La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS
- Paris. Un an................................. 20 fr. »
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- Union postale. Un an. — Six mois
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- LES CINQUANTE-DEUX VOLUMES PRECEDENTS SONT EN VENTE
- AVEC LES TABLES DES DIX PREMIÈRES ANNÉES ET DE LA 2e SÉRIE DES ANNÉES SUIVANTES
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras. 9.
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- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- DIRECTEUR
- HENRI DE PARVILLE
- VINGT-SEPTIÈME ANNÉE
- 1899
- DEUXIÈME SEMESTRE
- PARIS
- MASSON ET C“, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 120
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- 27e ANNÉE. — N» 1358.
- 3 JUIN 1899.
- LÀ NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- UNE COQUE SAUTEUSE
- Dans le courant de l’été dernier un de nos correspondants, M. de Chapel, nous adressait une lettre dont nous extrayons les lignes suivantes :
- « Dans un de vos derniers numéros vous parlez de graines qui sautent. J’ai l’honneur de vous envoyer quelque chose de semblable qui m’avait fort intrigué il y a quelques années. Ce sont des feuilles d’érable, dont l’intérieur est mangé par un petit ver.
- « Lorsque ce petit animal veut faire son cocon, il lui donne une forme circulaire et se sert de l’épiderme qu’il a respecté en mangeant le parenchyme. Ce cocon se détache sous la forme d’une pastille et tombe sur le sol.
- « Lorsque le soleil donne aux endroits où sont tombés les petits cocons, on les voit sauter en tout sens. C’est fort curieux et sous certains érables le sol en est jonché. »
- Nous avons examiné les feuilles envoyées par M. de Chapel; elles appartiennent à l’érable de Montpellier {Acer monspessula-num) et la larve qui en dévore le parenchyme est celle d’un insecte de l’ordre des hyménoptères et de la famille des tenthrédiniens, ou mouches à scie.
- Cette petite mouche, appelée par les naturalistes phyllotome de l’érable (Phyllotoma aceris KaL), mesure environ 3 millimètres et demi. Son corps est presque entièrement noir, ses antennes brunes, ses pattes blanches avec les cuisses noires ; les ailes sont à moitié enfumées.
- Nous avons pu suivre pendant l’automne le développement des larves envoyées par M. de Chapel et les figurer d’après nature.
- Notre figure I représente l’insecte à l’état parfait, 27e année. — 2e semestre.
- h L.Ckment
- Une coque sauteuse.
- grossi 4 fois ; les figures 2 et 3 la larve en dessus et en dessous, également grossie ; sa forme générale rappelle celle de certaines larves de coléoptères, les cérambycides par exemple. Notre figure 4 représente une feuille de grandeur naturelle minée par la larve, et la figure 5 une coque détachée de la feuille, telle qu’on la trouve sur le sol, légèrement grossie.
- Les dégâts causés par cette larve atteignent parfois, d’après M. de Chapel, les proportions d’une véritable maladie. Le moyen de les prévenir nous semble difficile à indiquer en dehors du ramassage des feuilles attaquées, ainsi que des coques et de leur destruction; mais ces larves ont heureusement des parasites dans l’ordre même des hyménoptères et nous représentons figure 6 une coque à travers laquelle on aperçoit les larves d’un de ces hyménoptères de très petite taille, qui après avoir dévoré la larve de phyllotome qu’elle contenait, se préparent à subir leurs métamorphoses dans son propre domicile.
- Les coques que nous avons observées nous ont fourni deux* espèces différentes de ces parasites, et leur transformation en insectes parfaits s’est opérée très rapidement, condition éminemment favorable à la sûreté de leur action destructive, car les phyllo-tomes, d’après l’observation que nous en avons pu faire, passent l’automne et l’hiyer à l’état de larves dans les coques. Il n’est pas douteux que les parasites éclos en juillet pondent de nouveau dans ces coques et continuent ainsi de réduire le nombre des larves dans une forte proportion.
- Ce cas de parasitisme n’a rien d’ailleurs qui doive nous surprendre; un grand nombre de tenthrédiniens nuisibles sont fréquemment et heureusement pour nos cultures décimés par des chalcidiens.
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- Les larves de phyllotome n'atteigueut qu’une petite taille et comme chaque feuille j(au moins celles (pie nous avons eues sous les yeux) n’en contient qu’une ou deux, il ne sous semble pas qu’il y ait lieu de se préoccuper outre mesure des dégâts quelles causent.
- C’est seulement au printemps qu’elles semblent exercer leurs ravages, car ce n’est qu’avec peine que M. de Chapel a pu retrouver dans le courant de juin, sur les érables, quelques feuilles portant encore des coques.
- Nous pensons avec M. de Chapel qu’il était intéressant d’attirer sur ces curieuses larves sauteuses l’attention de nos lecteurs.
- Ajoutons que certaines chenilles de microlépidoptères qui vivent en mineures dans les feuilles de divers arbres, s’y construisent aussi des coques présentant avec celles qui nous occupent une certaine analogie, mais nous ignorons si les chenilles qui les habitent jouissent également de la faculté de les faire sauter. A.-L. Clément
- Vice-président de la Société d’agriculture et d'Insectologie agricole.
- DE « LA NATURE »
- 1899
- Le succès de notre première excursion a dépassé notre attente. Aussi avons-nous mis à l’étude depuis quelque temps un nouveau projet de voyage pour 1899. Notre plan est aujourd’hui définitivement arrêté. Nous nous empressons d’en informer nos lecteurs et de donner ainsi satisfaction aux nombreuses demandes de ceux de nos abonnés qui ont fait partie de notre première excursion, et à celles des nouveaux adhérents, qui après la lecture de notre numéro spécial sur le Massif Central et les gorges du Tarn, ont manifesté le désir de prendre part au second voyage de La Nature.
- L’idée qui nous inspire est toujours la même. Nous voulons faire connaître les plus belles régions de notre pays en mettant particulièrement en relief leurs curiosités scientifiques et industrielles.
- Cette année, nous irons de VOcéan à la Méditerranée en suivant la chaîne des Pyrénées.
- A Biarritz, à Pau, à Cauterets, à Rigorre; à Lu-chon, dans les montagnes, nous trouverons des sites admirables; nous rencontrerons à Toulouse, à Carcassonne, à Elne, ailleurs encore, des merveilles d’architecture bien faites pour passionner les amateurs d’archéologie. L’intérêt scientifique sera largement soutenu par l’étude des phénomènes glaciaires et des eaux thermales dans toute la chaîne, par l’examen des usines, depuis les forges du Boucan, les manufactures de lainages de Rigorre, du centre industriel de Toulouse, jusqu’aux fabriques de cigarettes de Perpignan, et finalement par notre visite
- au laboratoire maritime Àrago et au sanatorium de Banyuls.
- En 1899 comme en 1898, ce qui imprimera à notre excursion son caractère propre (pie ne saurait évidemment avoir un voyage quelconque dans ces régions, ce sera la présence d’un savant autorisé pour la diriger. L’année dernière, nous avions eu la bonne fortune de posséder M. Marcellin Boule. Cette fois le directeur de l’excursion sera M. E. Cartailhac dont le nom si connu des anthropologistes en France et à l’étranger est depuis trente ans associé au mouvement scientifique du midi de la France.
- Dans un de nos prochains numéros, nous donnerons le programme détaillé du voyage et les conditions matérielles. Dès aujourd’hui, nous pouvons répondre à tous ceux qui nous ont demandé des renseignements que le rendez-vous sera à Bayonne le 25 août et que l’excursion durera treize ou quatorze jours. Henri de Parville.
- LES ÉGOUTS DE PARIS
- AUX XVIIe ET XVIIIe SIÈCLES
- M. Charles Normand a signalé récemment dans Y Ami des Monuments la découverte dans file Saint-Louis de deux galeries souterraines dont on ignorait jusqu’à présent l’existence ; elles ont été mises à jour par les travaux de construction d’un égout. La principale, à plein cintre, débouchait dans un puits près de la Seine ; la seconde, à arc fortement surbaissé, tombait dans la première. Elles étaient construites en pierres de taille de grandes dimensions, fort bien appareillées, et les parties non utilisées ont été fort dures à démolir.
- Il nous a paru intéressant de rechercher à quelle époque pouvait remonter la construction de ces anciens égouts et de jeter, en même temps, un coup d’œil rétrospectif sur l’état de l’assainissement de Paris dans les deux derniers siècles.
- On possède une nomenclature complète des égouts existant en 1663. A cette époque, le séjour de la ville ne devait guère être enviable et on s’explique ainsi la construction du palais de Versailles, car sur une longueur de 10 390 fnètres d’émissaires des eaux corrompues, 2554 mètres seulement étaient voûtés; le reste était constitué par de simples canaux à ciel ouvert.
- Parmi ceux-ci, le plus important qu’on appelait alors Grand égout de Ceinture ou Ruisseau de Ménilmontant (vov. figure), coulait sur la rive droite de la Seine dans une dépression comprise entre les hauteurs de Belleville, Montmartre et Chaillot, d’une part, et les monticules existant à l’emplacement des boulevards actuels, d'autre part; le Ruisseau de Ménilmontant, long de 6219 mètres, se déversait en Seine près du ponceau de Chaillot.
- On trouvait encore, sur la rive droite, l’égout Gaillon, l’égout des Halles passant par les rues du Cadran et Montmartre, legout de la rue du Ponceau et l’égout Saint-Louis, voûté sur presque toute sa longueur, qui passait sous les rues Saint-Louis et des Fillcs-du-Calvaire ; tous venaient se jeter dans le Ruisseau de Ménilmontant. L’égout Saint-Louis avait été construit pour évacuer directement dans l’égout de Ceinture les eaux de la rue Saint-Antoine qui se déversaient auparavant dans les fossés de
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- la Bastille par un caniveau à ciel ouvert passant entre les hôtels royaux des Tournelleset de Saint-Paul. Sur la rive gauche et dans les îles on ne rencontrait rpie de simples fossés.
- On ne se préoccupait guère à cette époque du nettoyage des égouts. Les odeurs qu’ils répandaient étaient parfois intolérables ; de plus les galeries engorgées débordaient sous l’influence de la moindre pluie et inondaient le quartier environnant. Les habitants du Marais allèrent jusqu’à demander la suppression de l'égout Saint-Louis en offrant de coopérer à la dépense.
- Cette situation ne fut cependant guère modifiée jusqu’en 1757, date à laquelle Turgot, qui était alors prévôt des marchands, entreprit la transformation radicale du système d’assainissement de Paris. Trois ans après, en 1740, l’égout de Ceinture coulait entre deux fortes murailles de lm,60 de haut; un grand réservoir contenant plus de 6000 mètres cubes d’eau, établi à l’origine vers
- la rue des Filles-du-Calvaire, permettait, au moyen de chasses, de nettoyer souvent et promptement le nouveau canal. Les propriétaires riverains voûtèrent la galerie; là où ne passait qu'un ruisseau infect, des maisons s’élevèrent et Paris qui jusqu’alors avait été arrêté dans son développement dans la direction du nord, par la présence de l’égout de Ceinture, prit de ce côté une rapide extension.
- Turgot ne s’en tint pas d’ailleurs à cette seule amélioration ; il remania et voûta les égouts existants, en construisit d’autres, notamment ceux de l’École militaire et du Palais-Royal.
- 11 est fort probable que les galeries découvertes récemment dans Pile Saint-Louis datent aussi de cette époque, car les successeurs de Turgot n’accrurent pas son œuvre et sous la Révolution les travaux d’assainissement furent absolument délaissés. D’ailleurs lorsqu’au début de ce siècle on commence de nouveau à établir des égouts, la maçonnerie fut faite, pour raison d’économie et de rapidité plus grande dans la construction, en pierres meulières à peu près brutes, de petit échantillon ; or, ainsi
- que nous l’avons dit plus haût, les galeries de Pile Saint-Louis sont fort bien appareillées et de plus exécutées en pierres de taille de grandes dimensions.
- Georges Lkugny.
- L’ÉCOLE D’AGRICULTURE COLONIALE
- DE TUNIS
- La Tunisie n’est, pas un pays d’avenir industriel, car elle n’a que peu de minerais (fer de la région de Tabarka) et point de houille; l’agriculture y est au contraire appelée à prendre un grand développement; l’extension des cultures aboutira à un avantageux emploi de nos capitaux disponibles et de l’activité des jeunes Français.
- Pour contribuer au succès de l’œuvre de colonisation qu’entreprend, avec tant d’esprit de suite, le Résident général, M. Millet, la direction de l’Agriculture et du Commerce de la Régence, alors confiée à M. Dybowski, a fondé à Tunis en 1898 une École d’agriculture coloniale. Noi|s venons de visiter cet établissement, sur le compte duquel son obligeant directeur, M. Pâture!, nous a fourni les renseignements les plus complets.
- L’École coloniale- est située à deux kilomètres dè Tunis, près du nouveau parc du Belvédère ; elle avoisine le Jardin d’essai, la Station agronomique, la Station météorologique, et une Ferme d’expériences créée un an auparavant. Ces établissements, qui concourent au même but, se prêtent un mutuel appui, et les élèves bénéficient des observations qui y sont recueillies.
- Grâce à une excellente idée du fondateur, l’enseignement est donné par les fonctionnaires ou les savants que leurs préoccupations journalières mettent à même de traiter les questions spéciales avec une compétence hors ligne. En matière d’enseignement, la division du travail est poussée très loin, et cela est digne d’attirer l’attention.
- Le cours d’agriculture est complété par des cours de culture coloniale, d’horticulture et d’arboriculture, de sylviculture, de viticulture et d’oléiculture.
- La zootechnie du bétail, l’hippologie et la zoologie agricole forment trois cours distincts.
- Le vaste programme de .l’économie appliquée aux choses de la ferme, comporte trois subdivisions, confiées chacune à un spécialiste ; économie rurale, administration domaniale et législation rurale, économie coloniale.
- Les autres matières enseignées sont : la chimie générale, la chimie agricole, le génie rural, l’hydraulique agricole, la botanique, la technologie, la
- l’Huilerie d’essai,
- Los égouts de I’aris en 1663.
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- la nature.
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- physique et la météorologie, la géologie, l’hygiène coloniale, les pêches maritimes, la bactériologie agricole ; il y a également des conférences de pathologie végétale, de comptabilité, et^de langue arabe.
- Les professeurs ont à leur disposition des laboratoires qui, dès le début, ont été complètement aménagés ; bien que le nombre des premiers élèves admis ait dépassé de beaucoup les prévisions, tout de suite
- Bergerie Vacherie. Maison Bergeries. Huilerie modèle,
- et porcherie. du régisseur.
- Fig. 1. — Vue d'ensemble de la ferme d’expériences. (D’après une photographie.)
- les étudiants ont trouvé des moyens d’enseignement théorique et pratique, associés de la façon la plus complète.
- L’École se propose de faire des cultivateurs, de préparer des colons ; aussi les élèves sont-ils initiés à la pratique agricole et à toutes les opérations manuelles que celle-ci comporte ; ils quittent la plume pour la charrue,l’amphithéâtre pour le laboratoire, celui-ci pour le vrai laboratoire de l’agriculteur, la ferme, avec ses champs et ses animaux.
- J’ai déjà dit que l’École était entourée d’établissements créés avant elle, mais qui en deviennent maintenant des rouages importants. Le Jardin d’essai, établi en 1892, renferme les principaux arbres fruitiers, forestiers et d’ornement des pays tempérés et des pays chauds ; ces essences y sont l’objet d’une
- étude attentive aboutissant à la propagation des meilleures variétés. La reproduction des eucalyptus y prend une très grande importance. Pour la faciliter, on dispose des carrés, abrités par une bordure d’eucalyptus, et dans lesquels on place sur le fond
- d’une cuvette peu profonde, les milliers de petits pots, où sont les boutures. On irrigue à volonté ces carrés, et le moment venu, les boutures sont livrées aux colons, avec le pot qui les renferme, au prix insignifiant de cinq centimes l’une. L’année dernière le Jardin a livré 100 000 de ces boutures.
- On y garde aussi quelques animaux de la ré-gion; nous y avons vu des gafelles, mignonnes et vives, avec leurs grandes oreilles bordées de noir; des autruches y étaient en séjour en attendant d’être expédiées vers le Sud pour servir à la création de fermes d’autru-
- Fig. 2. — Blé de la station agronomique de Tunis. (D’après une photographie.)
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- ches, à l’instar de ce qui s’est fait en Australie et au I arrive à la ferme d’expériences. Les bâtiments, dis-Cap. A peu de distance, en traversant le jardin, on | posés sur trois des côtés d’une vaste cour, com-
- Fig. 3. — Carrés abris pour la multiplication. (D'après une photographie.)
- prennent la maison du régisseur, une vacherie, une bergerie et une porcherie. On y entretient les types indigènes et ceux des types étrangers qui pourront en assurer l’amélioration.
- L’étable est peuplée de petites vaches tunisiennes à tête courte et camuse , au tronc fort, porté par des membres très courts, de pelage fauve foncé ; on y exploite aussi une race voisine, de robe fauve claire, celle de l’île de Pantella-ria (entre la Sicile et le cap Bon), qui est meilleure laitière que la race indigène.
- Un croisement fort curieux a été réalisé entre cette dernière et le zébu. Les individus obtenus sont, nous a-t-on dit, d’un engraissement plus facile que les
- bœufs; ils sont haut montés sur des membres fins, avec le front large, les cornes fortes et le pelage noir
- du zébu, mais sans bosse dorsale.
- Les moutons appartiennent soit à la race locale à queue énorme, soit à la race à queue fine d’Algérie; un bélier et une brebis des Touareg reconnaissables à leur haute taille et leur profil extrêmement convexe sont conservés dans le troupeau, qui comprend encore des béliers et des brebis mérinos venus de la Bergerie nationale de Rambouillet.
- Sur les terrains de la ferme sont entreprises les cultures les plus diverses ; nous y avons remarqué de beaux champs de céréales, de fèves et de betteraves.
- Fig. 4. — Vacherie de la ferme d'application. (D’après une photographie.)
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- Les champs d'expérience de la station agrono-mi(jiie sont à coté des précédents; ils mettent sons les yeux des colons la collection des céréales indigènes et des plantes exotiques qu’il convient de propager et d’introduire.
- Si nous ajoutons que les élèves font tous les ans, à l’époque des vacances, une excursion dans divers points de la Régence, on conviendra qu’après leurs deux années d’études, les jeunes gens qui sortent de l’Ecole de Tunis seront bien préparés pour coloniser.
- L’avenir confirmera ces prévisions, et montrera combien ont été heureusement inspirés et le Résident et M. Dybowski, en fondant*a Tunis la première école d’agriculture coloniale.
- P. Dechambre.
- Professeur h l’Ecole nationale (l’agriculture de Grignon.
- LES SONDAGES PROFONDS
- POUR LES FONDATIONS
- C’est une pratique habituelle dans les sondages que l’on fait pour rechercher un terrain solide où asseoir des fondations, de s’arrêter quand on trouve une couche présentant une solidité suffisante par sa constitution même ; le plus souvent on ne recherche point quelle peut être l’épaisseur de cette couche, et on suspend les forages. Or, un accident vient d’arriver au Canada qui montre l’importance d’une modification dans cet errement.
- En septembre 1898 s’est produit un effondrement partiel du pont de Cornwall, construit sur la rivière Saint-Laurent dans l’Ontario, pour le passage du chemin de fer dit : « New-York and Ottawa Railroad » : deux travées s’effondrèrent dans l’eau par suite du déversement d’une des piles. Une enquête a été faite afin d’élucider les causes de cet effondrement, et notamment l’on a fait des sondages au moyen d’un outil diamanté dans le massif de fondation de la pile déversée. On s’est aperçu qu’il était établi sur une couche d’argile très dure, il est vrai, et par suite incompressible en elle-même, mais épaisse seulement de 60 centimètres, et au-dessous de cette sorte de lame argileuse s’étendait un dépôt vaseux dans lequel la sonde put s’enfoncer de 4 à 5 mètres sans rencontrer un sol solide. On comprend ce qui avait dû aisément se produire : l’argile avait fléchi en s’enfonçant partiellement dans la vase, pour une raison qu’on n’a pas encore élucidée, et la pile du pont ne pouvait manquer de perdre son aplomb.
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- LE DANGER DE L’ALCOOL
- DANS LES PAYS CHAUDS
- L’alcool est des plus funestes dans les climats tempérés, combien ne l’est-il pas davantage dans les pays chauds, sous les tropiques! Et cependant c’est une vérité qui a encore besoin d’être démontrée, comme on peut le constater quand on examine le mouvement énorme d’importation des alcools, liqueurs et absinthes, qui se fait dans les colonies françaises notamment.
- Un colonial des plus distingués, M. A. Fick, président de section de la Société coloniale allemande, écrivait récemment, dans la Deutsche Kolonialzeitung : « Le climat des tropiques n’est jamais nuisible par lui-même
- à l’Européen. Tous les colons, tous les voyageurs qui y succombent, le doivent non à l’influence du climat, de l’air, de l’eau, de la nourriture, mais à celle de l’alcool exclusivement. » Le Dr Georges Kolb, qui a vécu de longues années dans l’Afrique orientale, dit de son côté d’une façon aussi catégorique : « Je ne suis pas un fanatique de la tempérance ; mais cela ne m’empêche pas de dire que si l’alcool, en Europe, n’est pas utile, en Afrique, dans n’importe quelles conditions et sous n’importe quelle latitude, il doit être considéré comme nuisible et dangereux, presque comme un poison.... Les maladies tropicales épargnent le plus souvent les femmes européennes; pourquoi? Parce que, en général, elles sont plus tempé-J r;mtes que les hommes. »
- Le général en chef de l’armée anglaise de l’Inde, Lord Roberts, dit que la moitié des maladies des soldats y proviennent de l’alcool. On compte dans ces troupes un certain nombre d’abstinents au sens strict du terme : or, dans le cours d’une année, 5,5 pour 100 d’entre eux passent par les hôpitaux, tandis que la proportion correspondante est de 10 pour 100 parmi les non-abstinents._____
- Quels ravages ne doit pas faire parmi nos colons, nos soldats, nos émigrants dans l’Amérique du Sud, cette boisson terrible dont ils conservent fidèlement l’habitude, l’absinthe, et qu’on désigne au Brésil sous le surnom caractéristique de mata-Frances (( tue-Français » !
- D. L.
- LA AIE HUMAINE
- M. Hall Schooling, de Rruxelles, rappelait récemment une vieille règle permettant de déterminer la durée de la longévité future d’un homme, si l’âge actuel est compris entre 12 et 90 ans. « Retranchez votre âge de 86 ; divisez le reste de la soustraction par 2 et vous aurez le nombre des années qui vous restent à vivre. » Vous avez 50 ans. Donc, vous vivrez jusqu’à 68 ans. Mais si vous avez 60 ans, vous vivrez jusqu’à 73 ans. Si vous avez 65 ans, vous vivrez jusqu’à 76 ans, etc. Il paraît que cette vieille règle fut inventée par un moine qui, en 1685, émigra de France en Angleterre, enseigna les mathématiques à Londres, fut l’ami de Newton et devint membre de la Société royale. Elle est assez simple pour rester gravée dans la mémoire. Les chances de survie à tout âge sont bien connues. On peut en donner une idée en quelques lignes. A la naissance, la chance de vivre est de 5 contre 1, à 5 ans de 119, à 10 ans de 512, à 15 ans de 347, à 20 ans de 207, à 25 ans de 156, à 30 ans de 120, à 35 ans de 97, à 40 ans de 78, etc. M. Schooling avance que, sur 1000 individus âgés de 60 ans, il en survivra 599 à 70 ans, 120 à 80 ans et 17 à 90 ans. Enfin, sur 1000 nonagénaires, 4 atteindront leur centième année. La réalité moyenne ne s’écarte pas beaucoup de ces résultats. Mais quelle différence selon les départements, les pays, etc.! Ainsi, en Espagne, d’après M. Oloriz, on relevait autrefois environ 25 centenaires par million d’habitants ; leur nombre va croissant depuis un demi-siècle. En 1857, la proportion était de 12 ; en 1867, de 14; en 1877, de 30. Et tout dépend de la contrée. L’Andalousie est la mieux partagée. La proportion monte à 50 et 60 par millions d’habitants. Elle descend beaucoup dans le nord de l’Espagne. Elle'est de 15 dans la vallée du Tage, de 7 dans eelle de l’Èbre, de 6 dans celle du Douro. F.
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- LE MÉTROPOLITAIN MUNICIPAL DE PARIS1
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- Il est maintenant certain que le Métropolitain de Paris ne roulera pas pour l’inauguration de l’Exposition de 1900 ; tout au plus sera-t-il prêt à rendre ses services vers la fin de juin, soit deux mois et demi environ après le commencement de la grande manifestation qui doit inaugurer le siècle prochain ; bien que le grand mouvement de l’Exposition n’ait* véritablement lieu qu’à partir de juillet, ce retard sera très préjudiciable au transport des visiteurs qui afflueront aux Champs-Elysées et au Trocadéro dès le 15 avril 1900 ; y avait-il moyen de l’éviter? oui : en commençant les travaux plus tôt. Fallait-il alors, puisqu’on se trouvait acculé par le temps, renoncer à construire le Métropolitain pour l’Exposition? — Sûrement non! il n’aurait jamais été fait.
- La partie actuellement en construction se compose d’une ligne complète, et de l’amorce de deux autres lignes.
- La première est la grande transversale Est-Ouest qui relie le Bois de Boulogne au Bois de Vin-cennes; elle longe les avenues de la Grande-Armée et des Champs-Elysées, suit la rue de Rivoli et le Bd Diderot pour accompagner le cours de Vincennes jusqu’à la porte du même nom.
- Des deux amorces en construction la plus importante est celle qui va de l’Étoile au Trocadéro avec jonction à la ligne précédente, de sorte qu’il sera toujours possible aux voyageurs de la Bastille et de la rue de Rivoli de prendre le train directement pour le Trocadéro. Le dernier tronçon part de la Porte Dauphine, longe les avenues Bugeaud et Victor Hugo pour s’arrêter à l'Étoile; c’est le commencement de la grande circulaire.
- Comme on peut s’en rendre compte par cette énumération, la place de l’Étoile va devenir une sorte de grande gare (fig. 1); sous sa chaussée les voies vont rayonner dans tous les sens, au risque de présenter une certaine complication pour le lecteur. Parlons d’abord de la ligne Étoile-Trocadéro; elle formera tête de ligne à l’Étoile, et pour la faci-
- 1 Yoy. n° 1347 du 18 mars 1899, p. 252.
- lité de l’exploitation, le tunnel contournera toute la place de façon que les trains arrivant dans un sens puissent revenir par la voie descendante sans manœuvre spéciale pour retourner les voitures, ce fait est capital, car il facilite le mouvement et réduit dans des proportions considérables le temps d’arrêt des voitures au point terminus.
- La ligne de la Porte Maillot-Champs-Élysées, traverse la place de l’Étoile et vient toucher tangentiel-lement la boucle de la ligne précédente en un point situé près de l’avenue Wagram ; c’est cet emplacement qui a été choisi pour construire la gare double, commune aux deux lignes (fig. 2).
- Quant à la troisième ligne, celle de la Porte Dauphine-Avenue Wagram, elle passe sous les deux autres, et la cote de son rail est à 14 mètres au-dessous du sol. Il n’y aura donc pas de jonction directe entre la ligne de la Porte Dauphine (grande circulaire) et celle qui va delà Porte-Maillot aux Champs-Élysées ; on a pourtant ménagé les gares sur la même verticale, de façon à permettre aux voyageurs de prendre la correspondance en changeant de train sans remonter à la surface.
- Comme on le sait, la Ville construit l’infrastructure du Métropolitain et une société spéciale dite « Société du Métropolitain » se charge de la superstructure et del’exploitation. La ligne principale a été divisée en onze lots ; en y adjoignant les deux lots des embranchements, on aura les treize lots qui sont actuellement en construction ; ils ont trouvé tous des entrepreneurs, sauf le premier (de la Porte de Vincennes à la rue de Reuilly) qui est fait en régie.
- Il y avait une réelle difficulté à mener un travail aussi considérable en aussi peu de temps et il a fallu toute lenergie et la bonne volonté des ingénieurs pour réaliser ce problème fantastique de construire en plein Paris, sans gêner la circulation, un chemin de fer en souterrain dans le laps de dix-huit mois.
- La façon d’opérer est très simple en principe : les entrepreneurs ont creusé des puits verticaux d’extraction descendant jusqu’à la galerie à construire ; ils ont creusé le plus de puits possibles afin d’augmenter le nombre de fronts de taille et réduire par là le temps nécessaire au percement : quelques-uns ont pu se servir des boucliers à vérins hydrauliques
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- Mètres
- Fig. 1. — Ensemble des voies autour de l’Arc de Triomphe.
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- LA NATURE.
- qui, malgré leur prix élevé de 120000 francs, réalisent une économie sur l’ensemble du travail ; ils permettent, en effet, de réduire dans quelques propor-
- tions le boisage qui retient les voûtes des galeries.
- Le bouclier embrasse quelquefois toute la section du tunnel qui se trouve ainsi construit d’un seul
- Fig. 2. — La gare double de l’Étoile et la ligne Porte Daujdiine-Avenue Wagram.
- coup par anneaux successifs; d’autres fois il n’inté- I saire, dans une seconde phase de travaux, d’attaquer resse que Ja partie cintrée : en ce cas, il est néces- j les terres comprises entre son chemin de roulement
- Fig. 3. — La station de la Place du Palais-Royal.
- et le futur radier du chemin de fer. D’une façon comme d’une autre le rôle du bouclier n’est pas de percer le sol, mais de soutenir momentanément la voûte (fig. 5) : les ouvriers sont placés entre la tête de l'appareil et le front de taille, ils piochent et
- taillent pour préparer la place du bouclier; quand celle-ci est prête, on fait fonctionner les vérins hydrauliques qui, s’appuyant d’une part sur les boisages fixes des parties achevées, forcent le bouclier à avancer ; de cette façon les terres restent sou-
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- Fig. 4. — Voûte pour la station (le la Place de la Nation. (D’après une photographie.)
- Fig. 5. — Le bouclier à vérins employé pour le percement de la gare sous la place de la Nation,
- (D'après une photographie).
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- tenues par le cintre métallique ; on maçonne immédiatement et on ne décintre que cinq ou six jours après pour donner aux maçonneries le temps de prendre toute leur cohésion ; il reste toujours une dizaine d’anneaux métalliques derrière le bouclier; chaque fois qu’on opère une manœuvre, on déboulonne le dernier anneau et on le remonte à l’avant où il remplit son rôle de cintre pour un nouveau tronçon.
- Malheureusement le bouclier n’est pas toujours d’un emploi possible, il y a des cas où l’on ne peut avoir recours à lui, comme dans les parties en courbes ; en plusieurs points également les entrepreneurs n’ont pu obtenir livraison de l’appareil à temps, et comme à tout prix il ne fallait pas perdre un jour, ils ont attaqué par les procédés ordinaires.
- En ce cas on emploie les moyens généralement en usage dans la construction des tunnels, c’est-à-dire qu’on exécute une galerie d’avancement qu’on boise vigoureusement et l’on ne procède aux attaques des autres parties que lorsque la voûte qui vient d’ètre lancée est complètement terminée.
- L’entrepreneur à qui revient la construction du 9e lot et de celui de l’avenue Kléber a imaginé un moyen de construction tout à fait nouveau, très hardi et qui a donné les meilleurs résultats tout en permettant de mener l’ouvrage très rapidement. 11 commence par établir une galerie d’avancement de 2 mètres de haut à l’emplacement du futur radier, puis il en construit une seconde au-dessus, séparée de la première par une épaisseur de terre de 40 centimètres et il construit sa voûte entièrement en se servant du sol supérieur pour retenir les cintres (fîg. 6) ; tous les dix mètres, il pratique des ouvertures dans le sol de séparation des galeries, de façon à renvoyer tous les déblais dans le couloir inférieur, qui ne servant qu’à cet usage, peut rendre de très grands services ; une fois la voûte achevée et maçonnée , il fait tomber les terres qui séparent les deux galeries et il nettoye (c’est son expression) sur les côtés, c’est-à-dire qu’il enlève les terres, jusqu’à l’emplacement des pieds-droits; ceux-ci sont construits par portions de 5 mètres en laissant toujours un pilier de terre entre deux parties de murs en construction.
- L’ouvrage marche assez rapidement, car les galeries avancent environ de 4 mètres par jour et par front de taille ; il est bon d’ajouter qu’on travaille 22 heures sur 24 et que des ouvriers de choix sont employés à cet emploi.
- On n’a trouvé aucune difficulté sérieuse pour l’af-fouillement des terres, le sous-sol de Paris étant
- composé de marnes calcaires, de carbonates cristallisés et de glaises. Quelquefois on s’est trouvé en face de murs d’anciennes constructions comme ceux de la Tour de la Liberté. Il existe également beaucoup de terrains de remblais.
- Le Métropolitain a bouleversé tout le système d’égouts des voies qu’il emprunte, notamment le long de la rue de Rivoli où le collecteur a dû être enlevé et remplacé par deux égouts latéraux de moindre importance (fig. 3).
- 11 existe deux types de gares ; chaque fois qu’on a pu s’enfoncer suffisamment dans le sol on a exécuté des gares maçonnées comme dans le cas de la place de la Nation (fig. 4), c’est un travail plus discret. Dans certains cas, comme pour les stations du Palais-Royal, de l’Hôtel-de-Ville, etc., on a eu peur de rencontrer des couches d’eau qui eussent envahi les chantiers : il a fallu remonter autant que possible la cote du rail : en ce cas on a dû faire des gares recouvertes de poutres en fer qui soutiennent la chaussée ; à cet effet on a commencé par construire les piliers des pieds-droits en avançant sous
- terre le long de galeries percées à ce propos ; lorsque ceux-ci ont été prêts on a déblayé le sol de la rue et on a installé des poutres de 14 mètres de portée qui reposent sur ces piliers en pierres. On refait la chaussée immédiatement et on enlève ensuite les terres intérieures en se servant des puits d’extraction.
- La gare de la place de la Bastille est à ciel ouvert, elle constitue un ouvrage d’art des plus intéressants à cause de la présence du canal Saint-Martin : nous comptons revenir sur ce sujet ultérieurement dans une étude spéciale.
- Une difficulté s’est présentée dès le début, l’enlèvement des déblais ; pour les chantiers qui entourent l’Arc de Triomphe, les constructeurs empruntent les voies du tramway qui remonte l’avenue de la Grande-Armée et vont déverser leurs terres dans la banlieue; en certains points, comme sur la place de la Concorde, on a construit des galeries latérales qui conduisent les déblais à la Seine, des chalands requis à cet effet se chargent de les emporter; quand on n a pas ces facilités, il faut employer les tombereaux et les chevaux, c’est gênant, coûteux et lent, mais on est forcé d’en passer par là.
- La ventilation n’a pas été ménagée d’une façon spéciale, aucune prise d’air ne sera construite, le mouvement de l’air se faisant automatiquement par les gares qui ne doivent pas être espacées par plus de 500 mètres; il faut ajouter que l'air ne sera pas vicié comme dans les tunnels des chemins de fer, la
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- Fig. 6. —t Coupe de la station Kléber pendant la période de travail.
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- traction étant tout, entière électrique, il n’y aura aucune fumée et partant aucun gaz délétère à chasser.
- Une grande surprise attend les Parisiens le jour où ils pourront pour la première fois circuler dans ce chemin de fer sous terre ; comme on ne peut en suivre l’exécution, on ne se rend pas compte de ce qui se fait, et dans quelques mois, l’on sera bien étonné de voir de belles gares revêtues de parois en faïence dont l’éclat ne sera terni par aucun agent spoliateur et brillamment éclairées par la lumière électrique ; celle-ci sera répandue à flot dans les voûtes du Métropolitain, car non seulement les stations en seront inondées mais tout le parcours du souterrain sera illuminé de façon à enlever partout ce caractère d’obscurité qui est le propre du chemin de fer londonien. A Paris on se ferait mal à ce séjour dans le noir, et si nous faisons un succès à tous les progrès de la science et de la construction c’est à cette condition absolue qu’on ne nous enlèvera jamais ni l’air ni la lumière que nous aimons tant. A. da Cunha.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LÀ LUTTA-PERCHA
- Dans la dernière réunion des Naturalistes du Muséum, son président, M. Milne Edwards, a fait part à l’Assistance d’une nouvelle1 communication relative aux arbres à gutta-percha introduits avec succès par M. Humblot aux îles Comores. Ce naturaliste laborieux, auquel la France doit son protectorat sur cet archipel, et dont il a été quelques années résident, est à la tête d’importantes cultures dans ce pays. M. Humblot a pu se procurer à grand’ peine, il y a quatre ans, quelques pieds d’Isonandra Gutta, ou considérés comme tels, et il les a plantés à différentes altitudes à la Grande Comore. La meilleure réussite a été obtenue à 250 mètres où un spécimen s’est développé superbement et avait atteint près de 6 mètres en trois ans.
- Pour s’assurer que ses arbres à gutta étaient bien authentiques, M. Humblot en a envoyé des feuilles à M. Milne Edwards qui les a fait examiner par M. Guignard, lequel a constaté leur légitimité, puis par M. Jungfleisch qui, comme l’on sait, a imaginé avec M. Serulas un procédé d’extraction de la gutta en traitant les feuilles. Celles-ci en contiennent une notable quantité, suivant les expériences faites par ce savant chimiste sur des matériaux venant de la Malaisie. Toutefois M. Jungfleisch, qui vient d’analyser les feuilles envoyées récemment par M. Humblot en se conformant aux indications qui lui avaient été données, c’est-à-dire en les recueillant à diverses époques de l’année, a reconnu que des feuilles de décembre avaient fourni 9 pour 100 environ de gutta, et 8 pour 100 pour des feuilles cueillies en juillet. Mais il ne faut pas conclure de ces expériences que la somme de gutta n’augmentera pas avec la croissance des arbres, c’est ce qui est à prévoir et ce que le savant susnommé donne à entendre.
- Dans l’hypothèse que la méthode d’extraction par les feuilles, au lieu d’abattre les arbres comme on le fait d’ordinaire, serait reconnue pratique et tout à fait applicable d’une façon courante, M. Jungfleisch recommande,
- 1 Voy, sur le même sujet le Bulletin du Muséum, années 1897 et 1898.
- en plus, de faire ramasser les feuilles tombant d’elles-mèmes sur le sol, à titre de feuilles mortes, car celles-ci renferment de fortes proportions de gutta comme il a eu l’occasion de le constater avec des feuilles recueillies dans ces conditions.
- Le directeur du Muséum, qui suit avec beaucoup d’intérêt les tentatives de M. Humblot, promet de tenir les naturalistes de cet établissement au courant des expériences qui se poursuivent à la Grande-Comore, et qui donneraient à cette colonie une importance toute spéciale si les espérances sur ce point venaient à se réaliser un jour. J. P.
- GR0UPE ÉLECTROGÈNE MOBILE
- L’énergie électrique peut être bien utile sur un chantier. Nous ne rappellerons pas l’emploi qui peut être fait des lampes à arc, et des lampes à incandescence. Nous nous contenterons d’examiner les moteurs électriques appelés à rendre de grands services.
- La transmission de l’énergie par l’électricité est certainement le mode le plus avantageux du mouvement. Et il en est ainsi non pas seulement pour des puissances élevées, à de grandes distances, mais encore pour de très faibles puissances, à une distance de quelques mètres. Les moteurs électriques s’adaptent en effet sur de simples machines-outils, machines à percer, machines à tarauder, etc. Ils se mettent très aisément en route, fonctionnent dans de très bonnes conditions, et leur surveillance est facile.
- La grande difficulté était jusqu’ici de produire aisément l’énergie électrique sur un point déterminé et d’avoir une source d’énergie assez mobile et assez légère, comme le dit la Revue générale des chemins de fer, non seulement pour suivre les ouvriers dans toute l’étendue d’un chantier, mais encore pour les accompagner d’un chantier à un autre.
- M. Albert Collet vient de faire construire un groupe électrogène mobile de faible puissance qui résout le problème énoncé plus haut. Il a pris un moteur à pétrole de 4 chevaux, utilisé dans les automobiles; ce moteur commande par engrenages une petite dynamo qui fournit l’énergie électrique. Comme le montre la figure ci-jointe, l’ensemble du moteur à pétrole et de la dynamo est monté dans le sens longitudinal sur un châssis qui repose sur un seul essieu. Des deux côtés sont reliés des supports qui se prolongent en avant et qui sont fixés sur des pieds disposés à cet effet. Ces supports permettent de faire mouvoir à volonté le chariot. Au-dessus du moteur et de la dynamo est placé un toit, sur lequel est posé en dedans un récipient contenant l’eau de refroidissement utilisée pendant le fonctionnement du moteur. Sur le toit se trouve un réçipient d’essence de pétrole que l’on aperçoit à gauche dans la figure.
- Au-dessous du châssis sur lequel reposent la dynamo et le moteur est disposée une ouverture spécialement pour l’échappement à l’air libre des divers produits de la combustion. Cet ensemble pèse au total environ 500 kilogrammesjet peut très facile-
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- ment être déplacé par un homme ou deux. C’est une nouvelle petite usine roulante. Le premier modèle a été construit par la Société Panhard et Le-vassor. Le chariot électrogène a été conçu pour la manœuvre mécanique des outils et du trénail de M. Collet que nous avons déjà signalés1. On ne peut encore apprécier les diverses applications auxquelles se prêtera le chariot; mais elles seront certainement nombreuses. Nous compterons d’abord l’emploi pour l’éclairage de chantiers à des distances plus ou moins éloignées de centres desservis électriquement ; la puissance produite peut en effet alimenter 4 ou 6 lampes à arc ou 50 à 40 lampes à
- Groupe électrogène mobile.
- incandescence. La Compagnie des chemins de fer de l’Est emploie cet appareil depuis le 4 avril pour l’éclairage de tra- _______________
- vaux au souterrain de Torcenay près de Chalin-drey. Ce chariot électrogène sera encore d’une grande utilité pour alimenter sur les chantiers les moteurs électriques qui actionnent les machines-outils. Il permettra encore sur place la charge des accumulateurs. Cet avantage sera très apprécié pour les voitures automobiles électriques qui recevront ainsi à la maison, suivant les besoins, la charge d’énergie électrique nécessaire.
- La réalisation de cette petite usine mobile est donc destinée à rendre de véritables services dans des circonstances diverses. C’est pourquoi nous avons cru utile d’appeler sur cette innovation l’attention des intéressés. J. p.
- 1 Vov. n" 1312 du 23 juillet 1898, p. 125.
- Fig. 1. — Râtelier à bicyclettes Pettigrew.
- LE TRANSPORT DES BICYCLETTES
- EX CHEMIN DE FER
- On peut dire, sans être taxé d’exagération, que le chargement des bicyclettes dans les fourgons des
- trains de voyageurs constitue aujourd’hui une grosse question pour l’exploitation des chemins de fer. En Angleterre le problème n’est sans doute pas aussi important, parce que les Compagnies n’admettent pas les cycles comme bagages proprement dits, et imposent une taxe spéciale pour leur transport : et pourtant, les jours de vacances, il faut ajouter des fourgons supplémentaires pour recevoir toutes les bicyclettes. Mais en France, où le cycliste
- est arrivé à imposer aux Compagnies, pour 10 centimes, le transport d’une machine fragile non emballée aux distances les plus considérables, l’encombrement dépasse absolument tout ce qu’il est possible d’imaginer.
- On ne peut empiler les machines les unes sur les autres : il en résulterait des avaries qui entraîneraient des plaintes et même des procès, et de plus l’espace n’en serait pas mieux utilisé.
- 11 faut donc trouver un dispositif simple, s’enlevant facilement, ou, s’il demeure constamment en place, ne gênant pas, quand on utilise les fourgons pour les bagages ordinaires.
- Les inventeurs ont rivalisé d’ingéniosité pour imaginer une solution absolument satisfaisante, et, bien
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- qu’aucun n’y soit encore parvenu, du moins à notre connaissance, nous signalerons deux systèmes récemment inventés aux Etats-Unis.
- L’un était dernièrement décrit par notre confrère Railway News, comme mis en pratique dans les nouveaux fourgons de la Compagnie dite « Furness Railway » : il est extrêmement simple. Il s’agissait en somme d’installer un râtelier pour bicyclettes, ne faisant pas saillie sur le plancher du wagon, et voici comment on y parvient. On rehausse ce plancher d’une ^épaisseur de 18 centimètres environ de planches, et l’on y ménage, pour correspondre aux roues de chaque machine, deux rainures de largeur et de longueur voulues, présentant comme profondeur toute l’épaisseur du plancher supplémentaire ; de plus, à la muraille de l’extrémité du fourgon,sont clouées deux baguettes de bois parallèles, formant une autre rainure verticale où entrera également la roue arrière de la machine.
- Étant données les dimensions transversales d’une bicyclette, on peut disposer six jeux de rainures dans la largeur d’un fourgon et loger par suite six bicyclettes ; les rainures sont d’ailleurs garnies de cuir pour ne point froisser les jantes, et des courroies transversales peuvent fixer solidement les cycles en place.
- L’arrangement est dû à M. F. Pettigrew; il semble d’ailleurs qu’on pourrait installer, en second étage, un plancher mobile à rainures doublant la capacité de chargement. En tout cas on comprend que le fourgon peut parfaitement recevoir des bagages ordinaires.
- Le second système, appelé système Westcott-Jewell, est peut-être un peu moins simple, mais il est néanmoins bien compris, et il est déjà appliqué non seulement dans des wagons, mais encore dans des dépôts de compagnies de chemins de fer, comme à la « Grand Central Station » de New-
- York, ou dans des hôtels. Les cycles se disposent sur plusieurs étages.
- A ce qu’on peut appeler le rez-de-chaussée, si nous envisageons un espace large d’un mètre, et présentant la longueur d’une machine, nous allons en voir d’abord deux à une certaine distance l’une de l’autre, chacune reposant dans une sorte de caniveau en bois dans lequel pénètrent et tiennent les deux roues ; ces caniveaux peuvent être fixés au plancher du véhicule par une ou deux vis faciles
- à enlever. Entre les deux premières bicyclettes, en voici une troisième, reposant dans une voie surélevée , afin que les guidons ne se gênent pas mutuellement, et que ce chevauchement économise l’espace. Pour disposer le second étage, on appuie sur chaque guidon et sur chaque selle des bicyclettes de la rangée inférieure, une voie, un caniveau de bois, qui est attaché à la paroi du wagon ou au mur par une de ses extrémités ; et on y fait reposer un autre cycle.
- Si nous relions maintenant le tout au moyen de quelques courroies, nous obtenons un échafaudage absolument solide, grâce auquel on peut loger six machines par bande d’un mètre de largeur. Les caniveaux peuvent du reste s’enlever assez facilement, et permettre de rendre les fourgons à leur usage classique; rien n’empêche de les conserver dans un coin du wagon, pour les besoins imprévus. P. de Mériel. ----------------------------
- PARIS-BORDEAUX ET BORDEAUX-PARIS
- La course d’automobiles Paris-Bordeaux, organisée par Le Vélo, a eu lieu pour la seconde fois le 24 mai. Le derby de l’automobile a été gagné par M. Charron qui a couvert les 565 kilomètres du parcours en 11 h. 43 m. 20 s., ce qui bâtie record de M. René de Knyff par 3 h. 32 m. La voiture primée est une voiture Panhard et Levassor de 12 chevaux; 28 voitures et 37 motocycles sont partis de
- Fig. 2. — Système étagé Westcolt Jewell.
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- Suresnes pour les bords de la Garonne un peu après 5 heures du matin. A 5 heures de l’après-midi, exactement a 3 h. 15 m. 19 s., arrivait à Bordeaux la voiture Charron. Avec 8 minutes de retard suivait celle de M. René de Kn vit. A 4 h. 30 on signalait le premier motocvcle conduit par M. Bardin. Et il faut ajouter qu’il a fait pendant toute la durée du trajet un vent violent. M. Charron affirme que sans le vent contraire, il eût gagné plus d’une heure et qu’il eût fait Paris-Bordeaux en 10 heures. Dix heures de Paris à Bordeaux, sur grande route !
- Voici quelques chiffres instructifs sur cette étonnante course. Nous les empruntons au Vélo :
- Charron, le premier voituriste, ayant couvert les 565 kilomètres du parcours de Paris-Bordeaux en Il h. 43 m. 20 s., il en ressort une marche moyenne de 48 km. 199 à l’heure.
- Bardin, le premier motocycliste, ayant mis 15 h. 22 (soit 1 h. 39 seulement de plus que la première voiture), sa moyenne ressort à 42 km. 268 à l’heure.
- 11 est également intéressant de comparer la marche parallèle des voitures et des motocycles entre chaque contrôle de pointage du parcours.
- C’est une indication qui a sa valeur vu les différences de profil du terrain et la façon respective dont s’v comportent les deux types de machines.
- Voici des chiffres basés sur le passage de la première voiture et du premier motocycle devant chaque contrôle :
- De Suresnes à Châteaufort (21 km. 450)
- voitures : 28 m., soit 46 km. à l'heure motos : 28 m., — 46 —
- De Châteaufort à Chartres (63 km. 550)
- voitures : 1 h. 14, soit 51 km. 527
- motos : 1 h. 17, — 49 km. 520
- De Chartres à Chàteaudun (45 km.)
- voitures : 56 m., soit 48 km. 210
- motos : 59 m., — 45 km. 762
- De Chàteaudun à Vendôme (59 km.)
- voitures : 58 m., soit 61 km. 579
- motos : 47 m., — 49 km. 787
- De Vendôme à Tours (57 km.)
- voitures : 1 h. Tl, soit 48 km. 169
- motos : 1 h. 12, — 47 km. 500
- De Tours à Châtellerault (71 km.)
- voitures : 1 h. 11, soit 60 km. motos : 1 h. 27, — 48 km. 965
- De Châtellerault à Poitiers (33 km.)
- voitures : 47 m., soit 42 km. 127
- motos : 52 m., — 58 km. 276
- De Poitiers à Rufl'ec (66 km.)
- voitures : 1 h. 5, soit 62 km. 857
- motos : 1 li. 55, — 42 km. 580
- De Ruffoc. à Angoulême (42 km.)
- voitures : 1 h. 21, soit 51 km. 111
- motos : 1 h. 6, — 58 km. 181
- D’Angoulême à Rordeaux (127 km.)
- voitures : 2 h. 54, soit 42 km. 795 motos : 3 li. 41, — 34 km. 479
- On voit, par le tableau ci-dessus, que la marche la plus lente entre deux contrôles a été pour les voitures de 51 km. 111 sur le parcours de Rufi'ec à Angoulême, le plus accidenté de tous et, pour les motocycles, de 54km. 479 (Angoulême à Bordeaux).
- Quant à la marche la plus rapide, elle a été pour les voitures de 62 km. 857 entre Poitiers et Rufl’ec (vallonné mais très bon sol) et pour les motocvcles de 49 km. 787 de Chàteaudun à Vendôme.
- Réciproquement une autre course, cette fois en bicyclette, avait été organisée par le même journal, de Bordeaux à Paris, dans le cours de la journée du 27-28 mai. C’est la neuvième course annuelle Bordeaux-Paris. Les concurrents au nombre de 10 sont partis de Bordeaux, à 9 heures. Point d’arrivée : Vélodrome du Parc-des-Princes.
- Le précédent record appartenait à Rivierre en 20 h. 56 m. II a été battu de 4 h. 59 m. C’est Huret qui est arrivé premier au Parc-des-I’rinces à 1 h. 55 m. Durée du trajet : 16 h. 35 m. 47 s. Après Huret est venu Fischer en 17 h. 26 m. 26 s., puis Garin en 18 h. 45 m. 7 s., puis Rivierre en 20 h. 24 m. battant son propre record de 12 minutes. Le Chartier a mis 29 h. 5 m., Jav 31 h. 10 m.
- Nous signalons ces chiffres pour montrer l’extraordinaire endurance de l’homme. J.-F. G.
- L,a lune à la Pentecôte. — Ceux qui observent et qui ont de la mémoire, ont reconnu qu’il y avait toujours clair de lune aux fêtes de la Pentecôte. « Depuis trente ans, nous écrit un vieil observateur, j’ai remarqué en revenant le soir de la campagne, que j’étais toujours éclairé par la lune. Pourquoi toujours la lune à la Pentecôte, ce qui ne se produit ni à Pâques ni aux autres fêtes mobiles? Le fait est exact et bien facile à expliquer. La cause s’en trouve dans la manière de fixer la date de Pâques et par suite celle de la Pentecôte. La Pentecôte vient le septième dimanche après Pâques. Or, Pâques se célèbre le dimanche qui suit immédiatement la pleine lune pascale survenant après le 21 mars. Pâques vient donc nécessairement entre la pleine lune et le dernier quartier ou un peu après le dernier quartier. Huit semaines plu§ tard, la lune se trouve le dimanche à un ou deux jougs près (la lunaison est de 29 jours et demi environ, et le mois a 50 ou 51 jours) dans la même situation qu’à Pâques. Mais la Pentecôte survient un dimanche avant, au bout de sept semaines. Donc si Pâques tombe entre la pleine lune et le dernier quartier, il faut bien que la Pentecôte vienne entre le premier quartier et la pleine lune. Il y a donc toujours de la lune'à la Pentecôte. Fin 1899, la Pentecôte est survenue en effet le 21 mai, quatre jours après le premier quartier et trois jours avant la pleine lune. Fit il en sera toujours ainsi tant que l’on prendra la lune pour fixer la fête de Pâques.
- Musée Guimet. Collections de Baye. — Le
- baron de Baye expose en ce moment au Musée Guimet les nombreuses séries d’objets divers qu’il a rapportes de ses missions de l’année dernière en Sibérie et au Caucase. Ces séries renferment de fort intéressants spécimens depuis les époques les plus anciennes jusqu’à nos jours. A noter les séries quaternaires d’os de mammouth et de silex taillés correspondant à notre époque moustérienne de France, et trouvés ensemble dans des couches quaternaires à Aphonta-Vagora près des bords de l’Iénisseï (Sibérie) ainsi qu’à Ilskaia, province de Kouban (Caucase). A noter aussi les intéressantes séries de petits silex et de pointes de flèches provenant des dunes de Lodeiki et Niacha sur les bords de l’iénisseï. Cette jolie petite industrie est semblable à celle qu’on rencontre dans les sables en France, en Belgique, en Italie, dans le Sahara et aux Etats-Unis. M. de Bave a rapporté aussi de belles armes en bronze du Caucase et une curieuse série de pointes de flèches en fer provenant de Minoussinsk sur le-haut
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- LÀ NATURE.
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- Ienisseï. De formes étranges, à tranchant convexe, rectiligne ou concave, ces flèches qui servent soit pour la pèche, soit pour tuer les animaux, surtout les oiseaux, en leur coupant la tète, se rencontrent presque identiques au Congo. De très nombreux tumuli des steppes sibériennes, les Kourganes, ainsi qu’on les nomme, ont fourni à M. de Baye une série de crânes et un intéressant mobilier d’armes en fer et de parures, surtout colliers en gros grains de pierres dures polies et percées. Ces Kourganes dont les plus anciens remontent à une époque très antérieure à l'ère chrétienne ont été encore en usage au début du moyen âge. L’exposition de M. de Baye renferme en outre de belles séries de bijoux du Caucase, de nombreuses et intéressantes pièces de céramique ancienne et moderne, et nombre d’objets d’ethnographie actuelle. Il faut aussi mentionner tout spécialement une grossière statue de pierre, haute d’environ 2 m., curieuse à tous égards. En effet ces statues désignées sous le nom de Kamenaia-Baba existent, en petit nombre, au milieu des steppes. Érigées, suppose-t-on, par les Scythes, elles sont l’objet d’une vraie vénération de la part des habitants et des nomades. Jamais une seule de ces statues n’était sortie de Russie. Grâce à l’intervention aimable du prince Mirsky, gouverneur d’Ékaterinoslav, qui a bien voulu offrir à la France cette statue si précieuse, elle figure actuellement à l’exposition de M. de Baye et restera dans nos musées. C’est donc un fort intéressant ensemble qu’a rapporté M. de Baye. Son exposition mérite une visite et lui de sincères éloges.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 mai 1899. — Présidence de M. Van Tieghëm.
- Action de l'hydrogène phosphore sur le cuivre. — M. Ditte présente une Note de M. Rubénovitch relative à l’action de l’hydrogène phosphoré sur le cuivre et sur les composés. À la température comprise entre 180° et 200° l’hydrogène phosphoré est décomposé par le cuivre métallique avec production d’hydrogène et de phosphore de cuivre PCu3. L’oxyde cuivreux est attaqué à froid en donnant de l’eau et du phosphure PCu3.
- Un principe du sang. — M. Duclaux présente une Note de M. Briot. L’auteur a découvert l’existence dans le sang d’un principe empêchant l’action de la présure sur le lait.
- Autoparasitisme. — M. Gaston Bonnier présente une Note de M. Heckel décrivant un cas singulier d’autoparasitisme double. Ce phénomène s’observe chez le Ximenia. Cette plante a des écailles foliaires qui se transforment en des sortes de racines venant s’appliquer sur les cotylédons. Quant aux vraies racines elles se terminent par des suçoirs qui viennent s’appliquer sur les racines de la plante elle-même.
- L'alcool végétal. — M. Gaston Bonnier présente également une Note de M. Devaux. L’auteur a découvert que les tiges des arbres de nos pays étaient normalement le siège d’une fermentation propre, à la température ordinaire et surtout vers 55°, donnant lieu à un dégagement spécial d’acide carbonique avec production d’alcool.
- La séparation du cérium. — M. Moissan présente une Note de MM. Wyhourof et Verneuil relative à la séparation du cérium. Les auteurs ont utilisé deux propriétés de ce métal : 1° la facile polymérisation de certains composés ; 2° le pouvoir que possèdent les oxydes de former entre eux des combinaisons stables.
- Varia. — M. Guyon annonce que l’inauguration de la statue du baron Larrey aura lieu le mercredi 8 juin, à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce. — M. Fouqué dépose une Note de M. Lacroix sur divers échantillons de roches volcaniques rapportés d’Abyssinie. — M. Edmond Perrier analyse un travail de M. Le Iïantec sur la fécondation. — M. Carnot présente une Note de M. Le Chatelier sur la fusibilité des alliages. — M. G. Bonnier dépose une Note de M. Jumelle donnant la détermination d’un végétal à caoutchouc connu à Madagascar sous le nom de Guidroa.
- Ch. de Viuledeuii..
- LA DÉCAPITATION
- NOUVEAU TRUC
- L’illusion de la décapitation, devant le public, d’une personne vivante, a toujours tenté les opérateurs. Nous avons déjà décrit plusieurs des moyens employés ; voici une nouvelle décapitation plus terrifiante, à notre avis, que les précédentes. Nous l’avons vue dans une baraque foraine à Paris.
- Après l’ouverture du rideau, le public se trouvait en lace d’un cachot faiblement éclairé par deux torches fichées dans une sorte de barrière en bois mal équarris. Devant cette barrière était une petite plate-forme haute de 20 centimètres, et sur laquelle se trouvaient placés un billot et une hache. Après quelques instants d’attente, destinés à surexciter les nerfs des spectateurs, une petite porte de côté s’ouvrait et l’opérateur, en costume de bourreau moyen âge, s’avançait lentement, retroussait ses manches, prenait la hache, essayait le fil sur son pouce, et la brandissant au-dessus de sa tète, la fichait fortement dans le billot, prouvant ainsi l’absence de toute préparation, la retirait du bois avec peine, puis la replaçant sur la plate-forme, se croisait les bras. Entraient alors deux gardes conduisant une femme enveloppée d’un large manteau. Le bourreau s’emparant d’elle, lui bandait les yeux, la faisait agenouiller sur la plate-forme, la tète sur le billot, lui retirait son long manteau qui l’aurait gêné pour frapper et le jetait sur la barrière, tandis que les deux gardes s’emparant des torches, se plaçaient l'un à droite, l’autre à gauche de l’estrade. Reprenant sa hache, l’opérateur bien en vue du public, tranchait la tète d’un seul coup, et, tandis que le corps roulait par terre, prenait la tète par les cheveux et la déposait sur une petite table placée dans un coin du cachot. Là, cette tête coupée semblait encore avoir un semblant de vie, remuait faiblement la mâchoire inférieure, et ouvrait les paupières sous le doigt du bourreau qui retirait le bandeau.
- L’opération ainsi conduite était d’un effet saisissant. Et cependant le moyen est bien simple et le truc ne réussit que par la perfection de la mise en scène et le jeu du prestidigitateur. Voici le moyen. Au centre de la plate-forme est une plaque tournante d’environ un mètre de diamètre, dont l’axe est juste sous la barrière. Au milieu se trouve fixée
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- une partie de la barrière semblable des deux eôtés, qui peut tourner avec la plate-forme. En A se trouve un billot, et en B un autre billot, avec un mannequin semblable à la femme. Lorsque cette femme est agenouillée en À, l’opérateur lui enlève son
- manteau et le mouvement qu’il fait pour le jeter sur la^barrière lui permet de l'étendre comme involontairement. Ce mouvement si rapide a suffi pour dissimuler la rotation de la plaque tournante qui amène le mannequin, d’autant plus que le manteau
- Fig. 1. — Nouveau truc de la décapitation.
- bleu clair est la seule chose voyante dans tout le cachot et qu’à ce moment-là l’œil du public est sollicité par l’action des deux gardes qui prennent les torches et font ainsi jaillir quelques étincelles. À cet instant un fil aboutissant en B de la plate-forme est tiré par la patiente disparue et le mannequin semble porter une jambe en arrière. Un second fil lui fait relever ses deux bras attachés derrière le dos, et lorsque la tête est tranchée, un troisième fil fait tomber le mannequin entre le billot et la barrière. Comme il n’est plus maintenu et qu’il est sollicité par une mince tige d’acier placée à l’intérieur, il s’allonge, absolument comme pourrait le faire un corps en. tombant. L’opérateur prend la tête, la porte à la petite table (qui est combinée avec deux glaces comme celle du vieux truc connu sous le nom du décapité parlant) et là, son corps
- faisant écran et dissimulant l’opération il pousse cette fausse tête dans l’ouverture de la table. Une autre femme placée dans la table passe sa propre tête couverte d’un bandeau comme celle de la patiente et comme la tête du mannequin, et donne bien l’illusion d’une tête encore à moitié vivante. A ce moment le rideau se referme et le public sort profondément émotionné. Pendant toute l’opération, l’opérateur ne prononce pas un seul mot, et un air lugubre d’harmonium se fait seul entendre. Nous ne saurions trop le répéter, ce truc laisse, à notre avis, loin derrière lui tout ce que nous avons pu voir dans ce genre jusqu’à ce jour.
- Le prestidigitateur Alber.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiidbe, rue de Fleuras, 9.
- Fig. 2. — Schéma de la plate-forme.
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- N° 1359. — 10 JUIN 1899.
- LA NATURE.
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- COMMENT ON ACCORDE UNE CLOCHE
- Ouvrez un prospectus de fondeur de cloches et vous y trouverez invariablement l’affirmation suivante : Je garantis de fournir du premier coup et sans retouche des cloches parfaitement accordées.
- Cette phrase du prix courant n’a, comme toutes ses semblables, qu’une valeur des plus relatives. La cloche est en effet un instrument de musique de forme trop complexe et dont la théorie est trop imparfaite pour que la réalité soit adéquate aux promesses. S’il est possible à la rigueur d’obtenir un accord à peu près acceptable du premier coup dans les petits timbres et les clochettes, dès qu’il s’agit de cloches pesant des centaines et des milliers de kilogrammes, il faut compter avec les surprises de la fusion. 11 se présente déjà des difficultés avec des petites pièces de fonte sans valeur. C’est assez dire si la difficulté grandit quand il s’agit d’une coulée de bronze d’un poids considérable.
- Si d’ailleurs les fondeurs de cloches étaient si surs d’eux-mêmes, on n’entendrait pas s’égrener de nos clochers tant de notes fausses et de désagréables mélodies.
- On ne trouverait pas non plus dans les fonderies des tours de divers modèles que l’on utilise sans cesse.
- L’accordeur de cloches, pour peu banale que soit sa profession, existe donc bien réellement en chair et en os. Fit si l’on voulait faire appel à lui toutes les fois que besoin est, ce n'est pas la besogne qui de longtemps lui ferait défaut.
- Quelques indications au sujet de son industrie seront, je crois, de nature à intéresser les lec-27* anuée. — îe semestre.
- tcurs. Je les emprunte à M. Thybaud, accordeur suisse, qui se livre depuis vingt-cinq ans à l’harmonisation des cloches et y a acquis une remarquable habileté.
- La cloche, instrument de musique, doit être assimilée à un tuyau. Les lois physiques du tuyau lui sont donc applicables d’une façon générale. Conséquence : de deux cloches d’aspect extérieur identique et de même diamètre total, la plus mince donnera la note la plus basse ; de deux cloches d’égale épaisseur et d’égal diamètre la plus courte donnera la note la plus haute. Donc, pour hausser le ton d’une cloche, il faudra rogner son biseau pour la raccourcir. Afin d’en baisser la note, il suffira de la buriner intérieurement pour en augmenter le diamètre.
- La ligure 1 représente la grosse cloche des heures de la cathédrale de Saint-Pierre, à Genève, sur le tour des Ateliers de construction de Vevey.
- Cette cloche pèse 1610 kg et donne le MI.
- Voici comment se pratique l’opération de l’accor-dage. On installe sur le tour la cloche solidement attachée par le cerveau (fig. 2j. Si l’on veut baisser la note, on présente un burin fixe en face de la faussure (en 1 ). On met la cloche en rotation lente de façon à détacher un léger copeau de bronze. On continue en enlevant de plus en plus de métal jusqu’à la pince (en 2). Pendant l’opération, la cloche rend un gémissement continu dont la tonalité s’abaisse de plus en plus. L’accordeur, qui doit posséder une oreille parfaitement juste, compare ce gémissement à la vibration de son diapason. Dès que cloche et diapason vibrent à l’unisson, il arrête le mouvement. C’est fini. Désor-
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- Fig. 1. — La cloche des heures de la cathédrale de Genève (1610 kg) sur le tour.
- Cerveau
- Vase Supérieur
- Pince ou Bond
- Patte
- Patte
- Fig. 2. — Schéma montrant les parties à attaquer pour baisser ou hausser le son d’une cloche.
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- LA NATURE.
- mais la cloche peut mêler sa voix à celles de ses compagnes sans crainte de fausser leurs mélodies.
- Lorsqu’il s’agit de hausser la note, la cloche étant installée, comme dans le cas précédent, le burin se place face à son ouverture et l’accordeur lui fait attaquer la patte. A mesure que l’opération se poursuit, la plainte métallique devient plus aiguë. Le diapason indique le moment où la note juste est atteinte.
- M. Thybaud fait remarquer, et cela se comprend aisément, qu’il est plus facile de baisser le ton d’une cloche que de le hausser.
- A moins d’avoir à partir de la pince un très fort biseau, une cloche ne peut guère être haussée de plus d’un demi-ton. Pour obtenir davantage, il faudrait rendre le bord absolument plat et partant donner à la cloche une forme disgracieuse. Les cloches sonores ont au contraire, généralement, une épaisseur supérieure à l’épaisseur limite (le quatorzième du diamètre) et qui permet de rogner leur gorge dans d’assez fortes proportions pour baisser leur note d’un ton. M. Thybaud cite même certaines cloches qui, comme celle de 5600 kg de Mortreux, ont une épaisseur tellement exagérée qu’elles pourraient être rendues facilement plus graves de deux tons.
- L’artiste vaudois s’occupe en ce moment à harmoniser la curieuse sonnerie de Lausanne composée de 12 cloches, donnant seulement 7 notes différentes, et qui sont réparties entre trois clochers voisins. Voici les poids de ces cloches : un LA bémol de 6600 kg, deux UT pesant respectivement 5600 et 2100 kg, deux MI bémol de 1700 et 1550 kg, un FA de 955 kg, deux LA bémol, octaves du premier, et pesant l’un 760 et l’autre 505 kg, deux SI bémol de 570 et 551 kg, enfin deux UT, octaves des précédents, de 565 et 248 kg.
- Ces chiffres montrent quelle importance doit avoir l’installation d’un accordeur de cloches. Au reste, ceux qui désireront se rendre compte de auditu de ce que peut donner l’harmonisation de ces instruments de musique pourront aller entendre à l’Exposition celui du village suisse auquel M. Thybaud travaille en ce moment.
- Les carillons seront d’ailleurs largement représentés à notre grande Foire internationale. On en a déjà annoncé trois ou quatre français, un belge, et ce n’est sans doute pas tout. Si nos mœurs ne s’adoucissent pas, ce ne sera pas la faute des cloches ! L. Revekciion.
- --e«$X.-
- LES INSECTES RÉSINIERS
- La résine, cependant si répandue dans la Nature, est très rarement employée par les animaux pour l’édification de leurs demeures. Cela tient sans doute à ce que, malgré sa plasticité, elle adhère très fortement et se détache difficilement de l’organe qui l’a récoltée ; elle présente aussi l’inconvénient de durcir très lentement. 11 y a néanmoins des insectes qui l’utilisent : ce sont surtout des hyménoptères appartenant au genre Anthidie. L’espèce la mieux
- connue à cet égard est Y Anthidie a sept dents dont nous allons succinctement relater l'histoire.
- Le lieu où elle niche est singulier: c’est la coquille vide d’un escargot. On reconnaît qu’une de celles-ci est habitée quand, en la regardant par transparence, on voit une masse obscure dans les derniers tours de spires, c’est-à-dire les plus étroits. L'Anthidie préfère de beaucoup l’escargot des vignes, Hélix aspersa, mais elle se contente aussi d’espèces plus petites, l'Hélix nemoralis et YHelix cespitum notamment. Le nid est établi plus ou moins profondément suivant la largeur de la coquille. En pénétrant dans les tours de spires, on rencontre d’abord une façade formée de graviers anguleux cimentés par une résine qui, probablement, vient du Genévrier oxycèdre. En arrière vient une barricade de débris incohérents, nullement cimentés entre eux et composés surtout de graviers calcaires, de parcelles terreuses, de bûchettes, de fragments de mousse, de chatons et d’aiguille d’oxyeèdre, des déjections sèches d’escargots : c’est un véritable matelas friable et par suite bien disposé pour entretenir la chaleur interne sans mettre un obstacle trop dur à la sortie des jeunes. L’hyménoptère ne fait d’ailleurs usage de cette barricade que dans les grosses coquilles, celles, par conséquent, où il n’occupe que le fond. Dans les petites qu’il habite intérieurement, il néglige les remblais défensifs.
- Continuons notre chemin dans la coquille et nous arrivons aux loges qui habituellement sont au nombre de deux; l’antérieure, plus ample, est l’habitation du mâle; la postérieure, plus petite, est la demeure de la femelle. Ces loges sont limitées en avant et en arrière par des cloisons translucides, faites en résine absolument pure ne présentant aucune incrustation de matières étrangères.
- Dans les coquilles, on rencontre encore un second résinier, Y Anthidium bellicosum, qui éclôt en juillet et travaille pendant les fortes chaleurs. Son architecture est la même que celle de l’espèce précédente. Comme elle, il laisse un espace vide dans les plus grands tours de spire, ce qui indique un instinct imparfait. En effet, dans le creux ainsi laissé, s’établit souvent l’osmie, habile maçonne. Quand arrive le mois de juillet, les locataires de la maison à double famille deviennent forcément le sujet d’un tragique conflit. Les inférieurs, l’état adulte acquis, rompent leurs langes, démolissent leur cloison de résine, traversent la barricade de gravier et cherchent à se libérer; mais, rencontrant le nid de boue, s’épuisent en vains efforts et meurent.
- D’autres Anthidies bâtissent aussi en résine, mais non dans une coquille d’escargot. VAnthidie à quatre lobes et Y Anthidie de Latreille nichent en effet sous les pierres, dans les creux des talus ensoleillés, un trou abandonné de scarabée, etc. : c’est un amas de cellules accolées les unes aux autres dont l’ensemble forme une masse de la grosseur du poing ou d’une petite pomme. « Au premier abord, dit J.-II. Fabre, on reste très indécis sur la nature de l’étrange boule. C’est brunâtre, assez dur, légèrement poisseux, d’odeur bitumineuse. A l’extérieur sont enchâssés quelques graviers, des parcelles de terre, des têtes de fourmis de grande taille. Ce trophée de cannibale n’est pas signe de mœurs atroces : l’apiaire ne décapite pas les fourmis pour orner sa case. Incrusteur, comme scs collègues de l’escargot, il cueille aux abords de sa demeure toute granule dure propre à fortifier son ouvrage; et les crânes desséchés de fourmis, fréquents à la ronde, sont pour lui des moellons de valeur pareille à celle des cailloux. Chacun emploie ce qu’il trouve sans longues recherches. L’habitant de l’hélice, pour construire sa barricade,
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- IV)
- fait cas de l’excrément sec de l’escargot son voisin ; l’hôte des dalles et des talus hantes par les fourmis met à profit les tètes des défuntes, prêt à les remplacer par autre chose quand elles manquent. Du reste, l’incrustation défensive est clairsemée; on voit que l’insecte n’y donne pas grande importance, confiant qu’il est dans la robuste paroi des loges. La matière de l’ouvrage fait d’abord songer à quelque cire rustique, beaucoup plus grossière que celle des bourdons, ou mieux à quelque goudron d’origine inconnue. Puis on se ravise, on reconnaît dans la substance problématique la cassure translucide, l’aptitude à se ramollir par la chaleur, puis à brûler avec flamme fumeuse, la solubilité dans l’alcool ; enfin tous les caractères distinctifs de la résine. ))
- LcsAnthidies des coquilles sont très parcimonieuses de résine. Celles dont nous nous occupons en sont au contraire très prodigues; il serait bien intéressant de savoir où et comment s’en fait la récolte. C’est là un point curieux à étudier.
- Citons enfin un autre insecte résinier, YOdynère alpestre qui niche aussi dans les coquilles d’escargots et sur lequel Fabre nous a appris ce qui suit. Affranchi par l’hélice de la rude besogne du forage, il se spécialise dans la mosaïque. Ses matériaux sont, d’une part, la résine, cueillie probablement sur l’oxycèdre ; d’autre part, de petits graviers. Sa méthode s’écarte beaucoup de celle des deux résiniers logés dans l’escargot. Ceux-ci noient complètement dans le mastic, à la face externe de l’opercule, leurs grossiers moellons anguleux ; inégaux de volume, de nature variable et parfois à demi terreux, de façon que l’ouvrage, où les morceaux sont juxtaposés au hasard, dissimule son incorrection sous un enduit de résine. A la face interne, le mastic ne comble pas les intervalles, et les pièces agglutinées apparaissent avec toutes leurs irrégulières saillies et leur gauche arrangement.
- L’Odynère alpestre travaille d’après d'autres plans : il économise la poix en utilisant mieux la pierre. Sur un lit de mastic encore visqueux sont enchâssés à la face externe, exactement l’un contre l’autre, des grains siliceux ronds, à peu près tous du même volume, celui d’une tète d’épingle, et choisis un à un par l'artiste au milieu des débris de nature diverse dont le sol est semé. Quand il est réussi, cas fréquent, l’ouvrage fait songer à quelque broderie en perles de quartz sommairement façonnées. Habituellement, l’Odynère n’incruste que des perles de silex. H les aime tellement qu’il en met partout. Les cloisons qui subdivisent l’hélice en chambre sont la répétition de l’opercule: mosaïque soignée de silex translucides sur la face d’avant. Ainsi s’obtiennent, dans l’escargot, trois ou quatre loges; dans le bulime, deux au plus. C’est étroit, mais correct de forme et solidement défendu. Enfin, souvent, de même que chez l’Anthidie, il y a, tout en avant des loges, une barricade de graviers mobiles et de nature incohérente. Les petits cailloux polis dominent, mais ils sont mélangés avec des fragments de calcaire, grossier, des débris de coquille, des parcelles de terre. L’Odynère, si méticuleux dans le choix des silex de ses mosaïques utilise pour son remblai les premiers débris venus. Ainsi se comportent les deux résiniers en barricadant leurs escargots. L'amas" incohérent, d’ailleurs, n’existe pas toujours, ce qui est encore un trait de ressemblance avec la pratique des Anthidies. Notons enfin que les tendances (( résinières » n’appartiennent pas au genre, mais à l’es-'pèce ; car, chez les Anthidies aussi bien que chez les Odvnères, il en est qui font partie de la corporation des gâcheurs de terre. Henri Coupin.
- TRANSPARENCE DES CORPS
- POUR LES RADIATIONS ÉLECTRIQUES
- RECHERCHES DE MM. BRAMA ET GUSTAVE LE BON
- Les expériences du I)r Gustave Le lion sur la lumière noire dont nous avons récemment entretenu nos lecteurs1 l’ont conduit à explorer successivement divers champs de la physique. Après avoir étudié les radiations métalliques qu’il considère comme identiques à celles émises par l’uranium, puis la phosphorescence invisible, et montré enfin la très grande transparence de substances, réputées très opaques, pour les radiations lumineuses de grande longueur d’onde, il a abordé la question de la transparence des corps pour les radiations électriques.
- Ces radiations, généralement désignées aujourd'hui sous le nom d’ondes hertziennes du nom du célèbre physicien Hertz qui les découvrit il y a une dizaine d’années, sont considérées par la plupart des physiciens comme identiques à la lumière et n’en différant que par la lenteur de leurs vibrations.
- Des expériences nombreuses avaient déjà été faites sur les ondes hertziennes et les physiciens étaient généralement d’accord pour admettre la grande transparence des corps pour ces radiations. Les métaux eux-mèmes étaient considérés comme transparents sous de faibles épaisseurs. Quant aux corps non conducteurs : bois, pierre, etc., on leur attribuait une transparence telle que les murs des maisons et les collines elles-mêmes étaient traversés. Les expériences de télégraphie sans fil exécutées comme on le sait avec des ondes électriques envoyées à travers l’espace sur un récepteur spécial n’avaient fait que confirmer les hypothèses.
- Ces résultats ne s’accordant pas avec quelques-unes de ses recherches, Gustave Le Bon résolut de reprendre entièrement la question.
- Ses premiers essais lui ayant montré l'extrême difficulté du problème il proposa à M. Branly, l'éminent physicien auquel est due la découverte de l’appareil qui permet de révéler à distance le passage des ondes électriques, d’exécuter ces recherches en commun. Les résultats des expériences faites par ces deux physiciens ont été présentées récemment à l’Académie des sciences. Nous allons en faire connaître le résumé à nos lecteurs.
- Si la technique de ces expériences est délicate la méthode d’investigation est simple en principe. Elle consiste à envoyer des ondes électriques sur des caisses dont les parois sont formées avec la substance dont on veut étudier la transparence (fig. 1 et 2). Dans l’intérieur de ces caisses on place avant de les fermer hermétiquement 1’appareil récepteur des ondes.
- Cet appareil récepteur (fig. o) est un simple tube à limaille intercalé dans le circuit d’une pile et d’un galvanomètre à aiguille quelconque. Ce tube naturellement isolant devient conducteur sous l’influence, des ondes électriques. L’aiguille du galvanomètre est
- 1 Yoy. n° 13^8, du 25 mars 1899, p. 260.
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- alors déviée et vient buter contre un ressort flexible qui ferme le circuit d’une petite sonnerie. Cette dernière en fonctionnant révèle à l’oreille le passage des ondes électriques. En frappant légèrement sur le tube on le ramène à son état primitif et l’aiguille du galvanomètre revient au zéro.
- L’appareil producteur des ondes est une grande bobine d’induction dont on fait éclater les étincelles à travers un système de A boules dont 2 plongées ^ans l’huile. Ce dernier appareil connu aujourd’hui sous le nom de radiateur de Righi est employé dans la télégraphie sans fil pour envoyer des ondes électriques à 50 kilomètres de distance. Ces ondes se propagent, comme on le sait, dans l’éther exactement comme se propagent les ondes lumineuses envoyées par un corps éclairant quelconque, une bougie par exemple.
- Le radiateur de Righi a été employé par MM. Rranly et Gustave Le Bon parce qu’il est le plus puissant des instruments analogues ; mais pour des expériences Alites à courte distance on peut s’en passer aisément.
- Comme le font remarquer ces auteurs la difficulté n’est pas de produire des ondes électriques, mais bien de n’en pas produire quand on manie un appareil électrique quelconque. On en produit de très intenses avec une petite bobine d'induction ne donnant que 1 centimètre d’étincelle à la simple condition que ses pôles soient reliés par de petites tiges cylindriques ne laissant
- entre elles qu’un intervalle de quelques millimètres. On peut même obtenir des ondes assez puissantes pour agir sur un tube à limaille à 50 centimètres et faire marcher une sonnerie avec un simple bâton debonite fortement frotté et touché ensuite
- avec un objet métallique quelconque, une clef par exemple.
- Voici maintenant les principales conclusions du travail de MM. Branly et Gustave Le Bon.
- Les lames métalliques les plus minces, n’eussent-elles qu’un centième de millimètre d’épaisseur, opposent un obstacle absolu au passage des ondes électriques, mais il faut pour cela que l’enceinte métallique sur laquelle arrivent les ondes électriques soit rigoureusement close. Les fentes les plus fines étant
- traversées, les portes métalliques des caisses, si bien ajustées qu’on les suppose, laissent passer les ondes électriques. Il faut comprimer leurs bords avec une demi-douzaine d’écrous pour que les ondes soient arrêtées. C’est précisément parce que les précédents physiciens n’avaient pas pris de telles précautions qu’ils crurent à la transparence des métaux. Quand on envoie des ondes électriques sur une caisse fermée avec les précautions que nous venons de dire la sonnerie électrique qui révèle le passage des ondes reste silencieuse, mais il suffit de desserrer légèrement les écrous pour que la sonnerie retentisse.
- MM. Branly et Gustave Le Bon ont ensuite étudié
- Fig. 1. — Dispositif pour étudier l'opacité des corps aux ondes hertziennes. Caisse fermée.
- Fig. 2. — Dispositif pour étudier l'opacité des corps aux ondes hertziennes. Caisse ouverte.
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- de la même façon, c’est-à-dire au moyen de caisses très hermétiquement fermées faites avec la substance à étudier, le passage des ondes électriques à travers des corps non conducteurs: pierre, mortier, sable, etc. Ils ont alors constaté que ces corps, bien que beaucoup plus transparents pour les ondes électriques que pour la lumière, le sont infiniment moins qu’on le pensait. Une caisse en ciment de Portland de 50 centimètres d’épaisseur devient opaque quand elle est mise à 1 mètre du radiateur. Un bloc en pierre de taille de 40 centimètres d’épaisseur est beaucoup plus transparent, mais cesse de l’être au delà d’une quarantaine de mètres. Si
- les corps en expérience sont humides leur opacité devient beaucoup plus considérable encore. Dès que
- la caisse en ciment précédente est humide elle est absolument opaque à toutes les distances, aussi opaque que si elle était en métal.
- Il est démontré par ce qui précède que les ondes électriques sont déjà très absorbées par de faibles obstacles. Elles ne sauraient donc traverser des obstacles considérables tels que les maisons et les collines. Elles contournent par diffraction ces obstacles, ainsi que le fait le son, et en perdant beaucoup de leur intensité, mais elles ne les traversent pas. Dans l’établissement des postes de télégraphie
- Fig. 3. — Appareil récepteur employé pour révéler à distance la présence des ondes
- électriques.
- Fig. 4. — Photographie au moyen des effluves produits par des ondes électriques d’une pièce de monnaie enveloppée de papier noir et enfermée dans une boîte d’ébonite ou de carton.
- Fig. 5. — Photographie d une pièce de monnaie obtenue comme la précédente à travers une boîte opaque. La durée de la pose pour ces deux photographies a été d’environ deux secondes.
- sans fil il sera donc nécessaire de placer ces postes sur des points élevés.
- Lorsque les ondes électriques circulent dans des fils il est possible au moyen de dispositifs particu-
- liers de leur donner une intensité considérable. Elles peuvent alors se manifester sous forme d’effluves qui jouissent de cette propriété curieuse et difficilement explicable de traverser visiblement sans les
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- percer les diélectriques en lames (fig. 6), tandis que les étincelles qui éclatent entre les pôles des plus puissantes machines ne peuvent traverser les corps isolants autrement qu’en les perçant. Au moyen de ces effluves Gustave le Bon a pu photographier en 2 ou 3 secondes des objets enfermés dans des boîtes opaques (fig. 4 et 5).
- Le champ électrique que l’on peut créer par les ondes hertziennes, circulant dans un solénoïde actionné par une bobine de 50 centimètres d’étincelle recevant un courant de 110 volts, est extrêmement intense et tous les objets métalliques situés à quelques mètres de l’appareil se couvrent d’étincelles. Ces dernières peuvent même arriver à produire des courts circuits entre les fils des tableaux de distribution apportant le courant et provoquer leur fusion. Le I)1 Gustave Le Bon fait remarquer à ce propos que quand on saura rendre un faisceau de radiations électriques parallèle, tout comme on sait le laire pour un faisceau de radiations lumineuses, et l’envoyer par conséquent à distance sans qu’il perde sensiblement de son intensité, on pourra considérer comme facile de faire exploser à plusieurs kilomètres les provisions de poudre que contiennent les cuirassés, les forteresses et les parcs d’artillerie, ce qui rendra les guerres impossibles. Au moyen de miroirs cylindro-paraboliques en métal, le problème serait aisément résolu si la diffraction des ondes n’obligeait pas à donner à ces miroirs des dimensions considérables. Il est probable que cette difficulté sera un jour surmontée. A. de Marsy.
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- Fig. 6. — Copie d’une photographie représentant le passage à travers un diélectrique de l'effluve engendré par les ondes hertziennes.
- ESSAIS DE TRACTION
- DE LA COMPAGNIE D’ORLÉANS
- Nous avons publié dans notre numéro du 6 mai quelques renseignements sommaires sur les expériences de traction récemment faites parla Compagnie d’Orléans. Nous complétons aujourd’hui cette information, qui a d’ailleurs besoin d’être rectifiée sur certains points.
- Au mois de février et mars derniers, la Compagnie d’Orléans a fait quelques trains d’essais sur le parcours de Paris à Angoulême. Ces expériences avaient pour but de vérifier la possibilité de traîner au prochain service d’été les charges des trains actuels avec une certaine augmentation de vitesse. Les trains ont été remorqués, d’une part par des locomotives du type voyageurs de la Compagnie d’Orléans à roues de lm,80 et à deux essieux accouplés, transformées pour l’emploi de la vapeur à 15 kilogrammes, d’autre part, par les locomotives Compound à bogies, à roues de 2m,10 et à deux essieux accouplés que la Compagnie d’Orléans a louées aux Compagnies du Nord et du Midi en attendant la livraison des locomotives ana-
- logues quelle a commandées l’an dernier et qu’elle doit mettre bientôt en service.
- Il ne pouvait être question de comparer entre elles et d’affecter à la traction des mêmes trains les machines transformées de la Compagnie d’Orléans à roues de 1m, 80 et les locomotives Compound à roues de 2m, 10. Les premières sont destinées aux trains marchant à la vitesse nominale de 75 kilomètres. Elles ont été essayées dans ces conditions et se sont montrées très propres à ce service. Les machines du Nord et du Midi, au contraire, ont été essayées à des trains rapides aux vitesses nominales de 85, 90 et même 95 kilomètres. Les unes et les autres (d’ailleurs très analogues) ont donné d’excellents résultats, qui ont servi de point de départ à l’établissement de nouveaux horaires accélérés qui seront appliqués à partir du mois de juillet prochain. C’est ainsi que le train rapide de jour entre Paris et Bordeaux aura sa vitesse de marche portée de 80 à 90 kilomètres à l’heure. Le Sud-Express, qui circule quatre fois par semaine sur la même ligne, ira encore plus vite et sera tracé à la vitesse de 95 kilomètres à l’heure, qui n’a pas encore été atteinte, croyons-nous, par des trains du service régulier sur le continent européen.
- Nous ajouterons que les locomotives Compound à deux essieux accouplés destinées au service de ces trains, que la Compagnie d’Orléans a commandées en 1898, sont établies sur les dessins de la Compagnie du Midi, sans autre modification que l’élévation (de 14 à 15 kg.) de la pression du timbre dans les chaudières.
- CONTRE L’INCENDIE DES FORÊTS
- BARRAGES IGNIFUGES
- Chaque année, les journaux annoncent l’incendie d’une partie de nos belles forêts du Midi; après les grandes sécheresses, les incendies se .multiplient.
- Nous ne sommes qu’en juin et déjà un incendie violent s’est déclaré le 2 dans la grande lande entre les stations de Caudos et d’Ychoux, à 1 kilomètre environ de la ligne du chemin de fer. Un vent violent poussait les flammes dans la direction de la gare de Lugos autour de laquelle était entassée une grande quantité de bois. Tout prit feu. Les flammes traversèrent la voie et gagnèrent la forêt. L’incendie avait commencé à 4 heures. Deux heures plus tard, le brasier était si ardent que les rails de la voie ferrée se gondolèrent sur plusieurs centaines de mètres. La circulation fut interrompue. L’express parti de Bordeaux-Saint-Jean à 6 h. 10 m., dut s’arrêter à 7 h. 12 m., à 1 kilomètre de la gare de Lugos. Les voyageurs firent à pied 2 kilomètres pour rejoindre l’express de Bayonne arrêté de l’autre côté de la station. Les deux trains retournèrent respectivement vers leur point de départ après échange de voyageurs.
- Ce n’est qu’après six heures d’un travail acharné et grâce au concours de la population que l’on parvint à se rendre maître de l’incendie dans la partie voisine de la gare. Mais le feu a continué à se propager pendant plusieurs heures environ et les pertes sont très considérables.
- Et ce tableau rapide de l’événement est celui que l’on pourrait reproduire presque chaque année.
- On cherche, depuis longtemps, le moyen d’opposer un barrage au fléau et de limiter, le plus possible, la part du feu. M. Roland Gosselin, de Villefranche-sur-Mer, a attiré l’attention sur un procédé de barrage qui mé-
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- rite d’être indiqué aux intéressés1. II pourrait se montrer efficace dans les Landes, notamment en bordure des carrés de pins.
- Il consiste, en effet, à planter des haies ignifuges, devant lesquelles l’incendie hésite et s’éteint. La plante qui repousse le feu est Y Opuntia ficus indica. Elle est très connue en Algérie. Une haie d’opuntia est impénétrable au feu de broussailles qu’elle arrête à ses pieds. Les Arabes le savent bien et cultivent la plante, d’abord pour son fruit, ensuite par mesure de sécurité.
- L’année dernière, au moment des grandes sécheresses de l’automne, M. Roland Gosselin vit le feu prendre au bord de la route de Nice à Villefranche, entre le parapet et la mer, dans un endroit désert. La broussaille est composée d’herbes, graminées, cystes, lentisques, etc. Le feu crépitait déjà avec certaine violence et l’on pouvait craindre que l’incendie ne se développât.
- Quel ne fut pas l’étonnement de M. Gosselin de voir qu’au contraire il s’arrêtait court, chaque fois qu’une touffe d’opuntia (à cet endroit, Opuntia monacantha) se trouvait sur son trajet ! L’opuntia ne brûlait pas; les jeunes articles se fanaient à peine. M. Gosselin, en sa qualité d’amateur de cactès, suivit, les jours suivants, la convalescence de ces opuntia, qu’il avait vus entourés de feu. Une semaine après l’incendie, ils poussaient de nouveaux articles, les boutons à fleur s’épanouissaient et le mal était, pour eux du moins, tout à fait réparé, quand, tout autour, il n’y avait plus que des cendres, sans la moindre végétation.
- A cet endroit, ces végétaux ne formaient que des touffes que la flamme entourait; mais, point de haies; s’il y avait eu des haies, le feu n’aurait pas passé outre. On peut donc avancer que, pour garantir des incendies la brousse de tous les pays, il suffirait de faire pousser en bonne place des opuntia assez hauts pour dominer les herbes locales; et, notamment, il paraît possible de créer des baies ignifuges dans les Landes.
- Il faut, naturellement, une espèce s’accommodant du climat landais. M. Gosselin propose l'Opuntia vulgaris, var. Balearica (Web), que sa rusticité, ses articles épais et très aqueux, son port compact et sa croissance rapide lui font supposer être des plus aptes à rendre des services. C’est, d’ailleurs, raison qui en vaut bien une autre, la seule espèce de rusticité à Bordeaux. Et l’application pourrait en être essayée immédiatement.
- L’espèce se rencontre aussi aux environs de Nice ; mais on la cultive peu, ses fruits n’étant pas susceptibles d’être confits. Il faut dtfwff souhaitei>qu’on tente l’expérience le plus tôt possildé, car Jes" pertes sont grandes annuellement dans le/mpêts"de pins des Landes.
- Quant ai^fropriétés ignifuges que signale M. Roland Gosselin, chez Yopuntia, elles n’ont rien de mystérieux. Leurs tissus sont gonflés d’eau, et l’on sait ce qu’il faut de chaleur pour vaporiser l’eau. Tout le monde a fait l’expérience de la serviette imbibée d’eau, placée devant un feu ardent. Un tissu ordinaire roussirait en quelques secondes; la serviette reste intacte tant qu’elle est mouillée. L’eau absorbe le calorique pour se vaporiser et le tissu ne commence à s’échauffer que lorsque l’eau est entièrement évaporée. La plante est si chargée d’eau qu’elle peut résister longtemps à l’action du feu.
- Souhaitons donc que l’on tire parti de ces faits et que l’on essaie de ces plantations faciles. La question est assez grosse de conséquences pour que l’on s’en préoccupe sérieusement. Henri de Parville.
- 1 Bulletin de la Soyété nationale d'acclimatation.
- LES BICYCLETTES AUTOMOBILES
- A mesure que le goût de l’automobilisme se répand davantage, plus la nécessité d’un motocyle de construction simple et de prix modique se fait sentir. Nombreuses sont, en effet, les personnes qui, déjà conquises à ce nouveau mode de locomotion, ne peuvent cependant posséder une voiturette ou même un tricycle, soit que l’emplacement pour loger le véhicule leur manque, soit que la mise de fonds élevée qu’occasionne encore un semblable achat les en empêche. Or, la bicyclette à moteur constitue certainement l’automobile la moins coûteuse et la moins encombrante. N’ayant qu’une seule voie, puisque ses roues sont placées dans le même plan, elle permet à son cavalier d’éviter les mauvais chemins plus facilement qu’avec le tricycle, lequel a trois voies. Il en résulte que la promenade à bicyclette automobile est plus agréable, lorsque l’état des routes est bon, que le voyage à tricycle.
- Dans certains pays accidentés, où les côtes sont nombreuses avec des déclivités exagérées, l’usage du motocycle et de l’automobile est fort aléatoire; la bicyclette à moteur permettra cependant de circuler, et il est fort possible qu’avant bien longtemps d’ici, le tourisme à moto-bicyclette soit des plus répandus. Le développement de ce genre d’automobile dépend surtout de la perfection atteinte par les machines motrices et de leur agencement sur la bicyclette.
- On a déjà fait de multiples essais pour réaliser une bicyclette automotrice à la fois légère, de mécanisme simple et solide et d’aspect agréable à l’œil, et ces tentatives ont démontré aux inventeurs que le problème n’est pas aussi simple qu’il le paraît de prime abord. La solution offre même de nombreuses difficultés que l’on n’avait pas soupçonnées au début. Tandis que dans le tricycle, le moteur avec sa transmission doit être le principal souci du constructeur, dans la bicyclette, toute l’attention doit se porter sur l’agencement des divers organes et leur répartition judicieuse sur le véhicule.
- Il existe déjà, dans le commerce de l’automobile, de nombreux modèles de bicyclettes de ce genre. Nous avons décrit notamment la motocyclette Wer-ner1 portant son moteur accroché au guidon; dans le présent article nous passerons en revue les systèmes plus récents, et dont le fonctionnement s’opère d’une façon satisfaisante.
- Bicyclette Bouilly (fig. 1). — Dans le cadre d’une bicyclette ordinaire, à tubes très renforcés principalement à la fourche d’avant, est disposé un moteur de Dion et Bouton, type de 1 cheval 3/4. L’entretoise oblique du cadre allant de la douille au pédalier est double, et le cylindre, à refroidissement par ailettes, est couché entre ces deux tubes. Un réservoir d’essence, d’une contenance de 4 litres, est dissimulé sous la selle, dans le vide existant entre le tube arrière du cadre et la roue.
- 1 Yoy. n* 1504, du 28 mai 1898, p. 405.
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- Le mélange de vapeur d’hydrocarbure et d’air introduit par le mouvement du piston dans le cylindre, est enflammé par une étincelle électrique, exactement comme dans le motocycle de Dion. La boîte renfermant les accumulateurs est suspendue à la traverse horizontale du cadre ; la bobine est fixée au-dessus de la roue d’arrière. Le réglage de la carburation et de la vitesse s’obtient au moyen de manettes articulées à pivot, disposées toujours à l’imitation du système de Dion. La mise en marche est opérée à l’aide de pédales qui se débrayent ensuite automatiquement, dès que la vitesse donnée par le moteur est supérieure à celle transmise par le cycliste. La transmission de l’énergie motrice est effectuée au moyen d’une courroie croisée passant sur deux poulies plates de diamètre en rapport avec la vitesse à conserver. Le poids de la machine en charge est de 45 à 50 kilogrammes.
- Motocyclette Ridel (fig. 2). — L’inventeur de ce système a eu l’extraordinaire idée de fixer son moteur derrière la selle, ce qui doit donner en vérité une commodité tout à fait spéciale pour la surveillance des organes mécaniques et du carburateur. Le moteur pour bicyclette pèse 11 kilogrammes; on y rencontre une particularité à noter : l’articulation du piston est supprimée; la bielle est remplacée par un coulisseau agissant dans une cage dont la course est guidée par les parois de la boîte du moteur. La trépidation est atténuée par la compression de l’air dans la partie inférieure de l’appareil; un excentrique à déplacement latéral, commandant l’allumage et l’échappement, remplace la came ordinairement employée. Le cycliste peut interrompre à volonté l’allumage électrique à l’aide d’un interrupteur placé dans la poignée de gauche du guidon. La poignée droite porte une poire en caout-
- Fig. 1. — Mécanisme moteur de la bicyclette Bouilly.
- ehouc servant à comprimer de l’air dans le réservoir à essence; un petit manomètre indique la valeur de cette pression.
- La transmission est opérée par une courroie sur la roue d’arrière; la vitesse qui peut être obtenue sur route en palier, est de 20 à 40 kilomètres à l’heure, et l’arrêt peut être presque instantané en fermant le robinet d’air du moteur, en même temps que l’on serre le frein à friction sus la roue d’avant. Le poids total en ordre de route, sans le conducteur bien entendu, est de 55 kilogrammes seulement.
- Bicyclette Durey (fig. 3). — C’est, à notre avis, le système le mieux étudié qui ait paru jusqu’à présent, car le constructeur a su disposer de la façon la plus pratique les divers organes de conduite. Le moteur, placé obliquement, développe 80 kilogrammètres environ à l’allure de 1200 tours par minute, et il commande la roue d’arrière par une courroie directe (et non pas croisée comme dans le système Bouilly, ce qui donne une très
- Fig. 2. — Motocyclette Ridel.
- grande dureté). Le réglage de la carburation s'opère par un robinet unique dont on voit la manette au-dessus du cadre. Un levier, placé sous la poignée de gauche du guidon, agit sur une soupape ménagée dans la culasse, et permet de supprimer à volonté la compression ; un levier identique, sous la poignée de droite, commande le contact d’allumage et en même temps le frein à friction, sur la roue d’avant. Le réglage de l’allumage est opéré par un troisième levier placé sur le côté gauche du moteur. Le démarrage est obtenu par des pédales se débrayant ensuite automatiquement suivant la méthode ordinaire.
- On doit reconnaître à cette moto-bicyclette de sérieuses qualités, en raison de l’agencement rationnel des pièces de son mécanisme. C’est un véritable cycle, robuste et puissant, capable d’escalader les côtes les plus dures et de remorquer à bonne allure une petite voiturette chargée d’un autre voyageur. Sa stabilité est parfaite, le départ, les virages, les
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- arrêts, sont faciles, enfin elle peut, en cas d’accident an moteur, être actionnée sans grande fatigue par le cycliste; il suffit d’enlever la courroie de transmission pour débrayer le moteur.
- Autocyclette Garreau. — L’idéal des cyclistes
- serait d’avoir un moteur minuscule, aussi léger que possible, et ne servant que de secours, lorsqu’il s’agit de gravir une rampe dure ou de grande longueur, ou encore de remplacer par instants la force musculaire du cavalier. M. Garreau s’est rapproché
- de cet idéal par la création d’un échantillon de moteur genre de Dion extra-léger pesant 5 kilogrammes et développant environ 55 kilogrammètres à allure normale. Ce moteur peut s’installer sur toutes les bicyclettes à l’aide de deux brides à boulons; il suffit de changer l’arbre du pédalier et d’ajouter une couronne dentée engrenant avec le pignon moteur. L’allumage est électrique par piles et bobine, suivant le procédé habituel; le réservoir à essence est installé dans le vide du cadre au-dessus de la roue d’arrière, les diverses manettes de réglage sont agencées comme dans tous les motocycles.
- La caractéristique de ce système réside donc dans la possibilité de transformer, par l’adjonction d’un moteur, toutes les bicyclettes en motocycles. j.e travail développé est suffisant pour assurer une vitesse de 15 à 20 kilomètres à l’heure en moyenne. Le poids total de l’appareillage en ordre de marche, avec ses provisions d’essence et d'huile, ses outils, etc., ne dépasse pas 28 kilogrammes.
- Pétrolette Oméga (fig. 4).—Cette machine, encore à l’essai actuellement, présente la curieuse particularité d’avoir une transmission par engrenages d’angle,
- et non par chaîne. Le moteur à ailettes est disposé, comme dans le système précédent, au-dessus du pédalier, et le pignon attaque un engrenage d’angle transmettant le mouvement de rotation à la roue motrice par un arbre et un second train d’engrenages. Nous ne savons encore ce que ce dispositif, du à M. Bergeron, a pu donner aux essais ; il est probable toutefois que les résultats seront assez avantageux pour permettre de croire à l’avenir de cette application du moteur à pétrole.
- Bicyclette automobile de Hertschmann (fig. 5). — Dans tous les appareils que nous venons de passer en revue, le refroidissement est assuré par la circulation de l’air ambiant entre les ailettes entourant le cylindre; il n’en est pas de même avec la bicyclette anglaise de Hertschmann. Cet inventeur a muni les deux cylindres jumeaux de sa machine d’une double enveloppe en tôle mince s’évasant en
- Fig. 5.
- Refroidissement des cylindres dans la bicyclette Hertschmann.
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- pavillon elliptique en avant : pendant la marche, l’air s’engouffre dans ces pavillons, circule autour des cylindres et s’échappe par des ouvertures pratiquées à la partie inférieure. L’allumage est opéré par un brûleur à incandescence ; la transmission se fait par engrenages droits et chaîne, et le pédalier est reporté vers l’avant, ce qui permet de lui conserver l’étroitesse voulue; mais lu roue d’arrière étant constituée par deux disques accolés, l’ensemble paraît assez lourd.
- Tandems automobiles. — La bicyclette à moteur est surtout un engin de tourisme dont la vitesse est modérée, et qui présente l’avantage de pouvoir passer partout, utilisant les sentiers cyclables dont le tricycle ne peut profiter en raison de sa largeur de voie. Le tandem automobile est surtout une machine d’entraînement pour les coureurs cyclistes sur piste, et il en existe plusieurs modèles que l’on peut voir rouler sur les principaux vélodromes, entraînant dans leur sillage nos rois de la pédale. Ils font partie maintenant du matériel indispensable pour tirer les recordmans et leur permettre d’atteindre les vitesses fantastiques que l’on enregistre actuellement, et ils luttent même avec certains avantages contre les tandems et triplettes à moteur électrique qui doivent se relayer tous les 20 kilomètres, leur provision d’énergie étant consommée au bout de ce temps.
- Lors de récents essais exécutés à la piste municipale du bois de Yincennes par le recordman Albert Boyer, le tandem à pétrole construit sur les plans de ce constructeur a pu couvrir avec une grande régularité le kilomètre en 58 secondes, et cela pendant plus d’un quart d’heure. Le moteur, encastré dans le cadre, est un Sphinx, pouvant produire 140 kilogrammètres par seconde, travail auquel vient encore s’ajouter celui des deux équipiers agissant sur les pédales. Le carburateur, type Longue-mare, agit par pulvérisation et son débit est réglé par l’équipier d’arrière, celui d’avant se bornant —ce qui est bien suffisant à ces allures fantastiques — de maintenir la direction et interrompre au besoin l’allumage électrique du mélange explosif.
- Tels sont les principaux systèmes d’automobi-lettes bicycles réalisés dans le cours de ces derniers temps, et qui présentent des dispositions nouvelles et originales. On peut croire, devant les résultats obtenus, que l’avenir qui leur est réservé est des plus brillants ; c’est là une branche nouvelle de la locomotion mécanique susceptible de se développer considérablement, car elle répond à un besoin nettement déterminé, et elle s’adresse à un public nombreux. On ne peut reprocher à la motobicyclette qu’un insuffisant équilibre, qui rend son usage difficile dans les rues encombrées et lorsque le sol est gras ou pavé inégalement; mais c’est, en somme, un inconvénient qu’une étude ultérieure atténuera sans doute. Constatons en terminant que les constructeurs ont amené ce véhicule à un point qui le rend pratique pour bien des usages et capable de rivaliser dans une certaine mesure avec le motocycle si en vogue aujourd’hui. H. de Graffigky.
- LES OISEAUX COLLECTIONNEURS
- La manie des collections, si répandue dans l’espèce humaine, est plutôt rare chez les animaux. Il n’y a guère, que chez les oiseaux qu’elle est parfaitement nette. A cet égard, le cas de la pie est bien connu et l’histoire de la Pie voleuse de Palaiseau est dans toutes les mémoires.
- L'Anomalocorax splendens est une sorte de corbeau que l’on rencontre abondamment dans l’Inde et qui, dans les grandes villes, coure partout, comme le font chez nous les Pierrots espiègles. Comme la pie, il est voleur en diable; non seulement il pille les matières dont il fait sa nourriture, mais aussi il porte dans son nid toute une collection d'objets dont il n’a que faire. Un auteur anglais, Jerdon, raconte qu'auprès de chaque village, de chaque maison même, on rencontre des quantités d’Anomalocorax, attendant une occasion favorable pour piller. Rien n’est en sûreté à côté d’eux : laissés près d’une fenêtre ouverte, le contenu d’un sac à ouvrage, les gants, les mouchoirs, disparaissent instantanément. Les Anomalocorax ouvrent les paquets, même ceux qui sont noués, pour voir ce qu’ils contiennent; Tennent assure que pour exécuter leurs larcins, ils enlèvent même les clous. Une société, qui était réunie dans un jardin, ne fut pas peu effrayée un jour en voyant tomber du ciel, au milieu d’elle, un couteau tout sanglant. Le mystère fut éclairci : c’était un Anomalocorax qui avait épié le cuisinier, et profité d’un moment favorable pour lui dérober son couteau.
- Les Ptilonorhynques sont plus éclectiques dans leur choix. Les objets qu’ils récoltent sont évidemment destinés à rehausser la décoration de leurs curieux nids de plaisance, autant à l’intérieur qu’à la porte. Gould nous a appris que l’oiseau y entasse tous les objets de couleur éclatante qu’il peut ramasser, tels que les plumes de la queue de divers perroquets, des coquilles de moules, des petites pierres, des coquilles d’escargots, des os blanchis, etc. Il y a certaines plumes qui sont entrelacées dans la charpente du berceau ; d’autres, mêlées avec les os et les coquilles, en jonchent l’entrée. Le penchant naturel de ces oiseaux à ramasser tout ce qu’ils trouvent à leur convenance et à l’emporter est si bien connu des naturels que, quand il leur manque quelques petits objets, par exemple une pipe ou une amulette, ils se mettent à la recherche des berceaux du Ptilonorhynque, à peu près sûrs qu’ils sont de les y retrouver. Gould a rencontré à l’entrée d’un berceau une jolie pierre de tomahawk, d’un pouce et demi de hauteur, très finement travaillée, mêlée à des chiffons de coton bleu, que les oiseaux avaient certainement ramassés dans un ancien campement d’indigènes.
- Le même auteur nous a aussi donné d’intéressants détails sur un autre oiseau collectionneur, le Chlamydère tacheté qui, comme le précédent, se bâtit des huttes de plaisance. Au centre de chaque hutte, à l’entrée du portique, s’élève une immense collection de matériaux de toute espèce, servant à décorer la place; ce sont des coquillages, des galets, des plumes, des crânes, des os de petits mammifères, etc. Ce n’est évidemment que sur les bords des courants que les petits architectes peuvent se procurer les coquillages et les petits cailloux ronds qu’ils emploient; si l’on remarque que leurs constructions sont souvent situées à une distance considérable des rivières, on voit quels efforts et quel travail demandent leurs collections. Comme les Chlamydères se nourrissent presque exclusivement de graines et de fruits, il est bien évident que les coquillages et les os ne peuvent avoir été ramassés que pour servir à la décoration de leurs édifices : ils ne prennent que ceux parfaitement blanchis par le temps.
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- Les deux espèces précédentes préfèrent, on le voit, les objets d'origine animale. Pour que tous les goûts soient dans la Nature, celle-ci a créé VAmblyornis de la Nouvelle-Guinée qui, lui, fait collections de matériaux d’origine végétale. Devant la porte de son home, il établit une belle pelouse faite de mousse soigneusement rapportée et dont il va chercher les éléments, toulfe par toutl'e, à une certaine distance et qu’il débarrasse avec son bec de tout corps étranger. Sur ce tapis de verdure, l’oiseau sème des fruits violets de Garc-inia et des fleurs de Vaccinium qu'il va cueillir aux environs et qu’il a soin de renouveler aussitôt qu’ils sont fanés : cette ornementation n’est pas sans analogie avec ces (( jardinières » que les maîtresses de maison mettent sur leur table les jours de grand dîner. L’Amblyornis mérite bien le nom d’oiseau jardinier que lui donnent les chasseurs malais. H. G.
- LES SQUELETTES DE FEUILLES
- Il y a peu de choses aussi jolies, aussi gracieuses, que les feuilles d’arbres et de plantes réduites à leur squelette par une exposition un peu prolongée, et dans certaines conditions, à l’action des agents atmosphériques : le tissu proprement dit de la feuille disparaît, et il ne reste plus que le système vasculaire, formant comme une dentelle d’une élégance rare.
- En réalité on ne savait pas bien jusqu’ici sous quelle influence se produisait cette décomposition apparente, cette destruction qui se bornait au tissu. 11 est vrai qu’on avait constaté par expérience que le meilleur moyen d’obtenir des squelettes de feuilles consistait à les laisser quelques mois dans une mare à l’eau tranquille, contenant des mousses, des algues ou d’autres plantes aquatiques vivantes. Les parties tendres des feuilles disparaissent bien plus vite si elles sont mortes au moment où on les met dans la mare. On peut aussi obtenir des squelettes de feuilles en frappant celles-ci pendant un certain temps, et bien perpendiculairement, avec une brosse à habits un peu dure. Mais les esprits curieux se demandaient comment se produisait la disparition naturelle des tissus. M. Albert F. Woods, « Assistant Chief » de la Division de Physiologie et de pathologie végétales au Ministère de l’Agriculture des États-Unis, viefit de jeter un jour tout nouveau sur la question.
- Récemment, il avait mis dans un aquarium où baignaient des feuilles d’érable marquées de taches maladives, de la mousse prise dans un étang; il ne fut pas peu étonné de voir bientôt disparaître l’épiderme des feuilles d’érable et le tissu des parties tachées, le réseau vasculaire persistant seul. Un examen un peu minutieux révéla la présence d’une multitude de petits crustacés bivalves appartenant à la famille des Cyprididæ, et probablement au genre Cypridopsis. Les coquilles en ont de 1/2 à 1 millimètre, sur une largeur et une épaisseur moitié moindres; ces petits animaux sont d’un vert jaune et couverts de poils courts; leurs mandibules sont solides et leur permettent de ronger les feuilles. Le fait est qu’en examinant le canal alimentaire de plusieurs d’entre ces crustacés, M. Woods y a trouvé un grand nombre de cellules du tissu des feuilles aux différents états de la digestion.
- Pour s’assurer que le Cypridopsis est bien l’agent actif de la réduction des feuilles à l’état .dé squelette, M. Woods a mis des feuilles d’érable, de tilleul, de rosier, de pêcher, d’une part dans un bassin où furent introduits des champignons et des bactéries de décomposition,
- d’autre part dans le bassin qui contenait ces Cypridopsis qu’on avait apportés dans la mousse, dont nous avons parlé plus haut. Dans le premier bassin, la décomposition se manifesta bientôt, mais une décomposition générale qui ne laissait nullement subsister le squelette. Au contraire, dans le second bassin, les parties tachées des feuilles furent réduites à leur squelette en 24 heures, les crustacés n’ayant point tardé à se mettre à l’ouvrage, et en 4 semaines leur œuvre était accomplie entièrement.
- Ces petits crustacés ne s’attaquent au système vasculaire que quand le tissu ordinaire leur manque; il faut qu’ils soient affamés pour entamer ces parties plus dures, et ils commencent toujours alors par les portions les moins résistantes du réseau. Ajoutons avec M. Woods que ces animaux sont abondamment répandus dans les eaux douces ou salées, qu'il n’est pas une mare où l’on n’en trouve ; mais ils semblent prospérer davantage là où poussent des algues ou d’autres plantes aquatiques. D. B.
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- L A FORCE MOTRICE A L’EXPOSITION DE 1900
- MM. Potier et Hirsch viennent de fournir, au Comité technique d’électricité, un deuxième rapport pour ce qui concerne la fourniture de la force motrice à l’Exposition. On sait que la force motrice à vapeur fournira non seulement l’énergie nécessaire à l’éclairage électrique, mais encore celle qui, répartie en tous sens par des conducteurs d’électricité, ira actionner, sur les points les plus divers, les moteurs électriques qui commanderont les machines fonctionnant sur place à côté du produit quelles élaborent. Parmi les propositions de force motrice nouvelles examinées dans le rapport de MM. Potier et Hirsch, se trouvent diverses machines de 900, 1000 et 1700 chevaux. Les rapporteurs se sont bornés à examiner les propositions faites au point de vue purement technique. Le calcul qu’ils ont établi conduit à une puissance totale de près de 45 000 chevaux. Les groupes électrogènes de l’Exposition, fonctionnant de façon à répandre sur tout l’emplacement l’éclairage électrique, ne demandent pas plus de 20 000 chevaux. On se souvient avec curiosité, dans cet ordre d’idées, de la progression suivie par l’installation de la force motrice à nos expositions universelles successives. En 1855, la force motrice était de 550 chevaux; en 1867, de 626 chevaux; en 1878, de 2500 chevaux; en 1889, de 5500 chevaux, dont 2500 seulement furent utilisés ; en 1900, il s’agit de 45 000 chevaux disponibles ; les 5500 chevaux utilisés en 1900 pour produire uniquement de l’énergie électrique, de la force motrice électrique transportée à distance représentent, à eux seuls, plus du double de la force motrice totale utilisée en 1889. J. L.
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- CERF-Y0LANT ET MÉTÉOROLOGIE
- Après être demeuré un simple jouet pendant des siècles et même des centaines de siècles, son origine se perdant dans la nuit des. emps, le cerf-volant prend de plus en plus place parmi les instruments scientifiques1. Aux États-Unis notamment, il y a toute une série de chercheurs qui se livrent à ce qu’on nomme le Scienlific kite flying, le « vol scien-tiîique des cerfs-volants ». Ce sont par exemple MM. Eddy, Wise, Hargrave ; et dernièrement, M. War-
- * Voy. n® 1196, du 2 mai 1896, p. 338 ; n® 1221. du 24 octobre 1896, p. 326, et n® 1281, du 18 décembre_1897, p. 35.
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- LA NATURE.
- ren H. Smith, de Pontiac, écrivait au Scientific American pour lui signaler un nouveau système de cerf-volant scientifique imaginé par lui. Il est du genre Ilargrave, du type boîte, en forme de parallélépipède rectangle creux, dont les parois sont supprimées dans la portion centrale de ses grandes faces, de même que sur les faces extrêmes; mais M. Smith l’a muni d’ailes triangulaires latérales qui en augmentent la surface et la force portante. Cet appareil s’est comporté de façon remarquable, montant à 600 mètres et exerçant un effort considérable sur la corde de retenue.
- Mais, quand on veut vraiment savoir ce qu’on peut obtenir avec un cerf-volant, surtout en matière météorologique, il faut suivre les expériences faites à l’observatoire de Blue-Hill, dans le Massachusetts,
- (observatoire qui dépend du célèbre Harvard College), sous la direction deM.A. Lawrence Rotsch.
- Précisément, dans le courant de l’année 1898, le cerf-volant ou plutôt un des cerfs-volants de Blue-Hill a pu atteindre une hauteur qui semble absolument fantastique pour un instrument de ce genre : il est monté à 3488 mètres au-dessus de l’établisse -ment, ce qui correspond à une altitude absolue de 3680 mètres, et 109 mètres plus haut que les cerfs-volants n’avaient pu encore monter. On voit d’après cela si les expériences de Blue-
- Hill sont intéressantes à suivre; et comme M. L. Rotsch, qui contribue pour une grande part aux
- dépenses ainsi qu’aux travaux de l’observatoire, a fait parvenir à La Nature un volume contenant une série d’observations faites à cet établissement scientifique, nous avons jugé bon d’extraire de cette p u b 1 ication quelques renseignements sur les résultats que donnent les ascensions de cerfs-volants qui y sont, à chaque instant, opérées. Du reste, un collaborateur de M . Rotsch, M. L.-P. Fergusson, a, dans le volume en question, inséré une étude complète sur « l’exploration de l’atmosphère au moyen des cerfs-volants ».
- Il a pu rappeler les précurseurs des expérimentateurs actuels, non seulement Franklin, si connu, mais encore l'Ecossais Alexander Wilson, qui, dès 1749, faisait enlever un thermomètre par un cerf-volant, puis, beaucoup plus tard, en 1883, l’Anglais Archi-bald Douglas qui confiait à des appareils du même genre des anémomètres Biram, pour constater l’accroissement de vitesse du vent au fur et à mesure de l’élévation d’altitude. A Blue-Hill, l’histoire des observations peut se résumer brièvement. En 1885 d’abord, puis en 1891 et 1892, M. Alexander Mac-Adie exécutait avec un cerf-volant des expériences sur l’électricité atmosphérique; en 1894, M. W.-A. Eddy attachait
- Fig. 1. — Le météorographe primitif.
- Fi*. 2.
- VITESSE MOYENNE DU VENT.
- TEMPERATURE.
- HUMIDITE.
- 500 c.
- 0®F. 3® 6° 9° 12° 15° 18° 21° 20 15 10 5 0 -5 -10 -15 20
- 0®C 10° Pour cent.
- Mètres par seconde.
- 2800
- 2800
- HUMIDITE .
- TEMPERATURE
- 2500
- 2500 _
- 2000
- 2000 „
- 01500
- 1000
- 100 0°Ai. +20° AÔ° +60*
- '0 80 90
- Pour cent.
- f23°F. 26° 29° 32° 35° 38° M° 50°
- Sc
- Courbes enregistrées par le météorographe.
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- LA NATURE.
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- un thermographe à un cerf-volant qui atteignit 436 mètres; en 1895 on pouvait enregistrer l’ascension d’un baro-thermographe dans des conditions analogues. Vers la fin de la même année, on commençait de faire enlever régulièrement un thermo-anémo-graplie. Entre temps, on perfectionnait les cerfs-volants eux-mêmes, et non seulement on avait construit l’appareil Hargrave, qui est représenté ici, mais on substituait, en 1896, une corde de piano à la corde de traction ordinaire; on fabriquait des appareils résistant à l’humidité, qu’on pût lancer au milieu de la pluie et des tempêtes de neige. Bientôt ces appareils montent à une hauteur de 1000 mètres, et, peu de temps après, de 1800 mètres ; on faisait construire, par le constructeur parisien Richard, un remarquable haro -thermo-hydrographe en aluminium ; puis on modifiait la queue des cerfs-volants en y attachant les cônes creux que montre une de nos gravures.
- Un arrivait enfin à l’altitude de 2665 mètres, qui est finalement amplement dépassée.
- Nous ne pouvons évidemment avoir l’intention de suivre dans leurs détails les travaux faits à l’observatoire de Blue-llill ; et cependant nous y trouverions les renseignements les plus intéressants sur la construction proprement dite des cerfs-volants, les cabestans de retenue de la corde, le dynamomètre, etc. Les instruments enregistreurs employés se sont, eux aussi, étrangement perfectionnés, car il y a bien loin entre le premier thermographe enlevé en 1894, comme nous l’avons dit, et le météorographe construit par M. Richard1.
- Tout naturellement, grâce aux instruments si
- 1 Voy. n° 1184, du 8 février 1896, p. 145, que signalent les Annales de l’Observatoire de tilue Hill.
- précis et si complets qu’on a employés, et à la multiplicité des ascensions, on a pu réunir un nombre considérable d’observations précieuses, dont les résultats peuvent être comparés avec des observations faites simultanément à terre. On obtenait des tableaux du genre de celui que nous reproduisons (p. 30) en l’abrégeant, et qui se rapporte à une même ascension de juin 1896, dont il indique les différentes périodes.
- M.H. HehnClayton , a étudié tous les re-' ' ’’ ' levés obtenus pour
- en tirer des conclusions, et il a pu faire remarquer notamment que le vent augmente au fur et à mesure que l’appareil monte, le coefficient de cette augmentation de vitesse paraissant être de 0m,30 à la seconde pour chaque 100 mètres de plus. Bien entendu, on trouvait constam ment des changements de courants aériens.
- Pour donner finalement une idée nette, sous une forme concise, des constatations faites, nous reproduisons deux séries de courbes dressées suivant les indications du météorographe; l’une se rapporte à une première ascension du 8 octobre effectuée le matin, et l’on y voit indiquées la température, l’humidité et la vitesse moyenne du vent en fonction de l’altitude. Le second graphique est le résultat d’une ascension exécutée immédiatement après midi, les lignes continues représentant les observations faites à la montée du cerf-volant, et les lignes interrompues celles qui ont eu lieu à la descente, vers 9 heures du soir.
- On le voit, le cerf-volant est dès maintenant un instrument précieux pour la météorologie, instrument autrement moins coûteux que le ballon, et il ne faut pas s’étonner si on cherche à le perfectionner encore. C’est ainsi que, tandis que M. le Dr Hergesell, du « Meteorologischen Landesinstitut » d’Alsace-Lor-
- Fig. 3. — Les cerfs-volants météorologiques. — Appareil à cônes. 2. Appareil Hargrave.
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- LA ‘NATURE.
- raine, poursuit des tentatives analogues à celles de M. Rotscli, M. Hugo L. Nikel, trésorier de la « Yienna Flugtcchnischer Yerein », vient de construire un cerf-volant tout nouveau, sur le principe des plans interrompus, et qui ressemble à une série d’oiseaux se suivant de près les ailes étendues. Cet appareil, muni d’un gouvernail horizontal et d’un gouvernail vertical, a été récemment soumis à des essais à Krzeszowice, près de Cracovie : il a pu soulever un poids de près de 28 kg, à ce que dit Vlllustrirte Zeitung, tout en offrant une stabilité précieuse pour les instruments météorologiques.
- Yoici le tableau dont nous parlons plus haut :
- S-S « 5 H TEMPÉRATURE VITESSE
- DE L’AIR 1 c DU VENT 2
- HEURE - * es 3 q / ."S TS Zi i n < s”" C3 Ç} •"C Au point où est le cerf-volant.] Sur la | colline de : lancement. Dans \ la vallée. llumidi sur la collii Au point ' où est le , cerf-volant./ „ « ’Ji - "q O
- 3 Ii. 41 soir.. 500“ 70.8 79.6 83.6 54 0/0 11.6 10.5
- 4 h. 10 — .. 527" 73.9 80.1 82.9 58 0/0 12.1 10.5
- 5 li. 13 — -. 926“ 05.8 77.8 80.0 45 0/0 12.5 8.9
- o li. 52 — .. 1024“ 03.9 77.8 80.8 40 0/0 12.5 9.8
- 7 h. 45 — .. 1072" 03.2 72.4 75.2 02 0/0 10.3 8.9
- 8 h. 25 — .. 863“ 65.5 71.7 72.5 62 0 0 12.1 9.4
- On voit combien ces observations renouvelées peuvent présenter d’intérêt pour les météorologistes.
- D. Lefois.
- CORRESPONDANCE
- MOUT ÉTRANGE I)'UN PÊCHEUR
- Nous recevons de M. Adolphe Combanaire, ingénieur des câbles sous-marins à Singapore, une lettre dans laquelle est mentionné le curieux lait suivant extrait du Penang Gazette, n° du 6 mai 1899.
- Un pêcheur malais de Tanjong-Tokong est mort ce matin vers 4 heures d’une étrange manière. Il pêchait avec un camarade dans un petit bateau de Ratu Ferringhi, lorsqu’un poisson cpée de près de 40 centimètres de longueur, volant ou sautillant à la surface des eaux, vint enfoncer son museau aigu dans sa poitrine, un peu au-dessus du cœur, line plaie de la largeur d’environ une pièce de 50 centimes se forma aussitôt; le pauvre pêcheur poussa un cri en tombant à la renverse. Son camarade se retourna pour secourir son compagnon, car il n’avait pu voir ce qui venait d’arriver et, pendant qu’il en recevait les explications, le poisson épée put sauter hors de la barque et rentrer dans la mer.
- Le camarade du pauvre blessé fit son possible pour revenir au plus tôt à Tanjong Tokong, mais le pêcheur mourait au bout de quelques minutes des suites d’une hémorragie.
- M. Ncubronner, le coroner, fut prévenu dès l’arrivée des pêcheurs à Tanjong-Tokong. 11 put voir le corps du malheureux resté dans la barque, encore couvert de sang, et donna aussitôt les ordres pour qu’on examinât le cadavre. La blessure était légèrement' dentelée et n’a pas pu être faite avec un instrument bien acéré. ;
- 1 En degrés Farenheit.
- * En mètres par seconde.
- 11 est curieux de savoir que dans le Tongkha et le Pungha ce genre de mort est encore assez fréquent. C’est un fait connu d’ailleurs que les pêcheurs de ce pays feront n’importe quel serment pourvu qu’on ne leur demande pas de jurer, dans le cas où ils ne diraient point la vérité, qu’ils ne sauraient être tués par le poisson épée (plah katong en siamois ou ekan banang en malais).
- lTnc application imprévue du ciment armé.
- — Elle nous vient sinon d’Amérique, du moins des Américains et c’est un dentiste qui l’a trouvée. En général quand on a une mauvaise dent, on la fait enlever, c’est une coutume courante, mais si ladite dent est trop mauvaise les parois en sont friables et minces et, malgré toute l’habileté du praticien et la perfection de ses outils, il peut arriver que les racines se cassent au moment de l’opération qui se trouve par ce fait à moitié manquée. Le procédé employé pour consolider la dent consiste à enfoncer dans les racines des tiges de fer qu’on noie dans du ciment ; en quelques minutes celui-ci fait prise et la dent creuse se trouve changée en un monolithe plein de très grande solidité et présentant une grande résistance à l’extraction. Nous ne croyons pas que les inventeurs du ciment armé aient songé à cette application ; en tout cas, elle est à même de rendre en bien des cas des services très sérieux.
- Installations électriques à. Bordeaux. — La
- Compagnie du Midi va installer à Rordeaux une usine électrique d’une puissance de 1200 chevaux qui sera utilisée pour l’éclairage des gares, des ateliers et des divers services. La Revue générale des chemins de fer donne à ce sujet les renseignements suivants : Le courant continu sera fourni à 240 volts par une distribution à 5 fils. L’usine génératrice comprendra trois groupes électrogènes de 285 kilowatts; un quatrième groupe pourra être installé. Chaque groupe sera formé par une machine Compound horizontale, marchant à 75 tours par minute, et par une dynamo calée sur l’arbre de la machine. L’éclairage sera assuré par des lampes à arc et par des lampes à incandescence. La force motrice sera distribuée dans les ateliers par groupes; chaque moteur commandera un arbre de groupe dont dépendront un certain nombre de machines-outils. Les électromoteurs répartis dans les ateliers et dans les gares seront au nombre de 55 d’une puissance variant de 0,740 kilowatts à 45 kilowatts. La dépense de premier établissement est évaluée à 022 000 francs, et l’on espère mettre l’usine en service au commencement de l’année 1000.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 juin 1899. — Présidence de M. Vax Tiegiiem.
- Lésion des centres nerveux dans Vépilepsie expérimentale. — M. Bouchard dépose une Note de M. Mari-neseo sur les lésions des centres nerveux dans l’épilepsie expérimentale d’origine absinthique. Les études cliniques de Magnan, les recherches expérimentales de Laborde et de Sérieux et celles de l’auteur ont montré que l’absinthe, administrée sous forme de liqueur ou d’essence, détermine des symptômes analogues à ceux de l’épilepsie. M. Mari-
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- LA NATURE.
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- nesco a entrepris, avec M. Stefanesco, l’examen des centres nerveux des animaux atteints de cette épilepsie absin-tliique. Ils ont étudié les moelles de 12 lapins et y ont découvert des lésions caractérisées dans les cellules radiculaires des cornes antérieures et les cellules des cordons.
- La première période de l'art du dessin. —M. À. Gau-dry présente un ouvrage de MM. Massénat et Girod sur les débris de l’industrie humaine provenant des stations de l’âge du renne dans les vallées de la Vczère et de la Corrèze. M. Massénat a passé trente années à réunir une collection d’objets recueillis dans cette région; il a ensuite soumis cette collection à l’étude de M. Girod, professeur à la Faculté des sciences de Clermont. MM. Massénat et Girod ont entrepris la publication des documents que fournissait cette collection. Cette publication comporte un atlas de 110 planches qui est d’un intérêt puissant pour les savants, et pour les artistes qui, dans la reproduction des nombreux os gravés, puiseront des indications sur les premières manifestations de l’art du dessin.
- Introduction du chlorate de potasse dans certains explosifs. — M. Carnot présente une Note de M. Le Châ-telier sur l’introduction du chlorate de potasse dans les explosifs au nitrate d’ammoniaque. Ces derniers explosifs sont employés comme explosifs de sûreté dans les mines à grisou. Les exploitants objectent contre l’emploi de ces produits leur difficulté d’explosion. On a proposé de leur adjoindre du chlorate de potasse, mais les résultats obtenus sont irréguliers et donnent lieu à redouter des accidents. M. Le Châtelier a songé à utiliser la propriété d’isomorphisme du chlorate de potasse et du nitrate d’ammoniaque pour préparer des substances qui permettent de parer à l’inconvénient signalé sans engendrer des dangers. Il a reconnu qu’il ne fallait pas que la proportion de chlorate dépassât 5 pour 100 et il donne le moyen de préparer des sels doubles possédant cette teneur.
- Photographies de nébuleuses. — M. Janssen dépose une Note de M. Deslandres sur les résultats tirés des photographies effectuées par l’auteur à l’Observatoire de Meudon, avec la grande lunette de 10 mètres nouvellement construite. M. Deslandres a pu constater certaines séparations assez accusées pour reconnaître des variations d’éclat et préparer, pour l’avenir, des documents sur l’aspect de l’amas. Il a pu reconnaître que la nébuleuse planétaire d’Andromède offrait la trace d’une circulation rotatoire de matière. Gu. de Yilledeuil.
- AU POLE NORD A PARIS
- LES PHOQUES JONGLEURS — LA \IE AU POLE NORD.
- 11 semble que depuis quelque temps nous ayons, à Paris, une émigration d’animaux du Pôle. Il y a quelques semaines tandis que s’ouvrait, sur l’emplacement de l’ancien « Pôle Nord » où l’on patina trois années sur de la vraie glace, une sorte de Panorama animé : « la Vie au Pôle Nord », voici qu’à l’Olympia, en plein boulevard, un habile dresseur d’animaux, dans un cadre très pittoresque, nous donne le spectacle d’une troupe de phoque's et d’otaries savants!
- L’exhibition pure et simple des phoques est certes très ancienne, mais bien démodée depuis que nos
- jardins Zoologique ou d’Acclimatation en possèdent de vraies familles; ce qui est nouveau, c’est le dressage de ces animaux que d’aucuns pourraient croire très difficile, mais qui en somme se rapproche beaucoup du dressage du chien, et ne demande, comme tous les dressages possibles, que du temps, de la patience et de la douceur.
- A l’Olympia, le capitaine Webb — c’est le nom du dresseur de phoques — présente trois phoques : Major, qui a neuf ans et est originaire de la baie de Fondy, dans la Nouvelle-Écosse; Colonel, qui a deux ans, et Pauley, cinq ans, tous deux originaires des îles de Shetland ; et deux lions de mer, Bébé et Toby, âgés tous deux de quatre ans et qui ont été capturés sur les côtes de Californie.
- Les exercices que font ces animaux, que l’on est assez peu habitué à voir sur la piste d’un cirque ou la scène d’un music-hall, sont certes très curieux et ont exigé de la part du capitaine Webb une patience inimaginable ; quand on y songe, on est plus qu’étonné des efforts qu’il faut pour perfectionner l’éducation des bêtes. En voici un qui fume la pipe, et; qui se comprend assez facilement si l’on se souvient que les phoques ont l’habitude de souffler pour rejeter l’eau quand ils abordent à terre ; deux autres sur une planche en équilibre se balancent très gentiment, en imprimant à la planche de petits mouvements en avant et en arrière. Grâce aux nageoires antérieures des phoques très bien articulées, on peut leur faire facilement tenir une baguette, c’est ce qui explique comment Webb a pu arriver à constituer un orchestre presque complet avec des phoques et des otaries. Chaque animal est placé sur une planche inclinée, qui ressemblerait assez au triclinium des anciens Romains ; à celui-ci on donne un banjo, à cet autre un tambour, à celui-là des cymbales ; on passe autour du cou du doyen Major un cor de chasse, dont l’embouchure est reliée par un tube en caoutchouc à une grosse poire à air. Au signal du capitaine Webb, l’orchestre se met à jouer. Major presse la poire à air et tire de son cor de chasse des sons plus ou moins harmonieux, Pauley joue du tambour, Colonel du tambourin, Toby des cymbales et Bébé gratte du banjo. Dire qu’ils observent la mesure serait aller un peu trop loin.
- Un des exercices les plus intéressants, et qui doit être au point de vue dressage un des plus difficiles, est celui auquel se livre un des jeunes lions de mer, Bébé ou Toby, je ne sais plus au juste, ils se ressemblent tant : il jongle avec une baguette garnie d’étoupes pétrolées aux deux extrémités et enflammées ; que de temps ! que de patience il a fallu pour habituer cette bête des mers glaciales à jongler ainsi avec du feu! Major est également un équilibriste très habile, comme certain chien récemment en représentation au Casino de Paris, il joue au ballon avec son maître, en se servant exclusivement de son nez pour recevoir ou renvoyer le ballon ; à certain moment il tient le ballon en équilibre sur son front.
- Le capitaine AVebb, qui est un élève du fameux
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- LA NATURE.
- Barnum, a mis près de deux ans pour arriver à un dressage aussi complet de ses phoques et de ses lions de mer et l’idée lui est venue de se consacrer ainsi à ce dressage spécial en s’amusant un jour avec un jeune lion de mer, qui venait d’être capturé par un bateau de pèche sur lequel il servait comme charpentier; petit à petit, il a augmenté sa ménagerie, et même il cède parfois, moyennant un assez joli prix, quelques-uns de ses élèves à des forains ou des amateurs à un prix assez élevé, car les habiles dresseurs d’animaux font de véritables fortunes; ainsi Lockart, avec sa troupe d’éléphants, gagnait de 70000 à 100000 francs par an. Miss l)oré refusa un jour à un haut personnage de la
- cour de Russie 8000 francs d’un dogue bâtard mais dressé au manège.
- Depuis l’expédition d’Andrée, le Pèle Nord jouit d’un renouveau d’actualité ; on en parle un peu partout et ceux même qui ont lu les récits des voyageurs qui ont exploré les régions glaciales ne se font qu’une très vague idée de ce qu’elles peuvent être. Voici qu’un imprésario a eu l’excellente idée de montrer aux Parisiens ce qu’est la « Vie au Pôle Nord », plutôt dans les régions voisines du Pèle; et cela, il l’a fait non point par de simples projections même cinématographiques, mais dans un panorama animé.
- Sur une scène, qui représente un coin de région polaire avec ses montagnes de glace, la mer et ses
- Les phoques jongleurs (lu capitaine Webb à l’Olympia de Paris.
- icebergs, évoluent une troupe de Lapons, qui donnent au public le spectacle d’une vraie chasse aux ours ou aux phoques, car ils sont là une douzaine d’ours polaires de toute beauté, vivant en compagnie des mouettes, des cormorans, des phoques ou des otaries ; il y avait même au début un superbe morse, le seul représentant de l’espèce qui fût en France ; malheureusement le pauvre animal, déjà fatigué par un long voyage, est mort au bout de quelques jours d’une gastro-entérite.
- Le panorama est agencé de très curieuse façon, les spectateurs sont sur l'avant du Fram, qui semble s’avancer en fendant les glaces; tout autour, comme des sirènes, se pressent phoques et otaries, au-dessus de leurs têtes volettent les mouettes et les hirondelles de mer, et devant vos yeux vous
- avez le spectacle des ours pourchassés par les Lapons qui filent avec rapidité dans leurs traîneaux conduits par des rennes. Puis, au moyen de projections, on assiste au soleil de minuit et aux différents phénomènes célestes qui se produisent dans cette partie du monde. En somme c’est un voyage au Pôle en vingt minutes intéressant et curieux; aussi nous avons tenu à signaler ce curieux panorama animé dû en partie au grand importateur d’animaux M. Hagenbeck, de Hambourg, et à l’imprésario Er-cole. On ne saurait trop encourager ces spectacles d’art scientifique quand ils laissent dans l’esprit des faits exacts et précis. Paul Mégnin.
- Le Gerant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiire, rue de Fleurus, 9.
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- N» \ 560.
- 17 JUIN 1899.
- LA NATURE.
- LE CENTENAIRE DE RACINE
- A LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE
- Le 26 avril 1699 seteignait à Paris dans sa soixantième année notre grand analyste du coeur humain : Jean-Baptiste Racine.
- Né à la Ferté-Milon, il avait commencé ses études au collège de Beauvais et les avait continuées à Port-Royal, sous l'inspiration de sa grand’mère et de sa tante, ardentes jansénistes. C’est là qu’il puisa cette connaissance intime du grec, sous ces maîtres érudits Lancelot et Lemaistre de Sacy, et dont tant de ses livres portent en notes manuscrites la preuve indéniable.
- Racine reçut là une empreinte dont il ne se délit jamais et s’il se brouilla un moment avec les Solitaires, il se réconcilia plus tard avec eux et demanda, par son testament, à être enterré au pied d’un de ses maîtres, Hamon, dans la chapelle de Port-Royal des Champs.
- M. Léopold De-lisle, administrateur de la Bibliothèque nationale, a pensé qu’une exposition des reliques de Racine que possède cet établissement devrait intéresser tous ceux qui ont le culte du grand poète et l’amour des lettres. Le département des imprimés fournit naturellement la plus grosse part de cette exposition que le conservateur du département, M. Paul Marchai, a organisée avec le goût et le soin méticuleux qui lui sont habituels. Là, dans nombre de vitrines, sont réunies les éditions originales de la plupart des pièces de Racine ; on y voit notamment l’édition d'Athalie, publiée chez Denys Thierry en 1691, qui porte Yex-lïbris de la bibliothèque de la 27” année. — 2e semestre.
- Fig. 1. — Portrait de Racine par
- Maison royale de Saint-Cyr. La Thébayde, Alexandre le Grand, Andromaque, les Plaideurs, Britannicus, Bérénice, Bajazet, Mithrulate, Iphigénie, Phèdre, Esther sont là, pour la plupart en belle condition, quelques-unes avec des reliures du temps, ou portant les armes de grands collectionneurs : Daniel Huet, évêque d’Avranehes, Louis XVI, Marie Antoinette, Mme Élisabeth, Mme Dubarry. M. Marchai a eu soin de rapprocher de ces éditions originales les traductions du dix-septième siècle des pièces de théâtre de Racine que possède la Bibliothèque. A côté sont rangés ses poésies diverses, ses ouvrages en prose,ceux même qu’on lui attribue. Puis vient la série des livres qui portent des annotations manuscrites : Homère, Sophocle, Euripide, Pin-dare, Plutarque, Cicéron, Sénèque, qu’il avait lus, relus et médités, comme en font foi les innombrables remarques qui illustrent les marges. Enfin, avec les principales éditions des Œuvres finit la part du département des imprimés dans cette exposition. M. M. De-prez, conservateur des manuscrits, a exposé des extraits ou
- son fils. (D’après une photographie.) . , , ,
- des résumés de
- Tacite, de Quintilien, de S. Basile et 118 lettres de Racine. On n’y voit malheureusement pas ses lettres de jeunesse qui nous auraient fourni sur La Fontaine, sur Molière, sur Boileau, sur tant d’autres auteurs contemporains ses amis, les plus intéressants détails; on y aurait sans doute appris comment, par ses liaisons galantes avec La Champ-meslé, Mlle Du Parc ou d’autres actrices, il a étudié de près la passion, ce qui lui a permis de donner à ses personnages de Phèdre et d’Andromaque, ce cachet de vérité si saisissant. Mais elles sont perdues,
- 3
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- O
- LA NATURE.
- (Jt*
- Htm
- personnages avec lesquels il s’est plus particulièrement trouvé en rapports, parmi lesquels nous devons citer MmP de Maintenon, la duchesse de Bouillon en déshabillé, Mme Deshoulières, Mlle de Scu-déry, Louis XIV, Nanteuil, Boileau par Riga’ùd, Molière par Mignard, Corneille, Chapelain, MM. Hamon et Lemaistre de Sacy, enfin Lully qui composa la musique des chœurs d’Athalie et à'Esther. Citons enfin les costumes des dames religieuses et des
- élèves de Saint-
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- Fig. 2. — Reproduction du testament de Racine. (D'après une photographie.)
- Cyr et des vues de la chapelle du Port-Royal où Racine reposa jusqu’au jour où elle fut rasée (.1709) et où ses restes furent transportés * à Saint-Etienne-du-Mont.
- Nous reproduisons (fig. l)un portrait de Racine par son fils aîné Jean-Baptiste, portrait dessiné sur la couverture d’un exemplaire d’Horace.
- Enfin M. Ba-belon, conservateur du département des Médailles, a exposé ce qu’il possédait : cinq médaillons de Racine en bronze et un jeton 'exécuté en 1698, puis un buste de la duchesse de Bourgogne dont la devise fut fournie par Racine, dans une séance de l’Académie des
- Inscriptions. En résumé, cette exposition in me-moriam renferme 174 numéros qui sont de nature à faire mieux connaître notre grand tragique; elle fait grand honneur à notre Bibliothèqùe et au savant, M. Delisle, qui en conçut l’idée, Gabriel Marcel.
- » • <’
- ou plutôt elles ont été détruites, ces lettres-là, par scrupule religieux. Dans le même volume existent deux testaments de Racine dans l’un desquels, celui que nous reproduisons (fig. 2), il demande à être enterré dans le cimetière de Port-Royal des Champs ; l’autre est consacré à des recommandations qu’il adresse à sa femme et à quelque legs qu’il fait à diverses personnes, notamment à sa vieille nourrice.
- L’Histoire des bienfaits du roi relate le 4 avril 1688 le don de mille pistoles à Racine pour la part qu’il prend à la rédaction de l’Histoire du roi; en décembre 1690 « le Roi donne à Racine, connu par ses belles tragédies et par l’honneur que S. M. lui a fait de le choisir pour écrire son histoire, une charge de gentilhomme ordinaire, par la mort de Tors; il en donnera 10000 livres à la veuve ». Enfin, à la date de mai 1699, on lit dans le même volume :
- « Le Roi donne à la veuve et aux entants de Racine une pension de 2000 livres : le fils, aîné aura 1000 livres et la veuve autant pour .aider à élever les cadets, et la pension est donnée par accroissement à celui qui survivra à l’autre »,
- Louis XIV n’oubliait pas, Mme de Maintenon pour les élèves de laquelle à Saint-Cyr avait été. composée la tragédie à'Estherl
- Le département des Estampes, dirigé par M. H. Bouchot dont la compétence s’est affirmée dans tant d’ouvrages intéressants, a exposé, outre le portrait de Racine par Santerre, gravé par Edelinck, qui a servi de type et qui a été reproduit et trahi jusqu’à nos jours, un certain nombre de pièces relatives à la Ferté-Milon, à Port-Royal (points de départ et d’arrivée), aux sujets de ses pièces et aux
- OXYGÈNE DISPONIBLE SUR NOTRE PLANÈTE
- M. Gerald Stoney expose, dans le numéro de juin du Philosophical Magazine, des réflexions fort curieuses sur la composition relative de notre atmosphère et de là croûte
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- .EA 'NATURE.
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- terrestre, et démontre facilement, avec chiffres à l’appui, qu’il s’en est fallu de bien peu que k vie n’y fût impossible, du moins avec notre organisme actuel et les fonctions qu’il remplit sous l’action de son élément le plus important : l’oxygène. Nous reproduisons le raisonnement de M. Gerald Stoney, qui est d’une implacable logique.
- L’atmosphère est sensiblement composée de 22,7 parties (en poids) d’oxygène, 76 parties d’azote et d’argon, et 1,5 partie de vapeur d’eau et d’impuretés diverses. La pression atmosphérique étant de 1053 gr. par centimètre carré, le tronc de cône de base indéfinie décrit par une droite passant par le centre de la terre et contournant un périmètre embrassant une surface de 1 centimètre carré renferme 234,5 gr. d’oxygène. D’autre part, une quantité d’eau de 264 gr. renferme également 234,5 gr. d’oxygène.
- 11 en résulte qu’une couche d’eau de 264 centimètres, répartie à la surface totale de la terre, renferme exactement la même masse d’oxygène que notre atmosphère. L’analyse chimique des roches, marnes, craies, etc., formant la couche terrestre, montre que ces roches renferment en moyenne 40 pour 100 d’oxygène, et que comme leur densité est d’environ 2,25, la même épaisseur de roche renferme autant, si non plus, d’oxygène que la terre. La quantité d’oxygène libre sur la terre est donc extrêmement faible si on la compare à la quantité d’oxygène combiné : s’il s’en trouvait un peu plus dans la croûte terrestre, notre atmosphère en serait complètement privée, et la vie organique, telle que nous la connaissons du moins, ne saurait exister sur notre planète.
- Si l’on accepte le chiffre de 27 kilomètres comme -épaisseur' dé la' croûte terrestre, et que l’on attribue à cette croûte la même composition sur toute son épaisseur que celle établie par l’expérience sur les couches superficielles, on trouve que l’atmosphère ne renfermerait que la 1/10 000e partie de l’oxygène de la pellicule solide sur laquelle nous évoluons. Il n’y a donc pas de doute à avoir sur nos destinées futures : si le transformisme ne modifie pas notre organisme pour l’adapter à ses fonctions ultérieures, c’est la mort certaine... pour nos arrière-arrière-petits-enfants, qui périront asphyxiés. E. H.
- IA CIRE HUMAINE
- Qui aurait jamais soupçonné que l’homme vivait enfermé dans une enveloppe de cire, de cire d’abeille? Nous sommes un peu en ciré cbmme les personnages du musée Tussaud ou du mhsée Grévin. Nous n’en savions rien hier; il y a beaucoup de choses que nous ne saurons que demain.
- C’est M. le professeur L. Ranvier, membre de l’Académie des sciences, l’histologiste éminent qui a fait dernièrement cette découverte. Notre peau est cirée; il n’y a plus aucun doute à cet égard. La partie externe de notre peau,- celle que nous connaissons tous sous le nom d’« épiderme », paraissait bien renfermer une matière grasse U mais’quelle était cette graisse? On n'en savait rien.* Om considérait un peu comme des écailles desséchées les cellules cornées de l’épiderme et nos connaissances s’arrêtaient là. M.-Ranvier a voulu voir cela de plus i psès ~s et tâcher 'd’isoler la graisse de l’épiderme. Comment s’en procurer ? C’est très simple. La peau — ou un membre entier qu’elle recouvre — est plongée pendant une demi-minute dans l’eau bouillante. L’épiderme s’en détache ensuite comme un gant. Ce procédé, dit M. Ranvier, a un double avantage ; les lambeaux d’épiderme sont débarrassés, de la graisse qui pourrait se trouver accidentellement à leur surface et ils sont grands et assez, nombreux. C’est ainsi que l’épiderme de la
- paume des mains de l’homme fournit un seul lambeau duquel on peut extraire à peu près 10 centigrammes de matière grasse. On la met évaporer pendant 24 heures dans une petite quantité d’éther qui dissout la matière grasse; on décante et on laisse évaporer.
- La graisse épidermique est jaunâtre, solide à la température ordinaire; elle a la consistance et la plasticité de la cire. Elle a le même degré de fusion que la cire d’abeille. On s’en rend compte facilement. M. Ranvier a pris un papier à cigarette ; il a déposé à petite distance sur ce papier deux fragments gros comme une tète d’épingle, l’un de cire d’abeille, l’autre de cire humaine.
- Le petit papier fut glissé dans un tube en verre muni d’un thermomètre, et l’on chauffa doucement. A 35°, les deux cires fondirent en même temps en faisant sur le papier une tache bien apparente. Ainsi, même point de fusion. Cette analogie est intéressante, caria cire d’abeille est un produit de sécrétion de la peau. Chez l’homme, chez les abeilles, etc., c’est donc la peau qui fabrique lu cire.
- On conçoit maintenant aisément pourquoi notre peau ne laisse pas pénétrer l’eau ni un grand nombre de solutions diverses. Le corps entier est recouvert d’un vernis protecteur dont la solidité et la souplesse sont incomparables.
- Notre épiderme n’est donc pas constitué par des écailles imbriquées, mais par des utricules renfermant un contenu cireux, qui nous met à l’abri des contacts dangereux et des actions chimiques. On comprend le rôle des corps gras, glycérine, lanoline que l’on applique sur la peau gercée. Le froid, évidemment, gêne la production de la graisse et surtout la solidifie au point de retirer à l’épiderme ses propriétés élastiques. Il faut, dans ce cas, avoir recours à un dépôt artificiel de matière graisseuse. Mais le fait capital est démontré : nous sommes bien enveloppés de cire fondant à la température de 35°. J .-F. Gau..
- LES NÉBULEUSES ET LA LOI D’ÉVOLUTION
- Dans un précédent article1, nous avons indiqué ce qu’il fallait entendre par une nébuleuse et un amas d’étoiles, et nous avons, en parlant des théories d’Herschel, essayé de montrer le grand intérêt qui s’attache à ces études. Il semblerait qu’en présence de ces manifestations de la création céleste, devant cette porte entr’ouverte qui doit cacher derrière elle les secrets de la formation des mondes, on n’ait eu qu’à franchir ce seuil inviolé mais attirant entre tous, et qu’il ait suffi d’étendre le bras pour arracher une nouvelle page au grand livre des mystères.
- Malheureusement, les premiers essais tentés dans cette voie ne furent pas heureux comme résultat. C’est qu’en effet les dessins fournis par les premiers astronomes qui s'occupèrent de la question, révélèrent parfois des formes si étranges et si peu comparables entre elles qu'on créa une classe particulière pour les ranger à part, et qu’on admit une catégorie de nébuleuses aux formes irrégulières et incompréhensibles. Telles furent, et telles sont encore: Orion, l’Écu, Dumb-bell et tant d’autres.
- Il s’ensuivit que les astronomes, tout en poursuivant la recherche ce ces lueurs célestes, tout en les cataloguant avec soin, en les décrivant minutieusement et repérant exactement leurs positions, pa-
- 1 Voy. n° 1352 du 22 avril 1899, p. 321.
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- raissent néanmoins avoir, pendant un certain temps, perdu l’espoir de trouver l’enchaînement qui doit lier leurs formes les unes aux autres en suivant une loi
- générale d'évolution. Malgré les précieux avantages quelle présente, la photographie, jusqu’en ces dernières années, n’a pas encore donné la solution com-
- plète du problème. Cela tient non pas au procédé qui est excellent, mais à ce qu’il n'a été que fort peu employé et d’une manière plutôt intermittente que suivant un plan d’études prévu et arrêté d’avance.
- Depuis 1861, époque à laquelle Waren de la Rue obtint une image des Pléiades au foyer de son télescope, nous ne voyons que deux entreprises qui aient été conçues dans cet ordre d’idées. La première, celle de M.Gould qui en 1815 commença à Cor-doba une série de 1350 photographies reproduisant tous les amas du ciel austral ; la seconde, celle que poursuit encore M. Isaac Roberts dans son observatoire particulier de Crowborough. M. Isaac Roberts a donné déjà un certain nombre de nébuleuses et d’amas d’étoiles. Il a montré en particulier que la grande nébuleuse d’Andromède est une nébuleuse en spirale.
- Ce sont, nous sommes bien obligés de le remarquer, deux entreprises étrangères, car en France, à
- part les très beaux travaux de photogra-phie astronomique de MM. Henry frères de l’Observatoire de Paris et quelques essais isolés dans d’autres observatoires français, on ne s’est pas adonné d’une façon complète à la recherche des nébuleuses et à l’étude de leur forme et de leur étendue complète au moyen delà plaque sensible.
- Il y a cependant une ample moisson à cueillir, des faits nouveaux à enregistrer, et, croyons-nous, des déductions à tirer de la comparaison des résultats obtenus.
- C’est cette lacune que, depuis quelques années, nous avons essayé de combler à l’Observatoire de Meudon avec le grand télescope de I mètre d’ouverture.
- Nous avons, dans notre premier article, montré
- Fig. 3. — Nébuleuse Q de l’Écu. JR = 18b 11“ 54*. P = 106° 13' 54”. Agrandissement 5 fois. Pose 1 heure, 15 juillet 1898.
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- combien il était avantageux de prolonger les temps de pose si l’on voulait accroître les documents enregistrés, et nous l’avons prouvé avec l’amas d’IIercule.
- Pour les nébuleuses, l’intérêt est plus grand encore. C’est que les poses insuffisantes ne donnent pas l’image complète de l’objet étudié. Voici en êfiet
- trois photographies : figures 1,2, 3. La lyre.Dumb-bell etl’Écu. Ces représentations ne sont pas exactes. C’est ainsi cependant qu’elles ont été toujours connues, dessinées ou décrites jusqu’à présent, et rien jusqu’alors ne pouvait faire soupçonner un lien quelconque entre ces différentes formes.
- C’est que, pour une nébuleuse, il faut non seulement obtenir des poses courtes qui donnent les détails intérieurs, mais encore pousser la durée d’exposition, jusqu a ce que la nébulosité ne s’étende plus à l’extérieur, mais augmente seulement d’intensité dans des limites nettement définies.
- Alors seulement on est en droit d’admettre que l’on connaît la nébuleuse dans toute son étendue et par conséquent la forme générale qui la circonscrit. Nous ne prétendons pas que cela sera toujours possible; nous pouvons dire seulement que pour beaucoup d’objets mal
- définis jusqu'à présent, on peut rencontrer, et on rencontre, en effet, cette limite, avec des temps de
- pose appropriés].
- La connaissance d’un grand nombre de ces formes permettra d’établir un classement rigoureux et de faire des remarques nouvelles. On en tirera alors des déductions qu’il eût été impossible de concevoir autrement.
- Regardons maintenant ces trois memes photographies ; fïg. 4, 5, 6, la lyre Dumb-bell et l’Écu mais avec des temps de pose beaucoup plus longs.
- Nous remarquons que la lyre qui était connue comme une nébuleuse annulaire, est, somme toute, une simple nébuleuse elliptique; car elle n’est pas complètement vide à l’intérieur.
- Elle possède de la matière nébuleuse en son centre. Mais remarquons surtout qu'elle a un maximum de condensation aux extrémités de son petit
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- axe et un minimum aux extrémités de son grand axe1.
- Dumb-bell devient encore ici une nébuleuse elliptique. La ligure s'est achevée et, chose remarquable, le minimum de condensation, comme dans la lyre, se trouve sur le grand axe et le maximum sur son petit axe.
- Pour l’Ecu, cette nébuleuse si irrégulière qu’on lui avait donné le nom d’ü (oméga), en raison de sa forme caractéristique, l’Écu, disons-nous, jouit des mêmes propriétés que les deux autres. C’est toujours une ellipse dans ses grandes lignes avec les mêmes maxima et minima. Seulement ici le maximum se rejette d’un seul côté du petit axe.
- Il n’est pas possible de ne pas voir une analogie frappante entre ces trois formes. De là à dire qu’elles ont subi une même loi générale de formation il n’y a qu’un pas. Ce seraient donc en réalité trois transformations distinctes d’une même forme primordiale.
- Dans l’état actuel de la science, il est impossible et il serait téméraire d’aller plus loin. L’exemple frappant que nous donnons prouve du moins que la voie est largement ouverte et qu’il faut la suivre hardiment.
- Chaque étape dans cette nouvelle route nous réserve des surprises. Elles intéressent l’astronome et le philosophe heureux d’admirer l’opulence des cieux, heureux aussi de constater la grandeur infinie et la majestueuse beauté de toutes les profondeurs
- étoilées. Louis Rabourdin.
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- LES ÏROPOMÈTRES
- La Convention décréta de diviser le jour en 10 heures, chaque heure en 100 minutes et chaque minute en 100 secondes, c’est-à-dire d’appliquer le système décimal à la division du jour. Par le même décret elle décida de diviser le cercle en 400 parties appelées grades, et d’appeler les sous-multiples du grade, décigrades, centigrades, milligrades.
- Comme tout le monde le sait, la division décimale du jour a été abandonnée, mais la division du cercle en 400 grades a été continuée pour certains travaux, entre autres pour les cartes du ministère de la guerre. Lorsque la commission de Décimalisation du jour se réunit, à Paris, le 17 mars 1897, elle chargea un de ses membres les plus distingués, M. le commandant Guyou, de l’Académie des sciences, d’essayer d’appliquer la division en 400 grades aux instruments mesurant le temps et les angles.
- Un concours de chronomètres construits d’après ce système a donc eu lieu récemment au Service hydrographique de la Marine et les résultats obtenus ont été particulièrement satisfaisants.
- Six de ces instruments, qu’on a appelés tropomètves pour les distinguer des chronomètres ou des compteurs
- 1 11 est peut-être intéresssant de savoir que cette dernière photographie obtenue ici avec 53 minutes de pose est égale comme intensité, grâce au télescope dont nous nous servons, à une autre épreuve faite à l’observatoire de Tarhkent, en Russie, mais avec un équatorial de la carte du ciel et qui, pour cette raison, a nécessité 24 heures de pose.
- actuellement en service, ont été achetés par l’État. Nous représentons ci-contre le modèle des tropomètres de M. L. Leroy, qui en a fourni 5 sur les 6 achetés. Gomme on peut s’en rendre compte, l’aiguille d’heures habituelle fait en un tour 40 décagrades, l’aiguille de minutes marque 100 décigrades pendant que l’aiguille d’heures marque 1 décagrade. Enfin l’aiguille de secondes fait un tour en 50 milligrades, elle bat donc 40 X 100x50 = 200 000 battements par jour.
- Si l’on compare cette division à l’ancienne, on a pour la valeur d’un décagrade, 36 minutes; d’un centigrade, 21 sec. 06 ; et d’un milligradc, 0 sec. 92.
- L’application du système a été faite également à titre d’essai aux sextants en même temps qu’aux chronomètres et pourra être étendue à tous les instruments mesurant le temps et les angles, si l’expérience pratique qui va être bientôt tentée par la marine donne des résultats entièrement satisfaisants.
- Au dire des calculateurs, le calcul de l’angle horaire se trouverait notamment abrégé, puisqu’on n’aurait plus à réduire les minutes et secondes d’arc en minutes et secondes de temps.
- La facilité et la rapidité des calculs à la mer ont leur
- Cadran du tropoinètre.
- importance ; on peut bien dire qu’elles en ont partout et que c’est rendre service aux hommes de science que de leur faire aussi gagner du temps.
- 11 est donc probable que les pays qui ont adopté le système métrique suivront bientôt l’impulsion donnée par le Service hydrographique.
- Cette réforme restera, bien entendu, dans le domaine scientifique; il n’est pas question, pour le moment du moins, de l’imposer au public qui n’en tirerait aucun avantage et qui n’y trouverait au contraire que des inconvénients. Flamel.
- LES PRIX DE REVIENT
- DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- SUR LES CHEMINS DE FER AMÉRICAINS
- Nous trouvons dans une revue autrichienne, Zeitschrift für Élektrotechnik, une étude très intéressante sur les tramways et chemins de fer électriques américains. Parmi tous les documents cités et passés en revue, nous relevons principalement les prix de revient détaillés de l’énergie électrique, notamment pour quelques usines de puissance élevée.
- Le chemin de fer électrique de Baltimore-Ohio a une
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- station centrale qui renferme 5 machines de 501) kilowatts, et plusieurs petites machines pour l’éclairage d'une puissance totale de 1000 kilowatts. Pour 5500 kilowatts, la dépense totale d’installation a été de 1 711 500 francs, soit 488 francs par kilowatt. Le prix de revient du kilowatt-heure est de 0fr,0404, dont 0fr,0188 pour le combustible, 0tr,0176 pour la main-d’œuvre, 0fr,0018 pour l’eau, Üfr,0009 pour le matériel et 0fr,0ül3 pour les réparations.
- Dans l’usine du métropolitain électrique de Chicago (Westside), 14 chaudières de 500 chevaux fournissent la vapeur nécessaire pour actionner 2 machines dynamos de 1500 kilowatts et 2 de 800 kilowatts. Le charbon employé est de faible qualité et vaut 10 francs la tonne. La puissance totale est donc de 4600 kilowatts. La dépense d’installation a été de 3 320 000 francs,
- 725 francs par kilowatt. Les dépenses d’exploitation sont par kilowatt-heure de 0fr,0175 de charbon, de 0tr,0112 de main-d’œuvre, de 0fr,0004 d’eau, de 0tr,0021 de matériel, et de 0fr, 0017 de réparations, soit au total de 0tr,0528.
- Pour les tramways électriques de Chicago (Western Avenue), l’usine renferme 10 cliaudières Stirling avec chauffage au pétrole, ainsi que 3 dynamos Siemens et llalske de 1500 kilowatts, et 1 de 750 kilowatts. La dépense d’installation, pour une puissance totale de 5250 kilowatts, a été de 2670 000 francs, soit de 509 francs par kilowatt. Dans l’exploitation, les dépenses de combustible, d’eau et de réparations sont supérieures à celles que nous avons trouvées plus haut, et ont atteint respectivement 0tr,0372,
- 0'r,0020 et 0fr,0024. Les autres dépenses ont été de 0tr,0064 pour la main-d’œuvre, et de 0tr,0010 pour le matériel, soit au total 0tr,0490. L’installation des tramways de Brooklyn (Southern) comprend 12 machines de 500 kilowatts à 550 volts et à 375 tours par minute; la puissance totale est donc de 6000 kilowatts.
- Le prix de revient du kilowatt-heure est de 0fr,0577 se décomposant ainsi : combustible 0fr,0152, main-d’œuvre 0tr,0165, eau 0'r,0009, matériel 0fr,0020, réparations 0fr,0031.
- La station centrale des tramways électriques de Brooklyn (Kent Avenue) renferme 12 chaudières de 500 chevaux et 4 machines dynamos de 1500 kilowatts. Le charbon employé vaut 8fr, l la tonne. Le prix de revient du kilowatt-heure ne dépasse pas 0fr,0267, dont 0rr,0116 pour le combustible, 0fr,0094 pour la main-d’œuvre, 0'r,0015 pour l’eau, 0fr,0016 pour le matériel, et 0r‘‘,0028 pour les réparations.
- Dans l’usine des tramways électriques de Brooklyn (Ridgewood) se trouvent 4 chaudières de 500 chevaux, 6 machines à vapeur sans condensation de 700 chevaux et 6 dynamos de 300 kilowatts. Les dépenses d’exploitation par kilowatt-heure sont de 0tr,0488 dont 0fr,0223 pour le combustible, 0fr,0195 pour la main-d’œuvre, 0tr,0012 pour l’eau, 0fr,0020 pour le matériel et 0fr,0058 pour les réparations.
- A la station centrale pour l’éclairage électrique de la 28e rue à New-York, le prix de revient du kilowattheure est de 0fr,0846. J. L.
- CHUTE D’UN TRAMWAY DANS LE D0URS
- A BESANÇON
- Le 31 mai 1899, à 9 heures 1/2 du soir, un terrible accident est arrivé à Besançon. Un tramway électrique allant à une vitesse excessive a déraillé au moment où il s’engageait sur le pont de Canot; il est monté sur le trottoir et, après avoir enfoncé le parapet, s’est précipité dans le Doubs, sur un lit de rochers, faisant ainsi un saut de 8 mètres. Dans ce singulier accident il y a eu trois personnes tuées sur le coup et quatre autres blessées tris grièvement. MM. Jean Brun et A. Pouisot ont eu l'obligeance de nous envoyer des photographies prises le lendemain de l’accident. Nous en reproduisons une représentant le tramway dans la rivière. On distingue nettement l’endroit du pont où le parapet a été arraché ; des
- ouvriers travaillent à remplacer le parapet renversé par une balustrade en bois. Le tramway par suite du choc a été complètement séparé en deux ; la caisse de la voiture s’est couchée sur le flanc et a été presque complètement aplatie, tandis que les roues et le moteur électrique sont tombés perpendiculairement et reposent à plat sur le rocher.
- NOUVEAUTÉS PHOTOGRAPHIQUES
- DÉTECTIVE CADOT POUR PLAQUES OU PELLICULES JUMELLE BRETON A CHANGEMENT DE PLAQUES ROTATIF VISEUR-DÉCENTREUR AUTOMATIQUE DE M. GAUMONT
- Les amateurs photographes sont généralement plus familiarisés avec les plaques sur verre qu'avec les pellicules; la manipulation de ces dernières les effraye un peu, et cependant leur traitement n’est pas bien compliqué. 11 faut admettre pourtant que le développement d’un cliché sur verre est plus facile, et pour les débutants nous conseillons de commencer par là. Mais ensuite on peut passer de l’un à l’autre suivant les circonstances ; en voyage, la pellicule aura toujours le grand avantage de la légèreté, de la solidité et du petit volume. C’est dans
- soit
- Un tramway dans le Doubs.
- (D’après une photographie de MM. J. Brun et A. Pouisol.)
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- LA NATURE.
- •il)
- le but de satisfaire tout le monde que M. Cadot a imaginé un petit appareil à main transformable qui permet d’employer à volonté la plaque en verre ou la pellicule en rouleau. La dimension des images sur verre est 9x12, celle des images sur pellicule est un peu plus petite, c'est la dimension anglaise qui se rapproche le plus du 9x12 et le constructeur l’a choisie parce que c’est la plus usitée et qu'on trouve couramment des rouleaux tout prêts de ce format. L’appareil a la forme d’une boîte carrée (lig. 1, n° 1) bien connue sous le nom de détective. 11 est muni d’un objectif avec obturateur ne démasquant pas la plaque quand on arme, et à vitesses variables, de deux viseurs pour mettre l’image en ])laque dans le sens de la longueur ou de la hauteur; la mise au point se fait au moyen de bonnettes dont une trousse accompagne l’appareil. Si on ouvre l’arrière, on y trouve le système préparé pour recevoir un rouleau de pellicule qui peut être mis en place en plein jour. Pour cela, il suffit de retirer la broche A (fig. l,n° 2), d’y passer la bobine et de la remettre en place. On déroule ensuite l’extrémité de la bande et on la fait passer sous les guides qui doivent maintenir plane la partie qui est en face de l’objectif; puis on vient l’engager dans la fente du rouleau B. Il est clair que cette partie de pellicule est sacrifiée, elle n’est du reste pas sensibilisée. On ferme alors l’appareil et on tourne la clef en regardant par le trou pratiqué dans le volet Y en face de la lunette L garnie d’un verre rouge; dès qu’on voit apparaître le chiffre I, c’est que la partie sensible pour le premier cliché est en place. Il suffit de continuer à tourner de la même façon pour les douze clichés que peut recevoir la bobine, et quand ils sont tous impressionnés de continuer à enrouler la partie noire qui termine la pellicule. On peut ensuite ouvrir l’appareil et remplacer la bobine par une autre.
- Yeut-on maintenant utiliser des plaques ordinaires, on dévisse la clef C en tournant de gauche à droite; on la retire et tout le système destiné à la pellicule s’enlève. On se trouve alors en présence de l’appareil bien connu où les plaques, placées verticalement les unes derrière les autres dans de petits
- châssis en tôle, viennent tomber horizontalement une à une dans le fond de la boite à mesure qu’on manœuvre la manette placée sur le côté. Les châssis une fois en P peuvent y rester même quand on se sert des bobines à pellicules. On doit, au moment de mettre les châssis en place, fermer l’ouverture Y au moyen d’une plaque R qui se monte à bayonnette et qui porte, du reste, le ressort indispensable pour maintenir les châssis en position et les pousser vers l’objectif; le compteur D indique constamment combien on a fait de clichés.
- C’est un appareil qui a des chances de contenter ceux qui hésitent entre la plaque et la pellicule; nous ne savons pas son nom, mais nous proposons de l’appeler « chauve-souris » : je suis oiseau, voyez mes ailes; je suis souris, voyez mes dents.
- Dans la série des appareils dits « jumelles »,
- voici une transformation due à M. Breton; il a pensé que les systèmes d’escamotage ordinaire -ment, employés et qui consistent à faire glisser les châssis les uns sur les autres par la substitution d’une plaque neuve à celle qui vient de poser, devaient occasionner des accidents tels que la rayure de la couche sensible; bien que toutes les précautions soieht prises pour éviter cela, il est possible que le fait se soit quelquefois produit.
- Quoi qu’il en soit, avec le système de M. Breton, cela ne peut arriver, car les châssis ne glissent jamais l’un sur l’autre. Le paquet P qu’elles forment se trouve dans un cadre C (fig. 2, n° 5) qui peut pivoter sur deux tourillons; l’une des plaques est saisie par des griffes qui la maintiennent en dehors du cadre pendant que celui-ci tourne et elle passe ainsi de l’avant à l’arrière.
- Pour obtenir ce résultat on tire l’arrière A de l’appareil et on le repousse (fig. 2, n° 2) au moyen d’une poignée en cuir; on fait ainsi accomplir un demi-tour au cadre C, par conséquent la plaque n° 1 qui vient de poser est tournée contre le fond de l’appareil; c’est là que des griffes la maintiennent pendant qu’on tire et repousse de nouveau l’arrière A. Cette fois le cadre C fait encore un demi-tour et c’est la plaque n° 2 qui est en face de l’objectif; la plaque n° 1, lâchée par les griffes qui la mainte-
- Fig. 1.
- Appareil utilisable pour plaques sur verre ou pellicules eu rouleaux, de M. Cadot.
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- liaient, vient se placer à l’arrière du paquet, contre la plaque n° 12 où d’autres griffes la maintiennent. Le système est très ingénieux, et le mouvement des griffes qui prennent le châssis et l’abandonnent au
- moment voulu est très intéressant. La jumelle (fig. 2, n° 1) à laquelle l’inventeur applique son changement de plaque, est munie d’un objectif Zeiss de 136 mm de foyer et de 17 mm d’ouverture;
- Fig. 2. — Appareil avec‘changement de plaques rotatif de M. Breton.
- l’obturateur placé derrière permet plusieurs vitesses; il présente cette particularité qu’il donne des poses courtes avec arrêts réglables d’avance, ce qui est très avantageux pour opérer par faible lumière. La mise au point se fait par double crémaillère en manœuvrant un bouton P placé sur. les côtés ; un viseur H permet d’opérer à hauteur de poitrine, et un autre V, qui se rentre à volonté, sert à viser en tenant l’appareil à la hauteur des yeux. Un compteur indique le nombre de plaques impressionnées.
- Nous avons souvent entendu regretter que les appareils à main à magasin ne permettent pas de décentrer l’objectif et c’est parfois très gênant quand on manque de recul pour prendre un monument un peu élevé. Plusieurs constructeurs ont remédié maintenant à cet état de choses, et montent les ob-
- jectifs sur des planchettes permettant le décentr'e-ment dans les deux sens. Mais il faut en même temps,
- pour que la mise en plaque soit exacte, tenir compte sur le viseur du déplacement de l’objectif. 11 y a plusieurs procédés usités, mais nous avons particulièrement remarqué celui de M. Gaumont qui est automatique et qu’il applique à son « Spido », appareil 9x12 à magasin déjà muni de tous les perfectionne -ments en tant qu’objectif, obturateur, magasin, etc., et que ce viseur complète d’une façon parfaite.
- La planchette qui porte l’objectif (fig. 3) peut coulisser dans le sens vertical L ou horizontal H, elle entraîne avec elle un guidon M qui est disposé de telle façon que son extrémité soit située sur la ligne verticale passant par le point nodal de I’ob-
- Fig. 3. — Appareil de M. Gaumont, avec viseur déceutreur automatique.
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- jectit. Cette condition étant réalisée par construction et la lentille arrière Y qui constitue le viseur restant fixe, la ligne de visée qui passe par le centre de cette lentille (centre indiqué par deux lignes en croix) et l’extrémité du guidon est toujours au centre de l’image.
- Il n’y a donc en pratique à s’occuper de rien : on vise en tenant l’appareil horizontalement et en déplaçant le guidon, et par suite l’objectif, de la quantité nécessaire pour avoir l’image qu’on désire. Dès qu’on a constaté ce résultat sur le viseur, on déclenche l’obturateur et on est certain que l'image photographiée est bien celle qu’on a cherchée.
- Tous ceux qui ont employé les jumelles sans décentrage se rendront compte de l’importance de ce perfectionnement. G. Maiieschal.
- LA MORTALITÉ DES ENFANTS
- On sait combien la mort frappe cruellement sur les enfants nouveau-nés, et même sur ceux qui sont d’un âge relativement avancé ; il importe au premier chef de lutter contre ce mal, surtout dans les pays où, ainsi qu’en France, la natalité est faible. Comme la première condition pour lutter contre un mal est de le bien connaître, nous reproduirons des données intéressantes réunies par M. G. François sur les différents pays du monde.
- Naturellement, pour plus de simplicité, nous ne pou vons les présenter que sous la forme d’un tableau, où les chiffres correspondent au nombre de morts sur 1000 vivants; nous donnons le coefficient de 0 à 1 an, de 2 à 5 ans et de 4 à 5 ans.
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- 0 à 1 an 2 à 3 ans 4 à 5 ans
- France . 168,3 24,9 13,6
- Italie . 100,4 47,4 20,2
- Suisse . 159,3 14,8 8,2
- Belgique . 162,9 24,8 11,5
- Hollande . 174,5 22,9 10,8
- Prusse . 207,5 ‘ 30,8 15,2
- Bavière . 279,0 27,3 15,5
- Saxe . 282,8 29,0 14,1
- Wurtemberg . 261,6 23,8 15,6
- Autriche . 247,3 41,2 21,9
- Hongrie . 255,5 60,6 54,9
- Angleterre . 146,4 22,1 10,5
- Écosse . 122,3 23,8 10,7
- Irlande . 96,4 19,1 9,1
- Suède . 107,1 20,0 12,1
- Norwège 96,3 19,5 11,8
- Danemark . 136,1 18,3 11,2
- Finlande . 148,5 55.6 18,7
- Russie d’Europe .... . 268,6 59,3 28,6
- Espagne .' 191,7 88,7 27,6
- Massachusetts . 160,9 22,7 11,3
- Province de Buenos-Ayres . 156,6 )> ))
- Japon . 132,2 29,1 14,1
- Bien entendu ces chiffres sont calculés sur une longue
- moyenne, d’après les-plus récentes statistiques parues. On y voit qu’en somme nous occupons une assez bonne position, mais que bien des pays économisent mieux que nous la vie de ces petits êtres. 1*. de M.
- LA FOIRE D’ARKHANGELSK
- Tout le monde connaît, au moins de nom, la fameuse foire de Nijni-Novgorod ; mais on ignore généralement l’existence des foires d’Arkhangelsk.
- Si éloignée quelle soit du reste de la Russie, à laquelle d’ailleurs un chemin de fer la relie maintenant, la ville d’Arkhangelsk est un centre commercial important, et l’on peut s’en rendre compte en septembre pendant la « foire d’automne ». Pour quelques jours une ville nouvelle, faite uniquement de boutiques en planches, s’élève à côté de la ville proprement dite, et, de toutes les parties de l’immense gouvernement, accourent les marchands et les paysans. C’est une population bigarrée et mélangée de gens (pii vendent et qui achètent : le paysan est obligé de venir faire ses approvisionnements pour la saison d’hiver.
- Dans les boutiques- on trouve de tout, depuis les cuirs, les goudrons, les huiles,'jusqu’au lichen cueilli dahs la toundra, dans les marécages du littoral,'jusqu’aux fruits, poires, pommes, raisins, etc., venus surtout de Crimée. Mais on y voit notamment des montagnes de poisson séché : Arkhangelsk est un centre de pêcheries des plus importants, et le poisson séché joue pour ainsi dire le rôle de pain dans l’alimentation du paysan de la région. Enfin, dans tous les coins de la foire, on rencontre le bazar du brocanteur juif, où l’on peut acheter les objets les plus divers, une souricière aussi bien qu’un chapeau haute forme ! B. 1).
- UN CYCLONE
- Le 15 mai dernier, entre 5 et 4 heures du matin, un cyclone local, d’une intensité assez graride, s’est déchaîné' dans les environs de Bonneville. La trajectoire du météore a été tout d’abord sensiblement dirigée suivant la vallée de l’Arve, c’est-à-dire de l’est à l’ouest, à 46° 5' de latitude. Puis, au nord de Bonneville, le
- cyclone a franchi le col du Reyret et s’est R_____F
- dissipé vers le N.-AV. Nous insisterons surtout sur l’étude météorologique du j \ phénomène. Les localités situées sur la ; \
- rive droite de l’Arve ont été particulière- ; ment éprouvées, car elles se trouvaient ^ A \ dans le bord dangereux du cyclone. Au l . •' ; y : contraire les communes de la rive gau-che et Bonneville, dans le bord ma- pi(, j niable, ont été bien moins ravagées. Il n’y a eu ni pluie, ni tonnerre, ni éclairs pendant le passage du cyclone.
- Dans les premières localités, des poiriers, des pommiers, de gros sapins furent arrachés et des toitures enlevées. Dans les deuxièmes, notamment à Bonneville, on n’a observé qu’un vent violent et des tuiles projetées sur le sol.
- La rotation de la masse d’air en mouvement avait lieu en sens inverse des aiguilles d’une montre, pour un observateur supposé placé au-dessus et regardant dans l’intérieur du tourbillon.
- La carte ci-jointe (fig. 2), fragment réduit d’une feuille de la carte du Ministère de l’Intérieur, montre la trajectoire du météore ; les communes les plus éprouvées sont marquées du signe +. C’est du reste une région bien connue des touristes. Nous allons passer en revue les phénomènes météorologiques qui ont précédé le cyclone en question.
- Dès le 11, d’après le Bureau central météorologique,
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- on signalait des orages dans le Midi et à Lyon, et comme llonneville se trouve dans le sud-est, l’influence de ces troubles atmosphériques n’a pas tardé à s’v faire sentir.
- C’est ainsi que le 12 nous observions des cirrus et des cumulus avec des températures élevées (min. + 10°, max. -j-21°). Le baromètre, qui marquait ce jour-là 724mm,5 à 6 heures du matin (ait. 450 m.), est descendu jusqu’à 712mm,2 le 15; puis, après le passage du cyclone, la pression a rapidement augmenté. Températures extrêmes du 15 : minimum -f 11°,4 et maximum -|- 23°. L’Arve a subi une forte crue, la neige des hauts sommets a donc encore diminué d’épaisseur. Nous avons dit qu’entre 3 et 4 heures du matin, l’ouragan a passé sans pluie et sans phénomènes électriques. Il n’en a pas été de même dans l’après-midi, car entre 2 heures et 3 heures, nous avons observé un violent orage, accompagné de vents forts (S. et S.-W.) et d’une pluie torrentielle.
- Voici maintenant l’explication que nous donnons de ce phénomène d’après dix ans d’observations faites dans ces parages. C’est celle qui nous paraît la plus simple. A Cluses (à droite de la carte) la vallée est très resserrée et
- ne livre passage qu’à l’Arve et à la route de Chamonix ; le chemin de fer passe sous un tunnel. 11 arrive souvent de cette région un vent d'est ou du sud-est parfois assez fort. C’est ce qui a eu lieu dans la matinée.du 15 mai; c’est un vent local. D’autre part, sous l’influence de troubles atmosphériques généraux dans le midi de la France et même en Tunisie, un fort vent du‘sud soufflait dans nos contrées. Par suite de circonstances spéciales, une masse d’air M s’est trouvée prise à Cluses entre, ces deux vents, dont les forces sont représentées'•-(fig. 1) par F et f, donnant lieu à la résultante R et par suite aux mouvements de translation et de rotation mentionnés ci-dessus. Ce cyclone, enfermé dans la vallée, a conservé une certaine violence jusqu’à Bonneville; mais dès qu’il a pu franchir le col du Reyret, il s’est perdu comme les tourbillons que l’on observe dans les fleuves. — Cette explication concorde avec les phénomènes observés et signalés plus haut. Disons en terminant que la déviation vers le N.-VV. était due à l’ouverture de la vallée du Borne, au delà de Bonneville, par où le vent du sud soufflait avec violence. On remarquera en outre que le tourbillon
- Fig. 2. — Trajectoire et sens de la rotation du cyclone. + •+ Points où les dégâts ont été le plus considérables. •
- a suivi le fond d’une vallée entourée de hautes montagnes. Ce fond est sensiblement horizontal et à 450 mètres d’altitude environ. La trajectoire appuie fortement au nord contre les flancs du Môle (1869 mètres), puis, trouvant un col ouvert à 929 mètres, le cyclone s’est étalé dans la direction du lac Léman, terminant ses ravages à Saint-Jean de Tholome.
- On voit que le tourbillon d’air, qui cheminait lentement de l’est à l’ouest, était poussé en outre contre les montagnes de la rive droite par un fort vent du sud ; aussi la tempête est demeurée violente à Bonneville pendant une heure entière.
- Ajoutons que le trait noir continu représente le chemin de fer de Genève à Chamonix. 0. Julue.n.
- Licencié ès sciences.
- LE 1>0Ï A FLEURS JAPONAIS
- Dans l’Empire du Soleil Levant l'art des jardins déploie ses richesses dans tous les rangs sociaux, sans exception. L’étranger, en y arrivant, s’étonne du culte que les Japonais vouent aux fleurs; il s’extasie devant
- la beauté des roses qui parent l’échoppe de l’artisan, et la magnificence des œillets qui bordent le réduit de l’ouvrier. Les capitules des chrysanthèmes lui arrachent un cri d’admiration. Et cependant ces merveilles sont produites avec une simplicité frappante.
- Ces modestes amateurs ignorent le forçage, les engrais liquides, les substances chimiques. Par contre, ils ne ménagent pas à leurs plantes des soins minutieux et constants. Ils ont aussi à leur avantage deux facteurs précieux qui, jusqu’ici, nous font défaut, ce sont : la terre de camphrier et les vases à fleurs spéciaux.
- La terre de camphrier remplace, pour'eux, notre terre de bruyère. Tout en étant aussi nourricière que celle-ci, elle a la propriété d’écarter, grâce à son odeur, les vers et les insectes. En France cette terre n’est pas inconnue. Son bon marché même devrait lui réserver une place importante dans nos cultures en pots. En adoptant d’autre part le vase à fleurs japonais nous pourrions, tirer un avantage incontestable
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- pour ccs sortes de cultures. Cet accessoire horticole est encore tout à l'ait inconnu chez nous. Un de nos compatriotes, M. Carmouche, résidant à Tokio, ayant bien voulu nous adresser un spécimen de ce curieux récipient, nous sommes heureux, en le reproduisant, d’ètre le premier à offrir à nos lecteurs sa description.
- Le vase japonais a l’aspect d’un pot à fleurs ordinaire, dont les bords supporteraient, en guise de couvercle, une large rondelle. Celle-ci est composée de deux pièces hémicycliques s'ajustant circulaire-ment. Ce couvercle évidé dans son centre est creusé, ainsi que le montre notre figure, d’une rigole circulaire. À coté de cela, le pot présente une autre particularité qu’on peut observer dans notre coupe longitudinale : le fond, au lieu d’ètre percé d’un trou unique, se relève à sa partie centrale sous forme d’un cône tronqué traversé de trois orifices d’un diamètre inégal.
- Les avantages qui résultent de cette disposition n’échapperont pas à l’attention des amateurs. Et d’abord le pot japonais résout la question des tuteurs.
- Ün sait que ces pieux sont préposés à soutenir les jeunes plantes qui, abandonnées à elles-mêmes, pourraient être reversées par le vent ou par leur propre poids. Or, comme ils ne trouvent pas toujours une solidité suffisante dans le terreau qui remplit les pots ordinaires, ils sont très souvent obligés de demander un supplément d’appui aux plantes mêmes qu’ils sont sensés d’étayer. Leur intervention devient alors inefficace. Cet inconvénient est écarté grâce au plus gros des trois orifices qui traverse, dans le pot japonais, l’excroissance quasicylindrique du fond. Là on assujettit solidement le tuteur. Celui-ci supporterait facilement des cercles ou autres formes en rotin, dans le cas où l’on voudrait imprimer à ses plantes un aspect quelque peu fantaisiste.
- Cette même saillie présente un autre avantage. Percée de deux autres orifices (pii servent à l’écoulement des eaux d’arrosage, elle évite le contact immédiat de la terre du vase avec l’extérieur. Ce contact, qui s’opère par le trou du milieu de nos pots à fleurs, est souvent préjudiciable; il est toujours néfaste, lorsque ceux-ci sont placés sur une assiette renfermant de l’eau. Alors il s’établit un arrosement par le
- bas qui provoque la pourriture des racines. Avec le pot en question, ce danger est évité. De plus, la couche de la terre qui entoure ce bourrelet central n’étant pas drainée, elle constitue une réserve d’humidité précieuse qui pourrait parfois remédier à un oubli d’arrosage.
- La rondelle de dessus qui modère, jusqu’à une certaine mesure, l’activité de l’évaporation, sert principalement à écarter les vers, les larves, les chenilles et tous les ennemis aptères. A cet effet, on remplit de chaux en poudre sa rigole circulaire. Cette couche blanche constitue une barrière infranchissable pour tous ces dangereux rongeurs. Incommodés par les fines particules de la chaux qui forme bastion autour de la souche, les limaces, escargots, perce-oreilles, vers de terre et autres déprada-teurs quittent vivement le terrain sans livrer l’assaut. ’
- Le couvercle mobile est formé de deux parties ne faisant pas corps avec le vase; grâce à cette disposition, les rempotages ne présentent aucune difficulté. Pour arroser, on enlève ces deux pièces.
- Malgré ces avantages, on ne peut reprocher au pot japonais d’être coûteux. À son pays d’origine, où il est exclusivement employé, il ne vaut pas plus cher que nos simples vases à fleurs. En France son prix ne serait pas supérieur. Quant au couvercle mobile, il est indépendant du pot. Dans le pays qui sait le mieux cultiver les fleurs, ce vase, depuis 1200 ans, a donné ses preuves. Nous espérons que cela décidera nos potiers à aborder sa fabrication. J. de Loverdo.
- VÉHICULES A AIR COMPRIMÉ
- Bien qu’il y ait effectivement des lignes de tramways où l’on emploie l’air comprimé comme force motrice, bien que cet agent de transformation de l’énergie ne soit pas sans présenter des particularités qui puissent le faire regarder d’un œil favorable, on n’est pourtant pas en droit de dire que l’usage s’en développe beaucoup.
- Nous sommes naturellement fort loin des premières applications qui en ont été réalisées par M. Audrand, et où l’on se heurtait au refroidissement intense de l’air pendant sa détente; M. Me-
- Pot à fleurs japonais.
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- karsky a eu la bonne idée de lui fournir de la chaleur empruntée à une source d'énergie étrangère, en y incorporant une certaine quantité de vapeur d'eau par passage, dans ce qu’on nomme la bouillotte, à travers une colonne d’eau chaude.
- Néanmoins, comme le faisait remarquer notre collègue, M. E. de Marchena, l’emploi de l’air com-primé, en tant qu’agent de transmission de la puissance motrice, entraîne des déperditions considérables, et nécessite des installations mécaniques importantes tout en ne fournissant qu’un rendement assez faible. Comme malgré tout il a de réels avantages, qu’il possède une grande élasticité, qu’il laisse toute indépendance aux voitures, qu’il n’encombre aucunement les rues, qu’il ne salit nullement ni l’air ni le pavage, qu’il permet une grande rapidité de marche, on cherche toujours à le perfectionner et à l’adapter même à des véhicules ne roulant point sur rails.
- C’est ainsi qu’aux Etats-Unis, et plus particulièrement à New-York, on essaye en ce moment, pour les tramways de la Compagnie dite « Third Avenue Street Raihvay », deux systèmes diffé -rents de moteurs: le moteur Hardie et le moteur Hoadley-Knight,
- Dans le premier, l’air comprimé est envoyé à une machine unique à haute pression et à deux cylindres; il sort de réservoirs d’acier placés sous les sièges, et, comme dans le système
- Mekarsky, avant d’atteindre le cylindre moteur, traverse une bouillotte à eau chaude où la pression
- est de plus de 14 à 15 kg par centimètre carré.
- Le moteur Hoadley-Knight est bien différent, et d’abord il est du système compound, et le réchauffage de l’air n’est pas obtenu de même façon. On nous affirme qu’il donne d’excellents résultats.
- On a commencé par l’appliquer sur la ligne de Lenox Avenue, qui appartient au réseau de la « Metropolitan Street Raihvay C° », de New-York, et un premier point à remarquer sur une des gravures que nous reproduisons d’après notre excellent confrère Scientific American, c’est qu’il peut s’installer sur un truck ordinaire de tramway électrique qu’on n’a point besoin de modifier. Le poids total d’une voiture ainsi équipée ne dépasse pas 8200 à 8600 kg, dont 2950 pour le corps du véhicule proprement dit, 2050 pour le truck, 1650 pour les réservoirs, 1566 pour le moteur complet. Ce n’est guère plus que le poids d’un tramway électrique. Le moteur est double et commande les deux essieux ; l’un de ceux-ci est mis en mouvement par des cylindres à haute pression, l’autre par des cylindres à basse pression. Ces cylindres sont, dans l’un et l’autre cas, extérieurs à une caisse en acier fondu qui abrite toutes les parties en mouvement du mécanisme ; la partie inférieure de chaque caisse con-
- Fig. 1. — Une automobile à air comprimé.
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- tient un bain d’huile. Les cylindres à haute pression ont 102 mm de diamètre, les autres 203, avec une course commune de 152 mm. L’arbre des manivelles porte un pignon de 220 mm, qui engrène avec une roue à dents de 584 calée sur l’essieu des roues. Quant au réservoir à eau chaude, il est fixé transversalement au truck, entre les deux jeux de cylindres, et supporte une pression interne de 20 kg. L’air est emmagasiné, à une pression de 160 kg au centimètre carré, dans une série de cylindres d’acier placés sous les sièges de la voiture; au moyen d’un robinet à combinaison et d’une soupape de réduction de pression, il est ramené à une pression de 22ke,5 et passe par un serpentin noyé dans le réservoir à eau chaude. Nous n’avons pas besoin d’insister sur cet avantage du réchauffage de l’air. Pendant que celui-ci se dirige vers les cylindres à haute pression, une pluie d’eau chaude y est lancée qui se convertit immédiatement en vapeur. Quand il s’échappe du cylindre à haute pression, et avant d’atteindre l’autre, il passe à nouveau dans le serpentin et reçoit encore une pulvérisation d’eau chaude et, à sa sortie dernière, il est encore suffisamment chaud pour qu’on n’ait à craindre aucune congélation dans les orifices d’échappement.
- La commande du moteur se fait bien simplement, à l’aide d’un levier qu’on peut monter à l’un ou l’autre bout du véhicule : quand on l’incline en avant, la voiture se met en marche, et d’autant plus rapidement qu’il est plus incliné ; en le renversant, on arrête le moteur et, en le renversant davantage, on obtient la marche en arrière. D’après les diagrammes dressés, le rendement du moteur serait de 60,9 pour 100; mais en fait on peut recueillir sur les essieux 55 pour 100 de la puissance indiquée des compresseurs d’air. La dépense de compression et de réchauffage de l’air et les frais d’entretien du moteur s’élèvent ensemble à 2,9 cents par voiture-mille, ce qui fait à peu près 9 centimes par voiture-kilomètre.
- Etant donné que ce système de propulsion à l’air comprimé n’alourdit pas trop les véhicules auxquels on l’applique, l’inventeur a voulu l’utiliser, comme nous l’avions fait pressentir, pour les voitures sur route. C’est ainsi qu’a été construite une automobile à §ix places, qui ne semble pas trop lourde, et un chariot d’usine, très primitif du reste. Pour celui-ci, où tout est réduit à sa plus simple expression, on a construit une simple plate-forme en poutrelles de fer, portant sur trois roues, dont une directrice à l’avant; les cylindres d’air demeurent apparents sous-le truck. A l’avant est un marchepied sur lequel se tient debout le conducteur, ayant sous la main deux volants à axes concentriques, l’un pour la direction, l’autre pour la commandé du moteur.
- Il paraît que la fabrication de ces véhicules à air comprimé va se faire sur une grande échelle.
- Daniel Bellet.
- CHRONIQUE
- Procédé Stuart pour la préparation Industrielle de l’oxygène. — Ce procédé est dù au professeur Ernest B. Stuart; il est basé sur la réaction employée par Tessié du Motav, c’est-à-dire la formation au contact de l’air au rouge d’un manganate alcalin qu’une température différente décompose en mettant de Voxygène en liberté. Stuart emploie du manganate de soude, mais rendu assez fusible par un excès de soude pour entrer en fusion à la température de la réaction, qui est comprise entre 375 et 400° G. La matière est chargée dans des cornues en fonte placées verticalement dans un fourneau. Chaque cornue contient environ 680 kg de manganate; les quatre cornues d’un fourneau peuvent donner 400 à 425 mètres cubes par 24 heures. Lorsque le manganate est entièrement en fusion, on introduit un courant de vapeur par le bas de la cornue, et l’oxygène se dégage très rapidement. Lorsque le dégagement cesse, on introduit de l’air. L’oxydation ne sé f:iit pas aussi rapidement que la désoxydation ; mais, en pratique, les deux opérations ne demandent en tout que i 10 à 15 minutes. La rapidité des opérations et la permanence des réactions successives sont dues à l’état de fusion liquide de la matière. Le journal The Engineering and Mining dit qu’un mémoire de M. Romyn Hitchcock, lu devant la section de l’Association Américaine pour l’Avancement des sciences, a donné des détails très complets sur ce procédé et sur les applications possibles de l’oxygène.
- Fanal de locomotive à l’acétylène. — On vient de tenter au Canada l’application de l’acétylène à l’éclairage des lanternes de tête des locomotives. L’appareil installé dans ce but est un générateur formé d’un cylindre de fonte de 0ra,30 de long sur 0ra,13 de diamètre, complété par un réservoir d’eau et par un condenseur. La charge consiste en un poids de 4 1/2 kilogrammes de carbure, sur lequel tombe l’eau du réservoir; un petit tube conduit le gaz au fanal.
- L’acide carbonique dans les mines. — On sait que certaines galeries de carrières ou de mines sont envahies par l’acide carbonique, au.'point qu’il est difficile d’y travailler; quelquefois la disposition des galeries est telle que l’air est vicié par les gaz des explosions de dynamite qui s’accumulent, et la respiration devient difficile. Tel est le cas pour certaines ardoisières. Une des principales ardoisières du bassin de Fumay, qui produit annuellement 25 millions d’ardoises, était tellement viciée par le gaz que les lampes s’éteignaient, les ouvriers remontaient malades; on dut arrêter les travaux. Les ventilateurs étaient insuffisants pour assurer la ventilation. M. E. Dromart, en présence de cet état de choses, qui menaçait de durer, eut l’idée de faire injecter, dans les galeries, un lait de chaux à 7 degrés Baumé pulvérisé sous la forte pression d’une pompe à incendie. On descendit la pompe, placée sur un wagon, dans la galerie principale. Des tonnes de chaux furent apportées dans un second wagon, actionné comme le premier par le câble du plan incliné, et l’on injecta le lait de chaux de tous côtés, sur les parois et le plafond de la galerie principale et des galeries secondaires. Après huit jours de travail, une dépense de 2 mètres cubes 1/2 de chaux versés dans 50 000 litres d’eau, toutes les galeries, dont le développement est d’au moins 1 kilomètre, furent entièrement débarrassées de leur acide carbonique. La chaux forme, dans ce cas, avec l’acide carbonique, un précipité qui assainit l’air. Ces injections ont aussi l’avantage de détruire
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- les détritus et les rats qui se trouvent clans beaucoup de mines. En même temps, elles provoquent, par condensation, des changements de pression qui brassent l’atmosphère et facilitent le tirage de l’air à l’extérieur. Ce procédé est bien simple et pourra rendre des services dans des circonstances analogues.
- Les bienfaits des irrigations. — Les Anglais ont effectué et effectuent encore dans l’Inde les travaux les plus intéressants en matière d’irrigation; et ces travaux causent des transformations extraordinaires et bienheureuses dans le pays. C’est ainsi que tout dernièrement le vice-roi a reçu une adresse de remerciements des habitants de Lyallpuz. Il faut dire que, il n’y a encore que quatre ans, l’emplacement de cette ville était une jungle déserte et nue ; en six années de travail, et en dépensant du reste une somme de 38 millions de francs, on a réussi à mettre en culture une énorme superficie de 400 000 hectares. La valeur des récoltes qu’on produit annuellement dans ce ci-devant désert égale les frais de mise en état, et le bénéfice net représente un intérêt de 7,5 pour 100 sur le capital en question!
- l'n cours de construction des cycles. —
- Jusqu’à présent, et sauf de rares ouvrages théoriques, la bicyclette et le cycle en général n’ont guère fait l’objet d’études réellement scientifiques, leur construction se perfectionnant et, il faut le reconnaître, de façon remarquable, dans les ateliers mêmes des divers fabricants. Cependant, on vient enfin déjuger cette construction, si spéciale et maintenant si importante, digne de faire l’objet d’un cours régulier. On a créé à l’École polytechnique de Battersea, à Londres, un cours sur la « construction des cycles » : il a lieu une fois par semaine, le soir, et dure deux heures. On va le doter d’appareils d’essai très perfectionnés, et on s’y livrera tout spécialement à des expériences comparatives.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 juin 1899. — Présidence de M. Van Tieghem.
- M. Newcomb de l’observatoire de Washington, associé étranger, assiste à la séance.
- Le jubilé du professeur Stokes. — M. Cornu expose qu’il s’est rendu en Angleterre avec ün groupe dé savants français, dont faisaient partie MM. Becquerel, Darboux, Gautier, Moissan, Deslandres, pour assister aux cérémonies qui ont eu lieu à Cambridge à l’occasion du 50* anniversaire de la nomination du professeur Stokes. M. Becquerel a remis, au nom de l’Académie des Sciences, la médaille Arago au savant anglais qui occupe la chaire illustrée par Ne\vton% Cette haute distinction, si rarement décernée, a été hautement appréciée par le récipiendaire. M. Cornu rapporte que les visiteurs ont pu voir un volume d’hydrogène liquide, évalué à 1 litre, préparé par M. Dewar. Cet hydrogène liquide était conservé en récipient ouvert plongeant dans l’air liquide. Sa température était de — 210° et cependant il dégageait d’abondantes vapeurs.
- Polymorphie du microsporum du cheval. — M. Pril-leux présente une Note deM. Bodin dans laquelle l’auteur expose que non seulement le microsporum du cheval peut revêtir dans ses cultures deux formes différentes, ainsi qu’il l’a déjà démontré, mais qu’il peut en prendre une troisième appartenant au genre oospora, et se rattachant par sa structure au petit groupe des oospora streptothrix dont le tvpe est le parasite de l’actinomycose. Il démontre
- que ce groupe fait bien partie des mascédinés et non des bactéries; il montre ensuite qu’il existe un lien entre le parasite de l’actinomycose et les oospora voisins (pied de inadura, farcin du bœuf de Nocard, pseudotuberculose) d’une part, et les champignons des teignes d’autre part, en appuyant cette opinion sur cette circonstance que tous les parasites des mycoses humaines et animales présentent des relations étroites en tant que muscédinés.
- Les principes toxiques du lierre. — M. Lannelongue communique une Note de M. A. Joannin sur les propriétés physiologiques et toxiques du lierre et de l’hérédine. Bien qu’on ait recommandé le fruit du lierre comme médicament purgatif, il est néanmoins suspecté. Ce végétal contient, d’après l’auteur, des glucosides dont le plus important est l’hérédine. Cette substance est toxique pour le cobaye, le lapin et le chien à certaines doses; mais à des doses plus faibles, c’est un éméto-cathartique chez le chien. Elle pourrait, à ce titre, être employée utilement en médecine. — M. H. Moissan présente une Note de M. Boudas sur la constitution chimique des principes toxiques du lierre. L’auteur montre que l’hérédine est un glucoside bien défini donnant, sous l’influence des acides, un corps insoluble à fonction phénolique et deux sucres : l’un l’hérédose et l’autre le Rhamnose très répandu dans les végétaux.
- De la nature du cuivre préparé à basse température. — M. Moissan présente une Note de M. Colson sur la nature du cuivre préparé à basse température. On sait que le cuivre, réduit par l'hydrogène, possède des propriétés très actives et notamment une action très énergique sur le brome. L’auteur s’est demandé si ce cuivre était un cuivre allotropique ou bien si ses propriétés spéciales étaient dues à son état de division. Pour résoudre cette question il a comprimé le cuivre réduit, dans un cylindre d'acier. Le lingot réagit encore sur le brome, mais d’une façon bien moins énergique. L’auteur qui a aussi étudié à ce point de vue le cuivre réduit par l’oxyde de carbone, à une température qui pareillement peut ne pas dépasser 200°, conclut que l’hypothèse de l’allotropie doit être abandonnée et que les propriétés du métal réduit tiennent à son état de division.
- Orographie sous-marine. — Le prince de Monaco présente un travail de M. Thoulet sur l’orographie sous-marine de la région voisine des Açores. L’auteur a reporté sur une carte les quelques sondages du Challenger dans cette partie de l’Océan, et ceux au nombre de 150 effectués dans ses campagnes zoologiques par le prince de Monaco. Ces sondages sont répartis sur une surface qui est le tiers de celle de la France et qui présente le caractère d’un massif volcanique. Ils permettent d’établir quelques courbes de niveau; ils portent surtout sur des fonds de 500 à 2000 mètres parce que ces fonds sont les plus riches au point de vue de la faune et qu’à ce titre, ils étaient spécialement l’objet des- investigations du prince de Monaco. Ils offrent d’ailleurs ün intérêt particulier parce que, suivant les dires des pêcheurs de la région, la mer y offre quelquefois le spectacle d’un bouillonnement qui serait l’indice d’éruptions sous-marines. Le prince de Monaco, qui a beaucoup fréquenté ces parages, ajoute qu’il n’y a jamais vu de traces d’éruptions sous-marines, et il croit qu’il s’agit de légendes reposant sur des faits mal observés. Il rapporte, à ce sujet, que l’on y rencontre parfois des passages de groupes très nombreux de cachalots et que ces passages produisent sur la surface de la mer une sorte de bouillonnement. M. Fou-qué objecte qu’une remarquable éruption de 1867 a été
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- caractérisée par le rejet de produits incandescents et par des secousses violentes ressenties sur la petite île de Ter-cère. Le prince de Monaco répond qu’il serait extraordinaire qu’en quelques jours un îlot surgît de fonds de 5000 à 5500 mètres. M. Fouqué fait connaître que l’éruption de 1867 s’est produite, il est vrai, sur un fond de 500 mètres, mais à Santorin, l’îlot qui persiste à une altitude de 100 mètres au-dessus des flots a surgi d’un fond de 400 mètres, et il ajoute que dans de grandes éruptions comme celle de Krakatoa, les flots sont écartés par les gaz et peuvent livrer passage aux produits volcaniques. Ch. de Villedeüil.
- NOUVEAU BANDAGE PNEUMATIQUE
- Ils sont déjà légion ; mais, comme on ne peut pas prétendre qu’aucun soit la perfection, nous signalerons encore celui-ci, connu sous le nom de « Cottrell pneumatic tire », et auquel on attribue de notables avantages.
- La particularité réelle qu’il présente consiste dans la façon dont l’enveloppe protectrice est fixée sur la jante de la roue. Si l’on veut bien regarder la gravure ci jointe (n° 1), où l’on a figuré le bandage dans son entier et en position de montage, en même temps que des sections isolées et démontées de l’enveloppe et des différentes parties de la jante, on pourra reconnaître immédiatement cette disposition spéciale. La jante proprement dite affecte en section la forme d’un U, mais d’un U dont l’extrémité supérieure des branches se prolonge pour former une sorte d’ondulation en forme d’S : c’est dans la gorge principale de ce profd contourné que vient se loger un bourrelet dont est munie sur chacun de ses bords l’enveloppe protectrice. Ces rebords sont du reste maintenus en place, une fois le bandage monté, par deux bandes annulaires métalliques qui jouent pour ainsi dire le rôle de clefs, et qui viennent s’appuyer par un talon de part et d’autre de la base de l’U. En réalité ces deux bandes sont de section légèrement conique, le diamètre le plus grand se trouvant vers l’intérieur, ce qui assure la fixation du bandage même quand il est partiellement dégonflé. L’inventeur affirme, et cela paraît vraisemblable, que les vibrations et les chocs mêmes qui agissent sur la roue tendent tout uniment à maintenir plus solide-
- ment encore les anneaux métalliques de retenue.
- Ce bandage n’a nullement la \ rétention d’être increvable; mais, s’il vient à être percé, ni la chambre à air ni l’enveloppe protectrice ne pourront être détériorées par la. pression des bords de la jante : ce ne sera jamais que la surface courbe des ailes de l’U qui viendra presser sur le caoutchouc sans avoir aucune tendance à le couper. Ajoutons un détail : on recommande, et cela nous semble assez nécessaire, de remplir avec une substance convenable, caoutchouc ou autre, l’évidement intérieur de l’U qui forme la jante.
- Comme le fait remarquer notre confrère Engi-neer, à qui nous empruntons cette description, le bandage Cottrell se fait aussi pour automobiles, avec quelques légères modifications. Nous retrouvons la jante à section en forme d’U, un peu plus évasé pourtant et plus carré du bas; la base de cet U (n° 2)
- comporte une plaque qui la dépasse de chaque coté, et sous laquelle viendront se loger les bandes ayant pour but de claveter pour ainsi dire le bandage à sa place. Ces bandes de clavetage ont en conséquence une section en coin dont le bout le plus large est du côté intérieur de la jante.
- La chambre protectrice est posée comme pour le bandage du cycle; mais ici on insère, dans l’évidement de l’U, une sorte d’anneau de caoutchouc ayant une section en forme de champignon ou de T renversé, qui déprime naturellement la chambre à air et lui donne, à peu près transversalement, l’apparence d’un croissant. On devine aisément l’utilité de cette disposition : si le bandage vient à se percer, il ne sera pas pour cela complètement mis hors de service, on ne roulera pas sur la jante, mais sur un caoutchouc plein, jusqu’à ce qu’on puisse réparer la chambre à air.
- Enfin on assure que le bandage en question n’a pas de tendances à glisser, et cela parce que les bords de l’enveloppe sont solidement maintenus en place et que tout le bandage fait pour ainsi dire corps avec la roue. A coup sûr du moins présente-t-il des particularités fort ingénieuses. D. Lebois.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- Le.baudage pneumatique CoUrell.
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- N“ 1361. — 24 JUIN 1899.
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- DEUXIÈME EXCURSION SCIENTIFIQUE DE « LA. NATURE »
- DE L’OCÉAN A LA MÉDITERRANÉE PAR LES PYRÉNÉES 25 Août — 7 Septembre.
- Notre voyage durera moins de quinze jours; il nous permettra cependant de visiter les localités importantes et un grand nombre de sites remarquables. On en peut juger immédiatement par l’énoncé du programme de M. Émile Cartailhac. Le directeur de
- l’excursion n’a pas perdu de vue la nécessité d’épargner des fatigues aux touristes, mais il n’a négligé aucun point où un intérêt de premier ordre sollicite l’attention : tous nos adhérents bénéficieront donc de sa grande compétence pour faire en un temps très
- réduit un voyage aussi complet, de même qu’ils profiteront des facilités et des économies que leur groupement nous permet d’obtenir. On trouvera dans le prospectus qui sera joint au prochain numéro les conditions du voyage et le détail de son exécution matérielle. Mais ici nous devons insister sur les localités, les manufactures, les monuments que nous serons appelés à visiter chaque jour.
- 1er jour. — A Bayonne, un vapeur de plaisance, le même qui naguère avait à son bord le roi de Suède et sa suite, nous permettra de voir les beaux rivages de la Nive et de l’Adour, les masses élégantes des fortifications de Vauban, et nous débarquera aux forges de l’Adour, où l’on fabrique en grand le fer Bessemer, 27° année. — 2“ semestre.
- où on le transforme pour tous les usages que réclame le matériel roulant des voies ferrées. Une promenade le long des bois de pins nous conduira à l’embouchure de l’Adour, aux digues prolongées qui empêchent les sables de s’accumuler à la barre et sont ainsi la sauvegarde du port de Bayonne. Biarritz, son phare, l’établissement salin installé dans la grande villa de l’Impératrice et les falaises riches en fossiles nummulitiques nous retiendront l’après-midi.
- 2e jour. — Fin delà visite de Bayonne. L’après-midi sera consacrée à Pau, à son château Henri IY, au musée. Il est superflu d’insister sur le célèbre panorama des Pyrénées. Une promenade en voiture aux coteaux de Jurançon nous permettra de jouir depuis la villa de M. Albert Tis-sandier d’une superbe vue sur la ville et le Pic du Midi d’Ossau.
- 3e jour. — Notre séjour à Lourdes coïncidera avec notre premier dimanche ; aussi laisserons-nous quatre . heures de liberté à nos compagnons pour la visite à la grotte et à l’église. Une promenade en voiture jusqu’au lac, trop peu connu, leur permettra de saisir l’ampleur des anciens phénomènes glaciaires et l’aspect tout particulier du paysage morainique. Le soir nous serons à Cauterets.
- 4e jour. — Là il fallait se borner et choisir la plus belle et la plus facile excursion. On a opté pour le lac de Gaube et la vallée qui remonte jusqu’au massif du Yignemalc. Au retour un arrêt à la Raillère
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- nous laissera examiner les thermes, le vaste cône d’éboulis du Péguère qui menaçait de les engloutir, les admirables travaux des forestiers qui ont conjuré le danger. En quittant Cauterets nous stationnerons à l’usine électrique de Calypso, qui actionne le chemin de fer et se prépare à fournir à la vallée parallèle de Luz la lumière et la force motrice.
- 5e jour. — Le cirque de Gavarnie sera notre but. On pénétrera jusqu’au fond, jusqu’à la grande cascade, haute de 422 mètres !
- 6e jour. — Après une nuit de repos à Tarbes, les personnes qui s’intéressent au cheval seront admises par faveur spéciale du Ministère de l’agriculture dans les haras de Tarbes, très renommés. L’après-midi, à Bagneres-de-Bigorre, plusieurs établissements industriels solliciteront notre attention : là on fabrique des bérets, ailleurs les lainages infiniment variés que réclament l’ajustement féminin et les modes nouvelles, ici des outillages fort ingénieux livrent tous les bois utilisés dans le matériel électrique et photographique, enfin nous traverserons la marbrerie que l’on peut appeler historique puisqu’elle a contribué à l’ornementation de Versailles. Inutile de dire qu’à Bagnères, comme dans toutes les villes d’eaux, les thermes ne seront jamais oubliés.
- 7e jour. -— Nous sortirons de Bagnères, à travers la vallée de Campan, par le col d’Aspin, qui nous ouvrira ses perspectives sur la vallée de l’Adour, sur la vallée d’Aure et sur les hauts sommets des Pyrénées centrales qui ferment au sud l’horizon.
- Descendus sur Arreau, nous suivrons la voie ferrée à travers la vallée de la Neste et le curieux plateau de Lannemezan. Nous descendrons à la station de Montrejeau; puis, en voiture, nous passerons à la grotte de Gargas, gisement d’animaux fossiles quaternaires, et enfin à Saint-Bertrand de Comminges dont la belle cathédrale est merveilleusement située au seuil de la vallée de Luchon.
- 8e jour. — Luchon ; Ascension du port de Vénas-que : Vue idéale sur les massifs des monts Maudits, les glaciers du Néthou et les Pyrénées espagnoles.
- 9e et 10e jour. — Les voyageurs trouveront à Toulouse un repos bien gagné, mais tout y est préparé par les soins du directeur scientifique de l’excursion et de ses amis, pour que chacun emporte de ce séjour dans la ville de Clémence Isaure et de la seconde université française le plus agréable souvenir. Les monuments, les musées d’archéologie et des beaux-arts si renommés, les principaux établissements industriels seront étudiés.
- 11e jour. — La question des canaux est à l’ordre du jour du commerce et de l’industrie. Ceux du Midi, rachetés par l’État et sur lesquels reparaît la navigation, ont une valeur exceptionnelle. Nous irons à la source des eaux qui les alimentent, aux lacs artificiels delà Montagne Noire, un coin de la France inconnu de la plupart des Français et assurément l’un des plus beaux.
- 12e jour. — Carcassonne, au passage, nous montrera sa cité et sa double enceinte de fortifications,
- de remparts et de tours crénelés, sa cathédrale de Saint-Nazaire rivale de la Sainte-Chapelle. Grâce aux millions dépensés par la Commission des monuments historiques, l'œuvre de restauration qui fait la gloire de Viollet-le-rl)uc est presque terminée et la ville du moyen âge renaît, unique au monde.
- Quelques heures plus tard nous serons à Elue, une des perles du littoral roussillonnais, et dans son cloître roman aux sculptures innombrables heureusement respectées par les vandales des siècles derniers.
- Nous arriverons à la fin du jour à Banyuls, au moment où des centaines de barques de pécheurs rentrent au port et sont hissées sur le sable de la plage.
- Joe jour. — Le lendemain nous serons reçus dans un des premiers laboratoires de zoologie marine qui n’a cessé de progresser grâce au dévouement de son éminent fondateur, M. de Lacaze J)u-thiers. Cette ruche laborieuse, qui a une page si honorable dans l’histoire de la science française, nous présentera l’étonnant spectacle de ses grands bacs animés par la faune pélasgique éclairée à l’électricité.
- Enfin, le quatorzième jour, à Perpignan, après avoir vu les pittoresques remparts qui viennent d’ètre condamnés à disparaître, le musée où M. Don-nezan a mis ses beaux fossiles tertiaires, la manufacture si intéressante de papiers Job à cigarettes, notre excursion sera terminée... à moins qu’on ne veuille suivre les plus ardents et voir lever le soleil du haut du Canigou. Cette ascension facultative sera facilitée singulièrement par l’inauguration du Chalet-Hôtel que le Club alpin français vient de faire construire au voisinage du sommet de la montagne.
- Ce programme est loin de tout indiquer : à Bi-gorre, la Société Ramond, qui depuis trente ans a contribué si largement à la découverte des Pyrénées, nous offrira un vin d’honneur; à Toulouse une autre fête nous attend dans l’hôtel d’Assezat et de Clémence Isaure, aujourd’hui Palais des Académies; à Sorèze nous serons les hôtes de cette grande école illustrée par la direction du P. Lacordaire, et qui depuis cent ans a fourni à la patrie tant d’hommes distingués dans toutes les branches.
- Enfin, il faut ajouter que nos soirées seront quelquefois occupées par des séances de projections photographiques et même des conférences sur des sujets essentiellement, en rapport avec le but du voyage et pour lesquelles M. Cartailhac a obtenu la précieuse collaboration de savants confrères. C’est là une nouveauté et non des moins heureuses des voyages scientifiques de La Nature.
- Quant à la date de notre voyage nous n’avions pas le choix. Plus tôt nous aurions subi les fortes chaleurs de l’été ; plus tard nous avions l’équinoxe qui trouble en général le climat des Pyrénées. D’autre part nos excursionnistes auront toutes facilités pour rejoindre à Boulogne le congrès de l'Association française ou pour consacrer à l’Espagne la fin de leurs vacances.
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- EXPOSITION
- DE V « AUTOMOBILE-CLUB DE FBANCE »
- Le 15 juin, à dix heures, s’est ouverte, sur la Terrasse du Jardin des Tuileries, à Paris, la seconde exposition internationale organisée par l’Automobile-Club de France.
- On peut constater que le succès obtenu par cette exposition dépasse de beaucoup celui des diverses expositions précédentes, et il y a lieu de féliciter le comité d'organisation et en particulier le très distingué M. Rives.
- Le salon de 1890 est augmenté d’un deuxième hall placé de l’autre côté de la rue de Castiglione; les deux parties sont reliées par une passerelle du plus joli effet. L’ensemble des machines exposées, le nombre des exposants, montrent quels grands progrès a accomplis l’industrie automobile et prouve qu’un avenir immense s’ouvre pour elle. Notre pays a le droit d’en être fier.
- Comme lors du dernier salon, les véhicules exposés doivent avoir fait leurs preuves de bonne marche sur la route classique Paris-Versailles et retour qu’ils doivent effectuer d’après les règlements de l’exposition, c’est-à-dire sous le contrôle d’une commission spéciale, déléguée par l’Automobile-Club.
- En entrant dans le hall de gauche, nous voyons immédiatement : d’une part le stand Rarracq et en face celui de De Dietrich. Une nouvelle voiture se trouve au premier stand : c’est la voiture Darracq, système Léon Bollée, avec son moteur à refroidissement par ailettes, et son changement de vitesse tout à fait ingénieux par courroie unique. Nous aurons probablement l’occasion de revenir en détail sur la constitution de cette voiture qui est l’une des nouveautés de ce salon.
- Au stand Dietrich, quelques voitures (duc, phaéton, voiture de courses) munies de leur moteur Amédée Bollée, l’un des plus beaux moteurs à pétrole qui existe.
- Nous voyons ensuite les voitures Rochet-Schneider à deux et quatre places, d’une assez grande élégance. Puis la Société continentale d’automobiles (système Gauthier Wehrlé) nous montre des voitures et voiturettes automobiles. Les perfectionnements accomplis par cette vieille maison, depuis plusieurs années, la maintiennent dans les premiers rangs de l’industrie automobile.
- La maison Delahaye nous montre des petites voitures depuis 2 et 5 places jusqu’à de grandes voitures de 8 places, d’une construction et d’une élégance irréprochables.
- Nous mentionnerons également les voitures Hurtu avec moteur Benz perfectionné et nous arrivons au stand de la Société Française d’Automobiles (moteurs Gaillardet). Nous avons sous les yeux, depuis la voiture à une place jusqu’à la voiture munie du moteur de 10 chevaux, en passant par le tricycle muni du moteur Gaillardet de 2 chevaux et qui est certainement appelé à un succès.
- Mentionnons également les voiturettes automobiles Léon Bollée, qui remportent, toujours, à chaque Salon, le succès qu’elles méritent. Signalons le perfectionnement adopté par cette Société qui consiste à suspendre les voiturettes, perfectionnement qui sera apprécié du public.
- Nous apercevons aussi le stand de (( La Parisienne », puis les voitures électriques Jenatzy qui ont déjà tant fait parler d’elles. Est exposée la voiture torpille électrique avec laquelle M. Jenatzy a pu battre tous les records de vitesse et faire du 105 kilomètres à l’heure environ. Parions que M. Jenatzy ne s’en tiendra pas là si quelqu’un vient lui ravir son record !
- A côté s a* les voitures Bolide que M. Léon Lefebvre a rendues aussi simples que possible. Pour les amateurs de
- vitesse, disons que ces voitures peuvent facilement faire jusqu’à 60 kilomètres à l’heure. Nous parlerons encore du stand Pliébus montrant différents tricycles munis du moteur Aster, qui est appelé à un légitime succès; et du stand Decauville avec ses petites voiturettes.
- Nous traversons la passerelle de la rue de Gastiglione et pénétrons dans l’autre hall de l’Exposition auquel sont adossées d’autres galeries garnies de splendides voitures.
- Tout d’abord sont, d’un côté, les voitures Columbia, d’une superbe élégance et d’un confort sans précédents; de l’autre côté, les voitures de la Société des électromobiles : voitures de livraison et de promenade, et en particulier le type de voiture adopté par la Compagnie générale des voitures à Paris.
