’hydrologie et de géologie de Liège, MM. Marmier et Abraham (de Lille) ont fait une communication sur la stérilisation des eaux par l’ozone, question toute d’actualité et qui semble entrer dans une voie pratique. Voici le résumé de cette communication.
- Sans faire l’historique détaillé de la question, que l’on trouvera dans le mémoire de van Ermengen1 et dans le tome I du savant traité de microbiologie de Duclaux2, MM. Marmier et Abraham rappellent que les expériences faites par les divers auteurs sur les propriétés germicides de l’ozone paraissent contradictoires, les uns affirmant, les autres niant la valeur microbicide de ce gaz.
- Que l’eau puisse être stérilisée par l’ozone, c’est ce que montre l’expérience suivante : on remplit d’ozone à 5 milligrammes par litre un flacon de 500 centimètres cubes, puis on y introduit environ 100 centimètres cubes d’une eau titrant 0,80 au permanganate de potasse et contenant un millier de germes par centimètre cube. On agite le flacon deux minutes, puis cette eau est répartie entre plusieurs ballons contenant du bouillon; après quoi, on les porte à l’étuve à 58°. Après trois semaines, il n’y avait aucune culture. Le temps d’agitation doit varier, ainsi que la quantité d’ozone à employer, suivant la teneur des eaux en microbes et en matières organiques.
- D’autres expériences ont montré qu’il était possible de stériliser l’eau par une exposition plus ou moins prolongée de ce liquide en couche mince dans de l’air ozoné. De plus, cette stérilisation ne peut être obtenue qu’après un contact très intime de l’eau et de l’ozone suffisamment concentré. 11 suffit qu’un volume d’eau, même très petit, n’ait pas été au contact de l’ozone pour que la stérilisation ne soit pas parfaite. MM. Marmier et Abraham ont cherché à réaliser de grands appareils satisfaisant à ces diverses conditions, et l’essai qu’ils en ont fait, tant avec l’eau de la ville de Lille qu’avec l’eau de la Seine, a montré une fois de plus que l’on obtient par l’ozone la stérilisation pratique des eaux d’une ville. Flamel.
- CHRONIQUE
- Cartouches électrothermh|ues. — On ne peut nier un caractère d’incontestable originalité à la proposition faite par M. II. Schaw, major-général en retraite, au meeting de l’Institution of Mining Engineers tenu récemment à Birmingham. M. Schaw propose simplement de substituer, dans les mines grisouteuses, à la dynamite et autres explosifs analogues, des cartouches... à l’eau portée à l’ébullition et à une température élevée par le passage d’un courant électrique. L’auteur ne dissimule pas que dans ce cas le procédé d’inflammation est moins simple, qu’il exigera une dynamo assez puissante ou des moyens de la remplacer, étant donné que le travail fourni par cette dynamo serait des plus intermittents, que l’explosif ainsi réalisé serait moins puissant que la dynamite ; mais il estime qu’il aurait cependant une action suffisante dans les mines de charbon et que la sécurité obtenue par son emploi est un élément important à considérer. On ne saurait dès maintenant juger de la valeur de la proposition de M. Schaw, mais il nous
- 1 Annales de l’Institut Pasteur, 1895.
- * Traité de microbiologie, t. I, p. 304, Masson et O.
- a paru intéressant de la signaler aux intéressés, sans la critiquer ou la défendre. Tout procédé qui permettrait de ne pas placer entre les mains des ouvriers un produit aussi meurtrier que la dynamite, mérite d’être examiné et son étude encouragée s’il présente quelques chances d’applications utiles, même restreintes.
- L’utilité des écailles d'huîtres concassées. —
- Le chimiste des fermes expérimentales du Canada (dépendant du Ministère de l’Agriculture de ce pays) a examiné cette année un nouvel engrais constitué d’écailles d’huîtres concassées, et qu’on recommande beaucoup comme amendement agricole. Il y a trouvé 0,55 pour 100 d’humidité, 8,52 de matières organiques et volatiles, 5,15 de matières minérales et insolubles et 88,02 de matières minérales solubles dans les acides. La valeur fertilisante de ces écailles dépend, on peut le dire, uniquement du carbonate de chaux (50,01 pour 100), car il ne faut point parler de l’acide phosphorique (0,08) ni de l’azote (0,18). Pour notre auteur, à moins que les écailles ne soient finement pulvérisées à l’état de farine, la chaux ne serait que lentement soluble dans le sol et utilisable par la plante. Pour tirer un parti immédiat de cette chaux, il vaudrait mieux brûler les écailles, quitte à perdre le peu d’azote qu’elles contiennent. On convertirait le carbonate de chaux en chaux vive, ce qui réduirait de 50 pour 100 le poids à transporter, sans compter que la chaux vive est particulièrement active.
- Chien d’Australie en Irlande. — Notre confrère Le Chasseur Illustré, d’après le Shooting Times, signale un fait qui mérite d’être mentionné. Un Irlandais, M. John Roche, membre du Parlement, a tué dernièrement un animal qu’il prit tout d’abord pour un loup, mais qui, en réalité, était un chien d’Australie ou Dingo, vivant à l’état sauvage. D’après ce que l’on croit, cet animal serait le descendant de chiens d’Australie importés en Irlande, il y a une quarantaine d’années, par un professeur irlandais, administrateur, à cette époque, du jardin zoologique de Dublin. Ce savant avait cru rendre service à son pays en rapportant d’Australie ces chiens qu’il pensait pouvoir utiliser comme chiens de bergers chez les fermiers de l’Ouest de l’île. Après plusieurs essais, il fut reconnu que les Dingos faisaient de grands ravages dans les troupeaux de moutons, qu'ils dévoraient les agneaux et même les adultes ; on s’empressa de se débarrasser de ces dangereux gardiens, mais il est probable que plusieurs d’entre eux parvinrent à s’échapper. Ils ont vécu et se sont produits de la même manière que les loups.
- Le -vol du poisson-volant. — On connaît le poisson-volant, qui est particulièrement abondant dans certaines mers, et qui, s’enlevant brusquement hors de l’eau, se maintient dans l’air un certain temps, en se déplaçant comme s’il volait : ses nageoires latérales étendues semblent absolument des ailes et lui ont valu son nom. M. C. F. Hôlder a étudié de très près le flying fish, le poisson-volant de Californie, et il est arrivé à cette conclusion ferme qu’il ne vole point, ou du moins qu’il ne fait que planer ; ses larges nageoires latérales demeurent absolument immobiles tandis qu’il est en l’air. D’un coup de queue, et généralement quand il est en danger, il bondit hors de l’eau, le plus souvent debout au vent, qui le soulève et le fait planer ; il retombe ensuite à l’eau après un parcours [dus ou moins long, comme le ferait un aéroplane. La preuve qu’il ne vole pas, c’est qu’il est incapable de se diriger, qu’il vient tomber sur
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- LA NATURE.
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- le pont des bateaux, frapper la figure même des marins, se briser sur le flanc des navires, sans pouvoir se détourner d’un centimètre.
- Les matériaux de construction des maisons monstres américaines. — Parmi les dernières maisons monstres construites aux États-Unis, le « Park Row Building », avec ses 30 étages, tient une des premières places. 11 est intéressant de noter les qualités très sérieuses qu’on a exigées des charpentes d’acier employées dans ce bâtiment. Toutes les poutres, charpentes, pièces d’angles, profilés en T, en U, etc., colonnes, sont en acier moyen, avec une résistance à la traction comprise entre 422 et 478 tonnes par décimètre, carré, la limite d’élasticité étant la moitié de cette résistance; l’allongement maximum permis était de 20 pour 100 pour une longueur de 20 centimètres. 11 fallait de plus que le métal fût en état de se plier à 180u à froid, sans craquelure à l’extérieur de la partie pliée. Toutes les surfaces qui devenaient inaccessibles après assemblage, ont dù être nettoyées et peintes à 3 couches, soit de minium et d’huile, soit de peinture au graphite ou à l’asphalte.
- Impressions photographiques. —M. II. N. Toply, qui appartient au département de l’intérieur du Canada à Ottawa, affirme avoir trouvé un procédé pour imprimer les photographies sur un support quelconque, bois, papier, au moyen du jus de certains fruits, et pourvu que ce support soit en état d’absorber ce jus. Nous n’avons pas de détails circonstanciés sur sa découverte, ni sur le traitement qu’il doit faire subir au jus des fruits. 11 a été amené à cette trouvaille en plaçant une planchette de pin sous un négatif, et en obtenant une impression permanente par simple exposition au soleil.
- Les rails lourds. — La compagnie américaine bien connue Baltimore and Ohio Railroad, celle-là même qui a mis en service les fameuses locomotives électriques si puissantes pour la traversée en tunnel de Baltimore, vient de décider de poser à titre d’essai, dans le tunnel en question et en voie ordinaire, des rails de 18 mètres et de 42**,2 par mètre courant.
- Les nouvelles constructions de la marine de guerre russe. — Les Russes se mettent à faire exécuter leur nouveau programme naval. Les chantiers Cramp, de Bliiladelphic, ont reçu des ordres pour un cuirassé et un croiseur de 6000 tonneaux. Les chantiers Volcan de Stettin, et la compagnie Germania (Krupp) construiront chacun un croiseur, de 6000 tonneaux également ; les usines Scliichau, un croiseur de 5000 tonnes seulement. Neuf navires sont commandés à la France. Un cuirassé, un croiseur cuirassé et trois contre-torpilleurs seront exécutés par les Forges et Chantiers de la Méditerranée : le premier déplacera 15 110 tonnes et aura 118ra,48 de long sur 23 mètres de large ; le croiseur aura un déplacement de 7800 tonnes, une longueur de 154“ ,59 et une largeur de 17m,57. Ajoutons enfin que l’on construira un croiseur protégé au Havre, et que M. Normand est chargé de fournir 3 contre-torpilleurs du type « Durandal ».
- Le que coûte une guerre. — D’après les documents les plus sûrs publiés par la Gazette officielle de Madrid, les dépenses des opérations militaires à Cuba, pendant le premier semestre de 1808, ont' dépassé 457 000 000 pesetas. L’armée, à Cuba, à Puerto-Rico et aux Philippines, coûtait environ un million par jour, et il faudra dépenser quelque 50 millions pour faire revenir ces troupes dans la métropole. En somme, la guerre his-
- pano-américaine aura dévoré pour l’Espagne au moins trois milliards de francs, sans parler des milliers de vies perdues.
- Plan incline automobile pour le déchargement des bateaux. — C’est à Buffalo que ce plan incliné est installé, sur l’appontement de la « North Steamship Co » ; il y en a d’ailleurs en service plusieurs du même type. Ces rampes, analogues en principe aux escaliers automobiles, ont 7”’,62 de long et se déplacent à une vitesse de 52m,90 à la minute. Elles servent à transporter, du quai à bord des navires, ou inversement, tous les colis qu'il s’agit d’embarquer. Cette installation, qui a été faite par la « Link Belt Engineering Co » de New-York, a, pour lui fournir la force motrice, un petit moteur électrique de 5 1/2 chevaux.
- Une pluie formidable. — C’est à Ceylan qu’on l’a observée, et encore M. Parker, l’observateur, estime que les résultats fournis par le pluviomètre sont un peu au-dessous de la réalité. Cette véritable avalanche, enregistrée à 9 heures du matin, le 16 décembre 1897, a atteint 960 millimètres pour une période de 24 heures. Cela s’est produit à Nedunkeni, dans la province septentrionale de Ceylan, à 57m,20 au-dessus du niveau de la mer. Il faut dire que le voisinage est occupé par une forêt de très haute futaie. D’ordinaire toutefois la chute annuelle de pluie ne dépasse pas 1m,270, alors que, en décembre 1897, il est tombé 1718 millimètres d’eau.
- Les téléphones et l’armée américaine. — S’il
- est vrai que les services administratifs de l’armée des Etats-Unis n’ont pas toujours fort bien fonctionné pendant la campagne hispano-américaine, du moins les communications ont été parfaitement assurées : nous n’en voulons pour preuve que l’installation presque immédiate d’un réseau téléphonique dans le sud de Puerto Rico. Peu de jours après le débarquement dans l’ile, on avait réussi à poser quelque 400 kilomètres de lignes télégraphiques et téléphoniques. Quatre lignes rayonnent de Ponce jusqu’aux extrêmes avant-postes, et les fils s’étendaient au fur et à mesure qu’avançaient les troupes.
- L’aluminium aux États-Unis. — On ne compte actuellement, aux États-Unis, qu’une seule usine fabriquant l’aluminium, et cependant la production de ce métal augmente dans des proportions considérables. L’usine dont il s’agit appartient à la Pittsburg Réduction Company. En 1891, elle ne fournissait à la consommation que 84 tonnes d’aluminium. En 1897 ce chiffre s’élève à 2000 tonnes, représentant une valeur de 1 500 000 francs. Cette compagnie vient de faire construire aux Niagara’s F ails, deux installations, l’une employant une puissance de 4500 chevaux, l’autre de 2000 chevaux. On compte que, grâce à ces nouvelles installations, le prix de l’aluminium va s’abaisser, en Amérique, jusqu’à lfr,50 le kilogramme. Cela va permettre à la Société Pittsburg Réduction Company, d’exporter le produit de ses usines en quantité plus considérable que celle introduite l’année dernière en Europe.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 oct. 1898. — Présidence de M. Van Tieghem.
- Préparation de corps nouveaux. — M. Moissan présente un Mémoire sur la préparation et les propriétés d’un corps nouveau qu’il vient d’obtenir, l’azoture de
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- LÀ NATURE.
- calcium. Le calcium fixe l’azote en petite quantité, à une température assez basse; la réaction est très active vers 100°. À la température du rouge sombre, il brûle dans l’azote en donnant une matière marron foncé, à reflets mordorés, hérissée de petits cristaux et présentant des réactions très énergiques avec le chlore, le brome, l’iode, l’oxygène, le soufre et le phosphore. L’azoture de calcium déplace le bore de ses combinaisons, mais il est détruit à la température du four électrique par le carbone. Il présente, avec l’eau froide, une réaction violente fort importante, car il la décompose en donnant de l’ammoniaque et de la chaux hydratée. M. Moissan estime que cette propriété est susceptible de recevoir une application du plus haut intérêt, si l’on arrive à préparer l’azoture de calcium en grandes quantités, car elle permettra de puiser l’ammoniaque dans
- l’atmosphère, sans aucune limite. L’affinité de l’azole pour le calcium est la cause de la couleur jaunâtre de ce métal lorsqu’on le conserve à l’air. M. Moissan dépose ensuite, au nom d’un de ses correspondants, une Note sur un autre corps nouveau, l’iodurc de tungstène.
- Varia. — M. Berthelot annonce qu’il dépose un Mémoire dans lequel il discute la communication faite à la séance du 5 octobre par M. Bouchard. — M. Lippmann présente une Note de M. Pcllat sur l’énergie d’un champ magnétique. — M. Venukoff présente un récent volume publié par la section topographique de l’état-major russe, où l’on trouve un important Mémoire sur la réfraction terrestre. Cii. de Viuædeml.
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- l'n vase lumineux. Illusion d'optique.
- LE VASE ÉLECTRIQUE
- Voici une nouvelle petite expérience d’électricité que nous empruntons à notre confrère Scientifie American. Elle est très simple et présente quelques effets intéressants. Il s’agit tout d’abord de courber une légère tige ou tube de verre suivant une forme indiquée, par exemple suivant les contours d’un vase. Nous représentons en cartouche dans la ligure ci-dessus la manière dont a été courbée une tige de verre dans notre expérience. Cette tige est montée ensuite entre pointes de telle sorte qu’elle puisse tourner librement. A la partie inférieure, la pointe porte sur une petite poulie. Cette dernière est munie d’une cordelette réunie à un petit volant en bois que l’on peut avec facilité faire tourner très rapidement à la main. On voit déjà la tige de verre en tournant profiler le vase. Réunissons maintenant les deux extrémités de la tige de verre aux deux bornes du circuit secondaire d’une bobine de Ruhmkorff. Le
- circuit primaire de cette bobine est alimenté par une pile au bichromate ordinaire. Des effluves se produisent le long de la tige de verre et la rendent lumineuse. Il suffit à ce moment de faire tourner rapidement l’appareil pour voir apparaître en feu un beau vase aux contours accusés. Ce vase n’existe en réalité que par suite des impressions rapides et successives des effluves courant le long de la tige de verre.
- Il est possible de varier cette expérience à l’infini. On peut donner à la tige de verre toutes autres dispositions et, par conséquent, à l’apparition lumineuse toutes autres formes.
- Il est facile ainsi de faire des modèles différents représentant toutes sortes d’objets avec des stries et des lignes obscures ou lumineuses uniformément ou irrégulièrement réparties. D. Lebab.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- X» 1525.
- 22 OCTOBRE 1898.
- LA NATURE.
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- UN OISEAU DISPARU
- LE GRAND PINGOUIN
- La ville d’Amiens possède dans ses collections d’histoire naturelle, un liote illustre, envié de toute l’Europe et même de l’Amérique. C’est une des rares dépouilles du Grand Pingouin, YAlca impennis de Linné. Le hasard des échanges entre savants l’a fait arriver à Amiens vers le milieu du siècle ; sa rareté est d’autant plus certaine que YAl-ca impennis est une espèce disparue, un fossile, par le fait de l’homme civilisé.
- Il s’ajoute à la liste assez longue des animaux dont les chasses contemporaines ont causé la totale disparition. Ainsi s’est éteint cet autre oiseau bizarre, l’Œpyornis de Madagascar,sorte d’autruche de proportions géantes dont l’œuf pourrait contenir 140 œufs de pou-le. Ainsi sera bientôt rayé de la liste des espèces vivantes le Bison, dont le gouvernement des Etats-Unis entretient les derniers représentants dans le Parc national de Yellestown.
- M. Duchaus-soy, savant professeur au lycée d’Amiens, vient de publier dans les Mémoires de la Société Linnéenne du Nord de la France (tome IX), une Notice très complète sur le Grand Pingouin. Nous lui emprunterons les détails qui vont suivre :
- Le Grand Pingouin est un proche parent du Pingouin commun ou petit Pingouin, YAlca torda des naturalistes. Originaire des mers du Nord (Écosse et Scandinavie), celui-ci hiverne régulièrement de novembre à mars sur nos côtes françaises du nord-ouest. Assez fréquemment, il s’en égare dans la haie de Somme où les riverains leur donnent le nom de gaudes et plus rarement de guillemots. Ce Pingouin ordinaire est de la taille d’un canard : ses ailes, 26° année. — 2° semestre.
- impropres au vol, sont relativement assez développées ; aussi à tous ses noms s’ajoute celui de Pingouin macroptère.
- Le grand, le disparu, n’avait, lui, que des ailes tout à fait rudimentaires, utiles seulement pour nager ou plonger. C’est le Pingouin brachyptère, beaucoup plus proche des manchots, qui n’ont plus d’ailes du tout, que le précédent. A peu près de la grosseur de l’oie commune, il avait environ 70 centimètres de haut. Comme tous les pingouins il avait deux livrées, une
- pour l’hiver, l’autre pour la belle saison qui est celle de d’accouplement. Un ne connaît, pour le Grand Pingouin, que ce plumage de noces ou d’été.
- Comme on peut le voir sur la gravure ci-contre , cet oiseau était caractérisé par un bec noir et large, fendu sur 10 centimètres, flanqué à la hase de deux taches latérales, blanches et ovalaires; le devant du cou, la poitrine, l’abdomen étaient blanc pur, parfois légèrement cendré. La tète, la nuque, les courtes ailes et le dos, noirs ainsi que la queue réduite à cinq ou six plumes de 8 centimètres; enfin les pieds palmés étaient noirs et les tarses longs de 0 centimètres. Ses formes étaient très peu élégantes, mais son plumage assez brillant. Dans les régions qu’il habitait, Nord de la Scandinavie, Islande, Groenland, l’homme, qui ne mange pas tous les jours, n’est pas difficile. La chair huileuse du Grand Pingouin fut un des mets préférés des anciens Normands et des Danois, et on verra plus loin que les Terreneuvats ne le dédaignaient pas.
- En un mot, le Grand Pingouin était trop utile aux existences difficiles des hommes de l’extrême Nord. Craintif, doué d’une ouïe très fine, nageant et cheminant sous l’eau avec une extraordinaire rapidité, le Pingouin eût peut-être longtemps résisté à ses
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- Le Grand Pingouin (Alca impennis).
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- LA NATURE.
- exterminateurs si sa reproduction n’avait été assez restreinte. La femelle ne pondait qu’un œuf, qu’elle couvait alternativement avec le mâle (ce qui est assez rare) et dont l’incubation durait sept semaines; et ces œufs très volumineux étaient facilement découverts et détruits lors des chasses à terre.
- Au seizième et au dix-septième siècle, le Grand Pingouin était commun à Terre-Neuve. Mais les marins qu’amusait la capture de cet oiseau assez gauche d’allure, lui tirent une guerre acharnée. Us estimaient d’ailleurs sa chair grasse et un vieil auteur rapporte « ([ue les Français s’entendaient à merveille à les attraper et à les saler ». Les derniers pingouins s'étaient réfugiés sur les cotes d’Irlande, où ils étaient assez rares au milieu du siècle dernier. Des chasses régulières contribuèrent à sa complète disparition. Suivant Rrehm, on tua encore 15 pingouins en 1855, 9 en 1854, 5 en 1841 et 2 en 1844. C’étaient les deux derniers. Depuis lors, on n’a jamais pins rencontré de Grand Pingouin! Un ne connaît, dans le monde entier, que 14 squelettes d'Alca impennis, savoir 7 aux États-Unis, 5 dans la Grande-Bretagne, 1 à Dresde, à Milan, Sydney et Paris1.
- Les dépouilles montées sont au nombre de 79 on 80, dont 7 pour la France, savoir : 6 dans les musées de Paris, Lille, Dieppe, Autun, Abbeville et Amiens, et le 7e dans le cabinet d’Ilistoire naturelle de M. le baron de Vilmarest, au château de Nielle-lès-Àrdres.
- Ces dépouilles qui valaient, vers 1850, 250 francs, étaient vendues 2000 francs en 1870. Aujourd’hui elles sont payées 6000 francs, lorsqu’elles sont en parfait état de conservation.
- Les œufs de cet étrange oiseau sont aussi très recherchés des collectionneurs. Assez volumineux, de forme ovoïconique, cet œuf mesure environ 120 millimètres sur le grand axe et 76 millimètres sur le petit; il est de couleur blanc fauve, gris isa-belle ou roux clair.
- Les pêcheurs de Terre-Neuve qui rapportaient ces œufs en France, les vendaient à très bon compte. M. de Murs raconte qu’il en achetait pour 5 francs en 1855. Lorsque la disparition de Y Alca put être considérée comme prochaine, les prix augmentèrent rapidement et bientôt ces œufs méritèrent le nom d'œufs d’or, comme le montre le tableau ci-après :
- En 1844, on vend un œuf. . . 100 francs.
- En 1855 ....................... 565 —
- En 1855 ....................... 400 —
- En 1880 .......................2500 —
- — 2700 —
- — 4055 —
- — 5548 —
- En 1896, l’œuf de la collection Yarrell a été revendu plus de 7000 francs par un commissionnaire anglais.
- 1 D'après une Note additionnelle, il existerait 23 squelettes de Grand Pingouin dont on n’indique pas la répartition (Cf. Transactions of the Edinburgh Fietd Naturalists and microscopical Society, 1897).
- La somme obtenue pèse en or, 48 fois autant que la coquille! Enfin, le prix le plus élevé a été atteint en avril 1897 par un œuf adjugé à Londres pour 7280 francs!
- U y a en France 9 œufs d'Alca impennis dont 5 à Paris, 2 à Bergues, 1 à Angers, 2 à Manouville, 1 à Eu.
- Nous ne suivrons pas M. Duchaussoy dans le récit des recherches qu’il a faites pour découvrir la provenance des dépouilles et des œufs d'Alca.
- En terminant, nous exprimerons avec tous les amis des sciences naturelles le regret que l’intervention de l’homme ait hâté la disparition d’une espèce devenue déjà très rare, mal défendue qu’elle était dans sa lutte pour l’existence. Au point de vue scientifique, c’est une perte irréparable, une page intéressante arrachée du livre de la vie, et que l’habileté de nos savants ne parviendra jamais à reconstituer.
- Y. Brakdicourt,
- Secrétaire de la Société Linnéeime du Nord de la France.
- TRANSFORMATION DES LEAURES
- EX produits alimentaires; albumoses et peptones
- M. J. Peeters, pharmacien à Schaerbeeck, a demandé un brevet pour la production de nouveaux produits nutritifs retirés des levures.
- La levure se présente sous deux formes : la levure liquide de la bière et la levure de fabrication industrielle ou levure pressée, usitée surtout par les boulangers. Les premières contiennent de 80 à 85 pour 100 d’eau et les secondes de 60 à 65 pour 100.
- Voici les résultats d’une analyse de levure séchée exécutée par von Naegel et O. Lœw (sur 100) :
- Cellulose et mucilage..................................57
- Matières albuminoïdes..................................56
- Albumines solubles dans l'alcool....................... 9
- Peptones précipitables par le sous-acétate de plomb. 2
- Cendres................................................ 7
- Matières extractives................................... 4
- Les corps qui forment la base des nouveaux produits alimentaires sont les matières albuminoïdes. Celles-ci sont constituées par un mélange de produits se rapprochant des gluten-fibrines.
- Les cendres sont constituées par des phosphates de potasse, de magnésie, de chaux; les matières extractives, par des produits de dédoublement des albuminoïdes.
- La viande de bœuf salée et desséchée à 100° donne la composition :
- Fibrine (tissu cellulaire).......................
- Graisse . .......................................
- Albumine.........................................
- Matières extractives.............................
- Sels solubles....................................
- Perte............................................
- 48,78
- 0,35
- 1,38
- 6,44
- 41,50
- 1,66
- 100,00
- Pour transformer les levures en extraits, albumoses ou peptones, on peut recourir à divers procédés. Elles sont lavées soit par fdtration, soit par décantation au moyen de l’eaU légèrement acide, de l’alcool, de l’eau de chaux,
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- LA NATUKE.
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- une solution de borax ou tout autre véhicule dans le but de leur enlever certains éléments provenant des substances au milieu desquelles elles ont pris naissance. On peut les soumettre ensuite à l’action de l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique, de la pepsine, de la papaïne ou de la pancréatine à une température convenable et pendant le temps nécessaire pour opérer la solution de la plus grande partie des albuminoïdes. On filtre, après neutralisation par du carbonate sodique, et on évapore à 60° dans le vide plus ou moins complet jusqu’à consistance d’extrait; ces extraits ont l’apparence des extraits de viande. Pour les transformer en peptones, il suffit de les précipiter de leurs solutions concentrées par l’alcool à 95°, employé en quantité convenable. Le produit est redissous dans l’eau et la solution filtrée est évaporée dans le vide jusqu’à consistance voulue, à une température de 00 à 75° G., après addition de chlorure sodique.
- Ce produit constitue la peptone végétale dont M. Peeters revendique le monopole de la préparation et dont la composition serait :
- Matières albuminoïdes..............................72
- Matières minérales................................ 12
- Eau................................................10
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- 11 convient de rapprocher de ces recherches celles encore plus intéressantes de M. Lilienfeld, de Vienne. Ce chimiste dit avoir créé de toutes pièces une substance qui présente tous les caractères physiologiques et chimiques des peptones.
- La découverte de M. Lilienfeld serait capitale; mais elle ne doit être accueillie encore que sous les plus expresses réserves, parce qu’il est facile de se tromper avec les réactifs actuels sur les caractères des peptones.
- On ne possède pas encore de réactif décelant exactement un albuminoïde. À Paris, M. Grimaux a aussi obtenu par synthèse des matières albuminoïdes. La découverte du savant chimiste de Vienne reste donc incertaine. On peut espérer cependant que l’on touche décidément à une solution prochaine. Flamel.
- ——
- LES ARMURES CUIRASSÉES
- Les Proceedings of the Royal Artillery Institution, de septembre 1898, publient un mémoire de M. le capitaine Orde Browne sur les perfectionnements apportés aux armures cuirassées.
- Dans les cinq dernières années, ces armures ont subi des changements considérables : par suite de la qualité de plus en plus supérieure du métal, on a pu diminuer sensiblement l’épaisseur, tout en ayant des plaques résistant mieux à la pénétration des projectiles.
- L’emploi de l’acier au nickel est devenu général, car la ténacité qu’il communique aux plaques a été mise en évidence de la façon la plus nette. On a surmonté les difficultés des premiers débuts dans sa fabrication et dans son travail. A l’heure actuelle, la fabrication- de l’acier au nickel joue un rôle important dans la plupart des aciéries.
- On a réussi à combiner la ténacité des surfaces à une certaine flexibilité. Ce procédé, développé aux établissements Krupp, a été adopté et légèrement modifié par les maisons de Sheflield. Dès 1894, M. Ellis, de la maison Brown, à Sheffield, démontra qu’en chauffant les plaques
- par un procédé particulier, on pouvait accroître d’environ 50 pour 100 leur résistance à la pénétration.
- A la même époque, le capitaine Sampson (l’amiral actuel) préconisa également l’emploi de l’acier au nickel, ainsi qu’un procédé de recuit local par l’électricité pour faciliter le percement ultérieur des plaques. Cette opération était l’une des grandes difficultés du début, à tel point que l’on en était réduit à percer les plaques avant de les durcir. Dans les essais avec ces armures perfectionnées, on reconnut qu’elles produisaient la rupture des pointes des projectiles. Ce fait donna naissance à l’introduction de coiffes de projectiles en acier durci, ayant pour but d’éviter la fracture des pointes tout en n’ayant qu’un poids additionnel relativement faible.
- D’autre part, l’exposition prolongée à une température élevée pouvant produire une sorte de cristallisation au centre de la masse, on chercha à perfectionner le procédé des forgeages réitérés. Le progrès le plus sensible est celui de la gradation de la ténacité par un procédé de chauffage particulier effectué dans un four à gaz.
- En 1896, toutes les aciéries de Sheffield introduisirent le nickel dans la composition de leurs plaques. Le nickel est adopté aux États-Unis, tandis qu’à Saint-Chamond on emploie concurremment le nickel et le chrome. (D’après le Génie civil.)
- LES DIAMANTS AUSTRALIENS
- On ne peut pas dire que l’Australie soit déjà exploitée comme contrée diamantifère, bien qu’on y recueille de façon presque constante un nombre assez considérable de diamants : cela tient à ce que l’on n’a pas encore découvert le gisement principal et originel. On a toutes raisons de croire que les gemmes ont été entraînées de ce gisement aux divers endroits où on les rencontre maintenant; et quand on aura pu remonter le parcours qu’elles ont ainsi effectué, et mettre à nu la roche diamantifère, la Nouvelle-Galles du Sud sera assurée de faire une concurrence redoutable au Cap.
- Malheureusement, comme le rappelait dernièrement notre confrère anglais Public Opinion, les terrains où l’on doit poursuivre les recherches sont particulièrement montagneux et difficiles; les plus belles pierres trouvées en Australie l’ont été dans la rivière Cudgegong, qui descend des Alpes australiennes.
- Comme centres principaux d’exploitation (si ce mot n'est pas trop ambitieux) on peut citer Bingera, dans le district de la Nouvelle Angleterre, où l’on trouve surtout des diamants colorés, ainsi qu’à Inverell; en ce dernier point toutefois l’on extrait des gemmes d’une eau remarquable, mais d’une dureté qui, tout en gênant beaucoup la taille, les rend précieux pour les outils de perforation. Le prix en est en moyenne de 5fr,40 à 9f,',60 au carat. Nous pourrions encore signaler les diamants qu’on rencontre à Mittagong, à 130 km environ de Sydney. On a recueilli également, en 1885, quelques beaux diamants dans des districts aurifères, au milieu d’alluvions, et à une quinzajne de mètres de profondeur : une de ces pierres s’e^t vendue 1900 francs.
- On tend maintenant à croire que tous les diamanti’én question ont dù descendre de la chaîne qu’on nomme la Great dividing Range, et un premier puits d’exploration a été commencé tout dernièrement, qu’un accident a fait abandonner. Mais avant peu sans doute ce problème si intéressant sera enfin éclairci. P. de M.
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- LA A AT U UE.
- MOTEUR A ESSENCE DE PÉTROLE
- A l'ISTON ROTATIF, SYSTÈME DAWSON
- Lu tendance générale actuelle de la mécanique moderne est, avec raison, la simplicité, et jamais cette tendance ne s’est mieux manifestée, depuis quelques années, que dans la construction des moteurs à essence de pétrole, moteurs sans lesquels l'automobile n’existerait pas encore, puisque la rivale du pétrole, l’électricité, fait à peine ses premiers pas.
- Après avoir supprimé les commandes de soupapes, comme on l’a vu dans le moteur Loyal que nous décrivions ici même, il y a plus d’un an, on a cherché à supprimer les soupapes elles-mêmes, et le moteur (jne nous allons décrire est un des appareils les plus intéressants et les plus originaux qui aient été construits jusqu’à ce jour dans ce hut.
- Le moteur rotatif Dawson est basé, comme presque tous les autres, sur l’explosion d’un mélange d’air et de vapeur d’essence de pétrole, par application du cycle à quatre temps, ou cycle beau de Rochas.
- 11 ne comporte, comme le montre la figure, ni soupapes, ni tiroirs, ni commande délicate d’aucune sorte dans les parties exposées aux explosions et aux températures élevées. Le piston a la forme d’un long tube d’acier : il assure les diverses phases d’admission, d’explosion et d’échappement en tournant sur lui-même pendant sa course, et en démasquant ou obturant alternativement, à l’aide d’un trou E ménagé dans sa paroi, des lumières de distribution convenablement réparties sur le cylindre. Chacun des points du piston décrit ainsi un mouvement alternatif hélicoïdal en faisant un tour sur lui-même pendant qu’il décrit quatre courses alternatives et fait accomplir deux tours à l’arbre portant la manivelle. La rotation du piston transforme le mouvement de glissement en un mouvement louvoyant, et les belles expériences de notre compatriote, M. Raf-l’ard, ont montré les avantages que présente ce mouvement au point de vue de la réduction des pertes
- par frottement. La forme de long cylindre creux donnée au piston offre un certain nombre d’avantages non moins appréciables au point de vue du guidage de ce piston et des fuites par les parois, fuites que la grande longueur du piston réduit à zéro, car sa course est terminée avant que les gaz aient pu traverser l’espace infiniment mince ménagé entre le cylindre et le piston qui ne porte aucune garniture, et glisse très facilement grâce à son mouvement de rotation.
- Enfin, l’explosion des gaz se produisant à l’intérieur même du piston, les gaz chauds ne viennent pas en contact direct avec les parois du cylindre, qui se trouve ainsi très ménagé. Le refroidissement du cylindre s’obtient par des ailettes lorsque la puissance du moteur est inférieure à o chevaux ; au-dessus
- de 5 chevaux, on refroidit le cylindre par circulation d’eau.
- L’allumage du mélange explosif s’obtient en général par une étincelle électrique et les procédés connus, maison peut appliquer également l’allumage par incandescence, en disposant sur le cylindre, en un point convenable, un tube chauffé au rouge devant lequel passe l’orifice E percé sur le piston tournant à l’instant où cet allumage doit s’effectuer.
- L’arbre, la manivelle et les volants sont disposés dans un carter hermétique qui constitue le bâti sur lequel se fixe le cylindre.
- La tête de bielle vient plonger dans l’huile que renferme le carter, s’en imbibe entièrement et la projette de tous cotés par barbotage, ce qui assure ainsi le graissage du cylindre. Cette tête de bielle et le mécanisme spécial imprimant une rotation au cylindre reçoivent leur graissage spécial par un petit tube qui vient, à chaque tour, plonger dans l’huile occupant le fond du carter et en puiser un peu.
- L’ensemble de ces divers dispositifs donne au moteur Dawson une simplicité et une légèreté (pie ne manqueront certainement pas d’apprécier grandement les constructeurs de voiturettes automobiles. X..., ingénieur.
- Moteur à essence de pétrole à piston rotatif.
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- LA N AT Ult E.
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- DEVELOPPEMENT DES CLICHES EN PLEIN AIR
- De toutes les opérations photographiques c’est le développement dn cliché qui réserve le plus de surprise à l’opérateur; c’est seulement à ce moment
- Fig. 1. — Appareil Ernio.
- l’atelier, d’un groupe dans son jardin, a-t-on soin de développer immédiatement pour pouvoir recommencer s'il y a lieu ; mais on ne peut en faire autant
- Fig. 3. — Appareil P. Donny (fermé).
- a bien opéré. Au temps déjà lointain où on ne connaissait pas le gélatino-bromure et où on employait le collodion humide, il fallait développer immédiatement; un ingénieur de mérite, M. Bourdin, connu sous l’anagramme de son nom (Dubroni), avait imaginé un appareil qui permettait de réaliser sur place et sans laboratoire toutes les opérations.
- Après l’emploi des plaques au gélatino on a ima-
- qu’il sait si l’image est bien en plaque, si l’éclairage est harmonieux, si le temps de pose est bon, enfin s’il a réussi. Aussi, quand il s’agit d’un portrait à
- Fig. 2. — Appareil Cannier et Lafitte.
- quand on est en campagne, et cependant en présence d’un sujet qu’on n’aura plus l’occasion de retrouver dans la suite, on ne serait pas fâché de savoir si on
- Fig. 4. — Appareil I*. Donny (ouvert).
- giné plusieurs appareils permettant le développement et le fixage sans laboratoire, et, depuis peu, nous avons eu occasion d’en examiner plusieurs de création nouvelle, dont quelques-uns méritent d’être signalés.
- Dans le système imaginé par M. Ernie, il faut avoir, pour l’exposition des plaques dans la chambre noire, des châssis spéciaux qui s’ouvrent par le bas
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- LA NATURE.
- afin de faire passer la plaque dans l’appareil déve-loppateur. Celui-ci se compose d’une boîte carrée (fig. 1) surmontée à l'un de ses angles d’un tube incliné F où l’on place l’œil pour voir à l’intérieur ; la paroi opposée porte un verre rouge qu’on masque ou démasque avec un volet II relié par une chaîne au tube de vision F. A l’intérieur se trouve un cadre métallique P, supporté par deux poignées U qu’on manœuvre de l’extérieur : les rainures dans lesquelles ces poignées coulissent, sans que le jour puisse passer, permettent de monter ou descendre le cadre et de l’incliner dans tous les sens. Une cuvette R contenant le bain de développement se trouve au-dessous.
- A la partie supérieure de la boîte se trouve un support où on place le châssis A contenant la plaque qui vient d’être exposée ; une rainure pratiquée à cet endroit laisse passer cette plaque quand on tire la languette qui ferme le châssis. On a eu bien soin auparavant de manœuvrer les poignées U de façon à amener le cadre P verticalement sous cette rainure.
- Celui-ci reçoit donc la plaque et permet ensuite de la tremper dans le développement et de la relever de temps en temps en l’inclinant de façon qu’elle se trouve interposée entre l’œil placé en F et le verre rouge, ce qui permet de suivre la venue de l’image.
- Quand on juge que celle-ci est complète, on fait pivoter complètement le cadre P et on l’incline de façon à faire glisser la plaque dans un châssis M placé devant une ouverture disposée à cet effet et qu’on ouvre au moment voulu. On retire ensuite ce châssis et, le plaçant devant une autre rainure, on laisse glisser la plaque dans la cuvette S qui contient l’hyposulfite. Les cuvettes sont introduites par une porte spéciale qui donne accès à l’intérieur de l’appareil.
- Tout cela est bien un peu compliqué, mais peut en somme donner de bons résultats lorsqu’on s’est familiarisé avec les diverses manipulations.
- Le système de MM. Cannier et Laffite nous paraît plus simple; c’est une sorte de cuvette R étanche et transparente sur deux faces dans laquelle, au moyen de deux tubes A et B disposés à chaque extrémité, et contournés en spirale pour arrêter toute lumière, on peut introduire et retirer successivement les différents liquides nécessaires. Le dessus de cette cuvette est muni d’une assise garnie de velours où l’on applique le châssis À de la chambre; celui-ci doit être muni de taquets T formés d’une vis, qu’on peut manœuvrer de l’extérieur, afin de libérer la plaque au moment voulu. Lorsque le châssis a été appliqué sur la cuvette R, dans laquelle se trouve déjà le révélateur, on l’y assujettit au moyen de la pièce G qui s’engage dans les boulons placés sur les côtés ; puis on ouvre le volet du châssis et, après avoir libéré la plaque, on tire le volet Y constitué par un verre rouge ; la plaque tombe alors dans la cuvette qui est munie de supports, pour empêcher la eélatine de toucher au fond; on referme le verre
- rouge et on enlève le châssis. On suit le développement par transparence et, quand on le juge suffisant, on laisse écouler le bain en ouvrant le robinet du tube R. On fait circuler de l’eau pure un instant, puis ensuite on verse l’hyposulfite et il suffit d’ouvrir le volet V pour retirer la plaque quand elle se trouve fixée.
- Tout cela se fait assez rapidement, et l’appareil lient peu de place ; il faut seulement avoir soin de faire disposer les châssis de son appareil d’une façon spéciale quant aux taquets qui maintiennent la
- Le mode de développement imaginé par M. Paul Ronny est très pratique, parce qu’il est simple de construction et s’applique à tous les appareils, sans aucune modification aux châssis. Rans une boîte A que l’on peut voir dans les figures 3 et 4, où est représenté l’appareil ouvert et fermé, on a ménagé sur le couvercle et près de la charnière deux ouvertures B et G garnies de manches en étoffe noire par où l’on peut passer les bras; la même étoffe, bien étanche à la lumière, forme soufflet et réunit le couvercle à la boîte quand celle-ci est ouverte ; au milieu est assujetti un verre rouge et sur le bord supérieur du couvercle est pratiquée une ouverture E, avec abat-jour, où on place les yeux. Pour développer, on ouvre d’abord la boîte et on introduit par la porte A les châssis, ou l’appareil à main, les cuvettes et les solutions. Puis on passe les bras dans les manches et on a toute facilité pour décharger le châssis et mettre la plaque dans la cuvette de développement. Celle-ci est à fond de verre et pour suivre l’image par transparence il suffit de se servir du miroir M (qui sert aussi de couvercle) qu’on place en dessous, de façon que la lumière venant de R se trouve réfléchie en E à l’œil de l’observateur.
- Le lavage et le fixage ne présentent réellement aucune difficulté. On remarquera que l’appareil sert en même temps pour recharger également les châssis.
- D’une façon générale nous ne pensons pas qu’il soit indispensable de développer en plein air ; mais il y a certainement des cas où cela sera très utile et c’est assurément le meilleur moyen qu’on ait d’être fixé sur le temps de pose. G. Mareschal.
- L'INSTITUT AGRONOMIQUE DE MOSCOU
- Réorganisé en 1893, à la place de l’ancienne « Académie agricole et forestière )) fondée en 1865, il comprend six bâtiments principaux, dont l’un est un château jadis édifié pour celui qui devait être Pierre le Grand. Ce château contient la bibliothèque, une grande salle de conférences, les collections du génie rural et de l’hydraulique, le cabinet de physique, etc. Une construction de 90 mètres de long renferme les laboratoires et collections de botanique, de micrographie, de bactériologie, d’agriculture; chaque professeur a son laboratoire, les élèves possédant d’autre part un laboratoire plus vaste. Un jardin bota-
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- nique réunit toutes les plantes indigènes de la Russie; une petite serre est munie de tables roulant sur des rails, qui permettent de sortir ou de rentrer à volonté les pots où l’on se livre à des cultures spéciales. L’Institut possède des échantillons des différents sols de la Russie; il compte aussi un observatoire météorologique, et une serre spéciale aux élèves, pour les différentes expériences qu’on leur confie.
- il y a bien entendu aussi un champ expérimental d’une douzaine d’hectares, partagé, comme nous le dit M. Sa-gnier, en parcelles cultivées suivant les divers assolements.
- Un bâtiment particulier est consacré à la zoologie et à la zootechnie, un autre à la chimie, un pavillon abrite les collections et l’outillage du forestier. Deux cents élèves v vivent dans un internat peu rigoureux qui les laisse entrer, sortir, faire œuvre de liberté et d’initiative; au restaurant de l’école, détail caractéristique, ils mangent par petites tables suivant leur convenance. Enfin, ajoutons que l’Institut possède un domaine de plus de ti00 hectares, ferme agricole, forêt, pépinière, jardin fruitier, étangs, etc.
- D’une part les chenilles parmi les animaux, d’autre part les chardons parmi les végétaux ; ce sont là, sans aucun doute, les plus terribles ennemis de l’agriculteur.
- Or, par suite d’une aberration bien difficile à admettre, mais qui n’est cependant que trop réelle, ce sont ceux dont on s’imagine qu’il serait le plus facile de se défaire. En automne et en hiver, parcourez la plupart des campagnes de notre belle France, et vous y verrez en quantités énormes des chardons fleuris, dont le vent dissémine les graines légères au loin ; vous y verrez des arbres et des haies absolument entourés de soies et de cocons de chenilles, qui attendent patiemment le retour du printemps pour se transformer en papillon et multiplier ainsi l’espèce.
- C’est surtout dans les terres en friche que les chardons pullulent et infestent le voisinage.
- Depuis quelques années les préfets de plusieurs départements, s’appuyant sur la loi du 24 décembre 1888, ont pris des arrêtés prescrivant la destruction des chardons. Mais, la plupart du temps, ces arrêtés sont restés lettre morte.
- Les maires de quelques rares communes ont également, dans ces derniers temps, prescrit des mesures semblables. Mais souvent ces arrêtés ont été entachés de nullité, car on a jugé, à maintes reprises, que prescrire la destruction des chardons, c est imposer au propriétaire une restriction du droit absolu de jouissance que lui confère la loi de 1791 et l'article 544 du Code civil.
- Mais alors que peuvent faire les cultivateurs qui ont ainsi à subir des pertes parfois énormes du fait de la négligence de voisins insoucieux de leurs propres intérêts? Simplement, mettre en demeure le propriétaire de la terre infestée d’avoir à détruire ses chardons, et s’il n’y consent pas le poursuivre en dommages-intérêts. Néanmoins, il y a encore là
- sujet à maints procès, souvent longs et toujours coûteux, où le cultivateur lésé n’a pas toujours forcément gain de cause. 11 serait donc à désirer qu’une loi rendît l’échardonnage obligatoire, comme celle de 1732 prescrit l’échenillage.
- On sait, d’ailleurs, que les chardons, plantes bisannuelles, sont d’une destruction très difficile. Il en existe plusieurs espèces. Parmi les principales nous citerons seulement : le chardon penché (fig. 2, n° 1) (Carduus nutans) ou chardon-aux-ânes, surtout abondant, dans les terres cultivées, de nature calcaire ; le chardon crépu (fig. 2, n° 2) (C. crispus), commun sur les bords des chemins et les terres en friche ; le chardon lanugineux (fig. 2, n° 5) (C. cric-phorus), répandu dans les terres et les pâturages mal cultivés. Ce qui rend la destruction des chardons très difficile, c’est le développement et la force de résistance de leurs racines, qui s’enfoncent communément au-dessous de 15 et même 20 centimètres d’épaisseur de terre remuée par la charrue. C’est de février en mai, suivant les régions, qu’il faut procéder à la destruction des chardons ou échardonnage ; car, à ce moment, ces plantes sont très visibles et très développées.
- Ce qu’il faut surtout et principalement éviter, c’est d’attendre la floraison des chardons et la dissémination de leurs graines, qui, ainsi que nous le disions plus haut, se fait très rapidement. On a calculé qu’un seul pied de carduus nutans fournit 3750 graines; chaque pied en donne 150; d’autres espèces en donnent jusqu’à 30000! C’est avec un instrument spécial nommé échardonnoir (fig.' 3, n° 1) qu’on doit faire cette opération. Il consiste en une sorte de longue spatule en acier, munie latéralement d’un crochet, permettant d’extirper les chardons qui ont été tranchés. Pour s’en servir, on enfonce la lame de l’instrument à 10 ou 15 centimètres dans le sol, et on coupe la partie souterraine, bien au-dessous du collet. Cela fait, on se sert du manche de l’échardonnoir comme d’un levier et on l’abaisse vers le sol, en arrière ; très rapidement, on soulève hors de terre la partie supérieure de la plante et le chardon est extirpé. On peut laisser les plantes se dessécher au soleil, ou les brûler ; on peut même les utiliser comme fourrage ; en eflet, tout le monde sait que les ânes les mangent avec avidité et ils sont même volontiers acceptés par les chevaux, lorsqu’ils sont hachés et mélangés avec d’autres fourrages. Voici, d’ailleurs, d’après Th. Von Gohren, la composition moyenne de ces plantes :
- Eau......................................86,7
- Matière sèche totale.....................13,3
- Éléments protéiques...................... 2,9
- Matières grasses . . . .................. 0,9
- Extractifs non azotés.................... 6,1
- Ligneux.................................. 1,4
- Cendres totales1...................... 1,96
- Tout récemment, un horticulteur des environs
- 1 Pour 100 de matière séchée à l’air et non 100 parties de matière sèche chimiquement parlant.
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- LA NATURE
- d’Arras, M. Ch. Wendelen, a préconisé un nouveau moyen de destruction, paraît-il, très efficace. Il suffirait, d’après cet auteur, de déchausser légèrement les chardons et de mettre une forte pincée de sel marin au pied. Au bout de peu de jours, les plantes sont flétries.
- Pour vingt-cinq ares de potager, M. Wendelen n’a employé qu’un kilo de sel.
- Certes, nous ne doutons pas de l’efficacité de ce procédé, qui peut être pratique dans un jardin ou une pièce de terre peu étendue ; mais, pour la grande culture,non s préférons encore l’é-ehardonnoir, (pii est certainement beaucoup plusexpéditif.
- Passons maintenant à l’cche-nillage.
- II existe à ce sujet une loi, celle du 4 février 1732, qui rend la destruction des chenilles obligatoire.
- Cette obligation est imposée aux propriétaires, fermiers, locataires ou autres ; elle est exécutoire en hiver, et avant le 20 février.
- Les maires sont tenus de faire exécuter cette loi et ils sont responsables des négligences. En ordonnant l'échenillage avant le 20 février, la loi a été fort sage, car c’est pendant l’hiver, alors que les arbres sont dégarnis de feuilles, qu’on peut apercevoir les bourses où sont enfermées les chenilles; de plus, c’est pendant cette saison que le cultivateur a le moins de travaux; ce n’est donc pas le manque de temps qu’il peut invoquer en cas de négligence.
- Cependant, il faut remarquer que les œufs des papillons, pondus à la fin de l’été, éclosent beaucoup plus vite dans la région du Midi que dans celle du Nord. Donc, en ce qui concerne l’ensemble du territoire, il serait à désirer que cette date du 20 février puisse être avancée ou reculée suivant les cas, soit par les conseils généraux, soit par les préfets.
- Tous les ans, on affiche dans les communes, un
- arrêté préfectoral qui rappelle la loi, et qui est apposé vers le 20 janvier.
- Mais, ordonner ne suffit pas, et bien rares sont les procès dressés contre ceux qui négligent de satisfaire aux conditions qui leur sont imposées. Les maires n’osent pas agir en général, de même les gardes champêtres et les gendarmes qui, d’ailleurs, la plupart du temps, ont autre chose à faire, et qui craignent de s’aliéner la population par une mesure dont les cultivateurs n’apprécient pas toujours les conséquences pratiques. 11 serait à désirer que
- des inspecteurs étrangers au pays puissent venir constater les délits et requérir main forte dans les localités ; car, en somme,l’échenillage est bien simple à effectuer, et les deux ou trois jours de travail qu’il nécessite sont largement payés par le supplément de récolte ; à la condition, bien entendu , que la mesure soit générale.
- Trois espèces surtout sont à considérer dans l’échenillage : le bombyx livrée •(fig.l ,n°3) (Bombyx neustria) ; le bombyx dispar (fig. 1, n° 2) (Li-paris dispar) et le bombyx chry-sorrhée (fig. 1, n° 1 ) (L. chrysor-rhœa). Or, ainsi que le fait observer avec raison M. P. Lesne, la loi de 1796, en ordonnant lechenillage avant le 20 février, ne vise, dans la plupart des régions, que le bombyx chrvsorrhée et n’atteint en aucune façon les deux autres espèces, (pii sont tout aussi nuisibles, sans atteindre non plus d’autres chenilles qu’il serait trop long de citer.
- Au point de vue pratique, lechenillage comporte deux méthodes différentes : d’abord les moyens chimiques, puis les moyens mécaniques.
- Les premiers s’appliquent généralement au bombyx livrée et au bombyx dispar.
- Pour le premier, M. Lesne conseille surtout de brûler sur place ou d’asperger de pétrole, à l’aide
- Fig. 1. —1. Nul de chenilles du Bombyx chrysorrhée. — 2. Ponte du Bombyx dispar. 5. Ponte du Bombyx livrée avant et après l’éclosion.
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- LA NATURE.
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- Fig. 2. — 1. Chardon penché. — 2. Chardon crépu. — 5. Chardon lanugineux.
- d’un pulvérisateur1, les tentes de soie dans lesquelles se trouvent les chenilles avant le mois de juin. En outre, on doit avoir soin de brûler les bagues d’œufs si faciles à discerner sur les branches.
- En ce qui a trait au bombyx dispar, M. M. Girard conseille de recouvrir, à l’aide d’un pinceau, les amas d’œufs avec une épaisse couche de goudron.
- Quant au bombyx chrysorrhée et aux autres espèces, il faut avoir recours aux moyens mécaniques, consistant à couper en hiver les rameaux supportant les bourses soyeuses qui sont visibles à cause des feuilles sèches qu’elles contiennent. Il est essentiel de recueillir ces branches dans un sac pour les brûler ensuite.
- Pour opérer ainsi mécaniquement , il faut avoir recours à un instrument spécial, d’ailleurs peu
- 1 Le pétrole ne doit pas être employé pur, mais émulsionné avec de l’eau de savon.
- coûteux, appelé échenilloir (ftg. 3/n° 2). Il en existe plusieurs modèles, mais tous sont formés de deux
- branches mobiles, d’inégale longueur et réunies en forme de ciseaux. À la plus grande branche est adapté un long manche en bois, et l’autre est mise en mouvement par une corde fixée à son extrémité inférieure. L'opérateur tient cette corde d’une main et le manche de l’autre; en tirant et relâchant alternativement, il fait agir un ressort et provoque soit l’ouverture, soit la fermeture des ciseaux qui coupent les extrémités des branches à retrancher. Mais il ne faut pas perdre de vue, suivant la judicieuse remarque de M. Milhau, que, pour être vraiment utile, l’échenillage doit être fait avec le plus grand soin. « Les personnes qui n’enlèvent qu’une partie des bourses ne tardent pas à maudire leur négligence. Dès que les premières chaleurs du printemps ont développé les
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- LA NATURE.
- jeunes feuilles, les petites chenilles, ranimées par un soleil caressant, sortent par milliers de leurs retraites d’hiver, se répandent sur toutes les branches, trahissent bientôt leur présence par les dégâts qu’elles commettent. C’est au point que des cultivateurs ont cru parfois à des invasions spontanées de chenilles. Elles croissent très vite, et consomment une quantité considérable de nourriture. Ainsi quelques jours leur suffisent pour faire disparaître toutes les feuilles d’un arbre qui donnait les plus belles espérances. » Alb. Larbalétrier.
- Professeur à l’École «l'agriculture et d’horticulture d’Ornison (liasses-Alpes).
- --«-<£*«-
- LA COULEUR DES FLEURS
- Au point de vue artistique et poétique, il y aurait beaucoup à dire sur la couleur des fleurs. C’est, en effet, dans les corolles que les couleurs revêtent leur plus grande délicatesse. Les teintes si répandues chez les animaux, voire même chez les papillons, sont grossières à coté d’elles et, souvent, la palette du peintre reste impuissante pour les imiter. En somme, les couleurs des fleurs peuvent parcourir toute la gamme du spectre solaire et cela, dans ses moindres détails. Quelques naturalistes se sont évertués à établir une classification de ces couleurs; leurs essais, — quoique non décisifs, et un peu artificiels comme toute classification, — sont bons à connaître. En voici une des plus ingénieuses :
- Vert.
- f Bleu verdâtre.
- . \ Bleu.
- Serie 1 Bleu violet, cyanique 1 yiolct
- ^ Violet rouge.
- Rouge.
- La série cyanique a pour type le bleu et la série xan-tique, le jaune. On donne quelquefois à la première le nom de série désoxydée et à la seconde celui de série oxydée, mais ces dénominations ne paraissent pas reposer sur des bases suffisamment solides pour être conservées. De Candolle qui donne ce tableau dans sa belle Physiologie végétale, le fait suivre de quelques remarques intéressantes.
- On peut déjà remarquer, par la seule inspection de ce tableau, que presque toutes les fleurs susceptibles de changer de couleur ne le font en général qu’en s’élevant ou en s’abaissant dans la série à laquelle elles appartiennent. Ainsi, quant à la série xantique, les fleurs du nyctago jalapa peuvent être jaunes, jaune-orange ou rouges. Celles du rosa eglantina, jaune orange ou orange rouge. Celles des capucines varient du jaune à l’orange; celles du ranunculus asiaticusprésentent toutes les teintes de la série du rouge jusqu’au vert ; celles de Yhiéracium siaticefolium, et de quelques autres Chico-racées jaunes, ou de quelques Légumineuses telles que le lotus passent vert jaunâtre en se desséchant, etc. Quant à la série cyanique, les fleurs d’un grand nombre de bor-raginées, notamment le lithospermum purpureocæru-leum, varient du bleu au violet rouge; celles de l’hor-tensia, du rose au bleu, les fleurs ligulées des asters varient du bleu au rouge ou au violet, celles des jacinthes, du bleu au rouge, etc.
- Hâtons-nous cependant de signaler quelques exceptions ou réelles ou apparentes : 1° Quoique en général les
- jacinthes ne varient que dans les couleurs bleues, rouges ou blanches, on en trouve dans les jardins quelques variétés jaunâtres et même d’un jaune un peu citron qui semblent s’approcher de la série xantique. 2° La primevère auricule, qui est originairement jaune, passe au rouge brun, au vert et à une sorte de violet, mais n’atteint cependant jamais le bleu pur. 3° Quelques pétales semblent offrir les deux séries dans deux parties distinctes de leur surface.
- On remarquera sans doute avec étonnement que la couleur blanche ne figure pas dans le tableau de de Candolle. C’est qu’en effet la couleur blanche absolument pure ne paraît pas exister dans la fleur. Pour s’en convaincre il suffit de mettre les fleurs réputées les plus blanches, telles que le lis, la rose de noël, la campanule blanche, l’anémone des bois, etc., sur une feuille de papier bien blanc. On se rend compte alors que la couleur blanche de la corolle est en réalité lavée de jaune, de bleu ou de rouge suivant les cas. Si cette souillure n’apparaît pas très nettement, on fait les infusions des corolles, dans l’alcool, infusions qui en montrent des tons franchement jaunes ou rouges, etc. Les fleurs blanches sont donc des fleurs dont les teintes rentrent dans les deux séries précédentes, mais sont atteintes d’albinisme, un peu comme si elles étaient étiolées. D’ailleurs un certain nombre de fleurs naissent blanches et ne se colorent qu’un peu plus tard sous l’action de la lumière. C’est le cas du cheiranthus chamæleo qui passe du blanc au jaune citron et au rouge un peu violet, de Yœnothem tetraptera, qui, d’abord blanc, devient rose puis presque rouge,du tamarindus indica, dont les pétales sont blancs le premier jour et jaunes le second et du scohea scandens qui a une corolle blanc verdâtre en s’épanouissant et violette le second jour. La plante la plus remarquable à cet égard est celle de Yhibiscus mutabilis, que Rumph appelait flos horarius parce qu’elle naît blanche, puis devient incarnate vers le milieu de la journée et finit par être rouge quand le soleil est.couché.
- Dans un très intéressant ouvrage récemment paru, M. Costantin1 fait quelques remarques relatives à la précocité des diverses races et la teinte de leurs fleurs.
- Hoffmann a fait pendant un certain nombre d’années des observations intéressantes sur ce point. Il a remarqué que le lilas vulgaire à fleurs blanches fleurit en moyenne six jours plus têt que la forme normale à fleurs violacées; ce résultat lui a été fourni par huit années d’observations. Ce pourrait être une anomalie curieuse et sans portée, mais plus on avance dans l’étude de la nature, plus on s’aperçoit que tous les phénomènes même les plus insignifiants méritent d’être examinés. Or, il se trouve que des résultats semblables ont été observés pour les variétés du radis (raphanus raphanistrum) et du safran (crocus vernus) ; pour la première les formes blanches fleurissent en moyenne seize jours plus tôt que les formes jaunes (douze années d’observation), pour la deuxième plante la différence entre les deux époques est plus faible, de quatre jours seulement.
- Ces changements de teintes paraissent souvent sous la dépendance de la chaleur. On sait que le lilas blanc est obtenu par les horticulteurs grâce à l’action d’une température de 30 à 55°. C’est en 1858 qu’apparurent pour la première fois, dans le commerce, les magnifiques inflorescences blanches de cette plante dont le succès durable fut prodigieux dès l’origine.
- 1 J. Costantin. Les végétaux et les milieux cosmiques, Paris 1898
- Jaune vert. Jaune.
- Jaune orange. Orange
- Orange rouge.
- Série
- xantique.
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- LA NATURE.
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- On ne peut affirmer que les races spontanées à fleurs blanches ont la même origine que le lilas blanc horticole, car aucune recherche expérimentale n’a été faite sur cette question. Contentons-nous d’indiquer certains faits qui contribueront à guider ceux qui cherchent comment ces variétés coloriées diversement peuvent prendre naissance. Le papa ver alpinum a une variété à fleurs jaunes très stable que l’on observe dans les régions circumpolaires (d’après Focke), tandis que les variétés blanches ont été signalées en Suisse. Les cultures faites à Giessen, en Allemagne, de cette même espèce, ont permis d’obtenir des individus à fleurs blanches par métamorphose d'individus à fleurs jaunes. Est-ce la chaleur qui produit ces changements dans ce cas ? Nous n’osons répondre ni oui ni non. Les expériences de Schnbeler et de M. Ronnier ont bien établi que dans les régions élevées et au voisinage du pôle, la couleur des fleurs devient plus foncée, mais sans changement de teinte : seulement ce phénomène est dû à la lumière et non à la chaleur.
- Quelle que soit d’ailleurs l’origine de ces formes blanches et coloriées, elles ont souvent une fixité très remarquable.
- Dans le tableau de la classification des couleurs donné plus haut, on remarquera que le noir n’v figure pas. La couleur noire absolue n’existe, en effet, chez aucune fleur. Lorsqu’il y a des parties paraissant noires, cela tient seulement à ce que leur teinte est excessivement foncée : les noirs des pétales du peïargornium triste et de la fève ne sont que des jaunes et ceux de Yorchis nigra rentrent dans la catégorie des bruns. Ces apparences noires sont d’ailleurs extrêmement rares.
- Quant aux rouges, leur gamme est beaucoup plus variée que celle des autres couleurs. Les rouges de la série xantique ont en général une teinte plus vive, incarnat ou ponceau; ceux de la série cyanique offrent des teintes se rapprochant davantage du violet. Ces deux rouges peuvent d’ailleurs donner des roses, mais avec un peu d’habitude on devine leur origine : le rose de l’hortensia tient en effet au bleu, tandis que celui de la rose tire plutôt sur le jaune.
- Les couleurs bleues sont les plus changeantes; elles passent facilement au violet et au rouge, mais surtout au blanc.
- Les fleurs jaunes sont celles dont la teinte est la plus tenace : c’est ainsi que les jaunes vifs et luisants des boutons d’or ne peuvent pour ainsi dire pas changer. Les jaunes plus pâles varient plus facilement, mais ne passent guère qu’au blanc (nyctago jalapa).
- Quant aux fleurs vertes, comme elles ne se distinguent pas du feuillage ambiant, on les laisse passer sans y faire attention et on les croit beaucoup plus rares qu’elles ne sont en réalité.
- Par la culture, la sélection et l’hybridation, on sait que les horticulteurs font varier les couleurs des fleurs dans des proportions considérables. On connaît fort mal les lois de ces variations, surtout parce que les jardiniers qui pourraient renseigner lesbotanistes sur ce point intéressant, n’ont pas suffisamment l’esprit scientifique. Nous nous contenterons d’indiquer ci-après les renseignements que donnent MM. Decaisne et Naudin1, sur la variation du coloris des fleurs.
- « L’altération se fait ici de deux manières : c’est tantôt une simple décoloration qui ramène au blanc plus ou moins pur les teintes rouges, jaunes ou bleues de la corolle, tantôt la substitution radicale d’une couleur à une
- autre. Les fleurs dont le rouge ou le bleu sont les teintes dominantes sont les plus sujettes à tourner au blanc, mais on observe aussi ce changement sur quelques fleurs naturellement jaunes, comme, par exemple, celles du disque de la reine-marguerite, du dahlia, des chrysanthèmes, etc., lorsque ces fleurs subissent la transformation ligulaire. Rien, au contraire, n’est plus commun dans nos jardins que les variétés blanches de l’œillet, de roses rouges, du lilas, du haricot d’Espagne, du pied d’alouette, de la digitale pourprée, des campanules, etc., en un mot de presque toutes les plantes à fleurs lilas, roses, rouges, pourpres, bleues ou violacées. Il en est cependant aussi, dans ces catégories, dont la coloration est très tenace et ne faiblit jamais sensiblement, ainsi qu’on le voit dans le pétunia à fleurs pourpres (pétunia violacea), dont la teinte ne perd de sa vivacité que lorsqu'il a été croisé avec une espèce voisine, le pétunia ngctaginiflora, à fleurs toutes blanches.
- « La substitution radicale d’une couleur à une autre, soit sur l’étendue de la corolle, soit seulement sur quelques-unes de ses parties, sous forme de macules, de stries, de panachures, etc., est aussi un cas fréquent, et c’est là une des altérations dont l’horticulture ornementale a tiré le plus grand parti ; un nombre considérable de ces plantes dites de collection tirent presque toute leur importance de la facilité avec laquelle les couleurs les plus vives se remplacent les unes les autres, se nuancent et s’entremêlent de mille manières et dans des proportions relatives qui n’ont rien de fixe; aussi ne trouve-t-on pas dans ces collections, lorsqu’elles sont bien choisies, deux plantes sur cent qui soient exactement semblables par le ton et la distribution des couleurs. Ces variétés multicolores, toutes nées de la culture, se conservent en général très fidèlement par le bouturage, et très peu au contraire par le semis, qui a, par compensation, le privilège de donner naissance à de nouvelles combinaisons de couleurs. Il n’en est pas tout à fait de même des variétés unicolores qui, à moins d’être croisées avec des variétés différentes, tendent à se perpétuer dans cette voie. Par exemple, les variétés jaune, pourpre et blanche de la belle-de-nuit, lorsqu’elles sont pures, se reproduisent intégralement et avec une grande constance; croisées les unes avec les autres, elles donnent lieu à des coloris intermédiaires et, plus souvent, au mélange de ces différentes couleurs sous forme de panachures. »
- Lorsque des fleurs s’épanouissent hors de saison, il arrive que leur couleur peut ne pas être la même qu’en temps ordinaire. C’est ce que vient de noter M. Hughes Gibb, en 1898 où l’hiver a été particulièrement doux.
- Les dahlias cactus, rouges d’ordinaire, ont donné une floraison presque orange, et les fleurettes extérieures étaient même parfois presque jaunes. En outre, ces dahlias ont montré dans beaucoup de cas une tendance marquée à revenir à la forme simple.
- Une espèce de capucine, habituellement d’un rouge écarlate vif, a, de même, donné dans une serre froide, des fleurs tardives d’un jaune clair, une bande rouge près du centre des pétales restant comme seul vestige de la couleur normale.
- Dans ces deux cas, le changement de coloration se produit d’abord sur les bords des pétales.
- Enfin la floraison des myosotis normalement d’un bleu très vif, est devenu presque rose clair sans la moindre trace de bleu ; et un phlox, d’un blanc pur, a montré une tendance vers le jaune verdâtre. Henri Coupin.
- 1 Manuel de l'Amateur des jardins.
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- LÀ NATURE.
- L’EXTRÊME INFRA-ROUGE
- Si l’on compare notre connaissance actuelle du spectre à ce qu’elle était il y a seulement dix ans, on est émerveillé des progrès réalisés dans une aussi courte période. En 1888, la limite de l’ultra-violet était restée à l’endroit où M. Cornu l’avait définitivement fixée pour les radiations non absorbées par l’air. Dans l’infra-rouge, on s’était arrêté à 2 ou 5 microns pour les longueurs d’onde vraiment mesurées par M. Langley, l’espace extérieur ayant été seulement exploré par l’éminent physicien. Les ondes électriques luisaient leur première apparition, et l’on était loin d’être d'accord sur leur vraie nature, que peu de savants admettaient comme identique à celle de la lumière.
- Aujourd’hui, le spectre est descendu de près d’une octave vers les courtes longueurs d’onde, mesurées dans un espace vide d’air. Les rayons X et les rayons uraniques ou les rayons secondaires dérivés des rayons X sont venus prolonger cet ultra-viol et jusqu'à des distances non encore fixées par des mesures. Les oscillations électriques, que toutes leurs propriétés conduisent à ranger dans les octaves inférieures de la lumière, ont atteint la valeur de 3 millimètres, tandis que l’infra-rouge proprement dit, en contact immédiat avec le spectre visible, s’éloigne de plus en plus, poussant un pont vers les ondes électriques.
- Les progrès, dans cette dernière région, après s’être singulièrement ralentis pendant quelques années, ont repris subitement leur cours. De beaux travaux sont venus s’ajouter aux recherches anciennes, conduisant à des résultats du plus haut intérêt pour la connaissance du mouvement de l’éther que nous continuons à nommer la lumière, bien que, pour le physicien, la lumière vraie n’occupe plus qu'un tout petit espace dans cet ensemble déjà majestueux.
- Nos lecteurs savent que les radiations situées dans l’infra-rouge ne se révèlent à nous qu’en se transformant en chaleur, à la surface de récepteurs appropriés, généralement de minces lames de platine de fer ou de nickel, noircies et faisant partie d’un circuit électrique, ou de minuscules piles thermoélectriques actionnant un galvanomètre très sensible.
- La production des rayons de l’extrême infra-rouge est très simple ; tout corps quelconque en émet constamment ; mais, si un corps opaque est en équilibre de température avec le récepteur, les radiations qu’il lui envoie sont imperceptibles, à cause de l’échange constant d’énergie qui s’opère entre les deux corps.
- Plus un corps est chaud, plus il émet de radiations de toutes les qualités. Mais la difficulté consiste à les isoler les unes des autres, de façon à pouvoir opérer avec des rayons d’une espèce particulière, sans les absorber dans un prisme, ou sans superposer les spectres comme dans l’emploi des réseaux.
- Un procédé très ingénieux, indiqué par un physicien américain, M. Nichols, rend ici de grands services. Etudiant la nature de la lumière rélléchie par le quartz, M. Nichols trouva d’abord que la proportion de cette lumière est très faible dans la
- plus grande partie du spectre, mais monte très rapidement à une valeur beaucoup plus forte dans certaines régions de l’infra-rouge, où ce corps possède une véritable réflexion] métallique, en même temps qu’un pouvoir a b s o r -bant considéra -ble. Ces régions sont assez étroites et bien délimitées; chaque nouvelle réflexion sur le quartz les rend plus nettes, et, si l’on fait réfléchir un faisceau complexe successivement sur quatre ou cinq lames de quartz, tout le spectre est affaibli au point d’être imperceptible, à l’exception des bandes de réflexion métallique, qui possèdent encore plus de la dixième partie de leur intensité au départ.
- Si l’on interpose, sur le trajet de faisceau, un réseau de diffraction, on peut mesurer la longueur d’onde par les procédés ordinaires. L’appareil est, il est vrai, bien différent de ceux que l’on emploie dans l’optique du spectre visible, en raison de la fréquence beaucoup moindre des radiations que l’on étudie. Le réseau se compose, par exemple, de fils métalliques de 1 à 2 dixièmes de millimètre, et la fente qui laisse passer la radiation peut avoir plus d’un centimètre de largeur sans que le spectre cesse d’être suffisamment pur. Quant aux surfaces réfléchissantes, il n’est nullement nécessaire de pousser bien loin leur poli. Le pouvoir diffusant d’une surface dépend, en effet, de son grain, mesuré non point en valeur absolue, mais en longueurs d’onde de la
- Sc.
- Fig. 1. — Diagramme montrant la disposition des appareils pour l'étude de l’extrême infra-rouge.
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- LA N AILLE.
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- lumière qui la frappe. Or, dans les expériences actuelles, on opère assez fréquemment avec des longueurs cent lois supérieures à celle des ondes moyennes du spectre visible. On peut donc admettre un poli cent fois plus mauvais que dans les recherches ordinaires de l’optique. Le poli du papier buvard serait ici amplement suffisant.
- Le quartz ne possède pas seul la propriété dont nous venons de parler ; un grand nombre d’autres corps cristallisés ont aussi un pouvoir réfléchissant limité à une ou plusieurs bandes de peu de largeur dans le spectre, et que plusieurs réflexions sur des surfaces semblables épurent de plus en plus. Pour le quartz, les bandes principales sont situées vers les longueurs d’onde de 8 p., et de 21 p. tandis que, d’après MM. Rubens et Aschkinass, les lumières réfléchies de préférence par le sel gemme et la sylvine sont respectivement à 51 p. et 61 p.. La dernière longueur d’onde est exactement cent fois plus grande
- que celle qui correspond au jaune orangé du spectre visible.
- Le diagramme (fîg. 1) représente la disposition des appareils de MM. Rubens et Aschkinass. La lampe se trouve en L, et envoie sa radiation sur le miroir Mt, qui la réfléchit sur M2. Entre les miroirs se trouve le réseau R. Le faisceau est ensuite réfléchi sur les cinq surfaces S, puis sur le miroir M3, et tombe enfin sur le récepteur placé au fond de la petite cage réfléchissante P. l)e cette manière, les rayons qui ne sont pas absorbés à leur premier contact avec le récepteur lui reviennent en partie après avoir été réfléchis sur les parois de la cage. Une série d’écrans empêchent toute lumière étrangère de pénétrer jusqu’au récepteur.
- Si intéressante que soit en elle-même la découverte de ces bandes de réflexion sélective, c'est surtout comme instrument de travail qu’elles deviennent précieuses à leur tour. Aucun procédé anté-
- >p »
- ce o o
- Oscillations électriques
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- Octaves
- 0,2 0,4 0,8 1 jo-
- 10 | J-
- Longueurs d'onde .
- Ej/i.QBjSVj Sc.
- Fig. 2. — Spectre divisé eu octaves. Les parties ombrées n'ont pas encore été explorées.
- rieurement connu ne permettait, en effet, d’isoler aussi simplement et aussi complètement que par les réflexions multiples des radiations d’une suffisante intensité, et aussi éloignées du spectre visible. 11 était dès lors tout indiqué, le procédé de séparation une fois trouvé, d’étudier les propriétés particulières de ces radiations que l’on peut considérer comme nouvelles.
- L’une des premières études qui aient été faites est celle de la transparence de diverses substances pour ces radiations. Par exemple, les rayons du quartz traversent assez facilement le sel gemme, et plus facilement encore le chlorure d’argent fondu. Les radiations du sel gemme sont complètement absorbées par ces deux corps, comme par le verre, le gypse, le spath. La paraffine en laisse passer près de la moitié sous une épaisseur d’un millimètre, et la comparaison avec les radiations de la sylvine montre qu’elle devient plus transparente lorsqu’on pousse plus loin dans l’infra-rouge. Il en est de même pour la transparence du quartz, de la fluorine, de la gutta-percha.
- Une mince vessie de poisson laisse passer près
- des deux tiers de chacune de ces radiations. Les auteurs l’employèrent à fermer une cuve dans laquelle divers liquides furent soumis à l’examen. Le sulfure de carbone et la benzine furent reconnus comme très transparents, le pétrole un peu moins, le toluène et le xylène encore moins. Ainsi, la quantité des rayons du sel gemme traversant un millimètre de ces substances est de 98 pour 100 pour le sulfure de carbone, et de 16 pour 100 seulement pour le xylène. Le cas de l’huile d’olive est singulier. Complètement opaque aux radiations de 51 p., elle en laisse passer 20 pour 100 de 61 p., sous la même épaisseur de 1 millimètre. L’eau, l’alcool et l’éther sont complètement opaques pour les deux espèces de radiations. L’acide carbonique absorbe peu ces deux sortes de radiations, mais la vapeur d’eau les retient presque complètement.
- Ces observations nous montrent une fois de plus combien les propriétés de la lumière peuvent différer suivant la nature de la radiation. Bien plus, si l’on consulte les théories modernes, on verra que, si une substance est transparente dans une région du
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- LA NATURE.
- spectre, elle est forcément opaque dans une autre. Et, si l’on fait abstraction des métaux, lorsqu’on voudra chercher des corps transparents, dans l’in-lra-rouge, il faudra surtout s’adresser à ceux qui sont opaques pour la lumière visible.
- Rien ne fait mieux comprendre la grande généralisation de la notion de lumière accomplie par les travaux de la dernière décade que la statistique brutale de l’étendue du spectre aujourd’hui connu, comparée au peu de place que tient, dans l’ensemble, la lumière comprise entre le rouge et le violet.
- Cette statistique gagne en clarté par une représentation graphique, qui peut être faite de deux manières différentes : on peut porter en abcisses les longueurs d’onde, et en former une échelle arithmétique, ou bien aussi on peut leur substituer leurs logarithmes et en faire une échelle géométrique, dans laquelle chaque octave de lumières occupe un espace égal. Cette seconde représentation est certainement la plus rationnelle ; elle permet surtout de donner à chaque partie du spectre une place mieux en rapport avec son importance.
- Le diagramme (fig. 2) a été construit conformément à cette dernière idée1. Les parties claires correspondent au spectre connu, les parties ombrées au spectre non encore exploré. La tache claire grandit sans cesse, bientôt il ne restera que le souvenir des régions encore dans l’ombre. Ch.-Ed. Guillaume.
- L’AMMONIAQUE EN POUDRE
- Il convient de revenir avec quelques détails sur l'importante et intéressante Note présentée par M. Henri Moissan, à l’Académie des sciences du 10 octobre, et dont M. Ch. de Yilledeuil a donné une brève analyse dans le numéro du 15 octobre.
- C’est en étudiant l’un des nombreux produits nouveaux du four électrique, dont il est un virtuose incontesté, que M. Moissan nous a indiqué la possibilité de réaliser un jour industriellement cette chimère : l’ammoniaque en poudre.
- Le procédé est des plus simples : le calcium cristallisé se combine avec l’azote avec d’autant plus de facilité et de rapidité que la température est plus élevée. Vers 1200°, cette combinaison se produit avec mcandescence, et le calcium brûle réellement dans l’azote. Mais il est préférable de chauffer le calcium dans une nacelle de nickel placée dans un tube de métal traversé par un courant d’azote pur et sec. On obtient, au bout d’environ deux heures, une matière frittée de couleur marron foncé, de densité 2,63, et qui n’est autre chose que de l’azoture de calcium Az2Ca5. La plus curieuse et la plus caractéristique de ses propriétés est celle qui résulte de sa réaction sur l’eau. Projeté dans l’eau froide, l’azoture de calcium se décompose aussitôt avec une vive effervescence, produit une grande quantité de gaz ammoniac, qui entre de suite en solution dans l’eau en même temps qu’il se forme de l’hydrate de chaux.
- Az2 Ca5 + 6 H 0 = 2 Az 113 + 5 Ca (OII)2. r Le phénomène est tout à fait comparable à celui fourni
- 1 Les octaves sont numérotées arbitrairement, et ordonnées en sens contraire des octaves musicales. Il serait utile d’adopter, dés maintenant, une numérotation déterminée pour les octaves de l’optique.
- par le carbure de calcium qui, au contact de l’eau, laisse dégager de l’acétylène et produit de l’hydrate de chaux.
- M. Moissan envisage dans sa Note, sans se dissimuler cependant les grosses difficultés que présente encore la question, la possibilité d’utiliser ces phénomènes à la production de l’ammoniaque par l’azote atmosphérique, le jour où l’on saurait obtenir la décomposition de la chaux vive au four électrique, de façon à produire industriellement, non plus du carbure de calcium, mais du calcium, libre ou allié à un autre métal. La combinaison du calcium ainsi obtenu avec l’azote ne présenterait plus de difficulté sérieuse.
- Sans aller aussi loin, l’azoture de calcium pourrait déjà, dans bien des circonstances de la vie domestique, se substituer à l’ammoniaque liquide, ou, plus exactement, à l'ammoniaque dissous dont l’encombrement et les difficultés de transport sont bien connus. L’azoture de calcium pourra donc, à bref délai, constituer un précieux succédané de l’ammoniaque dissous, puisqu’il suffira de le plonger dans l’eau pour obtenir immédiatement la solution demandée. La pratique ne manquera pas de faire surgir d’autres applications non moins curieuses et inattendues, car il ne faut pas se le dissimuler, nos arrière-petits-enfants ne vivront que par les produits artificiels, purement artificiels et artificiellement purs, obtenus grâce à une heureuse alliance de la physique et de la chimie.
- E. H.
- CHRONIQUE
- Planètes et comètes. —Le 11 et le 15 septembre, MM. Wolff et Schwassmann, astronomes à l’observatoire d’Heidelberg, ont aperçu dans la partie de la constellation du Verseau qui est voisine de la Baleine deux nouvelles petites planètes assez voisines. Le 13 septembre, M. Millosewich, astronome de l’observatoire du Collège romain, en découvrait une troisième située entre les deux précédentes. Ces trois astéroïdes qui auront les numéros 436, 437, 458, ne sont visibles qu’avec de puissants instruments.— Dans la nuit du 13 au 14 septembre, M. Perrine, de l’observatoire Lick, et la nuit suivante, M. Chofardet, de l’observatoire de Besançon, découvraient une nouvelle comète située au nord de la constellation du Lion. Nous avons déjà signalé cinq comètes au mois de juin : l’année 1898 sera donc riche en comètes.
- La deuxième et la troisième lune. — M. VVal-
- temath ne désespère pas de voir ces nouveaux satellites de la terre : bien au contraire. 11 convie les astronomes amateurs à observer attentivement le coucher du soleil le 24 janvier 1899 et les jours voisins, et il leur fait espérer qu’ils verront .'quelques points noirs qui seront la deuxième et la troisième lune.
- Une fortune qui vient en fumée. — Ln proverbe prétend le contraire ; souvent la fortune s’en va en fumée, au lieu de venir; mais on sait que la sagesse des nations a plusieurs proverbes, pardon, plusieurs cordes à son arc, et qu’en cherchant bien, on trouve toujours de quoi se consoler dans son éclectique assortiment. Quoi qu’il en soit, c’est à Essen, en Prusse, que la fumée va bientôt devenir une source de bénéfices, grâce à de judicieuses applications des appareils de M. Thwaite, à l’utilisation des gaz perdus des hauts fourneaux. La puissance mécanique recueillie par cette utilisation servira d’abord à l’éclairage électrique des usines, puis à la fabrication
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- du carbure de calcium. Le choix est heureux, car on aura sous la main, pour cette fabrication, le coke et la chaux nécessaire. Si cet essai industriel réussit, et il faut bien reconnaître qu’il a toutes chances de réussir, on verra dans quelques années les usines de carbure de calcium abandonner le voisinage des chutes d’eau pour s’implanter dans les régions houillères et métallurgiques. Certains entrevoient même une émigration qui engloberait toutes les industries électrochimiques actuelles. Les Anglais sourient volontiers à cette perspective, mais les Suisses ne sont pas contents. L’évolution possible que nous signalons ne se fera certainement pas du jour au lendemain, mais avec les progrès actuels si rapides de la science et de l’industrie, on ne saurait vraiment plus dire si cette évolution se fera dans quelques années, quelques lustres ou dans quelques décades seulement.
- L’invention de la chambre noire. — A l’Académie des Inscriptions M. Müntz aexposé les curieuses conclusions d’un Mémoire dans lequel il établit en faveur de Léonard de Vinci la paternité de l’invention de la chambre noire. Jusqu’ici cette invention avait été tour à tour attribuée à Alberti, à don Pafmizio, à Cardan, à délia Porta. M. Müntz se trouve d’accord dans ce sentiment avec le savant colonel Laussedat, directeur du Conservatoire des arts et métiers. Dans ses manuscrits publiés par M. Ravaisson-Mollien, Vinci a décrit avec la plus grande netteté les phénomènes qui apparaissent lorsque l’on place une feuille de papier en regard d’un soupirail rond pratiqué dans une pièce obscure. À plusieurs reprises, il revient sur cette expérience, qui est le principe même de la chambre noire. Des perfectionnements y furent apportés par Cardan qui, en 1550, proposa de faire usage d’une lentille de verre, puis par G.-B. délia Porta, qui trouva le type de l’appareil portatif; mais le mérite initial et l’honneur de la trouvaille reviennent à Léonard de Vinci.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 oct. 1898. — Présidence de M. Van Tieghem.
- La température de l'atmosphère. — M. Gustave Dermite adresse une Note sur les résultats fournis par le lancement d’un ballon-sonde, le 23 août dernier. Le ballon gonflé d’hydrogène est parti de Paris et a atterri dans le département de Seine-et-Marne. Les instruments étaient intacts. L’examen des cylindres d’enregistrement a permis de constater que le ballon avait monté régulièrement pendant trois quarts d’heure, avait plané à 7300 mètres, puis était redescendu. Le thermomètre à minima s’est abaissé à — 60°, vers 6250 mètres. C’est la première fois qu’une température aussi basse est atteinte à cette altitude ; dans les précédentes ascensions, il avait fallu monter presque deux fois plus haut pour la rencontrer.
- Action de l'arsenic et du phosphore sur l'ammoniaque. — M. Ditte présente une Note de M. Hugot relative à l’action de l’arsenic et du phosphore sur l’ammoniaque. En mettant l’arsenic en présence du sodammonium, il a obtenu un arséniure de sodium ammoniacal ; c’est un corps rouge cristallisé. Les résultats sont différents avec le phosphore. U obtient alors une substance qu’on peut également regarder comme un phosphure de sodium ammoniacal, mais de formule autre, ou une matière qu’on peut considérer comme formée de deux molécules d’hydrogène phosphore dans lesquelles la molécule d’hydrogène est remplacée par du sodium.
- Anomalie de structure des Chénopodiacées. — M. Bonnier présente une Note de M. Georges Fron, son élève. L’auteur a trouvé la cause de la singulière structure spiralée qui ne s’observe que chez certaines plantes de la famille des Chénopodiacées. La coupe transversale de la racine offre l’aspect de deux ressorts de montre placés l’un dans l’autre. M. Fron explique que l’origine de cette bizarre asymétrie réside dans l’embryon dont les cotylédons pressent mécaniquement un seul côté de la jeune racine.
- Action de l'ozone sur les graisses. — M. Gautier analyse un travail de M. Hanriot sur l’action de l’ozone sur les graisses. Les graisses neutres fixent, par cette intervention, un poids considérable d’oxygène pouvant atteindre 20 à 25 pour 100 de leur poids. Quels sont les produits de cette transformation : des acides gras, de l’acide acétique, de l’acide butyrique, une minime quantité d’acide carbonique et une substance neutre qui présente la plupart des propriétés de la cellulose, mais sur la nature de laquelle l'auteur n’est pas absolument fixé. M. Gautier pense que cette expérience fournit l’explication du phénomène de l’augmentation passagère de poids observée sur un homme ne prenant aucune alimentation solide ou liquide. L’explication lui paraît offrir plus de probabilité que la transformation de la graisse en glycogène indiquée par M. Chauveau et invoquée par M. Bouchard à cette occasion. M. Berthelot rappelle que dans d’autres expériences anciennes, il a également obtenu, au moyen de graisses, une matière insoluble. Mais quelle est cette matière? Il n’ose pas se prononcer et pense qu’il ne faut admettre l’existence du corps nouveau dans des cas semblables, comme le fait M. Hanriot, qu’avec la plus grande prudence. M. Gautier ajoute qu’il a de son côté étudié le pouvoir réducteur des tissus, en dosant l’oxygène absorbé par un muscle frais, débarrassé de graisse au couteau et n’en contenant pas plus de 1,5 pour 100. Dans ces conditions, en empêchant les fermentations putrides au moyen d’un antiseptique, le muscle augmente de 20 à 30 pour 100 de son poids sous l’action d’un courant d’air. M. Berthelot, opposé à la théorie de la transformation de la graisse en glycogène, cite le cas des animaux hibernants dont la graisse disparaît à la fin de l’hibernation et qui devrait se retrouver tout entière à l’état de glycogène dans le sang de ces animaux, puisque, suivant les auteurs accrédités, ils ne perdent pas leur poids pendant cette période de leur vie. M. Chauveau conteste absolument l’argument de M. Berthelot, en affirmant que le glycogène formé sert à la consommation vitale, que par suite il disparaît et que les animaux perdent une très forte proportion de leur poids.
- Varia. — M. Forel adresse un travail reposant sur des recherches expérimentales effectuées au moyen de la coloration des eaux, sur la circulation des eaux dans les glaciers du Rhône. — M. Lacroix présente une Note sur une bande de calcaire de 24 kilomètres relevée par lui au milieu du granit, dans les Pyrénées, vers le haut Ariège. Il décrit les modifications des roches à leur contact et montre que contrairement aux principes professés par M. Rosenbuch, il y a dans ces roches des preuves évidentes d’apports par les agents minéralisateurs, et que le métamorphisme de contact n’est pas exclusivement dû à une cuisson en vase clos. — M. Bordas présente une Note sur les fonctions des cils vibratiles des holothures en forme de boudin de la région méditerranéenne.
- CH. DE VlLLEDEUlL.
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- LA NATURE.
- LÀ PROTECTION DES PLANTES1
- Plusieurs fois déjà La Nature, justifiant bien son titre, a signalé les efforts tentés par l'Association pour la protection des plantes en vue d’empêcher l’appauvrissement de la flore suisse et la disparition d’espèces rares par suite d’arrachages exagérés.
- Fondée le 25 janvier 1885 à Genève,
- Y Association compte aujourd’hui plus de 900 membres. Elle publie un Bulletin tiré à 1500 exemplaires quiestenvoyé non seulement aux membres de l'Association, mais aux bibliothèques des clubs alpins étrangers, à la presse, aux botanistes, aux curés, aux municipalités, dans les contrées qui recèlent les plantes qu’il faut protéger.
- Par les soins, sur l’initiative ou les conseils éclairés du Comité, des jardins ont été créés en divers endroits et consacrés tout spécialement à la culture des plantes les plus menacées.
- Tels le jardin de la L innea dans le Valais par 1700 mètres d’altitude fondé par les soins deY Association — celui de la Daph-nea, sur le mont Raro, près du lac de Corne, créé sur l’initiative du comte Lu-rani de Milan—celui de la Chanousia, fondé il y a 5 ans parle R. P. Chanoux, recteur de l’hospice du Petit Saint-Bernard, et disposé dans des rocailles situées à 2100 mètres de hauteur — enfin celui de la Rambertia au pied des rochers de Naye à 2000 mètres au-dessus du lac de Genève.
- Des conférences ont en outre été faites de tous cotés, et aucune occasion n’a été négligée pour instruire le public.
- 1 Voy. n° 952, du 29 août 1891, p. 198, et n° 1269, du 25 septembre 1897, p. 259.
- Nous sommes heureux de pouvoir offrir à nos lecteurs une reproduction du tableau que l’As-sociation a fait afficher dans les hôtels où on veut bien le recevoir. C’est un moyen d’action quelle espère devoir être très efficace.
- Ce tableau est en chromo, du genre des belles
- affiches artistiques que l’on voit maintenant dans les gares de chemins de fer et qui représentent un paysage de montagnes ou une plage à la mode. Sur un fond de glacier, s’enlève en vigueur une des plus belles plantes des Alpes YEryn-gium alpinum, superbe ombellifère très proche parente de VE. maritirnum de nos cotes, d’une belle coloration bleu violacé. A ses pieds rampe le rare Adon is vernalis, aux corolles d’un beau jaune d’or. Sur le rocher qui supporte ces plantes est gravée la devise de l’Associa-tion : « Si tu veux « comprendre l’im-« portance des plan-« tes, imagine un « monde sans elles « et la comparaison « t’épouvantera par-« ce que l’idée de « mort te viendra « tout de suite ».
- Au-dessous, rédigé en deux langues —français et italien — P Avis aux touristes, leur recommandant de ne pas arracher les plantes alpines qui sont menacées de disparition. Les noms de ces plantes sont donnés dans un Bulletin annuel publié par Y Association et envoyé gratuitement à toute personne qui en fera la demande à M. Correvon, président de l’Association, à Genève (chemin de Dancet).
- R. Dibrant.
- Le Gérant : P. Masson.
- Avis aux touristes. — L'appauvrissement de la flore suisse par suite d’arrachages exagérés et la disparition d’espèces rares ont déterminé à Genève la fondation d’une société dont le but est leur conservation. Son comité croit devoir intervenir particulièrement en faveur des plantes alpines et recommander aux touristes de respecter celles d’entre elles qui sont menacées et dont nous donnons les noms dans une publication annuelle Le Bulletin de VAssociation pour la protection des plantes. Les jilantes alpines arrachées au moment de la floraison ont peu de chance de réussite tandis que celles qu’on élève par semis fleurissent facilement. Nous engageons donc les amateurs à se procurer les plantes rares auprès des horticulteurs qui les élèvent et à ne pas les arracher.
- Les Bulletins de la Société seront adressés gratuitement aux personnes qui les demanderont au président, M. Henry Correvon, 2, rue Dancet, l’iainpalais (Genève) qui donnera tous les renseignements nécessaires.
- Paris. — Imprimerie Lauüre, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1320. — 29 OCTOBRE 1898.
- LA NATURE.
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- LES LOCOMOTIVES COMPOUND
- A GRANDE VITESSE
- AU CHEMIN DE PER DU.-ÿQRD
- Nous avons décrit précédemment1 les principaux types de locomotives Compound actuellement en usage sur nos lignes françaises, et en voyant le développement fpi’elles ont reçu, nos lecteurs ont pu apprécier par là même l’importance du rôle que ces machines sont appelées à jouer désormais dans l’exploitation des chemins de fer.
- L’apparition du type Compound sur nos grandes lignes remonte actuellement à 12 ou 15 ans environ,
- et l’expérience qui en a été faite durant cette période a permis de reconnaître, en effet, que cette application était appelée à donner aux locomotives une puissance et une élasticité de travail qu’elles n’avaient pas jusque-là; elle constitue par suite, pour ces machines, un progrès des plus considérables et tout à fait caractéristique.
- Nous avons cru intéressant de donner quelques détails à ce sujet en nous attachant spécialement aux machines du Nord. Nous examinerons aujourd’hui les modifications qu’elles ont permis de réaliser dans le service des trains; puis, dans un article ultérieur, nous signalerons les expériences diverses effectuées pour déterminer le rendement théorique de ces loco-
- Fig. 1. — Machine Compound de la C1* du Nord. Vue extérieure d’une machine du type le plus récent.
- motives ; nous nous aiderons à cet effet des curieuses études publiées dans la Revue générale des chemins de fer par M. l’ingénieur Pulin et M. Barbier, sous-ingénieur au service des essais.
- Les machines actuellement en service sur le réseau de la Compagnie sont au nombre de 60, réparties en quatre séries dont les tracés successifs ont été étudiés avec la préoccupation d’obtenir continuellement une augmentation effective de puissance et de vitesse. C’est ainsi que les dernières machines mises en service présentent certaines différences marquées pifr rapport au type dont nous avons donné la description. Nous reproduisons dans la ligure 1 la vue extérieure d'une machine du type le plus récent portant les diverses modifications ainsi
- 1 Vov. n° 1299, du 23 avril 1898, |>. 332.
- 2(i" aimée. — 2e semestre.
- réalisées. Cette machine a été construite comme les précédentes par la Société alsacienne des constructions mécaniques, sous la direction de M. du Bousquet, ingénieur en chef du Nord, avec la collaboration de M. de Glehn, administrateur de la Société.
- On s’est attaché, sur le type ainsi modifié, à faciliter la production de la vapeur, à en améliorer l’utilisation et à donner à la machine le minimum de poids dont elle est susceptible.
- Pour activer la vaporisation, on a augmenté la surface de grille qui a été portée de 2m,0l à 2m,50, et l’on a remplacé d’autre part les tubes à fumée à surface intérieure lisse par des tubes à ailerons, système Serve. L’avantage de ces tubes (pie nous avons déjà mentionnés en parlant des machines de la Compagnie P.-L.-M. résulte surtout du fait que dans toutes les chaudières tubulaires,
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- LA N AT U K E.
- la convection des gaz chauds, c’est-à-dire la transmission de leur chaleur à la surface interne des tuhes métalliques, s'opère avec beaucoup plus de difticulté que la transmission depuis la surface externe de ces tuhes jusqu’à l’eau qui les baigne. Il importe donc de faciliter le contact des gaz et des parois métalliques en augmentant la surface interne par l’addition des ailerons. Il y a encore avantage d’ailleurs à le faire même au prix des inconvénients résultant de la diminution de la surface externe et de l’augmentation indirecte de l’épaisseur de métal traversée par la chaleur; l’eau qui baigne les tuhes absorbe toujours en effet le calorique dans des conditions beaucoup plus satisfaisantes que ceux-ci n’enlèvent celui des gaz.
- L’expérience des locomotives dont les chaudières sont munies de tubes Serve fournit du reste une preuve manifeste de l’augmentation de vaporisation que l’emploi des ailerons permet de réaliser. Observons en outre que ces ailerons constituent autant d’obstacles qui ralentissent le passage des gaz et facilitent encore à ce point de vue l’absorption de la chaleur.
- Les dispositions tendant à améliorer l’utilisation de la vapeur sur les machines du Nord ont consisté à augmenter le timbre de marche des chaudières en le portant à 15 kilogrammes, et à déterminer en outre les dimensions des cylindres à haute et basse pression, ainsi que celles du réservoir intermédiaire et surtout le degré d’admission pour la marche habituelle, dans les conditions reconnues par expérience comme étant les plus avantageuses. 11 nous est impossible d’entrer ici dans le détail de ces diverses dispositions un peu spéciales, nous rappellerons seulement que le système Compound comporte toujours des admissions plus prolongées que les distributions ordinaires, la détente étant reportée dans un cylindre approprié, et on remarquera immédiatement qu’il évite par là môme tous les inconvénients inhérents aux faibles admissions, comme par
- exemple lorsque la distribution vient à se dérégler, ainsi que le cas se produit fréquemment dans la marche aux grandes vitesses.
- Pour accroître la puissance des machines, on a dù augmenter le volume de la chaudière en môme temps que la surface de chaude. Le diamètre intérieur du corps cylindrique a été porté à lm,550, ce qui a obligé du reste à relever de 0m,20 l’axe de la chaudière au-dessus des rails. 11 importait dès lors
- de ne pas augmenter trop le poids total de la machine, malgré cet accroissement de dimensions, et on n’a donc pas hésité à constituer la chaudière tout entière ainsi que sa boîte à feu en tôle d’acier plus résistante (pie la tôle de fer, revenant ainsi à une application adoptée depuis longtemps d éj à jtar la Marine, mais qui était encore discutée dans la plupart des ateliers de chemins de fer. Le métal adopté pour le corps cylindrique est l’acier doux donnant une résistance à la rupture de 40 à 45 kg avec un allongement de
- 55 à 51 pour 100, et, pour la boite à feu, le métal extra-doux dont la résistance s’abaisse à 56 à 40 kg tandis que l’allongement s’élève à 56 à 55 pour 100. Ajoutons encore que le tender, dont les dimensions ont été augmentées de façon à porter la capacité des caisses à eau à 18 mètres cubes, est supporté par deux bogies articulés. Les machines Lom-pound à grande vitesse effectuent actuellement, comme nous le disions plus haut, le service des trains rapides du réseau du Nord, et, malgré l’accroissement continuel de poids que subissent ces trains, elles ont permis d’augmenter beaucoup la vitesse de marche prévue aux horaires, ainsi qu’on le verra par les exemples suivants, recueillis sur les principales directions du réseau.
- Si l’on compare par exemple, pour l’année 1892, les vitesses des trains express conduits par les anciennes machines outrance avec celles qui sont réalisées aujourd’hui, on verra que sur la ligne
- Sens de /<a Mabche
- 15 1617 1519 20
- 22 23 2* 25 26 21 28 29-30 31 32 33 3*, 35 36 3138 39 W V « U
- Kilométrage .
- Fis. 2.
- Courbe des vitesses du train li, du il mars, entre Paris et Creil, 16 voitures, 186 tonnes.
- O D’AILLY-SUR-NOYE
- Sens de la Marche
- E • 50.
- Kilométrage.
- Fig. 3. — Courbe de vitesses du train de marchandises L. I’.,du 10 déc. 18%, entre Bovcs et Ailly-sur-Noye, 43 véhicules, 683 tonnes.
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- LA NATURE.
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- Paris-Lille ces vitesses, calculées entre les points terminus, restaient comprises entre 07 kme-t68km,5 à l’heure, et atteignaient 67 km et 75km,5 sur la ligne de Paris-Calais. Les vitesses moyennes brutes, calculées entre deux stations consécutives, étaient naturellement nn peu plus élevées; elles atteignaient, pour le train 29, 72 km à l’aller de Paris à Lon-gueau, et 75 km au retour, par le train 18. Les vitesses réalisées entre Paris et Amiens s’élevaient même à 76km, I pour le train 15 et le train 0 de la ligne de Calais, le train 10 bis réalisait enfin la vitesse maxima de 78km,5 entre Aulnoye et Rusigny.
- Ces chilires sont de beaucoup dépassés actuellement ; les vitesses commerciales calculées entre les points terminus atteignent le plus souvent 80 km et les vitesses brutes, calculées entre deux stations consécutives, varient généralement de 82 à 85 km; dans le parcours Paris-Amiens, par exemple, le train R C allant à Calais réalise la vitesse de 2
- Ce train effectue actuellement le parcours total de Parisà Calais, soit 290km,5, en une durée de o1' 25m seulement, tandis que, en 1892, les trains les plus rapides mettaient environ A1' 10m. De même sur la ligne de Paris à Lille (251 km) la durée totale du parcours s’est abaissée de 5h 40“ à 5h 08m ce qui représente une économie de 52 minutes, soit plus de 14 pour 100.
- D’une façon générale, on peut dire que les rampes de 5 mm sont franchies maintenant sans que le train en marche présente aucune diminution de vitesse un peu sensible ; c’est ce que montrent en effet les diagrammes 2 et 5, prélevés parmi un grand nombre d’autres complètement analogues, qui reproduisent, la ligure 2, la courbe des vitesses du train de voyageurs n° 12, du 27 mars 1897, entre Paris et Creil, 16 voitures, 186 tonnes, et la figure 5, celle du train de marchandises L. P. du 10 décembre 1896, entre Roves et Ailly-sur-Noye, 45 véhicules, 685 tonnes.
- Nous pourrions multiplier ces exemples, mais nous rappellerons seulement que ceux qui précèdent suffisent pour montrer l’importance des progrès réalisés ; ces progrès sont d’autant plus intéressants qu’ils ont coïncidé, comme nous le disions, avec une augmentation continuelle du poids des trains remorqués.
- En 1892 un train composé de 26 essieux donnant une charge de 155 tonnes était considéré comme lourd, et, avec cette charge, on ne dépassait pas la vitesse de 65 km dans la montée des rampes de 5 mm. 11 était du reste impossible d’augmenter beaucoup la charge et d’arriver, par exemple, à 52 essieux sans s’exposer à des retards. Aujourd’hui les trains comportent fréquemment 56 à 40 essieux; on atteint en service courant des charges de 180 à 200 tonnes, et celles-ci cependant sont remorquées à des vitesses de 80 et même 85 km sur les rampes de 5 mm.
- Ces résultats si intéressants ont pu être obtenus du reste sans augmentation sensible dans les dépenses, car la consommation du charbon des machines Compound est restée inférieure à celle des anciennes outrance lorsqu’elles faisaient le même service qu’elles, et aujourd’hui elle ne le dépasse pas malgré l’augmentation de charge et de vitesse réalisée. L’augmentation de dépense porte seulement sur les frais de graissage, mais, elle est à peu près insignifiante, puisque sur le parcours total de Paris-Lille, par exemple, elle n’atteint que 0fl',74 par train. Par contre les frais de réparation des machines Compound sont restés inférieurs jusqu’à présent à ceux des outrance, et, d’autre part, on a même pu réaliser une économie importante sur les frais de remplacement des essieux coudés, car ceux-ci n’ont pas à supporter la même fatigue que sur ces premières machines, d’oïl résultaient des ruptures fréquentes. D’une façon générale, du reste, on peut dire que les locomotives Compound, par le fait qu’elles répartissent le travail sur deux essieux moteurs au lieu d’un seul, présentent l’avantage de diminuer la fatigue de la voie, et d’atténuer ainsi, même pour les voyageurs, les secousses si pénibles qu’ils ont à subir sur des voies insuffisamment entretenues.
- Au point de vue théorique, comme ces machines ont permis pour la première fois de réaliser d’une façon complètement courante des vitesses de 120 km à l’heure, il est devenu possible de reprendre à ces hautes vitesses l’étude de cette question toujours discutée du rendement de la machine locomotive, et comme les résultats obtenus présentent un certain intérêt, nous y reviendrons dans un article spécial. L. Elue.
- SAMARCANDE
- Ràtie sur les bords du Zarafchan, à l’extrémité des monts Karategin, aux pieds des contreforts nord-ouest du Pamir dans les hautes vallées duquel on tend à placer le berceau de l’humanité, Samarcande occupe, probablement, la même situation que la Marakanda de Ractriane dont parlent les anciens, et dont les annales Chinoises attribuent la fondation à Nystaspe, roi assyrien, vivant vers 550 avant Jésus-Christ. Grâce à sa position, Samarcande fut toujours une ville d’une grande importance politique et surtout commerciale ; mais, de par sa position même, elle se trouvait naturellement sur le passage de toutes les invasions mongoles qui, comme celle de Djenghiz-Khan, se sont élancées de l’Est à la conquête de l’Asie occidentale et même de l’Europe; aussi est-il peu de cités ayant subi des fortunes aussi diverses et passé plus fréquemment de la ruine-la plus complète à la plus grande opulence.
- Isolée au nord par le désert Kysil-Kum, à l’ouest par le désert Transcaspien, Samarcande fut toujours difficilement accessible aux Européens. Mais son abord
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- LA NATURE.
- lut rendu plus difficile encore tant par les guerres continuelles, dont le Turkestan fut longtemps le théâtre, cpie par les hordes de nomades pillards auxquelles les caravanes avaient peu de chances d’échapper. Samarcande passait à l’état, de légende, de cité sainte inabordable et s’entourait d'un voile d'inconnu presque impénétrable. La complète russe a tout changé. Le chemin de 1er construit, à travers les sables mobiles du désert Transcaspierppar Annenkoff en 1885, rend aisé l’accès du Turkestan, si pénible, si dangereux même il y a quelque douze ans. Aussi, après Bonvalot,
- Capus et Pépin,
- Blanc, Chaflfan-geon, Monnier, avec nos collègues P. Petit,
- Trénel, R. Fau-velle, Lorrain et Rurrien, n’avons-nous pu résister au désir d’en prendre un rapide aperçu.
- A part la longueur du trajet et la monotonie des éternelles dunes de sable lin que l’on traverse pendant trois jours et trois nuits, et dont la seule végétation consiste en quelques rares et maigres bouquets de saxbol, végétant de loin en loin ; à part la pénurie d’eau potable transportée dans des wagons-citerne, mais de laquelle les pastèques de
- Djardjoui sont un heureux succédané; à part, enfin, la chaleur, l’odeur intense et nauséabonde des indigènes remplissant le train, et les parasites aussi nombreux que variés; abstraction faite de ces quelques inconvénients, à la vérité très supportables, ce voyage ne présente actuellement rien de pénible et peut être entrepris par toute personne ne redoutant pas un peu de fatigue.
- La Samarcande actuelle est composée de deux villes, la russe et la sarte, bien distinctes et complètement séparées l’une de l’autre.
- Nous ne saurions oublier la chaleureuse réception qui nous était réservée par la population russe de cette ville. Le général Médinsky, sous-gouverneur du Turkestan, M.Or-séro, M. Charcot, procureur impérial, M. Lofchine, chef de la police, le ])' Al’ramo-Avitch, le directeur de la Banque ainsi que les colonels Régis, Pétrof, et le colonel Gorsky, décoré d’une croix de Saint-Georges gagnée à la prise deGéok-Tépé,ont non seulement fait preuve à notre égard d’une obligeance sans bornes, mais encore nous ont témoigné, en toutes circonstances, une cordialité et une affectueuse sympathie dont nous
- rig 1. — Médressé Tschyr-Daria.
- Fig. 2. — Ruines d'un des portiques de la mosquée de Bibi-Klianim.
- Fig. 5. — Rue couverte.
- (D'après des photographies de M. G. Durante.)
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- LA NATURE.
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- sommes heureux de pouvoir les remercier ici.
- Il faut traverser toute la ville russe et franchir un des canaux du Zarafchan pour arriver à la ville sarte. Mais ici le décor change tout à coup : la vie asiatique apparaît soudain dans toute son intensité. À peine a-t-on contourné le médressé Ouloug-heg que, presque sans intermédiaire, transporté, comme par un coup de baguette, en plein pays des Mille et une Nuits, on se trouve au milieu du Uighistan, large place de 100 mètres carrés, semée d’échopes ouvertes à tous les vents, et entourée de ses trois médressés a u x portiques immenses, resplendissants au soleil sous les bleus et les verts de leurs briques émaillées. Là,les types les plus divers du Turkestan, depuis l’Aryen le plus pur au Mongol le plus caractéristique, coiffés de leur large turban rond de mousseline blanche ou de leur bonnet de fourrures, vêtus de larges robes aux couleurs les plus éclatantes ou d’amples pantalons de cuir brodé, vont, viennent, à cheval, à âne, à pied, ou, assis sur des tapis d’Orient authentiques, fument, impassi-hles,leurkaliane, en examinant, à la dérobée, ces Occidentaux aux costumes ternes qui font tache dans ce milieu coloré. En haut, c’est une majestueuse symphonie de bleu ; en bas, l'animation et la bigarrure éclatante de la vie orientale.
- Les trois médressés qui entourent le Réghistan comptent parmi les plus beaux du Turkestan. Ce sont : au nord, Tillia-Kari, et, à l’est, Tschyr-I)ar, bâtis au commencement du dix-septième siècle; à l’ouest, le médressé Ouloug-beg fut édifié, entre 1420 et 1450, par le khan de ce nom qui y lit élever un observatoire actuellement disparu.
- Ces trois médressés sont construits d’après un
- plan identique. Le centre de la façade est occupé par un immense portique carré de 40 à 50 mètres de haut, percé, à son centre, d’une large voûte ogivale que ferme un mur de fond. Sur ce mur de fond se dessine un second portique plus petit percé également d’une ou trois voûtes ogivales dont le fond est muré, mais qui donnent, par de petites portes latérales, accès dans la cour intérieure. De chaque côté du grand portique, un mur plein ou, comme à Tillia-Kari, percé de deux rangées de fenêtres ogivales, se termine par deux minarets cylindriques aussi hauts que le portique central. Ces minarets sont,dans Tschyr-Dar, accompagnés de deux dômes cannelés, reposant sur de courts fûts cylindriques (lîg. 1). La cour intérieure, carrée,plantée d’arbres, présente tout autour une double rangée de petits portiques ogivaux correspondant à deux larges galeries superposées dans lesquelles donnent les cellules des mollahs. Un porti-que monumental, mais moins orné que celui de l’extérieur, s’élève au centre de chaque façade.
- Ces médressés sont construits en briques, mais toutes les façades sont revêtues de briques émaillées, dans les tons bleu foncé, bleu turquoise, vert pale, blanc, parfois jaune,'dessinant sur les portiques et les minarets des arabesques, des fleurons, des lettres du Coran et constituant une ornementation dont la richesse et la variété, l’intensité et U éclat éblouissant de couleurs, où domine le bleu des dômes de Tschyr-Dar, ne le cèdent qu’à la grandeur simple et majestueuse des lignes d’ensemble.
- Au delà de Tschyr-Dar, c’est le bazar et, de chaque côté, la ville proprement dite, dont les rues étroites et tortueuses, bordées de basses maisons de pisé
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- LA NATURE.
- aux rares ouvertures, sont parfois recouvertes de peaux ou de paillassons destinés à protéger, en été, contre un soleil trop ardent (fig. 5).
- Mais au bout de la longue rue principale qui fait suite au bazar, l’attention est bientôt captivée par les ruines majestueuses de Bibi-Khanim qui se découpent sur le fond du tableau, et dont les portiques éventrés, les colonnes brisées se dressent vers le ciel avec une majesté étrangement imposante.
- Cette mosquée, aux dimensions colossales, construite par Bibi-Khanim, femme de Tamerlan, à la tin du quatorzième siècle, montre encore un vaste portique ogival flanqué de deux énormes tours polygonales dont il ne reste plus que les soubassements (lig. 2) et précédant un dôme central dont le ceintre est en partie tombé. A l’autre bout de la cour, un second portique plus gigantesque encore, escorté de deux hautes tours rondes, fait face au premier. Toutes ces ruines sont en partie recouvertes de briques bleues, vertes et blanches, dessinant des arabesques ou des passages du Coran; mais, ébranlées et disjointes par les tremblements de terre, elles ne tarderont pas à disparaître, comme l’un des portiques qui s’est écroulé deux jours après notre départ. Au centre de la cour, sur un piédestal élevé da quelques marches, un pupitre en marbre de plus de 5 mètres sert à lire, les jours de fête, le grand C)ran conservé à Tschach-Zindé.
- Un peu en dehors de la ville, au nord-est, se trouve la mosquée de Tschach-Zindé, une des plus belles de l’Asie centrale quoique moins grandiose que Bibi-Khanim.
- C’est le plus ancien monument de Samarcande et b seul dont quelques portions soient antérieures à Tamerlan qui y ajouta de nouvelles constructions et y enterra sa nourrice. Tschach-Zindé est actuellement composée de sept mosquées dont les dômes bleus se détachent sur le ciel, et qui sont réunies par un long couloir découvert. Chacune de ces mosquées s’ouvre dans ce couloir par un large portique où non seulement on retrouve les mosaïques émaillées bleues, vertes, jaunes, blanches et même rouges, mais encore des combinaisons de briques en saillie et de briques percées à jour, découpées comme des dentelles, poussant ici l’ornementation jusqu’aux dernières limites de la richesse et de la perfection. Ici, à côté des stalactites et des arabesques, les signes de l'écriture prennent une place décorative importante, et certaine de ces portes est une véritable page du Coran où les préceptes s’entre-croisent en tous sens sans jamais se confondre grâce à leurs couleurs différentes. On conserve dans une chapelle latérale delà dernière de ces mosquées un Coran copié au seizième siècle sur un manuscrit très ancien et dont les pages, formées chacune de trois parchemins, ont près de 1 mètre de large. C’est ce Coran qui, les jours de fêtes, est transporté sur le pupitre de pierre de Bibi-Khanim.
- Le tombeau de Tamerlan (lig.4) montre de loin son dôme bleu cannelé qui s’élève, au sud-ouest, au
- dessus d'un bouquet d’arbres entre la ville sarte et la ville russe. Ce dôme surmonte un haut fût cylindrique orné de dessins bleu foncé et couleur brique naturelle entre lesquels s’enroulent d’immenses inscriptions en lettres blanches et hleu clair; ce fût repose lui-même sur un socle bleu turquoise.
- On y accède par un portique admirablement orné et encore bien conservé, où les briques émaillées bleues, vertes, blanches et jaunes dessinent, en haut, des stalactites, plus bas. des caissons aux dessins variés à l’infini et partout de nombreux préceptes du Coran.
- La figure 4 ne donnera qu’une pâle idée de cette ornementation si caractéristique, car la photographie ne saurait rendre les couleurs dont la variété, l’harmonie et l’éclat font de tous ces monuments de véritables joyaux étincelant au soleil.
- Après avoir franchi la porte ogivale et traversé une cour dallée de marbre, on pénètre dans la salle du dôme. Au centre, le tombeau de Tamerlan, bloc de néphrite en forme de pyramide couchée, et recouvert, sur toutes ses faces, d’inscriptions ciselées, se distingue par sa couleur vert foncé des autres tombeaux en pierres blanches. Au centre d’une des parois, à la place d’honneur, celui du maître de philosophie de Tamerlan se reconnaît au mât orné d’une queue de cheval indiquant la sainteté du défunt. Au pied de Tamerlan se trouve le tombeau de son petit-fils Ouloug-beg, prince savant et lettré, qui construisit des mosquées, bâtit un observatoire, attira près de lui des savants du monde entier et fit de Samarcande non seulement la capitale d’un grand empire, mais encore un des centres intellectuels les plus importants de cette époque. Tout autour, sont disposés les tombeaux des fils de Timour, d’un grand vizir et de quelques serviteurs ou savants particulièrement chers à ces deux Timourides.
- Ces tombeaux ne sont, du reste, que des cénotaphes. Mais ils sont exactement superposés aux tombes véritables disposées, identiquement dans le même ordre, dans une salle souterraine, sous-jacente, où l’on descend par un escalier dérobé. En abaissant une large dalle qui ferme cette entrée on pouvait ainsi mettre rapidement ces restes sacrés à l’abri des entreprises d’un vainqueur sacrilège.
- Enfin, à 4 ou 5 kilomètres au nord de Samarcande, à mi-hauteur d’une colline qui longe le Zarafchan, on montre le tombeau du prophète Daniel.
- C’est près de ce tombeau, dans la plaine d'Affrosiah, que l’on place le siège de l’ancienne Marakanda. Des fouilles très superficielles et très incomplètes ont déjà mis au jour différents objets et, en particulier, des monnaies de toutes les époques dont quelques-unes remontent aux rois Grecs de Bactriane, au troisième et au quatrième siècle avant Jésus-Christ. 11 serait intéressant, en les reprenant d’une façon plus systématique, de compléter ces recherches qui donneraient sûrement des résultats du plus grand intérêt relativement à l’histoire encore si obscure de celle partie de l’Asie centrale.
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- U existe encore, à Samarcande et dans ses environs, bien d’autres monuments. Mais leur liste serait trop longue et nous devons les passer sous silence ainsi que tout ce qui se rapporte aux productions si variées de ce pays où l’on trouve depuis des nappes de pétrole jusqu’aux mines d’or et de turquoise. Il ne nous est pas davantage possible même d’effleurer, ici, tout ce qui concerne la question ethnographique si intéressante, mais si compliquée en ce pays que toutes les races ont traversé en y laissant successivement leur empreinte.
- Nous ne pouvions ici que chercher à donner une pâle idée de l’aspect général de Samarcande, en esquissant à grands traits ses principaux monuments incomparables par la grandeur imposante des formes et par la richesse éblouissante de leur décoration. Malheureusement, ils se ressentent chaque année davantage des tremblements de terre si fréquents dans ces régions ; aussi est-il à craindre que dans un avenir rapproché, malgré l’épaisseur et la solidité de leurs murs, on ne voie disparaître ces derniers restes de l’ancienne grande capitale scientifique, artistique et littéraire de l’Asie centrale.
- Dr G. Durante.
- SUCRE ET URÉE
- PAR SÏNT1IÈS3
- Deux synthèses importantes, du sucre et de l’urée, ont été réalisées dernièrement à l’Institut Solvay en Belgique par M. le Dr II. Slosse au moyen de l’effluve électrique. C’est notre confrère l'Industrie électrique qui attire l’attention sur ces travaux importants et sur la nouvelle voie suivie.
- M. II. Slosse a obtenu un composé de la famille des sucres en faisant agir pendant cinq heures l’effluve électrique sur un mélange gazeux de I volume d’oxyde de carbone sec et pur et de 2 volumes d’hydrogène, contenu dans un tube à ozone de Berthelot. La décharge électrique était fournie par une bobine Ducretet donnant une étincelle de 12 millimètres de longueur. Un liquide incolore s’est d’abord formé, et des cristaux présentant une saveur sucrée se sont ensuite déposés. Ces cristaux ne sont pas entièrement solubles dans l’eau. 11 s’agit donc d’un composé de la famille des saccharoses. Le liquide, après lîltration, réduit l’azotate d’argent et est susceptible de fermentation. M. Solvay, en rendant compte de ces travaux dans le Bulletin de l'Académie royale de Belgique, compare cette synthèse à la formation du sucre dans les végétaux sous l’influence de la lumière.
- La synthèse de l’urée a été réalisée par M. Slosse dans des conditions analogues en faisant réagir 1 volume d’oxyde de carbone et 2 volumes de gaz ammoniac sec sous l’action de l’effluve électrique pendant 2 heures. Après ce temps, le tube renferme un liquide et des petits cristaux que l’eau dissout rapidement en une solution neutre ou légèrement alcaline. Avec l’hypobromite de soude, le liquide fait effervescence et donne de l’azote. Traité sous le microscope avec de l’acide azotique concentré, des cristaux rhomboédriques se forment à la jonction des deux liquides, réaction qui est caractéristique de l’urée. J. L.
- LE NOUVEAU PAQUEBOT BELGE
- « PRINCESSE CLÉMENTINE »
- Notre savant confrère M. Mallet, a pu, ces temps derniers, montrer qu’on semble revenir, et avec raison, à l’emploi des roues pour les paquebots à grande vitesse, mais n’ayant à accomplir que des traversées de peu de longueur : le lancement du navire belge Princesse Clémentine vient encore justifier son appréciation.
- Le steamer en question est destiné à prendre service sur la ligne à vitesse accélérée que le gouvernement belge a installée entre Ostende et Douvres, pour les communications postales et pour le transport des voyageurs. C’est de 1846 que date la création de cette ligne, et le premier paquebot quelle compta fut le Chemin de fer belge, appelé un pmi plus tard le Diamant; long de 51“,20, large de 11"‘,89, et d’une puissance nominale de 120 chevaux, il avait effectué sa première traversée en 5 heures. Nous sommes aujourd’hui bien loin de ces chiffres. Le gouvernement belge a toujours attaché une grande importance à ce trafic Douvres-Ostende, et actuellement surtout il tâche de faire une concurrence fort coûteuse pour lui aux services français de Boulogne à Folkestone et de Calais à Douvres.
- Dès 1847, il mettait en construction deux nouveaux paquebots, et, cette année même, le nombre des voyageurs transportés était de 8000 environ. Depuis 1866, les renouvellements successifs de matériel ont été nombreux; depuis 1887, un nombre considérable de paquebots ont été mis à l’eau, en même temps que les tarifs de transport étaient abaissés dans d’énormes proportions. C’est ainsi que nous pouvons citer successivement les vapeurs Prince Albert, Ville de Douvres et Flandre, sortant tous les trois des usines de la Société Cockerill, de Seraing, et ayant donné, aux essais, une vitesse de 18,85 à 19 nœuds; les chantiers W. Denny brothers, de Dumbarton, fournissent de leur côté la Princesse Henriette et la Princesse Joséphine, qui filent l’une et l’autre un peu plus de 21 nœuds, avec une puis sance développée de 6500 chevaux ; puis le Léopold II, qui donne, avec une puissance de 8000 chevaux il est vrai, 21,935 nœuds. En 1893 et en 1895, le service postal Ostende-Douvres s’est augmenté de deux bateaux fort remarquables, construits sur les chantiers Cockerill. Le premier en date est la Marie-Henriette, qui fit ses essais en août 1893 et marcha à 22,20 nœuds, avec une puissance de 8300 chevaux; quant au second, le Rapide, qui jauge 1270 tonneaux et développe 7000 chevaux, il fut construit pour assurer un quatrième départ quotidien sur l’Angleterre. Il a pu filer 20,84 nœuds, ce qui est fort joli, étant données sa longueur et sa puissance relativement faibles; il ne consomme que 49 1/4 tonnes pour un voyage aller et retour.
- Ces divers paquebots, le Rapide en particulier, présentent des aménagements qui sont très remar-
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- Fig. 1.
- Vue d’ensemble du paquebot Princesse Clémentine.
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- Fig. 3.
- Vue intérieure du grand salon.
- Fig. 4.
- Disposition intérieure du boudoir. (D’après des photographies.)
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- quables au point de vue du confortable et du luxe.
- Mais le dernier en date, la Princesse Clémentine, les dépasse tous : ainsi qu’a pu le dire M. A. Dubois, administrateur des chemins de fer de l'État belge, qui a dirigé la construction de ce remarquable paquebot, et qui nous a fourni si aimablement photographies et renseignements, la Princesse Clémentine est le joyau de la flottille Ostende-Douvres.
- Comme proportions et aspect général, ce paquebot ressemble beaucoup à la Marie-Henriette ; il a des formes fines et harmonieuses et d’excellentes qualités nautiques. Sa longueur extrême totaleest de 107m,36, à la flottaison elle atteint 103“,63; quant à sa largeur hors membrures, elle est de 11"',58, la dimension correspondante hors tambours étant de 2 4 mètres ; ajoutons 2m,80 de tirant d’eau et 7m,09 de creux jusqu’au premier pont principal. Les machines, du type Compound, sont à deux cylindres inclinés, ayant 1" ,32 et 2m,74 de diamètre respectif et 2m,15 de course de piston. Quant aux roues, elles ont 9 palettes articulées et 6m,81 de diamètre hors palettes. La vapeur, à la pression de 8k®,5, est fournie par 8 chaudières cylindriques tubulaires à retour de flammes, munies de tubes Serve, et fonctionnant à tirage forcé en vase clos. Chaque chaudière a un diamètre de 4m,06 et compte trois foyers ondulés de Fox. La machine principale donne 9200 chevaux, sans compter la machinerie auxiliaire.
- Entièrement construite en acier doux, la Princesse Clémentine a sa coque divisée dans le sens de la longueur en 12 compartiments étanches; l’un des compartiments peut être envahi par l'eau sans que diminue la flottabilité du navire. On a installé deux gouvernails à vapeur, à l’avant, et à l’arrière.
- Ce steamer a trois ponts complets et, de plus, une vaste passerelle de commandement aménagée en partie pour les passagers, ce qui met à la disposition de ceux-ci deux ponts-promenade susceptibles de recevoir 600 à 700 personnes. Le milieu du premier pont-promenade est occupé par un vaste rouf contenant 12 cabines particulières, un fumoir et un appartement de luxe complet ; et tous ces locaux sont décorés avec un luxe véritablement extraordinaire qui a du coûter fort cher au budget belge. Les illustrations ci-jointes permettent d’apprécier ce luxe.
- Le grand salon, situé à l’arrière du rouf du pont-promenade, est traité dans le style Louis XYI ; les parois sont divisées en panneaux, avec moulures en bois sculpté, peint et décoré, ornés de deux grandes glaces et de quatre tapisseries des Gobe-lins. Fenêtres et portes sont garnies de rideaux en soie, et le tout est éclairé à profusion au moyen d’appliques électriques. A côté de ce grand salon, sont deux cabines de luxe dans le même style, ornées de vitraux réellement artistiques, et communiquant entre elles ainsi qu’avec le salon voisin. Vers l’avant, nous trouvons un fumoir avec parois en acajou d’Afrique ; dans les panneaux sont 7 tableaux à l’huile, représentant des vues de Belgique; le plafond est divisé en élégants caissons. Huit des
- cabines du pont-promenade sont décorées d’aquarelles artistiques. Quant au restaurant, c’est une vaste salle de 20 mètres de long, qui peut recevoir 112 personnes. L’extrémité en est occupée par une magnifique cheminée en marbre rouge, rehaussée de bronze ciselé et surmontée d’une glace biseautée. Toute l’ornementation est du style François 1er. Au-dessus des banquettes latérales est une galerie formée d’une suite d’arcades supportées par des colonnes en noyer poli et sculpté. Les panneaux sont ornés de glaces biseautées ou d’émaux dits de Limoges.
- Sans parler des locaux ordinaires, qui sont d’ailleurs fort luxueux et éclairés à profusion, nous citerons le boudoir de lre classe, grande cabine carrée meublée avec un goût exquis, dont les panneaux de satin encadrent des médaillons où se jouent des amours; les boiseries sculptées ont des tons délicats, et les meubles sont tendus de velours chatoyants. Les portes sont garnies de portières en damas de soie, et la cheminée en bois poli est ornée de lampes multicolores et de bronzes dorés.
- Sans doute l’exploitation de la ligne Ostende-Douvres n’est-elle guère rémunératrice pour le budget de l’Etat, bien qu’elle transporte annuellement jusqu’à 120 000 voyageurs; mais du moins possède-t-elle des paquebots à roues et à grande vitesse qui sont dignes, à 1ous les points de vue, d’être pris comme modèles. Daniel Bellet.
- DEUXIÈME CONCOURS DES POIDS LOURDS
- DE i/ « AUTOMOBIIX-CLUB DE FRANCE ))
- Le deuxième Concours des Poids lourds — traduisez véhicules lourds — organisé par F Automobile-Club de France et qui a eu lieu aux environs de Versailles du ü au 12 octobre, a obtenu un succès égal, sinon supérieur à celui qui eut lieu l’an dernier, à pareille époque, sur les mêmes itinéraires, et dont La Nature a rendu compte.
- Il s’agit, nos lecteurs s’en souviennent, d’étudier comment se comportent sur des routes, d’une qualité plutôt médiocre, des véhicules destinés au transport de nombreux voyageurs ou de marchandises, de déterminer les vitesses, les consommations, le confortable, les facilités de conduite, les dépenses et frais d’entretien, tous les renseignements nécessaires, en un mot, pour apprécier le plus exactement possible les conditions pratiques et économiques de transports en commun, de transports de marchandises ou de livraison de ces marchandises, en vue d’une substitution éventuelle de la traction mécanique à la traction animale pour des services déjà existants, ou la création de nouveaux services purement automobiles.
- Dix-huit véhicules ont été présentés à ce concours par dix concurrents, dont un étranger. Au dernier moment, un dix-neuvième concurrent, M. Kriéger, a présenté une voiture de livraison électrique qui a parcouru une fois chacun des trois itinéraires.
- En attendant le rapport officiel qui nous fournira des indications utiles et précieuses sur les performances des voitures engagées, nous nous contenterons d’indiquer les caractéristiques principales de ces véhicules en les classant non par ordre d’inscription, mais par nature. Ils se répartissent ainsi :
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- Véhicules à vapeur, chauffage au coke............ 4
- — — — au pétrole .... 2
- — — — aux huiles lourdes . 1
- — à essence de pétrole (explosion) ... 6
- — électriques (accumulateurs)............... 4
- — absents au concours....................... 2
- Nombre de véhicules H) Vapeur. — Les quatre véhicules à vapeur avec chauffage au coke étaient présentés par MM. de Dion et Boulon.
- 1® Un omnibus (n° 5) à 20 voyageurs, moteur de 50 chevaux ; — 2° un char-à-bancs (n° 6) à 24 voyageurs, moteur de 50 chevaux; — 5° un camion (n° 7) pour une charge utile de 5000 kg; — 4° un remorqueur-porteur (n° 8) de 50 chevaux, charge utile de 8000 kg dont 5500 kg sur un camion remorqué.
- Les deux voitures à vapeur avec chauffage au pétrole, d’origine anglaise, étaient présentées par la Lancashire Steam Motor C°, de Leyland. Le porteur (n° 14) a une chaudière verticale, un moteur de 6 chevaux et peut transporter 750 kg de marchandises, le camion (n° 15) avec son moteur de 10 chevaux, devait en transporter 1200.
- L’unique voiture à vapeur avec chauffage aux huiles lourdes (de pétrole) était présentée par M. Serpollet. C’était un omnibus (n° 18) pour 15 voyageurs, muni de la chaudière à vaporisation instantanée de l’inventeur.
- Essence de pétrole.— Les véhicules utilisant l’essence de pétrole (densité : 700 gr. par litre) étaient au nombre de 0.
- 1° Une voiture de livraison (n° 1) analogue à celle du Louvre, présentée par la maison Panhard et Levassor, avec moteur de 8 chevaux à quatre cylindres et pouvant porter une charge d’une tonne ; — 2° un omnibus pour 12 voyageurs de la maison Roser-Mazurier (n° 2), avec moteur de 10 chevaux à trois cylindres. Ce moteur fonctionne non seulement avec les essences raffinées spéciales pour automobiles, mais aussi avec Yessence minérale ordinaire, que l’on trouve facilement chez tous les épiciers; — 5° un omnibus (n° 10) de la maison Diétrich, de Lunéville, étudié en vue d’un service de transport de voyageurs en commun aux colonies, au Soudan ; — 4° un camion (n° 11) de même puissance destiné au même service et pouvant porter une tonne de marchandises; — 5° une pompe à incendie (n° 16) de la maison Cambier, de Lille, avec moteur de 8 chevaux; — 6° un camion (n° 17) de la même maison, avec moteur de 8 chevaux pouvant transporter une tonne.
- Électricité. — Pour la première fois ont figuré au concours des poids lourds quatre véhicules électriques :
- 1° Une voiture de livraison (n° 3), de MM. Mildé et Mondos, présentée par la maison Ch. Mildé et Cie, avec moteur de 4 chevaux, accumulateurs Gadot, 750 kg de poids transporté ; — 2° une voiture de livraison (n° 4) de la Compagnie française des voitures électromobiles, moteur de 5 chevaux, accumulateurs Fulmen, charge utile de 750 kg. Le mécanisme est identique à celui des fiacres électriques anglais dont nous avons donné la description il y a environ un an; — 5° une voiture de livraison in“ 13) de la Compagnie des transports automobiles, système Jenatzy, avec roues motrices arrière indépendantes, actionnées chacune par un moteur spécial d’une puissance de 5 chevaux. Elle était équipée avec 80 éléments Fulmen, pesant 1200 kg, et portait une charge utile égale; — 4° une voiture de livraison (n° 19) Kriéger, présentée au concours au dernier moment et qui n’a parcouru que trois itinéraires. Son mécanisme et son châssis sont identiques à ceux des fiacres du concours de juin dernier. Cette voiture pouvait porter une charge u'i'e de 500 kg. Le n° 9 et le n° 12 ne se sont pas pré-
- sentés au concours. Les dix-sept véhicules engagés ont eu des sorts bien divers dont le détail serait d’un mince intérêt pour le lecteur. Une construction hâtive, un transport un peu rude pour les voitures anglaises, des accumulateurs insuffisants, justifient, pour quelques-uns des véhicules engagés, leurs insuccès relatifs. Il faudra attendre le rapport officiel de la commission pour connaître les prix de revient, et établir des comparaisons entre la vapeur et le pétrole.
- Quant à l’électricité, elle ne nous semble pas bien appropriée à un service aussi pénible que celui représenté par les itinéraires, et le peu de durée du concours laisse toujours dans le doute l’irritante et fort difficile question de la durée des accumulateurs en service courant.
- Comme pour le concours des fiacres, nous attendrons le rapport officiel avant de risquer la moindre appréciation que les faits risqueraient d’infirmer à bref délai. E. 11.
- L’ANALYSE SPECTROSCOPIQUE DU SANG
- DANS LES TISSUS VIVANTS
- La spectroscopie biologique est une science nouvelle qui a produit dans ces dernières années des résultats d’une haute importance pour la rtiédecine. Les simplifications que j’ai apportées dans les procédés de l’examen spectroscopique des tissus ont rendu facile l’analyse de la matière colorante du sang ou hémoglobine, soit avec quelques gouttes de sang ou même à travers les tissus, de sorte qu’il m’est permis d’affirmer que la spectroscopie est désormais introduite dans la pratique médicale.
- Pour comprendre toute la valeur de l’étude de l'hémoglobine il suffit de se rappeler que cette substance renfermée dans lès globules du sang auxquels elle donne leur couleur rouge, contient tout le fer du sang, elle doit à sa combinaison peu stable avec l’oxygène son rôle d’agent vecteur de l’oxygène dans les tissus. C’est elle qui se chargeant dans les poumons de l’oxygène de l’air le transporte à travers le système vasculaire dans le cœur, les artères et les capillaires, distribuant son oxygène aux éléments des tissus. Dans cet échange entre le sang et les éléments organiques, qui représente la respiration interstitielle, les principes constitutifs des tissus s’oxydent aux dépens de l’hémoglobine, qui, leur cédant son oxygène, est elle-même réduite. Cette hémoglobine réduite qui donne au sang veineux sa coloration foncée est ramenée aux poumons pour y faire une provision nouvelle de l’oxygène indispensable à la vie. La quantité d’hémoglobine oxygénée ou oxyhémoglobine varie à l’état de santé entre 12 et 14pour 100 du poids du sang; d’ailleurs la richesse de cette humeur en oxyhémoglobine correspond au poids du fer et est proportionnelle non seulement au nombre des globules, mais aussi à leur volume.
- Chez les anémiques, la quantité d’oxyhémoglobine diminue: elle est de 10,9, 8, 7 pour 100 suivant le degré de l’anémie mais peut descendre à 4 pour 100 et moins encore dans les cachexies ; elle s’élève au contraire à 15 pour 100 dans la pléthore, de sorte qu’en toutes circonstances, même chez l’enfant, il est utile d’en constater les variations.
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- LA NATURE.
- L’examen spectroscopique de l’hémoglobine lorsqu’on étudie du sang pur, non dilué, sous des épais-seurs variables et graduées, dans un hématoscope, démontre plusieurs bandes d’absorption dans le spectre, qui permettent de distinguer l’oxyhémoglo-bine, de l’hémoglobine réduite et de ses divers dérivés. Les figures 1 et 2 montrent ces aspects suivant les diverses épaisseurs. En résumé, le phénomène caractéristique des deux bandes situées dans les plages jaune et verte nettement délimitées, faciles à définir et à mesurer, sert de base à l’hématospec-troscopie.
- Afin de bien faire apprécier la sensibilité des réactions spectroscopiques et aussi la puissance colorante de l’hémoglobine j’ai montré qu’il est possible d’en reconnaître les bandes spectrales dans trois ou quatre globules rouges superposés ou sur les globules dis-
- posés en piles de monnaie renversées ; or un globule rouge pesant 80 billionièmes de gramme, c’est
- la présence de 1 dix-millionième de gramme d’hémoglobine qu’il est possible de constater.
- Pour l’évaluation de la quantité d’oxyhémo-globine quelques gouttes de sang obtenues par une piqûre à la pulpe du petit doigt sont recueillies dans Y hématoscope, sorte de petite cuvette prismatique capillaire où le sang est examiné à des épaisseurs variables et progressives avec un simple spectroscope à vision directe. La quantité d’oxyhémoglobine est déduite de l’épaisseur à laquelle apparaît le phénomène caractéristique des deux bandes, au moyen d’une échelle appropriée.
- C’est également par l’examen spectroscopique direct des tissus qu’on peut assister au phénomène de la réduction de l’oxyhémoglobine dans les tissus
- Phénomènes spectroscopiques du sang dans' l'iiéniatoscope en sens vertical.
- a BC
- Apparition des 2 bandes
- 2 bandes
- caractéristiques
- Confusion des 2 bandes
- Disparitio du vert
- Fig. 1. — Bandes d'absorption du sang examiné sous des épaisseurs de 1 à 230 millièmes de millimètre. — On voit le phénomène des deux bandes caractéristiques en 15. — Les lettres désignent les bandes bien connues du spectre solaire.
- 65 00S) ^7 55 50 5,0
- E|b
- Apparition des 2 bandes. - Epaisseur 15 g.
- 2 bandes égales. Epaisseur 70 g.
- Apparition de la bande unique.
- GO 53
- I
- |D £ b F
- II m II 11
- Bande unique caractéristique.
- Confusion des 2 bandes. — Epaisseur 200 g.
- Disparition du vert. — Epaisseur 250
- Disparition du vert et du bleu.
- Fig. 2. — Phénomènes spectroscopiques du sang observés à des épaisseurs déterminées, dans l’hématoscope.
- Fig. 3. — Bandes d’absorption de l’hémoglobine réduite, observées à des épaisseurs variables, dans l’hématoscope.
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- B ET>
- «. 30"
- 5 35-<0
- i
- vivants et en apprécier les diverses phases, la durée et le degré d’activité.
- A cet effet, on enroule autour de la phalange du pouce plusieurs tours d’un tube de caoutchouc établissant ainsi une ligature qui arrête l’apport du sang dans la phalangette. Examinant alors avec le spcctroscope la surface de l’ongle, on y reconnaît la première bande de l’oxyhémoglo-bine ; mais, au bout de quelques secondes, celle-ci .pâlit, s’affaiblit et en une minute environ elle disparaît. Le sang renfermé dans la phalangette ligaturée a cédé son oxygène aux tissus, on a assisté au phénomène de la réduction de l’oxyhémoglo-bine. La figure 4 représente schématiquement les phases de la réduction. La durée de la réduction varie suivant des conditions multiples; elle est d’autant plus grande que le sang est plus riche en oxyhémo-globine, mais elle est aussi en rapport direct avec la capacité respiratoire des tissus ou leur avidité pour l’oxygène. En comparant entre elles de nombreuses observations de la durée de réduction et de la quantité d'oxyhémoglobine, j’ai pu déterminer la quantité d’oxyhémoglobine normalement réduite en une minute, et l’on peut ainsi à l’aide d’une formule simple représenter l’activité de la réduction par des chiffres variant entre 0,50, 1 et 2, en d’autres termes donner la mesure de l’activité des échanges entre le sang et les tissus.
- Cette activité est augmentée par les efforts, la marche, les ascensions, les exercices de gymnastique, d’équitation, d’escrime, de bicyclette, à condition de ne pas atteindre la fatigue exagérée et le surmenage qui amènent le ralentissement des échanges. Elle est diminuée d’une façon permanente chez les chlorotiques, les cancéreux, les typhiques. Les médications toniques, les excitants du système nerveux, l’augmentent; au contraire, les alcalins, l’iodure de potassium, l’arsenic, la modèrent ou la régularisent.
- 11 en est de même du massage, de l’électrisation, de la balnéation, de l’hydrothérapie, qui, suivant le mode d’emploi, la composition thermo-minérale, peuvent à volonté augmenter ou régulariser l’activité des
- E.tat normal
- Ligature
- Renforcement des bandes
- échanges.
- Virage
- Réduction
- Cyanose
- Fig. F. — Bandes de l’oxy hémoglobine observées à l’ongle du pouce ligaturé pendant 1 à 120 secondes. Phénomènes de la réduction de l’oxyhémoglobine.
- Fig. 5. — Ilématospectroscopc à analyseur chromatique H. llématoscope. — D, D . Disques.
- Cette étude constitue donc des données nouvelles qui ont leur place dans la pathologie générale et dont les variations peuvent être suivies au lit même du malade, c’est pourquoi je me suis attaché à rendre ces observations plus simples encore, en résolvant le problème de pratiquer l’analyse spectroscopique sans prendre une goutte de sang, et par le seul examen des tissus vivants. Le dispositif que j’ai établi dans ce but est représenté dans la figure 5 ci-jointe, qui reproduit le modèle adopté pour les travaux pratiques de physique et de chimie de la Faculté de Médecine de Paris.
- Cet appareil se compose d’un spectroscope à vision directe devant la fente duquel se fixent deux disques 1),D' percés d’ouvertures circulaires munies de verres colorés. Le disque se meut parallèlement à la fente du spectroscope, de sorte qu’on peut étudier les effets de chaque verre sur le spectre.
- Pour déterminer la quantité d’oxyhémoglobine contenue dans le sang, il faut viser avec le spectroscope la surface cutanée, soit à la paume de la main, ou à la surface de l’ongle, puis faire passer successivement devant la fente les verres jaunes en commençant par le plus clair pour arriver au plus foncé. Un chiffre gravé sur le disque près du verre avec lequel on perçoit encore la bande de l’hémoglobine en indique la quantité correspondante dans le sang.
- Pour l’étude de l’activité de la réduction, on devra enlever le disque ou plutôt regarder simplement avec l’orifice non garni de verre; il en est de même pour l'étude du sang dans l’hématoscope. Le spectroscope, tenu à la main ou monté sur son pied, suffit en somme, à l’analyse spectrale des tissus, des humeurs
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- LA NATURE.
- et des pigments. Des travaux déjà nombreux ont été faits dans eétte voie, et j’en ai publié l’exposé dans trois aide-mémoire qui constituent un premier manuel de speclroscopie biologique qui intéresse à divers titres les médecins, les physiologistes et les zoologistes '. I)r A. Uéinocque.
- Directeur adjoint du Laboratoire de physique biologique du Collège de France.
- NOS COMÈTES
- Nous empruntons à The Obsermtory les détails suivants. L’éclat de la comète Perrine-Chofardet était semblable à celui des étoiles de la 8e ou de la 9° grandeur, au moment de sa découverte (15-14 septembre); il est devenu trente fois plus grand le 5(1 septembre. Vers le 15 octobre, elle a passé au périhélie (point de son orbite le plus rapproché du soleil) et est devenue invisible. Quand elle reparaîtra, elle sera dans l'hémisphère austral, par suite moins observable et moins belle pour nous.
- La comète Coddington s’abaisse de plus en plus vers le
- pôle austral comme le montre le tableau suivant :
- Dates. Déclinaison Eclat. Remarques.
- australe. — —
- 11 juin 25" 1.00 L’éclat de cette
- 4 octobre — 67° 0,48 comète au mo-
- 28 octobre .... — 77° » ment de sa dé-
- 29 novembre . — 80" » couverte a été
- 31 décembre . . . — 58° 0,20 pris pour unité.
- Elle passera par une déclinaison maxima vers le 29 novembre et se rapprochera ensuite de nous, mais son éclat ira toujours en décroissant.
- La comète Perrine, découverte le 14 juin, était de 9e grandeur le 50 juin, avec un noyau stellaire de 15e grandeur. Vers la fin du mois de juillet, elle était bien plus brillante, avec une queue plus développée.
- La comète Giacobini a montré au professeur Ilussey, dans le grand équatorial de l’observatoire Lick, un noyau stellaire de 11e grandeur, une tète de 50° de diamètre, et une queue de 5' de long (le 0e du diamètre de la lune).
- La comète Wolf, dont la période est de 0 ans 822, et qui a reparu pour la dernière fois en 1891, a passé par un éclat maximum 2,60 le 14 octobre; mais elle devient plus faible et s’éloigne de nous, et aura pour éclat 1,11 le 29 janvier 1899. Elle a été observée à Hambourg le 29 août et paraissait très faible (de 12e grandeur), ayant 1' de diamètre avec condensation centrale. Elle avait été observée accidentellement le 15 septembre, à Copenhague, par M. Pechüle qui avait cru se trouver en présence d’un nouvel astre, mais l’erreur a été bien vite reconnue.
- Au moment de mettre sous presse, nous apprenons qu’à l’observatoire Yerkes, sur les bords du lac Gencva, aux États-Unis, le professeur Brook a découvert dans la constellation du Dragon une belle comète ronde et brillante. Le Dragon étant voisin du pôle, la nouvelle comète est visible pendant toute la nuit. L. B.
- CHRONIQUE
- Soixante années de fabrication de locomotives. — Les grandes usines du Creusot, ou, si l’on
- 1 A. Héxocqoe. Speclroscopie bioloyique : I. Speclroscopie du sang. — H- Speclroscopie des (issus et des humeurs. — 111. Speclroscopie de l'urine et des pigments. — Encyclopédie des aide-mémoire beauté. (Masson et (iaulhier-Yilhirs.1
- veut, les établissements Schneider, fabriquent les locomotives depuis 1858 ; pendant ces soixante années, ils en ont construit le total formidable de 2684, sans compter 1445 tenders. C’est la France qui en a pris le plus grand nombre, 1865, plus 9 pour les colonies. Parmi les principaux clients viennent la Russie avec 567, puis l’Espagne avec 255; l’Italie en a acheté 82, l’Égypte 22,1a Belgique 18, l’Argentine 17, l’Angleterre 16, la Suisse 14, le Chili 11), enfin le Portugal 8, la Turquie 5 et l’Autriche 2.
- Une curieuse propriété de l'aluminium. — En
- poursuivant une série de recherches sur les propriétés de l’aluminium, MM. Ilanz Goldschmidt et Léon Franck ont découvert un phénomène curieux dont les applications peuvent prendre un grand développement dès qu’il aura été étudié d’un peu près. Si l’on porte à une température suffisamment élevée un mélange d’aluminium métallique et d’un oxyde d’un autre métal, l’oxygène abandonne ce métal pour se porter sur l’aluminium : ce déplacement engendre de la chaleur et développe une température élevée qui continue l’action jusqu’à ce que tout le métal soit réduit, sans qu’il s’allie pour cela à l’aluminium. Les sulfures donnent des résultats analogues, mais la quantité de chaleur et la température sont moins élevées qu’avec les oxydes. Le phénomène peut être utilisé à la production des hautes températures nécessaires à la fabrication des alliages, au soudage, à la perforation des plaques de fer, et, surtout, à la réduction des métaux en partant de leurs oxydes. On a pu obtenir, par ce procédé du chrome, du manganèse, du fer, du titane, du baryum, du wolfram, du molybdène, du nickel, du cobalt et du vanadium, et l’on sait combien la réduction delà plupart de ces métaux est difficile. Entre autres alliages, on a fabriqué du ferro-titanium, un alliage de baryum et de plomb, de baryum et de fer, etc. Nul doute que la métallurgie ne mette rapidement à profit cet intéressant phénomène qui classe l’aluminium au premier rang des réducteurs à haute température.
- La jjlace comme auxiliaire du constructeur de ponts. — Quand on construit un pont sur un cours d’eau exposé à être pris l’hiver, on estime d’ordinaire qu’il faut arrêter les travaux pendant cette saison : c’est justement le contraire qu’on vient de faire au Canada, pour un pont en cours de construction à Nepeau Point, sur la rivière Ottawa. Comme l’entrepreneur doit toucher une prime si le travail est achevé en avance, il n’a pas hésité à employer l’embâcle de la rivière comme une plate-forme pour commencer les opérations d’établissement des piles. On s’est installé sur la glace pour faire les sondages, pour amener les matériaux à pied d’œuvre; on y a percé des trous, et c’est par là qu’on a effectué les dragages nécessaires, puis qu’on a coulé le béton pour les fondations, et qu’enfin l’on a commencé les piles proprement dites. En utilisant ce phénomène naturel, on s’est dispensé de monter de coûteux échafaudages.
- Étoiles filantes en novembre i8!f8. — Voici les pluies d’étoiles filantes en novembre.
- Mardi 1er, lentes et brillantes, au sud de la Mouche, toute la nuit.
- Mercredi 2, lentes et brillantes, entre v et S Taureau, toute la nuit.
- Lundi 7, très rapides, bien au nord de ô Cocher, toute la nuit.
- Du jeudi 10 au samedi 15, très rapides et colorées. Est de la Girafe, toute la nuit.
- Du dimanche 15 au mardi 15, importantes, rapides et
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- LA NATURE:
- colorées, nord-ouest de y Lion, à partir de 11 heures du soir.
- Mercredi 16, au sud de n Grande Ourse, toute la nuit.
- Dimanche 20, lentes et brillantes, à l’est des Pléiades, toute la nuit.
- Du mercredi 25 au dimanche 27, importantes, très lentes, à traînées, au nord-ouest de y Andromède, toute la nuit.
- Mercredi 50, rapides et colorées au nord des Lévriers, toute la nuit.
- Les montres qui règlent le soleil. — Ces beaux chronomètres vont se trouver profondément en désaccord avec les pendules des centres horaires dans lesquels l’observatoire de Paris donne l’heure exacte. Le 2, le 5 et le 4 novembre, ils marqueront 16 minutes 19 secondes de plus. Les astronomes appellent cette différence Véquation du temps, qui passera alors par un maximum. Le 10 février, on avait un maximum bien différent : le soleil passait au méridien à llh45m55% soit une équation du temps de 14m 279. Cette équation était nulle le 15 avril, le 14 juin et le 1er septembre; elle sera encore nulle le 24 décembre.
- Tache solaire. — La grosse tache solaire qui avait 4 800 000 000 de kilomètres carrés le 10 septembre a été revue dans les premiers jours d’octobre après une demi-révolution du soleil. Elle était alors fort réduite et ne mesurait plus que le cinquième environ de sa surface primitive.
- Les inconvénients des rails longs. — C’est l’Association américaine des Ingénieurs en chef de la voie des grandes lignes ferrées, Association qui porte le nom de Roadmaslers’ Association of America, qui vient d’étudier la question et de conclure aux inconvénients des rails longs, de 15m,70 ou de 18m,50. Tout d’abord les laminoirs ne seraient pas, du moins pour l’instant, en mesure d’obtenir dans ces longueurs des rails aussi droits que ceux de 9m,15; de plus, ces grands rails ne peuvent pas être transportés aussi économiquement que les autres en cas de pose ou de renouvellement de voie. Enfin ils se courberaient plus rapidement à leurs extrémités et auraient plus de tendance au cheminement.
- Pouvoir calorifique du bois. — On admettait jusqu’ici que les bois les plus durs donnaient en brûlant plus de chaleur que les bois tendres. Notre confrère La Revue technique publie une petite Note qui montre qu’à poids éyal il n’en est pas ainsi. La quantité de chaleur fournie par un certain poids de tilleul est prise pour unité, et la quantité de chaleur dégagée par un même poids des divers bois est indiquée ensuite. On a les chiffres suivants : tilleul 1, sapin 0,99, orme 0,98, pin 0,98, saule 0,97, châtaignier 0,97, mélèze 0,97, érable 0,96, sapin blanc 0,96, peuplier 0,95, aune 0,94, bouleau 0,94, chêne 0,91, acacia 0,91, hêtre blanc 0,91, hêtre rouge 0,90.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 octobre 1898. — Présidence de M. Wolf.
- La transformation des graisses en sucre. — M. Ber-llielot présente un travail de M. Maquenne sur un mode spécial de transformation de la graisse en sucre. En étudiant les phénomènes de la germination de graines oléagineuses d'espèces différentes, l’arachide et le ricin, M. Maquenne a été amené à reconnaître que la transformation des matières grasses en sucre s’accomplit dans
- chacun des deux cas, d’une manière particulière. Elle ne s’opère nettement que sur les huiles proprement dites qui sont riches en oléine. Les matières grasses saturées, comme la palmitine et la stéarine, ne semblent pas susceptibles de fournir la même réaction. Dans l’arachide le poids de la quantité de sucre ne dépasse pas celui de la matière transformée ; dans le ricin le poids du sucre est supérieur à celui de cette matière. M. Berthelot signale l’importance,de cette réaction au point de vue de l’explication du phénomène passager d’augmentation de poids observé sur l’homme et les animaux sans pouvoir être rattaché à l’absorption d’alimentation solide ou liquide, phénomène qui a précisément été attribué par M. Bouchard à une transformation de la graisse en sucre.
- Propriétés chimiques et physiques du calcium. — M. Moissan présente un Mémoire sur les propriétés physiques et chimiques du calcium. Ces propriétés ne sont pas connues parce que, jusqu’à ce jour, le calcium n’avait pas été préparé à l’état de pureté. Le calcium est obtenu à l’état de petits cristaux du système hexagonal, susceptibles d’être agglomérés par compression. Le métal possède alors une densité de 1,85; il présente une faible dureté. Chauffé dans le vide, il fond à 800°. Il n’est pas attaqué à froid par le chlore; mais, à 400°, la combinaison se produit. 11 se combine également au brome et à l’iode. A 500° il brûle dans l’oxvgène avec une lumière très vive. La température produite volatilise une partie de la chaux résultant de l’oxydation, circonstance qui semble indiquer la température de l’arc électrique. Il est attaqué à basse température avec la vapeur de phosphore. Il se combine de même avec l’antimoine, le bismuth, le tellure, le silicium. Le calcium est soluble dans le sodium; il donne un alliage avec le zinc, un amalgame avec le mercure.’ Il décompose l’eau à basse température, mais bien moins énergiquement que le potassium et le sodium parce que la chaux hydratée, peu soluble dans l’eau, entrave la réaction ; dans l’eau sucrée celle-ci est plus vive. Il réduit la silice à une température inférieure au rouge et décompose l’acide carbonique en oxvde de carbone avec production de carbure de calcium.
- La vitesse clu son dans l'air. — M. Lippmann présente une Note de M. le capitaine Frot sur des expériences ayant pour objet la détermination de la vitesse du son dans l’air. Ces expériences ont été effectuées sur le polygone de Bourges par un air très calme, à la température de 0°. On a suivi la méthode employée autrefois par les membres du Bureau des longitudes, c’est-à-dire qu’on observait sur un chronomètre l’intervalle de temps séparant l’instant de l’apparition de l’éclair du coup de canon, de l’instant où l’on entendait le coup de canon. Dans une autre série d’expériences, l’arrivée de l’onde sonore était enregistrée automatiquement. Les deux séries d’expériences ont fourni des nombres presque identiques, 550m,6 et 550m,9.
- Varia. — M. Gaudry présente une Note de M. Martel sur la grotte de Ilan. Cet explorateur a relevé un trajet de 55ÜÜ mètres qui n’avait pas encore été parcouru. Il donne un plan complet de la grotte. — M. le Dr Guillemin, d’Alger, signale une relation nouvelle entre les sons produits par une corde vibrant sous l’action d’un chevalet qu’on déplace. — M. Ilatt présente une feuille de la carte topographique et hydrographique de la presqu'île du cap Corse exécutée par les ingénieurs hydrographes.
- Cn. de Yilledeuil.
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- LA NATO HE.
- NOUVELLE
- PIANTEUSE DE POMMES DE TERRE
- Dans les petites exploitations, la plantation des pommes de terre se l'ait à la bêehe on à la houe, mais lorsque le précieux tubercule est l’objet d’une culture intensive, on a recours à la charrue ou à des instruments spéciaux qui permettent d’effectuer les travaux avec une rapidité beaucoup plus grande.
- La nouvelle plan-leuse de M. Bajae est surtout remarquable par sa grande simplicité : un tambour à godets calé sur l’essieu de derrière est entraîné par les roues, et dépose les tubercules h intervalles égaux, dans le sillon ouvert par le soc fixé au bâti.
- Deux rasettes placées à l’arrière recouvrent le plant d’une façon régulière (tig. I).
- Un enfant assis sur le siège de la machine prend les tubercules dans un réservoir placé devant lui et les laisse tomber un à un dans les godets distributeurs. Ce travail ne demande qu’un peu d’attention et n’occasionne aucune fatigue ; la direction de l’instrument est donnée à l’avant-train par un ouvrier, comme dans les semoirs ordinaires.
- L’appareil distributeur est disposé de façon à planter les tubercules à 0m,50 sur les lignes ; mais on peut augmenter ou diminuer cette distance en mettant des roues d’un plus ou moins grand diamètre. Les roues sont mobiles sur l’essieu et il suffit de les écarter ou de les rapprocher pour faire varier l’espacement entre les rangées de la plantation.
- Ce qui rend cet appareil spécialement intéressant, c’est qu’il permet d’effectuer les divers travaux de culture et d’entretien de la pomme de terre et de plusieurs autres plantes.
- Pour le sarclage, opération qui se fait souvent à la main dans les petites exploitations, il suffit d’enlever le soc de la planleuse et de le remplacer par
- une rasette. Les rasettes d'arrière, montées sur barres transversales coulissantes, sont variables d’écartement ; on peut leur substituer, s’il est nécessaire, des pics en forme de dents d’extirpateur
- L’appareil ainsi transformé en houe, reçoit sa direction à l’aide d’un levier gouvernail qui se manœuvre avec facilité ; il peut être utilisé non seulement pour le sarclage des pommes de terre, mais
- encore pour le maïs et les betteraves.