- La maison Charron Girardot et Voigt expose entre autres un canot automobile (qui n’a pas dû faire le trajet Paris-Versailles), et la voiture de course qui a gagné l’épreuve Paris-Bordeaux. En face, le stand Panhard et Levassor ; nous y voyons bien des genres de voitures, depuis la petite voiture de promenade jusqu’au gros omnibus de famille,sans oublier la voiture de livraison. La foule qui se presse à ce stand prouve le succès toujours croissant remporté par cette Société, qui s’est placée au premier rang dans l’industrie automobile.
- La maison de Dion-Bouton expose un omnibus à vapeur, une série de tricycles et de quadricycles et enfin une petite voiturette à deux places appelée à un succès énorme, et qui résout en partie le problème de la voiture automobile à bon marché. Nous reviendrons probablement sur les détails de cette machine si simple et si élégante.
- Le stand Peugeot qui est à l’opposé nous montre des voitures de différentes formes, depuis la grande voiture de famille jusqu’à la petite voiture à deux places.
- Les voitures électriques B. G. S. attirent nombre de visiteurs; du reste, la voiture que cette maison vient de construire pour les sapeurs-pompiers de Paris prouve qu’elle s’est fait aussi une place dans l’industrie automobile électrique.
- Citons également les voitures Cleveland remarquables par leur élégance, ainsi que le stand Mors avec ses nouvelles voitures par engrenages, et ses dog-carts habituels.
- Les voitures électriques Krieger ont également leur part de succès; du reste, leur élégance et leur confort joints à la grande simplicité de mise en marche en font un véhicule tout à fait pratique. Mentionnons également les trains Scott qui ont depuis longtemps fait leurs preuves en maintes circonstances.
- Dans une autre galerie, nous voyons les voitures Lebrun; les voitures électriques Patin, fort élégantes; la motocyclette Werner remportant comme toujours sa part de succès; les voitures Gobron et Brillié, remarquables par l’absence complète de trépidations; l’Auto-Cab électrique d’une conception très curieuse.
- La voiture électrique Vedovelli et Priestley, dont les deux roues arrière sont motrices et directrices. Nous reconnaissons, dans la constitution de cette voiture, les idées originales et fort ingénieuses de cette maison.
- Cette voiture constitue une curiosité de l’Exposition. Le cab Durey-Sohy mérite l’attention.
- La maison Mildé a exposé différents types de véhicules électriques, en particulier une voiture de livraison et un dog-carl. Quelques constructeurs ont réalisé la petite voiturette avec application du moteur de Dion-Bouton. La voiturette Quércy mérite une attention particulière. Elle est munie d’un moteur spécial, à l’avant. Cette voiturette, d’une construction loft ingénieuse, joint au confort
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- le bon marché ; elle est certainement appelée à un succès auprès des amateurs. La voiturette Renault, en application du moteur de Dion, changement de vitesse par engrenages, en fait un petit véhicule pratique et simple.
- Une autre section comprenait les moteurs et les machines-outils dans lesquels nous citerons le stand Daniel Augé avec ses moteurs Cyclope, et ses carburateurs spéciaux, les moteurs Niel, les accumulateurs Blot, Dinin, Fulmen, Phénix, etc., etc. Une autre classe comprenait les accessoires nécessaires à la construction des automobiles, et ils sont nombreux : essences, lanternes, pneumatiques, etc. Hommes.
- LES PRISMES LUXFER
- Les prismes Luxfer constituent une très curieuse application du principe bien connu de la réfraction à la transmission directe de la lumière du jour dans les parties obscures de locaux insuffisamment éclairés.
- Toute fenêtre reçoit la lumière du ciel sous un angle déterminé par le sommet de la maison qui lui fait face et la hauteur à laquelle elle se trouve au-dessus du sol. Cette lumière traverse les vitres et vient frapper le sol qu’elle éclaire vivement sur une surface d’autant plus petite que l’angle d’arrivée de la lumière est plus aigu. Le reste de la pièce n’est éclairé que parle reflet du sol, qui par la nature absorbante de sa couleur, ne renvoie que 20 ou 50 pour 100 de la lumière reçue sur le plafond. Celui-ci à son tour absorbe 5 pour 100; ce qui réduit à environ 15 ou 20 pour 100 la quantité de lumière répandue dans le local.
- La pose des prismes Luxfer dans les fenètres; à la place des vitres ou dans des châssis inclinés sous forme de marquises, selon les cas, provoque le redressement des ondes lumineuses, et les envoie dans les directions requises, projetant ainsi jusqu’au fond de la pièce la totalité de la lumière reçue par l’ouverture. Les prismes Luxfer sont constitués par une plaque de cristal unie sur l’un de ses côtés, et dont la deuxième face est munie sur toute son étendue de saillies angulaires jointes par leur base à la plaque ci-dessus décrite, et faisant corps avec elle. La figure 1 donne la vue d’ensemble d’un prisme (n° 1), et d’un carreau à prisme (n° 2), dont il sera question plus loin.
- La dimension uniforme de ces plaques est d’un
- décimètre carré ; mais les angles des prismes qui les constituent varient à l’infini.
- Dans le but de réfracter la lumière reçue sur un châssis prismatique plan, dans des directions différentes, il est en effet indispensable de faire varier l’angle des prismes afin de régler la sortie de la lumière dans tel ou tel sens.
- C’est pour obtenir ce résultat (pie les plaques de prismes revêtent la faible dimension précitée.
- L’assemblage des différentes plaques de prismes se fait au moyen de l’enchâssure galvanoplastique. Entre chaque plaque prend place un mince ruban ‘ de cuivre, maintenu aux intersections par un point de soudure; lorsque la mesure convenable a été atteinte, l’ensemble est plongé dans une cuve galvanoplastique où, sous l’action d’un courant électrique approprié, un fort dépôt de cuivre vient s’appliquer
- à chaque partie saillante du ruban métallique, et formér un double bourrelet qui sertit énergiquement les plaques de prismes.
- Une curieuse particularité de ce procédé est de serrer avec une telle force les prismes ou la glace unie qu’il est chargé d’assembler (pie, soumis à l’action du feu, les vitraux ainsi constitués craquèlent et se fendillent mais n’éclatent pas.
- L’importance de cette curieuse immunité, au point de vue de la résistance au feu, n’échappe à personne; car il est acquis que la plupart des incendies ne se développent que grâce à l’introduction de l’air dans les locaux en feu par le bris des glaces et vitres.
- La résistance au feu des prismes, enchâssés par la galvanoplastie, a été mise récemment en évidence par le violent incendie de la maison Mac Clurg de Chicago, incendie dans lequel les ouvertures munies de prismes Luxfer ont victorieusement résisté à l’action combinée du feu et des jets de pompe; tandis que toutes les autres glaces ont été complètement détruites.
- L’éclairage des sous-sols s’obtient au moyen de dalles prismatiques, dites « multi-prismes » ou carreaux à prismes qui projettent la lumière sous un angle de 45°. Au cas où l’étendue du sous-sol nécessiterait la réfraction de la lumière à une distance supérieure à celle atteinte par les multi-prismes, il suffit de placer devant eux un châssis vertical qui par une deuxième réfraction transmet le jour dans les parties les plus reculée*. Les figures 2
- Fig. 1.— Prismes Luxfer. — :V1. prisme.— .V 2. Carreau à prisme.
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- et 3, ainsi que 4 et 5 nous représentent aussi fidè- rez-de-chaussée, les effets obtenus avec l’éclairage lement que possible, pour un sous-sol et pour un ordinaire d’une part et avec les multiprismes d’autre
- part. Les résultats obtenus 'par ces prismes sont réellement remarquables, et les effets que l’on voit sur nos dessins sont bien ceux qui se passent en réalité.
- Les prismes Luxfer sont donc appelés à être d'une grande utilité. Avec eux les sous-sols peuvent être éclairés au degré nécessaire,|par l’emploi de dalles
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- ou de carreaux à prismes placés dans le trottoir, avec des châssis verticaux. La combinaison des dalles à prismes et des plaques à prismes permet de résoudre les divers problèmes qui peuvent se présenter.
- Une quantité limitée de prismes ainsi combinés donnera certainement plus de jour dans un sous-sol qu’une quantité quelconque de jours ou de soupiraux de toute autre disposition. Ajoutons encore qu’avec l’éclairage ainsi obtenu, on a fait de très belles photographies qu’on ne pouvait réussir jusqu’ici qu’avec un éclairage artificiel pendant les heures de jour.
- Les prismes Luxfer ont donc pour but d’assurer la diffusion de la lumière du jour. L. Leroy.
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- LE JUBILÉ DE SIR G. STORES
- LE CENTENAIRE DE L’INSTITUTION ROYALE
- M. Cornu, l’éminent physicien, a rendu compte dans les termes suivants du voyage en Angleterre de la Délégation de l’Académie des sciences.
- L’Académie apprendra avec intérêt la gracieuse et cordiale réception faite à nos confrères et aux savants français qui se sont rendus, les semaines dernières, à Cambridge, à Londres et à Oxford. Elle comptait parmi ses membres, délégués à divers titres, MM. Becquerel, Cornu, Darboux, Gautier et Moissan; d’autres savants français étaient également présents : M. Borel, représentant l’École normale supérieure, et M. Deslandres de la Société française de physique.
- La première solennité, à laquelle nous avions été invités, a eu lieu à Cambridge, les 1er et 2 juin, à l’occasion du Jubilé de sir Gorges-Gabriel Stokes, dont on fêtait la cinquantième année de professorat à la chaire Luca-sienne de l’Université.
- Les fêtes inaugurées par la Rede lecture, prononcée par l’un de nous, ont été continuées par une séance solennelle où les Universités, Académies et Sociétés scientifiques de tous les pays ont présenté des adresses de félicitations au savant professeur, successeur de sir Isaac Newton, dans la chaire Lucasienne. L’Académie nous avait chargés de présenter à sir G. Stokes, notre illustre correspondant, la médaille Arago, qu’elle réserve aux savants qui ont rendu à la Science les plus éminents services. Elle a été accueillie avec des sentiments de gratitude qui témoignent de la haute valeur attachée à cette distinction de notre Académie.
- La Royal Institution of Great Rritain, fondée ' en 1799 par sir Benjamin Thomson, comte de Rumford, fêtait, les 5, 6 et 7 juin, le Centenaire de sa fondation ; S. A. R. le prince de Galles, vice-patron de l’Institution, a gracieusement demandé, dans l’une des séances commémoratives, qu’on lui présentât nos confrères et leur a remis le diplôme de membre honoraire de l’Institution Royale. Lord Rayleigh et M. James Dewar ont rappelé, dans deux remarquables Commémoration lecture, les principales découvertes effectuées, dans les laboratoires de l’Institution Royale, par Thomas Young, Sir Humphry Davy, Michaël Faraday, John Tyndall.
- Les expériences les plus intéressantes ont été exécutées; en particulier, celles qui se rapportent à l’hydrogène liquide ont excité un véritable enthousiasme. Nous
- avons pu mesurer ainsi l’immense chemin parcouru depuis un siècle, grâce aux efforts déployés dans cette belle Institution.
- Enfin l’Université d’Oxford a convié tous les savants étrangers présents à Londres à visiter ses collèges, dont plusieurs sont plus de cinq fois séculaires et qui renferment des richesses d’une valeur inestimable.
- Les deux Universités de Cambridge et d’Oxford ont témoigné à nos confrères leurs sentiments d’estime et confraternité scientifiques en leur conférant des titres de docteur honoraire.
- Nous rapportons donc de notre séjour parmi les savants anglais non seulement l’impression de la plus cordiale hospitalité, mais encore une véritable admiration pour la manière dont ils cultivent et honorent la Science. L’histoire de ces Universités, et particulièrement celle de l’Institution Royale de la Grande-Bretagne, offre un exemple bien instructif : on voit par quelle méthode une nation jalouse de s’élever au premier rang du progrès scientifique, d’encourager les recherches élevées et d’en faire comprendre les applications, parvient au but qu’elle s’est proposé. Elle choisit à chaque époque les savants les plus illustres, leur donne à la fois l’indépendance et les moyens matériels sans lesquels aujourd’hui on ne peut réellement pas réaliser de grandes découvertes.
- 11 y a là un sujet de méditations et d’études pour ceux qui ont l’honneur de diriger le mouvement scientifique et qui s’efforcent de maintenir notre pays au rang élevé que ses traditions commandent de conserver.
- A. Cornu.
- Membre de l’Académie des Sciences.
- PROCÉDÉ POUR DÉSODORISER
- ET PROTÉGER LE CARBURE DE CALCIUM
- Le carbure de calcium, dans une atmosphère humide, s’altère et se délite spontanément, avec production d’émanations malodorantes d’acétylène. D’un autre côté, employé intact et sec, comme il sied, dans les lampes et lanternes portatives de plus en plus utilisées par le cyclisme, l’automobilisme, etc., il présente l’inconvénient de s’effriter partiellement sous l’influence des chocs et des trépidations, et d’émettre une poussière facilement entraînable, qui, avant la mise en marche de la lampe et l’addition d’eau productrice d’acétylène, vient encrasser et obturer les conduits de dégagement et les orifices capillaires des becs brûleurs. J’ai eu l’idée, que je pense originale et neuve, de verser du vulgaire pétrole à lampes sur la charge de carbure concassé, de façon à l’imbiber d’hydrocarbure légèrement. L’hydrocarbure pétrole, retenu par imbibition et capillarité dans les pores du carbure, le protège contre l’action de l’humidité, empêche les émanations malodorantes et la production de poussières sèches. On peut ainsi conserver, presque à l’air libre, le carbure imbibé de pétrole. 11 est avantageux d’ajouter au pétrole une très petite quantité de nitrobenzine (essence de mir-bane), de façon à odoriser le carbure imbibé. Il suffit donc dans le réservoir à carbure d’une lampe, rempli de sa charge de carbure, de verser une petite quantité de pétrole, de laisser quelques instants en contact pour Timbibition de la masse, puis d’évacuer par égouttage l’excès de pétrole non imbibé dans le carbure. Le carbure, ainsi pétrolisé, s’attaque avec production très régulière d’acétylène, par l’action de l’eau. G.-A. Le Roy.
- Chimiste de la ville de Rouen. ---+<$x>-
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- LA NATURE.
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- LES ANTILLES FRANÇAISES
- INCENDIES ET TREMBLEMENTS DE TERRE
- La nature tropicale s’est plu à étaler à la Guadeloupe et à la Martinique toutes ses splendeurs. Les passagers, qui arrivent en vue des côtes de ces îles, restent enthousiasmés à la vue de ces hautes montagnes couvertes d’une luxuriante végétation et il leur semble impossible que l’homme puisse être malheureux sur cette terre enchantée. Et pourtant depuis quelques années il n’est pas de pays où les habitants soient plus misérables.
- Le rivage est bordé de palétuviers, de bananiers, de manguiers, d’avocatiers, de cocotiers, etc. Puis, viennent des plaines ou des pentes douces, entièrement couvertes jadis de beaux champs de cannes, d’un vert émeraude pendant la saison des pluies, dorés pendant la saison sèche sous le soleil qui les mûrissait. A cette époque la Martinique et la Guadeloupe fournissaient à la France presque tout le sucre qui s’y consommait. Mais, aujourd’hui, des plantations immenses sont complètement abandonnées. La crise sucrière a ruiné leurs propriétaires, comme seront infailliblement ruinés tous ceux qui s’obstinent encore à cultiver la canne à sucre.
- Les planteurs de la Guadeloupe, plus intelligents que ceux de la Martinique, ont entrepris la culture du coton, du rocou, de la ramie, du tabac et surtout du café dont la Guadeloupe exporte actuellen|ent plus de 70000 kilogrammes1. Le manioc, également très rémunérateur, parce qu’il sert à la fabrication du tapioca, la vanille, le cacao, l’indigo, le poivre, etc., seraient une source de richesse pour les habitants, s’ils voulaient les cultiver sérieusement. Mais voilà, les bras manquent, les récoltes mêmes ne peuvent être ramassées assez vite, et l’on voit ainsi, à la Guadeloupe seule, plus de 40 000 hectares de terres très fertiles qui restent en friche. Puisque les nègres se refusent à travailler, il faudrait faire venir des travailleurs soit d’Espagne ou d’Italie, soit de Cuba où une grande partie de la population ne demande aujourd’hui qu’à émigrer. Il y aurait peu d’efforts à faire pour amener les Antilles françaises à une brillante prospérité agricole si notre gouvernement se décidait à y rétablir l’ordre et à assurer la sécurité des planteurs.
- Presque toutes nos plantes maraîchères viennent admirablement au pied des montagnes, et j’ai connu à la Martinique un Hindou intelligent qui avait gagné une petite fortune à cette culture. On le rencontrait tous les matins dans les rues de Fort-de-France, portant sur sa tête une immense corbeille, pleine de légumes variés que les Européens achetaient sans marchander.
- Les vivres du pays, l’igname, la patate, le maïs, l’arrow-root, le chou caraïbe, etc., poussent presque sans soins jusqu’à 500 mètres d’altitude et suffisent
- 1 Ces cultures existent aussi à la Martinique, mais sur une bien plus faible étendue.
- à l’alimentation des noirs et des mulâtres avec le fruit de l’arbre à pain. Lorsqu’ils ont quelques sous, ils font un véritable festin en ajoutant à ce menu un )eu de morue salée que des voiliers apportent directement de Terre-Neuve. Ils ne mangent guère de viande que s’ils ont réussi à voler quelques poules, voire même un cochon ou un mouton dont ils n’osent se défaire de peur d’être pris par les agents de police, pourtant si indulgents à leur endroit.
- A mesure qu’on s’élève davantage, on reconnaît mieux la nature volcanique de ces îles tourmentées, formées de hautes montagnes qui s’étagent les unes derrière les autres et sont surmontées de hauts pitons coniques, autour desquels se rassemblent constamment des nuées pluvieuses. Des crevasses étroites et abruptes, dont l’œil ne peut mesurer la profondeur, descendent des sommets et servent de lits à des torrents perdus sous une épaisse végétation qui se précipitent de cascades en cascades jusqu’à la mer. C’est à peine si le bruit qu’ils font, en courant à travers les rochers, parvient jusqu’aux oreilles des promeneurs.
- Des arbres énormes, dont le tronc est recouvert de lianes entrelacées, forment une véritable voûte de verdure à travers laquelle brillent des gousses colorées et des guirlandes de fleurs magnifiques inconnues en Europe. Çà et là des arbres antiques, tombés de vétusté ou déracinés par les cyclones si fréquents aux Antilles, couvrent leur tronc de mousse du plus beau vert et d’agarics ondés de jaune, d’orange et de rouge, qui se nourrissent de leurs débris. A la Martinique de nombreux trigonocéphales, dont la morsure est mortelle, se dissimulent sous les plantes parasites ou dans les hautes herbes.
- Ces serpents, heureusement inconnus à la Guadeloupe, où les Anglais ont vainement essayé de les introduire en 1816 avant de nous remettre cette colonie, sont un véritable fléau. Il y a des promenades magnifiques que l’on n’ose entreprendre par crainte de ces reptiles. Lorsque le soleil est couché, on ne verra jamais un Martiniquais se risquer dans les herbes. Il ne marchera qu’au milieu du sentier ou de la route, et encore avec une extrême prudence. Un jour que j’étais invité à dîner chez le curé du Robert, sa cuisinière noire vint, toute en larmes, nous raconter qu’un serpent avait enlevé un magnifique poulet suspendu près de la porte de sa cuisine. Aussitôt nous nous mîmes à la poursuite du reptile que nous trouvâmes en effet à 400 mètres de là, dormant dans l’herbe et digérant paisiblement notre repas. Ce trigonocéphale était énorme. Il mesurait 2m,50 et était gros comme la jambe d’un homme. Après l’avoir tué, ce qui était chose facile, car ces serpents tombent dans un engourdissement profond dès qu’ils ont avalé leur proie, on l’ouvrit et on trouva le poulet encore intact dans son estomac. Inutile de dire qu’il ne figura pas sur notre table le soir.
- Mais c’est surtout à l’époque des récoltes qu’il y a de fréquents accidents. Chaque année, malgré les
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- LÀ NATURE.
- précautions prises, beaucoup de travailleurs sont mordus et expirent deux ou trois heures après dans d’atroces souffrances.
- Pour protéger les noirs pendant qu’ils coupent les cannes, des rabatteurs armés de fléaux et chaussés de hautes hottes très épaisses, cernent le champ et font un vacarme épouvantable. Ils effrayent ainsi les serpents qui s’enfuient devant eux et vont se blottir aux plus épais des cannes.
- Lorsque la récolte est presque achevée, on met le feu à quelques centaines de cannes qui sont encore debout au milieu du champ et l’on brûle ainsi tous les serpents qui croyaient trouver là un refuge assuré. Des noirs cernent le brasier et tuent à coups
- de hâtons les reptiles qui essayent de franchir le cercle. 11 n’y a pas d’exemple de travailleurs qui aient été mordus à ce moment. Quand ils sont sur leurs gardes, ils brisent très habilement la colonne vertébrale du serpent au moment où celui-ci s’élance sur eux, de là ce dicton que l’on entend souvent répéter à la Martinique : « Serpent vu, serpent tué ».
- Sauf une partie de la Guadeloupe, la grande Terre, qui est un pays plat, où s’élèvent à peine quelques petits mamelons de 50 à 40 mètres, les Antilles françaises sont dominées par d’anciens volcans, dont un seul, celui de la Soufrière, au sud de la Guadeloupe, est encore en activité. Son cratère,
- Fig. 1. — Un étang au pied de la Montagne Pelée.
- élevé de 1458 mètres au-dessus du niveau de la mer, projette sans cesse des vapeurs sulfureuses d’une température de 94 à 96°.
- A la Martinique seule on compte six volcans éteints dont le plus élevé se trouvait sur la Montagne Pelée à une altitude de 1550 mètres. Son cratère forme aujourd’hui un lac d’une circonférence de 150 mètres, dont l’eau abondante et limpide a un léger goût herbacé.
- Partout dans ces îles on trouve des sources d’eau minérales dont quelques-unes sont en cours d’exploitation. La plus connue est la source d’Absalon près de Fort-de-France. Sa température varie de 55° à 56° centigrades et ses eaux possèdent toutes les propriétés des sources gazeuses et ferrugineuses.
- S'il n’y a plus d’éruptions volcaniques aux An-
- tilles, les dégagements de soufre et surtout les fréquents tremblements de terre démontrent que le travail souterrain se continue sans répit. Il n’est pas un pays au monde qui ait été aussi souvent ravagé par les cyclones et ruiné par les secousses du sol que les Antilles. Pour en donner une idée je rappellerai seulement les désastres les plus importants essuyés par la Guadeloupe depuis 1825.
- Cette année-là un cyclone et un tremblement de terre renversaient toutes les maisons de la Basse-Terre. Un grand nombre de personnes périrent et le commerce fut entièrement ruiné. Par un hasard miraculeux la Pointe-à-Pitre fut épargnée.
- En 1845 ce fut son tour. Une violente secousse détruisit la ville, ainsi qu’un quartier de Basse-Terre et plusieurs bourgs. Toutes les habitations, tous les
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- édifices de la Pointe-à-Pître s’écroulèrent. Seule la dont les aiguilles s’arrêtèrent dès la première façade de l’église resta debout avec son horloge oscillation. II y eut 5000 morts et 1500 blessés.
- Fig. 2. — Un vallon à la Martinique.
- En 1852 un cyclone dévastait encore la malheureuse ville de la Pointe-à-Pitre et un terrible incendie la dévorait tout entière en 1871.
- Depuis cette époque, la Guadeloupe n’avait guère eu à essuyer que trois ou quatre tremblements de terre insignifiants.Mais, à partir de 1890, des incendies, inquiétants par leur régularité, commencèrent à répandre la terreur dans la population tranquille de l’île. Des mains inconnues mettaient le feu tantôt à une exploitation agricole isolée, tantôt à des villages entiers. Des plaintes nombreuses parvinrent au gouverneur, on lui signala même certains articles de journaux révolutionnaires où plusieurs incendies avaient été
- annoncés à l’avance. Le gouverneur n’osa pas intervenir de peur de compromettre sa situation.
- Cette fois c’est la Pointe-â-Pître qui brûle' et il n’a pas dépendu des incendiaires que le désastre ne s’étendît à toute la ville.
- Les Guadeloupéens se demandent avec angoisse si le gouvernement va les laisser à la merci des anarchistes. Nul n’est sûr en s’endormant d’avoir encore le lendemain un toit pour s’abriter. Le ministre des colonies a envoyé 50000 francs à titre de premier secours, le Par-
- 1 Un câblogramme vient d'annoncer que de nouveaux incendies ont détruit d’immenses plantations à la Guadeloupe et à Marie-Galante.
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- LA NATURE.
- lement votera à coup sûr quelques centaines de mille francs aux incendiés. Ce sont là assurément d’excellentes mesures, car des milliers de malheureux se trouvent aujourd’hui dans la misère la plus complète. Mais je suis convaincu que c’est avant tout un peu de sécurité que les Antilliens implorent de la métropole et le châtiment des criminels qui désolent toutes ces îles. Francis Mury.
- Ancien Commissaire de la marine.
- LES ARMES EMPOISONNÉES
- ET LEUR VALEUR RELATIVE
- Dès l’âge de pierre et jusqu’à ce que l’art de tuer son prochain ait amené la découverte de la poudre et des armes à feu, les peuplades primitives, devant l’insuffisance de leurs armes pour amener une prompte mort, imaginèrent de les enduire de produits toxiques.
- Les armes empoisonnées, qu’elles soient flèches, couteaux, lances ou sagaies, sont enduites de poisons soit d’origine végétale, soit d’origine animale. Les Indiens de l’Amérique du Sud emploient le curare ; les indigènes de l’Inde, de lTndo-Chine, de Java, de Bornéo, des îles de la Sonde et les Molluques se servent (ou plutôt se servaient) de Vupas pour empoisonner leurs armes; les noirs du Soudan et du Congo usent encore d’un poison tiré des diverses variétés de strophantus nommé M’Bou-mou ou Iné, suivant les régions où il est employé; les peuplades de l’Afrique Australe, les Hottentots, les Boschi-men, les Cafres et les Akkas empoisonnent leurs flèches avec le venin de divers serpents, le copra-capello entre autres; certaines tribus de l’Afrique équatoriale, les N’Dris, les Banziris... communiquent avec leurs flèches, longtemps implantées dans des cadavres en décomposition, de la septicémie (une piqûre anatomique) qui amène promptement la mort; en Océanie, les naturels des îles Néo-Calédoniennes, des Hébrides et des îles Salomon, déterminent des accidents tétaniques au moyen de leurs flèches trempées dans des marais contenant de grandes quantités de bacilles de Nicolaier ou bacilles du tétanos.
- Les trois premiers de ces poisons, bien que les médi-castres locaux (piayes, pohemous ou griots) mêlent à leurs préparations des fourmies rouges, du venin de serpent, des yeux et glandes de crapauds, sont surtout d’origine végétale ; ce sont les alcaloïdes propres des plantes, qui servent de base au mélange vénéneux, qui déterminent la mort. Le curare, l’upas et le M’Boumou ont pour élément principal des plantes, dont l’espèée varie suivant les tribus et qui appartiennent à la famille des Strych-nées.
- Les trois derniers, moins celui des nègres de l’Afrique Australe, sont d’origine microbienne.
- Quelles sont la valeur, la durée et l’activité de ces poisons? Le curare se conserve indéfiniment: en 1757, au cours d’expériences de physiologie faites en France, avec des flèches curarées rapportées en 1752 par La Condamine du voyage qu’il fit dans l’Amérique équinoxiale, une poule piquée avec une de ces flèches mourut en 7 minutes; chez les Indiens Ouitetos, des boulettes de curare, qui ont été transmises de pères en fils, ont conservé toute leur activité toxique bien qu’elles fussent, pour la plupart, couvertes de moisissures. Il en est de même pour l’upas, qui, conservé dans des petits tron-
- çons de bambou, au bout de sept à huit ans, possède la même qualité nocive qu’aux premiers jours de sa préparation. Les armes malaises, même celles d’acier, conservent toujours leur activité vénéneuse. Les peuplades noires, qui emploient l’Ir\é, prétendent qu’il ne peut se conserver que fort peu de temps; car, disent-ils, il se gâte.
- En effet l’Iné, qui est une macération aqueuse des graines d’un strophantus, à laquelle on adjoint le suc soit d’un ficus, soit d’une euphorbe et en général le venin de la vipère du Gabon, se couvre de moisissures au bout de quelques semaines; mais malgré cela il a conservé toutes ses propriétés toxiques : chez des cobayes, la mort a été amenée en quelques minutes à la suite de piqûres faites avec des flèches rapportées du Haut Oubanghi et dont la pointe était moisie. En résumé, les poisons végétaux dont les peuples primitifs se servent pour empoisonner leurs flèches, se conservent indéfiniment et font de ces dernières des armes toujours redoutables.
- Il n’en est pas de même des poisons d’origine animale ou microbienne. Comme on l’a vu plus haut, les Boschi-men, les Hottentots, les Cafres et les Akkas empoisonnent la pointe de leurs flèches avec le venin de serpents, surtout avec celui du Copra-Capello : au bout de quinze jours à trois semaines, leurs armes ont perdu leur propriété nocive. Ceci tient à une seule cause : le venin des serpents, qui se conserve indéfiniment, avec toutes scs propriétés, dans l’alcool, se couvre à l’air d’une moisissure particulière, dont l’étude n’a pas été faite jusqu’à ce jour, et qui a pour action, sur le venin, de lui enlever toute sa nocivité. Le principe vénéneux des flèches des N’Dris, du Haut Oubanghi, qui pratiquent la piqûre anatomique, n’est autre chose que le vibrion septique, qui meurt à l’air au bout de quelque temps s’il n’est plus dans un foyer de décomposition ; c’est ce qui fait que ces flèches n’ont une action morbide que pendant un laps de temps très restreint. Pour ce qui est des flèches des peuplades Néo-Calédoniennes, qui déterminent des accidents tétaniques, on n’est pas d’accord sur la durée de leur action nocive, bien qu’il soit prouvé que le bacille de Nicolaier ne peut vivre que dans un milieu très hygrométrique toujours associé à d’autres bactéries inoffensives ou nocives telle que le bacillus sep-ticus, qui, comme nous venons de le voir, ne tarde pas à mourir.
- Quoi qu’il en soit, en tout état de chose, les armes empoisonnées des peuplades qui se servent, pour ce faire, de poisons végétaux, sont beaucoup plus redoutables que celles des tribus qui emploient des poisons d’origine animale ou microbienne. Henry Ciiastrey.
- LA GRÊLE A MADRID
- Comme nous l’avons déjà annoncé, le vendredi 9 juin une tempête de grêle a sévi vers 6 heures du soir, pendant vingt minutes, sur la ville de Madrid. Les grêlons qui tombaient étaient comme des noix ; il y en avait de plus gros encore. Les dégâts ont été énormes.
- Les arbres ont beaucoup souffert. Dans quelques endroits surtout leurs branches étaient entièrement décortiquées.
- Les vitres ont été brisées par milliers, et même des glaces ayant près d’un centimètre n’ont pas résisté.
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- LA NATURE.
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- Des persiennes en bois ont été brisées, émiettées.
- La voiture d’un pensionnat de jeunes fdles, un grand omnibus, a eu le plafond troué, criblé.
- A l’avenue Paseo de la Castellana, une avalanche de grêle, qui, en se fondant, formait comme des flots
- Fig. 1.
- Vue de la place Colon, à la suite de l’avalanche de grêle.
- dans une grande rivière, s’avançait vers la place de Madrid. De cette masse s’élevait de temps en temps une buée intense qui aveuglait. On aurait pu croire
- Fig. 2. — Une voiture sur la place Colon, à Madrid.
- à un immense amas de chaux fraîchement éteinte.
- Vers 6 heures et demie du soir, un de nos abonnés, M. le comte del Valle, a fait quelque, photographies qui donnent une idée de l’intensité de la tempête; les épreuves ont été faites à 6 heures et demie du soir avec un stéréospido muni d’un objectif Zeiss ; nous les reproduisons. L’une d’elles (fig. 1) montre
- la place Colon à la suite de l’avalanche de grêle, et l’autre (fig. 2) fait voir une voiture surprise à la place Colon, où elle s’est trouvée noyée dans la grêle. Ces ouragans de grêles aussi intenses sont rares. Aussi à titre documentaire avons-nous jugé utile de mentionner spécialement celui du 9 juin 1899.
- UN AVOYEUR DE SCIE
- Le mot peut paraître bizarre, mais voilà longtemps qu’il a conquis droit de cité, du moins dans le langage technique, et son étymologie est facile à saisir pour qui sait ce que c’est que la voie d’une scie. Qu’on remarque un de ces utiles instruments, et l’on verra que, d’une façon générale, les dents découpées dans la lame sont alternativement inclinées de droite et de gauche, et extérieurement par rapport à cette lame. Cet écartement de la pointe de deux dents successives, c’est précisément la voie de la scie : il est nécessaire pour que le corps de la lame glisse facilement dans la section pratiquée par les dents mêmes. Bien entendu, au fur et à mesure que sert l’outil, la pression du bois, de la substance où il trace son chemin, tend à remettre les dents dans le plan de la lame ; de telle sorte que, au bout d’un certain temps, il faut non seulement affûter la scie, en aiguisant à la lime une des arêtes de chaque dent, mais encore et surtout Yavoyer, lui donner la voie, en inclinant alternativement chacune des dents dans sa situation primitive.
- Les aiguiseurs de scie, qui abondent dans la rue, effectuent cette opération minutieuse de Yavoyage au moyen d’un instrument très primitif portant une fente où il saisit chaque dent pour l’incliner convenablement. Mais cela demande un temps relativement considérable, et il fallait quelque chose de mieux dans les usines où l’on emploie couramment un grand nombre de scies, notamment des scies à ruban. C’est pourquoi l’on a inventé les avoyeurs mécaniques. Il en existe un certain nombre de plus ou moins ingénieux : on vient de nous en signaler un dû à M. Picotte, qui est bien combiné.
- Nous en donnons une vue d’ensemble et une coupe partielle, qui en feront comprendre aisément le fonctionnement et les dispositions essentielles. Disons tout dç suite que son avantage et sa caractéristique consistent en ce que, d’un seul coup de la poignée qu’on voit à droite, on fait avancer la scie de l’espace de deux dents et l’on incline deux dents immédiatement voisines en sens opposé. Nous ne dirons rien du châssis de l’appareil, qui peut du reste se fixer aisément à un établi : on y remarque deux appuis sur lesquels la lame de scie glisse verticalement et qui peuvent s’ajuster en hauteur, suivant la dimension transversale de cette lame. Notons aussi que le châssis offre deux sortes d’avancées, de petits massifs de butée, afin de soutenir le corps de la lame contre tout mouvement de déplacement latéral, quand les pinces de Yavoyenr proprement dit vont faire effort transversalement sur deux dents
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- successives de la scie ; un de ces massifs est susceptible de se déplacer, pour donner le passage voulu à la scie suivant son épaisseur, et tous deux présentent un biseau sur leur bord, afin de ne pas gêner l’action des pinces de ïavoyeur, -et aussi pour arrêter le mouvement de celles-ci et empêcher que l’inclinaison des dents ne dépasse une certaine limite.
- La coupe (n° 2) indique nettement la disposition de ces pinces montées naturellement en chicane, et dont la fermeture est assurée par une came clavetée sur un arbre placé à la partie inférieure du châssis : la rotation partielle de cet arbre est commandée parla poignée de l’appareil. Naturellement, des ressorts antagonistes remettent les choses en état après chaque coup de la poignée. Mais celle-ci commande aussi ce qu’on peut appeler le mécanisme d’alimentation, en poussant la scie en avant pour Va-voyage. On voit facilement le lin-guet qui vient prendreappui sur les dents de la scie, sous l’action d’un mouvement de sonnette et d’une articulation complémentaire le reliant à un levier solidaire de la poignée de commande. Comme de juste, des dispositifs d’ajustage permettent de donner au lin-guet un avancement plus ou moins considérable suivant la grandeur des dents de la scie à avoyer. Nous n’insistons pas davantage sur ces explications, qui nous semblent suffisamment claires, et qui montrent l’intérêt de ce curieux appareil. D. B.
- NOUVELLE MACHINE A VAPEUR VERTICALE
- Nous avons déjà décrit à différentes reprises1 des modèles divers de machines à vapeur verticales.
- Nous devons reconnaître que jusqu’ici la machine à vapeur horizontale à vitesse angulaire lente présentait de grands avantages; mais elle offre également des inconvénients , sa faible vitesse angulaire ne permet pas de commandes directes, et pour la mise en marche de dynamos il faut avoir recours aux courroies.
- Pour toutes les machines à vapeur verticales à grande vitesse, que nous avons pu examiner jusqu’à ce jour, Willans, Westinghouse, Carels, le prix d’étahlis-sement était moindre que pour les machines horizontales, l’encombrement était de beaucoup plus réduit. Les cylindres n’étaient
- pas déformés par l’usure, et les condensations internes étaient faibles par suite du passage rapide de la vapeur dans les cylindres. Mais il est certain que dans toutes ces machines verticales, la consommation de vapeur par cheval-heure était élevée ; la machine pouvait s’échauffer rapidement, et combien Lavons-nous constaté de fois au moment où nous effectuions des essais, 'foutes ces machines étaient à simple effet. Il en résultait fatalement que l’une des faces du piston se refroidissait et que pour éviter à fin de course des chocs dans la bielle, il fallait avoir recours à une grande compression. Enfin toutes
- Avoyeur de scie. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Coupe.
- Fig. 1. — Ensemble d’une machine verticale Boulte, Larbodière et C1", actionnant directement une dynamo Thomson-Houston.
- 1 Voy. Tables des matières, T® et 2° séries.
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- ces machines nous parvenaient de l’étranger, et, lors d’une réparation importante, on ne pouvait trouver sur place de mécanicien ou de monteur connaissant suffisamment la machine.
- Nous avons eu l’occasion de visiter dernièrement, aux portes de Paris, à Aubcrvilliers, les ateliers de construction de MM. Boiiltc, Larbodière et Cie qui ont entrepris la construction d’une nouvelle machine à vapeur verticale à grande vitesse et qui se sont efforcés de faire disparaître tous les défauts que nous venons d’énumérer.
- La nouvelle machine est à double effet, du type pilou ordinaire, avec faibles courses, des tiroirs cylindriques, des manivelles motrices équilibrées, et un régulateur instantané avec roulements à billes.
- La figure 2 donne la coupe intérieure de la machine. On voit en A la valve de détente, en B, l’écrou de réglage de la vitesse angulaire, en G le régulateur à billes et en D une pompe à huile sur laquelle nous allons avoir l’occasion de revenir.
- La disposition à double effet a permis d’obtenir une puissance double à diamètre égal de cylindre, une surface de refroidissement et un encombrement extérieur moindres, et la possibilité de revenir à la machine à une seule manivelle pour les faibles puissances.
- Ce type de machine se construit à simple, double, triple et quadruple expansion, avec ou sans condenseur.
- Cette machine comporte enfin un système de graissage qui donne des résultats surprenants. Sur l’arbre moteur est calée une petite pompe à huile 1) qui prend l’huile et la refoule sous pression par 1 intérieur de l’arbre dans des tubulures logées dans 1 axe du corps de bielle et de la tige d’excentrique
- et faisant joint étanche avec les coussinets quelle relie.
- Tous les portages et toutes les pièces d’articulation sont ainsi séparées entre elles par une couche mince d’huile sous pression et l’on peut dire qu’elles ne s’usent pas ; d’autre part la marche de la machine est très silencieuse.
- Nous ajouterons que tous les détails de construction de cette machine, comme nous avons pu le voir, sont très soignés ; les organes mobiles sont en acier forgé, les coussinets, colliers et pièces frottantes sont en bronze dur, avec grandes surfaces de portage. Enfin toutes les pièces de la machine sont facilement démontables.
- Quelques essais de consommation ont déjà été faits sur une machine de 120 chevaux avec condenseur; on a trouvé la dépense très réduite de 7 kg de vapeur par cheval-heure au frein. Les principaux modèles de cette machine auront des puissances variables de 5 à 400 chevaux avec des vitesses angulaires respectives de 600 à 330 tours par minute.
- Il sera ainsi très possible de monter directement des machines électriques sur l’arbre moteur; la figure 1 montre l’ensemble d’une dynamo Thomson-Houston à 6 pôles commandée par une de ces machines.
- La nouvelle machine à vapeur verticale de MM. Boulte, Larbodière et Cie nous paraît constituer un progrès intéressant ; car, en dehors des avantages inhérents aux machines verticales, elle offre encore de grands avantages pratiques au point de vue du fonctionnement, aussi bien que de la dépense d’installation et de marche. J. Laffargue.
- Fig. 2. — Coupe intérieure de la nouvelle machine à vapeur verticale à double effet 5 grande vitesse angulaire de MM. Boulte, Larbodière et G1*.
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- LA NATURE.
- CHRONIQUE
- Les orages et le chant des oiseaux. — Un a
- souvent dit que l’approche des orages a une influence bien nette sur le chant des oiseaux, ceux-ci se taisant et pouvant ainsi servir à présager la tempête qui arrive. M. L. E. Linnev vient de reprendre cette question dans la revue météorologique américaine The United States Monthly Weather Review. 11 a fait une vraie enquête en la matière, et presque toutes les réponses qu’il a reçues affirment non pas précisément que les oiseaux se taisent, mais qu’ils s’agitent avec une persistance bien caractéristique, se lavent, grattent leurs plumes, quand un orage est sur le point de survenir. Cela est spécialement facile à constater pour les volailles.
- Prix de revient de la traction électrique par accumulateurs. — Notre confrère Engineer résume le rapport annuel de la Chicago Electric Traction Cy qui donne des chiffres intéressants sur le prix de revient de la traction par accumulateurs. Les recettes ont été de 27,8 centimes par voiture-kilomètre et les dépenses de 26,2 centimes. L’énergie totale consommée a été de 1 227 228 kilowatts-heure et la dépense s’est élevée à 4,65 centimes par kilowatt-heure pour production de force motrice, et entretien des machines. La dépense pour le service et l’entretien des batteries a été de 23 400 francs au total. Le nombre de kilomètres-voitures parcouru s’étant élevé à 981 725, la dépense des accumulateurs ressort à 2,25 centimes par voiture-kilomètre, soit un peu moins de 9 pour 100 de la dépense totale. Le parcours moyen des batteries de 72 éléments est de 37 000 kilomètres, les plaques négatives usent trois plaques positives. Lorsque les batteries sont neuves, les voitures peuvent parcourir 35 km sans rechargement; mais, après un assez faible temps de service, il faut les recharger à chaque parcours, ce qui ne fait que 17 à 18 km. La vitesse d’après l’horaire est de 20 km par heure, arrêts compris, mais elle pourrait s’élever à 48 km.
- L'antitoxine diphtérique aux États-l'nis. —
- L’antitoxine diphtérique fait des merveilles en Amérique comme en Europe : nous en trouvons une nouvelle preuve dans le Rapport du « Département de la Santé » à Chicago. Pendant une période de quarante-un mois consécutifs, on a pu traiter 4000 cas de vraie diphtérie, sans que la mortalité ait atteint 6,8 pour 100; durant les quatre derniers mois de cette longue période, le succès a même été encore plus marqué, puisque, pour 418 cas, la mortalité a été inférieure à 4,8 pour 100. Pendant les trois années qui ont suivi la mise en pratique de la sérothérapie, les cas mortels ont diminué de 43 pour 100 par rapport à ce qu’ils avaient été pendant les trois années immédiatement précédentes.
- Chasses de Bohême. — 11 existe en Bohême des terrains de chasse vraiment extraordinaires par la masse de gibier qu’on y entretient... et qu’on y tue. C’est ainsi que, pendant la saison dernière, on a tué, sur les propriétés du Prince Schwarzcnberg, 106 604 pièces, dont plus de 200 daims, 250 ours, 27 000 lièvres, 39 000 coqs de bruyère et 6000 oies ou canards sauvages.
- Le raisonnement d'un faueon. — Le fait dont il s agit supposant, chez l’oiseau en question non seulement de l’observation, mais encore, au moins d’une façon élémentaire, une constatation de cause à effet, nous ne
- pouvons employer que le mot raisonnement, si audacieux qu’il paraisse. Nous empruntons du reste le renseignement à une relation de voyage en Italie par MM. Ber taux et G. Yver. Nous sommes entre Bénévent et Foggia ; le chemin de fer traverse une plaine coupée de champs de blé, et les voyageurs se pressent aux portières pour jouir d’un spectacle curieux. En effet, un faucon suit éperdument et fidèlement le train, tantôt frôlant les portières, tantôt se tenant au-dessus de la toiture des wagons, mais fixant constamment le sol et les herbes qui le recouvrent. Un habitué du trajet explique cette course, qu’il peut observer plusieurs fois par semaine. Ce faucon s’est aperçu que le vent du train emporte quelque peu et, tout au moins, étourdit les petits oiseaux qui se trouvent près de la voie; il suit donc le tourbillon, pour tomber brusquement sur les oiseaux qu’il aperçoit paralysés par ce bruit et cette trombe. Le seul train qu’il suive est celui de 5 heures du soir, parce qu’il a constaté sans doute que c’est le plus rapide de la journée ; on le voit apparaître chaque soir un peu après la station de Bovino, et, dès qu’il arrive à Giardinetto, il file vers la montagne pour l’entrer dans ses foyers, quand il n’a pas trouvé une proie plus tôt.
- Le porc-épfe victorieux du lion. — Notre confrère Nature publie à ce sujet une lettre curieuse d’un de ses correspondants, d’origine probablement japonaise, M. Kumagusu Minakata. Il faut dire que ce même journal avait antérieurement publié une lettre d’un chasseur distingué, M. Crawshay, qui affirmait avoir tué un lion dont une des pattes de devant portait, profondément enfoncés dans les chairs, trois bouts de piquants de porc-épic de 2 centimètres 1/2 de long. Or, M. Minakata rappelle de son côté un passage des « Voyages dans l’Inde » de Jean-Baptiste Tavernier, où le voyageur cite un « Hollandais qui trouva un lion mort portant dans le corps quatre piquants de porc-épic qui y avaient pénétré des trois quarts de leur longueur » ; Tavernier en concluait que le porc-épic avait tué le lion. M. Bail, traducteur anglais de Tavernier, affirme qu’on connaît dans l’Inde de nombreux cas de tigres qui sont morts pour une semblable cause, et que souvent des tigres tués à la chasse portent de ces piquants fichés dans le corps. A ce propos, et comme confirmation de la belle défense que le porc-épic serait ainsi en mesure de faire, M. Minakata cite un vieux proverbe chinois qu’on rencontre dans un livre écrit deux siècles avant Jésus-Christ, et appelé « Ilwui-nan-tszé » ; ce proverbe dit : « Le hérisson vainc le tigre et le serpent arrête le léopard ».
- Un commissionnaire à longue distance. —
- M. Richard Davis vient de tenter une expérience curieuse et fort originale : ne se fiant pas à la rapidité de transmission des lettres par le service des Postes, il a envoyé de Londres un petit commissionrîaire de U « American District Telegraph Company » pour porter personnellement des lettres à destination des États-Unis. Le jeune commissionnaire, ce qu’on nomme un messenger, et ce qui correspond à peu près, pour une agence privée, à nos jeunes porteurs de télégrammes français, emporte une lettre pour New-York, une autre pour Philadelphie et une pour Chicago. Sans doute pourra-t-il les délivrer plus vite que les facteurs ordinaires ne l’auraient fait, mais le port de ces trois lettres coûtera cher!
- La lutte contre les réclames» en Angleterre. —
- L’art de l’annonce et de la réclame a atteint un niveau à nul autre pareil en Grande-Bretagne : les annonces
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- envahissent la campagne, on en a mis partout, jusque sur les parois abruptes des rochers, tant et si bien qu’on commence d’en avoir trop, et qu’une Société vient de se fonder pour lutter contre cet abus. Son nom est « Society for Checkingthe Abuse of Public Advcrtising », ce qui se traduit par « Société pour lutter contre l'abus des annonces publiques », mais on la désigne par le diminutif en apparence mystérieux de « Scapa », formé des initiales des principaux mots composant son titre. Elle vient de s’adresser au Chancelier de l’Échiquier (disons Ministre des finances), en lui demandant qu’on frappe d’un impôt les annonces, afin d’en diminuer l’envahissement.
- I.» chambre de compensation de Mew-lork,
- — On sait ce qu’est en principe une chambre de compensation : c’est une institution centrale commune à tout un ensemble de banques, et qui est chargée de liquider les dettes et créances réciproques de ces banques, en évitant les mouvements effectifs de fonds, sauf pour le solde définitif d’une année. Elle reçoit les différents chèques payés par les divers établissements de crédit et en fait la compensation. Or, le compte rendu des opérations de la Chambre de New-York montre que, pendant l’exercice 1897-1898, les payements faits avec des chèques par les personnes ou maisons ayant des fonds en banque et, par suite, ne se servant pas de monnaie, se sont élevés au chiffre formidable de 39 853 millions de dollars, ce qui fait à peu près 200 milliards de francs. Pour régler et liquider ces comptes prodigieux, comme disait M. E. Bruwaert, il a suffi de manipuler effectivement 2338 millions de dollars de monnaie, billets, etc., environ 6 pour 100 des sommes payées en réalité. Et encore est-ce là trop dire : pour éviter davantage, si possible, de manipuler des espèces, ce qui n’est pas pratique ni rapide, la Chambre, le Clearing House de New-York, remet aux créanciers, après liquidation de comptes, des bons de caisse représen-sentant les monnaies d’or déposées dans les caves de la Chambre, et que les créanciers peu confiants pourraient, s’ils le désiraient immédiatement, échanger contre du bel or sonnant et trébuchant. En fait on a confiance, et les balances de comptes n’ont exigé pour se régler que le mouvement de 87 millions de dollars de numéraire métallique et de banknotes. En moyenne, les opérations du Clearing House portent quotidiennement sur une somme de payements en chèques de 658 millions de francs ; parfois ce mouvement a dépassé 1230 millions. La monnaie est réduite aujourd’hui aux États-Unis à un rôle extrêmement minime, et cela au plus grand bénéfice de la simplicité dans les opérations de banque.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 19 juin 1899. — Présidence de M. Van Tieghem.
- La toxicité urinaire dans l'appendicite des enfants.
- — MM. Lannelongue et Gaillard ont entrepris d’étudier l’intoxication qui se produit dans l’appendicite en opérant sur les poisons éliminés par l’urine. Ils ont effectué leurs recherches sur un groupe d’enfants de 3 à 15 ans. En conséquence, ils ont tout d’abord recherché sur des enfants sains, soumis à un régime normal, quelle était la dose toxique d’urine. Ils ont ainsi déterminé une sorte de coefficient numérique qu’ils appellent urotoxique. Ce coefficient atteint une valeur voisine de 0,5. Afin de donner aux travaux effectués sur l’urine des enfants frappés d’appendicite une valeur clinique, les cas d’appendicite ont été rangés en trois catégories : 1° appendicites
- aiguës accompagnées d’un phlegmon péri-appendicitaire suppuré ou non; les analyses opérées sur les urines de 9 petits malades ont démontré que le coefficient urotoxique atteignait 1,30, d’où une toxicité triple de celle existant à l’état normal; 2° appendicites éteintes ou à fioid; la toxicité urinaire est voisine de celle qui existe à l’état normal ; 3° appendicites avec péritonite généralisée ; la toxicité est de beaucoup la plus forte. La toxicité urinaire semble résulter de l’association d’éléments anormaux ou normaux, mais excrétés à l’excès, qui augmentent la densité et l’acidité de l’urine et lui donnent une coloration plus foncée. La couleur, du moins chez les enfants, paraît en relation directe avec la toxicité. I)u jaune pâle, qui est la couleur ordinaire de l’urine des enfants, elle passe, chez les sujets atteints d’appendicite aiguë, au jaune doré, au jaune ambré, à la couleur ambrée pour des toxicités croissantes. En clinique, ce caractère peut avoir de l’importance ; il devient un élément de pronostic et il peut aussi être utile à la thérapeutique.
- L'arrosage des vignes. — M. Muntz présente une Note sur les avantages de l’arrosage des vignes en certaines circonstances. A la suite des étés secs les vignes promettent des vendanges médiocres. Certains viticulteurs ont essayé, dans de tels cas, de pratiquer l’arrosage des vignes. Les frais occasionnés par ces arrosages sont considérables et l’on peut se demander s’il y a avantage à les pratiquer. M. Muntz fait connaître que les grains augmentent très rapidement de 30 à 40 pour 100. Ils se gonflent d’eau qui au moment de la maturité fournit des matériaux pour la formation des acides. On obtient des grains sucrés mais plus riches en acide que les grains normaux. Au point de vue pratique, au prix d’une dépense de 60 francs par hectare environ, on obtient une plus-value de 200 à 300 francs avec des raisins plus propres à donner un vin susceptible de conservation.
- Varia. — M. Troost présente une Note de M. Osmont sur une catégorie d’aciers. M. Edmond Perrier présente une Note de M. Pizon sur le développement des tuniciers. — M. Mascart présente un travail de M. Spée qui a entrepris de continuer l’œuvre de M. Thollon sur le spectre solaire et qui donne la description de régions non étudiées par cet observateur. — M. Gaudrv fait hommage, au nom de M. Stanislas Meunier, d’un ouvrage intitulé : Géologie expérimentale. Ch. de Vij.ledeuil.
- UN CHIEN CALCULATEUR
- L’habileté des dresseurs ou plutôt des montreurs d’animaux savants ne connaît point de bornes ; et il est curieux de constater — pour ceux qui suivent un peu les représentations des cirques de Paris ou de l’étranger — combien est grande l’ingéniosité de ceux qui se sont donné pour mission d’amuser et d’intéresser le public.
- J’ai trop souvent dans ce journal eu l’occasion de parler du dressage des animaux de cirque et des chiens en particulier, pour revenir encore sur la « théorie du dressage ». Mais, quoique le Nouveau-Cirque vienne de fermer ses portes, tout juste le jour du Grand Prix, ce qui est très dans le mouvement mondain, je tiens à signaler un « numéro » qui, durant tout le dernier mois de représentations, a été un des succès les plus grands de la saison après les
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- éléphants de Maximilian et les nains acrobates et lutteurs : le chien calculateur et liseur de pensées, présenté par le clown Castel.
- Souvent d’un directeur de théâtre on dit : « c’est un dénicheur d’étoiles » et pourtant ce-sont plus souvent ces étoiles applaudies sur nos scènes qui dénichent le directeur qui leur fera un « pont d’or », suivant l’expression consacrée, pour passer d’un théâtre dans un autre. Le métier de directeur de cirque est certes plus délicat, et les « numéros sensationnels » sont beaucoup plus difficiles à trouver ; il les faut parfois aller chercher bien loin, en Allemagne souvent, en Amérique plus souvent encore. M. Houcke, le directeur actuel du Nouveau-Cirque, aidé de son excellent administrateur, M. Rossi, est certes un des plus habiles que je connaisse dans ce genre de ... sport. Je ne dirai pas qu’il a découvert Castel et son chien Sultan, mais il a su le présenter aux amateurs dans son coquet établissement de la rue Saint-Honoré.
- J’avais déjà vu Castel dans de petits concerts ou des cirques de province, c’est avec un nouveau plaisir que je l’ai revu au Nouveau-Cirque, et ses exercices ont pris là un je ne sais quoi qui a su mettre particulièrement en valeur et l’habileté de l’homme et l’intelligence de l’animal.
- Certes Sultan est un animal extraordinaire, mais le succès qu’il a obtenu est-il dù exclusivement au dresseur Castel? Pour ma part, voilà longtemps que je m’occupe d’animaux savants et la fréquentation constante des dresseurs m’a fait connaître la plupart des trucs qu’ils emploient. Avec Sultan, point de truc, point de préparation, et pour ainsi dire point de dressage, un exercice continu, pour entretenir et développer ses qualités exceptionnelles, a suffi. Il y a un Sultan, il n'y en a pas deux, et le plus habile dresseur ne pourra jamais obtenir d’un chien — si intelligent soit-il — ce que Castel obtient de lui.
- Voulez-vous savoir comment on dresse un chien à devenir calculateur? Rien de plus simple : vous lui disposez sur la piste une série de chiffres, qu’ils soient de grande ou de petite taille — peu importe. — Cependant les dresseurs emploient plus généralement des chiffres immenses pour faire croire au public que c’est la vue qui guide l’animal. Erreur !
- la vue n’y est pour rien, l’ouïe fait tout; car le premier dressage consiste à habituer le chien à se promener de long en large devant les numéros. — On le tient en laisse et le plus souvent on le « carcane » dans un collier de force; arrivé devant un chiffre, l’homme arrête le chien et en même temps, il fait claquer son ongle; au bout d’un certain temps, le chien craignant le coup de collier — de ce collier de force garni de pointes — s’arrête de lui-même en entendant claquer l’ongle de son dresseur. Une fois cette habitude prise, on peut varier les exercices à l’infini : faire rapporter le numéro indiqué, composer des nombres, faire des additions, des soustractions, etc.
- A\ ec Sultan, ce n’est point cela : un spectateur indique un chiffre de 0 à 10, Castel répète le chiffre
- à son chien, et ce dernier l’annonce en aboyant autant de fois qu’il est nécessaire. Même les yeux bandés et son dresseur étant à une distance très grande de lui, Sultan annonce le chiffre demandé et même le chiffre pensé par un spectateur, et exécute toutes les opérations arithmétiques qui lui seront soumises ; il dira également l’heure (pie marque une montre, le millésime’ d’une pièce de monnaie ; s’il pouvait parler, il indiquerait sans doute si c’est une Suisse assise, une Victor-Emmanuel, un Napoléon ou une République. Je ne suis pas assez versé dans la science hypnotique pour affirmer que Sultan est un « sujet ». Mais il n’y aurait rien d’étonnant à cela. Castel n’a point voulu me livrer son secret : il m’a simplement dit : « Mon Sultan et moi, nous ne faisons qu’un, nous vivons ensemble. Je ne le quitte jamais ; aussi nous sommes en communion d’idées et je lui transmets toutes mes pensées qu’il comprend comme s’il était un homme ». J’ajouterai que Castel est un Français, ce qui est assez rare chez les dresseurs d’animaux pour que je signale ce fait, c’est même un Parisien. En tout cas, si les lecteurs de La Nature voient un jour sur les affiches d’un cirque ou d’un music-hall : Castel et son chien Sultan, qu’ils ne manquent pas de l’aller voir, ils ne perdront pas leur soirée. Paul Mégnin.
- Le Gérant : P. Masson.
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- Sullan, le chien calculateur du Nouveau-Cirque.
- Paris. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleuras, 9.
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- BIBU0THEQU£)31
- N* 1362. — l" JUILLET 1899. LA NATURE. \&. J? 65
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- LA VILLA THURET
- Le laboratoire de botanique de la Villa Thuret, à Antibes, vient d être remis en mémoire par la disparition
- de son regretté directeur M. Charles Naudin, savant d’une grande valeur, d’une modestie rare, et qui était
- Fig. 1. — Laboratoire (le la Villa Tliuret (côté nord).
- de l’Académie des Sciences
- Les circonstances qui ont amené la fondation de ce laboratoire méritent d’ètre rappelées, car elles sont à la louange de la généreuse personne qui en fit don à l’État en 1876.
- Gustave Thuret, un des botanistes qui fit les plus remarquables travaux sur la fécondation des végétaux, qui lui ouvrirent de bonne heure les portes de l’Institut, s’était installé confortablement à Cherbourg pour se livrer à l’étude des Algues qui devaient lui fournir tant de découvertes retentissantes.
- Mais sa santé s’étant altérée par suite de l’humidité du climat de ce point de la Normandie, il fut contraint d’aller dans le Midi pour se rétablir. Séduit par ce qu’on appelle la « Cote d’azur »,
- 1 Voy. les Notices biographiques de M. Naudin, par M. Bornet (Compt. rend, de l'Académie des Sciences, 27 mars 1899) et par M. de Pareille [La Nature, n° 1349, du l,r avril 1899, p. 287).
- 27° année. — 2e semestre.
- comme elle l’est de~nos jours par des légions de touristes et d’amateurs de soleil, ce savant prit le parti de se fixer au Cap d’Antibes alors couvert de maquis et d’oliviers séculaires et qui n’avait encore reçu aucune habitation bourgeoise. Il acquit sur un point élevé de ce cap, non loin du phare de la Garoupe, cinq hectares environ qui exigèrent un pénible défoncement pour en faire parc et jardin; il y établit une confortable demeure avec laboratoire pour les observations microscopiques, la préparation des plantes, l’installation d’un herbier, d’une bibliothèques, etc.
- Botaniste avant tout, mais horticulteur passionné, G. Thuret voulut garnir son nouveau domaine des végétaux les plus rares ou les plus beaux pouvant s’adapter au climat provençal. Il lui fallut beaucoup de persévérance, de tâtonnements et à grands frais faire venir des espèces
- depuis près de 40 ans1. | qui alors n’était pas envahie
- Fig. 2. — Laboratoire de la Villa Thuret (côté ouest).
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- LA NATURE:
- exotiques que l’on ne pouvait se procurer dans le commerce; il eut à subir nombre d’insuccès avant d’avoir établi les plantations définitives dont les éléments sont devenus la source de la plupart des espèces répandues maintenant dans les jardins de la région.
- En peu d’années, grâce aux conditions atmosphériques favorables et surtout aux soins dont scs cultures étaient l’objet, la Villa Thuret devint un pèlerinage pour les vrais amateurs ou les savants privilégiés qui y avaient accès. 11 faut se reporter à 40 ans1 en arrière pour comprendre le mérite de la nouveauté d’un jardin de la sorte en Provence.
- G. Thuret par sa famille et. son éducation avait les relations les plus distinguées dans le monde scientifique et littéraire, et Mmc George Sand, qu’il comptait parmi ses meilleurs amis, écrivit, dans ses Lettres d’un voyageur, une de ses plus belles pages sur ce jardin merveilleux.
- Tout semblait sourire et pour longtemps encore au savant et à l’homme de goût qui s'était fixé à Antibes et dont la charité était proverbiale dans le pays, mais la mort vint le surprendre inopinément au mois de mai 1875. Son élève et collaborateur dévoué, M. le Dr Bornet, qui a suivi les traces lumineuses de son maître et ami, et qui devait plus tard entrer à son tour à l’Académie des Sciences, a fait une émouvante biographie de G. Thuret dans les Annales des Sciences naturelles (année 1875).
- Qu’allait devenir désormais cette ravissante villa? Mme Henri Thuret, belle-sœur du défunt, ne voulut pas qu’elle devînt le jouet des enchères et la reprit pour la somme de 200000 francs, puis l’offrit à l’État en vue d’en faire un laboratoire de recherches botaniques, désirant conserver ainsi les traditions de son beau-frère à cette propriété. L’acceptation en fut confirmée par décret du 8 novembre 1877.
- On pensa alors à confier la direction de ce laboratoire à un botaniste éminent, dont les travaux lui avaient ouvert les portes de l’Institut dès 1865, M. Charles Naudin. Depuis cette époque de nombreux visiteurs vinrent y étudier les sujets les plus divers de la science des plantes; et son directeur lui-même fit quantité de recherches utiles et de publications botaniques, et s’appliqua surtout à introduire les végétaux exotiques les plus intéressants dont il envoyait des graines dans tous les points du globe; puis il communiquait des matériaux d'étude aux diverses Facultés, au Muséum de Paris, etc., pour les besoins de l’enseignement.
- Parmi les collections importantes de végétaux que l’on remarque à la Villa Thuret, abstraction faite d’une allée de vieux Orangers et de Dattiers superbes, sont de nombreux Conifères et de Palmiers d’espèces rares, des Acacias d’Australie qui réussissent si bien en Provence, et surtout la série la plus complète des espèces du genre Eucalyptus dont Ferd.
- 1 La Villa Tliurel fut terminée en 1801.
- Mueller de Melbourne envoya quantité de graines à son ami Ch. Naudin. Ce sont ces éléments précieux qui le déterminèrent à étudier de près les Eucalyptus, et à publier deux mémoires sur ces arbres utiles par leur rôle salubre et décoratif et par les qualités de leur bois.
- L’inconvénient inhérent à toute propriété plantée est l’extension que prennent les arbres et les arbustes après un laps de temps prolongé; la meilleure distribution des végétaux ne se maintient que pour quelques années et le développement excessif de ceux-ci oblige à en sacrifier une partie pour éviter l’encombrement ; c’est un peu ce qui est arrivé à la Villa Thuret.
- L’immeuble comprend un rez-de-cbaussée avec une salle d’étude de 14 mètres de longueur, face au nord, et bien aménagée pour les observations microscopiques. Au centre sont de grandes tables de travail, puis les parois sont garnies d’une partie des livres de la bibliothèque donnée par le Dr Bornet, de même que son herbier phanérogamique comprenant la flore de la France méridionale et toutes les espèces cultivées qui sont entrées à la Villa depuis sa création. Un vaste cabinet pour le directeur renferme le complément de la bibliothèque. Enfin le reste du rez-de-chaussée est destiné au service. Au premier étage sont six pièces spacieuses d’appartement, et au second un nombre égal de chambres. La cage de l’escalier, simulant extérieurement tourelle, est surmontée d’une plate-forme d’où l’on découvre le merveilleux panorama qui, de tous cotés, ravit le spectateur : la chaîne des Alpes-Maritimes et des Alpes italiennes au nord; le golfe Juan à l’ouest avec la mer accessible à 500 mètres de la Villa ; enfin la Méditerranée au sud et la baie des Anges, puis Nice dans le lointain du côté oriental. Bien certainement aucun laboratoire n'est mieux situé pour la commodité du travail et le plaisir des yeux.
- Le nouveau directeur de ce Laboratoire vient d’être désigné tout récemment par le Ministre de, l’Instruction publique ; son choix a été aussi heureux qu’intelligent. M. Georges Poirault, docteur ès sciences, dont les connaissances sont fort étendues, est bien préparé pour guider des élèves dans leurs recherches, de même qu’il continuera les traditions de son prédécesseur au point de vue des introductions et de l’expansion des végétaux utiles, dont la Villa Thuret a eu le privilège depuis [dus de trente ans. J. Poissox.
- LES PYRÉNÉES SOUTERRAINES
- ‘ LA GROTTE DE BÉTHARRAM--GROTTES DE LA BASTIDE
- Bétharram, hameau du village de Lestelle, occupe un des plus jolis coins des Pyrénées, entre Pau et Lourdes.
- A 1500 mètres à l’est, sud-est, s’ouvre une profonde caverne dont l’entrée, jadis obstruée par des éboulis, fut trouvée au commencement du siècle à la
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- suite d’un petit éboulement. Elle fut aussitôt explorée et rendue praticable aux visiteurs.
- Mais les touristes qui la visitent ne la voient que très incomplètement. La galerie supérieure seule, longue de 400 mètres, est parcourue par eux. Encore, la fumée des torches, qui a sali les stalactites, le marteau démolisseur des Anglais, en ont-ils fait disparaître presque tout le pittoresque.
- Le reste est beaucoup plus intéressant. La grotte de Bétharram est en réalité une série de cinq étages de galeries superposées comme les étages d’une maison et communiquant entre eux par des puits verticaux. Le quatrième, qui a 2200 mètres de long, est parcouru sur 1600 mètres par une rivière souterraine et renferme les plus brillantes stalactites.
- Pressenti par trois intrépides explorateurs, MM. Lary, Ritter et Campan, membres du club
- alpin de la section de Pau, cet ensemble fut exploré peu à peu par eux et quelques-uns de leurs collègues, le 23 décembre 1888, puis en décembre 1889, en janvier et en juin 1890.
- Attiré par leurs récits, j’en lis, en août 1897, en compagnie de mon ami Paul Besques, une visite complète et nous en levâmes le plan.
- Ce plan malheureusement fut égaré au chemin de fer, et ce n’est (pie d’après un croquis d’ensemble à une échelle dix fois moindre et rapidement fait que qous publions le plan approximatif ci-joint.
- Presque au fond de la salle supérieure est un puits béant : aidés de quelques porteurs et du meunier Lasbatz, de Lcstelle, guide ordinaire de cette grotte, nous descendons une petite pente raide où de petits gours stalagmitiques ont formé une sorte d’escalier naturel. Nous arrivons avec une échelle de corde
- GfiotteKkltàhavTcon/iZÏÉtytfapérùùr}
- Fig. 1. — Plan général de la caverne de Bétharram et de scs environs. (Dressé par MM. A. Viré et Paul Besques.'
- dans une galerie étroite (grotte Cécile) encombrée d’argile et de rochers glissants; sa longueur est de 500 mètres.
- Presque dans le prolongement vertical du premier puits en est un second d’une vingtaine de mètres de profondeur, qui nous conduit dans une étroite chambre. La seule issue en est une très basse fissure où nous devons ramper comme des vers de terre. Celte fissure est appelée passage l)uchiron,du nom de celui qui l’a découvert.
- Bien pénible est cette « marche rampante » de 30 mètres à peine, qui nous fait suer sang et eau, sans compter les lambeaux de notre épiderme laissés aux pointes des rochers.
- Soudain, après une dernière brassée de reptation, nous faisons la culbute sur un gros tas d’argile et nous nous trouvons dans une salle magnifique (%!)•
- Un murmure d’eau nous attire et nous voici au, bord d’un limpide et frais ruisseau coulant sur un
- lit de marbre noir, veiné de blanc et de rose. Je vous laisse à penser quelles ablutions nous fîmes à ce moment.
- Le ruisseau vient de l’ouest, par une large et haute galerie en ogive. La salle qui nous abrite est circulaire et peut avoir 50 à 40 mètres de diamètre. De gracieuses et fines stalactites pendent des voûtes et forment des ornements particulièrement agréables. Le ruisseau murmure doucement et les voûtes qui s’y rellètent lui donnent un aspect étrange.
- Les eaux sont basses et nous barbotons dans le courant, tantôt les chevilles à peine recouvertes, tantôt enfonçant jusqu’à mi-cuisses.
- Au bout d’environ 200 mètres, les stalactites disparaissent, la section devient presque exactement circulaire ; on se croirait dans un aqueduc naturel ; les parois sont creusées de ces cupules qui donnent un aspect si singulier aux grottes à grands courants d’eau : on dirait des successions de petites vagues congelées.Puis l’eau devient plus profonde; la voûte
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- s'abaisse et rejoint la rivière qui prend là 7 à 8 mètres de profondeur. C’est la fin complète, ou plutôt le commencement de la rivière souterraine. D’où vient l’eau : nous le saurons plus tard. Pour l’instant il est temps de remonter au jour prendre un repas et un repos bien gagnés, non toutefois sans avoir laissé dans la rivière des nasses spéciales qui se rempliront de ces curieux crustacés souterrains observés déjà ailleurs.
- Revenus le lendemain, nous changeons de chemin et traînons nos échelles dans un vaste entonnoir rocheux (N, fig. 1 ) (pii s’ouvre à peu près à mi-chemin de la galerie supérieure. Nous descendons ainsi de 30 à 40 mètres et arrivons au bord d’un surplomb de
- ‘20 mètres. Au bas, l’eau noire et bruyante continue sa monotone chanson. Nous descendons à l’échelle de corde.
- Les voûtes prennent des proportions imposantes et une forme assez régulièrement ogivale, avec, au milieu du plafond, ladiaelase qui a imposé à la grotte sa direction.
- Presque à la voûte un fragment érodé de la paroi, resté blanc sur le fond grisâtre du rocher, affecte la forme d’un aigle. D’où le nom de Salle de l’Aigle ou du Lutrin. Une grande pente de rochers éboulés aboutit à une fissure, sans doute quelque aven ignoré du dehors. L’eau devient plus profonde, atteint et dépasse le milieu des cuisses. Une profu-
- Fig. 2. — Caverne de Bétharram. Salle d’enlrée dans la rivière.
- sion de stalactites envahit les voûtes, les murailles scintillent au magnésium, se reflètent dans l’eau sombre et forment un décor d’autant plus imposant qu’il n’a pas encore été gâté et sali par la fumée, ni par ces mille inscriptions bizarres ou stupides que les visiteurs ont coutume de déposer sur les parois de certaines grottes.
- Un curieux bruit de cascade va augmentant à mesure que nous avançons.
- Bientôt un trou s’ouvre le long de la paroi, par où la rivière disparaît au-dessous du sol en entier dans le cinquième étage. Nous descendons de 10 mètres avec l’eau ; mais la voûte baisse et prend une direction franchement au nord, et s’en va ressortir vraisemblablement à la source de Mélac, près du Gave de Pau.
- Remontons donc à la galerie de la rivière qui se continue encore.
- Le calcaire a une teinte grisâtre, avec de grands trous noirs, obscures fenêtres sur l’inconnu, apparences de galeries vite éteintes par un jçt de magnésium.
- 2000 mètres, 2100 mètres, et ce n’est pas la fin. Hourrah ! en avant !
- Mais au bout de 2150 mètres, le chemin est barré par un amoncellement de blocs glaciaires polis et usés par les eaux anciennes de la grotte, qui allaient sortir par là au Gave de Pau, et y sortent sans doute encore quelquefois.
- Nous nous glissons en rampant à travers les rochers et faisons encore ainsi 50 mètres.
- Avant de reprendre à reculons ce chemin, car il
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- L’origine
- est si étroit qu’il nous est impossible de nous retourner, nous nous reposons.
- Mais quel est cet étrange bruit, que déjà depuis plusieurs minutes nous percevons, mélangé à celui de nos haleines essoufflées?
- Deux minutes d’attentif recueillement, si tant est que l'on puisse se recueillir dans l’incommode posture où nous nous trouvons, et aucun doute ne reste possible. Ce bruit est celui du Gave de Pau et le roulement des cailloux sur son lit. Malédiction. Dix mètres encore peut-être et nous ressortions par une autre extrémité; mais la chose est réellement impossible et nous regrettons le temps des fées où nous eussions pu nous transformer, à point nommé, en rat ou en insecte, pour achever la traversée complète.
- Somme toute, c’est une des plus belles grottes de la pyrénéenne. de ses eaux paraît être le fond d’une clôt te, abîme où se réunissent les eaux de plusieurs ruisseaux et qui est situé à l’ouest du lit du Brosou, sur la rive opposée de ce ruisseau, en sorte que les eaux souterraines doivent passer sous le lit aérien du Brosou, à angle droit avec celui-ci (Voy. le plan).
- Les eaux souterraines ne suivent donc pas toujours la même direction que
- les eaux superficielles. En tout cas, les eaux de Bétharram suivent une direction exactement contraire à celle du Gave de Pau à cet endroit. Plus d’un exemple de ce bizarre phénomène s’est rencontré dans les cavernes.
- Cet ensemble de cavités est maintenant accessible aux touristes un peu courageux, grâce à une échelle de fer posée par la section de Pau duC. A. F.
- Labastide de Neste, petit bourg situé près de llèches, dans les montagnes qui bordent la vallée d’Aure, occupera peu près le fond d’un entonnoir, clos de toutes parts. Situé à 524 mètres d’altitude,
- Fig. 3. — Grotte de Labastide (Ilautcs-Pyrénées). Salle du Dôme.
- il se voit de tous côtés entouré d’un cercle fermé de crêtes, atteignant 587 mètres au sud, 685 mètres à l’est, 661 mètres au nord, 720 mètres à l’ouest, sans qu’aucune brèche vienne rompre ce cercle infranchissable. Les eaux de plusieurs fontaines, situées à l’altitude moyenne de 600 mètres, viennent toutes se réunir au fond de la cuvette et durent former jadis, à une époque géologique peut-être assez proche de nous, un petit lac dont le trop-plein se déversait dans la vallée d’Aure. Mais il se trouve que,
- par suite d'érosions, l’une des parois, fendue par une grande diaclase, vint à présenter un point faible; les eaux, usant et corrodant le calcaire, se frayèrent un chemin souterrain peu à peu élargi et traversant tout un éperon de montagne, pour ressortir à 1500 ou 2000 mètres au sud, formant les sources d ’ une des branches de l’Arros, torrent dont les violences sont si terribles : en 1897, on s’en souvient, le seul village de Laméac vit
- vingt-huit de ses maisons renversées par les eaux dans une matinée.
- Le ruisseau de Labastide n’a pas encore de ces allures de grand ravageur.
- Après avoir réuni les eaux des hauteurs, il se dirige au sud entre deux falaises calcaires, à pic par places, encaissées par d’autres, et qui ne s’écartent 80 mètres.
- l’une de l’autre que de 55 à
- Au bout de 200 mètres les parois se rapprochent et ferment complètement la gorge.
- En deux points la rivière disparaît, d’abord par un petit avaloir de 50 centimètres de diamètre, puis en temps de grandes eaux, un peu plus loin sous la falaise même.
- Deux grottes, les grottes de l’Aspugue (Spelunca? Àspelugue, Aspugue?), s’ouvrent dans la falaise (fig.4).
- L’une d’elles est précédée d’une sorte d’allée naturelle, demi - couverte encore par deux ponts rocheux, restes d’une ancienne voûte continue.
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- Ces deux ponts sont bien intéressants, géologiquement parlant, car ils viennent nous montrer que là, comme en bien d’autres points, la gorge s’est formée entièrement sous l’action des eaux souterraines, que les cavernes de l’Àspugue sont en voie de destruction, et qu’elles s’étendaient jadis plus au nord.
- Le couloir, abrité par les ponts naturels, donne accès au bout d’une trentaine de mètres de pente montante à une petite ouverture fortement inclinée dans le sens contraire à cette première pente, et qui aboutit à un petit talus.
- On se trouve alors dans une vaste sa lie (À) assez régulièrement elliptique, de parcours très aisé et véritablement imposante.
- On est emprisonné sous un vaste dôme de 70 mètres de long, 55 mètres de large et 15 à 20 mètres de haut. Le sol s’incline régulièrement vers le centre de la montagne. Les strates, couchées à 45°, ont été érodées, forées régulièrement et l’une d’elles qui forme l’un des côtés, joint les autres par une petite dia-clase, laissant un passage facile aux suintements calcaires, en sorte que les hautes stalagmites, qui tapissent le sol, sont alignées presque en ligne droite.
- Le sol est couvert de toute une série de ces gours stalagmitiques (fig. 3), signalés déjà en tant d’endroits, qui prennent ici une netteté tout à fait extraordinaire, et viennent nous indiquer que les eaux, avant leur enfouissement plus profond, s écoulaient déjà vers la vallée de l’Arros.
- Cette salle est vraiment belle, et transportée dans les couloirs de Padirac ou à côté de la grande salle de l’Aven Armand (Lozère), elle ferait encore bien
- bonne figure. Mais ressortons ensuite et, contournant un éperon rocheux, entrons dans une autre ouverture (B).
- C’est une belle galerie, d’abord difficile à parcourir, à cause de l’étroitesse des corniches, qui surplombe un gouffre assez vaste, au fond duquel on retrouve le courant disparu en amont.
- Puis la galerie se sépare en deux étages superposés et séparés par un plafond rocheux que l’on retrouve à peu près d’un bout à l’autre, et qui marquent les anciens niveaux de la rivière.
- Au fond une très grande salle, encombrée d’é-boulis et d’une argile glissante, se ramifie en petites branches et termine le tout.
- Somme toute, nous avons pu saisir ici le mécanisme de l’en-, fouissement des eaux et la formation d’une vallée par la seule action des eaux souterraines.
- A ce seul titre, même en dehors de cette beauté pittoresque, les grottes de l’Aspugue seraient intéressantes.
- Nous avons été grandement aidé dans notre tâche par le précieux concours de MM. Paul Besques, Gardet, conducteurs des Ponts et Chaussées, à Arreau ; Forgues, pharmacien à Arreau ; Pascau, cultivateur à La-bastide.
- Ce très rapide résumé d’une partie de notre première campagne dans les Pyrénées montre que, malgré les recherches poursuivies dans cette région depuis cinquante ans et plus, il reste encore beaucoup à explorer.
- L’étude de l’hydrologie souterraine des Pyrénées conduira certainement à des résultats du plus haut intérêt. Am^nd Viré.
- Fig. 4. — Grottes de Labastide (Hautes-Pyrénées).
- Plan et coupe dressés par MM. Armand Viré et Paul Besques, 3 septembre 1897.
- Fig. 3. — Carte montrant l'emplacement des grottes de Labastide.
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- IA PHOTOGRAPHIE ASTRONOMIQUE
- M. Barnard, célèbre astronome de l’Observatoire Yerkes, a publié dans Ciel et Terre une intéressante étude sur ce sujet ; nous en extrayons les passages suivants qui font le plus grand honneur à nos collaborateurs MM. Paul et Prosper Henry, astronomes à l’Observatoire de Paris.
- « Tempel découvrit en 1859, à Florence, une nébuleuse embrouillée ressemblant à une comète ; elle s’étendait au S.-W. de l’étoile Mérope des Pléiades. Les astronomes discutèrent l’observation et plusieurs soutinrent même que l’objet n’existait pas. Un des premiers travaux exécutés par les frères Ilenrv fut la photographie des Pléiades. Les images obtenues portaient des raies auprès de Mérope, et quoiqu’elles ne ressemblassent pas à celles prises par d’autres observateurs, elles ne laissèrent point de confirmer l’existence de la nébuleuse de Tempel. Ces images indiquèrent une nouvelle nébuleuse en rapport avec l’étoile Maïa, et que l’on n’avait pas encore vue en cet endroit. Pour vérifier le fait visuellement, il fallait les plus fortes lunettes existantes. On y parvint cependant, et c’est alors que les astronomes commencèrent à entrevoir la possibilité d’étudier les nébuleuses à l’aide de la photographie. On reconnut bientôt que leur lumière impressionnait fortement la plaque sensible et qu’elle était plus actinique que visuelle. Une plaque longtemps exposée montra la nébuleuse de Mérope telle que l’avaient indiquée les meilleurs observateurs et en même temps le groupe entier des étoiles parut enveloppé d’une masse de matière nébuleuse invisible au télescope. Ce fait parut nouveau. La question avait été souvent soulevée de savoir s’il serait jamais possible d’obtenir par là l’image d’un corps assez faible pour échapper aux plus grands télescopes.
- « Les frères Henry se sont activement appliqués à la photographie céleste et avec le plus brillant succès: ils ont ouvert la voie au monde astronomique dans ce domaine. Us avaient déjà atteint le plus haut degré de perfection que les astronomes ne faisaient encore qu’entrevoir l’importance du sujet. Et pourtant il ne semble pas que le public ait reconnu comme il convient le mérite de ces deux savants à qui l’astronomie doit toute sa gratitude. Au moment où ils commencèrent leurs travaux photographiques, ils avaient déjà découvert 14 astéroïdes. Employant la méthode visuelle, grâce à une patience infinie, ils étaient parvenus à différencier le mouvement de ces corps de celui des milliers de petites étoiles qui les entourent. Si l’on examine la liste générale des astéroïdes, on sera frappé de l’ordre dans lequel sont indiquées ces 14 petites planètes. La première fut découverte en 1872 par Prosper Henry, la suivante par Paul Henry, et ainsi de suite alternativement jusqu’en 1879 où la dernière trouvée appartient à Paul Henry.
- « La photographie a non seulement restreint le rôle des cartes célestes faites à l’œil nu et à la main pour faciliter la découverte des astéroïdes, mais elle a aussi démontré l’inutilité de ces cartes, parce que la petite planète qui se meut au milieu des étoiles enregistre actuellement elle-même son existence par une légère trace laissée sur la plaque pendant l’exposition. La photographie des astéroïdes se fait communément à présent.
- (l’est à M. Max Wolf, de Heidelberg, que l’on doit la première découverte d’une petite planète par ce procédé.
- (( Les travaux des frères Henry ont été le point de départ du Congrès de photographie astronomique tenu à Paris en 1886. La lentille de ces savants fut adoptée par le Congrès qui prit leurs travaux pour base des siens.... »
- LES TOUTES SANS CINTRES
- Il se produit en ce moment une petite révolution dans l’art de la construction; certains procédés, nouveaux comme application, tendent à rendre chaque jour plus rapides, plus économiques et plus faciles les moyens que l’on possède pour l’édification des monuments. Nous avons parlé déjà des fondations en terre comprimée qui s’établissent par la chute libre d’un poids de 1200 kilogrammes; nous avons indiqué les modes d’exécution des travaux en ciment armé et nous avons dit toutes les espérances que l’on mettait dans cette nouvelle application du béton, il est donc juste qu’aujourd’hui nous disions deux mots des moyens modernes usités pour la construction de voûtes sans l’intervention de cintres en bois, si coûteux, et dont l’établissement nécessite toujours un temps assez long.
- La grosse difficulté pour la construction d’une voûte ou d’une coupole est de trouver les moyens d’en diminuer le poids; les pressions provoquées par la couverture d’un grand vaisseau ont toujours des conséquences qui obligent de subordonner le monument tout entier aux exigences des dûmes et des voûtes; les murs latéraux devront être assez épais pour résister aux poussées horizontales imprimées par la voûte dont la tendance est de s’ouvrir et de produire un écartement aux naissances. Ceci est tellement vrai que lorsqu’on a construit l’église Saint-Augustin on a vu qu’il était impossible de faire reposer le dôme sur les assises de pierres, celles-ci commençaient même à s’effriter sous le poids ; c’est alors qu’on a eu l’idée de placer ces colonnes en fonte qui partent du sol et qui ont pour mission exclusive de soutenir toute la couverture. Le dôme de l’église du Sacré-Cœur, à Montmartre, est en pierre et son poids est formidable; mais ici on se trouve dans des conditions particulières : on n’a rien ménagé pour établir une maçonnerie puissante, on ne s’est pas inquiété de la question d’argent, la charité publique étant inépuisable. Au moyen âge, époque à laquelle on a commencé à construire les grandes nefs de nos églises gothiques qui seront toujours les modèles de la plus belle architecture qui ait jamais existé, on sentait bien la difficulté que les murs avaient pour vaincre les poussées horizontales du toit, c’est pourquoi on établissait des arcs-boutants extérieurs qui venaient consolider la construction; et comme à ce moment les architectes étaient avant tout des artistes, ils surent profiter de cette nécessité pour la transformer en un élément de décoration des plus heureux.
- Maintenant que nous sommes dans une autre ère, une époque de production — de reproduction surtout, — on n’a plus les mêmes loisirs de nos aïeux qui n’hésitaient pas à consacrer une existence entière à la sculpture d’une fenêtre; aujourd’hui, il faut construire vite et bien : nos monuments auront-ils la longévité de ceux que nous ont laissés les J quatorzième, quinzième siècles et la Renaissance,
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- c’cst peu probable!... On en sera quitte pour reconstruire.
- Les nouvelles voûtes que nous allons décrire ont toutes les qualités requises par les nécessités du siècle où nous vivons ; elles s’établissent très rapidement, elles sont économiques et elles ont sûrement assez de solidité pour survivre aux monuments en pierres tendres et peu durables actuellement en usage.
- Le principe de ces voûtes ne repose sur aucune règle précise et l’application du système reste l’apanage de spécialistes qui possèdent un tour de main à eux..., ce sont presque des artistes.
- Pour faire une coupole d’après les nouveaux procédés, on commence par établir, à l’intérieur de l’ouvrage à construire, un plancher mobile qui servira aux ouvriers, et qu’on élèvera à mesure que les travaux avanceront ; on place des guides en bois très légers qui dirigent les maçons dans l’exécution des différentes assises de briques, mais ces guides ne constituent qu’un gabarit dont le seul rôle est de conduire le travail et qui n’a aucunement pour but de soutenir les maçonneries. Les ouvriers établissent des couronnes en briques creuses de 4 centimètres, placées de champ, qu’ils font tenir les unes aux autres avec du plâtre gâché d’une façon spéciale : il faut le pétrir sur le moment pour qu’il forme une sorte de pâte; dans cet état, il colle très facilement,
- 1 adhérence des briques les unes sur les autres se fait en moins de dix secondes, meme lorsque celles-ci sont situées au sommet de la coupole.
- Les assises sont placées successivement et les ouvriers ont suffisamment le sentiment de la sphéri-
- cité pour n’avoir besoin de rien autre que le gabarit en bois pour les diriger. Ils peuvent même, si on le leur demande, ménager des vides dans la voûte pour laisser la place de fenêtres ou de regards; c’est ce qui a été lait pour les coupoles du Petit Palais des Champs-Elysées, où toutes les voûtes ont été exécutées d’après ce procédé.
- D’une façon générale, une coupole établie comme
- nous venons de l’indiquer est assez solide pour se soutenir elle-même, le poids relativement faible et la forme en œuf sont dos conditions qui expliquent la résistance. Aussi quand la voûte ou la coupole n’a pas à supporter de couverture, on se contente des assises en briques de 4 centimètres d’épaisseur : c’est le cas de la chapelle de la rue Jean-Goujon où on a ménagé trois coupoles emboîtées les unes dans les autres ; mais il n’en est pas toujours ainsi, les coupoles du Petit Palais seront recouvertes de motifs de décoration en zinc et de toute la couverture en ardoise ; cet ensemble est très lourd et ce serait trop demander que d’exiger à une calotte de 0m,04 d’épaisseur de supporter une masse pareille : en ce cas on double la croûte par une série de nouvelles rangées en briques de Yaugirard. Ce travail se fait très facilement puisqu’il est exécuté extérieurement. La voûte prend alors une solidité à toute épreuve l’épaisseur étant de 12 ou 15 centimètres. Un dernier revêtement en ciment de Portland rend l’ouvrage inattaquable aux effets de la pluie et de l’humidité.
- Si, au lieu d’avoir à faire une coupole, on avait à procéder à l’exécution d'une vovite en forme de
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- Fig. 2. — Construction d’une voûte.
- nef, comme pour une église ou une galerie, on suivrait le même procédé. On commence par établir un arc doubleau en brique à l’aide d’un gabarit en bois qui donne bien exactement la forme de la voûte, puis on reporte ce patron plus loin ; le premier arc construit devient alors lui-même une sorte de gabarit du travail; les ouvriers tendent des cordeaux entre l'arc doubleau construit et la forme en bois et calent leurs briques de champ, par assises, les unes à côté des autres en les faisant tenir avec de la chaux comme nous l’avons indiqué pour le cas des coupoles; quand une rangée est achevée, on en attaque une seconde, une troisième, etc., jusqu’à ce qu’on soit arrivé au faîte de la voûte.
- Dans ces dernières, on peut faire des voûtes de pé-
- nétration pour ménager la place de fenêtres dans une nef construite par ce système ; pour cela on cherche
- par tâtonnement à trouver dans l’espace un point qui soit le centre de la circonférence directrice du cylindre de la voûte de pénétration et on établit en cet endroit un système composé de deux pièces de bois assemblées, la première verticale, et l’autre ayant la direction de la voûte de pénétration ; en faisant tourner ce système autour de la base comme point d’appui, la pièce de bois supérieure dessinera la forme de la voûte à construire et servira ainsi de guide aux ouvriers pour coller leurs briques les unes contre les autres.
- Dans les églises de style gothique, il arrive quelquefois qu’on se trouve obligé d’exécuter des parements à surfaces courbes très compliquées. En ce
- Fig. 3. — Intérieur d’une église construite par les procédés des voûtes sans cintres.
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- LA nature:
- cas, on commence par construire à l’aide de guides en bois les arcs doubleaux, les formerets et les nervures; à cet effet, on se sert de briques spéciales présentant extérieurement la forme et les moulures de l’arc à construire; une fois ce canevas établi, les ouvriers placent leurs briques sans être dirigés par autre chose que par l’aspect général de la courbure ; quand les éléments sont collés les uns à côté des autres, on les abandonne à eux-mêmes et ils tiennent très solidement.
- M. Favre, qui est le spécialiste de ce genre de constructions, a déjà fait plusieurs églises par ce procédé ; il est chargé d’exécuter les coupoles des Palais de l’Exposition. La principale, celle de la façade, ne mesure pas moins de 24 mètres de diamètre.
- A. da Cunha.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LA MONTRE DE PRÉCISION
- A BESANÇON ET A GENÈVE
- Genève est la reine de l’horlogerie de précision. Elle le fut du moins incontestablement jusqu’à ces dernières années. Mais il semble que Besançon lui dispute maintenant sans désavantage la suprématie. C’est ce qui résulte de la lecture des rapports des deux observatoires chronométriques bisontin et genevois. Ces deux établissements soumettent à des épreuves réglementaires identiques les montres de précision ou « chronomètres de poche » que leurs constructeurs désirent faire accompagner de (( bulletins de marche ».
- Chaque chronomètre soumis pendant six semaines à de sérieuses épreuves reçoit un nombre de points variant entre 0 et 300, maximum qui représente l’irréalisable perfection. On peut dire avec M. Gruey, le distingué et dévoué directeur de l’observatoire de Besançon, que « les montres ayant obtenu plus de 200 points sont des merveilles ». Or en 1898, sur 44 chronomètres ayant mérité à Besançon des bulletins de marche très satisfaisante, 7 avaient plus de 200 'points, soit 15,9 pour 100. La même année Genève enregistrait 18 montres de ce genre sur 134, soit seulement 13,4 pour 100.
- La première montre de Besançon recevait 244 points, et la première de Genève, 236,9. Le chiffre de 244 points n’a encore été dépassé qu’une fois : en 1895, à Genève. Cette année-là le premier chronomètre de la liste genevoise enregistrait 247 points. 11 a figuré en 1896 au Concours international de Genève oh il a été classé seulement 29e avec 235 points sur 350*. La pièce ayant obtenu le plus de points à ce concours, soit 284 points 7, se retrouvait seulement au 21e rang dans le concours national annuel de cette année avec 203 points 4, sur 300.
- Ces anomalies et ces déclassements sont fréquents dans les concours. Et cela est naturel. Au degré de précision qu’atteignent ces mouvements, le moindre écart de marche, dù aux influences extérieures, entraîne la perte d’un nombre assez important de points.
- Au Concours international de 1896, la maison française L. Leroy et Cie avait présenté un certain nombre de pièces dont l’une fut classée ex æquo au second rang, avec 279 points 2, et obtint le premier au Concours national de Besançon, avec 230 points.
- 1 Dans cette épreuve_internationale seulement le maximum des points fut de 350.
- Cette maison s’est du reste placée au premier rang de la fabrication française et marche de pair avec les meilleures marques suisses.
- Le tableau ci-dessous donne la comparaison, entre les dix premiers résultats de Besançon et de Genève, des quatre dernières années. On verra qu’ils sont parfaitement comparables entre eux, étant donné surtout que d’un classement à un autre on peut relever des différences assez considérables sur une même pièce. La chute plus rapide des chiffres chez nous vient principalement de ce que le nombre des montres soumises au contrôle est de plus de moitié inférieur à celui des pièces présentées à l’observatoire de Genève.
- Comparaison des classements des dix premiers chronomètres de poche à Besançon et à Genève.
- 1895 1896 1897 1898
- - —-
- GENÈVE GENÈVE BESANÇON GENÈVE BESANÇON GENÈVE BESANÇON
- 217,6 236,9 230 237,5 191 228,3 211
- 213,1 233,9 208 233,9 190 222,1 222
- 239,3 227,8 201 231,0 186 220,9 217
- 238,7 226,6 193 228,8 175 219,3 213
- 238,1 223,1 188 228,7 161 218,7 208
- 237,2 220,8 187 226,8 160 217,6 206
- 233,7 220,5 187 221,1 150 213,5 200
- 233,5 219,5 181 222,0 146 212,7 191
- 232,8 218,8 178 220,2 113 211,8 192
- 231,0 218,0 177 218,1 111 211,8 186
- Le service chronométrique de Genève est d’ailleurs très ancien, tandis qu’à Besançon il ne date que de 1885.
- C’est grâce au zèle et à l’activité de M. Gruey, que l’horlogerie bisontine peut montrer les grands progrès récemment réalisés par ses chronométriers et soutenir, sinon pour la quantité, du moins pour la qualité, la comparaison avec la fabrique genevoise. Constatation d’autant plus agréable que l’année 1898 est la plus brillante qu’ait encore enregistrée l’horlogerie suisse, au point de vue de l’exportation. L. Reverchon.
- LES ALCOOLS D’INDUSTRIE
- SONT-ILS PLUS NUISIBLES QUE LES ALCOOLS NATURELS?
- 11 règne à l’égard des alcools — dont on s’occupe tant en ce moment — une idée fausse qu’il est nécessaire de connaître si l’on veut discuter sur des bases solides la grave question de l’alcoolisme, si nuisible à la santé et si utile à l’équilibre du budget. Elle est relative à la question de savoir si les alcools d’industrie sont plus nuisibles que les alcools naturels. Le lecteur va certainement bondir à cette question et dire que le petit verre de fine-champagne authentique ne fait aucun mal tandis que l’affreux « tord-boyaux » provenant de la distillation des topinambours ou de la pomme de terre est un véritable poison. Oui, monsieur, un véritable poison! Vous n’avez qu’à y goûter pour vous en rendre compte ! Hélas! j’ai le regret de vous contredire, mais il résulte d’expériences récentes, faites in anima vili, que les deux petits verres ne valent pas le diable et sont aussi mauvais l’un que l’autre au point de vue de la santé publique.
- Ces expériences, presque entièrement terminées
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- LA NATURE.
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- aujourd’hui, ont été effectuées à l’Asile Sainte-Anne par MM. Joffroy et Serveaux. Ce dernier a bien voulu me donner sur ses recherches faites avec le savant professeur de la Faculté de médecine, un certain nombre de renseignements, que je vais résumer.
- Nul n’ignore aujourd’hui que pour étudier la toxicité des liquides on les injecte à un animal jusqu’à ce que celui-ci meurt. L’ingestion par l’estomac à laquelle on pense tout d’abord comme imitant le plus ce qui passe à l’état naturel ne vaut rien parce que l’absorption dans cet organe y est lente. l)e telle sorte que la quantité ingérée se divise en trois parties : une éliminée, une absorbée, et une encore dans l’estomac.
- Pour avoir des résultats précis, il convient donc de recourir à la méthode des injections intraveineuses qui permet au torrent circulatoire d’entraîner presque instantanément le poison dans toute l’économie et de le faire agir de suite. Un grand nombre de physiologistes avaient eu déjà recours à cette méthode, mais les chiffres obtenus par les différents expérimentateurs étaient loin d’être comparables. C'est qu’en effet le procédé, très bon quand il s’agit de certains liquides, n’a aucune valeur lorsqu’il s’agit des alcools, ceux-ci ayant la propriété de coaguler le sérum du sang. Dès lors, lorsqu’on injecte un alcool dans les veines d’un animal, il ne tarde pas à se former des caillots, lesquels, on le sait, amènent une mort foudroyante. L’animal meurt donc par ses caillots et non par l’alcool. Alors, comment dans ces conditions, comparer les chiffres de la toxicité des différents alcools !
- Le problème a été tourné d’une manière bien originale par MM. Joffroy et Serveaux. On avait déjà remarqué depuis longtemps que le sang absorbé par les sangsues auxquelles on confie une saignée reste pendant des semaines dans leur estomac sans se coaguler. Des recherches ultérieures montrèrent que cette incoagulabilité était due au suc sécrété par des petites glandes situées près de la bouche de la sangsue. C’est sur cette remarque que MM. Joffroy et Serveaux basèrent le procédé auquel je faisais allusion plus haut. Il consiste essentiellement à faire macérer des tètes de sangsues dans de l’eau salée et à ajouter le liquide obtenu à l’alcool à injecter. De cette façon, ce dernier ne provoque plus de coagulation dans le sang et, lorsque l’animal meurt, on est certain que c’est bien par la présence de l’alcool dans son organisme qu’il succombe.
- Mais ce n’est pas tout, il faut que l’injection — laquelle se fait dans les veines de l’oreille chez le lapin — soit faite avec une vitesse déterminée et constante pendant toute la durée de l’expérience. A cet effet, on met le liquide dans un vase de Mariotte et on suspend celui-ci à une corde que l’on peut élever ou abaisser à volonté : plus le vase est placé haut, plus la vitesse d’écoulement du liquide est forte.
- Enfin, il est bien évident que pour tuer un animal
- volumineux, il faut une quantité de toxique plus grande que pour tuer un animal chétif. Pour permettre la comparaison des résultats, il faut donc ramener la dose de liquide injectée à un kilogramme d’animal. On arrive ainsi à la notion de l’équivalent toxique, dont on va bientôt voir tout l’intérêt ; cet équivalent toxique est la quantité minima de matière toxique qui, contenue entièrement à un moment donné dans le sang d’un animal, tue immédiatement un kilogramme de matière vivante. Il résulte de cette définition que plus l’équivalent toxique d’un liquide est faible, — c’est-à-dire moins il en faut pour tuer un animal, — plus c’est, un poison violent.
- En appliquant aux alcools la méthode que nous venons d’indiquer brièvement, on arrive aux chiffres suivants :
- Alcool.
- Méthylique . Éthylique. . Propylique . fsobutylique. Amvlique. .
- Formule. Équivalent toxique
- CH*0 25,25
- OIM) 11,70
- C»H»0 3,40
- 011**0 1,45
- OH**0 0,63
- On voit, d’après ce tableau, que la toxicité des alcools croît avec le nombre d’atomes de carbone compris dans la molécule.
- Voici maintenant les chiffres que l’on obtient non avec des corps purs, mais avec des alcools de table.
- Équivalent toxique.
- Cognac jeune (1894) authentique,
- de provenance connue .... 11,41
- Armagnac vieux....................11,10
- Eau-de-vie de cidre (1894) ... 10,57
- Marc de Bourgogne................. 9,84
- Eau-de-vie de prunes (1894) . . 9,41
- Kirsch des Vosges................. 8,40
- Voici, enfin, les chiffres de toxicité relatifs aux substances contenues dans les alcools du commerce et de l’industrie.
- Équivalent toxique.
- Aldéhyde......................... 1,14
- Furfuroh......................... 0,24
- Acétone.......................... 5,27
- Une chose frappe immédiatement dans ce dernier tableau, comparé au précédent : c’est que les impuretés en question ont un chiffre très faible pour leur équivalent toxique, c’est-à-dire que ce sont des poisons violents. Il est donc certain qu’un alcool pur est moins toxique qu’un alcool qui renferme des impuretés ; mais dans les alcools livrés à la consommation, la différence n’est pas aussi grande qu’on le croit, et cela pour deux motifs : c’est que d’une part les impuretés sont toujours en petites proportions et que, d’autre part, l’alcool éthylique qui représente la plus grande partie de l’eau-de-vie, est lui-même très toxique.
- Nous venons de voir, en effet, qu’il suffit de llgr,70 d’alcool éthylique pour tuer immédiatement un kilogramme d’animal. Pour amener la mort non plus immédiate mais fatale et à bref délai (dans les 24 heures, par exemple) une quantité moindre est nécessaire et il suffit de 7*r,70 par kilogramme.
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- C’est cette nouvelle quantité que MM. Joffroy et Serveaux appellent l’équivalent toxique vrai par opposition au premier auquel ils réservent le nom d’équivalent toxique expérimental. (Les calculs suivants sont basés sur les équivalents toxiques vrais.)
- Ainsi, le furfurol a un pouvoir toxique considérable, puisqu’il suffit de 0«r,J4 pour tuer 1 kilogramme de lapin et 0gr,20 pour tuer un kilogramme de chien, de sorte qu’en admettant que l’homme soit aussi sensible au furfurol que le lapin, il faudrait environ 10 grammes de furfurol présent dans le torrent circulatoire pour tuer un homme de 70 kilogrammes. Mais le rôle nuisible du furfurol se trouve réduit à bien peu de chose dans les eaux-de-vie de table à cause des proportions infimes dans lesquelles on l’y rencontre : dans un litre de rhum à 55°, il y a en effet de 0gr,015 à 0gr,040 de furfurol environ; dans un litre de cognac à 55°, de 0gl’,005 'a 0®r,015 environ, et dans un litre de kirsch, seulement 0gr,005. Dans les eaux-de-vie de cidre, de poiré et la plupart des eaux-de-vie de marc, il n’y en a que des traces.
- On peut d’ailleurs calculer la toxicité d’un alcool quelconque par la toxicité de chacune de ses parties . En voici un exemple, relatif à du cognac.
- Alcool éthylique. . 500 cc. qui tueraient 64k‘,102
- Éthers ..... 0,655 — 0k«,159
- Aldéhydes.... 0,059 - O*059
- Furfurol .... 0,006 — 0k|,045
- Alcools supérieurs. 0,994 — 0ks,662
- Un litre de cognac tuerait donc. . . 65k‘,006
- En appliquant la même méthode à différents alcools, on obtient les chiffres ci-dessous :
- Un litre d’alcool éthylique pur supposé à 50° tue 64kf,102
- — rhum de la Martinique à 50° tue. . 64k*,947
- — cognac (1894) à 50° tue..........65k*,006
- — eau-de-vie de Montpellier à 50° tue. 64ke,506
- — Armagnac (moins d’un an) à 50° tue . 65k*,129
- — marc de Bourgogne (Beaune 1895)
- à 50° tue......................
- Un litre de kirsch à 50° tue.................G4k*,605
- — eau-de-vie de cidre (Caen)à 50° tue. G5lf, 115
- — eau-de-vie de cidre (Gournay) à 50° tue 64k*,717
- — eau-de-vie de prunes à 50° tue. . . 68k*,199
- On voit que la toxicité de tous ces alcools est à très peu de chose près la même.
- Et l’on peut montrer qu’il en est de même pour les alcools d’industrie. MM. Joffroy et Serveaux ont en effet étudié expérimentalement la toxicité des alcools mauvais goût provenant d’une distillation de topinambour, en recueillant séparément le premier
- liquide distillé (alcool de tête), le dernier (alcool de queue) et le moyen, puis en les injectant à des lapins. Après avoir trouvé un degré toxique presque identique aux alcools mauvais goût de tête et de queue, ils ont démontré que ces alcools d’industrie avaient à peu près le même coefficient de toxicité que l’alcool éthylique (7,70) : leur équivalent toxique est en effet supérieur ou au moins égal à 7 ; les chiens auxquels on a injecté dans les veines ou dans les muscles 7 centilitres de cet alcool mauvais goût ayant tous survécu. L’alcool bon goût de topinambour, ce qu’on appelle l’alcool de cœur, a le même coefficient de toxicité que l’alcool éthylique pur, soit 7,80.
- En résumé, l’idée que l’on se faisait jusqu’à ce jour de la toxicité beaucoup plus considérable des alcools mauvais goût (alcool d’industrie), comparativement à l’alcool rectifié, est une idée très exagérée. Les chiffres trouvés pour ces alcools mauvais goût de topinambour (et aussi de betterave) se rapprochent beaucoup, en effet, des chiffres trouvés expérimentalement pour le cognac et le rhum, ce qui montre le mal fondé de l’assertion que les alcools d'industrie sont plus toxiques que les alcools naturels, et que c’est à leur mauvaise qualité qu’il faut attribuer en grande partie le développement de l’alcoolisme. Henri Cowin.
- Scène (l’injection d’une solution alcoolique clans la veine de l’oreille d’unjlajiin.
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- CROISEUR-CUIRASSÉ LA « JEÀNNE-D’ÀRC »
- La Jeanne-d'Arc a été mise à l’eau à Toulon, le 8 juin dernier, avec un plein succès; elle a glissé lentement, majestueusement sur sa cale de construction et prit possession de son élément. Puisse son nom glorieux, cher à tous les cœurs français, lui porter bonheur dans la carrière qui s’ouvre devant elle!
- La Jeannç-d'Arc appartient à la classe des croiseurs cuirassés; à vrai dire, elle est sous tous les rapports supérieure à beaucoup de cuirassés d’escadre qui figurent encore sur les listes des flottes modernes. Son blindage est constitué avec des plaques en acier Harveyé, dont la force de résistance est beaucoup plus grande que celle des plaques en fer qui protègent de nombreux blindés en service; on estime, en effet, que 10 centimètres d’acier Harveyé
- Fig. 1. — Croiseur cuirassé Jeanne-d’Arc. — 1. Vue générale. — 2. Les parties blanches indiquent la disposition
- du cuirassement du flanc.
- valent près de 20 centimètres de fer. Son artillerie à grande vitesse initiale est très puissante, très efficace, conséquence des progrès des bouches à feu; enfin, la Jeanne-d'Arc est un bâtiment très rapide; elle doit filer 25 nœuds à ses essais, soit un peu plus de 42 kilomètres à l’heure. Peut-être regrettera-t-on
- d’avoir recherché cette grande allure, car pour la réaliser, il a fallu certainement sacrifier beaucoup de choses et vaincre de très grandes difficultés, à raison de l’immense surface qu’exige le développement des machines et des chaudières qui sont toujours nécessaires pour obtenir cette grande vitesse.
- Fig. 2. —? Champ do tir des canons de la Jeanne-d'Arc.
- En principe, le croiseur cuirassé n’est pas destiné à la guerre d’escadre; sa mission est plus modeste. A lui, de protéger le commerce maritime, de faire de grands raids dans les mers lointaines, d’attaquer et de détruire les navires marchands de l’ennemi et ses paquebots rapides. Il doit avoir une belle vitesse, un armement suffisamment efficace, un grand rayon d’action, ce qui veut dire que son approvisionnement de charbon doit lui permettre d’effectuer de longs parcours. Résoudre un tel problème n’est pas commode ; l’avenir dira si la Jeanne-d'Arc y satisfait.
- Le croiseur cuirassé est très en faveur dans toutes
- les marines; aujourd’hui il prend la place occupée si longtemps par les croiseurs, dits protégés, c’est-à-dire sans cuirasse verticale. Il y a une vingtaine d’années, les Anglais en ont construit un groupe de cinq ; puis ils se sont arrêtés dans cette voie. Nous nous y sommes engagés à notre totfr et avons produit un excellent navire : le Dupuy-de-Lôme qui contenait la plupart des innovations qu’on généralise maintenant. Le Dupuy-de-Lôme était un admirable bâtiment; il n’y avait qu’à l’agrandir pour améliorer le type. Chez lui, le cuirassement était très sérieux, l’artillerie en tourelles parfaitement dé-
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- fendue, mais nos idées sont flottantes; au lieu de perfectionner ce spécimen, de lui donner un plus grand rayon d’action, nous avons chez ceux qui l’ont suivi réduit le tonnage, la protection, la vitesse et l’armement. Cette erreur nous a conduits à doter notre flotte de cinq croiseurs cuirassés insuffisants, d’environ 5000 tonneaux, qui ne sont ni des navires de course, ni des bâtiments d’escadre et qu’on utilise comme on le peut. Avec la Jeanne-d'Arc nous sommes entrés enfin dans la bonne voie; nous construisons actuellement douze croiseurs, les uns de 10 014 tonneaux, les autres de 9500 et 7700, filant 21 nœuds, moins que la Jeanne-d'Arc, et qui feront bonne figure dans notre flotte.
- La Jeanne-d'Arc a les dimensions suivantes :
- Longueur entre perpendiculaires. . . 145m,40
- Largeur............. 19m,42
- Tirant d’eau moyen. 7m,52 Déplacement . . . 11 270 tonneaux.
- Ainsi qu’on le voit par les croquis que nous publions, elle a deux groupes de trois cheminées, deux blockhaus de commandement cuirassés et deux mâts. Le mât de l’avant porte une hune, dite militaire, armée de canons de 37 millimètres à tir rapide, destinés à repousser les attaques des torpilleurs. Le mât arrière ne sert que pour les signaux.
- La Jeanne-d'Arc a trois hélices motrices, actionnées chacune par une machine verticale à triple expansion, complètement isolée et indépendante de sa ou de ses voisines. C’est le système du Dupuy-de-Lôme\ nous l’avons appliqué pour la première fois sur ce navire; les Américains nous ont imités et en réclament la paternité ; Allemands et Russes ont suivi. A noter que les Anglais ne s’en sont pas encore emparés; ils s’en tiennent aux deux hélices.
- La vapeur est fournie aux machines du croiseur par des chaudières à petits tubes, du système de M. Guyot, ingénieur de la marine française, et qui appartiennent au type général des chaudières, dites multitubulaires ou aquatuhulaires ; l’eau y chemine à l’intérieur des tubes. L’appareil évaporatoire devra fournir l’énorme puissance de 28500 chevaux, mais une partie sera dépensée pour mettre en action les nombreuses, trop nombreuses machines auxiliaires (pii fonctionnent sur le bâtiment. Le navire moderne est vraiment une énorme usine où la mécanique règne en maîtresse.
- Pour alimenter les feux, on peut embarquer sur la Jeanne-d'Arc 2100 tonnes de houille; cet approvisionnement, augmenté par plusieurs centaines de tonnes de pétrole, permettra de franchir 4000 lieues de mer à la vitesse économique .de 10 nœuds, et ainsi la Jeanne-d'Arc fera facilement la traversée de Chine sans relâcher. Nous l’avons déjà dit, elle filera 23 nœuds.
- Pour la protéger, on a établi selon le système français une ceinture blindée constituée avec des plaques d’acier de 15 centimètres d’épaisseur, qui
- entourent toute la flottaison; au-dessus une bande cuirassée plus mince de 75 millimètres; enfin, le cuirassement se relève vers l’avant, à peu près au tiers de la longueur à partir de l'étrave, s’amincit à 56 millimètres, et recouvre toute la hauteur de la coque. Cette disposition a été imaginée, parce que l’avant est chez un croiseur rapide la partie la plus exposée aux coups de l’ennemi. Deux ponts cuirassés complètent la protection.
- Passons à la puissance offensive; l’armement est ainsi constitué : deux canons de 19 centimètres en tourelles, huit de 14 centimètres en casemates ou en encorbellement, douze de 10 centimètres en tourelles, seize de 47 millimètres sur les passerelles, huit de 37 millimètres sur le pont supérieur et dans la hune de misaine, deux tubes lance-torpilles sous-marins. Les tourelles des 19 centimètres et des 10 centimètres sont fermées et blindées en acier ; les casemates et les encorbellements protégés de même façon. Les petites pièces sont abritées derrière des masques en acier durci. Enfin, il y a deux tubes lance-torpilles sous-marins.
- Étant donnée la distribution de son artillerie, la Jeanne-d'Arc présente trois belles lignes de feux : la première, constituée par ses canons de 19 et de 10 centimètres en tourelles; au-dessous les 14 centimètres en casemates blindées; dominant le tout, aux étages supérieurs, les petites pièces de 47 et 57 millimètres.
- Tel est ce croiseur cuirassé; il résume tous les progrès de Part naval. L’électricité y joue un grand rôle, tant pour la manœuvre des engins que pour l’éclairage intérieur et extérieur. Ajoutons qu’il coûtera un peu plus de 21 millions de francs. Il ne faudrait pas croire (pie sa mise en service doive suivre de près son lancement; hélas! il n’en est pas ainsi. En effet, la marine annonce que ce navire ne sera disponible (pie dans le dernier trimestre de 1901. C'est vraiment trop long ! E. Weyl.
- CHRONIQUE
- Les tunnels et la culture des champignons.
- — La relation n’est pas très apparente au premier abord, mais on va la saisir rapidement, surtout quand nous dirons qu’il ne s’agit point d’introduire, d’une façon générale, la culture des champignons dans les tunnels de chemins de fer, mais simplement d’une idée curieuse qu’on a eue en Angleterre pour tirer parti d’un tunnel qui ne servait plus à la circulation des trains. Quand on a jadis établi la ligne « Edinburg, Perth and Dundee », qui est aujourd’hui absorbée par le « North British Railway » , on creusa un tunnel dit de Scotland Street, qui présentait une rampe très rapide nécessitant l’emploi de la traction funiculaire pour la remorque des trains. Au bout d’un certain temps on jugea plus économique de l’abandonner pour adopter un autre tracé , et la compagnie a été bien heureuse de le louer à des producteurs de champignons. Voilà dix ans qu’il sert de champignonnière , et qu’il donne des résultats excellents : chaque année on y produit près de 500 kilogrammes de ces précieux crypto-
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- gaines. Aussi parle-t-on en ce moment de livrer à la même culture un autre tunnel, celui de Law-Hill, qui se trouve dans le voisinage de Dundee.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 juin 1893. — Présidence de M. Van Tieghem.
- Recherches sélënographiques. — M. Lœwy, directeur de l’Observatoire de Paris, expose une série de photographies de différentes parties de la surface de la lune ; il fait ressortir les particularités d’aspect de chacune d’elles et résume ainsi les indications qu’elles fournissent. L’histoire comparée de la terre et de la lune montre que leurs évolutions ont suivi des marches parallèles. La lune a emporté une fraction de l’atmosphère terrestre évaluée à 1/900 lorsqu’elle s’est séparée de la terre, mais cette atmosphère emportée a été soumise à des causes de déperdition plus rapides. On avait été amené à penser que la disparition de l’air et de l’eau était totale et définitive. Les photographies montrent d’énormes dépôts de cendres blanches formés à grande distance des cratères après la solidification. Il y aurait donc eu une atmosphère qui aurait transporté ces cendres, et comme cette atmosphère est postérieure à la solidification, il est tout à fait vraisemblable qu’elle subsiste.
- La genèse de la perle. — M. Ed. Perrier présente un important travail de M. Léon Diguet sur la genèse de la perle fine. Les documents que l’auteur apporte sont inattendus. Jusqu’ici, on avait tenté de provoquer la production de perles fines en introduisant entre le manteau et la coquille de petits corps ronds, voire même de petites perles de nacre. L’animal recouvre effectivement les corps étrangers d’une couche de nacre, mais les perles obtenues présentent toujours une surface d’attache et ne sont pas des boules uniformément brillantes. L’huître perlière ne se borne pas à recouvrir de nacre des corps étrangers, elle emprisonne aussi certains parasites lorsqu’ils s’introduisent entre la coquille et le manteau. M. Léon Diguet montre, en effet, des coquilles d’huîtres qui laissent apercevoir de petits poissons recouverts de nacre. Telle n’est puis la genèse de la perle fine. Celle-ci a, en effet, pour origine une poche de liquide mucilagineux. Ce liquide se transforme bientôt et devient cartilagineux. Des préparations présentées à l’Académie montrent la perle sous ces deux états. Puis la substance calcaire se dépose en couches concentriques : c’est la perle. Celle-ci ne se forme donc pas au contact de la coquille et du manteau; elle se forme en un point quelconque du corps de l’animal; elle n’est jamais adhérente, ce qui explique l’uniformité de son poli. Elle est éliminée peu à peu par les tissus qui s’usent et passe, entre la coquille et le manteau où elle peut être perdue. Les perles présentent à l’intérieur une cavité renfermant, avec un reste du mucilage, des débris de parasites. Ces parasites ne sont pas toujours les mêmes, mais cette question paraît secondaire au point de vue de l’élimination du parasite. De plus, si l’on remarque qu’il y a des bancs d’huîtres perlières sur lesquels on ne recueille jamais d’huîtres porteuses de perles, tandis que d’autres bancs en fournissent une forte proportion, on est conduit à penser que la genèse de la perle est une maladie parasitaire.
- Le caoutchouc et les gaz. — A propos de l’idée mise en avant de gonfler les bandages de roue avec de l’a'cide carbonique, M. d’Arsonval fait connaître qu’au cours de
- certaines expériences sur la stérilisation des liquides organiques par l’acide carbonique comprimé, il a eu l’occasion de constater que le caoutchouc subissait une transformation complète. Après avoir augmenté de volume, dans une énorme proportion, il présentait l’aspect d’une masse homogène paraissant avoir macéré dans du pétrole. Mais à l’air l’acide carbonique s’échappait peu à peu et finalement le caoutchouc reprenait son aspect normal; il y avait dissolution. L’acide carbonique ne convient donc pas du tout pour le but proposé; l’oxygène ne convient pas, bien entendu, parce qu’il passe au travers du caoutchouc et l’oxyde ; mais en revanche l’azote parfaitement inerte vis-à-vis du caoutchouc répondrait très bien au but cherché.
- Action thérapeutique des courants de haute fréquence. — M. d’Arsonval présente une Note de M. le I)r Apostoli sur l’action thérapeutique des courants de haute fréquence dans l’arthritisme. L’auteur complète, avec son assistant M. Laquerrière, ses précédents travaux de 1895 et 1897. Trois épreuves ont été opérées : 1° Epreuve clinique : 913 malades ayant subi ensemble un total de 24 371 applications ont permis de constater, d’une façon à peu près constante, la restauration progressive de l’état général, le réveil de l’appétit, l’amélioration du sommeil et de la digestion. — 2° Épreuve chimique : 1058 examens d’urine provenant de 469 malades différents ont été pratiqués par M. Berlioz et ont permis de constater une amélioration de la diurèse avec élimination plus facile des excreta, une suractivité plus grande des combustions organiques, une tendance du rapport de l’acide urique à l’urée à se rapprocher de la valeur normale. — 3° Épreuve hémato-spectroscopique d’après la méthode du l)rllénocquc : 200 examens portant sur 112 malades ont été pratiqués par le Dr Tripet et ont confirmé les résultats de la clinique et des recherches urinaires. En résumé, conclut M. le I)r Apostoli, les courants de haute fréquence constituent avant tout le médicament de la cellule, ainsi qu’un modificateur puissant de la nutrition générale qu’ils peuvent activer et régulariser. Ch. de Villedecu,.
- LA COURSE AUX BALLONS
- DES FÊTES DE PARIS
- Les courses de ballons datent déjà d’un certain nombre d’années ; c’est place du Carrousel qu’elles ont eu lieu la première fois, le 7 octobre 1888. Nous avons donné la description des cinq courses qui ont été successivement exécutées à cette époque, avec le nom des aéronautes qui ont gagné des médailles1.
- Le but de ces ascensions était de s’approcher autant que possible d’une ville choisie dans la région que le courant aérien du jour pouvait faire déterminer. L’expérience était curieuse, mais elle exigeait des aéronautes habiles dans leur art. On sait que souvent les courants aériens varient suivant les hauteurs, dans l’atmosphère. Les aéronautes devaient savoir profiter des circonstances- afin de se maintenir s’il y avait lien dans le courant aérien le plus favorable à la réussite de leur voyage.
- Sur les cinq courses exécutées, c’est la troisième où l’on vit le plus d’aérostats engagés. Il y en eut
- 1 Yoy. ii° 806, du 10 novembre 1888, page 369.
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- LA NATURE.
- dix qui, le 28 octobre 1888, s’élevèrent presque simultanément, à 4 heures du soir, offrant ainsi un spectacle des plus pittoresques. Le point d’atterrissage était Senlis, situé à 44 kilomètres de Paris. L’aéro-naute M. Hache, monté dans le ballon le Volontaire (320 mètres cubes), descendait à 2700 mètres du but fixé et gagnait la médaille d’or.
- Ces ascensions eurent dans le public un grand succès de curiosité. Nous eûmes l’idée de conserver le souvenir de l’une des plus intéressantes en l’illustrant dans une série d’assiettes aérostatiques représentant les voyages en ballon des temps modernes, et formant pour ainsi dire une suite aux assiettes au ballon dites patriotiques, fabriquées au siècle dernier.
- L’assiette représentée ci-contre d'après une de nos aquarelles, à la grande faïencerie Niver-naise dirigée par M. Trousseau et qui malheureusement est fermée depuis quelques années.
- Le haut commerce Parisien a organisé cette année, au profit des pauvres, une série de fêtes diverses qui ont duré toute une semaine, du lundi 12 au dimanche 18 juin.
- C’est dans la grande allée des Tuileries et sous lès auspices de la France Automobile qu’une course d’automobiles, à grande vitesse, a eu lieu dans l’après-midi. En même temps l’Aéro-Club reprenant l’idée des expériences aérostatiques dont nous venons de parler, organisait une course de ballons dans le même jardin, mais sur un programme nouveau.
- L’expérience avait pour but de faire parcourir au ballon la plus grande distance sans tenir compte de la durée de l’ascension. Une coupe d’honneur, dite « Coupe des aéronautes » offerte par M. Blum de l’Aéro-Club était le prix réservé à l’aéronaute vainqueur dans la course. Six ballons sont partis. Les ascensions ont été réussies sauf pour un seul aéronaute, M. Hervieu, qui a été légèrement contusionné pendant qu’il exécutait sa descente.
- La coupe des aéronautes a été gagnée par M. le comte Henry de la Vaulx. Monté dans son ballon le Centaure (1000 mètres cubes) avec M. Mallet, il est descendu à 7 heures du matin dans la ferme de la Grande-Côte, située à 4 kilomètres de l’Aiguillon-sur-Mer (Vendée) ; l’ascension a duré 13 heures.
- Le deuxième ballon Y Aéro-Club, dont le volume est de 800 mètres cubes, monté par M. Castillon de Saint-Victor, est descendu à 5h 50 du matin (11 heures de voyage), à l’ile d’Elle (Vendée).
- L'Alcor (520 mètres euhes), monté par M. Hervieu, est descendu à Le Peu, près Niort (Deux-Sèvres, à 8h5 du matin (13 heures d’ascension) ; une bourrasque assez forte est survenue au moment de la descente du ballon. Le grappin lancé par l’aéronaute ne put prendre en terre, il y eut traînage et M. Hervieu fut précipité sur le mur d’un enclos. Jeté hors de la nacelle, il fut relevé par les propriétaires du terrain venus à son secours et YAlcor, allégé de tout le poids de l’aéronaute, reprenait sa course. Quelques hommes, cramponnés au guide-rope traînant, purent enfin se rendre maîtres
- de l’aérostat. M. Hervieu heureusement n’est pas très grièvement blessé. Rentré à Paris, il a repris presque aussitôt le cours de ses occupations....
- Le ballon Y Amérique (1800 mètres cubes) avait pour capitaine M. Santos Dumont. L’aéronaute a atterri dans le département de la Creuse après 22 heures d’ascension, c’est le voyage de plus longue durée de la série.
- Le cinquième ballonne Volga,cubant 1000 mètres, monté par Mme Samary, MM. Delattre et Gil-lon, est descendu à Chateaupers près de Dourdan, à 7h45. L’ascension a duré deux heures.
- Enfin le sixième aérostat le Malgache, monté par MM. de la Valette et Ballif, est venu atterrir également à Dourdan, à 500 mètres de la gare. L’ascension n’a duré qu’une heure.
- L’Aéro-Club, après cette course en ballon, a voulu profiter de l’Exposition d’automobiles pour exécuter dans le jardin des Tuileries une série d’ascensions. La première a eu lieu le 17 juin ; M. de la Vaulx partait avec deux voyageurs. Une seconde ascension était exécutée le 18 dans le ballon le Volga monté par MM. Castillon de Saint-Victor et E. Aimé, le secrétaire général de l’Aéro-Club. La descente s’est effectuée à 5 heures du matin près d’Epernay par une violente pluie d’orage. Albert Tissandier.
- Le Gérant : P. Masson.
- été exécutée,
- Assiette représentant une course (le ballons en 1888.
- Paris. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleuras, 9.
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- N# 1565.
- 8 JUILLET 1899.
- LA NATURE.
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- LES PISTOLETS AUTOMATIQUES
- C’est seulement depuis quatre à cinq ans que les inventeurs ont appliqué leurs facultés à l’établissement de pistolets automatiques,
- La première de ces armes qui ait paru est celle de Borchardt, bientôt suivie de celles de Mannlicher, Mauscr, Scliwarzlosc, Browning, etc.
- La caractéristique d’un pistolet automatique est de n’exiger que la visée et l’appui sur la détente ; c’est exactement comme pour le canon automatique de Maxim; et de même (pie pour ce canon, ce sont les gaz de la poudre qui, en même temps qu’ils
- lancent le projectile, s’acquittent, grâce à leur force d’expansion, du soin de maintenir toujours l’arme en état de tirer. Les pistolets automatiques sont donc des armes à tir rapide par excellence; ils réalisent même l’idéal de la rapidité, et on a pu voir des tireurs exercés tirer avec de tels pistolets jusqu’à sept coups à la seconde, ce qui est vraiment extraordinaire.
- Donc, dans les pistolets automatiques, un coup étant parti, la force expansive des gaz de la poudre, en même temps (pi'elle chasse la balle hors du canon, produit l’ouverture de la culasse, extrait et éjecte l’étui vide de la cartouche, arme le système de percussion et comprime des ressorts récupérateurs qui
- Pistolets automatiques. — 1. Pistolet Mauscr.—2. Pistolet Mauser transforme eu carabine à l'aide de la gaine. —3. Pistolet Mannlicher.
- par leur action produisent ensuite le chargement et la fermeture de l’arme. Et tous ces mouvements se produisent en une faible fraction de seconde.
- Les pistolets automatiques peuvent se classer en trois groupes suivant la façon dont l'action des gaz se produit. Dans le premier groupe, les gaz repoussent la pièce de fermeture par l’intermédiaire du culot de l’étui de la cartouche. Dans le second groupe, les gaz, s’échappant par un évent percé dans le canon, agissent sur la pièce de fermeture à l’aide d’organes de transmission particuliers. Dans le troisième groupe, la pièce de fermeture est fixe et c’est le canon qui s’en détache par suite du glissement de la balle dans son intérieur. La plupart des pistolets automatiques appartiennent au premier groupe, ceux de Mannlicher et de Mauser, entre autres.
- 27e année. — 2e semestre.
- Nous nous contenterons de donner une vue d’ensemble de ces deux dernières armes qui présentent entre elles beaucoup d’analogie. Nous n’entrerons pas dans une description détaillée de leurs organes et de leur fonctionnement, ce qui nous entraînerait trop loin; nous renverrons les lecteurs, désireux de les connaître dans leurs détails, à l’excellente étude que M. le capitaine Parra est en train de publier dans la Revue d'artillerie (Livraisons d’avril et mai 1899). Les pistolets automatiques sont, en effet, de véritables pièces d’horlogerie avec leurs nombreux organes, ressorts, cames, vis, etc. Et nous ne pouvons nous empêcher de conclure que ces armes, en raison de leur grande complication, ne sauraient, à notre avis, constituer des armes de guerre qui doivent être simples et robustes pour pouvoir être utilisées. On ne saurait
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- LA NATURE.
- néanmoins trop s'extasier devant l’esprit ingénieux des inventeurs qui ont résolu d’une très élégante façon un problème mécanique des plus compliqués.
- Une des particularités du pistolet Mauser est de pouvoir être transformé en carabine à l'aide de sa gaine qui peut faire l'office de crosse. Cette innovation n’est peut-être pas très heureuse, car l’arme ainsi employée n'a plus la facilité de maniement d'un pistolet et ne saurait constituer qu’une carabine très inférieure en raison de la faiblesse relative de la vitesse initiale de la balle.
- Le même inventeur, en dehors du pistolet à 1(1 coups et du calibre de qui est l'arme
- qu’il propose pour l’armement des troupes, a aussi confectionné des pistolets à 6 et à 20 coups et dont le calibre est de 7mm,65 ou de 0 millimètres. Les poids de ces diverses armes varient de 940 grammes à lks,300.
- Voici les caractéristiques de son pistolet à 10 coups
- et du calibre de 7mm,6o.
- Longueur totale...........................290mra
- Nombre des rayures.......................... 4
- Pas des rayures........................... 250mm
- Poids total de l’arme vide............. lkf, 180
- Longueur de la cartouche............... 55ram
- — — balle....................... 15mra,8
- Poids de la cartouche................... 10®r, 7
- — balle........................... 5gr,5
- — poudre.......................... 0pr,5
- — gaine.........................4-40gr
- Vitesse initiale du projectile.............425m
- Epaisseur de bois traversée à 10 mètres. 27cm
- Chef d’escadron L.
- LES CHEMINS DE FER EN 1900
- À notre époque, il est très difficile de faire entrer une modification quelconque dans l’industrie des chemins de fer; ceux-ci sont actuellement installés de façon qu’ils fonctionnent admirablement, et toute nouveauté pourrait amener une perturbation dans cet ordre magnifique qui ne cesse de régner dans cette grande organisation ; il faut également ajouter qu’elle entraînerait toujours à de très grosses dépenses.
- Depuis dix ans cependant, il est survenu toute une série de changements dans les chemins de fer en France ; ils n’ont pas eu pour point de départ les améliorations que les inventeurs ne cessent d’apporter chaque jour, mais une cause supérieure qui par sa présence a amené un bouleversement complet dans le régime établi, nous voulons parler des lois qui, abaissant les tarifs, ont eu pour conséquence un mouvement plus considérable sur tous les réseaux et principalement sur les lignes à grand parcours. L’augmentation s’est naturellement portée sur toutes les classes, mais elle a été plus sensible sur la première; le public devenant plus nombreux et plus exigeant, il a fallu modifier le matériel roulant; d’autre part, les compagnies voyant le trafic, et partant les ressources augmenter, se sont trouvées bien disposées à réaliser les perfectionnements demandés. A l’Exposition de 1889, nous avons vu, sous le grand vaisseau de la galerie des Machines, quelques types de voitures à intercirculation ; ils étaient pour la plupart empruntés aux
- modèles américains qui, nous le savons, sont tous constitués de façon à former des trains dans lesquels le passage peut s'effectuer d’un bout à l’autre en cours de route. Ces premières voitures n’étaient que des essais, elles n’avaient pas d’application courante ; dès que les compagnies sentirent les nécessités créées par la nouvelle loi, elles commandèrent immédiatement des lots importants et si aujourd’hui la transformation n’est pas opérée d’une façon absolue, du moins est-elle décidée en principe. Sur le P.-L.-M. tous les trains de grandes lignes sont dès maintenant exclusivement composés de voitures à intercirculation. Celles-ci sont de deux types principaux : les voitures à couloir latéral et les voitures à compartiments conjugués avec lavabo commun pour deux unités; ce dernier mode de voiture plaît mieux au goût français, les familles sont plus chez elles que dans les grandes voitures à couloir.
- Les diverses compagnies viennent d’adopter un type de soufflet commun pour tous les réseaux; cette disposition permet, au besoin, de réunir toutes les voitures entre elles à quelque ligne qu’elles appartiennent et de constituer instantanément un train à intercirculation continue.
- L’unification des types ne s’est point seulement portée sur le matériel portant, mais encore sur le matériel tracteur. Aujourd'hui les compagnies tendent à créer des modèles de locomotives à quatre essieux et à boggies avec quatre cylindres accouplés deux à deux; ces dispositifs permettent d’avoir des machines lourdes et très puissantes pouvant produire de très grandes vitesses, circonstance qui ne devait se trouver réalisée qu’avec de fortes pressions de 15 et 16 kilogrammes par centimètre carré. Ces locomotives emportent de grosses charges d’eau de 15 mètres cubes, ce qui leur permet d'atteindre 100 et 120 kilomètres sans arrêt; ces étapes semblent être un maximum, tant qu’on ne pourra trouver un moyen pratique de s’approvisionner d’eau en route, car en augmentant la charge liquide, on augmente considérablement le poids inutile des trains et l’on provoque des dépenses qui ne sont point compensées par des avantages de vitesse. D’autre part, les compagnies ne tiennent pas à laisser leurs machines en pression trop longtemps, les foyers s’encrassent rapidement de mâchefer; en général aujourd’hui une locomotive ne dépasse guère 200 kilomètres comme voyage ; au bout de cette distance, elle est remplacée par une autre toute fraîche. 11 y a même économie de temps à agir 'de la sorte, car il est toujours moins long d’opérer le changement que de remplir le réservoir d’eau pour l’approvisionnement de la nouvelle étape.
- L’électricité est en pleiîle période d’étude au point de vue de la traction ; aucune machine ne circule encore, malgré les quelques types créés .ces’ derniers temps. Ceux-ci peuvent se diviser en deux Èfoupes-bitm distincts : les uns sont basés sur la fabrication de la force électro-motrice sur la locomotive elle-même, c’est le principe de la machine Heilmann qui ne semble pas devoir donner des résultats satisfaisants; les autres empruntent l’électricité fournie par une usine fixe. La Compagnie de Lyon a construit un modèle très simple à accumulateurs, ceux-ci sont placés dans un fourgon spécial, relié à la machine par des conducteurs1. Le système est excellent, il permet aux trains de trouver aux gares un nouveau fourgon tout chargé et de repartir avec une nouvelle force. Malheureusement, aujourd’hui les accumulateurs sont encore tous défectueux, surtout lorsqu’ils sont mis en
- 1 Voy. il" 1541, du 4 février 1899, ]>. 145.
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- LA NATURE.
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- mouvement, comme dans les voitures; les oscillations provoquent la chute de parcelles oxydées au fond des récipients, et il se forme des courts circuits. La locomotive du Lyon a cet avantage que, si l’on trouvait un moyen de recueillir l’électricité en route à l’aide de bornes ou d’un rail situés au milieu de la voie, elle pourrait être utilisée pratiquement. L’avenir de la locomotive électrique est là : pouvoir prendre sa force au fur et à mesure des besoins.
- L’augmentation des voyageurs a eu pour conséquence la multiplicité des trains qui sur certains parcours ont dù, pour une même ligne, être doublés et même triplés d’une façon constante ; l’exploitation s’est trouvée compliquée du fait de ce mouvement plus actif, et en bien des points on a dù faire des changements dans le système de voies; si ces transformations s’étaient limitées à une augmentation de signaux ou de lignes — le P.-L.-M. porte ses voies de 4 à 6, entre Paris et Villeneuve-Saint-Georges — il n’v aurait pas lieu d’en parler. Mais les travaux auxquels on se livre actuellement sont plus considérables; on cherche maintenant à éviter autant que possible les passages à niveaux et en bien des cas on voudrait supprimer les croisements de surface; la Compagnie de l’Ouest a déjà supprimé tous ses passages aux environs de Paris, et le P.-L.-M. a exécuté plusieurs passages inférieurs pour la traversée des voies; nous voyons en ce moment un ouvrage d’art superbe, que l’Ouest exécute sur la ligne de Oourcelles aux Invalides, pour éviter un croisement de surface1.
- Ainsi donc, le chemin parcouru pendant dix ans par cette grande industrie française est considérable. L’Exposition de 1900 nous révélera en bloc tous les perfectionnements opérés dont tout le mérite revient aux lois sur l’abaissement des tarifs.
- En 1889, les chemins de fer étaient logés dans la galerie des Machines, l’emplacement était bon ; mais, à cause même de cette qualité, on fut obligé de réduire la quantité des objets exposés en raison du peu d’espace dont on disposait; l’année prochaine, l’exposition de tous les chemins de fer sera centralisée .au bois de Yincennes ; on possède là un terrain de très grande superficie; on pourra installer une sorte de grande gare de onze voies parallèles, sur lesquelles les Compagnies disposeront le matériel exposé ; il sera possible de montrer également tous les perfectionnements apportés au mouvement des signaux, à la manœuvre dans les gares, et à la manutention des marchandises.
- Nous verrons aussi les quelques types de locomotives électriques ; mais cette dernière exhibition, d’une invention encore trop jeune, sera hésitante; le vrai succès sera pour plus tard.... A. da Cunha.
- ORIGINE’ DES PRINCIPAUX MÉTAUX
- Sans vouloir faire une statistique complète qui serait assurément fort aride, en dépit de son intérêt, nous pouvons résumer en quelques mots les indications que donne le Professeur Le Neve Foster, sur la production des principaux métaux usuels.
- Pour l’or, qui est le plus précieux sinon le plus utile, il vient maintenant en grande partie de l’Afrique du Sud, qui dépasse cette année même les États-Unis comme production. Ces deux régions et l’Australasie fournissent chacune pour leur part un cinquième de la production totale, et on n’a guère ensuite à citer que la Russie, qui donne un dixième du tout. Pour le fer les
- 1 Voy. n° 1555, du 13 mai 1891), p. 571.
- États-Unis tiennent la première place, suivis par la Grande-Bretagne et par l’Allemagne, puis nous trouvons l’Espagne, le Luxembourg, la France, la Russie et l’Autriche. L’Espagne est le producteur par excellence du plomb, elle en fournit deux fois plus (pie l’Allemagne ; mais les États-Unis n’en donnent guère moins qu’elle. Pour l’argent, la confédération américaine tient le premier rang, mais à peu de distance vient le Mexique ; il faut aussi signaler l’Australasie, la Bolivie et l’Allemagne, fournissant ensemble l'équivalent de ce qui sort du sol américain. La péninsule malaise a une place prédominante en ce qui concerne l’étain, puisqu’elle donne les 2/5 de ce qu’absorbe le marché ; avec les autres possessions britanniques, la proportion en est des 5/4. Quant au zinc, on pourrait dire qu’il ne vient que d’Allemagne, les Etats-Unis n’en ayant qu’une production bien minime. Enfin, ajoutons que l’Espagne a presque le monopole du mercure. 1). B.
- UES YOITURETTES A L’EXPOSITION
- DE L’«AUTOMOBILE-CLUB»
- Les voiturettes ont été très nombreuses cette année à l’Exposition de U Automobile-Club ; nous allons passer en revue les principales.
- Voiturette de Dion et Bouton. — Parmi l'une des nouveautés parues au Salon, la voiturette de Dion et Bouton est, sans contredit, celle qui remporte le plus de succès et celle que tout le monde examine avec intérêt.
- Le public attendait, en effet, depuis longtemps la petite voiturette à deux places, d’un prix modique, d’une marche sûre; la maison de Dion-Bouton vient de la présenter et on peut dire que c’est une petite merveille.
- A première vue, on ne croirait pas se trouver en présence d’une voiturette automobile; aucun organe, à part le volant de direction, rien n’est visible; elle satisfait également l’oreille, car sa marche est tout à fait silencieuse. En levant le siège du conducteur, nous voyons aussitôt au-dessous tous les organes moteurs nettement apparents et distincts.
- Le moteur est d’une puissance de 5 chevaux, refroidissement à eau, allumage électrique. A droite du conducteur, une manivelle de mise en route, ce qui permet de faire démarrer le moteur du siège même de la voiture.
- Sous la main du conducteur ont été réunis : la direction, d’une simplicité et d’une sécurité absolues, les organes de débrayage et d’embrayage ainsi que les appareils de réglage du moteur.
- L’embrayage s’opère par simple friction, ce qui procure un démarrage sûr, très doux et évitant ainsi, au départ, toute secousse désagréable.
- Enfin, sous les pieds, deux pédales agissant sur deux freins à enroulement très puissants.
- Comme vitesse maxima, 50 km à l’heure; la simplicité, la modicité du prix (5900 francs à 4500 francs selon la suspension), voilà véritablement la petite voiturette populaire ; et rappeler que les constructeurs en ont déjà vendu plusieurs centaines, c’est dire tout le
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- LA JNATURE.
- succès remporté par ce charmant véhicule, qui constitue l’une des merveilles de l’Exposition.
- Voiturette Renault frères. — MM. Renault frères viennent de construire une très gentille voiturette; c’est une miniature de la grosse voiture automobile à deux places, et qui possède néanmoins le
- luxe et le confortable réclamés par les amateurs.
- Ces constructeurs ont cherché le moteur le plus simple, celui qui avait fait ses preuves, et ils ont fait un heureux choix en adoptant le moteur de Dion-Bouton, universellement connu.
- Cela ne suffisait pas, il fallait le placer, combiner
- Fig. i. — Voiturette de Dion. Fig. 2. — Voiturette Renault.
- les organes de mise en marche, la marche arrière, en faire un véhicule d’un maniement simple, pratique, sans négliger le confortable, la douceur et l’élégance d’une grosse voiture. MM. Renault frères ont certainement atteint le but qu’ils se proposaient et leur succès est mérité.
- Le moteur est placé à l’avant, complètement dissimulé; il est muni d’un carburateur Lon-guemare, ce qui lui donne l’avantage de ne pas se dérégler en cours de route sous l’influence des trépidations.
- La mise en route se fait au moyen d’une manivelle placée à portée de la main du con- ^sé-
- ducteur.
- Sous son pied, une première pédale commande l’embrayage ou le débrayage du moteur par l’intermédiaire d’un cône à friction. A fond de course, la pédale agit sur un frein placé sur l’arbre de transmission. Une seconde pédale produit la marche arrière.
- Un second frein à mains agit sur les moyeux arrière.
- A gauche du conducteur, un' levier pouvant
- prendre trois positions successives correspondant à trois vitesses différentes. Ajoutons que ces changements de vitesse s’opèrent par engrenages. Le mouvement est communiqué directement à l’essieu arrière au moyen d’un engrenage à 45°.
- En agissant sur l’allumage et sur la carburation, on peut Atteindre comme valeurs de ces trois vitesses : 8, 15, 30 km à l’heure.
- Si nous ajoutons que ce véhicule ne tient guère plus de place qu’un motocycle, et que son prix n’est que de 3500 francs, nous pouvons prédire un réel succès à MM. Renault frères.
- Voiturette Turgan. — Le principal défaut des véhicules automobiles est certainement les trépidations dues au moteur durant sa marche.
- Si l’on place deux moteurs horizontaux opposés dont les manivelles sont calées à 180°, les vibrations seront, dans ce cas, considérablement atténuées : c’est la disposition que MM. Turgan et Foy ont adoptée dans leurs voiturettes.
- Le moteur, de 4 chevaux 1/2, composé de deux
- — Voiturette (le Riancey.
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- LA NATURE
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- cylindres horizontaux à refroidissement par ailettes, est placé à l’avant. Les bielles des deux pistons produisent, par l’intermédiaire de deux roues dentées, la rotation d’une troisième roue d’un diamètre double, sur l’axe de laquelle est claveté le volant.
- Sur l’axe des deux premières roues dentées se trouvent calées deux poulies qui, au moyen de courroies agissant sur deux autres poulies de différents diamètres, communiquent leur mouvement à l’essieu arrière par l'intermédiaire de deux groupes d’engrenages.
- Fig. 4. — Voiturette Quérey. Fig. 5. — Voiturette Levenn.
- En combinant ces deux mouvements, on peut obtenir quatre vitesses différentes.
- La mise en prises des engrenages se fait au moyen d’un levier, et le glissement de la courroie sur un des groupes de poulies s’obtient au moyen d’un autre levier; nous n’oublierons pas, non plus, les manettes permettant de produire l’avance à l’allumage. Tous ces appareils à proximité de la main du conducteur : sous la main droite, le volant de la direction, d’une sûreté et d’une simplicité exceptionnelles; sous les pieds, deux pédales, faisant frein la première sur l’axe du différentiel, la seconde sur l’axe des roues arrière. Cette voiturette joint donc au confortable et à la modicité de son prix (4000 francs) la sécurité dans les organes de direction et de freins, ce qui en fait un véhicule vraiment pratique qui ne s’arrêtera pas dans la voie du succès.
- Voiturette de Itiancey. — « Vous cherchez une voiturette à deux places??? Voilà. » Nous avons
- indiqué la voiturette de [Riancey et Gevin. Ces constructeurs ont réalisé le problème de l’avant-train moteur et directeur appliqué à une voiturette, et ont
- constitué ainsi ce qu’on pourrait appeler le cheval automobile.
- Cet avant-train a, en effet, de réels avantages : sûreté dans la direction, suppression ou du moins atténuation des dérapages, qui constitue l’un des gros écueils de la traction automobile sur routes.
- Le moteur, de 2 chevaux 1/2, se compose de deux cylindres refroidis par ailettes, placés à l’avant et se faisant vis-à-vis, allumage électrique. Sur la barre de direction sont groupés tous les organes de manœuvre : changements de vitesse, réglages du moteur. Si nous ajoutons que la conduite en est d’une simplicité remarquable et d’une sécurité absolue, et que le prix de 5500 francs en est peu élevé, la voiturette de Riancey est certainement appelée à un légitime succès.
- Voiturette Quérey. — Dans une des galeries
- Fig. 6. — Voiturette Turgau-Foy.
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- LA NATURE.
- situées perpendiculairement au hall de droite, une petite voiturette est exposée : c’est la voiturette Quérey; un nouveau constructeur. 11 s’agit d'une voiturette à deux places, avec moteur à pétrole spécial à ailettes, sans eau, placé à l’avant, très robuste, allumage électrique, de 2 chevaux 5/4 — c'est dire que l’on peut monter toutes les côtes. Elle est d’un confortable que réclame à présent tout amateur. Simple comme manœuvre : à droite, un volant qui met (>n prises les engrenages de la vitesse que l’on désire atteindre (il y a trois vitesses : 8, 16, 24 km à l’heure), et un levier destiné à produire la tension de la courroie, par suite à communiquer le mouvement à l’essieu arrière. A fond de course, ce levier agit sur un frein très puissant placé sur l’axe du différentiel.
- Sous le [lied du conducteur, une pédale actionnant un deuxième frein qui agit sur les jantes des roues après débrayage.
- Sous la main du conducteur, la direction à barre franche (M. Quérey peut y substituer le volant ou le guidon) et les organes de manœuvre du moteur (réglages du carburateur, avance à l’allumage, etc.). Cette voiturette aura aussi du succès, car pour 5500 francs, bien des amateurs se laisseront tenter.
- Voiturette Levenn. — La voiturette Levenn qui est exposée au Stand Ernst est vraiment intéressante.
- Le moteur à deux cylindres, refroidissement par ailettes, allumage électrique, est placé à l’avant, très bien dissimulé et quoique cela très accessible.
- Le mouvement est communiqué par l’intermédiaire d’un arbre longitudinal, muni d’un ressort de rappel, à un volant placé vers le milieu de la voiture.
- Sur ce volant vient agir, par friction, un système de deux autres petits volants placés perpendiculairement et comprenant entre eux un différentiel. En déplaçant parallèlement ce système, on comprend aisément que l’arbre de ces deux volants prend des vitesses variables et égales à chaque instant à la différence des vitesses imprimées à chaque petit volant. Un pignon denté, monté sur cet arbre auxiliaire, communique son mouvement par l’intermédiaire d'une chaîne à l’essieu arrière. On peut donc réaliser ainsi d’une manière commode toute l’échelle des vitesses avant et arrière de 0 à 50 km à l’heure. Inutile de dire que la marche arrière n’est utilisée qu’à une vitesse très lente.
- Un petit volant placé sous la main droite du conducteur sert à effectuer ces variations de vitesse, et un levier placé à gauche du conducteur permet d’obtenir la friction du système des deux petits volants sur le volant principal. Une direction à barre d’une très grande sûreté, et un système de freins puissants donne au conducteur une très grande sécurité de conduite. Nous examinerons de même sommairement dans un prochain article quelques-unes des voitures de l’Exposition. Hommen.
- LES DMANTS CHINOIS
- Le 27 mai dernier le Times publiait un télégramme de son correspondant de Saint-Pétersbourg disant qu’une dépêche de Tché-fou (Chine), annonçait qu’une maison allemande venait d’acheter les mines de diamants du district (VYi-lchëou-fou, dans la province du Chan-toung, qui avaient été jusqu’ici propriété des Chinois. Les pierres qu’on y trouve sont de l’espèce employée par les vitriers et les tailleurs de diamants. Quelques jours plus tard nous apprenions par le North China Daily News que lesdites mines ont été achetées, sous un nom chinois, pour le compte des Allemands et que les premiers possesseurs se mordent les doigts de s’être ainsi laissé tromper. Enfin l'Autorité du 15 juin dernier nous fait savoir (sans indiquer la source) que la découverte de ces champs de diamants a été faite par un géologue allemand, le l)r Buch-drucker, qui a relevé avec soin la constitution géologique du sol et l’a trouvée assez pareille à celle des mines de Kimberlev. Il a acheté pour une petite somme d’argent 25 pierres de la plus belle eau pesant ensemble 40 carats.
- L’honneur d’avoir signalé l’existence des diamants en Chine revient à deux Français. Dès 1875 M. l’abbé A. David, missionnaire lazariste à Pékin, publiant dans les Nouvelles Archives du Muséum le récit de son exploration en Mongolie, parlait de l’existence probable de petits diamants dans la poussière des rues de Pékin. On voit fréquemment, dit-il, des hommes occupés à vanner attentivement cette poussière dans laquelle ils prétendent trouver de menus diamants qu’ils vendraient aux raccommodeurs de porcelaine. M. David, que nous avons interrogé ces jours derniers sur cette question, pense que ces diamants viennent des cendres des briquettes de charbon aggloméré avec de l’argile, provenant des mines du Ki-ming-chan, à 150 kilomètres au nord-ouest de Pékin. Les diamants, qu’il n’a d’ailleurs pas vus, se trouventsans doute dans les schistes cristallins encaissant les couches de houille, et dont la décomposition forme l’argile employée dans les briquettes.
- Plus heureux que lui, nous avons pu acquérir un certain nombre de petits diamants brisés, que nous avons achetés fort bon marché aux raccommodeurs de porcelaine, au cours de nos excursions géologiques dans la province de Chan-toung en 1875. Ils ont été rapportés en France et offerts par nous en 1880 à M. Ch. Yélain, professeur de géologie à la Sorbonne, avec une collection importante d’échantillons minéralogiques de cette province. 11 a publié une Note sur ces roches dans le Bulletin de la Société de géologie en 1880. Pour nous assurer la priorité de la découverte, nous avions publié dès le 18 juillet 1878 une Note au sujet des diamants du Chantoung dans le North China Herald, le principal journal de Chang-Hai. Voici maintenant comment nous avons découvert l’existence des diamants en Chine.
- En examinant l’extrémité des forêts des raccommodeurs de porcelaine, rencontrés en 1873 dans les diverses villes de la province de Chan-toung, nous reconnûmes qu’ils étaient armés par une pointe en véritable diamant. Quand nous voulûmes en connaître la provenance, les Chinois, très défiants, nous contèrent tout d’abord mille histoires incroyables pour nous induire en erreur. Quelques-uns prétendaient que leurs pierres à percer, comme certains les appellent, ou que leurs Tching-kang-che (pierre or-acier), nom du diamant en chinois, provenaient de l’Inde ou du Tibet à 10 000 lis (mille lieues) de distance. Quand nous leur eûmes fait remarquer qu’il y avait dans la
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- LA NATURE.
- province même et à 75 lieues seulement au sud-ouest de Tchéfou, sur la frontière du Kiang-sou, des montagnes appelées Tching-kang-lin ou chaîne des diamants, d’où provenaient sans doute leurs pierres, ils crurent que nous étions au courant de leur secret et devenus plus confiants, ils nous racontèrent comment on recueillait les diamants dans le sable des torrents de ces montagnes. Leur récit nous ayant paru extraordinaire, nous contrôlâmes en 1877 auprès de leurs confrères de la province du Kiang-sou à Chang-Ilaï et environs. Les dires de ces derniers cadrant exactement 'avec ceux des industriels de Tchéfou, que nous interrogeâmes soigneusement à nouveau en juillet 1878, nous fûmes enfin convaincu de l’existence des diamants dans les environs de Yi-tchéou-fou et le 15 juillet nous envoyâmes notre Note au journal de Chang-IIaï.
- Voici maintenant comment les Chinois récoltent les diamants. Après les pluies d’été, qui, disent-ils, engendrent les diamants à la surface du sol, d’où inutilité de creuser pour les trouver, ils se promènent sur le sable des torrents. Les fragments de diamants, grâce à leurs pointes et arêtes vives, pénètrent dans la paille de riz de leurs sandales, à l’exclusion des autres graviers. Quand on suppose qu’il y en a un certain nombre on fait un tas des sandales et on y met le feu. On passe ensuite les cendres au tamis pour isoler les diamants. Tous ceux que nous avons vus étaient petits, variant de la grosseur d’un grain de mil à celle d’une graine de chènevis. Ils sont généralement d’un jaune très léger comme ceux du Cap, mais il y en a aussi de parfaitement blancs. Quand on en trouve d’assez gros on les brise, m’a-t-on dit, pour en faire les pointes de foret, le seul usage auquel on les fasse servir, car les Chinois ne connaissant pas le moyen de les tailler ne les considèrent pas en général comme des pierres précieuses. Ils leur préfèrent le jade, l’améthyste, la cornaline, l’agate, etc. Seuls les riches Chinois des ports ou de Pékin achètent des diamants taillés, importés de l’Inde ou d’Europe, pour en orner leur chapeau ou leurs bagues, depuis que les Hollandais les ont, les premiers, importés en Chine au seizième siècle. Les chercheurs de diamants du Chan-toung vendent leurs trouvailles dans toute la Chine et il s’en fait un commerce assez important à Yi-Tchéou-fou. C’est surtout dans les terrains sablonneux qui s’étendent sur environ huit milles aux environs du village de Li-hia-tchouang, à quatre lieues au sud-est de Yi-tchéou-fou, que l’on trouve les diamants. On doit, croyons-nous, les trouver aussi par un autre procédé que celui des sandales, car nous avons entendu parler à Tchéfou d’une pierre ronde delà grosseur d’un pois qui avait été vendue au mandarin de l’endroit. Depuis 1878 les rapports des consuls anglais et américains à Tchéfou ont mentionné ces diamants à plusieurs reprises. Le London and China Telegraph du 5 septembre 1895 disait que sur le marché on pouvait acheter des diamants ordinaires pour 25 à 50 francs pièce et que de fort beaux échantillons atteignaient jusqu’à 600 francs. Les Allemands, qui se sont établis en 1897 à Kiao-tchéou, à 570 kilomètres au nord-est de Yi-tchéou-fou, ont naturellement jeté les yeux sur ces nouveaux champs de diamants, les seuls connus à l’est de l’Inde sur le continent asiatique. Ils ne tarderont sans doute pas à les annexer à leur concession pour les exploiter scientifiquement. A.-A. Fauvel1.
- Ancien officier des douanes chinoises.
- 1 Nous avons parlé de ces diamants en 1889 et 1891 dans la Revue des questions scientifiques de Bruxelles, voir article intitulé La Chine et ses ressources industrielles,
- La province du Chan-toung, géographie et histoire naturelle, 1891-1892-1893.
- DÉCOUVERTES ARCHÉOLOGIQUES
- A CARTHAGE 1
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- Ce n’est pas sans un certain sentiment de curiosité émue que l’on voit faire sortir de terre après des milliers d’années les vestiges de toute une civilisation disparue. Ils font bien revivre dans le passé et admirer l’art des anciens. Les fouilles entreprises par M. Gauckler ont été heureuses et nous devons beaucoup à l’éminent archéologue. Nous voudrions brièvement dire aujourd’hui ce qui a été trouvé dans le sanctuaire de* Jupiter Ilammon;*nous dirons de même sommairement, dans un second article, les découvertes faites dans la nécropole punique.
- M. Gauckler a pratiqué les fouilles près des citernes de Bordj-Djedid dans un terrain à flanc de coteau qui lui a été loué par la famille Ben Attar. Ce terrain s'étend entre la grande tranchée où Vernay trouva en 1885 les premiers tombeaux carthaginois et la nécropole punique de Douimès, explorée depuis avec tant de succès par le P. Delattre. Cette région est une des plus importantes de Carthage. Des civilisations soumises y ont laissé des traces qui apparaissent sous forme de couches superposées de sédiment de 7 à 8 mètres d’épaisseur.
- En nettoyant le sol, on rencontre d’abord des débris divers ramenés à la surface par la charrue : carreaux de revêtements en terre cuite, monnaies, lampes. A partir de lm,50 on trouve des tombes byzantines. Au-dessous se montrent quelques constructions de cette époque, entre autres une maison romaine semblant remonter à la période constantinienne, bien qu’elle renferme des débris d’époque plus reculée. Cette maison est intéressante. On remarque au centre un jet d’eau qui jaillit dans une vasque; plus loin deux chambres pavées de mosaïques. La plus grande a 4 mètres sur 5 ; elle représente un paysage maritime ; au centre un pavillon à tourelles ombragé d’arbres ; tout autour un groupe nombreux de personnes pêchent ou canotent. On voit les pêcheurs manier l’é-puisette et la ligne, jeter l’épervier, harponner les poulpes au trident. A la partie inférieure du tableau, on a groupé diverses scènes mythologiques. Amphitrite couvert de bijoux se contemple dans un miroir ; elle sort d’une vaste coquille soutenue par deux monstres marins. De chaque côté, des médaillons représentent en buste un Triton et une Tri-tone soufflant dans des conques. La seconde mosaïque est moins importante. 11 s’agit d’une chasse aux animaux féroces. D’après le style et le dessin, on ne peut guère faire remonter ces pavements plus haut que le quatrième siècle. Ce sont des mosaïques de l’époque chrétienne ; il en est une dont le sujet cependant est d’inspiration franchement païenne. La raison en est simple. Quand on eut soulevé les deux mosaïques et qu’on les eut portées au Musée du Bardo, on reconnut qu’elles cachaient des constructions plus anciennes entièrement comblées.
- 1 Yoy. n° 1349, du 1er avril 1899, p. 283.
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- On déblaya. On aperçut nn étroit couloir et les marches d'un escalier. On descendit. On se trouva en lace d’une salle bien remarquable. I)e tous cotés on marchait sur des débris de stucs peints et moulés, aux murs étaient méthodiquement groupées des brèches. On avait, après coup sans doute, diminué les dimensions de cette salle en la barrant par le milieu au moyen d’un mur. De l’autre côté de ce mur, on recueillit des débris de toute nature; lampes chrétiennes aux types du poisson, du palmier, de la croix, fragments de piliers et de stucs peints de vives couleurs et de style tout à fait pompéien.
- Un de ces fragments représente une jeune fille, une prêtresse sans doute, revêtue de draperies blanches, le front surmonté d’une fleur de lotus; elle tient dans la main
- gauche un grand bâton qui se termine par une croix.
- A côté, des statuettes de divinités païennes en marbre avec cassures anciennes et détérioration qui démontrent qu’elles n’ont pas été épargnées par le marteau des iconoclastes. On a trouvé une Vénus pudique au Dauphin, un Jupiter
- assis avec l’Aigle, un Dacchus donnant à boire à la panthère, un jeune homme assis vêtu de la ehlamyde, une tète d’Amour, un masque de Silène, une tète de lion formant gargouille, deux statues de Mithra en terre cuite (une de ces statues représente le dieu foulant aux pieds la tête d’un taureau), des poteries, la partie inférieure d’une statuette avec le buste du cheval de Carthage, un masque de déesse diadémé et un portrait de femme.
- Ce n’est pas tout, dans un coin reculé de la salle, on trouva appliquée contre le mur une grande dalle
- de marbre blanc portant une dédicace à Jupiter llammon, identifié avec le dieu Sylvain qu’adorent les Barbares. « Jovi,Hammoni, Barbaro, Sylvano. » Au-dessous une autre main, très postérieurement, a ajouté une seconde dédicace. Au pied de cette double dédicace on voit d’abord la tête en marbre blanc d’un taureau votif portant entre ses cornes un croissant avec une • inscription dédiée' à Saturne, puis une
- vingtaine de bé-tyles en granit et de boulets en pierre quelquefois traversés par une tige de bronze et des disques ou balles ovoïdes en terre cuite.
- Cette trouvaille des balles n’est pas sans importance ; on en avait déjà rencontré de grandes quantités à Carthage, mais on ignorait leur destination exacte; on les considérait en général comme des projectiles lancés par les canons turcs du seizième siècle, ou encore par les frondes des archers carthaginois. Il semble au contraire que ces pièces trouvées en tas avec d’autres objets de culte sous une mosaïque du quatrième siècle sont toutes contemporaines et païennes ; loin de présenter un caractère exclusivement guerrier, elles auraient, au contraire, un caractère votif.
- Tout au fond de ce coin obscur de la chambre, dans une sorte de cachette, on s’est trouvé face à face avec quatre statues en marbre blanc k peu près intactes. Trois sont hautes d’un mètre; la quatrième, une déesse voilée, est plus petite et d’un travail moins soigné. Les trois premières forment une triade analogue à celle de ces statues colossales que la Direction des Antiquités a rencontrées dans le Sebkha de Khe-redine aujourd’hui exposées au Musée du Bardo. Ces dernières figurent l’Isis carthaginois reconnaissable à,
- Fi^. t. — Tèle’rde la statue de Cérès.
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- son manteau et à son diadème orné du croissant entre deux prêtresses coiffées à la mode du cinquième siècle. Les premières tigurent au contraire la
- Déméter grecque, la Cérès africana romaine qui a remplacé la phénicienne Tanit, accompagnée du svelte Canéphore Oncistophore et d’une jeune femme
- Fig. 2. — La cachette du temple de Jupiter Hammon.
- Vue du caveau muré où ont été trouvées les statues et les inscriptions. — Au premier plan, l'escalier.
- entièrement drapée de voiles tout transparents. Ces statues sont d’une extrême élégance, ciselées
- avec un art parfait dans un marbre aux tons dorés et d’un grain très fin. Quelques touches légères au pin-
- Fig. 5. — Statues trouvées. A gauche, prêtresse de 1 mètre de hauteur.
- Au milieu, Cérès ou Déméter, de 0",90 de hauteur. A droite, Cérès ou déesse reine, en marbre blanc peint de l“,0o de hauteur.
- ceau font directement ressortir les traits caractéristiques de la sculpture et donnent l’illusion de la vie. Ces statues sont parfaitement conservées. Elles avaient été cachées tout au fond du caveau qui a été
- ensuite soigneusement comblé et muré, puis recouvert d’une mosaïque qui en dissimulait l’existence. Pourquoi tant de précaution pour faire disparaître ainsi, tout à coup, toutes ces merveilles?
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- Il est très vraisemblable que l’on a voulu soustraire provisoirement ces idoles précieuses aux outrages des chrétiens vainqueurs. Les derniers fidèles de Déméter Tanit, les derniers prêtres de Jupiter Hammoni, de Silvain, de Saturne, au moment de la défaite du paganisme, se sont efforcés de réserver l’avenir, croyant encore au retour de jours meilleurs. Ils ont tout caché, mais leur espoir fut déçu et les choses restèrent en l’état. La mort les surprit laissant leurs trésors dissimulés sous des mètres de détritus et de terre.
- Au-dessous du caveau, on ne trouve plus que des tombeaux puniques sur lesquels nous reviendrons dans un dernier article. II. Lauriston.
- UN INSECTE QUI COMPTE
- En ma qualité d’entomologiste, j’ai été à même d’observer de bien curieuses mœurs et habitudes chez les insectes; j’ai souvent employé mon temps à voir les jeux auxquels se livrent les mouches en planant dans les rayons du soleil; j’ai assisté avec intérêt à la toilette^ que se font ces mêmes diptères en se frottant les pattes, le corps et la tête ; j’ai vu bien d'autres choses encore. Mais jamais il ne m’avait été donné d’assister à un spectacle plus extraordinaire que celui qui me fut offert par un insecte de Nouvelle-Calédonie dans la journée du 29 septembre 1892.
- Je me promenais, ce jour-là, dans mon jardin, à Nouméa, lorsque mon attention fut attirée par les mouvements singuliers qu’un petit insecte exécutait sur une feuille de bananier : il tournait autour de sa tète en décrivant des circonférences rapides; de temps à autre, il marquait un temps d’arrêt pour repartir ensuite; c’était, en somme, une sorte de girin, qui accomplissait ses mouvements sur une feuille au lieu de les exécuter à la surface de l’eau.
- A un moment donné, l’insecte s'arrêta définitivement et j’attendis patiemment un bon quart d’heure qu’il voulût bien repartir; j’avais pris la résolution d’observer et de noter le nombre de circonférences qu’il accomplirait successivement soit dans un sens, soit dans l’autre ; et quand l’insecte se mit en mouvement, j’inscrivis les faits successifs que voici :
- 6 tours exécutés dans le sens du mouvement des aiguilles d’une montre, un arrêt ; 6 tours dans le sens contraire, un arrêt; 5 tours dans le premier sens, un arrêt ; 5 tours dans le deuxième, un arrêt ; A tours dans le premier, un arrêt; A tours dans le deuxième, un arrêt ; 5 tours dans le premier, un arrêt ; 3 tours dans le deuxième, un arrêt ; 2 tours dans le premier, un arrêt ; 2 tours dans le deuxième, un arrêt ; un tour dans le premier, un arrêt; un tour dans le deuxième, immobilité complète.
- J’attendis que l’insecte prît la résolution de partir de nouveau, mais ce fut en vain; une heure se passa inutilement dans cette attente; l’animal était immobile et semblait s’être endormi. Je me décidai alors à le recueillir
- dans mon tube asphyxiant et quelque temps après, j’examinai à loisir son cadavre.
- Il appartenait à l’ordre des hémiptères. Sa longueur était voisine de 3 millimètres et sa forme était celle du girin, avec sa grosse tète et ses pattes puissantes; il était cependant plus aplati que ce coléoptère. Bien entendu, au lieu d’élvtres cornées, il avait des ailes se recouvrant comme celles des punaises. Sa couleur était chamois.
- Je fis un procès-verbal de ce que j’avais observé; je plaçai l’insecte dans un petit cornet de papier que j’enveloppai de coton et mis le tout dans une boîte. J’expédiai ensuite procès-verbal et boîte à M. Stanislas Meunier, du Muséum.
- Hélas! Trois mois plus tard, ce savant me répondait qu’il avait bien reçu lettre et boîte, mais qu’il n’avait pas trouvé d’insecte dans cette dernière; en raison de sa petitesse et de sa légèreté, l’hémiptère avait dû sauter en l’air et se perdre lors de l’ouverture du cornet.
- Ce n’est que six mois plus tard qu’il me fut donné de retrouver le même insecte. Je m’empressai de le recueillir vivant et le plaçai dans une grande boîte dont le couvercle était constitué par une plaque de verre posée simplement dessus. Grâce à cette disposition, je me proposais de procéder à une observation attentive de l’intéressant animal.
- Mais le lendemain de cette installation, je ne vis plus l’insecte dans sa boîte; il avait disparu. Mon planton canaque avait, sans doute, été l’auteur involontaire de cette évasion, ayant dû déplacer le couvercle de verre en mettant de l’ordre sur ma table.
- Pendant plus d’une année de séjour dans la colonie que j’eus encore à faire, je ne retrouvai plus aucun autre girin.
- Quoi qu’il en soit, en se reportant à l’observation du 29 septembre 1892, il est permis de penser que nous avons affaire à un insecte qui sait compter au moins jusqu’à 6, puisqu’il a accompli des mouvements qui se chiffrent successivement par 6, 5, 4, 3, 2 et 1.
- Le dessin ci-joint est la représentation aussi exacte que possible de ce curieux insecte de Nouvelle-Calédonie ; c’est un girin avec des élytres d’hémiptère.
- Lieut.-colonel Dei-aunev.
- LE SAUVETAGE D’UNE MOITIÉ DE BATEAU
- Mieux vaut sauver une partie de son bien que de n’en rien sauver du tout : c’est l’opinion qui a dirigé un sauvetage curieux opéré à l’embouchure de la Tyne. Il y a quelque temps, un steamer nommé le Müwaukee s’était perdu sur des roches de l’estuaire en question, pendant un voyage qu’il effectuait de South Shields à la Nouvelle-Orléans. La partie arrière du bateau demeurait à flot, en eau profonde même, l’avant seul touchait sur les roches, et il semblait assez facile de le tirer de cette mauvaise position. Mais, dans un examen attentif, on s’aperçut que les « fonds » avaient été complètement ouverts par les rochers sur tout l’avant, et que ces rochers pénétraient même de 2 à 3 mètres dans les cales, sur une longueur de 9 mètres environ. Il ne fallait pas songer à sauver cet avant, ni à faire flotter le navire pris dans son ensemble. On décida une opération audacieuse qui consistait à faire sauter à la dynamite, à séparer du reste du Müwaukee, le premier tiers du bateau compté à partir de la proue.
- Il en fut ainsi faif. Il fallut ensuite consolider la-jcloi-son étanche disposée à l’avant des chaufferies, et, au
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- bout d’un mois de travail il est vrai, le Milwaukee ou plutôt les deux tiers arrière du Milwaukee se trouvaient à flot dans de bonnes conditions. On put le remorquer dans un port, et il ne resta plus qu’à lui construire un nouvel avant. 1). B.
- UNE BOUGIE RONGÉE PAR DES SOURIS
- Un de nos abonnés, M. V. Tertrais à Nantes, nous signale un petit, fait original et qui mérite bien une mention. Nous laissons du reste la parole à notre correspondant.
- « Il s’agit d’un curieux travail fait par des souris. Le chandelier ci-dessous mesure 27 centimètres de hauteur et a été laissé avec une bougie de 20 centimètres environ sur une cheminée en marbre, à la suite de la saison de bains de mer 1898 dans une maison de famille au
- Bougie rongée par les souris.
- Pouliguen. Je m’y étais rendu dernièrement pour aérer la maison, et grande a été ma surprise et même mon admiration en trouvant le chandelier en question avec seulement la mèche de la hougie, tout le reste ayant évidemment plu au palais délicat de la gent Trotte-menu !
- « Si on réfléchit à la chose, on se rend compte que ces petits animaux ont dû d’abord franchir l’espace les séparant du plancher à la tablette de la cheminée qui est en marbre, même sur ses côtés, et ne se prête pas à une ascension facile. Les souris ont été obligées ensuite de gravir le chandelier dont le fût est très poli et bien plus long que l’animal lui-même ; il a fallu enfin qu’elles franchissent la bobèche en verre, assez large d’ailleurs. Arrivées à ce point intéressant de leur excursion, tout laisse croire qu'elles n’ont point agi à la légère en entamant la hougie par la base, car probablement elles étaient instruites par l’expérience. En effet, le second chandelier de la cheminée avait également sa hougie mangée, mais la mèche gisait sur le marbre, au pied du chandelier : sans aucun doute les souris avaient attaqué la base de la bougie qui, à un moment donné, a dû leur tomber sur le dos. Il est donc probable que pour la seconde bougie, la dégustation a commencé par le haut et a continué progressivement jusqu’à la base. »
- UN NOUVEAU PROCÉDÉ DE
- FABRICATION DES RACCORDS DE CYCLES
- Nous entendons le mot cycle évidemment dans son sens le plus large, car il s’agit ici de tous les raccords assurant l’assemblage des cadres et châssis formés de tubes creux; et l’on sait que ces curieuses charpentes, si résistantes sous un faible poids, ont un champ d’application très vaste, notamment dans la construction des automobiles.
- Normalement, les raccords qui permettent de donner une base de soudure entre deux tubes se reliant l’un à l’autre, sont obtenus par emboutissage, ce qui nécessite une opération en somme assez compliquée, produisant de plus (les détériorations, des affaiblissements, des déformations du métal. Il y a quelque temps on a proposé une méthode où l’assemblage des pièces se ferait au moyen de la pression hydraulique : ce procédé assez ingénieux a été décrit dans La Nature*. Cette fois il s’agit plus simplement d’un dispositif ayant seulement pour but de préparer le raccord, étant donné un tube intact, d’y pratiquer, à point nommé, une ouverture dont les bords
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- Raccords de cycles.
- se relèvent suivant la disposition habituelle. Le dispositif en question est dû à MM. Schilling, Schorz et Ulmer.
- Comme l’indique la figure 1, qui montre en coupe le système, alors que déjà la fabrication des raccords est entamée, on commence par enfermer le tube à traiter dans un moule convenable en plusieurs pièces b, qui est interrompu en face des points où l’on veut que se produisent les évidements des raccords. Avant d’être ainsi placé, le tube a été rempli de sable blanc et chauffé à une température convenable. On y introduit alors deux pistons s, qu’on fait agir en sens opposé, et qui vont soumettre le sable à une pression considérable. Celle-ci se transmettra évidemment aux parois du tube, et elle va entraîner une boursouflure là où ces parois ne sont point soutenues par le moule. C’est précisément cette phase du phénomène que représente plus spécialement la figure 1.
- Il ne reste plus alors qu’à pratiquer un léger trou dans chacune de ces boursouflures, et, la pression étant renouvelée, la boursouflure va crever complètement, elle prendra la forme d’une tubulure, dont les parois latérales s’appuieront sur le moule, comme l’indique bien, en y, la figure 2. Dès lors le raccord est prêt.
- L’idée est ingénieuse, et il est évident que le procédé doit réussir, si le tube à traiter est suffisamment chaud pour que ses parois présentent la plasticité voulue.
- P. nE M.
- 1 Voy. n* 1290, du 19 février 1898, p. 187
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- LA NATURE.
- L’ÉCLAIRAGE PORTATIF PAR L’ACÉTYLÈNE
- Fig. 1. — Lanterne-phare pour automobiles.
- le problème a élé très | mence. On remarquera
- On sait ce qu’est « la surproduction » dans l’em- | vcrbère portatif à ploi de l’acétylène : c’est un excès de gaz qui se forme, à l’arrêt, par l'action sur le carbure de l’humidité retenue par la chaux. Cet excès de gaz est toujours gênant ; dans certains cas, on le laisse s’échapper dans l’atmosphère, solution peu satisfaisante au double point de vue de l’économie et de l’odeur ; dans d’autres on l’emmagasine dans une cloche mobile, et cette nécessité augmente considérablement le volume de l’appareil.
- 11 y a donc grand intérêt à chercher à supprimer la surproduction heureusement résolu par l’emploi de « l’a-cétylilhe » ; les inventeurs, MM le l)r Lé-tang et l’ingénieur Serpollet, enrobent le carbure ordinaire dans une gaine de glucose, après une longue immersion dans le pétrole. Le nouveau corps ainsi constitué a de précieuses propriétés : une humidité moyenne ne suffit pas pour l’attaquer, et il faut, pour qu’il y ait dégagement, qu’il soit complètement noyé; de plus, au fur et à mesure de l’attaque, le carbure, enrobé dans sa gaine comme l’amande dans une dragée, fond dans l’eau, laissant un résidu de sucrate de chaux tribasique soluble.
- Les appareils qui l’emploient fonctionnent suivant le principe du b r i-quet à l’hydrogène.
- l’acétylithe que nous avons vu fonctionner aux Fêtes de nuit du Jardin d’acclimatation. R est un récipient rempli d’eau aux 2/5, et dans lequel on vient plonger la gaine G solidaire du couvercle et munie à sa partie inférieure du panier à acé-tylithe P. Quand on plonge dans le récipient la gaine G (le robinet r étant fermé) l'air (pii y est contenu s’oppose à l’ascension de F eau jusqu’au panier. Si donc on ouvre le robinet r, Pair s’échappe, et l’eau vient baigner le bas du panier P : à ce moment
- le dégagement coni-
- que
- Fig. 2. — 1. Vue d’ensemble des réverbères portatifs.
- 2. Coupe d’un générateur portatif pour réverbère, projecteur photographique.
- la charge descendant graduellement en fondant, le niveau de l’eau d’attaque reste sensiblement le même ; par conséquent la pression varie assez peu pour que l’œil ne perçoive aucune différence d’éclairement.
- Pour éteindre, il suffit de fermer le robinet r ; le gaz formé ne pouvant s’échapper, refoule l’eau au-dessous du niveau du panier, et le dégagement s’arrête aussitôt.
- On comprend, d’après cette description même, que le volume de gaz correspondant à la charge du panier peut être utilisé à volonté d’une façon continue ou intermittente , même avec des intervalles de plusieurs jours; et cela sans perte de gaz ni dégagement intempestif puisque l’humidité ne suffit
- La figure 2 représente un ré- | pas à l’attaque. Avant de se rendre aux brûleurs, le
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- LÀ NATURE.
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- gaz passe dans un tube épurateur E que l’on remplit avec du carbure ordinaire placé entre deux couches d’ouate : cette simple précaution suffit pour pouvoir envoyer le gaz dans une canalisation sans avoir à craindre les impuretés ou les condensations d’eau.
- Voilà donc un appareil de maniement très simple et sans ennnagasinement de gaz. Son volume et son poids réduits au minimum lui permettent une grande puissance, tout en le rendant éminemment portatif : la hauteur du générateur représenté fig. 1 et 2 est de 0m,47 et son diamètre est de 0m,2Ü. Et il peut donner pendant une heure et demie une puissance lumineuse de 500 bougies (appareil pour projections), ou 100 bougies pendant six heures (réverbère).
- C’est ainsi que M. Blériot, concessionnaire des brevets Létang et Serpollet, applique avec avantage des appareils de même genre à l’éclairage intensif des automobiles, et ses phares autogénérateurs (fig. 1 ) sont assez puissants pour permettre aux chauffeurs les plus hardis de donner pendant la nuit toute leur vitesse. Ce sont ces projecteurs qui, à l’avant des automobiles entraîneuses de la course Bordeaux-Paris, ont permis les allures fantastiques de 55 et GO kilomètres à l’heure obtenues par les bicyclistes.
- Le même mode d’éclairage est appliqué par la Compagnie générale des omnibus sur la ligne de Louvre-Saint-Cloud ; l’appareil, placé sous l'escalier de l’impériale, envoie le gaz épuré dans un détendeur
- Fig. 3. — Vue d’ensemble d’un
- situé à l’avant de la voiture, et de là aux lanternes d’intérieur, de plate-forme et d’impériale. C’est là une application intéressante de la nouvelle lumière. Espérons que cet exemple sera suivi par d’autres compagnies de transport. Le public leur en saurait gré, et elles-mêmes y trouveraient grand avantage au point de vue de l’économie, ce système d’éclairage étant le moins cher de tous. J. Bumoxt.
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- ÉCOLES POUR LA
- FABRICATION DES CHAPEAUX DE PAILLE
- Voilà un enseignement spécialisé s’il en fut jamais, et dont nos lecteurs n’avaient point sans doute entendu parler! 11 s’agit pourtant d’établissements absolument sé-
- tramway éclairé par l’acétylène.
- rieux, et qui rendent de grands services : l’un d’eux remonte à 1856, et tous se trouvent en Saxe.
- Il faut dire que la fabrication et le commerce des objets de paille et de jonc, principalement des chapeaux, a une importance de premier ordre dans toute la Saxe : l’exportation de ces articles dans le courant de l’année 1898, a été de 15 495 doubles quintaux, représentant une valeur de 5 415 000 marks. Pour les seuls chapeaux de paille, on en a exporté 1 607 519 pièces non garnies, et 808 555 garnies ; mais nous ferons remarquer que l’année précédente les chiffres respectifs correspondants étaient de 2 577875 et de 828 175 ! Or, cette fabrication est surtout une fabrication domestique, exécutée en grande partie par des enfants et des jeunes filles, et, pour les former, on a eu l’idée de créer les écoles dont nous voulons parler.
- Ces écoles professionnelles sont au nombre de trois; l’une est à Dippolis-Walde, c’est celle qui date de 1856; les deux autres sont à Altenberg et à Ceising^ef remontent
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- LA NATURE.
- à 1876 seulement. Toutes trois sont dirigées par le conseil de la ville, et l’on y apprend aux enfants à tresser la paille, mais suivant les procédés les plus modernes : les élèves peuvent y être reçues dès cinq à six ans. Le nombre des heures d’enseignement varie de 20 à 56 par semaine; à Altenberg il y a une soixantaine d’élèves dirigées par trois maîtresses; à Dippolis-Walde, on ne compte qu’une seule maîtresse avec un nombre équivalent d’élèves; enfin, à Geising, il y a près de 150 élèves et deux maîtresses. Ges dernières sont toujours sous la direction et la surveillance d’un homme du métier. L’enseignement est gratuit, et les enfants reçoivent des récompenses pour les objets particulièrement bien faits. Les communes donnent gratuitement le local des classes, le chauffage et l’entretien, et le total des dépenses effectives, qui montent environ à 2400 marks pour les maîtresses et le matériel, est couvert à la fois par une subvention de l'État, par une allocation des villes, par des dons particuliers et enfin par la vente des objets fabriqués.
- CHRONIQUE
- l.a plus grandie installation de surchauffe du monde. — La plus grande installation de surchauffe du monde est bien celle qui a été exécutée par M. Emile Sclnvoerer, ingénieur à Colmar, dans les usines de l’Aachener Hütten-Actien-Verein Rothe Erde, près Aix-la-Chapelle. Toutes les chaudières de cette usine sont munies de surchauffeurs Schwoerer : 46 appareils sont placés dans les carneaux de 46 chaudières Cornouailles ayant ensemble 5000 mètres carrés de surface de chauffe; en outre on a monté 5 grands surchauffeurs Schwoerer à foyer séparé pour une batterie de 24 chaudières Cornouailles avant 2500 mètres carrés. Très intéressante est la perte minime de température dans les conduites de vapeur surchauffée de cette installation. On a constaté sur une conduite de 520 mètres de longueur et 0ra,000 de diamètre intérieur desservant un groupe de 24 chaudières une perte de température de 25° C., ce qui correspond à 0,078° C. par mètre courant, soit 1° C. pour 15 mètres de conduite. Des essais minutieux, exécutés sur celte installation gigantesque qui fonctionne jour et nuit depuis 5 ans déjà, ont donné une économie de combustible de 15 à 20 pour 100. Les chaudières de la nouvelle aciérie que monte cette usine vont également être munies de surchauffeurs Schwoerer. Notons que la houille ne revient dans cette région qu’à environ 11 francs là tonne rendue à pied d’œuvre. Le nombre de surchaufifeurs Schwoerer montés jusqu’à ce jour dépasse déjà 2000 et c’est à bon droit que M. Schwoerer a été surnommé, en Amérique le « roi de la Surchauffe ».
- Machine élévatoire de grande puissance. —
- La ville de Buffalo vient de mettre en service une machine élévatoire devant donner 115 000 m5 d’eau par 24 heures. Cette machine a été construite par les Lake Erie Engineering Works, à Buffalo. Le Bulletin de la Société des Ingénieurs civils nous donne quelques renseignements sur l’installation d’après le journal américain Engineering Record. La machine est une machine verticale à triple expansion à manivelles et volant, cylindres à enveloppe et deux réchauffeurs intermédiaires. 11 y a trois pompes à simple effet à plongeurs, commandées chacune par la tige d’un des pistons à vapeur. Les cylindres ont 0m, 940 — lm,600 et 2m,588 de diamètre avec 1,525 de course, ce qui donne des rapports de volumes
- de 1 — 2,95 et 6,56. Un essai officiel prolongé pendant M heures a donné une puissance de 599,6 chevaux au premier cylindre, 565,5 chevaux au second et 515,2 chevaux au troisième, soit en tout 1278,1 chevaux indiqués. La pression à l'admission a été, en moyenne, de 11,05 kg par centimètre carré et le vide de 0,665 m. La résistance propre de la machine n’a pas dépassé 5.pour 100 du travail développé sur les pistons. La dépense de vapeur, tout compris, a été en eau d'alimentation de 5,55 kg par cheval-heure indiqué. La quantité d’eau condensée dans les enveloppes et dans les réchauffeurs intermédiaires, a été trouvée de 14,2 pour 100 ; la consommation de l i machine, si l’on déduit cette eau condensée, ressortirait à 4,595 kg par cheval-heure indiqué. Le volume d'eau élevé par 24 heures avec nue vitesse de piston de 1,105 m par seconde correspondant à 21,7 tours par minute, a été trouvée de 155 925 m3 pendant 24 heures.
- Un laboratoire mobile de zoologie. — 11 s’agit d'un laboratoire consacré à une branche de la science zoologique qui n’a pas encore acquis tout le développement qu’elle mérite : nous voulons parler de la connaissance de la faune qui vit dans les lacs. La Bohême a l’honneur d’être, à ce qu’affirme M. le professeur Ilenrv B. Ward, le premier pays qui ait possédé un laboratoire expressément consacré à la zoologie lacustre ; et cela grâce au professeur Fritsch, de l’Université de Prague, qui, dès 1871, s’était livré à des recherches de cette nature dans une petite nappe d’eau de la forêt de Bohême. En 1888, il obtint des fonds pour faire construire un petit laboratoire zoologique mobile, aisément transportable, qui avait seulement quelque douze mètres carrés de surface de plancher. Ce laboratoire demeura sur le même emplacement pendant quatre années, mais il fut à ce moment remplacé par un bâtiment fixe, et, depuis lors, il a été transporté dans trois régions différentes, où il a servi à d’intéressantes études.
- Sirènes électriques de brouillard.— Nous voulons parler d’appareils servant à émettre des signaux acoustiques' en cas de brouillard, à bord des bateaux ou le long des côtes, afin de suppléer à l’insuffisance des signaux optiques. Le bruit qu’ils produisent est dû aux vibrations d’un diaphragme disposé à la base d’une corne, vibrations qu’on peut obtenir aisément au moyen du courant électrique. On comprend qu’une installation de ce genre est bien autrement simple que celle d’une sirène à vapeur, et que l’appareil présente cet avantage inappréciable de pouvoir être commandé à distance.
- L’élevage de l’autruche aux États-Unis. — On
- s’est mis bravement, aux États-Unis, à élever des autruches, naturellement en vue de la production des plumes, et à l’abri d’un droit de douane fort élevé. On a choisi pour cela un point de Californie où le climat est particulièrement doux et favorable à cet animal. Le premier essai en a été fait par un Anglais, M. Edwin Causton, qui, en 1885, avait acheté 52 oiseaux dans l’Afrique du Sud; aujourd’hui un bel établissement d’élevage existe entre la ville de Pasadena et Los Angeles.
- Un dock monstre. — On le construit à Newport, aux États-Unis, pour le compte de la Compagnie « New Shipbuilding Co ». Sa longueur à la crête sera de 252m,07 et de 245m,60 à l’intérieur du caisson de construction, sur une largeur de 24m,58 au fond et, de 49m,50 au sommet. A marée haute moyenne, la profondeur d’eau libre y sera de 9m,14. Les maçonneries de
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- LA NATURE.
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- l’entrée seront en béton recouvert de granit, le radier, en béton reposant sur des pilotis. Le caisson qu’on emploiera pour établir cet ouvrage sera fait d’acier et muni de chambres de travail. Enfin l’intérieur proprement dit du dock sera de bois, et l’installation des pompes d’épuisement pourra en évacuer toute l’eau en deux heures, à raison de 700 000 litres à la minute.
- La stabilité de la bicyclette. — M. F.-J.-W. \Y h i p-
- pie, de Trinitv College, à Cambridge, a récemment étudié les conditions de stabilité des cycles, et notamment celles qui sont nécessaires pour que le cycliste puisse conduire sa machine comme c’est de mode, sans employer les mains. Il a pu constater que, au-dessus d’une certaine vitesse, le mouvement est instable, tandis qu’entre cette vitesse critique et une seconde vitesse également critique, mais un peu inférieure, le mouvement devient stable ; quand on descend au-dessous de cette seconde vitesse, on ne peut plus conserver l’équilibre qu’en déplaçant son corps. Pour une machine qu’il avait prise comme type, M. Wipple a trouvé que ce qu’on peut appeler les deux vitesses limites étaient de 19km,2 et de 16km,6 à l’heure.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 juillet 1899. — Présidence de M. Van Tîeghem.
- État de l'iode dans l'eau de la mer. — M. Gautier a récemment fait connaître que ses recherches opérées sur l’eau de mer puisée à la surface de l’Océan, lui avaient permis de constater que l’iode ne s’v rencontre ni à l’état d’iodure ni à l’état d’iodate; il a trouvé, en revanche, que 1 litre de cette eau renfermait Üraer,52 d’iode engagé dans des êtres organisés, et lmEr,800 d’iode engagé dans des combinaisons organiques solubles complexes. M. Gautier a pensé qu’il y avait lieu d’opérer les mêmes recherches sur les eaux profondes. A ce sujet, l’auteur remarque, tout d’abord, que la Méditerranée convenait mieux que l’Océan où les eaux sont brassées, sur une grande profondeur, par le gulf-stream. Dans la Méditerranée, au contraire, on rencontre, à quelques centaines de mètres, des couches parfaitement calmes. Or, suivant les vues de M. Gautier, l’iode minéral vient des profondeurs de la mer; il pénètre ensuite dans la région du plankton et les êtres organisés s’en emparent. Donc, en descendant au-dessous du plankton, à 400 mètres environ, c’est-à-dire à des profondeurs où la lumière ne parvient pas, il a pensé qu’on retrouverait l'iode à l’état d’iodure ou d’iodates. Mais de plus, M. Gautier ayant reconnu que la matière iodée complexe et partiellement organisée qu’il a observée dans les eaux superficielles est fugace, qu’elle se transforme dans l’eau de mer évaporée au soleil, il importait que les échantillons d’eau profonde fussent conservés à l’abri de la lumière et étudiés sans évaporation. M. le prince de Monaco lui a adressé des échantillons puisés à 780, 880 et 980 mètres dans la Méditerranée, à 11 kilomètres du rivage, par un fond de 980 mètres. Grâce aux précautions prises, ces échantillons sont arrivés à Paris, presque sans avoir reçu l’impression de la lumière. Ils ont été additionnés de formol qui jouit de la propriété, tout en tuant les organismes, de les conserver dans l’état où ils se trouvent. Les protoplasmes sont, pour ainsi dire, embaumés. Au bout de douze jours, le liquide a été décanté et le résidu examiné. On y a trouvé des débris minéraux, des débris de carapaces chitineuses, une masse informe de protoplasma mort, quelques diatomées et un crustacé visible à la loupe dont le poids a été évalué à un millième de mil-
- ligramme. Quant à l’iode, les trois échantillons ont donné dès résultats qui corroborent les vues de M. Gautier sur l’origine de l’iode marin. Tandis qu’à la surface l’iode minéral fait complètement défaut, à 880 mètres le savant professeur dose 0m|yl50 et à 980 mètres 0m,,305. En revanche, dans la couche profonde, l’iode provenant d’êtres organisés et celui engagé dans la matière organique complexe sont en quantités moindres que dans les couches supérieures. La densité des eaux a également été l’objet d’études ; M. Gautier a constaté que bien que la température fût uniformément de 13°,5 dans l’épaisseur de la couche d’eau, la densité est maximum à 100 mètres au-dessus du fond, c’est-à-dire à 880 mètres. Ce fait peut s’expliquer aisément par la présence de sources d’eau douce au fond de la mer. Le voisinage des Alpes. rend cette hypothèse très vraisemblable. M. Gautier conclut, d’après les chiffres de scs expériences, que la quantité totale d’iode contenue dans un volume d’eàu puisée aux trois profondeurs est sensiblement la même, que seul l’état sous lequel on retrouve cet iode varie. L’iode minéral disparaît à mesure que les êtres organisés deviennent plus nombreux. Enfin il signale l’existence d’une matière glaireuse que les filtres de porcelaine retiennent et qui se rencontre à toutes les profondeurs.
- Ferments animaux. — M. Gautier présente une Note de MM. Abelons et Gérard signalant l’existence dans les tissus animaux d’un ferment réducteur. Si l’on met en présence de la pulpe de foie ou de rein avec des nitrates, elle les transforme en nitrites. A 100° les nitrates ne spnt plus transformés. Cette transformation des nitrates n’est pas le fait de la cellule, car le chloroforme ne l’empêche pas de se produire ; il y a donc bien lieu de l’attribuer à l’action d’un ferment qui d’ailleurs est soluble dans l’eau.
- Phénomènes consécutifs d’une éruption du Vésuve. — M. de Lapparent présente une Note de M. Matteuci, de Naples, sur un phénomène consécutif de l’éruption de 1893. 11 s’est ouvert à cette époque une ligne de fissures sur une largeur de 400 mètres et une longueur de 1600 mètres donnant de la lave, qui ont construit une coupole dans l’atrio del Cavallo. Cette coupole semble depuis avoir été gonflée par la pression intérieure; c’est là une reproduction d’une circonstance qui avait déjà été signalée dans certains terrains. De plus les fumerolles ont donné, indépendamment des produits ordinaires, du sélénium, des vapeurs d’acides fluorhydrique, bromhydrique, iodhydrique.
- Varia. — M. le président donne lecture d’un décret qui porte de 100 à 116 le nombre de correspondants que l’Académie est autorisée à nommer. — M. d’Ar-sonval adresse une Note de M. Charpentier sur les oscillations nerveuses et leur fréquence ainsi qu’une autre Note de M. Leduc sur un mode de production d’étincelles électriques globulaires ambulantes. — M. Maurice Lévy présente un ouvrage de M. d’Ocagne, intitulé « Nomographie », sur la substitution de constructions graphiques simples au calcul direct pour obtenir par simple lecture les résultats numériques de diverses formules algébriques, notamment la résolution des équations des 3e et 4e degrés. — M. Mas-cart présente un ouvrage de MM. Bos et Laffargue sur la distribution de l’énergie électrique en Allemagne. Les auteurs montrent que cette application de l’électricité, bien que née en France, a pris en Allemagne un essor bien plus important que chez nous. Le capital qui y est engagé dans les diverses entreprises de distribution atteint 500 millions et telle entreprise est à elle seule plus importante que l’ensemble des entreprises françaises. —
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- LA NATURE.
- M. Moissan présente une Note de M. Lebeau sur les propriétés et la préparation des arséniures de strontium, de baryum et de lithium. Ch. de Vileedeuil.
- COMMUTATEUR AUTOMATIQUE POUR PILES
- On a beaucoup utilisé jusqu’ici les dispositions électriques pour le remontage automatique des horloges. On a obtenu de très bons résultats ; mais il se présente de grands inconvénients avec les piles. Les éléments fonctionnent constamment, et s’épuisent rapidement. Une batterie ne peut durer plus de six mois; après cette période de temps, il faut la nettoyer, la recharger, renouveler les liquides.
- Un de nos abonnés,
- M. V. Ülyne, horloger électricien, à Reims, nous écrit que cette question l’a beaucoup préoccupé et qir’il a pu trouver une solution satisfaisante. 11 a une batterie électrique qui travaille depuis deux ans sur une pendule et qui est encore en très bon état. Dernièrement un arrêt du récepteur est survenu par suite d’une rupture de conducteur. M.
- Olyne s’est contenté de remettre simplement de l’eau dans les vases des éléments, et il estime que ces piles peuvent encore fonctionner pendant 18 mois.
- Cesrésultats ont été obtenus à l’aide du commutateur automatique que représente la ligure 1 et qui fait alternativement travailler et reposer chaque batterie pendant douze heures. Toutes les dispositions se trouvent expliquées dans le schéma de la figure 2.
- Les batteries qui travaillent sur le circuit extérieur sont au nombre de 2, désignées par le n° 1 et par le n° 2. Le pôle positif de chaque batterie est réuni au fil qui se rend à un boisseau récepteur. Les pôles négatifs sont reliés au commutateur. Un rochet. A de 60 dents est monté sur un pignon de .6 dents qui engrène avec une roue B de 144 dents. Sur cette roue est fixé un disque C dont la partie
- blanche est en ivoire ou ébonite et dont la partie rayée est en cuivre. Sur ce disque viennent appuyer en des points séparés des lames de cuivre réunies aux bornes D, D' et D". D’après le schéma, on voit que la borne D porte un fil relié à l’électro-aimant E; les fils aboutissant en D' et D" sont reliés aux pôles négatifs des piles. La lame reliée à I) appuie toujours sur la partie cuivre du disque, les lames D' et D" appuient alternativement sur le cuivre et sur
- l'ivoire. Leurs extrémités inférieures sont formées d’une dent d’encliquetage afin d’avoir un déclenchement brusque et un enclenchement doux. A chaque émission de courant de la part du distributeur, l’élec-tro-aimant E attire l’armature F. Dès que l’action est finie, un ressort antagoniste g ramène l’armature à sa première position, et entraîne le rochet A au moyen d’un cliquet 11. Une vis de rappel i permet de régler à volonté la tension du ressort g.
- Sur le pont L, sur les côtés supérieur et inférieur se trouve une vis de rappel pour régler la course de l'armature F. En K existe un cliquet
- tombant dans les dents du rochet pour empêcher tout mouvement de recul. Le rochet A fait 24 tours par jour ; son pignon, qui a 6 dents, fait donc tourner en 24 heures la roue B. U en résulte que les lames D' et D" restent ainsi alternativement et respectivement chacune 12 heures sur l’ivoire, c’est-à-dire hors circuit, et 12 heures sur la partie cuivre, c’est-à-dire en circuit. Les deux batteries de piles n° 1 et n° 2 se trouvent donc ainsi automatiquement et successivement chacune à leur tour pendant 12 heures sur la position de travail et de repos. Cet appareil qui est réellement simple permet ainsi d’assurer le bon fonctionnement de l’horloge et en même temps de réaliser une économie qui n’est pas à négliger. J. L.
- Le Gérant : P. Masson.
- [Boisseau 1 récepteur
- Distributeur
- Fig. 2. — Schéma des dispositions du commutateur automatique.
- Paris. — Imprimerie Lâhüre, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1504. — 15 JUILLET 1 899.
- LA NATU’RIE.
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- REDRESSEUR CATHODIQUE
- La bobine de Ruhmkorff étant un transformateur, il est tout indiqué de l’utiliser connue telle quand on a à sa disposition un courant alternatif, celui du
- POUR COURANTS INDUITS
- secteur de la rive gauche ou des Champs-Elysées par exemple. Le condensateur et l’interrupteur deviennent inutiles, la marche de l’appareil est silencieuse et la
- Fig. 1. — Le redresseur cathodique prêt à fonctionner. — T, transformateur ou bobine de Ruhmkorff; R, redresseur; I'P', bornes par lesquelles arrive le courant alternatif à haute tension ; MN, bornes de sortie des courants redresses; AC, tube de Crookes muni de son osmo-régulateur 0. Dans le coin à gauche on voit la disposition d’une des soupapes électriques du redresseur : l’électrode A, ne peut être qu’anode ; C, sera par suite toujours cathode ; 0, osmo-régulateur.
- mise en route instantanée. Le premier essai de ce genre paraît avoir été fait par SpottisAvoode avec une bobine de 0m,50 d’étincelle actionnée par un alternateur Meritens. Il obtenait ainsi, entre les bornes du secondaire, une véritable flamme de 18 centimètres de longueur et de la grosseur d’un crayon. C’est plus qu’il n’en faut pour faire d’excellentes radiographies.
- Une difticulté se présente toutefois : les deux courants induits, direct et inverse, donnés par la bobine, ne sont plus « égaux en quantité, inégaux en tension » suivant la formule classique; ils sont identiques, au sens près, et traversent avec la môme facilité les tubes de Crookes. Pour pouvoir utiliser ce courant alternatif à haute tension, il faut arrêter l’une des alternances, ou bien la redresser, ce qui est évi-27e anuée. — Ie semestre.
- demment préférable. L’appareil suivant permet d’obtenir ce résultat : La pièce principale, représentée à
- part sur la figure 1, est une ampoule en verre de 400 à 500 centimètres cubes, munie de deux électrodes très dissemblables. Pour un degré de vide convenable, compris d’ailleurs entre des limites assez écartées, l’électrode At, située dans le tube étroit, oppose au courant une résistance énorme si elle est cathode, et ne laisse alors rien passer au-dessous de 60 000 volts. La spirale Ct, au contraire, laisse passer sans difficulté l’électricité négative et sa résistance correspond à moins de 1 millimètre d’étincelle. La cause de cette dissymétrie est la suivante : une cathode ne laisse passer le courant qu’en proportion de la quantité de rayons cathodiques quelle peut donner; cette émission ayant
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- Fig. 2. — Disposition du redresseur. — A, C,, A4 Cs, soupapes simples ; C3 A3 A' 3, soupape à deux anodes ; PP', MN, bornes d’entrée du courant alternatif et de sortie des courants redressés.
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- lieu ;mx dépens du gaz qui entoure l'électrode, on voit immédiatement, que le débit cathodique peut être considérable pour (\ alors qu'il est sensiblement nul pour A4, et, en effet, le verre n'est aucunement lluorescent au voisinage de* celle-ci.
- On a ainsi une « soupape » électrique très efficace et capable de supporter le débit d’une forte bobine excitée par un courant do 2b ampères. Elle présente en même temps une particularité tout à fait favorable à son emploi : dans un tube de Crookes ou de Geissler, la seule électrode (pii s'échauffe est la cathode1 ; dans le cas présent celle-ci doit précisément avoir une surface considérable, ce qui assure son refroidissement, et elle est placée dans la partie la plus volumineuse de l'appareil ; quant aux rayons cathodiques qu’elle émet, ils sont, en raison de leur nombre, trop peu énergiques pour échauffer dangereusement le verre, et ils ne le rendent même pas fluorescent.
- Tel qu’il vient d’être décrit, cet appareil suffit pour obtenir le résultat cherché : il ne laisse en effet passer le courant que dans le sens At G,, et un tube de Crookes placé à sa suite dans le circuit, de telle sorte que sa cathode soit reliée à At, sera parcouru par des courants, tous de même sens, au nombre de 40 à 50 par seconde, suivant la fréquence de l’alternatif.
- Un ne laisse passer ainsi qu’une alternance sur deux; il est évidemment préférable d’utiliser, en les redressant, les deux courants induits, ce qui revient à doubler la fréquence. Le dispositif représenté figure 2 résout complètement le problème :
- Trois ampoules, dont une à deux anodes, sont fixées sur une planchette et connectées comme'le montre la figure ; P et P' reçoivent les fils qui viennent de la bobine ou du transformateur (voy. fig. I), M et N sont reliées au tube de Crookes. Les électrodes marquées de la lettre A ne pouvant être cathodes, une charge négative arrivant par P, par exemple, passe nécessairement par C} A, ; arrivée en ce point, elle ne peut pénétrer dans l'ampoule A2C2, et, pour arriver à la borne P', elle est obligée de traverser le tube de Crookes intercalé entre M et N ; de là, elle se rend à P' par C3À'3. L’appareil étant svmétrique, le trajet de l’électricité négative à l’alternance suivante est évidemment P'C2 A2MNC3A3P. Le tube de Crookes est ainsi parcouru par des courants de sens invariable, au nombre de 80 à 100 par seconde.
- L’installation complète est indiquée figure 1. Elle comprend le redresseur R, le transformateur T et le tube de Crookes À C. Un ampèremètre et un rhéostat doivent en outre être placés sur le circuit inducteur.
- Un sera évidemment dans les meilleures conditions en employant un véritable transformateur tel qu’on le construit actuellement ; mais une bobine ordinaire, de 40 à 50 centimètres d’étincelle, donne
- 1 Dans les lubes de Crookes employés pour la production des rayons X l’anode s’échauffe uniquement parce qu’elle est antieathode.
- déjà de fort lions résultats, d’autant plus élevés que la fréquence de P alternatif est plus considérable, ce (pii permet d’élever la tension primaire. 11 n’est peut-être pas sans intérêt non seulement pour les radio-graphes, mais aussi pour les physiciens, de pouvoir disposer d’une source électrique donnant, avec une tension de 40000 à 50 000 volts, un courant de sens absolument invariable. P. Yiei.ard,
- Docteur ès sciences.
- UNE NOUVELLE
- MESURE DE L’ÀRC DU PÉROU
- PAR EXE MISSION FRANÇAISE
- La forme et les dimensions de la Terre déduites des opérations géodésiques.
- La question de la détermination des dimensions de la Terre remonte à la plus haute antiquité ; elle semble avoir pris naissance lorsque l’expédition d’Alexandre, dans les Indes, eut ouvert l’Orient et élargi les notions géographiques des Grecs.
- Le principe de cette détermination est des plus simples.
- Si la Terre a la forme d’une sphère, il est évident qu’en mesurant un arc de grand cercle, d’amplitude connue, on en déduira immédiatement le rayon de la sphère et la longueur du méridien.
- Dans l’antiquité, la mesure de l’arc se faisait par des procédés d’arpentage et la mesure de l’amplitude par les procédés grossiers de l’astronomie primitive qui n’avait pas, à sa disposition, nos instruments d’optique : les premières mesures furent donc, on le conçoit, très imparfaites. Néanmoins, l’une d’elles, celle d’Eratosthène, exécutée 250 ans avant J.-C., donne, pour la valeur du tour de la terre, 40 500 000 mètres, résultat assez voisin de la valeur véritable.
- Ces études, complètement abandonnées au moyen âge, furent reprises avec ardeur, vers le seizième siècle. Deux savants, Fernel en 1550, Norwood en 1635, mesurèrent des arcs de méridien, en France et en Angleterre, mais en employant encore des procédés directs.
- C’est au Hollandais Snellius que revient l’honneur d’avoir, le premier, fait emploi des procédés trigonomé-triques. L’opération qu’il fit entre Alkmaar et Berg-op-Zoom, fut conduite en rattachant les deux extrémités de l’arc à mesurer par une série de triangles juxtaposés, de manière à réunir deux triangles contigus par un côté commun. 11 suffit donc, pour déterminer la chaîne entière, d’avoir mesuré, directement, un côté de départ, l’angle que fait la direction de ce côté avec le méridien et les angles des triangles; la méridienne se calcule ensuite par segments successifs.
- L’académicien français Picard reprit, en 1665, la méthode de Snellius, en se servant des instruments nouveaux à lunettes dont il venait, avec Auzout, d’introduire l’usage. Son opération de la mesure de la méridienne de Paris est la véritable origine de la géodésie moderne. Picard couvrit d’une chaîne de triangles l’espace compris entre Paris et Amiens, y rattacha une hase de départ mesurée à Juvisv avec un soin remarquable, et calcula trigonométriquement la méridienne par segments. La méridienne de Picard, prolongée au sud jusqu’à Perpignan par Cassini et Lahire, servit de base à la carte de Cassini et la valeur de l’arc de 1° déduite de ses opérations permit à Newton de découvrir l’attraction universelle.
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- Mais, à cotte époque, la science avait suffisamment progressé pour que l’on ne s’attachât plus seulement à la détermination des dimensions de la terre, mais aussi à sa forme. Les théorèmes d’iluyghens, sur la force centrifuge, montraient que la terre, tournant autour de son axe, devait être aplatie aux pôles et renflée à l'équateur. Newton, traitant la même question, arriva au même résultat. 11 en résulte que, si la terre a réellement la forme d’un ellipsoïde aplati aux extrémités de l’axe de rotation, la longueur des arcs de 1° doit aller en augmentant à mesure (pie l’on s’éloigne de l’équateur pour remonter vers les pôles, et le rayon terrestre étant, dans cette hypothèse, plus grand à l'équateur qu’aux pôles, l’intensité de la pesanteur doit décroître du pôle à l’équateur. Le dernier résultat avait été vérifié par Richer, à Cayenne, en 1(572.
- Les mesures géodésiques de Ricard, au contraire, ainsi que celles de Cassini, semblaient aller à l’encontre de la théorie newtonienne; les degrés paraissaient décroître au fur et à mesure qu’augmentait la latitude, et il fallait en conclure que la terre était renflée aux pôles et aplatie à l’équateur. Jacques Cassini développa cette théorie dans son Traité de la grandeur et de la figure de la terre, mais ses conclusions, en désaccord complet avec les théories de Iluyghens et de Newton, ainsi qu’avec les expériences de Richer, ne furent pas acceptées par une partie du monde savant, bien qu’une mesure du parallèle de Paris, qu’il exécuta en 1753, semblât confirmer ses premières observations.
- Pour vider le différend et mettre fin aux luttes entre les Newtoniens et les Cassiniens, l’Académie des sciences prit alors l’initiative de faire entreprendre de vastes opérations de mesures d’arcs, à la fois vers les pôles et à l’équateur. On s’y décida en 1754, et, dès l’année suivante, une expédition, composée de Rouguer, La Conda-minc et Godin des Odonais, partait pour le Pérou, en vue d’y mesurer un arc de méridien, tandis que Clairaut, Maupertuis, Camus, Lemonnier et l’abhé Outhier se rendaient en Laponie, en 1750, dans le même but. En même temps, l’Académie faisait reprendre par Cassini de Thurv, fils de Jacques Cassini, la mesure de la méridienne de France, afin d’en faire disparaître les trop grandes imperfections.
- Les résultats de ces expéditions, qui fixèrent définitivement la forme de la terre et ses dimensions générales, furent les suivants :
- Longueur de l’arc de l9 en Laponie. . . . 57 422 toises.
- — — en France (Cassini) 57 00!) —
- — — à l’Équateur ... 56 750 —
- Les théories newtoniennes se trouvaient donc entièrement confirmées, et la Terre affectait bien, dans son ensemble, la forme d’un ellipsoïde aplati dans le sens de son axe de révolution, c’est-à-dire vers les pôles. Mais ces opérations, quoique menées avec le plus grand soin par des savants de premier ordre, n’étaient pas sans imperfections.
- En particulier les mesures des bases, au Pérou, n’étaient pas sans reproches, et la réduction de ces hases au niveau de la mer avait été faite avec des données peu exactes sur l’altitude des lieux où avaient été effectuées les mesures.
- Néanmoins, lorsque à la fin du siècle dernier la Commission du système métrique, instituée par l’Assemblée Constituante pour fixer une unité fondamentale de longueur, à la fois nationale et universelle, t%t décidé l’adoption de la dix-millionième partie du quart du méridien
- terrestre, ce fut l’arc du Pérou qui combiné avec l’arc français servit à fixer les dimensions de l’ellipsoïde terrestre qui devaient former la base des calculs. Quant à l’arc français, la Commission, jugeant que les opérations de Cassini n’étaient pas assez précises, en ordonna une nouvelle mesure qui devait être poussée jusqu’aux Ba-léarcs s’étendant ainsi, symétriquement, au nord et au sud du parallèle de 45°.
- C’est à la suite de ces résolutions que la méridienne de France fut mesurée de Dunkerque à Rarcelone par I)e-lambre et Méchain, avec les instruments nouveaux créés par Rorda, qui permettaient l’emploi de la méthode de la répétition des angles.
- La longueur de cet arc, d’amplitude parfaitement connue, introduite dans les équations générales, fit connaître la longueur du quart du méridien terrestre et par suite le rapport de la toise étalon du Pérou (unité dans laquelle étaient exprimées les mesures) à la nouvelle unité de longueur.
- Ainsi, c’est de l’arc du Pérou, de Rouguer, La Conda-mine et Godin, et de la méridienne de France, de Re-lainhrc et Méchain, qu’est né le mètre, ainsi que tout le système de poids et mesures qui en dérive, système adopte aujourd’hui par la presque totalité des pays civilisés.
- Depuis cette époque, les autres nations ont suivi la France dans la voie géodésique; d’autres arcs ont été mesurés; les méthodes ont progressé par l’introduction, dans les calculs, des théories de Legendre et de Gauss sur les erreurs d’observations et par l’emploi de la méthode de la réitération dans les opérations elles-mêmes. Les instruments ont subi de notables perfectionnements, surtout quant à la partie optique. Dans ces conditions nouvelles, l’ancienne méridienne de France, de Re-lambre et Méchain, ne pouvait plus supporter la comparaison avec les travaux étrangers plus récents. Aussi le maréchal Niel, ministre de la guerre, en 1809, avait-il décidé, sur la proposition du Bureau des longitudes, qu’une nouvelle mesure en serait exécutée.
- Cette importante opération commencée sous la direction du colonel Perrier et terminée par le colonel Bassol, de 1870 à 1892, a été effectuée avec toutes les garanties d’exactitude que présente la science moderne et doit servir de modèle pour toutes les opérations de ce genre entreprises actuellement.
- La question de faire servir ce travail important à une nouvelle discussion de la forme et des dimensions de la terre se posait donc. Elle fut soulevée, pour la première fois, à l’assemblée générale de l’Association géodésique internationale, en 1889, par le délégué des États-Unis. Celui-ci, tout en demandant à l’Association géodésique de provoquer une nouvelle mesure de l’arc équatorial de Bouguer, La Condamine et Godin, reconnaissait pleinement les droits de priorité de la France. Mais le délégué américain laissait entrevoir que, si cette dernière puissance ne relevait pas cette sorte de mise en demeure de procéder à de nouvelles opérations à l’Équateur1, l’Amérique était prête à les prendre entièrement à sa charge. Les délégués français n’hésitèrent pas à revendiquer, pour leur pays, l’honneur de procéder aux nouvelles opérations; des pourparlers furent engagés avec le Gouvernement équatorien, et un projet était à l’étude lorsqu’une révolution politique survenue a la République de l'Équateur vint arrêter les préparatifs.
- 1 L'arc du Pérou de 1750 est actuellement compris sur le territoire de la République de l'Equateur.
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- L’étude de la question n’avait cependant pas été inutile. Elle avait surtout montré, d’une façon péremptoire, la nécessité absolue d’une reconnaissance préalable et l’impossibilité de faire, sans cela, un devis, même approximatif, des dépenses de l’expédition.
- Les choses en étaient là, lorsqu’en 1898, à la réunion générale de l’Association géodésiquc internationale tenue à Stuttgard, le délégué des États-Unis reprit à nouveau la question, en'demandant, d’une façon plus formelle même qu’en 1889, l’intervention dans cette affaire du bureau de l’Association. Une commission composée des trois délégués des États-Unis, de l’Espagne et de la France fut chargée d’examiner-la question et, comme conclusion de son rapport, l’Assemblée générale émit le vœu qu’il fût procédé, dans le plus bref délai possible, à une reconnaissance de la chaîne, sans rien spécifier de particulier sur la puissance qui en serait chargée. La commission des délégués français a été unanimement d’avis qu’il y avait lieu de recommander l’entreprise à la sollicitude du gouvernement et que la France ne pouvait abandonner les droits de priorité que lui avait assurés la mesure du siècle dernier. Elle émit le vœu que la France reprît, à son profit exclusif, la nouvelle mesure de l’arc équatorial et qu’il y fut procédé le plus tôt possible, d’autant plus qu’une mission russo-suédoise entreprenait, actuellement, la mesure d’un arc de méridien en Scandinavie. De son côté le Ministre de l’Instruction publique mettait une somme de "20 000 francs prélevés sur les crédits de son département à la disposition d’une première mission chargée de faire la reconnaissance préalable. Cette importante opération préliminaire a été confiée, par M. le Ministre de la Guerre, à deux officiers du service géographique de l’armée, MM. les capitaines Maurain et Lacombe, qui se sont embarqués récemment à Bordeaux à destination de Guayaquil et Quito.
- Les études et travaux des deux officiers chargés d’exécuter la reconnaissance doivent comprendre :
- 1° L’établissement d’un projet de chaîne de triangles d’au moins 5° d’àmplitude, en conservant, autant que cela sera possible, la plupart des stations de la méridienne de Bouguer et La Condamine. Néanmoins, ôn cherchera à réduire le nombre des triangles, en modifiant ceux d’entre eux qui sont mal conformés. L’ancienne chaîne ne comportait qu’un développement de 3° ; il est vraisemblable qu’il sera possible de l’allonger au Nord de 1° environ, en la poussant jusqu’à la limite du territoire équatorien; il resterait alors à l’allonger de 1°, au moins, vers le Sud;
- 2° La reconnaissance et la fixation des termes de trois hases, deux aux extrémités de la chaîne et une en son milieu ;
- 5° La reconnaissance de deux stations astronomiques, aux deux extrémités de l’arc, qui seront rattachées à la chaîne et à l’observatoire de Quito pris comme station fondamentale, ainsi que l'étude des moyens de déterminer, télégraphiquement, la différence de longitude entre l’observatoire de Quito et les deux stations extrêmes;
- 4° La recherche des stations où il pourra être intéressant, au point de vue des attractions locales, de déterminer une latitude, un azimut et l’intensité de la pesanteur;
- 3° Enfin, la recherche de la ligne de nivellement géométrique la plus commode entre Guayaquil et Quito.
- Ge programme, en y ajoutant, pour chaque station, la détermination des éléments magnétiques et des études sur la météorologie, fixe également celui des opérations définitives, au point de vue astronomique et géodésique.
- Mais il est à souhaiter que la mission française, à l’Équateur, ne borne pas là ses travaux et que sous le haut patronage de l’Académie, il lui soit adjoint des savants chargés d’étudier la chaîne des Andes, tant au point de vue géographique et géologique qu’au point de vue de l’histoire naturelle, de façon à produire une œuvre d’ensemble digne, en tous points, de la science française. X.
- LA QUESTION DE L’EAU A PARIS
- C’est en 1894 que furent inaugurées au Muséum d’ilistoire naturelle les Conférences dites d’actualité scientifique. Destinées au grand public auxquelles idles prétendent procurer des données précises sur les questions à l’ordre du jour, elles trouvent trop petit le grand amphithéâtre du Jardin des Plantes, envahi par la foule désireuse de les entendre. Elles débutèrent à l’occasion des tremblements de terre dont était désolée une partie de la Grèce, et à propos desquels on avait avancé dans les journaux des assertions fort inexactes. Plus tard, une météorite étant tombée à Madrid, des contes et des légendes furent livrés à la crédulité des masses par des écrivains mal renseignés, et le Muséum choisit cette occasion pour résumer les faits acquis dans le domaine de la Géologie comparée. Quand M. Rœntgen eut découvert les rayons X, le professeur de physique du Muséum, M. Recquerel, consacra à cette actualité une de nos conférences du dimanche. Enfin, à l’époque où toutes les préoccupations convergeaient vers Madagascar, une série de causeries furent employées à la description complète de la grande île africaine : M. Ilamy en résuma l’anthropologie et l’ethnographie, M. Milne Edward la zoologie, M. Bureau la botanique et le signataire du présent article la géologie.
- Tout récemment une question passionnante s’est agitée devant lé public : l'alimentation en eau de la Ville de Paris, et ici encore on a dit et répété beaucoup de choses inexactes, qui montraient que bien des personnes n’avaient que des idées extrêmement vagues sur lé gisement de l’eau dans la terre, sur l’origine des sources, sur les travaux de captages et sur les conditions dans lesquelles ces travaux peuvent être utilement et honnêtement exécutés. Aussi une conférence d’actualité scientifique du Muséum concerna-t-elle la Question de l'eau à Paris.