- Le même bâti est disposé pour recevoir un buttoir, dont les versoirs s’écartent à volonté. L’instrument peut alors servir pour le buttage des autres plantes, quel (pie soit l’espacement des lignes de plantation (tig. 5).
- Enfin, la substitution d’une grille se-coueuse, articulée au buttoir, transforme l’appareil en instrument d'arrachage. Cette grille est formée de trois éléments qui se soulèvent alternativement pendant la marche, démolissent complètement la butte et mettent à découvert tous les tubercules.
- L’emploi de celte arracheuse de pommes de terre est de beaucoup supérieur à celui de la charrue qui détériore et ne découvre qu’imparfaitement les tubercules.
- La nouvelle plan-teuse de pommes de terre permet non seulement d’exécuter rapidement les travaux de plantation à des époques climatériques qui sont souvent peu favorables, mais elle constitue encore un appareil essentiellement pratique et avantageux.
- En effet, grâce à ses nombreuses transformations, dont nous venons de parler, elle est susceptible de remplacer le buttoir, la houe et l’arracheuse, instruments qui sont tout à fait indispensables à la ferme. Georges Mathieu,
- Ingénieur-agronome.
- Le Gérant : P. Masson.
- Nouvelle planteuse de pommes de terre.
- Paris. — Imprimerie Laiilue, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1527.
- 5 NOVEMBRE 1898.
- LA NATURE.
- 555
- TACHES SOLMHES ET MÉTÉOROLOGIE
- La fameuse tache du Soleil dont on a tant parlé au mois de septembre est revenue peu diminuée, malgré sa persistance pendant plus d’une rotation. Ue 75 000 kilomètres qu’elle mesurait elle est réduite à 72 000, ce qui est une grandeur très respectable. Le dessin que nous en donnons montre que la formation n’a pas diminué d’intérêt. Les ponts lumineux qui la traversent et les nuages photosphériques qui l’envahissent en font encore un objet de réelle curiosité. Rien que cette tache ail été facilement visible à l’œil nu, elle a passé inaperçue. L’opinion semble ainsi faite : on ne peut s’occuper longtemps d’un même sujet. Et pourtant à quels commentaires cette tache n’avait-elle pas donné lieu ! On se serait cru deshonoré d’aborder un astronome sans lui dire : « Eh bien 1 qu’allons -nous devenir? Il paraît que le Soleil se couvre de taches. Est-ce la fin? » On avait même, interprétant mal le mot d’un astronome célèbre, parlé de maladie de l’astre central ; et les mieux informés voyaient dans la présence d’une tache survenue au commencement de septembre la cause évidente de chaleurs,... dont le maximum avait eu lieu à la mi-août, c’est-à-dire presque un mois auparavant!
- Pourquoi cette manie dangereuse de rapporter tout à un but pratique? N’est-ce pas un reste du vieux levain d’autrefois? Nos ancêtres prêtaient une grande attention à l’heure de la naissance ou à l’entrée du Soleil dans un signe du zodiaque. Aujourd’hui encore, bien des gens ne peuvent approcher ceux qui s’occupent d’astronomie sans leur demander le temps probable huit jours à l’avance; et ceux-là croient volontiers leur journal, s’il leur annonce que, cette année, nous aurons un hiver rigoureux.
- On devrait commencer à savoir que la météorologie est encore dans les langes de l’enfance et que peu de sciences semblent, comme elle, présenter dans leur étude autant de difficultés.
- En ces dernières années, on a voulu voir dans les 26° aimée. — 2e semestre.
- taches du Soleil un moyen infaillible de faire des prédictions à longue échéance. La méthode ne valait guère mieux que celle de certains almanachs qui prédisent au hasard.
- Sans doute, le Soleil qui exerce tant d'influence sur les planètes devrait nous indiquer, par les fluctuations de son activité, les changements qui surviendront chez nous ; mais qu’on songe un instant aux causes multiples dont dépend ce que nous appelons vulgairement « le temps qu’il fera ». Tout d’abord la position géographique influe énormément sur les résultats : le même jour il peut faire beau à Epinal et pleuvoir à Coutances. La prédiction du temps probable sera donc toujours limitée à une région restreinte. Dans ces conditions quelles prédictions tirer des taches du Soleil?
- Et puis, on ignore ce que sont ces taches, et les
- dernières hypothèses à ce sujet ont vite été démolies par de fortes objections. Pour le P. Secchi, le meilleur observateur du Soleil dans les temps modernes, les taches solaires étaient des volcans. M. Paye a renversé cette théorie pour en édifier une autre aussi peu soutenable. L’éminent astronome voit dans ces phénomènes d’immenses tourbillons ; mais une étude constante des taches prouve quelles offrent très rarement une telle apparence (on en compte à peine une pour cent). Celle dont nous donnons le dessin ne ressemble guère à un cyclone vu d’en haut. Ainsi que nous l’avons établi en 1894, leur mode de segmentation et de disparition ne confirme aucunement la théorie des tourbillons.
- Est-on plus avancé sur les effets des taches ?
- Pour les uns, comme le soutenait l’abbé Fortin, les taches produisent du froid, des pluies et des tempêtes. Pour d’autres, elles amènent une recrudescence de chaleur. Rien que, au premier abord, il semble qu’il y ait là une alternative dont on ne puisse sortir, il pourrait parfaitement se faire cependant que la vérité fût à côté. Nous pensons que ces propositions sont très probablement fausses toutes les deux, et que les taches, au point de vue de la prédiction du temps, ne peuvent aucunement nous servir.
- Fig. 1. — Tache solaire de 72000 kilomètres, à sa deuxième rotation. Objectif Mailliat. (Dessin de M. l’abbé Moreux.)
- 25
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- LA NATjURE.
- Avant de donner les raisons qui nous font professer une opinion aussi téméraire en apparence, disons ce que la science nous enseigne de certain sur les phénomènes qui coïncident avec l’apparition des taches.
- Les grandes taches du Soleil sont toujours accompagnées de perturbations magnétiques terrestres et la courbe des taches présente jour pour jour la meme allure que celle des oscillations anormales de l’aiguille aimantée. On peut en dire autant de la courbe des aurores boréales. Leur fréquence s’accroît en raison directe de la surface tachée et, pour ne citer qu’un exemple, la dernière aurore a coïncidé avec le passage au méridien central de la dernière tache (8-9 septembre 1898).
- Si l’on s’astreint, pendant un grand nombre d’années, à faire la courbe des moyennes de température et celle de la surface solaire tachée on trouve encore une certaine coïncidence. Cette coïncidence devient tout à fait évidente en associant deux par deux les moyennes de toutes les années. Cette obligation dans laquelle nous sommes d’atténuer les divergences dues aux variations locales par un système arbitraire de moyennes combinées, la nécessité en un mot de faire ce que les Anglais appellent si plaisamment a cooking of statistics, une cuisine de statistiques, prouve tout au plus que la température suit la même loi que la périodicité des taches. De là à démontrer que les taches ont un effet réel sur la météorologie terrestre, il y a un abîme.
- Les perturbations de température et les taches solaires sont peut-être dues à une seule et même cause, et cette dernière proposition nous semble bien près de la vérité.
- Des recherches d’ordre purement théorique nous avaient amené dans ces derniers temps à adopter cette hypothèse. Nous n’en donnerons aujourd’hui qu’un énoncé sommaire. Tous les phénomènes solaires sont soumis à des variations qui ont pour principe et pour origine une recrudescence d’activité sur le globe solaire. — La cause de cette activité semble jusqu’ici avoir échappé aux investigations. — Tous les onze ans il y a un maximum et tous les onze ans un minimum. Mais dans les intervalles on observe constamment des maxima relatifs que rien ne peut faire prévoir. Cette recrudescence d’ac-
- tivité qui augmente de beaucoup la radiation calorifique du Soleil se traduit immédiatement par une hausse de température terrestre; puis l’intensité diminue et les taches arrivent.
- D’après cette théorie, les taches devraient donc plutôt suivre les maxima de température que les accompagner. Nous pensons qu’il en serait ainsi sur une planète dépourvue de masses d’eau soumises à l’évaporation. Mais sur la Terre, dans la majorité des cas, les choses se passent autrement. Une hausse de température modifie considérablement notre régime atmosphérique. Des nuages se forment, les orages deviennent plus fréquents, la vitesse des vents se modifie, les glaces polaires fondent plus vite, etc. ; des régions de haute et de basse pression se distribuent inégalement, et les pluies amènent en certains endroits de fortes baisses de température. Les courbes moyennes semblent seules possibles dans de pareilles conditions. Cependant, nous avons pensé qu’il existe
- peut-être un moyen de tourner la difficulté : c’est de faire porter nos observations sur le moment de l’année où la circulation atmosphérique paraît le moins active, surtout pendant les mois de minimum de pluie.
- Cet essai paraît confirmer notre théorie au delà de nos prévisions. Voici la courbe des taches solaires construite en prenant comme ordonnées la surface tachée exprimée en millionièmes de l'hémisphère visible. A côté nous avons tracé la courbe de la température moyenne et le tout pour chaque jour du premier trimestre de l'année 1895.
- Un peut voir que généralement les hausses de température précèdent un maximum de taches et quelquefois de plusieurs jours. 11 n’y a que deux exceptions vers la fin des mois de janvier et mars. En nous reportant à une statistique hypsométrique nous avons constaté que ces époques coïncident précisément avec les plus grandes chutes de pluie. On eût encore obtenu des indications plus remarquables en prenant la température maxima de chaque jour, malheureusement quelques chiffres nous manquaient pour établir cette courbe avec précision.
- Cet accord de la réalité avec une théorie que nous espérons publier un jour, est-il purement fortuit? c’est ce que l’avenir décidera. En tout cas nous nous estimerions satisfait si nous avions tout simplement pu convaincre nos lecteurs des diffi-
- «400
- > !
- i i ; ,
- 200
- Janvier 1895
- Février
- Mars
- Fig. 2. — Courbe des taches solaires comparée à celle de la température.
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- LA NATURE.
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- cultes qu’on éprouve en voulant relier la météorologie à l’astronomie et j’oserai dire de la presque impossibilité dans laquelle nous nous trouvons actuellement de prévoir, au moyen des phénomènes solaires, même le temps quil fera demain.
- L’Abbé Tu. Moreux.
- FABRICATION ÉLECTROLYTIQUE
- DE LA CÉRUSE
- M. Riban a présenté dernièrement au Conseil d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine un rapport sur un nouveau procédé d’électrolytique de fabrication de la céruse. Dans des cuves en grès on verse un mélange de carbonate de soude et de chlorate de soude en solution. On place ensuite des laines de plomb verticales séparées les unes des autres. Toutes les lames paires sont réunies ensemble à un même pôle d’une source électrique, et les lames impaires à l’autre pôle. On laisse passer le courant pendant quelque temps. Il se produit alors du chlorate de plomb à l’anode et de la soude à la cathode. Le chloratè de plomb, au contact du carbonate de soude, donne l’hydrocarbonate de plomb. Des baguettes ont été disposées entre les lames de plomb et sont mises en mouvement par un axe commun. Elles ont pour but de maintenir par agitation l’homogénéité du bain et de faire tomber la céruse au fur et à mesure qu’elle se produit. La céruse est recueillie au fond de la cuve. La soude est ensuite traitée par un courant d’acide carbonique qui régénère le carbonate de soude. 11 sera intéressant de connaître les résultats industriels fournis par une fabrication de ce genre. J. L.
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE
- DESTRUCTION DU PHYLLOXÉRA
- Ce ne sont certes pas les moyens de destruction du phylloxéra qui manquent, mais aucun ne donne de résultats certains et surtout ils ne sont pas applicables partout. Il arrive souvent qu’un procédé qui réussit à un endroit ne réussit pas à l’autre. Aussi croyons-nous devoir signaler une nouvelle méthode de destruction qui vient d’être imaginée par notre collaborateur M. Henri Coupin, préparateur:;! la Sorbonne, méthode qui paraît devoir être très efficace. Le principe lui en a été suggéré par ses recherches relatives à l’action des poisons sur les plantes. En expérimentant avec le cyanure de potassium, il n’a pas été peu étonné de voir que ce sel était relativement peu toxique pour les plantes, tandis que c’est un poison très violent pour les animaux. Il a donc pensé qu’en arrosant des vignes phylloxérées avec une solution de cyanure suffisamment copieuse pour venir au contact de toutes les radicelles, celles-ci resteraient indemnes tandis que les phylloxéras seraient tués. M. Henri Coupin a fait faire diverses expériences par des viticulteurs et les résultats ont été parfaits : tous les phylloxéras ont été tués. La dose employée était une solution à 1 pour 100, avec deux traitements à quinze jours d’intervalle. Le procédé paraît donc très efficace, mais il a deux inconvénients. Le premier est d’employer une substance toxique pour les animaux domestiques et pouvant être utilisée dans un but criminel; mais on pourrait faire effectuer le traitement par des agents spéciaux qui ne laisseraient à la ferme aucune parcelle de cyanure. Le deuxième inconvénient
- est d’exiger une grande quantité d’eau, mais M. Henri Coupin pense qu’on pourrait tourner la difficulté en répandant de petits morceaux de cyanure à la surface du sol des vignes phylloxérées par un temps de pluie. L’eau dissoudrait instantanément le cyanure, lequel, en s’infiltrant dans le sol, viendrait tuer les phylloxéras. Z...
- UNE INSTALLATION HYDRO-ÉLECTRIQUE
- EN SUÈDE
- L'attention a été attirée sur cette installation par la visite qu’y ont faite, à leur dernière réunion, les membres de Vïron and Steel Institute.
- Cette installation appartient aux usines métallurgiques de la « llofors Aktiebolaget », situées dans le comté de Gefieborg, à T 60 kilomètres environ au nord-ouest de Stockholm. Fondées au dix-septième siècle, ces usines ont pris une réelle importance depuis 1880; elles possèdent des convertisseurs Ressemer, un fourneau Siemens-Martin, des laminoirs, presses hydrauliques, marteaux-pilons, etc.
- La force motrice y est produite en partie par sept chaudières à vapeur, et surtout par une intéressante installation hydraulique, sur laquelle Engineering a donné des renseignements curieux. La compagnie n’a pu utiliser qu’une chute qui se trouve à une assez grande distance des établissements; la puissance qu’elle fournit est transportée électriquement ou est employée directement, suivant le cas. Pour former cette chute, on a capté un certain nombre de cours d’eau qui sortent des deux lacs Huisen et Hyen et on les a amenés dans un réservoir convenablement situé. De là l’eau s’écoule par un canal à ciel ouvert de 370 mètres de long qui vient se décharger, à un barrage, dans un conduit très curieux, formé de douves de bois solidement maintenues par des cercles de fer. Ledit conduit s’allonge au milieu des bois sur une distance de plus de 700 mètres, avec une pente de 1/24; la vitesse de l’eau y est d’à peu près 0ra,60 par seconde. 11 aboutit finalement à un bâtiment de turbines comptant 6 de ces appareils, sur lesquels sont couplés directement des générateurs électriques. La chute ainsi produite a 30 mètres et fournit force motrice et lumière. Notons que deux des turbines peuvent, à volonté, donner 300 chevaux à 400 révolutions, ou 200 à raison de 200 révolutions par minute; les autres ont des puissances invariables de 300, 150 et 40 chevaux. Outre la chute des turbines, il y a une seconde chute de 28 mètres mettant en mouvement d’autres turbines qui actionnent directement des compresseurs d’air pour les hauts fourneaux, soit encore des ascenseurs, des monte-charges, des pompes. D. L.
- Parmi les nombreux touristes qui fréquentent chaque année la route conduisant de Lyon à Chambéry, il n’en est qu’un trop petit nombre qui ait connaissance des grottes avoisinant l’endroit où cette route franchit le tunnel des « Echelles ».
- Ces grottes, avec le défdé souterrain qui en est proche, constituent pourtant une des plus intéressantes curiosités de la Savoie.
- L’entrée se présente tout d’abord au fond d’un immense rocher, sorte de marquise naturelle ayant
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- LA NATURE.
- plus d’une fois, sans doute, servi d’abri aux voyageurs surpris par le mauvais temps. Le couloir donnant accès dans l’intérieur de la montagne est assez bas dès le début ; mais, à une cinquantaine de mètres de l’entrée, la route s’élève brusquement et l’on avance à partir de ce moment dans le plus curieux défilé que l’on puisse voir.
- C’est une suite de salles et de galeries dont l’eau a été le merveilleux architecte, et l’on a peine à croire que c’est cette même force brute qui a creusé la montagne et qui l’a si délicatement ornée. Les stalactites sont de toute beauté, et par endroits elles se superposent tellement, qu’on a l’illusion d’un glacier avec ses amas de neige et ses crevasses.
- ün peut se rendre compte du reste, parla photographie ci-jointe, des curieux effets auxquels on assiste dans ces grottes.
- Ne dirait-on pas une chaire avec son dôme frangé d’incrustations calcaires? Au deuxième plan on aperçoit une stalactite, pendeloque gigantesque, mesurant plus de 2 mètres de longueur et gro'sse comme le corps d’un homme. La plus grande salle a environ 25 mètres de hauteur sur 20 de diamètre; les parois en sont toutes écaillées par la force avec laquelle les pierres, entraînées par l’eau, les ont frappées lors des fortes pluies.
- Ces grottes, en effet, servent de conduit aux infiltrations de la montagne, et l’on peut juger de la violence du torrent par la grosseur des cailloux qui ont été transportés dans les cavités de la voûte à plus de 10 mètres de hauteur.
- Le spectacle de ces grottes, éclairées à l’acétylène comme elles l’ont été pour la photographie,est vraiment féerique, et les myriades de gouttes d’eau qui en constellent la voûte, brillent alors du plus bel éclat.
- La visite du défilé, situé à quelques cents mètres
- de l’entrée, explique pourquoi le plus gros bourg de la vallée se nomme « Les Echelles ».
- Cette gorge souterraine qui, en certains points, mesure plus de 40 mètres de hauteur, était le seul passage existant autrefois entre la France et la Savoie, et le lit du torrent, par lequel on était obligé de passer, présentait de telles différences de niveau, qu’on ne pouvait les franchir qu’au
- moyen d’échelles.
- En 1670, Charles Emmanuel II, duc de Savoie et prince de Piémont, pour supprimer à la fois ce dangereux passage ou l’ascension périlleuse que l’on devait faire des formidables murailles séparant les deux peuples, fit percer la route dont on se sert encore, et à une extrémité de laquelle se trouve gravée sur le marbre, une inscription latine, perpétuant la mémoire de l’œuvre gigantesque de ce prince.
- Quant à la route actuelle, traversant la montagne sous un tunnel de 500 mètres, elle fut effectuée en 1803.
- Grâce à la galerie placée par le Club Alpin et accrochée en balcon à une des parois de la caverne, la visite s’en effectue facilement, et l’on peut juger au moyen de papiers enllammés, jetés dans le gouffre, de la profondeur de la gorge et de la difficulté que devait présenter un pareil passage.
- Les Romains y auraient, dit-on, travaillé, et l’on voit en certains points des traces bien nettes de coups de pic.
- On y a du reste déjà trouvé des objets remontant à cette époque et qui confirment cette opinion.
- Des explorations ont été faites à plusieurs reprises dans les couloirs latéraux, mais on n’est pas encore parvenu au fond de ces grottes qui doivent se ramifier et s’étendre sous la montagne à une grande distance. Hemu üe Tiiiersam.
- La grotte des Échelles.
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- • CHROUOSCOPE DE M. IYES
- Les différents procédés de photographie des couleurs ont fait depuis quelque temps l’objet d’un si grand nombre de descriptions que nous ne reviendrons pas aujourd’hui là-dessus. Nous rappellerons seulement que celui qui a été le plus employé jusqu'à présent, et dont le principe est dû à M. Ducos du llauron, consiste à se servir de trois couleurs fondamentales pour avoir toutes les autres. Trois clichés étant faits en plaçant devant l’objectif trois écrans transparents, colorés chacun avec l’une des trois couleurs, si l’on tire de ces [clichés trois positifs et
- que chacun d’eux soit également coloré d’une teinte uniforme, convenablement choisie, on verra en superposant ces trois positifs l’objet reproduit avec toutes les couleurs du modèle, et même avec le relief si l’on veut employer la stéréoscopie. En général les couleurs choisies pour faire le négatif sont : bleu, jaune, rouge et pour les positifs correspondants : outremer,vert,orangé ; mais n’insistons pas là-dessus, il y aurait trop à dire et ce n’est du reste pas notre but. Nous voulons seulement faire connaître un appareil, basé sur ce principe, qu’on trouve aujourd'hui dans le commerce ; il est construit par MM.Clément et Gilmer, sur les indications de M. Ives.
- Nous rappellerons que M. Nachet a imaginé aussi,
- Chromoscopc de M. Ives.
- il y a quelques années, un appareil ayant le même but et qui a été décrit ici1.
- Le problème à résoudre est le suivant : partant de trois négatifs non colorés, mais obtenus dans les conditions rappelées ci-dessus, faire voir l’image de l’objet avec ses couleurs et son relief. Voici comment M. Ives arrive au résultat. Son appareil est stéréoscopique, il se compose d’une boîte portant sur une de ses faces (n° 2) deux oculaires; à l’autre extrémité on place verticalement, en V, l’un des positifs contre un verre vert ; à la partie supérieure de la boîte on place horizontalement les deux autres positifs, l’un en B sur un verre bleu, l’autre en R sur un verre rouge. Entre les oculaires et le positif V,
- 4 Yoy. n° MOI, du 7 juillet 1804. p. 91.
- qui est placé directement en face on a interposé deux glaces inclinées à 45°; elles sont transparentes : l’une IV est colorée en bleu, l’autre V' en vert. Ceci posé voici ce qui se passe : l’oeil voit directement la première image au travers de B', V' et V; il voit au travers de IV la seconde image venant de B qui se réfléchit en V'; et enfin il voit aussi la troisième image venant de R qui se réfléchit en B'. Par un réglage parfait de l’appareil toutes ces images se superposent exactement, outre la superposition ordinaire de la stéréoscopie. Les positifs sont montés à charnière (n° 1) et il suffit d’introduire v dans une rainure disposée pour le recevoir et de laisser b et r reposer à leur place respective. Un miroir M envoie la lumière dans l’appareil, il est à inclinaison variable, ainsi que toute la boîte (n° 5), de manière
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- à permettre de chercher un éclairage bien uniforme ; un verre dépoli 1) se place sur le tout, si cela est nécessaire, pour adoucir la lumière. Le modèle que nous avons eu entre les mains donne un résultat merveilleux ; les teintes des écrans sont choisies avec soin et sont tout à fait complémentaires, caries blancs de l’image sont d’une pureté absolue.
- Cet appareil a sa place marquée dans la famille aussi bien que dans le laboratoire de physique, car il côté de l’intérêt que présentent les images en couleurs, il permet de donner facilement la démonstration du principe qui est employé [tour obtenir ce résultat par la méthode Ducos du Hauron. Il y a déjà une assez grande collection d’images faites par l'auteur du chromoseope ; il serait préférable évidemment que chacun puisse faire celles qui l’intéressent ; mais, bien que l’appareil existe pour l’obtention des négatifs, nous croyons que son emploi présente encore d’assez grandes difficultés.
- On travaille la question de différents côtés, et il fest probable que l’Exposition de 1900 verra éclore l’ère de la photographie des couleurs à la portée de tous. G. Mareschal.
- FUMIER ET PURIN
- La santé, dans nos campagnes, dépend surtout des précautions d’hygiène dans les habitations et de la bonne qualité de l’eau, qui est, à peu près, l’unique boisson du paysan et de l’ouvrier agricole.
- Si, depuis un demi-siècle, l’habitation chez les populations rurales a fait des progrès, en ce sens qu’elles ont aujourd’hui un sol dallé, des portes et des fenêtres donnant à la fois air et lumière, nous avons, malheureusement, à constater que la qualité de l’eau laisse de plus en plus à désirer. C’est à l’augmentation du bétail qu’d faut attribuer ce phénomène : aujourd’hui l’agriculteur cultive de moins en moins ; il fait de l’élevage : les bénéfices sont plus considérables, le travail moindre. A première vue, cette assertion peut paraître paradoxale; mais, en l’examinant avec attention, on se rend promptement compte de sa justesse. En effet, si le bétail augmente, le fumier, chez le petit agriculteur comme chez le grand, augmente dans la même proportion ; or, en général, dans les exploitations agricoles, on se contente de mettre le fumier en tas au milieu d’une cour en le maintenant parfois sur trois faces avec un petit mur en pierres sèches ou en maçonnerie; la partie liquide du fumier, provenant soit du lavage par les pluies, soit de l’urine des animaux, et qui constitue le purin, est absorbée par le sol et entraînée, par infiltration, dans la nappe d’eau souterraine qui alimente les puits à proximité. Cette absorption est non seulement une perte sèche de matières nécessaires à la reconstitution des terrains épuisés, l’azote et les phosphates, mais elle constitue, de plus, un véritable danger pour la santé de la population rurale; car elle est un agent de contamination pour l’eau des puits dans laquelle elle entraîne, avec le purin, des coli-bacilles. Dans ces fumiers on ne se contente point de mettre la paille souillée et la fiente provenant des étables, on y enfouit les volailles et les petits animaux domestiques, morts de maladie.
- La mortalité, due aux cancers de l’estomac et affec-
- tions du tube digestif et de l’intestin, ont augmenté, dans nos campagnes, en de notables proportions depuis une quinzaine d’années : cette augmentation est due à la contamination de l’eau par les jus de fumier. Quelques cas de tétanos ont été signalés, occasionnés par le lavage de plaies avec l’eau de puits, situés à proximité de fumiers contenant du crottin de cheval.
- Une vieille coutume, en usage dans les Côtes-du-Nord, veut que l’on presse les pommes à cidre avec de la paille et du fumier. Le cidre, croit-on, se conserve mieux en y ajoutant un peu de purin; aussi, dans le Calvados, si on n’opère pas comme dans le département précité, on allie à une tonne de cidre de 200 litres, environ 10 litres de purin, comme agent de conservation. La conséquence de cette coutume est que, dans ces régions, la fièvre typhoïde et les affections de l’estomac causent plus de ravages à elles seules, dans la population, que toutes les autres maladies. Depuis le 1er janvier, dans une petite commune de 45 feux, aux environs de Morlaix, on a constaté 5 décès, chez des sujets de 30 à 49 ans, causés par des cancers de l’estomac.
- Le péril est grand. Il serait nécessaire qu’une législation intervienne et réglemente l’installation, dans les campagnes, des fosses imperméables à fumier et à purin, ou que l’on oblige soit par la persuasion, soit par l’appât d’une prime, comme cela se pratique en Belgique, le paysan à placer son fumier dans une fosse étanche en ciment, de manière à éviter la contamination des eaux de puits. Il est évident que cela sera fort difficile; le paysan, l’agriculteur, même éclairé, est routinier; son grand-père et son père faisaient ainsi ; pourquoi ferait-il autrement? Néanmoins, comme il est âpre au gain, il est à croire que, si en France, on édictait une loi analogue à celle en vigueur en Belgique, en peu de temps la majeure partie des exploitations agricoles seraient dotées de fosses à fumier et à purin étanches, et que par ce fait la santé des populations rurales s’améliorerait. De plus, il serait à souhaiter que des pénalités sévères fussent infligées aux producteurs qui ajouteraient du purin à leur cidre sous prétexte de le conserver.
- La Société française d’hygiène, justement émue de cet état de choses, vient de nommer une Commission de cinq membres, pris dans son sein, afin d’étudier les mesures à prendre pour y obvier. Elle fera tout son possible soit par la persuasion auprès de l’agriculteur, soit auprès du gouvernement et des Sociétés d’agriculture pour que ceux-ci viennent en aide au paysan, afin que, dans un délai prochain, chaque exploitation soit dotée d’une fosse à parois imperméables. Henry Ciiastrey.
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- LES
- AGRANDISSEMENTS DE LA GARE DE L’EST
- L’approche de l’Exposition de 1900 a été pour les grandes Compagnies de chemin de fer la principale raison de mettre, dès maintenant, à exécution les différents travaux de développement de leurs têtes de lignes dans Paris; ces travaux étaient décrétés en principe depuis longtemps par les nécessités croissantes de l’exploitation, mais ils auraient peut-être attendu encore sans l'heureuse circonstance qui vient en hâter l’accomplissement. De tous côtés on travaille avec achar-
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- nement afin d’être prêt pour le grand jour : la Compagnie de l’Ouest établit un raccordement coûteux entre Courcelles et la ligne delà Seine, elle construit également une nouvelle grande gare aux Invalides ; l’Orléans est en train de réaliser ce problème difficile du prolongement de ses voies jusqu’à l’emplacement de l’ancienne Cour des Comptes ; le P.-L.-M. agrandit considérablement ses locaux et dépendances en empiétant sur une voie publique, enfin la Compagnie de l’Est se prépare à une transformation complète de ses bâtiments de la rue de Strasbourg. Tous ces travaux réunis représentent une dépense de près de 150 millions pour les chemins de fer, rien qu’à l’intérieur de Paris, à l’occasion de la prochaine Exposition, et nous n’y comprenons pas les sommes attribuées à la partie du Métropolitain qui sera exécutée pour 1900.
- Le chemin de fer de l’Est présente, en dehors du service des grandes lignes, qui est considérable, une exploitation très active de trains de banlieue; les perfectionnements apportés sans cesse aux mouvements des trains qui sont chaque jour plus nombreux et plus commodes, d’autre part les horaires bien dressés qui permettent aux personnes habitant jusqu’à 200 kilomètres de Paris de venir y consacrer utilement sept ou huit heures dans la journée, ont considérablement accru le mouvement des voyageurs. A ces raisons il faut ajouter celle du développement chaque jour plus considérable que prennent les environs de la Capitale ; aussi arrive-t-il qu’à certains moments l’affluence des voyageurs est telle que les gares actuelles sont insuffisantes. Celle de l’Est se trouve dans des conditions plus particulièrement défavorables : elle a vu le mouvement de ses voyageurs passer en moins de dix ans de 7 à 12 millions; tout porte à croire que cette marche ascendante rfest pas près de s’arrêter, et pourtant la gare est une des plus petites et des moins bien distribuées des têtes de grandes lignes à Paris. Il est absolument certain qu’elle n’aurait jamais pu répondre aux nécessités exceptionnelles de l’année 1900 si on l’avait conservée telle qu’elle est en ce moment. Il fallait à tout prix entreprendre — sans tarder — la tâche d’agrandissement jugée nécessaire, et remplir, autant que le temps le permettait, la plus grande partie du programme définitif de réfection et de transformation.
- La gare de l’Est est trop parisienne pour que nous l’ignorions, nous connaissons tous sa grande cour de départ qui se ramifie en une impasse située le long de la rue d’Alsace ainsi que la cour couverte d’arrivée qui a été l’objet d’un remaniement important il y a quelques années. D’après les nouvelles dispositions, les services du départ ne seront pas considérablement changés, les bâtiments des billets et de l’enregistrement seront simplement élargis d’une quinzaine de mètres du côté de la rue d’Alsace et viendront jusqu a l’emplacement de la grille actuelle en absorbant totalement la cour qui sert maintenant aux voitures. La Compagnie s’engage à
- fournir à la Ville, sur le terrain occupé par ses jardins, l’emplacement pour reconstruire la rue d’Alsace qui se trouvera ainsi désaxée et qui, par sa disposition en cul-de-sac, pourra servir de cour de départ.
- La presque totalité des travaux de transformation se porteront du côté de l’arrivée qui va être complètement remaniée ; les bâtiments nouveaux occuperont la place d’un pâté de maisons compris entre les rues de Nancy, de Metz, de Strasbourg, et le faubourg Saint-Martin dont la Compagnie s’est rendue acquéreur et qui a déjà été livré aux démolisseurs; ainsi qu’on peut le voir sur le plan (fig. 5) les rues de Metz et de Nancy disparaîtront et seront incorporées au chemin de fer.
- Les travaux d’agrandissement de la gare de l'Est seront exécutés en deux phases séparées par un intervalle d’une année de repos. Un commencera par faire la partie la plus urgente pour l’année 1900 et l’on ne recommencera les travaux qu’aprôs l’Exposition, on les poursuivra alors jusqu’à complète exécution du projet définitif. La raison qui a conduit à diviser ainsi en deux périodes l’ensemble du programme est celle-ci ; dans le plan de la nouvelle gare, les deux corps de bâtiments situés à droite et à gauche de la halle couverte et les plus rapprochés des voies sont destinés à disparaître; or ces pavillons sont élevés sur plusieurs étages et abritent les bureaux du service central de l’Exploitation qui sont très importants, très nombreux et que l’on ne saurait déplacer sans leur avoir préparé un local ; ce dernier a bien été prévu, mais il est en construction sur la rue d’Alsace dans le prolongement des bâtiments d’administration actuels et il ne sera prêt que dans dix-huit-mois, malgré toute la diligence qu’on y mettra; on ne pourrait donc démolir les anciens locaux et commencer les travaux d’aménagement intérieur qu’à cette époque. Cela nous mettrait en pleine Exposition et il eût été maladroit de présenter une gare en construction aux nombreux étrangers qui viendront à Paris pendant ce temps ; on a préféré attendre qu’ils soient repartis pour reprendre les travaux... et l’on a bien fait.
- Le principe prédominant dont se préoccupent les ingénieurs qui construisent des grandes gares à notre époque est de prévoir un large trottoir perpendiculaire à la direction des quais et destiné à servir de dégagement rapide et facile : il permet le passage aisé d’un service quelconque des bâtiments à tous les quais indistinctement, ainsi que le mouvement pratique des voyageurs qui désirent changer de trains. C’est ainsi qu’a été construite la gare Saint-Lazare, c’est également ce que nous verrons demain aux Invalides et à la Cour des Comptes.
- A Y Est, ce trottoir de tête aura 18 mètres de largeur et 125 mètres de longueur. Au départ, il communiquera avec les salles d’attente des différentes classes qui seront elles-mêmes en relation avec l’ancienne halle vitrée devenue salle des Pas-Perdus ; du
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- Fig. 1. — Plan d’ensemble. État actuel.
- Fig. 2. — Plan général. Disposition transitoire qui sera exécutée pour 1900.
- Fisr. 3.
- Plan général. Disposition définitive.
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- coté arrivée, il donnera naissance à un vaste couloir de 12 mètres qui facilitera la sortie des grandes arrivées; à proximité de ce passage nous voyons la salle des bagages munie de bancs en 1er «à cheval, les salles de douane et les services spéciaux : à l’extrémité du trottoir, une sortie supplémentaire sur
- le faubourg Saint-Martin sera ouverte pour les voyageurs sans bagages.
- Ce grand quai de dégagement qui à lui seul comprend toute l’économie du projet de réfection de la gare ne pourra pas être terminé pour 1900, car il empiète sur les bâtiments qui ne seront dé-
- Fig. 4. — Vue des démolitions, pendant la grève, pour les agrandissements de la gare de l’Est.
- molis qu’a près cette époque ; il sera amorcé du côté de l’arrivée : après l’Exposition et pendant la deuxième phase des travaux, on le prolongera jusqu’à
- la rue d’Alsace ; il restera ainsi un espace libre assez grand entre les bâtiments et l’extrémité des voies qui pourront alors être portées en avant. Cette
- Fig. 5. — Vue de la nouvelle gare. Elévation générale.
- solution est plutôt favorable puisque la longueur des quais se trouvera augmentée en conséquence.
- La physionomie extérieure de la gare sera changée à gauche par l’élargissement des salles de départ et par l’établissement d’une passerelle importante qui reliera au premier plan les bâtiments d’exploitation à ceux de la gare elle-même. A droite le changement sera beaucoup plus considérable puisque le monument sera augmenté de la cour et
- dépendances qui remplaceront le pâté de maisons qu’on est en train de démolir et dont l’expropriation n’a pas coûté moins de i5 millions. C’est sur cet emplacement que l’on va construire la salle des bagages et les cours de départs. Celles-ci peuvent être considérées comme étant au nombre de deux bien qu’en réalité elles n’en fassent qu’une seule; nous aurons d’abord la partie couverte qui se composera de deux hangars juxtaposés de 25 mètres de portée cha-
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- cnn, ainsi qu’on peut le voir sur l’élévation principale (fig. 5). En prolongement de cette dernière, nous aurons une partie de la cour générale où se confondront les départs et les arrivées ; cette disposition sera tout entière à l’avantage des arrivées; car, somme toute, les départs occasionnent peu d’encombrement en général : les voyageurs arrivent à l’heure du train, les voitures sont déchargées rapidement et disparaissent. Il n’en est pas de même pour les arrivées qui, à certaines heures, sont la cause de véritables cohues, les voitures et omnibus attendent les voyageurs qui arrivent par les trains se suivant les uns les autres ; à certains moments de la soirée le mouvement est considérable. Cette disposition, qui est la plus rationnelle, n’a pas été prévue à la gare Saint-Lazare où la grande cour sert au départ, tandis que les arrivées sont fort maltraitées dans un hangar étroit de la rue d’Amsterdam. On peut dire qu’à la nouvelle gare de l’Est les grandes arrivées utiliseront la cour principale tout entière, les voitures pourront stationner contre le grand trottoir du fond en attendant que leur emploi soit requis ; de cette façon on évitera beaucoup d’encombrements.
- En bordure de la rue du Faubourg-Saint-Martin les batiments de la consigne communiqueront directement avec la salle des bagages; cette partie de la gare sera faite très légèrement, car elle n’est que provisoire. C’est en effet à cet endroit que la Compagnie se réserve d’embrancher un jour ou l’autre un raccordement à travers Paris avec la ligne de Yincennes, dont elle est également propriétaire; une fois cette jonction opérée, les deux gares n’en formeront plus qu’une seule. Mais, demandera-t-on, est-ce là une section du Métropolitain? Non ! ce tronçon n’aura même rien à faire avec lui et ne pourra servir qu’aux voitures du chemin de fer de l’Est puisque, ainsi qu’on sait, le matériel des grandes lignes ne pourra point passer par les ouvrages d’art de la ligne urbaine. Ce raccordement est moralement très réalisable, car lorsque l’Etat a accordé à la Ville le droit d’établir le Métropolitain, il s’est gardé la faculté de laisser les grandes Compagnies se relier entre elles dans Paris si elles le désirent.
- Rentrons de nouveau à l’intérieur de la gare et voyons quelles modifications seront apportées aux voies pendant les première et deuxième phases des travaux. Toute la partie qui abrite actuellement la salle des bagages et les différents services de l’arrivée est destinée à disparaître. Le terrain devenu libre permettra de prolonger les anciennes voies d’arrivée jusqu’à la hauteur des autres. Les bâtiments de messageries seront prolongés de façon à doubler la surface actuelle; on pourra ainsi concentrer de ce côté les expéditions et les arrivages, ce qui permettra de démolir les anciens édifices de messagerie au départ dont l’emplacement sera consacré à augmenter le nombre de voies. Cette disposition donnera l’emplacement d’une cour spacieuse dans laquelle le^camionnage pourra se faire sans
- encombre ; les bureaux seront transportés sur le faubourg et deviendront plus accessibles au public. Quant à la petite vitesse, elle sera reportée à la gare de la Villette.
- Cette transformation dans le service des messageries permettra d’augmenter le nombre des voies de treize à seize dès la première partie des travaux, c’est-à-dire que cette augmentation sera prête pour 1900. Ce chiffre est un maximum qu’il serait impossible de dépasser à cause de l’emplacement réduit dont on dispose.
- Pendant la deuxième phase, les têtes de lignes seront avancées de 25 mètres, ce qui permettra d’établir des quais de 200 mètres. Cette longueur n’est pas très considérable, mais il était impossible de trouver une solution pouvant donner un développement plus grand ; il n’y a toutefois que demi-mal à ce défaut, car aujourd’hui les Compagnies ont une tendance à changer la marche des trains : ils seront moins longs qu’avant, plus rapides, plus serrés et plus nombreux : dans ces conditions, on voit qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des quais trop grands.
- Afin d’augmenter l’utilisation des quais, on supprimera, dans les nouvelles dispositions des voies de la gare de l’Est, tous les jeux de bretelles qui n’offrent plus d’utilité maintenant qu’on a des chariots roulants mus par l’électricité. D’ailleurs, si à l’aide d’horaires bien compris et de raccordement aux naissances, on arrive à rendre les voies banales1, on n’aura plus à s’inquiéter des manœuvres de dégagement des machines ; une fois le train reparti, la locomotive d’arrivée, devenue libre, pourra circuler à sa convenance.
- Tels sont les changements que la Compagnie de l’Est se propose de faire pendant les quelques années qui vont suivre : elle aura presque doublé la surface occupée par les bâtiments, la circulation sera facilitée d’une façon considérable et le nombre de voies se trouvera augmenté! Et après?... Pourra-t-on s’agrandir encore? Si les besoins d’une exploitation plus intense se manifestaient, pourrait-on empiéter sur les immeubles de la rue d’Alsace ? C’est peu probable, les expropriations y seraient trop onéreuses. Que faire alors? Il y a bien un projet qui pourrait se réaliser dans un temps très éloigné et qui consisterait à doubler le nombre des voies en construisant une gare souterraine, mais nous ne croyons pas qu’il sera exécuté de si tôt.
- Les travaux d’agrandissement sont étudiés par MM. Muntz et Lajotte sous la direction de M. Sié-gler, ingénieur en chef de la voie; la partie architecturale est confiée à M. Gouny, architecte de la Compagnie. L’ensemble de la réfection et des installations nouvelles, en y comprenant les expropriations, dépassera la somme de 19 millions.
- A. da Cunha.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- 1 On entend par voies banales celles qui servent indifféremment au départ et à l’arrivée.
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- LA NEIGE DANS LA AALLÉE DE L’ARAE
- La superbe vallée de l'Ame, qui s’étend de Genève à Chamonix, qu’encadrent de si belles montagnes très fréquentées par les touristes et dont les altitudes sont si variables, est aujourd’hui presque universellement connue. Aussi croyons-nous être agréable à nos lecteurs en leur signalant quelques particularités météorologiques relatives à cette contrée alpestre.
- Pendant l’été nous avons traversé une assez longue période de beau temps et de sécheresse : le Mont-Blanc, à cause de l’exceptionnelle pureté du ciel, a été souvent visible à de grandes distances et c’était l’un des rares .sommets que l’on apercevait couvert de neige. Les routes étaient très sèches (un peu trop couvertes de poussière), aussi les automobiles ont-elles été très nombreuses ici cette année. Le chemin de fer qui aboutit actuellement au Favet Saint-Gervais-les-Bains, à quelques kilomètres du géant des Alpes, a amené dans nos contrées une grande quantité de voyageurs. La construction et l’achèvement prochain de la ligne électrique du Favet à Chamonix augmenteront encore la vogue bien méritée dont jouissent déjà ces régions pittoresques de la France, nous avons fait tout notre possible pour dévoiler aux touristes de plus en plus nombreux les splendides merveilles que possède la France : c’est un noble but, car notre beau pays peut certainement lutter, au point de vue du pittoresque, avec beaucoup d’autres que l’on visitait jadis, par routine, en ayant l’air d’ignorer que nous avons chez nous les paysages les plus beaux et les plus variés. Or, parmi les régions alpestres, la vallée de l’Arec peut être rangée au premier rang1.
- Nous avons dit que l’été avait été très sec et chaud dans cette contrée, surtout à Bonneville. A Chamonix, en septembre, on n’a noté que 26mm,5 de pluie ; à Sallanches, MmD1,9 seulement. En somme, Ajournées de pluie à Chamonix et 3 à Sallanches. A Bonneville la pluie a commencé seulement le 28 septembre, abattant enfin la poussière des chemins et arrosant l’herbe qui était en miants endroits grillée. La température maxima a atteint -f 34° dans cette région.
- En octobre, la neige a fait son apparition sur les montagnes. Pendant plusieurs semaines les sommets élevés qui encadrent notre belle vallée sont restés dépouillés de leur blanc manteau : citons par exemple le Môle (1809 m.) au nord de Bonneville, le pic d’Andey (1879 m.), les Yoirons (1480 m.) à l’est de Genève, etc., etc.... Le Buet (3109 m.), qui est séparé du Mont-Blanc par la vallée de Chamonix, d’où descendent le Giffre et la Diosaz, et dont le panorama est un des plus remarquables, avait si peu de neige et de glace qu’un habitant de Sixt a pu en faire, pour la première fois, l’ascension à dos de mulet!... En somme, pour apercevoir de la neige, il fallait avoir devant les yeux de très hauts sommets.
- Le 1er octobre, nous avons observé la neige à l’altitude de 1600 mètres environ, mais elle a disparu dans la journée; à Bonneville, le maximum de température fut -(- 15°,1, et la moyenne -j- 9°. Il avait plu dans la nuit et la pression barométrique (ait. 430 m.) n’était que de 718ram,7 corrigée à 0°. La journée du 11 courant a été ici assez chaude : minimum, + 4° et maximum, + 18°,2 ; mais la pluie est tombée dans la soirée, pendant la nuit suivante, et le lendemain 12 octobre tous nos sommets étaient de nouveau couverts de neige. Nous avons alors
- 1 Indépendamment du pittoresque, le savant, l’ingénieur, etc..., pourront admirer de belles et remarquables usines électriques.
- constaté un refroidissement notable : le maximum fut à peine -f 7°, ce qui représente une différence de plus de 11° avec la température maxima de la veille. Nous signalerons en outre une légère crue du Borne, affluent de l’Arve, à l’ouest de Bonneville. Ce torrent, chose rare, était demeuré longtemps presque à sec. Ces divers phénomènes ont été précédés d’une baisse notable de la colonne barométrique : de 725ram,l le 10, à 719mm,9, le 12. A Chamonix, le thermomètre était descendu au-dessous de zéro le 26 septembre, et le 30 il est tombé de la pluie mélangée de neige.
- Le 11 octobre, de violents orages se sont abattus sur l’Italie, les campagnes ont été inondées et quelques personnes furent foudroyées. Une zone de pressions assez faibles s’étendait à travers la France, de l’Algérie à la mer du Nord. Le Bureau central météorologique signalait à ce moment des pluies dans l’est et dans le sud, avec abaissement de température.
- Néanmoins la période que nous avons traversée a été ici plus chaude que celle de l’an dernier. Le mois de septembre 1897 a été froid : ainsi, le 19, nous avions autour de nous la neige à 1000 mètres d’altitude. Le 9 octobre de la même année le thermomètre est descendu au-dessous de zéro ; mais, en revanche, pendant le mois tout entier, nous n’avons pas eu une seule goutte de pluie1, tandis qu'actuellement le temps est pluvieux, et le régime des vents du sud et du sud-ouest que nous subissons ne nous permet guère d’espérer un meilleur état de choses. La neige de nos sommets a disparu le 14 et le 15 octobre, sous l’influence de vents chauds supérieurs, et si la quantité de neige eût été considérable dans la haute vallée de l’Arve, nous aurions à craindre des inondations, comme cela s’est produit en 1895. La pression a été très basse ici et a atteint 702mm; une profonde dépression existait le 14 au sud-ouest de l’Irlande2. Un violent orage s’est déchaîné à l’ouest d’Annonay, dans l’Ardèche, et de fortes secousses de tremblement de terre ont été ressenties en Tunisie, à Souk-el-Arba et au Kef. L’influence de ces troubles atmosphériques se fait sentir dans nos régions alpestres, et nous avons des averses et une température assez élevée. Omer Jullien,
- Licencié ès sciences.
- LES GALERIES DES AREILLES
- Le professeur John B. Smith a étudié les mœurs de certaines abeilles qui creusent des galeries dans la terre, et il a fait des constatations bien curieuses à ce sujet. Yoici par exemple l’espèce Angochlora humeralis, au nom caractéristique, qui descend sa galerie jusqu’à 2 mètres ou au moins lm,80. En la commençant, elle la fait d’abord oblique, puis elle se met à la creuser verticalement; ensuite elle remonte pour la prolonger, toujours verticalement, jusqu’à la surface du sol; l’ouverture en est cachée et ne se révèle point par une accumulation de terre ; mais, tant que la bête s’y trouve, cette entrée est fermée par une boule de sable ou d’argile. Arrivée à la profondeur voulue, elle envoie latéralement une galerie secondaire au bout de laquelle elle creuse une
- 1 Yoy. n° 1281, du 18 décembre 1897, p. 43.
- 2 Cette importante dépression, d’après le Bureau central météorologique, se déplaçait lentement sur la Manche et s’est éloignée le 18 courant vers le nord-est. Des orages ont été signalés dans le sud et dans l’est, mais à partir du 19 le baromètre s’est relevé rapidement sur l’Europe. Dans nos régions, à ce moment, la pression barométrique a dépassé 730”m à 450 mètres d’altitude.
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- LA NATURE.
- chambre de 2,5 à 3,8 centimètres, qu’elle divise en 6 à 20 cellules enduites d’argile. Dans chaque cellule, l’œuf est placé sur un gâteau de pollen. Généralement, elle bâtit deux ou trois de ces cloîtres, pour employer l’expression pittoresque de M. Smith. Ces galeries, qui servent aussi parfois à l’hibernation des abeilles, ne sont jamais remblayées par l’insecte quand il se retire une fois son travail fait, si bien que les jeunes trouvent le chemin ouvert lorsqu’ils veulent monter à la surface de la terre. Tout au contraire, le colletés compacta, qui ne s’enfonce, il est vrai, qu’à 46 centimètres environ, remplit sa galerie quand son ouvrage est terminé.
- BARRAGE DE RÉSERYOIR EN ACIER
- DANS L’ARIZONA (ÉTATS-UNIS)
- Les ingénieurs Américains emploient généralement pour leurs barrages-réservoirs des murs en terre défendus à l’amont par des enrochements qui sont eux-mêmes retenus par des charpentes, ou encore des murs en terre avec un masque central e n maçonnerie.
- Ce genre d’ouvrages s’applique en effet avec une grande facilité dans les régions sauvages où sont
- construits les réservoirs, et où le transport de matériaux de grand échantillon se heurterait à des obstacles souvent insurmontables. Mais jusqu’ici on n’avait pas exécuté de mur de barrage-réservoir en métal, comme le sont actuellement les barrages mobiles de nos rivières. Un travail de ce genre vient d’être réalisé par la Alchison, Topeka and Santa FeRail-way C°, qui rencontrait beaucoup de difficultés à approvisionner en eau ses lignes de l’Arizona (E.-IJ.) et était obligée fréquemment de faire des trains de wagons-citernes pour les amener dans les gares jusqu’à 50 et même GO kilomètres. Cette Compagnie s’est décidée, pour éviter ces transports très onéreux, à former un réservoir en barrant le débouché du Johnson’s Canon. Ce vallon est ordinairement à sec, mais il donne passage à un torrent en cas d’orage, et on pourra y emmagasiner 1 60 000 'mètres cubes d’eau.
- Comme on voulait aller vite et que, d’autre part, l’emplacement choisi était pauvre en matériaux, les ingénieurs de la Compagnie ont employé un type de construction en acier, et il n’y a d’autre maçonnerie
- Fig. 1. — Vue du barrage métallique de Johnson Canon, priseJdu côté de la retenue.
- qu’un mur de fondation en béton et les deux culées, également en béton. La partie métallique a 57 mètres de longueur à la crête avec une hauteur maxima de 12 mètres. Elle est constituée par une série de fermes en acier de forme triangulaire, distantes de 2m,40 d’axe en axe. Ces fermes, au nombre de 24, se composent (fig. 1 et2) d’un arbalétrier relié à un montant vertical par des contre-fiches. Elles sont d’ailleurs réunies les unes aux autres par des diagonales dans le sens transversal de la vallée, et les arbalétriers extrêmes sont ancrés dans les culées (fig. 2). Leur inclinaison est de 45°. Ce sont des poutrelles composées en I, d’acier laminé, de 0m,50 de hauteur et pesant 94 kilos au mètre courant : leur extrémité inférieure est noyée dans le mur de fondation, et elle est en outre fixée dans le roc au-dessous de ce mur par un double ancrage perpendiculaire à sa direction. Leur extrémité supérieure se rive sur
- le montant vertical correspondant. Ce dernier s e compose d e quatre barres en Z rivées sur une àme commune ; il est fixé, ainsi que la première contre-fiche (fig. 2) sur la même plaque de fondation ancrée elle-même dans le mur de pied en béton. La seconde contre-fiche est établie d’une manière analogue. C’est sur les arbalétriers qu’est disposé le rideau métallique qui détermine la retenue. 11 se compose d’un platelage en tôles d’acier de 10 millimètres d’épaisseur et de 4m,80 de longueur. Leur largeur est un peu supérieure à 2m,40 pour obtenir qu’elles se recouvrent sur la ligne d’appui. Les deux rangées verticales adjacentes aux culées sont plates. Toutes les autres sont embouties sur une largeur de 2m,25 environ de manière à présenter leur concavité du côté de l’eau, et les bandes latérales permettent de les river sur les semelles des arbalétriers. Les plaques inférieures présentent une partie emboutie et le reste est entièrement plat : c’est cette dernière partie qui s’engage dans le mur de pied en béton dont nous avons déjà parlé et où elle est fixée par un ancrage. Sept joints de dilatation ont été prévus sur la surface du rideau, de manière qu’il puisse se prêter aux variations de température. L'Engineering auquel nous empruntons cette description, ne donne pas de détails sur ces joints, et il est assez difficile de se rendre compte comment leur action se
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- concilie avec l’étanchéité nécessaire au rideau.
- Étant donnés les fréquents orages qui régnent dans cette région de l’Arizona, il fallait ou prévoir un déversoir spécial ou disposer toute la crête du barrage en déversoir de manière à pouvoir écouler des crues subites qu’on évalue au maximum à une lame d’eau de lm,80 et, en même temps, à éloigner des montants verticaux les eaux qui passeraient pardessus l'ouvrage. A cet effet, des tôles cintrées suivant un rayon de 8ra,25 relient les têtes des arbalétriers et forment ainsi un déversoir continu (lig. 2). Pour éviter les dislocations que tendraient à produire les mouvements alternatifs de dilatation et de contraction dans le sens longitudinal, ces tôles
- sont d’un côté lixées sur l’une des fermes à l’aide d’une cornière courbe : de l’autre elles sont renforcées par la même cornière, mais ne sont pas rivées sur le panneau suivant. Une conduite de 0m,15 est noyée dans le mur de fondation, et fonctionne comme prise d’eau et comme décharge en temps ordinaire.
- La construction s’est faite de la manière suivante : on a d’abord creusé une tranchée pour atteindre le roc, puis on l’a comblée de béton, et on y a posé les plaques de fondation et les ancrages des cadres. On a continué par la pose du rideau en la commençant par la partie supérieure, et en laissant vide l’emplacement d’un certain nombre de tôles inférieures pour permettre d’écouler les crues qui auraient pu se pro-
- Fig. 2. — Vue du barrage en aval.
- duire pendant le travail. Tous les fers avaient été peints à l’huile dans les ateliers, et reçurent une nouvelle couche après le montage. Les rivets posés à l’atelier sont en acier doux ; ceux qu’il a fallu mettre sur place, à la main, pour fixer les tôles du rideau ou les pièces d’ancrage et de contreventement sont en fer forgé. Les trous des rivets ont été poinçonnés avec un diamètre inférieur de 5 millimètres au diamètre définitif, puis alésés pour obtenir celui-ci. Quant au rideau, il a été soigneusement calfaté, et a reçu une première couche d’asphalte. Pendant quelle était encore chaude on a étendu sur elle de la grosse toile à voiles qu’on a recouverte d’une seconde couche de même nature.
- Le type de barrage métallique ci-dessus décrit a été projeté et calculé par M. Bainbridge ; l’entreprise
- et le montage ont été exécutés par la Wisconsin Bridge Works G0. C’est une application intéressante des constructions métalliques à une série d’ouvrages qu’on avait jusqu’ici traités par d’autres procédés et qui se justifie dans ce cas spécial par l’absence de matériaux permettant l’usage des maçonneries. Elle a également l’avantage de réduire considérablement la pression exercée sur le sol de fondation. Reste à savoir si Je rideau, qui sera exposé alternativement à la sécheresse et à l’humidité, puisque le canon est souvent à sec, donnera toute satisfaction et si, malgré les nombreux joints de dilatation prévus, on n’aura pas à observer des mouvements peu compatibles avec l’étanchéité qu’il doit fournir. G. Ricnou,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
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- LA NATURE.
- LES STATIONS CENTRALES
- D’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE A PARIS
- Les applications de l’énergie électrique se développent toujours à Paris suivant une progression croissante et de nature à étonner, si l’on songe à toutes les entraves qui se présentent. Les sociétés de distribution ont obtenu des concessions qui se terminent en 1906 et en 1907; l'espace de temps (18 ans) qui leur a été accordé a été trop faible pour amortir le capital de première installation. 11 en résulte que les prix actuels de vente de l’énergie électrique dans Paris sont très élevés : 0rr,15 l’hectowatts-beure pour l’éclairage, et 0fr, 06 l’hectowatts-heure pour la force motrice et les usages divers. Il y a certainement des exceptions et des prix plus faibles sont accordés suivant les circonstances.
- 11 est toutefois bien regrettable qu’à la veille de l’Exposition des dispositions n’aient, pas été prises pour accorder aux sociétés des prolongations de concession et obtenir en même temps des diminutions de prix notables.
- Malgré ces difficultés, qui sont Me nature à entraver toute industrie, s’il ne s’agissait des applications de l’énergie électrique, les chiffres statistiques nous montrent tous les progrès accomplis.
- Au 1er octobre 1898, il y avait à Paris dans les diverses usines électriques une puissance utile totale de 24396 kilowatts pour les machines, et de 5245 kilowatts pour les accumulateurs. Le nombre total de lampes à arc répandues dans Paris atteignait 1 1 028, et le nombre de lampes à incandescence 701 524. Ces lampes à incandescence et à arc avaient des puissances lumineuses plus ou moins élevées. Si l’on ramène tout en lampes de 10 bougies, on trouve un total de 922 603, utilisant une puissance de 56 908 kilowatts.
- La force motrice n’est pas encore très utilisée à Paris; cependant il y a des progrès considérables sur les années précédentes. On compte 841 moteurs pour usages divers d’une puissance de 1751 kilowatts, et 753 moteurs pour ascenseurs d’une puissance de 2141 kilowatts, soit au total 1594 moteurs d’une puissance totale de 3872 kilowatts.
- La puissance totale installée chez les abonnés atteint 40 905 kilowatts.
- Pour donner une idée du chemin parcouru en peu de temps, nous rappellerons qu’en 1896, au 1er octobre, les usines avaient une puissance de 17 775 kilowatts pour les machines et de 1610 kilowatts pour les accumulateurs. Il y avait dans Paris 7448 lampes à arc et 417 468 lampes à incandescence, soit environ 545 914 lampes de 10 bougies, utilisant une puissance totale de 21 844 kilowatts.
- Le nombre total des moteurs n’était que de 515 de 1452 kilowatts, dont 295 moteurs (858 kilowatts) pour usages divers, et 120 (574 kilowatts) pour ascenseurs.
- Les sociétés électriques cherchent à développer encore toutes les applications électriques. La Compagnie continentale Edison installe à Saint-Denis une usine génératrice à courants continus à 2200 volts qui transmettra l’énergie dans Paris à des centres de distribution. L’usine actuellement en voie de construction doit comprendre deux groupes de 1000 kilowatts. La Société anonyme d’éclairage et de force fait encore installer deux autres alternateurs Ilutin et Leblanc de 500 kilowatts chacun à l’usine de Sainl-Ouen. La Compagnie parisienne de l’air comprimé, dans la belle usine du quai Jemmapes, a fait rajouter deux nouvelles machines de 1200 chevaux ou 720 kilowatts utiles et en fait monter deux autres.
- La distribution de l’énergie électrique à Paris atteint donc une certaine importance digne de la grande capitale. Nous devons seulement souhaiter vivement que les concessions actuelles soient prolongées pour assurer un abaissement de prix et permettre un développement plus complet des appareils de force motrice, d’éclairage et de chauffage. La traction appartient à un autre service qui lui aussi doit s’efforcer de nous faire profiter de tous les progrès qui sont déjà réalisés depuis longtemps en de nombreuses villes. J. Laffaugue.
- CHRONIQUE
- Un thermomètre gigantesque. — D’après le Scientific American, à qui nous laissons toute la responsabilité de la nouvelle, on vient d’installer à Winchester, dans l’état de Massachusetts, un thermomètre à alcool de vingt et an mètres de longueur. Ce thermomètre aurait pour objet l’étude continue et systématique des variations de la température de la terre et serait établi dans un puits de vingt mètres de profondeur. U serait, d’après notre confrère, construit sur les mêmes principes que les autres appareils plus petits, mais on ne nous dit pas si le tube de ce thermomètre et son réservoir sont tous deux en verre et d’une seule pièce. Nous demandons des détails complémentaires avant de nous faire une opinion sur ce thermomètre... bien américain.
- Le plus petit moteur électrique du monde. —
- Ce moteur, construit par M. 1). Goodin de Mc Kinney (Texas), est de si petites dimensions qu’il n’occupe pas en plan la surface d’une pièce de cinquante centimes et que son poids est inférieur à trois grammes. L’induit est du diamètre d’un petit crayon et le collecteur est en or. 11 est monté en épingle de cravate et fonctionne à l’aide d’un élément d’une pile de poche au chlorure d’argent. Il tourne à une très grande vitesse angulaire et produit un bruissement spécial qui indique seul sa marche. Les inducteurs et l’induit sont enroulés du fil le plus fin que l’on sache aujourd’hui recouvrir. Les balais sont en cuivre * aminci au marteau. Le tout est une merveille d’habileté manuelle et de patience dont nous avons déjà signalé, ici même, plusieurs exemples.
- Lev succès de la nouvelle balle anglaise. —
- Le succès des Anglais à Omdurman vient de donner la possibilité de mettre à l’épreuve la nouvelle balle adoptée par l’armée anglaise en remplacement du projectile Lee-Metford : les rapports qui sont arrivés à l’arsenal de Woolwich en signalent les effets particulièrement meurtriers dus à la pointe de sa chemise qui laisse le métal de l’intérieur à nu. On va adopter le nouveau projectile pour les mitrailleuses Maxim.
- Pont chinois en bambou. — Il se rencontre à Shi-Tsuen : c’est un pont suspendu d’un type assez curieux, qui a une portée de quelque 90 mètres. 11 est formé de huit câbles faits de tiges de bambou tordues ensemble; ces câbles ont chacun la grosseur de la cuisse d’un homme, et ils ne sont point raidis au travers du cours d’eau, mais offrent au contraire assez de (( mou )). Ils sont doublés à leurs extrémités, qui viennent pénétrer dans un gros poteau de bois reposant sur un massif de maçonnerie ; ce poteau peut tourner sur lui-même à la façon d’un cabestan, ce qui permet de tendre plus ou moins les câbles. Les pièces de pont sont faites de grosses tiges de bambous fixées aux câbles à une distance de lm,50 les unes des autres; elles se relèvent sur les côtés
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- pour se rattacher à un autre câble qui forme garde-fou. Quant au platelage, il est représente par des claies grossières reposant sur les pièces de pont. Ce genre de construction est courant dans une partie de la Chine, et il rend de grands services, bien qu’il soit sujet à des oscillations longitudinales et transversales, fort inquiétantes pour les néophytes.
- Torpilleurs électriques. — On propose de substituer des accumulateurs et des moteurs électriques aux chaudières et moteurs à vapeur des torpilleurs, en faisant valoir, en faveur de cette substitution, la suppression presque complète du bruit, l’absence de cheminée, de fumée, de vapeur et de flammes pendant la nuit, ce qui rendrait les surprises plus faciles pendant une nuit épaisse. 11 est bien évident que les accumulateurs augmenteront le poids du système moteur et réduiront considérablement le champ d’action du torpilleur, mais les avantages tactiques pourraient, dans bien des cas, compenser ces graves inconvénients. En prenant comme exemple un torpilleur de 44 mètres de longueur et de HO tonnes de déplacement, on pourrait substituer à ses machines de 1550 chevaux et à ses deux chaudières Thornycroft, pesant respectivement 30 et 27 tonnes, quatre moteurs électriques de 400 chevaux chacun pesant 3,2 tonnes, faisant 1500 tours par minute, et actionnant plusieurs hélices sur chaque arbre. Ces quatre moteurs, pesant 15 tonnes, laisseraient disponibles 84 tonnes pour les accumulateurs, les conducteurs et le combinateur. Cette batterie permettrait de parcourir environ 22 milles marins en une heure, soit une vitesse de 40 km par heure. Si on voulait réduire la vitesse à 18 km par heure, l’énergie emmagasinée dans les accumulateurs permettrait un parcours de 180 km. Ces chiffres sont faibles comparés à ceux des torpilleurs ordinaires à vapeur, mais l’invisibilité des torpilleurs électriques et le fait que l’homme au gouvernail peut diriger et manœuvrer instantanément son bateau, doivent entrer en ligne de compte pour ne pas faire rejeter la proposition avant un examen approfondi.
- Comment hiberne le crapaud. — Étudiant la physiologie du crapaud, le professeur Simon Henry Gage s’est élevé contre l’opinion courante que cet animal hiberne sous les feuilles, les troncs d’arbres : on le trouve bien parfois ainsi abrité, mais c’est seulement quand il est sorti de sa cachette au commencement du printemps et qu’il a été brusquement saisi par un retour du froid. Normalement, son hibernation se fait dans la terre, et plutôt dans une terre sèche et non susceptible de geler. 11 s'enterre la partie arrière la première ; ses pattes de derrière et l’extrémité de son corps lui servent à creuser son trou, tandis qu’il se pousse avec les pattes de devant. Une fois qu’il est terré, il n’en demeure aucune trace extérieure apparente. Ajoutons avec notre auteur que, quand il se trouve dans une température voisine du point de congélation, sa propre température est supérieure de 5/4 à 1 1/4 degré au milieu ambiant. Lorsqu’on rencontre des crapauds sous des feuilles gelées, ils sont encore capables de se traîner. M. Gage a vu de ces animaux dont les pattes et la peau étaient absolument gelées comme un bloc, mais dont les organes intimes n’étaient pas atteints, et qui revenaient parfaitement à la vie.
- Le laboratoire maritime de Naples, — Ce laboratoire a été fondé en 1872, et il a reçu au moins un millier de chercheurs depuis lors. 11 possède un aquarium magnifique qui ne compte pas moins de 26 bacs; un groupe de neuf fonctionnaires y poursuivent des recher-
- ches fort intéressantes, et l’on y fait de splendides préparations de faune maritime, qui sont envoyées aux différents musées et aux savants du monde entier.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 31 octobre 1898. — Présidence de M. Wolf.
- L'introduction du mercure dans l'économie animale.
- — M. Brouardel présente un travail exécuté au laboratoire de Toxicologie de la Sorbonne, dans lequel l’auteur s’est proposé de rechercher quel est l’agent porteur du mercure à l’intérieur du corps des animaux. Il a démontré que ce sont les glo.bules blancs du sang qui remplissent presque exclusivement ce rôle.
- La formation de la graisse dans l'économie animale.
- — M. Brouardel présente au nom de M. Yassilief une courte Note destinée à permettre à l’auteur de constater un droit de priorité, dans les travaux qui sont en ce moment poursuivis au sujet du rôle de la graisse dans l’économie animale. M. Yassilief annonce qu’il a découvert le moyen de faire engraisser à volonté l’homme et les animaux, s’ils ne sont ni tuberculeux, ni cancéreux. Ce moyen consiste dans l’intervention dans le sang d’un ferment soluble dont il n’indique pas présentement la provenance.
- L’influence de la température sur la formation des sexes chez les végétaux. — M. Gaston Bonnier présente une Note de M. Marin Molliard, relative à l’influence de la température sur la formation des sexes chez les végétaux. Certains auteurs ont déjà signalé que, dans les pays chauds, le nombre des filles est proportionnellement plus considérable que dans les pays froids. L’influence de la température qui paraît manifeste existe-t-elle pour les végétaux? Pour élucider ce point, M. Molliard a cultivé la mercuriale dans des carrés distincts qui, deux à deux, ont été soumis aux mêmes conditions de lumière et d’humidité. Seule, dans chaque groupe, la quantité de chaleur a été différente. Il a ensuite relevé la quantité de pieds femelles existant dans chaque carré, et déterminé la proportion par rapport au nombre total de pieds du carré. Tous les groupes ont donné un résultat identique. Le carré qui avait reçu le plus de chaleur présentait constamment un nombre de pieds femelles beaucoup plus considérable que le carré qui avait subi les mêmes conditions de lumière et d’humidité, mais qui avait reçu une quantité de chaleur moindre. Les résultats varient d’un groupe à l’autre, mais la différence se maintient dans le même sens, atteignant parfois le tiers.
- Les phénomènes chimiques de la vie latente des bulbes. — M. Gaston Bonnier présente également une Note de M. Leclerc des Sablons, doyen de la Faculté des sciences de Grenoble, sur la vie ralentie des bulbes et des tubercules. L’auteur montre que d’importantes transformations chimiques se produisent dans les tubercules pendant la période de sécheresse, bien que la forme et la structure ne soient en rien modifiées. La proportion de saccharose et d’amidon va en diminuant d’une façon constante, tandis que la proportion de glucose augmente,, et cela, indépendamment de la sécheresse ou de l’humidité du sol. Ainsi s’explique ce fait bien connu que les oignons ou les bulbes ne peuvent germer qu’après une période de repos.
- La luminosité du jour. — M. Mascart décrit un appareil imaginé par M. le Dr Onimus dans le but, sinon de
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- LA N ATUUE.
- mesurer exactement la quantité de lumière correspondant à une journée ou à une période de temps déterminée, du moins de fournir une indication rationnelle et approximative. L’appareil consiste en une sorte de boîte dont une paroi est percée d’un certain nombre d’ouvertures formées par des écrans de plus en plus épais. Derrière ces écrans se trouve une feuille de papier sensible. Il est bien évident que plus la quantité de lumière aura été considérable plus l’épaisseur traversée sera grande; de telle sorte que le numéro de la dernière ouverture sensibilisée fournit une indication relative. A la vérité cet appareil ne donne que des indications et non point des rapports d’intensité, parce que l’absorption lumineuse par les écrans n’est pas proportionnelle aux épaisseurs traversées. M. Mascart estime néanmoins qu’il rendra de réels services en météorologie.
- Cu. DE VlLLEDEUIL.
- LA MOUCHE SAVANTE
- S’il faut en croire le Scientific American, de New-York, un mathématicien d’imagination a trouvé le moyen de rendre les mouches savantes instantanément par un artifice qu’il est permis de dévoiler.
- Au milieu d’une salle on installe un chevalet solide (n° 1) qui supporte un cadre en bois et sur ce cadre un miroir en verre transparent. Ce cadre a environ lm,2ü de largeur et 1 mètre de hauteur. Derrière le cadre en bois se trouve un second miroir noirci sur la l'ace antérieure.
- Le prestidigitateur qui présente la mouche arrive devant le chevalet, et, pour donner à penser qu'il n’y a aucun subterfuge, il descend le cadre en bois jusqu’au pied'du chevalet, retire le premier
- La mouche savante.
- miroir, le tourne et le retourne devant le public. Dais il le laisse un petit instant sur le coté ; ensuite il le remet en place dans le cadre en bois et le remonte à la hauteur où il se trouvait d’abord. Pendant ces divers exercices, un jeune homme en se cachant derrière le tableau est sorti du plancher (n° 2), et s’est installé sur une petite plate-forme derrière le tableau. Il a été élevé en même temps que ce dernier et personne ne s’en est aperçu. Le prestidigitateur s’avance alors, trace sur le miroir une série de petites cases en se servant de savon pour écrire sur le verre, et dans chacune de ces cases il inscrit une lettre et un chiffre en allant de A à Z et de 1 à 26. Le jeune homme derrière le tableau en fait autant et trace les mêmes caractères à la même place. Ce dernier a de plus préparé sous le parquet une batterie de piles P; deux fils émergent, suivant le long du chevalet, pour se relier à un électro-aimant que le jeune homme tient dans la main (n° 5).
- Le prestidigitateur s’adresse alors au public, et annonce que la mouche dont il a fait l’éducation connaît les lettres de l’a]phabet et sait compter. H prie une personne de désigner une lettre, soitL. On voit aussitôt la mouche qui était en bas du tableau se relever et marcher jusqu’à la case L. Une autre personne demande la somme de deux chiffres 6 et 5. La mouche leur répond aussitôt et vient se poser sur le nombre 41.
- On a déjà deviné le stratagème employé. La mouche est montée sur un bouchon et porte un petit morceau de fer doux. Le jeune homme placé derrière le tableau la fait mouvoir et la dirige à l’aide de l’électro-aimant qu’il a en main. Cette récréation produit son petit effet et surprend toujours les petits et même les grands enfants. I). Lebois.
- Le, Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1528. — 12 NOVEMBRE 1898.
- LA NATURE.
- NOUVEAU MOTEUR A GAZ DE PÉTROLE
- On connaît les nombreuses applications faites en vue de l’éclairage et de la production de la force motrice, du principe de la carburation d’un gaz par voie d’évaporation d’hydrocarbures volatils. C’est sur ce principe qu’est basé le fonctionnement des moteurs spéciaux à pétrole qui consomment de 500 à 600 grammes de pétrole par cheval et par heure et des nombreux appareils de production de gaz d’éclairage pour les châteaux, les installations isolées, etc.
- La Société Aéro-Pétrolique de Bruxelles vient de ramener la consommation d’un moteur à pétrole au chiifre de 500 grammes de pétrole par cheval et par heure, et ce en employant un moteur à gaz quelconque avec l’adjonction d’un appareil carburateur
- très simple et peu coûteux. — D’autre part un^? système analogue permet, tout en laissant disponible ' >
- la puissance motrice sur un moteur à gaz ainsi trans-formé, d’utiliser sa chaleur perdue à la fabrication d’un gaz de pétrole dont la quantité ne dépend que de la dépense de pétrole faite et de l’importance du carburateur. Le prix de cet éclairage est en Belgique de moins de 2 centimes par bec de 10 bougies. En France les droits de douane sur le pétrole ramèneraient ce chiffre à 5 centimes 1/2 environ.
- Le principe réalisant ces économies est le suivant : jusqu’à présent on a fait usage d’air ou parfois de gaz pauvres amenés sous pression dans les appareils de volatilisation du pétrole; d’autre part un moteur à gaz ou à pétrole abandonne en pure perte à l’atmosphère la chaleur des gaz
- Installation d'éclairage par recarburation des gaz d'échappement d’un moteur à pétrole.
- d’échappement, et ceux-ci contiennent encore une notable partie des gaz combustibles livrés à l’admission. La combustion incomplète de ces gaz est accusée par la formation de dépôts goudronneux et charbonneux dans la décharge. — Ainsi d’une part la carburation du gaz d’alimentation demande un travail qui se traduit par le refroidissement de l’hydrocarbure à volatiliser, et d’autre part une grande partie du travail disponible et de la chaleur est perdue dans l’échappement.
- Le système nouveau emprunte la chaleur, nécessaire à la première opération, à cette décharge cl amène la combustion totale des hydrocarbures.
- La décharge, au lieu de se faire dans l’air, se fait par un jeu de soupape, dans le carburateur; celui-ci alimente une cloche à gaz qui mélange de l’oxygène de l’air à température convenable avec le gaz carburé. C’est donc la recarburation des gaz d’échappement qui caractérise le système.
- 26* année. — 2* semestre.
- Le moteur n’abandonne que de la vapeur d’eau et de l’acide carbonique. Aucune condensation de cambouis ou de goudron ne se fait dans les appareils.
- Grâce à ce procédé, un moteur fabrique pour lui-même sa provision de gaz, c’est le cas représenté par la figure ci-jointe, où il s’agit d’une installation d’un moteur primitivement alimenté par le gaz. — On a coupé sa conduite et son échappement pour le relier au carburateur que nous allons décrire. Le moteur reste utilisé à son ancien usage comme moteur, et il fabrique en plus du gaz de pétrole, dont l’utilisation est possible dans tous les becs ordinaires, mais surtout dans les becs à manchon dans lesquels ce gaz, par le fait de sa richesse, donne des rendements particulièrement favorables.
- La figure ci-dessus nous montre les principales dispositions des essais qui ont été réalisés. En A et B se trouvent deux réservoirs de pétrole, d’une densité de 0,700. Le cylindre G est un premier carburateur,
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- qui reçoit le pétrole du récipient A et, par un dispositif spécial, le réduit à l’état vésiculaire. À la partie supérieure du cylindre est une soupape qui peut s’ouvrir et donner passage à l’air extérieur. Ce cylindre est réuni par un tuyau, F et K, au moteur que nous voyons installé sur un massif en L. Dès qu’on met le moteur en marche, il se forme un vide dans le cylindre ; il y a par suite appel d’air dans le cylindre C. Cet air se carbure, arrive dans le moteur, s’enflamme au brûleur et fait explosion. On remarquera que la quantité d’air carburé est toujours limitée au vide produit dans le cylindre. Les gaz d’échappement sont ensuite refoulés par les tuyaux J et G à travers la soupape régulatrice 11 et par le tuyau I dans le gazomètre 1). Ces gaz se détendent et se refroidissent. La vapeur d’eau se condense, l’azote et l’acide carbonique encore chauds se trouvent au contact du pétrole amené à l’état vésiculaire du récipient B par un procédé semblable à celui que nous avons vu pour le cylindre C. Ces gaz s’enrichissent, sortent par le tuyau N, viennent dans le régulateur de pression M et peuvent, en suivant le tuyau O, venir en P alimenter des becs de gaz. D’après les résultats observés, le gaz ainsi obtenu a un pouvoir éclairant et calorifique bien supérieur à celui du gaz de houille.
- En M est branché un petit tuyau qui recueille le gaz pour alimenter le brûleur du moteur. Un jeu de soupapes sur la cloche D ne permet que la fabrication du gaz qui est aussitôt utilisé ; le surplus des gaz d’échappement est rejeté à l’air libre.
- Pour refouler les produits de la combustion, il n’y a à vaincre qu’une contre-pression de quelques centimètres d’eau. La quantité de gaz enrichis par le carburateur D dépend uniquement du nombre de cylindrées du moteur.
- Les petits moteurs de faible puissance exigent un refroidissement assez important. On a adopté les dispositions suivantes pour assurer ce refroidissement. Le carburateur de la machine motrice est entouré d’une enveloppe cylindrique remplie d’eau, qui est reliée au cylindre du moteur par deux tuyaux. L’eau qui entoure le cylindre du moteur s’échauffe par suite des explosions, s’écoule par un tuyau vers la bâche et se trouve en contact avec les parois du carburateur qui se refroidissent continuellement par suite de l’évaporation du pétrole qui se mélange à Pair. L’air se refroidit, arrive froid au bas de la bâche, passe autour du cylindre du moteur, s’y réchauffe, et ainsi de suite. Pour des moteurs de trois à quatre chevaux, un volume de 500 litres d’eau est suffisant pour la marche pendant toute une journée. Les appareils carburateurs et leurs accessoires, pour un moteur de six chevaux, pèsent au total 200 kilogrammes.
- Les nombreux essais faits en Belgique ont donné une consommation de 500 grammes par cheval-heure d’un pétrole coûtant 0fr,16 le litre; la dépense est alors inférieure à 0fr,07. Le prix du bec-heure à gaz de pétrole de dix bougies est environ de 0fr,02.
- Lorsqu’il s’agit, en vue de la production de force
- motrice, d’alimenter seulement un moteur à gaz pour remplacer le gaz par le pétrole, les appareils de carburation sont réduits pour un moteur de 10 chevaux à deux cylindres dont le volume relativement au moteur est celui du seul cylindre G de la figure de la page 569.
- La soupape régulatrice H laisse partir les gaz d’échappement vers l’atmosphère quand le réservoir de gaz carburé est plein de gaz riche; si celle-ci s’abaisse, les gaz d’échappement provoquent la carburation et le petit cylindre C n’entre en jeu qu’au moment de la mise en marche du moteur, et lorsque la cloche alimentaire 11 est vide.
- On voit les services que peut rendre ce moteur, au point de vue agricole, dans les régions dépourvues de canalisation de gaz et là où le combustible atteint des prix élevés, en raison du transport.
- Dans beaucoup de villes le prix du gaz pour moteurs entraîne des dépenses variant de 20 à 25 centimes par cheval-heure. Avec le nouveau gaz il y aurait lieu en France de tenir compte des droits d’octroi et de douane sur le pétrole, et le prix du cheval-heure qui est en Belgique de moins de 7 centimes serait d’environ 14 centimes en France.
- Plusieurs moteurs semblables ont déjà été installés en Belgique et ont donné des résultats satisfaisants. Ces essais nous ont paru intéressants à signaler. J. Durand.
- CYCLES ET CYCLISTES1
- UTILISATION RATIONNELLE DE LA BICYCLETTE
- Tous les cyclistes sont unanimes sur l’incontestable supériorité de la marche sur bicyclette sur la marche à pied en terrain plat. Mais ils mettent beaucoup de sourdine à ces éloges dès qu’il s’agit de pédaler en terrain accidenté, et ils sont d’autant plus désabusés qu’eux-mêmes sont moins vigoureux, moins souples et moins adroits. Ces déceptions proviennent de ce qu’ils ne se rendent pas compte ni de la dépense de forces nécessaires pour la propulsion en bicyclette, ni de l’influence considérable du développement de la machine sur cette dépense.
- Évidemment, pour ne pas avoir de mécomptes de forces ou de fatigues avec une bicyclette, il faut ne dépenser avec cet instrument que ce qu’on dépense dans la marche à pied.
- Nous allons faire la comparaison des deux modes de locomotion au point de vue du travail mécanique, avec plus de détails qu’on ne le fait d’ordinaire.
- Nous déclarons tout d’abord que ce qui suit s’adresse non pas aux cyclistes capables ou désireux d’égaler les travaux d’Hercule ou les exploits des amazones, mais à ceux qui démandent à la bicyclette un exercice salutaire et non préjudiciable à leur santé.
- Les nombres donnés plus loin sont empruntés aux travaux de M. Bourlet, l’auteur bien connu du Traité des bicyclettes, couronné par l’Académie des sciences, et publié chez Masson et chez Gauthier-Villars. Tous ces
- 1 Cet article forme un des chapitres d’un opuscule qui paraît aujourd'hui à la librairie Masson sous le titre : Apprentissage rapide et emploi rationnel de la bicyclette, par le commandant Collet.
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- nombres doivent être regardés comme des nombres moyens permettant, dans la pratique, un léger écart en plus ou en moins. Tels quels, ils donneront d’utiles renseignements à tous les cyclistes qui voudront les méditer.
- L’unité de travail mécanique est le kilogrammètre, qui représente le travail nécessaire pour élever un kilogramme à la hauteur de un mètre. On appelle par suite Tonne-Mètre le travail nécessaire pour élever 1000 kilogrammes à un mètre de hauteur.
- Nous supposons avant tout que l’air dans lequel se déplacent piéton et cycliste est calme, puis que le piéton pèse 04 kilogrammes et offre au vent, comme résistance, une surface d’un demi-mètre carré. Nous supposerons encore que sa machine, munie de tous les accessoires de route du touriste, pèse 10 kilogrammes. Notre piéton, transformé en cycliste, pèsera donc 80 kilogrammes, que nous appellerons poids total pour le différencier du poids personnel.
- Dans la marche à pied, le piéton transporte son seul poids, dans la marche en bicyclette, le cycliste transporte le poids total de sa personne et de sa machine, (l’est un désavantage. En plaine, il est absolument insignifiant, parce que, dans la marche en terrain plat, le propre de la bicyclette c’est de faire entrer comme résistance non pas le poids lui-même, mais le centième de ce poids seulement.
- Dans la marche en terrain montant, au contraire, le poids apparaît, à bicyclette comme à pied, avec sa pleine valeur.
- Evaluons exactement ce désavantage du cycliste.
- Dans la marche à pied, on peut distinguer deux sortes d’efforts. L’effort nécessaire pour faire un pas, c’est l’effort élémentaire, — et l’effort total, qui est la somme des efforts élémentaires pendant un temps donné, mettons une heure.
- Le piéton est absolument maître de donner à chacun de ces deux éléments une valeur aussi petite qu’il le veut.
- Dans la marche à bicyclette, il y a également deux éléments à considérer :
- L’effort élémentaire, correspondant au pas du piéton, c’est celui qui est absorbé pendant le coup de pédale qui fait avancer la bicyclette de la moitié de son développement.
- Rappelons que le développement est le produit de la longueur de la circonférence de la roue motrice par le rapport des deux nombres de dents du pignon avant et du pignon arrière.
- L’effort total, pendant une heure, produit de l’effort élémentaire par le nombre des coups de pédale donnés pendant le même temps, en supposant, bien entendu, l’uniformité du mouvement et de la pente.
- Mais il y a une différence essentielle avec ce qui se passe dans la marche à pied, le cycliste, une fois qu’il a acheté sa machine, n’est plus maître de ces deux éléments.
- Le travail relatif à l’effort élémentaire a une valeur minima obligatoire, c’est celle qui correspond au demi-développement de la bicyclette parcourue avec la plus petite vitesse qu’on puisse ou qui vaille la peine d’être faite avec la machine, mettons huit kilomètres par heure.
- Quant au travail total, sa valeur minima est également déterminée a priori ; elle correspond à la longueur parcourue en donnant 6000 coups de pédale par heure, puisque le cycliste doit donner environ 50 coups par minute pour garder son équilibre sans faligue. Ce sera donc à nous à choisir notre machine pour que les valeurs de ces deux efforts soient admissibles pour nos muscles.
- Marche h pied. — Nous supposons que notre piéton de 64 kilogrammes fait 120 pas de 0ra,75 à la minute et parcourt ainsi 5,4 kilomètres à l’heure. Chaque pas lui coûte 2,6 kilograinmètres et, par conséquent, il dépense, par heure, un travail total de 18,8 tonnes-mètres.
- Donc, quand notre piéton saura pédaler, il lui faudra, pour ne pas se surmener, prendre une bicyclette pour laquelle la valeur de l’effort élémentaire se rapproche autant que possible de celui de sa marche à pied, et ensuite battre, dans un temps donné, un nombre de coups de pédale égal au nombre des pas qu’il aurait fait dans ce même temps, c’est-à-dire avoir la même cadence de marche à pied et en machine.
- Marche en bicyclette. — Un calcul très simple montre qu’une bicyclette de 4m,20 de développement réunit ces conditions. A la vitesse de 15 kilomètres à l’heure, chaque coup de pédale coûte 2,6 kilogrammètres de travail et les 7200 coups de pédale donnés par heure dépensent 18,45 tonnes-mètres de travail.
- Nous dirons donc :
- Tout piéton sachant pédaler mais ne. voulant pas se fatiguer à bicyclette plus qu’à pied, doit prendre une machine de 4m,20 de développement et donner 60 coups de pédale de chaque pied, à la minute.
- 11 fera ainsi à bicyclette sur terrain horizontal et en air calme, trois fois environ le chemin qu’il brisait à pied, dans le même temps.
- L’état de la route, un jeu insuffisant de l’articulation de la cheville, une contre-pression involontaire du pied remontant sur la pédale, peuvent faire perdre, en effet, de 2 à 20 pour 100 de cette vitesse, suivant l’habileté du cycliste.
- Voici un moyen simple d’avoir sa vitesse quand on n’a pas de compteur et qu’on sait tenir son guidon d’une main et sa montre dans l’autre. On multiplie le développement de la bicyclette par 3,6. Le nombre trouvé donne le nombre de secondes pendant lequel on doit compter le nombre de coups de pédale donnés par un seul pied. Ce nombre de coups de pédale est la vitesse en kilomètres à l’heure. Avec une bicyclette de 4”,40, le nombre des secondes pendant lequel on doit observer est 4,40x3,6 = 15,84 secondes, soit 16 secondes. Si en 16 secondes on donne 15 coups de pédale du pied droit, la vitesse est de 15 kilomètres à l’heure.
- Côtes. Coup de pédale. — Nous entendons par côte toute montée assez longue pour que le cycliste ne puisse pas la gravir en emballant sur le plat, avant de l’attaquer, pour laisser ensuite la vitesse diminuer graduellement de la base au sommet.
- Marche à pied. — Prenons la plus faible pente sensible, celle sur laquelle on s’élève de 1 centimètre, quand on a parcouru 1 mètre dans le sens horizontal. On dit que c’est une pente de 1 pour 100.
- Tous ceux qui ont marché dans la montagne savent que les guides marchent le corps très en avant et en maintenant la plus grande longueur possible à chaque pas.
- Le piéton conservant son pas de 75 centimètres dépense d’abord, à très peu près, les 2,6 kilogrammètres nécessaires en terrain plat et, en outre, un travail supplémentaire de 0,48 kilogrammètres correspondant à l’élévation de son poids pendant ce pas. L’effort élémentaire s’accroît donc très approximativement de un cinquième de sa valeur par chaque centimètre de pente, le pas restant de 75 centimètres. On est obligé de subir celte augmentation de l’effort élémentaire, parce qu’il serait plus fatigant de le maintenir à la valeur de 2,6 en
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- raccourcissant chaque pas et en augmentant le nombre des pas. Pour maintenir au travail total la même valeur qu’en terrain plat, il suffira d’augmenter le temps pendant lequel on fait 5,4 kilomètres en terrain plat de un cinquième par chaque centimètre de pente. Sur une pente""de 5 pour 100, il faudra mettre deux heures pour faire 5,4 kilomètres. On a ainsi dépense le même travail total par heure de marche et, cependant, on est plus fatigué, comme le savent tous ceux qui marchent en montagne, parce que chaque pas de sa marche ralentie a coûté un travail plus considérable que l’effort élémentaire normal.
- Marche en bicyclette. — Sur cette même pente de 1 pour 100, si notre cycliste veut, avec son développement de 4m,20, maintenir sa vitesse de 15 kilomètres, il faut dépenser, outre les 2,0 kilogrammètres correspondant au coup de pédale en terrain plat, un travail supplémentaire de 1,08 kilograinmètre pour l’élévation du poids de 80 kilogrammes, correspondante à la hauteur gagnée pendant le coup de pédale de 2m,l. Ce travail supplémentaire pour le pas du cycliste est des deux tiers du travail en terrain plat, au lieu du cinquième que dépensait le piéton.
- A chaque centimètre de pente, correspond un accroissement égal de l’effort élémentaire. Il s’en suit donc qu’il faut réduire le développement et dans une proportion bien plus grande que nous n’avions à réduire notre pas de piéton. On voit donc que si nous avons pu conserver, en terrain montant, la longueur de notre pas à pied en terrain plat, il n’en sera plus de même à bicyclette et nous devrons absolument diminuer notre développement pour rapprocher autant que possible l’effort par coup de pédale de sa valeur normale environ 3 kilogrammètres. Jusqu’à quelle limite devrons-nous descendre pour conserver toujours quelque avantage de notre machine sans nous trop fatiguer? Nous allons l’indiquer après avoir rappelé quelques données de l’expérience. Celle-ci nous apprend que l’entraînement a plus d’influence sur le travail total que sur l’effort élémentaire. Ainsi un cycliste pourra quadrupler, par exemple, le temps pendant lequel il donne la vitesse normale en terrain plat et il ne pourra guère dépasser comme effort élémentaire le double de celui qui correspond à la vitesse normale, s’il doit être répété un 'grand nombre de fois.
- Aussi les cyclistes peuvent être partagés en trois classes :
- 1° Ceux qui, en plat, parcourent lia 14 kilomètres à l'heure et ne peuvent dépasser 5 kilogrammètres par coup de pédale;
- 2° Ceux qui, en plat, parcourent 14 à 17 kilomètres à l’heure et ne peuvent dépasser 6,5 kilogrammètres par coup de pédale ;
- 5° Ceux qui, en plat, parcourent 17 à 20 kilomètres à l’heure et ne peuvent dépasser 8 kilogrammètres par coup de pédale.
- Remarquons encore qu’en terrain montant le cycliste a encore un très grand désavantage sur le piéton. Il ne peut pas comme lui porter son centre de gravité très en avant. 11 faudrait pour cela avoir des selles beaucoup plus aisément mobiles que les selles actuelles. Ces selles devraient pouvoir à la fois être portées très en avant à la montée, et être inclinées vers le cadre, au moyen de deux vis à grosse tête, facilement accessibles et manœuvrables.
- Pour que la cadence habituelle de la marche ne soit pas trop altérée, ce qui est une cause de fatigue, il faut donner environ au moins 3000 coups de pédale par
- heure et par chaque pied. D’autre part, il paraît bon de ne pas dépasser beaucoup 4800 coups de pédale par heure, ce qui donne, avec 5,20 de développement, une vitesse de 15 kilomètres à l’heure. C’est, en plat, la vitesse moyenne de la très grande majorité des touristes.
- Comparons donc, au point de vue des efforts qu’elles exigeraient, trois bicyclettes dont les développements seront respectivement 5m,20, 4m,40 et 5m,54. Pour la brièveté de l’écriture, appclons-les bicyclettes I, II, 111.
- En terrain plat, à la vitesse normale de 15 kilomètres à l’heure, elles exigent respectivement par coup de pédale, en kilogrammètres, 1,96; 2,70 et 3,32.
- Pour chaque centimètre de pente par mètre, l’effort supplémentaire est respectivement 1,28; 1,76; 1,96 kilo-grammètre.
- Les valeurs de ces efforts supplémentaires montrent que si nous voulons gravir des pentes un peu accentuées, il nous faudra absolument prendre de faibles développements d’abord, et ensuite diminuer la vitesse, ce qui diminue l’effort élémentaire correspondant au terrain plat. Mais cette diminution de vitesse a beaucoup moins d’influence que la diminution du développement ; car à la vitesse de 8 kilomètres en plat les efforts élémentaires, par coup de pédale, sont respectivement, pour nos trois bicyclettes, 1,4; 1,9 et 2,3 kilogrammètres.
- Avec ces chiffres, chacun peut fixer le développement et la vitesse qui lui permettront de gravir des pentes déterminées. Et les valeurs des efforts supplémentaires par centimètre de pente expliquent pourquoi les cyclistes sentent si bien les plus faibles différences de niveau et les excusent de se plaindre des montées véritables.
- D’une façon générale, avec la bicyclette 1, les bicyclistes limités à l’effort de 5 kilogrammètres pourront gravir des pentes de 5 pour 100, en forçant un peu.
- Les cyclistes donnant 6,5 kilogrammètres pourront gravir des côtes de 4 pour 100.
- Enfin ceux qui atteignent 8,5 kilogrammètres pourront gravir des côtes de 5,5 pour 100 avec des vitesses de 6 à 9 kilomètres à l’heure, représentant le double de leur vitesse à pied sur ces mêmes pentes. En résumé la grande majorité des cyclistes se trouvera bien de marcher en plat avec des développements de 4m,40 à 4ra,60 au plus, et en pays accidenté avec des développements de 3m, l0 à 5m,30. Ces derniers et très faibles développements ont été préconisés depuis longtemps, dans des articles pleins de verve et de bonne raison, par le capitaine Perrache plus connu sous le pseudonyme d’JIomme de la Montagne. Ce qui les empêche d’être adoptés, c’est la cadence rapide des jambes, qu’ils exigent en plat ou sur les descentes à faible pente pour atteindre 18 à 20 kilomètres.
- L’objection disparaît absolument si on réunit sur une même machine, dite machine mixte, les deux développements de 5m,2ü et 4m,40 et qu’on puisse passer de l’un à l’autre avec facilité, rapidité et sécurité. M. E. Bouny a donné, dans la Revue du Touring-Club, les détails les plus pratiques pour réaliser cette disposition et M. Tivie, constructeur à Saint-Étienne, l’adapte aux anciennes machines pour un prix très abordable. C’est la solution qui s’imposera à mesure que les aveux des bicyclistes sur leurs fatigues deviendront plus sincères et qu’ils ne croiront plus déchoir dans l’estime de leurs concitoyens en les faisant. Nous pouvons leur donner l’assurance qu’en adoptant cette solution, ils iront plus vite et avec moins de fatigue, ce qui sera tout bénéfice. Commandant Collet.
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- UNE ÉPIDÉMIE SUR LE GIBIER PLUME
- Les chasseurs ne sont pas satisfaits du tout de la saison cynégétique et se plaignent très vivement de la pénurie du gibier ; meme il en est certains — les sérieux et vrais amateurs de la chasse française — qui réclament une fermeture anticipée. Le ministre de l’agriculture serait, du reste, fort bien inspiré en suivant l’exemple de ses collègues de Belgique et d’Italie qui ont, cette année, interdit la chasse à la
- perdrix à partir du 15 novembre dans certaines régions et du 25 octobre dans d’autres. Déjà la saison cynégétique 1897 n’avait pas été très brillante dans certains tirés, beaucoup de gibier plume ayant souffert d’une épidémie de septicémie ; cette année c’est encore pis : le printemps a été très pluvieux, beaucoup de couvées ont été détruites, et, de plus, cet état atmosphérique a singulièrement favorisé le développement et la multiplication de certains parasites vermineux chez le gibier en général, et principa-
- Ténias riiez les faisais et les perdrix. — 1. Davainen guevilh’iisis. Grandeur naturelle. — 2. Sa tète. — 3. Groupe d’anneaux du milieu du corps. — 4. Tète forme armée avec crochets et ventouses à bourrelet couvert d’épines. — 3. Petits crochets. — 6. Épines. — 7. Davainea urogallus. Grandeur naturelle. — 8. Tète grossie. — 9. Crochet du rostre très grossi. — 10. Groupe de crochets. — 11. Épine des ventouses. — 12. Groupe d’épines. — 15. Anneaux du milieu du corps. — 14. Tænin lagenocollis. Grandeur naturelle. — 15. Sa tète, son cou et ses premiers anneaux grossis. — 16. Son rostre armé de 18 crochets. — 17. Crochet. — 18. Anneaux sexués du mTicu du corps. —19. Pénis couvert de spiculés. — 20. Œuf embryonné. — 21. Anneau mûr de l’extrémité postérieure.
- lement chez le gibier d’élevage. Le gibier d’élevage, direz-vous? Hélas! oui, le gibier en France est en grande partie le produit d’un élevage très délicat et très coûteux, le gibier naturel devient de plus en pjus rare, par la faute surtout des chasseurs et des gourmets, au service desquels travaillent toute l’année avec grande ardeur messieurs les braconniers.
- Aujourd’hui la chasse est un sport élégant qui a perdu de son ancienne simplicité; la chasse s’est transformée complètement, et très rares sont encore, surtout dans les environs de Paris et des grandes villes, les disciples de saint Hubert qui chassent à la mode française. On a voulu imiter l’Angleterre et
- l’Allemagne, jaloux qu’on était des tableaux phénoménaux ; il fallait, à la fin d’une journée, mille à quinze cents pièces, et ce n’est certes pas en chassant avec un chien que pareille chasse était possible. Aujourd’hui, la presque majorité des chasseurs ignore les plaisirs de la chasse, et ne connaît que la battue, cette stupide et grotesque importation allemande : trois des rabatteurs poussent le gibier de tout un canton sur une ligne de chasseurs qui l’attendent et le fusillent lorsque, éperdu, il se précipite à la gueule de leur hammerless. C’est un tir aux pigeons, rien de plus, et ce massacre certainement est une des causes principales de la rareté du gibier. Pour pouvoir offrir
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- de belles chasses à leurs invités, les grands propriétaires, les Rothschild, les GrefTuhle, les Potocki, etc., les petits même, ont été obligés de créer des parcs à gibier et d’élever faisans et perdrix comme on élève des poulets. Aussi qu’est-il arrivé par les mauvaises saisons? Le gibier, tout comme les oiseaux de basse-cour, s’est trouvé atteint par des épidémies multiples dont la fréquence et la gravité sont encore augmentées par l’agglomération, conséquence de ces grands élevages.
- Récemment, M. Pierre Mégnin, le savant directeur du journal ïEleveur, qui est en même temps un spécialiste vétérinaire pour ces maladies particulières et peu connues des oiseaux, et des oiseaux de chasse en particulier, a fait une très intéressante communication à l’Académie de médecine sur les épidémies qui ont sévi cette année sur le gibier, et principalement sur le gibier plume.
- Il y aune dizaine d’années, M. Pierre Mégnin était parvenu à vaincre une épidémie causée par un parasite, le ver rouge (syngamus trachealis), qui décimait les élevages, au moyen du sel marin dénaturé qui, répandu à profusion sur le sol des forêts, détruisait les embryons parasitaires.
- Voici qu’aujourd’hui de nouveaux ennemis ont surgi : des ténias qui se multiplient chez les faisans et les perdrix avec la même rapidité que le ver rouge, en faisant parfois autant de victimes.
- Laissons la parole à M. Pierre Mégnin :
- « L’année dernière, dans la propriété de Gué-ville, près Rambouillet, qui appartient à M. le sénateur Chiris, une grave épidémie se déclarait sur les faisans qu’on y élève chaque année ; près de trois cents avaient déjà succombé quand on réclama mon intervention. L’autopsie de quelques sujets me montra qu’ils succombaient à des obstructions intestinales causées par des ténias. La cause étant connue, l'épidémie fut promptement arrêtée par l’addition, dans la pâtée destinée aux faisans, de poudre de noix d’arec, dans la proportion d’un gramme pour six oiseaux. Depuis sept ou huit ans je constate que la noix d’arec est le tænifuge par excellence pour les eestoïdes du chien, voilà pourquoi je n’ai pas hésité à l’employer contre les ténias des faisans ot cela avec autant de succès.
- « Le ténia qui tuait ainsi les faisans de M. Chiris est une espèce très curieuse et que je crois nouvelle, tout au moins pour notre pays, et je m’explique son importation chez nous par des faisans qu’on fait venir à grands frais de l’étranger — Angleterre ou Hongrie — pour le repeuplement des chasses.
- « Ce ténia appartient au genre Davainea, créé par nos collègues R. Rlanchard et Raillet en l’honneur de Davaine, et pour un groupe de eestoïdes qui ont non seulement un rostre armé de crochets, mais des ventouses couvertes d’épines sur leur pourtour. Je propose de le nommer Davainea Guevillensis parce que c’est dans l’élevage des faisans de Guéville que je l’ai découvert et constaté ses méfaits.
- « C’est par obstruction intestinale que ces ténias
- amènent la mort de l’oiseau. Les intestins en sont souvent bourrés, de manière à ressembler à de petites saucisses, et on compte souvent des centaines d’individus chez un seul faisan. Le développement en est très rapide, aussi rapide que chez le syngame et chez les ascarides, chez lesquels, on le sait, le développement est direct. Il m’a été impossible de trouver le moindre cysticerque ou cysticercoïde dans les larves de fourmis que l’on donnait à manger aux faisans. »
- Les faisans n’ont pas été seuls à souffrir, les perdrix ont été tout aussi éprouvées.
- M. Pierre Mégnin a trouvé chez les perdrix également un ténia déjà décrit par les naturalistes allemands, qui l’avaient découvert chez le coq de bruyère, mais qu’on n’avait pas encore vu chez la perdrix, le Tænia (Davainea) Urogalli, et en même temps un autre ténia d’espèce nouvelle, queM. Pierre Mégnin a nommé le Tænia lagenocollis, à cause du renflement singulier de son cou.
- La prolifération de ces parasites est très rapide ; n’ayant trouvé ni cysticerques, ni cysticercoïdes dans les larves d’insectes qui entrent dans la nourriture des perdrix, M. Pierre Mégnin n’a pu émettre aucune hypothèse sur l’intermédiaire par lequel les perdrix seraient infectées — si toutefois il y en a un, — car la multiplication a lieu exactement comme si le développement était direct.
- Au point de vue de l’hygiène publique, ces épidémies ne sont point dangereuses pour l’homme. La chair des perdrix et des faisans malades, du fait du ténia, est certainement moins nutritive et moins savoureuse que celle des oiseaux similaires bien portants. Quant à la transmission de ces ténias à l’homme elle est peu probable, car on ne mange pas en général les entrailles du gibier. Mais si on a une basse-cour, il faut se garder de donner ces entrailles aux volailles, il vaut mieux les brûler pour éviter une contamination qui ne manquerait pas de causer de graves ravages.
- Mais il y a certainement lieu de s’inquiéter de ces épidémies au point de vue de la qualité et surtout de la quantité du gibier, aliment de luxe peut-être, mais si apprécié des gourmets qui sont légion en
- France. Paul Mégnin.
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- CONGRÈS GÉODÉSIQUE INTERNATIONAL
- DE STUTTGART
- Pour la première fois depuis son renouvellement à Berlin, en 1895, l’Association géodésique internationale vient de se réunir à Stuttgart. Quinze États sur vingt-deux faisant partie de l’Association étaient officiellement représentés.
- L’Angleterre, dont l’adhésion date de quelques mois, avait envoyé le professeur Darwin, fils de l’illustre naturaliste; l’Italie, le général Ferrero, tout récemment encore ambassadeur à Londres; la Russie, le général de Stuben-dorf, chef de la section topographique de l’état-major, etc.
- La présidence était exercée par M. Faye, délégué de
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- la France avec MM. Bouquet de la Grye; le colonel Bassot, directeur du service géographique de l’armée ; le commandant Bourgeois, chef de la section de Géodésie, et Lallemant, directeur du nivellement général de la France.
- En saluant le Congrès, au nom du gouvernement du Wurtemberg, M. le Dr Von Sarwey, ministre de l’instruction publique et des cultes, a particulièrement célébré la mission de paix et le rôle civilisateur de l'Association géodésique, la doyenne des Unions internationales, comme la commission du Mètre et l’Union postale universelle.
- Le roi a reçu, avec beaucoup d’affabilité, les congressistes et leurs familles, et leur a offert une collation en son palais mauresque de la Wilhelma.
- Les décisions prises au cours de la session visent les problèmes les plus délicats de l’astronomie et de la géodésie.
- Ainsi, on a discuté et arrêté les conditions d’installation et de fonctionnement des six observatoires internationaux qui doivent être incessamment créés à Carloforte (Sicile) ; Cincinnati, Dover, Ukiah (États-Unis), Mizusawa (Japon), et Tschardjoni (Asie Centrale), pour la mesure des petits mouvements du pôle terrestre.
- Sur l’initiative des États-Unis, le vœu a été exprimé qu’il fût procédé à une nouvelle mesure de l’arc du Pérou, pour vérifier celle qu’il y a environ un siècle les géodosiens Bouguer et La Condamine exécutèrent pour déterminer la longueur du mètre. Suivant toute probabilité, cette nouvelle opération, comme la première, sera effectuée par la France.
- M. Bouquet de la Grye a lu un important rapport au sujet des marégraphes et médimarémètres installés sur toutes les côtes pour la détermination du niveau moyen de la mer. Le colonel Bassot a signalé la récente ouverture des travaux de révision de la grande triangulation de l’état-major Français en vue de la réfection du cadastre. Enfin M. Lallemand a fait part de l’état d’avancement du nivellement général de la France, dont 50 000 kilomètres sont terminés, et a présenté au Congrès une étude très complète sur la question des variations de longueur des mires de nivellement, d’après les expériences du colonel Goulier. J.-F. Gall.
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- LA PESTE À TIENNE
- EXTINCTION DU FOYER ÉPIDÉMIQUE
- Les quelques cas de peste qui se sont produits à Vienne, et que nous avons signalés dès leur apparition, semblent heureusement devoir rester isolés. Mais ce petit commencement d’épidémie a son histoire qui mérite l’attention. Pour la première fois un microbe dangereux est sorti d’un laboratoire de bactériologie et a frappé quelques victimes. Racontons brièvement les faits.
- L’année dernière, l’Académie impériale des sciences de Vienne avait chargé MM. les Dr“ Albrecht et Ghon, assistants à l’Institut anatomo-pathologique de l’Université, II.-F. Müller, privat-docent et R. Pôch, d’une mission scientifique pour étudier la peste bubonique dans les Indes anglaises. Les membres de cette mission rapportèrent de Bombay un certain nombre d’échantillons de cultures du bacille de la peste et commencèrent des expériences au mois de mai de l’année dernière, dans un laboratoire aménagé pour la circonstance.
- Les recherches étaient terminées depuis un mois et demi. Dans le laboratoire, il n’y avait plus que quelques rats immunisés contre la peste et sur lesquels on faisait de temps à autre des expériences de contrôle. Le 15 oc-
- tobre 1898, le garçon de laboratoire, Franz Barisch, chargé de nourrir les animaux et d’approprier le local tomba malade. Cet homme fut isolé, et dès le début de son affection, qui cliniquement n’offrait d’autres symptômes que ceux d’une pneumonie, on procéda à un examen bactériologique des crachats. Ceux-ci contenaient des micro-organismes ressemblant aux bacilles de la peste. Le malade succomba dans la soirée du 18 octobre ; l’autopsie ne fut pas faite.
- Le 19 octobre, l’une des deux gardes-malades de Barisch fut prise de fièvre et transportée à l’hôpital de l’Empereur François-Joseph. L’autre garde se sentit aussi indisposée et fut de même isolée.
- M. le Dr Millier, qui avait donné ses soins à Barisch, se chargea de suivre les deux malades, gardées à leur tour par deux sœurs du Sacré-Cœur. Chez l’une des deux patientes les phénomènes morbides ne tardèrent pas à se dissiper, tandis que chez l’autre, il y eut une élévation considérable de la température qui atteignit 41°,2. Les deux religieuses furent aussi atteintes ultérieurement, mais en somme guérirent assez vite.
- Le 21 octobre, on fit savoir aux autorités sanitaires de la ville que M. Müller se trouvait aussi indisposé et avait été obligé de s’aliter. Son état empira considérablement dans le courant de la journée. Le lendemain, à 2 heures du matin, le Dr Müller succombait. 11 fut victime de son devoir poussé à l’extrême. Il avait tenu non seulement à ne pas quitter le garçon de laboratoire Barisch, mais encore à assurer la désinfection de sa chambre en procédant lui-même au grattage des murs, afin que le fléau épargnât de nouvelles victimes.
- Nous avons dit déjà avec quel véritable héroïsme il est mort. Très maître de lui, sachant qu’il était perdu et ne voulant exposer personne à la contagion, il s’est traîné jusqu’à la fenêtre pour recevoir l’absolution qu’un prêtre lui a donnée de la rue. Il a laissé une lettre à sa famille qui témoigne jusqu’au dernier moment de ses préoccupations professionnelles. En post-scriptum il avait écrit : «Je voudrais être brûlé sur un bûcher, afin de ne pas mettre en péril mon prochain. Recueillez mes cendres, enterrez-les dans le cimetière de Doebling, près de ma grand’mère ».
- Chez les diverses gardes-malades, les symptômes furent les mêmes. On constata dans les expectorations le bacille de la peste. Elles sont maintenant hors de danger. La peste frappa encore une troisième garde-malade qui est aujourd’hui revenue à la santé.
- Il faut ajouter que ces dernières ont reçu plusieurs doses de sérum antipesteux Yersin, envoyé par l’Institut Pasteur de Paris.
- On avait pris d’ailleurs toutes les mesures les plus rigoureuses d’isolement et de désinfection. Depuis, aucun cas nouveau n’a été signalé et l’on peut considérer comme éteint le petit foyer épidémique.
- Mais que ces événements servent de leçon ! La peste expérimentale confinée dans le laboratoire a pu en franchir les portes. Ce qui est arrivé une fois pourrait survenir encore. On ne saurait donc trop recommander la prudence aux bactériologistes. IL de P.
- MONTAGE RAPIDE D’UNE L0C0M0TITE
- Ces expériences, dont il a été parfois signalé ici des exemples, ont de grands avantages : non seulement elles permettent de constater l’habileté des
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- LA NATURE
- Fig. 1. — La locomotive à la 1” heure.
- ouvriers, mais encore, et surtout, elles donnent l’occasion aux chefs d’ateliers de se rendre compte des modifications qu’il faudrait apporter aux pièces de détail pour faciliter le moulage.
- Dès le mois de mars 1896 la Compagnie française des chemins de fer de l’Est avait mené à bien un essai de ce genre, en faisant monter en 107 heures une machine-tender. A cette occasion on s’était aperçu qu’il serait important de développer l’emploi des gabarits et des calibres, de livrer au montage des pièces entièrement finies, etc.
- C’est encore la compagnie de l’Est qui a effectué le travail dont nous voulons parler, sur une locomotive à marchandises à marche rapide. La machine montée en 66 heures, dans les ateliers d’Epernay, est d’ailleurs de construction assez simple ; elle compte 5 roues accouplées sans essieu porteur à l’arrière. Longue au total de 9m,98 sur 2m,75 hors marchepieds, elle pèse 42850 kilogrammes à vide et 48 915 en charge; elle est munie de 2 sablières double et du frein Westinghouse. La suspension est peu compliquée, sans balanciers pour ressorts ;
- il n’y a ni caisses à eau ni soutes à combustible.
- La chaudière est longue de 7™,614, avec un diamètre moyen de lm,450 pour le corps cylindrique; il y a 272 tubes de 5m,90.
- Ces données servent, en même temps que les gravures ci-jointes, à renseigner sur l’importance du travail mené à bien en 66 heures.
- Le montage a été effectué par une équipe ordinaire dirigée par un chef-monteur (M. Deshordes), et comprenant 11 monteurs, 4 apprentis et 1 manœuvre ; mais parfois, quand cela était possible, on a pris dans les équipes voisines des hommes supplémentaires. Le travail journalier était de dix heures. Toutes les pièces de la locomotive ont été amenées à pied d’œuvre par un manœuvre, et un transbordeur de 50 tonnes à commande par cable était presque constamment à la disposition des monteurs. L’alésage et le perçage des trous étaient faits par des machines à moteur électrique. Bien entendu, on apportait terminées, absolument finies, toutes les
- Fig. 3. — Le moulage à la 22e heure.
- pièces qu’on avait pu, à l’ajustage ou à la chaudronnerie, porter à leur dernier état de parachèvement : la cabine du mécanicien, notamment, était dans ce cas.
- Le premier jour, on mettait en chantier les longerons, on montait les cylindres, on vérifiait l’équerrage des châssis ; heure par heure on voyait progresser le travail. Dès la vingt-deuxième heure, autrement dit au début de la troisième journée, la machine commençait à prendre quelque peu forme. Pendant le quatrième jour on montait la cabine-abri, la chaudière étant définitivement en place dans les longerons. Au bout de la quarante-neuvième heure, on abordait ce qu’on peut appeler des détails : montage de la pompe à air, du mouvement de distribution, des boîtes sur les fusées des roues; à la fin de ce cinquième jour, la machine reposait sur ses roues et sur la voie de sortie.
- A ce point de vue spécial, il faut dire qu’on avait pu gagner quelques heures : on avait effectué la
- Fig. 2.
- Etat d’avancement à la 11* heure.
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- LA NATURE.
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- mise sur roues immédiatement sur la voie de sortie et non pas sur la voie de montage ; on avait ainsi évité un second enlevage de la locomotive pour la placer sur la voie de sortie.
- Dès lors elle semblait pour ainsi dire prête à marcher, bien qu'il lui manquât, entre autres choses assez importantes, ses bielles motrices. Le septième jour
- Fig. -i. — La locomotive à la 53“ heure.
- on vérifiait le réglage de distribution, on pesait la machine et réglait les ressorts ; on la sortait et on l’allumait, on essayait le frein et les injecteurs et, à 1 heure de l’après-midi, on pouvait partir pour un essai de 56 kilomètres, jusqu’à Jâlons-les-Yignes.
- Fig. 5. — Étal du travail à la 49e heure.
- II est assez curieux de relever le nombre d’heures durant lesquelles avaient été employés les ouvriers des diverses professions. Pour les monteurs, on comptait 976 heures d’ouvriers (en y comptant celles du chef-monteur), 264 d’apprentis et 60 de manœuvres ; pour les chaudronniers, la décomposition comprenait 62 heures d’ouvriers de tôlerie,
- Fig. <>. — La locomotive à la ,rjS° heure.
- 126 d’ouvriers de rivetage et 42 d’apprentis de la même partie, enfin 76 d’ouvriers de tuyauterie. Il est assez curieux de rapprocher ces chiffres de ceux que La Nature a donnés antérieurement sur le poids des matériaux divers qui entrent dans la construction d’une locomotive.
- Ce tour de force a naturellement été facilité par la simplicité de construction de la locomotive en question ; mais il faut tenir compte de ce fait qu’en somme on n’y a pas employé un grand nombre d’ouvriers. L’ingénieur chargé de cette construction, M. Desgeans, espère bien du reste faire mieux encore , en terminant beaucoup de pièces à l’avance : le personnel garde volontiers l’habitude de présenter les pièces brutes sur celles auxquelles elles doivent être fixées, les traçant, les faisant terminer par des machines-outils, pour les ajuster ensuite définitivement, les fixer au moyen de boulons provisoires, enfin aléser les trous et river.
- Avec des calibres bien faits, on peut entièrement finir et percer à l’avance, on gagne du temps et de l’argent en exécutant les pièces en série. Enfin, on
- Fig. 7. — La locomotive à la fil" heure.
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- LA NATURE.
- active encore le montage en exécutant en acier moulé un grand nombre de caissons entretoisant les longerons. Alors 66 heures sembleront un délai relativement considérable. I). Lebois.
- LE BÉTEL
- La première chose qui frappe l’Européen, nouveau débarqué dans un port des Indes ou d’Indo-Chine, ce sont les larges crachats rouges qui souillent le seuil des portes et les pierres des avenues ; son étonnement redouble lorsqu’il voit les indigènes, hommes et femmes, lancer, de temps à autre, de longs jets de salive sanglante. Ces crachats n’ont pourtant rien d’anormal : ils proviennent de l’excès de salivation, produit en abondance par la mastication du bétel.
- La coutume de chiquer le bétel remonte, en Extrême-
- Fig. 1. — Le Bétel.
- Orient, à la plus haute antiquité ; — les lettrés ne retrouvent, dans aucun de leurs écrits, la date, même probable, de l’établissement de cet usage. — Elle est aussi courante que celle de fumer le tabac en Amérique et en Europe ; hommes, femmes, enfants et même certains Européens, résidant depuis longtemps, en usent et consomment de quinze à vingt chiques par jour.
- La chique de bétel se compose de trois éléments : de chaux vive ou de terre du Japon, de noix d’arec (cachou de l'areca catechu), le tout enveloppé dans une feuille de bétel ; elle a la forme d’une boulette de la grosseur du pouce. Les Indiens, les Annamites et surtout les Tonkinois renferment les trois ingrédients dans des petits coffrets souvent d’une grande valeur, qu’ils présentent à leurs hôtes sur des plateaux de laque, quelquefois enrichis d’incrustations précieuses. La couleur du mélange est rougeâtre, ce qui explique la coloration de la salive qui,
- dans les premiers temps de la mastication, est très abondante et doit être rejetée jusqu’à ce qu’elle ait perdu toute coloration. Lorsque la salive est devenue blanche, les chiqueurs de bétel l’avalent, c’est à ce moment que la chique est à point. Les sucs exprimés du bétel produisent une coloration noire de l’émail des dents, ce qui donne un aspect étrange à la physionomie toujours souriante des Indo-Chinoises ; en France, avoir les dents noires est synonyme de laideur ; en Orient, autres goûts, les dents blanches sont fort mal portées. Malgré cet inconvénient, le bétel a, sur l’organisme, une action bienfaisante.
- Certains auteurs le considèrent comme un antidéper-diteur et un excellent prophylactique du paludisme et de la dysenterie. 11 produit sur le système nerveux l’effet d’un léger narcotique et plus d’un Européen, atteint de neurasthénie, s’est fort bien trouvé de son usage. Il agit sur le tube digestif comme agent stimulant et tonique. Les indigènes lui reconnaissent une foule de vertus, dont quelques-unes, entre autres celle d’être aphrodisiaque, sont fort contestables ; ils le regardent comme le stimulant par excellence et les coolies porteurs, qui marcheraient, tant bien que mal, avec une nourriture plus que restreinte,
- Fig. 2. — La noix d’arec.
- resteront sourds à toutes injonctions, même à celles de la Kadouye (rotin fendu servant de martinet) de leurs chefs, et n’avanceront pas d’un pas si leur consommation de bétel n’est pas assurée pour toute la durée du voyage.
- Le bétel, dont la feuille entre dans la composition de la chique, est un arbuste de la famille des Pipéracées, et que Linné a décrit sous le nom de Piper Betel. Sa hauteur ne dépasse pas 3 mètres ; son tronc, assez grêle, est recouvert d’une écorce lisse d’un gris cendré portant des lenticelles plus foncées. Les feuilles, d’un beau vert clair, sont entières, penninerves et ont de 7 à 8 centimètres de longueur, sur 3 à 4 dans leur plus grande largeur. Le fruit du bétel est un fruit composé d’un grand nombre de petites graines grises, assez semblables à celles du poivrier commun, réunies sur une hampe axillaire. Quelques amateurs de bétel, dont le palais est blasé, ajoutent à la composition indiquée une pincée de la poudre de ces fruits écrasés. Les médécins annamites prescrivent, dans les cas de gastralgie, des infusions légères de feuilles de bétel desséchées.
- La noix d’arec, nommée également noisette d’Inde, est le fruit d’un palmier, appelé Areca catechu, qui appar-
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- LA NATURE.
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- tient à la famille de Arécinées et est originaire de l’Inde. C’est un fort bel arbre, dont le stipe, parfaitement droit, atteint de 15 à 20 mètres de hauteur; le tronc, lisse, est couronné à son sommet par un bouquet touffu de grandes feuilles bipinnatiséquées, vert foncé, de 4 à 5 mètres de long. Ses fleurs blanches, légèrement teintées de jaune, s’épanouissent, juxtaposées par trois, sur d’énormes tiges d’inflorescence. Les fruits de l’arec, disposés en grappes volumineuses, sont, lorsqu’ils sont mûrs, d’une belle couleur orangée et de la grosseur d’un œuf d’oie; ils sont formés d’une drupe, entourée d’une sorte de filasse à sa base, et sont remplis d’un liquide homogène et ruminé, analogue à l’eau du coco, avec un très petit embryon cylindrique. Avant que la noix ne soit arrivée à complète maturité, ce liquide se transforme en une sorte de pulpe sucrée, très agréablement parfumée, dont les Indiens, sous le nom de pinnang, font une grande consommation soit au naturel, soit en confitures. Lorsqu’elle est à maturité, cette pulpe se durcit et forme une amande d’un blanc grisâtre, dont les fragments entrent dans la composition du bétel.
- En décoction, la noisette d’Inde produit un cachou du commerce très estimé et connu sous le nom de c-hofool. Indépendamment de sa noix, l’areca catechu fournit, tiré de son écorce, un excellent tissu pour l’emballage, et son bourgeon terminal constitue le meilleur des choux palmistes connus. Henry Chastrey.
- L’EAU DOUCE DES DUNES HOLLANDAISES
- Notre confrère Scientific American annonçait récemment que pour assurer l’alimentation d’eau de Haarlem, on allait capter des eaux douces dans les dunes du bord de la mer.
- Si bizarre au premier abord que la chose paraisse, étant donné que l’eau de mer, toute voisine, devrait filtrer à travers les sables et rendre saumâtre l’eau recueillie dans les masses de sable au-dessous de son niveau, on a de nombreux exemples qui peuvent rassurer complètement sur le résultat final qu’on obtiendra à Haarlem. Comme cas particulier et peu connu, nous pourrions citer, à l’île de Ré, le long de la mer « sauvage », des puits creusés dans le massif sablonneux, à peu de distance de la mer, et fournissant une eau renommée dans le pays, où les puits ordinaires ne brillent point par leur qualité. Mais, pour revenir à la Hollande, disons que l’eau d’alimentation d’Amsterdam et de la Haye est recueillie dans les dunes qui bordent le littoral. Pour Amsterdam, elle est prise dans des canaux à ciel ouvert, qui ne sont jamais, du reste, creusés au-dessous du niveau de la mer; pour la Haye au contraire, la captation se fait dans des tuyaux de grès, noyés au milieu d’un lit de coquilles, et posés à près de 4 mètres au-dessous du niveau de la mer.
- Les travaux de Haarlem sont déjà commencés dans des dunes voisines qui ont une largeur de près de 4 kilomètres, et dont le sommet s’élève à quelque 6 mètres au-dessus de la mer; la quantité d’eau qui filtre à travers ces sables est évaluée à 27 millimètres par an. L’eau sera prise dans des puits descendant de 15 à 20 mètres au-dessous du niveau de la mer; cette eau est absolument douce, tandis qu’elle est saumâtre dans le voisinage. Elle contient, il est vrai, beaucoup de fer en dissolution, et c’est pour cela qu’elle sera soigneusement filtrée, comme à Amsterdam et à la Haye. P. de M.
- RELÈVEMENTS DE NAVIRES ÉCHOUÉS
- A l’aide de la désagrégation du fond
- Les bâtiments coulés par des fonds ne présentant pas trop de profondeur donnent lieu à des opérations de renflouage généralement basées sur le principe de l’étanchement des parties défoncées de la coque, et de toutes les ouvertures, suivi de l’épuisement des eaux. Ces travaux ne sont pas sans difficultés, car en dehors de celles que présente l’aveuglement des voies d’eau, il faut encore, pour permettre aux coques et aux ponts de supporter sans faiblir la pression considérable qui s’applique sur leurs surfaces lors de l’épuisement, les faire soigneusement renforcer ou épontiller par des plongeurs.
- Les bâtiments simplement échoués sans avaries sérieuses et dont une partie notable est demeurée hors de l’eau sont ordinairement plus faciles à relever; mais, lorsqu’ils se sont enfoncés profondément dans des vases ou des sables, il faut, pour les remettre à flot, vaincre les frottements énormes qu’exercent sur le fond les parties engagées. On n’y arrive que difficilement avec les navires d’importance moyenne ; mais, quand on a affaire aux grands bâtiments des flottes de guerre modernes, il faut recourir à des procédés spéciaux, car la traction opérée par des remorqueurs serait généralement insuffisante pour les dégager. On a donc eu l’idée, ne pouvant surmonter directement le frottement opposé par le fond, de le supprimer en désagrégeant ce dernier soit à l’aide de jets d'eau sous pression, soit au moyen de dragues à succion, soit même, dans certains cas, avec 'les deux systèmes combinés.
- Deux exemples intéressants de ces applications ont été récemment décrits ; l’un s’applique au croiseur russe Rossia échoué sur un bas-fond du lit de la Néva, à Saint-Pétersbourg1, et l’autre, au cuirassé Victorious de la marine anglaise échoué au nord-est de la jetée de Port-Saïd2.
- Le Rossia mesure 146m,46 de longueur entre perpendiculaires, 22U1,88 de largeur et 7m,30 de creux. En pleine charge il déplace 12 200 tonnes ; au moment de l’accident, le déplacement était de 10 800. Il s’était enlisé d’environ 0m,80 sur un fond de sable fin et limoneux mélangé d’une forte proportion de cailloux, et, par suite de l’abaissement du niveau de fleuve, il arriva à exercer sur le fond une pression de 2500 tonnes. Par malheur on était au mois de novembre, et le fleuve fut pris par les glaces dont la couche devint si épaisse autour de la coque qu’on dut renoncer à la briser. Des plongeurs ayant rapporté que la poupe était dégagée et que la quille latérale de gauche demeurait libre sur presque toute sa longueur, on essaya, mais sans
- 1 Génie civil. — Le relèvement du croiseur Ilossia par l’Ecole des plongeurs de Cronstadt, t. XXXI, n° 25.
- 2 Le Yacht. Echouage et remise à flot du Victorious, par Em. Duboc, n° du 18 juin 1898.
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- succès, de relever le navire en le tirant de côté. L’École des plongeurs de Cronstadt fut alors chargée des opérations : elle en lit, en dehors du luit principal, l’objet d’un véritable exercice. Les plongeurs s’habillaient sous une tente établie sur la glace même (fig. 1), puis descendaient deux à la fois, dans le ileuve munis de lampes électriques et d ’a ppareils téléphoniques : ils pouvaient séjourner une demi-heure dans l’eau. On eut l’idée de faire l’épure du fond sur lequel était échoué le navire : à cet effet on en divisa la coque en dix parties marquées chacune d’un trait blanc. On descendait les plongeurs successivement dans chacun des plans verticaux déterminés par les lignes, et à l’aide de perches appuyées contre les quilles latérales, ils arrivaient à relever et transmettre par téléphone une série de cotes, qui combinées avec les couples successifs du Rossia, le tirant d’eau, etc., permettaient de repérer fort exactement sa position (fîg. 1). Pour désagréger le fond sableux, dont nous avons parlé, on appliqua contre le navire un chaland porteur d'une pompe de refoulement dont le tuyau avait 0m,61 de diamètre. Les plongeur s engageaient ce tuyau dans le sol au-dessous de la carène jusqu’à ce que son extrémité inférieure se trouvât sous la quille (fig. 2) à 7m,50 environ au-dessous de la surface de la glace. On parvint ainsi à ameublir successivement toutes les parties en contact : les explorations directes du iond, auxquelles on procédait après l’arrêt de la pompe, aussi bien que les enfoncements du croiseur, tantôt par son avant, tantôt par son arrière, et l’augmentation de sa bande, permettaient de se
- rendre compte des résullats obtenus. L’opération commencée le 19 novembre 1896 se termina le 15 décembre avec un plein succès. Elle avait été certainement de beaucoup prolongée par l’étude de repérage dont nous avons parlé et par la congélation
- du fleuve. D’autre part, le navire ne se trouvait pas dans des conditions dangereuses, c o m m c nous l’allons voir pour le Victor ions et la durée du travail n’avait pas toute l’importance qu’elle a prise dans ce dernier cas.
- Ce navire, dont nous empruntons le dessin (fig. 5) à notre confrère Le Yacht, est l’un des plus puissants de la flotte anglaise : long de 119 mètres, large de 22m,90, avec un tirant d’eau de 8m,40, il déplace 15140 tonneaux et file 18 nœuds. Le 14 février dernier, au moment où il se présentait devant le prolongement des jetées de Port-Saïd, il dériva vers l’est sous l’influence du vent et d’une
- mer très forte. Après avoir essayé sans succès de résister avec ses machines, il jeta successivement deux ancres dont les chaînes cassèrent, et, réduit à l’état d’épave, il vint s’échouer, par un fond de 7m,50, à environ un mille de l’extrémité des jetées : il s’y enfonça d’environ 1 mètre.
- Un tenta,, tout d’abord, de déplacer le Victo-rions en attelant à son arrière deux remorqueurs développant ensemble une force de 1500 chevaux, mais il ne fit que tourner sur lui-même, avec cet avantage toutefois qu’il avait le cap en bonne direction. Le lendemain, 16 février, l’opération fut reprise par l’avant, mais sans résultat appréciable. Toutefois, en se halant sur une de scs ancres, le navire parvint à se traîner sur le fond pen-
- Fig. 2. — R élevage du croiseur Rossia. Désagrégation du fond à l’aide d’un refoulement d’eau.
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- dant une centaine de mètres. En même temps, on jectiles pour l’alléger et lui permettre de flotter procédait au déchargement du charbon et des pro- quand il serait amené vers les fonds de 8 mètres.
- Fig. 5. — Vue d’ensemble du Viclorwus, cuirassé anglais.
- Les résultats obtenus étaient, comme on le voit, des plus médiocres, quand l’ingénieur en chef de la Compagnie du canal de Suez, M.
- Quellennec, fit proposer au commandant du Vic-torious de creuser un chenal sous le navire à l’aide d’une drague à succion opérant à bâbord et de deux bateaux- citernes pourvus de pompes de refoulement lançant sur les fonds de tribord des jets d’eau sous pression. Notre fig. 4 donne une représentation du travail.
- La drague à succion amarrée par le travers du cuirassé était tenue du coté du large par deux ancres, sur lesquelles elle se lialait pour marcher d’arrière en avant et
- réciproquement. Les déblais aspirés étaient simplement rejetés à la mer. En môme temps les jets
- d’eaux des bateaux-citernes désagrégeaient les sables vaseux à tri bord, et les remorqueurs, dont nous avons parlé, forçaient toujours sur les remorques.
- Tout à coup, dans la matinée du 17 lévrier, le Victorious s’avança brusquement de 150 à 200 mètres, puis s’échoua de nouveau. Ce bond détermina la rupture des amarres qui le reliaient à la drague à succion, mais il n’y eut heureusement aucun accident. Les opérations furent ensuite reprises à 7 heures 1 /2 du soir, comme précédemment, mais sans mouiller
- Fig. 4. — Dégagement du Victoriuus à l'aide d'une drague suceuse et d’un chaland à refoulement d’eau.
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- pour lu drague aucune ancre au large, de manière qu’elle pût se déplacer en meme temps que le cuirassé. Une demi-heure plus tard, le Victorious commença à avancer par petits mouvements saccadés, puis se mit à flotter. Il était alors 11 heures du soir. Le lendemain, au lever du jour, on amarra la drague près de l’étrave, et le navire se dégageant complètement put, à 8 heures du matin, être conduit dans les fonds de il mètres où il devenait maître de se mouvoir sans difficultés, par ses propres moyens. Du 17 février à midi jusqu’au 18, à 7 heures du matin, il avait fait un parcours de 450 mètres à travers des fonds de 7m,50, c’est-à-dire inférieurs de 0m,55 à son tirant d’eau (après allègement).
- L’opération a donc pleinement réussi et fait honneur à l’hahile intervention du personnel de la Compagnie du canal de Suez. Un peut dire qu'elle a tiré le cuirassé anglais d’une position fort critique, car dans des fonds de sahle visqueux comme ceux où il s’était enlisé, l’adhérence à la carène est tellement forte que les navires échoués peuvent, sous l’influence des marées qui creusent nécessairement le lit d’échouage, arriver à s’enfoncer progressivement jusqu’à la pomme des mâts. Ce fait désastreux s’est présenté plusieurs fois, notamment dans la rade de Bilbao. G. Ricnou,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- CHRONIQUE
- Les températures maxima du mois d’août
- 1808. — C’est pendant le mois d’aoùt, et probablement le 21, que le thermomètre a indiqué les températures les plus élevées en France. Nous extrayons du Bulletin mensuel du Bureau central météorologique de France les
- chiffres suivants :
- Localités. Température Dates.
- — niaxima. —
- Àngoulêmc . 40°, 8 21 août
- Caliors . 39°, 2 18 et 21 —
- Bordeaux . 39°, 1 21 —
- Limoges . 59°,0 21 —
- Lagor (Basses-Pyrénées). . 38»,6 17 —
- Lescar — . 38°,5 21 —
- Moulins. ....... . 580,4 21 —
- Angers . 58°,0 21 —
- Auch . 37°,8 7 et 21 —
- Draguignan . 370,5 22 —
- Dax . 570,2 21 —
- La Tronche . 570,2 22 —
- Le Puy . 570,0 6 —
- Yarzy (Nièvre! . 370,0 21 —
- Yesoul . 370,0 22 —
- La plus haute température 40°,8 a été observée le 21 à Angouléme (cette ville n’envoie pas tous les jours ses observations au Bureau central météorologique : c’est pourquoi elle n’est pas souvent citée, et c’est ce qui explique qu’on ne l’ait pas indiquée comme ayant le maximum de l’année 1898).
- Découverte des eométes parla photographie.
- — Nous connaissons déjà trois comètes qui sont dues à la photographie : la première est la comète Barnard du 12 octobre 1892. Cet astronome aperçut une traînée lumineuse figurant la queue d’une comète inconnue sur une plaque photographique d’une portion de la voie lactée
- obtenue avec le télescope Crocker. — Fendant l’éclipse totale du soleil du 16 avril 1895 observée à Mina Bronces (Chili), M. Schaeberlé trouva sur un négatif l’image d’un objet étrange qu’il reconnut pour une comète. On la vit pareillement sur d’autres photographies prises pendant cette éclipse ; mais cet astre n’a jamais été observé directement, et l’on n’a pu calculer son orbite. (On sait du reste qu’un certain nombre de comètes n’apparaissent que pendant le jour et sont perdues pour la science). — Enfin, M. Coddington, astronome de l’Observatoire Lick, a reconnu la troisième comète sur un négatif de la région nébuleuse située au nord d’Antarès, après deux heures d’exposition à l’aide du télescope photographique Crocker, dans la nuit du 9 au 10 juin. 11 ne développa cette photographie que le 11 et vit une longue traînée lumineuse dont la direction indiquait la région vers laquelle allait l’astre nouveau.
- Inoculations contre la peste. — L’inoculation contre la peste vient de se faire sur une large échelle dans la ville indienne de llubli : sur une population d’une quarantaine de mille âmes, 55 000 personnes l’ont subie, et les deux tiers ont même été inoculés deux fois, toujours à titre préventif. Or, la plupart des cas mortels survenus ces temps derniers, à ce que dit le Times of India, se sont produits chez des individus non inoculés. On a relevé, sur 52 000 vaccinés, 69 attaques de peste, et 417 sur 8500 non vaccinés. Le médecin en chef, le Dr Leumann, se prépare à publier un rapport détaillé affirmant sa conviction de l’efficacité de l’inoculation.
- L’identité de la peste humaine et de la peste des rats. — On a rapporté à plusieurs reprises que la peste fut introduite à Calcutta par des corps de rats morts qui avaient été trouvés en foule le long des berges du Gange. Le Dr F. G. Clemow a repris celte question dans Lancet, et il conclut en disant que les maladies peste humaine et peste du rat sont identiques, comme la tuberculose bovine et la tuberculose humaine. D’ailleurs, ce mal redoutable peut s’attaquer à d’autres animaux que le rat : il frappe parfaitement le chien, le porc, le pigeon, les volailles.
- t u chantier de constructions navales au Japon. — Nous parlons d’un chantier privé, celui de la Compagnie Mitsu Bishi, installé à Nagasaki. Il appartenait primitivement à l’État, qui l’a cédé en 1884 à ses propriétaires actuels. La Compagnie a allongé sensiblement le grand dock primitif et en a construit un autre ; on a fait venir les machines les plus modernes : en un mot l’installation est complète. Le grand dock a I55m,4 de long et 24”,40 de large; l’autre a même longueur sur 16m,15; il existe en outre un slip capable de soulever des navires de 1200 tonneaux. Des voies ferrées parcourent tout le chantier, qui possède une bigue de 80 tonnes. Actuellement on y achève un navire de 91m,40 et de 2550 tonnes, un autre de 72m,50 et 1540 tonnes, enfin deux de 155m,65 et 6550 tonnes.
- L’insuccès financier des chemins de fer aériens de Chicago. — Si nous en croyons Engineering News, si remarquablement construits et exploités que soient les elevated électriques de Chicago, dont la description a été donnée ici, ils ne rencontrent point un succès financier : et cela par suite de la concurrence des tramways. Ceux-ci ont voulu lutter : ils ont rapidement substitué la traction électrique à la traction animale, et obtenu une accélération considérable ; ils ont ainsi retenu ou attiré les voyageurs qui se préparaient à donner leurs
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- préférences aux elevated. Ces chemins de fer aériens marchent à une allure moyenne (y compris les arrêts) de 17,6 à 24 kilomètres à l’heure, et les voyageurs trouvent à peu près la même vitesse dans les tramways, qu’ils prennent sans avoir à monter des escaliers. C’est là un des innombrables bienfaits de la concurrence.
- Le service téléphonique à Paris. — Pour donner une idée exacte des difficultés que présente le service téléphonique et justifier, dans une certaine mesure, les retards et les erreurs inévitables dans un organisme aussi compliqué, il nous suffira de citer quelques chiffres empruntés à une récente étude publiée par M. G. de la Touanne dans le Journal télégraphique de Berne. Au 1er août 1898, le nombre des abonnés au téléphone à Paris dépassait 18 000, dont un peu plus de 9600 reliés au bureau principal rue Gutenberg. Dans ce bureau, il n’v a pas moins de 190 kilomètres de câbles à 20 abonnés reliant les différents organes de mise en communication de ces 9600 abonnés, et 722 000 jacks (appareils de connexion) généraux ou locaux. Les liaisons entre ces jacks et les câbles n’ont pas exigé, au montage, moins de 2 500 000 soudures. Si l’on joint à cela les mutations journalières nombreuses dues aux désabonnements, changements de domicile, abonnements nouveaux, etc., on s’explique facilement certains retards et certaines irrégularités dont il serait injuste de faire supporter toute la responsabilité à nos téléphonistes.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 novembre 4898. — Présidence de M. Woi.f.
- Nouvelles recherches sur l'air. — M. Boussingault a le premier signalé dans l’atmosphère parisienne la présence de composés hydrocarbures. M. Gautier expose qu’il a pu vérifier l’existence de ces composés non seulement dans Pair de la capitale, mais encore dans celui des campagnes. Quelle est l’origine de ces composés? M. Gautier pense qu’ils proviennent des fermentations dont le sol est le siège. A ce point de vue, il a jugé intéressant de rechercher s’ils se rencontraient dans l’air recueilli sur les hautes montagnes et à la surface des mers. Il a constaté que les composés en question n’y existent pas ou s’y rencontrent en quantités infinitésimales. Leur combustion ne donne qu’un décimilligramme d’acide carbonique pour 100 litres d’air. Mais on trouve 15 à 16 centimètres cubes d’hydrogène libre pour 100 litres d’air. Quelle est l’origine de cet hydrogène libre? M. Gautier, pour le moment, ne se prononce point.
- Expériences de télégraphie sans fil. — M. Mascart annonce qu’il a assisté à des expériences de télégraphie sans fil faites par M. Ducretet entre le Panthéon et la tour Eiffel. L’appareil expéditeur était placé au troisième étage de la tour. La rapidité de transmission des signaux a été le tiers de celle que donne l’appareil Morse. En plaçant l’appareil expéditeur au Panthéon, on n’obtient aucun résultat parce que la masse métallique de la tour empêche le fil récepteur d’être impressionné par les ondes électriques. On a donc pu réaliser la communication à une distance de 4 kilomètres, dans des conditions peu favorables. D’autres expériences faites en Angleterre, .en plaçant les appareils sur des mâts en bois de navires, ont permis de constater que la portée est proportionnelle à la hauteur des appareils. M. Mascart estime qu’en perfectionnant l’installation actuelle, en écartant de la char-
- pente métallique le fil de la tour pour détruire les effets de condensation électrique, on pourra communiquer avec la terrasse de Saint-Germain.
- Les métamorphoses de l'arénicole. — Certains animaux marins naissent très tôt et les embryons ont une vie indépendante. Aussi est-il arrivé souvent que des êtres ont été pris pour des types définis alors qu’ils n’étaient que des formes embryonnaires d’autres êtres. M. Edmond Perrier analyse un travail de M. Fauvel détruisant une erreur de ce genre. 11 s’agit de l’arénicole des pêcheurs bien connue de tous ceux qui ont fréquenté nos plages par ses tortillons de sable. Deux êtres vivants ont passé jusqu’à ce jour pour être des types déterminés alors qu’ils ne sont que des formes larvaires de l’arénicole à des stades différents. Le premier de ces êtres est le clyménide.
- Culture de bactéries dans l'eau de mer. — M. Dufiocq a entrepris des recherches à l’effet de vérifier si des bactéries peuvent se multiplier dans l’eau de mer qui est un milieu différent de ceux étudiés, en ce qu’il ne contient pas de matières albuminoïdes. 11 a réussi à y cultiver divers bacilles, ceux de la fièvre typhoïde, le bacille pyeianique et celui du choléra. Il y a fait prospérer également certains champignons, le muguet, la teigne. Ces bacilles ne subissent pas de variations morphologiques, contrairement à ce qu’on aurait pu attendre. 11 est nécessaire, pour la réussite de ces expériences, de ramener l'eau de mer à une teneur de neuf grammes de sel par litre et d’ajouter du phosphate d’ammoniaque.
- Préparation de corps nouveaux. — On connaissait déjà les combinaisons de l’ammoniaque avec le potassium et le sodium. Ces composés ont une constitution incertaine, ils sont regardés par quelques auteurs comme de véritables combinaisons et par d’autres auteurs comme des solutions de métaux. M. Moissan a obtenu des composés nouveaux du même genre en attaquant le lithium et le calcium par l’ammoniaque liquide. Ce sont des composés stables à la température ordinaire. Le lithium ammonium présente des réactions très énergiques, il s’oxyde à l’air et se décompose au contact de l’eau. De même le calcium ammonium offre des réactions très énergiques, notamment avec le soufre et l’iode.
- Varia. — M. de Lacaze Duthiers présente des photographies prises dans l’eau de la mer par M. Boutan. — M. Copreaux communique un travail sur l’éther triéthyle borique. — M. Grandidier décrit les opérations géodé-siques et topographiques exécutées à Madagascar, entre Tamatave et Tananarive par le père Colin missionnaire.
- Ch. de Yilledeuil.
- L'OBSERVATOIRE DU PIC DU MIDI
- Le 25 septembre a eu lieu à l’Observatoire national du Pic du Midi, l’inauguration des bustes du général Champion de Nansouty et de l’ingénieur Vaussenat. A ce propos il ne nous semble pas superflu de rappeler brièvement l’origine et les débuts de cet Observatoire.
- L’idée de faire des observations au Pic du Midi est déjà ancienne. L’astronome Plantade, de Montpellier, mourut au col de Sencours, en 1741, au milieu d’une observation et le sextant à la main. Les conditions incomparables réunies en ce lieu frappèrent
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- plus tard le physicien d’Arcet, qui, fort lié avec Turgot et le duc d’Orléans, obtint d’eux la promesse d’une somme de 80 000 livres pour construire au Pic du Midi une habitation permettant d’étudier les phénomènes atmosphériques ; la Révolution balaya promesses et projets. En 1852 seulement, un habitant de Bagnères, le D1' Costallat, réunit quelques amis, et, avec leur aide, installa au col de Sencours (2300 mètres) une hôtellerie qui, dans sa pensée, devait servir à réaliser cet ancien projet, autant qu’à faciliter l’ascension de la montagne. La Société Ramond, fondée quelques années plus tard, en 1866, s’occupa à son tour de cette question. Mais tout cela était encore à l’état de vœu stérile, lorsqu’à la fin de 1871 l’Association scientifique de France mit l’étude le projet d’un observatoire à créer sur un sommet pyrénéen, pour faire pendant à celui du Puy-de-Dôme.
- Son secrétaire fut mis en rapport avec M. Vausse-nat, membre de la Société Ramond, et, lorsque M. Sainte-Claire Deville, inspecteur général des services météorologiques, intéressé à son tour par Y Association scientifique, vint à Bagnères en novembre 1872, il trouva la question mûre. Sous le patronage de la Société Ramond, une commission se forma, ayant pour président le général de Nansouty, pour secrétaire M. Vaussenat ; les membres de cette commission furent, au début, de zélés collaborateurs ; mais peu à peu toutes les bonnes volontés se dispersèrent ; seuls, MM. de Nansouty et Vaussenat menèrent leur tâche jusqu’au bout, malgré les difficultés de tout ordre, sans cesse renaissantes, et c’est bien légitimement de leurs deux noms que put être signée la cession de l’Observatoire à l’Etat.
- En avril 1873, le Congrès scientifique de France tenait ses assises à Pau; M. Vaussenat y lança son premier appel au monde savant; encouragements et souscriptions affluèrent. Aussi, le 1er août suivant, le général de Nansouty alla-t-il en personne s’installer à l’hôtellerie de Sencours, où il dirigea cette première campagne d’observations pendant soixante-dix jours.
- Le général et ses aides remontèrent le 1er juin
- 1874 et comptaient passer à Sencours l’hiver suivant, mais ils furent chassés de leur poste périlleux par une effroyable tempête qui mit leur vie en danger, le 15 décembre 1874. Dès lors, on comprit la nécessité de hâter la construction du sommet ; pendant que le général reprenait sa précaire installation, qu’il ne devait plus quitter pendant huit années, M. Vaussenat courait de ville en ville, de société en société, multipliant les conférences et les démarches, obtenant des sommes relativement considérables, qui lui permirent enfin de se mettre à l’œuvre. La crête étroite de la montagne, journellement frappée par la foudre, fut entaillée, transformée en une admirable plate-forme, et couverte d’une véritable forteresse, préservée par un réseau complet de paratonnerres, où, toute l’année, des travailleurs peuvent maintenant, en toute sécurité, à 2 860 mètres d’altitude,accumuler des observations de météorologie, d’astronomie et de physique générale.
- Le logis enfin achevé, le général put hiverner au sommet en 1881-1882. La dépense totale s’était élevée à 230 000 fr., provenant de subventions ministérielles, de souscriptions particulières et des sacrifices personnels des fondateurs. Mais les ressources étaient épuisées : MM. de Nansouty et Vaussenat offrirent l’établissement à l’État qui l’accepta et en prit possession le 8 septembre 1882. Le général de Nansouty fut nommé directeur honoraire, et M. Vaussenat directeur titulaire.
- De 1882 à 1890 de nombreux travaux furent faits au Pic du Midi en astronomie et en physique du globe, en physiologie, chimie biologique, etc. Rappelons notamment ceux de MM. Janssen, Thollon et Trépied, Müntz, Aubin, Viaud, etc. L’Observatoire fut complété ; il est entouré aujourd’hui d’une terrasse mesurant 150 mètres de long sur 50 de large, où le directeur actuel, M. Marchand, se livre, malgré l’insuffisance de son matériel, à de savantes recherches magnétiques et astronomiques. L. P.
- Le Gérant : P. Masso.n.
- à
- Observatoire (lu Pic du Midi (façade principale).
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N* 1329. — 19 NOVEMBRE 1898.
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- BATEAU SOUS-MARIN « HOLLAND »
- Les essais du torpilleur sous-marin Holland, qui avaient été interrompus par la dernière guerre Hispano-Américaine, vont être repris à New-York et les premiers résultats obtenus avaient été si satisfaisants qu’ils font bien augurer de l’avenir.
- 11 y a vingt ans que M. Holland travaille cette
- question de la navigation sous-marine et le Holland est le sixième navire de l’espèce construit d’après ses plans. L’avant-dernier, le Plunger, d’un déplacement de 146 tonnes, a fdé, avec sa machine à vapeur chauffée au pétrole, 15 nœuds en navigation courante et 14 nœuds lorsqu’il était immergé de façon à ne laisser voir que sa tourelle de commandement ; lorsqu’il est complètement sous l’eau, il marche électriquement et sa vitesse de déplacement
- Fig. 1. — Le bateau sous-marin Holland.
- ne doit pas dépasser 8 nœuds pendant six heures.
- La tourelle centrale, destinée à recevoir le commandant, est protégée par une tôle d’acier de 100mm d’épaisseur. Les machines, au nombre de deux, ont une puissance totale de 1200 chevaux; il existe en outre une machine auxiliaire de 500 chevaux. Les
- appareils électriques comprennent un moteur principal de 70 chevaux servant de récepteur dans la marche au-dessous de l’eau et permettant de recharger les accumulateurs durant le fonctionnement normal au-dessus de l’eau ; d’autres moteurs électriques, de moindre importance et de puissance plus faible,
- Fig. 2. — Le Holland en marche à fleur d’eau.
- servent à assurer le service de divers appareils auxiliaires. L’armement se compose de 2 tubes de lancement placés à l’avant, dans l’étrave du navire.
- Le Holland n’est qu’un diminutif du Plunger ; il a été construit par M. Lewis Nixon pour le compte de la Holland Torpédo boat Company.
- Sa longueur est de 16 mètres, son diamètre de 5ra,08 et son déplacement de 75 tonnes quand il est tout à fait immergé; dans ce dernier cas, sa réserve de flottabilité est de 250 kg.
- La forme générale du Holland est celle d’une 26* année. — 2® semestre.
- puissante torpille Whitehead sur le dos de laquelle on aurait disposé une superstructure de section plane à la partie supérieure (fig. 1); une tour de commandement s’élève au milieu et doit rester au-dessus de l'eau quand le navire est simplement immergé (fig. 2).
- Immédiatement au-dessous de la tour, se trouvent deux barres de gouvernail, l’une pour la navigation à la surface, l’autre pour régler la profondeur à laquelle doit être maintenu le bateau quand il est sous l’eau ; dans le même compartiment, sont dispo-
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- sés les tubes de commande permettant de communiquer avec les divers points du bord, les sonneries électriques, et la chambre claire destinée à reproduire l’image de ce qui se passe à l’extérieur grâce à un prisme fixé à l’extrémité d’un tube sortant de l’eau.
- Il existe trois sources d’énergie pour mettre le bateau en mouvement au-dessus et au-dessous de l’eau, pour expulser l’eau intérieure, pour l’éclairage et pour le lancement des torpilles et des projectiles.
- Le principal de ces agents est l’air comprimé qui est produit par un compresseur d’air actionné par une machine à gazoline quand le navire marche à la surface et par un moteur électrique et des accumulateurs quand il est sous l’eau.
- Ce compresseur peut comprimer l’air à 180 kg par centimètre carré ; ses deux cylindres sont constamment plongés dans une boîte à eau qui refroidit l’air durant la compression ; l’espace qu’il occupe n’est que de lm,90 de long sur 0,n,60 de large.
- L’air comprimé, accumulé dans deux réservoirs, sert surtout à la respiration des hommes de l’équipage au nombre de dix ; pour cet usage, il est détendu dans des appareils de réduction et de régulation, de façon à être mis en liberté à la pression atmosphérique; le surplus de l’air est utilisé pour neutraliser les effets des pompes de ventilation et d’aération qui créent une sorte de vide qu’il faut combler par l’arrivée de l’air des réservoirs.
- Les manœuvres de direction et de plongée sont assurées au moyen de l’air comprimé qui maintient également dans le navire la pression nécessaire pour équilibrer la pression d’eau pendant les immersions.
- La plongée du Holland s’obtient simplement en introduisant de l’eau de mer dans une série de réservoirs en acier reliés avec les réservoirs d’air; pour faire émerger le bateau, l’air à haute pression est introduit dans les réservoirs à eau; cette dernière est expulsée et le sous-marin remonte doucement à la surface.
- Les réservoirs d’air doivent suffire pour une plongée de dix heures, mais au besoin on peut s’approvisionner d’air au moyen d’une pompe qui aspire celui-ci dans une poire en caoutchouc flottant à la surface de l’eau et à laquelle elle est reliée par un tuyau.
- Les deux autres sources d’énergie consistent :
- 1° En une machine à gazoline de la puissance de 50 chevaux qui actionne une hélice et qui, à toute vitesse, fait marcher 8 nœuds au navire.
- 2° En un moteur électrique fixé sur l’arbre et qui peut, quand la machine à gazoline fonctionne, charger une puissante batterie d’accumulateurs; par contre lorsque le navire est sous l’eau, ce moteur
- actionne l’hélice au moyen de l’électricité emmagasinée dans les accumulateurs.
- Les accumulateurs, qui sont réunis au-dessous des réservoirs d’air, pèsent environ 20000 kg; ils peuvent fournir 500 ampères-heure pendant six heures et atteindre jusqu’à 1000 ampères-heure si on a besoin d’une marche rapide — ils suffisent pour faire développer à la dynamo une puissance de 50 chevaux. Le Holland a donc sensiblement la même vitesse au-dessus et au-dessous de l’eau (fig. 3, voir la position de divers appareils).
- Le bâtiment est divisé en un certain nombre de compartiments qui renferment les provisions de combustibles, le ballast d’eau, les accumulateurs, les projectiles, etc.
- En dehors de l’air comprimé, on peut encore produire la plongée du Holland comme sur les torpilles Whitehead, par l’emploi des gouvernails horizontaux.
- Des ventilateurs aèrent l’intérieur du navire et le compartiment des accumulateurs.
- L’armement militaire comprend :
- 1° Un canon pneumatique, à l’avant, pouvant lancer dans l’atmosphère et jusqu’à une distance de 15 à 1600 mètres, des projectiles de 90 kg renfermant 50 kg d’explosifs puissants.
- 2°Un tube sous-marin Whitehead placé dans l’axe, au-dessous du canon pneumatique.
- 5° A l’arrière et dans l’axe, un tube pneumatique pouvant lancer dans l’eau, jusqu’à 100 mètres, un projectile contenant de 45 à 50 kg de dynamite. L’approvisionnement en munitions se compose de trois torpilles Whitehead, de 6 coups pour le canon d’avant et de 5 coups pour le tube arrière.
- Les deux tubes et le canon sont actionnés par l’air comprimé qui non seulement sert ainsi au lancement des projectiles, mais encore restitue immédiatement au navire le poids qu’il vient de perdre, en permettant à une masse d’eau équivalente de pénétrer daiis certains compartiments.
- A la vitesse de 8 nœuds, le Holland manœuvre, gouverne et plonge remarquablement ; le contrôle de la plongée est facile et rapide ; la stabilité est assurée et l’habitabilité y est supérieure à celle de bien des torpilleurs ordinaires.
- Ainsi que l’a dit M. Nixon, lors de la dernière conférence des Naval Achitects, « le Holland a pris place comme un facteur important des guerres navales; c’est un élément qui doit désormais être pris en considération par toutes les marines; ces bateaux sont des poissons capables d’exercer toutes les fonctions d’un poisson, avec l’intelligence de l’homme et la puissance destructive d’une arme de guerre ».
- Le sous-marin ®st surtout une arme de défense
- 2y«iof>i&u-s
- Réservoi
- Coupe du Holland,
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- LA NATURE.
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- qui serait fort utile pour un pays comme la France possédant une grande étendue des côtes ; que pourrait une tlotte, môme des plus puissantes, contre un littoral défendu de jour par des Holland et de nuit par des torpilleurs! Commandante.
- LES PORTS ÜE PARIS
- ET LEUR TRANSFORMATION EN VUE DE l’eXPOSITION DE 1900
- Parmi les attractions de la prochaine Exposition, une de celles qui retiendront de la façon la plus séduisante l’attention des visiteurs sera sûrement la transformation que doivent subir les berges de la Seine, entre les ponts des Invalides et d’Iéna. On sait en effet que la rivière doit présenter en ces parages un aspect nouveau sur le succès duquel il est permis de compter beaucoup : des constructions originales s’élèveront sur les deux rives èn bordure même du fleuve, des escaliers s’y perdant contribueront à donner à cet endroit une vague notion des rues de la Venise ancienne. Plusieurs nations ont choisi dès à présent cette partie de l’enceinte pour installer leur section, et les palais, dont les aspects offriront une si grande variation de l’un à l’autre, seront un attrait de plus pour embellir davantage ce coin déjà si pittoresque.
- L’installation de ces constructions sur les berges telles que ces dernières étaient aménagées il y a dix-huit mois encore, était bien possible en prenant des dispositions spéciales, mais ces bas ports présentaient des difficultés telles, que le plan d’ensemble qui avait été étudié pour 1889 dut être abandonné. On se souvient, en effet, qu’à la dernière Exposition les constructions en bordure de la Seine étaient élevées sur le quai supérieur et n’oftraient, du côté de la Seine, que des façades postérieures sans intérêt.
- 11 est probable que le projet eût subi le même sort, pour notre prochaine grande fête, si la transformation des ports de tirage, tels qu’on en voit encore, en ports droits, n’avait fait partie d’une étude générale d’amélioration des rives de la Seine que le service des Ponts et Chaussées gardait depuis longtemps dans ses cartons. Il est en effet entendu que tous les ports de tirage de la Seine doivent disparaître sur la traversée de Paris : ces travaux se font petit à petit suivant les ressources dont on dispose et d’après les bénéfices qu’on espère en retirer ; c’est ainsi que plusieurs parties des berges ont été aménagées ces dernières années en ports droits dans les parages de Bercy. Il était peu probable que le tour du quartier des Champs-Elysées au Trocadéro vint de sitôt, ces endroits étant peu favorisés par les services de batellerie. L’occasion de la prochaine Exposition décida la question : en dehors de l’urgence qu’elle réclamait, elle venait hâter la solution du problème en apportant un concours financier. En général, ces genres de travaux sont exécutés aux frais communs de l’Etat et de la Ville ; si le fleuve est propriété nationale ainsi que toutes les constructions qui sont exécutées pour
- son service, il n’en est pas moins vrai que l’amélioration des ports vient toujours augmenter le tralic fluvial et par suite l’octroi, tout en développant pour sa part l’industrie locale. Le peu de mouvement qui se fait aux abords des quais qui nous occupent, n’aurait assurément pas engagé la Ville à faire dès maintenant ces travaux dispendieux dont l’exécution aurait été repoussée à une date très éloignée; mais, au dernier moment, toutes les difficultés ont été aplanies par ce fait qu’il a été convenu que la transformation en ports droits des ports de tirage, compris dans l’enceinte de l’Exposition, serait exécutée avec le concours combiné des budgets de l’État, de la Ville et de l’Exposition elle-même.