- Soigneusement cantonné sur le terrain scientifique, le conférencier écarta de son programme tout ce qui dans ce vaste sujet pouvait avoir des rapports même éloignés avec les discussions politiques dont la tribune a retenti et qui ont rempli les journaux. Il se garda par conséquent de condamner telle ou telle source considérée en particulier, mais il donna les moyens de juger d’une façon abstraite si une eau présente ou non les conditions désirables. Après un historique qui donne une exacte idée de la soif croissante de Paris, et de la difficulté toujours plus grande de la satisfaire, il toucha la question brûlante des travaux tout récemment exécutés et de ceux qu’il reste à accomplir. On eut par exemple, au sujet de l’Avre, tout
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- Fig. 1. — Coupe de la caverne d’Arcy-sur-Cure : projection de plus d'un mètre de long qui passa lentement au foyer de la lanterne
- et procura l'illusion d’une promenade dans les salles souterraines.
- Fig. 2. — La Source d’Érigny avant le captage réalisé par la ville de'Paris.
- Fig. 5, — La source d'Érigny après le captage réalisé par la ville de Paris.
- ce qui présente une allure scientifique : on comprit que les eaux de ces sources sont filtrées par leur circulation au travers d’une épaisseur suffi-
- sante de roches poreuses, et qu’elles peuvent perdre leur qualité, par des infiltrations amenées le long de ces tubulures naturelles du sol, qu’on désigne sous
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- LA NATURE.
- les noms d’avens, de bétoires et de gouffres. Et ce ]>oint spécial, en faisant pénétrer dans le mystère de la physiologie terrestre, où l’eau qui circule dans le sol se comporte comme le sang dans un organisme animal, amena sous les yeux de l'auditoire des projections mobiles qui eurent du succès. L’une représentait les masses rocheuses traversées verticalement par un puits artésien ; et la lente montée du tableau, (pii avait plus d’un mètre de long, procura l’illusion d’une descente qu’on aurait réellement accomplie. Une autre dont nos lecteurs auront l'idée par la ligure I ci-jointe, en se mouvant lentement dans le sens horizontal, donna l’idée qu’on visitait une longue suite de chambres souterraines, ornées de stalactites et de stalagmites, présentant des lacs et des rivières comme il y en a dans tant de régions, entre autres à Arcy-sur-Cure, choisie comme exemple.
- Des quantités de projections accompagnèrent le discours, et comme spécimen on a reproduit ici, d’après des photographies (pii nous avaient été gracieusement communiquées par M. Ramond, assistant de géologie au Muséum, l’une des sources de la région de l’Avre, celle d’Érigny, avant (fig. 2) et après (fig. o) le captage (pii a été réalisé par la Ville de Paris.
- En terminant la séance le conférencier a proposé aux méditations de son auditoire des considérations (pii seraient de nature à rendre moins difficile la solution du problème de l’eau à Paris. L’une est relative à l’augmentation des ressources à utiliser et l’autre à la diminution possible de la consommation.
- Au premier point de vue, on pourrait capter les eaux qu’alimentent nos puits artésiens, avant qu'elles aient atteint les profondeurs où les sondages artésiens vont les chercher et où elles sont devenues chaudes et salines; mais après qu’elles ont subi, de la part des sables, une filtration qui les aurait déharassées des impuretés et amenées à l’état d’eau de sources.
- A l’autre égard, il est certain qu’on diminuerait extrêmement les besoins de Paris, si on expulsait de la ville tout ce qui n’est pas citadin par essence. Les hommes sont encore bien éloignés de savoir tirer parti, avec le maximum de profit, de leur demeure terrestre; un moment viendra certainement où l’on ne demandera à chaque point de la terre que ce qu’il est apte à produire le plus facilement. Ce sera, pour les localités, le correspondant de la division des jonctions qui s’est opérée chez les hommes par le fait de la civilisation. Le perfectionnement des moyens de transport augmentant, il y aura un jour les pays à blé, les pays à fruits, les pays à viande, qui alimenteront toute la terre ; il y aura aussi les localités exclusivement industrielles, celles où les puissances naturelles viennent se mettre en quelque sorte d’elles-mêmes à la portée de l’homme, sous la forme de chutes d’eau, de marées, etc. Enfin, il y aura les localités d’habitation.
- C’est certainement un reste de l’état de barbarie, que la présence dans les grandes cités d’industries comme des tanneries, des raffineries, des teinture-
- ries, etc. En éloignant ces usines des villes, soit jxmr les installer près des chutes d’eau, soit pour les réédifier au bord de la mer, on éliminerait une cause de contamination qui n’est, pas négligeable pour les citadins et surtout on diminuerait singulièrement la consommation de l’eau.
- Les villes seront de plus en plus des localités artificielles combinées au point de vue de la commodité, de l'hygiène et du plaisir de leurs habitants. 11 est bien clair que pour Paris celte transformation ne se fera pas brusquement, et que les nouvelles adductions d’eau, qu’on nous promet, ménageront la transition ; mais peu à peu les causes de consommation ou de pollution inutiles seront réduites jusqu’à totale disparition. Stanislas Meunier.
- SUR UN PHÉNOMÈNE DE PSEUDO-ÉBULLITION
- DE LA POUDRE DE CHARBON
- Lorsqu’on vient à chauffer un peu vivement, surtout dans une capsulé métallique (platine par exemple), du charbon réduit en poudre d’une grosseur convenable, on observe une série de phénomènes que je n’ai vus signalés nulle part et qui cependant méritent de fixer un instant l’attention.
- Tout d’abord et dès que la capsule se trouve en contact avec la flamme, la masse de poudre se détache en bloc de la capsule et devient extrêmement mobile; elle semble rouler sur le fond un peu comme la goutte de liquide à l’état sphéroïdal sur une surface suffisamment chaude. Ce phénomène de caléfaction se produit d’ailleurs avec toute substance pulvérulente ; il est bien connu de ceux qui ont l’occasion de calciner des précipités; mais, avec la poudre de charbon, il présente une intensité exceptionnelle.
- Immédiatement après, souvent même sans qu’on ait eu le temps d’observer ce premier fait, la masse entre en effervescence. Des différents points de la surface des jets de poudre fine, pouvant atteindre 2 centimètres de hauteur, s’élancent, soulevés par un abondant dégagement gazeux, produisant une véritable et tumultueuse ébullition. Parfois, surtout si on agite légèrement, c’est un épais torrent de fumée noire qui s’échappe en tourbillonnant et brille au contact de la flamme, lîn fait à remarquer, c’est que ce tourbillon de poussière de charbon ne brûle qu’à sa périphérie, c’est-à-dire dans les parties qui se trouvent mélangées à l’air ambiant. Le dégagement gazeux se ralentit, en général, assez rapidement, mais ne cesse complètement que longtemps après.
- Lorsque l’ébullition est calmée et pour peu que les conditions dans lesquelles on opère soient favorables, le phénomène entre dans une autre phase. La masse de charbon se trouvant portée au rouge dans les parties les plus voisines de la capsule, il se produit à la surface restée sombre comme une houle de tumuli d’un rouge plus vif, semblables à des volcans lilliputiens lançant par leurs minuscules cratères des particules incandescentes. A ce moment, la masse est fluide et étant agitée doucement peut donner l’illusion d’un métal en fusion.
- Peu à peu toute effervescence disparaît et il ne reste plus qu’une poudre chauffée au rouge et que blanchit déjà le commencement de l’incinération.
- L’explication de ces phénomènes paraît, en somme, assez simple. Toute poudre pouvant résister suffisamment
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- aux premières atteintes de la chaleur et possédant une certaine légèreté spécifique peut produire quelque chose d’analogue aux deux premières phases lorsqu’on la chauffe fortement et surtout brusquement. La légère ébullition qu’on constate parfois dans ce cas est due évidemment au dégagement, sans l’influence de la chaleur, d’une partie des gaz interposés entre les particules de poussière, mais elle n’a rien de comparable comme intensité avec ce qui se passe pour la poudre de charbon. 11 y a ici un autre facteur qui intervient, et ce facteur, ce sont évidemment les gaz puisés dans l’atmosphère ambiante et accumulés dans le charbon que celui-ci abandonne en masse.
- Les conditions qui peuvent influer sur la production et l’intensité des phénomènes décrits me paraissent bien difficiles à déterminer.
- Il semblerait tout d’abord que les charbons dont le pouvoir absorbant est le plus considérable fussent par cela même ceux pour lesquels cette intensité atteint son maximum : il n’en est rien ; la poudre de charbon animal, par exemple, ne présente rien de remarquable. On pourrait supposer que sa densité est un obstacle à la production de l’ébullition et il est possible que cette densité ait de l’influence; néanmoins, la légèreté du charbon ne constitue nullement une circonstance favorable et le poids spécifique du charbon ou du bois qui l’a fournie ne semble avoir aucune influence. Les charbons de peuplier ou du sapin de Trieste, qui sont des plus légers, ne se différencient nullement de ceux d’orme ou de hêtre; il m’a même paru que celui de chêne était un de ceux avec lesquels on obtenait l’effervescence la plus vive.
- La poudre doit être fine, mais non point impalpable.
- L’humidité paraît avoir une influence marquée et s’opposer à l’ébullition.
- Enfin, la vétusté, comme on le prévoit, paraît au contraire la favoriser; encore faudrait-il tenir compte des conditions dans lesquelles la poudre a été conservée.
- Quoi qu’il en soit, il y a là une série de phénomènes qu’il m’a paru intéressant de signaler et dont l’intérêt s’accroîtrait certainement beaucoup par l’étude des gaz qui doivent en être la cause principale.
- 11 faut bien dire, en effet, que quelque plausible que paraisse à première vue l’explication donnée plus haut, elle ne saurait rendre compte de tous les faits observés.
- Nous avons vu, d’ailleurs, que le tourbillon poussiéreux ne brûle que dans ses parties en contact avec l’air extérieur ; il faut donc admettre que les gaz qui le produisent ne contiennent pas ou contiennent très peu d’oxygène ou autre gaz comburant, car alors la poussière charbonneuse brûlerait dans toute sa masse et même avec explosion. 11 est d’ailleurs certain que s’il est absorbé, l’oxygène, au contact du carbone, doit produire plus ou moins rapidement de l’acide carbonique ; mais nous devons également supposer qu’il ne se dégage aucun gaz combustible, carbure, phosphure, sulfure d’hydrogène, ou qu’il ne s’en dégage qu’en proportion infime, alors qu’au contraire ce sont les produits gazeux que le charbon absorbe avec le plus d’avidité. Finalement on en arriverait à supposer que les gaz qui se dégagent de la poudre de charbon sont constitués à peu près uniquement par un mélange d’azote et d’acide carbonique, ce qui est inadmissible.
- Pour être fixé sur ce point, il serait indispensable de procéder à un certain nombre d’analyses de ces gaz; mais la difficulté d’établir un appareil satisfaisant pour les recueillir m’en a empêché. P. Martaud.
- Pharmacieu-major de 1" classe à l'hospice militaire d'Orau.
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- LES MORTIERS-PARAGRÊLES
- Les canons, créés pour la destruction des hommes, sont également susceptibles, paraît-il, de rendre à l’humanité les plus grands services.
- On a, dans ces dernières années, entendu parler de ces expériences entreprises dans divers pays, notamment aux Etats-Unis, afin de faire cesser la sécheresse si néfaste aux biens de la terre ; on bombardait de salves d’artillerie le ciel trop longtemps pur et serein et celui-ci, devant cette tapageuse manifestation, se couvrait de nuages qui, crevant, arrosaient la terre d’une bienfaisante ondée.
- Mais, aujourd’hui, il s’agit d’autre chose; on tire le canon non pour faire pleuvoir, mais pour empêcher la grêle de se produire.
- On fait usage pour cet objet de bouches à feu spéciales; ce sont des sortes de mortiers enchâssés dans des socles en bois et à la bouche desquels on peut fixer un cornet en tôle de plus de 2 mètres de hauteur. On charge le mortier de 100 grammes de poudre bien bourrée ; on dispose et on fixe le cornet, puis on met le feu à l’aide d’une étoupille. La détonation produit un ébranlement considérable de l’air, grâce au cornet dont les vibrations sont amples et prolongées et qui fait l’office d’un gigantesque diapason. A cette action du cornet, vient s’ajouter celle des gaz provenant de la déflagration de la poudre, qui, se précipitant dans l’atmosphère, augmentent le trouble d’une façon considérable.
- Si un orage de grêle est en train de se former et que, dans son voisinage, on tire le mortier précédent, le laboratoire du météore sera mis sens dessus dessous ; les gréions ne pourront se former, et au lieu de çgs-dange-reux projectiles, une forte averse de pluie tombera sur la terre. La Styrie et la Carniole ont eu, les premières, l’idée d’employer les mortiers-paragrèles ; M. Ottavi, directeur de II coltivatore, journal agricole italien très estimé, nous assure que, dans ces deux pays, les vignobles défendus par les mortiers n’ont jamais reçu l’atteinte de la grêle; et voilà trois années que cette immunité dure.
- L’exemple donné par la Styrie et la Carniole est aujourd’hui suivi par la Vénétie et le Piémont; une société de
- Mortier-para grêle.
- défense contre la grêle avec emploi des mortiers à cornet vient de se créer à Corregliano, dans la province de Tré-vise, et d’autres sociétés du même genre se constituent à Àrzignano, à Barbarano et dans la province de Vicence.
- 11 paraît qu’un mortier est susceptible de défendre contre la grêle un espace circulaire de 500 à 750 mètres de diamètre. II suffit donc de disposer ces pièces d’artillerie de telle sorte qu’elles soient distantes les unes des autres de 1 à 1 kilomètre et demi.
- Le prix d’un mortier serait de 150 francs, mais il serait, paraît-il, possible d’abaisser cette dépense par l’emploi de la fonte de fer au lieu du bronze.
- Quoi qu’il en soit, il nous a paru intéressant de signaler cette tentative destinée à combattre efficacement le fléau dévastateur de la grêle. Nos vignobles du Midi, si éprouvés de ce chef, pourraient peut-être essayer de ces mortiers et, si les résultats en étaient satisfaisants, les adopter d’une manière définitive. L‘-colonel Delauney.
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- LA NATURE.
- LA GRANDE GARE DE LUCERNE
- Il semble qu’en Suisse tout soit fait pour le plaisir des yeux, et quand on arrive à Lucerne par le splendide Lac des Quatre-Cantons, la « Yierwaldstat-tersee », on croirait se trouver devant un décor de théâtre, tout comme en face de la merveilleuse coupée d’Interlaken sur la Yungfrau. J)’un des quais de la ville, sur celui qu’on nomme le Schweizerhoffquai,
- (pii borde la rive droite de la fameuse Reuss, là où elle sort du lac, on aperçoit le panorama que représente la photographie ci-jointe (fig. o) : à droite, se montre le pont qu’on appelle le Pont du lac, et une partie de la ville se profilant sur le massif du Pilate. Les yeux peuvent du reste parcourir tout l’horizon mieux que l’appareil photographique, et ils apercevraient alors bien d’autres splendeurs, le Rigi et les Alpes neigeuses d’Uri et d’Engelberg.
- Distribution
- Salle d'attente
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- Saille d'attentet1ne$tau
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- Lin |l*te):2?Clis^s afretÿClassis;
- 3^ Classe
- Office
- cul -dessus d'habitations.
- Vestibule
- Table des
- Librairie'
- distribution des bagages.
- Vestibule
- \ Buvette
- [f il delà
- [disponible
- Entrée principale
- Mètres
- TH3 o"
- Fig. 1. — Plan d'ensemble'(le la gare de Lucerne.
- Mais arrêtons nos regards sur ce monument à dôme (pii se trouve à l’extrême gauche, comme en bordure du lac, et à côté duquel stationne un bateau à vapeur : c’est la nouvelle gare de Lucerne, qui est des plus intéressantes à toutes sortes de points de vue et peut souffrir la comparaison avec les grandes gares qui ont déjà été décrites dans La Nature. Le grand porche de sa façade, ses pavillons d’angle et son dôme un peu surbaissé sont dans le style byzantin ; l’ensemble est du reste agréable, et rien ne rappelle, au moins extérieurement, le hall métallique caractéristique de la station de chemin de fer ordinaire. D’une manière générale on sait que les architectes cherchent maintenant à donner aux gares des dispositions architecturales élégantes, leurs efforts ont même été parfois jusqu’à construire des gares gothiques, comme à Bruges; en Suisse on ne pouvait manquer de sacrifier à pareille habitude, d’ailleurs absolument légitime, étant donné que ce petit pays fait tout pour attirer le voyageur en lui rendant le voyage commode et agréable. Aussi la gare de Lucerne mérite-t-elle plus qu’un coup d’œil, elle mérite une description complète de ses aménagements.
- C’est une station terminus et par suite en cul-de-
- sac, comme on peut le voir sur un plan de la ville; sa façade est sur le lac, mais on n’a pas non plus négligé les deux côtés, qui sont dégagés et ont été traités avec une grande préoccupation de l’élégance. On avait à vaincre une réelle difficulté, en ce sens qu’on ne voulait pour ainsi dire qu’un édifice à rez-
- de-chaussée, et qu’il ne fallait pas qu’il fût écrasé par son développement latéral. On a su habilement trancher la difficulté en donnant au rez - de - chaussée une
- grande élévation et en allégeant le petit premier étage au moyen de la coupole et des pavillons d’angle : le rez-de-chaus-sée n’a pas moins de 9,10 mètres de hauteur, et il est percé d’un grand nombre de baies. L’ornementation, notamment celle du dôme du porche, est assez sobre et suffisamment décorative. Sur les façades latérales on a adopté des dispositions analogues, la façade présentant toutefois cette particularité que les bâtiments y ont un développement bien moindre et se continuent d’une part par une grille de sortie élégante, plus loin par une marquise très légère d’aspect.
- Parcourons l’ensemble de la gare en nous reportant au plan que nous devons à l’obligeance de la Direction du chemin de fer central suisse. Si nous
- Mètres
- S* Gottl
- Place
- NORD
- de la Gare
- Posté
- - JfoTtTTV, SC.
- Fig. 2. — Plan d’ensemble. Gare et environs.
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- LA NATURE.
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- entrons par le grand porche, qui a près de 14 mètres de large et se partage en trois baies, nous nous trouvons dans le vestibule dominé par le dème, vestibule qui, avec ses annexes, a plus de 54 mètres de longueur sur une largeur de 8m,50. Immédiatement droite et à gauche sont les guichets de distribution, répartis en deux groupes de quatre. Au delà des guichets, sur la gauche, tout l’espace est consacré aux bagages, un passage permettant du reste de sortir directement du vestibule sur la façade Est du bâtiment, pour évacuer les colis ou les apporter à l’enregistrement. A droite du vestibule, et exactement à l’opposé du passage dont nous venons de parler, est un grand corridor qui fait tout le développement
- de la gare et aboutit au pavillon que nous avons vu à l’extrémité droite de la grande façade : ce pavillon est simplement un vestibule qui donne accès direct aux voyageurs désirant atteindre immédiatement les salles d’attente ou les restaurants. A droite de ce corridor est la série des cabinets de toilette, puis des pièces sans intérêt; à gauche au contraire, voici d’abord, le long du grand vestibule, la consigne des bagages à main (qui, en Suisse, est séparée de l’autre) et la librairie qu’on retrouve dans toutes les gares; puis une vaste salle d’attente de première et de seconde classe, suivie du restaurant spécial à ces deux classes, cela propre, bien éclairé et réellement confortable comme tout ce qu’on voit en Suisse. C’est
- Fig. 3. — La gare de Lucerne.
- ensuite naturellement les cuisines et l’office, desservant d’autre part le restaurant de troisième classe, qui communique lui-même avec la salle d’attente de cette classe.
- On comprend aisément que ces dispositions donnent accès facile aux quais, tant pour les voyageurs que pour les bagages venant de la salle spéciale. Si nous pénétrons sur ces quais, nous verrons six voies .principales, généralement spécialisées, et desservant les unes le réseau du Brunig, les autres celui du Jura-Simplon, d’autres enfin celui du chemin de fer central, etc.
- Nous n’avons naturellement pas à insister ici sur la partie de la gare de Lucerne consacrée au service des marchandises : remarquons seulement que par suite jhi. manque de place là où viennent aboutir les voies nos voyageurs, on a fait se ramifier en trois
- faisceaux les voies destinées au service des marchandises et notamment au triage. Deux d’entre eux se détachent latéralement à l’entrée de la gare des voyageurs, tandis que la gare de triage forme un cul-de-sac exactement opposé à la station principale, les trains ne pouvant y pénétrer que par refoulement quand ils viennent de la grande ligne. Cette der nière est en réalité la réunion des cinq lignes qui arrivent à Lucerne en provenant de directions dillé-rentes. Cette seule indication montre que la nouvelle gare de Lucerne doit suffire à un trafic des plus importants, d’autant qu’en été du moins le mouvement sur tous les chemins de fer suisses est particulièrement intense. La station dont il s’agit l’assure dans les meilleures conditions, et elle n’est pas moins intéressante au point de vue de l’exploitation pure qu’à celui de l’architecture même. Daniel Beli.et.
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- LA NATURE.
- UNE VILLE SOUTERRAINE
- EN TRANSCAUCASIE
- Parmi les renseignements intéressants que M. le baron de baye a rapportés de son dernier voyage dans le sud de la chaîne du Caucase, nous trouvons des détails curieux sur une ville entièrement souterraine située aux environs de Gori.
- 11 s’agit de la cité d’Ouplis-tzikhé, creusée dans une montagne rocheuse, et aujourd’hui abandonnée. On l’atteint en grimpant par un escalier taillé lui aussi en plein roc, et on y voit une série d’antres, de grottes, de grandeurs diverses, les unes isolées, les autres communiquant entre elles, les unes spacieuses et élevées, les autres petites et basses. Parfois le toit est en forme de voûte en arc portant sur des piliers et des colonnes, le tout taillé dans la masse rocheuse; dans quelques cas mêmes, on trouve des plafonds à caissons imitant le travail du bois.
- Cette architecture semble indiquer une époque relativement récente pour ces demeures troglodytiques superposées; malheureusement aucun document ne permet de donner une date sûre à cette cité déserte. Dubois de Montfércux la considère du moins comme antérieure à Père chrétienne : et sans doute a-t-elle dû être habitée durant des siècles.
- Ajoutons que son nom d’Ouplis-tzikhé se traduit par « forteresse d’Ouplos », cet Ouplos étant un descendant de Karthlos, héros légendaire fondateur de la Géorgie.
- D.-B.
- A PROPOS DES PETITES PLANÈTES
- On ne savait plus où on en était au sujet des numéros donnés à ces petits astres. On s’était empressé de donner le numéro 435 à la célèbre DQ ou Eros, qui gravite autour du Soleil à une distance inférieure à celle de Mars et qui, dans certains cas, s’approche plus de la Terre qu’aucune autre planète, puis DR, DS, DT avaient été numérotées 434, 455, 436 et on s’était arrêté. On avait même laissé de côté DP, découverte par notre compatriote Charlois.
- Cependant le nombre de celles que l’on découvrait s’augmentait considérablement et en suivant toujours l’alphabet, on en était arrivé à désigner par EN la dernière trouvée, soit vingt petites planètes non numérotées. Aussi les journaux ne se sont pas gênés, et nous avons vu le numéro 455 attribué au hasard à l’une des dernières.
- Il faut en rabattre, celles-là seules des petites planètes découvertes dont on peut calculer l’orbite et constater qu’elles diffèrent de toutes les précédentes, reçoivent des numéros; les autres attendent que les informations soient plus complètes, ou qu’elles aient été observées à nouveau. La planète DP était dans ce dernier cas, après observations ultérieures on l’a numérotée 437. Puis est venue DU, de M. Charlois aussi, 438. On trouve ensuite, DV, I)W, DX, DY, DZ, EA, qui sont dans l’autre cas et attendront de nouvelles observations et probablement une nouvelle découverte; elles n’ont pas été assez suivies et sont sans doute perdues. Il vient ensuite :
- EB, de M. Coddington, 459 ;
- EC, de M. Coddington, 440 ;
- ED, de M. Charlois, 441 ;
- EE, de M. Wolf, 442;
- EF, de M. Wolf, 443.
- EG a été reconnue comme étant la 224% Océana, trouvée par M. Palisa le 30 mars 1882.
- Eli a été abandonnée par celui qui avait cru la trouver, par manque de certitude.
- EJ n’est pas autre chose que la 60% Echo, trouvée par M. Ferguson le 15 septembre 1860.
- EK est la 222% Lucie, de M. Palisa, le 9 mars 1862.
- EU, de M. Coggia, aura le numéro 444.
- EM aura peut-être le numéro 445; quant à EN, celui qui a pensé l’avoir trouvée à l’observatoire Urania, de Berlin, aurait bien pu se dispenser de la signaler en lui voyant un éclat approchant de celui des étoiles de 9° grandeur. 11 a été, en effet, facile d’établir que, c’était l’une des premières, la 10% Hvgie, trouvée par M. de Gasparis le 12 avril 1849.
- Ainsi nous voilà loin du numéro 455, et il y a une excuse sérieuse au retard apporté au numérotage de ces petits astres. Joseph Vinot.
- MEILLES RECETTES D'ATELIERS
- À parcourir les anciens livres, notamment ceux du dix-septième siècle, on trouve assez souvent des recettes d’ateliers bien curieuses. C’est notamment le cas pour les « Mystères de la nature et de l’art » publiés par John Bâte en 1655 : il nous dit, par exemple, « comment rendre le fer et l’acier particulièrement durs, sans qu’ils deviennent pour cela cassants ». Le procédé garanti consiste à faire rougir le métal et à « l’éteindre par sept fois dans le sang d’un porc mâle mélangé de graisse d’oie » ; nous avouons n’avoir point essayé, mais nous nous demandons l’influence du sexe du porc sur l’opération. Le même auteur donne une recette qu’il prétend souveraine pour rendre le fer aussi malléable que du plomb : sa recette est si longue, si compliquée, que nous n’osons la reproduire. Nous dirons seulement que pour obtenir l’eau qui transformera ainsi le métal, il faut prendre des (( cailloux noirs » (silex, obsidienne?) qu’on pulvérise très finement et qu’on fait chauffer au rouge dans une poêle en fer, et cela à plusieurs reprises, puis qu’on expose dans certaines conditions cabalistiques sous la gouttière d’une maison. C’est l’eau de pluie recueillie qui, après distillation, fournira l’agent de transformation du fer.
- Mais on peut trouver des recettes bien plus respectables par leur antiquité dans un ouvrage intitulé « Sur les divers arts », dû à un moine du onzième siècle, Theophilus. Voici un procédé de trempe merveilleux pour les limes et tous les objets en acier : prendre une corne de bœuf, la faire calciner sur le feu, la râper, mélanger avec un tiers de sel, et moudre le tout. On fait rougir la lime et on la couvre de la préparation ; on met ensuite quelques charbons par-dessus le tout et on souffle ; au bout d’un moment, on éteint dans de l’eau, puis on fait sécher complètement devant le feu. Mais voici une perle, toujours pour effectuer la trempe. On prend un bouc de trois ans, et on le laisse attaché à l’étable trois jours sans nourriture ; le quatrième jour on lui donne uniquement de la fougère. Quand il aura absorbé pendant deux jours de cette nourriture, la nuit suivante on l’enferme dans un baril dont le fond est percé de trous : ceux-ci ont pour but de laisser passer l’urine de la bête, urine qui doit s’écouler dans un vase bien propre. Au bout de deux ou trois jours, on a suffisamment de ce liquide pour tremper un certain nombre d’instruments. Et le résultat est merveilleux !
- Que ceux qui en doutent tentent l’expérience, et, après tout, peut-être auront-ils un résultat extraordinaire. ---------------------------------
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- LA NATURE.
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- IA CHÈVRE A PARIS
- Il existe à Paris, dans le quartier de Vaugirard, une ehèvrerie modèle, installée par un enthousiaste de la chèvre, M. J. Crépin, naturaliste distingué et ennemi de la routine. Le public semble professer une grande indifférence pour la chèvre, « cette vache du pauvre », si productive, si facile à nourrir, si précieuse par la salubrité, les vertus reconstituantes et l'abondance de son lait. A cette époque de l’année, on voit quelquefois un pâtre suivi d'une demi-douzaine de chèvres traverser quelques rues de la ville et vendre du lait. A cela près, nous ne nous occupons guère du lait de chèvre. Selon M. Crépin, ce serait un grand tort, et nous aurions beaucoup à gagner à encourager l’élevage de la chèvre. Et, pour prêcher d’exemple, M. Crépin se livre à des essais de croisement pour créer la meilleure des chèvres, celle qui existe déjà ailleurs et qui fournit pendant dix mois de l’année une moyenne de deux litres de lait par jour. Les chèvres que nous connaissons sont, en effet, de pauvres chèvres. Il n’en est pas ainsi en Suisse, ni en Savoie. On obtient là des types remarquables, perfectionnés par une habile sélection ; par exemple, les toggenhourg, les saanen de l’Obcrland bernois, les schwartzhals. Dans les Pyrénées, les éléments ne feraient pas défaut; mais on n’en tire aucun parti; il existe pourtant des races excellentes, la maltaise, la gracieuse chèvre rouge de Murcie, laitière de premier ordre, malgré sa petite taille.
- M. Crépin a porté son attention sur le croisement de nos meilleures chèvres indigènes avec des boucs nubiens. La race nubienne est disgracieuse de forme; mais aucune ne produit autant de lait que celle-là. M. le docteur Prompt, ancien médecin de Khédive, a étudié de près le bouc nubien; il en rapporta en France de beaux spécimens choisis dans les troupeaux du vice-roi. Ce bouc s’est parfaitement acclimaté; il est vigoureux, rustique, indifférent au froid. C’est un bouc sans cornes. Par croisements, on peut espérer créer des chèvres réunissant les qualités de forme et d’élégance de nos belles chèvres alpines ou pyrénéennes et l’abondante lactation des nubiennes.
- Voici, d’après d’Ardenne, la composition du lait de diverses races de chèvres et, à côté, celle du lait de vache.
- Chèvres Chèvres Chèvres
- Vache. communes. pyrénéennes. nubiennes.
- Beurre. . 3,43 3.70 6,11 8,49
- Caséine. . 3,12 3,50 4,67 3,55
- Sucre. . . 5,12 5,02 5,28 5,40
- Sels . . . 0,93 0,35 2,01 0,82
- Eau . . . 87,40 86,08 79 »> 80,30
- Il ressort de ces analyses que la caséine serait
- dans le lait de chèvre, en quantité plus forte que dans le lait de vache. Ce serait là une constatation fâcheuse pour la chèvre si la caséine devait réellement, représenter, comme le pense la généralité des médecins, l’élément indigeste du lait. Seulement un fait peu connu, tout au moins en France, c’est que
- la caséine du lait de chèvre se précipite, au caille-ment, d’une façon toute différente de ce qui arrive pour le lait de vache ; dans celui-ci les flocons caséeux sont gros, massifs, résistants tandis que dans le lait de chèvre, ils sont petits, légers, fragiles1, et se rapprochent en cela de la nature du coagulum du lait humain. Ce dernier doit à cette propriété chimique particulière, tout autant qu’à la moindre quantité de caséine, sa supériorité sur le lait de vache en tant que digestibilité2. Ce qui corroborerait encore cette opinion, en ce qui concerne le lait de chèvre, c’est qu’en Suisse comme dans la région montagneuse de la Haute-Alsace, où la chèvre est en faveur, les médecins prescrivent, pour les enfants débiles qui ne supportent pas facilement le lait de cet animal à l’état cru, non pas de le couper avec de l’eau, mais de le faire bouillir afin de pouvoir, après le refroidissement, en retirer la crème, c’est-à-dire le beurre, et le servir écrémé à l’enfant, autrement dit largement dégraissé, mais encore pourvu de tout son caséum. Comme le lait, dans ces conditions, réussit généralement, il semble que la caséine provenant de la chèvre n’est pas, sans doute, en raison d’autres principes qui s’y trouvent confinés (l’acide hircique peut-être), aussi lourd que les caséines d’autres provenances.
- D’ailleurs, les analyses fournies par d’Ardenne ne sont pas encore une indication rigoureuse, attendu qu’il y a d’une chèvre à l’autre une différence considérable comme puissance productive et composition de produit et il en sera ainsi tant qu’on n’aura pas fixé, par un sélectionnement habile et scientifique, une race laitière de choix que le public pourra adopter en toute confiance.
- Ainsi pour se rendre compte de la différence qui existe même entre les produits de chèvres nourries au même râtelier, nous donnerons ci-après, pour être comparées entre elles et aussi avec celles fournies par d’Ardenne, les analyses faites par M. Dumouthiers de laits obtenus des chèvres de M. Crépin.
- Chèvre alpine donuant un lait très abondant mais trop léger. Lactation récente. Chèvre de Murcie. Ensemble d’une traite fournie par 50 chèvres de lactation variant de 2 à 13 mois.
- Beurre. . . 24 gr. Beurre. . . 41 gr. Beurre . . . 39,60
- Caséine. . . 22,76 Caséine. . . 31,33- Caséine . . . 34,50
- Lactose. . . 46,74 Lactose. . . 47,97 Lactose ... 89
- Sels .... 6 Sels .... 7,20 Sels. . . . . 7,85
- Eau .... 926,50 Eau .... 901 » Eau. . . . . 897,50
- Densité + 15 — 1,027. Densité. . . 1,030 Densité . . . 1,030.
- En jetant un coup d’œil sur ces trois analyses, on peut se rendre compte également du parti excellent qu’il est possible de tirer de la combinaison de ces laits qui peuvent en quelque sorte servir à la formation d’un lait constitué suivant la formule qu’un médecin indiquerait pour un cas spécial. D’ailleurs,
- 1 Phénomène chimique vérifié par M. Weber, médecin vétérinaire, membre de l’Académie de médecine. â Marfan. Traité de /’allaitement.
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- LA NATURE.
- il est à remarquer que plus un lait de chèvre est produit en abondance, moins il contient de caséine, c’est-à-dire que plus une chèvre est bonne laitière plus son lait est léger et par suite digestible '.
- Parmi les médecins qui vantent le lait de chèvre, citons le Dr Boudard dans le passage suivant extrait de son livre « La chèvre nourrice » :
- « Avec la chèvre plus de maladies contagieuses à redouter pour l’enfant, plus de tuberculose ou de syphilis....
- « La chèvre offre un lait toujours pur, toujours sain et dont la composition chimique est presque identique avec celui de la jeune mère. Il en diffère seulement par une densité un peu plus grande et par une quantité de principes salins un peu plus forte. Cette différence milite tout en sa faveur. Par sa densité, il est plus tonique, et, par ses sels, il fa-
- Fig. 1. — Chèvrene
- la contamination, que reste-t-il à craindre quand l’animal reçoit de bons soins et est l’objet d’une surveillance attentive? »
- Dans un article paru au Bulletin de la Société d’acclimatation, M. Pion déclare le lait de chèvre plus léger, plus riche en crème et en substances nutritives que le lait de vache ; les globules de graisse y sont plus petits, plus aptes à être émulsionnés.
- Les estomacs délicats, les dyspeptiques ne trouveront pas de liquide plus capable de les soutenir.
- A l’étranger, l’opinion est la même, avec cette différence que l’on utilise réellement le lait de chèvre sur une grande échelle. Beaucoup de Parisiens qui fréquentent les villes d’eaux de la Suisse, du grand-
- 1 En combinant le lait aqueux et abondant des chèvres suisses avec celui des chèvres de Murcie dans la proportion de 2 à 3, on obtient la formule du lait de femme à très peu près. On comprend l’importance de cette remarque.
- vorise révolution dentaire et le développement du système osseux....
- (( La chèvre est non seulement réfractaire à la tuberculose et ne contracte aucune des maladies transmissibles dont un nouveau-né peut être atteint en naissant, mais son lait en dehors de ses qualités jouit de la propriété de guérir la syphilis constitutionnelle des nouveau-nés. »
- « Le bacille, le maudit bacille de la tuberculose ne prend sur les caprins qu’exceptionnellement, dit M. Pion, médecin-vétérinaire, d’accord en cela avec M. Rcul, le savant professeur de l’École de médecine vétérinaire de Bruxelles; il faut, pour rendre la chèvre tuberculeuse, la soumettre en quelque sorte à un régime spécial qui est de l’anémier d’abord pour la rendre apte à être contaminée à la longue. Si de pareilles précautions sont nécessaires pour obtenir
- Parisienne. I/élable.
- duché de Bade, boivent, sans le savoir, du lait de chèvre.
- Nous admettons bien volontiers ce plaidoyer en faveur du lait de l’espèce caprine. Mais essayez à Paris du lait de chèvre! On ne manquera pas de vous répondre : « Il a un goût particulier qui me fait le repousser ». Et, de fait, il a un goût, un goût de chèvre. Les partisans de la chèvre, et M. Crépin en particulier, se hâtent de répliquer : « Mais c’est une erreur ; ce goût est exceptionnel ; vous êtes mal tombé ; on le trouve seulement chez quelques variétés ou bien lorsque l’animal ne reçoit pas la nourriture qui lui convient ». Et M. Crépin ajoute : « J’ai cinquante chèvres chez moi pour mes études de croisement ; toutes donnent du lait absolument exempt de toute odeur hircine. Ce lait est même aussi doux et aussi délicat que le meilleur lait de vache. »
- Les critiques objecteront : « Alors, si les deux laits sont identiques au goût, qui nous dira que l’on nous donne du^vrai lait de chèvre? » M. Crépin a
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- LA NATURE.
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- réponse à tout. Le meilleur lait de chèvre en vieillissant et en tournant prend une odeur hircine assez prononcée [tour ne laisser aucun doute sur son authenticité. Il n’y a qu’à contrôler.
- Autre objection. Les chèvres comme les vaches ne sauraient donner du bon lait quand elles ne vivent pas en plein air. En ce qui concerne la chèvre, il [tarait (pie l’opinion se tromperait. Au Mont-d’Or lyonnais, il existe plus de 10 000 chèvres en stabulation constante, et c’est précisément par ce régime ([lie l’on obtient le maximum de rapport. D’ailleurs,
- il ne serait [tas bien difficile, à ceux qui se livreraient à l’élevage, d’organiser, dans les faubourgs de la ville ou dans la banlieue, de petits enclos grillagés où les chèvres vivraient en plein air.
- Il existe encore contre le lait de chèvre un préjugé très répandu qu’il importe de détruire, c’est cette croyance insensée qu'il énerve les enfants. Juger ainsi c’est confondre la vivacité et l’entrain qui sont des signes de santé chez l’enfant avec l’énervement, état morbide que la chèvre, l’animal le plus sain qu’il existe, ne saurait jamais communiquer.
- était le corps gras le plus généralement employé dans leurs préparations alimentaires. Ce sont les peuples germains qui, à la suite des invasions du quatrième siècle, ont propagé l’usage du beurre en Europe. Il serait très désirable que le beurre de vache fût remplacé par le beurre de chèvre, peu connu et peu employé, et qui a le mérite d’avoir un goût plus délicat. » Et M. Prompt, joignant l’exemple au précepte, ne mange (pie du beurre de chèvre. « Il m’est devenu impossible, dit-il, de manger maintenant du beurre de vache, qui me cause une répulsion insurmontable. »
- Ces faits ne manquent pas d’intérêt; peut-être provoqueront-ils un changement dans nos habitudes. Mais il faut pour cela que l’on nous élève des chèvres parfaites ; autrement le lait restera mauvais et le beurre aussi.
- Souhaitons que M. Crépin, qui a pris l’initiative de ce mouvement, secoue la torpeur des éleveurs et nous dote de « chèvreries » parisiennes.
- Si tout est bien, comme on nous l’affirme, bon goût, qualité supérieure, le public ne fera pas le
- Fig. 2. — Chèvrerie Parisienne. Dans le jardin.
- Après le lait, le beurre de chèvre! Il y a là des réflexions justes que l’on fait bien valoir. M. le docteur Prompt dit très logiquement : « Le lait de vache, qui peut emporter avec lui des germes tuberculeux ou autres, étant stérilisé, peut être bu sans danger,*si la stérilisation est bien faite ». Mais le beurre! « Il se mange généralement à l’état frais. Or, l’usage du beurre de vache semble devoir constituer une des principales causes du développement prodigieux de la maladie tuberculeuse chez les peuples modernes; cette*maladie était infiniment moins fréquente chez les peuples classiques. Les Grecs et les Romains ne fabriquaient jamais de beurre; l’huile
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- LA NATURE.
- difficile et une nouvelle industrie sera fondée pour le plus grand Lien de la santé publique.
- Henri de Parvilee.
- L’AGNOLINE
- L'utilisation des sous-produits est particulièrement recommandable, non pas seulement parce qu’elle permet de tirer parti de substances qui autrement seraient perdues et de diminuer d’autant les frais généraux de production, mais encore parce que souvent on découvre dans ces sous-produits des matières nouvelles et précieuses pour bien des usages. L'est ainsi que, dans les usines de lavage et de peignage des laines, on a commencé par jeter à la rivière les matières graisseuses contenues dans les toisons, puis on s’est aperçu ensuite que la purification des eaux résiduaires donnait une graisse de suint à à laquelle on a peu à peu t rouvé des applications, graissage des machines, entretien des cuirs?
- Un nouveau progrès dans l’utilisation du suint a été accompli par l’invention de la lanoline1, qui est un produit de la suintine, de la graisse de suint, débarrassée de certaines substances et rendue aussi neutre que possible. L’année dernière un médecin militaire a eu l’idée d’employer la suintine dissoute dans de l’essence de pétrole, à l’imperméabilisation des tissus; nous n’avons pas à en reparler, puisque le procédé a été étudié ici précédemment2.
- Mais entre temps un pharmacien bien connu, et qui, depuis longt’emps, tirait excellent parti de la suintine pour fabriquer une graisse destinée aux pieds des chevaux, M. Cordier, avait pensé qu'il y avait mieux à faire de cette suintine, en la purifiant davantage, et en ne se contentant point d’un produit gluant comme la lanoline. Au moyen de lavages successifs, de distillations soignées, et aidé de son collaborateur, M. beslandre, il a obtenu un produit qu’il appelle du nom caractéristique d’agnoline, et qui nous semble constituer un véritable médicament. Disons d’abord, afin de n'en plus reparler au moins pour aujourd’hui, que M. Cordier en a séparé une cire ressemblant considérablement à la cire d’abeille, et à peu près identique à cette matière cireuse que, dans des expériences du plus haut intérêt, M. Ranvier vient d’extraire de la couche cornée de l'épiderme humain.
- Cette cire humaine contient sans doute une graisse tout à fait analogue à l’agnoline de MM. Cordier et Dcslan-dre, et cette agnoline qui sort de la peau du mouton parait ne pas mieux demander que de rentrer dans la peau humaine : à ne s’en tenir qu’aux faits, et sans préjuger absolument de l’identité complète de cette graisse avec celle qui doit se former normalement dans les cellules de notre peau, celle-ci présente une absorption intense vis-à-vis de l’agnoline. Prenez un tube d’agno-line pure (crème, comme disent les inventeurs) et faites-en sortir une certaine quantité, que vous étendez sur le dessus de la main, et vous serez stupéfait de la rapidité avec laquelle elle sera absorbée. Elle entre dans les pores de la peau, les dilate et communique à la muqueuse une souplesse extraordinaire.
- L’agnoline n’est pas saponifiable par les alcalis, point susceptible de rancir par conséquent, elle a un point de fusion peu élevé (55°) et elle peut incorporer 3 bris son poids d’eau et fi fois son poids de mercure; on coin-
- 1 Voy. nu 081, du 19 juin 1880, p. 55.
- 2 Voy. 13*20, du 17 septembre 1898, p. 240.
- prend par suite qu’elle doit être précieuse en pharmacie : elle fait pénétrer les médicaments d’une façon intense à travers la peau. Aussi les inventeurs en recommandent-ils l’emploi comme véhicule des médicaments, et en préparent-ils des tubes destinés à des usages spéciaux. Mais il semble que, par elle-même, et ainsi que nous en avons pu juger sur nous, l’agnoline est par excellence le remède de la peau : elle atténue de façon considérable les j-ides, elle agit puissamment sur les gerçures, les crevasses, la formation des pellicules, les peaux-mortes, les durillons, les cors, les brûlures. Et tout cela s’explique parfaitement, si l’on songe qu’elle rend à la peau plus ou moins malade et partiellement privée de sa matière graisseuse une substance sans doute tout à fait analogue.
- P. DE MÉRIEL.
- —ISO-
- CHRONIQUE
- La Seine désinfectée. — La loi du 10 juillet 1894 accordait cinq ans à la Ville de Paris pour transformer le système de ses égouts. Le travail a été terminé à heure fixe. Le samedi 8 juillet, on a inauguré officiellement l’œuvre la plus considérable en ce genre qui ait jamais été accomplie dans le monde entier en un temps très court. On a dépensé fifi millions. Depuis samedi tous les collecteurs de Paris, à déversement en Seine, sont fermés : on a mis en marche l’usine élévaloire de Clichy. On a ouvert les nouvelles canalisations par lesquelles les eaux d’égout de la Ville sont amenées aux champs d’épandage d’Achères, de Méry-sur-Oise, de Triel et de Carrières-sous-Poissy. Aucune eau d’égout ne coule plus dans la Seine.
- 11 sera intéressant de procéder prochainement à des analyses et de se rendre compte de l’état de pureté relative de notre grand fleuve parisien.
- Ondes hertziennes et direction des torpilles. — On s’occupe de trouver mainte application aux ondes hertziennes, en dehors de la télégraphie sans fils, et voici que, avec des procédés analogues à ceux qu’on emploie pour cette dernière, MM. Walter Jan-neson et John Trotter proposent d’assurer à distance la direction des torpilles. Deux tiges partent de l’appareil et s’élèvent au-dessus de l’eau pour recevoir les ondulations qu’on envoie du navire qui a lancé le projectile; l’ondulation atteint un cohéreur qui ferme le circuit secondaire d’un relai disposé à l’intérieur de la torpille; et, suivant la direction du courant, un noyau de fer, qui se trouve dans un des deux solénoïdes installés dans l’appareil, est attiré dans un sens ou dans l’autre et agit en conséquence sur le gouvernail.
- La circulation verticale dans les grandes villes. — On a recensé bien souvent la circulation dans les rues, et on connaît aisément celle qui a lieu sur les chemins de fer, tramways, etc., mais on a jusqu’ici complètement négligé une forme de circulation qui a pourtant une importance considérable, depuis la vulgarisation des ascenseurs et des maisons géantes. Nous voulons parler des transports qu’on peut appeler « verticaux » du fait de ces ascenseurs, et que M. R. P. fiolton, un ingénieur de New-York, a essayé d’évaluer, au moins pour une certaine partie de la grande métropole. Il estime, rien que dans le sud de la Cité, en deçà de Canal Street, dans le quartier des affaires, à 240 kilomètres le parcours dés divers ascenseurs électriques pendant une journée de 10 heures de fonctionnement. Dans chacun des G() « skyscrapers », les bâtiments géants qui décorent l’extrémité du quartier central, le mouvement des voyageurs circulant par les
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- LA NATURE.
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- ascenseurs dans la durée d’une journée, est toujours d’au moins 5000 et peut atteindre jusqu’à 15 000.
- lue réserve «le gibier en Afrique. — Des
- chiffres que nous avons donnés à plusieurs reprises ont montré à quelle, destruction intensive du gibier on se livre sur la terre d’Afrique; aussi ne pouvons-nous qu’applaudir à une mesure que vient de prendre l’administrateur de la Rodesia septentrionale. L’immense district qui est connu sous le nom de « Mweru Marsh », et qui se trouve sur la rive orientale du lac du même nom, est institué comme réserve de gibier; on ne pourra y chasser aucun gibier sans un permis spécial, et il est évident (pie, de ce fait, la disparition de bien des espèces sera évitée.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 juillet 1899. — Présidence de M. Y an Tieghem.
- Propriétés chimiques de l'argon. — M. Berthelot fait connaître qu’ayant eu à sa disposition une quantité d’argon relativement considérable, il en a profité pour étudier l’action de ce gaz sur certains composés organiques. 11 a ainsi constaté qu’aucun des corps de la série grasse ne fixe l’argon. Au contraire, la série henzinique (benzine, toluène benzonitrile), fixent tous une certaine quantité d’argon. Cette combinaison se produit au bout de 5 ou 6 heures, sous l’influence de l’effluve électrique ; elle est accompagnée d’une luminiscence absolument spéciale. Le sulfure de carbone fixe également une certaine quantité d’argon ; ce dernier gaz est d’ailleurs engagé à l’état d’argoniure dans certains métaux, mais à l’inverse de l’azote, il n’est pas absorbé par les métaux alcalins. Ce sont vraisemblablement des métaux rares qui le fixent.
- Géodésie et topographie de Vile de Madagascar. — M. Grandidier présente au nom de M. le général Gallieni une série de mémoires, carte et publications relatives à la géographie de Madagascar. Convaincu que la science peut seule ouvrir utilement la voie aux entreprises coloniales, il a, dès son arrivée dans l’ile, organisé l’exploration méthodique et raisonnée des diverses provinces. Les efforts ont porté d’abord sur l’établissement d’une carte qui, en 189G, était encore à peine entamée. La province centrale avait été, avant la conquête, triangulée et levée par M. Grandidier et par les R. R. P. P. Roblet et Colin, mais le reste du pays n’était traversé que par quelques itinéraires circonscrivant de vastes espaces encore inexplorés. Depuis deux ans et demi le Bureau topographique de Madagascar, dirigé par le capitaine Merienne Lucas avec un zèle véritable, a publié une importante série de documents cartographiques, les uns au 1 /500 000e, les autres au 1/100 000e suivant leur intérêt, qui résument les résultats des reconnaissances ordonnées par le Gouverneur. D'autre part les brigades géodésiques ont presque achevé l’ossature de la triangulation de l’île; le développement des chaînes de triangle mesurées dépasse 1400 kilomètres. Ce réseau a déjà eu pour effet d’apporter des rectifications aux coordonnées de certains points principaux, rectifications qui amènent des changements très notables dans le tracé des côtes sud-est et ouest. Les résultats tout à la fois scientifiques et pratiques tirés des reconnaissances sont consignés dans une publication mensuelle imprimée à Tananarive, sous le titre de Notes, reconnaissances et explorations. Deux volumes ont paru en 1897 et deux autres en 1898, ces derniers ne contiennent pas moins
- de 1600 pages et 100 cartes ou planches. L’œuvre scientifique accomplie sous l’impulsion du général Gallieni, au milieu des plus réelles difficultés, ouvre très heureusement la voie à la colonisation.
- Étude de l’atmosphère au moyen des cerfs-volants. — M. Mascart dépose une Note de M. Teisserenc de Bort sur l’emploi des cerfs-volants pour l’étude de l’atmosphère. L’auteur a repris, pour son compte, des expériences faites à l’étranger relativement à l’exploration de l’atmosphère à l’aide d’instruments enregistreurs importés par des cerfs-volants. Dans les expériences effectuées à l’étranger, on avait atteint ainsi la hauteur de 5000 mètres. M.Teisserenc de Rort, en modifiant la construction du cerf-volant, est arrivé dans ces derniers temps à atteindre les altitudes de 5590 et même 5950 mètres. Dans cette dernière ascension l’appareil soutenait 10 kilomètres de fil1 Dans ces expériences les hauteurs des appareils étaient déterminées au moyen de mesures angulaires pratiquées par des observateurs, suivant des procédés empruntés à la géodésie. Ces mesures assuraient un contrôle de l’instrument enregistreur de la pression. La certitude de pouvoir explorer l’atmosphère jusqu’à une altitude de 4000 mètres, à l’abri de toute cause d’erreur, est un fait considérable au point de vue météorologique. M. Teisserenc de Bort signale déjà un certain nombre de circonstances relevées de cette manière qui paraissent d’ordre général.
- Le parasite du chancre des arbres. — M. Gautier présente une Note de M. le Dr Bra sur le parasite du chancre des arbres. L’auteur a ensemencé dans un milieu approprié des fragments de chancres de chêne, de sapin, de pommier. Il a obtenu des spores rondes et des corps globulaires, présentant les mêmes réactions que ceux du parasite du cancer humain. Poursuivant ses recherches M. le I)r lira a inoculé les produits des cultures du chancre des arbres et a déterminé ainsi les accidents caractéristiques du cancer suivis de mort. Si le résultat de cette étude ne permet pas encore d’affirmer rigoureusement l’identité des deux parasites, il donne du moins un point d’appui à l’opinion d’après laquelle le cancer humain serait d’origine végétale. Ch. de Villedeuil.
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- PASSERELLE PORTATIVE PLIANTE
- ET CHARRETTE PUANTE
- M. 1). Doyen, de Bruxelles, a construit récemment un système de passerelle portative ainsi qu’une charrette pliante qui méritent de fixer l’attention.
- Le petit pont pliant sert à franchir en toute sécurité une rivière ou tout autre obstacle. Cette passerelle occupe très peu de volume lorsqu’elle est pliée, et se trouve par suite facilement transportable. En quelques minutes on peut la déplier et la mettre en place. Sa charpente est formée de bras articulés, en bois ferré; son tablier et son garde-fou se déplient et se replient en même temps. Cette passerelle peut se prêter à un grand nombre d’applications ; il est seulement nécessaire de lui apporter quelques modifications suivant les cas.
- Le modèle le plus simple est une passerelle qui permet une traversée de 1 à (» mètres. Ce type est démontable en trois parties et transportable à dos
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- LA NATURE.
- d’homme. On l’emploie dans l’armée belge pour les éclaireurs, les explorateurs et les excursionnistes.
- Un second modèle est représenté dans la ligure 1 ci-jointe; cette passerelle permet une traversée de 1 à 10 mètres.
- Elle est montée sur deux roues, et est transportable par traction d'hommes, traction animale ou par automobile.
- On l’emploie dansl’arméepour les colonnes volantes, échelonnements d’hommes sur une autre rive, ravitaillement, etc. Ce type peut être disposé de façon à permettre de retirer la passerelle lorsqu’on a franchi l’obstacle, l’emporter et ne laisser alors aucune trace de passage.
- Un autre modèle sert à des traversées de 1 à 18 mètres; il est monté sur quatre roues et peut être transporté par traction animale ou par moteur. On l’emploie dans l’armée pour la traversée rapide des rivières.
- D’autres passerelles sont avec installation fixe, mais elles se déploient et se replient , pour supprimer ou établir à volonté le passage. On les emploie comme pont-levis.
- 11 existe enfin un autre modèle de passerelle avec installation fixe, se dépliant et se repliant, que l’on dispose aux étages supérieurs des maisons, pour permettre de passer, par les fenêtres, d’une maison en danger dans une autre en sûreté, et traverser ainsi la rue par les étages supérieurs, et établir une communication pour sauvetage en cas d'incendie ou d’inondation.
- La passerelle, ne prenant que peu de place, s’emploie aussi pour la traversée du pont d’un bateau
- au quai d'embarquement ou de débarquement.
- Ces modèles de passerelles pliantes se prêtent, comme on le voit, à un grand nombre d'applications et
- peuvent être utiles onde nombreuses circonstances.
- Mentionnons une nouvelle petite charrette pliante qui offre un certain intérêt. La figure 2 représente à la partie supérieure la charrette fermée, et à la partie inférieure la charrette ouverte. Sur l’arbre qui réunit les deux roues se trouvent deux supports mobiles, qui sont réunis aux deux moitiés de la voiture. Ces deux parties, reliées entre elles par des charnières, sont fixées a volonté par un verrou.
- Ce genre de petite charrette est généralement employé par une classe de marchands modeste, qui disposent de peu de place et éprouvent de grandes difficultés pour remiser leurs voitures.
- Souvent ils doivent payer un loyer supplémentaire pour le logement de leur charrette, et cela loin de leur habitation. La charrette pliante, n’occupant que peu d’espace, peut se caser sans difficulté chez eux.
- On peut placer 5 ou 4 charrettes, lorsqu’elles sont pliées, dans un espace qui ne pourrait contenir qu’une seule charrette ordinaire.
- Laposition pliéen’em-pêchant pas le fonctionnement des roues, on peut pousser la charrette jusqu’à la remise, ce qui en rend l’emploi encore plus commode dans beaucoup de circonstances. L. Leroy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleuras, 9.
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- N° 13G5. — 22 JUILLET 1899
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- LE PHALANGER RENARD
- Chacun sait qu’à part des Chauves-souris, des Rats dont quelques-uns ont été importés et un Chien sauvage, le Dingo, qui, lui-mème, n’est peut-être pas indigène, l’Australie ne possède pas de Mammifères analogues aux nôtres, mais qu’elle nourrit un grand nombre de Mammifères aberrants, qu’on appelle des Marsupiaux et des Monotrèmes/Ceux-ci, les Monotrèmes, offrent dans leur structure et leur mode de reproduction quelques affinités avec les Oiseaux et les Reptiles; ceux-là, les Marsupiaux, sans être aussi étranges dans leur organisation, se distinguent cependant par diverses particularités de structure dont la plus apparente consiste dans la présence, sur l’abdomen, d’une poche (marsupium) soutenue par deux os ou plutôt par deux ligaments ossifiés.
- Cette poche, dans laquelle sont situées les mamelles, est parfois réduite à deux replis de la peau, mais d’autres fois elle est assez développée pour fournir un abri et une retraite aux jeunes qui naissent dans un état d’imperfection extrême.
- Les Monotrèmes qui se trouvent en Australie, en Tasmanie et à la Nouvelle-Guinée sont de types peu variés ; les Marsupiaux au contraire, dont l’aire de dispersion comprend non seulement les pays que je viens d’indiquer, mais une partie du continent américain, offrent une grande diversité de formes et de notables différences dans leur régime et dans leurs mœurs. Ainsi les Chœropus australiens peuvent être comparés, sous certains rapports, aux Hérissons, les Péramèles aux Musaraignes, les Belideus auxÉcureuils volants; les Kangourous, qui ont un peu les allures des Gerboises, rappellent plutôt les Ruminants et les Ongulés par leur dentition et leur genre de nourriture ; enfin les Marsupiaux de la famille des Phalan-gidés jouent, suivant P. Gervais, sur le continent australien, exactement le même rôle que les Lémuriens à Madagascar.
- C’est à cette famille des Phalangidés qu’appartient le petit Mammifère dont nous donnons aujourd’hui une figure, exécutée d’après un individu vivant, récemment acquis par la ménagerie du Jardin des Plantes. On l’appelle vulgairement Phalanger Renard ;
- 27e année. — 2° semestre.
- mais il est désigné, dans les catalogues scientifiques, sous le nom de Triehosure renardin ( Trichosurus vulpecula), à cause de sa queue touffue, de son museau un peu effilé, et de ses oreilles pointues. Il est un peu plus petit qu’un Chat jet couvert d’une fourrure longue, médiocrement fournie et assez douce, dont la couleur dominante est le gris. Grâce à de nombreux poils noirs la teinte est plus foncée sur le dos que sur les flancs ; elle passe au fauve jaunâtre sur le ventre, la face interne des membres, la gorge et la poitrine, qui est marquée d’une large tache rousse; les yeux sont entourés chacun d’un cercle foncé et les oreilles, presque dénudées et d’un rose brunâtre à l’intérieur, sont couvertes en dehors
- de poils courts et serrés , généralement de couleur noire. Le museau est rembruni, sauf l’extrémité qui est nue et de couleur chair, et de chaque côté de la bouche, comme au-dessus des yeux, sont implantés de longs poils noirs. Les pattes sont d’un gris jaunâtre avec le dessus des doigts brun et la plante rosée, et la queue au lieu de se dégarnir et de s’amincir à partir du milieu, comme chez d’autres animaux de la même famille qu’on appelle des Couscous, reste couverte de longs poils gris sur la plus grande partie de sa longueur et n’offre que près de la pointe, et en dessous, une bande dénudée.
- Le Phalanger Renard est extrêmement répandu sur tout le continent australien, à l’exception peut-être de la région du cap York, et J. Gould déclare que, de tous les Mammifères de la Nouvelle-Hollande, c'est celui qu’il a le plus fréquemment observé dans ses voyages, celui qui a été le plus souvent apporté à son campement par les chasseurs indigènes. Ce petit Marsupial a des habitudes complètement nocturnes et passe toute la journée caché dans un trou d’arbre, où il dort d’un profond sommeil. C’est seulement à la nuit close qu’il sort de sa retraite et se met à grimper avec agilité de branche en branche pour chercher sa nourriture consistant principalement en feuilles d’Eucalyptus.
- Les aborigènes de l’Australie sont très friands de sa chair et lui font une chasse des plus actives. Aussitôt, dit Gould, qu’ils ont découvert l’arbre
- §
- Le Phalanger Renard. (D’après un individu vivant à la ménagerie du Muséum d’histoire naturelle.)
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- LÀ NATURE.
- habité par le Phalanger, un homme grimpe preste-mentjusqu’à la cachette, parfois située à une grande hauteur, oii la bète se tient tapie, puis, à l’aide de sa hache, il agrandit l’ouverture du trou de manière à pouvoir y enfoncer le bras, saisit le Phalanger par la queue, l’arrache à sa retraite et l’assomme contre le tronc avant qu'il ait eu le temps de faire usage de ses dents et de ses griffes. Le cadavre est jeté par le chasseur à ses compagnons qui se montrent tout joyeux à l’idée de faire un bon dîner. Et de fait, ajoute Gould *, la viande du Phalanger n’est nullement désagréable au goût. La dépouille de l’animal est également utilisée pour faire des couvertures et des manteaux. Après l’avoir enlevée, les indigènes l’étendent sur le sol, le poil en dessous en l'attachant à des pieux et en raclent la face interne avec une coquille pour la nettoyer et l'assouplir. Les peaux ainsi préparées sont cousues les unes aux autres par le procédé qu’employaient nos ancêtres préhistoriques, c’est-à-dire à l’aide d’un os pointu auquel est fixé, en guise de fil, un tendon de petit Mammifère.
- Les Phalangers restent dehors toute la nuit et ne regagnent leurs dortoirs qu’au moment où le chant bizarre du Martin-chasseur d’Australie ou Laughing Jacass annonce l’approche du jour. Tout en circulant dans les ténèbres, ils font retentir les échos des grands bois de leurs cris aigus, surtout pendant la saison des amours.
- Les petits, au nombre d’un ou deux par portée, sont d’abord logés dans la poche abdominale de la mère, puis, lorsqu’ils sont un peu plus forts, grimpent sur son dos et s’y tiennent solidement accrochés.
- Dans ces dernières années on a pu voir fréquemment des Phalangers Renards dans la plupart des Jardins zoologiques de l’Europe, où ils se sont même reproduits à diverses reprises, et où l’on a pu étudier leurs mœurs. Ces Marsupiaux sont doux et inoffensifs, mais paresseux et peu intelligents et exhalent une odeur musquée ou camphrée fort déplaisante. Pendant le jour ils restent enfouis dans le foin de leur litière, la tète entre les pattes de devant, le museau contre la poitrine, et ne reprennent leur activité que plusieurs heures après le coucher du soleil. Si leur cage est suffisamment spacieuse ils liassent d’un perchoir à l’autre en se suspendant par leur queue dont l’extrémité 'dénudée est préhensile et ne lâchent le point d’appui qu’après avoir saisi une autre branche avec leurs pattes antérieures. Comme la nature les a dotés d’incisives aussi aiguës que celles des Rongeurs, il est prudent de les enfermer dans une prison aux parois très résistantes, afin d’éviter ce qui est arrivé au Jardin zoologique de Hambourg où deux Phalangers Renards s’échappèrent après avoir percé le plancher de leur cage et ne purent être repris qu’avec beaucoup de peine. L’un d’eux vécut au grand air pendant une quinzaine de jours.
- En captivité les Phalangers peuvent être nourris
- avec du pain, du lait, des fruits, des légumes et aussi de la viande. 11 est probable, en effet, qu’à l’état sauvage ils ne sont pas exclusivement végétariens et qu’ils se nourrissent à l’occasion de petits Mammifères ou d’Uiseaux qu’ils surprennent dans leur sommeil. Ce qui permet de le supposer, c’est qu’un Phalanger captif auquel on présente le cadavre d’un Moineau se jette dessus avec avidité, le saisit entre ses mains antérieures et le dévore en commençant par la tête, le cerveau lui paraissant la partie la plus succulente.
- Le Phalanger Renard, qui a été signalé dès la fin du siècle dernier dans le voyage du gouverneur Phillip à Ilotany-Bay, est remplacé en Tasmanie par une forme très voisine, le Phalanger ou Trichosurc fuligineux (Trichosurm fuliginosus) dont la fourrure, de couleur brune, est encore plus estimée. Enfin dans le Queensland et la Nouvelle-Galles du Sud on rencontre une autre espèce de même genre, à oreilles plus arrondies, le Phalanger Chien (Tri-chosurus caninus). Tous ces animaux ont des affinités étroites avec les curieux Couscous de la Nouvelle-Guinée dont nous aurons peut-être à parler un jour.
- E. Oustalet.
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- CIEL YERT ÉMERAUDE
- Un observateur belge, M. Wendelen, a remarqué que lorsqu’une dépression importante s’approche du continent, elle est précédée, si le ciel est découvert, d’une teinte vert émeraude, que l’on peut voir au lever ou au coucher du soleil. Le ciel possède alors, pendant quelques minutes, une teinte splendide, dans laquelle le vert domine, et cela se produit environ deux ou trois jours avant l’arrivée de la tempête.
- Nous avons observé le ciel au couchant, et nous avons constaté que la remarque de M. Wendelen pouvait s’appliquer parfois à l’annonce du mauvais temps sur tous les points de la France.
- En voici un exemple récent, d’après des observations météorologiques faites à Bonneville, entre Genève et le Mont-Blanc. Le 30 juin, entre 7 et 8 heures du soir, après une journée pluvieuse, le ciel s’est découvert à l'Ouest, au-dessus du mont Salève qui domine Genève et le Léman. Nous avons constaté que le ciel, à cet endroit, était d’un beau vert émeraude, et que la couleur a persisté pendant quelques minutes1. Or, on a signalé ce jour-là des orages violents sur divers points : notamment à Bourgoin, à Dijon, à Orléans, à Vais, etc...; une trombe s’est abattue sur Annonay. L’atmosphère était donc surchargée d’électricité dans notre pays. En revanche le temps fut assez calme, dans la région du Mont-Blanc, le 50 juin au soir et le 1er juillet dernier.
- Mais le 2 courant, environ 36 heures après notre observation du ciel vert émeraude, des bourrasques violentes se sont abattues sur la vallée et sur les environs, l’Arve a subi une forte crue, la pression barométrique n’était que de 718ram, corrigée à 0°, à l’altitude de 450 mètres. La pluie et le vent du Sud faisaient rage, et à Bonneville, les riverains de l’Arve ont craint une inondation comme celle que nous avons signalée en janvier dernier.
- 1 Mammals of Australia
- 1 Ce phénomène a été observe aussi par d’autres personnes.
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- LA NATURE.
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- Le mauvais temps continue dans nos régions alpestres et les hauts sommets sont voilés d’épais nuages. 11 y a donc eu coïncidence entre l’apparition de la couleur vert émeraude au coucher du soleil, et le mauvais temps quelques jours après.
- Il est bon de signaler cette première observation et il sera intéressant de voir si la coïncidence a été fortuite, ou si réellement il existe une relation de cause à effet.
- Dans tous les cas, la couleur du ciel signalée ci-dessus est due pcut-élre à un phénomène électrique (analogue à ceux qui ont lieu dans les tubes de Geissler) se produisant dans les couches supérieures de l’atmosphère, où l’air se trouve raréfié. En effet, pareille lueur s’observe autour de l’électrode négative des tubes contenant de l’air raréfié; et si l’on fait un vide de plus en plus complet, la lumière rose parlant de l’électrode positive diminue et disparaît, tandis que la lumière verdâtre de l’électrode négative s’étend de plus en plus. Nous donnons cette explication pour ce qu’elle vaut; mais, notre observation du 50 juin dernier coïncidait avec un état de charge électrique élevée de l’atmosphère en France. 0. Jullien,
- Licencié ès sciences.
- L’ACTION DE L’EAU DE MER
- SUR LES ALLIAGES
- Pour protéger la coque des navires contre les végétaux ou les coquillages marins, on la revêt souvent d’une doublure métallique constituée par du cuivre ou l’un de ses alliages. L’eau de mer attaque cette carapace, d’une façon assez lente d’ailleurs dans les conditions normales, forme une couche de vert-de-gris faiblement adhérente; celle-ci se détache, grâce au mouvement du navire, en emportant les dépôts qui ont pu se former, et, de la sorte, les surfaces en contact avec le liquide restent toujours dans un grand état de propreté.
- Dans d’autres cas aussi, des objets formés d’alliages analogues sont soumis à l’action de l’eau de mer. 11 est donc intéressant de connaître exactement les lois de cette corrosion. C’est pourquoi le gouvernement allemand a chargé l’ingénieur en chef Itiegel de diriger toute une série d’expériences dans le but de les déterminer. Après deux ans d’études, ce fonctionnaire vient de déposer son rapport dont nous allons résumer les principaux points, d’après notre confrère S ta ht and Eisen.
- Ces épreuves ont consisté à suspendre les différents spécimens à un pont du port de Kiel de façon qu'ils soient exposés à l’action de l’eau de mer dans des conditions identiques à celles de la pratique. On coupa 12 bandes dans une plaque de métal, 9 furent placées dans le liquide et 5 gardées comme témoins. Après 8 mois on retira de l’eau salée 5 des échantillons et on détermina leur résistance à la rupture, l’une des pièces mises en réserve servant de termes de comparaison. Des essais du môme genre furent exécutés après des immersions de 8, 16, 24 et 32 mois. D’autre part, comme les agents atmosphériques exercent un effet nuisible sur les alliages renfermant beaucoup de zinc, on en exposa quelques-uns à l’air afin de voir l’affaiblissement qui en résulterait pour les plaques. Enfin on limita les observations aux combinaisons de métaux employées actuellement dans les constructions navales ou qui servent aux instruments maritimes d’un usage épurant. On les rangea sous 5 groupes : alliages de cuivre riches en zinc, bronzes contenant un peu de zinc, bronzes d’étain pur, bronzes d'aluminium pur, bronzes d’aluminium et fer.
- Dans le rapport original toutes ces expériences sont longuement relatées avec diagrammes à l’appui. Nous y renvoyons le lecteur, nous contentant ici d‘en donner les conclusions générales.
- Les alliages bronze-fer résistèrent d'une façon remarquable à faction de l'air : au bout de 2 ans il n’y avait pratiquement aucune altération dans leur force. Feux qui renfermaient beaucoup de zinc ne se comportaient pas si bien.
- Lorsqu’ils étaient immergés dans l’eau de mer en contact avec le fer, les bronzes d’étain, d’aluminium ou de fer résistaient tous parfaitement. Après 2 ans à 2 ans 1/2 d’exposition dans le liquide, il n’y avait aucune différence appréciable : ni réduction en poids, ni modification dans la solidité, ni variations dans la structure. Les bronzes de fer en contact avec les bronzes d’étain montraient une perte de matière après exposition à l’eau de mer, le zinc s’y dissolvant peu à peu. Toutefois cette action était moins rapide avec les bronzes d’aluminium. En spécimen de bronze-fer en contact avec un bronze d'étain montra, après 2 ans d’immersion, une réduction de 2/3 dans sa force originelle, et sa composition fut modifiée en partie par disparition du zinc.
- Maintenant les bronzes fondus ou forgés paraissent être affectés de la même manière. Mais une plaque de bronze-fer forgée, doublée d’une plaque de même matière coulée, fut rapidement usée. Eu 2 ans sa force diminua de 69 pour 100. D’un autre côté, une plaque de bronze-fer et une plaque de bronze phosphoré fixée à une pièce de chêne montrèrent une corrosion lente du bronze-fer qui perdit 20 pour 100 de sa force en 25 mois.
- On tira également comme conclusion intéressante que la nature du métal sur lequel l’enveloppe est attachée joue un grand rôle dans la vitesse de détérioration. Ainsi les bronzes d’étain et de fer donnaient tous deux d’excellents résultats en contact avec le fer, tandis qu^ils étaient rapidement hors de service lorsqu’ils étaient plaqués l’un sur l’autre. Donc le principe qui gouverne cette corrosion est en relation avec leur position relative dans l’échelle électrique, et les mêmes conditions qui déterminent le choix des métaux pour l’action galvanique doivent guider ici. Un alliage résistera bien à l’action de l’eau de mer quand il sera en contact avec des métaux qui sont négatifs par rapport à lui alors que sa liaison avec des métaux positifs causera son attaque rapide.
- Jacques Boyer.
- LES VOITURES AUT0M0RILES1
- a l'exposition ue l’automobile-club
- Il nous reste à décrire les principales grandes voitures automobiles qui ont pris part à l’Exposition.
- Voiture Darracq (système Léon Bottée). — MM. Darracq et Cie exposent à leur stand cinq ou six charmantes petites voitures que le public ne cesse d’admirer (lîg. 1).
- Ce système tient le milieu entre la voiturelte et la grosse voiture, elle a donc tous les avantages de confort que l’amateur recherche dans la traction automobile sans en avoir les inconvénients; quant au mécanisme, il est d’un entretien tellement simple que tout le monde peut le mettre en marche sans apprentissage. Le moteur, placé à l’avant, refroidi par des
- 1 Yoy. n° 1363, du 8 juillet 1899, p. 83.
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- LA NATURE.
- ailettes, offre une très grande ressemblance avec celui de la petite voiturette Léon Bollée ([ue tout le monde connaît. Sa puissance est de 5 chevaux 1/2 à 6 chevaux, c'est dire que l’on peut monter toutes les côtes. Sous la main, tous les organes de réglage de ce moteur.
- Les changements de vitesse s'opèrent par le dépla-cement d’une courroie unique, au moyen d’une fourchette triangulaire spéciale, sur une série d’étages formés par deux cônes renversés. Cette fourchette est mise en action au moyen d’un volant placé sous la main du conducteur et peut prendre cinq positions différentes corres- Fis- — Voiture Darracq.
- pondant aux cinq
- changements de vitesse. A gauche du conducteur, se trouve le levier d’embrayage qui agit sur un cône spécial placé à l’arrière de la voiture. En tirant ce levier, on arrête la voiture et on fait ensuite frein sur les moyeux des roues arrière. On obtient ainsi un arrêt presque instantané. Deux pédales placées sous les pieds du conducteur produisent, l’une le débrayage au-tomatique du moteur, l’autre le freinage sur un tambour spécial placé à l’arrière du véhicule. Un coup de pédale, et la voiture qui
- était lancée à 28 kilomètres à l’heure s’arrête en quelques mètres à peine. Quant à la direction, elle est d’une simplicité et d’une sûreté exceptionnelles.
- Enfin, à gauche du conducteur, et manœuvrable du siège, se trouve un tendeur de courroies. Chacun sait, en effet, que, sous l’influence de l’humidité, le cuir s’allonge et la courroie « patine ». Au moyen de ce tendeur, on déplace l’arrière de la voiture; le
- Fig. 2. — Voiture de la Compagnie des électromobiles.
- déplacement ainsi produit peut être au maximum de 8 centimètres; nous pouvons donc être assurés de pouvoir, en toutes circonstances, amener la courroie au degré de tension voulue. L’inconvénient de cet organe se trouve ainsi supprimé, et la voiture Darracq
- n’en possède que les avantages.
- Si nous ajoutons que le prix de ces voitures varie de 6800 à 7200 francs, selon le genre de carrosserie, nous pouvons prédire aux constructeurs un vrai succès pour la petite voiture qui lait l'envie de tous les visiteurs.
- Voiture électrique de la Compagnie française des voitures élec-tromobiles. —
- Tout le monde
- connaît l’ancienne voiture électrique de la Compagnie française de voitures électromohiles dont il a été donné ici la description1; c’est en effet le type admis et exploité par la Compagnie Générale des voitures à Paris. On peut constater que, au point de vue esthétique, ily avait encore à chercher; la Compagnie française des voitures électromobiles a certainement atteint le but quelle se proposait, car, cette année, elle nous montre une seconde voiture 'oignant au con-
- fort un réel cachet d’élégance.
- Le moteur à deux collecteurs (ce (pii constitue en réalité deux moteurs) est placé devant le conducteur et tourne verticalement ; il peut développer une puissance de 3 chevaux 1/2 à 10 chevaux; sous le régime le plus faible, ils dépensent 55 ampères sous 80 volts. Dans la main gauche du conducteur et
- 1 Voy. n° 1551, du 15 avril 1899, p. 507.
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- en avant de lui est un petit volant qui agit sur le combinateur; en le déplaçant dans un certain sens, on produit toutes les variations de vitesse : marche lente, accélérée, rapide, et, en le déplaçant en sens inverse, on produit l'arrêt, les freinages électriques et la. marche arrière.
- Ces deux organes : moteur et combinateur, sont enfermés dans une boîte, et sont par conséquent tout à fait dissimulés.
- Le moteur fait tourner un premier arbre vertical et, au moyen d’un engrenage en bronze, communique son mouvement à un grand arbre vertical que l’on voit en avant de la voiture, un joint à la cardan permettant de supporter tous les chocs dus à la route. — Le mouvement de cet arbre est transmis à l’essieu-avant au moyen d’un pignon d’angle; mouvement différentiel et pignons sont enfermés dans une boîte placée au milieu de l’essieu; on réalise ainsi l’avant-train moteur et directeur qui a, comme on le sait, tant d’avantages dans la traction automobile. Quanta la source productrice d’énergie électrique (les accumulateurs) , elle est soigneusement dissimulée sous les banquettes. La Compagnie française des voitures électromobiles a fait un véhicule élégant, luxueux et confortable.
- Voiture électrique VedovelU et Priestley. — La voiture électrique que MM. Vedovelli et Priestley ont exposée est l’une des plus originales du Salon (fig. 5). Un handsome pouvant se transformer en un vis-à-vis à 4 places, une petite roue à l’avant et deux roues à l’arrière, le siège du conducteur derrière la
- voiture, tel est son aspect général. La direction tout à fait originale s’obtient en utilisant la réversibilité du mouvement différentiel, c’est-à-dire qu’on agit sur ce dernier pour faire tourner une roue plus vite que l’autre; ce sont donc les deux roues arrière qui sont directrices. Ce système a l’avantage, d’une part, de pouvoir tourner dans un rayon très court, et même de pivoter sur place, et, d’autre part, de ne pas obliger le conducteur à tourner le volant de direction en sens inverse à la fin d’un virage pour continuer en ligne droite.
- Chacune des roues est commandée par un moteur spécial, le pignon satellite du différentiel, maintenu immobile autour de l’essieu par un dispositif particulier, étant réuni à la direction. Sous la main du conducteur, le volant de direction et le levier du combinateur permettant d’obtenir les changements de vitesse réalisés par des couplages des moteurs en tension ou en quantité, ainsi que la marche arrière. Un premier système de frein agissant sur l’arbre du différentiel est commandé par le même levier que le combinateur, de façon à ne pouvoir faire frein sans supprimer le courant aux moteurs; un second système de frein à pédale coupe le courant et ne peut être rétabli qu’en amenant le levier du combinateur à la position d’arrêt. On voit ainsi que ces deux systèmes de freins offrent toute sécurité, puisqu’ils rendent impossible le démarrage en grande vitesse après avoir freiné. Quant aux accumulateurs, ils sont placés sous la voiture dans une caisse spéciale et
- Fig. i. — Voiture Piepcr.
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- permettent de faire 70 à 80 kilomètres. Pour un trajet plus long, MM. Vedovelli et Priestley placent sur la voiture une usine de charge portative. Cette petite usine se compose d’un petit moteur à pétrole de Dion-Bouton d’un cheval 3/4, et d’une petite dynamo accouplée sur le même arhre donnant 10 ampères sous 110 volts, le tout renfermé dans une malle.
- A l'étape, on recharge ses accumulateurs. Un con-joneteur disjoncteur spécial agissant sur le moteur à pétrole arrête ce dernier lorsque les accumulateurs sont chargés à saturation. Disons également que cette petite usine portative qui ne pèse (pie 140 kilogrammes peut également servir pour l’éclairage et alimenter 15 lampes de 10 bougies.
- MM. Vedovelli et Priestley ont ainsi supprimé les
- Fi". 5. — Voilure Vedovelli et Priestley.
- inconvénients de la traction électrique sur routes provenant des accumulateurs. Dans leur système, on n’emporte (pie la quantité d’essence nécessaire à la marche de la voiture, comme s’il s’agissait d’une voiture à pétrole ordinaire.
- Voiture électrique Georges Richard. — La maison Georges Richard était connue de tous pour l’élégance de ses voitures à pétrole ; elle vient de se faire une place dans l’industrie automobile électrique (fig. 5).
- A son stand, figure un duc très élégant et portant les accumulateurs, au nombre de quarante-quatre, dissimulés sous le siège de la voiture. Les accumulateurs employés sont actuellement ceux de la Société des accumulateurs électriques ( Procédés Dujardin).
- Un moteur spécial communique son mouvement aux roues arrière au moyen des chaînes. On nous
- affirme que la consommation ne serait que d’environ 50 watts-heure par kilomètre. Sous la main du conducteur, le volant de direction et une manette destinée à régler la marche de la voiture. En déplaçant la manette dans un sens, on communique à la voiture trois vitesses variant de 6, 10 et 20 kilomètres à l’heure; dans un autre sens on produit la marche arrière. Sous le pied, une pédale de frein permettant d’avoir un arrêt très brusque. A gauche, un autre levier de frein agissant sur les roues arrière.
- La simplicité de manœuvre et de conduite de la voilure Georges Richard lui vaudra bien des adeptes.
- Voilure Pieper. — Les établissements Pieper de Liège ont exposé une voiture particulière d’une certaine originalité : à la fois pétrole et électricité (fig. 4).
- A l’avant de la voiture se trouve placé un faible moteur à pétrole à refroidissement par ailettes.
- Entre ce moteur et la commande de mouvement aux roues arrière, une dynamo, pouvant jouer le rôle de moteur électrique, et reliée à une petite batterie d’accumulateurs. Au départ, par l’intermédiaire de la dynamo-moteur, et en empruntant une faible quantité d'énergie à la batterie d’accumulateurs, on met en marche le moteur à pétrole.
- Sommes-nous sur une pente ou à l’arrêt; en un mot, n’avons-nous pas besoin de toute l’énergie disponible au moteur à pétrole, immédiatement ce dernier actionne la dynamo qui charge les accumulateurs.
- Si, au contraire, nous sommes en montée, immédiatement et automatiquement la dynamo fonctionnera connue moteur en empruntant de l’énergie à la batterie d’accumulateurs, et son action s’ajoutera à celle du moteur à pétrole. On peut de la sorte n’employer que deux moteurs de faible puissance, une batterie d’accumulateurs très réduite puisque leurs effets respectifs peuvent s’ajouter.
- D’autre part, en cas d’avarie au moteur à pétrole, on peut facilement rentrer au logis en n’utilisant que la dynamo-moteur. Il serait prématuré d’émettre une opinion sur l’avenir que peut avoir cette nouvelle combinaison ; attendons encore que l’expérience nous renseigne sur la véritable valeur de cette disposition. On peut penser cependant que l’adjonction de l’électricité au pétrole pourra être féconde dans beaucoup de circonstances. M. Pieper a appliqué à sa voiture un principe déjà réalisé pour l’éclairage électrique des wagons de chemin de fer. La rotation des roues met en mouvement une dynamo ; des accumulateurs se chargent et alimentent les lampes. Ici, c’est un peu différent, mais l’idée est la même. On utilise tout excès de puissance disponible et le système le restitue au moment utile.
- Telles ont été en gros les innovations et les principales curiosités de l’Exposition de 1899. Hoiimex.
- LE CAFÉ DE FIGUES
- Cette désignation peut sembler bizarre au premier abord, mais elle ne l’est pas plus, en somme, que toutes les désignations analogues que l’on a adoptées pour les
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- diverses falsifications et les succédanés que fabrique l’industrie moderne : café de figues n’est pas plus étrange que café de glands doux.
- Ce café a vu le jour, croyons-nous, en Autriche-Hongrie et, s’il est particulièrement apprécié dans les limites de l’empire austro-hongrois, il faut dire aussi qu’il s’exporte sous son nom de « feigen-kaffee » en Roumanie, en Bulgarie, en Serbie, et même dans les provinces frontières de l’Allemagne. Nous pouvons dire au contraire qu’il est à peu près totalement inconnu en France, et l’attention a été attirée sur ce produit curieux par ce fait que l’Autriche, qui achète d’ordinaire les figues nécessaires à cette industrie dans la région de Smvrne, s’est vue l’an dernier, par suite de la mauvaise récolte, obligée de faire des achats considérables en Algérie et spécialement dans la province de Constantine. La publication intitulée : « Bulletin hebdomadaire du service des renseignements du gouvernement de l’Algérie », a poursuivi une enquête sur ce nouveau commerce, et elle est arrivée à constater ainsi l’existence de l’industrie du « feigen-kaffee ».
- Les maisons qui s’y livrent sont extrêmement nombreuses en Autriche, maisons considérables dont les chefs sont devenus rapidement millionnaires. Normalement ils importent d’Asie Mineure des figues sèches dites « Bordas »; cette importation s’élevant généralement à plus de 120000 quintaux dans une seule année, on torréfie ces figues et enfin on les transforme en une farine qui offre une ressemblance frappante avec la poudre de café. Mais ceci n’est point pour la vendre sous le nom de ce dernier produit : si ce « feigen-kaffee » se consomme dans des proportions qui égalent au moins celles de la chicorée en France, on n’en dissimule nullement l’emploi, les cafetiers l’annoncent, et c’est un principe culinaire que « keine guter kaffee ohne feigen », autrement dit qu’il n’y a pas de bon café sans figues. Hans le commerce, cette farine spéciale se vend en paquets cartonnés d’une contenance de 100 à 500 grammes, et aussi en boîtes de fer-blanc pour le débit chez les épiciers.
- Ce qu’on estime dans ce succédané, c’est évidemment qu’il ne coûte que fort peu, mais on trouve aussi qu’il a l’avantage particulier de tempérer l’amertume du café ordinaire en y ajoutant un élément onctueux. Un économiste viennois distingué, M. de Duniecki, fait remarquer que l’infusion qu’on en obtient est très saine et très agréable, qu’elle agit moins sur les nerfs que le vrai café, que sa puissance nutritive est en outre plus considérable.
- Même employée seule, la farine de figues torréfiées donne une infusion sucrée d’un goût agréable; mélangée au café dans la proportion d’un tiers, elle colore plus fortement le liquide en l'édulcorant, sans lui communiquer rien de cette âcreté qui est propre à la chicorée. On affirme que les enfants en sont très friands; du moins prépare-t-on à leur usage un café au lait spécial dont on vante les principes à la fois nutritifs et calmants.
- En tout cas, il était intéressant de signaler ce produit si peu connu en France; d’autant que l’utilisation des figues sous cette forme est susceptible de donner naissance à une importante industrie tout au moins en Algérie. Le fait est qu’en considérant toutes les provenances, l’Autriche à elle seule, sans la Hongrie, a importé 2 484 000 quintaux de figues sèches destinées à la torréfaction , dont la transformation laisse des bénéfices énormes à ceux qui l’effectuent. 1). B.
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- LE PROLONGEMENT DE LA
- LIGNE D'ORLÉANS AU QUAI D'ORSAY
- En 1862, la Compagnie d’Orléans dépensa dix-huit millions pour la reconstruction de sa gare de la place Walhubert telle que nous la connaissons aujourd’hui ; il est probable qu’on ne se serait pas engagée dans ces dépenses si on avait pu deviner les nécessités ultérieures, qui sont celles de maintenant, et qui sont la cause de l’installation nouvelle au quai d’Orsay de la tète de ligne des chemins de fer d’Orléans. La rapidité des trains et leur commodité, la réfection intelligente des horaires permettent aujourd’hui d’amener un voyageur demeurant à une distance de 250 kilomètres de Paris et de le ramener dans la même journée, tout en lui laissant sept heures utiles dans la capitale, les repas ayant été pris dans les wagons-restaurants ; d’autre part la banlieue de l’est tend constamment à s’accroître, elle prend chaque jour plus d’importance.
- Toutes ces améliorations et progrès perdaient la moitié de leur mérite par la situation, éloignée du centre, de l’ancienne gare. La circonstance très favorable de la démolition de la Cour des comptes qui s’imposait, et dont le terrain ne trouvait pas d’emploi, décida la Compagnie à entrer en pourparler avec l’État pour l’acquisition de l’emplacement dont nous venons de parler ainsi que de celui d’une caserne contiguë qui pouvait être facilement aliénée. Disons enfin que, lorsque la Compagnie se rendit propriétaire de la ligne de Sceaux, elle prolongea sa nouvelle voie jusqu’au carrefour Médicis et le seul fait de cette facilité donnée aux Parisiens augmenta le trafic de de 40 pour 100; cette circonstance à elle seule devait lever les derniers scrupules de la Compagnie et l’engager à dépenser les 40 millions nécessaires à l’installation de sa tête de ligne sur le quai d’Orsay.
- Les négociations engagées avec l’État aboutirent en décembre 1897 et la Compagnie, dont les projets étaient déjà tout prêts, attaqua les travaux immédiatement, de sorte que, si tout est terminé pour l’Exposition, comme on l’espère, il n’aura fallu que deux ans et demi pour construire les quatre kilomètres de voie en plein Paris, travaux dont les difficultés matérielles peuvent se calculer par le coût moyen du kilomètre ; 10 millions.
- La gare Walhubert actuelle se compose de 7 voies parallèles entourées de bâtiments où sont logés les différents services ; on ne pouvait penser à en effectuer la démolition sans être entraîné à de très fortes dépenses; comme, d’autre part, il fallait traverser la place en souterrain, on a préféré faire plonger les deux voies du centre suivant une pente de 11 centimètres par mètre : de cette façon les deux lignes passent sous les bâtiments et vont gagner les berges de la Seine après avoir décrit deux courbes de sens contraire (fig. 8).
- Le port Saint-Bernard est d’une largeur exceptionnelle, et l’on a pu y prélever une bande de 9 mètres de large sans occasionner aucun inconvénient; la
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- LA NATURE.
- voie a été installée au fond d’une sorte de tranchée formée, du côté du quai, par un mur de soutènement retenant les terres et la chaussée et du côté de la rivière, par un mur en meulière.
- A partir de 100 mètres environ en amont du pont de Sully, le tracé (tîg. 7) devient souterrain et continue à l’être sur tout le reste de son parcours;
- Fig. 1. — Perspective îles travaux en cours près le pont Saint-Michel.
- en béton ou meulière est exécutée immédiatement : on fait avancer cet appareil à l’aide de vérins hydrauliques à mesure que le tunnel se poursuit.
- l’exécution de ce souterrain a été faite par les procédés nouveaux qui ont déjà donné de si grandes satisfactions pour la construction de legout collecteur de Clichy et du Métropolitain; le travail se passe tout entier sous le sol et n’est pas visible de la surface, un vaste bouclier soutient la terre à mesure que se produit l’abatage du front de taille, la maçonnerie
- Fig. 2. — Perspective îles travaux en cours près le pont .Notre-Dame.
- On a attaqué l’ouvrage par deux chantiers, c’est dire que deux boucliers avançaient l’un vers l’autre ; le premier partait du pont Sully et le second de la
- Fig. 3. — La station Saint-Michel.
- gare du quai d’Orsay. Toutefois, les deux boucliers n’étaient pas destinés à se rencontrer, car la partie médiane située sur les quais Saint-Michel et des Grands-Augustins a été exécutée extérieurement par les moyens ordinaires (fig. 1); le peu de largeur des quais n’a pas permis la construction d’un souterrain en voûte, on a fait une tranchée couverte à l’aide d’un plancher en fer supportant la chaussée.
- Ainsi qu’on peut le voir sur certaines parties de la
- ligne qui sont déjà terminées (fig. 2), on a ménagé des ouvertures sur le parement de mur qui sépare la voie de la berge du fleuve; celles-ci ont pour mission d’entretenir une aération constante dans le tunnel et d’y faire pénétrer la lumière.
- Les voies sont à la cote 27, c’est dire qu’elles se trouvent sensiblement à la hauteur de la surface des eaux en temps ordinaire; pour peu que celles-ci viennent à monter, il y aurait forcément invasion et
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- inondation. Mais on a eu soin detablir dans la voûte renversée et pouvant résister aux pressions, maçonnerie un radier en béton ayant la forme d’une de bas en haut, du liquide (fig. 6). Si, malgré ces
- Fig. 4. — Pose du tablier métallique près la nouvelle gare.
- précautions, il se produisait des infiltrations d’eau, celle-ci se trouverait drainée dans un caniveau cen-
- Fig. 5. — Les planchers sous la Caisse des dépôts et consignations.
- tral et extraite par des pompes. Aux abords du quai d’Orsay la voûte est double (fig. 9) et le nombre
- Fig. 6. — Coupe de la ligne aux passages construits en voûtes de maçonnerie.
- des voies est porté de deux à quatre ; cette disposi- rieur avec la ligne de Sceaux, le jour où ce travail se tion a été prise pour permettre le raccordement ulté- fera; on sait que cette dernière ligne doit, en projet,
- Tracé de la nouvelle ligne.
- descendre le boulevard Saint-Michel et tourner sur les quais suivant un angle droit; en attendant
- que cette jonction ait lieu, les voies situées dans le tunnel n° 2 serviront de dégagement et de garage.
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- Sur le trajet de la nouvelle ligne, il n’y aura qu’une station intermédiaire, celle du quai Saint-Michel (lîg. 3); elle sera construite entre les deux ponts et ne servira que pour les trains de banlieue et aux voyageurs sans bagages. La raison Jd’être des travaux en cours étant justement de réduire le temps de la traversée dans Paris pour les voyageurs, il était impossible de faire arrêter les trains de grande circulation à cette station intermédiaire; la durée du passage des 4 kilomètres en construction sera de 7 minutes environ.
- La traction sera tout entière électrique, les loco-
- a - Austertit;
- Fig. 8. ~ Départ de la nouvelle ligne sous la place Walhubert.
- motives recueilleront la force électro-motrice en cours de route; il n’y aura donc ni fumée, ni agent spoliateur de l’air sous les tunnels. Le changement des locomotives doit se faire à la gare Walhubert et il est prévu que cette mutation ne sera pas une cause de retard ; en effet, tous les trains doivent s’ar-
- ___ Ouverf.uré ô mOO . -
- La double voûte aux abords de la nouvelle gare.
- rêter à l’ancienne gare pour les messageries et le service des postes; or, cet arrêt ne peut être inférieur à deux minutes, temps largement suffisant pour opérer le changement des tracteurs.
- La construction du tronçon le long de la Seine va causer tout un changement dans la banlieue de l’est; celle-ci, malgré ses attraits, était complètement abandonnée des Parisiens, à cause de la difficulté d’arriver à la gare d’Orléans ; les choses vont varier, et dès à présent, les terrains de cette contrée ont subi une hausse de prix considérable.
- Plus tard, on raccordera l’Orléans avec l’Ouest à l’aide d’un tronçon passant devant la Chambre des députés et reliant le quai d’Orsay aux Invalides, les populations de l’est de Paris pourront de leur côté se répandre dans la banlieue de l’ouest qui leur est à peu près inconnue. Comme on le voit, la construc-
- tion du nouveau tronçon sera la cause principale d’un grand mouvement de la population soit dans un sens, soit dans l’autre. A. da Cunha.
- ALCOOL ET PÉTROLE
- On s’occupe depuis quelque temps de savoir s’il serait possible de substituer l’alcool au pétrole pour l’éclairage, le chauffage et la force motrice. L’alcool se fabrique partout; le pétrole est un produit d’importation. Au point de vue économique, il y aurait lieu de préférer évidemment l’alcool au pétrole. Mais est-ce possible? Nous ne le pensons pas, du moins dans les circonstances actuelles. L’alcool coûte trop cher en France et il présente d’ailleurs des inconvénients que ne possède pas le pétrole.
- Il y a déjà des années que l’on se sert de l’alcool en Allemagne et en Belgique pour l’éclairage. On a eu raison de mettre la question à l’ordre du jour dans plusieurs de nos sociétés savantes. Nous résumons ici brièvement les opinions qui se sont fait jour à la Société nationale d’agriculture et à la Société des Ingénieurs civils.
- L’application à l’éclairage n’est évidemment pas possible en France tant que les droits sur l’alcool resteront aussi élevés. M. Ringelmann l’a bien démontré à la Société d’Agriculture. Les lampes à pétrole, pour de faibles intensités, sont supérieures aux lampes à alcool. Ces dernières ne deviennent applicables que pour les grandes intensités. Des lampes à manchon incandescent à alcool, répandues à l’étranger, l’application en France ne deviendrait possible que si le prix de revient de l’alcool ne dépassait pas les 6/10es, soit la moitié du prix du pétrole. Nous n’v sommes pas, il s’en faut. En prenant pour base le prix du pétrole en gros, 40 francs l’hectolitre pour le pétrole blanc supérieur et 55 francs l’hectolitre pour le pétrole de luxe (luciline, etc.), le prix de l’alcool devrait être de 50 francs les 100 kilogrammes ou de 25 francs l’hectolitre. Telle est la limite. C’est à peu près cette limite que l’on a atteinte en Allemagne.
- 11 faut donc souhaiter que les industriels et l’État combinent leurs efforts pour abaisser le prix des alcools. C’est le seul moyen d’en développer la consommation. Ce vœu a, du reste, été voté par la Société d’agriculture. Sans préjuger de l’avenir, il est certain que l’alcool dénaturé, livré à bas prix, finira par avoir des applications importantes.
- Au point de vue de ses propriétés particulières, on a fait valoir aussi que l’alcool était beaucoup plus inflammable que le pétrole et produisait avec l’air des mélanges détonants.
- Tout cela est exact. Et nous avions déjà insisté, il y a plus de deux ans, sur les inconvénients de l’alcool employé seul. Mais rien n’empêcherait de s’en servir mélangé à un autre combustible, et la question, sans doute, changerait alors complètement de face. L’alcool en lui-même restera longtemps, sinon toujours, un combustible coûteux. A la Société des ingénieurs civils, M. A. Lecomte a présenté à cet égard des considérations qui ont leur importance. Il s’est demandé si la production intensive de l’alcool, comme on cherche à l’obtenir, ne créerait pas un danger pour l’agriculture. L’alcool, en effet, ne peut s’obtenir à un prix abordable que si on l’extrait de la betterave. Or, la betterave immobilise de grandes surfaces de terre. Un hectare de terrain peut donner 45 000 kilogrammes de betteraves, qui, à 9,80 pour 100 de sucre, fournissent 5,7 litres d’alcool à 100° par 100 kilo-
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- grammes, soit 2565 litres d’alcool par hectare. Comme terme de comparaison, fait remarquer M. À. Lecomte, on peut dire que, pour remplacer les 520 millions de mètres cubes de gaz consommés par an dans Paris, il faudrait la récolte de 125 000 hectares de betteraves, soit la superficie d’un département. 11 convient d’ajouter que, dans tous les pays où la culture de la betterave s’est propagée, la qualité des bestiaux élevés pour la boucherie s’est fortement abaissée par suite de la disparition des pâturages.
- L’alcool est un combustible très onéreux, car, pour distiller 100 kilogrammes de betteraves, il faut brûler 9 kilogrammes de charbon développant 51 800 calories. On récupère 4kg,55 d’alcool à 100°, développant 51 800 calories. L’alcool, dit très bien M. Lecomte, est donc un accumulateur de calorique rendant au maximum 44 pour 100. C’est pourquoi cet ingénieur conclut, comme nous, à savoir que l’alcool employé seul ne saurait servir économiquement à l’éclairage, au chauffage et à la force motrice.
- Avec un mélange d’alcool et d’hydrocarbure le problème devient différent et peut-être arrivera-t-on à une solution économique. On a fait fonctionner à la Société des ingénieurs civils des lampes à alcool chargé d’hydrocarbure. La lumière a été reconnue très belle. Les prix de revient de cette lumière seraient très bas, puisque l’on affirme que le carcel-heure serait inférieur à 0tr,007. Amis ne discuterons pas ce résultat pour le moment : mais on peut dire que l’utilisation de l’alcool mélangé à des hydrocarbures a fait ses preuves depuis longtemps. 11 y a au moins trente ans que les Parisiens connaissent le « gazog ne Robert ». L’inventeur se servait dans ses lampes d’un mélange d’alcool et d’essence de térébenthine. Dans ses brûleurs à vaporisation on obtenait une très belle lumière. La térébenthine coûte cher relativement; mais, en employant des carbures bon marché, il est évident que l’on donnerait à bas prix une lumière intensive. Par conséquent, l’alcool non pas seul, mais mélangé, peut avoir des applications nombreuses. Et il ne faudrait pas rejeter, comme on a une tendance à le faire un peu vite, son emploi, dans des brûleurs appropriés comme producteur économique de lumière.
- En ce qui concerne le chauffage et la force motrice, déjà M. Lévy, professeur à l’Ecole des Industries agricoles de Douai, dans un Mémoire très étudié publié en 1896, avait bien montré l’infériorité de l’alcool pur sur le pétrole. M. Ringelmann a fait aussi des expériences à l’École de Grigon, qui confirment et élargissent encore les conclusions de M. Lévy. M. Ringelmann a fait fonctionner des moteurs à pétrole avec de l’alcool. La dépense par cheval-heure fut trouvée de 28 centimes avec l’essence de pétrole, et de 98 centimes avec l’alcool. Le rapport des consommations est à peu près celui des pouvoirs caloriques. Le prix du litre d’essence était compté 0fr,50 et celui de l’alcool dénaturé 1 franc. 11 s’agit de différences qui s’élèvent presque du simple au double entre la puissance mécanique d’un litre d’alcool et celle d’un litre de pétrole. Un litre de pétrole donnerait, d’après M. Lévy, 5 chevaux-heure ; un litre d’essence de pétrole 6 chevaux-heure. Ces chiffres n’ont qu’une valeur relative, parce que tout dépend du mode d’utilisation des deux combustibles. Cependant le pouvoir calorifique de l’alcool est seulement de 6,522 calor. par kilogramme, tandis qu’il monte pour l’essence de pétrole à 11,556 calor. II y a donc, au point de vue théorique, infériorité considérable de l’alcool vis-à-vis du pétrole. Pour avoir le même résultat
- sensiblement, il faut disposer d’une quantité double d’alcool.
- Mais M. Lévy avait, en 1896, fait remarquer qu’on parviendrait par mélange à égaliser la valeur des deux combustibles. Et c’est encore dans cette voie qu’il serait utile, à notre avis, de s’engager pour pouvoir donner un débouché satisfaisant à l’alcool. L’alcool seul, rien à faire; l’alcool mélangé à des hydrocarbures à bas prix, beaucoup à espérer.
- Depuis que l’industrie des automobiles a pris une si rapide extension on a cherché aussi, de ce côté, à se rendre compte de la valeur respective des deux combustibles. Les essais dans les automobiles ou les motocycles ont été beaucoup plus favorables à l’alcool que les expériences précédentes. Mais ont-ils été faits avec une rigueur suffisante? Ainsi, sur l’initiative du Vélo, huit voitures ou motocycles sont entrés en concurrence. La voiture de MM. Guttin et Cie a fait le parcours de Paris-Chantilly (156 kilomètres), malgré un temps affreux, en 8h8““. Le moteur était de 4 chevaux; la consommation a été de 58 litres d’alcool, soit 0,50 litre par kilomètre, soit une dépense de 6fr,21 environ. M. Lucien Périssé a passé en revue, à la Société des ingénieurs civils, les tentatives faites dans cette direction. Des résultats favorables ont été obtenus en Allemagne par M. Petrano, à Berlin, sur un petit moteur qui n’aurait consommé que 500 grammes d’alcool par cheval-heure, etc. Mais nous ignorons exactement les conditions de l’expérience. A Paris, MM. Ilenriod font marcher leurs automobiles indifféremment à l’essence ou à l’alcool en changeant seulement le système de réglage du carburateur distributeur. Tout cela est très bien ; mais, eu égard aux pouvoirs calorifiques des deux liquides, nous sommes bien obligé de conclure qu’il faudra toujours consommer deux fois environ plus d’alcool que d’essence pour produire le même travail. En supposant même les prix de l’alcool réduits à moitié de ceux du pétrole, il faudra toujours, à égalité de dépense, un récipient double pour l’approvisionnement du combustible, et c’est un désavantage pour l’alcool. Donc, nous le répétons, on perd son temps et son argent, quoi qu’on dise, en cherchant à utiliser l’alcool pur à 95°. L’avenir est aux mélanges d’alcool et d’hydrocarbure. Que l’on entre hardiment dans cette voie et, sans doute, atteindra-t-on le succès.
- Henri de Parville.
- CHANGEMENTS DE AITESSE
- POUR MOTOCYCLES ET VOITURETTES AUTOMOBILES
- Entre la voiture à essence de pétrole, coûteuse et compliquée, et le tricycle dont le mécanisme est réduit à sa plus simple expression, il y a place pour un type intermédiaire, la voiturette dont l’exposition récente organisée aux Tuileries par l’Automobile-Club de France nous montre des spécimens innombrables.
- La plupart de ces voiturettes ne sont que des transformations du tricycle aujourd’hui classique de MM. de Dion et Bouton, et nous avons signalé ici même1 l’évolution de ce motocycle dont la puissance du moteur s’est élevée de 80 à 155 kilogrammètres par seconde (1,25 à 1,75 cheval).
- 1 Voy. n° 1536, du 51 décembre 1898, p. 75.
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- Mais, cette transformation du motocycle en voitu-rette à deux et même trois personnes n’a pu, malgré l’accroissement de puissance du moteur, être réalisée que grâce à l’application de changements de vitesse dont nous allons décrire aujourd’hui quelques types, après avoir justifié la nécessité de leur emploi dans le moteur à essence de pétrole. Un sait que la puissance d'un moteur à essence de pétrole est proportionnelle au couple moyen exercé par le piston sur le houton de la manivelle et à la vitesse angulaire du moteur. Or, dans ce moteur, ce couple moyen est, à l’encontre de ce qui se passe dans les moteurs électriques, sensiblement constant, et la puissance varie en raison inverse de la vitesse angulaire.
- Pour tirer d’un moteur à essence de pétrole le meilleur résultat possible, il faudrait donc faire varier le rapport? de la vitesse du véhicule à celle du mo-
- teur de telle façon que celle-ci restât constante et conservât sa valeur maxima normale.
- C’est là un idéal encore irréalisé sur les voitures automobiles, maison possède déjà quelques ébauches de solution que nous aurons l’occasion de décrire. En attendant, on se contente d’adopter sur les voitures trois ou quatre vitesses différentes, et, pour les tricycles et voiturcttes, deux vitesses seulement; le mécanisme permettant de passer rapidement d’une vitesse à l’autre constitue un changement de vitesse.
- Changement de vitesse, système Couget. — L’inventeur a très improprement donné à ce système le nom de multiplicateur de force; en effet, le public confondant généralement la force et la puissance est porté à attribuer à l’appareil la propriété d’augmenter la puissance du moteur, alors que sa fonction est
- Fig. 1. — Changement de vitesse, système Couget.
- de changer le rapport des vitesses angulaires du moteur et du véhicule.
- L’appareil de M. Couget, représenté figure I, est constitué par un système d’engrenages intercalés entre l’arbre du moteur et celui du différentiel. Tout le mécanisme est enfermé dans un carter en aluminium (fig. 1, n° 1 ) qui le protège de la poussière et supporte les axes des engrenages.
- Dans la position normale qui correspond à la grande vitesse, l’arbre du moteur (fig. 1, n° 2) attaque l’engrenage E du différentiel par l’intermédiaire du pignon A commandé par la couronne dentée B. Pour cette petite vitesse, le pignon intermédiaire D n’est pas en prise.
- Dans la position correspondant à la petite vitesse qui est celle représentée sur la figure 1 (n° 2), le pignon A n’est plus en prise, et c’est le pignon Dqui commande l’engrenage du différentiel E en recevant son mouvement par le pignon C.
- On voit sur la figure 1 (n° 1) le levier qui permet de déplacer les pignons A et D et de les mettre alternativement en prise suivant les deux vitesses à réaliser. Dans une variante représentée (fig. 1, n°3),les mêmes résultats sont obtenus par glissement de la couronne B sur son axe, mais la solution nous paraît moins satisfaisante.
- Les engrenages sont calculés pour donner normalement une réduction dans le rapport de 1 à 4, mais on peut varier ce rapport à volonté.
- Changement de vitesse système Didier. — Ce dispositif construit par MM. Guyenet et Balway, étudié plus spécialement pour les tricycles automobiles, présente cette particularité que les engrenages restent, toujours en prise, les changements se faisant par des embrayages à encoches robustes et sûrs. Le changement de vitesse (fig. 3) est constitué par un ensemble de cinq engrenages et d’un embrayage double maintenus dans un cadre qui leur sert de
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- bâti. Les (leux pignons BR" attaquent directement la couronne déniée du tricycle et restent toujours en prise avec elle. L’engrenage B est monté fou sur son
- arbre, tandis que le pignon B" est solidaire de son arbre et tourne avec lui. A la droite de ces deux pignons sont trois autres pignons dont le plus petit B' fou sur
- Fig. 2. — Changement de vitesse, système Ilugot.
- son arbre entraîne le pignon B'" par l’intermédiaire I du pignon fou C. Deux embrayages à encoche com- | mandés par un levier oscillant permettent d’établir des connexions convenables entre ces différentes pièces du changement de vitesse.
- Dans la position représentée sur la figure, qui correspond à la grande vitesse, l’embrayage A' solidarise l’axe du moteur avec le pignon B et ce pignon commande directement 1’engrenage du différentiel, tandis (|ue le pignon B" reste fou sur son arbre, l’embrayage A n’étant pas en prise.
- Pour passer de la grande vitesse à la petite, il suffît de faire glisser les deux embrayages sur leurs axes, l’embrayage supérieur A solidarise alors le pignon B" et l’axe supérieur, tandis que l’embrayage A' rend fou le pignon B et active le pignon B'. Le mouvement à l’axe du différentiel se transmet alors à une vitesse réduite .par l’intermédiaire des engrenages B', C, B"' et B". En changeant le nombre de dents des pignons B', C, B"' et B", on peut mo-
- difier à volonté le rapport de réduction et sacrifier la vitesse à l’ascension de côtes de plus en plus dures, ou à la remorque de voiturettes de plus en plus lourdes.
- Pendant la marche à grande vitesse, les engrenages B', C et B"' ne travaillent pas. Lorsque les deux embrayages sont dans une position intermédiaire, le tout est débrayé, et le moteur peut continuer son mouvement sans entraîner le tricycle.
- Changement de vitesse, système Hugot.— Ce changement de vitesse appliqué par M. Hugot à une voiturette dont nous avons donné autrefois la description est basé sur les propriétés du différentiel. La figure 2 qui en montre la disposition schématiquement permet d’en comprendre le fonctionnement.
- Le moteur À actionne les roues dont les moyeux sont représentés en M et K par l’intermédiaire du pignon B et du différentiel à roues droites C, D, E, F. En G et en H sont deux freins à bande dont nous allons indiquer la fonction. En J est un embrayage à
- Fig. 3. — Changement de vitesse, système Guyenet et Balway.
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- encoches qui permet de solidariser la roue K avec l’axe de droite ou de la rendre folle à volonté.
- Lorsque la transmission marche à vitesse normale, qui est ici la petite vitesse, la roue K est solidarisée avec son axe, et la transmission s’effectue aux deux roues par l’intermédiaire du différentiel, comme dans toutes les voitures à deux roues motrices. Sur le différentiel est une poulie G formant carter et sur laquelle agit le frein de petite vitesse non représenté sur la figure 2.
- Pour passer de la petite à la grande vitesse, on serre le frein G qui arrête l’axe de droite, et, en même temps, on débraye la roue de droite qui tourne folle. Dans ces conditions, la roue M devient seule motrice et tourne avec une vitesse double.
- Le frein H sert alors comme frein de grande vitesse, le frein G restant desserré. Ce système est remarquable par sa simplicité, car il n’introduit aucun engrenage nouveau : il ne comporte (pie l’adjonction d’un frein et d’un embrayage à encoches, deux organes d’une très grande simplicité. On pourrait lui reprocher seulement de n’employer qu’une seule roue motrice lorsque précisément la voiturette est à la plus grande vitesse, mais comme cette grande vitesse n’est jamais excessive dans une voiturette, l’inconvénient signalé n'a qu’une importance secondaire.
- On voit, par ces quelques exemples choisis parmi vingt autres, que le problème d’un changement de vitesse pour voiturettes et tricycles peut recevoir des solutions simples et élégantes.
- L’expérience seule pourra nous faire connaître les systèmes destinés à survivre devant les progrès si rapides de l’industrie automobile. E. Hospitalier.
- CHRONIQUE
- Daltonisme partiel. — On a souvent dit, et avec beaucoup de raison, que le daltonisme, ce que les Anglais appellent color blindness, cécité pour les couleurs, est bien plus fréquent qu’on ne pense; mais ce que l’on sait peu, c’est qu’il est un grand nombre de gens qui ne sont affectés que d’un daltonisme partiel. L’auteur de ces lignes connaît personnellement celui-ci pour souffrir par lui-mèine de cette particularité désagréable de la vision; et un physiologiste de l’Cniversité de Yale, M. E. \Y. Scrip-ture, vient de mettre en lumière ce phénomène dans un récent numéro de Science. 11 a eu parmi ses élèves plusieurs cas de daltonisme partiel, et voici en quoi consiste ce dernier. Les personnes qui en sont atteintes reconnaissent parfaitement les couleurs et les nuances à faible distance et quand l’intensité lumineuse est suffisante; mais elles deviennent en fait daltonistes pour les objets faiblement éclairés ou se trouvant à une certaine distance. Pour un daltoniste de cette espèce, il sera impossible de reconnaître si une lanterne émet un feu rouge ou vert, au cas où cette lanterne est quelque peu éloignée. On comprend de quelle importance est cette particularité, et elle doit entraîner une modification dans les épreuves auxquelles on soumet les agents des trains.
- («rêve de facteurs chinois. — Notre confrère Electrical Review donnait récemment quelques détaiLs
- sur une grève de facteurs chinois, de coolies, employés par une compagnie de câbles de Shanghaï à porter les télégrammes à domicile. Sur la plainte de la compagnie, onze d’entre les grévistes furent arrêtés, traduits devant le tribunal et deux furent condamnés à recevoir cinquante coups de rotin sur la main. Immédiatement les autres grévistes demandèrent à reprendre le travail.
- Charbon sans fumée. — On vient d’essayer en Angleterre un charbon « sans fumée » d’invention récente. Au cours des essais on a brûlé le nouveau combustible dans des grilles ordinaires et dans des réchauds placés au milieu de la pièce; et on a remarqué qu’il ne produisait que des traces de fumée à peine perceptibles même quand on ajoutait aux brasiers de nouvelles charges du combustible. Le feu ressemble à un feu de coke extraordinairement brillant, sur lequel s’élèveraient des longues flammes blanches et bleues. La chaleur dégagée est intense, et on dit que ce qui concerne la production de la vapeur 1 livre (anglaise, 450 grammes) de charbon amène l’évaporation de 14 livres d’eau. Les résidus (cendres, etc.) ne dépassent pas 5 pour 100. Pour les besoins industriels le combustible est moulé en briquettes perforées, pesant environ 10 livres chacune, mais pour les besoins domestiques il prend la forme de gâteaux ou mottes, de forme lenticulaire dont environ 140 pèsent 100 livres. Dès à présent les briquettes peuvent être vendues à Londres au détail à raison de 21 shillings la tonne. On assure que le nouveau combustible se compose de 95 pour 100 de poussière de bouille et de 7 pour 100 d’un mélange de goudron pyroligneux et de chaux caustique. Les trois substances sont malaxées et mises en moules, où le mélange durcit de telle sorte qu’il ne se désagrège pas en brûlant.
- Croiseur japonais à grande vitesse. — Parmi
- les divers navires de guerre que nous avons signalés comme devant être construits aux États-Unis pour le compte du Japon, les chantiers « Union Iron Works », de San Francisco, viennent de terminer un croiseur qui a donné les meilleurs résultats à ses essais. 11 s’agit] du « Chitose », qui, pendant un parcours de 2h 45m, a pu fournir une vitesse moyenne de 22°,87, en atteignant à un moment une allure remarquable de 25°,76. C’est un croiseur protégé de 4760 tonneaux, long de 122m,56, tirant 5m,55; il possède des machines à triple expansion du type le plus perfectionné, capables de développer 15 500 chevaux. L’armement comprend deux canons à tir rapide de 205 millimètres, 10 de 101, 12 de 12 livres, 6 de 2'l/2 et 5 tubes lance-torpilles.
- Le transport d'un phare. — Encore un phare (pii doit reculer devant*les empiétements de la mer : il s’agit de celui qu’on désigne sous le nom de feu inférieur de Lowestoft, en Grande-Bretagne. Il fallait l’éloigner de 75 mètres vers l’intérieur des terres, et, au lieu de le démolir pour le réédifier ensuite sur le nouvel emplacement, on résolut de le transporter tout d’un bloc. Dans ce but, on glissa par en dessous huit chariots de roulement qui circulaient sur des rails ordinaires en acier reposant sur des longrines en bois. Le mouvement de translation fut obtenu au moyen de vérins hydrauliques. Le poids total de cette construction est de 150 tonnes; mais il faut dire qu’elle est entièrement en charpente métallique.
- Le lit clie* différents peuples. — En Angleterre le lit en bois avec un fort poteau à chaque coin continue encore à être en usage, mais est supplanté en bien des
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- LA NATURE.
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- localités par le ht de fer avec ornements de cuivre. On dit que les lits anglais sont les plus grands et surtout les plus larges du inonde entier. Le plus court de tous les lits est le lit allemand; sa principale originalité consiste dans la courtc-pointe qui souvent est l’unique couverture et tient lieu de tout. L’Indien transporte avec lui son léger charpoy ou matelas, qu'il déroule le soir et roule à nouveau le matin. Le Japonais s’étend sur des nattes et a le cou appuyé sur un traversin de bois. Les Chinois se servent de lits très bas, souvent sculptes avec art sur lesquels ils entassent des nattes et se couvrent avec des étoffes. La couche des Grecs et des Romains était dans le genre des cadres de nos lits, seulement ils n’étaient pas horizontaux. Les Egyptiens dormaient sur une sorte de canapé ayant un dossier évidé et creux.
- fci'électricité à Constantinople. — Jusqu’à présent l’emploi de l’électricité, sous quelque forme que ce fût, était sévèrement interdit à Constantinople. Si un fonctionnaire avait par inadvertance prononcé le mot d’électricité devant Sa Hautesse cette parole malencontreuse lui aurait coûté sinon la tête du moins sa position. Quelque incroyable que cela paraisse, le sultan s’était imaginé que la fabrication de la (( dynamite » provenait de « dynamos ». Il paraît que le changement qui a eu lieu à cet égard dans l’esprit du sultan est dû à un Espagnol et à un cinématographe. Cet Espagnol, du nom de don Ramirez, avait installé un cirque à Constantinople, dans les attractions duquel était un cinématographe. Mais les autorités empêchèrent d’installer l’instrument à cause de la fâcheuse électricité. Le propriétaire du cirque en appela à son ambassadeur, qui promit de s’interposer. Ayant obtenu une audience du sultan, le rusé diplomate ne manqua pas de vanter les merveilles du cinématographe, et piqua tellement la curiosité du Commandeur des Croyants que l’on ordonna à Ramirez d’installer son instrument au palais. Les scènes mobiles tirées des principales villes d’Europe intéressèrent tellement le sultan que le cinématographe et son propriétaire devinrent immédiatement indispensables et que Sa Hautesse fut bientôt convaincue que l’électricité et les dynamos n’avaient rien à voir avec la fabrication des explosifs dangereux. Ramirez fut comblé de présents et obtint l’autorisation d’éclairer son cirque à l’électricité, ce qui fut le début à Constantinople de cette fée si à la mode ailleurs.
- Une montagne d’alun. — Cette curiosité était récemment signalée par le Tour du monde ; elle se trouve en Chine, à une vingtaine de kilomètres du village de Liou-Chik : elle porte le nom de Montagne de Fan-Chan, et elle n’a pas moins de 16 kilomètres à la base, avec une hauteur de 590 mètres. Voilà des siècles que les habitants du pays exploitent cette richesse naturelle en extrayant chaque année des centaines de tonnes d’alun ; pour obtenir celui-ci, ils ramassent des pierres qu’ils traitent d’abord dans de grands fours, puis dans des cuves remplies d’eau bouillante. L’alun cristallise alors de lui-mêine, en formant une couche d’une quinzaine de centimètres d’épaisseur ; on débite ensuite la couche compacte ainsi produite en blocs pesant cinquante kilogrammes. ——
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 juillet 1899. — Présidence de M. Van Tiegukm.
- Efficacité des enfouissements de cultures vertes d'automne. — À diverses reprises, M. Dehérain a entretenu l’Académie des avantages de la pratique de’ cultures
- vertes sur les terres dépouillées de leurs récoltes. Ces cultures sont ensuite enfouies sur place et servent d’engrais. M. Dehérain a signalé pour cet objet la vesce d’hiver qui convient fort bien, à cause de sa croissance rapide. L’automne de 1897 ayant été particulièrement humide, cette plante semée au champ d’expérience de Grignon a eu une croissance très active, mais cependant inégale. Un graphique présenté par M. Dehérain permet, en effet, de constater que le poids total des plantes a présenté des variations considérables. Le maximum souvent approché d’ailleurs a été par hectare de 18 tonnes de matière verte et le minimum de 8. Un second graphique montre le poids de matières desséchées que représentent ces plantes; le maximum est de 6000 kilogrammes, le minimum de ‘2500; si l’on examine le poids d’azote donné à la terre par l’enfouissement de cette verdure, on constate que le maximum correspond à une fumure de 40 tonnes à l’hectare. Or l’inégalité de prospérité de la vesce n’étant pas due à des variations de fertilité du sol, il en résulte que les résultats des cultures subséquentes doivent être rattachés aux inégalités de fumure reçues par le sol. M. Dehérain a choisi comme culture subséquente différentes variétés de pommes de terre. Un troisième graphique figure le résultat des expériences; on constate à son inspection qu’un accroissement d’engrais vert de 1 tonne correspond à une augmentation de récoltes d’une tonne de tubercules. Or la vesce étant bien plus chargée d’azote que la pomme de terre, la fumure verte n’est pas épuisée par cette première récolte et le sol reste enrichi d’une quantité notable prélevée sur l’atmosphère. Par des efforts persévérants pour .yulgariser la pratique des cultures dérobées, M. Dehérain aura donc rendu un réel service à l’agriculture.
- Ferment réducteur animal. — M. Gautier présente une Note de MM. Abelous et Gérard relative au ferment soluble dont ils ont déjà signalé l’existence dans les tissus vivants. Ce ferment réduit les nitrates; il est soluble dans l’eau; la solution perd son pouvoir réducteur si on la chauffe à 60°. 11 est également soluble dans la glycérine. Si l’on met de la pulpe rénale en présence de la glycérine, celle-ci se charge de ferment. Les antiseptiques n’empêchent pas son action ; il acquiert un pouvoir maximum lorsqu’il agit en présence de l’hydrogène.
- Laboratoire maritime du Muséum. — M. Edmond Perrier s’est attaché à l’étude du problème sur la repopulation des eaux maritimes du littoral, dans le but d’indiquer une base scientifique à la législation nouvelle que l’on voudrait créer. 11 a fait établir des bassins présentant une énorme surface au laboratoire de Saint-Waast-la-Ilougue et a choisi le turbot comme animal d’expérience. Les animaux enfermés se sont apprivoisés et ont pondu plusieurs millions d’œufs sur lesquels il n’y a guère eu qu’un déchet de 1 pour 1000 au point de vue de l’évolution. Celle-ci se fait à la surface. La ponte a pu être observée; on a même constaté que des infusoires aident à l’éclosion des œufs en détruisant la partie de la coque voisine de la tête.
- Varia. — M. Lœvy présente de belles photographies de cratères lunaires, obtenues par voie d’agrandissement au 2000, par M. Weinek, de l’observatoire de Prague. — M. Bouchard présente une Note sur les effets des injections de substance nerveuse pour prévenir les crises épileptiformes déterminées par les injections d’absinthine.
- Cu. DE VlLI.EDEUli.
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- LA NATURE.
- VICTOIRE D’UNE « BÊTE A BON DIEU »
- SUR UN SCORPION
- La coccinelle si bien connue sous le nom de « Bête à bon Dieu » est, comme on *sait, un des plus utiles auxiliaires des horticulteurs. Dans les serres elle est l’ennemie acharnée des pucerons et de tous les petits insectes dédaignés des grenouilles qui se chargent de préférence de la destruction des cloportes, des forfi-cules et d’autres proies plus importantes. Dans la « Revue horticole » nous trouvons le récit d’un de ses collaborateurs, M. Roland Gosselin, qui a assisté au combat d’une coccinelle contre un scorpion. La bataille n’a pas été sans intérêt et la victoire est restée à la bête à bon Dieu. La scène s’est passée dans un jardin des environs de Nice. Nous connaissons tous la coccinelle (coccinella septempunctata), mais les scorpions si communs aux alentours de Nice sont plus ignorés.
- Us atteignent environ 4 centimètres de longueur; on les nomme ta-rentes dans le pays, et sont très redoutés des paysans ; cependant leur piqûre n’est guère plus venimeuse que celle de la guêpe.
- On trouve souvent ces arachnides (euscorpius italicus) dans les lieux frais et au printemps dans les fumiers de couches par nombreuses colonies de jeunes individus.
- Voici le récit : « J’examinais des plantes en pots enterrés dans une bâche, et, de l’une d’elles soulevée d’une main, il me tombe dans la manche un tas de scorpions longs d’un centimètre.... Je m’empresse de secouer le bras d’où s’échappe une vingtaine de tarentes et avec elles une « bête à bon Dieu » frétillant d’une singulière façon, que je vois aux prises avec un de mes scorpions, l’un tenant l’autre.
- « Leurs mouvements étaient si rapides, si désordonnés, qu’il m’a fallu l’aide d’une loupe pour voir qui des deux tenait son adversaire. C’était la petite coccinelle qui serrait dans ses palpes maxillaires une des pinces du scorpion et cherchait à la couper ou à l’arracher, en s’aidant de ses pattes. Le scorpion se défendait furieusement à l’aide de l’autre pince, ne réussissant pas à y enserrer la tête de son ennemi qu’il visait d’une façon manifeste. Les deux insectes étaient si absorbés dans la lutte que j’ai pu, sans peine, les prendre et les mettre à l’abri sous un
- verre. Pendant une heure et demie le combat s’est continué sans que la « bête à bon Dieu » lâchât sa proie deux fois plus grosse qu’elle.
- « Enfin le scorpion épuisé a du céder ; un moment d’arrêt dans sa défense a permis à son agresseur de lui couper la patte et il a cessé de remuer. La coccinelle s’apprêtant à le manger, tournait autour de sa victime ; mais comme, pour mieux voir, j’avais soulevé le verre, le petit coléoptère effrayé par ce mouvement a pris son vol. Quant au scorpion il était réellement mort. »
- CROISSANCE EXTRAORDINAIRE DES CRINS
- CHEZ UN CHEVAL
- Nous avons parlé, il y a longtemps déjà1 d’un cas extraordinaire de croissance de la crinière et de la
- queue d’un cheval que le Scien-american fait connaître. C’est de même à ce journal que nous empruntons l’exemple suivant qui nous a paru peut - être plus étonnant encore.
- Ce cheval dont nous donnons l’aspect (Yoy.fig.) s’appelle Linus IL 11 est le fils de Linus I, jument célèbre en son temps.
- La gravure ne peut rendre l’effet singulier de la double crinière tombant le long du cou et de la queue qui traîne au loin derrière ce bel animal. La crinière fort épaisse mesure 5m,34 en longueur. La queue, encore plus développée, est de 4m,86 de sa naissance jusqu’à son extrémité.
- Donner l’explication de ce bizarre caprice de la nature est bien difficile; il y a sans doute d’autres cas de croissance de ce genre, mais certainement il n’y a guère de chevaux qui puissent être doués plus magnifiquement d’une crinière et d’une queue aussi développées. Notre dessin, qui montre Linus II dans toute sa beauté, à moitié enveloppé dans ses crins traînant jusqu’à terre, est la reproduction fidèle d’une photographie faite par M. James T. Rutherford, de Waddington. N. Y.
- Albert Tissandier.
- 1 Voy. n° 971, du 9 janvier 1892, p. 96.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus.
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- LA NATURE
- 29 JUILLET 1899.
- LES ENGRAIS ET LES AMENDEMENTS EN AGRICULTURE
- L’emploi des engrais chimiques tend à se généraliser de plus en plus. Aujourd’hui, beaucoup de
- petits cultivateurs en connaissent les propriétés et en font un usage journalier. La pratique s’en est
- aussi étendue à l’horticulture et à la floriculture, et d’ici quelques années, ils deviendront certaine-
- ment d’une application tout à fait courante dans toutes ces différentes branches culturales.
- Fig. 3. — Avoine Blanche de Pologne. i. Avec engrais. — 2. Sans engrais.
- C’est autant dans un but de recherches que pour l’enseignement de mes élèves, que je résolus, l’année dernière, de combiner un champ d’expériences sur ïîa année. — 2e semestre.
- Fig. 4. — Avoine Jaune de Flandre.
- 1. Récoltée sur parcelle écobuée. — 2 Sur terre normale.
- le domaine de l’École d’agriculture du Chesnoy. Je tenais à étudier l’influence des principaux engrais sur quelques variétés d’orge et d’avoine.
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- 1À NATURE.
- Mon intention n’est pas d'aborder la discussion fastidieuse de tous les résultats obtenus, mais de donner un rapide aperçu de mes conclusions. A cet effet* j’ai prélevé au hasard, pour les photographier, des gerbes récoltées sur les surfaces témoins et sur les parcelles à engrais azoté. Afin de leur conserver tout leur caractère d’authenticité, j’ai tenu à les présenter dans leur état naturel, sans leur faire subir leur toilette de concours.
- Les trois premières figures ci-jointes représentent les gerbes des parties cultivées normalement, et avec addition de nitrate de soude semé en deux fois. Le numéro 1 donnera une idée de l’efficacité des engrais par rapport au numéro 12 <pii n’a reçu aucune matière fertilisante complémentaire.
- ha ligure 1 représente une orge à deux rangs de la variété dite « Chevalier », qui sert très couramment dans la préparation de la bière. La surface témoin accusa un rendement de 1529 kg de grain et de 2658 kg de paille, tandis que la culture sur nitrate donna 2592 kg de grain et 4785 kg de paille, soit une différence de 1065 kg de grain et de 2127 kg de paille. Si l’on considère qu’il n’a été répandu que 200 kg de nitrate de soude à l’hectare, on pourra facilement en déduire les bénéfices réalisés.
- La figure 2 est une avoine grise de Houdan dont les rendements de 1500 kg de grain et de 5000 kg de paille sur le témoin arrivent à 2200 kg de grain et 5000 kg de paille sous l’influence de l’azote.
- La figure 5 est une avoine blanche de Pologne qui s'est montrée réfractaire à l’action des engrais. Les produits obtenus ont été à peu près identiques dans les deux cultures. 11 est d’ailleurs facile de s’en convaincre par la presque identité de volume des gerbes 1 et 2. Ces résultats sont extrêmement intéressants, attendu qu’ils nous permettent d’attribuer une plus grande rusticité aux avoines blanches, d’où la pratique, entièrement justifiée, de semer ces variétés dans les terres de qualité inférieure.
- Les engrais chimiques azotés ont donc la propriété d’augmenter très souvent, d’une façon sensible, les rendements de l’orge et de l’avoine. Dans le commerce on les rencontre sous forme de nitrate de soude et de sulfate d’ammoniaque. Suivant la nature des terres cultivées, on pourra s’adresser à l’une ou à l’autre de ces matières.
- Le sulfate d’ammoniaque est employé surtout avantageusement dans les sols d’une certaine consistance ; dans les terres légères, le nitrate de soude doit lui être préféré, car il est plus facilement assimilé, et contribue toujours à l’obtention de -rendements plus élevés.
- La figure 4 représente une avoine jaune de Flandre, venue sur une des parties les plus humides de l’exploitation. La gerbe 1 a été récoltée sur une parcelle écobuée, et la gerbe 2 provient de la même terre cultivée normalement. Tandis que la première a donné un rendement moyen à l’hectare de 2600 kg de grain et de 6000 kg de paille, la seconde ne dépassait pas 2000 kg de grain et 4000 kg de paille.
- L’écobuage n’est qu’un amendement, et, à ce titre, il a pour but d’améliorer et de modifier les propriétés physiques d’un sol. 11 consiste à détacher la partie superficielle d’une terre argileuse ou humide, à la laisser dessécher et à la brûler. Sous l’influence delà chaleur, l'argile subit des modifications profondes et perd ses propriétés primitives. A l’avenir, elle ne pourra plus former une pâte liante avec l’eau et se comportera à la façon de la silice. Cette opération semble donc justifiée dans les sols compacts où l’on se propose d’augmenter la perméabilité. Elle a aussi sa raison d’être, pour faire disparaître de la surface les végétaux et les insectes nuisibles qui y pullulent parfois. Malheureusement, c’est un procédé un peu violent qui favorise la déperdition d’une grande quantité de matière organique. L’écobuage est appliqué avec succès dans les terres compactes et tourbeuses où il existe une forte réserve d’humus.
- Toutes les figures précédentes seront., je crois, suffisamment concluantes pour convaincre les lecteurs, qu’avec l'emploi judicieux et raisonné des engrais et des amendements on peut améliorer un terrain d’une façon sensible et obtenir des récoltes beaucoup plus abondantes. Albert Vilcoq,
- Professeur d’agriculture à Moutargis (Loiret).
- LE SYSTÈME DÉCIMAL
- POUR TOUTES LES MESURES EN 1785
- On sait que, reprenant l’idée émise par l’astronome français Jean Picard (1620-1682), alors qu’il mesura en 1670 un arc du méridien, d’établir un étalon linéaire basé sur la longueur du pendule simple battant la seconde, l’Assemblée Constituante, le 8 mai 1790, décréta, sur la proposition de Talleyrand-Périgord, évêque d’Àutun, la nomination d’une commission chargée de déterminer cette longueur, à la latitude moyenne de 45°, pour en faire ensuite l’étalon-type destiné à l’édification d’un système décimal de poids et mesures uniformes et obligatoires pour toute la France.
- Cette commission, qui était composée de Condorcet, Lagrange, Laplace et Monge, membres de l’Académie des sciences, déposa, le 17 mars 1791, un rapport dans lequel, pour divers motifs dont quelques-uns n’étaient pas étrangers à la politique, elle préconisait, au lieu de la longueur du pendule cependant très pratique, l’adoption, comme unité fondamentale, de la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre.
- Mais ce qu’on sait moins, c’est qu’en 1788 un avocat au Parlement, nommé Collignon, publia un volume in-12, de 252 pages, intitulé : Découverte d'étalons justes, naturels, invariables et universels pour la réduction à une parfaite uniformité de tous les poids et mesures, y compris la mesure des te ms.
- Il semble qu’il ne soit fait nulle part mention de ce volume. De La Lande, qui, en qualité de censeur royal, en avait autorisé l’impression à la date du 20 avril 1785, après annotations à deux places différentes, pages 54 et 74, n’en parle pas dans sa Bibliographie Astronomique, Paris, 1803. Il n’est pas davantage cité dans l’Essai de bibliographie de la décimalisation du Temps et de la Circonférence, publié, récemment, par M. de Rey-Pailhade.
- Si les commissaires n’ont pas eu connaissance de cet
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- LA NATURE.
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- ouvrage lorsqu’ils rédigèrent leurs conclusions, il y a, pour le moins, une coïncidence fortuite dans le fait du rapprochement de l’étalon préconisé dans leur rapport et de l’étalon découvert par Collignon, tous deux étant des sous-multiples décimaux exacts du méridien, tout en étant multiple ou sous-multiple l’un de l'autre.
- En effet, « le demi-travers de main » — tel est le nom provisoire proposé pour la nouvelle unité, auquel l’inventeur, pour plus de concision, avoue qu’il ne lui serait pas indifférent qu’on substituât son propre nom, en reconnaissance de sa découverte, — a été choisi, comme étant la « billionième » partie de la circonférence du globe, avec la dimension de 1 pouce, 5 lignes et 9 points, ou 215 points du pied de Paris de 1728 points, ce qui, étant connue la valeur métrique du pied, 0m,52484, donne exactement 0m,04 au nouvel étalon.
- Pomme suite au système, le demi-travers de main est divisé en « 400 points ordinaires » ou « 4000 points microscopiques », le point ordinaire valant 10 points microscopiques; de même, toute circonférence est divisée en 1000 parties ou degrés, avec subdivisions décimales. D'autre part, le jour, commençant à midi, est fractionné en 10 heures égales ou en 1000 minutes, l’heure valant 100 minutes, la minute 1000 secondes et la seconde 4000 tierces, « en sorte qu’une tierce de tems équivaudrait à l’espace juste d’un point microscopique de la terre que le soleil parcourt ou paraît parcourir ».
- Enfin, l’année solaire comportait 10 mois de 56 jours 1 /2 chacun, avec semaine de 10 jours.
- D’autre part, le système, très complet, comprenait aussi les mesures de surface, de solides et de continence (sic) basées sur le demi-travers de main, et, comme lui, décimalisées.
- Au moment où la question de la décimalisation du temps et de la circonférence semble prendre une consistance officielle en passant du domaine de la théorie dans celui de la pratique, ainsi qu’il résulte de la communication faite par M. le capitaine de frégate Guyon à l’Académie des sciences, dans la séance du 15 mai dernier1, notamment au sujet des « tropomètres » dont M. L. Leroy a fourni 5 spécimens au service hydrographique2, peut-être n’était-il pas sans intérêt rétrospectif, ne fùt-ce que comme apport à la partie historique de la question, de sortir de l’ombre le nom de Collignon précurseur, sinon promoteur, du système métrique décimal et de la décimalisation du temps et des angles. J.-R. Olivier.
- UNE INDUSTRIE ARTISTIQUE ESPAGNOLE
- I.E FEU INCRUSTÉ
- Il ne faudrait pas seulement dire fer, mais aussi acier incrusté : il s’agit du reste d’une industrie très primitive, ainsi que la plupart de celles qu’on trouve en Espagne, où, en fait, la grande industrie moderne n’a guère encore pénétré. Mais ce caractère primitif vient justement donner à la chose un intérêt tout particulier, en lui laissant une saveur qu’elle aurait rapidement perdue si les procédés modernes du travail intensif et à bon marché s’y étaient introduits.
- La spécialité dont il s’agit se rencontre à Eihar, dans la province de Guipuzcoa, et par conséquent dans l’assez proche voisinage de Bilbao : c’est le consul anglais dans cette ville, M. Smith, qui signalait récemment les petits
- 1 Voy. n° 1356, du 20 mai 1899, p. 399.
- 2 Voy. n° 1360, du 17 juin 1899, p. 38.
- chefs-d’œuvre d’incrustations d’or battu qui sortent des divers ateliers de la ville, sous les formes les plus variées : bijoux, manches d’ombrelles, breloques, etc., le tout en fer ou en acier incrusté de métal précieux, celui-ci taillé lui-même en dessins des plus élégants et des plus divers. En réalité ces incrustations se présentent sous quatre types sensiblement différents : le « repu-jado », ou repoussé, le (( incrustado » ou incrusté, le « damasquinado », mot dont la traduction est, elle aussi, bien facile, et enfin le « relieve » ou relief. Le repujado est fait uniquement au marteau et au poinçon et l’ouvrier donne libre carrière à sa fantaisie, car il n’emploie aucun patron ; les figures qu’il dessine sont extrêmement originales. L’incrustado et le damasquinado sont exécutés l’un et l’autre de façon analogue par incrustation de fils d’or dans l’acier (de manière à dessiner des figures des plus élégantes suivant les traditions anciennes ou modernes) : mais les deux genres de travail diffèrent en ce que, dans le damasquiné, la surface de l’objet ainsi décoré reste absolument unie, tandis que, pour l’incrusté, on aperçoit les fils d’or formant un léger relief qui donne un aspect tout particulier à la décoration. Quant au relieve, c’est ce qu’il y a de plus difficile, et il ne se rencontre que bien peu d’ouvriers qui puissent l’exécuter : les dessins faits d’or, et parfois aussi d’argent, s’enlèvent en un relief fort accusé sur leur lit d'acier.
- Dans tous ces genres d’ouvrages, sauf dans le simple repujado, quand le travail artistique est terminé, l’objet est « empavonado », bronzé, c’est-à-dire qu’on donne à la surface de fer ou d’acier une patine noirâtre, parfois polie et brillante, parfois au contraire absolument terne, mais qui, en tout cas, fait valoir par contraste les figures de métal précieux. B. Robert.
- LA AIE SUR LA PLANÈTE MARS1
- Nous avions promis l’année dernière un article sur les conditions d’habitabilité de la planète Mars. Nous avons attendu les résultats de la dernière opposition. Voici le moment de discuter les observations : Mars s’éloigne de nous à pas de géants et dans nos lunettes il ne nous apparaît plus que sous la forme d’un petit disque rougeâtre. Le voilà pour longtemps encore dérobé à nos regards anxieux. Et après tout que lui importe nos minutieuses inquisitions? La vie de l’homme dure si peu quand on la compare à la vie astrale d’une planète! Dans plusieurs siècles d’ici nos successeurs chercheront encore, peut-être, les secrets de cette « Ile mystérieuse » du ciel.
- Rien que l’astronomie fasse chaque jour de grands progrès, il faut avouer que ce que nous connaissons de l’état physique de Mars est très peu de chose. Savez-vous tout d’abord comment on fait des dessins de cette planète? Beaucoup s'imaginent qu’il suffit de mettre l’œil à la lunette pour voir quelque chose approchant du dessin que représente la figure I. — Erreur profonde. — Tous les dessins assez complets de Mars ne sont qu’une résultante d’observations et d’impressions successives subies par l’œil de l’astronome; et personne, que nous sachions, ne peut se flatter d’avoir saisi un ensemble impor-
- 1 Voy. n° 1308, du 25 juin 1898, p. 49.
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- LA NATURE.
- tant de détails. Notre atmosphère est tellement agitée et nos yeux tse fatiguent si vite que les images changent en quelques secondes. Il n’y a donc rien de contradictoire à voir deux dessins d’une planète portant les mêmes heures présenter de réelles différences.
- Vous comprendrez maintenant la nécessité dans laquelle se sont trouvés les premiers observateurs de donner des noms à ces détails fugitifs de la surface. Les espaces sombres furent appelés « mers » et les lignes fines de même couleur reçurent le nom de « canaux ». Peu à peu on put éliminer les erreurs d’observation : on connaît maintenant un grand nombre de mers et des centaines de canaux. Nous engageons le lecteur qui voudrait se rendre compte des progrès de 1 ’Aréographie (Géographie de Mars) ou en continuer l’étude à se procurer pour une somme modique le globe édité par M. Flammarion chez M. Ber-taux et dont nous donnons l’un des aspects (fig. 2).
- Le dessinateur,
- M. Antoniadi, est assurément l’un des astronomes qui connaissent le mieux cette terre soeur de la nôtre et sa voisine dans le ciel.
- Voisine à 1 4 millions de lieues, lorsqu’elle s’approche de nous ! C’en est assez, il nous semble, pour qu’elle ait encore des secrets bien gardés. L’astronomie est une science ouverte à tous et ceux qui s’en occupent n’ont pas le droit, malgré leur petit nombre, de tromper les profanes. Que n’a-t-on pas dit depuis quelques années sur cette planète Mars? L’imagination des romanciers ne suffit plus, on parle maintenant de communications interplanétaires. Hélas! nous en sommes loin! On ferait mieux de chercher auparavant à concevoir l’état physique de ces mondes lointains.
- Et, faut-il l’avouer, nous sommes vis-à-vis d’une carte de Mars dans la situation d’un ingénieur examinant un plan bizarre dont il ignorerait tout, jusqu’à la signification des teintes conventionnelles. Lors donc qu’on parle des mers de cette planète n’allons pas conclure immédiatement à la présence de l’eau dans ces régions. Certaines parties du sol
- lunaire portent, elles aussi, des noms analogues : Mer de la Sérénité, Mer de la Fécondité, Mer des Pluies, etc., et non seulement il est certain que ces mers ne contiennent pas d’eau; mais, d’après les conclusions les plus récentes de la Sélénographie, nulle part ne se laissent voir des traces d’érosion par les eaux. De même dans l’état actuel de la science nous en sommes encore a chercher ce que signifient les différentes teintes qui colorent le disque de la planète Mars. Cependant nous avons pour nous aider quelques données astronomiques certaines. La durée du jour et de la nuit est de 241' 40m environ sur Mars; l’année est de 687 de nos jours; le soleil que nous voyons sous un diamètre apparent de 51" est réduit à 21" en raison de la distance. Mars
- reçoit à peine les 4/9 de la chaleur que le Soleil nous envoie. L’axe de rotation de la planète offre par rapport au pôle de l’écliptique une inclinaison à peu près égale à celle du globe terrestre (25° environ au lieu de 23° 1/2) ; la répartition de la chaleur suivant les saisons est donc dans le même rapport à peu près que sur la Terre. Des observations récentes faites à l’observatoire Lowell ont montré en outre que l’eau était presque absente de la surface de la planète et en quantité inappréciable dans son atmosphère. Cette dernière constatation qui renversait les hypothèses admises jusqu’à ce moment jetait un jour nouveau sur une foule de questions demeurées sans réponses. C’est ainsi, pour n’en citer que deux exemples, qu’on s’explique facilement pourquoi nous ne voyons jamais de nuages nous dérober la vue du sol martien; les canaux ont été aperçus dans ces dernières années sur les espaces sombres qu’on prenait pour des mers ! Ils se détachaient en blanc sur ces régions et n’étaient que le prolongement des lignes grisâtres observées sur les espaces clairs. Tout peut s’expliquer si les mers et les canaux ne contiennent pas d’eau. 11 paraît enfin de plus en plus démontré que les dédoublements mystérieux de ces canaux sont des phénomènes subjectifs, dus en grande partie, ainsi que nous l’avions annoncé avec
- Fig. 1. — Aspect de la planète Mars.
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- LA NATURE.
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- M. Antoniadi, à des variations dans la mise au point des lunettes, variations provenant surtout de l’agitation de l’atmosphère et de la fatigue de l’observateur. Cette année encore M. Antoniadi a pu apercevoir un canal qui s’est dédoublé en l’espace de quelques secondes pour redevenir simple un instant après.
- D’un autre côté nous avons pu montrer que si l’on admet, ce qui semble nécessaire, la dernière théorie cosmogonique on peut en conclure que Mars n’a pas été soumis au môme mode de formation que la Terre. Sa surface s’est crevassée suivant des arcs de grands cercles analogues aux rayons émanés de certains cratères de la Lune. Ce sont ces cassures qui étendent un réseau inextricable sur toute la planète, sans qu’on soit le moins du monde autorisé à voir en eux les manifestations, malgré une certaine régularité, d’êtres pourvus d’intelligence . Mais alors que contiennent ces canaux et ces mers?
- Les théories précédentes une fois admises voici ce que l’on peut avec M. du Ligon-dés dire de plus plausible sur un sujet aussi obscur : l’aplatissement de Mars et sa densité nous portent à croire que le globe de la planète est assez homogène.
- Les couches supérieures ont une structure poreuse qui les rend perméables, et la couleur rougeâtre du sol indique la présence probable d’une grande quantité d’oxyde de fer. Cette perméabilité du sol jointe à sa constitution métallique lui permet donc de se laisser facilement traverser par la chaleur venant des couches profondes. Cette chaleur doit être encore très appréciable, car nous n’en sommes plus au temps où l’on admettait avec Laplace que Mars était un monde plus âgé que la Terre. Mars —nous ne saurions trop le répéter—est de formation récente ; tout le prouve aujourd’hui. A la distance où il se trouve du Soleil, avec une atmosphère aussi raréfiée que la sienne, Mars devrait être un monde glacé et figé par le froid ; or, il n’en est rien. Nous ne pouvons demander la source de la chaleur à une atmosphère saturée de vapeur d’eau puisque les faits démontrent le contraire. Il nous laut donc recourir à la chaleur interne et tout s’ex-
- plique alors merveilleusement. Imaginons de hauts plateaux plongés dans une atmosphère toujours pure avec un froid moyen très probablement inférieur encore à 100° au-dessous de zéro. Les cassures primitives qui tendent à isoler ces plateaux se sont peu à peu transformées en vallées profondes, larges parfois de 50 à 60 kilomètres. D’autres parties du sol se sont affaissées presque complètement et ont formé les mers. Elles ont gardé leur structure fendillée et présentent encore des crevasses. Le régime des eaux ne ressemble en rien à notre circulation aéro-tellurique.
- L’eau réchauffée par la chaleur interne se fraye facilement un passage au milieu du sol meuble et, arrivée à la surface, se condense dans les régions
- froides sous forme de neige ou plutôt de gelée blanche, suivant l’opinion de Proc-tor. Pendant le jour le Soleil ne tarde pas à fondre et à dissiper cette couche mince déposée sur le sol. Les bas-fonds au contraire restent pendant tout l’été dans un état d’humidité chaude très propre à favoriser une végétation marécageuse. En réalité on ne saurait expliquer autrement les variations de couleur survenant dans ces taches sombres aux changements des saisons. Il est donc bien probable que la végétation a fait depuis longtemps son apparition dans les mers de Mars ainsi que dans ses canaux. Tantôt plus abondante et tantôt plus restreinte, elle marque d’un trait sombre les limites assez précises, mais variables chaque année, des régions basses et des hauts plateaux.
- Faut-il conclure maintenant à l’apparition là-bas d’animaux inférieurs correspondant à ceux de notre époque secondaire?
- Faut-il admettre aussi l’existence d’êtres intelligents rivés au sol martien comme nous le sommes au nôtre? Rien ne nous y autorise, et ceux qui l’affirment sortent du domaine de la science pour entrer dans le pur roman. Ce serait d’ailleurs et de beaucoup dépasser les limites permises à l’hypothèse scientifique ; car tous les phénomènes qui se passent
- O o « ç h. \ i o îc\ \ *
- I « VA
- Aspect du globe de Mars, dessiné par M. Antoniadi.
- Fig. 2.
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- LÀ NATURE.
- sur lu planète Mars, y compris les fameux signaux de feu, simples manifestations atmosphériques, peuvent s’expliquer très simplement par les causes invoquées dans le courant de cette étude sommaire.
- L'Abbé Th. Moreux.
- CLOTURES MÉTALLIQUES ET TÉLÉPHONIE
- Au fur et à mesure que les pays d’élevage sont devenus plus peuplés, il n’a pas été possible d’y laisser vaguer comme jadis les bestiaux en pleine liberté, et il a fallu adopter les clôtures métalliques pour limiter les terrains de pâture des différents propriétaires. Ce phénomène s’est produit notamment aux États-Unis et dans l’Argentine, et ces deux pays consomment maintenant des milliers de kilomètres de fils métalliques barbelés ou non, ronces artificielles, etc., qu’on tend sur des poteaux de bois pour former les clôtures en question.
- Mais les gardiens de troupeaux et éleveurs du comté de Seward, dans le Kansas (États-Unis), qui vivent le plus souvent dans un isolement assez pénible à supporter, les fermes se trouvant à des kilomètres du chemin de fer et des bureaux, télégraphiques, se sont dit qu’il y aurait peut-être moyen d’utiliser ces fils métalliques de clôture pour adoucir un peu leur isolement, tout simplement en h s employant comme conducteurs pour des lignes téléphoniques qui réuniraient les fermes les unes aux autres.
- Aussitôt dit, aussitôt fait, et les inventeurs eurent la joie de constater que ces réseaux téléphoniques fonctionnaient à souhait. Tous les habitants furent enthousiasmés de cette transformation dans leur vie, et une compagnie locale se forma bien vite à Liberal, qui est le point le plus voisin disposant d’un bureau télégraphique.
- Aujourd’hui l’idée a pris un développement extraordinaire : des lignes ont été établies (si l’on peut employer ce terme alors que l’établissement consistait simplement à relier des téléphones aux clôtures) ; elles sont en pleine exploitation, et rayonnent de Liberal sur toute la surface des comtés de Seward, de Stevens, de Morton, dans le Kansas; elles se sont même étendues jusqu’aux comtés de Beaver, dans l’Oklahoma, et de llansford, dans le Texas, P. de M.
- LE PERSONNEL
- DES UNIVERSITÉS AMÉRICAINES
- Quand nous disons personnel, nous entendons et le personnel enseignant (en y comprenant les divers membres de tous ordres du corps professoral) et les étudiants qui suivent les différents cours : ces chiffres nous sont fournis par notre confrère Science, et ils sont intéressants par eux-mêmes en même temps que par la comparaison qu’on peut faire de la proportion du corps enseignant aux élèves dans la confédération américaine et dans les universités françaises.
- Il s’agit des dix plus grandes universités américaines, qui ont ensemble 2620 professeurs et 24 008 élèves, ce qui correspond à un rapport d’ensemble de 9,1.
- L’université la plus fréquentée est celle du Michigan, qui a 3192 élèves et seulement 222 maîtres, c’est-à-dire un maître pour 14,4 étudiants. Le nombre de ceux-ci est de 2834 dans l’université de Pensylvanie, et ils comptent 258 professeurs; dans l’université de Chicago, la proportion est absolument identique, puisque les chiffres absolus sont
- de 2307 et 212. Pour celle de Yale, ils sont de 2500 et 255, puis de 3901 et de 411 pour la fameuse université d’Harvard. On peut s’apercevoir que notre relevé est dressé de façon à citer des établissements où le corps enseignant est de plus en plus important par rapport aux élèves : c’est ainsi qu’on compte 2019 de ces derniers pour 222 professeurs dans la Northwestern University, et 2391 pour 280 dans l’université de Californie. Nous citerons encore les chiffres de 2185 et 303 dans l’université de Columbia, de 2038 et 328 pour celle de Cornell. Cela suppose qu’un professeur n’a en moyenne que 7,2 ou 0,2 personnes pour suivre son enseignement ; mais cette proportion pourtant bien faible est dépassée dans l’université John Ilophins, qui est cependant fort connue, et où les 123 maîtres n’ont que 041 élèves! M. Lewal.
- LE CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE
- DU FAYET-SAINT-GERVAIS-LES-BAINS A CHAMONIX
- Pour la première fois, une Compagnie française (la compagnie P.-L.-M.) va entreprendre l’exécution et l'exploitation d’un chemin de fer électrique à voie étroite. Il ne s’agit pas ici, en effet, d’un tramway local, ni d’une petite voie destinée à transporter des touristes sur un sommet, comme au Salève par exemple, mais bien d’une ligne de chemin de fer pour les voyageurs et pour les marchandises : pierres diverses, planches, eaux minérales, etc.1.
- La voie ferrée va donc s’approcher du pied du Mont-Blanc, en attendant qu’elle gravisse sans doute son sommet. Pour le moment, la ligne s’arrête dans la vallée de l’Arve, à la station terminus du Fayet-Saint-Gervais (altitude : 580 m.). Et cependant il faut s’élever jusqu’à 1037 mètres au-dessus du niveau de la mer pour atteindre la future gare de Chamonix. C’est le Mont-Blanc lui-même qui produira l’énergie et qui transportera jusqu’à ses pieds voyageurs et marchandises. En effet, l’Arve, fille du géant des Alpes, produira la force motrice : la plus haute montagne de l’Europe fournira l’énergie nécessaire aux machines qui graviront ses flancs !
- 11 y aura à cet effet, entre Saint-Gervais-les-Bains et Chamonix, quatre usines hydro-électriques. Le courant circulera dans un rail latéral et sera pris par des balais. Chaque véhicule du train sera automobile, c’est-à-dire muni de dynamos-moteurs.
- Dans les portions de la voie fortement déclives (déclivités de 8 à 9 pour 100) on ajoutera un rail central destiné à servir de frein supplémentaire.
- Il exise déjà à 3 kilomètres fie la gare actuelle du Fayet une usine électrique au lieu dit Chedde (fig. 3). La chute d’eau qui fait mouvoir les machines de cette usine sera partagée avec la Compagnie
- 1 Aux Bouches se trouve de l’anthracite; à Saint-Gervais on exploite de belles carrières de jaspe, qui ont fourni 12 colonnes de jaspe sanguin pour l’Opéra de Paris. Il existe également des jaspes veinés jaunes ou verts aux Bouches, ainsi que de la pierre à plâtre et des ardoises. Dans la même commune est une source ferrugineuse, bicarbonatée, gazeuse, et, près de Chamonix l’on rencontre une source froide sulfurée calcique.
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- P.-L.-M. ; celte dernière ayant acheté la chute supérieure, de 50 mètres environ. La Compagnie des chemins de ter construira en outre trois autres usines le long de l’Arve.
- Disons quelques mots de l’ancien projet de chemin de fer, figuré en pointillés sur la carte au 1/100 000e du Ministère de l’intérieur. Le premier tronçon, à voie normale et unique, livré à l’exploitation il y a dix ans bientôt, n’allait que de La Roche-sur-Foron à Bonneville et à Cluses. Le deuxième tronçon, toujours à voie normale, devait aboutir à Chamonix même. Mais comme l’altitude de Cluses n’est que de 485 mètres et celle de Chamonix de près de 1040 mètres, la rampe devait commencer au sortir de la gare de Cluses : à cet effet, le chemin de fer aurait traversé l’Arve en s’élevant peu à peu le long des montagnes (pii bordent la rive gauche du torrent. Ce projet fut abandonné, probablement pour des raisons de politique internationale. Il est évident pour tous que si ce tracé avait été adopté, des wagons auraient pu circuler sans interruption de Calais à Chamonix... et même au delà, à travers le massif du Mont-Blanc, qui se fut certainement laisser percer comme leMont-Cenis ou le Saint-Gothard.
- La voie normale et unique, livrée ensuite à l’exploitation en 1898, au mois de juin, va de Cluses à Saint-Gervais-les-Bains (hameau du Fayet) en suivant la vallée de l’Arve, sans travaux d’art remarquables1. La rampe, continue, n’est pas très forte puisque le Fayet est à l’altitude de 580 mètres seulement. C’est là que s’arrête la locomotive à vapeur.
- En résumé, le chemin de fer à voie normale va actuellement de La Roche-sur-Foron (ligne d’Annecy à Genève) au Fayet-Saint-Gervais, en passant à Bonneville, à Cluses et à Sallanchcs.
- La nouvelle ligne en construction sera à traction électrique et à voie de 1 mètre. La première section va du Fayet à Chamonix et sera livrée sous peu à l’exploitation; la deuxième section part de Chamonix et s’arrête à la frontière suisse, d’où la ligne sera probablement prolongée par Vallorcine jusqu’à Mar-tigny-en-Valais, où les voyageurs trouveront le chemin de fer du Simplon. La future ligne électrique suit de très près la route départementale n° 4 de Genève à Chamonix. Cette route est très connue des touristes du monde entier et a été sillonnée jadis par les fameuses berlines du Mont-Blanc. Bientôt elle ne sera guère parcourue que par les automobiles et les cycles.
- Nous n’insisterons pas sur le paysage ravissant que pourra admirer le voyageui, puisque la voie ferrée est sensiblement parallèle à l’ancienne route carrossable, ainsi que le montrent les photographies ci-jointes. Nous signalerons l’usine de Chedde, située entre la gare du même nom (chemin de fer électrique) et l’Arve; puis, à quelques kilomètres plus loin, les gorges de la Diosaz (gare de Servoz), après le tunnel du Châtelard, et enfin le curieux pont Sainte-
- 1 Signalons néanmoins un tunnel à Cluses et un pont métallique sur l’Arve avant la gare de Sallanches.
- Marie, que l’on franchit avant d’arriver aux Houches.
- Au sortir de la gare de Saint-Gervais-les-Bains, le chemin de fer électrique traverse le Bonnant, torrent célèbre à cause de la catastrophe récente qui fit de si nombreuses victimes. C’est dans la gorge de ce cours d’eau que se trouvent les bains de Saint-Gervais (fig. 3).
- La voie s’élève ensuite insensiblement par une pente assez faible, traverse l’Arve sur un pont métallique de 34 mètres et arrive à la gare de Chedde (ait. 597 m.). Immédiatement après se trouve une rampe de 0m,02 sur 680m,43 suivie d’une autre forte et longue rampe qui est de 0m,09 sur 2144,37 mètres (fig. 2). On y remarque également un viaduc sur l’Arve suivi d'un tunnel de 65 mètres de longueur. Après cette rampe s’en trouve une autre de 0™,02 sur 145 mètres et on atteint l’altitude de 806m,50. A travers le souterrain de Chàte-lard, 126 mètres, parallèle au tunnel de la route départementale, lequel n’a que 65 mètres, se trouva
- Gare des Houches à6oom en amont
- Altitudes
- Kilomètres lO“soe 11
- Fig. 1. — Diagramme et profil de la voie du pont Sainte-Marie à la gare des Houches.
- une pente de 0m,0125 sur 200 mètres; et* après une rampe de 0m,02 sur 375 mètres, on arrive à la station de Servoz, située au kilomètre 7. Lavoie; parallèle à la route, vient alors de suivre le flanc méridional du rocher des Gures, que traverse le canal d’amenée de l’usine de Chedde, tandis que l’Arve, séparée des voies précipitées par ce rocher elliptique, baigne son flanc septentrional. La prise d’eau de l’usine de Chedde sur l’Arve est située près du pont des Lanternes à 1 kilomètre en aval de la gare de Servoz ; et en amont se trouvera l’une des usines électriques de la compagnie P.-L.-M1.
- Après avoir franchi cette station, on remarquera une rampe de 0m,01 sur 348 mètres suivie d’une autre très forte de 0m,08 sur 1386 mètres. (Alt. : 926 mètres.)
- La rampe suivante est plus faillie : 0m,02 sur 2707 mètres. On rencontrera sur ce parcours de plus de 2km,5 le souterrain de la Cascade, long de
- 1 On y voit la chaîne des rochers de Fiz, dont une partie s’écroula vers la fin du dix-huitième siècle, la seule pointe.qui reste sç nomme Ayer. Près de la ligne tombent de belles cascades; il y a des grottes et des ponts pittoresques.
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- 73m,50 et un splendide viaduc en maçonnerie composé d’une arche de 25 mètres et de 7 arches de 15 mètres chacune (fîg. 1).
- Ce viaduc est construit sur l’Arve, un peu avant le kilomètre 11 de la ligne électrique et en aval du pont Sainte-Marie situé, comme nous l’avons dit
- plus haut, sur la route départementale sillonnée par les voitures et les berlines (fig. 3).
- Entre ces deux ponts se trouve une des prises d’eau de la Compagnie P.-L.-M. alimentant l’usine électrique qui est près de Servoz.
- On arrive ensuite à la gare des Houches1 dont le
- Altitudes
- Kilomètres
- a
- à Chedde
- Fig. 2. — Diagramme et profil de la voie de Chedde à Servoz.
- palier de 400 mètres est suivi d’une faible rampe (0m,01 sur 1415 mètres). Ensuite, nous remarquons successivement : un palier de 592m,27, une rampe de 0m,02 sur 440 mètres suivie d’un palier de 80 mètres et d’une pente de 0m,015 sur 280 mètres. En somme les fortes déclivités sont terminées et n’ont plus rien d’extraordinaire. Si nous avons signalé ces dernières, c’est afin que le lecteur puisse les comparer avec les précédentes dont il est question dans cet article. Nous arrivons à la gare des Bossons (ait. 1011 mètres), au pied du glacier des Bossons (fig. 4), des Grands-Mulets, du Dôme du Goûter et du Mont-Blanc. C’est un point intéressant, et que nous recommandons particulièrement aux touristes, car l’on se trouve à peu près dans le plan méridien de ces divers sommets, situés au sud de la gare des Bossons.
- La ligne électrique longe alors la route et se trouve sur la rive gauche de l’Arve.
- A 500 mètres plus loin, on traverse un pont métallique de 40 mètres sur l’Arve, parallèlement à celui de la route, suivi d’une pente de 0m,015 sur
- 262 mètres.
- Vient enfin un palier de 639 mètres situé à 1037 mètres d’altitude sur lequel se trouvera la gare de Chamonix (fig. 5). Au kilomètre 20 commence la section de Chamonix à la frontière suisse, dont le tracé n’est pas encore adopté et dont la ligne ne sera construite que plus tard.
- Les plus faibles rayons de courbure sont de 150 mètres et les autres varient entre 200, 250 et 500 mètres. La gare de Chedde, notamment, est établie sur une courbe de 500 mètres de rayon; à 1 kilomètre de distance se rencontrent des arcs de faible rayon : 150 mètres. Ces courbures remarquables se répètent très fréquemment sur la ligne du Fayet à Chamonix : la
- 1 La route départementale de Genève à Chamonix longe cette station.
- Aipuilles de Vanens
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- Plan du tracé du chemin de fer.
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- LA NATURE
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- Fig. 5. — Chaîne du Mont-Blanc. Cliamonix. (D’après une photographie de M. Tairraz.)
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- voie épouse la plupart des sinuosités du terrain, contrarie très peu la nature, et comme les tunnels sont assez rares et de faible longueur, les touristes pourront, tout à leur aise, admirer le paysage environnant : c’est là le point caractéristique de cette ligne électrique, la plus belle de France. 0. Jum.ien.
- ^ ^ Licencié ès sciences.
- LA PROPAGATION DES ORAGES
- Il y a déjà longtemps que nous avons pu établir, uràce aux excellentes observations de nos collabora-
- O
- leurs, les principales lois qui concernent la formation et la marche des orages. En 1894 et 1895, nous les avons même exposées ici, et dans notre ouvrage1.
- Nous les avons résumées ainsi :
- 1° L’uniformité de la pression atmosphérique à une même altitude est la condition la plus favorable, en toute saison, à la production des orages.
- 2° Si la pression atmosphérique est uniforme dans une région, les orages y suivent des directions très variées, selon les localités dans lesquelles on les observe, mais la direction du sud-ouest au nord-est est prédominante.
- 3° Si les hauteurs barométriques sont suffisamment inégales (sans l’être trop, car alors les orages ne pourraient pas se produire), les orages suivent la même marche que le milieu atmosphérique dans lequel ils se manifestent, c’est-à-dire qu’ils obéissent à la loi de Buys-Ballot : ils vont du sud au nord si le minimum de pression est dans l’ouest; du sud-ouest au nord-est, si ce minimum est dans le nord-ouest; du nord au sud s’il est dans l’est, etc.
- Toutefois les orages qui envahissent une contrée ne s’avancent pas toujours d’une manière progressive et régulière. S’ils marchent du sud-ouest au nord-est, par exemple, comme c’est le cas le plus fréquent, il ne faut pas croire qu’une région ne peut être atteinte qu’après celle qui la confine au sud-ouest.
- En effet, lorsqu’on étudie en détail les orages observés à l’aide de nombreuses stations, principalement ceux qui se produisent sous une pression atmosphérique un peu uniforme, on reconnaît bien vite qu’une localité quelconque peut être frappée par l’orage avant toutes celles qui l’environnent : la propagation de l’orage se fait alors par bonds, par sauts. l)e plus, la région ainsi atteinte avant les autres par une sorte d’élection bien certainement motivée, devient un centre orageux autour duquel rayonnent d’autres orages qui se déclarent successivement à des distances de plus en plus grandes de l’orage initial.
- Nous avons déjà signalé cette propagation rayonnante et par sauts, dès 1880, dans les Annales du Bureau central météorologique de France; mais les cartes qui accompagnaient notre mémoire n’ont pas été publiées, de sorte que notre travail, par
- 1 Voy. Traité pratique de prévision du Temps.
- cette lacune, n’a pas conservé toute sa valeur. Ce mode de propagation a cependant une telle importance au point de vue de l’origine et de la nature des orages qu’il est nécessaire de l’établir par des faits précis et authentiques. C’est ce que nous allons faire ici en citant trois exemples qui se rapportent à des époques et à des situations fort différentes.
- I. — Pour prendre date, sans ajouter cependant un grand prix à la question de priorité, nous donnerons pour principal et premier exemple les orages qui se sont produits le 23 août 1878 dans le département du Puy-de-Dôme. Nous remontons si loin dans le passé non seulement parce que c’est l’époque à laquelle nous avons découvert la propagation rayonnante, mais encore parce que les orages dont nous allons parler offrent en outre un autre cas fort remarquable de propagation par sauts.
- Les manifestations orageuses du 23 août 1878 marchent en général du sud-ouest au nord-est ou de l’ouest à l’est comme l'indiquent les flèches de la carte correspondante ci-contre. Ils commencent vers I l heures du soir à Saint-Germain-Lembron, dans l’extrême sud du département et progressent d’abord lentement dans la vallée de l’Ailier : à minuit, ils n’ont pas encore atteint Issoire. Mais alors des orages se déclarent simultanément loin.de là, à des distances comprises entre 40 et 75 kilomètres, en cinq endroits différents : à Saint-Genès-Champespe, au sud-ouest du massif principal du Mont-Dore; à Miremont, dans la vallée de la Sioule; à Chàteau-sur-Cher ; à Mon-taigut, dans la haute vallée de la Rouble; aux Martres-sur-Marge, dans la Limagne. Entre ces localités, séparées les unes des autres par des régions de 22 à 50 kilomètres d’étendue, il n’y a aucun orage. Les six orages simultanés qui existent ainsi à minuit sont donc bien isolés et constituent par conséquent un irréfragable exemple de propagation par sauts.
- L’orage de Saint-Germain-Lembron se développe jusqu’à deux heures dans la direction du nord-est, mais ne dépasse pas la. région culminante des monts Dolore.
- Celui de Saint-Genès-Champespe s’étend aussi jusqu’à deux heures dans la direction du Nord, sans sortir du bassin de la Dordogne.
- Les orages de Miremont, de Château-sur-Cher et de Montaigut ne prennent pas d’extension et s’éteignent sur place.
- Quant à celui des Martres-sur-Morge, il devient un vrai centre d’orages qui rayonnent dans toutes les directions jusqu’à plus de 20 kilomètres comme on peut le voir sur la carte, en atteignant 10 autres de nos stations : vers minuit et demi, Aubiat et Châteaugay; à une heure Clermont-Ferrand, Joze, Saint-André, Aigueperse et Saint-Priest ; à une heure et demie, Lachaux et Aubière;à deux heures, Randan et le sommet du Puy de Dôme. La propagation cesse alors, à la même heure que dans les groupes de Saint-Germain et de Saint-Genès, après s’être étendue à une zone territoriale de forme à
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- LA NATURE.
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- •peu près elliptique ayant 20 kilomètres de largeur et 45 kilomètres de longueur. Il est à remarquer que, dans la moitié méridionale de cette zone, les orages ont marché vers le nord-est, tandis que leur propagation s'effectuait.en .sens inverse, c’est-à-dire vers le sud-ouest.
- Pour ne pas surcharger la carte qui se rapporte à ces orages nous nous sommes contenté de marquer les heures par des courbes.
- IL.— Le second, exemple se .rapporte aux orages du l^juin 1891.
- Nous l’avons choisi parce qu’il offre une propagation rayonnante presque identique à celle des orages du 23 août 187 8 et qu’il coa-cerne un territoire/ beaucoup plus vaste. Les orages qui ont eu en ce jour-là pour centre initial la station de Vic-le-Comte, se sont étendus, en effet, non seulement à la Limagne comme les précédents, mais encore à toute la région montagneuse comprise entre Clermont-Ferrand, la rivière d’Allier, la chaîne des Puys et les monts Dore. Le caractère rayonnant de leur propagation est mis en évidence au premier coup d’œil par les courbes de la carte.
- Pour plus de précision nous avons inscrit l’heure du début de chaque orage local près de la flèche qui donne la direction suivie par cet orage. Dans la partie méridionale de la zone atteinte la propagation s’est encore effectuée en sens inverse de la marche des orages.
- III. — Enfin les orages du 15 avril 1894 nous ont fourni le troisième exemple. Us intéressent surtout le plateau de 800 à 1000 mètres d’altitude qui forme la moitié occidentale du département du Puy-de-Dôme. La carte montre que ces orages commencent vers une heure du soir et qu’ils occupent alors une zone centrale assez vaste comprenant une
- partie de la Limagne et le bord nord-est du plateau. A deux heures ils s’étendent déjà à tout le bassin de la Sioule et ont môme un peu pénétré dans le bassin de la Dordogne. Les courbes horaires font voir que les orages ont encore eu une propagation rayonnante analogue aux précédentes. Nous avons d’ailleurs écrit, près de chaque flèche indiquant la marche d’un orage local, l’heure du début et l’heure de la fin de cet orage.
- Nous aurions pu citer un bien plus grand nombre
- d’exemples, car
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- La propagation des orages.
- chaque journée orageuse en fournit si les orages sedéveloppent suffisamment sans se succéder trop rapidement dans la même région. Naturellement, le mode de propagation que nous signalons pour les orages n’est pas particulier au département du Puy-de-Dôme. Nous l’avons retrouvé dans bien d’autres régions de la France avec quelques cartes du Bureau central météorologique, ainsi qu’en Italie, à l’aide des cartes et des tableaux publiés par le l)r Ciro Ferrari,
- Il est peut-être difficile de constater la propagation rayonnante des orages dans les contrées qui ne sont que d’immenses plaines sans relief notable. Là, en effet, l’atmosphère présente une homogénéité relative qui fait prendre le plus souvent aux moindres manifestations orageuses une trop vaste et même trop rapide extension en surface.
- Mais nous sommes convaincu qu’avec un bon réseau de stations d’observation on pourra aisément, dans tous les pays un peu accidentés, vérifier l’authenticité de notre découverte.
- J.-R. Plumandon*
- Météorologiste à l’Observatoire du Puy-de-Dôme.
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- LÀ NATURE.
- DÉCOUVERTES ARCHÉOLOGIQUES1
- A CARTHAGE
- II
- Nous avons précédemment indiqué les résultats des fouilles du sanctuaire de Jupiter Hammon ; il nous reste à parler sommairement de la nécropole punique découverte bien au-dessous du caveau qui remonte à l’époque romaine.
- Les tombeaux puniques sont très anciens et nous font passer du premier au sixième siècle avant notre ère. champs de repos où Carthage enterrait ses morts ont été respectés tant qu’elle est restée indépendante; ils se sont étendus en s’éloignant du centre de la ville. Les tombeaux les plus éloignés de la ville datent environ du troisième siècle avant notre ère. Au contraire les tombeaux les plus anciens sont les plus rapprochés des habitations de la Carthage primitive.
- Ces caveaux sont creusés en plein roc dans le plateau de tuf qui s’étend au delà de Bordj-Djedid.
- Les premières tombes qu’a fait ouvrir M. Gauc-kler sont de simples fosses à inhumation creusées dans le sable vierge; elles sont généralement pauvres et ne renferment que le scarabée en cornaline ou en pâte, sorte de carte d’identité du mort, un anneau en bronze, un disque d’œuf d’autruche, une figure peinte servant d’amulette protectrice, quelques perles de collier, peu de poteries, jamais de monnaies. D’autres fosses sont recouvertes d’une simple dalle. Dans l’une de celles-là, on a recueilli un grand masque punique intact en terre cuite très analogue à l’une des pièces du meme genre trouvées par le
- 1 Voy. n° 1363 du 8 juillet 1899, p. 87.
- P. Delattre. Les traits du visage grimacent hideusement de façon souvent à épouvanter le sacrilège qui tenterait de violer la sépulture.
- Une autre tombe renferme un cylindre assyrien en jade, figurant le dieu Marduck étouffant un monstre ailé.
- A mesure que l’on avance vers la colline, les tombes se serrent davantage et sont plus riches. Quelques-unes sont disposées en auges entièrement tapissées de dalles. On y a recueilli des bijoux d’argent, des colliers, de nombreuses perles en
- pâte de verre, et pierres dures, améthyste, agate, cornaline, cristal déroché, des pendants d’oreilles et quelques bagues en or.
- En février dernier, M. Gauc-kler a découvert deux grands tombeaux bâtis semblables au tombeau d’Iadamelek rencontré en 1894 à la même profondeur de 7 mètres. La chambre funéraire est fermée par une porte monolithe. Le toit plat est protégé contre les terres par une série de monolithes disposés en dos d’âne et à l’intérieur ce toit est doublé par un plafond en cèdre qui s’est effrité et dont les débris tombent en poussière sous la pression du doigt. Les parois sont revêtues d'un stuc éblouissant de blancheur. Au fond de la chambre une petite cruche cassée. Dans le premier tombeau cette niche est vide, dans le second elle est occupée par deux poteries.
- Le mort est étendu directement sur le sol sans cercueil, revêtu de ses bijoux. Des jarres de grandes dimensions sont en grand nombre dans un coin.
- Le premier tombeau renferme deux squelettes ; le mari et la femme. L’homme porte au doigt un anneau d’argent avec scarabée en cornaline et cachet. La femme un pendant d’oreilles, une pendeloque- de collier, une bague avec chaton figurant un uræus ailé et deux colombes, tout cela en or massif. Le
- Fig. 1. — Taureau votif à Saturne, trouvé dans le sanctuaire de Jupiter Hammon. (Marbre blanc grisâtre, hauteur 0“,35.)
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- LA NATURE.
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- deuxième tombeau ne contenait qu'un corps d’homme avec une place ménagée à côté du cadavre. On n’a recueilli qu’un seul anneau d’argent avec scarabée en pâte de verre, deux cylindres en or, une canthare, une coupe et des poteries. Ces deux tombes sont en somme moins riches que l’on eût pu le supposer en voyant le soin apporté à leur construction.
- Tout à côté se trouvait un troisième tombeau beaucoup plus simple, maçonné entre les précédents. Pas de plafond en cèdre, pas de poteries, pas de stuc, pas de niche ; mais en revanche un mobilier funéraire d’une richesse inouïe. Dans cette tombe était couchée une femme, peut-être une prêtresse.
- Le squelette tient encore dans la main gauche un grand miroir en bronze, dans la droite de lourdes cymbales de même métal. Le poignet gauche disparaît sous un bracelet de perles, de scarabées, de figurines. Au bras droit, plusieurs anneaux d'argent et d’ivoire. Les doigts sont chargés de bagues d’argent et d’un anneau d’or avec quatre cynocéphales gravés sur le chaton. A l’oreille gauche, un pendant d’or, avec la croix en tau. Au cou un grand collier d’or massit formé de quarante éléments de formes diverses symétriquement disposées de part et d’autre d’une broche centrale figurant un croissant en turquoise retombant sur un disque en hyacinthe. Ce n’est pas encore
- Fig. 2. — Vue du chantier au mois d’avril 1899. Constructions et citernes Romaiues. Tombeaux et grands caveaux funéraires puniques du septième “siècle avant notre ère.
- tout. Il faut ajouter un autre collier en argent, un aryballe, un alabastre corinthiens à figures, un grand flacon d’émail couvert d’une feuille d’or; une statuette en faïence polychrome, toute égyptienne de style, des disques d’œufs d’autruche peints, des coquilles remplies de fard pourpre, des poteries et une lampe. Le mobilier est un des plus riches que l’on ait rencontrés jusqu’ici dans les tombes de Carthage.
- Tous ces objets découverts par Déminent archéologue français, à part un exemplaire des doubles, sont destinés au musée du Bardo.
- Il est juste en terminant de rendre hommage au rôle éclairé de M. César Ben Attar, avocat à Tunis. C’est en effet à ses soins, à sa persistance et à ses bons conseils que les fouilles dont nous venons de
- parler ont pu s’accomplir dans des conditions avantageuses pour l’État.
- En présence des magnifiques résultats obtenus, on ne peut retenir un sentiment de gratitude pour M. Gau-ckler et d’admiration pour la mise au jour de tant de trésors. Ces fouilles poursuivies dans l’ancienne nécropole de Carthage nous révèlent une civilisation étrange, très raffinée déjà, mais toute imprégnée encore d’éléments asiatiques ou égyptiens, n’ayant subi qu’à un très faible degré l’influence des peuples occidentaux avec lesquels elle entre en contact. C’est bien la Carthage phénicienne avec toute la saveur de son originalité primitive, bien différente de la cité des guerres puniques, mais déjà transformée par la civilisation italo-grecque. H. Lauriston.
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- LA NATURE.
- LES « PNEU »
- On peut affirmer que si la bicyclette a pris l’extraordinaire développement que l’on sait, elle le doit surtout aux bandages pneumatiques qui ont diminué l’effort de traction et amorti les vibrations si désagréables des premières machines. Malheureusement les bandages en caoutchouc se dégonflent peu à peu, quand ils ne perdent pas leur air par accident. Quel est le cycliste qui n’a pas pesté contre ses pneus? Quel est le chauffeur qui n’a pas de son côté été en butte aux dégonflements lents ou spontanés? Quelques chauffeurs se sont demandé si, en gonflant la chambre à air des pneus avec un autre gaz que l’air, on ne tournerait pas la difficulté. On a pensé ainsi à gonfler avec l’acide carbonique. Du même coup, on éviterait l’emploi de la pompe, puisqu’on trouve dans le commerce des récipients à acide carbonique sous haute pression. 11 suffirait de faire passer directement le gaz du récipient dans la chambre du pneu pour gonfler à point voulu.
- M. d’Àrsonval, de l’Académie des sciences, professeur au Collège de France, a eu dernièrement l’idée de rechercher à ce point de vue comment l’acide carbonique se comportait vis-à-vis du caoutchouc. Les résultats sont utiles à faire connaître :
- Quand on laisse des morceaux de tube en caoutchouc plongés dans l’acide carbonique gazeux, sous une pression de 1 à 50 atmosphères, le caoutchouc augmente de volume et absorbe de grandes quantités du gaz. Le gonflement du caoutchouc est tel qu’au sortir du bain il présente parfois dix à douze fois son volume primitif. La consistance également a changé. Le caoutchouc est devenu gélatineux et moins élastique. En le laissant à l’air, l’acide carbonique dissous se dégage peu à peu sous forme de bulles faisant un petit bruit sec au moment du dégagement, et le caoutchouc reprend, au bout d’une heure environ, son aspect et ses propriétés primitives.
- En renfermant simplement de l’acide carbonique dans un sac en caoutchouc à la pression atmosphérique, M. d’Ar-sonval a constaté aussi que le gaz passait très rapidement au travers. Le passage a été encore plus rapide en gonflant des pneus de voiture de 90 millimètres de diamètre avec de l’acide carbonique. Les pneus se dégonflent rapidement.
- 11 serait donc un peu téméraire d’essayer de remplacer l’air par l’acide carbonique, soit dans les pneus de voiture, soit dans les pneus de bicyclettes. *
- M. d’Arsonval a eu aussi l’idée d’analyser le gaz contenu dans les bandages pneumatiques. On y introduit de l’air à la pompe. C’est donc de l’air que l’on devrait trouver dans le pneu. Est-ce bien certain? On sait que l’oxygène attaque le caoutchouc; de ce chef, la composition de l’air peut déjà être modifiée; mais, en outre, des gaz mélangés ne s’échappent pas avec la même vitesse à travers une cloison plus ou moins poreuse; pour cette raison, l’air d’un pneu peut bien changer de composition. Et, en effet, l’air introduit n’est plus de l’air au bout d’un certain temps. M. d’Arsonval dit après tous les cyclistes : « Un bandage pneumatique gonflé d’air sous une pression de 2 à fi atmosphères, se dégonfle peu à peu sans que l’on puisse accuser des fuites même en le plaçant sous l’eau. » ün ne voit pas par où s’échappe l’air. M. d’Arsonval a reconnu que ce dégonflement mystérieux n’est pas continu; il se ralentit à mesure que l’on renouvelle l’air au moyen de la pompe pour maintenir la pression constante. Si l’on analyse à ce moment le gaz con-
- tenu dans la chambre, on constate qu’il est presque totalement dépourvu d’oxygène. Ce n’est plus guère que de l’azote. Ainsi, par le seul fait que l’on inet l’air en contact du pneu, on fabrique de l’azote. L’oxvgène est absorbé en partie par le caoutchouc et en partie s’échappe au dehors. Comme l’air est un mélange de 21 parties d’oxygène et de 79 parties d’azote, il s’ensuit que le pneu perd environ un cinquième de son gonflement plus ou moins vite, selon la composition du caoutchouc employé pour la chambre et pour son enveloppe.
- On savait bien du reste déjà, par les phénomènes de dialyse, que, lorsqu’on filtre de l’air sous pression à travers une membrane très mince de caoutchouc, l’oxygène passe beaucoup plus vite que l’azote; on recueille dans le récipient un gaz contenant jusqu’à 40 pour 100 d’oxygène.
- De ces observations on peut donc déduire, au point de vue pratique, les conséquences suivantes.
- 11 est inutile de chercher à gonfler les pneus à l’acide carbonique. On n’y parviendra pas. Avec l’air, il faut s’attendre à un dégonflement progressif dont la durée dépendra de la nature du caoutchouc. Tous les cyclistes savent qu’il y a des chambres à air qui « tiennent » et d’autres qui ne « tiennent » pas du tout. Il serait, au contraire, avantageux de gonfler à l’azote pour lequel le caoutchouc est peu perméable.
- Mais l’azote, où le trouver? Les fabricants pourraient très bien se procurer de l’azote sous pression. On a déjà vendu des eaux azotées, c’est-à-dire chargées d’azote, comme l’eau de Seltz est chargée d’acide carbonique. Et, en un clin d’œil, on gonflerait les pneus par l’ouverture d’un simple robinet.
- Ce serait évidemment un perfectionnement que de pouvoir gonfler directement sans pompe avec du gaz comprimé; mais au fond bien faible depuis que l’on possède de bonnes valves. On peut faire remarquer d’ailleurs que l’azote se fabrique tout seul à l’intérieur des pneus gonflés d’air. Par suite, en comblant la perte due à l’oxygène un certain nombre de fois par addition d’air nouveau, on finira par n’avoir plus guère que de l’azote dans la chambre des pneus. Et le gonflement persistera de plus en plus, si la valve est, bien entendu, suffisamment étanche.
- Bref, ne jamais dégonfler en plein son pneu, quand c’est possible, et peu à peu on fabriquera de l’azote de plus en plus pur. Qui aurait soupçonné qu’un pneu de bicyclette constituait un appareil à faire de l’azote !
- IIenhi de Pakville.
- CHRONIQUE
- L'air liquide et la fusion de l'acier dans le vide. — Nous avons signalé ici même les facilités qu’apporte l’air liquide à la production rapide d’un vide presque parfait dans une enceinte. 11 suffit de porter un point quelconque de cette enceinte à une très basse température, celle pour laquelle les gaz et les vapeurs ont une très faible tension qui, dans un temps très court, se trouve être celle de l’enceinte elle-même, et nous avions suggéré l’application du procédé à la fabrication des ampoules de Crookes, des tubes luminescents, et, très éventuellement, à cause du bas prix des lampes à incandescence, à la production rapide d’un bon vide dans ces lampes. Si cette dernière application n’est pas à la veille de se réaliser, il en est une autre, incomparablement plus importante au point de vue industriel que des métallurgistes américains étudient, et pour laquelle ils ont constitué un syndicat au capital de 750 000 francs. Il s’agit de tenter la fusion de
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- l’acier dans le vide obtenu par l’air ou l’hydrogène liquide, afin d’éviter les souillures et d’obtenir un métal d'une homogénéité parfaite. On conçoit que l’application d’un procédé si nouveau, et, s’il réussit, d’une importance industrielle si considérable, exige une mise de fonds assez importante avant d’être complètement au point. Les capitalistes hardis qui favorisent ces expériences n’ituront pas, nous le souhaitons vivement, à regretter un argent dont, en cas de succès, ils trouveront une large rémunération, et les travailleurs un nouveau débouché à leur activité. Ainsi se justifie une fois de plus l’alliance utile, nécessaire, indispensable, entre le capital et le travail dont on a tort de faire des ennemis, puisque l’un ne peut rien faire sans l’autre.
- Clôtures des rotes de chemins de fer. — Sur
- la plupart des railwavsqui traversent la « prairie » entre Omaha et Deuver (États-Unis d’Amérique), les clôtures en bois ont été remplacées par des poteaux de fer, faits avec les tubes de vieilles locomotives démolies. Les extrémités sont bouchées avec du ciment pour empêcher la rouille de ronger l’intérieur, et les fils de fer sont passés dans des trous qui les traversent. 11 paraît qu’une clôture de ce genre peut rester dix ans sans nécessiter de réparations.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance duVt juillet 1899. — Présidence de M. Vax Tieghem.
- L'origine de l'iode atmosphérique. — Dans une précédente communication, M. Gautier a montré que l’iode existait dans l’atmosphère à l’état d’iode organique. Il a entrepris de rechercher les origines de cet iode. Les algues de la mer en contiennent suivant leur espèce une quantité qui varie de 7 à GO milligrammes pour 100 grammes de plante fraîche. Les algues terrestres en renferment-elles également? M. Gautier a trouvé que tous les végétaux à chlorophylle de la classe des algues en présentent des proportions appréciables. Il a étudié à ce point de vue les algues des fleuves, des sources, celles de la terre humide et celles des eaux sulfureuses froides ou chaudes. La proportion atteint pour certaines algues Qmmgr^y p0ur 100 grammes de plante; elle s’élève pour les algues des eaux sulfureuses à 50 milligrammes et descend pour d’autres à 0,25. Il a pareillement reconnu la présence de l’iode dans des lichens recueillis sur les montagnes du Tyrol à une altitude de 1500 mètres. On sait que les microbes sont sensibles à l’action de l’iode qui est un antiseptique. L’institut Pasteur ayant mis à la disposition de l’auteur un volume très considérable de bouillon de culture diphtérique, il en a séparé la matière microbienne et n’y a pas trouvé trace d’iode.
- Nature de l'action toxique du sang d'anguille. — M. Bouchard présente une Note de MM. Camus et Glcy sur la nature de l’action toxique exercée par le sang d’anguille lorsqu’il est injecté aux animaux. Cette action est caractérisée par la destruction des globules du sang. Mais chez les animaux qui ont résisté à l’intoxication, le sérum de leur sang acquiert la propriété durable de les immuniser en cas de nouvelle injection et d’immuniser les autres animaux. Il y a des animaux, le hérisson par exemple, qui jouissent d’une immunité naturelle et non acquise ; ils doivent cette immunité non à la préexistence d’une antitoxine, mais à ce que les globules ne se laissent pas détruire par le sang de l’anguille. Chez d’autres animaux, cette résistance existe à un certain âge seulement; chez les lapins, pendant le jeune âge par exemple.
- Procédé rationnel de vinification. — M. le l)rE. Vidal, correspondant de l’Académie, donne lecture d’un mémoire résumant d’importantes recherches qu’il a opérées avec le concours de son fils, M. Joseph Vidal, sur les conditions de la vinification. Les auteurs ont imaginé notamment un système de cuve à étage qui augmente dans une proportion très considérable les surfaces de contact du moût avec le marc et qui permet de refroidir la masse en fermentation au moyen d’un courant d’air lancé dans une tuyauterie plongeante. Ils ont constaté : 1° que le maximum de température, pendant la fermentation, est atteint dès le quatrième jour; 2° que la température des diverses parties de la masse n’est jamais uniforme et que le maximum a lieu constamment entre le tiers supérieur et le tiers moyen de la hauteur; 5° que la fermentation est terminée au fond de la cuve, alors qu’on note 2,5 degrés au glucomètre de Damné, à la partie supérieure, circonstance qui expose le vigneron pressé à des fermentations secondaires s’il met trop tôt le vin en tonneaux. 11 importe donc que le vigneron prélève les échantillons au moyen desquels il s’assure que la vinification est achevée non par un sauvetage à la partie inférieure, mais par une prise de liquide à la partie supérieure. La cuve à immersion de MM. E. et J. Vidal permet d’obtenir une fermentation plus régulière, une élévation du titre alcoolique, une augmentation de poids de de l’extrait sec et la conservation du bouquet. Le brassage et l’écumage des moûts assurent une fermentation plus régulière et modèrent efficacement la chaleur de fermentation. Le procédé convient aux vins rouges comme aux vins blancs. Ch. de Villedecil.
- L’EXPOSITION DE C0ME
- LA STATUE DE YOLTA
- En Italie, on avait eu la bonne pensée d’organiser une exposition d’électricité pour honorer la mémoire du grand nom de Yolta et pour fêter le centenaire de la pile. Le lieu choisi fut naturellement Corne, où Alexandre Yolta naquit le 18 février 1745. L’idée était juste et généreuse, car les recherches de Yolta ont ouvert la route à cette magnifique série de découvertes qui ont transformé l’industrie moderne. Yolta enseigna la physique au gymnase de Corne à partir de 1774. Il donna à lelectrophore la forme pratique après les descriptions de Wilke et d’Œpinus. 11 découvrit le méthane ou gaz des marais, dont il recommanda l’usage pour l’éclairage. Il inventa le pistolet électrique et l’eudiomètre pour la synthèse des gaz. Il étudia la répartition de l’électricité à la surface des conducteurs, perfectionnant les travaux de Franklin et précédant ceux de Coulomb. En 1779, il fut nommé professeur à l’Université de Davie et il occupa la chaire de physique pendant vingt-cinq ans. Il enrichit la science de nombreux appareils; il imagina l’électromètre condensateur; il donna une théorie de la grêle, etc. Enfin, en 1799, au cours de ses discussions avec Galvani sur la nature du courant électrique, il fut conduit à l’invention qui a rendu son nom immortel, à l’invention de la pile électrique : « Cette colonne majestueuse, comme a écrit Libus, élevée sur les frontières de la physique
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- LA NATURE.
- et de la chimie, pour consacrer l’heureuse alliance de ces deux sciences inséparables. » La découverte de Yolta eut un retentissement immense. Yolta vint à Paris où il fut reçu comme un souverain. Napoléon lui fit une pension et lui accorda les titres de sénateur et de comte. En Allemagne, en Angleterre, en Hollande, il fut également accueilli avec des marques de la plus grande admiration. Retiré de la carrière de l’enseignement en 1804, il accepta, en 1815, la dignité de directeur de la Faculté de philosophie de Pavie. Yolta s’éteignit chrétiennement, comme il avait vécu, le5 mars 4827, laissant derrière lui la mémoire d’un grand savant et d’un homme de bien.
- Le Comité du Centenaire de la pile avait obtenu de la Municipalité de Corne un terrain de 60 000 mètres carrés le long du lac dont la renommée est universelle. On construisit dans le style empire des bâtiments pour une Exposition internationale, pour des Congrès et pour une exposition séricicole.
- Enfin, par souscription, on éleva une superbe statue à Yolta sur la Piazza Yolta.
- On lit sur le socle :
- OMAGIO
- DEI TELEGRAFISTI d’ogni NAZIONE NEL PRIMO CENTEX ARIO
- DELL’ INVENZIONE DELLA PILA MDCCCXCIX
- La France était représentée à l’inauguration par M. Raudot, l’inventeur bien connu du télégraphe-imprimeur multiple. 11 prononça un discours qui fut très applaudi. Après lui les représentants des principales nations joignirent leurs hommages à ceux des Électriciens d’Italie. Le succès de l’Exposition était considérable. On s’y pressait de toutes parts. Hélas! un matin la cloche d’alarme retentit dans la ville de Côme. L’Exposition était en feu! Tout flamba en moins de 45 minutes. Quelques heures plus tard, la foule eût été considérable dans les galeries et l’on eût assisté à une hécatombe comme celle du Razar de la Charité. Ironie du sort. C’est l’Électricité qui mit le feu à l’Exposition d’électricité !
- Les pertes matérielles ont été énormes. Le feu a tout détruit. Mentionnons en dehors des machines modernes'la collection des manuscrits et des appareils construits par Yolta, des lettres de Yolta remontant à 1815 et adressées au prêtre Giacomo Ciceri, dans lesquelles le grand savant affirme sa foi catholique et son respect pour la religion apostolique et romaine, « dans laquelle je suis né, dit-il, et dans laquelle j’entends mourir » ; les originaux des mémoires sur la pile, d’une lettre à M. de Nanteuil en date du 14 mai 1772 sur l’électricité animale. Cette
- lettre était antérieure de dix ans à la fameuse controverse soulevée par Luigi Galvani sur le même sujet. Citons aussi l’original d’une lettre de Yolta à Rar-letti, professeur à l’Université de Paris (18 avril 1777) dans laquelle il expose le principe de la télégraphie électrique. Dans la même salle se trouvait le diplôme de chevalier de la Légion d ’ honneur (5e série, n° d’ordre 1741) délivré à Volta par « Charles, roi de France et de Navarre et donné au château de Saint-Cloud le 22 juin 1826. » Dans une vitrine avaient été aussi exposées les deux piles de poche qui servirent à Volta pour opérer devant l’Académie de Paris, puis l’appareil à décomposer l’air, etc. Toutes ces reliques sont perdues. C’est à peine si l’on a pu sauver quelques manuscrits. Il ne reste plus de Yolta que les précieux autographes que le professeur Ferrini avait refusé de distraire de YInstituto Lombarde), comme poussé par un pressentiment instinctif. Le malheur est irréparable pour l’Italie et pour le monde entier. Qu’il nous serve de leçon!
- Nous ne terminerons pas, après cette lamentable catastrophe, sans envoyer à nos confrères d’Italie l’expression de tous nos regrets et de toutes nos sympathies. J.-F. Gall.
- Le Gérant : P. Masson. Paris. — Imprimerie Laiiere, 9, rue de Fleurus.
- La statue de Volta, à Côme.
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- N° 1367. — 5 AOUT 1899.
- LA NATURE.
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- LE MAL DES MONTAGNES ET L’ACAPNIE
- Le mal des montagnes est Lien connu de tous les alpinistes, non que tous y soient sujets, mais parce qu’il atteint le plus grand nombre. A part quelques exceptions dues à des conditions physiologiques ignorées, ou créées par l'accoutumance comme chez les guides, ce malaise survient chez beaucoup d’ascensionnistes à partir de 3000 à 3500 mètres ; il se prononce davantage, cela va sans dire, au fur et à mesure qu’on s’élève à des hauteurs plus considérables.
- Le mal des montagnes se caractérise par une lassitude extrême, un besoin de respirer plus fréquent. A chaque pas l’air manque : le malade, car c’en est
- un véritable, est obligé de s’arrêter pour reprendre baleine; il est pris de vertige, et, chez quelques-uns, le vertige va jusqu’à l’état nauséeux, à la tendance à la syncope.
- On a émis de nombreuses théories pour expliquer ce malaise; celle qui a réuni jusqu’à ce jour l’assentiment général est qu’il s’agit d’une sorte d’asphyxie due à la diminution de l’oxygène en quantité et à la diminution de tension de l’oxygène dans ces régions élevées.
- Égli-Sinclair, qui a étudié sur lui-même et sur plusieurs de ses compagnons de route le mal des montagnes, avait cherché à démontrer cette origine en faisant des dosages de l’hémoglobine et il avait
- Expériences Mosso. — Appareil pour mesurer le volume d’air inspiré et l’acide carbonique exhalé.
- prouvé que la proportion était abaissée d’un tiers, de moitié pendant l’ascension, pour ne se relever que lentement après la descente à une altitude ordinaire ou moyenne. Le rapport entre cette diminution de la teneur du sang en oxygène et le mal des montagnes paraissait donc bien évident.
- Il fallait y joindre une autre cause, la fatigue musculaire, produite par l’effort de plus en plus considérable dans la marche. Le Dr Regnard a montré, par une expérience des plus élégantes que j’ai relatée autrefois1, que cette fatigue musculaire avait une action dépressive des plus marquées et hâtait la production, chez les sujets prédisposés, du mal des montagnes. La preuve en est donnée par la tolérance plus grande des aéronautes qui, ne subissant aucune
- 1 Yoy. n° 1098, du 16 juin 1894, p. 59.
- 27” ailée. — Ie semestre.
- fatigue, peuvent atteindre de plus grandes hauteurs, avant d’éprouver les malaises symptomatiques.
- La cause de ces phénomènes serait en réalité plus complexe s’il faut en croire les recherches et les expériences de Mosso, le physiologiste bien connu de l’Université de Turin. D’après cet observateur, le malaise ne serait pas dû seulement à la diminution de l’oxygène, mais surtout à la diminution de l’acide carbonique dans le sang. Ce ne serait pas, en réalité, une asphyxie, puisque les phénomènes asphyxiques sont dus à l’accumulation du gaz carbonique dans le sang, et à son excès par rapport aux autres principes vitaux : ce serait tout le contraire; c’est un état différent, opposé à l’asphyxie, pour lequel Mosso a créé un mot nouveau, Yacapnie. Mais les anciens ne connaissaient pas l'acide carbonique ; ne pouvant
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- LÀ NATURE.
- tirer du grec un mot représentant ce gaz, Mosso a choisi le mot fumée, comme, dit-il, étant Limage qui lui ressemble le plus dans le sens physiologique : d’où axct7Tvoç, sans fumée, l’acapnie. Le mal des montagnes est de l’acapnie et non de l’asphyxie.
- Pour démontrer le bien fondé de sa théorie, Mosso indique, en s’appuyant sur les propres recherches de notre regretté physiologiste français, Paul Bert, que le sang artériel perd, lorsque diminue la pression barométrique, plus vite l’acide carbonique que l’oxygène. De plus, contrairement aux études d’Égli-Sinclair, Ilüfner a vu, en soumettant du sang aux pressions artificielles, que la dissociation de l’hémoglobine ne se produisait pas avant d’atteindre une altitude considérable. Entre 5 et 4500 mètres, le malaise serait dû à la diminution de l’acide carbonique, au delà il s’y joindrait l’asphyxie due à la diminution de l’oxygène.
- Pour savoir quelle part revient en réalité à la déperdition et au. manque d’acide carbonique, il suffisait de respirer, dans des conditions variables de dépression barométrique, tantôt de l’oxygène, tantôt de l’acide carbonique, ou un mélange des deux pour savoir quel est le gaz qui remédierait le mieux au malaise. Voici le dispositif employé (voy. fîg. ci-contre) d’après le Scientific American, ür, en se soumettant lui-même ou des aides de bonne volonté à des raréfactions atteignant de 536 à 246 millimètres, c'est-à-dire correspondant à des altitudes de 6500 et de 8800 mètres, Mosso a vu qu’en ajoutant de l’acide carbonique à l’air on peut résister, dans l'air raréfié correspondant à 8800 mètres, avec une quantité d’oxygène moindre que celle qui est nécessaire à 6500 mètres. A cette dernière altitude, un des expérimentateurs voyait le mal de tête et les sensations vertigineuses disparaître au fur et à mesure qu’il respirait de l’acide carbonique.
- Sans y attacher plus ( d'importance qu’il ne convient, car il s’agit d’expériences d’ordre tout différent, on peut rappeler que l’injection, dans les veines d’un animal, de peptones ou d’albumine digérée, provoque des phénomènes de somnolence, de fatigue, de ralentissement de la respiration, d’état nauséeux en tout comparables aux symptômes du mal des montagnes. ür ces animaux ne présentent aucune lésion, aucune modification matérielle qu’une diminution très prononcée de la teneur du sang en acide carbonique, diminution qui peut tomber presque à la moitié de la dose normale. Ce malaise persiste peu et on y remédie dans une certaine mesure en faisant respirer à l’animal de l’acide carbonique, en suppléant, en quelque sorte, à l’insuffisance créée par l’empoisonnement.
- A l’appui de cette théorie de l’acapnie, on pourrait encore citer le fait suivant : deux caravanes de touristes, composées de 45 personnes, sont prises dans la chaîne du mont Rose par une tourmente de neige et se réfugient dans une cabane qui a servi à Mosso pour ses premières expériences, à la Capanna fegina Margherita,à 4560 mètres. Ce réduit herméti-
- quement blindé par des lames de cuivre, pour éviter l’entrée de la neige, avait un volume de 58 mètres cubes et n’avait que des fenêtres qu’on laissait à peine entr’ouvertes et le tirage de deux tuyaux du poêle. Il est surprenant, dit Mosso, (pie 45 personnes réunies dans un si petit espace pendant trois jours de tempête n’aient pas souffert d’asphyxie, comme elles l’auraient éprouvé sans nul doute à une altitude ordinaire. Mosso voit là un bon effet du à la richesse de l’acide carbonique dans l’air expiré.
- L’oxygène s’unit à l’hémoglobine des hématies et se trouve fixé à ces globules : l’acide carbonique est combiné, au contraire, avec diverses substances dans le sang. Comment peut se faire sa déperdition sous l’influence de l’air raréfié? Mosso pense qu’il y a une dissociation de sels bicarbonatés, comme cela se passe quand on place une solution de ces sels sous la cloche pneumatique; à des dépressions assez faibles, on voit se produire un dégagement d’acide carbonique.
- Je n’insiste pas sur une série d’expériences que l’éminent professeur a imaginées pour confirmer ses vues nouvelles sur les causes des troubles dans l’air raréfié. Il a notamment cherché à éliminer les influences dues à l’action, à la fatigue musculaire; à séparer, dans l’étude du mal des montagnes, les troubles circulatoires des troubles nerveux. Les idées du physiologiste italien ne sont pas encore admises sans contestation ; mais il y a là un point nouveau dans l’étude physiologique des effets de la dépression barométrique dont il faudra tenir compte à l’avenir. Dans les ascensions en ballons à de grandes hauteurs, il ne faudra pas seulement se munir de provisions d’oxygène, mais aussi d’acide carbonique, si paradoxal (pie paraisse le lait, si l’on veut combattre efficacement les malaises, qui, dans les hauteurs de 4 à 6000 mètres, seraient dus surtout à l’insuffisance de ce dernier gaz. D' A. Caiitaz.
- STÉRILISATION DES EAUX PAR L’OZONE
- Aurait-on trouvé enfin une méthode certaine de purification des eaux d’alimentation?
- La question est capitale, car il n’est plus douteux que l’eau soit bien, dans la généralité des cas, le véhicule ordinaire des affections infectieuses. C’est l’eau qui nous apporte la fièvre typhoïde, le choléra, etc. Nos filtres sont souvent impuissants à arrêter les germes de maladies; les sources elles-mêmes peuvent être contaminées, soit à leur point d’émergence, soi1 le long du trajet des canalisations. Les terres sont cultivées souvent tout à l’entour : si le sol est calcaire, il offre des fissures et des crevasses et l’eau de pluie arrive à la couche aquifère après avoir entraîné ce qu’elle a trouvé sur son chemin. Or, on sait ce que l’on peut rencontrer sur des terres meubles et sur les grandes routes. Toutes les eaux qui cheminent ainsi sont manifestement suspectes. Ce qu’il faudrait, c’est pouvoir purifier sûrement et économiquement par un traitement simple une eau quelconque, eau de source, eau de rivière, etc.
- Nous avions recommandé, il y a déjà plus de vingt ans, l’emploi de l’ozone que nous considérions dès cette époque comme le purificateur par excellence. Après avoir
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- contesté les propriétés de l’ozone, on a dù se rendre à l’évidence et aujourd’hui l’ozone a conquis partout droit de cité. Depuis 1891, on a essayé de stériliser les eaux par contact avec l’ozone, MM. Ohlmüller, Siemens et llalske de Berlin ont fait des essais démonstratifs. En 1895, MM. Tindal, Schneller, Van der Slein de Hollande ont pratiqué l’ozonisation de l’eau sur une grande échelle.
- A Paris, en 1895, pendant l’exposition d’hygiène du Champ-dc-Mars, M. le baron Tindal a fait fonctionner un appareil qui stérilisait 2 mètres cubes, 2000 litres d’eau à l’heure ! Ce résultat frappa les ingénieurs de la Ville de Paris et on vota un crédit pour établir une petite usine à Saint-Maur. Les expériences lurent, dit-on, démonstratives, mais les ressources budgétaires ne permirent sans doute pas de les continuer. Il serait cependant intéressant de les voir poursuivre méthodiquement.
- En même temps, en 1895, MM. Marinier et Abraham reprenaient la question de leur côté à Lille. La ville de Lille est alimentée en eaux par des sources captées superficiellement dans des terrains perméables aux infiltrations de la surface. Les sources du village d’Emmerin jaillissent au milieu de marécages et de terres cultivées. Pendant toute l’année, mais surtout après les grandes pluies d’automne, les eaux sont peuplées de nombreux germes, dont certains sont dangereux. On constate, en effet, d’assez nombreux cas de fièvre typhoïde à Lille, et il semble certain que la très grande mortalité infantile relevée sous les rubriques : « Affections gastro-intestinales et athrepsie » doive être attribuée, pour une large part, à la qualité défectueuse des eaux de boisson.
- Le Conseil municipal de Lille, préoccupé de cet état de choses, autorisa MM. Marinier et Abraham à entreprendre des essais de stérilisation par l’ozone. On construisit, à côté de l’usine élévatrice des sources d’Emmerin un générateur d’ozone et l’on essaya de stériliser les eaux impures. Puis, après quelque temps de fonctionnement, on réunit en Commission les savants les plus autorisés pour contrôler les résultats acquis. Cette Commission était composée de MM. le I)r Staes-Brame, adjoint au maire; 1)' Roux, membre de l’Institut; Buisine, professeur de chimie industrielle à l’Université de Lille; Dr Calmette, directeur de l’Institut Pasteur à Lille; Bouriez, expert chimiste. Après examen, la Commission a rédigé un rapport très favorable que nous croyons utile de résumer à grands traits.
- La petite usine de MM. Marinier et Abraham à Lille comprend un producteur de courant électrique, un appareil ozoneur, un appareil de stérilisation de l’eau.
- L’usine électrique n’offre rien de particulier. Le courant est à haute tension et peut servir jusqu’à 40 OOt) volts et plus. L’ozoneur est formé d’une colonne d’éléments ainsi constitués : une électrode, soit une plaque métallique, une glace, nn intervalle; puis, une glace, une électrode, une glace, un intervalle, une glace, une électrode, etc. Toutes les électrodes de rang pair sont reliées à un pôle du générateur électrique; toutes les électrodes de rang impair à l’autre pôle. C’est dans les intervalles libres compris entre les glaces que jaillit l’effluve d’une belle couleur violette et sous cette influence que l’oxv-gènc de Pair se transforme en ozone. Un dispositif spécial permet de n’extraire de l’appareil que de l’air ayant subi l’action de l’effluve.
- Au sortir de l’ozoneur, l’ozone est envoyé dans l’appareil stérilisateur. C’est une grande colonne en maçonnerie dans laquelle circulent à la fois l’ozone et l’eau. Après contact parfait, l’eau stérilisée s’en va dans les réservoirs
- de l’usine de la' ville de Lille. Voilà pour l’installation. Voyons, sommairement, les résultats.
- Les 10, 11 et 12 décembre 1898, on a puisé des échantillons d’eau aux sources d’Emmerin. Après 24 ou 60 heures tous les ballons d’essai étaient altérés. Cette eau, ensemencée en gélatine nutritive, a fourni à la numération, après sept jours, 2200 germes par centimètre cube. L’eau traitée par l’ozoneur à la concentration de 5mms,8 d’ozone par litre d’air et soumise au même essai de culture a fourni deux germes pour 74 centimètres cubes; deux germes de Bacillus Subtilis.
- Le 11 décembre, nouvelle expérience. — Eau brute : 3960 germes par centimètre cube. Eau ozonée : 2 germes de B. Subtilis et une moisissure pour 35 cm3,5 d’eau ozonée. Le 12 décembre. Eau ozonée : 3 germes de B. Sub-tilis pour 76cm3,5. Concentration : 6rarag,5 d’ozone. Même jour, autre essai. Rien après quatre jours de conservation au laboratoire avant l’ensemencement. Température moyenne : 18°.
- La Commission a recommencé les expériences du 17 janvier au 12 février 1899. Eau ozonée prélevée le 17 janvier, analysée après vingt-quatre heures. Nombre de germes après 15 jours de culture à 36° : rien. Eau ozonée prélevée le 24 janvier et analysée après trente-six heures : rien.
- Les 27 et 28 janvier. L’ozoneur est en marche continue, jour et nuit, depuis soixante heures. Le débit de la colonne était de 55 mètres cubes d’eau à l’heure. La concentration portée à 9mm8,3 d’ozone par litre d’air. Eau brute, après six jours en gélatine : 1170 germes par centimètre cube. Eau ozonée, 2 germes de B. Subtilis pour 146 centimètres cubes d’eau ozonée. Résultats encore meilleurs le lendemain.
- Un fait singulier devait être relevé. Il semblait extraordinaire que l’eau ozonée conservée plusieurs jours, quatre jours même, restât stérile et se montrât même plus pauvre en germes que l’eau ozonée examinée peu après la prise d’échantillon. On pouvait se demander si l’ozone n’engendrait pas au sein du liquide quelque substance microbi-cide capable d’empêcher la pullulation des germes. Pour s’éclairer sur ce point, la Commission a mélangé à 575 centimètres cubes d’eau ozonée, et conservée trois jours au laboratoire, 68 centimètres cubes d’eau brute. Le mélange ensemencé a fourni à la numération, après six jours, 1540 germes. Donc, l’eau ozonée ne contient aucune substance susceptible de stériliser les germes de l’eau non ozonée avec laquelle on la mélange. Alors, pourquoi cet appauvrissement successif de l'eau en germes après l’ozonisation? La Commission est d’avis que les germes, déjà atteints pendant l’ozonisation et qui ont échappé à la destruction, succombent cependant après quelques minutes. Cette observation a une importance pratique considérable parce qu’elle montre que l’eau ozonée, bien que ne renfermant plus d’ozone quelques minutes après sa sortie des appareils, ne permet plus la pullulation des germes de B. Subtilis qui ont pu échapper à la stérilisation.
- Autre point de vue. Le traitement par l’ozone n’augmenterait-il pas la teneur des eaux en nitrates par suite de l’oxydation des matières organiques contenues dans les eaux? MM. Buisine et Bouriez ont fait l’analyse chimique des eaux ozonées. La proportion de nitrate ne varie pas. Seule, la teneur en matières organiques est diminuée, ce qui rend l’eau moins sujette aux altérations ultérieures.
- 11 faut donc bien conclure que le procédé de traitement par l’ozone de MM.-Marinier et Abraham est d’une effica-
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- cité incontestable, supérieure à celle de tous les procédés connus applicables à la stérilisation de grandes masses d’eau. Tous les microbes pathogènes ou saprophytes sont détruits; seuls, quelques germes de Bacillus Subfilis résistent, environ 1 pour 25 centimètres cubes, à la concentration en ozone de 6 milligrammes par litre d’air. .Mais il importe de remarquer que le Bacillus Subtilis (microbe du foin) est tout à fait inolfensif pour l’homme et pour les animaux. Les germes de ce microbe résistent, du reste, à la plupart des moyens de destruction.
- Enfin, l’ozonisation de l’eau n’apporte dans celle-ci aucun élément étranger préjudiciable à la santé. Au contraire, elle diminue la matière organique et, comme l’ozone n’est (pie de l’oxygène à un état moléculaire particulier, elle introduit dans le liquide ce gaz et rend l’eau plus douce et plus agréable à boire.
- Ouant aux prix de revient, ta Commission n’en parle
- pas; elle n’avait pas à s’en préoccuper. Nous savons (pie la stérilisation du mètre cube reviendra dans les environs du centime. Un centime par 1000 litres!
- En somme, ces résultats sont extrêmement encourageants. Il ne faut plus aujourd’hui désespérer d’avoir de l’eau pure. Ce serait, on le conçoit, un grand appoint au relèvement du niveau de la santé publique.
- Henri de Parville.
- L’AMÉNAGEMENT DU GOUFFRE DE l‘ADIRAG
- (lot)1
- A diverses reprises, j’ai déjà décrit dans La Nature (n° 87-4, 1er mars 1890; n°958, 25 mai 1891 et n° 1172, 16 novembre 1895) les étranges curiosités de la rivière souterraine que j’ai découverte à Padirac, à
- Fig. 1. — Padirac. La (errasse à 15 mètres de profondeur. (D’après une photographie de Fauteur.)
- 100 métros sous terre, en compagnie de MM. G. Goupillât, L. de Launay, Louis Armand et Émile Foul-quier, en 1889 et 1890, au fond d’un des plus grandioses gouffres ou puits naturels que l’on connaisse. Je ne veux pas rééditer le récit de cette heureuse trouvaille ni des aventures auxquelles elle a donné lieu; mais je tiens au moins à faire savoir que maintenant la descente de l’abîme et le parcours de l'extraordinaire caverne s’effectuent le plus commodément du monde, et sans plus de risques qu’aux fameuses grottes belge et autrichienne de Han-sur-Lesse et d’Adelsberg, dont Padirac sera la fortunée et française rivale!
- La Société anonyme du Puits de Padirac fournira aux visiteurs tous les renseignements pratiques nécessaires, tandis que la large publicité de la Compagnie d’Orléans ne manquera certainement point de les y attirer.
- L'objet principal de ces lignes est d’expliquer
- comment l’aménagement du Puits de Padirac a été enfin réalisé après neuf ans et demi d’attente et de laborieuses négociations, auxquelles ont gracieusement concouru MM. E. Rupin, l’abbé de la Roussilhe, curé de Padirac, B. de Materre de Chauffour, G. Beamish, le regretté directeur de l’Agence des Voyages économiques, E. Fontaine et A. Viré.
- Les aménagements, dont l’exécution a été dirigée par MM. A. Viré et Louis Armand, d’avril à novembre 1898, et qui ont coûté 55 000 francs, ne gâtent en rien l’aspect pittoresque du gouffre et comprennent les dispositions suivantes :
- 1° A 20 mètres en arrière du bord du gouffre et pour ne pas en abîmer le pourtour, on a creusé, d’après l’ingénieuse idée de M. Rupin, un large puits
- ! L’inauguration des travaux déménagement, récemment terminés du gouffre de Padirac, a eu lieu le 10 avril dernier sous la présidence de M. Georges Leygues, ministre de l’ins-truclion publique.
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- artificiel profond de 15 mètres, par lequel de solides escaliers en fer descendent dans une petite grotte naturelle, découverte seulement en 1896; cette grotte débouche, à 16 ou 17 mètres de profondeur, dans l'intérieur du gouffre, sur une corniche, également naturelle, formée par la stratification horizontale des calcaires.
- 2° Cette corniche a été, en abattant les arbres et buissons qui l’encombraient, et surtout à l’aide d’un puissant mur de soutènement, transformée en une véritable terrasse-promenade, où deux cent s personnes peuvent évoluer à l’aise et où une buvette-restaurant est installée à l’abri du soleil et de toutes les intempéries du dehors.
- 5° Au bout de la terrasse plonge, dans la profondeur du gouffre, un magnifique et confortable escalier carré tout en fer, habilement construit par MM.
- Charpentier et Brousse (de Puteaux) et dont la gravure ci-contre donne meilleure idée que toute description, liant de 56 mètres, il conduit les visiteurs à 54 mètres sous terre, au sommet du talus de pierres qui occupe le bas du gouffre.
- 4° Sur ce talus, haut d’une vingtaine de mètres, de larges sentiers en zigzag ont été dessinés jusqu’à 75 mètres de profondeur.
- 5° Là, par un orifice qui ne mesurait que 80 centimètres de largeur lors de notre découverte en 1889 et qui, agrandi, a maintenant plus de 5 mètres de diamètre, des escaliers en bois, hauts de 28 mètres, descendent jusqu’à 105 mètres au-dessous de la surface du sol, au point où l’on accoste le ruisseau souterrain.
- 6° Le lit de celui-ci a été approfondi, et une chaussée élevée sur son bord, de façon à permettre le parcours à pied sec, pendant 280 mètres, de la grande galerie de là Fontaine qui mesure jusqu’à 50 mètres de hauteur et où, jadis, nous marchions dans l’eau à mi-jambe.
- 7Ü Au bout de cette galerie, un embarcadère a été
- disposé et est desservi par des grands bateaux de bois à fond plat, peu rapides, mais très stables, qui portent les touristes, pendant 570 mètres, sur la rivière plane et les lacs de la Pluie, des Bouquets, etc., sous des voûtes de 50 mètres d’élévation et des pendeloques stalagmitiques de 20 mètres de haut. Mais je ne veux pas refaire de description.
- 8° Au pas du Crocodile, trop étroit (0m,90) pour laisser passer les bateaux actuels, on débarque sur une passerelle longue de 60 mètres, construite au-dessus ou le long de la rivière et qui se termine, pour le
- moment, a\i pied du Grand-Dôme.
- 9° Enfin un escalier de bois s’élève de 25 mètres jusqu’au bord du petit lac supérieur, suspendu dans l’immense salle du Grand-Dôme, l’un des plus élevés vides souterrains qui existent au monde, avec 91 mètres de hauteur de voûte. Ici s’arrête la visite.
- Plus tard, on prolongera sans doute les aménagements d’une centaine de mètres, jusqu’au bout du lac des Grands-Gours, à un kilomètre de l’entrée du gouffre. — Peut-être même plus loin encore, si l’on reconnaît qu'il vaille la peine de le faire dans la suite de la galerie; car j'ai constaté, dès 1896, que .l’exploration de Pa-dirac n’était pas achevée, et une ré-n’a fait que
- Vue du grand escalier. (D'après une photographie de l'auteur.)
- conte
- trouvaille de nouvelles galeries
- confirmer cette opinion. Les recherches seront reprises cet été : qui sait ce qu elles ajouteront encore à ce qu’on connaît déjà d’une des plus grandes curiosités pittoresques de notre beau pays de France?
- E.-A. Martel.
- LE CUIRASSÉ FRANÇAIS « LE SUFFREN »
- LE CUIRASSÉ ANGLAIS (( LA VENGEANCE ))
- L’arsenal de Brest a procédé, le 25 juillet, à la mise à l’eau du cuirassé d’escadre le Suffren, dont les plans ont été établis par M. Thibaudier, directeur du matériel au Ministère de la marine.
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- Le Suffren déplace 12 728 tonneaux. C’est le plus grand navire de notre flotte; mais il est bon de rappeler qu’il existe des cuirassés et des croiseurs d’un tonnage supérieur en Angleterre et au Japon. Les dimensions du Suffren sont les suivantes : longueur 125m,50; largeur 21m,30; tirant d’eau arrière, 8m,40. La coque est protégée de bout en bout par une ceinture cuirassée épaisse de 50 centimètres au maximum, en acier norvéyé, montant jusqu’à 1m, 10 au-dessus de la ligne de flottaison, s’amincissant vers les extrémités et descendant à l,n,40 au-dessous de l’eau. Au-dessus, sur une hauteur de 2 mètres, s’étend une ceinture de même métal de 13 centimètres d’épaisseur qui protège le réduit contre l’artillerie moyenne à tir rapide. Un pont cuirassé de 7 centimètres d’épaisseur est établi au can supérieur de la cuirasse principale ; un autre pont pare-éclats se trouve au can inférieur de cette même cuirasse ; l’espace entre ces deux fronts constitue un énorme caisson blindé de toutes parts, divisé en nombreux compartiments et qui assure la flottabilité du navire.
- L’appareil moteur se compose de trois machines verticales conduisant chacune une hélice et qui doivent développer 16 200 chevaux, puissance correspondant à une vitesse prévue de 18 nœuds. Vingt-quatre chaudières aquatubulaires, du système Niclausse, fournissent la vapeur aux machines. L’artillerie est protégée d’une façon complète, depuis les soutes à munitions jusqu’aux pièces, tandis que, sur les cuirassés dont dérive le Suffren, il y a un espace non cuirassé entre la cuirasse légère et les casemates de l’artillerie moyenne. Elle se compose de quatre canons de 30 centimètres, accouplés dans deux tourelles fermées situées dans l’axe, l’une à l’avant, l’autre à l’arrière; dix canons de 16 centimètres à tir rapide, disti ibués de la façon suivante : quatre en réduit blindé avec sabords d’angle, six en tourelles fermées au-dessus de ce réduit; enfin, huit canons de 10 centimètres, vingt de 47 millimètres et deux de 37 millimètres. Sauf les canons de 30 centimètres, toute l’artillerie est à tir rapide. Elle est du modèle 1893-1896; la vitesse initiale des pièces principales est de 875 mètres par seconde. L’armement comporte quatre tubes lance-torpilles, dont deux sous-marins. L’approvisionnement normal est de 820 tonnes de houille; mais, en légère surcharge, le Suffren peut embarquer 330 tonnes de charbon supplémentaires. Avec ses 820 tonnes, son rayon d’action théorique à 10 nœuds sera de 5000 marins; à toute vitesse, il ne sera plus que de 1100 milles. Avec sa surcharge de combustible, les rayons d’action seront respectivement de 7000 et 1500 milles.
- L’ordre de mise en chantiers du Suffren a été donné au port de Brest le 21 avril 1898; le lancement s’est effectué 190 jours après le commencement du montage.
- D’après les prévisions de l’administration de la marine, le Suffren sera terminé en juillet 1901, soit 51 mois après sa mise en chantiers. Si ces prévisions se réalisent, la construction du Suffren se sera effectuée d’une façon très satisfaisante. Au surplus, le port de Brest tient, sous le rapport du travail, le premier rang parmi nos arsenaux. Le Suffren sera monté par 631 hommes d’équipage, état-major compris. D’après les annexes du budget, son prix de revient est fixé à 29 492 887 francs.
- En même temps on lançait en Angleterre, à Barrow-in-Furness, le cuirassé la Vengeance de 12 500 tonneaux.
- L’artillerie se compose de quatre canons de 50 centimètres, accouplés dans deux tourelles barbettes situées dans l’axe : l’une, à l’avant; l’autre, à l’arrière; douze
- canons de 15 centimètres à tir rapide, en casemates dans le réduit, et trente pièces de moindre calibre.
- La Vengeance a deux machines développant 15 500 chevaux et conduisant chacune une hélice; la vapeur leur est fournie par vingt générateurs Belleville. Vitesse, 18 nœuds. Comparée à notre Suffren, qui esta peu près du même tonnage et doit avoir la même vitesse, la Vengeance s’en distingue surtout par la disposition de son artillerie moyenne. Sur le Suffren, les canons de 16 centimètres à tir rapide sont partie en casemates, partie en tourelles fermées; sur la Vengeance, les 15 centimètres sont tous en casemates. Quant aux canons de 50 centimètres, ils sont en barbettes sur le cuirassé anglais et en tourelles tournantes et fermées sur le cuirassé français. Notons, enfin, que le Suffren a trois hélices motrices et que la Vengeance n’en a que deux. W.
- NORDDEUTSCHER LLOYD
- LE RECORD DE LA VITESSE TRANSATLANTIQUE
- On ne saurait trop mettre en lumière, afin d’exciter un peu l’esprit d’entreprise endormi en France, les succès que remportent les Allemands en matière de navigation maritime : leur concurrence devient redoutable même pour l’Angleterre, et leurs navires peuvent être donnés comme des modèles. Tel est le cas notamment du fameux géant le « Kaiser Wilhelm der Grosse », sur lequel nous aurons sans doute à revenir, après avoir attendu qu’il fût possible de le comparer en pleine connaissance de cause avec un géant anglais de construction nouvelle, « l’Oceanic ».
- Le « Kaiser Wilhelm der Grosse » appartient à la puissante compagnie dite « Norddeutscher Lloyd », qui mérite bien qu’on lui consacre quelques lignes. Ce Lloyd dessert les directions les plus diverses, puisqu’on le trouve à la fois faisant le service de l’Extrême-Orient et notamment du Japon, celui de l’Australie, aussi bien que ceux de l’Atlantique Nord (autrement dit des États-Unis), de la Plata et du Brésil; et tout cela au moyen de cargo-boats aussi bien que de steamers à passagers.
- Durant le cours de l’année 1898, les vapeurs du Lloyd allemand partant de Brême sur New-York (en touchant à Cherbourg et à Southampton) ont, avec ceux de la même compagnie qui partent de Gènes, transporté les 24 pour 100 du total des voyageurs ayant débarqué à New-York. Le chiffre de ce mouvement a été de plus de 71 000 personnes à l’aller vers l’Amérique, et de 43 000 au retour. Sur Baltimore et Galveston, le mouvement correspondant s’est élevé à 15 394 passagers; puis à 12 773 dans les relations avec l’Extrême-Orient Jet à 9716 dans celles avec l’Australie, enfin à 9812 avec l’Amérique du Sud. Depuis sa création, la Compagnie a transporté 3 709 980 passagers sur les routes de la mer. Quant aux cargaisons, dans le seul courant de 1898, elle en a porté 1 983 000 mètres cubes.
- Un coup d’œil sur ses constructions neuves, va nous montrer avec quelle ardeur le Lloyd poursuit le renouvellement constant de son matériel. A peine possède-t-il le « Kaiser Wilhelm der Grosse » et le « Kaiser Friedrich » sur la ligne de New-York, qu’il fait mettre à flot le paquebot à deux hélices « Kaiser in Maria Theresa ». En 1898 il a ajouté le « Trier » sur la ligne du Brésil; il vient de commander deux steamers à double hélice et de 10 000 tonneaux chacun pour les lignes de l’Extrême-Orient, et deux cargo-boats de 5000 tonneaux pour la même direction. Ajoutons que divers chantiers lui prépa-
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- rent des bateaux nouveaux pour le trafic sur New-York, le « Grosser Kurfüst », de 12 500 tonneaux, puis le « Rhein » et le (( Main », destinés à la fois au transport des émigrants et des marchandises. Enfin on construit actuellement trois paquebots à double hélice, et de 7500 tonneaux, « Koln », « Frankfurt » et «Hanover», pour le modeste service d’Europe à Baltimore.
- Au mois de juin, le fameux « Kaiser Wilhelm » a encore battu son propre record. Ce paquebot est parti de Cherbourg le 1er juin à 6h10m du soir, et est arrivé le 7 à 10h18“ du matin à New-York (Sandy-Hook). Il a donc effectué la traversée de 3148 milles en 5 jours 20 heures et 48 minutes avec une vitesse moyenne de 22,33 milles à l’heure. La vitesse moyenne de son dernier record de la traversée sur l’Ouest avait été, l’an dernier, de 22,29 milles. Les distances parcourues journellement ont été de 416, 547, 549, 556, 524 milles. 1). B.
- LE PONT DE K0RNHÀUS
- A BERNE
- La ville de Berne s’est enrichie récemment d'un travail d’art remarquable ; il s’agissait de relier la ville à deux de ses faubourgs dont elle se trouve
- x6,oo.
- Fig. 1. — Fondation de la pile-culée de la rive droite.
- séparée par la profonde vallée de l’Aar; jusqu’ici les personnes qui voulaient se rendre d’un faubourg à l’autre étaient obligées de descendre jusqu’au bord du fleuve, de le traverser sur un ancien pont suspendu et de remonter la colline; c’était une perte de temps considérable que rendait plus cruelle encore le développement sans cesse plus actif des faubourgs de Berne.
- La solution du problème consistait à lancer au-dessus de la vallée un pont dont le tablier fût sensiblement au même niveau que la cité. Il fallait de plus que cet ouvrage fût gracieux afin de ne point déparer le paysage très admiré par les nombreux touristes qui sillonnent la Suisse pendant une partie de l’année.
- Le pont a été exécuté aux frais de la ville de Berne. La difficulté n’était pas de trouver un constructeur, il y en a beaucoup en Suisse et en Allemagne; le point sensible était de,contracter avec un entrepreneur qui consentît à prendre la responsabilité des fondations : malgré envers pourparlers, on n’aboutit point à cette clause. Après un concours, la ville confia l’exécution de l’ouvrage à la maison Th. Bell et Cie, Maschinenfabrik, à Kriens, en Suisse,
- et à M. P. Simons : les premiers devenant les constructeurs de la partie métallique, et le second celui des maçonneries. Toutefois ni les uns ni les autres ne voulurent prendre la responsabilité des aléas pouvant provenir de la nature du sol ; ils furent bien inspirés, car les travaux traités pour la somme de 1 746000 francs durent être majorés dans la suite
- Fig. 2. — Schéma d’une des piles-culées.
- de près de 400 000 francs par suite du mauvais état du terrain sur lequel on devait asseoir les piles.
- Le nouveau pont de Berne se compose d’une série d’arches, ainsi qu’on peut le voir sur les dessins ci-
- Fig. 3. — Disposition employée pour la construction de la maçonnerie de la pile-culée.
- après (fig. 4 et 6). La plus importante, la seule qui donne du caractère à l’ouvrage, possède une ouverture de 114m,68 ; les deux fermes qui supportent le tablier présentent une courbure très surélevée puisque la flèche dépasse 31m,50. C’est le contraire de ce qui se passe au pont Alexandre de Paris où la flèche présente la plus petite hauteur connue pour une portée comparable (109 mètres).
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- Le sol était, nous Lavons déjà dit, particulièrement mauvais; la rive gauche se trouvait recouverte d’un remblai ayant plusieurs centaines d’années d’existence -de 12 mètres d’épaisseur, séparé d’une couche de bon gravier par un banc d’argile sablonneuse; si, jusqu’à un certain point, il eût été possible de faire
- reposer sur ces terrains d’apport les culées extrêmes à l’aide d’un large empâtement, cette façon de faire n’était plus pratique pour les piles, car la moindre déviation dans les maçonneries de ces points d’appui pouvait fausser l’ouvrage et causer des accidents. Il a donc fallu aller chercher le bon sol à travers les
- Fig. 1. — Disposition de l'ensemble des arcs.
- remblais et l’argile. Les fondations de la pile-culée de la rive gauche ont des dimensions d’appui très considérables, puisque sa surface de base est de 26m,80 sur 13m,20,soit près de 550 mètres carrés; il a fallu descendre jusqu’à 10m,60 pour trouver le gravier et encore on n’a pas osé construire la pile directement sur ce lit : du côté de la rivière on a dû battre des poutrelles métalliques pour empêcher tout mouvement de terrain pouvant provenir des infiltrations de l’eau.
- Les ouvrages exécutés dans le sol sont toujours sujets à des surprises, car malgré des sondages minutieux, on ne peut connaître exactement la nature du sous-sol; les opérations préliminaires peuvent bien donner des indications sur la composition des couches, mais elles ne peuvent jamais dire d’une façon absolue, ni l’étendue, ni la profondeur de chacune -d’elles. C’est ainsi que sur la rive droite de l’Aar, on retrouvait d’abord la couche d’argile sablonneuse de la rive gauche, mais elle ne reposait que sur une épaisseur restreinte et variable de gravier; il eût été imprudent de la prendre comme base d’appui. En continuant les sondages, on trouva de l’argile bleue très compacte : cette matière, par son élasti-
- cité même, est d’une résistance très constante à condition de ne pas la surcharger de trop ; on résolut donc de s’en servir et d’élargir la base de façon
- que la pression ne fût pas supérieure à 4 kg,9 par centimètre carré, ce qui est un chiffre très faible.
- On n’avait malheureusement pas compté avec l’eau, cet ennemi de tous les travaux de fondations dans les terrains nouveaux ; il fallut établir un siphonnage pour s’en débarrasser; on trouva également des cavernes et des solutions de terrains qu’on n’avait pas pu prévoir. Aussi la surface de base, qui devait être la même que pour l’autre pile, fut portée à 525 mètres carrés et l’on se décida à battre 300 pieux en pitchpin de 15 mètres de longueur. Pour donner plus de cohésion à la maçonnerie, ces pilotis furent arasés à 1 mètre au-dessus du sol et on noya du béton dans l’enchevêtrement de ces têtes de pieux. Enfin, pour que la masse de la fondation ait une cohésion et une solidité plus complètes, on plaça, des tiges de fer à T suivant deux étages perpendiculaires l’une à l’autre (fîg. 1).
- La quantité de béton nécessaire au remplissage de l’énorme excavation préparée pour la maçonnerie
- 5. — Échafaudage et disposition du pont, roulant pour la construction de la partie métallique.
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- de cette fondation fut de 5000 mètres cubes.
- Ces piles-culées ne mesurent pas moins de 55 mètres de hauteur. Une particularité c’est qu elles ont à subir de la part des arcs des pressions qui ne sont pas symétriques, elles reçoivent à leur base la poussée du grand arc et à leur sommet celle de l’arc de rive (fig. 2). Pour établir l’équilibre il a fallu que l’on créât dans l’intérieur des piles tout un jeu de vides et de voûtes. Elles sont construites en granit du Cothard et du Tessin pour les bases et en calcaire du Jura pour les corps.
- Au lieu d’employer des échafaudages pour l’installation des differentes assises des piles-culées, comme cela se pratique ordinairement, on a eu recours au transport aérien par câbles. Cette disposition, en dehors de ses qualités de rapidité, présentait une éco-
- nomie, en effet, à cause de la forme du terrain ; si l'on avait apporté les pierres à pied d’œuvre, il aurait fallu les descendre près du fleuve et les remonter ensuite pour leur donner leur place dans l’ouvrage, c’eût été du travail perdu; tandis qu’en faisant arriver directement les éléments à l’emplacement définitif, on réalisait une économie de temps et d’argent (fig. 3).
- La hauteur du tablier au-dessus du thalweg del’Aar n’était que de 40 mètres au point le plus élevé ; cette hauteur n’était pas trop considérable pour qu’on pût avoir des hésitations sur l’emploi d’un échafaudage pour monter les arcs; d’autre part, le mouvement de la rivière n’est pas très actif en cet endroit et il était très possible de ne pas l’interrompre en ménageant à la surface de l’eau un écartement dans les
- Fig. 6. — Vue d'ensemble du Font de Kornhaus, prise de la ville de Berne.
- jambages des madriers pour laisser le passage aux bateaux.
- Il n’y avait donc pas à chercher des dispositions pour établir un montage par les systèmes en porte-à-faux comme aux ponts du Garrabit et du Douro ; ce système, qui présente forcément certains aléas, malgré son élégance, ne peut théoriquement être employé que lorsqu’il s’agit d’un pont de chemin de fer d’une grande ouverture ; en effet, dans ce cas, les pièces sont toutes plus massives et les dimensions sont calculées pour résister à un travail très grand : on peut prendre sur les parties construites des points d’appui intermédiaires qui permettent d’avancer l’ouvrage sans qu’il y ait à craindre des accidents ; mais quand il s’agit, comme dans le cas qui nous occupe, d’un pont simplement carrossable, sur lequel il n’y a pas à prévoir les surcharges énormes des trains, les pièces de fer sont forcément plus minces et moins épaisses : il y aurait impossibilité de faire avancer les
- éléments en porte-à-faux dans le vide sans soutenir les parties déjà terminées, par-dessous avec des échafaudages ; pour bien faire il faudrait alors employer un procédé mixte et partant très coûteux.
- Le pont du Kornhaus se compose d’un grand arc de l'14“1,85, de 5 arcs de 54 mètres et de deux poutres droites de 16m,50 situées aux extrémités (fig. 4).
- L’exécution du grand arc dont la construction avait été confiée à la maison Bell de Kriens a été entreprise, grâce à un sous-traité par une maison allemande d’Oberhausen, la Gutehoff'nungshütte. Le grand arc se compose de deux fermes symétriques inclinées par rapport au plan vertical qui passerait par la clé; celles-ci sont espacées de 8 mètres au sommet et de 15m,40 aux retombées des piles.
- L’échafaudage a servi à construire deux passerelles en bois, situées au même niveau que le tablier, mais placées de part et d’autre de lui; sur ces plan-
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- chers on a installé un pont roulant qui a servi au transport des éléments nécessaires à la construction de la partie métallique (fig. 5). Ces voies étaient en rapport avec le sol de la ville, grâce aux arcs de rive qui avaient été construites en premier lieu, afin de faciliter cette manutention.
- Le tablier du pont est disposé de façon à permettre l’établissement d’une chaussée carrossable de 7 mètres de largeur. Quant aux trottoirs, ils ont été placés en encorbellement de 2m,50 soutenus par des consoles séparées de 5m,17 les unes des autres (fig. 7).
- Le poids du grand arc est de 900 859 kilogrammes,
- en y adjoignant celui des parties latérales on arrive à un poids total de 1 814484 kilogrammes.
- Nous dirons en terminant que la partie décorative de l'ouvrage a été soignée d’une façon toute particulière. Aux entrées de la voie on a placé deux pylônes élevés en granit rose de Boveno; ils donnent au pont un très bel aspect. C’est ce qui a été fait également au pont Alexandre III actuellement en préparation pour l’Exposition de 1900.
- Ces points hauts, marquant les extrémités de l’ouvrage, impriment à la construction certain caractère monumental; il ne suffit pas, en effet, qu’un pont construit dans une ville soit un pont, il faut avant tout qu’il soit un monument. A ce point'de vue, on ne saurait vraiment accepter les critiques dont l’architecture du pont Alexandre III, à Paris, a été l’objet. On verra jusqu’à quel point elles sont peu fondées, quand le nouveau pont se dressera superbe au moment de son inauguration. A. da Cunha.
- Ingénieur des Arts et Manufactures. —><>«—
- LA PLOMBAGINE AU BRÉSIL
- La plombagine est une substance assez intéressante par les nombreux usages qu’on lui a trouvés jusqu’ici pour qu’on se préoccupe des nouveaux gisements qu’on en peut découvrir.
- Précisément, dans un rapport qu’il vient de dresser sur le commerce de Rio-de-Janeiro, M. le Consul général de Grande-Bretagne Rhind a signalé des gisements de plombagine, ou si l’on veut de graphite, dans l’État de Rio, et dans le Brésil en général. C’est ainsi que d’après le savant directeur de l’École des mines d’Ouro Preto, il se trouve un gisement de ce minéral dans le voisinage de Miguel de Arassuahy, État de Minas-Geraes ; on dit qu’il est particulièrement riche, mais en réalité on ne l’a pas jusqu’ici suffisamment exploré pour qu’on
- soit en état de se rendre compte exactement de sa valeur. De même, de la plombagine de qualité supérieure a été rencontrée dans un district qui est en relations aisées avec les ports de Rio et de Santos, ainsi que dans l’état de Matto Grosso.
- En tout cas voici deux analyses des graphites qu’on trouve à Miguel. Dans un des échantillons on a reconnu 48,25 pour 100 de carbone, 51,55 de matières volatiles, et 20,05 de cendres ferrugineuses; un second échantillon a donné 0,05 pour 100 d’eau, 7,8 de matières volatiles, 5,2 de carbone et 87,5 de cendres. Ces deux résultats sont assez différents pour qu’il soit nécessaire de se livrer à un examen très soigneux des gisements en question, mais ils doivent suffire à attirer l’attention sur ces ressources nouvelles. M. C.
- LE PEUPLIER SÉLECTIONNÉ
- J’ai lu avec un vif intérêt dans le numéro du 27 mai dernier un article1 intitulé : « Le peuplier dans le marais poitevin ».
- L’auteur constate que les propriétaires sont obligés, l’ancien peuplier de Virginie ne poussant plus suffisamment, d’employer pour avoir un bon résultat de nouvelles variétés sélectionnées.
- Je peux parler en connaissance de cause de la sélection du peuplier de Virginie vulgairement appelé peuplier suisse et de sa culture. Parmi les nombreuses variétés qu’on rencontre, je me suis arrêté sur deux.
- J’ai commencé, il y a bien longtemps, par prendre des boutures d’un an sur des arbres sains, jeunes et vigoureux. J’ai mis ces boutures en pépinières.
- J’ai fait, là encore, une nouvelle sélection l’année suivante, c’est-à-dire que j’ai pris des boutures sur les sujets les plus vigoureux.
- J’ai ainsi continué pendant plusieurs années.
- A la fin j’ai obtenu des arbres d’une croissance excessivement rapide. J’ai des arbres qui au bout de 17 ans de plantation ont plus de lra,80 de circonférence et 55 mètres de hauteur. G’est cette croissance extraordinaire qu’on peut presque comparer à celle de l’eucalyptus qui m’a suggéré l’idée d’appeler ma variété de peuplier sélectionné « peuplier suisse dit eucalyptus ».
- Les deux variétés que j’ai sélectionnées sont distinctes l’une de l’autre. Chez la première le pétiole des feuilles est blanc et chez la seconde il est rouge.
- La première, que j’appelle peuplier suisse blanc à cause du pétiole de ses feuilles, pousse très droit et convient admirablement pour avenues; la seconde, à laquelle j’ai donné le nom de peuplier suisse rouge à cause du pétiole de ses feuilles qui est rouge, pousse quelquefois moins droit mais plus vigoureusement. Elle est facile à reconnaître par ses branches qui sont horizontales, tandis que chez l’autre elles sont verticales. Les feuilles de la variété rouge sont bien plus larges que celles de la variété blanche. J’ai eu des feuilles de 20 et même 22 centimètres de largeur.
- La plantation est des plus faciles. On affile le petit peuplier comme une rame de pois, on l’enfonce à environ 60 centimètres en terre.
- Lorsqu’on plante dans les terrains bas tourbeux ou marécageux, on peut planter à la barre; on fait un avant-trou avec une barre de fer moins grosse que l’arbre.
- Mais lorsqu’on plante dans d’autres terrains, on fait un trou d’un mètre de diamètre sur 70 à 80 de profondeur
- 1 Voy, n° 1357 du 27 mai 1809, p. 415.
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- comme pour un pommier, on donne de fréquents binages pendant les deux ou trois premières années afin que la terre soit toujours en bon guéret et sans herbe.
- On plante :
- En bordure, le long des cours d’eau et des fossés d’assainissement à 1 mètre des rives et à 4 mètres de distance d’un arbre à l’autre en ligne ;
- En avenues d’une largeur plus ou moins grande, mais les arbres en ligne de 4 à 5 mètres les uns des autres.
- U faut supprimer avec soin au printemps pendant les premiers mois, jusqu’à la hauteur de 2 mètres à 2m,50, tous les gourmands et les rejets qui apparaissent.
- Au bout de 5 à 0 ans on fait un émondage modéré ou plutôt une toilette au jeune peuplier, on supprime dans l’intérieur les branches trop fortes qui pourraient donner naissance à des fourches ou par leur poids faire perdre à l’arbre son équilibre et celles trop nombreuses dans certains endroits qui interceptent l’air et la lumière.
- On doit toujours laisser les branches sur la moitié de la hauteur et, dans le jeune âge, sur les deux tiers.
- Les terrains bas et marécageux ou tourbeux doivent être préalablement assainis par des fossés d’un mètre de profondeur environ. Il ne faut jamais d’eau stagnante ou dont le niveau soit trop élevé.
- J’ai à ce sujet un fait concluant à citer : je possède une presqu’île entourée de peupliers plantés en 1885. D’un côté l’eau est en contre-bas d’un mètre, les peupliers, plantés comme je viens de le dire, en 1885, ont une moyenne de lm,20 de tour et 20 à 25 mètres de haut, tandis que les autres, plantés du côté où l’eau est à 10 centimètres en contre-bas, ont à peine 25 à 50 centimètres de circonférence et meurent.
- Les peupliers par leurs nombreuses racines traçantes assainissent le terrain et purifient l’air par leurs feuilles. Je n’entrerai pas ici dans des détails scientifiques pour démontrer cette vérité connue de tout le monde.
- Les peupliers sont presque toujours plantés dans des endroits fréquentés par les bestiaux. On peut très bien les défendre avec deux ou trois épines noires. Les blanches ne durent qu’une année tandis que les noires durent deux ou trois ans et même plus.
- On enfonce les épines au pied du peuplier à 20 ou 50 centimètres de profondeur et on les laisse flottantes en les retenant seulement par une petite hart. Les tuteurs ne donnent pas d’aussi bons résultats, attendu que les bestiaux trouvant un point d’appui dans le tuteur pour se gratter, bûchent dessus jusqu’à ce que tuteur et peuplier soient renversés, et puis il y a la question d’économie : avec 2 centimes on défend un peuplier, tandis qu’avec un tuteur c’est une dépense d’au moins 25 centimes. *
- Avec les épines flottantes les animaux se piquent le nez et passent. J’ai fait et je fais encore tous les jours l’expérience de ce moyen de défense.
- J’ai dans mes herbages une vingtaine de mille de peupliers au milieu de 40 à 50 bêtes à cornes ; il n’en est pas cassé dix par an et encore par accident, lorsque les animaux se poussent et tombent dessus.
- On peut, par des plantations de peupliers, rendre sains, habitables et très productifs, des terrains jusque-là malsains, inhabitables, improductifs.
- J’ai des terrains bas, tourbeux et marécageux, qui, avant d’être plantés en peupliers, étaient presque inhabitables et ne donnaient pas un revenu de 10 francs par hectare, mais qui, depuis la plantation de peupliers suisses sélectionnés à raison de 200 à l’hectare, sont devenus habi-
- tables, très sains, donnent un foin meilleur et un revenu pour le bois de plus de 200 francs par an.
- Avec les peupliers sélectionnés on peut, au bout de 25 à 50 ans, récolter ce qu’on a planté.
- Ainsi j’ai en ce moment une avenue plantée en 1882 en retour pour la troisième fois. Les .arbres sont à 4 mètres les uns des autres, beaucoup ont plus de lm,50 de circonférence et 50 mètres de hauteur.
- J’espère bien que lorsqu’ils auront l’àge de leurs devanciers, c’est-à-dire 50 ans, ils seront bons à exploiter et donneront un prix très rémunérateur.
- Voilà ce que j’ai fait avec les peupliers sélectionnés.
- G. Sarcé.
- Membre de la Société des Agriculteurs de France .
- L’ENSEIGNEMENT
- PAR LES FLEURS ARTIFICIELLES
- Ge n’est assurément pas d’aujourd’hui qu’on a songé à montrer dans les cours de botanique des imitations des fleurs et des plantes, pour donner aux élèves comme une sorte d’enseignement sur le vif, mais assurément auss cette façon de faire n’a sans doute pris nulle part autant d’importance qu’en Prusse.
- G’est Breslau qui fournit toutes les fleurs artificielles ainsi utilisées : il faut dire en effet que cette ville voit depuis quelques années se développer chez elle une industrie autrefois exclusivement française, celle de toutes les fleurs artificielles, et l’exportation des feuilles notamment prend une importance de plus en plus grande.
- Or le Ministère de l’Instruction publique du royaume de Prusse est un des acheteurs les plus sérieux de ces fleurs employées, comme nous venons de le dire, dans les écoles allemandes, pour l’enseignement de la botanique sous le nom de « Flora artefacta ».
- Gette « Flora » a été commencée en 1884 par MM. Goep-pert et Fern. Gohn, et elle est régulièrement continuée depuis. Déjà un seul des ateliers de Breslau a livré 25 000 exemplaires de ces imitations scientifiques. Notre consul, M. R. Pilet. annonce que ce même atelier vient de livrer la 17e et la 18e série de ce travail; on y remarque des bananiers et des maniocs de grandeur naturelle, des fruits divers, des orchidées, etc.
- La « Flora artefacta » est achetée par l’État pour tous les différents gouvernements des diverses provinces.
- UN CANAL MARITIME AU CANADA
- Ghicago peut à bon droit être considéré comme un port de mer, puisque les bateaux de navigation maritime y parviennent bel et bien sans rompre charge ; mais le trajet qui leur est imposé est assez long et compliqué, et les efforts les plus énergiques sont faits pour améliorer celte situation.
- Ges temps derniers notamment, on a effectué d’importants travaux d’élargissement et d’approfondissement qui permettent maintenant à des navires de 14 pieds (autrement dit de 4m,26) de tirant d’eau de passer des Grands Lacs au Saint-Laurent et à l’Océan.
- Mais on parle aujourd’hui de faire mieux encore. Il s’agirait d’ouvrir sur le territoire canadien un canal à grande section qu’on appellerait « Otaxva canal », et qui éviterait aux navires remontant vers Chicago de traverser le lac Erié ; on obtiendrait ainsi un raccourci de 700 kilomètres sur la distance qui sépare Chicago de Saint-Lau-
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- rent, et de plus cette nouvelle voie d’eau donnerait à la navigation une profondeur plus considérable même que les 14 pieds que nous avons indiqués tout à l’heure. Quand ce projet sera mis à exécution, on peut augurer sans peine que Chicago, qui a déjà un mouvement de navigation plus important que Liverpool, deviendra un centre de premier ordre, qui fera concurrence de manière redoutable à New-York.
- CALENDRIER PERPÉTUEL MÉCANIQUE
- Un amateur, M. Albert Jagot, au Mans, nous a envoyé dernièrement un calendrier perpétuel mécanique qu’il a construit lui-même à ses heures de loisir. Ce calendrier ne comporte que 5 roues d’un total de 96 dents et 9 leviers ou cliquets. Il donne automatiquement, sans autre intervention que le remontage, le jour de la semaine, la date, le mois ; il ajoute le 29 février tous les 4 ans; il supprime le 29 février lors des années séculaires non bissextiles, et le rétablit pour les années séculaires bissextiles. La figure 1 en donne une vue d’ensemble, la ligure 2 une vue du mécanisme intérieur et la figure 5 le schéma complet de tout le mécanisme. Dans ce calendrier, une roue motrice À transmet le mouvement à une roue des jours D ; puis le mouvement est transmis à une roue des dates W, à une came des mois T, à une roue M faisant un tour en 4 ans et enfin à une roue Y. Le poids 1 est à remontage bimensuel, le poids 2 est un poids antagoniste et le poids 5 est un poids à remontage annuel.
- Nous allons maintenant suivre toutes les pièces mécaniques et indiquer successivement leurs fonctions, en nous servant du schéma (fig. 5). La roue A est une roue actionnée par un moteur ; elle accomplit un tour en 24 heures. Elle porte à sa circonférence deux chevilles B et B,. Cette dernière soulève à minuit le cliquet C' et celui-ci, sous la retenue de
- C, laisse accomplir 1/7 de tour à la roue des jours D qui porte 7 dents. À 2 heures du matin le cliquet C est soulevé par la cheville B et remet en arrêt le cliquet C'. En W est la roue des dates que le 1 /7 de tour de 1) a fait avancer d’une dent. Sur la roue \V est placé un levier H qui tourne autour d’un pivot et qui supporte une tige J entre coulisses venant à la fin de chaque mois buter sur une face,
- K par exemple, de la came des mois T. Cette came porte 12 faces qui sont inégalement distantes du centre suivant que le mois a 28, 50 ou 51 jours. Lorsque la tige J bute sur une face de T, le levier II agit sur le secteur I. Le mouvement est transmis
- par P au cliquet Q qui maintenait les dents de la roue \V. En R se trouve un cliquet qui vient mordre en q sur la pièce Q. Une cheville G est plantée sur la face postérieure de la roue \V ; lors du retour en arrière de cette roue dégagée de Q, elle vient lever la pièce S' qui lâche le rochet de T et laisse la came des mois accomplir 1/12 de tour. La roue \V est alors revenue au premier du mois, une dent du roehet a frappé le cliquet R en r et le cliquet Q revient en prise sur la roue W. La roue M à 8 dents fait un tour en 4 ans, et est actionnée par 'deux dents chevilles LL' portées sur la came T. En NN' est un bras avec un plan incliné qui, le 1er février de 4 ans en 4 ans, se trouve verti- • calement -au bas de la roue M. Un galet TT' est planté en saillie sur la came T et vient passer sur N' en produisant à ce moment un recul de cette came sur son arbre. On voit en O une face en saillie de la came sur laquelle se produit la butée de la tige J le 29 février. En U se trouve une dent de la roue M qui vient actionner tous les 4 ans la roue V. Celle-ci est munie de 25 dents et elle fait un tour en 100 ans. Le levier à angle z pZ porte un secteur z à face hélicoïdale mince en haut et épais en bas; il appuie sur l’arbre de la roue M qui est mobile d’avant en arrière. La roue X est une roue à 4 bras
- Fig. 1. — Calendrier perpétuel. — Vue d’ensemble.
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- placée en arrière de la roue Y et calée sur le meme arbre (pie la roue Y à 5 bras portée sur la face antérieure de Y. Le point tt est un point fixe sur le bâti ; à chaque tour de la roue V, un bras de la roue X le rencontre ; il en résulte un déplacement de 1/4 de tour pour les roues X et Y. En Z se trouve un contrepoids qui maintient le secteur ^ appuyé sur l’arbre de la roue M ; il est soulevé pendant o années séculaires successives par chacun des 5 bras de Y, et il laisse alors la roue M revenir en avant s’appuyer sur l’autre
- extrémité de S. ,Jy. 2. _ Calendrier perpétuel.
- Le bras N' passe
- alors sans action devant le galet T', et le 28 février
- arrive pour 5 années séculaires successives non bissextiles. Lors de la quatrième année séculaire bissextile, la roue Y ne présente pas de bras et le recul de la came T n’est pas em-
- Le poids 1 se remonte tous les 15 jours, le poids 2 ramène la roue W au 1er du mois.
- Sous le bâti se trouvent 2 volants avec des tambours de faible diamètre sur lesquels les cordes des poids 1 et 5 font un tour afin de ralentir leur chute.
- Cette simple description montre tout le travail que comporte la construction d c ce calendrier; nous avons cru intéressant de le faire connaître à
- Vue du mceamsiue intérieur.
- Fig. 3. — Schéma complet de tout le mécanisme.
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- titre de curiosité, en insistant sur les détails les plus importants. L. Raymond.
- NÉCROLOGIE
- Balbiani. Le professeur bien connu d’embryogénie comparée au Collège de France s’est éteint ces jours derniers à Meudon (Seine-et-Oise) à l’âge de 75 ans. Avec lui disparaît le plus ancien et le plus intime collaborateur de Claude Bernard. Comme Brown-Séquard qui occupa la chaire de l’illustre physiologiste, Balbiani n’était Français que d’adoption. Originaire d’une famille italienne de la région de Côme, issue des comtes Balbiani du Milanais, le professeur Balbiani était né à la Havane en 1824.11 fit ses études à Francfort-sur-le-Mein et vint les terminer à la Faculté de médecine et au Muséum de Paris. En 1865, il devenait le préparateur de Claude Bernard, et à la mort de Coste on s’empressait de lui donner sa chaire au Collège de France. Ses travaux sont admirés des spécialistes. Tous connaissent ses recherches sur les maladies des vers à soie, sur la reproduction des infusoires et des pucerons, sur la constitution de l’œuf et sur la vésicule embryogène, sur les phénomènes de division cellulaire, etc. L’Académie des sciences avait récompensé ses travaux ; elle lui décerna notamment le prix Petit d’Or-moy en 1887. Avec M. Banvier, il avait fondé en 1897 les (( Archives d’anatomie microscopique ».
- Balbiani était digne d’entrer à l’Académie des sciences à côté de son ami M. Ranvier. Malgré les instances renouvelées de ses collègues, il se refusa toujours à poser sa candidature non seulement à l’Académie des sciences, mais encore à l’Académie de médecine. D’humeur un peu misanthrope, il ne rechercha jamais les honneurs. La mort de Balbiani enlève à la France et à l’Europe savante un des meilleurs emhryogénistes de notre époque.
- J.-F. G.
- CHRONIQUE
- Les méfaits et les bienfaits des insectes. — Le
- l)r L. 0. llavard a cherché récemment à se faire une opinion générale sur les inconvénients et les avantages de la grande famille des insectes, et il a trouvé que, sur l’ensemble, on en rencontre 116 espèces qui sont bienfaisantes contre 115 qui sont malfaisantes, sans en compter 71 qui ont un rôle double, ou dont le rôle n’a pas pu être nettement éclairci. Parmi les 115 espèces nuisibles, 112 se nourrissent des plantes cultivées ou utiles, et le dernier est un parasite des animaux à sang chaud. Quant aux insectes utiles, 79 espèces nous rendent des services en détruisant d’autres insectes, 52 détruisent les matières en décomposition, 2 fécondent les plantes et 5 servent d’aliment à des poissons comestibles.
- Les wagons monstres américains. — On peut même supprimer assez légitimement le qualificatif d’américains, car on commence à comprendre les avantages qu’ils présentent, et ils s’introduisent un peu partout, notamment en Grande-Bretagne. On a tout profit à composer les trains avec des grands wagons, car le poids mort diminue proportionnellement beaucoup, en même temps que la longueur des trains, et l’on sait que cette question est de première importance en matière de transport des marchandises. Gomme le fait remarquer notre confrère Engineering news, on était arrivé aux États-Unis à construire des wagons en bois portant jusqu’à 56 000 kilos; mais, comme on voulait atteindre une
- capacité de 50 000 kilos, pour le charbon et les minerais spécialement, on s’est mis à construire des wagons en acier, où l’on a réduit au minimum le poids mort. On fabrique notamment dans ce genre des véhicules à double trémie dont le déchargement se fait automatiquement. La caisse a 9 mètres de long sur 2m,98 de large; la carcasse est en pièces d’acier embouties, les parois en tôles d'acier raidies par des barres. La tare de ces véhicules est de 15 400 kilogrammes. Assurément le coût de première construction en est assez élevé, environ 4000 francs, mais leur prix par tonne de charge ne dépasse pas le prix correspondant pour les véhicules de bois; leur entretien sera sans doute moins coûteux, leur durée plus grande, et les vieux matériaux qui les composent auront toujours une utilisation assurée.
- Dépenses comparatives pour la traetion. —
- Une comparaison a été faite à New-York des résultats d'exploitation des tramways par câble, par trolley souterrain et par chevaux pendant une période d’un an, du 50 juin 1897 jusqu’au 50 juin 1898; la Revue scientifique a publié le tableau des résultats obtenus, d’après les dépenses rapportées à une voiture-kilomètre :
- ____ traction ______
- électrique. funiculaire. animale.
- francs. francs. francs.
- Entretien des voies 0,010 0,110 0,022
- Entretien du matériel roulant et de l'équipement 0,026 0,029 0.012
- Puissance motrice 0,053 0,063 0,198
- Salaires du personnel des voitures, éclairage des voitures 0,191 0,211 0,263
- Frais généraux (personnel sédentaire, contentieux, etc.) 0,058 0,061 0,058
- Total par voiture-kilomètre .... 0,318 0,518 0,553
- Les recettes brutes correspondantes par voilure-kilomètre ont été de 0fr,859, 1fr,05 et 0fr,848. Il ressort de ces chiffres que le rapport des dépenses aux recettes totales s’élève à 58 pour 100 pour la traction électrique, 48,6 pour 100 pour la traction funiculaire, et 62,2 pour la traction animale. Il faut remarquer que, pour la traction électrique, les trolleys aérien et souterrain sont employés indifféremment.
- Appétit de taupe. — Sous ce titre, nous trouvons dans Le Chasseur illustré un fait intéressant. Le professeur Itœrig a voulu se rendre compte, par une expérience d’alimentation, de ce que la taupe peut consommer par jour. A cet effet, il installa une taupe pesant 7 7gr,5 dans une caisse remplie de terre légèrement humide, et on ne lui donna à manger que des vers de terre. Au bout de vingt jours, la taupe avait détruit 2997®r,5 de vers et son poids s’était accru de 6 grammes. L’analyse des vers accusait 21,6 pour 100 de terre. En faisant la déduction de la terre, la taupe avait donc dévoré 18028r,10 de matière animale pendant les vingt jours qu’avait duré l’expérience, ce qui représente une consommation quotidienne de 90 grammes; la taupe consommait donc plus que son poids d’aliments par jour.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 51 juillet 1899. — Présidence deM. Van Tieghem.
- Thermogenèse animale. — M. Chauveau présente un travail sur la thermogenèse et la dépense énergétique chez l’homme qui monte et descend son propre poids.
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- LA NATURE.
- m
- L’idée première des recherches de ce genre appartient, dit M- Chauveau, àllirn; mais les expériences de ce savant, quoique très remarquables pour l’époque, sont imparfaites. M. Chauveau les a reprises pour son compte et s’y est appliqué sans relâche depuis 2 ans 1/2; il a créé un outillage délicat donnant une approximation suffisante. Il n’analyse pas ses recherches et se borne à donner, comme preuve de leur haute valeur, un exemple numérique montrant l’accord que les résultats présentent avec le calcul de la chaleur dégagée dans les échanges respiratoires.
- Nébuleuse de la lyre. — M. Maurice Lœwy, directeur de l’Observatoire de Paris, présente une Note de M. Bail-laud sur des changements observés dans l’aspect de la nébuleuse annulaire de la lyre. Plusieurs observatoires — notamment ceux d’Alger et de Toulouse — ont, il y a longtemps, obtenu par la photographie l’image de cette nébuleuse. M. Baillaud a relevé à la vue et par la photographie des changements notables survenus depuis 20 ans. Le fond central qui était obscur est devenu lumineux et le contour affecte une forme polygonale.
- Effets d’injections hypodermiques. — M. Bouchard présente une Note de MM. Charrin, Ilugounenq et Levaditi sur les effets d’injections hypodermiques répétées de certaines substances réputées inertes sur l’organisme. Ils ont étudié et comparé les effets d’injections de sels minéraux tels que le phosphate de soude, le phosphate de potasse, et les effets d’injections des substances de la chimie organique, les acides lactique, citrique, oxalique. Après une quinzaine de jours d’injections réitérées, les animaux qui avaient subi le premier traitement ont été trouvés plus alertes, plus lourds que les animaux du deuxième groupe et les animaux normaux. De plus la moelle osseuse présentait chez eux une remarquable multiplication de cellules. Leur sang offrait une alcalinité normale, à l'inverse de ce qui arrivait pour les animaux du deuxième groupe. Enfin le sang de ces derniers se coagulait aussitôt sa sortie des vaisseaux. La résistance des diverses catégories d’animaux à l’action du bacille pyocyanique a été également l’objet de recherches. Les animaux traités par les acides sont morts dans un temps qui a varié de 18 à 44 heures; les animaux témoins en un temps qui a varié de 1 à 4 jours; les animaux qui avaient reçu les substances minérales ont résisté. M. Bouchard observe que ces faits projettent une véritable lumière sur le mode de défense de l’organisme contre la maladie dans les cas d’immunisation. 11 semblait que celle-ci ne pouvait être obtenue que par la toxine qui ayant imprégné l’organisme le rendait tout autre. Peut-être, dit l’éminent professeur, les choses sont-elles plus simples. Lorsque l’être qui a supporté l’infection a résisté, son organisme se débarrasse des toxines, mais en outre les cellules acquièrent une activité nouvelle : la vie y est changée. La nutrition des cellules ne s’opère plus de la même manière. Or ce changement qui entraîne une modification des matières’ élaborées persiste ; de là l’immunité du sujet.
- L’acide carbonique de l’air. — M. Janssen présente une Note de M. Maurice de Thierry sur la diffusion de l’acide carbonique dans l’atmosphère. D’après certaines opinions, l’acide carbonique serait en quelque sorte localisé dans les couches inférieures de l’atmosphère, où semble pouvoir le retenir sa densité élevée. M. Maurice de Thierry s’est transporté au Mont-Blanc et y a effectué des dosages d’acide carbonique. A Chamonix, à une altitude de
- 1050 mètres, il a dosé environ 20 litres d’acide carbonique pour 100 mètres cubes d’air et aux Grands-Mulets, à une altitude de 5050 mètres, il a trouvé à peu près la même quantité. A Paris, au ras du sol, la quantité d’acide carbonique était ce jour-là 32,1 litres. M. Maurice de Thierry observe que les résultats obtenus au Mont-Blanc sont à l’abri de toute cause d’altération provenant du voisinage des usines: la faible différence observée en ce lieu, correspondant à une variation d’altitude de 2000 mètres, semble indiquer une diffusion homogène.
- Varia. — M. Lippmann présente une Note de M. llem-salech sur l’effet de l’introduction d’une bouteille de Loyde dans le circuit de décharge d’une bobine d’induction. Sous J’influence d’un dispositif, la décharge devient oscillatoire en même temps que les spectres donnés par l’étincelle se simplifient et deviennent plus nets. Les raies de l’air cessent de se montrer mélangées aux raies du spectre du métal. De plus, de la disparition de certaines raies on peut inférer que la température de l’étincelle est abaissée. Ch. de Villedeuil.
- FONTAINE PORTATIVE FILTRANTE
- Nous avons déjà insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de filtrer les eaux d’alimentation.
- Nous avons décrit un grand nombre de filtres et en particulier le filtre Grandjean-Eden-Eiltre1, exploité par MM. Ch. Prevet et Cie, à la cellulose de papier ; nous avons aussi signalé précédemment la fontaine sous-pression du même inventeur2. Une nouvelle application du filtre Grandjean-Eden-filtre vient d’être faite à une petite fontaine portative, qui peut être très utile en de nombreuses circonstances, surtout à cette époque de l’année où l’on se rend à la campagne.
- La figure 1 donne une vue d’ensemble de la fontaine, dont la contenance peut varier de 2 à 55 litres suivant les modèles. Elle se compose, comme on le voit, d’un vase cylindrique, à la partie supérieure duquel, sur le côté à gauche, a été ménagée une cavité métallique A. Dans celle-ci est placé un filtre Grandjean ordinaire à coquilles en communication avec un robinet extérieur R. La cavité métallique porte un tube vertical R qui descend à l’intérieur du vase. C’est dans celui-ci que passe l’eau à filtrer partant de la base du récipient. Une ouverture spéciale avec conduite G a été disposée à la partie supérieure de la fontaine, et sert à la fois de niveau d’eau, de bouche de remplissage et permet d’introduire à volonté des morceaux de glace de grosses dimensions. Sur le côté, en D, est placée une petite ouverture avec soupape, sur laquelle on fixe une pompe à bicyclette afin de mettre sous pression toute la quantité d’eau qui se trouve dans le récipient.
- On ajuste d’abord le filtre avec le robinet, on remplit d’eau la fontaine jusqu’au niveau du tube G,
- 1 \roy. n° 1280. du 11 décembre 1807, p. 31.
- 2 Voy. n° 1332, du 5 décembre 1808, p. 13.
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- LA NATURE.
- on introduit après de la glace. Il suffit ensuite d’ouvrir le robinet R pour recueillir à plein jet de l’eau filtrée et débarrassée de tout microbe. On voit qu’en [quelques instants il est possible d’obtenir de l’eau stérilisée. Cet avantage sera très apprécié surtout par les voyageurs, dans les campagnes où l’on ne trouve pas toujours de l'eau bonne à boire.
- L’inventeur, M. Grand-jean, a imaginé de nouvelles dispositions de son filtre qui méritent d’être signalées. Dans la figure 2, nous voyons une pompe filtrante portative. Une petite pompe, aspirante et refoulante, est mise en mouvement par un simple levier disposé comme le montre notre dessin. U suffit de plonger le tuyau d’aspiration de la partie inférieure dans un récipient quelconque contenant l’eau à filtrer et de faire manœuvrer le levier pour recueillir aussitôt le liquide stérilisé au moyen d’une carafe.
- La pompe dont il s’agit n’a qu’un poids de ik&,55; elle peut se placer facilement dans une cantine. Elle permet d’aspirer l’eau à une profondeur de
- 5 à 6 mètres ; on obtient 1 litre d’eau en 5 minutes.
- Cette pompe, à laquelle on a donné le nom de « pompe coloniale », est surtout destinée aux voyageurs des colonies pour leur permettre de pouvoir utiliser, après filtration rapide, les eaux souvent mauvaises qu’ils rencontrent.
- Enfin nous signalerons l’application heureuse que la Compagnie des chemins de fer de l’Est algérien a faite sur ses lignes des filtres Grandjean-Eden-filtre. Dans chacune de ses gares, elle a installé un filtre alimenté par une pompe rotative, disposée comme le montre la figure 3. Il suffit de donner quelques tours au volant pour recueillir aussitôt en abondance de l’eau filtrée fraîche qui sort d’un réservoir et qui
- Fig. 1. — Fontaine liltraute portative.
- n’est pas restée exposée pendant des-heures à la chaleur dans un barillet en verre ou dans tout autre récipient. Ces nouvelles applications sont intéressantes ; elles nous montrent la tendance que l'on a aujourd'hui à supprimer les réservoirs ; l’eau, en effet, doit être aussitôt utilisée après la stérilisation,
- sous peine de se polluer de nouveau. M. Grandjean n’a pas manqué de se conformer à ce principe de bonne et prudente hygiène. L. Leroy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9.
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- N* 1568. — 12 AOUT 1899.
- LA NATURE.
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- U BALAYEUSE MUNICIPALE ..
- A en juger par Paris, il semble qu’il ne soit rien de plus difficile que d’arroser intelligemment. Nos arroseurs transforment les rues en lacs de boue. Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, il -y a toujours de la boue à Paris. C’est même à se demander si un peu de poussière ne serait pas plus agréable à supporter que les voies inondées qui vous crottent des pieds à la tête. C’est surtout au Rois de Boulogne que les arroseurs témoignent de leur habileté. Le Bois de Boulogne, la promenade célèbre et incomparable! 11 est joli le Bois de Boulogne quand les arroseurs à la lance ou au tonneau ont passé par les allées. On peut dire que c’est l’endroit de l’Europe où il y a le plus de boue. Quand il a plu, la boue
- #'
- règne dans les grandes et petites allées ; quand il n’a pas plu, c’est la même chose. Les arroseurs versent sans compter l’eau que l’on dit si rare et si coûteuse dans la grande ville; on ne peut se promener sans traverser des ruisseaux de boue. Demandez aux élégantes à la chaussure fine ; il faut rester en voiture sous peine d’emporter des kilogrammes de boue aux pieds et encore la bouc saute jusqu’à l’intérieur. On préférerait vraiment un peu de poussière. Et les cyclistes? Une femme sort en robe blanche: regardez son dos au bout de cinq minutes de promenade à bicyclette. C’est horrible! Le pauvre cycliste doit tolérer tout de l’arroseur. Il doit même supporter la douche que lui inflige le conducteur du tonneau d’arrosage dans les allées étroites. Le chemin n’a que quelques mètres ; le tonneau l’occupe tout entier, tant pis pour le cycliste. Il recevra la douche!
- Balayeuse-arroseuse de la Ville de Paris.
- Et non seulement le sentier est bourbeux comme s’il avait plu pendant deux jours et deux nuits, mais les voitures ont passé, traçant des ornières énormes, et le cycliste qui s’aventure par là est bien certain de glisser sur ces petits plans inclinés et dans ces trous.
- Il ramasse une pelle, comme on dit, heureux quand il ne se casse pas une jambe. Voilà le Bois que nous font les arroseurs de l’administration ! Et vous croyez peut-être qu’intelligemment, ils vont arroser de préférence les grandes routes que le soleil et le vent dessèchent vite. Oh que non! Ils submergent sous l’eau les allées les plus étroites et les plus ombreuses, celles qui sont déjà humides par elles-mêmes parce qu’elles ne sont jamais ensoleillées et que les grands arbres les protègent contre le vent. Et c’est aussi surtout le matin à l’heure de la promenade et l’après-midi vers 5 heures, quand les Parisiens viennent chercher au Bois un peu d’air salubre.
- Î7e année. — 2e semestre.
- L’arroseur à Paris est un type que l’on ne rencontre nulle part ailleurs.
- Les ingénieurs du service municipal ont des yeux pour voir et ils ont fini par s’apercevoir que l’arrosage public tel qu’il se pratique à Paris est une calamité ! Ils ont cherché à remédier à cet état de choses déplorable. Il faut bien arroser, quand le sol est desséché: mais il faudrait s’y bien prendre, humecter, empêcher le vent de soulever la poussière et cependant ne pas faire de boue. Ils viennent d’entreprendre dans cette direction des essais intéressants qu’il est juste d’enregistrer. On a pensé à pulvériser l’eau assez finement pour qu’elle n’inonde pas la chaussée. Cette eau pulvérisée sort d’une rampe munie d’ajutages convenables, fit le sol légèrement imbibé est aussitôt balayé mécaniquement. Le balai rassemble la boue des ruisseaux, le long des trottoirs, la poussière humide qui est jetée ensuite à l’égout. En principe le nouveau système nécessite l’adjonction à la balayeuse
- 11
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- Li NATURE.
- ordinaire d’un réservoir d’eau avec pompe pour injecter sous pression les filets d’eau nécessaires à cet arrosage mitigé. L’eau sort des ajutages dont le diamètre est réduit à 8/10 de millimètre. Mais cet appareil double est trop lourd pour pouvoir être.traîné par un cheval. 11 fallait avoir recours à un moteur inanimé.
- M. Locherer, ingénieur de la Ire section du service municipal, eut l’idée d’appliquer aux arroseuses-balayeuses le nouvel avant-train tracteur combiné par MM. Y. Amiot et Péneau, les constructeurs bien connus ; ces habiles ingénieurs ont réalisé un type qui a figuré à la dernière Exposition de l’Automobile-Club, type robuste et peu coûteux qui paraît remplir le but cherché. Une sorte de plate-forme horizontale se fixe par des étriers aux brancards d’une balayeuse. Sous la couronne supérieure de cette plate-forme, immobilisée par les étriers, existe une couronne inférieure mobile installée sur un châssis monté sur roues par intermédiaire de ressorts. Sur ce même châssis on a disposé un moteur électrique Patin alimenté par des accumulateurs placés dans le même châssis et monté sur ressorts pour donner une grande élasticité à l’ensemble. On a en effet conservé les roues avec bandage en fer, et il était indispensable de n’en pas compromettre la durée et de leur éviter les secousses et les trépidations. Une transmission du mouvement visible sur notre dessin porte la puissance de la dynamo aux roues par l’intermédiaire de la couronne tournante et à la balayeuse.
- Le réservoir et la pompe mue électriquement se voient distinctement sur notre figure.
- Le maniement est très facile et la machine entière exécute des virages plus courts que si l’on avait attelé un cheval aux brancards. Le conducteur a sous sa main une manette de commutateur qui lui permet de faire avancer le système à des vitesses différentes de 1 à 8 kilomètres, de faire agir deux freins électriques et de commander enfin la marche en arrière. L’ensemble de la machine de MM. Amiot et Péneau est très judicieusement combiné.
- Cette arroseuse-balayeuse est en service depuis quelque temps. Les résultats paraissent très satisfaisants. Le sol est humecté suffisamment; il n’y a plus de boue et les avantages sont manifestes. Il y a économie et très grande de main-d’œuvre, non moins grande économie d’eau que l’on gaspille à plaisir dans le système ordinaire; le balayage se fait beaucoup plus vite; le nombre des appareils est par suite diminué; enfin, on peut retirer rapidement le tracteur ou l’avant-train pour le fixer dans les brancards de tonneaux ordinaires d’arrosage qui peuvent servir également quand ils sont munis du nouvel appareil pulvérisateur d’eau. Il est toujours bon d’ajouter que la transformation et l’amélioration du matériel se font ainsi sans dépenses réelles, car la plus-value des appareils perfectionnés est largement compensée par l’économie et la célérité résultant de leur emploi. D’autre part, la ville de Paris payant l’électricité à un prix très bas, les Irais de
- fonctionnement sont peu élevés. L’entretien des batteries d’accumulateurs représente habituellement une grosse dépense dans la traction électrique ; mais ici les frais sont très atténués', pùisque-des balayeuses-arroseuses marchent à une vitesse très réduite et font, un travail régulier, tout différent de celui de la traction et comparable à celui d’un' simple éclairage. [
- En résumé, la pratique dira en dernier ressort ce qu’il faut penser du nouveau système. Mais il est évident qu’il se présente à tous les «points de viie avec des avantages qui nous en font souhaiter l’adoption dans le service municipal de Paris.
- He.nri de Parville.
- CHEMIN DE FER DD MONT-BLANC
- Pourrons-nous bientôt aller admirer sans danger 1 immense panorama qu’on aperçoit du dôme terminal du Mont-Blanc? 11 y a tout lieu de l’espérer. Jusqu’à ce jour, rares ont été ceux qui ont joui en bonne santé de ce grandiose spectacle. Car les ascensionnistes — ils ne l’avouent pas toujours, — épuisés par les longues marches sur les glaciers, incommodés par la dépression atmosphérique, ne voient que très imparfaitement les sommets qui scintillent dans le lointain. Ils ont mal à la tête et a l’estomac. M. Janssen, qui s’est fait transporter là-haut en traîneau, est peut-être le seul qui se soit trouvé dans d’excellentes conditions d’énergie physique, et de calme intellectuel, pour considérer avec enthousiasme les Alpes noires et blanches. Pareille béatitude nous est réservée, puisqu’on parle * sérieusement de construire un chemin de fer, dont la gare terminus s’élèverait à environ 4810 mètres d’altitude.
- Ce n’est pas le premier projet qui ait été lancé : mais cette fois nous sortons du domaine de la fantaisie. Les études préliminaires ont été demandées à des spécialistes d’une incontestable compétence : à M. J. Yallot, directeur de l’observatoire météorologique du Mont-Blanc, à l’ingénieur Henry Vallot, à MM. Dépéret, doyen de la Faculté des sciences, Offret, professeur de minéralogie et Lé-pine, professeur à la Faculté de médecine, de l’Université de Lyon. Ces études approfondies étaient nécessaires : un travail semblable, avant d’être commencé, exige la solution de problèmes de mécanique, de géologie, de physiologie, fort délicats.
- Ces savants sont d’accord sur la possibilité de construction de la ligne nouvelle. L’auteur du projet, M. S. Fabre, a déposé, à la préfecture de la Haute-Savoie, le tracé de la voie nouvelle, et l’enquête d’utilité publique est commencée. On peut espérer que dans un temps assez rapproché le voyageur, parti de Paris, pourra sans encombre débarquer au sommet du géant des Alpes. La voie ferrée part des Ilouches, une des trois communes françaises qui ont des droits à la propriété du Dôme du Mont-Blanc, elle monte en souterrain dans une roche dure, sans infdlra-tion. Le système de traction sera la crémaillère. La force motrice sera l’électricité. L Arve qui coule au pied du Mont-Blanc avec une vitesse très grande fournira l’électricité nécessaire. Ce torrent qu’alimente entre autres glaciers la Mer de Glace a un énorme débit d’eau en toute saison ; c’est lui qui a permis l’établissement à Cliedde, au débouché de la vallée de la haute montagne, d’une grande usine pour la fabrication du chlorate de potasse. La Com-
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- pagnie P.-L.-M. installe un peu plus haut, au Chatelard, une usine utilisant 40 mètres de chute et produisant 5000 chevaux-vapeur, destiné au chemin de 1er Fayet-Chamonix *.
- Je reviens au Mont-Blanc : son funiculaire aura une longueur de U kilomètres, une douzaine de stations accrochées aux flancs de la montagne. De là les voyageurs pourront à leur aise contempler les merveilleux panoramas des Alpes de Savoie, depuis les cimes dentelées du Buet et de l’Aiguille de Yarens, jusqu’aux masses sombres des Aravis et de Beaufort. Il y aura une station au dôme du Goûter, aux rochers des Bosses, d’où l’on pourra rayonner sur les parties les plus intéressantes du Mont-Blanc. La gare terminus aux Petits Rochers Bouges nécessitera des installations particulières pour parer aux inconvénients résultant de la dépression atmosphérique et des températures rigoureuses. Les Suisses ont commencé la construction du chemin de fer de la Jungfrau. Souhaitons que l’enquête officielle à laquelle est soumis le projet du Mont-Blanc ne dure pas trop longtemps.
- J. Corcelle.
- CARBURE DE CALCIUM PRÉPARÉ
- Plusieurs réclamations de priorité se sont élevées au sujet du procédé publié récemment2, et relatif à un procédé qui consiste à imbiber le carbure de calcium par le pétrole en vue de régulariser son attaque par l’eau.
- Ce procédé est beaucoup plus ancien que ne paraissent le croire nos correspondants.
- Le premier inventeur qui l’a proposé est M. Schneider, qui, le 7 octobre 1895, prenait un brevet dans lequel il dit que, pour régulariser l’attaque, il suffit d’imprégner les cristaux de carbure d’une matière indifférente à l’eau, telle que la paraffine, la stéarine, l’huile, le pétrole, etc., l’imprégnation pouvant se faire dans le vide.
- Cet inventeur avait fait des essais spéciaux qui lui avaient démontré que l’attaque n’est pas arrêtée par ce traitement du carbure; elle est simplement ralentie en proportion du degré d’imprégnation et le dégagement de gaz est régularisé. Suivant le degré désiré de production du gaz, il suffit d’augmenter ou de diminuer l’imprégnation du carbure3.
- Depuis, M. d’Arsonval a fait connaître un appareil identique en principe à celui décrit par M. Le Roy dans le n° 1367 du 5 août 1899. L’appareil d’Arsonval est caractérisé par l’emploi d’une couche d’huile ou de pétrole à la surface de l’eau. Le carbure, contenu dans un panier en toile métallique suspendu à la cloche du gazomètre, doit donc, avant de venir au contact de l’eau, traverser l’huile dont il s’imprègne, ce qui a pour etfet de régulariser l’attaque par l’eau4.
- Le même procédé avait déjà été indiqué dans un brevet belge pris quelque temps auparavant par MM. Claude et Hess, les inventeurs de l’acétylène dissous. C'est, du reste, un fait général : il suffit de mélanger au carbure un corps inerte pour régulariser l’attaque. C’est ainsi que les matières sucrées ont été employées, notamment par MM. Létang et Serpolet.
- Au lieu de préparer le carbure, on peut l’attaquer par un liquide moins actif que l’eau.
- 1 Voy. n° 1366, du 29 juillet 1899, p. 134.
- 2 Voy. n° 1361, du 24 juin 1899, p. 54.
- 3 L'Éclairage à l’acétylène, par G. Pellissier, Paris, 1897. G. Carré et C. Naud, éditeurs.
- 4 Brevet du 18 juin 1896, voir aussi l’ouvrage ci-dessus.
- Ce procédé a été proposé par M. Chassevant1 qui employait un mélange d’eau et d’alcool méthylique, de méthylène de la régie, d’alcool amylique, d’acétone, de glycérine, etc., et en général de tout corps susceptible de se mélanger intimement avec l’eau ou de s’y dissoudre et n’attaquant pas le carbure quand il est anhydre.
- M. Bullier2 donne la préférence au sucre en raison de l’effet particulier qui résulte de son emploi. Si on attaque le carbure de calcium par de l’eau sucrée, non seulement la réaction s’effectue paisiblement et régulièrement, mais encore la chaux résultant de la décomposition du carbure se transforme en sucrate de chaux soluble et le liquide reste limpide; le dépôt qui se forme dans l’appareil est en tout cas beaucoup moins volumineux que lorsqu’on emploie l’eau ordinaire.
- Les inventeurs que préoccupe l’éclairage à l’acétylène sont très nombreux. II est bon qu'ils sachent ce qui s’est fait antérieurement s’ils ne veulent pas travailler en pure perle et s’exposer à des réclamations justifiées. C’est ce qui nous engage à publier ces lignes. G. Pellissier.
- COMMUNICATIONS TÉLÉGRAPHIQUES
- DE RENNES A PARIS
- Le procès de Rennes a exigé de l’Administration des Télégraphes un effort qui mérite d’être signalé. Il fallait assurer le service de transmission, en quelques heures, des télégrammes envoyés par la presse à Paris et dans toutes les parties du monde. Et ces télégrammes résument pour chaque journal plusieurs heures de dialogues non interrompus. Le problème a été résolu avec habileté.
- On a détourné de leur affectation ordinaire, par raccord, cinq fils du réseau. Ces cinq fils, avec le fil de Rennes, sont desservis par les appareils Hughes et Baudot.
- Ce dernier appareil, comme on sait, permet la transmission, par un seul fil, de plusieurs dépêches simultanées.
- On a installé à Rennes un Baudot sextuple, quatre Baudot quadruples, et un appareil Hughes. De sorte que, avec six fils seulement, on est parvenu à faire vingt-trois transmissions simultanées, soit 21 transmissions Rennes-Paris affectées au service de presse et 2 transmissions réservées au service ordinaire, au collationnement, etc.
- Le personnel naturellement a dû être augmenté. On a placé au Poste central de la rue de Grenelle à Paris trente agents et sous-agents de plus par brigade, soit un supplément de soixante hommes par jour. A Rennes le supplément est de quatre-vingt-dix hommes.
- Moyennant quoi, on a pu suffire le premier jour du procès, le 7 août, à transmettre, de 7 heures du matin à 4 heures du soir de Rennes à Paris, deux cent mille mots. Ce résultat est satisfaisant et fait honneur à l’Administration des Télégraphes. Flamel.
- LA FORMATION DES PERLES
- On apprend tous les jours. Nous devons à M. Léon Diguet, l’explorateur bien connu, de savoir enfin ce que c’est qu’une perle fine. M. Diguet a surpris le secret des huîtres perlières. On setaitcomplètement trompé jusqu’ici sur le véritable mode de formation
- 1 Brevet du 27 décembre 1895,
- 2 Brevet du 27 février 1896.
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- des perles. Un a toujours confondu la perle fine avec certaines concrétions calcaires produites par la sécrétion des glandes du manteau des mollusques. Encore récemment, on avait annoncé que l’on pouvait produire des perles à volonté.'Il suffisait d’introduire dans l’huître un corps étranger, et, vite, pour se débarrasser de ce contact gênant, l’huître enrobait dans un dépôt de nacre le corps étranger, qui apparaissait bientôt sous forme de perle. C’est exact; mais cette perle n’a qu’une certaine ressemblance avec la perle fine et n’en possède que bien rarement la belle teinte et l’orient. Quand un grain de sable, un petit caillou entre dans la coquille, il en est comme chez l’homme d’un grain de poussière qui pénètre dans l’œil : le liquide lacrymal, chez nous, s’interpose entre l’œil et le grain malencontreux, le mouille, l’enrobe aussi et, finalement, le fait glisser jusqu’à la paupière, d’où il est généralement aisé de le retirer. Le mollusque fait mieux.
- La sécrétion calcaire entoure le corps étranger, adoucit ses aspérités et lui enlève en partie ses propriétés nocives.
- L’huître perlière, ou pintadine, opère ainsi, quand l’entrée de la coquille est forcée par un corps quelconque. La sécrétion calcaire est fournie par des glandes du manteau, dont la fonction normale est d’assurer un apport constant de calcaire pour réparer et accroître la coquille. Cette sécrétion a permis, à plusieurs reprises, de fabriquer des pseudo-perles, ou ce que les pêcheurs nomment des « perles de nacre ». Tout ce qui pénètre dans la coquille s’enveloppe d’un dépôt nacré. Pour le montrer, M. Diguet a recueilli des échantillons bien curieux. Il existe un poisson gros comme un petit goujon qui a la hardiesse de s’introduire entre les coquilles de la pintadine ; ce poisson, le fierasfer dubius, vit en commensal chez l’huître perlière en compagnie d’un crustacé du genre Pontonia ; on les trouve tous deux blottis dans la cavité entre les branchies du mollusque; le petit poisson, moins agile probablement que son compagnon, se trouve parfois rejeté en dehors de son habitat et vient se loger entre le manteau et la coquille ; là il trouve rapidement la mort. L’huître laisse faire les glandes de son manteau. Le poisson est vite embaumé; il se recouvre de couches de nacre. Si bien que l’on trouve des coquilles dans lesquelles on voit le petit poisson
- apparaître en relief sur le fond blanc tout nacré. On dirait d’un relief fait tout exprès. Nous avons vu ainsi des coquilles portant à leur intérieur des poissons de nacre incrustés dans l’enveloppe calcaire, des débris de toutes sortes ornant de dessins bizarres ces singulières coquilles. Les Chinois fabriquent ainsi des figurines nacrées. Ce sont, au fond, des perles nacrées aux formes bizarres. Des couches de nacre, encore de la nacre, et c’est tout. Ce ne sont pas là les vraies perles fines. Elles ne possèdent par ces reflets irisés que l’on est convenu d’appeler orient. L’éclat est le même que celui de la coquille qui les a fournies. Elles résultent, en un mot, d’une production naturelle quoique accidentelle élaborée à la surface des tissus.
- La perle fine est d’une tout autre nature et d’une tout autre origine. C’est une véritable calcification pathologique effectuée au sein même des tissus, suivant un processus particulier dans une région quelconque du mollusque, à l’exception, cependant, de la partie externe du manteau. La perle nacrée se fait à l’extérieur , la perle fine à l’intérieur des tissus.
- La perle fine ne se constitue pas d’emblée comme la perle nacrée ; elle subit une évolution. Au début, elle se manifeste sous la forme d’une ampoule, d’une phlyc-tène remplie d’une sérosité dont la matière organique en solution se condensant progressivement arrive, après s’être maintenue un certain temps, à l’état gélatineux et, avant de se calcifier, à se transformer en une substance analogue à la conchioline. La condensation accomplie, la nacre se subdivise en une série de couches concentriques laissant entre chaque zone des interstices que le dépôt calcaire cristallisé occupera peu à peu. On peut produire expérimentalement cette stratification calcaire. On plonge une perle qui n’est encore qu’à l’état gélatineux dans de l’alcool concentré. Aussitôt on voit le sphéroïde se rétracter et se subdiviser en nombreuses couches concentriques et se rapprocher par l’apparence d’un grain d’amidon.
- Dans l’huître, le dépôt des couches calcaires s’infiltre entre les subdivisions qu’il incruste et, peu à peu, la perle se constitue. Ce mécanisme est curieux.
- Si l’on pratique une coupe passant par le centre d’une perle achevée, on constate que cette perle est formée de couches successives plus ou moins fines,
- Fig. 1. — Corps étrangers et perles recouverts par la sécrétion de nacre.
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- plus ou moins régulières, d’un dépôt cristallin compact, séparées les unes des autres par une faible épaisseur de conchioline. Au centre, on rencontre un espace plus ou moins vide occupé par de la matière organique, quelques cristaux de calcaire et des débris d’êtres organisés. Filippi et Küchenmeister ont, les premiers, trouvé ces débris parasitaires. Il est
- Fig. 2.
- Fig. 2. Perle expulsée et introduite entre le manteau et la coqi Poisson commensal de l’huître perlière, fortuitement introduit
- très probable que ces parasites sont ceux-là mêmes qui ont provoqué dans l’organisme les désordres producteurs de l’ampoule primitive, ou petit abcès, qui a servi de point de départ à la formation de la perle.
- Pendant toute son évolution, la perle reste contenue dans l’ampoule qui lui a servi en quelque sorte de moule. Cette enveloppe, pendant la calcification,
- Fig. 3.
- recouverte par la sécrétion de nacre. — Fig. 3. Fieras fer Dubius, e le manteau et la coquille et recouvert par la sécrétion de nacre.
- s’use et se détruit au point que, lorsque l’évolution de la perle est complètement achevée, il ne reste plus qu’une .mince membrane que le mollusque peut dé-
- déchirer sans effort : ce qui lui permet d’expulser la perle de l’intérieur de ses tissu$.
- De ces observations importantes de M. Léon Diguet,
- Fig. i. — Fierasfer Dubius. Poisson commensal de l’huître perlière.
- il résulte donc que la perle fine n’est pas du tout, comme on l’avait cru jusqu’ici, un simple dépôt de nacre produit accidentellement par des sécrétions glandulaires; mais bien le résultat d’une opération physiologique ayant pour but d’éliminer de l’organisme un parasite ou tout autre cause d’irritation.
- M. 1 ,éon Diguet a pu recueillir des spécimens d’huîtres perlières aux différentes phases d’évolution de la perle. On voit dans ces échantillons la perle naître, avancer en âge et devenir mûre. Ces obser-
- vations peuvent se faire en suivant les pêcheurs de perles pendant leurs expéditions.
- Si la genèse 'et l’évolution de la perle sont faciles à saisir il n’en est pas de même des causes qui sont venues la provoquer.
- Il est plus que probable que les débris d’êtres organisés rencontrés dans le centre des perles sont les restes des parasites qui sont venus déterminer l’irritation qui a été le point de départ de la perle, mais les causes qui ont amené ces parasites dans des
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- tissus où la vie ne leur était probablement pas possible restent ignorées ; de plus la biologie de ces parasites vient encore compliquer la question.
- Étant donné ces simples faits on comprendra que la production de la perle à volonté en propageant et en ensemençant sur des bancs perliers des parasites pathogènes, comme cela a été proposé à la suite des travaux de Fillipi et de Kekeinmeister (voir Revue des Deux Mondes, 1er février 1899), ne parait pas devoir de sitôt entrer dans le domaine de la pratique et que, encore probablement pour longtemps, la perle fine continuera à posséder la valeur et la rareté qui lui ont assuré depuis l’antiquité un rang élevé parmi les joyaux les plus précieux et les plus recherchés. Sur les bancs d’huîtres perlières, on rencontre des régions qui sont improductives. Les huîtres Melea-grina margaritiferci, comme celles qu’a étudiées M. Diguet, ne renferment pas toutes des perles. Une partie d’un banc ne donne rien; puis à côté, au contraire, les perles abondent dans les coquilles. Cela lèrait supposer que la maladie, qui sévit sur les huîtres pour les rendre vraiment perlières, est bien d’origine parasitaire, comme on peut le penser par suite de la présence de parasites dans les perles. Dès lors, il faudrait cultiver le parasite et transformer les bancs en petits hôpitaux. L’huître affectée de cette maladie spéciale deviendrait, à son corps défendant, un excellent producteur de perles. Il ne faudrait pas trop vite prendre ces désirs pour des réalités. Au contraire, il ne semble pas que nous soyons sur le point d’obliger les huîtres à nous fabriquer de vraies perles.
- Les possesseurs de belles perles peuvent donc se rassurer. Nous ne sommes pas encore arrivés au moment où l’homme pourra commander à la nature de lui fabriquer à volonté de belles perles fines.
- Henri de Parville.
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- LA MORTALITÉ
- CHEZ LES PEUPLES EUROPÉENS
- Depuis 1886 la Suisse a chargé le Conseil fédéral de la surveillance des Sociétés d’assurances de toute espèce et de toute nationalité, fonctionnant sur le territoire de la Confédération. Chaque année le Conseil doit fournir un rapport détaillé sur la situation et sur les opérations des diverses Compagnies. Le rapport pour l’année 1896 a été publié en 1898. C’est un travail considérable qui fait le plus grand honneur au bureau technique du Conseil Fédéral. 11 contient à la fois des conseils pratiques que feront bien de méditer assureurs et assurés, et des tableaux numériques très nombreux, donnant une analyse très complète et des documents précis sur toutes les manifestations d’activité des diverses Compagnies, anglaises, allemandes, françaises, américaines qui exercent en Suisse.
- Ce n’est pas ici le lieu d’analyser ce document avec le détail qu’il mérite, nous voulons mettre seulement en relief, pour nos lecteurs, un des points touchés par ce rapport, celui qui traite de la mortalité dans les différents peuples européens, déduite des Tables dont
- se servent leurs Compagnies d’assurances nationales.
- En Allemagne, les Compagnies calculent les chances de mortalité théorique au moyen d’une Table basée sur les résultats donnés par 25 Sociétés allemandes.
- En France, on prend pour base une Table récente publiée par le Comité des Actuaires français.
- Les Compagnies anglaises et américaines se servent d’une table dressée pour les vingt Sociétés anglaises d’assurés. Enfin, les Sociétés suisses emploient les Tables de la mortalité moyenne du peuple suisse établies sur les statistiques prises entre 1876 et 1881. Le comité du Conseil fédéral a transformé ces quatre éléments d’information en quatre courbes qu’il donne sur un même graphique et dont la comparaison conduit à des indications intéressantes.
- Tout d’abord le graphique montre, par la courbe d i
- O 10 20 30 kO „50 60 70 80 SO 100
- A 3 e
- Courbes de probabilité de mortalité annuelle chez les assurés européens à différents âges.
- mortalité propre au peuple suisse, que la mortalité y est plus forte que dans les autres nations.
- Ce fait brutal n’atteint cependant nullement le bon renom des climats de montagne ou la réputation de sobriété et de vie patriarcale de nos voisins. Cette mortalité supérieure vient seulement de ce qu’une Table de mortalité, basée sur les décès d’un peuple tout entier et comprenant par conséquent les décès parmi les classes qui s’assurent aussi bien que les décès parmi les classes qui ne s’assurent pas, doit donner des résultats numériquement plus grands qu’une Table s’appliquant aux seules classes sociales s’assurant, puisque ces dernières ont ordinairement des conditions d’existence matérielle plus favorables.
- Les différences entre les mortalités des assurés français, anglais et américains sont presque insignifiantes.
- Les Français tiennent la moyenne et, en laissant de côté la Suisse, la différence de mortalité constatée par ces Tables est de 0,5 pour 100 en faveur de la France jusqu’à 50 ans. A cet âge la mortalité des assurés anglais et français devient la même 2,5pour 100 et elle est moindre de 0,2 pour 100 que celle des assurés allemands.
- A 60 ans les décès allemands sont supérieurs de 0,5 pour 100 aux décès anglais et les décès français tiennent la moyenne avec 5 pour 100.
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- A 70 ans nos décès sont encore intermédiaires et atteignent 7 pour 100; mais ils ne tiennent pas exactement la moyenne, car les décès anglais leur sont inférieurs de 2/5 pour 100 tandis que les décès allemands les surpassent de 1/4 pour 100.
- De 80 à 100 ans les décès anglais sont très légèrement inférieurs aux décès allemands et français sensiblement égaux entre eux, et tous varient entre ces deux périodes de 15 à 25 pour 100.
- En résumé, nous arrivons à cette conclusion utile à signaler que quelles que soient les différences de climat, d’alimentation, d’hvgiène, d’occupation, etc., la mortalité est très sensiblement la même chez les différentes nations de l’Europe, au moins pour les classes qui s’assurent sur la vie.
- Ainsi s’établit par la statistique scientifique, la plus exacte de toutes puisqu’elle a charge de ménager des intérêts opposés, cette notion de l’Égalité devant la Mort que les poètes, les orateurs et les moralistes ont si souvent affirmée sans preuve et seulement pour satisfaire à ce besoin impérieux de justice idéale qui est inné dans le cœur de l’homme. Cette conclusion nous semble un beau thème à offrir aux réflexions de nos lecteurs, elle les engagera certainement à lire le rapport tout entier et à constater encore, par le détail des valeurs composant les.portefeuilles des diverses Compagnies, comment les diverses nations comprennent et appliquent l’idée de prévoyance et de sécurité dans les placements financiers.
- Commandant Z.
- AQUARIUMS POUR MÉDUSES
- Les aquariums marins, même de petites dimensions, permettent généralement de conserver en vie les animaux marins qui fréquentent de préférence les eaux peu profondes voisines du rivage : dans leur réclusion ils vivent longtemps en bonne santé. Mais il en est tout autrement pour certains invertébrés qui ont l’habitude de nager librement en pleine mer, notamment pour les méduses. M. E. T. Browne a réussi à triompher de la difficulté qui en résulte au laboratoire maritime de Plymouth, et il a décrit la méthode qu’il a employée dans le Journal de l'Association de Biologie maritime.
- Bien des fois, M. Browne avait tenté de conserver vivantes des méduses; dès qu’elles étaient capturées, on les mettait dans de l’eau de mer bien propre : tout d’abord elles nageaient vigoureusement, mais bientôt, au bout de quelques heures, elles semblaient devenir indolentes, lors même que l’eau était constamment renouvelée ; elles coulaient à fond et finalement mouraient. Or, le distingué naturaliste avait remarqué qu’en pleine mer les méduses se laissent porter par la vague, sans agiter leur ombrelle ; si donc on pouvait donner à l’eau de l’aquarium un mouvement analogue à celui de la vague, qui maintiendrait la méduse constamment flottante sans exiger d’elle aucun effort, les choses se passeraient autrement. C’est ce qui fut fait.
- L’agitateur — car on peut l’appeler ainsi — fut constitué par une plaque de verre s’élevant et s’abaissant lentement dans la masse d’eau de l’aquarium. Dans le dispositif imaginé par M. Brown, de concert avec le directeur du Laboratoire, le récipient contenant l’eau est simplement une cloche de verre renversée et d’une capacité de 45 litres environ; il est recouvert d’un couvercle de bois en deux parties. La plaque est suspendue par l’intermédiaire d’une baguette de verre qui passe par un trou en son
- centre, et qui, d’autre part, est reliée à une sorte de fléau léger en bois. Ce fléau repose et oscille, grâce à une charnière, sur une tige verticale au bout opposé à la plaque de verre, et, suspendue au fléau, se trouve une boîte en fer-blanc munie d’un siphon de vidange automatique; un tube de caoutchouc lui apporte un filet d’eau douce. Par. suite des poids respectifs des différentes parties de l’appareil, la plaque de verre s’abaisse et se relève alternativement au fur et à mesure que la boîte se vide et se remplit d’eau.
- On peut du reste régler l’instrument en plaçant un peu de plomb dans un petit récipient fixé à l’un des bras du fléau ; on dispose en outre deux arrêts pour limiter l’amplitude des oscillations. On a multiplié les dispositifs de ce genre au Laboratoire de Plymouth, en les modifiant parfois quelque peu par la substitution à la plaque d’un entonnoir de verre renversé et percé d’un petit trou sur sa paroi : à chaque mouvement de relevée l’entonnoir se soulève partiellement hors de l’eau, et, en y replongeant, il entraîne une certaine quantité d’air qui forme des bulles dans l’eau.
- Dans ces aquariums pourtant si primitifs, on a non seulement gardé longtemps des méduses comme la Phiali-diuni buskianum, ou la P. Cymbaloideum, mais on les a vues y coloniser. On a également constaté que, dans ces appareils bien simples à installer, des larves de crustacés, de mollusques, d’annélides, prospèrent parfaitement.
- <> D’ B‘
- LE FUNICULAIRE ÉLECTRIQUE
- DU MONT-DORE
- Une intéressante installation d’un funiculaire a été faite, il y a peu de temps, au Mont-Dore, par MM. Guitton et Cie, représentants en France des ateliers d’Oerlikon, près de Zurich. La force motrice nécessaire pour la mise en marche du tramway a été empruntée à la rivière de la Dordogne et a été transmise au point d’utilisation par courants triphasés pour actionner sur place un moteur électrique.
- L’installation du tramway funiculaire avait pour but de permettre aux malades suivant le régime des bains et des inhalations à l’établissement de faire encore une cure d’air. Au-dessus de la ville, dominant la vallée, se trouve en effet un plateau avec une forêt de sapins où les malades peuvent respirer à leur aise et faire d’agréables promenades.
- La rivière la Dordogne traverse la ville du Mont-Dore; à 2km,200 en aval, elle reçoit le ruisseau de l’Enfer, et peut fournir ensuite un débit d’environ 600 litres par seconde. Un barrage de dérivation a été établi au-dessous de ce point, et un canal a été installé jusqu’à l’usine construite dans le voisinage, à une distance d’environ 740 mètres.
- La figure 1 nous montre le barrage pour la prise de dérivation. A la sortie du barrage se trouvent d’abord un aqueduc avec grilles à barreaux, puis une conduite cylindrique de 0m,80 de diamètre. A l’arrivée à l’usine, la chute d’eau utile atteint environ 31m,50.
- L’usine génératrice, dont la figure 3 nous donne
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- Fi". 1. — barrage de dérivation sur la Dordogne.
- une vue d’ensemble, comprend un sous-sol pour les tuyaux et la chambre à eau, un rez-de-chaussée pour l’installation des turbines et des alternateurs, et un étage supérieur pour les dépôts.
- La turbine, de la maison Bre-nier-Neyret de Grenoble, appartient au système hélico-centripète à axe horizontal, bille a une puissance de 180 chevaux à 500 tours par minute et commande directement, à l’aide d’un accouplement élastique, un alternateur à courants triphasés à fer tournant de la Société des ateliers d’Oerlikon. A la vitesse angulaire de 500 tours par minute, l’alternateur produit 158 kilowatts à 2000 volts par phase, soit à 5600 volts au total,
- Fig. 2. — Vue d’ensemble du funiculaire.
- la fréquence de 50 périodes par seconde. L’excitation est fournie par une petite dynamo-bipolaire de 600 watts à 50 volts, montée directement sur l’arbre de l’alternateur.
- Pour éviter les variations de puissance trop grandes qui se produisent aux démarrages et qui varient de 0 à 80 chevaux, on a placé un volant de 1800 kilogrammes e^tre l’alternateur et la turbine. Un régulateur automatique de vitesse angulaire, actionnant un tiroir cylindrique, a également été installé.
- Au tableau de distribution à l’usine ont été disposés un transformateur pour réduire la différence de potentiel afin de permettre la lecture au voltmètre et
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- assurer leclairage de l’usine, ainsi que des voltmètre et ampèremètre sur haute tension et un commutateur tripolaire. Les trois lignes au dé-
- part sont munies de parafoudres à condensation.
- La ligne de transmission comprend 3 fils nus en bronze siliceux de 4 millimètres de diamètre,
- fixés sur des isolateurs en porcelaine à double cloche, qui sont supportés par des poteaux en bois.
- L’énergie électrique est transmise au sommet du
- plateau à une sous-station où se trouve un moteur électrique qui actionne le tambour-moteur du funiculaire. Le moteur électrique est ii courants tri-
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- phases, asynchrone, à champ tournant, à 12 pôles, à 50 périodes par seconde et à 490 tours par minute ; la puissance qu’il fournit est de 90 chevaux.
- Le mouvement est transmis au tamhour-moteur à l’aide de deux arbres portant les pignons et les roues dentées nécessaires. On change le sens de rotation en commutant le sens du courant dans deux des trois enroulements de l’inducteur.
- Le tramway funiculaire est établi sur la pente de la montagne, comme on peut le voir d’après les fig. 2 et 4. Le câble qui entraîne les voitures, et qui s’enroule sur les poulies actionnées par le tambour-moteur, a un diamètre de 55 millimètres et pèse 5ks,900 par mètre courant. La voie a 1 mètre de largeur entre les rails ; elle est unique, excepté sur une longueur de 58 mètres poulie croisement des voitures. Celles-ci sont au nondBs de 2, d’un poids de 5055 kilogrammes à videjKttachées aux deux extrémités du câble. "
- Cette installation, due à MM. Guitton et Cie, est à la fois très intéressante et très utile ; très intéressante parce qu’il s’agit du premier funiculaire électrique établi en France et très utile parce qu’elle permettra aux voyageurs de profiter à la fois des bains et des cures d’air du Mont-Dore. J. Làffargue.
- IA GASTRO-ENTÉRITE DES NOURRISSONS
- Sur les soixante mille bébés que nous fournit chaque année la fécondité parisienne, trois mille environ, dit la statistique, meurent de diarrhée infectieuse. Ce chiffre serait deux fois plus fort si l’amour des subdivisions et des rubriques ne faisait pas attribuer souvent à la méningite, à l’athrepsie et à la faiblesse, dés crimes qui en réalité sont commis par les mauvais ferments de l’estomac. Mais, tenons-nous en aux données officielles et constatons qu’en 1895, par exemple, sur 3044 enfants âgés de moins d’un an et morts de gastro-entérite, 2487 étaient élevés au biberon et 557 seulement au sein. Durant les années suivantes l’écart s’accentua davantage en faveur de ces derniers.
- De tout temps on avait remarqué qu’à l’inverse des bébés élevés artificiellement, les enfants au sein étaient peu sujets à la maladie digestive. On a incriminé le lait de vache qui plus chargé en beurre et en caséine que celui de la femme, provoque, chez le nouveau-né, des digestions copieuses, des troubles successifs et une sorte de dyspepsie spéciale qui correspond à l’allongement de l’intestin et à de légères lésions de l’estomac. Cette affection qui est tout à fait indépendante de toute altération du liquide s’observe surtout pendant les quatre ou cinq premiers mois de la vie. Pour corriger l’excès des substances qui rendent indigeste le lait de vache pur et poür rapprocher sa composition à celle du lait de femme, on a eu l’idée de le couper avec de l’eau additionnée de lactose1. Bientôt l’industrie s’est emparée de ce procédé de ménage. Par des additions savamment calculées d’eau, de lactose et de crème, elle a donné naissance au lait maternisé, c’est-à-dire à un liquide dont la composition est presque identique à celle du lait de femme. Nous verrons plus loin comment on peut arriver à ce même résultat sans avoir recours à ces sortes d’artifices.
- 1 Le lactose se trouve aujourd’hui facilement dans le commerce : le kilogramme coûte 3fr,25 environ.
- Pendant très longtemps on n’a connu d’autres causes des diarrhées infantiles sinon la composition chimique du lait. Mais à la suite des découvertes de Pasteur sur la fermentation lactique et des travaux de Duclaux sur les microbes de lait, la notion d’infection apparaît. La clinique s’en approprie et finit par faire de la diarrhée une mauvaise fermentation intestinale laquelle serait due aux gennes qui peuplent le lait tout de suite après la traite. Dès lors le remède semble tout indiqué et l’on songe tout d ; suite à exterminer ces germes par la chaleur. L'ébullition domestique cède bientôt le pas à l’industrie du lait stérilisé. Paris est inondé de petits flacons exempts de tout germe. La Maternité, la Polyclinique de la rue Picpus, le Dispensaire de Belleville, la Maison du Chemin-Vert, l’Asile Ledru-Rollin et les nombreuses crèches municipales en distribuent gratuitement. On espère conjurer la maladie, mais bientôt on s’aperçoit que malgré toutes ces précautions la courbe de la mortalité des nourrissons ne change pas de niveau : le chiffre des victimes fléchit à peine chez les bébés élevés avec du lait stérilisé.
- Cela tient à ce que la cause intime de ces diarrhées meurtrières nous est insuffisamment connue. On l’a attribuée tour à tour aux effets d’une surcharge alimentaire qui, non digérée, aboutissait à des produits de fermentation, acides ou alcalins, toxiques; à des microbes coliformes qui voguent dans l’air sous l’aile des courants ; à des streptocoques spéciaux1; à des diplocoques virulents; à des microcoques sournois ; à des bacilles délétères. 11 est certain que tout ce microcosme joue un rôle peu honorable dans l’explosion de cette maladie, mais la multiplicité d’auteurs disperse justement leur responsabilité. D’un autre côté,-en admettant cette intervention extérieure, on s’expliquerait difficilement comment le lait stérilisé — dont l’emploi diminue considérablement le nombre des enfants malades pendant une majeure partie de l’année — ne l’atténuerait pas aussi durant les fortes chaleurs. Or, il n’en est rien et d’après les observations que vient de publier M. le Dr Lesage, durant l’été 1898 sur 365 enfants atteints de la maladie et qu’il eut à soigner, 211 étaient au lait ordinaire, 146 au lait stérilisé et 8 seulement au sein *.
- Il y a donc autre chose. Pour qu’un enfant nourri au lait stérilisé soit atteint de diarrhée infectieuse dès les chaleurs, il faut ou bien que ce lait contienne une toxine ou bien que, sous l’influence de la température et de l’orage, une modification survienne dans l’équilibre intestinal. Il est difficile de supposer qu’une toxine quelconque sécrétée entre la traite et la stérilisation puisse résister aux hautes températures ( 100° à 115° C. ) de cette opération. Par contre, il paraît plus raisonnable d’admettre que la chaleur et l’électricité exercent, sur certains intestins, une action néfaste laquelle se trouve secondée aussi bien par le lait de vache que par les laits stérilisés.
- Quoi qu’il en soit, il n’en reste pas moins évident, au point de vue pratique, que pour atténuer ou même enrayer cette diarrhée meurtrière, il faut se rapprocher des conditions de l’allaitement au sein, c’est-à-dire fournir à l'enfant un lait qu’on vient de traire et dont la composition est sensiblement la même que celle du lait de la femme.
- Ces deux circonstances peuvent être parfaitement réalisées grâce à l’intervention de la chèvre. Certaines races caprines possèdent au point de vue de la sécrétion lactée
- 1 M. Escherich a publié récemment un travail sur ce sujet dans le Jahrbr. für Kinderheilk.
- 8 Voy. La Gastro-entérite aiguë. A. Lesage, médecin des hôpitaux, Masson et Cie.
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- une plasticité telle qu’on peut arriver à leur faire donner, grâce à une nourriture appropriée ou à des mélanges bien conçus, du lait d’une composition identique à celui de la femme. En outre, la chèvre, animal peu encombrant et très sobre, peut être élevée à la maison du bébé ou dans les principaux quartiers des grandes villes. Cela permettra d’avoir du lait tout de suite après la traite et un lait pur, puisque la chèvre, rebelle à la tuberculose, à la fièvre aphteuse, à la péripneumonie et à toutes les affections communes à l’homme et aux ruminants, donne un liquide nourricier exempt de tout microbe1.
- En vérité, nos édiles feraient bien mieux de doter Paris de chèvreries municipales plutôt que de songer à y établir des vacheries inefficaces et onéreuses. Par le lait de chèvre, ils arracheraient nombre de vies humaines au Minotaure de la dépopulation. J. de Lovekdo.
- ÉCLAT DES COMÈTES
- Une question bien importante va peut-être se trouver résolue cette fois. Assez timidement énoncée il y a quelques années où il a déjà été dit que certaines comètes avaient une lumière propre, outre celle qu’elles réfléchissaient du Soleil, cette question était restée dans le silence depuis. La spectroscopie avait seule, du reste, donné lieu à cette remarque. La première comète de l’année 1899 (Comète Swift) semble, si l’accord se fait sur les apparences qu’elle a présentées en juin dernier, parler plus haut que jamais dans ce sens. Il arrive en effet, qu’en s’éloignant du Soleil, du 31 mai au 9 juin, elle a montré, du 31 mai au 5 juin, une diminution d’éclat, suivie d’une augmentation très notable le 4 et le 5, d’une diminution nouvelle le 6 et le 8, et d’une augmentation le 9. Il est difficile, nous semble-t-il, d’expliquer ces fluctuations d’éclat autrement que par des variations d’une lumière appartenant à la comète elle-même. Joseph Vinot.
- DESTRUCTION DES CRUCIFÈRES NUISIBLES
- Tout le monde connaît les préjudices considérables causés à nos cultures par certaines plantes de la famille des Crucifères. A la suite des hivers doux et des printemps humides, le sénevé, jotte, sanve ou moutardon (sinapis arvensis), et même la ravenelle (raphanus raphanistrum), se développent avec une si grande intensité, qu elles finissent par étouffer complètement les céréales dans lesquelles elles végètent. Vers le mois de mai, les cultures se recouvrent d’un vaste tapis jaunâtre qui, s’il attire un cri d’admiration de la part du touriste, n’en fait pas moins le désespoir du cultivateur. Jusqu’alors, bien des moyens ont été proposés pour les combattre, mais à cause des frais de main-d’œuvre et de la rusticité de la plante, ils ne pouvaient être considérés que comme des palliatifs plus ou moins incertains. L’arrachage à la main, pratiqué encore quelquefois sur de petites surfaces, est la méthode la plus ancienne. C’est là, évidemment, un procédé primitif, inconnu dans les grandes exploitations et incompatible avec nos pratiques culturales modernes.
- Le hersage de la céréale, au début de la végéta-
- 1 Voy. n° 1364, du 15 juillet 1899, p. 107.
- tion, était peut-être l’opération la plus économique et la plus rationnelle. L’action mécanique développée par les herses, était assez intense pour faire office de sarclage et entraver le développement du moutardon sans porter atteinte à la céréale.
- Une pratique assez suivie dans un grand nombre d’exploitations, était la suppression des sommités fleuries à l’aide de la faux ou de machines spéciales, les essanveuses. Avant l’épiaison de la céréale, les sanves produisaient leurs Heurs et formaient au-dessus de la récolte une saillie assez proéminente, pour qu’un ouvrier armé d'une faux puisse, en passant rapidement dans les cultures, abattre toutes les têtes des crucifères parasites. Quelques constructeurs avaient confectionné des machines assez ingénieuses chargées de réaliser ce travail. Les unes, se composaient d’un tJW)our horizontal se déplaçant lentement au-dessus^» sol par l’intermédiaire de deux roues porteuses. Cette première pièce mobile possédait elle-même une série de peignes chargés d’arracher les fleurs au fur et à mesure de l’avancement de la machine sur le terrain. Afin de faciliter le nettoyage, les peignes eux-mêmes rentraient dans le corps du tambour à intervalles réguliers, de telle sorte que les fleurs arrachées venaient butter sur un contre-peigne qui provoquait leur chute.
- Le second système d’essanveuse est basé sur un tout autre principe ; la partie travaillante est formée d’un tambour creux sur lequel sont tendus des fils de fer rigides. Cette dernière est animée d’un mouvement de 500 à 600 tours par minute et peut être réglée comme hauteur au moyen d’un excentrique situé sur le côté. Sous l’influence de la rotation, les fils de fer viennent frapper avec violence l’extrémité des crucifères et provoquent leur sectionnement. Avec de semblables machines, on peut traiter jusqu’à 3 et 4 hectares par jour. Malheureusement ces procédés sont insuffisants et ne peuvent offrir toutes les garanties désirables surtout pour les récoltes futures. L’extrémité supérieure de la plante est bien rompue, mais il se forme à l’aisselle des feuilles situées au-dessous, de nouveaux bourgeons, qui donnent naissance à de jeunes rameaux terminés par des fleurs, pouvant encore, dans les années propices, produire des siliques susceptibles d’arriver à maturité.
- La question comme on le voit était d’une importance capitale, et la majorité des procédés connus jusqu’alors pouvaient être taxés d’inefficaces. Par l’effet du hasard le plus extraordinaire, elle a fait un pas décisif et semble aujourd’hui être entièrement résolue. Un viticulteur rémois, M. Bonnet, a remarqué, à la suite de sulfatages pratiqués sur des vignes, l’influence heureuse des sels de cuivre sur la désorganisation des plantes de la famille des crucifères. Si une goutte de la solution cuprique venait à tomber sur une ravenelle ou un moutardon végétant librement au pied d’un cep, elle entraînait, à la place même où elle s’était localisée, la destruction du parenchyme en moins de 24 heures, et la vie de la plante était gravement compromise si les gouttelettes dépo-
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- LÀ NATURE.
- sées sur les organes foliacés étaient en nombre suffisant. De plus, cet habile observateur avait remarqué que des tiges d’avoine développées çà et là, n'étaient pas atteintes par la solution de sulfate de cuivre. Désirant étudier les choses de plus près, il eut l'idée de traiter dans le courant de l’année 1896 une pièce d’avoine complètement envahie par les sanves et les ravenelles. Il employa pour cela une solution de sulfate de cuivre à 6 pour 100 qu’il répandit à raison de 1000 litres par hectare. Les résultats obtenus furent si concluants, qu’il fit part de sa découverte au comice agricole de Reims le 12 décembre 1896, en engageant vivement les cultivateurs à entreprendre des essais identiques. L’année suivante, plusieurs agriculteurs de Seinc-et-Marne, notamment MM. Renard et Grandin, appliquèrent les procédés de M. Ronnet toujours avec les mêmes succès. A la
- même époque, M. Duclos, le savant chimiste de Meaux, entreprenait, tant à son laboratoire qu’à la ferme de Chailiouët, une série d’expériences dans le but de rechercher la résistance des sanves et la valeur des agents destructeurs à employer. Ses travaux, marqués d’un caractère de précision et de netteté indiscutables, ont fait l’objet en 1897 d’une communication à la Société nationale d’Agriculture. Dans ses conclusions il attribua une grande supériorité aux sels de cuivre, et le premier recommanda énergiquement l’azotate comme ayant de plus sérieux avantages. Le nitrate de cuivre, dont la solubilité est beaucoup plus grande, se trouve maintenant dans le commerce sous forme d’une dissolution concentrée marquant 1400 à l’aréomètre. Au moment de l’emploi, il suffit de verser dans un tonneau de pulvérisateur deux litres de cette solution par hectolitre d’eau.
- Fig. 1. — Un pied de moutardon au moment du traitement. Fig. 2. — La même plante trois jours après le traitement.
- Dessins d’après des reproductions photographiques.
- Quelques chimistes ont aussi préconisé le sulfate de fer. D’après des expériences récentes du I)r Schultze, directeur de l’Ecole d’agriculture de Sœst, il semblerait résulter que d’excellents résultats ont été obtenus avec des solutions à 15 pour 100 de sulfate de fer, employées avant la formation des boutons et des Heurs.
- Tous ces liquides sont répandus à l’aide de pulvérisateurs identiques à ceux qui servent dans le traitement des vignes.
- Le 14 mai dernier, la Société d’Agriculture de Pithiviers avait organisé un concours où elle se proposait d’étudier la valeur des pulvérisateurs de grande culture ainsi que l’efficacité des diverses substances préconisées pour la destruction des sanves.
- Le jury, composé des principaux cultivateurs de la région, a été unanime à reconnaître la bonne construction et la précision des appareils présentés. Classés par degré d’énergie, les produits employés
- arrivèrent dans l'ordre suivant : 1° nitrate de cuivre, 2° sulfate de cuivre, et 5° sulfate de fer. Les sels de fer paraissent donc les plus inefficaces, et semblent occuper le dernier rang. Immédiatement après l’application des liquides toxiques, les crucifères commencent à s’étioler. On peut en avoir une idée par les deux gravures précédentes, reproductions photographiques de sanves, extraites de nos cultures de l’École du Chesnoy. La première est la plante normale, tandis que la seconde représente des pieds traités avec une solution de sulfate de cuivre à 5 pour 100, trois jours après l’opération. Les fleurs sont fanées, les feuilles crispées, et la plante entièrement desséchée. Grâce à l’action manifestement intense des sels de cuivre, il est permis de croire qu’à l’avenir les cultivateurs pourront lutter contre une série de plantes nuisibles pour lesquelles ils étaient obligés de payer chaque année un si lourd tribut. Albert Vflcoq.
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- LA NATUUE.
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- LA. NOUVELLE ARTILLERIE NAVALE ANGLAISE
- C'est décidément au système d'artillerie de la Société Vickers, Sons et Maxim que l’Amirauté an-
- glaise a donné la préférence ; les grosses commandes que cette maison vient de recevoir en sont la preuve;
- Fig. 1. — Canon de bord.
- donnons donc quelques renseignements au sujet de son matériel d’artillerie.
- Les canons Yickers manquent totalement d’originalité; leur établissement se borne à l’application d’inventions faites dans d’autres pays.
- Les Anglais, en gens pratiques, ont pensé sans doute parvenir à un meilleur résultat en préférant ce qui a été lait par les autres à ce qu’ils auraient pu faire eux-mêmes. Une telle détermination met en relief leur modestie ainsi, du reste, que leur peu d’esprit inventif. Le système Yickers comprend 18 pièces de bord s’étendant du 57 millimètres au 505, c’est-à-dire tout le long de la gamme des calibres actuellement en usage. Les canons ont une longueur d’àme très grande, atteignant pour certains d’entre eux jusqu’à 50 calibres.
- La poudre usitée est la cordile, qui ne doit pas fournir de pression intérieure surpassant 2590 atmosphères. La vitesse initiale des projectiles atteint
- jusqu’à 850 mètres.
- La rapidité du tir a été poussée aussi loin que possible ; elle permet de tirer à la minute 20 coups pour les petites pièces et 10 pour les moyennes.
- Pour plusieurs calibres, il y a deux bouches à feu, l’une légère, l’autre lourde, tirant le même projectile; on ne s’explique pas beaucoup cette mesure qui a pour effet de produire la complication du matériel.
- Les cartouches renfermant à la fois la charge et le projectile ne sont utilisées que pour les petits calibres ; les grosses pièces ont des charges contenues dans des enveloppes combustibles.
- La grosse artillerie comprend trois canons des
- Fig. 2. — Culasse système Welin pour canon de gros calibre.
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- LA NATURE.
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- calibres respectifs de 505, 254, 234 millimètres. Ces bouches à feu sont dites à fils d'acier, parce que leur frettage est constitué par un enroulement de bis d’acier, d’après le système du capitaine Schultz, de l'artillerie française. Des canons construits d’après ce procédé ont été expérimentés il y a déjà plusieurs années en France et n’ont pas donné de bons résultats; les Anglais seraient, paraît-il, arrivés à une plus grande réussite à cet égard.
- Le mécanisme de culasse est celui du suédois Welin. La culasse s’ouvre et se ferme par la seule rotation d’un volant qu’on fait agir dans un sens ou dans l’autre. Ce mouvement peut être obtenu, soit à la main, soit hydrauliquement.
- La fermeture de culasse est à vis, cette dernière étant divisée en douze secteurs, dont un seul lisse; les filets des onze autres sont d’un rayon variable et progressant de l’un à l’autre d’une hauteur de filet ; de telle sorte que par une rotation d’un douzième de tour, la culasse passe de la fermeture à l’ouverture et réciproquement.
- L’obturation de la chambre est assurée à l’aide de l’obturateur de Range.
- La moyenne artillerie se compose de : un canon de 205, deux de 152 et deux de 120.
- Toutes ces pièces sont à tir rapide.
- Le mécanisme de culasse est actionné, non plus par un volant, comme précédemment, mais par un levier horizontal qui produit à la fois l’ouverture de la culasse, l’extraction de la douille et l’élévation de la planchette de chargement.
- Les affûts sont du type berceau. La pièce sans tourillons est liée à deux ou trois cylindres, dont l’un constitue le frein hydraulique qui doit limiter le recul, et l’autre, ou les deux autres renferment les récupérateurs destinés à ramener la pièce à sa position de tir.
- Les affûts de la moyenne artillerie, de même que ceux de la petite, sont tous munis de boucliers en acier-nickel. Cette adoption générale de boucliers, dont le poids va jusqu’à excéder 7000 kilogrammes, a pour effet d’alourdir singulièrement le poids de l’artillerie et par suite de diminuer le nombre de pièces pouvant être mises en batterie sur les navires.
- Les bouches à feu de petit calibre n’offrent rien de particulièrement intéressant.
- En résumé, le système d’artillerie Vickers est formé de pièces essentiellement modernes, puisqu’elles ont reçu toutes les perfectionnements actuellement en usage. Il reste à savoir ce qu’elles valent. Les expériences auxquelles elles ont jusqu’à présent été soumises, ne nous paraissent ni très nombreuses, ni suffisamment concluantes. La valeur d’un canon ne réside pas seulement dans la bonne organisation de l’affût, de la culasse, du pointage et du frein; toutes ces choses sont très importantes, mais ne constituent pas la partie vitale de la pièce.
- Ce qui est essentiel dans un système de grosse artillerie navale, et c’est en cela que réside surtout
- sa supériorité, c’est d’avoir des canons dont la longueur soit bien appropriée à la qualité de la poudre dont il est fait usage; c’est que leur tracé soit bien conforme à la succession des pressions intérieures, et fournisse la meilleure répartition des résistances dans les deux sens.
- Faute de satisfaire à ces conditions nécessaires, des canons ne sauraient que donner des déceptions et constituer un danger pour le personnel appelé à les servir.
- Les canons de la marine française sont hors de pair sous ces divers rapports; nous doutons qu’il en soit de même pour l’artillerie Yickers que vient d’adopter l’Amirauté anglaise.
- Commandant L....
- LE PUITS ARTÉSIEN DE (MINIÈRES
- On trouve de grands avantages à irriguer les vignes pendant l’été, surtout pendant les années sèches. Mais l’eau est souvent rare dans les régions méridionales. M. Eugène Mir, sénateur de l’Aude, agriculteur et viticulteur plein d’initiative, vient de faire forer un puits artésien dans son domaine de Cheminières, à 3 kilomètres Est de Castelnaudary, entre le chemin de fer de Bordeaux à Cette et le canal du Midi. Il n’existe aucun forage analogue dans le pays et les géologues n’étaient pas favorables à l’opération. Malgré tout, M. Mir a fait exécuter le travail par la Société de forage et de recherches minières de Paris. Le 18 juillet, le forage avait atteint 595 mètres de profondeur. La sonde se brisa. Cependant l’eau commençait à jaillir.
- Malgré l’accident, on put continuer de forer. A la profondeur de 417 mètres, l’eau jaillit en abondance au taux de 312 litres à la minute. On va forer encore plus bas pour accroître le débit déjà respectable. Le tubage a 15 centimètres de diamètre. L’eau est bonne, cuit bien les légumes et n’a pas d’action sur le savon. Elle sort à une température de 30°.
- Le forage a traversé alternativement des argiles et des marnes plus ou moins plastiques, quelques bancs de gypse, de grès tendres et de grès durs, à la partie inférieure un calcaire dur grisâtre. L’eau ramène à la surface du sable micacé et des graviers gros comme des noisettes, des débris de coquillage, etc. Il est vraisemblable que la couche aquifère atteinte est alimentée par les affleurements de la Montagne Noire entre Issel et Saint-Papoul.
- Ce forage est intéressant au point de vue géologique. Le puits artésien de Grenelle a 550 mètres de profondeur, celui de Passy 575 mètres. Et l’eau atteint une température de 27°. Le forage de Cheminières moins profond ramène de l’eau, s’il n’y a pas erreur, à 30° un peu plus chaude que dans le fond du bassin parisien. Le jet qui sort du forage s’élève à 20 mètres de hauteur. On pourrait donc utiliser l’eau artésienne non seulement pour P arrosage, mais encore pour la force motrice. Dès aujourd’hui avec les 500 mètres cubes obtenus par jour, M. Mir peut arroser quotidiennement de 4 à 5 hectares de prairies ou de vignes. Il serait à souhaiter que l’initiative prise par M. Mir ne restât pas isolée. Les forages artésiens ne sont pas assez répandus et cependant ils pourraient contribuer pour une bonne part à la richesse d’une contrée et à la fécondité agricole. IL de P.
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- LA NATURE.
- * CHRONIQUE
- Les chemins de fer en Afrique. — La première section du chemin de fer de Sierra Leone (possession britannique) vient d’ètre ouverte. Sa longueur est de 32 milles anglais et atteint Sango Town ; 25 milles sont en construction jusqu’à Rotofunk, et les études nécessaires à l’établissement de la voie sont terminées jusqu’à Moyamba, c’est-à-dire 31 milles plus loin. Les études préalables ont prouvé que la ligne est possible jusqu’à Bô, à 50 milles de là, ce qui fera un total de 138 milles de chemins de fer. La section déjà achevée a nécessité la construction de onze grands viaducs dans les 18 premiers milles, sans compter les nombreux ouvrages secondaires.
- Le musée naval de Cronstadt. — Un journaliste anglais qui visitait dernièrement le Club de la marine de Cronstadt auquel est annexé un musée de modèles souvenirs et trophées maritimes, assure que dans ce dernier se trouvent plusieurs salles entièrement remplies et uniquement composées d’objets d’art offerts par des villes, des sociétés ou des citoyens français. Ces œuvres ont, paraît-il, une valeur considérable, qu’il évalue au bas mot à un demi-million de livres sterling ou 12 millions et demi de francs. La majeure partie de ces objets consiste en énormes pièces d’orfèvrerie d’argent ciselé, quelques autres sont d’or massif et artistement travaillées. La quantité d’étendards brodés, d’ornements ou bijoux artistiques et de porcelaines rares est incalculable et défie toute description.
- L'effet de la suggestion mentale. — Le Dr E.-C. Spitzka, l’aliéniste très connu de New-York, rappelait récemment quelques exemples qui prouvent la puissance de la suggestion mentale. Ne sait-on pas que la mortalité du fait des blessures et des maladies, dans une armée vaincue, est dans la proportion de 4 à 3, sinon même de 5 à 2, par rapport à ce qu’elle est dans une armée victorieuse? On a pu constater que des personnes en bonne santé, et normalement bien nourries, ne résistent pas à la privation d’aliments pendant plus de 3 ou 4 jours, et semblent bel et bien mourir de faim : or, il est établi, par comparaison avec la résistance des jeûneurs volontaires, qu’elles meurent uniquement de l’effet psychique que la faim produit sur elles. Quand les troupes de Guillaume d’Orange assiégeaient Bréda, elles souffraient du scorbut, et Guillaume, n’ayant pas à sa disposition de remède réel, fit composer un prétendu élixir qui ne pouvait avoir par lui-même aucune action ; mais il convainquit ses hommes que c’était là une panacée merveilleuse, et presque tous furent sauvés, l’espoir leur étant revenu. Nous n’insisterons pas sur les cas de suggestion chez les hystériques : le Dr Spitzka les rappelle, mais ce sont là choses bien connues aujourd’hui ; il note aussi qu’il faut certainement attribuer à de la suggestion mentale le fait que bien des gens meurent précisément à l’heure qu’ils avaient annoncée à l’avance. Enfin, dans le même ordre d’idées, il est assez curieux de rappeler que bien des personnes ne veulent point faire leur testament, de peur que cela ne les fasse mourir plus tôt.
- Le télégraphe transafricain. — Cetle grande entreprise, qu’on a regardée pendant si longtemps comme une rêverie de songe-creux, est en train de se réaliser très rapidement, et l’on vient de nommer le directeur technique de la « African Transcontinental Telegraph Company ». La ligne a mainténant atteint Abercorn, et on la pousse avec toute la vitesse possible vers Ujiji, sur la rive Est du lac Tanganyika ; aussitôt que le chemin de fer de l’Ouganda sera suffisamment rapproché du lac Yic-
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- toria, on enverra par train, de Mombassa, les poteaux destinés à la pose de la ligne et la construction se poursuivra simultanément du lac Tanganyika et de l’Ouganda. On vient d’adopter un nouveau type de poteau, naturellement métallique, pour résister aux innombrables agents de destruction qui attaquent le bois dans ces régions : ce poteau en fer est fait en deux sections, et il ne pèse en tout que 40k6,82, alors que ceux qu’on a employés primitivement pesaient le double à peu près.
- I n compresseur d'air monstre. — Il vient d’être mis récemment en service pour le compte de la « Metropolitan Street railway Company », de New-York, afin de charger les réservoirs des tramways à air comprimé qui ont été inaugurés par la Compagnie en question sur son réseau. Une machine Corliss compound de 1000 chevaux commande directement les pompes de compression, et, finalement, on obtient l’air à une pression de 161,16 kg par centimètre carré. Bien entendu, la compression se fait en quatre périodes : il y a 4 pompes à simple action, dont les cylindres ont respectivement 1™,168, 0m,609, 0ra,555 et 0m,152 de diamètre, avec une course commune de lra,52. En sortant de chaque cylindre, l’air passe par un refroidisseur.
- Lu train d'œufs. — Nous connaissons en France les trains de lait, qui ne sont pas, il est vrai, uniquement affectés au transport du lait, mais qui pourtant ne comprennent en grande partie que des wagons à deux étages et de type spécial chargés des pots à lait en métal bien connus de ceux qui habitent les grandes villes : aux environs de Paris notamment, on en voit passer constamment qui portent des centaines de ces pots vides ou pleins, suivant l’heure et la direction du train. Aux États-Unis, où l’on fait les choses de façon toujours particulière, on voit circuler des trains d’œufs. Dernièrement la Compagnie dite (( Kansas Ice and Storage Co. », de Salinas (État du Kansas), Compagnie qui se charge de la conservation des matières alimentaires et de leur transport sur les marchés de consommation, expédiait sur Springfield (dans l’État de Massachusetts) un train composé seulement de 10 wagons glacières contenant chacun 450 caisses d’œufs. Tous ces œufs avaient été achetés dans les environs de Salinas, et ils sont naturellement arrivés en parfait état de conservation. On ne peut pas songer sans sourire à l’omelette gigantesque qui se serait faite si un accident était survenu au train.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 août 1899. — Présidence de M. Maurice Léw.
- Anatomie végétale. — M. G. Bonnier analyse une Note de M. Ileckel, professeur à la Faculté des sciences de Marseille, sur l’anatomie comparée des vanilles sans feuilles et des vanilles pourvues de feuilles. L’auteur signale, dans la structure des feuilles de ces dernières, des caractères qui se retrouvent dans l’enveloppe de la tige des vanilles sans feuilles.
- Un nouveau caoutchouc. — M. G. Bonnier présente également une Note de M. Jumelle dans laquelle l’auteur décrit une liane à caoutchouc très répandue à Madagascar où on la désigne sous le nom de piralahy. En réalité, il s’agit d’une espèce nouvelle appartenant au genre Lan-dolphia, dont les Sakalaves tirent un caoutchouc clair ne contenant que 5 pour 100 de résine. Ce caoutchouc paraît très bien convenir aux usages industriels.
- Action du phosphure d'hydrogcne sur l'oxyde de cuivre. — M. Ditte présente une Note de M. Rubenovitch
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- LA NATURE.
- sur l’action de l’hydrogène phosphore sur l’oxyde de cuivre calciné. Celle-ci est accompagnée d’un dégagement considérable de chaleur qui porte la masse à l’incandescence avec l’oxyde de cuivre hydraté. Dans les deux cas, il se produit du phosphure cuivrique, de l’acide phosphorique et de l’eau. Si on remplace les oxydes par du carbonate basique de cuivre, l’action est encore immédiate et très énergique; mais on obtient, en même temps que le phosphure cuivrique et l’acide phosphorique, de l’acide carbonique provenant de la décomposition du carbonate.
- La fermentation alcoolique. — M. Duclaux présente une Note de M. Laborde sur la quantité de glycérine formée pendant la fermentation alcoolique. On sait, depuis les travaux de Pasteur, que la totalité de la glucose décomposée ne se dédouble pas en alcool et en acide carbonique; le surplus de la substance décomposée, entre autres fonctions, donne naissance à de la glycérine. M. Laborde
- a constaté que, dans certaines circonstances, la quantité de glycérine ainsi formée peut atteindre 7 pour 100 du poids de glucose, soit environ 14 pour 100 du poids de l’alcool.
- Varia. — M. Berthelot a étudié, avec le concours de M. de Lépinay, l’azotate d’argent ammoniacal et la base ammoniac-argent. — M. Gabriel Bertrand adresse une Note sur les propriétés de dioxvacétone.
- Ch. de Villedeuil.
- ——
- MACHINE À SATURER
- LES LIQUIDES D’ACIDE CARBONIQUE
- Les boissons gazeuses ont une saveur agréable qui plaît à un grand nombre de consommateurs, et (pii contribue dans une certaine mesure à étancher
- Appareil à saturer les liquides d’acide carbonique.
- la soif. L’eau de Seltz ordinaire en offre le type le plus répandu. Nous avons eu l’occasion de voir dernièrement une machine qui permet mieux qu’avec les anciens dispositifs de saturer d’acide carbonique tous les liquides dans la bouteille même. Cette machine a été imaginée par M. Bill’ Meyer chimiste, qui fabrique toutes sortes d’extraits concentrés pour sirops mousseux, des vins concentrés, et qui champagnise les vins, cidres et poirés.
- On voit dans la figure ci-jointe les principales dispositions employées. A gauche se trouve un tube d’acide carbonique, tel qu’on le trouve dans le commerce, renfermant 10 kilogrammes d’acide carbonique, soit 5 mètres cubes à la pression de 5 kilogrammes par centimètre carré, au prix de 8 francs.
- A côté du tube sont placés sur des tables les appareils qui reçoivent les bouteilles. La bou-
- teille est posée sur un fond que l’on déplace à l’aide d’une vis. Notre dessin montre à gauche les tables de gazéification, à droite le système relevé pour qu’on en saisisse mieux l’ensemble.
- On applique le goulot de la bouteille sur un embranchement que l’on aperçoit à la partie supérieure. Ce tuyau, sur lequel est placé un robinet, est relié lui-même à une conduite horizontale qui est en relation avec le tube à acide carbonique.
- Il suffit de mettre la bouteille en place, de la fixer solidement, en manœuvrant la vis, d’ouvrir le robinet et de laisser passer le gaz ; en deux minutes et demie, une bouteille de 1 litre de vin blanc a été champagnisée sous nos yeux.
- L. Dubois.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1309
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- L’Oajaca, une des provinces de la République mexicaine, située sur le Pacifique, traversée par la Cor-
- dillère des Andes, comprend une région montagneuse et stérile dominant les terras calientes à la riche
- Fig. 1 — Tuyaux eu poterie se dirigeant du centre du mound vers la plaine.
- Fig. 2. — Figurines en terre cuite placées devant une tombe.
- végétation tropicale. C’est là qu’habitent les Zapotecs. rapprochent des Mayas par le langage, des Nahuas Tout en en différant sous certains rapports, ils se par les rites religieux, peut-être aussi par leur archi-
- 12
- 27e année,
- 2e semestre.
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- '178
- LA nature:
- tecture; ils tenaient probablement de ces deux races. Les hommes étaient forts, bien bâtis, vaillants, souvent féroces, ferozes y valientes, dit Burgoa1 *. Les femmes, généralement jolies, avaient les traits fins et délicats. De tous les peuples de l’Amérique centrale, ce furent les Zapotecs qui offrirent la plus vive résistance aux Espagnols, et c’est encore eux qui assurent aujourd’hui avec le plus de persistance les remarquables progrès du Mexique.
- Mitla, leur capitale, s’élevait au milieu d’une étroite vallée encadrée par des montagnes tristes et nues qu’un vent violent dessèche et prive de toute végétation*. Elle était comparable par la splendeur de ses palais et de ses temples aux cités du Yucatan. « Les monuments de la Grèce et de Rome de la meilleure
- Fig. 3. — Entrée d’une sépulture.
- époque, dit — avec quelque exagération peut-être — Yiollet-le-Duc3, en parlant du palais principal de Mitla, égalent seuls la beauté de l’appareil de ce grand édifice; les parements dressés avec une régularité parfaite, les joints bien coupés, les lits irréprochables, les arêtes d’une pureté sans égale indiquent, de la part des constructeurs, du savoir et une longue expérience. »
- L’harmonie de l’ensemble, la symétrie des détails,
- 1 Géog. descr., t. I, p. 2, f° 196, t. II, f° 362. Les Zapotecs s’étaient étendus jusqu’à l’isthme de Tehuantepec et c’est à eux sans doute que sont dues les fortifications du Cerro de tiuicngola. Arias, Antiguedades zapotecas. Museo Mex.
- -* On consultera avec fruit sur Mitla, Holmes, The Building of a Zapotec City et Amène Ass. Detroit, 1897. Mitla entre 1490 et 1500 fut pris et ravagé par l’empereur mexicain, Ahuitzotl. Nombre d'habitants furent sacrifiés sur l’autel des dieux sanguinaires de Mexico.
- 3 Ap. Charnay, Cités et ruines américaines. Int., p. 77.
- l’art minutieux de la décoration attestent une civilisation avancée, civilisation à laquelle nous ne connaissons ni origine, ni filiation. Les ruines de Mitla passent pour les mieux conservées du Mexique. Elles occupaient un vaste emplacement au temps de la conquête espagnole, on ne peut aujourd’hui reconnaître que quelques palais et un petit nombre de pyramides. Ces monuments sont de faible dimension, élevés sur des terrasses qui dominent le sol de quelques pieds. Les poteaux et les linteaux des portes sont seuls en pierre d’un fort échantillon ; les murs consistent en un placage de petites pierres très bien ajustées, posées sur un massif de terre sableuse et de chaux qui constituait ledifice. Ces constructions diffèrent de celles des Mayas, non seulement par le plan, le profil, la maçonnerie, mais aussi par le système décoratif, qui est géométrique et qui n’a aucun rapport avec le système figuratif qui domine dans les autres parties du Mexique1.
- Les murs intérieurs et le pavage des grandes salles étaient recouverts de plusieurs couches d’un stuc très résistant peint en rouge, d’un ton assez semblable à celui qui décore les murs de Pompéi. D’autres chambres sont revêtues d’une mosaïque de très petites pierres formant des dessins réguliers, des grecques ou des méandres d’un très joli effet. Au temps de sa prospérité, l’ensemble des édifices de Mitla devait certainement offrir un aspect imposant.
- Beaucoup de cette antique civilisation reste encore à découvrir. Les recherches se poursuivent avec ténacité et nous avons le droit d’espérer que l’on arrivera bientôt à des résultats permettant des conclusions sérieuses.
- M. Saville*, chargé d’une mission par le musée de New-York, avait remarqué à quelques milles de Mitla, un ensemble de mounds connus dans le pays sous le nom de Mogotes de Xoxo. Leur importance révéla immédiatement au savant archéologue qu’il avait probablement devant lui les tombes des anciens rois du pays, et les fouilles montrèrent combien cette première impression était juste ; sept de ces mounds forment un seul groupe et on en compte plusieurs autres détachés. Le plus important est une pyramide semblable à celles si nombreuses dans tout le Centre Amérique. La base carrée mesure 160 pieds et la hauteur atteint 60 pieds.
- Les fouilles du premier mound exploré donnèrent seulement des pavages en ciment disposés à des distances régulières et des débris de murs en adobes. Au milieu de ces débris, on recueillait trois coupes en terre cuite, deux sans ornementation, la troisième figurant la patted’un carnassier armée de fortes griffes. Sous un mound voisin, on mit au jour une figurine imitant un homme portant un collier au cou. Trait caractéristique de l’art zapotec, le corps humain était surmonté d’une tête de tigre. Comme dans le
- 1 Holmes, Archeological Studies union g ihe ancien t Cities of Mexico.
- 2 Americ. Anthropologist, april 1899.
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- LA NATURE.
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- tumulus précédent, les planchers en ciment et les murs en adobes avaient beaucoup soufïert des tremblements de terre très fréquents dans la région.
- Des découvertes plus importantes devaient récompenser les efforts de M. Sa ville. Un jour ses ouvriers vinrent lui annoncer que sous un mound qu’ils fouillaient pour détruire un nid de fourmis, ils avaient rencontré un mur se prolongeant assez profondément sous le sol. Un enduit en ciment le recouvrait et devait probablement au moment de sa construction, à en juger par les fragments, envelopper tout le mound. Un peu plus loin on découvrait une série de tuyaux en poterie se prolongeant sur une longueur de 50 pieds (fîg. 1). Comme on peut le voir dans la photographie que nous reproduisons, chaque tuyau est cimenté par son extrémité la plus étroite à l’extrémité la plus large du tuyau suivant1.
- Quelle était l’utilité de ce conduit placé comme il l’est, il ne pouvait servir à l’évacuation des eaux. Avait-il pour but de permettre au mort de s’échapper de sa demeure dernière? C’est une explication souvent mise en avant, toujours impossible à démontrer.
- A dix pieds environ de ces tuyaux se dressent sur un sol en ciment cinq urnes funéraires placées cote à côte et montrant des formes humaines. L’urne centrale (fïg. 2) était la représentation fidèle d’un homme, un ancien chef sans doute. Les ligures placées à droite et à gauche portaient des masques grotesques d’une signilication rituelle qu’il est difficile de saisir aujourd’hui.
- Non loin des urnes était la chambre sépulcrale qu’un tremblement de terre avait partiellement comblée. La terre enlevée, on put reconnaître de nombreux débris humains et des fragments de poterie, principalement des vases destinés aux usages domestiques et des encensoirs, un objet que l’on rencontre fréquemment dans les fouilles de l’Oaxaca.
- L’ouverture de la sépulture, que recouvrait un autre tumulus, était fermée par un mur en assez mauvais état et par une large pierre plate de forme irrégulière: les interstices étaient bouchés avec soin par des fragments de metate. Au-dessus de la porte, placée dans une niche, on pouvait voir une petite urne funéraire peinte en rouge ainsi que la niche, le linteau et les jambages de la porte (fîg. 5). A l’intérieur de la chambre funéraire gisaient cinq ou six squelettes mutilés et nombre de poteries communes; parmi ces dernières, la statue d’un guerrier en terre cuite qui par sa taille est la plus remarquable de toutes celles découvertes dans l’Amérique centrale2. Les dents étaient limées et peintes en blanc. îl en était de même chez les figurines qui surmontaient les urnes dont nous avons parlé. Les yeux assez bien modelés étaients peints en blanc et en
- 1 On a recueilli des fragments de tuyaux semblables au sommet du mont Alban et sur deux ou trois autres points du Mexique. Ce sont les seuls exemples que nous connaissions. Nulle part, en dehors de ceux que nous reproduisons, les tuyaux n étaient en place.
- 4 Cette statue mesurait environ six pieds. Elle est aujour-d hui au Musée national de Mexico,
- rouge, et sur la tête se voyait une couronne de plumes rappelant celle de Chaç Mol, la. célèbre statue, du Yucatan.'Le bas du.yisage était couvert d’une bapbe épaisse. Des ornements assez lourds pendaient aux oreilles et au nez. Les jambes trouvées à une certaine distance du corps étaient nues et les. pieds chaussés de sandales. Les ongles enfin dés pieds et des mains étaient peints en blanc.
- Sur le linteau en pierre à l’entrée de l’une des tombes se trouve une série d’hiéroglyphes encore indéchiffrés. Ils sont très différents des hiéroglyphes mexicains et sont les premiers que l’on puisse attribuer avec quelque certitude aux Zapotecs. De là leur importance : si jamais on parvient à trouver leur clef, on apprendra le passé de cette race remarquable. C’est aux américanistes de l’avenir que cette tâche incombe. Mis de Nadaillac.
- LA RÉSISTANCE ÉLECTRIQUE DU SANG
- Rien n’est indifférent en matière scientifique, car souvent on s’aperçoit après coup qu’une expérience faite sans but nettement déterminé donne ensuite le moyen d’effectuer des constatations de la plus haute importance. Au point de vue pratique, on ne voit pas de prime abord quel intérêt il peut y avoir à connaître la résistance électrique du sang : cependant, depuis quatre ou cinq ans, on a essayé de résoudre ce petit problème. Des méthodes et des appareils très divers ont été imaginés dans ce but, mais on Se heurtait à cette difficulté (entre autres) qu’il est malaisé d’obtenir une quantité assez importante de sang pris sur un individu vivant. M. Dawson Turner vient de signaler à Nature les résultats qu’il a obtenus, et qu’il considère comme fort exacts. 11 a placé 5 millimètres cubes de sang fraîchement obtenu entre deux électrodes en forme de coupe de 5 millimètres de diamètre, munis d’un revêtement en mousse de platine et fixés à 75 millimètres de distance. La résistance moyenne du sang normal à la température de 60° Fahrenheit, mesurée par la méthode de Kohlrausch dans cet appareil, est de 550 ohms. Et, ce qui fait pressentir immédiatement des applications pratiques du procédé, c’est qu’il permet de constater des changements frappants en cas d’anémie pernicieuse, la résistance pouvant ne plus être que la moitié de la résistance normale. M. Turner en conclut que, dans cette anémie, lp sang contient une proportion relativement considérable de sels. 11 peut résulter à ce point de vue de l’examen du sang toute une méthode nouvelle de thérapeutique.
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- >ES TÊTES DE CHAT
- Tout le monde ne sait peut-être pas que certaines couches du sol aux environs de Paris sont littéralement pétries de têtes de chat, mais il est indispensable d’ajouter que le carnassier familier n’a aucunement contribué à cet état de choses. Il s’agit en effet de noyaux pierreux, remarquables par une série de caractères, et qui dans plus d’une région fournissent d’excellents matériaux pour le macadamisage des routes.
- On trouve les « têtes de chat » à un niveau géologique parfaitement défini, dans la glauconie supé-
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- rieure, c’est-à-dire dans des sables qui font comme le soubassement du calcaire grossier. Ces sables, remarquablement secs, s’étendent sur une vaste surface des départements de l’Oise et de l’Aisne et mesurent une épaisseur variable suivant les points, de quelques décimètres à plusieurs mètres. Fréquemment leurs grains se sont agglutinés en noyaux gréseux de toutes tailles et de toutes formes. En certains endroits ce sont comme de petites boules plus ou moins régulières, liées ou collées ensemble deux par deux, trois par trois, ou en plus grand nombre. Parfois ce sont comme de gros tubercules et même des plaquettes plus ou moins irrégulières passant progressivement à des couches caverneuses qui se lient aux assises compactes du calcaire grossier inférieur.
- Comme il arrive dans tous les cas de cohcrétion, les formes nodu-leuses peuvent présenter des singularités, et tout d’abord on y distingue des ressemblances,d’ailleurs tout à fait fortuites, avec des objets déterminés. C’est, avec plus de fixité, ce qu’on trouve dans les nuages, et ces analogies tout à fait extérieures ont souvent conduit les personnes qui n’étaient pas préparées à s’imaginer qu’elles avaient découvert des parties fossilisées d’animaux ou môme d’hommes.
- A ce titre les silex de la craie sont fameux et nous nous rappelons avoir visité naguère, dans le département de l’Yonne, tout un musée, qui avait coûté beaucoup de peine et beaucoup d’argent, et dont le propriétaire, homme très distingué, se figurait posséder des objets étranges. 11 y voyait des têtes d’animaux pétrifiées mais entières, c’est-à-dire avec leurs parties molles, oreilles, yeux, narines, peau, et les « têtes de veau » étaient spécialement nombreuses ; il y voyait même des têtes humaines, et l’un des nodules avait un air de famille incontestable avec Louis XVI ; il y voyait des pieds et des mains avec les orteils, et les doigts avec les ongles — quelquefois avec les durillons 1 — Et ce brave amateur ne s’imaginait pas qu’il était simplement en retard de cent vingt-cinq ans et qu’il refaisait l’œuvre de J.-B. Robinet, qui dans ses « Essais de la nature qui apprend à faire l’homme » avait décrit et figuré des anthropocar dit es ou cœurs d’hommes pétrifiés,
- des encéphalites ou cerveaux, des cranioïdes ou crânes, le pes humanus saxe us, ou pied humain pétrifié, des otites ou oreilles humaines, le lapis chirites ou main, et même, pour borner nos exemples, le puer in fasciis ou l’enfant en maillot.
- Parmi les têtes de chat, on pourrait sans doute faire beaucoup de trouvailles du même genre, et c’est ce que témoigne la figure jointe à cet article où l’on a représenté trois nodules qui ressemblent étrangement à des fruits. La photographie nous en a été adressée de La Fère par un de nos abonnés qui désire garder l’anonyme, et nous avons cru que nos lecteurs en seraient intéressés : une foule de détails sont conformes à ceux que présenteraient des fruits véritables : grain de la peau et comme son velouté, dépression médiane, protubérances axiales, etc. C’est au point qu’on pourrait
- trouver là matière à réflexion dans ce fait « que les forces agissant dans l’obscurité des couches de la terre, ont pu donner lieu à des formes si semblables à celles que la vie végétale en plein air et au soleil donne à nos fruits ». On peut ajouter que les nodules sont plus beaux que nature, car des fruits en se fossilisant auraient sans doute subi dans leur forme des altérations beaucoup plus considérables, n’eût-ce été que par la perte de leurs parties molles.
- Un dernier trait d’intérêt des « têtes de chat » concerne la qualité du ciment qui les a produites en convertissant en grès le sable jusqu’alors incohérent. Ce ciment en effet n’est pas toujours exclusivement du carbonate de chaux, et très fréquemment il comprend une proportion plus ou moins considérable de carbonate de magnésie. Même quand les têtes de chat sont géodiques, c’est-à-dire quand elles contiennent des cavités, ce qui n’est pas très rare, on y trouve des cristaux ayant tous les caractères de l’espèce minéralogique connue sous le nom de dolomie. Cette remarque rattache leur histoire à des sorties d’eaux magnésiennes, qui à diverses époques et en plusieurs localités ont dolomitisé des calcaires dans la région parisienne comme la craie des environs de Beynes et le calcaire grossier de Pont-Saint-Maxence. Stanislas Meunier.
- «Tètes de chats », concrétions des sables de la glauconie supérieure de la Fère (Aisne) présentant accidentellement une analogie de forme avec des fruits pétrifiés (moitié de la grandeur naturelle).
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- LES ABEILLES TAPISSIÈRES
- « Dans les premiers jours de juillet 1756, le seigneur d’un village proche des Andelys vint voir M. l’ahhé Nollet, accompagné, entre autres domestiques, d’un jardinier qui avait l’air fort consterné. 11 s’était rendu à Paris pour annoncer à son maître qu’on avait jeté un sort sur sa terre. Il avait eu le courage, car il lui en avait fallu pour cela, d’apporter les pièces, qui l’en avaient convaincu ainsi (pic ses voisins, et qu'il croyait propres à en convaincre tout l’univers. 11 prétendait les avoir produites au curé du lieu, qui n’était pas éloigné de penser comme lui.
- A la vue des pièces, le maître ne prit pourtant pas tout l'effroi que son jardinier avait voulu lui donner; s’il ne resta pas absolument tranquille, il jugea au moins qu’il pouvait n’y avoir rien que de naturel dans le fait, et il crut devoir consulter son chirurgien; celui-ci, quoique habile dans sa profession, ne se trouva pas en état de donner des éclaircissements sur un sujet qui n’avait aucun rapport avec ceux qui avaient l'ait l'objet de ses études; mais il indiqua M. l’ahhé Nollet, comme très capable de décider si l’histoire naturelle n’offrait point quelque chose de semblable à ce qu’on lui présentait. Ce fut donc sa réponse (pii valut à M. l’ahhé Nollet une visite qui a servi à m’instruire. Le jardinier ne tarda pas à
- Les abeilles
- mettre sous ses yeux des rouleaux de feuilles, qui, selon lui, ne pouvaient avoir été faits que par une main d’homme, et d’homme sorcier. Outre qu’un homme ordinaire ne lui semblait pas capable d’exécuter rien de pareil, à quoi bon les eût-il faits, et dans quel dessein les eût-il enfouis dans la terre de la crête d’un sillon1? Un sorcier seul pouvait les avoir placés là pour les faire servir à quelque maléfice. L’ahhé Nollet certifia au brave homme que ces jolis ouvrages étaient faits par des insectes, et, comme preuve, il tira un gros ver de ces rouleaux. Dès que le paysan l’eut vu, son air sombre et étonné disparut : un air de gaîté et de contentement se répandit sur son visage, comme s’il venait d’être tiré d’un affreux péril. » Cette curieuse anecdote, racontée par Réaumur, est relative à un insecte du genre Mégachile que l’on
- tapissières.
- a souvent l’occasion d’observer dans les jardins et dont l’aspect est celui d’une Abeille au costume grisâtre ; nous connaissons aujourd’hui son histoire.
- Dans les jardins, tout le monde a remarqué que les feuilles du rosier ou du lilas sont souvent entamées par d’étranges découpures, les unes rondes, les autres ovalaires et d’une régularité presque mathématique; on les croirait découpées à l’aide de ciseaux ou avec un emporte-pièce. L’artisan qui a pratiqué ces entailles n’est antre que le Mégachile qui emporte les parties enlevées pour en tapisser son nid ; il semble avoir l’instinct géométrique inné en lui, car il découpe ses ronds et ses ovales de manière qu’ils s’adaptent exactement à celui-ci ; il est donc de toute nécessité que l’insecte se souvienne du diamètre du nid. Qu-md la rondelle est découpée, le
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- .Mégachile la fait passer entre ses pattes, un peu recourbée, et l’emporte au vol.
- Le nid est établi dans une cavité qui n’est pas l’œuvre de la mère, mais dans un moule creusé par un autre animal et abandonné : ce sont tantôt les galeries des Anthophorcs, tantôt les tuyaux de mine des gros vers de terre, les puits creusés dans le bois par la larve du Capricorne, les habitations du Calico-dome des galets, les roseaux creux ou même les interstices des murs. Le Mégachile se contente de combler ces cavités avec les morceaux de feuilles, du miel et du pollen, le tout rangé avec un ordre que nous a fait connaître Fabre, chez le Mégachile à ceintures blanches, qui niche surtout dans les puits de Lombric. Ce Mégachile n’utilise de la galerie du ver qire la portion antérieure, deux décimètres au plus. Avant de façonner sa première outre à miel, il obstrue le couloir avec une forte barricade composée de feuilles empilées sans beaucoup d’ordre; il n’est pas rare de compter dans le rempart de feuillage quelques douzaines de pièces roulées en cornets et agencées l’une dans l’autre, à la façon d’une pile d’oublies. Les morceaux qui les composent sont taillés grossièrement et empruntés à des feuilles robustes (vigne, ciste, yeuse, aubépine, grand roseau, etc.).
- Immédiatement après la barrière défensive, vient la série des cellules, en nombre très variable, de cinq à douze en moyenne. Non moins variable est le nombre de pièces assemblées pour la confection d'une loge, pièces de deux sortes, les unes ovalaires, formant le nid à miel, les autres rondes, servant de couvercle. Les premières, au nombre de huit à dix, ne sont pas d’égales dimensions et, sous ce rapport, se classent en deux catégories. Celles de l’extérieur, plus grandes, embrassant à peu près chacune le tiers de la circonférence et chevauchant un peu l’une sur l’autre; leur bout inférieur s’infléchit en courbe concave pour former le fond de l’outre. Celles de l’intérieur, notablement moindres, épaississent la paroi et comblent les vides laissés par les premières. La tail-leuse de feuilles sait donc modifier ses coups de ciseaux d’après le travail à faire : d’abord les grandes pièces, qui rapidement avancent l’ouvrage, mais laissent des intervalles vides, puis les petites pièces qui s’ajustent dans les intervalles vides. Un autre avantage résulte des découpures à dimensions inégales. Les trois ou quatre pièces de l’extérieur, les premières mises en place-, étant les plus longues de toutes, débordent à l’embouchure, tandis que les suivantes, plus courtes, sont un peu en retrait. Ainsi s’obtient une feuillure qui maintient les rondelles de l’opercule et les empêche d'atteindre le miel lorsque l’hyménoptère les comprime en un couvercle concave.
- Quand l’insecte a rempli ce godet d’un mélange de miel et de pollen et y a déposé un œuf, il le recouvre d’un couvercle composé uniquement de pièces rondes plus ou moins nombreuses. Parfois le diamètre de ces pièces est d’une précision presque mathématique, si bien que les bords de la rondelle reposent sur la feuillure.
- Lorsqu’une loge est achevée, l’abeille en construit une autre par-dessus, et ainsi de suite, pour terminer la série des nids par une barricade analogue à celle qui se trouve à la partie inférieure.
- Fabre a fait de nombreux relevés de la flore des Mégachiles et il est arrivé à cette conclusion que, pour construire leurs outres, les coupeuses de feuilles, chacune suivant les goûts propres de son espèce, n’exploitent pas tel ou tel végétal à l’exclusion des autres; leurs pièces de feuillage varient suivant la végétation des alentours. Tout leur est bon, l’exo-lique comme l’indigène, l’exceptionnel comme l’habituel, pourvu que le morceau coupé soit d’emploi commode. Certains Mégachiles même, au lieu de feuilles, emploient les pétales : c’est le cas, par exemple, du Mégachile imbecitla qui tapisse souvent avec les pétales du vulgaire Géranium des jardins.
- Ce cas exceptionnel est normal dans un genre voisin, chez l’Anthocope du Pavot, qui creuse des terriers à peu près verticaux dans les chemins battus qui séparent les champs, chacun ne contenant qu’une alvéole par nid : il en tapisse l’intérieur avec les pétales délicats du coquelicot; c’est un véritable sac (pie l’animal ferme à la partie supérieure en en rabattant les bords et en le recouvrant de terre. Comme le remarque Maurice Girard, on peut dire que les enfants de l’Anthocope du Pavot méritent ce nom pompeux de porphyrogénètes que les Grecs du Bas-Empire donnaient aux fils de leurs empereurs quand ils naissaient dans la pourpre, alors que leurs pères occupaient le trône de Constantinople, ce dernier reste de l’empire d’Orient. Henri Coupin.
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- LE JARDIN BOTANIQUE DU LAUTARET
- Nous avons déjà parlé plusieurs fois ici de la question si intéressante de la protection de nos fleurs de montagne. Elles sont, on le sait, les victimes des collectionneurs et des industriels et les espèces les plus belles tendent à disparaître. Nous avions constaté qu’à l’étranger, en Suisse, en Italie, notamment, on prenait de sages mesures de protection et qu’en France on ne s’opposait pas à des dévastations systématiques. La situation s’est améliorée et on semble décidé à conjurer le péril.
- Une des régions les plus remarquables comme flore, c’est le col du Lautaret qui réunit la vallée de la Romanche à celle de la Guisane, ou le pays du Briançonnais à l’Oisans. Là s’étend une vaste nappe herbeuse à 2 075 mètres d’altitude. Cet alpage est célèbre par sa beauté pittoresque et les facilités de séjour qu’on y rencontre. On y trouve un refuge-hôtel très confortable et un beau panorama de montagnes ; d’un côté le Thabor et le Galibier, de l'autre les masses imposantes du Pelvoux et surtout les cimes étincelantes de la Meije.
- L’alpage, pendant le mois de juillet surtout, se recouvre de fleurs délicates, d’un coloris merveilleux. C’est lui qu’on a choisi comme emplacement pour un jardin alpin. On l’a placé à côté de l’ancien hospice où les voyageurs trouvaient refuge au temps où les routes étaient peu praticables. II est abrité derrière les escarpements du Pic Blanc du Galibier ; son installation est heureuse, il est divisé en un grand nombre de petites sections. Chacune
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- d’elles renferme un semis particulier. Un jardinier est chargé de. veiller . à l’entretien, et à la conservation du jardin de Lautaret, Il a été commencé en 1898; en juillet 1899, on l’agrandissait encore.
- Le col du Lautaret constitue une des plus hautes stations d’altitude, une de celles où le touriste peut se gorger facilement de l’air parfumé et vivifiant de la montagne, et goûter en même temps ce confort d’habitation, qu’on croit chez nous être une spécialité de la Suisse. Des routes merveilleuses le sillonnent en tous sens, l’une descend vers le Dauphiné à travers l’admirable vallée de la Romanche, l'autre s’enfonce vers le sauvage pays de la Durance, la troisième, par des lacets nombreux, s’élève à 2658 mètres pour conduire le voyageur en Maurienne, traversant en tunnel le col du Galibier. C’est avec celle du Stelviola plus haute route de l’Europe. En août, vous trouvez encore à côté de la chaussée des amas de glace, qui vous donnent le frisson des grands sommets. Et de tous côtés bondissent d’énormes torrents furieux et blancs d’écume. J. Corcelle.
- CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE
- DE PIERREFITTE A CARTER ETS
- Tandis que, dans toute la région du Sud-Ouest, l'opinion se préoccupe de nouveau et plus vivement que jamais du projet, si utile pour les deux pays, d’un chemin de fer transpyrénéen, entre la France et l’Espagne, voici qu’une entreprise non moins heureuse que hardie, également intéressante pour ceux qui voyagent ou qui vont aux eaux — n’est-ce pas tout le monde aujourd’hui? — pour ceux qu’attire la beauté des sites ou la vertu de la Naïade, et importante pour la prospérité d'une des stations les plus réputées des Pyrénées, vient prouver qu’il n’est aucunement téméraire de songer ’ï engager une voie ferrée dans ces gorges profondes, d’espérer franchir le puissant massif, qu’il n’est rien d’impossible pour le génie moderne et pour les puissances mécaniques dont il dispose. On a inauguré le chemin de fer à traction électrique de Pierrefitte à Cauterets. Un travail chimérique, tant les difficultés de toutes sortes semblaient en rendre la conception paradoxale et irréalisable : un paradoxe qui est devenu une réalité.
- Commencés en mars 1897, les travaux d’infrastructure et de superstructure du chemin de fer électrique de Pierrefitte à Cauterets ont été, malgré le prix élevé de la main-d’œuvre, malgré les difficultés normales de toutes sortes, que de terribles intempéries avaient aggravées, menés avec une- rapidité, avec une précision dont peuvent s’enorgueillir le directeur, M. Ferrier, les ingénieurs, l’entrepreneur, M. Médebielle, et le personnel sous leurs ordres. Dès le mois de juillet 1898, ils étaient complètement terminés et en état. Ils consistent en terrassements très importants, à flanc de coteau, dans les roches schisteuses ; en un viaduc métallique (pont de Meyabat), de 47 mètres de portée, sur le gave de Cauterets ; en un tunnel percé dans la diabase ; et en des ouvrages ordinaires nombreux.
- La voie, qui comprend des lacets multiples, mais parfaitement sûrs, malgré la médiocrité de leur
- rayon, des rampes nombreuses et raides, mais que défie la puissance des freins, est, presque sur tout le parcours, établie sur les penchants de la gorge, dont elle contourne les sinuosités, mi-partie sur la rive gauche, mi-partie sur la rive droite du torrent, en ballast solide, surplombant de 50, de 60 mètres et plus, le ravin. Sa longueur totale, de Pierrefitte à Cauterets, est de llkm,200™, passant de l’altitude, au départ, de 462 mètres à celle, à l’arrivée, de 910 mètres. L’écartement des rails est exactement de 1 mètre; le minimum de rayon, 55 mètres; le maximum des rampes, 80 millimètres par mètre. Ces déclivités sont franchies par simple adhérence; mais la remorque est impossible. Les wagons sont donc tous automoteurs et ils marchent isolément.
- D’un gabarit pratique et élégant, les voitures à voyageurs, au nombre de 25, sont très confortables d’installation, éclairées par des lampes à incandescence et comportent de 52 à 7 6 places, réparties entre : 1° un compartiment central pour les personnes qui préfèrent voyager au grand air, avec la liberté de fumer, et debout; 2° deux compartiments, à chaque extrémité du wagon, avec sièges coquettement capitonnés d'étoffes claires, grandes glaces, etc. ; 3° huit strapontins, quatre sur chaque plate-forme, derrière les conducteur s-électriciens. Des courroies suspendues au plafond de la voiture assurent la stabilité du voyageur et lui donnent toute commodité, dans le compartiment central. Un système de fermeture ingénieux empêche la portière de s’ouvrir inopinément et prévient ainsi tout accident. Le voyageur trouve toutes les aises désirables, dans ces véhicules perfectionnés et dont le bon goût répond à leur destination comme aux exigences de la clientèle qu’ils vont transporter en foule, dans ce pays d’attraction et de mondanité.
- Chaque voiture est portée par quatre boggies. Chaque boggie est actionné par deux dynamos motrices. Tout véhicule a donc sous son plancher quatre moteurs, chacun d’une intensité de 50 ampères, 600 volts, soit 18 kilowatts, 25 chevaux à 450 tours par minute. Chacune d’elles est munie, en outre, de trois freins : 1° un frein à main et à sabots, serrant les huit roues; 2° un frein à patins limeurs, en acier trempé, frottant sur les rails; 3° un frein électrique, constitué par les dynamos motrices, qui fonctionnent comme génératrices, à la descente, et envoient alors du courant dans des résistances en mail-lechort, placées sous la toiture du wagon.
- La force motrice est fournie par une dérivation du gave de Cauterets, barré à l’amont d’une série de cascades et dont l’eau ainsi captée, cubant 2 mètres par seconde, arrive, après un trajet de 800 mètres en souterrain, à deux tuyaux couplés, en tôle d’acier, de 65 centimètres de diamètre, qui, par une chute de 69 mètres, la précipitent, avec une puissance de 1500 ehevaux, dans l’usine centrale, installée à Calypso, à mi-chemin de Pierrefitte à Cauterets,
- Cette usine comprend : 4 turbines motrices, de 300 chevaux chacune, actionnant 8 dynamos génératrices; une petite turbine, actionnant 2 dv-
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- namos excitatrices; un tableau de distribution.
- Le courant produit par les génératrices, à la tension de 750 volts, est conduit par des fils aériens en
- cuivre aux voilures, munies de trolleys. La ligne est à voie unique, avec garages ménagés de loin en loin. 11 va sans dire que l’usine fournit la lumière à toute
- Fig. 1. — Chemin de fer électrique de Pierrefltte à Cauterets. Le Limaçon et la Gorge de Calypso.
- Fig. 2. — Le viaduc de Meyabat.
- l’exploitation, et qu’un^circuit télé]thoni<pic la met en communication avec les points terminus et les haltes.
- A Pierrefî Lte, la gare de la Compagnie du Midi sert en service commun. A Cautercts, la station comprend
- un bâtiment de 50 mètres, en pitchpin verni, genre chalet suisse, très coquet, pour les voyageurs, une halle et un quai découvert pour les marchandises. La section Pierrefitte-Cauterets fait partie d’un
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- Fig. 3. — Panorama de la Vallée de Pierrefitte. (D’après une photographie.)
- Fig. 4. — La gare de Cauterets, (D’après une photographie.)
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- réseau composé de "trois lignes : Cauterets-La-Raillèro, en exploitation depuis le 2 avril 1897; Pierrefitte-Luz, en construction ; Pierrefitte-Cauterets, qu’on vient de livrer à l’exploitation, dans les conditions les plus favorables.
- Au lieu qu’autrefois il fallait subir l’ennui d'un transbordement de bagages, de la recherche d’un véhicule, de la discussion des prix exorbitants exigés par les cochers, à la merci desquels était le voyageur, d’une montée enfin longue et fatigante, sous le soleil, en pleine poussière, désormais on effectuera le trajet directement, sans retard, sans souci aucun, en 45 minutes et au tarif le plus réduit.
- Pierrefitte! Le wagon de la Compagnie P.-C.-L. vous attend devant la sortie même de la gare du Midi. En route!... On remonte la rampe, effrayante de hardiesse, en lacets, à flanc de montagne, jusqu’au tunnel, tandis que devant le regard émerveillé s'élargit la vallée, s’étend, en s’éloignant, le panorama, la ville, la gare, le chemin de fer du Midi, les ruines décoratives de Beaucens, la Tempé d’Argelès, le Davantaïgue, le Lavedan presque tout entier.... Le torrent gronde, sous l’impulsion folle de ses eaux écumeuses, à travers les mousses, les fougères, les gazons, les arbustes indisciplinés, les rocs aux longues chevelures de luxuriantes végétations. Le Soulom étage ses croupes ombragées des arbres les plus beaux. Voici franchi le tunnel de 215 mètres. Nous laissons à notre droite les mines de plomb argentifère et d’étain du Jer. Le Gave mugit à 60 et 80 mètres au-dessous de nous, tandis que le wagon file, rapide et très doux, sur les rubans de fer, empruntant çà et là la vieille route que suivirent, il y a des siècles, les litières et les carrosses des seigneurs, des belles dames, des princesses, comme la Marguerite des Marguerites. Voici le pont de Cacou, si pittoresque; voici le viaduc de îleyabat, si hardi: voici le Limaçon et ses deux rebroussements à angle aigu, si étonnants, si impressionnants; voici, sur notre droite, entre deux échancrures, transparaître, en une fluidité d’or, la Vierge de Calypso; là-bas, c’est le Monné; là-bas encore, le Péguère; plus loin, plus haut, plus auguste encore, le Yignemale !... La gorge s’élargit ; le panorama redevient plus souriant; à la sauvagerie des rochers succède la grâce des pacages; des croupes gazonnées amollissent leurs pentes vers la vallée ; des villas profilent leur charme à travers les grands et beaux arbres; de claires toilettes piquent le parisianisme de leur note élégante dans la séduction du paysage ; nous dépassons les éboulis du Lisey.... Stop! c’est Cauterets.
- Voyage charmant! voyage enchanteur! Quiconque vient visiter ces admirables Pyrénées appréciera les avantages de la voie nouvelle. Comme il y a unanimité pour s’extasier devant la difficulté vaincue, il, n’y aura qu’une voix pour remercier la Compagnie du P.-C.-L., pour louer la hardiesse de l’entreprise, la ténacité de l’effort et la plénitude du succès. 0. Justice.
- LES ARROSAGES TARDIFS DE LA YIGNE
- Il est toujours agréable de pouvoir apprendre à un propriétaire de vignes qu’il peut, en s’y prenant bien, augmenter ses bénéfices de plus de 160 francs par hectare dans certaines années. C’est ce qu’a fait M. A. Müntz, de l’Académie des sciences, dans une récente communication à la docte Compagnie. Souvent, vers la lin d’un été sec, comme celui de l’année dernière, on constate que le développement des grains de raisin n’est pas normal ; le grain a un volume réduit. Les vins obtenus sont généralement plus généreux ; mais le rendement est diminué. L’augmentation de prix ne compense pas la réduction de quantité. Si des pluies étaient survenues avant la vendange, la récolte eût été sans conteste beaucoup plus abondante. Quelquefois, au dernier moment, quand la pluie, malgré les espérances, n’est pas venue, on se décide à entreprendre l’arrosage artificiel, malgré les frais de l’opération. 11 est clair que, lorsque l’eau est à portée, l’arrosage est tout indiqué; mais, quand les vignes sont situées en coteaux, ce qui est le cas le plus général, on hésite devant la dépense. M. Müntz s’est demandé si, dans ces circonstances, l’augmentation de la récolte compense les frais d’arrosage et si, en fin de compte, la pratique laisse des bénéfices. La réponse est très satisfaisante et il nous paraît utile de le faire toucher du doigt aux intéressés.
- M. Müntz a étudié l’influence des arrosages tardifs en Roussillon dans un grand vignoble situé dans les Aspres, c’est-à-dire en coteaux et en dehors de la région irrigable. On se rappelle que, en 1898, après un hiver pluvieux-et un printemps humide, une période de grande sécheresse s’est établie et a persisté pendant tout l’été. Aussi, dès juillet, on pouvait constater que, si le raisin était abondant, les grains n’avaient qu’un faible développement qui permettait de prévoir une récolte peu abondante. M. Müntz se décida à installer une machine éléva-toire et à arroser plusieurs pièces du vignoble. L’arrosage fut trop tardif, trop près de la vendange, entre le 25 juillet et le 26 août. Mais comme certainement on ne prendra cette mesure qu’à la dernière extrémité généralement, l’expérience répond bien aux conditions de la pratique. Les vignes ont reçu, distribués par rigoles, 2200 mètres cubes d’eau par hectare. Ce qui correspond à une pluie de 220 millimètres. Ce volume est important et, cependant, la terre l’a absorbé, sans qu’il y ait eu entraînement des principes fertilisants par lavage. Malgré tout, en comparaison des irrigations faites quand on a de l’eau à portée, l’opération effectuée ne correspondait qu’à un arrosage léger.
- Et pourtant, au bout de quelques jours seulement, les feuilles de la vigne se redressèrent et reprirent leur belle teinte verte, le volume des grains augmenta visiblement et l’accroissement se continua jusqu’à la vendange. M. Müntz a pesé au même moment des grains moyens recueillis dans les régions arrosées et dans celles qui ne l’étaient pas. L’augmentation a été trouvée notable; elle est, en moyenne, comprise entre 25 et 30 pour 100 et s’est élevée jusqu’à 45 pour 100.
- On pouvait se demander si les grains, par le fait de l’arrosage, ne s’étaient pas tout simplement gorgés d’eau. L’analyse du moût des vignes arrosées et des vignes témoins a répondu par la négative. Il est certain que l’arrosage introduit dans le grain une quantité d’eau notable : le moût des vignes arrosées est moins chargé de sucre ; mais cette diminution est loin de correspondre à l’accrois-
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- scment du poids des raisins. L’arrosage a quand même déterminé une production de matière sucrée et les acides végétaux ont augmenté dans une proportion considérable. En chiffres, on trouve, par exemple, par hectare de vignes (nramon) arrosées : Sucre, 1496 kg. Acides, 87 kg.; et, par hectare de vignes non arrosées : Sucre, 1308 kg. Acides, 63 kg. Augmentation due à l’arrosage : Sucre, 188 kg. Acides, 24 kg. Avec le carignan, l’augmentation est encore plus nette ; pour le sucre elle s’élève à 220 kg.
- Ces essais ont manifestement de l’importance pour l’agriculteur et se traduisent par une plus-value très sensible. Examinons de près l’économie de l’opération. L’arrosage entraîne des frais supplémentaires; mais il accroît la production. Voici des chiffres comparatifs :
- Récolte Richesse
- à l'hectare. alcoolique.
- Aramon arrosé .... 87 hectol. 10»,1
- Aramon non arrosé . . . 72,1 10o,8
- Carignan arrosé. . . . . 51,6 12°, 2
- Carignan non arrosé . . 40 12°,6
- deaux formidables, et on peut leur confier les chargements les plus bizarres : M. Cusack-Smith, le consul auquel nous empruntons ces détails, en a vu un porler sur son dos un corps de commode, un lit de fer avec sa literie, la batterie de cuisine et tous les ustensiles de ménage de son propriétaire.
- Les poneys chiliens ne sont pas moins précieux comme animaux de trait : dans les rues de Valparaiso, on les voit attelés en couple aux voitures à deux roues, mais cela de façon particulière. Un des chevaux est dans les brancards, tandis que l’autre est attaché par un seul trait de cuir latéralement au premier et porte le conducteur de la voiture. D’ailleurs, aucun des deux ponejs n’a de mors. Ces bêtes élégantes, obéissantes, robustes, qui sautent bien et formeraient d’excellents attelages pour pièces d’artillerie, ne se vendent jamais, au grand maximum, plus de 250 francs.
- LA MISE EN ROUE
- Les vins de cettet catégorie se vendent généralement suivant le degré alcoolique et dans les conditions actuelles à 2 francs le degré. L’excédent de recette obtenu par le fait de l’arrosage a été par hectare :
- Pour l'aramon de............ 206 francs.
- Pour le carignan de.........251 —
- Maintenant, quelles sont les dépenses? L’eau a été prise à une distance de 1500 mètres et élevée à une hauteur de 40 mètres à l’aide d’une machine puissante ; elle a été distribuée par des rigoles tracées à la charrue et creusées à la main. On a dépensé ainsi 46fr,30 par hectare. Mais ce n’est pas tout. L’arrosage augmente le développement végétal et par suite appauvrit le sol; on a dû donner à la vigne des fumures plus abondantes, soit un excédent de 13 francs par hectare d’engrais.
- Finalement, la recette supplémentaire ayant été de 200 à 250 francs, la dépense d’environ 60 francs, il s’ensuit que l’arrosage tardif pratiqué en 1898 a produit un bénéfice de 140 à 190 francs par hectare. 11 faut donc que, chaque fois que les circonstances le permettront, les propriétaires de vignobles sachent bien que l’arrosage même tardif est une pratique à recommander qui accroîtra la production et mettra dans leurs poches une somme qu’ils perdent aujourd’hui par indifférence ou ignorance des faits. Malgré le coût de l’arrosage, il y a bénéfice, et il est assez grand pour que dans la majeure partie des cas il y ait avantage à le pratiquer. Avis aux intéressés.
- Henri de Par ville.
- PONEYS CHILIENS
- Si l’on connaît les poneys des Shetland, ceux d’Islande et de quelques autres pays, on ignore généralement qu’il existe au Chili une race fort intéressante de ces petits chevaux. Le consul général d’Angleterre à Valparaiso en parlait récemment, et il les citait comme le type idéal du poney, extrêmement endurant et facile à manier. Suivant son expression même, ils semblent ignorer absolument ce qu’est la peur, se fiant entièrement à leur cavalier, n’hésitant pas à se lancer contre une muraille, jusqu’au moment où leur maître les arrêtera.
- Comme toujours, c’est le pays qui a fait cette race, et, dans cette contrée montagneuse, ils escaladent les pentes les plus rapides, les plus difficiles, avec la sûreté de pied d’une mule. Comme animaux de bât, ils portant des far-
- DES
- NUMÉROS DES OBLIGATIONS A LOTS
- DU CREDIT FONCIER
- Avez-vous jamais assisté à un tirage d’obligations à lots au Crédit Foncier? C’est une opération très curieuse, qui a lieu le 5 de chaque mois, et qui
- Fig. 1. — Étuis fermés et étuis ouverts.
- Bulletin contenant le numéro d’une obligation.
- attire toujours beaucoup de monde. Présidée par le gouverneur, l’honorable M. Labeyrie, ou par un sous-gouverneur, entouré des membres du conseil
- 31639%
- ïwiiïjvKiîrs
- 316795
- Emprunt Communal 1899 >
- 245,303
- o y.mpuni Ccamnar
- . 245,303
- Fig. 2. — Brochette de dix bulletins.
- d’administration, la cérémonie ne manque pas de solennité. La foule, toujours très nombreuse, est agitée, fiévreuse. C’est la fortune qui va sortir de l’immense rou» en cuivre dressée au fond de la salle.
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- LA NATURE.
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- Et quel sera l’heureux privilégié? C’est cette roue qui attire tous les regards. Beaucoup de personnes se sont souvent demandé comment elle était constituée et par quel moyen les numéros y étaient introduits.
- La dernière émission d’obligations laite par le Crédit Foncier donne de l’actualité à la question, car chaque emprunt a sa rone spéciale, et la mise en rone des 50(J 000 numéros des obligations émises
- Fig. 3. — Les brochettes placées dans l'appareil à enroulement. Fig. 4. — L’appareil d'enroulement dans les étuis.
- le 21 février dernier mérite d’être décrite, h cause de l'intérêt particulier qu’elle présente.
- Autrefois, ce travail durait trois mois. Soixante personnes étaient occupées à découper les bulletins des numéros des obligations, à les enrouler et à les introduire dans des étuis. Ces étuis étaient exposés dans des cartons qui en contenaient plusieurs mille, et, en présence du public, on vidait ces cartons dans la roue.
- Le système que l’on emploie maintenant est automatique ; il n’exige qu’un personnel de quatre ouvriers et l'opération est terminée en une semaine. Nous allons essayer d’en faire comprendre le mécanisme. Les étuis, d’un centimètre et demi de longueur, sont en cuivre mince d’un seul morceau découpé, plié et serti mécaniquement, ce qui leur assure tout à la fois une grande légèreté et une extrême solidité (fig. 1).
- Les bulletins en papier du Japon (fig. 2, n° 5), sont introduits dans ces étuis au moyen de deux
- Fig. 5. — Vérification des numéros sur l'appareil.
- tiges en laiton passant par deux trous placés aux extrémités de chaque étui (fig. 2, n° 1). Ces tiges maintiennent les bulletins et les étuis entre eux p»ar
- * brochettes de dix,
- jusqu’au moment de la vérification et de la mise en roue (fig. 2,n°2).
- Ces brochettes sont placées dans l’appareil représenté par la figure 3 qui constitue l’une des originalités du système. Il contient dix brochettes, soit 100 numéros, qui, une fois en place, sont J soumis au contrôle.
- La mise en place des brochettes sur cet appareil se fait très simplement, et pour faciliter notre explication nous donnons la figure 4 représentant une partie du mécanisme apparent.
- Ce travail se fait en introduisant dans les deux trous pratiqués sur l’axe de chaque roue dentée a le bout des tiges en laiton b et en fermant la griffe c venant appuyer sur les étuis d.
- Dans cette position, on conçoit que si on fait tourner la roue dentée, le mouvement de rotation
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- entraîne forcément les bulletins à l'intérieur de leurs étuis respectifs qui, eux, ne peuvent se déplacer et comme ces roues d’engrenage se commandent entre elles, il suffît d’actionner la manivelle e pour enrouler à la fois les 100 bulletins qui garnissent l’appareil, ce qui a lieu instantanément sans résistance sans le moindre lami nage. Personne ne touche soit aux bulletins, soit aux étuis.
- Chaque appareil est muni d’une étiquette indiquant les premier et dernier numéros de la centaine. Cette étiquette est signée par le délégué de l’administration chargé de la vérification, et remise au chef du contrôle qui fait émarger sur un registre spécial la série vérifiée. La figure 5 représente l’en-
- semble des opérations de vérification et de contrôle.
- L’appareil chargé des 100 étuis avec leurs numéros vérifiés et enroulés est présenté alors au-dessus d’un entonnoir aménagé spécialement à cet effet
- (fîg. 0, a) et communiquant à un wagonnet à parois en glaces b. On pousse un bouton qui fait coulisser le plateau et on débroche les étuis qui, devenus libres, tombent dans le wagonnet hermétiquement fermé.
- Environ toutes les demi-heures, celui-ci s’élève au moyen d’un petit ascenseur et déverse les étuis dans la roue de tirage.
- Comme on le voit, ces opérations délicates sont toutes faites automatiquement, ce qui leur donne la plus grande sécurité et permet aux administrations
- Fig. 7. — Salle des tirages du Crédit Foncier.
- d’économiser un temps précieux. La figure 7 représente l’intérieur de la salle des. tirages du Crédit Foncier de France où se sont faites publiquement, en présence d’une Commission nommée par cette administration, toutes les opérations de vérification, de contrôle, d’enroulement des bulletins et de mise en roue des numéros dont nous venons de parler.
- Avec ce système, dont l’inventeur est M. Yico, caissier principal de la Compagnie des chemins de fer du Midi, les fraudes sont impossibles et les erreurs ne peuvent se produire.
- Il se résume par ces deux mots : Contrôle absolu, sécurité complète. J.-F. Gall.
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- LA NATURE.
- ÉRUPTION DE L’ETNA
- Observatoire de l'Etna.
- Le 19 juillet, à 8 heures du matin l’Etna a projeté du cratère central une masse énorme de fumée, pierres, lapillis, cendres, qui se sont soulevées à une hauteur de plusieurs kilomètres, et ont recouvert tout le versant S.-E. du volcan, jusqu’à Zaferana Etnea (altitude 600m) où les rues sont recouvertes d’environ un centimètre de sahle. Une quantité de pierres a frappé la coupole de l’Observatoire de l’Etna (qui est à 1 kilomètre de la bouche centrale), de manière qu’il s’est produit une trentaine de trous dans les plaques de fer de 6 millimètres d’épaisseur, qui recouvrent cette coupole : cinq de ces trous ont un diamètre d’environ 30 centimèlres et les pierres qui les ont produits sont tombées dans la salle du réfracteur de 5m,50 : deux d’entre elles ont traversé aussi le plancher et sont allées s’enfoncer dans le sol du rez-de-chaussée, une autre a cassé trois échelons en bois de la grande échelle mobile, une autre est entrée dans la base en bois qui entoure le pied du réfracteur; heureusement celui-ci, et les autres appareils de l’Observatoire, n’ont reçu aucun dommage. Deux autres pierres ont traversé les toits des chambres latérales.
- Autour de l’Observatoire il y a une cinquantaine de trous en forme de chaudières, causés par la chute de pierres dans le sol de sable.
- Un tas de fumier qui était près de l’écurie de l’Observatoire a été réduit en cendres, ce qui prouve la température élevée des matériaux lancés par le volcan. Le bois du plancher présente des traces de brûlure aux endroits qui ont été percés parles pierres.
- La fumée de l’éruption en se condensant dans l’air a donné lieu à une pluie chaude et acide sur les régions élevées du volcan, et a déterminé ainsi la précipitation des nuages en pluies ordinaires dans les régions moins élevées.
- La colonne, en pin éruptif, à 9 heures s’était étendue énormément dans le ciel, presque jusqu’au zénith de Catane (distance 30 kilomètres) et produisait un obscurcissement notable du soleil.
- A 9h50 la fumée avait disparu. Aucun mouvement sensible du sol n’a accompagné ce phénomène, excepté une faible secousse à Lafferana Etnea à l’extrémité inférieure de la Valle del Bove. Nos appareils à Catane n’ont indiqué qu’une très faible oscillation, observée dans les tromomètres.
- A l’Observatoire de l’Etna deux observateurs de tremblements de terre ont signalé des mouvements horizontaux et verticaux. L’éruption a été accompagnée par des détonations, qu’on a entendues très faiblement jusqu’à Catane.
- Le 25 juillet il y a eu une autre éruption semblable, mais de moindre importance. A. Ricco,
- Directeur de l’observatoire de l’Etna.
- LA IiARBE ET LES CHIRURGIENS
- Le sentiment du devoir est la règle chez les médecins ; mais il peut aller, chez quelques-uns, jusqu’à un point qu’il serait vraiment difficile de soupçonner. Le microbe a acquis aujourd’hui une puissance bien grande. Une jeune doctoresse en médecine avait une chevelure superbe. Elle tenait à suivre la clinique de certain chirurgien hongrois, qu’il me paraît être prudent de ne pas nommer ; car la femme souvent ne pardonne pas.
- « Mademoiselle, impossible de vous recevoir dans mes salles, lui dit un matin le chirurgien. — Cependant...— Vous avez trop de cheveux! — Quel rapport?... — C’est pourtant bien simple à comprendre, Mademoiselle : nos salles d’opérations doivent être à l’abri de toute contamination extérieure. Vos cheveux sont des nids à microbes et vous rendriez mes opérations dangereuses. Coupez vos cheveux et vous aurez l’entrée libre. »
- Amour de la science ! La doctoresse fit tomber sa chevelure de jais et elle entra. Un peu cruel, le chirurgien, mais il avait accompli son devoir.
- Ce n’est pas fini. Dans le service du même hôpital venait chaque matin un chirurgien à la barbe épaisse et longue : « Docteur, fit un jour la doctoresse, vous m’avez fait couper mes cheveux. C’était juste. Mais pourquoi souffrez-vous que votre confrère conserve sa barbe ? Une barbe est tout aussi bien un nid à microbes! — Bien raisonné, Mademoiselle. Mon confrère coupera sa barbe ou s’en ira. »
- Le confrère ne coupa pas sa barbe; mais ne revint plus. C’est encore ici qu’apparaît nettement la supériorité de la femme sur l’homme.
- L’aventure fit du bruit, et voici maintenant qu’en Autriche et en Allemagne on parle très sérieusement d’obliger les chirurgiens à faire le sacrifice de leur barbe. Le docteur Ilubenek, de Breslau, a posé la question. Il s’est livré, en effet, à des expériences qui ne manquent pas d’intérêt. Il a été trouver plusieurs de ses confrères barbus et il a passé sur leur barbe, à plusieurs reprises, une plaque enduite d’une légère couche d’agar. L’agar constitue, comme on sait, un bon bouillon de culture pour les microbes.
- Sur 2 fi cas, 11 fois il a obtenu de cette façon des cultures de microbes pyogènes, c’est-à-dire dangereux, 3 fois le staphylococcus aureus en colonies; 8 fois le staphylocoque blanc en grande abondance.
- Flugge, de son côté, a fait l’expérience suivante. Un homme, la barbe non protégée, a été placé pendant dix minutes près d’une plaque d’agar, puis pendant dix autres minutes la barbe recouverte d’un masque de mousseline. La différence entre le nombre des colonies obtenues dans les deux cas a été extrêmement marquée. Uubener a répété l’expérience de Flugge, mais en recouvrant la barbe d’un véritable masque assujetti derrière les oreilles à la façon de lunettes. Ce masque recouvrait la bouche et les narines et se prolongeait par une pièce de mousseline de façon à entourer complètement la barbe. Sur 18 essais, 6 fois la plaque d’agar est restée stérile; dans les 12 autres cas, le nombre des colonies a été insignifiant. Uubener en a conclu qu’un masque bien fait enserrant le barbe peut suffire aux chirurgiens.
- On pourrait sans doute admettre avec Garré qu’il serait possible de mettre tout le monde d’accord, en se contentant de laver la barbe avec une solution de sublimé. Une bonne lotion avant toute opération. Ce n’est cependant pas l’avis de la majorité qui tient pour le masque ou pour la suppression de la barbe. Nous voilà donc parvenus à un tournant de l'histoire. Les chirurgiens de l’avenir devront ne montrer à leurs opérés qu’un visage glabre et sacrifier leur barbe aux nécessités de l’antisepsie. Flamel.
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- CHRONIQUE
- Iles des Cyelopes. -— M. le marquis di Gravina a fait donation à l’Université de Catane de l’ile et des écueils des Cyclopes [Isola e Faraglioni dei Ciclopi). La beauté
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- LÀ NATURE.
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- extraordinaire de ce petit archipel, la célébrité classique de ces rochers, la faune marine de ces parages, très riche, les minéraux très rares et spéciaux de ces écueils basaltiques, recouverts aux sommets par des roches sédiinentaires (Cyclopeite Analeime, ece.), les questions géologiques qui s’y rattachent, rendent ce don vraiment précieux et digne de rUniversité de Catane. Le Recteur prof. A. Ricco, avec une commission de professeurs en a pris possession le 2 juillet 1899. Ces îles deviendront une dépendance de l’Université pour des études biologiques, minéralogiques et de géophysique.
- Plaques de blindage pour coffres-forts. -— On
- commence aux États-Unis à remplacer les anciennes plaques laminées pour les coffres-forts, par de véritables plaques de blindage absolument semblables à celles qu’on emploie pour le cuirassement des navires de guerre, et sortant des mêmes usines. C’est ainsi qu’une des grandes fabriques de Pittsburg vient d'être chargée de construire un coffre-fort qui n’a pas moins de 5"',95 de long sur 5m,02 de hauteur et 2m,89 de profondeur, et dont les parois sont uniquement constituées de plaques de cuirassement. La façade est faite d’une seule plaque qui n’a pas moins de 0m,203 d’épaisseur, et qui est, de plus, renforcée par une seconde de 0m,164 d’épaisseur et en acier au nickel. Toutes ces plaques sont assemblées à mi-épaisseur et boulonnées de l’intérieur, de manière à pouvoir résister pour ainsi dire à toutes les attaques, et en particulier aux explosifs.
- Les vieux arbres <le Padoue. — En réalité, c’est seulement dans le Jardin botanique qu’on les rencontre, d’après le Journal of the Royal horticullural Society, de Londres, qui vient de donner des détails à leur sujet. Dans ce jardin, fondé en 1545, et sans doute l’un des plus vieux du monde, on trouve un Vitex aynus caslus qui n’a pas moins de 349 ans, un palmier chamærops humilis qui en a 314, un platane d’Orient de 219 ans; on ne compte pour ainsi dire pas les arbres qui dépassent le siècle, et nous citerons presque comme une jeune plante un Salisburia adiantifolia qui a 148 ans d’àge.
- Travail mental et élévation de température.
- — C’est une question très discutée parmi les physiologistes, que celle de savoir si le travail mental cause une sensible élévation de température dans le corps humain. Les Drs Pembery et Nicol viennent de publier dans le Journal of Physiology, les résultats de leurs études à ce sujet. Ils en arrivent à cette conclusion que le travail intellectuel n’a que peu ou point d’action sur la température profonde du corps. Le travail mental entraîne le repos musculaire proprement dit, et il en résulte une chute de température plus que suffisante pour masquer toute élévation due à l’activité des portions supérieures du système nerveux. Les auteurs insistent, du reste, sur ce que, pour eux, les mesures de température que l’on prend dans la bouche sont toujours inexactes : la bouche subit en effet des causes de refroidissement considérables.
- 1/éléphant chirurgien. — C’est du reste d’autochirurgie qu’il s’agit/l’opérateur à longue trompe ayant opéré sur lui-même, pour se débarrasser d’une sangsue qui le gênait fort. Le fait a été signalé dans le journal Nature par M. G. E. Peal. Celui-ci vit avec étonnement la bête s’approcher d’une clôture en bambou, et en briser un des poteaux, puis casser ce dernier en éclats en s’aidant de sa trompe et d’une de ses jambes de devant. Quand il eut obtenu ainsi un bout de bois pointu long de quelque 25 centimètres ; il le saisit avec sa
- trompe et s’en gratta l’aisselle avec une énergie qui annonçait une pensée bien arrêtée. En effet, l’observateur vit bientôt tomber à terre une grosse sangsue qui s’était accrochée sous l’aisselle de l’éléphant et le gênait évidemment de façon considérable ; l’intelligent animal posa son pied sur la sangue et l’écrasa avec un grognement de satisfaction.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 août 1899. — Présidence de M. Maurice Lévy.
- Les étoiles filantes d'août. — M. Maurice Lœwy adresse une Note de MUe Klumpke sur la pluie d'étoiles filantes du mois d’août de cette année. M116 Klumpke a observé le phénomène à l’Observatoire de Paris, à l’aide d’une alidade montée horizontalement. Les coordonnées azimutales ont été ensuite converties par le calcul en coordonnées équatoriales, c’est-à-dire en ascensions droites et déclinaisons. Les observations ont été poursuivies du 9 au 13 août. Elles ont permis de constater que les perséides étaient cette année moins nombreuses qu’à l’ordinaire, qu’elles « filaient » rapides, laissant des traînées courtes et peu lumineuses. Mais en revanche l’auteur a noté de nombreuses étoiles filantes provenant de radiants divers ; elle en donne une liste comprenant cent numéros. — I)e son côté, M. Charles André, à l’Observatoire de Lyon, a observé le phénomène des étoiles filantes à la même époque.
- Céramique. — M. Lechatelier adresse deux Notes, l’une sur les terres cuites noires, l'autre sur les porcelaines égyptiennes. Cette dernière Note tranche un point fort débattu dans l’histoire de la céramique. Les Égyptiens ont-ils connu la porcelaine? On avait trouvé dans des tombeaux égyptiens fort anciens, des vases de porcelaine ornés de dessins. L’examen attentif a montré que ces dessins n’étaient autre chose que des inscriptions de textes chinois du douzième ou treizième siècle. Comment ces vases, d’origine chinoise manifeste, ont-ils été introduits dans des tombes égyptiennes si anciennes, et dans quel but? Il est impossible de le dire. Quoi qu'il en soit, M. Lechatelier a eu l’occasion d’étudier d’autres vases provenant d’une nécropole nouvellement mise à jour. Il a trouvé que ces objets étaient en pâte tendre. Leur authenticité est d’ailleurs indiscutable ; ils sont porteurs d’hiéroglyphes.
- Action des différentes lumières sur les vers à soie. — M. Bouquet de la Grve présente une Note de M. Flammarion relative à l’action de la lumière colorée sur les vers à soie. L’auteur a élevé dans des châssis recouverts de verres de différentes nuances des vers à soie. Ces insectes ont tous reçu la même nourriture, néanmoins ils ont fourni des résultats fort différents quant à la quantité de soie et d’œufs et aussi quant à la proportionnalité des sexes.
- Combinaisons séléniées, sulfurées et tellurées. -— M. Ditte présente une Note de M. Hugot relative à l’action du soufre, du sélénium et du tellure sur les ammomo-niums alcalins dissous dans -du gaz ammoniac liquéfié. L’auteur montre que les choses se passent différemment, suivant que le métalloïde est ou n’est pas en excès. Dans le second cas, qui est le plus simple, il se produit des cristaux blancs de monosulfure, monoséléniure ou mono-tellurure purs du métal alcalin considéré; quand il y a excès de métalloïde, il se forme encore des combinaisons cristallisées, mais ce sont des pentasulfures avec le
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- LA NATURE.
- soufre, des tétraséléniures avec le sélénium et des tritellu-rures avec le tellure. Cette méthode permet d’obtenir à l’état de pureté des composés qu’il serait très difficile de préparer sous cette forme par tout autre procédé.
- Varia. — MM. Berthelot et Delepine ont étudié les dérivés métalliques de l’acétylène. — M. Duclaux présente une Note de M. Louise sur un mode de dosage du phosphore libre dans les huiles. — M. Edmond Perrier adresse une Note de M. Pizon sur la coloration des tuni-ciers. Cu. de Yilledeuil.
- TUBES DE NIYEAU D’EAU BLINDÉS
- Il est de toute nécessité pour un chauffeur de voir constamment le tube du niveau de l’eau dans la chaudière qu’il conduit.
- De nombreuses dispositions ont été imaginées déjà; mais elles présentent toutes plus ou moins certains inconvénients. L’appareil le plus simple est certainement le tube de verre placé à l’extrémité entre deux tuyaux munis de robinets. Mais dans la salle de chauffe, des courants d’air surviennent, l’eau est trop chaude, et il arrive souvent que le verre se brise. Les éclats se répandent de tous cotés, et parfois même blessent le chauffeur; la vapeur s’échappe à son tour pouvant occasionner de nouvelles blessures, et causer partout d’autres dégâts.
- On a essayé un grand nombre de dispositions protectrices, notamment on a cherché à envelopper le tube de verre par un autre tube métallique. Mais cet arrangement ne donne aucune garantie, et bien souvent on ne peut distinguer nettement le niveau de l’eau. M. Bara, ingénieur, qui a beaucoup étudié cette question, a imaginé un nouveau tube de niveau blindé qui est très intéressant et peut être utilisé avec avantage pour les chaudières. Ce tube est solide et permet d’apercevoir très facilement la hauteur de l'eau. Cette nouvelle solution semble donner toutes garanties et toutes facilités d’application.
- Le tube de verre employé est un tube de verre ordinaire sur lequel on dépose électrolytiquement du cuivre en épaisseur suffisante pour lui donner une résistance convenable.
- On a soin d’éviter, dans cette opération, le dépôt de cuivre sur un certain nombre de points du tube,
- de façon à laisser une série d’ouvertures de grandeur déterminée pour permettre d’apercevoir distinctement au dehors le niveau de l’eau. Le métal ainsi déposé épouse étroitement les contours du verre, suit ses ondulations, fait corps avec lui et constitue en quelque sorte un véritable blindage. Le nom de « tubes de verre blindés » convient donc parfaitement et semble tout à fait approprié à ces nouveaux tubes à niveau.
- Cette disposition que nous venons d’indiquer, et que les dessins de la figure ci-jointe permettent de saisir, assure pour le verre une plus grande résistance aux à-coups de toutes sortes qui surviennent aux tubes de niveau dans une salle de chaudières. Le verre par lui-même conserve néanmoins sa nature brisante ; mais l’expérience a prouvé que s’il vient à se casser, ses morceaux restent en place, aucun éclat n’est projeté et la vapeur ne s’échappe pas au dehors. Le verre est fendu, mais le tube peut encore être utilisé et peut fonctionner, avant d’être changé, jusqu’à l’arrêt régulier de l’atelier.
- M. Bara a ajouté encore à son tube un flotteur émaillé en blanc, qui se maintient à la surface et indique à chaque instant d’une manière très nette l’état du niveau de l’eau.
- Ce flotteur est important au point de vue du problème qui nous occupe. Il faut, en effet, dans le tube un corps creux de dimensions très faibles, de quelques millimètres seulement, pouvant flotter sur l’eau, résister à la pression et conserver enfin sa couleur blanche initiale afin de rester toujours visible à l’œil du chauffenr. M. Bara a pu vaincre toutes ces difficultés et fabriquer un flotteur qui donne toute satisfaction.
- Ces nouveaux tubes de niveau d’eau blindés seront certainement très appréciés pour les chaudières dans les salles d’usine où il existe des courants d’air et où il est très difficile de conserver intacts des tubes de niveau d’eau. Ils rendront également de grands services pour les locomobiles destinées à fonctionner pour des travaux extérieurs et qui se trouvent le plus souvent exposées aux courants d’air froid et à la pluie. J. Laffargue.
- Le Gérant : P. Masson.
- Tubes île niveau d’eau blindés.
- Paris. — Imprimerie Lakuke, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1570. — 26 AOUT 1899.
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- LES PREMIERS RALIONS ET XA\1ER DE MÂISTR
- On sera peut-être étonné de rencontrer dans une | De Maistre prit fait et cause pour elle avec une
- EdieDe de soixante et dix pieds de roy.
- / 5 40 BS 30 SS 40 *S X SS 60 63 70
- MACHINE AEROSTATIQUE
- de Monsieur le Ckevalier De CHEVELU, montée par deux personnes,
- £v:}œé à ^fiambery le ô’^î'lay tj8f
- ' J-S"
- revue scientifique le nom de Xavier de Maistre : on ne connaît généralement de cet aimable auteur que des ouvrages depurelittérature, d’une écriture agréable, pleins de sentiments délicats, relevés d’une pointe d’ironie discrète. Xavier de Maistre n’a pas été cependant un pur lettré, il a voulu être aussi un écrivain scientifique. Il s’est occupé d’aérostation, de physique, de chimie. Il a écrit sur ces graves problèmes de curieuses dissertations.
- Au moment où on le fête dans sa ville natale de Chambéry et où on lui élève une statue, il est de circonstance de rappeler ces faits un peu oubliés.
- Au début de sa carrière et à la fin de sa vie, ce Français de Savoie s’est passionné pour les recherches nouvelles et pour les expériences hardies. Il était, vers 17S4, volontaire au régiment de la marine sarde : il accomplit alors une action héroïque.
- L’année précédente, un papetier d’Annonay,
- Montgolfier, « avait découvert la loi en vertu de laquelle des globes d’étoffe, gonflés par lui d’une certaine manière, quittaient d’eux-mêmes le sol o1i nous sommes attachés et s’élevaient automatiquement dans l’air ». Ce fut un grave événement, et de tous côtés on tenta de renouveler l’expérience et, sans hésitation, on s’élança à la conquête de
- l’air A Chambéry une Fig. 2. — Le monument de i. et de Xavier de Maistre, à Chambéry, souscription fut ouverte pour construire un ballon.
- 1 Yoy. n° 142, du 19 février 1876, p. 186.
- 27e année. — 2° semestre.
- ^vnbuy. far Teron,
- p;,, — Fac-similé d’une estampe du temps.
- incroyable ardeur. Il fit même preuve d’une audace surprenante : il fut l’un des deux jeunes gens qui hasardèrent leur vie pour vérifier la découverte de Montgolfier. S’élever dans l’air était alors dangereux; les ballons étaient mal gonflés, l’élofle qu’on employait dans leur construction était d’une solidité douteuse : On ne connaissait rien du monde qu’on allait explorer, et la mort pouvait saisir d’une minute à l’autre les imprudents voyageurs. 1
- Ce fut de Maistre qui rédigea le prospectus destiné à exciter le zèle des souscripteurs et ce prospectus est son premier écrit. 11 est rempli d’aperçus ingénieux « sur l’art de naviguer dans les airs ». De Maistre a foi dans le perfectionnement rapide de l’instrument nouveau, et croit qu’on s’accoutumera à monter dans un ballon comme dans une berline. 11 se préoccupe de la direction de ce ballon et croit qu’il faudra s’aider non de l’action de l’air, mais de l’action sur l’air. Ce qui revient à dire qu’il ne faudra pas obéir au vent, mais arriver à le vaincre au moyen d’un moteur. Ce n’était pas une vue banale en l’an 1784.
- Une première fois, le 22 avril, le ballon essaya de quitter la terre, il ne put y parvenir, les matériaux qui le composaient étaient trop lourds. Songez que l’enveloppe, au lieu d’être en soie légère et imperméabilisée, était en grosse toile écrue doublée de papier. On l’allégea et de nouveau il partit du lieu
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- dit le Buisson-Rond avec deux passagers : Brun, ingénieur, et Xavier de Maistre, officier. Pour maintenir la force ascensionnelle, on avait disposé, dans la partie inférieure, un foyer où brûlait du bois : on avait emporté une provision de 180 livres de fagots. Le réchaud où se trouvait le combustible occupait toute la nacelle et se balançait au-dessous du ballon ouvert à sa partie inférieure. On frémit en songeant aux chances d’incendie et aux ravages qu’aurait pu occasionner une flammèche. Notre gravure représente le ballon; elle a été trouvée dans les archives de Chambéry.
- Le ballon s’éleva pour la seconde fois dans les airs et domina bientôt le Nivolet et le Granier, deux montagnes des environs : l’altitude de la dernière est de 1958 mètres. Les aéronautes firent quelques observations, mais bientôt ils cassèrent leur baromètre. Dans leur précipitation à entretenir le feu, ils perdirent plusieurs fagots. Bientôt le combustible va manquer. « Furieux, nous dit de Maistre dans sa Relation, de se voir forcés de toucher terre avec un ballon parfaitement sain, les voyageurs brûlèrent tout ce qui pouvait brûler. Ils avaient une quantité considérable de boules de papier imbibé d’huile, ‘beaucoup d’esprit-de-vin, des chiffons, un grand nombre d’éponges, deux corbeilles contenant le papier : tout fut jeté dans le foyer. Cependant le ballon ne put se soutenir en l’air au delà de vingt-cinq minutes et il alla tomber à la tète des marais de Challes, à une demi-lieue en droite ligne de l’endroit du départ. La descente s’opéra sans encombre. »
- Cette action d’éclat reçut bien vite sa récompense. Les deux ascensionnistes furent accueillis avec enthousiasme par leurs compatriotes. On les fit monter dans un brillant carrosse, puis on les hissa sur une estrade en planche construite à leur intention. Les .voyageurs, du haut de ce trône, furent présentés au 'public, fêtés et couronnés par des dames. 11 y eut ensuite un banquet avec « toast à l’anglaise » et peut-être aussi illumination. Le ballon ne fut pas oublié : il fut ramené pompeusement sur deux chariots aussi bien portant qu’au moment du départ. Puis, pour bien finir cette glorieuse journée, on dansa jusqu'à six heures du matin. Aussitôt on oublia cette hardie tentative, et on omit volontiers le nom de Xavier de i Maistre dans les listes des héros de l’aérostat.
- Notre Savoyard aima toujours les sciences et s’en ‘occupa sa vie durant avec application; ce sont elles qui l’inspirèrent le plus longtemps. S’il a goûté la nature et ses merveilles, en artiste ému et sensible, il l’a interrogée en savant qui recherche l’explication de ses phénomènes. Admirant un jour les splendeurs du paysage napolitain, il se prenait à rêver chimie.
- • U composa un ouvrage sur « la physique des couleurs et sur le mécanisme de la peinture a, qui est resté inédit. Aucun éditeur ne voulut s’en charger. Ses libraires lui demandaient des « Lépreux », à son grand désespoir; car il avait en grande estime ce traité où il avait consigné ses observations sur la lumière et ses jeux si variés.
- A l’Académie des sciences de Turin, il envoya des travaux fort sérieux : on peut encore les lire dans les mémoires de cette docte et ancienne compagnie.
- Il étaitpeintre et, en esprit curieux, il s’était préoccupé de la technique de son art. Il envoya à l’Académie deux dissertations dont voici les titres : Procédés pour composer avec l’oxyde d’or une couleur propre qui peut être employée dans la peinture à l'huile ; de l’oxydation de l’or par le frottement. 11 adressa à la grande revue scientifique, la Bibliothèque universelle, quatre nouvelles dissertations, la première est de 1852, la dernière de 1841. Elles traitaient de sujets très variés : « Sur la couleur de l’air et des eaux profondes. Expériences initiatives pour servir à l’explication des trombes. Méthode pour observer les taches qu’on peut avoir sur le cristallin. Conjecture sur la cause delà projection apparente des ^toiles sur le bord de la lune ». Je n’ai pas la prétention de me prononcer sur la valeur de ces travaux. Nous ne les lisons plus : les hypothèses sur lesquelles ils reposent sont depuis longtemps démodées. Mais nous devons constater combien était éveillée la curiosité de ce souple esprit. Ce Français, qu’on regarde en général comme un simple littérateur, mérite de prendre place parmi les écrivains scientifiques, parmi ceux qui, pour étudier un problème, risquent leur existence. J. Corceli.e,
- Agr.îgc ilo rUiiivcrsil.'.
- LA RADIATION DES ÉTOILES
- U y a vingt ans à peine, la détermination de la quantité de chaleur réfléchie par la Lune était à la limite de sensibilité des récepteurs les plus perfectionnés. Mais, depuis les travaux de Langley, de Boys et de plusieurs autres physiciens, nous possédons des instruments d’une délicatesse très grande, qui permettent de déceler la radiation thermique de notre satellite, et d’en étudier le détail.
- Toutefois, les appareils les plus délicats qui aient été réalisés jusqu’à ces derniers temps n’avaient pas permis d’aborder la détermination, infiniment plus difficile, de la radiation des étoiles fixes. M. Boys était bien arrivé, il y a dix ans, à déceler, au foyer de son télescope, la radiation d’une bougie située à plus de 2 kilomètres de l’instrument ; mais son appareil était encore trop peu sensible pour donner aucune indication précise pour les étoiles.
- M. Nichols vient de reprendre ce travail à l’übser-vatoire de Chicago, et a adopté, comme récepteur, un appareil assez semblable au . radiomètre de Crookes, dans lequel une minuscule plaque de mica noircie est suspendue dans un gaz raréfié à un fil de quartz extrêmement fin. L’image de la source d’énergie rayonnante est projetée sur l’une des moitiés de la plaque, qui dévie d’une quantité sensiblement proportionnelle à l’intensité reçue. La radiation de la lune donne au récepteur une impulsion telle que l’image sort immédiatement du champ. Quant à la radiation des plus belles étoiles, elle se
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- manifeste par une action faible mais bien appréciable. Arcturus, par exemple, donne une déviation de 0mm,6 de l’échelle, et Véga une déviation 2,1 fois moindre.
- La sensibilité de l’appareil est telle que, si l’on dirige sur le récepteur, au moyen du télescope qui sert dans ces expériences, l’image d’une bougie située à 24 kilomètres, la déviation est de 0inm,l.
- La chaleur que nous envoie Véga est donc à peu près égale à celle que nous recevrions d’une hougie située à une dizaine de kilomètres. Pour la première fois nous sommes renseignés directement sur l’ordre de grandeur de cette radiation. C.-E. G.
- LES BOËRS ET LES MINES D’OR
- DU WITWATERSRAXD
- Les colons hollandais, établis au Cap de Bonne-Espérance vers la fin du dix-septième siècle, ne purent supporter le pesant joug des Anglais qui s’étaient emparés de cette florissante colonie en 1806. La plupart d’entre eux franchirent le fleuve Orange et, après des pérégrinations sans fin, constamment pourchassés par les gouverneurs du Cap, s’établirent sur les territoires qui forment aujourd’hui l’Etat libre d’Orange et la République Sud-Africaine.
- Leur organisation était essentiellement patriarcale. Le chef de famille exerçait une autorité absolue sur ses enfants et sur ses serviteurs. Quelques rares magistrats rendaient la justice, et, au-dessus d’eux, un chef de l’État exerçait le peu d’autorité qu’il avait plu aux Boërs de lui déléguer. Aujourd’hui encore, les présidents de l’Orange et du Transvaal gouvernent sans ministres, assistés seulement du commandant général des troupes, d’un secrétaire d’État et de deux autres membres élus par les burghers. Un premier Volksraad, nommé par tous les citoyens, partage le pouvoir avec eux. Une seconde chambre, où les étrangers sont représentés, a des attributions très limitées. Les questions minières et commerciales lui sont soumises, mais elle n’intervient pas dans la fixation du budget et tous ses votes doivent être ratifiés par le premier Raad.
- Ce gouvernement rudimentaire est en parfaite harmonie avec les idées, les mœurs, les coutumes des administrés. Les Boërs tiennent avant tout à leur indépendance personnelle. Us entendent vivre isolés. Us ne haïssent rien tant que le voisinage, aussi se sont-ils taillés d’immenses domaines de deux ou trois mille hectares sur les territoires d’où ils avaient chassé les Cafres et les Zulus.
- Jadis tout citoyen de la République avait droit, lorsqu’il atteignait sa majorité, à une ferme prise sur les terres appartenant à l’État. U la délimitait en en faisant le tour au trot de son cheval dans un temps déterminé. U arrivait là avec un grand wagon de 4 à 5 mètres de long, bas sur roues et traîné par sept ou huit paires de bœufs. Quelques serviteurs cafres poussaient devant eux les bœufs et les moutons dont son père lui avait fait présent. 11 bâtissait auprès d’une rivière ou d’une source une maison ou plutôt
- une chaumière assez semblable à celles que l’on trouve dans les campagnes les plus arriérées de France. C’était un rez-de-chaussée, divisé en deux ou trois pièces, sans autre parquet que le sol battu avec de la bouse. Autour de la maison s’étendait une enceinte de pierres sèches, le Kraal, où tous les soirs on parquait les moutons de crainte des lions et des fauves de toute espèce dont l’Afrique australe foisonne encore. Après cela il se faisait un jardin et, grâce à la fertilité du sol, il récoltait au bout de quatre ou cinq ans des oranges, des citrons, des pèches, des figues, etc. Un carré de 50 à 100 arpents était mis en culture et donnait le froment, les pommes de terre, le maïs, nécessaires aux besoins du Boër et de sa famille. Tout près du kraal il établissait une ou plusieurs digues pour retenir l’eau de la rivière ou l’eau de pluie, indispensable pendant la saison sèche où plusieurs mois se passent sans qu’il tombe une seule goutte d’eau.
- Le reste de la ferme était abandonnéaux immenses troupeaux presque sauvages dont le Boër allait chaque année vendre une partie à Bloemfontein, à Potchefstroom ou à Prétoria. Avec le produit de cette vente il achetait des vêtements, des ustensiles, des munitions, et, revenu chez lui, il enfouissait l’argent qui lui restait dans une cachette connue de lui seul. De là cette réputation d’avarice que les Anglais se sont plu à faire aux burghers de l’Afrique australe.
- Vers 1865 les plus ambitieux se mirent à élever des autruches. Ces volatiles se nourrissant eux-mêmes, n’exigeant qu’une médiocre surveillance, étant de tempérament invulnérable à toutes les intempéries du climat, donnaient chacun un revenu moyen de 550 francs. C’était donc une excellente spéculation. En 1865 il y avait à peine cent autruches privées dans tout l’Orange et h Transvaal et, en 1880,
- 11 y en avait plus de 30000. Depuis vingt-cinq ans les Boërs ont envoyé tant de plumes d'autruches en Europe que le prix a baissé de plus de moitié. Aujourd’hui chaque volatile ne rapporte que 150 francs, mais cet élevage est assez rémunérateur pour que les propriétaires ne l’abandonnent pas.
- La plupart des Boërs ont deux fermes : l’une sur le Veltl, cet immense plateau qui forme tout le territoire du Transvaal, de l’Orange et d’une partie de la colonie du Cap, l’autre sur les terres mieux arrosées de l’Est près des monts Drakensberg.
- Lorsque le plateau est desséché et rôti pendant la saison sèche d’hiver, ils conduisent leurs troupeaux vers le Bushveld, couvert de mimosas et d’arbres, où les animaux trouvent de l’herbe et n’ont pas à craindre le froid des nuits de juillet et d’août.
- Ce peuple pasteur et à demi nomade a horreur des villes. Bloemfontein, la capitale de l’Orange, a été bien longtemps une bourgade de 3000 habitants. Si aujourd’hui c’est une petite ville coquette de 10 à
- 12 000 âmes, elle doit sa prospérité aux étrangers et surtout aux Allemands qui sont venus s’y fixer.
- Potchefstroom, qui est resté longtemps la capitale du Transvaal, ressemblait à Bloemfontein. Prétoria,
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- bien qu’ayant doublé aussi depuis la découverte des mines d’or, ne compte pas plus de 10 000 habitants.
- La grande ville, c’est Johannesburg, la capitale du Witwutersrand, le pays des mines d’or. En 1886 il n’y avait pas une maison sur l’emplacement actuel de cette cité qui compte aujourd’hui plus de 100 000 habitants. C’est la plus grande ville de l’Afrique australe. Les premiers prospecteurs arrivèrent en 1884 à la suite des frères Struben dans cette contrée encore vierge où l’on pouvait, à cette époque, acheter pour 5 ou 600 francs des terres valant actuellement plusieurs millions.
- La plupart de ces chercheurs venaient des mines de diamants de Kimberley et étaient ainsi formés à l’art du mineur. Ils fondèrent les premières petites sociétés minières qui devaient plus tard être tota-
- lement absorbées par de puissantes compagnies.
- Aujourd’hui les huttes en tôle ondulée, torrides en été, glaciales en hiver, qui abritaient les premiers arrivants, ont fait place à de belles constructions en pierre ou en briques où sont installées de grandes maisons de commerce, des banques importantes.
- Derrière Johannesburg, la ville couleur de rouille, on aperçoit les chevalements en charpente des puits des mines d’or, les énormes entassements de résidus, les hangars en tôle qui abritent les machines, les grandes cuves, où se fait la cyanuration, et qui débordent d’une eau boueuse et grise, amenée par des canalisations de bois. De hautes cheminées noires laissent échapper la fumée de la houille et partout on entend le bruit assourdissant des pilons.
- La ville se trouve au nord de l’affleurement des
- couches aurifères, longues de 50 kilomètres, qui alimentent les mines Limeuses de Salisbury, de Wor-cester, de Wemmer, de Robinson, de Jubilée, etc.
- Sur chaque mine on a construit des compounds, grands baraquements, presque toujours en tôle ondulée, où sont logés les Zulus et les Cafres employés à l’extraction du minerai. Ces compounds, carrés ou circulaires, entourent une vaste cour où se tiennent les travailleurs pendant leurs heures de repos. Au centre s’élève un grand four dans lequel on prépare la bouillie de maïs, leur principal aliment.
- . Ces noirs sont passionnés pour la musique et la danse. Presque tous possèdent des instruments primitifs dont ils jouent pendant des heures entières. Le plus commun est un arc avec une corde en métal, auquel une calebasse sert de résonnateur. Ceux qui sont riches achètent des accordéons. Je vis un soir dans un de ces compounds quelques Zulus, à peu près nus, exécuter une danse guerrière vraiment originale.
- Ces ouvriers noirs sont d’assez bons travailleurs. Leur salaire ne dépasse pas 2fr,50 à 5 francs par jour.
- Dès le matin, ils descendent dans la mine par un puits incliné suivant la pente moyenne du filon. Au milieu du puits courent deux voies ferrées sur lesquelles circulent les wagonnets qui apportent le minerai à l’extérieur. Ces wagonnets sont mus par des câbles métalliques, et, de chaque côté, des escaliers permettent aux travailleurs de descendre et de monter. Les galeries, qui se superposent les unes au-dessus des autres, sont éclairées à l’électricité et c’est un spectacle curieux que de découvrir tout d’un coup, en débouchant d’une galerie, 60 ou 80 Cafres accroupis dans les postures les plus diverses, assis, agenouillés, couchés sur le dos, à cheval sur un banc à mine, travaillant les uns à la suite des autres.
- Le minerai, monté à la surface, est versé sur une grille inclinée qui laisse passer les petits blocs jetés immédiatement aux pilons. Le reste tombe sur une
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- toile métallique sans fin qui tourne lentement. Là, valeur qu’ils reconnaissent aisément et laissent les ouvriers font le triage, enlèvent les pierres sans [tasser les blocs de conglomérat qui tombent dans les
- concasseurs où ils sont divisés en blocs plus petits et envoyés ensuite aux broyeurs. Les pilons, groupés cinq par cinq, s’élèvent et retombent avec une rapidité vertigineuse, écrasant le minerai sur lequel l’eau arrive en abondance. Cette boue liquide va alors passer sur des tables de cuivre amalgamées, dont le mercure retient déjà 60 pour 100 de l’or du minerai. De temps en temps, les pilons s’arrêtent, on racle les tables et on sépare l’or du mercure en faisant chauffer l’amalgame.
- Tour enlever l’or qui reste dans la boue liquide on a recours aux deux opérations suivantes. Les ouvriers la dirigent sur des van-ners, toiles sans fin, animées d’un rapide mouvement de vibration où se déposent les parties les plus lourdes, c’est-à-dire celles qui contiennent le plus d’or. Ces « concentrés » sont ensuite traités par l’eau de chlore, ce qui donne du chlorure d’ojj d’où l’or est
- Fis.
- aisément extrait. Le minerai, qui reste encore en suspension dans l’eau, est alors amené au moyen
- d’énormes roues à godets dans les cuves où la cyanuration doit s’opérer. Lorsque ces cuves sont presque 1 pleines de dépôts boueux, on les remplit avec une solution de cyanure de potassium qui entraîne l’or au fond. On extrait ainsi plus des deux tiers du métal précieux contenu dans ces boues liquides.
- Après ces diverses opérations, il reste à peine un dixième de l’or dans la boue liquide. En 1897, on avait même trouvé un moyen d’éviter cette perte, mais les diverses Compagnies y ont peu à peu renoncé parce que l’opération est fort longue et fort dispendieuse.
- Les bénéfices déjà très appréciables que donnent les mines d’or du Transvaal seraient beau--, coup plus considérables sans l’insuffisance de la main-d’œuvre. L’appât'du gain n’attire pas assez
- 3. — Un mendiant zulu de Johannesburg atteint d’un élé}diantiasis des mains.
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- les nègres qui dépassent cependant le chiffre de 600 000 au Transvaal, de 450000 à Natal et de 1 500000 au Cap. Ils viennent aux mines pour se procurer l’argent nécessaire à l’achat d’une femme et d’une paire de bœufs. S’ils ne perdent pas leur argent au jeu, s’ils ne s’adonnent pas au gin, ils disparaissent et ne reviennent jamais.
- Et puis, il faut bien le dire, les Boërs qui ont vu avec consternation leur pays troublé par cette invasion d'uitlanders ne font rien pour aider les Compagnies à trouver des travailleurs. Ils dissuadent les noirs de se rendre aux mines, les arrêtent même au passage lorsqu’ils ont besoin de bras pour ramasser leurs récoltes et le Gouvernement reste sourd aux réclamations des Compagnies. .
- Malgré cela, le Transvaal a donné en 1895 plus d’un cinquième de l’extraction totale de l’or dans le monde entier et cependant bien des districts aurifères sont encore à exploiter. Les districts de Heidelberg, de Kleaksdorp, de Kaap, etc., possèdent de riches gisements qui deviendront dans l’avenir des centres d’extraction importants, si toutefois les Boërs en facilitent l’exploitation. Nous le saurons seulement lorsque les graves dissentiments qui séparent aujourd’hui l’Angleterre et les Républiques Boërs auront pris lin. Francis Mury,
- Ancien commissaire de la Marine. ——
- NOUVELLE MÉTHODE DE \INIFICm0N
- La vinification est, de toutes nos industries, celle qui est restée la plus réfractaire aux progrès de la science. On fait mal le vin presque partout, surtout dans les pays chauds, en Algérie et en Tunisie où pourtant la culture de la vigne a pris une extension considérable. Les vins s’altèrent aisément, surtout quand les vendanges se font dans de mauvaises conditions. Toutes les maladies des vins sont dues au développement d’êtres microscopiques. On sait, depuis les immortels travaux de Pasteur, que l’on peut empêcher ces êtres de se développer en chauffant le vin en vase clos à 65°. On a essayé ainsi de protéger les vins, mais en général l’opération est mal faite et donne au vin un goût de cuit désagréable. Depuis plusieurs années, les savants travaillent à transformer les méthodes de vinification et à constituer une industrie établie sur des bases véritablement scientifiques. Récemment, l'un d’eux, M. Rosenstiehl, a fait connaître à l’Académie des sciences ses recherches, qui durent depuis quatre ans en France et en Tunisie. Les résultats ont été excellents. Aussi croyons-nous utile d’appeler sur ces essais l’attention des intéressés.
- Les découvertes de M. Rosenstiehl permettront la stérilisation absolue des moûts de raisin tout en leur conservant le goût du fruit, résultat capital ; car, en général, entre les mains des viticulteurs, le chauffage même à 35° d’un moût au contact de l’air communique au vin un goût désagréable. M. Rosenstiehl cha”f"c le moût à 50° en présence de l’acide carbonique à trois reprises différentes dans un appareil à serpentin échangeur de température. La vendange est encuvée dans un foudre comme à l’ordinaire, et, tout de suite après le foulage, on fait barboter de l’acide carbonique dans la masse. Pendant toute l’opération, cette atmosphère d’acide car-
- bonique est maintenue soigneusement pour empêcher les oxydations. On retire le moût froid par le bas des foudres, on le fait traverser le serpentin et on le réintroduit par le haut où il tombe sur la rafle au travers de laquelle il filtre jusqu’à ce que, par un passage continu, le contenu du foudre ait atteint la température de 50°. Avec un appareil à petit débit, M. Rosenstiehl amène à cette température, en une heure, un foudre de 20 hectolitres. On laisse refroidir ce moût à une température de 38° et on réchauffe une seconde fois tout le contenu à 50°. 11 faut au moins réchauffer deux fois; car, lorsque le moût descend à 38°, les fermentations recommencent sous l’influence des levures qui n’ont pas été détruites par la première chauffe. Le mieux est de chauffer trois fois. Ces trois chauffes suffisent pour assurer la conserve du moût stérilisé.
- Le second point découvert par M. Rosenstiehl, c’est la solubilité de la matière colorante rouge dans le jus même du raisin, sans aucune fermentation. On croyait jusqu’ici que cette matière colorante insérée dans le pellicule du fruit, et qui colore plus tard le liquide fermenté, entrait en dissolution à la faveur de l’alcool formé pendant la fermentation. Il n’en est rien. On fait macérer la vendange pendant quelques heures à 50°, et les moûts fournissent un vin très coloré, bien plus coloré que par les procédés ordinaires de vinification.
- On remarquera que l’on part, dans le nouveau procédé, d’un moût stérile et que la fermentation ne peut s’établir que sous l’influence d’une levure que l’on y sèmera. Aussi peut-on la choisir. Autant de levures différentes, autant de goûts différents. Pour chaque pays, on pourra donc adopter la levure qui donnera les meilleurs résultats. La richesse en alcool est plus grande, précisément parce qu’à côté de la levure ne se rencontrent plus, comme dans les moûts ordinaires, d’autres microbes ou d’autres levures qui ne transforment pas le sucre en acide carbonique et en eau sans donner d’alcool.
- Dans les pays chauds, la méthode est particulièrement applicable. Elle évitera les fermentations incomplètes, la production d’acides et autres produits des fermentations incomplètes. Le vin sera plus alcoolique et plus coloré. Pour les vins de Tunisie, qui renferment 230 grammes de sucre, la teneur en alcool sera élevée de 11° à 13°. Les essais en France, dans le Midi, ont réussi à souhait. D’après l’avis des dégustateurs de Bercy, la plus-value serait de 7 à 10 francs pour un vin qui vaut couramment de 12 à 18 francs l’hectolitre.
- En somme, on peut résumer ainsi les avantages du nouveau procédé. Absence de goût de cuit; solubilité de la matière rouge du raisin dans le jus du même fruit; stérilisation à des températures relativement basses ; choix à volonté des levures, de façon à augmenter le rendement en alcool et à produire un bouquet agréable.
- En 1898, M. Rosenstiehl a fait des essais sur des cuves de 180 hectolitres; les expériences ont été répétées avec succès dans le Beaujolais. On peut donc admettre que la pratique confirme les tentatives de 1896 et 1897. Il serait bien désirable qu’aux vendanges prochaines on s’occupât de la mettre à l’étude dans divers centres vini-coles. Nous arriverons sans doute ainsi à apprendre à fabriquer régulièrement du bon vin à l’abri des maladies qui lui enlèvent si souvent ses qualités marchandes. 11 est vraiment temps que l’industrie de la vinification ne reste plus en arrière des industries similaires de la brasserie qui ont réalisé tant de progrès depuis les travaux de Pasteur. Henri de Parville.
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- LES MACHINES À GAZ
- ET LE PROBLÈME DES FUMÉES
- Dès l’installation des fabriques au centre des cités le problème de la suppression des fumées, déversées dans Fat-inosphère par des cheminées d’usines, s’est posé. Ra-mazzini est le premier qui, en 1700, se soit inquiété du préjudice causé à la santé publique par la présence de certaines industries dans une ville. Fourcrov, en 1777, et plus près de nous Cadet de Gassicourt, d’Arcet, Raifort, Vernois et le Br Rochard s’occupèrent beaucoup d’hygiène industrielle, mais on n’avait guère fait appel au concours du législateur pour combattre cette dangereuse incommodité, lorsque tout récemment des essais méthodiques ont été pratiqués à Paris pour s’assurer dans quelle mesure la réduction des fumées était possible, et à Philadelphie le conseil de salubrité a proposé que l’Institut Franklin élaborât un programme de mesures à prendre.
- La plupart des remèdes suggérés reposaient sur la combustion complète des charbons, soit en régularisant l’admission d’air dans les foyers, soit en mélangeant d’une façon plus efficace l’air et les différents gaz pendant la période de combustion. On est arrivé à quelques constatations intéressantes. Ainsi on a démontré qu’avec des soins particuliers les houilles grasses peuvent être brûlées sous les chaudières avec peu ou point de fumées, mais on a établi qu’il n’y avait pas d’économie à procéder de la sorte.
- Toute autre est la méthode proposée par J. Korting et dont le Zeitschrift des Vereines deutscher Ingénieure nous apporte l’économie générale.
- Cet ingénieur s’adresse aux machines à foyer intérieur (moteur à gaz ou à pétrole), et part de ce principe que si l’on ne produi t pas de fumée on n’aura pas à chercher les moyens de la supprimer. Point n’est besoin d’être grand clerc pour formuler un tel aphorisme. Mais après ce début, il aborde le sujet d’une façon originale en discutant la dépense occasionnée par la substitution de ce système de force motrice à celui de la vapeur, soit comme installation, soit comme fonctionnement. Il prend comme type de machine à gaz le modèle Kcirting et comme machine à pétrole le moteur Diesel. Puis, au moyen de diagrammes comparés il montre le coût relatif de l'énergie. Il examine tous les cas : machines simples ou compound, avec ou sans condensation, puissances de 10 à 400 chevaux. Il ressort de ces expériences que le gaz présente un avantage commercial très réel sur la vapeur, les bénéfices toutefois étant moindres dans les grands que dans les petits moteurs. Quant à la machine à pétrole son fonctionnement est loin d’être aussi économique que la capacité calorifique de l’huile le laisserait supposer. Cela tient au prix élevé de celle-ci, alors que le gaz peut être tiré de combustibles bon marché, ce qui compense son rendement inférieur en tant que calories.
- Le principal obstacle à l’utilisation générale de la machine à gaz aux lieu et place de la machine à vapeur tient surtout à ce que jusqu’à présent peu d’essais de machines à gaz de grande puissance ont été faits. L’avenir de ces moteurs semble toutefois assuré. Bientôt peut-être des machines à gaz de 1000 chevaux seront aussi communes que le sont actuellement celles à vapeur de 100 chevaux. Une machine Westinghouse à gaz de 650 chevaux a été réalisée dernièrement. 11 n’y a qu’un pas à franchir et lorsqu’il sera constaté et parfaitement mis hors de doute que la plus grande économie coïncide avec la suppression des fumées, l’importance des moteurs à combustion interne s’accentuera. Jacques Boter.
- LE MÉTROPOLITAIN MUNICIPAL DE PARIS1
- ni
- LA. STATION DE LA BASTILLE
- Le tronçon du chemin de fer urbain, actuellement en construction entre le bois de Boulogne et la porte de Vincennes, sera entièrement souterrain sur tout son parcours, sauf sur un point, la station de la place de la Bastille ; en cet endroit on se trouve dans des conditions toutes particulières, la ligne devant traverser le canal. On aurait pu assurément faire passer le chemin de fer sous la voie liquide ; mais, sans compter que cette combinaison eût forcé d établir un escalier très profond pour le transport des voyageurs, elle eut mis l’exploitation dans des difficultés toutes particulières; en effet, sur le plan général des lignes de Paris, on a prévu que la transversale nord-sud devait traverser la place de la Bas-
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- Basti II e
- e O,
- Fig. 1. — Plan do la station de la Bastille.
- tille ; cette dernière est nécessairement forcée de passer sous la précédente, on voit donc que cette seconde ligne se trouverait enterrée à une cote très basse si la première traversait le canal Saint-Martin en souterrain.
- II fallait trouver un moyen qui permît d’établir la gare sur la place tout en ménageant les différents services déjà existants : on ne devait en rien gêner le service de la batellerie, et, d’autre part, on ne pouvait songer construire une gare surélevée qui eût présenté, pour la voie ferrée, des difficultés d’accès insurmontables et qui eût occasionné un terrassement et des maçonneries considérables. Le problème se trouvait réduit à cette donnée, établir la gare à ciel ouvert sur un pont jeté par-dessus le canal et chercher à diminuer autant que possible la hauteur entre l’étiage du canal et la cote du rail ; la solution à laquelle on est arrivé est des plus heureuses, car non seulement elle satisfait toutes les conditions requises, mais encore elle augmente la place de la
- 1 Voy. n° 1347, du 18 mars 1899, page 252; n° 1358, du 3 juin 1899, page 7.
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- Bastille d’une zone de 50 mètres de largeur pour la circulation des piétons.
- L’ancien chemin de halage du canal et une partie du canal lui-même se trouvent remblayés sur toute la largeur comprise entre les anciens et les nouveaux murs de quais ; on réserve ainsi une passe couverte de 20 mètres, qui sert de transition entre le tunnel du canal situé sous la place delà Bastille et le garage placé en aval.