- Au point de vue de son mouvement et de la quantité des marchandises qui y sont chargées et déchargées, le port de Paris est plus important que n’importe quel port maritime de France. En effet, par la Seine, ses affluents et les canaux, Paris est en relation avec toutes les voies de navigation ; son port, qui s’étend sur une longueur de plus de 25 kilomètres, est, sur sa plus grande partie, bordé de quais accostables ou de rampes de tirage qui permettent aux bateaux de différents genres d’accoster et d’opérer leur transbordement. De plus les magasins installés sur les berges, les appareils de manutention les plus perfectionnés qu’on y rencontre, treuils, grues, crics, etc., rendent les opérations des plus faciles et contribuent à attirer les armateurs. Nous avons même un port — le port Saint-Nicolas — situé sur la rive droite, qui est spécialement réservé aux arrivages des bateaux de mer; tous les jours, on y voit des déchargements importants de cargaisons venant en droite ligne d’Angleterre.
- Ces avantages réunis font que le tralic annuel du port de Paris est d’environ 7 millions de tonnes, chiffre que n’atteint aucune ville de France, le Havre lui-même n’a qu’un mouvement correspondant à la moitié. Les trois quarts des marchandises se reportent aux arrivages, tandis que le dernier quart se répartit assez inégalement sur les expéditions et le service local. La cause de cette différence est facile à saisir : les marchandises d’importation sont pour la plupart des combustibles, bois et charbons, ou bien des matériaux de construction, pierres et sables, qui, sous un tonnage assez .grand, ne représentent qu’une valeur très faible, tandis que les produits d’exportation sortent généralement des usines et manufactures et offrent au contraire une grande valeur sous un poids relativement faible. Au mouvement des marchandises il faut ajouter celui des voyageurs qui est beaucoup plus considérable qu’on ne pourrait le supposer. En une seule année, les 106 bateaux des diverses compagnies ont transporté 25 000 000 de voyageurs.
- 11 n’y a rien d'étonnant à ce que dans ces conditions l’Etat et la Ville se préoccupent d’améliorer les moyens d’accostage, c’est-à-dire les ports de Paris. Les millions que l’on engloutit dans les ports de mer ne sont assurément pas de l’argent mal placé — on
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- n’en dépensera môme jamais assez pour ces travaux — mais il est permis de faire une remarque : c’est qu’en mettant ces sommes en regard de celles
- qui sont demandées pour les ports fluviaux, on est frappé de la plus grande efficacité de ces dernières. Un million pour un port maritime est une
- Fig. 1. — Coupe montrant la transformation d’un port de tirage en port droit.
- somme presque insignifiante et dont les résultats représente près d’un kilomètre de quais accostables. sont à peine visibles, tandis que sur une rivière, il La Seine comporte, dans la traversée de Paris,
- Fig. 2. — Le batardeau terminé avant l’épuisement.
- deux sortes de ports, les ports de tirage destinés à disparaître les uns après les autres, et les ports droits qui constitueront à un moment donné le seul type de quais pour la capitale. Les ports de tirage sont ceux dont le profil transversal présente une
- Fig. 3. — Pompe à vapeur montée sur un chaland.
- pente assez accentuée qui se perd dans le lit du fleuve; ils ont cette qualité d’être très économiques à construire, mais en revanche ils présentent de nombreux inconvénients. L’accotement se fait mal, les bateaux ne sont pas bien soutenus et il existe
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- toujours un jeu de roulis qui rend les opérations plus difficiles. Le déchargement ne peut se faire que par brouettes ou à dos d’homme, c’est-à-dire qu’on
- est obligé d’installer des planches de passage entre les chalands et la berge, les accidents sont possibles, l’enlèvement des marchandises est long et coûteux.
- Fig. 4. — Le batardeau terminé après l'épuisement.
- S’il s’agit du débarquement des voyageurs, l’inconvénient est encore plus grand, car on est forcé d’établir des pontons de contrôles munis de passerelles mobiles, ce qui est un embarras pour la navi-
- Fig. 5. — Construction du mur de quai.
- gation. Un autre désagrément des ports de tirage est celui qui provient des crues de rivière : afin de pouvoir procéder rapidement au débarquement, les marchandises déchargées et placées sur le sol y
- Fig. 6. — Le nouveau port droit du Gros-Caillou.
- restent plusieurs jours; si le niveau de l’eau vient à monter, les produits sont immédiatement atteints et peuvent se perdre. Avec les ports droits cet inconvénient est très diminué et n’existe que pour les très grandes crues ; en effet pour que les marchandises
- soient touchées par l’eau, il faut que celle-ci ait dépassé l’arête du port, ce qui très rare. L’avantage principal des ports droits est que les bateaux peuvent être amarrés solidement contre les quais sans risques de dégâts, l’enlèvement des produits peut alors se faire à l’aide de grues fixes ou montées sur chalands.
- Le développement des ports de tirage à Paris s’étend sur une longueur de 4800 mètres, tandis que les ports droits mesurent dans leur ensemble 6786 mètres. Mais ces chiffres seront bientôt changés
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- dès que l'ensemble des travaux de préparation de la Seine pour l’Exposition seront terminés ; à ce moment il ne restera plus que deux kilomètres de ports à améliorer, sur les 12 000 mètres dont se composent approximativement l’ensemble des quais de la Seine.
- La transformation des ports est déjà terminée pour une bonne fraction de ce qu’il y avait à faire. Sur la rive gauche les travaux sont finis depuis le port du Gros-Caillou, qui a été le premier exécuté, jusqu’au raccordement avec les quais accostables aux abords du pont d’Iéna qui avaient déjà été aménagés lors de la dernière Exposition ; sur la rive droite, la moitié de la besogne est faite ; il reste toutefois à exécuter l’ensemble de réfection aux alentours du pont Alexandre III ; ce sera pour la fin, car il faut attendre que l’installation des culées soit terminée, afin de pouvoir ne débarrasser qu’au dernier moment les berges des matériaux qui y sont déposés et dont on a besoin.
- L’exécution d’un mur de quai est un travail très intéressant, même pour les personnes qui ne sont pas au courant des choses techniques : il suffit de regarder les chantiers pour comprendre ce qui s’y passe.
- La première chose dont s’occupe l’entrepreneur est la construction d’un batardeau étanche situé à 4 mètres environ du mur à construire et derrière lequel les ouvriers pourront travailler sur un sol plus ou moins détrempé jusqu’à ce que l’ouvrage soit assez élevé pour être construit complètement à sec.
- Le batardeau se compose de deux lignes parallèles de pieux armés de sabots en fer que l’on enfonce aux endroits voulus; une fois bien fixés au sol du lit de la rivière, on les réunit par des entretoises que l’on garnit de palplanches aussi rapprochées que possible ; dans l’intervalle de ces deux espèces de murs, on fait tomber de la vase, des bouts de bois et en général toutes sortes de déchets sans valeur pouvant faciliter l’étanchéité.
- Cet ouvrage est construit sur une longueur de 150 mètres, on le réunit ensuite au quai à l’aide de deux contre-batardeaux perpendiculaires au premier de façon à former une sorte de grand bassin rectangulaire bien enclos de tous les côtés. Il faut alors épuiser l’eau à l’aide de pompes à vapeur montées sur des chalands (fig. 3) ; ces pompes servent constamment ; car, malgré toutes les précautions qui sont prises, les infiltrations sont nombreuses et l’eau aurait vite fait de gagner les travaux si l’on ne prenait cette précaution.
- C’est le moment de commencer la seconde partie du travail, c’est-à-dire la construction du mur lui-même (fig- 5). Pour cela on enfonce dans le sol en guise de fondations des pieux en pitchpin, qui sont ensuite arasés au même niveau ; des solives horizontales sont moisées côte à côte et c’est sur ce système en bois que l’on vient exécuter la maçonnerie; le parement extérieur est exécuté en pierres de taille, tandis que l’intérieur est hourdé en déchets de meulières ou de caillasse. Au premier abord on pourrait avoir des doutes sur la solidité d’un mur élevé sur des
- fondations d’apparence aussi frêles, il n’en est rien. Le bois sous l’eau ne pourrit jamais et conserve pour ainsi dire indéfiniment ses qualités de résistance; on a retrouvé dans le fond des lacs suisses des poutres ayant dû servir à construire des maisons à une époque où l’eau ne couvrait pas encore ces surfaces et qui sont encore intactes malgré les milliers d’années de leur existence; les navires en bois ont eu des durées que n’auront sûrement pas nos bâtiments en acier que l’on construit aujourd’hui. Ce qui est préjudiciable à la conservation du bois, c’est surtout le passage souvent répété de l’état mouillé à l’état sec et réciproquement. Nous n’avons donc rien à craindre sur la résistance des ports actuellement en construction, les pieux sur lesquels ils sont construits ne subiront aucune modification pouvant amener des accidents dans la suite.
- Les travaux sont divisés en sections de 150 mètres de longueur environ ; c’est le chiffre qui a été reconnu comme le plus avantageux pour l’épuisement de l’eau. Les murs des différents chantiers sont construits en même temps et dans le prolongement les uns des autres, mais indépendamment ; la réunion ne se fait qu’en cours d’exécution et dès qu’on a dépassé la hauteur du batardeau ; on établit alors une voûte de raccordement en maçonnerie au-dessus de laquelle on continue à construire jusqu’à ce qu’on ait atteint l’arête générale de l’ouvrage.
- Le prix des travaux de transformation d’un port de tirage en port droit est assez élevé ; on est obligé de compter sur une somme de 1200 francs par mètre courant. Les nouveaux quais, construits pour l’Exposition, auront un développement d’environ 3 kilomètres ; la dépense faite sera de ce chef de près de 4 millions, supportée, ainsi que nous le disions plus haut, par l’État, la Ville et l’Exposition. Les travaux ont été mis en adjudication, mais ils se font sous la surveillance et le contrôle des ingénieurs des Ponts et Chaussées ayant à leur tête M. Lion qui a étudié le projet d’une façon toute particulière et qui est d’ailleurs chargé de la direction des travaux relatifs à la navigation de la Seine dans sa traversée de Paris. A. da Cunha.
- Ingénieur des Arts et Manufactures. —^<>«—
- ÉGLAIMGE ÉLECTRIQUE
- DE LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS A PARIS
- L’éclairage électrique a été installé à la Chambre des députés et est en fonctionnement depuis le commencement du mois d’octobre. L’installation a été faite par la maison Jean et Bouchon, successeurs de la maison Chabrié frères qui étaient les entrepreneurs de l’éclairage électrique du Palais-Bourbon depuis 1842. Les travaux ont été exécutés sous le contrôle d’une commission technique présidée par M. Mascart.
- Le nombre total de lampes à incandescence com-
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- prend environ 4610 lampes, dont 1440 dans les divers services parlementaires, en dehors de la salle des séances, 2640 dans lTlôtel de la présidence et la grande salle des fêtes et 530 dans les appartements divers.
- La salle des séances devait être éclairée par des lampes à arc placées au-dessus du plafond vitré que l’on peut distinguer dans la figure ci-jointe (fig. 1). Notre dessin représente une vue intérieure de la salle actuelle des séances à la Chambre; on aperçoit nettement la tribune du président, la tribune des orateurs, les banquettes des députés et sur le côté à droite les tribunes diplomatiques et autres. Cette salle n’est pas encore éclairée, parce que le Parlement a voté la construction d’une autre salle beaucoup plus grande, et dont les travaux sont commencés.
- Toutes les lampes que nous avons mentionnées plus haut sont alimentées par 8 circuits qui partent du tableau général de distribution de l’usine.
- L’usine génératrice a été établie en contrebas, au milieu d’une cour, avec une toiture en verre par où elle prend jour; elle occupe une surface de 17 mètres de largeur sur 25 mètres de longueur. Dans ce milieu, il fallait éviter à tout prix les manutentions de charbon et les dégagements de fumée. On a dû renoncer à l’emploi de" la vapeur et on a jutilisé les moteurs à gaz, ce qui a permis de faire une des plus intéressantes installations à gaz qui existent à l’heure actuelle en France.
- Les moteurs à gaz ont été construits par la Compagnie parisienne du gaz dans ses ateliers de Saint-Denis; ils appartiennent au type Lenoir, sont à deux cylindres, à deux volants et à régulateurs à gradins.
- L’usine, dont on aperçoit une vue d’ensemble intérieure dans la figure 3, renferme maintenant deux moteurs de 30 chevaux, à 150 tours par minute et quatre moteurs de 50 chevaux à 165 tours
- par minute. En cas de besoin il serait possible de remplacer les moteurs de 30 chevaux par des moteurs de 50 chevaux et d’ajouter deux nouveaux moteurs pour porter à 400 çhevaux la puissance totale disponible.
- Les moteurs à gaz sont établis sur des matelas en liège pour éviter toute trépidation.
- L’arrivée du gaz se fait par deux tuyaux de branchements d’un diamètre de 162 millimètres, grelfés sur la conduite extérieure de la rue de l’Université. Les deux tuyaux se réunissent ensuite pour se séparer de nouveau et alimenter chacun un compteur
- de 600 becs d’un débit de 84 mètres cubes par heure. L'échappement des gaz se fait d’abord dans des vases d’expansion branchés sur chaque cylindre, et ensuite dans deux autres vases d’expansion installés sur chaque groupe de trois moteurs. 11 en résulte que l’échappement au dehors se fait sans aucun bruit.
- Le refroidissement des moteurs est assuré par un débit constant d’eau, et cette même eau circule ensuite autour des vasès d’expansion. L’eau chaude peut alors être envoyée à l’égout ou élevée par une pompe, électrique afin d'être utilisée pour le chauffage ou tous autres usages.
- Les moteurs à gaz commandent directement par courroies 6 machines dynamos, fournies par la maison Postel Vinay, dont deux à 4 pôles de 50 chevaux, donnant une différence de potentiel de 110 à 160 volts, à 600 tours par minute, deux à 4 pôles de 50 chevaux à 120 volts, et deux à 2 pôles type Manchester de 30 chevaux à 120 volts et à 875 tours par minute. Les inducteurs sont en acier coulé, les induits sont dentés. Les induits des dynamos de 30 chevaux sont enroulés en tambour, genre Siemens. Les collecteurs sont isolés au mica, et les balais sont en charbon. Ces machines peuvent fonctionner plusieurs heures à pleine charge sans
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- que leur température dépasse de plus de 25° la température ambiante.
- Les câbles de toutes les dynamos aboutissent au tableau de distribution placé dans le fond (fig. 2). Il se compose d’un panneau en marbre de 3 mètres de hauteur sur 4 mètres de largeur; à la partie inférieure se trouvent les rhéostats d’excitation de chaque dynamo, ainsi qu’une résistance auxiliaire qui nous servira plus loin pour la mise en marche des moteurs. Nous trouvons ensuite successivement des interrupteurs bipolaires, des disjoncteurs polarisés, des appareils de mesure Arnoux et Chauvin. A la partie supérieure sont les coupe-circuits qui com-
- mandent chaque circuit ainsi que les compteurs d’énergie électrique. Nous mentionnerons aussi les voltmètre et ampèremètre généraux placés au sommet du tableau.
- L’installation comprend encore une batterie de 64 accumulateurs Tudor à 13 plaques positives et 14 plaques négatives, d’une capacité de 1250 ampères-heure. L’utilisation de cette batterie se fait à l’aide d’un réducteur spécial de charge et de décharge installé près de la salle des accumulateurs et commandé à distance du tableau de distribution.
- La mise en marche et l’entretien des moteurs se
- Tableau de distribution.
- Fig. 2. -
- font dans les meilleures conditions. La mise en marche est électrique. Lorsqu’on veut actionner ün moteur à gaz, on ferme la batterie d’accumulateurs sur la dynamo qu’actionne ce moteur, en ayant soin d’intercaler en circuit le rhéostat spécial dont nous avons parlé plus haut et qui permet d’éviter au démarrage une intensité trop élevée. La dynamo agit comme moteur et entraîne le moteur à gaz. Lorsqu’il est en vitesse normale, on coupe le courant venant des accumulateurs, on ouvre l’arrivée de gaz, et la dynamo fonctionne comme génératrice. L’expérience a montré qu’à 120 volts, il fallait une intensité de 120 ampères pendant 20 secondes pour mettre en route un moteur de 50 chevaux. L’allumage des moteurs est également électrique ; l’énergie est empruntée aux accumulateurs, on compte 1 ampère à
- 4 volts pendant une fraction très courte de la course du piston.
- Telles sont les principales dispositions de l’usine génératrices. Les câbles qui partent du tableau sont en câbles armés placés en terre et dans des drains flamands pour les traversées, soit en câbles isolés posés sur isolateurs en porcelaine. Les installations intérieures ont également été très soignées par la maison Jean et Bouchon.
- Les essais de réception ont été faits dernièrement par la commission compétente et la consommation de gaz a été environ de 1000 litres par kilowattheure utile.
- L’énergie électrique consommée est payée au prix de 0fr,045 l’hectowatt-heure; c’est là certainement un des plus bas prix connus à Paris et que l’on
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- pJfT 3 __ yue d’ensemble intérieure de l’usine de production d’énergie électrique à la Chambre des députés, à Paris.
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- ne trouve que dans les installations particulières.
- La disposition actuelle pour l’éclairage électrique de la Chambre des députés est intéressante et méritait de fixer l’attention. J. Laffargue.
- COMPARAISON DES FLOTTES CUIRASSÉES
- DE LA FRANCE, DE LA RUSSIE ET DE L’ANGLETERRE
- Au moment où semble exister une certaine tension dans les rapports entre la France et l’Angleterre, il nous paraît intéressant de faire connaître d’après lord Beresford, l’amiral Anglais bien connu, te nombre de cuirassés que la France, la Russie et la Grande-Bretagne pourraient mettre en ligne.
- Dans ce but, on a tracé les diagrammes ci-joints dont les lignes horizontales supérieure et inférieure portent les dates de 1888 à 1898; sur une colonne verticale, à gauche, se trouvent les chiffres de 0 à 100 représentant l’échelle du nombre des navires.
- Pour chaque année et pour chaque marine, on a tracé :
- ,1883 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98
- Navire
- s di i et mb il
- Gardes-
- -côtes ci
- Fig. 1.
- 1° Le nombre de navires de combat et gardes-côtes cuirassés (fîg. 1, traits supérieurs).
- 2° Le nombre de croiseurs cuirassés (fig. 1, traits inférieurs).
- 3° La somme des deux nombres précédents (fig. 2).
- En réunissant, par des traits continus, les points ainsi déterminés, on a obtenu les lignes brisées de la figure qui montrent par leur seule inspection, les accroissements ou les diminutions des forces cuirassées des trois puissances pendant la période considérée.
- Au-dessous de cette table principale, on a établi un tableau donnant en chiffres, par année, le total des navires cuirassés de la France, delà Russie, puis de ces deux nations réunies (fig. 3), et enfin le total des bâtiments cuirassés Anglais (fig. 3) avec le pour cent en plus des bâtiments Français et Russes réunis sur les Anglais (fig. 4).
- Les chiffres qui ont servi à former ces diagrammes ont été pris dans le Naval Animal de lord Brassey ; ils peuvent certainement donner matière à discussion. L’amiral anglais, afin de faire ressortir l’infériorité de la flotte britannique et, par suite, la nécessité de l’augmenter, a
- compris dans la marine cuirassée française de vieux navires démodés, en bois, qui seraient incapables de tout service en temps de guerre ; il a, en outre, laissé de côté de puissantes unités anglaises comme le Powerful et le Terrible, croiseurs non cuirassés il est vrai, mais
- 1888 89 90 91 92 93 94 95 96 97 93
- Tôtal
- is Nav i res
- - i— Anglais.___Français.
- d’un déplacement de 14 000 tonnes, d’une vitesse de 22 nœuds et possédant un armement redoutable. Il n’a point non plus tenu compte des 7 navires type Argonaut de 11 000 tonnes, filant 21 nœuds, portant en casemates blindées des canons à tir rapide de 155 millimètres et
- 1888 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98
- i }a,is réunis
- Fig. 3.
- pouvant lutter avec avantage contre des croiseurs cuirassés.
- Il ne faut donc considérer ces diagrammes que comme des données approchées, intéressantes à consulter.
- On y voit que, en 1888 et 1889, la flotte cuirassée
- 1888 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98
- réunis
- anglaise était peu supérieure à celle de la France et était inférieure de 59 pour 100, comme nombre, aux deux marines combinées de la France et de la Russie.
- La courbe anglaise se maintient à peu près à la même hauteur jusqu’en 1893, puis elle prend une marche ascendante qui va en s’accentuant en 1890 et 97 et se relève considérablement en 1898. Ce sont les époques où les navires construits sous le Naval defence act, le programme Spencer et conformément au programme de l’Amirauté actuelle, entrent en service.
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- Si nous suivons la courbe des cuirassés français, nous remarquons qu’à partir de 1891, elle va franchement en s’abaissant; vers 1887, la marine française avait décidé de ne pas accroître la flotte des gros cuirassés qui, revenant à un prix très élevé, ne permet pas à un pays comme le nôtre de se conformer à la loi du nombre et de la vitesse ; par contre, on remarque un accroissement considérable de nos croiseurs cuirassés pendant les années 1893-94-95-96-97 et surtout 1898.
- Quant à la flotte cuirassée Russe qui avait eu une augmentation assez sérieuse pendant les années 1891 et 1892, on la voit diminuer en 1895 et 1894, et rester alors à peu près stationnaire jusqu’en 1898.
- La flotte cuirassée Franco-Russe qui, en 1888, était de 59 pour 100 supérieure à celle de l’Angleterre, n’a plus qu’une supériorité de 15 pour 100 en 1898 ; encore cette supériorité n’est-elle qu’apparente ; elle se transforme en une infériorité réelle si on supprime dans les deux marines alliées un certain nombre de navires qui ne pourraient rendre que de médiocres services en temps de guerre ; de plus, le tonnage moyen des bâtiments Anglais est bien supérieur à celui de nos vaisseaux. Ainsi de l’autre côté de la Manche, la classe des Majectic comprend 9 unités de 14 900 tonnes, la classe des Royal Sovereign, 8 bâtiments de 14150 tonnes, la classe des Canopus, 6 navires de 12 950 tonnes; le Formidable et l’implacable auront 15 000 tonnes. La France n’a que 5 navires atteignant 12 000 tonnes : Bouvet, Charlemagne, Charles Martel, Gaulois, et Saint-Louis ; la Russie, deux : la Tria-Sviatileliaàe 12 500 tonnes et le Rossya de 12100 tonnes.
- Ce qu’il faut retenir des chiffres contenus dans ce diagramme, c’est l’accroissement continu et méthodique de la marine Anglaise surtout en croiseurs cuirassés ; nous avons également développé ce dernier type de navires et nous ne saurions trop persévérer dans cette voie. Les cuirassés à grosses ceintures sont relativement lents, n’ont qu’un faible rayon d’action et coûtent fort cher ; les derniers événements de Santiago où aucune cuirasse n’a été traversée, ont prouvé la presque inutilité de ces épais blindages qui ont fini leur temps. Commandant G. ——
- LA CONSOMMATION DU CAFÉ
- DANS LE MONDE
- Le consul des États-Unis à Santos, pays producteur de café, donnait dernièrement des renseignements assez curieux sur la consommation du café dans le monde.
- Comme il faut d’abord savoir ce que les producteurs peuvent offrir aux consommateurs, nous dirons qu’on estime que, pendant la prochaine période quinquennale, la récolte moyenne annuelle du café à la surface du globe sera d’environ 12 millions de sacs, ce qui fait 1584 millions de livres; le Rrésil figure pour 8 millions de sacs ou 1056 millions de livres. New-York, Hambourg, Amsterdam, Rotterdam, Londres, Anvers, le Havre sont les principaux ports pour le commerce des cafés.
- De 1870 à 1880, la consommation moyenne était de 792 000 000 livres par an; de 1880 à 1890 on l’évaluait à 1 320000000 livres, et maintenant on estime quelle atteint 1 458 000 000 livres. Évidemment cela représente une progression énorme depuis un quart de siècle ; mais il n’en faut pas conclure que cette consommation ne soit encore susceptible d’un accroissement considérable. En effet (bien que nous ne tenions compte que des pays où le café s’introduit par des voies commerciales soumises à des
- relevés statistiques douaniers), il suffit d'un nombre relativement restreint de consommateurs pour absorber quelque 1600 millions de livres de café. Pour faire une tasse de ce délicieux breuvage, il faut environ 25 grammes de grains torréfiés : en prenant donc une tasse seulement par jour, étant donnée la perte de 10 pour 100 qu’entraîne la torréfaction sur le café vert, un consommateur aurait absorbé, à la fin de son année, environ 22 livres anglaises (de 453 grammes) de café. Pour que la production sur laquelle on compte pendant le prochain lustre, devienne insuffisante, il faudrait simplement 75 millions de buveurs. On peut donc planter du café en toute confiance, on trouvera toujours à qui le vendre, et à bon prix, d’autant que son usage entre de plus en plus dans les habitudes.
- Parmi les grands consommateurs, nous signalerons les Etats-Unis, qui, dès 1852, en absorbaient 198 millions de livres. En 1885-86 ils atteignaient 582 millions, et la moyenne annuelle dépasse maintenant 594 millions. La Confédération seule prend le quart des exportations de Santos et de Rio-de-Janeiro. L. L.
- LES WAGONS DE LUXE
- DU « CANADIAN PACIFIC RAILWAY ))
- Nous avons donné en son temps une description complète de cette prodigieuse ligne ferrée qui, sous le nom de « Canadian Pacific Raihvay », traverse d’un océan à l’autre le territoire de l’immense Dominion du Canada, et qui est venue former une nouvelle voie de communication rapide entre l’Europe et l’Extrême-Orient.
- Si intéressante quelle soit pourtant, cette grande ligne n’est pas encore arrivée à un véritable succès financier : aussi s’efforce-t-elle d’améliorer les conditions de son exploitation, afin d’attirer à elle un plus important trafic. Pour cela, elle ne se contente point d’augmenter la vitesse de ses trains, elle veut offrir aux voyageurs des véhicules de mieux en mieux compris, cette question ayant un intérêt primordial pour des voyages de longueur comme ceux qu’on effectue d’ordinaire sur le chemin de fer transcanadien.
- Il faut dire d’abord que le matériel roulant de la Compagnie sort entièrement de ses ateliers, aussi bien les locomotives que les wagons. Dans ces ateliers, il y a notamment deux étages de bâtiments consacrés à la menuiserie, et un atelier uniquement destiné à l’ébénisterie fine et à la sculpture sur bois. Comme de juste, et ainsi qu’aux États-Unis, l’on a grandement recours aux machines à travailler le bois : elles sont toutes munies d’un tuyau aspirateur qui amène la sciure et les copeaux dans la chambre de chauffe des chaudières.
- Les wagons du « Canadian Pacific » sont extérieurement en acajou verni auquel on laisse sa couleur naturelle; mais la Compagnie affirme que ce luxe apparent n’entraîne, ni comme dépense première, ni comme entretien, des frais plus considérables que le système de construction habituel. Cela tient à ce que si la matière première est plus coûteuse, elle demande aussi moins de fini.
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- LA NATURE.
- Nous rappellerons que tous les véhicules à voyageurs sont montés sur bogies, par suite de leurs grandes dimensions; ce sont des trucks à 6 roues, tout à fait analogues à ceux des fameux « Pullmann-Palace » ; aussi n’avons-nous nullement besoin d’en parler davantage. La vue intérieure d’un wagon ordinaire de lre classe est déjà bien caractéristique : les sièges sont recouverts d’un joli velours frappé de couleur claire; au lieu du plafond uni et monotone, on a disposé, transversalement au grand axe du wagon, des sortes d’arcades en partie à jour, en partie garnies de cuir frappé, et soutenues par d’assez jolies co-lonnettes ; toutes les sculptures sortent des ateliers de la compagnie.
- Des suspensions à quatre lampes assurent un excellent éclairage.
- Mais ce qui est véritablement exceptionnel, c’est la distribution et l’aménagement des wagons-lits, des sleeping cars, bien différents du type uniforme que nous possédons en France.
- Un coup d’œil sur un plan d’installation détaillée suffirait à en convaincre.
- Les wagons en question ont 21m,49 de longueur hors ceinture et 3m,19 de largeur extérieure, la charpente en est très robuste, les fenêtres sont larges. La particularité essentielle qui doit immédiatement frapper les yeux quand on visite un véhicule, c’est l’existence de deux staterooms, comme on les appelle, de deux chambres de luxe, à l’instar de celles qu’on trouve sur les grands paquebots modernes. En suivant de bout en bout le corridor longitudinal, on trouve successivement le cabinet de toilette des dames, les staterooms, puis le grand dortoir, enfin un fumoir et un grand cabinet de toilette pour les messieurs. L’éclairage est électrique : il est assuré, partie au moyen d’accumulateurs, partie au moyen d’une dynamo commandée par un essieu.
- Chacune des chambres de luxe renferme deux
- couchettes superposées et un sofa, et dispose d’une toilette et d’un water-closet. Les dimensions de ces chambres sont très suffisantes pour donner leurs aises aux voyageurs; elles peuvent, au besoin, communiquer entre elles. Dans l’une de ces cabines roulantes, la porte du cabinet de toilette est disposée de telle sorte que quand elle s’ouvre pour donner passage, en battant d’un quart de cercle, elle vient fermer le water-closet. La décoration des staterooms est faite d’érable; les sièges sont en velours français à fond saumon pale, avec dessins se détachant en
- vert olive ; les rideaux sont d’une nuance changeante qui rappelle ces deux teintes. Nous pourrions signaler encore une grande glace dans un cadre d’érable sculpté et en partie doré, puis des panneaux de velours dans le bas des couchettes ; ces dernières, à chaque extrémité, sont munies d’une lampe électrique, permettant de lire sans aucune fatigue ; il y a bien entendu aussi une lampe dans le plafond, plafond décoré par des panneaux de cuir repoussé, peint et doré, qui ont été exécutés en France.
- Quantau grand salon-dortoir, tout en acajou, il est éclairé par 12 lampes à incandescence, sans parler de celles qui sont disposées au pied des couchettes ; les tentures et garnitures des sièges sont de même étoffe, mais un peu plus foncées que dans les staterooms. Nous retrouvons les sculptures sur bois, le cuir repoussé, etc.
- On peut voir qne le fumoir est confortable avec ses fauteuils et son sofa. On a du reste utilisé les moindres espaces pour y loger des placards; enfin, à une des extrémités, un appareil de chauffage vient compléter une installation faite pour rendre plaisant, même pendant la saison d’hiver, le long voyage de Montréal à la côte du Pacifique. D. Lebois.
- Vue intérieure d’un wagon de luxe.
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- LA NATURE.
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- FOUR POUR LA TREMPE DES BILLES D’ACIER
- Les billes d’acier de 1 à 2 centimètres de diamètre sont beaucoup utilisées aujourd'hui pour toutes sortes d’applications industrielles et en particulier pour mettre dans les paliers autour des arbres en mouvement.
- Engineer in g a fait connaître, il y a
- temps, le modèle de four construit par Y American Gaz furnace Company, qui permet de tremper par jour près de 850 kilogram-mes de billes d’acier et qui permet également de tremper toutes sortes d’objets de faibles dimensions.
- La figure 1 donne une vue d’ensemble de ce four, qui consiste à l’extérieur en un cylindre fixé sur quatre pieds. A gauche se trouve un cône B, à droite est un engrenage O monté sur un axe horizontal et commandé par une roue d’angle P qui reçoit elle-même le mouvement de la poulie Q actionnée par une courroie. À la partie supérieure du cylindre en W arrivent deux conduites de gaz, dont une A de plus gros diamètre.
- Elles sont munies de robinets pour le réglage et alimentent la conduite qui pénètre à l’intérieur pour fournir le gaz aux robinets R.
- A gauche du four est située une bâche X qui reçoit l’huile froide avec courant d’eau pour assurer le refroidissement des billes au fur et à mesure qu’elles sortent en K.
- La figure 2 nous permet de voir le travail qui s'accomplit à l’intérieur du four. Les becs de gaz R
- sont d’abord allumés et entretiennent à l’intérieur la température suffisante. On peut effectuer l’allumage en ouvrant l’ouverture N. La roue d’engrenage 0 entraîne le cylindre longitudinal que nous apercevons au centre de la figure avec une spirale intérieure E formée de cloisons séparées. Au-dessous de la spirale sont des cases H, dont la dernière seule communique avec la dernière case de la spirale.
- Toutes les billes sont déposées dans le cône B. Le cylindre, en mettant en marche la spirale E, entraîne la cuillère G qui est mobile et vient puiser des billes en B dans le tas pour les laisser tomber en B sur un plan incliné. De là,
- en suivant le mouvement, elles passent successivement dans toutes les cases de la spirale, viennent ensuite tomber en II pour revenir dans toutes les cases du dessous et aboutir enfin à une ouverture I et, de là, en K pour retomber en L dans la cuve de refroidissement. Pendant tout ce déplacement elles sont exposées à une température élevée bien égale partout et qui se maintient. La chauffe dure environ quarante-cinq minutes. On estime que dans une journée on peut ( traiter, comme
- nous venons de ^indiquer, environ 850 kilogrammes de billes. Cette nouvelle disposition semble très pratique pour un four de cette nature, qui permet une trempe rapide dans les meilleures conditions. L. Leroy.
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- LA NATURE.
- NÉCROLOGIE
- M. W. J. Raiïard. — Dans les premiers jours du mois de novembre est décédé, à Paris, M. N. J. Raffard, ingénieur mécanicien des plus distingués, dont nous avons eu l’occasion souvent d’apprécier toute l’ingéniosité. M. Raffard fut surtout un praticien émérite, travailleur infatigable, ne cessant d’imaginer ou de perfectionner.
- Nos lecteurs n’auront sans doute pas oublié ses travaux entrepris dans des genres bien différents et qu’à plusieurs reprises nous avons fait connaître ici.
- M. N. J. Raffard appartenait à la promotion de 1841-1844 de l’École nationale des arts et métiers d’Angers. Après une série de travaux divers, il devenait ingénieur de la maison Bréguet, où il se trouvait encore à l’époque de sa mort, à l’âge de 74 ans.
- Ses inventions sont innombrables, et portent un cachet bien personnel. En 1849, il inventait une machine à vapeur à cylindre oscillant dans laquelle le mouvement de l’excentrique était transmis au tiroir sans aucune altération provenant de l’oscillation du cylindre. En 1871, il faisait construire un régulateur à double action centrifuge et tangentielle; en 1887, un obturateur à mouvement louvoyant. Dès 1849, il se préoccupait de disposer un réservoir de vapeur sèche, et un appareil de sûreté contre l’excès de pression, le manque d'eau et l’excès d’eau; en 1886, il indiquait le moyen d’obtenir de la vapeur sèche à de grandes distances de la chaudière. Il imagina plusieurs appareils dynamométriques, une balance dynamométrique en 1881, un dynamomètre de transmission à engrenages en 1882, un dynamomètre totalisateur à courroie élastique en 1884.
- L’électricité lui doit aussi de fort utiles inventions. En 1875, il imagina une pédale équilibrée et une transmission funiculaire équilibrée actionnant une petite machine magnéto de laboratoire. Ce fut lui qui, le premier, en 1881, étudia, fit construire et fonctionner un tram-car électrique à accumulateurs. En 1885, il fit fabriquer une dynamo rustique à ossature en fonte en deux parties. En 1885, l’éclairage électrique des bateaux express sur la Seine à Paris était réalisé au moyen d’une petite machine à vapeur tournant à 400 tours par minute et actionnant une dynamo rustique. C'est en 1885 qu’il combina également le manchon élastique d’accouplement qui a déjà rendu, dans l’industrie électrique, des services si appréciés et qui est appelé à en rendre beaucoup d’autres.
- Nous aurions encore à rappeler toute une série d’autres inventions. Nous mentionnerons seulement la pédale magnétique pour les lampes de sûreté des mines, qui ne permettait pas d’ouvrir les lampes sans son intermédiaire et évitait ainsi des accidents, sans oublier un rabot à lame de caoutchouc pour le nettoyage des chaussées bitumées trouvé en 1867.
- Cette simple énumération montre que M. Raffard fut un grand travailleur, un mécanicien habile et expérimenté s’attachant particulièrement à résoudre les problèmes pratiques. Nous n’oublierons pas non plus que cet homme de cœur n’hésita jamais, en aucune circonstance, à donner les conseils les plus désintéressés, et à fournir aux jeunes des explications détaillées qu’il nous a été donné d’entendre à plusieurs reprises ; nous tenons, sur sa tombe encore entr’ouverte, à lui adresser l’expression de toute notre vive reconnaissance.
- J. Laffaugle.
- ........... CHRONIQUE
- Les pluies dans la région dn Haut Nil. —
- Nous trouvons dans les Anna/es du Bureau central météorologique de France pour 1896, les chiffres suivants, dus
- à M. E. de Martonne.
- KWA MKOIUtO BOUKOBA IUBES
- Longitude 36°11'E. A— 29"29'E. A= 37°11'E.
- Latitude — o° 10' X = - 10 "20' X = — 3° 53'
- Altitude 980" a = 120Ü,n a — 140"
- millim. millim. triillim.
- Janvier. . . 27 88 59
- Février. . . 89 129 0
- Mars. ... 80 200 105
- Avril. ... 920 ............. 751 135
- Mai . . . . 642 720 291
- Juin. ... 70............... 8.................164
- Juillet. . . 42.............. 14.................105
- Août. ... 214.............. 60.................217
- Septembre . 124 58 295
- Octobre 197 98 568
- Novembre . 898 197 508
- Décembre . 88 95 90
- Totaux 3391 2598 2315
- Pour la première station, les résultats s’appliquent à la période qui va du 1er juillet 1896 au 1er juillet 1897; pour la seconde, du 1er août 1894 au 1er août 1895; enfin la troisième s’applique à l’année 1897.
- i/éelat de la grande tache solaire. — M. W.-E.
- Wilson, astronome à Daramona (Irlande), a mesuré le rapport entre les radiations de la photosphère au centre du disque solaire, radiations que nous désignerons par S, et celles de l’ombre de la grande tache T, le 4, le 5 et le 9 septembre, à l’aide du radiomètre de Boys. Cette tache est la plus sombre que M. Wilson ait jamais observée : la moyenne des quinze mesures faites le 4 donne pour le rapport T/S le chiffre 0,209; celle de cinq lectures du 5 est 0,24, et enfin celle des six mesures faites le 9 est un peu plus élevée, 0,57. Les valeurs 0,209 et 0,24 sont beaucoup plus faibles que celle qui a été fournie par le même appareil pour la grande tache d’août 1895 (0,292), et c’est la plus petite valeur qui ait été obtenue jusqu’ici. La valeur 0,57 du 9 septembre tient probablement aux ponts lumineux qui traversent l’ombre, et dont l’éclat est beaucoup plus considérable. Suivant The Observatory, cette tache a été examinée de temps en temps avec une lunette de 0m,15 d’ouverture, et l’on a été frappé de la différence des détails observés quand on mettait entre l’œil et l’oculaire des verres différemment colorés. En prenant un verre rouge et un autre verdâtre, on voyait dès apparences de feuilles de saule avec une pénombre magnifique et des ponts de lumière très finement déliés. Si l’on employait au contraire un verre rouge sombre seul, la pénombre était à peine visible, tandis que les ponts de lumière semblaient des nuages nébuleux jetés sur l’ombre, ce qui porte à croire que les proéminences formées d’hydrogène incandescent étaient revues à travers le fond de l’ombre. Le spectroscope montrait en effet la ligne brillante C très nette à travers l’ombre, et de plus légèrement déviée vers le violet du spectre.
- l’ne chatte qui attrape des taupes. — M. C.
- Wendelen racontait récemment, dans le journal Chasse et Pêche, les mœurs assez curieuses d’une chatte qui lui appartient. Un beau jour elle se mit à l’affût dans un jardin dont les gazons étaient labourés par les taupes, et bientôt elle put saisir un de ces animaux de forte taille ; elle se prit à jouer avec sa proie comme elle l’aurait fait
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- là nature:
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- d’une souris, tant et si bien que la taupe lui échappa et plongea sous terre. Après cette mésaventure elle a repris son affût, mais seulement aux heures de travail de la taupe, vers midi ; elle a capturé à nouveau la même taupe, et, cette fois, l’a tuée immédiatement; elle en a fait de même pour plusieurs autres, dont elle s’était emparée plus tard.
- Une haude pelliculairc de 15 kilomètres. —
- C’est l’invention et le succès du cinématographe qui nous valent ces dimensions gigantesques. Le Brilish journal of Photography annonce que la Eastman Kodack Co, de Rochester, s’est engagée à fabriquer pour M. Dunn, inventeur d’une variété de kinétoscope appelé « Cello-graph trois bandes pclliculaires photographiques ayant chacune une longueur de 50 000 pieds, autrement dit de 15 240 mètres ! Le prix de chaque rouleau sera de 10 000 dollars, exactement 51 800 francs, ce qui fait à peu près 5400 francs du kilomètre.
- La croissance du têtard. — M. Gage a fait de curieuses observations sur la croissance du têtard de crapaud. Quand les pattes de derrière du petit animal sont sorties et bien développées, il ne prend plus de nourriture et se transforme en crapaud en trois jours. La méthode des pesées peut alors renseigner sur les phénomènes qui se produisent : le têtard, à son maximum de développement, pèse 250 milligrammes; quand les pattes de derrière sont complètement formées, il pèse 110 grammes. Deux jours plus tard, au moment où la queue a seulement 5 millimètres de long et où la petite bête se traîne hors de l’eau, le poids est réduit à 70 milligrammes, c’est-à-dire qu’il est le tiers du poids primitif. D’ailleurs, cette diminution porte beaucoup plus sur les matières sèches que sur l’eau contenue dans les tissus.
- Les animaux qui ne boivent pas. — 11 y a au
- monde, d’après le Chasseur Illustré, plusieurs sortes d’animaux qui, pendant leur vie entière, n’ont jamais avalé une goutte d’eau ; de ce nombre sont les lamas de Patagonie et certaines gazelles de l'Extrême-Orient. Un perroquet a vécu cinquante-deux ans au jardin zoologique de Londres sans boire une goutte d’eau, et plusieurs naturalistes croient que les lapins n’absorbent d’autre liquide que la rosée dont l’herbe est quelquefois chargée. Un bon nombre de reptiles, des serpents, des lézards, et certains batraciens vivent et prospèrent dans des lieux entièrement privés d’eau. On signale également une espèce de souris qui vit dans les plaines arides de l’Amérique occidentale, nonobstant l’absence de toute humidité. Enfin n’avons-nous pas en France même, dans les causses de la Lozère, des troupeaux de vaches et de brebis qui ne boivent presque jamais et qui n’en produisent pas moins le lait dont on fait , le fameux fromage de roquefort.
- La découverte d’un Ichtyosaure. — Elle vient d'être faite dans une exploitation de pierre à ciment, près du village de Stockton, dans le comté de Warvick : le fossile ainsi mis à jour ne mesure pas moins de 6 mètres de long et sa tête a 60 centimètres de large.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 novembre 1898. — Présidence de M. Wolf.
- L'instinct chez les animaux. — M.E. Perrier présente une Note de M. Bohn, préparateur à la Sorbonne, sur les
- différents stades de l’instinct dans un même groupe d’animaux. On a fait dans ces dernières années de grands efforts pour expliquer les manifestations d’instinct si surprenantes qu’on observe chez les animaux. L’auteur montre que cet instinct est en rapport avec les conditions propres à la vie de l’animal. Il choisit un groupe de crustacés qui comprend comme termes extrêmes le' Néphrops et la Callianasse et comprend trois ou quatre espèces intermédiaires. Le néphrops est une sorte de grosse écrevisse marine, à longues pattes qui vit sur le sable. Peu armé pour la lutte, la nature a donné à cet animal qui vit sur le sable l’instinct de se dissimuler en recouvrant de sable son corps. Il sécrète une humeur agglutinante qui forme avec le sable une sorte de mor-_ tier dont il s’enduit le corps avec sa patte, au point de ne laisser à découvert que quelques points. La callianasse, au contraire, vit dans le sable et s’y creuse des galeries qu’elle sait rendre résistantes à l’aide d’un mortier constitué pareillement de sable agglutiné par une sécrétion. Ses pattes ont des formes et des destinations différentes appropriées aux principales divisions du travail à effectuer. La première paire sert à gratter le sable et à pétrir le mortier, la deuxième sert à transporter le mortier contre les parois des galeries ; la troisième sert de truelle pour lisser ces parois qui sont polies comme du stuc. Si l’on coupe cette troisième paire de pattes l’animal perd l’instinct et se creuse simplement un trou dans le sable. Dans les espèces intermédiaires on peut suivre les variations de l’instinct qui se modifie avec les besoins de l’animil.
- Absorption des sels de potassium par les végétaux.
- — M. Dehérain présente une Note de M. Deinoussy sur l’absorption par les végétaux de quelques sels de potassium. L’auteur avait déjà observé que le nitrate de potasse est aisément absorbé par les plantes et est retenu en nature dans les cellules par la matière vivante. Ce sel semble contracter avec celle-ci une combinaison qui résiste à l’eau froide mais qui est détruite lorsqu’on altère le protoplasma soit par la chaleur, soit par le chloroforme. Les nitrates, matière première des albuminoïdes, sont-ils mieux absorbés que d’autres sels dont l’utilité pour la plante est infiniment moindre? M. Demoussy reconnaît que les chlorures qui ne se rencontrent habituellement chez les végétaux terrestres qu’en minime proportion sont absorbés comme les nitrates, il en est de même des bromures qu’on n’y rencontre jamais. Cette absorption est donc un simple phénomène physique. Il est cependant à remarquer que l’iodure ne se comporte pas de la même façon et que rapidement il fait périr les plantes qui plongent leurs racines dans la solution.
- La production de l'indigo dans la plante. — M. Du-claux présente une Note de M. Bréauté sur la formation de l’indigo dans la plante. Celle-ci résulte de l’action superposée de deux diastases, l’une hvdrolisante, l’autre oxydante qui porte l’oxygène sur la matière dédoublée par la première et produit ainsi la matière colorante bleue
- Varia. — M. Gaudry annonce la découverte d’un très riche gisement de fossiles dans les terrains asphaltiques de Savoie; on y a dégagé, entre autres pièces intéressantes, un squelette de rhinocéros à deux petites cornes.
- — M. Hallopeau a préparé le tungstène pur par voie d’électrolyse et l’a obtenu ainsi sous forme de longues aiguilles cristallisées.
- Ch. DE VlLLEDEUlL.
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- LA NATURE.
- UNE LOCOMOTIVE
- ET US TRAIN LILIPUTIEN
- La classique voiture aux chèvres est reléguée bien au second plan par le train liliputien que vient de l'aire construire M. Thomas E. Mc Garigle, de Niagara Falh, et que représente le dessin ci-dessous, gravé d’après une photographie publiée par notre confrère Scientific american. Ce petit train a été construit pour figurer et fonctionnera la Trans-Mis-sissipi and International Exposition, à Omaha, sur une voie ferrée qui avait environ une longueur totale de près de 500 mètres de développement.
- Les dix wagons à deux places pour enfants n’ont rien de bien particulier, mais la curiosité réside toute entière dans la locomotive qui est une reproduction exacte et fidèle, à l’échelle d’un septième, d’une locomotive à voyageurs américaine, du type du New-York Central Railroad à huit roues, dont quatre roues porteuses à l’avant, quatre roues motrices à l’arrière, avec tender monté sur deux trucks, tender sur lequel se place, assez mal, d’ailleurs, le mécanicien-chauffeur chargé de faire agir ce bijou curieux. La voie a 50 cm de largeur, l’extrémité de la cheminée est à 65 cm au-dessus du niveau des rails et la longueur totale, locomotive et tender, est de 2m,20.
- La vapeur est produite dans une chaudière ignitu-
- Locomotive et train liliputiens.
- hulaire de 25 cm de diamètre, composée de onze tubes de 25 mm de diamètre et de 60 cm de longueur. La pression de la vapeur est de 9 kg par centimètre carré. La chaudière, en acier, a été essayée à une pression de 21 kg par centimètre carré. La chaudière renferme 12 gallons (54 litres) d’eau et est alimentée par deux injecteurs.
- Les roues motrices ont 25 cm de diamètre et les roues d’avant 12,5 cm de diamètre.
- Les cylindres ont 5 cm de diamètre et les pistons 10 cm de course. Le poids de la locomotive est de 270 kg. L’appareillage est complet et comprend une Doîte à sable, une cloche, un sifflet et jusqu a un frein à vapeur agissant sur les roues motrices.
- Le tender a des roues de 12,5 cm de diamètre et porte une provision de 15 gallons (68 litres) d’eau.
- Le poids total du train, avec ses dix wagons et leurs vingt jeunes voyageurs, est d’environ 1800 kg.
- On conviendra que c'est une idée bizarre de réduire à l’échelle une locomotive commandée par un homme dont on ne peut réduire les dimensions dans des proportions égales, et que l’on installe tant bien que mal, monstrueusement, sur un tender qu’il encombre ; mais la locomotive n’en obtient pas moins son succès à Omaha, et si elle traverse l’Atlantique pour 1900, elle ne rencontrera pas un succès moins grand de ce côté de l’Atlantique.
- Il faut bien que les enfants s’amusent... et les grandes personnes aussi. L. Dubar.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- Y 1550. — 20 NOVEMBRE 1808.
- LA NATURE.
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- I N SPORT HAWAÏEN
- LES BAINS DE RESSAC
- Pour les naturels des îles du Pacifique, — les Canaques, comme on les appelle improprement puisque canaka, dans la langue du pays, signifie
- simplement homme, — la mer est l’élément de prédilection.
- Dès le second ou le troisième jour après leur
- sxssstasæsià
- Fig. 1. — Bains de ressac. Les baigneurs munis de leur planche.
- naissance, les enlants y sont portés par leur mère et beaucoup savent nager avant de pouvoir marcher ; aussi, ce sont d’admirables plongeurs et d’habiles navigateurs.
- 26* année. — î® semestre.
- Avec leurs balancelles, petites pirogues à balancier, ils s’aventurent souvent très loin en mer ; ils s’approchent des récifs, les évitent avec adresse, et utilisent avec une habileté rare, pour atterrir, la
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- LA NATURE.
- puissance des vagues. Ils attendent en eau calme ({u’une vague de fond vienne les prendre et les porter vers la grève avec la rapidité d’un cheval au galop ; ils dirigent leur embarcation si adroitement qu’ils quittent la crête de la vague juste au moment où celle-ci va se briser, et ils viennent atterrir avec une vitesse amortie, alors que nos plus habiles marins iraient se briser sur la côte.
- Les requins sont nombreux dans ces parages; pourtant, il est rare que les naturels soient victimes de ces dangereux voisins et que retentisse le cri ; Pau ikamano! — (( dévoré par un requin ! » — Ils organisent un service de surveillance et, lorsque l’un d’eux est poursuivi, il est immédiatement averti ; il observe alors les mouvements de son ennemi, le laisse se rapprocher, et plonge rapidement pendant que le requin se retourne pour le happer; toujours les terribles mâchoires se referment dans le vide. Il répète cette manœuvre jusqu’à ce que d’autres naturels viennent à son secours ou qu’il atteigne la côte. Quand il est prévenu à temps, cela devient pour lui une partie de plaisir, — quelque chose comme les courses de taureaux pour les Espagnols. — Il s’arme d'un couteau et, en plongeant, cherche à enfoncer son arme dans une des parties vulnérables de son ennemi. Il est presque toujours vainqueur de ce tournoi, soit qu’il tue l’animal, soit qu’il le mette en fuite.
- Mais où l’habileté de ces insulaires dans l’art de la natation se montre dans toute sa beauté, c’est surtout dans les exercices du jeu national par excellence, connu maintenant sous le nom de surf bath, bains de ressac.
- Ce sport était jadis pratiqué en l’honneur des rois et des chefs, puis est devenu le passe-temps favori de tous, hommes et femmes, jeunes et vieux; il est maintenant beaucoup moins répandu, car la race s’étiole, rongée par la lèpre, lentement absorbée par la civilisation américaine. Nous avons eu pourtant l’heureuse chance de pouvoir y assister pendant notre court séjour à Ilonolulu.
- Voici en quoi il consiste.
- Chaque baigneur se munit d’une planche appelée dans la langue hawaïenne papa he naru, ce qui veut dire planche pour glisser sur les vagues; sa longueur varie entre im,50 et 2m,50 environ et sa largeur entre 0m,40 et 0m,50; on ne saurait mieux comparer sa forme générale qu’à celle des planches employées par les blanchisseuses pour repasser le linge, comme on peut le voir sur notre gravure (lig. 1), reproduite d’après une photographie. Cette planche est parfois plate, mais plus souvent un peu convexe des deux côtés ; elle est faite généralement en bois de koa, sorte d’érythrine de faible densité; elle est polie avec soin et peinte en noir. Le baigneur la conserve et l'entretient avec la pins grande sollicitude; après s’en être servi, il l’expose au soleil jusqu’à ce qu’elle soit complètement séchée, puis il la frotte avec de l’huile de coco et la renferme dans
- une gaine en toile qui est suspendue dans sa demeure.
- Pour se livrer à ce jeu, les Hawaïens choisissent soit une plage, soit, de préférence, un endroit où il se trouve des rochers parce que les flots se brisent plus violemment sur ceux-ci. Plus la mer est forte, plus les lames sont hautes et meilleur est le sport, à leur avis. Dans les environs d’Honolulu, c'est sur la splendide plage de Waïkiki, près de la Pointe de Diamant qu’ont lieu les bains de ressac. La photographie que reproduit notre gravure a été prise en cet endroit qu’on atteint de la ville par une grande et large avenue bordée de luxueuses demeures.
- Lorsque le temps est favorable, chacun prend sa planche à ressac et nage vers le large, souvent à plus d’un mille (1600 m.) en mer; il porte sa planche sous un bras ou bien la guide devant lui ; il ne cherche pas à passer sur les vagues, mais guette leur approche et plonge sous leur crête lorsqu’elles s’avancent vers lui. Lorsqu’il est ainsi en pleine mer, il s’arrête, surveille les vagues et c’est alors que commence le jeu.
- 11 s’étend sur une extrémité de sa planche et attend l’arrivée d’une grosse vague de fond qui s’avance en roulant pour se briser sur la grève; lorsqu’il juge le moment opportun, il s’élance avec sa planche, sur laquelle il se couche alors à plat ventre, pour prendre position sur la vague; il doit arriver à se mettre en équilibre presque sur la crête de celle-ci, légèrement sur la déclivité tournée vers la côte et doit s’y maintenir. S’il y parvient, il est entraîné par le flot avec une vitesse vertigineuse, au milieu de l'écume et des embruns ; il se laisse ainsi porter jusqu’à une très faible distance des côtes, parfois à peine 1 ou 2 mètres lorsqu’il s’avance sur des rochers ; quand on croit qu’il va être brisé sur l’écueil, noyé dans le remous, il dirige son frêle esquif au milieu des anfractuosités, ou bien il se laisse glisser hors de sa planche, la saisit par le milieu et plonge pour reparaître un instant après en pleine mer pendant que la vague roule, écume et se brise en mugissant.
- Ce n’est pas sans une profonde émotion, presque de l’angoisse, qu’on assiste pour la première fois à ce jeu hardi.
- Pour se maintenir dans la position voulue sur la crête de la vague, les commençants se servent de leurs mains et de leurs pieds comme de pagaies; mais le plus grand nombre rompus à cet exercice violent, après avoir assuré la position de leur minuscule radeau, s’y agenouillent, s’y asseyent et même s’y dressent debout, les bras étendus ou croisés. Ils maintiennent alors leur équilibre en faisant varier leur centre de gravité par des mouvements des jambes ou du corps. Notre gravure (fîg. 2) représente ces différents exercices.
- Ce jeu paraît très simple et nombreux sont les étrangers qui, en le voyant pratiquer, ont voulu Limiter, mais n’ont réussi qu’à se faire rouler par a vague et à exciter l’hilarité de la foule témoin de
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- LA NATURE.
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- leur piteux échec. En réalité, il faut une grande adresse et une dépense considérable d’énergie musculaire pour se maintenir sur la vague. Placé trop en avant, on est certain d’être culbuté; trop en arrière, on n’est plus entraîné et la vague suivante vient vous submerger.
- Il n’était pas rare, autrefois, jusque vers le milieu du siècle, de voir la plus grande partie des habitants d’un village passer ainsi la journée presque entière à ce jeu favori, lorsque le vent du large soufflait frais; de vieux chefs corpulents, âgés de 50 et 60 ans, y rivalisaient d’ardeur avec les plus jeunes gens; et tous poussaient d’assourdissantes clameurs dont le bruit étouffait le murmure des flots.
- Ce sport est à peu près inconnu dans nos pays ; il n’est mentionné par aucun des auteurs français qui ont décrit ces pays lointains.
- Son origine semble remonter à une haute antiquité ; il joue un rôle important dans les légendes et la mythologie hawaïennes. 11 devait être général dans les îles du Pacifique, car il était aussi pratiqué à Tahiti ; mais les habitants des îles de la Société étaient, paraît-il, moins habiles que ceux des îles Sandwich. Us nommaient ce jeu home ou mieux faahee, et pensaient qu’un dieu spécial, Huaouri, y présidait. La planche à ressac portait le nom de papa faahee. G. Pelltssier.
- LES LÉONIDES
- L’essaim des Léonides fait chaque année, au moment de l’été de la Saint-Martin, beaucoup parler de lui. L’orbite de cet essaim a un rapport intime avec celle de la comète I Tempell866. On sait qu’en 1866, l’apparition des étoiles filantes fut extrêmement remarquable. Le spectacle des nuits des 14-15 novembre est resté dans la mémoire de tous les observateurs. Ce fut un feu d’artifice qui dura pendant des heures. Depuis 1866, le flux a été en diminuant, mais Ton comptait bien qu’il se produirait de nouveau et de plus en plus accentué dans le voisinage de 1899, à la prochaine rencontre de l’essaim avec la Terre. La période des Léonides est d’environ 53 ans et demi. Jusqu’ici, contrairement à l’attente générale, les Léonides ont été rares aux dates des 14-15 novembre. Les étoiles se sont peu montrées en 1897. Cette année, on avait tout préparé à l’Observatoire de Paris pour explorer le ciel systématiquement et, dès le 10 novembre, MlleKlumpke, M. Boinot ont noté dans la nuit du 10 au 11 novembre quelques météores; mais, sauf deux, ils ne faisaient pas partie du groupe des Léonides. Depuis lors, malheureusement, le ciel, resté très couvert à Paris, ne s’est pas prêté aux observations. Peut-être aura-t-on été plus heureux dans d’autres stations. A Paris, on a été en ballon chercher le ciel derrière les nuages. L’observation n’a pas été bien fructueuse. M. V. Uansky, parti dans le ballon Y Alliance, aurait vu une vingtaine de météores, parmi lesquels quelques-uns seulement étaient bien des Léonides.
- On a dit et répété un peu partout que c’en était fini des belles apparitions du 14 ou 15 novembre. L’essaim aurait été dévié de sa route. Il y a du vrai dans cette affirmation. Les perturbations exercées par les planètes Jupiter et Saturne ont dù éloigner de nous d’environ 600 000 lieues le flux des météores de 1866. Cependant on
- pourrait, comme l’a fait remarquer avec raison M. Loewy; espérer encore une manifestation intéressante ;du phénomène si le développement de l’essaim dans la direction du nœud de l’orbite était très considérable. Dans, ce cas la Terre rencontrerait sans doute beaucoup de,météores. Il est possible encore que des flux secondaires détachés de l’essaim principal par des actions perturbatrices ' exercées dans le passé, circulent autour du Soleil à:dé très grandes distances les uns des autres et que par‘suite nous ayons la chance de rencontrer maintenant l’un d’entre éüx. Ort ne peut donc encore rien affirmer de positif sur l’apparition ou la disparition de Léonides.
- Toute conclusion serait d’autant plus prématurée que dans le passé, on retrouve des intervalles de temps considérables pendant lesquels le phénomène sans éclat passa presque inaperçu, puis tout à coup reprit passagèrement avec une intensité remarquable. 11 ne faut pas oublier que les Léonides passent pour avoir été introduites dans le système solaire dès Tan 124 par Uranus. Newton les a retrouvées bien signalées 4 fois en 155 ans, ce qui correspond à la période 33 ans et demi environ. On les a enregistrées en 1833; on les a admirées en 1866.
- Nous ne saurons réellement à quoi nous en tenir sur le phénomène que Tannée prochaine en 1899. II. de P.
- DÉPLACEMENT
- DE LA GALERIE DE 30 MÈTRES
- La galerie de Trente mètres de la dernière Exposition, une fois débarrassée de la maçonnerie qui constituait ses murs, il fut décidé que l’ossature métallique serait utilisée pour la construction du Palais de l’électricité de notre prochaine manifesta-
- Fig. 1. — Sectionnement et positions successives de la Galerie de 50 mètres.
- tion industrielle. On sait que ce palais sera parallèle à la galerie des Machines dont il se trouvera séparé par une cour de 50 mètres de largeur dans laquelle seront centralisés les appareils générateurs de vapeur.
- La façon la plus économique et la plus rapide d’appliquer l’emploi des anciennes fermes était de les transporter sans les démonter. Ce travail, bien qu’il ne soit pas nouveau, n’en est pas moins un ouvrage peu courant, délicat et présentant des aléas qu’il est toujours difficile de prévoir. Dans le cas qui
- Galerie à établir avec fermes
- I ÿ» *• • - -* H,CO* - 25,00 .25,00 - -t$5S -i
- '/7/X Travées qui. seront démolies
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- LA NATURE.
- nous occupe, tout s'est bien passé et aucun accroc n’est venu contrarier la bonne marche des opérations.
- Dès le commencement, il a été convenu que le travail serait mené en trois phases successives : à cet effet on a sectionné la galerie à transporter en trois lots d’égale importance, composés chacun de deux fermes réunies par tout le système d’arba-létriers et pans de murs en fer. De cette façon, chaque déplacement constitue une opération indépendante.
- Le transport nécessitait trois mouvements : deux de translation parallèle séparés par une rotation en quart de cercle destinée à donner au système l’orientation nouvelle, normale à l’ancienne. Avant de se livrer à aucune tentative de déplacement, il importait de renforcer les fers, de façon à rendre l’en-
- semhle des deux fermes complètement indéformable en en faisant un tout bien homogène. On commença par relier les bases des quatre poteaux par une ceinture en fers à T haute de 1 mètre, puis on établit un jeu d’entretoisement en câble d’acier dans les sens horizontal et vertical, de façon à répartir dans toute la masse les mouvements qui seraient donnés à chacune des hases; de gros madriers en bois vinrent enfin jouer le rôle d’étais pour supporter la partie inférieure des chéneaux.
- Une fois le système habillé de la sorte, on chercha à l’isoler du sol; on enleva la terre pour former un sillon ayant la direction que devait prendre le mouvement, et on y installa solidement un rail de chemin de fer. Il fallait ensuite soulever le tout pour le faire reposer sur des chariots roulants ; à cet effet
- Fig. 2. — Le retournement (le la première travée.
- on riva au pied des poteaux une sorte de console retournée soutenant une petite plate-forme de 1 mètre de développement environ ; cette pièce reposait sur deux vérins à vis qu’il suffisait de manœuvrer pour imprimer le soulèvement nécessaire, il était alors possible de faire glisser sous chaque pied le chariot-moteur.
- Chacun de ces chariots était monté sur quatre galets placés en ligne les uns derrière les autres ; le poids total qui n’était pas moins de 140 tonnes, se trouvait ainsi réparti sur les seize galets constituant les points d’appui sur le sol. L’utilité de cette répartition était d’étendre sur une longueur aussi grande que possible l’action des pressions sur le terrain. C’est de ce côté en effet que se portaient les inquiétudes des ingénieurs : s’ils étaient surs de l’outillage qu’ils employaient et des calculs qu’ils avaient médités, ils n’avaient que des données vagues sur la solidité du sol dans lequel pouvaient se trouver
- soit des crevasses, soit d’anciens égouts dont la conséquence eût été de diminuer sa résistance.
- Une fois le système monté sur ces chariots, on lui imprima un mouvement de translation pour l’amener jusqu’à un rail circulaire placé à l’intersection des axes des deux positions de la galerie; arrivé là, on fit agir de rechef les vérins pour pouvoir donner aux galets l’obliquité nouvelle de la voie ; un pivot placé dans le centre de cet appareil permettait ce mouvement ; il fallait le faire avec précautions, de façon à bien donner aux axes des roues la direction des rayons du grand cercle. La rotation effectuée, on procéda à des opérations similaires pour placer les galets sur les nouveaux rails rectilignes.
- Le mouvement de transport se fait à l’aide de treuils montés sur les chariots ; ceux de l'avant actionnent chacun une chaîne dont l’extrémité libre est attachée en avant à un éclissage de rail. Ces deux machines suffisaient pour imprimer le mouvement,
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- mais on a préféré les soulager par deux tambours situés sur les chariots arrière et autour desquels se trouvaient enroulés des câbles agissant comme les chaînes de l’avant. L’avancement, quoique lent, est assez sensible ; avec deux équipes de six hommes chacune placée à l’avant, et deux de trois à l’arrière, on fait 50 mètres à l’heure. Le plus long de l’opération réside dans le retournement des chariots et le réglage des galets.
- Une fois la première partie de la galerie en place, on s’occupera de démonter le matériel pour le faire servir à la seconde, puis à la troisième travée. Les entrepreneurs comptent terminer l’ensemble de l’ouvrage vers la fin de novembre.
- On avait organisé une petite cérémonie pour le
- mouvement de rotation de la première partie. Le ministre du commerce, M. Paul Delombre, assista à l’expérience ainsi que M. Picart et tout le haut personnel de l’Exposition; l’opération de retournement exigea une vingtaine de minutes.
- Le travail est exécuté, sous la direction de M. Thomas, par la Société des Forges de Franche-Comté dont le siège est à Besançon ; c’est cette Société qui avait construit la galerie de Trente mètres en 1889, et qui est chargée de la construction de toute la partie du palais de l’Électricité et annexes en collaboration avec la maison Baudet-Donon. Chacune des trois travées pèse un peu plus de 140 tonnes, et, comme le marché a été fait en prenant pour basejle
- Fig. 5. — Le chariot moteur.
- prix de 10 francs les 100 kilogrammes, il en résulte (jue l’opération totale du déplacement reviendra à environ 43 000 francs. A. da Cunka.
- VUES NOUVELLES
- SUR L\ PROPAGATION DE LA PESTE
- 11 est certain que jusqu’ici on savait mal comment se propageait la peste. La propagation d’homme à homme est insuffisante pour expliquer les faits. Un médecin de la marine, M. le Dr R.-L. Simond, qui, depuis des années, étudie les épidémies successives de la peste dans les Indes, en Chine, au Tonkin, vient de consigner dans un mémoire vraiment remarquable les résultats de ses nombreuses observations1. M. Simond est parvenu à des con-1 1^ propagation de la peste. Annales de l'Institut Pasteur. ortobre 1808. — Masson et O’.
- clusions singulières et vraiment curieuses qu’il y a lieu de faire sommairement connaître.
- 11 n’est pas douteux que la peste se propage bien d’homme à homme, mais ce n’est probablement pas par contage direct que se produisent les grandes épidémies. Le mal éclate tout à coup, presque partout à la fois avec une intensité extraordinaire, même dans des quartiers où, auparavant, aucun cas de peste n’avait été signalé. Un simple mode de propagation d’homme à homme semble insuffisant pour expliquer les faits. M. Simond a constaté que les épidémies intenses survenaient après qu’une épidémie violente avait éclaté sur les rats. Ces rongeurs contractent la peste qui les tuent par milliers; on rencontre leurs cadavres partout dans les maisons, dans les rues, etc. 11 vient naturellement à l’esprit que ce pourrait être bien le rat qui porterait le microbe de tous les côtés et répandrait le mal dans toutes les directions. Et tout porte à croire qu’il en est ainsi effectivement. On va
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- AOT)
- •voir par £{üel mécanisme qu'il eut été difficile de trouver .sans des observations longues et patientes.
- . - Le rat; est le premier propagateur de la peste et il faudra s'en défier, car le rat passe partout, se moque de tous les règlements sanitaires, envahit les navires comme les-maisons et aucune ceinture protectrice ne peut l’arrêter, dans ses migrations. Le n’est du reste pas d’aujourd’hui que l’on doit soupçonner les rats, puisqu’il y a bien longtemps dans les Indes, on appelait la peste « la maladie dés rats ». Le rat contracte la peste très aisément; c’est certain. Et il ne la contracte pas, d’après M. Simond, comme, on l’a prétendu par le tube digestif. La transmission ne s’effectue pas chez le rat ou le singe par l’intermédiaire des poussières chargées de bacilles pesteux. Alors?
- Alors, c’est bien plus extraordinaire. Et, puisqu’il faut appeler les choses par leur nom, nous dirons que, les vrais coupables de la contamination, ce sont les insectes, les puces et les punaises.
- M. Simond avait remarqué, et d’autres aussi, que tout homme qui ramassait le cadavre d’un rat pendant une épidémie était à bref délai un homme mort. La peste le saisissait incontinent et ne le lâchait plus. Le plus petit contact suffit. Qu’on prenne le rat seulement par l’extrémité de la queue pour le jeter hors du chemin et la peste se déclare aussitôt. Mais, fait singulier, si le rat est mort depuis quelque temps, il n’est plus à redouter, on peut le saisir impunément. D’autre part, M. Simond observa que les pestiférés présentent dans un certain nombre de cas des phlyctènes quelquefois grosses comme une épingle, quelquefois de la grosseur d’une noix. Chez les pestiférés qui guérissent, la phlvctène ne dépasse pas le volume d’une lentille, puis se dessèche et disparaît. Chez les malades gravement atteints, le plus souvent la phlvctène s’accompagne d’un bubon et quelquefois elle amène la gangrène et on a alors le charbon pesteux (peste noire). Or, ces pustules précoces se manifestent exclusivement sur les points du corps où la peau est fine et délicate. En examinant leur contenu, M. Simond y a toujours trouvé le bacille de la peste. La phlyctène apparaît donc comme la porte d’entrée de la peste dans l’organisme.
- Il s’est produit un fait dans l’histoire de l’épidémie de Bombay qui apporte à cette manière de voir une preuve. Le l)r Sticker, membre de la mission allemande venue à Bombay en 1897, faisait l’autopsie d’un pestiféré; il fut piqué à la main par la pointe aiguë d’un instrument. Deux jours après apparut au point piqué une petite phlvctène qui contenait le bacille pesteux; en même temps se développait un bubon. Le D' Sticker éprouva une atteinte de peste caractérisée qui heureusement se termina par la guérison. Le même accident survint en 1894 à deux membres de la mission japonaise.
- Ni le contact du microbe cultivé, ni le contact du sang d’un animal pestiféré ou de ses sécrétions avec la peau saine ne peuvent, chez l’homme et les animaux, déterminer une attaque de peste.
- 11 apparaît donc vraisemblable que c’est par une inoculation d’un agent extérieur que le virus est introduit là où se montre une phlyctène. 11 devient par suite logique de songer à une intervention parasitaire. Déjà Yersin avait découvert que le microbe de la peste se cultive dans l’intestin des mouches. M. Simond examina, à son tour, les puces de l’Inde recueillies sur les rats pestiférés. Leur estomac et leur intestin regorgeaient de microbes pesteux. L’agent extérieur de contamination doit être la puce. Et, de même que les moustiques inoculent la fièvre paludéenne, certains insectes inoculeraient la peste.
- Est-ce démontré? Non; mais c’est plus que probable1. Aussi bien, M. Simond a donné la peste à des souris en les faisant cohabiter avec des puces renfermant le microbe pesteux.
- Maintenant, revenons en arrière. Le simple contact avec un rat pestiféré et qui vient de mourir transmet la peste. Plusieurs heures après la mort, le contact est sans danger. Pourquoi? 11 faut dire, tout de suite, que le rat, très propre de sa nature, néglige sa toilette aussitôt qu’il devient malade ; il cesse de se défendre contre l’invasion des puces, qui se gorgent de son sang.
- Le rat, spontanément pestiféré, est couvert de puces qui grouillent dans son poil en quantité inouïe. Le rat mort, les puces s’écartent de l’épiderme. Mais que l’on vienne à toucher le cadavre, aussitôt elles l’abandonnent et s’élancent dans toutes les directions; il est impossible, si l’on saisit le rat, d’éviter de devenir leur hôte. C’est là aussi la raison de la gravité de la présence d’un cadavre de rat pestiféré dans une maison. Les puces qui l’abandonnent se répandent sur le parquet, dans les lits, et font de l’appartement un foyer d’infection.]
- Au contraire, lorsqu’on touche à un rat plusieurs heures après sa mort, les puces sont parties et les instruments d’inoculation font défaut. Il est bien clair que, si cette explication est vraie, les parasites sont les agents de contamination avant tout; la contagion d’homme à homme est insignifiante à côté de celle-là. Le rat et le parasite, voilà le vrai danger.
- On peut se demander si telle n’a pas été la cause de l’éclosion de la peste à Yienne. Des rats avaient été inoculés par des virus virulents. Des parasites ont pu sucer leur sang et se charger de bacilles ; puis sauter sur le garçon de laboratoire et lui communiquer la peste.
- Ces vues nouvelles ont évidemment besoin de confirmation ; toutefois, elles s’accordent avec les faits d’observation et permettent leur interprétation. On pourrait donc conclure avec M. le Dr Simond que le mécanisme très mal élucidé jusqu’ici de la propagation de la peste comprend le transport du virus parle rat et par l’homme, la transmission de rat à rat, d’homme à homme, de l’homme au rat et du rat à l’homme par les parasites. Les mesures de prophylaxie devraient donc être dirigées méthodiquement contre chacun de ces trois facteurs : les parasites, l’homme et le rat.
- En général, défions-nous beaucoup plus que nous ne le faisons des parasites. Ils vont partout, se gorgent d’un sang qui peut être contaminé et ils portent chez le voisin le germe de l’infection. Henri de Parville.
- LES ORCHIDÉES INDIGÈNES
- Lorsqu’on parle d’orchidées, on se représente aussitôt ces magnifiques fleurs exotiques, balançant dans l’air leurs corolles bizarres aux splendides coloris, qui font maintenant l’ornement de toutes les expositions florales. Ce sera, nous croyons, une surprise pour beaucoup de lecteurs d’apprendre que chez nous, sur nos coteaux, dans nos bois, nos prairies, poussent des orchidées, proches parentes de ces
- 1 On ne relève pas toujours la présence des phlyctènes sur la peau, et, en général, la maladie est peu grave dans ce cas, tandis qu’elle est foudroyante souvent en leur absence. M. Simond explique le fait par la virulence du bacille inoculé. S’il est très virulent, il n’y a pas de phlyctènes ; l’inoculation est plus profonde.
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- brillantes fleurs des régions tropicales. Elles sont beaucoup [tins modestes, il est vrai, mais elles ne manquent ni de grâce, ni d’élégance et mériteraient d'étre mieux connues.
- Cet abandon dans lequel on a laissé nos orchidées indigènes avait déjà frappé un poète du commencement de ce siècle, Castel, dont les rimes sont loin d’être millionnaires et auraient eu bien de la peine à payer le moindre Vanda ou Catleya. — Dans son poème des plantes, assez insipide d’ailleurs, il parle de l’ophrys abeille que l’on trouve à Meudon, de ce ravissant ofris
- Insecte végétal, de qui la lleur ailée Semble quitter sa tige et prendre sa volée !
- Qu’une plante pareille, à travers l’Océan,
- Vînt des bords reculés d’Amboine ou de Ceylan,
- Comme elle se verrait en tous lieux admirée !
- Et pourtant, de nos bois la richesse ignorée Appelle vainement un œil observateur.
- Nous voudrions répondre à la plainte de Castel et attirer l’attention de nos lecteurs sur ces plantes délaissées.
- Il ne sera peut-être pas inutile, avant d’arriver à la description de nos espèces d’orchidées, de rappeler très brièvement les caractères distinctifs de cette famille.
- Les orchidées sont, ou fixées au sol par des racines ou épiphytes : on appelle ainsi celles qui vivent attachées aux arbres à l’aide de racines spéciales; par d’autres racines libres, elles puisent dans l’atmosphère l’air et l’eau qui suffisent à leur nutrition. Elles demeurent, bizarres d’organisation comme de formes, suspendues entre ciel et terre; au type épiphyte appartiennent la majorité des orchidées exotiques.
- Nos orchidées de France sont terrestres, c’est-à-dire fixées au sol, où elles puisent toutes — sauf deux espèces parasites dont nous reparlerons — leurs principes alimentaires. Les racines remplissent donc ici leurs fonctions ordinaires, de fixation et de nutrition; mais, tandis que chez les unes (épipactis, etc...) ces racines fibreuses, déliées, forment tout l’appareil souterrain, chez d’autres (Gymnadenia etc...) elles sont accompagnées de deux bulbes ou renflements blancs, ovoïdes ou palmés, c’est-à-dire profondément divisés.
- L’un de ces bulbes dont s’alimente la plante est en voie d’épuisement : il est comme vidé et amaigri, l’autre est blanc et gonflé de suc et représente une réserve, un garde-manger que la brillante floraison de la plante épuisera l’année suivante.
- A ce sujet, nous croyons devoir faire justice d’une erreur assez répandue et qui ferait des orchidées des plantes qui marchent, qui se déplacent. — « Un savant a calculé la marche des orchidées », écrit Alphonse Karr dans ses charmantes Promenades autour de mon jardin. « Les deux bulbes (dont nous venons de parler) étant distants de quelques lignes, quand le vieux se desséchera tout à fait et qu’un nouveau bulbe aura cru à côté de l’autre la plante se sera déplacée de l’espace qui est, cette année, entre ces deux bulbes, c’est-à-dire à peu près
- six lignes; ce qui fait qu’il ne faut pas plus de 12 000 ans pour faire une lieue. »
- Or, il n’est besoin que d’un peu d'attention pour constater qu’elle est fausse. Les tubercules des orchis alternent entre eux, car le nouveau, qui est opposé au tubercule-mère, se trouve contenu dans la pellicule du tubercule épuisé de l’année précédente. Chaque individu se trouve donc exactement an même point de deux ans en deux ans ; il n’y a pas progression, mais oscillation alternative d’un côté et de l’autre. Chez certaines espèces, comme le Platan-thera bifolia, le mouvement n’est que d’un quart de cercle ; cet orchis ne se trouve donc exactement à la même place que de quatre en quatre ans h
- La tige des orchidées indigènes est toujours unique, droite, assez courte. Les feuilles sont, en général, vert foncé et leurs nervures sont parallèles comme chez toutes les monocotylédones. Le plus souvent réunies en rosette à la base de la tige, elles sont parfois disposées de chaque côté de la tige en alternant.
- Mais la fleur surtout nous intéresse. En épis serrés ou lâches, espacées le long de la tige ou réunies en massues, les fleurs d’orchidées sont presque toutes vivement nuancées.
- Il est impossible d’en indiquer le type général, car elles diffèrent de dimension, de forme, de couleur non seulement de genre à genre, mais, dans un même genre, d’espèce à espèce.
- Elles n’ont qu’un trait commun : leur organisation intérieure qui est, on peut le dire, une des merveilles du règne végétal. Le grand naturaliste et philosophe Darwin lui a consacré un livre, admirable monument de science patiente, étonnant exemple de synthèse. Mais il est temps de vous en présenter quelques-unes.
- C’est un monde vraiment à part que la brillante tribu des Cypripèdes ou sabots de Vénus. Leur organisation est très particulière et leur fécondation donne lieu à des phénomènes très particuliers.
- Le sabot de Vénus (Cypripedium calceolus, fig. 5), avec son labelle d’un beau jaune maculé de pourpre à l’intérieur et sa douce odeur de fleur d’oranger, est une plante essentiellement européenne, qui habite les bois et les clairières de la région montagneuse de l’Europe centrale et méridionale. C’est une des plus belles espèces de notre flore indigène ; malheureusement sa beauté lui est préjudiciable, car la plante a été extirpée dans beaucoup de pays. En Suisse, où elle abondait autrefois, elle n’existe plus qu’à letat de rareté, et l’on prévoit Je moment où cette belle orchidée aura disparu tout à fait. C’est pourquoi l’on ne saurait trop engager les horticulteurs à l’élever de semis et à la multiplier abondamment dans leurs jardins.
- Une gracieuse légende, à l’invention de laquelle nous supposons M. Correvon, auteur des Orchidées rustiques, de n etre pas tout à fait étranger, raconte que Vénus, surprise par l’orage, égara dans le bois son riche brodequin, chamarré de pourpre et d’or.
- 1 Voy. Cosmos, 13 août 1898.
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- Quelqu’un voulut le ramasser; mais, à peine l’eût-il touché, qu’il vit s'évanouir le petit sabot d’or et voici qu’aussitôt une fleur gracieuse poussa fraîche et brillante au milieu du gazon.
- Voici maintenant des orchidées plus modestes, mais qui habitent nos coteaux, nos bois et nos marais.
- Le Gymnadenia conopsea (fîg. 10), aux fleurs rouge lilas, au long éperon recourbé, se plaît sur nos coteaux secs, où il est en compagnie dn bizarre Limodorum abortivum (fig. 1), plante entièrement de couleur violette, garnie de gaines qui l’entourent au lieu de feuilles, espèce rebelle jusqu’alors à toute culture. Quelques auteurs pensent que cette plante est parasite.
- Très étrange aussi le nid d’oiseau (Neottia nidus avis, fig. 11), ainsi appelé à cause de sa souche fasciculée qui rappelle un peu les nids d’oiseaux. Plante entièrement brune, couleur feuille morte, à odeur assez désagréable.
- Le JDeutsche botanische monatsschrift, de juillet 1890, en mentionne une forme de couleur blanc pur, trouvée le 31 mai près de Freienwalde-sur-FOder, par M. Lindemuth. Le cas d’albinisme chez des saprophytes étant extrêmement rare, le fait mérite d’être signalé.
- M. Mantin, d’Oiive, près Orléans, spécialiste pour la culture des orchidées, écrit à son sujet ;
- « Je ne sais que dire de cette espèce sur laquelle j’ai fait beaucoup d’études et d’expériences. J’en ai cultivé des centaines de plantes; j’en ai semé plusieurs années de suite, et je compte sur les semis pour introduire chez moi cette espèce dont la culture est extrêmement difficile. »
- Plus étrange encore est le Loroglossum hircinum (fig. 4) ou orchis bouc. Nous nous rappellerons toujours l’impression qu’il nous a produite la première fois que nous l’avons rencontré en herborisant dans un petit bois des environs d’Amiens, avec ses fleurs en épi, d’un blanc verdâtre, striées de pourpre, exhalant une forte odeur de bouc et surtout avec son labelle divisé en trois lanières, dont la moyenne, très longue, s’enroule en spirale et dépasse les latérales de quatre ou cinq fois leur longueur. Il a vraiment l’air d’une plante un peu fantastique.
- Si nous allons vers le marais, nous y rencontrerons le bel Epipactis palustris (fig. 8), aux fleurs d’un blanc jaunâtre, maculé de pourpre et les Spiranthes, parmi lesquels nous devons citer le Spiranthes romanzoffiana, aux fleurs assez grandes, d’un blanc pur, à parfum délicat.
- Cette plante est encore plus intéressante par sa rareté que curieuse par sa nature ; son nom éveille même dans l’esprit des phytophiles une sympathie toute spéciale et fait naître un sentiment de mélancolie. C’est une espèce qui va s’éteignant et qui, en tout cas, n’existe plus dans la seule station européenne connue, une prairie autour de la baie de Rantry, près du Castletown, au sud de l’Irlande. Nymann, dans son Conspectus (1878), l’indique encore en cet endroit, mais il n’est malheureusement que trop certain que la spiranthe de Romanzow
- a disparu du territoire européen. C’est une lamentation générale en Angleterre, dans ce pays jaloux de ses moindres avantages et où les espèces propres au sol sont considérées comme une richesse scientifique.
- Voici enfin la grande tribu des Orchis et enfin celle des Ophrys, genre des plus intéressants, grâce à la singularité du labelle qui affecte le plus souvent la forme d’un insecte.
- Nous avons vu un de nos compagnons d’herborisation essayer d’attraper une fleur d’Ophrys mus-cifera ou ophrys mouche (fig. 2), qu’il croyait être une mouche aux brillantes couleurs. 11 y a : l’ophrys abeille, l’ophrys araignée (fig. 6), l’ophrys frelon, ainsi nommés à cause de leur ressemblance vraiment frappante avec ces insectes.
- Une orchidée bien curieuse, qui se rapproche des genres précédents, c’est Y Acer as anthropophora ou homme pendu (fig. 7), ainsi nommé à cause du labelle divisé en quatre lanières qui représente assez bien les bras et les jambes d’un homme pendu, dont le reste de la fleur figurerait la tête. Voici maintenant Y Orchispurpurea (iig. 3) à l’épi, si bien fourni et dont la couleur rouge vineux contraste avec les belles fleurs blanches du Cephalanthera grandi fl.ora (fig. 9).
- Ces plantes bizarres, filles capricieuses des bois, sont très difficiles à acclimater dans les jardins. Elles feraient, d’ailleurs, assez triste figure dans nos endos bien peignés, aux corbeilles unies et multicolores, aux lignes soigneusement tracées, aux effets combinés d’après des lois conventionnelles. 11 leur faudrait le jardin d’Alphonse Karr. « Mon jardin n’est pas grand, dit l’humoriste jardinier, mais il est cultivé d’une façon particulière. La culture n’y est pas apparente; les gazons émaillés de crocus et de violettes au printemps, de safran et de colchiques à l’automne, ont l’air de gazons sauvages et venus d’eux-mêmes. Les magnolias y sont traités sans plus de façon que les ormes. Les ronces a fleurs doubles, blanches et roses, y croissent comme croissent les ronces sauvages dans les haies. Le muguet, les primevères, les cyclamens fleurissent sous les arbres sans demander aucun soin, si bien qu’on les oublie et qu’on les trouve chaque année. »
- C’est en Angleterre surtout qu’on rencontre ces jardins et qu’on peut y admirer les orchidées de plein air. A Leeds, il existe un de ces jardins sauvages et alpins, et rien n’est vivant, rien n’est enchanteur comme cette réunion de fleurs de toutes formes et de toutes couleurs, provenant de toutes les régions montagneuses du monde et étalant leurs charmes côte à côte, mariant leurs teintes et leurs doux parfums.
- En France, nous avons, près de Montmorency, dans la charmante contrée de Soisy, un jardin qui est réputé, à juste titre, comme possédant l’une des plus belles collections de plantes alpines de France; il appartient à M. et Mme Daigremont, deux alpinistes qui parcoururent les montagnes de toute l’Europe dans le but d’en étudier et d’en importer
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- Bouquet d’Orchidécs indigènes.
- (Arrangé d’après les planches en couleurs de l'ouvrage de M. Correvon : Nos Orchidées, illustré par M Mülh
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- la flore dans leur jardin. Il y a là, à deux pas de -la grande capitale enfiévrée, des sites alpins aussi naturels qu’à la montagne et des fleurs qu’on a peine à ne pas croire miraculeusement transportées des sommets glacés dans cet air étouffant. L’Epipactis palustris, les orehis incarnata, militaris, simia, les ophrys, vivent là, comme dans les montagnes, et c’est merveille que de les y voir fleurir.
- Il nous serait difficile, dans une étude aussi rapide, de décrire en détail les procédés de culture spéciaux à telle ou telle espèce; nous devons nous borner à des indications générales.
- Semis. —- Le comte du Buysson, bien connu par ses travaux sur les orchidées, et directeur du magnifique journal YOrchidophile, procède d’une façon très simple en imitant tout bonnement la nature. Voici ce qu’il a écrit à ce sujet.
- « La manière que j’avais employée pour introduire ces orchidées chez moi est fort simple. Outre les tubercules que j’y transplantais au moment où les feuilles commençaient à jaunir (époque indispensable qui indique leur maturité), je mouillais les tiges garnies de leurs graines, avant leur diffusion; je les plantais dans ma serre, dans des pots remplis de sable, et à mesure que je les croyais mûres et près d’éclater, je les répandais en secouant la tige, sur mes gazons, dans mes massifs d’arbres, choisissant, autant que possible, un sol et des conditions semblables à l’endroit où je les avais récoltées. Quant à faire des semis en pots, terrines, etc..., je ne l’ai jamais essayé, ayant eu un résultat suffisant en semant les espèces sur les places où je désirais les avoir. »
- Culture. — La condition indispensable pour arriver à transplanter chez soi les orchidées indigènes, c’est de ne les arracher qu’à l’époque de leur repos et lorsqu’elles ont mûri leurs tubercules ou leurs rhizomes, c’est-à-dire au moment où, les graines étant mûres, les feuilles sont mortes.
- Nous ne croyons pouvoir mieux faire que de reproduire ici les indications générales données par M. Angran, archiviste de la Société d’agriculture de la Seine-Inférieure, qui s’est occupé de cette culture. « Il faut les cultiver dans un terrain dont la pente est au soleil levant. Si l’on n’a qu’un jardin, on dispose un endroit en dos d’âne à l’orientation désignée. On enlève 20 centimètres de terre que l’on remplace par la même quantité de bloc calcaire, de vieux tessons ou de cailloux, afin d’obtenir un drainage indispensable. Par-dessus cette première couche, on met la même épaisseur de terre ainsi mélangée : un tiers de terreau de feuilles de hêtres bien consommées, un tiers de terre calcaire et un tiers de gazon très fibreux.
- « L’emplacement ainsi disposé, on plante les orchidées, puis on y sème du gazon. Si, en les plantant, on s’aperçoit que les racines sont dénudées, on arrache des touffes de gazon et dans ses racines on enveloppe les bulbes ou tubercules de la plantation (le gazon se trouve ainsi la tête en bas). La
- plantation faite, on arrose copieusement afin de bien tasser le terrain sans le secours des mains qui pourraient meurtrir les racines ou bulbes. Dès qu’elles montrent leurs boutons à fleurs, on peut arroser sans crainte. La floraison n’en sera que plus belle. Aussitôt qu’une plante est défleurie, il faut couper les tiges si l’on veut, l’année suivante, obtenir de belles plantes trapues et florifères. Comme beaucoup de ces plantes montrent leurs feuilles dès la fin de l’automne, on fera bien de les couvrir d’une couche de feuilles de hêtres, surtout pas de feuilles d’arbres fruitiers : elles se décomposent si vite qu’elles feraient pourrir les feuilles de nos protégées et ensuite le bulbe. »
- Pour les soins spéciaux à prendre dans la culture de chaque genre d’orchidées en particulier, nous ne pouvons (jue renvoyer le lecteur à l’excellent ouvrage de M. Correvon, sur les Orchidées rustiques.
- Peut-être ces quelques lignes engageront-elles des amateurs intelligents et entreprenants à installer dans leur jardin un orchideum où ils pourront cultiver les orchidées rustiques. V. Rrandicourt,
- Secrétaire de la Société linnéennc du Nord de la Franco. ----------------xC><—
- L’EXPOSITION DE CHRYSANTHÈMES
- S’il fallait donner un nom à la période qui s’est écoulée, pour l'horticulture, depuis ces dix dernières années, nous n’hésiterions pas un instant à l’appeler la période du chrysanthème. Plus que toute autre fleur, plus que la superbe orchidée elle-même, le chrysanthème est la grande favorite. Toutes les classes de la société l’ont adoptée et se sont livrées sur elle à une touchante manifestation de fraternité. Quand un armateur de Marseille, à la fin du dernier siècle, apportait en Europe la fleur Japonaise, qui se serait douté des hautes destinées qui lui étaient réservées? S’en serait-on douté il y a seulement vingt ans?
- C’est au cimetière qu’on avait relégué le chrysanthème avant qu’il devînt la fleur à la mode, avant que la culture lui eût fait produire ces innombrables variations aussi bizarres que parfois déconcertantes. La dernière exposition de chrysanthèmes de la Société nationale d’horticulture de France n’a pas été, pour employer un cliché consacré, une révélation. C’était une heureuse et attrayante exhibition qui permettait de se rendre compte, en quelques instants, du degré de perfection auquel est arrivée la culture de cette jolie plante. Peut-être eût-il été intéressant d’v retrouver le vieux chrysanthème de nos pères, d’établir la comparaison entre lui et ses descendants et de savoir quelle était la longueur du chemin accompli dans le sens du progrès !
- Vous parlerai-je des sections dans lesquelles on a classé les variations du chrysanthème? Vous paraît-il bien utile de savoir qu’il existe des incurved, des reflexed, des japonais, des chinois, des alvéolés, des duveteux, des chevelus, etc.? Seriez-vous disposé à admirer davantage? Je me bornerai à vous dire que l’exposition, ouverte du 9 au 14 novembre dernier, a été de tous points merveilleusement réussie, que le succès des précédentes n’a fait que grandir, présageant de nouveaux triomphes pour l’an prochain.
- La disposition des lots, sous une tente unique et spa-
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- cieuse, oïi de larges dégagements avaient été ménagés, permettait déjuger les rapports sans encombre, sans qu’on fût pressé de tous côtés, comme c’est quelquefois le cas. Dès l’entrée les yeux tombaient sur une superbe corbeille où le choix des variétés, le savant mariage des coloris, la gradation de la taille étaient ménagés de manière à composer un ensemble absolument irréprochable. Vous ne serez pas étonné de cette perfection — autant que perfection est possible — quand vous saurez qu» ce lot faisait partie de l’exposition de la maison Vilmorin. Nos grands horticulteurs-grainiers ne s’endorment jamais; quand ils ont fait bien, leur seul but est alors de faire encore mieux. Cette recherche de l’idéal se fait jour dans les autres lots des mêmes exposants. Inutile de dire que le grand public a ratifié avec enthousiasme le verdict du jury, qui a attribué à la maison Vilmorin la plus haute récompense dont il disposait, l’objet d’art offert par M. le Président de la République.
- En brillants satellites venaient : MM. Lemaire, Nonin, Yvon, Lévêque, Patrolin, Vacherot, etc., qui ont, eux aussi, acquis dans la culture du chrysanthème une habileté incontestable.
- Si maintenant vous me demandez quels chrysanthèmes je préfère, je vous répondrai franchement, au risque de passer pour un profane, que des très grandes fleurs je n’ai cure, mais que j’adore celles de dimensions moyennes. A la raideur de la tige unique des premières, je préfère la grâce d’une touffe bien fournie des secondes. Les très grandes fleurs, on les a comparées à une salade portée au bout d’un bâton. C’est peut-être bien irrévérencieux mais ça ne manque pas d’à-propos et de justesse.
- Des chrysanthèmes, encore des chrysanthèmes et toujours des chrysanthèmes, ce serait, même pour le fervent de ces jolies fleurs, peut-être un tantinet monotone. Aussi en leur compagnie brillaient d’autres fleurs de saison : des Cyclamens, des Bégonias, des Œillets, des Violettes. M. Vallerand jeune avait apporté des Bégonias, comme on n’en avait vraisemblablement jamais vus, de ces variétés dont les fleurs sont pourvues d’une crête singulière des plus ornementales, qui a fait donner à cette race encore nouvelle, la dénomination de Bégonia cristata. Le massif de Bégonias était complété par un groupe de Nægelia, ces charmantes gesnéracées, qu’on a à peu près complètement oubliées de nos jours et délaissées pour d’autres plantes qui certes ne les valent pas. Et les Œillets, il y en avait en nombre : ceux de M. Régnier, ceux de M. Lévêque, ceux encore de M. Nonin et enfin la race nouvelle que M. Vacherot a récemment obtenue, des œillets à tiges et à fleurs colossales qui vont peut-être changer la face de la Dianthiculture (pardonnez-moi le néologisme).
- Quant aux violettes de M. Millet, de Bourg-la-Reine, on ne peut que les admirer, et particulièrement la variété la France dont la fleur est assez large pour recouvrir une pièce de cinq francs. Le dire me semblait exagéré, mais j’ai fait l’expérience et j’ai dù m’incliner. M. Boucher, en exposant des clématites à grandes fleurs, nous montre que ces jolies plantes sont plus rustiques qu’on est disposé à le croire et que leur floraison, des plus prolongées, en fait des végétaux précieux pour l’arrière-saison.
- Avec les légumes, nous retrouvons la maison Vilmorin qui triomphe encore par la beauté des produits exposés, leur nombre, leur classification soignée, leur dénomination irréprochable. C’est un des points les plus visités, un de ceux dont le public parisien emporte la plus vive impression. A signaler encore un groupe de cucurbita-cées de MM. Cayeux et Leclerc.
- C’est aussi la saison favorable pour les fruits et, cette année, les exposants avaient répondu avec empressement à l’invitation qui leur avait été faite. Aux lots de poires, de pommes à nulles autres pareilles, se joignaient des raisins tels, que ceux de la terre promise eussent certainement fait triste figure à côté. Ces merveilles qui répondent aux noms de Black Alicante, de Franken-thal, etc., etc., sortaient des cultures et des forceries aux destinées desquelles président MM. Salomon et Fatzer. Peut-on faire mieux? Peut-être oui, et c’est là que nous attendons ces messieurs si la chose est possible. En somme, la Société nationale d’horticulture de France n’a qu’à se réjouir du succès de son exposition, pour la réussite de laquelle sembleraient s’ètre donné le mot et l’habileté des exposants et la douceur de la température. P. IIauiot.
- Attaché au Muséum
- LES LOCOMOTIVES COMPOUND
- A GRAA'DE VITESSE
- AU CHEMIN DE FER DU NORD
- Nous avons signalé précédemment1 les importantes modifications qu’a apportées dans l’exploitation des chemins de fer l’application des machines Compound, en permettant d’augmenter la vitesse de marche et le poids des trains remorqués ; nous avons montré, en effet, par l’examen des horaires actuels que les vitesses commerciales atteignent maintenant 85 à 90 kilomètres à l’heure, et les vitesses effectives dépassent souvent 100 kilomètres, bien que le poids des trains remorqués ait été porté de 150 à 200 tonnes et le nombre des essieux de 26 à 40. Au moment où les vitesses effectives en service normal atteignent ainsi, pour la première fois, 120 kilomètres à l’heure, il était fort intéressant de reprendre l’étude du fonctionnement de ces machines afin d’en déterminer le rendement dans ces conditions toutes nouvelles et de reviser par là même les anciennes formules établies à l’origine des chemins de fer qui sont devenues nécessairement insuffisantes ou inexactes. Ce travail a été entrepris par les ingénieurs du chemin de fer du Nord qui ont effectué à cet effet de nombreuses expériences poursuivies pendant plusieurs mois sur des trains de service courant, et nous avons cru intéressant de donner ici quelques indications à ce sujet en nous aidant de l’important mémoire publié par M. Barbier, ingénieur du service des essais.
- Ces expériences ont consisté à relever les diagrammes de marche sur les cylindres à vapeur de façon à en déduire le travail effectif ainsi dépensé pour le rapprocher ensuite du travail utile représenté par le remorquage du train ; on a cherché, en un mot, à déterminer la répartition exacte de ce travail effectif entre les trois éléments qui l’absorbent : résistances propres de la machine et du ten-der, résistance de l’air et remorquage du train.
- On s’est attaché, en outre, à varier autant que
- 1 Voy. n° 1326, du 29 octobre 1898, p. 337.
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- possible les conditions des expériences, notamment, sur la machine, la valeur de la pression de vapeur développée dans les divers organes intermédiaires depuis la chaudière jusqu’à l’échappement, la proportion d’admission dans les cylindres de liante et basse pression, etc., tout en modifiant, d’autre part, les vitesses de marche de façon à dégager la loi cherchée.
- Comme une étude aussi détaillée présenterait toutefois, dans cette revue, un caractère trop spécial, nous résumerons seulement les résultats généraux obtenus.
- Disons d’abord que le relevé des diagrammes n’a pu s’effectuer avec les indicateurs mécaniques habituellement employés, comme ceux du type Richard; ces instruments dans lesquels la commande du barillet se fait au moyen d’une liaison mécanique avec la crosse du piston donnent bien d’excellents résultats aux vitesses moyennes, mais ils deviennent insuffisants pour les hautes vitesses étudiées. 11 fallut donc recourir à un indicateur spécialement étudié dans le but de supprimer toute transmission mécanique. On adopta à cet effet l’appareil auto-indicateur construit par la Compagnie de l’Ouest que M. Clé-rault, ingénieur en chef, voulut bien mettre à la disposition de la Compagnie du Nord.
- Les expériences ainsi effectuées ont permis de déterminer, comme nous le disions, outes les conditions accessoires susceptibles d’exercer leur action sur la bonne utilisation de la vapeur, comme, par exemple, l’influence de la vitesse, du degré d’ouverture du régulateur et des crans d’admission à haute et basse pression, etc.... Cette analyse a montré que, sur ces machines, il y avait avantage à ouvrir modérément le régulateur et à laire usage d’admissions relativement prolongées dans les petits et surtout dans les grands cylindres, la différence la plus convenable pour ces admissions paraît être d’environ 20 pour 100 pour les trains rapides, soit, par exemple, 0,40 sur les petits cylindres et 0,60 sur les grands ou 0,45 et 0,65, etc.... Dans ces conditions, le travail fourni par les cylindres à basse pression
- reste, il est vrai, notablement inférieur à celui du groupe à haute pression, mais même aux plus grandes vitesses, la différence ne s’élève jamais au-dessus de la moitié.
- Après avoir ainsi calculé le travail fourni par la vapeur dans les cylindres ou travail indiqué, on a déterminé ensuite le travail utilisé obtenu lui-même en faisant le produit de l’effort constaté au crochet du tender par la vitesse correspondante.
- Ces relevés ont été effectués dans les conditions les plus variées : en opérant avec des charges et des vitesses différentes, d’abord en palier, puis sur des pentes ou des rampes d’inclinaison variant de 1 à 5 millimètres.
- Les diverses figures reproduisent les graphiques résumant les résultats observés : le graphique (fig. 1 ) obtenu en palier représente les courbes des travaux utile et indiqué pour une charge moyenne de 680 tonnes, avec les trains de marchandises, ou de 160 tonnes avec ceux de voyageurs ; le graphique (fig. 2) qui donne les charges maxima remorquées pour un travail indiqué de 1200 chevaux représente les relations entre les vitesses et les charges remorquées sur différents profils.
- Le graphique (fig. 1) permet de déduire par différence la valeur du travail perdu, lequel a été absorbé par les résistances totales de la locomotive et du tender ainsi que par celle de l’air.
- D’une façon générale, on voit d’après le graphique (fig. 1) que, sur les trains de marchandises et en palier, le travail moteur a varié de 550 à 780 chevaux pour des vitesses comprises entre 40 et 58 kilomètres, et sur les trains de voyageurs, il a varié de 680 à 1200 chevaux pour des vitesses comprises entre 85 et MO kilomètres.
- Partant de ces données, on peut calculer le rendement commercial, défini comme étant le simple rapport du travail mesuré sur le crochet du tender au travail dépensé dans les cylindres à vapeur, et si l’on considère, par exemple, une charge de 160 tonnes remorquée en palier par une locomotive pesant
- ain i j;
- yajjeups
- Vitesses en kilomètres à l'heure Fijr. 1. — Courbes dos travaux utile et indiqué.
- Rampes de :
- 10 54 3 2 Palier
- Fig. i — Relation entre la vitesse et la charge remorquée sur divers profils.
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- avec son tender 85,5 tonnes, on en déduira un rendement de 0,505 pour une vitesse d’environ 80 à 100 kilomètres à l’heure (lig. 5).
- Ce chiffre est très peu supérieur à un demi, et on pourrait être tenté d’en conclure que la locomotive n’a qu’un rendement très imparfait, mais il faut observer que le travail mesuré au crochet du tender ne représente pas, en réalité, tout le travail utile effectué par la machine, car il faudrait y comprendre aussi l’effort absorbé par le refoulement de l’air à l’avant du train qui ne doit pas être confondu avec les résistances propres delà machine, et on s’en rendra compte immédiatement si on suppose que l’effort de la locomotive soi t employé à refouler le train au lieu de le tirer; il est bien évident que, dans ce cas, la résistance de l’air ne saurait être imputée au fonctionnement propre de la locomotive.
- 11 importe donc de déterminer spécialement la
- valeur du travail absorbé par la résistance de l’air afin de la faire entrer en ligne de compte. M. Barbier a fait de nombreuses expériences pour la mesurer exactement, et il est arrivé à la représenter en fonction de la vitesse par l’expression 0,000 225 Y3 dont la courbe B (fig. 4) donne la représentation graphique.
- Pour une vitesse de marche de 100 kilomètres à l’heure avec la surface de front habituelle de 7mï,90, le travail ainsi absorbé n’atteint pas moins de 225 chevaux et il s’élèverait à 588 chevaux si la vitesse était portée à 120 kilomètres.
- On voit par là toute l’importance que prend la résistance de l’air dans la marche aux grandes vitesses, et en même temps l’intérêt que présente l'installation d’une proue à l’avant de la machine pour la diminuer. M. Barbier estime que le gain ainsi obtenu peut atteindre 12 pour 100 dans une atmosphère bien calme, et dépasserait sans doute sensi-
- ^ Rampes Palier Pentes
- Vitesses en kilomètres à l'heure Déclivités en millimètres par mètre
- Fig. 5. — Influence tic la vitesse et du profil sur le rendement.
- Vitesses en kilomètres à l'heure
- Vitesses en kilomètres à l’heure
- Fig. 1. — Comparaison des résistances par tonne en palier.
- blement ce chiffre dans une atmosphère agitée.
- L’emploi des proues est actuellement à l’étude dans plusieurs compagnies de chemins de fer, il a déjà été réalisé sur les chemins de l’Etat et à la Compagnie de Lyon. Nous avons déjà reproduit, du reste1, le type appliqué, il y a quelques années, par M. Ricour sur les machines de l’État.
- 1 Voy. n' 723, du 9 avril 1887.
- Si l’on ajoute donc au travail mesuré sur le crochet du tender celui qu’absorbe la résistance de l’air pour déterminer le travail utile, réellement fourni par la locomotive, on arrive à reconnaître que le rendement effectif de ccs machines s’élève à 7 4 pour 100 environ au lieu du chiffre de 50 pour 100 que nous indiquions plus haut ; il atteint donc ainsi les trois quarts du travail indiqué, le dernier quart étant absorbé par les résistances propres de la ma-
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- chine et du tender; celles-ci représentent ainsi, comme on voit, un travail à peu près égal à celui de la résistance de l’air.
- Partant de ces chiffres, on peut se proposer de déterminer les résistances par tonne développées aux grandes vitesses tant par la machine que par les wagons remorqués, et apprécier ainsi les modi-tications qu’il convient d’apporter dans ce cas aux formules jusqu’à présent en usage dans les chemins de fer. La résistance par tonne de la machine et du tender en palier et en alignement droit peut être représentée, déduction faite de celle de l’air, d’après M. Barbier, par la formule suivante établie en fonction de la vitesse (courbe C, tîg. 4) :
- R = 5,8 + 0,027 Y + 0,000 187 Y*.
- Ce qui, pour des vitesses variant de 60 à 120 kilomètres à l’heure, donnerait 6ke, 1 à 9k»,75.
- Quant à la résistance des voitures ordinaires à deux essieux pour voyageurs, elle serait représentée par la formule suivante (courbe F) :
- R = J ,6 + 0,46 Y
- Y -F 50 1000
- Ce qui donnerait des chiffres variant de 5ke,46 à 9ks,69 pour des vitesses comprises entre 70 et 110 kilomètres à l’heure.
- La figure 4 reproduit les diagrammes représentatifs de ces deux formules; elle reproduit, en outre, les diagrammes A et 1) donnant les résistances de la locomotive y compris celle de l’air, puis la résistance propre de l’air et celle du train brut, c’est-à-dire comprenant à la fois la locomotive et les voitures.
- La résistance du train brut ainsi figurée est représentée par la formule suivante (courbe E) :
- R =2,56+ 0,0245 Y + 0,000615 Y2.
- Ce qui donnerait des chiffres variant de 8ks,20 à 14ks,l pour des vitesses comprises entre 80 et 120 kilomètres à l’heure.
- On en conclut dès lors que les anciennes formules conduisaient à des résultats trop élevés pour les grandes vitesses, et ce serait le cas, par exemple, pour celle de MM. Yuillemain Guebhard et Dieu-donné, qui est la plus généralement employée, car elle donnerait déjà un chiffre de 15ks,82 pour la vitesse de 80 kilomètres à l’heure. L. Elbé.
- CHRONIQUE
- Météore remarquable. — Un bolide très brillant a été vu en Belgique et à Baie le 15 septembre. Ciel et Terre relate plusieurs observations intéressantes qui en ont été faites. A Walcourt (province de Namur), le bolide a été vu à 8b57"1 traversant Pégase et se dirigeant de l’est vers le zénith. 11 était blanc d’argent, d’une grosseur apparente analogue à celle de Vénus et éclairait vivement le ciel. Après sa disparition, il laissa une traînée blanche qui persista à peu près une minute. A Louvain, vers la même heure, une vive clarté analogue à celle d’une lampe électrique illumina le ciel. L’obser-
- vateur, M. Roose, vit alors un bolide de 12 à 15 centimètres de diamètre apparent qui avançait lentement de l’est vers le sud et qui disparut en lançant quelques étincelles brillantes. Une large traînée lumineuse resta visible quelques secondes.
- La comète Brooks. — Voici quelques détails sur cette nouvelle comète dont la découverte a déjà été annoncée ici1. Cet astre, bien que M. Brooks l’ait qualifié de brillant, n’est pas visible à l’œil nu. A Bruxelles, où on l’a observé le 22 et le 24 octobre, son éclat était comparable à celui d’une étoile de 9e grandeur. 11 avait l’apparence d’une nébulosité diffuse sans noyau. La nouvelle comète a pour mouvement diurne +15' en ascension droite et —2° 15' en déclinaison. Elle paraît entraînée d’un mouvement rapide vers le sud-est et se trouve aujourd’hui dans la constellation d’Opliiuchus après avoir traversé celle d’Hercule.
- Les hatns-douches scolaires. — Nous avons déjà signalé les excellents résultats que donnent les bains-douches dans les régiments; on commence à suivre la même pratique dans certaines écoles, et M. Baudoin citait récemment, dans le Manuel général de l'Instruction primaire, une installation de ce genre qu’il a pu visiter à Manheim, dans le Grand duché de Bade. Un grand nombre d’écoles renferment dans le sous-sol une salle aménagée spécialement; sur le parquet sont disposés six bassins circulaires, peu profonds et ressemblant à de larges plats. Cinq enfants peuvent y prendre place debout, au-dessus de chacun de ces bassins aboutissent cinq tuyaux communiquant avec un réservoir; un robinet général placé dans un coin de la salle permet de faire couler l’eau simultanément dans les différents bassins et de l’arrêter de même. Dans une armoire sont les caleçons des jeunes baigneurs. Une fois par semaine tous les enfants de l’école sont forcés de prendre un bain-douche sous la surveillance du maître ; tout se passe dans l’ordre le plus parfait, et les professeurs affirment que le travail, tout comme la santé, se trouvent admirablement de ces douches. La dépense est fort minime, la concierge est chargée de l’entretien et du nettoyage de la salle.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 novembre 1898. — Présidence de M. Wolf.
- La production des perles fines. — M. Lacaze Dulhier présente à l’Académie un spécimen de perle fine naturelle obtenue au laboratoire de Roscoff. Cette perle, qui a été soumise à l’examen des négociants en perles fines, est de leur aveu « d’un bel orient ». 11 y a longtemps, dit M. Lacaze Iluthier, que les Chinois ont eu l’idée d’introduire dans certaines coquilles de menus objets que l’animal recouvre de nacre, mais si l’on glisse une parcelle de substance entre le manteau et la coquille de l’animal, cette parcelle est rejetée par des contractions répétées du corps de celui-ci. Partant de cette remarque, M. Boutan a trépané la coquille d’une haliotide et introduit une petite perle de nacre qu’il a fixée en place au moyen de ciment. Ce petit corps a été peu à peu recouvert de nacre et a donné lieu à la perle présentée. Pour obtenir de grosses perles, M. Lacaze Duthier estime que l’haliotide mettrait deux ans. M. Berthelot observe que le corps obtenu ne peut être considéré comme une véritable perle qu’à la condition d’offrir une centaine de couches superposées; autrement ce n’est qu’un objet recouvert
- 1 Yoy. n° 1526, du 29 octobre 1898, p. 350,
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- de matière irisée. M. Bouquet de la Grye expose que les Chinois, depuis longtemps, percent les coquilles, et obtiennent ainsi des moitiés de perles assez estimées. 51. Slihie Edwards propose, dans le but de parer à l’objection de 51. llerthelot, d’introduire comme corps étranger une petite perle naturelle. 51. Ed. Périer représente qu’on fabrique aujourd’hui dans l’industrie, à l’aide de substance tirée des coquilles, des perles fausses qui ont la même densité que les perles naturelles et qui offrent au microscope le même aspect. L’orient de ces perles industrielles laisse un peu à désirer. On pourrait sans doute les faire recouvrir d’un dépôt naturel de nacre par le procédé de M. Boutan.
- Propriété des mouvements tourbillonnaires des fluides, — 51. Cornu présente une Note de M. Wcyer sur les propriétés des mouvements tourbillonnaires des fluides. L’auteur a découvert une série de faits qui établissent une analogie surprenante entre ces propriétés et celles des barreaux aimantés. 11 monte une paire d’ailettes aux deux extrémités d'une tige de bois à laquelle il imprime un mouvement de rotation rapide. Dans ces conditions l’air est aspiré des deux extrémités vers le milieu de l’axe d’où il s’échappe perpendiculairement. Plaçant côte à côte deux tourniquets animés de mouvements rotatoires inverses on constate, grâce à une disposition de l’appa-reil, qu’ils s’attirent. Au contraire deux tourniquets animés de mouvements de même sens se repoussent. Les choses se passent donc comme s’il se développait dans chaque cas des pôles de nom contraire aux mêmes extrémités des tourniquets. Si l’on superpose deux tourniquets on observe encore deux attractions ou deux répulsions suivant la nature des pôles mis en présence. L’auteur monte sur une broche des petites ailettes. En approchant un aimant artificiel construit, comme il vient d’être dit, il constate que les ailettes se mettent en mouvement avec une rapidité qui décroît des extrémités jusqu’au milieu, où existe le repos; c’est sous une autre forme le spectre magnétique. M. Cornu estime que les expériences de Weyer apportent une contribution précieuse à l’étude des mouvements tourbillonnaires des fluides, sur lesquels on ne possède que peu ou point de données positives.
- De la nature du sucre des diabétiques. — M. Gautier analyse une Note de M. le Dr Le Goff relative à la nature du glucose cristallisé qu’il a extrait de l’urine des diabétiques ainsi que des différents dérivés tels que phényl-glucosozone, acide gluconique. Dans différentes communications, 51. le DrLe Goff a montré que les globules rouges du sang des diabétiques ont des réactions colorantes différentes de celles des globules du sang normal; c’est ainsi que le sang normal se colore par le rouge Congo et le bleu de méthyle, alors que le sang diabétique ne se colore pas du tout par ces réactifs. De plus, tout récemment, divers auteurs ont attribué au sucre de l’urine des diabétiques des propriétés particulières. 11 était de tout intérêt de déterminer la nature de ce sucre puisque le régime alimentaire à prescrire par le médecin doit être basé sur cette détermination. 11 a extrait un glucose cristallisé en aiguilles qui offre toutes les propriétés du glucose dextrogyre D ; mais indépendamment de ce glucose on rencontre aussi d’autres hydrates de carbone qui seront étudiés plus tard par l’auteur.
- La latitude de l'Observatoire de Paris. — 51. Renan lit un Alémoire sur une détermination de la latitude de l’Observatoire de Paris, qu’il vient d’opérer avec le concours de 5151. Perchot et Ebert. L’auteur effectue d’abord la criti-
- que raisonnée des systèmes qui ont été employés à l’Observatoire de Paris pour obtenir la latitude. La méthode qui vient d'être suivie a été donnée, en 1885, par 51. Lœvy ; elle a pour but d'éliminer les inconvénients des précédentes méthodes. Elle consiste dans l’observation en des plans horaires éloignés des distances zénitales d’étoiles situées à moins d’un degré du pôle. En raison de cette dernière circonstance, ces étoiles sont consta nment visibles dans le champ de la lunette. Chacune d'elles est pointée à deux instants séparés par un intervalle de quatre heures environ. Les distances zénitales ainsi observées sont ramenées par le calcul à la valeur méridienne. Les observations ont été poursuivies pendant 15 mois et sont réparties en 57 séries. Les résultats des séries effectuées dans chacune des deux positions de la lunette offrent entre eux un écart de 0",2 qui se réduit à 0",1 après l’application des formules de correction de la flexion instrumentale. La latitude du grand cercle méridien de l'Observatoire présenterait, d'après les recherches de 5151. Renan, Perchot et Ebert, un écart de 3 à 4 dixièmes par rapport à la valeur admise.
- La coloration du protoplasma. — 51. Gaston Bonnier dépose une note de 51. 51atruchot, maître de conférences à la Sorbonne, sur un procédé nouveau de coloration de la matière vivante. L’auteur cultive à la fois sur le même milieu l’être dont il veut étudier la structure intime et une bactérie chromogène, c’est-à-dire émettant une substance colorée en dehors d’elle. Cette substance imprègne la matière vivante de l’autre être et révèle sa structure intime.
- Varia. — 51. Van Tieghem présente une Note de 51. B. Renaut sur la constitution de la tourbe.
- Cu. DE VlLL EDEl'JL.
- UN ASSEMBLAGE PARADOXAL
- Deux petites pièces de bois, ayant chacune la l'orme d’un prisme droit à base carrée, sont assemblées bout à bout de façon à former une pièce unique, comme l’indiquent les figures 1 et 2. Il est bon que ces deux pièces de bois soient de couleurs bien différentes, pour faire contraste, par exemple la pièce supérieure en bois noir N et la pièce supérieure en bois blanc B. L’assemblage est fait de façon à présenter exactement la même apparence sur chacune des quatre faces latérales que j’appellerai 1, 2, o, 4, à savoir : la face de devant 1, de derrière 3, de droite 2, de gauche 4.
- Sur chacune de ces quatre faces, l’assemblage présente l’apparence de l’assemblage « en queue d’aronde » réprésenté (tig. 2).
- Les deux pièces étant assemblées entre elles et ne formant plus qu’une par leur réunion, ainsi que le représentent les figures 1 et 2, présentez à un amateur cet assemblage tout formé, et demandez-lui comment les deux pièces ont été assemblées l’une avec l’autre, et comment elles peuvent être maintenant désassemblées et séparées l’une de l’autre. L’amateur restera fort perplexe devant ce problème. En effet, plaçons les pièces assemblées verticalement, posons-les sur une table, B en bas et N en haut. On
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- LA N ATTIRE.
- lie peut séparer N de R par aucun des mouvements suivants : 1° on ne peut pas de bas en liant : les dents (queues d’aronde) s’y opposent; 2° on ne peut pas en déplaçant N horizontalement d’ar-r.ière en avant : les dents latérales (queues d’aronde) s’y opposent;
- T)° ni d’avant en arrière ; ni de droite à gauche ; ni de gauche à droite.
- C’est à se demander même comment les deux pièces ont pu être assemblées, et la perplexité de l’amateur ne fera que s'accroître.
- Pourtant les deux pièces de bois B et N étant massives, d’espèces et de couleurs bien différentes, et séparées l’une de l’autre seulement par la ligne qui suit les contours des queues d’aronde, il faut bien se dire que, puisque l’assemblage a été fait, forcément il doit pouvoir être défait. Mais comment peut-on le défaire et comment a-t-il été fait? Au lieu du dessin et des ligures sur le papier, si je pouvais vous présenter matériellement l’assemblage en bois, construit dans ces conditions, l’impossibilité apparente de cet assemblage vous paraîtrait certainement plus frappante encore.
- Solution. —
- Les deux pièces de bois, l’une blanche B, l’autre noire N étant assemblées comme l’indique la ligure 1, coupons (ou scions à l’aide d’une scie) suivant une ligne ou plan X Y passant au milieu de la hauteur des dents.
- Après avoir scié et séparé les deux parties tranchées, la section que l’on trouvera sera celle représentée sur la figure 1. La pièce de bois blanc B
- n’a en réalité que deux dents, l’une qui va de la face 1 à la face 2, l’autre qui va de la face 4
- à la face 5. Ces deux dents sont obliques et dirigées parallèlement à la diagonale de la section. Dans la pièce supérieure N sont des creux qui correspondent à ces dents. D’après cela, la pièce N s’assemble sur B aisément, en approchant N de B horizontalement et obliquement, en suivant la direction de la diagonale. L’énumération des mouvements, faite plus haut, est incomplète (mais fallacieuse). Cette énumération dit qu’on ne peut pas désassembler (ou assembler) N et B :
- 1° De bas en haut; 2° d’arrière en avant ; o° d’avant en arrière ; 4° de droite à gauche; 5° de gauche à droite.
- Mais on peut assembler de biais, obliquement, en présentant les deux pièces l’une à l’autre suivant
- la diagonale de la section, de façon à faire entrer les dents en diagonale de B dans les creux correspondants de N.
- Observation. — L’assemblage doit être exécuté par un menuisier ou ébéniste assez habile, qui le fasse bien juste et sans jeu, de façon même que l’assemblage une fois uni soit bien serré et tienne bien solide.
- Autrement il est certain que; le truc apparaîtrait immédiatement. A. Thiké.
- Ingénieur au Brésil, ancien élève de l'Ecole polytechnique.
- Le Gérant : P. Masson.
- Fig. 1. — Diverses pièces à assembler.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- jV° 1551.
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- Les .excursionnistes
- au gouffre de Padirac (Dessin de M. Weisser, d'après une photographie de M. Mackensteen).
- 6 i
- LA NATURE
- J J
- dans le
- JfjfJ assif
- central de la
- » r jeudi 4 août 1898, l’antique cité de Rocamadour recevait la visite d’une centaine de personnes fort différentes, comme équipement et comme allure, des pèlerins ordinaires : les participants au premier voyage de La Nature se «ÿy _ÎO^l^r" ~ trouvaient tous au rendez-vous.
- ; ? ^ Débarqués de la veille ou de l’avant-veille, ils ont déjà lié connais-
- JgM sance et la vaste salle à manger de Yllôtel du Lion-d'Or est pleine du bruit
- \if%A des conversations. On s’accorde à trouver que Rocamadour est une merveille.
- » la S Isolée sur le causse, la station du chemin de fer n’a rien de séduisant ;
- M mais quel changement à vue et quel cri d’admiration lorsque, à un brus-
- w'J[ t J llue tournant de la route qui mène au célèbre pèlerinage, le ravin de
- " ^ l’AIzou ouvre ses perspectives sur un des sites les plus étranges qui soient
- au monde! Au pied de la falaise, les maisons du village entremêlées de Cliché de M. Wf.ill. jardins; au-dessus, tout un amoncellement d’églises, de chapelles et de
- couvents adossés à la muraille calcaire, creusés dans la roche ou abrités sous des surplombs; au bord même du causse, sur l’abîme, les vieux remparts et le château. Les photographes sont ravis. Après les vues d’ensemble, ils ont pris toutes sortes de détails : les antiques portes, les maisons gothiquesouRenaissance, les curiosités du sanctuaire, les échappées entre les rochers, les vieux pans de murs, ou, à travers les feuillages des jardins suspendus, les vues plongeantes et les panoramas des' terrasses ou des balcons du château. Le déjeuner est exquis : nous sommes dans le pays des truffes, on en a mis partout. Nos compliments aux hôteliers. Mais les voitures, réquisitionnées par M. Desroches, nous attendent. En route pour notre première excursion!
- Elle a pour but d'étudier la topographie, l’aspect physique et l’hydrologie du causse. Grâce au livret-guide rédigé par le Directeur de l’excursion, chacun peut, de son véhicule, reconnaître les traits caractéristiques du pays.
- Un premier arrêt a lieu au gouffre de Réveillon, où se perd le ruisseau de Salgues. La descente ne parait pas facile; il y a quelques moments d’hésitation, mais les dames donnent l’exemple et tout le monde suit. La porte naturelle du gouffre est grandiose avec sa décoration d’arbustes, de plantes grim-
- 26e année. — 2e semestre. 27
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- LA NATURE.
- pantes et de fougères. La lumière, tamisée par cette riche végétation, pénètre jusqu'au fond de l’immense caverne d’où l’on aperçoit un pan de ciel bleu. L’etfet est saisissant.
- Au delà de Réveillon nous quittons le causse calcaire pour entrer dans la région du Lias et ce changement géologique entraîne un changement radical dans la topographie et le paysage : la contrée est riante, agrémentée de haies vives, de prairies. De charmants villages, Alvignac, Miers, Padirac, se cachent dans les bosquets. Au delà nous retrouvons le causse où s’ouvre le puits de Padirac.
- Tous nos lecteurs savent qu’il s’agit d’un gouffre découvert en 1889 et admirablement décrit par M. Martel. L’ouverture, circulaire, taillée comme à l’emporte-pièce, a 55 mètres de diamètre. La profondeur du puits est de 75 mètres. Du fond partent deux cavernes, dont la principale est occupée par une rivière
- formant 12 lacs avec 56 barrages ou gours. Nous sommes reçus avec la plus grande affabilité par un spéléologue distingué, M. Viré, qui dirige les travaux d’aménagement. Lorsque ceux-ci seront terminés tous les touristes pourront descendre au fond du puits par un escalier des plus confortables, explorer la caverne et jouir des rares délices d’une navigation souterraine. M. Viré nous exprime ses regrets de ne pouvoir faire plus complètement aux voyageurs de La Nature les honneurs
- Départ de Rocamadour (Photographie de M. Mackenstein).
- Rocamadour (Photog, de M. Meyère).
- du gouffre Les travaux ont été retardés par les pluies printanières et l’inauguration a dû être remise à l’an prochain.
- En attendant il faut bien reconnaître que la seule vue du puits est une attraction de premier ordre, car les heures passent vite aux bords du trou et le soleil descend à l’horizon. Nous avons à peine le temps de regagner la station de Rocamadour, de dîner en plein air en culbutant le service et de prendre à 8 heures le train qui nous débarquera deux heures plus tard à Decazeville.
- Les deux journées que nous avons passées à Decazeville ont été aussi agréables qu’instructives et nous devons nous hâter de remercier M. Fayol, l’éminent Directeur général de la Société Commentry-Fourcham-bault, M. Péguet, directeur des établissements de Decazeville, MM. les ingénieurs Jardel et Picandet ainsi que tous leurs collaborateurs. Une promenade de cent personnes, à travers des chantiers, des mines, des usines métallurgiques, n’est pas facile à organiser et à régler. Elle ne saurait se faire sans jeter quelque perturbation dans la vie normale de la ruche ouvrière. C’est grâce à un véritable dévouement, dissimulé sous une parfaite aménité, que M. Péguet et ses collaborateurs ont pu nous faire exécuter, sans le moindre incident, toutes les parties d'un programme des plus variés et des plus instructifs.
- Nous ne saurions en parler ici avec détails. L’espace nous est mesuré dans ce fascicule, où nous devons employer un style télégraphique pour laisser la plus grande place aux illustrations dues au talent de nos camarades d’excursion, ce dont personne ne saurait se plaindre.
- Devant les collections et les plans en relief du bassin, le Directeur de l’Excursion s'est plu à dire tout ce que la science doit à M. Fayol, notamment la découverte de cette faune d’insectes géants étudiée par
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- M. Ch. Crongniart et qu’on peut voir dans la galerie de Paléontologie du Muséum ; une théorie nouvelle de l’origine de la houille, théorie confirmée et complétée par les ingénieuses découvertes de M. Renault sur le rôle des microbes dans ces temps reculés, etc.
- La grande tranchée de Lassalle, dont le front n'a pas moins de 200 mètres de hauteur, qui permet l’exploitation d’une couche de houille de 50 mètres d’épaisseur et qui aura, dans quelques années, fait disparaître toute une montagne, est un spectacle unique. La coulée du haut fourneau, la fabrication de l’acier, le laminage ont vivement intéressé tout le monde.
- La descente à la mine a été une opération des plus sérieuses qu’ont égayée de joyeux épisodes, et qui a fait le bonheur d’indiscrets photographes.
- La promenade géologique nous a permis d’admirer les rives pittoresques du Lot et d’observer de véritables coulées volcaniques intercalées dans les sédiments houil-lers. Les volcans de l’époque primaire n'étaient pas différents des volcans de l’époque tertiaire que nous allons voir dans le Cantal.
- Decazeville. — « Le Gueulard »
- (Photographie de M. Costic).
- Pour gagner cette nouvelle région et pénétrer, par elle, au cœur même du Massif central de la France, nous devons prendre un train matinal. Nous passons d’abord à Capdenac, au pied d’une table calcaire que surmontent les ruines d’une place forte; 6 kilomètres plus loin
- se trouve Figeac, gracieusement situé à la limite du Rouergue, du Quercy et de l’Auvergne. Au delà nous quittons les terrains secondaires pour entrer dans les terrains primitifs qui caractérisent partout le Massif central de la France et servent ici de soubassement au grand volcan du Cantal.
- Le train gravit péniblement des pentes couvertes de châtaigniers, traverse la plaine tertiaire d’Aurillac et nous débarque dans cette ville à
- 9,,r)5"1.
- Aurillac offre des ressources; notre troupe peut s’y loger confortablement et avec facilité. Chacun de nous reçoit une fiche portant le nom de l’hôtel et le numéro de sa chambre; l’installation s’effectue rapidement.
- Le reste de la journée permettra aux excursionnistes de se reposer et de visiter la ville.
- Celle-ci est admirablement située au milieu des montagnes, au débouché de l’admirable vallée de la Jordanne, dans une plaine fertile.
- Elle a quelques monuments intéressants : la maison consulaire, la chapelle d’Aureinques, le château Saint-Etienne, l’église du Moustier, la
- statue du pape Gerbert. Les promenades sont belles ; les vieilles maisons, qui se mirent dans l’eau de la Jordanne, sont des plus pittoresques. Que l’édilité et les habitants fassent quelques efforts pour... sa toilette journalière et ils pourront être iiers de la capitale du Cantal.
- Le lendemain matin 8 août, nous partons pour ^
- Vic-sur-Cère. Cette localité a été signalée à l’atten-tion du public par les belles affiches en simili-aqua-relie de la Compagnie d’Orléans ; elle mérite vrai-ment qu’on s’occupe d’elle, et les excursionnistes de La Nature ne pourront qu’ajouter à sa réputa-tion, car ils y reçurent l’accueil le plus empressé et
- cordial. ^
- Débarqués aux sons d’une musique joyeuse, nous sommes reçus à la gare par M. le maire Fayet, entouré de ses conseillers municipaux.
- M. Fayet aime, d’un amour presque égal, Paris, qu’il HHHSHI a habité longtemps, et Vic-sur-Cère, qui l’a vu
- naître. Il est clair que notre visite lui fait plaisir. Decazeville. — Fours à coke (Photographie de M. Cri).
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- LA NATUlîE.
- Les trieuses (l’tiotograpiüe de M. Mackenstein).
- Les Dames à la mine (Photographie de M"* Tiiiéuaclt).
- Il nous offre de bon cœur l’eau pétillante de sa source minérale et le vin blanc de sa cave. Le mélange, servi par une Auvergnate en costume du pays, est fort apprécié. Merci, monsieur le Maire, et en route oour le Pas-de-la-Cère.
- C’est une rainu. e profonde, pratiquée dans les brèches volca iques, avec des parois tellement resserrées que ’e torrent a de la peine à se frayer un passage et qu’il continue encore aujourd’hui le travail d’érosion commencé depuis des milliers d’années. A l’issue du défilé dans la plaine de Vie, les rochers, brusquement coupés à pic, s’élèvent en murailles magnifiques, tapissées et couronnées par une luxuriante végétation. La Gère est à peu près à sec; nous pouvons remonter son lit qu’obstruent d’énor-
- mes quartiers de roches et où une lumière très douce, tamisée par les voûtes de feuillage, se joue dans des flaques d’eau transparente. Le Pas-de-la-Cère n’est qu’à deux kilomètres de \ic où nous avons le temps de visitei. avant le déjeuner, quelques vieilles maisons et une église romane.
- A 2 heures, dépa*1 pour Curebourse et le Pas-de-la-Mougudo. Curebourse est sur la montagne, au bord du plateau d’où l’on découvre un vaste panorama. À nos pieds la vallée de la Gère, tantôt sauvage, tantôt agreste, tanLôt riante; au nord, les sommets dénudés du vieux volcan; à l’est, toute
- Decazeville. — La découverte Je Lassalle (Photographie communiquée par M. Pégüet).
- une série de croupes et de hautes plaines herbeuses, ayant leur origine au Plomb-du-Cantal ; au sud, les collines azurées de la Châtaigneraie. Ce magnifique belvédère permet d’étudier certains traits particuliers de la géographie et de la topographie du Cantal.
- Un peu plus loin, nous allons lire une des pages les [tins curieuses de son histoire géologique.
- Le Pas-de-la-Mougudo est un escarpement formé par des lits de cendres volcaniques ou ciuérites. C’est une véritable Pompéi végétale, un herbier magique, où sont admirablement conservées les plantes et les feuilles des arbres qui croissaient sur les lianes du volcan il y a des milliers de siècles. Grâce à la fouille préparée à leur intention par un naturaliste du pays, M. Pierre Marty, tous les excursionnistes de La Nature ont pu recueillir de belles empreintes de hêtres, d’érables, de vignes, d’aulnes,
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- LA NATURE.
- débandions d’espèces spéciales, etc. Ils ont pu reconnaître le lit de feuilles mortes des sous-bois pliocènes; au-dessus de ce lit, ils
- ont observé des empreintes plus fraîches de feuilles à peine écloses du bourgeon ; ils ont vu des troncs d’arbres carbonisés encore munis de leurs branches, etc. ; ils garderont le sou-
- lîords du f.ot
- (Photographie de M. IIavaux).
- venir du Pas-de-la-Mougudo, de sa foret pétrifiée et de la iaçon charmante dont M. Pierre Marty leur distribua les produits de sa fouille.
- Nous ne sommes pas au bout des remerciements [tour la journée de Vie. Comment oublier notre réception au Grand Motel de la Compagnie d'Orléans ! M. l’ingénieur en chef Prière ne voulut pas nous laisser passer si [très du magnifique établissement, qui est son oeuvre, sans nous en faire les honneurs; sous le vocable vraiment trop modeste de rafraîchissements, il livra au pillage d’une troupe mise en appétit par le grand air et les émotions géologiques, plusieurs tables richement approvisionnées. Et puisque nous ne pouvons loger à l’hôtel, doni toutes les chambres sont occupées depuis le commencement de la saison, un train spécial nous ramènera à Aurillac, et un second train spécial nous permettra de revenir le lendemain à Vie à l’heure de notre départ [tour Le Lioran. Par la personne de son éminent ingénieur en chef, la Compagnie d’Orléans a tenu à manifester sa sympathie pour l’œuvre entreprise par La Nature; nous lui renouvelons ici toute notre reconnaissance.
- Au dîner, fort bien servi par la mère Vialette, une nouvelle surprise nous était réservée. Nos musiciens du matin, dont le plus âgé n’a pas seize ans, viennent, sous la conduite de leur maître et chef d’orchestre, M. l'instituteur Labrunie, nous offrir un second concert, et, cette fois, c’est de musique auvergnate qu’ils nous régalent, en chantant les vieilles bourrées du pays ; des applaudissements répétés et une invitation à trinquer sont la récompense des jeunes virtuoses de Yic-sur-Cère.
- Mais notre éducation ethnographique n’est pas complète et après le chant, doit venir la danse ! Un bal à la musette — lo cobreto — est organisé en notre honneur au Casino. L’instrument national est tenu par les plus fameux artistes du cru, lauréats de maints concours; ils nous répètent, en accentuant le rythme, les bourrées tour à tour joyeuses et plaintives, comme les diverses phases de la vie des paysans d’Auvergne. Ils jouent des regrets, mélodies simples mais pénétrantes, qui mettent des larmes aux yeux des montagnards, peut-être parce que ces chants viennent des Arvernes, leurs ancêtres, et qu’ils sont un lien mystérieux et subtil entre les choses du présent et les choses du passé. Des couples dansent avec grâce. C’est une révélation pour beaucoup de spectateurs ;
- la bourrée d’Auvergne -—----------- ..... . .....i, . -—- -, ——-—
- n’est pas celle des cafés-concerts de Paris!
- Notre sixième journée fut consacrée à la traversée du Cantal. La route nationale qui, de Vie à Murat, remonte la vallée de la Cère, perce par un
- long tunnel la mon-
- Porte ae lu maison consulaire (Jn LlOI*clIl ©t
- à Aurillac (Cliché de M. Parry). , ° , . n , .
- descend la vallee de
- l’Allagnon, est tout à fait pittoresque. Elle est aussi des plus instructives pour le géologue puisqu’elle le l’ait pénétrer dans l’intérieur
- Bords de la Jordaune à Aurillac (Photographie de M. Uavaux).
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- meme du grand volcan cantalien.
- C’est ainsi qu’à Thiézac on peut étudier toute la série des laves. Celles-ci débutent par un trachyte blanc ou rose. Au-dessus, ces grandes masses aux formes d’obélisques, d’aiguilles, ces éboulis chaotiques sont des brèches andésitiques qui alternent parfois avec des cinérites à plantes fossiles. Ces lignes de falaises, ces escarpements réguliers sont des coulées de laves compactes, les unes formées par du basalte porphyroïde, roche sombre remplie de beaux cristaux de pyroxène, les autres par des andésites aux teintes claires. Plus liant encore, le puv de Griou porte
- - , , - ., ' • , Réception à Vic-sur-Cère (Photographie de SI. Ueutrand).
- a [ires de 1 / OU métrés ses prismes de F
- phonolite; enlin, le bord des grands [daleaux qui descendent du Plomb-du-Cantal est formé par des coulées de basalte. Toutes ce s déjections se superposent sur une épaisseur d’environ 1000 mètres et recouvrent une surface d’environ 2000 kilomètres carrés. Que de siècles représente la formation d’un pareil
- relief! Mais ce __ que le feu avait édifié, l’eau s’est appliquée à le détruire. Cette lutte des
- deux élé- ments est un des traits les plus curieux de l’histoire géologique de l’Au-
- vergne. St ce travail de désagrégation par les précipitations atmosphériques confond l'imagination quand on pense que la vallée de la Cère présente ici une profondeur de 800 mètres!
- C’est d’ailleurs aux effets de l’érosion qu’il faut attribuer partout les plus belles curiosités naturelles. Nous en avons une nouvelle preuve après avoir dépassé Thiézac. La route, creusée dans le roc, est soutenue par de grands travaux de maçonnerie au-dessus d’une succession de ravins, de précipices, de rochers, de rapides, de cascades qui forment le Pas-de-Compaing.
- Nous arrivons à Saint-Jacques-des-Blats. Le torrent gronde au fond du ravin hérissé de nombreux dykes volcaniques. Nous sommes au centre du volcan, sur l’emplacement des anciens cratères, dans l’antre même de Pluton. Par
- Un passage diflicile (Photographie de M. JIeyère).
- un beau soleil, le paysage a beaucoup de charme et de grâce pastorale. Par ce temps orageux, il a peut-être plus de grandeur. Les parois montagneuses s'élèvent très haut, se perdent dans la brume et la gaze des nuages se déchire aux aspérités des sommets. Tandis que d’énormes cumulus roulent sur nos tètes et que, vers le nord, le ciel a des tons d’ardoise, du coté du midi, le soleil perce les vapeurs et fait une auréole à la vallée de \ic dont les lointains se perdent dans un fond d’azur.
- Nous sommes à l’origine de la vallée, à l’extrémité du cirque. Nos voitures pénètrent dans la
- percee (lu Lioran. Le tunnel, brillamment éclairé nistration bienveillante d’avoir voulu gâter les excur-1412 mètres de longueur; il a été creusé de 1859 à l'hiver, une libre communication entre le versant méridional du Cantal et son versant septentrional.
- En retrouvant la lumière du jour, nous ne retrouvons pas le même paysage. L’aspect du pays est très différent sur les deux versants. Tandis que du coté de la Cère la végétation arborescente est relativement peu développée, que de nombreux villages animent le paysage, du côté de l’Allagnon ce ne sont que forêts de sapins d’où émergent çà et là d'énormes rochers. Le pays, naguère tout à l’ait dépourvu d’habitations, a quelque chose de boréal. Le contraste est saisissant. Ce site commence à devenir à la mode. La Compagnie d’Orléans y a construire un hôtel-chalet qui a eu, cette annéi même succès que le Grand Hôtel de Vie.
- Le Pas-de-la-Mougudo (Photographie de >1. Itovs).
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- Douze kilomètres nous séparent de Murat, une petite ville bien curieuse, tassée au pied des orgues célèbres du rocher de Donnevie. Il nous reste quelques heures de jour; il s’agit de les bien employer. Nous avons à visiter l’église de Notre-I)ame-des-01iviers, où se trouve une Vierge noire qui aurait été donnée par saint Louis. 11 faut nous promener dans les rues, au hasard, à la recherche des vieilles maisons gothiques ou Renaissance. Si nous sommes intrépides, nous ferons l’ascension du rocher de Ronnevie pour voir de près les colonnades basaltiques et admirer un superbe panorama. En lace de nous se dresse le dyke de Rredons que surmonte une église. Ce monument mérite une visite. C’est un type intéressant de l’école romane auvergnate. A l’intérieur se voient un grand retable du dix-septième siècle et de belles boiseries sculptées.
- La Nature ne pouvait traverser le Cantal sans y faire une ascension. Le Plomb-du-Cantal est une montagne célèbre; elle ne vaut pas sa réputation. Le puy Mary est autrement intéressant. C’est un des sommets les plus élevés du Massif central de la France (1787 mètres), et, ce qui ne gâte rien, un
- des plus accès- sibles pour tout le monde, car on peut arriver en voi-
- ture jusqu’à vingt minutes du sommet. Le 10 août, vers 10 heures du matin, nos excursionnistes étaient réunis au pied du piton terminal, au Pas-de-Peyrol. Après un copieux déjeuner pris sur l’herbe à 1582 mètres d'altitude, dans un décor grandiose, tout le monde fit l’ascension avec la plus grande facilité.
- « En mettant à part le Mézenc1, dont la vue sur la chaîne des Alpes est incomparable et présente des beautés d’un ordre tout à fait différent, le panorama qu’on découvre du sommet du puy Mary peut être cité comme le plus beau de la France centrale. Au nord, le massif du Mont-Dore profile nettement à l’horizon sa double pente de volcan démantelé, tandis que, sur des plans plus rapprochés, s’étalent les vastes croupes du Cézallier. A l’est, les divers sommets jalonnant l’ancien cratère : Peyre-Arse, Bataillouze, le puy de Griou, le Plomb-du-Cantal, dans l'intervalle desquels le regard découvre les lignes de faîte de la Margeride et de l’Aubrac. Au sud, par-dessus les abîmes du cirque de Mandailles, par-dessus l’Elancèze. le Courpou-Sauvage, les plateaux volcaniques s’abaissent insensiblement et se fondent bientôt dans la masse bleuâtre des collines primitives du bassin du Lot. Vers l’ouest, le puy Violent et le Chavaroche se détachent sur un fond d’horizon que limitent les ondulations du Limousin et en avant desquelles se découpe, vers le nord-ouest, la masse des Orgues de Bort. Plus près du spectateur, les vallées rayonnantes offrent les perspectives les plus variées. Les cirques sont occupés par de belles forêts de conifères, taches sombres auxquelles succèdent bientôt les taches claires des pâturages bordés de haies vives et parsemés de villages. Plus près encore, de grandes masses verticales, des pans de roches coupés à pic, des laves noires,
- 1. M. Boule, in Dict. Géogr. de la France, de Joanne.
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- m
- rouges, qui percent de toutes parts anémones multicolores, les gentianes mûrissent les myrtilles. »
- Le lendemain, le chemin de fer Cette ville, perchée sur une table basal-gracieuse vallée del’Auder où se trouve rivière ou du faubourg, elle offre un sons, bâties à Heur des escarpements, cien mur d'enceinte pour former leurs Saint-Flour a conservé en partie son Nous passons devant des orgues de le champ de foire abondamment garni graphes y trouvent de curieux sujets cessivement la cathédrale, l’ancienne d’hui transformée en halle au blé, remparts, d’où la vue est superbe sur La Margeride. La cloche de l’hôtel d’un déjeuner trop somptueux, car, hôtelier, nous sommes obligés de sacrifier une
- Le plus jeune (I’hotograpli
- l’épais gazon où ..fleurissent les jaunes, les bruyères roses et où
- nous transportait à Saint-Flour. tique, domine de 108 mètres la la station. Vue des bords de la aspect très pittoresque. Les mai-' ont généralement emprunté l an-côtés extérieurs, de sorte que aspect de ville forte du moyen âge. basalte et nous entrons en ville par de paysans et de bétail. Les plioto-d’études. Puis, nous visitons suc-église gothique Notre-Dame, aujour-plusieurs vieilles maisons et enfin les le faubourg et sur les montagnes de Courtiol rallie tout le monde autour au grand désespoir de notre aimable partie du menu. Nous attarder aussi longtemps que
- des excursionnistes ie de M. Weill).
- Groupe au puy Mary
- (Photographie de
- l’exigerait la bonne ordonnance d’un repas composé d’une douzaine de plats, nous exposerait, en effet, à manquer le train qui doit nous permettre de coucher à Mende ce soir; et nous devons aller prendre ce train à Garabit, c’est-à-dire a 10 kilomètres de Saint-Hour. Nos
- voitures roulent avec rapidité et nous ne tardons pas a apercevoir le célébré \iaduc. Nous avons la bonne fortune d’avoir avec nous M. Vinay, ingé- nieur de l’arrondissement de Saint-Flour,
- qui a collaboré à la construction de ce magnifique travail d’art. Les explications
- qu’il veut bien nous donner sont claires et précises. Sa petite conférence
- est vigoureusement applaudie.
- Le train qui nous emporte main- cnant s élève sur de hauts plateaux
- couverts de pâturages, que dominent La Margeride et à droite les coulées d’llerbouse,la voie atteint 1050 mètres Gévaudati, pays monotone, froid, ensuite dans la vallée de l’Enfer, à coups de tunnels et de viaducs, remplacés par des strates bien ré-tent le voisinage des Causses. Nous
- et nous arrivons à Mende, au mo-n’éclaire plus que le sommet des
- à gauche les croupes granitiques de basaltiques de l’Aubrac. Au tunnel d’altitude. On est là en plein battu des vents. On descend où la voie s’est frayée un passage Bientôt les schistes cristallins sont glées de roches claires qui déno-dépassons Marvéjols, Le Monastier ment où le soleil couchant falaises du Causse.
- M. C.... notaire (Photographie de M. Weill).
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- LA N A T U RE.
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- Notre entrée est un triomphe. L'avenue de la gare est entièrement pavoisée. Nous passons sous des arcs de feuillage, au milieu d’une population pour laquelle notre arrivée est un plaisir, presque un jour. de fête. Certains prétendent que ces préparatifs n’ont pas été faits pour nous, car on attend dans quelques jours les Cadets de Gascogne, une troupe joyeuse, habituée aux décors et qui fera du bruit.... Mais c'est une pure calomnie puisque nous sommes priés par M. le maire de Mende de vouloir bien assister Clic/. le Cantonnier au puy Mary (Phot. (Je M. Durante). ^ COUCC11 qui SC donnera Cil notre honneur, SUT la grande
- place, et qui sera suivi d’une réception au théâtre.
- Ce fut une soirée charmante. M. le maire Arnaud nous souhaita la bienvenue par un speech de tour aimable... particulièrement pour les dames, qui sauront certainement ...
- gré au rédacteur de ces lignes de remercier M. Arnaud en leur / ’ v^..
- nom. l'n député spirituel, M. Jourdan, nous lit un éloge - • Ÿ*x*VN(n-%
- savoureux de son itavs et de ses électeurs, en même - :v ‘ v
- temps qu'il nous narrait toutes sortes d’histoires, Yf-.-. ' - -
- notamment celle de la Cloche Sans-Pareille et d'un ' - ,***?••• V*V*' ^..
- canon de bois qui lit merveille au temps '* Y *t*
- ]>assé et qui est encore conservé au musée de la ville. y
- Enfin. M. Macken-stein consacra plusieurs plaques 18 X 24 et quelques grammes de magnésium au souvenir de cette fête.
- La matinée du lendemain fut prise par la visite de la ville. L’un des clochers de la cathédrale a 84 mètres de hauteur ; c’est un monument historique. Le pont Notre-Dame, sur le Lot, date du quatorzième siècle ; la tour de la citadelle du seizième. Le musée renferme un certain nombre d’antiquités préhistoriques et gallo-romaines intéressantes.
- A 11 heures, nous prenons congé de la bonne ville de Mende et nous partons pour les gorges du Tarn. La route s’élève sur le causse de Sauveterre, d’aspect caractéristique.
- « La région si naturelle des causses1 est une grande enclave
- Ascension du puy Mary (Dessin de 51. Bauclav,
- d’ap. les clichés de M“* Tiuébault et de M. Meïère).
- calcaire au milieu des roches cristallines du Massif central. Là se trouvait autrefois une fosse dont la profondeur atteignait par endroits plus de 1000 mètres, et qui a été comblée par les dépôts de mers jurassiques. Cet ancien golfe est aujourd’hui occupé par le Gausse du Larzac, le Causse Noir, le Causse Méjan, le Causse de Sauveterre, le Causse de Mende et les Causses de Rodez. Ces plateaux, qui se tiennent à l’altitude moyenne de 1000 mètres, formaient autrefois un tout continu. Ils sont séparés aujourd'hui par des vallées d’érosion étroites, ou canons, parmi lesquelles se signalent, comme une des merveilles de l’Europe, les gorges du Tarn profondes de 500 mètres. Tandis qu’au fond de ces abîmes l’on retrouve la végétation et le climat du Midi, la surface des Causses, rocailleuse, aride, dépourvue d’habitations, apparaît comme un véritable désert de pierres où l’hiver est des plus rigoureux. Les calcaires jurassiques fissurés, faillés, brisés, absorbent les pluies; l’eau circule au sein des couches, les affouille, y produit des cavernes grandioses,
- 1 M. Boule. Le Massif central de la France.
- Saint-Flour (Photographie de M",e Tihéü.vilt).
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- LA NATURE.
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- fond des canons en jets puis-mer veilleuses. » route descend, décrit de nom-permet d'admirer le merveil-mé par le ravin des Molines, les vastes étendues du Causse tagnes primitives de la Lozère, brusque se produit dans les du pays. Au Causse de Sauve-lique, succède, à Ispanhac, ce a appelé une vallée de Tempé, vigiK1, le liguier, l’amandier et tiques.
- et Sainte-Enimie, la route est tpies. On [tasse au pied de la cheblave, que dominent les du château de l'Aiguillette; on traverse de nombreux hameaux disséminés au milieu •gers, on admire les ruines du château de Charbonnière (treizième siècle) et on arrive en face de Castelbouc, perché sur une aiguille rocheuse à 60 mètres au-dessus de la rivière. Une grosse source s’échappe d’une caverne et se jette dans le Tarn qu’elle rend navigable à partir de ce point. On dépasse l'rades et on ne tarde pas à voir Sainte-Enimie.
- Cette localité, où l’hospitalité des habitants suppléera à l’insuffisance des hôtels, était célèbre au moyen
- et va sortir dans le sants, en fontaines Bientôt, la breux lacets et nous leux panorama for-la vallée du Tarn, Aléjan et les mon-Un changement aspects physiques terre, nu, déser-que AL de Alalafosse o il c rois se n t la les [liantes aroma-Entre Ispanhac des [dus pittores-maison-forte de Ro-restes [dus anciens des vignes et des ver
- Défense de Saint-Flour par les excursionnistes de La Nature (l’iiotograpliie de M. Macke.nstici.n).
- âge par son pèlerinage. Elle est entourée de vignes, de vergers et de jardins suspendus. Elle distille la lavande et l'ait un grand commerce d'amandes. Avec les ruines de son monastère, ses vieilles tours, ses rues pittoresques, l'intérieur du village est intéressant à visiter.
- C’est là que nous allons nous embarquer pour la descente du Tarn.
- Les gorges sont creusées à travers les couches des terrains jurassiques : calcaires compacts, calcaires ooiithiques, calcaires coralliens et dolomies, se découpant, se désagrégeant en masses et en rochers pittoresques aux teintes chaudes, ou bien formant des murailles verticales d'un aspect grandiose.
- Nous n'entreprendrons pas, après tant d’autres, la description des merveilles naturelles qui se succèdent sur plus de 50 kilomètres de longueur. Dès le début la navigation est intéressante. Notre caravane, répartie sur 20 barques, forme une escadre des plus pittoresques. Au bout d’une heure environ, nous arrivons à Saint-Chély, village bâti sur un dépôt de tuf calcaire, au milieu de vergers, dans un site inoubliable.
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- Les gorges du Tarn. — i. Eu uval des Vignes (pliot. de M. Boule); 2. Le Détroit (pliot. de M. Boule); 5. Le Cirque des Baumes (pliot. de 31. Boule); i. Maison troglodytique (pliot. de M. Eeiinet); 5. Saint-Chély (pliot. de M. Boule); 6. Le délité des barques de La Nature (pliol. de 31. Mackiîssteis).
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- LA NATURE.
- Quelques minutes après, au delà d'une boucle du Tarn, vue saisissante de la gorge et du cirque de Pougnadoire. Le village du même nom est en partie troglodytique.
- A 11 heures, nous touchons au château de La Gaze, une des merveilles du canon. La société La France pittoresque a eu l’idée d'acquérir le château pour en faire une hôtellerie et le mérite louable
- d'effectuer cette transformation d’une façon très discrète, sans porter la moindre atteinte au cachet artistique de l’antique demeure. Un y voit encore de vieilles peintures murales, des meubles anciens, une magnifique cheminée Renaissance, etc. Entre le bâtiment et la falaise une plate-forme de tuf, d’où sort une source fraîche, est plantée de beaux arbres. Ce sera notre salle à manger. Nous avons le plaisir d’avoir avec nous notre aimable éditeur, M. G. Masson, qui a bien voulu quitter pour quelques jours ses hautes occupations à la Chambre de commerce de Paris pour venir fraterniser, le verre en main, avec les abonnés de La Nature, leur apporter les regrets qu’éprouve M. de Parville de n’avoir pu se joindre à nous et remercier le Directeur de l’excursion.
- . On aimerait séjourner à La Caze. Par ce merveilleux temps d’août les nuits y sont délicieuses, mais l’élégante demeure seigneuriale n’est pas organisée pour abriter une troupe si nombreuse et nous devons nous réembarquer.
- Les barques glissent sur un beau planiol, passent sous les ruines du château d’Hauterive, devant la fontaine des Ardennes et ne tardent pas à arriver à La Malène. C’est le centre des bateliers du Tarn.
- Plus loin les rochers dolomitiques sont bizarrement découpés ; on leur trouve toutes sortes de formes animées; nous [tassons le Détroit, un des points les [dus vantés du canon et au delà duque. s’ouvre le cirque des Baumes. C’est le point où le Tarn change brusquement sa direction pour couler vers le Sud; c’est aussi la partie la plus grandiose de la gorge. Du sommet de la falaise, à l’angle du coude, au Point sublime, la vue du canon est merveilleuse.
- Bientôt après, le chaos de rochers éboulés qu’on appelle le Pas-de-Souci interrompt la navigation; le Tarn se perd en effet au milieu des blocs pour ne reparaître que 500 mètres plus loin. On est obligé d’aller à pied aux Vignes.
- Au delà, les gorges paraissent moins imposantes, bien que les parties fiautes des falaises soient admirablement découpées. Le cours du Tarn est accidenté de nombreux rapides dont le passage ne s’effectue pas tout d’abord sans quelque émotion.
- .Minuit n Sainle-Énimie, par 50° de chaleur (Photographie de M. Mackenstein).
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- LA NATURE.
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- Mais les bateliers du Tarn — de braves et honnêtes gens — sont aussi habiles qu’aimables. Ils savent admirablement leur rivière, ils en connaissent tous les cailloux ; la barque s’engage et passe entre les rochers sans jamais les toucher. 11 ne saurait arriver le moindre accident et d’ailleurs une baignade serait sans conséquences fâcheuses. Une de nos charmantes excursionnistes nous en a fourni la preuve... involontairement.
- C’est au crépuscule que nous arrivons à Peyreleau. Le paysage prend un aspect nouveau, imprévu; le sommet des falaises est encore baigné d’une lumière rose, tandis (pie sur les pentes, les reliefs s’atténuent, se voilent et que les rochers du bord mirent
- Déjeuner de la Caze (Photographie de M. Mackensteik).
- Château de la Caze (Photographie de M. Boule).
- dans l’eau transparente leurs formes sombres et, fantastiques. Plus de chants d’oiseaux, plus de bruissements d’ailes. C’est au tour des voix humaines, et les bateliers signalent notre arrivée en chantant à pleins poumons leurs vieilles chansons du Tarn.
- La vallée de la Jonte, que nous remontons le lendemain, n’a pas la grandeur de la vallée du Tarn. Mais ses parois calcaires sont admirablement découpées; les sculptures de ses flancs sont peut-être plus finement ouvragées. La grotte de Dargilan s’ouvre au sommet de la falaise du Causse Noir. L’ascension prend une demi-heure. L’administration de La France pittoresque a fait construire un chalet où l’on peut se rafraîchir, voire même déjeuner. Elle fournit aux touristes l’équipement nécessaire pour la visite de la grotte. Celle-ci, découverte en 1880 par un pâtre qui poursuivait un renard, a été explorée et décrite par M. Martel. L’entrée s’ouvre sur une Grande salle d'où partent deux galeries principales dont le développement total a près de trois kilomètres. Il ne faut pas moins de quatre à cinq heures pour la visiter complètement et nous avons tenu à tout voir. Par lui-même le spectacle de la grotte est de toute beauté; mais il faut convenir que notre présence lui donnait un aspect bien particulier. Cette théorie de personnages habillés de blanc (l’uniforme fourni par la F rance pittoresque) serpentant dans les couloirs, descendant dans les cavités, se perdant dans les profondeurs lointaines des gouffres, produisait, à la lumière combinée des bougies et du magnésium, des effets des plus fantastiques, dont la vue photographique, pourtant très belle, de M. Mackenstein ne saurait donner une idée.
- Meyrueis n’est qu’à quelques kilomètres de Dargilan. Nous en avons conservé le souvenir d’une petite localité qui manque encore de chambres pour voyageurs, mais où certains hôteliers nourrissent bien leurs clients. Voici, à titre de curiosité, le menu du dîner servi par l’hôtel Lavejac.
- Écrevisses. — Vol-au-vent. — Omelette. — Veau rôti. — Dindon.
- Gigot de mouton. — Poulets. — Truites. — Civet de lapin. — Salade.
- Pièce montée. — Brioche. — Fromages et fruits variés.
- (PhotogrT1!h?êUdc:MrrMonEL). Nous sommes au 15 août, c’est-à-dire au dernier jour de notre voyage. Le
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- LÀ NATURE.
- A Dargilan (Photographie de 31. Meyère).