- Le métropolitain arrive en souterrain sur la place par la rue de Rivoli, il décrit un arc de cercle de 50 mètres de rayon en se rapprochant de la surface à l'aide d’une rampe de 4 millimètres par mètre ; à l’angle des boulevards Henri IV et Bourdon, l’ouvrage d’art est assez rapproché du sol pour se transformer en tranchée couverte (fîg. I ) ; la ligne forme une contre-courbe pour accéder à la gare et se trouve complètement à l’air libre à partir du parement du boulevard Bourdon snr le canal. De cette façon la
- nouvelle station est située en contre-bas de près de 5 mètres par rapport à la chaussée. Elle est établie dans une sorte de tranchée ouverte constituée du côté de la place par un mur de soutènement ordinaire et du côté du canal par un mur en maçonnerie de 2 mètres de hauteur, construit pour empêcher les voyageurs d’avoir la vue directe sur l’eau.
- Le travail à exécuter était de deux espèces : il fallait d’une part établir sur le canal et ses bas côtés les maçonneries nécessaires, qui deviendront des culées; d’autre part lancer un pont de 20 mètres de portée (pii permît l’installation de la station tout en ménageant la circulation des chalands.
- La maçonnerie est actuellement terminée (fig. 2); on a établi deux grands coffrages en pieux battus ayant les dimensions mêmes des ouvrages à exécuter, et l’on a coulé du béton dans ces enceintes ; une fois que ce mortier est arrivé à la hauteur des bas ports adjacents, on a élevé des murs sur voûte
- Fig. 2. — État des travaux d’exécution au 1" août 1890.
- avec de la meulière suivant la méthode ordinaire en réservant des piliers en pierre de taille sur les parements apparents : cette portion de l’ouvrage est la plus longue et la moins délicate ; il a suffi d’embaucher le nombre d’ouvriers nécessaire.
- La partie métallique constitue un pont de 40 mètres de large et de 20 mètres de portée ; il y a deux sections à considérer, celle qui a rapport à la chaussée et celle qui doit supporter la gare proprement dite. La première est de beaucoup la plus chargée ; pour établir les calculs de résistance, on a supposé que les poutres auraient à supporter comme charge fixe la masse de terre qu’elles doivent soutenir et comme charges mobiles maxima les rouleaux compresseurs de la Ville pesant 50 tonnes ; on considère que ces derniers marquent le poids des véhicules les plus lourds circulant sur la chaussée ; en prenant ces bases comme point de départ, on est arrivé à trouver que les poutres maîtresses de cette partie du pont devaient avoir 5 mètres de hauteur ; elles sont comparables comme dimensions aiix pou-
- tres qui supportent le tablier de la place de l’Europe.
- Les trains du métropolitain seront relativement légers, puisqu’ils se composent de voitures munies simplement d’un mécanisme de traction sans fabrication de force motrice, celle-ci étant entièrement produite dans des usines fixes situées en dehors du réseau ; d’ailleurs, à l’endroit de la gare, la charge fixe se trouve supprimée, il n’était donc pas nécessaire d’avoir pour les poutres du pont sous rails la même hauteur que pour le pont sous chaussée, 80 centimètres ont été calculés comme suffisants.
- Ainsi que nous le disions plus haut, on a cherché à descendre le plus possible la cote des rails afin de diminuer la hauteur de la culée, et partant le cube de remblayage ; pour cela on a établi les entretoises des grosses poutres à la hase de ces dernières ; cette façon de faire a même permis de profiter des poutres maîtresses pour construire les trottoirs surélevés comme cela se fait partout aujourd’hui, dans tous les travaux et dans toutes les nouvelles stations (voy. fig. 5). Ces travaux que nous venons
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- de décrire sont exécutés par les ingénieurs de la Ville ; connue on le sait, cette dernière prend à sa charge toutes les dépenses de l'iniVastrucfure : rien
- que pour la construction de la gare de la Bastille celles-ci atteindront près de 1 million.
- La Compagnie du métropolitain se charge de
- Fig. 5. — Coupc transversale de la station.
- l’exploitation; après avoir construit la superstructure nagement des gares; sur la chaussée de la place de de la voie, elle doit exécuter tous les travaux d’amé- la Bastille, elle construira une sorte de kiosque rec-
- tangulaire, à une vingtaine de mètres environ de la tète de la chaussée couverte dirigée vers la gare de Lyon; ce pavillon aura 6 mètres de largeur sur 17 mètres de longueur, un escalier descendra au quai des voyageurs pour la voie montante, la voie
- descendante sera desservie à l’aide d’une passerelle qui traversera les voies et qui commandera des escaliers aboutissant au quai (fig. 4). Une galerie débouchant au bas de ces derniers donnera l’accès à un nouvel escalier s’enfonçant dans le sol pour corn-
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- muniquer avec la gare de la transversale nord-sud, qui sera construite et dont le tracé doit couper la ligne de la Bastille en passant au-dessous d’elle. Cette disposition permettra aux voyageurs de prendre la correspondance sans remonter à la surface.
- La Ville se trouve un peu en retard pour ses travaux, car elle n’a pas reçu livraison des fers nécessaires à la couverture du canal, mais la maçonnerie est achevée et l’on n’attend plus que les poutres soient arrivées à pied d’œuvre pour remettre les chantiers en mouvement ; on sait que le travail du montage des fers est toujours vivement exécuté, la difficulté est de commencer. Malgré ce petit incident, les ingénieurs de la Ville comptent pouvoir remettre leur ouvrage à la compagnie dès le mois de novembre prochain, c'est d’ailleurs la date qui avait été fixée d’avance. Tous les tronçons doivent être achevés pour cette date ; la Compagnie pourra dès
- lors installer les conduits électriques et les voies : elle n’aura pas de temps à perdre pour être prête au mois de juillet de l’année prochaine. Avec de la volonté, on surmonte les plus grosses difficultés ; ici, le seul obstacle à vaincre est le manque de temps, mais il sera franchi comme les autres, c’est le désir absolu des ingénieurs, des entrepreneurs et des constructeurs. Dans un an, Paris aura son métropolitain, il aura fallu trente ans pour l’étudier et dix-huit mois pour l’exécuter. A. Da Cunha.
- LE PIÉTIN DES BLÉS
- Pendant sa végétation, le blé peut être attaqué par des insectes ou des maladies parasitaires qui causent parfois de très graves préjudices aux récoltes. Quelques-unes de ces diverses affections, comme le charbon et la carie, se reproduisent assez régulièrement pour que le cultivateur ait recours chaque année à des traitements préventifs. J1 en existe d’autres, qui apparaissent d’une façon plus irrégulière, mais dont les conséquences n’en
- sont pas moins redoutables. Tel est le cas du piétin, que nous avons pu remarquer cette année dans la majorité des cultures des environs de Montargis.
- Le piétin, ou maladie du pied, est le résultat des attaques d’un champignon inférieur, Y Ophiobolus (/raminis, étudié dans ces dernières années par M. Prillieux, le savant professeur de pathologie végétale.
- Le genre Ophiobolus est assez répandu dans les cultures européennes, mais ses formes et ses particularités sont susceptibles de varier. En 1880, le docteur Cugini observait, dans les environs de Bologne, une maladie du pied des céréales qu’il attribuait à un parasite voisin, YOphio-bohts herpotrichus. Au point de vue agricole proprement dit, la connaissance exacte des parasites n’offre qu’un faible intérêt, puisque les deux espèces peuvent exister sur les blés et causer des dégâts à peu près identiques. La différence est très facile à établir à l’aide du microscope, les asques de Y Ophiobolus (/raminis étant plus longs et moins larges que ceux de Y Ophiobolus herpo-triclnts. Les blés atteints de piétin se reconnaissent facilement; la partie inférieure des tiges, et notamment les entre-nœuds les plus près du sol, se recouvrent de taches brunâtres. Les pailles se foncent en couleur, et un examen attentif prouve que la région tachée est entièrement envahie par le mycélium du champignon parasite. La plante souffre, est limitée dans son développement, et on remarque bien souvent une décomposition partielle ou même presque complète de la région contaminée; la solidité est considérablement amoindrie, et le moindre vent peut provoquer sa chute. Sans être la cause première de la verse des céréales, le piétin la favorise dans une forte mesure. On peut d’ailleurs constater la faible adhérence des pieds atteints; il suffit d’exercer sur eux une très légère traction, pour les enlever complètement du sol sur lequel ils reposent. Les tiges sont chétives et supportent des épis rabougris renfermant des grains ridés.
- La gravure jointe à cette étude est une reproduction photographique, représentant avec des tiges indemnes, des chaumes contaminés à des degrés différents. Les numéros 1 et 2 proviennent de plantes à végétation normale; le système radiculaire est assez puissant et les tiges bien développées. Les autres échantillons sont plus ou moins atteints. Les n0" 6, 5, 7 possèdent quelques 'racines peu vigoureuses, mais le 4 et le 5 sont en partie détruits; le n° 5 a son mérithalle inférieur tout décomposé.
- Le mycélium parasite se développe à l’intérieur et à l’extérieur de la base des tiges, c’est-à-dire reste localisé au niveau des chaumes. On le rencontre encore sur des graminées qui poussent spontanément dans les moissons, comme le chiendent. A cause de ces particularités végétatives on a préconisé, comme méthode de traitement à appliquer après la récolte, la combustion des chaumes infestés.
- M. Schrebaux a cru remarquer que les variétés hâtives comme les blés de Noé et de Bordeaux étaient plus accessibles que les autres à la maladie. Il faudrait donc, là où le piétin serait à redouter, donner la préférence aux variétés tardives. Les échantillons précédents proviennent d’un blé de Bordeaux, prélevé dans nos cultures de l’Ecole du Chesnoy où j’ai pu remarquer, en effet, une corrélation
- Reproduction photographique des chaumes contaminés et indemnes.
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- assez étroite entre la période de végétation de la céréale et l’intensité de l'affection. La densité des semis et l’exubérance de végétation semblent diminuer la résistance des céréales. Dans ces derniers cas, il faut recourir à des méthodes préventives, consistant à semer les blés assez clairs et à forcer la dose des engrais phosphatés.
- Les causes du piétin sont donc assez nombreuses; ce sera au cultivateur d’essayer de les déterminer pour combattre la maladie avec plus d’efficacité. Albert Yilcoq.
- TABLE TRÉPIDANTE
- pour l’essai des accumulateurs et autres appareils
- La pratique des automobiles électriques n’a pas tardé à montrer, ce qui était d’ailleurs facile à prévoir, que les accumulateurs installés sur les voitures se détérioraient beaucoup plus rapidement que ceux qui sont installés à poste fixe, par suite des trépidations inhérentes à la marche du véhicule.
- L’Automobile-Club de France a d’ailleurs parfaitement fait ressortir l’importance capitale de cette résistance des accumulateurs à la destruction provenant des chocs, en soumettant tous les accumulateurs prenant part au concours qui a eu lieu récemment, à des trépidations continuelles.
- Les résultats comparatifs de ce traitement seront très intéressants à étudier.
- D’autre part, il est utile de se rendre compte de l’influence des trépidations sur les appareils de mesures électriques, tels que compteurs, ampèremètres, voltmètres, placés sur les automobiles électriques.
- Pour répondre à ces questions, qui lui avaient été souvent posées par différents constructeurs, le Laboratoire central d’électricité a étudié une table trépidante permettant de soumettre des accumulateurs ou des appareils de mesure à des trépidations aussi analogues que possible à celles qu’ils auraient à supporter sur un automobile.
- L’accumulateur ou l’appareil en essai est placé sur une table maintenue entre huit ressorts placés deux par deux aux quatre angles comme le montre le dessin. La table et les ressorts sont guidés par quatre tiges filetées fixées dans le cadre inférieur formant bâti. Sous la table qui mesure 580 X .550mm se trouvent deux buttoirs. Ces buttoirs sont soulevés par des cames montées sur un arbre actionné lui-même par un cône-poulie à deux vitesses.
- Lorsque l’on met l’arbre en mouvement, les cames soulèvent la table, puis la laissent retomber en provoquant des chocs que l’on peut régler à volonté.
- Il est intéressant de faire remarquer que ce système, quoique très simple, comporte des réglages
- permettant de faire varier dans de très grandes limites l’intensité des trépidations auxquelles on veut soumettre l’appareil en essai.
- En effet ; 1° les cames peuvent prendre un angle de calage quelconque l’une par rapport à l'autre; 2° les ressorts inférieurs et supérieurs peuvent recevoir des tensions variables grâce à (les écrous de serrage; 5° le plateau peut être chargé de poids plus ou moins lourds; ¥ enfin l’arbre des cames peut recevoir un mouvement plus ou moins rapide.
- Nous n’insisterons pas sur les services que peut rendre cet appareil à l’automobilisme électrique. Il permettra aux constructeurs de se rendre compte, avant emploi, de quelle façon se comportera tel ou tel svstème d’accumulateurs et bien des déboires
- seront évités. On pourra connaître l’influence des trépidations sur les appareils de mesures, les compteurs notamment, et on constatera qu’elles produisent des résultats bizarres et inattendus. P. Janet,
- Directeur de l’École supérieure d’électricité.
- —
- UN ÉPISODE
- DE
- LA LUTTE ENTRE LA TERRE ET LA MER
- Entre la terre et la mer, nul ne l’ignore, la lutte est incessante. Et de façon générale, on le sait aussi, les côtes s’usent, s’effritent, se désagrègent sous l’effort constant de la vague, et la mer étend son domaine aux dépens de celui de la terre ferme. Celle-ci, usée par sa surface, grâce aux pluies, et
- Table trépidante du Laboratoire central d’électricité, pour essais divers.
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- aux rivières, qui transportent d’abord la montagne dans la vallée, puis la vallée dans la mer, et, par ses côtes, va sans cesse à sa ruine. Il est vrai, cette ruine est lente, et ne se consommera qu'après un temps infiniment long : au, reste elle ne se consommera que si l’homme le veut bien, ou lorsque l’homme aura disparu.
- L’œuvre de destruction n’est toutefois pas la seule qui s’opère : il ne faut pas croire que partout la mer est victorieuse. On connaît de nombreux points, où, au contraire, c’est la terre qui fait des conquêtes sur la mer. Récemment encore, on signalait le recul progressif de l’Adriatique sur certains points de la côte italienne, mais il n’est point besoin de sortir de France pour trouver des cas de ce genre : il en est qu’on peut observer dans les localités côtières les plus proches de Paris.
- Je signalerai tout particulièrement à ce point de vue le cas du Yimeu, entre Tré-port et la Baie de Somme. La côte du Yimeu offre cet intérêt tout spécial qu’on y peut observer simultanément les deux alternatives de la bataille immémoriale que se livrent la terre et l’eau : à quelques mètres de distance, littéralement, on est témoin de l’œuvre de destruction et de l’œuvre de reconstruction ; à quelques mètres de distance, on voit reculer la terre, et reculer la mer.
- A partir du Havre, en passant par Fécamp et par Dieppe, chacun le sait, la côte française consiste en hautes falaises de craie découpées à pic et d'étincelante blancheur. Ces falaises, qui contiennent des
- bancs abondants de silex, dépassent Tréport, où elles s’échancrent pour laisser passer une petite rivière, la Bresle, et continuent jusqu’à Ault, ou plus exactement jusqu’à la nouvelle plage contiguë à Ault qui a ressuscité l’ancien nom d’Ünival. A Ünival, la falaise s’abaisse et meurt : elle s’élevait à 90 ou 100 mètres, à quelque distance : elle tombe ici à zéro. Du moins, elle paraît le faire : en réalité, elle fuit à l’intérieur des terres; plus exactement encore, la falaise cesse de former la côte : celle-ci consiste en des terrains bas, derrière lesquels, plus loin, se retrouve le plateau.
- Deux des figures ci-jointes représentent la falaise à la hauteur d’Ault et d’Ünival; on la voit s’abaisser du côté du Tréport vers le côté d’Ünival où elle disparaît, où elle cesse d’occuper le
- premier plan, et se réfugie en arrière, couverte de villas balnéaires, puis de champs, de cultures et de prairies.
- L’aspect même de ces falaises montre quel sort est le leur. Elles sont taillées à pic : à haute mer, la vague affouille leur base ; par la tempête, l’eau vient les lécher, user et délayer. En hiver, après les pluies, la gelée fend la roche,dont des pans s’abattent et se brisent ; la mer roule les débris, les concasse, les délaye, d’où la couleur grisâtre que présente la mer quand elle est agitée. Ici, il y a usure constante de la côte et on peut voir au pied de la falaise, çà et là, des amas de craie qui résultent deboulements récents; on peut voir aussi, en examinant de près la falaise sur laquelle repose une partie d’Ault, des restes de caves et de puits, qui montrent que la terre ferme, autrefois,
- Fig. 1. — La Falaise d’Ault-Oiiiral, vue prise à marée basse. Dans l’échancrure, le bourg d’Ault.
- Fig. 2. — La lin de la falaise d’Ault-Onival.
- En arrière, le phare, sur la falaise qui fuit à l’intérieur des terres.
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- il y a peu de temps encore, avait plus d'étendue. Chaque année, du reste, la falaise recule, le chemin des douaniers est reporté vers l'intérieur, et des maisons sont abandonnées.
- Voilà pour l’œuvre de destruction, et elle s’opère
- r
- tout le long de la falaise, comme chacun le peut constater et comme les relevés topographiques le font voir.
- Il faut examiner maintenant ce que deviennent les matériaux enlevés à la falaise.
- La craie se désagrège en blocs de grosseur variable. Les plus gros restent à la base, usés et brisés peu à peu par la vague, les plus petits sont entraînés par la mer.
- Où elle les mène? C’est bien facile à voir. Mettez-vous au pied de la falaise, au point où elle meurt, sous Ault, par exemple. Les blocs sont là, à peu près avec leur forme que leur donna leur chute. Marchez vers la gauche, vers Onival, les blocs sont encore là, mais plus petits, arrondis, ou façonnés en galets plats, usés.
- Faites cent mètres de plus, allez devant les bains d’Onival,les blocs sont plus rares et, plus petits, et, à 100 ou 200 mètres plus loin, ils ont pour ainsi dire disparu. La conclusion est facile à tirer. C’est d’abord que le courant de la mer entraîne les blocs du sud au nord, du côté Dieppe au côté Dunkerque. C’est ensuite que la destruction de ces blocs est très rapide puisque, abondants au pied de la falaise, ils n’existent plus dès qu’on a dépassé les limites de celles-ci.
- Cette conclusion est confirmée par un autre fait facile à observer, d’ailleurs. Çà et là sur la côte, à
- Fig. 3. — La digue de galets à marée basse. A droite, les dernières maisons d’Onival.
- Ault même, par exemple, des épis ont été construits. Ce sont des façons de digues formées de pieux, de fascines et de galets, qui s’avancent vers la mer, à peu près en droite ligne, sur une longueur de 20, 40, ou 50 mètres. Or, partout on
- remarque ceci, c’est que sur le versant sud de l’épi, il y a un vaste amoncellement de galets, tandis que sur le versant nord, c’est le vide. Ces épis ont été mis là pour arrêter la migration des galets vers le nord, et leur aspect montre quel but ils remplissent et contre quelle influence ils ont été dirigés.
- Donc, pas de doute au sujet du transport des matériaux désagrégés du sud vers le nord. Et s’il fallait une confirmation d’un fait aussi palpable, aussi évident, on le trouverait dans cette circonstance que
- le sable de Normandie renferme une forte proportion d’éléments rocheux qui n’ont pu être pris qu’aux roches de la Bretagne.
- Les matériaux enlevés à la falaise sont donc entraînés vers le nord, et désagrégés. Mais la désagrégation n’est pas également rapide pour tous ces matériaux. Et la preuve, c’est que si les blocs de craie disparaissent rapidement, les galets de silex, au contraire, sont nombreux.
- Que font ces galets de silex? Eh bien, ils reconstruisent. La mer les charrie vers le nord, et ils s’accumulent les uns sur les autres. Les tempêtes les jettent à de grandes hauteurs, et de cette manière se forment des plateaux, des terrasses qui vont sans cesse s’agrandissant. Les matériaux de démolitions du côté droit
- Fig. 1. — La digue de galets à marée basse.
- En arrière, se trouvent les Bas-Champs de Cayeux.
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- servent à la construction du côté gauche. Et c’est par cette accumulation de galets le long d'une côte basse que la terre a pu gagner sur la mer. Il est facile d’évaluer l’importance de cette reconstruction : les Bas-Champs de Cayeux, qui vont de Cayeux à à Onival, ont 10000 hectares environ.... Autrefois, c’était la mer — et du reste le Hable d’Àult, un ancien bras de mer transformé en étang saumâtre, et où, autrefois, les bateaux venaient s’abriter, le Hable d’Ault est là pour témoigner du passé. Peu à peu, sur la plaine de galets, le vent a poussé du sable et de la terre ; il a poussé des graines de plantes aussi, elles ont germé; d’autres plantes sont venues encore, et de façon progressive un sol s’est constitué dans les interstices des galets, et la végétation a pu s’établir. A l’heure qu’il est la digue qui forme rempart, et qui est figurée dans les dessins ci-joints, présente tous les degrés de la transformation graduelle d’une mer de pierre en un tapis de verdure, et les Bas-Champs de Cayeux servent à la culture et aux pâturages sur toute leur superficie. Ce sont les galets de silex arrachés à toute la côte du Havre à Ault qui ont servi à former cette terre nouvelle, et qui continue à s’étendre, et si la côte a perdu plus qu’elle n’a gagné, dans l’ensemble encore faut-il se féliciter qu’il y ait eu un certain gain.
- Nulle part, en tout cas, me semble-t-il, on ne peut apercevoir de façon plus claire, et en une juxtaposition plus étroite, les deux alternatives de la bataille de toutes les secondes que se livrent réciproquement les « grandes eaux » et la « terre ferme ».
- Henry de Varigny.
- ---O'-yX*-
- NÉCROLOGIE
- Ilobert €1. Bunsen. — Le savant physicien et chimiste, le professeur Robert Bunsen, est mort le 16 août dans la matinée à Heidelberg. 11 était âgé de quatre-vingt-huit ans. Le professeur Bunsen était né à Gœttingue où il fit ses études qu’il compléta à Paris, Berlin et Vienne. Il fut nommé docteur en philosophie, puis professeur à Gœttingue en 1833. En 1856, il succéda à Wœhler comme professeur de chimie à l’institut polytechnique de Cassel; puis il fut nommé, en 1838, à l’université de Marbourg, en 1851, à Breslau et, depuis 1852, il professait à Heidelberg.
- Il est l’auteur de travaux nombreux et considérables sur les applications de l’électricité à la chimie, et notamment sur les décompositions chimiques, sur la combustion du gaz, les poids spécifiques, etc. 11 est l’inventeur de la pile qui porte son nom. C’est lui qui dota, avec Kirchoff, en 1860, la science de cette admirable méthode d’analyse : la spectroscopie.
- A cette époque, Bunsen et Kirchoff, s’inspirant des travaux déjà effectués par Frauenhofer et Masson, rendirent la détermination des raies plus prompte en faisant tomber l’image spectrale sur l’image d’une échelle divisée de position invariable. Ils utilisèrent comme miroir la face du prisme tournée vers l’observateur. Après une série d’études et de recherches, ils parvinrent à nous donner le merveilleux instrument que l’on connaît aujourd’hui.
- Bunsen lit un voyage en Islande et publia un mémoire
- sur la constitution géologique de ce pays. En 1842, il publia un ouvrage sur la préparation d’un charbon pour remplacer le platine dans la pile; en 1852 et 1854, il donnait des renseignements très précieux sur la préparation du magnésium par la voie électrolytique, sur la préparation du chrome par la voie galvanique et sur la préparation électrolytique des métaux alcalins et alcalino-ter-reux. Bunsen avait été élu Correspondant de l’Institut de France en 1853 et Associé en 1882. D. L.
- CHRONIQUE
- l’n train de poids. — A ajouter aux exemples de convois extrêmement lourds aux États-Unis, conséquence de la façon dont on y exploite les voies ferrées et de l’emploi de wagons monstrueux. Le train dont il s’agit a récemment circulé sur le réseau du « Baltimore and Ohio railroad », et il a parcouru une distance de 160 kilomètres. 11 était composé de 50 wagons du type Schoen ayant une capacité en lourd de 45 tonnes, wagons en acier pesant individuellement à peu près 15,6 tonnes; en fait chacun ne portait qu’un chargement de 59,9 tonnes de houille. Le convoi, dans son ensemble, pesait 2766 tonnes, dont 689 tonnes pour le poids mort des véhicules, 1985 pour le chargement des wagons, 63,5 pour la machine, le reste pour le tender. On remarquera la forte proportion du poids du chargement au poids total. La locomotive qui traînait tout cela était du type « consolidation », munie de cylindres de 558 sur 711, et de roues motrices de lm,57 de diamètre.
- Matelas et contagion. — On ne saurait prendre trop de précautions dans l'achat des matelas, et il faudrait leur faire pour ainsi dire toujours subir le passage à l’étuve avant de les employer : d’abord parce que les germes s’y déposent très facilement et atteignent ensuite fort aisément ceux qui y couchent, et aussi parce que, tout au moins les m..telas bon marché sont garnis de laines provenant de déchets de toute espèce, dont l’origine est souvent répugnante. Le fait est que le Comité d’hygiène de l’État d’Iowa vient de préparer un règlement des plus sévères sur la vente des matelas et objets de literie fabriqués au moyen de déchets divers.
- La Poste d'Europe en Sibérie. — L’administration des Postes impériales d’Allemagne a dernièrement fait des essais comparatifs en vue de déterminer le temps nécessaire minimum pour le transport des malles de Berlin à Tientsin. Pour la majorité des cas, la toie maritime a été bien plus rapide, et ce n’est qu’exceptionnelle-ment que le courrier est arrivé plus tôt par le chemin de fer sibérien. La voie de terre ne sera la plus courte que lorsque ce chemin de fer aura atteint le bord de la mer à travers la Mandchourie.
- 'Une université millionnaire. — Il faudrait même dire plusieurs fois millionnaire. H s’agit de la Leland Stanford Junior university, dont la richesse dépasse, et de beaucoup, celle de l’université Columbia ou du fameux Harvard, depuis les dons qui viennent de lui être faits par Mme Stanford. Les ressources de cette université consistent en 5 grandes fermes, ayant ensemble une contenance de 58 000 hectares ; sur l’une d’elles, qui constitue l’enceinte même de l’université, des bâtiments, d’une valeur de 5 millions de francs ont pu être édifiés avant la mort du fondateur, le sénateur Stanford. Celui-ci, en mourant, a laissé par testament à l’université une somme liquide de 12 500 000 francs, composée de titres de chemins de
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- fer. De plus, pendant la litigation qui a suivi son décès, Aime Stanford a donné par acte entre-vifs à l’université sa fortune privée, qui ne monte pas à moins de cinq millions. Enfin, en vertu d’une donation récente, elle laisse;') l’université tout le reste de la propriété de son mari, ce qui représente une valeur commerciale de plus de 180 millions de francs.
- Feux de Bengale gigantesques. — C’est naturellement aux États-Unis qu’on les a brûlés, le 4 juillet, c’est-à-dire à l’occasion de la fête nationale américaine. Ils ont été allumés au sommet de Pike’sPeak, et ils étaient composés de 1500 livres (de 453 grammes, il est vrai) de poudre bleue et de poudre rouge; des trains entiers d’excursionnistes étaient accourus pour assister à ce feu de Bengale peu ordinaire, qui se brûlait à une altitude de 4200 mètres. Cette illumination formidable à tous les points de vue a été aperçue et à Denver, à 120 kilomètres dans le nord, et à Pueblo, à 72 kilomètres dans le sud.
- lin grand réseau de drainage. — C’est dans l’État américain d’Indiana, dans le comté de Noble, que l’on vient de le mener à bien. 11 s’agissait de rendre bonne pour la culture une superficie de plus de 20 000 hectares : on a creusé un émissaire principal d’évacuation des eaux qui n’a pas moins de 16 kilomètres de développement, avec une largeur moyenne de plus de 4 mètres. Quant aux émissaires secondaires, ils représentent ensemble une longueur de 105 kilomètres environ, et, sur le total, on en compte seulement 32 kilomètres qui soient établis avec des tuyaux de terre cuite. 1 La dépense d’établissement a été de près de 400 000 francs.
- La population de l'Empire britannique. —
- D’après une étude que vient de publier un statisticien anglais qui fait autorité, M. Giffen, la population de l’ensemble de l’Empire britannique est actuellement de 407 millions d’habitants, ce qui représente à peu près le quart de la population du monde entier. D’ailleurs, dans ce total formidable, les Anglais proprement dits ne forment que 50 millions ; quant aux populations soumises à l’Angleterre, leur nombre s’est accru de 46 pour 100 pendant la péri'ode 1871-1898, tandis que, pour les Anglais, l’accroissement correspondant n’était que de 33 pour 100.
- ——
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 août 1899. — Présidence de M. Mauhice Lévv.
- Persistance des trajectoires d’étoiles filantes. — M. Lœwy communique une Note de AI. André dans laquelle l’auteur signale un cas extraordinaire de persistance de la trace lumineuse laissée dans le ciel par une étoile filante. Le sillage brillant a subsisté pendant 20 minutes. L’auteur a recherché la cause de ce phénomène. 11 pense que la météorite, en pénétrant dans l’atmosphère, s’est divisée successivement et que les fragments se sont réduits en poussières qui ont continué de brûler.
- Exploration de l’atmosphère. — AI. Alascart analyse une Note de AI. Teisserenc de Borl dans laquelle l’auteur expose les faits généraux qu’il a pu déduire de l’ensemble d’observations recueillies au moyen de ballons-sondes. Cette méthode d’observation est bien moins aléatoire qu’on serait tenté de le croire. La plupart des ballons lancés sont retrouvés et renvoyés à l’observatoire où AI. Teisserenc de Bort procède à ses expériences; il a pu ainsi grouper les résultats fournis par 100 ascensions opé-
- rées à toute époque de l’année. 53 ballons ont atteint la hauteur de 9000 mètres; 24 sont montés à 15 000 mètres et 7 ont dépassé la hauteur de 14 000 mètres. L’influence des saisons se fait encore sentir à l’altitude de 5000 mètres, mais le maximum de température se produit à la fin de l’été et le minimum à la fin de l’hiver. La température de — 40° se rencontre entre 6000 et 9000 mètres; celle de —50° entre 8000 et 12 000 mètres.
- La constante de l’attraction universelle. — AI. Lipp-mann communique une Note de AI. Burgess dans laquelle l’auteur donne la description d’un appareil qu’il a combiné en vue d’obtenir la constante numérique qui entre dans les formules de l’attraction de la matière, avec une approximation plus grande que celle atteinte par les physiciens qui se sont occupés de cette question. Dans sa célèbre expérience, Cavendish a placé deux sphères à l’extrémité d’un fléau suspendu par un lil. L’attraction d’une des sphères par rapport à une autre sphère est équilibrée par la torsion du fil. Pour rendre la force à mesurer plus considérable, il est nécessaire que les sphères aient une masse importante ; mais, d’autre part, pour que l’appareil présente une sensibilité indispensable, il faut que le fil de suspension soit d’une ténuité extrême. Dans cet ordre d’idées, on est arrivé, dans certaines expériences, à ne plus prendre que des sphères de masses très faibles. AI. Burgess restitue à l’appareil des masses pesantes, mais il fait reposer le fléau sur une sorte de flotteur plongeant dans du mercure de telle sorte que le poids à soutenir par le fil peut être rendu presque nul. Dès lors il peut employer un fil de suspension très fin et l’appareil conserve sa sensibilité. Alais il est nécessaire que l’observation s’exécute dans un milieu à température constante. AI. Burgess a déjà obtenu des résultats satisfaisants à l’aide de cet appareil; il poursuit ses expériences et en fera l’objet d’une prochaine communication.
- Décès. — AI. Berthelet annonce la mort de AI. Bunsen et de AI. Frankland, associés étrangers, et rappelle que ces savants se sont illustrés, l’un par la découverte de l’analyse spectrale avec KirchofF, l’autre par celle des radicaux métalliques composés.
- Varia. —AI. Potier communique une Note de Al. Claude sur la persistance des propriétés magnétiques du fer lorsqu’on le refroidit de + 25° à — 185°.
- * Ch. de Villedech,.
- COFFRET AVEC PRISE DE COURANT UNIVERSELLE POUR LES
- AUTOMOBILES ÉLECTRIQUES
- Au mois de novembre 1898, le Syndicat professionnel des industries électriques, l’Association amicale des ingénieurs électriciens, l’Automobile-Club de France, et le Syndicat des usines d’électricité avaient constitué une Commission pour déterminer les conditions dans lesquelles les automobiles électriques pouvaient se ravitailler en énergie électrique. La Commission décida de mettre au concours un coffret avec prise de courant universelle. Un prix de 400 francs devait être décerné à l’auteur de l’appareil qui serait reconnu par la Commission comme répondant le plus exactement aux conditions du programme.
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- LA NATURE.
- Le concours a été clos le 1er mai 1899, et la Commission vient d’en faire connaître les résultats. Quatre appareils ont été présentés : la Commission a été d’avis de partager le prix de 400 francs entre deux des quatre concurrents. Les appareils récompensés ont été fabriqués, d’une part, par la Compagnie générale des Travaux d’éclairage et de force en collaboration avec la Compagnie anonyme continentale pour la fabrication des compteurs à gaz et autres appareils, et, d’autre part, par la Société anonyme {jour le travail électrique des métaux*
- Les conclusions de la Commission ont été les suivantes. Les appareils présentés répondent tous techniquement aux conditions du programme d’une façon presque complète, souvent même avec d’heureuses additions, telles que le payement préalable ou l’enregistrement graphique de l’énergie fournie depuis le commencement de la mise en charge. On pourrait
- seulement leur repro- __________
- cher leur prix élevé, prix qui varie entre 7 00 et 1550 francs, raccords non compris.
- La prise de courant universelle a été moins bien comprise et moins bien étudiée. La Commission ne saurait recommander aucune de celles présentées par les concurrents. Les unes sont trop lourdes, les autres trop encombrantes ; d’autres se composent de deux prises distinctes qui, dans les manœuvres, peuvent se mettre en contact et créer des courts-circuits. Le problème de la prise de courant universelle pour automobiles reste donc encore à résoudre. M. Leroy.
- ÉCHELLE I)E SAEYETAGE ORIGINALE
- Il ne faut évidemment pas s’exagérer les services que peut rendre, dans le cas de l’incendie d’une maison, une échelle par laquelle les habitants memes de la maison doivent s’échapper, sans le secours de personne qui les soutienne et leur donne un peu de sang-froid. Pour beaucoup de gens, en effet, le grand danger en pareil cas est l’affolement, qui les met à peu près hors detat de se livrer à un véritable exercice de gymnastique; mais comme malgré tout une échelle peut être utile en semblable matière, il est important de trouver un moyen qui permette de laisser un de ces engins dans une position où l’on puisse le dérouler immédiatement par une fenêtre : c’est-à-dire qu’elle doit être normalement rentrée à l’intérieur, pour ne pas offrir un moyen d’ascension
- Échelle de sauvetage originale.
- facile aux malfaiteurs, ne point paraître cependant dans la pièce où elle se trouve, car cela ne peut passer {tour une décoration d’appartement, et enfin être munie constamment d’un ancrage solide qui lui fournisse un appui dès qu’elle est déroulée.
- Un inventeur américain, ingénieux comme la plupart de ses compatriotes, semble avoir résolu le problème d’une façon originale et réellement pratique. 11 s’agit de l’échelle de sauvetage, du fire-escape, comme on dit en anglais, imaginée par M. Émile Robiole (dont le nom a du reste une allure étrangement française).
- Ainsi que le montre la figure ci-jointe, l’originalité de cette échelle consiste à être normalement enroulée sous le siège d’un fauteuil, ou de quelque meuble analogue. Le fauteuil en question comporte un siège et un dossier du type à peu près courant, à cela près que l’épaisseur doit en être réduite, d’une part afin de laisser sous le siège même, entre les quatre pieds, un vide suffisant pour donner place au tambour d’enroulement, d’autre part parce que, ^ en arrière du dossier -> proprement dit, est un faux dossier. Dans l’espace intermédiaire entre ces deux dossiers remonte l’échelle, car c’est par là qu’elle se dévi- ^ dera en cas de besoin. Nous n’avons pas à faire remarquer qu’une manivelle, qu’on peut se dispenser de laisser constamment en place, permet de mettre le tambour en mouvement pour enrouler ou dérouler l’échelle. Le déroulement est grandement facilité par le poids de l’appareil, formé de câbles d’acier avec barreaux de même métal, et terminé de plus par un poids longitudinal qui, lorsque lechelle est repliée, vient s’appuyer sur le haut du dossier.
- Pour assurer le glissement de l’échelle sur l’appui d’une fenêtre, le fauteuil comporte, par derrière, deux bras munis de rouleaux qui peuvent se relever et s’appliquer sur cet appui. Le meuble, étant donnée sa position verticale, fera contrepoids à l’échelle chargée, et cela d’autant qu’il porte, à sa partie inférieure, une lourde plaque métallique.
- L’échelle une fois rentrée dans son logement, le fauteuil peut se déplacer : en cas de danger, en un tour de main on pourra l’approcher d’une fenêtre et dévider l’échelle par la baie ouverte. D. B.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE.
- N» 1571. — 2 SEPTEMBRE 1899.
- CHEYAUX
- MOTEUR A GAZ DE
- Les moteurs à gaz qui ont déjà rendu beaucoup de services dans l’industrie commencent à être appréciés encore davantage, parce que leur puissance s’accroît.
- Un journal américain, Engineering News, nous faisait connaître dernièrement un moteur à gaz de 050 chevaux, soit 500 poncelets, probablement le plus puissant du monde.
- Ce moteur, qui est représenté dans la figure ci-jointe, a été installé par la Compagnie Westinghouse electric and Mfg, dans son usine d’East Pittsburg. Il est vertical, à trois cylindres, et commande directe-
- ment, à la vitesse angulaire de 150 tours par minute, une dynamo à courants continus à 8 pôles de 400 kilowatts à 550 volts.
- Dans ce moteur, chaque cylindre fournit successivement une explosion ou un coup de piston moteur par tour.
- Un régulateur spécial détermine la quantité de mélange explosif à admettre à chaque course suivant la puissance. Cette admission n’a lieu que pendant une fraction de la course.
- L’inflammation électrique se produit au moment nécessaire. Le régulateur, en réglant ainsi à chaque
- Moteur à gaz de 650 chevaux de la Compagnie Westinghouse.
- tour la force de l’explosion, assure une vitesse angulaire constante; la fréquence des coups de piston du moteur ne varie pas. Le travail produit par chacun d’eux est seul variable.
- Nous ne retrouvons plus ici le fonctionnement à quatre temps du moteur à gaz ordinaire, mais le fonctionnement d’une machine à vapeur à détente variable.
- Le Moteur dont il est question fonctionne d’une façon régulière depuis plus d’un an. Il est intéressant, car sa vitesse angulaire élevée lui permet de commander directement une machine dynamo, et, de plus, comme celle-ci est constante, le moteur se prête tout particulièrement à la commande des dynamos.
- La Compagnie Westinghouse s’occupe spécialement 27 e année. — 2' semestre.
- ~'Ns
- depuis quelques années de moteurs à gaz de puissances variées. Les moteurs de 20 chevaux consomment environ actuellement 550 à 400 litres de gaz naturel par cheval-heure. Mais il y a en construction des moteurs dont la puissance atteindra 1500 chevaux et pour lesquels la consommation de gaz sera réduite dans de grandes proportions.
- D’après les derniers renseignements publiés, on tomberait, avec un gazogène, à une consommation qui correspondrait à peine à 450 grammes de charbon par cheval-heure utile.
- Il deviendra alors très aisé dans une exploitation de remplacer des machines à vapeur par des moteurs à gaz avec gazogène ; il en résultera de grandes facilités pour la production de la force motrice et de réelles économies dans le prix de revient. Enfin,
- 14
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- comme nous l’expliquions récemment, les moteurs à gaz rendront possibles en ville les installations électriques en évitant la fumée. L. Leroy.
- MOUVEMENTS DU SOL
- M. Gilbert a observé que les rivages des lacs d’Amérique1 subissent des variations dues à des mouvements de soulèvement et d’affaissement du sol. Sur une distance de 100 milles, il existerait, dans la direction Sud 27° Ouest, une dénivellation moyenne de lm,05. La région Nord serait en voie d’émersion tandis que la partie Sud-Ouest s’enfoncerait. Le village d’Ontario, sur le lac de ce nom, se trouve progressivement submergé. A Hamilton, l’élévation est de 18 centimètres par siècle; à Toledo, de 25 centimètres. La ligne d’affaissement traverse le lac Iluron, puis le lac Michigan.
- A Georjan Bay, le niveau du lac a baissé de 50 centimètres par siècle et de 18 centimètres à Mackirnan. 11 s’est élevé de la même hauteur à Milwaukee et de 27 centimètres à Chicago dont le sol "exhaussé par les remblais tend pourtant à s’affaisser maintenant.
- M. Gilbert conclut de ses recherches que le bassin des grands lacs d’Amérique finira par se vider ; du reste ce ne sera que la continuation de l’ensemble des mouvements qui se poursuivent depuis la fin de la période glaciaire. Dans cinq cents ans Chicago sera submergé par l’ancien émissaire des eaux du lac Michigan, qui est un lac glaciaire. Dans deux cents ans, les lacs Michigan, Érié, Huron s’échapperont par le même émissaire, d’abord du côté de Chicago et de l’autre par une trouée à l’est de Buffalo. Puis, dans une période subséquente toutes les eaux du lac se précipiteront par ces voies dans l’Illinois et le Mississipi pour atteindre le golfe du Mexique.
- CROISSANCE DES PLANTES
- REPRÉSENTATION PHOTOGRAPHIQUE
- Nous avons sans doute été les premiers à signaler les curieuses applications que l’on pourrait faire du cinématographe, et de la chronophotographie en général, pour synthétiser en quelques instants les différentes périodes successives de la croissance d’une fleur ou d’une plante. Le département de l’agriculture des États-Unis est en train de mettre en pratique cette idée si originale.
- On a placé en station, dans une des serres de la Division de Pathologie végétale, un appareil de chronophotographie qui a pour mission de prendre des photographies successives multiples d’un tout petit chêne : nous n’avons pas besoin de dire que le fonctionnement est automatique. Il se prend une photographie par heure, la nuit même, où l’on recourt à l’éclairage électrique. On continuera la prise des photographies de façon à avoir finalement, et à pouvoir projeter sur un écran le développement du petit arbuste, depuis le moment où il est sorti de terre jusqu’à ce qu’il ait un vrai bouquet de feuilles; on se propose ensuite d’appliquer l’appareil et la méthode à l’observation des maladies de toutes sortes qui déciment les végétaux, afin de pouvoir faire d’instructives projections dans les écoles et les stations où l’on donne l’enseignement agricole. M.
- 1 Ciel et Terre.
- UNE RÉCENTE EXPLORATION DES PROFONDEURS
- DANS L’OCÉAN ARCTIQUE
- Nations essentiellement maritimes, les peuples Scandinaves ont depuis longtemps compris l’importance scientifique des études océanographiques et en même temps leur utilité pour le progrès des industries de la mer. Aussi bien dans aucun pays les recherches de ce genre ne sont-elles aussi fréquentes qu’en Suède, en Norvège et en Danemark. H y a déjà plus de vingt ans, les Norvégiens ont inauguré dans le nord l’ère de ces investigations par l’exploration des grandes profondeurs de l’océan Arctique, sous la direction de Mohen. Depuis, ils ont poursuivi leurs études dans la mer du Nord et le Skagerak et obtenu, grâce à l’activité intelligente du Dr Hjort, des résultats pratiques très précieux. Plus récemment, durant sa fameuse dérive à travers les glaces arctiques, Nansen a scruté les abîmes au-dessus desquelles glissait son navire enchâssé dans la banquise. Pendant ce temps, les Suédois s’occupaient de la Baltique et du Cattégat, tandis que leurs expéditions arctiques recueillaient des observations océanographiques autour du Spitsberg et du Grônland. Les Danois de leur côté ne sont pas restés inactifs. En même temps qu’ils se livraient à des recherches systématiques dans les Belt et le Sünd, ils entreprenaient l’exploration des mers d’Islande et du Grônland. La mission maritime, récemment organisée par le Danemark dans cette région, disposait d’un croiseur, Y Ingolf, spécialement aménagé en vue de ces campagnes, et comptait un nombreux personnel scientifique : un botaniste, M. Ostenfeld-Ilansen, un jeune hydrographe d’avenir, M. Martin Knudsen et trois zoologistes, MM. Lund-beck, Hector Jungersen et H. Hansen, ce dernier remplacé dans le second voyage par M. Wesenberg-Lund. Durantdeux étés en 1895 et 1896, l'Ingolf a fouillé les profondeurs entre les Ferô et l’Islande, autour de cette dernière île, puis, aux approches du Grônland, dans les détroits de Danemark et de Davis, enfin entre l’Islande et Jan Mayen. Très soigneusement équipée et très judicieusement conduite par le commandant, aujourd’hui amiral, F. Wandel, un habile marin doublé d’un savant expérimenté, cette expédition a eu des résultats scientifiques considérables que vient de mettre en lumière une superbe publication.
- Le gouvernement danois a très justement compris qu’il ne suffisait pas de faire d’intéressantes observations, et que, pour leur donner toute leur valeur, il était nécessaire de les réunir dans un même ouvrage. Dans cette pensée il n’a pas hésité à faire les frais d’un magnifique recueil, The Ingolf-Expedition, écrit en anglais pour le rendre aisément accessible aux savants, et qui pour l’hydrographe comme pour le naturaliste offre l’importance des publications du Challenger, du Vôringen, du Talisman, du Black, etc.
- L’expédition de Ylngolf avait pour objet l’étude
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- des conditions bathymétriques et océanographiques, de la faune et du plankton dans les mers d’Islande et du Grônland. Elle devait en outre faire des observations météorologiques et magnétiques, enfin reconnaître soigneusement à tous les points de vue les bancs fréquentés par les poissons dans ces régions.
- L’examen des abondantes collections recueillies par cette mission n’étant pas terminé et ne concernant que des spécialistes, nous nous occuperons exclusivement ici des études d’océanographie, d’un intérêt beaucoup plus général.
- Au point de vue de la topographie et de la géologie des fonds marins, le commandant de Y Ingolf, l’amiral Wandel, a fait une découverte d’une importance capitale en reconnaissant l’existence d’une longue crête sous-marine qui, partant du Reykjanæs, l’extrémité sud-ouest de l’Islande, s’étend vers le sud-ouest jusque vers le 55° de latitude nord. L’Océan compris entre le Grônland et le seuil des Fero se trouve ainsi partagé par ce relief en deux bassins. Il y a trois siècles, au retour du troisième voyage de Frobisher, à la recherche du Passage du nord-ouest, un des navires de sa flottille, YEmmanuel, un Busse, comme on appelait alors les bateaux de ce modèle, fut séparé de ses conserves au large du Grônland. De retour en Angleterre, le capitaine raconta avoir rencontré, au sud-est du « Frisland », comme on appelait alors l’Islande, une grande île couverte de bois, et désormais sur toutes les cartes de l’époque apparaît une terre étendue qu’elles nomment île de Busse et qu’elles placent sous le 58° de latitude nord et par 50° de longitude ouest environ, c’est-à-dire sur l’emplacement de la crête découvert par YIngolf. Le célèbre navigateur Henry Hudson n’ayant pu retrouver cette île en 1609, les « cosmographes » du temps la firent disparaître de leurs atlas, croyant qu’elle avait été engloutie dans un tremblement de terre, comme l’indique l’inscription de : Versonken Land van Buss (Terre affaissée de Buss) qu’ils inscrivirent sur son emplacement. La croyance à ce cataclysme a persisté jusqu’à nos jours. Il y a quelques années, lorsque je me rendais au Grônland, un jour que la mer était grosse dans le sud-ouest de l’Islande, un matelot m’affirma que toujours les vagues étaient très hautes dans ces parages, au-dessus, disait-il de « l'île submergée de Busse ». Cette terre a-t-elle réellement existé, puis s’est-elle affaissée et le dos du Reykjanæs en est-il le dernier vestige? A cet égard, il demeurera impossible de connaître la vérité ; en tout cas, les recherches de l’amiral Wandel prouvent l’àge récent de cette singulière bosse de l’écorce terrestre. Le dos du Reykjanæs a été, certainement, formé postérieurement à la période glaciaire. Tous les dragages exécutés sur le sommet de cette crête n’ont jamais, en effet, ramené un seul caillou, et jamais dans cette région le filet des chaluts n’a été déchiré par des blocs erratiques. Au contraire, les deux versants de cette crête sont comme le détroit de Danemark, couverts de maté-
- riaux détritiques apportés par les glaces. Chaque fois que dans ces parages les dragues ont été mises à l’eau, elles sont revenues en lambeaux. L’origine de cette longue protubérance est très certainement d’origine volcanique. Le Reykjanæs est un centre très énergique de l’activité interne. Le Dr Tho-roddsen y signale la présence de trente volcans avec plus de sept cents cratères, et dans toute cette région les tremblements de terre sont très fréquents et très violents. En 1896, le sud de l’Islande a été ravagé par de terribles secousses et précisément autour du dos du Reykjanæs des mouvements séismiques ont été observés au large par des navires.
- En même temps que les savants embarqués à bord de YIngolf déterminaient l’allure des fonds marins, ils étudiaient avec une scrupuleuse attention les mouvements de la mer et ses états physiques. A propos de ces recherches, signalons un très utile perfectionnement apporté par M. Martin Knudsen, l’hydrographe de l’expédition,dans la disposition du thermomètre plongeur. Souvent il arrive qu’après le retournement et pendant la remontée de cet appareil, le mercure sort du réservoir et vienne remplir le tuhe de telle sorte que la lecture soit impossible ou donne une indication fausse. En plaçant le réservoir latéralement au tube, M. Knudsen a très ingénieusement remédié à cet inconvénient.
- Les eaux atlantiques se distinguent des eaux polaires par une température relativement élevée et une forte salinité. Partant de ce principe vérifié par l’expérience, les savants de YIngolf ont exécuté de très fréquents sondages thermométriques et densimétriques, afin de déterminer en un grand nombre de localités l’origine des strates liquides qui constituent l’Océan. Connaissant la nature des différentes couches d’eau et l’ordre de leur superposition, ils ont dès lors pu déduire les lois de leur mouvement. Des recherches des Danois, il ressort nettement que, dans l’Océan compris entre le Grônland, l’Islande, les Ferô et Jan Mayen, les couches atlantiques constituent la plus grande partie de la masse océanique, tandis que les eaux polaires ne forment que les nappes superficielles. Jusqu’à la côte sud de l’Islande, des couches liquides d’origine atlantique occupent la cavité maritime dans toute sa hauteur, et autour de l’île, le long des côtes ouest et nord, elles se prolongent à la surface, sur une faible largeur par le courant dit d'Irminger. Les eaux polaires, après avoir recouvert l’espace compris entre Jan Mayen et le Grônland, se partagent dans leur dérive vers le sud en deux nappes; l’une file le long de la côte du Grônland, l’autre vers la côte est de l’Islande et vers les Ferô. Ce dernier courant atteint une très grande étendue. Jusqu’à 160 milles au large de l’Islande, l’expédition de YIngolf a reconnu son existence et telle est dans ces parages lepaisseur des eaux froides que leur influence est reconnaissable sur une épaisseur de plus de 180 mètres.
- La direction suivie par les eaux superficielles
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- LA NATURE.
- a été mise en évidence par une intéressante expé- Tout récemment des objections très sérieuses ont été rience de flottage conduite par l’amiral Wandel. élevées contre l’emploi des flotteurs pour l’étude des
- O (('‘rpemnirh)
- DETROIT DE
- Ida visï
- GROENLAND
- if DETROIT DE
- DAN EM A,
- Kilomètres.
- 100 2oo 3oo koo Soo
- 20 (Gruetirich’)
- Fig. 1. — Carte batliyinutrique (le la mer (1 Islande.
- courants marins. Dans bien des cas, ces engins suivent des directions imprimées par les vents dominants. Pour éviter cette
- cause d’erreur, les Danois ont lancé à la mer de petites boîtes lestées de manière à flotter à fleur d’eau et par suite à être soustraites à l’influence des brises. Ces précautions ont eu un succès complet et les flotteurs ont suivi précisément l’itinéraire que les études océanographiques permettaient de supposer. Le document que portait chacun de ces engins promettait une somme de 10 couronnes (14 francs) à la personne qui le trouverait et le ferait parvenir à l’Université de Copenhague. Cette judicieuse mesure a eu d’excellents résultats. Sur les vingt flotteurs mis à la mer, douze ont été retrouvés.
- o ( Greenwich;)
- e -Localités ou- ont été lanças les flotteurs. .......... ^
- * ____ 0___où ont eto trouvés les flotteurs . '
- Les chiffbes indiquent les dates dit lancement et de l'arrivée des flotteurs.
- Fig. 2. — Itinéraire des flotteurs lances par l’expédition de Ylngolf.
- Ils ont d’abord suivi le courant polaire de l’Islande oriental, puis ensuite ont été entraînés dans le Gulf-
- stream vers les côtes de Norvège. Comment se produit ce passage d’un courant à l’autre, comment les eaux froides venant du nord se mêlent-elles à celles arrivant du sud? A cet égard les hydrographes danois ne peuvent se prononcer avec certitude. Suivant toute vraisemblance, les vents ont une grande part dans ce mélange et les brises d’ouest persistantes dans la région des Ferô pousseraient la nappe superficielle polaire dans l’est, côte à côte, avec le Gulf-stream et, au contact de ses nappes tièdes, s’échaufferaient rapidement. Charles Rabot.
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- LÀ NATURE.
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- MACHINE A VAPEUR
- POUR LES PULYÉRISATIONS INSECTICIDES
- Il semble au premier abord assez bizarre et disproportionné de recourir à une machine à vapeur, pour effectuer une opération aussi simple que celle de la pulvérisation des divers liquides imaginés dans le but de détruire les insectes qui envahissent, en cette fin de siècle, les différentes cultures. Mais on 11e sait que trop avec quelle abondance ces fléaux se répandent un peu partout, et sur la vigne, et sur les orangers, etc. Ils se multiplient suivant une progression formidable : en matière de viticulture notamment, les malheureux cultivateurs sont obligés de passer des jours et des jours à répandre sur les plants attaqués les fameuses solutions cupriques. On a, dans ce but, inventé des petites pompes à main que le vigneron charge sur son dos, et dont il meut le levier pendant qu'il passe entre les rangées de ceps ; mais le mouvement de ce levier est assez fatigant, il ne projette le liquide qu’à faible distance, et l’homme ainsi chargé n’a aucune indépendance de mouvements.
- On a bien créé des pompes de plus grand calibre qui restent en un point fixe, tandis que le vigneron parcourt les rangées de plants en tenant en main un vrai tuyau d’arrosage; mais il faut un second homme pour mettre la pompe en mouvement, et il vaudrait mieux assurément disposer d’une pompe commandée par un moteur mécanique, dont le prix d’achat serait rapidement compensé, surtout dans les entreprises agricoles d’une certaine importance.
- C’est ce qu’on s’est dit en Angleterre, en se plaçant d’ailleurs plus spécialement au point de vue des cultures de houblon; et, lors du concours agricole de Maidstone, un prix était offert aux instruments destinés à répandre les solutions insecticides sur les plants de houblon. Six concurrents se présentèrent à ce concours, mais nous nous contenterons de signaler une seule machine, qui nous a paru fort originale, celle de MM. Merryweather et fils, dont des reproductions ont été données par notre confrère Engineering.
- Disons tout de suite que ce petit appareil à vapeur
- se transporte sur une sorte de chariot léger auquel on attelle un cheval, et où la pompe repose par l’intermédiaire de deux tourillons, un peu comme cela se passe pour certains porte-touries dans les usines de produits chimiques : de cette façon la chaudière demeure constamment verticale pendant le transport d’un point à un autre, et 011 peut la déplacer tout allumée. Cette chaudière est d’un type spécial aux constructeurs et connu sous le nom de « Yaliant » ; tout l’ensemble ne pèse que 304 kg. La chaudière est à tubes d’eau, et susceptible de fournir de la vapeur à la pression de 7 kg par cm2, dix minutes après l’allumage; le cylindre est vertical et commande directement la pompe, une manivelle avec volant assurant le déplacement du tiroir. Cette pompe prend la solution insecticide toute préparée dans un réservoir ad hoc, mais elle peut aussi, par deux tuyaux séparés, puiser d’un côté de l’eau pure, de l’autre un produit chimique, le mélange en proportion déterminée se faisant dans la conduite principale de distribution : celle-ci s’allonge dans la plantation à soigner, et elle présente un certain nombre de prises sur lesquelles on peut monter jusqu’à 24 tuyaux secondaires de pulvérisation.
- On comprend, sans que nous y insistions, avec quelle rapidité peuvent se faire des pulvérisations grâce à ce système; nous- devons ajouter qu’un moteur de cette sorte, qui s’alimenterait aisément au pétrole, est toujours à même de rendre les plus grands services dans une ferme, soit qu’on débraye la pompe, et qu’on emploie l’appareil à commander les mille appareils dont on a besoin dans une installation agricole, soit qu’on recoure en cas de feu à cette pompe, qui est capable de lancer un jet d’eau à 25 mètres, en débitant quelque 450 litres à la minute. Pierre de Mériel.
- LES OISEAUX
- ET LA DESTRUCTION DES MAUVAISES HERBES
- Il ne faut pas avoir cultivé le moindre petit jardin, pour ignorer la rapidité et l’abondance désastreuses avec lesquelles se multiplient les mauvaises herbes : la culture a beau en faire disparaître des quantités prodigieuses, il suffit que quelques pieds subsistent pour infester à nou-
- Machine à vapeur pour les pulvérisateurs insecticides.
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- veau le jardin l’année suivante. C’est que la plupart de ces mauvaises herbes produisent un nombre absolument incroyable de graines, tel le pourpier, par exemple, qui en peut donner des centaines de mille en une seule saison. Heureusement, comme vient de le montrer une publication du Ministère de l’Agriculture américain, nous avons dans certains oiseaux granivores des auxiliaires merveilleux pour nous défendre contre cet envahissement.
- Leurs services sont du reste particulièrement précieux contre les végétaux qui ne sont qu’annuels, et qui sont susceptibles de se propager uniquement par leurs graines : les exemples en sont nombreux, mais un des plus caractéristiques est certainement celui du mouron, ainsi que de beaucoup de plantes du genre Polygonum.
- D’après l’étude que nous avons signalée tout à l’heure, et qui est due à M. Sylvester I). Judd, les oiseaux qui mangent les graines des mauvaises herbes sont principalement l’alouette cornue, le merle, l’alouette des prés, le pigeon, la caille, le pinson, le passereau. Cette destruction des mauvaises herbes se fait réellement grâce à eux sur une très vaste échelle, car le Professeur F. E. L. Beal estime que, dans le seul État d’Iowa, une espèce unique, le moineau des arbres, consomme annuellement 870 000 kg de graines de mauvaises herbes.
- L’excellente méthode qui consiste à examiner le contenu de l’estomac de certains oiseaux, a pu convaincre que les meilleurs destructeurs en la matière sont le chardonneret, le gros-bec, et une douzaine de variétés de moineaux indigènes. Dans les jardins du Ministère de l’Agriculture, à Washington, le moineau anglais et certaines variétés indigènes se nourrissent de pissenlits depuis le milieu de mars jusqu’à la mi-août ; au moment où les corolles jaunes ont disparu et où la fleur se présente sous la forme d’un œuf allongé surmontée d’une aigrette duveteuse, le moineau enlève plusieurs écailles de l’involucre intérieur, en faisant une section bien nette tout près du réceptacle ; il détache les plumets duvetés de la graine, et avale ainsi une bonne quantité de ces graines. On peut aisément reconnaître la blessure faite à l’involucre parle bec de l’oiseau jusqu’à ce que la fleur se dessèche et tombe. Dans les gazons dont nous parlions, on a constaté cette mutilation caractéristique sur les trois quarts au moins des pissenlits.
- Quant au chardonneret américain, on peut dire qu’il s’attaque uniquement aux composées, sa nourriture favorite étant le chardon, comme on sait et comme l’indique son nom, et aussi la jacobée et le pissenlit; au pied des chardons, on retrouve les enveloppes de graines qu’il enlève de la tête du chardon, et qu’il vide en les ouvrant sur le côté. Le chardonneret est d’autant plus à protéger qu’il ne fait pas de dégâts sur les fruitiers, et que c’est uniquement un destructeur de mauvaises herbes.
- Il serait à désirer qu’on fît pour la France une étude analogue à celle que M. Judd a faite plus spécialement pour les États-Unis. D. B.
- L’EAU DE CITERNE
- L’eau de citerne pour les usages domestiques est-elle admissible? C’est l’eau qui tombe sur les toits des maisons que l’on recueille. C’est de l’eau de pluie souillée par les détritus de l’atmosphère, et l’atmosphère n’est pas propre, il s’en faut de beaucoup. Les toits collecteurs récoltent toutes les poussières organiques et minérales. L’eau qui ruisselle amène à la citerne cette infusion de débris de toute sorte, un vrai bouillon de culture microbien. Der-
- nièrement, MM. Crookes et Dewar, les savants chimistes de la Société royale de Londres, ont pratiqué des analyses bactériologiques quotidiennes sur les eaux distribuées dans la ville, et ils ont pu constater que la pluie nettoie l’atmosphère aux dépens du sol et des rivières. Durant les journées sans pluie, le nombre moyen des bactéries dans l’eau non bltrée de la Tamise puisée à Ilampton fut de (1510 par centimètre cube. Mais, aussitôt que la pluie se mit à tomber, le nombre s’éleva à 38354 par centimètre cube. Il plut huit jours durant; après, le nombre moyen redescendit jusqu’à 14914. Cet accroissement considérable de la quantité de bactéries du fait de la pluie ne doit pas être attribué seulement à ce que la pluie délaye la partie superficielle du sol, mais surtout à l’entraînement des bactéries de l’atmosphère par la pluie. 11 faut ajouter, du reste, que les bactéries trouvées étaient toutes inoffensives.
- Dans beaucoup de pays, on ne peut se servir que d’eau de citerne ; à la campagne, souvent, il n’y a pas d’autres ressources. Il ne faudrait pas exagérer les dangers que cette eau peut avoir pour la santé publique. Elle possède un avantage que l’on n’apprécie guère, en général, puisqu’on la trouve fade et insipide. C’est qu’elle ne renferme pas de sels en dissolution puisqu’elle vient du ciel et non du sol; elle est comme distillée. Or, de ce chef, elle se rapproche, par ses propriétés diurétiques, des eaux d’Évian, Contrexéville, etc. En cela, elle a donc de la valeur. Reste la question grave des microbes entraînés et surtout des fermentations organiques. Pour corriger cet inconvénient, il suffit de bien stériliser l’eau par un bon filtre et, préalablement, de la débarrasser de l’excès de matières organiques qu’elle peut renfermer en versant par litre une trace de permanganate de potasse, jusqu’à ce que l’eau prenne à peine une teinte rosée; moyennant quoi, l’eau de citerne, toujours bien filtrée à cause des petits animaux divers qu’elle peut renfermer, deviendra une eau qui vaudra bien souvent une eau de source. J.-F. Gajx.
- L’ORLYTE
- Nous avons entretenu nos lecteurs, à différentes reprises, et plus spécialement dans le numéro du 12 .août 1899, p. 165, de divers procédés employés pour rendre le carbure de calcium réfractaire à l’air et retarder, ou mieux ralentir, son attaque par l’eau en modérant le dégagement de l’acétylène.
- Cette protection contre l’humidité de l’air est généralement obtenue par un enrobage spécial grâce à une matière indifférente à l’eau telle que la paraffine, la stéarine, l’huile, le pétrole, etc.
- Parmi les divers procédés non mentionnés de l’Américain Bolton, du Suédois Lundstrôm et du Russe d’Or-lowsky, ce dernier mérite d’ètre signalé, car il a déjà reçu une application pratique assez étendue en Allemagne et en Russie.
- Le procédé de l’ingénieur d’Orlowsky, de Saint-Pétersbourg, consiste à imprégner à chaud le carbure de calcium dans un liquide spécial formé d’un mélange de goudron et de résidus de pétrole dans la proportion de 1 à 40 en poids.
- Cette imprégnation se fait par simple immersion dans ce mélange spécial du carbure, à sa sortie même du four. Le carbure encore chaud a ses pores dilatés et se trouve dans les meilleures conditions voulues pour subir l’imprégnation profonde. On peut le constater en brisant un morceau de ce produit nouveau et en examinant sa cas-
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- sure qui est uniformément brune jusqu’au cœur même du morceau cassé.
- L’inventeur a donné à ce produit, nouveau par son aspect et ses qualités essentielles, le nom d’ Orly te.
- L’inaltérabilité de YOrlyte à l’air est telle qu’on peut le conserver presque indéfiniment et le transporter aisément dans de simples caisses ou tonnelets en bois, comme on le fait pour le ciment.
- Quand on immerge YOrlyte dans l’eau, l’acétylène se dégage lentement et d’une manière continue sans produire cette effervescence et ce bouillonnement fâcheux que l’on constate avec le carbure ordinaire.
- A peine on le retire de l’eau, le dégagement de gaz cesse presque immédiatement et, en tout cas, aussitôt qu’il n’y a plus de ruissellement d’eau. UOrlyte ne se délite pas, même dans l’eau, et conserve son aspect comme forme et comme couleur. Il fond en quelque sorte par couches concentriques, l’attaque étant superficielle ; car, à l’encontre de tous les carbures préparés, qui sont simplement enrobés dans une matière indifférente à l’eau et qui, par la dissolution de cette enveloppe, reprennent leur état primitif, YOrlyte, au contraire, conserve d’une manière inaltérable et permanente ses qualités propres. Il est imprégné dans toute sa masse et l’eau ne pénètre à l’intérieur du morceau qu’au fur et à mesure de la décomposition et de la dissolution des couches successives- La production d’acétylène se trouve par suite augmentée dans une notable proportion : environ 10 à 12 pour 100.
- À ces divers avantages offerts par YOrlyte viennent s’en ajouter d’autres très appréciables. Il ne donne pas d’émanation gazeuse qui en rende le voisinage désagréable ; il sent le goudron qui est une odeur saine ; il n’est pas pulvérulent et sa conservation est presque indéfinie.
- Il faut ajouter enfin que son prix de revient se trouve à peine augmenté d’une dizaine de francs par tonne.
- M. d’Orlowsky a donc rendu un réel service à l’industrie du carbure de calcium en trouvant un moyen pratique, tant au point de vue industriel que commercial, de rendre le carbure plus maniable, plus économique et
- plus facile à utiliser. G.-L. Pesce.
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- UN GAZON COMBUSTIBLE
- Il n’y a évidemment pas de doute que, pour ainsi dire, toutes les substances végétales sont susceptibles de brûler, et le gazon notamment, quand il est suffisamment sec, prend feu avec une grande facilité : nous n’en voulons pour preuve que les incendies de prairies aux Etats-Unis par exemple. Mais ce qu’il est rare de trouver, c’est un gazon qui soit employé industriellement comme combustible. C’est pourtant le cas pour une plante du Pérou qu’on appelle « yareta ».
- Décrite pour la première fois par de Jussieu, et malgré tout pratiquement inconnue en dehors du Pérou, la yareta est une espèce d’ombellifère qui croît dans les régions les plus froides des Andes, en couvrant la terre sous la forme d’un gazon : c’est pour cela que nous l'avons désignée ainsi, quoique, en réalité, ce ne soit nullement un gazon. M. Renoz, consul de Belgique à Lima, a donné récemment des renseignements assez complets sur cette plante bizarre : sa croissance est extrêmement lente, car, dans les plaines où elle a été coupée il y a une vingtaine d’années, c’est à peine si elle a poussé de 3 centimètres ! C’est à ce moment qu’elle a tout à fait l’aspect du gazon dont il était question; mais, quand au bout de plusieurs
- siècles, elle a atteint son maximum de hauteur, alors elle a bel et bien l’aspect du bois, et sa taille est d’un mètre. Etant donné le temps prodigieux qu’il faut à cette plante pour atteindre cette taille, qui est à la fois sa taille marchande et « combustible », on est en droit de se dire qu’elle ne peut pas jouer un rôle considérable dans l’alimentation en combustible du pays; mais on changera d’opinion quand on saura qu’il existe d’énormes étendues de yareta dans les Andes, et qu’il faudra plusieurs générations pour les épuiser.
- Toujours est-il que ce ci-devant gazon, grâce à la quantité de résine dont il est imprégné, fournit deux fois plus de chaleur que le bois à brûler. Aussi ses emplois sont-ils assez multiples : les fours à calcination du borate de chaux en consomment des masses formidables, le chemin de fer du Sud du Pérou en fait usage pour ses locomotives lorsque la houille vient à lui manquer. La valeur de ce combustible bizarre est actuellement, à Arequipa, de 50 à 55 centavos le quintal, ce qui correspond à peu près à 30 francs les 1000 kilogrammes. G. I).
- LA FONTAINE DE YÂUCLUSE
- La fontaine de Vaucluse, dont il a été question il y a quelque temps, à propos de l’enquête prescrite par M. le ministre de l’Agriculture, au sujet de la captation de ses eaux, constitue, sans aucun doute, une des plus pittoresques curiosités de notre beau pays de France1. C’est un site admirable, trop souvent méconnu des touristes qui, bien à tort, préfèrent excursionner à l’étranger; tandis que nous possédons, à nos portes, des merveilles tout aussi intéressantes.
- La fontaine de Vaucluse, qui d’ailleurs a donné son nom au département, est située près de la charmante petite ville de l’Isle-sur-Sorgues, rivière de 40 kilomètres de longueur dont elle forme la source, dans le village même de Vaucluse.
- Cette fontaine est curieuse à deux titres bien différents. D’abord, au point ^e vue historique, puis au point de vue scientifique.
- Du premier, nous n’avons rien à dire ici, si ce n’est que ce fut dans le pittoresque village de Vaucluse que vécut le poète Pétrarque et sa bien-aimée Laure, c’est là qu’il composa ses immortels poèmes2 ; on y voit encore les ruines d’un château du xme siècle, appelé à tort château de Pétrarque, car il appartenait en réalité à Philippe de Cabassol, évêque de Cavaillon, son ami. Mais c’est surtout aux points de vue géologique et hydrologique que nous voudrions étudier cette source.
- Remarquons de suite que la fontaine de Vaucluse, sans être miraculeuse, comme beaucoup d’autres, est néanmoins encore très mystérieuse, car les savants sont loin d’être d’accord en ce qui la concerne. Notre intention n’est pas ici de trancher le différend, et pour cause; nous voulons simplement décrire cette merveille naturelle et exposer aussi succinctement que possible les faits acquis et les théories en
- 1 Voy. n° 1089, du 14 avril 1894, page 307.
- 2 A Vaucluse, on est resté fidèle à la mémoire du poète. Les Félibres lui ont élevé, là, un monument remarquable.
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- présence. Pour cela, nous avons cru utile, non seulement de nous procurer tous les documents originaux publiés sur la matière, mais encore de nous rendre sur les lieux memes, et nous devons dire de suite (pie nous avons rapporté de cette excursion le plus agréable et le plus charmant souvenir.
- Pour se faire une idée de l'importance de la fontaine de Vaucluse il faut savoir, comme le fait observer M. J. Saint-Martin, (pie le volume de cette source atteint quelquefois 120 mètres cubes par seconde. Ce débit est celui des grandes crues. Les eaux, après s’ètre élevées dans l’intérieur du gouffre, jusqu’à la hauteur de la voûte, et après avoir rempli l'espèce de cavité extérieure (pii précède l’entrée de la grotte,
- se déversent sur la déclivité qui les amène en cascades jusqu’au contingent des sources inférieures1.
- Lorsque le débit de la source est descendu à 22 mètres, les eaux cessent d’atteindre le seuil du déversoir, et de nouveau se retirent peu à peu dans l’intérieur du gouffre, tandis qu’elles continuent de couler, par des tissures invisibles, à l’extrémité de la déclivité, laissant à sec, dans leur robe de mousse, les blocs énormes qui faisaient auparavant le lit des cascades.
- On peut voir à la partie supérieure du gouffre un figuier qui a poussé là spontanément et qui indique le niveau des plus hautes eaux.
- Le flot de la fontaine de Vaucluse, en temps de
- Fig. 1. — Sources de la Sorgue en contre-bas de la fontaine de Vaucluse.
- crue, s’élève d’abord lentement du fond de l’abîme, puis parvenu au seuil du rocher qui lui sert de déversoir, il prend une vitesse énorme, le niveau s’élève d’environ un mètre par heure, atteignant la hauteur maxima de 24 à 25 mètres, dans autant d’heures.
- Arrivées là, les eaux emplissent le Val-Clos d’un bruit formidable. Une fois dans la région des usines (surtout des fabriques de papier) qui bordent la Sorgue, la rivière, quoique si grosse, reprend son calme pour irriguer 2000 hectares environ de terre avan* de se jeter dans le Rhône.
- « Les ondes fécondes de la Sorgue, dit Mme Stanislas Meunier, semblent plus précieuses encore par le contraste de l’aridité qui règne aux plateaux dominant la vallée. Us ne gardent rien pour eux des
- pluies, dont les trésors viennent s’engouffrer dans la source. Ils sont sillonnés d'avens ou tindouls où les pierres jetées pour en mesurer la profondeur retentissent longtemps avec fracas. Quand il pleut, les eaux y disparaissent bruyamment. Souvent les orages donnent lieu à l’ouverture de nouveaux avens2. »
- Pour se faire une idée exacte de la fontaine de Vaucluse, il faut la voir à deux époques de l’année. Une première fois lorsque les eaux sont basses et absolument calmes, dans le fond du gouffre; puis lorsque les eaux sont hautes et qu’elles se déversent en cascades mugissantes dans le Val.
- 1 Cette déclivité n’est pas inférieure à 0m,15 par métré, sur une longueur de 200 mètres environ.
- a « Les Sources », page 87.
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- C’est vers Pâques que les eaux sont les plus hautes.
- La force motrice utilisée par les usines et les fabriques qui bordent la Sorgue est produite par les eaux se déversant de la fontaine dans le gouffre, et atteint près de 1800 chevaux.
- C’est en 1855, en 1869 et en 1886 que le niveau de la fontaine de Vaucluse a été le plus bas. Cette dernière année, un scaphandrier explorant le gouffre, son bateau, une nuit d’orage, fut englouti par le gravier détaché par les pluies des collines environnantes qui surplombent d’environ 150 mètres. L’embarcation sombra au fond du gouffre- et, depuis lors, on n’en a plus jamais revu trace.
- D’après M. Guérin, la température moyenne des
- eaux de la Fontaine est d’environ 12°,75 C. Cette température est à peu près constante toute l'année. Les eaux sont d’une extrême pureté, très limpides, d’un beau vert émeraude et potables dans toute l’ac-eeption du mot.
- Dans le fond, on trouve une llore aquatique assez abondante, surtout formée de Patamogeton angus-tifolium, de diverses espèces de Sium, d'Hypnum et de Fonsinalis.
- La Sorgue, alimentée par cette source si remarquable, est une rivière très poissonneuse; on y trouve surtout des truites, qui ont une juste renommée, l’Ombre Chevalier, l’Anguille, la Loche et la petite Lamproie. On y rencontre aussi l’Écrevisse, mais
- Fig. 2. — La fontaine à 24 mètres de hauteur (maximum).
- elle commence à devenir rare depuis quelques années.
- Pétrarque a souvent parlé des poissons de la Sorgue et du plaisir qu’il éprouvait à les voir capturer par les pêcheurs de la vallée.
- Bien des opinions ont été émises sur l’origine de la Fontaine de Vaucluse.
- M. J. Guérin, d’une part, et M. Faujas, d’autre part, croient à l’existence d’un lac souterrain qui l’alimenterait. Ce dernier auteur prétend même que « la Sorgue est le prolongement extérieur d’un immense aqueduc souterrain, suivant l’axe de soulèvement de la montagne de Vaucluse et de celle de Lure, dans les Basses-Alpes, et recevant dans son parcours toutes les infiltrations pluviales, toutes les neiges fondues, drainées sur une aire de plus de 40 myriamètres carrés ».
- M. Bouvier, en 1878, a donné l’explication suivante qui indique, dans une certaine mesure, pourquoi la fontaine, tout en étant soumise aux variations de la pluie sur la surface du bassin alimentaire, reste toujours largement alimentée et conserve toujours sa limpidité.
- « Qu’on imagine une vaste éponge, pourvue de larges et nombreuses cellules, posée sur un fond imperméable et entouré d’un mastic également imperméable, qui s’élève, tout autour d’elle, à une grande hauteur et dont l’arête ne s’abaisse que sur un seul point; qu’on suppose ensuite quWverse de l’eau d’une manière discontinue sur cette éponge, et on aura la représentation de ce qui se passe dans le bassin de la fontaine. Les cellules commencent par s’humecter, puis le fond du bassin se remplit jus-
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- qu’au niveau du point bas, ensuite un écoulement constant s’effectue par ce point ; il variera sans doute avec la quantité d’eau versée, mais il subsistera pendant longtemps, quoique le versement de l’eau ait cessé, et l’introduction d’eaux troubles, s’il n’y a pas excès, n’altérera pas sa limpidité. Remarquons aussi qu’il y a une corrélation entre la hauteur des eaux de la fontaine de Vaucluse et celles de la Durance. Presque tout le bassin alimentaire de la fontaine est formé par le calcaire néocomien, notamment les chaînes de Lure, les monts Ven toux, de Vaucluse, la gorge de la Nesque et le Lubéron. Or, ce terrain est constitué par des couches primantes traversées par des crevasses et des fissures formant autant de conduites qui communiquent les unes avec les autres et dont l’allure est indépendante de la stratification. Ces boyaux, et c’est là un point à noter, recueillent les eaux pluviales pour les rendre sous forme de sources, qui, d’ailleurs, abondent dans toute la région.
- Tout récemment, M. Dryon, ingénieur en chef du service hydraulique, a donné une autre explication. D’après ce savant, il doit exister et il existe, en effet, ainsi que nous venons de le voir, dans la masse de calcaire néocomien d’où jaillit la source, de vastes cavernes ou réservoirs d’eau. Or, M. Dryon croit possible de capter et d’utiliser ces réserves souterraines, car le débit de la fontaine qui atteint 150 mètres cubes par seconde pendant la saison des pluies, descend à 5 mètres cubes dans les périodes de sécheresse prolongées. Il en résulte alors que la Sorgue est presque à sec, ce dont souffrent les nombreuses usines établies sur ses bords.
- C’est pour rechercher si cette augmentation de débit en temps de sécheresse est possible, et pour voir si la théorie émise par M. Dryon est exacte que le ministre a ordonné des travaux.
- Souhaitons toutefois que ces travaux, dont l’utilité ne peut être mise en doute, n’enlèvent rien au charme et au pittoresque de la fontaine de Vaucluse! Nous espérons qu’ici on pourra concilier l’utile et l’agréable. Albert Larbalétrier.
- LES TRAVAUX DE L’EXPOSITION DE 1900
- Les personnes qui visitent les chantiers de notre future Exposition reviennent généralement l’esprit inquiet sur les progrès des travaux et semblent douter que tout soit prêt au jour voulu; pourtant, si elles se reportaient aux faits qui se sont passés, il y a dix ans, elles auraient vite chassé les mauvaises pensées qui troublent leur quiétude ; l’ouvrage était notablement plus en avance au commencement de cette année qu’il ne l’était aux premiers jours de 1888; malgré cette différence, l’Exposition de 1889 fut prête le jour de l’inauguration. Cette comparaison devrait calmer les plus endurcis ; mais, hélas ! il existe toujours des sceptiques qui ne se laisseront jamais convaincre, même devant l’évidence. Passons.... La maçonnerie des palais des Champs-Élysées est terminée comme gros œuvre et la sculpture est fort avancée, les architectes ont pris la bonne précaution d’installer les orne-
- manistes à leur besogne aussitôt que la pierre était posée, sans même attendre que l’ouvrage fût terminé; cette méthode n’est employée que rarement et nécessite un surcroît de précautions ; car, forcément, les maçons et les sculpteurs se gênent, mais elle est très précieuse quand il s’agit, comme dans le cas qui nous occupe, de mener activement une construction. La façade du grand palais étale toute sa pompe romaine et l’on peut juger dès maintenant de l’effet de cette merveilleuse colonnade qui entoure le porche central. Quant à la couverture de la piste qui a été l’objet de si nombreux retards à cause de la disette de fer, elle est en ce moment en pleine période d’exécution ; les ouvriers de la Société des Ponts et Travaux en fer ont installé un immense échafaudage de bois, ils ont commencé à poser les poteaux métalliques qui serviront de points d’appui à la coupole du milieu; on sait que les constructeurs de fer poussent leur ouvrage très vite dès qu’il est commencé, la grosse difficulté avec eux est justement de commencer....
- Avant la fin de l’année, les deux palais seront complètement terminés tant comme sculpture que comme ferronnerie; les architectes céderont la place aux services d’installation de l’Exposition à la tête desquels se trouve M. Bonnier : il restera alors trois mois pour faire toutes les dispositions intérieures, c’est plus qu’il n’en faut. C’est également à ce moment qu’on doit démolir ce dernier vestige du Palais de l’Industrie qui masque encore aujourd’hui la grande avenue menant au pont Alexandre III ; on l’aura gardé jusqu’au dernier jour comme un rideau de théâtre derrière lequel on prépare un décor important ; quand tout sera prêt, on le fera tomber et le public pourra venir admirer l’effet produit par l’ensemble, sans que son œil ait pu subir les différentes phases du travail. Il verra, d’un seul coup, le résultat de deux années de travail et il n’est pas douteux que le plus beau succès couronnera cette belle entreprise.
- Toute la partie des quais située entre les ponts de la Concorde et des Invalides sera comprise dans les murs de l'Exposition ; afin de ne pas entraver le mouvement des tramways qui longent la Seine, on a ménagé un passage sur les berges ; aux abords du pont d’Iéna, on a établi une sorte de tranchée couverte dans laquelle seront établis les rails, de telle sorte que les services du public ordinaire et des visiteurs de l’Exposition pourront fonctionner simultanément sans se gêner.
- Le pont Alexandre III est terminé au point de vue de la construction proprement dite, la fameuse passerelle mobile qui a servi à la mise en place des voussoirs des quinze fermes parallèles n’a plus de raison d’être, on la démonte ; ce travail, qui n’a rien de pressé, est exécuté par les ouvriers du Creuzot quand ils n’ont pas autre chose à faire. Tout le platelage de la couverture est achevé pour la partie réservée à la chaussée, celui des trottoirs viendra ensuite. Pendant ce temps, on pousse activement le travail d’ornementation qui est considérable puisque, à lui seul, il absorbe un million sur les crédits affectés au pont. Sur les arcs des rives on visse des moulages en fonte donnant l’impression de vagues décoratives. Les quatre pylônes, objets de tant de discussions, sont terminés, ils n’attendent plus que leurs pégases.
- On peindra le pont Alexandre; mais de quel ton ? De ce côté, rien n’est encore décidé. Le rouge orange dont on vient de gratifier la tour Eiffel est d’un effet très discutable; cet exemple coûteux portera sûrement des fruits ; certains ouvrages métalliques sur la Seine sont peints en vert avec bordures noires, cet assemblage est assez harmonieux, mais
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- il est un peu chemin de fer et ne semblerait pas à sa place pour une Exposition ; reste le bleu légèrement gris, qui semble réunir les suffrages en ce moment ; cette couleur tendre donnerait beaucoup de légèreté au pont, surtout si la partie décorative s’estompait en vieil argent, l’ensemble présenté de cette façon aurait une gracilité et une gaieté fort heureuses : ces qualités se trouveraient encore rehaussées par l’éclatante blancheur des maçonneries aux entrées, et par le miroitement des globes en verre douci qui marqueront, comme des bouquets de lis, des points hauts tout le long du tablier.
- Après avoir traversé le pont, et avant de nous engager sur les berges de la Seine, jetons un regard sur l’Esplanade des Invalides. La gare du chemin de fer de l’Ouest est couverte et le bâtiment est achevé ; mais tout autour de nous, ce ne sont que ferrailles, échafaudages et fondrières, je ne crois pas qu’il y ait intérêt à nous engager sur ces chantiers ; nous n’emporterions pour le moment qu’une seule impression, celle que les travaux sont fort avancés, qu’ils seront prêts à l’heure, mais on ne distingue encore rien ; les palais ne se profilent pas encore au point de vue décoratif, attendons deux ou trois mois encore.
- Entre les ponts des Invalides et de l’Alma, la Seine est droite et forme une sorte de bassin rectangle très régulier ; cet emplacement sera un des clous de l’Exposition, la vue est merveilleuse tant d’un côté que de l’autre, et le cadre qu’on va donner à cette pièce d’eau ne fera qu’embellir le panorama. Sur la rive gauche on a établi une plate-forme continue sur laquelle les nations étrangères viendront asseoir leurs pavillons ; cette plate-forme est constituée de deux parties distinctes, la couverture en ciment armé de la tranchée du chemin de fer, et une sorte d’estacade en bois construite sur la berge. Les façades principales des différents palais seront tournées du côté fleuve et leur succession sera d’un effet sur; au bord de la Seine on construit un boulevard fluvial de 10 mètres de large, cette promenade sera un des plus grands succès de l’Exposition.
- En face de nous, sur la rive droite, nous voyons s’élever les charpentes du Pavillon de la Ville de Paris, du Palais de l’Horticulture, de l’Hôtel des Congrès ; ces trois constructions embrasseront tout l’espace compris entre les deux ponts ; par leurs dimensions et leur majesté, elles formeront un contraste intéressant avec les vingt pavillons étrangers de la rive gauche.
- En arrivant au Champ-de-Mars, les visiteurs ne manqueront sûrement pas de faire une remarque sur les palais qui s’y construisent : ils seront frappés de la différence complète de l’idée qui a dirigé la conception des palais de 1900 et de celle qui avait été l’égide de ceux de 1889. A notre dernière Exposition, on sortait d’une période où le travail du fer avait subi une poussée formidable ; les ingénieurs s'étaient immiscés dans la construction qui jusqu’alors était restée l’apanage des architectes ; il en était résulté une entente rationnelle dans l’appropriation intelligente des matériaux aux besoins; les fers apparents avec leur nervure accusée parune décoration sobre d’effet, avaient été un succès auquel le monde entier avait applaudi, et l’on était à même de croire que ces exemples auraient fait école. Hélas, non! 1900 nous montre des palais, en fer c’est vrai, mais complètement recouverts de plâtre, auquel on a cherché à donner, par mille artifices, l’apparence de matériaux solides; les palais sont des reproductions de ce que pourraient être des constructions viables en pierre et en marbre ; ce sont d’immenses maquettes, grandeur d’exécution, qui nous^donnent bien l’impression
- de ce que pourraient être les originaux, mais... ce ne sont pas les originaux. De ce côté, les constructions sont fort avancées, certains palais sont même terminés et couverts.
- Les seuls qui ne soient pas en avance sont le Palais de l’Électricité et le Château-d’Eau; on a commencé les travaux trop tard, les malheureuses opérations du retournement de la galerie de Trente mètres ont empêché les architectes de prendre possession de leur terrain à temps; il faudra gagner les mois perdus par un redoublement d’activité.
- On dépense environ 12 millions sur les jardins du Tro-cadéro; on sait que ceux-ci sont affectés à deux genres d’expositions : à gauche les colonies françaises, à droite les colonies étrangères et les pays exotiques. Quant à l’Algérie, qui n’est pas considérée comme une colonie puisqu’elle dépend du ministère de l’Intérieur, elle tiendra ses assises sur les deux terre-pleins situés, en avant, à droite et à gauche de l'allée centrale qui mène au bassin. La plus grande activité règne au Trocadéro, mais comme il s’agit de constructions fort légères et dont la construction peut se faire très vite, il n’y a pas lieu d’avoir d’inquiétudes de retard.
- Le Transvaal a complètement terminé ses aménagements extérieurs : de tous les palais et pavillons de l’Exposition, il est le plus en avance. Ne quittons pas le Trocadéro sans faire une visite aux chantiers de la Sibérie, où cent vingt ouvriers russes, avec leur costume national, donnent à ce coin un cachet d’exotisme très caractéristique; la construction de cette section constitue à elle seule une attraction de l’Exposition de 1900.
- Le service de la navigation dirigé par M. Résal, ingénieur en chef de la navigation, construit trois passerelles sur la Seine. L’une d’elles est définitive et devra survivre à l’Exposition, elle est construite en prolongement de la rue de la Manutention, entre les ponts de l’Alma et d’Iéna. Les deux autres sont provisoires, elles sont accolées aux ponts de l’Alma et des Invalides, et ont pour mission de servir au passage des visiteurs de l’Exposition, les ouvrages anciens conservant leur affectation au public ordinaire de la rue. Le pont d’Iéna sera élargi de deux trottoirs de 5 mètres de largeur chacun; les nouveaux tabliers seront soutenus à l’aide de consoles espacées de 5 en 5 mètres.
- Les attractions sont les entreprises particulières exécutées par des budgets spéciaux qui n’ont rien de commun avec celui de l’Exposition. De ce nombre il faut citer le « Vieux Paris » dont le merveilleux décor s’étale à l’admiration de tous ceux qui traversent le pont de l’Alma ; le « Tour du monde » dont le Palais est achevé ; la « Lune à 1 mètre » (pardon! à 100 kilomètres) dont la charpente est en place; le « Grand globe céleste » dont les fondations sont commencées; le « Palais du vêtement » tout entier en ciment armé et dont on vient d’attaquer l’ornementation extérieure ; le « Palais lumineux » merveilleusement placé sur les rochers du lac du Champ-de-Mars, etc., etc.; n’oublions pas la « Plate-forme mobile à deux vitesses » qui fera le tour de l’enceinte de l’Exposition et dont la charpente est déjà installée.
- Les travaux de l’Exposition occupent 3000 ouvriers qui ne semblent pas se plaindre de leur sort; il y a une sorte d’électricité dans l’air qui anime les moins courageux et demain une grande œuvre, sortant de leurs mains, surgira de terre. Elle devra illuminer, comme un brillant lever de soleil, la naissance d’un siècle nouveau.
- A. da Cunha.
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- LA NATURE.
- EMBRAYAGE RÉDUCTEUR
- DE VITESSE ANGULAIRE (système humpage)
- De grandes difficultés se présentent aujourd'hui dans les applications industrielles lorsqu’il s’agit de transmettre le mouvement de la machine motrice à l’appareil d’utilisation. Pour actionner une machine-outil quelconque, une machine dynamo par une machine à vapeur, un moteur à gaz, un moteur à pétrole, il est indispensable d’avoir recours à une transmission intermédiaire. La machine-outil, la dynamo tournent à des vitesses angulaires élevées ; les machines motrices, au contraire, fonctionnent à de faibles vitesses angulaires.
- Dans quelques cas particuliers, il a été possible de réduire dans une certaine mesure la vitesse angulaire des dynamos, et d’augmenter, au contraire, la vitesse angulaire des machines à vapeur; on a pu avoir ainsi des transmissions directes, c’est-à-dire réaliser le mode idéal de transmission de force motrice. Dans l’industrie électrique, nous avons des ensembles électrogènes, établis d’après ce principe, tournant à des vitesses angulaires de 400 à 500 tours par minute et qui ont donné toute satisfaction.
- Mais il n’est pas toujours possible d’obtenir de pareils résultats. 11 est parfois nécessaire, pour obtenir un bon fonctionnement, que les appareils d’utilisation tournent à de faibles vitesses angulaires, et que le moteur, au contraire, par sa nature, soit appelé à tourner à une vitesse angulaire très élevée.
- C’est le cas par exemple des moteurs électriques à courants continus, et surtout à courants alternatifs simples et polyphasés ; le nombre de pôles est forcément limité, et la vitesse angulaire devra atteindre une valeur élevée. Ces observations ont surtout leur poids aujourd’hui, où la transmission de l’énergie électrique dans les ateliers commence à se faire à l’aide de moteurs électriques qui commandent
- directement les machines-outils. Il ne faut pas oublier non plus que les moteurs électriques sont appelés à jouer un rôle important dans la construction des voitures automobiles électriques.
- Ce problème important et difficile de la transmission de l’énergie du moteur à l’appareil d’utilisation n’avait pas reçu jusqu’à nos jours d’autres solutions que celles qui consistaient à employer des commandes intermédiaires à l’aide de poulies et de courroies. Aussi est-ce avec un vif intérêt que nous avons examiné à diverses reprises et étudié le réducteur de vitesse angulaire épicycloïdal à embrayage progressif, système Humpage, que nous avons eu l’occasion de voir fonctionner, au mois de juin dernier, à l’Exposition internationale d’automobiles.
- La figure 2 donne une vue d’ensemble de l’installation qui fonctionnait à cette époque. Un moteur électrique, placé à droite dans notre figure, était alimenté par l’énergie électrique fournie par une société de distribution dans Paris. Tournant à une vitesse angulaire d’environ 2000 tours par minute, il actionnait, à l’aide de l’embrayage réducteur que l’on aperçoit au milieu, une poulie sur laquelle était placée une courroie et qui tournait à environ 180 à 200 tours par minute.
- L’embrayage réducteur de vitesse angulaire est représenté en coupe intérieure dans la figure 1. Sur l’arbre du moteur, tournant à grande vitesse angulaire, est claveté un pignon conique B. En C se trouve un manchonnage qui tourne fou sur l’arbre et qui porte deux bras à 180° l’un de l’autre. Chacun de ces bras supporte une première roue dentée F et un peu plus haut une deuxième roue dentée E plus grande. Ces deux roues dentées sont fixées et tournent d’une seule pièce. La roue dentée E engrène avec la roue de l’engrenage conique B.
- Sur l’arbre à faible vitesse angulaire G, placé à gauche, est claveté un engrenage conique qui est relié à une roue dentée intérieure et que l’on aperçoit sur la figure. Cette dernière engrène à son tour avec la roue F dont il a été question plus haut. Au-dessus de cet engrenage conique s’en trouve un
- Embrayage réducteur de vitesseangulaire système Humpage,
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- LA NATURE.
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- autre monté fou sur les deux arbres ; il est relié à la roue 11, il supporte d’une part, à gauche, la poulie N, il maintient en M l’enveloppe qui ferme la caisse ou carter renfermant tous les appareils de commande, et il porte encore à droite la poulie N. L’embrayage réducteur se compose en résumé de trois engrenages coniques, l’un monté sur l’arbre à grande vitesse angulaire, le deuxième monté fou sur les deux arbres, et le troisième monté sur l’arbre à faible vitesse angulaire. La liaison entre ces trois engrenages est faite à l’aide de deux pignons satellites à double denture montés sur un manchonnage qui tourne autour de l’axe commun des deux arbres.
- Le fonctionnement de l’embrayage a lieu de la façon suivante. On serre d’abord un frein sur l’une des poulies N pour immobiliser l’engrenage IL La roue B, entraînée par l’arbre à grande vitesse angu-
- laire, entraîne à son tour, à l’aide des roues dentées E, F des pignons satellites, l’engrenage 11 et par suite l’arbre à faible vitesse angulaire.
- Une formule permet de calculer facilement les rapports de réduction. Nous n’insistons pas ici sur cette formule ; qu’il nous suffise de dire que pour un nombre total de 148 dents, on peut, sans changer les dimensions des engrenages et en faisant varier dans de très faibles limites le nombre de dents des diverses roues, obtenir les rapports de réduction de 7,95, 10,65, et 27,55.
- Le réducteur de vitesse angulaire Ifumpage nous semble réunir un grand nombre d’avantages qui doivent fixer l’attention du monde industriel. Il est d’abord d’une construction simple, robuste, d’un encombrement réduit; il se prête facilement à la solution de divers problèmes de transmission par de
- Fig. 2. — Commande d’un arbre par un moteur électrique à l'aide de l’embrayage llumpage.
- simples changements dans le nombre de dents des diverses roues. Par la disposition de ses éléments les actions sont symétriques et il n’y a pas à craindre de réactions sur les paliers. Enfin ses différents organes sont enfermés, à l’abri de la poussière, et peuvent travailler dans l’huile.
- Au point de vue pratique, l'embrayage est progressif et facultatif, ce qui est très important pour la mise en marche d’une machine ; il suffit de serrer ou de desserrer à volonté la roue de commande, que l’on règle à l’aide d’un volant. Les engrenages ne produisent pas un bruit désagréable et insupportable ; les roues sont toutes taillées à la machine et roulent dans un bain d’huile avec frottement de bronze sur acier.
- Le rendement de cet appareil est bon et permet son emploi dans l’industrie. C'est encore un point qu’il ne faut pas négliger. Le rendement moyen atteint environ 90 pour 100. Des essais intéressants
- ont été effectués à ce sujet en Angleterre. Il s’agissait de transmettre une puissance moyenne de 3 chevaux et de réduire la vitesse angulaire de 820 à 100 tours par minute. Deux séries d’expériences ont eu lieu : dans la première série, le rendement maximum a été de 97,03 pour 100, le rendement minimum de 86,76 pour 100, soit en moyenne 90,56 pour 100; dans la deuxième série, les rendements maximum et minimum ont été respectivement de 92,39 et 81,39, soit en moyenne 88,94 pour 100.
- En résumé, les premiers résultats fournis par l’emhrayage Humpage nous paraissent très satisfaisants ; il est à souhaiter que les essais soient encore poursuivis de façon à assurer à l'industrie un mode simple et pratique de transmission de l'énergie des machines motrices aux appareils d’utilisation.
- J. LaffARGUE.
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- LA NATURE.
- LES CHIFFRES ARABES ET LEUR ORIGINE
- On sait que nos chiffres sont appelés vulgairement chiffres arabes, sans égards pour l’origine probable de l’échelle arithmétique à laquelle ils appartiennent; car bien que les Arabes possèdent un système de numération identique au nôtre, la plupart des auteurs admettent qu’ils l’ont emprunté aux Hindous vers le dixième siècle de notre ère.
- Les savants ne sont du reste pas d’accord sur leur origine et bien des explications différentes ont été mises en avant pour déterminer la provenance de ce système de
- Fig. i.
- numération, sans qu’aucune d’elles soit parvenue à le faire avec certitude.
- Nous trouvons une nouvelle version dans le Geriova Catholico Militante laquelle, si elle n’est pas plus probante que les autres, a au moins le mérite de l’ingéniosité. D’après cette version, les Arabes, excellents géomètres autrefois, eurent l’idée de former les chiffres avec des figures géométriques dont les angles étaient comptés.
- 12 3 4 5 6
- Fig. 2.
- Les angles que comportent les figures de nos neuf chiffres sont en effet conformes à cette explication.
- Les partisans d’une origine Hindoue ne pouvant admettre cette théorie en donnent une différente qui est la suivante : d’après eux, le signe fondamental fut à l’origine la figure du carré, qui servit à former tous les autres chiffres; soit en la fractionnant, soit en y ajoutant.
- Les transformations avaient lieu ainsi (fig. 2) :
- En latin, les noms dépendaient au contraire de lignes correspondant en nombre à chaque chiffre et de leur forme. Ainsi : nove, neuf, c’était la ligne nouvellement ajoutée, novum adjectum. Octo, huit, c’étaient les lignes en forme d’œil, oculatum.
- Septem, sept, c’étaient les lignes infléchies sœptum. Sex, six, l’incision, sectum (de secare), etc., etc.
- D’après une troisième opinion, appuyée par Isaac Yossius, Huet, Ward, et habilement soutenue par feu
- Philarète Chasles, nos chiffres nous viendraient des pythagoriciens et auraient une origine purement occidentale.
- Or doit cependant reconnaître, à l’encontre de cette théorie, que les Grecs et les Romains avaient des systèmes de numération qui diffèrent essentiellement du nôtre ; ce qui a porté de bons esprits à croire que les Grecs, chez lesquels se trouvaient les premiers mathématiciens de l’antiquité ont connu nos chiffres actuels et qu’ils étaient employés par leurs calculateurs; la notation, d’après le système usuel grec, s’arrêtant à 99,999,999 qu’ils écrivaient Ô<%0,0'^Z6/, n’aurait pas permis l’exécution de longs calculs. Bien que 1 ’Arénaire à’Archimède puisse servir à soutenir la thèse contraire, cette opinion nous semble assez justifiée.
- Si l’on est peu d’accord sur l’origine de nos chiffres, on l’est encore moins sur la façon dont ils ont été connus de nous.
- Ainsi les uns admettent que notre système de numération fut importé en France par Gerbert, qui le tenait des Sarrasins d’Espagne. D’autres veulent qu’il nous soit venu d’Italie, où il aurait été répandu par Léonard de Pise revenant d’Afrique en 1202; d’autres enfin, comme nous avons vu, admettent sa création en Europe même.
- Les nombreuses discussions auxquelles a donné lieu l’origine de nos chiffres ont naturellement amené à s’occuper de l’étymologie de leur nom collectif. On l’a trouvée dans cyphra, qui signifie zéro en latin barbare du moyen âge. Ce mot serait lui-même dérivé de l’arabe tsiphron zéron (tout à fait vide).
- Une autre origine fait provenir cyphra de l’hébreu sepher, compter.
- Quoi qu’il en soit de son origine, notre système des chiffres dits arabes est le plus rationnel et le plus simple de tous au point de vue scientifique, et sans lui les mathématiques n’auraient pu prendre l’immense développement qui les ont rendues indispensables à l’humanité.
- P. Voizot.
- CHRONIQUE
- Unification du calendrier. — Nous avons récemment consacré un article à l’unification du calendrier. Nous souhaitions que l’église orthodoxe se ralliât au calendrier Grégorien adopté aujourd’hui par toutes les nations civilisées. On anonce que le gouvernement Russe, sur la demande de la Société astronomique de Saint-Pétersbourg, vient de décider de remplacer le calendrier Julien par le calendrier Grégorien. Une Commission de savants réglera les détails de cette réforme dont la réalisation aura lieu le 1er janvier 1901, c’est-à-dire le premier jour du vingtième siècle.
- Le « Henri-lV ». — On a lancé le 23 août, à Cherbourg, le cuirassé d’escadre le Henri-lV. Yoici les principales données de ce bâtiment : longueur, 108 mètres; largeur, 22m,20; tirant d’eau arrière, 7 mètres; déplacement, 8948 tonneaux. Le Henri-IV a trois hélices, actionnées par trois machines verticales à triple expansion, auxquelles la vapeur sera fournie par douze chaudières aquatuhulaires timbrées à 20 kilogrammes. Les machines développeront une puissance totale de 11500 chevaux et imprimeront une vitesse de 17 nœuds. L’approvisionnement de charbon au tirant d’eau normal est de 725 tonneaux ; pourtant, en surcharge, le cuirassé peut emmagasiner 375 tonneaux de combustible en surplus. Son rayon d’action à 10 nœuds sera de 5000 milles marins avec 725
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- LA NATURE.
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- tonneaux de charbon, et 7500 milles avec 1100 tonneaux. Comme tous les cuirassés français, le Henri-IV est protégé par une ceinture blindée entourant toute la flottaison, par un pont cuirassé et un pont pare-éclats. L’espace compris entre les deux ponts cuirassés constitue un vaste caisson très compartimenté et qui assure la flottabilité en cas d’avaries graves. L’armement se compose de deux canons de 27 centimètres en tourelles fermées, l’un à l’avant, l’autre à l’arrière, tous deux dans l’axe; de sept canons de 14 centimètres en casemates blindées; douze de 47 millimètres, deux de 57 millimètres et deux tubes lance-torpilles sous-marins. Toute l’artillerie, sauf les 27 centimètres, est à tir rapide. Le Henri-IV sera monté par 464 hommes, dont 58 officiers. L’ordre de mise en chantier de ce bâtiment a été donné le 10 janvier 1896; le montage n’a cependant été commencé que le 17 juillet 1897, et, comme la mise à l’eau a eu lieu le 25 août, le cuirassé est resté vingt-cinq mois sur sa cale. D’après les prévisions, il entrera en essais dans l’été de 1900. Le prix de revient du Henri-IV est de 20 051 177 francs.
- Appareil pour révéler les voies d'eau. — La
- Société des ingénieurs maritimes de Saint-Pétersbourg a entendu dernièrement une communication intéressante de MM. Zvorykin et Blumenthal, sur un ingénieux appareil qu’ils viennent d’imaginer pour révéler automatiquement les voies d’eau qui peuvent se produire dans la coque d’un navire. Naturellement l’appareil en question est mis en action par l’arrivée même de l’eau qui pénètre par l’ouverture faite dans les flancs du bateau, et voici comment. Dans le compartiment où l’on veut établir cette sorte de surveillance automatique, ou dans l’ensemble des compartiments communiquant entre eux et susceptibles d’être envahis de façon simultanée, on place une sorte de cage métallique munie des contacts électriques dont on comprendra tout à l’heure la nécessité, et supportant un levier qui est équilibré à une de ses extrémités par un contrepoids : il est évident que, si l’eau vient à envahir de manière sensible le compartiment où est disposé l’appareil, l’équilibre du levier et de son contrepoids va être détruit en conséquence du fameux principe d’Archimède. Le levier oscillera autour de son axe, et il viendra fermer un courant électrique, immédiatement une lampe s’allumera dans le compartiment, une sonnerie résonnera dans un poste d’observation, et l’on sera prévenu de l’entrée de l’eau. La combinaison nous semble très bien comprise, et deux des appareils dont il s’agit viennent d’être placés, à titre d’essai, à bord du cuirassé russe « Amiral Apraskin ».
- Les volcans du Mexique. — Le volcan du Popo-catepetl, qui a eu longtemps la gloire d’être le volcan le plus haut de ce pays riche en volcans qu’on appelle le Mexique, n’était qu’un vulgaire usurpateur. Le professeur Angelo Heilprin, de l’Académie des sciences de Philadelphie, vient de se livrer à des mesures comparatives des divers sommets de cette région, et il a pu constater que le Popocatepetl n’a que 17 525 pieds de haut, alors que l’Orizaba en a 18206; ce qui, en mesures françaises, correspond à une hauteur de 5549 mètres.
- L’altitude des montagnes Sud-Américaines.
- — On se rappelle les ascensions récentes et si remarquables de Sir William Martin Connway dans l’Amérique du Sud : il en rapporte des mesures hypsomélriques qui modifient les données que l’on possédait jusqu’ici sur la hauteur relative des différents sommets montagneux de ces régions. C’est ainsi qu’on doit considérer maintenant que
- l’Aconcagua, dans l’Argentine, est la montagne la plus haute de la Cordillère des Andes : ce mont doit avoir au moins 25 200 pieds (anglais de 50 centimètres), alors que le Nevado de Sorata et l’Illimani n’ont respectivement que 21 710 et 21 015 pieds.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 août 1899. — Présidence de M. Maurice Lévy.
- La détonation de l’acétylène. — MM. Berthelot et Le Chatelier communiquent un mémoire sur la vitesse de propagation de la détonation de l’acétylène. Ce travail se rattache à des expériences faites par M. Berthelot, il y a vingt ans relativement à la propagation de l’onde explosive, au cours de ses recherches sur les substances explosives; il avait trouvé une vitesse de 2000 à 5000 mètres par seconde. Dans le cas de l’acétylène la vitesse croît avec la pression. Pour des pressions comprises entre 5 et 50 atmosphères elle est comprise entre 1000 et 1600 mètres par seconde. De plus la force d’explosion est beaucoup plus grande que pour les autres mélanges gazeux ; le choc est brusque au moment dè la détonation et celle-ci ne se propage pas dans le reste du tube d’expérience. Les auteurs expliquent cette intensité excessive par cette circonstance que les produits sont des corps simples. Dans la détonation de l’hydrogène, au contraire, il se forme de l’eau. Or l’eau se dissocie à la température de la détonation. Il y a donc de l’hydrogène et de l’oxygène libres. Ces gaz se combinent ensuite, mais il y a une période d’arrêt extrêmement courte qui amortit la pression.
- L’hydrogène solidifié. — M. Moissan expose que M. Dewar, de Londres, lui a adressé une dépêche dans laquelle le physicien anglais lui annonce qu’il a réussi à solidifier l’hydrogène. C’est en employant l’énorme absorption de chaleur produite par l’évaporation de l’hydrogène liquide dans des conditions expérimentales non encore définies, que l'auteur a obtenu ce résultat. La température a été abaissée dans cette expérience à 267° au-dessous de 0 ; elle ne dépasse plus guère que de 6 à 8° le zéro absolu. C’est la première expérience dans laquelle la température a pu être abaissée à ce point; il est presque permis d’espérer que le zéro absolu pourra être atteint. Contrairement aux prévisions qui ont été longtemps admises, l’hydrogène solide n’a pas l’éclat métallique ; il se présente sous l’aspect d’une masse incolore et transparente.
- Varia. — M. Bouquet de la Grye présente une Note sur les observations d’étoiles filantes faites à l’observatoire de Juvisy dans la nuit du 10 août dernier. Entre 9 heures du soir et 5 heures du matin, on a pu noter 150 passages. Les trajectoires des météores ont été reportées sur une carte. M. Bouquet de la Grye pense qu’en raison du grand nombre d’étoiles filantes, à certaines dates, on pourrait essayer d’utiliser ces étoiles comme signaux lumineux instantanés pour la mesure des différences de longitude par la vieille méthode dite des signaux de feu. Les étoiles filantes passent, en effet, à une grande hauteur dans l’atmosphère ; elles sont donc visibles simultanément en des lieux éloignés de plusieurs centaines de kilomètres. On pourrait ainsi suppléer à l’absence de réseaux télégraphiques, en certains pays, tels que Madagascar, par une observation méthodique faite à Tananarive et sur les différents points de la côte. Ch. de Villedeuil.
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- LA NÀjTURE.
- AVANTAGE DES MEULES SUR LES LIMES
- On ne se rend pas encore généralement compte des avantages énormes que les meules, soit d’émeri, soit de corindon, présentent sur les meilleures limes du type classique pour limer et polir. En somme ces meules sont comme des limes tournantes, mais dont les parties coupantes ne s’émoussent jamais, puisqu’elles sont formées de grains à arêtes aiguës et tranchantes qui se remplacent les uns les autres au fur et à mesure que la meule s’use, c’est-à-dire que la substance agglutinant ces grains disparaît peu à peu et que de nouveaux grains sont par suite mis à jour. On indiquait récemment ici même qu’une meule de corindon peut encore servir quand elle a perdu 90 pour 100 de son poids, tandis qu’une lime est mise hors d’usage alors qu’elle n’a pas perdu 5 pour 100 de son poids. D’autre part, pour enlever une livre de fer (de 455 grammes) sur une pièce de fer, il en coûte, toujours d’après la même source,
- 3 fr. 10 quand on emploie une lime, tandis que la dépense ne serait que du septième avec une meule en corindon ou en émeri, et que l’opération demande huit fois moins de temps avec ce second procédé.Du reste, il faut noter que la roue de corindon est bien supérieure à la roue d’émeri, car elle fait deux fois plus de travail en ne coûtant que 5 pour 100 de plus comme prix d’achat. I). L.
- -~C~-
- LES CHIENS MINUSCULES
- CHINOIS ET JAPONAIS
- Nous avons déjà parlé des chiens minuscules que les Chinois aiment tant, dont ils ont su conserver la race et la faire prospérer depuis plusieurs siècles1. Ces chiens étaient connus sous la dynastie des Tangs (620 à 907 de notre ère). Il en est question dans la nouvelle tirée du Kin-Kou-Ky-Kwan traduite par M. Th. Pavie, qui décrit la vie de l’illustre poète Li-tai-pé bien connu sous le règne de l’empereur Iliouan-Tsong vers l’an 742. Si nous revenons sur ce sujet, c’est à cause d'une lettre que nous adresse un de nos abonnés revenu dernièrement de Saigon
- 1 Voy. n° 1304, du 28 mai 1898, p. 412 et Communications du n° 1509, du 2 juillet 1898, p. 18.
- (Cochinchine). Il a eu l’obligeance de nous envoyer des clichés photographiques représentant une famille de chiens minuscules de la race des épagneuls de Péking.
- C’est la première fois, paraît-il, que ces charmants petits animaux ont pu se reproduire en dehors de leur pays natal. On pensait que les Chinois avaient seuls le secret de les élever. C’était une erreur, d’après ce qui vient d’arriver; les soins donnés à ces épagneuls lilliputiens doivent sans doute être la cause de l’heureux succès de l’expérience. Nous voyons sur la gravure faite d’après la photographie, le mâle nommé Niko et la femelle Kobé. Le rejeton, une chienne, s’appelle Yedo. Elle est la survivante d’une portée de deux petits.
- Ces épagneuls sont blancs avec de grandes taches noires, leur poil est long et soyeux et leur queue forme un élégant panache. La longueur du museau à la queue est environ de 25 à 50 centimètres. On
- voit donc que si en Europe on prétend quelquefois que les chiens chinois sont des chiens à mettre dans la manche, il ne faut pas oublier, comme le dit Mgr Favier dans son livre (Péking), que les Chinois ont la manche tout à fait large.
- L’heureux propriétaire de cette gentille famille de chiens a suivi les conseils des Japonais qui lui ont vendu le mâle et la femelle à Yokohama (Japon). Il les a nourris d’abord avec du riz cuit à la mode indigène, mélangé avec des ràpures d’un poisson sec, salé et comprimé qu’on ne trouve qu’au Japon ou en Chine. Pendant leur séjour à Saigon, ces chiens se sont peu à peu habitués à manger du poulet et à boire du lait. Depuis qu’ils sont en France, c’est-à-dire depuis le milieu de l’année dernière, ils mangent de tout, même des fruits, et se portent à merveille malgré ces différents changements de nourriture. Niko, le mâle, est né en l’année 1897, Kohé, la femelle, est du commencement de 1898 ; enfin Yedo, la petite dernière, est du 24 février 1899.
- On peut espérer que ces chiens minuscules si recherchés pourront s’acclimater chez nous et qu’ils donneront, par la suite, une nombreuse lignée.
- Albert Tissandier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Famille île chiens épagneuls (race de Péking). (D'après une photographie.)
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N“ 1572. — 9 SEPTEMBRE 1899.
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- G4ST0N TISSÀNDIER
- C’est sous le coup d’une douloureuse émotion, qu’il nous faut annoncer une bien triste nouvelle. Le fondateur de La Nature vient de s’éteindre après une longue maladie. Gaston Tissandier est mort mercredi 50 août, entouré de l’affection des siens. C’est une perte. Elle sera ressentie non seulement par ses nombreux amis, mais nous n’en doutons pas, par les fidèles lecteurs de ce journal auquel il consacra la meilleure partie de son
- existence. Les regrets sont profonds autour de nous, et notre deuil aura de l’écho en France et à l’étranger.
- La vie de Gaston Tissandier a été trop courte. Mais s’il disparaît dans la force de l’àge, du moins laissera-t-il derrière lui des admirateurs, des amitiés très vives et pardessus tout un nom honoré et très sympathique. 11 a rendu des services à tous, il a été toujours bon et accueillant ; il a encouragé les
- GASTON TISSANDIER
- hésitants et conduit souvent ceux qui avaient désespéré dans le chemin de la fortune. Il a fait des heureux. Aussi de tous côtés arrivent pour sa mémoire d’innombrables témoignages de gratitude et des hommages que nous accueillons avec piété. Tissandier est de ceux dont il est permis de dire qu’il laissera une trace durable. Il a travaillé, avant tout, pour la diffusion des connaissances humaines, n’ayant d’autres préoccupations que d’élever le niveau intellectuel et moral de son pays. Nous ne ferons pas devant cette tombe, encore entr'ouverte, un éloge banal de Tissandier; il nous semble le voir se dresser devant nous et interdire à notre plume de parler de lui dans le journal qu’il créa et
- qu’il sut conduire à un succès retentissant. L’œuvre parle assez, en effet, en l’honneur de son fondateur. Nous voudrions simplement rappeler brièvement, et même citer comme un exemple à suivre pour les jeunes, cette existence si dignement remplie.
- Gaston Tissandier naquit à Paris le 21 novembre 1843. Son père était conseiller général de la Marne. 11 était arrière-petit-fils de Lhéritier de Brutelles, membre de l’Académie des sciences. II fit de solides études au lycée Bonaparte. Il opta pour les sciences et s’adonna à la chimie. Il eût pu, comme tant d’autres, devenir professeur, fonctionnaire, et s’immobiliser dans une carrière où l’on gravit tous les échelons à l’heure prescrite.
- 27° année. — 2e semestre.
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- Tissandier aimait la vie libre et était plein d’initiative; il entendait se faire seul une situation selon ses goûts et ne la devoir qu’à ses mérites personnels. Il entra au Conservatoire des Arts et Métiers dans le laboratoire de M. 1L-P. Dehérain; en même temps il fut un iidèle des cours de la Sorbonne et du Collège de France. Puis la place de préparateur étant vacante au Laboratoire d’essais et d’analyses chimiques de l’Union nationale, il l’accepta. Un an après, à l’âge de vingt et un ans, on le nommait directeur de cet important établissement. 11 fut chargé des travaux et des expertises de la Chambre syndicale dejproduits chimiques de Paris. 11 trouva encore le temps de poursuivre quelques recherches personnelles. Il découvrit notamment une nouvelle matière colorante jaune tirée du goudron et du marc de pommes.
- Passionné pour la Physique autant que pour la Chimie, et convaincu que l’on ne ferait progresser la Météorologie qu’en observant les phénomènes à grande hauteur, il résolut de s’élever dans les airs et d’y porter ses investigations. Cela fut le début des ascensions qui rendirent bien vite son nom populaire. Il monta en ballon, pour la première fois, avec Duruof le 16 août 1868, et, profitant des courants contraires superposés, il manœuvra de façon à montrer que souvent on pourrait obtenir une sorte de direction naturelle des ballons.
- Gaston Tissandier n’a pas exécuté par la suite moins de 44 excursions aériennes, le plus grand nombre avec son frère, notre collaborateur, M. Albert Tissandier, qui de son côté se faisait connaître, peu après, par ses divers grands voyages d’exploration autour du monde.
- La guerre survint. MM. Tissandier exécutèrent quatre ascensions soit, pour sortir de Paris, soit pour tenter d’y rentrer; ensuite ils furent incorporés dans l’armée de la Loire comme aérostatiers militaires. Après l’année fatale, Gaston Tissandier reprit ses travaux ordinaires et ses ascensions en inaugurant le Zénith. Le 23 mars 1875, il accomplissait le voyage aérien de longue durée qui est resté célèbre dans les annales aéronautiques. En compagnie de Crocé-Spinelli, de Sivel, d’Albert Tissandier et de Jobert, il effectuait le trajet de Paris à Arcachon en restant dans l’air le temps alors inconnû de 23 heures. Trois semaines après, le 15 avril 1875, à une ascension de longue durée, on substitua une ascension à grande hauteur. Celle-là appartient à l’Histoire, hélas 1 Gaston Tissandier, Crocé-Spinelli et Sivel partirent seuls. On avait emporté, sur le conseil de Paul Bcrt, des sacs pleins d’oxygène pour respirer ce gaz quand on parviendrait dans les hautes altitudes. Tout le monde se rappelle encore les événements1. Les trois aéronautes atteignirent 8600 mètres. Quand l’aérostat eut pris contact avec le sol, on trouva dans la nacelle deux morts et le troisième aéronaute sans connaissance. Les deux morts, c’étaient Crocé-Spinelli
- 1 Yoy. n° U7, ihi 10 avril, »° 00, du 24 avril et n° 100, du 1er mai 1875, t. 1, !'• 205, 554, 552.
- et Sivel; le troisième Gaston Tissandier. Il faut lire, racontés par le survivant de ce drame, les détails de cette fatale catastrophe.
- Un autre aurait renoncé aux aventureuses expéditions à travers l’atmosphère. Gaston Tissandier poursuivit ses recherches et, avec M. Albert Tissandier, recommença ses observations. Le problème de la direction des ballons n était pas sans le préoccuper. La solution est liée à la découverte d’un moteur léger et puissant. Il fit construire un petit ballon allongé qui se déplaça sous l’action d’un moteur électrique alimenté par des piles. Ce ballon fonctionna pendant tonte la durée de l’exposition d’Elec-tricité de 1881. Il s’agissait d’un modèle. On recommença ensuite sur plus grande échelle. Avec son frère, et à frais communs, un aérostat allongé fut construit et partit de l’avenue de Versailles, le 8 octobre 1883. Une hélice était mue par un moteur Siemens alimenté à l’aide d’une pile au bichromate. L’air était calme et le ballon évolua facilement. 11 put ensuite tenir tète à une brise d’environ 5 mètres à la seconde. La même expérience fut recommencée avec succès le 9 avril 1884. Ces essais servirent de point de départ aux expériences du ballon militaire de Chalais-Meudon.
- Les résultats des divers travaux de Gaston Tissandier ont été consignés dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences. Il était consulté chaque fois qu’il s’agissait d’expériences aérostatiques. On le nomma président de la « Société française de navigation aérienne », dont il avait reçu en 1876 la grande médaille d’or, fondation Janssen. Son premier mémoire sur l’application de l’électricité à la navigation aérienne fut couronné par l’Académie des sciences. En 1886, il fat nommé membre de la Commission d’aérostation au ministère de la Guerre ; il fut de même désigné pour faire partie de la Commission civile d’Aéronautique, fondée en 1880 par le ministre de l’Intérieur. Il convient aussi de mentionner au courant de la plume ses Mémoires et son livre sur les « Poussières de l’air », et ses expériences photographiques en collaboration avecM. Ducom sur la possibilité de relever le plan d’une région au moyen d’épreuves instantanées.
- Auteur il était à ses moments de loisir, car il a publié de nombreux volumes. À la librairie Hachette : P « Eau », « Traité de Chimie » avec son maître P.-P.Dehérain,les « Fossiles », la «Photographie», la « Houille », la « Navigation aérienne ». A la libraire Masson, les « Récréations Scientifiques » traduites en plusieurs langues et répandues à plus de 25000 exemplaires; P « Océan aérien », études météorologiques, et les « Recettes utiles », la « Science pratique », « Nouvelles recettes utiles ». A la librairie Maurice Dreyfous : les « Martyrs de la Science », les « Héros du Travail », 1’ « Histoire de mes ascensions ». Enfin « Souvenirs et récits d’un aréostatier militaire de l’armée de la Loire». A la librairieLaunette ctCie « Histoire des ballons », deux gros volumes illustrés superbement, et plusieurs autres, etc., etc.
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- Gaston Tissandier était membre de la plupart des Sociéte's scientifiques de Paris, vice-président de la Société météorologique, il était membre des jurys de nos grandes Expositions. 11 était chevalier de la Légion d’honneur depuis 1872. Enfin, dans sa séance générale du 9 juin 1893, sur un rapport très favorable de M. le colonel Laussedat, la Société d’encouragement pour l’Industrie Nationale lui avait décerné la grande médaille d’Or.
- Pour compléter cette esquisse rapide, il nous faut revenir un peu en arrière.
- Nous sommes après la guerre. On répétait partout que nous avions été vaincus par « le maître d’école allemand ». Un mouvement irrésistible s’était produit en faveur de la science. L’Association française pour l’avancement des sciences venait d’être créée. Elle prenait pour devise significative : « Pour la Patrie et pour la Science ». Gaston Tissandier avait été faire des conférences en province, à Lille, à Arras, à Boulogne, Roubaix, Tours, Chartres, etc. La plupart furent publiées. C’est alors qu’il trouva le moment venu de créer un organe indépendant qui diffuserait dans tous les grands centres d’activité intellectuelle les connaissances scientifiques, les dé-
- Li LYRE
- ET LA TRANSFORMATION DES NÉBULEUSES
- M. Baillaud, le distingué directeur de l’observatoire de Toulouse, vient de faire connaître, par une communication à l’Académie des Sciences, en date du 31 juillet 1899, de très curieuses remarques sur la nébuleuse de la Lyre.
- De l’examen direct de cette nébuleuse, de l’étude de ses photographies comparées à d’autres prises en 1890, M. Baillaud, aidé de MM. Bourget et Montangeraud, a déduit les faits suivants :
- 1° Quelques étoiles faibles existent incontestablement dans le vide central de l’anneau.
- 2° Il existe quelques points brillants sur l’anneau même.
- 3° L’étoile centrale apparaît plus nette sur les clichés et les épreuves qu’en 1890; sur les clichés nouveaux, elle a très sensiblement l’aspect d’une étoile proprement dite.
- 4° La partie vide centrale de la nébuleuse paraît plus brillante qu’en 1890.
- 5° La forme du bord extérieur, sud de l’anneau, n’est plus également courbée comme en 1890; ce bord paraît formé de deux tronçons presque rectilignes, se coupant sous un angle voisin de 120°. A l’extrémité ouest du tronçon austral se distingue une éminence, bien plus visible qu’en 1890, comme un jet de matière qui s’échapperait de l’anneau.
- .... Il s’est produit incontestablement, ajoute la Note de l’Académie, des changements d’éclat très sensibles dans la nébuleuse depuis vingt ans.
- En effet, si je compare la photographie que j’ai obtenue en 1890. à l’observatoire d’Alger, avec G heures de pose, à celles bien plus récentes que je viens de faire à
- couvertes et les inventions. Il avait été collaborateur d’Edouard Charton au Magasin pittoresque. Il résolut de fonder un Magasin pittoresque exclusivement consacré à la science, c’est-à-dire une Revue largement illustrée, à la fois élémentaire et savante, rédigée par des -spécialistes ayant déjà fait leurs preuves.. G. Tissandier fonda La Nature avec son frère Albert et quelques amis. Le titre était bon, et le fondateur principal déjà très apprécié.
- A peine né, le journal eut la bonne fortune de trouver un concours puissant. M. Georges Masson s’intéressa au jeune recueil; il le prit sous son haut patronage, et il n’a pas peu contribué à faire, avec Gaston Tissandier, de La Nature la Revue que l’on sait répandue aujourd’hui dans le monde entier.
- C’est bien tristement que nous avons résumé trop brièvement à notre gré “cette vie si bien remplie. Nous perdons personnellement un vieil ami de plus de trente ans. Mais nous avons la confiance qu’il n’abandonnera pas la maison qu’il a tant affectionnée. Sa pensée ne nous quittera jamais. Et comme s’il était encore présent au milieu de nous, il aura toujours ici la place qui lui revient d,e droit : la place d’honneur. IIexri de Parville.
- l’observatoire de Meudon, je trouve un changement très notable dans l’allure générale de la forme de la nébuleuse. Le bord extérieur sud s’est déformé.
- Mais ce qui me frappe davantage dans la communication de M. Baillaud, c’est la constatation de ce jet de matière qui semble s’échapper de l’anneau.
- D’autres nébuleuses présentent, en effet, un phénomène analogue : la nébuleuse Dumb-Bell du Petit-Renard et la nébuleuse de l’Écu. ♦
- Ne connaissant pas alors les recherches et naturellement les déductions que devait trouver M. Baillaud, j’avais déjà rapproché ces trois nébuleuses l’une de l’autre en comparant la distribution de leurs maxima et de leurs minima, et j’avais dit :
- « 11 n’est pas possible de ne pas voir une analogie1 « entre ces trois formes. De là à dire qu’elles ont subi (( une même loi générale de formation, il n’y a qu’un « pas. Ce seraient donc, en réalité, trois transformations « distinctes d’une même forme primordiale. »
- La reconnaissance d’un jet de matière qui s’échappe de l’anneau de la lyre, vient apporter un nouveau caractère de ressemblance entre ces trois formes si diverses d’aspect, lorsqu’on les voit dans un télescope.
- Je ne doute pas que M. Baillaud qui, d’ailleurs, si mes souvenirs sont exacts, a déjà attiré l’attention du monde savant sur la nébuleuse de la Lyre en 1890, ne puisse encore constater d’autres changements d’ici quelques années.
- Ces faits nouveaux surpris par un savant consciencieux viendront nous instruire sur l’évolution de ces lueurs mystérieuses encore si peu connues et si peu étudiées jusqu’à présent. Louis Rabourdin.
- 1 Voy. n° 1560, du 17 juin 1899, p. 55.
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- LA. TRACTION ÉLECTRIQUE A TOURS
- La Compagnie industrielle de traction, avec la collaboration de M. de Brancion, a fait, il y a quelques mois, à Tours, une installation de traction électrique qui constitue la première application industrielle du nouveau système de contacts superficiels Diatto avec conducteurs souterrains. Ces tramways n’ont cessé, depuis leur mise en service, de fonctionner d’une manière satisfaisante : nous dési-, rons en indiquer le principe.
- Le réseau des tramways de Tours doit comprendre une série de lignes urbaines d'un développement de 12 kilomètres environ et diverses lignes suburbainés de Luynes, de Saint-Avertin, et de Youvray. Le système Diatto sera seul installé à l’intérieur delà ville, et en dehors on utilisera le trolley aérien.
- L’usine génératrice comprend actuellement A chaudières semi-tubulaires , construites par la maison Bonnet,
- Spazin et Cie de Lyon, d’une surface de chaufe de 165 mètres carrés et pouvant donner chacune 2000 kilogrammes de vapeur par heure. Les machines à vapeur ont été installées par la maison Piguet et Cie de Lyon; elles sont au nombre de 5, à un cylindre, à condensation, d’une puissance de 500 chevaux, et commandent par courroie chacune une dynamo de 200 kilowatts à 550 volts. La canalisation est formée par des câbles posés directement en terre, sur lesquels sont prises tous les 5 mètres des dérivations pour alimen-
- ter les contacts superficiels dont nous allons parler. Sur la voie, dans l’entre-rail, comme le montre la ligure 2, sont disposés de distance en distance des pavés affleurant le sol, et portant au centre une pièce métallique E qui dépasse légèrement. Dans l’intérieur du pavé est une tige reliée par la dérivation I (fig. 5) au câble J venant de l’usine. La voilure porte des électro-aimants A qui aimantent les pièces B, G et 1). Celles-ci en glissant sur la pièce métallique détermine à l’intérieur l’attraction d’un clou qui établit la communication électrique du barreau B de la voiture avec le courant électrique arrivant par le câble J. 1 .es pavés, par ce moyen, sont mis en relation avec le câble conducteur seulement au moment précis où le barreau des voitures se trouve au-dessus
- d’un pavé, et le circuit est rompu dès que la voiture l’a dépassé. Mais on a disposé les pavés à une distance choisie pour que le circuit ne soit jamais rompu et que le courant reste continu.
- Le bloc formant le pavé et que l’on voit en transparent dans notre dessin (fig. 5, n° 2) est en asphalte; le milieu en est évidé et communique directement avec le sol par un tuyau (fig. 5, n° 1).
- À la partie supérieure se trouve un tampon amovible E en métal anti-magnétique, portant en son milieu un axe en fer doux L. Un peu au-dessous, on voit une traverse en fonte GII avec des ailes relevées sur les côtés, et laissant au centre le passage à un godet en ébonite rempli de mercure. A la partie inférieure du godet en R est vissé un bouchon de
- Fig. 1. — Les tramways électriques à Tours.
- Fig. 2. — Vue d’ensemble des voies.
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- cuivre portant une petite lige de cuivre qui vient plonger au-dessous dans un autre petit godet rempli également de mercure. Ce dernier est relié au cable 1 de la dérivation prise sur le cable venant de l’usine. Dans le mercure qui remplit le godet en ébonite flotte le clou en fer P, et le poids de celui-ci est sensiblement équilibré par la poussée du liquide. La tête du clou porte un tronc de cône en charbon graphitique pur, homogène et très dur. L’axe de fer L porte aussi une cuvette en même charbon, creusée en forme de cône dont l’angle est égal à celui de la tête du clou ; les deux pièces s’emboîtent donc parfaitement l’une dans l’autre et donnent un
- excellent contact. La partie où se produit le contact est recouverte, comme on le voit sur le dessin, par une cloche particulière.
- Les barreaux aimantés B, C, D que porte la voiture méritent une description spéciale. Entre ces barres sont montés des électro-aimants horizontaux A, qui donnent la polarité nord à la barre du milieu B, et la polarité sud aux barres G et D. Les champs magnétiques s’établissent alors d’un côté par la barre R, le clou P, l’aile G et la barre C, et de l’autre côté par la barre B, le clou P, l’aile 11 et la barre D. Le clou P est attiré.
- Chaque électro-aimant porte deux enroulements
- Fi g. 5. — Details du système de contact Diatto. — 1. Coupe intérieure du plot de contact. — 2. Vue d’ensemble d’un pavé
- avec le barreau aimanté au-dessus.
- distincts, l’un traversé par le courant qui alimente le moteur pendant la marche, et l’autre traversé continuel’cment par le courant fourni par une petite batterie d’accumulateurs donnant 5 ampères sous 50 volts. Au moment du départ, c’est le courant provenant de cette petite batterie qui aimante les électro-aimants et soulève le clou. Celui-ci est attiré et ferme aussitôt le courant de l’usine sur le moteur de la voiture.
- Aux points de contact des charbons on évite tout arc permanent et toute étincelle par suite de la bonne qualité des charbons. On relève du reste l’arrière du barreau pour assurer encore le maintien du clou et éviter une rupture brusque.
- Les pavés sont disposés pour que l’eau n’y puisse pénétrer à aucun moment. Le retour du courant à
- l’usine se fait par les rails. Ajoutons également que le remplacement d’un pavé défectueux se fait en quelques secondes ainsi que l’expérience l’a montré.
- Les voitures automotrices (fig. 1) contiennent 56 places, dont 20 assises et 16 sur les plates-formes ; elles sont construites dans les ateliers de la Compagnie générale de construction de Saint-Denis. Elles sont disposées pour circuler sur les voies Diatto ou à trolley aérien, et portent à la fois le barreau aimanté et la perche de trolley. Les communications nécessaires sont effectuées rapidement à l’aide de commutateurs spéciaux.
- L’installation des tramways électriques de Tours, qui fonctionne dans de très bonnes conditions, nous semble une heureuse application d’un système appelé
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- à rendre de grands services à l’intérieur des villes, sinon pour remplacer partout le trolley aérien, du moins pour le suppléer dans les endroits difficiles, croisement, traversées des rues, etc. Nous aurons du reste bientôt l’occasion de le voir fonctionner ; car la ligne de tramways de pénétration de Vanves, à Paris, concédée à M. de Brancion, en sera pourvue.
- J. Laffargue.
- IA MÉSANGE DE NANKIN
- Depuis quelques années on voit souvent, à Paris, chez les marchands d’oiseaux, de petits Passereaux exotiques, au plumage teint de couleurs vives, qui sont mis en vente tantôt sous le nom de Rossignols du Japon, tantôt sous celui de Mésanges de Nankin. Leur poitrine est d’une belle teinte orangée passant au jaune sur la gorge; les joues sont grises et deux petits traits d’un brun verdâtre dessinent des sortes de moustaches de chaque côté du bec qui est marqué de rouge. Le dessus de la tête est d’un vert jaunâtre qui se fond en arrière dans le vert obscur du manteau. Les ailes paraissent ornées d’un double miroir, les pennes secondaires étant noires avec la base jaune et les pennes primaires d’un brun noirâtre avec un liseré d’un jaune, vif qui tourne au rouge sang du côté de la pointe. Quant aux pennes caudales, ou rec-trices, elles sont vertes en dessus et jaunâtres en dessous, avec une bande noire. Les individus des doux sexes portent à peu près la même livrée, contrairement à ce qu’on observe d’ordinaire chez les Passereaux, toutefois la femelle a des teintes moins brillantes que le mâle.
- C’est le voyageur Sonnerat qui, à la fin du siècle dernier, a, le premier, désigné cette espèce sous le nom de Mésange de Nankin, nom assez mal choisi; car, si l’oiseau dont nous parlons habite certaines provinces de la Chine, ce n’est certainement pas une Mésange : il suffit, pour s’en convaincre, de regarder son bec qui n’est point conique et dont la mandibule supérieure est seulement un peu voûtée à la base et légèrement recourbée vers la pointe. Ce joli Passereau mérite encore moins le nom de Rossignol du Japon par l’excellente raison que ce n’est pas un Rossignol, pas même un Bec-fin et qu’il ne vient pas du Japon. Par ses caractères généraux il se rattache à la nombreuse famille des Timé-liidés qui compte une foule de représentants dans le centre et le sud de l’Asie et dans les régions tropicales de l’Afrique et à laquelle, d’après quelques ornithologistes, il faut rattacher aussi les Troglodytes européens et américains, ces petits oiseaux au plumage gris ou brun, qui se faufilent dans les buissons fü la rapidité d’une Souris et que l’on confond souvent avec les Roitelets. Dans cette famille de Timéliidés, la Mésange de Nankin ou le Rossignol du Japon porte le nom scientifique de Leiothrix ou Liothrix lutea (Liotbrix jaune). Ses domaines comprennent, outre la chaîne de l’Ilimalaya, les contrées montagneuses de la Chine occidentale et méridionale, notamment la principauté de Moupin, le Setchuan, le Fokien et le Tchékiang.
- M. l’abbé A. David, le célèbre explorateur de l’Empire chinois, qui a eu l’occasion d’observer le Liothrix lutea, dans le Setchuan, nous apprend que c’est un oiseau méfiant, qui se tient ordinairement caché dans les bois et dans les fourrés de bambous où il se nourrit de fruits, de bourgeons, et d’insectes qu’il va quelquefois chercher
- sur le sol. Son nid est construit, sans beaucoup d’art, avec des herbes et des brindilles et reçoit des œufs d’un vert sale tachetés de rougeâtre.
- Les Chinois gardent souvent en cage des Liothrix et, depuis quelques années, en expédient de grandes quantités en Europe. Ces gentils Passereaux sont justement appréciés comme oiseaux de volière et d’appartement. En captivité, ils peuvent être facilement nourris avec du chènevis écrasé, des fruits, des vers de farine et de la pâtée de Rossignol, et leur naturel, d’abord un peu farouche, s’apprivoise rapidement. Leurs mouvements sont vifs et gracieux et leur chant, sans valoir celui du Rossignol, est cependant fort agréable et rappelle, par ses notes sonores, celui de la Fauvette orphée. Enfin à ces qualités extérieures, les Liothrix joignent des qualités morales qu’on ne rencontre pas toujours dans l’espèce humaine.
- Cette année même, dans une des réunions des naturalistes du Muséum, M. Milne-Edwards a cité un exemple fort curieux de l’esprit de charité et des sentiments affectueux de ces petits oiseaux. Deux Mésanges de Nankin se trouvant enfermées dans une volière avec un Cardinal de Virginie, celui-ci, brutal comme tous ses semblables, cassa, d’un coup de bec, la patte d’une de ses compagnes.
- La pauvre blessée, ne pouvant plus se percher, fut condamnée à rester au fond de la cage ; mais l’autre Liothrix, loin de l’abandonner à son malheureux sort, se constitua sa garde-malade, l’abrita pendant la nuit sous son aile étendue et poussa même la sollicitude jusqu’à lui faire une sorte de matelas avec divers matériaux qu’elle poussait avec son bec. Malgré tous ces soins la malade succomba; immédiatement sa compagne devint triste et bientôt elle périt à son tour. E. Oustalet.
- COMBUSTION SPONTANÉE DES FOINS
- Le rôle oué par les microorganismes ou microbes, en agriculture, se dessine tous les jours avec plus de netteté.
- Grâce aux travaux des élèves de Pasteur, on découvre à chaque instant que tel phénomène, qui naguère était imputable à des actions purement chimiques, doit être attribué, en réalité, à des infiniment petits que dévoile le microscope.
- Or, en agriculture, comme en médecine, il y a de bons et de mauvais microbes. Parmi les premiers, et sans parler des ferments du vin, du cidre, de la bière, du vinaigre, du lait et des fromages, il. faut citer le microbe de la nitrification, celui qui fixe l’azote libre de l’atmosphère sur les racines des Légumineuses, et bien d’autres. Ce sont des microbes bienfaisants !
- Parmi les seconds, en écartant les microbes pathogènes qui produisent les maladies des animaux domestiques et celles transmissibles des animaux à l’homme, il faut mentionner les microorganismes qui occasionnent les maladies du vin, des vers à soie, le microbe de la dénitrification, ceux de la putréfaction, etc., etc. Tout récemment encore, un autre a été ajouté à cette liste et, certes, il était bien inattendu : c’est la bactérie qui provoque la combustion spontanée du foin. Ces microbes incendiaires ont reçu le nom de thermophiles, pour rappeler leur rôle.
- Cette question de la combustion spontanée du foin a fait l’objet de nombreuses controverses, mais elle a été
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- LÀ NATURE.
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- reprise dans ces dernières années et de nombreux exemples ont permis de conclure à l’affirmative Tout récemment encore, M. E. Mer, dans une très intéressante communication à la Société nationale d’agriculture, a décrit la marche de ce phénomène, qu’il a pu observer dans son exploitation de Longemer, dans les Vosges, en 1896 et 1898.
- D’après les observations de cet agronome, la combustion spontanée est provoquée par la grande chaleur résultant de l’excès de fermentation du fourrage rentré trop humide. Le phénomène se produit surtout lorsqu’on néglige de faire séjourner le foin sur le pré, pour lui laisser jeter son feu.
- Déjà, un agronome allemand, M. Hapcke, avait montré que la combustion était provoquée par des bactéries qu’on rencontre en nombre considérable dans les foins insuffisamment desséchés. « On s’est refusé à voir, dans leur présence, la cause première d’un échauffement suffisant pour provoquer l’inflammation des fourrages; elles ne résistent pas, en effet, à une température de 80°. Mais des recherches récentes ont montré que si ces micro-organismes périssent à 80°, leurs spores, très résistantes, supportent de très grandes élévations de température sans succomber. »
- Sans nous étendre davantage sur la marche de ce phénomène, nous ne voulons en tirer que les conséquences applicables à la pratique courante de la fenaison. À ce sujet, on peut poser en principe :
- 1° Qu’il ne faut jamais rentrer l’herbe le jour même où elle a été fauchée, même si elle paraît sèche, cela est surtout vrai pour les fourrages formés en grande partie de Légumineuses, comme le Trèfle, la Luzerne et la Vesce, qui sont les plus exposés à réchauffement.
- 2° Qu’il ne faut pas trop tasser le fourrage encore humide, lors de sa stratification dans les greniers ou les fenils.
- 5° Qu’il faut préférer, tout au moins pour la partie supérieure des greniers, des parois en planches plutôt que des murailles en maçonnerie. La circulation de l’air est rendue ainsi plus facile. Malgré toutes ces précautions, si la fermentation devenait trop active, il faudrait pratiquer, dans la masse du foin, quelques tranchées profondes ou cheminées destinées à l’aération du fourrage.
- La salaison du foin est encore un excellent moyen préventif contre la combustion; en outre, la présence du sel, qui est, comme on le sait, un excellent antiseptique, s’oppose au développement des moisissures qui altèrent si souvent le foin emmagasiné.
- En résumé, les foins ne doivent pas être rentrés trop secs, ni trop humides ; ils faut qu’ils conservent une certaine proportion d’eau, que par la pratique on apprend à déterminer; mais une aération suffisante est également indispensable pour éviter la combustion spontanée. Albert Larbalétrier.
- 1 Déjà, au siècle dernier, l’abbé Rozier, dans son Cours complet d’agriculture, avait parlé de l’embrasement spontané des foins. « Bien des gens, dit-il, traiteront cette crainte de terreur panique, et ils auront tort; deux exemples que j’ai vus m’ont démontré la réalité d’un fait dont la raison seule suffit pour en démontrer la possibilité. Rien ne peut éteindre un pareil feu, parce qu’il ne se manifeste au dehors que lorsque tout le centre est embrasé, et prêt à jeter des flammes dès qu’il y aura un courant d’air. »
- NÉNUPHARS ET LOTUS
- Parmi toutes les plantes ornementales aquatiques, le Nénuphar ou lis des étangs tient certainement la première place avec ses belles Heurs et son magnifique feuillage.
- Tous les Nénuphars vivent dans l’eau. Avant le printemps, la {liante entière est submergée. Les feuilles commencent à se développer vers la fin de l’automne : à cette époque, elles prennent naissance sur le rhizome enfoui dans le limon du fond des eaux, mais demeurent fort petites, et totalement enroulées sur elles-mêmes pendant tout l’hiver. Ce n’est qu’au printemps suivant que les pétioles s’allongent et que le limbe vient s’étaler à la surface de l’eau en augmentant de grandeur à mesure qu’il s’élève. L’apparition des feuilles de Nénuphar n’a jamais lieu que lorsque les chaleurs printanières sont revenues de façon durable et que les gelées sont tout à fait passées. Les jardiniers le savent bien et plusieurs d’entre eux attendent, pour sortir les orangers de la serre, que les Nénuphars montrent leurs feuilles, certains qu’ils sont de n’avoir plus alors à craindre le retour de froids nuisibles à leurs arbustes. Les fleurs s’épanouissent en été parmi les feuilles et viennent, au milieu des larges taches vertes formées par celles-ci, jeter une note éclatante avec leurs belles teintes jaunes ou blanches. Fleurs et feuilles flottent toujours à la surface de l’eau ; si le niveau de celle-ci vient à monter, lés pétioles s’allongent de telle façon que la plante ne soit pas submergée.
- À la même famille des Nénuphars appartient cette merveille du règne végétal qu’on appelle Victoria regia, aux fleurs blanches de 35 à 40 centimètres de diamètre et aux feuilles de 2 mètres de diamètre au pourtour relevé perpendiculairement sur 5 à 6 centimètres de diamètre.
- D’Orbigny raconte dans ses voyages que le fameux botaniste Haenke naviguant en pirogue sur le Rio Manoré, un affluent de l’Amazone, avec un missionnaire, et découvrant le Victoria regia, fut transporté d’admiration, se précipita à genoux, adressant à l’auteur d’une si magnifique création les hommages de reconnaissance que lui dictaient son étonnement et sa profonde émotion.
- Depuis une quarantaine d’années, le Victoria regia fait l’ornement des jardins botaniques. Cette plante a fleuri en France pour la première fois en 1854, à Marseille. Notre gravure représente l’exemplaire en fleurs du jardin de Kew1 : il fut rapporté du bassin de l’Amazone,
- Dans les premiers temps, la culture de Victoria passait pour très difficile. On croyait nécessaire de brûler la terre dont on couvrait le fond de l’aquarium, afin de la purger de tous les débris organiques qu’elle pouvait contenir et qui auraient, pensait-on, corrompu l’eau ; on regardait de plus comme non moins indispensable de communiquer à cette eau un certain
- 1 D’après Ytllustrated guide to lhe Royal Gardent Kew édité par Dawbarn and Ward Londres.
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- mouvement pour l'entretenir dans un état d’aération constant. Mais l'expérience n'a pas lardé à faire reconnaître «pie c’étaient là des précautions à peu [très inutiles. On se borne aujourd’hui à prendre de la terre au fond d’une rivière, ou même de la terre franche ordinaire, et on met dans l’aquarium quelques cyprins dorés de la Chine, dont les ébats suffisent pour communiquer à l’eau l’agitation nécessaire. Ce qui est plus essentiel, c’est de renouveler cette eau graduellement et de la tenir à une température élevée, par exemple à 24 ou 25° centigrades pendant la nuit, î! 7)0 ou 7)2 pendant le jour, au moins dans la période où la végétation de la plante est dans toute sa force.
- A côté des Victoria regia s’élèvent les superbes Lotus ( Nelumbium s pe -ciosum), le lotus sacré des Egyptiens, aux belles Heurs roses, dont ont parlé Théophraste et Hérodote. Les descriptions des anciens étaient si exactes que les voyageurs modernes, en retrouvant le Nelombo dans l’Inde, n’ont pas hésité à l’identifier avec le lotus sacré.
- Les feuilles des Nelombo ne flottent point sur l'eau à la façon de celles des Nénuphars, mais s’élèvent au-dessus de la surface à une distance qui peut être parfois celle d'un mètre. Ces feuilles sont très sensiblement orhiculaires, pellées et larges de 50 à 70 centimètres environ. Elles présentent à peu près la forme d’une vasque profonde de trois pouces dont les bords sont ondulés; on pourrait également les comparer au pavillon d’un cor de chasse. La face supérieure en est recouverte d’un velouté très lin sur lequel l’eau coule par gouttes semblables à des globules de cristal.
- La pluie en tombant remplit ces coupes élégantes qui se vident lorsque le vent vient à faire onduler et céder leurs longs pétioles.
- Les fleurs du Nelombo d’Orient sont le plus souvent de couleur rose et ressemblent beaucoup,
- avant de s'épanouir, à d'énormes tulipes ; Hérodote les comparait à des lis.
- Dans tous les pays oîi croît le Nélomho, la fleur du Lotus est l’objet d’un véritable culte et d’une vénération toute particulière. Au Tibet, dans l’Inde, dans la Chine et dans le Népaul, elle sert à orner les temples et les statues des idoles; elle compte dans les attributs de la divinité.
- La mythologie des brahmes attache au Lotus une signification symbolique : sa naissance au sein des eaux l'a fait considérer comme le symbole de la
- génération. Une fleur de Lotus sert de siège à Brahma, et c’est sur une feuille flottante de cette plante aquatique que Vichnou s’avança sur les eaux, au premier jour de la terre.
- Le Lotus des anciens Egyptiens fut une des plantes les plus célèbres dans l’antiquité. Naissant chaque année avec les eaux d’un fleuve qui ne sortait de son lit que pour féconder la terre, s’élevant au milieu des campagnes jadis désertes, qu’elle embellissait alors de ses splendides corolles, utile et cultivée pour servir à l’alimentation de la classe laborieuse de la population, cette plante pouvait être regardée comme le signe d’une heureuse abondance et le gage sacré de la faveur des dieux. D’ailleurs, pour ces peuples à l’imagination primitive, la fleur sortant des eaux en même temps que le soleil pour y rentrer avec lui à la fin de la journée, semblait a voirj une relation mystérieuse avec l’astre du jour, c’est pourquoi ils en avaient fait un des attributs d’Osiris, le dieu du soleil, toujours représenté dans les peintures égyptiennes avec des fleurs du Lotus sacré.
- Depuis le commencement du siècle, le Nelumbium speciosum a été naturalisé en France où il fut introduit au jardin botanique de Montpellier par le célèbre botaniste Delile à la suite de l’expédition d’Égypte. Parfaitement acclimaté en France maintenant, le Nélomho occupe une des premières places comme
- Fig. 1. — Les Nénuphars ou Lis des étangs.
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- Fig. 2. — Lotus sacré des jardins de Kew. (D’après une photographie.)
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- plante aquatique d’ornement. Sous le climat de Paris, il ne fleurit que si les rhizomes sont soustraits à l’action de la gelée. Y. Brandicourt.
- Secrétaire de la Société Linéenne du Nord de la France.
- UNE BICHE AYEC BOIS
- La biche est la femelle du .cerf dans tous les pays du monde. Est-ce une biche? Est-ce un cerf? Ces animaux détalent vite dans les bois et on ne peut souvent que les entrevoir. Les promeneurs du bois de Boulogne en ont pu faire l’expérience. Il y a un vieux troupeau dans les fourrés qui ne se laisse pas facilement approcher. Le cerf possède des bois, et la biche point. C’est général, et cependant il ne faudrait pas se fier à ce caractère distinctif. Les biches, en vieillissant, prennent parfois les attitudes du mâle, et l’on voit se former sur l’os frontal des bosses qui portent des bois, il est vrai peu développés. Des cas de ce genre ont déjà été signalés par Brehm chez la chevrette (Capreolus europæus) et par M. Alston chez la biche ordinaire (Cervus elaphus), etc. M. Alph. Milne-Edwards, directeur du Muséum, a observé à la ménagerie une biche desMoluques ( Cervus moluccensis) très âgée dont la tête portait de petits bois. En ce moment, au Muséum1, on peut voir une biche Wapiti (Cervus canadensis) pourvue d’un seul bois, mais de très grande dimension. Cette biche est née au Jardin des Plantes en 1883 ; elle est donc âgée de seize ans. C’est en 1893 que cette corne a commencé à se montrer; elle a rapidement grandi, mais elle n’avait pas d’adhérence avec le crâne et elle suivait les mouvements de la peau de la tête. Peu à peu elle s’est fixée et maintenant elle fait corps avec le squelette et elle est très solide.
- Depuis son apparition, elle est restée intercalée dans son enveloppe cutanée désignée sous le nom de velours, ce qui explique l’activité de sa croissance. Elle se compose d’une perche de 0m,50 de longueur portant à la base un andouiller dont l’insertion très rapprochée de l’os frontal se trouve en partie cachée par les poils de la tête et dont l’extrémité est très légèrement bifurquée.
- M. Milne-Edwards a rappelé que l’altération des caractères propres à la femelle est comparable à celle que l’on remarque chez les oiseaux. Les poules faisanes et les canes revêtent parfois dans leur vieillesse le plumage du mâle. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a signalé plusieurs exemples de ces changements chez le faisan argenté et le faisan doré. M. Milne-Edwards a fait les mêmes observations sur le faisan vénéré. Florent Prévost a vu encore des femelles de pinsons qui devenaient semblables aux mâles. Ces transformations sont curieuses. J.-F. Gall.
- LES CITERNES ET LES TUYAUX DE CUIYRE
- En Belgique, le ministre de l’agriculture et des travaux publics, qui est le chef responsable de la santé publique, a soumis au Conseil d’hygiène du royaume la question de savoir si le cuivre rouge qui devient dans le pays d’un usage fréquent pour les toitures et chéneaux des édifices ne forme pas sous l’influence de la pluie et de l’humidité des composés chimiques susceptibles d’altérer les eaux et de les rendre nocives. La commission a conclu par 1 affirmative. Le cuivre rouge, exposé à l’air, se couvre d’une couche d’hydrocarbonate basique, mele a une certaine quantité de sulfate cuivrique
- 1 Bulletin du Muséum d'histoire naturelle.
- lorsqu’il est exposé aux vapeurs d’acide sulfureux existant dans l’atmosphère du voisinage des établissements industriels ou des nombreux foyers domestiques dans lesquels on consomme de la houille pyriteuse. La pluie, tombant sur les toitures et s’écoulant sur les chéneaux en cuivre, entraîne mécaniquement les composés cuivriques dans les citernes où ils s’accumulent; ils sont dissous par l’acide carbonique et par l’ammoniaque de l’eau. De là, cette saveur métallique de l’eau provenant des toitures en cuivre et le dépôt verdâtre qu’elle produit dans les citernes.
- On a employé pendant quelque temps, à l’arrosage des plantes du Jardin botanique de Bruxelles, de l’eau de pluie tombant sur la coupole recouverte de cuivre rouge ; on a dù y renoncer, par suite de ses effets délétères. On l’envoie maintenant à l’égout.
- On peut varier d’opinion, ajoute le rapporteur, sur le point de savoir si les composés cuivriques doués de propriétés vomitives, même à faible dose, peuvent être toxiques pour l’homme ; mais on doit être d’accord pour reconnaître qu’ils sont nocifs. Le Conseil supérieur d hygiène publique a adopté cet avis et a répondu au ministre que le cuivre rouge employé pour toitures et chéneaux communique à l’eau des propriétés nocives.
- Cette conclusion est sévère, mais sage. Tout dépend de la dose. En France, les travaux de Burq, de Galippe ont mis hors de doute que, à petites doses, les sels de cuivre n’ont aucune influence toxique. Par prudence, on a bien fait, néanmoins, de condamner le cuivre des toitures, quand elles servent à recueillir l’eau des citernes. Flamel.
- NOUVELLE PIERRE CÉRAMIQUE
- M. Garchey fabrique depuis quelque temps déjà une nouvelle pierre céramique intéressante. La matière qui constitue cette nouvelle pierre est du verre amené par l’action d’une haute température à un état moléculaire spécial. On l’obtient en soumettant des débris de verre à une température de 1250° et en comprimant ensuite le produit dans des matrices de divers modèles. Cette transformation physique du verre n’est donc en quelque sorte qu’une dévitrification.
- La pierre céramique conserve toutes les propriétés physiques et chimiques du verre naturel ; elle n’a cependant pas la transparence du verre et prend un aspect complètement différent. Il est également à noter que la pierre céramique présente une étanchéité absolue, une très grande dureté et de grandes qualités d’inconductibilité au point de vue électrique et calorifique; cette pierre peut donc être utilisée dans la construction des isolateurs électriques et des isolants du froid et de la chaleur.
- Toutes ces propriétés ont été reconnues par la Société centrale des Architectes de France qui a étudié spécialement la pierre céramique Garchey et a présenté à son sujet un rapport des plus favorables. Mentionnons également les résultats des expériences effectuées au Laboratoire des Ponts et chaussées. A l’écrasement, la pierre céramique a résisté à une pression de 2023 kilogrammes par centimètre carré. Elle a subi sans altération des températures de — 20° et a résisté ensuite à des pressions de 2028 kilogrammes par centimètre carré. Des cubes de matière d un poids moyen de 2561 kilogrammes ont été soumis au choc d’un mouton d’un poids de 4k*,2 tombant d’une hauteur de 1 mètre ; trois coups ont suffi pour produire une première fissure, mais il a fallu 22 coups pour produire la rupture complète. Des, essais ont été egalement faits pour déterminer la résistance à l’usure
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- par frottement. On a découpé des prismes de 0m,06 sur 0m,04 de base dans toute la hauteur. Ces prismes ont été pesés et mesurés exactement, puis posés sur une meule tournante en fonte, saupoudrée de sable sous une charge calculée à raison de 250 grammes par centimètre carré de surface frottante. L’usure ou la perte de hauteur mesurée après 4000 tours de la meule, correspondant à un parcours de 6500 mètres avec une vitesse angulaire uniforme de 2000 tours par minute, a été en moyenne de 1,06 centimètre; ce résultat classe la pierre parmi les pierres de taille les plus dures. A l’arrachement, il a fallu des efforts de 15,3 kg par centimètre carré pour obtenir le décollement. Ces divers renseignements nous montrent que la pierre céramique possède de réelles propriétés (jui peuvent rendre son emploi avantageux. Ajoutons encore qu’au point de vue pratique, elle résiste à l’action des acides les plus énergiques, se prête aisément à tous les nettoyages possibles, et peut facilement être coupée avec un ciseau à la condition de taper un certain nombre de fois avec un marteau. La pierre céramique se présente sous forme de carreaux quadrillés pour dallages, de plaques imitant le marbre poli, de plaques imitant la mosaïque, de panneaux avec toutes sortes de moulures et d’ornements. Ce produit vient du reste d’être adopté pour le revêtement intérieur des galeries du nouveau Métropolitain de Paris. I). Lelong.
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- IA MALADIE DE LA MOUCHE TSÉTSÉ
- Pour peu que vous ayez parcouru les récits des explorateurs de l’Afrique australe, ce mot venimeux de tsétsé ne peut évoquer en vous que le saisissant tableau des pires catastrophes. Cet insecte, en effet, si frêle, si ressemblant à nos mouches les plus anodines, est devenu, en peu de temps, la terreur de ces parages, l’épouvantail hideux glaçant d’horreur les bêtes qu’il approche, le vampire fin et insidieux tourmentant les animaux par le 'sang qu’il suce et surtout par les germes de mort qu’il dépose. De façon que l’homme lui-même ne peut affronter son périlleux domaine, à moins de dételer ses bœufs, descendre de son cheval et traverser à pied le pays des Matabélés, au nord du Transvaal, où ce fléau règne sans partage.
- Les voyageurs qui ignoraient ce danger perdirent en peu de temps, en ces lieux maudits, leurs collaborateurs à quatre pattes, leurs bêtes de somme et de trait, exterminés par la bestiole abominable. Celle-ci, toujours affamée de sang, pompe sans distinction toute chair vivante. Mais tandis que ses morsures ne font qu’agacer le roi de l’univers, elles condamnent à une mort certaine les animaux de son escorte. Le pionnier privé de ses auxiliaires les plus précieux, arrête sa marche; et la civilisation recule à l’aspect d’un être si insignifiant.
- Des marai* aux eaux croupies, des rivières aux flots tièdes baignent cette infernale région, incomplètement explorée et tristement fameuse. Seuls, les éléphants qui errent près de ces parages savent en tirer quelque parti. Dès qu’ils se sentent « filés », ils franchissent impunément, grâce à leur cuirasse, la zone de mort, et, une fois dans les «ampagnes
- riveraines de Limpopo, ils esquissent un formidable « pied-de-trompe » aux cavaliers lancés à leur poursuite. Placés sous l’égide de la tsétsé, ils se sentent plus sûrs ; ils tiennent les chevaux à l’écart.
- Le monstre qui remplit de son bourdonnement ce territoire du sud Africain est un menu diptère, une mouche banale, à peine différenciée de notre mouche domestique par sa taille un peu plus grosse, les quatre bandes foncées qui rayent lecusson de son dos, le dessin festonné des segments de son ventre, et ses ailes enfumées qui se superposent au repos.
- Son aspect n’a rien de repoussant, et, grâce à sa trompe, le dessous de sa tête est décoré par une sorte de panache renversé, représentant à la fois ses armes et ses outils, et lui servant en même temps de flèche et de lancette, de suçoir et de seringue.
- Son agilité est extraordinaire ; son vol vertigineux le soustrait à l’indiscrétion des regards. Le goût du sang ayant développé en lui l’entendement et la ruse, il attaque sa proie avec une perfidie sournoise, sans que le moindre froufrou d’ailes en donne l’éveil. Seule la gourmandise lui fait répéter cinq ou six fois un léger bz, bz, bz... de satisfaction au moment où son aiguillon pénètre dans la chair.
- Le dard une fois projeté, la tsétsé pompe la liqueur vermeille, tant que sa panse le lui permet. Mais avant de se livrer à cette pénible et délicate besogne, elle prend des précautions, tel un docte praticien, lui évitant d’être troublée pendant qu’elle opère ; elle commence, en effet, par distiller dans la piqûre à peine formée une infime quantité d’un produit anesthésique destiné à insensibiliser la partie de la peau que sa trompe rendra bientôt exsangue. Ainsi, durant la « saignée », la victime ne ressent aucune douleur. Cependant, bientôt, le chatouillement d’une légère démangeaison fait porter distraitement la main, le mufle ou la queue au point piqué, et les doigts, les lèvres ou les crins rencontrent la mouche repue qui, aussitôt, s’échappe. Son vol est alors plus lourd, mais il est encore fort difficile de l’attraper avec la main.
- Peu de temps après, l’animal piqué est envahi par une fatigue qui le mine et une lassitude qui l’inquiète ; il devient triste, son regard est terne, son œil larmoyant, son nez ou ses naseaux brûlants; puis l’appétit l’abandonne, en même temps que ses muscles deviennent flasques, la cornée de l’œil jaune et son aspect très abattu; enfin, ses naseaux laissent couler une abondante humeur, ses lèvres écument, et, au bout de quelques jours, la mort le surprend au milieu d’une diarrhée atroce.
- Eh bien ! malgré ce qui précède on peut affirmer, en se basant sur les travaux tout récents de plusieurs expérimentateurs anglais1, que la tsétsé par elle-même n’est pas plus meurtrière que le vulgaire cousin. Et cependant tous les animaux qu’elle touche — qu’ils soient des bœufs ou des moutons, des chiens ou des chèvres, des ânes ou des mulets,
- 1 Yoy. David Bruce, Kanthack, de Blanford, etc. (Procee-dtings of the Royal Society, décembre 1898).
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- des chevaux ou des zèbres, des chats ou des lapins — sont frappés invariablement d’un arrêt de mort. Et d’une mort extraordinaire qui rend friable les viscères, qui, sous la moindre pression du doigt, fait tomber en morceau le cœur, le foie et les poumons, qui remplit d’une humeur jaunâtre les intestins, tout en vidant le contenu des veines. Le peu de sang qui reste dans celles-ci est infecté d’un germe microscopique spécial et très prolifique, cause véritable de tous ces désastres.
- Ce germe, que les zoologistes classent dans le genre tympanosoma, ne constitue pas, à proprement parler, une nouvelle recrue pour l’armée malfaisante des bactéries, qui sont des plantes microscopiques. Quoique organisé presque aussi simplement ipi'elles, il présente dans sa texture intime des particularités qui ont fait de lui un animal élémentaire, un protozoaire, que les naturalistes placent au pernier échelon des êtres vivants. Ces animalcules microscopiques tout en ayant l’aspect et la puissance/ reproductrice des microbes ordinaires n’en ont pas la résistance. Leur nocivité n’est pas, pour cela, moindre. Il suffit de dire que ce sont des êtres analogues qui déterminent la fameuse maladie du surra aux Indes et qui "ratifient les habitants
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- des pays malsains de la terrible malaria.
- La liaison entre le parasite et la maladie causée par la piqûre de la mouche, ne semble plus douteuse. Le protozoaire apparaît dans le sang dès que la maladie se manifeste ; il se multiplie à mesure que celle-ci suit son cours, disparaît lorsqu’il y a guérison, et il se multiplie à un tel point lorsqu’il y a aggravation que Bruce a pu compter 75 000 individus dans un centimètre cube de sang d’un animal mort.
- Ce parasite transparent, allongé et très mobile, cet hématozoaire infime qui disloque les globules du sang en glissant entre eux à la façon d’un serpent minuscule, trouve dans la trompe de la mouche tsétsé, où volontiers il s’accroche, un convoyeur de premier ordre qui l’entraîne en suçant du sang malade, le voiture à travers les régions marécageuses, chères à cet insecte, et enfin l’inocule par une nouvelle piqûre à l’animal sain. La mouche tsétsé est donc à hr maladie, confinée à son territoire, et connue en Afrique sous le nom de nagana, ce que la puce est à la peste, ce que la mouche est, peut-être, à la
- fièvre typhoïde; mais avec cette différence toutefois, que la peste et la fièvre typhoïde disposent d’une foule d’autres véhicules, tels que l’eau, l’air, les détritus animaux, etc., tandis que l’hématozoaire de la nagana, sans l’intervention de la mouche tsétsé, n’aurait pas trouvé d'agent pour le colporter et le propager dans le monde animal.
- Cet hôte insidieux n’est pas partout l’objet d’un cordial accueil. Le gibier sauvage de la contrée — du sang duquel la mouche tire sa subsistance ordinaire — lui offre un milieu de culture lort défavorable. Il en est de même de l’homme dont la peau est à peine irritée par les piqûres de la tsétsé. Par contre, le sang de tous les animaux domestiques constitue un terrain des plus fertiles. Là, l’hématozoaire grouille avec délice, se multiplie avec rapidité, et provoque bientôt, la si fâcheuse explosion de la nagana.
- Le parasite que la mouche inocule ainsi avec son dard, j’allais dire avec sa lancette, n’est pas aussi résistant qu’il est meurtrier.
- À l’encontre de tant de microbes qui résistent aux plus brûlants baisers de la chaleur, qui restent virulents dans un cadavre et qui passent des mois et des. années dans le sol sans rien perdre de leurs propriétés infectieuses, l’animalcule delà nagana, placé à une température de 50°, cesse de vivre au bout d’une demi-heure; abandonné à lui-même seulement pendant un jour il perd sa virulence, de sorte que les animaux morts de nagana cessent très vite d’offrir des dangers.
- Malheureusement, il y a la contre-partie ; ce parasite si fragile ne distille pas de toxines ; il n’abandonne au sang aucune sorte de poison ; il agit d’une façon directe, et cela rend la lutte plus difficile en nous privant d’un sérum quelconque capable de conférer l’immunité. Toutefois celle-ci est acquise par les chevaux qui, piqués, n’ont pas succombé aux premières atteintes.
- Quoi qu’il en soit, ces animaux sont fort rares, et la mouche, ennemie inconsciente de la civilisation, ne permet pas que dans son domaine on voyage à cheval ou qu’on ait des chiens et des bestiaux. Celui (pii trouvera un préservatif contre les piqûres de la tsétsé sera le bienfaiteur des voyageurs et des colons de l’avenir. J. df. Lovf.rdo.
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- NOUVEL APPAREIL DE SONDAGE
- En dehors meme des expéditions scientifiques où l’on poursuit des études minutieuses et exactes des fonds de l'Océan, les instruments de sondage ont besoin d’ètre suffisamment perfectionnés pour donner des résultats auxquels on puisse se fier : souvent en effet, et notamment dans les cas de brouillard, la
- navigation nu <jue la sonde pour se guider au milieu de jtarages fort dangereux. En pareil cas on a la ressource de recourir à la sonde classique, simple ligne plus ou moins bien graduée, au bout de laquelle est fixé un plomb troneonique. Pour que la longueur de ligue « filée », au moment où le plomb touche le fond de la mer, corresponde exactement à la profondeur d’eau au point où l’on sonde, il faut d’abord admettre que la ligne elle-même est verticale. Or,
- Fig. 1. — La sonde et son étui.
- c est la une circonstance qui ne peut se produire que de façon toute exceptionnelle, même quand le bateau où s opère le sondage est immobile, et qui ne se produit « jamais » quand ledit bateau est en marche.
- Pour les sondages qu’on peut appeler scientifiques, on a inventé de nombreux instruments très remarquables,' dont M. Ch. Dright a donné des] descriptions dans des numéros récents de notre confrère « Engineering », de Londres; mais, pour la pratique courante, il faut des appareils fort simples, robustes,qu’on puisse mettre entre toutes les mains et <pii de plus ne tiennent que peu de place.
- A ce titre, il est particulièrement intéressant et utile de signaler une nouvelle sonde due à MM. Cooper et Wigzell : elle est basée sur le principe de la pression hydrostatique, c’est dire qu’elle indique forcément de façon exacte la colonne d’eau qui se trouve au point même d’immersion de l’instrument. Cette sonde comprend plusieurs parties constituantes : d abord un petit treuil spécial qu’on installe sur le pont du navire, comme l’indique notre gravure, puis une ligne de sonde à laquelle on attache un étui protecteur, quelque peu analogue à ceux des thermomètres médicaux (à une plus grande échelle), enfin un plomb de sonde offrant la disposition classique,
- avec evidement intérieur destiné à recevoir du suii, et <pii se fixe à la ligne de sondage prolongée. Les figures ci-jointes iont parfaitement comprendre celte disposition.
- La partie essentielle est la sonde proprement dite, dont nous donnons (fig. 1, n° 2) une vue extérieure. Disons tout de suite que la graduation en est faite pour permettre de descendre jusqu’à des profondeurs de 100 brasses, autrement dit 180 mètres ; cela suffit, puisqu’il s’agit d’un appareil destiné à la navigation ordinaire et non à des expériences scientifiques. Au reste, on peut remarquer qu’en réalité on a disposé deux graduations, dont l’une pour les petites profondeurs de 0 à 20 brasses ; celle-ci est marquée sur la gauche du tube, tandis que l’autre est indiquée sur la droite. On passe d’une échelle à l’autre en agissant sur une vis à ailettes inférieure; de plus, un curseur mobile se déplace afin de donner la profondeur maxima atteinte dans un sondage.
- Si nous regardons l’intérieur du « sounder », en nous reportant à la figure, nous voyons qu’il comporte, à sa partie inférieure, un ressort à boudin en maillechort qui vient se fixer a une barre verticale I présentant une dentelure sur chacune de ses faces,
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- et à la partie supérieure de laquelle est un piston qui se déplace à l’intérieur d’un cylindre. Sur la barre dentelée elle-même nous voyons un marqueur à ressort qui s’engage dans les dents de chaque côté de la barre : quand cet indicateur est pressé de haut en bas, il cesse de serrer les dents, et il peut alors être librement ramené au zéro. Sa mise en liberté est également effectuée automatiquement quand la pression de l’eau lait monter le piston dans le cylindre pendant la descente de l’appareil. Après chaque sondage il suffit donc de tirer le « sounder » hors de son tube protecteur, puis de lire l’indication de profondeur que fournit le doigt mobile, et enfin de ramener ce doigt au zéro pour une opération ultérieure.
- Du petit treuil sur lequel s’enroule la ligne de sonde, nous ne dirons pas grand’chose, d’autant qu’à la rigueur il pourrait parfaitement être supprimé ; les constructeurs en font de très simples, en fonte, et d’autres plus compliqués qui se démontent aisément afin qu’on les mette à l’abri quand on n’a pas d’occasions de s’en servir. Tous sont munis d’un frein qui permet de contrôler et de ralentir au besoin le déroulement de la ligne; les plus perfectionnés comportent en outre un compteur de tours qui donne constamment le moyen de savoir la longueur de câble déroulée et de se rendre compte des profondeurs, du moins avec la même approximation que suivant les anciens procédés de sondage. Les appareils sont soigneusement calibrés d’après les indications d’une pompe hydraulique qui a été elle-même soumise à des essais tout à fait mathématiques. Ces nouvelles sondes sont déjà, paraît-il, en service sur un grand nombre de navires de commerce.
- D. Lebois.
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- CHRONIQUE
- Le tunnel sons-marin d'Angleterre en Irlande.
- — Si les Anglais semblent absolument opposés au creusement du tunnel sous le Pas-de-Calais, parce qu’ils considèrent que cela pourrait menacer leur indépendance, du moins ils paraissent assez disposés à construire une voie de communication de cette sorte entre la Grande-Bretagne proprement dite et l’Irlande. Le projet qui est soumis actuellement au Parlement, et qui est appuyé par un certain nombre de députés, a son point de départ dans le comté d’Antrim en Irlande, et son point d’arrivée en Écosse, près de Portobello, dans le comté de Wigtown; la distance entre les deux extrémités de la voie sous-marine serait d’environ 40 kilomètres. Le point le plus bas atteindrait 150 mètres à peu près, et la dépense des travaux s’élèverait à 500 millions. Evidemment c’est là une évaluation un peu trop minime, qu’on pourrait porter vraisemblablement à 500 millions, et la question est de savoir si le trafic serait suffisamment intense pour rémunérer les capitaux engagés.
- L’intelligence chez l’araignée. — M. James Weir, qui a étudié spécialement les manifestations d’intelligence réelle que l’on rencontre parfois chez les animaux, cite un fait curieux relatif à une araignée, et dont il certifie l'exactitude. La bête en question avait tendu sa toile au travers d’une fenêtre ménagée dans une cloison séparant
- deux pièces d’une scierie, et, comme, malheureusement pour elle, on passait souvent des planches débitées à travers l’ouverture où elle tendait ses embûches, la partie inférieure de sa toile et ce qu’on pourrait appeler son câble inférieur, étaient très fréquemment rompus. Elle résolut donc de se passer de l’appui que lui fournissait le bas de la fenêtre, et, dans ce but, afin de donner une tension suffisante et nécessaire à sa toile, elle la lesta bel et bien comme un pêcheur le fait de son filet : elle trouva un morceau de clou cassé sur le plancher de la scierie, elle réussit à le hisser jusqu’au bas de sa toile, et elle y fixa solidement ce lest improvisé. Nous ferons remarquer que nous citons notre auteur, sans prendre la responsabilité de son affirmation
- Une Industrie minutieuse. — Le temps n’est guère de l’argent en Chine : on peut s’en convaincre et par les salaires des ouvriers, et aussi par certaines des industries qui se pratiquent dans l’Empire du Milieu. Tel est le Classement par longueur des soies de porc, exportées pour en faire des brosses. Disons immédiatement que ces soies donnent lieu à un mouvement commercial des plus importants, puisque, rien que de Tientsin, en 1897, il en a été exporté 600 000 kilogrammes ; et quand on songe au poids d’un de ces poils considérés individuellement, on devine quel nombre énorme d’unités représentent 600 000 kilogrammes. Or, cette multitude de soies avaient été classées pièce par pièce par des Chinois, avec a patience caractéristique de la race. Les poils arrivent de l’intérieur du pays absolument mêlés, en vrac, comme on dit en style maritime, et les ouvriers des ateliers spéciaux ont à les nettoyer, à les classer par tailles (ces diverses tailles étant fort nombreuses) et à faire des petits paquets de 4 ou 5 centimètres de diamètre ne contenant que des soies de même longueur.
- Epidémies sur les perdrix et faisans. — La
- transformation de la chasse a nécessité l’élevage en grand des faisans et perdrix; dans certaines chasses on élève annuellement jusqu’à 30 000 faisans. Ces agglomérations facilitent les épidémies. Il y a quelques années, les élevages étaient décimés par le « ver rouge » que M. Mégnin fit disparaître en désinfectant les forêts où se faisait l’élevage, en répandant sur le sol du sel marin qui détruit les embryons. En 1898, il a eu Ti constater une nouvelle épidémie due non plus « au ver rouge », mais à un tænia qu’il a appelé Davainea Guevillensis, pour l’avoir découvert dans le domaine de Guéville. Les faisans mouraient d’obstruction intestinale déterminée par les parasites qui gonflaient les anses intestinales au point de leur donner l’aspect de petites saucisses. L’épidémie fut enrayée en mélangeant à la pâtée des faisans de la poudre de noix d’arec à raison de 1 gramme pour six oiseaux. M. Mégnin n’a trouvé ni cysticerques, ni cysticercoïdes dans les larves d’insectes qui entrent dans la nourriture des perdrix; il ne peut faire aucune hypothèse sur l’intermédiaire par lequel les oiseaux sont infectés. Il ne croit pas ce tænia transmissible à l’homme ; cependant il vaudrait mieux brûler les intestins des faisans malades que les jeter sur les fumiers où picorent les autres animaux. En général, les tænias des oiseaux ne sont pas transmissibles à l’homme. Cependant chez les enfants, en Orient et même en Amérique, on a constaté un tænia semblable à ceux des gallinacés, et l’on ne sait pas d’où il vient. En somme, il n’y a pas à s’inquiéter de ces épidémies au point de vue de la nosologie humaine, mais seulement au point 'de vue de la qualité et de la quantité d’une substance alimentaire de luxe et très appréciée.
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- Voyages d’épaves. — L’épave du schooner améri cain fiertrarn N. White, qui fut abandonné à la suite de mauvais temps en novembre 1898 à 400 milles à l’Est de la côte du Maryland, a été vue le 10 juin sur la côte d’Afrique; ayant par conséquent parcouru plus de 5000 milles. Il y a quelques années le couronnement de l’arrière du steamer « Commonwealth », qui avait fait naufrage sur la côte de New-Jersey pendant un voyage de New-York à Philadelphie, fut trouvé sur le rivage, d’une des Western Islands. Ces deux cas montrent bien les directions successives du Gulf-stream.
- Les débuts des tramways électriques en Corée. — Ces débuts ont été particulièrement malheureux, et la chose vaut la peine d’être contée, car c’est une preuve de la superstition des habitants du pays, et des précautions qu’il faut prendre pour créer des installations aussi perfectionnées dans les contrées primitives. La ligne électrique de Séoul venait d’être terminée avec un matériel américain, le personnel japonais attendait pour commencer son service que les dociles d’avertissement et les « fenders » (les protecteurs à monter à l’avant des véhicules) fussent arrivés et mis en place. Malheureusement on ne voulut pas remettre l’inauguration de la ligne, et le service commença sans ces dispositifs de sécurité, au milieu des habitants curieux de voir marcher « la voiture du diable mue par un fil ». Un enfant vint à traverser la voie, on ne put faire jouer le signal d’avertissement, le tramway lui passa sur le corps; immédiatement la foule commença de jeter des pierres contre la voiture du tramway, qui fut bientôt mise en pièces et brûlée sur place. On arracha les fils conducteurs, après avoir pu heureusement couper le courant à l’usine génératrice ; et le lendemain, quand on essaya de faire sortir une voiture, elle eut le même sort que la précédente. On a bien exécuté certains des émeu-tiers, mais le mouvement n’est sans doute pas fini, car les Coréens sont persuadés que les fils du tramway empêchent la pluie de tomber, et sont la cause de la sécheresse qui désole actuellement la contrée.
- Pont monstre de voie étroite. — Les voies étroites ne donnent généralement pas lieu à la construction de grands ouvrages d’art, parce que, dans leur établissement, on poursuit avant tout l’économie. Cependant on vient de terminer dans l’Inde, sur une voie de 1 mètre seulement d’écartement, un pont qui n’a pas moins de 1127 mètres de long; il est divisé en 17 travées de fil mètres de portée chacune. Il franchit la rivière Egia à Bahram-Ghat, sur un point où le cours d’eau n’a qu’un lit assez mal délimité, sujet à se déplacer souvent de près de 200 mètres dans l’année. Ajoutons qu’on se trouve sur un terrain composé de sable jusqu’à une trentaine de mètres de profondeur. On a construit l’ouvrage en pleine terre, puis on a endigué le cours d’eau pour le forcer à passer sous le pont.
- Les ruptures de sondes et les électro-aimants.
- — On sait que les électro-aimants, avec leur grande puissance sous un faible volume, rendent déjà de grands services en chirurgie pour enlever des tissus certains objets de fer ou d’acier, et qu’ils sont également précieux comme instruments de levage. Dans un ordre d’idées tout à fait analogue, ils vont pouvoir jouer un rôle non moins utile dans certaines phases des sondages. Dans ces opérations, en effet, et notamment dans le forage des puits artésiens, les tiges de sondes se rompent parfois à de grandes profondeurs, et c’est un travail des plus difficiles
- que d’enlever les fragments demeurés dans le trou, souvent après les avoir au préalable broyés. C’est ce qui était survenu dans un sondage près d’Ostroppa, en Silésie, par 300 mètres de profondeur. VElektricitâls-Aktien-Ge-sellschaft de Berlin a mené rapidement à bien le relèvement de la sonde brisée, au moyen d’un électro-aimant formé d’une barre de lm,50 de long et de 7 centimètres de diamètre qu’on entoura de spires de fil électrique isolé. On la descendit dans le sondage au bout d’un câble auquel était enroulé un conducteur chargé d’amener le courant à l’électro-aimant, ce courant était réglé à 30 ampères et produit par une dynamo actionnée par la locomo-bile même du sondage. Moyennant un effort de 50 kilogrammes, on put remonter les fragments de la tige de sonde.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 sept. 1899. — Présidence de M. Michel Lévy.
- La solidification de l’hydrogène. — M. Moissan communique, de la part de M. Dewar, quelques détails sur le procédé employé pour solidifier l’hydrogène. C’est en recourant au froid produit par l’évaporation rapide d’une grande quantité d’hydrogène liquide que M. Dewar a pu réaliser cette importante solidification. Il a employé, à cet effet, un récipient à double enveloppe de la nature de ceux qu’il a construits pour conserver l’air liquide. Ce vase contient de l’hydrogène liquide au sein duquel est plongé un petit vase renfermant également de l’hydrogène liquide. On fait le vide à quelques centimètres au-dessus du liquide enveloppé. L’abaissement de température fait apparaître une mousse blanche dans le récipient intérieur. Ayant répété plusieurs fois l’expérience, M. Dewar a vu chaque fois cette mousse se produire. Mais on pouvait craindre que ce ne fût de l’air solide. Pour élucider cette question, M. Dewar a placé latéralement un ballon contenant* de l’hydrogène et scellé à un tube fermé qui venait plonger dans l’hydrogène en évaporation. Il a vu nettement sur le tube apparaître la matière solide ; il n’y avait donc plus de doute possible. M. Moissan ajoute que cet hydrogène solide fond à 16° au-dessus du zéro absolu.
- Varia. — M. Maurice Lœwy transmet une lettre du Directeur de l’observatoire de San Fernando, annonçant qu’à l'occasion de l’éclipse totale de soleil visible le 27 mai prochain en Espagne, le gouvernement espagnol donnera toutes les facilités aux savants étrangers pour la suppression des formalités de douane concernant leur matériel d’observation. — M. Milne-Edwards présente une Note de M. Bordage, de la Réunion, sur la régénération des membres amputés, chez certains insectes.
- Ch. de Villedecil.
- LES XIPHOPAGES1
- ROSALINA-MARIA
- Les monstres doubles vivants se comptent jusqu’ici dans l’histoire de la tératologie. Le premier que nous connaissions bien a été signalé par Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. Il s’agissait des deux sœurs, Hélène et Judith, nées en Hongrie en 1701 et mortes en 1723. On fit grand bruit souvent autour des frères siamois
- 1 Vov. Table des matières des dix premières années. 1874, tome I, p. 65, 150.
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- nés en 1717 et morts très vieux. Les deux frères siamois étaient réunis au-dessous du thorax par une sorte de pont en chair. Plus tard on exhiba en Europe les deux sœurs Millie et Christine. Elles naquirent en 1854 dans le comté de Colombie dans la Caroline du Sud. Elles étaient réunies par le dos. On vient de présenter à l’Académie de médecine de Rio Janeiro, au Rrésil, deux sœurs, cette ibis groupées par devant, ce que nous appelons aujourd’hui un «Xiphopage».
- On désigne exactement sous ce mot deux individus bien développés, à ombilic commun, réunis de l’extrémité inférieure du sternum à la cicatrice ombilicale, deux êtres partiellement soudés. Ces monstres doubles sont curieux. Il en est qui sont pourvus d’une cavité
- thoracique propre à chaque individu. Ce sont devrais xiphopages ; chez d’autres, l’indépendance du thorax est limitée à la partie supérieure de la cage thoracique. M. Marcel Baudoin, qui a spécialement étudié ces monstres, désigne ces derniers sous le nom de « thoracophages ».
- Les vrais xiphopages sont rares dans la science. En effet, le nombre des xiphopages vrais nés vivants (pie l'on ait observés ne paraît pas dépasser sept ou huit. Et encore plusieurs d’entre eux n’ont vécu que quelques jours et même quelques heures.
- En 1892, on a promené en Europe deux sœurs, Rodica-Roodica, le premier xiphopage vrai que nous ayons pu voir. Ces deux sœurs étaient nées en 1889^
- Fig. 1. — Les sœurs liodica-Doodicu.
- dans les Indes anglaises. Elles étaient âgées de trois ans et quelques mois quand on les montra à Bruxelles. Nous les représentons dans la figure 1. Nous ignorons ce que ces deux sœurs sont devenues.
- Nous représentons (fig. 2) les deux sœurs Rosa-lina-Maria qui viennent d’être découvertes au Brésil. Ces deux petites filles ont déjà dix ans et sont nées à Cachaeiro de ltapemerim (État du Saint-Esprit). Peut-être finira-t-on par nous les expédier en Europe. Les parents voudraient savoir si l’on ne pourrait pas séparer les deux fillettes. Tout dépend de la nature de la jonction. On a déjà opéré trois xiphopages dont deux avec succès, et tous étaient du sexe féminin. Avec la radiographie, il sera aisé de savoir si les deux corps sont absolument soudés ou s’ils sont indépendants. Dans ce dernier cas, on pourrait
- Fig. 2. — Los sœurs lîosalina-Maria.
- tenter avec grande chance de réussite une opération chirurgicale.
- L’intérêt, cette fois, sera double. La monstruosité est d’abord bien caractérisée; mais ensuite, les expériences radiographiques nous renseigneront, ce qui n’a pu être fait jusqu’ici, sur la formation du tissu commun. Comment se composent les deux cœurs, comment agit le système nerveux? En un mot, est-ce vraiment un être double ou un être unique? Pour ces raisons, il est permis de présumer qu’il sera beaucoup question, dans quelque temps, de ce nouveau siphopage, des sœurs Rosalina-Maria.
- Henri de Parville.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris.
- Imprimerie Laip re, rue de Fleurus, 9.
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- V 1375. — 10 SEPTEMBRE 1899.
- ROCHERS
- WECKELSDORF
- Fig. 1. — Rochers de Weckelsdorf. — La Martinswand. (Phot. Lehmann, à Trautenau.)
- Il ne s’en faut guère qu’Élisée Reclus ait tout à | donne même pas le nom. Et cependant Weckelsdort
- et Àdersbach mé-ritent de faire accourir, des quatre coinsduglobe, tous les touristes amis de naturelles merveilles. Depuis la lecture de la phrase citée plus haut et du chapitre (avec une planche) des Geoyraphische Charakter-Bil-der de Ilôlzel (Vienne, 1886, p. 110-120), que le savant docteur Friedr. Simony a consacré aux rochers de Weckelsdorf, j’aspirais à les comparer à notre similaire ville de rochers deMontpellier-le-Vieux sur le Causse noir (Aveyron). Mon désir a été satisfait à la fin de juil-
- seul autre mot d’explication. Or, cette entrée est let 1898. Commodément aménagées et visitées cou-celle du chaos rocheux d'Adersbach, dont Reclus ne raniment par les Autrichiens et les Allemands, comme Î7° année. — Ie semestre. 16
- fait passé sous silence une des plus grandes curiosités pittoresques et géologiques de l’Europe. A propos des Sudètes, qui séparent la Bohème de la Silésie prussienne, il cite (t. III, p. 866), une Felsenstadt (ville de rochers), des « groupes d’obélisques naturels, des labyrinthes de pierres où l’on chemine comme dans les rues d’une ville abandonnée». Et il joint à cette trop brève mention une suggestive gravure représentant l'entrée de la Fel-sensladt, près de Weckelsdorf en Bohême, sans un
- Fig. 2. — Rochers de Weckelsdorf. — La cathédrale. (Phot. Lehmann.;
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- elles le sont depuis de longues années, il est absolument inexplicable que la réputation des deux Fel-senstâdte ne soit pas universelle. A nos lecteurs il faut môme dire où elles se trouvent : car bien peu, sans doute, auront remarqué les deux lignes de Reclus ; — et je n’ai guère vu de noms français sur les registres des hôtels locaux.
- C’est dans l’angle nord-est de la Bohème, vers les parages de Sadowa, à une lieue de la frontière prussienne, et à cinq heures seulement de Prague, sur la ligne de Vienne à Breslau, que ces splendeurs de premier ordre se dissimulent trop à l'écart, loin des parcours usuels des caravanes Cook et des billets circulaires !
- Que l’on se ligure, à une époque quelconque des périodes tertiaires probablement, une masse d’eau (fleuve, lac ou mer) barrée ou retenue sur une certaine largeur par une falaise de grès crétacé, mise en saillie à la suite de quelque mouvement orogénique : pendant un temps plus ou moins long, les eaux accumulées contre ce barrage se déversent par-dessus en torrents ou en cataractes. Mais il se trouve que ce grès est naturellement partagé de haut en bas et dans tous les sens, par de grandes fissures (diaclases) qui le découpent en prismes cubiques ou polyédriques tout préparés; c’est le quadersandstein (grès en carreaux) des géologues allemands, celui qui a composé les paysages de la classique Suisse Saxonne et Bohémienne sur les deux bords de l’Elbe. A Weckels-dorf, la fissuration préexistante de cette roche possède une verticalité et une linéarité plus absolues que partout ailleurs, pour ainsi dire presque mathématiques; il s’en est suivi que lorsque les eaux d’amont, s’insinuant par érosion dans le réseau de ces cassures, ont commencé à les élargir, elles y ont creusé peu à peu, sous la double action de la pesanteur et du ruissellement non pas des gorges sinueuses et larges, mais de vraies crevasses aussi droites et régulières que les parements des constructions artificielles.
- Exactement comme dans les cavernes, les filets d’eau n’avaient qu’à suivre les voies prédisposées des diaclases. De là cette distribution absolument fantastique en longues rues encadrées de verticales murailles, — en obélisques carrés isolés sur leurs quatre faces, -— en nefs de basiliques pourvues de bas côtés et croisées par des transepts, — en tours de guet et gros donjons où il ne manque que les portes et meurtrières, — le tout couronné de reliefs variés, silhouettes d’animaux et statues énormes sculptées par les pluies et météores au faîte des aiguilles rocheuses.
- Je suis forcé de convenir que, pour le simple promeneur, Weekelsdorf est plus surprenant encore que Montpellier-le-Vieux ; mais il l’est peut-être moins, pourtant, pour le géologue professionnel, car la ville de rochers aveyronnaise est aujourd’hui complètement privée d’eau courante, ce qui ajoute au mystère de son origine; à Weekelsdorf, au contraire, coulent encore au fond des obscures entailles les ruisselets
- excavateurs, restes déchus des anciens courants qui ont jadis scié en profondeur le damier naturel des cassures; l’outil subsiste pour expliquer le travail; et les marques de ses durs frottements sont bien visibles sur les parois striées; à Montpellier-le-Vieux, il a totalement disparu, plus une goutte d’eau ne subsistant dans la Pompéia de pierres, incroyablement suspendue maintenant à 400 mètres au-dessus de la rivière actuelle, la Dourbie!
- Un ne saurait décrire Weekelsdorf; qu’il suffise de dire que, pour une nuit de Sabbat, les sorciers du moyen âge n’auraient pas pu trouver meilleure officine.
- Aussi le légendaire géant des Riesengebirge et du Harz, le Rübezahl ou compteur de navets, géilie populaire des contes allemands, y possède-t-il une garde-robe et un mobilier complets, depuis ses pantoufles, sa culotte et ses gants, jusqu’à sa bourse, son piano et son cure-dents! Ce ne sont, bien entendu, que rochers d’aspect bizarre, baptisés par la fantaisie des visiteurs et de manière plus ou moins heureuse. La promenade dure près de trois heures et on s’y élève de 510 à 655 mètres d’altitude environ.
- Deux vues générales (dont M. Lehmann, photographe à Trautenau, a gracieusement autorisé la reproduction) vaudront mieux que de plus longues phrases pour faire entrevoir ce qu’est Weekelsdorf : d’abord une portion de la digue de grès, par les hautes fissures de laquelle les eaux se sont échappées vers l’aval; cela représente le mur d’enceinte, le rempart extérieur de la ville rocheuse, haut de 50 à 84 mètres, nommé ici la Martinswand ; — ensuite, à l’intérieur de la Felsenstadt, la nef du Dom, ou cathédrale, perpendiculaire crevasse longue de 40 mètres et large de lm,50 à 2 mètres seulement, où la lumière du jour ne pénètre qu’à peine, parce que les murailles taillées et bâties comme par les plus habiles maçons s’élèvent d’un jet jusqu’à 70 mètres. C’est écrasant et positivement unique au monde, sans rien dire des milliers de détails, amusants profils animés ou grotesques, dont nous parlerons une autrè fois à propos d’Adersbach. E.-A. Martel.
- COCONS OUVERTS
- On se représente, en général, les cocons des lépidoptères comme une enveloppe destinée à protéger la chrysalide contre les influences destructives, qu’elles proviennent du climat ou des insectes. En conséquence le cocon doit être imperméable à l’eau, au froid et à la chaleur et assez dur pour résister aux mandibules des insectes. C’est bien là ce qu’il est le plus souvent. Cependant on rencontre quelquefois des cocons plus ou moins ouverts. Ceux de certains séricigènes, par exemple ceux de la famille des Saturnides, sont ouverts par le bout correspondant à la tète de la chrysalide et le papillon, pour en sortir, n’a qu’à écarter les bords de l'ouverture, sans avoir à détruire le fil du cocon. Celui-ci est, en effet, simplement replié en boucles très rapprochées, en forme d’ouverture de nasse, de façon à permettre la sortie du
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- papillon, tandis que l’entrée d’insectes prédateurs est rendue absolument impossible. Parmi les cocons de ce genre, citons celui de notre grand paon de nuit Saturnia spini, celui du Cecropia d’Amérique du Nord, YAttacus Atlas et de YAntherea Permji de Chine. Ce dernier fournit la soie dite Tussah ou Pongée. Quelques cocons de cette même famille présentent une particularité de plus, ils sont suspendus aux branches par un long pédoncule qui mesure jusqu’à 0m,15 de longueur comme dans les cocons du Saturnia Cynthia de Chine, le ver à soie de I’ailante, acclimaté sur nos boulevards parisiens. Sur d’autres cocons, on trouve autour de l’ouverture en nasse comme une couronne de petits trous servant sans doute de ventilateurs. Cette disposition s’observe sur les cocons de soie jaune d’or pâle du Cricula trifetlestrata de Java et de l’Inde. Dans celui en soie argentée de YActias mimosæ de l’Afrique du Sud, la série de trous se continue autour du point d’appui, ce cocon étant généralement collé sur une branche.
- Il existe enfin des cocons entièrement formés d’un simple réseau. On les dirait faits en tulle ou blet de soie.
- Cocon de Catigula Siinla.
- Celui de l’Ourapterix du sureau est formé d’un tissu lâche sur lequel sont collés çà et là de menus fragments de feuilles. Il est de plus suspendu à l’extrémité d’un fil de soie souvent assez long. Mais la merveille du genre appartient à un microlépidoptère de la famille des Tinéines ou des teignes, le Schreckenstenia festaliella (Hubner). C’est un petit cocon de 6 à 7 millimètres de longueur que l’on trouve attaché à la partie inférieure des feuilles de ronce en France et en Europe centrale. Il est de forme ovoïde allongée, ouvert aux deux bouts et formé d’un filet de soie jaune d’une finesse et d’une régularité étonnantes.
- On a trouvé dans l’Amérique du Sud, un petit cocon à peu près semblable, mais qui est déplus fixé, par'une extrémité, à une corde rigide en soie jaune attachée sur une feuille. Enfin, nous devons à la libéralité de M. l’abbé A. David, naturaliste bien connu, un cocon fort curieux. Il mesure 5 centimètres de long sur 2 de large. Il est entièrement formé de soie brune, rendue très résistante par un grès difficile à dissoudre et disposée en réseau régulier à mailles arrondies comme celle du tulle. Il est ouvert à un bout comme celui des Saturnides et presque toujours collé à une branche. On le trouve en abondance sur les camphriers de la province de Tchékiang en Chine. Le papillon est sans doute le Caligula simla qui dans l’Inde construit des cocons pareils à ceux que nous possédons. A.-A. Fauvel.
- LES MOTOBICYCLETTES
- Dans un précédent article1, nous avons montré qu’un nouveau genre d’automobiles, ou, pour être
- plus modeste, de motocycles, commençait à entrer dans la pratique, et que la bicyclette à moteur à pétrole avait fait ses preuves et montré de réelles qualités lui assurant un avenir favorable. On a reconnu que ce genre de véhicule mù mécaniquement, présentait des avantages particuliers et incontestables; en conséquence, plusieurs constructeurs se sont attelés à l’étude du meilleur dispositif à donner à la motobicyclette, et la dernière exposition de l’Automobile nous a montré plusieurs modèles nouveaux, que nous décrirons ici, afin de compléter notre premier article sur ces machines. D’autre part, le concours organisé par le journal le Vélo, entre cycles automobiles à deux roues, a mis en lumière ces appareils qui, plus que jamais, sont d’actualité.
- Sept systèmes de motobicyclettes devaient être représentés dans ce premier Critérium, qui devait être disputé sur l’itinéraire classique d’Etampes à Chartres par Ahlis (et retour, soit 100 kilomètres). Ces systèmes étaient ceux de Werner, de Durey, de Phébus, de Pernoo, de Bustarret, de Garreau et de Lamaudière et Labre. Nous n’avons pu apercevoir les motobicyclettes Phébus, dont huit numéros étaient engagés, ni les Bustarret.
- Par suite d’incidents de route, les machines Durey et Lamaudière ont été mises hors de course, et la lutte s’est trouvée circonscrite entre les motocyclettes Werner, dont quatre échantillons sont arrivés au poteau, distancés toutefois par la bicyclette Pernoo, montée par le coureur Labitte. La vitesse du gagnant n’a pas dépassé 38 kilomètres à l’heure et celle des motocyclettes Werner, arrivées troisième et quatrième, 26 kilomètres, bien que leurs cavaliers aient pédalé presque continuellement.
- On en peut donc conclure que le moteur n’a fourni qu’une aide insignifiante, car ces vitesses auraient été facilement atteintes et dépassées avec des bicyclettes ordinaires, simplement mues par les jambes et montées par des coureurs un peu entraînés.
- Il est certainement fâcheux que les autres concurrents aient été arrêtés presque dès le début, car les résultats se seraient trouvés différents de ce qu’ils ont été. Aussi souhaitons que le défi lancé aux vainqueurs par MM. Durey, Lamaudière et Labre ait une suite, afin de revoir aux prises ces divers systèmes. Et si, comme on l’a réclamé avec raison, il est interdit de pédaler une fois la bicyclette lancée, on aura alors l’indication exacte de la réelle valeur de chaque modèle engagé.
- En attendant nous décrirons, dans cette étude, et plus particulièrement, la motobicyclette Lamaudière et Labre qui nous paraît réunir toutes les qualités que l’on peut réclamer d’un appareil de ce genre, et constitue à notre avis le système le plus perfectionné qui ait paru jusqu’ici.
- Comme le montre notre figure 5, cette bicyclette à moteur, au lieu de présenter un aspect lourd et compliqué, comme toutes celles que nous avons dé-
- Yoy. n° 1559, du 10 juin 1899, p. 23.
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- LA NATURE.
- ‘1U
- crites précédemment, ne manque pas, au contraire, d'une réelle élégance ; elle conserve toutes les proportions d’une bicyclette ordinaire, le moteur, le carbu-
- rateur et les accessoires étant de dimensions réduites et placés dans le cadre.
- Le moteur est disposé dans l’axe du tube central
- Fig. 1. Tandem automobile Rieliard-Choubersky. — Fig. 2. Mécanisme de la bicyclette Girardot. Fig. 3. Bicyclette à pétrole Lamaudière et Labre.
- du cadre, qu’il remplace même sur une certaine longueur ; son cylindre à ailettes de refroidissement mesure 65 millimètres de diamètre intérieur, la vitesse normale de rotation est de 2000 tours parjni-nute, la puissance développée est d’environ 90 ki-logrammètres par seconde, enfin l’ensemble ne dépasse pas 8 kilogrammes de poids. Le fonctionnement du moteur s’effectue, bien entendu, suivant le cycle à quatre temps ; le volant de régulation, au lieu d’être enfermé dans un carter, tourne librement à l’extérieur ; le graissage est automatique et la commande de la soupape d’échappement est effectuée par un procédé nouveau,fort ingénieux, supprimant les engrenages intermédiaires.
- Le carburateur, à barbotage, est constitué par une boîte métallique divisée en deux compartiments,dont l’un sert de réservoir et l’autre de carburateur proprement dit. Dans ce dernier, des lames disposées verticalement à la partie inférieure de la boîte, limitent l’agitation du liquide pendant la marche; on
- obtient ainsi une carburation uniforme, quels que soient les cahots et les trépidations de la route.
- La transmission du mouvementé la roue d’arrière se fait par une courroie en cuir passant sur deux poulies d’inégal diamètre, la plus grande étant fixée directement sur les rayons de la roue motrice. La courroie passe entre les deux hras d’une coidisse destinée à guider l’axe d’une poulie-tendeur, que le cycliste peut faire fonctionner à l'aide d’une manette à déclic articulée sur la traverse supérieure du cadre. On peut donc, par ce moyen, débrayer instantanément le moteur et le rendre indépendant delà bicyclette.
- L’allumage est déterminé par une étincelle électrique, dont le jaillissement est réglé par une came, sans trembleur. Le courant est fourni par un petit accumulateur accroché au cadre, devant la caisse du carburateur, et dont le courant actionne une bobine d’induction fixée derrière la selle.
- Cette bicyclette automobile est la plus légère qui ait
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- paru jusqu’à présent. Tandis que toutes celles qui lonl précédée pèsent en moyenne 50 kilogrammes, la machine Lamaudière et Labre ne dépasse pas un poids de 30 kilogrammes en ordre de marche. Avec 5 litres d’essence dans son carburateur, elle permet de franchir 100 kilomètres ; c’est donc à tous points de vue le motocycle à la fois le plus pratique et le plus économique qui existe et, comme sa marche est parfaite, ainsi que nous avons personnellement pu nous en rendre compte au cours d’un essai prolongé sur route, son succès est assuré auprès de tous les amateurs d’automobiles légères et peu coûteuses.
- Ladernièreèx-position d’automobiles nous montrait plusieurs autres systèmes de bicyclettes à moteur dues à MM. Garreau, Girardot, Flinois et Chapelle frères. Nous avons décrit la première dans notre précédent article; les figures 2 et 4 montrent l’aspect de la machine Girardot ;quantaux deux dernières, elles ne présentent aucune originalité et nous ne ferons que les mentionner à titre de mémoire, car nous ne pensons pas qu’elles aient la moindre chance de plaire au public en raison de la complication de leur mécanisme et de leur disposition imparfaite ou peu commode, notamment celle de M. Flinois, dont le moteur est accroché derrière la selle, à l’instar de la motocyclette Ridel de Bayeux.
- Notre figure 5 représente une bicyclette automobile pour l’entraînement des coureurs cyclistes sur piste, et qui a été combinée par M. Albert Boyer. Le moteur est un Dion-Bouton, type 1 cheval 5/4, disposé verticalement au-dessus de la roue d’arrière de la bicyclette, laquelle est commandée par
- une chaîne ordinaire. La mise en marche s’effectue au moyen des pédales, les pignons donnant un rapport de multiplication de 11 mètres par tour. L’allumage est électrique par piles et bobine, suivant la méthode ordinaire, et le poids total de la machine en ordre de marche atteint 70 kilogrammes. La
- vitesse atteinte a dépassé à plusieurs reprises 60 kilomètres à l’heure, ainsi qu’on a pü le constater dans plusieurs courses de motocycles au vélodrome du Parc des Princes.
- L’entraînement, humain tend à céderla place, sur les pistes, à l’en-traînementpar machines automobiles, et nos figures 1 et 6 représentent des tandems à pétrole combinés dans ce but. Mais ces machines à deux places ne paraissent pas plus avantageuses que la bicyclette pour cette application spéciale; elles sont
- plus lourdes et leur vitesse n’est pas supérieure, en raison des frottements plus nombreux que le moteur doit vaincre; aussi, pensons-nous que le cycle à cavalier unique possède plus d’avantages et ne tardera pas à demeurer seul maître du terrain.
- Si nous voulons tirer maintenant une conclusion de cette étude rapide, nous reconnaîtrons qu’une opinion s’impose, pour qui a examiné de près ks cycles à moteur de toutes catégories. C’est que la bicyclette ^automobile, rationnellement construite, présente d’indéniables avantages, même sur le tricycle si en faveur aujourd’hui. Avec le moteur appliqué sur le pédalier, le centre de gravite' se trouve abaissé et la stabilité est assurée à un tel point que, sur un sol uni, on peut abandonner sans danger le guidon, comme avec une bicyclette ordinaire. De
- Fig. 6. — Équipe Couret-Boudin sur tandem à pétrole.
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- plus, ces machines n’ayant qu’une voie, peuvent passer partout, circuler dans les moindres sentiers cyclables et éviter le pavé, ce que le tricycle ne saurait faire. En cas d’avarie au moteur, celui-ci peut être rendu instantanément indépendant en enlevant la courroie de transmission, et l’on peut pédaler sans trop de fatigue, chose presque impossible avec le tricycle auquel est survenue une panne irréparable sur route. Enfin, c’est par excellence le motocycle du grand public, en raison de son prix relativement pfeu élevé, qui n’atteint pas 1000 francs, et surtout de’ sa faible consommation d’essence, autant de qualités que l’on ne rencontre pas réunies avec le véhicule à trois roues. La plupart des défauts que l’on pouvait reprocher avec juste raison aux premiers systèmes de motobicyclettes, ont été heureusement atténués, sinon complètement supprimés dans les modèles les plus récents, qui sont, il faut le reconnaître en toute sincérité, aussi commodes et avantageux qu’il est permis de l’être à des cycles à deux roues actionnés par le moteur à air carburé.
- H. de Graffigny.
- CULTURES DÉROBÉES D’AUTOMNE
- i
- On donne ce nom à des cultures qui occupent le sol à l’arrière-saison; la moisson du froment ou du seigle a lieu, aux environs de Paris et dans tout le centre de la France, à la fin du mois de juillet ou au commencement d’août. Quand les gerbes sont enlevées, la terre reste inoccupée jusqu’au printemps suivant, et cette jachère prolongée présente de graves inconvénients, elle détermine des pertes de nitrates parfois très sérieuses quand l'arrière-saison est humide ; c’est, en partie, pour les éviter qu’on dispose les cultures dérobées.
- Aussitôt après la moisson, les cultivateurs soigneux donnent à leur terre une façon légère, un labour de déchaumage qui s’exécute soit avec une charrue qui n’entame que la croûte superficielle, soit mieux, avec des instruments spéciaux désignés sous les noms d’extir-pateurs, de cultivateurs, de déchaumeuses et qui sont essentiellement formés de cadres en bois armés de dents en fer recourbées et terminées par des triangles acérés, très légèrement obliques; l’instrument, traîné par un cheval, ouvre dans le sol sept ou neuf petits sillons parallèles, il déracine les chaumes de la céréale abattue, extirpe les mauvaises herbes et en outre ouvre la terre et y donne accès à la pluie.
- Ce n’est pas là une des moindres utilités des labours de déchaumage ; après la moisson la terre est durcie par les ardeurs du soleil d’été, desséchée par la plante même qu’elle a portée, et tellement compacte, qu’il serait impossible de la labourer profondément, il faut attendre pour la travailler qu’elle ait été amollie par la pluie; mais celle-ci coule sur les surfaces dures et lisses, elle pénètre, au contraire, quand la croûte superficielle a été brisée par les labours de déchaumage.
- pès que la pluie arrive, la terre déchaumée devient donc humide et dès lors les ferments restés en repos pendant la sécheresse se remettent à l’œuvre. Les ferments de la terre sont nombreux ; il en est qui brûlent
- la matière organique du sol et profitent de la chaleur mise en jeu par ces combustions pour faire entrer en combinaison l’azote atmosphérique. Leur découverte est due à M. Berthelot. En outre les matières organiques azotées de la terre se décomposent sous l’influence de ferments variés et produisent de l’ammoniaque ; celle-ci enfin est brûlée à son tour par des ferments qui l’amènent à l’état de nitrates; la fonction de ces organismes nitrifiants a été dévoilée par MM. Schlœsing et Muntz.
- Pour que les ferments travaillent avec énergie, il faut qu’ils se trouvent dans un milieu favorable; la nitrification ne se produit que dans une terre humide, bien aérée, pourvue de matières azotées, exposée à une température de 10° à 35° et renfermant enfin une petite dose de carbonate de chaux ou de carbonate de potasse.
- Au mois d’août, la terre est chaude, si elle a été bien fumée et qu’elle soit légèrement calcaire, et si enfin la pluie survient, les nitrates se forment, et, comme ils sont très solubles dans l’eau, ils sont entraînés et perdus; si la terre est drainée, on peut les doser dans les eaux de drainage. Il arrive que les terres nues perdent, pendant le mois d’octobre, une quantité de nitrates égale à celle qu’on a distribuée au printemps pour soutenir les récoltes de blé1.
- 11 y aurait donc grand intérêt à restreindre ou à empêcher ces déperditions d’azote, il serait encore plus intéressant de les remplacer par des gains. A cela, aucune difficulté.
- Les nitrates ne prennent naissance et ne sont entraînés que parce que les terres sont humides ; si l’on réussit à les dessécher, à rejeter dans l’atmosphère la plus grande partie de l’eau qu’amènent sur nos champs les pluies d’automne, la formation des nitrates sera réduite et l'eau qui traverse la terre pour arriver jusqu'aux couches profondes singulièrement moins abondante.
- Pour obtenir ces deux effets, il suffit d’ensemencer les chaumes d'une plante à évolution rapide telle que la vesce d’hiver, car nos plantes herbacées sont de puissants appareils d’évaporation. De très nombreuses recherches tout à fait concordantes, exécutées en Angleterre, en Allemagne et en France, ont montré qu’une plante annuelle, blé, orge, avoine, évapore par sa transpiration de 250 à 300 litres d’eau pendant le temps qu’elle élabore un kilogramme de matière sèche. Si donc nous couvrons après la moisson notre terre d’une culture dérobée, nous rejetterons dans l’atmosphère à l’état de vapeur la plus grande partie de l’eau tombée ; les drains resteront secs ou tout au moins le volume des eaux de drainage sera réduit et, de plus, ces eaux seront très pauvres en nitrates, car la terre moins humide ne les aura produits qu’en faible quantité.
- Nous comprenons donc déjà l’utilité de notre culture dérobée, elle empêche la terre de s’appauvrir, mais ce n’est pas tout, il ne nous suffit pas d’arrêter son appauvrissement, nous voulons au contraire enrichir notre sol, et, pour y réussir, il nous suffit de choisir, pour notre semis après la moisson, une légumineuse, c’est-à-dire une plante capable d’élaborer de la matière organique azotée aux dépens de l’azote de l’air; si nous enfouissons cette plante, si nous l’employons comme engrais vert, notre terre bénéficiera d’une certaine dose d’azote atmosphérique.
- Depuis huit ans, je sème à mon champ d’expériences de Grignon, sur mes chaumes de blé, la vesce d’hiver, à raison de 300 kg par hectare, je donne après ce semis un labour de déchaumage, puis un coup de rouleau et
- 1 Voy. n° 1023, du 7 janvier 1893, p. 83. Les cases de végétation de Grignon.
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- j’attends la pluie; si la saison est décidément sèche, ainsi que cela a eu lieu en 1895, la récolte avorte, la graine est perdue ; mais c’est la seule année pendant laquelle j’aie eu à constater un échec complet; toutes les autres fois, on a obtenu un poids de vesce à enfouir présentant comme engrais, évalué en fumier de ferme, une valeur bien supérieüre à celle de la semence; enfin quand la chance veut que la pluie soit abondante en août et en septembre, la réussite est complète, et c’est là ce que montre le petit dessin ci-joint.
- Chacune des bandes de la partie supérieure indique le poids de vesce verte obtenu sur la surface d’un hectare et pesé à la fin d’octobre au moment où on allait l’enfouir par les grands labours en même temps que le fumier.
- On voit que sous l’influence des 72“m,5 d’eau de pluie d’août, des 52mm,l de septembre, des 7mm,8 d’octobre,
- d’une somme par conséquent de 152mm,4 d’eau de pluie très heureusement répartie, la récolte verte a été superbe; elle est cependant inégale; à côté d’une bande s’élevant à 18 000 kg, s’en trouvent d’autres qui restent à 15, 14 et 12 tonnes, d’autres enfin sont encore plus faibles.
- Les poids de matière sèche contenue dans la récolte sont représentés par la série de bandes placées au-dessous des premières ; il n’est pas besoin de dire qu’elles se correspondent et que par exemple les 5800 kg de matière sèche de la bande placée, la première à gauche du dessin et portant le n° 1, indique que c’est à ce poids que se sont réduits les 14 200 kg de la même récolte, pesée verte.
- Les différences entre les bandes figurant la matière sèche obtenue sur la surface d’un hectare sont moindres
- Kilogr
- Poids de la
- 18.500
- RECOLTE A L'HECTARE.
- Pluie en Août______Z2T 5
- — n- Septembre..- 521? 1
- — „_„_Octobre------7™ 8
- Pluie totale_______132"?
- 15 000
- 10.000
- 5.000
- Matière
- SECHE A L'HECTARE
- 6 000 -
- 2.000
- Azoté à l'hectare
- 200KII.-200 20(J 200 OKil
- 200 200 200 200, O O O O 0 ;
- Superphosphate distribué en 1897
- Culture dérobée de vesce à Grignon en 1897.
- que celles qu’on avait constatées sur la récolte verte ; ces récoltes étaient donc inégalement desséchées quand on les a enfouies ; c’est ainsi que la parcelle n° 4 qui dominait toutes les autres avec ses 18 tonnes d’engrais vert ne donne que 5500 kg de matière sèche, comme le n°10. Il est manifeste cependant, sans que nous ayons pu bien en déterminer la raison, qu’à partir de la parcelle 16 jusqu’à 22 les récoltes ont été moins bien réussies.
- Cette culture dérobée a été enfouie comme engrais vert; cet engrais vaut par l’azote combiné qu’il apporte au sol, et ce poids est représenté par les petites bandes du bas du dessin ; chacune d’elles indique le poids d’azote contenu dans la matière sèche ou la matière verte placées immédiatement au-dessus d’elle.
- L’analyse a montré que 100 parties de vesce sèche renfermaient 5,55 d’azote; en multipliant les poids de matière sèche des bandes de la seconde série par on obtient l’azote apporlé par l’engrais vert. On voit que très habituellement le poids d’azote introduit dépasse 100 kg
- et atteint parfois 200; or, pour bien se figurer la valeur comme engrais de cette culture verte, il faut la comparer à celle du fumier de ferme. Une tonne de fumier renferme 5 kg d’azote ; il faut donc une fumure de 20 tonnes pour avoir 100 kg d’azote, c’est ce qu’ont donné les parcelles les moins bien réussies; pour les parcelles 4 et 10, la fumure verte équivaut à 40 tonnes de fumier, c’est-à-dire à la très forte fumure qu’on donne pour préparer une bonne récolte des betteraves.
- Ainsi, en semant en culture dérobée, de la vesce, on peut introduire dans sa terre une quantité d’azote considérable ; au lieu de la laisser s’appauvrir, on l’enrichit, et on conçoit que, lorsque dansune contrée on a tâté des cultures dérobées, on n’y renonce plus ; c’est là ce qui a lieu en Auvergne, en Alsace, dans quelques parties de la Normandie et c’est là ce qu’il serait très avantageux de généraliser. Ces engrais verts présentent, en effet, une très grande efficacité, je le montrerai dans un second article.
- P.-P. DehÉRAIN, fie l’Institut.
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- LA NATURE.
- EXPÉRIENCES SUR LES
- TOITURES DE LIVRAISON ÉLECTRIQUES
- AUX ÉTATS-UNIS
- Deux ingénieurs électriciens américains, MM. G. C.Sever et II. A. Fliess, viennent de se livrer à de longues et minutieuses recherches comparatives sur le prix de revient du fonctionnement des voitures de livraison à traction par chevaux ou à traction électrique, dans la ville de New-York, (les voitures devaient répondre exactement aux besoins courants de certains magasins de nouveautés, qui nécessitent l’emploi d’unités légères faites pour transporter des charges de 700 livres environ (de 453 grammes), à faible distance, mais à grande vitesse, chaque voiture ayant à exécuter jusqu'à trois courses dans une journée.
- Les expériences, dont nous ne pouvons malheureusement donner qu’une idée fort imparfaite, furent préparées avec un soin extraordinaire; on s’était assuré de l’effort qu’on demandait normalement aux chevaux; ceux-ci demeuraient à l’arrêt pendant les deux tiers du temps, et, duranf l’heure et demie de travail effectif, ils marchaient à une allure de 10, 7 kilomètres à l’heure. Les attelages ne peuvent rester en service que cinq ans environ, et ensuite on les vend avec une perte de 50 pour 100.
- Les expérimentateurs arrivèrent à cette première conclusion que, tout compris, notamment les frais d’amortissement, le coût du transport d’une tonne (anglaise de 1010 kgs) à 1 mille de distance (1009 mètres) ressortait, avec ce moyen de locomotion, à 17,375 cents (le cent
- GASTON TISSANDIER
- SA VIE INTIME
- Après la touchante notice nécrologique que mon ami M. Henri de Parville a faite sur mon frère, je voudrais donner à mon tour quelques détails sur son existence intime. La gravure ci-contre montre un portrait de M. Gaston Tissandier dans le cabinet de travail qu’il avait dans notre appartement, 50, rue de Chàteaudun. C’est en ce lieu qu’il passait une grande partie de son temps et que toujours il recevait ses amis et les nombreux collaborateurs de son journal La Nature. Nos anciens collaborateurs ont gardé le souvenir de ce salon où mon pauvre frère les recevait avec tant de plaisir et je suis certain qu’ils en verront avec émotion la gravure.
- Gaston Tissandier, avec son caractère doux et aimable, sa gaieté naturelle, était apprécié et aimé de tous. Aussi les réunions du samedi, son jour de réception, étaient-elles toujours désirées; chacun était heureux de venir passer quelques moments auprès de lui pour causer de choses intéressantes et y travailler au succès du journal.
- Depuis le jour de la fondation de La Nature, mon frère avait élargi graduellement ses relations. La valeur de ses travaux personnels, ses publications nombreuses et intéressantes qui toutes étaient couronnées de succès dans le public, lui avaient valu des récompenses morales dont il était heureux et justement fier. Il recevait souvent des lettres élo-gieuses de savants éminents, tels que Pasteur, Le
- étant à peu près équivalent à 5 centimes, puisqu’il est la centième partie du dollar de 5fr,18); dans les conditions les plus favorables, celte dépense ne s’abaissait pas au-dessous de 10,2 cents. Dans le poids servant à ce calcul, on comptait toujours le poids mort, et le poids utile.
- L’épreuve des véhicules électriques s’est faite sur un développement de près de 100 kilomètres des rues de New-York, dans les conditions les plus diverses de température et de rampes. Pour avoir les éléments de dépenses et de fonctionnement, on mesurait les watts-heure d’énergie fournis par les accumulateurs durant la course, et l’on constatait les distances parcourues et les vitesses atteintes au moyen de cyclomètres et de tachéomètres. On est arrivé à cette affirmation qu’une voiture de livraison bien comprise ne consomme pas plus de 120 watts-heure par tonne et par mille. En prenant le prix du courant à 5 cents par kilowatts-heure, la dépense totale pour un parcours de 67 kilomètres, y compris tous frais subsidiaires, ressort à 587,77 cents, tandis qu’elle sera de 428,54 cents pour une voiture traînée par deux chevaux. Le prix de revient du transport d’une livre (de 455 grammes) de poids utile coûte 0,017 cent de moins avec l’électricité qu’avec la traction animale. Et, en tenant compte du plus grand parcours que peut faire une voiture électrique et de son allure plus rapide, on trouve qu’elle fait le même service qu’un véhicule à deux chevaux en restant 1 heure 54 minutes de moins dehors, et en procurant une économie de 40,75 cents par jour pour chaque tonne transportée. P. de M.
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- Verrier, J.-B. Dumas, de Quatrefages, Paul Bert, Charton, II. Mangon, Sainte-Claire Deville, IL Gifïard, qui ont malheureusement disparu comme lui aujourd’hui. Les savants étrangers, Edison, Graham Bell, J. Glaisher, le célèbre aéronaute anglais, d’autres encore, étaient entrés également en relation et lui adressaient souvent aussi des compliments flatteurs. Mon frère gardait précieusement cette collection d’autographes exceptionnellement intéressante, qui s’augmentait chaque jour de nouveaux encouragements et il aimait à la montrer à ses amis.
- Gaston Tissandier avait un goût prononcé pour les collections de toutes sortes. Étant jeune, lorsqu’il s’occupait de chimie et de physique, il faisait aussi de la minéralogie et ramassait pendant ses excursions de vacances, d’intéressants échantillons. Plus tard il se mettait à la recherche de toutes choses, relatives à l’aérostation. Ayant presque toujours été son compagnon de voyage en ballon, j’avais aussi la meme ardeur pour découvrir de nouveaux objets et nous avions amassé, depuis plus de 20 années, deux collections fort curieuses. Nous parlions souvent de les réunir dans un même salon de notre appartement et nous avions fait ensemble à ce sujet un premier catalogue détaillé. La collection de Gaston Tissandier est la plus riche. C’est celle qu’on admirait à l’Exposition de 1889 (Exposition rétrospective, section de l’aérostation). M. Henri Giffard, l’ingénieur, était notre grand ami. Il avait prié mon frère d’être, pendant la durée de l’Exposition de 1878, le directeur général de son ballon captif à vapeur qui eut comme on sait
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- Gaston
- Tissandier dans son cabinet de travail. (D'après une photographie.)
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- tant de retentissement et de succès. Cette situation lui fit connaître un grand nombre de personnes qui étaient au courant de ses recherches d’objets au ballon. On venait lui en offrir souvent et c’est ainsi que la collection s’augmentait rapidement. Tous nos anciens collaborateurs l’ont maintes fois contemplée, car mon frère était toujours heureux de la montrer et de faire remarquer ses plus belles pièces. Une surtout, tout à fait exceptionnelle, un groupe magnifique en terre cuite : A la gloire des frères Montgol-fier, exécuté par le célèbre sculpteur Clodion, qu’on peut voir à gauche de la gravure, des bonbonnières d’or ornées de fines miniatures, des montres, des bijoux de prix, des gravures, etc., excitaient la curiosité et l’étonnement. On voyait ainsi par ces objets la preuve de l’enthousiasme extraordinaire que la découverte des frères Montgolfier avait causé dès son origine et aussi dans la suite des années.
- Le soir, dans ce même salon de travail, Gaston Tissandier, en même temps qu’il pensait à La Nature, s’entourait de ses deux enfants et s’occupait à les faire travailler. Il reportait sur eux tout l’amour qu’il avait eu pour sa jeune et gracieuse femme, morte à 30 ans à peine. Puis de douces causeries avec ses deux frères terminaient la soirée. Nous nous rappelions notre existence mouvementée et nous aimions à mélanger nos souvenirs en nous les racontant. L’amitié la plus tendre régnait entre nous. Ne nous étant jamais quittés, c’était l’association fraternelle la plus fidèle et la plus constante. Quelquefois nous parlions en philosophes de la fin de notre existence et nous nous demandions lequel s’en irait le dernier d’entre nous. Mon pauvre frère Gaston nous disait qu’il ne voudrait pas rester le dernier. Il avait prouvé cependant bien souvent dans sa vie la force de son caractère, par son énergie pendant le siège de Paris, et son courage exceptionnel dans la catastrophe du Zénith ; mais il avait peut-être l’intuition du chagrin qu’on éprouve à perdre ceux qu’on aime le plus au monde, et il en sentait par avance toutes les angoisses. Son cœur était plein de tendresse. En effet, mon pauvre frère avait raison, la cruelle maladie et la mort ont tout brisé. Albert Tissandier.
- LES FONTAINES A GAZ
- La production d’un gaz comparable au gaz de houille ordinaire, en faisant passer un courant d’air sur du pétrole léger, n’est certes pas chose nouvelle et il y a fort longtemps déjà que des appareils ont été construits dans le but d’obtenir ce que l’on appelle la carburation de l'air, afin de produire de l’air saturé de vapeurs combustibles formant ainsi un mélange gazeux pouvant recevoir toutes les applications du gaz de houille ordinaire.
- Jusqu’ici les appareils qui permettaient d’obtenir ce résultat étaient compliqués, car ils réalisaient, d’une part, la compression de l’air pour obliger celui-ci à barboter dans le liquide carburateur, d’autre part, la saturation de l’air avec les vapeurs combustibles dans un récipient.
- Cette double condition n’avait pu être réalisée jusqu’ici qu’au moyen d’appareils coûteux et compliqués qui prohi-
- Air
- baient l’emploi de l’air carburé pour les usages domestiques.
- Aujourd’hui, l’emploi des Fontaines ci gaz a permis de résoudre la question avec une simplicité telle qu’elle peut défier n’importe quelle autre solution. C’est véritablement l’œuf de Christophe Colomb.
- Un simple bidon en fer-blanc, muni de deux tubes dont l’un T plonge au fond du bidon, l’autre T’ débouche à la surface, et une substance solide d’un très grand pouvoir absorbant entassée dans l’intérieur du bidon, voilà en quoi consiste l’appareil si simple et pourtant si pratique désigné sous le nom de Fontaine à gaz.
- Le gaz carburé s’écoule d’une façon continue par le tube plongeant jusqu’au fond, en même temps que l’air s’introduit dans le bidon par l’autre tube, grâce à l’aspiration produite par cet écoulement.
- L’air est obligé de lécher tous les éléments poreux imprégnés de gazoline avant de s’échapper par le tube formant siphon et, dans ce trajet, il se sature de vapeurs de pétrole léger. Il s’échappe donc constamment du tube T, dès qu’on fait fonctionner celui-ci.comme siphon soit en y adaptant un caoutchouc, soit en lè reliant à une canalisation quelconque, de l’air carburé à une pression constante déterminée par la hauteur à laquelle on place le bidon par rapport à l’orifice d’écoulement, qui peut recevoir toutes les applications du gaz de houille ordinaire : éclairage, chauffage, force motrice.
- La faible pression du gaz qui s’écoule n’est nullement un obstacle à son emploi et r ^ q.,
- rien ne fait supposer, a = priori, en voyant brûler ce gaz dans les appareils d’éclairage, qu’il diffère du gaz sous pression que débitent les canalisations de la ville.
- 11 est vrai que pour utiliser économiquement le pouvoir éclairant de ce gaz, il a fallu construire des becs spéciaux et qu’il est nécessaire d’employer des fourneaux d’un type particulier, bien que très simple, pour arriver à mélanger intimement le gaz avec l’air et obtenir la flamme bleue caractéristique d’une combustion complète ; mais avec des appareils ainsi modifiés il n’y a pas de différence sensible dans les applications entre cet air carburé d’une façon aussi simple et le gaz de houille.
- Son adaptation à l’alimentation des moteurs fixes ou mobiles donne d’excellents résultats et évite les inconvénients nombreux produits par l’emploi des liquides.
- Chaque fontaine à gaz renferme une quantité de gazoline correspondant à soixante-dix heures d’éclairage par bec (genre Bengel) de 15 bougies décimales. Le gaz qu’elle renferme peut être transporté en un point quelconque au moyen de canalisations sans qu’on ait jamais à craindre de condensation, la saturation se faisant à la pression ordinaire, ce qui n’est pas le cas des appareils dans lesquels la saturation a lieu par barbotage d’air comprimé dans la gazoline liquide.
- L’instalMion peut donc être des plus rudimentaires. Il suffit de mettre un bidon dans un placard ou sur un rayon et de le relier par un caoutchouc avec l’appareil à alimenter pour s’éclairer ou se chauffer.
- La figure ci-dessus, qui est une coupe de l’appareil, montre \ ne les éléments de la substance absorbante dont
- Coupe de la fontaine à gaz.
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- la composition peut être variable (bois désincrusté, pâte à papier, etc.) ne sont pas disposés d’une façon quelconque dans le bidon, mais placés par tranches régulières et isolées les unes des autres afin de permettre à l’air de circuler librement entre eux.
- Pour charger le bidon, on verse à l’aide d’un entonnoir, dans le tube plongeant jusqu’au fond, un volume connu de gazoline que l’on sait devoir être absorbé entièrement par la substance poreuse.
- Le liquide chasse l’air des pores de cette substance et s’y substitue complètement après un quart d’heure environ. L’absorption est même si parfaite qu’on peut retourner le bidon sans qu’il s'en échappe trace de gazoline. C’est une véritable solidification du liquide.
- Il est à remarquer qu’à cet état la gazoline, qui est un liquide éminemment inflammable, ne peut plus brûler si l’on approche une allumette des tubes du bidon, car le mélange de vapeurs de gazoline et d’air qui remplit les espaces vides du bidon ne peut pas s’échapper directement de celui-ci puisqu’il est plus lourd que l’air.
- On a donc là un appareil qui présente une sécurité absolue en ce qui concerne les dangers d’incendie. Nous avons vu, en effet, qu’il est impossible de mettre directement le feu au gaz et au liquide que renferme le bidon.
- La grande densité du mélange gazeux qui empêche à celui-ci de s’échapper du bidon, dans les conditions ordinaires, favorise, au contraire, son écoulement dès qu’on adapte au tube T un caoutchouc ou une canalisation d’une hauteur plus grande que celle du bidon.
- Pour les moteurs, l’alimentation se produisant par aspiration, il n’est plus nécessaire déplacer le bidon en hauteur.
- On peut enfin donner, le cas échéant, au gaz une grande pression et lui faire alimenter des appareils de chauffage puissants. Il suffit d’envoyer dans le bidon un très faible courant d’air produit, par exemple, à l’aide d’une petite trompe soufflante, l’air n’ayant à traverser aucun liquide n’aura aucune résistance à vaincre.
- Ce qui caractérise la fontaine à gaz en dehors de sa grande simplicité est la complète sécurité de son emploi, toute inflammation ou explosion du gaz dans l’appareil devenant impossible, car la présence du corps poreux dans l’intérieur du bidon empêche les ondes explosives de se propager.
- Voilà, assurément, un système d’éclairage qui rendra de très grands services, particulièrement à la campagne, et qui ne peut manquer de se diffuser en raison de sa grande simplicité. Le chauffage, l’alimentation des moteurs de toute espèce, auront là un excellent agent qui présentera sur le gaz de houille ordinaire l’avantage d’être transportable et d’offrir dans son emploi une très grande sécurité, aussi peut-on déjà prévoir, dans un avenir probablement très rapproché, la vente du gaz en bidons comme le pétrole. On fera sa provision de gaz dans le bidon portatif et on échangera simplement un bidon vide contre un plein quand on aura consommé le gaz qu’il renferme. A. Seyewetz.
- LE SENTIMENT DE LA CHARITÉ
- CHEZ LES OISEAUX1
- Il est peu de sujets qui aient été aussi débattus que celui de l’instinct ou de l’intelligence des animaux, et les controverses se renouvellent sans cesse. Les uns, suivant la thèse célèbre de Descartes, n’admettent que l’instinct, d’autres tiennent pour des manifestations d’une
- 1 Bulletin du Muséum d'Histoire naturelle, n° 3, 1899.
- intelligence précise et réelle les actes les plus notoirement instinctifs. Quoique la mesure, le juste milieu soient, en général, peu goûtés, c’est pourtant entre ces deux théories qu’on trouvera la vérité; et, s’il est des actes que seul l’instinct a pu provoquer, combien en a-t-on remarqué qui indiquent, avec une évidence complète, l’intelligence et, par conséquent, le raisonnement chez ceux qui les accomplissent. On en rencontre même des exemples frappants dans des espèces réputées peu intelligentes. Les Oiseaux nous en donneront de nombreuses preuves.
- Raisonner pour soi, pour son bien, dans son propre intérêt, c’est déjà se rapprocher de l'intelligence telle que la comprennent et que l’exercent beaucoup d’entre nous, mais raisonner pour le bien d’autrui, avoir le sentiment de la charité, de cette vertu que nous considérons comme la plus belle, la plus humaine et dont nous faisons volontiers notre apanage exclusif, n’est-ce pas une chose que les promoteurs de l’instinct pur n’accorderont jamais aux animaux, et pourtant cela existe et des faits positifs ont permis de le constater.
- Le raisonnement des Oiseaux, celui qui se rapporte à eux-mêmes ou à leur progéniture, se manifeste surtout quand il s’agit de la construction du nid, de son adaptation, de la protection et de l’éducation des jeunes; on a même signalé des cas d’adoption entre espèces différentes : un Rouge-Gorge élevant une petite Linotte abandonnée par ses parents, une femelle de Perroquet gris donnant la becquée à de jeunes Pinsons, puis à des Fauvettes. On peut, à la rigueur, mettre ces actes sur le compte d’une déviation de l’instinct maternel, bien qu’une part d’intelligence y soit nécessaire ; mais quelle explication donnera-t-on d’un fait observé dernièrement dans la ménagerie du Jardin des Plantes et qui montre clairement que l’Oiseau éprouve parfois un sentiment de compassion, de charité, très raisonné, qu’aucun de ses instincts ordinaires ne saurait faire prévoir.
- Dans une cage étaient enfermés deux de ces charmants Timéliidés de la région Himalayenne, nommés Mésanges de Nankin par Sonnerat et que les ornithologistes appellent Leiothrix lutea. C’étaient deux femelles, vivant en bon accord, quoique sans intimité particulière. Vers la fin du mois de février, un Cardinal gris, habitant la même volière, se prit de querelle avec une de ces Mésanges, et, après lui avoir arraché bon nombre de plumes, — le droit du plus fort est toujours le meilleur, — il lui cassa la patte d’un coup de son bec puissant. La pauvre estropiée ne pouvait plus se tenir sur le perchoir, elle se traînait péniblement à terre, grelottant de froid sous sa peau dénudée. Sa compagne alors la prit en pitié et, chaque soir, elle descendait près de la blessée, elle apportait des brins de mousse et d’herbe pour lui en faire un lit et adoucir à ses membres souffrants le contact du sol, puis elle se couchait tout près de la malade et, la couvrant de son aile, elle restait ainsi toute la nuit, malgré la gêne extrême d’une pareille position. -
- Pendant une semaine presque entière, elle ne manqua jamais à sa mission de charité et lorsqu’elle eut vu mourir son amie que tant de soins n’empêchèrent pas de succomber, elle devint triste, mangeant à peine, restant immobile dans un coin de sa cage et bientôt elle mourut à son tour.
- Quel est l’instinct qui peut conduire ce petit Oiseau à accomplir de pareils actes? Il n’y en a pas, et là tout est sentiment et raisonnement. A. Milne-Edwards,
- De l’Institut.
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- LÀ NATURE.
- L\ MIMIQUE
- ENSEIGNÉE PAR 1,‘HYPNOTISME
- « Le langage mimique est la langue muette de l’esprit. Les langues parlées des peuples sont de nature diverse et changeante, mais le langage mimique est le même en tous lieux et chez tous les hommes;les sentiments et les dispositions de l’àme, les désirs et les passions se manifestent pareillement dans les traits du sauvage et dans ceux de l’Européen civilisé, dans les traits de l’esclave et dans ceux du roi, de l’enfant et du vieillard. Ce langage muet est si clair et si intelligible que des enfants, dans la première année de leur âee, reconnaissent déjà sur le visage de leur mère, une expression de tristesse et de mécontentement. Chacun sait, par sa propre expérience, combien l'œil, par un exercice quotidien, arrive à saisir une modification, aussi insignifiante que l’on voudra, dans l’expression du visage.
- Par exemple, nous adressons la parole à quelqu’un qui ne nous regarde pas bien dans les yeux, nous remarquons aussitôt qu’il est distrait et inquiet, bien que rien n'ait changé dans ses traits, sinon que la pupille s’est peut-être déplacée d’un millimètre sur le côté. Tout le monde entend ce langage muet de l’esprit mais l’apprend par la voie empirique sans se préoccuper des règles de sa grammaire? »
- C’est ainsi que débute un livre qu’un médecin allemand, le I)1' Piderit,a publié, il y a une trentaine d’années, sous le titre La mimique et la physionomie*.
- L’auteur cherche ensuite à établir les règles de cette grammaire et à analyser comment les différents traits du visage se comportent sous l’influence des différentes passions. Je dois dire qu’il n’a point, ce me semble, résolu la question qui avait été traitée avant lui par un assez grand nombre de philosophes et de physiologistes dont les plus célèbres sont Lava-
- 1 Une traduction française de cet ouvrage a été publiée en 1888 chez Alcan, à Paris.
- ter1, Waudt*, Gratiolet3, Darwin4 et Mantegazza5.
- Les peintres avaient aussi abordé depuis longtemps ce sujet, au point de vue purement pratique, c’est-à-dire en se bornant à donner des descriptions ou des croquis des différentes passions qui peuvent agiter l’àme humaine.
- Dès le quinzième siècle Léonard de Vinci, dans son traité de peinture, disait à un élève :
- « Vous ne pouvez pas, d’après un modèle, rendre une vraie colère ou d’autres mouvements de l’àme tels que le rire, les larmes, la sensation de la douleur, la crainte et d’autres semblables. Mais il serait pratique de porter sur vous une tablette pour y noter artistiquement avec un crayon d’argent ces mouvements ainsi que les actions des spectateurs et en ayant soin de les classer. Cela vous apprendra à réunir des esquisses, et quand votre livre sera rempli, mettez-le de côté et gardez-le bien pour votre usage. Il y a deux choses qu’un bon peintre doit s’efforcer d’acquérir avec un zèle tout spécial, c’est de savoir bien dessiner les contours de l’homme et de prendre bonne note de l’expression vive des passions qu’il exprime : deux choses de grande importance. »
- À la fin du dix-septième siècle le célèbre peintre Lebrun qui avait suivi ce conseil publia un recueil réimprimé plusieurs fois.
- Au commencement du dix-neuvième, Lemire, maître de dessin à l’Ecole polytechnique, fit paraître un album devenu très rare où il avait réuni vingt-quatre fort belles têtes d’expression tirées des tableaux du Louvre et gravées par Tassaërt.
- Mais ces documents partiels sont tout à fait insuffisants pour permettre aux artistes d’exprimer les passions dans l’intégralité de leurs signes caracté-
- 1 Éléments de psychologie physiologique. Paris, Alcan, 1850.
- 2 L’art de connaître les hommes par la physionomie. Paris. Depelafol, 1825.
- 3 I)e la physionomie et des mouvements d’expression. Paris, Iletzel, 1865.
- 4 L’expression des émotions chez l’homme et chez les animaux. Paris, Reinwald, 1877.
- 3 La physionomie et l’expression des sentiments. Paris, Alcan, 1885.
- Fig. 1. — 1. La Franco à qui l’on rend l’Alsace et la Lorraine. 2. La France à qui l’on arrache l’Alsace et la Lorraine.
- 3. Le défi. — A. Le joli collier.
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- ristiques et, comme le dit très bien le D1 Piderit déjà cité, « quiconque passe en revue une galerie de tableaux reconnaît des défauts dont sont entachées les images de l’expression mimique que les peintres ont livrées. Souvent on y voit, même sur des tableaux signés de noms connus, des formes qui, par la position du buste, par les mouvements des bras et des jambes, font reconnaître une affection déterminée, colère, désespoir, extase, etc., mais dont les visages, examinés séparément, ont une expression tout à fait incompréhensible ou indifférente; on voit aussi, bien des fois, une affection calculée représentée en partie avec des lacunes ; ainsi la partie supérieure du visage, le front et les yeux montrent l’épouvante la plus vive, tandis que la partie intérieure, la bouche et le nez sont restés sans la moindre expression. »
- Dès que l’on a eu étudié le pouvoir des suggestions hypnotiques, on a songé à s’en servir pour créer momentanément les attitudes passionnelles 1 dont on avait besoin. Malheureusement les bons sujets sont rares et quand ils sont très sensibles, ils ne sont pas toujours beaux, de sorte que cette méthode était restée jusqu’à ce jour sans application réellement utile.
- J’ai rencontré toutes les qualités nécessaires dans un des modèles les plus connus de Paris,
- Mlle Lina, dont j’ai complété patiemment l’éducation hypnotique et M. Jules Bois a montré, l’an dernier, par une série de conférences faites à la Bodinière et au théâtre de Monte-Carlo, tout le parti qu’on pouvait en tirer pour les arts.
- Dans un livre intitulé Les sentiments, la musique et le geste qui paraîtra bientôt, j’ai décrit mes expériences et j’ai essayé de formuler une théorie des relations qui existent entre ces trois choses. Je me bornerai aujourd’hui à donner quelques dessins se rapportant aux divers sujets traités.
- Je dois dire d’abord que Lina a été dressée à s’endormir et à se réveiller seule par la pression de points hypnogènes dont je lui ai indiqué l’cmplace-
- 1 Yoy. l'article intitulé : L’expression des sentiments, dans le n° 094, du 18 septembre 1886, p. ‘247.
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- ment. Cette opération la plonge dans la phase cataleptique de l’hypnose, dont les propriétés caractéristiques sont une grande suggestibilité et la permanence des attitudes inspirées par la suggestion. Elle peut ainsi continuer sa profession et mettre ses merveilleuses aptitudes aux services des artistes sans avoir besoin de personne.
- Une première série d’expériences, faites dans l’atelier de M. Mucha, a porté sur l’expression des sentiments déterminés par une histoire plus ou moins longue débitée au modèle endormi. Yoici par exemple (nos A et 5 de la figure 1) l'Admiration provoquée par la vue d’un collier imaginaire et le Défi s’adressant à des ennemis également fictifs. Nous avons
- ainsi photographié les attitudes propres aux sept péchés capitaux, aux trois vertus théologales, etc.
- Chez un autre peintre, M. Job,nous avons reconstitué des scènes historiques ou des allégories se rapportant à l’histoire. Tels sont les nos 2 et 1 de la figure 1 représentant La France à qui on arrache l'Alsace et la Lorraine et La France à qui on les rend.
- Les photographies de ces scènes sont fort difficiles à prendre parce que le sujet exprime successivement tous les sentiments que le récit éveille en lui, de sorte, qu’on ne peut le maintenir au point de l’appareil. Quelquefois même, il arrive des attitudes imprévues, comme dans le n° 2 (fig. 1) où Lina s’est tout à coup affaissée sous le poids de sa douleur, pendant que les larmes jaillissaient de ses yeux. Le récit a été aussitôt interrompu et elle est restée figée dans la position prise; mais, peu à peu, pendant qu’on abaissait ï’appareil, les traits se détendaient, les larmes disparaissaient et l’expression perdait de sa fraîcheur.
- Nous avons ensuite tenté, chez M. Ener, photographe, des choses encore plus délicates : la simple lecture de monologues célèbres de nos classiques. Il eût fallu avoir un cinématographe pour reproduire, dans toutes ses finesses, le jeu de Lina admiré par de grands acteurs qui ont vu cette jeune femme, tout à fait étrangère aux études littéraires,
- l-ig. 2. — 1. Home, cniiii, que je liais parce quelle t’honore! t. Que cent peuples unis des bouts de l'Univers
- Passent pour la détruire et les monts et les mers ! 5. Qu’elle-mème sur soi renverse ses murailles Et de ses propres mains déchire ses entrailles !
- 4. Moi seule en être cause et mourir de plaisir!
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- trouver, du premier coup, des effets qu’ils avaient cherchés pendant des années; nous nous sommes bornés à prendre quelques instantanés et les quatre gravures de la figure 2 répondent aux vers écrits en italique dans les Imprécations de Camille.
- Rome, l’unique objet de mon ressentiment!
- Rome, à qui ton bras vient d’immoler mon amant!
- Rome qui t'a vu naître et que ton cœur adore !
- Home enfin que je hais parce qu’elle t'honore!
- Puissent tous ses voisins ensemble conjurés Saper ses fondements encore mal assurés!
- Et, si ce n’est assez de toute l’Italie Que l’Orient contre elle à l’Occident s’allie;
- Que cent peuples unis des bouts de l’univers Passent pour la détruire et les monts et les mers!
- Qu elle-même sur soi renverse ses murailles Et de ses propres mains déchire ses entrailles !
- Que le courroux du ciel allumé par mes vœux Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux !
- Puissé-je, de mes yeux, y voir tomber ce foudre,
- Voir tes maisons en cendre et tes lauriers en poudre,
- Voir le dernier Romain à son dernier soupir,
- Moi seule en être cause et mourir de plaisir !
- l)ans tin autre article, j’analyserai l’action produite sur le sujet par les vibrations musicales et par suite le rôle de l’intonation. Albert de Rochas.
- ——
- CHRONIQUE
- L’Excursion de « La Nature ». — L’excursion de « l’Océan à la Méditerranée » organisée cette année par le journal La Nature, sous la direction de M. Cartailhac, vient de se terminer sans qu’il y ait eu, pendant ces 15 journées, un seul incident qui troublât le succès de ce beau voyage.
- Nos lecteurs en ont suivi les principales phases dans les dépêches qui ont été publiées dans nos Nouvelles scientifiques. Ils trouveront, dans un des numéros de cette année,un compterendu général de tout le voyage illustré avec les vues prises par les photographes amateurs qui ont pris part au concours.
- Mais La Nature manquerait à ses devoirs, en ne remerciant pas dès maintenant publiquement M. Cartailhac qui, selon l’expression d’un des excursionnistes, a été « le bon génie de l’Excursion ».
- Les membres de l’Excursion ont, d’ailleurs, à l’occasion du Banquet d’adieux, offert en témoignage de reconnaissance à M. Cartailhac, un buste en bronze, avec cette inscription :
- A M. Émile Cartailhac
- Les membres de la deuxième excursion de La Nature reconnaissants.
- La traction électrique dans les usines. — La
- traction électrique peut être utilisée avec grand avantage dans les manutentions d'usine. Le Bulletin de la Compagnie Thomson-Houston cite à ce sujet quelques chiffres comparatifs en ce qui concerne l’économie réalisée dans certaines usines qui ont remplacé la traction animale par la traction électrique. Dans une manufacture de coton, aux États-Unis, 5 hommes et 5 chevaux assuraient par our la remorque de H wagons de coton. La dépense totale était de 42,r,50 par jour, soit 5,r,85 par wagon. L’installation d’une locomotive électrique permet actuellement de faire trois voyages par heure en remorquant 4 wagons à chaque voyage, ou de remorquer 55 wagons par jour pour une dépense totale de 15fr,75, soit 0fr,40
- par wagon. Une installation importante a été faite à l’usine de la Whitin Machine C°, à Whitmsville, Massa-chusets, aux États-Unis. Le service de traction animale exigeait deux paires de bœufs et deux conducteurs, 16 chevaux et huit conducteurs, ainsi que deux équipes de 6 hommes dont une au dépôt et l’autre à l’usine. En comptant l’intérêt du capital à 6 pour 100, l’amortissement du matériel, les soins et nourriture des animaux, ainsi que les salaires des conducteurs et des équipes, les dépenses totales atteignaient par an 66 425 francs. On a remplacé la traction animale par la traction électrique. L’installation comprend une dynamo génératrice et une locomotive électrique, actionnée par un moteur électrique de 100 chevaux. Ce moteur est placé sur l’essieu d’avant; des bielles d’accouplement réunissent les deux essieux. La ligne de déplacement a une longueur de 2500 mètres avec une pente de 5 pour 100 sur une centaine de mètres. Les dépenses totales annuelles pour assurer, avec la traction électrique, le même service que précédemment, ont été de 25 050 francs, y compris l’intérêt du capital à 6 pour 100, et l’amortissement du matériel à 4 pour 100. L’économie réalisée dans une année a donc atteint 62,7 pour 100.
- Lancement du croiseur (( Internet ». — Le 7 septembre, dans la matinée, a été lancé à Bordeaux le croiseur de station de 5e classe Infernet, dont le marché passé pour sa construction date du 9 décembre 1896. Les caractéristiques de ce bâtiment sont les suivantes : longueur, 95 mètres; largeur, 12 mètres; tirant d’eau, 5,59 mètres; déplacement, 2452 tonneaux. L'Infernet est destiné à la navigation dans les mers lointaines; sa coque est entièrement en acier et il a reçu un doublage en bois recouvert de plaques de cuivre. Les machines verticales, à triple expansion, alimentées par des chaudières multitubulaires auront une puissance de 8500 chevaux ; elles actionneront deux hélices et devront donner une vitesse de vingt nœuds et demi. L’approvisionnement normal de charbon sera de 545 tonnes, mais pourra être porté à 480 : dans le premier cas, le rayon d’action sera de 5750 milles à une vitesse de 10 nœuds et de 1000 milles à la vitesse maxima et, dans le second cas, de 8000 milles à 10 nœuds et de 1290 milles à la vitesse maxima. L’armement comprendra deux canons de 158,6 millimètres, quatre de 100, huit de 47, deux de 57 et un de 65. L’artillerie est entièrement à tir rapide. La protection est assurée par un pont cuirassé. L’effectif prévu pour ce bâtiment est de 15 officiers et de 219 hommes. Le prix de revient de YInfernet est évalué à 4 846 252 francs.
- Le poids du papier dans la vente des objets d'alimentation. — Dans le commerce en gros, le poids maximum de l’emballage est limité soit par des règlements, soit par des usages qu’on est tenu de respecter ; il n’en est pas de même dans la vente au détail des substances alimentaires, et on en est arrivé à des abus incroyables. Un habitant de Baltimore vient, paraît-il, de se livrer à des observations à ce sujet, et il a constaté que le papier dans lequel on enveloppe les différents objets vendus représente 10 pour 100 du poids total : on conviendra que c’est là une dîme quelque peu exagérée, et que le papier que l’on vous force ainsi à acheter revient fort cher!
- Conduites électriques et contagion. — La liaison qu’il peut y avoir entre les deux choses n’apparaît guère de prime abord, mais nous allons indiquer comment l’explique le journal médical de Londros Lancet.
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- Quand les gros conducteurs de distribution sont placés dans des caniveaux sous les trottoirs, les branchements qu’ils émettent sur les portes des abonnés débouchent dans les maisons, dans les caves ou ailleurs, par des petits caniveaux qui sont assez largement ouverts et qui, par suite, permettent à l’air de la maison de pénétrer dans le gros caniveau ou inversement. Des échanges variables s’établissent suivant la température qui règne dans la maison, et il est facile de comprendre que finalement l’air d’une maison peut ainsi parvenir dans une habitation plus ou moins voisine. Si donc une des maisons contient des germes pathogènes, ceux-ci arriveront à se distribuer dans le voisinage, et la conséquence serait qu’il importerait de bouclier l’espace libre dans l’ouverture des caniveaux de branchement.
- La consommation du thé aux États-Unis. —
- Pendant l’année 1896, la consommation du thé aux Etats-Unis a dù dépasser 45 millions de kilogrammes, l’importation ayant atteint à peu près 50 millions de kilogrammes, pour une valeur de 66 millions de francs. En face de ce chiffre énorme, il est curieux de rappeler la progression de ce commerce en un siècle. Jusqu’en 1790, on considérait cette boisson comme un luxe réservé uniquement aux aristocrates, et c'est à peine si, à cette époque, on en faisait venir directement une quarantaine de kilogrammes de Chine. En 1801, l’importation n’était encore que de 4260 kg; en 1875, le mouvement correspondant s’élevait à 28 millions de kilogrammes, et enfin on arrive aux chiflres actuels, qui représentent une consommation de 590 grammes par an et par tête. Mais c’est encore bien moins qu’en Grande-Bretagne, où la consommation moyenne dépasse 2,5 kg par tête.
- Une nouvelle pierre artificielle. — Elle a été inventée par M. Hanneman, et sa composition, de même que sa fabrication, est curieuse et compliquée. On prépare un mélange de goudron de houille et de soufre, dans la proportion de 10 à 40 kilogrammes de soufre pour 500 kilogrammes de goudron de houille, la quantité de soufre variant suivant le degré de dureté qu’on veut atteindre. On chauffe le tout jusqu’à ce que cesse la réaction assez vive du début, puis on ajoute à la pâte ainsi formée 12 kilogrammes de chlorure de chaux finement pulvérisé. Quand le refroidissement a fait prendre la masse, on la moud, et l’on y ajoute du laitier de haut fourneau également réduit en grains par mouture. 11 né reste plus qu’à former des pavés par compression à 200 atmosphères sous une presse hydraulique. Ces pavés ont un poids spécifique de 2,20, ils possèdent une résistance à l’usure de 3,10 à 3,40 et une résistance à l’écrasement de 143 kilogrammes par centimètre carré. De plus, cette substance n’est pas sensible aux variations de température et elle est imperméable, en même temps que moins glissante que l’asphalte.
- La ventilation d’un tunnel américain. — Au
- moment où l’on se préoccupe en Europe d’assurer efficacement la ventilation des tunnels présentant un certain développement, et en particulier celle du tunnel du Saint-Gothard, il est intéressant de signaler l’installation, dans le tunnel de Iloosac, aux États-Unis, d’un ventilateur du système Capell, ayant un diamètre de 4m,88, et 2m,44 comme dimension transversale. 11 est à deux entrées, et il débitera 16 000 mètres cubes d’air par minute; il sera, bien entendu, commandé électriquement.
- Invasion de grenouilles. — Le fait est à signaler, car nous ne connaissons rien d’analogue, et nous n’aper-cevons point la cause du phénomène. 11 y a peu de temps
- M. F. H. Fortey, en se promenant sur la route qui conduit de King’s Norton au village de Lickey, aux environs de Birmingham, ne fut pas peu surpris de tomber au milieu d’une vraie invasion de grenouilles, couvrant les haies et aussi le chemin, de manière à forcer notre promeneur à marcher sur la pointe des pieds. Cela se continuait sur près de 400 mètres, puis brusquement on ne trouvait plus une seule grenouille sur la route. Les informations prises prouvèrent qu’il n’y avait pas la moindre mare dans un rayon de 350 mètres. Les habitants d’une maison du voisinage avaient vu les grenouilles assiéger réellement leur habitation, envahissant le jardin, pénétrant dans les chambres du rez-de-chaussée. Depuis deux jours ce troupeau bizarre était réuni; il était formé de grenouilles toutes petites, ayant dix jours à peine.
- Grues électriques en Chine. — Le progrès s’introduit en Chine avec une rapidité extraordinaire, et, en même temps qu’on se met à y construire de façon intensive des voies ferrées, voici que l’on commence d’y monter des grues électriques, ce qui est encore une rareté dans la plupart des pays européens. Une maison allemande (car l’industrie allemande est fort appréciée dans l’Empire du Milieu) est chargée de monter une grue électrique de 150 tonnes sur les quais du port bien connu de Kiao-Chow. Elle sera du reste très habilement comprise, en ce sens qu’elle comportera en réalité deux tambours de levage d’une force individuelle de 75 tonnes chacun, et qu’on pourra employer soit isolément, soit couplés ; il y aura de plus un petit treuil de 2 1/2 tonnes seulement pour les charges réduites. Naturellement la grue en question sera tournante, et son bras pourra prendre les inclinaisons les plus diverses, ces mouvements subsidiaires étant commandés par des moteurs électriques secondaires.
- lissais d’un croiseur allemand. — Le croiseur de 3e classe Gazelle, de 2600 tonneaux et 6000 chevaux, a fait à la mer avec succès les essais de son appareil moteur, l’un d’une durée de vingt-quatre heures et l’autre de six heures. La puissance maxima développée a été de 6400 chevaux. La combustion par mètre carré de grille a été de 150 kilogrammes et la consommation de charbon d’environ 0,800 kg par cheval-heure. La Gazelle est le second bâtiment de la marine allemande qui ait été pourvu de chaudières Niclausse.
- Traction électrique et traction par câble. —
- Notre confrère Engineering a publié récemment les résultats comparatifs d’exploitation de deux lignes de traction électrique et d’une traction par câble. Nous nous contenterons d’examiner ici les résultats pendant une année de la Compagnie Liverpool Overhead Railway à traction électrique, et de la Compagnie Glasgow District Subway à traction par câble. La ligne de la Compagnie Liverpool Overhead railway a une longueur totale de 10 803 mètres. Le nombre de trains-kilomètres a été de 601 431, le nombre de voyageurs transportés de 4 894 921. Les recettes totales se sont élevées à 1014 000 francs, les dépenses totales à 625 000. La dépense a donc été de 0n,986 par train-kilomètre, et de 0,r,121 par voyageur transporté; la recette a été de 0fr,197 par voyageur transporté. La ligne de la Compagnie Glasgow District Subway a une longueur de 10 545 mètres; le nombre de trains-kilomètres a été de 893 179. Les recettes totales ont été de 813 400 francs, et les dépenses de 416 000 francs. On a transporté 6 666 082 voyageurs. La dépense a été de üfr,442 par train-kilomètre; la dépense par voyageur transporté a été de 0fr,Ü59 et la recette de 0fr,116.
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- LA NATURE.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 sept. 1899. — Présidence de M. Maurice Lévy.
- Le blackrot et les orages. — M. Descamps adresse une Note relative à l’influence des agents physiques et chimiques sur l’apparition du blackrot. Ayant visité un matin un vignoble de la région de Lectoure, il n’y constatait aucune trace de blackrot. Le soir, un orage survenait et était suivi d’une pluie line. Deux jours plus tard, le vignoble était envahi par le blackrot. Trente ou quarante feuilles par souche portaient des taches; la moitié ou les deux tiers des grappes étaient atteintes. Les plus atteintes étaient celles qui n’étaient pas couvertes par les feuilles. Cette remarque a suggéré à l’auteur l’idée que l’apparition de la maladie pouvait être sous la dépendance des agents atmosphériques. 11 annonce qu’au moyen de pluies artificielles ozonées et nitriques, il a pu reproduire à volonté les traces du blackrot sur les feuilles et sur les grappes.
- Varia. — M. Bouquet de la Grye présente une nouvelle Note sur les observations d’étoiles filantes faites à Juvisv les 11, 12, 15 août; il présente également une Note relatant la possibilité, qu’il a déjà signalée, d’utiliser les étoiles filantes lorsqu’on dispose d’un centre d’émission, pour la détermination des longitudes par la méthode des signaux de feu. Ch. de Villedeuh,.
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- ROBINET À DOUBLE ALIMENTATION
- DE LA DISTRIBUTION d’eAU DU THEATRE DE L’OPÉRA-COMIQUE
- Le niveau auquel est édifié le théâtre de l’üpéra-Comiijiie, diffère suffisamment de celui des divers réservoirs d’alimentation de la ville de Paris, pour lui permettre d’utiliser aussi bien l’eau de Seine que les eaux dites de sources, dont la pression est en gé-
- Ilobinet à double alimentation.
- néral beaucoup plus élevée. Mais on a voulu prévoir le cas où l’un de ces services serait arreté pour cause de réparations ou pour tout autre motif. On a donc disposé les deux canalisations de manière à pouvoir à volonté les alimenter l’une et l’autre avec l’eau demeurée disponible. On a obtenu ce résultat à l’aide d’un robinet unique placé à la jonction des deux arrivées.
- Cet appareil devait donc répondre aux besoins suivants :
- Étant données deux arrivées d’eau distinctes : 1° permettre, sans pouvoir mélanger les eaux, l’alimentation des conduites S (eau de source) et R (eau de rivière) soit avec l’une, soit avec l’autre, en cas d’arrêt de Lune quelconque de ces arrivées ; 2° pouvoir les fermer toutes les deux.
- MM. Muller et Roger ont combiné, à cet effet, le robinet représenté ci-contre (fig. 1 et 2) et dont la clef porte six orifices m, m et une cloison centrale (fig. 2).
- Dans la position de la figure-2, les deux conduites sont alimentées par leurs eaux respectives, c’est la situation normale. En C arrive l’eau de source qui passe par S, et en D arrive l’eau de rivière qui vient en II. La figure o montre toutes les conduites fermées; la figure 4 donne la position d’alimentation des deux conduites par l’eau de source : en faisant tourner la clef de 60°, on obtiendrait l’alimentation inverse. Deux taquets t et t (fig. 1) limitent sa course pour aboutir aux deux positions de la figure 4. Les positions limites de la clef pour la fermeture complète indiquée dans la figure 2 sont situées respectivement à 60° de l’axe et dans le second demi-cercle non occupé par les taquets t et t. G. Ricnou,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 157 4.
- 23 SEPTEMBRE 1899.
- LA NATURE.
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- SPECTROSCOPE DE LABORATOIRE
- A DISPERSION ET A ÉCHELLE RÉGLABLES
- Un spectroscope est, on le sait, un instrument d’optique destiné à décomposer, au moyen d’un prisme transparent, les radiations complexes d’une source lumineuse en autant d’images linéaires d’une fente étroite qu’il y a de radiations simples dans le faisceau ainsi analysé. Ces images colorées, reçues dans une lunette, sont les raies du spectre de la lumière examinée ; on repère leurs positions sur une échelle micrométrique dont l’image est renvoyée au-dessus d’elles dans le champ de l’oculaire de la lunette, au moyen d’une réflexion sur la face postérieure du prisme. Des sources lumineuses diverses donnent ainsi des séries, des groupes variés de raies étroites ou nébuleuses différant les unes des autres par la position, la couleur et l’intensité. Chaque corps simple peut être ainsi rigoureusement identifié par son spectre caractéristique et absolument différent des autres. Cet appareil est d’usage courant dans les laboratoires où il a causé la découverte de plusieurs corps simples nouveaux, et dans les observatoires où par la décomposition de la lumière des astres il a permis leur analyse chimique.
- Les positions des raies sur les échelles des différents appareils, même construits dans des conditions identiques, ne sont malheureusement pas concordantes et chaque instrument exige, pour rendre les observations comparables, la construction de courbes ou de tables ramenant les lectures d’échelle à une commune mesure, la longueur d’onde X, caractéristique de chaque raie. Je me suis proposé d’éviter aux chimistes cette graduation et ces calculs, et de rendre identifiables, à volonté, les images spectrales vues dans l’appareil, avec les planches d un atlas quelconque de spectres. J’ai voulu aussi pouvoir établir dans le champ une échelle d’un type donné, généralement adopté une fois pour toutes. Pour cela j’ai transformé le spectroscojd! ordinaire de Bunsen et Kirchoff
- 27e année. — 2e semestre.
- en y rendant variables deux termes de l’observation : 1° l’équidistance des traits qui composent l’échelle; 2° la dispersion apparente, c’est-à-dire les rapports entre les distances angulaires des différentes parties du spectre. L’appareil (fig. 1 et 2) permet de se rendre compte du dispositif que j’ai adopté. L’échelle micrométrique ordinaire M forme son image au moyen d’un système de deux lentilles semblables L et L„ achromatiques, plan-convexes, les parties bombées se regardant, et de distance réciproque variable depuis le contact ; l’une étant fixe, et la position de l’autre Lt étant réglée par une crémaillère dont Ct est le bouton. Ce système peut être considéré comme un objectif à foyer et à grossissement variables1. A chaque écartement des lentilles correspond une mise
- au point particulière du micromètre commandée par le bouton de crémaillère Cm. Les tirages des tubes Tt et Tm, porteurs de la lentille mobile Lt et du micromètre, sont divisés et on y lit, au moyen de yerniers, l’écartement des lentilles et la mise au point. L’emploi de ce système à grossissement variable permet de projeter, entre les extrémités d’un faisceau spectral d’angle donné, un nombre voulu de divisions d’une échelle choisie, c’est-à-dire de diviser cet espace angulaire en tel nombre de traits qu’il convient pour le but proposé.
- Pour faire varier ensuite la dispersion du faisceau coloré sortant du prisme, j’ai eu simplement recours au déplacement du prisme ordinaire P, autour de son arête réfringente et au voisinage des minima de déviation.
- On reconnaît alors que ce léger mouvement de rotation augmente ou diminue notablement la dispersion, c’est-à-dire que le spectre s’est resserré ou dilaté et que les positions réciproques des raies ont varié sur l’échelle micrométrique, pour un même grossissement et une même raie de repère, bien entendu.
- J’ai donc fixé le prisme sur une plate-forme tour-
- 1 II est représenté à part, en coupe verticale, dans la figure I, à une échelle plus forte que l’ensemble de l’appareil.
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- Fig. 1. — Spectroscope de laboratoire de M. de Gramont. (Élévation d’ensemble, et coupe du dispositif micrométrique variable.)
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- LA NATURE.
- nante portant un vernier dont les déplacements sont lus en 1).
- La graduation de l’appareil pourrait être faite par le constructeur qui le livrerait avec des indications permettant d’avoir immédiatement l’échelle et la dispersion désirées. Le type le plus commode à adopter est celui du livre et de l’atlas de planches spectrales de M. Lecoq de Boisbaudran, car cet ouvrage renferme, outre les spectres les plus usuels, des tables fort précises de transformation des divisions micro-métriques de son échelle en longueur d’onde; on éviterait ainsi tout calcul.
- Le nouveau dispositif que je viens de décrire a été
- Fig. 2. — Coujie horizontale du speclioscope.
- exécuté sur mes indications dans les ateliers de M. Ph. Pellin; on peut l’adapter facilement et à peu de frais aux instruments déjà existants1.
- Arnaud de Gramont,
- Docteur ès sciences.
- L’AUTOMOBILISME DANS L’ARMÉE
- •fî On ne se doute pas que l’armée a etc un des premiers adeptes de l’automobilisme. On doit même voir en elle un précurseur; car elle s’est occupée de résoudre le problème quand personne n’y songeait encore. N’étaient-ce pas des automobiles, ces locomotives routières employées depuis plus de vingt ans dans les grandes directions d’artillerie? Créées pour assurer les transports à l’arrière, elles ont aussi rendu de réels services dans le transport du matériel des places fortes. Leur emploi nécessite de nombreuses conditions qu’il est malheureusement difficile de réaliser en temps de guerre. Et, en cas de siège, la construction rapide de railways à voie étroite assurera mieux le transport du matériel.
- Dès l’apparition des premières voitures automobiles, le ministre de la guerre prescrivit des essais. Il y a six ou sept ans, la section technique d’artillerie étudia une voiture de parc avec moteur à vapeur, sans succès du reste.
- Les progrès réalisés depuis par l’industrie permirent de remettre à l’étude et d’obtenir des résultats tout à fait satisfaisants. On poursuivait un double but : construire des véhicules légers pouvant, même sur de très mauvais
- 1 On trouvera une description complète de l’appareil dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences (séance du 26 juin 1860).
- chemins, parcourir de grandes distances en peu de temps (200 kilomètres en 10 ou 12 heures), posséder des moteurs mécaniques capables de traîner des poids lourds.
- Plus récemment, pendant les dernières grandes manœuvres, le ministère de la guerre prescrivait l’essai des voitures automobiles que leurs propriétaires voudraient bien mettre à la disposition de l’armée. C’est ainsi que le général Jamont employa, pour un service d’inspection, au mois de juin 1898, une voiture automobile prêtée et conduite par un réserviste. On marcha à une vitesse moyenne de 50 kilomètres à l’heure.
- Voyons maintenant quels avantages il y aurait pour l’armée à employer des automobiles?
- Us sont multiples. On peut comparer l’armée aux membres agissants d'un être immense ayant pour corps la nation entière et, pour cerveau directeur, le généralissime. Or, pour que les membres puissent accomplir leur tâche, il faut qu’ils s’alimentent des sucs constamment envoyés par le corps, il faut de plus qu’ils reçoivent les ordres élaborés par le cerveau.
- Des communications faciles et rapides sont donc absolument nécessaires d’une part entre l’armée et son chef, de l’autre entre l'armée et la nation.
- Or, l’augmentation considérable des effectifs et par suite l’accroissement des distances a rendu ces communications très difficiles. Le chef ne tient plus son armée en main au moment du combat. Déjà, en 1870, le généralissime allemand conduisit ses troupes, mais il ne put ni prévoir, ni diriger les batailles qui se livrèrent même parfois malgré lui, contrairement à ses instructions. Devant ces résultats, toute une école s’est formée, affirmant que le rôle du .généralissime se borne à diriger les armées et cesse au moment de l’exécution. Ce serait pour les partisans de cette école une conséquence inéluctable de l’extension des armées. D’après eux, on ne verra plus de Napoléon dirigeant une bataille et produisant au moment voulu l’événement démoralisateur qui met en fuite l’ennemi et assure la victoire.
- Après avoir conduit ses armées selon sa volonté jusqu’à la rencontre de l’ennemi, voici que le chef s’efface, et cesse d’agir au moment où ses soldats s’efforcent d’exécuter ses desseins, au moment où sa volonté devrait se manifester ferme et inébranlable sur toute l’étendue du champ de bataille. Car, avec la nation armée, dès le début de la guerre, plus d’un million d’hommes se trouveront engagés sur un front de 150 à 200 kilomètres.
- Grâce aux inventions modernes, il est possible à un généralissime de connaître l’ensemble du champ de bataille. Il sera renseigné par le télégraphe, le téléphone, les signaux optiques, les bicyclistes. 11 verra aussi par lui-même : grâce à la voiture automobile, il pourra parcourir tout le champ dp bataille en quelques heures; et cela en marchant à la vitesse moyenne de 25 ou 50 kilomètres à l’heure, allure qui peut être accélérée en cas de nécessité.
- En reprenant notre comparaison nous voyons que si le corps et les membres se sont accrus, les moyens de communication ont augmenté et se sont perfectionnés.
- La voiture automobile remplaçant le cheval du chef, il dirigera une armée immense aussi facilement qu’autre-fois il en dirigeait une moindre. Les voitures automobiles assureront aussi les communications entre la nation et l’armée. Nos soldats au moment de la mobilisation laisseront derrière eux des affaires en suspens, une famille, une femme, des enfants. Quel soutien moral que la certitude de pouvoir échanger rapidement des nouvelles !
- Mais il est une autre communication plus importante en-
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- core entre l’armée et le pays et que nous qualifierons de vitale. 11 faut nourrir l'armée, lui fournir des munitions, la débarrasser des malades, des blessés et des prisonniers. La question du ravitaillement est une des plus difficiles à résoudre. On admet généralement qu’une voie ferrée est indispensable pour assurer l’existence d’une armée, les opérations restent liées à la présence du chemin de fer. Déjà, en 1870, la destruction du tunnel de Nanteuil retarda de plus de deux mois le bombardement de Paris.
- 11 faut prévoir qu’à l’avenir les voies ferrées seront en partie détruites et que l’armée sera réduite à s’en passer au moins momentanément.
- Les hommes portent bien des cartouches et des vivres mais en quantité insuffisante, et il faudra qu’ils soient ravitaillés directement tant qu’ils n’auront pas pu être reliés aux centres d’approvisionnements dénommés « stations têtes d’étapes de guerre et têtes d’étapes de route ». Ils le sont par les trains de combat et par les trains régimentaires. Le corps d’armée lui-même est suivi du parc d’artillerie et des convois administratifs, parc de bétail, boulangerie de campagne, etc.
- Pour donner une idée de l’importance de ces convois, rappelons que le train de combat d’un régiment à trois bataillons se compose de : 18 voitures à 2 chevaux et de 5 à 1 cheval.
- Le train régimentaire se compose de : 18 voitures à 2 chevaux.
- Le parc d’artillerie d’un corps d’armée comprend: 104 voitures à 6 chevaux, 60 à 4 chevaux et 22 à 2 chevaux.
- Le convoi administratif comporte : 180 fourgons à 2 chevaux, 84 à 4 chevaux, et 529 voitures de réquisition à 2 chevaux.
- Ces énormes impedimenta se meuvent à une vitesse maxima de 25 à 50 kilomètres par jour.
- Les trains et convois d’un corps d’année en colonne sur une route occuperont une longueur de 14 à 16 kilomètres et mettront 4 à 5 heures à s’écouler.
- Aussi trains et convois sont-ils trop loin quand on en a besoin pour aller en avant, et toujours trop près quand on est forcé de reculer sur des routes qu’ils encombrent; le plus souvent alors ils tombent aux mains de l’ennemi. 11 suffit de rappeler les troubles que les convois causèrent aux mouvements de l’armée du Rhin, autour de Metz, du 14 au 18 août 1870.
- Avec les automobiles tout devient facile. On peut faire 10 kilomètres à l’heure pendant 15 et 20 heures par jour.
- On assurerait ainsi le ravitaillement des troupes même à de grandes distances des stations têtes d’étapes de guerre, et on créerait rapidement de nouveaux centres d’approvisionnements.
- Au moment de la lutte, convois et trains seraient laissés en arrière, à plus d’une journée de marche; néanmoins le ravitaillement resterait assuré dans d’excellentes conditions la nuit même qui suivrait le combat.
- Les avantages sont évidents : liberté de manœuvres, allègement des colonnes, certitude et facilité des ravitaillements, etc. Et tout ceci est immédiatement réalisable.
- Le concours des poids lourds organisé à Versailles du 5 au 11 août 1897, par l’Automobile-Club de France, a prouvé que des voitures du même poids que les caissons et chariots de l’armée pouvaient être traînés sur des routes médiocres à des vitesses satisfaisantes.
- Les poids des différentes voitures des trains régimentaires, parcs et convois, varient de 1700 à 2500 kilogrammes et atteignent 2800 kilogrammes avec les charges maxima.
- Pour traîner ces lourdes charges, on peut choisir des
- moteurs à vapeur ou à pétrole sous formes d’omnibus, de camions ou de trains.
- L’omnibus à vapeur Scotte peut transporter une charge de 1200 kilogrammes à une vitesse moyenne de 10 à 11 kilomètres à l’heure (14 kilomètres en palier sur une bonne route et 7 kilomètres sur les fortes rampes).
- L’omnibus à vapeur de Dion et llouton peut traîner une charge de 1600 kilogrammes à une vitesse de 14 à 15 kilomètres (20 kilomètres à l’heure en palier et 14 sur les fortes rampes). L’omnibus à pétrole Panhard et Levassor peut traîner un poids de 1400 kilogrammes à la vitesse moyenne de 10 kilomètres à 10km,55 (16 à 18 kilomètres en palier et 4 kilomètres sur les fortes rampes).
- Le camion de Dietrich porte une charge de 15 000 kilogrammes à la vitesse moyenne de 10 kilomètres à l’heure. La Pauline à vapeur de Dion et Routon porte une charge de 2500 kilogrammes et peut faire 14 kilomètres à l'heure en palier. Le train de marchandises Scotte porte un poids de 420 kilogrammes à une vitesse de 7 kilomètres par heure.
- Et nous ne sommes qu’au début. Aon seulement la question est résolue, mais on a l’embarras du choix.
- Donc, le jour où il le voudra, le ministre de la guerre pourra remplacer la traction animale par la traction mécanique pour toutes les voitures des trains, des convois ou des parcs. Il réalisera ainsi, outre tous les avantages déjà mentionnés, une notable économie de chevaux. Un seul corps d’armée utilise plus de 5000 chevaux pour ses sections de munitions, son parc et son convoi administratif. Or nous sommes pauvres en chevaux et la réquisition prévoit l’emploi de la totalité de nos ressources!
- Malgré tous ces avantages, doit-on espérer cette transformation dans un avenir rapproché? On aurait tort de craindre la routine administrative, mais il s’agirait d’engager fortement les deniers de l’État.
- Déjà on ne sait comment terminer la transformation de notre artillerie de campagne. Ce n’est pas au moment où les millions manquent pour une dépense si utile qu’on peut espérer en trouver pour des automobiles. 11 est cependant un moyen d’atteindre ce but sans grandes dépenses et sans encombrer nos hangars de machines qui, ne fonctionnant pas régulièrement, seraient mal entretenues et inutilisables en temps de guerre. Des moteurs bons aujourd’hui peuvent être inférieurs demain.
- L’armée n’a qu’à favoriser le développement de l'automobilisme et à en profiter. Elle devrait encourager les fabricants d'automobiles à construire des moteurs utilisables pour les voitures militaires actuellement existantes ; la marine encourage bien la construction de bateaux de commerce pouvant être armés en cas de guerre. Autrefois on subventionnait des cultivateurs pour l’entretien des chevaux de réquisition. On devrait user, s’il est nécessaire, de moyens analogues pour les automobiles et préparer leur réquisition comme on prépare celle des chevaux. D’autre part, si on utilise les automobiles, il faudra modifier l’organisation des convois et des parcs.
- Ces modifications s’imposent d’autant que l’on prévoit avec le nouvel armement une consommation plus grande de munitions. Et sans aller jusqu’à prédire le jour où pièces et caissons rouleront à travers champs sans chevaux, on peut affirmer que la traction automobile remplacera dans une large mesure la traction animale comme la navigation à vapeur a remplacé celle à voile.
- Il serait dommage qu’à ce point de vue notre armée se laissât devancer par les autres nations.
- Félix IIegkault.
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- LA NATURE.
- LE PLATEAU DES BOLOVENS
- Depuis que nous occupons le Laos il a été souvent question du plateau des Bolovens. Pourtant il n’a été (pie rarement et incomplètement exploré, si bien (pic, jusque dans ces derniers temps, un certain mystère a pu planer sur ces hautes terres dont on aperçoit la longue ligne bleue quand on remonte le Mékong de Khong à Bassac. Les voyageurs qui ont parcouru le plateau ont vanté la douceur du climat, la richesse de la végétation, la beauté des plaines, l’abondance de l’eau.
- On s’est demandé si l’on ne pouvait tirer parti de cet Eldorado. Ne serait-il pas possible d’y faire des pâturages, d’y élever des buffles, des boeufs, en créant de grands parcs et de développer le peu de commerce qui s’y fait? C’est à ces questions que nous allons tâcher de répondre; mais auparavant il nous semble nécessaire de faire une rapide description de ce massif encore peu connu.
- Le plateau des Bolovens occupe l’espace circulaire limité à l’ouest par le Mékong, au nord-ouest et au nord par la Sédon, à l’est par la Sékong et au sud par le chemin qui relie Attopeu à Bassac. Sa largeur est à peu près égale à sa longueur; on l’évalue à 100 kilomètres environ.
- Ce massif est formé de deux plateaux superposés, s’élevant le premier à une hauteur qui varie de 5 à 800 mètres, le second à 1200 mètres. Le plateau le moins élevé est facilement accessible. Il est plus difficile d’atteindre le second; c’est une vaste plaine inhabitable, d’une vingtaine de kilomètres de diamètre, à laquelle ses dimensions ont valu de la part
- des Laotiens le nomfde Plaine royale, et son altitude celui de Plaine d’en haut.
- Du plateau sortent de nombreux cours d’eau, affluents de la Sédon ou de la Sékong. Deux des plus grosses rivières ont leurs sources dans un étang situé au milieu de la Plaine royale; ce sont l’iloué Set et l’Houé Champi. Pendant une grande partie de l’année l’étang est à sec, mais pendant la saison des pluies il y a à cet endroit plus de 2 mètres d’eau.
- Les deux plateaux ont un aspect fort différent. Le premier est couvert de magnifiques forêts qu’entrecoupent de vastes prairies arrosées par de belles eaux claires et limpides. La végétation est magnifique. Les chênes s ’ y mêlent aux char-mes^et aux châtaigniers. Les prés sont parsemés de fleurs de violettes, de boutons d’or, de renoncules qui font songer à nos prairies de France. La Plaine royale a l’aspect triste et monotone. Par ses plis de terrain elle rappelle le camp de Chàlons. Le sol est rougeâtre, rocailleux, la terre est argileuse, mais la couche paraît peu profonde. La végétation n’est ni aussi luxuriante ni aussi abondante que sur le premier plateau. Il n’y a que très peu d’arbres. Çà et là émergent quelques collines auxquelles leur base complètement dénudée et leur sommet couvert d’arbres donnent un aspect bizarre. L’herbe est belle et mêlée à de nombreuses fougères arborescentes. Pendant la saison des pluies l’eau s’y trouve en abondance et de grandes parties en sont même inondées : pendant la saison sèche elle y est rare, les étangs et les rivières se trouvant presque à sec.
- La température et le régime des pluies sont à peu près les mêmes que dans les régions voisines. Au
- Saravane à
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- Fig. 1. — Carte du Laos.
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- LA NATURE.
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- sommet du plateau, quelques matinées d’hiver sont très fraîches; le thermomètre descend jusqu a 8° au-dessus de zéro et peut être plus has encore. On y remarque aussi le phénomène de la rosée.
- On a donné au pays le nom de Plateau des Rolo-vens d’après la principale trihu Kha qui l’hahite. Les Khas de cette région sont doux, hospitaliers. Ils ne se livrent guère qu’à la culture du riz qui exige sur ces hauts plateaux boisés de grands travaux de défrichement très pénibles. Les villages sont clairsemés et sans importance; ils ne comprennent qu’une douzaine d'habitations en moyenne. La région est peu peuplée. On ne compte guère plus de 6000 Khas Bolovens. La partie nord du plateau est la plus habi-
- tée. C’est là que se trouve le plus gros village de tout le massif, Ban Da Sia, qui comprend avec les agglomérations voisines plus de cent maisons. Les habitants, des Soués, se livrent en même temps que quelques Khas des environs à la culture du cardamome.
- Le plateau est traversé par de nombreux sentiers qui relient entre eux les centres laotiens de Bassac sur le Mékong, Kham Tliong Niai et Saravane sur la Sédon et Àttopeu sur la Sékong. Ce sont des chemins praticables pour la plupart aux chevaux, aux bœufs et aux éléphants.
- Ce grand massif des Bolovens fut signalé pour la première fois en 1866 par la Commission française
- Fig. 2. — Un groupe de Laotiens et de Laotiennes.
- que présidait Boudart de Lagréc, Francis Garnier donna le nom de Pic de Lagrée à une montagne de forme conique située à l’angle le plus sud du massif. A la fin de l’année 1866 Doudart de Lagrée en fit le tour, mais sans pénétrer sur le plateau. Il est du reste indiqué sur la carte dressée par la Commission française comme volcanique, inhabité et ayant une hauteur moyenne de 950 mètres.
- C’est à M. le Dr Harmand que revient l’honneur d’avoir gravi le premier les pentes du plateau. En 1877 il l’a traversé entièrement de la Sékong à Bassac, c’est-à-dire du nord-est au sud-ouest. M. le Dr Harmand a laissé de son excursion une relation très intéressante. Ce qu’il a vu l’a enthousiasmé. « Si j’étais riche, dit-il, j’achèterais au roi de Bangkok ce coin perdu de ses immenses possessions
- et je viendrais m’y établir avec quelques Français. Il n’y a pas de parc qui vaudrait celui-ci. Tous les fruits, tous les légumes de l’Europe méridionale y pousseraient à plaisir et, sans la difficulté des débouchés, quelle belle colonie on pourrait créer! »
- En 1891, M. le capitaine de Malglaive traverse le plateau du nord au sud-est, de Saravane à Atto-peu.
- Plus récemment, en 1895, M. Domhret, agent à Bassac du Syndicat du Laos, a parcouru le plateau. S’occupant le premier d’une façon sérieuse de l’avenir commercial de la contrée, M. Domhret s’est demandé si l’élevage en grand des buffles et des bœufs sur le plateau ne pourrait y réussir. Voici ce qu’il dit à ce sujet : « Sans exagération aucune, cette plaine (la Plaine royale) peut contenir 50000, 40 000 (et plus)
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- h'tes de bétail. Les ennemis contre l’installation de pacages paraissent être les suivants :
- « 1° Le froid; 2° les sangsues; 5° le tigre; 4° la sécheresse; 5° l’impossibilité des rizières pour les indigènes; 6° l’incendie; 7° la rareté de la main-d’œuvre; 8° l’épizootie.
- a Ce sont là des problèmes bien difficiles à résoudre; il n’y aurait que la pratique qui pourrait donner la solution juste, le séjour, d’une année en cette plaine avec un léger troupeau. Une étude de cette sorte coûterait 50000 francs au plus. »
- Ce rapport fait connaître ensuite comment on pourrait remédier à la plupart des inconvénients énumérés. Nous croyons que le meilleur moyen d’en supprimer le plus grand nombre serait de ne pas faire cet essai d’élevage sur le second plateau, mais de rester sur le premier. Pourquoi en effet ne pas le tenter plutôt dans quelques-unes de ces jolies et riantes prairies qui entourent la Plaine royale du coté du nord-est? Il y a là, vers les sources de la Séka-Tam, au pied des petites montagnes qui séparent le bassin de la Sédon de celui de la Sékong de grandes prairies formant ensemble une étendue de terrain comparable à celle de la Plaine elle-même. On y trouve de l’eau, même pendant la saison sèche, en petite quantité, il est vrai, mais c’est de l’eau courante. Pendant la saison des pluies, pas d’inondation. Seules les cuvettes formant les étangs ont beaucoup d’eau. L’herbe est fort belle et comestible. Des arbres donnent une ombre que l’on chercherait en vain sur la Plaine royale. Enfin un village d’une trentaine d’habitations se trouve à proximité.
- Quoi qu’il en soit, il y a là une entreprise intéressante et rémunératrice à tenter. Peu importe que l’essai en soit fait sur le premier ou sur le second plateau, dans telle ou telle plaine; pour le moment, l’essentiel serait que ce projet fût réalisé. Ce serait là peut-être une source de richesse pour ce pays qu’on s’accorde à trouver si pauvre. L’exportation actuelle des bœufs et des buffles du Laos vers le Cambodge et la Cochinchine diminuera bientôt si personne ne s’occupe sérieusement de la reproduction.
- Le commerce de la région des Bolovens est insignifiant. On ne peut, en effet, appeler commerce le faible trafic (pie font entre eux les Khas, habitants du plateau, et les Laotiens, habitants des vallées, trafic limité du reste aux besoins locaux. Les Khas, gens superstitieux et timides, n’aiment guère quitter leurs massifs montagneux. Ils craignent les Laotiens dont ils redoutent les exactions. Ce sont ces derniers (pii vont porter chez eux des tissus, des sampots, des robes et surtout du sel, seuls objets (pii leur soient indispensables. Les tissus et les sampots sont de fabrication anglaise ou indienne, les robes sont faites dans les villages laotiens, le sel vient d’Oubone. Les Khas ne font généralement pas d’achats. Ils donnent en échange de ces objets les produits de leur pays. Ce sont : du tabac, du piment, des nattes en rotin, des paniers, de la cire, des peaux de buffles, de cerfs, de tigres, des cornes de rhinocéros et de
- cerfs (cornes médicinales) et enfin du cardamome, le seul produit du plateau qui donne lieu à un commerce un peu important.
- Le cardamome est une graine très employée dans les préparations médicinales chinoises. L’arbuste est cultivé par les Soués et les Khas du nord du plateau; Ran Da Sia est le centre de la production. C’est là <pie se rendent tous les ans, au moment de la récolte, les Chinois de la Sédon et quelques commerçants laotiens; ils y concentrent tout ce qu’ils ont pu acheter dans les villages des environs. De là ils font descendre les graines jusqu'à la Sédon au moyen de bœufs porteurs ou d’éléphants. Le cardamome est expédié ensuite par le fleuve soit sur Stung Treng et Pnom Penh, soit sur Oubone et de là par terre sur Korat; mais une très faillie quantité seulement s’échappe par Oubone. La récolte presque entière est vendue au Cambodge et en Cochinchine.
- En 1895 la production a été de 2000 piculs ou 120 tonnes (récolte moyenne). Le prix d’achat sur le plateau de 17 ticaux (27fr,54)les 60 kilogrammes. Le prix de vente à Pnom Penh de 17 piastres (45fl ,90). Le bénéfice pour quelqu’un qui aurait pu accaparer tout le stock eût donc été cette année-là de 56 720 francs ou de 20 000 francs environ en déduisant les frais de transport, d’emmagasinage, de commission, etc. La récolte varie chaque année. En 1896 la production n’a pas dépassé 900 piculs ou 54 tonnes (mauvaise récolte). Le bénéfice aurait été réduit à 20000 francs et, en défalquant les frais, il serait tombé à 10 000 francs environ. En 1897 et en 1898 les récoltes ont été meilleures, 1600 et 5000 piculs (belle récolte), soit 96 et 180 tonnes.
- C’est là tout le commerce de ces contrées. Tâchons de le développer en améliorant les routes, en assurant la tranquillité du pays quelquefois encore parcouru par des bandes de voleurs, en donnant confiance aux Khas, c’est-à-dire ea les attirant peu à peu à nous et surtout en les protégeant contre les Laotiens trop habitués à les opprimer. C’est ainsique l’influence française se fera le plus utilement sentir dans ces régions encore peu connues qui avoisinent le
- plateau des Bolovens. Un habitant du Laos.
- ——
- LES RADIATIONS COLORÉES
- ET LE SYSTÈME NERVEUX
- 11 y a longtemps que l’on prétend que la lumière colorée possède sur l’homme et les animaux une action spéciale. On a fait un peu partout des observations qui nous paraissent sujettes à caution. Des animaux inférieurs, par exemple, augmenteraient de poids plus vite dans la lumière violette que dans la lumière blanche. On a cité des expériences entreprises en Amérique sur des veaux que l’on enfermait dans des étables éclairées par des vitraux bleus. Ces veaux auraient engraissé plus vite qu’à la lumière blanche. Il faut se hâter d’ajouter qu’ailleurs on a obtenu des résultats différents. On ne saurait se prononcer sur ces essais puisqu’on connaît mal dans quelles conditions on a opéré. M. Flammarion, tout dernièrement, en expérimentant sur des vers à soie, a trouvé que le minimum de
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- LA NATURE.
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- croissance, le minimum de poids des cocons correspondaient aux radiations violet pourpre. La lumière colorée sombre, celle qui correspond à l’extrémité violette du spectre, paraîtrait plutôt défavorable à la croissance des animaux et des végétaux. La question reste encore à élucider.
- L’influence des radiations colorées sur le système nerveux a été étudiée de même très sommairement. Les opinions s’accordent mieux dans cette direction ; mais encore est-il qu’il ne faut les accepter aussi que sous réserve. Elles seraient excitantes ou calmantes selon la région du spectre auquel elles appartiennent. Le rouge serait très excitant, le violet, le bleu, le vert, calmants. On sait bien, en effet, que le rouge excite le taureau, le dindon. Au contraire, les lunettes à verres bleu foncé ont été souvent employées pour calmer les chevaux emportés. Le comte Schlaffer, seigneur mecklembourgeois, qui s’occupait de l’élevage des chevaux, était arrivé, a-t-on affirmé, il y a une vingtaine d’années, par ce procédé original, à d’excellents résultats.
- Wundt avait noté, il y a déjà longtemps, que les différents rayons du spectre agissent différemment sur nos nerfs. Le Dr Douza a tenté de guérir certains psychopathes par l’influence de la lumière. Dans une chambre tendue de rouge, à vitres rouges, « je fis, raconte-t-il, coucher un lypémaniaque qui, depuis longtemps, était sombre, affecté d’un délire taciturne et mangeant rarement de sa propre initiative. Trois heures après son installation dans la chambre rouge, on le trouva souriant, gai, et il demanda à manger ». Un autre malade, également lypémaniaque et séthiophobe, demeurait tout le jour les mains crispées contre la bouche pour empêcher, à ce qu’il prétendait, l’introduction de l’air empoisonné. On le plaça dans la chambre rouge. Dès le lendemain, il se levait gaiement, mangeait avec appétit, et il rentrait chez lui guéri, une semaine plus tard. Réciproquement, un maniaque, très agité et maintenu avec la camisole, fut envoyé à la chambre bleue, et, moins d’une heure après, on le trouva très calme. Un autre aliéné fut couché dans une chambre violette. Dès le lendemain il se sentait guéri, et, de fait, il est resté depuis bien portant.
- Nous reproduisons ces exemples, tout en les trouvant sans doute un peu trop rapidement probants à notre gré ; mais enfin ce sont des contributions à une étude qui n’a peut-être pas été suffisamment poursuivie. M. Dor, dans un travail postérieur, a trouvé aussi que le rouge excitait et que le vert calmait. 11 a provoqué avec le rouge des excitations allant jusqu’au vertige chez des neurasthéniques auxquels on faisait fixer une surface rouge, alors qu’avec le vert, on n’obtenait aucun changement dans l’état du sujet. M. le Dr Feré a trouvé des résultats analogues.
- Le fait qui nous paraît le plus probant dans cet ordre d’idées est tout récent et il a été communiqué par MM. Lumière, de Lyon. On fabrique à l’usine de Lyon une très grande quantité de plaques photographiques et la fabrication se fait dans une salle éclairée par des flammes vertes. Or, il paraît qu'autrefois, quand les ouvriers travaillaient toute la journée dans les ateliers éclairés uniquement en rouge, ils se mettaient à chanter, à gesticuler, etc. Depuis qu’ils travaillent au vert, ils sont devenus calmes, ne parlent plus et prétendent qu’ils sont, le soir, beaucoup moins fatigués qu’autrefois.
- M. Raffegeau a constaté, à l’établissement hydrothérapique du Yésinet, des résultats confirmatifs. Quelques heures passées dans une chambre violette amènent un effet sédatif; le séjour prolongé dans la chambre rouge produit invariablement de l’excitation. Certaines per-
- sonnes vont bien dans la chambre bleue, mal dans la chambre rouge, et inversement.
- 11 résulte de tout cela qu’il pourrait bien se faire qu’en réalité la couleur jouât un rôle sur notre système nerveux. Et, d’ailleurs, quel est le névropathe qui n’a observé l’action, sur son état général, d’un jour sombre? Par ciel nébuleux, il est triste, maladif, il souffre; au premier rayon de soleil, il redevient gai et son malaise disparaît.
- Peut-être n’est-ce pas sans raison que la nature a donné aux feuilles des .arbres et des plantes une teinte verte; de même qu’elle a fait le ciel bleu et la mer azurée. Rien ne repose l’esprit et la vue comme une belle prairie, une forêt, un horizon verdoyant. Malgré ces remarques et ces différentes constatations plus ou moins certaines, on ne saurait être encore trop prudent dans les conclusions relatives au rôle des couleurs sur l’organisme. 11 sera bon de multiplier les expériences. Si elles étaient probantes, nous disposerions d’une thérapeutique commode qui ne serait pas sans rendre des services à beaucoup de malades et de neurasthéniques. Henri de Par ville.
- LA PENSÉE
- PEUT-ON AGGRAVER SON MAL EN V PENSANT TROP?
- De tout temps, le populaire a eu la ferme croyance, que de penser constamment à une partie du corps ou à un organe, produisait de ce côté un effet néfaste ou que, s’il s’agissait d’un endroit ou d’un organe déjà malade, il en résultait une aggravation locale ; mais au point de vue médical ou physiologique les preuves de cette croyance populaire ont été jusqu’à présent rares et discutables.
- Le professeur Carpentier a été, d’après notre confrère anglais The Lancet qui a soulevé cette question dernièrement, le premier à faire remarquer et à démontrer expérimentalement que la concentration delà pensée localisée chez le même sujet sur une partie du corps pouvait y produire une hyperémie locale accompagnée de démangeaisons et d’élancements sans arriver à une inflammation.
- On peut concevoir, en effet, facilement qu’une tension de l’esprit dirigé vers un point particulier de l’organisme puisse modifier l’afflux sanguin vers cette partie.
- Si on admet cela comme possible, et il n’y a pas de raisons qui s'y opposent, on peut logiquement déduire que ce léger désordre initial pourra amener plus tard des changements morbides ou y prédisposer. Mais les cas produits ou qui pourraient être élucidés au moyen de la théorie exposée ci-dessus, sont, il faut l’avouer, très peu nombreux.
- D’après The Lancet, M. AV. II. Bermett a cité, dans une conférence clinique tenue à Saint-George’s Hospital, deux cas très probables, et suggestifs s’ils ne sont pas concluants.
- 11 s’agit dans chacun de ces cas d’une tumeur, dont le volume augmenta d’une manière rapide, à la suite d’une préoccupation constante de l’esprit du malade sur son mal et d’une attention perpétuelle à la partie malade.
- D’autre part, on a quelques exemples que des médecins ou des chirurgiens, s'étant adonnés d’une manière toute spéciale à l’étude et au traitement de tel ou tel organe ou de telle ou telle affection, aient subi un commencement de la maladie vers laquelle s’étaient portées leurs études.
- Ces exemples sont en assez petit nombre, pour ne pas dépasser les moyennes ordinaires de la probabilité.
- C’est heureux, car si l’on pouvait donner à cette opinion des traces certaines, les adeptes de la profession médicale y regarderaient à deux fois avant de se spécialiser, surtout quand il s’agit des maladies les plus douloureuses ou les plus désagréables. Yiburon.
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- LA NATURE.
- DISTRIBUTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- EN ALLEMAGNE
- La distribution de l’énergie électrique a pris depuis quelques années en Allemagne un développement extraordinaire. Nous avons eu la bonne fortune d’aller dans ce pays en 1898, avec M. Ch. Dos, en mission municipale pour la ville de Paris, afin de visiter les principales installations électriques et apprécier les progrès accomplis.
- Nous avons rapporté un grand nombre de documents intéressants, qui nous ont permis de publier1 récemment une étude complète de la distribution de l’énergie électrique ; nous désirons dire ici quelques mots des installations électriques.
- En Allemagne, l’énergie électrique est distribuée partout et utilisée pour les applications les plus diverses, éclairage, force motrice, appareils divers, traction; seul le chauffage électrique n’est pas encore très employé, mais on commence à installer ades appareils
- Les systèmes de distribution sont les systèmes ordinaires à courants continus à 2, 3 et 5 fils, à courants alternatifs, à courants polyphasés, ainsi que les systèmes mixtes à courants continus polyphasés. Les transmissions à distance commencent à se développer, à courants , polyphasés, et avec des tensions de 5 à 10 000 volts. Les usines sont toujours installées en général dans des conditions grandioses, avec des salles de chauffe, de machines et de distribution bien aménagées, bien disposées et forte-
- 1 La distribution de l'énergie électrique en Allemagne, par MM. Ch. Bos et Laffabgüe. Grand in-8 avec illustrations, à la librairie Masson et Cie, à Paris.
- ment aérées. Au 1er juillet 1894, il existait en Allemagne 148 stations centrales d’une puissance totale de 58 355 kilowatts; au Ie* mars 1898, on comptait 575 installations d’une puissance totale de 111558 kilowatts. Au 1er mars 1899, il y avait 489 stations centrales d’une puissance totale de 168 220 kilowatts, desservant 1940 744 lampes à incandescence de 50 watts, 41172 lampes à arc de 10 ampères et un nombre total de moteurs et d’appareils électriques divers correspondant à une puissance de
- 50510 kilowatts. Aces installations il faut encore ajouter les usines de traction électrique. A la fin de 1891, trois villes seulement possédaient un réseau de traction électrique. Au 1er janvier 1899, 77 villes avaient des tramways électriques sur une longueur totale de 1429 kilomètres et possédaient pour cette application des usines d’une puissance totale de 38 451 kilowatts. Les voitures automotrices étaient au nombre de 3190.
- Parmi les différentes stations centrales dont nous venons de parler, les unes fournissent l’énergie électrique pour toutes les applications, éclairage, force motrice , appareils divers chez les abonnés, éclairage public et service public de traction. Nous avons pu visiter des installations fort intéressantes à ce sujet à Berlin, à Hambourg et à Frankfurt-sur-le-Mein.
- A Berlin, les usines sont au nombre de 5 dont une sous-station et ont une puissance totale de 21 324 kilowatts. Toutes ces usines sont bien disposées, et la place a été bien utilisée. On est saisi de l’état de propreté dans lequel se trouvent tous les appareils qui sont utilisés à chaque instant. Nous ne pouvons insister ici sur tous les détails relatifs au fonctionnement des usines, aux canalisations extérieures et
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- LA NATURE.
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- intérieures. Nous donnons dans la figure 1 la vue intérieure de la station centrale de Mauerstrasse. Qu’il nous suffise d’indiquer aussi qu’à la lin de 1898, la Société des usines de Berlin comptait 5432 abonnés chez lesquels se voient 229 858 lampes à incandescence, 10314 lampes à arc,
- 2873 moteurs d’une puissance totale de 10502 chevaux et 505 appareils divers.
- En 1897-1898, le prix de vente moyen du kilowatt-heure a été de 0fr,2913, en comptant comme prix fondamentaux 0fr,75 pour l'éclairage, 0rr, 20 pour les applications diverses et 0fr,125 pour la traction électrique.
- A Hambourg, l’énergie électrique est distribuée par deux usines dont l’une surtout, située en dehors de la ville, est remarquable. La figure 2 représente
- une vue d’ensemble des machines à vapeur commandant directement les machines dynamos. Toutes les
- observations que nous avons faites plus haut s’appliquent égale -ment aux autres usines que nous avons visitées et parmi lesquelles nous citerons Munich, Hanovre , Heilbronn, Aix-la-Chapelle, Remscheid, Géra, Liegnitz, etc.
- A côté des sta-tions centrales qui alimentent à la fois le réseau de distribution et le réseau de traction, nous en trouvons qui ne desservent que le premier de ces réseaux. Nous trouvons là aussi des installations intéressantes, notamment à Cologne où la station centrale appartient à la ville et effectue la distribution par courants alternatifs. Mentionnons également les villes de Brcslau, Bremen, Barmen, Erding, Nürem-
- trou-
- Fig. 3. — Tramway électrique de Barmen sur une rampe de 14 pour 100.
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- LA NATURE.
- berg, Pforzheim, Stettin, Dortmund, Düsseldorf, Leipzig. Il existe également un certain nombre d’installations à gaz pauvre et à gaz riche.
- La traction électrique occupe également une grande place dans les applications de l’énergie électrique. Nous avons indiqué plus haut quelques chiffres statistiques qui fixent les idées. Nous avons pu visiter plusieurs installations spéciales de traction de la Société Siemens et Ilalske, de l’Allgemeine elektricitàts Gesellsehaft et de l’Union E. G. La figure 5 nous donne une vue du tramway électrique de Rarmen sur une rampe de 14 pour 100.
- Nous avons donné dans notre ouvrage divers renseignements sur les canalisations extérieures, sur l’appareillage, sur les canalisations intérieures, ainsi que sur les appareils d’utilisation.
- Les dépenses d’installation par kilowatt utile sont assez variables. On trouve à Altona une dépense de 2411,8 marks par kw, et à Elberfeld une dépense de 1466,2 marks par kw; la puissance installée est respectivement de 854 et 670 kilowatts. A Berlin, où la puissance mise en jeu est de 17 611 kilowatts, la dépense d’installation est de 1552 marks par kw; à Konigsberg (785 kw), elle est de 1592 marks par kw.
- Le prix de revient du kilowatt-heure distribué, non compris intérêts et amortissement du capital, varie de 0r‘, 104 à 0fl ,518. On compte en moyenne une dépense de 0fr,048 pour le charbon, de 0fr,0045 pour le graissage, de 0fr,0541 pour les salaires, de 0lr,0125 pour l’entretien et de 0fr,04 pour divers.
- D’après les quelques renseignements que nous venons de donner, on peut voir que la distribution de l’énergie électrique est très développée en Allemagne, et que le prix de vente en est peu élevé.
- J. Laffargue.
- CULTURES DÉROBÉES D’AUTOMNE
- ii
- LEUR EFFICACITÉ COMME ENGRAIS VERT
- J’ai montré, dans un article précédent1, que si l’on semait, immédiatement après la moisson, une légumineuse telle que la vesce, sur les chaumes de blé, on pouvait recueillir, trois mois après, à la fin d’octobre, une masse de matières végétales, représentant 20 à 40 tonnes de fumier de ferme. C’est là, en effet, ce qu’on a recueilli à l’automne de 1897, qui avait été particulièrement humide. Naturellement, quand l’automne est sec, les cultures dérobées réussissent moins bien ; mais, ainsi que je l’ai dit déjà, depuis huit ans que tous les automnes j’ensemence mes chaumes de blé, il ne m’est arrivé qu’une fois, en 1895, de subir un échec complet; toutes les autres années, on a obtenu un poids de fourrage vert d’une valeur supérieure à celle de la semence employée.
- Je suppose qu’un cultivateur ait semé de la vesce qu’il veuille employer comme engrais vert; que doit-il faire?
- __ Faut-il l’enfouir dès l’automne, ou au contraire la
- laisser sur pied pendant l’hiver pour ne l’enfouir qu’au printemps?
- Il n’y a pas à hésiter. Il faut enfouir à l’automne ; sans
- 1 Yov. n° 1375, du 16 septembre 1899, p. 246.
- doute si l’hiver est pluvieux, les eaux de drainage, au-dessous des terres nues, seront un peu plus abondantes qu’au-dessous des terres garnies de vesce, mais les différences seront minimes, car les plantes assez malingres qui passent l’hiver évaporent mal; les eaux seront, au reste, très peu chargées de nitrates, la terre s’est refroidie, les organismes nitrifiants, engourdis par le froid, ne travaillent plus guère, et comme pendant l’automne, au moment où leur activité est à son maximum, on leur a créé un milieu sec, défavorable, la quantité de nitrates perdue sera devenue insignifiante.
- Si, au point de vue des déperditions d’azote, il est à peu près indifférent de laisser la vesce sur pied pendant l’hiver ou de l’enfouir dès l’automne, il n’en est plus de même quant à l’utilisation de l’azote qu’elle renferme.
- Celui-ci, avant d’apparaître sous la forme assimilable de nitrates, passe par une série de combinaisons qui ne se succèdent les unes aux autres qu’avec une certaine lenteur. Une plante verte enfouie dans la terre y est d’abord la proie de moisissures variées, qui utilisent à leur profit la matière azotée; ces champignons meurent à leur tour, et leurs tissus sont attaqués par les bactéries productrices d’ammoniaque; celle-ci enfin est successivement brûlée par les monades nitreuses qui en fabriquent des nitrites; oxydés à leur tour, sous l’influence de bactéries spéciales, ces nitrites deviennent nitrates et peuvent être soit utilisés par les végétaux, soit entraînés par les eaux de drainage, s’ils apparaissent dans une terre dépouillée de végétaux.
- Pour suivre aisément cette série de métamorphoses, j’ai enfoui, il y a déjà plusieurs années, de la vesce dans de grands pots pouvant contenir 50 kilogrammes de terre environ; cet enfouissement a eu lieu en novembre; et, dans d’autres pots semblables, j’ai enfoui seulement en mars un mélange de trèfle et de moutarde.
- Ces pots restaient dehors, exposés à la pluie; ils ne furent pas ensemencés l’année qui suivit l’enfouissement de l’engrais vert, de façon qu’on put recueillir complètement les nitrates entraînés par les eaux de drainage; celles-ci arrivaient dans de grands vases de verre, on les mesurait et on les soumettait à l’analyse à intervalles réguliers1.
- Quelques pots de terre semblable ne reçurent pas d’engrais vert et servaient de témoins.
- Pendant l’hiver et le premier printemps, les eaux présentèrent à peu près la même composition qu’elles vinssent des pots où la vesce avait été enfouie, de ceux qui portaient la moutarde et le trèfle encore debout, ou des terres nues sans addition, et c’était déjà là un point important, car il est clair que si l’azote contenu dans l’engrais vert apparaissait en février ou en mars, avant que les cultures printanières ne fussent établies, l’avantage de l’enfouissement diminuait beaucoup. Ce fut seulement vers les mois d’avril et de mai que les nitrates provenant de l’azote de la vesce se montrèrent; on trouva pendant tout l’été et au commencement de l’automne un surcroît de nitrates dans les eaux provenant des terres où la vesce avait été enfouie, et on eut ainsi une preuve frappante de l’efficacité des engrais verts.
- Les eaux qui s’écoulèrent des vases qui avaient reçu comme engrais, au mois de mars, le trèfle et la moutarde restèrent, pendant tout l’été, aussi pauvres que celles qui provenaient des terres non fumées, et ce fut seulement à la fin d’octobre que tout à coup elles présentèrent une grande richesse attestant qu’enfin la matière azotée,
- 1 Ann. agron. Tome XIX, p. 593, 1893.
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- LA N AT UH K.
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- enfouie au printemps, avait évolué. Les nitrates ainsi formés auraient apparu trop tard pour présenter la moindre utilité, car à cette époque de l’année, toutes les cultures sont terminées, les récoltes faites. Cette expérience démontrait donc clairement que pour tirer bon parti des cultures dérobées, il faut les enterrer dès l’automne, et c’est toujours ce que nous faisons au champ d’expériences de Grignon.
- Bien que la démonstration de l’efficacité des engrais verts put se déduire avec assurance de la quantité des nitrates à laquelle avait donné lieu leur décomposition, j’ai été très aise, au commencement de l’année 1898, de trouver une occasion de revenir sur ce sujet.
- Les cultures dérobées de vesce obtenues à l’automne de 1897, avaient été excellentes et cependant inégales comme on a pu le voir sur le dessin qui accompagnait l’article que j’ai consacré récemment ici même à ce sujet, et je résolus de mettre à profit cette inégalité, en plan-
- Bichter’s Imperator. Variété Semenceaux Semenceaux Poulet, de Grignon. Vilmorin.
- Géante
- bleue.
- Professeur Docteur Moercker. Lucius.
- E_J(Ot\>KV. «Sc.
- 1. ltcmlcineul* à l’hectare des pommes de terre de diverses variétés ayant reçu 30 tonnes de fumier et des poids variables d’engrais vert, année 1898. — 2. Poids de vesce enfouie à l’automne de 1897 sur chaque parcelle.
- tant des tubercules de pommes de terre, appartenant à la même variété, alternativement sur une parcelle où la culture dérobée avait été copieuse et sur une autre où elle avait été peu abondante, de façon à voir si le surcroît d’engrais vert se traduirait par une augmentation sensible dans le poids de la récolté. Cet essai a réussi avec une régularité dont on jugera par la figure ci-jointe.
- La hauteur des bandes qui occupent la partie supérieure du dessin, indique le poids des tubercules obtenus sur la surface d’un hectare ; on a placé à côté l’une de l’autre les récoltes des deux parcelles ensemencées avec la même variété, et famées : 1° avec une quantité uniforme de fumier de ferme, 30 tonnes par hectare, mais 2° avec des poids variables de vesce figurés par les bandes qui occupent la partie inférieure du dessin.
- On voit, par exemple, à gauche que la variété Professeur Mœrcker a fourni 30 tonnes de tubercules par hectare, quand la fumure d’engrais vert a été de 1 1 300 kilogrammes et seulement de 20 tonnes quand la fumure a baissé à 8400 kilogrammes de vesce. La seconde variété expérimentée, Dr Lucius, a donné 31 800 kilogrammes jle
- tubercules avec 15 tonnes de vesce enfouie et 23 000 avec 9 tonnes d’engrais vert.
- Il en a été de même avec les Richter’s Imperator, variété préconisée, avec juste raison, par notre regretté confrère de l’Académie, Aimé Girard; quand elle provenait de semenceaux recueillis à Grignon, elle donna 28 800 et 22 100 kilogrammes, suivant qu’elle reçut comme engrais vert 14000 ou 8500 kilogrammes de vesce.
- La comparaison ne s’établit plus aussi bien entre les deux récoltes obtenues des semenceaux pris à la maison Vilmorin, car l’une des deux cultures n’a reçu comme engrais vert qu’une maigre récolte de pois qui avait mal réussi; mais on ne saurait manquer d’être frappe de l'influence décisive qu’exerce la provenance des semenceaux : tandis qu’avec 8500 kilogrammes de vesce, on n’a obtenu des semenceaux de Grignon que 22 100 kilogrammes de tubercules, avec 8200 kilogrammes d’engrais vert, c’est-à-dire un poids sensiblement égal, les semenceaux jirovenant d’une autre culture que la mienne ont donné 30 800 kilogrammes de tubercules. Le dessin montre encore que pour la Variété Poulet, ou pour la Géante Bleue, les récoltes ont toujours été d’accord avec l’engrais vert, croissant à mesure que celui-ci était plus abondant.
- L’expérience dont nous venons d’indiquer les résultats mérite de frapper l’attention.
- Nous avons à craindre à l’automne une nitrification intempestive, donnant à l’azote du sol, une forme sous laquelle il est essentiellement mobile, entraînable par les eaux qui traversent la terre. Nous savons que ces nitrates j ne se forment et ne sont entraînés que parce que la terre est humide, et elle l’est parce qu’elle est découverte. Ensemençons-la ; tout change. Notre matière azotée persiste sous sa forme insoluble, elle est en réserve pour les besoins des récoltes futures.
- L’appauvrissement n’a pas lieu ; bien plus la plante ensemencée est une légumineuse qui puise de l’azote dans l’air, elle croît rapidement; en septembre, tous nos chaumes sont transformas en prairie verdoyante; en octobre, nous amenons le fumier, puis nous enfouissons, dans les sillons que trace la charrue, engrais vert et fumier ; au printemps, nous plantons les pommes de terre ou nous semons les betteraves qui profitent si bien de la fumure verte que la récolte croît avec la quantité distribuée.
- Si la pratique des cultures dérobées d’automne se généralisait, elle exercerait une action décisive sur la fertilité de notre pays. Nous n’employons guère chaque année que 100 millions de tonnes de fumier.... Imaginons que nos 7 millions d’hectares de froment reçoivent tous une culture dérobée de vesce, il suffirait d’une production de 7 tonnes de vesce par hectare pour que nos fumures crussent de moitié ! Sans doute, on ne réussira pas tous les ans, mais les automnes humides sont très fréquents en France, et dès lors il convient de préconiser les cultures dérobées de légumineuses, d’encourager les culti* valeurs à les essayer, ils y trouveront de grands avantages ! P.-P. DehÉrâIN, de l'Institut.
- U MUSIQUE ET LE GESTE
- Dans un précédent article1, j’ai montré les ressources que fournissaient, pour l’étude de l’expression des passions, les suggestions données à certains sensitifs placés dans la phase dite cataleptique de l’hypnose. Je vais exposer sommairement aujourd’hui les actions produites sur les muscles de quelques
- 1 Yoy. n° 1373, du 16 septembre 1899, p. 252.
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- LA NATURE.
- Fig. 1. — Valse de M. Saraz.
- sensitifs, encore plus rares, par les vibrations musicales. C’est un phénomène déjà connu1 mais qui n’avait point encore été étudié.
- Mlle Lina, que j’ai déjà présentée aux lecteurs de La Nature, possède à un très haut degré cette sensibilité spéciale pour la musique. On peut juger de la beauté de ses attitudes comme de l’intensité de ses expressions dans les figures 1, 2, 3 qui sont des reproductions de photographies instantanées.
- La troisième a été prise pendant qu’on jouait l’air du Final de Faust (Ange pur, ange radieux) ; la jeune femme a pris une figure extatique et elle semble vouloir s’élancer vers le ciel (fîg. 3).
- La planche de la figure 2 a été donnée par l’audition de l’Hymne russe qui est plutôt un chant mystique qu’un chant guerrier.
- Ce qui appela plus spécialement notre attention parmi les nombreux essais que nous fîmes dans l’atelier du maître-peintre Mucha, c’est que, si l’on jouait une danse quelconque non seulement le sujet en exécutait le pas, mais encore il mimait, avec tout son corps, les gestes traditionnels de ces danses : comme le balancement des bras dans les danses bretonnes, les coups de talon dans les bourrées auver-
- 1 Je l’ai constaté moi-même, il y a une dizaine d’années, chez un jeune homme nommé Benoît. Yov, n° 694, du 18 septembre 1886, p. 247.
- gnates, les torsions du bassin dans les danses arabes, les grands saluts dans le menuet, les contractions des doigts dans les habaneras et les fandangos espagnols, etc.
- la rigueur, on pouvait supposer que le sujet puisait celte étonnante faculté dans des souvenirs plus ou moins lointains, bien qu’il affirmât n’avoir jamais rien vu d’analogue ; mais nous eûmes la certitude que notre soupçon était mal fondé quand on lui joua des airs de danse qu’elle ne pouvait certainement pas connaître et que les exécutants avaient recueillis soit au fond de la Pologne, soit dans les tribus sauvages de l’Amérique, soit enfin simplement à l’Exposition de 1889.
- Ceci eut lieu pour la danse javanaise dont notre ami le compositeur Saraz avait noté la musique. Sans rien dire à personne, il l’introduisit dans une composition débutant par une valse mimée par Lina avec des mouvements onduleux d’une grâce extrême dont la figure 1 donne une idée. Dès que le sujet perçut les premières notes de l’air oriental, il s’arrêta net et nous lui vîmes reproduire, par les mouvements de son torse et de ses mains, les contorsions hiératiques que nous avions admirées chez les petites
- Fig. 2. — Hymne russe.
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- LA NATURE.
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- artistes à peau jaune. Nous en avons reproduit aussi les phases principales au moyen du cinématographe.
- C’est cette transformation si frappante qui nous mit, M. Poirée et moi, sur la voie d’une théorie dont voici les grandes lignes.
- En entendant la musique javanaise j’avais été frappé de la répétition fréquente, dans la mélodie, d’une note qui semblait plus spécialement déterminer les contractions des mains, et je constatai que cette note était la quinte du ton dans lequel le morceau était joué ; je constatai ensuite que la note donnée seule déterminait bien ces contractions.
- Les mêmes effets se reproduisaient si l’on changeait de ton.
- J'exécutai alors des gammes ascendantes dans divers tons, après avoir eu soin d’accorder pour ainsi dire les nerfs du sujet au moyen de quelques accords préliminaires, et je reconnus que, pour chacun de ces tons, la note la plus basse remuait les pieds; puis, à mesure que le son montait, on voyait s’agiter successivement les genoux, le bassin, le torse, les bras et les lèvres. L’effet inverse se produisait quand on descendait la gamme. Le mouvement très caractéristique du bassin correspondait à la tierce et nous remarquâmes, en effet, que cette note dominait dans la plupart des airs de danse espagnols et arabes.
- Il n’est pas impossible d’expliquer comment certains sons peuvent déterminer certains mouvements et même certaines émotions.
- Les nombreux travaux faits, depuis quelques années, par Broca, Hitzig, Ferrier, Dumontpal-lier, Bourru, Burot, Binet, Ferré, etc., ont établi le principe sinon le détail des localisations cérébrales, et permis de formuler les conclusions suivantes.
- 1° Notre cerveau peut être considéré à la fois
- comme un appareil récepteur, où s’enregistrent les impressions sensorielles, et comme un appareil moteur qui 'gouverne les mouvements des différentes parties de notre corps, chaque partie de l’instrument ayant une destination spéciale parfaitement connue de notre esprit qui en joue inconsciemment.
- 2° Dans^ certains cas particuliers, cet instrument peut être mis en jeu par d’autres agents : non seulement par des actions exercées sur la surface du cerveau mise à nu, mais par des actions exercées à travers le crâne, quelquefois à distance, et paraissant dues à des vibrations ou à des radiations dont la nature est encore mal définie.
- Il y a, d’autre part, une hypothèse qui tend à s’établir de plus en plus dans la science : c’est l’unité de la matière. Tous les corps ne seraient que des groupements divers des atomes de cette matière toujours en mouvement ; ils ne différeraient entre eux que par la nature des vibrations déterminées par ces groupements.
- S’il en était ainsi on concevrait que les vibrations, propres aux diverses circonvolutions cérébrales, pussent être renforcées ou affaiblies par des vibra-
- Fig. 3. — « Ange pur, ange radieux », dans Faust, de Gounod.
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- LA NATURE.
- lions sonores présentant avec elles des rapports déterminés.
- Ce serait là l’explication d’un mystère qui depuis des siècles préoccupe les praticiens, les physiologistes et les philosophes. Si elle ne résout pas encore la question, elle a du moins le mérite d’ètre basée sur des faits nouveaux. Albert de Hochas.
- LES EXPLOITATIONS DE BORATE DE CHAUX
- AU PÉROU
- L’exploitation du borate de chaux a pris rapidement une importance des plus considérables au Pérou : c’est ainsi qu’en 1890, l’exportation en avait été seulement de 1 179000 kilogrammes, et qu’elle a atteint 11 850000 kilogrammes en 1898, les valeurs respectives étant de 118000 et de 949000 sols (de 5 fr.).
- C’est de 4 ou 5 ans que date la découverte de gisement de borax dans le département d’Arequipa, et, quand on songe aux usages multiples que l'on a trouvés à l’heure actuelle au borax et à ses dérivés, il n’y a pas lieu de s’étonner si cette découverte fut un peu regardée comme un événement, et si elle est venue apporter au pays un élément tout nouveau d’activité et de richesse. Au nord d’Arequipa, et à 75 kilomètres environ, on rencontre une vallée en entonnoir qui porte le nom de Salinas (sans doute par suite des substances qu’on y trouve), et qui a quelque 16 kilomètres de long sur 8 de large. Elle est naturellement comprise entre deux ramifications des Andes, et dominée par les montagnes appelées Misti et l'binas. Les eaux qui descendent des volcans s’arrêtent dans cette vallée et, en s’v évaporant, elles y laissent un dépôt de borate de chaux dont l’épaisseur actuelle varie entre 50 et 50 centimètres. C’est M. S. M. de Ezcurra qui a le premier eu l’idée d’organiser une exploitation dans la vallée de Salinas : l’entreprise était du reste fort audacieuse, car elle se heurtait à des difficultés naturelles considérables : Il fallait, en effet, transporter la matière brute jusqu’à Arcquipa, à dos de lama, à travers une région absolument désolée, au milieu de roches et de laves bouleversées, sans pouvoir utiliser un chemin frayé, et cela à une hauteur de 5500 mètres au-dessus du niveau de la mer, avec une température qui descend parfois à — 18° C.
- Les premières quantités extraites revenaient passablement cher, par suite de ces difficultés de toute nature, et aussi par suite de la rareté du combustible, qu’on remplace souvent, pour la calcination du borate, par des bois et des arbustes du pays: tant et si bien que le borate, rendu à bord des navires dans le port de Mollendo, revenait à 151,r,50 les 1000 kilogrammes. Mais il est vrai que, arrivés à Liverpool, ces mêmes 1000 kilogrammes trouvaient aisément à se vendre 277fr,50, ce qui laissait une assez jolie marge pour le bénéfice de l’exploitant. Comme bientôt les prix de vente s’abaissèrent dans des proportions considérables, il fallut réduire de même le prix de revient, et, pour cela, substituer la calcination sur les lieux mêmes à la calcination à Arequipa. Le four nécessaire fut construit, le succès fut complet, et une nouvelle société boratière se fonda dans la vallée de Salinas, tandis qu’on ouvrait péniblement une route carrossable de ce point à.Arequipa, et qu’on y établissait un service de charrois.
- Si bien que le prix du borate est tombé à 101 francs rcs 1000 kilogrammes rendus à Mollendo. Un syndicat
- anglais vient de racheter toutes les exploitations bora-tières de Salinas, et aussi de nouveaux gisements découverts à Ascotan. 1). Leroy.
- CHRONIQUE
- La fumivorité. — La fumivorité commence à préoccuper tous les pays. D’après le journal Iron and coal Irades Iieview, dans les premiers jours de juin est venue la première poursuite pour absence de fumivorité devant la Eour centrale de police, à Glasgow. Il s’agissait de MM. Arrol, les constructeurs bien connus des ponts et charpentes en fer. Les inspecteurs de la Corporation ont déclaré que, le M mai, la cheminée desservant les chaudières avait émis une fumée excessive pendant quinze minutes sur quarante minutes d’observation. Le magistrat a rendu un verdict de culpabilité et prononcé une amende de 21 shellings. Au dernier Congrès de \a Society of Chemical Industnj, tenu à Newcastle sur Tyne, le président, M. George Beilby,a traité également la question des combustibles et de la fumivorité. Le total du charbon consommé en 1898 dans l'ensemble du Royaume-Uni a été de 157 millions de tonnes, dont 76 millions de tonnes pour la production de la puissance en vue de besoins industriels, 46 millions de tonnes pour la production de la chaleur industrielle et 55 millions de tonnes pour le chauffage domestique. On a proposé divers remèdes pour réduire la consommation en brûlant le charbon d’une façon plus économique. On pourrait d’abord améliorer des agencements pour la combustion du charbon brut et distribution d’air dans les foyers. On pourrait également transformer le charbon brut en combustible sans fumée par traitement préliminaire soit par distillation dans des cornues à gaz, ou dans des fours à coke, soit par conversion en gaz combustible par une combustion partielle dans l’air et la vapeur. Il a été décidé qu’une conférence sur cette question aurait lieu entre les principales sociétés techniques et les industries intéressées.
- Le fumier et les mouches de maison. — On suppose généralement que les mouches communes de maison, qu’on voit en si grand nombre l’été et qui disparaissent avec les premiers froids, sont un fléau qui vient on ne sait d’où et dont il est impossible de se débarrasser. Le Chasseur français nous donne à ce propos d’utiles renseignements. Les savants nous apprennent que ces mouches naissent sur les ordures et sur le fumier, et que, si l’on n’exposait pas à l’air le fumier des chevaux, il n’y aurait pour ainsi dire pas de mouches. La mouche est un animal très sale et on a vu qu’elle pouvait transmettre les épidémies. Au lieu de mettre le fumier des chevaux en tas au grand air, on devrait le mettre dans des caisses ou dans des fosses couvertes au fur et à mesure de sa production ; de celte façon le nombre des mouches diminuerait sensiblement. Une seule écurie, où il n’y a qu’un cheval suffit pour infecter de mouches toutes les maisons voisines. Les mouches pondent leurs œufs en quantités innombrables dans le fumier frais, car dans un pied cube de fumier pris à deux pouces de la surface d’un tas de fumier, on en a trouvé jusqu’à 200. Comme il ne faut que 7 à 8 heures pour faire éclore des petits vers et 10 jours pour leur transformation en mouches parfaites, et comme chaque mouche pond environ 120 œufs par jour, on voit avec quelle rapidité ces animaux peuvent se multiplier lorsqu’ils se trouvent dans des conditions favorables. La mouche a bien ses ennemis naturels parmi les scolopendres et les divers
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- parasites, mais le nombre qu’ils en détruisent est si faible qu’il n’y paraît pour ainsi dire pas.
- Bois incombustible. — Plusieurs de nos lecteurs nous demandent souvent des moyens de rendre les bois incombustibles. M. G. J. Hexamer, devant l’Institut de Franklin, a décrit un procédé pour rendre incombustibles e bois ou les objets en bois travaillés. Les pièces sont préalablement complètement sécbées s’il est nécessaire, puis placées dans un récipient métallique clos avec double enveloppe à circulation de vapeur. La température doit être un peu supérieure à 100°. On extrait l’air et on introduit une dissolution de silicate de potasse ou verre soluble qu’on fait pénétrer dans les pores du bois par une pression de 10 atm maintenue pendant trois heures. Le succès dépend surtout de l’extraction préalable parfaite de la sève et de l’air de l’intérieur du bois. On précipite la silice à l’état insoluble dans les pores par une dissolution de chlorhydrate d’ammoniaque. Cette silice gélatineuse a un effet de préservation très marqué. Ce procédé est peu coûteux. 11 est d’ailleurs des cas ou la dépense est une question secondaire. Ainsi des événements récents ont fait reconnaître la nécessité absolue de rendre incombustibles toutes les parties en bois entrant dans la superstructure des navires de guerre.
- équivalent électro-chimique de l’argent. —
- 11 est très important, pour les mesures de l’intensité des courants, de connaître exactement la valeur de l’équivalent électro-chimique de l’argent. Plusieurs déterminations ont déjà été faites, notamment par MM. Mascart, Lord Rayleigh, Kohlrausch. Il y a quelques années, MM. Pellat et Potier ont trouvé que cet équivalent avait une valeur de 1,1192 milligramme par coulomb. MM. Patterson et Guthe, dans de nouvelles expériences, ont retrouvé exactement cette même valeur.
- Le gaz à l'eau. — Depuis quelques années on cherche beaucoup à utiliser les gaz pauvres et particulièrement le gaz à l’eau, c’est-à-dire le gaz formé d’un mélange d’hydrogène et d’oxyde de carbone qui se produit lorsqu’on fait passer la vapeur d’eau sur du carbone chauffé au rouge vif. Un ingénieur allemand, M. Strache, a publié dans le Gastechniker une étude intéressante sur ce gaz. 11 expose les perfectionnements apportés à la fabrication et à l’emploi du gaz d’eau, perfectionnements grâce auxquels ce gaz serait plus économique et plus hygiénique que tous les autres procédés d’éclairage actuellement connus. La consommation par heure pour 1000 bougies ne serait que de 1,25 mètre cube au lieu de 9,1 mètres cubes pour le gaz de bouille avec bec ordinaire, 2,1 mètres cubes pour ce même gaz avee bec Auer, et 0,7 mètre cube pour l’acctylène. La couleur de la lumière est d’un blanc franc ; les manchons spéciaux soumis à l’action du gaz d’eau durcissent et sont ainsi moins exposés aux accidents que dans le cas du gaz d’éclairage ordinaire. Enfin le mélange d’air et de gaz d’eau ne devient inflammable qu’en présence de 11 pour 100 de gaz, alors que 0 pour 100 de gaz de houille suffisent pour rendre le mélange explosif.
- Le pont de Düsseldorf. — Le Bulletin de la Société des ingénieurs civils donne quelques détails intéressants sur un pont-route qu’on a construit, récemment, sur le Rhin, à Düsseldorf. La longueur totale à franchir était de G00 mètres environ, et il était désirable de conserver une passe navigable de 180 mètres au moins de largeur. L’ouvrage comporte en conséquence : 1° deux arches métalliques de 180 mètres d’ouverture ; 2° à droite,
- une arche métallique de 60 mètres; 5° à gauche, une arche métallique de 62 mètres ; 4° à gauche, une arche métallique de 56 mètres; à gauche, une arche métallique de 50 mètres. La largeur entre les garde-corps est de 14m,20, dont 8m, 20 pour la chaussée et 6 mètres pour les deux trottoirs. La voie se trouve à 19 mètres au-dessus des eaux moyennes et la partie supérieure des grands arcs à 42 mètres. Les piles médianes ont été foncées à l’air comprimé et les autres appuis avec des caissons. La partie métallique a été montée à l’aide d’échafaudages. Chaque grand arc pèse environ 1600 tonnes; le poids total est de 5000 tonnes. La dépense totale s’est élevée à 4 600 000 francs dont 2 200 000 francs pour la partie métallique. La construction commencée en janvier 1897 vient d’ètre achevée. L’ouvrage a été exécuté, pour la partie métallique, par la Société de la Gutehoflfnungshütte, à Oberhausen (Westphalie).
- Forces motrices naturelles en Suède. — Les
- forces motrices naturelles sont nombreuses en Suède surtout dans le nord ; le gouvernement suédois a fait dresser, à ce sujet, des statistiques dont parle VEngineering. Dans le district de Vôsterbotten, il ne possède pas moins de 29 chutes dont 24 sont situées dans le Lappmarken; la rivière Umea compte 13 chutes. La puissance de 13 chutes a été approximativement jaugée et le total évaluée à 1 il 000 chevaux. Les chutes de Bat fors et de Hallfors sont les plus puissantes de FUmea et ont respectivement 25 000 et 15 000 chevaux; celles de Bieliteforsond et de Dunfors, sur la rivière Angerman, peuvent donner l’une 20 000 chevaux, l’autre 15 000 chevaux. Les hauteurs de chute sont de 15 mètres pour celle de Gardviksfors, de 12 mètres pour celle de Lupsfors, 20 mètres pour celle de Barsellfors, toutes sur l’Umea, et de 15 mètres pour la chute de Storfors située sur la rivière Ore.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 sept. 1899. — Présidence de M. Maurice Lévv.
- Les figurines égyptiennes. — M. Lechatelier qui s’occupe en ce moment des poteries égyptiennes a porté son attention sur les figurines de grès si nombreuses qui proviennent de l’Égypte ancienne. D’après une opinion accréditée depuis près d’un demi-siècle, ces figurines auraient été taillées à même dans un grès tendre et durcies ensuite au feu. M. Lechatelier est d’avis contraire; il pense qu’il s’agit d’objets fabriqués avec une matière pulvérulente revêtue d’une couverte. Il a pu d’ailleurs fabriquer par ce procédé, avec les matériaux qui constituent les figurines en question, une statuette qui présente tous les caractères des objets égyptiens.
- L’allongement des bétons armés. -— M. Considère, correspondant de l’Académie, adresse une Note sur les variations de volume des mortiers de ciment résultant de la prise. Des travaux importants ont été faits en Allemagne sur ce sujet; il s’agit de savoir si les résultats obtenus avec les blocs simples sont comparables à ceux que donnent les blocs armés. L’auteur a exécuté, dans ce but, des mesures comparatives d’accroissement de dimensions sur des prismes simples et sur des prismes armés, de compositions déterminées.
- Varia. — L’Académie désigne M. Paye pour la représenter à l’inauguration du monument de M. Tisserand qui aura lieu le 15 octobre prochain à Nuits-Saint-Georges.
- Ch. de Villedeuil.
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- LA NATURE.
- ÉPHÉMÉRIDES AERONAUTIQUES
- MORT I)U COMTE ZAMBECCARI 21 SEPTEMBRE 1812
- Zambeccari est né à Bologne en 1752; sa famille comptait parmi les plus distinguées, et son père, le comte de Zambeccari, occupait dans cette ville une haute fonction administrative.
- La vie de Zambeccari fut toujours tourmentée : 11 étudia d’abord les mathématiques et les sciences physiques au collège des Nobles, à Parme, mais son caractère hardi le poussait aux grandes aventures. A l’âge de 25 ans il prit du service dans la marine espagnole. Il assista à plusieurs combats contre les Turcs, et, blessé dans l’un deux en 1787, on le fit prisonnier pour l’envoyer au bagne de Constantinople. Avant de s’engager dans la marine, Zambeccari avait entendu parler des découvertes des frères Montgolfier et il était devenu leur admirateur.
- La guerre avec les Turcs lui avait fait oublier l’aérostation, mais sa dure captivité à Constantinople vint la lui rappeler.
- Il y rêvait souvent et en faisait son étude favorite.
- Rendu à la liberté après trois années de prison,
- Zambeccari rentrait à Ro-logneenl790. C’est alors qu’il ne tarda pas à devenir un aéronaute célèbre. Le gouvernement pontifical l’aida tout d’abord pour ses travaux aérostatiques. Zambeccari espérait diriger son aérostat gonflé au gaz hydrogène, au moyen d’une lampe à esprit-de-vin placée dans sa nacelle et dont il pouvait à volonté, disait-il, conduire la flamme. Rien n’était plus dangereux que ces expériences et l’imprudence de placer auprès d’un ballon à gaz un appareil plein de feu était excessive. Cette lampe fort compliquée est décrite dans un rapport adressé par l’aéronaute à la Société des Sciences de Bologne, le 22 août 1804.
- La première ascension fut malheureuse. Zambeccari faillit être brûlé vif par sa machine et fut couvert de blessures.
- Le 7 septembre 1804, ayant reçu de son gouvernement une avance de 8000 écus, il voulut recommencer sa dangereuse expérience. Il eut cette fois deux compagnons de voyage, Andréoli et Gro-setti.
- Zambeccari comptait faire une ascension de courte durée, mais après bien des péripéties, il s’enleva à minuit de la place de Bologne et bientôt un violent courant aérien emportait les voyageurs.
- Une petite lanterne qu’ils avaient pour consulter leur baromètre s'éteignit, l’obscurité la plus complète se fit autour d’eux. Etant enveloppés de brumes épaisses, ils entendaient avec effroi les bruits lointains des vagues de la mer ; à 5 heures du matin les aéronautes se trouvaient à quelques mètres au-dessus de l’Adriatique et bientôt leur nacelle fut précipitée dans les flots. Aussitôt ils jettent du lest et tout ce qui peut se trouver auprès d’eux ; l’aréostat s’élève de nouveau à une grande hauteur. Zambeccari, déjà fatigué par les préparatifs de son ascension, est pris de vomissements et s’é^nouit; ses deux compagnons sont aussi bien près de perdre connaissance. Le ballon redescend ensuite pour retomber dans l’Adriatique. L’étoffe de l’aérostat dégonflé en partie, fait voile et les aéronautes sont alors emportés longtemps à la surface des flots. Un navire put les apercevoir dans leur détresse, mais à cette époque on ne connaissait guère les ballons; au lieu de songer à sauver les malheureux, l’équipage est effrayé par un spectacle si extraordinaire et fait force de voile pour s’éloigner.
- Le jour paraissant, les naufragés se trouvent non loin de la côte, près de Pezzaro, mais un vent de terre les entraîne encore en pleine mer. Un bâtiment, dont cette fois le capitaine avait entendu parler des ballons, aperçoit l’aérostat et décide d’envoyer une barque à son secours. Les trois aéronautes, recueillis presque mourants de fatigue, étaient sauvés.
- Malgré tous ces malheurs Zambeccari, plus intrépide que jamais, voulut recommencer ses expériences. Le 21 septembre 1812, il fit une nouvelle ascension à Bologne. Le ballon s’accroche à un arbre au moment du départ. L’appareil à esprit-de-vin que l’aé-ronaute voulait toujours essayer est culbuté et met le feu à toute la machine. Le malheureux Zambeccari, entouré de flammes, est bientôt précipité et lorsqu’on vient à son secours on ne trouve que des débris à moitié carbonisés.
- Nous représentons ici la médaille qui fut frappée en l’honneur de Zambeccari. Je la conserve précieusement dans ma collection, elle est rare et fort recherchée aujourd’hui. Sur le revers de cette médaille on lit la devise : Periculis factus animosior qui convient bien au caractère courageux, presque héroïque, du célèbre aéronaute. Albert Tissandier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahurs, rue de Fleuras, 9.
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- LA NATURE.
- 30 SEPTEMBRE 1800.
- INSECTES
- SINGULIER
- On dit qu’il n’y a pas de règle sans exception et cet adage ne saurait mieux s’appliquer qu’à l’histoire naturelle. La Nature aime l’imprévu et c’est ce qui rend le charme de soifétu-de si attrayant. Une des exceptions les plus bizarres que l’on puisse signaler est certainement la position des insectes par rapport au sol. Chez les innombrables a n i m a u x qui peuplent la surlace du globe, la face ventrale est tournée vers la terre, tandis que le dos regarde le ciel. Or, il est quelques espèces, très peu nombreuses il est vrai, où cette orientation est renversée sans qu’on puisse savoir quels bénéfices elles en retirent.
- Le plus net des exemples à citer, et aussi l’un des plus intéressants par la facilité avec laquelle on peut le vérifier, est celui de la larve delà cétoine, ce beau coléoptère mordoré, vert métallique aux reflets bronzés, qui hante les fleurs les plus belles, les roses notamment. L’insecte parfait est fort joli, mais sa larve est dépourvue de toute valeur esthétique. C’est un gros ver ventru, bedonnant, gras à lard, et ressemblant tout à fait à une larve de hanneton (vulgo : ver blanc); comme ce dernier d’ailleurs, elle a la désagréable habitude de manger les racines des plantes potagères et de causer parfois de véritables désastres dans les plantations de légumes ou de fraisiers. Chacun de ses anneaux se plisse sur le dos en trois bourrelets recouverts de cils fauves et raides comme ceux d’une brosse. A la face ventrale, se trouve aussi quelques cils plus courts et trois paires de pattes, peu dégourdies il est vrai, mais développées normalement; nombres d’autres larves ne sont pas mieux pourvues qu’elles sous ce rapport.
- Cette larve, qui semble faite pour marcher sur ses pattes comme les autres insectes, a pris la singulière habitude de progresser sur le dos, le ventre en 27“ année. — 2e semestre.
- l’air, et par suite, les pattes gigotant dans le vide. Elle marche par des mouvements de contraction de ses anneaux, mouvements qui deviennent ambulatoires par suite des cils qui prennent appui sur le sol. Rien J de plus étrange que cette gymnastique à rebours quand on la voit pour la première fois : on croit la larve atteinte de démence momentanée, mais si on la met sur le ventre, elle se retourne immédiatement sur le dos et se met à fuir de toute la vitesse non de ses pattes, mais de ses cils.
- « Ce renversement du mode ambulatoire, dit J. H. Fabre, lui est tellement particulier qu’il suffit à lui seul, aux yeux les plus inexperts, pour reconnaître aussitôt la larve de Cétoine. Fouillez l’humus que forme le bois décomposé dans les troncs caverneux des vieux saules, cherchez au pied des souches pourries ou dans les amas de terreau, s’il vous tombe sous la main quelque ver grassouillet qui marche sur le dos, l’affaire est sûre :
- votre trouvaille est une larve de Cétoine. Cette progression à l’envers est assez rapide et ne le cède pas en vitesse à celle d’une larve de même obésité cheminant sur des pattes. Elle lui serait même supérieure sur une surface polie, où la marche pédestre est entravée par de continuels glissements, tandis que les nombreux cils des bourrelets dorsaux y trouvent appui nécessaire en multipliant les points de contact. Sur le bois raboté, sur une feuille de papier et jusque sur une lame de verre, je vois mes larves se déplacer avec la même aisance que sur une nappe de terreau. En une minute, sur le bois de ma table, elles parcourent une longueur de deux décimètres. Sur une feuille de papier cloche, deux décimètres encore. La vitesse n’est pas plus grande sur un lit horizontal de terreau tamisé. Avec une lame de verre, la dis-
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- LA NATURE.
- tance parcourue se réduit de moitié. La glissante surface ne paralyse qu’à demi l’étrange locomotion. »
- Le monde aquatique aurait été jaloux si, lui aussi, il n’avait eu son insecte condamné à vivre le ventre en l’air. La Nature ne l’a pas voulu et lui a donné les Notonectes, jolis hémiptères aux couleurs fraîches et brillantes, tout de velours habillés, que Ton rencontre dans toutes les mares. Ces Notonectes, dont la forme rappelle un peu celle d’une barque, nagent toujours le ventre en l’air et le dos en bas. « Une région dorsale relevée en dos d’àne ou de carène arrondie, et revêtue d’un velouté ([ui la rend imperméable, des franges fines et nombreuses qui garnissent soit les pattes postérieures, soit les bords de l’abdomen et du thorax, soit enfin, en double rangée, une légère crête médiane de la paroi ventrale, et qui s’étalent ou se ploient au gré de l’insecte, comme de véritables nageoires, favorisent et cette attitude en supination et la prestesse des mouvements natatoires de la Notonecte. Puisque la Nature, qui semble souvent se faire un jeu de produire des exceptions bizarres qui attestent l’immensité de ses ressources, avait condamné cet animal à passer sa vie dans une posture renversée, il fallait bien, pour le maintien de son existence, qu’elle lui donnât une organisation en harmonie avec cette attitude ; c’est aussi dans ce but que la tête est fortement inclinée sur la poitrine; que les yeux, de forme ovalaire, peuvent exercer-la vision en haut et en bas; que les pattes antérieures, ainsi que les intermédiaires, agiles et arquées, uniquement destinées à la préhension, peuvent se débander en quelque sorte, à la faveur des hanches allongées qui les lient au corps, et accrochent solidement leur proie avec les griffes robustes qui terminent leurs tarses. » (L. Dufour). Les Notonectes respirent par l’extrémité postérieure de leur abdomen qu’elles viennent étaler à la surface de l’eau où elles semblent comme suspendues. Mises à terre, elles sautillent, mais dans une position normale, c’est-à-dire sur le ventre.
- Les larves des Notonectes ont les mêmes mœurs que les adultes; leur couleur est vert jaunâtre et leurs ailes sont absentes. Elles changent plusieurs fois de peau et leur dépouille conserve elle-même la position renversée qui leur donne un aspect si singulier.
- Rappelons enfin les mammifères du groupe des Édentés, le Paresseux, notamment, qui passent la plus grande partie de leur existence suspendus aux branches par les pattes, le dos tourné vers le sol et nous aurons terminé l’énumération des animaux qui vivent le ventre en l’air. Henri Coupin.
- MACHINE A VAPEUR A PISTON OSCILLANT
- Notre confrère Engineering News a fait connaître dernièrement un nouveau type de machine à vapeur à piston oscillant qu’il est intéressant d’esquisser.
- La figure ci-jointe nous montre une vue d’ensemble et les détails de ce nouveau moteur. Dans le
- numéro 1, on voit à gauche le volant monté sur un arbre mobile entre deux paliers. Le cylindre A est parallèle à l’arbre du volant; il est divisé en deux parties par des cloisons fixes L (n° 2). Cette cloison est interrompue au milieu pour laisser passer une tige mobile qui porte deux pistons palettes K à mouvement alternatif se déplaçant dans les compartiments. Les bords intérieurs des cloisons sont pourvus de garnitures. Sur la tige du piston passant dans Taxe du cylindre est fixé le bras oscillant B qui est réuni à une bielle, et celle-ci actionne le plateau manivelle qui est monté à une extrémité de l’arbre du volant. Sur l’autre extrémité est fixé un excentrique F dont la tige met en marche un tiroir oscillant qui se trouve dans la boîte à vapeur F et est mis en marche par un axe spécial G. La boite à vapeur est située à la partie avant du piston. En II on voit le tuyau d’arrivée de vapeur et en J le tuyau d’échappement. La
- » Machine à vapeur à pistou oscillant.
- figure 3 nous donne une vue en bout de la boîte à vapeur ouverte; les ouvertures d’admission de la vapeur sont en MM, les ouvertures d’échappement se trouvent en NN. La vapeur en s’échappant traverse les orifices 0,0 et sort par la conduite J. Au centre se trouve l’arbre sur lequel est montée une barre oscillante Q (n° 4), qui porte deux tiroirs de distribution PP ; ces derniers se déplacent devant les ouvertures dont nous venons de parler.
- La machine fonctionne alors dans les conditions suivantes. La vapeur arrive par le tuyau H, est admise d’abord sur une face des palettes formant piston, puis sur la face opposée. Le jeu des tiroirs permet alors l’échappement de la vapeur qui se trouve de l’autre côté. Le mouvement des palettes est obtenu par une faible oscillation de la barre qui porte les tiroirs.
- Cette nouvelle machine a l’avantage d’occuper un volume très restreint, de consommer une faible quantité de vapeur, de diminuer les frottements et le
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- nombre des organes. Les inventeurs sont MM. Benjamin H. Trucks, de Caldwell (Kansas). Deux modèles ont déjà été construits, l’un de 2 chevaux et l’autre de 15 chevaux. Les diamètres des cylindres sont respectivement de 0m,10et de 01U,20, en leurs longueurs de 0m,076 et de 0m,152, et leurs poids de 54 et 375 kilogrammes. J. L.
- LAINE D’ALPACA
- Tout le monde connaît de nom la laine d’alpaca, ou l’alpaga comme on la désigne le plus souvent, par une abréviation qui est aussi une dénaturation du mot primitif. Cette laine est originaire du Pérou, où elle donne lieu à une exportation de 1 515 000 kilogrammes environ, représentant une valeur de 2 461 000 sols (du moins c’est le chiffre de 1896), ce qui correspond à une valeur nominale de plus de 12 500 000 francs. Dans la région montagneuse des départements d’Are-quipa, de Puno, de Cuzco et d’Àpurimac, sur ces plateaux qui portent le nom local de punas, et qui sont des plaines situées à quelque 4000 mètres au-dessus du niveau de la mer, on se livre à l’élève du mouton, du lama et de l’alpaca; mais ce dernier produit une laine tout particulièrement estimée qui vaut assurément le double de celle des autres espèces. 11 y a du reste des crus pour les laines d’alpaca, et les plus renommées proviennent des provinces de La Union et de Cayllema, dans le département d’Arequipa, et des provinces de Chumbi-vilcas, de Canas, de Quispicanchi et de Canchis, dans celui de Cuzco.
- La tonte de l’alpaca se fait tous les deux ans, généralement pendant la saison des pluies ; chaque animal donne de 1 à 2 kilogrammes d’une laine dont les brins ont jusqu’à 20 centimètres de long ; bizarrerie à remarquer, quand les pluies ont été abondantes, la laine est moins belle. La production n’en varie pour ainsi dire pas depuis vingt-cinq ans, atteignant à peu près régulièrement une moyenne de 2000 tonnes ; elle s’exporte en balles pressées contenant chacune de 150 à 150 livres. L’élevage de l’alpaca ne se pratique qu’au Pérou, et c’est en vain qu’on a essayé d’acclimater l’animal en Australie ; il semble qu’il a un besoin absolu du climat si particulier des hauts plateaux péruviens, des punas. Au reste, le Pérou se montre jaloux de ce monopole de fait, car il est interdit d’exporter un alpaca vivant. Autre bizarrerie : il n’y a qu’un seul marché pour la vente des laines d’alpaca, c’est Liverpool, où les négociants américains même font leurs achats. Les premières de ces laines furent expédiées en Angleterre il y a une quarantaine d’années : elles valaient environ 1 fr. 40 la livre de 453 grammes ; depuis les prix en ont varié suivant les caprices de la mode, et actuellement elles valent à peu près 0 fr. 70 la livre anglaise. P. de M.
- IA VOITURE DE L’ÉMIR D’AFGHANISTAN
- On doit comprendre que, si nous signalons cette voiture, c’est qu’elle présente quelque chose de tout particulier; on peut s’en rendre compte au premier coup d’œil sur la
- gravure ci-jointe, empruntée à notre confrère de la presse anglaise, Saint-James Budget. En effet, c’est une voiture sans chevaux, et cependant ce n’est point une automobile.
- U faut dire d’abord que l’émir Aldur Rahnian Kan n’est pas un personnage ordinaire : depuis 1880 qu’il a été reconnu par le gouvernement anglais, il a su habilement louvoyer au milieu des difficultés politiques, et, à tous les points de vue, il se tient au courant des progrès du inonde européen. 11 sait comme de juste ce que c’est que le cyclisme; il a même résolu de se livrer quelque peu à ce sport, cela du reste sur le conseil de ses médecins, car il engraissait démesurément par défaut d’exercice ; mais il ne veut en faire que de façon très modérée, et, dans ce but, il a commandé aux constructeurs anglais Laurie et Marner, la curieuse voiture en question, qui est un tricycle de proportions respectables, à la propulsion duquel l'Emir collabore de temps à autre.
- En effet, que l’on examine la gravure représentant le véhicule, et l’on verra que chacune des roues arrière constitue en réalité un cycle comportant et une selle et
- des pédales pour un moteur animé, solide afghan qui partage avec son voisin l’honneur et la charge d’assurer le déplacement de la voiture, sur les coussins de laquelle se repose le souverain oriental. La direction est obtenue au moyen d’un guidon se reliant, par des tiges de renvio, à la fourche de la roue avant. Nous avons dit que ce véhicule est un tricycle : en réalité, il faudrait dire quadricycle, car il comporte à l’arrière une petite roue supplémentaire. Mais le seul roulement dans cette voiture si confortable ne suffirait point à faire maigrir l’Émir : pour lui permettre de collaborer (suivant notre expression de tout à l’heure) et de prendre effectivement de l’exercice, on a ménagé dans le plancher de son véhicule, deux grandes pédales plates qui sont solidaires du mouvement des roues arrière, reliées qu’elles sont à l’essieu par une chaîne. Si bien que quand le noble voyageur veut appuyer alternativement sur ces pédales, il contribue à mouvoir son tricycle, et fait, lui aussi, du cyclisme.
- Comme on le pense bien, toute la construction de ce véhicule est faite aussi légèrement que possible; il est destiné à pouvoir marcher à une allure de 20 kilomètres à l’heure, et il n’a pas coûté moins de 5000 francs. IL D.
- Voiture de l’Émir d’Afghanistan.
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- LA NJ A T U'HE.
- La production architecturale de notre temps est considérable; de tous les côtés on construit et à aucune époque peut-être les architectes, entrepreneurs et ouvriers n’ont gagné dans l'ensemble autant d’argent qu’aujourd’hui. Malgré ce déploiement de palais et d’édifices de toute espèce, il est impossible de dire que la fin de notre siècle marque, je ne dis pas un style nouveau, mais même une tendance qui nous donne l’espoir que dans un temps prochain, nous puissions indiquer une caractéristique de noire époque. Toute l’architecture moderne procède des écoles anciennes : les formes sont empruntées aux modèles des époques comprises entre l’apogée de la Grèce et le règne de Louis XIV ; quant à la décoration elle trouve toutes ses ressources dans les motifs des différentes traditions françaises depuis le roman jusqu’à l’Empire.
- Nos nécessités et nos habitudes ne ressemblent pourtant en rien à celles de nos pères : au point de vue de la raison, il n’y a donc aucune cause pour que nous cherchions auprès d’eux les modèles de nos habitations.
- Ainsi le style Louis XVI avec tout son étalage de blanc, très en vogue aujourd’hui pour la décoration intérieure , est un contresens : pendant kla fin du dix-huitième siècle on s’habillait encore avec un certain éclat, les femmes étaient poudrées et portaient des
- LE CASTEL BÉRANGER
- robes de satin à couleurs tendres toutes rehaussées de dentelles, les hommes étaient en rouge, marron
- ou violet, il y avait une
- Fig. 1. — Vestibule du castel Béranger.
- raison majeure pour que les groupes formés par les personnages de ce temps fussent entourés d’un cadre d’une crudité suffisante pour laisser aux sujets la possibilité de se faire valoir dans toute leur valeur ; aujourd’hui, nous nous habillons de noir, nos effets sont hérissés d'angles droits, les femmes n’ont plus ces atours papillotants de nos grand’-nières, il nous faut donc maintenant une scène spéciale et appropriée : la monotonie du blanc restitué du Louis XXI ne peut qu’être préjudiciable à l’esthétique moderne.
- Cet exemple n’est pas le seul, nous pourrions en citer cent aussi probants contre l’abus des
- Fig. 2 et 5. — Serrure et bouton électriques.
- styles passés. Faut-il pour cela les abandonner complètement pour employer autre chose 1 Assurément
- non, puisque nous n’avons pas de style à nous, nous sommes bien forcés de nous adresser à ceux qui existent, mais prenons-lesavec modération et cherchons autant que possible à les approprier à notre temps et à nos besoins.
- Si la chose se pouvait même, il serait bon de fermer ses auteurs et, le cravon à la
- Fig. 4. — Un vitrage.
- main, sans souvenir aucun, de chercher et faire du nouveau.
- M. Guimard est un architecte qui mérite d’être connu, car s’il n’est pas arrivé dans son castel
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- LA NATURE.
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- Déranger, à réaliser complètement un art nouveau •— on n'invente pas un style avec une maison — du moins a-t-il créé une pièce d’étude du plus haut intérêt et nous pouvons dire que s’il se trouvait en France une dizaine d’artistes ayant des idées bien personnelles et pouvant — le mot est important — les mettre à exécution, il est à croire que cette élite aurait posé le premier jalon d’une époque architecturale pouvant marquer une date dans l’histoire de la construction française. Au point de vue de laTorme, notre architecte cherche à tirer meilleur parti des matériaux pour les nécessités requises en assujetlisant la décoration à l'emploi même de ces matériaux, et, sans se départir de cette obligation, il laissera son crayon aller au gré de sa fantaisie et de son goût personnels, mais la principale règle de son programme reste d’obéir scrupuleusement à toutes les nécessités. Chacun doit être logé d’une façon différente, un architecte ne peut être hébergé comme un savant, un disciple de Jules Comte comme un idéaliste de l’école moderne, un personnage grave, taciturne et penseur comme une coquette. A chacun il faut un cadre approprié, pour chacun il faut une habitation spéciale.
- Le castel Déranger se présentait dans des conditions particulières, car une maison de rapport n’est pas seulement faite pour plaire au goût d’un propriétaire qui cherche à bien'pla-cer son argent, mais surtout à servir de logement à des locataires (pie l’on ne connaît pas d’avance et pour qui on doit préparer des appartements répondant le plus possible aux besoins courants de notre époque, c’est-à-dire qu’en ce cas il faut trouver une moyenne.
- Sur la rue, une porte en fer forgé donne l’accès de l’édifice, sous un porche, sorte de premier vestibule; la décoration est claire et brillante et le grès, mélangé au métal contourné, en forme le principal élément; toute cette ornementation est nouvelle tant par les formes que par les matériaux employés, il n’y a pas un motif qui rappelle les styles connus, ils sortent tous de l’imagination de leur auteur (fîg. 1).
- Le grand souci de l’artiste est de donner à son édifice une décoration propre et toujours en rapport avec les matériaux. Les besoins indiquent les formes, les formes conduisent à l’emploi de certains maté-
- riaux, et l’usage de ceux-ci détermine une décoration raisonnée, qui ne doit jamais être postiche ni rapportée, elle doit au contraire découler naturellement des nécessités au milieu desquelles on se trouve. Ce raisonnement trouve une application très sensible dans la construction d’un balcon qui sert de dégagement au cinquième étage (fig. 5).
- Le genre adopté par M. Guimard plaît beaucoup au premier abord et les détails amusent par la singularité ; souvent ils commencent par déconcerter, car ils nous sortent de la routine de nos habitudes, mais en y faisant attention on est frappé de la justesse des applications. Ainsi, par exemple, une serrure est faite pour être appliquée contre le [tanneau d’une porte; pourquoi mettre des vis comme cela se fait couramment? pour retenir l’appareil à l’endroit nécessaire, soit ! ! mais ces vis ne contribuent en rien à la décoration, elles sont mêmes plutôt laides à regarder puisqu’on cherche dans la suite à les dissimuler sous l’enduit ou le vernis; tandis que l’empâtement qui tient à la fois et sur la porte et sur la serrure nous donne nettement l’impression d’une attache ou d’un trait d’union entre deux objets fabriqués séparément mais destinés à être rapprochés (fig. 2).
- M. Guimard a tout dessiné au castel Réranger, jusqu’aux vitraux (fig. 4), papiers de murs et tapis, il a laissé aller son crayon au gré de son inspiration et de sa fantaisie et il faut ajouter que, tout en s’écartant des ornières connues et en cherchant du nouveau, il a été merveilleusement servi pour donner à son œuvre une divulgation plus féconde ; un simple bouton de sonnette électrique est pour lui l’objet de la création d’un bibelot nouveau, tourmenté et en réalité très amusant (fig. 3).
- M. Guimard a réuni tous les motifs de la décoration de son édifice d’Auteuil dans une monographie très complète et du plus haut intérêt où les architectes trouveront des modèles et des idées.
- Les résultats ont du reste couronné ses efforts à tel point que lorsque la Commission nommée par la Ville de Paris pour récompenser les meilleures façades de maisons qui ont été construites dans l’année, les divers suffrages se sont portés sur le castel Déranger. Jules Adac.
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- LA NATURE.
- MINES DE TURQUOISES DE LA PERSE
- Les mines de turquoises sont extrêmement rares; les pierres bleu céleste qui proviennent de Perse sont les plus belles et les plus estimées. On les trouve dans le Khoras-san, à 50 kilomètres environ de Nishapour, en pleine région montagneuse et à près de 1900 mètres d’altitude. L’exploitation des gisements occupe 1500 personnes ; elle se fait par des galeries creusées dans le roc, le mineur employant la pioche, mais aussi la poudre à canon, pour détacher les blocs de porphyre qui renferment les turquoises. Les mines sont, en réalité, au nombre de trois, qui ont été affermées pour 14000 tomans, autrement ditr70 000 francs, au Mélik-ut-Tujar ou chef des marchands de Meshed, qui les sous-loue lui-mème aux paysans des environs. Les meilleures et les plus belles pierres sont envoyées directement en Russie, à Moscou, par des courtiers, ou parfois vendues à des grands seigneurs persans, tandis que celles qui se vendent à Téhéran et qui sont apportées par les pèlerins venant de Meshed, sont de qualité très ordinaire. ----------------------------
- LES NOUVELLES COLONIES ALLEMANDES
- EN OCÉANIE
- Le Reichstag vient de ratifier la vente faite à l’Allemagne,le 12 février 1899,moyennant la somme de 25 millions de pesetas, par le gouvernement espagnol des archipels des Carolines, des Mariannes et des Palaos, moins l’ile de Guam ou Guaham qui avait été cédée aux Américains par le traité de Washington. Par le même traité l’Allemagne assure sa protection aux ordres religieux -— article qui tenait fort à cœur aux Espagnols, — elle promet aux entreprises commerciales et industrielles de ces derniers le même traitement qu’à ses propres sujets. Elle garantit à ses vendeurs, même en temps de guerre, un entrepôt de charbon dans chacun des trois archipels cédés; enfin une entente est établie entre les deux hautes parties contractantes sur les tarifs à mettre en vigueur dans les archipels cédés.
- L’Espagne, bien quelle n’y eût installé aucun établissement et que ses religieux n’y eussent obtenu aucun succès auprès des habitants, considérait, depuis 1755, les Carolines comme une véritable colonie; aussi se produisit-il instantanément une formidable explosion de patriotisme lorsqu’en 1885 l’Allemagne tenta de s’emparer de cet archipel. 11 nous souvient encore des articles enflammés des journaux, des émeutes à Madrid, des réunions chevaleresques de la Société de géographie qui se déclarait prête à tout risquer plutôt que d’endurer pareil affront, il nous semble encore entendre notre pauvre ami feu le colonel Coello tonner contre l’insatiable appétit des Teutons. Much ado about nothing! L’affaire s’arrangea grâce à l’arbitrage du pape, Bismarck battit en retraite devant les démonstrations du patriotisme de l’Espagne encore intacte et dont la marine paraissait de loin redoutable.
- C’est aujourd'hui pour cette dernière une excellente occasion de liquider sa situation coloniale, de se débarrasser des miettes et reliefs de son empire de
- ultra mar, un empire sur lequel jadis le soleil ne se couchait pas. Elle tire un bon prix d’îlcs dont elle ne faisait rien, où elle aurait été obligée, quand même, d’entretenir des fonctionnaires. C’est une-simplification de rouages, c’est une économie annuelle et un bénéfice immédiat, c’est le renoncement complet à la grandeur passée, c’est l’oubli et le recueillement.
- En Allemagne l’accueil fait au projet gouvernemental fut plutôt froid. La seule île qui eût une-valeur quelconque, une popidation un peu dense et un port, c’est Guam ou Guham qui appartient aux Américains! La valeur intrinsèque n’était pas en rapport avec le prix qui paraissait excessif. Le gouvernement dut avouer qu’il n’avait pas remporté un succès imposant, mais que cet arrangement ouvrait d’excellentes perspectives sur les relations futures de l’Allemagne et de l’Espagne. Ces archipels semblaient d’ailleurs une annexe toute naturelle de l’archipel Bismarck et des îles Marshall dont elles forment le prolongement.
- Quelques détails sur la nature et les productions de ces archipels micronésicns nous permettront de nous faire une idée plus juste des ressources qu’ils offrent et d’apprécier avec impartialité l’acte héroïque — c’est la seule expression à employer pour qui connaît l’indomptable orgueil des Espagnols, — que vient d’accomplir le gouvernement de Madrid.
- Les Palaos et les Carolines situées à l’est des Philippines s’étendent sur une longueur de plus de 52° entre 150 et 162° de longitude, et si l’on y ajoute les Mariannes sises au-dessus des Carolines, entre l’équateur et 20° de latitude nord. La plus grande partie de ces petites îles — quelques-unes ne sont en réalité que des écueils inhabitables — sont d’origine madréporique, le reste — celles qui s’élèvent le plus au-dessus de la mer — sont de formation volcanique.
- Tel est le cas Palaos de ou Pelew, l’archipel le plus voisin des Philippines. Découvertes en 1545 par Villalobos qui, vu leur petitesse, les appela arrecifes (récifs), ces îlots corallins, ces lagons et ces volcans éteints, possèdent une population, jadis nombreuse, mais qui est aujourd’hui réduite à 10 000 habitants d’origine polynésienne fortement mélangée de Papous. Les îles volcaniques sont comme toujours — les laves étant décomposées par les agents atmosphériques — particulièrement fertiles. Leurs collines sont revêtues d’un épais manteau de forêts et les mangliers descendent jusqu’au bord de la mer. L’écaille de tortue, la nacre, du riz, du tabac, des fruits tropicaux, telles sont les productions de ces îles que les femmes cultivent ou récoltent tandis que leurs maris se livrent à la pêche. Quand nous aurons cité Baheldzouap, Koror, résidence du roi, Eap ou Yap, où le 4 septembre 4885 une canonnière avait planté le drapeau allemand, nous aurons mentionné les plus grandes et les plus connues de ces îles.
- En réalité, les Palaos font, comme l’archipel Marshall, partie des Carolines, elles ont la même double
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- LA NATURE.
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- formation et la race ne présente pas de différence. C’est d’ailleurs tout récemment qu’on a jugé à propos de distinguer bien à tort les Palaos du reste de l’archipel.
- La plus grande des Mariannes, Ponapi, n’a que cinq lieues de diamètre ; avec celle-ci Oualan et Ilou-goulou sont les plus grandes et les plus élevées. Des cinq cents îles qui sont ainsi semées sur cette immense zone tropicale, il en est bien peu qui méritent d’être nommées ; il y a certains noms cependant tels (pie ceux de Yap, de Namourek qui, avec ceux <pie l’on trouve plus haut, sont familiers à tous ceux qui ont lu l’histoire des voyages.
- On est d’accord pour prétendre que ces îles jouissent d’un climat délicieux, la chaleur tropicale étant tempérée par des vents frais et des brises de
- mer. 11 n’est pas si enchanteur le tableau qu’en a tracé M. Richter devant le Reichtag : « Pas le moindre chant d’oiseau ne vient varier le pesant silence de l’air. Il faut un orage ou une tornade pour jeter quelque variété dans l’accablante monotonie de ce climat. Quand le ciel est, pendant des mois entiers, comme il arrive en février et mars, entièrement voilé de nuages et de pluie, il faut une singulière vaillance pour lutter contre la dépression morale et l’hypocondrie. )) Ce ne sont pas là des conditions spéciales aux Carolines, tous les pays in ter tropicaux y sont soumis ; le ciel de Rerlin est sans doute celui qui plaît le mieux à M. Richter, mais l’hivernage, en quelque contrée qu’on soit, avec ses ciels brumeux et scs pluies continuelles, ses gelées et ses neiges n’est pas plus désagréable que l’hiver aux Carolines.
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- Colonies allemandes en Océanie.
- Il est un fait certain, c’est que l’humidité et la chaleur sont favorables à la végétation. Si le nombre des espèces n’est pas très considérable aux Carolines, on y trouve, sur les îles volcaniques, de splendides fougères, des palmiers, des cocotiers, le nipa, le pandanus, le bananier, l’arbre à pain ou jaquier, des figuiers et des aroidées. Les îles madréporiques sont surtout riches en cocotiers, en barringtonias et en jaquiers.
- Divisées en trois groupes dont le plus important est au centre, les Carolines voient leur nombre augmenter tous les jours par la formation de nouveaux atolls, l’émersion de nouveaux récifs madréporiques. Il n’en est pas de même de la population qui, d’origine polynésienne, est aujourd’hui singulièrement métissée de toutes les races. Fort adroits, constructeurs de pirogues solides et légères, les Caro-lins se livraient autrefois à de véritables voyages de long cours bien qu’ils n’eussent pour guides que les astres du ciel. Ils n’avaient jadis pour outils que la
- pierre, ils ont brusquement passé à l’âge du fer et des métaux; ils n’ont pas su s’adapter à ce perfectionnement. On estime à 18 000 individus la population actuelle, mais ce nombre doit être déjà trop élevé, car la natalité décroît et la mortalité augmente comme chez toutes les races primitives en contact avec la civilisation.
- On a longtemps désigné sous le nom d’iles des Larrons, l’archipel des Mariannes qui avait été découvert par Magellan et à qui l’on imposa aussi les noms d'hlm de las vêlas latinas et d’archipel Saint-Lazare. La chaîne des Mariannes se compose d’une quinzaine d’iles principales dont celles du sud sont à peu près seules peuplées (environ 8000 hab.) et dont la plus intéressante, Guajam, possède un port : Agafïa, mais qui n’est accessible qu’aux bâtiments d’un très faible tonnage. Rota, Agrigan, Tinian, Saypan, qui a 22 kilomètres de longueur, Rird, Gugan, Asun-cion, etc., sont les principales terres de cet archipel dont la population au moment de la conquête espa-
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- LA NATURE.
- gnoïc était évaluée à 50 000 individus, mais qui se vit si réduite en 1741, que les Espagnols durent y introduire des Tagals. Ces peuples possédaient autrefois des édifices assez importants dont les ruines encore visibles sont appelées : casas de antiguos (maisons des ancêtres); ils ont aujourd'hui, pour demeures, des cases basses recouvertes en feuilles de palmier. Comme leurs voisins les Carolins, ils semblent aujourd’hui irrémédiablement déchus de leur antique civilisation; avec leurs seuls outils de hois ou de coquillage ils cultivaient très habilement le sol, construisaient de subtiles pirogues, fabriquaient des hameçons et des filets ingénieux, lis semblent abrutis, stupéfiés par une civilisation à laquelle ils ne peuvent pas se plier. C’est un peuple en pleine décadence et qui ne sera plus longtemps avant de disparaître, bien que les Européens aient importé chez eux de nouvelles espèces de plantes et d’animaux, car la faune n’était pas plus riche que la flore.
- En somme, c’étaient, jusqu’à ces dernières années, les Allemands qui faisaient dans tous ces archipels le plus de commerce. En 1894, l’importation allemande s’était élevée à 165 000 marcs, mais on affirme qu’elle était tombée depuis à presque rien. Peut-être maintenant qu’ils vont posséder cette longue hande d’archipels qui vont des Palaos aux îles Marshall pour descendre à la Nouvelle-Guinée et à l’archipel Bismarck, maintenant qu’ils ont ainsi au milieu de l’Océanie un ensemble de colonies voisines les unes des autres, les Allemands vont-ils essayer de développer les richesses naturelles de toutes ces îles afin d’en tirer un profit supérieur aux frais d’administration et de protection!
- Gabriel Marcel.
- LES ROCHERS D’ADERSBACH
- (bohème)
- La Wolfsschlucht (gorge du Loup), où Weber a placé la scène infernale de la fonte des halles dans le Freischiitz, réunit les rochers de Weckelsdorf1 à ceux d’Adersbach, ou plutôt elle les sépare, depuis que cette gorge est devenue récemment impraticable, à cause de la croissance des arbres et du développement des marécages. Les deux sites, en effet, dépendent d’un même massif montagneux, long de 6 kilomètres et large de 5 environ, culminant à 785 mètres au-dessus du niveau de la mer (au Storchberg) et dominant de 200 à 500 mètres en moyenne les villages de Weckelsdorf, Adersbach, Johnsdorf et Wer-nersdorf.
- C’est en 1824 seulement qu’un incendie de forêt permit de pénétrer dans le chaos jusqu’alors impraticable de Weckelsdorf, (pie l’on ne put visiter qu’à partir de 1847; l’année suivante (1848) un second incendie fit découvrir les beautés de la nouvelle partie de Weckelsdorf rendue accessible en 1870. Adersbach [était connu et célèbre depuis bien plus longtemps ; on y montre aujourd’hui une plaque commémorative de l’excursion qu’y fit Goethe en 1790.
- Il va sans dire que le labyrinthe d’Adersbach a la même origine géologique (érosion des eaux courantes et pluviales agissant sur les fissures des grès) que celui de Weckelsdorf. Au point de vue de la curiosité je ne sais trop auquel des deux je donnerais la préférence : celui-ci est certes plus grandiose, plus majestueux, plus sérieux en un mot; mais Adersbach est plus fourni de détails humoristiques, en quelque sorte. On s’y amuse mieux, oserais-je dire, s’y sen-
- 1 Voy. n° 1373, du 16 septcmbre_1899, p. 241.
- Fig. 1. — Rochers d’Adersbach. — Le gant du géant. (Phot, Lehmann, à Trautenau.)
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- LA NATURE.
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- tant moins impressionné par les formes monumentales sévères. Adersbach cependant posséderait les pins hauts rochers, le groupe de deux fiancés qui s’embrassent (Brautpaar), deux monolithes penchés Lun vers l’autre jusqu’à 100 mètres en l’air, assure-t-on ; l’entrée de la cité également est une des plus imposantes parties, avec le ruisseau qui y circule, à moitié caché, dans des crevasses qui me rappelaient les noirs corridors du souterrain Rramabiau; le 2o juin 1844 les eaux s’y sont élevées, lors d’une crue, de 2m,50, ce qui prouve qu’elles n’ont pas, à l'époque actuelle, encore perdu toute influence désa-grégente ; dans le Grand Dôme on pénètre par une ’ongue crevasse qui a réellement f)m,50 de largeur;
- les gens obèses ne peuvent la franchir ; et les grandes cheminées naturelles de la fabrique de sucre dominent tout l’ensemble de leur hardie envolée. Mais que penser des détails positivement comiques, comme cette bonne grosse tète de la Femme du Bourgmestre, campée à 50 ou 00 mètres dans le ciel; elle couronne une des pyramides rocheuses que la photographie ci-contre montre dressées par-dessus la puissante foret de pins énormes. En face, un autre obélisque porte la tète du bourgmestre lui-mème : il est nanti par derrière d'une magnifique perruque Louis XIV, mais par devant il n’a plus son nez, qui a succombé, assurent imperturbablement les guides, à un vigoureux coup de poing de Rübezahl. On s’en
- Fig. 2. — Rochers d’Adcrsbach. — La femme du Bourgmestre. (Phot. Lehmann.)
- laisse presque convaincre quand on [passe, tout près de là, devant le gant dudit géant, c’est-à-dire au pied du rocher que représente notre première vue; il a bien le pouce un peu court et il faudrait une fameuse reprise pour réparer la déchirure produite entre le médius et l’annulaire, mais les cinq doigts n’en sont pas moins bien marqués, et des sapins de 15 mètres n’arrivent pas à mi-hauteur de ce gantelet formidable !
- A son point le plus élevé la Felsenstadtd’Adersbach confine à la Wolfsschlucht. Entre deux rochers resserrés on y a établi un petit barrage qui retient un lac sur lequel on navigue un instant et qui alimente une cascade artificielle haute de 20 mètres. C’est moins nature, plus truqué que Weekelsdorf, mais ce paysage est également digne d’ètre [vu !
- L’usuelle'promenadejj dure de deux à trois|heures.
- Mes pérégrinations souterraines et bien d’autres voyages de plein air (voire en ballon libre) m’ont fait admirer quantité de sites de toute beauté et garni la mémoire d'inoubliables souvenirs; parmi eux, c’est aux premiers rangs, que je classe les rochers de Weekelsdorf et d’Adcrsbach. N’importe quel pays du monde doit les envier à la Bohême !
- De même qu’on ignore ce qu’est une falaise marine quand on n’a point vu celles de Moher, sur la côte occidentale de l’Irlande, de même on ne se doute pas de ce que peuvent être des rochers, quand on ne s’est point rendu en pèlerinage aux prodigieux colosses de Weekelsdorf et d’Adcrsbach, dont nous venons de donner la description. E.-A. Martel.
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- •LA NATURE.
- LES OISEAUX MINEURS
- La plupart des oiseaux construisent leurs nids, — véritables merveilles d’architecture — avec des matériaux étrangers, mousses, brindilles, lichens, feuilles, etc., qu’ils disposent de manière à en faire un tout bien moelleux. 11 en est d’autres qui bâtissent avec de la boue et même avec leur propre salive. Mais quelle que soit la bizarrerie de ces habitations, elle n’est rien auprès de celles qui sont creusées à même dans le sol, comme le sont les demeures des rats, souris et autres animaux fouisseurs. Malgré leur complexité plutôt faible et leur vêtement qui semble plutôt fait pour briller au soleil que pour travailler dans les entrailles de la terre, les oiseaux mineurs déploient dans leur métier une grande habileté.
- L’un des plus actifs parmi eux est certainement le cotyle de rivage qui vit en colonies sur les rives escarpées et creuse des trous très profonds au-dessus du niveau des plus hautes eaux. Quoique de petite taille, il peut en deux ou trois jours, creuser une cavité de 5 à 8 centimètres de diamètre à son ouverture, plus spacieux encore au fond et constitué dans sa partie moyenne par un couloir d’un mètre, quelquefois même de 2 mètres de long. Au moment de la reproduction, le cotyle semble pris par une véritable rage de creusement; souvent on le voit abandonner un nid presque achevé, pour en recommencer un autre, dans le but sans doute d’épuiser son activité. Quand la galerie est terminée, l’oiseau dépose dans la chambre du fond une couchette de paille et de foin, recouverte d’un matelas de plumes et de poils.
- Le Pardalote pointillé d’Australie ne se contente pas non plus de miner; il établit encore un nid artistement confectionné au fond de son terrier. Le canal qu’il creuse a de 60 centimètres à 1 mètre de longueur ; il est orienté de telle sorte que l’extrémité soit plus haute que l’ouverture, laquelle est juste suffisante pour permettre à l’oiseau de passer : de cette façon la pluie ne risque pas d’y pénétrer. Tout au fond et, par suite, en pleine obscurité, se trouve le nid, en forme de sphère de 8 centimètres de diamètre, à ouverture latérale et construit avec des bandes d’écorce interne d’Eucalyptus.
- Les Guêpiers, ainsi nommés à cause de leur désagréable habitude de manger les abeilles, recherchent pour nicher la rive escarpée, en terre un peu friable, d’un cours d’eau. A l’aide de son bec et de ses ongles, l’oiseau creuse un trou rond de 5 à 7 centimètres de diamètre et duquel il fait partir un couloir horizontal ou légèrement ascendant, qui atteint parfois une profondeur de lm,30 à 2 mètres. Tout à l’extrémité, il aménage une chambre de 25 centimètres de long, 16 centimètres de large et 10 centimètres de haut, où la femelle dépose ses œufs. Si l’on en croit Salvin, il y a quelquefois une deuxième chambre faisant suite à la première. Quand les jeunes naissent, la mère leur apporte une grande quantité d’insectes dont les débris forment bientôt une couche au fond du nid.
- Dans la série des oiseaux mineurs, se place aussi le Martin-pêcheur, aussi curieux dans ses mœurs que dans son aspect. Dès la fin de mars, il cherche un endroit pour établir son nid. D’après la description qu’en a donnée lîechstein, c’est toujours une rive sèche, escarpée, complètement dégarnie d’herbe, où ne peut grimper ni rat, ni belette, ni aucun autre carnassier. Là, 30 ou 60 centimètres au-dessus du bord supérieur, le Martin-pêcheur creuse un trou arrondi, d’environ 5 à 6 centimètres de diamètre et de 60 centimètres à 1 mètre de profondeur.
- Cette sorte de terrier se dirige un peu en haut. L’entrée est bifurquée, tandis que l’extrémité opposée se termine par une excavation arrondie de 6 à 8 centimètres de haut et de 11 à 14 centimètres de large. Le plancher de cette excavation est couvert d’arêtes de poissons ; la paroi supérieure est lisse. Sur le lit d’arêtes, se trouvent les œufs, au nombre de six ou sept, relativement très grands, presque ronds d’un blanc lustré. Le Martin-pêcheur met deux ou trois semaines pour creuser le terrier où il dépose ses œufs. Lorsqu’il rencontre des pierres, il cherche à les enlever; s’il n’v réussit pas, il les laisse en place et creuse à côté d’elles. Ces pierres rendent souvent le couloir d’entrée très tortueux. S’il y en a trop, le Martin-pêcheur abandonne la place et creuse ailleurs un autre nid. Il habite le même nid plusieurs années, si rien ne vient le troubler ; mais si l’entrée de ce nid s’élargit, il n’y dépose plus ses œufs.
- Le Couroucou mérite d’être placé dans la galerie des mineurs bien que son nid soit aérien. Il niche en effet dans des trous qu’il se creuse au milieu des constructions que les termites établissent sur les arbres. C’est le mâle qui seul se charge de ce travail de perforation.
- Citons enfin le Géositte fouisseur que les Espagnols appellent « petit maçon » et qui niche au fond d’un terrier étroit, s’étendant horizontalement à une distance de 2 mètres. (( Quelques indigènes m’ont raconté, rapporte Darwin, que des enfants ont souvent essayé de déterrer son nid, et que jamais ils n’y sont parvenus. L’oiseau choisit, pour établir sa demeure, un petit talus, au sol sablonneux, mais solide, sur les bords d’un chemin ou d’un cours d’eau. Ici (dans le Bahia blanca) les murs sont construits en terre. Je remarquai que celui qui entourait la cour de la maison où je demeurais, était percé en plusieurs endroits de trous ronds. J’interrogeai à ce sujet mon propriétaire; il me répondit en se plaignant amèrement de Géosittes, et, plus tard, je pus moi-même observer ces oiseaux en train de travailler. Chose singulière, ils ne paraissent avoir aucune idée de l’épaisseur ; autrement, ils n’essayeraient point de creuser leurs terriers dans des murs d’argiles, dont ils devraient connaître les dimensions eux qui volent continuellement autour. Je suis persuadé que quand, après avoir traversé le mur, l’oiseau se retrouve tout à coup à la lumière, il est rempli de stupéfaction et ne sait comment s’expliquer un fait si extraordinaire. » Ce cas curieux d’aberration de l’instinct a été confirmé par Gray. 11. C.
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- LES RÊVES
- Beaucoup de personnes s’imaginent ne jamais rêver. C’est une illusion. Il paraît que nous rêvons toujours, même sans nous en douter, depuis le moment où nous nous endormons jusqu’au moment où nous nous réveillons. La thèse est vieille, du reste, puisqu’elle, a été soutenue par Descartes, Leibniz et Lélut. Descartes ayant dit nettement qu’il n’y avait pas de sommeil sans rêve.
- On pouvait cependant émettre certains doutes à cet égard, et d’autant plus que chacun de nous quand il rêve n’a pas la notion au réveil d’avoir rêvé pendant toute la durée du sommeil. Cependant, M. Vaschide a repris le problème au laboratoire de psychologie expérimentale de la Salpêtrière, et il conclut d’après ses recherches qu’il y a bien continuité des rêves. Depuis plus de cinq ans, il a surveillé 36 sujets âgés de un an à quatre-vingts ans, et il a fait contrôler lui-même ses propres observations
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- LA NATURE.
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- par 46 autres personnes. La méthode consiste à examiner les sujets toute la nuit, et de très près, recueillant avec soin les changements de physionomie, les gestes, les mouvements, de même que les rêves faits à haute voix et les rêves communiqués par les dormeurs, tout en déterminant chaque fois la profondeur du sommeil par les procédés connus de Kolschutter, Spitta et Michelson. Voici les principales conclusions de M. Vaschide1.
- On rêve pendant tout le sommeil et même pendant le sommeil le plus profond, le sommeil qui rappelle la syncope. La vraie vie psychique du sommeil, comme la vraie vie des rêves, ne se révèle que lorsque le sommeil commence à devenir profond! C’est alors qu’entre en action l’inconscient. Les rêves recueillis pendant le sommeil profond révèlent les étapes et l’existence de ce travail cérébral inconscient auquel nous devons à notre grand étonnement, la solution des problèmes qui nous occupent depuis longtemps et qui ressortent brusquement et comme par miracle.
- On a étudié sous le nom de rêves et de songes, deux expressions assez mal délimitées, les hallucinations qui viennent au moment où l’on s’endort et celles-ci qui se produisent au moment du réveil normal. Les songes du sommeil profond ont un tout autre caractère que les autres rêves. Le « chaos du rêve » (expression de Gru-thuisen), de même que les « clichés souvenirs » (expression du marquis d’Hervey) pour caractériser les rêves sont presque absents dans les vrais songes qui semblent être dirigés par une certaine logique inconsciente, par l’attention et par la volonté et encore par ce quelque chose qui nous échappe et qui nous fait penser au delà des images du rêve dont parlait Aristote. On pourrait comparer l’état mental de ces rêves avec le travail inconscient de la veille.
- 11 existe une relation étroite entre la nature des rêves et la profondeur du sommeil. Plus le sommeil est profond et plus les rêves concernent une partie antérieure de notre existence et sont loin de la réalité. Au contraire, plus le sommeil est superficiel plus les sensations journalières se montrent et plus les rêves reflètent les préoccupations et les émotions de la veille. M. Yaschide est tout à fait d’accord sur ces points avec un psychologue bien connu, M. le docteur Pilez.
- Les personnes qui ne rêvent pas, ou plutôt, dit M. Yaschide, qui prétendent n’avoir jamais rêvé sont victimes d’une illusion d’analyse psychique. Le sujet ne se souvient pas, ne s’aperçoit de rien, parce que ordinairement on ne se surveille un peu que pendant l’assoupissement du coucher ou, inversement, au réveil, et chez certaines personnes ces phases sont si rapides qu’elles échappent complètement à l’attention.
- Dans le vrai rêve, celui du sommeil profond, il semble qu’il y ait continuité dans les conceptions. Chez un sujet réveillé plusieurs fois dans une nuit, on peut remarquer un certain ordre d’idée dans les rêves, une corrélation étrange reliant tous les rêves en apparence les plus disparates.
- En somme, les recherches de M. Vaschide ne satisferont certainement pas ceux qui réclament une bonne clé des songes, ceux qui ont foi dans les rêves; elles ne leur apprendront rien du tout. On ne va pas vite en matière si difficile. Mais, même très limitées à quelques faits spéciaux, ces expériences ont leur intérêt. On peut déjà en conclure que nous rêvons toujours, que le cerveau est en travail continuel et que le sommeil n’est pas, comme le
- 1 Comptes Rendus de l'Académie des sciences.
- disait Homère, (( un frère de la mort » ; mais bien plutôt, selon l’expression de M. Yaschide, « un frère de la vie ».
- Henri de Parvirle.
- L’EXPORTATION DE LA MONTRE SUISSE
- On peut dire que la Suisse est le seul pays exportateur de montres, du moins de bonnes montres. Les États-Unis ne réussissent que l’article médiocre et à bas prix. La France se suffit à peine, et l’Angleterre, tout en fabriquant bien, est un gros client de nos voisins d’outre-Jura. Depuis 1885, époque à laquelle remontent les statistiques officielles de la république helvétique, les frontières de ce petit pays ont été franchies par plus de 59 millions de montres, représentant une valeur de 1224 millions de francs. Cela donne une moyenne annuelle de 4 256 000 montres exportées et une moyenne de recette de 85 millions de francs. II y a d’ailleurs longtemps que ces moyennes sont dépassées. En 1898 la Suisse a expédié 5 786 465 montres dont 728 084 en or, 5075 015 en argent et 1 983 566 en métal. Et l’année 1899 s’annonce comme devant être encore plus favorisée que son aînée. Ce sera donc près de 100 millions de francs de montres que l’étranger aura l’année courante payés à nos voisins.
- En 1898 il est sorti de Suisse 15 855 montres par jour (1994 en or, 8425 en argent et 5434 en métal).
- Le plus fort client a été l’Allemagne, comme toujours : c’est 26 millions et demi que les Allemands ont payés à la Suisse. La Grande-Bretagne vient ensuite avec 19 millions, l’Autriche avec un tribut de près de 10 millions, puis la Russie qui a acheté pour 8 millions et l’Asie orientale, preneur pour 7 millions et demi. L’Italie a payé 5 millions et la France elle-même 2 millions et demi, un peu plus que la Belgique et la Scandinavie. Malgré les droits élevés, il est entré encore pour 1 800 000 francs de montres aux États-Unis.
- Et ces chiffres ne comprennent que les montres toutes faites et non les mouvements et boîtes isolées qui vont surtout en Russie et aux États-Unis.
- La valeur moyenne de ces montres diminue chaque année ainsi qu’il ressort du petit tableau suivant :
- VALEUR MOYENNE d’eXPORTATION DES MONTRES SUISSES
- Années. Or. Argent. Métal.
- fr. fr. fr.
- 1885 66.15 20.40 11.90
- 1886 68.25 19.40 11.80
- 1887 65.52 18.21 11.30
- 1888 66.89 17.83 10.68
- 1889 63.54 17.02 10.26
- 1890 60.80 16.92 10.18
- 1891 61.36 17.14 10.45
- 1892 59.16 16.04 10.41
- 1893 57.39 15.02 10.24
- 1894 55.76 13.84 9.71
- 1895 55.79 13.27 9.32
- 1896 54.19 13.24 9.40
- 1897 53.50 12.78 9.15
- 1898 52.17 12.68 8.85
- La valeur moyenne des chronographes et montres corn-
- pliquées, répétitions, etc., est actuellement de 195 francs. La montre suisse se démocratise pour conserver son
- succès.
- Ce ne sont pas les porte-monnaie qui s’en plaindront. Peu leur chaut que Fart s’en aille, en cette fin de siècle industrielle. L. Reverchon.
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- LA NATURE.
- LE NOUYEMJ PONT TRANSBORDEUR
- DE ROUEN
- 11 existe certains cas où le choix d’un modèle de pont est une chose fort difficile ; c’est ce qui se passe dans les villes situées à l’intérieur des terres et considérées comme ports maritimes, comme à Bordeaux, Nantes, Caen, etc., et notamment à Rouen. Dans ces cités, la circulation de la rue est toujours très intense et le passage d’une rive à l’autre donne lieu à un grand mouvement, d’autre part, il est indispensable de ne pas gêner la circulation des bateaux. En général, on se tire d’affaire avec un pont tournant, mais ce dernier système ne donne pas toujours satisfaction à toutes les données du problème, il cause une perte notable de temps, il est dispendieux,
- encombrant et, en cas d’avarie, il peut arrêter complètement le passage des bateaux. De toute façon il devient impraticable quand la circulation maritime est très intense : alors, on ne fait pas de pont du tout et on oblige les voitures et les piétons à décrire un grand détour.
- Tel était le cas à Rouen; le port s’est développé considérablement ces dernières années à la suite des nouveaux travaux d’aménagements et de la construction des bassins de pétrole, si bien que le tonnage, qui était de 900 000 tonnes il y a quelques années, atteindra cette année près de 2000000 de tonnes. Aussi la Chambre de Commerce de la ville a-t-elle voulu rendre vraiment pratiques les installations nouvelles en cherchant un moyen économique qui pût unir les deux rives sans entraver la circulation des navires : le principal bénéfice étant d’éviter à la ma-
- Fig. 1. — Vue d'ensemble de l’ouvrage prise du pont Roiëldieu.
- nutention de faire un grand détour par le pont Boïei-dieu, alors que la distance qui sépare les deux berges n’est que de 150 mètres.
- Les exemples des ponts à transbordeurs du Nervion en Espagne et de Bizerte en Tunisie et les bons résultats qu’ils ont donnés ont décidé d’aborder ce problème nouveau en France.
- Voici en quoi ce travail consiste en principe. On a élevé sur chacune des rives de la Seine, à 150 mètres en aval du pont Boiëldieu, deux grands pylônes de 66m,50 de hauteur; ils sont en charpente d’acier. On a cherché à leur donner autant que possible la forme d’un solide d égalé résistance de structure très légère. Entre ces deux points d’appui on lance une sorte de pont suspendu composé d’un tablier horizontal retenu à des câbles tendus entre les deux sommets des pylônes. Ce tablier doit être placé assez haut pour laisser passer facilement les plus grands bateaux qui ont l’habitude de traverser la rivière;
- on a choisi la hauteur de 51 mètres qui est largement suffisante. Il ne sert pas au passage du public ; il porte quatre fils de rails sur lesquels roulent des galets auxquels sont fixés des câbles d’aciers verticaux ; ces derniers retiennent une nacelle de forme spéciale située exactement à la hauteur de la voie publique des quais (fig. 2).
- Afin que la tension produite par le poids du tablier et de la nacelle chargée n’entraîne pas les pylônes, ceux-ci sont retenus à l’arrière par une série de câbles ancrés dans de puissants massifs de maçonnerie formant des monolithes de grande résistance.
- La nacelle a 11. mètres de longueur et 15 mètres de largeur ; elle comporte dans sa partie centrale une voie charretière de 8 mètres de largeur sur laquelle les voitures peuvent prendre place, alors que les piétons s’installent sur les trottoirs; sur Lun de ces derniers on a ménagé une sorte de cabine cou-
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- verte, pour les voyageurs de lre classe, tandis que de l’autre côté on a installé un simple abri pour ceux de 2e classe.
- La nacelle vide pèse 20 tonnes, les cadres de roulement avec les câbles ont le môme poids. On suppose que la charge mobile des voitures pleines et des piétons représente au maximum 65' tonnes, c’est donc une masse totale de 105 tonnes qu’il faut transporter d’une rive à l’autre.
- La nacelle est suspendue à l’aide de 50 câbles disposés suivant une combinaison en diagonale, de façon à faire un tout rigide qui ne se balance dans aucun sens ; chacun des câbles est accroché à deux
- galets : c’est donc un ensemble de 60 galets qui roule sur le tablier supérieur. Si l’on divise les 105 tonnes de la charge totale par 30 on verra que chaque brin travaillera à 1750 kilogrammes; ce chiffre minime offre une sécurité absolue, on peut même dire que c’est en cela que consiste l’assurance complète qu’on doit à cefe ouvrage.
- Comme excès de précaution, toutes les pièces ont été doublées, de sorte que si, pour une raison quelconque, l’une d’elle venait à se rompre, le service pourrait continuer de la même façon pendant qu’on fait la réparation. Nous pouvons ajouter enfin qu’un système de contrepoids rend tout déraille-
- Fig. 2. — La nacelle du pont transbordeur.
- ment impossible : on peut prévoir, en effet tout accident, si improbable qu’il soit, avant de supposer que les galets puissent sortir de leur chemin de roulement.
- Les travaux pour l’installation du pont transbordeur de Rouen ont commencé en avril 1898 et sont actuellement terminés ; il n’aura donc fallu qu’une année pour les mener à bonne fin. La rapidité de l’exécution est principalement due aux engins électriques dont on s’est servi. À Rouen on a de l’électricité tant qu’on en veut et à bon compte — ce n’est pas comme à Paris. — On a pu installer sur les rives des grues électriques fort puissantes qui ont servi à l’installation des divers éléments des pylônes ; ceux-ci étaient immédiatement présentés à leur emplacement définitif, l’ouvrier riveur n’avait plus qu’à procéder à leur assemblage. Une fois les deux
- piles terminées, on a lancé les câbles qui devaient supporter le tablier supérieur et on s’en est servi comme d’échafaudage volant pour construire le tablier lui-même. C’est un peu ce qui s’est passé pour la construction du pont Alexandre 111, avec cette différence toutefois que dans l’ouvrage de Paris,Ta passerelle de construction a été démolie après son emploi, tandis qu’à Rouen elle sert à un nouvel usage.
- Le mouvement du plateau transbordeur se fait électriquement à l’aide d’une commande située dans une guérite spéciale d’où un mécanicien peut actionner les appareils et savoir bien exactement par lui-même le moment exact du départ et de l’arrivée.
- Le prix du transport est de 0fr,05 par voyageur de 2e classe et de 0fr, 10 par voyageur de première; les voitures payent 0fl',25 à vide et 0fl',40 chargées.
- Ainsi que nous le disions au commencement, le
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- pont transbordeur de Rouen est le premier ouvrage de ce genre construit chez nous, mais il faut espérer que les nombreux services qu’il fournira en rendra l’application plus générale. Il en existe déjà un en Espagne, un autre en Tunisie; un troisième est en projet sur l’Escault, à Anvers.
- La Chambre de commerce de Rouen n’a alloué que 60000 francs pour la construction dupont; cette somme jointe au péage a été jugée cependant suffisante pour couvrir les frais d’installation et d’exploitation. Le constructeur est M. Arnodin de Chàteauneuf-sur-Lcire ; il s’est fait une spécialité de ce genre de travail; c’est en effet à lui qu’on doit les différents transbordeurs déjà en usage.
- A. da Cunha,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- récemment une Note explicative sur l’équivalence dee degrés alcooliques en France et en Angleterre, Note qu’il peut être intéressant de reproduire pour nos lecteurs, afin de leur rappeler les différences qui séparent dans les deux pays les méthodes usitées pour apprécier la force alcoolique des vins et des alcools. Le procédé suivi en Angleterre pour déterminer la teneur en alcool des vins, consiste bien, comme en France, à distiller et à estimer la proportion de l’alcool présent, mais le terme employé est différent, en ce sens que la base est « l’alcool de preuve », ce qui est la traduction des mots « proof alcohol », alors que nous disons « alcool absolu ». D’autre part, le système français est celui de Gay-Lussac, tandis que le système anglais est celui de Sykes, et leur divergence se manifeste en ce que 20° Gav-Lussac équivalent à 55° Sykes : le reste est naturellement à l’avenant. D’une manière générale les. degrés Gav-Lussac peuvent être convertis en degrés Sykes en les multipliant par 7 et en divisant par h ; par suite, la conversion des degrés de la méthode anglaise se fait au moyen d’une division par 7 et d’une multiplication par 4.
- Vignobles californiens. — La production vinicole prend de jour en jour une importance plus grande en Californie, et les producteurs s’attachent avec raison à perfectionner leur installation et leurs moyens de travail, pour faire des vins en état de se conserver tout comme les vins européens. Quelques-uns des vignobles californiens sont de véritables usines de proportions colossales : tel est le cas notamment du « Saint-George vineyard », dans le comté de Fresno, qui comprend plus de 800 hectares de vignes, et qui traite quotidiennement, à la saison, 200 tonnes de raisins. Ce vignoble y possède une cuve d’une contenance de près de 300 000 litres, et trois autres cuves reliées entre elles et servant au coupage des vins, dont la capacité individuelle est de près de 200 000 litres. Une installation bien curieuse est celle du vignoble « Barton », qui appartient à une compagnie anglaise, et qui donne annuellement plus d’un milliard de litres de vin : pour éviter de chauff er nuit et jour le local renfermant les fûts de Sberrv, on l’a fait recouvrir d’une toiture vitrée qui le transforme en une serre où se maintient ainsi sans dépenses une température de 120 à 140° Farenheit. La cave aux vins mesure une surface de 929 mètres carrés, et peut contenir environ un million de litres; la salle de fermentation est longue de 109 mètres sur 50 de large. A l’usine est annexée une fabrique de tonneaux. Enfin nous ajouterons d’une façon générale que les vignobles de tout le comté de Fresno sont admirablement disposés et offrent un coup d’œil superbe : on y trouve de larges routes bien entretenues, bordées de figuiers, d’orangers et d’autres arbres fruitiers, qui les traversent de part en part ; ils sont sillonnés de canaux ou de fossés d’irrigation; on n’aperçoit pas une mauvaise herbe entre les rangées de ceps, et souvent une ligne de fruitiers alterne avec une rangée de ceps, afin de préserver un peu les vignes de la trop grande chaleur dans le milieu de la journée.
- Garniture protectrice pour éviter la contagion par les verres. — Titre bien compliqué pour désigner une invention américaine fort simple. On avait déjà imaginé des garnitures en papier pour appliquer sur les récepteurs des téléphones publics, parce que le contact de ces récepteurs qui touchent à tant d’oreilles, peut entraîner des contagions; un inventeur de Boston s’est dit que les chances de contagion sont bien autrement graves pour ceux qui font usage des timbales et des gobelets
- CHRONIQUE
- I/industrie en Chine. — Quelle que soit la perfection de certains procédés industriels que les Ghinois possédaient bien longtemps avant même qu’on y songeât en Europe, on peut pourtant dire sans exagération que leur industrie est tout à fait dans l’enfance. A part l’agriculture, qui est bien une des formes de l’industrie, et qui porte principalement sur le riz, le thé, l’opium, les fèves, le coton, le camphre, le bambou, on n’a guère à citer, comme manifestations industrielles, que la fabrication du papier, celle des laques et de l’huile de bois, la production des huiles, des graisses, des cires végétales. On travaille également le chanvre, le jute, la ramie et l’ortie ; puis le coton, qui se filait jusqu’ici et se tissait de manière primitive, mais pour lequel on établit maintenant des filatures perfectionnées, spécialement à Shanghaï. L’industrie de la soie est certainement une des plus importantes, sinon la plus importante ; et quant à l’industrie minérale, qui joue un tel rôle chez la plupart des nations, elle est absolument dans l’enfance en Chine, où cependant les gisements de toutes sortes sont en abondance.
- Une foire aux bicyclettes. — L’Allemagne et la Russie principalement ont conservé l’usage des grandes foires spéciales, foires aux laines, foires aux fourrures, foires aux échantillons, aux jouets, aux articles d’horlogerie, etc.; mais on n’avait pas encore vu de foires aux bicyclettes. C’est pourtant bien ce qui a eu lieu récemment à Leipzig, qui est par excellence un des centres où se tiennent à certaines époques les foires auxquelles nous faisions allusion. Pendant quatre jours a duré cette foire, qui avait été organisée par les marchands de bicyclettes allemands, et plus de 250 maisons y étaient représentées dans trois classes différentes : bicyclettes complètes, pièces et accessoires, enfin produits d’industries se rattachant à la bicyclette, huiles et graisses, paniers de transport, vêtements, j lurnaux, brosses, etc. Des acheteurs sont venus de toutes les parties de l’Allemagne et aussi d’Autriche, d’Angleterre, de Suède, de Norvège, de Russie. On évalue à plusieurs millions les affaires qui ont été traitées, et l’on a résolu de renouveler cette foire. Pour donner une idée de l’importance de l’industrie vélocipédique allemande, nous pouvons dire que, rien que dans les 9 premiers mois de 1898, elle a exporté pour près de 13 millions de marks de ses produits.
- Les degrés alcooliques en France et en Angleterre. — Le Moniteur officiel du commerce a donné
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- LA NATURE.
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- fixés aux fontaines publiques. Il a donc inventé une sorte de petite coquille, en métal ou en caoutchouc, qui peut venir s’appliquer sur le rebord du gobelet, où elle est maintenue par l’élasticité même de la substance dont elle est formée. Les lèvres du buveur sont ainsi protégées de tout contact avec le bord du gobelet où auraient pu se poser d’autres lèvres.
- Le rôle du vent en géologie. — Un journal américain citait récemment des exemples bien curieux de ce qu’on appelle les érosions éoliennes, c’est-à-dire des effets variés que peut produire le vent en sculptant pour ainsi dire la surface du sol, creusant les roches les plus dures, transportant les sables, etc. A l’entrée du canon de San Gorgonio, dans le comte de Riverside, en Californie, sur le parcours du Southern Pacific Raihvay, les falaises de l’ouest présentent de profondes rainures et de vastes surfaces polies, tout cela du fait du vent violent qui se précipite entre les montagnes formant le défilé, et sous l’influence de l’appel d’air que la chaleur cause dans le désert du Colorado. Près de la station de Palm, où le vent perd une grande partie de sa force, le sable qu’il laisse alors tomber s’accumule en dunes qui montent jusqu’à 80 et 90 mètres de haut au-dessus du niveau de la plaine. Plus loin, près de Pilot Knob, aux environs de la frontière mexicaine, on aperçoit souvent, à des kilomètres de distance, des colonnes de sable tourbillonnant et s’élevant à 500 mètres en Pair; ces sables tomberont en formant des dunes là où le vent perd de sa force, mais, partout sur leur passage, ils éroderont profondément et sculpteront les roches, même les plus dures, qu’ils pourront rencontrer.
- In nouveau fusil de guerre en Allemagne.
- — 11 parait se confirmer que l’Allemagne vient d’adopter un nouveau fusil de guerre, et d’après les explications fournies par le ministre de la Guerre, le général Non Gossler, cette arme ne différerait de l’ancienne arme du type 1888 que par des perfectionnements demandés depuis longtemps. Le magasin ménagé dans l’épaisseur de la monture serait entièrement fermé en dessous, afin d’éviter l’entrée des poussières, et les 5 cartouches y seraient disposées en deux rangées verticales chevauchant l’une sur l’autre. Le chargeur serait réduit à une simple lame à feuillures servant à porter les cartouches à l’entrée du magasin, sans y pénétrer par lui-même. Pour le tir on ferait usage d’un pied de hausse à gradin jusqu’à 1200 mètres, le curseur étant employé seulement au delà. Ajoutons toutefois que certaines publications étrangères disent en outre que l’on serait sur le point d’adopter pour ces fusils le tir automatique.
- La plus petite rue du monde. — Le petit port de mer de Great Yarmouth, en Angleterre,'‘possède une rue qui n’a sans doute sa pareille nulle part. Cette voie de communication imposante a jusqu’à 1,42 mètre de large dans sa portion la plus considérable, mais, à l’entrée, elle n’a que 0,75 mètre, ce qui ne permettrait probablement point à bien des gens d’y pénétrer. Et c’est une rue classée, qui porte le nom de « Kitty Witelles row » ; au reste, Great Yarmouth est le pays par excellence de ces rues minuscules, car on en compte 145 du même genre, mais parfois un peu plus larges, et qui représentent un développement total de 12 kilomètres environ.
- Les lacs français les plus profonds. — La
- France possède un nombre considérable de lacs, mais il o’y’a guère que ceux qui se trouvent en pays de montagne qui offrent réellement de la profondeur. Le pre-
- mier dans cet ordre d’idées est le Léman, qui est bel et bien un lac français en même temps que suisse ; sa profondeur maxima est de 510 mètres. C’est ensuite le lac du Bourget, qui a 145 mètres, puis le lac Bleu des Ilautes-Pvrénées, qui en a 115. Nous relevons 108 mètres pour le lac d’Isarlès, dans l’Ardèche, 99 pour celui de la Girotte en Savoie. Parmi les lacs ayant au moins 70 mètres, nous pourrions citer le lac Pavin (Puy-de-Dôme), le lac d'Annecy, celui d’Aiguebelette, celui- de Cotepen (Isère).
- Germination au bout de deux mille ans. —
- Dernièrement, à une exposition florale qui s’est tenue en Angleterre, on avait exposé des pois de senteur qui avaient une origine bien curieuse : ils provenaient de graines qu’on avait recueillies dans le tombeau d’une momie égyptienne, enterrée certainement depuis plus de deux mille ans. Les fleurs en étaient d’une charmante nuance rouge et blanche, mais d’une taille légèrement inférieure à celle des fleurs analogues qui sont nos contemporaines.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 sept. 1899. — Présidence de M. Maurice Lévy.
- Un représentant d’un animal disparu. — M. Gaudry expose qu’il vient de voir à Upsal des débris extrêmement curieux d’un animal des plus singuliers. C’est un édenté, le néomylodon, véritablement extraordinaire, dont les spécimens proviennent de l’Amérique du Sud. Le Muséum en possède un squelette fossile incomplet ; à Copenhague on en conserve deux squelettes complets. La peau de cet animal était remplie d’ossicules dermiques. Or, le my-lodon qui est de la taille d’un jeune sanglier et que l’on croyait disparu depuis bien longtemps vit encore ou au moins vivait encore il y a peu de temps. Une expédition suédoise dont faisait partie M. Otto Nordenskjôld en a recueilli des ossements non fossilisés et une peau dans une grotte de la Terre de Feu. Cette peau contient précisément dans son intérieur les ossicules dont la place n’avait été assignée que par le raisonnement. M. Gaudry montre un fragment de peau avec ses ossicules qui est recouvert de poils encore flexibles. M. Erland Nor-denskjôld, à son tour, a exploré cette grotte et en a rapporté des vestiges de néomylodon qui permettent d’affirmer que l’animal dont ils proviennent est mort depuis un temps assez court. Ces débris, ont, en effet, été trouvés au milieu de paille hachée et de crottin. Cette découverte s’accorde avec l’opinion de M. Améghino. Ce savant, qui a donné au néomylodon son nom scientifique, pense que le néomylodon n’a pas encore disparu. On ne peut toutefois expliquer qu’il ait passé inaperçu, qu’en lui supposant un naturel très sauvage et des habitudes nocturnes dans un pays fort peu exploré.
- Anatomie végétale. — M. Gaston Bonnier présente une Note de M. Yital Boulet sur la manière dont s’organisent naturellement les éléments cellulaires dans les cellules qui vont mourir. M. Boulet a pris comme exemple les tissus des plantes aquatiques et il a étudié la façon dont la matière vivante se sépare des productions diverses de la cellule, avant d’entrer dans une phase où commence une désorganisation plus grande. M. Bonnier présente également une Note de M. Heckel, professeur à la faculté des sciences de Marseille, qui décrit le mode de formation des canaux sécréteurs dans les graines des plantes de la famille des Guttifères.
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- Varia. — M. Le Châtelier adresse une Note sur les points fixes de transformation. M. Edmond Ferrie rpré-sente une Note de M. de Zograf, professeur à F Université de Moscou sur la structure des organes céphaliques latéraux des gloméris. — M. Mascart annonce qu’il a assisté à Uôme aux fêtes données à l’occasion du centenaire de la découverte de la pile par Yolta.
- Ch. de Villedeuil.
- LES EXCENTRICITÉS DE L\ NATURE
- « IÆ PRINCE COLIBRI ))
- Mignon, vif, curieux, gazouillant comme l’oiselet, le « prince Colibri » est bien le plus extraordinaire; petit homme que la terre ait porté jusqu’ici.
- La charge pour notre globe n’est pas [bien lourde, il est vrai, car Grand Pierre (c’est ainsi qu’on l’appelait en Amérique d’où il nous arrive) pèse, déshabillé, 2 kilogrammes 1/2 environ.
- Ce personnage lilliputien est remarquable par l'élégance des formes. 11 est admirablement proportionné et n’a rien du nain, souvent grotesque.
- Mangeant et buvant convenablement, le prince Colibri fume ses cinq ou six cigarettes par jour ; rien n’est plus renversant que de voir la disproportion qui existe entre la cigarette et la taille du fumeur qui, mesuré à la toise, atteint à peine 59 centimètres.
- Né en Russie en 1880,
- Grand Pierre a donc près de 19 ans, et c’est à peine s’il représente un bébé de force moyenne à l’âge d’un mois; sa tète, recouverte d’une chevelure blonde et soyeuse, est même plus petite que celle de certains nouveau-nés !
- Lorsque son barnum, le capitaine Coleman, le présente assis dans la paume de la main, il semble (Yoy. fig.) qu’on a devant soi une poupée, — merveilleusement combinée, il est vrai, car elle parle plusieurs langues, le russe principalement.
- Sans remonter à la plus haute antiquité (ou cependant les nains furent aussi nombreux qu’appréciés, tels Coropas, favori de Julia, nièce d’Auguste, Philétas de Cos), etc., l’histoire plus récente que celle avant le Christ nous donne une merveilleuse idée de la taille comparée de ces « bouts d’hommes ».
- C’est ainsi qu’en 1592, le duc de Parme avait à
- son service John d’Estrix qui, à l’âge de 55 ans, mesurait 3 pieds de haut.
- Citons également le comte Borowlaski, gentilhomme polonais très instruit, né en novembre 1759, qui visita les différentes cours d’Europe et vécut jusque près de 100 ans.
- Un des nains les plus fameux de notre siècle fut le général Tom Pouce (Charles Stratton) qui, à 25 ans, mesurait environ 78 centimètres; sa femme avait à peu près la môme taille.
- Le général Mite lui succéda : né en octobre 1864, dans l’Etat de New-York, il avait 75 centimètres de haut et pesait 9 livres. 11 épousa, en 1884, une Anglaise qui pesait encore moins !
- Dans les temps modernes , la mode des nains fut poussée jusqu’à la folie, en Italie et en Alle-magne, a insi qu’en France et en Russie. Charles Quint, François Ier, Marie de Médi-cis eurent leurs nains : l’un d’eux, Bébé, favori du roi Stanislas, eut son heure de célébrité.
- D’après les récits véridiques des voyageurs contemporains, des peuplades entières de nains vivent dans l’intérieur de l’Afrique. Celle des Àkkas entre autres, dont les individus n’ont que de 0m,70 à 0m,90 de hauteur, taille bien supérieure à celle de Colibri qui est surtout remarquable par son excellente conformation, fait assez rare chez messieurs les Nabots !
- Enfin rappelons la célèbre Chiquita qui atteint à peine (car elle vit encore, croyons-nous) 69 centimètres.
- 11 semble donc qu’à mesure que la civilisation et la science font des progrès, les nains tendent à rapetisser, puisque notre prince Colibri, nouveau venu, gagne le record de la petitesse, sa taille étant inférieure de 12 centimètres à celle de Chiquita.
- Traîné de villes en villes, de fêtes en foires, enfermé dans la roulotte de son mentor, — roulotte confortable il est vrai, mais qui n’en est pas moins une prison... dorée, — le prince Colibri fera, de longtemps encore, espérons-le, la joie des enfants et des grandes personnes. Carolus Karl.
- Le Gérant : P. Masson. *
- Paris. — Imprimerie Lahcre, 9, rue de Fleuras.
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- N° 1376. — 7 OCTOBRE 1899.
- BATEAUX-PILOTES A VAPEUR
- Fig. 1. — Les nouveaux bateaux-pilotes.
- Parmi ces populations si courageuses des côtes, dont les prix de vertu ne suffisent pas à récompenser
- les dévouements, les pilotes sont certainement des plus exposés. Quelque temps qu’il fasse dans les
- Pilotes
- Pilotes
- Munitions
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- Munitions
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- Pilotes
- •J Pilote
- Fig. 2. — Coupe et plan d’un bateau-pilote à vapeur.
- plus mauvais parages, et notamment dans ces embouchures de fleuves si fertiles en sinistres, ils croisent au large pour seconder les navires qui se 27e année. — 2e semestre.
- présentent, et qui se perdraient sans doute s’ils ne rencontraient pas à point nommé ces praticiens qui connaissent à fond les moindres particularités des
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- rivages où ils passent leur vie. Évidemment il n’y a pas à prétendre que le pilote exerce un sacerdoce, c’est un métier auquel il demande son existence; mais il l’exerce avec un dévouement absolu, et l’on n’a jamais vu l’un d’eux refusant de sortir par la mer la plus démontée quand un navire est en vue qui attend son aide.
- Tous ceux qui ont fréquenté les côtes connaissent de vue les bateaux-pilotes ; presque partout, du moins jusqu’à ces derniers temps, c’étaient des petits voiliers d’un même type général, excellentes embarcations tenant merveilleusement la mer, et construites dans des conditions de solidité extraordinaire. Mais, tout solides qu’ils sont, ces bateaux offrent les inconvénients habituels qu’on rencontre chez les navires à voiles, c’est-à-dire qu’ils sont soumis à tous les caprices du vent ; tantôt forcés de fuir devant la tempête quand il serait de première importance qu’ils restassent dans les parages que fréquentent les bateaux à piloter, tantôt ne pouvant qu’à grand’peine s’approcher du gros steamer sur lequel la lame menace à chaque instant de les écraser, soit qu’ils veuillent déposer à bord le pilote qui va conduire le navire au port, soit qu’au contraire il s’agisse de reprendre ce même pilote quand le navire est sorti et s’apprête à prendre le large. Combien de bateaux-pilotes ne se perd-il pas chaque année un peu dans toutes les mers, et quels avantages n’y aurait-il pas à substituer des vapeurs aux classiques chaloupes qui vont chercher au loin les différents navires à piloter !
- On commence enfin à comprendre ces avantages dans certains milieux maritimes, et, des deux côtés de l’Océan, voici qu’on a mis en service depuis quelque temps des bateaux-pilotes à vapeur, d’une part pour le port de New-York, d’autre part pour l’embouchure de la Mersey.
- Il y a déjà quelque temps qu’un mouvement dans ce sens s’était fait jour parmi ce qu’on appelle les « pilotes de Sandy Hook », pilotes de New-York et de New-Jersey, qui font le service de l’entrée du port de New-York et de ses parages. Il faut dire que, pour se faire concurrence et atteindre les navires venant du large, qui doivent prendre « le premier pilote qui se présente », les petits bateaux des pilotes américains allaient souvent jusqu’à 500 et 600 milles au large ; or, ces embarcations avaient beau être particulièrement bien taillées pour la mer, il se produisait fréquemment des catastrophes. Une première amélioration de la situation résulta de ce fait que les pilotes s’associèrent et formèrent la « Consolidated New-York and Sandy Hook Pilots Association », qui racheta les vingt-neuf bateaux existants e't n’en garda que neuf des meilleurs ; en second lieu, on diminua considérablement et l’on ramena à des proportions raisonnables la ligne de croisière des pilotes. Depuis lors l’association a fait construire un pilote à vapeur dont nous donnons une vue d’ensemble dans la figure 1 et la coupe et le plan dans la figure 2, et qui a permis d’or-
- ganiser le pilotage sur les bases les mieux comprises.
- La ligne de croisière est partagée en six stations ayant chacune son bateau ; au centre de cette ligne, et au large du passage appelé Gedney Channel, est le New-York, le vapeur dont vous venons de parler, qui constitue la « station » par excellence, et qui non seulement fournit des pilotes aux navires arrivants qui passent en vue sans en avoir à bord, mais qui surtout recueille les pilotes qui ont terminé leur mission à bord des bateaux sortants. Les autres bateaux donnent des pilotes aux navires qui leur en demandent et restent sur place tant qu’ils ne sont pas démunis de personnel; à ce moment, celui qui se trouve dans ce cas rentre au port après avoir averti les bateaux voisins, qui se déplacent tous d’un rang vers le large, tandis que sort du port un nouveau bateau avec son personnel au complet pour prendre la place qui est par suite laissée vide dans le poste le plus voisin du New-York. Chaque bateau possède trois équipes qui se partagent le travail par relève en se succédant, à la mer, au port pour les navires sortant, et enfin en réserve ; de même il y a une rotation pour les bateaux. Seul le New-York demeure constamment à la mer, n’ayant le droit de rentrer que pour renouveler ses approvisionnements tous les quinze jours.
- On comprend que dans ces conditions ses qualités de navire à vapeur lui sont particulièrement précieuses, d’autant que, par mauvais temps, il prend la place des bateaux à voiles, qui rentrent tous se mettre à l’abri. Il est considéré comme devant pouvoir tenir la mer par tous les temps, aussi est-il construit en véritable bateau de sauvetage, avec un tirant d’eau énorme, un franc-bord non moins considérable ; il peut se maintenir l’avant ou l’arrière à la lame. On a naturellement prévu un pont en dos de tortue pour rejeter les coups de mer, et des quilles latérales pour diminuer l’amplitude du roulis.
- Toutes les installations y sont remarquables, afin de donner à la fois sécurité et confort aux pilotes embarqués. Long au total de 47m,24, large de 8m,53 et tirant 4m,27, le New-York comporte deux roofs d’acier abritant les chambres du capitaine et des maîtres, la salle à manger des officiers, etc. ; au-dessous sont deux grands salons et douze cabines particulières; dans son ensemble il peut loger cinquante hommes. On y trouve salles de bains, éclairage électrique, distribution d’eau chaude et d’eau froide, etc.
- Le comité des docks et aménagements maritimes de la Mersey a procédé plus nettement en faisant construire immédiatement deux bateaux-pilotes à vapeur, dans l’intention de supprimer complètement le pilotage à voiles. Les deux steamers en question, qui se nomment Francis Henderson et Leonard Speer, ont été livrés par les chantiers Murdoch et Murray de Port-Glasgow ; ils ont 59 mètres de long sur 7m,32 de large et 3m,96 de creux. Leurs
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- lignes sont presque aussi fines que celles de yachts de courses, et leur hélice, commandée par une paire de machines à triple expansion, leur peut assurer une vitesse soutenue de 10 nœuds 5/8. Ici encore, comme il s’agit d’offrir par tous les temps un poste flottant aux pilotes, qui sont au nombre de quarante, on a disposé des aménagements leur assurant un bon confortable. C’est ainsi que les couchettes, en acajou massif, avec rideaux, sommier métallique, sont réparties en quatre chambres ; un grand salon à deux tables peut recevoir à la fois trente convives. Vestiaires, fumoir, salles de bains, rien n’a été oublié de ce qui peut donner aux pilotes embarqués tout le confort en même temps que la sécurité absolument nécessaire.
- Aussi ne doutons-nous point que les pilotes ne comprennent dans tous les pays les avantages que présente une pareille transformation, diminuant dans des proportions considérables la mortalité qui frappe leur pénible profession. Daniel Bellet.
- LES ASCENSEURS ÉLECTRIQUES
- EN AMÉRIQUE
- 11 existe actuellement à New-York un bâtiment très élevé qui a 26 étages de hauteur. Ce bâtiment est l'Ivis syndi-cate Building. Le Journal Engineering Neivs a donné la description des ascenseurs installés pour desservir cet immeuble qui renferme 950 bureaux, environ 4000 employés et dans lequel viennent par jour près de 20 000 personnes.
- Tous les ascenseurs sont électriques; leur installation a été confiée à la Compagnie Sprague. Us sont au nombre de 15 de divers modèles, dont 10 ascenseurs à voyageurs : 5 montent jusqu’au 25e étage à une hauteur de 90m,50, et 5 jusqu’au 26' étage à une hauteur de 94m,10. Un autre ascenseur, pour les marchandises, monte du soubassement au 256 étage, sur une hauteur de 98m,95. Tous ces ascenseurs sont du même modèle. Ils comportent chacun un moteur électrique actionnant une vis verticale d’environ 6m,70 de longueur, qui agit sur un écrou faisant corps avec l’équipage mobile des poulies d’un palan dont le câble s’attache d’une part à un contrepoids muni d’une chaîne d’équilibre, d’autre part par l’intermédiaire de poulies de renvoi à la cage de l’ascenseur. Les mouvements de chaque ascenseur sont déterminés par un contrôleur du système Sprague; chacun d’eux est muni de plusieurs dispositifs de sûreté. Le courant qui actionne 15 ascenseurs est fourni par une usine spéciale renfermant des dynamos Westinghouse de 200 kilowatts. Ces machines donnent 1665 ampères sous 120 volts et’sont accouplées directement à des machines à vapeur horizontales compound en tandem. Une machine compound, plus petite, est accouplée directement à une dynamo Westinghouse donnant 250 ampères sous 120 volts. Une autre machine actionne directement une petite dynamo à 25 volts, servant à charger une batterie d’accumulateurs. L’intensité consommée par les ascenseurs à voyageurs doit atteindre environ 145 ampères sous 120 volts, et le nombre de kilowatts-heure par voiture-mille (1610 mètres) ne doit pas dépenser 5,5. A la descente, la dépense de courant est nulle. J. p.
- LES
- OISEAUX JARDINIERS ET CONSTRUCTEURS
- Avec le concours de notre excellent ami, le grand artiste Giacomelli, nous avons autrefois présenté aux lecteurs de ce journal quelques exemples remarquables de la variété de formes que revêtent les nids des Oiseaux et nous avons montré combien ces petits édifices sont toujours admirablement disposés pour recevoir les œufs, pour favoriser l’incubation et pour servir ensuite de berceaux pour les jeunes; mais nous n’avons pas eu jusqu’ici l’occasion d’appeler l’attention sur des constructions encore plus curieuses qui, elles, ne sont pas destinées à recevoir les couvées, mais qui doivent être considérées comme des maisons de plaisance à l’usage des adultes.
- Il y a une quarantaine d’années que le célèbre ornithologiste John Gould a fait connaître des constructions de cet ordre, qu’il avait observées sur divers points de l’Australie et qui étaient l’œuvre de certains Passereaux, plus gros que des Merles, qu’on appelle Chlamydodères et Ptilinorhynques. Les Chla-mydodères ont un costume gris roussàtre ou brun, avec des taches rousses ou noirâtres sur le dos et les ailes, et, parfois, chez le mâle, une petite collerette sur la nuque, collerette d’un rose lilas aussi tendre que celui de la fleur du pêcher; les Ptilinorhynques, au contraire, portent, les mâles un costume d’un noir satiné à reflets bleus ou violets, les femelles un costume vert. Ces oiseaux, alliés aux Pies, aux Corbeaux, et aux Paradisiers, ont tous la singulière habitude de bâtir non seulement des nids de forme arrondie, placés sur les arbres, mais encore des galeries et des kiosques bizarrement décorés où ces oiseaux galants vont faire la cour à leurs femelles. Dans leur disposition et leur aspect extérieur, ces constructions rappellent tout à fait les cabanes en miniature, les bosquets ou les allées couvertes que les enfants s’amusent à édifier avec des baguettes, des feuilles et d’autres matériaux. Elles consistent, le plus souvent, en une série de piquets que l’oiseau plante obliquement dans le sol, de manière à les faire converger par leur extrémité supérieure et dont il recouvre parfois les interstices avec quelques brins d’herbe; mais, dans certains cas, elles offrent une structure si compliquée, de dimensions tellement considérables par rapport à la taille de l’oiseau, qu’elles exigent, de la part de ce petit ouvrier, un travail et une patience extraordinaires. Ainsi la cabane de la Chlamydodère à ventre fauve (Chlamy-dodera cerviniventris) mesure quelquefois lm,20 de longueur sur 1 mètre de largeur et renferme un couloir étroit dont le plancher est formé de brindilles ; elle est ornée, non sans un certain goût, avec des coquillages auxquels l’oiseau entremêle de petits fruits de couleur vive. Des ornements analogues, c’est-à-dire des coquilles de toutes sortes, se retrouvent dans le berceau de la Chlamydodère à nuque rose (Chl. nuchalis) dont nous publions une figure
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- LA NA TU R K.
- et dans celui de la Chlamydodère tachetée (Chl. maculata). Cette dernière, qui habite l’est et le sud de l’Australie, tandis que les deux autres vivent dans le nord, joint volontiers aux coquilles des cailloux brillants et des crânes de petits Mammifères, blanchis par un long séjour au grand air.
- Tous ces objets, fruits, cailloux, coquilles et débris de squelettes, l’oiseau va les chercher un à un, à travers la campagne, au bord de rivières ou sur les plages, souvent à une très grande distance, et les apporte dans son bec pour en orner les parois de sa cabane, qui se trouve ainsi transformée en une sorte de musée.
- Les Ptilinorhynques (.IHilinorhynchus holo-sencens) élèvent, eux aussi, dans les forêts de cèdres du gouvernement de Liverpool, en Australie, des édifices très élégants, reposant sur un plancher légèrement convexe, fait de bâtons solidement entrelacés. Sur ce plancher se dresse un berceau dont les parois consistent en petites baguettes recourbées au sommet et pénétrant , par leur extrémité inférieure , dans la masse du soubassement. Par une précaution admirable, toutes les fourches que présentent ces baguettes regardent en dehors, de telle sorte que les parois internes n’offrent aucune saillie de nature à froisser les plumes des oiseaux qui circulent sous cet abri. Comme les Chlamydodèrcs, les Ptilinorhynques entassent aussi dans leurs demeures des coquilles de Moules et d’Escargots, des os blanchis ou à demi calcinés, des plumes brillantes de Perroquets et
- même des tuyaux de pipes et d’autres objets dérobés dans les campements des indigènes. C’est ainsi que Gould a découvert, à l’entrée d’un berceau de Ptilinorhynques , une jolie pierre de tomahawk, très finement travaillée, gisant à côté de lambeaux de cotonnade bleue. En examinant plusieurs de ces berceaux, le naturaliste dont je viens de citer le nom a pu s’assurer d’ailleurs qu’ils offraient des traces manifestes de réparations et qu’ils devaient servir depuis plusieurs années. Il est même probable que chaque édifice peut être la propriété simultanée ou successive de plusieurs couples de Ptilinorhynques.
- Plus remarquables encore sont les travaux de YÂmbhjornh inor-nata de la Nouvelle-Guinée, Passereau de la taille d’un Merle, qui, comme l’indique son nom latin, porte une livrée modeste, de couleur brilne, mais qui a cependant des affinités manifestes avec les brillants Oiseaux
- de ^Paradis, en même temps que des liens de parenté avec les Ptilinorhynques et les Chlamydodè-res. Comme chez ces dernières, les mâles, chez certaines espèces, sinon chez toutes les espèces d’Am-blyornis, ont la nuque ornée de plumes brillantes, mais ces plumes, au lieu d’être d’un rose lilas, sont d’un rouge orangé vif et forment une huppe aplatie qui atteint un très grand développement chez YAmblyornis subalans.
- L'Amblyornis inomata, dont nous nous occuperons plus spécialement, vit dans les forêts vierges des monts Arfak, près de la côte septentrionale de la
- Fig. 2. — Cerceau de Clilaitiydodères. (D’après' Gould.)
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- Nouvelle-Guinée. C'est là que les traces de son industrie ont été découvertes, il y a une vingtaine d’années, par des chasseurs malais et papous au service de M. Bruijn, de Ternate et qu’à une date plus récente, les travaux de l’Amblyornis ont été étudiés par un voyageur italien,
- M. Beccari. En traversant une magnifique forêt, située à 1600 mètres d’altitude environ, M. Beccari se trouva tout à coup en présence d’une petite cabane, précédée d’une pelouse parsemée de îleurs ; aussitôt il se rappela ces huttes, bâties par des oiseaux, dont les chasseurs de M. Bruijn avaient donné la description à leur maître, et il ne douta pas qu’il eut sous les yeux quelque édifice de ce genre. Il recommanda en conséquence à ses hommes de respecter cette petite construction qu’il revint observer à loisir et dont il prit un croquis très exact. Malheureusement il ne parvint pas à savoir si la cabane était commune à plusieurs ménages, si elle était l’oeuvre d’un seul individu ou du male et de la femelle travaillant ensemble ; mais il recueillit de précieux renseignements sur la méthode que suit l’Amblyornis dans sa construction. D’après ce que M. Beccari a vu de ses propres yeux comme d’après ce que lui ont rapporté les indigènes, l’Amblyornis choisit une petite clairière, au sol parfaitement uni, au centre de laquelle se dresse un arbrisseau de lm,20 de hauteur environ. Autour de cet arbrisseau, qui servira d’axe à l’édifice, et de manière à en masquer la base, l’oiseau entasse une
- certaine quantité de mousse, puis il enfonce dans le sol, en les inclinant, des rameaux empruntés à une [dante épiphyte, c’est-à-dire à une plante vivant en parasite sur les branches, à la manière des Orchidées. Ces rameaux, qui continuent à végéter, et qui
- gardent leur verdure pendant assez longtemps, sont assez rapprochés l’un de l’autre pour formelles parois d’une hutte conique dont les dimensions peuvent être évaluées à 0m,50 sur 1 mètre de diamètre. Sur un côté, ils s’écartent légèrement pour laisser une ouverture donnant accès dans la cabane, et en avant de cette porte s’étend une belle pelouse faite de mousse soigneusement rapportée. Les éléments de celte pelouse l’oiseau va les chercher touffe par touffe à une certaine distance, et il les débarrasse, avec
- son bec, de toute pierre, de tout morceau de bois, de toute herbe étrangère qui en altérerait la netteté. Puis, sur ce tapis de verdure, l’Amblyornis sème des fruits violets de Garcinia et des fleurs de Vaccinium qu’il va cueillir aux environs et qu’il renouvelle aussitôt qu’ils sont flétris. En un mot, il dessine devant sa cabane un véritable parterre et l’entretient avec un zèle qui justifie pleinement le nom de « Tukankoban » (oiseau jardinier) que donnent à l’Amblyornis les chasseurs malais.
- Evidemment, nous nous trouvons ici en présence d’une série de phénomènes qui ne sauraient dériver d’une force aveugle et brutale : le tact avec lequel l’oiseau choisit les fleurs et les fruits destinés à orner
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- LA NAT LUE.
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- sa pelouse, le goût avec lequel il les dispose, le soin qu’il a de les renouveler, dénotent des sentiments artistiques et par conséquent des facultés intellectuelles déjà très développées. Du reste, on ne peut davantage, sans faire intervenir l’intelligence, expliquer les modifications que, suivant les climats, le Loriot de Baltimore introduit dans la structure de son nid; sans cela, on ne peut expliquer non plus pourquoi les Cassiques, depuis l’introduction des Chevaux en Amérique, ont jugé convenable de remplacer les herbes par les crins dans la construction de leurs hamacs, pourquoi les Hirondelles, nichant contre des parois de rochers durant la période préhistorique, sont venues se mettre sous la protection directe de l’homme en s’installant sous les toits ou dans les cheminées des habitations.
- Des faits de ce genre sont absolument inconciliables avec les idées anciennes qui établissaient une séparation nette entre l’instinct delà brute et l’intelligence considérée comme l’apanage exclusif de l’espèce humaine. Ils nous forcent à modifier la définition de l’instinct et à le considérer non plus comme une propriété primordiale et immuable de l’espèce, mais comme le résultat d’une habitude acquise, transmissible par voie d’hérédité et susceptible de perfectionnements par l’acquisition de notions nouvelles. E. OuSTALET.
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- PLANCHERS TUBULAIRES
- Nous pourrions dire, d’une façon plus large, constructions tubulaires, mais cette manière de parler entraînerait peut-être des confusions; et, de plus, dans le système assez curieux dont nous voulons entretenir nos lecteurs, nous avons l’intention de
- Fig. 1. — Plancher tubulaire.
- nous limiter plutôt à l’établissement des planchers : c’est en réalité l’application qui nous semble la plus pratique de cette invention, passée quelque peu inaperçue du monde technique.
- Le créateur du système, M. Pease, a formé une société à Londres pour l’exploiter. Il est parti de cette vérité bien reconnue aujourd’hui que les tubes métalliques fournissent une résistance énorme sous un faible poids, et, par suite, avec une consommation très minime de métal ; mais il a songé aussi à recourir à des tubes incomplètement fermés, assez largement ouverts même suivant une de leurs génératrices, et qu’on peut associer trois à trois par exemple, comme l’indique une des figures ci-jointes, les rebords repliés de chacun pénétrant dans les deux
- autres par l’ouverture demeurée béante. Ainsi solidarisés, les trois tubes forment un ensemble d’une résistance pour ainsi dire à toute épreuve, et se mettent en place avec une facilité extrême.
- Nous devons ajouter, et les figures que nous reproduisons le font mieux comprendre que les explications les plus minutieuses, que ces tubes ouverts sont susceptibles de se combiner des façons les plus diverses, de manière à constituer un plancher continu, soit par l’enchevêtrement de deux rangées de tubes superposés, soit encore au moyen d’une rangée principale dont les gros tubes sont solidarisés par des petits qui viennent embrasser leurs bords supérieurs en les empêchant de s’ouvrir davantage; si, d’ailleurs, la portée est grande, rien ne s’oppose -à ce que les gros tubes prennent appui sur des poutres en I ordinaires. Remarquons immédiatement que, même sous sa forme la plus simple, cette combinaison donne une surface absolument étanche à la pluie, puisque l’eau qui y tombe ne peut que glisser dans la seconde rangée de tubes où elle est entraînée vers l’extérieur, et c’est ce qui fait que ce système Pease est parfaitement approprié à la construction en même temps qu’à la couverture des toits.
- On peut combiner les tubes en question par trois ou quatre principaux, maintenus par trois ou quatre tubes secondaires ; on en multiplie le nombre presque à l’infini, afin de former des poutres horizontales ou des colonnes verticales; l’inventeur propose également de les employer concurremment avec des fers en I, mais nous ne le suivrons pas dans cette voie, car alors la construction perd ses avantages de simplicité. Ce qui présente de l’intérêt, c’est de faire remarquer combien ces tubes se compléteront heureusement avec un remplissage de béton, et donneront un béton armé d’une résistance énorme. Des expériences ont été faites qui montrent la solidité
- Fig. 2. — Modes de construction tubulaire.
- d’un plancher établi, même dans des conditions très sommaires, avec ces matériaux de construction spéciaux, et si nous ajoutons que, sous forme de cloisons, les tubes Pease constituent un excellent isolant de l’air extérieur, nous en aurons dit assez pour montrer l’intérêt réel de cette curieuse invention.
- D. Lebois.
- LE COCO DES MERS
- Pendant plus d’un siècle cette noix de coco a passé, à cause de sa forme bizarre et de l’ignorance dans laquelle on était de l’arbre qui la produisait, pour un fruit surnaturel auquel on attribuait toutes sortes de vertus médicinales : on l’avait nommée pour cela Nux medica. La noix du Coco des Mers ou mieux du Coco des Séchelles, pour l’appeler par son nom, est formée de deux drupes ovoïdes très allongées, accouplées latéralement, de 40 à
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- 45 centimètres de longueur sur environ 20 dans leur plus grande largeur, dont le périsperme ligneux est d’une extrême dureté, ce qui lui permet de séjourner très longtemps dans l’eau, sans que son amande soit gâtée.
- Depuis plusieurs siècles on trouvait des noix de coco des mers sur les côtes des îles Maldives et de l’Hindous-tan, particulièrement sur la côte de Malabar; ils étaient apportés là par les courants sans que l’on puisse savoir d’où ils provenaient. Les Indiens les considéraient comme les fruits d’un arbre sous-marin et les Européens les regardaient comme faits d’une matière spéciale, n’appartenant ni au règne végétal ni au règne animal; c’est ainsi qu’un botaniste distingué du commencement du xvii6 siècle, de Malesherbes, n’hésite pas à dire que le coco des mère est formé d’une matière inorganique à laquelle il doit ses vertus médicinales : c’était dans l’esprit de l’époque. Sa provenance inconnue en fit une chose médicinale de premier ordre : son amande séchée et réduite en poudre était souveraine contre la fièvre, la dysenterie, le choléra, et constituait le dépuratif par excellence; en cataplasmes, son application était une
- Le coco des mers.
- sorte de panacée universelle ; elle guérissait les affections de poitrine les plus rebelles, l’hydropisie, la goutte, la gravelle, les ulcères les plus invétérés, les rhumatismes les plus anciens et était le meilleur agent réducteur des fractures et des luxations. Aussi, le prix d’une noix médicinale était-il très élevé; les Portugais, alors possesseurs des régions où on la trouvait, s’étaient attribué le monopole de sa récolte. Si un naturel était soupçonné de posséder un coco des mers, il était maltraité, voire même mis à mort si on acquérait la certitude qu’il s’en était approprié un. Aux Indes Bataves, posséder indûment un coco des mers, constituait un crime aussi grave que celui de battre la fausse monnaie. Ces vertus curatives étaient connues même en Europe, et on raconte qu’un prince de la maison de Habsbourg, atteint de goutte et de gravelle, offrit 4000 florins d’or, ce qui représentait, à cette époque, environ- 80 000 francs de notre monnaie, à quiconque lui procurerait un de ces fruits; l’histoire ne dit point s’il parvint à trouver l’antidote de son mal, mais elle nous apprend qu’il mourut peu de temps après.
- La découverte de l’archipel des Séchelles devait faire disparaître le surnaturel qui enveloppait l’origine du coco des mers : en 1769, Bani découvrit l’arbre qui le produit, dans une petite vallée de l’île Praslin, qu’on appelle le Ravin des Cocotiers; c’est un palmier que Labillardière a décrit, quelques années plus tard, et qu’on a nommé Lodoicea Sechellarum ou Cocotier des Séchelles.
- Le Lodoicea est certainement l’un des plus beaux spécimens de la famille des Palmiers. Son tronc très droit, qui atteint 30 et même 40 mètres de hauteur, est couronné par un très petit nombre (9 ou 10) de feuilles palmées, très amples, en forme d’éventail, d’un beau vert foncé, et qui ont des dimensions énormes, 7 à 8 mètres de longueur sur 4 à 5 de largeur. I)u centre de ces feuilles sortent des spathes ligneuses très développées (60 centimètres environ) en forme de nacelles, d’où s’échappent des fleurs jaunâtres, très petites et très nombreuses, réunies en grappe qui constituent le régime. La plus grande partie de ces fleure avortent, et chaque régime ne porte que quatre ou cinq fruits. Cette espèce de palmier est dioïque, c’est-à-dire que certains individus ne portent que des fleurs mâles, et les autres que des fleure femelles qui sont fécondées par le pollen des premières, apporté par le vent ou par des insectes. Le fruit du cocotier des Séchelles, dont on a vu la description plus haut, contient, au moment où il tombe, une * amande très blanche au centre de laquelle se trouve une gelée translucide, ressemblant à de la colle d’amidon, les indigènes mangent cette gelée, mais elle n’a aucune saveur et sa seule qualité, fort appréciable dans les pays tropicaux, est d’être d’une grande fraîcheur ; au bout de quelques jours, cette gelée devient consistante et fait corps avec la noix, qui est comestible et analogue, comme goût, à celle du coco ordinaire.
- Le Lodoicea Sechellarum est essentiellement indigène de l’île de Praslin et d’un petit îlot, nommé île Curieuse, voisin à quelques encablures de l’île où Bani vit le premier spécimen de ce palmier à fruits si curieux. Au moment de la découverte, la majeure partie des Cocotiers des mers fut détruite : on attribuait aux feuilles et au stipe les mêmes propriétés qu’aux fruits ; avec le temps et les progrès de la médecine, on s’est convaincu que ce coco n’avait aucunes vertus curatives. Depuis, comme ces beaux arbres sont d’une grande utilité pour le pays, les Anglais, aujourd’hui maîtres du groupe des îles Séchelles, ont édicté des peines sévères contre qui en détruirait un. On a essayé d’acclimater le Cocotier des Séchelles dans diverses colonies; il a parfaitement réussi aux Indes, à Ceylan et à Mahé; il y a quelques années, un spécimen cultivé dans les serres de Kew, en Angleterre, a donné un fruit. La croissance de ce palmier est extrêmement lente ; il ne commence, paraît-il, à donner des fruits que vers la trentième année.
- Le Lodoicea est d’une grande utilité pour les indigènes : ils mangent son fruit, qui, soumis à la pression, donne une huile très propre à l’éclairage et même à la cuisine; de la bourre, qui enveloppe la noix, ils tirent de la filasse avec laquelle ils confectionnent des ficelles et des cordes presque imputrescibles. Leurs ustensiles de ménage, seaux, gourde, plats, écuelles, sont fabriqués avec la coque de ses noix. Leurs habitations, toutes entières avec leur mobilier intérieur, sont construites avec ses feuilles : les nervures médianes, qui ont jusqu’à dix centimètres de diamètre, servent à l’édification de la charpente; les feuilles, séchées et tressées, forment la toiture et les murs. Avec les filaments, tirés des feuilles, ils confectionnent des filets de pêche, des nattes, très fines, d’une grande souplesse, qui peuvent servir à faire des voiles d’embarcation, des tamis ou même des vêtements, et des cordages d’une grande résistance. Ils tirent, par macérations, de la sciure des nervures des feuilles, un colorant très noir qui peut remplacer l’encre ordinaire. Henry Chastrey.