- meme soleil radieux, qui nous gratifie de ses rayons brûlants depuis Rocamadour, nous donne le signal du départ ; nous avons aujourd’hui près de 80 kilomètres à faire en voiture. La route s’élève sur le bord oriental du Causse Noir, puis elle longe une crête aiguë qui domine la vallée du Bonheur et la cascade de Brnmabiau. Tout près de Camprieu, à 1095 mètres d'altitude, le ruisseau du Bonheur pénètre dans un tunnel, naturel et ne tarde pas à se perdre dans un gouffre ; il ressort 440 mètres plus loin et 90 mètres plus bas, entre deux falaises resserrées, par la cascade de Bramabiau.
- M. Martel a complètement exploré la rivière souterraine de 700 mètres de long. 11 a fait connaître plusieurs anciens lits souterrains aujourd’hui abandonnés et tout un réseau inextricable de galeries.
- Nous n’avons pas le temps d'aller étudier la cascade de près ; nous devons nous contenter de la vue, d’ailleurs suffisante et très instructive, que nous avons de la route, mais nous visitons le tunnel sous la conduite d'un géologue éminent, M. Fabre, inspecteur des forets.
- Ce savant, de science sûre, d’une érudition considérable et d'une affabilité charmante, sera notre guide pour cette dernière journée. Nous sommes en effet sur son territoire administratif, nous allons traverser les superbes bois qu’il a plantés, emprunter ses routes forestières et visiter l’observatoire de l’Aigoual qu’il a édifié lui-même et dont il est le directeur.
- Nous traversons un plateau couvert de hêtres et de mélèzes, et nous ne tardons pas à arriver à la maison forestière de la Serreyrède, bâtie sur le col du même nom, et dominant le cirque splendide des sources de l’Hérault. La _______
- route gravit ensuite, par une rampe assez douce, les pentes de l’Aigoual.
- Cette montagne, appelée aussi Signal de l'IIort-Dieu à cause de ses richesses botaniques, est située sur la ligne de partage des eaux de l’Océan et, de la Méditerranée, à 15(>7 mètres d’altitude. De la plateforme de l’observatoire, l’œil découvre l’un des plus beaux panoramas delà France centrale. A l’ouest et au nord, la vue s’étend sur les ciuS' ses, qui butent contre les relieis cristallins et arrondis de la chaîne des Cévennes ; à lest, le Yentoux, la large trouée du bassin du Rhône; au sud, la plaine et le rivage méditerranéens ipie domine le pic Saint-Loup; au sud-ouest, le Canigou. M. Fabre nous explique ce merveilleux tableau dont les lointains sont malheureusement brumeux; chacune des régions (pie nous avons sous les yeux lui fournit un sujet de digression charmante sur quelque point d’histoire naturelle, d'ethnographie, voire même d’économie politique.
- Il nous montre le fonctionnement du ser-
- be tunnel du Bonheur
- et Bramabiau.
- (Photographies de M. Fernet).
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- Dans la grotte Dargilan (Photographie de M. Mackenstein)
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- LA N AT LUE.
- En route pour l’Aigoual
- (Photographie de M, Diuaxte).
- paysages admirables. On passe bas-l'onds où croît la llore
- Les bagages en détresse (Photographie de SI. Feb.net).
- vice météorologique de l’observatoire, qui a surtout pour but de compléter les bienfaits du reboisement et d'atténuer les désastreux effets des inondations.
- Il y a 1550 mètres de différence d’altitude entre le sommet de l’Aigoual et le Yigan, séparés à vol d’oiseau par 15 kilomètres seulement. La route, obligée de se développer sur une longueur trois fois plus considérable, décrit d’énormes lacets, revient plusieurs fois sur elle-même et procure au vovageur une succession de panoramas et de en quelques heures des sommets où fleurissent les plantes alpines aux méditerranéenne. Aux bois de hêtres et de conifères succèdent d’abord les châtaigniers, puis les mûriers, puis les oliviers du Yigan.
- Nous touchons au but final de l’excursion.
- Le dîner de ce soir va être le dernier repas que nous prendrons en commun. Demain la troupe si compacte, si animée, si joyeuse de La Nature sera dispersée. Nous aimons à penser que ce premier voyage aura eu, non seulement l’avantage de faire connaître et apprécier par une élite les aspects si variés et les merveilles naturelles de la France centrale, mais encore qu’il aura contribué à nouer d’agréables relations et à resserrer des liens d’amitié. Et, puisqu’il faut se quitter, que la séparation ne soit pas définitive. Disons-nous : Au revoir, à l’année prochaine ! M. B.
- L’Aigoual. — Terrasse de l’Observatoire (Photographie de M. Cne).
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- LA NATURE
- VINGT-SIXIÈME ANNÉE — 1898
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abeilles (Les galeries des), 563.
- Abeilles et miellées, 230.
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de T), 15, 31, 46, 62, 79, 95, 111, 127, 143, 159, 175, 191, 207, 223, 239, 255, 271, 287, 303, 519, 335, 351, 367, 583, 599, 414.
- Acide carbonique dans l’air (L’), 234.
- Acide phosphorique du sol (L’), 143.
- Aciers au nickel (Les), 212.
- Aciers au nickel (Applications nouvelles des), 251.
- Age de pierre dans la région de Sétif (L’), 299.
- Agneau à huit pattes (Un), 114.
- Agrandisseur automatique à toutes les dimensions, 295.
- Air (Un nouvel élément de 1’), 31.
- Air à différentes hauteurs (Température de 1’), 94.
- Air liquide (L’), 31.
- Air liquide (La machine Linde au Collège de France), 71.
- Aléthorama (L’), 253.
- Algue (Particularité de la végétation d’une), 15.
- Alimentation végétale au Zululand pendant la famine (L’), 134.
- Aluminium (Une curieuse propriété de I’), 350.
- Aluminium aux États-Unis (L’), 319.
- Aluminium dans la manipulation des acides (L’emploi de 1’), 238.
- Alliages antifriction (Les), 275.
- Allumettes au Japon (L’industrie des),166.
- Alvergniat (Adrien), 270.
- Ammoniaque en poudre (L’), 334.
- Analyse spectroscopique du sang dans les tissus vivants (L’), 347.
- Anguille (Toxicité du sang d’), 175.
- Anguilles de la Nouvelle-Calédonie, 191.
- Animaux qui ne boivent pas (Les), 399.
- Aphyso-cautère Dechery (L’), 175.
- Appareils à grande tension et à haute fréquence, 103.
- Arbres remarquables, 128.
- Arrosage au pétrole (L'), 15.
- Armures cuirassées (Les), 323.
- Arquebuse de pêche (Une nouvelle), 192.
- Arsenic et du phosphore sur l’ammoniaque (Action de 1’), 335.
- Ascensions aérostatiques internationales du 8 juin 1898, 62.
- Ascensions de ballons-sondes, 62.
- Assemblage paradoxal (Un), 415.
- Astronomie au Salon (L’), 26.
- Atmosphère (Exploration de 1’), 46.
- Atmosphère (La température de 1’), 335.
- Atmosphère (Les éléments de 1’), 63.
- Atmosphère (La composition de 1’), 191.
- Auer (Le fonctionnement du manchon),
- 94.
- Aurillac, 421.
- Aurore boréale, 255, 271.
- Aurore boréale et la perturbation magnétique du 9 septembre 1898, 275.
- Autoharpe (L’), 96.
- Automobiles (L’exposition internationale d’), 55.
- Automobiles légères, 173.
- Autruche, son élevage en Algérie au point de vue commercial (L’), 273.
- Aviation au service de l’armée (L’), 54.
- B
- Bactéries dans l’eau de mer (Culture des), 383.
- Bains-douches scolaires (Les), 414.
- Balle anglaise (La nouvelle), 222.
- Ballon captif du Jardin d’acclimatation (Le), 65.
- Ballon-sonde (Ascension d’un), 111, 271.
- Bande pelliculaire de 15 km., 399.
- Barrage de réservoir en acier dans l’Ari-zona (États-Unis), 564.
- Bateau sous-marin Holland, 385.
- Bateaux européens sur les fleuves chinois (Les), 95.
- Becs à acétylène (Les), 157.
- Bétail à Madagascar (Les maladies du), 166.
- Bétel (Le), 378.
- Bicyclette et amaigrissement, 303.
- Bicyclette sur les organes thoraciques (Influence de la), 223.
- Bicyclettes à chaîne et acatènes (Les), 14.
- Bobine d'induction (Nouvelle), 114.
- Bolide remarquable, 207.
- Botanistes (Les mésaventures des), 150.
- Briquettes de pétrole, 143.
- Budget de la marine anglaise (Le), 14.
- Budget des établissements astronomiques et météorologiques en 1898, 30.
- c
- Câble sous-marin français de Brest à New-York, 229.
- Café dans le monde (Consommation du) 395.
- Calanques du Trayas (Les), 39.
- Calcium (Propriétés chimiques et physiques du), 351.
- Calcium pur (Préparation du), 63.
- Canaux de Mars (Les), 49.
- Cancers épithéliaux (Les), 79.
- Canons anglais (Nouveaux), 14.
- Canons d’un seul morceau, 95.
- Carbolite (La), 122.
- Cargo-boat du monde (Le plus grand), 15.
- Carillon de Saint-Germain-l’Auxerrois (Le), 135.
- Carillons (Le roi des), 218.
- Cartouches électrothermiques, 318.
- Catastrophe de la Bourgogne (La), 109.
- Gaze (Château de la), 430.
- Cay-da, matière colorante provenant de la Cochinchine (Le), 306.
- Céruse (Fabrication électrolytique de la), 355î
- Chaînes et roues de chaînes, 299.
- Chaleur développée par les lampes à incandescence (La), 126.
- Chaleur et la dilatation des rails (La), 74.
- Chambre des députés (Éclairage électrique de la), 390.
- Chambre noire (L’invention de la), 335.
- Champignon domestique (Un nouveau), 47.
- Chargement encombrant (Un), 126.
- Chatte qui attrape des taupes (Une),398.
- Chemin de fer de Tientsin-Pékin (Le), 207.
- Chemin de fer et plate-forme mobile de l’Exposition de 1900, 74.
- Chemins de fer aériens de Chicago (L’insuccès financier des), 383.
- Chemins de fer en Belgique (Les), 46.
- Chénopodiacées (Anomalie de structure des), 335.
- Chèvre à grandes cornes ou Markhor (La), 264.
- Chien (Le saut chez le), 171.
- Chien d’Australie en Irlande, 318.
- Chiens de bergers (Concours de), 97.
- Chique (La), 10.
- Chromoscope de M. Ives, 357.
- Chrysanthèmes (L’Exposition des), 410.
- Cigale (Histoire naturelle delà), 119.
- Clichés en plein air (Développement des
- ' clichés), 325.
- Climat de Paris (Le), 117.
- Cloison étanche (Nouvelle porte de), 65.
- Cœur et la respiration (Le), 175.
- Cœur (Exploration radiographique du), 79.
- Cochenille de San-José (La), 257.
- Coloquintes (Cultures de), 259.
- Combustions spontanées dans la marine américaine (Les), 2.
- Comètes, fil, 550, 414.
- Comètes par la photographie (Découvertes des), 582.
- Concours des poids lourds de l’Automobile Club de France (Deuxième), 346.
- Congrès géodésique international de Stuttgart (Le), 374.
- Conservatoire des arts et métiers (Le centenaire du), 67.
- Conservatoire des arts et métiers (Exposition du 24 juin 1898), 78.
- Corps nouveau (Préparation d’un), 95, 239, 255, 383, 319.
- Correspondance, 206, 286.
- Correspondance de la Smithsonian institution (Le service de), 287.
- Corail dans l’antiquité (Le), 211.
- 28
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-
- 1N1JEX ALPHABETIQUE.
- ir>4
- Corindon au Canada (La production du), 126.
- Couleurs (Photographie des), 63, 170.
- Coup de foudre sur une cheminée d’usine, 112.
- Courants de haute fréquence (Expériences avec les), 313.
- Crapaud (Comment hiberne le), 367.
- Cuivre pour les végétaux (La toxicité des sels de), 239.
- Cuirassé russe (Un nouveau), 79.
- Curebourse, 422. .
- Cycles et cyclistes, 570.
- 1)
- Deeazevilh*. Tranchée de la Salle,, 419.
- Jlécapité aquatique (Le), 272.
- Décharges électriques (Enregistrement des), 62.
- Densité de la terre (Nouvelle détermina-nation de la), 190.
- Dépôts électrolytiques rapides, 14.
- Diamants australiens (les), 523.
- E
- Eau douce des dunes hollandaises (L’), 579.
- Eaux de boisson (Epuration chimique des), 203.
- Eaux par l’ozone (Stérilisation des'., 318.
- Éboulcment de Saint-Pierre-de-Livron, 83.
- Ébranlements du sol (Vitesse de propagation des), 207.
- Ébullition de l’ozone liquide (Température de), 113.
- Echenillage et échardonnage, 527.
- Écailles d’huitres concassées (L’utilité des), 318.
- Éclairage électrique (Un nouveau système d’), 44.
- Éclairage électrique du Parlement an-glais (L’), 15.
- Éclairage électrique dans les régions arctiques (L’), 191.
- Éclairage (Prix de revient de F), 266.
- Éclipse partielle de lune du 3 juillet, 78, 132.
- Écoles techniques aux États-Unis (Les), 275.
- Élections à l'Académie des sciences, 47, 127.
- Électriques de mines sous l’eau (Les dispositifs), 223.
- Ellez (Tunisie), 200.
- Élément (Un nouvel), 270.
- Élément, le « Polonium » (Un nouvel), 166.
- Embellissements de Tananarive (Les),
- ( 129.
- Energie lumineuse et l'énergie chimique (L*), 127.
- Enfants-Loups (Les), 90.
- Enfants et les plantes vénéneuses (Les), 187.
- Engrais en horticulture (Des), 63.
- Engrais et plantes d'ornement, 183.
- Enimie (Sainte-), 450.
- Enregistrement des décharges électri ques, 62.
- Estomac et le phonendoscope (L’), 245.
- Espèces qui s’éteignent (Les), 238.
- Especes végétales communes au pliocène et au miocène, 239.
- Étuve à pétrole, 284.
- Étoiles filantes en novembre 1898, 350.
- Excursion scientifique de La Nature, Cantal, Plateau central, Gorges du Tarn (4 août-16 août 1898), 17, 195, 417.
- Exploration antarctique, 238.
- Exposition d’Earls Court, près de Londres, 190.
- Exposition d’horticulture (L’), 18.
- ¥
- Fantaisies statistiques, 51.
- Fermes (L’éclairage des), 285.
- Fer dans les végétaux (Le), 159.
- Ficoïde glaciale en salade (La), 40. Fièvre aphteuse (La), 58.
- Fleurs (La couleur des), 550.
- Fleurs comestibles, 70.
- Fleurs et les oiseaux (Les). 138.
- Flore de. Madagascar (La), 63.
- Flottes cuirassées de la France, de la liussie et de l'Angleterre, 594,
- Flour (Saint-), 427.
- Forêts-(Influence météorologique des), 174.
- Formolaleur (Le), 107.
- Four pour la trempe des billes d’acier, 397.
- Fourmis (Physiologiedes), 111.
- Fuseaux horaires (Les), 32.
- Foudre (Curieux ctl'ets de la), 207. Frappes de la Monnaie (Les nouvelles'', 219.
- Fumée (Une fortune qui vient en), 534.
- Fumée cl les orages (La), 287.
- Fumier dans les champs (L’épandage du), 503.
- Fumier et purin, 358.
- G
- Galerie de 50 mètres (Déplacement de la), 403.
- Gara hit (Viaduc de), 427.
- Gare de marchandises (Une curieuse), 507.
- Gare de l'Est (Les agrandissements de la), 558.
- Gaz constitutifs de l’atmosphère (Les), 47.
- Gaz (La loi du mélange des), 47.
- Géologues (Mésaventures de), 290.
- Générateur à vapeur (Un curieux), 14.
- Gibier plume (Une épidémie sur le), 372.
- Glace comme auxiliaire du constructeur de ponts (La), 350.
- Glaciers (L’exploitation des), 207.
- Girouette enregistrante de M. A. de Grandmaison, 145.
- Goitre (Les éléments parasitaires du), 182.
- Gorges du Tarn, 430.
- Gouffre de Padirac, 417.
- Goullre de Dramahiau, 432.
- Gonflée de Réveillon, 418.
- Graisse dans l’économie animale (Formation de la), 367.
- Graisses en sucre (Latranformation des). 351.
- Greffe sur le greffon (Influence de la),
- 111.
- Grenouille (La), 271.
- Grotte de Dargilan, 431.
- Grottes des Échelles, 555.
- Guerre (Ce que coûte une), 319.
- Guano de poisson (Le), 286.
- II
- Havane (La), 53. lleloderme (L’), 297.
- Hôpitaux de famille dans l’Inde anglaise (Les), 233.
- Horloges (Delà division des cadrans d’), 195.
- Houille dans les environs de Boulogne (La), 127.
- Houille dans le Bas-Boulonnais (Recherches de la), 267.
- Houillères de la Grande-Bretagne (Les), 126.
- flopkinson (Le docteur Sir John), 256. Hydro-électrique en Russie (Installation;,
- la.
- Hydrogène (La liquéfaction de), 127. Hydrogène et l’Hélium liquéfiés (L’), 106.
- I
- Ichtyosaure (La découverte d'un), 599. Impressions photographiques, 319.
- Indigo dans la plante (La production de F), 399.
- Infra-rouge (L’extrême), 332. Inoculations contre la peste, 382. Institut agronomique de Moscou, 326. Incendie à Londres (Le service d’), 15. Installation hydro-électrique en Russie, 15.
- Installation hydro-électrique en Suède (Une), 555.
- Instinct chez les animaux (L’), 599. Ispanhac, 428.
- J
- Jernkonloret suédois (Le), 307.
- Jour et de la circonférence (Décimalisation du), 15i.
- Jupiter, 178.
- k
- Kiva (La;, 214.
- Krypton, 82.
- L
- Laboratoire maritime de Naples (Le', 367.
- Lacs alpins (Formation de certains), 79. La Mogudo, 422.
- Lampes à incandescence minuscules, 235. Lampes à incandescence (La chaleur des), 159.
- Langage par gestes (Le), 515.
- Laykis, chiens aboyeurs (Les), 209.
- Le Lioran, 423.
- Lecture et la fatigue intellectuelle (La),
- 126.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Léonides (Les), 403.
- Le Vigan, 432.
- Levures eu produits alimentaires : albu-moses et peptones (Transformation des), 322.
- Liège algérien (Exportation du), 40.
- Ligne d’Orléans jusqu’au quai d’Orsay (Le prolongement de la), 278.
- Ligne de Courcelles-Champ-de-Mars (Les travaux de la), 19.
- Ligne métropolitaine nouvelle à Londres, 114.
- Liquéfaction des gaz et zéro absolu, 150.
- Liquéfaction industrielle des gaz (La), 170.
- Locomotive (Le montage rapide d’une), 375.
- Locomotive et un tram lilliputiens (Une). I 400.
- Locomotives (Soixante années de fabrication de), 350.
- Locomotives compound à grande vitesse au chemin de fer du Nord (Les), 337, 411.
- Loque (La), 285.
- Lumière et de la pesanteur sur la structure des végétaux (Influence de la), 271.
- Luminosité du jour (La), 367.
- Lune (La 3e), 190.
- Lune (La 2e et la 3e), 534.
- Lunette de 1900 (La grande), 199.
- M
- Machine à poser les voies métalliques par travées assemblées, 180.
- Maison sur pont Cantilever (Une), 147.
- Maisons qui marchent et ponts qui montent, 29.
- Maladies microbiennes des végétaux (Les), 282.
- Manchons à incandescence (La radiation des), 135.
- Manne des Hébreux (La), 298.
- Manuscrits minuscules, 15.
- Marées et Mascaret, 207.
- Margarine et ses fraudes (L’industrie de la), 99.
- Marine de guerre russe (Les nouvelles constructions de la), 519.
- Marine japonaise, 291.
- Marmites torrentielles, 3.
- Matériaux de construction des maisons monstres américaines (Les), 319.
- Matières organiques de l’air (Les), 31.
- Médard (La Saint-), 46.
- Mende, 428.
- Méningo-encéphalite expérimentale (La), 143.
- Mercure dans l’économie animale (L’introduction du), 367.
- Métamorphoses de l’arénicole (Les), 585.
- Métargon, 82.
- Météores (Brillants), 207, 414.
- Météores (L’altitude des), 294.
- Météorologie (Taches solaires et), 553.
- Mètre (Reconstitution du), 114.
- Microbe du fromage de Brie (Le), 127.
- sMiramas à Port-de-Bouc (De), 267.
- Miroirs dans l’antiquité (La fabrication des), 159.
- Miroirs de verre dans l’antiquité (Les), 226.
- Mistpœffers (Les), 198.
- Mollusques (Dispersion des), 154.
- Monnaies de Paris (L’hôtel des), 167.
- Montres solaires cylindriques, 37.
- Montres qui règlent le soleil (Les), 351.
- Mortillet (G. de), 304.
- Mosaïque gallo-romaine, 79.
- Moteur à* essence de pétrole à piston rotatif système Dawson, 324.
- Moteur à gaz de pétrole (Nouveau), 360.
- Moteur à gaz des hauts fourneaux, 305.
- Moteur à pétrole à grande altitude, 222.
- Moteur électrique du monde (Le plus petit), 366.
- Moteur électrique pour la sonnerie des cloches, 222.
- Moteur rotatif à vapeur système Pierre Arbel et Pierre Thiou, 241.
- Moteurs à gaz (Un nouveau principe de fonctionnement des), 142.
- Moteurs électriques, 187.
- Mouche savante (La), 568.
- Moulins à vent (Le rendement des), 258.
- Mouvement par les sensations tactiles (La notion du), 503.
- Mouvement du cheval par la chrono-photographic (Analyse des), 22.
- Mouvements tourbillonnaires des fluides, 415.
- Murat, 423.
- Musc en Chine (Le commerce du), 503.
- Muséum (Inauguration des galeries du), 142.
- Myopes et les presbytes dans l’antiquité (Les), 186.
- N
- Naphte (Découverte de sources de), 47.
- Navires échoués à l’aide de la désagrégation du fond ^Relèvement de), 379.
- Neige dans la vallée de l’Arve (La), 363.
- Nématode de la betterave (Le), 310.
- Néon, 82.
- Nickel dans la construction des locomotives (Le), 126.
- Nuages artificiels, 222.
- O
- Observatoire Yerkes (L’), 91.
- Observatoire astronomique (Nouvel), 222.
- Observatoire de l’Aigoual, 432.
- Observatoire de Paris (La latitude de P). 414.
- Observatoire d’Harward College (L’), 315.
- Observatoire du pic du Midi (L'), 383.
- Observatoire de Paris en 1897 (L’), 250.
- Occultation (Observation photographique d’une), 3.
- Occultation de Mars par la Lune, 239.
- Oiseau disparu. Le Grand Pingouin (Un), 521.
- Oiseaux (Les massacres d’), 205.
- Oiseaux (La fin des), 58, 110.
- Oiseaux aux États-Unis (Protection des), 62.
- Or et l’argent dans le monde entier (L’), 278.
- Or dans l’état de Nevada (L’essayage de
- 1’), 211.
- Orchidées indigènes (Les), 406.
- Ordures dans les villes (Utilisation des), 193.
- m
- Outils en acier profilé, 509.
- Oxyde de carbone du sang (L’), 15.
- Ozone et les phénomènes de phosphorescence (L’), 289.
- Ozone sur les graisses, 335.
- P
- Pain au froment et au maïs blanc (Nouveau), 79.
- Paléontologiques (Collections), 158.
- Paquebot belge Princesse Clémentine (Le nouveau), 545.
- Parasite pathogène (Découverte d’un), 159.
- Paratonnerre (Le), 92.
- Parfums à Grasse (La fabrication des), 51.
- Paris, démolition de l’ancien collège de Grandmonl (Le vieux), 208.
- Passerelle de montage au pont Alexandre III (Lancement de la), 206, 242.
- Peau extraordinaire (Une), 16.
- Pèche au bois de Boulogne (La), 46.
- Pèche en Tunisie (La), 142.
- Perforatrices électriques, 295.
- Période de p.2 Bouvier (La), 222.
- Perles fines (Production des), 414.
- Peste (Propagation de la), 405.
- Peste à Yienne (La), 375.
- Peste humaine et de la peste des rats (L’identité de la),'382.
- Phénomènes chimiques de la vie latente des bulbes (Les), 567.
- Phénomènes solaires par les décharges électriques (Imitation des), 287.
- Photographiques à main (Appareils), 151.
- Photographie des couleurs, 170.
- Phylloxéra (Nouveau procédé de destruction du), 355.
- Physiques sur les microbes (Influence de quelques agents), 122.
- Pierre Margeria (La), 48.
- Pies et les orages (Les), 94.
- Pigeons voyageurs (Les), 33.
- Pingouin (Le Grand), 521.
- Plan incliné automobile pour le déchargement des bateaux, 319.
- Planète (Une nouvelle), 243.
- Planète (Nouvelle petite), 158.
- Planètes et Comètes, 334.
- Planètes Mars et Mercure (Les), 271.
- Planteuse de pommes de terre (Nouvelle), 352.
- Plantes (La protection des), 336.
- Plantes (Les radiations solaires et les), 84.
- Plantes vénéneuses réputées inoffensives, 11.
- Plantes dans le gypse (Les), 255.
- Plantes du littoral maritime, 287.
- Pléiades (Nébulosité autour des), 271.
- Pluie (La), 43.
- Pluie noire (La), 30.
- Pluie de terre et d’insectes, 514.
- Pluie formidable (Une), 519.
- Pluies dans la région du Haut-Nil (Les), 398.
- Pluies pendant le premier semestre de 1898 (Les), 270.
- Poids du corps humain (Augmentation de), 303.
- Poisson volant (Le vol du), 318.
- Pont Alexandre III. Lancement de la passerelle. (Le), 206, 242.
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-
- 45tf
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- l’ont chinois en bambou, 306.
- i’onlon flottant de déchargement (Un), 223.
- Population de la Russie (La), 175.
- I’ort de Rizertc (Le nouveau), 115.
- Ports de Paris ( Les), 387.
- Pot à Heurs à irrigation souterraine (Nouveau), 301.
- Poules élevées par des perdrix, 202.
- Pouvoir calorifique du bois, 551.
- Pression dans les tubes traversés par l’électricité (La), 223.
- Pressions dans les locomotives. (Les hautes), 280.
- Productions agricoles de Cuba (Les), 6.
- Projecteur de l’Exposition de Chicago (Le grand), 95.
- Propriétés magnétiques de la pvrrothinc (Les), 39.
- Protêt (Le lancement du), 175.
- Protoplasma (La coloration du), 415.
- Puits artésiens d'Algérie (Les), 15.
- Puv Mary, 424.
- 0
- Quinquina apéritif (Le), 127.
- R
- Radiations solaires et les plantes (Les), 84.
- Radiographiques (Nouveautés), 161. Raflard (N.-J.), 398.
- Raffinerie en sucrerie (Un nouveau procédé de), 263.
- Rails longs (Les inconvénients des), 351. Rails lourds (Les), 319.
- Raisin (L’industrie du jus de), 266. Rameaux (Transformation des), 255. Rayons ultra-violets et la télégraphie sans fils (Les), 314.
- Rayons uraniques (La source des), 154. Rayons solaires de couleur verte, 287. Recherches sur l’air (Nouvelles), 383. Régulateur automatique de tension, 124. Rendement (Un indicateur de), 179. Réservoir d’irrigation dans l’Argentine (Un), 262.
- Rideau métallique du théâtre Drury-Lane (Le), 95.
- Résistance électrique de deux disques métalliques au contact, 191.
- Rideau de l’Opéra (Le nouveau), 222. Rocamadour, 417.
- Rochers sous-marins, 134.
- S
- Safran (Culture du), 163.
- Sagou (Le), 43.
- Santiago de Cuba, 101.
- Scaphandre Buchanan-Gordon (Le nouveau), 177.
- Satellite de Jupiter (Le cinquième), 174. Satellite de Neptune, 239.
- Samarcande, 339.
- Scie diamantêe (La), 225.
- Scierie américaine (Une), 182.
- Sel dans l’eau de mer (Le), 12 >.
- Sels de potassium par les végétaux (Absorption des), 399.
- Serpent de mer (Le jubilé du), 271. Serres de la Aille de Paris (Les), 215. Signaux de marée, 81.
- Smithsonian Institution (La), 135. Société des ingénieurs civils (Cinquantenaire de la), 28.
- Solipédisation des chevaux, 30.
- Son dans l’air (Vitesse du), 351.
- Soie et flanelle (Pouvoir d’imbibilion des tissus), 210.
- Soie d’araignée (La), 248.
- Spiraux (Appareil pour la détermination mécanique des courbes terminales des), 261.
- Station botanique Russe, 223.
- Sport hawaïen (Un), 401.
- Stations centrales d’énergie électrique à Paris (Les), 366.
- Statue de Van Bénéden et les fêtes de Jluiiries, 158.
- Sucre des diabétiques, 415.
- Sucre et urée par synthèse, 343. Sucrerie monstre aux États-Unis (Une),
- 126.
- Suintine (La), 246.
- Sulfate de fer et les fruits (Le), 202. Sulfate de fer et les mauvaises herbes (Le), 234.
- Système métrique en Amérique (Le), 14.
- T
- Tache solaire, 551.
- Tache solaire (L’éclat de la grande), 598.
- Tache solaire et météorologie, 553.
- Tatouage artistique (Le), 11.
- Télégraphie sans fils (Expériences de), 239, 383.
- Télégraphie sans fils (La), 1.
- Télégraphiques en granit (Poteaux), 222.
- Télégraphique du monde (La flotte), 174, 207.
- Télégraphie pour les voyageurs en chemin de fer, 271.
- Téléphone et l’armée américaine (Le), 319.
- Téléphones des trains bavarois (Les), 15.
- Téléphonique à Paris (Le service), 583.
- Téléphoniques en Amérique (Les correspondances), 502.
- Télémètre du lieutenant Fiske (Le), 149.
- Télémètre pour batterie de côte (Nouveau), 235.
- Température pendant les cyclones (Variations de lai, 207.
- Températures maxima du mois d’août 1898 (Les), 383.
- Températures et les organismes élémentaires (Les basses), 95.
- Température sur la formation des sexes chez les végétaux (L’influence de la), 367.
- Tension superficielle et phénomènes capillaires, 147.
- Terre (L’avenir de la), 146.
- Têtard (La croissance du), 599.
- Thermogénèse animale (La), 143.
- Thermomètre gigantesque (Un), 366.
- Tirage au sort (Le), 93.
- Tire-fond (Les), 125.
- Tremblements de terre, 191. Tremblements de terre en Italie (Les), 238.
- Torpilleurs électriques, 367.
- Tours à tailler les crayons, 52.
- Traction électrique à Paris (La), 60. Traction mécanique à Paris (La), 78,263. Train le plus lourd du monde (Le), 502. Train rapide américain (Un), 95. Transformateur AVydls-Rochefort, 288. Transformateurs (Ventilation des), 174. Transmission des bicyclettes (Un progrès dans la). 211.
- Tuberculine (Action de certaines substances sur la), 15.
- Tuberculose humaine et tuberculose aviaire, 202.
- Tuberculose (La lutte contre la), 66. Tuberculose (Le quatrième congrès pour l’étude de la), 162.
- Tuberculose à la caserne (La), 190. Tubes pneumatiques postaux de New.
- York (Les), 75.
- Tunnel de Gravehals (Le), 86.
- Tunnel italien (Un grand), 30.
- Tuyaux acoustiques (La portée des), 31. Type normand contemporain. 294.
- Ü
- Usine électrique de Niagara-Palis (L’agrandissement de F), 222.
- y
- Vapeur (La), 255.
- Vase électrique (Le), 320.
- \régétation au jardin du Hamma (La), 56.
- Végétaux (Les causes des caractères alpins des), 175.
- Végétaux et sur les animaux (Observations sur les), 46.
- Verre bleu à oxyde de chrome (Nouveau), 195.
- Viaduc du Viaur (Le), 126.
- Vic-sur-Cère, 422.
- Vigne et les vendanges en Géorgie (La), 218.
- Villes naissantesaux Etats-Unis (Les), 159.
- Vins rouges et vins blancs, 42.
- Vins salés (Les), 3.
- Viseur photographique, 99.
- Aision stéréoscopique en cinématographie (La), 143.
- Vision au travers d’écrans de verres colorés (La), 223.
- Vitesse sur mer (Le record de la), 142.
- Voitures à vapeur en 1829, 159.
- Voitures de place automobiles (Concours de), 7, 87.
- w
- Wagon de chemin de fer égaré (Un), 126. Wagons de luxe du Canadian Pacific Railway, 595.
- AVagons de marchandises américains (Les grands), 95.
- AVagons de chemins de fer (L’avantage des grands), 286.
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-
-
-
- LISTE DES AUTEURS
- P A It ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Acloque (A.). — Los éléments parasitaires du goitre, 182.
- — La soie d’araignée, 248.
- Ai.ber (Le prestidigitateur). —Le décapité aquatique, 272.
- Armelin (casto.n). — L’astronomie au salon, 26.
- IL (D.). — La vigne et les vendanges en Géorgie, 218. — Le j docteur sir John llopkinson, 256. — Un réservoir d’irriga- I tion dans l’Argentine, 262.
- IL (L.). — Les écoles techniques aux Etats-Unis, 275. — Nos comètes, 350.
- IL (AL). — Excursion scientifique de La Nature, 417.
- IL (V.). — Les mésaventures des botanistes, 150.
- Raclé (L.). — Nouveau télémètre pour batterie de côte, 235.
- — Le prolongement de la ligne d’Orléans jusqu'au quai d’Orsav, 278.
- Rutilé (L.). — Observation photographique d’une occultation, 3.
- — La pluie, 43. — L’observatoire de Yerkes, 91. — La Smithsonian institution, 155. — Jupiter, 178 — La grande lunette de 1900, 199. — L’Observatoire de Paris on 1897, 250. — Dîmes de terre et d'insectes, 311. — L’altitude des météores, 294.
- Bary (Daul). — Un nouvel clément, le « Polonium », 166.
- Reli.et (Daniel). — Une peau extraordinaire, 16. —'Nouvelle porte de cloison étanche, 65. — L’Hôtel des Monnaies de Paris, 167. — Une scierie américaine, 182. — Le corail dans l’antiquité, 211. — Les nouvelles frappes de la Monnaie, 219. — Outils en acier profilé, 509. — Le nouveau paquebot belge Princesse-Clémentine, 343.
- IIerthelot (M.). —Les miroirs de verre dans l’antiquité, 226.
- River (A.). — Correspondance, 286.
- Rover (Jacques). — Le tatouage artistique dans les diverses parties du monde, 11. — L'industrie de la margarine et ses fraudes, 99. —Le nouveau port de Rizerie, 115. — Le télémètre du lieutenant Fiske, 149.
- Brandicourt (Y.). — Dispersion des mollusques, 154. — Un oiseau disparu, le grand pingouin, 321. — Les orchidées indigènes, 406.
- Carl (S.). Le formolateur, 107.
- Cvrtàz (Dr A.). — La lutte contre la tuberculose, 66.
- Capitan (Dr). — G. de Mortillet, 504.
- Charon (A.). — Correspondance, 206.
- Chastrey (Henry). — La chique, 10. — Le sagou, 43. — La kiva, 214. — La manne des Hébreux, 298. — Fumier et purin, 558. — Le bétel, 378.
- Chréson (D.). — Un agneau à huit pattes, 144.
- Clément (A.-L.). — La loque, 285.
- Collet (Commandant). —Cycles et cyclistes, 370.
- Comte (Ch.). — L’estomac et le phonendoscope, 245.
- Corcelle (J.). — La pierre Margeria, 48. — Les fleurs et les oiseaux, 138.
- Coupin (Henri).— Un nouveau champignon domestique, 47. — Fleurs comestibles, 70. — Les enfants-loups, 90. — Histoire naturelle de la cigale, 119. — La cochenille de San-José, 257. — La couleur des fleurs, 330.
- Couturier (C.).— Le tirage au sort, 93.
- Cunha (A. da). — Les agrandissements de la gare de l’Est, 358. — Les ports de Paris, 587. — Déplacement de la galerie de 30 mètres, 403.
- Dehérain (Henri). — Les embellissements de Tananarive, 129.
- Derôme (J.). — Tension superficielle, 147. — Les rayons ultra-violets et la télégraphie sans fil, 314.
- Devort (L.). — L’autoharpe, 96.
- Delannoy (F.). — Le câble sous-marin français de Brest à New-York, 229.
- I)ex (Léo). — Maisons qui marchent et ponts qui montent, 29.
- Dibrant (R.). — La protection des plantes, 336.
- Durar (L.). — Tour à tailler les crayons, 32. — Une locomotive et un train liliputiens. 400.
- Dubois (L.). — Étuve à pétrole, 281.
- Dui.ong (J.’.. — Expériences avec les courants de haute fréquence, 315. — Expérience de télégraphie sans fil, 259. Dufour (Léon). — Abeille et miellées. 230.
- Duchamps (E.). — La lin des oiseaux, 110.
- Durand (J.). — L’observatoire d’Harward College, 515. — Nouveau moteur à gaz de pétrole, 369.
- Durante (Dr G.). — Samarcande, 539.
- Elbe (J.). — Les locomotives eompound à grande vitesse au chemin de fer du Nord, 537, 411.
- Flamel. — Les vins salés, 5. — Nouveau verre bleu à oxyde de chrome, 195. — Stérilisation des eaux par l'ozone, 518.
- — Transformation des levures en produits alimentaires : albumose et peptones, 522.
- Fouché (JL). — Les myopes et les presbytes dans I’amiquité, 186. G. — Mésaventures de géologues, 290.
- G. (Commandant). — La Havane, 35. — Santiago de Cuba, 101.
- — Bateau sous-marin Holland, 385. — Comparaison des flottes cuirassées de la France, de la Russie et de l’Angleterre, 394.
- Gai.l (J.-F.). — L’aviation au service de l’armée, appareil aviateur Ader, 54. — Signaux de marée, 81. — Rochers sous-marins, 134. — Le sulfate de fer et les fruits, 202. — If acide carbonique dans l’air, 234. — Recherches de la bouille dans le bas-Boulonnais, 267. — Le Congrès géodé-sique international de Stuttgart, 374.
- Gallois (M.). — Mosaïque gallo-romaine, 79.
- Gauory (Albert). — Statue de Van Bcneden et les fêtes de Malines, 158.
- Glangeaüü (Ph.). — L’avenir de la terre, 146. — Les Mist-pœffers, 198.
- Guignet (Ch.-E.). — Plantes vénéneuses réputées inoffensives,
- 11.
- Guillaume (C.-E.). — Les propriétés magnétiques de la pyro-tliine, 39. — L’hydrogène et l’hélium liquéfiés, 106. — Liquéfaction des gaz et zéro absolu, 130. — La source des rayons uraniques, 154.— Nouveautés radiographiques, 161. — Les aciers au nickel, 212. — Applications nouvelles des aciers au nickel, 251. — Les alliages antifriction, 275. — L’extrême infra-rouge, 332. — Appareils pour la détermination mécanique des courbes terminales des spiraux, 261. Guillemonat (Dr A.). — Influence de quelques agents physiques sur les microbes, 122.
- 11. (E.). — La liquéfaction industrielle des gaz, 170. — Automobiles légères, 173. — I/ammoniaque en poudre, 334. — Deuxième concours des poids lourds de l’Automobile Club de France, 346.
- Hariot (P.). —L’Exposition d'horticulture, 18. — L’alimentation végétale au Zululand pendant la famine, 134. — L’Exposition de chrysanthèmes, 410.
- Hébert (A.). — Engrais et plantes d’ornement, 183.
- Henocque (Dr. A.). — L’analyse spectroscopique du sang dans les tissus vivants, 347.
- Hospitalier (E.). — Concours de voitures de place automobiles de l’Automobile-Club de France, 7. — L’Exposition internationale d’automobiles, 55, 87. — La earbolite, un succédané du carbure de calcium, 122. — La vision stéréoscopique en cinématographie, 143. — Un indicateur de rendement, 179 — Un progrès dans la transmission des bicyclettes, 211. — Moteur rotatif à vapeur système Arbel et Pierre l’hion, 241.
- Jacquot (L.). — L âge de pierre dans la région de Sétif (Algérie^, 299.
- Jaubert (Joseph). — Le climat de Paris, 117.
- Jullien (J.). — Ellez (Tunisie), 200. — La neige dans la vallée de l’Arve, 363.
- j L-i (D.). — Le tunnel de Gravehalo, 86. — Une maison sur
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-
-
- m
- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE.
- pont cantilever, 147. — Les maladies du bétail à Madagascar, 166.
- L. (D.-N.). — Les Laykis, chiens aboyeurs, 209.
- L. (L.). — La consommation du café dans le monde, 395. Ladureau (A.). — Un nouveau procédé de raffinerie en
- sucrerie, 263.
- Iaffargue (J.). La télégraphie sans fils, expérience de
- M. Ducretet, 1. — La traction électrique à Paris, 60. — Chemin de fer et plate-forme mobile de l’Exposition de 1900, 74. — Conservatoire des arts et métiers, exposition du 24 juin 1898, 78. — Le paratonnerre, 92. — Appareil à grande tension et à haute fréquence, production d’eflluves, 103. — Régulateur automatique de tension, 124. —Moteurs électriques, 187. — Lampes à incandescence minuscules, 223.
- — La scie diamantée, 225. — Le pont Alexandre III. Lancement de la passerelle, 242. — Prix de revient de l’éclairage, 266. — Transformateurs YYydts-Rochcfort, 288. — Moteurs à gaz des hauts-fourneaux, 505. — Perforatrices électriques, 295. — Les stations centrales d’énergie électrique à Paris, 366. — Sucre et urée par synthèse, 543.
- — Éclairage électrique de la Chambre des députés, 390. — Nécrologie. N.-J. Raffard, 398.
- Lapparent (A. de). — Marmites torrentielles, 5.
- Larbalétrier (Albert). —Les productions agricoles de Cuba, 6. — Le Nématode de la betterave, 310. — Echenillage et échardonnage, 327.
- Launay (F. de). — Photographie des couleurs, 170.
- Lebois (D.). — Les tire-fond et l'usure des traverses de chemins de fer, 125. — L’industrie du jus de raisin, 266. — Une installation hydro-électrique en Suède, 355. — La mouche savante, 368. — Montage rapide d’une locomotive, 375.
- — Les wagons de luxe du Canadian Pacific Railway, 595 Lemart (L.). — Arbres remarquables, 128. — Le cay-da,
- matière colorante provenant de la Conchinchine, 306.
- Lebar (D.). — Le vase électrique, 320.
- Leroy (J.). — Coup de foudre sur une cheminée d’usine, 112.
- Fabrication électrolytique de la céruse, 355.
- Leroy (L.). — Cinquantenaire de la Société des Ingénieurs civils, 28. — Les becs à acétylène, 157. — Le lancement du Protêt, à Bordeaux, 175. — Chaînes et roues de chaînes, 299. — Le Jernkontoret suédois, 507. — Four pour la trempe des billes d’acier, 397.
- Loverdo iJ. de). — La fièvre aphteuse, une nouvelle application de la sérothérapie, 38. — Le quatrième Congrès pour l’étude de la tuberculose, 162. — Les maladies microbiennes des végétaux, 282.
- Lo.nde (Albert). — L’aléthorama, 255.
- M. 0r)- — L’aphyso-cautère Decherv, 259.
- Magljx. (E.) — Les serres de la ville de Paris, 215.
- Maresciui. (G.). — Les travaux de la ligne de Courcellcs-Champ-
- dc-Mars, 19. — Viseur photographique avec mise au point, 99. — Appareils photographiques à main, 151. — Agrandisseur automatique à toutes les dimensions, 293. — Développement des clichés en plein air, 325. — Chromoscope de M. Ives, 357.
- Marey (E.-J.). —Analyse des mouvements du cheval par la chronophotographie, 22.
- Martel (E.-A.). Les calanques du Trayas (Var), 39. — Eboule-ment de Saint-Pierre-de-Livron, 83.
- Mathieu (Georges). —Les radiations solaires et les plantes, 84.
- — Nouvelle planteuse de pommes de terre, 552.
- Mégmn (Paul). — Les pigeons voyageurs, 33. — Le saut chez le chien, 171. — L’héloderme, 297. — Une épidémie sur le gibier à plume, 373.
- Maujiené (Albert). —Nouveau pot à fleurs à irrigation souterraine, 301.
- Méridon (G. de). — Vins rouges et vins blancs, 42.
- Mériel (Pierre de). — Les tubes pneumatiques postaux de New-York, 75. — L’industrie des allumettes au Japon, 166. Le nouveau scaphandre Buchanan-Gordon, 177. — L’essayage de l’or dans l’Etat de Névada, 211. — Une curieuse gare île
- marchandises, 307. — Les diamants australiens. 523. — L’eau douce des dunes hollandaises, 379.
- Molinié (M.). — Utilisation des ordures dans les villes, 193.
- Moreux (L’abbéTh.). — Les canaux de Mars, 49. — L’éclipse de lune du 3 juillet 1898, 132. — Taches solaires et météorologie, 355.
- Moureaux (Th.). — L’aurore boréale et la perturbation magnétique du 9 septembre 1898, 275.
- N. (M.). — L’éclairage des fermes.
- Oüstalet (E.). —La chèvre à grandes cornes ou Markhor, 264.
- Otto. (M.) — L’ozone et les phénomènes de phosphorescence, 289.
- P. (L.). —L’observatoire du pic du Midi, 383.
- Parvjlle (II. de). — La fin des oiseaux, 58. — L'air liquide, la machine I.inde au Collège de France, 71. — Krypton. Néon, Métargon, 82. — Le catastrophe de la Bourgogne, 109. — Reconstitution du mètre par souvenir, 114. — Les massacres d’oiseaux, 203. — Tuberculose humaine et tuberculose aviaire, 202. — L’excursion de La Nature, 195. — Soie et flanelle, pouvoir d’imbibition des tissus, 210. — La suintine, 246. —La peste à Vienne, extinction du foyer épidémique, 375. — Les Léonides, 403. — Y’ues nouvelles sur la propagation de la peste, 405.
- Pellissier (G.). — Un sport hawaïen, 401.
- Planchon. — Montres solaires cylindriques, 37. — De la division des cadrans d'horloges, 195.
- Poisson (J.). — La végétation au jardin du Hamma, près d’Alger, 56.
- R. (D.). — Culture de coloquintes, 259. — La chaleur et la dilatation des rails, 74.
- R. (J.). — Une nouvelle planète, 243. — L’or et l’argent dans le monde entier, 278.
- R. (L.). — La radiation des manchons à incandescence, 135. — Les combustions spontanées dans la marine américaine, 2.
- Régnault (I)r Félix). — Le langage par gestes, 515.
- Reverchon (L.). —Carillon de Saint-Germain-l’Auxerrois, 135. Girouette enregistrante de M. A. de Grandmaison, 145. — Le roi des carillons, 218.
- Riciiou (G.). — Machine à poser les voies métalliques par travées assemblées, 180. — Barrage de réservoir en acier dans l’Arizona (États-Unis), 364. —Relèvement des navires échoués à l’aide île la désagrégation du fond, 379.
- RoucnÉ (Jacques). — La fabrication des parfums à Grasse, 51.
- S. (II.). — Poules élevées par des perdrix, 262.
- Saporta (A. de). — De Miramas à Port-de-Bouc, 267.
- Songy (L.). — L’autruche, son élevage en Algérie au point de vue commercial, 273.
- Spalikowski (l)r Ed.). — Le type normand contemporain, 294.
- Thiersant (H. de). — Exposition d’Earls-Court, près de Londres,
- 190. — Grotte des Échelles, 355.
- Tiiihk (A.). — Un assemblage paradoxal, 415.
- Tissandier (Albert). — Le ballon captif du Jardin d’acclimatation, 63. — Le centenaire du Conservatoire des arts et métiers, 67. — Les villes naissantes aux États-Unis, 139. — Voitures à vapeur en 1829, 159.— Le vieux Paris, démolition de l'ancien collège de Grandmont, 208.
- Troost (L.). —Température d’ébullition de l’ozone liquide, 113.
- Turgan (Louis).—Un nouveau système d’éclairage électrique,44.
- Y. (C.). — Alvergniat Adrien, 270.
- (G.). — Marine japonaise, 291.
- Vilcoq (Aibert). — Concours de chiens de bergers, 77. — Culture du safran, 163. — Epuration chimique des eaux de boisson, 203.
- Y’illedeuil (Ch. de). —Séances hebdomadaires de l’Académie des sciences, 15, 31,46, 62, 79, 95, 111,127, 143, 159, 175,
- 191, 207, 223, 239, 255, 271, 287, 303, 319, 535, 351, 567, 383, 399.
- X... (Ingénieur). —Yloteur à essence de pétrole à piston rotatif système Dawson, 324.
- Z. — Nouveau procédé de destruction du phylloxéra, 555,
- Z. (A). — Une nouvelle arquebuse de pèche, 192.
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués
- dans cette table en lettres italiques.
- Astronomie.
- Observation photographique d’une occultation (L. Barré) . 5
- I/astronomic au S don (Gaston Armelin)................ 26
- Les canaux de Mars (l’abbé Tu. Moreuxk ....... 40
- L’observatoire de Ycrkes (L. Barré)................... 91
- L'éclipse de lune du 3 juillet 1898 (l’abbé Tu. Moreux). 132
- Jupiter (L. Barré).......................................178
- De la division des cadrans d’horloges (Planchox). . . . 195
- La grande lunette de 1900 (L. Barré)..................199
- Une nouvelle planète (J. R.)............................243
- L’observatoire de Paris en 1897 (L. Barré)............250
- L’observatoire d’ « Harward College » (J. Durand). . . 315
- Nos comètes (L. B.)......................................350
- Taches solaires et météorologie (l’abbé Tu. Moreux). . . 355
- Les Léonides (II. de P.).................................403
- Budget des établissements astronomiques et météorologiques en 1898...................................... 30
- Comètes..........................................61, 414
- L’éclipse partielle de lune du 3 juillet.............. 78
- Nouvelle petite planète................................. 158
- Le cinquième satellite de Jupiter....................... 174
- La troisième lune........................................190
- Nouvel observatoire astronomique.........................222
- La période de p.2 Bouvier................................222
- Occultation de Mars par la lune..........................239
- Le satellite de Neptune..................................239
- Les planètes Mars et Mercure.............................271
- Nébulosite's autour des Pléiades.........................271
- Imitation des phénomènes solaires par les décharges
- électriques...........................................287
- Planètes et comètes..................................... 554
- La deuxième et la troisième lune.........................554
- Étoiles filantes en novembre 1898 350
- Les montres qui règlent le soleil........................351
- Tache solaire........................................... 351
- Découvertes de comètes par la photographie .... 382
- L’éclat de la grande tache solaire.......................598
- lui latitude de VObservatoire de Paris...................415
- Physique générale.
- L’air liquide, la machine Linde au Collège de France
- (II. de Parville)................................... 71
- Le paratonnerre (J. Laffargue).......................... 92
- L’hydrogène et l’hélium liquéfiés (Ch.-Ed. Guillaume). . 106
- Température d’ébullition de l’ozone liquide (L. Troost). 113 Reconstitution du mètre par souvenir (II. de Parville). 114 Liquéfaction des gaz et zéro absolu (Ch.-Ed. Guillaume) . 130
- Le carillon de Saint-Germain-l’Auxerrois (L. Reverciion). 135 La radiation des manchons à incandescence (L. R.). . . 155
- La vision stéréoscopique en cinématographie (E. Hospitalier)...................................................143
- Tension superficielle et phénomènes capillaires (J. De-
- rôme)...............................................147
- La source des rayons uraniques (C.-E. G.)...............154
- Décimalisation du jour et de la circonférence...........154
- Les becs à acétylène (L. Leroy).........................157
- Nouveautés radiographiques (Ch.-Ed. Guillaume). . . . 161
- La liquéfaction industrielle des gaz (E. II.).............170
- Les myopes et les presbytes dans l’antiquité (M. Fouché). 186 Les aciers au nickel (Ch.-Eij. Guillaume). 212
- Les miroirs de verre dans l’antiquité (M. Bertiielot). . 226
- Applications nouvelles des aciers au nickel (Ch.-Ed. Guillaume) ................................................251
- Prix de revient de l’éclairage (J. Laffargue)......266
- L’ozone et les phénomènes de phosphorescence (M. Otto). 289 Les rayons ultra-violets et la télégraphie sans fils (J. De-
- rôme)................................................514
- L’extrême infra-rouge (Ch.-Ed. Guillaume)...............332
- L’analyse spectroscopique du sang dans les tissus vivants
- (l)r A. Hénocque)....................................347
- Chromoscope de M. Yves (G. Maresciial)..................357
- La portée des tuyaux acoustiques........................ 31
- Exploration de l’atmosphère............................ 46
- La loi du mélange des gaz............................... 47
- Température de l’air à différentes hauteurs. . . . 94
- Le fonctionnement du manchon Auer...................... 94
- L’énergie lumineuse et l’énergie chimique...............127
- La liquéfaction de l’hydrogène......................... 127
- Nouvelle bobine d’induction.............................145
- La fabrication des miroirs dans l’antiquié..............159
- La vision au travers d’écrans de verres colorés . . . 223
- Pouvoir calorifique du bois.............................351
- La vitesse du son dans l’air............................551
- Un thermomètre gigantesque..............................366
- La luminosité du jour...................................367
- Propriétés des mouvements tourbillonnaires .... 415
- Électricité théorique et appliquée.
- La télégraphie sans fils, expériences de M. Ducretet
- (J. Laffargue)....................................... 1
- Les propriétés magnétiques de la pyrrothine (C.-E. Guillaume).................................................... 39
- Un nouveau système d’éclairage électrique (Louis Tcrgax). 44
- La traction électrique à Paris (J. Laffargue)............. 60
- Chemin de fer et plate-forme rnobii > de l’Exposition de
- 1900 (J. Laffargue).................................... 74
- Le paratonnerre (J. Laffargue)............................ 92
- Appareil à grande tension et à haute fréquence, production d’effluves (J. Laffargue)............................103
- Régulateur automatique de tension (J. Laffargue). . . 124
- Un indicateur de rendement (E. Hospitalier)...............179
- Moteurs électriques (J. Laffargue)........................187
- Lampes à incandescence minuscules (J. Laffargue) . . . 223
- Câble sous-marin français de Brest à New-York (F. De-
- lannoy)................................................229
- Expériences de télégraphie sans fil (J. Dülong)...........239
- Transformateur YYydts-Rochefort (J. Laffargue) .... 288
- Perforatrices électriques (J. Laffargue)..................295
- Expériences avec les courants de haute fréquence (J. Du-
- long)..................................................313
- Sucre et urée par synthèse (J. L.)........................345
- Fabrication électrolytique de la céruse (J. L.)...........355
- Une installation hydro-électrique en Suède (D. L.). . . 555
- Les stations centrales d’énergie électrique à Paris (J. Laffargue) ..................................................366
- Éclairage électrique de la Chambre des Députés à Paris
- (J. Laffargue).........................................390
- Dépôts électrolytiques rapides............................ 14
- L’éclairage électrique du parlement anglais.... 15
- Installation hydro-électrique en Bussie................... 15
- Les téléphones des trains bavarois........................ 15
- Enregistrement des décharges électriques. ..... 62
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-
-
-
- 440
- TABLE DES MAT IEB ES.
- La chaleur développée par les lampes à incandescence..................................... • 120, ir>«>
- La flotte télégraphique du monde..............174, ‘207
- Ventilation des transformateurs....................... 174
- L’éclairage électrique dans les régions arctiques. . 191
- Résistance électrique de deux disques métalliques
- au contact......................................... 191
- L’agrandissement de l’usine électrique de Niagara-
- V ails...................................... 222
- Poteaux télégraphiques en granit......................‘222
- Moteur électrique pour la sonnerie de cloches . . . 222
- Les dispositifs électriques de mines sous l'eau. . . 227
- La pression dans les tubes traversés par l’électricité. 223 La télégraphie pour les voyageurs en chemin de fer. 271
- Les correspondances téléphoniques en Amérique. . . 302
- Cartouches électrothermiques..........................318
- Les téléphones et l’armée américaine..................319
- Le plus petit moteur électrique du monde..............300
- Torpilleurs électriques...............................307
- Le service téléphonique à Paris.......................585
- Expériences de télégraphie sans fil...................385
- Photographie.
- Analyse des mouvements du cheval par la chronopholo-
- graphie (E.-J. Marey)............................... 22
- Viseur photographique avec mise au point (G. Mareschal). 99 Appareils photographiques à main (G. Maueschai.) . . . 151
- Photographie des couleurs (F. de Launay)...............170
- L’Aléthorama (Albert Londe)............................253
- Agrandisseur photographique à toutes les dimensions
- (G. Mareschal) .....................................293
- Développement des clichés en plein air (G. Mareschal). 325
- Photographie des couleurs. . ...........................05
- Impressions photographiques........................... 519
- L’invention de la chambre noire........................355
- Une bande pelliculaire de 15 kilomètres................599
- Chimie générale.
- Vins salés (Flamel)....................................... 3
- La fabrication des parfums à Grasse (Jacques Rouché). 51
- Krypton, Néon, Métargon (II. de Parville)............. 82
- L’industrie de la margarine et ses fraudes (Jacques Boyer). 99
- Le formolateur (S. Carl).................................107
- La carholite, un succédané du carbure de calcium (E.H.). 122 Un nouvel élément « le Polonium » (Paul Bary). . . . 106
- Utilisation des ordures des villes (M. Molinié)..........193
- Nouveau verre bleu à oxyde de chrome (Flamel). . . . 195
- Épuration chimique des eaux de boisson (A. Vii.coq). . 203
- Soie et flanelle. Pouvoir d’imbibition des tissus (H. de
- Parville).............................................210
- L’essayage de l’or dans l’État de Nevada (P. de M.). . 211
- La suintine (Henri de Parville)..........................246
- Un nouveait procédé de raffinerie en sucrerie (A. Ladu-
- reau).................................................263
- Le Cay-Da, matière colorante provenant de la Cochin-
- chine (L.-L.)........................................ 306
- Les diamants australiens (P. de M.)......................323
- L’ammoniaque en poudre (E. II.)..........................334
- Sucre et urée par synthèse (J. L.).......................343
- Un nouvel élément de l’air............................... 31
- L’air liquide........................................... 31
- Les matières organiques de l'air......................... 31
- Les gaz constitutifs de l’atmosphère..................... 47
- Les éléments de l'atmosphère....................• • • 63
- Préparation du calcium pur.............................. 65
- Nouveau pain au froment et au mais blanc .... 79
- Préparation d’un corps nouveau 95, 239, 255, 319, 383
- Le sel dans l’eau de mer.................................126
- L’acide phosphorique du sol..............................143
- Le fer dans les végétaux........................... 159
- La composition de l’atmosphère.................... 191
- L'emploi de l’aluminium dans la manipulation des
- acides............................................258
- Un nouvel élément...................................270
- Le guano de poisson.................................280
- L'utilité des écailles d'huîtres concassées.........318
- L'aluminium aux Etats-Unis..........................519
- Action de l'arsenic et du phosphore sur l’ammoniaque 535
- Action de l’ozone sur les graisses..................535
- Une curieuse propriété de l'aluminium...............350
- La transformation des graisses en sucre.............551
- Propriétés physiques et chimiques du calcium . . . 551
- Nouvelles recherches sur l’air......................582
- Météorologie. — Physique «lu glohe. Géologie. — Minéralogie.
- Marmites torrentielles (A. de Lapparent).............
- La pluie (L. Barré)..................................
- Éboulcincnt de Saint-Pierre-de-Livron (E.-A. Martel).
- Le climat de Paris (Joseph Jaubert)..................
- Rochers sous-marins (J.-F. Gau.).....................
- Girouette enregistrante de M. A. de Grandmaison (L. Rk-
- verciiox).........................................
- L’avenir de la terre (Pu. Glasoeaud).................
- Les Mistpoelïers (Ph. Gi.akgeaud)....................
- L’acide carbonique dans l’air (J.-F. Gall)...........
- Recherche de lahouilledans le bas-Boulonnais (J.-F. Gai.l). I/aurore boréale et la perturbation magnétique du 9 septembre 1898 (Th. Moureaux)...........................
- Mésaventures de géologues (G.).......................
- L’altitude des météores (L. Barré)...................
- Pluies de terre et d’insectes (L. Barré).............
- Taches solaires et météorologie (l’abbé Tu. Moreux) . .
- Grotte des Échelles (Henri de Thiërsant).............
- La neige dans la vallée de l’Arve (Omer Jullien) . . .
- L’eau douce des dunes hollandaises (P. de M.)........
- Les puits artésiens d'Algérie........................
- Budget des établissements astronomiques et météorologiques en 1898....................................
- La pluie noire.......................................
- Découverte de sources de naphte......................
- Ascensions aérostatiques internationales du 8 juin.
- Enregistrement des décharges électriques.............
- Ascensions de ballons-sondes.........................
- Les pies et les orages...............................
- Ascensions de ballons-sondes.........................
- La houille dans les environs de Boulogne .....
- Influence météorologique des forêts..................
- Nouvelle détermination de la densité de la terre. .
- Tremblement de terre.................................
- La composition de l’atmosphère.......................
- Marées et mascarets..................................
- Les variations de la température pendant les cyclones. Vitesse de propagation des ébranlements du sol. . .
- Brillants météores.......................... 207,
- Bolide remarquable...................................
- Curieux effet de la foudre . ........................
- L’exploitation des glaciers..........................
- Nuages artificiels...................................
- Les tremblements de terre en Italie..................
- Aurore boréale..............................»...
- Les pluies pendant le 1er semestre de 1898...........
- Ascension d’un ballon-sonde..........................
- Aurore boréale.......................................
- La fumée et les orages...............................
- Rayons solaires de couleur verte.....................
- Une pluie formidable.................................
- La température de l’atmosphère.......................
- Les températures maxima du mois d’août 1898. . . Les pluies dans la région du Haut-Nil................
- 5
- 43
- 85
- 117
- 134
- 115 146 198 231 267
- 275
- 290
- 294
- 314
- 353
- 555
- 363
- 379
- 15
- 50
- 30
- 47
- 62
- 62
- 62
- 94
- 111
- 127
- 174
- 190
- 191 191 207 207 207 414 207 207 207 222 238 255
- 270
- 271 271 287 287 512 335 582 598
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-
-
-
- TABLE DES MATIERES.
- 441
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- La lièvre aphteuse. Une nouvelle application de la sérothérapie (J. 1)E I.OVERDO)...........................
- Vins rouges et vins blancs (G. de Méridon)...........
- La lutte contre la tuberculose (Dr A. Cartaz)........
- Influence des agents physiques sur les microbes
- (Dr A. Guillemonat)................................
- Le quatrième congrès pour l’étude de la tuberculose
- 'J. de Loverdo)....................................
- Les éléments parasitaires du goitre (A. Acloque) .... Tuberculose humaine et tuberculose aviaire (IL de Par-
- ville) ............................................
- L’estomac et le phoncndoscope (Gu. Comte)............
- L’aphyso-cautèrc Dechery (Dr M.).....................
- Le langage par gestes (I)1' Félix Régnault)..........
- Stérilisation des eaux par l’ozone (Flamel)..........
- Transformation des levures en produits alimentaires :
- albumoscs et peptones (Flamel).....................
- La peste à Vienne. Extinction du foyer épidémique (II. de P.)..........................................
- Vues nouvelles sur la propagation de la peste (Henri
- de Parville).......................................
- Action de certaines substances sur la tuberculine. .
- L'oxyde de carbone du sang...........................
- Exploration radiographique du cœur...................
- Les cancers épithéliaux..............................
- Les basses températures et les organismes élémentaires...............................................
- Le quinquina apéritif................................
- Le microbe du fromage de Brie........................
- La méningo encéphalite expérimentale.................
- Le cœur et la respiration............................
- La tuberculose à la caserne..........................
- Les hôpitaux de famille dans l’Inde anglaise. . . . Influence de la bicyclette sur les organes thoraciques.
- Bicyclette et amaigrissement.........................
- La notion du mouvement par les sensations tactiles.
- Augmentation de poids du corps humain................
- Inoculations contre la peste.........................
- L’identité de la peste humaine et de la peste des rats. Be la nature du sucre des diabétiques................
- 58 4 2 GG
- 122
- 162
- 182
- 202
- 243
- 259
- 515
- 318
- 522
- 575
- 405
- 15
- 15
- 79
- 79
- 95
- 127
- 127
- 143
- 175
- 190
- 223
- 225
- 303
- 505
- 505
- 382
- 382
- 415
- Mécanique. — Art de l’ingénieur. — Travaux publies. — Arts industriels.
- Concours de voitures de place automobiles de « I’Auto-
- mobile-Club de France » (E. Hospitalier)............. 7
- Les travaux de la ligue de Courcelles-Champ-de-Mars
- (G. Maresciial)......................................... 19
- Maisons qui marchent et ponts qui montent (Léo 1)ex). 29
- Tour à tailler les crayons (L. Dubar).................. 32
- L’exposition internationale d’automobiles (E. H.). ... 55
- Nouvelle porte de cloison étanche (Daniel Bellet) ... 65
- La chaleur et la dilatation des rails (D. R.).......... 74
- Les tubes pneumatiques postaux de New-York (Pierre
- de Mériel).............................................. 75
- Le tunnel de Gravehals (D. L.)......................... 86
- Voitures de place automobiles, concours de l’Automobilc-
- Club de France (E. Hospitalier). .................... 87
- Le nouveau’port de Bizerte (Jacques Boyer).................115
- Les tire-fond et l’usure des traverses de chemin de fer
- (D. Lebois).............................................125
- Une maison sur pont cantilever (D. L.).................147
- Automobiles légères (E. IL). . ............................175
- Un indicateur de rendement (E. Hospitalier)...............179
- Machine à poser les voies métalliques par travées assemblées (G. Richou).......................................180
- La traction mécanique dans Paris..........................203
- Un progrès dans la transmission des bicyclettes (E. IL). 211
- Le roi des carillons (L. Reverchon).......................218
- La scie diamantée (J. Laffargue)..........................225
- Moteur rotatif à vapeur système Pierre Arbel et Pierre
- Thion (E. Hospitalier).............................
- Le pont Alexandre III ; lancement de la passerelle (J. L.). Appareils pour la détermination des courbes terminales
- des spiraux (Cu.-Ed. Guillaume)....................
- De Miramas à Port-de-Bouc (Antoine de Saporta). . . .
- Les alliages antifriction (Ch.-Ed. Guillaume),.......
- Le prolongement de la ligne d’Orléans jusqu’au quai
- d’Orsay (L. Bâclé). ...............................
- Etuve à pétrole (G. Dubois)..........................
- Chaînes et roues de chaînes (L. Leroy)...............
- Une curieuse gare de marchandises (P. de Mériel). . .
- Outils en acier profilé (Daniel Bellet)..............
- Moteur à essence de pétrole à piston rotatif, système
- Davvson (X., ingénieur)............................
- Les locomotives Compound à grande vitesse du chemin
- de fer du Nord (L. Elbé).................... 357,
- Deuxième concours de poids lourds de l’Aulomobile-Club
- de France (E. H.)..................................
- Les agrandissements de la gare de l’Est (A. da Cunha). . Barrage de réservoir en acier dans l’Arizona (États-Unis)
- (G. Riciiou).......................................
- Nouveau moteur à gaz de pétrole (J. Durand)..........
- Cycles et cyclistes (Commandant Collet)..............
- Le montage rapide d’une locomotive (D. Lebois). . . . Les ports de Paris et leur transformation en vue de
- l’Exposition de 1909 (A. Da Cunha).................
- Les wagons de luxe du Canadian Pacific Railway (D. Le-
- bois)..............................................
- Four pour la trempe des billes d’acier (L. Leroy). . . Déplacement de la galerie de 30 mètres (A. Da Cunha).
- Les bicyclettes à chaîne et acalèncs.................
- Un curieux générateur à vapeur.......................
- Le plus grand cargo-boat du monde....................
- Un grand tunnel italien..............................
- Les chemins de fer en Belgique.......................
- La traction mécanique à Paris........................
- Un train rapide américain............................
- Le nickel dans la construction des locomotives. . .
- Le viaduc du Viaur...................................
- Un nouveau principe de fonctionnement des moteurs
- à gaz..............................................
- Briquettes de pétrole................................
- Ligne métropolitaine nouvelle à Londres..............
- Lancement de la passerelle de montage au pont
- Alexandre III......................................
- Le chemin de fer de Tientsin-Pékin. . ...............
- Un moteur à pétrole à grande altitude................
- Le rendement des moulins à vent......................
- La vapeur............................................
- Les hautes pressions dans les locomotives............
- Les matériaux de construction des maisons monstres
- américaines........................................
- Les rails lourds.....................................
- Le train le plus lourd du monde......................
- Soixante années de fabrication de locomotives . . .
- Les inconvénients des rails longs....................
- Pont chinois en bambou............................. .
- Sciences naturelles. — Zoologie. Botanique. — Paléontologie.
- La chique (Henry Chastrey)...............................
- Plantes vénéneuses réputées inotl'ensives (Guignet). . .
- L’exposition d’horticulture (P. Hariot)...................
- Les pigeons voyageurs (Paul Mégnin).......................
- Le sagou (Henry Chastrey).................................
- Un nouveau champignon domestique (Henri Coupin) . . La végétation au jardin du Hamma, près d’Alger (J.Poisson) .
- La fin des oiseaux (Henri de Parville).................. .
- Fleurs comestibles (Henri Coupin).........................
- Les radiations solaires et les plantes (Georges Mathieu). Les enfants-loups (Henri Coupin)..........................
- 241
- 242
- 261 267 275
- 278
- 284
- 299
- 507
- 309
- 524
- 411
- 547
- 358
- 364
- 569
- 570 575
- 387
- 595
- 397
- 403
- 14
- 14
- 15 50 46 68 95 126 126
- 206
- 207
- 222
- 238
- 255
- 286
- 319
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- m
- TABLE DES MATIÈRES.
- Concours de chiens de bergers (Albert Vilcoq) .... 97
- La tin des oiseaux (E. Duchamps'....................110
- Histoire naturelle de la cigale (Henri Coüpin)......119
- Arbres remarquables (L. Lemart).....................128
- Les tleurs et les oiseaux (J. Corcelle).............158
- Les mésaventures des botanistes (Y. B ).............150
- Dispersion des mollusques (V. Brandicourt)..........154
- Culture du safran (Albert Vilcoq)...................105
- Le saut chez le chien (Paul Mégnin).................171
- Engrais et plantes d’ornement (A. Hébert)...........185
- Les enfants et les plantes vénéneuses (M. J.).......187
- Le sulfate de fer et les fruits (J.-F. Gall)........202
- Les massacres d’oiseaux (II. de P.).................205
- Les laykis, chiens aboyeurs (D. N. L.).............. 209
- Abeilles et miellées (Léon Dufour).....................250
- La soie d’araignée (A. Acloque)........................248
- La cochenille de San-José (Henri Coupin)............257
- Culture de coloquintes (D. R.).........................259
- Poules élevées par des perdrix (11. S.).............202
- La chèvre à grandes cornes ou Markhor (E. Oustalet). 204 L’autruche, son élevage en Algérie au point de vue
- commercial (L. Songy)...............................275
- Les maladies microbiennes des végétaux (J. de Loverdo). 282
- La loque (A. Clément)................................. 285
- L’héloderme (P. Mégnin)................................297
- La manne des Hébreux (Henri Ciiastrey).................298
- Le nématode de la betterave (À. Larbalétrier) . . . . 510
- Un oiseau disparu, le grand pingouin (V. Brandicourt). 521
- La couleur des Heurs (Henri Coupin)....................550
- La protection des plantes (R. Dibrant).................550
- Les galeries des abeilles..............................505
- Une épidémie sur le gibier à plume (Paul Mégnin). . . 575
- Le bétel (Henry Chastrey)...............................378
- Les orchidées indigènes (Y. Brandicourt)...............400
- L’Exposition des Chrysanthèmes (P. IIariot).............411
- Particularité de la végétation d’une algue.............. 15
- Solipédisation des chevaux.............................. 30
- La ficoïde glaciale en salade........................... 40
- Observations sur les végétaux et sur les animaux. . 40
- Protection des oiseaux aux États-Unis................... 02
- La flore de Madagascar.................................. 03
- Des engrais en horticulture............................. 03
- Physiologie des fourmis.................................111
- Influence de la greffe sur le greffon...................111
- Pèche en Tunisie [la)...................................142
- Inauguration des galeries du Muséum.....................142
- Thermogenèse animale [la]...............................143
- Collections paléontologiques............................158
- Découverte d’un parasite pathogène......................159
- Les causes des caractères alpins des végétaux. . . 175
- Toxicité du sang d’anguille.............................175
- Anguille de la Nouvelle-Calédonie.......................191
- Station botanique russe.................................223
- Les espèces qui s’éteignent.............................238
- Espèces végétales communes au pliocène et au miocène....................................................239
- La toxicité des sels de cuivre pour les végétaux. . 239
- Les plantes dans le gypse...............................255
- Transformation des rameaux..............................255
- La grenouille...........................................271
- Le jubilé du serpent de mer.............................271
- Influence de la lumière et de la pesanteur sur la
- structure des végétaux.............................. 271
- Les plantes du littoral maritime........................287
- Chien d’Australie en Irlande............................318
- Le vol du poisson-volant................................J18
- Anomalie de structure des Chenopodiacées...............335
- Comment hiberne le crapaud..............................367
- Laboratoire maritime de Naples..........................507
- L’introduction du mercure dans l’économie animale. 507 La formation de la graisse dans l’économie animale. 567 L’in fluence de la température sur la formation des
- sexes chez les végétaux..............................367
- Les phénomènes chimiques de la vie latente des bulbes. 367 Les métamorphoses de T arénicole.......................583
- Culture de bactéries dans l’eau de mer.............583
- Une chatte qui attrape des taupes..................598
- La croissance du têtard.............................399
- Les animaux qui ne boivent pas......................599
- La découverte d’un ichtyosaure......................599
- L’instinct chez les animaux.........................399
- Absorption des sels de potassium par les végétaux . 399
- La production de l’indigo dans la plante...........399
- La coloration du protoplasma........................415
- Géographie. — Voyages d’explorations.
- Excursion scientifique de La Nature : Cantal; Plateau central ; Gorges du Tarn (4-16 août 1898). ... 17, 417
- La Havane (Commandant G.).............................. 55
- Les calanques du Trayas (Var) (E.-A. Martel)......... 59
- Santiago de Cuba (Commandant G.).......................101
- Les embellissements de Tananarive (Henri Dehérain) . . 129
- Les villes naissantes aux Etats-Unis (Albert Tissandier). 159
- L’excursion de La Nature (H. de P.)....................195
- filiez (Tunisie (J.-Jui.lien)..........................200
- Samarcande (I)r G- Durante)............................339
- Formation de certains lacs alpins...................... 79
- L’exploration antarctique..............................258
- Anthropologie. — Ethnographie. Sciences préhistoriques.
- Montres solaires cylindriques (Planchon)............... 57
- Mosaïque gallo-romaine (M. Gallois).................... 79
- L’alimentation végétale au Zululand pendant la famine
- (P. Hariot)..........................................134
- Le type normand contemporain (Dr Ed. Spalikowski) . . 294
- L’âge de pierre dans la région de Sétif (Algérie) (Jacquot). 299 Un sport hawaïen. Les bains de ressac (G. Pellissier). 401 La population de la Russie. . •........................175
- Art militaire.
- Marine.
- Les combustions spontanées dans la marine américaine
- (L- «O ...... ................................... 2
- L’aviation au service de l’armée, appareil aviateur Ader
- (J.-F. Gall)..................................... 54
- Signaux de marée (J.-F. Gall)....................... 81
- La catastrophe de la Bourgogne (II. de Parville) ... 109
- Le télémètre du lieutenant Fiske (Jacques Boyer). . . 149
- Le lancement du Pi'otet à Bordeaux (L. Leroy). ... 175
- Le nouveau scaphandre Buchanan-Gordon (P. de Mériel). 177 Nouveau télémètre pour batterie de côte de MM. Cushing
- Crchore et Georges Owen Squier (L. Bâclé)........255
- Marine japonaise (G. V)...............................291
- Les armures cuirassées................................523
- Le nouveau paquebot belge Princesse Clémentine
- (Daniel Bellet)....................................543
- Relèvement de navires échoués à l’aide de la désagrégation du sol (G. Richou).............................379
- Bateau sous-marin Holland (Commandant G ).............385
- Comparaison des flottes cuirassées de la France, de la
- Russie et de l’Angleterre (Commandant G.)..........394
- Nouveau canon anglais................................. 14
- Le budget de la marine anglaise....................... 14
- Un nouveau cuirassé russe............................. 79
- Canons d’un seul morceau.............................. 95
- Les bateaux européens sur les fleuves chinois. . . . 95
- Le record de la vitesse sur mer.......................142
- La nouvelle balle anglaise............................222
- Un ponlon flottant de déchargement....................223
- Les nouvelles constructions de la marine de guerre russe.................................................519
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- m
- Ce que coûte une guerre .......................
- Plan incliné automobile pour le déchargement des
- bateaux..............................................«tU
- Le succès de ta nouvelle balle anglaise.............*>66
- Torpilleurs électriques..............................367
- Un chantier de constructions navales au Japon. . • 382
- Aéronautique.
- L’aviation au service de l'armée, appareil aviateur Ader
- (J,-F. Gall)........................................... 54
- Le ballon captif du Jardin d’Acelimatation (Albert Tissandier) .................................................... 63
- Ascensions aérostatiques internationales du 8 juin G2
- Ascensions de ballons-sondes.............................. 62
- Notices nécrologiques. — Histoire de la .Science.
- Le centenaire du Conservatoire des Arts et Métiers.
- (Albert Tissandier)..................................... 67
- Le I)r sir John llopkinson (I). B.)......................250
- Adrien Alvergniat (V. C.)....................................2'0
- G. de Mortillct (I)r Caditan)............................... 504
- L’Observatoire du Pic du Midi (P. L.)....................585
- N.-J. ltalfard (J. Laffargue)................................598
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Académie des sciences (séances hebdomadaires de F)
- (Ch. de Yilledeuil) 15, 51, 46,62, 79, 95, 111, 127,
- 145, 159, 175, 191, 207, 225, 259, 255, 271, 287,
- 505, 519, 555, 551, 567, 585, 599 ..................
- L’exposition d’horticulture (P. Hariot).................... 18
- Cinquantenaire de la Société des ingénieurs civils
- (L. Leroy)............................................. 28
- L’exposition internationale d’automobiles (E. H.). ... 55
- Conservatoire des Arts et Métiers, exposition du 24 juin
- (J. L.).......................’..................... 78
- La « Smithsonian institution » (L. Barré)..................155
- Statue de Van Beneden et les fêtes de Malines (Albert
- Gaddry)................................................158
- Exposition d’Earls-Court, près de Londres ( Henri de
- Tiiiersant..............................................190
- Le Congrès géodésique international de Stuttgart (J.-F.
- Gall.).................................................574
- Élections à P Académie des sciences..............47, 127
- Agriculture. — Acclimatation. — Pisciculture.
- Les productions agricoles de Cuba (A. Larbalétrier) . . 6
- Les maladies du bétail à Madagascar (D. L.)...........166
- Les serres de la ville de Paris (E. Maglin)...........215
- La vigne et les vendanges en Géorgie (D. B.)..........218
- L'industrie du jus de raisin (D. Lebois)..................266
- L’éclairage des fermes (M. N.)............................285
- Nouveau pot à fleurs à irrigation souterraine (Albert
- Maumené)..............................................505
- Institut agronomique de Moscou (X.)......................526
- Echenillage et échardonnage (A. Larbalétrier) .... 527
- Nouvelle planteuse de pommes de terre (Georges Mai hieu). 552 Nouveau procédé de destruction du phylloxéra (Z.) . . 555
- Fumier et purin (Henry Chastrey)....................558
- L'épandage du fumier dans les champs................503
- Science* pratique et récréative.
- Une peau extraordinaire (Daniel Bellet)................... 16
- L’autoharpe (L. Devort)................................... 96
- Voilure à vapeur en 1829 (Albert Tissandier)..............159
- Le décapité aquatique (Le prestidigitateur Alber) . . . 272
- Le vase électrique (D. Lebar).............................320
- La mouche savante (D. Lebois).............................568
- Une locomotive et un train liliputiens (L. Dubar) . . . 400
- Un assemblage paradoxal (A. Thiré)........................415
- Variétés. — Généralités. — Statistique.
- Le tatouage artistique dans les diverses parties du
- monde (Jacques Boyer)............................. 11
- La pierre Margeria (J. Corcelle)..................... 48
- Le tirage au sort (C. Couturier)..................... 94
- Coup de foudre sur une cheminée d’usine (J. Leroy). . 112
- Un agneau à huit pattes (D. Chreson).................144
- L’industrie des allumettes au Japon (P. de M.). . . . 166
- L’IIôtel des Monnaies de Paris (Daniel Bellet) .... 167
- Une scierie américaine (D. B)........................182
- Une nouvelle arquebuse de pêche (A. Z.)..............192
- Correspondance (A. Charon)...........................206
- Le vieux Paris. Démolition de l’ancien collège de Grand-
- mont (A. Tissandier)..............................208
- Le corail dans l’antiquité (D. B.)...................219
- La kiva (Henri Chastrey).............................214
- Les nouvelles frappes de la Monnaie (Daniel Bellit). . 219
- Le sulfate de fer et les mauvaises herbes............234
- Un réservoir d’irrigation dans l’Argentine (D. B. ) . . . 262
- Les écoles techniques aux États-Unis (L. B,).........275
- L’or et l’argent dans le monde entier (J. B.)........278
- Correspondance (A. Biver)............................286
- Le Jernkontoret suédois (L. Leroy).....................307
- La consommation du café dans le monde (L. L.), . . . 395
- Le système métrique en Amérique..................... 14
- L’arrosage au pétrole.................................. 15
- Manuscrits minuscules.................................. 15
- Le service d’incendie à Londres...................... 15
- Fantaisies statistiques................................ 31
- La Saint-Médard...................................... 46
- La pêche au Bois de Boulogne. ......................... 46
- Exportation du liège algérien................. • 46
- Le grand projecteur de lexposition de Chicago . . 95 Le rideau métallique du théâtre Drury-Lane. . . . 95 Les grands wagons de marchandises américains . . 95
- La production du corindon au Canada....................126
- Un wagon de chemin de fer égaré........................126
- Un chargement encombrant.............................. 126
- La lecture et la fatigue intellectuelle............. . 126
- Les houillères de la Grande-Bretagne...................126
- Une sucrerie monstre aux Etats-Unis.................. 126
- Nouveau rideau de l’Opéra..............................222
- Le service de correspondance de la Smithsonian
- Institution........................................287
- Le commerce du musc en Chine...........................503
- Une fortune qui vient en fumée.........................554
- La glace comme auxiliaire du constructeur de pont. 550 L’insuccès financier des chemins de fer aériens de Chicago................................................582
- FIN i»ES TABLES
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- ERRATA
- Page 247, eol. 2, ligne 17. Au lieu de : 10 à 20 gr. pour 100 gr.
- Il faut : 10 à 20 gr. pour 1000 gr.
- Page 281. — Dans la ligure 3 donnant la vue d’ensemble intérieure de la nouvelle gare d'Orléans sur le quai, on a représenté des locomotives à vapeur ; la traction doit être électrique.
- Paris. — Imprimerie Laucre, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1305 (4 juin 1898), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —S— L’inauguration des nouvelles galeries du Muséum qui devait avoir lieu le 26 mai a été reportée à une date qui n’est pas encore fixée.
- —L’orage du 24 mai qui a passé sur Paris a pris une intensité exceptionnelle au sud-ouest de la ville, à Auteuil, à Boulogne et Saint-Cloud. La pluie est tombée avec une violence exceptionnelle de 3 heures à 4h 1/2. Les caves ont été inondées. Le saut de loup qui limite le Bois sur la route d’Auteuil à Boulogne a été empli en une heure. Or, il a 2™,5 de hauteur sur 5 mètres de largeur et plus d’un kilomètre de longueur. C’était une véritable rivière. Les eaux ont débordé et envahi la guérite en bois des préposés à l'octroi. On a relevé au moins six coups de foudre à Auteuil, Boulogne et dans le Bois. Jamais, de mémoire d’homme, la quantité d’eau tombée n’avait été aussi grande.
- —®— M. Schlumberger a lu, à l’Académie des inscriptions, une Note sur un feuillet de triptyque bizantin d’ivoire, de la plus belle époque et d’un admirable travail, qui a passé en vente, l’année dernière, à l’hôtel des commissaires-priseurs. Ce monument date de la fin du dixième siècle ou du commencement du onzième siècle. Au-dessous du Christ, en croix entre deux superbes figures de la Vierge et de saint Jean, on aperçoit la scène de la répartition des vêtements du Christ entre les soldats romains. Le pied de la croix porte sur le corps d’un vieillard de grande stature, couché, demi-nu, à la barbe et aux cheveux abondants. Une inscription indique qu’il s’agit d’une représentation chrétienne, fort rare, de l’Hadès.
- —Statistique officielle tendant à prouver que les bombardements ne sont pas aussi terribles qu’on le suppose généralement. En 4870-1871, le bombardement de Belfort a duré 73 jours; 09 455 projectiles se sont abattus sur la vaillante cité, et pourtant on'ne compte que 60 victimes, tués ou morts des suites de blessures. A Strasbourg, pendant 38 jours, les Allemands ont lancé sur la ville 193 722 obus, qui ont fait 300 victimes; enfin, à Paris, le bombardement n’a duré que 25 jours, et 10000 obus seulement ont été tirés, tuant ou blessant 107 personnes. Les quelques douzaines de coups de canou tirés sur les ports des côtes de Cuba ou de Porto-Rico ont certainement fait plus de bruit que de mal.
- —®— Il existe aux Etats-Unis un club qui s’est donné la mission de multiplier les chiens de la race pure du Saint-Bernard, en môme temps que d’améliorer, autant que possible, cette race par sélection. A cet effet, le club entreprend d’acquérir les plus beaux types que l’on puisse trouver, et, comme il compte parmi ses membres des hommes extrêmement riches, il y parvient. Mais il y met le prix. Les dernières affaires traitées par lui sont les achats des deux animaux nommés Prince et Queen. Le premier a coûté 51000 francs, le second 25 000 francs.
- —®— On se souvient que, pendant l’épidémie de Hong-Kong, les rats ont beaucoup contribué à propager la contagion ; la peste de Bombay a permis de constater que les pigeons, le3 mouches et les fourmis elles-mêmes étaient souvent victimes du microbe infectieux. Dans la pièce où il travaillait, un correspondant du Times avait remarqué l’existence d’un nid de toutes petites fourmis. Au plus fort du fléau, il observa dans la fourmilière un mouvemenl inusité : les insectes, occupés à déménager, transportaient domicile et provisions à trois mètres plus loin. Poursuivant l’examen avec plus d’attention, il constata que plusieurs centaines de fourmis étaient mortes ou mourantes, que les autres traînaient les cadavres à quelque distance de leur nouvelle demeure et rejetaient au dehors un assez grand nombre de grains de riz, comme s’ils eussent été reconnus nuisibles nu impropres à l'alimentation de la communauté. Deux jours après, la mortalité continuant de s’accroître, les fourmis déménagèrent de
- nouveau et le témoin remarqua que les insectes, employés au transport des cadavres et des provisions avariées, fournissaient plus de victimes que les autres. La série de ses observations fut malheureusement interrompue par l’invasion d'une troupe de singes qui, bouleversant toute la maison, détruisit les demeures et les cimetières des fourmis. Mais un bactériologiste de Bombay a pu recueillir quelques-unes des bestioles survivantes et il prétend avoir trouvé sur elles le bacille de la peste, auteur de tout le mal.
- —Depuis un siècle, la taille réglementaire tend à diminuer dans la plupart des Etals européens. Le fantassin français qui, en 1860, devait mesurer au moins 1“,60, ne doit avoir aujourd’hui que lm,54. Cette même taille est exigible maintenant en Allemagne, alors que, de 1840 à 1895, le minimum était lm,65. En ce qui concerne les autres pays, voici la taille réglementaire minima du soldat d’infanterie : lm,55 en Italie, lm,65 en Angleterre, lm,54 en Russie, lm,55 en Suisse, lm,60 en Norvège, lm,56 en Hollande, et lm,6l aux Etats-Unis. L’Angleterre détient donc le record.
- —Un statisticien — ces gens sont sans pitié — vient de calculer le nombre de kilomètres que l’on parcourt en dansant. Selon lui, une valse ordinaire représente pour chaque danseur un trajet ‘de 1200 mètres environ. C’est le plus long parcours, en exceptant bien entendu le quadrille dont les quatre figures réunies font faire à chacune des huit personnes qui y prennent part tout près de 2 kilomètres. Pour les danses par couples séparés, après la valse vient la mazurka qui représente 950 mètres, la berline 900, la polka 870 et le pas de quatre à peine 800 inètres. Mais notre statisticien va plus loin. Il a calculé, en se basant, paraît-il, sur de nombreuses expériences, que dans un grand bal — commençant par exemple à 10 heures du soir pour finir à 5 h. 1/2 du matin — une personne ayant figuré à toutes les danses, y compris le cotillon, n’a pas fait moins de 28 000 pas, ce qui représente quelque 19 kilomètres sür le parquet. La distance de Paris à Versailles!
- —f$— Dans une pensée d’humanité à laquelle se sont associées toutes les nations européennes, la convention de Saint-Pétersbourg a prohibé l’emploi des balles explosives comme munitions de guerre. Une communication, faite au récent Congrès de la Société allemande de chirurgie, vient de démontrer qu’il y a lieu d’interdire, pour les mêmes raisons, les fameuses balles dum-dum, dont nous avons déjà parlé en ces derniers temps. Ce sont, comme on sait, des projectiles à pointe découverte. M. Von Bruns, de Tubingue, après les avoir expérimentés a*®c le fusil d’ordonnance prussien sur des cadavres placés à 25 mètres, a constaté qu’ils produisaient un effet infiniment plus destructeur que tous ceux employés jusqu’à ce jour. Les parties molles sont détruites à un tel point qu’il ne peut plus être question d’orifice d’entrée ni d’orifice de sortie, et, dans les cas où l’on peut encore distinguer un orifice d’entrée, celui-ci ne présente pas la forme d’une simple déchirure allongée, comme cela se voit avec des halles à chemise complète, à petites distances ; mais elle est dilacérée en de nombreux lambeaux. Il s’agit donc d’une véritable explosion. La destruction est encore plus prononcée, lorsque le projectile frappe l'os. Quant à la déformation du projectile, qui est la cause de cet clfet considérable sur le corps humain, la pointe non revêtue de chemise s’aplatit déjà au contact de la peau, et cette déformation du plomb fait sauter la chemise en de nombreux fragments enroulés. Le plomb lui-même éclate en une multitude de morceaux qui se dispersent dans les tissus de. l’organisme. C’est pourquoi M. Bruns, estimant inhumain l’emploi des balles dum-dum, a demandé que la convention passée à Saint-Pétersbourg, en 1868, fût complétée par un accord international portant interdiction d’employer des halles dont la pointe est dépourvue de chemise, et que la direction de l'armée prît l’initiative de cette démarche. Cette proposition, dont déjà la Société de la Croix-Rouge avait été avisée il y a quelques mois, a été appuyée par plusieurs des collègues de M. Bruns, au Congrès de chirurgie. Ce n’est pas malheureux.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. G. de Rocquigny-Adamson, à Moulins (Allier), nous donne quelques renseignements sur les hannetons : J’ai lu ce qui suit, nous écrit-il, dans le Courrier de VAllier du 50 avril 1898 : « Les journaux de Saône-et-Loire annoncent que, depuis 3 ou 4* jours, une véritable nuée de hannetons s’est abattue sur les arbres de ce département, etc. » Je vous signale le fait parce que le département de Saône-et-Loire ne figure pas sur votre liste parue dans le n° 1303 du 21 mai 1898. Ce département appartiendrait donc au cycle 1898-1901? Ici, à Moulins, nous avons, cette année,
- Feu de hannetons. Nous appartenons d’ailleurs, comme je vous ai écrit déjà, au cycle 1897-1900. ))
- Le même correspondant, à Moulins, nous envoie une notice sur Y Altitude d'habitat de Saturnia Pyri Schiff.
- M. L. Pointe, à Nully (Haute-Marne), nous écrit que l’année présente a amené beaucoup de hannetons. Le 1er mai il y en avait eu beaucoup, puis toute la semaine ayant été froide, on n’en a revu que le dimanche 8 mai. Depuis on a pu en voir tous les jours où la température s’est adoucie. L’année dernière dans l’Yonne, il y en avait beaucoup, et dans la Haute-Marne, il n’y en avait pas.
- M. Faure, à Evreux, nous écrit au sujet des hannetons : « Je n’habite Evreux que depuis 4 années, mais j’ai pu faire quelques observations assez précises dans tout le département. L’Eure doit appartenir au cycle 1898-1901 comme d ailleurs les pays limitrophes Calvados, Oise, Seine-et-Oise. L’année 1895 fut particulièrement remarquable à cet égard, et en 1896 et 1897 on n’en a pour ainsi dire pas aperçu ; cette année on en trouve déjà énormément. Un séjour assez long dans la Marne en 1887 et 188S m’a permis aussi de constater que ce département appartient au cycle 1897-1900. Je me rappelle qu’en 1888 les paysans allumaient de grands feux pour brûler les insectes, et que les arbres de la route de Troyes étaient complètement dévorés et n’avaient plus de feuilles, mais je vous donne ces derniers renseignements sous toutes réserves n’ayant pu les contrôler suffisamment. »
- Mae M. Winter, directrice de l’Ecole normale de Chaumont, nous écrit que la Haute-Marne est cette année infestée de hannetons. Des gamins des Ecoles parcourent les jeudis et dimanches les routes bordées d’arbres et en font de nombreuses hécatombes.
- M. O. de la Villardière, maire de La Frette (Isère), nous informe que rien n’est plus irrégulier que l’évolution des hannetons dons le même département. A 4. kilomètres de la La Frette, côté sud-ouest et ouest, cette année, tout est dévoré, et chez nous, ajoute notre correspondant, ainsi que sur les communes voisines nord nord-est et levant, il n’y en a pas trace. Le cycle est 1896-1899. Je ne sais, dit encore M. O. de la Villardière, jusqu’où s’étend ce même cycle du côté nord, est et nord-est. Sans doute, il y a une différence de niveau. Les hannetons apparus cette année existent sur des communes un peu plus basses que nous; mais la pente est insignifiante, 50 mètres par 8000 mètres.
- M. G. Duclou, à Bordeaux, nous a fait parvenir deux brochures sur L'Etude des influences latentes exercées par les traitements cupriques de la vigne sur les vins en cuve pendant la fermentation. Ces brochures se trouvent chez MM. Feret et fils, éditeurs à Bordeaux.
- Renseignements. — M. L. Picard, à Reims. — Poêles à pétrole; M. Rouzée, 72, rue de la Folie-Regnault, à Paris.
- M. Falck, à Paris. — Il n'est guère possible de remédier à cet inconvénient; il faudrait essayer le mélange dont vous parlez.
- M. de Maindreville, à Verberie (Oise). — 1° Vous trouverez du papier photographique chez M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris. — 2° Voltmètres et ampèremètres Arnoux et
- Chauvin, '186, rue Championnet, à Paris. — 3° et 4°* Nous avons donné la formule de plusieurs ignifiges et indiqué les moyens de combattre les fourmis dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C‘*.
- M. D. S. E., à Lille. — MM. Clémang et Lecas, 77, boulevard d’Italie, à Paris, construisent une machine pour la fabrication de tuyaux de plomb.
- M. E. R., à Alger. — 1° Nous avons donné la description du moteur Diesel dans le n° 1277 du 20 décembre 1897, p. 395. — 2° Le constructeur est M. Dyckhoff, à Bar-le-Duc. — 3° Nous connaissons bien ces moteurs, nous en avons déjà parlé et nous en parlerons encore, lorsque nous trouverons une installation intéressante.
- M J. Goujon, à Cluny. — 1° Pour les couleurs à appliquer sur les photographies, adressez-vous à la Société Radiotinf, 35, boulevard des Capucines, à Paris. — 2° Vous pourriez consulter la collection des ouvrages photographiques de la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Un lecteur, au Havre. — Nous pensons que cette détermination serait possible, mais d’une manière bien approximative.
- M. E. Robert, à Nantes.— 1° H faut enlever les œufs, les exposer au soleil. — 2° Renseignez-nous sur l’apparition des hannetons.
- M. C. H., à Namur. — Vous voulez sans doute parler du baroscope Negretti et Zambra, pronostic ou sturm-glass des Anglais; il a été décrit dans le tome II de 1876, p. 409.
- M. D. D., à Bône. — 1° Pour la pompe Mammouth, que nous avons décrite dans le n° 1289, du 12 février 1898, p. 169, il faut vous adresser à la Compagnie parisienne de l’air comprimé, 54, rue Etienne-Marcel, à Paris. — 2° On utilise déjà des moulins à vent pour l’élévation des eaux ; vous trouverez des appareils chez M. G. Anceaux, 10, boulevard Contrescarpe, à Paris, et chez M. L. Heaume, 66, avenue de la Reine, à Boulogne (Seine). — 5° Nous transmettons votre mandat à la librairie Masson.
- M. Guynemer, à Paris. — Nous avons publié un grand nombre d’articles sur les accumulateurs actuellement en usage, soit en décrivant des installations électriques, soit en parlant d’applications diverses.
- M. Gresland, à X. — Vous trouverez de la levure de bière chez les brasseurs; c’est un médicament encore neuf,
- M. L. Vergniol, à Gensac. —1° 11 n’y a pas d’autre moyen que de mettre un tapis plus ou moins léger. — 2° Nous avons publié 4 volumes des Recettes et Procédés utiles. — 5° Plusieurs articles ont paru sur les béliers hydrauliques; voyez entre autres l’article sur le siphon élévateur Leinichel dans le n° 989 du 14 mai 1892, p. 569; l’adresse du constructeur es 52, rue de Lourmel, à Paris.
- M. A. B., à Poitiers. — H n’y a pas d’autre moyen que d’arracher ces vieilles souches.
- M. G. Ballade, à Saint-Maixent. — Les piles qui peuvent ’ vous convenir sont les piles de Lalande ; nous avons publié à ce sujet un article dans le n° 1296 du 2 avril 1898, p. 285.
- MM. Dujardin et C'°, à Leuze. — Nous ne connaissons pas d’autre adresse que celle déjà indiquée; on doit pouvoir vous fournir là le pégamoïd qui peut être très utile dans la circonstance dont vous parlez.
- • M. E. M., à Agen. — Vous aurez cet appareil chez M. Bain, 2, rue Taitbout, à Paris.
- M. R. P., ingénieur au Caire. — Nous n’avons pas l’adresse que vous demandez, nous ne connaissons que la maison Weylier et Richemond, 50, route d’Aubervilliers, à Pantin (Seine).
- M. A. B., h P. — Nous avons publié un article sur l’électricité et les vins dans le n° 859, du 16 novembre 1889, page 394 et sur l’amélioration des vins dans le n° 1068, du 18 novembre 1893, page 586.
- M. A. Saclier, à Verdun-sur-le-Doubs. — Pour des tubes d’allumage, adressez-vous à la maison Otto, 155, rue Croix-Nivert, à M. L. Seguin, 44, rue Lafayette et à M. E. Durand, 163, avenue Victor-Hugo, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dubois, à Lille. Nous ne vous conseillons pas de faire construire cet appareil ; il ne peut fonctionner. — M. A. Rochette, à Yillefranche. Nous n’avons trouvé aucune indication sur le fait que vous avez signalé. — M. D. R., à G.; M. V. P., à Lyon. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cio. — M. Dumont, à Paris. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 3° série, à la même librairie. — M. Carant, à Marseille; M. Laffont, h Bordeaux. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’enqage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date delà livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INTENTIONS1
- Ciseaux pour boutonnières. — Les ciseaux que nous présentons ont le grand avantage de faciliter beaucoup la confection des boutonnières. La vis placée sur une des branches des ciseaux (n° 1) permet d’abord de limiter la longueur de la boutonnière. Une fois cette vis fixée à la hauteur voulue, on ne pourra dépasser cette longueur. Les ciseaux portent, de
- Ciseaux pour boutonnières. — 1. Les ciseaux. — 2. Mode d’emploi.
- Bouée à l’acétylène. M. J. Sabatier vient de fabriquer une petite bouée à l’acétylène intéressante. Elle consiste en un récipient en métal (n° 1) terminé à une extrémité par une partie cylindrique et à la partie supérieure par un petit ajutage avec un très faible diamètre pour la sortie de la flamme de l’acétylène. Le récipient est creux (n° 3) et reçoit du carbure de calcium. A sa partie inférieure se trouve un petit trou sur lequel est placée une petite plaque. C’est par là que
- Bouée à acétylène. — 1. Vue extérieure. — 2. Mode d'emploi. 5. — Coupe intérieure.
- plus à la partie supérieure une petite réglette que l’on peut déplacer à volonté ou maintenir à l’aide d’une petite vis. On peut alors faire les boutonnières sans les marquer à l’avance. Il suffit de mettre la règle à la distance voulue, à S centimètres par exemple de la première boutonnière (n° 2) et de continuer les incisions. — Ces ciseaux se trouvent chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, à Paris.
- Nouvelle clé française. — Depuis la grande évolution du cyclisme, l’Angleterre et l’Amérique ont inondé le marché d’un nombre incalculable de clés dites « anglaises » présentant les systèmes automatiques les plus divers. L’industrie française vient de produire, à son tour, un nouveau modèle que nous présentons à nos lecteurs. La mâchoire inférieure de cette clé est montée sur un chariot mobile, portant au dos un cliquet de retenue à ressort dont l’extrémité glisse sur une denture taillée dans la poignée et qui est immobilisée au moyen d’un petit levier se trouvant à la portée du pouce. 11 suffit de pous-
- Nouvelle clé. — 1. Mouvement pour ouvrir les mâchoires.
- 2. Mouvement pour les fermer.
- ser le chariot pour rapprocher les deux mâchoires et d’appuyer avec le pouce sur le levier en A (n° 1) pour les ouvrir. Un petit excentrique mu par un ressort à boudin placé dans le cliquet par un simple mouvement en B (n° 2} rapproche les mâchoires pour la mise au point exact. Ce perfectionnement est d’autant plus important que la distance des dents ne permettait jamais aux mâchoires de serrer complètement l’écrou et il arrivait que ces derniers se trouvaient rapidement détériorés. Cette clé est complètement en acier et présente toutes garanties de solidité. — Le concessionnaire de la clé est M. Kratz-Boussac, ingénieur, 1-3, rue Saint-Laurent, Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Noum velleé scientifiques est étrangère aux annonces.
- l’eau pénètre et vient agir sur le carbure. Cette bouée lestée de 40 grammes environ de carbure n’a qu’à être placée dans l’eau contenue dans un grand verre (n° 2) (bol, pot à confitures, etc.). Allumée au bout d’une minute, elle donne pendant deux heures une lumière équivalant à 10 bougies. C’est la lampe à acétylène réduite à sa plus simple expression. Placée dans un bassin ou pièce d’eau elle éclaire, le jardin, elle est précieuse pour la pêche ou la chasse en étang ; de grands modèles doivent être construits pour la marine. — La louée à acétylène se trouve au comptoir de l’acétylène, 235, rue 4 Saint-Martin, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Contre les souris et les rats. — La poudre de seille maritime que l’on trouve chez tous les droguistes, mélangée de sucre et incorporée à de la graisse ou du pain, est un appas meurtrier pour la vermine rongeuse. La seille maritime est une plante liliacée, et c’est l’ognon, le bulbe desséché qui est employé.. Elle pousse en Afrique, en Espagne et en Italie où on l’utilise comme mort aux rats. Elle sert aussi en médecine comme diurétique.
- Pâte à la benzine pour détacher. — C’est notre confrère Western Druggist qui donne la recette de cette pâte savonneuse toute spéciale. On fait dissoudre, dans 20 grammes d’eau bouillante, 12 grammes de savon blanc dur, contenant autant que possible une forte proportion d’alcali. Cn laisse légèrement refroidir la dissolution, puis on y ajoute 3 grammes d’ammoniaque concentré ; on remue, et l’on additionne peu à peu de 100 grammes de benzine déodorisée. On peut parfumer ensuite à sa convenance.
- Vaseline salicylatée. — La formule donnée par Dieterich consiste à prendre 00 grammes d’huile de paraffine ayant une densité spécifique de 0,840, 40 grammes de paraffine solide, auxquels on ajoute 2 grammes diacide salicylique, 2 gouttes d’huile de bergamote, autant d’huile de citronnelle, et enfin 1 gramme d’huile de gaultheria. On fait, de l’ensemble, des bâtonnets qu’on conserve, jusqu’au moment de s’en servir, bien enfermés dans des boites cn fer-blanc.
- Réparation du granit. — Cette recette a été signalée par un de nos confrères de la presse américaine pour bouclier les trous, réparer les fractures dans le granit. On fait fondre au bain-marie de la gomme dammar que l'on a mise dans un vase, peu profond; quand elle est à bonne consistance, on jette dedans, en brassant, de la poudre de granit, et cn ajoute une quantité de marbre pulvérisé suffisante pour donner la couleur voulue. On amalgame de ces poudres à la gomme dammar autant qu’elle en peut recevoir, puis on fait des bâtons de la substance obtenue. Pour les réparations, on les emploie comme de la soudure, c’est-à-dire qu’on applique un bâton sur le trou à boucher et qu’on le fait fondre avec un fer rouge; on enlève ensuite la matière en excès et on retouche au besoin au marteau et au ciseau.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Peinture nu pétrole. — M. J. Salomé, artiste peintre, a imaginé un procédé de peinture au pétrole. 11 a substitué le pétrole à l’essence de térébenthine et à l’huile de lin pour faire toute espèce de peinture d’art et de bàliment; il en résulte un bénéfice net de 70 pour 100. Cette peinture peut être employée partout et principalement sur les murailles et boiseries; en raison de la modicité de son prix, on s’en sert pour toute espèce de travaux. La manière de l’employer et de la préparer ne diffère en rien de celle de la peinture ordinaire. De même que la peinture s’emploie à l’essence de térébenthine pour les travaux de peinture de salons, salles de spectacle, etc. ; de même pour la peinture au pétrole, il n’y a qu’à substituer le pétrole à l’essence pour obtenir le même résultat. Pour le travail de peinture artistique, la peinture au pétrole est encore meilleure, en raison du préjudice que cause le roussi que l’on aperçoit au bout d’une dizaine d’années, quelquefois moins, sur des œuvres souvent de haute valeur, roussi qu’on ne peut faire disparaître sans risquer la perte
- totale de l’œuvre. Ce préjudice provient toujours des impuretés de l’huile de lin qui reviennent à la surface. Avec l’emploi du pétrole, on est assuré d’éviter le brunissement de la peinture d’art. — Pour la peinture au pétrole, s'adresser à M. J. Salomé, artiste peintre à Montreuil-sur-Mer, rue Sainte-Ilaustreberte, n® 5.
- Polissage des incrustations métalliques. — La matière polissante à employer est formée de terré pourrie en poudre qu’on passe à travers une mousseline ou un tamis en crin, et qu’on pétrit ensuite avec une quantité suffisante de savon mou pour obtenir une pâte ferme : on ajoute à cette pâte une certaine quantité d’essence de térébenthine, dans la proportion de 50 grammes pour 450 de pâte, et enfin on met en boîte. Quand on veut polir des incrustations, on commence par les laver avec de l’eau de savon dans laquelle on a même mis un peu de soude, puis on mouille un peu de pâte que l’on applique sur le métal, et on frotte avec un chiffon sec.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 mai 1898. 11”,9 S. E. 1. Nuageux. 0,1 Nuageux ; beau après 21 h. ; halo ; quelques avérses.
- Mardi 2 i 12",0 S. S. E. 2. Couvert. 0,7 Tr. nuag. ; tonn. dans TW. de 15 à 16 et 2 coups vers 17 h.; pluie de 16 h. 15 à 19 h. ; brouil. à 6 h., dure peu ; halo. Eclaircies à 17 h. ; couvert le reste du temps; gouttes de 4 h. 20 à 5 h. 20.
- Mercredi 25 11”,1 N. N. E. 2. Couvert. 5,1
- Jeudi 26 11",7 N. N. W. 2. Nuageux. 0,0 Nuageux.
- Vendredi 27 10",5 N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert de 5 à 13 h. ; nuageux avant et après ; petite pluie de 9 à 10 h. 1/2.
- Samedi 28 11",9 N. E. 2. Peu nuageux. 0,1 Nuageux jusqu’à 17 h. ; beau ensuite.
- Dimanche 29 ... . 11",3 N. 3. Beau. 0,0 Nuageux jusqu’à 17 li. ; halo.
- MAI 1898. — SEMAINE DU LUNDI 23 AU DIMANCHE 29 MAI.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- lift foudre et les orages. — Un orage qui a éclaté le 21 mai 1808, sur le territoire de la commune de Cornillôn (Gard), a fait deux victimes, les nommés Louis Coste et Auguste Charousset, âgés de vingt-quatre ans. Ils étaient partis ramasser des feuilles de mûrier, et, surpris en route par l’orage, ils s’abritèrent sous un gros chêne. La foudre les frappa mortellement. On les trouva, l’un étendu la face contre terre, le second le corps ployé sur les genoux, tous deux ayant cessé de vivre.
- Le 21 mai, la foudre est tombée, à 5h 53, sur un arbre à l’entrée du restaurant de la Cascade, au llois de Boulogne, à Paris. Personne ne s’abritait sous l’arbre à ce moment. La foudre a frappé l’arbre obliquement, le dépouillant d’une large bande d’écorce. Nous mentionnons d’autre part divers coups de foudre à Paris dans cette même journée.
- Dans la nuit du 23 au 21 mai, un orage d’une violence extraordinaire s’est abattu sur la région comprise entre Mirecourt et Neufchâteau. La
- voie du chemin de fer a été dégradée aux environs de Gironcourt. Un train a déraillé sans accident de personne. Un service de voie unique a été établi pour permettre la réfection du ballast de l’autre voie emporté par la violence des eaux.
- La grêle a ravagé dans la journée du 2i mai les récoltes dans plusieurs communes de l’arrondissement de Mirecourt : à (Elleville, Chef-Haut, Fre-nelle-la-Grande, Frenelle-la-petite et Saint-Prancher. Des inondations, causées par une trombe, ont fait également de grands dégâts dans ces contrées. Des ponts ont été détruits ; la ligne du chemin de fer de Mire-court à Neufchâteau a été bouleversée sur une longueur de 250 mètres.
- Les pluies et les orages tombés dans la région et une forte crue de l’Ardèche ont amené le 25 mai un débordement du Rhône à Beaucaire et à Roquemaure. Le fleuve était à 5 mètres au-dessus de l’étiage. A Pont-Saint-Esprit, les quais ont été couverts d’eau et les îles ont commencé à être' envahies.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 28, à 5 h. 23 min. du soir.
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- N° J 306 (7/ juin 1898), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS .
- —H— Encore une découverte ! M. Berthelot a communiqué à l’Académie une lettre de M. Ramsay qui annonce qu’en procédant à une distillation fractionnée de 800 centimètres cubes d’air atmosphérique liquéfié, ce physicien a trouvé, dans les 10 derniers centimètres cubes, un nouveau gaz qu’il propose d’appeler Krypton (caché) et qui est caractérisé par 2 belles raies, l’une jaune, voisine de la raie du sodium, l’autre verte, voisine de la raie de l’hélium.
- —Le Syndicat professionnel des industries électriques, le Syndicat des usines d'électricité et l’Automobile-Club de France ont constitué, sur l’initiative et sous la présidence de M. E. Sartiaux, président du Syndicat professionnel des industries électriques, une Commission d'études relatives à la fourniture du courant électrique aux automobiles. Cette commission est ainsi composée : M. E. Sartiaux, président; M. E. Hospitalier, vice-président; M. Geoffroy, secrétaire. MM. Beau, Eschwege, E. Fontaine, Geoffroy Ilérard, Mildé, de la Valette, membres : Cettè commission mixte a pour but d’organiser, d’abord dans les départements de la Seine et de Seine-et-Oise, dans toute la France ensuite, un ensemble de voies et moyens facilitant la recharge des voitures électriques, et, éventuellement, le remplacement des accumulateurs épuisés par des accumulateurs chargés. Elle dressera une carte et un tableau faisant connaître les points où pourront s’effectuer les recharges et les conditions dans lesquelles elles se feront (prix, heures, etc.). Elle s’efforcera d’obtenir les meilleures conditions possibles et de provoquer la multiplication” de ces points de ravitaillement, de telle façon quo, dans quelques années, une électromobile puisse traverser la France avec autant de facilité que le fait aujourd’hui une automobile à essence de pétrole.
- —La famine règne littéralement au Klondyke, où les hommes meurent de privations, sur les monceaux d’or qu’ils accumulent avec la plus grande facilité, en travaillant des gîtes où la teneur moyenne du minerai est de 120 grammes par mètre cube de terre aurifère. Nous avons sous les yeux la carte du prix d’une gargotte de Dawson-City, où on cote en dollars et centièmes de dollars : « La tasse de thé ou de café 75 cents; un morceau de tarte 75 cents, les sardines 1 dollar 25 la portion, la soupe 1 dollar l’assiettée, les sundwiches 75 cents pièce, les fruits cuits 1 dollar la portion, les haricots 1 dollar 50 la portion, le filefd’élan 1 dollar 30, le filet de caribou 1 dollar 20, le whiskey 50 cents le verre. DansJiy même maison, il y a une table d’hôte où le.repas complet^otlrte une demi-once de poudre d’or. » Les prix ne'seraient pas exorbitants pour des gens dont le gain moyen est de plus de 200 francs par jour, mais ce qu’il y a de plus grave, c’est que tout manque et que les moyens de communication ne permettent pas de faire des approvisionnements considérables. Les mineurs meurent sur place, car une fois arrivés là, ils ne veulent pas s’en retourner sans avoir fait fortune.
- —L’Association amicale de l’arbalète organise pour le dimanche, 19 juin, à 2 heures au gymnase municipal Huygens, à Paris, une grande fête de gymnastique et sportive en l’honnéur de son directeur-fondateur, M. J. Callais, et sous le patronage de MM. les ministres de l’instruction publique et de la guerre.
- —M. le Dr Auer von Welsbach, l’inventeur du bec qui porte son nom, s’occupe à l’heure actuelle de l’incandescence électrique. H vient (('obtenir en Autriche une série de brevets, dans lesquels il revendique l’emploi de filaments pour lampes électriques constitués par l'osmium pur ou allié au platine, à l’iridium, rhodium, ruthénium.
- —Nous avons le regret d’annoncer la rport de M. le Dr Abel Hureau de Villeneuve bien connu par ses recherches sur l’aérostation. Il avait fondé la Société aéronautique qu’il présida longtemps et le Bulletin de cette Société. La science aéronautique lui doit beaucoup.
- —La réunion générale de l’Association technique mari-lime doit avoir lieu au siège de la Société, 16, rue de FArcade, à partir du 15 juin.
- —On sera peut-être assez surpris d’apprendre que la poudre et les explosifs militaires, aux Etats-Unis, sont fabriqués, pour ainsi -«lire exclusivement, par une maison française. La manufacture Dupont, située à Wilmington, dans le Delaware, fournit aux troupes américaines, ses munitions de guerre depuis près d’un siècle. C’est la révolution de 1789 qui chassa de. France les Dupont. Ils se sont installés alors aux Etats-Unis, où ils ont fondé un établissement considérable pour la fabrication de la poudre, qui livre aujourd’hui au gouvernement les 7/8 des explosifs de guerre. La manufacture Dupont forme comme une petite cité ouvrière parfaitement indépendante de Wilmington, dont elle se trouve, d’ailleurs, éloignée de trois à quatre kilomètres. On y voit une grande et belle église, un théâtre, un cercle où on peut lire la plupart des journaux français, et une école pour les enfants. Depuis 1802, cet établissement a passé un traité avec le gouvernement américain pour la fourniture exclusive des poudres employées par l’artillerie et le génie.
- —®— Bégaiement spécial. M. Jacquet a signalé un malade, fils d’alcoolique, qui n’est ni alcoolique, ni hystérique, et qui est atteint d’une variété bien spéciale de bégaiement. Quand le malade veut répondre à une question qui lui est posée, il fait tout d’abord des efforts considérables, pendant lesquels le diaphragme se contracte spasmodiquement ainsi que les muscles abdominaux et les muscles faciaux. Après un temps assez notable, la parole sort, tantôt avec les caractères habituels du bégaiement, tantôt facile et nette. Pendant le temps qui précède l’émission de la voix, on peut entendre un bruit de glou glou très marqué dû à des contractions pharyngo-œsoplia-giennes. Il est à remarquer que ces troubles n’existent pas, quand le malade parle après avoir fait une course, ou quand il chante.
- —D’après les renseignements fournis par le Tour du Monde, l’exportation des cigares de la Havane en 1896 a atteint le chiffre de 185914000. Le produit des deux provinces Pinar del Rio et la Havane est en temps ordinaire de 280 000 balles, nombre réduit en 1896 à 85000. Une compagnie anglaise, Henry Clay, Bock et C'% l’un des plus grands producteurs de cigares de la Havane, a exporté, en 1896, 52147 000 cigares, soit près de 27 pour-100 de l’exportation totale. La guerre va évidemment changer tout cela. Cependant la récolte de 1897 à 1898, qui sera achevée en mai, a été estimée à 75 000 balles, une balle donnant de 6 à 10000 cigares. En 1896-1897, la récolte n’avait donné que 46 000 balles, ce qui était cependant un progrès sur la récolte précédente.
- —On vient.de procéder à Nancy à l’examen des 36 pièces vde canon nouveau modèle récemment reçues de Bourges. Déjà ces pièces ont été mises à l’épreuve et elles ont donné, comme à Châ-fons, les meilleurs résultats; le tir est de 19 à 20 coups à la minute avec une précision absolue. Le progrès réalisé est considérable, quand on pense que les meilleurs tireurs de nos régiments, si exer- I eés, des 6* et 20° corps, n’atteignent pas ce chiffre au fusil Lebel. I
- —On expose au Musée Guimet depuis le 22 mai jusqu’au 30 juin, les lundis exceptés, des costumes. romains, bysantins et coptes, résultats des fouilles faites à Antinoë (Egypte), parM. A. Gayet, pour le compte de la Chambre de Commerce de Lyon et du Musée Guimet. On expose aussi les portraits de plâtre de personnages Grecs ou Romains trouvés dans les tombes ainsi que tous les objets qui les accompagnaient.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits.— Le concessionnaire du tour à tailler les crayons est en France M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Communications. — M. Fontaine, à Alençon, nous écrit que le département de la Sarthe a une grande quantité de hannetons; le département de l’Orne en a en plus petite quantité.
- M. G. Moch, ancien capitaine d’artillerie, à Paris, à propos d’une information que nous avons donnée récemment, nous écrit : « Le dernier numéro de La Nature s’est fait l’écho d’une erreur assez grave, mais fort explicable, que je crois utile de vous signaler. Un de vos correspondants vous a fait dire en effet — avec preuves à l’appui! — que l’emploi des balles explosibles était réglementaire en 1870 dans l’armée allemande ; or, il n’en est rien. Si l’on consulte, en effet, l’excellent aide-mémoire du général de Witzleben (et non Witzleber), ou tout autre ouvrage allemand, on trouve bien que l’infanterie allemande était munie de Platzpatronen. Mais qu’était-ce que la Platzpatrone ? Le premier de nos compatriotes qui releva ce détail était évidemment aussi peu ferré sur les questions d’armement que sur la langue allemande. En outre, il ne disposait pas d’un vocabulaire technique, qui aurait seul pu lui donner la clé de l’énigme. Il décomposa donc simplement le mot en ses éléments (platzen, faire explosion, et patrone, cartouche), et traduisit « balle explosible ». 11 s’indigna fort naturellement de sa prétendue découverte, et fit partager son indignation aux journaux français, — je m’en souviens. Plusieurs personnes ont noté le fait, et, de temps à autre, on l’exhume encore de très bonne foi. Or, Platzpatrone signifie en allemand « cartouches à blanc ! » Les Allemands employaient alors de ces cartouches pour faire des signaux acoustiques, auxquels ils ont renoncé d’ailleurs, vu le peu de sûreté de ce mode de correspondance. Cet emploi explique que les cartouches de ce genre n’étaient distribuées, comme le mentionne votre correspondant, qu’aux sous-officiers. Et voilà comment le plus inoffensif des artifices, un simple pétard, a été transformé, par la faute d’un ignorant, en quelque chose de plus barbare encore que la balle dum-dum ! Je pense que La Nature tiendra à réparer son erreur involontaire : on doit la justice à ses anciens adversaires, et il n’est pas permis de leur imputer des méfaits dont ils sont innocents. » M. Moch a absolument raison.
- M. l'abbé Piedfort, professeur au pensionnat Saint-Pierre, à Calais, nous fait une réclamation au sujet de l’article sur le Téléoscope paru dans le n° 1505 du 21 mai 1898, p. 385 :
- Fig. i. — u, Source de lumière placée au foyer de la lentille n : les rayons lumineux tombent donc parallèlement sur les plaques frangées p, p’ qui, à chaque vibration, laissent passer un faisceau de lumière parallèle repris par la lentille n’ et convergeant sur l’actinomètre j.
- « Un article de M. Armengaud, nous dit-il, donne la description du téléoscope inventé par M. Dussaud. Cet appareil, basé sur une propriété connue du sélénium et sur la persistance des impressions lumineuses utilisée dans le cinématographe et autres appareils, a surtout comme organe intéressant et essentiel deux plaques frangées qui, par un léger déplacement, produisent une variation très intense d’un faisceau lumineux. Au
- D- N’
- J • ! Î
- Congrès des sociétés savantes en 1894, j’ai fait connaître dans une communication cette disposition de plaques frangées.
- Depuis, dans plusieurs brevets sur récepteurs pour la télégraphie multiple où je donne le moyen de transformer chaque vibration électrique ou un faisceau lumineux, j’ai étudié et fait connaître les diverses dispositions à adopter. Les dessins que je vous envoie sont la reproduction exacte de la disposition présentée aux sociétés savantes. 11 suffit de se reporter aux divers brevets que j’ai pris depuis pour reconnaître que la question a été complètement étudiée par moi avant M. Dussaud. J’espère donc que vous aurez la bonté de rétablir la vérité sur ce point. Cette disposi tion de plaques frangées permettant par un léger déplacement de découvrir un large faisceau lumineux est excessivement précieuse pour la transformation de toute ondulation électrique en lumière et elle m’appartient.— J’aime à croire que M. Dussaud ignorait ces travaux, mais je fais mes réserves sur cette application des plaques frangées au téléoscope d’autant plus que je compte moi-même les appliquer à un téléoscope, différant pour le reste de celui de M. Dussaud. »
- M. L. Suquet, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées à Troyes, à propos du même article, nous dit que le principe de la construction du téléoscope lui semble aujourd’hui bien établi, mais qu’il lui paraît qu’au point de vue pratique la projection de l’image transmise sur un écran doit présenter certaines difficultés. 11 ajoute que les différents points de l’écran de projection, éclairés chacun pendant une durée trop faible ne donneront pas la sensation de l’éclairement véritable du modèle à distance. Le résultat à obtenir étant de rendre séparément chaque point de l’écran lumineux pendant un temps plus long que sa durée d’éclairement, on obtiendrait un bon résultat en imprégnant l’écran de substances possédant une phosphorescence de courte durée. Des essais directs pourraient seuls décider quelle substance conviendrait le mieux.
- Sc
- Fig. 2. — pp, plaques frangées ; d, cliapa-. son ; x, courant primaire d'une bobine d’induction modifié par le transmetteur ; v, v, courant secondaire ; i’, électro -aimant faisant vibrer les branches du diapason à l'unisson du transmetteur.
- Renseignements. — M. P. Beuf, à Arles. — Nous ne pouvons vous renseigner à distance sur les défauts de votre pile, il faudrait voir l’appareil. L’oxyde de cuivre est peut-être de mauvaise qualité.
- M. Dumont, à Bruxelles. — La self-induction et la capacité du câble diminuent notablement les effets.
- M. J. Vertemer, à Neuilly-sur-Seine. — Nous ne connaissons pas de liquide jouissant de ces propriétés.
- Un abonné, à Bruxelles. — Cette adresse a été donnée en tête de la Boîte aux lettres du numéro qui contient la description de l’appareil. Il faut s’adresser 85, rue de Richelieu, à Paris.
- L'abonné 3153-1719, à Besançon. — Il s’agit d’un gris bleu qui existe parfaitement, il n’a pas d’autre désignation spéciale.
- M. Beau, à La Levade. — Il faudrait demander ce renseignement directement à M. S. Meunier, 7, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M Ed. Brunei, à Saint-Célestin. Nous vous remercions pour votre envoi; mais nous ne pouvons donner cette description. — M. Thèves, à Le Vigan. Consultez les Recettes et procédés utiles, lro série, à la librairie Masson et Cie. — L’abonné n° 3465, à B. L. V. Cette recette est indiquée dans le même petit livre que ci-dessus, lro série, à la même librairie.
- Nota. — L’abondance des matières nous oblige à remettre au prochain numéro une partie de la correspondance.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façonàrépondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les c mmunica fions. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date delà livraison.
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- — Vous <ivjz confiance?
- .— La plus grande... j’ai assez des allopathes et des homéopathes... j'ai pris un docteur Phcnotélépathe....
- J'avoue que quand je le vis arriver avec son appareil, je fus un peu déçu. Merci... lui dis-je..., je n’en use pas... je ne tolère ces instruments qu’à la Comédie-Française.
- — Vous vous trompez de côté, affirma le savant.... Ceci est un genre de téléphone avec lequel je perçois les bruits à l’intérieur du corps !
- — Pas la peine... dès que vous souffrirez, demandez la communication avec'moi, 67 489, Canebière....
- Vous vous appliquez ce microphone sur la partie du corps dont vous souffrez....
- Moi, je suis de Marseille, en communication avec toute ma clientèle... j’écoute, et je téléphone l’ordonnance !
- Il n’y a que deux inconvénients à mon système.... L* premier, c’est que je suis sourd, sourd comme un pot...* Le second, c est le plus grand, la difficulté, au téléphone, d’obtenir la communication.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BIBLIOGRAPHIE
- Formulaire de VÉlectricien, par E. Hospitalier, 16e année, 1898, 1 vol. in-16. Masson et Cie, éditeurs. Prix : 5 francs.
- C’est toujours avec plaisir que nous annonçons l’apparition de ce formulaire essentiellement pratique et déjà tant apprécié. Dans cette nouvelle année, à côté des renseignements généraux indispensables, on trouvera encore les nouveaux détails et chiffres fournis en 1897 par l’expérience ou le calcul.
- Annuaire géologique universel, par L. Carez, docteur ès sciences, avec le concours de M. A. Peron pour l’Algérie et la Tunisie. Année 1897. Tome XIV. Paris, Comptoir géologique de Paris. 1898.
- Technique et Applications des rayons X. Traité pratique de radioscopie et de radiographie, par G. H. Niewenglowski. 1 vol. in-8°. Desforges, éditeur, 1898. Paris. Prix : 5 francs.
- La photographie des commençants. Premières leçons de photographie pratique, par P. Clerc et Niewenglowski. 1 vol. in-18. Desforges, éditeur. Paris, 1898. Prix : 0,r,50.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 50 mai 1898. 11»,8 S. S. W. 1. * Couvert. 0,0 Couvert ; petites averses.
- Mardi 31 12», 5 S. W. 2. Couvert. 0,7 Couvert ; averses dans l’après-midi et la soirée ; quelques coups de tonnerre à l’W. de 3 à 4 h.
- Mercredi 1" juin . . 10», 1 W. S. W. 3. t Peu nuageux. 1,7 Nuageux ; plusieurs averses ; halo.
- Jeudi 2 11»,1 S. W. 2 Presque couvert. 5,8 Très nuageux ; pluie et grêle à diverses reprises ; quelques coups de tonnerre entre 14, 36 et 17 il.
- Vendredi 3 9°,0 S. 1. Beau. 4,0 Nuageux; halo.
- Samedi 4 12»,1 S. S. E. 2. Beau. 0,0 Peu nuageux; halo.
- Dimanche 5 11»,9 S. S. E. 1. Pluie. 0,6 Très nuageux; tonnerre au S. S. E.-S.-E. de 15 à 16 h. ; éclairs an S -S. S. E. à 22 h.; pluie à diverses reprises.
- . MAI-JUIN 1898. — SEMAINE DU LUNDI 30 MAI AU DIMANCHE '5 JUIN.
- -v | Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indignent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à labri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en niai 1898
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 734”“,43. Minimum 740”",09 le 12 à 1 heure du soir; maximum 768”",17 le 7 à 11 heures du soir.
- Moyennes thermométriques : des minima 8°,58 ; des maxima 17°,08 ; du mois 12°,75; vraie des 24 heures t2u,<i2. Minimum 2°, t le 8 à 4» 40 du matin; maximum 23°,7 le 1" à 4M0 du soir. Le 8 il y avait de la gelée blanche avec température de — 0°,3 sur le sol, la moyenne des minima sur le sol a été 5°,86.
- Tension moyenne de la vapeur 8””,12; la moindre 5“” le 15 à 9 heures du matin ; la (dus grande 12””,0 le 23 à 3 heures du soir. Humidité relative, moyenne 78 ; la moindre, 36 le 29 à 1 heure du soir ; la plus grande 109, un seul jour le 8 au matin. vVents forts du S. au S.-W. les 3, 4 et tl.
- Pluie 94””,6 en 83 heures et demie réparties en 24 jours. Nébulosité moyenne 70, 4 jours de tonnerre : Le 3, de 11 heures et demie à 4 heures du soir, tonnerre au S.-W., puis à l’W., puis au N., où l’on voit éclairer; le 12, de 1 heure à 2 heures du soir, faible orage mais qui donne de lb12 à lb17 une averse de grêle dont tous les grains en secteurs sphériques de 15““ de rayon couvrent le sol d’une couche de glace qui fond peu après. Le 24, tonnerre de 3 à 3 heures soir, d’abord à l’W., puis au N. Le 31, on entend faiblement le tonnerre loin dans l’W. ; vers 3 heures et 4 heures du soir ; 2 jours d’éclairs : le 2 à 1 heure du matin et le 23 au soir ; it y a 2 aulres jours de petite grêle et 1 jour de gouttes. Petit brouillard les 8, 20 et 24.
- Température moyenne de la Marne 14°,20 le matin, 14°,30 le soir, du mois 14°,35. Minimum le 21 au matin 11°,93; maximum 16°,20 les 27 et
- 29. Claire au commencement du mois, trouble à la lin; elle s’est élevée de 2”,13 le 7, à 4“,46 dans la nuit du 21 au 22. A
- Relativement aux moyennes normales, le mois de mai 1898 présente les résultats suivants. Baromètre plus lias de 2““,73. Thermomètre plus bas de 1°. Tension de la vapeur plus forte de 0““,42. Humidité relative plus forte de 8. Nébulosité plus forte de 18. Pluie plus forte de 48““,0 à peu près double de la quantité ordinaire. Il n’était pas tombé autant d’eau en mai depuis 1869, la hauteur cette année étant, en mai, 104”“,5.
- Le printemps de 1898 (mars, avril, mai) présente les résultats suivants :
- Moyennes. Écarts. Baromètre . . . 754““,97 —1,60 Thermomètre; . 8°,94 — 0,58
- Tens. de la vap. 6““,51 -+• 0,17
- Moyennes. Écarts. Humidité relat. . 74-1-3
- Nébulosité. ... 63 -t- 9
- Pluie...........175”“,0 -h 48,5
- On entend la Tourterelle le 13, le Coucou le 14. Les Hirondelles sont très rares tout le mois.
- Floraisons : le 5, Pivoine en arbre, Polémoine bleue, Rhubarbe ; 10, Julienne simple ; 12, Epine à fleurs rouges doubles ; 13, Chèvrefeuille ; 20, Alisier çomestible (craiægus tor mina lis) ; 21, Pivoine rouge, Néflier. Pittosporum de la Chiiie; 2o, Rose du Bengale; 24, "Sauge des prés, Seringat; 28, Sureau commun; 30, Sauge oflicinale; 311 Hémérocalle jaune, Acacia.
- Les floraisons des arbres donnent une bonne indication sur le retard de la végétation, nous avons noté les floraisons. Marronnier, 27 avril, retard 5 jours; Lilas, 28 avril, retard 6 jours; Acacia, 31 mai, retard 8 jours. J'ai vu ce dernier fleurir le 14 juin en. 1879 et le 24 avril ep 1893 : ces deux dates présentent une différence de 31 jours.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 4, à 2 h. 21 m. du soir.
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- N° 1307 (18 juin 1898), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Encore un lancer de ballons-sondes le 8 juin dernier, à l’Usine de la Yillette. Le précédent était dû à la générosité du prince Roland Bonaparte. Celui-ci est dû à la générosité de S. A. S. le prince de Monaco. A 2 h. 1/2, un ballon-sonde de 40 mètres cubes, lancé par M. G. Besançon, est parti dans la direction du Nord, puis, à une demi-heure de distance, un second ballon-sonde, cubant 465 mètres, s’est élancé avec une vitesse modérée et a disparu dans les nuages à une hauteur d’environ 1500 mètres. Aux mêmes heures trois ballons-sondes- avec équipage du corps des aérostiers militaires et un ballon-sonde de l’exposition du Jubilé étaient lancés à Vienne, et des expériences similaires étaient pratiquées à Berlin, Munich, Saint-Pétersbourg, Rome, Darmstadt et Varsovie, conformément au programme adopté pour le lancer international d’aérostats destinés à l’exploration de la haute atmosphère. M. Hermite s’était enlevé aussi dans le ballon de 1700 mètres offert pour ces ascensions par M. Balaschoff. Les ballons lancés à la Villette ont atterri, le premier, le Balaschoff, à Magny-en-Vexin, après avoir atteint une altitude de 2300 mètres; le deuxième en Westphalie, sur la frontière hollandaise. L'Aurore, parti en même temps du parc Léopold, à Bruxelles, a atterri en Flandre le soir même. En Allemagne, le ballon ' du Dr Sucring est redescendu, après un heureux voyage de huit heures, à Schmergow, près de Gross-Kreuz.
- —H— La mode est aux commissions. Un arrêté du ministre du commerce et de l’industrie constitue près du commissaire général de l’Exposition de 1900, une Commission technique des machines et une Commission technique de l’électricité. La première contient 67 membres. La seconde renferme 51 membres. Deux petits parlements. Que de commissions ! C’est le moyen de tout simplifier et surtout de diminuer les responsabilités : 67 membres en mécanique, 51 membres en électricité! La responsabilité est inversement proportionnelle au nombre des membres des commissions. Plus on augmente n et plus la responsabilité individuelle diminue. Si n est suffisamment grand, la responsabilité s’annule. Si notre organisation mécanique ou électrique en 1900 n’est pas parfaite, ce sera bien -extraordinaire ! 67 donneurs de conseil, plus 51 donneurs de conseil! Signe des temps!
- —$$— M. l'amiral Besnard, ministre de la marine, vient de prendre un arrêté important à faire connaître. Malgré la fréquence des reconnaissances hydrographiques sur nos cête3 et le soin avec lequel ces opérations sont conduites, il est malheureusement avéré que quelques roches isolées ont pu échapper aux recherches les plus minutieuses et constituent encore une source de dangers pour la navigation, dit la circulaire qui sert d’exposé des motifs et de commentaire à ce proprio motu administratif. D’autre part, il a été constaté au cours -des enquêtes survenues à la suite des naufrages que les liants fonds non portés sur les cartes et sur lesquels avaient touché les bâtiments étaient parfois connus de certains pêcheurs ou hommes pratiques de la région. Mais ces derniers, ignorant pour la plupart l’usage des caries marines, ne soupçonnent pas l’importance qu’il y a à signaler les découvertes de roches ou de plateaux qu’ils ont pu faire et négligent généralement de renseigner l’autorité maritime. Dans ces conditions, le Ministre a pensé qu’il y aurait le plus grand intérêt à encourager nos pêcheurs à explorer eux-mêmes les fonds sur lesquels ils exercent Jeur industrie et à stimuler leur zèle en récompensant, par des primes en argent, ceux d’entre eux qui porteraient immédiatement à la connaissance du svndic ou du commissaire de l’inscription maritime de leur quartier ïes découvertes de ce genre. Voici maintenant le dispositif qui synthétise ces observations judicieuses : Article 1er. Il est alloué une prime à tout pêcheur ou marin ayant révélé aux autorités maritimes l’existence, sur les cotes de France ou d’Algérie, d’un écueil dangereux pour la navigation ne
- figurant pas sur les caries hydrographiques ou n’ayant pas encore été signalé par les avis aux navigateurs. — Art. 2. La prime sera de
- 10 à 50 francs pour un danger situé dans des parages fréquentés exclusivement par des torpilleurs ou des bâtiments d’un tirant d’eau inférieur à 3 mètres. Elle sera de 25 à 200 francs quand il s’agira de parages fréquentés par tous les autres bâtiments. La prime sera graduée suivant l’importance de la découverte. — Art. 3. La prime sera décernée par décision ministérielle, sur la proposition du préfet maritime ou au contre-amiral commandant la marine en Algérie, après avis du service hydrographique, qui devra fixer la position exacte de l’écueil signalé.
- —Nos lecteurs savent déjà que, depuis le 1er janvier de cette année, New-York, par l’annexion de ses faubourgs, est passé au second rang des plus grandes villes du monde entier. La cité américaine n’est plus dépassée que par Londres ; sa population s’est élevée de 2 millions à 3 388 000 habitants ; sa superficie est désormais de 82000 hectares au lieu de 10000 qu’occupait l’ancienne ville; elle compte 2600 hectares de parcs et jardins, 4920 kilomètres de rues, 1850 kilomètres d’égouts, 105 de chemins de fer sur viaducs et 745 de chemins de fer à niveau. Pour perpétuer le souvenir de cette annexion des faubourgs et dé l’avènement de New-York à la dignité de métropole, il est fortement question d’ériger, sur l’iine des places, une tour colossale auprès de laquelle le monument de M. Eiffel ne serait qu’un jouet d enfant. D après le projet de l’ingénieur Freye, cette tour aurait 652 mètres de haut. Construite tout entière en acier sur pian duodécagonal, elle aurait un diamètre de 91 mètres et serait flanquée de quatre larges pavillons. Au centre, serait placé un noyau de 30 mètres de diamètre autour duquel monterait en spirale un chemin de fer électrique qui amènerait les voyageurs au sommet après un parcours total d’environ 4 kilomètres.
- —H— La statistique donne parfois de curieux détails. Sait-on le nombre des loyers vacants à Paris à la fin de 1897, ainsi que le rix de chacun d’eux? On comptait 6432 logements au-dessous de 00 francs, et 4169 variant entre 700 francs et 9 )9 francs. Parmi ces logements, il y en avait 570, « de 1 franc à 299 francs ». Viennent ensuite 443 logements vacants, de 300 à 399 francs; 382, de 400 à 499 francs; 2293, de 500 à 599 francs; 2744, de 600 à 699 francs. On trouve 1788 logements vacants, de 700 à 799 francs;
- 11 y en axait 1500, de 800 à 899 francs, et 8*1. de 900 à 999 francs. La statistique accuse 1077 appartements vacants de lOOOà 1099 francs; 471 de 1100 à 1199 francs; 738 de 1200 à 1299 francs; 359 de 1500 à 1399frans; 373 de 1400 à 1499 francs. Voilà 2998 appartements disponibles entre 1000 et 1499 francs. Il y avait, entre 1500 et 1999 francs, 1528 appartements vacants. Entre 2000 et 2499 francs, il n’y en avait que 890. Entre 2500 et 2990 francs, on n’en comptait plus que 559. Le nombre des appartements vacants, de 3000 à 5999 francs, est de 782; de 4000 à 4499, il est de 461. Entre 5000 et 6999 francs, on ne voit plus que 392 appartements vacants; entre 7000 et 9099 francs, il v en a 285 ; de 10 000 à 14999 francs, 166; de 15 000 à 19Ô99 francs, 66; enfin, de 20 000 francs et au delà 33.
- —En 1897, Paris a consommé 155 739 515 kilogrammes de viande de boucherie, soit 61k«,391 par habitant. A cela, il faut ajouter 27 175 744 kilogrammes de poisson, soit par jour 29,3 grammes par habitant. La consommation-annuelle de gibier par tête a été de 11^,540, soit environ 31,6 grammes par jour.
- —©— L'horlogerie française fait des prodiges en vue de l’Exposition. Il est déjà question d'une montre microscopique à répétition, qui pèse 4 grammes et qui coûte plus de 3000 francs, soit 800 francs le gramme ! La même fabrique exposera une montre ultra-compliquée qui détiendra certainement le record avec 25 complications qu’on ne définit pas encore.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Communications. — M. A. L. Clément, à Paris, nous a envoyé un Plan-guide au Muséum d'histoire naturelle (Jardin des Plantes). Ce plan, qui est fort bien dressé, et qui contient des indications très utiles, manquait jusqu’à ce jour. On le trouvera chez le concierge au Jardin des Plantes, à Paris.
- M. A. Thierry, à Orléans, nous demandait divers détails pour le traitement d’oppressions et suffocations .accompagnées parfois d’haletement et d’angoisses, toux, glaires causées par de l’emphysème. Notre collaborateur, M. le Dr Cartaz, veut bien nous donner quelques renseignements à ce sujet. 11 n’y a pas de remède unique et absolument efficace contre ces troubles. L’emphysème est une lésion des vésicules pulmonaires incurable. C’est le soufflet forcé. 11 s’accompagne fréquemment de troubles cardiaques, circulatoires, etc., cause de ces angoisses de catarrhe bronchique, etc. Le mieux' est de se borner à combattre l’ennemi par des palliatifs, régime sévère, pas de tabac, pas d’alcools, petites doses d’iodure balsamique, inhalations d’air chargé de principes balsamiques. Séjour, s’il n’y a pas de lésion du cœur, à des altitudes de 700 à 4200 mètres.
- M. C. de S., à X, qui s’est beaucoup occupé du problème de la vision à distance, nous envoie une Notice sur les dispositifs qu’il a adoptés et qui utilisent les propriétés du sélénium sous l’action de la lumière.
- M. le Dr Genod, à Toulon, nous soumet aussi le projet d’un appareil destiné à transmettre les images. Mais au lieu d’une plaque de sélénium, il a employé le tube radio-conducteur de Branlv, et dans le récepteur il a utilisé l’action du courant sur les rayons de lumière polarisée.
- M. Armelin, à Paris, nous écrit que, par suite d’une fausse transcription de ses notes, il s’est glissé une erreur dans son article : L'Astronomie au Salon (n° 1306 du 11 juin 1898, p. 26). A l’avant-dernier alinéa, relatif au tableau de M. Puvis de Chavannes, au lieu de : une nuit où l’on ne voit de la lune que le reflet dans l’eau, il faut lire : une nuit où l’on voit la pleine lune avec son reflet dans l’eaù.
- La Société industrielle du nord de la France, nous envoie une Note sur une exposition, un concours et une course d’automobiles qu’elle a organisés pour 1898, afin d’encourager la construction des voitures automobiles dans le nord de la France.
- M. Ed. Frauger, à Guebwiller, nous écrit que l’apparition des hannetons a eu lieu cette année en Alsace, suivant le cycle que nous avons indiqué. L’apparition a eu lieu de fort bonne heure, au commencement de mai, fait qu’explique la température très douce de l’hiver 1897-1898.
- M. C. Marchai, au Creusot, nous dit que 28 années de chasse aux insectes lui permettent d’affirmer que le département de Saône-et-Loire est soumis au régime uranien (1895-1898). Une carte a déjà été faite, croit-il; mais il a oublié toute indication à ce sujet.
- L'abonné 3465, à Beaucamps-le-Vieux (Somme), nous informe que les hannetons se trouvent en abondance dans la région.
- M. R. Belzeaux, à Elbeuf, nous écrit qu’il vient de faire abattre dans sa propriété à Bosnormand, pour l’alignement d’un chemin, un houx d’une hauteur de 5m,40 et d’une circonférence au milieu de lm,28. Cet arbre était âgé, dit-on, de 500 ans environ.
- M. Edmond Badois, à Paris, nous écrit : « A propos du lait et du vin dont il est question dans la Boîte-aux-Lettres du n° 1304, du 28 mai 1898, un dicton bourguignon est le suivant :
- Vin sur lait Rend le cœur gai Lait sur vin
- Rend le cœur c'aagrin.
- Sous cette forme, la tradition populaire ne jrète à~aucune équivoque. »
- M. E. Ducretet, à Paris, nous écrit la lettre suivante : « Le lundi, 6 juin, vers 4 heures, au moment de l’orage, mon poste pour la télégraphie hertzienne sans fil a successivement enregistré les décharges atmosphériques; sa mise en marche automatique s’est effectuée, à diverses reprises, avant l’apparition de l’éclair et le bruit du tonnerre. Le tube à limaille du poste n’était pas relié au conducteur isolé, extérieur, formant collecteur des ondes électriques, cette circonstance met en évidence la sensibilité de mon radioconducteur Branly. »
- Renseignements. — M. L. Espinach, àCardeden. — Vous-pourriez peut-être essayer la recette que nous avons donnée pour la terre à modeler dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie.
- MUe M. Wolf-Thierry, au Havre. — 1° Les branches de chêne portent des galles appartenant au Cynips terminalis. Cet insecte présente deux formes : Les individus qui proviendront des larves contenus dans ces galles iront pondre sur les-racines des chênes, ils éclosent en juin, et sont ailés. Il se formera sur ces racines d’autres galles d’où naîtront au printemps des insectes aptères; on leur a donné le nom de Bio-rhyza optera, avant de savoir que c’était une forme aptère du cynips terminalis. Ils monteront le long de l’arbre, pondront sur les branches, ordinairement au bout des branches, où se reformeront les galles, et ainsi de suite tous les ans. — 2° Brhem, 2 volumes (Kunckel d’IIerculais) ; Blanchard,, Métamorphoses, mœurs et instincts des insectes; Gérard, Traité d’entomologie, et métamorphoses des insectes. — 3° Le petit hanneton en question est un rhizotrogus probablement rufes-cens; il faudrait le voir, car il y a plusieurs espèces très voisines, on les appelle hannetons de blé, hannetons de Saint-Jean.
- Un lecteur, à X. — Nous avons déjà traité cette question à plusieurs reprises. Le siècle finit en 4900, et le siècle prochain commence en 4901.
- M. L. B., à Paris. — Pour obtenir de la vaseline boriquée, il faut mélanger avec soin à froid au mortier, 1 gramme d’acide borique finement pulvérisée et 9 grammes de vaseline.
- M. L. Lambert, à Urville-Hague (Manche). — Le carré magique de 2 est absolument impossible. Il se rencontre souvent des formules algébriques qui ne s’appliquent pas pour une valeur particulière de la variable. Vous trouverez réponse à votre objection dans le dernier livre de M. Houx Balle sur les carrés magiques paru en 4898.
- M. E. Ardoin, à Marseille. — On trouve souvent des dépôts de ce genre dans les tuyaux; remerciements pour votre indication.
- M. E. Bonnet, à Briançon. — Adressez-vous à la Société française d’assainissement, 29, rue Geofl'roy-Saint-IIilaire, à Paris.
- AI. H. Bénard, à Paris. — Adressez-vous à M. Rochefort, ingénieur, 46, boulevard Haussmann, à Paris.
- M. E. Ferrer, à Paris. — Le microphonographe Dussaud,. que nous avons déjà décrit, est construit par la Société industrielle des téléphones, 25, rue du Quatre-Septembre, à Paris.
- Un abonné, en Beauce. — Vous trouverez les tables des-matières de 4873 à 4882 et de 4883 à 4892 en 2 volumes à 40 francs, soit net 42 francs, et de 1893 à 1896, dans 8 numéros à 4 francs, soit au total 16 francs.
- M. A. M. L., à Lille. - Chaque appareil a ses avantages et ses inconvénients; nous ne pouvons répondre à vos questions. C’est à vous de faire un choix.
- M. G. Harraude, à Évreux. — Nous avons déjà parlé à de nombreuses reprises d’arbres semblables ; remerciements pour votre envoi.
- M. T. Gorlero, à Constantinople. — L’aluminium est un métal très utilisé aujourd’hui même pour les ustensiles de cuisine.
- M. E. Gosselin, à Rennes. — Pour tous ces renseignements, adressez-vous directement à M. Léon Bollée, constructeur au Mans.
- M. H. B., à La Romagèse. — On peut combattre l’humidité des murs en employant diverses compositions que nous avons indiquées dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 4r* série, à la librairie Masson et C‘°.
- M. J. P. A., à Paris. — Cette société existe réellement ; elle a son siège, 46, rue de Provence, à Paris.
- M. A. S., à X. — Votre observation est juste; nous évitons en général de nous servir de ces expressions étrangères.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques)*
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date delà livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES (Suite)
- M. H. T ., à Paris. — 1° Il faudrait faire une série de recherches que nous ne pouvons entreprendre. — 2° Ces détails ne seront certainement pas publiés.
- M. E. M., à San Paulo. — Vous aurez ces divers renseignements au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. Brackers d'Hugo, à Lille. — A petites doses, l’acide borique n’offre aucun danger.
- M. E. Picarrère, au Tinaut. — Il y a un grand nombre d’écoles préparatoires; tout dépend de la ville que vous voulez choisir.
- M. G., à H. — Il n’y a pas de moyen pratique pour enlever ces principes nuisibles.
- M. le Dr P. Ménière, à Paris. — 1° Vous trouverez les renseignements dans l’article que nous avons publié. L’appareil n’est pas applicable partout. — 2° 11 faut vous adresser à M. Garrigou-Lagrange, directeur de l’observatoire météorologique de Limoges (Vienne).
- M. J. M., à Marseille. — Ces appareils ne sont pas très bons.
- M. le Dr Bressac, au Havre. — La roue sphérique ne se trouve pas dans le commerce ; on n’a pu arriver à la fabriquer industriellement.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A'., au Crcusot. II nous est impossible de vous donner ici toutes ces adresses; consultez un annuaire. — M. Clemenceau, à Pons. Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner. — M. Delaarier, à Paris. Remerciements pour votre Notice. — M. Goitzé, à Sautron. Le fait que vous signalez est très intéressant; remerciements.
- PETITES INTENTIONS1
- Compteurs kilométriques Little-Marvel. — Plusieurs de nos abonnés nous ont souvent demandé des compteurs kilométriques pour bicyclettes de faible poids;, nous pouvons leur faire connaître aujourd’hui les compteurs Little-Marvel. Ce compteur est formé d'un rouleau totalisateur A (n° 1) avec une série de disques accolés portant à leur périphérie des chiffres différents. Les trois chiffres à gauche sont tournés dans un sens et les autres chiffres à droite en sens inverse. Les premiers chiffres indiquent le parcours effectué dans la journée ou dans un temps donné jusqu’à 99,9 km. Les autres chiffres en sens inverse donnent le total général du chemin parcouru
- Compteur kilométrique Little-Marvel. — 1. Ensemble du mécanisme. 2 et 3. Glisseur sur les rayons de la bicyclette. — 4. Support.
- depuis le commencement de la saison jusqu’à 9999 km. Le compteur est fixé sur le côté droit de la fourche à l’aide d’un support spécial, dont on voit le détail dans le n° 4. Le compteur est approché autant que possible du rayon de la roue de uicy-clette; il porte sur le côté une étoile B munie de branches, qni commande le mécanisme intérieur du compteur. Sur le rayon de bicyclette, est fixé au moyen d’un écrou particulier (n°* 2 et 5), une petite tige horizontale qui à chaque tour vient appuyer sur une branche de l’étoile et faire avancer le compteur d’une dent. L’appareil qui maintient la tige horizontale est mobile à volonté et glisse le long du rayon. Ce nouvel appareil qui ne pèse que 50 grammes a donné jusqu’ici de très bons résultats. — Ces compteurs kilométriques se trouvent chez MM. Félix Fournier et Knopf, 103, rue Lafayetle, Paris.
- 4 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Un nouveau fausset. — Pour tirer le liquide d’une-barrique, il est indispensable de pratiquer à la partie supérieure une petite ouverture afin de laisser pénétrer l’air; mais, les boissons fermentées s’altèrent au contact de l’air libre et il importe de ne laisser pénétrer l’air qu’au fur et à mesure des; besoins. Les faussets actuellement employés présentent certaines-difficultés. Lorsqu’on enfonce trop le fausset en bois, on ne-peut plus le retirer, et lorsqu’il n’est pas suffisamment enfoncé, l’air pénètre et la boisson s’altère. Le nouveau fausset que nous décrivons est à l'abri de ces inconvénients. 11 est en métal, anglais et se termine par un pas de vis conique (n° 1). 11 suffit de le placer sur le trou pratiqué dans la pièce, de donner quelques coups de marteau et de faire ensuite plusieurs tours
- Nouveau fausset. — 1. Vue d'ensemble de l'appareil. — 2. Mode d’emploi.
- pour que l’appareil soit convenablement fixé. Il ‘est creux au milieu et l’échappement d’air est pratiqué sur le côté. A l’extrémité est placé un petit levier qui a la forme d’une clé de clarinette dont la partie hermétique repose sur l’ouverture du bout de tube et dont l’autre côté A repose sur un ressort B. Sur le sommet du fausset se trouve un anneau dont le diamètre est calculé de manière à maintenir le tube d’air ouvert lorsqu’on le place par-dessus le levier en comprimant le ressort. 11 suffit donc de fixer convenablement le fausset dans la pièce et d’appuyer simplement avec le pouce sur le levier en comprimant le ressort pendant qu’on laisse couler le liquide ou bien de laisser le ressort comprimé par l’anneau si on a une grande quantité de liquide à tirer. On lâche le ressort ou on défait l’anneau et le fausset est refermé automatiquement d’une façon tout à fait hermétique. — Le nouveau fausset se trouve chez M. Krâtz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Action des boissons chaudes sur la fonction stomacale,
- M. le DrMontagnon (de Saint-Etienne), expose, dans la Loire '• médicale, les bons résultats qu’il a obtenus de l'emploi de l’eau chaude (34° et 44°) dans certaines formes de dyspepsies. Ces résultats, il les a confirmés par l’examen chimique du contenu de l’estomac. L’exemple suivant est typique. Un de ses , malades atteint d’hyperchlorhydrie avec ectasie gastrique et phénomènes de rétention, chez lequel il avait constaté, à plusieurs reprises, une insuffisance d’évacuation et la présence de parcelles alimentaires jusqu’à 12 heures après le repas, fut soumis d'une façon régulière à l’usage des boissons chaudes en mangeant (de 40°/ à 45°); après une quinzaine dé jours de cette pratique, les aliments étaient complètement passés dans l’intestin au bout de ,9,heures; satisfait d’un mieux nettement établi, ce sujet voulut revenir à ses habitudes antérieures, mais quelques jours après, on constatait que l’estomac sje vidait moins bien et on trouvait encore des aliments 11 heures après le repas. Cette thérapeutique conviendra aussi très bien à l’hyper-chlorhydrie dont les femmes offrent de si fréquents exemples. Les malades éprouvent rapidement un bien-être remarquable, si bien que, par la suite, ils arrivent même à redouter l’usage de boissons froides. Le point essentiel est de continuer longtemps l’usage des liquides chauds; c’est à ce prix seul qu’on devra en attendre une action durable. Ces faits confirment très ' nettement les expériences faites sur les animaux par M. M. Lamy. .
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Enlèvement des taches d'encre sur la soie. — Scientific American conseille de tremper la tache dans l'essence de térébenthine, en l’y laissant 'baigner un cértain temps; on la frotte ensuite entre les doigts et la tache s’en va sans que la couleur de l'étoffe ni sa consistance normale soient nullement atteintes. On peut aussi étendre la soie et laisser tomber une goutte de térébenthine sur la tache, en renouvelant l’opération jusqu’à disparition de l’encre.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 juin 1898.. 16»,7 S. E. 1. Quelques nuages. 8,0 Peu nuag. le m., nuag. le s. Orage de 16 h. 15 à 17 h. 45; pluie à divers, repris, avec un peu de grêle à 17 h.; halo.
- Mardi 7 . 15*,8 N. N. E. 1. Couvert. 9,7 Couvert le matin, puis nuageux, beau après 20 h.
- Mercredi 8 19",7 N. E. 1. Très nuageux. 0,0 Très nuageux jusqu’à 8 heures, couvert ensuite, petites pluies à diverses reprises.
- Jeudi 9 . . . .-j . . 16», 6 S. S. W. 1. Couvert. 0,3 Couvert, pluie à diverses reprises entre 5 et 9 heures. Brouillard de 800 mètres à 10 heures.
- Vendredi 10 14»,2 W. 2. Couvert. 1,0 Couvert.
- Samedi 11 15»,1 N. W. 1. Couvert. 0,0 Couvert le m., puis très nuag., beau après 20 h., fort orage de 13 li. 30 a 16 h. avec jiluie torrentielle. Brouillard.
- Dimanche 12 12»,9 N. N. E. 3. Couvert. 21,3 Couvert le matin, beau le soir ; halo. Brumeux.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Ciment pour souliers de caoutchouc. — Faire dissoudre 10 pallies de caoutchouc dans 250 de chloroforme; préparer une seconde mixture par dissolution de 10 parties de caoutchouc, 4 de résine dans 40 de térébenthine. Au moment de l’emploi, on brasse ensemble des quantités égales des deux solutions.
- JUIN 1898. -- SEMAINE DTI LUNDI 6 JUIN AU DIMANCHE 12.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- iLes pluies. - Les pluies du mois de mai ont été à la fois nombreuses et abondantes. Elles ont donné 91'"“,6 d’eau en 24 jours, soit 4*"'environ |tendant chacune de ces journées, avec un total de 94 1. 6 par mètre carré. L’est à peu près le double de la pluie moyenne de ce mois. Si l’on consulte les Annales de l'observatoire de Paris, on trouve que depuis l’année 1689 qui a vu l’installation du premier pluviomètre,-soit depuis 209 ans, cet instrument n’a reçu que sept fois pendant le mois de mai une quantité d’eau supérieure a celle qui a été recueillie cette aimée. Voici les dates de ces années avec les pluies totales recueillies ;
- Années. Pluies.
- 1729. . . . . 98““,8
- 1774. . . . . 100““, 7
- 1787. . . . . 98"“,5
- 1827. . , . . 100"“,5
- Années. Pluies.
- 1830......... 113—,8
- 1856. .... 117»»,5 1869. .... 103"“,8
- Orages. — Les orages ont été nombreux depuis quelque temps. En dehors de ceux que nous avons déjà mentionnes, il nous faut encore signaler les suivants. Le 9 juin, à midi, la foudre a tué un cantonnier sur la route de Saint-Selve à Castres, à Bordeaux. En Belgique, lç 10 juin, à la suite de deux violents orages, une terrible inondation a dévasté la région du Haiuaut qui touche à la frontière française, de Roisin à Barsieux. Les rivières- et ruisseaux débordant ont envahi les champs, les prairies et les habitations, transformant toute la plaine en un immense lac.
- A la même date, un terrible ouragan a sévi dans les provinces du centre de la Russie. Le gouvernement de Minsk a été surtout très éprouvé. A Nesvij, plusieurs mai; ois ont été renversées. Il y a eu neuf
- morts et de nombreux blessés. La ligne télégraphique de Varsovie à Moscou a été coupée.