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- LÀ NATURE.
- SÉNILMTION RAPIDE DES ROIS
- PAR I.’ÉLECTRICITÉ
- Le vieillissement artificiel des bois est une question qui intéresse un très grand nombre d'industries : la charpente, la menuiserie, l’ébénisterie, pour n’en citer que quelques-unes, ne peuvent employer que des bois coupés depuis assez longtemps pour avoir acquis la résistance à l’humidité, aux variations de température, et d’autres qualités qui, suivant le genre de travail à effectuer, ne peuvent être obtenues qu’au bout d’un très long magasinage. Dans la lutherie, dans la fabrication des pianos, on n’emploie
- que des bois ayant quinze, vingt ans et plus de magasin. Dans tous les cas l’industriel qui doit laisser des approvisionnements, ne serait-ce que pendant quatre ou cinq ans sans les utiliser, immobilise ainsi un capital assez important; si l’on compte en outre le loyer de Remplacement nécessaire pour loger ces bois et le déchet qui provient forcément d’un abandon de plusieurs aimées, les risques d’incendie, etc., on arrive assez vite à augmenter dans de larges proportions le prix de revient. Aussi pour remédier à cet état de chose a-t-on cherché depuis longtemps à donner artificiellement au hois fraîchement coupé les qualités du bois vieux. On a pensé d’abord qu’il suffirait de le mettre dans des étuves
- Fig. 1. — Cuve pour la sénilisation rapide des bois par 1 électricité.
- où une température bien calculée permettrait de dessécher et d’altérer la sève assez rapidement. Mais si le procédé réussit pour certains bois et pour les faibles épaisseurs, il donne de mauvais résultats pour certaines essences qui se fendent et pour les pièces de grande épaisseur. A l’effet de la température on a ajouté l’injection, par compression, de substances destinées à remplacer la sève; mais môme avec des pressions très considérables la pénétration ne se fait qu’imparfaitement, surtout dans les essences à tissu serré comme le chêne, ou à sève résineuse comme le pin ; le procédé à défaut d’autres est employé pour les traverses de chemin de fer, les poteaux télégraphiques et les pavés de hois; mais pour la charpente, la menuiserie, l’ébénisterie, etc., il n’est pas pratique. — M. Nodon-Bretonneau a pensé que
- sous l'influence d’un courant électrique il obtiendrait le déplacement de la sève, se basant pour cela sur une expérience de Daniell que tout le monde peut répéter facilement. On prend un tube de verre AB (fig. o) recourbé aux deux extrémités, on y verse de l’eau acidulée et une goutte de mercure M ; on place le tube bien horizontalement et tout reste au repos. Mais si l’on vient à plonger aux deux extrémités les fils d’une pile électrique on voit le globule de mercure se déplacer en allant du pôle positif vers le pôle négatif. Pour réaliser industriellement les conditions favorables à un déplacement de la sève, d’après ce principe on a construit une cuve en bois (fig. 1) au fond G de laquelle se trouve un châssis à claire-voie, formant double fond, recouvert de plomb et relié au pôle positif d’une dynamo.
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- C’est sur ce châssis, qui peut être soulevé par des vérins hydrauliques V, qu’on empile les hoisà traiter, à plat les uns sur les autres ; par-dessus on dispose des caisses carrées de peu de hauteur, dont le fond est formé de feutre et de toile, qui constituent une sorte de vase poreux qu’on remplit d’eau ; une garniture de plomb permet de les relier au pôle négatif de la source électrique. La cuve est ensuite remplie de
- température de 50 à 40° au moyen d’un courant de vapeur qu’on fait circuler dans des serpentins disposés au fond de la cuve. Le courant traverse toute l’épaisseur des bois empilés entre la lame de plomb inférieure et les vases poreux; sous son action il se produit une endosmose électrique et la solution est pour ainsi dire aspirée du bas au haut de la pile de bois, en chassant devant elle la sève qui reste à la surface du bain. Au bout de quelques heures l’opération est terminée, l’imprégnation est complète.
- On sort alors les madriers de la cuve et on les laisse pendant quelques jours égoutter à l’air libre, puis on termine le séchage dans une étuve à température graduée. Au sortir de celle-ci le bois peut être immédiatement employé; nous avons été à même de voir des portes, des caisses, des pianos, etc., fabriqués dans ces conditions depuis près d’un an et n’ayant
- la solution destinée à remplacer la sève à mesure de son évacuation, cette solution peut être antiseptique ou incombustible ; celle qui est employée généralement est composée de boro-résinate neutre de soude. On a soin de ne pas submerger complètement la pile de bois de façon qu’il y ait un espace de quelques centimètres entre les vases poreux et la surface de la solution; en outre on entretient celle-ci à une
- présenté aucune trace de dilatation ou de retrait; pour les pianos la sonorité semble être augmentée. Le traitement réussit mieux sur des bois fraîchement coupés où la sève est à l’état liquide, que sur des
- bois déjà en partie séchés où la sève coagulée obstrue les pores et arrête la pénétration de la solution conservatrice. Le prix de revient de ce traitement est très variable suivant les conditions dans lesquelles on se trouve. A Paris on estime qu’il est de 5 à 4 francs par stère; mais on est dans les conditions les moins favorables pour le prix de la force motrice et de la main-d’œuvre ; une usine telle que celle qui existe dans les Magasins Généraux à Aubervilliers (fîg. 2) pourrait travailler dans de bien meilleures conditions si elle était à proximité des pays forestiers et pouvait disposer d’une force hydraulique; l’installation est du reste assez simple pour pouvoir être faite facilement partout. Il y a encore une autre cause
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- Fig. 3. — Expérience de Daniell sur laquelle est basé le procédé Nodon-Bretonneau.
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- qui peut influer sur le prix de revient : c’est le traitement des sous-produits ; car la sève évacuée peut être recueillie et on peut en extraire différentes substances utiles.
- Le procédé est encore trop nouveau pour qu’on ait pu en tirer tout le parti possible, mais d’après ce que nous avons pu voir, il est appelé à rendre de grands services à toutes les industries — et elles sont nombreuses — dans lesquelles le bois sec est la matière première indispensable. G. Mareschal.
- SUR LA ROUTE DU POLE SUD
- L’attention du monde géographique, qui s’était longtemps détournée du Pôle Sud, pour compléter les investigations scientifiques vers le Pôle Nord et dans les régions centrales de l’Asie ou de l’Afrique, s’est portée à nouveau vers les régions polaires antarctiques, afin de résoudre le dernier grand problème qui se présente encore devant les explorateurs. C’est ainsi que l’expédition belge du commandant de Gerla-che, l’expédition anglo-norwégienne de M. Borchgrevink et l’expédition allemande du professeur Chun viennent de parcourir l’océan Austral, obtenant de précieux résultats, que d’autres missions scientifiques se préparent à aller compléter.
- Nous avons parlé déjà de l’expédition de la Belgica, partie d’Anvers le 16 août 1897, sous le commandement du lieutenant de vaisseau Adrien de Gerlache, à la suite d’une souscription nationale à laquelle le gouvernement avait concouru en équipant ce trois-mâts à vapeur. Plusieurs officiers et matelots de cette mission belge sont étrangers, notamment norwégiens, et le Dr Cook, ancien compagnon de Peary au Groenland, a été embarqué à Rio-Janeiro. En janvier 1898, après avoir visité les terres magellaniques, la Belgica quittait la région du cap Horn pour faire route dans le sud pendant l’été austral, et c’est seulement en avril dernier que des nouvelles de cette expédition sont parvenues en Europe, en raison de son hivernage dans les contrées antarctiques.
- Il résulte des Informations reçues du commandant de Gerlache par la « Société royale belge de Géographie de Bruxelles » que cette campagne scientifique a été
- fructueuse. Les sondages effectués entre l’île des États et les Shetlands du sud ont donné comme plus grande profondeur 4000 mètres, le 15 janvier 1898. Le 21 du même mois, durant une tempête, le matelot norwégien Wiencke était enlevé par une lame, en effectuant imprudemment une manœuvre le long du bord, et il fut impossible de le secourir. Trois jours plus tard, en route pour la terre de Graham, le navire arrivait dans la baie de Hughes, en découvrant un archipel baptisé Palmer, et y séjournait ; vingt débarquements furent opérés. Le 12 février, la Belgica entrait dans le Pacifique et se trouvait le 16 en vue de la terre d’Alexandre Ier, que des glaces compactes l’empêchèrent d’atteindre. En suivant vers l’ouest la lisière de la banquise, l’expédition y rencontra de grandes brèches qui permirent au bâtiment de s’engager au sud dans une région inexplorée. La Belgica pénétra ainsi dans
- le pack jusque par 71° 31' de latitude sud et 85° 16' de longitude ouest de Greenwich : mais le 10 mars sa marche en avant fut arrêtée par les glaces, et elle se trouva définitivement bloquée dans la banquise immense, qui se souda autour du navire.
- Les dispositions furent alors prises pour l’hivernage et des froids rigoureux ne tardèrent pas à survenir avec les vents du sud.
- Le pack qui emprisonnait la Belgica était en dérive et changeait fréquemment d’aspect; le 30 mai, 1 ’ expédition était par 71° 36'de latitude et 87° 39' de longitude, après avoir été par89°10' quinze jours auparavant. Du 17 mai au 21 juillet, le soleil est resté sous l’horizon. Le lieutenant d’artillerie belge Danco, chargé des observations magnétiques, ne put supporter les fatigues de la campagne et succomba à la maladie le 5 juin, entouré de ses camarades éplorés. D’ailleurs, malgré que l’état sanitaire se soit maintenu satisfaisant, une période critique s’est produite pendant la nuit polaire, caractérisée par des troubles cardiaques. La plus basse température, — 43°, n’est survenue cependant que le 8 septembre 1898.
- L’été austral arriva sans fondre suffisamment les glaces autour de la Belgica pour lui permettre de se dégager et, un second hivernage étant à craindre, on se décida, en janvier 1899, à scier la glace pour gagner une clairière d’eau libre. Mais après trois semaines de travail opiniâtre et au moment de réussir, le chenal fut fermé par la
- Projets
- Itinéraires { anglais
- La route du Pôle Sud.
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- pression des glaces. Heureusement que le 11 février une grande détente se produisit sous l’action de la houle du large. Le surlendemain, le navire put donner quelques coups d’hélice, et le 14, il réussissait enfin à quitter son poste d’hivernage.
- Ce n’était pas cependant la fin des épreuves de l’expédition, car la Belgica fut de nouveau bloquée dans la banquise, le 15, en faisant route au nord, et elle se trouva menacée durant plusieurs jours par les heurts violents de gros icebergs. Enfin, le 14 mars, le pack s’ouvrit suffisamment pour permettre au navire de gagner le large, par 105° de longitude et près de 70° 50' de latitude.
- Aucune terre nouvelle n’a été aperçue dans ces régions australes, au cours de l’hivernage de l’expédition belge, le premier qui ait été opéré sur la route du Pôle Sud. Le 28 mars, la Belgica était de retour à Punta-Arenas, dans le détroit de Magellan, avec de nombreuses observations et collections scientifiques. La mission a repris ensuite la route de l’Europe et le bâtiment a été signalé au mois d’avril à Montevideo; il allait se faire réparer à Buenos-Avres.
- Trois expéditions seulement ont dépassé la latitude australe qui a été atteinte par M. de Gerlache : Weddell, en 1823, 74° 15'; Ross, en 1842, 78° 10', et Christensen, en 1895, 74° 15'.
- Une seconde campagne s’effectue actuellement dans la région antarctique, celle de l’explorateur norwégien Borchgrevink, dont l’expédition a été organisée aux frais d’un généreux anglais, sir Georges Newnes. C’est à bord du Southern-Cross (Croix du Sud), steamer construit sur le modèle du Fram de Nansen, que M. Borchgrevink et ses compagnons quittèrent Londres le 20 août 1898, pour se rendre d’abord en Australie. De Hobart-Town, en Tasmanie, l’expédition, partie en décembre, est parvenue au cap Adare, sur la terre Victoria, où le chef de la mission avait déjà atterri en 1895. Là, M. Borchgrevink et dix autres voyageurs, dont plusieurs naturalistes, ont été débarqués pour l’été austral, avec du matériel et des approvisionnements ; une station a été établie, puis le navire anglais Southern-Cross a repris la haute mer et on a reçu le 16 mars dernier la nouvelle de son arrivée en Nouvelle-Zélande. En attendant que le bâtiment de l’expédition aille le reprendre, M. Borchgrevink effectuera des reconnaissances dans l’intérieur du continent austral et tentera d’atteindre en traîneau à chiens le pôle magnétique sud ; cette expédition promet d’être fructueuse au point de vue scientifique.
- Il convient de signaler aussi, relativement aux explorations dans l’océan Austral, la reconnaissance qui a été faite dans la région au sud du cap de Bonne-Espérance par l’expédition océanographique allemande du Valdivia, ayant à sa tête le professeur Chun. Parti d’Europe en août 1898, ce bâtiment a gagné les Canaries, puis Cape-Town, d’où il est allé opérer des sondages jusqu’à la limite des glaces polaires.
- Le Valdivia a visité entièrement l’île Bouvet, perdue en plein Océan et restée presque inconnue; il s’est dirigé ensuite sur la Terre d’Enderby, en trouvant des profondeurs de 5500 mètres, mais la banquise a écarté le navire du voisinage de cette côte, où la mission s’est avancée le 16 décembre dernier par 64° 14' de latitude, avant de faire route sur les Iles Kerguelen, éprouvée par plusieurs tempêtes. Le Valdivia, qui s’est rendu ensuite à Sumatra, est rentré à Hambourg de son expédition scientifique le 1er mai.
- Les divers sondages profonds exécutés par la Belgica et le Valdivia tendent à démontrer l’existence à l’approche des terres australes de gouffres océaniques dont l’existence modifie certaines théories actuelles; de plus, une faune abyssale riche en espèces inconnues a été révélée.
- Les investigations vers le Pôle Sud ne vont pas s’arrêter là, car une vigoureuse impulsion existe maintenant en faveur des explorations antarctiques. Deux grandes expéditions se préparent, l’une anglaise, organisée par la « Royal geographical Society » de Londres, et l’autre allemande, sur l’initiative des professeurs Neumayer et Drygalski. Des sommes importantes sont déjà réunies, et un riche Anglais, M. Longstaff, vient d’offrir 625 000 francs pour la mission britannique. L’itinéraire du projet anglais comprend le tour complet des terres australes, avec débarquement à la Terre Victoria, tandis que l’itinéraire du projet allemand porte principalement sur la mer de Weddell, avec tentative de pénétration au sud entre les Terres de Kemp et de Knox.
- Ainsi va se resserrer de plus en plus le cercle des connaissances géographiques dans la mystérieuse région du Pôle Sud. Bientôt peut-être les vastes solitudes du problématique continent austral livreront leurs secrets à un nouveau Nansen, et des questions scientifiques d’un haut intérêt se trouveront résolues. Jacques Léotard.
- TUYAU DE PLOMB RONGÉ PAR LES RATS
- Nous avons fait connaître précédemment1 le fait original d’une bougie d’une longueur de 20 centimètres rongée par des souris. Cette relation a engagé un de nos abonnés, M. A. Ruffin, chimiste à Tourcoing, à nous signaler un fait analogue, mais plus surprenant encore peut-être, s’il est possible, qu’il a constaté dans les conditions suivantes.
- Un tuyau de plomb, ayant un diamètre de 15 millimètres et une épaisseur de paroi de 3 millimètres, était
- Tuyau de plomb rongé par les rats.
- placé entre deuWaboratoires pour établir entre eux une communication d’air. Il traversait le mur contre une poutre en bois et laissait subsister un petit intervalle entre la poutre et lui. Cet intervalle n’étant pas suffisant pour le passage d’un rat, celui-ci a rongé le tuyau et la poutre pour agrandir ce passage.
- La figure ci-jointe montre nettement les morsures ; les empreintes des dents sont très visibles et semblent faites ,pvec une râpe. Le tuyau est aux trois quarts,rongé sur une longueur de 5 centimètres. R.
- 1 Voy. n° 1363, du 8 juillet 1899, p. 91.
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- û.L.O logent
- LES BLATTES
- Les Blattes, ce titre seul inspire sans doute à beaucoup de nos lecteurs un vif sentiment de répulsion.
- « N’est-il pas répugnant, disait récemment M. Cha-pellier au cours d’une très intéressante communication à la Société d’acclimatation, de penser que toute la nuit, une bande de bêtes immondes et puantes a couru sur le pain, les fruits, qu’on nous servira le lendemain? »
- Nous sommes de son avis, et c’est ce qui nous engage à publier ces quelques lignes pour mieux faire connaître ces ennemis dont les méfaits sont, eux, trop bien connus de longue date.
- Les anciens en effet s’en plaignaient, quoiqu’ils en tirassent un parti auquel nous ne songeons plus. Ils les connaissaient sous les noms de Sylphes et de Spondyles. Dioscoride conseillait l’emploi de leurs entrailles broyées avec de l’huile pour guérir l’otalgie, l’ophtalmie, les contusions, etc. Pline et Mouffet donnent les mêmes conseils.
- Les Blattes ou Cancrelats, placés à tort par Linné parmi les Hémiptères, appartiennent à l’ordre des Orthoptères, ils sont très agiles, leur corps mou et plat leur per-
- Fig. 2. — Blatte géante au repos. (Grandeur naturelle.)
- Blatte géante pendant le vol. (Grandeur naturelle.)
- met de s’introduire dans les moindres fissures. Leur odeur infecte qui rappelle celle de la souris reste après tous les objets qu’elles ont touchés.
- Lucifuges et frileuses, elles se cantonnent surtout dans les cuisines, les boulangeries, les pâtisseries, les cages des machines, les serres.
- Tout leur est bon, pain, viandes, fruits, sucre, laine, chiffons gras, cirage, cuir, etc.
- Elles sont répandues par toute la terre, et supportent facilement un long jeûne, vivant sur leurs réserves graisseuses, ce qui explique qu’on les retrouve encore vivantes et nombreuses dans des locaux inhabités depuis de longs mois. On les connaît sous les noms vulgaires de Cafards, Ravets, Bêles noires, Écrevisses de boulangerie, etc.
- Nous ne les décrirons pas, les figures ci-jointes indiquant suffisamment leurs caractères généraux.
- La ponte, qui chez les Blattes n’a ordinairement lieu qu’une fois, présente des particularités intéressantes. Les œufs sont réunis dans une oothè-que commune sécrétée à l’intérieur du corps, que la femelle émet complète après l’avoir traînée quelque temps à l’extrémité de l’abdomen. Ces œufs y sont rangés en deux séries parallèles, il en sort de petites larves blanches et sans ailes qui brunissent à l’air. Elles ont à peu près la même forme que les adultes.
- Les Blattes existaient déjà aux époques paléozoïques et mésozoïques. L’espèce la plus anciennement connue a été décrite par Ch. Brongniart, sous le nom de Paleoblalina Douvillea, d’après une aile provenant du silurien moyen de Jourgues (Calva-
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- Fig. 5. — Blatte géante, vue (le face. (Grandeur naturelle.)
- dos). Los espèces actuellement vivantes sont nombreuses, mais un petit nombre seulement nous intéresse au point de vue domestique, ce sont :
- La Blatte lapone (Ectobia lapponica L.), longue de 8 à 10 millimètres, jaunâtre avec le corselet et les antennes noirâtres. On la rencontre dans tous les bois en compagnie d'une espèce voisine, YEclobia livida. C’est seulement en Laponie qu’elle s’est domestiquée au point de devenir un fléau. Elle y pullule dans les huttes et dévore le poisson sec.
- La Blatte germanique (Elut ta germanica L.) (lîg. 4), longue de 11 à 15 millimètres, brun clair, se trouve dans nos bois et vole bien, ce qui facilite sa diffusion. Très commune dans nos maisons, elle en est chassée, dit-on, par la blatte ordinaire ou orientale. Elle était inconnue en Russie, avant la guerre de Sept ans, et y fut rapportée par les troupes, d’où le nom de Prussiens que lui donnent les Russes, alors que les Autrichiens lui donnent par contre le nom de Russes.
- Ilummel, qui a observé ses métamorphoses, lui attribue 7 mues, ayant lieu en 5 à 6 mois; à la 5e les rudiments delytres et d’ailes se montrent : elle devient nymphe.
- L’oothèque contient 2 rangées de 18 œufs chacune. La femelle après l’avoir pondue l’ouvre et aide les jeunes à en sortir.
- La Blatte orientale (Periplaneta orientalis L.)
- Fig. 4. — Blatte germanique et blatte orientale. (Grandeur naturelle.)
- (fîg. 4) ou Blatte des cuisines de Geoffroy n’est répandue en Europe que depuis deux siècles environ. Elle mesure de 20 à 25 millimètres et est d’un brun de poix. La femelle reste aptère, et le mâle quoique ailé vole peu. Nuisible parfois au point de rendre des maisons inhabitables et de donner lieu à des procès, elle cause souvent dans les serres de grands dégâts. D’après Cornélius, qui a observé ses métamorphoses, elle passe une année à l’état d’œuf, subit 7 mues et son développement complet dure cinq ans. La coque ovigère ne contient que 8 œufs de chaque coté.
- La Blatte américaine (Periplaneta americana L.). La grande Blatte de Geoffroy mesure 28 à 52 millimètres et est probablement originaire des Antilles. Elle habite chez nous principalement les raffineries, les serres, les machineries, les docks et les vaisseaux qui la transportent partout.
- Enfin il existe aussi des blattes spécialement remarquables par leur grande taille, non encore répandues en Europe heureusement.
- Les figures 1, 2 et 5 représentent la Blatte géante
- Fig. a. — Piège à ulattes.
- (Blabera giganteajsioW.) qui habite les régions tropicales de l’Amérique. Sa longueur atteint 8 centimètres, son envergure en dépasse 16. Au rapport de Drury elle court sur le visage des voyageurs pendant la nuit et leur ronge les ongles. Elle pénètre dans les maisons, où le bruit qu’elle produit dans ses pérégrinations lui a fait donner le nom de tambourineur, elle est jaunâtre avec des taches brunes.
- Les moyens de détruire les Blattes ne sont pas nombreux; cependant, appliqués avec persistance, ils suffisent pour diminuer considérablement le nombre de ces hôtes immondes.
- Les vieux chiffons mouillés les attirent la nuit, et le matin on les y écrase facilement.
- M. Chapellier, dans la communication citée plus haut, recommande l’emploi du piège à ailettes (fig. 5), au moyen duquel il a pris en 4 mois seulement 7976 Blattes orientales, dans une maison où il n’y a pourtant ni boulangerie, ni pâtisserie, ni cuisine à feu, et il cite le cas d’un de ses amis dont l'hôtel, de construction toute récente, est com-
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- plètement envahi (probablement par l’introduction d’œufs ou de jeunes larves avec des provisions de bouche).
- « Leur destruction radicale n’est pas plus possible, dit M. Chapellier, que celle des mouches, des mites, et autres petits animaux domestiques nuisibles. »
- Un peu d’eau bouillante versée le matin dans ce piège suffit pour détruire toutes les blattes qui s’y trouvent.
- Malheureusement, il ne réussit que pour les adultes, le poids des larves étant insuffisant pour faire osciller les ailettes. 11 est inefficace aussi contre la Blatte germanique qui en ressort en grimpant avec facilité après les parois pourtant très lisses de l’intérieur. Reste alors les insecticides, parmi lesquels la poudre de pyrèthre tient le premier rang. Dans les colonies, on emploie des boîtes en bois à charnières percées latéralement près du fond d’une ouverture étroite et longue. On amorce avec du lard et les Blattes qui y pénètrent la nuit y restent le matin à l’abri du jour, rien de plus facile alors que de les détruire. A la Havane, les crapauds, que l’on tolère pour cela dans les maisons, leur font une chasse continuelle. Enfin, d’après Walk, les habitants de Passau, pour s’en débarrasser, quittent parfois leurs maisons en plein hiver en laissant tout ouvert pendant 2 ou 5 jours. Ce changement brusque de température en fait périr beaucoup.
- Les Blattes ont bien des parasites, les Evanies et certains Chalcidiens par exemple, ainsi que de nombreux vers intestinaux si bien étudiés par le 1)' Osman Galeb. Aux îles Bourbon et Maurice un bel hyménoptère, le chlorion comprimé, paralyse la Blatte américaine au moyen de son aiguillon, et la donne en pâture à ses larves.
- Mais l’action de tous ces parasites ne diminue guère le nombre des Blattes et il faut leur faire une guerre sans relâche, au moyen des pièges, des insecticides, et des chiffons gras et humides.
- A.-L. Clément,
- . Vice-président de la Société centrale d’apiculture
- et d’insectologie agricole.
- CHRONIQUE
- Les maisons coloniales en tôle ondulée. —
- Tout le monde sait qu’on fait grand usage aux colonies de ce qu’on nomme les constructions en tôle ondulée : elles sont faites essentiellement d’une charpente légère en fer ou en bois, formant des cadres sur lesquels on fixe les tôles au moyen de boulons. Ces constructions ont assurément de grands avantages, notamment en ce qu’elles se montent avec une rapidité prodigieuse, qu’elles peuvent se transporter aisément d’un point à un autre, qu’elles fournissent des abris dans des régions où il serait pratiquement impossible de trouver les moindres matériaux.
- Mais ces mêmes maisons ont aussi des inconvénients graves, et nous en emprunterons l’énumération à un rapport de mission de M. II. Salvatge, rapport fait dans la colonie du cap de Bonne-Espérance, où l’on recourt couramment aux maisons métalliques en question. A coup sûr
- ces maisons ne coûtent pas cher, car on ne paye que 5000 francs pour une construction qui, faite en briques, reviendrait à près de 10 000 francs. Même dans le cas où les tôles sont calfeutrées (ce qui s’opère à l’aide de carton bituminé), les maisons en fer sont de véritables fourneaux en été, tandis qu’elles sont glaciales en hiver ; de plus, aux diverses heures de la journée, des écarts de température énormes se font sentir à l’intérieur. Du lever du soleil à son coucher, la température intérieure ne cesse de s’élever, puis elle se refroidit par contre durant la nuit : pendant le jour, il fait plus chaud dans la maison que dehors, la nuit il y fait plus froid. Le matin le dépôt de buée sur la tôle est considérable. Bien entendu, ces écarts de température font travailler le métal, en même temps qu’ils incommodent les habitants; la rouille se manifeste également, et finalement ces matériaux ne durent que peu. On pourrait ajouter que, dans les calfeutrages et aussi dans les vides laissés entre la tapisserie et les tôles, il se loge une foule d’insectes, et spécialement les petites fourmis rouges qui abondent dans l’Afrique du Sud. Ce qui est encore bien caractéristique, c’est que les Compagnies d’assurances refusent souvent d’assurer ces maisons ou, quand elles y consentent, elles exigent des primes fort élevées. Lorsque les maisons de briques ont des toitures en tôle galvanisée, elles ont une partie des inconvénients que nous avons signalés, mais les écarts de température sont pourtant moindres, d’autant qu’on y laisse toujours un espace libre et par conséquent une couche d’air entre le plafond et les combles. L’opinion de M. Salvatge est peut-être un peu trop absolue, mais elle méritait d’être signalée.
- Une concurrence victorieuse à la poste. —
- On se rappelle peut-être l’expérience curieuse que nous avions signalée d’un commerçant qui voulait faire parvenir à Chicago une correspondance pressée, et qui, ne se fiant pas à la célérité des postes officielles, avait confié sa missive à un jeune commissionnaire de Londres, à ce qu’on nomme un « Messenger boy ». Celui-ci, du nom de William Jagger, partait immédiatement de Londres muni d’une simple valise, et neuf jours après il débarquait à Chicago, en devançant de 12 heures le courrier régulier. Il remettait le pli au destinataire et repartait sans prendre un instant de repos. Au bout de neuf autres jours il touchait les quais de la Tamise, après avoir parcouru 13 000 kilomètres. Jagger a reçu une médaille d’or en l’honneur de son haut fait. Nous n’avons pas besoin de dire que le port de cette lettre a coûté fort cher à son envoyeur ; mais l’expérience valait la peine d’être tentée.
- Un grès artificiel. — On s’est mis récemment à fabriquer, en Belgique, un grès artificiel dont on dit le plus grand bien, qui serait quatre fois plus résistant que la pierre de taille française, et qui aurait presque toutes les qualités du granit de Cobestange. On l’aurait essayé à l’arsenal de construction de Malines, et on aurait reconnu qu’il est insensible à l’action du froid, qu’il n’absorbe pas plus de 6 à 7 pour 100 d’eau, même après dessiccation prolongée, qu’enfin il ne s’écrase point sous une pression de 40 kilogrammes par centimètre carré. Cette pierre artificielle curieuse se fabrique à Uccles, près de Bruxelles, et voici comment. On prend 80 parties de* sable grossier très propre et bien sec, qu’on mélange avec 20 parties de chaux hydraulique réduite en poudre fine et parfaitement sèche aussi ; puis on jette le tout dans une caisse en fer que l’on introduit dans une chaudière remplie d’eau chaude et fermant hermétiquement. Pendant soixante-douze heures on laisse se continuer cette espèce de cuisson,
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- sous une pression de 6 atmosphères et à une température de 165° C. Au bout de ce temps, on trouve dans la caisse en fer un bloc de grès d’une homogénéité parfaite, mais encore mou, et qui durcit rapidement par son exposition à l’air. On peut donner les teintes les plus variées à ce grès, et, tous frais compris, sa fabrication ne reviendrait pas à plus de 10 centimes par pied cube.
- Chasse au zèbre. — Dans un récit fort intéressant que publie actuellement M. J. Chanel, d’un voyage au Kilimandjaro, nous trouvons des détails assez curieux sur la chasse au zèbre, ou plus exactement sur la manière dont se comporte ce gracieux animal en face du chasseur. Il faut dire que ce gibier est extrêmement abondant dans cette région, et qu’on en rencontre souvent des troupeaux qui comptent plus de 200 têtes : ils manœuvrent presque constamment avec un ensemble extraordinaire, comme s’ils obéissaient à un commandement. Lorsque le coup de fusil d’un chasseur vient à les surprendre, immédiatement c’est une ruade générale, accompagnée de cris brefs qui ressemblent au jappement d’un chien, puis tous se lancent au galop; quand, au bout de 300 ou 400 mètres, le chasseur ne s’est pas montré, l’escadron fait halte et volte-face, ainsi que le feraient des troupes exercées. Toutes les têtes alignées tournent leurs oreilles et leurs naseaux largement ouverts du côté où le coup de fusil est parti, et si le calme se rétablit, les animaux se remettent à brouter. Mais plusieurs sentinelles scrutent l’horizon, l’œil et l’oreille au guet. Quand le coup de feu a porté, l’animal atteint peut être frappé à mort ou blessé. Dans le premier cas, les zèbres, après être partis au galop d’ensemble, s’arrêtent souvent quelques mètres plus loin, et viennent renifler le corps de leur camarade. Ils demeurent un instant immobiles, et ils ne s’éloignent ensuite que lentement et comme à regret, à moins qu’une nouvelle alarme ne leur rappelle l’instinct de la conservation personnelle, et ne les mette de nouveau au galop. Si, au contraire, le zèbre atteint n’est que blessé, il va essayer de rejoindre le gros de la bande, et ses compagnons ralentissent leur allure, l’attendent, l’enveloppent, afin qu’il puisse les suivre. Bien plus même, si, à la suite d’un nouveau coup de feu, il faut fuir au plus vite, le blessé est pour ainsi dire emporté dans la galopade des autres, et, comme il arrive bientôt qu’il est distancé, deux ou trois de ses camarades se détachent de la troupe, demeurent avec lui, s’efforcent de le masquer en se plaçant entre lui et le chasseur : on voit qu’ils l’encouragent à marcher, ils galopent quelques mètres, s’arrêtent, se retournent, et ne repartent en avant que quand ils ont été rejoints. Ce manège se renouvelle jusqu’à ce que le blessé ait pu rattraper le gros du troupeau, où il est bientôt confondu et enveloppé.
- Le recrutement de la marine royale en Angleterre. — Depuis l’année dernière, l’Amirauté anglaise, toujours talonnée par la pénurie de personnel, résultant de l’augmentation constante de la flotte britannique, a résolu de revenir, après un intervalle d’un demi-siècle, au bon vieux système des sergents recruteurs. Mais, comme perfectionnement, au lieu de sergent, on a choisi un lieutenant de vaisseau en retraite, un des rares qui soient sortis des rangs, et après lui avoir donné des émoluments fort convenables, et en plus, une caisse spéciale pour les faux frais, on l’a laissé libre de se choisir un état-major de recruteurs ayant appartenu à la marine, et chargés de répandre la bonne parole. Le Naval and Mili-lary Record nous apprend que le lieutenant et ses acolytes viennent de commencer leurs opérations dans le
- district de Plympton, le 20 juin, et il paraît que, bien que les travaux agricoles et les récoltes retiennent en ce moment la jeunesse des campagnes, en moins de six semaines, une quarantaine de recrues ont été enrôlées; quand les travaux des champs seront terminés, le lieutenant espère en amener un plus grand nombre. Dans un mois, le lieutenant South fera une tournée dans le Corn-wall, et organisera des conférences dans les villages, dans lesquelles il vantera les avantages que peut offrir la marine royale, aux caractères hardis et aventureux.
- Nouveau type de remorqueur pour notre marine. — Les chantiers de la Société Dyle et Bacalan, de Bordeaux, ont mis à l’eau, tout dernièrement, le premier des deux bâtiments de servitude qu’ils construisent pour l’État français. Ces deux navires, qualifiés « remorqueurs gabares » et appelés le Titan et le Polyphénie, sont d’un type tout nouveau et doivent remplir des rôles multiples dans les arsenaux, l’un à Brest, l’autre à Toulon. Ils ont 43 mètres de longueur, 7m,70 de largeur, S™,25 de tirant d’eau, et déplacent 327 tonneaux. Les machines pourront développer 500 chevaux. Une machine auxiliaire de 25 chevaux, actionne sur chacun deux pompes à air et une turbine de circulation. Ces bâtiments sont munis d’une pompe Thirion pouvant débiter 500 tonneaux par heure, à 16 mètres de hauteur, ou 180 tonneaux en incendie à 50 mètres de hauteur. Deux fortes bigues en acier pouvant supporter un poids de 12 tonnes serviront au relevage des corps morts. Deux treuils à vapeur, l’un de 4 tonnes à l’avant, l’autre de 6 tonnes à l’arrière, peuvent actionner un cabestan capable de transmettre sur garant un effort de 20 tonnes. Ces bateaux serviront aussi au remorquage des gros bâtiments dans les ports et rades. Ils ont une cale spéciale réservée pour le chargement des grosses chaînes et sont munis de water-ballast contenant 50 tonnes d’eau.
- Une cargaison de locomotives. — Le vapeur anglais Puritan est parti récemment de Philadelphie avec une cargaison de matériel de chemin de fer vraiment extraordinaire. En effet ce navire portait d’abord dans ses flancs 40 locomotives avec'leurs tenders, venant des usines Baldwin. C’étaient ensuite 18 ponts en acier destinés aux voies ferrées de la Chine orientale, et nous pourrions ajouter encore des accessoires variés nécessaires au montage de ces ponts et de ces machines.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 octobre 1899. — Présidence de M. Van Tiechem.
- Voyage aérien. — M. Hermite adresse une Note sur une ascension qu’il vient d’effectuer. Il est parti de Saint-Denis et est arrivé en quinze heures au-dessus de l’embouchure du Rhône où il a opéré sa descente sans incident. Ce voyage n’est assurément pas sans précédent, quant à la durée, selon la remarque de M. Berthelot, mais c’est le premier cas d’un si long trajet parcouru avec la vitesse d’un train express. L’ascension paraît d’ailleurs avoir été fort périlleuse, car le ballon qui n’a pu sortir des nuages a néanmoins rencontré une trombe qui l’a fait tournoyer sur lui-même. Quoi qu’il en soit, les appareils enregistreurs ont fonctionné très régulièrement pendant toute la durée du voyage et M. Hermite, pour déterminer la route qu’il a suivie, a semé tout le long du chemin des bulletins de papier dont le nombre s’élève à 6000. Chaque papier porte invitation' à celui qui le relèvera, de l’expédier à l’observateur en indiquant exac-
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- temcnt le lieu de la découverte. L’avis a été écouté, car un nombre considérable de bulletins sont revenus à l’observateur.
- Varia. — Le Maire de Chantilly invite les membres de l’Académie à assister à l’inauguration de la statue de M. le duc d’Aumale, le 15 octobre prochain. — M. Stanislas Meunier adresse une Note sur le terrain caillouteux des préalpes vaudoises. — M. Poisson, ingénieur à Angers, communique un Mémoire sur les analogies mathématiques que présentent certaines questions d’élasticité avec divers phénomènes d’hydrodynamique. — M. Moissan présente une Note de M. Dcfacqz sur la préparation de deux cblo-robromures de Tungstène. Ch. de Yilledecil.
- MALADIE DES ARBRES
- LES BROUSSENS1
- Nous avons déjà précédemment parlé de cette maladie qui survient sur les arbres, et qui fait pousser des excroissances souvent considérables. Un de nos lecteurs, M. G. Cabanès, à Nîmes, a eu l’occasion de rencontrer un cas aussi remarquable que celui que nous avons cité. Il en a reproduit, par la photographie, une vue d’ensemble et une vue de détail qu’il a bien voulu nous communiquer et que nous donnons pour fixer les idées de nos lecteurs.
- L’arbre sur lequel s’est développée la loupe ou broussin est le Populus alba, arbre que nos paysans appellent en patois local aouba. Il est situé à 23 kilomètres ouest de Nîmes, sur le bord du ruisseau de Corbière, à quelques mètres en aval de la route de Nîmes à Sommières (commune d’Aujargues). La loupe, qui s’accroît chaque année, atteint les dimensions suivantes : hauteur lm,40, largeur lm,20, circonférence 3m,50. Seule une largeur de 20 centimètres environ, en arrière de l’image, est encore indemne, mais elle ne tardera pas à être envahie également.
- L’arbre est de taille assez élevée (12 mètres environ), mais souffre visiblement de la présence à sa base d’une excroissance aussi développée. U est
- bien difficile de déterminer les causes de cet accident.
- Cependant, deux dépressions, l’une bien apparente sur la photographie, l’autre située à droite, dans l’ombre, et par suite peu visible, peuvent faire supposer que la cause initiale a dû être un élagage trop sévère des gourmands de la base, élagage qui a dû produire des plaies profondes ayant permis l’invasion des tissus par un cryptogame (champignon inférieur). L. Dubar.
- 1 Voy. n° 1351, du 15 avril 1899, p. 316.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahüre, 9, rue de Fleuras.
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- N° 1577.
- 14 OCTOBRE 1899.
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- LE NOUVEAU CANON A TIR RAPIDE DE CAMPAGNE DE RANGE ET PIFFARD
- Ce nouveau canon ne manque pas d’une certaine originalité et se distingue des autres piè-
- ces de campagne par certaines dispositions particulières, telles que la fermeture de la culasse et
- la façon dont la bouche à feu exécute son recul.
- Le gouvernement de l’Uruguay en a acheté cinq batteries et s’en déclare très satisfait ; il est vrai que la caractéristique de ce matériel est de présenter la rusticité et la simplicité, qualités inestimables pour un canon de campagne.
- La bouche à feu est en acier, du calibre de 75 millimètres et pèse 540 kilogrammes. Elle se ,compose d’un tube renforcé, d’une jaquette porte-tourillons, qui présente à l’arrière le logement de la vis-culasse.
- La fermeture de culasse est à vis à filets interrompus, mais alors qu’on n’a employé jusqu’à ce jour que des vis cylindriques ou tronconiques, celle-ci est ogivale. Le centre du cercle directeur de l’ogive se trouvant sur l’axe de rotation du volet, il en résulte que le dégagement de la vis s’effectue sans qu’il soit nécessaire de lui donner un mouvement de translation en ar-27° année. — 2e semestre.
- rière. Et, par suite, l’ouverture de la culasse s’obtient par un seul mouvement du levier de manœuvre.
- En agissant sur ce levier, on commence par faire tourner la vis du huitième de tour nécessaire pour la rendre libre dans son logement ; l’action se continuant, la vis tourne et la culasse est ouverte. C’est pendant cette seconde action que l’extracteur agit par choc et projette la douille vide en arrière.
- La fermeture de la culasse s’opère par les moyens inverses, toujours par un seul mouvement du levier de manœuvre.
- Le percuteur est armé automatiquement lors du mouvement d’ouverture de la culasse.
- La disposition de la détente est telle qu’elle est immobilisée tant que la culasse n’est pas complètement fermée; aucune mise de feu prématurée n’est donc à craindre.
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- L’affût pèse 520 kilogrammes. Les parties qui reposent sur le sol, crosse et roues, sont immobilisées, la crosse par une bêche, les roues par des freins à patins ou des sabots d’enrayage.
- Le canon repose par ses tourillons sur un berceau en bronze. Lorsque le recul se produit, le canon et son berceau reculent en glissant sur le corps d’affût. Un frein limite ce recul tout en lui permettant de prendre une certaine amplitude.
- Afin de supprimer le soulèvement qui tendrait à se produire dans le tir sous les petits angles, la surface sur laquelle s’opère le glissement est curviligne, à concavité dirigée vers le ciel; il en résulte que la partie mobile exerce à tout moment une pression qui empêche le soulèvement de l’affût.
- Par cette disposition des glissières, la pièce et son berceau sont soulevés, et, le recul terminé, tendent à reprendre naturellement, sous l’action de la pesanteur, leur position primitive. Il suit de là qu'il n’est pas nécessaire d’avoir, comme dans la plupart des canons de campagne, un système de récupérateurs, ce qui simplifie singulièrement les choses.
- Le frein de tir est hydraulique ou à friction, suivant la préférence qu’on accordera à l’un ou à l’autre. Ces deux freins ont une forme circulaire. Dans le frein hydraulique, le recul produit la rotation d’un tambour rempli de liquide dans lequel se trouve une palette fixe; la résistance est constituée par la présence de cette palette qui s’oppose au déplacement du liquide.
- Dans le frein à friction, la résistance est constituée par le frottement de deux plateaux à rainures pressés l’un contre l’autre par des ressorts Belleville.
- Le pointage vertical de la bouche à feu s’obtient à l’aide d’un arc denté que supporte le berceau et qui est commandé par un volant fixé sur la flèche. Le pointage en direction, lorsque la bêche de crosse s’est enfoncée dans le sol, est rectifié facilement par le déplacement de l’essieu dans la boîte d’essieu qui sert d’entretoise aux flasques.
- Les coffres à munitions ont reçu des dispositions spéciales qui doivent avoir pour effet d’empêcher la déformation des cartouches et de permettre l’approvisionnement facile de la pièce. Les cartouches y sont suspendues verticalement, la fusée tournée vers le bas et peuvent être amenées l’une après l’autre en face de la porte du coffre. Les supports de cartouche sont portés sur des ressorts destinés à atténuer les chocs qui se produisent dans les transports. Trente-six coups sont contenus dans les coffres d’avant-train; ceux d’arrière-train en renferment soixante.
- Le poids de la charge est de 700 grammes de poudre; le projectile pèse 6kg,430 et est animé d’une vitesse initiale de 530 mètres.
- Les essais exécutés avec cette bouche à feu ont donné des résultats très satisfaisants au point de vue de la justesse et de la rapidité du tir. Le matériel, à la suite d’épreuves répétées de roulement, s’est montré des plus résistants. Commandant L...
- LA ROYAUTÉ DES MERS
- Nous donnions, il y a quelque temps1, une gravure représentant par la comparaison de navires de tailles différentes, les forces respectives des grandes puissances maritimes en cas de guerre. La situation de l’Angleterre et la multiplicité de ses colonies expliquent suffisamment son hégémonie. Nos voisins d’outre-Manche doivent être indépendants sur mer. Ils doivent pouvoir, en cas de conflit, régner sur les Océans comme ils y régnent par le commerce dans la paix.
- Si l’on faisait, en effet, le même travail pour les flottes commerciales que pour les marines militaires, on obtiendrait des résultats qui mettraient encore bien plus en relief la supériorité britannique. Et la royauté des mers apparaîtrait comme appartenant incontestablement et pour longtemps encore, quoi qu’on dise, à la vieille Albion.
- Jetez, s’il vous plaît, les yeux sur la figure ci-jointe. Le grand carré représente la jauge nette des navires britanniques de plus de 100 tonnes. On a superposé à ce carré une série de 15 autres carrés correspondant aux 13 puissances qui viennent après l’Angleterre. C’est à peine si ces 13 carrés couvrent les deux tiers de la surface prise par la Grande-Bretagne. Cette comparaison justifie amplement le qualificatif de « baleine » irrévérencieusement appliqué à la première puissance maritime du monde.
- Voici d’ailleurs les chiffres correspondant aux carrés de notre figure, d’après le « Lloyd’s Registcr » de 1898. La première colonne de chiffres donne le tonnage net, celui dont nous nous sommes servi, et la seconde le tonnage brut.
- Grande-Bretagne. . 6 637 735 10 799446 7534 navire
- Allemagne .... 965 850 1549 961 1029 —
- Etats-Unis 792 129 1 105 423 755 —
- F rance 480 735 954916 602 —
- Norwêge 555 555 564533 664 —
- Espagne 528 777 506580 420 —
- Japon 255 777 404 475 454 —
- Italie 247 752 402 205 247 —
- Hollande 254 177 340 780 225 —
- Suède 186 926. 292 660 570 —
- Russie ....... 185 545 511622 337 —
- Danemark .... 171 359 283 214 298 —
- Autriche 167 065 271 772 185 —
- Grèce 104115 163 571 134 —
- Tous ces navires appartiennent à de nombreuses et puissantes Compagnies qui sillonnent les mers dont elles fendent le flot d’une étrave de plus en plus puissante. Parmi ces Compagnies dont chaque paquebot est une ville magnifiquement ordonnée, quelles sont les plus formidables? Deux Sociétés allemandes, non des anglaises comme on le pourrait supposer. Le « Norddeutscher Lloyd » et la « Hamburg America Linie » : le « Norddeutscher Lloyd » possédait, en 1898, construits ou en construction, 78 navires et 90 petits bateaux d’une jauge brute totale de 354000 tonneaux. La « Hamburg America Linie » comptait 115 steamers d’une jauge totale de 342 000 tonneaux. Ce qui explique ce colossal développement des deux sociétés allemandes, c’est que nos voisins d’outre-Rhin ne possèdent à 'proprement parler que deux ports, Hambourg et Brême, les deux seules attaches vraiment maritimes de l’Allemagne. Dans la Grande-Bretagne la dissémination des grands estuaires et des points abordables a entraîné la formation d’un bien plus grand nombre de lignes ayant des ports d’attache différents. Le tableau suivant donne d’ailleurs la comparaison des principales lignes de navigation en 1898. Il est intéressant, bien qu’en matière de construction navale il ne faille 1 Yoy. n° 1241, du 4 février 1899, p. 150.
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- au-dessus. La « White Star » 3 en comptant Y Océanie. Le « Norddeutscher Lloyd » possède 2 navires de plus de 20 nœuds, 2 de 19 et 3 de 18. La « Hamburg America Linie » 3 de 19 et 1 de 18. La Compagnie Péninsulaire et Orientale 5 de 19 et 2 de 18. La Compagnie Internationale 4 de 20 nœuds, la Compagnie Transatlantique enfin 1 de 19.
- On connaît la progression rapide que suivent les navires transatlantiques depuis quelques années. Des tonnages de 10 000 tonneaux en 1889 avec le Majestic et le Teutonic, on est passé en 1895 à 13 000 avec la Campania et la Lucania,h 14000 tout récemment avec le Kaiser Wilhelm der Grosse, enfin cette année à 18 000 avec Y Océanie.
- Sur les deux autres lignes importantes, celle d’Extrême-Orient et celle de l’Amérique du Sud, bien qu’on n’ait pas à relever un trafic aussi intense ni des chiffres aussi énormes, on assiste à un développement aussi remarquable. La Compagnie Péninsulaire qui dessert le Japon, l’Inde et l’Australie possède actuellement 8 paquebots de 7 à 8000 tonneaux, avec machines de 10 à 11 000 chevaux. Il y a dix ans, ses plus gros navires jaugeaient 6500 tonneaux avec 7500 chevaux. Notre Compagnie des Messageries maritimes qui fait un service concurrent de la Compagnie Péninsulaire possède de son côté 8 paquebots de 6500 tonneaux et de 7200 chevaux qui donnent à nos communications une célérité sensiblement égale à celle de nos voisins.
- Sur les lignes de l’Amérique du Sud, nos Messageries ont des paquebots de 6500 tonneaux et de 6000 chevaux de force plus puissants même que ceux de « Pacific Steam Navigation Cy », dépassés seulement par les gros navires de 6000 tonneaux et de 7000 à 7500 chevaux de la « Royal Mail ».
- Quelles que soient les conclusions avantageuses que ces chiffres permettent de tirer en faveur de la construction navale de notre pays, il n’en reste pas moins que nous sommes fort éclipsés sur la partie liquide de notre globe. Nous reculons devant l’Allemagne et les États-Unis qui nous distancent de plus en plus, pendant que l’Angleterre peut à elle seule narguer l’univers entier et entonner avec orgueil le Rule Britannia qui sera de longues années encore la chanson des mers. L. Reverchon.
- pas accorder aux chiffres une importance trop grande. Ils se modifient incessamment et l’état de la marine de commerce comme de la marine de guerre est un perpétuel devenir.
- Norddeutscher Lloyd..... 354 000 tonneaux.
- Hamburg America Linie.............. 342000 —
- Compagnie Péninsulaire et Orientale (angl.) 202 000 —
- Messageries maritimes (franç.)..... 244000 —
- N'avigazione generale italiana..... 173000 —
- Lloyd autrichien.................. 162 000 —
- Compagnie llansa (allem.).......... 160000 —
- Compagnie générale Transatlantique . . . 155 000 —
- White Star Line (angl.)................... 130000 —
- International Navigation Cy (angl.). . , . 127 000 —
- Pacific Steam Navigation Cy (améric.) . . 110 000 —
- Compafiia Transatlantica (espag.) .... 115000 —
- Anchor Line (angl.)................ 111000 —
- Cunard Line (angl.)............... 105 000 —
- Au point de vue de la vitesse, le record appartient au « Kaiser Wilhelm der Grosse » dont tous les journaux
- ..Angleterre
- Tonnage net comparé de l’Angleterre et des principaux pays en 1S98.
- ont récemment relevé la traversée ultra-rapide de l’Atlantique à raison de 22 nœuds 1/3 à l’heure. Mais les performances de ce colosse seront prochainement dépassées par celles de « l’Océanic », le nouveau paquebot de la « White Star » dont ses trois machines, développant 45 000 chevaux devront faire, pour quelque temps du moins, le géant des mers.
- 11 n’y a d’ailleurs que deux navires allemands classés par le « Lloyd’s Register » comme pouvant filer plus de 20 nœuds, en 1898. L’Angleterre au contraire compte 23 paquebots de cette classe, la Relgique 5, la Hollande 3 et les États-Unis 4. Quant à la France, depuis des années son champion de vitesse est la Touraine qui n’est pas encore près d’être distancée. Il faut dire, à la décharge de notre Compagnie Transatlantique, que le port du Havre (hor-resco referens!) ne pourrait pas recevoir en ses bassins les grands navires anglais qui font le service de New-York. 11 manque de profondeur ! Disons aussi que parmi les 25 bateaux rapides portant pavillon anglais, il en est 3 qui sortent de nos Forges et Chantiers de la Méditerranée.et sont affectés au service de Dieppe à Newhaven.
- En ne tenant compte que des navires filant au moins 18 nœuds, les Compagnies citées dans notre tableau se répartissent de la façon suivante.
- La Compagnie Cunard a 4 paquebots de 20 nœuds et
- SOUPAPE DE SÛRETÉ
- La soupape de sûreté est un des appareils les plus importants de contrôle de la bonne marche d’une chaudière, à la condition que le fonctionnement en soit régulier, et que l’appareil ne puisse être ni surchargé, ni entravé dans sa marche. On a imaginé jusqu’ici un grand nombre de dispositifs pour assurer ce bon fonctionnement. Nous voulons en faire connaître un nouveau qui a été récemment décrit par le Génie civil.
- La figure ci-jointe donne une vue d’ensemble de la nouvelle soupape et une vue en plan. La surface, soumise à l’action du levier qui porte le contrepoids G, repose à la partie supérieure d’un petit cylindre B mobile de haut en bas à l’intérieur de la boîte à soupape. Ce petit cylindre porte à sa partie inférieure une tige transversale C munie de trous, et sur laquelle se visse une tige verticale. Cette tige est réunie par un écrou à une autre tige D, qui est fixée sur une membrane métallique M; les pourtours de
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- cette dernière sont serrés entre les rebords de la boite à soupape. Au-dessous de la membrane M, se trouve en H un ressort à boudin à double enroulement, (pii repose sur un petit plateau placé au-dessous. Ce dernier à son tour peut être déplacé à l’aide d’une vis,
- <|ue l’on voit protégée par un couvercle articulé à charnière sur le fond de la boîte avec fermeture plombée. Un petit orifice est ménagé au fond de la boîte pour déceler les fuites de vapeur (pii se produiraient à travers la membrane métallique.
- Le réglage de cette soupape est des plus faciles. La surface de la membrane est telle que la pression exercée sur elle par la vapeur est égale à la pression exercée sur le cylindre B et la traverse C. Cet effet est obtenu en réglant la tension du ressort II à l'aide de la vis inférieure dont nous avons parlé plus haut. On peut ensuite, en agissant sur l’écrou qui réunit les tiges D, amener le cylindre B au contact de la surface soumise directement à l’action du levier portant le contrepoids.
- Ce réglage subsistera pour les pressions jusqu’à une valeur déterminée par les conditions d’équilibre adoptées.
- Mais il n’existera plus, si l’on vient à remplacer le poids G du levier, ou à fixer ce dernier.
- En effet, si le poids G est augmenté, le cylindre B s’abaisse aussitôt, et la vapeur s’échappe.
- De même si le levier est attaché, la pression fait iléchir la membrane M qui entraîne le cylindre B à l’aide de la tige D.
- Cette nouvelle disposition de soupape permet donc d’éviter la surcharge ou calage des soupapes; elle serait par conséquent utile dans les installations à vapeur. J. L.
- .V o u vol le soupape de sûreté.
- CURIOSITÉS POUR
- L’ENSEIGNEMENT DES SCIENCES PHYSIQUES
- 1° Capillarité.— Un cristallisoir contient de l’eau sur une épaisseur de deux ou trois centimètres. On laisse tomber du mercure dans le cristallisoir, d’assez haut, de façon que le mercure rejaillisse en fines gouttelettes en frappant le fond du vase. Grâce à la tension superficielle, il reste à la surface de l’eau un plus ou moins grand nombre de gouttelettes de mercure. Ces gouttelettes s’attirent réciproquement avec une grande force et à une distance de plusieurs centimètres. Elles sont vivement repoussées par une substance mouillée par l’eau, une allumette en bois par exemple, qu’on en approche (fig. 1).
- Ces attractions et répulsions, produites par la capillarité, doivent leur remarquable intensité aux très faibles dimensions des gouttelettes de mercure.
- 2° Soufre mou et élastique. — On fond du soufre en canon dans un ballon en verre, en ayant soin de chauffer doucement. Il est même bon de retirer le ballon de dessus la flamme du bec Bunsen un peu avant la fusion complète du soufre et d’agiter jusqu’à ce que tout le soufre soit bien fondu. Le ballon contient alors du soufre fondu très mobile (fig. 2).
- On chauffe davantage le ballon en ayant soin d’agiter vivement le soufre fondu. Il arrive un moment où le soufre passe brusquement à letat pâteux. Ce passage d’un état à l’autre n’a pas lieu instantanément si le liquide n’est pas agité vivement; il s’effectue
- Fig. 1.
- Phénomène de capillarité. Le mercure et l’eau.
- graduellement.
- 5° Acide sulfhydrique. — On enflamme de
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- l’acidc sulfhydrique à l’extrémité d'un tube cffdé, communiquant par un tube en caoutchouc avec le flacon de Woolf producteur du gaz. En promenant la flamme à la surface de l’eau, il se dépose du
- soufre sur l’eau, ce qui permet d’écrire un nom quelconque, de dessiner une figure, etc. (fig. 5).
- 4° Hydrogène phosphoré. — Un laisse tomber quelques* fragments de phosphore* de calcium dans
- Fig. 2.
- Le soufre fondu.
- Fig. 3.
- Manière d’écrire sur l’eau avec de l'acide sulfhydrique.
- un verre à pied contenant de l’eau. On étend aussi- surface de l’eau. Les bulles d’hydrogène phosphore tôt une couche assez épaisse de sciure de bois à la s’accumulent au-dessous de la sciure, formant une
- «
- Fig. 4. Fig. 5.
- Couronnes s’élevant de l’eau produites par l'hydrogène phosphoré. Préparation de l’azote.
- bulle très grosse qui finit par soulever la sciure et crever. Il se forme des couronnes de dimensions extraordinaires (fig. 4). Ce tour de main m’a été enseigné par un élève qui a suivi les cours au lycée de Lyon.
- 5° Préparation de l'azote. — Une cloche en verre porte à son intérieur deux peignes métalliques
- en regard, en communication avec les pôles d’une bobine de Ruhmkorff ou d’une machine à induction électrostatique, de Holtz par exemple. On fait brûler du phosphore dans la cloche, par le procédé ordinaire ; coupelle et phosphore flottant sur un bouchon de liège, cloche reposant sur une cuve h. eau. On attend
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- que le phosphore soit complètement hrulé, puis on fait passer l’effluve électrique à travers les peignes dans la cloche. L’effluve précipite aussitôt les fumées d’anhydride phosphorique et la cloche ne contient plus que de l’azote pur (fig. 5).
- Nous conseillons de se servir d’une cloche à trois tubulures, une à la partie supérieure, deux sur les côtés. La tubulure du sommet servira à recueillir l’azote en enfonçant la cloche dans l’eau ; les tubulures des côtés serviront à maintenir les tiges métalliques des deux peignes. A. Bleunard,
- Professeur au Lycée d’Angers.
- RÉCHAUFFEURS D’EAU D’ALIMENTATION
- PAR LA VAPEUR
- Les réchauffeurs d’eau d’alimentation par la vapeur donnent des résultats intéressants. Nous trouvons à ce sujet, dans la Revue maritime, une importante étude extraite de YEngineer parM. Callou.
- Le réchauffage de l’eau d’alimentation au moyen de la vapeur vive augmente à la fois la puissance et le rendement d’une chaudière ; ce phénomène remarquable, admis maintenant, paraît à première vue invraisemblable. Il semble, en effet, inadmissible que le fait de prendre une partie de la vapeur d’une chaudière et de la mélanger à l’eau d’alimentation, qui la condense en s’échauffant, puisse accroître la vaporisation et réduire la consommation de charbon. C’est pourtant ce que réalise l’appareil bien connu de M. Kirkaldy, dont l’expérience a démontré l’efficacité. Mais, bien que cette découverte soit relativement ancienne, personne n’a fourni, jusqu’ici, d’explication pleinement satisfaisante de l’économie qui en résulte. On est en possession de résultats acquis, mais trop peu nombreux ou trop incomplets pour asseoir une théorie du réchauffage de l’eau d’alimentation par la vapeur. De tous côtés, les objections surgissent. Ainsi, il est évident que la vapeur ne peut céder à l’eau que la chaleur qu’elle a reçue du charbon; la chaleur perdue n’est en aucune façon utilisée. Autrement dit, cela revient à peu près à prendre de l’argent dans une poche pour le mettre dans une autre, et non sans laisser tomber quelques pièces en route, car il doit bien y avoir une certaine perte par rayonnement. L’injecteur, d’autre part, est dans une certaine mesure un réchauffeur d’eau d’alimentation par la vapeur vive, et cependant l’injecteur ne donne pas le même résultat que le réchauffeur. Pourquoi? Personne n’en sait rien.
- L’étude la plus récente sur ce sujet est un mémoire sur les Réchauffeurs, présenté par M. Georges Halliday à F « Institute of marine engineers » le 14 novembre 1898. Dans ce mémoire, M. Halliday aborde la question du réchauffage de l’eau d’alimentation par la vapeur vive, en se référant à des essais exécutés à bord de YOriole ; car de nombreux inventeurs se sont engagés dans la voie indiquée par M. Kirkaldy, et les résultats qu’ils ont obtenus ont toujours été d’accord avec les siens. La seule explication à peu près'plausible du phénomène, c’est que, lorsque le réchauffeur fonctionne, il se produit dans la chaudière quelque chose qui ne se produit pas quand on n’en fait pas usage ; mais on ignore totalement quelle est cette chose. D’après une théorie proposée, le réchauffeur enlèverait l’air de la chaudière, et favoriserait ainsi le contact de l’eau avec les surfaces de chauffe. Des expériences faites à bord du Gunther prouvent que le réchauf-
- fage fait disparaître l’air de l'eau d’alimentation. M. Halliday donne deux diagrammes relevés sur la pompe alimentaire du Gunther. « Sans le réchauffeur, l’air entraîné par l’eau d’alimentation est comprimé pendant une partie de la course et se dilate pendant la période d’aspiration; avec le réchauffeur en action, il n’y a pas de compression pendant la période de refoulement, et pas de trace d’air du côté de l’aspiration. » Le fait est curieux, mais on ne voit pas bien quelle conclusion on peut en tirer au point de vue qui nous occupe. M. Halliday semble prendre pour point de départ ce fait que l’eau qui circule rapidement au contact d’une surface chauffée peut recevoir, dans un temps donné, une quantité de chaleur beaucoup plus grande que lorsqu’elle est stagnante. Il cite des expériences de MM. Thomas et Laurens, exécutées au moyen d’un serpentin parcouru par la vapeur chauffante et plongé dans de l’eau amenée à son point d’ébullition ; dans une première expérience, on a obtenu une vaporisation de 250 kilogrammes en 11 minutes, donnant un coefficient de transmission égal à 4,672 ; dans une autre, avec un écart de température de 21° seulement entre la vapeur et l’eau bouillante, on a trouvé un coefficient égal à 5,010, ce qui montre bien l’énorme variation de la quantité de chaleur reçue par l’eau, suivant qu’elle est à son point d’ébullition ou au-dessous de ce point. Le professeur Ser dit encore : « Arrivé à l’ébullition, les mouvements sont ordinairement tumultueux et la transmission est notablement accrue ». Et M. Halliday ajoute : « Si donc nous pouvons prouver qu’une circulation plus active de l’eau le long des surfaces de chauffe amène ce résultat, nous aurons une explication de l’économie réalisée par le réchauffage de l’eau d’alimentation au moyen de la vapeur vive ». Il décrit ensuite diverses expériences exécutées avec un dispositif permettant de faire varier la vitesse de l’eau au contact de la surface de chauffe ; pour une vitesse égale à 0,1 on a trouvé un coefficient égal à 1400, et, pour une vitesse égale à 1, un coefficient égal à 3800. Tout cela est connu depuis longtemps. On a même fait remarquer que pour obtenir la transmission maximum il faudrait produire un afflux énergique de l’eau sur une des faces de la paroi, aussi bien que des gaz chauds sur l’autre face. Mais cela dit, et enr acceptant aussi entièrement qu’on voudra les résultats des expériences de M. Halliday, l’explication de Faction du réchauffage par la vapeur vive n’aura pas avancé d’un pas. La théorie la plus communément acceptée admet que l’eau chaude est plus mobile que l’eau froide et que la circulation dans une chaudière est plus active lorsque l’eau d’alimentation est chaude que lorsqu’elle est froide. On ne peut nier que l’eau chaude soit capable de se mouvoir plus rapidement que la froide, mais le point faible de l’argumentation, c’est l’absence de connexion visible entre le réchauffeur et le mouvement de l’eau. Est-il possible de prouver que le réchauffage de l’eau d’alimentation élève la température de l’eau dans la chaudière d’une manière suffisante pour accroître notablement sa mobilité? Autant qu’on pçut s’en rendre compte, la légère circulation produite par les pompes alimentaires sera la même dans les deux cas; et, de plus, cela ne nous explique pas pourquoi l’injecteur ne donne pas les mêmes résultats économiques que le réchauffeur à vapeur vive.
- Admettons même, pour un instant, l’argumentation de M. Halliday. II faut encore expliquer pourquoi le combustible produit plus de vapeur avec le réchauffeur en marche que lorsqu'il ne fonctionne pas. Ï1 n’est plus question ici de transmission de chaleur à travers une
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- paroî, mais de ce fait que le combustible doit céder à la chaudière une plus grande quantité de chaleur, puisque le rendement de celle-ci est augmenté. 11 suivrait de là que la température des gaz perdus devrait être abaissée. Malheureusement, là encore, nous restons toujours au même point; la température du foyer est la même, que le réchauffeur fonctionne ou non. M. Halliday a fait une expérience à bord de la Marguerite, et voici ce qu’il dit :
- « Un thermomètre gradué jusqu’à 400° C., qui m’avait été prêté par MM. Townson et Mercer, était plongé dans les gaz perdus de la cheminée ÀR. Ses indications variaient d’une minute à l'autre, mais suivaient surtout les oscillations de la chauffe. Il était impossible d’en déduire un avantage ou un désavantage pour l’effet du réchauffeur. Les variations de la chauffe avaient pour but de tenir constante la pression à la machine. Si la suppression du réchauffeur eût conduit à pousser davantage les feux, la température de la cheminée aurait dû être augmentée; c’est ce qu’on n’a pas constaté. L’influence du réchauffeur était mise en évidence par le relèvement de la pression quand il fonctionnait, par sa chute quand on le supprimait; et aussi, dans ce dernier cas, par la nécessité d’augmenter l’ouverture des cendriers pour accroître le tirage, même pour maintenir une pression plus basse ». Comme on n’a rien pour rien en ce monde, il semblerait évident que le réchauffage doit provoquer une diminution de la chaleur perdue; mais cela n’est pas démontré. Quand il fonctionne, toutes choses égales d’ailleurs, la consommation de charbon par heure est moins grande, et la température des produits de la combustion peut rester la même, l’économie résultant de la diminution de leur masse, par suite de la réduction du volume d’air qui passe à travers les barreaux de la grille.
- Une autre explication du phénomène qu’il faut prendre pour ce qu’elle vaut, c’est que l’eau, à l’état d’ébullition, absorbe la chaleur avec beaucoup plus de rapidité que lorsqu’elle ne bout pas. Théoriquement, la quantité de chaleur transmise à travers la paroi d’une chaudière dépend de la différence de température entre l’eau et les gaz chauds; cela peut n’être vrai que pour l’eau non amenée à son point d’ébullition. Bien loin de s’étendre à toute la chaudière, l’ébullition ne se produit que sur des surfaces restreintes, que l’on peut appeler des centres d’ébullition. Dès lors, si la masse entière de l’eau est à la température d’ébullition, ces centres seront beaucoup plus nombreux que si une partie de l’eau est froide. Pour que la totalité de la surface de chauffe fût utilisée pour la vaporisation, il faudrait donc que l’eau fût préalablement chauffée dans une chaudière distincte. Le réchauffeur à vapeur vive remplit le même but, d’une manière moins encombrante et moins dispendieuse.
- La conclusion, c’est que des recherches sur le phénomène de l’ébullition s’imposent dès à présent, car on manque de données sur ce sujet. Lorsqu’on saura pourquoi et comment l’eau bout, on aura fait un grand pas vers la solution d’un problème du plus haut intérêt. Des explications comme celles de M. Halliday ou comme celle qui vient d’être donnée ne font que reculer la difficulté. Ni M. Halliday ni personne ne peut dire d’une façon certaine pourquoi l’eau en mouvement reçoit plus de chaleur dans un temps donné que l’eau en repos. L’évidence apparente du motif le rend précisément suspect. Que l’on sache seulement pourquoi l’ébullition se produit ainsi que nous le constatons, et non pas d’une autre manière, et l’on aura pénétré le secret du réchauffage de l’eau d’alimentation par la vapeur vive. D. Leroy.
- TRACTIONS DE Là LANGUE
- A l’Académie de médecine, M. Laborde vient de relater quatorze nouveaux cas de résürrection de sujets en état de mort apparente, grâce aux tractions rythmées de la langue. Sur ces faits, la moitié au moins est relative à des noyés qui ne sont revenus à la vie qu’au bout de vingt à soixante minutes de tractions.
- Jusqu’à présent, on n’avait pas pu déterminer exactement le temps pendant lequel peuvent persister les propriétés fonctionnelles chez les animaux en état de mort apparente. Or, parmi les quatorze cas relatés par M. Laborde il en est un concernant un noyé qui a pu être rappelé à la vie au bout de trois heures de tractions rythmées de la langue. Les propriétés vitales peuvent donc persister à l’état latent pendant un laps de temps qui peut être évalué à trois heures comme limite extrême. Un autre fait qui mérite d’être mis en relief c’est qu’avec les anciens procédés de rappel à la vie on ne parvenait jamais à rétablir les mouvements respiratoires lorsque l’asphyxie durait depuis plus de cinq à six minutes. Au moyen des tractions rythmées de la langue, au contraire, on réussit très fréquemment à ramener à la vie des sujets ayant séjourné sous l’eau pendant trente et même quarante minutes. M. Colin a demandé à ce propos à M. Laborde si l’examen du sang et du cœur avait été pratiqué chez les animaux mis expérimentalement en état de mort apparente. M. Laborde a répondu avoir constaté que chez ces animaux le sang était très riche en acide carbonique et ne contenait que des traces d’oxygène, mais il a remarqué qu’il n’était jamais coagulé et qu’il conservait toujours une certaine température. Quant au cœur, il est en arrêt apparent, et présente seulement de légères trémulations fibrillaires; dès que les mouvements respiratoires se rétablissent, il recommence à battre avec force. Il est probable que les choses se passent de la même façon chez les asphyxiés et les noyés. J.-F. Gall.
- LA PRODUCTION INDUSTRIELLE DE L’OZONE
- OZONATEURS ROTATIFS DE M. OTTO
- L’ozone a conquis aujourd’hui, d’une manière indiscutable et définitive, droit de cité dans l’industrie.
- Les Bunsen, les Frémy, les Andrews, et tant d’autres savants illustres qui ont été les contemporains de sa découverte avaient prédit au gaz naissant le plus brillant avenir.
- « Il n’y a pas de découverte dans la chimie moderne, a écrit Frémy, qui soit plus importante que celle de l'ozone. »
- « Quand on pourra le produire industriellement, ajoutait Bunsen, des centaines d’applications nouvelles ne tarderont pas à surgir. »
- Malheureusement, s’il était facile d’avoir dans les laboratoires des appareils fournissant quelques milligrammes ou même quelques grammes d’ozone, les appareils pouvant en produire industriellement des quantités considérables, étaient plus difficilement réalisables.
- L’ozone qui n’est, on le sait, que de l’oxygène polymérisé, doué de propriétés extrêmement énergiques, se produit dans un nombre de réactions très considérable; mais le moyen le plus simple de
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- l’obtenir est indiscutablement de soumettre à l’action de décharges électriques à haute tension l’oxygène pur ou simplement contenu dans l’air.
- La plupart des appareils producteurs d’ozone sont caractérisés par ce fait qu’une lame isolante formant diélectrique est interposée entre les électrodes conductrices auxquelles aboutissent les deux 111s amenant le courant électrique.
- Le but du diélectrique est de régulariser la production des effluves.
- Mais il présente au passage de l'électricité une résistance qui n’est pas négligeable ; de plus, comme on emploie ordinairement du verre, son extrême fragilité rend les appareils d’un maniement extrêmement délicat.
- Les décharges électriques à haute tension peuvent se manifester de plusieurs manières absolument différentes ; nous nous plaçons ici dans le cas d’une source électrique pu issante pouvant donner lieu à des phénomènes calorifiques intenses.
- Nous indiquons, figure 1, les différents aspects que prend le phénomène lorsque les pôles d’un transformateur à haute tension sont reliés d’une part à une pointe, d’autre part à une lame conductrice plane.
- Lorsque la différence de potentiel atteint le degré voulu, on voit la pointe s’illuminer doucement (fig. 1, n° 1). Un faisceau de lumière violacée de forme conique s’épanouit sur la surface plane qui se trouve en face de la pointe. Si la tension monte légèrement, le phénomène change brusquement d’aspect (fig. 4, n° 2), le faisceau se condense en un trait net de lumière blanche. Quelques volts de plus, et l’arc ap-
- paraît (fig. 1, n° 3), avec son sifflement caractéristique et sa grande flamme d’un blanc jaunâtre qui s’échappe de la pointe et vient lécher avec mille contorsions bizarres les parois de l’électrode opposée. Quand on veut produire de l’ozone, il faut s’en tenir à la première phase du phénomène.
- Dans les deux autres cas, non seulement on n’atteint pas le but cherché, mais les appareils utilisés sont mis rapidement hors de service.
- Si l’on a affaire à un ozoneur à diélectrique, ce dernier est percé, réduit en miettes, et le métal qu’il protège est fondu!(fig. 1, n° 4).
- Si le diélectrique est supprimé, les effets produits sont non moins désastreux, car le métal peut fondre et si l’on n’intervient assez rapidement, le court-circuit déclaré peut prendre des proportions extrêmement dangereuses, tant pour l’appareil producteur d’ozone, que pour les générateurs électriques qui l’alimentent.
- Les choses en étaient là, lorsqu’un de nos collaborateurs, M. Otto, eut l’idée d’établir des ozoneur s rotatifs.
- Voulant faire des appareils vraiment industriels, il a tout d’abord supprimé les diélectriques qu’il avait utilisés/lans une première série de recherches. Pour éviter la] formation des arcs ou des courts - cir -cuits dangereux, surtout avec les énormes quantités d’énergie qui entrent en jeu dans les usines, au lieu de laisser les deux électrodes constamment en regard, M. Otto les déplace l’une par rapport à l’autre. Ce mouvement, quelle que soit sa nature, du reste, a un double but : il évite, dans une large mesure la formation des arcs ; dans le cas où ceux-ci
- Fig. 1. — N° 1. Effluve. — N° 2. Étincelle. — N* 3. Arc. N” 4. Diélectrique brisé par un court-circuit.
- Fig. 2. — Vue intérieure d'un modèle d’ozoneur rotatif industriel Otto. Diamètre : 2 mètres.
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- viennent à se former, et où des courts-circuits dangereux tendent à se produire, il y a arrachement immédiat, certain, absolument automatique, et tout danger est écarté.
- C’est évidemment là le mode le plus simple et le plus sûr qu’on puisse employer.
- L’inventeur en a étudié Lien d’autres; mais ils présentent, à des degrés différents, des inconvénients (pii les ont fait rejeter.
- Nous indiquons (fig. 2) un des modes d’application pratique du procédé auquel il s’est définitivement arrêté, et que nous avons vu fonctionner dans son usine d’Àuteuil. Un cylindre mobile A muni d’une série de barres B, parallèles à l’axe, se meut à l’inté-
- rieur d’un cylindre en tôle d’acier garni de lames C parallèles aux premières. Toutes les fois qu’un secteur mobile passe devant un secteur fixe de puissants effluves jaillissent et des quantités considérables d’ozone se produisent.
- Si, pour une raison quelconque, un court-circuit vient à se déclarer, il est immédiatement interrompu. Le principe des électrodes mobiles peut se prêter à une variété d’applications presque infinie. C’est ainsi qu’au lieu d’utiliser deux cylindres concentriques, on peut employer une série de cercles parallèles montés sur un même axe, et se mouvant entre d’autres cercles sur lesquels sont disposés des secteurs fixes. C’est un appareil de cette nature'que
- Fig. 3. — Installation d’un ozoneur rotatif à
- nous représentons figure 3, qui donne une vue d’ensemble d’une installation pour la production industrielle de l’ozone.
- L’air, purifié et desséché par son passage dans une colonne à ponce sulfurique A, est aspiré par une pompe B, refoulé dans le compteur-enregistreur C, et envoyé dans l’ozoneur D qu’alimente le transfor- . mateur à haute tension E.
- Le compteur-enregistreur employé est spécialement construit pour la mesure de très grand débit gazeux.
- Il mérite une mention spéciale et nous y reviendrons prochainement.
- Tout est nouveau dans cette industrie de l’ozone, et il a fallu, comme au début de l’éclairage électrique, créer de toutes pièces à côté des générateurs proprement dits, les accessoires indispensables qui per-
- l’usine de la Compagnie de l'ozone à Paris.
- mettent l’application pratique dans le domaine industriel. Grâce aux nouveaux appareils, les applications de l’ozone réalisées jusqu’ici avec quelques difficultés vont devenir d’une exécution tout à fait pratique.
- Quant à celles qui se rapprochent davantage de la grosse industrie, comme la stérilisation industrielle des eaux potables, le traitement des alcools, le blanchiment des tissus, la création dans les salles d’hôpitaux d’atmosphères aseptiques, l’aération des navires et bien d’autres encore, qu’il serait trop long d’énumérer ici, elles vont entrer résolument dans une voie nouvelle. Les germes jetés par les chercheurs et les savants depuis un demi-siècle ont poussé ; la moisson sera féconde. G. Mareschai,.
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- L’INDUSTRIE DES RAISINS SECS
- EN CALIFORNIE
- Jusqu’à présent on ne considérait, comme pays producteurs de raisins secs, que la Grèce, l’Asie Mineure, l’Espagne et quelques contrées secondaires, mais on ne parlait point des États-Unis; et même la Grèce estimait que la Grande Confédération devait être dans l’avenir un de ses meilleurs clients. Or, toutes les prévisions sont renversées par ce fait que, en Californie tout au moins, la production du raisin sec prend une importance de premier ordre, généralement ignorée jusqu’ici.
- Nos lecteurs doivent certainement savoir que les cultures fruitières jouent un rôle considérable en Californie : à plusieurs reprises nous leur avons fourni des renseignements à ce sujet; mais nous n’avions pas eu à parler des raisins secs, les vignobles créés produisant surtout des raisins frais. Cette industrie spéciale des raisins secs, qui était née fort modestement en 1873, n’a commencé à vivre réellement qu’en 1885; à ce moment, elle ne livrait du reste à la consommation qu’environ 10 millions de livres de produits; en 1890, elle atteint le chiffre de 38 millions, et en 1897 celui de 68 millions. C’est le comté de Fresno qui est le centre de la production dont il s’agit, c’est là même que furent plantées les premières vignes pour raisins secs, et actuellement on y compte près de 15 hectares consacrés à ces plantations. On y rencontre des exploitations énormes, comme celle qui est appelée « Lucerne Yineyard », et qui se livre à la fois au séchage des prunes, des raisins, et aussi des légumes : elle a pour cela un séchoir chauffé par 11 200 mètres de tuyaux en fer étiré, où circule la vapeur fournie par des générateurs représentant 150 chevaux. Long de 73 mètres, large de 10, ce séchoir est partagé dans sa longueur en 40 divisions par des doubles rangées de tuyaux de circulation disposés tous les 6 mètres; une cloison longitudinale centrale forme finalement 80 compartiments, munis chacun d’une porte extérieure à fermeture hermétique, et où passe une voie ferrée par laquelle arrivera le wagonnet apportant les claies chargées de raisins à sécher. Ce wagonnet en lui-même est réduit à sa plus simple expression, mais il peut supporter au moyen de montants et de cornières une série de 250 claies plus où moins superposées; chacune d’elles est susceptible de porter 30 livres de raisin, si bien que le séchoir plein, avec un wagon dans chaque compartiment, contient 600 000 livres de raisin prêtes à être soumises à la dessiccation. Nous devons ajouter que l’installation comprend également un ventilateur de 2 mètres de diamètre, qui lance dans le séchoir un fort courant d’air chauffé par la chaleur perdue des générateurs. En fait, les fruits se trouvent soumis à une température de 100 à 110° Farenheit, et au bout de deux à deux jours et demi, ils sont absolument et parfaitement séchés. Nous allons voir que l’on procède également à cette dessiccation simplement au moyen de la chaleur solaire.
- De toutes façons, la cueillette des raisins employés à la fabrication des raisins secs se fait vers la mi-septembre, et avec beaucoup de soin ; les variétés généralement cultivées sont le muscat d’Alexandrie et le muscatel de Cordo Blanco, ainsi que le Sultana, fruit sans pépins, qu’on sépare de la grappe au moyen d’une machine inventée dans ce but. Même quand la dessiccation doit s’opérer au séchoir, on commence néanmoins par laisser les raisins exposés quelque temps aux rayons solaires. Pour un séchage entièrement^naturel, ou plus exactement solaire,
- on dépose les grappes dans des claies de 60 centimètres sur 90, qu’on place entre les lignes de ceps, et qui contiennent environ chacune 20 livres. Quand les raisins sont demeurés ainsi une huitaine de jours, on pose sur la claie pleine une claie vide, et l’on retourne le tout sens dessus dessous, afin de laisser les fruits exposés une autre huitaine au soleil, mais sur leur face opposée. Il reste alors à mettre les grappes dans ce qu’on nomme les « Sweat boxes », boîtes un peu plus grandes que les claies, et profondes de 30 centimètres, et cela dans le but d’égaliser le degré de séchage des fruits. Au fond de chaque caisse on étend une feuille de papier épais, puis une couche de fruits, une deuxième feuille de papier et une autre couche de raisins, et ainsi de suite jusqu’à remplissage, chaque caisse contenant alors de 100 à 125 livres de fruits. On porte les « sweat boxes » dans une grande chambre noire munie seulement de quelques fenêtres pour la ventilation, et on les y empile pour les y laisser au moins de 10 à 20 jours. Au bout de ce temps toute l’humidité des raisins est absorbée, comme après dessiccation au séchoir, et on peut procéder à l’empaquetage définitif dans des boîtes contenant généralement une vingtaine de livres. C’est alors que, quand on veut avoir des raisins en grains isolés, on livre les grappes à la machine à égrener : ces grappes arrivent sur une table légèrement inclinée et s’engagent dans l’espace ménagé entre une tôle ondulée demi-cylindrique et un tambour ayant une vitesse de rotation de 300 tours par minute ; les grains se trouvent ainsi détachés, et le passage sur des tôles perforées superposées et à secousses trient les graines en les séparant totalement de la grappe.
- Pour finir, nous dirons que, d’après M. le consul de Belgique, à qui nous empruntons ces renseignements, on estime généralement que 10 tonnes de raisins frais donnent 2 tonnes de fruits secs; de plus, les vignes sont en rapport au bout de deux ou trois ans. Enfin on évalue à quelque 30 dollars à l’acre les dépenses de toute espèce qu’il faut faire pour l’exploitation d’un vignoble à raisins secs, la production ressortant à une tonne trois quarts sur cette même superficie d’un acre. D. B.
- ARSENAL CHINOIS
- Tandis que l’escadre chinoise du Sud, ou « Nan Yang », a pour base Nanking, sur le Yangtsé, l’escadre du Nord a pour base l’arsenal impérial du Pei-Yang, qui se trouve à Tientsin, la grande cité voisine de la capitale. Fondé il y a une trentaine d’années, et naturellement par des ingénieurs et des contremaîtres étrangers, il s’est développé progressivement, et son importance est telle-main-tenant qu’il occupe régulièrement 3000 ouvriers; mais les contremaîtres européens ont disparu totalement, remplacés peu à peu par des indigènes, et il n’y a plus d’étranger que la haute direction, trois personnes en tout, le directeur et le chef des dessins, qui sont Anglais, le directeur de la fabrication des poudres, qui est Allemand.
- L’établissement forme un vaste quadrilatère, entouré d’une haute muraille, long de lkm,6, large de 1000 mètres; il est au nord-ouest de Tientsin, sur la rive droite et à 3 ou 4 kilomètres du Pei-Ho, où la navigation ne se fait que très péniblement. Il comprend de nombreux corps de bâtiments et de multiples ateliers.
- Une cartoucherie magnifiquement installée, à ce que nous dit M. Bure, consul de Belgique, livre journellement 25 000 cartouches pour fusils Mannlicher, avec
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- douilles en cuivre japonais fabriquées par emboutissages successifs, et poudres provenant de l’arsenal même ; son outillage lui permettrait de produire journellement 35 000 cartouches, et elle a même atteint le chiffre de 45 000 pendant la campagne sino-japonaise. Ce qui n’empêche pas qu’on met la dernière main à une autre cartoucherie munie de 60 machines de la maison Lœwe de Berlin, et destinée à livrer quotidiennement 35 000 cartouches pour les fusils Mauser dont la fabrication est commencée dans les divers arsenaux provinciaux.
- Nous avons parlé de poudre : le fait est qu’on y fabrique de la poudre noire ordinaire pour l’infanterie : et cela avec du charbon de bois produit dans des cornues en tôle avec une sorte de saule pleureur poussant dans le nord de la Chine, avec du salpêtre préparé à l’établissement, et du soufre du Japon refondu et pulvérisé dans l’arsenal. On fabrique aussi de la poudre prismatique brune, de la poudre sans fumée pour fusils et canons, et du coton-poudre. Toutes les machines Krupp les plus perfectionnées sont employées dans cet établissement, aussi bien que le chronographe Leboulanger ; on a installé des polygones d’essai, et jamais, jusqu’à présent, une explosion grave ne s’est produite.
- Les ateliers de construction sont très vastes; ils possèdent de puissantes machines, cisailles, poinçonneuses, tours, presse à forger de 1500 tonnes, etc. L’arsenal a déjà monté quelques petits canons à tir rapide et rayés, de 57 millimètres, système Nordenfelt, cela avec de-l’acier obtenu dans l’arsenal même, au moyen des quatre fours Siemens-Martin ; les nouvelles installations permettront la construction de canons de 250 millimètres avec affûts. Tous les projectiles sont produits dans des ateliers spéciaux.
- Si enfin nous ajoutons que cet établissement comprend encore des installations pour la grosse chaudronnerie, pour l’étirage des fils de cuivre, et leur revêtement de tresses pour transmissions électriques, pour la fabrication des bouées, des torpilles, de l’acide sulfurique, et enfin un vaste atelier de menuiserie, on pourra être à bon droit stupéfait de son importance comme de son organisation. P. de M.
- LE « BLOCK-HALL »
- Depuis quelques mois, les personnes qui voyagent sur la ligne P.-L.-M., entre La Roche et Cravant, ont leurs regards attirés par un appareil appliqué à la façade intérieure de chacune des gares et dont le mécanisme et l’utilité n’ont pas été sans les intriguer beaucoup. Nous n’avons plus à faire connaître le block-system si répandu aujourd’hui. Mais peut-être ne sera-t-il pas superflu de dire quelques mots des « blocks-systems automatiques » et de leur fonctionnement ; quant à leur utilité, on aura tôt fait de la comprendre.
- Le block-hall a pour but, comme tous les autres blocks, d’empêcher que deux trains de même sens se trouvent en même temps sur la même voie dans la section de block comprise entre deux gares ou deux postes consécutifs.
- Les signaux qui s’adressent aux trains sont maintenus normalement à l’arrêt et ne se mettent en voie libre que pour autoriser le passage d’un train, s’il peut s’effectuer en sécurité, et par conséquent si la section dont le signal commande l’entrée est complètement et réellement libre, c’est-à-dire si aucun autre train ne s’y trouve encore, si aucune manœuvre ne s’y effectue dans des conditions
- dangeureuses. Le fonctionnement du block-hall (et c’est ce qui en constitue la nouveauté) repose sur l’emploi de courants électriques circulant dans les rails. La voie est divisée en sections de longueur quelconque, et, dans chaque section, le pôle positif d’une pile est mis en relation avec l’une des piles des rails, le pôle négatif avec l’autre pile des rails de la même voie.
- À l’extrémité de chaque section, un relai de grande résistance ferme le circuit de la pile. Lorsqu’un train ou même un seul essieu pénètre sur une section, il établit un court-circuit entre les deux pôles de la pile, et le relai que cette pile aimantait cesse d’être parcouru par le courant, la palette de ce relai n’étant plus retenue par l’aimantation des moyeux tombe par son propre poids et, en tombant, ouvre ou ferme d’autres circuits, en nombre variable.
- Chacun de ces circuits a sa fonction propre : l’un met à l'arrêt le signal qui protège la section dans laquelle le train pénètre ; un autre met à voie libre, si rien ne s’y oppose, le signal d’entrée de la section suivante: un troisième annonce le train ; un autre verrouille des aiguilles, etc. Chacun de ces circuits secondaires passe en outre par un relai qui peut lui-même, par un procédé analogue, être employé pour diverses opérations.
- Tout cela se fait d’ailleurs consécutivement, dans un ordre déterminé d’avance, par cascades en quelque sorte, et chaque signal ne peut être mis dans sa position de voie libre que si, dans tous les points qu’il protège, rien ne s’oppose à ce qu’un train survienne.
- Si, comme tout le fait espérer, les appareils installés entre La Roche et Cravant sur une longueur de 40 kilomètres donnent des résultats satisfaisants, le système ne tardera sans doute à se généraliser sur les lignes à grande fréquentation.
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- UN BATEAU A PB0PULSI0N AUTOMATIQUE
- A bien des reprises on a essayé de tirer parti du mouvement continu des vagues pour produire de la force motrice ; mais jusqu’à présent c%. n’était qu’en les faisant agir sur des appareils installés à poste fixe, flotteurs ou autres, emmagasinant, transformant le mouvement oscillatoire de la mer. Cette fois un inventeur, M. F. L. Linden, secrétaire de la station zoologique de Naples, prétend utiliser ce mouvement pour assurer le déplacement d’un bateau à la surface même des vagues;- on conviendra que l’idée est en vérité assez audacieuse, et qu’elle mérite à tous lès points de vue d’être poursuivie, puisque la force motrice ainsi utilisée serait à bon marché s’il en fut jamais.
- M. Linden est parti, pour ses recherches, de l’observation des mouvements des poissons dans les aquariums, des dauphins à la mer, et il songea à disposer des flotteurs élastiques et puissants horizontalement, obliquement ou verticalement en dessous de la ligne de flottaison d’un bateau ou d’un corps flottant en général : les extrémités libres des flotteurs, faites par exemple de lames d’acier, ou d’un squelette recouvert d’une membrane à la façon des pattes des oiseaux aquatiques, se dirigeraient vers l’arrière, et le bateau, par la suite, serait poussé constamment sous le choc de l’eau frappant les
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- lames élastiques. M. Linden ajoute que c’est là un phénomène analogue à celui qui se produit sur la queue du poisson, mais nous avouons ne pas le suivre dans cette appréciation. Il fait remarquer, et en cela il a raison, que cette première impulsion causée par le choc direct de la vague, est complétée et pour ainsi dire continuée par le rebondissement des lames métalliques débarrassées de la pression temporaire qu’avait exercée la vague; lesdites lames prennent donc appui sur l’eau environnante et tendent à pousser le bateau en avant. Bien entendu, l’effet théorique de la disposition serait d’autant plus efficace que les vagues seraient plus fortes et plus fréquentes. L’inventeur ajoutait, et cela est évident, que les flotteurs « appuieraient » les embarcations, et par suite diminueraient l’amplitude des oscillations dues au roulis.
- D’ailleurs, ce qui donne réellement de l’intérêt à ses recherches, c’est que M. Linden ne s’en est pas tenu aux études théoriques, et il a bel et bien construit un petit bateau de son système, dont nous donnons un dessin et une vue photographique pendant qu’il est en marche; dans le premier on aperçoit très nettement la disposition des deux flotteurs, l’un à l’avant, l’autre à l’arrière, et tous deux avec leurs lames tournées vers l’arrière. Cette petite embarcation est un peu construite comme un bateau de sauvetage, et le fait est quelle possède à chaque extrémité un compartiment étanche (nullement nécessaire aux expériences toutes spéciales qui étaient poursuivies, mais donnant une sécurité plus grande à celui qui les exécutait) ; elle est longue de 4 mètres, avec une largeur de 0m,95 et une profondeur de 0m,50 ; son déplacement est à peu près de 200 kilogrammes. Les deux flotteurs pèsent ensemble environ 40 kilogrammes, l’un d’eux comporte un gouvernail. A la vérité, et comme on doit évidemment le comprendre, la présence de ce gouvernail n’est nullement indispensable, car les flotteurs sont mobiles sur leur tige, et il suffit de les incliner plus ou moins obliquement pour décomposer en conséquence le choc des vagues et l’effort de rebondis-
- sement des lames élastiques : bientôt le bateau tournera rapidement tout comme sous l’influence d’une hélice mobile sur son axe.
- Naturellement M. Linden n’est arrivé à cette forme définitive de bateau et de flotteurs qu'après des essais successifs sur lesquels il serait oiseux d’insister. Les deux flotteurs peuvent être enlevés ou mis en place avec la plus grande facilité ; chacun est fait de 4 lames d’acier trempé de 0m,50 de long, de 0m,25 de large, épaisses normalement de lmm,75,rnais s’amincissant à 0mm,25 vers les extrémités libres. L’espace interstitiel entre ces lames peut être couvert, «palmé », si l’on veut se servir de ce mot très caractéristique, par une toile souple, qui porte de 1 mètre carré à lm,25 la surface supérieure des flotteurs en contact avec l’eau; on a en outre la faculté d’augmenter l’élasticité des lames en les prolongeant au moyen de languettes d’acier supplémentaires * Il importe naturellement de monter les flotteurs à une profondeur suffisante pour qu’ils demeurent constamment immergés, quelles (pie soient les oscillations du bateau auquel ils sont appliqués.
- Avec ce système de propulsion, l’embarcation dont nous reproduisons une vue a pu marcher à une allure de 4 kilomètres à l’heure contre un assez fort vent du sud ; ces mêmes flotteurs ont assuré le déplacement dans de bonnes conditions d’un ca'ïque de 5m,50 remorquant deux petits canots de 3 mètres, et toujours contre le vent.
- Pendant la récente exposition des pêcheries à Berlin, on a fait des essais curieux avec un bateau minuscule du même genre devant remplir un rôle spécial, celui d’emporter des sacs pleins d’huile en avant des barques de pêche, afin que l’huile se répande à la surface de l’eau et câline les paquets de mer : ces essais ont parfaitement réussi, et il semble que l’invention dont il s’agit soit appelée à un avenir réel ; reste à savoir quel parti on en pourrait tirer pour des bateaux offrant certaines dimensions. Daniel Bellet.
- Fig. 2. — Le mécanisme propulseur.
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- FOURGON ÉLECTRIQUE D’INCENDIE
- DES SAPEURS-POMPIERS DE PARIS
- Le régiment des sapeurs-pompiers de Paris a construit dernièrement dans ses ateliers un fourgon électrique d’incendie qui a donné aux essais des résultats intéressants. Nous avons eu l’occasion d’examiner ce fourgon, et M. le capitaine-ingénieur Cor-dier a bien voulu nous en expliquer le fonctionnement et nous donner quelques renseignements sur sa construction. Cette voiture constitue la première application de la traction électrique au service d’incendie.
- La figure ci-jointe donne une vue d’ensemble de la voiture. La caisse et tous les organes moteurs sont fixés sur un châssis en acier en U cintré, dont
- l’avant repose sur un essieu brisé et est maintenu par une suspension à triple ressort. L’arrière est fixé sur un essieu ordinaire et est maintenu par une simple suspension.
- Le moteur électrique est un moteur de 4 kilowatts à deux enroulements à nombre de spires inégaux et à 2 collecteurs ; la traction s’exerce sur le châssis à l’aide d’une bielle à réglage qui sert aussi de tendeur de chaîne. A l’avant se placent les deux conducteurs; quatre hommes sont dans la voiture, deux sur chacun des deux sièges placés dos à dos à l’arrière; dans le corps de la voiture se trouve un dévidoir, petit véhicule indépendant, qui se compose d’un tambour formant chariot et est monté sur deux roues. Les deux extrémités de l’essieu du dévidoir portent chacune un tourillon dans lequel est passé un anneau relié au châssis et à un treuil. En ma-
- Fourgon électrique des sapeurs-pompiers de Paris.
- nœuvrant un volant placé sur le côté, on peut élever ou abaisser à volonté le dévidoir, sur lequel sont enroulés 160 mètres de tuyau de 70 millimètres de diamètre.
- La source d’énergie électrique consiste en une batterie d’accumulateurs Bouquet, Garcin et Schivre, d’un poids total de 520 kilogrammes et d’une capacité utile de 180 ampères-heure, au régime de 35 ampères et à 110 volts. Cette batterie est renfermée dans une caisse métallique qui se trouve suspendue entre les deux essieux par des ressorts à la partie inférieure.
- Sur le siège où prend place le conducteur, sont placés à droite un volant de vitesse, ou commuta-teur-combinateur permettant d’atteindre 4 vitesses en avant et deux vitesses en arrière, et en avant au milieu le volant de direction. Les diverses vitesses sont obtenues par les couplages des induits. Le conducteur a également devant lui les appareils de me-
- sure, un voltmètre de 120 volts, un ampèremètre de 100 ampères, un coupe-circuit bipolaire, et une prise de courant pour alimenter deux lampes à arc servant à éclairer les sinistres nocturnes.
- En temps ordinaire, les voitures d’incendie mettent l“30s pour partir; avec le fourgon électrique, le départ est instantané.
- La voiture a un poids brut de 1850 kilogrammes et un poids total de 2550 kilogrammes en ordre de marche, c’est-à-dire portant 6 hommes, le matériel nécessaire pour mettre 5 lances en manœuvre, une échelle, un matériel à feu de cave et des engins de sauvetage.
- Elle peut parcourir 60 kilomètres à une vitesse de 15 kilomètres par heure, sans être rechargée, et avec une dépense de 45 ampères-heure environ ; sur bonne route, elle parcourt 22 kilomètres avec une dépense de 55 ampères-heure. Le fourgon a une longueur de 3m,25 et une largeur de lm,95.
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- L’équipage électrique de la voiture a été fait parla Société qui exploite les brevets de MM. Bouquet, Garcin et Schivre. L’accumulateur est à formation hétérogène, et est renfermé dans des bacs hermétiquement fermés, mais avec un dégagement pour les gaz. Ces accumulateurs fonctionnent à des débits spécifiques de 1,5 à 4 ampères par kilogramme de plaque et ont des capacités spécifiques respectives de 26,7 à 19,35 ampères-heure par kilogramme de plaque.
- Ce fourgon électrique, en essais depuis quelque temps déjà, a donné de bons résultats; et il est probable que le régiment des sapeurs-pompiers de Paris . en possédera bientôt un certain nombre pour remplacer une partie des chevaux qu’il emploie. En effet, au point de vue économique, la mise en pratique de la traction automobile pour les voitures d’incendie permettrait de réaliser par an une économie d’environ 250000 francs. Aussi, à la suite des premiers essais, le Conseil municipal de Paris a voté un crédit pour la construction de cinq autres voitures électriques qui seront mises en service dans les postes de secours voisins de l’Exposition en 1900. J. Laffargue.
- CHRONIQUE
- Le train Scotte. — Dans notre récent article, L'automobilisme dans l'armée, paru dans le n° 1374 du 23 septembre 1899, p. 258, il s’est glissé une erreur d’impression que nous nous empressons de rectifier. Le train de marchandise Scotte, qui prenait part au concours des Poids lourds de 1897, portait un poids de 4200 kilogrammes, et non de 420, à une vitesse de 7 kilomètres par heure. Le tracteur sortait des ateliers et avait été chargé avec modération. A la suite du concours, le ministère de la guerre pria la Société Scotte de mettre ce train à la disposition de la direction du matériel de guerre du génie de Yersailles pour expériences. Pendant l’hiver 1897-1898, et à différentes reprises depuis cette époque, il a subi des épreuves difficiles et concluantes en transportant par tous les temps et par les chemins au profil accidenté qui avoisinent les forts des environs de Paris, tout le matériel d’artillerie, les munitions, les ponts de bateaux, ainsi que des aflùts et des pièces marines. Dans ces essais, sept voitures de divers modèles ont pu être attelées au tracteur, et il a transporté 21 tonnes de poids utile. C’est un résultat intéressant qu’il convenait de mentionner.
- Congrès international de Géographie. — Le
- Congrès international de Géographie, qui vient de se tenir à Berlin, résumant les résultats de ses délibérations, a adopté dix-sept résolutions ou propositions, parmi lesquelles on remarque les suivantes : le Congrès institue une Commission internationale pour l’organisation des travaux qui seront accomplis, concernant le magnétisme météorologique, par les expéditions au pôle Sud. Il recommande l’emploi universel des mesures et poids du système métrique dans les travaux scientifiques, ainsi que le maintien de la division actuelle du temps et aussi de la division en degrés usitée, jusqu’à présent, sans préjudice d’une modification ultérieure de la division au degré. Il adhère au projet de création d’une Société sismologique internationale; il charge le comité de constituer une commission
- internationale pour les études concernant les tremblements de terre. Il recommande aux gouvernements de mettre à exécution les résolutions de la Conférence océanographique qui s’est réunie à Stockholm au mois de juillet de cette année. 11 décide l’élaboration et l’établissement d’une carte uniforme de la terre à l’échelle de 1 millionième. Il déclare que l’Institut météorologique danois constitue une station centrale convenable pour les études relatives aux glaces flottantes. Le Congrès a, en outre, adopté des résolutions concernant la nomenclature des mers australes, le perfectionnement de la cartographie, l’orthographe des noms géographiques et la statistique de la population. Une résolution relative à l’établissement de cartes comme base de la statistique de la population a été rayée de l’ordre du jour.
- L'industrie de la porcelaine à Kintechcn. —
- La ville chinoise de Kintechen, qui se trouve sur la rivière Yangtse, à 190 kilomètres de Xinkiang, dans la province de Kiangsi, possède une industrie porcelainière dont l’origine remonte à 2500 ans. Or, depuis cette époque lointaine, aucun perfectionnement n’a été introduit dans les méthodes de fabrication! On peut dire que cette cité, dont la population s’élève à 500 000 habitants, dont les rues misérables n’ont pas 2 mètres de largeur, est un centre porcelainier de première importance. En effet, elle compte certainement plus de 1000 magasins où l’on ne s’occupe que du commerce de la porcelaine, et les bureaux du Likin (autrement dit de la douane intérieure), enregistrent annuellement une exportation de porcelaine représentant une valeur de plus de 4 millions de taels : nominalement au moins, cela correspond à plus de 20 millions de francs. Encore faut-il tenir compte de l’exportation en contrebande qui doit atteindre 2 millions de taels. Les différents établissements de la ville renferment 100 fours, qui font chacun 86 fournées par an, et occupent plus de 300 000 hommes.
- lin pays pluvieux. — Il s’agit de Cherrapunji, dans l’Assam et au nord-est de Calcutta : le titre n’est pas usurpé, comme on va le voir. La chute moyenne de pluie y est ordinairement de 12,52 mètres par an, et, dans un mois, on a vu tomber jusqu’à 3,72 mètres. Mais cette année s’annonce encore mieux, puisque, du 1er janvier à la mi-juin, c’est-à-dire en 5 mois et demi, les appareils pluviométriques ont pu recueillir 6,78 mètres d’eau, et que, en une seule semaine, la quantité correspondante a dépassé 1,80 mètre.
- Lu service postal par pigeons. — D’ordinaire on n’emploie les pigeons voyageurs que pour les communications particulièrement pressées : on peut dire que ce sont des transmissions télégraphiques. Mais, si nous en croyons notre confrère Le Tour du Monde, on vient de recourir à ces précieux messagers pour établir un service postal en Nouvelle-Zélande. Il s’agissait, sans se lancer dans de grandes dépenses, de donner le moyen d’expédier et de recevoir des correspondances aux habitants assez nombreux de l’île Otea ou Grande-Barrière, qui se trouve à 180 kilomètres de la capitale : dans ce but, on a tout simplement créé un service bimensuel de pigeons. Les lettres que l’on veut confier à ce service, moyennant le payement d’un timbre d’un shilling, doivent être écrites au crayon sur une feuille de papier pelure de 20 centimètres de long sur 8 de haut, et qu’on roule dans un tuyau de plume, à la façon du reste des dépêches proprement dites que l’on fait porter d’ordinaire aux pigeons-voyageurs.
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- L’électricité atmosphérique. — Dans les Comptes rendus de l’Académie de Vienne, M. 'fuma a étudié la distribution de l’électricité dans l’atmosphère. Au cours de sept ascensions en ballon, il s’est efforcé de se rendre compte de la répartition de l’électricité dans l’atmosphère par un temps clair et de vérifier si le ballon même recevait des décharges électriques. Les observations qu'il a faites montrent que le potentiel positif décroît à mesure que l’on s’élève; les charges positives sont donc accumulées dans les couches inférieures de l’atmosphère. Durant ses quatre dernières ascensions, M. Tuma n’a pas pu constater que son ballon fût chargé électriquement.
- Le thé impérial. — 11 s’agit du thé qui est seul à figurer sur la table de l’empereur de Chine. Ce produit choisi, qui doit être évidemment supérieur à tous les autres, est de la qualité dite Pou Eurl, parce qu’elle provient des environs de Pou Eurl Fou, et plus spécialement de ce qu’on nomme les « Sept Montagnes de thé ». L’Empereur, ses femmes et toute sa famille, ne boivent pas d’autre breuvage que ce thé classique, qui est cultivé suivant l’ancien rite pieusement conservé. On l’obtient uniquement par semis, et c’est probablement là le secret de sa supériorité : les graines une fois récoltées sont ensilées dans du sable, puis, au printemps, on les enterre par 10 dans des petits pots qu’on remplit de terre bien ameublie, et en recouvrant le tout de balles de riz. Une année après, et toujours au printemps, quand les pousses ont 15 à 20 centimètres de haut, on dépote et l’on repique à 2 mètres de distance ; cela se fait sur les flancs des montagnes aménagés en gradins, et quand la saison est trop sèche, on arrose les nouvelles plantations avec l’eau dans laquelle on a fait crever le riz des cultivateurs. On paille en hiver, puis, d’une façon générale, on sarcle soigneusement, parce que la plante est très délicate, et, au bout de trois ans, on taille l’arbuste en bol. Tous ces soins, et aussi la manière dont les Chinois des Sept Montagnes savent pincer les bourgeons, rendent les feuilles tellement savoureuses que, quand les frontières entre la Chine et le Tonkin ont dû être fixées, les plénipotentiaires chinois ont eu soin de conserver à leur Empereur le cru célèbre où l’on cultive son thé.
- Le tannage en Russie. — On sait que les cuirs russes ont une grande réputation, qu’ils méritent pour leurs qualités; l’industrie du tannage joue du reste dans ce pays un rôle de première importance. Mais il est une remarque curieuse à faire à ce sujet. C’est que les tanneurs russes n’emploient comme matière tannante qu’une substance de valeur très secondaire : on peut dire, en effet, qu’ils font un usage presque exclusif de l’écorce de saule, qui est récoltée au commencement du printemps par les paysans avant les débuts des travaux ordinaires des champs. Or, il est parfaitement reconnu que cette écorce ne contient que 4 pour 100 de tanin, alors que le que-bracho en tient une proportion de 20 et même 24 pour 100.
- ' ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 octobre 1899. — Présidence de Van Tieghem.
- Acclimatation d’un arbre à gutla. — M. Gaston Bonnier présente une Note de MM. J. Dybowski et G. Fron sur une plante à gutta-percha cultivée au jardin colonial de Nogent-sur-Marne. La gutta, dont l’industrie fait une consommation de plus en plus grande, est tirée, d’une façon à peu près exclusive, d’arbres croissants dans les îles de l’archipel de la Sonde, c’est-à-dire qu’elle provient d’une
- portion très limitée de la zone tropicale. La plante dont il s’agit est désignée sous le nom d’Eucomia ulmoïdes; elle a le très grand avantage de pousser normalement sous un climat tempéré et d’être très rustique. Ses fruits étudiés suivant la méthode de M. Jungfleisch renferment une proportion de 27,54 pour 100 d’une gutta-percha qui a été reconnue comme étant de très bonne qualité.
- Action de Yéther et du chloroforme sur les graines. — M. Gaston Bonnier présente également une Note de M. Coupin relative à l’action de l’éther et du chloroforme sur les graines sèches. On sait que les vapeurs de ces deux substances exercent une action intense sur les graines humides; M. Coupin fait connaître qu’au contraire elles ne produisent aucune action sur les graines sèches. Des graines de cette dernière sorte qui avaient subi pendant un temps fort long l’effet de ces vapeurs ont pu germer ensuite. L’auteur signale cette propriété comme susceptible d’être utilisée pour tuer les insectes mêlés aux semences, sans tuer le germe.
- Histologie des anriélides et des gastéropodes. — M. Filhol dépose une Note de M. Joannès Chatin sur l’histologie comparée du système nerveux; l’auteur étudie la structure des éléments dits myélocytes chez les anné-lides et chez les gastéropodes. Loin d’être, selon l’opinion admise depuis longtemps, de simples noyaux libres, les myélocytes constituent de vraies cellules nerveuses unipolaires ou multipolaires; on les rencontre surtout dans les centres de sensibilité spéciale.
- Reproduction des algues du genre cutléria. — M. Guignard analyse une Note de M. Sauvageau, professeur à l’université de Dijon, relative à l’alternance de génération sexuée et asexuée chez les algues du genre cutléria. Ces dernières présentent des phénomènes de polymorphisme qu’on ne rencontre chez aucune des algues brunes des rochers découverts à marée basse, sur les côtes françaises de l’Océan. Les thalles de cutléria sont, en effet, de trois sortes. Les deux premières se distinguent seulement par la nature de leurs organes de reproduction ; le troisième est très différent par son mode de vie et d’accroissement. M. Sauvageau montre qu’il n’y a pas alternance de génération sexuée et asexuée ou plutôt que l’alternance n’est pas une règle. Les éléments femelles germent avec ou sans fécondation, en donnant, dans chaque cas, des produits sexués ou asexués. L’auteur signale la nécessité de toujours contrôler par l’expérience les cultures d’algues pratiquées dans les laboratoires, car tandis que les bactéries et les champignons se développent fort bien dans des vases dont la capacité est limitée, les algues cultivées dans les laboratoires sont plus ou moins rabougries et déviées de la forme normale.
- Varia. — M. Maurice Lévy remet une Note sur l’équilibre d’une plaque élastique rectangulaire. Ce problème dont un cas particulier a déjà été traité par Navier, offre indépendamment de l’intérêt qui s’attache à une déduction de la théorie mathématique de l’élasticité, un intérêt pratique par l’application‘susceptible d’en être faite aux grandes portes d’écluses ou digues de réservoirs. — M. Armand Gautier analyse une Note de M. Tsvett, professeur à Kasan, relative à la propriété de certaines substances telles que la résorcine, la pyrocatéchine, de gonfler et liquéfier les matières albuminoïdes. L’auteur propose d’utiliser cette propriété pour séparer les matières albuminoïdes du protoplasma. M. Armand Gautier présente également une Note de M. Lebel sur la stéréochimie de
- l’azote. Ch. de Villedeuil.
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- LA NATURE.
- SCIE A RUBAN ET A ALIMENTATION
- AUTOMATIQUE
- 11 s’agit d’un appareil américain où, comme d’habitude, tout est fait pour réduire au minimum l’effort de l’ouvrier : c’est, une scie à refendre les planches, qui comporte toute une série de dispositions extrêmement ingénieuses. Elle sort des ateliers de la compagnie J. A. Fay and Egan, de Cincinnati, et son débit est considérable, grâce à ses différents organes accessoires. Elle peut refendre des planches ayant jusqu’à 0m,60 de large et 0m,25 d’épaisseur ; on la munit de lames de scies de 0ra,076 de large et elle marche aux vitesses respectives de 15, 20 mètres ou de 46 mètres à la minute. On comprend qu’elle assure un travail considérable et que, par suite,le sciage des planches ne doit point revenir cher.
- Le corps de la machine est très solidement établi; il comporte un bâti de fonte, au-dessus duquel s’élève une sorte de potence massive supportant la poulie supérieure et le mécanisme d’alimentation chargé de pousser les planches sous la scie.
- La portion horizontale de la potence est susceptible de se déplacer verticalement, afin qu’on puisse relever l’axe de la poulie supérieure, suivant les variations de longueur de la scie, et en la maintenant toujours bien tendue. Ce relèvement et cette tension s’obtiennent au moyen d’un levier à rochet.
- Les deux poulies sur lesquelles passe le ruban de la scie ont lm,06 de diamètre et sont formées d’un moyeu fondu, de rayons en acier et d’une jante en fer renforcée par une bande d’acier ; elles sont calées sur des arbres d’acier, qui eux-mêmes tournent dans des coussinets très longs munis d’un dispositif de graissage automatique, et pouvant se redresser et s’aligner, afin que le trait de scie soit absolument droit.
- En avant de l’appareil s’aperçoit le mécanisme d’alimentation; il consiste essentiellement en deux espèces de disques molletés qui ont pour but d’entraîner les planches par frottement à leur surface ;
- on comprend très bien leur rôle, sans que nous y insistions. Les disques sont montés au bout de bras qui forment un ensemble susceptible de se déplacer verticalement, en glissant sur îe prolongement de la potence qui dépend du bâti de la machine. Ce mouvement de déplacement est commandé par un levier qui se trouve à la disposition de l’ouvrier conduisant la machine. Il est ainsi possible de donner du jeu à ce mécanisme, ou même de le soulever brusquement quand besoin est; d’ailleurs, le second disque d’entraînement peut être spécialement mis hors contact par relèvement du contrepoids qui le maintient dans sa position normale. Nous n’avons pas à faire remarquer comment le second disque reçoit du premier son mouvement par l’intermédiaire d’une chaîne;
- quant au premier, il est mû par un petit arbre à double articulation qui prolonge l’axe d’une roue conique. Les changements d e vitesse, dans le dispositif d’alimentation automatique, sont obtenus au moyen du jeu de poulies de différents dia-mètres qu’on aperçoit dans la figure, et d’un tendeur de courroies, le tout à la disposition immédiate de l’ouvrier.
- Sans signaler des dispositions qui se comprennent d’elles-mêmes, nous noterons pourtant que la table de sciage est en fer, avec lm,6 environ de côté; elle comporte, noyés dans sa masse, des rouleaux qui réduisent d’autant le frottement des planches à débiter, et enfin un arrêt à ajustement instantané pour maintenir les bois.
- Pour finir, disons que cette scie mécanique possède un avantage qu’on rencontre maintenant dans presque toutes les machines américaines. Chaque exemplaire porte un numéro qui lui donne pour ainsi dire un état civil, et toutes les pièces comportent elles-mêmes un numéro d’ordre; si bien que l’on peut commander avec la plus grande facilité des pièces de rechange aux ateliers, sans aucune chance d’erreur. Pierre de Mériel.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahüre, 9, rue de Fleuras.
- La scie à ruban Fay et Egan.
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- N° 1378.
- ‘21 OCTOBRE 1899.
- LA NATURE.
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- UN PONT DE 1680 MÈTRES AU TONKIN
- Nous avons, il y a quelque temps, parlé des voies ferrées, composant un important réseau, que l’on doit établir dans notre grande colonie indochinoise. Mais ces chemins de fer ne sont encore qu’à l’étal de projet, tandis qu’actuellement même la grande maison de construction française Daydé et Pillé, de Creil, est en train de construire un ouvrage qui lui fera certainement le plus grand honneur: nous voulons dire le pont de 1680 mètres d’ouverture, qui est destiné à donner passage sur le fleuve Rouge au chemin de fer d’Hanoi à la frontière de Chine.
- Cette longueur de 1680 mètres est mesurée entre
- le nu des culées, la longueur entre les appuis extrêmes étant de 1682 mètres. Elle est partagée en 19 travées, dont deux travées extrêmes de 78,80 mètres, et 9 de 75 mètres, alternant avec 8 travées de 106,20 mètres; c’est précisément la grande longueur de l’ouvrage et des travées considérées individuellement qui fait l’intérêt de ce pont. En réalité, et comme on peut s’en rendre parfaitement compte en examinant la figure ci-jointe, chaque travée de 106,20 mètres est constituée d’un porte-à-faux de 27,50 mètres, qui prolonge une des extré-mite's delà travée voisine de 75 mètres, d’une petite travée de 51,20 mètres, et, de plus, d’un second porte-à-faux de 27,50 mètres. La présence de ces porte-à-faux indique suffisamment qu’il s’agit d’un ouvrage du type connu sous le nom de Cantilever.
- Le ponl en construction sur le fleuve rouge.
- Notons tout de suite, pour ne plus y revenir, que les deux poutres formant le pont sont distantes de 4,75 mètres d’axe en axe, et que de chaque côté du pont est prévu un trottoir de 1,30 mètre de largeur. Les poutres principales sont naturellement celles des travées de 75 mètres de portée, autrement dit celles qui forment les cantilevers : elles ont une longueur totale de 150 mètres. Elles sont à membrure inférieure droite et horizontale, et à membrure supérieure polygonale ; leur hauteur sur les appuis est de 17,60 mètres, pour descendre rapidement, des deux côtés de ces appuis, à 12,52 mètres au milieu de la poutre et à 5,90 mètres aux extrémités se raccordant aux petites travées. Sans entrer dans le détail un peu minutieux de la constitution des membrures, nous dirons que celles-ci sont réunies verticalement au droit de chaque pile par des montants, qui s’encastrent à leur base sur des poitrails posés directement sur les appuis, et prolongés de chaque côté en ?.7° âîm. — 2e semestre.
- dehors des poutres, afin de fournir notamment de robustes arcs-boutants assurant la stabilité des montants, des poutres et de l’ensemble du pont. Nous donnons une vue générale de l’ouvrage qui pourrait nous dispenser de toutes autres explications; nous noterons seulement que les membrures sont reliées par des diagonales en forme de caissons, et aussi par des montants verticaux de suspension et des entretoises porteuses, etc. La voie, de 1 mètre d’écartement, munie de contre-rails, repose sur le pont par l’intermédiaire de traverses et de longerons. Bien entendu, chaque travée porte sur les piles par des appareils à rotule et à dilatation pour l’un des appuis, et par des appareils à rotule et à ancrage pour l’autre appui.
- Au bout d’une grande travée nous trouvons une petite travée de 51,20 mètres, s’appuyant sur les encorbellements uniquement par des rotules; cette petite travée est composée de deux poutres, dont la
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- LA NATURE.
- hauteur mesurée hors cornières est seulement de 5,80 mètres, et qui sont réunies à leur partie inférieure par des entreloises et un contreventement horizontal, et, à leur partie supérieure, par des entretoises et un autre contreventement. Les membrures sont en 1, elles sont solidarisées par des diagonales inclinées formant une triangulation en Y. Ici encore la figure peut compléter ce que nous indiquons. Naturellement les contreventements horizontaux assurent la stabilité de la travée dans le sens transversal. Au raccordement avec les porte-à-faux des poutres Cantilever, les petites poutres pénètrent entre les membrures de ces porte-à-faux et viennent reposer sur des appuis en fonte, qui, d’un côté, ne sont que de simples rotules. Les trave'es extrêmes du pont, absolument semblables à celles que nous venons de décrire, portent sur les sommiers en maçonnerie par des appuis en fonte. Remarquons à ce propos que seules ces travées présentent une rampe de 5 millimètres, tout le reste du pont étant en palier.
- Nous n’avons plus maintenant qu’à dire quelques mots des culées et des piles. Les premières n’offrent aucune difficulté particulière; elles sont simplement construites dans une fouille blindée descendue au niveau de l’étiage et à l’air libre. Chaque culée est formée d’un massif de béton établi sur 42 pilotis, bien entendu battus à refus, et dont la tète pénètre de 50 centimètres dans le béton. Les piles ne seront pas au nombre de moins de 18, toutes fondées sur des caissons métalliques établis au moyen de l’air comprimé; quelques-unes seront plus difficiles à bâtir (|ue les autres parce qu’elles se trouvent en un point normalement situé au-dessous du niveau de l’étiage. C’est à ce niveau que seront précisément arasés les massifs de fondation, les caissons devant, d’autre part, être descendus à la cote — 50 mètres. Ces caissons ont pour base un rectangle de 4,20 mètres de long et de 5,80 de large, se terminant par deux demi-circonférences ; ils sont du reste légèrement coniques. Avant même l’échouage, le pourtour de la chambre de travail, entre les deux murailles, est rempli de maçonnerie de béton ; la cheminée du sas de travail demeurera vide, afin que le poids de la maçonnerie en soit diminué d’autant.
- Dès maintenant, comme voulait bien nous l’apprendre M. Collin, de la maison Daydé et Pillé, le fonçage des piles est commencé; les travaux vont être menés rapidement, et nous espérons bien revenir quelque jour sur cet ouvrage intéressant à tant de points de vue. Daniel Bellet.
- LA SOLIDIFICATION DE L’HYDROGÈNE1
- Aussitôt que nous eûmes produit l’hydrogène liquide par 200 ou 300 centimètres cubes, à la fin de l’année 1898, nous avons essayé de le solidifier par ébullition sous pression réduite. Dès cette époque, pour rendre plus lent réchauffement extérieur, nous avons disposé notre appareil (fig. 1) de la façon suivante de l’hydrogène liquide fut placé dans une petite éprouvette à double
- 1 Comptes rendus de l’Académie des sciences.
- paroi, qui était entourée elle-même d’un bain d’hydrogène liquide renfermé dans une de nos grandes éprouvettes à double paroi et à vide de Urookes. Cette éprouvette était fermée et mise en communication, par un tube recourbé, avec une pompe qui permettait de faire le vide très rapidement. De cette façon, l’évaporation se faisait principalement dans l’espace annulaire, et la surface extérieure du plus petit tube était maintenue à la même température que celle de l’hydrogène liquide de l’espace annulaire. Nous étions ainsi bien préservé de tout échauf-fement extérieur, et, grâce à cette disposition, l’hydrogène liquide fut évaporé sous 10 millimètres environ de pression, mais aucune solidification ne se produisit. Reconnaissant que des expériences de ce genre exigeaient de grandes quantités de liquide, d’autres questions furent abordées, et nous abandonnâmes momentanément nos expériences sur la solidification de l’hydrogène. Dès le début de cette année, nous avons déterminé les constantes d’un grand nombre de thermomètres à résistance électrique, et, avec ceux-ci, l’abaissement progressif des températures réalisées par l’ébullition rapide de l’hydrogène liquéfié. Dans le courant de ces expériences, on nota que, presque toujours, il y avait un petit suintement d’air, qui devenait apparent par le fait qu’il se congelait sous forme de neige dans l’intérieur du récipient, au point où il rencontrait la vapeur froide de l’hydrogène qui sortait. Lorsque des fils conducteurs couverts de soie doivent passer à travers des bouchons en caoutchouc, il est, en effet, très difficile, à ces températures extrêmement basses, d’empêcher des suintements, car les bouchons deviennent durs comme de la pierre et les ciments craquent et se fendillent dans tous les sens.
- L’effet de ce léger suintement d’air sur l’hydrogène liquide, lorsque la pression fut réduite au-dessous de 60 millimètres, fut très remarquable, car il se solidifia soudain en une masse mousseuse ressemblant à de l’écume gelée. Ma première impression fut que ce corps était une éponge d’air solide contenant de l’hydrogène liquide, de même que l’air ordinaire peut être, dans certaines conditions, un magma d’azote solide contenant de l’oxygène liquide. Cependant le fait que cette écume blanche s’évaporait complètement à cette basse pression, sans laisser aucune quantité appréciable d’air solide, m’amena à conclure que le corps pouvait bien être de l'hydrogène solide. Cette hypothèse fut confirmée par l’observation de ce fait, que, si l’on augmente la pression et, par conséquent, la température de l’hydrogène, le solide fond lorsque la pression atteint environ 55 millimètres. L’échec de la première expérience doit être attribué au.wnefroi-dissemenl du liquide, qui est évité dans ce cas grâce à son contact avec les fils métalliques et à des traces d’air solide. Pour trancher définitivement la question, nous fîmes l’expérience suivante: Un ballon C d’environ un litre de capacité (fig. 2), portant soudés sur son col un petit manomètre à mercure D et un long tube de verre recourbé, fut rempli d’hydrogène pur et sec, puis scellé à la lampe.
- La portion inférieure AB du long tube fut calibrée. Elle fut entourée d’hydrogène liquide, placé dans un récipient où l’on avait fait le vide et disposé pour l’épuisement. Dès que la pression fut abaissée notablement au-dessous de la pression atmosphérique, de l’hydrogène liquide parfaitement clair commença à se réunir dans le tube AB ; celui-ci put être observé s’accumulant jusqu’au moment où l’hydrogène liquide, entourant l’extérieur du tube, se transforma soudain, sous une pression de 50 millimètres à 40 millimètres, en une masse blanche ressem-
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- LA NATURE.
- blant à de l’écume solide, et remplissant presque tout l’espace annulaire. Comme il n’était pas possible d’observer l’état de l’hydrogène dans l’intérieur du tube AB recouvert d'une grande quantité de ce solide, l’appareil tout entier fut renversé sens dessus dessous, afin de voir si un liquide quelconque coulerait le long de AB dans le ballon C. On n’observa aucun liquide le long du tube, de sorte que l’hydrogène devait être considéré comme solidifié.
- En plaçant une forte lumière sur le côté de l’éprouvette où l’on avait fait le vide, en face de l’oeil, et en maintenant l’épuisement à environ 25 millimètres, le solide devint graduellement moins opaque, et l’on vit que la matière dans AB était une glace transparente à la partie inférieure, mais que la surface avait un aspect mousseux. Ce fait nous empêcha de déterminer la densité à l’état solide, mais on avait pu prendre la densité fluide maximum. Elle fut trouvée de 0,080, le liquide à son point d’ébullition ayant la densité de 0,07.
- Fi-, 2.
- L'hydrogène solide fond lorsque la pression de la vapeur saturée atteint environ 55 millimètres. Afin de déterminer la température de fusion, deux thermomètres à hydrogène à volume constant furent employés. Ils contenaient de l’hydrogène à 0°, l’un sous une pression de 269,nD,1,8 et l’autre sous une pression de 127 millimètres. La température moyenne de ce solide fut trouvée être 16° absolus, sous une pression de 55 millimètres. Toutes les tentatives faites pour obtenir un thermomètre de résistance électrique exact pour des observations à température aussi basse n’ont abouti qu’à des échecs.
- Pour le moment, le point d’ébullition, qui est 21° absolus à 760 millimètres, tandis qu’il est de 16° absolus à 55 millimètres, permet d’en faire dériver la formule approchée donnant la tension de vapeur saturée de l’hydrogène liquide au-dessous de la pression atmosphérique.
- log p = 6,7541 ------»
- formule dans laquelle T représente la température absolue et où la pression est exprimée en millimètres. Cette formule donne pour 55 millimètres une température de 16°, 7 absolus. Le point de fusion de l’hydrogène doit être, par conséquent, voisin de 16° à 17° absolus.
- La limite pratique de température que nous pouvons produire par l’évaporation de l’hydrogène solide est de 14° à 15° absolus. La détermination exacte des points d’ébullition de l’hydrogène liquide sous pressions réduites fera l’objet de nouvelles recherches.
- En passant, on peut noter que la température critique de l’hydrogène étant 50° à 52° absolus, le point de fusion
- est représenté par un nombre qui est moitié environ de celui qui correspond à sa température critique.
- lTne observation semblable peut être faite pour le point de fusion et la température critique de l’azote. L’apparence écumeuse du solide, lorsqu’il est produit dans un récipient vide ordinaire, est due à la faillie densité du liquide et au fait qu’une ébullition rapide a lieu dans la masse entière du liquide.
- Ces expériences sur la solidification de l’hydrogène nous semblent détruire l’hypothèse que l’hydrogène puisse être un métal; on doit, à l’avenir, le classer parmi les éléments non métalliques, James Dkwar,
- Membre de la Société royale de Londres.
- INDUSTRIE OSTRÉICOLE ITALIENNE
- La ville de la Spezia est le centre d’une industrie ostréicole qui a débuté en 1887, mais qui a pris rapidement un grand développement, et qui produit pour la vente, à l’heure actuelle, plus de 6 millions d’huîtres.
- La méthode qu’on y pratique est la même qu’à Tarente. Elle consiste à suspendre, pendant les mois de mai, de juin et de juillet, des branches de lentisque sur la paroi de la digue, du brise-lames qui barre le golfe à environ 4 kilomètres de la ville; on les accroche le long de la paroi qui regarde la côte, et de manière qu’elles se trouvent à des profondeurs de 12 à 14 mètres. Ces branches forment autant de collecteurs pour les embryons, le naissain, et on ne les retire qu’au bout d’un à deux mois, quand un examen a montré qu’elles étaient suffisamment recouvertes de ce naissain.
- On les porte alors dans les sciaje, c’est-à-dire dans des enclos, des parcs; on les fractionne en petits morceaux, qu’on insère, en les croisant, entre les torons d’une corde de sparte, pour les maintenir ainsi sous une profondeur d’eau qui varie entre 2m,80 et 7m,20. Les huîtres demeurent là de 12 à 15 mois, et, quand elles se sont suffisamment développées et engraissées, on les transporte dans des dépôts situés plus près du littoral. Alors on les débarrasse des moules, des algues qui s’v sont fixées ainsi qu’aux branches de lentisque, on les nettoie, on les assortit, et on les met en paniers pour les expédier par chemin de fer sur Gênes, Turin, Milan et les autres marchés italiens; celles que l’on conserve pour la consommation locale sont déposées dans des paniers en toile métallique, et laissées à baigner sur des ponts où l’eau est peu profonde.
- A propos des sciaje, nous dirons qu’ils sont situés dans l'est de la baie, à une distance de quelque 200 mètres du rivage; ils consistent en espaces rectangulaires de 2000 à 4000 mètres carrés, enclos au moyen de 4 ou 5 rangées de pilotis; faits en robustes poutres de pin, cès pilotis sont parfois enduits de goudron. Une fois foncés dans le fond de la mer, ils émergent d’un mètre environ au-dessus de la surface de l’eau, et c’est entre eux que sont tendues les cordes auxquelles se trouvent fixées les branches portant les huîtres. Vers le sommet de ces clôtures, sont clouées de courtes branches dirigées vers l’extérieur, mais obliquement, et soutenant d’épais filets qui forment une muraille complète à la sciaja, et empêchent les poissons déprédateurs d’y pouvoir pénétrer.
- Les concessions occupées par les sciaje représentent une surface de 41 000 mètres carrés; elles sont accordées pour 6 ans, et moyennant une redevance annuelle de 5 centimes par mètre carré. Quant aux produits de cette industrie, ils se vendent de 16 à 40 francs le mille. P. de M.
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- LA N A TU HE.
- UNE
- VOIE DE CHEMIN DE FER À DEUX USAGES
- Toutes les personnes qui sont allées en Normandie connaissent le petit chemin de fer construit, il y a une dizaine d’années, par M. Decauville et qui relie Cabourg, Luc et Caen ; une trentaine de kilomètres de voie de 60 centimètres, sert de chemin de roulement à des trains minuscules, très gracieux, traînés
- par ces memes locomotives qui, eu 1889, faisaient le service intérieur de l’Exposition.
- La Société qui exploite actuellement cette ligne désirait depuis longtemps étendre son réseau et porter ses voies jusqu’à Baveux, Arromanches et même Isigny, de façon à former un ensemble pouvant desservir tous les points de la côte Normande. Le projet eut été facilement réalisable si un chemin de fer d’intérêt local à voie large n’existait déjà : ce der-
- Fig. 1. — Dassuge du tram sur la voie large.
- nier vient de Caen et s’étend jusqu’à Luc, Saint-Aubin et Courseulles ; cette circonstance qui crée un monopole, empêchait le Decauville de pouvoir réunir ensemble les deux tronçons de son réseau ; pour y arriver, il ne restait qu’une chose à faire : s’entendre avec la Société du Chemin de fer de Caen à la Mer, qui moyennant une redevance pouvait autoriser le passage des trains sur ses voies.
- Il était possible soit de construire la nouvelle voie à côté de l'ancienne, soit de la placer au milieu. Après bien des études, on a pensé qu’une solution mixte pouvait être adoptée avec succès ; on décida qu’un des rails de la voie du grand Chemin de fer servirait au petit et qu’une file spéciale serait placée entre les deux anciens rails.
- On a posé entre les deux rails de la voie normale, un troisième rail à 60 centimètres de distance d’une des deux files, et l’on a créé de la sorte un chemin de roulement nouveau, de 60 centimètres, sur la voie ordinaire de lm,50. Ainsi, un de ces trois rails reste commun aux deux sortes de trains, tandis que les
- Fig. 2. — Passage du train sur la voie étroite.
- deux autres servent séparément {tour chacune.
- Cet exemple d’une exploitation double sur une même ligne n’est assurément pas ordinaire et, sans pouvoir dire d’avance quel sera le résultat pratique de cette façon de faire, on peut reconnaître l’économie qui résulte pour le chemin de fer Decauville de profiter ainsi d’une voie déjà construite.
- Les deux compagnies font circuler leurs trains concouramment entre Luc et Courseulles : les grands services que cette combinaison rend au chemin de fer à voie étroite, permettent aux propriétaires de ce dernier, de payer à la Société du Chemin de fer de Caen à la Mer, une redevance suffisante pour leur faire oublier l’embarras causé et le surcroît de travail du personnel. Il faut attendre quelque temps pour voir si des difficultés imprévues ne rendront point blâmable cette exploitation ; il semble pourtant que l’expérience doive en consacrer la pratique, les trains circulent, en effet, depuis le mois d’août sans inconvénient et le service paraît se faire régulièrement. A. da Cüïüia.
- o, Go .
- U Sc.
- Coupe de la voie.
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- LA NATURE.
- r>25
- LA. SUPPRESSION DES BOURGEONS ET BOUTONS DU CHRYSANTHÈME
- Les Chrysanthèmes volumineux sont à la mode depuis quelques années et beaucoup de personnes se passionnent pour cette culture spéciale dite « à la
- grande fleur » et à une autre plus rationnelle parce que l’on cherche à obtenir, sur une même plante, des fleurs moins grandes mais plus nombreuses et plus
- Fiji'. 1. — Bouton terminal. — K, boulon central à conserver. FF FF, boutons latéraux à supprimer.
- parfaites, qui a reçu la dénomination de culture à la demi-grande fleur.
- 11 ne faut pas croire que ce sont des variétés spéciales de Chrysanthèmes qui donnent naturellement d’aussi grandes fleurs; ce résultat est dû tout simplement à de nombreuses opérations culturales qui commencent dès la multiplication des jeunes plantes. Une des plus importantes et des plus délicates parmi toutes est évidemment la suppression de la majorité des boutons en ne conservant que les mieux favorisés sur lesquels se concentre ensuite toute la sève.
- On ne conserve qu’un . seul bouton par branche, lequel n’est pas toujours le terminal comme on pourrait le croire. En effet, les Chrysanthèmes produisent deux sortes de boutons : le bouton-couronne et le bouton terminal.
- Le bouton-couronne (fig. 2) est un bouton solitaire qui se montre hâtivement et qui est entouré de bourgeons ; livré à lui-même ce bouton avorte généralement tandis que les bourgeons qui l’entourent s’accroissent d’autant plus rapidement qu’il est plus hâtif.
- — Bouton-couronne. — A. Bouton central à conserver. B B B, bourgeons à supprimer.
- Ces bourgeons eux-mêmes donnent à leur tour naissance à trois boutons-couronne, accompagnés chacun de trois bourgeons lesquels sont susceptibles de porter d’autres boutons-couronne. Sur certains Chrysanthèmes livrés à eux-mêmes ce fait peut se produire jusqu’à cinq fois sans qu’un seul bouton-couronne fleurisse. Les derniers bourgeons se terminent, eux-mêmes, non plus par un seul bouton, mais par une inflorescence composée d’un bouton central et d’autres boutons qui tous s’épanouissent.
- Ce dernier est le bouton terminal (fig. 1) qui n’est jamais accompagné de bourgeons mais bien d’autres boutons. C’est ce qui se produit naturellement; mais l’avortement des boutons-couronne qui semble assez normal n’est cependant pas le plus rationnel et on ne doit pas en tenir compte. En effet, il appert que, dans la plupart des cas, c’est le bouton-couronne qui donne de meilleurs résultats, principalement sur les plantes bouturées assez hâtivement î la fleur est moins plate, plus grande et franchement colorée. Cependant s’il n’est pas réservé à temps,
- Fig. 3.
- Bouton-couronne dont l'ébourgeonnement n’a pas été fait.
- C, bouton central peu vigoureux. — D, bourgeons trop vigoureux.
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- LA N AT U UE.
- on obtient par contre une fleur défectueuse.
- Les boutons-couronne qui apparaissent en juin, juillet, ne doivent pas être conservés, car ils ne grossissent guère, durcissent et avortent ou donnent des fleurs mal conformées. Des trois bourgeons qui se développent à la suite de la suppression des boutons-couronne, on n’en conserve qu’un seul qui continue la tige et donnera naissance à un autre bouton-couronne qui sera conservé.
- La meilleure époque pour réserver le bouton-couronne est du 10 et même du 15 août au 15 septembre. Tous ceux qui se montrent trop avancés avant le 5 août doivent être supprimés.
- Avec les plantes bouturées hâtivement il arrive que ce n’est que le troisième bouton-couronne que l’on peut réserver et cela est susceptible de présenter des inconvénients. 11 vaut mieux ne faire les boutures qu’en février-mars, ce qui permet de garder le premier bouton-couronne qui apparaît rarement avant l’époque favorable.
- C’est de très bonne heure qu’il faut supprimer les bourgeons lorsque ceux-ci ont à peine atteint un centimètre (B B B, fig. 2) et que le bouton est bien apparent (A, fig. 2).
- Après cette suppression, il reste quelques jours stationnaire, puis il se développe vigoureusement et s’élève au-dessus des feuilles, la sève qu’il reçoit le fait grossir rapidement et# il n’avorte jamais ou très rarement.
- Lorsque la suppression des bourgeons est faite trop tardivement, ce peut être une cause d’insuccès ; la sève se dirige bien vite de préférence sur ces bourgeons qui deviennent rapidement vigoureux (D, fig. 5) au détriment du bouton dont le pédoncule reste maigre (C., fig. 3).
- On doit alors le supprimer ainsi que deux autres bourgeons à la place desquels restent des plaies qui se cicatrisent difficilement; ou bien si on le conserve, il ne peut plus acquérir la grosseur qu’il aurait eue si l’opération eût été faite à temps.
- Lorsque par accident ou pour toute autre cause on n’a pu conserver aucun bouton-couronne on doit réserver tous ses soins pour le bouton terminal E (fig. 1). Celui-ci apparaît généralement après le 10 septembre; il termine la tige et n’est accompagné d’aucun bourgeon, mais d’autres boutons FFF F.
- C’est généralement le bouton central E, qui est toujours un peu plus volumineux, que l’on conserve, à moins qu’il ne soit mal conformé; on lui substitue alors un des meilleurs boutons late'raux. Il faut enlever tous les autres dès qu’ils sont bien apparents, que leur pédoncule est encore collé à l’axe ; ils devraient déjà être supprimés dans l’état d’avancement où ils sont dans la figure l qui permet de mieux le distinguer du bouton-couronne. Aussitôt seul, ce bouton recevant entièrement toute la nourriture grossit rapidement et fleurit normalement.
- On doit faire avec beaucoup de soins l’enlèvement des bourgeons et des boutons pour ne pas endommager le bouton conservé. C’est le matin, alors
- que les tiges sont gorgées d’eau, qu’il faut les enlever en les détachant avec l’ongle ou la pointe d’un canif. Albert Maumexé,
- Professeur d’horticulture.
- LES ANIMAUX PARESSEUX
- La paresse existe-t-elle chez les animaux? La chose n’est pas facile à dire, car les manifestations de ce défaut ne sont pas très nettes et c’est sans doute pour cela qu’aucun psychologue, à ma connaissance, ne s'en est occupé. L’immobilité que l’on constate chez beaucoup d’animaux — par exemple tous les Édentés—tient seulement à leur manière d’être et non à la paresse, c’est-à-dire à la négligence des choses qui sont un devoir. Il est un cas cependant où la paresse peut se montrer par des manifestations tangibles, c’est le moment où les bêtes ont besoin d’un nid pour élever leur progéniture.
- Il arrive souvent, en effet, que des oiseaux, pour s’éviter la peine de construire une habitation, s’emparent pour nicher du nid de leurs congénères ou d’autres espèces; or, le vol dérive manifestement de la paresse.
- Ce cas n’est pas régulier, mais quoique accidentel, se rencontre très fréquemment. C’est ainsi que les Moineaux volent les nids des Hirondelles et les Casse-noix ceux des Écureuils après en avoir chassé les légitimes propriétaires.
- A signaler aussi un rapace, le Kopez vespéral qui s’empare souvent des nids de Pie et le Milan Royal, qui vole quand il le peut, un nid de Corneille ou une aire de Faucon abandonnée.
- Un des oiseaux les plus voleurs de nids est le Martinet, qui, malgré son aspect, n’a pas du tout les mêmes mœurs que les Hirondelles. Il niche dans les crevasses des murs et des clochers. Le plus souvent il chasse les moineaux et les Étourneaux de leurs nids pour s’en emparer. S’il ne peut s’en emparer de suite, il tourmente tellement la couveuse que, finalement, elle est obligée de lui céder la place. Il vole aussi les nids des Crécerelles, des Soulcies, des Rouges-queues, des Pigeons, des Gobe-mouches, etc.
- Même quand il est obligé de construire son nid lui-même, le Martinet en emprunte les matériaux à un autre nid, de Moineau par exemple, ou bien les saisit au vol.
- D’autres oiseaux montrent leur paresse en ne faisant que des nids informes ou mal établis. Parmi les nids informes, il faut compter celui de l’Étourneau qui ne consiste qu’en brins de paille et d’herbes déposés pêle-mêle dans le creux d’un arbre. De même pour l’Achrido-thère triste, dont le nid est un simple amas grossier et mal coordonné de branches d’herbes sèches, de chiffons et de plumes. Souvent, comme l’a remarqué le major Nor-gate, ce nid est placé dans des endroits très mal choisis, dans la gouttière d’un toit par exemple ; aussi, à la première pluie, l’établissement et les petits sont-ils emportés. Les Pyranguas de l’Amérique comptent parmi les oiseaux dont le nid est mal établi à la branche qui le supporte : il suffit d’une secousse pour le faire tomber.
- Le Podagre huméral forme son nid, très plat, de petites bûchettes posées dans l’enfourchure d’une branche horizontale. D’après les observations de J. Verreaux, le nid est si mal construit, qu’on peut voir le jour à travers toutes les substances qui le composent. Lorsque le nid se trouve trop exposé au soleil et que les petits sont trop gros pour que la mère puisse les abriter, le couple les transporte dans les cavités des arbres. De cette façon, elle
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- sauve une partie de sa nichée d’une mort presque certaine, le nid devenant insuffisant à mesure qu’ils grossissent. L’oiseau a donc conscience de l’insuffisance du nid; celle-ci ne serait-elle pas due à la paresse de l’animal?
- Certains oiseaux ne font pas de nids du tout. La Chevêche commune se borne à choisir une cavité convenable sous des pierres, dans un rocher, un vieux mur, le tronc d’un arbre vermoulu et à y déposer ses œufs, sans y mettre le moindre objet étranger. De même le Scops de la Carniole se contente de déposer ses œufs dans les trous des murs, le creux des vieux arbres, ou encore sous le toit des maisons. L’Effraye ne se donne pas non plus la peine de construire un nid : elle pond ses œufs dans un coin, sur un tas de platras. Les Engoulevents pondent leurs œufs sur le sol dans un endroit caché, mais sans creuser le sol pour les recevoir. Les Lummes pondent leurs œufs sur la pierre nue, au milieu des cailloux, qu’ils ne se donnent même pas la peine d’enlever. La Huppe niche aussi dans les troncs d’arbres, mais ce qui prouve bien qu’elle n’agit ainsi que par paresse, c’est que lorsqu’elle ne trouve pas de cavités à sa disposition, elle construit des nids ordinaires, avec des herbes sèches, des racines et du fumier. Beaucoup de serpents et deux espèces d’oiseaux, le Leipoa ocellé et le Mégapode tumulus, pour s’éviter la fatigue de la couvaison, placent leurs œufs dans les matières végétales en fermentation, dont la chaleur suffit à provoquer l’éclosion.
- Beaucoup d’insectes, comme chez les oiseaux, s’emparent pour nicher de nids abandonnés construits par leur propre espèce ou par des espèces voisines : ainsi font les Chalicodomes et les Xylocopes.
- Certains oiseaux enfin s’évitent les peines de la fabrication du nid et de la couvaison en déposant leurs œufs dans les nids des autres oiseaux : ce cas est bien connu chez le coucou; il se rencontre aussi chez l’Oxylophe geai, l’Endynamis oriental, le Chalcite doré, la Molothre des troupeaux et l’Indicateur à bec blanc. La paresse est en quelque sorte devenue normale chez eux.
- 11 serait bien intéressant de rassembler d’autres faits sur la paresse des animaux. Henri Coüpin.
- L’ACIER AU NICKEL
- POUR I.ES TUBES DE CHAUDIÈRES
- Nous empruntons au Génie civil le résumé d’une communication de M. Yarrow, à l’institution des « Naval Ar-chitects )), sur les résultats d’expériences entreprises dans ses ateliers en vue de comparer les qualités de l’acier doux ordinaire et de l’acier au nickel pour la construction des chaudières multitubulaires.
- Quelques expériences faites sur de l’acier à 5 pour 100 de nickel ont accusé une légère supériorité de ce métal sur l’acier doux, supériorité insuffisante, toutefois, pour en justifier l’emploi. Les expériences les plus intéressantes ont porté sur de l’acier à 20 ou 25 pour 100 de nickel; les résultats obtenus sont tels que ce métal, en dépit de son prix élevé, paraît susceptible de remplacer avantageusement l’acier ordinaire.
- Les recherches ont concerné la résistance à l’action corrosive des acides, la résistance au feu et la résistance à l’action combinée du feu et de la vapeur.
- Résistance aux acides. — Des tubes en acier ordinaire et des tubes en acier au nickel ont été plongés pendant le même temps dans un bain d’eau acidulée, formé d’une partie d’acide chlorhydrique pour deux parties d’eau.
- On peut admettre que les résistances relatives des métaux à ce mélange seront analogues à leurs résistances aux acides de l’eau des chaudières.
- Après 535 heures d’immersion, les tubes au nickel avaient perdu, en moyenne, à peine 3,2 pour 100 de leur poids, tandis que les tubes en acier ordinaire avaient perdu près de 53 pour 100, soit 16 fois et demie la perte des premiers. Au sortir du bain les tubes au nickel ne présentaient pas d’attaque sensible, tandis que les bouts des tubes en acier doux étaient fortement corrodés.
- Résistance au feu. — Pour comparer la résistance au feu des deux métaux, un tube en acier doux et un tube en acier au nickel furent placés côte à côte dans un foyer en briques. Après plusieurs chauffes successives, au rouge sombre et au rouge vif, les pertes en poids étaient de 26 pour 100 pour l’acier au nickel, 77 pour 100 pour l’acier ordinaire.
- Résistance à l’action combinée du feu et de la vapeur. — L’expérience précédente a été reprise en faisant arriver, par une des extrémités du tube, de la vapeur à A kilogrammes, et en laissant cette vapeur s’échapper, fortement surchauffée, par l’autre extrémité.
- Au bout de dix heures, le tube d’acier s’est crevé ; il avait perdu 13 pour 100 de son poids; le tube au nickel n’avait perdu que 2 pour 100. Le tube crevé a été remplacé et l’expérience continuée. Au bout de huit heures, le second tube d’acier ordinaire se crevait à son tour, après avoir perdu 12 pour 100 de son poids. Le tube au nickel ne s’est percé que trois heures après, soit après un total de 21 heures de chauffe. La perte de poids totale était de 12 pour 100.
- L’expérience indiquerait donc une durée 2,33 fois plus grande pour les tubes au nickel.
- Dans l’expérience précédente, les tubes étaient chauffés au rouge vif; un second essai avec chauffe au rouge sombre a conduit à des résultats relatifs à peu près analogues :
- Duree des tubes. Perle pour 100 — eu poids.
- Premier tube en acier doux . . 50 heures 20 pour 100
- Second — — . . 42 — 31 —
- Tube en acier au nickel.... 84 — 33 —
- La malléabilité de l’acier au nickel a été trouvée à peu près comparable à celle de l’acier doux, même après plusieurs chauffes et refroidissements successifs; il est à noter seulement que le métal est un peu plus dur à travailler.
- La dilatation, sous l’effet de la chaleur, est plus grande pour l’acier au nickel, à peu près dans la proportion de 4 à 3.
- Après 21 chauffes d’une durée de deux heures au rouge sombre, des tubes en acier au nickel, soumis en même temps à l’influence d’un courant de vapeur à A kilogrammes et refroidis après chaque chauffe, ont subi un allongement permanent de A millimètres. Dans les mêmes conditions, des tubes en acier doux s’étaient raccourcis de 22 millimètres. La longueur des tubes était d’environ 1 mètre.
- En résumé, l’acier au nickel présente une supériorité incontestable sur l’acier ordinaire, au point de vue de la résistance aux acides, au feu et à la vapeur. Cette supériorité paraît de nature à compenser le prix plus élevé du métal, surtout si l’on tient compte du prix de la main-d'œuvre pour le changement des tubes et des inconvénients résultant de l’indisponibilité des chaudières pendant les réparations.
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- PHOTOGRAPHIE AU THEATRE ET A L’ATELIER AYEC LA LUMIÈRE MAGNÉSIQUE
- Il y a douze ans que nous parlions pour la première lois, aux lecteurs de ce journal, de l’éclair magnésique appliqué à la photographie. Depuis ce temps toute une industrie s’est créée pour la fabrication du magnésium en poudre, des poudres composées, des appareils et dispositifs divers destinés à faciliter la photographie la nuit.
- C’est au théâtre surtout qu’on a pensé tout de suite à utiliser la nouvelle lumière, car jusque-là il n'était possible de prendre un cliché d’une scène qu'en posant relativement longtemps, même avec le secours de la lumière électrique. Dans quelques
- rares théâtres privilégiés, tels que le Châtelet, nous avions pu cependant obtenir dès 1887 de bons clichés avec une ou deux secondes de pose1 ; mais il avait fallu pour cela toute l'obligeance du directeur d’alors, M. Floury, qui nous avait laissé disposer la lumière à peu près comme nous le désirions. Maintenant avec le magnésium, on peut opérer dans tous les théâtres, même ceux qui n’ont que des lampes à incandescence; mais encore pour obtenir un bon résultat, faut-il disposer d’une installation spéciale. M. P. Boyer, l’un de nos meilleurs professionnels parisiens, s’est fait une spécialité de ce genre de
- travail et il y a peu de pièces qui, dès la première représentation, ne se trouvent enregistrées, scène par scène, dans scs collections. Pour cela il dispose de tout un matériel de lampes et de souffleries qu’il installe de chaque côté de la scène pendant une répétition générale (fig. 1).
- Les lampes comportent une disposition particulière qui permet de prolonger l’éclair autant qu’on le veut, en employant non pas une poudre composée, mais du magnésium pur ; elles portent un réflecteur et elles sont toutes reliées à une soufflerie S qu'un aide actionne au moment voulu; on peut ainsi prolonger la pose autant qu’on le désire suivant les circonstances. 11 ne faut pas oublier que les parois de la pièce où l’on opère jouent un grand rôle dans la photographie au magnésium ; elles servent de ré-
- flecteur et suivant qu’elles sont d’une couleur sombre ou claire, que leur distance au modèle est plus ou moins grande les résultats sont très différents ; on peut brûler 50 et 40 grammes de poudre en plein air, devant un modèle placé à quelques mètres du foyer sans obtenir autre chose qu’une faible indication d’image; il nous est même arrivé de brûler dans une très vaste salle 50 grammes d’une poudre composée au chlorate de potasse sans résultat appréciable au moins pour la plaque photographique, car pour le réflecteur, une grande feuille de zinc nickelé, il avait été volatilisé. Avec la disposition indiquée ci-dessus pareille mésaventure n’est pas à craindre et du reste les excellents résul-
- 1 Voy. n° 702, du 7 janvier 1888,'p. 93.
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- Fis. 2.
- lais obtenus par M. Royer sont là pour le prouver.
- Il y a peu d'amateurs aujourd'hui qui n’aient essayé de faire du portrait en chambre au magnésium, et en général c’est plutôt mauvais.
- C’est que pour faire une bonne photographie, il ne suffit pas toujours d'avoir de la lumière, beaucoup de lumière, il faut encore pouvoir la répartir de la bonne façon sur le modèle, et c’est ce que permet difficilement l’éclair magnésique.
- Pour les professionnels il était cependant intéressant de pouvoir obtenir le portrait par tous les temps et de prolonger les séances de pose après le coucher du soleil; c'est souvent une nécessité, non pas pour augmenter les heures de travail, mais pour en faciliter le choix : une dame, par exemple, viendra volontiers poser en toilette de soirée au moment, où elle est prête pour aller au bal, tandis que s’il lui faut s’habiller exprès dans la journée, elle s’y résoudra moins facilement.
- Et pour les acteurs, quelle simplicité si l’on peut, entre deux scènes, les prendre tels qu’ils sont au foyer du théâtre, au lieu de les faire venir à l’atelier avec tous leurs costumes et accessoires !
- Ce sont ces raisons qui ont conduit M. P. Royer à imaginer l’atelier déposé portatif que représente notre gravure (fîg. 2).
- Il se compose de châssis légers en bois sur lesquels est tendue de la toile à calquer : on forme avec ces châssis le toit et deux côtés de l’atelier, le fond est fermé par un motif décoratif quelconque ou une toile unie, l’avant reste ouvert; tout autour de cette
- Atelier de pose portatif à lumière artificielle de M. P. Boyer.
- Fis- 3-
- chambre on en construit une autre plus grande avec des châssis recouverts d’une étoffe opaque blanche. On a ainsi ménagé entre les deux chambres un espace de 50 centimètres environ entièrement clos.
- C’est dans cet espace qu’on fait partir au moment voulu la cartouche qui produit l’éclair ; la lumière est diffusée en se réfléchissant sur les parois de la chambre extérieure et en traversant la toile à calquer qui forme les parois de la chambre intérieure. On place généralement la cartouche sur l’un des coins du toit transparent ; on a ainsi un éclairage qui se rapproche beaucoup de celui des ateliers qui reçoivent la lumière du jour. Afin de pouvoir
- faire toute une série de clichés sans être gêné par la fumée des éclairs précédents on a installé dans la paroi extérieure un ventilateur V, mu par un moteur électrique, et débouchant sur une manche M en toile qui aboutit à une fenêtre ou à une cheminée de la pièce où l’on opère.
- Comme M. Royer opère souvent au théâtre où il a sous la main l’électricité, il l’a utilisée non seulement pour actionner le ventilateur, mais aussi pour la manœuvre de l’appareil à cartouches. Celles-ci, L, sont disposées sur un disque A (fig. 3) qui vient se placer sur un plateau R sur lequel il peut tourner librement autour d’un axe central Une disposition mécanique très simple commandée par un électro-aimant E permet de faire tourner le disque A d’une certaine quantité chaque fois qu’on lance le courant dans l’électro E.
- Dispositif permettant de brûler plusieurs cartouches successivement sans changer de place.
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- A chaque déplacement une cartouche vient se placer en D au-dessus de deux lames de ressort reliées à la canalisation électrique ; on a deviné que le fond des cartouches est disposé de façon qu’un fil métallique traverse la poudre et vienne aboutir par ses extrémités aux lames de ressort I) quand la cartouche est en place; il suffit alors au moyen d’un bouton de contact de lancer le courant pour que l’éclair jaillisse aussitôt. Si un éclair n’est pas suffisant, en appuyant sur un autre contact la cartouche se trouve immédiatement remplacée par la suivante. En outre, afin de permettre la mise en plaque et la mise au point, pour adoucir aussi les ombres, une rampe de lampes à incandescence est disposée derrière la paroi transparente du côté opposé à celui où se fait l’éclair. Avec ces ingénieux dispositifs, nous avons vu M. Boyer faire une vingtaine de clichés d’acteurs au cours d’une représentation. Le matériel très léger se transporte et s’installe avec une grande facilité et les résultats sont aussi bons que si le modèle avait posé dans un atelier disposant de toutes les ressources habituelles des jeux de lumière.
- G. Mxreschal.
- DÉPOUILLEMENT ET RECENSEMENT
- DES VOTES
- L’Académie des sciences en publiant sous les auspices du Ministère de l’Instruction publique, les œuvres complètes de Cauchy, élève à la mémoire de cet illustre mathématicien un monument digne de lui qui permettra d’apprécier à la fois la puissance et la fécondité vraiment incroyable de ce géomètre. Le tome XI qui vient de paraître ne contient pas moins de 51 -4 Notes présentées par Cauchy à l’Académie des sciences du 8 mai 1848 au 27 décembre 1852 et ce n’est qu’une partie du travail de ce savant dans cet espace de temps.
- Ce qu’il y a de piquant dans ces extraits, c’est de voir les préoccupations publiques se refléter sur les travaux de l’Académie et l’établissement du suffrage universel faire éclore un certain nombre de Mémoires sur le meilleur moyen de recenser rapidement et exactement les votes du département de la Seine qui devait élire 54 députés au scrutin de liste. Cauchy fut un des commissaires nommés par l’Académie pour examiner ces travaux qui donnèrent lieu, de sa part, à quatre mémoires dont voici les points essentiels, encore intéressants, croyons-nous, puisque récemment encore nous avons vu la réapparition du scrutin de liste. Sans'être téméraire on pouvait penser qu’il renaîtra peut-être encore des préoccupations comme des divisions de nos législateurs.
- Bref, en 1848, on évaluait la population du département de la Seine à 1 560 000 habitants, soit 54 fois 40 000 habitants. D’après les listes de population du Bureau des Longitudes, sur ce nombre total d’habitants on peut compter 5 808 267 individus âgés de 21 ans et plus. Et comme le rapport des naissances du sexe masculin au sexe féminin est de 17 à 16, on peut supposer que le nombre des hommes âgés de 21 ans et plus qui auraient le droit de se présenter au scrutin serait compris entre 594 962 et 407 255. Mais en admettant un quart d’abstentions c’est 500 000 votes environ qu’il faudra recenser. Chaque électeur vote pour 54 noms, ce sera
- 10 200 000 noms dont il faudra faire le dépouillement.
- D’après les expériences précédentes faites sur des élections municipales moins importantes, ce travail aurait nécessité 2 ou 5 ans, en comptant à 12 heures le jour de travail,
- Cauchy, après avoir examiné les procédés proposés par les auteurs des Mémoires envoyés à l’Académie, donne, à la date du 1er mai, sa solution dont voici les traits essentiels-.
- Il suppose 15 arrondissements ayant à nommer 54 représentants de scrutin de liste et il remarque qu’aussitôt le scrutin fermé, les feuilles d’émargement permettent d’avoir le nombre des votants dans chaque arrondissement. D’autre part, le dépouillement des votes dans chaque arrondissement donne la liste des candidats formés d’après le nombre des suffrages obtenus par chacun d’eux. Si, sur les 15 listes d’arrondissement, les 54 premiers noms sont les mêmes, on a de suite les noms des représentants élus, ce sont précisément ceux-là. Dans le cas contraire, on opérera ainsi. Dans l’arrondissement le plus populeux, on fera le recensement total des votes émis pour les 54 premiers candidats de sa liste formés par nombre de suffrages décroissants. On prendra la quinzième partie du plus petit des 54 nombres ainsi trouvés. Pour être élu il faudra avoir, dans chacun des arrondissements, un nombre égal ou supérieur à cette quinzième partie.
- Les 15 listes correspondantes aux 15 arrondissements donneront les divers candidats pour lesquels cette condition est remplie. Il suffira d’étendre à ces divers candidats le recensement général et de porter leurs noms sur une liste définitive, établie par nombre de suffrages décroissants. Les 54 premiers noms de cette liste seront ceux des représentants élus par le département.
- Cauchy donne deux autres procédés pour obtenir une réduction plus forte dans le nombre de candidats portés sur la liste définitive, les seuls dont on aura à totaliser les votes.
- Puis il modifie ces trois procédés pour le cas qui se présente le plus souvent dans la pratique, celui où l’on commence à recenser les votes aussitôt que l’on connaît la majorité et non la totalité des votes. Dans ce cas on substitue à la quinzième partie du nombre total des votes obtenus par un candidat la quinzième partie du nombre des suffrages, alors connus, émis en sa faveur.
- « L’unique effet de cette substitution, dit Cauchy, serait de diminuer un peu le quotient trouvé, par conséquent de faire subir une augmentation au nombre des candidats dont les noms seraient portés sur la liste définitive.))
- Il serait intéressant de savoir si c’est la solution de Cauchy qui a été employée lors des dernières élections au scrutin de liste dans le département de la Seine et combien d’heures de travail ont été nécessaires pour le dépouillement. Les archives du département de la Seine contiennent peut-être encore la trace de ce labeur considérable, et les données comme les résultats pourraient donner lieu à un concours intéressant entre les géomètres.
- Il nous reste un léger regret à exprimer. Dans la Table des matières de ce même tome XI se trouve citée une note relative au mouvement des gaz chauds avec application au tirage des calorifères cylindriques. En se reportant à la page citée, on trouve seulement l’énoncé de la note.
- Les savants éditeurs des œuvres de Cauchy rendraient un grand service à leurs concitoyens en retrouvant le développement de cette note. Elle donnerait, à coup sûr, d’utiles préceptes aux architectes qui persistent à nous construire des cheminées aussi ridiculement imparfaites que celles de l’âge de pierre, et cela dans un temps où le prix des combustibles et les droits d’octroi exigeraient des solutions moins rudimentaires. Commandant Z.
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- NOUVELLE
- PIERRE ARTIFICIELLE SILICO-CALCAIRE
- SYSTÈME W. OLSCHEWSKY
- En 1880, le chimiste Michaelis a constaté par des expériences de laboratoire que si l’on fait agir de la vapeur chaude sur un mélange de chaux éteinte et de quartz pulvérisé il se forme du silicate de chaux. La masse devient dure et compacte comme les pierres les plus dures et ressemble à s’y méprendre à la pierre naturelle.
- Ces travaux de Michaelis forment le point de départ et la base scientifique fondamentale de tous les travaux qui ont été exécutés depuis dans cette voie. Nous passerons sous silence les nombreuses tentatives suivies d’insuccès auxquelles se sont livrés nombre d’ingénieurs et de savants chimistes tels que Czernikow, Gressy, Avenarius, Kleber, Neffgen, Pfeiffer, etc., pour arriver de suite aux dernières qui ont réellement et définitivement donné lieu à un procédé vraiment industriel.
- Après de longues et patientes recherches, basées sur la méthode Michaelis et consciencieusement poursuivies pendant plusieurs années, l’ingénieur russe W. Olschewsky a réussi a obtenir, avec de la chaux et du sable, des briques, tuiles et pierres artificielles pouvant remplacer les briques et tuiles d’argile, grâce à leur grande solidité, leur remarquable homogénéité et leur excessif bon marché.
- Dans le procédé nouveau, on n’emploie absolument que du sable et de la chaux à l’exclusion de toute autre matière et dans des proportions pouvant varier, en poids, de 2 à 10 pour 100 de chaux pour 98 à 90 pour 100 de sable, suivant la nature du sable et de la chaux employés et le degré de dureté que l’on veut obtenir.
- La meilleure chaux à employer pour cet usage est la chaux grasse ordinaire. Quant au sable, il peut être quelconque, pourvu que le quartz y domine ou qu’il soit composé d’une agglomération de débris de pierres siliceuses. Il n'a même pas besoin d’être lavé ni séché et peut être employé tel qu’il sort de la carrière ou de la rivière.
- La fabrication se fait de la manière suivante :
- La chaux complètement éteinte est mélangée aussi intimement que possible avec le sable dans des malaxeurs et le mortier ainsi obtenu est amené aux presses où l’on en fait des briquettes ou des tuiles, moulées à une très forte pression. Ces briquettes ou tuiles sont chargées sur des wagonnets spéciaux et introduites dans des cylindres autoclaves dits chaudières de durcissement où elles sont soumises à l’action de la vapeur surchauffée, à une pression de 6 à 7 atmosphères pendant 6 à 12 heures.
- En sortant des cylindres de durcissement, les agglomérés qui ont été introduits sont terminés et possèdent toute la dureté voulue pour être immédiatement utilisés.
- Les avantages du nouveau procédé de fabrication des produits silico-calcaires Olschewsky sur le procédé ordinaire de fabrication des briques et tuiles par la cuisson au four de l’argile sont les suivants, indépendamment du prix de revient qui est très bas.
- Tout d’abord, au point de vue de la rapidité de fabrication, on peut obtenir en 24 heures des produits supérieurs à ceux obtenus jusqu’à présent en 15 ou 20 jours.
- Au point de vue de la résistance à l’écrasement, les essais faits au Laboratoire national des Ponts et Chaussées de Paris ont montré que les fendillements et l’écrasement se produisent presque en même temps et sous une charge moyenne de compression de 258 kilogrammes par centimètre carré pour des briques séchées à l’étuve de 30° à 55° C. Celte charge d’écrasement est encore de 221 kilo-
- grammes par centimètre carré pour les briquettes imbibées d’eau après avoir subi 25 gels et dégels successifs entre — 10° et — 20° C.
- La résistance à l’usure pour 4000 tours de meule a été de 7“m,48 à 7cm,89, ce qui place la pierre artificielle Olschewsky, comme dureté, entre les pierres d’Euville et de Lérouville (qualité marbrier) dont l’usure est de 7cm,40 et les dalles de Lourdes dont l’usure est de 8om,32 pour le même nombre de tours de meule.
- Enfin, au point de vue hygiénique, les pierres et briques artificielles, durcies dans toute leur masse, contiennent en moyenne 18 pour 100 d’air, ce qui correspond aux briques ordinaires de bonne qualité. Quant à la capacité hygrométrique, voici les résultats des expériences :
- En plaçant une brique verticalement dans un récipient contenant une couche d’eau de 4 centimètres, l’eau était assez rapidement absorbée au début de l’immersion, diminuait peu à peu et cessait à partir d’une certaine hauteur.
- Pendant la première heure, l’action de la capillarité s’exerçait jusqu’à 4 centimètres au-dessus du niveau de l’eau du récipient, puis l’eau montait de 1 centimètre seulement pendant la deuxième heure et son ascension, diminuant graduellement, s’arrêtait entièrement à la hauteur totale de 12 centimètres.
- Cela montre que les pierres Olschewsky offrent cet avantage considérable sur les pierres naturelles, c’est que l’humidité ne pénètre pas à l’intérieur de la masse même, mais qu’elle est seulement superficielle, d’où il résulte un très sérieux avantage pour l’hvgiène dans la construction par l’emploi de ces pierres artificielles.
- Elles offrent en outre l’avantage de se sécher très rapidement. En effet, placées dans une pièce bien aérée, dont la température variait de 12° à 16° C., les pierres entièrement saturées d’eau ont séché en 5 à 6 jours ; les pierres à demi saturées, en 2 jours et les pierres à peine humides par simple immersion dans l’eau, en 24 heures.
- L’aspect clair et uni des briques blanches les font préférer, au point de vue de l’hvgiène, aux briques colorées, mais dans leur emploi pour la décoration des façades, on peut leur donner toutes les taintes que l’on veut.
- Au point de vue de l’incendie les produits silico-calcaires, système Olschewsky, résistent comme la pierre de taille, ainsi qu’on en a fait l’expérience en mettant le feu à une construction faite partie avec ces matériaux et partie avec les matériaux ordinaires.
- En variant la forme des moules on peut, avec les mêmes presses, obtenir toutes formes de briques profilées et moulurées, de tuiles, mascarons et toutes sortes d’ornements quelconques employés dans la décoration architecturale et la construction industrielle.
- Avec des presses plus puissantes on peut obtenir des dalles, des bordures de trottoirs, des marches d’escalier, etc.
- Cette industrie nouvelle a pris en Allemagne, en Danemark, en Hollande et en Russie un développement tel qu’en moins d’un an on compte déjà plus de 150 usines installées, dont beaucoup en plein fonctionnement.
- Les principales fabriques en exploitation courante se trouvent en Allemagne : à Coswig (Anhalt), Hochwasser près Dantzig, Posen et Kœnigsberg (Prusse), Melle (Westphalie), Neumunster (Holstein), Strasbourg (Alsace); en Hollande, à Oldenzaal ; en Russie : à Saint-Pétersbourg, Moscou, Odessa, Kiew, Ekaterinoslaw, etc.
- Cette industrie semble également appelée à un très grand avenir en France. Sans doute, verra-t-on bientôt surgir de nombreuses fabriques dans les centres où le sable et la chaux se trouvent en abondance, G.-L. Pesce. ——
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- LA NATURE.
- LA. TRANSMISSION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE ET LES HAUTES TENSIONS
- Plusieurs de nos abonnés nous ont demandé quelques renseignements sur les tensions élevées que l’on pouvait atteindre aujourd’hui pour la transmission de l’énergie électrique. Cette question est très importante et a déjà fait l’objet de nombreuses études, lors de la publication, à la fin de 181)8, par notre confrère Elec-trical World du mémoire présenté à /'American Imtitute of Elec-trical Engineers, à Omaha, par M. Chas.
- Scott, chef électricien de la Société Westinghouse electric and ma-nufacturing C°. Nous allons essayer de la résumer aujourd’hui et d’en indiquer les conclusions.
- En 1801, la Société Westinghouse fit une installation de transmission de force motrice à 10 000 volts entre San Rernardino et Pomana en Amérique.
- Elle essaya d’abord les transformateurs et résolut ensuite de faire des essais à haute tension sur les isolateurs et sur les lignes. Pour les -isolateurs montés sur bois, et avec une différence de potentiel efficace de 50000 volts, la perte a été d’environ 2 watts par isolateur. Des expériences très nombreuses ont été faites sur 9 fils de 18 mètres de longueur placés horizontalement et parallèlement à une distance de 0m, 10, et alimentés par des courants d’nne fréquence de 60 et 155 périodes par seconde. Les pertes ont été faibles jusqu’à
- 20000 volts, mais ont augmenté ensuite pour atteindre environ 1200 watts pour 50000 volts. Les pertes diminuent rapidement à mesure que la distance augmente ; on a trouvé que la perte pour un
- écart de 0m, 10 et à 28000 volts est la même que la perte pour un écart de 0m,40 et à 36000 volts.
- On a observé également pour les fils qu’à partir de 20000 volts, ils commencent à devenir lumineux, à siffler, et la gaine lumineuse et le son augmentent graduellement ; la salle d’expériences se charge d’ozone.
- De nouvelles expériences furent faites entre la station centrale génératrice à Ames, près de Telluride, dans le Colorado et le moulin de Gold Kins, à
- une
- distance de 3600 mètres. Un moteur syn-
- Fig. 1. — Isolateurs en verre et en porcelaine sur poteaux lixés sur des Imis transversaux et maintenus par des poteaux.
- Fig. 2. — Isolateurs essayés avec la haute tension à Telluride.
- chrone de 100 chevaux fut installé dans le moulin et l’énergie fut transmise aux différences de potentiel les plus variées. La ligne, formée de fils de fer de
- 4 millimètres de diamètre, était fixée sur des isolateurs en verre et en porcelaine portés sur 62 poteaux. Chaque poteau était muni de
- 5 traverses (fig. 1), la plus élevée à 8 mètres
- au-dessus du sol. Chaque traverse maintenait deux isolateurs d’un même modèle; la traverse supérieure, deux grands isolateurs en verre ; la traverse intermédiaire, deux petits isolateurs en verre ; et la traverse inférieure, deux grands isolateurs en porcelaine. La figure 2 montre le détail des isolateurs essayés.
- Les expériences furent faites en décembre 1895, avec une tension de 25000 à 55000 volts tantôt à vide, tantôt à la charge de 100 chevaux dont nous parlions plus haut. En janvier 1896, la tension fut portée à 45000 volts pendant 7 jours, et à la fin du mois de mars, on commença à 50000 volts des essais qui durèrent 57 jours de
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- suite et qui ne furent interrompus que par la détérioration d’un transformateur à la suite d'un coup de foudre. Pendant ces essais, dit le rapport, les conditions climatériques furent par moment très défavorables, tempêtes violentes de vent, nuages de poussière, neige parfois toute mouillée et aussi un peu de pluie. A 50000 volts, les lils étaient nettement visibles pendant la nuit, et on entendait à plusieurs centaines de mètres le sifflement caractéristique des courants à haute tension. Quelques mesures furent faites à cette époque et l’on déduisit que les pertes étaient faibles au-dessous de 45000 volts; mais elles augmentaient rapidement au delà de 50000 volts et atteignaient 16,4 kilowatts à 59000 volts. Des expériences semblables furent effectuées à Piltsburg et à Niagara et les résultats obtenus furent les mêmes.
- Parmi les transmissions actuelles à haute tension,
- il faut citer l’installation à Provo, dans l’Utah, de la Telluride Power Transmission, qui transmet à une distance de 50 kilomètres une puissance de 500 kilowatts à une différence de potentiel efficace de 40000 volts. La figure 5 (n° 1) nous montre le modèle d’isolateur employé; dans la même figure (n° 2) se trouve représenté le modèle d’isolateur utilisé par la Colorado Klectric Power company, qui effectue une transmission à 20000 volts.
- Il est intéressant de dire quelques mots des conclusions que les Américains n’ont pas manqué de retirer de leurs expériences. Sur une ligne à haute tension les pertes par isolateurs sont peu importantes ; les pertes par fils sont faibles dans les climats où l’air est pur. Il y a toujours pour une transmission une tension maxima la plus économique. Les isolateurs en porcelaine et en verre ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients quijTsont
- Fig. 5. — Modelés d'isolateurs. — Isolateur essayé à l’rovo à 40 000 volts. — 2. Isolateur employé par la Colorado Electric
- Power Company à 20000 volts.
- comparables. On estime que la distance à laquelle on peut transmettre économiquement une puissance donnée est égale à environ 5 fois la tension efficace en kilovolts; la puissance à transmettre se trouve aussi limitée à une distance donnée par des raisons d’économie. Ces expériences sont vraiment importantes et nous apprennent que dans l’état actuel de la science, des transmissions électriques d’énergie peuvent être faites à 50 000 volts à des distances de 300 kilomètres. .1. Laffargüe.
- NÉCROLOGIE
- M. Aristide Cavaillé-Coll. — M. Aristide Cavaillé-Coll est mort le 15 octobre à Paris, fl était né à Montpellier le 4 février 1811. L’art de construire les orgues est héréditaire dans la famille Cavaillé. Au début du dix-huitième siècle, le dominicain Joseph Cavaillé se rendit célèbre en construisant les orgues de Saint-Pierre de Toulouse. Son neveu Jean-Pierre, son petit-neveu Domi-
- nique-Hyacinthe conservaient en Languedoc et en Espagne ses traditions et sa renommée. Son arrière-petit-neveu, Aristide Cavaillé-Coll, qui vient de mourir, travailla, dès son enfance, à Part de son père. A vingt ans, il était déjà passé maître dans son métier.
- Un concours avait été ouvert en 1853 pour la construction d’un orgue dans la basilique de Saint-Denis. Les concurrents avaient aussi grand renom. C’étaient Abbev, Collinet, Pierre Erard. Cependant Cavaillé-Coll l’emporta. L’orgue fut inauguré en septembre 1841. Autre succès en 1860.11 fut chargé de restaurer l’orgue de Saint-Sulpice, instrument qui passe pour le chef-d’œuvre de la facture moderne. On doit encore à Cavaillé-Coll les orgues de Notre-Dame-de-Lorrette, de la Trinité, du Trocadéro, du Panthéon, de Saint-Vincent-de-Paul, de la Madeleine. 11 composa en 1870 le plan d’un orgue colossal qui ne fut pas exécuté, pour Saint-Pierre de Rome.
- Cavaillé-Coll a considérablement perfectionné l’instrument primitif de Squarcialupo, de Coupesin, de Bach. 11 a imaginé la compensation dans la distribution de la pression d’air, la soufflerie à pressions multiples; il inventa les jeux harmoniques, ce qui a accru considéra-
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- blement la puissance et l’amplitude des sons ; il a perfectionné la soufflerie de Baker au point que le clavier de l’orgue le plus grand est devenu aussi doux à toucher que celui d’un simple piano. Il faudrait trop de place pour énumérer tout ce qu’a fait Cavaillé-Coll pour son instrument favori. On peut certainement avancer que c’est bien à lui que revient le mérite d’avoir transformé l’orgue et de nous avoir doté de cet instrument merveilleux, le plus riche, le plus puissant, le plus doux de la musique. Le nom de Cavaillé-Coll est un de ceux qu’il faut honorer.
- CHRONIQUE
- La Polaire et ses satellites. — M. Campbell, de l’Observatoire de Lick, vient de faire une découverte inattendue. On ne connaissait qu’un compagnon à l’étoile a de la Petite Ourse. Or, il en existe un second. Ces deux astres tournent l'un autour de l’autre en quatre jours, tandis que le petit système effectue ensemble sa révolution autour de l’étoile principale comme la Terre et la Lune tournent autour du Soleil. M. Campbell a fait cette découverte par l’observation des spectres de la lumière des étoiles. Il ne pense pas que l’on puisse observer séparément chaque compagnon à cause de leur trop grande proximité et de la durée trop courte de leur révolution, l’un autour de l’autre. On peut juger de la durée de cette révolution par les changements d’onde des lignes de leurs spectres. L’étoile polaire a donc deux satellites.
- Évaluation des milles anglais en kilomètres.
- — C’est toujours une opération assez délicate que de passer d’une longueur exprimée en milles anglais à la longueur kilométrique. Dans la pratique, chaque fois qu’une exactitude rigoureuse n’est pas nécessaire, on peut simplifier le calcul de la façon suivante, en remplaçant la grande multiplication par 1,60932 par une simple addition. Il suffit d’ajouter au nombre qui représente les milles la moitié de ce nombre, plus le dixième, plus le centième. Ne pas oublier, en effet, que le mille anglais a pour valeur 1609™,52.
- Nouvelle poudre sans fumée. — D’après la Revue Maritime les États-Unis sont en train d’expérimenter une nouvelle poudre sans fumée très puissante, qui pourra être employée dans tous les calibres. Des essais entrepris récemment avec cette poudre sur un canon de 33 centimètres ont donné des résultats très satisfaisants : on atteignit une vitesse initiale de 762 mètres, avec une charge de 146ke,2, alors qu’il fallait employer jusqu’à présent, avec de la poudre brune, une charge de 225 kilogrammes pour n’arriver qu’à 670 mètres de vitesse initiale. Les projectiles employés étaient des obus ordinaires. On construit sur le polygone d’Indian-IIead une fabrique de poudre sans fumée qui pourra produire 900 kilogrammes de poudre par jour. Les poudres des munitions de la marine seront fabriquées à la fois dans les deux poudreries de l’État et dans des usines privées. Pour le moment, un tiers environ des bâtiments en service est pourvu de poudre sans fumée, et bientôt on en délivrera également à l’escadre de l’amiral Dewey.
- Les mines d*or en France. — Avant la découverte des gisements de l’Amérique, de l’Australie, de l’Afrique du Sud, on tirait l’or de la vieille Europe, des mines d’Espagne, de la Haute Italie, des vallées des Alpes et de beaucoup de rivières. Au moyen âge, on exploitait pour l’or les rivières venues des hauts plateaux, des Alpes, des Cévennes ou des Pyrénées. L’Isère, la Drôme, l’Ariège,
- l’Hérault, le Rhône, le Rhin roulent dans leur sable des paillettes qui jadis fournissaient une récolte productive. Les anciens orpailleurs du Midi de la France, par le simple lavage des sables, retenaient assez du métal précieux pour que la Monnaie de Toulouse au dix-septième siècle put recevoir annuellement une somme considérable. De nos jours ce travail ne serait plus rémunérateur. Il faudrait laver près de 7 millions de kilogrammes de sable pour en tirer 1 kilogramme d’or. 11 pourrait l’être encore à l’aide de dragues dans quelques parties de l’Italie. En Italie, du reste, certains gisements sont encore exploitables avec profit. Il y a une mine qui rapporte près de Domo d’Ossola au Simplon. Il y en a d’autres encore Nous avons exploité une mine d’or près de Frasconi à 10 grammes la tonne. Certains échantillons fournissaient à l’analyse chimique plus de 200 grammes et à l’analyse mécanique environ 60 070 grammes. En France, nous possédons encore des gîtes qui pourraient rapporter. Dans le Dauphiné, on a fait des travaux de recherches très satisfaisants dans d’anciennes mines exploitées par les Romains. On a recoupé de nombreux filons. On peut citer divers filons encore dans le Morbihan, la Haute-Vienne, etc. En somme nos ressources aurifères paraissent bien petites aujourd’hui. Ce ne serait pas une raison pour affirmer que l’on ne peut plus trouver d’or en France.
- Les billes de verre. — 11 arrive souvent qu’un liquide en vidange perde ses propriétés. Les révélateurs photographiques sont en général dans ce cas. Une fois le flacon débouché, l’air exerce son action et le liquide perd ses propriétés. On n’avait rien trouvé de mieux jusqu’ici, pour mettre les liquides altérables à l’abri de l’oxygène, que de les transvaser dans des bouteilles plus petites de façon que le liquide les emplisse complètement. Il fallait avoir sans cesse recours à tout un arsenal de flacons aux dimensions variées. Il y avait pourtant une solution plus simple. M. Gaumont y a songé et l’idée est vraiment bonne. Il est clair que si l’on supprimait l’espace devenu libre par l’usage du liquide de façon à faire venir le niveau toujours près du bouchon, l’oxydation au contact de l’air ne pourrait plus se produire. Or, il suffit pour cela de remplacer la capacité du liquide dépensé par un corps inaltérable au fur et à mesure des besoins. On a imaginé de fabriquer des billes de verre de diamètres variables. On les introduit dans le flacon en quantité convenable pour compenser la sortie du liquide. Si bien que le liquide monte en raison de la réduction de la place prise par les billes et on peut ainsi maintenir un flacon toujours plein à l’abri de l’air. Les billes de verre vont donc rendre de grands services. Et l’idée ne manque vraiment pas d’originalité.
- Nouveau cuirassé américain. — Le cuirassé américain Alabama, qui sort des fameux chantiers Cramp, a pu dernièrement subir des essais préparatoires qui ont été fort satisfaisants. Pour un ensemble de 4 parcours effectués sur une base de 15 à 16 kilomètres, il a pu donner une vitesse moyenne de 17,2 nœuds. Et cependant sa coque était fort sale, par suite de son séjour dans la rivière Delaware, et l’on sait combien cela a d’influence sur l’allure d’un navire.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 octobre 1899. — Présidence de M. Van Tieciiem.
- Production abondante du fluor. — M. Henri Moissan expose le résullat de nouvelles recherches qu’il vient d’exécuter au sujet de l’action du fluor sur l’eau. Il avait
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- déjà annoncé que l’eau en présence d’un excès de fluor est décomposée en donnant de l’acide fluorhydrique et de l’oxvgène qui tendait à se polymériser, c’est-à-dire à se transformer en ozone que l’on reconnaissait à sa teinte bleue. 11 vient de reprendre scs expériences en essayant cette fois l’action d’un courant continu de fluor barbotant dans l’eau, à la température de 0°. 11 obtient ainsi un courant d’oxygène ozonisé renfermant 12 à 15 pour 100 d’ozone. Ce dernier gaz est complètement exempt des vapeurs nitreuses; aussi, quoique la préparation électrolytique du fluor soit encore une expérience délicate, on peut émettre la supposition que les travaux de M. Moissan serviront de point de départ à des applications industrielles. M. Moissan présente ensuite une Note de M. Henri Gautier, sur le poids atomique du bore. Ce poids atomique est encore mal déterminé par suite de la difficulté de préparer les composés du bore à l’état de pureté. On a la détermination de Berzélius à l’aide du borax, celle de Ramsay au moyen du borax hydraté, et celle de Deville au moyen du chlorure de bore. M. Henri Gautier a choisi le sulfure de bore et le borure de carbone, et grâce aux précautions qui ont présidé à ses expériences, il a obtenu deux nombres très concordants voisins de 11 ; il se propose de le contrôler par d’autres recherches.
- Télégraphie sans fil. — M. de Lapparent annonce que des expériences de télégraphie sans fil ont eu lieu entre le village de Chamonix et l’Observatoire de M. Vallot au Mont-Blanc. La distance franchie était de 12 kilomètres, avec une différence d’altitude de 3500 mètres. Ces expériences ont bien réussi. L’électricité atmosphérique n’a pas empêché le fonctionnement des appareils; au contraire, l’éclairage électrique de Chamonix rendait les communications impossibles.
- Nouveau métal radiant. — M. Yiolle annonce qu’un nouveau métal radiant vient d’être découvert. Comme le polonium et le radium, ce métal est extrait de la pechblende ; il paraît voisin du titane et aurait un pouvoir radiateur incomparablement plus intense que celui de l’uranium.
- La matière colorante des feuilles. — M. Armand Gautier transmet, au nom d’un auteur, une Note sur la matière colorante des feuilles. M. Gauthier rappelle qu’il a affirmé, il y a vingt ans, quelques différentes chlorophylles variables avec les espèces végétales. Mais il s’agissait de savoir si ces chlorophylles sont combinées au protoplasme des cellules. L’auteur montre expérimentalement que dans les feuilles la chlorophylle est combinée aux matières albuminoïdes des cellules. Elle forme une substance qu’il appelle chloroglobine, jouissant de la propriété d’être soluble dans l’éther et dans l’alcool, comme l’hémoglobine ; ce corps se coagule sous l’action de l’acide phosphorique, du tanin, etc.
- Le mercure et les globules blancs du sang. — M. Armand Gautier analyse ensuite une Note d’un , autre auteur relative à l’absorption des sels de mercure par les globules blancs. Les leucocytes, en présence de ces sels, disparaissent. Sont-ils dissous ou localisés dans l’organisme? L’auteur démontre qu’ils sont dissous. Leur contenu augmente la richesse du sang. La nucléine devient plus abondante ainsi que le ferment coagulant.
- L'arsenic et le métal ammonium. — M. Ditte analyse une Note de M. C. Hugot, relative à l’action de l’arsenic sur le potassammonium. Quand ce dernier corps est en excès, il se produit une substance jaune, amorphe, peu soluble dans l’ammoniac liquéfié, et qui devient rouge
- brique quand la pression du gaz ammoniac à sa surface ne dépasse pas, à la température ordinaire, la pression atmosphérique. Cette substance qui renferme AsK3Azll3, devient noir mat en perdant son ammoniac quand on la chauffe vers 300° dans le vide ; c’est alors de l’arseniure de potassium As K5. Quand l'arsenic est en excès, on obtient une matière soluble dans l’ammoniac liquide en donnant une liqueur rouge qui abandonne, par évaporation, une masse orangée du composé As4 K3 Az II3. Celle-ci perd également son ammoniac au voisinage de 300° en laissant un résidu rouge cinabre d’un second arséniure de potassium correspondant à la formule As4 K4.
- Varia. — M. Edmond Perrier analyse une Note de de MM. Caullery et Mesnil sur les ascloporidies, parasites des annélides et des rotifères, voisins des parasites des vers à soie. — M. Engel adresse une Note sur le carbonate de magnésie. MM. Delépine et Hallopeau envoient une Note sur la chaleur de formation des oxydes de tungstène. M. Arloing communique un Mémoire sur les propriétés du sérum sanguin de génisse immunisée contre la péripneumonie des bovidés. — M. Bourquelot adresse une Note sur les phénomènes de la germination des graines de caroubier. — M. Balland communique les résultats d’un travail sur la composition chimique des différents fruits et sur leur valeur nutritive.
- Ch. de Yilledeuil.
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- L’HUILE DE BOIS CHINOISE .
- Nous devrions dire chinoise et japonaise, car c’est un produit du Japon en même temps que de la Chine ; mais il joue un rôle plus important dans ce dernier pays, et on commence à le trouver mentionné d’une façon suivie dans les statistiques des exportations du Céleste Empire. Les Anglais surtout comprennent le parti que l’on peut tirer de cette huile, dont nous allons dire quelques mots.
- M. Émile K. Blumme a étudié cette substance, et il a montré qu’elle est extraite par pression, non pas du bois, mais des graines de la plante appelée « Aleu-rites Cordata ». U y a une vingtaine d’années Cloez, et tout récemment Davies et Holmes, l’ont étudiée également,et ont constaté quelle contient de l’oléine et un glycéride de l’acide CnH30Or>. L’arbre qui fournit cette huile est nommé en chinois « ying tzu tung », ce qui fait allusion à la forme en bouteille de ses graines ; il atteint une taille de G à 7 mètres et demi, il pousse dans les endroits rocheux, et on le rencontre spécialement dans les provinces de Hu-nan, de Hupeh, et de Szechuen. Le fruit contient de 5 à 7 de ces graines, qui sont bel et bien vénéneuses. La récolte s’en fait en août et en septembre, et les graines sont expédiées soit sur Hankow, soit sur Canton, où on les traite pour en tirer l’huile, qui porte le nom d’huile de Canton, ou de Hankow, suivant le cas.
- Voici en quoi consiste le traitement qui donne finalement l’huile. Quand les noix, les graines, sont sèches, on les jette dans un récipient plat de 60 centimètres environ de diamètre, que l’on maintient sur un feu nu de manière à faire rôtir les graines ; on les pulvérise ensuite entre des meules de pierre, puis
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- LA NATURE.
- on les passe dans une presse en bois qui en fait exsuder l’huile; il ne reste plus qu’à filtrer celle-ci. Notons immédiatement que celte huile, quand elle vient d’être préparée, constitue un poison fort actif. Ce qu’on peut appeler le marc, c’est-à-dire les graines qui demeurent après pressage, sont utilisées dans la fabrication de l’encre de Chine, lorsqu’on les a carbonisées et transformées en un beau noir. Nous devons ajouter du reste que souvent on soumet les graines à deux pressions successives, tout comme on le fait pour la vendange ; la première donne l’huile blanche, la seule qui s’exporte et la seule qui s’applique aux divers usages que nous allons indiquer. Quant à l’huile de seconde pressée, on ne l’obtient en réalité que sur un résidu qu’on a fait bouillir préalablement : elle est désignée sous le nom de rouge-noire, et elle est employée par les Chinoisunique-ment à la peinture de leurs jonques.
- D’une façon générale, l’huile de bois est tout indiquée pour entrer dans la composition des laques, des vernis et des peintures, et cela grâce à sa propriété précieuse et caractéristique de sécher complètement en un court espace de temps, sous l’influence de l’air et de la lumière; on l'utilise aussi pour les parquets et également pour la fabrication d’étoffes imperméables bien supérieures à ce qu’on nomme les vêtements cirés (c'est-à-dire passés à l’huile de lin), et cela parce qu’elle laisse aux tissus une élasticité remarquable.
- Notre confrère de la presse allemande, « Farben Zeitung », conseille de ne point l’employer à l’état absolument naturel, parce qu’elle devient opaque en séchant, sans doute par suite de la présence d’albumine et d’un mucilage. Pour l’utiliser au même titre que l’huile de lin, il faut la faire bouillir en l’additionnant d’un faible pourcentage d’oxyde de zinc, minium ou litharge; la température doit toujours en être maintenue au-dessous de 200° G., car autrement l’huile s’épaissirait et se gélatinifierait rapidement. Quand on retire du feu le vase où l’on a lait bouillir cette huile, on ajoute les pigments voulus, et l’on obtient finalement une excellente peinture, qui durcit rapidement et dans toute sa masse.
- L’huile de bois est tout indiquée pour la préparation des laques grasses, et aussi en mélange avec l’huile de lin. Elle a d’ailleurs une odeur particulière qu’on réussit à supprimer en grande partie en l’agitant avec une solution diluée de permanganate de potasse, ou encore de chlorure de chaux, ou même par filtration sur du noir animal, par brassage avec d&l'air sec, etc.
- Pour finir, nous noterons que le prix de cette huile est encore assez élevé, 65 francs les 1 OU kilogrammes rendus au Havre; la production annuelle moyenne de la Chine en est de 50 000 à 40 000 piculs, le picul correspondant à un poids de 60 kilogrammes. Ce qui en arrête le plus l’exportation, c’est le manque de tonneaux pour l’expédition : généralement, ce produit est livré par les Chinois dans des paniers de bambou garnis intérieurement de papier fort huilé. D. R.
- RÉCLAME ORIGINALE
- Aujourd’hui qu’on cherche, surtout dans les magasins, à faire plutôt des étalages élégants que curieux, on a perdu l’habitude de composer des édifices, des animaux, des personnages même avec les objets sur lesquels porte le commerce du magasin. Aussi n’en est-il que plus amusant de signaler l'idée originale qu’avait mise à exécution le propriétaire d’une boutique d’instruments et de fournitures pour les horticulteurs, à Saint-Pierre, dans file de Guer-nesey. Un y voyait, et l’on y admirait sans doute, le personnage à la mine tragique que nous représentons d’après la publication Hardwareman, de Birmingham.
- Le corps même du bonhomme, ses bras et ses jambes sont faits de pelotes de ficelles superposées, montées sur des tiges de fer pour les membres et le cou. Pour la tête, on avait pris une très grosse pelote, et on y avait épinglé des brins de raffîa qui formaient admirablement la barbe et les cheveux. Quant aux oreilles et au nez, on les avait découpés dans des morceaux de carton qu’on avait recouverts d’une sorte de filet en ficelle. Les mains du personnage étaient enfin constituées par des gros gants de jardinage, sa tête était couverte d’un récipient en tôle émaillée ; il tenait en main une seringue à arroser les fleurs, et ses pieds se perdaient (et pour cause) dans des paquets de raffîa jetés à terre. Il était gravement assis sur une.pile de papier d’emballage... et chacun s’arrêtait devant la montre du créateur de ce chef-d’œuvre.
- Ajoutons à ce propos un détail généralement ignoré : c’est que les Américains professent pour ainsi dire l’art de faire l’étalage et que notre confrère 17row Age, par exemple, donne à chaque instant des modèles de montres pour les commerçants en quincaillerie ou en articles de métallurgie. D. L.
- Le Gérant : P. Masson.
- Réclame originale.
- . Paris. — Imprimerie Lahüre, 9, rue de Fleuras.
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- N° 1579. — 28 OCTOBRE 1899.
- LA NATURE.
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- L’ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L’AYÀNCEMENT DES SCIENCES
- A BOULOGNE
- L’Association française vient de tenir à Boulogne-sur-Mer sa vingt-huitième session, sous la présidence du professeur Brouardel, doyen de la Faculté de médecine de Paris. En 1874, lors du Congrès de Lille, un certain nombre de membres étaient venus en excursion à Boulogne visiter la ville, le port et les établissements industriels. Cette visite avait créé des relations qui furent le premier jalon du Congrès actuel. Il y a quelques années la municipalité Boulonnaise adressait au Conseil de l’Association une invitation officielle à tenir ses assises dans cette ville. Diverses circonstances firent reculer l’acceptation; mais, comme le disait spirituellement le maire, notre collègue le Dr Aigre, en souhaitant la bienvenue aux congressistes, « tout vient à point à qui sait attendre », et, il y a deux ans, l’invitation renouvelée fut accueillie avec enthousiasme. Des deux côtés, Municipalité et Association, on s’est efforcé de faire de cette session un événement marquant : la ville de Boulogne en multipliant les fêtes, les distractions, en offrant à ses hôtes en deux magnifiques volumes toute l’histoire passée et présente de la région, en donnant à la réception un éclat exceptionnel; les membres de l’Afas en répondant à cet accueil si hospitalier, si aimable par un empressement inusité à venir au Congrès.
- La session de 1899 présentait un attrait de plus et c’est là un des motifs qui avait fait reculer à la date un peu tardive du milieu de septembre l’ouverture du Congrès. Depuis plusieurs années les deux conseils de l’Association française et de sa sœur aînée la « British Association for advancement of science » avaient décidé de se réunir l’une et l’autre sur un point du littoral, assez voisin pour permettre une visite réciproque dans les deux pays. Cet événement s’est réalisé cette année, l’Association britannique venant à Douvres et notre Association à Boulogne. En dépit de prédictions malveillantes de quelques journaux étrangers, les réceptions ont été de part et d’autre empreintes de la plus grande cordialité.
- Le samedi 16 septembre, 500 membres de l’Association française se rendaient à Douvres. Reçus par 27e année. — 2e semestre.
- le président de l’Association britannique, Michael Foster, le maire de Douvres et les présidents de section, salués par d’aimables souhaits de bienvenue dans l’Hôtel de Ville, les congressistes français se répartis-saient dans les diverses sections. Nous avons noté pour notre part dans la section de physiologie, présidée par M. Langley, la présence des professeurs Brouardel, Bouchard, Bergonié, Livon et Richet, qui la veille avait fait à l’Association britannique une brillante conférence sur la vibration nerveuse. Un lunch somptueux réunissait, sous une tente sur les pelouses du collège, Anglais et Français au nombre de 800 convives.
- -\ Le mercredi, sur une
- invitation spéciale de la municipalité de Canter-bury, une centaine de membres de l’Association, leur président, M. Brouardel, en tête, affrontait une mer abominable, sur un bateau plus abominable encore, pour se rendre à cette réunion. Trois heures de traversée à l’aller, plus de quatre heures au retour, avec une avarie de machine qui forçait le bateau de rentrer à Douvres, une véritable tempête, tous ces incidents n’ont pas effacé le souvenir d’une réception parfaite.
- La ville de Boulogne n’est pas restée au-dessous de sa réputation de courtoisie, en recevant au nom de la France les membres de l’Association britannique. L’accueil a été aussi somptueux, aussi brillant que de l’autre côté du détroit; l’aimable maire de la Cité et les membres de la municipalité, nous pourrions dire tous les Boulonnais, ont su prodiguer à tous et sans réserves pendant cette journée de fête l’hospitalité la plus gracieuse et la plus affable.
- On avait retardé pour cette journée l’inauguration de la statue élevée à Duchenne de Boulogne par ses compatriotes ; le jeune et savant neuropathologiste, le professeur Brissaud, avait accepté d’initier les profanes à l’œuvre si féconde et si remarquable du savant boulonnais.
- Dans une conférence remarquable qui a très vivement intéressé tout le monde, M. le Dr Brissaud a caractérisé d’une façon parfaite les découvertes géniales de cet homme modeste qui a été le fondateur de l’électrothérapie et dont le nom restera
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- La statue de Duchenne à Boulogne-sur-Mer.
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- LA NATURE
- immortalisé par ses recherches élec-trophysiologiques.
- Nous avons parlé des fêtes qui ont rendu si attrayante cette session; la partie scientifique n’a pas été le côté le moins intéressant. Que citerons-nous dans cette liste de travaux? un d’abord, ou mieux un'ensemble; celui d’une section en voie de création : l’électricité médicale. Sous l’impulsion de son jeune et brillant président, le professeur Bergonié de Bordeaux, des recherches du plus haut intérêt ont été mises au jour et nous ne doutons pas que cette section ne devienne avec le temps une des plus importantes et des plus suivies de l’Association.
- Citons aussi l’archéologie, présidée par M. Enlart; la zoologie qui avait réuni autour du professeur Giard de nombreux adhérents ; la botanique, le génie civil dont le programme spécial très bien préparé par M. Dislère a porté sur des travaux absolument remarquables; nous nous contenterons de parler d'un d’entre eux : la conférence de M. Considère sur les ciments armés.
- C’est aussi à M. Dislère, président de cette dernière section, qu’on a dû l’organisation d’une course d’automobiles et de faire à ce sujet une étude scientifique approfondie de la question, mise au point dans deux rapports de MM. Mesnager et Cuénot.
- Pour donner à cette session un éclat encore plus marqué, la plupart des anciens présidents de l’Association avaient accepté de rentrer dans le rang et de devenir présidents de section.
- L’Association, on le voit, reste prospère, en dépit de la multiplicité des congrès qui eussent peut-être gagné à tenter, sous ses auspices, une sorte de fédération, en conservant leur autonomie. Les forces eussent été moins éparpillées, les contacts entre hommes de science et d’études différentes plus intimes et l’indifférence que d’aucuns signalent pour certaines réunions eût été épargnée. L’Association française va toujours grandissant et si elle n’a pas encore les armes parlantes que lui souhaitait le Dr Aigre, un génie ailé avec la devise vivificat eundo, elle la remplit largement, car elle éveille la vie sur son passage et il ne tient qu’à tous de venir accroître ce mouvement et cette diffusion scientifiques.
- Si tout en France se termine par des chansons, tout congrès de l’Afas se termine par une promenade dans la région. Le temps de l’Association, car elle a son temps, comme une vraie reine, a favorisé une excursion de trois jours dans le Pas-de-Calais, nous montrant successivement Arras, Douai, Saint-Omer, Dunkerque et au passage les établissements industriels, forges de Douai, fonderie de cloches, exploitation minière de Lens, aciéries de France, ascenseur des Fontinettes et les merveilleux travaux exécutés dans le port de Dunkerque. N’oublions pas une visite à Calais, aux carrières de la Vallée heureuse, à la nouvelle station zoologique de la Pointe aux Oies dont le professeur Giard et ses élèves faisaient aimablement les honneurs et enfin au poste d’expériences de télégraphie sans fil installé à Wimereux par M. Marconi. Dr A. Cartaz
- LE TEMPS ET L’ÉTAT MENTAL
- On a remarqué depuis longtemps, et un peu partout, que chez les prédisposés, le cerveau paraissait, par certaines crises, à des époques déterminées, que les conditions saisonnières et météorologiques réagissaient plus ou moins fortement sur l’état mental. Quelques observateurs ont nié le fait; d’autres l’ont affirmé. Nous sommes du côté de ceux qui croient à l’action des influences cosmiques sur l’état général du système nerveux et sur les états psychiques.
- Il n’est sans doute pas superflu de mentionner tout d’abord un cas assez caractéristique. Tous les habitués qui, à Paris, suivent les séances hebdomadaires de l'Académie des sciences, ont tous fait cette remarque, c’est qu’à partir des grandes chaleurs de juillet et d’août, chaque année sans exception, le secrétaire perpétuel reçoit des communications saugrenues. Les lettres folles abondent; les inventions les plus extraordinaires sont transmises à l’Académie. « Encore une à jeter au panier », dit en riant le secrétaire perpétuel qui dépouille la correspondance. Et plus les étés sont secs et chauds, et plus les Notes excentriques abondent. C’est si connu que ceux qui fréquentent les séances ne manquent pas de dire, quand on arrive à la canicule : (( Nous allons en entendre de belles aujourd’hui ». Et de fait, il est bien rare que quelque lettre invraisemblable sur la direction des ballons, sur la trisection de l’angle, sur le mouvement perpétuel, etc., ne soit pas adressée de France ou de l’Étranger. « Effets de chaleur! » murmure-t-on en souriant.
- Il en est ainsi en Allemagne, en Angleterre, aux États-Unis.- Cette coïncidence entre certaines époques et l’abondance des communications, dictées par des cerveaux malades, n’est pas sans être significative, à cause de sa régularité. Elle débute vers le solstice pour atteindre son maximum vers le commencement d’août.
- En somme, on pourrait objecter qu’il n’y a là que des faits isolés et que la concordance entre les états météorologiques et le défaut d’équilibre mental est loin d’être vraiment prouvée. Probabilité peut-être, mais la démonstration fait défaut.
- L’objection vraie en elle-même va perdre beaucoup de sa valeur, quand nous aurons dit que la statistique milite aussi en faveur de l’influence du temps sur l’état psychique et les troubles mentaux. Un médecin de Zurich, bien connu en France, M. le I)r Mercier, s’est mis en quête de nombreux matériaux ; il les a groupés ; il les a pris en Suisse et aux États-Unis. Il a dressé avec eux des graphiques soignés. Et les graphiques ont répondu nettement à la question posée. « U y a corrélation entre les états mentaux gt les conditions météorologiques1. »
- Dans une série de diagrammes, M. le Dr Mercier a réuni le nombre des admissions dans les asiles suisses par année, par mois, en regard des courbes de température, de pression barométrique et d’humidité. Les données statistiques portent sur 15 ans d’observation (1875-1891), et ont été recueillies dans les asiles cantonaux de Bur-gholzli (Zurich), de Wa Bau (Berne), de Koenigsfelden (Argovie), de Saint-I'irminsberg (Saint-Gall), de Céry (Vaud), par conséquent dans des régions géographiques très dissemblables, dans des milieux à montagnes, à hauts plateaux, à plaines de la Suisse orientale, centrale et occidentale, parmi des populations agricoles, industrielles, etc.
- 1 De la connexion entre les états psychiques et les conditions météorologiques générales du milieu. Données statistiques par le Dr Mercier, de Zurich, avec graphiques. Extrait du Journal de statistique suisse.
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- LA NATURE.
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- Or, tous ces graphiques présentent une allure régulière, avec des maxima et des miniraa correspondants.
- Pour les cinq asiles, pendant quinze ans, sur une population de 1 million 1/2 d’habitants, le maximum des entrées et.des dérangements mentaux tombe mathématiquement sur le même mois. Il semblerait a priori que le maximum d’éclosion des perturbations psychiques devrait coïncider avec le moment de l’année où les influences nocives dans leur ensemble (froid, excès d’humidité, variations brusques, etc.) augmentent la morbidité générale d’une population, soit en hiver, soit aux équinoxes. Il n’en est rien. Le maximum de morbidité psychique survient au contraire au moment où les principaux facteurs de la morbidité générale se font le moins sentir, c’est-à-dire en plein été. Et le moment de ce maximum, encore une fois, est le même pour les différentes régions et pour l’ensemble du pays.
- Il apparaît, quand on examine de près les données météorologiques, que c’est surtout le degré hygrométrique qui semble jouer un rôle. La courbe des admissions augmente quand le degré hygrométrique a monté lui-même. Les actions thermométriques et barométriques sont moins nettes. Mais cela doit tenir à ce qu’il faudrait les considérer au total plutôt qu’au jour le jour.
- M. Mercier a également voulu examiner le nombre des suicides, mais les données fournies par le Bureau fédéral de statistique ne remontent pas au delà de l’année 1891 et vont jusqu’à 1896. Pour ce laps de temps, le minimum des suicides ( 5 pour 100 ) se produi t dans les mois de décembre et de janvier. A partir de janvier, la courbe s’élève insensiblement pour atteindre son apogée en mai et juin ( 10 pour 100). En juillet et août, la courbe se maintient à 9,5 et 9 pour 100, puis elle s’abaisse lentement pour revenir au minimum de 5 pour 100 en décembre.
- 11 y a donc encore ici, malgré le petit nombre d’observations, un rapport bien marqué entre la saison et le nombre des suicides. Les troubles mentaux et les suicides viennent avec les mois chauds et secs.
- La criminalité suit aussi le trouble mental et paraît obéir également aux influences météorologiques dans son ensemble. M. Charles Linney, directeur du Bureau météorologique de l’Illinois, a parcouru les registres de police de Chicago et il a dressé une statistique de la criminalité de 1889 à 1895, crimes, délits, attentats, en plaçant en regard les observations météorologiques. Voici les résultats de la comparaison. Le plus grand nombre de crimes coïncide avec les moments de l’année où l’état hygrométrique de l’air est au-dessous de sa valeur normale. Janvier, février, mars, 18 pour 100 de la criminalité annuelle; avril, mai, juin, 22 pour 100; juillet, août, septembre, 31 pour 100; octobre, novembre, décembre, 26 pour 100. Le maximum de la criminalité ne vient pas à Chicago (2 millions d’habitants) à l’époque où les conditions de la vie sont les plus pénibles à supporter comme on serait tenté de le croire, mais au contraire pendant la saison la moins dure, avec la période des mois chauds.
- Le département de santé des États-Unis a, de son côté, entrepris toute une série de recherches analogues au point de vue de la morbidité et surtout de l’extension de certaines maladies nerveuses. Toujours on aboutit à la même conclusion : influence de l’état hygrométrique, de la chaleur, des vents, de la dépression barométrique, etc. Le Dr Beker (Lansing, Michigan), a publié le résultat de ses travaux de 1888 à 1894 dans un important Mémoire1.
- 1 The limes of grealest prevalence of each disease in Michigan.
- On y trouve encore que le moment de maximum des maladies nerveuses, des troubles intellectuels et de la criminalité correspondent aux mois les plus chauds, juillet et août. C’est précisément l’époque des maxima d’admis-sihilité dans les asiles et des suicides relevés en Suisse par M. le Dr Mercier. Ces coïncidences ne manquent pas d’être frappantes.
- Enfin, M. Dexter a donné récemment des renseignements confirmatifs dans Science. Les relevés de la station météorologique de New-York City ont permis de déterminer pour les 3650 jours des années 1888 à 1897 inclusivement, le pourcentage des jours avec beau temps, avec ciel couvert, avec pluie. Une autre statistique a été faite pour les températures, les hauteurs barométriques, les degrés hygrométriques. En face, on a relevé les sexes, suicides, cas de folie, décès au nombre de 400 000.
- Les dépressions barométriques augmentent la morbidité et les suicides. M. Dexter considère comme établi que l’état hygrométrique peu élevé fournit le plus grand nombre de suicides et de troubles psychiques. A Denver (Colorado), où l’état hygrométrique est normalement très faible, l’excès des faits anormaux est de plus de 600 pour 100. Les suicides sont plus fréquents par les beaux temps, en mai et juin, etc. A très peu près, ces résultats sont ceux que l’on a relevés ailleurs.
- Est-il besoin de rappeler qu’en France, pendant longtemps, on a poursuivi des recherches analogues et qu'on avait longuement insisté sur les « influences saisonnières »?
- Cependant, il ne faudrait pas conclure trop vite, malgré la concordance des observations. Toute cette statistique est un peu maigre. M. le I)r Mercier dit lui-même très justement : « 11 serait intempestif de formuler, d’après ces chiffres, des conclusions même prudentes. C’est certain; mais il y a dans cet ensemble de faits une contribution importante à une étude d’un véritable intérêt et des probabilités évidentes en faveur d’une relation de cause à effet entre les modifications cérébrales et les conditions atmosphériques. » Henri de P au ville.
- SOUDURE ÉLECTRIQUE DES RAILS
- DE TRAMWAYS
- La soudure électrique des rails de tramways s’opère à Buffalo à l’aide de cinq voitures; notre confrère Electri-cal Review décrit le procédé. Une première voiture marche en avant, portant un souffleur à sable pour préparer le joint; viennent ensuite la voiture pour la soudure, la voiture portant le transformateur électrique, la voiture motrice et une dernière voiture qui doit à la fin de l’opération débarrasser le joint de toutes rugosités. Des barres d’acier de 25 millimètres d’épaisseur sur 75 de largeur et 200 de longueur sont placées sur le joint ; on applique sur ces barres les mâchoires de l’appareil à souder ; ces mâchoires sont appuyées sur les barres avec une pression de 100 kilogrammes par centimètre carré au moyen d’un appareil hydraulique. Le courant est ensuite envoyé dans le joint jusqu’à ce que la soudure soit faite, après quoi la pression est portée à environ 35 tonnes pendant le refroidissement. On soude d’abord le milieu, puis chacune des deux extrémités des barres. Les procédés artificiels permettent d’ailleurs d’activer le refroidissement qui a pour effet de rapprocher les deux rails réunis et d’assurer un joint excellent. Le courant nécessaire à l’opération est emprunté au conducteur aérien de la ligne.
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- LA NATURE.
- LES DOLOMITES DU TYROL MERIDIONAL
- Ce journal a signalé, il y a quelques années (n° 1102 du 14 juillet 1894, p. 103), les merveilles des Alpes Dolomitiques à l’attention des.touristes français par la plume autorisée de M. Martel.
- Depuis lors, et l’indication de La Nature a certainement contribué à ce résultat, ceux-ci ont commencé à apprendre le chemin des Dolomites. La lacune signalée par cet article dans la collection du Tour du Monde a été comblée1 et Y Annuaire du Club alpin français donne plus fréquemment des récits d’excursions dans cette partie des Alpes.
- Un retour sur ce sujet pourra donc, croyons-nous, intéresser un plus grand nombre de lecteurs (pie par le passé et gagner de nouveaux fidèles àlcesri>elles montagnes qui, si elles séduisent l’artiste par leur beauté, donnent aussi beaucoup à réfléchir au savant.
- Si l’on examine avec attention une bonne carte des Alpes, on remarque à l’est du méridien d’Inns-bruck et au sud du parallèle qui passe par le col du Brenner, une région dont la topographie contraste d’une manière frappante avec celle des régions voisines. Tandis que celles-ci sont constituées par des plissements parallèles à l’axe des Alpes, le dessin du terrain est des plus confus à l’intérieur du quadrilatère que nous avons remarqué : une quantité de hauts plateaux montagneux, nettement circonscrits et séparés entre eux par de larges intervalles, sont jetés sans ordre sur une surface irrégulièrement ondulée, que les eaux parcourent en tous sens. C’est là la région que les touristes
- 1 E. Yicllianl. Les Dolomites. Tome IV (1898), n01 21 et 22.
- ont pris l’habitude d’appeler « les Dolomites ».
- Les géologues y reconnaissent facilement un vous-soir de l’écorce terrestre enfoncé au pied du noyau primaire des Alpes. Les terrains triasiques dont ce voussoir est composé ont été protégés, grâce à son effondrement, contre les ravages de l’érosion, qui les a balayés presque entièrement des régions voisines ; mais ils n’appartiennent cependant pas tous à un
- même étage, car de nombreuses fractures les recoupent et limitent des effondrements partiels, qui donnent un caractère individuel à chacun des différents massifs juxtaposés. De plus une large nappe de porphyre s’est étalée dans les environs de Bot-zen et, dans le sud, des pointe-ments de granit et des cheminées volcaniques o n t troué, autour de Predâzzo, la surface de cette région disloquée. On soupçonne dès lors l’intérêt que ce pays doit présenter pour le géologue et la variété d’aspects qu’il offre au touriste.
- Nous ne nous attarderons pas aujourd’hui dans les environs de Predâzzo, car le sujet demanderait de trop longs développements et nous nous bornerons à dire quelques mots des « récifs » dolomitiques.
- La forme des plateaux abrupts du Tyrol méridional devait, en effet, appeler inévitablement l’idée de récifs et le baron de Richthofen le premier, donna, dans un travail de jeunesse, un corps à cette théorie1. Puis Mojsisovics k reprit et l’éclaira à la lueur d’études de détails dans un
- 1 Baron Von Richthofen. Geognostische Beschreibung der Urngebung von Predâzzo, Sanct-Cassian nnd der Seisser Alpe. Gotha, 1860.
- Fig. 1. — Les Drei Zinnen. (Photographie A. Gratl à Iunsbruck.)
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- LÀ NATURE.
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- ouvrage classique, documenté d’intéressantes photographies'.
- Cette théorie consiste à assimiler les formations dolomitiques aux récifs que les espèces coralligènes ne bâtissent plus maintenant que dans les mers é juatoriales. L’aspect de ces immenses parois verticales, dont le plan rappelle souvent celui des atolls, et qui s’élancent d’une seule venue vers le ciel, a servi de point de départ à cette théorie ; mais on a ensuite reconnu, par un examen plus attentif, que les parois actuelles ne sont généralement pas les parois primitives des bancs de coraux. Elles ont été formées le plus souvent par voie d’éboulement et de dénudation. C’est en quelques points seulement qu’on reconnaît les restes des anciennes parois, nettement caractérisées par la disposition des formations étrangères qui sont venues se déposer sur le talus raide (Riffbôs-chung) couronnant l’escarpement de l’ancien récif : les apparences qu’on rencontre en ces points ne peuvent s’appliquer qu’à des formations de récifs. Mais l'appui principal de la théorie est dans les restes organiques que renferme la roche. Si les fossiles sont, il est vrai, très rares dans ces énormes masses non stratifiées , on trouve à leur limite une zone calcaire ('Cipitkalk)c[m renferme en abondance, avec des débris de coraux, de nombreux restes d’espèces corallophiles.
- Maintenant, à quoi ces montagnes doivent-elles leur
- 1 E. Mojsisovics von Mojsvâr. Die Dolomit-Mffe von Sïid-Tirol und Yenetien. Vienne, 1879.
- beauté si particulière? Ce n’est pas, comme pourrait le faire croire leur nom, à la présence de la dolomite, car la roche dolomitique ne se distingue guère à l’œil de la roche calcaire et il faut, le plus souvent, l’intervention du chimiste pour décider à laquelle de ces roches on a affaire. Du reste, le nom de Dolomites est impropre, appliqué à toute la région considérée, où les roches dolomitiques proprement dites ne s’étendent que sur une surface relativement restreinte.
- Cette beauté réside dans le con-traste de ces grands récifs pâles, discrètement colorés par les oxydes, découpés en formes bizarres, qui surgissent brusquement de la verdure sombre des forêts
- ourreposent comme des | diadèmes finement ou-
- i vragés sur le mol cous-
- sin des prairies, et dans la variété de structure de leurs roches, massives dans le corps du récif lui-même, stratifiées dans les dépôts que la mer a déposés sur leurs sommets aux époques où elle les a submergés. De là ces diverses apparences de forteresses puissantes, aux lignes sévères, quand le manteau de sédiments protège encore la roche madréporique, qui monte au ciel en blocs énormes, dépourvus de stratification ; de pyramides grandioses, quand l’érosion a profondément entamé cette couverture protectrice. Puis quand celle-ci a complètement disparu, et qu’il n’en est resté que d’insignifiants lambeaux, l’érosion continue encore son œuvre en hachant verticalement la roche compacte, et en l’amincissant enfin en aiguilles effilées.
- Edme Yielliard.
- Le Langkofel. (Photographie 9e M. Yielliard.
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- LA NATURE.
- LES CLOCHES D’ACIER .
- Les journaux ont signalé récemment l'installation, à l’église luthérienne de Saint-Georges de Berlin, de trois cloches en acier fondu du poids_ total_de l7J334 kilogrammes et du prix de 23 200 francs. En France où l’on n’ose employer l’acier que dans les tout petits timbres, inférieurs;! 100 kilogrammes, cela a paru un peu extraordinaire. Il y a cependant bien longtemps que la « Bochu-merVerein «construit de ces cloches et on en trouve partout, sauf en France.
- C’est en 1853 que la Société de Bochum commença à employer l’acier coulé non trempé à la fabrication des cloches. Et déjà à l’Exposition de 1855 le Jury reconnaissait que les types exposés se faisaient remarquer « non seulement par une exécution parfaite, mais aussi par un timbre plein, sonore et égal, tout aussi pur que celui des meilleures cloches en bronze ». A l’Exposition de 1862, à Londres, figurait entre autres, une cloche d’acier de 2m,70 de diamètre et de 10 000 kilogrammes environ. A Paris, en 1-867, la Société avait amené une cloche de 14 500 kilogrammes, et un accord de quatre autres dont la plus grande atteignait 8500 kilogrammes.
- Dans les quarante-cinq années qui nous séparent de la date de cette invention, c’est par milliers que les cloches parties de Bochum se sont répandues à travers le monde. Leur succès a été d’autant plus considérable qu’elles sont d’un caractère facile et s’accordent parfaitement avec les voisines de bronze ordinaire qui les ont précédées dans les clochers qu’elles viennent habiter. Joignez» cette qualité, celle non moins appréciable de coûter beaucoup moins cher que les autres, celle encore d’avoir une portée de son aussi considérable et d’être plus solides, et vous ne vous étonnerez point que la fabrique de l’église Saint-Georges se soit sans hésitation adressée à la « Bochumer Yerein » pour la fourniture dont elle avait besoin.
- Pour démontrer la solidité de ses cloches, la Société a fait en 1858 une curieuse expérience. On a suspendu une cloche de 2280 kilogrammes et quatre forgerons ont été chargés de la frapper à grands coups de marteaux. Une prime avait été promise à celui qui amènerait une fêlure. Il fut frappé 860 coups avec des marteaux pesant de 8 à 22 kilogrammes. Et quand les ouvriers renoncèrent à la lutte, la cloche triomphante n’avait pas le moindre mal. Que le bronze en fasse autant!
- Les cloches d’acier sont de forme à peu près identique à celle des cloches ordinaires en bronze et leurs dimensions ne s’écartent pas énormément de celles qui sont courantes chez nos fondeurs.
- Je donne dans le tableau qui accompagne cette note la comparaison de deux octaves et demie de cloches d’acier et de bronze, en indiquant les diamètres maxima et les poids. Les chiffres de comparaison pour les cloches de bronze sont empruntés aux fondeurs de la « Savoyarde », les frères Paccard, d’Annecy1. On voit qu’à mesure de l’augmentation de la taille, les deux séries se rapprochent de plus en plus.
- 11 ne faut pas s’étonner de la différence qui s’accentue davantage dans les notes élevées. Elle se rencontre gaiement d’un fondeur à l’autre dans les cloches ordinaires. Dans les petits diamètres, il est en effet possible
- 1 La « Société de Bochum » peut fondre dés cloches d’acier de 28 à 20 000 kilogrammes. La plus grosse de celles de Saint-Georges pèse 8750 kilogrammes.
- d’obtenir en augmentant l’épaisseur du bord des notes de plus en plus hautes tout en gardant le même diamètre extérieur. C’est ainsi que dans le carillon de Saint-Ger-main-l’Auxerrois, la dernière octave tout entière se compose de cloches de 32 centimètres de diamètre extérieur.