- Les averses dans le sud-ouest «le la Russie. — Ciel et Terre publie une intéressante lettre de M. Klossovsky, directeur de l’Observatoire magnétique et météorologique d’Odessa, sur les averses du sud-ouest de la Russie.
- Dans celte région, les pluies torrentielles ne sont pas rares ; pendant ces dernières années on a noté treize chutes d’eau diurnes, supérieures à 100“”; la plus forte était de 160"“. Ce chiffre est rarement dépassé, il l’a cependant été une fois en 1897 : au cap Béarn, il est tombé, le 13 novembre, 210"“ d’eau. Mais ce qui est surtout caractéristique, c’est le peu de temps pendant lequel tombent des quantités d’eau aussi considérables : le 1" octobre 1887 à Pétroostrow (gouvernement de Klierson), on a relevé 20““ dans l’espace de 8 minutes, ce qui fait 2““,5 par minute ; le 14 juin 1892, à Andréievka (gouvernement de Tauride), 44““ en 15 minutes, soit 2““,9 par minute; le 9 juillet 1896 à Nagartov (gouvernement de Kherson), 98““,6 en 30 minutes, soit 5““,5 par minute, enfin à Koroveutzi (gouvernement de Pultava), 56"“,5 en 10 minutes, soit 5“”,7 par minute.
- Tremblements «le terre. — Le 1" juin, vers-minuit, un trem-Jtilement de terre a été ressenti à Athènes et dans la plupart des villes du Péloponèse. A Tripolitza, les dégâts ont été assez considérables : de nombreuses maisons ont été lézardées, quelques-unes- sont devenues inhabitables. Les habitants ont passé la nuit en plein air. Il n’y a eu aucune victime.
- A la même date, de légères secousses de tremblement de terre ont été ressenties, vers minuit, à Messine, Reggio de Calabre, Bari, Portici, Casamicciola et Mineo.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. 1- 11, à 6 h. 13 min. du mitin.
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- 1308 (25 juin 1898), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément rés2rvé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- EXCURSION SCIENTIFIQUE DE « LA NATURE »
- CANTAL; FLATEAD CENTRAL; GORGES DG TARN (4 août — 16 août 1898)
- Plusieurs abonnés du Journal nous écrivent pour nous demander si les adhérents à l’excursion projetée pourront, soit en rejoignant le point de concentration des excursionnistes, soit en retournant à leur lieu de résidence, faire en route des arrêts tout en profitant des billets à demi-place; soit ne faire qu’une partie de l’excursion elle-même, et de quelle réduction ils bénéficieront dans ce cas.
- Nous avons le regret de leur donner sur ces deux jmints une l'éponse négative.
- D’une part, les Compagnies de chemin de fer, en nous accordant d’une façon tout à fait exceptionnelle d’offrir à nos adhérents la faveur de rejoindre isolément, avec des billets à demi-place, le point d’où partira l'excursion, ont expressément spécifié que l’on s’y rendrait sans arrêt et par la voie la plus directe.
- D’autre part, en ce qui concerne l’excursion elle-même, il a fallu pour arriver à un prix à forfait, que nous aurions voulu faire plus minime encore, prendre une moyenne calculée le plus strictement possible d’après la somme totale qui nous est demandée pour le logement, pour la nourriture, pour le transport en voitures et en barques — toutes choses qui, dans les pavs qui vont être traversés, ne sont pas d’une organisation très facile. Les frais sont les mêmes pour nous, et par conséquent pour les adhérents, soit que l’excursion soit faite par tous, soit que quelques-uns n’en fassent qu’une partie ; donc il n’y a et il ne peut y avoir qu’un prix unique pour tous.
- Du reste, indépendamment de l’intérêt scientifique de l’excursion et des facilités matérielles qu’offre notre organisation à nos adhérents, les touristes, même en renonçant volontairement à une partie de l’excursion, trouveront encore une économie sérieuse sur le prix d’un voyage isolé.
- Enfin, nous sommes également consultés sur les dispositions prises en raison des jouis de fêtes religieuses qui font partie de la durée de l’excursion. Nous sommes en mesure de rassurer entièrement sur ce point les membres de l’excursion ; tout a été prévu pour leur donner à ce point de vue satisfaction.
- Nous recevons aussi bien des lettres où on nous dit qu’on
- ne voudrait pas s’engager encore. Nous rappelons à ce sujet
- 1° Que le nombre des places est limité;
- * 2° Que les Compagnies de chemin de fer nous imposent des formalités qui doivent être remplies à jour fixe et assez longtemps d’avance surtout pour les billets individuels qui doivent être demandés par nous dans des conditions tout à fait spéciales et assez minutieuses. C’est ainsi que nous ne pourrons plus faire établir de billets pour les trajets individuels si la demande n’en est pas faite aux Compagnies au plus tard le 20 juillet.
- Il est donc /indispensable de ne pas tarder à se faire définitivement inscrire.
- Les voyageurs inscrits recevront en temps utile une formule que nous les prierons de remplir très exactement et qui nous sera indispensable pour faire établir leurs billets.
- L’établissement de ces billets et le versement intégral de la souscription devront donc être effectués au plus tard le 20 juillet, dernier délai accordé par les Compagnies de chemin de fer.
- M. A. £., à Poitiers. — Nous publierons dans un de nos prochains numéros, les conditions du concours de photographie organisé pendant notre excursion.
- M. H., à Marseille. — Nous vous enverrons en temps utile un imprimé que nous vous prierons de remplir pour l’obtention de bons de remise de demi-place qui vous seront délivrés par les Compagnies de Chemin de fer.
- M. R. T., h Lille. — Ceux de nos touristes qui le désireront et qui en feront la demande dès le premier jour du voyage pourront se faire servir des repas maigres le vendredi.
- M. B., à Montaubarf. — Oui, la Compagnie du Midi délivrera par notre intermédiaire, et en raison du caractère scientifique du voyage, à nos adhérents voyageant sur son réseau des bons nominatifs qui permettront de payer demi-place.
- M. P., à Lvon. — Dans différents points du voyage nous ferons des stationnements de quelques heures qui vous permettront certainement de faire de petites études de peinture.
- M. Wel-lenberg, à Amsterdam. — Vous avez omis de nous donner votre adresse. Veuillez nous l’envover.
- —i@— Par décret, en date du 9 juin, sur la proposition du ministre de l’instruction publique, notre collaborateur, M. Edouard-Alfred Martel, a été nommé chevalier de la' Légion d’honneur. On connaît les beaux et importants travaux de M. Martel sur les cavernes souterraines, etc. Aucune récompense ne pouvait être mieux donnée; elle recevra l'approbation unanime du monde savant.
- —On a pris cette année des précautions spéciales pour eom-1/attre les hannetons. Par arrêté préfectoral en date du 7 mai, la destruction des hannetons avait été rendue obligatoire pour l’année 1898 surtout le territoire du département de la Haute-Saône depuis l'apparition de ces insectes jusqu'au 15 juin inclusivement. Aux termes de cet arrêté, les propriétaires, fermiers, ainsi que les usufruitiers et les usagers, étaient tenus d’exécuter on de faire exécuter cette destruction sur les immeubles qu'ils possèdent et cultivent
- ou dont ils ont la jouissance et l’usage. Toutefois dans les bois et forêts, l’obligation imposée par l’article 1er n’était applicable qu’à une Lsiére de 5Ô mètres. Ils devraient ouvrir leurs terrains pour permettre la vérification ou la destruction à la réquisition des agents. L’état, les communes et les établissements publies et privés étaient astreints aux mêmes obligations sur les propriétés leur appartenant.
- —La Commission du concours des fiacres automobiles vient de décerner les prix suivants : lre catégorie. Voitures à 2 places. 1er prix; 1000 francs. Voiture n“ 25, cab à moteur électrique, système Jeantcaud. 2e prix : 600 francs. Voiture n° 13, coupé à moteur électrique, système Jcnatzy, de la Société des transports automobiles. — 2e catégorie. Voitures à 4 places. 1er prix : 1000 francs. Voiture n° 16, coupé à galerie, moteur électrique système Kriéger. La Commission a ensuite partagé les autres 400 francs entre les quatre conducteurs qui se sont le plus distingués dans le concours : MM. Démon v (voiture n° 16), Pascal Bailly (voiture nf 21), Allary (voiture n° 25) et Creux (voiture n° 12).
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- nÙ...... .... NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. Paul Rerner, à La Chaux-de-Fonds, à propos de notre dernier article sur La chique paru dans le n° 1305 du 4 juin 1898, p. 10, nous écrit la lettre suivante : <( Permettez-moi d’attirer votre attention sur une très intéressante notice publiée dans le Bulletin de la Société zoologique de France au 26 novembre 1889, et dans laquelle l’auteur, M. Xavier Raspail, relève à propos‘d’une communication faite par M. le Dr Jullien signalant la propagation de la chique sur la côte occidentale de l’Afrique, deux faits inexacts» reproduits dans l’article précité, l’un relatif à la manière dont la chique femelle s'introduit dans les chairs, l’autre à la nature de la tumeur que sa présence y détermine, tumeur fausse-mênVâttribüée au développement exagéré de l’abdomen de l’insecte. » .
- M. Gilbon,.h Nancy, nous fait connaître un tour de force opéré en cinématographie par une maison américaine qui a projeté dans une salle de spectacle à 11 heures du soir une vue de courses prise à 5 heures de l’après-midi. Nous pouvons à notre tour citer un fait qui prouve que nous ne sommes pas en retard en France sur les Américains : M. Gaumont a projeté récemment à Paris, au banquet de la Société des Ingénieurs civils, une bande de près de 30 mètres prise à 4 h. 1/4 de l’après-midi. Çette bande représentait l’arrivée en bateau à Plie des Cygnes des membres du Congrès des Ingénieurs civils. Si on défalque le temps nécessaire pour le transport du négatif au laboratoire et dû positif à la salle du banquet on trouve que 2 h. 1/2 ont suffi pour développer, fixer le négatif et le positif, et quoiqu’il soit impossible d’employer le séchage à l’alcool avec les pellicules cinématographiques.
- M. le Dr Mathieu, à Vitry-le-François, nous envoie une brochure sur L’évolution cycliste et Vindépendance des pédales avec le frein Juhel.
- M. le Dr Fontaine-Atgier, à Paris, nous adresse son troisième mémoire sur la machine Volta-Gramme, et sur un nouveau type de rhéostat à eau.
- M. A. Bernard, à Cluny (Saône-et-Loire), nous fait parvenir deux numéros des Annales de Mâcon contenant l’un, une conférence qu’il a faite en 1896 sur la géologie agricole, et l’autre, une étude sur l’acidimétrie des moûts, vins et vinaigres.
- M. J.-W. Giltay nous envoie une Notice sur la Polarisation des récepteurs téléphoniques. La Note est extraite des Archives Néerlandaises des sciences exactes et naturelles.
- M. It. Moreau, conducteur des ponts et chaussées, à Chauny (Aisne), nous envoie des notices et croquis concernant une nouvelle méthode de lever topographique et de nivellement. Cette méthode permet de faire ^rapidement des opérations de précision, sans recourir au tachéomètre, et sans nécessiter aucun calcul arithmétique ou trigonométrique.
- M. G. de Bocquiyny-Adanson, à Moulins, nous envoie une petite brochure qu’il vient de faire paraître sur les progressions arithmétiques. Cette notice est extraite de la Revue scientifique du Bourbonnais et du centre de la France (mai-juin 1898).
- Renseignements. — M. L'S., à S. — Vous pourriez peut-être essayer l’action de l’électrolyse ; consultez aussi : Eaux-de-vie, par MM. Ravon et Malepeyre, dans l’Encyclopédie Roret.
- M. le Fte de Curzay, à Rouillé. — La machine Carré pour fabriquer la glace est construite aujourd’hui par M. E. Lévy, 61 bis, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Mauny, h Moncautour. — 1° Vous trouverez du carbure de calcium chez les marchands de produits chimiques; consultez aussi les annonces. 2° Nous avons déjà décrit plusieurs appareils dans les années précédentes.
- L’abonné 3477, à X. — Cet intéressant appareil est en construction à la Société industrielle des téléphones, 25, rue du Quatrc-Septeinbrc, à Paris.
- M. Pons, à Marseille. — 1° Nous vous faisons envoyer une
- notice sur le livre qui vous convient. — 2® Il faut vous adresser directement à M. Chabaud, 58, rue Monsieur-!e-Prince, à Paris.
- Un abonné, F Paris. — Vous pourriez consulter l’ouvrage L’Electro-aimant, à la librairie Fritsch, 30, rue Jacob, à Paris.
- M. H. Roberty; à Paris, — Vous trouverez ce produit chez' les marchands de produits chimiques : MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain; MM. Billaut, 22, rue de la Sorbonne.
- L’abonné n° 2455, à Paris. — Vous aurez des traités de ce genre à la librairie Runod et Vicq, 49, quai des Grands-Angustins, et à la librairie Baudrv, 15, rue des Saints-Pères, à Paris. f
- M.Kémal Erarn, à Constantinople. — 1° Il n’y a pas encore de traités à ce sujet; des articles de journaux ont seulement été publiés. -— 2° Adressez-vous à la Librairie agricole de ld Maison Rustique, 26, rue Jacob, à Paris. , !
- Cercle de la réunion des officiers de la garnison, de Lille/ — Nous avons indiqué-un procédé de restauration des vieux tableaux dans le petit livre des Recettes et Procédés utilest 3° série, à la librairie Masson et Cie. •
- M. A. Renard, à Liège. — Nous avons déjà fait connaître-plusieurs moyens pour détruire les taupes dans le petit livre indiqué ci-dessus, lr“ série. On emploie surtout des pièges.
- M. Tyszkiewicz, à Howory. — C’est seulement au moyeu de broÿagés et de décantation dans l’eau qu’on amène les substances ocreuses ou argileuses à l’état de poudre très fine.
- M.E. Hermerie, à Compiègne. — 1° L’acide chlorhydrique à 22° Rauiné renferme 55,7 pour 190 de gaz acide chlorhydrique. — 2° On estime le carbonate de soude d’après- la quantité d’oxyde sodique Na30 qu’il renferme ; un carbonate qui renferme 51,29 pour 100 de Na2COr> contient 50 pour 100 d’oxyde sodique. — 3° Nous ne comprenons pas votre question.
- M. E. H., à X. — Consultez dans l’Encyclopédie beauté, à la librairie Masson et Cie Les machines frigorifiques à gaz liquéfiable, par M. R. de Marchena.
- M. G., à Montélimar. — 1° L’ouvrage de M. Oudinet sur la construction des appareils de précision se trouve à la librairie Dunod et Vicq, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 2’ Le deuxième ouvrage dont vous parlez est édité à la librairie Masson. — 3° Cette petite brochure est en vente chezM.Radi-guet, 15, boulevard des Filles-du-Calvairc, à Paris.
- M. Poirier, à Rennes. — Nous ne pouvons vous donner ici tous ces renseignements; voyez l’article que nous avons déjà publié et demandez des détails au constructeur au Mans.
- M. J. Courrèges, à Aix. — 1° Non, il n’y a pas de moyen.— 2° Aucune de ces méthodes n’est bonne ; c’est de l’einpirisme et du charlatanisme.
- M. A. Lepretre, à Lille. — Machines à briques : maison I)e-laliave de Tours représentée à Paris par M. Marchand, 69» rue Rochechouart, MM. Dupuy et fils, 22, rue des Petits-Hôtels, à Paris.
- M. R. Z., à Paris. — 1° Nous avons publié un long article sur la photographie à la poudre-éclair de magnésium dans le n" 888 du 7 juin 1890, p. 7. — 2° Le journal Photo-Gazetter à la librairie Carré, a donné dans le n° du 25 février 1898 quelques renseignements sur l’éclairage d’aluminium. — 5° Adressez-vous à MM. Gaumont et O, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. A. B., à Bègles. — 1° On compte environ 300 litres d’acétylène par kilogramme de carbure. —2° Voyez un procédé de bronzage de l’acier dans les Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cio.
- M. J. Escuyer, à Paris. — Pouc ce renseignement, il faut vous adresser à la librairie Aulanier et C4, 13, rue Bonaparte.
- M. Michelet, à Paris. — 11 n’y a pas de dictionnaire des termes géologiques; vous trouverez plusieurs traités à la librairie Masson et Cie.
- Question. — N° 1241. — M. B. X., à Genève, voudrait connaître le titre d’un ouvrage complet et récent sur les Procédés et Recettes pour émailler les métaux : le fer et le cuivre en particulier.
- Accusés de réception. — Avis divers, — MM. Camion, à X. Nous ne pouvons vous renseigner. — M. A. C-, à X. (Ain). Votre lettre a été envoyée à destination. — M.O. L., à Évron. Nous regrettons de ne pouvoir vous fournir ce renseignement. — M. L. J)., à Lyon. Voyez le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lre série,"à la librairie Masson. — M. Duhard, à Paris. Voyez le même livre que ci-dessus, 5° série à la même librairie.
- Dans ta « Boite aux lettres » ta Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répond ce A toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Fauteuil parasol pliant. — Voici un nouveau fauteuil qui pourra être utile cet été, lorsque les beaux jours seront revenus, il est entièrement articulé, comme le montre notre dessin. Tontes les pièces, se replient les unes sur Tes
- Fauteuil roulant parasol. — 1. Le laat mil plié. — 2. Vue d'ensemble,
- autres. L’ensemble du fauteuil se réduit alors à un faible volume (n° I). Ce fauteuil permet de rejeter le corps en arrière sur une toile disposée à cet effet, il se termine enfin par un parasol qui se trouve à la partie supérieure. — Le fauteuil parasol roulant est en vente chez M. Rouff, 2, rue de l'Hèpital-Saint-Louis, à Paris.
- Poisson mécanique. — Tout, le monde, en visitant les ports de mer du Nord, a été frappé de la manière singulière dont les vieux marins font filer leurs canots au moyen d’une seule rame placée à l’endroit du gouvernail. Cette manière de mouvoir le bateau s’appelle godiller. C’est- sur ce mouvement qu’un inventeur a basé le principe de faire fonctionner le poisson mécanique dont nous allons parler. Le poisson, entièrement en métal, possède à l’intérieur un petit mouvement d’horlogerie qui imprime un mouvement de va et vient à une tige
- Poisson mécanique.
- traversant le corps pour se terminer dans la queue. Celle-ci a la forme spéciale du mouvement de la godille et fait avancer le poisson. Les nageoires du ventre sont mobiles et constituent le gouvernail, de sorte qu’on peut les tourner à droite ou à gauche selon que l’on désire que le poisson nage en rond, ou les laisser droites si l’on veut qu’il aille en ligne droite. Dans les ailerons du dessus, se trouve pratiquée l’ouverture dans laquelle rentre la clé pour remonter le mécanisme. — Le isson mécanique se trouve chez M. Kratz-Boussac, 3, rue int-Laurent, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’oxyde noir de cuivre comme ténifuge.
- D’après la Gazette hebdomadaire de médecine, le Dr J. Sassy vient d’attirer récemment l’attention sur un ténifuge peu employé en Allemagne et fort rarement en France (Medisch Weehblad, 1807, rt° 20). Il s’agit de l’oxyde cuivrique, préconisé d’abord par Ilager (Handbuch der pharmaceutischen
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Noi{-velles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Praxis, 1888) et, après lui, par un confrère russe, le Dr F. Schmidt. Le remède se prescrit sous forme de pilules, dont voici la formule :
- Oxyde noir de cuivre................. G grammes.
- Craie préparée....................... 2 —
- Argile blanche........................ 12 —
- Glycérine.............................10 —
- Pour 120 pilules; 8 à 10 par jour.
- Pendant une semaine le patient prend 4 fois par jour 2 pilules, et pendant la deuxième semaine 4 fois par jour 3 pilules. Durant tout ce temps, il s’abstiendra de boissons et d’aliments acides. Au bout de deux semaines, on donne une bonne dose d’huile de ricin.
- Chez les enfants, on peut prescrire le médicament sous forme
- de pastilles dont voici la composition :
- Oxyde noir de cuivre ..... 5 grammes.
- Craie préparée.................^ àà 1 __
- Carbonate de magnésie..........)
- Gomme adjagante. ^ . 10 —
- Glycérine . . . .................... 3 —
- Sucre blanc........................ 40 —
- Eau................................ Q. S.
- Pour 50 pastilles, 2 à 3 par jour. ;
- Au bout de 3 à 4 jours, les débris du tænia apparaissent danf les fèces et les symptômes déterminés par la présence du veg solitaire s'effacent. :j
- L’administration de ce ténifuge n’exige aucun traitement, ni. le repos au lit durant la cure. 11 serait surtout indiqué dans loft cas où, malgré l’emploi rationnel des autres ténifuges, la récit, dive se produit. 11 est, d’ailleurs, démontré que l'injection d’oxyde cuivrique n’expose à aucun accident toxique. — Llhr|
- Un remède antique pour le diabète sucré. 1
- M. le Dr Reynold Wilcox rapporte un cas traité avec succès par le jambul. Le jamvu, oujambul, est depuis 12 siècles dans la matière médicale des Indiens ; il y a 10 ans, cette substance a été employée avec quelque résultat dans le traitement du diabète, puis elle a été abandonnée. Elle provient de l'écorce et des semences du Syzygium jambolanum, mvrtacée de l’Asie tropicale.
- La préparation qui semble convenir le mieux est la suivante :
- Jambul..............................50 grammes.
- Ecorce de nerprun . . . . . . . 20 —
- Gélcri ............................. 5 —
- Aromatiques (thé du Paraguay) . . 25 —
- Le nerprun s’oppose aux effets constipants du jambul, le thé du Paraguay relève le cœur souvent affaibli des diabétiques. La dose est de 7*350 à 15 grammes toutes les 4 heures.
- BIBLIOGRAPHIE
- Leçons de géographie physique, par A. de Laeparext, membre de l’Institut, 2e édition, revue et augmentée, in-8° de 718 pages avec 103 figures dans le texte et une planche eii couleurs. Paris, Masson et Gie, 1808.
- 11 n’y a pas encore deux ans que nous signalions l’apparition de ce livre et voici qu’une nouvelle édition vient démontrer que le public des géographes français est enlin entré dans la lionne voie.
- Ci tte nouvelle édition n’est pas un nouveau tirage. Deux chapitres ont été ajoutés, l’un sur les océans, l'autre sur un essai de classification des chaînes de montagnes. Les .descriptions régionales ont reçu plus d'ampleur et le texte tout entier a été soumis a une révision minutieuse. Enfin, le volume renferme 40 illustrations nouvelles. -
- La France n’a maintenant rien à envier à l’étranger sur le rapport des manuels de géographie physique et M. de Lappareht, qui a tout fait pour le bon renom de la gé ilogie française, vient d’acquérir de nouveaux droits à notre reconnaissance.
- Le Cantal : Guide du touriste, du naturaliste et de l’archéologue, par Marcellin. Boule, docteur es sciences, et Loris Farces, archiviste-paléographe, I volume in-Iti, avec 85 dessins et photographies et deux cartes en couleurs. Masson ét C'% éditeurs. Prix : 4 fr. 50.
- I/Auvergnc devient à la mode ; on est en train de la découvrir et, tandis que la Compagnie d'Orléans installe à Yic-sur-Cère et au Lierait de confortables hôtels, le journal La Nature organise, dans cette région, un voyage qui sera une merveille. Justement MM. Boule et Larges, bien connus l'un et l’autre comme naturaliste et comme érudit, viennent de publier, sur Le Ganta/', la partielle l’Auvergne la plus belle cl,à coup sur, la moins connut1, un livre de tous points excellent.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Carnet du chauffeur, par le (Ve de La Valette. 1 vol. in-16, 2' édition. Paris, 1898. Ribierre et fils, éditeurs, 15, rue Grenier-Saint-Lazare.
- Des mordants en teinture et en impression, par Ch. Ghos-Renacd. 1 volume in-16 avec 60 échantillons teints ou imprimés sur laine et sur coton, cartonné toile. Prix : 10 francs, Masson et Cic, éditeurs, Paris.
- Automobile sur rails, par G. Dumont, ingénieur des Arts et Manufactures, 1 vol. petit in-8° de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Gauthier-Villars et fils, éditeurs, Paris, 1898. Prix : broché, 2 fr. 50; cartonné, 3 francs.
- Les papiers collodionnés à pellicule transférables et leurs diverses applications, par Ch. Finaton. 1 brochure in-8°. Paris, Charles Mendel, éditeur. Prix : 2 francs.
- Traité d'anatomie comparée et de zoologie, par Arnold Lant., professeur de zoologie et d’anatomie comparée à l’Université de Zurich. Ouvrage traduit de l’allemand par
- G. Cürtel, professeur agrégé de l’Université. 2 vol. in-8°. G. Carré et Naud, éditeurs. Paris, 1898. Prix : 40 francs.
- Traité élémentaire d'optique photographique, par A. Mullin, professeur agrégé de physique au Lycée de Chambéry. ! vol. in-8°. Paris, Charles Mendel, éditeur. Prix : 10 francs.
- Chiens célèbres et chiens de célébrités. lre année. Annuaire Richard pour 1898. — 1 vol. in-8° chez M. Richard, médecin vétérinaire, 129, rue du ltanelagh, à Paris.
- Proceedings ofthe United States national Muséum. Vol. 19. 1 vol. iu-8°. Smithsonian. Institution United States national Muséum Washington, Government Printing Office 1897.
- United States commission of fish and fisheries. Part XXII. Report of the commissioner for the vear ending June 30, 1896. 1 vol. in-8". Washington, 1898.
- Transactions of the Wagner free Institute of science of Philadelphia. Volume V. Janvier 1898.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL
- Lundi 13 juin 1898. 17%0 N. E. 1. Peu nuageux.
- Mardi 14 11",8 N. E. 3. Très nuageux.
- Mercredi 15 12-,0 N. N. E. 4. Beau.
- Jeudi 16. ..... . 12”,7 N. 4. Couvert.
- Vendredi 17. , . . . 10», 8 N. 3. Couvert.
- Samedi 18 13”,1 Calme. Beau.
- Dimanche 19 ... . i 14”,9 W. 2. Couvert.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 0,0 Nuageux; halo et parhélie de droite.
- 0,0 Très nuageux jusqu’à 17 h., puis nuageux ; beau après 19 h. ; halo.
- 0,0 Nuageux de 8 à 16 h. et à 2i h. ; beau le reste du temps.
- 0,0 Nuageux à 1 h., puis couv. jusqu’à 9 h. ; nuag. ensuite ; beau après 17 h.
- 0,0 Nuageux jusqu’à 18 h. ; beau ensuite.
- 0,0 Nuageux de 13 à 18 li. ; beau avant et après ; brouillard sur la Marne à 4 h.
- 0,0 Très nuageux; halo.
- JUIN 1898- — SEMAINE Dü LUNDI 15 AU DIMANCHE 19 JUIN.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Tempêtes. — Le 18 juin, à Marseille, une violente tempête de mistral a régné sur toute la région et en mer, empêchant les entrées et sorties dû port. L’orage a sévi sur les départements voisins, surtout sur les Basses-Alpes.
- A la m une date, à Perpignan un fort vent du nord-ouest a soufflé sur les cotes du Roussillon. Lu vapeur espagnol, serrant la côte à cause de la tempête, a été jeté sur les récifs entre Banvuls-sur-Mer et Port-Vendres. Les torpilleurs delà défense mobile 125, 135, 143 et 180, en ce moment en tournée d'inspection à Port-Vendres, et les bateaux de p'che de Banyuls-sur-Mer se sont portés au secours du vapeur naufragé et ont réussi à le tirer de sa périlleuse situation. Le vapeur a eu des avaries peu graves et a pu continuer sa route.
- Le 18 juin, au cours d’un orage d’une extrême violence à Védrines. commune de Vieille-Brioude, non loin du Puv, quatre personnes ont été contraintes de se, réfugier dans une cabane abandonnée. La loudre en tombant sur la cabane a tué deux hommes. Un troisième a eu les jambes carbonisées.
- Pluies remarquables. — M. Drieberg, prolesseur à l’Ecole d'agn-culture de Colombo (Ile de Ceylan) écrit à Nature l’intéressante lettre suivante :
- A Nedunkeni, dans le nord de Ceylan on a recueilli en 2i heures, du 15 au 16 décembre 1897, 807”" de pluie. Là chute annuelle dans cette localité est en moyenne de 1643””, mais en 1897 le pluviomètre a reçu 5075"“ d’eau.
- Ses plus fortes chutes d’eau citées dans VEncyclopédie britannique sont les suivantes :
- Localités.
- Joyeuse (France).............
- Gènes........................
- Gibraltar....................
- Plateaux voisins de Bombay.
- Millimètres d’eau, 791 762 838 610
- Temps. 22 heures 26 heures 26 heures Une nuit.
- A Khasia Hills (Inde) le pluviomètre a reçu 762““ par jour, pendant cinq jours consécutifs. Dans cette ville, la chute d’eau annuelle est de 1524".
- La station de l’île de Ceylan dans laquelle le pluviomètre reroif la plus grande quantité d’eau est Padopula, dans la province centrale. La moyenne annuelle depuis 26 ans est de 5864”“. Pendant 1897 le pluviomètre a reçu 6174“" d’eau.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 19, à 4 h. 29 min. du matin.
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- 1309 (2 juillet 1898), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- EXCURSION SCIENTIFIQUE DE « LA NATURE »
- CAUSSES DU LOT; PLATEAU CENTRAL; GORGES DU TARN (4 août — 16 août 1898)
- Plusieurs des adhérents à notre voyage nous prient de leur indiquer quelques ouvrages pouvant les préparer utilement à l'excursion et leur faire connaître d’avance les pays qu’ils vont visiter.
- En dehors des grands traités de géographie comme celui d’Elisée Reclus, et des guides Joanne, nous pouvons recommander les ouvrages suivants :
- M. Boule. — Le Massif central de la France, étude géographique. Brochure in-8° avec une carte hypsométrique et géologique en couleurs (Extr. du Dictionnaire géographique de la France, de Joanne), 1895.
- Martel (E.-A.). — Les abîmes. Les eaux souterraines, les cavernes, les sources, la spélœologie. Explorations souterraines (1888-1893). Vol. grand in-8°, avec très nombreuses figures, cartes et plans. Paris, Delagrave, 1897.
- M. Boule et L. Farges. — Le Cantal; guide du touriste, du naturaliste et de l’archéologue. Yol. in-16 avec 85 dessins et photographies et deux cartes en couleurs. Paris, Masson et Cie, 1898.
- Malafosse (L. de). — Les gorges du Tarn, Montpellier-le-Vieux et les curiosités des Causses, guide géographique, historique et pittoresque, br. in-8°, avec une carte en couleurs. Toulouse, Privât, 1889.
- Lire également les nombreux articles publiés dans La Nature sur Padirac (N0’ 874, 938 et 1172), sur le viaduc de Garabit (N0* 598, 521, 785 et 807), sur les Gorges du Tarn (N°597), surBramabiau (N°959), sur l’Observatoire del’Aigoual(NT° 699), etc.
- Cartes. — Nous engageons vivement les excursionnistes à se procurer les cartes topographiques des régions à traverser.
- La carte de VEtat-major est excellente an point de vue des formes du terrain, et les dernières éditions sont bonnes au
- point de vue des routes et des chemins. Ceci ne s’applique qu’au type 1889 à 0 fr. 30 le quart de feuille. Le croquis ci-contre (lig.l) montre l’assemblage des feuilles pour notre itinéraire. Le numéro des feuilles est marqué dans le coin de chacune d'elles. Les feuilles recouvertes
- XV
- AVI -
- XIX
- La carte du service vicinal ou du Ministère de l’Intérieur (0,r,80 la feuille) est d’une lecture facile pour tout le monde; la voirie y est si bien à jour qu’elle comprend parfois des chemins qui n’existent pas encore, mais la topogra -phie est tout à fait insuffisante pour la montagne. La figure c i - c o n t r e (fig. 2) montre le tableau d’assem-
- blage des feuilles
- de la carte du service vicinal pour notre excursion.
- d’un grisé ont
- seules été publiées par le Service de la carte géologique.
- Enfin les géologues feront bien de se munir de la Carte géologique détaillée (les feuilles de Brives, d’Aurillac et de Saint-Flour sont seules publiées). La topographie qui est celle des anciennes éditions de la carte de l’Etat-major, n’est malheureusement pas à jour.. Aussi devra-t-on avoir en outre des feuilles ordinaires de l’Etat-major du type 1889.
- Dans la traversée du Cantal, les personnes qui le désirent pourront recueillir de nombreux échantillons de roches volcaniques; elles devront se munir d’un marteau de géologue.
- INFORMATIONS
- —M. Gnimet, l’éminent directeur du Musée qui porte son nom, avait convié samedi 25 juin, un certain nombre de savants et d’érudits à voir les merveilles qui ont été rapportées d’Antinoe par M. Gayet. Five o’cloek’ et promenade à travers les galeries. Les fouilles ont été poursuivies en partie avec les fonds votés par la Chambre de commerce de Lyon. Dans les nécropoles fouillées, on a découvert un habit de gala des contemporains de l’empereur Adrien, des merveilles de soieries, de bijoux, etc. On a trouvé dans un sarcophage les restes d'une musicienne avec une chemise rose, une cythare, quelques perles, des castagnettes, etc., plus loin, le costume d un entant avec ses petits souliers à brides, sa veste, ornée do, (leurs appliquées et sa robe de crépon gaufré. Les explications données par M. Gnimet ont vivement intéressé l’assistance. Il y a 1600 ans, les femmes se teignaient déjà les cheveux au henné,
- elles tortillaient des bigoudis autour de leur tête. Rien de changé sur la terre !
- —On annonce la mort de M. le Dr Voisin, le savant médecin de la Salpêtrière.
- —Les Parisiens qui voudront savoir, du centre de la- ville, dans quelle direction exacte se trouve la grande pelouse du Jardin d’Acclimatation n’ont qu’à traverser le Pont des Arts. Ils verront exactement du milieu du pont se proliler à l’horizon le grand ballon captif installé sur la pelouse.
- —Le préfet de police vient d’inviter les commissaires de police à veiller à ce que l’installation de l’éclairage électrique des salles de café-concert et de théâtre ne soit pas établie ou modifiée sans l’avis préalable de la commission supérieure des théâtres et de la commission technique de l’électricité. Celte mesure a pour but d’éviter, dans ces lieux publics, des dispositions défectueuses risquant de produire des courts circuits et des incendies. Nous applau-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- dissous sans réserve à cette mesure ; mais nous demandons que les visites des installations électriques soient faites par des agents compétents et non par de simples employés qui bien souvent font erreur et refusent des autorisations lorsque les installations se trouvent dans les meilleures conditions. Il est bon d’être sévère, mais il faut l’être à propos et justement.
- —»©— Le 19 juin a eu lieu, au Fayet-Saint-Gervais, la fête d’inauguration de la nouvelle voie ferrée de Cluses au Fayct, qui aboutit à ‘20 kilomètres de Cbamonix et à 8 kilomètres à vol d’oiseau des derniers contreforts du mont Blanc. La satisfaction de voir fonctionner la nouvelle ligne n’est pas moindre parmi les habitants du pays que parmi les alpinistes accourus en foule, pour bénéficier du nouveau mode de transport qui met maintenant Chamonix et le mont Blanc à 5 heures de Genève.
- —®— La Société helvétique des sciences naturelles tiendra à Berne sa 81° session annuelle les 1, 2 et 3 août 1898.
- —f$— Il est actuellement procédé, dans divers corps de troupe, à des expériences sur des tambours avec fût en aluminium. Les premiers résultats de ces expériences, qui doivent prendre fin le 31 décembre prochain, ont permis de constater que les caisses avec fût en aluminium, ne sont pas inférieures aux caisses à fût en cuivre, au point de vue de la sonorité et de la solidité ; il va de soi qu’elles ont l’avantage d’être beaucoup plus légères.
- —Quelle est la ville où l’on meurt le plus? Bombay. Et celle où l’on meurt le moins? Amsterdam. C’est du moins ce que nous apprend la dernière statistique de la mortalité. 129 habitants de Bombay pour 1000 passent de vie à trépas en une année ; Amsterdam ne perd, dans le même temps, que 14 de ses citoyens — toujours pour 1000 habitants. Voici quelques villes intermediaires avec leurs chiffres respectifs : Madras, 39 ; Le Cuire, 58 ; Alexandrie, 30 ; Trieste, 35; Venise, 34 ; Saint-Pétersbourg, 33 ; Rome, 26; Turin, 24; Breslau, 24; Munich, 23; Moscou, ‘26; Vienne, 21; Paris, 20 ; New-York, 19 ; Rotterdam. 18 ; Stockholm, 17 ; Berlin, 16 ; Christiania, 16; La Haye, 16 ; Bruxelles, 16.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la porte tournante de cloison étanche s’adresser à M. \V. Kirkaldv, 16, Dervy Street, Glasgow (Ecosse).
- Communications. — M. Cousin, h Domfront, nous écrit la lettre suivante : « Le cycle des hannetons dans notre région est 1889, 1892, 1895, 1898. La commune de Ceaucé qui fait partie du canton de Domfront, a établi en 1887 une association syndicale de hannetonnage qui a acheté et détruit :
- en 1889, 22 GIS1*8 hannetons ; en 1890, 1420k* vers blancs;
- en 1892. 8 7llk« — en 1891, 1991ke —
- en 1895, 7 681“* — en 1893, 3589k«
- en 1898, 6 950ktr — en 1894, 184k« —
- en 1896. 11521* —
- en 1897, 175k* —
- Totaux : 45 957k* 8509*k
- Vous pourrez remarquer que depuis le fonctionnement de l’association la quantité détruite a été chaque année (sauf en 1893) en diminuant d’une façon appréciable. » Nous sommes heureux de constater ces résultats remarquables. Notre correspondant nous envoie en même temps deux notices sur le syndicat du hannetonnage. Ce syndicat nous parait fort bien organisé, et il rend des services fort utiles.
- M. A. M. Tersen, au Havre, nous informe que les années 1892, 1895 et 1898 ont été très fécondes en hannetons pour le département de la Somme.
- M. J. S. H., à X., nous écrit : (i Dans votre n° 1504, du 28 mai 1897, p. 412, vous semblez croire que la race des
- Mousquet, 5 ans 1/2, frères jumeaux qui ont séjourné 4 ans eu France et sont actuellement en Italie.
- chiens de Pékin, race impériale, n’a jamais été importée en Europe. 11 n’en est rien et je vous adresse ci-jointe une photographie de mes deux Pékinois, importés directement de
- Pékin. Plusieurs autres personnes de ma connaissance en possèdent un ou deux exemplaires, mais je ne connais personne ui possède mâle et femelle. La reproduction en Europe en est onc très difficile, les Chinois rendant le plus souvent les femelles improductives. » -
- M. Cacheux, président de la Société de l’enseignement professionnel et technique des pèches maritimes, nous envoie une Note sur cet enseignement et sur la coopération appliquée à l’amélioration du sort des marins-pécheurs.
- Un abonné, à la légation de France à Guatémala, nous donne quelques renseignements sur un curieux accident électrique. Le 26 mai, un ropilote (vautour noir) poursuivant un sanate (merle à longue queue) — deux oiseaux qui abondent au Centre-Amérique, même et surtout dans les rues des villes, —s’engagea à Guatémala entre deux fds électriques, et établissant un court circuit, se mit à flamber, lîn ingénieur-électricien de la Compagnie, M. Oscar Marenholz, âgé de trente ans, sujet allemand, voulant dégager les fils, tira le vautour à moitié rôti par les pattes, et tomba foudroyé. C’est le quatorzième agent de la Compagnie qui est foudroyé depuis un an.
- Renseignements. — Cercle de la jeunesse, à Alais. — Mortiers et objets divers en agate : MM. Loicheinolle et fils, 60, rue Amelot, à Paris.
- M. G. L., à X. (Jura). — Adressez-vous à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. R. Pavon, à Coidoue. — Vous trouverez toutes ces descriptions dans Les applications mécaniques de l'énergie électrique, tome I, à la librairie Fritsch, 50, rue du Dragon, à Paris. Voyez aussi l’Encyclopédie Léauté à la librairie Masson.
- M. F. L., à C. S. B. — La question n’est pas élucidée: nous y reviendrons.
- M. G. Conty, à Neuilly-sur-Seine. — 1° 11 faut consulter des ouvrages spéciaux; voyez à la librairie Dunod et Vicq, à Paris. — 2° Nous avons déjà publié des renseignements sur le chauffage.
- Un abonné, à Rouen. — Vous pourrez vous procurer des ouvrages de chimie de ce genre à la Librairie agricole que nous avons indiquée plus haut.
- M. P. Haffner, à Sainte-Marie-aux-Mines. — Adressez-vous à M. Kratz-Boussae, 3, rue Saint-Laurent ; cette adresse a été donnée.
- Ml,e P. P., à X. — De tous les cosmétiques le plus favorable à l’entretien de la peau, c’est l’eau pure. Un peu de son, ajouté à l’eau légèrement chauffée, contribue à adoucir la peau. Il faut ensuite citer l’eau de Cologne, l’eau-de-vie de lavande, etc.
- M. A. G. Y., à Paris. — Vous trouverez des ouvrages sur les électro-moteurs et sur les accumulateurs dans la petite Encyclopédie Léauté, à la librairie Masson et Cie.
- Un lecteur, à Mâcon. — Parmi les bons objectifs de fabrication française, nous pouvons vous cite*' les suivants : Turillon, 125, boulevard Voltaire; Rousset, 10, rue Villehardouin; Ber-tliiot Lacour, 68, rue Saint-Antoine; Français, 84, quai Jein-mapes; Ilermagès, 18, rue Rambuteau, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Georges Mas-sart, à Saint-Omer; M. Louis Gorus, au Gap Haïtien; M. M. L.. abonné à La Nature. Remerciements pour votre communication. — M. J. P. A., à Paris. Nous ne connaissons pas d’autre Société analogue. — M. A. Lamy, à Genève. Nous ne pouvons vous donner satisfaction. — M. Aniœto Ybrau, à Gevoua. Votre lettre a été envoyée à destination. — M. F. Pothier, à Saint-Alban. Nous regrettons de ne pouvoir vous fournir ces renseignements. — M. Léon, à Paris. Voyez les Recettes et Procédés utiles, lre série, à .la librairie Masson et C'“.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à dés sujets scientifiques, mais elle ne s’enqage en aucune façon à répondre A toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraisoiu
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé A l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1898. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- lOct. 21 Sf pi. Pass.à nild.
- • Cocher
- Persée
- Mouche
- Bélier
- 1 Juil.
- Lion si
- Poissons
- lAoul
- ! Août
- PetitChien
- Orion'
- MER
- Baleine
- v
- Erlidan
- Lièvre
- Cran d/Chien
- I Sept.
- au méridien à
- Passa cj<
- Herculs
- Pégase
- Dauphin
- Poissons
- ihiucus
- Aigle et A itinoüs
- Verseau
- Serpent
- / Sopt.
- URANU:
- Capricorne
- SATURN
- orpion
- ttaire
- Poisson Austral
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Planètes et des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1808 Nom de l’astre. Grandeur. Immersion Émersion.
- Juillet 5 7352 B.A.C. 6,5 13 h. 27 m, 7 14 h. 33 m, 8
- 7 1052 Weisse. 6,2 14 h. 8 m, 2 Appuis* i i’,1 du bord.
- 50 a Sagittaire. 2,7 7 h. 41 m, 2 8 h. 53 m, 0
- Août 4 8152 B.A.G. 6,4 10 h. 59 m, 5 11 h. 41 m, 5
- — 4 9 Poissons. 6,1 13 h. 52 m, 5 Appuis* l 0 .3 du bord.
- — 8 i«. Bélier. 5,9 10 h. 9 m, 6 10 h. 50 m, 9
- 11 118 Taureau. 5,5 14 h. 50 m, 7 15 h. 48 m, 2
- 12 8 Gémeaux. 6,5 12 h. 37 m, 8* 13 li. 22 m, 5
- 28 a Capricorne. 5,6 13 h. 8 m, 5 13 h. 50-m, 5
- 29 7352 B.A.C. 6,5 10 h. 4 m, 9 11 h. 13 m, 0
- Septemb. 3 101 Poissons. 6,5 11 h. 28 m, 2 12 h. 58 m, 6
- 5 66 Bélier. 6,0 16 h. 50 m, 0 17 h. 59 m, 4
- — 8 11198 Lalande. 6,0 10 h. 58 m, 1 11 h. 45 m, 5
- 9 Mars. » 1 h. 44 m, 1 2 h. 30 m, 9
- • 10 79 Gémeaux. 6,5 14 b. 3 m, 0 14 h. 43 m, 3
- _ 28 8152 B.A.C. 6,4 6 h. 3 m, 2 6 h. 41 m, 7
- — 28 16 Poissons. 6,0 13 h. 50 m, 1 14 b. 56 m, 1
- * L’étoile est sous l’horiron.
- Éclipses et Occultations visibles à Paris.
- Satellites de Jupiter.
- 1898.
- fCLIPSKS.
- Satellites Commencement. Fin.
- OCCULTATIONS. Immersion. Emersion.
- Juillet 11 I
- — 4 I
- — 17 II
- — 20 I
- — 27 III
- 8 h. 54 m.
- 10 h. 25 m. 8 s.
- 8 li. 29 m. 45 s.
- 8 h. 45 ni. 4i s.
- 8 h. 5 m. 15 s.
- Éclipse partielle de Lune, le 3 juillet 1898, en partie visible à Paris.
- Temps moyen de Paris
- Entrée de la Lune dans la pénombre, 3 juillet à . . . 6 h. 56 m, 1.
- Entrée dans l’ombre, 5 juillet à....................... 7 h. 55 m, 2.
- Milieu de l’éclipse, 3 juillet à....................... 9 b. 26 m, 8.
- •Sortie de l’ombre, 3 juillet à......................... . 10 h. 58 m, 3.
- Sortie de la pénombre, 3 juillet à.....................11 h. 57 m, 4.
- Grandeur de l’éclipse =0,933, le diamètre de la lune étant un
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Éclipse annulaire de Soleil, le 18 juillet 1898, invisible à Paris.
- Commencement de l’éclipse générale, 18 juillet, 5 5 h. 11 m, 7, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude =161° 5' 0. de Paris, latitude = 15'53' A.
- Commencement de l’éclipse annulaire, 18 juillet, à 6 h. 41 m, 5, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude =172° 33' 0. de Paris, latitude = 38° 7' A.
- Commencement de l’éclipse centrale, 18 juillet, à 6 h. 45 m, 5, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude =172° 19' 0. de Paris, latitude = 39° 29' A.
- Eclipse centrale à midi vrai, 18 juillet, à 8 h. 16 m, 3, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 122° 35' 0. de Paris, latitude = 42° 35’ A.
- Fin de l’éclipse centrale, 18 juillet, à 8 h. 46 m, 9, temps moyen «le Paris, dans le lieu, longitude = 93° 53' 0. de Paris, latitude = 65° 16’A.
- Fin de l’éclipse annulaire, 18 juillet, à 8 h. 51 m, 0, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 91° 22’ 0. de Paris, latitude = 64*32' A.
- Fin de l’éclipse générale, 18 juillet, & 10 h. 20 m, 9, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 85° 36' 0. de Paris, latitude = 45° 55' A.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Un préservatif contre les piqûres d'insectes. — Il suffit, d’après la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, de se faire des lotions avec une solution composée de 5 parties d’éther acétique, de 10 d’eucalyptol, d’autant d’eau de Cologne et de 50 de teinture de pyrèthre, le tout dilué dans 4 ou 5 fois son volume d’eau.
- Encre incombustible. — D’après Luders, de Gorlitz, il faut, pour obtenir cette encre, mélanger 40 parties de graphite finement pulvérisé, 72 de gomme copal, 35 de sulfate de fer, autant de teinture de noix de galle et 14 de sulfate d’indigo; on dilue dans une quantité suffisante d’eau, on fait bouillir, et quand le liquide est refroidi, il constitue une encre demeurant parfaitement lisible en dépit du feu.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologi<iue de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 juin 1898. 14*,4 W. 2. Couvert. , 0,0 Couvert le matin ; très peu nuageux le soir.
- Mardi 21 18*, 1 Calme. Couvert. 0,0 Nuageux jusqu’à 19 h. ; beau ensuite.
- Mercredi 22 19”,1 S. 2. Peu nuageux. 0,0 Peu nuageux le matin ; très nuageux le soir ; halo.
- Jeudi 23 15*,0 W. N. W. 2. Beau. 0,0 Nuageux jusqu’à 19 h. ; beau ensuite.
- Vendredi 21. . . . . 13“,7 S. S. W. 2. Très nuageux. 0,0 Très nuageux ; halo.
- Samedi 25 13°,3 S. S. W. 3. Couvert. 1,9 Couvert jusqu’à 9 h. ; très nuageux ensuite ; halo ; pluie à diverses reprises.
- Dimanche 26 ... . 11°,9 S. 2. Couvert. 1,1 Presque couvert; pluie à diverses reprises; halo.; un coups de tonn. au N. N. E., à 3 h. 43 du soir.
- JUIN 1898. — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 JUIN.
- Lundi
- Mardi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l'abri i boule sèche; courue en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- lies orages d’hiver. — M. de Rocquigny Adamson vient de publier une intéressante nomenclature des orages qui ont été observés à Moulins en novembre et décembre depuis 1838- Ils sont assez rares; pour ces soixante-trois années, on a compté en novembre vingt et un jours de phénomènes électriques et dix-huit jours dorage proprement dit (étant entendu que par jour d’orage on compte ceux où l’on a entendu tonner du lieu d’observation). En décembre, la répartition est ainsi : vingt et un jours de phénomènes électriques et quinze jours d’orage. D’après la statistique établie, un Tait saillant se dégage tout d’abord, c’est la prépondérance marquée des orages groupés autour des 26, 29 novembre et 4 décembre; il semblerait donc, conclut M. de Rocquigny, qu’il se produit, entre le 26 novembre et lé 5 décembre, une période d’activité pour les phénomènes «pii dépendent de l’électricité atmosphérique.
- On sait que dans notre région les orages hivernaux montrent des variations assez grandes dans leurs causes originelles, mais qu’ils coïncident presque toujours avec un régime de basses pressions et une persistance des vents de sud-ouest très caractérisée.
- Orage A Liège. — Un violent orage s’est abattu le 22 juin dans la soirée sur le pays de Liège.
- En peu d’instants toute la ville de Liège a été inondée. Sur la place du Théâtre, l’eau a atteint une hauteur de quarante centimètres. Diverses constructions, notamment plusieurs maisons ouvrières, se sont écroulées. Il n’y a eu aucun accident de personne à déplorer. Les soldats du génie, les artilleurs des forts ont travaillé à l’évacuation des eaux.
- Dans la province l’orage a fait de nombreux dégâts. Toutes les récoltes du Condroz ont été détruites. I.a rivière le Hoioux a débordé et les soldats de la garnison de lluv sont venus pour le sauvetage des riverains.
- Cyclone à. Port-Arthur. — Le 23 juin des avis de Port-Arthur ont’annoncé qu’un cyclone s’est abattu sur la ville.
- Un contre-torpilleur chinois, qui se trouvait dans le bassin intérieur, a été jeté au rivage. Cent trente matelots chinois ont péri.
- Le croiseur WÏadimir-Monomacli a pris le large, ainsi que le cuirassé Sissoï-Veliky, mais ce dernier a reçu des avaries légères.
- SOLSTICE le 21, à 10 li. 16 min. du matin.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES Supplément au n” 1310 (9 juillet 1898), du journal “LA NATURE"
- Excutsion scientifique de “La Natuze’ dans le Plateau Cential
- (Causses du Lot, Decazeville, Cantal, Gorges du Tarn, etc.)
- —o 4 Août — 16 Août 1898 <•—-
- COHCOURS DE PHOTOGRAPHIE
- Plus que toute autre, notre excursion se prête admirablement à l’exercice de la photographie : nous sommes convaincus •que la plupart de nos voyageurs tiendront à rapporter l’image des sites aussi variés que pittoresques des régions que nous allons parcourir. Pour donner au voyage un intérêt de plus nous avons organisé entre les adhérents un concours de photographie et pour consacrer le souvenir de cette première tournée de La Nature nous en publierons le récit dans un numéro spécial qui sera (illustré d'après les documents recueillis par les voyageurs eux-mêmes.
- Nous avions annoncé dans les précédents numéros de La Nature que nous reviendrions sur ce concours de photographie ; nous en donnons aujourd’hui le programme complet.
- Le concours est ouvert entre toutes les personnes qui prendront part à notre voyage et exclusivement entre elles ; voici la Jiste^des prix qui seront distribués.
- 1er Prix. — Un appareil dit Spido, du Comptoir de Photographie, dont le prix est de 400 francs. Cet appareil, muni d’un objectif Zeiss et d’un obturateur du Congrès système Decaux, d’un châssis-magasin de 12 plaques ou d’un magasin à pellicules (au choix), présente tous les perfectionnements les plus récents et les meilleurs; il est d’une construction particulièrement soignée.
- Ce prix sera décerné à la série la plus nombreuse de photographies remarquables par l’intérêt scientifique du sujet, la valeur artistique, la netteté des épreuves et les qualités spéciales pour la reproduction en photogravure; il .sera donc attribué à celui qui aura fourni les éléments les plus nombreux pour l’illustration de notre numéro spécial.
- *2? Prix. — Une jumelle photographique Makenstein du prix de 250 francs. Cet appareil est muni d’une glace dépolie, d’un magasin pour 18 plaques 6*/2x9, objectif Zeiss à diaphragme Iris, un étui maroquin. C’eSi un appareil extrêmement complet et d’une précision parfaite.
- Ce prix sera décerné à la meilleure série de photographies supérieures au point de vue de la technique , photographique, indépendamment du choix du sujet et de leur utilité pour l’illustration et qui constituera l’album
- le plus intéressant et le plus complet du voyage. (Les vues stéréoscopiques, à qualités égales, seront considérées comme supérieures aux vues simples.)
- 3* Prix. — Une médaille d’argent décernée par le Syndicat des constructeurs d’appareils de photographie et cent francs de livres à choisir dans le catalogue de la'librairie Masson et Cie.
- Sera décerné à la meilleure série de vues représentant les épisodes de la caravane (groupes et sujets animés, s’applique donc particulièrement aux vues instantanées).
- 4” Prix. — Un Kodak pliant format 6x9 de la maison Eastman du prix de 55 francs.
- Sera décerné à la série d’épreuves obtenues par des procédés orthochromatiques (plaques sensibles au vert, écrans colorés) donnant les meilleurs résultats au point de vue des verdures, des lointains et des ciels.
- 5' Prix. — Un exemplaire richement relié de l’ouvrage maintenant épuisé de Vogt, Les Mammifères, du prix de 40 francs.
- Sera attribué à la meilleure série d’épreuves obtenues à la lumière artificielle (grottes, souterrains, galeries de mines, etc.).
- 6e Prix. — Un abonnement d’un an à La Nature et à la Photographie Française.
- Sera décerné à l’auteur de la photographie ayant présenté le plus de difficultés techniques (accès du sujet, etc.).
- JURY. — Les prix seront attribués par un jury spécial composé de : MM. Heniu de Par ville, directeur de La Nature. — M. Boule, directeur de l’excursion. — Gastine, directeur de la Photographie Française. — Mareschal, directeur de la Photo-Gazette. — Pierre Masson (de la Maison Masson et Cic), gérant de La Nature.
- CONDITIONS GÉNÉRALES. — Les vues devront avoir été prises pendant le cours de l’excursion. Les clichés pourront être obtenus avec n’importe quel appareil soit à pied, soit à main; ne seront cependant jugées j»our les 1er, 2e, 4e et 5" prix que des épreuves ayant au moins 9x12 obtenues soit directement, soit par -agrandissement des clichés de dimensions inférieures; les épreuves plus petites ne pourraient en effet être utilisées^ pour obtenir les clichés typographiques qui illustreront notre numéro spécial. Les 5e et 6e prix pourront être décernés pour des épreuves d’un plus petit format.
- Les épreuves destinées au concours devront être adressées à M. Pierre Masson, aux bureaux de La Natui'e (120, boulevard Saint-Germain), avant le 1er octobre 1898.
- Les lauréats, dont les vues auront été choisies pour l’illustration de La Nature devront mettre leurs clichés à notre disposition : ces clichés leur seront rendus; nous déclinons cependant toute responsabilité en cas d’accidents ou de bris de clichés.
- Les noms des lauréats seront publiés dans La Nature, à moins d’avis contraire de leur part ; les clichés ayant servi à l’illustration du numéro spécial porteront les noms de leurs auteurs. A titre de remerciements, nous enverrons 10 exemplaires du numéro spécial à toutes les personnes qui auront collaboré à son illustration.
- C
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- INFORMATIONS
- —Parmi les récompenses décernées cette année par la Société d’Encouragemcnt pour l'industrie nationale, nous sommes heureux de signaler le grand prix de 12000 francs accordé à M. II. Moissan pour l’ensemble de ses beaux travaux, une médaille d’or à l’effigie de Jean Goujon à M. Alfred Marne, pour ses impressions universellement connues, et un prix de 2000 francs avec médaille à notre collaborateur Ch.-Ed. Guillaume, pour ses recherches sur les aciers au nickel .'ont il nous a promis de présenter prochainement le résumé à nos ecteurs.
- —De Corapsis, village des environs d’Athènes, on annonce la mort de Constantin Mercouris, âgé de 119 ans. Il passait pour le plus âgé des habitants de la Grèce.
- —®— Un serin à deux becs, voilà un phénomène qui ne se rencontre pas souvent ; on peut cependant constater ce fait à Paris, au n° 81 de la rue Damrémont, chez un brave gardien de la paix du dix-huitième arrondissement.
- —Le syndicat des usines d’électricité vient de tenir, le 27 juin, son assemblée générale annuelle. On sait que ce syndicat a pour but de grouper toutes les usines d’électricité de France dans un même but d'action et d’entente pour sauvegarder les intérêts électriques. Dans la matinée a eu lieu, à l’exposition des automobiles, une visite-conférence dirigée par M. E. Hospitalier. L’assemblée générale s'est tenue l’après-midi, et le soir a eu lieu un grand banquet sous la présidence de M. Beauvois-Devaux, vice-président du svndicat en l’absence de M. Ch. Herbault, président, indisposé. Plusieurs discours ont été prononcés concernant les questions électriques.
- —&— La presse agricole vient de se réunir en une association: syndicale sous le nom d’Association de la presse agricole. Ont été élus : président : M. Legludic, sénateur, président de la Société d’encouragement à l’industrie laitière, président du Syndicat des agriculteurs de la Sarthe; vice-présidents : MM. Edouard André, Battanchon, Grandeau et Henry Sagnier; secrétaire général : M. Charles Deloncle; secrétaire général adjoint : M. Troude; secrétaires : MM. Henri Bocher, L. Brechemin, et notre collaborateur J. de Loverdo.
- —Un botaniste allemand a découvert dans une lie do l’archipel des Philippines une Heur étrange à cinq pétales qui mesure 3m,50 de circonférence. Le plus petit bouton est aussi gros qu’une tête d’enfant; la tige a 5 centimètres d’épaisseur. Cette Heur, que les indigènes nomment bolo, ne se trouve qu'à des altitudes do 1000 à 1200 mètres.
- —® — Le nombre des usines dans Paris est considérable, et toutes les cheminées dégagent des quantités de fumée plus ou moins épaisse qui corrompent l’atmosphère et noircissent les façades des maisons voisines. M. Blanc, préfet de police de Paris, vient de signer une ordonnance enjoignant aux propriétaires des usines installées dans Paris d’avoir à modifier, dans le délai de six mois, la disposition des cheminées de leurs établissements, afin qu’il ne s’en échappe plus de fumées noires et épaisses. M. Blanc, dans l’ordonnance qui est aflichée, indique en même temps les moyens qu’ont les usiniers d’atténuer et même de supprimer complètement les inconvénients signalés: ce sont la surélévation des cheminées, le choix de combustibles appropriés, l’emploi d’appareils fumivores, etc. A partir du 1er janvier 1899, des procès-verbaux seront dressés contre les industriels qui ne se conformeraient pas aux prescriptions de la nouvelle ordonnance.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les paratonnerres à petites pointes, s’adresser à la maison Mildé, 60, rue Desrenaudes (avenue Niel), à Paris. — Pour tout ce qui concerne l’autoharpe, s’adresser à M. P. Bertrand, 19, rue d’Hauteville, Paris.
- Communications. — M. D. Leclocle, au Havre, nous écrit, à propos de notre article Les pigeons en mer (n° 1504 du 28 mai 1898, p. 405), que la figure n° 4 représente son pigeon qui s’est abattu dans le Connecticut, et que la figure n° 5 est le pigeon de M. Philippe qui a apporté la nouvelle du Bothnia.
- M. V. Dingelstedt nous envoie une brochure ayant pour titre The yezids, extrait de The scottisli geographical Magazine de juin 1898.
- Renseignements. — M. Horay, à Paris. — 1° Nous avons examiné la description de votre appareil. Le tube latéral ne laisse-t-il pas échapper de gaz? — 2° 11 est vrai que l’acétylène renferme de l’hydrogène silicié et phosphoré, mais en petite quantité.
- M. le Dr V., à Mauheuge. — La question n’est pas encore mûre; nous attendons, avant d’en parler, que l’appareil soit perfectionné.
- M. G. J. T., h Tanger. — Pour faire disparaître sur un manuscrit des annotations à l’encre rouge, vous pourriez essayer de passer une couche d’alun et de laver ensuite avec du chlore. Ce procédé a réussi en diverses circonstances.
- M. E. B., h Héricourt. — Veuillez Vous adresser directement à l’auteur de l’article M. II. Coupin, 1, avenue des Gobelins, à Paris.
- M. L. Roux, à Mexico. — Nous pensons que vous pouvez utiliser l’eau de mer pour faire cette compression.
- M. J. D. N., à Bruxelles. — Les dégagements des gaz du poêle et la combustion du gaz peuvent très bien causer ces altérations.
- M. Léon Grondin, à Liancourt. — Nous ne croyons pas que ce procédé offre de dangers pour les autres animaux. .
- M. G. Lacoste, à Labrugère. — Voici les renseignements que nous pouvons vous fournir sur le ver que vous nous avez envoyé. 11 est désigné sous le nom de Gordius et appartient à la classe des Némathelminthes ; l'adulte vit dans les étangs'ou ruisseaux ou puits (sans bouche et avec un tube digestif presque oblitéré), pendant la période de la reproduction. Après la ponte, les embryons munis d’une trompe à crochets percent les téguments de larves d’insectes et s'enkystent dans leur cavité viscérale. La larve d’insecte est avalée par un insecte-carnassier ou un poisson. Ils sont rejetés dans l’eau au moment de la maturité sexuelle et de l’accouplement»
- M. II. Anthelain, à Mâcon. — Comme ouvrages météorologiques nous pouvons vous citer les suivants ; Le Petit climat de Paris, par Jaubert, à la librairie Masson, la Météorologie de Mohn, par M. IL de Parvillc, à la librairie Rothschild, et le-cours de M. Duclaux à l’Institut agronomique.
- M. H. Hubert, à Nantes. — Nous avons publié un article sur les fruits évaporés dans le n° 1247 du 24 avril 1897, p. 552.
- M. de Flacellière, à Paris. — 1° En dehors du camphre et de la naphtaline pour combattre les mites, nous ne connaissons que le sureau fraîchement coupé, et les rognures de cuir de Russie. — 2° Nous ne pouvons vous renseigner.
- M. S. Marsharn, à Mer. — Voici la réponse à la lettre que vous avez adressée à notre collaborateur : 1° Les Pigeons voyageurs, parle l)r Chapuis, à Verviers; le Livre de la Perre de Roo, à la librairie Deyrolle, à Paris. — 2° Le vingtième siècle commence le lerj‘anvier 1901.
- M. Marchai, à Vincennes. — Nous avons entendu parler de produits semblables; mais nous n’en avons jamais vu ni expérimenté.
- MM. Rerenguier et Comte, à Draguignan. — Il faut 2 ou 5 accumulateurs pour produire l’inflammation d’un moteur à gaz; adressez-vous à M. Dinin, 1G2, quai Jemmapes, à Paris.
- M. A. Marouby, à Bordeaux. — 1° Cette automobile n’a pas été construite ; nous n’avons pas l’adresse. — 2° Pour le pégamoïd, s’adresser, 11, boulevard des Italiens, à Paris. — 5° Le viscoïd se trouve chez M. Thomas, 15, rue d’Enghien, à Paris.
- M. P. Chevillate, à Thorigny. — Vous trouverez ce produit chez les marchands de produits chimiques, chez MM. Poulenc. 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. A. Tripet, à Granges. — Nous pouvons vous citer le moteur rotatif à vapeur Filtz que nous avons décrit dans le n° 1255 du 50 janvier 1897, p. 151.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dumont, à Evreux. Cette question n’est pas de notre compétence. — M. Langlois. à Paris. Adressez-vous à une agence de brevets. — M. de IL, a Blois; M. de Dart, à Lille. Consultez le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cle. — M. L G., à Paris. Hemerciements pour vos communications.
- Vans la « lioile aux lettres » la Rédaction accueille les faits mu ressauts qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de soit mieux les i en-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les attestions, ni à insérer tontes les communications. — U n’est répondu Qu'aux lettres renies avant le lundi Qui précède la date delà livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- L’AUTOMOBILE EN 1830
- THE CENTURY OF INVENTION
- (Collection Albert TISSANDIER)
- A propos de l’Exposition internationale d’automobiles de 1898 qui s’est tenue aux~Tuileries et qui vient de fermer ses portes, il nous a paru intéressant de donner la reproduction d’une amusante lithographie faite vers 1831 par un artiste anglais dont malheureusement nous ne pouvons donner le nom. C’était l’époque où l’on célébrait l’ouverture du premier chemin de fer de Liverpool à Manchester. Le caricaturiste imagine ce qu’on pourrait bien voir comme invention
- étrange en l’an 2000. Il ne pensait pas que l’une de ses fantaisies amusantes apparaîtrait réellement bien avant, en l’an 1898. Nous voulons parler des voitures à vapeur qu’il a dessinées d’une façon si originale. Il pensait aussi aux ballons dirigeables, aux hommes volants, aux maisons mobiles, etc. Peut-être aussi verrons-nous toutes ces belles choses fonctionnelle siècle prochain. Voici les principales traductions des légendes de la gravure humoristique :
- Le Centenaire des inventions, au du seigneur 2000, ou les progrès de l'aérostation, de la vapeur, des chemins de fer, des maisons mobiles
- et du mouvement perpétuel.
- A. — Au pied du-réverbère on voit un père disant à son fils : « Regarde donc, mon enfant, défiler les gardes-vapeur. L’un des premiers gardes s’écrie : « Attention, préparez vos souf-<( flets pour activer vos feux ».
- B. — Un monsieur serre la main d’un homme ailé : « Eh, adieu, dit-il, pourquoi vous envoler de si bonne heure? ah je comprends, vous avez déménagé en haut du pic de Derbvshire. — Oui, répond l’autre, c’est pour ma santé, envoyez-moi de vos nouvelles par le premier ballon. »
- C. — Un barbier est monté dans sa machine : « Mon Dieu, il est pris de dix heures et mon client qui désire être rasé à neuf heures. Mon feu ne veut pas s’allumer et mon soufflet ne donne plus de vent ».
- D. — Près d’une barraque, un homme crie : « Entrez, entrez, vous verrez une rare exhibition : un cheval en vie!! C’est, croit-on, le dernier (le sa race. »
- E. — Plus haut, un gentleman, dans sa voiture à vapeur, dit à son chauffeur. « Dépêche-toi de mettre tes ailes et envole-toi à la maison pour rapporter l’éventail de Madame. »
- F. — A gauche de la gravure, c’est un enfant tout en pleurs : « Ma bonne, c’est Julia qui a renversé ma voiture à vapeur dans le ruisseau. » Auprès des enfants passe un homme portant une affiche sur laquelle on ht : « Demain soif7un pas-
- teur mécanique et articule 'prononcera son prêche par le moyen de la vapeur, à la chapelle des blagueurs ». Dans la grande voilure qu’on voit près du porteur d’aflîche, est installé un gentleman ; il a eu soin de poser derrière le siège de son chauffeur, sur un fourneau placé au-dessus de la. machine à vapeur, une théière afin de prendre son thé.
- G. — Dans le ciel, les aéronautes parlent à la personne juchée en haut de sa maison : « Nous allons faire un tour à Dublin et revenir pour nous mettre en appétit. — Bonjour, messieurs, vous prenez l’air avant votre déjeuner? »
- I II. — Deux hommes volant se rencontrent : « Bonjour à vous, c’est un bon endroit ici pour voler. » On voit ensuite, se détachant sur le ciel, une haute colonne surmontée d'une maison, c’est la gare aérostatique, l'auberge du ciel qui sert aux ballons dirigeables. Dans les nuages on remarque des chasseurs ailés tirant sur des oiseaux. Sur terre, des chasseurs vapeur poursuivent un cerf. Sur le viaduc, le grand chemin de fer du Nord, on voit passer des maisons sur roulettes; c’est d’abord le bazar roulant qui tient un assortiment complet de ballons d’enfants, puis une fabrique d’aérostats, et une fabrique de miroirs et de glaces garantis incassables; vient après la villa du goût, une chapelle, etc., traînés par une machine à vapeur allant à Birmingham.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
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- BIBLIOGRAPHIE
- Leçons élémentaires d'acoustique et d'optique, par Ch. Farry, professeur adjoint à la Faculté des sciences de Marseille. 1 vol. in-8°. Paris, 1898. Librairie Gauthier-Villars et fils. Prix : 7 fr. 50.
- Annales de l'Institut national agronomique. Administration, enseignement et recherches. Ministère de l'agriculture. N° 15. 20e année. 1892-1890, Bergcr-Lcvrault et Cia, éditeurs. Paris, 1898.
- Télégraphie pratique. Traité complet de télégraphie électrique, par L. Montillot, inspecteur des postes et télégraphes. 1 vol. in-8". Vvc Ch. Dunod, éditeur. Paris, 1898. Prix : 25 francs.
- Essai synthétique sur la formation du système solaire. Première partie. Formation du système, par le général La-iungk. 1 vol. in-8°. En dépôt à ia librairie Gauthier-Villars, Paris.
- Charpente en bois. Maçonnerie en général. 2 vol. in-16 de la Petite encyclopédie pratique du bâtiment, publiée sous la direction de L.-A. Barré. Paris, Bernard et Cie, éditeurs.
- Cycliste et bicyclette, par le Dr Gàltier-Boissière. 1 vol. in-8®. Paris, 1898. Librairie Larousse.
- Leçons nouvelles sur l'analyse infinitésimale et ses applications géométriques, par M. Ch. Méray, professeur à la faculté des sciences de Dijon. 4® partie, 1 vol. in-8°. Paris, 1898. Librairie Gauthier-Villars et fils. Prix : 7 francs.
- Les épreuves positives, par Georges Brunel. 1 vol. in-10 de l’Encyclopédie de l’amateur photographe. Bernard Tignol, éditeur. Prix : 2 francs.
- Le sucre. L'eau. 2 vol. in-16 de la Petite encyclopédie de chimie industrielle publiée sous la direction de M. F. Billon, chimiste. Paris, 1898. Bernard et Cie, éditeurs.
- Le panorama des siècles, par J. Weber. I vol. in-18 de la collection. Les livres d'or de la science. Paris, 1898. Scheicher, éditeurs. Prix : 1 franc.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur. altitude 49-,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN- MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 juin 1898. 12° ,0 S. W. 2. Couvert. 8,4 Couvert ; pluie la moitié du temps.
- Mardi 28 11°,9 W. N. W. 2. Couvert. 20,0 Couvert jusqu’à 16 h. ; éclaircies ensuite ; pluie à plusieurs reprises; deux coups de tonu. au N.-E. à 18 fi.
- Mercredi 29 11°,9 Calme. Couvert. 1,8 Très nuageux, surtout le malin.
- Jeudi 30 13°,8 S. S. W. 2. Nuageux. 0,5 Nuageux jusqu’à 17 h. ; couvert ensuite.
- Vendredi 1" juillet. 16°,0 W. 2. Couvert. 0,0 Presque couvert jusqu’à 11 h. ; nuageux ensuite ; halo solaire et lunaire.
- Samedi 2 17°,1 S. W. 3. Couvert. 0,0 Couvert le matin; puis très nuageux; peu nuageux après 17 li. ; quelques averses.
- Dimanche 3 11°,9 N. W. 2. Couvert. 1,8 Nuageux; atmosphère brumeuse le matin, très clair le soir.
- JUIN-JUILLET 1838. -- SEMAINE D1J LUNDI 27 JUIN AU DIMANCHE 3 JUILLET.
- fainili | Mardi | Mercredi | Jeudi - | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boute mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Dans la nuit du 28 au 29 juin, à Rieti en Italie, deux secousses de tremblement de terre se sont produites. Une deuxième, qui a eu lieu vers une heure du matin, a duré neuf secondes, endommageant sérieusement plusieurs bâtiments. La caserne des carabiniers n'etait plus habitable. Un carabinier a été légèrement blessé.
- A Castelfranco, commune de Rieti, le tremblement de terre a causé des accidents de personnes : une fillette, âgée de huit ans, a été tuée et une autre personne a été grièvement blessée. Une secousse a été également ressentie à Velletri, près de Rome, dans la même nuit.
- Lé 29 juin, cinq paysans ont été tués et sept autres blessés à la suite du remblement de terre ressenti à Sauta Rutina (dans les Abruzzes). De nombreuses maisons se sont écroulées à Capovello, et quelques habitants ont été blessés.
- Le 2 juillet, à Rome, à du matin, l'observatoire du collège ro-
- main a enregistré de sensibles secousses de tremblement de terre qui ont duré plusieurs minutes. Les mêmes observations ont été faites à Rocca di Papa.
- A Sinj (Dalmatie) à la même date, le matin, à 5ll20", s’est fait sentir un fort tremblement de terre ondulatoire, dans la direction du Nord au Sud. La secousse, qui a duré six secondes, a causé des dégâts à beaucoup de maisotis, et en a même fait écrouler quelques-unes. 11 y a eu 4 morts et plus de 40 blessés.
- Foudre et orages. — Le 27 juin, vers deux heures de l'après-midi, pendant un violent orage, sept ouvriers s’étaient réfugiés dans une cabane située au sommet d’une colline, au village de llargnies, dans les Ardennes. Deux des ouvriers firent remarquer à leurs camarades le danger qu’il y avait à rester sur un point culminant et partirent à la recherche d'un antre refuge. A peine avaient-ils quitté la cabane que la foudre, tombant sur le toit, mit le feu à la petite construction, tua raide un des ouvriers, en brilla deux autres, aveugla le quatrième et paralysa le cinquième. Les survivants ont failli rester dans les flammes.
- Dans la nuit du 27 au 28 juin un violent orage a éclaté sur Rordeaux. Pendant une heure, la pluie et la grêle ont fait rage. La foudre est tombée sur une maison du quai de Queyries, occupée par un restaurant; elle a occasionné un commencement d’incendie.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 27 juin, à 5 li. 3 m. du matin.
- — — P. L. le 3 juillet à 9 h. 21 m. du soir.
- Éclipse de lune le 5 juillet.
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- N° 1311(16 juillet 1898), du journal «LA NATURE»
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “LA NATURE”
- DANS LE PLATEAU CENTRAL
- (CAUSSES DU LOT, DECAZEVILLE, CANTAL, GORGES DU TARN, ETC. — 4 août-16 août 1898.)
- Nous rappelons à ceux de nos abonnés qui se sont fait inscrire au nombre de nos touristes qu’ils doivent nous faire parvenir avant le 20 juillet, le bulletin d’adhésion qui leur a été adressé et qui est nécessaire à l’obtention des bons de remise de demi-place sur les chemins de fer, ainsi que le montant de leur souscription à notre exclusion. Après cette date, dernier délai accordé par les compagnies de chemin de fer pour l’établissement des bons de remise, il ne nous sera plus possible de faire bénéficier les retaVdataires du demi-tarif, pour le voyage jusqu’à Rocamadour et pour le retour du Vigan.
- Recommandations diverses. — Toutes les dispositions seront prises par l’Administration de La Nature, pour le transport des bagages ; toutefois les excursionnistes feront bien de les réduire au strict nécessaire et de n’emporter que des valises d’une manutention facile. Eviter les colis trop volumineux.
- A cause des variations de température, il faut, même dans la période généralement chaude où se fpit notre excursion, rejeter les vêtements de toile pour adopter les vêtements de lame et préférer le chapeau de feutre souple et léger au chapeau de paille. En cas de pluie une pèlerine en drap imperméable (pèlerine dite Yosgienne) vaudra mieux qu’un manteau en caoutchouc.
- Notre programme comprend quelques promenades à pied. Des chaussures munies de clous sont presque indispensables sur les pentes gazonnées; une canne ferrée sera très utile.
- —jg— Dès que les Compagnies nous les auront délivrés (probablement le 51 juillet ou le 1er août), nous ferons parvenir aux adhérents à notre voyage les bons de remise de chemin de fer. Ceux-ci seront dans un portefeuille qui contiendra en outre : 1° une carte d’identité au nom du voyageur; 2° la liste complète des abonnés qui prendront part au voyage; 3° un petit
- guide pratique fait par le directeur scientifique de l’excursion et dans lequel on trouvera, en plus de l’horaire exact de chaque journée du voyage, des détails sur les points principaux que l’on visitera.
- —Nous recommandons aux personnes qui désirent arriver le 3 à Rocamadour de nous prévenir à l'avance afin que nous puissions leur faire retenir des logements pour la nuit du 3 au 4 août. — Une personne spécialement chargée de ce soin attendra les voyageurs à la gare et les fera conduire aux logements qui leur auront été attribués.
- —Les personnes qui ne l’auraient pas encore fait sont également priées de nous donner bien exactement leurs nom ei prénom qui nous sont indispensables pour l’établissement des billets, ainsi que l’adresse à laquelle ceux-ci devront être envoyés à partir du 30 juillet.
- M. L. T., à Paris. — Si vous avez l’intention de faire des photographies des grottes et des gouffres il vous faut munir * d’une lampe à magnésium.
- M. A. F., àP. — Le forfait des frais de l’excursion ne part que du 4 au matin à Rocamadour; si vous arrivez la veille au soir, le dîner et le logement seront à vos frais.
- M. R., à Froyères. — Nous ne pouvons vous donner d'avance le nom de l’hôtel où vous serez logé.
- M. L., à Brives. — - Nous n’avons pas reçu le journal que vous nous annoncez, qui contient votre article sur l’excursion de La Nature.
- M. P., à T. — Nous avons donné dans le supplément du numéro du 2 juillet de La Nature des renseignements bibliographiques sur l’excursion et dans celui du numéro du 9 juillet le programme du concours de photographie ouvert entre les touristes.
- —Par décision présidentielle du 19 juin 1898, M. Jules-Albert Colson, examinateur de sortie des élèves à l’École polytechnique, a été nommé professeur de chimie à cette même Ecole, en remplacement de M. Grimaux, admis à faire valoir ses droits à la retraite.
- —L’inauguration des nouvelles galeries du Muséum aura -définitivement lieu le jeudi 21 juillet, sous la présidence de M. le ministre de l’instruction publique.
- —©— L’Association des Industriels de France contre les accidents du travail-ouvré un Concours public international pour la création d’un appareil protecteur pour la toupie à axe vertical (travail -du bois). Pour tous renseignements, s’adresser au siège de l’Association, 3, rue de Lutèce, à Paris.
- —Jg— Les travaux du pout Alexandre III. Les fondations sur pilotis de la culée rive gauche du pont Alexandre III viennent d’être .terminées : celles de la rive droite sont en cours d’exécution et l’on
- fait le mur de quai sur cette rive. On*monte, en ce moment, l’échafaudage en charpente sur lequel sera construite la poutre du pont roulant destiné au montage des arcs. La fabrication des voussoirs de ces arcs en acier moulé est poussée très activement dans les usines de Montluçon et du Creusot.
- —La traversée du Sahara en ballon. Trois officiers français ont, paraît-il, conçu ce hardi projet. Ce sont le lieutenant de vaisseau Hourst, chef de l’expédition ; M. Léo Dex, ancien élève de l’Ecole polytechnique, breveté pilote-aéronaute, et M. Dibos, capitaine du génie territorial. L’itinéraire serait le suivant : départ du golfe de Gabès pour atterrir dans la boucle du Niger, en passant par Rhadamès. L’aérostat cubera 13 000 mètres, et pourra demeurer en l’air quarante ou soixante jours. Heureusement ce n’est qu’un projet.
- —®— Depuis 1859, la Belgique a réalisé de très grands progrès dans le service postal; les chiffres suivants nous fournissent de très probantes constatations A cet égard : En 1850, on expédiait 13040329 lettres ; en 1895, le nombre s’en est élevé à 130 707 388.
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- - NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Les cartes postales, au nombre de 7 848 600 en 4875 (elles ont été créées en 1870), s’élevaient en vingt ans à 45576 348. Les journaux expédiés pendant 4850 étaient au nombre de 8 739000. On en comptait 440 695533 quarante-cinq ans après. Les autres imprimés ont varié, pendant le même laps de temps, de 2 965000 à 89 061493. Les échantillons étaient évalués à 62 445 seulement en 4860 — les renseignements statistiques font défaut pour les années antérieures ; — en 4895, on en comptait 5694 440. Enfin, les papiers d’affaires ont atteint, il y a deux ans, 4 444 664, alors que le chiffre noté en 4870 était de 53469. Signalons aussi les mandats-poste, dont le montant dépasse plus de 408 millions, en 4896; les bons de poste, qui ont quintuplé en douze ans; les effets de commerce (service interne), dont le montant de 4895 est en excédent de plus de 450 millions sur celui de 4876.
- —La circulation devient difficile à Paris. En raison du développement des nouveaux procédés de locomotion et de la mise à 1 etude de nouvelles lignes de tramways à traction mécanique, le préfet de police vient d’instituer un comité consultatif permanent. Ce comité, dont la mission sera analogue aux grands comités déjà existants à la préfecture de police (comité de perfectionnement des services d’incendie, commission supérieure des théâtres), sera chargé de donner son avis sur les mesures à prendre pour améliorer les conditions actuelles de la circulation et sur les précautions à adopter pour assurer, au moment de l’Exposition universelle de 4909, toutes garanties au double point de vue de la rapidité du transport des voyageurs et de la securité de la voie publique, ainsi que sur les difficultés que présentent dans la pratique certaines dispositions de l’ordonnance de 4897. Le préfet de police a demandé au Conseil municipal de désigner dix de ses membres pour faire partie de ce
- comité qui comprendra, en outre, des fonctionnaires de l’administration et des représentants des industries intéressées, ainsi que-M Zuylen de ’Nvvelt, président de l’Automobile-Club de France, et M. Baillif, président du Touring-Club de France.
- —La commission parlementaire des poids et mesures à Washington a présenté à la Chambre des représentants un rapport tendant à rendre obligatoire pour l’Etat l’usage du système métrique dans toutes les transactions.
- —®— Du 1er janvier au 31 mai 4898, les importations en Franee-se sont élevées à 4 860165 000 francs, et les exportations à 4 376612000 francs. En 4897 pendant la même période de temps, les importations avaient été de 1 639665000 et les exportations de 1 509 562 000 francs,
- —Par arrêté spécial, le préfet de police vient de ratifier une importante modification apportée aux statuts de l’Ecole normale d’aérostation. Désormais, cette école a pour but de préparer officiellement les jeunes gens qui n’ont pas encore tiré au sort, aux Compagnies de Sapeurs Aérostiers de l’armée, de former un corps d’aéronautes civils, capables de rendre des services au pays en temps de guerre.
- —Nous avons précédemment annoncé les essais de la mise en vente par la régie des nouvelles allumettes sans phosphore blanc S. C., du nom de leurs inventeurs, deux ingénieurs de l’Etat, MM. Sévène et Cahen. Ces allumettes sont inoffensives pour les. ouvriers. Le public parisien et celui de divers départements où elles ont été mises à l’essai ont fait bon accueil aux nouvelles allumettes; trois manufactures de l’Etat, celles de Trélazé, de Bègles et de Sain-tines, en fabriquent couramment et avant peu la fabrication sera généralisée dans toutes nos manufactures.
- Communications. — M. P. Gourdin, à Nogent-sur-Seine, nous informe que la sortie des hannetons avait eu lieu en 1898 et non en 4897 comme on l’avait annoncé. Ils étaient apparus également en 1895 et en 4892.
- M. E. Sartiaux, président du Syndicat professionnel des industries électriques, à Paris, nous adresse la lettre suivante que nous nous empressons de reproduire : « En présence des perfectionnements considérables apportés pendant ces dernières années aux voitures automobiles actionnées par des moteurs électriques, le Syndicat des industries électriques, de concert avec l’Automobile-Club, s’est préoccupé de procurer aux automobiles le moyen de pouvoir se recharger facilement tant à Paris et les environs que dans toute la France. Une Commission a été nommée dans ce but et comprend des représentants de l’Automobile-Club et du Syndicat professionnel des Usines d’électricité. Cette Commission a décidé de préparer une carte de France indiquant tous les endroits où les automobiles pourront trouver du courant électrique et les conditions auxquelles il leur sera fourni. Pour mener à bien cette entreprise, nous avons recours à la grande publicité de votre journal, et vous demandons de vouloir bien insérer cette lettre dans le but d’attirer l’attention de tous les directeurs de stations centrales d’électricité et des industriels et manufacturiers de France qui produisent de l’électricité, à un titre quelconque, pour qu’ils veuillent bien nous faire connaître s’ils seraient disposés à fournir du courant électrique aux automobiles. Nous leur serions très vivement reconnaissants de vouloir bien nous indiquer, sans aucun engagement d’ailleurs, les conditions, le prix et les heures auxquels ils seraient disposés à fournir le courant. Les renseignements doivent être adressés au Président du Syndicat des Industries électriques, 49, rue Blanche, qui donnera également toutes les explications dont pourraient avoir besoin ies intéressés . »
- M. le Dr Emanuel Kaciuni, au Collège arménien, à Padoue, à propos de notre article sur Les fleurs comestibles (n° 1309 du 2 juillet 4898, p. 70) nous propose comme fleurs comestibles la grande fleur de Courge ou de citrouille qu’en Orient
- on mange rôtie à l’huile, et la capucine que l’on mange en salade.
- M. L. Mignon, à Clichy (Seine), au sujet de notre article sur le Jardin du Hamma, à Alger (n° 1508 du 25 juin 1898, p. 57) nous a envoyé deux photographies intéressantes de l’allée des Platanes, dont il est question dans l’article, photographies faites en 1890 lors d’un voyage en Algérie.
- M. L. Bazin, inspecteur général des ponts et chaussées en retraite, nous écrit ; (( Je viens de voir dans le il” 4509 du 2 juillet, p. 05, l’indication d’une porte tournante imaginée par un constructeur écossais, pour établir les communications à travers les cloisons étanches des navires. L’idée est ingénieuse et pratique, mais elle est loin d’être nouvelle. La porte tournante de M. Kirkaldv n’est autre, en effet, que le tour usité, de •temps immémorial, danscertainscouvents cloîtrés, pour communiquer avec le dehors sans avoir à ouvrir les portes de clôture. Je l’ai vu maintes fois fonctionner dans un couvent de la Visitation. L’application aux grands navires n’en serait pas moins une chose éminemment utile. »
- Renseignements. — M. F. Chauteau, à La Flèche. — Il faut effectuer une série de calculs difficiles dont vous trouverez les éléments dans tous les traités d’électricité. 11 est, de plus, nécessaire pour les appliquer, de faire une série d’expériences. 11 est préférable de déterminer expérimentalement les rendements. Consultez le Formulaire pratique de l'électricien, à la librairie Masson et Cie.
- M. H. Servage, aux Abrets. — Vous pourrez vous procurer ces machines en vous adressant à MM. Paul Ilug et 0°, 57, rue de Lvon; à M. Dalbouzc, 208, rue Saint-Maur, ou à M. Mongin, 34, avenue Philippe-Auguste, à Paris.
- M. P. Blum-Rouff, à Naples. — Adressez-vous à l’Automobile-Club, 4, place de l’Opéra, à Paris. Le catalogue de l’Exposition donnait toutes les adresses des constructeurs.
- M. G. L., à D. — 4° Vous trouverez des ouvrages de ce genre à la librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris. — 2° Il faut vous renseigner auprès de M. II. Coupin, 4, avenue des Gobelins, à Paris.
- M. H. B., à Maisons-Laffitte. — Pour trouver toutes ces indications, il faudrait consulter la collection de La Nature, où nous avons publié une série d’articles à ce sujet.
- M. E. Bennemain, à X. — Pour vous procurer du pain de maïs américain, dont il a été question dans le n° 4509 du 2 juillet 4898, page 79, il faut vous adresser à M. G. Lefebvre, 7, rue du Louvre, à Paris.
- M. Geoffroy, à Paris. — Vous trouverez les formules de bouillie bordelaise dans un ouvrage de MM. Millardet et Gayon, à la librairie Masson et C1", au prix de 1 franc.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 5* des Nouvelles scientifiques).
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon àxépondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES {Suite)
- M. P. Moureaux, à Paris. — ï)e nombreux mémoires ont été présentés à l’Académie des sciences ; il faudrait consulter la collection complète qui se trouve à la librairie Gauthier-Villars, à Paris.
- M. Antoine Pallière, à Lyon. — Vous pourriez essayer l’essence de térébenthine en entourant la tache de pétrole d’abord et allant de la périphérie au centre.
- M. A. A., à Paris. — L’alun de potasse cristallisé se dissout dans l’eau ordinaire à 15 pour 100 à 20°; 50 pour 100 à 40°; 66 pour 100 à 60°; 134 pour 100 à 80°, et 357 pour 100 à 100°.
- M. Paul Augustin de Meherem, à Troyes. — La couleur que prennent les crustacés par la cuisson est toute contenue dans ces animaux et se répand sur le test par l’action de la chaleur.
- M. X., à la bibliothèque Rondelet, à Paris. — Nous ne connaissons pas ce produit; il faudrait en faire faire l’analyse par un chimiste.
- M. Carlos Vives Navarro, à Barcelone. — Il n’existe pas à Paris d’association semblable.
- M. H., à Versailles. — Il n’y a pas de procédé spécial; on enveloppe quelquefois le tuyau en caoutchouc avec des bandelettes d étoffés.
- M. F. L. A., à Toulouse. — 1° Nous décrirons ce moteur.
- -— 2° Adressez-vous directement au constructeur que nous avons indiqué.
- M. E. G. A., à Anvers. — Nous ne pouvons vous donner ces détails; adressez-vous à M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. V. Legros, à Chaumont. — 1° On ne trouve dans le commerce que de l’acide carbonique sous pression. — 2° Ce produit n’existe encore que dans les laboratoires. — 5° Nous ne pouvons nous charger de cette commission.
- Accusés de réception. — Avis divers. — Al. A. Lamy, à Genève. Nous ne pouvons nous occuper de ces diverses études.
- — M. E. M., à Buxy. Il nous est impossible d’insérer cette question; nous ne posons que les questions d’intérêt général. — M. Dubois, à L. Consultez un ingénieur compétent ; nous ne pouvons établir ce projet. — Al. Rochuté, à Rennes. Ces formules sont données dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Radout, à Paris. Nous avons indiqué des moyens de détruire les courtillières dans le même petit livre que ci-dessus.
- — Al. J. Prats, à Mollcrusa. Nous mentionnerons volontiers dans | notre bibliographie votre intéressante brochure. — Al. L. de Meau- j peau, à Lorient. — Nous n’avons pas d’autre adresse à vous indiquer. Tous nos regrets.
- A chaque événement intéressant pour notre pays, on sait combien certains petits commerçants parisiens s’ingénient à composer des ornements fantaisistes, des bijoux, des jouets amusants, etc., que le public achète aussitôt comme souvenir. Les Américains ont voulu faire de même depuis la déclaration de guerre avec l’Espagne. Nous avons reçu dernièrement deux Récréations américaines qui sont le plus grand succès du moment à New-York.
- Fig. 1.— La question du Maine.
- Voici (fig. 1) le spécimen d’un dessin imprimé sur une légère feuille de papier. On voit un grand navire à l’ancre dans un port, c’est la question du Maine (The Main question). En tenant la feuille de papier d’une main, comme l’indique la
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- figure, vous mettez le feu à l’aide d’une petite allumette toute préparée au point I, où le 2e personnage abaisse une torche. Au 1er plan, un homme semble effrayé d’avance de ce qui va se passer. Une raie de feu apparaît aussitôt sur le papier, atteignant le Maine.
- La raie de feu est produite par une dissolution saturée à froid de salpêtre (nitrate de potasse) dans de l’eau. Elle a été
- Fig. 2. — Explosion du Maine.
- tracée par avance sur le papier à l’aide d’une plume d’oie On a laissé tout sécher ensuite, la préparation est restée dès lors invisible. Lorsque la braise d’une petite allumette a touché le papier à l’endroit marqué sur le dessin en I, l’incendie se propage et va mettre le feu à une poudre fulminante collée aer-^ rière la feuille, contre le navire — le Maine fait explosion ' (Voy. fig. 2).
- La seconde récréation (fig. 5) consiste en un ballon dessiné sur une feuille de papier plié et collé de façon à former.
- Fig. 3. — Torpédo ballonu
- un tronc de cône, lorsqu’on le pose sur une table. On met le feu à la partie supérieure du tronc de cône en 2, comme pour la lre expérience, et le tout brûle instantanément suis laisser de trace en produisant une légère explosion, c’est le Torpédo balloon1.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Contre les pellicules.
- Savon vert............................... 100 gr.
- Liquéfiez à douce chaleur et ajoutez :
- Alcool rectifié. .......................... 50 gr.
- Glycérine.................................. 15 gr.
- Filtrez et dissolvez dans ce liquide :
- Naphtol p................................... 5 gr.
- A employer sur le cuir chevelu avec de l’eau, comme un savon ordinaire.
- Les injections sous-cutanées en thérapeutique.
- Ges dernières années on a une tendance à administrer les médicaments par injections directes dans le sang. La seringue
- 1 Voy. Expérience analogue, n° 775 du 7 avril 1888, page 304, récréations scientifiques.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- <le l’iavaz a opéré une révolution dans la pharmacie. On a commencé par injecter la morphine seulement, puis les différents sérums, physiologiques et curatifs; actuellement on injecte presque tous les médicaments solubles et non caustiques ou poisons, h'anémie se traite par les injections de glycérophosphates de fer et de soude, les fièvres par la quinine rendue soluble, les tumeurs par des injections iodo-iodurées, etc., etc. On obtient ainsi des succès plus rapides et la répulsion contre les drogues est évitée. Mais il faut pour cela que la peau soit tolérante et que les précautions antiseptiques soient observées. 11 faut aussi savoir choisir les endroits où la peau est peu sensible, car il existe de très grandes différences dans la répartition de la sensibilité à la surface du corps. 11 y a certaines régions du corps, où la sensibilité est presque nulle. Le dos est peu sensible, par contre les bras, jambes et les extrémités
- sont très sensibles. De plus, il y a des peaux tolérantes et d'autres qui ne le sont pas du tout, chez lesquelles toute piqûre a de la tendance à l’inflammation quoi qu’on fasse pour l’éviter. Il faut savoir en tenir compte et ménager ces particularités pour faire de la bonne médication sous-cutanée, mais avec quelques précautions, toute la pharmacie pourra être introduite*
- sous la peau des malades. l)r Gaudin.
- Mixture contre les cors
- Acide salicvlique.......................... 1 gr.
- Extrait de Cannabis indica................. 0 gr. 50
- Alcool..................................... 1 gr.
- Ether à 62°................................ 2 gr. 50
- Collodion.................................. 5 gr.
- Pour faire des applications sur les cors.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES'DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 juillet 1898. 12»,1 S. W. 2. Pluie. 1,8 Couvert le malin; puis nuageux; beau après 17 h. ; pluie de 5 h. 10 à 8 h. 30.
- Mardi 5 13»,1 E. N. E. 1. Beau. 1,4 Beau jusqu’à 9 h. ; nuageux ensuite.
- Mercredi 6 14*,0 N. 1. Couvert. 0,0 Presque couvert.
- Jeudi 7 16»,0 W. 0. Peu nuageux. 0,0 Nuageux jusqu’à 19 h. ; beau ensuite; un peu de pluie line à 5 h. 40-50 m.
- Vendredi 8 16»,2 N. W. 1. Presque couvert. 0,0 Nuageux jusqu’à 15 h. ; quelques nuages ensuite.
- Samedi 9 12»,6 N. 2. Couvert. 0,0 Beau à 1 h. ; couvert ensuite.
- Dimanche 10 ... . 12»,2 N. 2. Couvert. 0,0 Très nuageux, de 17 à 21 h. ; couvert avant et après; un peu de bruine à 8 h. et 9 h. 1/2.
- JUILLET 1898. — SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 JUILLET.
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de 0 à 10; les flécher inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Réinnié des observation» météorologiques faites au Parc Saint-Maur en juin 180$
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 758”*,02; minimum 718““,53 le 26 à 5 et 16 heures du matin. Maximum 765“'",57 le 18 à 8 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 10°,73; des maxima 20 ,35; du mois 15°,5i; vraie des 21 heures 15°,10. Minimum 1°,3 le 3; maximum 26°,4 les 6 et 22. Moyenne des minima sur le sol 8°,01 ; minimum : 0°,8 le 3.
- Tension moyenne de la vapeur 16””,2; la moindre 5“",46 le 1" à 9 heures du matin. La plus grande 15“”,03 le 11 à 5 et 6 heures du soir.
- Humidité relative moyenne 79; la moindre 38 le 4 à 3 heures du soir; la plus grande 100 en 9 jours.
- Pluie 85“*,1 en 37 heures 3/4 réparties en 12 jours. Il y a eu 2 jours de grosse pluie le 11 qui a fourni 21™”,3 d’eau en 1 heure 1/4, et le 27 qui en a donné 20““,2 en 15 heures 1/2.
- Nébulosité moyenne 60. H y a eu 6 jours de tonnerre : le 2, quelques coups au N/., puis au S.-E. de 2 à 5 heures du soir; le 5, touuerre au S., puis au S.-E., de 5 à 5 heures du soir. Le 6, orage zénithal assez fort, de 4 à 6 heures du soir, allant du S.-W. au N.-E.; le 11. grand orage venant du N.-E.; de 2 à 4 heures du soir, donnant 21”“,5 de pluie en 1 heure 1/4. Le 26, un coup de tonnerre loin au N.-N.-E., à 311 45“ du soir. Le 28,
- deux coups de tonnerre au N.-E., à 6 heures du soir. Deux jours ont donné quelques grains de grêle. Deux jours de brouillard le 9 et le 11, ce dernier a élé le plus intense avec une transparence de 400”.
- Vents dominants du S.-W. au N.-W. ; puis du N. au N.-E. 11 n'a été fort que le 1" juin.
- Température moyenne de la Marne : le matin 16°,84, le soir 17°,41, du mois 17°, 12, minimum 13°,60 le 3; maximum 19u,58 le 22. Elle a été basse et médiocrement claire Ce mois est remarquable par la faiblesse de l'insolation.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de juin 1898 présente les résultats suivants : baromètre plus bas de 0”“,68. Thermomètre plus bas de 1°,43. Tension de la vapeur moindre de 0”“,07. Humidité relative plus grande de 6. Pluie plus forte de 50“”,1. Nébulosité plus forte de 5 à 6.
- Floraisons. Le 1", igelle de Damas, œillet mignardise; 4, delphinium vivace; 5, muflier jaune soufre; 6, filipendule, pivoine à odeur cle rose, digitale ; 8, cornouiller ; 9, campanula medium ; 12, œillet de porte ; 13, clématite droite; 15, pyrethrum parthenium ; 16, phalaris ; 17, galega ; 18, grand seringat d’Amérique ; 19, véronique à épis ; 24, hémerocalle fauve; 29. pavot ; 50, troène du Népal, souci, croix île Jérusalem, jasmin.
- Hirondelles toujours très rares; très peu de mouches et d’insectes; manque presque absolu de papillons.
- PHASES DE LA LUNE ; D. Q. le 10 à 4 h 52 du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- EXCURSION SCIENTIFIQUE
- DE “ LA NATURE ”
- DANS LE PLATEAU CENTRAL
- CAUSSES DÙ LOT, DECAZEVILLE, CANTAL, GORGES DU TARN, ETC.
- —( 4 août — 16 août 1898 )—
- La période de pluies que nous venons de traverser ayant entravé les travaux d’aménagement de Padirac, nous avons le regret d’annoncer à nos excursionnistes que l’exploration de la caverne ne sera pas possible. Toutefois la soirée du premier jour de notre excursion sera occupée d’une (façon intéressante par une promenade en voiture. On étudiera l’aspect physique du Causse de Gramat, son hydrologie, les gouffres si’ pittoresques de Roque, de Corn et de Réveillon, l’entrée de Padirac. On aura aussi de cette façon plus de temps à consacrer à Rocamadotir qui mérite une longue visite. D’ailleurs, Dargilan restant au programme, les beautés naturelles de cette, caverne sont de nature à diminuer nos regrets au sujet de Padirac.
- La suite de l’excursion se fera conformément au programme précédemment publié.
- INFORMATIONS
- — M. Baudot, ingénieur des télégraphes, l'inventeur du télégraphe multiple universellement employé, vient d’être promu officier de la Légion d’honneur.
- —Le Dr Hamy, membre de l’Institut, conservateur du musée d’ethnographie, professeur au Muséum d'histoire naturelle, est délégué à l'effet de représenter le ministère de l’instruction publique et des beaux-arts au congrès de la fédération archéologique et historique de Belgique qui se tiendra à Enghien (Ilainaut) du 7 au 10 août 1898.
- —La gare Montparnasse va prochainement être agrandie. Cette gare est actuellement disposée de la façon suivante : Deux cours surélevées, auxquelles donnent accès deux rampes carrossables partant de la place de Rennes, sont réservées aux vovaoeurs des grandes lignes pour le départ et l’arrivée; deux autres* cours d’un niveau inférieur et plus rapprochées de la place de Rennes que les précédentes servent aux voyageurs de banlieue. Le projet de M. Bossu, ingénieur, comporte, dans sa partie essentielle, la suppression des deux cours inférieures et l'agrandissement des cours supérieures vers la place de Rennes, au moyen de tabliers métalliques supportés par des piliers en fonte. Dans chacune de ces cours agrandies, on placera deux voies nouvelles. Quant aux rampes, elles seront démolies et reconstruites en sens inverse, c'est-à-dire que les voitures auront accès dans la gare par l’avenue du Maine et le boûlevard Edgar « Quinet. Pour faciliter les dégagements, une voie carrossable, reliant les deux rampes à leur sommet, traversera la gare dans toute sa (largeur, derrière les grandes verrières de la façade. Sur l'emplace-
- ment du buffet, situé actuellement au rez-de-chaussée, on construira un escalier monumental, à double évolution, qui permettra aux voyageurs de la banlieue d’entrer et de sortir sans faire le tour des rampes. Le buffet sera alors installé au premier étage, plus à la portée des voyageurs. L’établissement des quatre nouvelles voies nécessitera l’élargissement du pont du Maine.
- —®— La ville de Côme, en Italie, a résolu de faire en 1899, une exposition internationale d’électricité et de tenir un congrès d’électriciens, afin de célébrer solennellement le centenaire de la découverte de la pile électrique. Volta est en effet originaire de Côme. Cette ville travaille beaucoup l'industrie de la soie, et les applications de l’électricité sont nombreuses dans cette industrie. En dehors des questions électriques, il y aura/donc également une exposition nationale de l’industrie de la soie.
- —Un physiologiste anglais a entrepris de démontrer que les hommes blonds vont bientôt disparaître de la face du monde. « Les yeux bleus et les cheveux blonds, dit-il, ne seront plus qu’un souvenir dans 200 ans à peine, et l’existence de la blonde Gretchen passera pour l’extravagante imagination d'un poète en démence. » C’est un peu la faute des hommes si cet événement se produit. Ils préfèrent les brunes aux blondes. Une statistique scrupuleuse a établi que, en Angleterre, sur 100 blondes, 55 seulement parviennent à se marier, tandis que, sur 100 brunes, 79 trouvent un époux. Cette raison seule suffirait à justifier l’opinion d’après laquelle le type blond serait appelé à périr. Mais, d’autre part, l’histoire vient à l’appui de cette thèse. Partout, depuis les temps les plus reculés, on voit les blonds céder la place aux bruns. L'Iliade parle à tout moment de guerriers et de femmes aux cheveux blonds; les riverains de l'archipel ont, aujourd’hui, des cheveux noirs. Les Gaulois étaient, au temps des Romains, un peuple blond : leurs descendants ne leur ressemblent guère. Les Germains, les Scandinaves, les Anglo-Saxons à leur tour ont passé pour des races presque entièrement blondes ; et le nombre des bruns augmente chaque jour en Allemagne, en Suède et en Angleterre. Dans ce dernier pays, on ne trouve plus aujourd’hui que deux blonds pour trois bruns.... D’après le savant anglais le temps est donc proche où l’on montrera dans les foires, comme un phénomène, le dernier des blonds. Ce n’est qu’une opinion.
- —Par arrêté du Préfet de police en date du 9 juillet un concours pour la nomination d’un inspecteur chargé de surveiller l’exécution des règlements applicables à la circulation des véhicules à moteur mécanique s’ouvrira le 3 septembre 1898 à 9 heures du malin à la Préfecture de police. Les conditions île ce concours, qui intéressent tous les jeunes anciens élèves de nos écoles techniques et industrielles (Ecole centrale, mines, ponts et chaussées, arts et métiers) ont été publiées dans le Bulletin municipal officiel du 17 juillet. L’examen d’admissibilité comprend une dictée et un exercice de rédaction, et un examen oral sur l’arithmétique, la mécanique élémentaire, la chaleur et la combustion, et des notions générales d’électricité et de magnétisme. Les épreuves du concours consisteront : 1® en un examen oral portant sur les décrets et ordonnances de police, les moteurs à vapeur d’eau, à pétrole et électriques, les dispositions mécaniques des voitures automobiles et motocycles; 2° un examen pratique dans lequel la Commission s’assurera que le candidat sait conduire avec sécuri .é et habileté les voitures et voiturettes automobiles et les motocycles, les faire évoluer avec aisance et stopper [sic) avec promptitude, en régler le mécanisme moteur et les appareils d’arrêt, en réparer les avaries de nature courante.
- —M. Charles Janet vient de faire répéter, à Beauvais, par deux de ses enfants, âgés l’un de neuf, l’autre de douze ans, une expérience de sauvetage qu’il avait déjà réalisée. lui-même, il y a vingt-cinq ans, à Saint-Yaléry-en-Caux. Elle a pour but de montrer
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- la résistance, tout à fait extraordinaire, que les vulgaires ballons rouges, en caoutchouc mince, peuvent, lorsqu'ils sont de bonne qualité et modérément gonflés, présenter au choc d’un courant très violent. lin petit paquet, de la grosseur d’un porte-monnaie, contenant un bout de ficelle et quatre ballons vides, est mis à portée d’un enfant. A un signal donné, ce dernier va prendre le paquet, l’ouvre, attache la ficelle autour de son corps, gonfle les ballons et les fixe à sa ceinture. L’opération complète dure lm50*. Dès qu’elle est terminée, l’enfant se jette dans le courant très violent, produit par la levée d’une vanne. Il est. entraîné, disparait sous l’eau et reparaît, quelques mètres plus loin, sans que les ballons aient éprouvé le moindre dommage, en sorte qu’il peut flotter en se croisant les bras. C’est à leur grande souplesse et à leur forme de sphère, sur laquelle l’eau glisse sans trouver de prise, que ces ballons, si minces, doivent cette résistance inattendue. Voici, pour ceux qui voudront renouveler cette expérience à la mer, quelques indications sur le matériel à employer. La ficelle est du vulgaire fouet coûtant 2 centimes le mètre : ce fouet résiste, sans se rompre, à un elfort de 40 kilogrammes. Les ballons (du genre de ceux que l’on distribue gratuite-
- ment dans les grands magasins de nouveauté) peuvent contenir aisément, 12 litres d’air, mais pour rester bien résistants, ils ne doivent être gonflés qu’à 6 ou 8 litres, c’est à-dire avec un volume que peuvent facilement fournir deux expirations pulmonaires. Ces ballons doivent être choisis avec une queue longue et solide. A chacun d’eux sont fixés : un bout de tube en bois de 4 centimètres de longueur et de 5 à 6 millimètres de diamètre intérieur, un bouchon en liège et, enfin, un léger porte-mousqueton. Tout cela se trouve dans tous les bazars. Les nageurs qui se muniront, pour l’utiliser, lorsqu’ils-seront en pleine mer, de ce matériel si minuscule qu’il peut se suspendre à un bouton du costume, constateront et la facilité avec laquelle on peut le monter en cessant de nager pendant quelques secondes, et la résistance qu’il offre au choc des vagues. Ils seront tout surpris de se sentir soulevés par une force ascensionnelle qui, avec cinq ballons, peut atteindre 40 kilogrammes, et ils comprendront quel immense secours pourrait fournir, en cas de danger, un soutien aussi considérable qui a, de plus, le grand avantage de laisser une complète liberté non seulement des mains, mais de tous les mouvements.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le régulateur automatique de tension est construit par il. J. Richard, R, passage Fessart, à Paris. — Le viseur photographique décrit dans notre dernier numéro de M. Benoist se trouve chez M. Krauss, 21, rue Alhouy, à Paris. — Le formolateur se trouve à la Société Hélios, 52, rue de Bondy, à Paris.
- Communications. — M. G. Botdenger, à Wissant, par Marquise, nous adresse la lettre suivante : « J’ai trouvé le 10 juillet sur la plage de Wissant, au lieu dit « le moulin de Saint-Pô », des restes ornithologiques. Ce sont deux ailes d’un pigeon voyageur qui a dù périr en mer, soit qu’il y ait été lâché d’un navire, soit qu’il se soit égaré au cours d’une traversée de retour à son colombier à la suite d’un lâcher continental quelconque. 11 se peut que ces restes aient été apportés ici d’un point beaucoup plus méridional. Car j’ai toujours observé, depuis vingt ans, que les épaves sont véhiculées, sur les côtes du Boulonnais, par des courants orientés vers Calais. Ces courants sont sensibles même pour les baigneurs, au moins à certaines époques; le fait est connu et je ne crois rien vous apprendre en le mentionnant. Les plumes de ces ailes portent diverses estampilles. Noyon, Etampes, Fontainebleau, Quié-vrain, etc., et des numéros. Je les ai laissées adhérentes à l’ossature pour permettre d’évaluer le temps écoulé depuis la mort de l’oiseau. Peut-être la connaissance de cette épave, de la date de sa découverte, et de l’endroit, intéressera-t-elle quelque société colombophile. S’il était besoin d’autres données sur la topographie de la plage de Wissant, elle m’est assez familière pour que je puisse en dire modestement quelques mots. » Nous remercions notre honorable correspondant de son intéressante communication.
- M. H. Bourdarictt, à Paris, à propos de XAuloharpe que nous avons décrite dans le n° 1510 du 9 juillet 1898: p. 96, nous envoie le dessin d’un appareil de musique appelé Èmto, autoharpe deMüller. « Je l’achetai, nous dit-il, il y a deux ans à Londres. Au moment où je me la suis procurée, c’était le dernier perfectionnement apporté à ce genre d’instrument. Ce n’est pas tout à fait le même instrument que celui que vous avez décrit. 11 y a 57 cordes. De plus les touches sur lesquelles appuie la main peuvent chacune occuper trois positions différentes, et par suite trois tons différents; or le nombre de ces touches étant de 12, on peut donc produire 56 tons différents. Le son en est délicieux, l’aspect extérieur est très joli ; de plus il est excessivement facile d’en jouer, et certainement après un certain temps d’exercice on arrive à passer quelques bons moments en société. »
- M. Pointe, à Nully (Haute-Marne) nous écrit : « J’ai une écurie dans laquelle nichent tous les ans des hirondelles, mes enfants ayant remarqué que quand les petits deviennent gros,
- les père et mère sont obligés, pour passer la nuit, de se cramponner sur le bord du nid; et cette position leur ayant paru pénible, ils ont eu l’idée de clouer, sous la solive où était collé le nid, une planchette qui le débordait un peu, et quelques jours après ils ont eu la satisfaction de voir qu’ils avaient été compris par les hirondelles qui passaient la nuit posées sur la planchette. »
- Renseignements. — M. P. L, à X. — J "Nous reviendrons peut-être sur la question ; mais nous ne pensons pas parler de ces travaux. — 2° 11 faudrait faire des expériences pour pouvoir vous répondre.
- M. J. Go fl art, à Tanger. — 1° Nous vous remercions pour votre envoi, mais nous avions déjà un article. — 2° Ces changements n’ont rien d’unonml.
- M. Jambon-Prouvèze, à Chalon-sur-Saône. — Nous crovons que le jeune homme conservera ses droits de dispense; mais il serait bon de vous renseigner à la gendarmerie.
- L'abonné 5155, à Besançon. — Nous n’avons pu encore trouver la recette que vous demandez ; mais dès (pie nous aurons pu nous la procurer, nous vous la ferons connaître.
- M. H. R., à Bruxelles. — Vous pourriez consulter Marqueteur et hoirier, traitant de la fabrication dos meubles et des objets meublants en marqueterie, du travail de l’ivoire par MM. Maigné et Robichon, dans la collection des Manuels Roret, à la librairie Mulot, 12, me Hautefeuille, à Paris.
- M. A. M., à Lille. — Nous ne connaissons que les Annales agronomiques publiées à la librairie Masson et C“.
- M. H. Joly, à Caen. — 1° H n'existe pas d’autre modèle de cet appareil. — 2° Adressez-vous au Comptoir de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- MM. H. G. G., à Paris. — Vous pouvez vous adresser à la maison désignée ci-dessus.
- M. R. Kahn, à Bordeaux. — Vous trouverez de bons moteurs électriques à la Société XEclairage électrique, L2~t, rue de Rome, à Paris.
- M. JJo Dufau, à Pointe-à-Pitre. — 1° Vous trouverez des ouvrages sur les travaux hydrauliques à la librairie Dunod et Vicq, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris. —2° 11 faudrait vous adresser directement à la Société des Ingénieur civils, 19, rue Blanche, à Paris.
- M. G. Behung, à Trougemont. — A l’époque où nous en avons donné la description, la turbine chicago-top était en vente chez MM. Fribourg et Hesse, 26, rue des Ecoles, à Paris..
- M. A. G. Linzelez, à Paris. — - Nous ne croyons pas que cef appareil soit dans le commerce ; il faut vous adresser à MM. Chabaud frères, 58, rue Monsieur-le-Prince.
- M. Gemeau, à Arras. — Nous donnons plus haut l’adresse que vous demandez.
- M. G. Regnard, à Port-Louis. — II serait nécessaire de faire sur place diverses recherches pour détruire ces taches de-moisissure sur les cylindres en cire des phonographes.
- Un abonné, à X.... — Comme révélateurs nous pouvons vous citer l’acide pyrogallique, l'hydroquinone, le paramidophé-nol, le métol, etc. ; c’est à vous de choisir celui qui vous conviendra le mieux.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E. Chabal, à Uzès. Nous n’avons plus l'adresse de cet amateur. — M. F. Fernandez, à Canquencz. Nous n’avons pu trouver l’éditeur de cet ouvrage. — M. D. L., à Blois; M. Lclo/tg. à Paris. — Consultez les Recettes et procédés utiles, 3e série, à la librairie Masson et Cie. — M. Michy, à Paris. Regrets de ne pouvoir vous renseigucr.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux tes renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Le Filoscope. — Tout le monde a vu les petits cinématographes de poche en forme de carnets. 11 suffisait de les effeuiller avec beaucoup d’habileté pour obtenir des effets •curieux. Mais l’effeuillage présentait certainement de grandes difficultés. La nouvelle disposition du petit appareil appelé Filoscope que nous décrivons aujourd’hui permettra à tout le inonde, de faire fonctionner rapidement et bien les blocs d’épreuves successives. L’appareil se compose d’un boîtier d’une forme spéciale dont les deux extrémités sont ouvertes. Le bloc
- Le Filoscope, appareil ciuématographi ,ue.
- de cliché relié au bout, se trouvé commandé par une tige et pivote autour des axes dans l’intérieur du boîtier. 11 suffit dans ces conditions de tourner la tige tout doucement en appuyant [tour voir l’effeuillage s’effectuer nettement et les épreuves se suivre avec des intervalles réguliers, ce qui donne aux images successives l’animation réelle de la vie. La forme du boîtier est choisie de telle façon que le bloc d’épreuves, quand on l’abandonne, se remet en forme de lui-même pour pouvoir s’effeuiller convenablement lorsqu’on veut s’en servir à nouveau. — Le « Filoscope » est de fabrication anglaise et le concessionnaire de cet article pour la France est M. Kratz-Boussac, 1-3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Appareil A boule* ponr le massage. — Le massage joue un grand rôle dans l’hygiène et la thérapeutique modernes ; il active la circulation du sang, augmente la nutrition des
- Appareil à boules pour massage. — 1. L’appareil. — 2. Mode d’emploi.
- muscles, etc.; il procure un bien-être immédiat, rend de la souplesse aux membres fatigués par un exercice musculaire prolongé. '
- lin inventeur «'.cherché dernièrement à remplacer, mécaniquement la main du masseur. Le masseur à boules- représenté par notre gravure est très pratique et très” efficace : Il se compose d’une sorte d’échelle souple (n° 1) en métal, dont chaque échelon porte deux petites boules de bois. Deux poignées permettent de promener l’appareil sur la partie malade, comme le montre le n° 2 de notre dessin. Les migraines et les névralgies disparaissent facilement à l’aide du masseur à boules. — L’appareil à boules pour massage se trouve chez M. P. Bertrand, 10, rue d'Uauteville, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Contre tes insectes. — Employer d’abord la vraie poudre insecticide de Pyrèthre. La vraie poudre est rare. Tout le monde peut préparer de la bonne poudre en employant les fleurs boutons fermés; mais tout le monde n’a pas la plante à sa disposition. Puis ses qualités dépendent du sol et des variétés. En général, choisir le Pyrèthre et la poudre Blankenberg.
- Ensuite essayer les « fumigateurs Indiens » de M. Blankenberg, qui ne sentent pas bon, il s’en faut, mais sont généralement très efficaces contre les insectes.
- Encaustique pour carrelage. — On obtient un bon encaustique pour carrelage en faisant dissdùdre sur le feu 7'50 gi amines de cire et 250 grammes de savon dans 12 litres d'eaü. Lorsque la dissolution est complète, on. la retire du feu et on y ajoute 100 grammes de carbonate de potasse. On laisse refroidir, puis on remue pour opérer le mélange intime des différentes substances, On a alors un liquide très économique ; avec les proportions ci-dessus indiquées,' on peut couvrir une surface de o() à 35 mètrçs carrés. Oit applique l’encaustique avec une brosse ou un pinceau, on frotte et on passe au chiffon de laine. Le résultat est très satisfaisant, cet encaustique est en effet très résistant et son usure assez lente.
- L’enlèvement de la rouille sur les petits objets en métal. — Quand il s’agit d’objets délicats, instruments de précision, etc., il ne faut pas songer à recourir au papier de verre ou d’émeri, qui roderait trop violemment; mais nous avons employé avec plein succès des gommes à effacer, surtout celles qu’on v’eqd pour enlever l’encre. ’
- Pour durcir le plâtre. — La recette , qu’on recommande dans ce but est bien simple : mêler intimement au plâtre, de Paris 2 à 4 pour 100 de racine de guimauve en poudre fine; la prise est retardée, et finalement l’on obtient une masse1 qui se laisse scier, tourner, limer, etc. Pour en augmenter encore la dureté, on poite la proportion de poudre de guimauve jusqu’à 8 pour 100 ; on peut alors laminer la masse en fêtirtics minces, entre un rouleau et une plaque de verre, et lesdit.es feuilles ne se fendent point en séchant. ’ ;
- Nettoyage du fer-blanc enfumé. — Quand un vase en! fer-blanc est sali par le feu, pour lui rendre son éclat premier, il suffit de faire un emplâtre de cendre et d’huile à brûler et de l’appliquer sur le métal. On frotte ensuite l’enduit avec un torchon de toile, puis on polit finalement avec un chiffon de laine. Quand le noir de fumée ne cède pas complètement à la première opération, on la renouvelle.
- Pour empêcher les lanternes à huile de filer. — Ou recommande dans ce but de faire dissoudre dans l’huile qu’on emploie un morceau de camphre d’une grosseur proportionnée à la masse d’huile ; on sait que le camphre brûle par lui-même parfaitement.
- Pour marquer le linge. — Le tremper d’abord dans une première solution comprenant 12 grammes de carbonate de souiie et autant de gomme arabique dans 45 grammes d’eau,; on fait sécher, puis on écrit la marque au moyen d’une plumé, ou on l’applique à l’aide d’un timbre, en employant pour eeja une solution faite de 4 grammes de chlorure d’étain dans 64 d’eau distillée. Enfin, on sèche à nouveau et l’on endujf d’une troisième solution, composée de 4 grammes de protochlorure d’étain dans 64 d’eau distillée. La marque ressoid ejn pourpre et résiste parfaitement aux lavages. *-*
- Grenades extinctrices. — Peur en préparer à peu de frais, faire dissoudre dans quelques 30 litres d’eau 10 kilogrammes de sel ordinaire et 5 kilogrammes de sel ammoniac, puis enfermer dans des bouteilles bien bouchées.
- BIBLIOGRAPHIE
- Recherches sur le nickel et ses alliages, par Cii.-En. Guillacnk, Dr es sciences, adjoint au Bureau international des Poids et Mesures. Paris, Gauthier-Yillars et fils, éditeurs. 1898.
- Notre savent collaborateur vient de publier dans une brochure les résultats de ses longues et intéressantes recbercbcs sur les aciers. 11 examine d’abord le nickel et bronze blanc et passé ensuite aux aciers, au nickel, dent il nous fait connaître toutes les propriétés : magnétiques, changements de volume, densité, élasticité, déformations permanentes, résistance électrique. On pressent tout l’intérêt de ces recherches au point de vue des applications
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Nouveau traité des bicycles et bicyclettes, par C. Bourlet, professeur au Lycée Sainl-Louis. 2° édition, 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Paris, Gauthier-Villars et fils, éditeurs. 1898. Prix : 2"',50 broché; 5 francs cartonné.
- Régularisation du mouvement dans les machines, par L. Lkcornc. 1 vol. petit in-8" de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Paris, Gauthier-Villars et fils, éditeurs. 1898. Prix : 2rr,50 broché ; 5 francs cartonné.
- La photographie en relief, ou photo-sculpture et ses principales applications, par René d’Héliécourt. — 1 brochure avec figures. Paris, 1898, Charles Mendel, éditeur. Prix : lfr,25.
- Comment on marche, par M. Félix Régnault, ancien interne
- des hôpitaux de Paris; M. de Raoul, chef d’escadron au 34e d’artillerie. 1 vol. in-8°. — Henri-Charles Lavauzelle, éditeur. Paris, 1898. Prix : 5 francs.
- Photo-Guide du touriste aux environs de Paris, par J. Bertot. — lre série : Le département de la Seine. — 1 vol. petit in-16 avec trois cartes. Charles Mendel, éditeur. Paris, 1898. Prix : 2fr,50.
- Paris-Salon. 2 premières livraisons, 2 brochures in-8°. Paris, 1898. E. Bernard, éditeurs. Prix : 3,r,50 chaque.
- Guide du maître chargé de Venseignement des exercices physiques dans les écoles publiques et privées, par Georges Demeny, professeur du cours d’éducation physique de la Ville de Paris. 1 vol. in-10. Société d’éditions scientifiques, Paris, 1898. Prix : 3 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN- MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 juillet 1898. 12”,1 N. N. W. 4. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 10 h.; puis nuageux; beau après 20 h.
- Mardi 12 12”,1 N. N. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert de 4 à 9 h. ; nuageux le reste du temps.
- Mercredi 13 15”,1 W. 2. Couvert. 0,0 Couvert de 6 à 18 b. ; nuageux avant ; beau après,-sauf à 21 h.; gouttes à 11 h.; pluie de 12 à 15 b.
- Jeudi 14 1P,0 N. 2. Nuageux. 4,2 Peu nuageux de 6 à 17 h. ; beau avant et après.
- Vendredi 15 15”,0 S. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Samedi 16 19”,1 Calme. Beau. 0,0 Quelques nuages.
- ^Dimanche 17 ... . 18”,1 N. 1. Beau. 0,0 Nuageux de 13 à 17 h. ; beau avant et après. 4
- JUILLET 1898. — SEMAINE Dü LÜ.VDI 11 AU DIMANCHE 17 JUILLET.
- | Lundi ( Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi ( Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I.es chaleurs. — Nous avions eu jusqu’ici à Paris un temps presque l'roid pour la saison. Depuis le 14 juillet, la température s’est enfin élevée et les journées du 16, du 17, etc., ont été très chaudes. Le thermomètre s’est élevé à Paris à près de' 29°.
- I.a grêle en Italie. — Un violent ouragan s’est déchaîné le 6 juillet, à Grottammare (province d’Ascoli Piceno, eu Italie). La grêle a ravagé une vaste étendue de territoire; trois paysans ont été tués.
- l’ne trombe dans le Missouri. — Une dépêche de Saint-Louis (Missouri) annonce que le 9 juillet une trombe a détruit presque entièrement la ville de Steelville (Missouri). Il y a eu un grand nombre de personnes tuées, et de maisons ravagées.
- Climats extrêmes. — Nous empruntons à la Revue géographique les intéressantes données qui suivent. La région la plus chaude (le la terre est la Vallée de la Mort, pays de l’Amérique du Nord, situé entre les parallèles qui ont respectivement 46° 35' et 45° 40' de latitude, et entre les méridiens de 2il°30' et 2i2°30'. Le thermomètre fronde a donné la température maxima 50° C. à l’ombre au mois de juillet qui avait comme
- moyenne 39°. Le pays le plus froid est Vercliojansk, en Sibérie, par 67°34' de "déclinaison boréale et 133°13' de longitude orientale. Voici le tableau des températures mensuelles extrêmes qui a été dressé d’après les observations faites pendant dix années consécutives.
- Mois. Max. Min. Mois. Max. Min.
- Janvier. . . —22°,7 -67°,8 Juillet . . , -4- 50»,8 -4- 1»,1
- Février. , . —14°,9 — 69°,8 Août . . . +- 30»,1 — 6»,8
- Mars . . . , — 5°,8 — 60°,8 Septembre . -i-20°,6 —15®. 0
- Avril. . , . -t- 8°,8 — 41°,4 Octobre. . . + 9°,1 — 59»,8
- Mai . . , . •+• 20° ,0 — 34°, 2 Novembre . — 6»,4 — 58»,5
- Juin . . . , h- 51°, 5 — 7°,3 Décembre , — 19», 7 — 63»,0
- l,es pluies dans la lirande-Bretngne. — Voici les principales conclusions d’un mémoire lu devant la Royal Meteorological Society, de Londres, par M. 11. Scott. Pendant les vingt aimées comprises entre 1876 et 1895, c’est sur les côtes situées au nord et à l’ouest de la Grande-Bretagne que l’on a recueilli les pluies les plus abondantes. Le mois de juin est le plus sec, tandis que juillet est le pins l.umide des mois d’été : le 1" août est le jour des Lammas flood, les pluies les plus célèbres. Avec le mois d’octobre commence le régime pluvieux d’hiver et le mois de novembre est celui qui reçoit les plus fortes pluies de l’année.
- PHASES DE LA LUNE NÉANT.
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- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Nous avons la satisfaction de relever les nominations sui-•vanlcs qui viennent d’être faites dans la Légion d’honneur par M. le «ninis're de l’instruction publique, à l’occasion de l’inauguration des nouvelles galeries du Muséum. M. Filhol, professeur d'anatomie comparée, membre de l’Institut, a été promu au grade d’officier. Notre fidèle collaborateur, M. Stanislas Meunier, professeur de géologie, a été nommé chevalier. Enfin, M. Marcellin Boule, assistant au Muséum, le savant paléontologiste qui veut bien diriger notre excursion scientifique de 1898, a également été nommé chevalier de la Légion d’honneur.
- —H— Un grand nombre d’animaux, vivants ou naturalisés, offerts par des explorateurs, des correspondants ou des missionnaires, viennent d’entrer à la ménagerie ou dans les galeries de zoologie du Muséum d’histoire naturelle, M. Dybowski, directeur de l’agriculture à Tunis, a envoyé quatre cténoaactyles, araignées de grande taille appartenant à la famille des fileuses, et dont on ne possède que peu d'individus vivants. M. Baron, correspondant du Muséum, a rapporté de Colpn un pécari, une sarigue, douze crabes terrestres. M. Biet, évêque de Diana, qui a déjà offert beaucoup d’oiseaux du Yun-Nan et du Ssé-Tchoucn, a envoyé une collection nouvelle composée par les prêtres de sa mission et dans laquelle se trouvent plusieurs oiseaux’ rares ou inconnus jusqu’à présent. Enfin, le musée d'entomologie s’est enrichi d'une collection importante d’hémiptères qu’avait réunie M. Maurice N’oualhier, et que ce naturaliste, mort récemment, a léguée au Muséum. La ménagerie du Muséum vient aussi de s’enrichir d’un poisson des plus curieux, de la Nouvelle-Hollande, le Ceratodus Forsteri. Ce poisson, qui se trouvé dans plusieurs rivières du Queen's Land, peut atteindre une longueur de plus d’un mètre, et peser jusqu’à 20 livres.
- —On connaît maintenant, de façon exacte et détaillée, quelle était la cargaison de la Bourgogne : elle se composait de 4il» balles de coton. 1270 barriques d’iiuilc, 170 tierçons de saindoux, 55 caisses de lard, 489 caisses de saucisses. 9832 caisses de homard, 30 barils de pommes sèches, 1 455 sàes de café, 10 tonnes -de cuir, 10 tonnes de machines agricoles, 2i balles de soie, 100 tonnes de quineadlerie. 75 tonnes de machines à coudre, 50 tonnes de billes de bois de cèdre, 100 tonnes de pièces de machines, 50 tonnes de voilures, 84 colis de bicyclettes, 100 tonnes de coquillages, maroquinerie, etc.
- —®— Nous rappelons que c’est le 30 juillet que doit revenir devant le soleil la « seconde lune » découverte à l’Observatoire de Dusseldorf. On ne saurait fixer exactement la date de la seconde apparition et encore moins le moment du passage de l’astre sur le disque solaire. Les données rigoureuses font défaut. D’ailleurs, l’existence de cette seconde lune est encore problématique. Mais on ,peut engager les amateurs à surveiller le ciel le 50 juillet.
- —®— La tour Eiffel fera toilette neuve à l’occasion de l’Exposi-lion de 1900 : du brun rouge industriel elle va passer au blanc virginal. Pour les deux couches qui seront appliquées à un an d’intervalle, cinquante hommes seront employés pendant deux mois environ, et il ne faudra pas moins de cinquante mille kilogrammes <lc peinture pour habiller des pieds à la tête la colossale masse -de fer.
- —On vient de procéder, à des essais d’éclairage total de la •tour Eiffel pour l’Ex| osition de 1900. Ces essais ne sont que partiels, mais donnent une idée de ce que sera l’illumination de la •tour, qui dépassera de beaucoup en splendeur les embrasements des .fêtes antérieures. Une série de huit à dix milles globes blancs, à
- lumière électrique, composera cette illumination. Ces globes, intervalles d’un mètre environ, dessineront les plates-formes, les arcades et toutes les arêtes principales de la tour, de la base des piliers au sommet du campanile, de sorte qu’elle brillera en pleine nuit jusqu ’à quarante kilomètres autour de Paris, et dans tous les détails de sa silhouette. En 1889, seules les plates-formes et les arcades étaient dessinées par la lumière, et seulement par la lumière du gaz.
- —Plus que Centenaire. Une négresse nommée Turkié Hanoum, vient de mourir à Kerdous (Turquie), à l’âge de 155 ans. Autrefois esclave, elle était venue s’installer dans cette ville depuis quelque temps. Elle avait conservé toutes ses forces physiques. Turquié Hanoum racontait souvent les événements historiques des règnes du sultan Selim et du sultan Mustapha dont elle était contemporaine.
- —$$— M. Ravaisson a communiqué à l’Académie des inscriptions une observation qu’il a faite, lors d’un voyage à Rome, dans le Panthéon d’Agrippa, vulgairement dénommé la Rotonde. Le monument le plus important qui s’y trouve est le tombeau de Raphaël, construit et décoré d’après une prescription de son testament. L’autel de la chapelle funéraire est surmonté d’une statue de la Vierge portant sur son bras gauche l’Enfant Jésus, qu’on appelle la Madone au Rocher (de/ Sasso), évidemment parce quelle pose un pied sur une roche. Dans cette madone, œuvre de Lorenzetto, l’un des élèves favoris de Raphaël, qui exécuta sous sa direction le célèbre Jonas de l’église Sainte-Marie del Popolo, M. Ravaisson a reconnu une imitation d’une statue grecque qu’il a remarquée autrefois, dans un des jardins du Vatican, comme offrant un prototype de la Vénus de Milo, dont il a fait exécuter alors un moulage, moulage qui fait partie de la collection des plâtres du Manège du Louvre actuellement en préparation. On ne peut guère douter que ce soit Raphaël lui-même qui ait désigné cette aïeule de la Vénus de Milo pour être placée et transformée en une madone sur son tombeau. Sans doute aussi, le grand peintre avait dù voir sur la statue du Vatican ce que la plupart des archéologues nient aujourd’hui encore de la Vénus de Miloi qui en est une des reproductions toute semblable, à la tunique près, qu’elle avait dù être groupée avec une seconde figure placée à sa gauche, ainsi que M. Ravaisson croit l’avoir.établi.
- —On vient de faire une intéressante découverte dans l’église de Rouvres que restaure en ce moment la commission des monuments historiques. En dégageant la fenêtre centrale de l’abside qiu depuis fort longtemps était fermée par de la maçonnerie, les ouvriers ont mis au jour une fort belle statue de pierre de plus de 2 mètres de hauteur, représentant saint Jean-Baptiste, le patron de l’église, et paraissant dater du quatorzième siècle. Sous la peau de mouton qui l’enveloppe presque entièrement, on devine, dit le Journal des arts, un corps robuste et d’un canon tout antique; la main gauche tient une sorte de cadre quadrilobé, sur lequel est posé l’agneau caractéristique du Précurseur ; les chairs sont légèrement -teintées/ Saint Jean découvert à Rouvres est un des chefs-d’œuvre de la statuaire bourguignonne. Il n’en est que plus intéressant de signaler le singulier traitement qu’on avait, au dernier siècle, fait subir à cette statue. Elle était placée dans la baie centrale de l’abside, lorsque, en 1771, un architecte trouva avantageux de boucher la fenêtre. Au lieu de transporter ailleurs la statué, il se contenta de la décapiter, parce que sa tête inclinée dépassait le plan de la muraille, et d’abattre toutes les autres parties saillantes qui eussent gêné l’établissement de la nouvelle boiserie. 11 eut heureusement l’idée d’employer comme matériaux de remplissage ces débris vénérables et il enfouit le tout, tronc, tête et bras, dans un massif de maçonnerie. Il est difficile d’imaginer un acte de vandalisme plus caractérisé. Mais, grâce à l’ingénieuse économie de cet homme de l’art, le Saint Jean-Baptiste nous est parvenu complet, sinon intact, et il sera possible de remettre en état cette belle sculpture sans qu’o» ait à craindre les fantaisies toujours inquiétantes des restaurateurs-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Communications. — M. Ch. Comte, à Paris, nous envoie les considérations suivantes à propos du naufrage de la Bourgogne : 1° Signaux intermittents des petits voiliers insuffisants; 2° les cloisons étanches actuelles font chavirer les bâtiments, qui ne coulent plus à plat comme jadis ; 5° remède : le pont construit de façon à se détacher de la coque et à flotter. — 1° D'après la déposition de la femme du capitaine anglais le voilier se serait contenté de ne faire siffler sa sirène qu’à intervalles d’une minute bien qu’il se soit aperçu qu’un bateau n’était pas loin. La différence de puissance des signaux permettait en effet au voilier d’entendre de fort loin la forte sirène du transport tandis que celui-ci a pu parfaitement, entre (feux signaux du voilier, s’en approcher assez pour l’aborder avant d’être prévenu de sa présence (avant pu parcourir dans ce temps plus d’un quart de mille). Donc nécessité en cas de brouillard, surtout pour les bâtiments de faible tonnage, de signaler leur présence sans interruption dès qu’ils s’aperçoivent qu’un autre bâtiment est dans les mêmes parages. — 2° Les cloisons étanches telles qu’elles sont disposées latéralement tendent à faire chavirer le bâtiment du côté abordé; déplacement forcé du centre de gravité. Les anciens bâtiments coulaient le plus souvent sans prendre de bande et le sauvetage était plus facile. D’ailleurs les mécaniciens hésitent à faire fermer les portes des soutes dès la collision, ne voulant pas condamner à mort de leur propre chef les malheureux soutiers qui sont occupés au fond des soutes et qui n’auraient pas eu le temps d’en sortir. — 3° H est difficile de faire des cloisons étanches transversales, à cause des machines, des communications, etc. — Pourquoi ne chercherait-on pas à construire le pont, la dunette, etc., de façon qu’au moment où le bâtiment coule, ou même avant, dès qu’il prend de la bande, les parties supérieures du bâtiment s’en détachent et se mettent à flotter. Tout le monde sur le pont, on ferme les portes, on coupe les amarres, et le pont ou les fragments de pont descendent à l’eau grâce à la bande qu’a prise le navire avec les gens qui y sont accrochés. Les radeaux, les cages à poules, qui se trouvent actuellement sur les navires remplissent déjà en partie ce rôle et bien des gens doivent à ces objets flottant au hasard leur vie, quand pour des raisons quelconques les chaloupes n’ont pu leur servir de refuge. La Compagnie des chemins de fer du Nord a fait pour ses wagons quelque chose dans ce genre ; le caisson n’est retenu au bâti du wagon que par des boulons fragiles. En cas de collision le caisson est projeté de côté et les voyageurs un peu bousculés et meurtris échappent à l’écrasement, au feu et à la mort.
- M. Ch. Buhot, à Bois-Colombes, nous a envoyé un spécimen assez rare de cerise triple qu’il a cueillie dans son jardin.
- MM. B. Renault et A. Roche, nous ont fait parvenir un exemplaire d’une notice qu’ils viennent de publier Sur la constitution des lignites et les organismes qu’ils renferment.
- M. le Dr P. Dodero, professeur suppléant à l’Ecole de Médecine de Grenoble, nous transmet quelques réflexions à propos du naufrage de la Bourgogne et des abordages en général.
- M. A. Klossowsky nous a envoyé une brochure ayant pour titre : Annales de l’Observatoire magnétique et météorologique de l'université impériale à Odessa. Cette brochure contient un compte rendu des observations faites dans cet Observatoire : observations astronomiques, magnétiques absolues.
- Renseignements. — M. R. Lemaître, à Charleroi. — Vous trouverez tous ces albums et cartons chez M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. L. Tissier, à Paris. — Il est certain que la sirène pourrait, avec des signaux conventionnels, indiquer la direction d’ut^ navire à un autre ; mais il est nécessaire que les signaux soient entendus et c’est ce qui n’arrive pas le plus souvent.
- L’abonné 3465, à B. L. V. — 1° Vous trouverez divers ouvrages à la librairie agricole de la maison Rustique, 26, rue Jacob, à Paris. — 2° Adressez-vous au directeur du Jardin d’Acclimatation, à Paris.
- M. R. Blampignon, à Paris. — Nous n’avons pu trouver aucun renseignement relatif à l’article dont vous nous parlez.
- M. E. Baronnet, à Bordeaux. — L’air liquide n’est encore qu’un produit de laboratoire; on ne le trouve pas dans le commerce. Le prix de revient est actuellement de 2 francs le kilogramme. Le prix sem notablement abaissé quand on jxmrra s’en procurer facilement.
- M. le comte Puslowski, à Albertvn. — Veuillez consulter la liste des ouvrages photographiques publiés par la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. le comte del Valle, à Vergara. — Cette adresse a déjà été donnée dans les numéros précédents.
- M. H. Picard, à Reims. — 1° M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris, a publié une brochure sur la bobine de Ruhmkorff. — 2° Ces petits livres sont le recueil de toutes les recettes publiées dans le joqrnal.
- M. A. B. C., à Bruxelles. — 11 n’est pas possible de fixer à distance le prix d’un tel objet; il faut consulter un marchand d'antiquités.X — - ,
- M. M. Gascia, à Richebonne. — 1° En grand nombre de systèmes analogues ont .déjà été employés. — 2° 11 faut s adresser à une agencé de brevets et lui remettre une description détaillée.
- M. Gayard, à Paris. — 1° Vous trouverez des hygromètres ortatifs chez M. Bemichel, 24, rue Pavée-au-Marais. — 0 Adressez-vous à la Société l'Eclairage électrique, 27, rue de Rome. — 3° Les conduits doivent être en terre cuite.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Le Bœuf, à Caen. Nous avons indiqué divers moyens de peindre sur le ciment dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie. — M. E. C-, à Paris. Voyez le même petit livre que ci-dessus, lre série, à la même librairie. — M. E. H., à Liège; M. E. Fournier, à Dijon. Bemeicicments pour votre communication.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Contre l’anémie.
- Le fer et le quinquina sont les remèdes classiques des anémies sous toutes les forme; et la liste serait longue des vins toniques de tous genre;, des pilules et composés pharmaceutiques conseillés dans ce cas. Le l)r Agner de Stockholm remet en honneur un traitement plus simple : c’est un vieux remède oublié et qui a fait ses preuves. 11 en a obtenu d'excellents résultats. L’ortie vulgaire, Vurtica divica, constitue un moyen très efficace de combattre ces altérations du sang qui conduisent les adolescents aux troubles plus ou moins graves de l'anémie. L’ortie peut s’employer fraîche ou sèche ; il est plus agréable de l’employer fraîche et d’en faire, comme en Suède, un mets de table, une soupe. Après avoir nettoyé les sommets des tiges, fraîches, on le; ébouillante, puis on les hache finement et on en fait une soupe comme celle aux herbes ordinaires. A l’état sec, il faut une décoction que l’on boit comme tisane. Le moyen est simple, peu coûteux et semble d’après les faits connus, très efficace. Dr X.
- ' Traitement de la chlorose par les bains chauds.
- M. Rosin (de Berlin) recommande, quand la médication habituelle de la chlorose est d'une application trop difficile, de faire prendre des bains chauds à 32°, d'une durée de 20 minutes environ, répétés 3 fois par semaine et suivis chaque fois d’une affusion froide. Ces bains chauds lui paraissent indiqués surtout dans les cas de chlorose accompagnée de douleurs thoraciques, douleurs que l’on considère généralement comme étant de nature névralgique mais qui, d’après l'orateur, sont d’origine musculaire.
- Agent anesthésique local.
- Pour les petites opérations telles qu'extraction d'une dent, ouverture d’un panari, ponction, etc., un excellent anesthésique local et des plus pratiques est le suivant: Dans un petit flacon, on introduit le tiers de sa capacité de camphre pulvérisé et on remplit le reste d’éther sulfurique ordinaire. Avec cette solution on frictionne légèrement pendant une minute environ l’endroit où le bistouri doit agir. Puis il faut se hâter d’opérer. Ce moyen simple et pratique ne manque jamais son effet. Le* camphre peut être employé intérieurement comme agent anesthésique contre les névralgies. J’ai obtenu plusieurs fois d’excellents résultats en faisant simplement mastiquer du camphre aux malades souffrant de névralgies faciales. Le remède n’est pas infaillible, mais peut amener un sérieux et durable soulagement. Dr Gavdix.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intiressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les Questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date delà livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Porte-papier à cigarettes à effeuillage automatique. — Les fumeurs se plaignent en général de la difficulté qu’ils éprouvent pour détacher du cahier les feuilles de papier à cigarettes qui, extrêmement minces, adhèrent les unes sur les autres de sorte qu’il arrive souvent qu’au lieu d’une, on en
- Porte-pajier à cigarettes à effeuillage au (on alique. —1. Vue d’ensemble.
- 2. Mode d’emplci.
- arrache plusieurs : de 'plus, les personnes qui n’ont pas les doigts bien agiles ne peuvent souvent, surtout lorsqu’il fait froid, détacher ces feuilles. On a déjà bien essayé de remédier à cet inconvénient par de nombreux systèmes automatiques. En voici un nouveau. Le poi te-rouleau que nous montre le n° 1 du dessin de la forme d’un cahier de papier à cigarettes, se compose de deux parties qui s’ouvrent au moyen d’une charnière, ce qui permet de remplacer les cahiers de rechange avec facilité en faisant entrer dans les petits trous du bas une tige pointue placée en bas vers la charnière. La partie supérieure est sur le couvercle et dans une ouverture montée dans un support à ressort se trouve installé un petit rouleau en caoutchouc en forme de peigne, de telle sorte qu’en faisant rouler à l’extérieur ce petit rouleau avec le pouce, les rainures entraînent la feuille supérieure du cahier. Le support à ressort permet de faire avancer jusqu’à la dernière feuille, le rouleau étant d’un diamètre suffisant pour dépasser le couvercle quand même il entrerait jusqu’au fond de la boîte. Les fumeurs n’ont donc qu’à acheter un seul étui et, par la suite, des cahiers de rechange pour garnir au fur et à mesure de leurs besoins. — Le concessionnaire pour la France, de cette nouveauté, est M. Kratz Boussac, 3, rue Saint-Laurent, Paris.
- Pulvérisateur de poche. — Ce nouveau pulvérisateur, d’un faible volume, se compose d’un corps de pompe, d’un piston et d’un bouchon. Le corps de pompe est formé par un cylindre métallique fermé à sa partie inférieure, ouvert à sa
- Pulvérisateur de poche. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Mode d’emploi,
- partie supérieure et renfermant de l’air. Le piston creux porte à sa partie inférieure une coupelle en cuir destinée à former joint avec le corps de la pompe pendant le déplacement du piston ; à l’intérieur de ce dernier est placé un petit tube incliné communiquant à sa partie inférieure avec le corps de pompe et venant déboucher à la partie supérieure en regard
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- d’un évidement du bouchon. Cette dernière pièce est munie d’une partie filetée, creuse à l’intérieur, s’engageant dans l’écrou de la partie supérieure du piston et assurant ainsi la fermeture; une rondelle de caoutchouc placée entre les deux surfaces permet d’obtenir l’étanchéité. Le plateau supérieur du bouchon est percé en son centre, et dans le prolongement de cet orifice se trouve un tube plongeant dans le liquide contenu dans le piston ; une navette placée sur le plateau et pouvant osciller autour d’un point fixe permet de fermer l’orifice de sortie du liquide. Le piston placé dans le corps de pompe est rempli de liquide, on visse le bouchon ; en faisant ensuite descendre le piston, l’air comprimé dans le corps de pompe monte par le tube, incliné et vient faire pression sur le liquide du piston qui s’échappe alors par le tube central; chaque déplacement du piston produit une nouvelle sortie de liquide pulvérisé jusqu’à ce que l’appareil soit vide. — Ce nouveau pulvérisateur se trouve chez M. P. Bertrand, 19, rue d’Hauteville, à Paris.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Ocrage des plaques.
- Pour éviter le halo qui se produit quand on photographie un intérieur et que l’objectif se trouve en face d’une fenêtre, ou même quand un arbre se détache sur un ciel pur, il est indispensable de mettre la couche sensible dans certaines conditions évitant le retour des rayons lumineux qui, après l’avoir traversée, reviennent sur eux-mêmes et produisent cette tache noire qui rend le cliché à peu près inutilisable. La question a été étudiée depuis longtemps et, au temps du collodicn, on employait déjà un artifice auquel il est lion de revenir. Il consiste à enduire le dos de la plaque d’une substance qui absorbe le rayon lumineux, lin amateur" photographe très habile, M. Drouet, a remis en usage à cet effet me ancienne formule qu’il a modifiée ainsi après expérience. On mélange à sec :
- Ocre rouge ordinaire en poudre. . 300 grammes,
- Dextrine....................... 50 •—
- Puis on ajoute peu à peu, en remuant, un mélange de :
- Eau............................ 50 grammes.
- Glycérine à 30°^ . 5 cc.
- On passe ensuite le tout dans un tamis en chauffant très légèrement pour rendre le mélange plus fluide. On étend cet enduit sur le dos des plaques au moyen d’un pinceau large et plat dit queue de morue, et on laisse sécher dans le laboratoire; il faut environ 7 à 8 heures, Ce séchage un peu long pourra gêner quelques amateurs qui ne disposent pas d’une place convenable pour l’effectuer dans l’obscurité; aussi, nous allons leur indiquer une autre formule, préconisée par M. Garbe, qui malgré l’absence de glycérine ne s’écaille pas et qui sèche en
- un quart d’heure environ :
- Ocre rouge en poudre................100 grammes.
- Gomme arabique pulvérisée. ... 30 —
- On mélange intimement dans un mortier, puis on ajoute ;
- Eau.................................. 50 grammes.
- Alcool à 90°......................... 00 gouttes.
- On étend de la même façon au pinceau. Ces deux enduits s’enlèvent facilement avec une éponge au moment du développement; on peut même, si l’on ne conserve pas le bain, y mettre la plaque telle (pie et laisser l’enduit partir dans celui-ci, mais en général il vaut mieux l’enlever avant. ...-
- Voici enfin, pour ceux qui voudraient aller encore plus vite, la formule de M. Goddé, qui emploie un enduit chaud qui sèche presque instantanément :
- Cire à parquet................25 grammes.
- Paraffine. ...................55 - |
- Huile de vaseline ....... 55 —
- Terre de cassel...............50 !
- On fait fondre d’abord, au bain-marie, la cire et la paraffine dans l’huile, puis on ajoute peu à peu la terre de cassel, et on remue pour assurer un mélangé bien intime. Au moment du développement on enlève cet enduit avec un couteau à papier, pour pouvoir suivre le développement, sauf à procéder à un nettoyage plus complet quand le cliché est sec. Aous engageons beaucoup les amateurs à essayer l’ocrage et ils constateront,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- même dans le paysage ordinaire, une amélioration sensible de leurs clichés.
- Un nouveau fniblisseur : le persulfate d’ammoniaque,
- MM. Lumière et Seyevetz ont communique dernièrement à l’Académie, une Note au sujet de l'action du persulfate d’ammoniaque sur l’argent réduit, et ont indiqué une application pratique de cette action à la photographie. Quand on a un cliché voilé, ou trop développé, on le diminue ordinairement d’intensité au moyen du réducteur de Farmer qui est un mélange de ferricyannre de potassium et d’hyposullite. L’action est très rapide, trop rapide même quelquefois, et les demi-teintes sont souvent, sinon détruites, du moins sensiblement atténuées.
- Le persulfate semble agir sous la couche, et dans toute son épaisseur, sur les parties les plus opaques, en conservant les demi-teintes; il permet de corriger les effets d’un développement trop poussé et par suite de tirer parti des clichés qui manquent de pose, car on peut en pousser le développement à fond pour avoir le maximum de détails, sauf à baisser ensuite les parties trop venues. On emploie une solution de persulfate à 5 pour 100 dans l’eau, et on y plonge le cliché, ou bien on applique au pinceau sur certaines parties; l’affaiblissement se fait lentement et on le suit par transparence. On arrête l’action en plongeant le cliché dans une solution à 10 pour 100 de sulfite de soude et on lave ensuite comme d’habitude. Il est indispensable avant de commencer l’opération de bien laver pour enlever l’hyposulfite. G. M.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 juillet 1898. 18*,2 N. E. 0. Beau. 0,0 Beau.
- Mardi 19 17e,2 N. 0. Couvert. 0,0 Nuageux de 11 à 19 h.; couvert avant et après; halo; très brumeux.
- Mercredi 20 14°,2 Calme. Couvert. 2,7 Couvert jusqu’à 19 h. ; quelques nuages ensuite ; pluie à diverses reprises jusqu’à 14 h.
- Jeudi 21 14*, 7 E. 2. Peu nuageux. 5,9 Nuageux de 7 à 19 h. ; beau avant et après; halo.
- Vendredi 22 18*,1 S. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Nuageux.
- Samedi 23 16",1 S. W. 3. Nuageux. 0,0 Nuageux, un peu de pluie à 11 h.
- Dimanche 21 ... . 17*,7 W. S. W. 2. Couvert. 0,2 Couvert; pluie fine à 9 h. 25 et 10 h. 10.
- JUILLET 1898. — SEMAINE DD LUNDI 18 AD DIMANCHE 24 JUILLET.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages. — Les 19 et 20 juillet, dans la journée, la pluie est tombée en grande abondance sur Paris. Le 19 juillet, dans la soirée, à Coire, un violent orage a éclaté; la foudre est tombée sur un magasin de la poudrière fédérale, qui a sauté avec un bruit terrible. Il n’v a eu aucun blessé. Le 20 juillet, dans l’après-midi, à Vienne, un violent orage a sévi pendant 40 minutes sur la région. La grêle a causé de grands dégâts dans la ville et la campagne.
- A la mè ne date, une série d'orages s’est abaltue sur la région Sud-Est de Lyon. La pluie diluvienne était sur certains points mêlée de gros grêlons qui ont causé de graves dommages, surtout aux blés qui ne sont pas encore tous coupés. De nombreuses communes des cantons de Meyzieu ont été ravagées ; on a ramassé de nombreux grêlons dépassant 25 grammes ; toutes les vitres des ciels ouverts ont été brisées. Un orage avait éclaté la veille sur Villefranche et une partie du Beaujolais; les vignes ont beaucoup soul-
- feit, dans les communes de Rivolet, Saint-Salien, Cogny, Lacenas, mais surtout de Doncé où tout a été détruit.
- Le g2 juillet, à 2 heures, un violent orage a éclaté sur la haute vallée de Doux, près de Privas. La ligne de Lamastre à Tournon a souffert en plusieurs endr dis. La gare de Lamastre a été complètement inondée. La grêle est tombée sur plusieurs villages, causant d’importants dégâts. Une maison d’habitation a été incendiée à Lamastre par la foudre.
- Un bolide. — M. P. Déguilhem, à Monbahus (Lot-et-Garonne), nous signale l'observation qu’il a faite d'un phénomène lumineux dû probablement à un bolide. Le 17 juillet dernier, à 9 heures du soir, il a vu une traînée lumineuse couleur rouge oranger vif partant à un mètre de la grande ourse et finissant à un mètre au delà de la même constellation. Le phénomène s’est terminé par l'apparition d’une masse violette très vive, de la grosseur de la tète, suivie immédiatement d’une explosion avec projection de corps lumineux de couleur bleu pâle mais très vif; Le phénomène a duré environ cinq secondes.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 18, à 7 h. 56 min. du soir.
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- N° 1314 (6 août 1898), du journal «LA NATURE»
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “ LA NATURE”
- DANS LE PLATEAU CENTRAL
- (CAUSSES DU LOT, DECAZEVILLE, CANTAL. GORGES DU TARN, ETC. — 4 août-16 août 1898,)
- A l’heure où nous mettons sous presse se réunissent à Roca-madour les abonnés de La Nature qui vont, sous la direction -de M. Boule, accomplir le voyage si pittoresque que nous avons organisé dans le Plateau Central et les gorges du Tarn.
- L’accueil chaleureux qu’ils ont bien voulu faire à notre première excursion nous prouve que notre idée était bonne. Nous regrettons que les ressources du pays ne nous aient pas permis d’emmener un nombre de personnes supérieur à quatre-vingts. Nos excuses et nos regrets à ceux que nous avons été obligés de refuser. Voici les noms de nos excursionnistes :
- . M. Auzou (Emile). — M. et Mme Bardot (H.). — M. Barrot (Frédéric). — M. Bertrand-Guénot. — M. Borelli (François), père. — M. Bouelll (François), fils. — M. Borelli (Jérôme). M. Borelli (Georges). — M. Boule (Marcellin), Assistant au Muséum d’Histoire naturelle de Paris, Directeur scientifique de l’Excursion. — M“8 Bourion, Professeur à l’Ecole primaire supérieure de Pont-à-Mousson. — Mra0 Bourion. — M. Castellan (Raymond). — M. des Chaumes (A.), Élève à l’École Centrale. — M. Conty (Gaston). — Coste (Geo.), Notaire. — M. l’abbé Coupé (Joseph), Aumônier-adjoint de la prison centrale de Gand. — M. et Mme Cru (Georges). — M. Cuvelier (Félix). — Mmo Dadu. — M. Denys (Roger), Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées. — M. Denys (Charles), Elève à l’Ecole polytechnique. — M. Desforges (L.), Pharmacien. — M. Deslandres (Paul), ancien Elève à l’Ecole des Chartes. — M. Desroches. — M. Dezaunay (Henry). — M. Diot ( mile), Professeur au lycée Condorcet. — M. Domange (A.).
- •—M. Dreyfus (Pierre-G.), Etudiant en médecine. —Docteur Durante (Gustave), Chef de laboratoire à la Maternité. — M,. Fernet (Emile), Secrétaire de l’Excursion. — M. Gay de la Chartrie (Roger). — M. Genet (Henri), Capitaine au i26e d’infanterie. — M. Genet (Emile). — M. Gilles (Eugène), Négociant. — M. Godard (Louis), Ingénieur des Ponts et
- Chaussées. — M. Hazard (Paul), Bâtonnier de l’Ordre des. avocats de Bourges, et Mme Hazard. — M"8 IIerbelin (Renée).
- — M. de Laforcade (P.). — Mm<> V8 Lemonnier (Paul). — M. Limbourg (François). — M. Mackenstein (IL). — Docteur Maere. — M. et M”8 Martinet (Eugène). — M. Martinet (Ernest), Professeur au Prytanée militaire de la Flèche.
- — M. Masson (Georges), Président de la Chambre de commerce de Paris. — M"8 Masson. — Docteur Mauricet. — M. Méyère (Paul), Sous-chef de la division de la comptabilité à la Cic de P.-L.-M.. — M. Miremont, membre de la Société chimique. — M. Monod (Pierre). — M. Moreau (Alf.).
- — M. Morel de Boucle Saint-Denis (Ch.)* —M. Muel (Ernest), Notaire. — Docteur Nivert. — M. Pallandre (Lucien), Artiste peintre. — M. Pensa (Charles). —M. Perrier (Hémy), Chargé, de Cours à la Faculté des sciences de Paris, et Mme Perrier.
- — M. Plarière (A.). — M. de Poncharra (Fernand), Elève.à l’École Centrale. —M. Ravaux (Etienne). —M. Ravaux (Henri).
- — M. Renard (Jacques). — M. Roncier (Alfred), Architecte.
- — M. Rousseau (Oswald). — M. Salet (Pierre). — Mme du Saray de Vignolle (G.). — M. Soudan (Charles). — M. Soudan (Eugène). — M“8 Ùlmer (Christine). — M. Yapereau (L.-G.).
- — Mme Yaudouer. — MIle Vaudouer (Jeanne). — M1Ie Vaudouer (Marie). — Mme Weill (Léon). — M. Weiix (Albert). —• M“e‘ \Yeill.— Docteur Wellenberg (P.).— M"e Winter, Directrice de l’Ecole normale de jeunes filles de Chaumont.
- Tout est organisé partout pour recevoir dignement les abonnés de La Nature. Il ne nous reste plus qu’à souhaiter à nos excursionnistes le beau temps indispensable à cette belle tournée et précieux pour les amateurs de photographie.
- Nous tiendrons du reste nos lecteurs au courant des différentes phases de l’excursion et nous reproduirons à cette place les télégrammes que nous recevrons des différentes localités visitées.
- INFORMATIONS
- —Un grave accident électrique s’est produit à Puteaux, le 28 juillet. On sait que dans cette localité et dans diverses localités voisines de Seine-et-Oise (Garehcs, Saint-Cloud), la distribution de l'énergie électrique est assurée par des courants alternatifs à 2400 volts. Le matin, un incendie s’était déclaré dans une usine à caoutchouc. Une poutre en bois prit feu et dans sa chute entraîna les fils électriques qui étaient fixés dessus et qui amenaient le courant. Les fils en tombant touchèrent un ouvrier qui resta foudroyé. Deux autres ouvriers, en voulant porter secours à leur camarade, tombèrent également. I/ingénieur, arrivé aussitôt, fit couper la communication à l’usine. •Où a déjà dit, à de nombreuses reprises, que les courants alternatifs à haute tension étaient très dangereux et qu’il ne fallait, en aucune circonstance, toucher les fils qui les conduisaient. Défense absolue de toucher aux fils et aux ouvriers foudroyés, sous peine d’être foudroyé soi-même. Il faut prévenir l’usine et faire arrêter le courant.
- —&— Les académiciens vont s’éclairer à l’électricité. Enfin! Depuis quelques jours, le palais Mazarin est bouleversé par des équipes d’ouvriers occupés à déloger les becs de gaz encore existants daus les cours et les couloirs. D'ici peu, tout vestige des anciens modes d’éclairage aura disparu.
- —Le premier bourgmestre de Vienne (Autriche) a reçu ces jours-ci à l’Hôtel de Ville les membres du congrès international des chimistes actuellement réuni à Vienne. M. Moissan a présenté au I)r Lueger les compliments de l’Université de Paris. Il a fait ensuite l’éloge de la ville de Vienne.
- —f$— M. Otto Bemberg vient de faire don au Jardin zoologique d’Acclimatation d’un Tamanoir de grande taille. Cet animal, plus connu sous le nom impropre d’ours fourmilier, a été placé dans la galerie des Hamadryas, où il excite vivement la curiosité des visiteurs. Sa nourriture consiste en œufs battus, mélangés à de la viande crue finement hachée.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- —M. Brebant, architecte de l’Institut Pasteur, vient d’être chargé de la construction d’un vaste édifice destiné à recevoir les laboratoires et les divers services d’un grand institut modèle de biologie qui s’élèvera rue Dutot, en face de l’Institut Pasteur. Le terrain sur lequel sera construit le nouvel Institut a été légué il y a quelques années par une dame demeurée anonyme au conseil «administration de l’Institut Pasteur qui, en acceptant ce legs, s’est engagé à faire bâtir, selon les clauses du testament, un hôpital annexe sur une partie du terrain concédé. Les travaux de tonuage et terrassement ont commencé la semaine dernière, et l’on peut prévoir déjà le moment où les nivellements étant terminés, pourront être jetées les premières fondations. Quelle que soit l’importance des bâtiments dont les plans ont été dressés par M. Brebant, cet architecte, nous disait M. Roux, espère pouvoir inaugurer avant 1900 le nouvel Institut de la rue Dutot. C’est avec le don magnifique de 2 millions, fait l’an dernier par Mme la baronne de Ilirsch, que sera construit puis entretenu linstitut biologique, les deux tiers ou au maximum les trois quarts du don devant être employés à la construction et aux aménagements, le reste réservé à l’entretien et au fonctionnement des services. On conçoit qu’avec une pareille somme il soit possible de créer un établissement modèle. Les projets et les plans ont d'ailleurs été conçus et arrêtés en collaboration par l'architecte et les professeurs de l’Institut Pasteur de telle façon que le nouvel Institut de la rue Dutot, soit, par ses perfectionnements, unique au monde. L’ensemble des bâtiments, institut biologique avec ses amphithéâtres, ses laboratoires et ses services et hôpital annexe, où seront mis en surveillance et traités les malades atteints des affections qu’étudie spécialement le docteur Roux, couvrira une grande superficie avec quatre-vingt-dix mètres dp profondeur. Le nouvel Institut sera comme l’Institut Pasteur,
- sous la direction du M. Duclaux, qui a désigné pour la direction div laboratoire de chimie biologique, M. Gabriel Bertrand. Les chaines> et services de biologie de la Sorbonne seront d’ailleurs transférés ultérieurement rue Dutot.
- — ®— Le Comité du sulfate d'ammoniaque, dont le président est M. W. G. Blagden, 4, Fenchurch Avenue, à Londres, propose un prix de 500 guinées pour le meilleur essai sur « l’utilité du sulfate d’ammoniaque en agriculture ». Les mémoires doivent être remis à M. Blagden le 15 novembre de cette année au plus tard. Ils devront être écrits en anglais, sur un seul côté du feuillet, et porter, suivant l’usage, une devise répétée sur un pli cacheté portant le nom' de l’auteur. Le manuscrit couronné restera la propriété du comité, qui se réserve, en outre, le droit d'acheter tout autre manuscrit présenté au concours pour une somme n’excédant pas 50 guinées.-
- —Ü— La Compagnie d’Orléans vient de soumettre, au ministre des travaux publics, les dispositions qu’elle pense adopter pour assurer-la traction du pont d’Austerlitz à la gare du quai d’Orsay. La traction, sera électrique, et le changement de machines se fera en 2 minutes à la gare d’Austerlitz. La locomotive à vapeur sera remplacée là par une locomotive électrique de 45 tonnes d’une puissance de 700 chevaux. Ces locomotives seront supportées par 4 essieux, munis chacun d’un moteur de 125 kilowatts. Chaque locomotive entraînera^ un train de 250 tonnes à la vitesse de 50 km à l’heure. Le courant sera amené à la locomotive par des frotteurs qui appuieront sur-un conducteur métallique au niveau des rails. L’usine génératrice, établie à Ivry, comprendra deux groupes de 1000 kilowatts à 5500 volts en courants triphasés. Deux sous-stations réparties sur la voie, transformeront ce courant en courant continu à 550 volts pour la traction. Une ligne spéciale à 450 volts sera réservée à l’éclairage.
- m’m- =?
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le bec de MM. Létang et Serpollet, s’adresser à M. Serpollet, 27, rue des Cloys, à Paris; le bec de M. Marbec se trouve chez l’inventeur à Aix, en Provence. Le bec de MM. Thuillier et Aubry est fabriqué à Nogent-en-Bassigny (Haute-Marne).
- Communications. — M. Georges Duclou, à Bordeaux, nous fait parvenir le journal Le Vin de Bordeaux, dans lequel il a fait paraître un article sur la pasteurisation des vins. M. Duclou reconnaît que la pasteurisation est utile aux vins malades et nuisible aux vins bien constitués.
- M. Péchenot, à Auxerre (Yonne), nous adresse une petite Note pour nous signaler les différents exercices d’acrobatie qu’il exécute sur une bicyclette. Sa Note est accompagnée d’une photographie le représentant monté sur une bicyclette, les deux bras étendus horizontalement et portant un gros poids sur chacun d’eux. Des exercices semblables ont déjà été faits à Paris.
- M. le Dr Albert, à X., nous signale un fait très curieux arrivé il y a quelque temps à M. Z., commerçant à Paris, avenue de la Grande-Armée. M. Z... rentrait chez lui et faisait pénétrer la clef de sa porte dans sa serrure, quand une très forte détonation se fit entendre. La clef était percée par la secousse et M. Z. ressentait à l’index une vive brûlure. En examinant la clef qui est creuse, on s’aperçut qu’un morceau d’allumette en cire, dite « bougies » tombé dans la poche de M. Z. était allé se loger dans la clef. L’explosion avait été provoquée par le choc du guide de la serrure contre la composition chloratée, et la paroi de la clef avait cédé à la pression du gaz. Ce fait démontre qu’il faut surveiller ses poches et ne pas y laisser tomber d’allumettes bougies.
- M. Putois, à Paris, nous écrit la lettre suivante : « Nous avons lu, mes camarades et moi, la lettre de M. Duchamps, parue dans le n° 1311 du 16 juillet 1898, p. 110. Nous prenons la liberté de vous signaler un fait que vous pouvez faire vérifier. Il est très pénible d’apprendre- que le Jardin d’Accli-matation, qui devrait être le protecteur des petits oiseaux indigènes, est ravagé comme le bois de Boulogne. Mais ce qui est impardonnable, c’est que des employés, pas des jeunes, vous offrent des merles et des pinsons qu’ils ont dénichés dans le jardin. » Nous ne pouvons croire que les faits rap-
- portés par notre correspondant soient exacts; nous attendons une rectification des intéressés.
- Renseignements. — M. X., à Boaupréau. — Veuillez vous renseigner directement auprès des fabricants de compteurs : Compagnie continentale, Brunt, 15, rue Pétrelle; Compagnie pour la fabrication des compteurs, 16, boulevard de Yaugirard, à Paris.
- M. J. J. Graf, à Guebwiller. — Cette question n’est pas du ressort du journal; nous ne pouvons vous renseigner.
- M. E. D., à Paris. — Pour se préserver de la piqûre des moustiques, un des moyens est de passer sur la peau une lotion d’eau fraîche avec une goutte d’ammoniaque.
- M. A. Eymard, à Grenoble. — Les appareils qui ont été ûtilisés jusqu’ici ne sont encore que des appareils de laboratoire sur lesquels il est difficile d’avoir de plus amples renseignements que ceux que nous avons déjà donnés.
- M. L. K., à Régla. - Il faudrait vous adresser aux magasins de La Ménagère, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris; nous' ne pouvons vous donner ce renseignement.
- M. A. Lamy, à Genève. — Cette question est bien délicate; on l’étudie en ce moment de tous côtés; peut-être trouvera-t-on une solution?
- M. H. Vidal, à Vitry-le-François. — Nous avons fait connaître des recettes pour bronzer le fer et les canons de fusil dans les Recettes et Procédés utiles, Ire et 5e série, à la> librairie Masson et Cie.
- M. H. P., à Souk-el-Djemaa. — L’article paru dans le n° 1513 du 50 juillet 1898 a dû vous donner satisfaction.
- M. J. Retrou, à Paris. — 1° Cette application est possible; mais il faudra employer une batterie d’accumulateurs et prendre le courant nécessaire pour alimenter le bain de galvanoplastie. — 2" Adressez-vous à la Société L'Eclairage électrique, 27, rue de Rome, à Paris.
- M". A. R., à Evron. — Pour détruire les mouches, vous pouvez employer l’huile de laurier, les feuilles de marrube noir, le suc de certaines plantes amères, telles que la morelle,. la chicorée sauvage, les feuilles de noyer.
- M. Jourdain, à Paris. — Vous trouverez probablement ces renseignements dans l’ouvrage sur les Vernis, dans la collection des manuels Roret.
- M. A. M., à Louvain. — Ces calculs et ces détails pratiques n’ont pas été publiés.
- M. X., à Perreux. — Ces appareils sont efficaces dans certains cas.
- M. W. Kennigot, à Paris.— Ce système a été spécialement combiné par M. Bertillon et n’est pas dans le commerce.
- (La suite au prochain numéro).
- Accusés de réception. — Avis divers. — 3!ma T., à Nancy. Nous n’avons pas de recette spéciale à vous indiquer. — M. E. M., à X. Nous ne oouvons vous donner cette adresse. Tous nos regrets. —M. ü. L.,k Paris ; il/. Jonon, à Lille. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5° série, à la librairie Masson et Cis. — M. M. Car os in, à X. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédactîbn accueille les faits intéressants qui lui sont signalés .par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS1
- Stéréoscope de poche et stéréoscope de salon à chaîne interchangeable. — L’usage des appareils stéréoscopiques un peu délaissé revient maintenant en faveur chez les amateurs et on ne s’explique pas même pourquoi depuis l'apparition des plaques rapides au gélatino-bromure et l’emploi des petits formats il était resté si longtemps dans l’oubli. Quant au stéréoscope, ou appareil destiné à regarderies épreuves, on n’a eu, dans bien des familles, qu’à le prendre à l’endroit où il était relégué faute d’emploi. Sans qu’on y ait apporté des perfectionnements bien importants depuis qu’il existe, certains constructeurs ont cependant fait des modifications intéressantes
- Fig 1.— Stéréoscope de poche. — 1. Vue de l’appareil. — 2. Montage.
- qu'il couvient de signaler : voici notamment deux modèles, de genres très différents, fabriqués par M. Legendre. L’un est destiné à se mettre en poche pour permettre à l’amateur d’aller montrer ses œuvres même à ceux qui ne possèdent pas l’instrument nécessaire. La monture des oculaires (fig. 1, n° 2) est munie en son milieu d’une tige à pivot et charnière qui lui permettent de se rabattre complètement le long des oculaires ; elle porte une pince pour recevoir les images et une coulisse pour la mise au point ; sur le côté-est une poignée également à charnière et le tout une fois replié (fig 1, n° 1) se loge facilement dans une poche. L’autre appareil est loin d’être portatif, c’est plutôt un meuble ; il est du reste bien connu
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- Fig 2. — Stéréoscope de salon. — 1. Vue d'ensemble de l’appareil. 2. Cadre extérieur.
- sous le nom de stéréoscope américain (fig. 2, n° 1). Une chaîne sans fin portant un nombre plus ou moins grand de cadres en fil de fer (25 à 200 suivant les modèles) où se placent les images permet de les faire défiler sous les yeux l’une après l’autre en tournant simplement un bouton sur le côté de l’appareil ; les oculaires sont mobiles avec mise au point et souvent même à écartement variable. Mais quand on a plusieurs collections de vues, récoltées en différents voyages, on ne peut généralement pas les loger toutes dans le même appareil et il faut un temps assez long pour enlever celles qui s y trouvent et les remplacer par d’autres, aussi se contente-t-on souvent de laisser une collection en place et d’acheter un autre meuble pour les autres,
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- ce qui est assez coûteux. C’est pour remédier à cet inconvénient que M. Legendre a rendu la chaîne mobile en la montant sur un cadre en bois (fig. 2, n°2)qui se retire de l’appareil avec toutes les vues qui s'v trouvent et peut être immédiatement remplacé par un autre identique portant les autres vues et conservé dans une boîte en carton ; on peut de cette façon faire voir toutes ses collections en très peu de temps sur le même meuble*.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Élevage des lapins.
- Races. — Lapin commun : Robe variée, pelage assez court.
- Lapin argenté : Pelage assez long, doux, fin, gris, à reflets argentés, tète brun noir.
- Lapin russe : Taille moyenne, tête fine, oreilles petites. Robe blanche avec le nez, les oreilles et les pattes d’un noir velouté. Yeux foncés ou rouges, s’élève facilement, chair délicate, cinq portées par an de 6 à 8 petits.
- Lapin polonais : Entièrement blanc.
- Lapin angora : Taille du lapin commun, poils très longs et soyeux, toutes couleurs, les blancs sont surtout estimés.
- Lapin hollandais : Petit, poils courts, tête foncée ainsi que' la moitié postérieure du corps; cou, poitrail, épaules, pattes et museau blancs.
- Lapin géant des Flandres : Pèse 6 à 8 kilos, long, tète rondo, oreilles droites, poil gris d’ardoise ou gris fauve ; jeunes peu-* vent être mangés de 5 à 6 mois; chair excellente, très bons, pour les croisements.
- Lapin bélier : Oreilles énormes et tombantes, curiosité. f
- Lapin Saint-Hubert : Reproduit à 5 ou 0 mois ; 7 à 8 portées par an de 6 à 8 petits gris; roussâtre, corps svelte.
- Garenne. — S’établit dans un endroit situé, si possible, entre les terres à grains, les vignes et les bois de haute futaie, argileux ou sablonneux, non numide. Entouré de murailles' moyennement hautes et ayant lm,50 de fondation, on plante1 ronces, mûriers et pruniers sauvages, fraisiers, pinastres, framboisiers, genêts, groseilliers, genévriers. Comme herbe : laiterons, séneçons, chicorées, choux, laitue, fargons, navets, pois chiches. Pas besoin d’eau. Pour 5 à 6 hectares, mettre 100 mères pleines et une vingtaine de mâles. Dans les hivers rigoureux, on établit un hangar avec râteliers où l’on met du foin. On exploite en prenant les lapins avec un furet ou des pièges ou en les tuant au fusil.
- Élevage du lapin domestique. Clapier. — Espace clos entouré de murs, avec un petit hangar exposé au midi ou au levant, au-dessous duquel on met des râteliers. Sol sablé et propre. Les murs doivent avoir des fondations de lm,50. Chaque mère doit avoir une cabane de 0m,65 à 1 mètre en tous sens, élevée de 0m,20 du sol. Fond incliné d’avant en arrière. On y met un râtelier suspendu pour les fourrages, une auge pour le son ' et la graine, un vase avec de l’eau et une litière fraîche et ; propre. Les loges des mâles peuvent être plus petites : on peut' utiliser des vieux tonneaux que l’on place à côté ou les uns sur les autres. La porte doit être simplement grillagée.
- Nourriture. — Le matin et le soir, luzerne, sainfoin, trèfle, mélilot, lentilles, vesces, pois, haricots, liseron, chicorée, laitue, pommes, poires, glands, pommes de terre, carottes, panais, topinambour, blé, avoine, orge, sarrasin, son.
- Eviter de donner : renoncules, pavots, feuilles de chêne,' feuilles de tremble, feuilles de cytises, feuilles d’if.
- Ne jamais donner d’aliments mouillés. Saupoudrer de set; 2 à 5 fois par semaine (2 grammes par tête).
- Litière. — La paille doit être sèche et fréquemment renouvelée. Pour la mère : changement total toutes les trois semaines. Dans l’intervalle, on recouvre l’ancienne d’une nouvelle litière.
- Engraissement. — Voici les aliments à donner à un lapin pour lui faire gagner environ 1 kg 500 en 5 semaines :
- lro semaine, 1er repas : Pommes de terre cuites, son. 2e repas : carottes, céleri. 5e repas : betteraves, maïs cuit.
- 2e semaine, 1er repas : pâtée de pommes de terre, farine ' d’orge. 2e repas : maïs cuit, chicorée, laiterons. 5e repas : cerfeuil, avoine saupoudrée de sel.
- 5e semaine, 1er repas : pâtée de pommes de terre et farine d’orge. 2e repas : maïs cuit et tourteaux. 5e repas : Thym, * cerfeuil et pain trempé de lait.
- Mise a mort. — Violent coup de bâton sur la nuque, l’ani-
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- m;ii étant suspendu par les pattes de derrière. Ou bien on le prend par les extrémités et par la tête et on allonge violemment et brusquement.
- Peaux et poils. — On fait sécher la peau retournée et remplie de paille. Celles des lapins argentés et des lapins russes éjevés en liberté valent 1 franc à la fin de l’hiver. — Pour le lapin angora, on le peigne 4 fois par mois, quand l’animal a fi semaines. Plus tard, on arrache le poil à la main. Un seul peut fournir 500 grammes de duvet par an. Le kilogramme vaut de 18 à 20 francs.
- Maladies. — Démangeaisons : Elles sont produites par des parasites de la peau. On les fait cesser en insufilant au fond des poils de la poudre de Pyrèthre.
- Cale : On frotte les parties atteintes avec un mélange de 1 partie de baume du Pérou et de 4 parties d’alcool, ou avec de la pommade d’IIelmerich.
- Teigne : Enlever les croûtes par le grattage et les jeter au feu. Isoler les malades. *
- Gastrite vermineuse : Faire consommer aux lapins des feuilles fraîches d’absinthe, d’armoise on de tanaisie et répandre du sulfate de fer sur le sol.
- Gros ventre : Faire consommer aux lapins atteints, beaucoup de feuilles et d’écorces de saules. A défaut, employer de la spirée uhnaire, de la camomille, de l'absinthe, etc. Ne pas manquer de répandre partout du sulfate de fer pulvérisé (environ 100 grammes par mètre carré).
- Ladrerie : Ne se guérit pas.
- Péritonite : On la prévient par une bonne hygiène.
- Diarrhée : Soumettre l’animal à un régime sec.
- Morve : Les tuer et enfouir dans la chaux. Badigeonner le clapier avec du sulfate de cuivre à 5 0/0. Henri Coupin.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL
- 'Lundi 25juillet 1898. 17”,2 Calme. Couvert.
- Mardi 26 18”,6 E. N. E. 0. Peu nuageux.
- Mercredi 27 17”, 5 N. E. 1. Couvert.
- Jeudi 28 17”,2 N. N. E. 0. Peu nuageux.
- Vendredi 29 14”,5 N. W. 3. Très nuageux.
- Samedi 30 12”,5 N. W. 3. Couvert.
- Dimanche 51 ... . 10”,8 N. E. 2. Peu nuageux.
- PLUIE EN- MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 0,0 Couvert de 4 à 15 h. ; nuageux avant et après;.
- 0,0 Nuageux; éclairs du S. à TW. à partir de 22 h.
- 1,2 Couvert le m., nuageux le s. ; pluie de 3 h. 30 à 5 h. 30 ; éclairs au S.-S. S. E. à I h. * _ -
- 0,0 Nuageux le matin ; très nuageux le soir ; gouttes à 17 fi. ; halo.
- 11,0 Nuageux de 4 à 10 h. ; couvert avant et après ; pluie de Oh. 20 à 3 h.
- 0,0 Couvert le matin ; nuageux le soir.-
- 0,0 Peu nuageux jusqu’à 10 h. ; beau le reste du temps.
- JUILLET 1898. -- SEMAINE DU LUNDI 25 AU DIMANCHE 31 JUILLET.
- SSSSBS33SS333SSSSSSSSSSSSSBSS3SSSSSSS3SSSSSSSSSSSSSS3SSSSSSS
- 5S5SSg555S5S5SS5SS555SSSS5SBSSSSS55SSSSSSaKKSgS
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 « 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à- Vabri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Incendie par la foudre. — Un incendie causé par la foudre a détruit, le 27 juillet dans la matinée, le vieux château de Cressin-Rochefort, près Belley. Les dégâts ont été évalués à 50000 francs. Un habitant, M. Ducroit, âgé de soixante ans, a été tué par les décombres ; un pompier, M. Arnaud, a été grièvement blessé.
- La grêle dans l’Isère. — L’enquête faite sur les dégâts causés par l’ouragan de grêle qui s’est abattu sur l'arrondissement deYienne (Isère), le 20 juillet dernier, permet d’évaluer le chiffre des pertes causées aux habitants à 1 322 000 francs.
- In cyclone. — Un cyclone d'une grande violence s’est abattu, dans la nuit du 26 au 27 juillet, sur la région de Chàtfeaurenault (Indre-et-Loire), causant de très grands dommages aux récoltes sur un espace de
- 12 à 15 kilomètres de longueur sur une largeur de 3 kilomètres. Les vignes sont perdues et le nombre est incalculable des arbres coupés au ras du sol. A Châteaurenault, trois maisons ont été détruites. Il y a eu un grand nombre de toitures enlevées et de cheminées abattues. Les grandes cheminées en briques des tanneries Testu, Foucher, Froger, etc., en tombant ont écrasé les toitures des magasins et des chaufferies. Le grand hall h marchandises de la gare, construit depuis quelques jours, a été détruit au ras du sol. Les pertes sont immenses.
- Le 29 juillet, un cyclone s’est abattu sur la région de Gap. En peu de temps, il a causé un véritable désastre dans la vallée de la Durance. La couche des grêlons a été de plus de 30 centimètres de hauteur. Les blés encore debout ont été réduits en paille, les vignes ont eu leurs raisins et leurs feuilles entièrement arrachés, les arbres fruitiers et les jardinages ont été ravagés. Les dégâts sont très élevés à La Saulce et Remolloa. Dans cette dernière commune, ils dépassent 200000 francs.
- PHASES DE LA LUNE ; P. Q. le 26, à 1 h. 49 min. du soir.
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- 1315 (13 août 1898), du journal «LA NATURE»
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “LA NATURE”
- DANS LE PLATEAU CENTRAL
- (CAUSSES DU LOT, DECAZEVILLE, CANTAL. GORGES DU TARN, ETC. — 4 août-16 août 1898
- Les télégrammes que nous donnons ci-dessous et que nous avons reçus des différentes localités visitées jusqu’à présent par les excursionnistes de La Nature n’ont pas besoin de commentaires. Nos lecteurs verront que tout se passe comme nous l’avions prévu et que nos abonnés sont reçus partout avec enthousiasme.
- Decazeville, 5 Août.
- Tous nos excursionnistes sont bien arrivés. Tous sont armés d’appareils photographiques et prennent force vues du château, du village et des cnapelles de Rocamadour. La promenade de l'après-midi s’est effectuée par un temps splendide. La visite du gouffre de Réveillon a beaucoup intéressé. 31. Viré, administrateur délégué de la Société de Padirac, nous a fait les honneurs du gouffre qu’il est en train d’aménager. Dîner‘en plein air à la station de Rocamadour. Arrivée à Decazeville à 10 heures. La population venue en foule à la gare nous fait un charmant accued.
- Decazeville, 6 Août.
- La journée d’hier a été consacrée à la visite intéressante des mines et usines de Decazeville. M. Péquet, directeur des mines, assisté de ses ingénieurs, nous a fait visiter avec une bonne grâce parfaite les fours à coke, les ateliers de criblage et de lavage, les hauts fourneaux, les aciéries, les ateliers de puddlage, de masserie et de laminage. À notre passage dans l’intéressante tranchée de Lasalle une trentaine de puits de mines préparés à cet effet ont fait explosion et ce spectacle provoque une véritable débauche de photographies. La visite se termine par la coulée du haut fourneau qu’enthousiasme nos excursionnistes.
- Aurillac, 7 Août, 11 heures.
- Nous avons continué la visite de Decazeville par une descente
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- dans le puits Bourran. Nos quatre-vingts excursionnistes se revêtent de vêtements spéciaux à la grande joie générale. Visite intéressante sans accidents ni incidents. Dans l’après-midi treize omnibus font faire aux touristes une promenade sur les bords du Lot aussi pittoresque qu’intéressante au point de vue géologique.
- Le soir, la Direction du voyage a invité à dîner M. Péquet, directeur de la mine, MM. Jardel et Picancet, ingénieurs. M. Boule, en remerciant ces Messieurs de leur aimable accueil, leur a remis le produit d'une collecte faite par les excursionnistes pour la caisse de secours des mineurs et ouvriers en témoignage de leur reconnaissance. Le télégramme suivant a été envoyé à 31. Fayolle, directeur des mines de Commentry-Four-chambault et Decazeville, qui nous avait ouvert ses ateliers avec une si bonne grâce.
- « Excursion Nature très reconnaissante de l’accueil reçu à « Decazeville et enchantée de ses visites me prie être interprète « auprès de vous pour adresser remerciements. » « Roule ».
- Aurillac, 7 août, 6 heures soir.
- Arrivée à Aurillac ce matin à 10 heures. — Visite de la ville et repos bien gagné par suite des fatigues de ces deux derniers jours.
- Thiezac, 9 Août.
- Très jolie réception à Vie. Le Maire, la population, la musique, nous attendent à la gare. Visites de la source du Pas de Lacère de Curebrousse et de la Mongudo ont grand intérêt. A 5 heures lunch splendide à l’Hôtel de la Compagnie d’Orléans ; pendant dîner la musique et les choeurs font entendre les airs du pays. Après dîner illuminations au Casino, les paysans dansent la bourrée et danses du pays, enthousiasme général.
- INFORMATIONS
- —Le troisième congrès international de chimie qui vient de prendre fin, à Vienne, a décidé de se réunir la prochaine fois à Paris, <‘u 1900. Il a élu M. Moissan, de Paris, comme président perpétuel du comité international chargé des préparatifs pour la prochaine réunion du congrès.
- —$$— Le ministre de l’instruction publique a fait connaître à l’Académie de médecine, qu’un legs de 50000 francs vient de lui être fait par Mme Caroline-Elisabeth Bragayract, veuve Jacquemier.
- —®— Nous avons le regret d'annoncer la mort de M. Charles Garnier, l’éminent architecte de l’Opéra, grand officier de la Légion d'honneur. M. Charles Garnier n’était pas seulement l’architecte que rl’on sait; ce que l’on sait moins, c’est la bonté de l’homme, son dévouement pour tous ceux qui l’approchaient. Il était très aimé dans son entourage, et les plus humbles pour lesquels il avait été particulièrement bon le pleureront longtemps. Le jardinier de sa villa de Bordighera, en apprenant la fatale nouvelle, sans ordre, sans
- prévenir personne, débarqua à Paris le matin des obsèques pour conduire son maître à sa dernière demeure, apportant de gigantesques couronnes faites avec les fleurs de Bordighera. Et tous, amis et serviteurs, ont mêlé leurs pleurs sur cette tombe trop tôt ouverte.
- —Cent soixante-deux kilomètres sous un wagon. Et à toute vitesse encore — voilà un genre de voyage qui n’a rien d’ordinaire, rien de très confortable non plus. Un homme d’équipe de la gare de King’s Cross, à Londres, vient d’en faire la désagréable expérience. Il était occupé à graisser les freins d’un express qui allait partir pour Aberdeen (Ecosse), lorsque, surpris par l’heure, il s’aperçut non sanà effroi que le train démarrait tout à coup assez rapidement, et qu’il lui serait impossible de regagner le quai en passant entre deux voitures. Aussitôt notre homme, s’aidant des pieds et des mains, s’accroche avec sa ceinture à la conduite du frein, sous le châssis du wagon, et s’arc-boute contre les essieux. Pour comble de malheur, l’express dont il s’agit ne s’arrêtait pas avant la gare de Grantham, soit à 162 kilomètres de King’s Cross. Quand, après deux heures de course à toute vapeur, le train arriva à Grantham, les voyageurs ne furent pas peu surpris de voir surgir de dessous la dernière voiture un
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- 42 NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- employé aux regards ahuris, aux vêtements couverts de poussière, jurant — mais un peu tard •— qu’il ne s’y laisserait plus prendre.
- —On se souvient encore de cet accident cpii survint à la gare Montparnasse, où une locomotive dépassa l’arrêt, et enfonçant un pan de mur vint tomber sur la place. Un fait analogue s’est produit récemment à Versailles à la gare de la rive gauche. Cette gare est bâtie sur le même modèle que la gare Montparnasse. Ses voies sont surélevées par rapport aux rues avoisinantes d’environ 4 mètres, et les bâtiments se terminent en cul de sac, par une large verrière donnant sur l’avenue Thiers. Dernièrement, le soir, vers 7 heures, une machine refoulait vers l’extrémité de la gare, une rame de wagons non attelés destinés à former un train pour Paris. Lorsque la rame fut engagée sur la voie de formation du train, le mécanicien serra les freins, laissant les wagons continuer leur route. L’homme d’équipe qui se trouvait dans le fourgon de queue n’eut pas le temps ou ne songea pas, lorsqu’il ne fut plus qu’à quelques mètres du buttoir, à serrer le frein à vis qu’il avait à sa disposition. Les wagons, animés encore d’une assez grande vitesse, vinrent heurter violemment le buttoir, le culbutèrent, puis, traversant le trottoir, défoncèrent mur et vitrail ; le fourgon de queue, lancé dans le vide, vint alors tomber sur le boulevard, où il se cala, arrêtant les wagons qui suivaient. Il n’y a eu aucun accident.
- —Le Syndicat maritime de France, profondément ému par la catastrophe de la Bourgogne, et déplorant l’inefficacité des moyens actuellement en usage tant en France qu’à l’étranger pour prévenir de pareils sinistres, a décidé d’organiser un concours inter-
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La voitu-relle se trouve à la maison Deçàuville, 13, boulevard Malesherbes, à Paris.
- Communications. — M. Gros, à Cluny, nous envoie deux photographies « grandeur naturelle » d’un champignon — Lactaire poivré — qui présente un curieux cas de végétation superposée. 11 a joint le champignon à son envoi pour nous montrer les soudures du pied et du chapeau.
- M. Marchese Achille A fan de Rivera, député au Parlement à Onaggio (Italie), nous fait parvenir une brochure dont il est l’auteur et qui a pour titre L'utilizzazione dette forze idrau-liche e la trazion electrica sutle ferrovie.
- M. J. Hernandez, à Montpellier, nous fait connaître une grotte qui vient d’etre découverte tout récemment. 11 nous donne -les renseignements suivants : Cette grotte, qui paraît remonter aux plus anciennes dates de notre histoire, se trouve à environ 2 kilomètres des établissements de Saint-Pierre, non loin du gouffre de « l’Œil-Doux » et à environ 1 kilomètre (ligne droite) de la mer. L’ouverture, regardant le nord-est, se trouve derrière une touffe d’arbustes et sur le penchant d’une petite colline de la « Clape ». L’entrée est à pic dans le rocher et d’une profondeur de 3 mètres; on descend par des graduations de rocher, et l’intérieur se compose de plusieurs pièces : A droite, et d’une longueur de 6 ou 7 mètres, se trouve un endroit qui devait être la cuisine ; on voit très bien l’excavation qui servait de cheminée; de la suie est encore adhérente au rocher; à côté, un fourneau composé de 3 pierres pour soutenir un ustensile de cuisine : A gauche de l’entrée principale, une autre salle divisée elle-meme par de nombreux locaux ; à 4 mètres plus bas, un bassin d eau très profond dans le rocher; l’eau parait assez bonne. A coté et dans un angle de rocher, une cachette bien conservée; encore un peu plus bas, deux cryptes qui contiennent une grande quantité d’ossements humains, des crânes, des tibias. La voûte est décorée de beaucoup de stalactites, dont certaines parties sont merveilleuses à voir.
- M. A. Ruffin, chimiste à Tourcoing, nous adresse la photographie d’un arbre très curieux dit Tilleul du Joucquoy. Cet arbre phénoménal, situé en face de la ferme du Joucquoy à Aubers (Nord) occupée par le maire, M. Cordonnier \incent, a été planté, dit-on, en 1596; il mesure G mètres de circonférence. Vers 1721, M. Paul Dehcunin, alors propriétaire de la ferme, eut l’idée de planter un peuplier dans le tronc presque
- national à l'effet de rechercher : 1° Le ou les meilleurs moyens d’éviter les sinistres et principalement ceux résultant des temps de-brume. 2° En cas de sinistre, les meilleurs procédés pour assurer le sauvetage. Conformément à la décision prise dans cette séance, le Syndicat ouvre un concours international dans les conditions suivantes : Toutes les personnes désirant prendre part à ce concours-devront envoyer leurs plans, projets ou mémoires, au siège du Syndicat maritime, rue de l’Arcade, 16, avant le 31 décembre prochain. Le français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol et l’italien peuvent être employés par les auteurs. Ces mémoires, plans ou projets porteront une épigraphe reproduite sur une enveloppe cachetée renfermant le nom et l’adresse de l’auteur. Cette enveloppe ne sera ouverte qu’en séance du Syndicat, après le classement fait par le jury nommé à cet effet. Le Syndicat a d’ores et déjà reçu la promesse de sommes importantes à distribuer en prix eu argent aux projets, plans ou mémoires reconnus les meilleurs. Le Syndicat demande néanmoins à toutes les Compagnies, ainsi qu’aux particuliers qui voudront bien s’intéresser à la question, de verser des souscriptions qui seront reçues jusqu'au 1er octobre par M. Jules Rueff, vice-président du Syndicat maritime de France, 43, rue Taitbout, à Paris,-
- —A la suite de notre article sur le concours des fiacres, automobiles, nous aurions voulu faire connaître les divers résultats acquis. La Commission de l’Automobile-Club ne se réunira pas maintenant avant le mois d'octobre, et le rapport officiel ne pourra pas paraître avant celte époque.
- vide de ce tilleul. Le peuplier a actuellement lm,10 de tour. Malgré leurs 300 ans ces deux arbres sont encore très vigoureux.
- M. G. L. Pesce, à Bruxelles, nous envoie le texte d’une communication sur un bureau maritime international pour prévenir les abordages et les collisions en mer, qui a été lue dans la séance du 28 juillet du 7° Congrès international de navigation, à Bruxelles.
- Renseignements. — M. B. L., en Vendée. — Vous pourrez vous procurer tous les renseignements que vous désirerez sur les pêchers en plein vent en vous adressant à M. Vil-morin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris, à M. Paillet,, pépiniériste', vallée de Châtenay (Seine) ou à M. Bruneau, pépiniériste à Bourg-la-Reine (Seine).
- M. J. Aubry, à Rouen. -— Nous ne pouvons vous donner.de conseils à ce sujet; ces questions sont en dehors de notre compétence.
- M. J. M., à Bordeaux. — Pour un élément de ce genre, il faut compter de 0,5 à 1 volt.
- M. le D N., à Commercy. — Demandez ces renseignements à un journal de photographie, La Photographie française, par exemple, à la librairie Masson.
- M. E. Z. Vasselin, à Paris.— Nous n’avons pas l’adresse du M. Heirmann, et notre collaborateur qui nous a donné l’article est absent.
- M. A. Lefebvre, à Versailles. — Nous avons décrit autrefois un système de maisons démontables; il faudrait consulter les tables des matières. Adressez-vous à la Compagnie des constructions, 51, rue Lafavette, à Paris.
- Mn” M. Wolf, au Havre. — Vous trouverez de bons appareils à glace chez M. Schaller, 332, rue Saint-llonoré, aux magasins de La Ménagère, boulevard Bonne-Nouvelle, et chez M. Kratz-Bonssac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- M. Gaillard, à Paris. — Renseignez-vous à la librairie Dunod et Vicq, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Radoux, à Marolles. — Nous pouvons vous faire connaître les procédés que nous indiquons pour les meubles dans les Recettes et procédés utiles, lre série. On introduit dans les trous des meubles à l’aide d’une pipette une dissolution de sublimé corrosif, 8 grammes dans un litre d’alcool.
- M. Dumont, à Blois. — Les appareils et iilins de la Blair Caméra Company de Boston et les papiers Wellington se trouvent chez MM. Clément et Gilmer, 8 et 10, rue de Malte, à Paris.
- M. V. Callebant, à Termonde. — Pour chasser les fourmis, on emploie un gramme d’aloès qu’on fait dissoudre dans un litre d eau et on lotionne l’endroit où elles se trouvent. — L’odeur des feuilles d’absinthe, de basilic ou de lavande chasse aussi les fourmis.
- (La suite au prochain numéro).
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Baudrit, à. Paris. Nous ne connaissons pas ces divers procédés. — M. L. D., à Versailles. Avant d’entreprendre la construction de cet appareil, il faudrait en soumettre les plans à un ingénieur compétent. — M. D. G-, à R.; M. B. V-, à Lille. Voyez les Recettes et procédés utiles,. lresérie, à la librairie Masson et Cie. — il/. Delon, à Paris; M. Carjan, à Brest. Remerciements pour vos communications,
- Dans la « Boite une lettres » la Déduction accueille les faits intéressants qui lui sont signales par ses lecteurs, et donne de- son mieux les reti-seiym merits qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façonàrépondre a toutes- 1rs miestiims, ni à insère* imites les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi, qui précède la date delà livraison.
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- PETITES MENTIONS1
- Le bonhomme en eaoutehouc. — Il vient de paraître une'nouveauté bien simple et bien amusante, qui représente un bonhomme en caoutchouc formé de deux parties. A vide, comme le montre le n° 1 du dessin, on voit un corps frêle, une tète avec un nez qui s’allonge. Si l’on souffle dans le bonhomme, et qu’on le gonfle, on voit le ventre grossir et le
- Le bonhomme en caoutchouc. — 1. A vide. — 2. Plein d'air.
- nez s’allonger démesurément (r>°2). Ce qu’il y a encore de plus amusant, ce sont les transformations instantanées que l’on peut obtenir. Le bonhomme est en effet formé de deux parties, l’une en haut et l’autre en bas avec une sorte d’étranglement au milieu. Il suffit d’appuyer sur l’une ou l’autre partie pour faire dégonfler celle-ci et au contraire faire gonfler l’autre. On obtient de la sorte les plus curieux effets. — Le petit bonhomme en caoutchouc est en vente sur les boulevards et lés marchands de jouets, à Paris.
- Glacière. — Il existe déjà un grand nombre de glacières dans lesquelles on obtient le refroidissement par divers procédés chimiques des plus simples. Voici un nouveau modèle qui emploie directement l’acide carbonique comprimé dans des tubes que l’on livre à domicile. On sait que l’acide carbonique est employé pour monter et fairé servir la bière. Elle la rafraîchit et la rend plus légère à l’estomac. On a eu l’idée d’employer aussi l’acide carbonique pour la fabrication des glaces. L’appa-
- Nouvelle Glacière. —1. Vue d’ensemble. —2. Batteur.— 3. Co.ipe intérieure.
- reil utilisé se compose d’un cylindre intérieur (n° 3) dans lequel on place la matière à congoler, et dans lequel se trouve un batteur (n° 2) actionné par des engrenages mis en mouvement par une Uianiyelle. Autour est une enveloppe en fer battu. A la jiartie inférieure en C il y a un orifice d’arrivée pour 1 acide carbonique. On met la composition à glacer dans le cylindre intérieur ; on raccorde le tube d’acide carbonique à la glacière au moyen d’un écrou. On ouvre le robinet du tube d’acide carbonique et on tourne lentement le batteur. Au bout d’une minute, l’opération est achevée. On ferme le tube d’acide carbonique, on donne quelques tours de batteur, et on enlève la composition. On compte pour glacer 1 litre de 6 à 800 grammes d’acide carbonique dont le prix est de 1 franc le kg. La nouvelle glacière se trouve chez M. Georges Michel, 42, rue Servan, à Paris.
- La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiqi.es ett étrangère aux annonces.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité d'analyse des substances minérales, par Adolphe Carnot, membre de l’Institut, inspecteur général des Mines, professeur et directeur des Laboratoires à l’Ecole supérieure des Mines. Tome I, g. in-8° de 992 p. avec nombreuses gravures dans le texte. Ve Ch. Dunod.
- Nos terrains, par Stanislas Meunier, professeur de géologie au Muséum d’Histoire naturelle. 1 vol. in-4° avec 24 planches en couleur hors texte. Aquarelles d’après nature, par P. Gusman et Jacquemin. 260 figures noires dessinées par R. Victor Meunier et Bidoult. Armand Colin et Cis.
- Notre savant collaborateur a écrit là un livre de grand luxe certainement destiné à conduire vers l’étude de la géologie beaucoup d’adeptes. Le titre est modeste. If s’agit d’une œuvre géologique très ingénieusement comprise. La géologie sous la plume de M. St. Meunier n’est plus la science abstraite d’autrefois. M. Meunier l’a fleurie ; il l’a mise à la portée du grand public et il a montré qu’elle est bien utile à cultiver. Le bel ouvrage de M. Slanislas Meunier a un attrait particulier. 11 vient à temps pour rendre des services à tous ceux qui voyagent et qui désirent se bien rendre comp'e de ce qu’ils voient autour a’eux. Avec les magnifiques illustiations qui accompagnent le texte, cet ouvrage ne peut manquer d’avoir de nombreux lecteurs, et chaque lecteur séduit deviendra vite géologue.
- Ceiit ans aux Pyrénées, par Henri Béraldi. Paris, 1898. 1 vol! in-8°, ouvrage tiré à 300 exemplaires. '
- Voici un livre qui vient bien à propos pour être lu par les touristes admirateurs des Pyrénées. On y trouve des détails ignoréf sur le célèbre Ramond qui accompagnait, en 1787, le cardinal dè Rohan allant aux eaux de Carèges. Les Pyrénées ne tardent pa£ à enthousiasmer Ramond qui ne cesse, depuis, d'y faire de fréquent^ voyages. Il découvre le premier les principales cimes Pyréf néennes, entre autres, en août 1797, la fameuse brèche de Tuquef rouye et le mont Perdu.'Puis viennent des récits1 sur Parrot qui osait entreprendre l’ascension du pic de Netbou en 1817, et suf les lieutenants Hossard et Peytier qui gravissài’enf lè Balaïtous eii septembre 1826, etc., etc. L’ouvrage tout entier, est rempli, de documents inédits présentés par l’auteur, bibliophile bien connu
- Étude sur la population du département de l'Ain, par _J. Cor; celle. Opuscule de 100 p. Imprimerie du Courrier de l'Ain. Bourges.
- Cette étude est de notre collaborateur M. J. Corceile, agrégé-de l’Université, professeur à Annecy;' C’est un travail original, richij en documents de toute nature. Il serait à souhaiter que des écrivains de cette valeur publiassent pour chaque département ides monographies analogues. , j
- L’incendie. Ce que l’on doit savoir, ce que l’on doit faire. par F. Miciiotte. 1 vol. petit in-8°. Paris. 1898. Office tejelu nique, 21, rue Condorcet. Prix : 2,r,50. j j
- Renseiynements divers aux amateurs photographes, jr.)è
- G. Lanquest. 1 vol. in-16. 1, rue Gay-Lussac, Paris. Prix 3
- 2 francs. J
- I
- La France de demain, par Gabriel Bonvalot, Revue mensuelle, n° 1, 15 juin 1898. Paris, 26, rue de Grammont. Prix : I fr. 35.’ 1
- àS*
- Voitures automobiles. Éléments de construction, par
- MM. Milandke et Bouquet, ingénieurs. 1er volume public sous la direction de Ch. Vigreux. 1 vol. in-16. Paris. E. Bernard et Cie, 55 ter, quai des Grands-Augustins. Paris, 1898. j
- Les races jaunes. Les Célestes, par Edm. Planciiut. 1 vol. in-16 de la Petite Encyclopédie populaire illustrée. Librairie
- C. Reimvald, Schlèicher frères, éditeurs. Prix : 1 franc.
- La photographie de l’invisible. Les rayons X, par L. Aubert. 1 vol. in-18 de ta Petite encyclopédie populaire illustrée. Paris. Schleicher frères, éditeurs. Prix : 1 franc.
- Manuel pratique de l’éleveur de poules, par II.-L.-Alp*. Blanciion, 1 vol. in-18 de l’Encyclopédie Roret. Paris, L. Mulo, libraire éditeur, 1898. Prix : 3 francs.
- Petits clichés et grandes épreuves. Guide photographique du* touriste cycliste, par J. Bernard et L. Touchebeuf. 1 vol." in-8°. Paris. 1898, Gaulhier-Villars et fils, imprimeurs-libraires. Prix : 2'r,75.
- Les ennemis de l’Agriculture, parCALixTE Rampon. 1 vol. in-8'f, ; Paris. Berger-Levrault et Cie, éditeurs. 1898.
- Traité de Pisciculture, par A. Peupion, inspecteur adjoint des Forêts. 1 vol. in-8°. Berger-Levrault et Cie, éditeurs. Paris,
- I 1898.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- U
- L'ozone. Sa nature. Sa production. Ses propriétés chimiques et ses applications. Conférence faite par M. M. Otto, docteur es sciences. 1 brochure in-8°. Paris, G. Carré et Naud, éditeurs, 1898.
- La dynamo, par Christophe Volkert. 1 album avec modèle démontable en carton et description. Paris, E. Bernard et Cie, éditeurs, 1898.
- L’alcool. — Les vins. Traitement de la vendange et vinification. Les vinaigres, par M. F. Billon. 2 vol. in-16 de la Petite Encyclopédie de chimie industrielle. Paris. E. Bernard et Cie, éditeurs. Prix : l'r,50 chaque.
- Machines typographiques et procédés d’impression. Guide pratique du conducteur. Traité complet, par M. L. Mo met, avec une préface de G. Chamerot, président de la Chambre des imprimeurs-typographes, 58 édition, Paris, Gauthier-Villars et fils, 1898.
- Études sur la marine de guerre. *** 1 vol. in-8°. Berger-Eevrault et Ci0, libraires éditeurs. Paris. 1898. Prix : 5 francs.
- La nouvelle science géométrique. Géométrie du Cercle, par Joseph Fola Igurbide. 1 vol. in-8°. J. Roma, éditeurs. Barcelone. 1898.
- Voyage a Itaboca et à Tltacayuna. 1er juillet 1897. 11 octobre 1897. 1 brochure in-4°. Paris, A. Lahure 1898.
- Die Jungfraubahn. Electrischer Betrieb und bau, par MM. Wust-Kunz et L. Thormann, ingénieurs de la fabrique de machines d’Oerlikon. Une brochure in-8°. Zurich art. Institut Orell Füssli, 1898.
- Jowa geological survey Vol. VI, Report on lead and zinc, artesian ivells. 1 vol. in-8". Des moines, Publisheb for the Jowa geological survey, 1897.
- Monografia del Argon, par José Prats y Aymerich. 1 brochure in-8°. Barcelone. Tipographia La Académica, de Serra Her-manos y Russel. 1898.
- Dictionnaire de Chimie industrielle, par MM. A. M. Villon et P. Guichard, tome II. 1 fascicule in-8°. Paris, Bernard Tignol éditeur.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" août 1898 . 14*,0 N. E. 1. Beau. 0,0 Beau.
- Mardi 2 13%1 N. E. 1. Beau. 0,0 Beau ; très brumeux.
- Mercredi 3 17*,0 N. E. 0. Beau. 0,0 Beau; très brumeux; ensuite pluie jusqu’à 8 h.; halo.
- Jeudi 4 15* ,9 S. S. W. 3. Couvert. 0,0 Couvert le matin ; puis nuageux ; beau après 18 h. ; gouttes de 5 à 7 h.
- Vendredi 5 . 14*,9 S. S. E. 1. Beau. 0,7 Beau ; lialo.
- Samedi 6 16*,4 S. S. W. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 17 b. ; couvert ensuite ; éclairs au S. à 21 h.
- Dimanche 7 18*,1 S. S. E. 2. Nuageux. 0,0 Très nuageux ; gouttes vers 8 h. ; halo.
- A0UTM898. -- SEMAINE DU LUNDI 1er AU DIMANCHE 7 AOUT.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche | *
- La courbe supérieure indique ia nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent . courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à labn à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée. t
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages. — Le 30 juillet 1898, à Verschetz (Hongrie), un violent,'ouragan a causé des dégâts énormes. Un mur et le toit d’un magasin de la caserne de la landwehr se sont écroulés et sont tombés sur uu détachement de la landwehr qui rentrait à ce moment. Deux soldats ont été tués, un officier grièvement blessé, trois soldats Ont reçu des blessures mortelles. Un autre toit, enlevé par l’orage, a causé une mort et a blessé dangereusement plusieurs personnes. Eu tout 40 personnes environ ont été blessées et parmi elles plusieurs, mortellement. Les récoltes ont subi des dégâts considérables. L’ouragan â fait aussi; dit-on, des ravages terribles dans les localités voisines.
- Un orage épouvantable s’est abattu sur Confolens, le 3 août. En peu
- d’instants les rues ont été transformées en torrents. La foudre est tombée à trois reprises notamment sur la maison de M. Villatte, fondé de pouvoirs de la recette particulière, où elle occasionna de sérieux dégâts et faillit tuer Mme Villatte et sa fillette: Ces deux dernières se trouvaient dans la salle à manger quand la foudre y pénétra par un carreau, passant à quelques centimètres seulement d’elles, traversa la cuisine et disparut à travers la muraille après avoir réduit en miettes plusieurs ustensiles de ménage et brisé une plaque de cheminée.
- Tremblements de terre. — De fortes secousses de tremblement de terre se sont fait sentir à Corfou, le, 1" août 1898. Plusieurs maisons ont été lézardées. Secousses aussi le 6 août à Catane et à Messine.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 2, à 4 h. 38 min. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “LA NATURE”
- DANS LE PLATEAU CENTRAL
- (CAUSSES DU LOT, DECAZEVILLE, CANTAL, GORGES DU TARN, ETC. — 4 août-16 août 1898.)
- Murat, 9 Août.
- Traversée Lioran bien effectuée malgré légère pluie. Beaux sites, excitent admiration générale. F.
- Murat, 10 Août.
- Ascension du Puy Mary favorisée par très beau temps. Déjeuner champêtre au col à 1700 mètres d’altitude, très joyeux. Très intéressante conférence de M. Boule. F.
- Mende, il Août.
- Visite de Saint-Flour. Copieux déjeuner à l’Hôtel Courtiol. Visite du viaduc de Garabit avec très intéressante conférence de l’ingénieur Vinay. Arrivée à Mende. Réception enthousiaste de la population. Ville pavoisée et illuminée. Concert et punch offerts au théâtre par municipalité et administration France pittoresque. Allocutions maire et député chaleureusement applaudies. F.
- Sainte-Enimie, 12 Août 1898.
- Matin visite ville et musée de Mende. Départ pour Sainte-Enimie. Traversée du Causse de Sauveterre. Descente magnifique sur Ispagnac. Hospitalité gracieuse des habitants de Sainte-Enimie, pour suppléer insuffisance nombre hôtels. Une partie de nos touristes doivent coucher à Florac. F.
- Parville, Paris. Peyreleau, 15 Août.
- Suis absolument enchanté. Descente gorges du Tarn encore supérieure à toute description. Ne savons, pendant 12 heures de navigation, qu’admirer davantage intérêt phénomènes naturels ou scènes grandioses du paysage. Notre caravane répartie sur vingt barques forme escadre des plus pittoresques. Un des bateaux porte le pavillon de La Nature. Baignade involontaire, mais sans suites fâcheuses, au passage d’un rapide, d’une de nos charmantes excursionnistes. Journée coupée par excellent déjeuner servi au château La Caze, propriété du directeur de la France pittoresque, président section club Alpin Millau, venu exprès pour nous recevoir. J’explique votre absence qui excite unanimes regrets. Tous nos amateurs photographes travaillent à l’envi. Serez étonné richesses rapportées. Boule se multiplie, lui devons sincère reconnaissance. G. M.
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- Aigoual, 15 Août.
- Vous télégraphie observatoire Aigoual, 1567 mètres altitude. Journée hier bien passée, grotte Dargilan a étonné tous les touristes, le soir, fanfare de Meyrueis a donné aubade pendant dîner. Léger orage n’a pas empêché avoir beau temps aujourd’hui. F.
- Vigan, 16 Août.
- Dernière journée très réussie. M. Fabre fait avec grande amabilité honneurs observatoire Aigoual, panorama splendide a ravi tous excursionnistes. Dîner final très joyeux. On se sépare en se disant à l’année prochaine. F.
- INFORMATIONS
- —©— L’Association française pour l’avancement des Sciences vient de terminer sa session de 1898 à Nantes. Elle tiendra la prochaine à Boulogne-sur-Mer. M. le doyen Brouardel, vice-président en 1898, prend la présidence pour 1899. M. Loir devient secrétaire général. M. le général Sébert, membre de l’Académie des sciences, a été élu vice-président. C’est donc à lui qu’incombera la présidence en 1900. L’Association en 1900, année de l’Exposition, se réunira à Paris.
- —©— Nous apprenons avec regret la mort de M. Emile Roger, inspecteur général des mines en retraite, dont nous faisions connaître récemment ici les intéressantes études relatives aux distances respectives des planètes et de leurs satellites.
- —©— Beaucoup de journaux ont bien voulu signaler avec bienveillance l’excursion de La Nature dans le Plateau Central. Le Vélo encore cette semaine, par la plume de son rédacteur en chef, M. Pierre Giffard, nous félicite de notre initiative et reproduit les noms des excursionnistes. « Voici, dit M. P. Giffard, des Français intelligents qui ont peiné que douze jours en pleines vacances pouvaient être employés à mieux faire que de lancer des galets dans la mer, ou à regarder tourner les chevaux de bois. » Nous féliciterons d’autant plus volontiers La Nature et ses voyageurs, ajoute M. Giffard, que cette idée on l’avait eue aussi au Vélo. Mais L’excur-
- sion devait se faire naturellement en bicyclette, et les cyclistes ne voulurent rien entendre à ce projet qu’il fallut abandonner.
- —®— La course de 72 heures au Vélodrome du Parc des Princes s’est terminée par la victoire de l’Américain Miller. Comment qualifier de semblables prouesses ! Le dernier jour, son rival Frédérick l’avait dépassé de 17 tours, quand une défaillance malencontreuse lui fit perdre près de 26 kilomètres. Frédérick est resté 27 heures en selle sans descendre ; il tient le record sous ce rapport. Terron était resté 25 heures. Miller et Frédérick sont des champions d’une résistance extraordinaire. MM. les Drs Félix Régnault et Bianchi ont relevé les dimensions des organes, cœur, foie, etc., des coureurs avant.et après ces 72 heures de travail forcé. Nous reviendrons sur les modifications observées s’il y a lieu. Miller a couvert 1812 km en 72 heures; dans sa course”de 6 jours en Amérique, il avait fait 1864 km.
- —©— Un ouragan d’une violence inouïe s’est déchaîné, le 6 août, à 5 heures, sur Cologne. Pendant plusieurs minutes, des grêlons, — les plus petits de la grosseur d’un œuf de pigeon, les plus grands de 40 à 50 millimètres de dimension, — volaient, pareils à des balles, contre les fenêtres et les vitrines. La toiture en verre de la gare centrale a eu plus de 400 vitres, épaisses de 5 millimètres, et plus de 600 vitres ordinaires cassées. Les vitraux des églises ont été perforés. Dans les théâtres et les hôpitaux, on comptait les vitres cassées par centaines. Dans beaucoup de rues, les grosses vitrines des magasins ont été réduites en miettes. Un magasin de poupée»
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- a été spécialement endommagé : après l’orage, on aurait dit qu’une rande bataille de poupées avait eu lieu. Le Rhin présentait un aspect es plus sinistres, charriant des débris de maisons, toits, poutrelles, etc. Le nombre des accidents de personnes est incalculable. Une dame a été lancée dans le Rhin et c’est avec toutes les peines du monde qu’on est parvenu à la sauver. De nombreuses personnes ont été projetées par la violence de la tempête contre 1rs murs des maisons. D’autres ont été plus ou moins grièvement blessées par la chute des cheminées, des pierres et des ardoises. La petite ville de Poil, près de Cologne, ressemblait à une ville au lendemain d’un bombardement. Pas une maison qui n’ait eu à souffrir de l’ouragan. La tour de l’église de Poil s’est effondrée. De nombreuses maisons ont été éventrées, d’autres ne formaient plus qu’un tas de ruines. Un omnibus rempli de monde a versé, blessant plus ou moins grièvement les voyageurs. Un arbre déraciné est tombé contre une maison, enfonçant le toit et blessant mortellement deux enfants et une femme. L’un des enfants est mort.
- —Le 8 août, une pluie abondante est tombée à Paris, durant une partie de l’après-midi. Dans la baidieue, la tempête a renversé beaucoup d’arbres et de cheminées. A Levallois-Perret, un échafaudage d’une maison en construction a été renversé. La tempêtera sévi avec une violence extraordinaire sur le golfe du Morbihan et le littoral. De Vannes à Quiberon le vent a fait rage ; la mer toujours si calme
- devant Carnac et la Trinité était démontée ; à Kareck Lois, les arbustes, étaient tordus et les baigneurs pas plus que les pêcheurs ne pouvaient s’aventurer sur le rivage de Porendrou. A Quiberon, les vapeurs ont dû cesser tout service avec Belle-Isle où la bourrasque s’est également déchaînéè. Les rues étaient jonchées de débris d’ardoises et de nombreuses vitres étaient brisées. La tempête s’est également fait sentir à Angers, à Clermont-Fei’rand, à Nantes, à Concarneau, à Granville, à Brest, à Trouville.
- —®— La neige est apparue dans les Alpes le 11 août. Les sommités voisines étaient couronnées de blanc à partir de 1900 mètres d’altitude. Le Petit-Saint-Bernard a été couvert de plus de (30 centimètres de neige. Dans les pâturages élevés, les troupeaux ont souffert de ce brusque changement de température ; mais le soir la neige avait disparu sous les rayons ardents du soleil d’août,
- —Un circuit téléphonique doit relier prochainement Paris et Berlin. Les communications seront échangées par l’intermédiaire du bureau de Bruxelles, qui devient ainsi la clef des communications téléphoniques de l’Europe centrale. Le réseau bruxellois, depuis longtemps relié à la France, s’est accru, en ces derniers temps, des circuits Bruxelles-Amsterdam, Bruxelles-Aix-la-Chapelle-Cologne, Bruxelles-Luxembourg; le circuit Bruxelles-Londres est cm voie d’achèvement. La ligne à double lil de Paris à Berlin aura une longueur de 1000 kilomètres.
- Pour le
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- nouveau scaphandre Gordon, s’adresser à MM. Siebe, Gorman et C", 187, Westminster bridge Road, Londres, S. E. — Les moteurs électriques Holtzer-Cabot se trouvent chez M. Cadiot, 12, rue Saint-Georges, à Paris. — Pour les engrais pour plantes s’adresser à M. G. Truffaut, 50, avenue de Picardie, à Versailles. — La nouvelle arquebuse de pêche a été fabriquée par M. Donnet, 85 bis, rue Fazillau, à Levallois-Perret (Seine).
- Communications. — M. E. Moussard, à Bonnières, nous écrit : « Le phonographe est maintenant un appareil très répandu, son prix réduit le mettant à la portée de toutes les bourses. En province surtout lorsqu’il survient un accident au diaphragme qui est l’âme de l’appareil, on est souvent embarrassé pour réparer l’accident; rien n’est plus facile cependant, et l’on peut même en très peu de temps procéder à la réparation et continuer une audition commencée. Je ne parle ici que des appareils qui, comme ceux d’Edison, ont un diaphragme en verre ou en cristal. D’après les expériences que j’ai faites, on peut remplacer le disque en verre dont on sait la fragilité par un autre en carte mince (de visite par exemple), en mica et même en bois ; le sapin surtout donne d’excellents résultats s’il est assez mince. Le couvercle d’une boîte en copeau comme en délivrent les pharmaciens, possède des qualités vibratoires équivalentes à celles du verre. Un peu de colle de bureau fixe au disque la petite pièce métallique qui doit y adhérer. »
- Renseignements. — M. Giulio Biondi, à San-Marcello-Pistoiese. — Vous trouverez des ouvrages de ce genre à la librairie Dunod et Vicq, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Harry Reynaud, à Paris. — Pour tout ce qui concerne les annonces, il faut vous adresser à l’Office de publicité, 9, rue de Fleuras, à Paris.
- M. Bezed-Bourgoin, à X. — Nous avons déjà fait connaître cette adresse à plusieurs reprises ; Pcgamoïd French Syndicat, 11, boulevard des Italiens, à Paris.
- M. F. Chevillât, à Thorigny. — C’est le chlorhydrate d’ammoniaque qui, en se dissolvant dans l’eau, a la propriété d’abaisser la température.
- M. Roche, à Paris. — L’autoharpe, ainsi que nous l’avons xlit à plusieurs reprises, se trouve chez M. P. Bertrand, 19, rue d’IIauteville, à Paris.
- M. Ch. Desrayaud, à Paris. — Consultez l’Annuaire du Bureau des Longitudes.
- M. A. Laurens, à Besançon. — Le formolateur se trouve à la Compagnie llélios, 32, rue de Bondy, à Paris.
- M. C. Boulenger, à Albert. — La librairie Mulo, rue Haute-feuille, à Paris, vient de publier, dans la collection des manuels Roret, un ouvrage sur Y Elevage des volailles.
- M. Ed. Jussin Mueller, à Lyon. — Nous vous remercions pour votre communication ; mais le fait de la production d'électricité par échappement de vapeur sur un sou est bien connu.
- M. A. Grüny, à Ressons-sur-Matz (Oise). — Il y a des cours spéciaux pour l’Ecole centrale au lycée Saint-Louis, au lycée Louis-le-Grand, à Condorcet, à Paris.
- M. F. de Cavau, à Limoges. — C’est l’annuaire du Bureau des Longitudes qu’il faut consulter.
- M. P. Decourcel/e, à Saint-IIonoré-les-Bains, — Cette récréation ne.se trouve pas en Franco, y
- Mme J. Émilie V., à Hawsk-view. —Le régime alimentaire des goutteux a para dans Hygiène et santé du n° 1265 du 28 août 1897.
- M. Danglave, à Libourne. — Il faut demander du persulfate d’ammoniaque aux frères Lumière ; leur dépôt est à Paris, rue de Rome, 55.
- M. E. Frichot, à Dreux. — 1° Nous n’avons pas l’adresse de M. Tripler. — 2° Pour l’oxygène pur, adressez-vous à la Société française Dutremblay et Lugan, 9, rue de la Chaussée d’Antin, à Paris. — 3° Vous trouverez des ozoniseurs à la Société de produits chimiques, 42, rue des Ecoles, à Paris.
- M. T. Fernal, à Toutanus. — Voici les éditeurs que vous nous demandez : Les grandes usines : E. Bernard et Cie, 55 ter, quai des Grands Augustins; La Revue technique : Juven, 10, rue Saint-Joseph; Bulletin technologique des arts et métiers, à la librairie Chaix, 20, rue Bergère, à Paris.
- M. A. Devaux, à Loudun. — Nous ne pouvons vous donner aucun renseignement à cet égard.
- M. F. Dubois, à Paris. — L’adresse de ce constructeur est 36, boulevard Saint-Michel, à Paris.
- M. Theodoli, à Rome. — Nous ne pouvons juger votre appareil sans avoir de plus amples renseignements.
- M. A. Maes, à Graminont. — L’adresse du formolateur Hélios est donnée plus haut.
- M. J. Luce, à Grasse. — 1° Les appareils stéréoscopiques se trouvent chez M. Legendre, 8, rue Pastourelle, à Paris. — 2° Nous n’avons pas entendu parler de cette brochure.
- M. L. Valpinconce, à Verneuil. — La première réponse ci-dessus vous donne satisfaction.
- M. Bonnefis, à Valence d’Agen. — Nous avons reçu votre envoi ; remerciements.
- M. A. Valloton, à Vallorbe. — Nous ne connaissons pas de fabricants spéciaux ; mais vous pourriez vous adresser à MM. Falcot, frères, 13, rue Jules-César, à Paris; et à M. Paupier, 9, rue Stendhal, à Paris.
- M. Brothier, à la Rollière. — Nous n’avons jamais entendu parler de cette lumière.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. P. Darriet, à Caulerets. Remerciements pour votre proposition. — M. Dubois, à Paris. Les cours sont actuellement terminés et ne seront repris qu’au mois d’octobre. — M. Léon Darx, à Lyon. Il faut refaire les essais un très grand nombre de fois et en variairi les conditions de débit. — M. G. M., à B ; M. G. B., a Paris. Voyez les Recettes et procédés utiles, lr® série, à la librairie Masson. — M. D. B., à Cred. Cette recette est donnée dans le même volume que ci-dessus, 2e série. — M. Dupont, à Brest. Remerciements pour votre communication.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Destruction des fourmis. — Nous avons déjà fait connaître divers procédés pour détruire les fourmis. M. Ch. Wendelen, dans Chasse et Pêche, nous en donne un autre. Le procédé de M. Wendelen consiste à établir des pièges où les fourmis viennent sans défiance s’établir avec leurs œufs : une fois prises on les détruit sans peine, avec la simple eau bouillante par exemple. Ces pièges, ce sont des pots renversés, des petites caisses, ou des récipients analogues. On les pose à terre, au voisinage des endroits où les fourmis sont nombreuses et incommodes, et au bout d’un temps variable, celles-ci s’v installent. On n’a plus qu’à emporter le nid artificiel ainsi constitué, et à le détruire.
- Destruction des cloportes. — M. Paul Noël signale un excellent moyen de débarrasser les caves des cloportes : on emploie pour cela, dit-il, des bandelettes ou des feuilles de papier un peu fortes qu’après avoir enduite; d’une glu spéciale, on dépose dans les coins infectés. La gin à employer est la même que celle qui a été composée pour la destruction de la chematobie.
- Voici comment on la prépare :
- On chauffe, pour chasser l’eau qu’il .contient, 400 grammes de dégras ordinaire, le même qui sert à graisser les essieux des voitures, en ayant soin d’opérer dans un grand vase d’au moins 5 litres, le dégras produisant une grande effervescence dès qu’il est soumis à l’action du feu ; lorsqu’il est bien liquide, on y ajoute 400 grammes d’huile de poisson un peu épaisse et l’on remet le tout sur le foyer en versant tout doucement un kilogramme de colophane dans le mélange. Lorsque le tout est bien fondu, on laisse refroidir et on peut appliquer l’enduit dès le lendemain. Les cloportes se prennent les pattes dans cette composition et périssent tous infailliblement.
- Suppression des poussières en wagon. — Supprimer la poussière en wagon paraît un problème insoluble. Pourtant, on affirme que des essais tentés dans ce but par la Compagnie d’Orléans ont donné de bons résultats.
- Cette Compagnie expérimente depuis une quinzaine de jours, dans les trains de la ligne de Nantes, un appareil destiné à préserver du vent et de la poussière, lorsque les glaces sont ouvertes, les voyageurs assis face en avant. L’appareil consiste en deux minces lames de bois fixées le long des montants de chaque portière, l’une à l’extérieur du côté de la poignée, l’autre à l’intérieur du côté des gonds.
- Ces lames ont pour effet de rejeter la poussière au dehors et de couper les courants d’air
- Destruction des mouches. — Nous sommes en plein dans la saison où les animaux de travail sont tourmentés par les mouches piquantes et suceuses. Rappelons que le meilleur moyen de les éloigner est l’huile de laurier pure, toujours concrète ou figée, et dont on lubrifie légèrement les poils des endroits attaqués de préférence par les mouches : poitrail, entrée des oreilles, angle interne de l’œil, etc.
- On peut employer aussi la décoction de feuilles de nover ou celles de stramoine (Datura stramonium), qui sont également très efficaces.
- Rouleaux d'imprimerie. — Voici deux formules qui permettront de fabriquer ces rouleaux d’imprimerie élastiques et résistants grâce auxquels on étend si bien l’encre d’imprimerie. On peut tout simplement prendre, en quantités égales, de la bonne gélatine et de la glycérine concentrée; on ramollit la gélatine en la laissant tremper dans de l’eau, puis on la fait fondre au bain-marie en y ajoutant graduellement la glycérine. On laisse sur le feu jusqu’à faire évaporer l’excès d’eau, en brassant toujours, puis on coule dans un moule en bronze ou en laiton, convenablement huilé. D’après le Scientifie American, il vaut mieux composer le mélange (en le fondant de la même façon) de 4,750 kilogrammes d’excellente gélatine, un peu plus de 10 litres de mélasse noire; on y ajoute 450 grammes de caoutchouc purifié et dissous dans 60 grammes de térébenthine de \emse, enfin 540 grammes de glycérine et 110 grammes de vinaigre.
- Trempe d'un1 fil d'acier. — La Deutsche Uhrmacher Zei-tung recommande de passer le fil d’acier dans un bain de plomb chauffé à une température de 700° à 800° centigrades, après qu’il a été recouvert préalablement d’une pâte de chaux destinée à empêcher la formation des oxydes. Le fil est ainsi chauffé d’une façon uniforme : suivant qu’on le veut dur ou élastique, on le refroidit dans de l’eau ou dans de l’huile. |
- Beurre de pistache. — On commence à fabriquer en grand, notamment aux États-Unis, du beurre obtenu avec des pistaches de terre; les producteurs affirment, comme de juste, qu’il est bien supérieur au beurre classique fait avec du lait.
- Remède contre les piqûres de moustiques. — Le Dr Ilenry Liston rapporte qu’étant sur la côte de Zanzibar, il avait coutume d’employer, pour guérir les piqûres de moustiques, une solution à 40 pour 100 de formaldéhyde : dès qu’il était piqué, il appliquait immédiatement un peu de la solution, au moyen du bouchon même de la bouteille qui la contenait, et il laissait sécher.
- Poudre hémostatique pour coupures„— Signalée spécialement par Pharmaceutical Era contre les coupures de rasoirs, on mêle parties égales d’alun, de gomme adragante et d'acide fannique, qu’on a soigneusement pulvérisées au préalable, et l’on applique une pincée du mélange sur la coupure.
- Remise à neuf du velours. — Pour remettre le velours à neuf, on recommande le procédé suivant : Mélanger deux cuillerées à bouche d’ammoniaque liquide et deux d’eau chaude : on étend cette solution avec une brosse dure sur le velours, en frottant bien pour la faire entrer dans les poils, de manière à atteindre toutes les taches et les moindres [dis. Oij couvre alors un fer à repasser chaud avec un linge mouillé, cl on l’applique par-dessus l’envers du velours, jusqu’à ce que 1;{ vapeur qui s’échappe relève le poil de l’étoffe et que le tou j soit parfaitement sec. j
- Pour faire disparaître l'odeur du pétrole. — L’odeur diji pétrole est souvent incommodante. Voici, dit le Moniteur dek pétroles, un moyen fort simple de la faire disparaître. Mélangée à 4 litres 1/2 de pétrole 100 grammes de chlore de blancnisj seuse (chlorure de chaux), et agiter vivement le tout; verser le liquide dans un vase contenant de la chaux vive, et agiteif de nouveau (la chaux a la propriété d’absorber le chlore). ij ne reste plus qu’à laisser déposer le mélange et à décanteri On est certain d’obtenir un pétrole absolument inodore et dont le pouvoir éclairant n’est pas diminué — au contraire.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Quelques moyens pratiques pour combattre la toux opiniâtre chez les enfants.
- Dans un verre de grog léger qu’on fait prendre par cuillerées à café de demi-heure en demi-heure ou d’heure en heure on ajoute de XX à XXX gouttes de la mixture.
- Teinture de drosera............... 15 grammes,
- Teinture de racine d’aconit. ... fi —
- Liqueur d’Ilolfmann............... 4 —
- ou bien :
- Teinture de belladone................. fi grammes.
- Teinture de grindélia............. 18 —
- Bromoforme . ‘.................... X gouttes.
- Potion à donner toutes les heures pUr cuillerées à café ;
- Benzoate de soude...................... 4 grammes.
- Teinture de coca.................. 2 —
- Sirop de tolu........................ 30 —
- Julep gommeux....................... 100 —
- Eau de laurier-cei ise................. 4 —
- Pour la nuit, 2 à 5 cuillerées à café du sirop composé ;
- Sirop d’hydrate de chloral............ 15 grammes.
- Sirop de bromure de strontium. . 20 —
- Sirop de polygale..................... 50 —
- Eau de fleur d’oranger................ fi —
- (Rev. de la tub.)
- Préparation d'une poudre antiseptique.
- Les gazes antiseptiques iodées ou iodoformées sont inutiles ; on prend une compresse ou une lamelle d’ouate hydrophile ; on l’exprime fortement et on l’applique sur la plaie. Si on a besoin d’une poudre antiseptique, ce qui est rare, on fera usage soit d’acide borique finement pulvérisé, soit de poudre de Lucas-Championnière, dont voici la formule :
- Poudre de quinquina gris ....
- Poudre de benjoin .......
- lodoforme........................
- Carbonate de magnésie............
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- De l'action diurétique du nwfssatje abdominal dans les affections du cœur.
- M. F. Cnutru a fait sous ce titre une communication dont voici les conclusions :
- 1° Le massage abdominal a une action diurétique indéniable, •qu’il soit employé seul ou associé au massage général et à la -gymnastique suédoise. Dans certains cas, cependant, l’ensemble de ces différents agents donne des résultats plus prompts, plus •durables et plus complets.
- 2° Chez les cardiaques, la diurèse se produit rapidement surtout chez les malades porteurs d’œdèmes sous-cutanés ou viscéraux ; quelquefois dès le premier jour, ordinairement vers le troisième jour du massage, l’auteur a vu les urines monter de 250 grammes à 5000 et 3500 grammes après trois massages.
- 3° L’état général s’améliore en même temps que la circulation .se régularise.
- La composition des urines se rapproche de la normale.
- 4° Le massage et la gymnastique suédoise peuvent, par des manœuvres variées, produire à volonté une augmentation ou une diminution de pression au niveau du coeur et des vaisseaux. ILs peuvent donc, dans une certaine mesure, rendre à ceux-ci 1 élasticité qui leur fait défaut dans les affections cardio-vasculaires chroniques et doivent être considérés comme le meilleur remède préventif de l’artério-sclérose chez les arthritiques prédisposés.
- 5° Le massage n’exclut pas absolument les autres médications cardiaques employées jusqu'alors. 11 les aidera, alternera avec elles ou les remplacera lorsqu’elles n’agiront j>1 us. C’est un moyen à ajouter aux autres. Cependant il semble qu’on doive lui donner la préférence à cause de son innocuité, lorsqu’il est employé d’une façon méthodique, et par ce fait surtout que c’est un moyen naturel, un véritable agent de thérapeutique physiologique.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 août 1898 . 15°,1 S. E. 2. Couvert. 0,8 Très nua». de 12 à 15 h. ; couv. avant et après ; quelques coups ue tonn. de 14 li. 45 à 15 h. ; pluie à div. repr.
- Mardi 9 ....... . 13",7 VV. N. W. 3. . Beau. 26,9 Nuageux; pluie de 0 h. 45 à 4 h. (
- Mercredi 10 12»,3 S. S. W. 0. Quelques nuages. 0,0 Quelques nuages le matin; nuageux le soir;
- Jeudi 11 17", 7 Calme. Quelques nuages. 0,0 Très nuageux jusqu’à 6 h.; beau ensuite.
- Vendredi 12 17",9 E. 1. Beau. 0,0 Beau.
- Samedi 13 19",3 S. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Dimanche 14 ... . 2l",0 S. E. 2. Quelques nuages. 0,0 Peu nuageux de 5 à 8 h. et de 17 à 20 h. ; beau le reste du temps.
- AOUT 1898. -- SEMAINE Dü LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 AOUT.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la merj; courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en juillet 1898
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 760—,97 ; minimum 754—,27 le 22 à 7 heures du soir. Maximum 766“”,20 le 5 à 11 heures du soir.
- Moyennes thermométriques : des minima 12°,08; des maxima 22 ,47; du mois 17°,27; vraie des 24 heures 17°,09. Minimum 7°,1 le 5 vers 4 heures du matin ; maximum 28°,7 le 18 entre 1 h. 50 matin et 2 h. 30 du soir.
- Tension moyenne de la vapeur 10",70; la moindre 6—,7 le 30 à 5 heures du soir. La plus grande 15““,42 le 16 à 8 heures du soir. Humidité relative moyenne 75; la moindre 55 le 15 à 2 heures du soir; la plus grande 100 en 3 jours.
- Pluie 50”“,2 en 20 heures 1/2 réparties, en 7 jours. Un seul jour de pluie notable le 29 au matin 11—,0 d’eau en 2 heures 3/4, et 6 jours de gouttes : les 1, 7, 10, 19, 24 et 28.
- Nébulosité moyenne 52. Il y a eu un seul jour d’éclairs dans la nuit du 26 au 27 du S. à 1 W. Il n’y a pas eu de brouillard, mais seulement deux
- jours pendant lesquels l’air a présenté une transparence de 3000 mètres Les vents de S. E. à S. S. W. ont absolument manqué.
- Température moyenne de la Marne : le matin 19°,64, l'après-midi 20°,65, du mois 20u,14, minimum 17°,98 le 14; maximum 22u,50 les 22, 26 et 27. Elle a été très basse et très claire à la fin du mois.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de juillet 1898 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 2—,98. Thermomètre plus bas de 0°,86. Tension de la vapeur moindre de 0—,23. Humidité relative plus grande de 2. Nébulosité plus faible de 1. Pluie plus faible de 25",5.
- Floraisons. Le 2, lis blanc; 5, monarde, spirœa callosa, rhustiphina; 14, dahlia ; 15, passerose; 16, grande balsamine ; 18, clématite de Jackinann ; 19, godetia rubicunda, leucanthemum des étangs, pyrèthre de l’Inde, phlox; 21, exfoliation des platanes; 23, yucca filamenteux ; échinops sphirroce-halia;26, catalpa en pleine fleur; 27, mélisse; 28, glaïeul, solpiglossis ; 3, verge et or.
- C'est la première fois de ma vie que je vois un mois de juillet sans tonnerre.
- PHASES DE LA LUNE ; D. Q. le 9, à 6 h. 22 min. du matin
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- J.T.C'
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Un nouveau câble transatlantique vient d’être posé entre Brest et New-York. Il a environ 6000 kilomètres. Des messages ont été échangés le 17 août, jour de l’inauguration, entre M. Félix Faure et M. Mac-Kinlcy. JI. G. Masson, président de la Chambre de commerce de Paris, a également envoyé un télégramme de félicitation au président de la Chambre de commerce de New-York qui a répondu eu remerciant et en envoyant tousses vœux. I.a po.-c de ce câble français a été heureusement terminée. Ce câble par son importance et ses dimensions, mérite tout spécialement d’être signalé à l'attention publique : il pèse environ 9 250 000 kilogrammes dont 5 500 000 kilogrammes de fils de 1er ou d’acier, 930 000 kilogrammes de cuivre et 500000 kilogrammes de gutta-percha. C’est le second des deux câbles qîrévus par la loi du 28 mars 1896. L’autre, qui a été mis en service le 1er décembre 1896 (8 mois seulement après la loiqui ordonnait son éta-BI i>scment), va de New-York aux Antilles. Bien que de moindres dimensions, il constitue cependant encore une œuvre fort importante. Sa longueur dépasse 2700 kilomètres et son poids 4 000 000 de kilogrammes. 11 a absorbé 2 600 000 kilogrammes de fils de fer ou d’acier, 150000 kilogrammes de cuivre et 120 000 kilogrammes de gutta-percha. La Société industrielle des téléphones avait été chargée de fabriquer et de poser ces deux câbles pour le compte de la Compagnie française des câbles télégraphiques. Elle a terminé dans les très courts délais imposés le travail qui lui avait été commandé et que les difficultés d'exécution plaçaient au-dessus des travaux semblables déjà exécutés.
- —M. Gaston Maspero, membre de l’Institut, professeur au Collège de France, est nommé secrétaire de la commission de patronage de la section des sciences historiques et philologiques de l'Ecole pratique des hautes-études pour la période 1898-1901.
- —!Ç— La Compagnie des guides de Saint-Gervais-les-Bains vient de faire réparer la cabane de refuge de l’aiguille du Goûté (altitude 5865 mètres). L’amélioratien principale consiste en l'application d’un revêtement extérieur en carton-cuir absolument imperméable aux vents cl à la neige. On a déjà pu constater que ce doublage a eu pour effet d'élever très sensiblement la température à l’intérieur de la cabane, avantage précieux sur ce haut sommet où tout combustible fait défaut. — Fendant l’orage qui a éclaté violemment, le 5 août, sur cette région, la foudre est tombée, au mont Saxonnex, sur un chalet dans lequel se trouvait une jeune fille occupée à attacher une vache près de la mangeoire. La vache a été foudroyée tandis que la jeune fille ne ressentait qu’une violente secousse, mais sans être touchée par la décharge électrique qui mit le feu au chalet dans lequel périrent, également, quelques poules.
- —Encore un accident électrique à signaler et de la même nature que celui que nous avons mentionné dans notre numéro du 6 août. A la suite de l’orage du 8 août, à Garcbes, des arbres et des poteaux supportant des lils électriques à 2400 volts avaient été abattus. Un jardinier de Montrctout, Jean Boyer, en voulant déplacer un des poteaux qui obstruaient son jardin, fut atteint par le courant électrique et tomba foudroyé. Des passants n’osèrent s’approcher redoutant le même sort. On téléphona au secteur électrique de Puteaux qui interrompit la .communication. Quand on releva le corps du mallieureux Royer, un des bras était réduit en charbon et tout le côté gauche du cadavre était atrocement brûlé.
- —Dès le début des études des palais du Champ-de-Mars. le commissaire général avait décidé qu’on chercherait à utiliser dans les nouveaux palais les fermes de l’ancienne galerie de 30 mètres, -qui aboutissait en 1889 au Dôme central. Ces fermes, en effet, sont d'un type courant facile à remployer, et tout à fait similaires, tant comme portée que comme hauteur, aux fermes des nouvelles galeries projetées. Cétte ossature métallique, actuellement perpendiculaire au palais des Machines, devait donc être démontée, transportée et remontée parallèlement à l’axe longitudinal de ce palais. Les adjudicataires de cette partie des travaux ont présenté à l’administra-
- tion un projet très ingénieux et très séduisant, supprimant le démontage et le remontage des éléments de la construction et le remplaçant purement et simplement par le transport en bloc des fermes à leur nouvel emplacement. A la vérité, ce transport de grande masse n’est pas nouveau. Couramment, en Amérique, on déplace des maisons entières sujettes à reculement, ou bien on les surélève pour glisser un étage supplémentaire entre le rez-de-chaussée et l’entresol, comme on glisse un coin sous un meuble. Mais toutes ces opérations consistaient jusqu’à présent en un mouvement simple, direct, soit en hauteur, soit en profondeur. L’originalité de l’opératjon projetée réside surtout dans la complexité des mouvements à produire. L’ancienne galerie de trente mètres sera divisée en trois tronçons composés chacun de deux fermes solidement reliées entre elles par leurs pannes, chevrons et pans de fer latéraux, et contrevenlés par des câbles d’acier. On obtiendra ainsi une sorte de cube indéformable. Chacun de ces tronçons prendra successivement les positions suivantes : 1° Mouvement de translation jusqu’au nouvel alignement devant le palais des machines; 2° mouve-. ment de conversion sur place d’un quart de cercle; 3° translation parallèlement au palais des Machines jusqu’au nouvel emplacement choisi. Pour obtenir ces mouvements, les quatre pieds de chaque tronçon seront munis de galets sur pivots analogues aux roulettes des fauteuils. Ces galets rouleront, suivant les cas, le long des rails droits ou circulaires. Les dimensions des tronçons sont de 30 mètres de long sur 25 mètres de large et 27 mètres de haut, c’est-à-dire x que chacune de ces masses représente en volume une grande maison de Paris. On travaille actuellement aux nouvelles fondations qui devront porter l’ossature métallique à l’emplacement définitif. Dans un mois au plus tard, l’opération de translation commencera.
- —- Le comité technique d’électricité de l’Exposition de 1900, dans sa dernière séance, a entendu et discuté le rapport de M. Picou, ingénieur principal des installations électriques, en ce qui concerne l’installation et le fonctionnement en 1900 des groupes électrogènes. ' Il a été admis que les exposants seront en même temps fournisseurs d’énergie électrique à l’Exposition. Ils auront à faire les plans de leurs installations que l’administration de l’Exposition approuvera, ils seront leurs propres constructeurs. Chaque machine à courants continus ou alternatifs, sera attelée directement sur la machine à vapeur désignée, et aura un tableau spécial de distribution. Les transformateurs nécessaires seront fournis par les exposants. La durée de fourniture d’énergie électrique s’étendra sur 205 jours en moyenne, du 15 avril au 5 novembre 1900. Un roulement sera établi pour que la durée de travail journalier ne dépasse pas 7 heures. Les exposants fournisseurs d’énergie électrique recevront une indemnité pour les frais d’installation et ensuite une redevance pendant le fonctionnement.
- —Dans quelques jours, si ce n’est déjà fait, l’eau de rivière sera substituée en partie à Paris à l’eau de source. Mais il paraît que cette année nous serons privilégiés et que ce sera l’eau de la Marne qui remplacera l’eau de source. On sait que les eaux de la Marne sont plus pures que celles de la Seine, et encore ces eaux sont, au préalable, soigneusement filtrées, grâce aux bassins-filtres pour l’installation desquels la Ville de Paris a dépensé des crédits considérables et qui fonctionnent d’une manière satisfaisante. Ainsi épurées, les eaux de la Marne ne contiennent pas plus de microorganismes que les eaux de source ; elles sont moins riches en sels de chaux que les eaux de la Vanne. En somme, elles sont potables. Ce n’est qu’en dernier ressort que les eaux de Seine seraient distribuées. Ne nous plaignons pas trop. En ce moment, à Londres, la distribution d’eau est réduite à trois heures dans la matinée et trois heures dans la soirée. Encore les habitants sont-ils invités par voie de circulaire à restreindre leur consommation aux quantités nécessaires à l’alimentation et à la toilette. Et les avis des compagnies appellent l’attentionp du public « sur les dangers qui résulteraient d’une trop larg consommation en cas d’incendie ».
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. G. Clément, à Apt (Vaucluse), à propos de notre récent article sur les fleurs comestibles (n° 1309 du 2 juillet 1898, p. 70), nous a transmis les observations suivantes : « Je me suis aperçu que ces fleurs n’étaient pas très nombreuses : permettez que j’en ajoute une à la collection : je veux parler des fleurs de Courge, la vulgaire cou-gourde. Ces fleurs, fraîchement épanouies, sont farcies à la façon des tomates, aubergines et concombres ; il faut avoir soin toutefois jd’enlever les parties vertes et velues (sépales), tout en conservant le pédoncule. Le pédoncule peut s’enlever certainement, mais donne au plat l'aspect d’une petite côtelette. La fleur, bien garnie d’une farce quelconque, est fermée en repliant l’extrémité des pétales, puis légèrement aplatie. Rangées ensuite une à une dans un plat allant au four, afin de les faire légèrement gratiner, elles varient un peu l’ordinaire et, sans constituer un mets exquis, sont d’un très joli effet sur table. Aux amateurs d’essayer pour s’en convaincre. Je leur conseillerai alors de choisir le matin, dans un champ de courges, les fleurs les plus belles et le plus fraîchement épanouies, mâles autant que possible, car la récolte serait compromise s’ils cueillaient sans choisir. »
- Un abonné, à Amiens, nous écrit la lettre suivante : « Le lundi 25 juillet, vers 8h30m du soir, à Mers (Somme), regardant vers la falaise du Tréport, j’ai aperçu une sorte de brume qui envahissait un petit vallon boisé situé à environ 5 ou 600 mètres du bord, cette brume se continua sur le haut de
- Falaise'du Tréport^ Ville
- cette falaise, puis descendit exactement vers la mer en bordant exactement le profil de la falaise. Cette brume très épaisse empêchait même de voir un nuage noir qui s’étendait sur tout l’horizon, le ciel était au reste très clair. Voici un petit croquis sché-
- Falaise de Mers
- niatique de l’observation faite au bout de quelques instants; sans que la partie A B C D augmentât, cette brume s’accumulait vers la mer et descendait plus avant. Vers 9 heures, la masse brumeuse affectait la forme délimitée par la courbe B E F G. Du côté de Mers, c’est-à-dire au nord-est sur la falaise, on n’apercevait pas de brume, probablement à cause de la distance trop peu considérable qui la séparait du lieu de l’observation, mais la brume tombant sur la mer y descendait en suivant une courbe qui la séparait du bord de la falaise. Le ciel était clair, le vent était presque nul mais soufflait plutôt du sud-ouest. 11 n’y a peut-être là qu’un phénomène très fréquent, mais ne l’ayant jamais observé, je serais heureux d’en avoir l’explication. »
- Renseignements. — M. R. P., à Uccle. — Pour enlever lçs taches de rouille sur le linee, on peut se servir de l’acide oxalique avec lequel on frotte le linge mouillé. On peut aussi
- employer la crème de tartre réduite en poudre très fine. Ou l’applique sur la tache ; on l’humecte et on la laisse agir pendant 8 à 10 minutes.
- M. J. Terrisse, à Genève. — La coloration jaune de votre eau disparaîtra lorsque vous aurez versé dedans une solution de-permanganate de potasse à raison de 1 gramme pour 500 litres.
- M. 0. V. H. — Nous n’avons pas eu connaissance d’application de ce procédé.
- M. L. de Boutière, à Paris. — 11 s’agit d’une fonction périodique indéfinie; elle ne commence pas; elle ne finit pas. En un point c’est le passé, en un point plus éloigné c’est 1 avenir. 11 s’agit de quantités fixes et limitées entre ces deux points. Le présent termine donc bien le passé et l’avenir est représenté par les termes suivants de la fonction. Et malgré tout la fonction, qui représente la série des temps est infinie.
- M. Jochim, à Moscou. — Nous ne pouvons vous renseigner-exactement ; adressez-vous au Comptoir de photographie, 57,. rue Saint-Roch, à Paris.
- M. le Dr G. Mari, à Viterbc. — Vous trouverez des détails complets sur le grand éléphant de Durfort, qui se trouve dans, la galerie de paléontologie du Muséum, dans le n° 615 du 14 mars 1885, p. 251.
- M. Livreux, à Paris, — 1° Vous pourrez vous procurer do la vraie poudre de pvrèthre chez les marchands de produits chimiques : maison Billault, 22, rue de la Sorbonne; maison Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, maison Blaken-berg, rue des Francs-Bourgeois. — 2° Nous n’avons pas cette adresse.
- M. E. A., au Mans. — 11 s’agit de procédés de luminescence qui n’ont encore été essayés que dans les laboratoires.
- Un lecteur, à Paris. — Nous prenons note de votre demande, et, s’il y a lieu, nous parlerons de cette transformation.
- M. É. Dujardin, à Leuze. — Vous trouverez divers photomètres chez M. Pellin, fabricant d’instruments d’optique, 21, rue de l’Odéon, à Paris.
- M. Wadon, à Fréjus. -r- Il faut vous adresser directement au fabricant, M. Legendre, 8, rue Pastourelle, à Paris.
- Un amateur, à Angers. — Nous croyons que des essais semblables ont été effectués sur diverses plantes et ont donné des-résultats.
- M. A. R., à Evron. — Nous avons consulté la liste des fabricants de balances; nous avons trouvé comme marques de fabrique des couronnes au-dessus de diverses lettres, mais pas celle que vous indiquez.
- M. Daage, à Saint-Pol. — Le prix de 2 francs pour le litre d’air liquide se râpporte au produit obtenu dans le laboratoire du Collège de France ; on ne trouve pas encore de l’air liquide dans le commerce.
- M. L. Dufau, à Pointe-à-Pitre. — Glacière Schaller, 532,. rue Saint-Honoré, à Paris.
- M. E. Vion, à Paris. — L’adresse que vous demandez a été donnée en tète de la Boite aux lettres du numéro qui contient la description des engrais.
- M. E. Frichot, à Dreux. — Nous vous avons déjà répondu qu’il ne nous est pas possible de vous donner d’autres renseignements.
- M. P. Jouvin, à Vaudran.— Il faut vous adresser à la Compagnie HeJios, 32, rue de Bondy, à Paris.
- M. F. E., à Alençon. — Toutes cés questions exigeraient des discussions que nous ne pouvons entreprendre ici.
- M. le Dr Bona, à Evaux. — Malgré toutes nos recherches, nous n’avons pas trouvé la recette que vous nous demandez.
- M. D. Lurat, à G. — Nous publierons une étude à ce sujet dès que nous aurons les documents.
- M. Dumont, à Versailles. — Vous faites erreur; pour avoir la puissance électrique consommée dans un circuit, il faut multiplier l’intensité qui traverse ce circuit par la différence de potentiel aux bornes du circuit. On obtient ainsi la puissance que l’on mesure en watts. L’énergie dépensée dans un temps donné est le produit de la puissance par le temps. Si on exprime la puissance en watts et le temps en heures, on a. l’énergie exprimée en watts-heure.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. P, Pou-chain, à Armenticres. Nous ne savons pas de quelle maison vous voulez parler. — M. A. Caiala, à Annonay. Remerciements pour votre envoi ; on obtient très souvent des effets analogues. — M. G. M., à Paris; M. Dubois, au Havre. Consultez les Recettes et Procédés utiles, lra série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dulong, à Paris ; M. Genesty, à Paris; M. Rudinot, à Toulouse. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toute» Jesjjuestions,nvàinsérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date delà livraison»
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- 2. Le système employé par certains Amé-i ricain» contre les possesseurs de jumelles et de détectives rappelle trop les moyens barbares employés à Santiago. D’ailleurs plus, on en tue, plus il en revient.
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- 4. J ai connu un féroce bourgeois qui mettait un masque sur son visagî afin de ne pas laisser prendre son portrait par le premier venu.
- 3. Les jeunes tilles se sont servi d’un filet à papillon pour se défendre, et n’ètre pas pliotogi aphiées sans le consentement de leurs parents.
- 'VMivf
- 6. On a préconisé les nuages artificiels, mais ils ne produisent que des voiles sans conséquence*
- 5. Le système des coups de canne, de la boxe, du chausson, le coup du pèie François ont été employés sans décourager les amateurs.
- 7. C’est pour arrivera neutraliser les photographes que j’ai inventé le para-photo, basé sur l'effet désastreux que produisent les rayons X sur les plaques sensibles. Au moment où l’on se .sent visé on vise également l’opérateur.
- 8. Les rayons de Rœntgen habilement lancés sur l’objectif d’en face voilent désespérément la plaque. L’amateur, rentré dans .sa chambre noire....
- 9. ... Ne développe qu’une pellicule noire comme de l'encre. 11 attribue d’ailleurs son insuccès à la mauvaise qualité des plaques-sensibles ou à son inexpérience personnel!*-dans l’art du Gélalino.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- SL.
- HYGIÈNE ET S4NTÉ
- Régime alimentaire dans la diathèse uratique, la goutte, les coliques néphrétiques ou hépatiques. •
- permis :
- {'otages : potages clairs au bouillon, potages maigres, soupes nus herbes. Poissons de toute espèce. Huîtres, coquillages, caviar. Œufs crus, à la coque, cuits durs. Viande et volmlle, gibier, jambon, peptones, graisse, beurre. Légumes et farineux : légumes frais, légumes d’hiver bouillis, blanchis à l’eau salée, qu on fait revenir au beurre fondu, salades fraîches assaisonnées au jus de citron, radis roses et noirs, champignons, l'eu de pain. Dessert: fruits crus et cuits, fromage, pouddings légers au lait et à la fécule. Confiture de cerises, de fraises, de citrons. Boissons : jamais froides, dégourdies, abondantes
- (se régler sur l’excrétion urinaire) eau et eaux minérales, un peu de vin rouge vieux si nécessaire. Crème et lait. Thé et café légers. Infusion de grains torréfiés.
- défendu :
- Plus de 5 repas par jour. Tout excès d’alimentation, les grands dîners, les soupes épaisses, les sauces vinaigrées et les roux, les pommes de terre, les tomates, l’oseille, les épinards, les marrons, les épices, les conserves, les pâtés, les pouddings, la pâtisserie, les pâtés au beurre, le sucre, le chocolat, les spiritueux, le vin, surtout s’il est doux, la bière, le tabac, le café. On ne doit jamais se servir de vinaigre pour la préparation des aliments.
- Bien surveiller les troubles digestifs. « On doit garder une certaine mesure dans l’alimentation solide et liquide, ne pas manger plus que l’estomac ne peut digérer, ni moins que la quantité nécessaire à l’organisme pour entretenir les forces. »
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 août 1898. 19”,2 N. E. 1. Beau. 0,0 Beau.
- Mardi 16. 21”,l S. E. 2. Beau. 0,0 Pas trace de nuage.
- Mercredi 17.,. . . . 20”,3 N. E. 1. Beau. 0,0 Beau. *
- Jeudi 18 20”,1 N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 8 h. ; beau ensuite ; éclairs à partir de 21 h.
- Venijredi 19. .... 22”,0 ' N. N. E. 3. Nuageux. 0,0 Nuageux ; .tonnerre loin au S. à 16 h. ; éclairs à 1 h. et après 20 h.
- Samedi 20 19”,9 N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Dimanche 21 ... . 20”,5 N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- AOUT 1898. -- SEMAINE Dü LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 AOUT.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0. ait niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
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- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- l.a chaleur. — La tmipératûre si élevée que nous subissons impatiemment n’est pas, quoi qu'on pense, anormale.
- D’après les observations laites à Montsouris de 1873 à 1897, la température devient égale ou supérieure à 30°, presque chaque année, pendant un ou plusieurs jours. Seuls, les étés de 1889 et de 1891 ont présenté deux maxima absolus inférieurs à ce chiffre.
- Pour ces 21 années d’observation, le thermomètre a atteint ou dépassé 30° (au 'plus tôt le 23 mai 1892; au plus tard le 27 septembre 1893).
- Comme répartition mensuelle depuis 1875, des maxima de 30° au moins se sont proluits à Paris : 6 fois en mai, 21 fois en juin, 63 fois en juillet, 56 fois en août et 15 en septembre.
- Des maxima aussi élevés se manifestent quelquefois pendant plusieurs journées, le plus souvent de 2 à 1 jours, et même, — fait absolument remarquable — en août, 1876, le thermomètre a dépassé 30° pendant 29 jours consécutifs Jusqu'ici, le maximum à Paris a atteint 31° le 21. On parié de 59° à Bordeaux.
- Cyclone et trombe. — Le 14 août, dans un violent cyclone qui s'csl abattu ,-ur Montevideo, un navire anglais John-Gill, arrivé "de Boston, ayant perdu ses ancres, allait se briser sur les rochers de la côte sud de la ville, quand le Litssich le sauva d’une perte certaine.
- Le bâtiment italien Principe-Napoli s’est échoué sur la côte.
- Le 15 août, une trombe s’est abattue le soir, à douze milles au nord-ouest de Camby (Minnesota). Sept personnes ont été tuées, sept autres ont disparu. Plusieurs bâtiments ont été détruits; les récoltes ont été gravement endommagées.
- Orage A Rooen. — Un orage d’une grande violence s’est déchaîné sur la ville le 18 août vers 8 heures du soir. Cet orage était accompagné, d'une pluie torrentielle et de violentes rafales ; il a duré plus de quatre heures.
- Les rues out été transformées en torrents. La foudre est tombée en* maints endroits dans la banlieue et dans la ville. Les communications téléphoniques avec la région normande ont été interrompues.
- Orage À Rarist. — La période sèche que nous venons de traverser vient d’ètre coupée dans la nuit du 22 au 23 par un orage violent qui a éclaté sur Paris a 2 heures du matin.
- Inondations en Italie. — A la suite de pluies torrentielles, la ville de Trani en Italie, a élé partiellement innndee le 19 août, plusieürs maisons ont menacé ruine. Beaucoup de familles ont été recueillies dans des locaux publics, lue personne a péri. ' .
- PHASES DE LA LUNE ; N. L. le 17, à 10 h. 43 min. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal
- INFORMATIONS
- —§— M. Le comte de la Chapelle à Blois écrit à notre confrère Cosmos à la date du 16 août 1898 que les hirondelles sont parties le vendredi 12 août. Elles se sont réunies ce jour-là vers 3 heures au nombre de plusieurs milliers dans les vastes jardins qui entourent la propriété; à 5 heures, elles s’envolèrent toutes et depuis ce jour-là, on n’en a vu aucune dans la contrée.
- —£$— Pour éviter les incidents de frontière causés, à l’époque des voyages, par certains alpinistes qui parcourent le nord-ouest de l'Italie, le préfet de Turin vient de faire paraître un arrêté aux termes duquel « il est défendu d’approcher des fortifications de frontière à une distance de plus d’un kilomètre, sans être muni d’un permis spécial délivré par l’autorité militaire » —«11 est également défendu, sans ladite permission, de porter des appareils photographiques dans un rayon d’un myriamètre des ouvrages les plus avancés des fortifications. » En outre, toute personne ayant en sa possession îles appareils photographiques et désirant parcourir la zone frontière, devra déposer lesdits appareils au hureau de la douane à son entrée en Italie, ou dans d’autres lieux distants d’un myriamètre de cette zone. Inutile de commenter cet arrêté. On ira se promener ailleurs.
- —Félicien Rops, le célèbre graveur, est mort le 23 août dans la maison de campagne oû il s’était retiré et dont la porte ne s’ouvrait plus que pour de rares amis. A son atelier de la place Favart, il préférait, depuis deux ans, sa petite propriété de la Demi-Lune, ancien four à chaux situé sur les collines d’Essonnes.
- —H— La centenaire de la Salpêtrière, Mme veuve Simonnet, née Henriette Lafosse, est décédée le 23 août 1898 à l’âge de 105 ans et 6 mois. Elle était née dans le quartier de l’Arsenal, à Paris, le 26 février 1793.
- —$$— On fabrique à Zurich de petites perles d’acier embouti, contenant 3 grammes de gaz carbonique liquéfié. On coiffe le goulot d’une ingénieuse bouteille pleine d’eau avec une de ces perles. Une fermeture très simple, analogue à celle des canettes, bouche la bouteille en même temps qu’une aiguille s’enfonce dans la perle; le gaz carbonique s’échappe et vient saturer l’eau. On a ainsi de l’eau de sellz ou de la limonade instantanément. Ces perles d’acide carbonique ont un grand succès en Suisse et en Allemagne, elles ne coûtent que douze centimes et sont très commodes à employer ; la boutèille est aussi d'un prix très minime. Ce nouvel appareil à eau de seltz s'appelle le sodor.
- . —Un chemin de fer mu par l’électricité va bientôt transporter les voyageurs au sommet du Grand-Saint-Bernard. On compte sur un transit de 150000 voyageurs pour aller d’Aoste en Italie à Marigny en Suisse. A mesure que la voie atteindra les grandes altitudes, des toits et des défenses contre les tourmentes et les avalanches seront établis le long de la voie. Quant à la foi'ce motrice, elle sera fournie par les nombreux torrents du Grand-Saint-Bernard. Ce sont des Anglais qui ont entrepris cette ligne.
- —S— Lés collectionneurs de timbres-poste apprendront avec intérêt la mise en service, pour la colonie de Terre-Neuve, d’un timbré de quinze centimes à l’effigie de la princesse de Galles-U’est la première fois que le portrait de cette princesse est gravé sur un timbre, et cette mesure semble être le commencement d’une série. Jusqu’ici l’héritier de la couronne avait seul reçu cet honneur. Avant la lin de cette année, toute la dynastie, y aura passé. Les autorités de Terre-Neuve ont obtenu la faculté de mettre en circulation deux timbres nouveaux: le premier à l’effigie du duc d’York, fils et héritier du prince de Galles, l’autre à l’effigie du prince Edouard d’York, fils et héritier du duc d’York. Ainsi, les quatre
- générations de la famille royale figureront dès maintenant en effigie dans le service postal de l’empire.
- —Un concours national de photographie instantanée a été organisé par la Chambre syndicale française des fabricants et négociants en appareils et produits photographiques par l’entremise de son organe syndical : La photographie française. En s’inscrivant pour une médaille de vermeil à décerner à l’un des principaux lauréats de ce concours, ce journal a patronné cette grande manifestation à laquelle les pouvoirs publics ont, depuis, accordé leur appui moral le plus entier et des encouragements spéciaux sous la forme de récompenses officielles : divers prix du ministère de l’instruction publique et des prix du conseil général et de la Ville de Paris. L’importance et le nombre de ces hautes récompenses font du concours dont il s’agit une épreuve d'un véritable intérêt pour les amateurs qui y prendront part.
- —— Le tribunal correctionnel de Lisieux vient de rendre un jugement dans une affaire qui a demandé plusieurs audiences. M. L., marchand de beurres à Saint-Pièrre-sur-Dives, était prévenu d’avoir falsifié, par addition de borate de soude, des beurres destinés à l’Angleterre. Une délégation du comité des beurriers français assistait aux débats de cette affaire, qui avait une très grande importance pour l’industrie agricole normande. Dans un jugement longuement motivé, il a été reconnu que le borate de soude n’altérait en rien la qualité du beurre, mais avait au contraire la propriété de lui conserver son arôme tout en l’améliorant et en 1 empêchant de se corrompre ; qu’au surplus les acheteurs de L. avaient parfaitement connaissance de l’emploi par lui fait d’un conservateur. En conséquence, le tribunal a prononcé l’acquittement pur et simple de M. L. Il resterait à savoir si le Conseil d’hygiène de France partagera Lavis du Tribunal correctionnel de Lisieux. Chacun sa compétence.
- —Il paraît que l’administration de la ville de Paris est enfin décidée à éclairer le bois de Boulogne et à se rendre aux réclamations faites depuis de nombreuses années. On ne pourra éclairer que les avenues principales. Les plans sont terminés. Ils comprennent: 1° l’éclairage de la longue avenue allant de la porte Maillot au pont de Suresnes, en passant par Longchamp (allée des Acacias) avec double ramification allant de l’allée de Longchamp au bout des lacs, et, de là, à la porte Dauphine; 2° le tour des lacs et le tour des pelouses de la Muette; 3? l’avenue de l’Hippodrome, allant des lacs à l’hippodrome de Longchamp, et la partie de la route de la Reine-Marguerite comprise entre l’allee de Long-champ et la route de l’Hippodrome.
- —$$— Une statue colossale. La plus gigantesque statue qui soit au monde se troüve à Kamakura, ancienne capitale du Japon. Cette statue qui représente le dieu Bouddha, est en cuivre doré et couverte d’incrustations et de pierreries: les yeux sont en or massif. La hauteur totale du Bouddha est de 20 mètres. A l’intérieur de l’idole il y a une sorte de temple de 12 mètres de liant, avec un autel et tous les accessoires du culte de Ça Kia Mouni. La tête est hors de proportion avec l’ensemble du corps, puisqu’elle mesure 29 mèlres de circonférence. Un homme passerait facilement par la bouche cntr’ouvertc; l’œil mesure lm,20.
- —@— Quelques objets d’un grand intérêt artistique viennent d’entrer au musée de Cluny. Un triptyque allemand en bois très finement sculpté, l’Histoire de la Vierge, par un artiste anonyme du quinzième siècle. Une aumônière brodée et un coffret de mariage de l’art italien du siècle précédent; une admirable collection d’éventails du seizième siècle. Le musée de Cluny attend, en outre, que le Gonseil d’Etat l’autorise à prendre possession d’un legs de Mme Dècle consistant en pièces d’argenterie ancienne et en très belles porcelaines allemandes.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La transmission des bicyclettes se trouve chez M. Favets 103, Hatton Garden, London. — Les lampes à incandescence minuscules sont fabriquées par M. Maurice James, 143, rue Saint-Antoine, à Paris.
- Communications. — M. L. Bourdil, à Narbonne, nous adresse une Notice sur un distributeur d’eau automatique pour la fabrication des piquettes. Cet appareil, qu’il fabrique, ressemble à un tourniquet hydraulique présentant une série d’ouvertures pour le passage de l’eau. Il est suspendu à la conduite d’eau au-dessus de la cuve ; en tournant, il déverse dans celle-ci la quantité d’eau nécessaire.
- M. F. Martin, à Pamiers, nous signale un petit niveau d’eau de campagne qui lui a rendu de grands services en montagne pour des tracés préparatoires de canalisations d’eau. 11 l’a construit Iui-mème, ce qui n’est pas difficile. Cet instrument permet de faire des nivellements sans grande précision mais sans frais. L’appareil se compose de deux tubes de caoutchouc de la grosseur d’un crayon, reliés entre eux par deux petits tubes de verre de la même grosseur et de 0m,10 de longueur. On remplit l’un des tubes de caoutchouc d’eau et de vin à défaut d’autre colorant, de façon que le liquide monte au milieu des deux tubes de verre et on vise le terrain à niveler en appuyant la main gauche sur une canne dont on connaît la longueur exacte. Il est évident que pour faire un travail présentant un peu d’exactitude, il faudrait avoir avec soi un homme pontant une mire ou une canne de même longueur. Mais le plus souvent en montagne on peut opérer seul en visant sur un tronc d’arbre une tache, un nœud ou un signe quelconque sur un rocher.
- M. G. Maitioli, à Paris, à propos de notre article sur Les appareils photographiques à main, paru dans le n° 1314 du 6 août, p. 151, nous écrit la lettre suivante : « Il est attribué à M. Caillon l’emploi des deux ressorts qui conduisent la plaque jusqu’au bout dans l’escamotage des magasins à tiroir; or j’ai fait breveter le 20 juillet 1897 (brevet n° 256, 526) un système analogue : les deux bras sont mus simultanément par un ressort à boudin, agissant autour de l’axe qui les réunit, ce dispositif qui est plus mécanique est destiné uniquement à accompagner et maintenir la plaque dans l’espace resté .vide par la sortie du paquet. »
- M. Ed. Rochedieu, ingénieur des travaux de la ville du Locle, nous envoie une notice contenant l’étude qu’il vient de faire sur Y Alimentation d'eau de la ville du Locle.
- Renseignements.—M. Dujardin, à Leuze. — Nous avons donné dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lr® série (G. Masson, éditeur), une formule de vernis à ballons qui pourrait vous convenir.
- M. J. de la Nicollière, à Lillaire. — L’adresse que vous demandez est donnée en tête de la Roite aux lettres du numéro qui contient la description de l’appareil.
- M. P. Dubray, à Paris. — Nous pensons que l’arrêt se fera sans choc trop fort; mais il y aura quelques dispositions à prendre dans la construction du frein.
- M. Heïdé, à Paris.. — Les cartouches-engrais pour plantes d’ornement, dont nous avons parlé, se trouvent chez M. G. Truf-faut, horticulteur, 39, avenue de Picardie, à Versailles.
- M. H. Latour, à Mazères. — L’arquebuse de pèche a été fabriquée par M. Donnet, 85 bis, rue Fazillau, à Levallois-Perret (Seine). Nous avons déjà donné cette adresse en tête de la Roîte aux lettres, du n° 1316 du 20 août 1898.
- M. P. Audouin, à Brest. — Les pommes de terre et les carottes se conservent bien par la dessiccation. A cet effet, on les débarrasse complètement de leur enveloppe ou peau extérieure à l’aide d’un couteau ; on les coupe en fragments allongés. On les nettoie, on les lave et on les échaudé pendant 20 minutes dans l’eau bouillante et un peu salée; ou encore, on les soumet
- endant 5 minutes à l’action de la vapeur d'eau dans un vase ien fermé. Pour dessécher les pommes de terre, on emploie encore le procédé suivant. Les pommes de terre sont pelées, coupées en tranches et jetées dans un vase renfermant de l’eau avec 2 à 3 pour 100 d’acide sulfurique. On laisse les tranches ainsi pendant 24 heures. Puis on les lave à grande eau pour enlever toute trace d’acide. Les tranches sont ensuite exposées sur des claies au grand air pour y être desséchées.
- M. J. Cantillon, à Clichy. — Nous ne pouvons vous fournir cette formule; il faut vous adresser à un chimiste.
- M. P. Ralestra, à Madrid. — Il a paru dans la collection des Manuels Roret un ouvrage ayant pour titre Éleveur d'oiseaux ; vous le trouverez à la librairie, L. Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. J. Cruz, à Maranhad (Brésil). — Vous pourrez vous procurer de bons appareils radiographiques chez M. Radiguet, 15, boulevard des Fdles-du-Calvaire, à Paris.
- M. F. Dugas à l’Elzière. — Nous ne pouvons nous charger de vous faire envoyer ces catalogues ; mais demandez-les aux maisons dont nous avons décrit les appareils dans le n° 1314, du 6 août 1898.
- M. Ganillet, à Cerv. — L’adresse que vous demandez est la suivante : Maison Mildé, 60, rue Desrenaudes, à Paris.
- M. A. Dubois, à Angoulême. — On dit que ces dispositions-ont été prises pour obtenir de la vapeur plus sèche.
- M. A. Tzaut, à Lauzanne. — Nous vous remercions pour votre intéressante description ; mais nous ne pouvons en parler dans le journal.
- 31. G. P., à Montigny. — Adressez-vous à la C'e du Celluloïd, 11, rue Bailly, à Pans.
- M. R. de Rellair, à Le Marchais. — L’article dont vous parlez sur le propulseur pour embarcations de plaisance a paru dans le n° 814, du 5 janvier 1889, p. 81; nous n’en avons-plus entendu parler, et nous n’avons pas d’autres renseignements.
- M. le Dr L. L., à Saint-Félix. — 1° Nous ne croyons pas que l’on ait déjà essayé de remplacer des segments annulaires par des segments rectangulaires. — 2° Nous ne connaissons pas d’autre substance.
- M. X. Mudry, à Thonon. — Nous ne rachetons jamais les. anciennes collections.
- M. Lehayon, à Lille. — Nous vous conseillons de lire l’article paru dans notre précédent numéro.
- M. Canivet, à Bordeaux. — On compte aujourd’hui une dépense de vapeur de 6,5 à 8 kilogrammes par cheval-heure indiqué; il est certain que les machines de grande puissance ;V. pleine charge donnent la plus faible consommation-
- M. Duroy, à Paris. — Vous trouverez dans Y Annuaire de l'Observatoire municipal de Montsouris pour 1898, une notice très intéressante de M. Albert Lévy, sur l’analyse chimique de l’air et des eaux. Elle donne tous les renseignements que vous demandez sur les eaux météoriques, les eaux de sources, les eaux de rivières et les eaux d’égout.
- M. Meriot, à Louvain. — Vous pouvez nettoyer les meubler avec an chiffon légèrement imbibé d’alcool.
- M. Leuroy, à Paris. —Pour éviter les effets des émanations oxydantes du gaz sur les outils, il faut les tremper dans un mélange d’huile de pétrole et d’huile d’olive ; il est nécessaire de refaire cette opération environ deux fois par an.
- M. A. Moriu, à Gravelles. — 1° 11 n’existe pas d’enduit spécial ; il est préférable de nettoyer souvent le réservoir. — 2° Nous ne savons pas de quelle marmite vous voulez parler.
- M. J. Dubreuil, à Paris. — Nous ne pouvons ajouter d’autres renseignements à ceux que nous avons déjà donnés dans notre récent article.
- M. Gambert, à Veret. — Nous avons bien reçu vos deux lettres; mais c’est un projet complet d’installation électrique que vous nous demandez. 11 nous est impossible de vous donner satisfaction.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Lelong, à Paris. Nous avons déjà en préparation un article sur ce sujet. — M. Delarye, à Versailles. 11 ne suffît pas de faire un projet de l’appareil; mais il faut le construire et surtout le faire marcher. — M. Jarmet, à Brest. Nous ne pouvons vous fournir ce renseignement. Tous nos regrets. — 31. Leblanc, à Marseille. Aucune date n’a encore été f,xée. — M. A. Maeder, à La Chaux-de-Fonds. Vous trouverez des formules de vernis noir dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et G‘®. — M. E. Bourgeois, à Nantes. Nous avons indiqué divers moyens d’enlever la rouille sur les bicyclettes dans le même petit livi'é que ci-dessus, 2e série, à la même librairie. %
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre a toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.— Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précédé la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INTENTIONS1
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Glacière Schaller. —Un grand nombre de nos lecteurs nous ont demandé une petite glacière pratique qui en quelques minutes leur permit d’avoir une certaine quantité de glace. Nous pouvons leur faire connaître la glacière construite par M. Schaller qui repose sur un principe déjà bien connu, l’emploi de l’azotate d’ammoniaque. La figure ci-jointe nous donne
- Glacière Schaller. — 1. Coupe intérieure. — 2. Vue extérieure.
- la vue extérieure et la coupe intérieure d’un modèle à 3 moules. Dans un vase en tôle cylindrique se trouve un batteur que l’on peut faire mouvoir à l’aide d’une manivelle extérieure. Les moules reposent sur le couvercle, ils sont remplis d’eau aux 2/3. On introduit l’azotate d’ammoniaque par des ouvertures spéciales, puis on verse l’eau, et l’on a soin d’agiter avec le batteur. Lorsque l’azotate est dissous, il ne faut plus agiter le liquide. Après 12 à 15 minutes'on obtient des blocs de glace dans chaque moule. L’azotate d’ammoniaque est ensuite régénéré par évaporation du liquide sur le feu. 11 existe divers modèles qui permettent d’obtenir de 450 grammes à 8 kilogrammes de glace. — Cette glacière se trouve chez M. J. Schaller, 352, rue Saint-Honoré, à Paris.
- Le carnet-signet. — C’est un petit carnet de poche où le crayon n’est pas comme d’habitude dans un passant placé sur Je côté de la couverture. On a ménagé au milieu des feuillets une découpure qui, quelle que soit la page tournée, de la première à la dernière, forme une cavité où se loge le crayon terminé par un petit cordonnet de soie formant signet.
- Le carnet-signet.
- On ouvre ainsi immédiatement sans feuilleter le carnet à la page où on en est resté et on a aussitôt le crayon dans la main. Ce n’est pas une invention transcendante qui mènera son auteur à l’immortalité, mais c’est pratique et cela suffit pour que nous la signalions à nos lecteurs. — Se trouve dans les principales papeteries et chez M. Geisler, aux Chatelles, par Raon l’Étape (\osges).
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Pour rendre le poli a. la toile à calquer. — Un correspondant du journal Machinery conseille, quand on a fait un grattage sur de la toile à calquer, et qu’on veut rendre le poli à la surface soit pour y écrire à nouveau, soit pour éviter que la poussière n y ait de prise, d’employer du blanc de Meudon ou de la stéatite. On frotte sur l’endroit voulu au moyen de bon papier buvard bien propre.
- Désinfectant parfumé. — Gawolowski recommande l’usage d’un désinfectant préparé par l’introduction de gaz acide sulfureux, à basse température, dans de l’alcool, et cela jusqu’à saturation. On ajoute ensuite du thymol et les parfums que l’on veut.
- Papier tue-mouches sans danger. — On prépare une teinture ou, tout au moins, une forte décoction de copeaux de quassia, puis on y ajoute une mixture chaude de 300 parties de térébenthine de Y’enise, de 150 d’huile de graines de pavot et de 00 de miel. 11 faut étendre cette préparation en couche épaisse sur du papier fort.
- Vernis brillant pour cuir ordinaire. — Pour donner au cuir ordinaire non verni une belle couleur noire brillante, on se sert de la composition suivante dont on imprègne dùmeqt le cuir, et on termine en donnant une couche d'un vernfs dont l’élasticité est assurée : ; j
- Esprit-de-vin purifié.................... * . 100 parties, j
- Extrait de bois de Campéche.............- « « 4 — j
- Mélasse .................................. . 10 -— S
- Huile de lin............................‘ ! * ' 0 — j
- Gutta-percha, dissous dans de l’huile de lin j
- bouillante .............................. 1 — |
- Noir de nigrosine ....................... 2 — j
- Gargarismes antiseptiques. (Revue médico-pharmaceutique.|
- Acide thymique. ........ 0 gr. 25 |
- Acide benzoïque. ........ 3 gr. j
- Teinture d’eucalyptus, ..... 15 gr. ; }
- Alcool. ......... î . . 100 gr. î
- Huile de menthe . . . . . . , 0 gr, 75 \
- Mettre un peu de cette préparation dans uq verte d’eau, j
- (IllELER.) j
- Thymol.................... 0 gr. 30 j
- Alcool de mélisse composé. ..»,»' „„ j
- Esprit de cochleana . . . . , ^ j
- Teinture de ratanhia. ...... 50 gr. üf
- Huile de menthe ........ 0 gr. 50 j
- Huile de caryopse ........ 0 gr. 1 :
- X gouttes de ce mélange pour 1/2 verre d’eau. !
- (SciILEICHER.) j |
- Saccharine blanche................... 5 gr. I
- Alcool dilué....................... 200 gr. ‘
- Essence de menthe . . V . ~. . " X goùttès.
- Une 1/2 à 1 cuillerée à café pour 1 verre d’eau.
- Teinture de myrrhe . ................ 5 gr.
- Alcool de lavande...................... 95 gr.
- Saccharine.............................. 1 gr,
- Une 1/2 à 1 cuillerée à café pour 1 verre d’eau.
- Eau de Cologne Eau de rose. . Saccharine. .
- ââ 50 gr. 1 gr.
- Une 1/2 à 1 cuillerée à café pour 1 verre d’eau.
- (Paschkis.)
- Limonade pour.les diabétiques.
- Acide nitrique.............................. 5 gr.
- Glycérine.................................. 20 gr.
- Eau distillée............................ 1000 gr.
- Prendre en 24 heures par petites gorgées.
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- .NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- r»e
- BIBLIOGRAPHIE
- Distribution de l’énergie par courants polyphasés, par J. Rodet. Paris. 1 vol. in-8°. Librairie Gauthier-Villars. 1898. Prix : 8 francs.
- Répertoire des faits politiques, sociaux, économiques et généraux de Vannée 1897, par À. S. Grenier. 1 vol. in-8°. Paris Berger-Levrault et O, éditeurs. Prix : 7tr,o0.
- De Thessalie en Crète. Impressions de campagne, avril-mai 1897, par Pierre Mh.le. 1 vol. in-8°. Berger-Leviault et O, éditeurs. Paris, 1898. Prix : 5Ir,5ü.
- Nouveau manuel complet du boulanger ou Traité pratique de la panification française et étrangère, par J. Fontenelle et F. Malepeïre. Nouvelle édition refondue par Sciueld
- Trf.herne. 1 vol. in-16. Encyclopédie Roret. L. Mulo, éditeur. 1898. I¥ix : 4 francs.
- L’activité de l'homme, par W. Tenicheff. Traduit du russe. 1 vol. in-8°. Paris. Cornély, éditeur, 1898. Prix : 5 francs.
- Les compteurs d’électricité, par E. Cocstet. 1 vol. in-16. Paris, Bernard-Tignol, éditeur. Prix : 2,r,50.
- A Bibliography of the Anlhropology of perdu, by George A. Dorsey, actirig curator, Department of Anthropology. Field Columbian Muséum. 1 vol. in-8°. Chicago. 1898.
- lowa geological survey. Volume XII. Animal report 1896. 1 vol. in-8°. Published for the lowa geological Survey. 1897.
- Revista do Museu nacional do Rio de Janeiro. Volume 1. 1 vol. in-8°. Rio-de-Janeiro. 1896.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 août 1898. 20",7 N. N. E. 0. Peu nuageux. 0,0 Beau de 9 à 14 h. ; nuageux le reste du temps; halo.
- Mardi 23. . 18°,1 W. N. W. 2. Couvert. 15,2 Couvert de 4 à 9 h. ; éclairs de 1 h. à 4 b. ; orage de 2 à 3 h. avec forte pluie.
- Mercredi 24 . . . . « 17*,7 S. W. 2. Couvert. 1,2 Couvert de 4 à 16 h.; peu nuageux le reste du temps; pluie de 6 h. 50 à 50 et de 10 à 10 li. 10.
- Jeudi 23 15*,3 N. N. E. 2. Couvert. 0,1 Couvert jusqu’à 8 h. ; puis très nuageux; beau après 16 h.
- Vendredi 26 13*,0 N. N. W. 0. Beau. 0,0 Peu nuageux à 11-12 h. ; beau avant et après.
- Samedi 27 15°,4 S. S. E. 1. Nuageux. 0,0 Nuageux jusqu’à 19 h. ; couvert ensuite.
- Dimanche 28 ... . 15°,0 W. S. W. 2. Couvert. 1,4 Couvert jusqu’à 8 h. ; nuageux ensuite ; petite pluie de 0 h. 15 à 5 h.
- AOUT 1898. — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 AOUT.
- lundi | Mardi | Mercredi ( Jeudi | Vendredi ( Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages en France. — Une série d'orages se sont abattus sur divers points de la France à partir du 19 août, notamment à Brest, à Penmarch, a Rouen. A Landerneau, la foudre est tombée sur une machine à battre le blé ét a tué une femme et deux enfants.placés près de la machine. Le cheval, attelé à la machine, a été également tué et deux personnes blessées. Les champs et les jardins ont été dévastés par une pluie torrentielle. A Cherbourg, les bas quartiers de la ville ont été inondés, la foudre est tombée en divers endroits et a causé des ravages. Sur la ligne d’Evreux, l'orage a été encore plus violent. A Gravigny, la foudre a incendié deux maisons. Cinq personnes qui se trouvaient dans un restaurant ont été blessées. A Elbeuf, durant plus de huit heures, un violent orage s’est déchaîné sur la ville et les environs. Cet orage a commencé à 9 heures du soir et s’est prolongé jusqu’à 5 heures du matin. La foudre est tombée eu maints endroits, notamment sur une grange à Criqneboeuf-sur-Seine. 300 gerbes de blé ont été détruites par le feu.
- I)e violents orages ont également éclaté dans le Nord, le 20 août, à Douai, à Verviers, à Lens, à Arras. Au cours d’un violent orage, trois jeunes filles ont été frappées par la foudre, à Courcelles-les-Lens. Deux sont
- mortes ; la troisième est restée dans un état grave. On a signalé la chute de la foudre, en de nombreux endroits. A Paris, pendant l’orage de la nuit du 23 au 2i août, que nous avons déjà mentionné, la foudre est tombée à Aubervilliers sur un fil aérien de l’usine des tramways électriques de la ligne d'Aubervilliers à la place de la République. La décharge s’est produite sur une des dynamos à laquelle elle a causé quelques dégâts peu importants.
- Orages à l’étranger. — Dans la nuit du 17 au 18 août, un violent orage s est abattu sur le Jutland. Quatre personnes ont été foudroyées et plusieurs habitations ont été incendiées.
- Dans la nuit du 18 au 19 août, un orage terrible a ravagé le sud de l’Irlande, le pays de Galles et le sud de l’Angleterre, produisant des inondations et renversant des maisons. Plusieurs coups de foudre ont fait des victimes.
- Éruption du Vésuve. — Les Napolitains ont signalé une violente éruption du Vésuve, le 18 août. La lave s’échappait par quatre courants avec une vitesse de 100 mètres par heure. Les châtaigniers au mont Somma sont brûlés. On a entendu de fortes explosions et le.cratère central vomissait des cendres et des sables.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. la 24, à 8 h. 41 min. du soir.
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- 1319(10 septembre 1898), du journal «LA
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en
- LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- NATURE»
- chef
- INFORMATIONS
- Nous venons de recevoir de M. le Directeur des mines et usines •de Decazeville la lettre suivante que nous sommes heureux de communiquer à nos lecteurs :
- Decazeville, 1" septembre 1898.
- Monsieur,
- Dans sa réunion du 28 courant, le Conseil de la Société de secours des Usines de Decazeville a voté une adresse de remerciements aux excursionnistes venus à Decazeville les 5 et 6 août dernier, en voyage organisé par V administration de « La Nature », pour la collecte gu’ils ont faite et qui a produit la somme de 372rr,20 sur laquelle celle de 125 francs a été attribuée à ladite Société.
- Il vous prie, monsieur le Directeur, de vouloir bien donner connaissance de ces remerciements par la voie du journal aux personnes ayant participé à cette bonne œuvre.
- Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de notre considération très distinguée.
- Le Directeur, Président de la Caisse de Secours,
- Cl. Péguet.
- —®— C’est l’éminent électricien de Londres, sir John Ilopkinson, qui a trouvé la mort le 24 août en faisant en Suisse une excursion de montagne à la dent de Yisivi, au-dessus d’Evolène, avec son fils et ses deux filles. On a retrouvé le cadavre le surlendémain de la catastrophe. J. Hopkinson était un des électriciens les plus en vue de notre époque, et ses travaux sur l’électricité et la mécanique sont nombreux et remarquables. Ce fut lui qui, en 1882, avec Edison, fit construire la machine désignée sous le nom de Edison-Hopkinson. Il a été président de l’Institution of Electrical Engineers en 1890 et en 1896, et a présenté à cette assemblée des travaux de la plus haute portée, notamment sur le magnétisme.
- —La ville où la distribution de l’eau est la mieux assurée est Rome. En 1897, on a consommé à Rome par jour 229 525 mètres cubes d’eau, soit 487 mètres cubes par habitant et par an, ou 1334 litres par habitant et par jour. Les eaux fournies étaient : Eau vierge ou de Trevi 70 720 mètres cubes, eau Félice 23 385 mètres cubes, eau Pauline 54670 mètres cubes, eau Marcia 80 750 mètres cubes. Sauf l’eau Pauline, les eaux de Rome, dont la température varie entre 10 et 15°, sont de qualité bien supérieure à celle des eaux de la Yanne, de la Dhuis et de l’Avre autant pour leur fraîcheur que pour leur pureté, leur saveur, leur limpidité, et leur innocuité bactériologique.
- —$$— Absorption de l’hydrogène par le palladiiun. Dans les Pro-ceedings of the Chemical Society, M. J. Devvar a démontré que le palladium peut absorber trois cents fois son volume d’hydrogène à 500° C et sous la pression de 120 atmosphères !
- —££— Une découverte archéologique intéressante a été faite dans 1 Ue de Paros, en Grèce. Dans les fouilles pratiquées depuis quelque temps dans cette île par l’Ecole archéologique allemande d'Athènes, on a mis à jour le célèbre temple d’Esculape, décrit par plusieurs auteurs grecs. Ce temple est presque entièrement conservé; il a une longueur de 41m,25 et sa largeur est de 19m,50. Ce merveilleux monument de l’antiquité classique, contenait des trésors inestimables, mais il a été pillé et il n’y reste plus ni statue, ni bas-relief, ni autres objets d’or ou d’ivoire. Au point de vue purement archéologique, la découverte du temple d’Esculape a cependant une certaine importance. Les archéologues allemands y ont trouvé plusieurs plaques et colonnes en marbre portant des inscriptions d’une grande valeur historique. Non loin de ce temple, on a découvert une fontaine qui date du cinquième ou du sixième
- siècle avant notre ère. Elle est en marbre blanc et, chose curieuse, une eau abondante, limpide et fraîche s’échappe de la fontaine, ce qui constitue une trouvaille inespérée pour les habitants de Paros. Elle est située au bas d’un rocher. Tout près de la fontaine, les ouvriers ont mis à jour des vestiges de murs très anciens.
- —Le 4er septembre, à quatre heures de l’après-midi, le cuirassé de premier rang Iéna a été mis à l’eau avec un plein succès à Brest. Une foule nombreuse assistait à cette opération. Ce cuirassé a un déplacement de 12 052 tonneaux avec une longueur de 122m,15 et une largeur de 20“,80. Ses machines verticales à triple expansion, alimentées par des chaudières multitubulaires auront une puissance de 15500 chevaux et actionneront trois hélices. La vitesse maxima prévue est de 18 nœuds. Son armement comprendra quatre canons de 305 millimètres accouplés dans deux tourelles avant et arrière, huit de-164.7, huit de 100, seize de 47, cinq de 37, treize canons revolvers de 37 et quatre tubes lance-torpilles, dont deux sous-marins. L’effectif se composera de 31 officiers et de 600 hommes d’équipage. Le devis pour la construction de ce navire s’élève à 28 409638 francs, dont 23 820 745 francs pour la coque et les machines, 4 409493 francs ponr l’artillerie et 179400 francs pour les torpilles. La protection est assurée par une ceinture cuirassée de 320 millimètres, une cuirasse légère de 120 millimètres et deux ponts cuirassés.
- —La commission du Yieux-Paris se préoccupe en ce moment de la conservation des verrières qui décorent nos églises. Elle a déjà visité Saint-Germain-l’Auxerrois, Saint-Séverin et Saint-Médard. Elle vient de proposer au conseil municipal la réfection des vitraux de cette dernière église. La verrière dont il s’agit, située au-dessus du maître-autel, est du plus curieux travail et du plus pur quinzième siècle, mais malheureusement dans un état lamentable.
- —Ce que pèsent les reines. Un reporter anglais vient de publier le poids des souveraines d’Europe. C’est la reine d’Italie qui arrive en tête avec 80 kg; « her gracious Majesty » la suit de près avec 78 kg. Yiennent ensuite : la reine d’Espagne (67 kg), la reine des Belges (65 kg), et l’impératrice d’Allemagne (62 kg). La reine de Portugal ne pèse que 60 kg; la tsarine seulement 59 kg et l’impératrice d’Autriche atteint à peine 44 kg. On ne connaît encore pas le poids de la jeune reine de Hollande.
- —Depuis plusieurs années on se préoccupe vivement de resserrer les limites entre lesquelles se trouve comprise la fête de Pâques, limites qui varient du 22 mars au 25 avril. Depuis le concile de Nicée, en l’an 325, la fête de Pâques est célébrée le dimanche qui suit le quatorzième jour de la lune après l’équinoxe de printemps, supposé tomber toujours le 21 mars. M. Forster, directeur de l’Observatoire de Berlin, M. Tondini et les professeurs de l’Observatoire du Yaticari se proposent de fixer cette date, à partir de l’année 1900, au troisième dimanche qui suivra l’équinoxe de printemps. De cette manière, cette grande fête qui règle les fêtes mobiles de l’Eglise, bien plus nombreuses que les fêtes fixes, tomberait entre le 4 et le 11 avril.
- —®— Depuis quelques jours sont commencés, à Ivrv, les travaux d’un nouveau port qui comportera un quai de transbordement de 120 mètres de longueur et un bas-port île 145 mètres, partant du pont de Conllans, sur la rive gauche de la Seine, ce qui permettra l’accostage de trois péniches, correspondant à un trafic possible de 150000 tonnes par an. L’outillage du quai de débarquement sera fourni pas la chambre de commerce qui s’est, de plus, engagée à fournir 140 000 francs pour l’établissement de voies ferrées cjui relieront le port à une gare de marchandises sur la ligne d Orléans. Cette voie doit passer par la rue Galilée, le boulevard Sadi-Carnot et rejoindra la gare de marchandises construite dans un terrain voisin. On projette également de construire une gare de voyageurs à Ivry. Elle serait située dans l’axe de la rue de la Mairie.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- dans les n°* 1028 et 1150. » Notre correspondant a raison et il serait intéressant d’étudier la photogrammétrie.
- M. L. N. Vandevyver, répétiteur à l’université de Gand,. nous envoie une notice contenant l’article qu’il a écrit sur La grande lunette de 1900 dans le journal Ciel et Terre,
- M. Ad. Bouvier, à Lyon, nous adresse une brochure contenant quelques extraits du compte rendu du vingt-cinquième congrès de la Société technique de l'industrie du gaz en France. Ces extraits ont pour titres : Salle d'Ecole avec éclairage au gaz par réflexion (lumière diffuse); 4 propos de quelques accidents dus à l'acétylène employé pur; Comparaison entre les éclairages usuels.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les
- filtres Fillard et Delsol que nous avons décrits dans le n° 1317 du 27 août 1898, p. 203, sont fabriqués par la maison Beslier, à Coulommiers. Les petits filtres de poche se trouvent au dépôt de la maison Beslier, 13, rue de Sévigné, à Paris.
- Communications. — M. Henry Chastrey, à Paris, à propos de la rectification que nous a envoyée Si. P. Rerner sur l’article La chique (n“ 1305, du 4 juin 1898), rectification que nous avons insérée dans les Communications de la Boîte aux Lettres du n° 1508, du 25 juin 1898, nous prie de dire que le mode d’intromission de la chique dans les tissus, qu’il a indiqué, a été de tous temps celui admis par les entomologistes et les praticiens, même par le Dr Jullien. Il n’a jamais dit que l’ulcère fût causé par le développement exagéré de l’abdomen de l’animal, mais bien par les débris de l’animal qui restent dans la logette intodermique qu’il s’est creusée après l’éclosion et s’y putréfient, formant ainsi un foyer de septicémie.
- MM. Edoux et Cie, à Paris, nous écrivent au sujet de notre petite chronique sur le Nouveau rideau de l'Opéra, qui a paru dans le n° 1318 du 3 septembre 1898, p. 322. Nous avons dit que ce rideau était construit par M. Charpentier à Valdoie près Belfort: c’est la maison Edoux et Cie, à Paris, qui le fabrique, d’après un marché passé avec le ministère des Beaux-Arts.
- M. Ginoulhac, à Béziers, nous envoie une magnifique photographie prise à la représentation de Dejanire qui vient d’avoir lieu à Béziers, le 28 août.
- M. A. Courtonne, à Lisieux, nous fait part d’une observation qu’il a eu l’occasion de faire pendant 4 jours. Tous les soirs, vers 7h,45, une étoile d’une certaine grandeur apparaissait au sud-ouest et disparaissait à l’ouest en moins de 15 minutes. Notre correspondant désire savoir l’étoile dont il s’agit.
- M. F. Verdier, à Saint-Gervais, près Blois, nous écrit la lettre suivante : « Les amusants croquis de Ilenriot dans le n° 1317 de La Nature du 27 août, sont bien une juste critique de l’abus de la photographie, je trouve qu’il est très regrettable que cette ébauche de gélatinos reste inutile. Entre les mains de quelques opérateurs expérimentés et — pour-rait-on dire truqueurs — les épreuves constituent quelquefois une image habilement exécutée, que l’auteur, ouvrier adroit, montre avec satisfaction, et l’on admire par politesse ; ce ne sont cependant pas des œuvres d’art, car aucun idéal n’y est interprété—elles ne constituent qu’un seul souvenir personnel. — Cependant toute photographie pourrait devenir un document utile et exact : il suffirait d’apporter aux appareils des modifications insignifiantes et de prendre lors de l’exposition quelques précautions à la portée de tous. En effet, et comme vous le savez, toute photographie étant une perspective géométrique, tout appareil peut donc devenir un photogrammètre susceptible de donner des images sur lesquelles on peut prendre des mesures qui permettent d’exécuter des plans cotés. Il est inutile que je vous fasse l’énumération des cas, où, architectes, ingénieurs, explorateurs, etc., seraient intéressés par des photographies pouvant être utilisées comme documents exacts. Mais je pense que ce serait bien le rôle de La Nature, dont les lecteurs ont en général des notions scientifiques suffisantes sinon de vulgariser la photogrammétrie, du moins d’en donner un aperçu qui serait certainement suggestif. Je dirai même que vous feriez œuvre patriotique en faisant connaître cette science d’origine française, et dont le public français connaît à peine le nom, mais qui en revanche est largement utilisée et même professée à l’étranger. En France, il n’existe que peu d’ouvrages sur ce sujet et à peine quelques articles épars dans des revues spéciales. Revoyant la collection de La Nature dont je suis un vieil abonné, je ne trouve mention de Notes relatives à cet ordre d’idées depuis 1880 que
- Renseignements. — M. Ch. Sharp, à Paris. — Nous pensons qu’il serait nécessaire de faire un moule spécial.
- M. B. de Sevin, à Pau; M. F. Waegenaere, à Courtrai.— Nous donnons en tête de la présente Boite aux Lettres, l’adresse que vous nous avez demandée.
- M. B. G., h Saint-Brieuc. — Consultez l’ouvrage Plombier, zingueur, de la collection des manuels Roret; et encore mieux prenez donc une ou deux leçons chez un plombier de la ville.
- M. M. S., à Nivelles. — Vous pouvez essayer de mélanger de l’alcool, de l’éther, ou de l’essence en quantités suffisantes.
- M. E. Germain, à Cons-la-Granville. — Nous avons parlé de l’argentaurum à plusieurs reprises, notamment dans le n° 1253, du 5 juin 1897, et dans le n° 1270, du 2 octobre 1897.
- M. Baraveau, à Clamecy. — Cette adresse a été donnée déjà plusieurs fois dans nos précédentes Boîtes aux Lettres.
- M. Hanappe, à Mariémont. — Adressez-vous à M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- M. Quentin, à Germaine. — Vous pourriez vous renseigner aux bureaux, 1, place de l’Opéra, à Paris, pour savoir si le self-allumeur n a pas également été employé pour le gaz acétylène.
- M. E. Haag, à Pons. — 11 faut gratter complètement le filtre et bien rincer à l’eau chaude; il serait encore plus simple de remettre l’appareil au fabricant qui en fera un nettoyage soigné.
- M. J. M., à Bordeaux. — Ces renseignements n'ont pas été publiés ; il faut faire une série d’études.
- M. Saugeron, à Ismaïlia. — Nous vous conseillons de consulter le Dictionnaire usuel des sciences médicales, par MM. llechambre, Mathias Duval et Lerebo.ullet, à la librairie Masson et Cie,
- M. F. Montendon, à Genève. — Vous trouverez les ouvrages que vous demandez à la librairie Masson et Cio ou à la librairie Bunod et Vicq ; demandez les catalogues, vous ferez vous-même votre choix.
- M. C. Delamarre, à Grandvilliers. — C’est dans les Nouvelles scientifiques de La Nature, au chapitre Hygiène et Santé, que nous avons indiqué le régime alimentaire des goutteux.
- M. F. Dupleicher, h Rochefort-sur-Mer. — On a déjà, à plusieurs. reprises, cherché à utiliser la télégraphie en mer pour signaler l’approche des navires; voyez la Note que M. Branly a adressée à ce sujet à l’Académie des sciences dans la séance du 18 juillet 1898, elle se trouve aux Comptes rendus.
- M. H. Lopez, à Paris. — Ces erreurs se présentent malheureusement trop souvent ; nous ne pouvons insister sur ce sujet.
- M. P. Barré, à Paris. — Adressez-vous au Comptoir général de la photographie, 57, rue Saint-Roch; on vous donnera ce renseignement.
- M. Egidio Colombo, à Milan. — 1° Nous n’avons pas d’adresse spéciale à vous faire connaître. — 2° Il existe un ouvrage qui pourrait peut-être vous convenir; il a pour titre Huiles minérales par Magnier, à la librairie Mulo, dont l’adresse est indiquée plus haut.
- M. D. Sovoyat, à Pertuis. — Nous avons reçu la petite Note ue vous avez bien voulu nous adresser et nous vous prions 'agréer tous nos remerciements.
- M. Leroy, à Montpellier. — Vous trouverez tous les ouvrages de mathématiques à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Lelong, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 1™ et 3e séries, à la librairie Masson et Cie. — M. Dubois, à Marseille. Cette description est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 4e série, à la même librairie. — M. D. G., à L; M. Z. V-, à Brest. Remerciements pour vos communications. — M. Dupont, à Paris. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu gu!aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Compteur enregistreur d'unité. — Ce compteur qui a la forme et la dimension d’une montre ordinaire se compose d’un cadran principal armé d’une aiguille centrale, de deux ou trois autres petits cadrans. Le premier cadran marque les unités, le deuxième les dizaines, le troisième les centaines et le quatrième les mille. La manœuvre eî?t des plus simples : il suffit d’abord de tirer fortement sur la targette placée à
- Compteur d’unités. — 1. L’appareil. — 2. Usage.
- gauche du compteur (A). Cette targette remet instantanément et d’un seul coup tous les cadrans à zéro, puis pour se servir du compteur, à la partie supérieure, il faut appuyer sur le bouton. A chaque pression la grande aiguille marque 1, 2, 3, 4, etc., jusqu’à 10, arrive au nombre 10, la petite aiguille du cadran (5) marque les dizaines jusqu’à 100 et ainsi de suite, le cadran 4 les centaines et enfin le cadran 5 les 1000 jusqu’à 10 000. Ce compteur peut être utilisé dans beaucoup d’applications où il s’agit de compter : bottes de paille, de foin, etc. — Le compteur se trouve chez M. Mathieu, 45, galerie Montpensier, au Palais-Royal, à Paris.
- Bougie & acétylène pour automobiles. — Cette nouvelle bougie se compose d’un tube (n° 1) divisé en deux parties (n° 2), l’une formant réservoir d’eau à la partie supérieure et la seconde contenant un tube central percé de trous en communication avec le premier réservoir. Ce tube renferme une mèche. 11 y a de plus une communication par un tube spécial entre le réservoir inférieur et le brûleur à la partie supé-
- Bougie à acétylène. — 1. Vue extérieure.
- 2. Appareil pour enlever le fond. — 3. Coupe intérieure.
- 4. Pince pour dévisser le brûleur.
- rieure. L’eau arrive dans le tube central, imbibe la mèche, tombe au fond et attaque le carbure. Le gaz se dégage. La chaleur qui se produit alors réduit la quantité d’eau qui se réduit et se vaporise peu à peu au fur et à mesure de son arrivée. Il n’y a donc pas surproduction de gaz. La pince (n* 4) sert à dévisser le brûleur, J’appareil n° 2 permet d’enlever le fond. D’après les renseignements de l’inventeur, la durée de cette bougie est de 6 heures et sa dépense n’est que de 1 centime par heure. — La bougie à acétylène se trouve chez M. Ditsch, 1, rue de la Harpe, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- La conservation des oignons en Zélande. — Dans le journal! Chasse et Pèche, M. Denaitfe nous fait connaître le moyen de conserver les Oignons dans la province hollandaise de Zélande. Les producteurs entassent et laissent sur le sol toute la récolte,: souvent très importante de leur ferme ; ils la déposent en tas. allongés, de forme parallélépipédique, dont les côtés verticaux sont maintenus par des claies d’osier fichées dans le sol ; lai partie supérieure du tas est recouverte de paille ; si vous questionnez un cultivateur expérimenté au sujet de sa façon de procéder, il vous répondra que la vente des Oignons en Angleterre oblige à attendre des époques favorables, qui souvent ne se présentent que longtemps après la récolte, et que les silos de bulbes analogues à ceux usités pour les Pommes de terre et poulies Betteraves étant impraticables parce qu’ils provoquent la pourriture dès Oignons, on a dû adopter cette nouvelle méthode, au moyen de laquelle on obtient une conservation parfaite. Il existe un second moyen : on Creuse des fossés de lm,20 à 2m,50 de profondeur, de 15 à 18 mètres de longueur et de 2“,50 à om,60 de largeur, puis on garnit l’intérieur avec des planches 'recouvertes d’une faible couche de paille longue, après quoi ces fosses sont remplies d’Oignons. Si l’on veut gagner de la place, il suffira de construire hors de terre, une palissade un peu épaisse au-dessus de la première. Cette palissade, qui peut être de hauteur d’homme, est maintenue par des pieux enfoncés en terre. Dès qu’elle est construite, il suffit d’étendre une mince couche de paille sur le premier tas et de la remplir d’Oignons. S’il est nécessaire, on peut encore construire comme précédemment une troisième palissade sur les deux autres et la remplir d’Oignons. Le travail terminé, les Oignons sont logés pour tout l’hiver. S’il survient une forte gelée, il faudra éviter de remuer les Oignons jusqu’à ce qu’ils soient tout à fait dégelés. Cette précaution est indispensable, car, si les abris sont ouverts et que l’on touche les Oignons avant qu’ils soient complètement dégelés, ils sont tous perdus. Au contraire, en ne dérangeant pas les Oignons atteints de la gelée, non seulement ils restent bons à employer pour la consommation, mais, chose qui paraîtra étonnante, ils demeurent aussi bons pour la plantation que s’ils n’avaient pas eu à souffrir du froid. A la fin du printemps, alors que les provisions conservées dans les paniers ou les magasins commencent à s’épuiser et que la chaleur du soleil réveille la force de végétation des bulbes, il est indispensable de rentrer les Oignons dans une cave froide, ce qui peut se faire sans trop grande dépense ; de cette façon, la végétation sera retardée pour longtemps et il sera possible de conserver jusqu’à la nouvelle récolte les Oignons sains et mangeables, au lieu de les faire venir des contrées du Midi à des prix exorbitants.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Contre le mal de dents. — D’après le Dr Capitan, MM. de Marion et André auraient trouvé un procédé efficace pour panser, aseptiser et insensibiliser une dent malade. Le topique dont ils se servent est le formol géranié, qui se prépare très facilement. A une solution commerciale de formol, c’est-à-dire de formaldéhyde à 40 pour 100 dans l’alcool à 80 degrés, ils ajoutent 20 pour 100 d’essence de géranium. On obtient ainsi un liquide d’odeur agréable, très antiseptique et analgésiant. D’habitude, avant d’obturer une dent malade, il faut commencer par « dévitaliser » la pulpe dentaire au moyen de l’acide arsénieux, par exemple, ou, si la carie a fait son œuvre, il y a lieu, en tout cas, d’aseptiser la cavité pulpaire et de détruire les nerfs avant l’obturation définitive. Or, l’opération, facile à. indiquer, est généralement assez difficile à bien réaliser par les moyens connus. Au contraire, avec le formol géranié imbibant un morceau de coton hydrophile introduit dans la cavité pulpaire, il devient aisé d’obtenir une asepsie complète, et l’on peut boucher la cavité sans crainte dé récidive. Enfin, comme le formol géranié est très analgésiant, la douleur s’en va. On pourra essayer la méthode de MM. de Marion et André dans tous les cas de carie dentaire avec pulpite plus ou moins douloureuse.
- Traitement du catarrhe chronique de T intestin par Veau calcique gazeuse.
- Chez les sujets atteints de troubles digestifs liés à un catarrhe intestinal chronique se manifestant, après le moindre écart de régime, par de la diarrhée muqueuse avec inappétence, des douleurs abdominales et le ballonnement du ventre, M. le Dr V.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Jaworski, professeur extraordinaire des maladies de l’appareil digestif à la Faculté de médecine de Oacovie, s’est bien trouvé de l’usage d’une eau calcique saturée d’acide carbonique, analogue à la solution sodique gazeuse dont il a recommandé récemment l’emploi dans les états d’hyperacidité gastrique.
- Notre confrère se sert de deux solutions, dont l’une (faible) contient, par litre d’eau chargée d’acide carbonique, 2 grammes de carbonate de chaux et 2 grammes de salicylate de chaux ; dans l’autre solution (forte), la proportion de ces mêmes substances est respectivement de 4 et de 3 grammes. Le malade prend le malin à jeun, une heure environ avant le premier déjeuner, un demi-verre de la solution forte et il boit un demi-verre de la solution faible après chacun des trois repas. Avant d'ingérer le liquide, il faut attendre quelques instants pour laisser au gaz en excès le temps de s’échapper. Lorsque les troubles digestifs sont intenses, la solution doit être bue chaude. A cet effet, après avoir fait bouillir un demi-verre
- d’une eau alcaline quelconque, on y ajouté un demi-verre de la solution calcique forte. Ce mélange est pris aussi chaud que possible quatre fois par jour, le matin à jeun et après les repas.
- Dès que les selles sont redevenues normales, on cesse l’usage de la solution forte, mais on continue celui de la solution faible le matin à jeun et après les repas pendant 8 ou 15 jours, puis on se borne à faire boire la solution après les repas seulement pendant 1 à 2 mois.
- M. Jaworski n’a rencontré que peu de cas de diarrhée chronique qui aient résisté à cette médication, laquelle agit à la fois comme astringent et comme antiseptique intestinal. Il est évident qu’un régime alimentaire approprié est de rigueur.
- L’eau calcique gazeuse se montrerait également utile contre la diarrhée des phtisiques.
- Entin notre confrère s’est bien trouvé de l’usage de la solution calcique faible dans les cas de diathèse urique, notamment dans ceux où il existe de la diarrhée symptomatique. Dr X...
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 août 1898. 13”,5 \V. 2. Presque couvert. 0,0 Beau jusqu’à 4 li.; nuageux ensuite; couv. après 15 11.; halo; gouttes entre 20 11. 20 et 21 heures.
- Mardi 50 17*,9 S. W. 3. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 11 b. et de 20 à 22 b.; nuag. à 12-13 b.; quelq. nuag. le reste du temps ; un peu de pluie à 7 b.45.
- Mercredi 31 18”,0 S. S. W. 3. Couvert. 0,0 A peu près couv. jusqu’à 13 h.; puis nuageux jusqu’à 18 h.; beau ensuite ; nuageux à 24 b.
- Jeudi 1" septembre. 12*,7 N. N. E. 1. Couvert. 4,5 Très nuageux jusqu’à 8 heures; puis nuageux; beau après 17 heures.
- Vendredi 2 9%2 N. E. 0. Beau. 0,0 Beau ; brumeux.
- Samedi 3 ll',l N. 1. Beau. 0,0 Beau ; brumeux.
- Dimanche 4 15*,1 N. 2. Beau. 0,0 Beau.
- AOUT-SEPTEMBRE 1898. — SEMAINE DD LUNDI 29 AOIT Aü DIMANCHE 4 SEPTEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Aérolitlie. — Un aérolithe pesant environ 50 tonnes est tombé au mois de juin dernier, près de Martiudale (colonie du Cap), en creusant une énorme cavité dans le sol.
- Coup «le foudre. — Le 31 août, à Casteltane, pendant un violent orage, la foudre est tombée sur un troupeau de moutons traversant la montagne de Peyresy. 74 moutons ont été tués; le berger a été sauvé.
- Les tremblements de terre au Mexique. —Nous extrayons d’une statistique publiée par M. Carlos Mottl, dans Memorias y revista de la Societad cientifica Antonio Alzate, les données suivantes relatives aux tremblements de terre observés à Orizaba en 1893.
- Cette ville, située à l'altitude de 1219 mètres, a pour coordonnées géographiques : latitude boréale : 18°50’ 55" ; longitude orientale par rapport à Mexico : 2°4' 16". Elle est dans une des régions du monde où les mouvements sismiques sont le plus fréquents.
- Les observations indiquant le nombre des secousses enregistrées de minuit à midi (matin) et de midi à minuit (soir), on a noté 253 secousses le matin (52 pour 100), 231 le soir (48 pour 100). C’est le mois de janvier qui a donné le plus grand nombre de secousses, 140, dont 52 le matin et 88 le soir; ensuite viennent septembre, 101 ébranlements ; août, 46; mai, 42. Les mois les plus calmes ont été avril et octobre qui comptent respectivement 12 et 7 secousses.
- Les 484 tremblements de terre se sont produits en 139 jours de l’année. Le mois d’août a compté 24 jours d’ébranlement, celui de janvier 23, septembre et juillet 16. Mai n’a eu que 5 jours troublés, février 7 (sur 11 jours seulement d’observations).
- La hauteur des soulèvements du sol dans la direction verticale est en général très faible et inférieure à 1"“. En notant tous les soulèvements supérieurs à 1””, on arrive à un. total de 124““, dont 31”“ en août, 27““ en novembre, 18“” en mai ; en mars et en avril aucun soulèvement n’a atteint 1““. Les plus forts ont été enregistrés le 12 août (-10““, 8"“, 5“", 2““), le . 29 mai (10““, 4““, 2“”), le 22 novembre (8““), le %1 octobre (5”“).
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 31, à 1 h. 0 min. du soir.
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- INFORMATIONS
- —© — On observe à l’œil nu sur le soleil une tache énorme de 75000 km d'ouverture, six fois plus grande que la terre entière. Cette tache fait partie d’un groupe dont la longueur dépasse 200 000 km. Cette apparition est d’autant plus intéressante que nous approchons du minimum de la période des taches.
- —On nous écrit de Berne qu’une belle aurore polaire a été vue le 9 septembre de 8h,30 à 9h,o0, temps de Paris.
- —Un Congres international des Pêches maritimes, d’Ostréi-•culture et d’Aquiculture maritime, s’est réuni à Dieppe du 1" au 5 septembre 1898. Ce Congrès, organisé par la Société : l’Enseignement technique et professionnel des pèches maritimes, avait pour président d'honneur M. l'amiral Charles Duperré et pour président «ffee.if M. le professeur Edmond Perrier, membre de l’Institut. Plusieurs ministères lui ont accordé leur patronage. En dehors des communications qui ont pu être faites dans des séances générales et dans des séances de sections, un certain nombre de visites ont été organisées et même des excursions jusqu’en Angleterre.
- —®— Un congrès national des Sociétés françaises de géographie tiendra sa 17e session à Marseille, du 18 au 25 septembre 1898, sous la présidence de M. le prince Auguste d’Arenberg. Parmi les questions qui seront traitées au Congrès, il convient de signaler en première ligne celle de la domestication de l’Eléphant d'Afrique par M. Bourdarie, secrétaire de la Section coloniale de la Société d'Acclimatation. M. le capitaine Guyot traitera des cartes agronomiques; M. le Dr lleckel, de l’enseignement colonial dans l’Université de France; M. Borelli, du Dahomey et de ses ressources economiques. Enfin, M. Jumelle, attaché au Musée colonial de Marseille, est inscrit à l'ordre du jour pour deux communications : 1° Le*
- [liantes à caoutchouc et à gutta, leur culture et leurs produits dans es colonies françaises; 2* les forets et les essences forestières exploitables à Madagascar.
- —®— Une grande fête commémorative aura lieu à Stockholm, le 7 octobre 1898, à l'occasion du cinquantième anniversaire de la mort du savant Berzélius. Tous les corps savants d’Europe seront représentés à cette solennité.
- —©— Pendant les grandes chaleurs, les forêts de pin toutes desséchées ont eu à subir de nombreux incendies. Dernièrement encore un accident de ce genre vient de survenir le 5 septembre dans les landes de la Gironde. Le feu a pris naissance du côté nord de la route de Bordeaux à Arès, s’avançant vers Mareheprime et ravageant les deux côtés de la voie ferrée autour des stations de Ganauley et de la Croix-d’Hins. A 3 heures de l’après-midi, la lande était également en feu dans les communes de Pierroton, de Saint-Jean, d’Ulac et du Las. Les lueurs de l'incendie étaient aperçues de Bordeaux, à plus de 20 kilomètres. Le feu gagnait si rapidement du terrain, activé qu’il était par le vent, que l’affolement était général autour de la lande attaquée. La circulation des trains s’est ressentie du sinistre. Le premier convoi qui s’y heurta fut l’express de Bordeaux à Arcaclion, ayant quitté la gare Saint-Jean à 5b,l0 du soir. Après avoir dépassé la halle de Coctoucau, une odeur âcre saisit à la gorge tous les voyageurs. Le mécanicien ralentit sa vitesse et, à Pierroton, on connut le sinistre qui désolait la lande. Le feu n’était pas encore là; mais, quand on fut arrivé à la Croix-d’Hins, il fallut songer à prendre de sérieuses précautions. Une nappe de llammcs venait à la rencontre du tram. Celui-ci stoppa et l'ordre fut donné de fermer les fenêtres et les vasistas de tous les compartiments. La sécurité des voyageurs ainsi assurée, on s’engagea plus avant, et, entre Ganauley et Mareheprime, l’express eut à traverser une véritable forêt de feu. Les flammes ne cou-
- I vraient pas la voie, mais elles brûlaient à très peu de distance de chaque côté et une fumée fort dense enveloppa littéralement le convoi. Les trains qui suivirent eurent à répéter une manœuvre exactement semblable. Ceux-ci, cependant, rencontrèrent l’incendie plus près du point de départ, c’est-à-dire le premier à la Croix-d’Hins, le dernier à Pierroton. On ne peut encore déterminer l’étendue des dommages causés par l’incendie. On sait qu’une grande quantité de bétail a péri dans les flammes ; il n’y a pas eu de victimes humaines.
- —Un fait extraordinaire a été observé récemment à Paris. 11 s’agit d’un cheval qui était alcoolique. Ce cheval, ne pouvant un jour se tenir debout, le vétérinaire, appelé pour le soigner, déclara, à la surprise générale, que le cheval était simplement ivre-mort ; il ajouta que l’animal donnait tous les signes d’un alcoolisme invétéré, tin se souvint alors que le cheval, ayant été un peu surmené, on lui avait, à plusieurs reprises, donné de l’avoine trempée de vin pour le réconforter ; un garçon d’écurie paresseux avait trouvé plus simple de lui donner à boire au goulot de la bouteille. Depuis celte époque, l’intelligent animal cherchait à retrouver du vin; détachant son licol la nuit quand tout le monde dormait, il ouvrait le loquet de la cave avec scs dents, et descendait prendre des bouteilles qu’il buvait au goulot.
- —©— Il est arrivé récemment, à Ajaccio, le voyageur Eugène Gruard, dit Westoim, qui a accompli le tour du monde à pied en tirant ses moyens d’existence de son travail. Eugène Gruard est parti de Paris le 17 mai 1896 n’ayant que 50 centimes en poche et il a successivement parcouru la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, le Tyrol, la Bohême, la Pologne, la Russie, la Sibérie, la Turquie, l’Egypte, la Tripolitaine, la Tunisie. l’Algérie. Il arrive du Maroc miné par les fièvres paludéennes. Après avoir traversé la Corse à pied, il doit aller à Bastia où il s’embarquera sur un bateau pour l’Espagne.
- —®— Le projet de la porte monumentale de l’Exposition sur la place de la Concorde, dressé par M. Binet architecte, vient d’être approuvé par l’administration supérieure. La porte monumentale ressemble à un grand arc de triomphe et occupera une surface de 2400 mètres carrés. Elle comporte une énorme coupole dorée et ajourée dont le point culminant sera à 45 mètres au-dessus du niveau du sol. Elle reposera à sa base sur trois pilastres. Une statue colossale de la Liberté couronnera l’édifice. A droite et à gauche de la porte deux frises de 10 mètres de longueur seront appuyées à deux minarets de 42 mètres de hauteur. En avant, soutenus par des socles de bronze, se détacheront de grands mâts au sommet desquels flotteront des oriflammes de France. L’arc monumental, sur la place, sera absolument libre, mais en arrière, entre les deux arcs intérieurs et se reliant avec le pilier du fond, on trouvera une série de cinquante-huit guichets sur un développement de 115 mètres. Des plans inclinés mettront les guichets placés à des niveaux différents en rapport les uns avec les autres, de façon à éviter, quelle que soit l’affluence des visiteurs, tout encombrement.
- —On va mettre en chantier, à Cherbourg, un nouveau cuirassé qui portera le nom de Coudé. Ce croiseur aura un déplacement de 9517 tonnes, avec une longueur de 138 mètres et une largeur de 19m,40. Il sera muni de trois machines verticales à triple expansion, actionnant chacune une hélice ; alimentées par des chaudières multitubulaires, elles devront fournir une puissance de 19600 chevaux. La vitesse maxima prévue est de 21 nœuds. Avec une charge de 1600 tonneaux de charbon en soutes, le rayon d’action sera de 10 300 milles à 10 nœuds et de 19.20 milles à la vitesse maxima. Le Condé sera armé de deux canons ue 194 millimètres, huit de 164,7, quatre de 100, seize de 47, six canons-révolvers de 37 et de deux tubes lance-torpilles sous-marins. Le devis estimatif s’élève à 20 215000 francs dont 17 744600 pour la coque et les machines, 2 291 000 pour l’artillerie et 179 400 pour les torpilles,
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le moteur rotatif à vapeur Arbel et Tihon se trouve 3, rue Vignon, à Paris. — Pour tout ce qui concerne les applications des nouveaux aciers au nickel, s’adresser à la Société anonyme de Coin-mentry-Fourchambault, IG, place Vendôme, Paris. Le nouveau dilatoscope est construit par M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire.
- Communications. — M. P. Guynemez,. à Luc-sur-Mer (Calvados), nous écrit : « Dans vos Informai,ions du n° 1318 du 3 septembre, vous avez mis une petite Note sur la grande statue de Kamakura. Je connais cette statue, car j’ai été l’année dernière au Japon, et je prends la liberté de vous envoyer cette petite Note à titre de renseignement. Elle est bien la plus gigantesque du monde. — Kamakura n’a été que la capitale de Tokugawa (dynastie des maires du palais) et non celle du Japon qui était celle des Mikados. La statue ne représente pas Bouddha mais Amithaba qui est le Dhyani-Bouddha (ou lre personne) de la première trinité, tandis que Çakya Mouni en est la troisième. Elle n’est pas en cuivre mais en bronze. Elle ne porte ni incrustations ni pierreries : on dit « les yeux en or ». La hauteur est bien de 20 mètres mais le socle et la fleur de lotus sur laquelle est assis le dieu en ont au moins 8 qu’il faut déduire. — Il n’y a pas de temple proprement dit à l’intérieur, mais un vestige d’autel et les rares accessoires de prière qui s’y trouvent n ont rien à faire avec Çakya-Mouni. Les proportions sont admirables et la tête n’a pas moins de 29 mètres de circonférence. On enfant ne passerait pas par la bouche. Les dimensions que vous prêtez à l’œil m’étonnent, car en lui en donnant la moitié vous serez au-dessus de la vérité. J’ai rapporté une photographie peinte du Daïbuts de Kamakura qui a été faite par des Japonais. »
- M. le Dr Cari Schlatter, médecin de la clinique de chirurgie de Zurich, nous adresse une notice ayant pour titre : Weitere Mittheilungen über einen F ail von lotaler Magenexstirpalion beim Menschen. (Autres communications sur le cas d’une extirpation totale d’estomac chez un homme.)
- M. G. Aupée, chimiste à Rouen, nous fait parvenir une brochure qui a pour titre La lumière solaire et les phosphates. Notre correspondant a résumé toutes ses études dans cet opuscule et il conclut que l’action de la lumière solaire modifie l’aspect, l’odeur et le goût du produit et dissout les phosphates devenus insolubles par oxydation.
- M. G. Cosarat, à Saint-Germain-en-Laye, à propos de notre article sur les bateaux de Earls-Courts (n° 131G du 20 août 1898, p. 190), nous écrit qu’il les a vus l’an dernier à Bruxelles, et il y a deux ans, à Berlin.
- M. le Cie Alexandro Roncalli, à Bergame (Italie), nous prie d’aviser nos lecteurs qu’il désire faire l’échange de cartes postales illustrées avec les habitants de tous les pays du monde; il fait une collection de ces cartes.
- Renseignements. — M. L. G., à M. — Ces questions sont toutes nouvelles; il n’y a pas encore d’ouvrage à ce sujet, quelques articles seuls ont été publiés par divers journaux.
- M. Leverat, à Paris. — H y a erreur dans vos calculs. La dynamo primaire produit 1200 volts et 25 ampères, soit 5Ô kilowatts; la dynamo actionnée par le moteur branché sur cette canalisation ne peut donc produire une puissance supérieure.
- M. Cardon, à Lille. — Nous n’avons pas sur cette machine d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés.
- M. Reillard, à Nîmes. — Nous avons déjà fait paraître plusieurs articles sur ce sujet; consultez les Tables des matières, 2e série, à la librairie Masson et C*\
- M. P. Lauviva, à Lyon. — Nous n’avons pas d’autres renseignements à ce sujet; nous ne croyons pas que l’appareil se fabrique, encore.
- M. F. Dubois,rà Paris. — Distributeurs automatiques : M Léoni, 12, boulevard Magenta; Compagnie générale française des distributeurs automatiques, 50, rue de Londres;
- Société des distributeurs automatiques, 6, boulevard des Italiens, à Paris.
- M. J. D., à L. — 1° En dehors du gaz ordinaire, nous pouvons signaler le gaz atmosphérique fabriqué à l’aide de l’appareil de MM. Gourd et Dubois, 4, rue Bréguet, et le gaz pour tous de M. Ch. Blanc, 45, boulevard Richard-Lenoir, à Paris. Pour le gaz que vous mentionnez, nous aurons l’occasion de-l’étudier prochainement. — 2° Pour les compteurs de vapeur vous pourriez vous adresser aux fabricants de compteurs d’eau : Compagnie continentale anonyme, 9, rue Pétrelle; Compagnie pour la fabrication des compteurs, 1 G, boulevard de Vaugirard, à Paris. — 3° Ampèremètres et wattmètres enregistreurs : M. J. Richard, 9, impasse Fessart; MM. A’rnoux et Chauvin, 186, rue Championnet, à Paris.
- M. L. Loriot, à Nantes. — Nous avons déjà fait paraître plusieurs articles sur les béliers hydrauliques ; nous avons aussi publié dans le n° 989, du 14 mai 1892, p. 3G9, une description du siphon élévateur Lemichel, qui est construit, 52, rue de Lourmel, à Paris.
- M. G. Martin, à Paris. — Le moteur à gaz peut être moins coûteux que la machine à vapeur; tout dépend des conditions dans lesquelles votre atelier fonctionne. Mais il est certain que le moteur électrique sera de beaucoup plus économique, surtout si chaque machine a son moteur.
- M. M. Dubus, à Versailles. — L’article sur Je tirage au sort a paru dans le n° 1310, du 9 juillet 1898, p. 93.
- M. J. Réron, à Pontoise. — Consultez les Recettes et Procédés utiles du n° 1314, du 6 août 1898; nous avons donné quelques renseignements sur l’élevage des lapins.
- M. S. Kriloff, à Saint-Pétersbourg. — Vous trouverez divers ouvrages sur l’aviation à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. F. Delori, au pont d’Ardres. — Nous avons déjà donné cette adresse : M. Truffaut, 59, avenue de Picardie, à Versailles.
- M. Dubron, à Nancy. — Votre projet nous semble acceptable; mais il serait préférable de le soumettre à un ingénieur.
- M. Leard, à Beauvais. — 11 n’existe pas d’ouvrage sur ce sujet; vous ne trouverez que quelques renseignements dans les dictionnaires industriels.
- M. A. Lamy, à Genève. — Il nous est impossible de pouvoir accepter votre article ; nous ne décrivons les machines que quand elles ont été construites et qu'elles ont fonctionné.
- M. R. Puig, à Barcelone. — Adressez-vous à la librairie Baillère, 19, rue Ilautefeuille à Paris.
- M. J. Sabater, à Barcelone. — Vous voulez sans-doute parler des bibliothèques tournantes; vous en trouverez chez M. J. Leru et Cie, 24, place des Vosges et chez M. Terquem, 19, rue Scribe, à Paris.
- M. Rraussand, à Sainte-Camille par Perpignan. — Nous avons fait connaître l’adresse que vous demandez en tète de notre dernière Roite-aux-Lettres.
- M. L. Ducasse, au Bouscat. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux déjà donnés.
- M. H. Fiderlé, à Annecy. — 1° 11 faudrait faire l’analyse de cette substance pour en connaître la composition. — 2° Les 4 petits livres des Recettes et procédés utiles, publiés à la librairie Masson et Cie, renferment toutes sortes de recettes.
- M. Maulion, à Téhéran. — 1° 11 faut adresser votre requête au directeur de l’Observatoire météorologique de France, rue de l’Université, à Paris. — 2° Faites apostiller par la légation. — 3° Le nombre des appareils est si considérable que nous ne pouvons en désigner un en particulier.
- M. Alexandro Zamaga, à Trubia (Espagne); Un abonné, à M. — Il a paru une série d’études sur la soudure électrique dans les journaux, et il faudrait en consulter la collection pour avoir des détails. Nous pouvons toujours vous faire connaître le procédé Thomson-Houston utilisé pour la jonction des rails; adressez-vous à la Compagnie française Thomson-Houston, 27, rue de Londres, à Paris.
- M. D. G., à X. — Adressez vos clichés au Comptoir de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris; il les retouchera et tirera des épreuves.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L., à B.
- Veuillez vous adresser directement aux fabricants pour vous faire envoyer ces catalogues. — M. L. Germât, à Saint-Germain-en-Laye. Nous n’avons pas entendu parler de cette invention. — M. G. R., à Paris; M Dupuy, à Fontainebleau. Voyez les Recettes et procédés utiles, 1" série, à la librairie Masson et G1*. — M. Vandres, à Taverny; M. L. Richard, à Blois. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressan ts gui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.— Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précédé la date de la livraison.
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- PETITES MENTIONS1
- RIontre-compteiir d’heures et minutes. — Cette montre, de grandeur et d’aspect d’une montre ordinaire, est à remontoir; elle est munie dun compteur destiné aux observations de courtes ou de longues durées dont on veut apprécier le temps écoulé en heures et en minutes. Le compteur est formé par deux petits cadrans divisés l’un en 12 heures et l’autre en 60 minutes, comme le cadran de la montre, et sur lequel tournent les aiguilles d’heures et minutes. Les indications de ce compteur se lisent donc comme celles d’une montre.
- Montrc-compteiu’.
- En pressant sur le bouton de la couronne, les aiguilles du compteur se placent instantanément au midi ou O, et se remettent aussitôt en marche. Le compteur ne s’arrête jamais, tant que la montre est. en marches. Qu’on l’utilise ou qu'on ne s’en serve pas, il fonctionnera toujours, car il est en contact direct avec le barillet cjè la montre, 11 est à remarquer, en outre, que'ce compteur n’est pas une complication dii mécanisme ou une cause de dérangement de la montre, comme c’est souvent le eps dans les montres appelées chrbnographés, et qui sont munies d’autres compteurs destinés aux observations de très Courte duréb;/Les applications dé celte montre sont multiples, notamment pour les courses en ^voiture à l’heure. — La montre-compteur se trouve, chez M^'Mathieu, 45, Galerie Montpensier au Malais-Royal, à ParisJv
- Anse A bouteille. — L’anse mobile ponr bouteille qui est représentée par la figure ci-jointe peut rendre-des services. A la partie supérieure de l’anse proprement dite (n° I), est fixé un cercle qui vient prendre le col dé la bouteille-; à la partie inférieure, l’anse se termine par un crochet qui vient saisir et
- Anse à bouteille. — 1. Vue de l’appareil. — 2. Mode d’emploi.
- maintenir la bouteille par le fond, comme le montre le n° 2. Maintenue ainsi aux deux extrémités, on peut verser le contenu de la bouteille, sans secousse, jusqu’à la dernière goutte, et sans se salir les mains. Ce petit appareil aura surtout une grande utilité pour les vins vieux dont les bouteilles poussiéreuses ont le cachet qu’on ne doit pas leur retirer. Il remplacera avantageusement les paniers dont on fait l’emploi en cette circonstance. — L’anse à bouteille se trouve chez M. Mathieu, 45, Galerie Montpensier, Palais-Royal, Paris.
- 1 La descriptif» des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelle» scientifique* est étrangère aux annonces.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Procédé certain pour conserver les viandes pendant les grandes chaleurs. — Dans certaines .localités, on n’a de la viande fraîche qu’une fois par semaine. Les cultivateurs de la Franche-Comté emploient depuis longtemps le procédé suivant pour garder la viande fraîche pendant une semaine. Les morceaux de viande sont placés au fond d’une grande terrine et chargés de pierres très bien nettoyées. Puis la terrine est remplie de lait, de façon que la viande soit complètement couverte. Le lait se caille dès le lendemain, mais peu importe. Chaque jour on prend la viande nécessaire à la consommation : et, à la fin de la semaine, le lait caillé est distribué aux porcs. La viande ne contracte aucun mauvais goût: bien au contraire, elle s’améliore et s’attendrit. Inutile d’ajouter que la terrine doit être placée dans un endroit frais, cave ou cellier.
- Domestication des serpents. — Depuis longtemps, cet intéressant problème est résolu au Brésil. Comme tous les pays chauds, le Brésil a été envahi parle surmulot (le gros rat gris des égouts de Paris originaire de l’Asie centrale, d’où il s’est répandu dans nos régions dès 1760 et de là dans tous les pays, parla navigation. On élève en domesticité des giboias, sorte dé petits boas qui ne dépassent point la grosseur du bras, sur une longueur de 4 mètres au plus. Dans l’Etat de Pernambuco, du Para, etc., toute maison bien tenue a sa giboia qui. dans le jour, se tient enroulée au pied de l’escalier. Le soir elle se met en chasse et tue les rats jusque dans les greniers. Elle ne mange qu’une faible partie de ce gibier. Elle est d’ailleurs inofîensive pour 1 homme et même pour l’enfant : et on là dresse à respecter les animaux de basse-cour. Un couple de giboias se vend sur les marchés jusqu’à, cinq mille reis (12fr,50).
- Pour faire disparaître le goût du beurre rance. — Faire disparaître complètement'ce goût serait peut-être beaucoup dire, mais on peut du moins l’atténuer considérablement. Suivant Scientific American, il faut, dans ce but, faire fondre le beurre avec du noir animal récemment fabriqué, grossièrement pulvérisé, et doftt on enlève complètement'la poudre line par un tamisage préalable. La fusion s’opère natüréllemènt au bain-marie, et on la fait suivre d’un filtrage à travers une flanelle bien propre. On a aussi la ressource beaucoup plus simple de laver le beurre rance dans un peu de bon lait frais, puis dans de l’eau de source froide.
- Simili-argent. — Le métal en question se compose do 67f25 pour 100 de cuivre, 15 pour 100 de zinc, 18,50 dé manganèse -et 1,25 d’aluminium. La couleur du mélange est excellente; la résistance en est très suffisante, et il se laisse fondre avec une grande facilité.
- Poudre insecticide. — D’après le Druggist’s Circulai\ voici une recette bien supérieure à la classique poudre de pyrèthre, et sans aucun danger pour les êtres humains. Mélanger 280 grammes de borax avec 75 grammes d’amidon et 5.0 de cacao; on répand la nuit sur les points que fréquentent les insectes.
- Pour nettoyer l’argenterie. — On peut employer une solution saturée d’hyposultite de soude, dans laquelle on a ajouté une pelite quantité de blanc d’Espagne finement pulvérisé : on applique avec une brosse ou un linge, et l’on frotte ensuite. Le journal Pharmaceutical Era recommande également de sé servir d’un mélange fait de 250 grammes de craie pulvérisée, 60 grammes de térébenthine, 50 grammes environ d’alcool, 17 à 18 grammes d’esprit de camphre et 9 grammes d’ammoniaque liquide. On applique avec une éponge, et on laisse sécher avant de polir.
- RIRLIOGRÀPHIE / .
- Carnet de l’Officier de marine pour 1898 par Léon Renard, directeur honoraire du ministère de la marine. 1 volume petit in-16. Paris, Berger-Levrault et G*.
- Les phtisiques adultes et pauvres en France, en Suisse, et en Allemagne, par le Dr G. Serviron. 1 vol in-8°. Paris, Félix Alcan, éditeur.
- Les hommes [d’action. Montcalm, par E. G-ji'nin, avec une préface de Gabriel Bonvalot. 1 vol. in-16. Paris A. Chal-lamel, éditeur. Prix 0fr,75.
- La [géographie et l'éducation nationale, par J. Cofcelle. 1 brochure in-8°. Extrait de la Revue de géographie.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Voitures automobiles. Voitures à vapeur, par MM. Milanore et Bouquet. 2b vol. Paris, E. Bernard et O, éditeurs, 1898. Prix : 2 francs.
- Nos chasses du sud-est, par M. le comte de Montai, 1 brochure in-8°. Paris, aux bureaux de P Eleveur, 6, avenue Aubert, à Vincennes. Prix : 2 francs.
- Histoire et rôle du bœuf dans la civilisation, par E. Chester, 1 vol. in-16, de la Petite Encyclopédie populaire illustrée. Paris. Schleicher frères, éditeurs. Prix: 1 franc.
- A la conquête du Ciel. Contributions astronomiques de F. C. de Nascius en quinze livres. Livre I” : Projet d'astra-rithmie. 1 vol. in-8°. Mantes. 1897.
- Le Nouvelle. Nouveau fusil français. 1 brochure in-8°. Société A. Nouvelle et Cu, 10, boulevard Malesherbes. Paris, 1898.
- Annuaire général et international de la photographie. Directeur : M.vnc Leroux, 7° année. Paris, Plon, Nourrit et C1*, éditeurs. Prix : 5 francs.
- Report of the F. S. national Muséum under the direction of the Smithsonian Institution for the year Ending Jane 50, 1895. 1 vol. in-8°. Washington, Government Prinling office, 1897.
- Missouri Botanical Garden. Ninth annual report. 1 vol. in-8°. Published by the Board of Trustes. Saint-Louis. 1898.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 septembre . 17%8 N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Mardi 6 17*,9 N. E. 1. Beau. 0,0 Pas trace de nuage.
- Mercredi 7 17*,8 N. E. 1. Beau. 0,0 Beau ; halo..
- Jeudi 8 17*,4 N. E. 0. Beau. 0,0 Beau.
- Vendredi 9 «P,3 E. 0. Beau. 0,0 Beau.
- Samedi 10 15*,9 N. W. 2. Couvert. 0,0 Presque couvert.
- Dimanche 11 ... . 14*,2 N. N. E. 1. Nuageux. 0,0 Nuageux; éclairs dans la soirée.
- SEPTEMBRE 1898. --- SEMAINE DD LDNDI 5 AD DIMANCHE 11 SEPTEMBRE.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi I Samedi I Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe é paisse ^ les pressions barométriques {baromètre ramené à 0. au niveau de la mer/; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
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- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-ülaur en août 1898
- par M.'E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 759”",32; minimum 746"",43 le 8 à
- 3 heures du soir ; maximum 765”",32 le 10 à 9 heures du matin (765““,26 le 31 à minuit).
- Moyennes thermométriques : des minima 14°,28; des maxima 26°,76; du mois 20°,52 ; vraie des 24 heures 20°, 17. Minimum 8°,0 le 10 à 5 heures du matin. Maximum 34°,5 le 22 un peu après 2 heures. Le 19, minimum 20°,9 un peu avant 5 heures du matin. C'est le plus grand minimum observé au Parc depuis 25 ans. Le minimum le plus fort avait été 20°,0 le 11 août 1884.
- Tension moyenne de la vapeur 11"“,93; la moindre 7"“,1 le 28 à 6 heures du soir. La plus grande 19““,8 le 18 à midi. Humidité relative moyenne 70; la moindre 301e 14 à 3 heures du soir; la plus grande 100 en 2 jours.
- 11 y a eu 3 jours d’orages : le 8 quelques coups de tonnerre au loin dans I’W., entre 2 et 3 heures du soir. Le 19. faible tonnerre au loin au S. vers
- 4 heures du soir. Eclairs le soir. Le 23, orage de 2 à 3 heures du matin avec forte pluie. Eclairs seuls les 6, 18 et 20.
- • Pluie 50”",8 en 21 h. 1/2 réparties en 7 jours; plus 4 jours de gouttes les 6, 7, 29 et 30; 2 jours de pluie notable le 8 qui a donné 21"“,8 en 6 h. 3/4, et le 23 qui a donné 15"“,2 en 3 heures. Nébulosité moyenne 30. Vents dominants du S.-E. au S.-W., puis du N.-E. à l’E.-N.-E.
- Température moyenne de la Marne : le matin 22°,31, raprès-midi..22°,60, du mois 22®,45, minimum 20",00 les 1" et 10; maximum 25",86 le 22. Elle a été basse et claire tout le mois.
- Relativement aux moyennes normales, le mois d'août 1898 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 1““,60. Thermomètre plus haut de 2°,54. C’est le mois d’août le plus chaud depuis 1842. Tension de la vapeur plus forte de 0““,94. Humidité relative plus forte de 5. Nébulosité plus faible de 20. Dans tout ce siècle le mois d’août n’avait été à peu près clair qu’une fois eu 1893: la nébulosité moyenne était alors 29. Pluie moindre de 5"",6.
- L’été de 1898 (juin-juillet-août) présente les résultats suivants :
- Moyennes. Écarts. Baromètre. . . 759"“,4 4 + L50 Thermomètre. 17°, 45 +- 0,08
- Tens. de la vap. 10"“,88 -h 0,21
- Moyennes. Éearts. Humidité relat. 75 -t- 1
- Nébulosité ... 47 — 5
- Pluie totale . . 166"“,1 —0,9
- Floraisons : le 3, hibiscus syriacus; 4, soleil vivace, canna (pleine terre); 7, reine-Marguerite; 9, Iritoma tlvaria ; 13, hélichryse d'Orient; 20;phy-siostagia de Virginie; 27, plumbaga larpente.
- Derniers martinets le 8.
- .. " ' .VJ'
- PHASE DE LA LUNE ; D. Q. le 7 à 11 h. 0 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé^ aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —©— On a inauguré, lundi 17 septembre, le premier tronçon du «chemin de fer de la Yunfrau qui va de la station Scheideggde la ligne de Wengernalp au glacier de l'Eiger. La voie est à crémaillère Abtet Ha traction est électrique par trolley. Ce premier tronçon a environ *2500 mètres de longueur, et permet d'arriver jusqu’à l’ouverture •du souterrain qui traversera l’Eiger, le Münch, avant de pénétrer dans le massif de la Yunfrau.
- —©— On écrit de Brest que le cuirassé Gaulois a fait récemment un essai dans lequel il a dépensé moins de 000 grammes par •cheval et par heure. Ce résultat très remarquable est dû à la marche économique des machines et à la bonne utilisation des générateurs à économiseurs. C’est un progrès à signaler.
- —$$— On s’occupe, au commissariat général de l’Exposition, du concours pour la construction de deux cheminées monumentales destinées aux installations du service de la force motrice. Ces gigantesques constructions devront mesurer 4m,50 d’orifice à la partie supérieure et avoir des hauteurs de 70 à 80 mètres.
- —f$— Quelques abonnés nous ont demandé de leur indiquer la quantité d’eau consommée à Paris à cette époque de l’année et pendant les chaleurs. Nous pouvons donner le renseignement suivant. Le ‘22 août dernier, il y a eu à Paris arrivée de 219000 mètres cubes d’eau de source, dont 109000 mètres cubes de la Vanne, 88 000 de l’Avre et 18 000 de la Dhuys. 11 faut ajouter à cela 22 000 mètres cubes d’eau de Marne fdtréc. Les réservoirs ont donc reçu un total de 257 000 mètres cubes, et la consommation dans Paris s'est élevée ce jour-là à 269 000 mètres cubes.
- —Les hirondelles ont commencé à émigrer. A ce propos M. G. de Itocquigny-Adanson a fait connaître les dates de retour pour les environs de Moulins des oiseaux migrateurs : Huppe, 26 mars ; coucou, 50 mars ; hirondelle de cheminée, 6 avril ; tourterelle, 10 avril ; rossignol, 11 avril; hirondelle de fenêtre, 14 avril; martinet, 14 avril; caille, 25 avril; loriot, 26 avril. Relativement aux époques normales du retour, la huppe, le coucou, la tourterelle, la caille et le martinet sont arrivés avec une avance plus ou moins considérable. L’hirondelle de cheminée, l'hirondelle de fenêtre, le rossignol et le loriot sont revenus au contraire avec quelques ours de retard. Nos correspondants ont bien voulu nous signaler e retour de l’iiirondelle (II. rustica), dès le 5 mars à Bouzaréa (Alger) et à Orange (Vaucluse); le 15 mars à Montpellier; le 21 mars à Noyon (Oise) ; le 26 mars à Montauban ; le 27 mars à Avise (Marne) ; le 2 avril à Caillac (Cantal); le 5 avril à Erigné, près Angers; le 6 avril à Moulins; le 7 avril à Lillcbonne (Seine-Inférieure), à Angers, au Parc Saint-Maur et à Bourg-en-Bresse: le 9 avril à Camiers (Pas-de-Calais); le 10avril à Yebleron (Seine-Inférieure); le 14 avril au Lholy (Vosges).
- —$£— Encore un accident de montagne. Le professeur Nasse, de Berlin, s’est tué au Piz Palu. Tombé dans une crevasse du glacier avec le guide Schnitzler, qui le précédait, tous deux ont été retenus à la corde par le second guide Lorenz et par le second touriste, le docteur Burckardt. Ce dernier étant toutefois incapable d’un effort intense, Lorenz ne pouvait, à lui seul, retirer de la crevasse les deux hommes qui s’y trouvaient suspendus. Le guide Schnitzler mit fin à cette situation pénible en trouvant un point d’appui dans la crevasse et en coupant la corde qui lè liait. Lorenz réussit alors à amener à lui le professeur Nasse, mais celui-ci était déjà mort, étouffé, dit-on, par la pression de la corde. Comme le professeur Nasse était un alpiniste éprouvé, il parait invraisemblable qu’il se soit attaché par un nœud coulant, ainsi que la présomption en a été émise. Ce qui est plus vraisemblable, c’est qu’il aura, durant la marche, laissé glisser la corde jusqu’à la ceinture, comme le font tant de touristes et même de guides. Dans ce cas, une pression un
- peu prolongée de la corde au-dessous des côtes et sur le diaphragme aura suffi à produire l’asphyxie. Le professeur Nasse, premier assistant à la clinique Bergmann, à Berlin, était âgé de 38 ans et non marié. Son père avait été professeur d’économie politique à l’Université de Bonn. Lui-même avait dirigé une colonne sanitaire dans la guerre de Grèce.
- —#— En présence du nombre de voitures automobiles demandant à circuler dans Paris, on sait que la Préfecture de police a décidé de nommer après concours un ingénieur spécial chargé d’examiner si les personnes ont des connaissances suffisantes pour conduire leur voiture. Le concours a eu lieu, et c’est M. Ilommen qui a été désigné. M. Ilommen, ingénieur civil, licencié ès sciences physiques, ancien élève de i’Eeole de physique et de chimie, s’est beaucoup occupé d’automobilisme. Il pourra être très utile au service des mines qui était débordé.
- —Voici, d’après le Chasseur français, les bêtes qu’il ne faut pas tuer. Combien de ces petits êtres que l’on détruit sans motifs! Pourquoi tuer les araignées ailleurs que dans les appartements, puisqu’elles détruisent les mouches qui nous importunent? Pourquoi mettre le pied sur le petit grillet ou crabe doré qui, dans nos jardins, fait la.guerre aux chenilles, aux limaces, aux hannetons qu’il mange? Pourquoi tuer le petit orvet inoffensif, qui croque les sauterelles? Pourquoi tuer le coucou, dont la nourriture favorite est la chenille, à laquelle nous ne pouvons toucher sans inconvénient? Pourquoi tuer le grimpereau et dénicher la fauvette, ennemis des guêpes? Pourquoi faire la guerre aux moineaux, qui ne mangent un peu de grain que faute d’insectes, qui exterminent tant d’insectes nuisibles aux grains? Pourquoi brûler de la poudre contre les étourneaux, qui passent leur vie à manger des larves et à épucer jusqu’à nos bestiaux dans leurs prés? (Il est vrai qu’ils mangent aussi les raisins.) Pourquoi tuer la coccinelle (bête au bon Dieu), qui se nourrit de pucerons? Pourquoi prendre au piège les mésanges, dont chaque couple prend 120 000 vers et insectes en moyenne pour élever ses petits? Pourquoi tuer le crapaud, qui mange des limaces, des becmares et des fourmis? Pourquoi sauver la vie à des milliers de cousins en détruisant l’engoulevent ou crapaud-volant qu’on nomme si sottement tête-chèvre? Pourquoi tuer la chauve-souris, qui fait aux papillons de nuit et aux hannetons la guerre des hirondelles aux moucherons? Pourquoi tuer la musaraigne, qui vit de vers de terre comme la souris, de blé? Pourquoi dire que la chouette mange les pigeons et les jeunes poulets, puisque cela n’est pas vrai? Pourquoi la détruire, puisqu’elle fait la besogne de sept ou huit chats en mangeant au moins 6000 souris par an?
- —Les parasites du gibier. M. Mégnin vient de faire part, à l’Académie de médecine, de ses observations sur des abcès mortels du gibier d’élevage, occasionnés par des parasites qu’il n’est guère possible d’éviter, puisqu’ils se trouvent dans les herbes servant à alimenter les animaux. Le gibier en liberté peut être contaminé comme celui des éleveurs. Jusqu’à présent du moins on n’a pas remarqué que la consommation du gibier ait eu, pour l'homme, des conséquences pathologiques. Il est vrai que, la plupart du temps, celui dont on s’approvisionne n’est pas mort de maladie. Cependant, le cas pourrait se présenter, et l’essai n’en est pas à faire.
- —Le commandant d’infanterie de marine Millet a rapporté de l’Afrique centrale une jeune lionné de quatre mois qui est actuellement au Jardin des Plantes. Cette lionne a été capturée à 500 kilomètres de Tombouctou, en pleine brousse, au cours d’une chasse-Ramenée à la côte par le commandant Millet, la lionne a été débarquée à Marseille et donnée au Muséum le 5 septembre dernier. Elle est d’une robe sombre, presque noire, avec de splendides reflets fauves. On la nourrit de viande hachée et de lait. L'espèce de cette jeune lionne est très rare et ne se rencontre qu’à i’intérieur du. Sahara. On lui donne, au Muséum, des soins tout particuliers. Ou l’a baptisée Margot.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’Aphyso-cautère se trouve chez M. Mathieu, fabricant d’instiuments de chirurgie, boulevard Saint-Germain, 113. à Paris.
- Communications. — Notre collaborateur, M. A. Bleu-nard, qui a eu l’occasion d’observer l’aurore boréale du 9 septembre à Quiberon, nous adresse à ce sujet quelques renseignements. 11 nous écrit : « Le début de l’aurore, un peu avant 8 heures, a été particulièrement intéressant. Une tache lumineuse, blanche, A, s’est formée dans la direction ouest ; son éclat était assez constant. Peu après, une seconde tache semblable, un peu plus grande, se formait dans son voisinage, en B. Cette tache B apparaissait et disparaissait à des intervalles de temps variables. Dix minutes après, une traînée lumineuse, toujours blanche, partait de A et envahissait lentement le ciel jusqu’en D. La traînée disparut en ce moment, laissant une forte tache lumineuse en D; puis cette tache disparufà son tour. Le même phénomène se reproduisit identiquement, une dizaine de fois, pendant un quart d’heiire environ. Finalement, les traînées lumineuses cessèrent et il ne persista que trois taches voisines, A B et C. La tache D reparaissait de temps à autre, mais sans traînées de A en D. La ligne A D était sensiblement perpendiculaire au méridien magnétique. A, à l’ouest du méridien, faisait avec lui un angle de 40° environ ; D, situé à l’est du méridien, faisait un angle plus petit. La ligne AD passait à peu près par l’étoile polaire. Tout à coup, vers 8h20“, toutes les taches disparurent et des gerbes lumineuses jaillirent de la direction ou nord qui s’éclairait d’une vive lumière blanche, comme à un lever du soleil. Ces gerbes lumineuses, qui atteignaient presque le zénith, changeaient à chaque instant de position et d’intensité. Certaines avaient une légère coloration rosée. L’aurore diminua peu à peu d’intensité et, vers 9h 45“, il ne restait qu’une faible lueur vers le nord.
- Notre collaborateur, M. Lucien Périssé, nous écrit aussi d'Orléans pour nous signaler le phénomène.
- M. le capitaine Esperandieu, à Saint-Maixent, nous a envoyé l’intéressante lettre suivante au sujet de l’aurore boréale : « Dans la soirée du 9 septembre dernier, un double phénomène météorologique a été observé au camp du Ruchard (Indre-et-Loire). A partir de 8h 30m, et jusque vers 9 heures, une masse lumineuse, d’un blanc laiteux, apparaissait très près de Chorizo J, dans la direction du nord-ouest, et de cette masse s’échappaient par intervalle des ellipsoïdes de même aspect qui se dirigeaient vers le nord, s’allongeaient de plus en plus, puis finissaient dans le voisinage de la Petite Ourse. Lorsqu’un ellipsoïde était émis, le foyer lumineux perdait de son intensité; il ne la reprenait qu'au bout de quelques secondes. Après ce premier phénomène, l’horizon s’est éclairé, vers le nord, d’une lueur blafarde, striée de temps en temps par des bandes plus intenses qui tendaient vers le pôle, et pouvaient être comparées à des projections de lumière électrique. A 9h50m le ciel a repris, mais très lentement, son aspect accoutumé. 11 ne faut peut-être voir là qu’une aurore boréale, ou même simplement, des éclairs de chaleur dont la production se justifie par la température que nous avons subie. Mais la manière dont cette aurore ou ces éclairs se sont manifestés est insolite ; elle méritait, je crois, d’être signalée. »
- M. Gustave Chahet, professeur de mathématiques à Deuil (Seine-et-Oise), nous a écrit également pour nous demander l’explication du phénomène dont il avait été témoin le 9 septembre de 8 à 9 heures du soir. 1° Entre Cassiopée et la Grande Ourse, de longues bandes lumineuses rectilignes se dirigeant de la hauteur de la Polaire jusque vers l’horizon nord. Ces bandes apparaissaient lentement et disparaissaient de même; je dis « lentement » dans leur intensité, car elles apparaissaient d’un coup sur toute leur longueur. 2° De 8h 20“ à 8h30“, entre la Grande Ourse et la Couronne boréale, couvrant même cette dernière constellation, une très grande tache lumineuse s’est produite à intervalles assez réguliers : la première
- apparition était sombre, la suivante, plus claire, la troisième très éclatante ; puis la série recommençait. Lorsque l’intensité lumineuse était grande, on voyait une quantité de petites taches très noires, qui étaient probablement de petits nuages. Ces nuages en tout cas étaient fort transparents puisque, lorsque l’obscurité était rétablie, ils ne dissimulaient pas les étoiles. De 81130“ à 81140” le même phénomène s’est reproduit entre la couronne boréale et l’horizon sud-ouest, w Le phénomène était l’aurore boréale dont il a été question et qui a été signalée aussi par M. Charles Rabot qui l’a vue à Nérac. Le savant voyageur a dit que ce météore lumineux affectait la forme diffuse observée par Nordjenskiold dans le nord-ouest de l’Asie; visible à 8h30“ du soir, l’aurore a disparu à 10 heures.
- M. P.E.A.,à Paris, nous écrit au même sujet: « Une aurore boréale peut-elle avoir lieu sans coloration rouge? Voici le motif de ma question. Le 9 septembre, entre 8h45“et 9h15“ a eu lieu le phénomène suivant, parfaitement visible pour les plages voisines de Saint-Nazaire : Pornichet, La Bêle, etc. Le ciel, sans lune, bien clair, sauf une bande de nuages noirs à l’horizon, très étoilé. Vers 8hj45“, apparurent sur ce ciel, entre le couchant et le nord, mais plus près du nord, de longues traînées très pâles, à peine distinctes du firmament, semblables à des projections de lumière électrique sur un ciel très clair; mais les faisceaux lumineux semblaient aussi larges aubas qu’au haut, où ils se perdaient. Il n’y a aucun phare, ni vaisseau, rien en un mot qui puisse dans cette région émettre des projections lumineuses. Le phénomène ne peut être attribué au soleil couchant, deux heures au moins après sa diparition. Peu à peu de nouvelles bandes lumineuses, dont une m’a paru légèrement rosée, se détachèrent sur le ciel, jusqu’à dix environ, tantôt très larges, au moins la largeur qui sépare les deux étoiles les plus éloignées de la Grande Ourse, tantôt étroites; elles s’avivaient, puis s’évanouissaient et se ravivaient; parfois elles se divisaient en deux, trois bandes secondaires, toujours avec des côtes rectilignes. Ces bandes semblaient diverger à partir de l’horizon. Le phénomène alla se déplaçant vers le nord et au delà. C’est juste sous l’étoile polaire qu’il atteignit la plus grande hauteur. Au-dessous, surmontant l’horizon et la bande de nuages noirs, un large espace lumineux, qui, en forme de croissant, avait son maximum aussi au nord. Au total la lueur était assez grande pour que le jour en ait été notablement prolongé. Peut-on voir en cela une aurore boréale? Pendant tous ces jours, le temps a été très orageux, la mer phosphorescente. )) ‘
- M. C. Touncouer, à La Borde (Côte-d’Or) ; M. E. Royer, à Châteaudun, nous envoient aussi divers détails intéressants sur la même aurore.
- M. L. N. Vandevyver, répétiteur à l’Université de Garni, nous a fait parvenir une Notice, extraite des A rch ives des sciences physiques et naturelles, et relative à un appareil pour la détermination du point de fusion.
- Renseignements.— M. .4. L., à Etoile. — Vous trouverez des traités de chimie industrielle à la librairie Masson et Cie et un Traité pour la fabrication des vernis dans la collection des Manuels Roret, 10, rue liautefeuille, à Paris.
- M. Ferry, à Passy. — Vous aurez ces détails dans les ouvrages sur les moteurs à pétrole parus dans l’Encyclopédie Léauté à la librairie Gauthier-Villars, ou dans divers ouvrages à la librairie Baillière, Dunod-Vicq, Baudrv.
- M. le Dr Bribosia, à Namur. — Nous en avons déjà signalé un très grand nombre; vous pourriez peut-être essayer celle que nous avons décrite récemment dans les Peliles Inventions.
- M. A. Youland, à Bagnols-sur-Cèze. — Nous n’avons-l’adresse d’aucune des maisons qui fabriquent ces objets.
- M. L. Tripier, à Bourg. — Voici le moyen de se servir de notre Bulletin astronomique. Cette explication a déjà été donnée à plusieurs reprises. Dans notre Bulletin astronomique„ les heures inscrites en haut et en bas de la carte représentent les ascensions droites des étoiles; l’heure qui correspond, pour chaque date, à minuit, est clairement indiquée : passage au méridien à minuit. Les lignes horizontales de la carte représentent les déclinaisons ou distances à l'équateur céleste ; on obtient la hauteur au-dessus de l’horizon d’une étoile quelconque, au moment de son passage au méridien, en ajoutant à sa déclinaison la colatitude du lieu où l’on se trouve (41° pour Paris). Les étoiles sont représentées sur la carte telles qu’on les voit dans le ciel; leur mouvement diurne s'effectue par conséquent, de gauche à droite.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 5* des Nouvelles scientifiques.)
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets .scientifiques, mais eue ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BOITE AUX LETTRES (Suite)
- M. W. Le Docte, à Gembloux. — Compresseurs «l’air : M. Burton fils, 68, rue des Marais ; II. Carpenfier, 73, boulevard Soult; Leclaire C., 140, rue Saint-Maur, à Paris.
- M. L. Ch. Ph., à Poitiers. — Nous n’avons aucune adresse spéciale à vous faire connaître.
- M. I. G., au Brusc (Yar). — Marchands de margarine : M. 0. Caliscli, 46, rue du Paradis, à Paris; MM. Cordeweener, Lepet et Ci0 au Pré-Saint-Gervais (Seine); M. A. Pellerin, 16, rue des Ecoles, à Pantin (Seine).
- Mm° C. Chavagnac, à Tunis. — La poudre de Pyrèthre de bonne qualité donne de très bons résultats.
- M. leDc Legendre, à la Guadeloupe. — 1° Pour cet ouvrage, il faudrait vous adresser à la librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris. —- 2° Pour rendre imperméable un tissu, il faut, comme nous Pavons indiqué dans les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C1’, plonger ce tissu dans une solution contenant : alun 10 grammes, acétate de plomb 10 grammes, eau 1 litre. On fait bouillir le tout, puis on le laisse refroidir. On le retire ensuite, on l’égoutte, on le suspend et on le laisse sécher.
- M. Pascal, J Paris. — Vous pouvez faire votre installation • intérieure vous-mème si vous le voulez ; mais vous ne pouvez toucher ni au branchement ni à la colonne montante.
- M. A. Camille, à Paris. — Nous ne connaissons pas l’adresse du fabricant anglais.
- M. Leroing, à Nantes. — Consultez les traités de physique élémentaire, et vous y trouverez l’explication complète du baromètre.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M A. G., à Paris. A notre grand regret, nous ne pouvons nous occuper de cette affaire. — M. Ü. Lernu, à Paris. Nous ne pouvons décrire «pie les objets déjà construits et qui fonctionnent. — M. A. J., à P.; M. G. lt.. à X. Consultez les Recettes et procédés utiles, 2° série, à la librairie Masson et C1®. —il. Dubois, à Yillers; Al. Jeansard, à Beauvais. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Élevage des pintades.
- La pintade est un oiseau fort joli et fort bon dont l’élevage est beaucoup trop négligé. Nous ne saurions trop le recommander à ceux de nos nombreux lecteurs qui possèdent un petit jardin; on peut y laisser vaquer les pintades en liberté, elles pourvoient elles-mêmes à leur subsistance. Au lieu d’agir comme les poules qui bouleversent les plates-bandes et mangent les légumes, les pintades se contentent de picorer de-ci de-là un mollusque, un ver, un insecte et rendent ainsi indirectement des services aux plantes au milieu desquelles elles vivent.
- Poste. — Un bon conseil à donner tout de suite : n’achetez que des pintades acclimatées et non importées récemment ; ces dernières ne pondent que dix œufs par an, tandis que les premières peuvent en donner près de cent trente quand elles sont bien nourries et une quarantaine seulement si on ne leur donne aucune ration supplémentaire. Un coq suftit pour dix femelles et la ponte dure environ cinq ans. Il faut avoir soin d’enlever les œufs au fur et à mesure qu’ils sont pondus; sans quoi, la ponte s’arrêterait et la femelle se mettrait à couver, ce qu’elle fait d’ailleurs fort mal; il arrive aussi souvent que le mâle dévore les œufs, soit qu'il les trouve à son goût, soit qu’il les considère comme trop absorbants pour la femelle qu’il convoite. Néanmoins il faut toujours laisser dans le nid un œuf que l’on marque au crayon.
- Défauts. — Comme défauts, les pintades en ont quelques-uns qu’il est bon de signaler : elles sont très farouches. Si l’on fait par exemple, pénétrer un chien dans le jardin où elles vivent, il peut arriver qu’elles s’envolent lourdement chez les voisins et ne reviennent plus si la frayeur a été vive. Elles sont aussi un peu querelleuses et font mauvais ménage avec les autres races. Les cris de la pintade sont désagréables et indisposent souvent les voisins; mais, par la sélection, on a créé des pintades presque aphones, ce sont celles-là qu’il faudra préférer pour les centres urbains.
- Produ.ts. — Les jolies plumes des pintades sont très appréciées des modistes à qui on pourra les vendre : cette année, m’a-t-on assuré, elles vont être, très « à la mode ». Les œufs sont exquis, ainsi que la chair. Les œufs se vendent au moins 3 francs la douzaine : ils donnent les meilleures omelettes que l’on connaisse.
- Plntaderie. — Il faut compter un espace de 600 mètres
- carrés pour une douzaine de pintades. On clôt l’espace tout autour avec un grillage à maille de 0m,025 et sur une hauteur de 1",60.
- Voici les conseils que donne M. P. Devaux pour l’aménagement intérieur. Le centre offrira une pelouse d’une rondeur parfaite sur 5 rnèjres de rayon; cette pelouse sera plantée de luzerne, de trèfle incarnat, de sarrasin, la plante qui conservera le plus longtemps son feuillage, suivant le climat du pays, l’exposition du terrain : cette pièce de verdure servira de pondoir central. Tout autour de ce rond-point on enterrera des tubercules de topinambours jusqu’à la clôture en quinconces,, à 50 centimètres les uns des autres. Entre la luzernière du centre et les clôtures, on réservera dans le prolongement des angles quatre petites clairières semées de gazon, de trèfle blaner de vulpin, etc. L’une de ces places sera occupée par le hangar qui abritera l’unique perchoir de la compagnie, une longue planchette large de 0m,06, plate et arrondie aux angles, fixée à 0m,80 du sol. La toiture se composera d’un paillasson, d'une natte, d’un morceau de carton bitumé. Rien sur les flancs des supports, quelques bottes de paille l’hiver, que l’on entasse autour. La troisième clairière, la plus voisine de l’entrée, servira de tapis de Turquie aux abreuvoirs et augettes de la société. La première sera en partie creusée d’une fosse de 0m,20 de profondeur, laquelle sera remplie de sable fin, car la pintade est classée parmi les pulvérisateurs : il lui faut son bain de poussière. La quatrième clairière, placée sur la même ligne que la première, de l’autre côté de la porte d’entrée, est réservée pour l’emplacement futur des augettes et des abreuvoirs, lorsque la première clairière, dévastée par les pensionnaires, couverte de déchets de nourriture, de déjections et dénudée de verdure, aura besoin de se refaire par l'abandon. Fin avril, le trèfle ou la luzerne couvrira le rond-point; fin mai les topinambours seront sortis de ferre, et les pintades vivront en paix dans un bocage impénétrable, à l’abri des regards et des visites intempestives. Avec cet aménagement, l’entretien est nul, la récolte des œufs devient lommode, les soins se réduisent au remplissage bi-quotidien des abreuvoirs et des mangeoires.
- Peuplement. — Ne mettre d’abord dans la pintaderie que pintadeaux femelles de trois mois, dont l’apprivoisement se fait très facilement. On n’introduit un coq adulte que le printemps suivant.
- Incubaiion. — L’incubation des œufs dure 25 jours. La pintade étant mauvaise couveuse, on confie les œufs de préférence à une poule. Les poules nègres et les Bantams sont très favorables pour cela ; on leur donne autant d’œufs qu’elles en peuvent couvrir. L’éclosion dure 48 heures. On les met de suite dans un local chaud et semé de sable sec. Après quoi, o'n les place dans une boîte d’élevage. ;
- Noutuiituhe. — On leur donne à manger des œufs battus mêlés de farine et semés d’œufs de fourmis, puis des flans de farine de sarrasin blutée et de sang frais défibriné. De temps à autre, on met à leur disposition des morceaux de gazon enlevés à la bêche. L’oiseau est fait à trois mois. Il faut agrandir progressivement le parcours mis à leur disposition. A trois semaines, on commence à leur donner tous les deux jours, de la viande hachée crue et passée dans la farine. Tous les jours du sang défibriné. Pour remplacer là nourriture animale, on peut ajouter aux pâtées une poudre composée de carbonate de fer (25 gr.), de gingembre (50 gr.), de cannelle (10 gr.), d’anis (5 gr.) et de gentiane (5 gr).
- A partir de la sixième semaine, on ne donne plus que deux repas par jour, le matin et le soir, avec, au milieu de la journée, distribution de millet, chènevis, moha, petit froment, etc. A deux mois, on transporte la boîte d’élevage dans le parquet et, quand les pintadeaux perchent, on supprime la poule.
- Engraissement. — La castration n’est pas nécessaire. On donne simplement plus de nourriture, en commençant par des débris de choux pour les jeunes. Hemu Coepin.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Emploi de Veau oxygénée en chirurgie dentaire.
- L’eau oxygénée, d’un usage courant dans la pratique otologique, est encore peu employée en chirurgie dentaire, lu dentiste marseillais, M. J. Camoin, s’en sert depuis quelque temps avec succès pour l'asepsie de la bouche, l’enlèvement du tartre et le traitement des abcès d’origine dentaire. Dans ce dernier cas, après avoir évacué le pus, d fait des injections d’une solution de bioxyde d’hydrogène à 10 volumes au fond du foyer purulent.
- L’eau oxygénée est, comme on sait, inodore et nullement
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- toxique. Elle offrirait sur les autres antiseptiques l’avantage de porter son action dans les moindres diverticules et d’arrêter le «suintement de sang provenant des fongosités gingivales. l)e plus, elle n’attaquerait pas l’émail, l’ivoire ni le ciment des dents, comme M. Camoin a pu s'en convaincre en laissant pendant 90 jours des dents saines et cariées dans une solution de bioxyde d’hydrogène à 10 volumes.
- Le pouls chez les neurasthéniques.
- M. Erben a constaté que lorsqu’un neurasthénique s'accroupit ou se courbe fortement en avant, son pouls, après avoir battu normalement de quatre à quinze fois, se ralentit pendant trois à six pulsations et revient ensuite progressivement au chiffre normal, qu’il dépasse même. Un renverse-
- ment énergique de la tète en arrière produit le même effet. Si, au contraire, le malade penche la tete en avant, il se produit généralement une cyanose légère et passagère.
- Ces modifications de la circulation ne se montrent pas chez les individus dont le système nerveux est normal, et pas non plus chez ceux qui ont de la tachycardie d’autre cause que la neurasthénie. Elles sont dues, d’après M. Erben, non à une élévation de la pression artérielle, mais à une excitation du j pneumogastrique produite par la « veinosité » du sang qui s’accroît par ces mouvements. M. Erben n’a pu provoquer le « pouls pneumogastrique » par la pression sur ce nerf que chez les neurasthéniques et en particulier chez ceux dont la neurasthénie est consécutive à un traumatisme.
- ( Wien. klin. Woch., n° 24.)
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMO» ÊTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL
- Lundi 12 septembre. 15*,8 E. 3. Couvert.
- Mardi 13 13*,1 N. N. W. 2. Couvert.
- Mercredi lt 14*,1 S. *. W. 2. Couvert.
- Jeudi 15 11”,9 N. N. E. 1. Couvert.
- Vendredi 16. . . • , 13*,5 N. E. 2. Beau.
- Samedi 17 15*, 0 Calme. Beau.
- Dimanche 18 ... . 16*,6 S. E. 2. Beau.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 3,8 Couv. jusqu’à 21 h. ; beau ensuite; écl. cont. jusq. 5 h. ; or. j. 9Ii. au zénith de7h. T0à 8 h.; pi. de6h. 10à9h.
- 6,9 Couvert jusqu’à 9 h.; puis nuageux; beau après 17 h.
- 0,0 Nuageux jusqu’à 4 h. ; puis couvert: beau à partir de 20 h. ; trace de bruine dans la matinée.
- 0,0 Beau à 1 h., puis couv.; peu nuageux de 9 à 11 h. ; beau ensuite; brouillard de 200 m. jusqu’à 6 h.
- 0,0 Pas trace de nuage.
- 0,0 Pas trace de nuage.
- 0,0 Nuageux ou couvert de 11 à 21 h. ; beau avant et après; pluie de 16 à 19 h.
- SEPTEMBRE 1898. --- SEMAINE Dü LUNDI 12 AD DIMANCHE 18 SEPTEMBRE.
- Mardi ( Mercredi | Jeudi ( Vendredi | Samedi | Dimanche
- La c,.urbe supérieure indique la nébulosité lie 0 à 10; les flèches inferieures, la direction du vent. Les courues au milieu indiquent . 1 courbe épaisse, tes pressions barométriques lbaromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à | boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre iï l'abri A boute mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orage à Paris. — Un orage assez violent a éclaté le 12 septembre à Paris, vers 5h30" du matin, et a duré environ trois heures La pluie n’a fias été très abondante, mais les coups de tonnerre ont été fréquents. La foudre est tombée, vers 7‘ 30”, à l'angle du boulevard du Port-Royal et de la rue Saint-Jacques sur un omnibus de la ligne Montmartre-place Saint-Jacques. Les banquettes de l’impériale, vides heureusement, ont été brisées. Vers le même moment, la foudre tombait sur uue maison du passage de la Mare et un incendie s’y déclarait aussitôt. Des sapeurs-pompiers d’une caserne voisine, accourus sur les lieux, ont pu l'éteindre assez rapidement. Les environs de Paris ont également subi l’orage. Une trombe d'eau s’est abattue à Bougival et à Ville-d’Avray. A Corbeil la foudre est tombée sur plusieurs points de la ville et a renversé deux personnes. A Evricourt (Oise), le tonnerre a mis le feu à une ferme. Cette pluie a mis fin à une température accablante.
- Orage h JMontluçon. — Un orage a éclaté le 12 septembre sur Montluçon vers 3 heures de l’anrès-midi. Un nommé Déret, briquetier, a été tué par la foudre, à Beaulieu, près de Montluçon. Le corps a été carbonisé. Déret était auprès de deux de ses camarades qui n’ont eu aucun mal. La foudre a allumé un incendie à Cerilly. Une grange a été détruite avec les récoltes, les bestiaux ont été brûlés."
- E.e cyclone des Antilles. — Un cyclone terrible s’est déchaîné, le 15 septembre, sur les Indes occidentales, semant la mort et la ruine sur son passage. Les dépêches sont unanimes à déclarer que c’est un des ouragans les plus affreux qui se soient jamais produits dans ces parages. Aucune partie des îles n’a échappé au fléau, mais c’est à Kingstown-Saint-Vincent qu’il a fait le plus grand nombre de victimes ; 300 personnes y auraient en effet péri. La ville a été entièrement détruite, et 20000 personnes ont été sans abri. Des milliers de personnes ont été secourues par la charité publique, mais un grand nombre d’autres commencent à sentir les souffrances de la faim. L’ouragan s’est abattu sur Sainte-Lucie avec une violence inouïe; il éfait accompagné d’une trombe d'eau. Un grand nombre de maisons et d'éddices ont été détruits. Les plantations de cacao ont été dévastées. On a signalé la mort de 12 personnes; mais il est probable que le nombre des victimes a été beaucoup plus élevé. La Guadeloupe a egalement beaucoup souffert. De nombreux eboulements occasionnes par les eaux se sont produits. 19 personnes ont péri. Un navire, arrivé à la Grenade, venant de Saint-Vincent, a rapporté des détails sur le ravage que l’ouragan a produit dans cette île. Il est encore impossible d’évaluer les dégâts. Un grand nombre de maisons, d’églises et de magasins sont en ruines. La plus grande partie des constructions bâties sur les plantations ont été détruites. Les communications avec les Barbades ont été interrompues.
- PHASES DE LA LUNE ; N. L. le 16, à 0 h. 19 min. du matin. '
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du jourral
- INFORMATIONS
- —On a inauguré à la fin du mois d’août en Suisse le chemin de fer électrique qui va du Zermatt au Gornergrat, à une hauteur de 7)020 mètres. C’est actuellement la ligne qui s’élève le plus haut. La durée du trajet du Zermatt au Gornergrat est de lh30m. La voie a un mètre de largeur et présente des pentes maxima de 20 pour 100 avec des rayons de courbe minimum de 80 mètres. Au milieu de la voie se trouve une crémaillère. La force motrice est obtenue par une chute d’eau de 200 mètres de hauteur, débitant environ 1000 litres par seconde. Celte eau est fournie par une rivière alimentée par un glacier Findclen. Quatre turbines Girard de 250 chevaux commandent chacune directement à 400 tours par minute un alternateur à courants triphasés Brown Boveri et Cio. La tension est de 3x5400 volts et la fréquence de 40 périodes par seconde. La canalisation part en câbles aériens de l’usine et se rend à des points placés à 2,5 et 8 kilomètres de distance pour rejoindre des transformateurs. A la sortie des transformations, la tension des courants triphasés est de 3 X540 volts. Des trolleys amènent le courant à la locomotive. Celle-ci, d’un poids de 10.5 tonnes, est pourvue de 2 moteurs de 90 chevaux. La vitesse moyenne est de 7 kilomètres à l’heure. Celte installation est intéressante en raison de la hauteur à laquelle elle se trouve et aussi parce qu’elle constitue la première application des courants triphasés a la traction électrique à crémaillère dans une montagne.
- —®— Le congrès des sociétés de géographie vient de se tenir à Marseille. Le dimanche 17 septembre, a eu lieu, au Grand-Théâtre, la séance solennelle d’ouverture, sous la présidence du prince Auguste d’Arenberg. Cent cinquante délégués des Sociétés de géographie de France avaient répondu à l’appel de la Société organisatrice de Marseille. Aux places d'honneur, aux côtés du président, on remarquait le prince Henri d’Orléans; MM. Chapsal, délégué du ministre des colonies, Delavaud, délégué du ministre des atfaires étrangères, Marcel Dubois, délégué du ministre du commerce, le commandant llomieux, délégué du ministre de la guerre, Camille Guy, délégué des colonies, Levasseur, membre de l’Institut, délégué du ministre de l’instruction publique, Monteil, Etienne, député, général Camonge. La Société de géographie de Genève était représentée par M. Arthur de Claparède, la Société de Madrid par M. Enrique Gaspar, consul d'Espagne, et la Société de Rome par M. Cattera, consul d’Italie à Marseille. M. Ch. Roux a prononcé le discours d’ouverture. Il a souhaité la bienvenue aux congressistes. On a fait également un excellent accueil au discours du prince d’Arenberg et ensuite à la conférence-causerie de M. Bonvalot sur la manière de préparer les entreprises coloniales. Dans la semaine, le congres a terminé scs travaux.
- —®— Le concours que nous annoncions dans notre dernier numéro concernant la construction de deux grandes cheminées en briques pour l’Exposition, est ouvert jusqu'au 15 octobre 1898. Ces deux cheminées auront à évacuer les gaz et la fumée d’une batterie de chaudières donnant la vapeur à une puissance de 20 00.) chevaux. Leur hauteur sera de 80 mètres environ au-dessus du sol; leur diamètre intérieur au sommet sera de 4m,5<). Les galeries qui amèneront la fumée auront 2m,60 de largeur, et 4m,70 de hauteur sous clef. La partie décorative devra être soignée, et il en sera tenu compte dans l’appréciation du concours. Des dispositions seront prises pour permettre des visites et des réparations rapides. La construction devra être terminée le 30 juin 1899. Nous sommes étonnés de ne trouver aucune condition relative à la fumivorité; cependant l’ordonnance de M. le préfet de police relative à la fumée sera en action depuis le 1er janvier 1899.
- —Les Annales de physique de Wiedemann ont récemment donné la description de deux appareils nouveaux pour la | mesure des éléments magnétiques. Le premier de ces appareils est [
- un variomètre d’intensité du magnétisme terrestre, imaginé par M. A. Ilevdweiller. L’instrument a pour but de mesurer les variations de la composante horizontale du champ terrestre. Le second appareil est de M. G. Meyer, et il réalise une nouvelle méthode pour mesurer l'inclinaison et l’intensité horizontale du magnétisme terrestre, l’ne bobine à noyau de fer est soumise à une rotation continue autour d’un axe parallèle au plan des spires et dont on peut faire varier la position à volonté ; les courants alternatifs induits dans la bobine sont recueillis dans un téléphone, qui devient muet quand l’axe de rotation coïncide avec la direction des lignes de force du champ terrestre.
- —®— L’Institut physiologique de l’Université de Bonn a fait procéder, sur une piste de 259 mètres créée exprès, à des expériences intéressantes au sujet de la dépense d’énergie nécessitée par la course à bicyclette. Voici, d’après le Bulletin médical, les résultats. Un coureur de 70 kilogrammes, monté sur une machine de 21k,5 avec une vitesse de 15 kilomètres à l’heure, consomme par mètre 4cmi:,8 d’oxygène. A la vitesse de 9 kilomètres par heure, la consommation d’oxygène se réduit de 6 pour 100 et elle s’augmente de 18 pour 100 si la vitesse est portée à 21 kilomètres par heure. Des recherches parallèles ont été faites sur des piétons. Il a été trouvé que, pour une allure moyenne, le bicycliste consomme .72. litres d’oxygène et le piéton 59 litres. Il semble donc résulter que, par heure, la bicyclette nécessite une dépense de force de 22 pour 100 supérieure à celle de la marche. Cette dépense de force est occasionnée non pas par le déplacement du coureur, mais par la'résistance de l’air ; aussi augmente-t-elle notablement avec la vitesse.
- —®— Les serpents sont le pins terrible fléau de l’Inde. Chaque année, plusieurs milliers d’infortunés périssent par suite des morsures de ces reptiles. Une statistique récente évalue à 433 300 le nombre des décès survenus de ce fait entre 1876 et 1898. Ce tableau prouve que le serpent est un adversaire infiniment plus redoutable pour l’Indou que le fauve. Pendant la même période, en effet, les bêtes féroces n’ont dévoré que 64 284 personnes. En moyenne, il se produit chaque année dans l’Inde 20 000 décès dus aux serpents et aux fauves. Ce chiffre n’est d’ailleurs qu’une moyenne. On remarque qu’il tend à s’élever depuis quelques années. En 1875, il était de 21 266; en 1896, il atteignait 24335. C’est au Bengale que les morsures des serpents entraînent le plus souvent la mort. Cette province figure dans le tableau statistique que nous mentionnons pour la moitié du total des décès. Les serpents ne s’attaquent pas seulement aux hommes. Us déciment également le bétail, mais dans une proportion moindre. Depuis 1875 à ce jour, il a péri dans l’Inde par la morsure des serpents ou sous la dent des fauves 1 500 800 animaux domestiques. Les fauves sont cause des 9/10 de la perte totale du bétail. En 1896, par exemple,
- 7 143 pièces de bétail périrent par suite des morsures de serpent et 81 397 furent dévorées par des animaux féroces.
- —©— Un spécialiste, M. J.-C. Tompson, s’est proposé d’évaluer, par des méthodes photométriques précises, dans quelles proportions la lumière réfléchie par les parois contribue à l'éclairage des pièces suivant la nature et la teinte des tentures et des boiseries. Voici l’échelle qu’il a dressée, en centièmes de la quantité totale de lumière reçue ; velours noir, 0.4.centièmes; drap noir, 1,2; papier noir, 4,5; bleu foncé, 6,5; vert foncé, 10,1 ; bruu foncé, 13,0: rouge clair, 16,2; jaune foncé, 20,0; gris-blanc, 24,0; bleu, 30,0: jaune clair, 40,0; vert clair, 46,5; gris clair, 50,0; orange clair, 54,8; blanc, 70,0; plafond au lait de chaux, 80,0; blanc mat, 90,0; glacé, 92,3.
- —®— En France, on compte 2 640 894 familles qui n’ont qu’un enfant ; 2 364 202 qui n’en ont que deux ; 1 585 960 en ont trois ; 975616 en ont quatre; 572 585 en ont cinq; 322 651 en ont six et 251 658 sept. Très rares sont celles qui dépassent ce dernier chiffre.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’étuve à
- Ï>étrole se trouve chez M. Charles Verdin, 7, rue Linné, à ’aris. — Pour les transformateurs Wydts-Rochefort s’adresser au constructeur, 4, rue Capron, à Paris.
- Communications. — M. Léon, photographe Marseille, nous envoie la photographie d’une centenaire née à Moulins, le 1er décembre 1791, et qui habite Marseille où elle tient un kiosque de journaux. Elle est soignée par sa fille âgée de 80 ans.
- M. E. Paccard, à Villa-Colon, près Montevideo, nous fait parvenir une petite Notice sur un appareil électrique permettant de reconnaître la présence d’un projectile dans une plaie.
- M. Ribeaud, au Lycée de Lucerne, à propos de notre article sur Les myopes et les presbytes dans l’antiquité, qui a paru dans le n° 1316 du 20 août 1898, p. 186, nous fait remarquer que le mot allemand brille qui signifie besicles est étymologiquement identique avec le mot beryll qui signifie émeraude. Il semble résulter de là que les premières besicles étaient formées d’émeraudes à faces courbes naturelles ou taillées et alors l’invention des besicles ne serait que le perfectionnement naturel et certain de l’emploi des émeraudes qui remonte à l’antiquité. La question mériterait d’être approfondie.
- M. P. Chevillot, à Thorigny, nous adresse deux photogra-hies d’une pendule qu’il a exécutée. Celte pendule sonne les eures et les quarts avec trois marteaux; elle n’a qu’un seul mouvement et un seul rouage pour commander ces trois marteaux.
- Renseignements. — M. Ed. Vallejo, à Centa. — Nous n’avons aucune adresse de fabricant à vous faire connaître.
- M. P. Carré, à Paris. — Nous pensons que vous trouverez une bonne carte de ces régions chez Andriveau-Goujon, 4, rue du Bac, à Paris.
- M. J. de Forestier, comte de Coubert, à Chàteaurenault. — 11 faut employer le permanganate de potasse en quantité très faible, environ 0'r,l pour 100 litres.
- M. David, au Havre. — Les vins sont rouges ou blancs suivant qu’ils sont fournis par des raisins noirs ou blancs et surtout aussi qu’ils ont fermenté plus ou moins longtemps avec la pellicule.
- M. X. 7. Z., à Malaga. — Malgré notre désir de vous être agréable, il nous est impossible ae vous donner une réponse.
- M. Dumanoir, au Petit-Quévillv. — Il n’y a qu’à répandre le sulfate de fer aux endroits où se trouvent les mauvaises herbes ; il faut surtout ne pas dépasser la dose donnée.
- M. Midold, à Fontenay-aux-Roses. — 1° Il n’y a pas d’école proprement dite où les jeunes gens après leur certificat d’études peuvent entrer pour étudier l’électricité industrielle; au mois d’octobre prochain, un nommé M. Jullien doit fonder une école à Saint-Germain-en-Laye. — 2° M. Mildé, 60, rue Desrenaudes, à Paris, a une école d'apprentissage; il faut aussi vous adresser à la maison Gramme, 20, rue d’IIautpoul ; à la maison Bréguet, 19, rue Didot, à Paris. — 3° Les principaux ouvrages à consulter sont Le manuel de l’ouvrier monteur électricien, les Recettes de l’électricien, à la librairie Masson et Cio.
- M. le Dr M., à Paris. — Cette adresse est indiquée en tète de la Roîte aux Lettres du même numéro qui contient la description.
- M. Oscar Winckler, à Rougemont-le-Château. — L'explication concernant la proportion et le mode d’emploi du sulfate de fer est donnée tout entière dans notre article paru dans le n° 1317, du 27 août 1898, p. 202, ligne 26 et suivantes.
- M. L. Cazeneuve, à Condom. — Vous pourrez vous procurer une lanterne de ce genre chez M. James, 143, rue Saint-Antoine, à Paris.
- M. F. Teisserenc, à Ceilhes. — Nous ne savons pas de quelles piles vous voulez parler.
- M. G. M., à Clermont. — Pour ce qui concerne la conférence sur les moulins à vent que nous avons signalée, il suffi-
- rait de vous adresser à M. le professeur La Cour, à Copenhague. Vous trouverez encore d’autres renseignements sur les moulins à vent dans le n" 920 du 17 janvier 1891, p. 97, dans le Rulletin de la Société d'Encouragement du mois d’octobre 1894 et du mois d’août 1896, dans les Mémoires de la Société des ingénieurs civils, dans uh article de M. Bellet, au journal L’Economiste français, 2, cité Bergère, à Paris.
- M. M. G., à X. — Vous pourrez avoir des appareils pour télégraphie sans fils à la maison Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. Koulum, à X. — L’adresse concernant la suintine est donnée plus bas.
- M. A. Munier, à Lyon. — Nous partageons entièrement votre avis; mais nous ne voulons rien décrire avant que toute l’installation soit terminée.
- M. M. G., h Béziers. — 1° Les brouillards n’ont pas grande influence. — 2° Une masse métallique peut causer de grands troubles.
- M. Geo, à Montpellier. — Nous ne connaissons l’adresse d’aucun fabricant de ces objets.
- M.P. de R., à Lorient; M. C. Rastien, à Nancy. — Pour tout ce qui concerne la suintine, dont nous avons parlé dans le n° 1320 du 17 septembre 1898, p. 246, il faut, comme nous l’avons indiqué dans l’article, s’adresser à MM. Alfred Motte et Cie, peigneurs de laine à Roubaix.
- M. M. C., à Montréal-du-Gers. — L'air liquide n'est encore qu’un produit de laboratoire, il ne se trouve pas dans le commerce. II faut, si l’on veut, installer une machine, et dans ce cas, s’adresser à M. Linde, à Munich.
- M. E. Huret, à Cagnicourt. -— Vous ne trouverez pas cette mesure toute prête; il faut la faire faire sur commande.
- M. A. Ducousso, à Aire-sur-l’Adour. — Carbure de calcium : M. Ch. Bertolus, à Saint-Etienne; M. Bullier, 64, rue Gay-Lussac, à Paris; Compagnie française des carbures de calcium, 137, boulevard Magenta, à Paris; Société électro-métallurgique française, à Froges (Isère).
- M. R. L., à Lion-sur-Mer. — L’inventeur qui nous a fait connaître son appareil nous a dit que l’on pouvait s’en servir ; renseignez-vous à l’adresse que nous avons donnée.
- M. Chapitel, à Fouesnant. — Vous trouverez toute sorte de couleurs et d’appareils pour dessins à la maison Berville, 25, rue de la Cnaussée-dvAntin, à Paris.
- M. O. Beuf, à Arles. — Un appareil transformateur est un appareil qui reçoit du courant alternatif avec certaines qualités et rend du courant alternatif avec des qualités différentes. La bobine d’extra-courant est la bobine induite (pii produit un courant au moment de la rupture ou de la fermeture du circuit inducteur.
- M. J. d’Autemarre d'Ervillé, à Marseille. — H n’existe pas, à ces prix, de machines à écrire pouvant bien fonctionner.
- M. E. S., à Cannes. — 1° Cette adresse est donnée en tète de la Boîte aux lettres du numéro qui contient la description du moteur. — 2° L’adresse de MM. Motte et Cie est indiquée ci-dessus.
- M. le l)r Pilalte, à Nice. —1° Nous avons transmis votre lettre à l’auteur de l’article.—2° Remerciements; nous.avons publié plusieurs observations de cette aurore boréale.
- il/. A. E. D., à Paris. — Si la pression exercée est la même en tous les sens, les branches de l’hélice ne bougeront pas.
- M. Z. Vasselin, à Paris. — Toutes ces critiques ont été faites lorsqu’il s’est agi d’appliquer ces moteurs aux voitures; il faudrait consulter les collections des journaux d’automobiles.
- M. A. Fripel, à Granges. — Nous n’avons pas d’adresse plus complète que celle indiquée dans notre Boîte aux Lettres.
- Un abonné, à Genève. — Nous ne pouvons vous donner d’autre adresse.
- M. C. Fleury, à Nantes. — R nous serait bien difficile de reproduire toutes ces notes; il serait préférable de vous adresser au siège de la Société et de demander les copies nécessaires.
- M. A. R., à Bègles. — Il existe un journal qui a pour titre : Le journal de l'acétylène et des industries qui s’y rattachent, 5, avenue Parmentier, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E. Giraudri, à Paris. Remerciements pour votre Notice; mais le sujet n’est pas de notre compétence. — M. Antonino de Sagarminaga, à Bilbao. Nous ne connaissons pas d’autres maisons pouvant vous donner satisfaction. — JW. J. R., h Paris. — Adressez-vous à une agence de brevets. — M. Ditlong, à Paris; M. Vandrisse, à Taverny ; M. Que-ron, à Blois. Consultez les Recettes et Procédés utiles, lro série, à la librairie Masson et Cle. — M. D. V., à Nice; M. G. D., à P. Remerciements pour vos communications. — M. D. Jerand, à Lille. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants gui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.— Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précédé la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1898. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- 1 Janv
- 1 Déc
- lOct.
- • Cocher
- Passage
- a a meiM Fersée
- Moue he
- Janv.
- lOct.
- Bélier
- 20“ __
- Poissons
- MERCURE
- V» lOct.
- RetitChien
- Orioni
- Éridan
- Lièvre
- Grand /Chien
- Herculs
- Pégase
- Dauphin
- Poissons
- ihiucu!
- & oet.
- Versejau
- Serpent
- Janv.
- Coroeâuj
- Capricorne
- SOLE
- CURE
- orpio
- Sagittaire
- Fosson Austral
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Planètes et des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1808 Nom de l’étoile Grandeur. Immersion. Émersion
- Oct. 2 47 Bélier. 6,0 Temps moyen. 10 h. 32 m, 6 Temps moyen. 11 h. 43 m, 1
- 4 1518 B.A.C. 6,5 16 h. 57 m, 2 18 h. 9 m, 6
- .S 132 Taureau. 5,3 16 h. 17 m, 9 17 h. 43 rn, 3
- 8 5 Ecrevisse. 4,8 12 h. 7 rn, 4 ippulse i i'i, ii tort. 6 h. 14 m, 5
- 19 5878 B.A.C. 6,5 5 h. 3 m, 6
- — 22 p Capricorne. 5,3 5 h. 12 m, 4 6 h. 6 m, 8
- 25 18 Verseau. 5,7 5 h. 20 m, 4 6 h. 25 m, 8
- — 24 0 Verseau. 4,4 5 h. 34 m, 5 ippulse i Î O do bord.
- — 28 101 Poissons. 6,5 5 h. 29 ni, 3 ippulse à Ci du bord.
- . 29 p. Bélier. 5,9 13 h. 26 m, 9 li h. 28 m, 3
- JSov. 2 8 Gémeaux. 6.5 12 h. 49 m, 3 ippulse à 0 i du bord.
- 4 2605 B.A.C. 6,1 9 h. 15 m, 2 10 h. 19 m, 2
- 19 41246 Lalande. 6,8 . 8 h. 34 m, 2 9 h. 36 m, 2
- —. 19 41291 Lalande. 6,5 9 h. 10 m, 3 9 h. 52 m, 4
- 20 7717 B.A.C. 6,8 9 h. 10 m, 0 10 h. 11 m, 8
- 21 1052 Weisse. 6,2 7 h. 51 m, 5 8 h. 37 m, 3
- 22 19 Poissons. 5,2 7 h. 15 m, 7 8 h. 26 m, 3
- 24 101 Poissons. 6,5 13 h. 51 m, 6 14 h. 29 m, 7
- 28 1518 B.A.C. 6,5 7 h. 51 m, 5 Ippulse i 3’5 du bord.
- 28 103 Taureau. 5,8 14 h. 28 m, 2 15 h. 17 m, 1
- , 29 11198 Lalande 6,0 11 h. 17 m, 9 12 h. 11 m, 1
- Déc. 2 2888 B.A.C. 6,5 17 h. 45 m, 2 18 h. 37 ht, 4
- — 5 36 Sextant. 6,1 12 li. 25 m, 2 13 h. 30 m, 5
- 1898. Nom de l'étoile. Ci : ndour. Immersion. Emersion.
- Temps moyen. Temps moyen.
- née. 6 e Lion. 5,3 13 h. 17 m, 6 Appu'se i O'i du bord
- 18 x Verseau. 5,2 4 h. 47 m, 5 ippulse à 0'6 du boid.
- 23 ' 47 Bélier. 6,0 9 h. 21 m, 6 10 h. 18 m, 6
- 25 1518 B.A.C. 6,5 16 h. 26 m, 2 Appulse b 5'i du bord.
- 25 99 Taureau. 6,2 17 h. 14 m, 3 ippulse i i'i du bord.
- — ' 26 121 Taureau. 5,9 8 h. 10 m, 1 ippulse à î’S du bosd.
- 28 61 Gémeaux. 6,5 13 h. 41 m, 0 ippulse i I'8 du bord.
- — 29 | Ecrevisse. 4,8 10 h. 10 m, 3 11 h. 28 m, 7
- * L'étoile est sous l’horizon.
- Satellites de Jupiter.
- occultations.
- ÉCLIPSES.
- 1898. Satellites Immersion. Emersion. Commencement.
- Nov. 8 I 18 h: 38 m. 59 s.
- — 17 I 17 h. 47 m.
- — 18 il 18 h. 57 m.
- — 25 II 17 h. 58 m. 52 s.
- Déc. 1 I 18 h. 49 in. 10 s.
- — 10 I 18 h. 15 m.
- — 17 I 17 h. 4 ni. 47 s,
- — 17 III 17 h. 19 m,
- - 17 III 19 h. 17 m.
- — 20 U 18 h. 54 m.
- — 2 i 111 17 h. 21 m. 14 s.
- — 21 i 18 h. 58 m. 17 s.
- — 26 i 16 h. 41 m.
- — 27 II 17 h. 8 m. 36 s.
- Fin.
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- 12
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Éclipse partielle de Soleil les 12-13 décembre 1898, invisible à Paris.
- Commencement de l’éclipse générale, 12 décembre, à 23 h. 47 m, 3, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude =104°57' 0. de Paris, latitude •= 65° 23' A.
- 4‘lus grande phase de l’éclipse, 13 décembre, à 0 h. 7 m, 6, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude —172° 19' E. de Paris, latitudes 65°57’ A.
- Grandeur de l’éclipse =0,022, le diamètre du Soleil étant un.
- Fin de l’éclipse générale, 13 décembre, à 0 h. 27 m, 8, temps moyen de Taris, dans le lieu, longitude =130° 16' E. de Paris, latitude =64° 26' A. I
- Éclipse totale de Lune, le 27 décembre 1898, visible à Paris.
- Temps moyen de Paris
- Entrée de la Lune dans la pénombre, 27 décembre à . . 8 h. 42 m, 8.
- Entrée dans l’ombre, 27 décembre à................ 9 h. 57 m, 1.
- Commencement de l’éclipse totale, 27 décembre à . . . . 11 h. 6 m, 7.
- Milieu de l’éclipse, 27 décembre à...................... 11 h. 51 m, 4.
- Fin de l’éclipse totale, 27 décembre à...................12 b. 36 m, 1.
- Sortie de l’ombre, 27 décembre à.........................15 h. 45 m, 7.
- Sortie de la pénombre, 27 décembre à.....................15 b. 00 m, 0.
- I Grandeur de l’éclipse =1,383, le diamètre de la lune étant un.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 septembre. 10*,1 S. 1. Peu nuageux. 0,0 Nuageux de 6 à 17 h. ; beau avant et après; halo.
- Mardi 20 9,2 S. S. E. 1. Beau. 0.0 Peu nuageux de 11 à 18 b.; beau avant et apres; halo.
- Mercredi 21 9*,1 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Nuageux de 9 à 20 h. ; béau avant et apiès; halo.
- Jeudi 22 11*,1 N. N E. 2. Nuageux. 0,0 Nuageux jusqu’à 8 b. et de 14 à 19 b. ; beau le reste du temps; halo.
- Vendredi 23 11*,4 N. N. E. 5. Nuageux. 0,0 Nuageux à 7-8 b., beau avant et après; transp. atm. 5 km à 7 h.
- Samedi 24 7%2 N. E. 2. Beau. 0,0 Nuageux à 11 h. et de 16 à 20 h. ; beau le reste du temps.
- Dimanche 2> . . . . 6%9 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau; gelée blanche; lumière zodiacale.
- SEPTEMBRE 1898. — SEMAINE Dü LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 SEPTEMBRE.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique ia nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- l.a météorologie de liverpool en 1891. — Nous extrayons du Rapport du directeur de l’Observatoire au comité de la Marine les chiffres suivants :
- Pression atmosphérique moyenne 760”",1 ; pression mininia le 3 mars 725"”,7; pression maxima le 20 et le 21 novembre 779”“,5; température moyenne 99,7 ; température mininia le 22 janvier —3°,5; température maxi-ma le 4 août 29°,1 ; pluie tombée 725““,9; nombre de jours de pluie 189.
- l.es tremblements de terre en Californie. — Pendant l’année 1897, 39 secousses ont été enregistrées: 11 s’étaient produites le matin, 15 le soir et 13 autres n’avaient aucune indication d'heure. Le mois de juin en compte 8 ; janvier, février et décembre 5. Août n’eu a aucune ; avril, septembre et novembre en ont une seule.
- Suivant le mémoire inséré dans Publications of ihe Astronomical Society of the Pacific, par M. Perrine., astronome à l’observatoire Lick (Mont Hamilton),le tremblement de terre du 20 juin a été le'plus terrible que l'on ait re-setili dans le centre de la Californie ; un peu après midi, il a causé les plus grands dégâts. Sa durée au Mont Hamilton a été de 20 à 59 secondes. Le centre de la secousse semblait être à Salinas Valley. Six fois dans l’année, l'observatoire Lick a éprouvé des secousses de tremble-
- ment de terre qui, heureusement, n’ont causé aucun dommage aux excellents instruments de cet établissement.
- Eruption du Vésuve. — Le 18 septembre, l’Observatoire a constaté que le Vésuve rejetait des pierres semblables à celles lancées lors de 1 éruption de 1872. Ce fait démontre l’importance de l’éruption actuelle qui impressionne douloureusement tous les pays limitrophes. La lave la plus menaçante est celle qui coule au sud-ouest. L’immense et profonde vallée de Vetrano est presque comblée. L’Observatoire, qui précédemment se trouvait à une altitude de quelques centaines de mètres, n’est plus aujourd’hui qu’à 27 mètres. Toute la topographie du volcan est radicalement changée. Sept nouvelles bouches se sont ouvertes autour du cratère principal. Le 21, l’éruption a augmenté notablement. La crevasse qui se trouvait à moitié du cône principal entre l'Observatoire et le cratère du sud-ouest s’est considérablement élargie et a causé de sérieuses inquiétudes. La pluie de cendres, de cailloux et de grosses pierres a augmenté. Le refuge supérieur des guides a été démoli.
- Des bombes volcaniques sont tombées sur la station supérieure du funiculaire et ont roulé jusqu’à la base du grand cône, près de la station inférieure, obligeant le personnel à évacuer la station. Tout service a été suspendu.
- PHASES DE LA LUNE :
- P. Q. le 23 à 2 h. 49 m. du matin; Equinoxe le 23 à 0 h. 43.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —$— Le lancement de la passerelle du pont Alexandre III dont nous avons parlé à diverses reprises, exécuté en deux fois sur une longueur de 90 mètres, vient d’être tout à fait achevé cette semaine; il restait à faire progresser la passerelle pour toucher l’autre rive <i'une trentaine de mètres. C’est fait. Le petit pont provisoire traverse maintenant tout le fleuve. Et l’on va commencer le montage du pont.
- —&— La Compagnie générale des voitures vient de lancer en circulation à Paris 20 fiacres électriques automobiles. C’est notre confrère Le Vélo qui l’annonce. II faut ajouter le fiacre 16000 de la Compagnie des transports automobiles électriques, qui pérégrine •depuis quelque temps déjà dans Paris aux prix ordinaires.
- —®— Il existe un moyen qui permet de télégraphier sans fil en utilisant la lumière ultra-violetle. L’étude en a été faite par TM. Zickler dans YÉlekfrotechnische Zeitschrift. La méthode est basée sur le fait observé pour la première fois par Hertz, que les rayons lumineux à courte amplitude, et surtout les rayons ultraviolets ont la propriété de provoquer des décharges électriques. Le récepteur est Lasé sur ce fait. Le transmetteur consiste en une lampe à arc dont les rayons sont lancés par un système de lentilles ou de réflecteurs vers le poste récepteur où les rayons ultra-violets
- rirovoquent la décharge dans un circuit spécial ; cette décharge donne ieu à des ondes électriques qui agissent sur un « cohereur » et, par l’intermédiaire de celui-ci, sur une sonnette, un téléphone ou un clavier imprimeur. Les lentilles du transmetteur sont en quartz et non en verre qui ne transmettrait pas les rayons ultra-violets. On se sert au contraire d’une plaque de verre pour interrompre à volonté ces rayons. L’interruption des rayons ultra-violets se fait ainsi sans altération du jet de lumière, ce qui assure le secret des transmissions. Le récepteur consiste en un tube de verre dont l’une des extrémités est formée d’une plaque de quartz de manière à permettre l’entrée des rayons ultra-violets. Ces rayons tombent sur une petite plaque en biseau placée dans le tube et formant l’une des électrodes pour la production des étincelles; l’autré électrode, distante de 10 millimètres, a la forme d’une petite balle; toutes deux sont montées sur platine. On pratique un vide relatif dans le tube, puis on y introduit un gaz raréfié. Les électrodes sont reliées au circuit secondaire d'une petite bobine d’induction pourvue d’une résistance telle qu’il suffise d’un léger courant supplémentaire pour produire l’étincelle, courant provoqué par l’action des rayons ultraviolets. Jusqu’ici il n'a été fait d’expériences que sur de petites distances, mais l'inventeur pense qu’une lampe de 25 ampères, pourvue d’un réflecteur convenable, permettrait de télégraphier à plusieurs kilomètres.
- —Le 25 septembre a eu lieu, à l'Observatoire national du pic du Midi, l’inauguration des bustes du général Champion de Nan-souty et de l’ingénieur Yaussenat, son collaborateur, dans la fondation de cet utile établissement météorologique. MM. Mascart, de l’Institut, sur l’initiative duquel les bustes ont été exécutés, etBaillaud, directeur de l’observatoire de Toulouse, ont prononcé deux discours fort applaudis par plus de 500 personnes qui se trouvaient à l’Observatoire et qui avaient gravi 2877 mètres de hauteur. Le sous-préfet de Bagnères-de-Bigorre et de nombreux délégués de diverses sociétés assistaient à l’inauguration.
- —®— M. Oldham a étudié les causes du tremblement de terre qui eut lieu aux Indes le 12 juin 1897; il a publié à ce sujet un rapport dans le Geological Survey. Cette secousse sismique semble devoir être attribuée à l’existence, ou à la création, d’une fracture presque horizontale ou d’un plan de glissement le long duquel la partie supérieure de la croûte terrestre a descendu. Ce plan de glissement venant à émerger, les couches mises en mouvement ont exercé contre celles restées immobiles, une compression qui a
- dépassé leur résistance à la fracture et donné lieu aux mouvements du sol enregistrés dans la partie est du district de Garo Hills et, d’une façon moins marquée, à l’est et à l’ouest.
- —®— En faisant des travaux dans la cathédrale d’Angers pour l’érection du monument de M. Freppel, on vient de faire une découverte archéologique du plus haut intérêt. Au cours des déblais, à l’angle nord-est du bras gauche du transept, on a mis à jour, à lm,50 de profondeur, un caveau voûté, en tout semblable à celui dans lequel on avait dernièrement retrouvé les restes du roi René et de la reine Isabelle. Ce nouveau caveau renfermait les débris d’un cercueil en chêne et des ossements parmi lesquels gisaient les fragments d’une crosse en ivoire, un anneau, une petite lampe, etc. Ce tombeau a été reconnu pour être celui de Mgr Har-douin de Bueil, insigne bienfaiteur de Saint-Maurice, évêque d’Angers de 1374 à 1439. Ce prélat fut le premier enterré dans l’aile du nord de l’église. Le monument de Hardouin de Bueil consistait en « un tombeau de quatre pieds et demi de long et de trois pieds de haut, au-dessus duquel était suspendu son portrait peint à l’huile » placé le long du mur.
- —M. H. Froidevaux a signalé l’établissement prochain au Mexique d’une colonie de Canadiens français, à 60 milles environ de la côte, au bord de la rivière de Panuco, sur des terres d’une fertilité extraordinaire, mais encore couvertes de forêts vierges. « Le terrain, qui se compose de plaines et de collines, est très sam et jouit d’un climat très varié. Il est abondamment arrosé et susceptible de recevoir immédiatement toutes les cultures et de donner deux ou trois récoltes par an. Le maïs, le tabac, la banane, le café, l’avocatier, l’oranger, le citronnier, la canne à sucre, le riz, le coton, la vanille seront les produits les plus rémunérateurs de ces terres, dont les forêts vierges sont remplies de bois précieux. L’exploitation de ces bois, facilitée par les voies de communication fluviales avec Tampico, sera t dès maintenant pour les colons une source de revenus. La ligne de chemin de fer qui, avant deux ans, traversera la colonie, augmentera les avantages de ce coin du Mexique et sera susceptible d’en faire, avec l’aide des nouveaux colons, un centre commercial de la plus haute importance.
- —®— 11 paraît que cette année l’ascension du Mont-Blanc 4810 mètres) a été faite par de nombreux touristes. Du 21 juin au 6 septembre, 119 personnes dont 11 femmes ont réussi l’ascension. Parmi ces ascensionnistes, on compte 44 Français et 8 Françaises, 15 Anglais et 1 Anglaise, 15 Suisses; les autres sont des Allemands, Américains, Belges, Hollandais, Irlandais, Russes. Il faut ajouter une dame Belge, et une dame Hollandaise. Une des dernières ascensions de septembre a été faite par un Français âgé de 75 ans.
- —Un intéressant projet vient d’être mis à exécution en Suisse. Le capitaine Spelterini est un aéronaute expert et hardi, qui a fait plus de 50J ascensions, dont quelques-unes en Suisse. Des savants ont résolu de mettre à profit son expérience dans un but d’observation scientifique. Il s’agissait de traverser la chaîne des Alpes de Sion (Valais) au Vorarlberg. Le géologue Ileim, professeur à Zurich, et le directeur de la station météorologique de cette ville, M. Mauser, dirigeaient les observations. Le ballon, qui porte le nom de Vega, a été confectionné par M. G. Besançon, à Paris. Ses dimensions dépassent tout ce qui s’est fait jusqu’ici : le diamètre est de 18“,41. Il est construit et appareillé de façon à s’élever de 5000 à 6000 mètres. La nacelle a lm,80 de long sur lra,40 de large. Le tout représente une valeur de 42 000 francs. Depuis quelques jours les passagers étaient réunis à Sion attendant un vent favorable pour le lâcher-tout. MM. Besançon, Surcouf devaient eux-mêmes surveiller le gonflement. Enfin le 3 octobre, à 10 heures, l’aérostat est parti de Sion emportant les membres de l’expédition. Le Véga est descendu à Prauthoy, entre Langres et Dijon. Nous reviendrons s’il y a lieu sur cette ascension.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les perforatrices électriques sont fabriquées parM. C. Bornet, 10, rue Saint-Ferdinand, à Paris. — Chaîne Renolds, M. Hans Renolds, Manchester. Roue antifriction, M. G. Rimmington, Babing-ton Road, Streatham. Londres S. W.
- Communications. —Notre collaborateur, M. Forel, à Morges (Suisse), nous écrit la lettre suivante : « Sous le titre : l’Industrie du jus de raisin, le numéro 1521 de La Nature indique le procédé employé aux Etats-Unis pour la fabrication du vin de raisin non fermenté. Or cette méthode de traiter le raisin (poires et pommes aussi) n’est pas aussi récente que votre correspondant semble le croire, puisque déjà en 1890 la maison Rooschüz et CIe, à Berne, demandait 200 000 kilogrammes de raisins et l’année dernière le double pour cette fabrication. Ce sont les adhérents des sociétés de tempérance qui consomment ces boissons que du reste tout le monde n’apprécie pas également. »
- M. G. Ming au d, à Nîmes, nous envoie une brochure, extraite du Bulletin de la Société d’étude des sciences naturelles de Nîmes, et qui contient diverses notes ayant pour titres : Le castor du Rhône, Une légende sur les couleuvres, Le corœbus bifasciatus dans les environs de Nîmes en 1898.
- M. J. C. Chapais, assistant-commissaire de l’industrie laitière pour la Puissance du Canada, nous fait parvenir une brochure ayant pour titre : Choix des vaches laitières, économie .dans leur alimentation. La brochure renferme la conférence de M. Chapais, extraite du 16e rapport de la Société d’industrie laitière de la province de Québec.
- M. Louis Pasquet, à Chalo-Saint-Mard (Seine-et-Oise) nous adresse la photographie d’un tricycle à pétrole auquel il a adapté une selle soutenue par une roue et un cadre spécial. L’appareil est joint au tricycle de manière à pouvoir pivoter dans un plan vertical et un plan horizontal. 11 tourne très facilement même dans les courbes de faible rayon.
- M. P. Caufourier, à Arras, nous fait parvenir la lettre suivante : « Je prends la liberté de vous signaler un phénomène céleste dont j ai été témoin le 16 septembre aux environs de Sainte-Menehould (Marne). J’espère que cette observation, tout incomplète qu’elle est, pourra intéresser quelque -uns de vos lecteurs. Le vendredi 16 septembre, vers 9 heures du soir (temps moyen), un bolide a passé dans la région de la Grande Ourse, se dirigeant de l’est à l’ouest, suivant une ligne droite. Il a éclaté sans bruit, avec une lueur jaune verdâtre assez intense et des projections jaunes d’une durée de 5 à 6 secondes, et a laissé derrière lui une traînée rouge qui a duré 50 à 40 secondes. L’aspect du phénomène était semblable à celui d’une fusée, à tel point que je l’ai d’abord pris pour un signal militaire (nous étions en grandes manœuvres). — L’heure du phénomène m’est fixée à 2 ou 5 minutes près, par le fait que je venais de recevoir l’appel du soir qui a lieu à 9 heures. »
- M. G. Delporte, capitaine, commandant le vapeur Prince Philippe, à Rasages, au sujet de notre récent article sur Les Mistpæffers (n° 1517 du 27 août 1898, p. 198) nous écrit la lettre suivante : « Je vous avouerai que je n’ajoute que médiocre confiance en l’hypothèse que ces détonations soient dues à des causes physiques déterminées par la présence de la brume. Ce peu de confiance provient de ce que depuis de longues années, j’ai observé que ces explosions se produisaient exclusivement dans les environs des côtes, et toujours j’ai pu constater étant en mer que le son paraissait être émis de cette direction, et chaque fois dans le relèvement de stations où sont établis de puissants ouvrages de défense telles que Dunkerque, Calais, Douvres, Cherbourg et Brest. Le 15 septembre dernier, étant au large d’Ouessant par une brume intense, entre 9h15met 10 heures du matin, nous avons entendu dans l’Est une trentaine de ces détonations, dont plusieurs affectaient la forme de violentes décharges d’artillerie. Le lieutenant G. de Gerlache du 1er. Chasseurs, frère de l’explorateur parti pour les mers Antarctiques à bord de la
- Belgica, qui se trouvait à bord, a également constaté le fait. H serait peut-être intéressant de prendre des informations auprès des autorités du port de Brest, pour savoir si à cette date, vers cette heure, on a procédé à des essais de tir ou à des exercices d’artillerie, soit à terre, soit en rade. Ce renseignement pourrait peut-être nous servir à éclaircir cette question très intéressante des Mistpæffers. J’ajoute qu’il se pourrait fort bien que les Mistpæffers entendus par les gens des côtes de Flandre pussent provenir du tir des batteries de Dunkerque, soit du canon de brume d’Ostende, la transmission du son facilitée par l’extrême conductibilité de l’air humide, jointe au calme plat qui accompagne ordinairement les temps de brume. L’illusion que ces sons émanent du large pourraient s’expliquer par des phénomènes de réflexion sur des masses de brume de densité différente. »
- Renseignements. — M. Antonio Duba, à Barcelone. — 1° Cette adresse est donnée dans l’article même et dans nôs-dernières Boîtes-aux-lettres. — 2° La densité seule peut permettre de reconnaître si de l’eau a été mélangée.
- M. E. G., à Le Blanc. — Vous trouverez des échantillons, géologiques chez M. A. Stùer, 40, rue des Mathurins ; Deyrolles. 46, rue du Bac; H. Guyon, 15, rue Bertin-Poirée, à Paris.
- M. A. R. A., à X. (Nord). — 1° Chauffage électrique : M. Le Roy, 60, rue Cortambert, à Paris. Le familistère de Guise (Aisne) et M. Cadiot, 12, rue Saint-Georges, à Paris. — 2° Adressez-vous aux éditeurs d’ouvrages de géographie : Andriveau-Goujon, 4, rue du Bac; Ehrard frères, 55 bis, rue Denfert-Rochereau ; Ch. Delagrave, 15, rue Soufflot, à Paris.
- M. F. Teisserenc, à Ceilhes. — Le manganèse est un métal que l’on extrait de certaines mines.
- M. J. B., à Nancy. — Vous trouverez les produits nécessaires chez M. Deyrolle, naturaliste, 46, rue du Bac, à Paris.
- MM. Goris et fils, à Turnhout. — Nous ne connaissons pas-ce produit.
- M. le C'° L. d’Epinay, à Romorantin. — Le goudron convient certainement le mieux, surtout s’il s’agit d’un produit ne nuisant pas à la santé; nous n'en connaissons pas-d’autres.
- M. E. Barbier, à Saint-Saëns. — Plusieurs cas semblables-nous ont déjà été signalés. Remerciements.
- M. B., à Saint-Paul. — 1° Vous trouverez ces recettes dans-les petits livres des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — 2° Le prix est de 2fr,50 broché.
- M. E. Arribat, à Grenoble. — Nous avons décrit le multiplicateur automatique dans le n° 699 du 25 octobre 1886, p. 525, et la machine à calculer de M. Léon Bollée dans le numéro 884 du 10 mai 1890,'p. 559.
- il/. Postelle, à Alfortville. — Le son produit baissera en effet légèrement de hauteur lorsque l’observateur sera dépassé.
- M. A. Proton, à Bauregard. — Adressez-vous à MM. Motte et Cie, à Roubaix.
- M. Maranne, au Vaulmier. — On nous a signalé beaucoup d’accidents semblables ; mais nous ne pouvons malheureusement vous indiquer de remède spécial.
- M. E. Zobel de Ayala, à Paris. — Vous aurez un ouvrage sur les Huiles minérales à la librairie Mulo, 12, rue Haute-feuille, à Paris.
- M. Daoud, à Tripoli de Barbarie. — Adressez-vous à la librairie Flammarion, rue Racine, à Paris.
- M. Jobard Philippe, à Paris. — Le procédé le plus simple est de ventiler énergiquement; vous pouvez essayer aussi de brûler du soufre.
- M. J. P., à Cours. — Nous n’avons aucun autre renseigne* ment à ce sujet.
- M. P. Fontaine, à Graissessac. — Pour l’éclairage avec le bec Denayrouze, il faut vous adresser à la maison principale, 15, boulevard Montmartre, à Paris.
- M"• Imer, à Lausanne. — Vous trouverez un ouvrage de ce genre à la librairie Fritsch, 50, rue du Dragon, à Pans.
- M. A. Roncalli, à Bergame. — Vous trouverez les recettes pour sirops de grenadine dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 2° série, à la librairie Masson et C1?.
- Accusés de réception. —Avis divers- — M. D. R., à Lyon. Nous ne pouvons vous renseigner sur ce point ; adressez-vous à une agence de brevets qui vous indiquera de suite si votre brevet peut être valable. — M. Jupeau, à Meulan. 11 nous est impossible de faire ces recherches; allez vous-même aux diverses bibliothèques. — M. T. L.,k Paris. Cette invention n’esVpas possible;Il est préférable d’y renoncer. — M. G. D., à Toul; M. Dupont, à Paris; M. Louvet, à Blois. Consultez les Recettes et Procédés julUes* lre série, à la librairie Masson et Cie, à Paris.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date delà livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- LES PROGRÈS DE LA VAPEUR OU PROPHÉTIES MODERNES
- Compositions d’àlken
- Fac-similé de gravures anglaises anciennes à l’aquatinte. /'Collection TISSANDIER )
- Vue de la route de White Chapel (Angleterre), en 1850.
- Une vue dans Regent’s Park (Londres), en 1831,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- 76
- BIBLIOGRAPHIE
- Canalisations électriques ; lignes aériennes industrielles, par R. Y. Picou, ingénieur des Arts et Manufactures. 1 vol. etitin-8°de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. ibrairie Gauthier-Yillars. Paris, 1898. Prix : broché, 2fr,50; cartonné, 3 francs.
- Décaissement des bouches à feu, par P. Laurent, ingénieur aux usines Schneider et £u. 2 vol. petit in-8° de YEncyclo-pédie scientifique des aide-mémoire. Librairie Gauthier-Villars. Paris. 1898. Prix : broché, 2tr,50; cartonné, 3 francs. Paris.
- La vie et la mort. Synthèse des principales découvertes modernes, par A. E. Lair. 1 vol. in-ltî. Paris. B. Tignol éditeur.
- Petite encyclopédie pratique du bâtiment. Charpente en fer. 1 vol. in-16. Paris. E. Bernard et Cie, 1898.
- Administration des monnaies et médaiVes. Rapport au ministre des finances. 3° année. 1898. 1 vol. in-8°. Paris. Imprimerie nationale.
- Faune de France contenant la description des espèces indigènes disposées en tableaux analytiques, par A. Acloque. Thysanoùres, myriopodes, arachnides, crustacés, némathel-minthes, lophostomés, vers, mollusques, polypes, spongiaires, protozoaires. 1 vol. in-18 jésus. Pans, librairie J.-B. Baillière. 1898.
- Le gaz Riché. Les applications industrielles, par Ch. Yigreux, ingénieur des Arts et Manufactures, et Eug. Bard<»ele, ingénieur civil. 1 vol. in-16. Paris. Masson et Cie, éditeurs, 1898.
- Règle à calculs. Modèle spécial. 62 problèmes pratiques et industriels, par A. Béguin, licencié ès sciences mathématiques et physiques. E. Bernard et C‘\ éditeurs. 1898. Prix : lfr,Ô0.
- Photographie des effluves humains, par E. N. Santiki. 1 vol. in-8\ Paris, Ch. Mendel, éditeur. Prix : 3'r,50,
- City of Newton Massachusetts. Annual report of the city engineer and superintendent ofSewers for the year ending, 31 décembre 1896 et 1897. 2 vol. in-8°. Newton, Mass, the graphie Press. 1898.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 septembre. 6”,5 N. E. 2. Beau. 0,0 Beau ; lumière zodiacale ; gelée blanche.
- Mardi 27. ..... . 4%8 N. N. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Beau jusqu’à 6 h. ; puis nuag. ; presque couvert l'après-midi; lum. zodiac.; gel. bl. ; un peu de pluie; halo.
- Mercredi 28 10», 6 N. W. 3. Peu nuageux. 3,5 Nuageux ; halo.
- Jeudi 29 4%1 &. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 10 h. ; nuageux ensuite.
- Vendredi 50 8*,S S. E. 3. Couvert. 1,* Éclaircies 19-20 h. ; couv. le resti du temps ; pluie à div. reprises.
- Samedi 1" octobre . 7", 2 N. 3. Beau. 2.8 Beau de 5 à 12 h. ; nuageux avant et ajris.
- Dimanche 2 8*,0 N. N. E. 5. Beau. 0,0 Peu nuageux.
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1898. — SEMAINE DD LUUI 26 SEPTEMBRE AD DIMANCHE 2 OCTOBRE»
- La courbe supérieure indique la nébulosité de. 0 à 10', les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indignent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre à labri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Cyclone. — Un cyclone d’une grande violence, dû à la rencontre de deux courants atmosphériques de températures différentes, s’est abattu le 26 septembre dans l’après-midi sur une partie de la péninsule Maga. La ville de Sainte-Catherine et le village de Merriton ont reçu tout le choc du tourbillon aérien, qui a passé en détruisant tous les édifices et en arrachant un grand nombre d’arbres et même en vidant l’eau d’un canal situé sur sa route. r
- ; Cinq personnes ont été tuées par des pièces de bois arrachées par l'ouragan ; vingt autres ont été blessées. Les dégâts matériels ont été très importants.
- Eruption du Végave. — L’éruption du Vésuve n’a pas encore cessé. A la date du 28 septembre, il continuait à lancer une grande quantité de
- cendre. Dans plusieurs villages on a constaté le phénomène. Jusqu’à présent, cette pluie n’a présenté aucun danger.
- Tremblement de terre en Espagne. — Un tremblement de terre s’est produit, le 29 septembre, à Fortuna, dans la province de Murcie, eu Espagne. Deux secousses ont été ressenties. Elles n’ont causé aucun dégât, mais ont seulement produit une légère panique dans la ville.
- Orage et tremblement de terre à Tunis. — Un orage épouvantable, accompagné de grêle et d’un vent violent, s’est abatfu sur le territoire «le Mehdia, a détruit une grande partie de la récolte d’olives — pertè évaluée à un million de francs, et a tué du bétail. Une violente secousse sismique a été ressentie à Gabès à 10 h. 1/2 le 30 septembre.
- I,a neige dans les Pyrénées. — La température s’est refroidie beaucoup le 29 septembre et une neige aliondante est tombée sur tous les sommets des Pyrénées, à une altitude de 800 mètres. u
- PHASE DE LA LUNE : P. L. le 29 à 11 h. 29 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- n— Le 6 octobre a commencé à Versailles la série d’expériences pratiques de transports et de charroi fournies par des véhicules automobiles de gros poids, expériences dont l’ensemble porte le nom — pittorresque à sa façon — de Concours des Poids lourds. Pendant six jours, du 6 au 13 octobre, la grosse cavalerie de la vapeur, de l’électricité et du pétrole a de nouveau comme en 1897, évolué à grand tapage dans les rues calmes et provinciales de Versailles et dans la campagne environnante. Le concours a obtenu pour sa seconde année un véritable succès. Onze constructeurs ou sociétés de constructions avaient engagé dix-huit véhicules, parmi lesquels deux véhicules étrangers. L’année dernière, pour ses débuts, le concours n’avait réuni que quinze véhicules, tous français.
- vt—L’administration de la marine a enregistré, au cours de l’année 1895, 437 naufrages et autres accidents de navigation. 335 sont survenus sur les côtes de France et d’Algérie, et, sur ce nombre, 307 ont alfecté des bâtiments français, dont 3 de notre marine militaire. — 34 ont eu lieu sur les côtes de nos colonies, se' répartissant entre 29 bâtiments battant notre pavillon et 5 de nationalité étrangère. — Enfin, 68 de nos navires de commerce ou de pêcheront été victimes de sinistres, échouements ou avaries graves dans des eaux non françaises. Parmi les 404 bâtiments ou embarcations de nationalité française mentionnés dans ce travail, 155 seulement ont pu reprendre la mer à la suite des accidents qu’ils ont éprouvés; les autres ont été perdus pour la navigation : 59 même sont disparus corps et biens. Le nombre des victimes de ces naufrages a été de 528, dont 421 hommes d’équipage et 107 passagers. Si l’on compare ces chillres à ceux des années précédentes, on constate que l’année 1895 a été particulièrement malheureuse pour nos marins. En 1894, en effet, on avait relevé 398 naufrages ou échouements de bâtiments français, ayant fait 311 victimes; en 1893, 283 sinistres et 370 victimes. Eu égard à son peu d’étendue, c’est le littoral compris entre Dunkerque et Cayeux qui a été, en 1895, le théâtre du plus grand nombre de sinistres. Cela tient surtout aux difficultés
- Îju’offrent, par certains vents, les entrées de nos ports du Nord, dont es chenaux extérieurs, souvent rétrécis par des atterrissements mouvants, présentent de sérieux dangers d’échouement pour les bâtiments généralement de forts tonnages qui les fréquentent. Heureusement, les deux tiers des bâtiments échoués ont pu être renfloués. Tout au contraire, sur les côtes bretonnes où se pratique surtout la petite navigation, la proportion des embarcations perdues est, comme d’ordinaire, de beaucoup la plus forte. Les côtes méditerranéennes, toujours les plus épargnées, comptent douze fois moins de sinistres et sept fois moins de victimes, quoique leur longueur soit seulement trois fois moindre.
- —|$— Le pilote Malgorn, du Conquet, vient de découvrir au milieu du passage du chenal de Brest, fréquenté par les cuirassés, une dangereuse roche inconnue couverte de 4m,40 au zéro des cartes. L’ingénieur hydrographe, M. Renaud, a reconnu la position exacte de la roche, et il demande une récompense pour Malgorn.
- —g— L’empereur Ménélick vient de faire don au Président de la République d’une femelle de zèbre vrai, admirable spécimen d’une race dont un seul représentant avait été jusqu’ici importé vivant en Europe. Le premier zèbre vrai, également offert par Ménélick au Président de la République, fut reçu à Paris, il y a une douzaine d’années, et ne vécut malheureusement que peu de jours. Le nouvel arrivant a été attribué par M. Félix F’aure au Jardin d’Acclimatation qu’il honore d’une sympathie toute particulière. On peut dire que le Chef de l’Etat l’offre en même temps à la population parisienne, dont le jardin du Bois de Boulogne est la promenade de prédilection.
- —ig— Une exposition d’art photographique et de photographie industrielle, organisée par la Société industrielle se tiendra à Rouen, en l’hôtel de la Société, rue Ampère, 2, le l'r novembre 1898. Un jury, composé de tous les membres du Comité d’organisation et des critiques (Part de la presse locale, procédera à l’examen des épreuves et choisira celles qui lui paraîtront dignes de figurer à l’Exposition. Les œuvres exposées devront rentrer dans l’une des classes suivantes : Classe I. Photographie artistique. — Classe II. Photographie industrielle. — Classe III. Photographie scientifique. — Classe IV. Technique photographique. — Classe Y. Projections. Cinématographie. Stéréoscopie, etc.
- —Dédié aux employés des postes et télégraphes. Le duc de Norfolk, maître général des postes de l’empire britannique, entrait, il y a quelques jours, dans un bureau télégraphique du Hampshire, et remettait à la buraliste un télégramme qu’il venait d’écrire sur place. La demoiselle était apparemment de méchante humeur. Elle fut la dépêche, et la rendit aussitôt à l’expéditeur en disant ; « Signez donc le télégramme de votre nom. — Mais, observa le duc, c’est précisément ce que je viens de faire. — Ne vous moquez pas de moi, n’est-ce pas? Norfolk est le nom d’un comté. D’ailleurs, c’est à prendre ou à laisser : refaites votre télégramme ou je ne le transmets pas. » Le duc s’inclina, retourna au pupitre, et revint bientôt avec un nouveau papier, qu’il passa en ajoutant : « Celte fois, mademoiselle, il s’agit ctun télégramme officiel. Je ne vous le payerai donc pas. Veuillez le transmettre à l’instant. » La jeune fonctionnaire, un peu surprise, parcourut le papier et y lut ceci : « General Post-Office. London. — La buraliste de service en ce moment, au bureau d’Harwood est d’une insupportable impertinence à l’égard du public. Ordre de la révoquer immédiatement. Signé : Le maître général. » Pleurs, lamentations, crise de nerfs, syncope. Le duc ne s’est pas laissé émouvoir et la dépêche a été transmise. Combien de nos fonctionnaires auraient besoin d’une petite visite du maître général ! En France même histoire arriva à M. Vandal, directeur général des Postes. Il fut mal reçu au guichet par un employé qui fut destitué sur l’heure.
- —Le cerveau de Bismarck. La corrélation entre le développement des facultés mentales et le poids du cerveau n’est pas, tant s’en faut, généralement admise par les anthropologistes. On a remarqué cependant que cette corrélation existait dans bien des cas, et les dernières constatations faites par Herz, Otto Amon et le professeur Shafer, de Berlin, sur le crâne du chancelier de fer vont probablement servir de thème de discussion entre les partisans de l’une et de l’autre théorie. En effet, le cerveau de Bismarck ne pesait pas moins de 1807 grammes. Or, si l’on doit faire les plus expresses réserves sur la rectitude du jugement et les procédés politiques du prince, il n’est pas possible de nier qu’il ne fût une grande intelligence. Le poids moyen du cerveau d’un Européen instruit oscille entre 1350 et 1400 grammes. Parmi les hommes illustres dont on a fait l’autopsie, nous savons que l’encéphale de Dante pesait 1470 grammes, celui de Schiller 1596, celui de Kant 1624, celui de Byron 1792, et celui de Cuvier 1820 grammes. S’il n’y a pas erreur dans les pesées, Bismarck après Cuvier détiendrait aujourd’hui le record cérébral.
- —Le gouvernement russe vient de faire à la Monnaie de Paris une nouvelle commande. On sait que la Russie a fait frapper chez nous, l’année dernière, la plus grande partie de la monnaie d’argent qu’elle a mise en circulation, et M. de Foville, dans son
- Hort sur les travaux de l’établissement du quai Conti, a donné Mail de la frappe des roubles et pièces divisionnaires russes, dont le total s’était élevé, pour 1896 et 1897, à une trentaine de millions. La nouvelle commande qu’il vient de recevoir est de 5 millions de roubles et les livraisons de lingots d’argent fin ont été faites récemment à la Monnaie qui va commencer la frappe.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne un nouveau procédé de raffinerie en sucrerie, qui a été décrit dans le n° 1321, du 24 septembre 1898, p. 263, s’adresser à M. Ladureau, 4, rue de la Bourse, à Paris. — Outils en acier profilé : MM. J. Beardshaw and son : Baltic steel Works, Sheffield ; ou à Paris, M. J. Sapène, 6, rue de la Chaus-sée-d'Antin.
- Communications. —M. Félix Cotta, à Marseille, nous a adressé une Notice ayant pour titre : Les intégraphes et les problèmes de la géométrie ancienne. Cette Notice est extraite du Bulletin de la Société scientifique industrielle de Marseille 1898.
- M. J. Demorlaine, garde général des eaux et forêts, nous a fait parvenir un opuscule intitulé : Notice sur le quarri-mètre, appareil enregistreur pour la mesure des quarresdu pin maritime. La Notice décrit l’appareil et en indique le mode de fonctionnement.
- Renseignements. — M. A. Dorgebray, à Barcelone; M. Pol Quentin, à Reims. — Nous donnons plus haut l’adresse que vous demandez.
- M. Hector, à Malmo. — Nous avons transmis votre lettre à l’auteur de l’article.
- M. A. Compin, à Collanges. — Nous n’avons pas de renseignements; mais nous allons nous occuper de la question.
- M. Alvarez y Soler, à Barcelone. — Fers à repasser à chauffage continu : MM. Gaillet et Weis, 37, avenue de la République; M. 0. Ruger, 22, quai du Louvre, à Paris.
- M. G. L., à Paris. — Veuillez vous adresser à la maison Deyrolle, 46, rue du Bac, à Paris.
- M. J. P. A., à Marseille. — Vous aurez de suite une solution en vous adressant à la Photographie Française, à la librairie Masson et Cie.
- M. Mars Saint-Mézard, à Condom. — 1° Nous ne croyons pas que cette fabrication ait lieu industriellement. — 2° Vous pourriez demander des renseignements à l’Académie des sciences.
- M. J. B., à Clermont-Ferrand. — Vous trouverez divers ouvrages à la Librairie agricole, 26, rue Jacob, à la librairie Dunod-Vicq, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. F. F. AL, à Paris. — Vous pourriez consulter le dictionnaire Larousse.
- M. J. Moat, à Revigny. — Nous ne connaissons pas de procédé permettant, avec un courant électrique, de colorer en jaune, rouge ou bleu, une lame d’acier trempé. Dans les Recettes de l'électricien, à la librairie Masson, on indique que l’on jaunit ou que l’on bleuit l’acier à l’aide d’une barre de fer rouge.
- M. Ci M., à Paris. — Le piège à cafards a été décrit dans les Petites Inventions du n° 1258, du 10 juillet 1897 ; le fabricant est M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- M. E. Cianetti, à Rome. — 1° Pour le tlotteur Louiton, décrit dans le n° 1267, du 11 septembre 1897, p. 240, il faut vous adresser à M. Louiton, 14, rue Gambetta, à Rochefort-sur-Mer. — 2° M. Deyrolle, naturaliste, 46, rue du Bac.
- M. A. Bouchon, à Sempesserre (Gers). — Pour ces engrais, il faut vous adresser directement à M. Truffaut, 59, avenue de Picardie, à Versailles.
- M. C. Berthollet, à Vevey. — Consultez un ouvrage sur les moteurs à pétrole, dans l’Encyclopédie Léauté, à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. J. Planque, à Wilton Cork. — 1° 11 n’y a pas de journal anglais semblable; il n’existe en Amérique que Y American scienlific, chez MM. Munn et O, 361, Broadway, New-York. — 2° La composition de cet isolant est tenue secrète.
- M. JF., à Paris. — Le j)orte-bébé a été décrit dans les Petites Inventions du n° 1255, du 50 janvier 1897.
- Un lecteur, à Montlouis-sur-Loire. — Veuillez vous adresser à la Librairie géologique, 53, rue Monsieur-Ie-Prince, à Paris.
- M. E. F., à Gray. — R s’agit bien en effet de ce ballon.
- M. P. Beuf, à Arles. — Il est difficile de dire ce que deviendrait la batterie d’accumulateurs avec les tensions élevées qu’atteignent parfois les décharges atmosphériques.
- Un abonné, à X. — Il n’y a pas d’ouvrage sur cette question.
- M. A. H., à Strasbourg. — Pour ce qui concerne le viscoïd et le viscose dont nous avons parlé dans le n° 1288, du 5 février 1898, p. 146, il faut vous adrerser à M. Thomas, 45, rue d’En-ghien, à Paris.
- M. Joaquin Reguera, à Villagarcia. — Nous pensons que cet ouvrage est dû à M. Deyrolle, naturaliste, dont l’adresse est donnée plus haut.
- M. Superbie, à Eysines (Gironde). — Il est nécessaire de soumettre la question à un chimiste qui fera toutes les analyses nécessaires pour pouvoir vous renseigner; nous ne pouvons nous en charger.
- M. A. Compin, à Collanges. — Nous avons publié un long article sur la fièvre aphteuse dans le n° 4507, du 18 juin 1898, p. 38.
- M. F. Teisserenc, à Ceilhes. — Piles au bichromate : M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. E. Durano, à Bruxelles. — 1° L'adresse que vous demandez est donnée plus haut. — 2° L’auteur désire ne pas s’occuper de ces questions.
- M. de Rouget, à Rodez. — Nous ne connaissons pas d’autre ouvrage que Fabricant de chapeaux en tous genres par MM. Cluz, F. et Julia de Fontenelle, dans la collection des manuels Roret.
- M. le Dr Ménager, à Paris. — 1° et 2° Nous ne pouvons vous fournir de renseignements à ce sujet. — 3? Adressez-vous à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Hervé, à Dijon. — Pour les chaufferettes Ancelin à la baryte, il faut vous adresser à MM. Gillet et Forest, 32, boulevard Henri IV, à Paris.
- M. H. Patin, à Metz. — Nous pensons qu’on peut parfaitement employer l’aluminium à cet usage.
- M. Vergniol,h Gensac. — l°Les ustensiles en tôle émaillée sont encore beaucoup employés. — 2° Ustensiles en nickel ; Compagnie française du nickel, 64, rue de Turenne, MM. Chrys-tophery frères, 15, rue d’Enghien, à Paris.
- M. Evicson, à Paris. — Nous avons publié une série d’articles sur ces divers sujets; veuillez consulter le tome I de l’année 1898 ainsi que le tome 11 actuellement en cours de publication.
- M. D.G., à Paris. — Nous ne pouvons vous renseigner sur la validité de ce brevet; il faut vous adresser à une agence de brevets.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. D., à
- Paris. — Cette question est très intéressante; niais elle est un peu trop spéciale pour nos lecteurs, nous ne pouvons y insister. — M. G. Dubois, à Paris. Nous ne comprenons pas les résultats que vous nous communiquez ; en refaisant les calculs, nous trouvons qu’il faut diviser par 2 et alors votre pile a une force électro-motiîce plu1 ôt faible. — M. J. R., à X.; M. D. L., à Nancv; M. P. G-, à Brest. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, I™ série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dupont, à Melun. Celte question est traitée dans le même petit livie que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. L. F., à P.; M. G. JL, à Lille. Remerciements pour vos communications.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Contre les taons et les mouches. — Voici, écrit M. Ernest Odier dans Le Chasseur français, un procédé très facile pour délivrer les bœufs et les chevaux des mouches et des taons qui les tourmentent si fort pendant la chaleur. Ge procédé, que j'ai expérimenté avec plein succès, consiste tout simplement à frictionner avec de la lie d'huile de noix les parties des animaux, le cou, les épaules, les jambes, principalement attaqués * par les mouches. Une friction bien faite dure au moins deux jours, lors même que les bestiaux sont exposés une grande partie de la journée à un soleil ardent. Le procédé ne coûte rien dans les pays qui récoltent la noix. Peut-être la lie d'autres huiles ou les huiles elles-mêmes, rancies ou ayant pris mauvais goût, seraient-elles également efficaces. Il n’y a qua essayer.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais eue ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Le coupe-cigares breloque. — Ce petit coupe-cigares est vraiment le plus- pratique qui ait été fait jusqu’à ce jour ; il est en argent, sa forme élégante en fait une magnifique breloque qu’on peut attacher à sa chaîne de montre (n° 1) ou à la chaîne de pantalon qui, aujourd'hui, se porte beaucoup. Dans l’intérieur de cet objet sont serties trois petites lames d'acier très coupantes. Ces couteaux sont espacés à partie
- Coupe-cigares. — 1. Breloque. — 2 et 3. Mode d’emploi.
- égale ; ces lames ne se touchant pas permettent d’enfoncer le cigare par son côté pointu qui ne se trouve d’abord pas atteint ; les petites lames viennent faire leurs trois incisions quelques millimètres plus loin, de sorte que, de cette façon, l’enveloppe du cigare ne se déroule pas, et la fumée, au lieu d’arriver par un seul endroit, est répartie en trois chemins distincts et l’on aspire plus facilement. — Cet appareil se trouve chez M. Mathieu, 45, galerie Montpensier, Palais-Royal, Paris.
- La bague eoupe-flcelle. :— Dans les établissements où l’on fait beaucoup de paquets, beaucoup d’emballage, cette bague a certainement son utilité. C’est un simple anneau en métal blanc sur lequel est rivée une petite lame d’acier cou-
- f.-ig :e coupe-ficelle. — 1. Vue d'ensemble. — 2. Mode d'emploi.
- pante (n° 1). Lorsqu’on a ficelé le paquet, au lieu de courir toujours après son couteau ou ses ciseaux, immédiatement on coupe la ficelle avec sa bague qui ne vous quitte jamais. — Cette bague est en vente chez M. Mathieu, à la même adresse que ci-dessus.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Stérilisation de la gaze.
- La tarlatane est devenue d’un usage courant comme objet de pansement, les nécessités de l’asepsie ne permettent plus de recourir aux vieux pansements avec la bande de toile et les compresses quelconques. Mais on n’a pas, dans un ménage, à la campagne, toujours sous la main un matériel de pansement, ce qui est un tort, car avec peu de chose on peut parer aux premières nécessités, en cas de coupure, de plaie, d’écorchures. Ce que l’on trouve toujours, c’est de la tarlatane ; elle est en
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- général, empesée, amidonnée. Pour en faire un objet de pansement pratique et aseptique, usez du moyen suivant, conseillé par un médecin russe, le Dr Sellât. Coupez d’abord votre gaze en bandes de trois à quatre travers de doigt, malaxez-les vigoureusement une fois roulées, dans de l’eau chaude, pour exprimer l’empois d’amidon, puis serrez-les avec force, pour laisser le moins d’eau possible. Prenez alors les deux bouts de la bande avec des pinces et passez-les à plusieurs reprises sur la flamme d’une lampe à espnt-de-vin. Si toutes les parties ont subi l’action de la chaleur, la gaze est sinon absolument aseptique, du moins dans un état de désinfection suffisamment parfait pour faire un pansement d’urgence, faute de vraies gazes iodofor-mées ou stérilisées. Dr X.
- Traitement de Thyperchlorhydrie.
- Boas (Diagnostili und Therap. d. Magenk.) reconnaît unè véritable action dans Phvperchlorhydrie au mélange suivant recommandé par Wolff : !
- Sulfate de soude...........
- Sulfate de potasse .... Chlorate de soude .... Carbonate de soude . . . Bi borate de soude ....
- 50
- 5
- 50
- 25
- 10
- grammes.
- à prendre une demi-cuillerée à café dans un demi-verre d’eau tiède 5 fois par jour (le.matin à jeun, et 2 heures avant Itj déjeuner et le dîner). Sous l’influence de cette poudre, mi constate la diminution du suc gastrique et de son HCl sécrété à jeun. En outre, l’acide chlorhydrique se trouve en moindre quantité dans le contenu stomacal, même au point culminant de la digestion. Boas prescrit en outre depuis plusieurs années la poudre suivante : , ,
- Magnésie.............
- Carbonate de bismuth. Carbonate de soude. . Extrait de belladone. Extrait de strychnine.
- 15 grammes, àà 5 —
- àà 0 gr. 10 à 0 gr. 20.
- à prendre une demi-cuillerée à café 5 fois par jour, une demi-; heure après les repas. Si la sécrétion stomacale devient normale, Boas suspend le traitement et examine le chimisme dé l’estomac et c’est suivant les résultats obtenus qu’il fait conti-; nuer ou qu’il arrête définitivement le traitement par les! alcalins. |
- Appareils aldékydogènes contre les moustiques
- Cette année-ci a été particulièrement favorable aux cousins et moustiques, et, pour s’en préserver, plusieurs moyens ont été recommandés. On peut faire brûler le soir dans les chambres des pastilles aromatiques ou des fidibus qui sont tous à base de poudre de pyrèthre ou de substances narcotiques telles que la belladone ou le datura stramonium.
- Pendant quatre ou cinq heures, les moustiques sont étourdis et se tiennent coi; mais, après ce laps de temps, ils sortent: de leur torpeur; sur le matin leur estomac se réveille, ils viennent alors réparer leur abstinence.
- Un moyen plus radical est d’essayer de les tuer avec des appareils connus sous le nom de « lampes d’assainissement » qui ont pour base l’action du platine incandescent sur les vapeurs d’alcool et que nous avons décrites ici. L’oxydation de l’alcool par ce platine modérément incandescent produit de l’aldéhyde méthvlique et éthylique, qui est un désinfectant de premier ordre et qui tue les moustiques. Mais si l’on trouve l’odeur d’aldéhyde désagréable, ou peut la chasser ou la neutraliser. Pour cela il faut, après que les vapeurs d’aldéhyde se sont répandues dans la pièce, arroser son appareil avec une solution ammoniacale mélangée d’un peu d’alcool parfumé.
- L’aldéhyde se combine alors complètement avec les vapeurs ammoniacales et disparaît en quelques (minutes.
- Avec ces appareils aldéhydogènes spéciaux, on a le double avantage de tuer les moustiques sans qu'il reste aucune odeur dans la chambre, si ce n’est l’odeur du parfum.
- Cinq à dix minutes de fonctionnement de l’appareil aldéhy-dogène suffisent pour assainir une chambre de moyenne grandeur. Dr
- L'euquinine.
- Sous le nom d’euquinine on vient d’introduire dans la thérapeutique un produit chimique nouveau qui a été expérimenté par MM. von Noorden, Overlach, Goliner, etc. Son action paraît être celle de la quinine, mais il n’en a pas les inconvénients,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- et 'en particulier il ne provoque pas de bourdonnements d’oreilles. La dose à employer serait le double de celle de la quinine.
- M. Arpad Fauser a eu l’occasion d’expérimenter l’euquinine dans douze cas de fièvre intermittente. 11 a employé une dose de 1*r,25 par jour, en une ou deux fois. Dans plusieurs cas la fièvre a cédé dès la première dose; pour d’autres il a fallu la répéter deux ou trois jours de suite.
- Ce médicament a été employé dans plusieurs maladies, comme la fièvre typhoïde, le rhumatisme articulaire. Dans cette dernière affection l’euquinine a semblé donner de bons résultats.
- L’euquinine a l’avantage d’ètre plus facile à administrer que la quinine dont elle n’a pas la pénible amertume. Elle n’a pas d’autre inconvénient que de coûter sensiblement plus cher \Klin. thévap. Wochens., n° 2fi).
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 3 octobre . . 10”,0 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Presque couvert jusqu’à 16 h. ; beau ensuite.
- Mardi 4 11”,2 N. N. E. 2. Quelques nuages. 0,0 Beau à 1 h. et 7 h. ; couvert avant et après.
- Mercredi 5 11”, 6 N. E. 1. Beau. 0,0 Très nuageux jusqu’à 5 h. ; beau ensuite ; brouillard à partir de 23 h.
- Jeudi 6 8”,9 N. E. 2. Beau. 0,0 Quelques nuag. jusqu’à 20 h. ; couvert ensuite; brouill. avant le jour et dans la soirée ; halo.
- Vendredi 7 12”,8 N. N. E. 1. Couvert. 0,0 Couvert le matin; très nuageux le soir; très brumeux.
- Samedi 8 7”,9 E. 0. Peu nuageux. 0,0 Très peu nuageux jusqu’à 11 li.; couvert ensuite; halo; très brumeux; un peu de pluie à 23 h.
- Dimanche 9 12”,2 E. 0. Couvert. 0,2 Presque couvert; pluie dans la soirée.
- OCTOBRE 1898. — SEMAINE Dü LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 OCTOBRE.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du ve.nl. Les courbes au milieu inaïquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au
- Parc §aint-iMaur en septembre 1898
- par M. E. Resou.
- Moyenne barométrique à midi, 760““,98; minimum 749"“,35 le 30 à midi ; maximum 769““,06 le 3 à 8 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 10°,50; des maxima 23°,0i; du mois 16°,77 ; vraie des 21 heures 16°,15. Minimum 3",0 le 27 à 5 h. 50 du matin, sur le sol gazonné —2°,7 Maximum 33°,2 le 9 à 2 h. 10-15 du soir. Il y a eu 4 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur 10”",40; minimum 5””,59 le 27 à 5 heures du matin. Maximum 16““,7 le 7 à midi. Humidité relative 77 ; minimum 32 le 9 à 2 heures du soir; maximum 100 en 7 jours.
- Eclairs sur divers points le 11 de 9 heures du soir jusqu’à 5 heures du matin le 12, ensuite tonnerre venant par le S. S. W., l’orage est au zénith de 6 h. 10 à 8 heures; il tonne jusqu a 9 heures, derniers coups au S.-E. Aurore boréale au N.-W. le 9 à 9 heures du soir, accompagnée d’une forte perturbation magnétique.
- Pluie 25”“,2 en 15 h. 1(1 réparties en 1 jours; un seul jour de pluie notable le 12 pendant l’orage, donne 10””,7 en 5 heures. Nébulosité moyenne 26. Il y a eu 9 jours de nébulosité à O, dont 3 jours sans trace de nuage, les 6, 16 et 17.
- Vents dominants du N.-E., ceux du N. et de l’W. manquent complètement. 2 jours de brouillard les 15 et 29.
- Température moyenne de la Marne : le matin 19°,89, l’après-midi 20°,17 ; du mois 20°,18, minimum 15®,98 le 30; maximum 23°,90 le 9. La rivière e-t toujours basse et claire. Sa température cet été a été au moins de 20°
- Îiendant 72 jours dans les mois de juillet, août, septembre. Le maximum e 22 août, 25®,86.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de septembre 1898 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 2"“,13. Thermomètre plus haut de 1®,57. Tension de la vapeur plus forte de 0””,31. Humidité relative plus faible de 5. Pluie plus faible de 23“”,1. Nébulosité plus faible de 25.
- Floraisons : le 9, hélianthus rigidus; le 16, gynérium argenteum.
- A Achères (Seine-et-Oise), M. Raymond a eu pour moyennes températures de ce mois : minima, 8®,91 ; maxima 21®, 17 ; du mois 16®,5. Minimum 0®,9 le 26. Maximum 36®,3 le 9. Pluie 38”“,7 en 5 jours ; un seul jour d’orage le 12.
- A la Tronche, près Grenoble, M. Poulat a obtenu pour moyennes températures : des minima 13®,06 ; des maxima 28°,87; du mois 20®,97, en excès de 2®,20 sur la moyenne de 12 ans Minimum 7®.3 le 30; maximum 36°,0 le 10. Pluie 23“”,0 les 3 derniers jours du mois. Nébulosité 2t. Pas d’orage.
- Yébleron (Seine-Inférieure). M. Duménil : moyennes thermométriques : des minima 12®,02: desjmaxima 21®,22 ; du mois 16®,62, supérieure de 1®,27 à la normale. Minimum 5®,9 le 27 ; gelées blanches les derniers jours du mois. Maximum 31®,0 le 8. Pluie 29'"”,0. Magnifique aurore boréale le 9 de 8 h. 20 à 10 heures du soir.
- Vendôme. M. Nouel : moyennes : 18®,21. Minimum 3®,5 le 29; maximum 53®,8 le 9. Nébulosité 19. Pluie 32““,85 en 4 jours ; il est tombé 9““,25 le 12 et 18“",75 le 30.
- M. Lemercier a eu pour moyenne 17®,34 et pour extrêmes 5®,0 le 26 et 32®,5 le 9. L’aurore boréale du 9 a été vue à Vendôme et aux environs. On a observé 2 orages à Vendôme, le 9 et le 18 ; le premier a été lointain ; le deuxième avait été observé par M. Phélippot, à Pile-de-Ré, dans'la nuit du 17 au 18, peu après minuit. Il a passé à la Haye-Descaries (Indre-et-Loire), à 2 heures du matin ; il a commencé à Vendôme à 6 heures du matin, et a duré plusieurs heures ; on a encore entendu tonner loin au N. à 2 heures du soir. Cet orage n’a pas atteint Paris, ni les environs.
- La végétation arborescente, aux environs de Vendôme, reste à la fin de septembre aussi verte qu’au mois de mai.
- A Châteaudun, M. Roger a eu : moyenne 17®,61 ; pluie 39®,8 et nébulosité 27.
- Erratum au mois d’août 1898 : 11* ligne en remontant, au lieu de : à peu près clair, lisez : à peu près aussi clair.
- PHASE DE LA LUNE ; D. Q. le 7 à 6 h. 14 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Les cours de l’Ecole d’Anthropologie de Paris, recommençant le 7 novembre, il a été nécessaire de pourvoir immédiatement au remplacement de M. G. de Mortillet dans sa chaire d’anthropologie préhistorique. Le comité directeur de l’Ecole^ constitué, pour la plus grande partie, par les professeurs, a désigné M. le Dr Capitan pour occuper cette chaire et supprimé celle d anthropo-•logie pathologique dont il élait titulaire. Toutes nos félicitations à notre collaborateur et ami dont on connaît la compétence dans cet ordre d’études.
- —£$— A la suite de la démission de M. Folie, directeur de d'observatoire de Bruxelles (Ucele), MM. Lagrange, astronome, et A. Lancaster, inspecteur météorologiste, ont été nommés directeurs scientifiques de l’astronomie et de la météorologie, qui constitueront •désormais des services distincts. M. Goedseels, ancien capitaine commandant, est chargé de l’administration générale de l’établissement.
- —®— La médaille Rumfort. —; Cette récompense a été accordée à M. Keeler, directeur de l’observatoire Lick, pour ses belles applications du spectroscope aux études astronomiques, et spécialement pour ses recherches des mouvements propres des nébuleuses èt de la •constitution des anneaux de Saturne avec cet instrument. Voici les noms de quelques titulaires de cette médaille : Edison, Pickering, Michelson, Langley, Rowland.
- —®— Le meilleur des chronomètres de poche classés dans les différents observatoires français et étrangers, depuis un an, est le n° 3543 de MM. L. Leroy et Cie, fabricants à Besançon et à Paris. En efTet cette montre vient d’obtenir à l’observatoire de Besançon 243,8 bons points, tandis que la meilleure montre de l’observatoire de Genève en 1897 n’a obtenu que 237,5.
- —Comme nous l’avons annoncé, le ballon de Sion monté par M. Spelterini, par MM. Biedermann, professeur à l’Université de Cracovie, Mauser, directeur de l’observatoire de Zurich, et Heim, professeur à l’Ecole polytechnique de Zurich, est venu atterrir entre Langres et Dijon, non sans certaine difficulté, le vent étant violent au moment de la descente. L’aérostat s’est élevé jusqu'à 6300 mètres. C’est le record de la hauteur pour un ballon de 3250 mètres cubes. La température à Sion était de 20°. Les aéronautes ont rencontré une couche d'air avec température de —21°. La décroissance du thermomètre a été d’environ 1° pour 150 mètres. On avait lancé aussi un ballon-sonde dont on n’a pas de nouvelles. A Paris, le même jour un ballon-sonde a été lancé par M. Teisserenc de Bort. II a été retrouvé à Mortagne après s’être élevé à 10 300 mètres ; ses enregistreurs ont constaté une température de 47” au-dessous de zéro.
- —Avant l’ascension suisse, il y avait eu en septembre dernier une ascension qu’il importe d’enregistrer. MM. Berson et Spencer sont partis du Crystal-Palaee dans un ballon de 1600 mètres cubes
- Ïonflé à l’hydrogène pur. L’aérostat s’est élevé, dit-on, à 8376 mètres.
- ne seule ascension, par ballon monté, celle de Coxwell et Gleisher en septembre 1862, surpasse celle de MM. Berson et Spencer (8833 m.}. Les aéronautes ont dù pour combattre le malaise de ces hautes régions respirer de l’oxygène à plusieurs reprises.
- —®— Qu’est devenu le fameux rouleur Bazin qui fit tant parler de lui, et que les touristes allaient voir dans le bassin du Commerce, ad Havre, où il était amarré? D’après le Vélo, le rouleur Bazin a été vendu pour 30 000 francs aux Anglais, lors de la liquidation de la succession de M. Bazin. Les Anglais l’ont emmené chez eux, et le rouleur pour lequel l’inventeur avait rêvé une carrière de records, sera transformé en ponton. Grandeur et décadence.
- —®— Le Nouveau Monde est obligé de suivre l’exemple de l’ancien. On a reconnu l'absolue nécessité à Chicago de supprimer les passages à niveau sur les chemins de fer qui sillonnent la ville en raison des accidents à craindre et surtout du ralentissement qu’ils imposent à la marche des trains. Cette surélévation commencée en 1892 en vue de l’Exposition, doit porter sur 74 kilomètres de voies ; au 31 décembre dernier l’œuvre était achevée pour 33 kilomètres portant sur 86 passages à niveau sur les 243 qui doivent être supprimés. Elle a coûté jusqu’à présent 30 millions de francs et lorsqu’elle sera aebévée on -aura dépensé 83 millions de francs.
- —îf— M. Si vert Brakmo, l’explorateur norvégien bien connu, arrive des régions boréales, mais sans avoir appris aucune nouvelle d’Andrée. Il est allé jusqu’à Waigat, où il a rencontré d’abondantes glaces.
- —L’explorateur américain W. Wellman est parti le 27 juin à bord de son steamer Frithjof pour les régions polaires. Le but de l'expédition est d’atteindre le pôle nord et aussi d’explorer les parties septentrionales encore inconnues de la terre François-Joseph. Au cap Flora, sur la côte sud-est de la terre François-Joseph, deux ou trois hommes seront laissés, tandis que les autres iront à la recherche d’Andrée avant le retour du vapeur en août. Six hommes pourvus de canots légers, de traîneaux et de chiens pousseront tout de suite vers le nord, puis au lieu où Nansen et Johansen hivernèrent et au cap Fligely (lat. 82°), atteint en 1894 par Payer. Un peu au delà, on construira une hutte où les explorateurs passeront l’hiver, se nourrissant d’ours, de phoques et de morses. Au printemps, on essayera de gagner le pôle en traîneaux ; la durée du voyage, aller et retour, est estimée à cent vingt jours, ce qui représentera 14 à 16 kilomètres par jour.
- -®— On conserve avec grand soin à Londres, au palais de llampton-Court, dans la chambre à coucher qu’occupait Guillaume II. uùe horloge de grande taille construite en 1669 par Dan Quare, et qui passe, maintenant encore, pour un chef-d’œuvre de mécanique. Elle sonne les heures, les demies, les quarts, ne varie pas d’une minute par mois et ne doit être remontée qu’une fois par an. Dernièrement, le mouvement s’est arrêté tout à coup, et les conservateurs du palais ont dû recourir à la commission d’horlogers london-niens formée et consultée l’année dernière pour les réparations à faire à l’horloge monumentale du Parlement. Ces experts se sont transportés hier à llampton-Court et ont bientôt rendu le mouvement au chef-d’œuvre de leur ancêtre. Après examen, ils ont déclaré que la célèbre horloge était assez bien constituée pour sonner encore les heures de deux siècles.
- —On se plaint beaucoup à Vienne de ce que le Jardin zoologique n’ait plus de girafes à exhiber. Au château de Schœnbrunn, mêmes plaintes, car toutes les girafes qu'on y possédait sont mortes. Depuis la guerre contre les Mahdistes, la girafe, qui était principalement importée du Soudan, n’a pu être envoyée en Europe. Les jardins zoologiques ont dù, pour se rendre acquéreurs de girafes, s’adresser à l’Abyssinie. Or, Ménélik II vient de prohiber l’envoi de ces animaux à tous pays européens ayant une alliance politique avec l’Italie. Il en résulte que l’Allemagne et l’Autriche sont mises en interdit. D’où les plaintes des Viennois. Qui aurait jamais pu penser que les girafes se trouveraient mêlées à la question de la Triple Alliance?
- —On se propose d’élever un observatoire météorologique sur le Schneeberg (Basse-Autriche, altitude 2164 mètres) en mémoire de l’impératrice Elisabeth d’Autriche. On y adjoindra une tour nommée Elisabelhenlhurm qui permettra de voir le panorama de Iloehsch neeberg.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le moteur à essence de pétrole à piston rotatif système Dawson se trouve chez M. Ernest Archdeacon, H, rue du Pont, Suresnes (Seine). — Appareils pour le développement des clichés en plein air : Appareil Ernie, s’adresser à YErnium, 20, rue de Paradis, à Paris; Appareil Cannier-Lafille, à Saint-Satur (Cher); Appareil P.Donny, 4, rue de Rohan, à Paris.
- Communications. — M. Desjuzeur, ingénieur-directeur de l’Association lyonnaise des propriétaires d’appareils à vapeur, à Lyon, nous envoie une Note, sur quelques accidents d'appareils à vapeur et une Note sur deux explosions de lessiveurs de papeterie.
- M. Jules Gai, président de la Société d’étude des sciences naturelles de Nîmes, nous fait parvenir deux extraits du Bulletin de la Société ayant pour titres : Etudes sur les vers à soie et L'urine du castor.
- M. J. Péchenard, à La Seyne, nous envoie la description d’un petit appareil appelé Le Physigraphe, qui permet de dessiner facilement d’après nature ou d’après tracé directement sur une surface quelconque, en suivant les règles strictes de la perspective.
- M. A. Jouffray, à Saint-Etienne, nous adresse la photographie d'un poulet parfaitement formé avec ses deux ailes et quatre pattes. L’animal a bien béché sa coquille, mais n’a pu réussir complètement à en sortir et est mort malgré l’aide qui lui a été donnée.
- M. Jules Trusson, à Paris, nous adresse la lettre suivante : « Dans un travail de branchement d’égout que j’ai exécuté rue du Banquier, n° 19, XIIIe arrondissement, j’ai mis à découvert un bloc erratique de grès qui, sauf le volume, me semble être de même nature que celui décrit par M. Glangeaud dans le nD 1238 du journal à la date du 20 février 1897. La rapidité avec laquelle le travail sur la voie publique devait être exécuté et la crise actuelle des ouvriers terrassiers, m’ont obligé de faire débiter le bloc sur place sans attirer l’attention. Le bloc de grès par lui-même n avait aucune valeur, si ce n’est d’intéresser les lecteurs qui s’occupent du sous-sol de Paris. Ledit bloc de forme ovoïde légèrement aplati sur son assise et dont les extrémités du grand axe étaient tronquées avait pour principales dimensions : grand axe 1“,07, petits axes 0m,37, 0m,68, 0m,56. Formé par un nœud de carrière en grès moyennement dur, de la contexture des grès dits de Fontainebleau, il présentait quelques cavités, dont les arêtes ainsi que les parties saillantes, étaient émoussées soit par le roulement, soit par le frottement des alluvions de sable rouge à galets de silex à la surface desquels il reposait (lm,75 du sol actuel de la rue). La coïncidence de la mise à jour de ce bloc avec celui du Panthéon, trouvé à peu de distance et relativement au même niveau, pourra peut-être servir à l’étude des blocs de même nature dont la provenance est encore hypothétique. »
- M. L. Gérard, 30, avenue de Noailles, à Lyon, nous prie d’annoncer qu’il désire faire l’échange de cartes postales illustrées avec les habitants du monde entier, et qu’il enverra des cartes de Lyon en échange de toutes celles qui lui seront envoyées.
- Renseignements. — M. B. C., à Paris. - Nous avons parlé de la culture artificielle du raisin dans le n° 970, du 2 janvier 1892, p. 77, et de la culture en Angleterre dans le n° 881, du 19 avril 1890, p. 306.
- M. J. Perrin, à Cours (Rhône). — 1° Adressez-vous au journal que nous avons mentionné au bas de la page et auquel nous avons emprunté cet article. — 2° Vous pourrez vous procurer des ouvrages de ce genre à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. le Dr prof. V. Aucoretti, à Oneglia. — L’adresse de Fauteur de l’article que vous demandez est 101, boulevard Murat, h Paris.
- M. H. Martel, à Bordeaux. — Nous pensons que vous trou-
- verez cette thèse à la librairie Carré et Naud, 3, rue Racine ; à cette même librairie a paru du reste, sur l’ozone, une conférence de M. Otto faite à la Sorbonne.
- M. Valadier, à Paris. — Pour tout ce qui concerne la suin-tine, il faut vous adresser à MM. A. Motte et Cie, peigneurs de laine, à Roubaix.
- M. J. Dechaine, à Moscou. — 1° Voyez la Note que nous-avons publiée en tête de la Boîte aux lettres, du n° 1324, du 15 octobre 1898. — 2° Cette adresse est donnée ci-dessus.
- M. F. Hébert, à Saint-Omer de Thouberville. — Nous pne pouvons donner d’autres renseignements que ceux indiqués dans notre précédente Boite aux lettres.
- M. le G1’ G. de Bellecombe, à Brides-les-Bains. — Veuillez vous adresser au Comptoir de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. A. Croz, à Barcelone. — Nous ne pouvons vous donner aucune adresse pour ce qui concerne cette fabrication.
- M. A. Saurel, à Grasse. — 1° Nous avons publié un article-sur des lampes à incandescence minuscules dans le n° 1318 du 3 septembre 1898, p. 224. — 2° Vous trouverez des lampes de 2 à 3 volts chez M. Maurice James, 143, rue Saint-Antoine, à Paris.
- M. F. C., à Dinard. — Ce fait n’a pas été vérifié; nous no pensons pas qu’il soit exact.
- M. G. Nicolopulo, à Braïla. — En dehors des phonographes que vous signalez, nous pouvons encore vous mentionner les appareils de la Compagnie générale des phonographes, 98, rue de Richelieu, à Pans.
- M. J. Large, à Aubervilliers. — Vous pourriez peut-être demander cette adresse au Comité de Madagascar, 44, rue de la Chaussée d’Antin, à Paris.
- Un abonné, à Paris. — 1° Consultez le Dictionnaire Larousse. — 2° Cet ouvrage sera intéressant.
- M. Ch. Boucher, à Tours. — Cette expérience a été faite par M. Villon; il faut vous adresser à un chimiste pour la répéter.
- M. G. Filleul, à Beauvais; M. A. Gascard, à Bihorel-lès-Rouen. — Les nouveaux pots à fleurs à irrigation souterraine, que nous avons décrits dans le n° 1323 du 8 octobre 1898,
- . 301, ont été mis récemment en fabrication par M. Wiriot, 9, boulevard Saint-Jacques, à Paris.
- M. J. de Neck, à Bruxelles. — 1° Nous avons publié un article sur les ascenseurs électriques dans le n° 1163 du 14 septembre 1895, p. 243. — 2° Ascenseurs Pifre, 174, rue de Courcelles, à Paris.
- M. Bernard de Limairac, au château de Limairac. — 1° La puissance sera trop faible. — 2° On peut toujours prendre les dispositions nécessaires et faire les transmissions-pour cet usage. — 3° Bateaux à vapeur et à pétrole : MM. Bertin frères, à Argenteuil (Seine-et-Oise), MM. Tellier, 52, quai de la Râpée, à Paris.
- il/. J. Simono, à Cambucy (Brésil). — On a essayé de disposer des appareils de projection pour pouvoir projeter toutes sortes de gravures; mais ces essais n’ont pas encore donné de bons résultats.
- M. L. Boillot, à La Chaux-de-Fonds. — Vous trouverez des ouvrages de ce genre à la librairie Dunod et Vicq et à la librairie E. Bernard, respectivement 49 et 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Robin, à Autun. — Nous n’avons pu nous procurer aucun renseignement à ce sujet; cette préparation est tenue secrète. Nous ne connaissons aucun ouvrage pouvant vous donner satisfaction.
- M. L. Derand, à Brest. — Pour charger une batterie d’accumulateurs devant se décharger à 110-115 volts, il faut avoir une machine dynamo pouvant donner pendant la charge jusqu’à 150-160 volts. 11 est préférable de prendre une machine semblable et de n’avoir pas recours à des survolteurs.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. J. M, à B. — Nous avons reçu votre Note ; le sujet est trop spécial pour nos lecteurs, et votre travail ne nous donne pas assez de résultats pratiques. — M. D. L., à Versailles. Nous parlerons, s’il y a lieu, des résultats obtenus. — M. Jubon, à Paris. Nous vous conseillons de faire un second essai dans les mêmes conditions ; quelques-uns des chiffres que vous nous donnez se contredisent. — M. R. S-, à P. ; M. J. R, à M. Voyez les Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dubois, à Paris; M. Legrand, à Nice. Ces recettes sont données dans le même petit livre que ci-dessus, 5esérie, à la même librairie. — M. D. Lartet, à Asnières; il/. Jumau, à Paris. Remerciements pour vos communications. — M. Rufflin, à Castres. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle -ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date delà livraison.
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- NOUVELLES SCIENT.flQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Nouveau flltre-théiéjrc-cafetière. — Yoici un nouveau filtre étudié spécialement par l’inventeur pour faire de bonnes infusions en général. Nous allons l’expliquer en détail. Pour faire son café soi-mëme à table, on garnit la petite lampe A d’alcool, on place dessus le support de réchaud B, on remplit d’eau le récipient C et on le place sur B. On verse le café moulu (10 grammes environ) dans le filtre D, et on place dessus le petit filtre mobile G; on met ensuite le couvercle E. Lorsque l’eau est en ébullition, on remarque déjà que la vapeur détrempe le café qui se trouve au-dessus, alors on retire le tout du réchaud, puis on place le verre F à café dans la partie B qui sert de porte-verre. On couvre ensuite le filtre D, puis on verse
- Nouveau liltre-théière-cafetière direct et à renversement.
- l’eau bouillante contenue dans le récipient C qui, retourné, vient s’emboîter dans le filtre et forme couvercle; l’infusion dé café tombe directement dans le verre. Il est évident que le café fait dans ces conditions doit être excellent, la manière d’opérer semble compliquée, mais en réalité, pratiquement, elle est toute simple. On peut également opérer pour le thé, café, ou autre infusion, en plaçant B sur A, C sur B et après avoir mis le café en poudre ou le thé dans D, et l’avoir bien couvert avec le petit filtre G bien enfoncé, on retourne cette partie D qui vient emboîter C; lorsque l’eau est en ébullition, on saisit D par la poignée, on retourne en déposant le tout sur le verre, et pour ne pas se chauffer les doigts, on place le verre dans B, et on savoure une excellente infusion. — Cet appareil se trouve chez M. Mathieu, 45, galerie Montpensier, Palais-Royal, Paris.
- Fnme-cigares et cigarettes. — Il n’est pas rare qu’on fume indistinctement et le cigare et la cigarette ; il n’est donc pas sans intérêt d’avoir imaginé un petit appareil à double usage tel que celui que nous présentons. Par le détail de nos figures on comprendra facilement la construction de ce petit objet bien utile aux fumeurs. Le n° 1 représente le fume-cigarette, le n° 2 le fume-cigare et les n0’ 5 et 4 les détails.
- 1. Fume-cigarettes. — 2. Fume-eigares. — 3. Coupe intérieure de l'appareil. 4. Coupe intérieure du raccord.
- réservé un pas de vis qui s’ajuste sur la vis de l’autre partie (n° 3). Donc lorsqu’on veut fumer le cigare on utilise le côté large et le côté étroit est réservé pour la cigarette. — Cet appareil se trouve à la même adresse que l’appareil précédent.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Élevage de la perruche ondulée.
- L’élevage de la gentille perruche ondulée ne présente aucune difficulté et peut procurer un bénéfice de 50 pour 100. Elle fait, par an, de trois à quatre pontes et, chaque fois, 5 à 9 œufs : elle peut donc donner par année de 15 à 36 œufs. Les pontes se suivent sans interruption. Une paire se vend de 10 à 12 francs : l’entretien d’une perruche ne revient qu’à un centime par jour. Elle vit de 10 à 12 ans.
- Conseils. — Pour réussir l’élevage il faut bien se pénétrer de ceci : 1° Il faut empêcher la reproduction du 15 novembre au 1er février, en séparant les mâles et les femelles; 2° il faut, autant que possible, prendre les reproducteurs dans d’autres perrucheries ; 3° les Ondulées ne supportent pas plus de 5° de froid.
- Perruciierie. — L’endroit où l’on élève les perruches se compose de deux parties : un refuge en bois construit spécialement! ou encore une des pièces de la maison exposée au midi et sa-! crifiée à cela et, au-devant, une vaste cage. Celle-ci peut être' facilement construite avec des poteaux sur lesquels on tend un grillage à mailles de 18 millimètres et que l’on recouvre enj haut avec un carton bitumé incliné et dépassant l’avant de la; volière d’environ 0m,35. On garnit le refuge de sable. Dans la! volière on peut semer du gazon et on y met des perchoirs, des) balançoires, des abreuvoirs et des mangeoires; une volière de; 3 mètres de long sur un de large peut contenir cinq couples.)
- Reproduction. — On peut laisser la reproduction s’opérer dans la volière, mais il y a à craindre des batailles terribles/ 11 est préférable, au moment de la reproduction, de mettre des; couples séparément dans des cages de un mètre cube environ.' « Au mois de février, on suspend les bûches dans les cages ct> dans la pièce attenant à la voiière. Les bûches doivent mesurer 10 centimètres de diamètre intérieur et 25 centimètres de hauteur; le trou percé pour le passage des oiseaux, 4 centimètres d’ouverture; plus petit, les perruches perdraient leur temps à l’agrandir. Ce trou est placé à 15 centimètres au-dessus de la ligne du fond, il est flanqué d’un petit perchoir à sa gauche qui facilite la rentrée du male pendant l’éducation des petits; le fond de la bûche est creusé en poche dans le but de réunir les œufs. En cage, comme en volière, on suspend deux bûches par couple, afin de permettre à la femelle ae commencer ;a nouvelle ponte durant la fin de l’éclosion. Les industriels ont renoncé à l’emploi des troncs de saules ou des imitations d’arbres percés de plusieurs trous : ce voisinage entretient les disputes, occasionne des erreurs, des bris d’œuls ou des abandons de couvées. » (P. Devaux. Man. de l'avic.)
- Nourriture. — Les perruches aiment surtout les épis de millet, de blé vert, de froment, de moha de Hongrie. Mais elles mangent aussi avec plaisir le riz cuit, le sorgho, le sarrasin, la mie de pain rassis; les graines de gazon, de choux, de radis, de navet; les baies de sureau, de sorbier, de genévrier, de thuya ; les figues sèches, les pruneaux, les pommes et poires tapées, les fraises, les cerises, les prunes, les groseilles, les figues, les raisins, les framboises, les noix, les fruits d’automne, les noisettes, les marrons, les fleurs de salades, les légumes montés, les plantes potagères, la chicorée, la laitue, le cresson, la mâche, le mouron, le plantain, le seneçon, les carottes. Ne pas abuser du chènevis qui ne convient qu’aux adultes. Pas de sucreries. On donne à boire de l’eau pure ou mieux avec une pincée de sel de Vichy (bicarbonate de soude).
- Maladies. — Pour les parasites, insuffler de la poudre à punaises entre les plumes. Pour la congestion, tremper les pattes dans l’eau chaude. Difficulté de pondre: enduire l’orifice d’huile d’amandes douces et l’exposer aux vapeurs d’eau bouillante. Henri Coupin.
- On remarque que la partie en ambre qui se met à la bouche 1, 2, 3, se sépare de la partie en écume qui est conique; la partie étroite sert pour la cigarette, la partie la plus large sert poür le cigare ; à l’intérieur de la partie écume (n° 4) est
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- BIBLIOGRAPHIE
- La voiture de demain. Histoire de Vautomobilisme, par Joiin Grand Carteret. 1 vol. in-8° avec 250 figures. Paris, Eugène Fasquelle, éditeur, 11, rue de Grenelle.
- Il existait déjà un certain nombre d’ouvrages sur l’automobilisme, mais aucun ne prenait les voitures à vapeur à leur origine,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- , pour en suivre les développements et en montrer les transformations successives jusqu’à l’automobilisme actuel. On trouvera tous ces renseignements dans l’ouvrage de M. John Grand Cartcret. ' C’est l’histoire complète de l’automobilisme, présentée sous une forme pittoresque, anecdotique et documentaire.
- L'Hygiène des tuberculeux, par A. Chuquet, avec introduction par G. Daremberg, 1 vol. in-16, de la Bibliothèque d’hygiène thérapeutique. Paris. Masson et G*”, éditeurs.
- L’hygiène est une question capitale en matière de tuberculose. Dans la préface dont il a enrichi ce volume, M. le Dr Darembcrg le démontre avec évidence. Or, M. leDr A. Chuquet a précisément fait sur l’hygiène des tuberculeux un livre bien intéressant. Nous en recommandons la lecture.
- La fonderie, par H. Le Verrier, ingénieur en chef des mines, professeur au Conservatoire des arts et métiers. 1 vol. petit in-8° de l'Encyclopédie scientifique des aide-mémoire publiée sous la direction de M. Léadtè. Paris, Masson et Cie
- et Gauthier-Villars, éditeurs, 1898. Prix : broché, 2tr,50; cartonné, 5 francs.
- L'art de découvrir les sources et de les capter, par M. E. S. Auscher, ingénieur des Arts et Manufactures. 1 vol. in-16, cartonné. Librairie J.-B. Baillière et fils. Prix : 4 francs.
- Manuel pratique de l'éleveur de faisans, par Alph. Blan-chon. 1 vol. in-16 de l’Encyclopédie Roret. Librairie L. Mulo, Paris, 1898. Prix : 2 francs.
- Le mouvement universel, par Constantin Lycortas. Traduction du grec. Volume I. lre, 2e et 3° livraisons. 2 brochures in-16. Paris, H. Le Soudier. 1898.
- Le portrait en plein air, par A. Courrèges, 1 vol. in-18. Librairie Gauthier-Villars. Paris, 1898. Prix : 2fr,50.
- La photographie en plein air excursionniste et instantanée, par G. Brunel et P. Chaux. 1 vol. in-18. Librairie Bernard Tignol. Paris, 1898. Prix : 2 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49-,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 octobre. . 11*,5 W. N. W. 1. Brouillard. Couvert. 2,1 Éclaircies à 4 h., 10-11 h. et 14 h.; couv. le reste du temps; brouillard 1000 m à 6-7 h. ; gouttes jusqu’à 1 h.
- Mardi 11 9*, 4 N. W. 1. Presque couvert. 0,0 Eclaircies à 7 h. et de 13 à 16 n. ; couvert le reste du temps; halo; gouttes dans la soirée.
- Mercredi 12 6*,1 S. W. 2. Beau. 0,1 Beau de 4 à 9 h. ; très nuag. le reste du temps ; gelée blanche; petit brouil. à 7 li. ; quelq. goût, à 13 h. 1/4. Beau jusqu’à 7 h. ; très nuageux ensuite ; gel. bl.
- Jeudi 13 3*,2 S. S. W. 1. Beau. 0,0
- Vendredi 14 7*,9 E. 3. Nuageux. 0,0 Très nuageux le matin ; couvert le soir; halo.
- Samedi 15 10*,8 S. 3. Couvert. 3,8 Presque couvert; pluie de 1 h. à 5 h. 15.
- Dimanche 16 ... . 12“,1 S. W. 4. Couvert. 4,5 Presque couvert jusqu’à 18 h. ; beau ensuite ; tonnerre de 15 h. à 13 h. 50; pluie à diverses reprises.
- OCTOBRE (898. -- SEMAINE DD LUNDI 10 Aü DIMANCHE 16 OCTOBRE.
- La courbe isnpereure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inferieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Onrngan aux Etats-lnis. — Un ouragan terrible a dévasté les environs dé Savannah (Géorgie, Etats-Unis), le 2 octobre. Les récoltes de coton et de térébenthine sont à peu près perdues, et il y a eu plus de cent victimes. Un certain nombre de petits navires ont été engloutis, et leurs équipages ont péri. C’est à Darien, Brunswick, Fcrdinandina qu’on a éprouvé les plus grands dégâts.
- ’J'empête de neige. — Le 4 octobre, une violente tempête de neige s’ëst abattue sur les montagnes des cantons de Montlouis et de Saillagouse, djpis l’arrondissement de Prades. Vingt chevaux, qui paissaient dans les pâturages domaniaux situés sur les hauteurs de la commune de Fourmi-g itères (canton de Montlouis), ont été pris d’une folle panique et entraînés
- par les courants atmosphériques dans un précipice de plus de 100 mètres de profondeur et ont été broyés.
- La neige. — Le 5 octobre, on télégraphiait de Gap que l’épaisseur de la neige était de 0”,60 au col de Lacroix et de 1",60 au col d'Agniel. C’est le 1" octobre que la neige a fait son apparition sur les sommets des Alpes situés à une altitude de plus de 1800 mètres. Le 15 octobre, la neige est tombée sur les plateaux des Cévennes, et une couche de plusieurs centimètres d’épaisseur recouvrait le sol.
- Tempête du 14 au 48 octobre. — Une tempête xdolente a traversé la France du 14 au 18 octobre. A Cherbourg et sur les côtes la pluie est tombée en (elle abondance que les bas quartiers ont été inondés. A Brest le baromètre est descendu à la hauteur tout à fait exceptionnelle de 727»”.
- PHASE DE LA LUNE : N. L. le 15 à 0 h. 47 m. du soir.
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- /326 (29 octobre 1898), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- ' —M. Thomas Frédéric Moreau est mort le 21 octobre dans sa
- • 101® année en pleine vigueur physique et intellectuelle. Bien connu comme archéologue, M. Moreau avait réuni une admirable et unique collection, gauloise, gallo-romaine et mérovingienne, produit des fouilles qu’il avait exécutées dans l’Aisne et la Marne. C’est à 75 ans seulement que M. Moreau s’était adonné à l’archéologie. Dans ces 25 ans il avait fouillé plus de 16 000 tombeaux d’une façon systématique. Il a décrit liii-même sa collection dans une publication de grand luxe, superbement illustrée et qu’il avait intitulée Album Caranda (du nom du moulin où il fit ses premières fouilles) la réservant d’ailleurs exclusivement aux musées et bibliothèques et à ses amis. Il faut espérer que cette collection unique viendra enrichir un de nos musées nationaux. Sa dispersion serait une perte irréparable pour l’archéologie française.
- —®— Quelques cas de peste ont été observés à Vienne(Autriche), Tcoig infirmières et le I)r Muller ont été atteints. M. Muller et deux infirmières viennent de mourir. On a pris toutes les précautions pour enrayer le mal dès le début xL l’on peut espérer que ce petit foyer dont on rie connaît pas bien l’origine sera éteint sur place. La mort du I)r Muller a été vraiment héroïque. Très maître de lui, sachant parfaitement qu’il était perdu et ne voulant exposer personne à la contagion, il s’est traîné jusqu’à la fenêtre pour recevoir l’absolution qu’un prêtre lui a donnée de la rue.
- —®— La réunion annuelle de la Société de géologie de France "a.eu lieu en 1898 à Barcelone sous la présidence a’un des plus éminents géologues de l’Espagne, M. l’abbé Almeira. La session a duré du 28 septembre au 25 octobre. Beaucoup de communications importantes ; nombreuses excursions, notamment aux gorges de Moft-serrat, une des merveilles de l’Espagne. Parmi les géologues français présents, citons j MM. A Gaudry, de l’Institut ; Bergeron, président annuel de la Société de géologie, Carrés, Dôllfus, etc. Qn ' n’oubliera pas de sitôt parmi les géologues l’hospitalité espagnole.
- —®— Le ministère de l’agriculture vient de publier les résultats de la récolte d’orge et d’avoine pour 1898. La récolte d’orge a été de. 18 383 820 hectolitres correspondant à ‘Il 809450 quintaux. La récolte d’avoine a été de 105 387 840 hectolitres correspondant à 50 096 430 quintaux.. En 1896 et 1897, on avait recueilli 16 241 431 et 14503560 hectolitres d’orge correspondant à 10355761 et 906*4 248 quintaux dH)rge. Pour l’avoine) on avait compté .92 003 398 hectolitres, soit 42 994 444 quintaux en 1896, et 80204076 hectolitres soit 36 760459 quintaux en 1897.
- —®— Par décision ministérielle, un nouveau phare sera prochainement construit sur les falaises de Saint-Georges, près de Rovan. Il aura une hauteur de 30 mètres et sera muni d’un appareil d’une grande puissance éclairante.
- —®— M. Defrance, directeur des travaux de Paris et des ser-: vices- de voirie de l’Exposition, nous prépare une première pour le mois de novembre. Il fait construire en ce moment, à Levallois-Perret, une piste pour l’installation d’une plate-forme mobile d’essai, pareille à celle qu’il doit faire établir en ceinture de l’Exposition
- g»r le quai d’Orsay, l’avenue de là Motte-Piquet, l’avenue de La ourdonnais et la rue Fabert aux Invalides. Le mois prochain il ouvrira au public, pendant huit jours, la plate-forme mobile de . Levallois-Perret, et c’est d’après cet essai — un essai qui ne coûtera pas moins de trois cent mille francs aux entrepreneurs—que sera réglée la vitesse du-grand chemin mouvant de ceinture de l’Exposition.
- ' —®— La Hevué Municipale imtre donne d'intéressants détails
- sur l'augmentation de la population des grandes villes. Les villes
- continuent, dans le monde entier, à progresser aux dépens des campagnes; mais un fait généralement peu connu et que M. Ripley a mis récemment en évidence — c’est que plusieurs cités d’Europe s’accroissent plus rapidement que la plupart de celles d’Amérique. Berlin a dépassé New-York en moins d'une génération : depuis vingt et un ans, sa population s’est accrue autant que celle de,Chicago et deux fois plus que celle de Philadelphie. Hambourg a gagné deux fois autant dnabitants que Boston, depuis 1875. Stockholm a doublé sa population, Copenhague l’a augmentée trois fois et demie, Christiania l’a triplée en une seule génération. A Rome, la population est passée de 184000 en 1860 à 450000 en 1895. A Vienne, elle a triplé pendant la même période, avec ses faubourgs. Paris a absorbé, de 1881 à 1891, les 4/5 de l’augmentation totale de la France. En Angleterre plus de la moitié des villes, comptant plus de 25 000 habitants, sont nées durant le dix-neuvième siècle; 60 même des 105 villes dans ce cas sont nées depuis 1825, 8 pour 100 à peine des habitants des villes sont des enfants de citadins, ne prenant pour base une résidence prolongée pendant trois générations. A Londres et à Paris, les immigrants forment plus au tiers de la population. Pour 40 des principales villes d’Europe, 1/5 seulement est dû aux habitants de la ville.
- —®— Les établissements scientifiques américains trouvent de nombreux Mécènes. On cite aujourd’hui les largesses suivantes : un legs de Rowland Ilazard attribue 500000 francs à Brown University; le colonel Payne a donné 7 500 000 francs au Cornell University Medical College.
- —On vient de terminer à Chicago la construction de la première maison en aluminium qui ait jamais été bâtie. Dans cette maison, située en encoignure des rues State et Madison, les architectes ont eu l’idée tout à fait originale de substituer aux façades ordinaires, généralement en briques ou en terre cuite aux Etats-Unis, un revêtement d’aluminium fondu en plaques d’un demi-centimètre environ d’épaisseur. L’immeuble, qui est naturellement incombustible, est soutenu par une charpente en fer très robuste constituée par des colonnes. Entre ces colonnes sont posées les plaques d’aluminium. Leurs dimensions mesurent 80 centimètres sur 50. Des croisillons, également en aluminium, d’une largeur de 15 centimètres, les encadrent et les maintiennent. La composition du métal employé est de 90 parties1 d’aluminium et 10 parties de cuivre. Le coefficient de dilatation de cet alliage est extrêmement faible. Une autre curiosité du nouvel immeuble est la dimension des fenêtres, dont quelques-unes dépassent 6m,60 de largeur. Enfin, la hauteur totale de cette maison, unique en son espèce, atteindra 64 mètres et comporte 17 étages.
- —®— Un serpent de mer a été aperçu par un pêcheur de Stonehavèn qui n’a pu le capturer.
- —Le 4 octobre, une violente tempête de neige s’est abattue sur les montagnes dans les cantons de Montlouis et de Saillagouse, arrondissement de Pradcs. Sur les montagnes avoisinant la commune de Fourmîguères, canton de Montlouis, vingt chevaux, pris par le tourbillon, ont été entraînés dans un précipice de plus de 100 mètres de hauteur et broyés sur les rochers. Ces chevaux avaient été envoyés par leurs propriétaires dans les pâturages domaniaux.
- —®— .On raconte qu'un habitant de Montbéliard, pêchant en barque dans le Doubs, entre Colombier-Fontaine et Dampiêrre, a capturé avec une ligne ordinaire un brochet de 9kï,500. Il y 'eut, pendant vingt-cinq minutes, une véritable lutte entre le pêcheur et sa capture. Enfin, l’énorme poisson, vaincu plus encore par l’adresse que par la force, était amené à bord au moyen d’une épuisette. Ce brochet mesurait 1°% 10 de longueur.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- Communications. M. J. Quélin, directeur de l’Observatoire météorologique municipal d’Angers, nous envoie une Note sur le départ des hirondelles en 1898. Les hirondelles de cheminée, après plusieurs jours consacrés à se réunir, chaque matin, sur te même toit, sont parties le 10 septembre, au nombre d’une centaine environ. Mais beaucoup d’entre elles sont restées, si bien qu’après un second rassemblement, presque aussi fort que le premier, un second départ eut lieu te 19. Quelques-unes, isolées, ou par petits groupes de 5 ou 6, sont restées jusqu’au 30 septembre. Pour les hirondelles de fenêtre, on' n’a observé qu’un seul rassemblement et un départ le 25 septembre. Une dernière a été vue encore le 30.
- M. E. Fauvel, à Caen, nous adresse une notice sur la topo-
- fraphie extraite du Bulletin de la Société de topographie de 'rance. Cette communication a été faite au 35° Congrès des Sociétés-savantes à Paris, le 11 avril 1898, à la Sorbonne.
- M. Duroy, à Argentan, nous écrit qu’il utilise l’ozone pour la stérilisation des liquides en employant un dispositif qui ressemble beaucoup à celui de M. Otto, que nous avons 'décrit dans le n° 1323 du 8 octobre 1898, p. 289.
- M. A. Trébîat, à Paris, nous fait connaître le fait curieux suivant sur la mémoire d'un âne : « J’ai un âne de 18 ans, nous écrit-il. Je l’ai emmené à la campagne près de Saint-Maur où je vais en villégiature pendant le mois d’août. Il a passé tout l’hiver 1897-1898 à Paris. Le 29 juillet dernier il est retourné à Saint-Maur dans une voiture servant au transport des chevaux; arrivé à l’entrée du pays, je le fais descendre : à peine sorti, il lance une ruade et part comme une flèche dans la direction de son ancienne écurie où je le trouvai en arrivant, attendant que je lui ouvre la porte! Que l’on me dise après cela que les animaux n’ont pas de mémoire. » i M. E. Benoot, à Menin, nous écrit qu’il a rencontré, il y a quelque temps, un nommé Nys Auguste, natif de Thurnout, près d’Anvers, et dont l’adresse l’a réellement surpris. Tout en récitant une poésie, il écrit en allant de la droite vers la gauche une adresse qu’on lui dicte. L’attention doit être portée ji la fois sur son récit, sur ce qu’il veut écrire, sur l’ordre inverse dont les lettres doivent se suivre et sur la manière de faire ces lettres à l’envers. Ensuite il écrit votre nom d’une écriture par deux fois renversée et que l’on peut lire dans un . miroir ou par transparence. Enfin au moyen de 10 chiffres (le 2 excepté) et des signes de la division et de la multiplication,
- - il a composé un alphabet avec lequel il écrit tout ce que l’on * demande et cela en allant encore de la droite vers la gauche. Quand on regarde les chiffres dans un miroir ou par transparence on est tout étonné de lire soit une adresse ou une petite farce. Nous avons déjà fait connaître à plusieurs reprises aes amusements analogues.
- Renseignements. — M. A. Koehler, à Nancy. — Les dispositions que vous employez nous semblent compliquées; il existe aujourd’hui un grand nombre d’appareils très simples.
- M. Lambert-Mouchague, à Bordeaux. — Nous avons indiqué un moyen d’enlever des taches sur les livres dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- M. L. Pointe, à Nully. — 1° Il y a eu en effet une erreur ; c’est 15 millions de francs qu’il faut lire. — 2° Pareille observation nous a déjà été faite ; remerciements.
- M. L. A. M., à Commentry. — Nous n’avons pas de colle spéciale à vous faire connaître pour coller l’os à l’écume de mer; mais vous pourriez essayer les diverses colles indiquées dans le petit livre des Recettes mentionné plus haut.
- M. A. D., à X. — Nous ne pouvons vous indiquer les moyens de préparer cette matière.
- M. Lamblat, à Paris. — 11 faut soumettre votre nouvelle lampe à des essais photométriques et à des essais de consommation; adressez-vous au Laboratoire central d’électricité, 14, rue de Staël, à Paris.
- M, Filon, à Marseille. —• Dans les machines à vapeur, on compte environ 6 à 10 kilogrammes de vapeur d’eau à 10 atmosphères par cheval-heure; la production de vapeur par kilogramme de charbon dépend totalement de la qualité de charbon,
- M. A, C., à Versailles. — Ce renseignement a été donné dans notre dernière Boîte aux lettres.
- M. H. Gautié, à Montauban. —• 1® Grenades contre les-incendies : Labbé, 83, boulevard Magenta, Harden, 98 bis, boulevard Haussmann, à Paris. — 2° Articles de pêche et hameçons : MM. Kirby, Beard et Cie, 75, boulevard Sébastopol, MM. Charpentier, 36, boulevard Sébastopol, à Paris.
- M. H.- Werts, à Paris. — Consultez l’ouvrage Canalisations électriques. Lignes aériennes industrielles, par M. R. Y. Picou, à la librairie Gauthier-Yillars.
- M. P. A., à Carcassonne, — 1° Nous indiquons le moyen de nettoyer les éponges clans le petit livre des Recettes et procédés utiles, lr0 série, à la librairie Masson. <— 2“ Cette réparation est difficile à effectuer soi-même.
- M. O. A., à Le Luc (Var). — Vous trouverez ces divers ouvrages à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris. ,
- M. L. Laporte, à Paris. — 1° Nous avons publié divers articles sur l’ozone ; il faudrait consulter la collection. — 2° Vous trouverez des appareils à la maison Chabaud, 58, rue Monsieur-le-Prince, à Paris. — 3° Nous n’avons pas publié d’article à ce sujet, parce qu’il donne lieu encore à discussion.
- L'abonné Z., à Pons. — Vous ne pourrez effectuer ce petit éclairage qu’à l’aide de piles; adressez-vous à M. Trouvé, 14, rue Vivienne, ou à M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. M. Levavasseur, à La Jonchère. — Nous vous remercions pour votre intéressante communication; mais nous ne pouvons parler de cette démonstration dans le Journal.
- M. A. Bonnefond, à Paris. — L’adresse du fabricant a déjà été donnée : M. James, 143, rue Saint-Antoine.
- Un abonné, à Bourges. — Vous pourrez vous procurer tous ces renseignements chez M. Deyrolle, naturaliste, 46, rue du Bac, à Pans.
- M. P. Viesseux, à Florence. —• 1° Vous avez dû lire ce fait dans un journal anglais; nous n’avons pas cette application en .France. — 2° Pour ce qui concerne Fagrandisseur photographique, adressez-vous au Comptoir de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. A. Mongeaud, à Niort. — A notre connaissance, il n’existe aucune application de ce procédé qui nous semble très problématique.
- M. G. Malaterre, à Revel. — Pour les détails qtfe vous demandez sur le moteur à gaz des hauts fourneaux, il faut vous adresser à la Société Cockerill à Seraing, en Belgique. L’inventeur du moteur est M. Delamare-Debouttevillé à Fontaine-le-Bourg (Seine-Inférieure).
- M. Couturier, à Paris. — Nous n’avons pas au sujet des images exhalées d’autres renseignements que ceux qui ont paru dans notre article (n° 1265 du 28 août 1897, p. 208).
- M. G. H., à Pans. — Nous avons déjà indiqué cette adresse à de nombreuses reprises : MM. A. Motte ét C'*, à Roubaix.
- Un abonné, à Trubia. — Nous n'avons pas à ce sujet d’autres renseignements que ceux que nous avons déjà publiés.
- M. C. D., à Liège. — Nous pensons que vous trouverez ces divers ouvrages dans la bibliothèque photographique de la librairie Gauthier-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. L. S., à Paris. — L’abaHour de M. H. de Parville se trouve chez M. Verschneider, 38, rue de la Folie-Méricourt.
- Un lecteur, à Bruxelles. — Chaque accumulateur exige à la charge une différence de potentiel de 2,5 volts. Avec 110 volts, vous ne pouvez donc charger que 40 à 44 éléments. Le rhéostat d’excitation vous permet le réglage. Pour charger les 12 accumulateurs avec la même différence de potentiel, il est nécessaire d'intercaler en circuit une grande résistance.
- M. J. B., à Anvers. — Vous voulez parler du glucose; vous en trouverez chez tous les pharmaciens.
- Accusés de réception. — Avis divers. •— M. R. Bazin, à Troves. Nous avons donné plusieurs formules d’encre à écrire dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lr* série, à la librairie Masson et O. — M. Bellais, à Paris. Vous trouverez les formules de colles diverses dans les petits livres indiqués ci-dessus, lra et 5e série. — M. Rechard, à Blois; M. /). G., à X. Remerciements pour vos communications. •— M. L« B., à Paris. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres # la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qdi lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques; mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES MENTIONS1
- La sourdine presto. — - Le violoniste qui doit à un moment donné poser sa sourdine, ne doit pas avoir à chercher cet accessoire : il faut qu’il l’ait sous la main ; mais l’artiste souvent distrait ne se souvient plus, au moment psychologique, de l’endroit où il l’avait cependant préparé pour être sur de le trouver, et les deux mesures à 4 temps, prévues par Berlioz, s’écoulent sans qu’il le retrouve. M. A. Laplaiche a imaginé un petit dispositif qui évite cet inconvénient, et permet de se contenter de la durée d’une noire pour placer la sourdine, sans
- Sourdine presto.
- jamais avoir à la chercher; pour cela il l’attache au violon (1), au moyen d’une petite pince (2) qui s’adapte sur le cordier, et qui est munie d’une tige de longueur réglable, au bout de laquelle est la sourdine. Cette tige pivote autour de la pince et un coup de doigt lance la sourdine sur le chevalet où elle se met automatiquement en position. On procède de la même façon pour l’enlever, et elle reste toute prête à être replacée aussi facilement. Le poids est seulement de 9 grammes, et le prix est à peu près le même que celui de la sourdine ordinaire. — L’appareil se trouve chez M. A. Laplaiche, 11, rue des Arts, à Levallois (Seine).
- Nouveau kaléidoscope. — Le curieux principe du kaléidoscope est très ancien. L’appareil se compose de trois glaces placées en triangle qui reflètent l’image et la multiplient à l’infini. Ce principe a été appliqué déjà dans un grand nombre d’appareils. Le nouveau kaléidoscope que nous présentons offre quelques particularités. Les trois bandes de glaces réunies en triangles dans le sens de leur longueur
- Nouveau kaléidoscope. — 1. Mode d’emploi. — 2» Dessins.
- sont enfermées dans un tube dont une extrémité se termine par une petite lentille tandis qu’à l’autre est installée dans une petite boîte mobile une série de petits morceaux de verre des couleurs les plus variées et des formes les plus variables. Cette petite boîte se tourne facilement et, à chaque tour, un petit tas de morceaux de verre se dérange, ce qui produit les changements à l’infini des dessins merveilleux et admirablement symétriques que seul un kaléidoscope peut produire. — Le kaléidoscope est en vente chez M. Kratz-Boussac, 1, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- HYGIÈNE ET SA.NTÉ
- Substitution de Venu pure aux boissons alcalines dans, la
- lithiase rénale elles états infectieux des voies urinaires.
- Chez les sujets atteints de colique néphrétique, de pvélite ou de pyélonéphrite, il est d’usage de tenir compte de l’action favorable qu’une diurèse abondante exerce sur ces états»patho-logiques et de recommander au malade de boire beaucoup afin d’augmenter le volume de ses mictions. Ce sont les diverses eaux minérales alcalines qu’on a coutume de prescrire comme boisson en pareille circonstance. Or, l’expérience clinique aurait montré à M. le Dr Th. Rovsing, privat-docent de chirurgie à la Faculté de médecine de Copenhague, que cette façon de procéder est irrationnelle et même préjudiciable au malade. En effet, notre confrère a trouvé que les alcalins ont constamment pour conséquence d’augmenter les douleurs de reins et les accès de colique néphrétique dans les cas de lithiase rénale. Ce fait est dù à ce que, sous l’influence des substances alcalines, le carbonate et le phosphate de chaux de l’urine se déposent sur les concrétions uriques et oxaliques préexistantes et en augmentent ainsi le volume, comme' M. Rovsing a pu le vérifier chez quelques-uns de ses patients. Dans le cas de pyélite infectieuse il faut, d’après notre confrère, éviter également de recourir aux eaux minérales, car un milieu de réaction neutre ou alcalin^ favorise, ainsi que l’enseigne la bactériologie, le développef-ment des colonies microbiennes. Cette manière de voir s’appliquerait encore au lait, qui donne aussi au liquide urinaire une réaction neutre ou alcaline. Le lait présente, en outre, l’inçonL vénient de provoquer souvent de la constipation et d’exercer une action défavorable sur l’intestin dans les cas de coûté concomitante.
- Telles sont les considérations qui ont amené M. Rovsing jâ abandonner les alcalins et le lait dans la lithiase rénale et Tek infections urinaires, et à les remplacer par l’eau pure. !
- Les malades sont tenus de boire chaque jour 8 verreb (litre 1/2 à 2 litres) d’eau bouillie on même distillée, ce qu’ils font généralement très volontiers. De cette façon on obtient une sorte d’irrigation des voies urinaires par l’urine fortement diluée, irrigation permanente, énergique et se produisant de dedans en dehors.
- Dans ces conditions on voit, lorsqu’on a affaire à une pyélitç, ,1e nombre des microbes décroître progressivement dans les urines et l’état général du sujet s’améliorer. Ceci résulte probablement de ce que les produits de sécrétion de microbes se trouvent dilués et éliminés au lieu d’être absorbés. Si la pyélite n’est pas compliquée de néphrite, on prescrira avec avantage, en même temps que l’ingestion d’eau en abondance, le salol à la dose de 3 grammes par jour.
- Grâce à l’usage systématique et prolongé de l’eau pure, traitement que M. Rosving a eu jusqu’ici l’occasion d’appliquer chez 200 malades environ, notre confrère est parvenu à obtenu* la guérison complète de plusieurs cas de pyélite.
- Huile de foie de morue aromatisée (Dcquesnel.)
- Huile de foie de morue ambrée. . . 500 gr.
- Essence d’eucalyptus ............. 5 gr.
- F. S. A. — Un mélange.
- L’huile ainsi traitée a perdu tout goût et toute odeur désagréable. Elle a le goût de l’eucalyptus.
- Collodion corrosif.
- Pour enlever les taches de la peau, grains ou pointe* sur l’épiderme, etc.
- Prenez une partie de sublimé corrosif et huit parties de collodion. Badigeonnez la surface dont on veut faire disparaître l’épiderme; au bout du dixième au quinzième jour 1 escarre tombe sans donner lieu à la suppuration. Le petit corps étranger est entraîné avec l’escarre de 1 épiderme. Dr G
- Traitement du catarrhe printanier de la conjonctive.
- En présence de l’insuccès des méthodes habituelles de traitement de la conjonctivite printanière par les lavages antiseptiques, le Dr Magnani a tenté d’appliquer des compresses froides sur les yeux de ses malades.
- Il a ainsi obtenu 60 pour 100 de guérisons. De ses observations il déduit cette règle thérapeutique.
- D’abord on applique sur les yeux, et pendant le plus de temps possible, des compresses glacées; si l’infiltration reparaît, on a. recours aux applications chaudes.
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- * NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Sulfures de strontium phosphorescents. — M. J. R. Mou-relo, dans une Note à l’Académie des sciences, a eu l’occasion de s’occuper dernièrement de la composition des sulfures de strontium phosphorescents. Il a d’abora rappelé que la décomposition, à la température du rouge, de l’hyposulfite et du sul-iite de strontium donne lieu à la formation de produits qui ont été antérieurement examinés. Puis il fait connaître que l'application de la méthode imaginée par M. Yerneuil, au moyen de laquelle il a obtenu un sulfure de calcium très phosphorescent, lui a donné des résultats intéressants. Il appelle surtout l’attention dans sa nouvelle Note sur les impuretés dont la présence contribue à la phosphorescence. Dans une masse relativement grande, de sulfure de strontium, se trouvent des proportions minimes de sulfate de strontium, de sulfure et de chlorure de sodium, de sulfure et d’oxvde de
- bismuth. Dans ces conditions, la phosphorescence est splendide, et si durable que l’on garde des sulfures préparés par la méthode de. Verneuil, modifiée par l’auteur, après deux années; ils brillent comme le premier jour, quoiqu’ils ne remplissent pas les flacons où ils sont enfermés. Les expériences ont démontré que, dans ce cas, la substance vraiment active est le bismuth à l’état de sous-nitrate ; mais son activité même ne se développe qu’en présence des composés alcalins. M. Mourelo a obtenu les meilleurs résultats à la dose de 2 grammes de sous-nitrate pour 100 grammes de carbonate de strontium avec 2 grammes de carbonate de sodium et 0fr,12 de chlorure de sodium. Avec des quantités moindres, on obtient une phosphorescence moins intense; avec des proportions triples, on obtient un produit gris qui n’est plus phosphorescent, même après» une longue exposition à la lumière. Il est nécessaire de former, en même temps que le sulfure de strontium, d’autres sulfures et du sulfate de strontium en proportions minimes.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 octobre. . 11*,9 S. S. E. 5. Couvert. 4,5 Presque couvert ; pluie à diverses reprises ; tonnerre de 13 h. 3/4 à U h. 3/4.
- Mardi 18 13%0 S. S. W. 5. Très nuageux. 10,1 Très nuageux le matin ; nuageux le soir.
- , Mercredi 19. .... 6*,1 S. 1. Très nuageux. 0,0 Nuageux de 6 à 8 h. et de 14 à 16 h.; beau le reste du temps ; halo.
- Jeudi 20 3*,1 S. 2. Beau. 0,0 Beau le matin; puis nuag. ; couvert après 18 h. ; gel. bl. ; halo; pluie à partir de 23 h.
- Vendredi 21 10*, 9 S. 3. Couvert. 9,9 Couvert ; pluie à diverses reprises.
- Samedi 22 15*,1 S. W. 2. Couvert. 3,9 Couv. le matin ; puis nuageux ; beau après 16 h. ; pluie jusqu’à 2 h.
- Dimanche 23 ... . 12*,6 S. S. E. 2. Couvert. 0,0 Nuageux à 1 h.; couvert ensuite; brouillard de 200m. le matin; gouttes à partir de 22 h.
- OCTOBRE (898. — SEMAINE DO LONDI 17 AO DIMANCHE 23 OCTOBRE.
- La courbe isupéreure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction àu vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la tfier); courbe plus mince, therm&métre-à l'abri à boute séché; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- 1 v CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages. — Une tempête très violente, accompagnée de tonnerre et de pluie torrentielle, s’est abattue le 17 octobre, sur la région de Brest. La mer ,0 été démontée; les bateaux-pêcheurs ont dû se réfugier dans les ports.
- A la même date, un ouragan d’une violence extrême a eu lieu dans la région de Saint-Marceilin, près de Grenoble. Un grand nombre d'arbres fruitiers ont été déracinés, notamment des noyers. Les dégâts étaient importants. A Cognin, un domestique, nommé Fayard, a été assommé par la chute d’une énorme branche de noyer.
- De violents orages se sont aussi abattus les 16 et 17 octobre sur la Corse. -Les récoltes de châtaignes, déjà presque insuffisantes pour la population, ont beaucoup souffert. Entre les gares de Mezzana et de Carbuccia, un torrent qui longe la voie ferrée, après avoir débordé, a emporté, sur une lon-
- gueur de 50 mètres, le remblai de la voie, de sorte que les rail? n’avaient plus aucun appui. LesUrains de Bastia pour-Ajaccio n’ont pu continuer leur route et se sont retirés à Corte. Les réparations ont nécessité plusieurs jours, pendant lesquels toutes communications par voies'ferrées ont été complètement interrompues. Là route nationale d’Ajaccio à Bastia a également beaucoup souffert. Elle s’est éboulée en plusieurs endroits. Sauf la ligne télégraphique de Sartène à Bonifacio, toutes les communications télégraphiques ont été interrompues avec Ajaccio.
- La neige à 1%'ew-Vork. — Les Américains ont signalé une tempête de neige qui a fait rage à New-York pendant quatre heures’ le 18. Le froid extraordinaire qui en est résulté a fait descendre le thermomètre plus bas qu’on ne l’a vu depuis une quinzaine d’années.
- PHASE DE LA LUNE ; P. Q. le 22 à 9 h. 18 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— M. le contre-amiral Nabona, membre du conseil des travaux de la marine, est nommé membre du Conseil de l’Observatoire de Paris, en remplacement de M. le contre-amiral Bienaimé, appelé -au commandement de l’Ecole supérieure de la Marine.
- —®— Le Journal officiel vient de publier le tableau des nouvelles lignes de chemins de fer livrées à l’exploitation dans les différents Etats de l’Europe pendant l'année 1897. Russie et Finlande, 1650 kilomètres; Autriche-Hongrie, 1488; Allemagne, 768; Suède, •274; Danemark, 234; Grande-Bretagne et Irlande, 224; Italie, 196; Belgique, 127; Bulgarie, 124; Suisse, 83; Espagne, 44.
- —®— Une demande vient d'être adressée au gouvernement italien pour la concession d’une ligne de chemin de fer électrique, mesurant 70 kilomètres de longueur, par-dessus le Grand-Saint-Bernard. Ce projet, qui émane d’une Compagnie anglaise constituée récemment sous le nom de Compagnie concessionnaire du chemin de fer du Grand-Saint-Bernard, a été soumis au gouvernement italien par M. John B. Fell, ingénieur de Turin. M. Fell annonce qu’il a informé le président du Conseil fédéral suisse de son intention de demander, tant à Berne qu’à Rome, une concession pour la construction d’une ligne de la frontière italienne à Martigny, dans le canton du Valais. On se propose pour vaincre les difficultés résultant de la rudesse des pentes, d’adopter un troisième rail central, du système à crémaillère, ainsi que cela a existé sur l’ancienne ligne du Mont-Cenis. Le prix de revient total de la ligne, pour laquelle aucune subvention ne serait demandée, est estimée à 15 millions de francs.
- —La suppression des wagons de lre classe décidée par le ministre des chemins de fer belges sera un fait accompli d’ici le 1er avril prochain. Ces wagons seront remplacés par des wagons de luxe avec compartiments séparés pour les dames et pour les familles, wagons dans lesquels les voyageurs de 2° classe seront admis moyennant le payement d’un supplément de 4 centimes par kilomètre. Les tarifs pour ces wagons de luxe ne seront que légèrement plus élevés que ceux actuels pour la lre classe.
- —®— L’industrie des hôtels en Suisse. Nous empruntons à la Tribune de Genève la statistique suivante : environ 20 nouveaux hôtels se sont ouverts en Suisse en 1897 et 25 hôtels déjà existants se sont agrandis Le nombre des lits s’est angmenté de ce fait, de 2000 et atteint ainsi le total respectable de 90 000 en chiffres ronds. On estime le nombre des nuits d'hôtel, pour les étrangers, à
- 10 millions. En admettant, pour chaque étranger, une dépense moyenne de 12 francs par jour, l’apport des étrangers se chiffrerait par 120 millions au total. En ce qui concerne la nationalité des personnes logeant dans les hôtels, on constate que les Suisses représentent 18 pour 100 du chiffre total, les Allemands 34 pour 100; les Anglais 16 pour 100; les Français 12 pour 100 ; les Américains 8 pour 100; les ressortissants aux autres pays 12 pour 100.
- —Les étrangers en France et les Français à l’étranger. Nous donnons l’hospitalité à 1 150 211 étrangers — 200000 de plus que lors de la dernière récapitulation — et il n’y a que 517 000 Français au dehors. Les Européens seuls sont chez nous au nombre de 1112 072; nos compatriotes dispersés en Europe ne comptent que pour 217 000. Ainsi, nous possédons 465 870 Belges et il n’y a que 52000 Français en Belgique. Nous hospitalisons 286 042 Italiens, et
- 11 n’y a que 11 000 Français en Italie. On compte 85333 Allemands en France, contre 24 000 Français en Allemagne. Nous possédons 14 337 Russes, et il y a 5200 Français en Russie. Nous avons
- 12 000 Autrichiens chez nous et nous ne sommes que 3000 chez eux. Pour l’Espagne et la Suisse, la proportion est mieux équilibrée; il
- a 77 000 Espagnols en France et 25000 Français en Espagne; 3117 Suisses en France, contre 54 000 Français en Suisse.
- —®— Ducky vient de mourir en Angleterre au château de San-drigham. Il était âgé de cent quatre-vingt deux ans et jouissait encore de toutes ses facultés. D’après l'Eleveur, Ducky était un perroquet des Etats-Unis de Colombie, introduit en Angleterre vers la fin du siècle dernier, acheté par Pitt en 1783 lors de son premier avènement au ministère, offert par cet homme d’Etat au roi Georges III vers 1800. transmis par héritage avec les biens de la couronne et devenu, depuis une trentaine d’années, la propriété de la princesse de Galles. Longtemps cet oiseau, remarquable par son plumage autant que par sa conversation, avait vécu au palais de Saint-James, à Londres, dans une sorte d’intimité avec le prince consort. On l’en avait exilé vers 1850 parce que, doué de facultés d’imitation peu ordinaires, il retenait exactement tout ce qu’il enten-' dait à l’intérieur du Palais, quitte à hurler des secrets d’Etat aux passants dès qu’on approchait son perchoir d’une fenêtre ouverte. Transporté à Windsor, résidence royale et ville de garnison, il ne tarda pas à contracter des habitudes de langage peu compatibles avec l’étiquette des Cours. On parlait de le déporter en Australie quand la princesse de Galles l’adopta et lui assura l’hospitalité de Sandri-gham. C’est là qu’il a succombé.
- —©— D’après le Génie civil, des essais de pavage en bois, qui viennent d’être faits dans les cours de récréation de quelques écoles de la ville de Paris, ont donné des résultats fort satisfaisants qui permettent d’espérer la généralisation prochaine de ce mode de pavage. Les avantages du pavé de bois sont incontestables : l’eau ne séjourne plus sur le sol et la formation de la boue est presque supprimée; ce pavé est rarement glissant et offre au pied une prise solide, et une surface plus élastique que les aires en bitume; le lavage des cours est facilité, et leur dessiccation est rapide; les réparations sont peu importantes; enfin, son prix relativement élevé est compensé par une longue durée et une salubrité supérieure à celle de tous les autres systèmes.
- —©— Le ministre des colonies vient d’instituer une commission en vue d’étudier toutes les questions relatives aux jardins d’essai à créer soit dans la métropole, soit dans les colonies. Cette commission est présidée par M. Milne-Edwards, membre de l’Institut, directeur du Muséum d’histoire naturelle.
- —@— La nouvelle ligne téléphonique Moscou-Saint-Pétersbourg. Le Journal Electrical World en annonce l’inauguration prochaine, par les soins du service officiel des télégraphes impériaux. Jusqu’à présent on n’avait que le télégraphe : expliquons-nous en faisant remarquer que les dépêches ordinaires, celles qui ne payaient point un triple tarif leur donnant droit de priorité, mettaient une dizaine d’heures pour arriver d’une capitale à l’autre.
- —Sait-on que le commerce des accordéons donne lieu, chaque année, à un mouvement considérable? Pendant l’année 1896, nous apprennent les rapports officiels des douanes, il a été importé en France 69114 accordéons, dont la presque totalité, représentant une valeur de 606400 francs, a été vendue à des amateurs français. La plupart de ces objets nous viennent de l’Allemagne, pays natal de l’accordéon, où il fut inventé en 1825 ; les autres viennent d’Italie.... Il y a dans cette statistique plusieurs choses tout à fait mystérieuses. D'abord, qui se fût jamais douté qu’il y eût en France plus de 60000 individus capables d’employer leurs loisirs à emplir d’air et à vider cet instrument de musique? Beaucoup plus de 60 000 même, puisque ce chiffre est seulement celui des acheteurs annuels. Pourtant, on ne les entend guère cultiver leur art favori. Il faut que la passion de l’accordéon soit une passion secrète..., Ensuite, puisque l’accordéon est, en France, paraît-il, un objet de première nécessité, comment se peut-il faire que nous n’en fabriquions pas, que nous nous bornions à recevoir ceux d’Italie ou d’Allemagne? Pourquoi, dans une industrie aussi importante, demeurons-nous tributaires de l’étranger?
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “LA NATURE”
- DANS LE PLATEAU CENTRAL
- Concours de Photographie. — Les épreuves photographiques qui ont été envoyées par les personnes ayant pris part au voyage seront exposées aux bureaux de La Nature du 7 au 19 novembre (dimanche 15 excepté), de 9 heures du matin à midi et de 1 h. 1/2 à 6 heures du soir.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le chro-moscope de M. Ives se trouve 8 et 10, rue de Malte, à Paris.
- Communications. — M. J. de Prémesnil, à Montargis, -nous écrit la lettre suivante : « Je tiens à vous communiquer un fait qui m’est arrivé dernièrement et qui pourra peut-être être utile à quelques-uns de vos lecteurs; je vous demanderai aussi de vouloir bien m’expliquer ce fait dont je n’avais jamais entendu parler et dont l’explication m’échappe. Voici ce qui est arrivé : dernièrement, pendant que j’écrivais, j’eus besoin de faire sécher rapidement la feuille de papier dont je me servais; ayant à ma portée une lampe à pétrole, je passais rapidement ma feuille au-dessus du verre; quel ne fut pas mon étonnement de voir paraître aussitôt dans le papier des caractères; j’examinai la feuille attentivement et j’ai vu que ces caractères apparaissaient à des endroits où il n’y avait rien d’écrit et aucune trace d’écriture. Ils étaient lisibles par transparence à la lumière et me rappelaient une phrase que j’avais écrite la veille. Intrigué, j’ai recherché dans mes papiers et, effectivement, j’ai retrouvé écrite cette phrase. Je me suis rappelé alors que la veille, en finissant mon travail, j’avais posé sur la feuille dont je me servais à ce moment une autre feuille de papier blanc, celle-là même que j’ai fait sécher le lendemain sur la lampe après y avoir écrit différentes phrases. J’ai recommencé l’expérience le soir même ; j’ai pris du papier écolier à 4 ou 6 sous la main, l’encre noire ordinaire qui m’avait servi la veille et j’ai écrit quelques mots: j’ai laissé sécher à l’air libre et j’ai posé dessus une autre feuille blanche du même papier, je mis le tout sous presse. Le lendemain je repris ma feuille blanche où il n’y avait aucune trace même d’écriture mal séchée et je l’ai fait chauffer doucement sur la lampe ; à peine le papier avait-il pris une teinte légèrement rousse que les caractères que j’avais tracés la veille sur l’autre feuille, devenaient visibles ; ils étaient lisibles par transparence-et avaient une teinte de rouille ; j’ai voulu recommencer avec de l’encre rouge, mais je n’ai obtenu aucun résultat. J’insiste sur ce fait que la feuille que j’ai fait chauffer ne portait aucune trace. Il est juste d’ajouter que l’encre dont je me servais était un peu concentrée par suite d’un séjour prolongé dans l’encrier; je m’en servais d’ailleurs tous les jours. Voilà le fait qui m’est arrivé et je vous serais reconnaissant de vouloir bien m’en donner l’explication. )> Il s’agit probablement d’un dépôt invisible de matière combustible renfermée dans l’encre, rendue visible par l’action de la chaleur. 11 suffit même d’écrire avec une pointe sèche pour en faire apparaître la trace avec des vapeurs d’iode. 11 y a toujours un peu de matière au bout de la pointe pour entrer dans du papier et on le met en évidence par un réactif convenable. C’est, au fond, d’ordre analogue aux effets produits par les encres sympathiques.
- Renseignements. — M. G. G., à Guatémala. — Vous pourriez vous adresser aux fabricants de tissus à filtres dont les noms suivent : M. A. Philippe, 124, boulevard Magenta, M. Si-moneton, 41, rue d’Alsace, à Paris.
- M. L. N., à Paris. — 1° On compte environ 300 litres de gaz acétylène par kilogramme de carbure. — 2J Ces détails ont été donnés dans des articles particuliers.
- M. Altermann, à Paris. — Cette invention est trop spéciale; nous ne pouvons la décrire.
- M. A. C., à Versailles. — 1° Le formol s’emploie après le-fixage. — 2° Il ne supprime pas le vernissage du cliché. — 3° Le formol n’est pas chimiquement pur. — 4“ La solution, du commerce est à 40 pour 100, c’est celle-là qu’on emploie; on en met 5 pour 100 dans l’eau. On y laisse 1 à 2 minutes-le cliché lavé au sortir de l’hyposultite et on lave ensuite légèrement.
- The Dunlop pneumatic, à Paris. — Vous trouverez un ouvrage sur Le caoutchouc et la gutta-percha par MM. See-ligmann, Lamy, Torrhillon et Falconnet, à la librairie Fi'itsch, 30, rue Jacob, à Paris.
- M. L. Puget, à Nantps. — L’adresse que vous demandez est la suivante : Dr Emmens, argentaurum laboratory, 20, central avenue New lirighton Staten Island, New-York.
- Un abonné, à Nantes. — C’est en s’appuyant sur des documents certains que l’auteur a affirmé la disparition de cet oiseau.
- M. 0. Kèrt, à Vincennes. — Comme nous l’avons indiqué en tête de la Boîte aux lettres du n° 1319 du 10 septembre 1898, les filtres Delsol et Fillard sont en dépôt à la maison Beslier, 13. rue de Sévigné, à Paris.
- M. Julio Villars, à Jegucigalpa. — Les courants continus-peuvent être dangereux à partir de 500 volts ; pour les courants alternatifs, ils sont beaucoup moins dangereux, même à des-tensions plus élevées. Lisez l’ouvrage La mort et les accidents causés par les courants électriques de haute tension par M. le Dr Biraud, à la librairie Masson et Cte*
- M. L. Baillet, à Paris. — Vous trouverez le détail de& recherches de M. Soret sur l’absorption des rayons ultraviolets dans les Archives des sciences physiques et naturelles (2* période, t. LXI, t. LXII, 5“ période t. IV, IX, X, 1878-1883). La découverte de M. de Chardonnet relative à la faculté chez des individus ayant subi l’ablation du cristallin de percevoir les rayons ultra-violets a paru dans le Journal de physique, 2e série, t. II, p. 219. (1883.)
- M. Brolhier de Bollière, à Neuilly. — Çes études bibliographiques ne peuvent entrer dans le cadre de notre journal.
- M. A. de Kerraou, à Brest. — 1° Le Giffard peut fonctionner dans ces conditions. — 2° L’air comprimé, l'acide carbonique, l’ammoniac ne peuvent convenir. — 5° Le rendement est environ de 60 pour 100.
- M. E. Kémal, à Constantinople. — 1° Votre demande de numéros a été transmise à la librairie. — 2° Nous ne pouvons vous répondre à cette question.
- M. Lessertisseux, à Saint-Maurice. — L’arrangement du microphone est assez délicat; il serait préférable de vous adresser au fabricant.
- M. Bouchaud-Praceiq, à Angoulème. — 1° On a essavé de préparer des dissolutions d’acétylène dans l’acétone et de les mettre dans le commerce; mais les essais n’ont pas réussi. — 2° Veuillez nous envoyer une description plus complète de votre fontaine à gaz.
- M. Ch. Lapie, à Châlons-sur-Marne. — 1° Nous ne pouvons vous donner ici tous ces renseignements; voyez les divers articles que nous avons publiés récemment à ce sujet. — 2° On a déjà essayé à de nombreuses reprises de construire un appareil semblable.
- M. Suzet, à Luxeuil. — Nous avons parlé du serpent de mer dans le n° 1321 du 24 septembre 1898, p. 271.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E X., à B. La formule à laquelle vous arrivez n’est pas exacte. — M. Dubois, à Paris. Nous vous conseillons de soumettre votre cas à une agence de brevets. — M. D. G., à Z. Nous ne pouvons traiter cette question; elle est trop spéciale pour nos lecteurs. — M. M. R., à Lyon; M. L. S., à Paris; M. Du flot, à Bordeaux. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C‘*.—-M. Leroux, à Neuilly. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 2e série, à la même librairie. — M. DublaiiCi à Paris. Consultez aussi le petit livre indiqué ci-dessus, 4' série: vous y trouverez les renseignements que vous cherchez. — M. Dumont, à Rouen; M. R. L., à Nice. Remerciements pour vos communications.
- Jkms la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
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- PETITES INTENTIONS1
- Outils pour ouvrir les boites de conserves. —
- Voici de nouveaux outils qu’il faudra bientôt utiliser pour ouvrir les boîtes de conserves. L’appareil, représenté dans le n° I, permet d’ouvrir les boîtes rondes ainsi que les boîtes ovales ou carrées; il est formé uniquement de deux tiges présentant une glissière dans laquelle on peut tixer les couteaux.
- Outils pour boîtes de conserves. — 1. L’outil. — 2. Mode d’ouverture des boites rondes. — 5. Mode d’ouverture des boîtes carrées.
- Un manche spécial recourbé se trouve à la suite. Pour les boîtes rondes (n° 2), on pique la pointe en A, au centre de la boîte ; on ajuste le couteau B à l’aide de la vis C ; on enfonce le couteau et on tourne en exerçant une légère pression. Pour les boîtes carrées (n° 3), il suffit d’enfoncer le couteau D et d’appuyer sur la poignée. — Ces outils se trouvent chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, à Paris.
- Fer à friser avec lampe à chauffer verticale. —
- Dans ce nouveau fer à friser, la lampe est munie d’une mèche centrale (n° 1} et fonctionne à l’alcool. Le fer à friser que l’on voit en 3 est à tiges creuses, et est terminé à la partie inférieure par une calotte qui vient emboîter la couronne
- Fer à friser. — 1. Lampe. — 2. Le fer sur la lampe. 3. Le fer à friser.
- protégeant la mèche (n° 2). Une fois la lampe allumée et le fer mis en place la chauffe se fait toute seule, et au degré voulu. Ce petit ustensile a sa place sur une toilette et rendra de grands services en voyage ; il est simple, pratique et peu encombrant. — Le fer à friser se trouve à la même adresse que l’appareil précédent.
- NOTES PHOTOGRAPHIQUES
- Inscription sur les clichés et les épreuves.
- Voici deux méthodes qui permettent d’imprimer le titre sur l’épreuve positive en même temps que le cliché. On a réservé sur celui-ci une légère bande destinée à porter l’inscription, on peut coller à cette place une petite bande de gélatine mince et transparente sur laquelle on a écrit tout simplement à
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- l’encre et à l’endroit le titre voulu ; la bande étant collée sur le cliché, en plaçant l’encre du côté de la couche sensible, l’inscription viendra à l’endroit sur l’épreuve positive.
- Un autre procédé qui dérive du premier consiste à faire un report, au lieu de coller une bande supplémentaire; dans ce cas la gélatine du cliché est légèrement humidifiée à l’endroit réservé et on y applique une bande de papier sur laquelle on a écrit avec de Éencre à copier; le report se fait alors comme sur les appareils autocopistes, et l’inscription vient en blanc sur noir au tirage de l’épreuve positive.
- Ép reuves de teintes variées.
- On prend le papier au ferro-prussiate qui sert à tirer les bleus ou plans d’ingénieurs. Pour avoir un ton vert on tire l'image légèrement, puis après lavage on trempe dans l’eau acidulée sulfurique, 5 gouttes dans 100 grammes d’eau.
- Le ton sepia s’obtient en plongeant l’épreuve dans une solution de tanin à 1 pour 100 pendant 5 minutes ; ensuite on passe dans une solution de carbonate de soude à A pour 100. On peut recommencer l’opération plusieurs fois jusqu’à obtention du ton voulu.
- Si on veut un ton noir on passe d’abord l’épreuve dans le bain de carbonate de potasse jusqu’à obtention du jaune brun, puis on lave et on passe dans un bain de tanin à A pour 100. Le violet est obtenu en passant l’épreuve dans un bain d’acétate de plomb à 23 pour 100.
- Tirage au charbon.
- On a toujours recommandé dans tous les traités de tirage ou charbon des solutions de 3 ou 4 pour 100 de bichromate de potasse, de là viennent bien des insuccès. M. Petitjean et M. Garbe, deux amateurs qui pratiquent ce procédé de tiragé, recommandent dans Photo-Gazette de ne sensibiliser le papier qu’avec une solution de 0gr,75 et même ü*r,50 de bichromate pour 100 d’eau. Cette faible proportion permet d’obtenir d<js images vigoureuses et bien modelées; la sensibilité du papiep est légèrement diminuée, mais la température de l’eau de développement peut être moindre que pour les papiers sensibilisés avec une forte dose de bichromate et le développement se fait beaucoup plus sûrement, sans crainte de soulèvement, de la couche. Le procédé au charbon ainsi employé réussit presque à coup sur et les amateurs ne seront plus rebutés par les insuccès qui les empêchent seuls d’utiliser ce merveilleux procédé de tirage.
- BIBLIOGRAPHIE
- Culture de la pomme de terre potagère, fourragère êl industrielle, par L. Malpeaux, professeur d’agriculture à l’École pratique d’agriculture du Pas-de-Calais. 1 vol. petit in-8° ae l'Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Paris, Masson et C1" et Gauthier-Villars éditeurs. Prix : broche 2fr,5t); cartonné, 3 francs.
- Pathologie de la volonté, par le Dr J. Dallemagne, professeur de médecine légale à l’iniversité de Bruxelles. 1 vol. petit in-8° de l'Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Paris, Masson et Cie et Gauthier-Villars, éditeurs. Prix: 2fr,30 broché, 3 francs cartonné.
- Énergétique muscula ire, par F. La clamé, professeur de physiologie à l’École vétérinaire de Toulouse. 1 vol. petit in-8° de VEncycoplédie scientifique des aide-memoire. Paris, Masson et Cie et Gauthier-Villars, éditeurs. Prix : broché 2fr,50, cartonné 3 francs.
- Traité élémentaire de météorologie pratique et agricole, suivi de notions de cosmographie, par Omer Jcllien, licencié ès sciences, professeur de l’Ecole normale. 1 brochure in-ltî. Chambéry, librairie classique A. Perrin. Prix : 0fr,75.
- Répertoire bibliographique des principales revues françaises pour Vannée 1897, rédigé par D. Jordell, avec une préface de Henri Stein. 1 brochure in-8°. Paris, librairie Per Lamm. 1898.
- Lumen, par Camille Flammarion. 1 vol. in-8° avec illustrations de Lucien Rudaux. Paris, Ernest Flammarion, éditeur. 1898.
- La préhistoire de la France. La France des premiers âges* par Stéphane Servant. 1 vol. in-16 de la Petite encyclopédie opulaire illustrée. Paris, Schleicher frères, éditeurs* nx : 1 franc.
- Traité pratique de radiographie et de radioscopie technique et applications médicales, par A. Londe, directeur du ser-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- vice photographique et radiographique à ia Salpêtrière. 1 vol in-8°. Paris. 1898. Librairie Gauthier-Villars. Prix : 7 francs.
- Les dynamos à courant continu. Fonctionnement, calcul et construction, par J. Fischer-Hwnen, ingénieur électricien, ancien chef d’études aux ateliers d’Oerlikon (Suisse). 1 vol. in-8°, Paris, Librairie scientifique et industrielle. J. Fritsch, éditeur. Prix : cartonné, 13 franc».
- Les ballons sondes et les ascensions internationales, par W. de Fonvielle. Avec une introduction de M. Bouquet de la Grye. 1 vol. in-18. Paris, librairie Gauthier-Villars. Prix : 2fr, 75.
- Manuel de l'explorateur. Procédés de levers rapides et de détail; détermination astronomique des positions géographiques, par E. Bum et Rollet de l’Jslk. 1 vol. in-18. Librairie Gauthier-Villars. Prix : 5 francs.
- La science pittoresque. Fleurs et plantes, par A. Acloqce, membre de l’Association française de botanique. 1 vol. in-8°. Abbeville, G. Paillart, éditeur. 1898.
- Les bandages pneumatiques et la résistance au roulement. Étude théorique et pratique, par le baron de Madni. 1 vol. in-18. Prix : 2 francs. Paris Vr* Ch. Dunod, éditeur.
- La coloration des métaux. Les hyposulfites, par J. Girard. 1 brochure in-18. Paris, Jouve et Bover.
- Manuel pratique de l’éleveur de lapins, par Willemin. 1 vol. in-18 de Y Encyclopédie Roret. Paris. L. Mulo, éditeur. 1898. Prix : 2,r,50.
- Annuaire du musée zoologique de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg. 1898. N° 1.
- Les savants modernes, l ur vie et leurs travaux d'après les documents académiques choisis et abrégés, par A. Rebière. 1 vol. in-8°. Paris, librairie Nonv. 1898.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL
- Lundi 24 octobre. . 12*,1 Calme. Couvert.
- Mardi 25 9”,1 S. S. W. 2. Couvert.
- Mercredi 26 9*,6 S. S. W. 2. Presque couvert.
- Jeudi 27 9*,2 S. E. 1. Très nuageux.
- Vendredi 28 9*,1 S. E. 1. Couvert.
- Samedi 29 9*,8 S. S. E. 2. Peu nuageux.
- Dimanche 30 ... . 10*,7 S. W. 5. Nuageux.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 0,6 Couvert le matin; puis nuageux; beau après 18 h.; la pluie cesse avant 1 h. ; petit brouillard à 7 h. Presque couv. ; halo solaire et lunaire ;averse à 17 b. 1/4.
- 0,0
- 0,0 Très nuageux.
- 0,0 Nuageux de 7 à 16 h.; couvert avant et après; brouill. à 22 h. ; puis bruine. Couv. jusqu’à 11 h. ; très nuageux ensuite ; brouillard jusqu’à 7 h. alors de 500 m.
- 0,0
- 0,0 Quelques nuag. jusqu’à 14 h. ; puis nuageux ; couvert après 20 h. ; pluie à 23 h. ; halo. Nuageux jusqu'à 16 h.; couvert ensuite; halo; pluie jusque vers 2 h. 1/2.
- 5,8
- OCTOBRE 1898.
- SEMAINE DU LUNDI 24 AU DIMANCHE 30 OCTOBRE.
- La courbe isupereure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, tht boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- du milieu iiiuiquent thermomètre à l'abri à
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Inondations au Mexique. — On nous écrit de Tampico à la date du 20 octobre, qu’à la suite îles pluies torrentielles qui sont tom .ées sans interruption depuis le mois Ue juin, les voies ferrées aboutissant à Tampico ont été en partie détruites par les inondations. Il s’en est suivi une interruption de quinze jours dans le service postal et un encombrement de marchandises dans le port et les magasins de la douane.
- Les variations de température de la surface du sol. —
- D’après le Bulletin de la Société des Naturalistes de Moscou, M. Walther, de léna, a fait, dans la région transcaspienne, d’intéressantes observations sur la température de la surface du sot. La température de l’air tut enregistrée le 13-23 septembre 1897, toutes les heures, de 5 heures du matin à 10 heures du soir, sur un monticule isolé, d’une dizaine de mètres de hauteur ; on enregistrait en même temps la température du sable, celle du sol argileux et celle d'une dolomite brun olive, au moyen d’un thermo-
- mètre spécial. Indépendamment de l'influence de l’angle d’incidence des rayons solaires, M. Walther a constaté une action très appréciable du vent. Le déplacement du thermomètre d'emprunt situé au vent, en un point abrité, donne un relèvement de température de 6?,b pour le sable, de 4°,5 pour l’argile et de 4°,5 pour la roche, la température de l’air restant la même.
- La température de l’air atteignit son maximum à 2 heures avec 33°,5; l’argile monta bientôt à 46°,3 et déjà un peu avant 2 heures le sable était à 48°,5; la roche n’atteignit son maximum (49°) qu’à 3 heures. Le coucher du soleil a une action considérable; peu après, les courbes de température du sol coupent celle de l’air et restent inférieures à celles-ci de plu-ieurs degrés.
- Mais la pluie a une action plus rapide encore. Ahnger a observé dans le désert, le 13-25 septembre 1897, une température de 50° C. qui, après une forte averse, tomba à 10°. M. Walther s’appuie sur ces changements brusques de température, pour expliquer l’effritement des roches et même leur morcellement par djs fissures perpendiculaires à la surface.
- PHASE DE LA LUNE ; P. L. le 29 à midi 27 m.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “ LA NATURE”
- DANS LE PLATEAU CENTRAL
- Concours de Photographie. — Les épreuves photographiques qui ont été envoyées par les personnes ayant pris part au voyage sont exposées aux bureaux de La Nature du 7 au 19 novembre (dimanche 15 excepté), de 9 heures du matin à midi et de 1 h. 1/2 à 6 heures du soir.
- INFORMATIONS
- —®— M. le Dr Calmettes, directeur de l'Institut Pasteur, de Lille, vient d’être promu officier de la Légion d'honneur.
- —— L’Exposition générale de chrysanthèmes et de fruits, organisée par la Société nationale d’horticulture de France, s’est ouverte mercredi 9 novembre, au Jardin des Tuileries, et durera jusqu’au lundi 14. Celte exposition excitait encore plus cette année que les années précédentes, l’admiration du publie.
- —$$— Le martyrologe des inventeurs compte une victime de plus, L'histoire est lamentable. M. de Méritens, un ingénieur bien connu à Paris et dans le monde savant par ses nombreuses inventions et notamment par sa machine électrique pour l’éclairage des phares, s’est tué de désespoir à Eragny-Neuville, près Pontoise, à la suite de la vente de ses meubles. Le malheureux inventeur était en effet tombé dans la misère et allait se trouver sur le pavé. Sa femme s’est suicidée avec lui ; tous deux ont absorbé du poison. M. de Méritens avait 05 ans, sa femme n’en avait que 35.
- —On annonce la mort du professeur de Rossi, directeur de l’Observatoire sismographique de Rome.
- —Après la petite épidémie de peste de Vienne, nouvelle petite épidémie dans le Turkestan russe, au voisinage de Samarcand. La maladie s'est déclarée dans un village nommé Anzoff, où elle s’est rapidement répandue, faisant de nombreuses victimes. Le village a été aussitôt isolé et désinfecté, les linges qui avaient servi aux malades ont été brûlés. Des médecins et des bactériologistes expérimentés ont été envoyés à Anzoff, et le prince Alexandre d’Oldenbourg, directeur de l’Institut expérimental de Saint-Pétersbourg, est parti, sur l’ordre du Tsar, pour Samarcand, avec la mission de prendre toutes les mesures nécessaires pour localiser l’épidémie.
- —H— il. Mougeot, sous-secrétaire d’Etat aux postes et télégraphes, a décidé de créer les avis téléphoniques à domicile, dont le but est d'informer toute personne, abonnée ou non des réseaux, qu’un correspondant abonné ou non lui-même, lui donne rendez-vous à une heure déterminée, dans une cabine publique ou à son appareil particulier pour converser avec elle. L’avis téléphonique à domicile sera porté au destinataire comme le sont actuellement les dépêches. Dans un rayon de 25 kilomètres, la taxe perçue, pour l'expédition de l’avis, sera de 25 centimes. Elle devra être acquittée par l’expéditeur. Dans un rayon dépassant 25 kilomètres, le prix de la taxe sera supérieur à 25 centimes; mais, en aucun cas, il n'excédera 50 centimes. Les indications mentionnées sur l’avis seront les suivantes : Vous
- êtes informé que M. X., demeurant à ....... vous prie d’être à la
- cabine téléphonique n° .., à .... heure, pour communiquer avec
- vous. L’avis téléphonique portera également un numéro d’ordre qui assurera au destinataire un droit de priorité à son arrivée à la cabine publique. Ce nouveau mode de communications téléphoniques ne sera autorisé au public qu’à certaines heures de la journée.
- —Un récent Acte du Parlementa rendu facultatif en Angleterre l’usage des mesures décimales. Mais il est difficile aux commerçants d’avoir deux systèmes de mesures, l’un pour l’Angleterre où les
- mesures anglaises sont encore employées, l’autre pour l’étranger où le système décimal est presque universel. Dans ces conditions, on pense que le Parlement reprendra de nouveau la question. L’Association décimale de Londres travaille activement à obtenir ce résultat Elle espère rendre dans un prochain avenir le système décimal obligatoire en Angleterre.
- —Pêcheurs du département de la Seine, si, désormais, quelque saumon, par le plus grand des hasards, se prenait à votre ligne, empressez-vous de lui rendre la liberté. Ainsi le veut M. Charles Diane, qui vient d’interdire « la pêche, la vente et le colportage » de ce poisson dans le département. Ces mesures de protection destinées à permettre à ces succulents habitants des eaux de croître et de multiplier, n’ont pas, jusqu’ici, donné de résultat appréciable. Il se vend très peu de saumons de provenance française aux Halles et la Seine en est assez pauvre. C’est l’Angleterre et l’Ecosse qui pourvoient en grande partie à notre consommation ; le surplus nous est expédié d’Allemagne et de Hollande. Le saumon hollandais est particulièrement estimé : la chair en est des plus savoureuses et les pièces sont toutes de la première grosseur. 11 n’y a guère chez nous que le lac du Bourget qui en donne par quantités ; mais ce saumon est consommé sur place pour la plus grande part.
- —Les Anglais offrent souvent des particularités fort curieuses. On cite le cas d’une Anglaise, miss Penman, qui est depuis dix ans directrice du contrôle de la Compagnie des tramways de Londres, et à qui ses nombreux employés viennent d’offrir un objet d’art à l’occasion de l’anniversaire de son entrée en fonctions. Fille de bourgeois aisés qui lui ont laissé une assez jolie fortune, miss Penman a voulu cependant conquérir son indépendance par le travail, et elle a obtenu un emploi à la Compagnie des omnibus de Glasgow. Quand les tramways, de Londres s’organisèrent, elle s’installa dans la métropole, s’intéressa à cette affaire par une importante souscription, fut nommée en assemblée générale membre du Conseil d’administration et appelée à diriger le service du contrôle. C’est elle, depuis dix ans, qui nomme et révoque tous les contrôleurs du réseau, reçoit quotidiennement leurs rapports et surveille leur règlement de comptes. Elle commande à près de 1200 hommes et mène son service avec régularité et intelligence.
- —Les fouilles faites pour la construction du Métropolitain, mettent au jour de vieilles constructions. A l’angle Ouest de la place des Pyramides et de la rue de Rivoli, les fouilles souterraines ofit rencontré, parmi d’anciennes substructions, un puits en pierre de 2 mètres de diamètre et 50 centimètres d’épaisseur de muraillement. D’après le plan de la lin du dix-huitième siècle, on se trouve en présence des substructions des anciennes « écuries du roi », qui dataient de Catherine de Médicis et avaient été construites par Philibert Delorme. Elles furent démolies en vertu d’un décret signé
- Far le Premier Consul, l’an X, pour la création de la place des-yramides. Autre découverte, à l'angle Ouest des façades de la même place. On a traversé une ancienne galerie en pierre de taille de lm,30 de largeur dont les murs ont une épaisseur de lm,90. On ignore quelle fut la destination de cette galerie. La commission du vieux Paris va faire des recherches sur ce point.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- (M
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne le moteur à gaz de pétrole, s’adresser à MM. Lœwenstein-Dansaert, 52, boulevard Bischoffsheim, à Bruxelles.
- Communications. — M. Léon Dumuys, à Orléans, nous fait connaître une petite expérience qu’il a imaginée pour intéresser de jeunes auditeurs auxquels il faisait récemment une conférence sur l’acétylène. Il s’agit de la confection d’une lampe à acétylène, au prix de 5 centimes. On prend une vulgaire pipe en terre; on dépose dans le fourneau de cette pipe un fragment de carbure de calcium de la grosseur d’une petite noisette, on recouvre prestement ce produit d’une petite éponge ou d’étoupe légèrement humide; on obture rapidement le fourneau ainsi bourré à l’aide d’un bouchon de liège, et on allume le gaz qui se dégage aussitôt par le tuyau verticalement dressé. On a ainsi pour le prix de 5 centimes : un gazogène et un flambeau à l’acétylène bien inofl'ensifs.
- M. le Dr Germano Vert, secrétaire général de la Société nationale d’agriculture, à Bio-de-Janeiro (Brésil), nous envoie la traduction française du Rapport présenté au gouvernement de Minas Geraes par le Dr Campos dà Paz, à propos de l’Exposition viticole de Saint-Paul en 1897.
- M. A. Boudard, à Marseille, nous fait parvenir une petite brochure ayant pour titre : Histoire de la vaccine, de la variole et de la sérothérapie. Cette notice se trouve chez l’auteur, à Marseille, à Corniche-de-l’Ariol.
- M. F. Louis Perrot, à Genève, à propos de notre article Le Grand Pingouin (n° 1325 du 22 octobre 1898, p. 321), nous écrit qu’il a paru à ce sujet une Notice très complète en 1857 par le professeur Sap. Stunstrup, de Copenhague. Cette Notice est reproduite en français dans une publication intitulée : Bulletin de la Société ornithologique suisse, tome II, lre partie. 1868. Genève, Georg, éditeur. Paris, Savy, éditeur. 1 planche couleurs.
- Renseignements. — M. A. Denoyelles, à Paris. — 1° La Nature n’a jamais publié et ne publie jamais aucun article de réclame. — 2° L’expérience a répondu à vos critiques, car le moteur que nous avons décrit fonctionne et fonctionne bien. Le fait d’enfermer des engrenages dans un carter plein d’huile et de les rendre ainsi inaccessibles ne présente plus aujourd’hui aucune difficulté. Voyez les cycles et les automobiles pour lesquels ce moteur a été plus spécialement étudié.
- M. F. V., à Louvain. — Moteurs à vent : M. Anceaux, 10, boulevard Contrescarpe, à Paris; M. Beaume (Léon), G6, avenue de la Reine, à Boulogne (Seine).
- M. L. F. A., à Toulouse. — Pour les tubes en acier étiré, adressez-vous aux fabricants suivants : MM. Brunon et Valiette, à Rive-de-Gier (Loire); Compagnie française des métaux, 10, rue Volney; MM. Husson, Chévignot et Cie, au Closmortier (Haute-Marne).
- M. L. Godard, à Wassy. — La pile auto-accumulafeur a été décrite par M. Jablochkolf, dans le n° 626, du 50 mai 1885, p. 410 ; elle ne se trouve pas dans le commerce.
- Un lecteur, à Tours. — Consultez les Récréations scientifiques et la Science amusante, La Physique sans appareils, par M. G. Tissandier, à la librairie Masson et O.
- M. Couturier, à Paris. — 11 vous a été répondu dans notre Boite aux lettres du n° 1526, du 29 octobre 1898.
- M. J. Villars, à X. — Les courants continus deviennent dangereux à manipuler à partir de 4 à 500 volts; pour les courants alternatifs, il est bon de prendre des précautions également à partir de la même tension.
- M. F. Beer, à Paris. — Remerciements pour votre communication ; mais nous ne décrivons que les appareils que l’on soumet à notre examen.
- M. Le Boy, à Paris. — Aucun livre n’a été écrit à ce sujet; il y a eu une simple communication à une Société médicale.
- M. X., h C. (Suisse). — La note a été prise dans le Journal de Genève et dans la Gazette de Lausanne ; il s’agit probablement du même ascensionniste.
- M. W. Kenngott, à Paris. — L’appareil photographique automatique de M. Cailletet pour les aérostats a été décrit dans le n° 1283, du l,r janvier 1898, p. 65.
- M. A. Mignon, à Thorenc (Alpes-Maritimes). — Pour tout ce qui concerne le moteur à piston rotatif svstème Dawson, que nous avons décrit dans le n° 1325, du 22 octobre 1898, p. 324, il faut vous adresser à M. E. Archdeacon, 11, rue du Pont, à Suresnes (Seine).
- M. E. S. de Locquenenille, à Bruxelles. — Pour le moteur Loyal, dont nous avons donné la description dans le n° 1261, du 31 juillet 1897, adressez-vous 204, rue Saint-Maur, à Paris.
- M. G. F. Sébastian Barachina, à Grenade (Espagne). — 1° Nous n’avons pas au sujet de ces réflecteurs paraboliques d’autres renseignements que ceux publiés dans le n° 1305 du 21 mai 1898, p. 590.— 2° Bans son ouvrage Bulles de savon, M. C. V. Boys donne la formule d’un liquide spécial. On remplit aux trois quarts une bouteille avec de l’eau distillée, on ajoute 1/40 d’oléate de soude et on laisse dissoudre, ce qui dure une journée ; on achève de remplir avec de la glycérine pure et on agite. On laisse la bouteille reposer pendant une semaine dans un endroit sombre; on décante avec un siphon et on ajoute 3 ou 4 gouttes d’ammoniaque concentrée par litre. La bouteille doit être gardée bien bouchée à un endroit frais. L’ouvrage a été traduit de l’anglais par M. Ch.-Ed. Guillaume et se trouve à la librairie Gaulhier-Villars, à Paris.
- M. L. Vuitton, à Paris. — Les vitres armées ont été fabriquées dans les usines de Tacony en Pennsylvanie (États-Unis). Nous en avons parlé dans le n° 1027 du 4 février 1893, p. 157-
- M. F. Moreau, à Podensac. — Il n’existe pas de procédé pratique pour faire disparaître cette odeur de soufre. On pourrait cependant essayer l’ozone, ou les vapeurs nitreuses que l’on produirait en laissant tomber quelques gouttes d’acide azotique sur un sou.
- M. H. Perret, à Bordeaux. — Nous n’avons pas l’adresse que vous demandez; il faudrait vous renseigner à l’Académie des sciences.
- M Ch. Garnier, à Pougues. — Nous ne connaissons pas de fabricants de ces appareils.
- M. A. Gasser, à Mantoche. — La composition exacte de ces cylindres n’est pas connue.
- M. A. Henry, à Calais. — Nous pourrez vous procurer de l’aluminium en plaques en vous adressant à la Compagnie française des métaux, 10, rue de Volney, à la Société française de l’aluminium, 74, rue Amelot, à Paris.
- M. le Dr Bribosia, à Namur. — 1° Vous pourriez vous adresser à la Compagnie parisienne de l’air comprimé, 54, rue Étienne Marcel, à Paris. — 2° Nous ne croyons pas qu’un ouvrage spécial ait été publié sur ce sujet ; vous pourriez vous adresser à la librairie Baudry, 15, r,.e des Saints-Pères, ou à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. L. Biaille, à Chemillé. — 11 faudrait vous adresser directement à l’inventeur; ces lampes ne sont pas dans le commerce.
- M. L. Boillot, à La Chaux-de-Konds. — Nous avons publié un article sur les masques respirateurs dans le n° 1294 du 19 mars 1898, p. 251. Vous pourriez peut-être vous adresser au fabricant, M. Jules Bellot, à Champeix (Puy-de-Dome).
- M. Ricordi, à Milan. — Le formolateur que nous avons décrit a donné de bons résultats; il se trouve à la Société Ilélios, 52, rue de Bondy, à Paris.
- M. A. P. H., à Versailles. — Il n’y a pas de marque extérieure; la pile cesse de fonctionner. Nous avons donné quelques renseignements dans les Recettes de VElectricien de M. E. Hospitalier, à la librairie Masson et Cie.
- M. A. Maupas, à Buenos-Aires. — Le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, mentionné plus bas, donne la composition d’un encaustique à la cire jaune, au savon de Marseille et à la potasse blanche.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Daoud, à Tripoli. Nous ne pouvons vous fournir ces renseignements. Tous nos regrets.— M. P. Augustin de Méhéreuc, à Troyes. Ce sujet est tout à fait en dehors de notre compétence; il nous est impossible de vous donner ces adresses. — h. D. G., à Nantes. Vos calculs ne sont pas exacts; nous ne vous conseillons pas de construire une machine dynamo avec ces données. — M. Dubois, à Paris; M. Lebois, à Paris. Consultez les Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. A. Ginet, à Paris; cette formule est donnée dans le même petit livre, 2e série, à la même librairie. — M. G. Lefebvre, à Versailles. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les r*n-t
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, ‘mais eue ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date delà livraison.
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- NOUVELLES APPLICATIONS DE L’AIR LIQUIDE, par Hexriot.
- 1. On sait que par suite de la différence des points d ebullii o 1 entre l’air, l’azote et l'oxygène, l'air liquéfié s’enrichit rapidement en oxygéné. L’ozone réparateur remet un vieillard sur pied en vingt-quatre heures.
- 2. Le même, après avoir aspiré 56 mètres cubes d’oxygène produits par quelques gouttes
- La force expansive de l’air liquide est telle qu’à Marseille on a pu refouler le mistral. Le vent, jusqu’ici indompté, a été repoussé jusqu’au mont Ventoux dans lequel il s’est terré.
- 4. Le revolver chargé d'air liquide foudroie-un malfaiteur et pourrait en ligne directe le projeter du lieu de l’agression jusque sur les bancs de
- bancs de la cour d’assises.
- 5. L’action de l’air liquide sur l’aimant, considéré au point 6. Renfermant sous peu de volume une quantité incommensurable d’oixygène, il de vue psychologique ramène à de tendres sentiments les permet h s voyages sous-marins à longue distance. Le métropolitain sous la Seine époux qui se mettaient à table, décidés à un prompt divorce, n’est qu’une question de temps.
- 7. Le froid qu’il produit est tellement intense qu’en été, dans les familles, on fait cercle devant la cheminée où il Lout pour se rafraîchir.
- 8. Le froid tue le fro'.d : au Kondyke on se sert déjà d air liqu'de pour démolir les glaces qui recèl. nt des millions d’or.
- 9. En revanche en Afrique, le refroidissement produit par l’air liquide rend sibériennes les plaines surchauffées. Les nègres blancs surpris font appel à la fourrure des ours.
- 10. L’a;r liquide guérit, m'affirme un docteur, le rhume de cerveau. Malheureusement il n’a aucune influence sur les autres airs, pas plus sur l’air 1850 par exemple que sur les airs de musique.
- 11. Mais c'est au point de vue de sa force d’expansion que l’air liquide produit des effets incalculables : on construit pour l’Exposition un canon qui fera faire aux voyageurs des promenades en obus captif.
- 42. Les nouveaux canons de campagne, chargés à l’air liquide produisent des effets tellement destructeurs que les nations abandonnent la partie : saluant la noble initiative du Tsar et réglant à l’amiable les questions délicates, les soldats du monde entinr fraternisent sous le regard ému de MM. Linde et d’Arsouval.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
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- HYGIÈNE ET S4NTÉ
- Stérilisation du lait.
- C’est un problème difficile à résoudre que d’avoir, dans les grandes villes, du lait de bonne qualité. C’est un problème tout aussi difficile de le conserver pur, intact, surtout dans les périodes estivales. On a inventé dans ce but bien des appareils de stérilisation. Voici un procédé bien simple, dû au Dr Horde de Bordeaux, qui a pu, après six mois, un an, déboucher des flacons de lait et l’avoir aussi pur, aussi frais, sans la moindre trace de fermentation. Le lait est aussi liquide malgré la longue conservation des échantillons, qui n’était instituée que comme contrôle d’une expérience décisive. Dans la pratique le lait, une fois stérilisé, sera certainement utilisé dans la huitaine, mais M. Borde donne par son procédé le moyen de stériliser soi-jnème son lait et de l'employer, avec ses
- qualités et en parfait état de pureté, après un Jemps théoriquement indéfini.
- On remplit des flacons aux trois quarts de leur contenu, on les ferme hermétiquement avec un bon bouchon de liège et on assujettit le bouchon au goulot de la bouteille avec un fil métallique (on en trouve de tout prêts dans ce but) comme our la fermeture des bouteilles de cidre ou de champagne, es flacons ainsi préparés sont immergés complètement dans une bassine contenant de l’eau saturée à chaud de sel de cuisine, soit environ 300 grammes par litre d'eau. Cette eau bout entre 107 et 108°; le lait atteindra donc ainsi une température très voisine de 106 ou 107°; en le laissant à cette température pendant une demi-heure, on est certain de l’avoir stérilisé dans les conditions les plus rigoureuses; à ce degré thermique, il ne subsiste aucun germe pathogène et le lait peut, comme je le disais, se conserver, pour ainsi dire, indéfiniment. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DH MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES observations générales
- Lundi 31 octobre. . 10",0 S. 2. Nuageux. 0,0 Nuageux; halo.
- Mardi 1" novembre. 4",1 S. S. E. 1. Quelques nuages. 0,0 Peu nuageux.
- Mercredi 2 0»,0 S. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 10 h.; puis nuageux; couvert après 16 h.
- Jeudi 3 9",1 S. S. W. 3. Couvert. 0,0 Couvert ; gouttes de 3 à 9 h.
- Vendredi 4 9”,4 S. 1. Couvert. 2,3 Couv. jusqu’à 16 h. ; nuageux ensuite ; pluie jusqu'à 7 h.; brouillard dans la soirée.
- Samedi o 4»,1 S. S. W. 0. Quelques éclaircies. 0,0 Couvert de 8 à 13 h.; nuageux avant et après.
- Dimauche 6 2",3 S. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 22 h. ; couvert ensuite ; gelée blanche.
- OCTOBRE-NOVEMBRE 1898. - SEMAINE Dü LUNDI 31 OCTOBRE AD DIMANCHE 6 NOVEMBRE.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe isupcreure inttique lu in ontosne <tv 0 u 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les coin o> * un uion-u indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Itnlie. — De nouvelles secousses de tremblementdeterre très sensibles ont été ressenties à Catulle, le 3 novembre dans la matinée.
- A Mineo, des bâtiments ont été lézardés. A Callagirone, la population s’est montrée très alarmée. La secousse a été ressentie, en outre, à Bian-cavilla, Acireale, Aderno et Linguaglossa.
- «rits es. — Une nouvelle et violente tempête n éclaté dans la nuit du 29 au 30 octobre sur toute la région du Pas-de-Calais. Plusieurs paquebots venant d’Ostende n’ont pu débarquer leurs passagers. Les trains pour Londres sont partis avec quatre heures et demie de retard.
- Kn Angleterre, on a signalé de grands dégâts, notamment dans Cam-bçpvell, au sud de Londres, h la suite du grand orage qui a sévi sur Lmidres, le 29 octobre dans la soirée. Des toitures ont été enlevées par le vent, des arbres déracinés, des réverbères tordus, les voies de tramways
- obstruées par des arbres renversés, les rues jonchées de débris d’ardoises, etc., des portes arrachées de leurs gonds, les marchandises des étalages dispersées par le vent; des échafaudages de maçons ont été emportés comme des fétus de paille.
- Le 30 octobre, pendant la tempête, le Rapide, bateau d’Ostende, après avoir vainement essayé d’entrer dans le port de Douvres, a dû reprendre la mer avec ses passagers. Le service entre Douvres et Osteude a donc été suspendu.
- A la suite de ces pluies, des inondations se sont produites dans le sud du pays de Galles et en Ecosse.
- Le 50 octobre, à Menton, à 3 heures du soir, un ouragan, mêlé de grêle, qui a duré une demi-heure, a dévasté la région, causant de grands dégâts aux récoltes. Les grêlons pesaient de 30 à §0 grammes. A la suite de ces pluies, des éboulements ont intercepté la voie ferrée entre Menton et Vin-timille. Les trains de France étaient à Menton. Les voyageurs venant d’Italie étaient transbordés.
- PHASE DE LA LUNE ; D. Q. le 6 à 2 h. 37 min. du soir.
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- M. J. LAFFÀRGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE 1/A DMIVISTIt ATI OA’. — L’échéance du 30 novembre étant une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 26 novembre (n* 1330) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 décembre renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lien de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la s Boite aux lettres » doivent être adressées à ia Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —L’Académie royale des Sciences de Berlin vient de nommer correspondant M. A. Michel Lévy, de l'Institut, ingénieur en chef des Mines.
- —L’institut Franklin de Philadelphie vient de décerner à M. Henri Moissan pour ses recherches sur le four électrique' la médaille Elliost Cresson.
- —3$— Le 12 novembre 1898, l’Association amicale des anciens élèves de l’Ecole de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris offrait un banquet à M. Lauth, administrateur honoraire de la Manufacture de Sèvres, nommé directeur de l’Ecole, en remplacement du regretté Schiitzenberger. Assistaient à ce banquet : M. Lampué, vice-président du Conseil municipal; MM. Clairin, Villain, Lefèvre, Desplas, conseillers municipaux; M. Gras, député du Ve arrondissement ; M. Bruman, secrétaire général de la Préfecture de la Seine; M. Lindct, ancien président de l’Association des chimistes en sucrerie et en distillerie ; M. Levêque, directeur de l’Ecole J.-B. Say; M. Lefebvre, président de la Chambre syndicale des produits chimiques; M. F. Meyer, ancien président de la Chambre syndicale des industries électriques; M. Garant, président de la Chambre syndicale de céramique et verrerie; M. Benoist, président <le la Société de physique ; M. Riban, président de la Société chimique ; M. Davanne, président de la Société de photographie ; M. Gariel, directeur des Etudes à l’Ecole; MM. Albert Lévy, Baille, Hospitalier, Etard, Hanriot, Combes, Bidet, professeurs a l’Ecole. M. Quesneville, directeur du Moniteur scientifique, et E. Lefèvre, directeur de la Revue des matières colorantes, représentaient la Presse scientifique. M. Brochet, président dé l’Association des anciens élèves, a souhaité la bienvenue à M. Lauth et l’a prié de prendre en main les intérêts des ingénieurs physiciens et chimistes. MM. Lampué, Bruman et Gras ont pris, successivement la parole pour demander à M. Lauth de former des physiciens et des chimistes capables de rendre de grands services à notre industrie nationale déjà si atteinte par la concurrence étrangère. M. Lauth a répondu qu'il se dévouait entièrement à l’œuvre nouvelle qui lui était confiée et qu’aidé de tout le personnel de l’Ecole, il espérait atteindre d’heureux résultats
- —j&— Libéralités américaines. Le colonel Bennett a légué à â’Université de Pensylvanie une propriété estimée deux millions de francs. Cette propriété sera vendue, et l’intérêt du capital ainsi obtenu sera employé spécialement à l’instruction supérieure des femmes. Pendant l’année 1897, le Columbian College a reçu 1 732 045 francs de dotation permanente, et de plus 220000 francs pour certaines dépenses courantes.
- —Le Syndicat professionnel des industries électriques, l’association amicale des ingénieurs électriciens, F Automobile-Club de France, le Syndicat des usines d’électricité ont constitué une commission dont le but est de déterminer les conditions dans lesquelles les automobiles électriques pourront se ravitailler en énergie électrique. La commission a décidé de mettre au concours un coffre avec prisa de courant universelle. Un prix de 400 francs sera décerné à l’auteur de l’appareil qui sera reconnu par la commission comme répondant le plus exactement aux conditions du programme
- énoncé ci-après. Chaque concurrent présentera un appareil accompagné d'une note descriptive qui devront être adressés au président du Syndicat professionnel des industries électriques, Hôtel des Ingénieurs civils, 49, rue Blanche, à Paris, avant le 1er mars 4899. Les appareils resteront la propriété des inventeurs, mais la commission se réserve la faculté d’en publier la description et de les exposer. L’appareil spécimen et la note descriptive ne porteront pas le nom de 1 inventeur ; ils seront simplement marqués d’un signe distinctif reproduit dans un pli cacheté, annexé à la note descriptive et contenant les nom, prénoms, qualités et adresse de l’auteur.
- Le cotfrct proprement dit devra être construit de manière à pouvoir être placé à l’extérieur et disposé de façon que les organes intérieurs soient à l’abri de toute détérioration ou dérivation. Il devra contenir : 1° un voltmètre avec commutateur double permettant, de vérifier les polarités et les tensions de la source d’énergie et de la batterie à charger ; 2° un compteur de quantité ou d'énergie ; 3° un rhéostat avec interrupteur bi-polaire ; 4° une prise de courant universelle avec câbles à deux conducteurs. (Chaque conducteur sera terminé à ses deux extrémités par le même raccord c les deux conducteurs seront munis de raccords différents) ; 5° l’ensemble des appareils électriques du coffret devra pouvoir supporter un courant de 70 à 80 ampères sous 120 volts; 6° l’ensemble du coffret aura un encombrement aussi restreint que possible et possédera un isolement parfait ; 7° chaque projet devra contenir : i° le prix de l’appareil complet ; 2° le prix des raccords. La commission laisse la faculté aux concurrents d’ajouter à la construction du coffret, telle disposition qu’il leur plairait, sous réserve de rester dans l’esprit du programme.
- —Le Peï-llo ou Fleuve Jaune, qui change périodiquement son cours, vient encore de causer un grand désastre, d’après le secrétaire de la Société des missions baptistes de Londres, en Chine. Celui-ci a reçu le télégramme suivant de son agent missionnaire dans le Chan-Toung : « Fleuve Jaune abandonné son cours près Tsi-Nan-fou. Coule maintenant N.-O. Huit mille kilomètres carrés inondés. Centaines de villages détruits. Bestiaux, grains, récoltes emportés. Un million de gens affamés, campant dehors par dizaines de milliers. Hiver venu, famine imminente. Humanité demande action immédiate et secours généreux. » En 1851-1853, après cinq cents ans de cours dans le même lit vers la mer Jaune, le Peï-IIo avait pris la direction du Pé-Tchi-Li. En 4887 il était revenu à la mer Jaune. Il semble, d’après la dépêche plus haut citée, qu’il se dirige de nouveau vers le Pé-Tchi-Li. La catastrophe de 4887 avait fait plusieurs millions de victimes.
- —@— H y a plusieurs gaz qui sont plus ou moins nuisibles à la santé. Voici, d’après les expériences faites en Allemagne par MM. Pettcnkofer et Lehmann, le maximum que l’on puisse tolérer, dans une atmosphère respirable, des gaz ou vapeurs émanant des produits dangereux pour la santé des ouvriers : acide chlorhydrique 1 millième, ammoniac 3 à 5 millièmes, chlore 4 à 6 dix-millièmes, brome 1 millième, hydrogène sulfuré 7 millièmes, sulfure de carbone 23 dix-millièmes, aniline 1 millième.
- —£$— Un docteur allemand a fait récemment la statistique du nombre d’individus qui meurent en Prusse empoisonnés par la morphine. Il en a compté jusqu’à 435 cas dans une année, soit 80 hommes et 55 femmes. Parmi les hommes, il y avait 20 docteurs en médecine, 2 pharmaciens et 2 gardes-malades, qui moururent presque tous entre trente ans et quarante ans. Chez les femmes, on remarque des ép mses de docteurs, des rentières, des sœurs de charité et même une camériste qui mourut après sa maîtresse.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le four à gaz pour la trempe est construit par MM. Ch. Churchill and C°, 9, Leonard Street, Finsbury, à Londres.
- Communications. — Notre collaborateur Ch.-Ed. Guillaume nous écrit à propos de son récent article sur l’extrême infra-rouge, paru dans le n° 1325 du 22 octobre 1898, p. 332 : « C’est, paraît il, par erreur que j’ai attribué à M. Nichols l’invention de la belle méthode de séparation de faisceaux dans l’infra-rouge par des réflexions répétées sur des surfaces cristallines. M. Rubens m’écrit qu’il en est l’auteur, et que M. Nichols l’a appliquée soit sous sa direction, soit alors qu’il était son collaborateur. Mon erreur provient de ce que la première allusion à cette méthode a été faite dans une publication éditée en Amérique par M. Nichols, à l’occasion de la réflexion métallique de l’infra-rouge sur une lame de quartz. »
- M. F. F. M., à Paris, nous adresse l’intéressante lettre suivante que nous reproduisons : « Je me trouvai le dimanche fl novembre 1898, à la campagne, aux environs de Paris. Il était 9h 15m du matin, et la plaine était couverte d’un brouillard assez léger, peu homogène, formé de lambeaux de brume poussés par le vent du sud-ouest. Le soleil était atténué sans être obscurci, et la vue s’étendait à environ 200 ou 250 mètres. Je vis alors se dessiner sur le brouillard un arc-en-ciel monochrome d’un blanc laiteux, dont l’épaisseur 'paraissait au moins double de celle des arcs colorés ordinaires. L’arc était très net et ininterrompu d’un bout à l’autre. La blancheur était à peu près uniforme, à peine dégradée sur les bords. Il était naturellement placé à l’opposé du soleil et m’a paru avoir le rayon et la position qu’avait eus à la même heure un arc ordinaire. »
- Un abonné, en Espagne, nous fait connaître qu’un journal espagnol a publié dernièrement une statistique curieuse. En 20 ans, du 4 octobre 1877 au 31 décembre 1897, sur 15853 habitants, on a trouvé 7 centenaires, 3 hommes et 4 femmes, soit 1 centenaire sur 2264 habitants.
- M. Numesser, à Paris, nous adresse une notice sur une Nouvelle étuve de Sartorius, conslruite par la Sociélé cenlrale de produits chimiques. Cette étuve est à combustib'e quelconque et sert pour l'incubation de bacilles, bactéries et pour la cullure de préparations microscopiques dans la paraffine.
- M. Jeunet, pisciculteur, à Paris, nous a envoyé une notice sur Y Art d'élever, de nourrir et de faire (jrandir les jeunes salmonidés. Dans cette brochure se trouvent également divers renseignements sur la nourriture des carpes, tanches, gardons, sur les mœurs des combattants (betta Pugnax) de la Cochinchine et sur les cas de monstruosités chez les salmonidés. L’opuscule, du prix de 1 franc, se trouve chez l’auteur, 30, quai du Louvre, à Paris.
- M. A. Coret, à Neuidy-sur-Seine, nous a fait parvenir une note dans laquelle il expose les phénomènes lumineux qu’il a reimrqués sur un disque tournant autour de son diamètre; ce di>que mis en marche par un mouvement d’horlogerie était utilisé pour l’étude de diverses questions d’optique physiologique.
- Renseignements. -- M. S. Niculescu Dacu, à Piatra (Roumanie). — Vous voulez sans doute parler de la bicyclette Werner, que nous avons décrite précédemment; veuillez vous adresser : 85, rue de Richelieu, à Paris.
- M. R. Bolloré, à Odet. — Nous avons donné les formules de diverses encres pour écrire sur le zinc, sur le cuivre, dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles. lre série, à la librairie Masson et Cie, à Paris.
- M. Ch. Leclerc, à Toussus-le-Noble. — Vous trouverez Le photographe amateur par M. J. Ducom, à la librairie Carré et Naud, à Paris.
- M. J. Goulliard, à Petit-Rouchin, près Lille. — Nous ne
- pouvons vous donner ces divers renseignements ; il faudrait vous adresser à un constructeur.
- M. H. Simond, à Le Chamois. — Nous avons fairrcon-naître un grand nombre de très bonne colles dans nos petits livres des Recettes et procédés utiles, surtout dans la lre série, à la librairie Masson et Cie ; vous pourriez aussi essayer la sec-chotine que l’on trouve dans le commerce.
- M. L. Carrière, à Béziers. — Vous pourrez vous procurer une canne de poche en vous adressant à M. Dubettier, fabricant, 16, rue Bichat, à Paris.
- M. J. Ducasse, à Stafford. — L’agrandisseur automatique que nous avons décrit dans le n° 1323 du 8 octobre 1898, p. 293, se trouve au Comptoir général de photographie, 57, rue St-Roch, à Paris.
- M. C. Rodo, à Vienne. — Les filtres Delsol et Fillard, dont nous avons parlé dans le n° 1317, du 27 août 1898, p. 203, sont fabriqués par la maison Beslier à Coulommiers, où se trouvent en dépôt à la même maison, 13, rue de Sévigné, à Paris.
- Un lecteur, à Torino. — Il ne nous est guère possible de parler de toutes ces applications ; cependant, si l’occasion se présente, nous ne manquerons pas de donner cette description.
- M. A. R., à Evron. — Le moyen d’éviter la gelée pour les pompes est de les habiller en paille ; on peut ensuite, si l’on veut, recouvrir le tout d’un coffret.
- Cercle de l’union, à Vendôme. — Adressez-vous à M. Vers-chneider, 38, rue de la Folie-Méricourt, à Paris ; vous trouverez également chez lui des miroirs tout argentés.
- M. E. Yitteant, à Chalon-sur-Saône. — Le schéma que vous nous envoyez peut convenir pour la charge des accumulateurs ; mais il faudrait connaître le nombre d’éléments pour vous indiquer si la résistance formée par les lampes peut aller. Comme il s’agit d’une dynamo compound, il sera nécessaire de prendre quelques précautions pour éviter le retournement des. pôles.
- M. de Miranda, à Nice. — Nous allons prendre des renseignements et nous vous les ferons connaître.
- M. F. Teisserenc, à Ceilhes. — Cette lampe se trouve à la Compagnie d’éclairage, 15, boulevard Montmartre, à Paris.
- M. A. Philippe, à Paris. — Nous n’avons pas d’adresse plus-complète.
- M. M. G., à Béziers. — 1° Il n’y a eu à ce sujet jusqu’ici que quelques notes à l’Académie des sciences ; d faudrait consulter les comptes rendus. — 2° Les journaux que vous demandez se trouvent, 9, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- M. P. Frutieaux, à Paris. — 1° Il y -a déjà eu plusieurs accidents avec le gaz acétylène. Dans votre cas, il est difficile de donner une cause; il aurait fallu voir les conditions de l’accident. Il y a peut-être eu une explosion par suite d’un mélange détonant avec l’air. — 2° Vous pourrez vous procurer un ouvrage L’éclairage à l’acétylène, par M. G. Pelli-sier, à la librairie Carré et Naud, 3, rue Racine, à Paris.
- M. le Dr Coupey, à La Ferte-Bernard. — Pour le mélotrope, il faut vous adresser à M. J. Carpentier, 20, rue Delambrc, à Paris.
- M. Alphonse Séré, à Montevideo. — Nous ne donnons jamais les adresses des fabricants et constructeurs dans le cours d’un article, mais toujours en tète de la Boite-aux-Lettres. Pour les lampes minuscules, dent nous avens parlé dans le n° 1318 du 3 septembie 1898, p. 221, nous avons donné l’adresse du fabricant, M. Maurice James, 143, rue Saint-Antoine, à Paris.
- Mae C. Crispo, à Anvers; M. .4. Liewen, à Moscou. — Il faut vous adtesser à M. Brouardel, doyen de la Faculté de Médecine de Paris.
- M. Dubout, à Lille. — Nous pensons qu’il serait préférable pour vous d’installer une transmission de force moirice pour actionner ces machines-outils. Il serait facile de faire commander une dynamo par votre transmission générale. Vous pourriez aussi monter sur chaque tour et sur la cisailla un petit moteur électrique. Cette disposition est certainement la plus avantageuse.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Ch. Cadiou, à Paris. — Nous avons reçu votre lettre contenant l’explication du fait signalé ; notre réponse était déjà partie. — M. Dumont, à Crcil. 11 vous suffira d’augmenter un peu la différence du potentiel au départ. — h. L. G., à X. Nous ne pouvons vous fournir ces renseignements ; il est nécessaire de faire une série de recherches. — M. Dubois, à Paris; M. Blouin, à Marseille. Consultez les Recettes et Procédés utiles. lre série, à la librairie Masson. — M. R. V., à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » ta Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison^
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Patin articulé. — L’industrie des parquets a été reprise aujourd’hui. On voit maintenant, dans les maisons de construction neuve, des parquets de toute beauté, en assemblage de 5 à 6 espèces de bois formant des étoiles, des bordures, etc. Ces parquets ont besoin d’un entretien spécial, on les passe de temps en temps à la cire et on les brosse tous les matins au moyen d’une brosse spéciale. Cette dernière opération était assez pénible jusqu’ici, car les brosses dont on se servait tenaient mal aux pieds. Il fallait appuyer en faisant aller la brosse et, en même temps, tenir le pied raide pour que l’appareil reste attaché. Le nouveau patin articulé français que nous
- Patin articulé. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Fixation sur le pied. 3. Mode d’emploi.
- décrivons (n° 1), permet d’entretenir les parquets et de les frotter sans fatigue avec une économie de 50 pour 100 au moyen d’un appareil simple, peu coûteux, s’adaptant à tous les pieds et à toutes les brosses. Ce patin mobile articulé se fixe instantanément au moyen de 4 vis sur toutes les brosses. 11 s’allonge à volonté sur une crémaillère (n° 2) et maintient le pied tout en lui laissant la liberté entière de ses mouvements naturels (n° 3). D’une construction solide, ce patin est inusable et s’emploie également avec succès pour laver les planchers, les cuisines, etc. — Le patin articulé se trouve chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, Paris.
- Fermeture universelle automatique. — Cette fermeture est destinée à renforcer la serrure de sûreté ou à combinaison de manière à supprimer tout danger de cambriolage à l’aide de la pince-monseigneur. Elle se compose essentiellement d’un pêne A, articulé autour d’une goupille B et com-
- Fermeture universelle r.utom.itique.
- mandé par une barre C. Un arrêt D permet de remonter le pêne lorsque l’appareil est ouvert. (On conçoit qu’au lieu d’un simple pêne À, on puisse en employer une séiie commandée par la même barre dissimulée du haut en bas de la porte et assurant une fermeture extrêmement solide.) L’inventeur a prévu le cas où le propriétaire) ide l’appareil aurait égaré sa clef et se trouverait ainsi à la merci de celui qui l’aurait entre
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- les mains; à cet effet il a combiné un système de bloc qu'on voit en EF à la gauche de la figure et qui, articulé autour de la goupille F, vient caler le pêne A ; le renfort G permet de manœuvrer et assure la position du bloc E F. Ce système de fermeture automatique s’applique aisément à toutes les serrures : il allie, comme on peut s’en rendre compte, la plus grande simplicité à une efficacité complète. Il a été combiné par MM. A. Laisis et Bazille, serrurier; on le trouve chez ce dernier à Angers, place La Fayette, 21.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Moyens de dessécher les fleurs pour In confection des bouquets d'hiver. — Plusieurs de nos abonnés nous ont demandé les moyens de dessécher des fleurs pour les bouquets d’hiver. Nous indiquerons une recette que nous empruntons à M. Edmond Delay, dans le Progrès Agricole. Ce procédé, à peu près inconnu en France, est pratiqué sur une grande échelle en Allemagne, où il est l’objet d’un commerce considérable.
- Toutes les fleurs ne se prêtent pas également à la conservation par le dessèchement ; voici celles sur lesquelles on opère le plus généralement avec succès : les roses, reines-marguerites, pensées, le sanvitalia rampant (S. Procumbens), l’immortelle violette ou amarantine globuleuse (Gomphrena globosn), l’ama-rantine coccinée (G. coccinea), l’amarantine orange {G. aurnn-tiaca), l’acroclinium rose et Yammobium ailé (.4. alatum). Voici la manière d’opérer pour la rose, qui est une des pliife belles fleurs.
- On la cueille avant qu’elle soit parvenue à l’épanouissement complet, en ayant soin de lui laisser un bout de la queue de manière à pouvoir l’attacher. On fera cette opération de préférence le soir, à cause de la chaleur qui pourrait la faire faner en quelques instants. Les fleurs ainsi cueillies devront être attachées deux par deux pour pouvoir les suspendre sur une ficelle ou sur une baguette, laquelle ficelle ou baguette sera maintenue dans une boite à 0'",50 ou 0m,60 du fond, en ayant soin de ne pas les rapprocher l’une de l’autre, afin que les fleurs ne se touchent pas.
- Ensuite, on sèmera une couche de soufre de 0m,02 à 0ro,03 au fond de la boîte, on placera les fleurs sur les ficelles, puis on fermera hermétiquement afin d’empêcher l’évaporation du soufre. On les laissera pendant douze heures consécutives se saturer de vapeurs soufrées ; ce n’est qu’au bout de ce laps de temps que l’on pourra regarder si les fleurs ont un peu changé de couleur. Celles qui sont rouges deviennent à peu près blanches, mais la couleur primitive revient au bout de deux ou trois jours. Si les pétales des fleurs sont encore humides, il faudra de nouveau laisser la boite hermétiquement fermée, jusqu’à ce que les pétales soient secs. Pour se rendre compte de divers changements opérés, on devra ménager une lunette, petite ouverture à la boite, qui sera recouverte d’un morceau de verre. Pour compléter l’opération, on donnera un peu d’air pendant une journée, ensuite on placera les baguettes avec les fleurs dans une chambre bien sèche et aérée, exposée de préférence au Nord, afin que les rayons du soleil ne puissent pas les atteindre ; la chaleur de la chambre ne doit jamais descendre au-dessous de zéro. Par ce procédé facile et peu coûteux, on peut avoir, pendant l’hiver, des roses aussi belles que celles qui sont forcées et beaucoup plus rustiques. Comme dernière recommandation, il faudra éviter d’opérer sur les roses blanches et les roses thé, la réussite de ces dernières étant moins assurée.
- Les reines-marguerites subissent aussi avantageusement le même traitement ; on les cueillera avant d’être épanouies comme les roses ; seulement, avant de les suspendre, il faudra délayer un peu de soufre dans l’eau et les y tremper, puis les secouer aussitôt ; on les suspendra comme les roses, et le reste du travail se fait comme pour les précédentes. Les reines-marguerites, à petites fleurs sont préférées aux grandes, surtout la reine-marguerite imbriquée pompon. Un conserve la sanvitalia rampante, la pensée, l’immortelle violette, l’amarantine coccinée, les acroclinium, le Pélargonium double (vulgairement géranium) dans un sable très fin et très sec. On étend une couche de sable de 2 à 3 centimètres dans une boîte que l’on posera à l’endroit où le soleil donne le plus fort, puis on posera les fleurs préparées à l’avance sur ce sable, le pédoncule de la fleur en l’air ; on remettra de nouveau une couche de sable sur la fleur de manière à la couvrir entièrement, puis on disposera des fleurs, puis du sable, suivant la quantité de fleurs que l’on, veut conserver. 11 faudra rentrer la boîte le soir à cause de la fraîcheur. Après deux ou trois jours, si les pétales sont à peu près secs, on peut les retirer et les placer comme peur les roses.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement des brûlures.
- Encore un nouveau mode de traitement, des plus simples et, au dire du Dr Larger qui le préconise, des plus efficaces, il consiste à employer, aussitôt après l’accident, une solution saturée à froid de chlorate de potasse en bains locaux ou en application sur la partie brûlée. A défaut d’une solution qu’on n’a pas sous la main toute prête, on jette dans l’eau froide les paillettes de chlorate, en surabondance (car le sel fond lentement), on agite et on se sert de l’eau, après décantation.
- Le remède est efficace dans toutes les variétés de brûlures, mais c’est surtout dans les brûlures du premier degré, superficielles, que son action est remarquable. La douleur se calme
- presque instantanément et disparaît en peu d’instants. Si la partie brûlée ne se prête pas à une immersion totale, on la recouvre de compresses d’eau chloratée, et de taffetas. Le pansement est faiblement antiseptique, mais il n’est ni irritant ni toxique. Dr X...
- Pommade contre la séborrhée du cuir chevelu.
- Soufre précipité......................... 6 gr.
- Baume du Pérou.......................... 15 gr.
- Acide salicylique........................ 1 gr. 50
- Vaseline et axonge.................. . 50 gr.
- L’A. recommande aussi l’usage de lotions également quotidiennes à l’aide d’une décoction de feuilles de frêne et u» régime alimentaire duquel est exclu tout excitant. Thibierge,
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 novembre . 6*,3 E. 2 Couvert. 0,0 Couvert le matin ; puis nuag. ; beau après 15 h. ; et peu nuag. à 24 h. ; gelée blanche : brouillard dans la soirée.
- Mardi 8 0°,2 S. 0. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 15 h.; très nuageux; couvert ensuite.
- Mercredi 9 .... . 8»,9 S. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Peu nuageux jusqu’à 16 h. ; beau ensuite; halo.
- Jeudi 10 6-,4 E. 1. Beau. 0,0 Quelques nuages à 4-5 h. ; beau le reste du temps ; gelée blanche.
- Vendredi 11 6%6 E. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau ; gelée blanche.
- Samedi 12 7*,9 S. E. 1 Très nuageux. 0,0 Nuageux jusqu’à 18 h. ; couvert ensuite ; gelée blanche; pluie à partir de 22 h.
- Dimanche 13 ... . 11*,7 S. 5. Couvert. 6,5 Couv. jusq. 12 h.; très nuag. ensuite ; beau de 18 à 24 h. ; pluie de 1 à 4 h. et à 5 h. 1/4. ; brouill. dans la soirée.
- NOVEMBRE 1898. — SEMAINE DU LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 NOVEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au l*arc Suiiit-.1Iaur en octobre 180S
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 755“",56 ; minimum 735"",77 le 17 à 2 heures du soir; maximum 764“”,52 le 23 à 10 heures du soir et 76i""“,50 le 26 à 10 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 9°,02; des maxiina 16°,82 ; du mois 12°,92; vraie des 24 heures 12°,52. Minimum 2U,7 le 20 à 5 h. 30 du matin, le minimum sur le sol étant alors —1°,8 ; il y a eu un autre jour de pelée blanche le 20 — 2°,3. Maximum 22°,6 les 3 et 6.
- Tension moyenne de la vapeur 9,n",14; la moindre 5"“,6 le 20 à 3 heures du matin ; la plus grande 13m“,59 le 21 à 2, 3, 5 et 6 heures du soir.
- Humidité relative moyenne 83,3; la moindre 31 le 20 à 2 heures du soir; la plus grande 100 en 13 jours.
- Pluie 45“",5 en 39 h. 1/2 réparties en 11 jours; deux jours de pluie notab'e de 11““,8 les 17 et 21. 11 y a eu de plus 4 jours de gouttes ou bruine. Nébulosité moyenne 65.
- Orages : le 16, de 1 à 2 heures du soir; il s’éloigne dans l’E. le 17 de 2 à 3 heures du soir ; il passe au zénith, puis s’éloigne dans l’E.
- Vents dominants du S. au S.-W., puis du N.-E. ; il n’y a eu qu'un seul jour de vent fort et du S.-W. le 30. Il y a eu 10 jours de brouillard, celui du 6 de 300 mètres et celui du 23 de 2 à 300 mètres, les autres faibles. Un jour de brouillard partiel sur la Marne le 20.
- Température moyenne de la Marne : le matin 14°,11, l’après-midi li°,37 ; du mois 14°,24. Sa température a décru presque régulièrement pendant tout le mois. Elle a eu un niveau presque constant et est restée toujours claire.
- Relativement aux moyennes normales, le mois d’octobre 1898 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 1““,68. Thermomètre plus haut de 2°,70. Tension de la vapeur plus forte de 1““,55. Humidité relative à peu près égale. Pluie moindre de 19“,1. Nébulosité plus forte de 5.
- Depuis 25 ans, il y a eu au Parc Saint-Maur deux autres mois d’oclobre offrant presque exactement la même température : en 1876,12°,53 et en 1886,12», 39.
- Pendant plus d’un siècle on ne rencontre guère de mois ayant la même température, sauf un seul, octobre 1834, qui a eu à l'Observatoire de Paris une moyenne de 14°,73 équivalant au Parc à 13°,7.
- Le topinambour a fleuri le 6 ; le chrysanthème (pyrètlire de la Chine) toujours la même observée chaque année le 25. Dernières hirondelles le 21 au matin. La chute des leuilles est extraordinairement retardée.
- Vendôme. M. Lemercier : moyenne d’octobre (minima et maxiina diurne) 13°.00. Minimum 1°,2 le 20. Maximum 23° le 5.
- M. Nouel: 12°,93. Minimum 2°,7 le 20; maximum 25°,9 le 5. Pluie 58"“,7 en 15 jours ; 3 jours d'orage et 2 jours d’éclairs. Nébulosité moyenne 59.
- Achères (Seine-et-Oise). M. Raymond • 15°,10. Minimum 1°,5 le 20. Maximum 23°,9 le 5.
- Yébleron (Seine-Inférieure). M. Duménil : 12°,2. Pluie 80",8 inférieure de 18““,7 à la normale.
- La Tronche, près Grenoble. M. Poulat : 13°,9 supérieure de 2°,23 à la normale de 12 ans. Pluie 168"”,2 en 17 jours et quelques jours de rosée, 3 jours de tonnerre et 5 jours d'éclairs. Nébulosité moyenne 62. Dernières hirondelles le 21.
- rHASIS DE LA LUNE : NJant.
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- N° 1330 (26 novembre 1898), du journal « LA NATURE»
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS OG 1,’ADSIIIIIISTRATIO.V — L'échéance du 50 novembre étant une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 26 novembre (n° 1330) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que ballonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 décembre renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales. (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et & la a Boîte aux lettres » doivent dtre adressées à la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —S— I/éclairage électrique va être installé dans l’hôtel du Ministère des affaires étrangères. Une dépense de 70000 francs vient d’être votée à cet effet.
- —La commission de contrôle- de la Chambre des députés chargée de la surveillance de la construction de la nouvelle salle des séances s’est réunie récemment sous la présidence de M. Paul Deschanel. Une loi votée par la précédente législation a affecté une somme de 3 millions à cette reconstruction. La commission a reconnu qu’il serait nécessaire de demander au Parlement d’augmenter ce crédit de 500 000 francs, pour faire dans la cour d’honneur une façade de la nouvelle salle s’harmonisant mieux que dans le plan primitif avec le caractère architectural des bâtiments existants, et ensuite pour faire face à l’excédent de dépenses qu’entraînera forcément le travail des fondations. Les sondages effectués dans la cour d’honneur ont permis, en effet, de constater que la partie résistante du sol sur laquelle pourront être assises les fondations se trouve à 10 mètres de profondeur. On va donc se trouver obligé de construire sur pilotis. La commission a, en outre, approuvé les détails du plan de l'architecte. Elle a notamment décidé que la salle actuelle des séances serait transformée en salle des conférences. Quant aux galeries du premier et du deuxième étage, où le public est actuellement admis, elles seront dégarnies des cloisons des loges et pourvues de rayons sur lesquels on placera les livres et documents que la bibliothèque existante ne peut plus contenir depuis plusieurs années déjà. La salle actuelle des conférences sera transformée en annexe de la bibliothèque et servira de salle de travail pour les députés. Les travaux commenceront dans les premiers jours du printemps prochain.
- -St- Le ballon l'Alliance dirigé par SI. Cabalzar et à bord duquel se trouvait M. Hansky, astronome russe, est parti de l’usine à gaz de la Yillettc le 13 novembre à 2 heures de la nuit. Il s'agissait surtout d’étudier les étoiles filantes dont le point radiant est dans le Lion. A 150 ou 200 mètres, le brouillard qui cachait le ciel aux observateurs voisins du sol avait complètement disparu. La couche nuageuse était peu épaisse. Malgré la pureté du ciel, M. Hansky n’a relevé qu’un très petit nombre de météores. Le ballon est descendu au milieu de la brume à 8 heures du matin dans la forêt de Pesseigne.
- —Déplacement du radiant des Perse ides. On nomme Per-séides les étoiles filantes qui semblent s’élancer de la constellation de I’ersée. Elles sont particulièrement nombreuses dans la première quinzaine du mois d'août. M. Denning, célèbre par ses recherches sur les météores et sur les comètes, a réuni 78 déterminations du radiant, faites dans la période 1893-J 897 par 10 observateurs différents. Les 15 moyennes qu’il en a déduites confirment le déplacement du radiant déjà constaté par lui-même depuis 20 ans et par M. Kleiber. D’après la conclusion que M. Denning publie de ses travaux dans Astronomische Nachrichten, le centre d’émanation de l’essaim des Perséides s’avance tous les ans en ascension droite d’environ 1 degré par jour vers l'est pendant la période qui va du 22 juillet au 21 août.
- —On vient de découvrir en Suisse, à Baden, petite ville du canton d’Argovie, les restes d’un hôpital romain. Ce qu’il en subsiste ne présente, au point de vue de l’architecture, qu’une valeur d’art médiocre ; mais ces ruines intéresseront les archéologues parce quelles
- sont le -premier document qui nous soit parvenu attestant l’existence d’institutions hospitalières aux temps de l’antiquité classique. Nulle
- art jusqu’ici on n’en avait trouvé la moindre trace. Pompéi et
- imgad, où se voit encore tout ce qui servait à la vie publique et privée des anciens, ne contiennent aucun édifice dont la distribution permette de supposer qu’en ces villes il existait des hôpitaux. Aucun auteur latin ni grec ne nous a laissé la description d’établissements de ce genre. Seul, Hippocrate, dans un passage très court et un peu obscur, fait allusion aux malades que l’on soignait au temple d’Esculape sans qu’il soit possible de décider s’il y avait auprès du sanctuaire des locaux spécialement affectés à leur usage. L’aménagement des ruines de Baden ne laisse, au contraire, pas de doute sur leur destination. L’édifice se compose de quatorze petites chambres dans lesquelles on a retrouvé, en très grand nombre, des instruments de médecine et de chirurgie, pinces, tubes, spatules, cuillères, mesures, caustiques, boîtes d’onguents, etc., et tout porte à croire que c’était là l’bôpital des Quatrième et Cinquième Légions qui avaient à Baden leur quartier général.
- —On nous écrit de Cherbourg qu’une baleine a été capturée près du fort Chavaignae par un pêcheur et les soldats ou fort. Elle mesure 12 mètres de longueur.
- —-1|— Un cyclone s’est abattu, le 17 novembre, sur le nord de la Tunisie, et s’est étendu sur la plaine de Mornag, à partir du pont de l’oued Miliane. Des milliers d’oliviers ont été arrachés. L’eau, en se retirant, a laissé une couche de fruits éparse sur une étendue de plusieurs kilomètres. Le vent était si violent qne les torpilleurs ont été soulevés hors de l’eau. D’après les renseignements reçus au ministère de la marine, une tornade d’une violence extrême, accompagnée d’un fort raz de marée, s’est abattue vers midi sur la baie Sans-Nom. Elle a duré quinze minutes. La baie Sans-Nom est une des trois baies du goulet du lac de Bizerte; c’est dans cette baie que sont les établissements de la marine et que mouillent les bâtiments faisant partie de la défense mobile de Bizerte qui se compose de la canonnière cuirassée Tempête, de l’aviso-torpilleur Flèche, du vieux croiseur Talisman, de neuf torpilleurs et d’une chaloupe à vapeur pontée Bizerte. Sauf la Tempête, qui n’a eu que des dégâts peu importants, tous les autres navires : Flèche, Talisman ; torpilleurs, docks et annexes, sont partis en dérive. La Flèche a été démontée de deux mâts arrière ; le Bizerte, bâtiment de service, a été transporté à terre; le torpilleur 190 a eu une légère voie d'eau, le 202 et petit dock ont été échoués, aucun accident de personne à déplorer. A terre, les hangars ont été détruits, les appontements arrachés. La campagne a été ravagée, des maisons transportées au loin ; il y a eu quelques morts et de nombreux blessés.
- —Les explosions d’acétylène se répètent en ce moment. Le 12 novembre une explosion est survenue au château de Saint-Quentin, près d’Albi, appartenant à M. Bousquel. M. Bousquet recherchait, une bougie à la main, des fuites, en compagnie de MM. Larroque, chimiste, et Saivignol, serrurier, lorsqu’une explosion fit s’etfrondrer le plancher. Les domestiques relevèrent leur maître, M. Bousquel, dans un état lamentable. Le 15 novembre, à Limoges, un autre accident a eu lieu. Un serrurier, nommé Chilloux, voulant allumer son appareil d’éclairage, a été victime d’une explosion qui l’a littéralement décapité. Les dégâts matériels ont été importants.
- —Après l’acétylène le gaz ! Dimanche 20 novembre à 3h20, une explosion formidable s’est produite au restaurant Champeaux, place de la Bourse, à Paris, faisant plusieurs victimes. Cet accident semble avoir été causé par une infiltration lente du gaz dans les caves.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. D. G, à Elbeuf, nous écrit que pour l’alignement d’un chemin, il vient de faire abattre dans sa propriété un houx d’une hauteur de 4m,50, et d’une circonférence au milieu de lm,lü. Cet arbre était, dit-on, âgé de 200 ans.
- M. Berget, à Cahors, nous adresse une Notice sur un procédé d’injection de la vigne, applicable au traitement de ce végétal contre ses maladies parasitaires et à son alimentation. Le procédé consiste à introduire, sous pression, dans les tissus cellulaires d’un pied de vigne, un liquide tenant en dissolution des substances minérales ou organiques susceptibles, soit de préserver ce végétal contre ses maladies parasitaires, soit de lui fournir les substances convenant à son alimentation.
- Renseignements. — M. Cl. Faugicr, à Privas. — Vous pouvez utiliser le formolateur de la Société Ilélios, 32, rue de Bondy, et des appareils que vous trouverez à la pharmacie Fournier, 114, rue de Provence, à Paris.
- M. A. Guétrin, à Saint-Denis (Réunion). — 11 nous est absolument impossible de nous occuper de toutes ces questions.
- M. A. L., à Djibouti. — Il est probable que sur le bord de la mer les briques sont trop exposées à l’humidité ; on pourrait essayer de les tremper dans une solution de silicate de potasse ou dans l’huile de lin à chaud.
- M. Buteux, à Paris. — Nous ne pouvons vous fournir la composition que vous nous demandez.
- M. A. B., k Puteaux. — 1° Carbure de calcium : Compagnie française des carbures de calcium, 137, boulevard Magenta, Société des carbures métalliques, 50, boulevard Hauss-mann, Société électrométallurgique française, 50, rue du Rocher, à Paris. — 2° Consultez les ouvrages publiés sur l’acétylène. — 5° 11 n’y a pas de moteur spécial.
- M. P. G., h Digne. — M. G. Pellissier a publié un ouvrage sur l’acétylène à la librairie Carré et Naud, 3, rue Racine, à Paris.
- M. Superbie, à Evsines. — 1° Nous ne croyons pas que l’air s'échauffe plus complètement qu’au contact de la tôle. — 2° L’air serait certainement moins chargé de poussières. — 3° L’air est tout à fait vicié.
- M. F. G., à Montpellier. — Le silicate de potasse peut en effet combattre très efficacement l'humidité; on peut aussi employer une solution d’alun, comme nous l'indiquons dans le petit livre des Becettes et procédés utiles, 3° série.
- M. de Miranda, à Nice.— L’appareil dit « multiplicateur » n’est qu’un simple changement de vitesse, comme tant d’autres. 11 ne multiplie que le facteur effort F aux dépens du facteur vitesse v, mais ne change rien à la puissance P qui est le produit Fv de l'effort par la vitesse. Vous appliquez le mot force dans un sens inexact.
- M. E. Bouche, à Paris. — Nous avons reçu votre envoi, et nous vous en remercions ; nous en ferons notre profit.
- M. Carlos Ribeiro Ermida, à Lisbonne. — Vous pouvez employer le courant fourni par cette machine; mais il est nécessaire que l’intensité ne dépasse pas la valeur indiquée.
- M. C. Buspoli, à Rome. — Nous publierons prochainement iun article à ce sujet.
- M. Léchai Lebreton, à Nantes. — La suintine se trouve chez MM. Alfred Motte et Cie, à Roubaix.
- M. P. B., à Paris. — Il n’est pas bon d’employer pour l’alimentation des pommes de terre germées.
- M. J. M.,h Louvain. — Vous pouvez parfaitement employer ce moteur pour actionner une dynamo ; il faut installer le moteur sur un support solide.
- M. F. B., à Rouen. — Les glaçons que charrient les rivières en hiver proviennent soit du fond, soit des bords des rivières et sont ensuite entraînés.
- M. Duvy, à Argentan. — Nous reviendrons probablement un jour sur cette question.
- M. Fournier, à Paris. — Nous avons donné quelques ren-
- seignements sur le prix de revient de l’éclairage dans le n° 1321 du 24 septembre 1898, p. 266.
- M. J. Planque, à Wallon Cork. — 1° Nous n’avons pas d’adresse spéciale à vous indiquer. — 2° Il est absolument nécessaire pour réparer une bobine de Ruhmkorff brûlée de démonter complètement la bobine et de refaire l’enroulement.
- M. Grimm, à Saint-Romain. — l°Nous vous faisons envovor le n° 1266, du 4 septembre 1897, qui donne la description du phonographe Lioret. — 2° Pour les vues sur verre destinées aux projections, il faut vous adresser à M. Molteni, 4L rue du Château-d’Eau, à Paris.
- M. C. Olivier, à Paris. — Nous ne connaissons aucun procédé; mais les méthodes de dégraissage par les essences n’enlèvent pas la gélatine.
- M. H. Lecomte Coustalain, à E. — 1° Cartons pour numismates : M. Descomble, 37, rue de Turenne; M. Devrollc, 46, rue du Bac, à Paris. — 2° Il n’existe pas d’appareil semblable.
- Un abonné, aux mines de Bong-Miù. — 1° Parmi les appareils à main à fabriquer la glace, nous pouvons vous citer la glacière Schaller, que nous avons décrite dans les Petites Inventions du n° 1318, du 3 septembre 1898, la glacière à acide carbonique décrite dans le n° 1315, du 15 août 1898. H existe également des appareils Carré chez M. E. Lévv, 61 bis, boulevard Saint-Germain, et les machines Raoul Pictet. 16, rue de Grammont, à Paris. — 2° Les tubes à acide carbonique se trouvent chez les marchands de produits chimiques ; il n’v a pas encore d’air liquéfié dans le commerce
- M. G. F., au Petit-Quevillv. — Pour fabriquer des dégradateurs de formes ou de dimensions spéciales, il n’y a pas d’autres, moyens que de découper des papiers de couleurs et de dimensions et d’en superposer un nombre plus ou moins grand. Vous trouverez probablement quelques renseignements à ce sujet au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Itoch, à Paris.
- M. A. Boyer, à Bourey (Manche). — On a imaginé des appareils à la baryte, qui servent d’accumulateurs de chaleur et qui se refroidissent beaucoup moins rapidement que des appareils à eau. Nous avons exposé ce principe dans le n° 1178, du 28 décembre 1895, p. 60. Nous ne connaissons aucun fabricant de ces appareils.
- M. G. Guéroult, à Rennes. — Nous avons publié des articles sur un procédé pour prendre le point dans un brouillard dans le n° 1210 du 8 août 1896, p. 147, et dans le n“ 1218, du 5 octobre 1896, p. 278.
- M. Richard Tuyet, à Barcelone. — Nous avons décrit en 1896 les machines à calculer Felt et Tarrant, ainsi que la Rapide; mais nous ne retrouvons pas la description de la machine dont vous nous parlez.
- M. José Bassols, à Gerundense. — 1° Adressez-vous à M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris. — 2° Vous trouverez les appareils pour faire des projections, même à gaz acétylène, chez M. Molteni, dont l’adresse est donnée plus haut. — 5° Ce procédé n’a pas réussi et n’est pas employé.
- M. Marchand, à Saint-Pierre-de-Noailles. — Ces lampes ne se trouvent pas dans le commerce.
- Un lecteur vosgien. — Nous ne connaissons pas de traité spécial; il faudrait vous adresser aux librairies Dunod ou Bernard, 49 et 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. M. V. Toussaint, au Havre. —- Vous pourrez vous procurer des appareils pour tirage de loteries chez M. Roguez, 141, rue du Temple à Paris.
- M. A. Josset, à Paris. — Vous trouverez la plupart de ces divers renseignements dans les Recettes de /’Electricien de M. E. Hospitalier à la librairie Masson et Cie.
- M. Saint-Peur and, à Marseille. — Consultez la Photographie française, à la librairie Masson; l’abonnement est donné avec une réduction aux abonnés de La Nature.
- M. Jolivet, à Paris. — L’appareil employé est le Bayard, de la maison Mazo, 8, boulevard Magenta. C’est un apareil à main à magasin interchangeable pour des plaques 9/12.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dubrcuil, à Lille. Nous ne pouvons nous charger de ces affaires; adressez-vous directement au fabricant. — M. D. M., à Paris. Il faut d’abord construire l’appareil et l’essayer ensuite. — M. G. Garant, à Blois. Le deuxième circuit en dérivation n’a aucune utilité. — M. D. R., à X. ; M. Leblois, à Paris. Consultez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Lebon, à Nice. Ce procédé est indiqué dans le même petit livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — M. R. Girard, à Paris; M. J. V., à Paris. Remerciements pour vos communications. — M. M. L., à Paris. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Le petit décrotteur. — Voilà un jouet bien amusant qui vient s’ajouter à beaucoup d’autres que nous avons déjà signalés. H s’agit d’un petit décrotteur, un genou en terre, tenant d’une main une bottine et de l’autre une brosse. Remontons le mécanisme, et nous voyons aussitôt la brosse s’agiter vive-
- Le petit décrotteur.
- ment, aller en avant, revenir en arrière, et frotter à chaque tour très consciencieusement la bottine. Les mouvements sont si naturels et si bien exécutés qu’ils saisissent et surprennent, et malgré soi on contemple le petit décrotteur à l'ouvrage. — Ce petit jouet a été vendu sur les boulevards à Paris par des camelots, on le retrouvera bientôt à la même adresse.
- Appareil à percer les boutonnières. ‘— Le petit appareil que nous décrivons permet de percer très facilement des boutonnières de diverses grandeurs. 11 est formé de lames coupantes de différentes longueurs et d’épaisseurs convenables (n° 1). Ces lames sont taillées sur un même morceau d’acier
- Apfnreil à percer les boutonnières. — 1. Vue d’ensemble.
- 2. Détail du montage des lames coupantes. — 3. Mode demi loi.
- fixé (n° 2) entre deux supports sur un même manche. On peut en tournant amener sur le bord la lame que l’on désire. 11 suffit ensuite d’appuyer sur l’étoffe ou le drap, comme le montre le dessin n° 3, pour percer la boutonnière. —L’appareil à percer les boutonnières se trouve chez M. P. Bertrand, 19, rue d’Hauteville, à Paris.
- NOTES PHOTOGRAPHIQUES
- Développement des clichés surexposés.
- Action de Vémétique et de la morphine.
- M. P. Mercier a présenté dernièrement à l’Académie des sciences une Note qui intéresse au plus haut point l’amateur photographe que le temps de pose laisse toujours anxieux. En employant certains médicaments bien connus tels que l’émétique et la morphine on guérit immédiatement une plaque qui
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- aurait un coup de soleil de trop. Voici la manière d’administrer le remède.
- On fait une solution d’émétique (tartrate double d’antimoine et de potasse) à 2gr,5 dans 100 grammes d’eau et oi» y plonge la plaque au gélatino pendant deux minutes; avoir soin de ne pas prolonger ce bain. Ensuite on la secoue fortement pour enlever la plus grande partie du liquide et on la fait sécher, à l’obscurité naturellement. Après ce traitement, il est indispensable d’employer un révélateur de l’hydroquinone, car si on se sert du pyro l’effet cherché ne se produit pas. Le bain en question peut être donné à la plaque avant de s’en servir ou après, peu importe; cela ne lui enlève rien de sa sensibilité et il est probable qu’on fabriquera bientôt des plaques pouvant supporter une grande latitude dans le temps de pose. En attendant il faut faire la petite operation soi-mème et nous pensons, qu’il est inutile de la faire d’avance, mais de la réserver aux seules plaques pour lesquelles la pose semble douteuse. Nous indiquons l’émétique comme étant surtout pratique et sans danger de manipulation ; mais M. Mercier a expérimenté aussi d’autres substances qui donnent d’excellents résultats : le sulfate de morphine, la codéine, l’apomorphine, l’éséine, à des doses variant suivant la substance de 0gr,05 à 2 grammes pour 100; il a également employé l’amidol, mais à la dose très faible de 1 centigramme pour 100 d’eau pour composer un bain dans lequel la plaque, plongée avant d'être employée, peut être posée jusqu’à des milliers de fois plus que la pose normale. Mais pour ces derniers procédés qui demandent certaines précautions pour être convenablement employés, nous attendrons encore avant de donner des formules précises. Pour le moment nous recommandons d’essayer le traitement très simple à l’émétique, que nous avons expérimenté et qui nous a donné d’excellents résultats. On se rendra facilement compte de l’effet produit en trempant la moitié seulement d’une plaque dans le bain, et, en la surexposant, on jugera après développement de la différence d’intensité, de l’image négative dans la partie traitée et dans celle qui ne l’est pas; ne pas oublier qu’il faut développer à l’hydroquinone.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Falsification du beurre
- A moins de le fabriquer vous-même, vous n’étes jamais sûr que le beurre que vous achetez sur un marché, surtout s’il ne s’agit pas de première qualité (et encore ?) n’est pas légèrement ou largement additionné de margarine. Ce n’est pas un produit toxique, dangereux, ce n’est même pas un produit malsain, mais ce n’est pas du beurre. La margarine n’est que le produit de fusion de graisses animales, de sujets jeunes, raffiné par divers procédés. 11 se vend, il s’importe sur une très large échelle ; à Lyon, il s’en écoule 5000 kilogrammes par jour, à Paris le chiffre est deux fois plus élevé.
- Le beurre de coco est aussi un produit que l’on mélange depuis quelque temps au beurre de vache ; il n’est pas cher, n’a pas d’odeur et est délicat de goût. Le consommateur n’v voit goutte et ne sent rien : c’est tout profit pour le fabricant du mélange.
- Si vous êtes difficile sur la pureté du beurre, ou si, quelque peu chimiste, vous avez envie de savoir si votre beurre est naturel, voici un procédé très simple pour reconnaître la falsification ; il a été proposé par un chimiste Lyonnais, M. Cotton, qui l’a expérimenté dans de nombreuses recherches et expertises avec un plein succès. C’est un procédé dérivé de celui qui serf à l’essai des huiles. Il se sert d’un réactif, connu sous le nom de réactif bismutho-sodique dont la formule est :
- Soude caustique à 1,55. ... 60 grammes. Sous-nitrate de bismuth. ... 8 —
- Sel de Seignette .....................4 —
- Eau distillée........................95 —
- Faire chauffer à 95°, laisser refroidir et ajouter 20 grammes de glycérine à 30°.
- Si vous ajoutez 10 grammes de ce réactif à 10 grammes de beurre de vache, de margarine, de beurre de coco, fondus séparément dans trois flacons, vous voyez, après une immersion des flacons, pendant trois minutes, dans l’eau bouillante, le résultat suivant, après refroidissement : le beurre de vache devient noir par la réduction du bismuth en présence des éléments étrangers au corps gras ; le beurre de coco ne varie pas; la margarine prend une teinte jaunâtre.
- Cet essai est très facile et peut mettre sur la voie d’une falsification ; il est rapide et sans difficultés. Suivant les proportions des mélanges la teinte variera du tout au tout. DrX....
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- ISUUYELLFS SCIENTIFIQUES
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- BIBLIOGRAPHIE
- {laide pratique pour la recherche et Vexploitation de l'or en Guyane française, par E.-D. Levât, ingénieur civil des mines. 1 vol. in-8\ Librairie Yro Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix : 9 francs.
- Les mines de l'Afrique du Sud, par A. Bordeaux, ingénieur civil des mines. 1 vol. in-8°. Librairie YTe Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix : 9 francs.
- L'art de détruire les animaux nuisibles, par H.-L.-A. Blan-chon. 1 vol. in-10. Librairie J.-B. Baillière et fils. Paris. Prix : 4 francs.
- Traité théorique et pratique des moteurs à gaz et à pétrole et des voitures automobiles, par A. Wm, ingénieur des arts et manufactures, tome III, 1 vol. in-8°. Paris, E. Bernard et Cie, éditeurs. Prix : 20 francs.
- Petit Traité sur le ver à soie du mûrier. Son éducation et ses diverses maladies, par Mariüs Galfard, sériciculteur à Oraison (Basses-Alpes). 1 brochure in-16. Paris. Le Bailly, éditeur, rue de Tournon. Prix : 0fl,50.
- L'aéronautique, par Banet-Bivet, professeur au Lycée Michelet. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque des Sciences et de l’Industrie. Paris. Société française d’éditions d’art, 1898. Prix : 5 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 14 novembre. 5°,0 E. 1 Couvert. Brouillard. 0,0 Couvert; brouillard; bruine dans la soirée.
- Mardi 15 5»,9 N. E. 0. Couvert. Brouillard. 0,5 Couvert; brouillard.
- Mercredi 10 6”,7 s., Couvert. Brouillard. 0,0 Couvert, brouillard jusqu’à 7 h. ; très brumeux ensuite ; bruine dans la soirée.
- Jeudi 17 10*,0 Î5! Couv.; très brumeux. 0,2 Couvert ou très nuageux jusqu’à IG h. ; beau ensuite ; quelquefois de la bruine.
- Vendredi 18 5V2 N. E. 3. Couvert. 0,4 Couvert de 4 à 8 h. ; beau avant et après.
- Samedi 19 1%1 E N. E. 2. Quelques nuages. 0,0 Couvert de 8 à 11 h. et à 23 h. ; beau le reste du temps; gelée blanche.
- Dimanche 20 ... . —1*,1 N. E. 1. Beau. 0,0 Quelques nuages jusqu’à 17 h. ; couvert ensuite ; brouill. de 150 m. jusqu’à 9 h. ; horiz. brumeux à 16 b.
- NOVEMBRE 1898. --- SEMAINE DO LUNDI 14 Aü DIMANCHE 20 NOVEMBRE.
- J'RRdi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi I Samedi I Dimanche
- La courbe isupereure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Orages et tempêtes. — Le 15 novembre, un violent orage s’est déchaîné Sur Marseille. D’après les notes recueillies à l’observatoire de Lougchanm, de 10 h. l/l à midi, il est tombé 25 millimètres d’eau ; mais de midi à 1 heure, l’orage a battu son plein ; en une heure, il est tombé 57 millimètres. Une accalmie relative s est produite ensuite. Il n’est tombé que 55 millimètres de 1 heure à 4 heures. En tout, pour la journée, on a atteint 105 millimètres. Le ciel s'est obscurci et on a dû allumer le gaz dans les cales et les maisons. La circulation des voilur sa été interrompue et la foudre est tombée eu maints endroits, endommageant des maisons. Par suite d’éboulements, des poteaux du tramway électrique ont été renversés et le service a été interrompu. De nombreuses caves ont été inondées. Il y a eu trois blessés et un mort.
- A Montpellier, par suite des pluies torrentielles, les cours d’eau ont grossi. L’Hérault est monté à 5 mètres au-dessus de l'étiage. La Lergue et la Soulondre, passant à Lodève, ont charrié des arbres.
- A Gap, une pluie torrentielle accompagnée de tonnerre et de neige est tombée le même jour en abondance sur les montagnes.
- Au Puy, une pluie torrentielle qui a duré vingt heures a amené une crue de toutes les rivières. La Loire a grossi démesurément, faisant craindre de sérieux dommages. Une trombe a amené la crue subite d’un petit ruisseau. Les maisons environnantes ont été submergées; la circulation a été interrompue. Un violent orage a éclaté sur Millas, chef-lieu de canton, près de Perpignan. Une pluie diluvienne a transformé les rues en torrents; les éclairs et les coups de tonnerre se succédaient sans inter-
- ruption. La foudre est tombée près de la gare, sur la ligne du chemin de fer, renversant un homme d'équipe qui a eu tout le côté droit du corps paralysé. De nombreux rez-de-chaussée et des caves ont été inondés.
- A Blida, le la novembre, par suite de violents orages, une crue subite de la Chilfa a occasionné d’importants dégâts sur la ligne du chemin de fer de l’Ouest algérien.
- Un orage épouvantable s’est abattu, le 15 novembre, sur la région d’Enli-daville et de Sousse, près de Tunis. Il est tombé 175 millimètres d’eau en cinq heures. Trois indigènes ont été tués par la foudre à El-Khley. La ligne du chemin de fer de Tunis à Sousse a été emportée sur plusieurs points et les communications ont été interrompues pendant plusieurs jours.
- Un terrible cyclone s’est abattu, le 15 novembre, sur Cafcifell en Tarra-gone en Espagne, y causant des dégâts énormes. Plusieurs maisons ont été endommagées. De* bateaux de pèche ont été soulervés et lancés contre les rochers et les maisons du rivage. Deux marins, projetés au loin, ont de très graves blessures.
- A la suite des divers orages qui ont eu lieu, le Rhône a menacé de déborder, et, le 15 novembre, à 9 heures du soir, il avait atteint, à Avignon, la cote de 5",56. Les osemies du bord des allées de l’Oule étaient submergées. La crue a endommagé les travaux de construction des piles du pont du chemin de fer, dont les fondations sont commencées. Sur la rive gauche du lleuve, la Durance a eu une crue subite de 2 mètres et cotait à la même date 5™,51). Les eaux de la rivière ont submergé les chantiers du chemin de fer et ont enlevé la plus grande partie des matériaux. Ou n’a point signalé d’accident de personne.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 11 à 0 h. 50 min. du matin.
- — — P. Q. le 20 à 5 h. 11 min. du soir.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES Supplément au n° 1331 (30nov. 1898), du journal “LANATURE”
- Exclusion scientifique de “La Natuze” dans le Plateau Centzal
- (Causses du Lot, Decazeville, Cantal, Gorges du Tarn, etc.)
- —> 4 août — 16 août 1898 <—
- COHCOÜRS DE PHOTOGRAPHIE
- Ainsi que nous l’avions prévu, nombreux ont été les photographes qui nous ont accompagnés pendant le cours de notre excursion et comme le soleil n’a guère cessé d’être des nôtres, la plupart d’entre eux ont pu rapporter une collection complète de souvenirs du voyage.
- Nous tenons a remercier tous ceux qui ont bien voulu prendre part au concours et qui nous ont permis d’organiser dans les bureaux de La Nature une exposition qui, malgré le peu d’emplacement que nous avions pu lui consacrer, a eu un véritable succès auprès des nombreux visiteurs qui s’y sont succédé pendant une dizaine de jours. C’est également grâce à eux et à l’obligeance avec laquelle ils ont bien voulu mettre à notre disposition leurs épreuves et leurs clichés que nous avons pu illustrer ce -numéro de La Nature. Nous espérons qu’il sera pour nos compagnons de route un souvenir de nos pérégrinations, et pour les autres un aperçu des pays pittoresques que nous avons traversés en même temps qu’un engagement à nous suivre dans une autre tournée.
- Parmi les 800 photographies que nous avons reçues, il en est beaucoup que nous aurions voulu pouvoir reproduire et publier dans ce numéro ; le choix a été difficile, pénible même, car la place était limitée, et c’est avec le plus grand regret que nous n’avons pu prendre que si peu de celles qui offraient un véritable intérêt par leur côté scientifique, leur point de vue artistique ou la perfection même de la photographie.
- Nos remerciements s’adressent à tous et nos regrets à ceux que le cadre malheureusement restreint de notre concours no nous permet pas de mettre au nombre des lauréats.
- PROGRAMME
- 1 r Prix. — Un appareil dit Spido, du Comptoir général de Photographie, dont le prix est de 400 francs. Cet appareil, muni d’un objectif Zeiss et d’un obturateur du Congrès système Decaux, d’un châssis-magasin de 12 plaques ou d’un magasin à pellicules (au choix), présente tous les perfectionnements les plus récents et les meilleurs; il est d’une construction particulièrement soignée.
- Ce prix sera décerné à la série la plus nombreuse de photographies remarquables par l’intérêt scientifique du sujet, la valeur artistique, la netteté des épreuves et les qualités spéciales pour la reproduction en photogravure ; il sera donc attribué à celui qui aura fourni les éléments les plus nombreux pour l’illustration de notre numéro spécial.
- 2° Prix. — Une jumelle photographique Mackenstein du prix de 250 francs. Cet appareil est muni d’une glace dépolie, d’un magasin pour 18 plaques 6 1/2x9, objectif Zeiss à diaphragme Iris, un étui maroquin. C’est un appareil extrêmement complet et d’une précision parfaite.
- Ce prix sera décerné à la meilleure série de photographies supérieures au point de vue de la technique _ photographique, indépendamment du choix du sujet et de leur utilité pour l’illustration et qui constituera l’album le plus intéressant et le plus complet du voyage. (Les vues stéréoscopiques, à qualités égales, seront considérées comme supérieures aux vues simples.)
- 3e Prix. — Une médaille d’argent décernée par le Syndicat des constructeurs d’appareils de photographie et cent francs de livres à choisir dans le catalogue de la librairie Masson et Ci0.
- Sera décerné à la meilleure série de vues représentant les épisodes de la caravane (groupes et sujets animés, s’applique donc particulièrement aux vues instantanées).
- 4e Prix. — Un Kodak pliant format 6x9 de la maison Eastman du prix de 53 francs.
- Sera décerné à la série d’épreuves obtenues par des procédés orthochromatiques (plaques sensibles au vert, écrans colorés) donnant les meilleurs résultats au point de vue des verdures, des lointains et des ciels.
- 5e Prix.____Un exemplaire richement relié de l'ouvrage maintenant épuisé de Yogt, Les Mammifères, du prix de 40 francs.
- Sera attribué à la meilleure série d’épreuves obtenues à la lumière artificielle (grottes, souterrains, galeries dfr mines, etc.).
- 6e Prix. — Un abonnement d’un an à La Nature et à la Photographie française.
- Sera décerné à l’auteur de la photographie ayant présenté le plus de difficultés techniques (accès du sujet, etc.).
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- JURY
- Les prix ont été attribués par un jury composé de :
- M. Henri de Parville, Directeur de La Nature;
- M. Marcellin Boule, Directeur de l’Excursion ; M. Gastine, Directeur de la Photographie française;
- M. Mareschal, Directeur de la Photo-Gazette ;
- M. P. Masson (de la librairie Masson et Cie), Gérant de La Nature.
- RÉSULTATS DU CONCOURS
- Hors Concours : M. MAGKENSTEIN
- Sur sa demande, nous avons dû mettre hors concours M. Mackenstein, le célèbre constructeur des appareils qui portent son nom ; son habileté professionnelle eût pu effrayer les concurrents. Nous respectons son désir et regrettons de ne pouvoir lui attribuer le premier prix, mais nous tenons à lui réserver la première place pour les 159 vues qu’il nous a envoyées. Tous ceux qui ont visité notre exposition ont pu y apprécier la perfection de sa collection composée de 90 vues stéréoscopiques sur verre, 21 positifs simples sur verre, 9 épreuves 18x18, 82 épreuves 9x12, 1 vue panoramique et 6 agrandissements 18x24.
- Premier Prix : M. CRU
- (Un appareil dit “ Spido ” du Comptoir général de Photographie)
- 5 agrandissements 38x50, 16 agrandissements 18x24, 13 épreuves 13x18, 76 épreuves 8x12
- Appareil « Vélocigraphe Hermagis ».
- Deuxième Prix : M. MEYÈRE
- (Jumelle-Mackenstein)
- 85 vues stéréoscopiques 8x9 Appareil « Schrembach ».
- Troisième Prix : M™ THIÉBAULT
- (Une médaille d’argent
- et 100 francs de livres à choisir sur le Catalogue de la Librairie Masson et Cie)
- 32 épreuves 6 1/2 x 9 Appareil a Mackenstein ».
- Nous n’avons pu pour les trois derniers prix 'nous conformer à la lettre du programme, les conditions n’en ayant été remplies par aucun des concurrents. Ces prix ont été attribués aux trois meilleures 'séi’ies, sans tenir compte des conditions particulières qu’ils spécifiaient.
- Quatrième Prix : M. RAVAUX (Un Eastman Kodak pliant)
- 20 épreuves 8x11 Appareil « le Bayard ».
- Cinquième Prix : M. MOREL DE BOUCLE SAINT-DENIS
- (Cari VOGT, les Mammifères)
- 25 épreuves 7x8, 21 agrandissements 13x8 Appareil « Eastman Kodak ».
- Sixième Prix : M. FERNET
- (Abonnements à “ La Nature ” et à “ La Photographie française ”)
- 65 épreuves 6 1/2x9 Appareil « Mackenstein ».
- Mentions Honorables : MM. COSTE, BERTRAND, DENYS, DURANTE, WEILL
- (donnant droit à un an d'abonnement à “ la Photographie française ”)
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- ITINÉRAIRE ET PROGRAMME DE L’EXCURSION
- Nous donnons ci-dessous l’itinéraire et le programme complet de notre première excursion, que nous n’avons pu, faute de place, faire entrer dans le corps du numéro.
- 1er jour (4 août). — Visite de Rocamadour; après déjeuner départ en voiture pour une excursion sur le Causse de Gramat. Visite des gouffres de Réveillon et de l’adirac. Dîner à la station de Rocamadour, départ en chemin de fer à 8 heures pour Decazeville où l’on arrive à 10h6. Coucher à Decazeville.
- 2e jour (5 août). — Visite des usines de Decazeville, de la Tranchée de la Salle, des ateliers de préparation mécanique, des charbons d’agglomération, des fours à coke. Après déjeuner visite des hauts fourneaux, des aciéries et des forges. Coulée de fonte d’un haut fourneau. Dîner et coucher à Decazeville.
- 3e jour (6 août). — Etude de l’exploitation souterraine de la houille, descente dans la mine par le puits Bourran. Après déjeuner excursion en voiture sur les bords du Lot. Dîner et coucher à Decazeville.
- 4e jour (7 août). — Départ à 6h 15 du matin en chemin de fer pour Aurillac. Arrivée à 9h35. VLite de la ville et repos. Dîner et coucher à Aurillac.
- 5e jour (8 août). — Départ à 8h 46, en chemin de fer pour Yic-sur-Cère. Arrivée à 9h20. Visite de la source d’eau minérale, promenade au Pas-de-la-Cère. L’après-midi promenade h Curebourse et au gisement de plantes fossiles de la Mougudo. Lunch à l’Ilùtel de la Compagnie d’Orléans. Après dîner réception au Casino. Un train spécial ramène les excursionnistes coucher à Aurillac. '
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- Itinéraire
- DU VOYAGE DE “LA NATURE
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- MASSIF CENTRAL
- DE LA FRANCE
- 6* jour (9 août). — Départ d’Aurillac, par train spécial, à 6 heures. Dé| art de Yic-sur-Cère en voiture à 6h 30 pour la traversée du Cantal par le col du Lioran. Déjeuner au Lioran. A 2 heures départ en voiture pour Murat, visite de la ville. Dîner et coucher à Murat.
- 7e jour (10 août). — De Murat au puy Mary en voiture.
- Déjeuner au col de Gabre. Ascension du puy Mary. Retour à Murat.
- 8* jour (Il août). — A 7h 14 départ en chemin de fer pour Saint-Flour. Arrivée à 9h32. Visite de la ville et de son rocher. Après déjeuner départ en voiture pour Garabit. Visite du viaduc. A 3h 37 départ en chemin de fer pour Mende. Le soir illuminations, concert, puncn d’honneur au théâtre.
- 9* jour (12 août). — Le matin repos et visite de Mende.
- Après déjeuner départ en voiture, traversée du
- Causse de Sauveterre, d’Ispagnac. Dîner et coucher à Sainte-Enimie.
- 10e jour (13 août). — Descente en bateau des gorges du Tarn.
- Déjeuner au château de La Caze. Débarquement au Rozier. Dîner et coucher à Peyreleau.
- 11e jour (14 août). — A 7h 30 départ en voiture. Visite de la Grotte de Dargilan ; cette visite e-t séparée en deux parties par le déjeuner. A ô heures départ en voitures pour Meyrueis. Dîner et coucher à Meyrueis.
- 12e jcur (15 août). — Départ en voiture pour le Vigan, par l’Aigoual. Vue de la cascade et du tunnel de Bra-mabiau. Ascension en voitures de l’Aigoual. Déjeuner dans l’Observatoire. Visite de l’Observatoire. Départ à 3 heures pour Le Vigan où l’on arrive à 8 heures. Dîner et coucher au Vigan.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Nous donnons ci-dessous, k titre de documents, les télégrammes que nous avons reçus des différentes localités visitées par les excursionnistes de La Nature. Ils n’ont pas besoin de commentaires. Nos lecteurs peuvent voir que tout s'est passé comme nous l’avions prévu et que nos abonnés ont été reçus partout avec enthousiasme.
- Decazeville, 5 Août.
- Tous nos excursionnistes sont arrivés. Tons sont armés d’appareils photographiques et prennent force vues du château, du village et des chapelles de Rocamadour. La promenade de l’après-midi s’est effectuée par un temps splendide. La visite du gouffre de Réveillon a beaucoup intéressé. M. Viré, administrateur délégué de la Société de Radirac, nous a fait les honneurs du gouffre qu’il est en train d’aménager. Dîner en plein air à la station de Rocamadour. Arrivée a Decazeville à 10 heures. La population venue en foule à la gare nous fait un charmant accueil. F.
- Decazeville, 6 Août.
- La journée d’hier a été consacrée à la visite intéressante des mines et usines de Decazeville. M. Péguet, directeur des mines, assisté de ses ingénieurs, nous a fait visiter avec une bonne grâce parfaite les fours à coke, les ateliers de criblage et de lavage, les hauts fourneaux, les aciéries, les ateliers de puddlage, de masserie et de laminage. A notre passage dans l’intéressante tranchée de La Salle une trentaine de puits de mines préparés à cet effet ont fait explosion et ce spectacle provoque une véritable débauche de photographies. La visite se termine par la coulée du haut fourneau qui enthousiasme nos excursionnistes.
- F.
- Aurillac, 7 Août, 11 heures.
- Nous avons continué la visite de Decazeville par une descente dans le puits Bourran. Nos quatre-vingts excursionnistes se revêtent de vêtements spéciaux à la grande joie générale. Visite intéressante sans accidents ni incidents. Dans l’après-midi treize omnibus font faire, sur les bords du Lot, une promenade aussi pittoresque qu’intéressante au point de vue géologique.
- Le soir, la Direction du voyage a invité à dîner M. Péguet, directeur de la mine, MM. Jardel et Picancet, ingénieurs. M. Boule, en remerciant ces Messieurs de leur aimable accueil, leur a remis le produit d’une collecte faite par les excursionnistes pour la caisse de secours des mineurs et ouvriers en témoignage de leur reconnaissance. Le télégramme suivant a été envoyé à M. Fayolle, directeur des mines de Commentry-Four-chambault et Decazeville, qui nous avait ouvert ses ateliers avec une si bonne grâce.
- « Excursion Nature très reconnaissante de l'accueil reçu à « Decazeville et enchantée de ses visites me prie être interprète « auprès de vous pour adresser remerciements. » « Boule ».
- Aurillac, 7 Août, 6 heures soir.
- Arrivée à Aurillac ce matin à 10 heures. — Visite de la ville et repos bien gagné par suite des fatigues de ces deux derniers .jours. F.
- Thiézac, 9 Août.
- Très jolie réception à Vie. La municipalité, la population, la musique nous attendent à la gare. Visites de la source, du Pas-de-la-Cère, de Curebourse et de la Mougudo ont grand intérêt. A 5 heures lunch splendide à l’Hôtel de la Compagnie d’Orléans ; pendant dîner la musique et les chœurs font entendre les airs du pays. Après dîner, illuminations au Casino, les paysans dansent la bourrée et danses du pays, enthousiasme général. F.
- Murat, 6 Août.
- Traversée Lioran bien effectuée malgré légère pluie. Beaux sites, excitent admiration générale. F.
- Murat, 10 Août.
- Ascension du puy Mary favorisée par très beau temps. Déjeuner champêtre au col à 1700 mètres d’altitude, très joyeux. Très intéressante conférence de M. Boule. F.
- Mende, 11 Août.
- Visite de Saint-Flour. Copieux déjeuner à l’Hôtel Courtiol. Visite du viaduc de Garabit avec très intéressante conférence de l’ingénieur Vinay. Arrivée à Mende. Réception enthousiaste de la population. Ville pavoisée et illuminée. Concert et punch offerts au théâtre par municipalité et administration France pittoresque. Allocutions maire et député chaleureusement applaudies. F.
- Sainle-Eniinie, 12 Août 1898.
- Matin visite ville et musée de Mende. Départ pour Sainte-Enimie. Traversée du Causse de Sauveterre. Descente magnifique sur Ispagnac. Hospitalité gracieuse des habitants de Sainte-Enimie, pour suppléer insuffisance nombre hôtels. lTne partie de nos touristes doivent coucher à Florae. F.
- (Parville, Paris). Peyreleau, 13 Août.
- Suis absolument enchanté. Descente gorges du Tarn encore supérieure à toute description. Ne savons, pendant 12 heures de navigation, qu’admirer davantage intérêt phénomènes naturels ou scènes grandioses du paysage. Notre caravane répartie sur vingt barques forme escadre des plus pittoresques. Un des bateaux porte le pavillon de La Nature. Baignade involontaire, mais sans suites fâcheuses, au passage d’un rapide, d’une de nos charmantes excursionnistes. Journée coupée par excellent déjeuner servi au château La Caze, propriété du directeur de la France pittoresque; président section club alpin Milan, venu exprès pour nous recevoir. J’explique votre absence qui excite unanimes regrets. Tous nos amateurs photographes travaillent à l’envi. Serez étonné richesses rapportées. Boule se multiplie, lui devons sincère reconnaissance. G. M.
- Aigoual, 15 Août.
- Vous télégraphie observatoire Aigoual, 1567 mètres altitude. Journée hier bien passée, grotte Dargilan a étonné tous les touristes, le soir, fanfare de Meyrueis a donné aubade pendant dîner. Léger orage n’a pas empêché avoir beau temps aujourd’hui. F.
- Vigan, 16 Août.
- Dernière journée très réussie. M. Fabre fait avec grande amabilité honneurs observatoire Aigoual, panorama splendide a ravi tous excursionnistes. Dîner final très joyeux. On se sépare en se disant à l’année prochaine. F.
- La partie matérielle de notre excursion avait été confiée à M. Desroches, directeur de l'agence Desroches, qui, dans les pays nouveaux et peu fréquentés par les touristes que nous devions traverser, devait rencontrer les plus grandes difficultés pour subvenir au logement et aux repas d’une centaine de personnes. Nous sommes heureux de constater qu’il s’est tiré à son honneur de cette tâche si difficile, et qu’il a su utiliser toutes les ressources du pays. Nous tenons particulièrement à signaler la façon dont le Directeur de la Société la France Pittoresque, a su organiser, dans la région des Gorges du Tarn, les services de voitures et de bateaux pv,ur une aussi nombreuse caravane. Nous croyons devoir être l’interprète de tous ceux de nos abonnés qui ont pris part au voyage en remerciant enfin M. Desroches de la bonne humeur, de la gaîté qu’il a su inspirer à tout le monde pendant la durée de l’excursion et du charmant accueil qu’il nous a fait au château de La Caze et à la grotte de Dargilan, dont l’exploitation est sa propriété. N. D. L. D.
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