- COMPARAISON
- des cloches d’acier et des cloches de bronze.
- NOTES CLOCHES DIAMÈTRES D’ACIER POIDS CLOCHES L DIAMÈTRES >E BRONZE POIDS
- Fa ... . 0,364 28 0,260 il
- Mi ... . 0,393 53 0,270 15
- Mi b • • • 0,419 40 0,290 17
- Ré ... . 0,444 45 0,510 22
- Do # . . . 0,470 50 0,340 25
- Do5. . . . 0,493 57 0,360 30
- Si 0,324 f)0 0,580 40
- Si b- • • • 0,547 75 0,410 45
- La ... . 0,574 85 0,440 50
- Sol#. . . 0,600 100 0,490 60
- Sol. . . . 0,624 105 " 0,510 70
- Fa # . . . 0,655 125 0,525 85
- Fa ... . 0.680 145 0,550 105
- Mi ... . 0,703 160 0,590 120
- Mi b • • • 0,758 200 0,620 150
- Ré ... . 0,798 230 0,655 170
- Do # . . . 0,835 250 0,695 200
- Do4. . . . 0,890 300 0,740 245
- Si 0,915 540 0,785 300
- Si b- . . . 0,960 400 0,855 555
- La 1,016 460 0,885 445
- Sol#. . . 1,124 600 0,940 500
- Sol. . . . 1,170 680 0,990 600
- Fa # . . . 1,260 850 1,050 750
- Fa ... . 1,353 1,000 1,115 850
- Mi ... . 1,387 1,100 1,180 1,000
- Mi b • • • 1,430 1,200 1,245 1,200
- Ré ... . 1,490 1,350 1,520 1,500
- Do# . . . 1,574 1,600 1,410 1,775
- Do5. . . . 1,664 1,900 1,480 2,000
- Si 1,773 2,250 1,575 2,500
- Si b- • • • 1,882 2,600 1,675 3;ooo
- A ce point de vue encore et à titre de curiosité voici un petit tableau donnant la comparaison des 13 notes comprises entre LA (4) (au-dessus du LA normal) et LA (5), d’après trois fabricants. Ces trois séries de cloches font d’ailleurs partie de carillons existants et leurs notes sont sensiblement justes.
- CARILLONS DE
- Notes. Perpignan. Pontniain. Roulers
- — — — (Belgique)
- LA (4). . . . 98 kg. 55 kg. 65 kg.
- SI bémol. . . 86 — 45 - 56 —
- SI 83 — 35 — 49 -
- DO 76 — 30 — 36 —
- DO dièze. . . 69 — 26 — •56 —
- RÉ 64 — 22 — 34 -
- MI bémol. . . 57 — 20 — 27 —
- MI. . .1 . , . 51 — 17 — 20 —
- FA 50 — 15 — 19 —
- FA dièze . . . 47 — 12 — 19 —
- SOL 42 — 11 — 17 —
- SOL dièze . . 39 — 9 — 16 —
- LA (5). . . . 36 — 8 — 14 —
- Pourquoi, malgré leurs qualités et leur bas prix, les cloches d’acier n’ont-elles pas rencontré faveur en France? Pourquoi les rejette-t-on a priori comme incapables de rivaliser avec leurs aînées de bronzé1, tandis que beaucoup d’autres les trouvent fort bien et s’en accommodent avec
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- LA NATURE.
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- satisfaction? C’est sans doute un effet de cette (( néophobie » qu’on nous reproche si souvent et pas toujours à tort.
- En tout cas voici une anecdote authentique de nature à montrer que l’acier mérite mieux que sa réputation au point de vue de la sonorité.
- Rouen possède une grosse cloche fort appréciée pour la qualité de ses sonneries. Elle passait pour contenir de l’argent. Un chimiste curieux l’analysa. Il fut reconnu que son alliage répondait à la composition suivante : 71 pour 100 de cuivre, 26 pour 100 d’étain, 1,8 pour 100 de zinc et 1,20 pour 100 de fer!
- Quoi d’étonnant à ce que l’acier seul fasse ce que peut le fer emprisonné dans une masse de bronze?
- L. Reverchon.
- LA
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL AU MONT BLANC
- Aucune démonstration satisfaisante n’ayant encore établi que la télégraphie sans fil fût possible entre deux points d’altitude différente et dans les hautes régions atmosphériques, nous avons procédé, du 15 au 25 août 1899, à des expériences entre Chamomx et le mont Blanc1.
- Le poste transmetteur (observatoire Yallot, station de Chamonix, altitude 1000 mètres) et le poste récepteur (observatoire Yallot, station des Bosses, altitude 4350 mètres) sont distants de 12 kilomètres environ à vol d’oiseau : la différence de niveau est de 3350 mètres.
- Quant à la nature du sol entre ces deux points, on ne trouve que des micaschistes, dont la partie supérieure est entièrement recouverte de glace, sauf à l’emplacement de l’observatoire, et la partie inférieure disparaît sous les moraines et les alluvions.
- Le but des expériences était de savoir :
- 1° Si la télégraphie sans fil est pratiquement possible en montagne;
- 2° Si l’électricité atmosphérique ne nuirait pas aux communications ;
- 3° Si le rôle du fil de terre persiste malgré l’absence d’eau à l’état liquide sur le sol ;
- 4° Nous avions également l’intention d’étudier des orages situés à de grandes distances, mais le temps ne nous a pas été favorable.
- Poste transmetteur. Station de Chamonix. — Le poste transmetteur se composait d’un transformateur à haute tension2, actionné directement par le courant continu d’une dynamo de 50 volts, interrompu par un trem-bleur de Reef. Un manipulateur à contacts de platine permettait d’envoyer à volonté le courant dans le primaire du transformateur, qui donnait dans ces conditions des étincelles de 18 centimètres entre deux points.
- Cette longueur d’étincelle se trouvait réduite à 2 centimètres lorsque les pôles du transformateur étaient réunis, l’un au sol et l’autre au mât : celui-ci se composait d’un fil de cuivre de 2“m,5 de diamètre, tendu obliquement à 30° environ sur une longueur de 25 mètres.
- Nous avons employé un oscillateur à boules de 2 centimètres de diamètre, fonctionnant dans l’air.
- 1 Comptes rendus de l'Académie des sciences.
- 2 Ce transformateur provenait de la maison Sèguy et était
- d’un fonctionnement parfait.
- Poste récepteur. Station des Bosses (4350 m.). — Le poste récepteur1 comprenait un radioconducteur à limaille d’or très sensible3, une pile sèche (E= lTOlt,6) et un relai télégraphique. Celui-ci commandait une sonnerie à un coup, un frappeur et un galvanomètre. Le frappeur était disposé de façon à interrompre automatiquement le courant traversant le radioconducteur, avant le choc; celui-ci se produisait de bas en haut sur le support du tube. Grâce à cette disposition, un faible choc suffisait pour décohérer la limaille et la sensibilité du radioconducteur demeurait identique pendant toute la durée des expériences. L’appareil ainsi disposé est sensible, sans mât ni fil de terre, à une étincelle de 1 millimètre de longueur3 éclatant à une distance de 100 mètres. Le poste était placé à l’intérieur de l’observatoire et préservé de toute perturbation extérieure1 par l’enveloppe de cuivre dont est revêtu le bâtiment. La mise au sol était établie par la communication avec les paratonnerres : le mât se composait d’un fil de fer isolé placé parallèlement à celui de Chamonix et tendu entre le refuge Yallot et un poteau planté dans la neige sur la paroi nord de la Grande-Bosse; ce fil était relié à l’observatoire par un conducteur isolé de 50 mètres de longueur. Les deux postes étaient visibles l’un de l’autre et des signaux optiques permettaient la vérification des expériences par le beau temps3.
- Résultats. — 1° Les expériences ont eu lieu tous les jours à 11 heures du matin jusqu’au 25 août6. Les signaux n’ont été bien nets que pour un écartement des boules de l’oscillateur égal à 2 centimètres. „
- 2° L’absence d’eau à l’état liquide n’a pas empêché les communications.
- 3° Des nuages interposés entre les deux postes n’ont pas empêché les signaux.
- 4° L’électricité atmosphérique, bien qu’ayant fait fonctionner l’appareil à plusieurs reprises, n’a pas produit une action capable de nuire à la télégraphie pratique.
- 5° Nous avons observé également que le fonctionnement de l’éclairage électrique à Chamonix agissait avec intensité sur l’appareil et que, pendant toute la durée de l’éclairage, il était impossible de communiquer. La lumière électrique est fournie par une dynamo à courants triphasés (E = 2500TOlu); le circuit primaire étant fermé sur lui-même sans production d’étincelles, il nous semble possible d’opérer avec un autre dispositif que celui qui a été adopté par M. Marconi7.
- Jean et Loois Lecarme.
- 1 Nous avons construit nous-mêmes ce poste, de façon à le rendre portatif et aussi léger que possible.
- 2 Ce radioconducteur, que M. Branly avait eu l’obligeance de nous prêter, avait été parfaitement réglé par M. Gendrou, son préparateur.
- 3 Cette étincelle était, bien entendu, produite par une petite bobine donnant son maximum.
- 4 Nous avons vérifié, pendant un violent orage atf*ftiilieu duquel nous nous trouvions, que l’action de la foudre était nulle'à l’intérieur de l’observatoire malgré les ouvertures dues aux fenêtres.
- 5 Une tempête de neige nous ayant assailli aussitôt notre
- arrivée à l’observatoire, nous n’avons pas pu placer le mât avant le 19 août. .
- 6 Mrae et >IUe Vallot avaient bien voulu se charger d’exécuter
- les expériences à Chamonix pendant notre séjour au mont Blanc. ‘
- 7 Nous devons remercier ici M. Yallot d’avoir bien voulu mettre à notre disposition son observatoire pendant plus de quinze jours et de nous avoir permis, par là même, d’exécuter ces expériences.
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- L’AMÉNAGEMENT DES PAQUEBOTS MODERNES
- 155 mètres de long entre perpendiculaires, de
- La navigation maritime s’est totalement transformée : non pas seulement parce que la vapeur a remplacé la voile comme mode de propulsion, mais parce que la rapidité des traversées a augmenté dans une proportion prodigieuse. C’est pour répondre à ce besoin de vitesse, qu’on a vu mettre à flot des paquebots de plus en plus gigantesques, et notamment que la flotte du monde s’est enrichie récemment de ces deux léviathans Kaiser-Wilhelm et Océanie, auxquels nous consacrerons bientôt un article spécial.
- Mais, en même temps qu’on donnait de la vitesse aux passagers des navires extra-rapides, on est arrivé à leur offrir, la concurrence aidant, un confort et même un luxe absolument extraordinaires : les lecteurs de La Nature ont vu ce qu’il en est pour les bateaux belges faisant le service côtier d’Ostende à Douvres; mais c’est bien autre chose encore sur certains des paquebots de la compagnie des Messageries maritimes.
- Celle-ci est la plus ancienne des grandes entreprises de navigation françaises ; actuellement elle dessert l'Amérique du Sud, l’Egypte, la Turquie, la mer Noire, la côte orientale d’Afrique, l’Indo-Chine et l’Australie. C’est dans cette dernière direction qu’elle met en service ses plus beaux navires, pour lutter contre les compagnies anglaises, et elle est souvent préférée par les Anglais mêmes à leurs lignes nationales.
- Or, parmi les dernières additions à la flotte des Messageries Maritimes, on doit citer le Laos, et son frère Cordillères, qui offrent assurément le plus grand luxe d’aménagements que nous ayons encore trouvé dans un paquebot, et peut-être même dans un hôtel installé à terre. Le Laos, qui a été mis en service en juillet 1897, est un puissant navire de
- 141m,60 de longueur totale, large de 15m,50 et présentant un creux sur quille de 11 mètres. Son tirant d’eau en charge est de 7m,450, et son déplacement compensé, de 8910 tonneaux, pour un tonnage brut de 6557 tonneaux de jauge et un tonnage net de 2551 tonneaux. Aux essais il a pu donner une vitesse de 18 nœuds et demi; mais, n’ayant point à se livrer en service à une course au clocher vertigineuse comme les transatlantiques qui desservent New-York, il se contente de donner régulièrement 16 nœuds. Les machines, commandant chacune une hélice, sont à triple expansion, avec des cylindres dont les diamètres respectifs atteignent 850 millim., lm,250 et 2m,020; elles ont pu développer aux essais 9000 chevaux ; couramment on ne leur en demande que 7200. Elles sont alimen-tées par deux groupes de générateurs Belle-ville formant en tout douze corps.
- Si nous ajoutons maintenant que le Laos peut prendre à son bord 145 passagers de première classe, 71 de deuxième et 81 de troisième, que ses cales sont faites pour recevoir 5455 mètres cubes de marchandises, on comprendra que ce paquebot est tout à fait remarquable en lui-même. Mais l’impression va être encore bien autre si nous pénétrons dans la magnifique salle à manger, faite pour recevoir ensemble tous les passagers de première, ou dans les cabines de lie classe, occupées par deux passagers seulement, qui possèdent chacun leur lit au même niveau et une toilette séparée. Un coup d’œil sur les gravures ci-jointes en convaincra le lecteur.
- Ces photographies, nous les devons à M. Jamin-Leglas, de la maison François Leglas-Maurice de
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- Nantes ; ce sont ces importants établissements, qui se font une spécialité de l’ameublement et de l’aménagement des yachts et paquebots, qui ont installé le Laos et un nombre considérable de steamers des
- première classe, ainsi que l’entrée principale et deux promenoirs, tous situés sur le pont supérieur,
- Messageries Maritimes : la compagnie, dans ses chantiers de la Ciotat, ne s’occupe pas de ces détails tout spéciaux. La maison Leglas a été chargée de meubler et de décorer le salon de musique de la
- et en fait sous un même toit. En dessous, sur le pont principal, est le grand salon, que l'on domine des
- Fig. 5. — Le paquebot Laos.
- deux promenoirs formant galeries à balustrade, de part et d’autre d’un grand espace libre qui' assure l’éclairage de ce salon.
- Où que nous pénétrions dans cette partie du navire, nous serons réellement émerveillés. Voici les promenoirs, dont nous apercevons les balustrades et
- les portes d’entrée dans la magnifique photographie <pii représente le grand salon vu vers la cloison arrière; ces promenoirs sont décorés dans le style Louis XIII, avec une profusion d’ornementations du meilleur goût d’ailleurs. On y trouve même de remarquables panneaux de fleurs dus au pinceau d’un
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- artiste de talent, M. Cesbron. Transversalement au grand salon, la même photographie nous laisse apercevoir une balustrade de bois et une large baie ornée de draperies qui ouvre dans le salon de musique. Celui-ci est un vrai petit bijou du style Louis XV : nous en donnons une reproduction.
- Avec ses portes vitrées à petits carreaux, ses boiseries blanches sculptées, ses enroulements, ses glaces, ses dessus de portes peints par Cesbron, son plafond charmant dù au pinceau de M. Moreau-Nérct, il n’évoque point l’idée d’un salon de bateau. Seuls les pieds métalliques qui maintiennent le piano au plancher font songer qu’il faut s’attendre aux coups de roulis ou de tangage.
- Du grand salon, qui, comme à bord de tous les paquebots, est aussi la salle à manger, nous n’aurons pas grand’chose à dire, tellement la gravure que nous en avons fait reproduire parle pour nous. La décoration Louis XIII en est du plus beau caractère, la lumière y pénètre à flot, et l’on est bien loin d’y avoir cette impression d’étouffement qui trouble tant de voyageurs.
- Nous pourrions encore visiter et admirer le fumoir, en style Louis XIII, avec ses boiseries d’acajou et de marqueterie de bois de citronnier; mais nous avons montré suffisamment à quel degré de luxe on en est arrivé dans la décoration des grands paquebots modernes. Daniel Bellet.
- IA DËSARGENTURE
- DES MATIÈRES EN CUIVRE ARGENTÉ
- Les métaux peuvent être recouverts d’une mince couche d’argent grâce à deux procédés bien différents : 1° Par la galvanoplastie, ou par toute action physique ou chimique provoquant la décomposition d’un sel d’argent; exemple, la réaction entre l’azotate d’argent et le cuivre en présence de zinc ; il y a formation d’un courant galvanique. 2° Par l’action de la chaleur; on soude en quelque sorte une couche d’argent sur la surface du second métal.
- On peut argenter des surfaces beaucoup plus grandes par le feu que par la galvanoplastie, mais on arrive difficilement à déposer aussi peu d’argent, à obtenir une argenture d’un titre aussi faible, la quantité d’argent atteint fréquemment et même ^ du poids total de la matière; étant donné le prix relativement peu élevé de l’argent cet inconvénient n’est pas absolu et on fabrique de grandes quantités de feuilles minces de cuivre argenté qui sont destinées à l’obtention de paillettes de toutes formes et en général de toutes les parures de clinquant employées pour l’ornementation des chapeaux, les costumes de théâtre, etc.; il suffit, en effet, si l’on désire avoir des paillettes blanches brillantes, de perforer des feuilles de cuivre argentées, et si l’on désire au contraire des ornements de toutes les nuances et d’un vif éclat, de recouvrir cette surface argentée d’un vernis coloré (le cuivre aune ou rouge n’est pas susceptible de coloration directe, la couleur tient mal et enlève le poli métallique).
- Ceci posé, on peut se demander ce que font les industriels des déchets de fabrication de ces paillettes, déchets qui n’ont du reste qu’une valeur marchande très relative, 115 à 120 francs les 100 kilogrammes; jusqu’à présent,
- ils se contentaient de les rendre aux fondeurs qui obtenaient ainsi un cuivre argentifère de mauvaise qualité; mais il semble qu’ils veuillent tenter une nouvelle opération, l’établissement d’une industrie basée sur la séparation du cuivre et de l’argent contenus dans ces matières.
- Je vais indiquer un procédé peu connu qui permet d’arriver aisément à ce but et qui, vu son bon marché et sa facile mise en pratique, donne la solution de la question industrielle et du problème scientifique « dosage de l’argent contenu sur les matières en cuivre argenté ».
- L’acide sulfurique concentré n’attaque l’argent à froid que très lentement et n’a aucune action sur le cuivre. L’attaque de l’argent par l’acide azotique est instantanée, elle donne de l’azotate d’argent, celle du cuivre est très violente ; elle fournit en même temps que de l’azotate de cuivre une grande quantité de bioxyde d’azote qui se transforme au contact de l’air en peroxyde ou vapeurs nitreuses. L’emploi de l’acide azotique ne permettrait donc pas de séparer les deux métaux; l’attaque par l’acide sulfurique est nulle à froid, à chaud elle produit deux sulfates et de l’anhydride sulfureux ;• on arrive néanmoins au résultat si on mêle ces deux corps dans la proportion de 8 d’acide sulfurique et de 1 d’acide nitrique, on obtient alors désargenture à la seconde et le cuivre n’est pas attaqué. La couche d’argent s’est transformée en azotate et en sulfate, on précipitera aisément ces deux sels après addition de 8 ou 10 volumes d’eau par quelques gouttes d’acide chlorhydrique; le chlorure d’argent insoluble se rassemble aisément par agitation; par des siphonnages successifs on enlève le liquide acide et on obtient le sel pur par filtration et lavages. On m’objectera que les résidus de la fabrication des paillettes colorées ne peuvent être traités ainsi ; il faudra en effet les débarrasser du vernis par une immersion dans un bain de soude caustique ou de potasse de Rome à la température de 45-50° C. (1 kilogramme environ Na OH pour 50 litres d’eau). Le cuivre est intact, il suffit donc de le retirer du bain, de le tremper dans une grande masse d’eau et de l’essuyer rapidement pour éviter toute attaque.
- L’argent est à l’état de chlorure d’argent ; désire-t-on l’avoir à l’état d’argent fin, il suffira d’une opération chimique aussi simple que les précédentes; le fondeur ajoutera dans son creuset un peu de carbonate de soude qui s’emparera du chlore pour donner du chlorure de sodium; on obtiendrait le même résultat en faisant passer sur le chlorure d’argent un courant d’hydrogène.
- Analytiquement, comment déduira-t-on d’une expérience ainsi menée le titre de l’argenture d’un objet en cuivre argenté ? Soit P le poids de l’objet avant passage dans le bain d’acides; P-p, le poids après traitement par
- ce mélange, p représentera le poids de l’argent et p- le
- titre de l’argenture. Ce procédé permet un dosage presque instantané, et il ne nécessite aucun appareil spécial; théoriquement, il est d’une rigueur absolue; pratiquement, on peut craindre une erreur relative de pesées assez grande. En effet, P est toujours très grand par rapport à p, l’évaluation exacte de la différence P -p ne peut donc se faire qu’avec une balance très sensible.
- Industriellement, on réalisera ainsi de fort beaux bénéfices. Soit, en effet, H5 francs le prix moyen de 100 kilogrammes de déchets en cuivre argenté au titre de 7^, 15 francs la somme des frais d’acide et de main-d’œuvre. L’argent fin vaut toujours de 95 à 110 francs le kilogramme. Le cuivre doit être au taux de lfr,80 ou lfr,85, on revendra donc environ 280 francs une matière
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- ayant coûté 130 francs (achat et traitement chimique).
- Le titre de ^ est très faible et on obtient aisément des matières contenant le double d’argent. Joseph Girard,
- Préparateur à la Faculté des sciences de Paris.
- MICROPHONE ET TÉLÉPHONE
- M. Cauro a présenté au mois de juillet dernier, à la Société française de Physique, les résultats d’expériences très intéressantes sur les microphones, sur la mesure des intensités sonores et sur les vibrations des plaques téléphoniques. II a exposé les résultats d’un travail d’ensemble qu’il a entrepris pour mesurer les divers éléments tant acoustiques qu’électriques qui interviennent dans la transmission d’un son musical par le microphone.
- Les mesures ont d’abord porté sur le microphone. Le circuit'primaire comprenait la pile, un microphone d’Ar-sonval à réglage magnétique, le primaire de la bobine d’induction et une résistance auxiliaire. Le circuit secondaire comprenait, outre le secondaire de la bobine, deux téléphones au départ, une ligne artificielle, deux téléphones, et le secondaire d’une bobine d’induction à l’arrivée. Ce qui réalisait les conditions de la pratique. On se plaçait chaque fois dans le cas du son le plus fort susceptible d’être transmis sans crachements (ce qui est facilité par ce fait que le phénomène des crachements fait varier brusquement toutes les quantités qui interviennent), puis dans le cas d’un son que l’on pouvait entendre dans le téléphone par l’intermédiaire de l’air, enfin dans le cas du son le plus faible perceptible. Les résultats ont toujours été extrêmement concordants, à condition d’attendre que l’état permanent fût établi, ce qui éliminait les phénomènes variables dus aux extra-courants et aux effets thermo-électriques. L’amplitude de la vibration de fonde sonore agissante étant de quelques centièmes de millimètre, la vibration de la plaque du microphone transmetteur et la vibration de la membrane du téléphone récepteur sont des fractions de micron. L’intensité du courant dans le circuit primaire comprend un terme alternatif dont la valeur efficace est de 1/4 environ pour les sons les plus forts. Cette intensité efficace est à peu près proportionnelle à l’amplitude de fonde agissante et ne semble pas dépendre de la hauteur du son.
- La force électomotrice efficace en circuit ouvert dans le secondaire est d’environ 1,5 volt pour les sons les plus forts dans le cas du Las. Elle varie sensiblement comme l’amplitude de fonde sonore, et en raison inverse de la période. La différence de potentiel aux bornes du téléphone récepteur est représentée, dans le cas du son le plus fort, par des centièmes de volt et l’énergie absorbée par des millionièmes de watt.
- L’intensité efficace du courant secondaire est de l’ordre des cent-millièmes d’ampère pour le son le plus fort et descend au-dessous du millionième d’ampère pour des sons très nettement perceptibles. Elle est sensiblement proportionnelle à l’amplitude de fonde sonore et ne semble pas varier avec la période. L’action sur la membrane téléphonique étant proportionnelle à l’intensité du courant, le déplacement de cette membrane sera proportionnel à l’amplitude de fonde agissante et ne dépendra pas de la période. On peut conclure de ces résultats expérimentaux que les sons ne doivent pas être modifiés d’une façon différente par le téléphone et, par suite, que le timbre ne doit pas être trop altéré dans le cas d’un son musical complexe.
- M. J. Cauro a effectué ensuite des mesures des inten-
- sités des ondes sonores. La source sonore était constituée par la caisse de résonance d’un diapason de M. Mer-cadier à entretien électrique, sur lequel était collé un petit miroir; par la réflexion d’un faisceau lumineux, on pouvait vérifier à chaque instant que l’amplitude du son n’a pas varié, et la retrouver assez longtemps après.
- La comparaison des amplitudes des ondes sonores se fait par l’observation directe au moyen du microscope, en employant la méthode stroboscopique. Une membrane en baudruche caoutchoutée, très légèrement tendue, est placée sur un petit tambour : au centre est collé un petit disque de verre très léger, et perpendiculairement à celui-ci un fil de verre rigide portant à son extrémité une feuille d’aluminium mince percée d’un trou que l’on observe avec un bon microscope muni d’un micromètre oculaire. On stroboscope en éclairant par un faisceau qui est interrompu par un disque percé de trous. Au moment où la stroboscopie du diapason de la source sonore est atteinte, celle de l’image observée dans le microscope se produit aussi, et cette image reste au point constamment lorsque l’appareil est réglé, ce qui indique que le mouvement du style est une translation suivant sa propre direction et représente en vraie grandeur le mouvement du centre de la membrane.
- En enlevant l’oculaire du microscope et en faisant réfléchir le faisceau émergent sur le miroir porté par le diapason de la source, de façon que les deux mouvements soient perpendiculaires, on obtient sur un écran les courbes de Lissajous ; on trouve toujours la forme caractéristique de l’unisson. La membrane suit donc bien fidèlement le mouvement de fonde sonore qui vient la frapper et permet de la mesurer.
- Pour étudier les vibrations des plaques téléphoniques, M. J. Cauro a eu recours au phénomène des anneaux colorés et à la stroboscopie. Sur la plaque du téléphone on colle un petit disque de verre très mince, travaillé optiquement avec grand soin, et on forme (en lumière monochromatique) les anneaux avec un plan de verre placé devant, à une distance de 2 millimètres environ, ce qui supprime les effets dus à la viscosité de l’air et à l’attraction des deux plaques. On envoie dans l’appareil le courant téléphonique ; les anneaux se brouillent ; on leur rend leur netteté en stroboscopant. On les voit alors se mouvoir lentement. Au moyen d’un quadrillage formé sur la lame de verre qui est en avant, on peut mesurer le déplacement. Celui-ci a toujours été une fraction de frange dans les cas des sons les trop forts transmissibles .sans crachements. Le phénomène est trop petit pour qu’on puisse étudier comment il dépend des divers éléments : intensité du courant, hauteur du son. J. L.
- PLASTICITÉ DES CHAMPIGNONS
- La formule spécifique, c’est-à-dire l’ensemble des caractères dont la présence établit un lien commun entre les animaux et les plantes appartenant à la même espèce, peut varier, sans cesser d’être réalisée et reconnaissable, dans une mesure'plus ou moins large, suivant les types, Ces variations, dont les causes sont multiples, créent les différences individuelles, et font à chaque être un faciès particulier, en dehors des traits généraux qu’il doit à ses affinités : c’est comme un prénom ajouté à un nom de famille. Les plantes supérieures neperdentjamaiscom-
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- LA NATURE.
- plètement la physionomie qui trahit leur parenté; mais, en revanche, les influences des milieux n’ont qu’un respect très relatif pour les caractères spécifiques des polymorphes Champignons, végétaux qu’on est convenu de considérer comme de race inférieure, sans douJe à cause de la complication de leurs phénomènes physiologiques.
- Dans ce groupe, surtout chez les espèces charnues, la forme de l’individu est toujours pour une bonne part le résultat des conditions extérieures dans lesquelles il s’est développé. Doués d’une grande force d’accroissement, composés d'une substance homogène où la division en zones physiologiques n’est pas rigoureuse, produisant indifféremment, selon que le voisinage favorise l’un ou l’autre, du tissu stérile ou du tissu fertile, ces êtres se plient facilement aux exigences du milieu, profitant des influences favorables, tournant au contraire les obstacles.
- Un simple coup d’œil jeté sur les deux spécimens dont nous figurons le portrait montrera jusqu’où peuvent aller quelquefois, chez les champignons, les fantaisies de la forme individuelle. Le premier (fig. 1) est un échantillon d'Agàricus fascicu-Inris, né latéralement d’une souche au revers d’un fossé, et qui, s’il avait pu évoluer normalement, eût certainement donné, en raison de son exubérante activité vitale, un chapeau régulier très volumineux.
- Les résultats de cette activité, gênée dans son expansion et devant se concentrer dans un espace restreint, ont amené une remarquable amplification des parties qui pouvaient subir cette modification. Le pied, normal à la hase et extrêmement court, s’est dilaté en un renflement fibreux, lacu-neux à l’intérieur, couvert à l’extérieur par des feuil-
- lets au moins aussi épais que les lames de la chanterelle, et stériles.
- Au-dessus de cette partie renflée prend naissance
- la région réellement sporifère, l’hyménium véritable; mais les feuillets, au lieu de s’étaler en rayonnant comme chez les individus réguliers, sont devenus de larges expansions lamelleuses, minces, lobulées à la marge et s’enchevêtrant en de bizarres convolu-tions. La surface des feuillets entiers s’est couverte de nombreuses rides perpendiculaires au bord,et représentant des traces de petits feuillets. Chacun d’eux, en outre, limite un lobe du chapeau, formant en quelque sorte un chapeau partiel, doublé à sa face inférieure de feuillets secondaires extraordinairement multipliés et régulièrement rayonnants.
- L’autre spécimen (fig. 2), également tératologique, représente la contre-partie de la déviation que nous venons de décrire. C’est un pied à'Agàricus velutipes, développé sous une écorce où il s’est trouvé tellement comprimé contre le bois que le pied primitif, incapable d’évoluer, s’est divisé en stipes grêles terminés chacun par un chapeau atrophié.
- D’aussi singulières anomalies ne sauraient, évidemment, autoriser cette conclusion que l’espèce n’existe pas chez les champignons, ni qu’ils sont toujours et totalement dépendants dans leur forme des influences du milieu.
- Leurs types sont constants, très définis ; mais la mesure en deçà de laquelle ils peuvent varier sans être essentiellement altérés, sans sortir complètement de leur formule caractéristique, est considérablement reculée grâce à la plasticité de leur substance. A. Acloque.
- --o-Çx--
- Fig. 1. —Forme irrégulière d’Agàricus fascicularis (trouvée en novembre 1893).
- Fig. 2.
- Forme irrégulière d’Agàricus velutipes (trouvée en décembre 1888).
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- LA NATURE.
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- LA MITRAILLEUSE AUTOMATIQUE HOTCHKISS
- Une revue militaire et maritime a présenté la mitrailleuse automatique Hotchkiss comme l’arme adoptée par l’armée française pour lutter éventuellement contre la mitrailleuse Maxim, dont les Allemands ont fait choix et possèdent déjà quelques exemplaires.
- La mitrailleuse Hotchkiss, inventée, il y a trois ans, par un officier autrichien du nom de Ûdkolck, a été successivement modifiée, jusqu’à son état actuel qui paraît être celui de la perfection.
- Le but de toute mitrailleuse est de renforcer le feu de l’infanterie; c’est, en somme, un fusil à .tir extra-rapide. L’Hotchkiss réalise cette condition puisqu’elle permet de tirer jusqu’à 600 coups à la minute; de plus, pour la facilité de l’approvisionnement, il est admis en principe qu’elle tire la même cartouche que les troupes d’infanterie auxquelles elle est adjointe.
- La mitrailleuse Hotchkiss est basée sur le principe de 1’ « automatisme par emprunt du gaz », c’est-à-dire que le fonctionnement de chaque coup est produit par l’action exercée sur le mécanisme par une partie du gaz de la poudre du coup précédent. A cet effet, une ouverture est pratiquée dans le canon, non loin de sa bouche, ouverture par laquelle une partie des gaz de la charge s’échappent avant que la halle ait quitté le canon. Ces gaz exercent alors leur action sur la tête d’un piston parallèle à l’àme et le repoussent en arrière en comprimant un long ressort antagoniste.
- Ce piston, retoulé en arrière, reprend ensuite sa position primitive lorsque la pression gazeuse a cessé de se faire sentir. C’est ce mouvement alternatif du piston qui est utilisé afin de produire l’automatisme.
- La tige du piston porte une série de cames et de ressauts qui assurent le fonctionnement de l’arme; dans le mouvement de recul, la culasse est ouverte et l’étui est éjecté; dans le mouvement de retour, une cartouche est introduite dans le tonnerre, la culasse est fermée, le feu est mis ; et tout peut ainsi fonctionner indéfiniment.
- Cependant, pour que la continuité du tir ait lieu, il est nécessaire que l’on appuie d’une manière continue sur la détente, sans quoi, le piston serait arrêté aussitôt après la fermeture de la culasse et le coup ne partirait pas ; on peut donc produire à volonté soit le feu continu, soit le feu coup par coup.
- L’arme est munie d’une crosse destinée à être appliquée à l’épaule afin de pouvoir assurer le pointage.
- Les cartouches sont disposées sur des lames minces en laiton, 30 par lame, superposées dans des boîtes en carton.
- Deux hommes sont nécessaires pour l’exécution du tir; l’un a l’arme épaulée et assure le pointage,
- l’autre introduit successivement les lames à cartouches dans le mécanisme.
- On peut régler la vitesse du tir continu en faisant varier, à l’aide d’une vis, appelée « régulateur », la capacité de l’espace dans lequel se répandent les gaz avant d’agir sur la tête du piston; plus cet espace est diminué, plus les gaz agissent avec puissance et rapidité, et inversement.
- En avant du tonnerre se trouve une partie renflée et ondulée, désignée sous le nom de « radiateur », dont le but est de diminuer par rayonnement la température du canon de la mitrailleuse qu’un tir précipité tendrait à élever outre mesure.
- L’Hotchkiss se caractérise par une construction d’une grande simplicité ; le système ne comporte pas plus d’une trentaine de pièces, parmi lesquelles aucune vis.
- Le démontage ne demande que 8 à 10 secondes et le montage peut s’exécuter en 12.
- Le maniement de l’arme offre les garanties les plus absolues; la pression d’épreuve du canon et du mécanisme est de 5000 atmosphères alors qu’en réalité, 3000 ne sont que rarement dépassées.
- Il a été construit pour la mitrailleuse Hotchkiss trois sortes d’affût, suivant l’usage auquel on la destine.
- Pour la guerre de montagne, elle se tire sur un tré-
- Jlitrailleuse automatique Hotchkiss.
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- LA NATURE.
- pied pliant dont le transport se fait à dos de mulet. Un mulet porte l’arme, son trépied, les accessoires et 600 cartouches. Un autre porteur est chargé de 1920 cartouches, ce qui constitue un approvisionnement de 2520 coups.
- Pour la guerre de campagne, la mitrailleuse reçoit un affût spécial composé d’une flèche et d’un essieu supporté par deux roues.
- A l'essieu se trouve rivé un bouclier destiné à mettre les servants à l’abri des balles ennemies. L’affût est relié à un léger avant-train pour les transports.
- Enfin pour le service dans les forts ou à bord des navires, l’arme est disposée sur un affût fixe, établi sur la plate-forme ou sur le pont.
- La mitrailleuse pèse 24 kilogrammes, l’affût trépied pliant 15 et l’affût fixe 15.
- Commandant L....
- UN BÂTEAU Â PROPULSION AUTOMATIQUE
- A propos du bateau à propulsion automatique dont nous avons donné précédemment1 la description, M. Hillairet, l’ingénieur électricien bien connu, nous envoie une description d’un navire à voiles utilisant au profit de sa marche le mouvement d’oscillation des vagues. Cette Note a été écrite par notre ami regretté, M. Raffard, et se trouvait dans le Mémoire sur les machines et dessins exposés par lui à l’Exposition de 1849, c’est-à-dire il y a cinquante ans.
- « Il est peu de personnes, disait M. Raffard, qui, en voyant un navire de plusieurs centaines de tonneaux s’élever et retomber sur les vagues n’aient été étonnées de l’énorme quantité du travail développé. J’ai pensé qu’il était possible d’utiliser une partie de ce travail au mouvement de progression du navire.
- « Pour cela je rétrécis le navire à la flottaison afin que sa section horizontale à cette hauteur soit, par rapport au déplacement d’eau, de la moitié au tiers de ce qu’on la fait ordinairement afin de rendre le navire beaucoup moins obéissant aux lames et obtenir le long des murailles un mouvement d’oscillation beaucoup plus grand que celui qui a lieu ordinairement; puis je dispose, au dessous de la flottaison à lm,50 et plus, des plans en fer pouvant tourner au tiers de leur longueur, à compter de l’avant autour d’axes qui leur sont solidaires et perpendiculaires au plan de symétrie du navire. Chacun de ces arbres traverse la muraille dans un presse-étoupes en bronze et est muni d’une manivelle qui, sollicitée en sens contraire par deux ressorts, maintient horizontal le plan de fer qui est à l’extérieur.
- « Si l’on considère l’une des périodes ascendante ou descendante de l’oscillation d’une vague, on verra que l’eau rencontrant le plan en fer le fera tourner d’une quantité à peu près proportionnelle à sa vitesse, et cette vitesse devenant nulle à la fin de la période, le plan reprendra sa première position.
- « L’effort exercé pour faire avancer le navire est à chaque instant, et pour chaque plan, égal à la pression de l’eau sur le plan, multipliée par le sinus des arcs décrits. ))
- 1 Voy. n° 1377, du 14 octobre 1899, p. 515.
- CHRONIQUE
- Légion d’honneur. — Nous sommes heureux d’annoncer aux lecteurs de La Nature la promotion au grade de commandeur de la Légion d’honneur de M. Georges Masson, Président de la Chambre de Commerce de Paris, notre éditeur et ami. C’est dimanche à l’inauguration du port d’Ivry que M. Millerand, ministre du Commerce, a remis à M. Masson la croix de Commandeur, en récompense des grands services qu’il a rendus depuis plusieurs années à l’Industrie et au Commerce parisiens. Le monde savant dans lequel notre éminent éditeur a su se faire de si nombreux amis, tout autant que celui de l’Industrie et du Commerce, accueilleront avec une vive satisfaction cette haute distinction si bien méritée. II. de P.
- Tremblement de terre de Smyrne. — Une violente secousse de tremblement de terre a été ressentie à Smyrne et en Anatolie, dans la nuit du 19 au 20 septembre à 4 heures; le mouvement a eu une durée de quarante-cinq secondes, et il était accompagné de bruits souterrains. D’après un rapport du Consul général de France à Smyrne, les dégâts, pour Smyrne, se bornent à la chute de quelques pans de mur dans les quartiers de Mor-takia, habité par des orthodoxes, et israélites: aucun accident de personne n’est à déplorer. Il n’en est pas de même, malheureusement, en ce qui concerne beaucoup de localités de l’intérieur. Si le tremblement de terre a été ressenti sans accident sur la côte d’Anatolie et dans les îles, ses conséquences ont été désastreuses dans la vallée du Méandre. D’après les renseignements parvenus à la direction du chemin de fer d’Aïdin, renseignements confirmés en grande partie par des informations de source officielle, le tremblement de terre de septembre 1899 aura été un des plus violents que l’on ait eu à enregistrer dans ce pays: à Aidin même, les maisons écroulées ne se comptent pas. Une partie de la ville est détruite, le nombre des cadavres trouvés sous les décombres est de plus de vingt-cinq, alors que les recherches ne font que commencer. En remontant le cours du Méandre, on signale à Nazli vingt morts et quantités d’immeubles endommagés ; à Ortakché, la ville est complètement ruinée ; le nombre des victimes serait de cent personnes. Seraï-keny, Denizli ont également souffert, sans que l’on puisse, jusqu’à présent, se rendre compte du nombre d’individus qui ont perdu la vie dans la catastrophe. L’incendie est venu généralement rendre celle-ci plus terrible : ses conséquences se feront vivement sentir à une époque où toute la population valide doit consacrer son activité à la rentrée des récoltes dans la région qui vient d’ètre si cruellement éprouvée.
- Le sort d’Andrée. — Le capitaine Zachau, qui vient d’arriver à Boston sur le steamer Augusl et qui commandait le vapeur Virgo dans lequel est parti Andrée lors de sa première tentative d’atteindre le Pôle Nord en ballon, a été interviewé relativement aux chances qui peuvent exister qu’Andrée soit encore vivant. Le capitaine a exprimé sa confiance et croit qu’on aura plus tard des nouvelles du hardi voyageur. Il a déclaré qu’on ne devait pas désespérer. Andrée lui a dit, lors de son séjour à bord du Virgo, qu’il était presque impossible que son voyage fût accompli en un an. « Il faut compter, a répété l’explorateur, que je serai parti deux ans au moins, que pendant tout ce laps de temps, il me sera impossible de communiquer avec aucun pays civilisé et que par conséquent on sera complètement sans nouvelles de moi. »
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- Andrée a ajouté : « Quand même mon absence durerait trois années, ne me croyez pas perdu pour cela; cependant, si elle se prolongeait plus de trois ans ce serait un mauvais symptôme. ))
- Déplacement d'un pont à Chicago. — A
- Chicago, on vient de déplacer un pont-levis à double voie qui traversait le Chicago River et appartenait au Chicago terminal Transfer Railroad. Ce pont qui a été déplacé d’une distance de 1 Gm, 1G avait une arche de 87 mètres. On a commencé par le soulever de 0“,35 au-dessus du pilier central afin de pouvoir construire un ber en dessous pour le soutenir. Ce ber glissait sur des semelles suifées, et après avoir laissé reposer dessus le poids du pont, le tout a été déplacé par glissement jusqu’à la nouvelle place que le pont devait occuper. Le poids déplacé dépassait 600 tonnes. Ce travail a été exécuté sous la direction d’un Français d’origine, M. F.-E. Paradis, ingénieur en chef de la Compagnie du chemin de fer.
- 1/industrie électro-chimique. — L’industrie électro-chimique occupe aujourd’hui une place relativement importante, d’après les renseignements fournis par M. Borchers au récent Congrès de la Société allemande d’électro-chimie à Aix-la-Chapelle. Les procédés électriques sont exclusivement employés pour la production de l’aluminium, du potassium, du magnésium, du sodium et de l’hydrogène ; ils sont appliqués, avec d’autres systèmes, pour la fabrication du plomb, du chlore, du fer, de l’or, du cobalt, du graphite, du cuivre, du nickel,, du platine, du phosphore, de l’oxvgène, de l’argent, du bismuth, du zinc, de l’étain. On a enfin essayé de les utiliser pour la production de l’antimoine, de l’arsenic, du bore, du chrome, du manganèse, du mercure et du wolfram. Les principales applications de l’électro-chimie sont dans l’industrie des accumulateurs, la galvanoplastie et le blanchissage. La puissance utilisée dans ces applications est soit hydraulique, soit obtenue par machines à vapeur : elle est très variable suivant les pays. On compte, au point de vue hydraulique, une puissance de 13800 chevaux en Allemagne, 1 1530 en Angleterre, 110140 en France, 29485 en Italie, 31 500 en Norvège, 27 000 en Autriche, 38 950 en Suisse, 72 300 aux États-Unis. Diverses installations par machines à vapeur ont été montées; on compte, dit-on, 1000 chevaux en Belgique, 16173 en Allemagne, 8150 en Angleterre, 1300 en France, 23 en Autriche, 11 750 aux États-Unis et 454 au Transvaal. Pour les moteurs à gaz on ne compte qu’une puissance de 20 chevaux en Angleterre et de 2500 chevaux aux États-Unis. Les produits principaux sont les suivants : aluminium 12 930 tonnes, cuivre 166 360 t., nickel 182,5 t., acide caustique 82 060 t., potasse caustique 17 280 t., chlorure de calcium 256 244 t., chlorate de chaux 225000 t., carborundum 1585 t., or 21 320 kg., argent 1 475 005 kg.
- Traction des tramways à Mew-York. Prix de revient. — La Compagnie métropolitaine des tramways de New-York possédait au 30 juin 1899 une longueur de 40km,750 de voies à traction funiculaire, 132km,200 à traction électrique avec caniveau souterrain et 182km,600 à traction par chevaux. Les tramways électriques depuis un an ont transporté 3 fois plus de voyageurs et leurs recettes par voiture-kilomètre ont passé de 0fr,84à 0rr,97. Les tramways à funiculaire ont vu leurs recettes baisser de 10 pour 100 et les tramways à chevaux de 50 pour 100. En réunissant les trois systèmes de traction, on trouve qu’en 1898 les frais d’exploitation ont été de 0fr,47 par voiture-kilomètre au lieu de 0fr,50 en 1897. Les béné-
- fices ont été de 0fr, 4 8 au lieu de 0r,44. La différence provient des lignes électriques qui ont en outre comblé le déficit de 0rr,055 par voiture-kilomètre des lignes à traction par chevaux et par câble. En somme, la traction électrique a été reconnue beaucoup plus commode et plus économique.
- JLe cuirassé russe (( Borodino ». — Il se trouve actuellement sur les chantiers de la Nouvelle Amirauté, à Saint-Pétersbourg, un cuirassé destiné à prendre place dans la flotte russe, et qui est d’un type intéressant. C’est le Borodino. Long de 120“,90, il est large de 23“,16 et son tirant d’eau atteint 7m,92. Son déplacement sera de 13 600 tonneaux et ses machines seront en état de développer une puissance de 16000 chevaux. Tout comme le Tsarévitch, qui est actuellement en construction en France, le Borodino sera muni d’une protection spéciale contre les torpilles. Le revêtement protecteur dont il s’agit doit avoir une épaisseur de 38““ ; d’autre part, sa ceinture cuirassée sera épaisse de 178““ dans sa portion supérieure, de 228 au milieu et de 101 en bas.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séançe du 25 octobre 1899. —Présidence de M. Van Tieghesi.
- Une maladie des haricots. — M. Prillieux présente une Note de M. Delacroix relative à une maladie qui vient d’exercer ses ravages, dans la banlieue sud de Paris, sur les haricots flageolets. Cette maladie est connue sous le nom de graisse des haricots, parce qu’elle est caractérisée par l’apparition sur les gousses encore vertes des taches d’un vert vif comparables à des taches d’huile. Toutes les gousses atteintes pourrissent, et les fruits qu’elles renferment contiennent une multitude de bactéries. M. Delacroix a réussi à cultiver cette bactérie dans différents bouillons, et il a déterminé l’infection de plantes parfaitement saines en piquant les gousses avec une aiguille trempée dans une culture ou dans le liquide des gousses en putréfaction. La propagation se fait par celles-ci lorsqu’elles tombent sur le sol ; les gousses saines en traînant sur le sol contaminé contractent la maladie. Il est d’ailleurs à remarquer que les bactéries en question vivent peu dans le sol; aussi l’auteur propose-t-il, comme moyen d’éteindre l’infection, l’alternance des cultures et l’ensemencement à l’aide de graines provenant d’une région indemne.
- Propriété des tissus des vaisseaux. — M. Henri Gautier présente une Note de M. Stassano sur les propriétés des tissus des vaisseaux. Si l’on injecte à un animal une forte quantité de sublimé, le mercure se localise dans les tissus les plus vasculaires. On voit, au bout d’un certain temps, le mercure disparaître du sang dans lequel il réapparaît d’ailleurs plus tard lors du travail d’élimination. Qu’est devenu ce mercure? C’est l’épiderme interne des vaisseaux, c’est-à-dire l’endothélium, qui l’absorbe. M. Stassano fait à ce sujet l’expérience suivante : il injecte la même quantité de sel de mercure à des animaux différents dans la veine jugulaire ou dans l’artère crurale, puis il dose le mercure dans le poumon et dans le cœur. Il trouve des quantités de sels de mercure différentes. Or, dans le premier cas, le trajet parcouru par le sang est plus court. D’après les recherches de M. Stassano, l’épithélium fixe également les sels d’argent, le violet de méthyle. Dans ce dernier cas, il perd la propriété d’absorber le mercure et les différents toxiques. L’animal injecté au violet de méthyle supporte, par exemple, l’action de la strychnine.
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- LA NATURE.
- Varia. — M. Stanislas Meunier adresse une Note intitulée : Observations relatives aux dépôts de certains travertins calcaires. Ch. de Villedeuil.
- ÉLECTRICITÉ PRATIQUE
- TRANSFORMATEUR A INTERRUPTEUR ÉLECTROLYTIQUE
- Nous avons déjà décrit1 l’intéressant interrupteur Wehnelt pour bobines d’induction, qui a permis d’obtenir des interruptions très rapides et d’atteindre ainsi des résultats très remarquables e n radiographie et en radioscopie.
- Un de nos constructeurs parisiens, qui s’occupe beaucoup des petites applications générales de l’électricité,
- M. E. Chomeau, vient de construire un appareil intéressant, un nouveau transformateur, tout en utilisant les diverses propriétés de l’interrupteur Wehnelt.
- Son transformateur, dont la figure 1 donne une vue d’ensemble et dont la figure 2 donne un schéma, peut se brancher sur un circuit ordinaire de distribution à 110 volts à courants continus ou à courants alternatifs. Il consomme une intensité très faible dans le circuit primaire, environ 1,6 ampère, et au contraire donne dans le circuit secondaire une intensité plus élevée, jusqu’à 50 ampères, avec une différence de potentiel réduite.
- Cet effet est obtenu à l’aide des dispositions suivantes que l’on peut suivre sur le schéma (fig. 2). Sur les deux fils de distribution à 110 volts placés à
- la partie supérieure, l’appareil est branché directement en A, le fil du circuit vient ensuite en B à un fil de platine D placé à l’intérieur d’un tube de verre.
- Le fil de platine ressort à l’extrémité du tube dans une cuve remplie d’eau acidulée. Dans cette même cuve se trouvent deux électrodes en charbon C ; c’est là la disposition ingénieuse de l’interrupteur
- Wehnelt.
- Le circuit est ensuite relié en E au circuit primaire à fil fin d’une bobine de Ruhmkorff, dont la deuxième extrémité est branchée sur le second fd de la distribution.
- Dans le circuit secondaire à gros fil, dont les bornes aboutissent en F et G est placée une résistance R dont on peut faire varier la valeur à volonté.
- Il est ainsi facile de brancher cet appareil directement sur 110 volts sans aucune résistance, et il fonctionne dans
- de bonnes conditions; l’interrupteur marche bien sans étincelle à 110 volts, tandis que tous les autres trembleurs donnent des étincelles pour des différences de potentiel aussi élevées.
- Ce transformateur à interrupteur électrolytique permet d’obtenir dans le circuit secondaire des intensités élevées, qui peuvent servir à alimenter, par exemple, les cautères des chirurgiens et des dentistes.
- On peut également l’employer à la pyrogravure. Ajoutons que l’appareil est très portatif et ne demande aucune installation spéciale. J. L.
- Le Gérant : P. Masson.
- Fig. 2. — Schéma intérieur de l’appareil.
- 1 Yoy. n” 1352 du 22 avril 1899, p. 323.
- Paris. — Imprimerie Laiüre, 9, rue de Fleuras.
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- N° 1380.
- 4 NOVEMBRE 1899.
- LA NATURE.
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- CONCASSEUR AUTOMATIQUE POUR COKES, CHARRONS ET ANTHRACITES
- SYSTÈME AUGÉ-BLEM
- Tous nos lecteurs savent apprécier combien il est agréable de trouver le coke et le charbon concassés en petits morceaux, prêts à être mis dans le poêle. Il y a là une économie d’efforts qui satisfait la paresse humaine en général, et accommode en particulier les citadins, dont le temps est toujours très pris. C’est pour cela que le charbon divisé en noisettes dites têtes-de-moineaux jouit de la faveur générale, en province et surtout à Paris. L’industrie a dû chercher les moyens de faire honneur aux demandes, mais n’avait pas jusqu’à présent trouvé au problème une solution suffisamment économique.
- Pour le concassage des cokes, on emploie le plus généralement de simples broyeurs en forme de cylindres armés de dents, et roulant par couples l’un sur l’autre.
- Pour les charbons, le concassage, demeuré primitif, se fait surtout à la main ; et autour des mines de nombreuses personnes sont occupées à cette besogne, quelles accomplissent à l’aide d’un simple marteau pointu.
- Ce procédé est forcément coûteux, si l’on considère qu’un ouvrier ne peut concasser plus de 1000 kilogrammes par jour; en outre, la proportion des déchets est considérable; le charbon ainsi divisé donne beaucoup de poussières et de nombreux fragments inutilisables.
- Il faut croire que le problème présentait de réelles difficultés, puisque depuis une dizaine d’années on cherche à le résoudre, sans grand succès, par la construction de machines destinées à remplacer le travail humain et à faire plus de besogne. Deux inventeurs de Rouen, MM. Augé et Blüm, se sont attachés à cette question et viennent d’imaginer un appareil qui 27° année. — î® semestre.
- semble avoir éliminé toutes les imperfections des autres systèmes.
- Ils se sont proposé pour objectif de prendre les charbons et les cokes tels que les livre directement la mine ou la cornue, et de les transformer par une seule opération en noisettes régulières prêtes à être livrées à la consommation.
- Leur appareil se compose d’une caisse surmontée d’une trémie qui reçoit les morceaux à concasser; entre les parois de la caisse sont placés transversalement des prismes à section quadrangulaire; ces prismes sont mobiles autour de leur axe, et disposés en plusieurs séries dont les éléments diminuent de largeur et d’écartement à mesure que la série est plus inférieure.
- Parallèlement à l’axe des prismes sont disposés 25 pics de chaque côté, se correspondant deux à deux, en face l’un de l’autre, très exactement. Ces pics fendent toujours par le milieu, quelles que soient ses dimensions, tout morceau qui se présente dans leur écartement. Ils sont à section triangulaire, et évidés sur leurs trois faces latérales de manière à présenter des arêtes longitudinales.
- Le fonctionnement de l’appareil est facile à comprendre : soit un gros morceau de charbon, prêt à être divisé, et se présentant à la première série de prismes (fig. 2, A) ; les pics correspondants la diviseront en deux fragments qui, après rotation des prismes (fig. 2, B), tomberont à la deuxième série, où ils subiront la même opération.
- Et ainsi de suite jusqu’à la dernière série. Là, les fragments sont reçus soit sur un transporteur
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- Fig. 1. — Vue d’ensemble du concasseur.
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- soit sur un crible destiné à en séparer le poussier.
- Le concasseur automatique Augé-Blüm donne 75 pour 100 de noisettes et 10 pour 100 de grains; il ne produit donc que 20 à 25 pour 100 de déchets, tandis que les anciens concasseurs n’ont au maximum qu’un rendement en noisettes de 46 pour 100. Deux chevaux de puissance suffisent largement à l’actionner; il est en outre de dimensions restreintes, puisqu’il n’a que 2 mètres de haut sur 1 mètre carré de surface II peut concasser environ 1500 kilogrammes par heure. L. R.
- NOUVELLE MATIÈRE RADIO-ACTIVE
- M. et Mme Curie ont démontré que l’émission des rayons actifs constatée dans la pechblende ne provenait pas seulement de l’uranium contenu dans cette substance, mais surtout de deux nouveaux éléments radiants : le polonium et le radium.
- Le polonium se comporte comme un élément voisin du bismuth; le radium a toutes les réactions chimiques du baryum. L’individualité d’un de ces deux éléments actifs a été confirmée par l’observation d’un spectre distinct faite par M. Demarçay. M. A. Debierne vient d’examiner au laboratoire de physique de la Sorbonne, si la pechblende ne renfermait pas d’autres éléments de radioactivité. Il est arrivé à des résultats intéressants.
- La matière qui m’a servi, dit M. Debierne, provenait d’une usine de traitement de minerais d’urane et était déjà presque complètement débarrassée d’urane. La quantité de produits radiants contenus dans cette matière paraissait être extrêmement faible; un premier travail a consisté à organiser le traitement d’une très grande quantité de matière, plusieurs centaines de kilogrammes, et à éliminer, aussi complètement que possible, les matières radiantes déjà connues (polonium et radium).
- La majeure partie du produit précipitant par l’ammoniaque était composée d’oxyde de fer et d’alumine; mais, à côté de ce corps, j’ai reconnu la présence d’un assez grand nombre d’autres qui s’y trouvaient en proportions très faibles. C’est ainsi que j’ai pu séparer de petites quantités de zinc, de manganèse, de chrome, de vanadium, d’uranium, de titane, de niobium, de tantale ; les terres rares étaient également représentées, et j’ai pu caractériser le lanthane, le didyme, le cérium et les terres ytlriques.
- La radio-activité, qui existait à un faible degré dans la masse brute du groupe précipitable par l’ammoniaque, se concentrait en certains points à mesure que l’on effectuait les séparations.
- J’ai ainsi constaté que la portion renfermant le titane et les corps analogues montrait la radio-activité à un degré très intense, et après un traitement assez compliqué, sur la nature duquel je reviendrai plus tard, j’ai obtenu une matière dont les solutions présentaient les principales propriétés analytiques du titane, mais qui émettait des rayons extrêmement actifs.
- La radio-activité d’une fraction de cette matière a pu être déterminée grossièrement comme cent mille fois plus grande que celle de l’uranium. De plus, cette matière a des propriétés chimiques tout à fait différentes de celles du radium et du polonium. Les radiations émises par cette matière sont tout à fait comparables à celles qui ont été déjà observées par M. et Mme Curie pour le polonium et le radium. Elles rendent les gaz capables de
- décharger les corps électrisés, elles excitent la phosphorescence du platino-cvanure de baryum et impressionnent’ les plaques photographiques.
- La nouvelle matière se distingue cependant du radium en ce qu’elle n’est pas spontanément lumineuse : M. et Mme Curie1 ont en effet constaté que les composés du radium émettaient, dans l'obscurité, une lueur parfaitement distincte. J.-F. Gall.
- VALEUR ALIMENTAIRE DES FRUITS
- Voici, d’après les recherches de M. Balland communiquées à l’Académie des Sciences, quelques données sur la composition chimique et la valeur alimentaire des principaux fruits.
- L’examen de M. Balland a porté sur les fruits suivants classés d’après leurs familles botaniques :
- Ampélidées, Raisins; Aurantiacées, Oranges; Corylacées, Noisettes; Grenatées, Grenades; Grossulariées, Groseilles; Juglandées, Noix; Morées, Figues; Musacées, Bananes; Oléinées, Olives; Palmiers, Dattes; Rosacées, Abricots, Amandes, Cerises, Coings, Fraises, Framboises, Nèfles, Pêches, Poires, Pommes et Prunes.
- Tous les fruits, à leur maturité, contiennent de 72 à 92 pour 100 d’eau; dans les fruits plus ou moins desséchés du commerce (raisins secs, pruneaux, noix, noisettes, figues, amandes), cette proportion dépasse rarement 35 pour 100 et elle est souvent au-dessous de 10 pour 100 dans les amandes, les noix et les noisettes.
- Dans les fruits à pulpe, la matière azotée représentant l’albumine végétale passe de 0,25 pour 100 dans la poire à 1,45 pour 100 dans la banane; dans les fruits-graines (amandes, noix et noisettes), elle est plus élevée : 15 à 20 pour 100 à l’état sec.
- Les matières grasses, avec tous les produits solubles dans l’éther (huile essentielle, matières résineuses et colorantes), sont généralement en plus faible proportion que les matières azotées; il n’v a d’exception que pour les olives, les amandes, les noix et les noisettes chez lesquelles l’huile domine (58 à 68 pour 100 à l’état sec).
- Les cendres, dont quelques-unes renferment des traces de manganèse (figues, poires, pruneaux), sont en faible quantité, de même que la cellulose inerte : celle-ci n’est en proportion notable que dans les coings et les nèfles.
- L’acidité atteint son maximum dans les framboises et les groseilles (1,25 pour 100).
- Le sucre et les matières dites extractives (amidon, dextrines, pectines, gommes, cellulose sacchariliablc, acides organiques) représentent, avec l’eau, la majeure partie des éléments contenus dans les fruits à pulpe. Le sucre, qui est entièrement assimilé, a son rôle dans l’alimentation : les fruits qui en contiennent le plus, comme les bananes, les dattes et les figues, constituent de véritables aliments hydrocarbonés. Les matières extractives agissent aussi à la façon du sucre, mais à un moindre degré, leur coefficient de digestibilité étant moins élevé.
- A part de rares exceptions, conclut M. Balland, les fruits sont peu nutritifs et ne peuvent être considérés comme des aliments :leurs sucs qui flattent plus ou moins nos goûts par leur odeur, leur saveur ou leur acidité, jouent plutôt le rôle de condiments.
- 1 Société de physique, mars 1899; Revue de chimie pure et appliquée, juillet 1899.
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- LA CULTURE DE LA VANILLE
- A I.A RÉUNION'
- Alors que notre colonie de la Réunion possède un excellent sol, au moins comparable à celui de la colonie anglaise de Maurice, et que, dans ce dernier pays, la culture si rémunératrice de la vanille joue un rôle de tout premier ordre, l’inertie et la paresse du créole comme du nègre de Bourbon font que l’on ne tire guère parti de ses richesses naturelles. Cependant il y a encore dans l’ile certaines plantations bien entretenues, produisant d’excellente vanille apprécié sur tous les marchés, et il est intéressant de signaler les procédés culturaux qu’on y suit.
- Aîous les trouvons indiqués dans un compte rendu de voyage dû à la plume de M. Verschuur, et ils s’appliquent spécialement à la plantation de MM. Leffray et Leroux, qui se trouve au Bois-Blanc, et qui est peut-être la plus importante vanillerie de l’ile.
- Il n’est pas besoin de rappeler que la vanille est une plante grimpante qu’on plante toujours à côté d’un arbre auquel elle doit s’accrocher pour se soutenir : elle enlace le tronc, auquel on la fixe encore pour plus de sécurité, et on la surveille constamment, afin qu’elle ne tombe ni d’un côté ni de l’autre. Les modestes producteurs qui ne peuvent faire la dépense des plantations d’arbres nécessaires, se contentent de piquer en terre des tuteurs, c’est-à-dire de simples bâtons, qui ne permettent pas de lahser la vanille prendre tout son développement ; mais, dans les grandes vanilleries, on plante des vacoas ou des filaos, qui répondent le mieux au but que l’on poursuit. Généralement, quand les conditions sont bonnes, la vanille commence à donner au bout de deux ans, et c’est à partir de ce moment qu’elle est soumise à une surveillance étroite, car un produit dont le prix atteint 50 à 60 francs le kg est bien fait pour tenter les voleurs : aussi sur toute plantation y a-t-il des gardiens de jour et de nuit.
- La gousse peut être de grandeur assez variable, elle a la forme et la couleur vert pâle d’un de nos haricots d’Europe ; elle se présente en paquets plus ou moins fournis le long de la tige. Mais, pour assurer la fécondation de la fleur, et par conséquent la formation même de ce fruit, aussitôt que s’est ouverte la fleur, on a opéré la pollinisation artificielle. Dès que chaque gousse est bien formée, et qu’elle approche de sa maturité, c’est-à-dire quelques semaines avant d’être cueillie, elle est marquée aux initiales du propriétaire.
- La maturité une fois venue, il ne faut pas croire que la simple cueillette suffise pour que l’on puisse mettre en vente le précieux produit : il doit au contraire suhir une longue et minutieuse préparation. En effet, tout d’ahord on plonge les gousses dans l’eau très chaude, mais non bouillante, à une température qui doit être de 85° pour les gousses en parfaite maturité, et de 75° pour lesvanil-lons un peu verts ou trop fluets ; les premières gousses demeureront trois minutes dans cette eau, les autres quatre. Quand on les a retirées de l’eau, on les range entre deux couvertures que l’on expose au soleil pendant deux ou trois jours : cela les fait passer au brun. On les étale alors durant trente ou quarante jours sur des claies, de manière à les bien faire sécher, et on les met dans des boîtes en métal où elles restent environ un mois, mais pour y être soumises à un examen, à une surveillance continuelle. 11 faut, en effet, se rendre compte si chaque gousse est bien à point, surtout constater si l’on ne découvrirait pas une tache de moisissure, car une
- seule gousse moisie peut infecter toutes les autres.
- Au bout de ce nouveau stage, la vanille est prête à être expédiée sur les marchés ; il faut toutefois encore la classer suivant sa longueur, la réunir par paquets et l’emballer dans des boîtes en fer-blanc. Grâce à une préparation aussi méticuleuse, et aussi à la qualité? du sol de Bourbon, cette vanille est réputée comme la meilleure du monde. D. B.
- LES CORPS GRAS TOTAUX
- M. Gerber, de Marseille, poursuit depuis longtemps des études sérieuses sur la formation des substances que l’on rencontre dans les végétaux. Il avait présenté, à la section de chimie de l’Association française, l’année dernière, les résultats de ses recherches sur la formation de l’huile d’olive et de l’huile de ricin. Il a étendu, depuis, d’après les renseignements publiés par la Revue scientifique, ses investigations à un grand nombre d’autres corps gras végétaux, avec ce résultat qu’il peut conclure que les corps gras d’origine végétale prennent naissance aux dépens des hydrates de carbone et des matières sucrées, et que cette formation est accompagnée d’un quotient respiratoire supérieur à l’unité : on voit par là que la chimie biologique des végétaux est identique à celle des animaux. De plus, il a entrepris de nouvelles recherches pour savoir si, comme beaucoup d’auteurs le pensent, la formation des corps gras serait due à une fermentation alcoolique, c’est-à-dire dans laquelle l’oxygène absorbé proviendrait de la combustion d’une partie du sucre. 11 résulte des expériences auxquelles M. Gerber s’est livré, que l’hypothèse suivante semble beaucoup plus probable : les hydrates de carbone et les matières sucrées, pour se transformer en corps gras, empruntent de l’oxygène à l’atmosphère et lui restituent un volume beaucoup plus grand de gaz carbonique. Or, le gaz carbonique contient son volume d’oxygène, il y a donc départ d’une quantité d’oxygène supérieure à la quantité absorbée. Le résultat est une désoxydation.
- LE MULTIPHONE DUSSAUD
- M. llussaud vient d’imaginer un petit appareil, auquel il a donné le nom de multiphone parce qu’il sert à multiplier les sons du téléphone et du phonographe, soit pour les faire entendre à une plus grande distance, soit à un plus grand nombre de personnes ou à des sujets dont l’ouïe est affaiblie. Cet appareil a été présenté, il y a peu de temps, par M. Laborde à l’Académie de médecine.
- La figure 2 (n° 1) nous montre la disposition adoptée pour l’application du multiphone au téléphone. En B se trouve la bobine du récepteur téléphonique, et en P la plaque vibrante. La caisse sonore M constitue le multiphone qui recueille les vibrations de l’air des deux côtés de la plaque vibrante. Ces vibrations sont transmises en un point E, où l’on peut fixer des appareils pour entendre à l’oreille, ou un cornet C. Nous avons assisté à quelques expériences faites dans ces conditions, les sons sont nets et forts. 11 est certain que le multiphone permettra aux personnes dures d’oreilles de se servir du téléphone.
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- M. Dussaud cherche à utiliser le multiphone pour rendre service aux personnes d’ouïes mauvaises et désirant assister au spectacle. Il serait en effet possible dans chaque théâtre d’installer quelques appa-
- reils de ce genre reliés aux microphones du théatro-phone. Les personnes dures d’oreilles pourraient ainsi suivre plus facilement une pièce.
- La figure 1 nous montre le multiphone installé sur
- Fig. 1. — Le multiphone installé sur la membrane du phonographe.
- la membrane du phonographe, et la figure 2 (n° 2) nous fait voir en plan les détails de l’installation. En C se trouve la caisse sonore du multiphone ; elle n’a pas de fond, car c’est la membrane môme du phonographe qui constitue ce fond.
- Cette caisse est percée d’une petite ouverture 0 pour laisser passer le style du diaphragme. On fixe d’abord à la seccho-tine le multiphone sous le diaphragme reproducteur du phonographe. Puis on place sur le chariot ch le support P à l’aide d’une pince S; l’embouchure E reliée à un second cornet amplificateur CA se trouve devant la tubulure T, à laquelle elle est reliée par un tube de caoutchouc ca. Si l’on fait alors fonctionner le phonographe, on voit que le diaphragme agit, comme à l’ordinaire, par sa face supérieure pour envoyer des ondes sonores dans son cornet, que l’on voit à peine commencé dans notre dessin. Le multiphone C, en même temps, recueille
- les vibrations delà face inférieure du diaphragme, les envoie par la tubulure T, le tube de caoutchouc ca et l’ouverture E dans le second cornet CA.
- Ces expériences, qui ont pour but d’augmenter dans une grande mesure la puissance des sons du phonographe, et que M. Dussaud a bien voulu répéter devant nous, sont très concluantes et faciles à utiliser ; elles permettront de faire entendre le phonographe aux sourds. M. Dussaud a continué par là la série d’inventions qu’il a entreprises pour soulager cette infirmité; il a réussi à faire fonctionner, dans les conditions les plus satisfaisantes, les lentilles acoustiques, le microphonographe, et le téléphone haut parleur1. J. Laffargue.
- 1 Voy. n° 1186 du 15 février 1806, p. 161, pour les lentilles acoustiques, en collaboration avec M. Perrot; n° 1236 du 6 février 1897, p. 145, pour le microphonographe, et n° 1333 du 10 décembre 1898, p. 51, pour le téléphone haut parleur. —
- Fig. 2.— Apjllcations du multiphone.
- 1. Au téléphone. — 2. Au phonographe.
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- LE MONUMENT DE FÉLIX TISSERAND
- La ville de Nuits-Saint-Georges vient de rendre un pieux hommage à l’un de ses enfants dont le nom passera à la postérité, à l’illustre astronome Félix Tisserand, qui restera une des gloires scientifiques de notre pays. Le grand public méconnaît trop ses illustrations les plus pures. La célébrité n’est pas synonyme de la valeur. Tisserand était assez peu connu en dehors du monde savant. Il n’avait à son actif aucune de ces découvertes qui frappent l’imagination des foules. Son nom ne disait rien à la multitude. Et pourtant aucun ne méritait plus l’admiration de nos contemporains.
- On le savait bien parmi ses pairs. Aussi est-ce avec une grande satisfaction que l’on apprit que sa ville natale tenait à honneur de conserver par un monument le souvenir de celui qui occupa un des premiers rangs parmi les savants de notre époque.
- La ville de Nuits-Saint-Georges organisa une souscription publique et les listes se couvrirent rapidement . Rapidement aussi on put élever le petit monument qui a été inauguré en grande pompe le 15 octobre dernier.
- Nous devons à la bienveillance de M. le maire de Nuits-Saint-Georges de pouvoir en reproduire ici la photographie. Cette pyramide modeste et simple, mais d’un très joli effet, a été sculptée par M. Mathurin Moreau; sa composition est due à M. l’architecte Vionnais. La pyramide repose, sur un soubassement circulaire mouluré et couronné par un chapiteau orné aux quatre faces de volutes reliées entre elles par des guirlandes de laurier; le tout est surmonté d’une sphère céleste en bronze. Sur la face principale une console supporte le buste de Tisserand. Sur les faces latérales sont sculptés le système planétaire et le grand télescope de l’Observatoire de Paris ; sur la face postérieure est gravée l’inscription qui résume les principaux titres
- du grand astronome. Enfin un fut très finement sculpté reproduit les signes du Zodiaque. En somme le monument a du caractère et fait honneur à MM. Yion-nais et Moreau.
- Beaucoup de savants et parmi les plus illustres s’étaient rendus à l’invitation du maire et du Conseil municipal de Nuits-Saint-Georges. Le maire a pris le premier la parole pour rendre compte de l’œuvre du Comité de souscription, pour remettre le monument à la ville et remercier les souscripteurs. M. le général Bassot représentait l’Académie des sciences,
- en remplacement de M. Faye, le doyen de la section d'Astrono-mie, empêché de faire le voyage. M. Bassot communiqua une lettre de M. Faye dans laquelle celui-ci montrait avec sa netteté habituelle l’influence considérable qu’eut Tisserand à l’Association géodésique internationale. Le général Bassot salua le monument au nom de l’Académie des sciences, en son nom personnel comme ami et comme compatriote.
- M. Poincaré prit la parole au nom du Bureau des Longitudes; M. Baillaud* directeur de l’Observatoire de Toulouse, rappela les années où Tisserand dirigeait le même observatoire et était professeur à la Faculté des sciences de Toulouse. II fit voir, en excellents termes, le rôle considérable que joua Tisserand dans le développement de cet observatoire. Son souvenir est encore vivant à Toulouse. M. Callandreau prit ensuite la parole au nom de la Société astronomique ; M. Tannery, au nom de l’École normale ; M. Bigourdan, au nom des anciens élèves de Tisserand; un habitant de Nuits, au nom de la ville et de la famille.
- Enfin, M. Lœwy, directeur de l'Observatoire de Paris, représentant le ministre de l’Instruction publique, au nom du Gouvernement et de l’Observatoire.
- Nous ne rappellerons pas ici la vie si simple de Félix Tisserand1. Né à Nuits (Côte-d’Or), le 15 jan-1 Voir la Nécrologie, n° 1222, (tu 51 octobre 1896, p. 537.
- Le monument de Félix Tisserand à Nuits-Sainl-Georges.
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- vier 1845, il était élève de l’École normale en 1803, agrégé des sciences mathématiques en 1866, docteur ès sciences en 1868, directeur de l’Observatoire de Toulouse en 1873, et professeur de mécanique rationnelle à la Faculté des sciences de cette ville. En 1878, il entrait comme astronome adjoint à l’Observatoire de Paris. En 1883, il était nommé professeur d’astronomie à la Faculté des sciences de Paris. Enfin en 1892, à la mort de l’amiral Mouchez, il était appelé à la direction de l'Observatoire de Paris. Correspondant de l’Académie depuis 1874, Tisserand était élu membre titulaire le 18 mars 1878, en remplacement de Le Verrier. Il est mort à Paris le 20 octobre 1896.
- Tous ceux qui connaissaient Félix Tisserand étaient vite gagnés par son extrême affabilité, sa grande bienveillance, Il était bon et charmant. Le hasard nous rapprocha et nous avons vécu dans son intimité pendant une douzaine de jours au Congrès géodé-sique de Nice en 1888; à l’observatoire de M. Bis-choffsheim nous nous rencontrions à chaque instant. Nous avons pu l'apprécier dans toute sa simplicité. Nous avons sous les yeux, en écrivant ces lignes, une lettre de lui qu'il nous écrivit plus tard et que nous relisons avec tristesse. Un lundi, à l’Académie des sciences, nous lui montrions une information dans laquelle il était dit que le jour de la rentrée des cendres de Napoléon, le Soleil avait été de la fête et qu’il était apparu exactement dans l’encadrement de l’Arc de Triomphe, à son coucher le 5 mai. « Est-ce bien exact? demandions-nous. — Je n’en sais rien, répondit Tisserand, mais je vous le dirai. » Il était déjà directeur de l’Observatoire, surchargé de besogne. Il prit cependant le temps de faire le calcul des azimuts, et,deux jours après, il nous répondait : « C’est exact. Le soleil se couche le 5 mai au milieu de l’Arc de Triomphe pendant son mouvement ascendant et il y repasse le 6 août pendant son mouvement descendant. »
- Le savant était à la hauteur de l’homme. M. Poincaré dans son discours n’a-t-il pas dit que Tisserand rappelait Laplace par la concision et l’élégance et qu’il l’emportait sur lui par la clarté de son exposition. « Son admirable Traité de mécanique est le livre que Laplace aurait écrit s’il avait vécu de nos jours. » C’est aussi M. Poincaré qui a dit : « La mort n’a pas pris Tisserand au dépourvu. Il a semé, nous récolterons. »
- M. Maurice Lœwy, son successeur à l’Observatoire, a rappelé jusqu’à quel point ses recherches laborieuses avaient éclairé la solution des questions les plus importantes de la constitution de notre système solaire. « Nommé en 1892 directeur de l'Observatoire national, a encore dit M. Maurice Lœwy, pendant son passage si court, il y a laissé les traces les plus durables. Par sa compétence générale, il a su donner une impulsion féconde et élevée aux recherches si diverses de l’établissement. Non seulement il a continué l’œuvre si glorieuse commencée par Mouchez pour l’exécution photographique de la
- carte du ciel, mais il est parvenu à en assurer le succès. A l’heure actuelle, on peut dire que cette belle entreprise, commencée sous les auspices de la France et avec le concours des nations étrangères, est en heureuse voie d’accomplissement. C’est sous sa direction également qu’a été presque terminée la révision du catalogue de Lalande : quatre volumes d’annales constatent les progrès de cette œuvre considérable qui renferme les résultats des observations effectuées par plusieurs générations d’astronomes à l’Observatoire de Paris. »
- Tel fut brièvement celui que nous regretterons toujours. Le monument de la ville de Nuits redira à ceux qui viendront après nous que là naquit un des astronomes les plus puissants de notre siècle. Et c’est d’un sain exemple que de faire revivre ainsi les gloires de la France. Honorer nos morts illustres, c’est honorer notre pays. Henri de Parvii.le.
- MONT MINIER ET LE PARC WASHINGTON
- AUX ÉTATS-UNIS
- Les Espagnols connaissaient dès l’an 1790 toutes les parties qu’on parcourt actuellement dans le détroit de Puget (province de Washington, États-Unis) et ils avaient certainement pu remarquer l’immense montagne désignée depuis longtemps par les Indiens sous le nom de Tacoma.
- Vancouver, en 1792, fit de fréquentes explorations dans le détroit de Puget (Puget Sound) et en dressa la carte. Il nomma aussi les hautes cimes, qu’il pouvait apercevoir dans le lointain, les monts Baker et Hood, et débaptisait le Tacoma en lui donnant celui de Rainier en l’honneur des lords de l’Amirauté anglaise. Ces noms ont été adoptés par les Américains; il semblerait cependant plus naturel de conserver au moins celui de Tacoma, le nom primitif donné par les Indiens, mais on ne peut aller contre les décisions officielles et contre les cartes actuellement en usage aux États-Unis.
- La magnificence du mont Rainier et les beautés exceptionnelles de tous ses environs immédiats ont excité depuis quelques années aux États-Unis le désir de faire de cette région un parc national. Le gouvernement, bien inspiré, a pris cette décision dès l’année 1872 pour le territoire de Yellowstone dans la province de Wyoming et protège également la célèbre vallée de la Yosemite en Californie.
- En 1893, par une proclamation du président Cle-veland, une étendue de territoire d’environ 35 milles carrés, renfermant le mont Rainier principalement dans sa partie ouest, et une grande étendue de forêt vierge, fut aménagée et classée comme réserve de l’État (fig. 1).
- La moitié de la réserve orientée du côté est, diffère de la partie ouest par son climat, sa faune, sa flore et l’aspect des paysages.
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- Les pentes ouest de la montagne sont remplies de cascades plus escarpées <pie dans celles de l’est.
- Les précipices y sont fréquents surtout auprès du Rainier où les murailles rocheuses s’élèvent gigantesques.
- Au nord et au sud les pentes s’étendent plus graduellement et les forêts y sont fort épaisses.
- Les arbres, pins et cèdres, y abondent et souvent leur diamètre atteint les dimensions de 5 à4 mètres. Leur hauteur s’élève quelquefois jusqu’à plus de 90 mètres.
- Nous avons parlé d’ailleurs de ces forêts de la province de Washington1. La faune et la flore de ces localités sont fort intéressantes ; on y trouve quelques • espèces d’animaux qui deviennent rares par suite des chasseurs qui les recherchent, et des plantes curieuses. Il est grand temps, pour éviter leur destruction totale,
- Le Rainier n’est pas comme le mont Blanc le point culminant d’une chaîne immense toute chargée de neige. Il est majestueux dans son isolement comme le Fuji Yama du Ja-on,et s’élève au-essus des monts qui l’environnent de près de 2500 mètres. Au loin, surtout de la ville nouvelle de Tacoma, on admire sa silhouette majestueuse semblable à une colossale pyramide tronquée se découpant dans le ciel à 1 Yoy. w° 1116, du 20 octobre 1894, p. 527.
- 4578 mètres au-dessus du niveau de la mer(fig. 5).
- Le mont Rainier est un volcan éteint. Cependant, en quelques endroits, du fond du cratère s’échappent encore de temps en temps des jets de vapeur sulfureuse par des crevasses recouvertes en partie par la neige.
- Ce volcan s’est formé à l’époque tertiaire; sa hase se compose de roches granitiques et schisteuses ; il y existe aussi des gisements de houille.
- La masse principale du volcan est composée d’andésite et de basalte <pii furent lancés en fragments au moment des éruptions.
- En examinant le profil de la montagne et le caractère de son sommet on peut voir que, primitivement, le volcan formait un -cène plus aigu qui devait s’élever à plus de 600 mètres de la hauteur actuelle. Le cône fut tronqué doute par suite d’une éruption formidable
- qui forma le cratère d’environ 5 milles de diamètre qu’on voit encore aujourd’hui.
- D’autres éruptions partielles vinrent remplir ce grand cratère en donnant naissance à deux cratères plus petits dont on peut voir les bords à peine visibles sous la neige. Entre ces deux cratères s’est formée une légère proéminence en forme de dôme qu’on nomme le Crater Peak; c’est le sommet actuel du volcan. Quant aux glaciers qui enveloppent le Rainier, et dont nous
- ’cique
- N ATI O
- Tgâtïô'’ de ÏOré^ Kilométrés.
- Fig. 1. —Carte montrant le territoire réservé pour le parc national de Washington (États-Unis) avec les agrandissements proposés.
- que le territoire soir protégé. | sans
- Kilomètres .
- Fig. 2. — Carte du Mont Rainier montrant les glaciers qui l’environnent.
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- donnons une carte (fig. 2), on ne peut savoir s’ils ont montagne vint à s’écrouler ou bien après cet événe-été formés avant l’époque où le cône primitif de la ment. Les torrents formés par la fonte des glaces
- Fig. 3. — Mont Ramier. Vue de la terrasse du Grand-llôtel de Tacoma. (D'après nature.)
- soit sur les plateaux élevés, soit dans le bas de la Les glaciers inférieurs, dans les intervalles laissés montagne, ont creusé partout des gorges profondes. entre les glaciers supérieurs, ont produit des affais-
- ‘ n. Fig. 4. — Forêt de Tacoma.^Chemin conduisant à la vallée du Paradis. (D’après nature.)
- sements immenses sur les bords desquels s’élèvent pentes de la masse principale du volcan éteint, actuellement des crêtes et des pics qui couvrent les La première ascension du mont Rainier fut exé-
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- m\
- Fig. 5. — Le mont Raimer et la petite station balnéaire de Long Mirés. (D’après nature.)
- Fig. 6. — La vallée du Paradis et vue du mont Rainier. (D'après une photographie.)
- cutée en août 1870 par le général Hazard Stevens et M. P. B. Yarï Trump. Ils passèrent par le chemin
- que choisissent encore les touristes aujourd’hui, c’est-à-dire la vallée du Paradis (fig. 4) et les rochers
- lin
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- de Gibraltar (voy. la carte fig. 2). Après avoir passé la nuit dans le cratère situé au sommet, ils redescendirent par le même chemin. En octobre 1870, A1M. A. 1). Wilson et S. F. Emmons (de l’exploration géologique du quarantième parallèle des États-Unis) firent cette ascension par la même route. Ils ont rapporté d’intéressantes observations géologiques et des études sur les nombreux glaciers de cette montagne.
- Depuis dix ans, le mont Rainier est de plus en plus exploré par de nombreux touristes du coté sud par les glaciers de Cowlitz ou de Nisqually et la vallée du Paradis. Cette vallée, dont la hauteur varie de 1500 à 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer, est devenue célèbre par ses paysages grandioses.
- Les forêts qu’on traverse pour parvenir à cet endroit si vanté sont magnifiques. Parmi les arbres immenses qu’on y remarque on trouve le plus souvent le Fir ou sapin dont les trois espèces blanc, rouge et jaunes, sont très appréciées, le Spruce ou pin de Washington, enfin le Hemlock ou pin d’Alaska, s’élevant à grande hauteur et fort rapprochés les uns des autres. Ces arbres donnent, avec les belles fougères qui couvrent le sol, toujours des aspects variés. La ligure n° 4 représente un chemin de la forêt, menant à Long Mirés, étape habituelle des touristes. La figure 5 montre Long Mirés, petite station très primitive, au moins lorsque j’y étais en l’année 1895. — Placée au milieu des forêts, dans un site délicieux, Long Mirés possède des eaux ferrugineuses et gazeuses ; on y vient prendre des bains chauds naturels. La vue superbe du mont Rainier embellit encore cette jolie localité.
- Dans le but d’assurer la protection de toute cette région dont le mont Rainier et ses glaciers forment la plus grande curiosité, une ordonnance devait être proposée au Congrès du 11 juin 1896 pour agrandir le territoire exceptionnel et en faire un parc considérable qu’on nommerait « le Parc Washington ».
- Nous montrons sur la carte les agrandissements proposés (fig. 1). Dans la dernière session du 54e Congrès, l’ordonnance allait passer; mais, par suite de retards, il a été impossible d’obtenir la signature présidentielle indispensable pour donner à ces merveilles naturelles et à ces antiques forêts, presque uniques au monde, la protection qui les sauverait de toute destruction. Il faut espérer que bientôt la question sera réglée et que la province de Washington sera dotée de son parc agrandi et tant désiré de tous. Albert Tissandier.
- LES LEVURES DANS LA VINIFICATION
- Depuis dix ou douze ans on s’est préoccupé de sélectionner les levures en vue d’améliorer les vins. On espérait qu’en empruntant leurs levures aux vins des crus renommés, on parviendrait à faire d'un vin ordinaire un vin fin. Certaines expériences ont en effet été favorables à cette manière de voir. Cependant de l’ensemble des recherches entreprises, il paraît résulter que le rôle des
- levures sélectionnées est plus modeste, bien que très utile encore en ce sens qu’elles facilitent et régularisent la fermentation. M. Kayser, chef des travaux de fermentation à l’Institut agronomique, s’est livré depuis 1892 à des essais nombreux et il vient d’en publier les résultats. Nous croyons bon de faire connaître les conclusions du savant chimiste. Elles fixent bien l’état de nos connaissances sur ce sujet important.
- Fennentatio?is principales. — L’emploi judicieux de levures sélectionnées, c’est-à-dire de levures bien connues au point de vue de leurs exigences, essayées préalable ment en petit, peut amener des améliorations sensibles dans les vins ; la fermentation est plus rapide, peut-être plus complète; le vin peut présenter certains caractères de bouquet que l’on ne trouve pas chez le témoin et qui lui assureront une meilleure conservation.
- 11 importe avant tout de choisir des races bien vigoureuses, bien appropriées au moût que l’on veut ensemencer, bien habituées aux conditions de température dans lesquelles elles doivent accomplir la transformation du sucre en alcool ; c’est à quoi l’on peut arriver par des recherches méthodiques et par des essais pratiques.
- Des exemples nettement positifs ne peuvent pas être infirmés par les échecs, les résultats négatifs.
- La stérilisation préalable du moût permet d’utiliser au mieux les levures sélectionnées et de tirer bon parti du moût obtenu avec des raisins malades. Ce chauffage nous rend plus maître de la température de fermentation, nous met à l’abri des levures sauvages, des ferments de maladie.
- Il convient, de plus, de se rappeler qu’une température de 55° peut devenir très gênante pour la plupart des levures. Toutefois, certaines levures (originaires d’Algérie ou d’Espagne) supportent beaucoup mieux ces températures élevées.
- Fermentation secondaire. — Les levures sélectionnées peuvent encore nous rendre de grands services dans la fermentation secondaire.
- Souvent on a eu à constater que la fermentation secondaire des vins de Champagne, après la mise en bouteille, se faisait mal et qu’il y avait développement des ferments de maladie. On peut y remédier par l’ensemencement de levures énergiques, supportant bien l’alcool, l’acide carbonique, donnant du bouquet avec dépôt grumeleux. De bonnes levures ayant procédé à la fermentation principale de moût d’Aramon font encore sentir leurs effets jusque dans la fermentation secondaire des vins champagnisés.
- Fermentation de vins sucrés ou malades. — A différentes reprises, il est arrivé, dit M. Kayser, de faire refermenter des vins encore sucrés par l’ensemencement de levures énergiques qui ont fait disparaître le sucre restant.
- Il importe maintenant de dire qu’il faut savoir se contenter de solutions approximativement satisfaisantes (fermentation normale, complète, clarification rapide, meilleure conservation de la coloration, de la finesse, etc.); on ne pourra jamais faire avec du jus d’Aramon du vin véritable de Sauternes ou de Montrachet, mais on peut obtenir, avec le moût chauffé, une notable amélioration.
- Cet emploi des levures est utile dans les années froides, pluvieuses; dans les moûts très sucrés, il donne également, avec des levures judicieusement choisies, de très bons résultats dans les années où la^endange a lieu à des températures élevées.
- Les viticulteurs feront bien de méditer ces résultats d’une longue expérience et d’en tenir compte dans la pratique. H. de P.
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- LES BOERS
- Les (ioers, prononcez liours, sont les descendants de colons hollandais et français établis dans l’Afrique australe. Leur histoire est assez curieuse et dramatique pour mériter ici quelques lignes.
- On sait que les Hollandais s’étaient établis en 1652 au cap de Bonne-Espérance dont la baie de la Table forme un port merveilleux, bien abrité, qui devait leur fournir une précieuse escale pour gagner leurs établissements coloniaux de l’Insulinde. Us conservèrent jusqu’à la fin du dix-huitième siècle leur colonie qui s’était singulièrement étendue et peuplée par la venue de nombreux protestants français chassés de leur patrie en 1685 par la révocation de l’édit de Nantes. Les descendants de ces émigrés qui ne parlent plus notre langue constituent environ 8000 familles et les noms français, comme Villiers, Joubert, I)u Plessis, du Yinage, sont relativement nombreux.
- L’Angleterre profita de la réunion de la Hollande à la France pour s’emparer du Gap en 1795. Elle dut le rendre en 1802, à la paix d’Amiens, mais elle s’en empara de nouveau quatre ans plus tard et les traités de 1815 consacrèrent cette conquête.
- Presque aussitôt le mécontentement des colons lésés et froissés dans leur patriotisme et dans leurs intérêts se fit jour et la domination anglaise se faisant tous les jours plus âpre et plus tracassière, les Boers songèrent à y échapper.
- C’est ainsi que2 s’organisèrent petit à petit ces exodes fameux qui portèrent dans le pays des Betjouanas, dans le Natal, puis au delà du Yaal, la civilisation et le christianisme. Ces émigrations comprenaient des files interminables d’énormes wagons couverts de toile ou de cuir dans lesquels prenaient place avec les provisions et un mobilier rudimentaire, les femmes et les enfants, chariots tirés par huit à dix paires de bœufs, entourés, encadrés par les hommes à cheval.
- En 1825, s’enfonçant toujours plus loin dans le continent ils avaient dépassé le fleuve Orange.
- Après la guerre de 1834 entre Cafres et Anglais, les Boers, lésés par l’abolition de l’esclavage, n’émigrent plus séparément mais en masse compacte. A vil prix ils vendent leurs terres et, poussant devant eux leurs troupeaux, ils cherchent une terre où ils soient libres de vivre à leur guise et fondent les républiques d’Orange et de Transvaal. En 1837, 6600 hommes, sous le commandement de Pieter Retief, passent dans le Natal. En 1842 nouveau trek parce que l'Angleterre émet la prétention de considérer comme ses ressortissants tous ceux qui sont établis au sud du 25e degré.
- Nous ne rappellerons pas ici les combats des Boers contre les indigènes sous Pretorius, pas plus que leur lutte contre l’Angleterre acharnée à leur perte et ambitieuse d’étendre sa dominalion sur toute l’Afrique australe, lutte célèbre par le désastre de Majouba Hill; enfin tout le monde a encore présente à la mémoire la tentative hypocrite de ce flibustier de Jameson, tentative qui avait l’assentiment secret du gouvernement métropolitain.
- Ce que nous avons voulu mettre en relief, c’est le conflit bientôt centenaire entre les Boers, jaloux de leur liberté, et les Anglais qui les poursuivent à travers le continent. Nous assistons en ce moment à un nouvel épisode du drame. Il pourrait bien ne pas se terminer au gré des cockneys de Londres, car dans la colonie même du Cap, comme dans les autres pays jadis occupés par les Boers, bien des familles n’ont pas émigré et il reste un fond hollandais avec lequel l’Angleterre devra sûrement compter. Les Afrikanders du Cap ressentent pour leurs
- frères d’Orange et du Transvaal une ardente sympathie. La preuve en est dans le succès de la souscription ouverte par M. Hofinevr pour soigner les seuls blessés boers. Qui oserait dire que les habitants néerlandais du Cap n’iront pas beaucoup plus loin et ne sauront pas témoigner d’une manière plus effective leurs affinités de race. Il est jrermis de constater que dans toute l’Afrique australe est ébranlée l’autorité morale de l’Angleterre et qu’il pourrait bien suffire de quelques revers pour susciter dans la colonie du Cap même des mouvements très dangereux pour le prestige et la domination anglo-saxonne.
- Il faut le reconnaître, ils nous sont sympathiques ces gens un peu frustes, un peu arriérés, à la foi ardente, aux pratiques exagérées du culte, mais qui sont d’admirables spécimens physiques de la race blanche. Grands et vigoureux, taillés en hercules, magnifiques cavaliers, habiles tireurs, habitués à vivre et à coucher au grand air, ils ont sous leurs larges chapeaux et avec leurs longues barbes un air ferme, résolu et volontaire qui s’allie merveilleusement avec leur calme flegmatique, leur méfiance de l’étranger et leur affabilité qui se fait jour quand ils ont la preuve de la bonne foi et de l’honnêteté de l’hôte à qui ils ont ouvert leurs demeures rustiques presque toujours plantées au milieu d’exploitations qui n’ont généralement pas moins de 6000 hectares.
- C’est une guerre fratricide qui commence en face de populations noires mal soumises qui pourraient bien venger indifféremment sur les Anglais et les Boers leurs anciennes injures. G. M.
- POUSSIÈRES MNS L’AIR
- DES GRANDES VII,LES
- C’est là une question toujours d’actualité, étant donnée l’importance qu’elle a sur la santé générale et sur les contagions : elle a été récemment étudiée dans le bulletin appelé Transactions of the British Institute of Préventive Medicine, et nous y relevons des chiffres curieux et éloquents. Dans les faubourgs d’une grande ville, on trouve en moyenne quelque chose comme 20 000 particules poussiéreuses par centimètre cube dans l’atmosphère libre et 40000 dans une chambre dont l’air est immobile : or, dans la ville même, le chiffre correspondant est de 500 000 sur un toit, de 300 000 dans une cour et de 400 000 dans une chambre. On peut aisément, sans que nous y insistions, calculer la proportion relative. Heureusement faut-il ajouter que tout grain de poussière ne contient pas nécessairement un germe morbide, mais il n’en est pas moins vrai que la poussière est notre ennemie et qu’elle est redoutable.
- Là SCIENCE AU THEATRE
- COMBAT NAVAL EN MINIATURE
- Sous ce même titre nous donnions, il y a environ dix ans1, aux approches de l’Exposition universelle de 1889, la description d’un spectacle nautique que M. Solignac venait de régler pour le nouveau cirque où, comme on sait, la piste se transforme en piscine au cours de la représentation. Une dizaine de minuscules cuirassés donnaient dans un décor approprié l’illusion d’un combat naval et, ce qu’il y avait de très intéressant et de très remarquable comme application scientifique, c’est que personne ne se trouvait
- 1 Voy. n° 817, du 26 janvier 1889, p. 141.
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- à bord.Malgré cela, ils évoluaient dans tous les sens, tiraient des coups de canon, s’incendiaient, coulaient à pic après explosion, etc., le tout sous la direction unique d’un homme placé dans la coulisse et ayant sous la main un clavier relié à l’usine électrique. L’emploi du courant continu et des électros polarisés, ou du courant alternatif et de haute tension, permettait d’obtenir tous les effets avec deux fds seulement.
- A l’approche de l’Exposition universelle de 1900, nous voici en présence d’un autre combat naval, mais cette fois on a voulu faire grand, et en raison de la place nécessaire à la création d’un vaste bassin, il a fallu s’exiler hors de Paris ; le public devra apprendre le chemin de la Porte des Ternes. Non loin
- des fortifications, dans un vaste terrain, on a creusé une piscine d’une contenance d’environ 10 000 mètres cubes : c’est la rade d’une ville importante qu’on aperçoit au lointain (fig. 2). Tout autour un décor,
- fort bien exécuté par M. Jusseaume, nous montre des montagnes escarpées armées de forts.
- C’est le ravitaillement de cette ville que doit tenter un vaisseau marchand escorté de navires de guerre et protégé par les forts; tandis que l’escadre ennemie composée des torpilleurs et cuirassés, surveille la rade et coupe toute communication. I)’où combat entre les vaisseaux, bombardement de la ville et des forts. Les spectateurs occupent une estrade de 80 mètres de long érigée le long du bord ; les navires don-
- nent très exactement l’impression de nos cuirassés vus de loin, de trop loin même, car nous leur reprocherons detre un peu trop petits.
- Le programme nous assure qu’ils ont jusqu’à 8 mètres de long ; mais en réalité ils en ont à peu près la moitié. Dans la coulisse se trouve P « arse-
- nal » où ils sont remisés et où on les prépare pour leur entrée en scène (fig. 1). Au sujet de la façon dont ils soAt dirigés nous avons entendu émettre les opinions les plus variées : quelques-uns, se souvenant sans doute de notre article sur le Nouveau-Cirque, pensaient que tout était commandé électri-
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- quement depuis la coulisse; d’autres imaginaient des rails au fond de l’eau (!) et d’aucuns assuraient qu’un homme dissimulé poussait chaque hateau.
- Nos lecteurs devant être renseignés, nous nous sommes adressé à la Direction de l’établissement; on nous a reçu poliment, mais on ne nous a rien dit. C’est donc avec le secours d’une bonne jumelle et de notre brave ami Poyet que nous avons dû nous renseigner en allant maintes lois surveiller les évolutions de l’escadrille tant en matinée qu’en soirée.
- Les bateaux sont mis en mouvement par leurs propres moyens : chacun d’eux est muni d’une batterie d’accumulateurs A. Dinin, d’un moteur électrique, d’une hélice et d’un gouvernail (fig. 4). N’oublions pas qu’ils ont
- de 5 à 4 mètres de long ; ce sont par conséquent des canots pouvant porter plusieurs personnes ; mais en réalité il n’y a, croyons-nous, qu’un seul homme à bord. Dire qu’il est confortablement installé, ce
- serait peut-être aller un peu loin, mais enfin il n’est pas trop mal; il est assis sur les accumulateurs et tient entre ses mains un guidon avec lequel il actionne le gouvernail; près de lui se trouve une manette qui lui permet d’introduire des résistances dans le circuit pour obtenir différentes vitesses, de renverser le courant pour la marche en avant ou en arrière. Un autre commutateur lui sert à allumer des lampes à incandescence placées dans le haut des mâts et qui doivent représenter des projecteurs ou des signaux. Enfin, à portée
- Fig. 4. — L’intérieur d'un cuirassé avec son « amiral ».
- de la main, il y a un gros revolver chargé de cartouches à blanc, avec lequel il fait le bombardement (fig. 3). Pour entrer dans le bateau, « l’amiral » enlève une partie du pont correspondant à une tourelle ou toute autre superstructure importante; quand il est assis, on remet la chose en place :
- sa tête -et ses épaules se trouvent dissimulées. De nombreux trous, sabords ou autres ouvertures, une toile métallique peinte si cela est nécessaire, lui permettent de voir autour de lui et de diriger son navire ; même en regardant attentivement il est dif-cile de l’apercevoir. 11 y a cependant quelques
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- bateaux, ceux qui doivent couler, qui ne sont pas aussi complets. Pour ceux-là qui font peu d évolutions, il n’y a pas de mécanisme et c’est un homme qui les porte; il marche dans l’eau peu profonde avec le bateau sur ses épaules; au moment voulu, il allume le feu de hengale qui doit simuler l’incendie; puis il fait cou-1er peu à peu le navire suivant les dispositions qui ont été convenues, et il se retire ensuite discrètement en faisant un plongeon pour aller ressortir quelques pas plus loin. Du reste, le soir, tout étant plongé dans l’ombre et la fumée, il peut facilement se dissimuler; pas assez cependant pour que parfois on ne puisse l’apercevoir. En somme, le spectacle est bien réglé, et si les grandes personnes le trouvent plutôt un peu long, il fera certainement la joie des jeunes marins qui fréquentent le bassin des Tuileries.
- Le soir l'elfet est de beaucoup plus intéressant et la fête se termine par une revue avec feux de ben-gale, pétards et fusées ; le combat naval profitera du privilège qu’ont toujours les feux d’artifice pour attirer la foule. G. Mareschal.
- Brfnton. — On annonce la mort du Dr Brinton, professeur d’archéologie et de linguistique à l’Université de “Pennsylvanie, à Philadelphie. Brinton était un éminent publiciste qui depuis longtemps traitait avec grand talent dans le journal Science toutes les questions d’actualité touchant les sciences naturelles. 11 ne manquait jamais de donner une grande place aux travaux des savants français qu’il a ainsi contribué puissamment à vulgariser en Amérique. Ce n’est donc que justice d’exprimer nos sincères regrets de sa perte.
- CHRONIQUE
- I/impression aux rayons X. — On parle beaucoup de l’imprimerie aux rayons Rœntgen. L’application serait déjà mûre, et on nous promet à bref délai des. journaux et des livres imprimés sans le concours des typographes. C’est aller bien vite en besogne et confondre les espérances et les réalités. Il y a des années que l’on avait pensé à reproduire en bloc sur des feuilles de papier les caractères d’une feuille type, au moyen du courant électrique, comme l’avait déjà fait Caselli, sur le pupitre de son télégraphe de T 864. Les rayons X fournissent une solution bien plus simple. On y a pensé un peu partout à la fois. Les rayons X traversent bien une centaine de feuilles de papier accolées et peuvent imprimer radiogra-phiquement à la fois tout le bloc, du moment où l’on place devant un manuscrit type ou un texte quelconque. 11 suffit d’exposer quelques instants aux rayons Rœntgen.
- Par suite le nouveau système d’impression se devine. Pour imiter l’impression typographique, on noircit le papier type à l’encre grasse, on écrit à la machine avec de l'encre sucrée, gommée, etc., qui repousse l’encre grasse et au développement on obtient des caractères noirs sur blanc. Pour imprimer des deux côtés du papier, on sensibilise les deux faces par bandes parallèles, de façon que las lignes du verso correspondent aux interlignes du recto. Ün colle le texte des deux côtés par bandes. En cas d’erreurs ou de remaniements, on rectifie simplement les
- bandes du texte. On peut naturellement radiographier plusieurs blocs de 100 feuilles à la fois. Si l’on opère sur 20 blocs de 100 feuilles, on obtient 6000 copies par minute, le développement et le séchage se produisant automatiquement et très vite. On arrive ainsi à un tirage fantastique. Dix personnes, par exemple, suffiraient pour fournir en un jour de huit heures plus de 7 500 000 copies, développées, lavées et séchées.
- Tout cela est séduisant. Mais la machine à écrire ne donne pas un texte bien régulier ni élégant, de sorte que la méthode, jusqu’à nouvel ordre, nous fournirait beaucoup d’exemplaires, mais quels exemplaires ! quelles éditions î 11 faudrait pour bien faire commencer par composer typographiquement, puis examiner si le tirage est meilleur et plus économique par la radiographie que par la presse mécanique. Ici est surtout le nœud du problème. Malgré tout, l’impression radiographique pourra rendre des services dans un certain nombre de circonstances et on peut la considérer comme un auxiliaire utile à l’invention de Gutenberg.
- Voies ferrées sans poussière. — Il se fait en ce moment, aux Etats-Unis, une campagne en faveur de l’adoption de mesures supprimant ou au moins atténuant la poussière sur les voies ferrées : le matériel, comme les voyageurs, y est intéressé, et ceux de nos lecteurs qui ont voyagé sur les lignes ballastées avec le sable fin et aisément mobile de la Loire, savent quel supplice c’est que de se trouver au milieu des nuages de poussière qui pénètrent partout. La compagnie « Chicago, Burlington and Quincy Railroad » est décidée maintenant à pratiquer méthodiquement l’arrosage de ses voies, arrosage qui se fera du reste avec du pétrole et non de l’eau. Le pétrole (qui ne coûte pas cher en Amérique) a des avantages nombreux en la matière, car il maintient les poussières agglomérées bien plus longtemps que ne le ferait de l’eau ordinaire. Deux wagons spéciaux sont affectés à ce service d’arrosage original, et ils lancent le liquide non seulement entre les rails, mais encore à lm,50 de part et d’autre de la voie proprement dite.
- L’influence des gelées sur le béton. — Un
- ingénieur de la compagnie américaine de chemins de fer « Chicago, Milwaukee and Saint-Paul Railway », M. W. A. Rogers, vient de publier une étude assez intéressante sur* les inconvénients qu’il peut y avoir ou du moins qu’on attribue à la confection et à l’emploi du béton pendant la période des froids. Généralement, en effet, on estime que si l’on construit des maçonneries de béton dans des conditions telles que cette matière gèle avant que de prendre, toute la masse est mise hors d’état de résister. Or, sur le réseau dont nous venons de donner le nom, de nombreuses fondations en béton ont été établies pendant la saison froide, sans qu’aucun soin eût été pris pour mettre le béton à l’abri de la gelée, et les fondations en question ont été ultérieurement reconnues comme en parfait état de solidité. Depuis, la Compagnie a tenu à faire des expériences précises pour éclaircir définitivement le problème, en employant à la fois du ciment de Portland et aussi du ciment naturel de Louis-ville : avec chaque type de ciment, on moula 8 cubes de béton ayant 0m,30 de côté, et deux de ces cube$ furent mis à sécher dans une étuve, tandis qu’au contraire, les autres étaient exposés immédiatement à l’air extérieur dont la température n’était pourtant que de — A0,44 C. Nous pourrions ajouter encore que parmi ces derniers cubes les uns étaient faits à l’eau de mer, les autres à l’eau douce. Or, au bout de 28 jours d’exposition où le
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- soleil avait constamment alterné avec la gelce, quand on pulvérisa les cubes, on put constater qu’ils présentaient exactement la même apparence que ceux qui étaient demeurés en étuve; c’est tout au plus si, dans ces conditions, on s’aperçoit que la prise se fait un peu plus lentement, surtout quand le béton est fabriqué à l’eau de mer.
- L’écorce d’acacia comme matière tannante. — L’acacia est un arbre qui a l’avantage de pousser rapidement, sans se montrer aucunement difficile sur les terrains qu’on lui offre (et tout en étendant quelque peu tyranniquement ses racines de tous côtés) ; mais il a un fort assez sérieux. Son bois ne trouve pas toujours facilement amateur, à moins d’atteindre une taille respectable. C’est pourquoi il est bon de signaler le parti que l’on en tire couramment dans la plupart des colonies anglaises d’Australie : on emploie son écorce comme matière tannante, d’une façon presque exclusive, et on s’en trouve au mieux. Sans doute, il y a des espèces qui répondent plus efficacement les unes que les autres à cet usage, mais on conviendra que l’exemple mérite d’être cité à ceux qui possèdent des terrains peu fertiles où ils ne savent que planter.
- Xonvean mode de lancement des docks flottants. — Par suite même de leur construction, qui ne leur assure pas une homogénéité parfaite et qui permet au contraire à certaines de leurs pièces de se fatiguer de façon anormale quand ils ne baignent pas entièrement dans l’eau, les docks flottants sont assez malaisés à lancer v Aussi vient-on d’adopter un nouveau mode de lancement pour un dock de carénage que l’on construit actuellement à Baltimore, pour le compte de l’Amirauté américaine. Le dock est tout simplement monté à sec dans un bassin creusé en terre à lu façon d’une forme de carénage ordinaire, et où l’on pourra ensuite faire rentrer l’eau quand le dock sera achevé : il se trouvera alors soulevé doucement et sans aucun effort anormal par l’eau qui envahira le bassin.
- Une pépinière monstre d’enseignement forestier. — Le mot pépinière n’est peut-être pas très exact, en ce sens que la création à laquelle nous voulons faire allusion est plus qu’une pépinière : la fameuse Université américaine de Cornell a acheté l’an dernier, pour les besoins de son enseignement spécial forestier, de son « Forestry Department », une superficie considérable de 12 000 hectares de bois, dans le massif des monts Adirondack. Ce territoire énorme a été partagé en un grand nombre de sections, suivant les usages auxquels on entend les consacrer, et on y a réservé de nombreux terrains de semis ou de pépinières, où ont été mis en terre de petits arbres de différentes variétés, représentant au moins un million de sujets. Cela va constituer un remarquable milieu d’études pour les étudiants qui suivront le « Forestry Department » : le fait est que, sous l’autorité de M. le professeur John Giffard, ils étudieront la théorie d’octohre en avril, pour se livrer aux études pratiques durant le reste du temps.
- Les avantages pécuniaires des tramways à conducteurs souterrains. — La Compagnie de tramways de New-York appelée « Metropolitan Street Railway Go », qui est en train de transformer le mode de traction sur ses lignes, peut déjà constater les avantages de cette modification, bien qu’elle ne soit pas terminée. Durant le dernier exercice, le rapport des dépenses d’exploitation aux recettes a passé de 52,3 pour 100 à 48,75, du fait de la substitution de l’électricité (distribuée par conducteurs souterrains) aux chevaux. Sur
- les voies analogues exploitées à New-York par traction funiculaire, la proportion correspondante est de 55,8 et elle atteint 59 sur les voies ferrées surélevées exploitées au moyen de locomotives.
- Nouvelle ligne chinoise. — D’après un télégramme reçu de Pékin, le Tsong Li Yamen a consenti à la construction du chemin de fer de Lung-Chau-Nan-Ying, par le gouvernement impérial chinois et à l’ouverture de négociations avec la Banque russo-chinoise à cet effet. On dit même que ces négociations sont sur le point d’aboutir.
- Importation européenne au Japon. — Ce sont les États-Unis, l’Allemagne et la Belgique qui ont fourni toutes les locomotives importées au Japon pendant l’année 1898. Les États-Unis à eux seuls en ont fourni les 7/8 ——
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 30 octobre 1899. — Présidence de M. Y an Tieghem.
- Matière colorante nouvelle. — M. G.-F. Jaubert de la Revue générale de chimie, adresse une Note sur une nouvelle matière colorante rouge dérivée de la naphtaline. Cette substance à laquelle l’auteur donne le nom de naphtapurpurine s’obtient par l’oxydation de la naphtaline, au moyen du bioxyde de manganèse en présence de l’acide sulfurique. Elle teint le coton mordancé en alumine, en rouge cramoisi susceptible d’application en teinture.
- Les anhydrides mixtes des acides gras et aromatiques. — M. Moissan présente une Note de M. Behal sur les anhydrides mixtes des acides gras et aromatiques. Après avoir rappelé les expériences de Gehrardt qui a découvert ces anhydrides, il observe que, récemment, M. Rousset a mis leur existence en doute. Cet auteur se base sur ce qu’ils se dédoublent par simple distillation en un mélange de deux anhydridès symétriques et que les réactions connues jusqu’ici s’accordent avec l’hypothèse d’un tel mélange. M. Behal démontre qu’un mé-laige à molécules égales de deux anhydrides symétriques ne possède nullement la propriété des anhydrides mixtes correspondants. En effet, le mélange est décomposé très rapidement par une solution aqueuse de carbonate de calcium, alors que l’anhydride mixte résiste. Enfin, si l’on fait agir sur un mélange d’anhydrides, l’alcool, l’ammoniaque ou l’acide chlorhydrique, on obtient des dérivés ammoniacaux, des éthers et des dérivés chlorés, chaque molécule d’anhydride symétrique entrant en réaction pour son propre compte. Les anhydrides mixtes donnent des produits différents.
- L'équivalent du Bore. — M. Moissan communique ensuite un nouveau travail de M. Henri Gautier sur l’équivalent du bore. L’auteur qui a trouvé précédemment un nombre très voisin de 11, au moyen du carbure et du sulfure de bore,, a cette fois déterminé l’équivalent en question au moyen du bromure et du chlorure de bore. Il a préalablement préparé ces corps dans un état de pureté parfaite et les a traités par l’azotate d’argent ; il a ainsi obtenu le nombre 11,016.
- Découverte de fossile. — M. Gaudry présente, au nom de M. Karpinski, une description d’un débris fossile d’un aspect extraordinaire, qui suscitera certainement l’étonnement des paléontologistes qui en verront la reproduction. Ce débris a été trouvé à la base du permien. Il offre l'aspect d’une carapace hélicoïdale de mollusque ; aussi
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- l’animal dont il provient a-t-il été appelé hélicoprion. Or, en le soumettant à l’analyse chimique, M. Karpinski a décelé l’existence, dans sa substance, de phosphate de chaux. C’est donc un débris provenant d’un vertébré. Mais qu’était-ce que l’hélicoprion? La question paraît impossible à résoudre, car on n’est pas fixé sur la place que pouvait occuper le débris dans le squelette, ni sur la fonction qu’il y pouvait remplir. 11 se pourrait cependant que le débris trouvé fût un fragment de mâchoire portant une sorte de défense enroulée. Ch. de Villedeuil.
- UN CURIEUX ROBINET
- Ün possède déjà un nombre considérable de systèmes de robinets, depuis le robinet classique, peut-on dire, jusqu’aux types compliqués à valve, à ressort, à garniture de caoutchouc, etc. ; et ce serait môme une étude curieuse à faire que de dresser un tableau graphique présentant des dessins de ces innombrables types. On y verrait toute l’ingéniosité qui a été dépensée pour résoudre une question qui semble au premier abord si simple, et l’on en pourrait conclure logiquement que cette simplicité n’est qu’apparente. Mais tous les robinets qui ont été imaginés jusqu’ici, du moins à notre connaissance, ont un défaut commun, c’est qu’on n’a pas le moyen de visiter constamment l’état de leurs surfaces frottantes, de celles-là mêmes qui assurent l’obturation du passage du liquide. Quand, par conséquent, une fuite s’y produit, il faut absolument démonter tout le robinet, fréquemment changer les garnitures, qui, spécialement dans les robinets munis de rondelles de caoutchouc, s’écrasent rapidement quand on ne manœuvre pas l’appareil avec précaution. ^
- Un Américain dont nous ne connaissons pas le nom, pour remédier à ces inconvénients, a imaginé un ingénieux petit système qui semble parfaitement compris, et qui est à coup sûr des plus originaux par sa forme; l’appareil est signalé par notre excellent confrère « Le Praticien industriel », comme se fabriquant dans le grand-duché de Bade chez MM. Wrède et Cie, à Fribourg.
- On peut dire que le robinet en question est un
- robinet « à tiroir », du moins à tiroir rudimentaire : en effet, le corps du robinet, qui peut être muni soit d’un filetage, soit d’une bride pour répondre aux divers usages, a la forme essentielle d’un bout de tube qui se recourbe en s’évasant et en s’aplatissant dans le sens latéral.
- La bouche du tube offre une surface en arc de cercle sur laquelle va venir frotter la lame, courbée elle-même de semblable façon, qui joue précisément le rôle de tiroir. Cette lame c est solidaire d’un levier très simple qu’on saisit en d pour le remonter quand on désire ouvrir le robinet, et qui est articulé en a sur le corps même du robinet.
- Rien entendu, si aucun dispositif particulier n’était prévu, le tiroir s’userait assez rapidement sur la bouche du robinet pour créer vite une fuite : aussi, afin de compenser cette usure (qu’il ne faut pas d’ailleurs s’exagérer), la lame c, le tiroir, pour lui conserver le nom que nous lui avons donné, est constamment poussé par un ressort antagoniste, qui est logé en b dans une petite chambre cylindrique à lui réservée.
- Nous n’avons pas besoin de faire remarquer ce qu’on voit suffisamment sur les figures, c’est que le dévissage de quelques petites vis suffit à permettre de visiter tout le mécanisme, en le démontant.
- On comprend évidemment que ce robinet ne demande qu’un ajustage réduit à sa plus simple expression; cela a l’avantage et de diminuer son prix de vente et de fabrication, en même temps que de lui assurer un bon fonctionnement une fois qu’il a été ajusté; nous n’avons pas besoin d’insister sur ce fait que ses surfaces frottantes sont bien visibles.
- Tout au plus pourrait-on se demander si la lame du tiroir n’est pas sujette à se fausser parfois, et si quelques fuites ne se produiront point par l’axe a, axe d’articulation du levier sur le corps du robinet; mais il est certain que ce nouveau système offre de réels avantages et une ingéniosité des plus remarquables. Daniel Bellet.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahdre, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1381. - 11 NOVEMBRE 1899.
- LA NATURE.
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- LES LOHANS
- DONNÉS AU MUSÉE DU LOUVRE PAR M»1' FAVIER
- Le personnage, ici représenté, fait partie du groupe des Cheu-pa-lohans ou dix-huit Lohans. Les Lohans, appelés Arhats dans l’Inde et Rakans au Japon, sont les patriarches de la religion bouddhique, les principaux disciples du Bouddha Çakya Mouni. Le nombre des arhats dans l’Inde ne dépasse pas généralement seize ; il atteint parfois le chiffre de vingt-huit, on en compte môme jusqu’à cinq cents. C’est ainsi qu’on peut visiter à Canton le fameux temple des cinq cents génies où ils ont tous leur statue. Nous en avons déjà parlé dans La Nature1. Ils représentent, d’après les renseignements que nous donnent les Bonzes, les cinq cents Lohans, synonyme de Lamas. En Chine, aux seize patriarches hindous on ajoute deux Lohans chinois qui varient selon les provinces ou les localités et il arrive souvent ipie, dans diverses cités, on substitue sans scrupule plusieurs Chinois aux hindous, chaque province honorant ses saints particuliers et sacrifiant des étrangers pour reporter ses hommages à des nationaux.
- Il serait trop long de donner ici le résumé de la vie des Lohans, nous nous contenterons d’inscrire leurs noms : 1° Mahàkasyapa; 2° Ananda; 3° Sana-kavâsa; 4°Upagupta; 5° Vasumitra; 6°Buddhanandi; 7° Buddhamitra; 8° Pars Va; 9° Asvagocha; 10° Ka-pimala; 11° Nagardjuna; 12° Rahulata; 13° Sang-
- 1 Vov. n» 217, 28 juillet 1877, p. 132.
- *7° nuée. — 2* semestre.
- hanandi; 14° Gayâsata; 13° Kumarata: 16° Cayata; 17° Aryasimha; 18° Boddhidarma ou Ta-mo.
- Nous citerons l’empereur Wou-ti, Khi-tsée, le parfait Lohan, Fou-hoa, Liang-won et Lofo, parmi ceux que les Chinois choisissent en remplacement des Arhats mentionnés plus haut.
- Notre gravure est la reproduction d’un des trois personnages qui ornent une vitrine de la collection Grandidier au musée national du Louvre ; ces statues
- en belle porcelaine à l’émail délicat, qui ont environ un mètre de haut, se distinguent par leur dimension inusitée ; elles sont assises et portent un riche costume à dessins et ramages polychromes. Le Lohan de la gravure porte une robe de dessous d’un bleu très pâle ornée de médaillons bleus un peu plus foncés. L’étoffe de dessus qui couvre la poitrine est de couleur changeante jaune et rose très claire.
- La date de l’empereur Kien-long est inscrite sur le dos de chaque sujet. Leur provenance est illustre puisque ces porcelaines sortent du fa -meux Y uen-ming-Yuen, le palais d’été des monarques chinois, le Versailles de l’empire du Milieu ; elles sont les trois seules survivantes des dix-huit Lohans qui formaient la série complète, les quinze autres ayant été brisées lors du pillage de cette résidence impériale par les Chinois et les armées alliées. Je ne crois pas qu’il existe d’autres pièces de porcelaine chinoise de cette taille.
- Ces trois personnages sont venus enrichir les collections du Louvre, il y a bientôt deux ans, envoyés en cadeau par le généreux évêque de Pékin, Mgr Fa-vier, une des figures les plus sympathiques, un des missionnaires les plus instruits qui honorent
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- Un des Lohans (porcelaine de Chine). Musée^Grandidier au Louvre. (D’après une photographie.)
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- LA NATURE.
- notre pays et l'ont aimer la France en Orient. Puisse notre chère patrie avoir de nombreux enfants de cette valeur! Les nations étrangères pourraient alors se convaincre qu’au milieu de ses malheurs, la France n’est pas stérile et qu’elle possède encore des iils dignes de sa vieille réputation de gloire et de désintéressement. Albert Tissandier.
- —-
- LES LÊONIDES
- Après les I’erséides, étoiles de la nuit de Saint-Laurent du 10 au 11 août, les Léonides des 15 et 14 novembre. L’apparition de novembre doit présenter cette année un intérêt exceptionnel. On sait que l’orbite des étoiles filantes de novembre coïncide sensiblement avec l’orbite de la Comète I de 1800 ou comète Tempel. Elles furent notamment bien observées le 15 novembre 1799 par llumboldt et Bonpland, au Venezuela. Le spectacle fut superbe. Le ciel était sillonné d’innombrables météores. Durant les années suivantes, le phénomène perdit en intensité ; mais il reparut avec une grande beauté en 1852. Tout le monde se rappelle la magnifique pluie de 1800. La période des grandes apparitions est celle de la comète Tempel ; elle est de 55 ans. C’est donc cette année, en 1899, que l’on peut espérer revoir les Léonides dans toute leur splendeur.
- Est-ce bien certain? Le flux des étoiles de novembre a subi déjà de profondes modifications; l’essaim s’est étiré, morcelé et a perdu beaucoup de son épaisseur. A chaque rencontre avec la Terre, notre planète lui a soutiré de nombreux météores. Enfin les grandes planètes ont amené dans la trajectoire des perturbations incessantes. On s’attendait en 1897, en 1898, à voir les météores augmenter de nombre à l’approche du maximum, et les observateurs ont été déçus. L’année dernière, les étoiles ont été assez peu nombreuses. Allons-nous encore éprouver une nouvelle déception? Il serait difficile de formuler une réponse, car nous ignorons exactement la grandeur des perturbations qui peuvent dévier l’orbite des Léonides. Ces perturbations remontent déjà à de nombreuses années. Dès 1868, le professeur J.-C. Adams s’en préoccupait et comparait le résultat du calcul aux plus anciennes observations remontant à un millier d’années. Adams, en adoptant la méthode de Gauss, en déduisait la valeur moyenne de chaque perturbation due à Jupiter, à Saturne et à Uranus. C’est ainsi qu’entre le calcul du passage et l’observation, on trouva des différences de plusieurs heures. En 1555, la pluie devança de 26 heures l’époque calculée pour le nœud de l’orbite. Par conséquent, nous ne connaissons pas l’heure du passage à une nuit près.
- Les perturbations ont d’ailleurs varié aux différentes révolutions. M. Berberich a confirmé le fait dans ces derniers temps et M. Stoney y a insisté cette année devant la Société royale de Londres. La partie dense du flux météorique s’est tellement allongée que l’action des planètes perturbatrices a incessamment changé, en raison de la variation d’épaisseur du flux. On peut inférer des calculs dus aux perturbations de 1866 à 1900 que l’orbite est actuellement mal déterminée.
- Le flux météorique s’est rapproché de Saturne en 1870 et l’année dernière, en 1898, de Jupiter. Uranus n’a eu que peu d’influence. Mais ces actions ont pu affecter considérablement la distribution des météores. Le 15 novembre 1899, la longitude du nœud sera de 52° 4P 7, (d’après MM. Stoney et Downing), position que la Terre
- atteindra le même jour à 18 heures. Il est donc vraisemblable que le maximum de la pluie de cette année aura lieu à peu près à cette époque. Toutefois cette prévision n’est que bien incertaine et il ne faut l’accepter que sous réserves. En tout cas, si la pluie se produit au moment prévu, elle sera visible en Europe et en Amérique.
- Le passage de 1899 offrira donc aux observateurs un champ d’études très intéressant. Il y aura lieu de contrôler les heures, l’avance ou le retard sur l’époque annoncée. H sera indispensable de surveiller le ciel dès le 10 ou 11 novembre et de continuer les investigations jusqu’au 16 novembre. Les principaux observatoires ont pris leurs précautions et préparé les observations. Souhaitons donc que les circonstances météorologiques nous soient favorables. L’étude des Léonides en 1899 peut nous éclairer sur la grandeur des perturbations et sur l’histoire future du grand flux de novembre.
- Henri de Par ville.
- EXPOSITION DE 1900
- LE PALAIS DU GÉNIE CIVIL ET DES MOYENS DE TRANSPORT
- Les visiteurs qui s’engagent actuellement sur les chantiers du Champ-de-Mars ont dès maintenant une impression exacte et, ajoutons-le, fort heureuse, de l’apparence qu’aura dans quelques mois l’ensemble des Palais et des jardins situés de ce côté de l’Exposition. Les plantations sont faites, les massifs et allées sont dessinés, et pour les encadrer les édifices se montrent déjà avec leurs formes, les silhouettes des Palais se dessinent dans l’espace avec toute l’intensité de conception de leurs auteurs.
- Le Palais du Génie civil et des Moyens de transport est arrivé bon premier dans ce concours courtois que les divers architectes de l'Exposition avaient entrepris pour livrer leurs constructions avant le jour indiqué; en effet, le 21 septembre dernier, M. Picard faisait remise officielle aux commissaires généraux étrangers des emplacements que doivent occuper dans le Groupe YI (Génie civil) les exposants des diverses nations. Le sol du Palais était divisé par des poteaux indicateurs qui démarquaient la place exacte que chaque pays couvrira l’année prochaine, et quelques jours après des wagons arrivaient d’Allemagne apportant des fers et matériaux pour l’installation des premiers exposants. Cet empressement était une réponse intéressante aux agitateurs qui voulaient mettre notre Exposition en quarantaine par l’abstention des concours étrangers.
- Ce Palais est élevé sur la partie gauche du Champ-de-Mars, sensiblement à l’emplacement qu’occupait il y a dix ans le Palais des Arts libéraux; il est situé entre le Palais de l’Éducation, placé au premier plan près de la Tour Eiffel, et le Palais des Industries chimiques, situé dans le fond près de l’ancienne Galerie des machines. On sait que pour obéir à un plan d’ensemble élaboré par M. Bouvard, architecte suprême de l’Exposition, il a été décidé que si chacun des Palais pouvait avoir ses formes et ses couleurs, ils devaient pourtant être tous construits sur un canevas donné ; il était nécessaire, au point
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- de vue de la circulation intérieure et de l’idée générale, que toutes les galeries fussent établies dans le prolongement les unes des autres et quelles eussent les mêmes mesures de largeur. Chaque architecte pouvait donner à ses fermes les formes qu’il voulait, pourvu que celles-ci eussent les écartements indiqués.
- Le Palais du Génie civil devait obéir à cette loi commune; il est donc composé en coupe de trois galeries de 27 mètres de largeur séparés par deux autres galeries de 9 mètres ; une sixième galerie de 12 mètres longera l’avenue Suffren, et une septième est construite sur les jardins. Cette dernière est ouverte sur toute la portion tournée du côté du plein
- air (lig. 1). L’architecte du Palais, M. Ilermant, le frère du romancier bien connu, est un constructeur qui a déjà collaboré à diverses expositions ; il a été notamment chargé des Palais de la Section française à la dernière manifestation de Chicago ; c’est d’Amérique qu’il nous a rapporté ses observations sur les constructions métalliques et c’est au Palais du Génie civil qu’il les a mises en pratique. Nos grandes constructions de 1889, notamment la Galerie des machines, qui est un chef-d’œuvre de calcul et qui fut le prototype des grandes fermes en fer, est la solution mathématique d’un grand problème ; mais elle donne plus de satisfaction
- EjN.CF(IEV Sc
- Fig. 1. — Coupe transversale des galeries du Palais du Génie civil.
- aux chiffres qu a l’œil. Aujourd’hui que nous sommes habitués à ces gigantesques travaux, nous pouvons sans doute les regarder avec moins de saisissement et d'étonnement qu’il y a dix ans ; or, il est impossible de trouver rationnelle la forme de ces fermes de 120 mètres à trois rotules, l’esprit conçoit mal ces grands colosses de, fer reposant sur de simples tambours de dimensions réduites. Les Américains ont travaillé le fer avec plus de souplesse que nous ; ils ont surtout cherché à lui donner une apparence de grande légèreté. C’est cette qualité que l’architecte du Palais du Génie civil a cherché à réaliser et il a très bien réussi. Ses galeries se composent de demi-fermes dirigées en face les unes des autres et construites en encorbellement, de sorte que chaque paire de demi-fermes forme un système en équilibre; le lanterneau qui vient fermer la voûte ne fait que clôturer l’enceinte et ne joue aucun rôle dans la résistance de l’ensemble. Le résultat de cette disposition est que l’œil perçoit nettement les intentions du constructeur ; il voit avec lui que la masse porte, réellement et apparemment, tout son poids sur les piliers d’appui, tandis que les fermes ayant une grande hauteur de fer à la clé paraissaient s arc-bouter sur les appuis, comme le ferait, dans une cer-
- taine mesure, une poutre de bois soutenue entre deux murs parallèles par la pression quelle exerce sur chacun d’eux.
- Au point de vue de son apparence extérieure, la construction du Palais du Génie civil présentait une certaine difficulté; il en était d’ailleurs de même
- pour toutes les constructions de l’Exposition. Il fallait en effet élever un monument qui n’en fût pas un. Je m’explique : le propre d’un monument est de vivre longtemps et de marquer d’une façon quelconque dans l’histoire de l’architecture; or, ceux qui nous occupent doivent disparaître dans les derniers jours de l’année prochaine; il importait donc que l’architecte fit un Palais produisant une grande impression tout en employant des matériaux sans consistance durable et d’un prix très bas; il fallait produire le maximum d’effet avec le minimum de dépense.
- La façade se compose d’un porche central en plein cintre de 20 mètres d’ouverture flanqué de deux minarets élevés à 45 mètres au-dessus du sol (fig. 6); à droite et à gauche de ce motif, nous aurons une série de cintres séparés par des piliers d’appuis et supportant une frise décorative.
- Dans l’idée de fauteur, le porche doit donner
- Fig. 2. — Plan du Palais du Génie civil.
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- rimj)ression d’une grande ouverture par laquelle la foule se précipite pour pénétrer dans le Palais ; et, comme ce dernier est destiné à nous montrer les
- moyens de transport, il faut, toujours en apparence, que ce même public puisse arriver par tous les véhicules connus : automobiles, ehemins'Me fer et
- pv
- Fig. 3. — l'al-ùs du Génie civil. — Élévation de la façade.
- Fig. i. — L'Intelligence conduisant l'Homme à la Fortune. Fig. o. — L’Instruction révélant à l'Homme son Intelligence.
- (Groupes de M. Allar).
- même en ballon.... Ce symbole esquissera à lui seul la destination du monument; la décoration extérieure l’indiquera complètement.
- La frise décorative qui régnera suivant toute la, longueur de l'édifice parlera des moyens de transports depuis la plus haute antiquité jusqu’à nos
- jours, c’est-à-dire que des scènes nous montreront les procédés employés par tous les peuples et à tous les temps pour se faire transporter, on verra les chars égyptiens traînés par des bœufs et on assistera aux évolutions des ballons dirigeables et des navires sous-marins. Cette frise est l’œuvre de M. Allar.
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- Le Génie civil est indiqué par la représentation brutale, sous des figures humaines, de 5 mètres de hauteur, de tous les corps de métiers : on voit un serrurier, un charpentier, etc. Ces sujets sont placés sur les piliers de là façade; ils sont dus aux ciseaux de MM. Allouard, Georges Lemaire, Perrin, de la Vingtrie, Vernhes et Bernard. Ajoutons enfin qu’aux deux côtés du porche principal, nous verrons deux groupes imposants de M. Ilan-naux qui marqueront par leur allégorie les moyens et les résultats du Génie civil : L'Intell igence conduisant l'Homme à la Fortune etl’Instruction révélant à l'IIomme son Intelligence (fig. 4 et 5).
- La construction de la façade du Palais est entièrement faite en staffe (fig. 5); tous les éléments et sujets de décoration sont exécutés et moulés à part, puis rapportés à la place qu’ils doivent occuper
- et enfin soudés entre eux avec du plâtre. Tout cet ensemble sera recouvert de peinture. La question de
- la couleur joue un rôle considérable dans un monument de ce genre, car il faut autant que possible donner l’apparence de matériaux solides à ces morceaux de plâtres moulés; des essais vont être faits incessamment sur une travée, et une fois les teintes approuvées, ce sera l’affaire de six semaines pour couvrir tout le monument.
- La peinture intérieure du Palais est terminée, le ton choisi est des plus heureux, il est d’un bleu gris tirant sur le vert, c’est une couleur nouvelle, elle aura un grand succès; elle est claire et gaie et fait confondre les fers avec la vitrerie de la couverture.
- Que verra-t-on dans ce Palais? Tous les matériaux, matériels et procédés du Génie civil, l’outillage des appareilleurs, le
- Fig. 6. — Ossature du porche central.
- Fig. 7. — Intérieur des galeries.
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- matériel des travaux publics, l’éclairage, la distribution d’eau et du gaz, la télégraphie pneumatique; les modèles, plans et dessins des travaux d’art ; le Ministère des Travaux publics expose dans le Palais du Génie civil. On nous parlera des ports maritimes, des canaux, des Travaux de voiries des villes, etc. Comme moyens de transports : la carrosserie, la sellerie, le matériel des chemins de fer, des tramways et de la navigation du commerce, les automobiles, les bicyclettes, les ballons. En un mot, tous les moyens connus pour le transport.
- 11 faut ajouter que le groupe VI ne sera pas tout entier situé dans le Palais qui nous occupe, il y aura plusieurs annexes, ainsi les pièces importantes de la navigation iront dans un Palais spécial construit sur la Seine ; les bateaux stationneront dans un port aménagé dans ce but, les chemins de fer sont relégués à Vincennes, les matériaux de constructions, pierres, briques, etc., iront dans une construction spéciale construite avenue Suffren,en dehors du Champ-de-Mars, etc.
- De nombreuses galeries sont installées au premier étage du Palais (fig. 7); on y accédera au moyen d’escaliers et de tapis roulants. Des ascenseurs conduiront les visiteurs au sommet des minarets de la façade, moyennant la somme de 0fl',05.
- M. Jacques Hermant, l’architecte du Palais, avait fait ses premières preuves en 1889 en construisant le pavillon des pastellistes ; son nom fut attaché dans la suite à bien des édifices, notamment à la caserne de la Garde Républicaine du boulevard Henri IV et aux Palais français des Expositions de Bruxelles et de Chicago; le Palais du Génie civil, qui ne coûte pas moins de 3 millions et demi, est sa plus grande œuvre, et le seul défaut qu’elle présente est d etre appelée à disparaître après quelques mois de succès.
- A. da Cuxiia.
- LES MARÉES,DE LA BAIE DE FUNDY
- Tous ceux qui se sont occupés peu ou prou de la question des oscillations anormales du niveau des mers, le long du littoral, ont entendu parler des marées de la baie de Fundy : on les donne généralement comme le prototype de la plus grande amplitude que prennent les marées dans le monde entier, et les auteurs les plus sérieux et les plus savants, comme sir J.-F. Herschell, citent souvent le chiffre de 30 et même de 36 mètres pour cette amplitude. Le problème vient d’être élucidé pleinement et ramené à la réalité par les recherches et le rapport de M. W. Bell Dawson sur les « Marées et les courants dans les eaux canadiennes ».
- En fait, l’amplitude de ces marées ne dépasse pas celle que l’on peut constater dans le canal de Bristol, où la différence entre le niveau de la basse mer et celui de la haute mer atteint, à Ghepstow, le maximum de 15 à 16 mètres; cela est bien loin des chiffres donnés plus haut! Au reste, dans la baie de Fundy, comme sur bien d’autres côtes, cette différence varie considérablement suivant les localités de la baie ; ne dépassant point 2m,58 dans le sud, au cap Sable, elle est de 4"*,88 à l’entrée de la baie, à Yarmouth, et de 5m,49 à Seal Island. Au
- fur et à mesure qu’on pénètre davantage dans la baie, elle augmente d’importance, pour atteindre 8m,23 à Saint-John et 13m,87 dans le canal de Chignecto. 11 faut bien dire que la baie de Fundy est sujette à des marées extraordinaires, et il en est une notamment qui date de 1869, et qui est connue sous le nom de « Marée de Saxby » : au point que nous venons d’indiquer, c’est-à-dire au fond de la baie, son amplitude a été de 16m,14.
- 11 y a du reste une comparaison assez intéressante à faire entre les oscillations des marées dans cette baie de Fundy, au point qu’on nomme la baie de Cumberland, et celles qui se produisent dans le golfe du Saint-Laurent à la baie Verte. La largeur de l’isthme qui sépare les deux baies, le long du tracé projeté du chemin de fer à navires de Chignecto, n’est que de 28 kilomètres; et pourtant d’un côté la dénivellation due à la marée atteint le chiffre que nous avons indiqué tout à l’heure, alors que, sur l'autre rive, elle est comprise entre lm,83 et 3m,96 seulement, et cela bien que le niveau moyen de l’eau dans la baie de Cumberland soit seulement à quelques centimètres au-dessus du niveau correspondant dans le golfe du Saint-Laurent.
- Nous devons ajouter comme détail intéressant, que l’arrivée du flux dans la baie de Fundy donne lieu à la formation d’un véritable mascaret, animé d’une vitesse . de 13 à 14 kilomètres à l’heure. P. de M.
- LEYIER A SOULEYER LES RAILS
- Il est enfantin aujourd’hui de faire remarquer que les voies ferrées se multiplient un peu partout avec une intensité extraordinaire, et si, dans nos vieux pays d’Europe, il n’y a plus grand’place pour des « chemins de fer » au sens classique du mot, du moins les tramways prennent-ils un développement absolument remarquable. Or, pour la pose des voies nouvelles comme pour l’entretien de celles qui existent, il est constamment besoin de soulever les rails, afin de compenser les tassements de voie et de permettre le bourrage sous les traverses, de remplacer des traverses, etc. La chose est trop évidente pour que nous ayons à y insister.
- Mais un rail avec ses traverses, surtout quand il est encore alourdi par ses points d’attache avec les parties voisines de la voie, offre un poids considérable et, pour le soulever, il faut recourir à des leviers très longs, très lourds eux-mêmes, qui nécessitent plusieurs ouvriers pour les manœuvrer. On vient de nous signaler un levier nouveau qui est peut-être déjà connu de quelques-uns de nos lecteurs, mais qui mérite d’être signalé pour la simplicité et la puissance qu’il présente; il est connu sous le nom de levier Cito et Funck, et, en dépit de l’apparence un peu compliquée qu’il a au premier abord dans la figure que nous en donnons, il n’offre aucune complication, et il est particulièrement robuste.
- En réalité il se compose de deux leviers qui réagissent l’un sur l’autre, un peu à la façon des appareils qu’on emploie à soulever les voitures pour en nettoyer les roues. Le cadre de l’instrument est fait de deux secteurs évidés comportant, à leur partie circulaire, des dentelures dont nous verrons tout à l’heure le rôle, et reposant sur une semelle qui s’élargit précisément à la pointe que l’on glisse sous le rail à soulever. Le premier levier, le plus court, celui dont l’extrémité vient se glisser sous le rail même et qui est pris entre les deux joues formées par les secteurs métalliques, tourne autour d’un axe fixé de manière immuable à la pointe des secteurs; au contraire,
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- ÉLEYAGE DES GRENOUILLES
- Sans être un mets extraordinairement délicat, les caisses de grenouilles ne constituent pas moins un plat apprécié des gourmets. À Paris surtout, on en consomme une grande quantité1.
- ür, comme rien de ce qui touche à l’alimentation ne doit nous laisser indifférent, on peut se demander s’il n’y aurait pas possibilité, dans certaines circonstances, d’élever et de produire la grenouille, comme animal comestible et d’en faire une source de revenus. Ce serait là une branche de l’aquiculture qui ne serait pas à dédaigner.
- Mais, de même qu’il y a « fagots et fagots » il y a « grenouilles et grenouilles ». Parmi les espèces françaises, les plus répandues sont les deux suivantes :
- La Grenouille verte (Rana esculenta), qui est presque essentiellement aquatique et dont la chair, à notre avis, est la plus délicate ; puis la Grenouille rousse (R. tempo-raria), qui est surtout terrestre et dont la chair est moins estimée. C’est donc à la première qu’il faut donner la préférence, d’autant plus qu’elle n’est guère utile au point de vue agricole, en raison même de son habitat, tandis que la Grenouille rousse est un insectivore de premier ordre, qui peut rendre plus de services en mangeant des insectes qu’en étant mangée elle-même4.
- Il est à peine besoin de décrire la Grenouille verte; quelques lignes suffiront pour la caractériser.
- Longue de 12 à 18 centimètres, elle est élancée, svelte et agile ; les parties supérieures du corps sont d’un vert clair avec des taches hrunes; sur le dos s’étendent trois bandes jaunâtres. La face inférieure est blanche. Les mâles seuls possèdent la voix et, surtout au printemps, font entendre leur coassement nocturne bien connu des habitants des campagnes.
- Cette espèce ne quitte que rarement les ruisseaux, les marais et les mares où elle vit d'habitude; elle se nourrit surtout d’insectes, de vers de larves et de mollusques aquatiques.
- C’est vers le mois d’avril que les grenouilles sortent de leur léthargie hivernale et pondent sur l’eau des œufs jaunâtres, agglutinés en chapelets gélatineux, de la grosseur d'un petit pois. Ceux-ci éclosent peu de temps après et donnent naissance à des têtards ne ressemblant nullement à leurs parents, mais qui, après les métamorphoses, que nous n’avons pas à décrire ici, deviennent de véritables grenouilles environ deux mois après.
- Bien des marais, bien des mares, voire même de petites pièces d’eau dans lesquels aucun poisson ne peut vivre et qui sont par cela même improductifs, seraient avantageusement utilisés pour l’élevage des grenouilles; c’est là leur seule destination rationnelle au point de vue piscicole, car les grenouilles doivent être exclues des eaux où l’on fait du poisson, par raison qu’elles dévorent assez communément le frai de ces derniers, surtout des Cyprins.
- Bans les mares de ce genre, dit M. À. Peupion, le produit des grenouilles, qui est toujours certain, se trouve
- 1 La chair fine et blanche de la grenouille est très savoureuse et rappelle par son goût, celui du poulet. C’est un aliment sain et léger, convenant très bien aux estomacs délicats et aux malades. Le triomphe de la grenouille est la sauce poulette. On la savoure encore frite, en beignets ou sautée à la maître d’hôtel. Toujours elle est de facile digestion.
- 4 M. A. Peupion, inspecteur des forêts, qui s’est occupé de l’élevage des grenouilles, préfère la grenouille rousse, qui est plus grosse et plus en chair, plus « culottée ». Nous ne pai-tageons pas cette manière de voir et nous donnons la préférence à la grenouille verte, tout au moins comme qualité.
- souvent égal à celui du poisson. D’abord, celui-ci ne se réalise ordinairement que tous les deux ans, parfois seulement tous les trois ans, tandis que les grenouilles peuvent se pêcher tous les ans1.
- Un cent de grenouilles provenant d’une mare située au milieu de terres cultivées et fertiles, atteint environ le poids de 5 à 6 kilogrammes. Or, l’auteur ci-dessus, cite un petit étang ainsi cultivé, en Alsace-Lorraine, qui produit chaque année le chiffre de 15 000 grenouilles, soit environ 700 à 800 kilogrammes, ce qui constitue il faut le reconnaître, une belle production.
- C’est surtout en Lorraine, dans le Luxembourg et en Belgique qu’on s’occupe, depuis quelques années, de l’élevage industriel de ce batracien. Un journal belge nous fournit à ce sujet de curieux renseignements.
- M. E. M. de W. prend en location des étangs, de préférence à source, dans lesquels les grenouilles viennent frayer naturellement. Il surveille les têtards et il a soin d’écarter les poissons et autres animaux capables de les manger3. Vers mars ou avril, il voit avec satisfaction les têtards se transformer, et bientôt se montrent des quantités de grenouilles. Celles-ci encore jeunes se dirigent souvent vers les champs, les bois et les prairies pour faire la chasse aux insectes. Mais toutes, vers l’automne, reviennent à l’endroit qui les a vu naître, car elles ne peuvent se laisser surprendre par la gelée, et ce n’est que dans l’eau qu’elles passent l’hiver et se repi'oduisent au réveil du printemps.
- On voit que c’est d’une extrême simplicité. Remarquons que dans les eaux bien enherbées et vaseuses, où les insectes pullulent, les grenouilles ne sortent guère.. En outre, on peut les conserver si l’on veut, en leur jetant de temps à autre quelques tripailles ou viandes de qualité inférieure en petits morceaux, ou des vers de vase ou des lombrics ou vers de terre, qu’il est facile de se procurer3.
- Comme on ne consomme que le train postérieur des grenouilles, le reste peut être utilisé comme nourriture pour les volailles, nolamment pour les canards, qui en sont très friands, ou bien pour les poissons carnivores4. Les cuisses de grenouilles sont enfilées sur des baguettes et expédiées ainsi. Cependant, si la distance est quelque peu considérable, les expéditions peuvent être faites simplement dans des sacs à l’état vivant, en ayant soin que ces animaux ne soient pas trop serrés et comprimés les uns sur les autres, car il est nécessaire qu’ils puissent remuer dans le sac. Pour les garantir des heurts et des chocs, il convient de mettre les sacs dans des paniers grossiers. On évitera aussi pour les expéditions, les temps de gelée et les journées trop chaudes.
- Notons, pour finir, que la pèche des grenouilles est excessivement facile. On peut les prendre au filet, ou bien à la ligne, en amorçant simplement avec un morceau de drap rouge, que dans leur voracité elles prennent pour de la viande. Cette pêche est d’ailleurs très amusante.
- Albert Larbalétrier.
- 1 Néanmoins, la grenouille n’est véritablement marchande qu’à l’âge de trois ans; la production doit donc être étagée pour être continue.
- 3 Surtout les oiseaux de basse-cour, particulièrement les canards, ainsi que les hérons.
- 3 Pendant la saison, M. E. M. de W., dont il est question plus haut, expédie à lui seul sur le marché de Paris de 20 à 25 000 grenouilles par semaine.
- 4 II est à remarquer que tandis qu’en France et en Allemagne on ne mange que les pattes de derrière, dans certaines parties de l’Italie au contraire, et surtout dans le Piémont, on sert l’animal entier, y compris la tête.
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- NOUVEAU SYSTÈME DE TÉLÉGRAPHE
- SYSTÈME POLLAK ET VIRAG
- 100 000 mots à l’heure, c’est lu plus grande vitesse de transmission que l’on ait jamais atteinte jusqu’ici! Ce résultat vient d’être obtenu à Buda-pesth au moyen d’une ingénieuse combinaison due à MM. Pollak et Yirag. On parle beaucoup de ce nouveau système de télégraphe en ce moment, et il nous paraît bon de le décrire sommairement. En principe le système est très simple. On fait dans l’appareil transmetteur des émissions de courant positif ou négatif selon les signaux qu’il s’agit de télégraphier; les
- A A \mr B AA- C AN D ~\n E J\r F -A G rAAAAT H
- Sc
- Fig. 1. — Signaux du télégraphe Morse et du télégraphe Pollak et Virag,
- émissions successives actionnent la plaque vibrante d’un récepteur téléphonique. Les vibrations de la plaque se peignent en quelque sorte sur un rouleau enregistreur photographique, et il n’y a plus qu’à les lire.
- On ne pouvait songer dans ce système d’enregistrement des signaux à adopter l’alphabet Morse, composé de points et de traits plus ou moins longs. On les a remplacés par des portions de courbe des Y et des \ renversés ; et c’est
- Récepteur
- Fig. 2.
- un des avantages du système que de permettre à tout télégraphiste habitué à lire le Morse de déchiffrer tout aussi bien et tout aussi vite le nouvel alphabet. Le point est remplacé par une sorte de V et le trait par la même lettre renversée. Nous mettons en regard (fig. mens des deux alphabets.
- Il est clair que la vibration d’une membrane téléphonique ne pouvait se traduire par des points ou des traits, mais bien par des courbes dirigés dans un sens ou dans un sens opposé selon la période d’oscillation. Le résultat est tout aussi simple dans un cas comme dans l’autre. Les émissions positives produiront par exemple des tracés en forme de Y ; les émissions négatives des tracés en forme de \ renversé.
- La combinaison imaginée par MM. Pollak et Virag est la suivante. Jetons un coup d’œil sur le transmetteur. C’est tout bonnement un cylindre métallique relié à la ligne. Ce cylindre entraîne dans son mouvement rotatif une bande de papier qui a été perforée à l’avance comme dans les systèmes déjà
- connus. Les perforations représentent les signaux à transmettre. Cette opération préliminaire s’effectue comme partout ; il n’y a là aucune nouveauté. Les perforations sont groupées sur deux bandes parallèles ; les unes correspondent aux émissions positives, les autres aux émissions négatives, soit aux points de l’alphabet Morse et aux traits du même code. Deux longs balais métalliques (fig. 2) appuient sans cesse sur chaque bande perforée et établit le contact avec le cylindre métallique, de sorte que le courant puisse circuler. Nous avons reproduit les grandes lignes du dispositif et le diagramme des circuits pour les spécialistes que ces détails pourront intéresser.
- L’appareil récepteur constitue en réalité la partie originale de l’invention. Les émissions transmises parviennent à une plaque téléphonique qui entre en vibration. Mais les oscillations de la plaque sont, comme on sait, de faible amplitude. 11 était nécessaire pour en tirer parti de les agrandir. MM. Pollak et Yirag se sont inspirés du système à miroir Thomson employé dans la télégraphie sous-marine. A la membrane vibrante du récepteur téléphonique on a fixé une petite tige et à la tige un mode d’attache flexible et susceptible de
- se déplacer un
- Transmetteur
- Transmetteur et récepteur.
- 1), des spéci-
- peu, auquel est rattaché un miroir minuscule. Le miroir peut s’incliner sous l’influence de l’oscillation de la membrane et s’orienter dans de petites limites. Si bien que si, au moyen d’une lampe à incandescence, on
- envoie un rayon sur le miroir, ce rayon sera déplacé en raison des émissions positives et négatives et élèvera ou abaissera le tracé lumineux. Il y a nécessairement amplification de l’oscillation de la membrane, puisque le mouvement est traduit aux yeux à l’extrémité d’un bras de levier assez long, représenté par le rayon lumineux. C’est absolument ce qui se passe dans le système de récepteur avec miroir Thomson du télégraphe transatlantique.
- Voici le pinceau qui peindra la courbe de l’oscillation ; mgis sur quel écran l’impression aura-t-elle lieu? Le rayon vient se projeter sur un cylindre tournant assujetti à se déplacer périodiquement après chaque rotation. Le cylindre est muni de papier sensible photographique. Aussi les courbes tracées par l’extrémité du rayon s’impriment sur le papier sen-
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- sible pendant la rotation du cylindre, et quand une ligne est terminée, le déplacement du cylindre permet au rayon de se déplacer à nouveau sur un espace neuf. On obtient un trait continu, ondulé, selon les variations d’orientation du petit miroir. Nous figurons l’aspect d’une dépêche ainsi produite (fig. 4).
- La liaison entre la tige de la plaque téléphonique et le miroir est assurée au moyen d’un aimant permanent agissant sur une petite armature de fer doux fixée au miroir. L’une des extrémités polaires de l’aimant est formée d’une fourche qui saisit l’armature. L’autre extrémité se termine par un petit ressort soudé à la tige de la membrane oscillante. L’armature, sous l’influence de la variation d’aimantation, peut s’orienter entraînant le miroir, en raison des émissions du courant.
- Enfin il a fallu adopter quelques dispositions spéciales pour assurer la bonne marche de l’appareil. Il était indispensable de mettre le petit miroir à l’abri des résistances produites par l’inertie de la plaque téléphonique et par la capacité et la self-induction de la ligne. La période d’oscillation de la plaque pourrait bien ne pas coïncider avec la durée de l’impulsion déterminée par le courant trans-
- metteur. Pour assurer le synchronisme, MM. Pollak et Yirag ont disposé en dérivation aux bornes du récepteur un condensateur ayant la même capacité que lui, et ils prennent la précaution d’émettre, dans le fil de la ligne, des courants de durée plus faible que la durée d’oscillation propre à la plaque du téléphone. Aussitôt que le courant cesse de passer, le condensateur se décharge dans la bobine du téléphone en prolongeant l’impulsion due au courant. La plaque revient au repos non plus en raison de son élasticité, mais conduite en quelque sorte mécaniquement. Enfin pour soustraire le récepteur aux
- perturbations de capacité et de self-induction de la ligne, on a disposé une bobine en dérivation sur l’appareil transmetteur.
- En somme, le nouveau système télégraph i q ue peut se définir ainsi : transmission de signaux au moyen des oscillations d’une plaque de téléphone renforcées par l’intermédiaire des projections lumineuses d’un miroir et enregistrées photographiquement. Le mode de transmission se comprend de reste. On commence par traduire le télégramme en bandes perforées avec les appareils ordinaires. On applique le papier perforé sur le rouleau transmetteur; on fait passer le
- Récepteur
- Transmetteur
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- Fig. i. — Télégramme adressé à La Nature.
- courant positif et négatif alternativement. A l’arrivée, les courbes se marquent sur le papier photographique. Le traitement des feuilles photographiques n’exige pas plus de 3 minutes.
- Le nouveau système a été décrit à la Société des ingénieurs et architectes de Budapesth. Il a été soumis à des expériences très satisfaisantes sur les lignes du gouvernement. Notre administration des télégraphes a envoyé pour suivre ces essais un de nos télégraphistes les plus autorisés, M. Constant, inspecteur des télégraphes. Les expériences ont eu lieu pendant la nuit sur une ligne de 1000 kilomètres. Il a fallu, à cause de la rapidité des émissions, se servir de deux fils de bronze de haute conductibilité pour
- atteindre le maximum de débit. Les vitesses de transmission sont vraiment très remarquables. On a pu, à 1000 kilomètres, transmettre 80 000 mots en une heure. Sur une distance un peu moindre, jusqu'à 100 000 mots. En 25 minutes, on parvint à transmettre le contenu de 16 pages de journaux représentant 40 000 mots. 11 eût fallu 30 heures à un télégraphiste très expérimenté avec l’appareil Hughes; avec l’appareil Morse, on eût employé en travail continu plus de cinq jours et de cinq nuits ! Le progrès est donc évident.
- Est-ce à dire que le système de MM. Pollak et Yirag va révolutionner la télégraphie? Nous n’en sommes pas là. Dans les circonstances ordinaires, nous
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- LA NATURE.
- ne pensons pas qn’il y ait lieu d’abandonner nos appareils si précis, si commodes et qui ont fait leurs preuves. Le système nouveau exige la perforation préalable, la traduction en signaux Recorder, la préparation photographique des bandes. Ce sont là des causes de retard comme dans l’appareil Wheatson. Les frais d’exploitation doivent donc être élevés. Notre télégraphe Baudot, si employé en France, transmet au contraire sans préparation, instantanément, en caractères d’imprimerie. C’est là un avantage considérable, qui diminue d’ailleurs les erreurs.
- Cependant, dans d'autres circonstances, comme dans le procès de Rennes, par exemple, il y aurait supériorité du nouveau système sur l’ancien, à cause de la rapidité exceptionnelle du débit. Et encore est-il qu’il serait nécessaire que les typographes de nos grands journaux fussent mis en état de composer directement sur les signaux du type Recorder. C’est surtout à la presse que le système Pollak et Virag pourrait quelquefois rendre de véritables services. Il diminuerait d’ailleurs les temps de location des lignes.
- Quoi qu’il en soit, l’invention est originale et elle est de celles qui peuvent marquer une étape en télégraphie. Uexri de Parville.
- CHRONIQUE
- L'été de la Saint-Martin. — C’est le il novembre que commence l’été de la Saint-Martin. On sait que, d’après une vieille tradition, vers les 11, 12 et 15 novembre, la température subit une élévation marquée. Ces dates correspondent avec le flux d’étoiles filantes des Léonides. Ce n’est là sans doute qu’une simple coïncidence. Mais ce qui est plus curieux, c’est que, ainsi que nous l’avons fait remarquer depuis longtemps, l’été de la Saint-Martin correspond symétriquement aux « Saints de glace )) des 11,12 et 15 mai. Froid en mai, chaud en novembre. Mai vient un mois avant le solstice de juin et novembre un mois avant le solstice d’hiver. Ces deux effets inverses de température semblent se produire avec certaine symétrie. 11 serait intéressant de voir si lorsque les (( Saints de glace » arrivent bien à l'heure en mai, l’été de la Saint-Martin de son côté est bien marqué, et inversement si les « Saints de glace » ayant été bénins, l’été de la Saint-Martin passe inaperçu. Enfin, si le dicton populaire [est très vieux, la réforme du calendrier ayant supprimé 12 jours en octobre 1582, les dates de l’été de la Saint-Martin coïncideraient en réalité avec les premiers jours de novembre, et non pas aux dates indiquées actuellement. Il ne serait pas superflu d’examiner ces coïncidences d’un peu près. Les vieilles traditions ont souvent du vrai et avant de les rejeter, il serait au moins utile de les bien étudier.
- Les applications médicales et chirurgicales des rayons Rœntgen. —A la dernière réunion de la Société Rœntgen, le I)r C.-M. Moullin a traité, dans un long discours, cette question si intéressante ; il a montré qu’aujourd’hui ces applications se réalisent on peut dire dans toutes les branches de la médecine et de la chirurgie. L’écran fluorescent a acquis un tel degré de perfection, qu’on peut étudier à loisir, sur un sujet vivant, les plus légers mouvements du cœur et des poumons, le moindre
- changement dans l’action du diaphragme. Il est probable qu’un jour prochain l’examen des organes thoraciques des malades entrera dans la pratique courante, et qu’on ne pourra pas plus le négliger dans les cas douteux qu’on ne néglige à l’heure actuelle l’emploi du stéthoscope. Au point de vue chirurgical, les résultats les plus remarquables sont obtenus surtout sur des blessures et des maladies des os et des articulations; on a, grâce1 à cet instrument, le moyen de constater si une fracture est convenablement réduite, et le chirurgien peut s’assurer de la position relative des os sans toucher aux attelles, ni imposer la moindre souffrance inutile au malade. Le Dr Moullin ajoute que ce précieux mode de recherches rend maintenant des services signalés pour l’observation des calculs des reins, et ce surtout grâce aux travaux et aux expériences de M. Mackenzie Davidson, qui a perfectionné fort heureusement les méthodes suivies jusqu’ici.
- Le dévouement maternel cliex l’araignée. —
- M. Fr. Rowbotham raconte qu’il a pu constater récemment la puissance de l’instinct maternel chez l’araignée. Il venait d’arracher un morceau de revêtement en liège du mur d’une serre, et l’avait jeté violemment à terre : aussi ne fut-il pas peu étonné d’y voir se cramponner une petite araignée noire femelle, qui faisait visiblement tous ses efforts pour protéger, en les serrant contre elle, deux sacs à œufs. On sait pourtant avec quelle rapidité d’ordinaire ces animaux fuient devant le danger. Notre observateur voulut replacer le liège ; mais comme, dans cette opération, il aurait sans doute écrasé cette bonne mère de famille, et qu’elle s’entêtait à ne point vouloir bouger et à serrer convulsivement son précieux fardeau, il la prit très délicatement et la déposa non moins doucement sur un petit rocher, en la séparant toutefois de ses œufs. Aussitôt sur ce terrain inconnu, elle se prit à chercher de côté et d’autre, toute en peine de ses chers œufs. M. Rowbotham prit ceux-ci à leur tour et les plaça auprès de leur mère : par une bizarrerie qui ne doit point surprendre ceux qui ont observé ces insectes, elle ne les reconnut pas d’abord, ou du moins s’éloigna bien vite en manifestant de la répugnance ; mais ensuite elle revint, et commença de se livrer à un examen scrupuleux des sacs au moyen de ses palpes. Évidemment satisfaite dudit examen, reconnaissant que c’étaient là ses œufs chéris, elle se mit aussitôt à tisser une toile tout autour, afin de les maintenir en place. Quand le soir survint, elle les avait cachés sous une feuille qui les abritait, et elle s’était mise entre les deux sacs, pour mieux les protéger.
- Le jardin botanique de l’Etat de Missouri.
- — Le jardin en question possède actuellement une collection de plantes qui représente 8000 espèces ou variétés : on y cultive notamment 462 espèces de cactus (ce qui est énorme), 169 de fougères, 548 formes d’orchidées, 1016 de légumes, etc. Quant à l’herbier, il contient 507 460 spécimens.
- La pluie dans l’istlimc de Panama. — Au point de vue spécial des travaux du canal, on s’est souvent préoccupé de l’abondance des précipitations atmosphériques dans l’isthme de Panama. Le brigadier général H.-J. Abbot (de l’armée américaine) vient de donner à ce su jet des renseignements précis dans la publication météorologique Monthly WecUher Review. La chute annuelle et moyenne de pluie atteint 5ra,05 sur la côte de l’Atlantique, 2ra,56 dans l’intérieur, et lra,57 seulement sur le littoral du Pacifique. C’est sans doute beaucoup, mais on ne peut pas dire que ce soit énorme. Ajoutons que, dans
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- tout l’isthme, la saison des pluies commence en mai ; dans l’intérieur elle diminue d’importance en juillet, mais seulement en août sur la côte du Pacifique, et en septembre sur celle de l’Atlantique. Un second maximum des précipitations se présente respectivement en septembre, en octobre et en novembre dans chacune de ces trois régions. Quant à la saison sèche, elle commence d’une façon générale au 1er janvier, et elle dure quatre mois.
- La destruction des sauterelles par inoculations. — Le departement de l’Agriculture du cap de Bonne-Espérance se livre depuis un certain temps à des tentatives de destruction des sauterelles par inoculation d’un fungus de maladie, et il est déjà parvenu à des résultats fort heureux dans bien des districts. Le champignon en question est préparé et fourni par le directeur de l’Institut bactériologique, à Graham’s Town : tout résident de la colonie peut en obtenir un tube pour fi pences, autrement dit 0fr,60. Dans un des rapports publiés à ce sujet, nous voyons qu’une centaine de sauterelles inoculées furent mises dans un essaim, et dès le lendemain matin, ainsi que les jours suivants, on pouvait retrouver sur les dunes un nombre considérable de sauterelles mortes : un examen microscopique et des expériences complètes prouvèrent qu’elles avaient été bel et bien tuées par la maladie cryptogamique. Dans un autre cas, le fungus fut mis dans de l’eau tiède, et on trempa dans celle-ci de jeunes sauterelles qu’on lâcha ensuite, et quatre jours plus tard on trouva des monceaux de sauterelles mortes dans les buissons des environs. Dès maintenant, on peut constater une rareté relative manifeste de ces terribles bêtes dans les districts où l’on pratique les inoculations.
- Mouettes et changements de temps. — Le
- prince Kropotkin a fait récemment quelques observations qui l’amènent à penser que les mouvements des mouettes le long des côtes britanniques sont le présage de changements de temps. Dernièrement, se trouvant devant Broad-slairs, il remarqua plusieurs troupes de ces oiseaux qui se dirigeaient à tire-d’ailes le long de la côte vers Douvres : à ce moment, le vent soufflait du nord-est, ainsi qu’il l’avait fait depuis des jours et des jours, et il ne semblait point qu’il dût se modifier de sitôt. Mais un vieux pêcheur affirma que les 'mouettes, qui étaient demeurées jusque-là sur la côte à Margate, et dans l’ouest, se dirigeaient maintenant vers la côte sud afin de rencontrer un vent du sud-ouest qui allait sûrement survenir. Le lendemain les faits confirmaient cette prédiction.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 novembre 1-899.— Présidence de M. Van Tiegiiem.
- Les propriétés du glycogène pur. — M. Armand Gautier observe que bien que le glycogène ait été depuis longtemps découvert par Claude Bernard, on ne Fa pas encore obtenu à l’état de pureté. Il vient d’imaginer l’emploi d’un réactif qui permet, dans les liquides organiques, d’enlever les substances azotées et de ne laisser que les substances ternaires. Ce réactif, c’est l’acétate ’mercu-rique. M. Armand Gautier l’a utilisé à la recherche du glycogène. Le foie humain sécrète de 300 à 500 grammes de glycogène en vingt-quatre heures, et ce glycogène est une des sources puissantes de production de la chaleur. M. Ar mand Gautier présente 3 échantillons de glycogène, l’un provenant d’un foie humain, le second d’un foie de lapin, le troisième d’un muscle de cheval. L’échantillon humain a été tiré du foie d’un décapité; l’organe pesait
- 1070 grammes, la proportion de glycogène extraite est de 20,5 pour 1000 grammes. Chez le lapin, cette proportion tombe à 14 pour 1000. Ces glycogènes contiennent une faible quantité d’eau variable d’une espèce à l’autre. Ils sont en apparence solubles dans l’eau, mais en réalité ils restent en suspension. Si l’on filtre la solution aqueuse de glycogène au travers d’un filtre d’amiante, la substance est arrêtée entièrement. Le glycogène est précipité par l’alcool à 56° centésimaux, surtout en présence du sel marin ; si on le chauffe à 115° dans un autoclave, en présence d’une faible quantité d’acide chlorhydrique, il donne du sucre.
- Communication des propriétés radiantes. — M. et M'”a Curie sont arrivés à préparer des corps qui offrent, par rapport à la faculté d’émettre des radiations, un pouvoir 100000 fois plus intense que celui de l’uranium. Ces corps, qu’ils ont désignés sous le nom de polonium et de radium, sont-ils réellement des corps nouveaux? M. et Mmo Curie ne se prononcent pas encore formellement. L’activité des produits correspondant au polonium diminue avec le temps; celle des pioduits correspondant au radium reste constante. Mais, en outre, les matières radiantes mises en présence d’un corps quelconque leur communiquent la propriété d’émettre des radiations de même espèce qui déchargent à distance les corps électrisés.
- Les raies du radium. — M. Becquerel présente une Note de M. Demarçay relative au spectre du radium. L’auteur qui a opéré sur des produits que lui ont remis M. et Mmo Curie annonce qu’il a obtenu un spectre dans lequel les raies attribuées au radium ont une intensité égale à celle des raies du baryum qui serait associé au radium dans La substance. Il y a donc une très grande probabilité en faveur de l’existence du radium.
- La maladie des œillets. — M. Guignard présente une Note de M. Mangin relative à une maladie qui, en ce moment, exerce ses ravages sur les œillets, dans la région de Nice, Cannes, etc. Les œillets pourrissent à la base, bien que la racine soit parfaitement saine. En étudiant les parties malades M. Mangin y a constaté la présence d’un champignon et d’anguillules. Il fait connaître que la maladie se propage par les boutures et propose d’employer, comme moyen préventif, une solution de sulfate de cuivre au 1/100.
- Varia. — M. Berthelot dépose un Mémoire résumant ses recherches thermiques et chimiques sur la piperazine.
- — MM. Fabry, Macé de Lépinay et Perrot adressent un travail sur la détermination de la masse du décimètre cube d’eau distillée. — M. Larroque envoie une Note sur la mesure des intensités des impressions sonores.
- — M. de Hecn communique un Mémoire sur la reproduction des figures de Savart à l’aide des lames liquides.
- — M. Lippmann présente, au nom de M. Berger, la description d’un appareil permettant d’enregistrer les battements d'un chronomètre par l’intermédiaire d’un microphone placé contre la boîte du chronomètre.
- Ch. de Yiledeuil.
- LES GRANDES ASCENSIONS
- L’ascension très intéressante exécutée dernièrement par MM. les comtes de Henri de la Yaulx et Castiilon de Saint-Victor nous incite à donner une liste des principaux voyages de longue durée qui ont été exécutés en ballon sans escale depuis quarante an-
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- nées, ainsi que ceux qui ont été les plus rapides :
- 1851. Paris-Spa en 11 heures, 550 km (8 voyageurs). Louis et Eugène Godard aéronautes. — 1862. Paris au Hanovre en 15 heures, 600 km (9 personnes). Louis Godard père et G. Yon aéronautes. — 1870. Paris à Christiania (Norwège) en 14h40m, 1250 km, par Rolier et Rezier. — 1875. Paris-Rotterdam (Hollande) en 11 heures (2 personnes). Camille Dartois aéronaute. —1875. Paris à Arcachon en 22h 40m. Sivel et Crocé Spinelli, Gaston et Albert Tissandier, Jobert. — 1895. Paris à Angoulême en 19h15m, 480 km (4 personnes). G. Besançon aéronaute. — 1896. Berlin à Crodheride (Danemark) en 18h50m, 515 km, par le D1' Berson. — 1896. Paris à Agen en 17h50m, 608 km. MM. Besançon et Farman. — 1897. De Leipzig à Tomau par Kœ-nigsberg, la Pologne russe, Yilna et Breslau en 24h15m, 1665 km (8 personnes à bord). Louis Godard fils aéronaute.—
- 1899. Paris-Copenhague en 25 heures, 1520 km.
- MM. le comte de Saint-Victor et Mallet. Enfin l’ascension qui dépasse toutes les autres en durée : Saint-Denis a Com-mercy sans escale en 29h 05m, exécutée par le comte Henri de la Vaulx et le comte Castillon de Saint-Victor. Cette ascension a été faite en quatre escales différentes ; sa durée totale a été de 55 heures ; c’est la dernière escale qui fut de 29h 05m. Il faut rendre hommage à la patience et au courage des deux aéronautes.
- Parmi les ascensions de grande vitesse nous signalerons : 1851. Londres à Biddefort; l’aéronaute Green parcourait une distance de 58 km en 15 minutes, ayant une vitesse de 250 km à l’heure. — 1869 (7 février). MM. Gaston Tissandier et W. deFonvielle ont franchi 80 km de Paris à Neuilly-Saint-Front en 56 minutes, ce qui donnait une allure de 140 km à l’heure. —1882 (14 juillet). L’aéronaute Édouard Le-tort parcourait en une heure, 155 km en allant de Paris à Langeais (Indre). — 1895 (24 mars). MM. Àrch-déacon, de la Valette et Serpollet s’élevant en ballon de Paris ont atterri à Mézières (Ardennes), 240 km en 2 heures. — 1886 (20 mai). Albert Tissandier aéronaute et 2 personnes, partis de Paris, descendaient à Taintegnies, près Tournai (Belgique), 294 km, faisant 98 km à l’heure. N.
- UN BATEAU-MALLE
- Désignation bizarre, mais exacte, car l’inventeur de cette embarcation portative a eu essentiellement pour but de créer un canot qui puisse se transporter en un bloc homogène, ayant à la fois les proportions générales et l’aspect d’une malle, peu encombrante môme.
- C’est un Américain, M. John Osmond, qui a imaginé ce bateau « pliant », au sens précis du mot, puisque, dans ses parties essentielles, il est à charnières. En réalité il se compose de quatre sections, dont deux extrêmes qui forment compartiments étanches, et par suite donnent une sécurité très grande à ceux qui se servent de ce canot : ces compartiments étanches présentent un trou de visite qui se ferme hermétiquement, ils se fixent au moyen de boulons aux sections voisines, boulons naturellement munis de dispositifs pour empêcher aucune fuite de se produire par les trous d’assemblage. Les deux sections médianes sont assemblées, comme nous l’avons dit et comme on le voit aisément dans les gravures ci-jointes, par de fortes charnières, et quand le bateau est monté, on complète cet assemblage par des boulons de serrage. Les divers boulons suffisent à raidir convenablement l’ensemble, d’autant que l’embarcation a une faible longueur et qu’il ne peut guère s’y produire d’efforts considérables dans le sens de la longueur. Veut-on emporter son bateau en voyage, on détache les sections extrêmes, où l’on peut au besoin enfermer des provisions, des vêtements, et on les place côte à côte dans le fond d’un des deux grands compartiments, ainsi que l’indique la figure, après d’ailleurs avoir rabattu les petits sièges, au nombre de quatre, qui reposent sur le fond du canot au moyen de pieds articulés. On démonte également les rames, qui sont faites de deux parties assemblées par une douille, et l’on rabat la seconde grande section, qui vient jouer le rôle de couvercle par-dessus l’autre. On obtient ainsi une véritable malle, qui est même munie de poignées, afin que le transporter! soit plus facile. L. L.
- Le Gérant : P. Masson.
- Le Bateau-malle.
- Paris. — Imprimerie Lahdius, rue de Fleuras, 9.
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- 18 NOVEMBRE 180 9.
- LA NATURE.
- HORLOGES MYSTÉRIEUSES
- De tout temps certains horlogers, amoureux de l’étrange, ont cherché à dissimuler autant que possi-
- ble les mouvements des horloges et des pendules pour faire des systèmes plus ou moins mystérieux.
- Dans les pièces que nous allons décrire, on a surtout voulu donner l’illusion d’aiguilles marchant seules. Dès le seizième siècle eurent lieu des tentatives dans ce sens et l'horloge que nous reproduisons (fig. 1), appartenant à M. Paul Garnier, nous en offre un type curieux et très gracieux.
- Elle est haute de 0m,20, entièrement en cuivre doré et semble d’origine Italienne. I/heure est marquée par le petit style que l’on voit en A. Ce style en acier finement découpé est tout simplement entraîné par une roue dissimulée entre les deux disques servant de cadrans sur laquelle il est fixé.
- Cette petite horloge Renaissance en forme d’ostensoir est de celles qui se plaçaient sur la table. Aussi, comme la plupart de ses congénères, a-t-elle un cadran sur chaque face, ce (pii permettait de voir l’heure des deux côtés. Mais, comme dans celle-ci c’est le même style qui doit l’indiquer simultanément devant Î7e année. — î° semestre.
- et derrière, on a dû graver les heures de chaque disque dans un sens différent. Aussi remarque-t-on dans la figure 1, qui est la reproduction de la lace postérieure de la pièce, que le chiffre 1, par exemple, est à la place que le 11 occupe ordinairement.
- Très curieux est le petit personnage qui indique les quarts d’heure gravés autour de la sphère sur laquelle il est placé. Mais l’intérêt n’est pas précisément là, car cette combinaison se conforme à l’usage si fréquent, dans les horloges de cette époque, d’avoir deux cadrans : l’un pour les heures, l’autre pour les quarts.
- L’illusion consiste surtout dans le mode de transmission du rouage (placé dans le socle de la pièce) aux cadrans. En effet, il semblerait que la tige verticale qui soutient la sphère devrait empêcher la roue cachée entre les disques de tourner, car par sa position cette tige paraît la couper. En réalité, c’est le contraire qui a lieu : la tige entraîne
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- Fig. ô. — Horloge de Robert Iloudin.
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- LA NATURE.
- lu roue grâce à un pignon engrenant avec elle.
- Le rapport des dents du pignon avec celui de la roue est tel que la sphère Lait un tour par heure, tandis ([lie la roue entraînant le style ne Lait le sien qu’en 24 heures, le cadran étant ainsi divisé.
- Nous donnons (fig. 2) la reproduction d’une pièce datant du dix-huitième siècle. Elle est haute de 0m,0(). La figurine est en Lois sculpté et doré. Sur le disque en cuivre, servant de cadran sont des cartouches en émail avec les heures peintes. La Faux renversée que tient le Temps a le manche disposé de telle sorte que, concurremment à un tronc d’arbre placé derrière le personnage, il sert de support à l’axe sur lequel est montée l’unique aiguille.
- Cet axe est brisé; la partie postérieure est fixe, s’emmanchant par un carré dans le tronc d’arbre, et porte une roue dentée calée sur elle ; la partie antérieure mobile, portant l’aiguille, est solidaire d’un tambour enveloppant la roue dentée ; sur ce tambour est fixé un deuxième tambour plus important excentré qui renLermc le mouvement ; ce dernier engrène avec la roue dentée fixe.
- De sorte que le mouvement, s’appuyant sur la roue dentée fixe, décrit autour d’elle un mouvement satellite, entraînant avec lui les deux tambours solidaires, la partie mobile de l’axe et par suite l’aiguille.
- Indépendamment de cette fonction déjà curieuse, l’horloger a compliqué la chose par les deux cadrans que l’on voit à chaque extrémité de l’aiguille. L’un d’eux marque le quantième et l’autre les jours de la semaine.
- Derrière chaque cadran est un caisson renfermant le système moteur des aiguilles. Il est des plus simples et le même pour les deux. 11 consiste en une roue centrale dentée, sur l’axe de laquelle est fixée l’aiguille indicatrice. Cette roue est mise en marche par un pignon sur lequel est fixée une masse métallique relativement pesante.
- La grande aiguille centrale faisant le tour de son cadran en 12 heures, le pignon étant libre et se maintenant, vu sa masse, toujours à la verticale, accomplit lui-mème un tour complet et par conséquent fait faire un certain chemin à la roue qu’il conduit. Ce n’est plus alors qu’une question de rapports de nombre de dents entre le pignon et la roue portant l’aiguille, pour que cette dernière indique soit le jour, soit le quantième. Les deux caissons avec leurs cadrans et leurs masses s’équilibrent fort bien, de sorte que le mouvement de montre qui doit entraîner le tout, le fait facilement.
- La figure 5 représente une pendule inventée par . Robert Rondin, il y a une soixantaine d’années. Cette pièce des plus remarquables consiste en un cadran composé de deux glaces juxtaposées dont l’une est fixe et sur laquelle les heures sont peintes tandis que l’autre est mobile et sert pour la marche des aiguilles. Cette dernière a une roue, ou plutôt un cercle denté certi à sa circonférence et dissimulé dans la baguette métallique formant cadre. La colonne de cristal constituant le corps de la pièce est formée de deux
- tubes fonctionnant d’après le principe du cadran, c’est-à-dire qu’il y en a un fixe et l’autre mobile. Ce dernier a une roue scellée à chacune de ses extrémités. Ces roues engrènent dans des [lignons de transmission communiquant, les uns par le haut avec la plaque de glace mobile du cadran, les autres par le bas avec le mouvement placé dans le socle en bois supportant le globe en verre de la pendule. Toutes ces transmissions cachées sont faites de la [dus habile façon et complètent l'illusion. La glace mobile du cadran, entraînée par la colonne, actionne une minuscule eadrature montée dans l’épaisseur de la glace fixe et dans un espace extrêmement restreint au centre du cadran. Elle est recouverte par la petite aiguille, et par conséquent, invisible. Les aiguilles lui obéissent très bien, vu leur extrême légèreté et leur parfait équilibre. Nous trouvons donc à deux siècles de distance, dans les exemples que nous venons de donner, la même préoccupation des horlogers de faire des pendules mystérieuses.
- Incontestablement, la plus belle au point de vue décoratif, est la [dus ancienne, mais les deux autres ne sont pas moins intéressantes et ne le cèdent en rien à la primitive comme ingéniosité, surtout la dernière qui est bien la merveille du genre.
- Mathieu Piaixchox.
- UN
- NOUVEAU PROCÉDÉ D’INJECTION DES BOIS
- D’une façon générale les bois ne peuvent être employés dans leur état absolument naturel quand ils sont destinés à demeurer exposés aux différents agents atmosphériques : sous l’influence de l’humidité et de petits organismes microscopiques qui pullulent bientôt grâce à cette humidité, ils pourrissent rapidement et sont mis hors de service.
- Pour obvier à ce danger, réel et grave, on doit imprégner le bois de certaines substances antiseptiques qui arrêtent ou du moins ralentissent plus ou moins sensiblement l’œuvre de décomposition. C’est au moyen de l’iiîjection que se fait cette imprégnation, mais si le procédé d’injection même a dès maintenant trouvé sa forme à peu près définitive, on est encore bien loin d’avoir rencontré une substance à injecter qui réponde complètement aux divers desiderata et à toutes les conditions que l’on réclame.
- Comme on le rappelait dans le « Bulletin de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale », les chimistes russes se sont fort occupés de cette question, et M. Philipoff notamment est arrivé à formuler les conditions auxquelles doivent répondre les antiseptiques destinés à préserver les bois. Ils doivent être énergiques, ne pas détériorer la substance ligneuse, s’injecter aisément et ne point se laisser chasser par l’humidité, former dans le bois des composés chimiques stables, être dialysables, ne pas présenter de danger pour les ouvriers qui ont charge de les manipuler, et enfin M. Karitschkoff a ajouté : ils doivent posséder aussi une composition stable et déterminée.
- Nous avons parlé assez souvent des procédés couramment employés, en particulier du créosotage des traverses
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- de chemins de fer, pour que nous n’ayons pas à revenir sur les méthodes habituellement suivies : on ne peut pas dire qu’elles soient complètement satisfaisantes et répondent aux conditions que nous venons d’indiquer. A maintes reprises l’attention s’est portée sur le naphte, qui a le tort de ne pas imbiber le bois dans toute son épaisseur et qui laisse même parfois se propager certains bacilles.
- Mais comme ce produit ne coûte presque rien en Russie, que, d’autre part, il a été démontré que les sels organiques rendraient les plus précieux services en matière d’injection des bois et que leur seul défaut était de coûter cher, les chimistes russes ont poursuivi leurs recherches dans cette voie, et M. Karitschkoff, que nous avons déjà nommé, vient d’obtenir les meilleurs résultats avec les acides organiques qui se trouvent dans le naphte brut et qui demeurent à l’état de sels de soude après rectification par la soude caustique. Disons tout de suite que le prix de ces acides organiques est très faible et parfaitement abordable au point de vue industriel. Ce sont des acides naphténiques huileux, jaunes, insolubles dans l’eau.
- Notre auteur a étudié minutieusement les propriétés de ces acides et de leurs sels, celles des premiers sont supérieures, et parmi les sels c’est celui de cuivre qui agit le mieux. D’une façon générale, des copeaux de bois injectés avec ces produits et plongés ensuite dans l’eau étaient encore intacts au bout de huit mois, au milieu de germes du Pohjpoms su] fur eus, qui est un des agents les plus puissants de putréfaction. Toutefois il faut renoncer à l’emploi des acides purs, qui ne se fixent point et dont la stabilité et la résistance à l’eau sont par conséquent douteuses. M. Karitschkoff a donc adopté le sel de cuivre, et il le prépare soit en faisant réagir l’acide libre sur des copeaux de cuivre, soit, ce qui est plus rapide, par double décomposition du sel de soude de l’acide et du sulfate de cuivre; il a du reste trouvé un dissolvant pour remplacer l’eau, la ligroïne, autre produit de la distillation du naphte qui dissout aisément les acides naphténiques et leurs sels, exige environ neuf fois moins de chaleur que l’eau pour son évaporation, et s’évapore effectivement sans entraîner à la suite aucune altération des bois.
- Pour injecter des traverses avec cette méthode, on les dessèche d’abord et comme de coutume, puis on les injecte dans un cylindre spécial, sous une pression de quatre atmosphères seulement, et on élimine le dissolvant par évaporation à l’air chaud dans les cylindres mêmes où s’est faite l'injection. Pour chaque traverse, il suffit d’employer près de 800 grammes d’antiseptique, et le prix du traitement est d’environ 50 centimes. D. L.
- LÀ TOITURE STANLEY
- Le pétrole, l’électricité et la vapeur se disputent depuis quelques années le lucratif honneur de fournir aux amateurs d’automobilisme leur moyen favori de transport.
- Jusqu’ici c’est incontestablement le moteur à essence de pétrole qui triomphe. L’effort des constructeurs et la faveur du public se sont portés sur ces voitures légères, réellement pratiques pour des tractions non industrielles et d’un ravitaillement facile et peu encombrant.
- La voiture électrique ne serait pas moins goûtée du public si l’on pouvait mettre à sa disposition une source d’énergie moins lourde, moins encombrante et surtout moins coûteuse que les accumulateurs actuellement en usage. En outre, le ravitaillement est difficile, et les accumulateurs sont sujets à des détériorations déconcertantes. Ce qui fait que la voiture électrique, parfaite en elle-même au point de vue mécanique, n’est encore qu’un véhicule de grand luxe, limité presque toujours au service urbain.
- Les voitures à vapeur semblaient consacrées jusqu’ici à la traction industrielle. Elles aussi se sont perfectionnées et ont suivi — depuis Cuignet jusqu’à de Dion — la marche ascendante du progrès. Mais, à de rares exceptions près, on ne rencontre en dehors des tracteurs de grosse locomotion, ou de services publics, que peu de types de voitures automobiles légères à vapeur.
- Cuignet serait donc bien étonné s’il voyait le petit véhicule américain, mû par la vapeur, qui circule à Paris depuis quelque temps sous le nom de voiture Stanley.
- La Stanley produit exactement l’impression d’une de ces petites trotteuses américaines à quatre roues qui semblent au point de vue carrosserie, détenir le record de la légèreté (fig. 3). Comme elles, elle est montée sur un train métallique, formé d’un châssis en tube, supporté par quatre roues en lil d’acier; sur ce châssis repose, par l’intermédiaire de trois ressorts, une caisse en forme de phaéton, dont le coffre renferme tous les organes mécaniques de la voiture. Rien d’apparent donc, si ce n’est le différentiel et la partie inférieure du moteur.
- Les organes principaux (fig. A) de cette voilure sont : un moteur vertical à vapeur, une chaudière tubulaire, un brûleur à essence de pétrole, un réservoir à essence, un réservoir à air sous pression, une bâche d’alimentation et un organe important qui est l’originalité propre de la Stanley : le régulateur.
- Il serait oiseux de décrire aux lecteurs de La Nature le détail du fonctionnement d’un mécanisme que tout le monde comprendra à simple inspection des croquis ci-joints.
- En effet, ce moteur à vapeur n’a de spécial que l’extrême légèreté de sa construction; il est réduit à un minimum de volume qui paraît difficile à dépasser pour la puissance qu’il doit déployer (4 à 6 chevaux), mais c’est un simple moteur vertical à deux cylindres CC, à tiroir commun B; il a 90 millimètres de course et 63mm,5 d’alésage. Les bielles abcd calées à 90° attaquent l’arbre moteur M suspendu au bâti de la caisse par deux étriers (fig. 1). Deux excentriques, pour la marche avant et la marche arrière, et une tige de commande F de la pompe d’alimentation complètent l’ensemble des organes mus directement par farbre moteur.
- La vapeur est produite dans une chaudière multi-tubulaire G (fig. 4) dont le corps cylindrique, en tôle légère, est fret té d’un double enroulement de fils
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- LA NAT LU K.
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- d’acicr fins; 500 tubes de cuivre de lmm,5 d’épaisseur et de 11 millimètres de diamètre sont emboutis sur les deux couvercles. Sa capacité totale est de 20 litres, la surface de chauffe de 5 mètres carrés. Cette chaudière communique avec un manomètre et un niveau d’eau; une conduite sur laquelle est intercalée la pompe alimentaire y amène l’eau de la bâche d’alimentation II, grande caisse qui enveloppe la chaudière sur deux de ses faces, et qui contient une cinquantaine de litres d’eau.
- Le
- chauffage de l’eau, sans être nouveau en soi, est une application ingénieuse et peu encombrante, du procédé de chauffage par pulvérisation d’essence.
- A cet effet, de l’essence de pétrole sous pression est envoyée dans un tube qui traverse la chaudière ou elle se vaporise.
- Cette vapeur se rend de là dans un cylindre creux, inultitubulaire comme la chaudière et placé à sa partie inférieure. Elle s’y brasse avec une première arrivée d’air préalablement chauffe, comme 1 ’ essence, par son passage à travers la chaudière ; puis elle s’échappe dans la zone supérieure où de l’air, ayant traversé les éléments tubulaires du brûleur, vient permettre la combustion.
- La pression de l’air sur le pétrole est obtenue en comprimant, à l’aide de la pompe à pneumatiques, de l’air dans un réservoir spécial à air en charge sur le réservoir à essence T.
- L’allumage se fait d’une façon originale, en déviant le courant d’essence sous pression, mais non vaporisée, à travers un-tube, préalablement porté au rouge sur un feu quelconque. Ce tube se visse sur un raccord spécial à la base du brûleur ; il porte un oritice qui lui permet de projeter l’essence ainsi vola-
- tilisée en un jet de flamme sous la chaudière. Dès que cette dernière est sous pression, le brûleur entre en fonctions, et on supprime l’allumeur.
- Ces divers éléments étant connus, pour en coordonner les fonctions, c’est-à-dire pour éviter à feu
- trop vif une vaporisation trop rapide ou pour faire coïncider avec une vaporisation plus lente un feu moins vif, il fallait un dispositif automatique, évitant au mécanicien la tâche délicate de régler son feu.
- C’est ce qui est obtenu par le régulateur, dont nous donnons ici le détail.
- Un circuit intermédiaire entre la chaudière d’un côté et l’alimentation du brûleur de l’autre est constitué par l’ensemble représenté par la figure 2.
- La pièce essentielle de ce circuit est un diaphragme E dont une des faces — celle du côté de la chaudière — est libre, et dont l’autre commande un robinet pointeau qui, suivant sa position, permet de faire varier ie débit de l’essence arrivant dans le brûleur.
- Sur la figure 2, A est la tubulure d’arrivée de l’essence, communiquant avec le jet B d’injection du pétrole dans le brûleur. C est le raccord spécial de l’allumeur, r et r' sont des robinets d’ouverture et de fermeture, l’un du brûleur, l’autre de l’allumeur. I) est le manchon qui enveloppe et guide la tige C du régulateur, laquelle passe par les presse-étoupes PP; F est le raccord du tuyau de communication de la chaudière et du régulateur. S est la soupape de retenue de la pompe; K, le conduit allant à la chaudière.
- On comprend aisément le jeu de cet appareil très simple. Le réglage en est fait de telle façon que dès que la pression de la chaudière atteint une limite déterminée, le diaphragme cède sous l’action de la
- dispositif de
- B^Monisu. sc
- Fig 1. — Disposition du moteur de lu voiture.
- C’J SC
- Fig. 2. — Disposition du régulateur.
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- vapeur, et chasse la tige de commande du pointeau régulateur, lequel étrangle l’arrivée d’essence. La pression baisse donc automatiquement jusqu’à un autre point déterminé, à partir duquel le diaphragme reprend sa position primitive et l’essence son débit normal.
- Les organes de manœuvre consistent en trois manettes, toutes trois calées sur un même axe, à portée de la main du conducteur.
- L’une commande le robinet d'admission de vapeur dans le tiroir et permet par suite de faire varier la puissance; l’autre commande les excentriques de changement de marche; la dernière règle l’alimentation d’eau en agissant sur un pointeau de réglage
- entre la Lâche et la chaudière. La direction, à barre franche, n’a rien de spécial. Deux freins agissent l’un sur les roues, l’autre sur le différentiel.
- Le poids total du véhicule en ordre de'marche est
- d’environ 300 kilogrammes, son approvisionnement en pétrole de 55 kilomètres, en eau de 35 kilomètres.
- En Amérique, nous a-t-on dit, les pétroles locaux se prêtent fort bien à la combustion dans le brûleur.
- En France, les pétroles ordinaires sont plus lourds, d’où la nécessité d’employer des essences plus volatiles, analogues à celles que l’on emploie pour les voitures à pétrole.
- Au point de vue économique, il serait donc inté-
- Fig. 3. — Vue d'ensemble de la voiture Stanley.
- Fig. 4. — Détails intérieurs de la voiture.
- ressant d’utiliser plutôt les pétroles américains, attendu que l’essence française est un combustible coûteux.
- La pratique nous dira ce que valent les « Stanley » comme résistance à la route et aux nombreux desiderata de nos automobilistes. Quoi qu’il en soit, leur apparition sur le marché français est un des premiers
- symptômes du grand effort industriel que tente à l’heure qu’il est l’Amérique pour supplanter notre minutieuse et peut-être trop hésitante fabrication française. Et à ce point de vue aussi l’apparition de la « Stanley » méritait d’être notée. Léon Auscuer,
- Ingénieur des arts et manufactures. ---><>«—
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- LA NATURE.
- VUES D’ENSEMBLE
- SUR L’EXPOSITION DE 1900
- i
- ESQUISSE GÉNÉRALE
- Dans un an, à pareille époque, l’Exposition Universelle aura ses portes fermées. Du gigantesque travail auquel tant d’efforts et tant d’intelligences auront contribué, il ne restera plus que le souvenir des merveilles admirées et les connaissances nombreuses dont notre grande manifestation de 1900 aura été l’enseignement. Aujourd’hui, si l’on va sur les chantiers on ne parcourt que des palais en construction, aucun n’est terminé, quelques-uns même ne sont pas commencés, on traverse encore des fondrières, les ouvriers monteurs de fers assemblent les grandes fermes qui couvriront les surfaces fermées, aucun produit n’est arrivé. Quand on cherche à prévoir tout ce que cette année va demander encore de travail et lorsqu’on pense aux résultats qui seront obtenus, on ne peut s’empêcher de faire une réflexion et se demander si pour tant de préparation, si pour tant d’argent dépensé, il était nécessaire d’édifier une Exposition de si courte durée ; elle ressemblera à de ces merveilleux feux d’artifices qui ont demandé des semaines et des mois d’ouvrage dans les ateliers et qui n’éblouissent nos yeux que pendant quelques minutes. Les anciens élevaient eux aussi des villes pleines de palais et de jardins, ils y dépensaient les journées de milliers de travailleurs et sitôt l’ouvrage fini, tout disparaissait pour retomber dans le néant.
- L’Exposition de 1900 ne sera pas de même, car son principal privilège sera beaucoup moins de créer un spectacle grandiose à notre admiration, que de marquer une date dans l’histoire industrielle du Monde : elle sera une ère à laquelle on se reportera, cqrnme elle a été un but de bien des efforts; et, pour lui donner toute l’importance qu’elle méritait, il fallait recevoir avec éclat les travailleurs qui vont arriver de toutes parts, il fallait construire un cadre royal aux produits de ces intelligences qui accourent vers nous, il fallait frapper un grand coup qui impressionnât les masses et laissât une empreinte profonde dans les mémoires. Voilà pourquoi on a élevé des palais pour un jour, et pourquoi des architectes ont donné le meilleur de leur génie, c’est pour cela qu’on a dépensé des centaines de millions. Tous les yeux de l’univers sont tournés vers nous, et c’est Paris, la grande Ville-Lumière, qui aura l’honneur de planter son drapeau, à l’aurore du nouveau siècle, sur ce champ immense de la civilisation.
- La fête durera six mois et il aura fallu six années pour la préparer. L’ouvrage était énorme et c’est au zèle infatigable de son chef que reviendra tout le mérite du succès. M. Picard a su s’entourer de son brillant Etat-major qui l’a si merveilleusement secondé, il a organisé les divers concours qui lui ont donné les architectes des différents palais, il a fait appel aux puissances étrangères et a su communiquer à chacun ses idées sur le plan d’ensemble de l’Exposition ; enfin, par un choix délicat et fort difficile, il n’a retenu des milliers de propositions faites pour des attractions, que celles qui par leur nouveauté, leur caractère artistique et la conformité du genre avec les goûts de notre époque, étaient à même de laisser l’Exposition sur le piédestal élevé où il l'avait conçue.
- Une des plus grosses difficultés à vaincre était de choisir une classification des produits qui permît au public de tirer de ses visites l’enseignement le plus salutaire, sans pour cela être ni monotone ni fastidieuse. Dans les Expositions précédentes, il y avait toujours eu une
- certaine confusion, on y rassemblait les objets plutôt par leur origine et leur taille que par leur nature : ainsi chaque pays montrait dans un pavillon spécial l’ensemble de son industrie et de sa culture, les machines étaient réunies dans une même enceinte, sans souci de leur destination, ni de la matière première qu’il s’agissait de transformer. L’Exposition de 1900 a dressé une classification nouvelle qui sera sûrement le prototype de toutes les manifestations industrielles de l’avenir.
- Elle prend le produit à son état natif et nous le fait voir dans son milieu d’origine, en nous permettant d’étudier les différents modes d’extractions, puis elle le suit dans ses périodes de transformation pour arriver à nous le montrer dans ses applications ; enfin, dans une dernière section, on nous parlera de son histoire par une exposition rétrospective qui laissera voir les objets de la classe, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours.
- Ce mode de groupement qui est éminemment rationnel, puisqu’il nous permet d’étudier chaque produit depuis son origine jusqu’à ses applications, n’était possible que maintenant et il n’est pas étonnant qu’aux expositions précédentes il n’ait pas été employé. En effet, jusqu’à ces derniers temps, les seuls moyens pratiques, pour transporter la force motrice, étaient les transmissions rigides et les transmissions par courroies; il était donc nécessaire de réunir en un seul local toutes les machines sous peine de créer pour chacune d’elles, si elles avaient été disséminées sur toute la surface de l’Exposition, un générateur spécial de vapeur ; l’inconvénient de ce système eût été très grand : d’abord il aurait été encombrant de faire des installations de foyers avec cheminées d’usines de tous les côtés, cela aurait été fort disgracieux ; d’autre part il y aurait eu une certaine difficulté à créer des sources des forces motrices pour des machines quelquefois fort peu importantes. Le seul moyen possible était d’assembler toutes ces machines en un seul local, celles-ci étaient alors mises en mouvement par des transmissions provenant d’un plan d’ensemble : de grands arbres armés de poulies distribuaient à chacun l’énergie suivant les besoins, c’est ce qui a été fait en 1889 dans la galerie de 120 mètres. Aujourd’hui, les circonstances ne sont plus les mêmes, nous avons à notre service la grande Fée Électricité que nous employons comme nous l’entendons, et c’est à elle encore qu’on aura recours pour faire, à notre prochaine Exposition, la répartition de la force motrice nécessaire : mais avec quelle facilité! et surtout avec quelle élégance! Finies ces courroies de transmissions qui encombraient les galeries et qui étaient une cause constante de dangers, finis ces bruits assourdissants qui empêchaient de parler dès qu’on pénétrait dans les enceintes des machines : désormais la force motrice est toute entière fabriquée dans des usines centrales et sert uniquement à faire marcher de puissantes dynamos qui engendrent la puissance motrice : celle-ci est alors envoyée, par fils souterrains et invisibles, dans toutes les directions, si éloignées qu’elles soient du centre de production ; les machines de fabrication et les machines-outils recevront l’énergie qui leur est nécessaire pour remplir leurs fonctions, grâce à des transformateurs situés auprès d’elles. C’est cette circonstance de l’usage qu’on peut faire, aujourd’hui, d’une façon absolument pratique, du transport de la force motrice par câbles électriques, qui a permis de réaliser la classification nouvelle nécessitant l’installation des machines auprès du produit, dans le local qui lui était réservé. On connaît le plan général de l’Exposition et les surfaces occupées, nous n’y insisterons pas.
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- LA NATURE.
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- Les Champs-Élysées avec les deux Palais, sont entièrement consacrés aux Beaux-Arts ; le Petit Palais, construit par M. Girault, est réservé à l'histoire rétrospective de l’art depuis les temps les plus anciens jusqu’en 1800. Le Grand Palais servira de réceptacle à l'Exposition Centen-nale de la Peinture et de la Sculpture et à la production de nos artistes contemporains.
- L’art continuera à se montrer sur l’Esplanade des Invalides sous plusieurs manifestations; ici, c’est l’art industriel, c’est-à-dire celui qui se rapporte à l’habitation et à l’ameublement en y comprenant la céramique, la verrerie, et le travail du bois; les manufactures nationales auront également leur palais aux Invalides ; nous y verrons enfin une branche fort intéressante et très curieuse de l’art décoratif, l’art de la décoration de la rue.
- On sait que les quais de la Seine, sur ses deux rives, seront compris dans l’enceinte de l’Exposition, entre les Champs-Elysées et le Champ-de-Mars. La partie gauche est attribuée aux pavillons des puissances étrangères et aux palais des armées de terre et de mer. Les édifices construits par les différents pays ne sont pas destinés à couvrir des produits courants d’exposition, puisque ceux-ci sont répartis dans toutes les classes suivant leur nature; nous y verrons des souvenirs nationaux, des expositions rétrospectives d’art, on y installera également des salons d’honneur pour recevoir les différents souverains, enfin on aménagera des bars et des restaurants.
- Sur la rive droite, nous aurons, entre les ponts des Invalides et de l’Alma, la rue de Paris qui contiendra
- ... Qua' 7>
- Commissariat gênerai)ut
- NORD
- Mètres.
- Plan d'ensemble de l’Exposition de 1900.
- trois palais, celui de la Ville, de l’Horticulture et des Congrès, ainsi qu’une multitude de petites constructions rappelant le côté gai de notre capitale : les Bonshommes Guillaume, le palais de la Chanson, la Roulotte, la Maison à l’envers, etc.
- Après le pont de l’Alma, nous voyons la reconstitution du Vieux Paris par M. Robida, cette attraction sera une des plus intéressantes de l’Exposition.
- Le Champ-de-Mars est couvert de Palais dont les dénominations indiquent le sérieux de leur caractère : Palais de la Métallurgie, Palais du Génie civil, Palais de l’Éducation, Palais de l’Électricité.
- L’ancienne galerie des machines est transformée, au centre, en une immense salle des fêtes; à droite et à gauche, nous aurons l’Agriculture et l’Alimentation.
- Le Trocadéro sera très attrayant par ses constructions originales et exotiques ; c’est en effet dans ses jardins que seront faites les expositions des contrées spéciales; la
- partie gauche est réservée aux colonies françaises et la partie droite aux colonies des pays étrangers, la Sibérie pour la Russie, Java et Sumatra pour la Hollande, et pour l’Angleterre les Indes, le Canada,... l’Égypte et le Transvaal.
- L’Exposition de 1900 ne se limitera pas aux surfaces couvertes sur les rives de la Seine; on sait qu’à Vincennes nous aurons une superficie au moins égale à celle de Paris; c’est à Vincennes qu’on enverra les objets encombrants et volumineux, comme les chemins de fer, les maisons ouvrières, etc. C’est également à Vincennes que seront centralisés les sports.
- Cette description rapide de l’Exposition ne peut en donner une idée que très générale, nous comptons reprendre chacune des parties : Champs-Elysées, l’Esplanade, etc., et y faire des excursions plus détaillées; elles seront l’objet d’études ultérieures. A. da C unît a.
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- LA NATURE.
- LE CHRYSANTHÈME CHEZ LE MIKADO
- Le chrysanthème, la plante à la mode, la fleur du jour, est au Japon, son pays d'origine, l'objet d'attentions particulières, le motif de cultures plus qu’intensives —• et cela depuis un temps immémorial — de la part de ses adorateurs; ceux-ci, encouragés dans leur ferveur par l’enthousiasme que la « Fleur d’or » suscite autour d’elle à la Cour, à la ville, jusqu’aux moindres bourgades de l’extrême Orient, créent à leur tour de nombreux prosélytes. C’est une véné-ration, c’est un culte.
- Ainsi que nous l’avons dit ailleurs, cette Composée nationale ne développe-t-elle pas ses rayons comme motif de décorations aristocratiques et sur l'antique blason des Daïmios? 11 n’est donc pas surprenant d’enregistrer les brillants résultats qu’elle obtient dans les jardins du Mikado, le souverain du Japon, et dans les salles de 'fêtes des résidences impériales.
- Disons tout de suite que les jardins impériaux sont actuellement confiés à l’habile et savante direction de M. Ilayato Foukouita qui, plus d’une fois, a accompli des missions horticoles et économiques dans les cinq parties du monde, pour son gouvernement. Membre de la Commission japonaise en 1889, il nous remit un album de photographies représentant les galeries du Palais impérial à l’abri desquelles le chrysanthème épanouit ses capitules de 0m,2o et 0m,50, muni d’une longue étiquette en papier végétal1. Quelques sujets greffés groupaient différents
- 1 Los couches libériennes du Broussonnetier, kozo, servent à la confection du papier fin, quand la pâte a été arrosée avec une substance laiteuse composée de la fleur de riz et d’une décoction gommeuse de l’écorce de l’Mydrangea paniculé, Nori noki, ou de la racine de l’Hibiscus Mauihot, Toro.
- coloris sur le même pied; toutes les autres plantes étaient à large envergure, à floraison abondante, extraordinaire.
- Une de ces galeries, bambous et nattes légères, consacrée aux chrysanthèmes montés sur tige, attira notre attention autant par la vaste ramure de la plante que par le nombre et la dimension de ses fleurons. Or, on en comptait plus de 400, correctement
- placés sans tassement ni lacune. Pas la moindre ombre au tableau .L’arbre—ce n’est plus une plante herbacée — avait été contre-planté dans une caisse rectangulaire construite en bois de Crypto-meria, Conifère japonaise, populaire, à tranches sanguines, comme le Mélèze européen, le Pitchpin américain.
- Mais M. Foukouba a voulu faire mieux encore. En 1897, il a dépassé le chiffre de 800 fleurs et n’a pas hésité à nous décrire le détail des opérations successives.
- D’abord, le sujet, au lieu d’être le résultat du bouturage, est un éclat ou rejet raciné émergeant du tronc d’une forte plante de l’année précédente; on l’extrait du sol par sevrage , aussitôt la floraison {tassée, soit de novembre à décembre; mis en pot, il est placé en plein air, sous un abri de bambous. Le sommet taillé ne tarde pas à émettre des bourgeons latéraux qui seront, à leur tour, taillés ou pincés de manière qu’il en résulte le plus de ramifications, qui seront terreautées à leur base, si possible. A mesure du grandissement, la plante est rempotée dans un récipient plus spacieux et toujours tenue dehors, protégée par un clayon léger — sauf forte gelée qui nécessiterait un abri plus énergique.
- Dès le mois de juin, le jeune élève est fortement touffu, grâce à la taille, aux pincements réitérés et...
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- LA NAÏTRI
- '"MT O-10
- Fig. 5. — Dernier palissage des rameaux au moment de leur épanouissement floral.
- à l'engrais qui nous ramèneront, au mois de septembre à l'état de la figure 1. Déjà il faut dresser un
- échafaudage qui permette de continuer le palissage et l’éboutonnage, tout en réservant le « bouton-cou-
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- LA NATURE.
- ronne », prélude de la fleur unique et gigantesque au lieu d’une agglomération florale en gerbe ou bouquet de capitules aux dimensions normales.
- Il s’agit maintenant de déplanter le chrysanthème et de le transporter au gradin ou galerie définitive.
- Nous voyons ici (fîg. 1) les jardiniers occupés à la déplantation en pépinière, et aux préparatifs de la transplantation finale.
- La figure 2 saisit le groupe de huit hommes pendant le transport du géant en herbe, sa motte étant blindée et cordelée, par précaution ; et sa mise en place, avec bonne terre préparée, &e pratique aussitôt.
- Alors un travail minutieux s’impose. Il s’agit de diriger chaque rameau en le palissant sur un brin de bambou dressé suivant le plan adopté. La place nous manque pour reproduire les photographies que nous avons sous les yeux. Arrivons tout de suite au couronnement de cette œuvre de patience et d’art comme nos « Français de l'Asie » savent en réaliser.
- La figure 3 est l’image exacte du chrysanthème complet fournissant, après dix mois de soins, une tête, un branchage dressé avec méthode, diapré déplus de 800 fleurs bien doubles, mesurant 0m,30 de diamètre et qui semblent avoir été distribuées mathématiquement, sur un feuillage vert pomme, sans cacher aucune de leurs ligules. Une baguette de fée n’aurait pas mieux réussi !
- En conservant deux boutons en tête de chaque rameau, notre collègue est parvenu à doubler le nombre de fleurs sur la même souche, tout en amoindrissant légèrement le diamètre du capitule, ce qui est logique.
- Ce qui augmente encore l’éclat, la valeur et la rareté de pareille conquête inconnue à nos chry-santhémistes, c’est que l’espèce — mieux, variété — qui a fourni ce beau succès est la résultante d’une heureuse fécondation de 1894. Le coloris blanc de lait élégamment strié de rose carmin donnait à l’ensemble un charme de plus. La panachure des pétales est belle, même dans son inconstance.
- Espérons que son importation en France ne tardera pas à s’accomplir. On sait que le chrysanthème ne se reproduit pas par graines, attendons les plants racinés annoncés pour 1900.
- M. Foukouba, membre de la commission impériale de l’Exposition de 1900, nous promet quelques-uns de ces végétaux acccompagnés d’un jardinier japonais qui saura les faire développer et les amener à la perfection sous les yeux des visiteurs du Champ-de-Mars et du Trocadéro.
- C’est ainsi que notre ami Ilavato Foukouba a pu nous doter d’un type original, Favorite du Mikado. Vigoureuse et florifère, la ramure vous inonde de ses ligules blanc crémeux, mouvementées dans leurs ébats, précieuses dans les compositions et garnitures florales de nos salons. Sur vingt plantes qui nous furent expédiées dans une caisse vitrée sous forme de petite serre, une seule, celle-ci, a supporté la traversée des Tropiques. Charles Baltet,
- 0 a Horticulteur à Troyes.
- VOYAGE
- DE LONDRES A LÂ COLONIE DU CAP
- DU PREMIER GRAND RATEAU A VAPEUR (OCTORRE 1825)
- Les événements qui se déroulent en ce moment au sud de l’Afrique appellent l’attention générale sur des régions qui, à part la fièvre de l’or de ces dernières années, n’avaient point joué un grand rôle dans les préoccupations européennes.
- Le Cap était le passage difficile qui conduisait les navires marchands dans la mer des Indes, on y faisait escale quelques jours pour se ravitailler et l’on partait.
- Aujourd’hui tout est changé, la flotte anglaise va séjourner dans les eaux de ces régions et les vaisseaux forçant la vapeur vont y verser une armée et les engins les plus meurtriers.
- Il ne nous appartient pas de discuter ici des sujets sortant du cadre scientifique de notre journal, mais au moment où la vitesse de la vapeur va jouer un rôle si considérable dans les chances de la lutte, il nous a paru intéressant de fouiller quelques vieux documents pouvant nous donner des détails sur les premiers transports à vapeur ayant effectué la traversée d’Angleterre au Cap.
- Notre curiosité a été bien servie et nous avons trouvé que le premier grand voyage au long cours d’un navire à vapeur a été fait précisément de Londres au Cap pour se rendre ensuite dans l’Inde.
- C’est à la fin de 1825 que l’Angleterre lança Y Entreprise, le premier grand navire à vapeur au long cours. Il y a juste 74 ans, en octobre, ce navire abordait la colonie du Cap et était fêté là-bas comme œuvre de progrès et de paix.
- L’histoire de ce navire et de ce voyage est donc presque une actualité, actualité à la fois scientifique et historique.
- Avant de décrire Y Entreprise et les péripéties du voyage il est intéressant, pensons-nous, de dire quelques mots des débuts de la navigation à vapeur.
- L’application de la vapeur à la navigation est un des plus importants progrès de notre siècle.
- Après de nombreux essais entrepris pour réaliser des rêves d’inventeurs, après les tentatives interrompues avant le résultat du Français Duquet (1687), de Jonathan Hull (1730) et du marquis de Jouffroy (1781), l’Américain Fulton, profitant des travaux de ses devanciers et soutenu par une persévérante ténacité, réussit le premier à faire fonctionner un bateau à vapeur assez grand et d’une marche assez rapide pour qu’il pût être employé sur la rivière de l’Hudson à un service régulier entre New-Vork et Albang.
- C’était en 1807 : l’appareil à vapeur de ce bateau avait été construit dans les ateliers même de l’illustre Watt qui, dès 1764, avait créé les organes les plus essentiels des machines fixes.
- A peine trouvée, la navigation à vapeur se répandit promptement sur les fleuves d’Amérique; elle facilita la circulation de ces grandes voies de communication et contribua puissamment au rapide développement des Etats-Unis, qui en avaient accueilli les premiers essais avec l’indifférence la plus cruelle pour leur bienfaiteur.
- Les bateaux à vapeur furent bientôt adoptés pour la navigation fluviale, en Angleterre d’abord, puis en France, mais avec des résultats moins brillants. Du reste, la découverte de Fulton ne tarda pas à y être presque
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- LA NATURE.
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- détrônée par celle de Stephenson, venue dix-sept ans après.
- L’application de la vapeur à la navigation en mer présentait plus de difficultés, surtout pour de longues étapes exigeant des approvisionnements de charbon considérables, ce qui implique des navires d’une grande capacité, qui exigent à leur tour des machines très puissantes.
- Les essais les plus importants ont eu lieu à partir de 1819; le Savannah est le premier navire qui se soit rendu, tant à la vapeur qu’à la voile, d’Amérique en Angleterre.
- Les frais de ces premières navigations à vapeur étaient énormes ; on a pu, peu à peu, les diminuer par des perfectionnements successifs : l’emploi de coques légères en fer se prêtant mieux aux formes; les améliorations des appareils de production de vapeur et leur utilisation plus avantageuse; l’adoption des chaudières tubulaires inventées parles frères Seguin; enfin l’emploi, comme propulseur, de l’hélice inventée par Frédéric Sauvage.
- Dès l’apparition des navires à vapeur l’Angleterre chercha à utiliser cette invention pour le cabotage, mais jusqu’en 1820 aucun essai n’avait eu lieu pour effectuer un long parcours; cependant on pouvait prévoir qu’elle chercherait à se mettre en relation rapide avec ses colonies, principalement avec l’Inde, que cinq longs mois de voyage pénible séparaient des Iles-Britanniques.
- Le voyage du Savannah avait montré la possibilité de s’aventurer pour de grands voyages sur les océans, aussi les puissantes Compagnies anglaises firent-elles étudier les moyens d’aller aux Indes par ce moyen alors extrarapide.
- Ce fut vers la fin de 1825 qu’un navire à vapeur fut lancé pour la première fois au milieu de l’Océan pour braver les mers d’Afrique, les orages du cap des Tempêtes, les calmes et vents contraires de l’océan Indien. C’était une entreprise hardie autant pour édifier une construction nouvelle que pour risquer les aventures d’une navigation sans précédent. L’année 1825 enregistra cet événement.
- Le navire à vapeur, l’Entreprise, construit dans les chantiers de Londres sur les plans d’ingénieurs distingués, était un bateau à roues de 45 mètres de long et du port de 500 tonneaux. Il était actionné par deux machines à vapeur, de la force de 60 chevaux chacune, construites par Maudslay. Les roues, armées de palettes, avaient 15 pieds de diamètre et faisaient 25 tours à la minute. C’était une sorte de trois-mâts, gréé en lougre, avec une voilure un peu modifiée, les voiles étaient carrées. L’arrière était disposé pour les logements des passagers. \V. II. Johnstone, lieutenant de la marine royale, le commandait. Ce premier grand navire à vapeur fit sensation à Londres, chacun voulait le voir avant son départ, l’admirer, le commenter.
- Nous avons retrouvé un document assez rare relatant les péripéties de ce premier grand voyage à vapeur, aussi pensons-nous intéresser nos lecteurs en signalant les grandes lignes de cet essai couronné d’ailleurs d’un succès.
- L'Entreprise sortit du port de Deptfort le 2 août 1825 et descendit la Tamise jusqu’à Gravesend où son équipage, outre le personnel ordinaire du bord, fut complété par o officiers de la marine royale, 3 mécaniciens et 6 chauffeurs. Les passagers étaient au nombre de 24 parmi lesquels 6 ferrjmes.
- De Gravesend, le navire fut dirigé sur Falmouth afin d’effectuer son gros chargement de charbon. Le 6 août,
- il passait en vue de Dungers. Le soir, à 10 heures, les cris au feu! se firent entendre et jetèrent la consternation dans tout l’équipage et parmi les passagère. Le feu avait pris aux machines, mais on parvint à s’en rendre maître. Le 11 août, on jeta l’ancre dans le port de Falmouth. Le navire y fut chargé de 220 chaldrons de charbon de terre (350 tonnes environ), d’une grande provision d’eau et des choses nécessaires à une longue traversée. Le navire calait en charge 14 pieds, 7 pouces d’eau. Le 16 août départ de Falmouth, direction sur le cap Ortegal. Le 19 en face de la Corogne. Le 26 près de l’ile Lancerote. Le 27 passage des Canaries.
- Jusqu’alors les machines travaillaient sans interruption, mais elles dépensaient beaucoup; la nécessité d’économiser le combustible contraignit le commandant Johnstone à faire usage des voiles et on éteignit les feux. La dépense était de 18 milliers de charbon par jour. Le jeu des machines n’incommodait point les passagers, ils s'étonnaient de ne point sentir un excès de chaleur des foyers. Jusqu’au 1er septembre, à la voile, mais le vent baissant il fallut recourir à la vapeur; la marche devient rapide. Le 7 on passe Sierra-Leone. Du 8 au 11, vent contraire; les machines triomphent du vent et des lames, le navire marche à 4 lieues et demie par heure. Du 11 au 17, à la voile pour atteindre l’île portugaise de San Thomé. Du 17 au 20, réception et séjour à San Thomé; travail pour sortir le charbon des soutes afin de le mettre à la disposition des chauffeurs (le charbon était réparti sur toute la longueur du bâtiment). Départ le 20 et direction vers le. Sud. La route est très pénible, tantôt à la voile, tantôt à la vapeur, et cela jusqu’au 12 octobre où Y Entreprise arrive à la baie de Saldagne et jette l’ancre près de la montagne de la Table.
- Le 13 octobre, à 9 heures du matin, l'Entreprise saluée par le canon du château faisait son entrée au Cap. La relâche de VEntreprise au Cap fut de huit jours. Des milliers de personnes vinrent à bord contempler le prodige. Le temps se passa au renouvellement de la provision de charbon (la dépense, en usant d’économie, était de 196 quintaux en 24 heures). Le 21 octobre on appareilla. Le canon du fort salua le vaisseau comme à son entrée.
- L'Entreprise a à lutter contre les vents et les courants ; elle rencontra sur le banc des Aiguilles trois vaisseaux qui attendaient le vent d’ouest, avec toutes leurs voiles dehors : ils félicitèrent en passant Y Entreprise qui n’avait pas besoin de cet agent capricieux.
- Craignant le manque de charbon, le commandant ne suivit pas la ligne la plus courte, mais celle que lui offrait parfois le vent pour faire le meilleur usage de ses voiles. Le 7 décembre, 47 jours après son départ du Cap, il était à l’embouchure du Gange; le lendemain, il entra dans le port du Diamant et le surlendemain dans la métropole des Indes Britanniques.
- L’arrivée de l’Entreprise à Calcutta excita parmi les Européens le plus vif enthousiasme : tous les vaisseaux le saluèrent à son passage.
- Le voyage avait duré trois mois et demi et la distance parcourue avait été de Tl 200 milles (environ 4000 lieues).
- Le succès de Y Entreprise fut énorme. Quelques jours après son arrivée à Calcutta, le gouverneur général du Bengale en fit l’acquisition au prix de 40 000 livres sterling (un million de francs).
- Depuis 1825 tout a marché, la vitesse est conquise et la colonie du Cap et l’Inde seront demain, grâce aux chemins de fer projetés, à quelques jours de Paris. T. Obalski.
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- LA NATURE.
- porte, les poètes et les musiciens ne s’occupent pas de ces détails et nous voici, pour les suivre, obligés de reconstituer, pour eux seuls heureusement, le fameux cheval de Troie : c’est M. Vallenot, l'habile chef machiniste de l’Opéra, qui fut chargé de la besogne.
- Les documents n’abondent pas, car il n’y a que de vagues bas-reliefs qui pourraient se rapporter à ce monument ; on ne peut que se référer aux commentaires de Y Iliade et de l'Enéide : on y trouve entre autres que les jambes étaient formées de quatre troncs de jeunes chênes et que le corps et la tête étaient en sapin rouge. Pour se conformer à cette description on a donné des teintes imitant les essences employées; l'ensemble est très satisfaisant, et on peut fort bien admettre que telle était la machine de guerre ou le monument, que les Grecs avaient
- Fijj. 1. — La tête du cheval de Troie
- l'i<f. 2. — Simulacre de l'action répété dans les ateliers de l'Opéra.
- MACHINERIE THEATRALE
- LE CHEVAL DE TROIE A L’OPÉRA
- Le théâtre de l'Opéra vient de monter une œuvre de Berlioz dont une partie, sous le nom de Les Troyens, a été jouée, il y a peu de temps, à l’Opéra-Comique, bien qu’il n’y ait là-dedans rien de comique, au contraire. L’autre partie, que donne en ce moment l’Opéra, s’appelle Ln prise de Troie; or, chacun sait qu’en cette affaire le cheval de bois joue un rêde important, et c’est plutôt ici que la chose devient comique. 11 est probable qu’Homère et Virgile, comme les autres auteurs qui ont écrit sur cette matière, s’en sont rapportés à la tradition plus ou moins juste d’un fait de guerre qui a fait un certain bruit dans son temps; mais il paraît bien peu admissible que les Grecs aient été assez imprudents pour enfermer leurs plus braves guerriers dans une bâtisse ayant plus ou moins l’apparence d’un cheval, et que, d’autre part, les Troyens aient été assez naïfs pour entrer cette caserne dans leur ville, sans s’apercevoir qu’elle était habitée! Du reste, l’eussent-ils voulu que, vu les moyens dont ils disposaient, il leur aurait fallu bien du temps pour transporter une pareille masse. Mais peu im-
- Fig. 3. — Le cheval complet.
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- construit pour charmer leurs loisirs pendant les longues années du siège.
- Le cheval de l’Opéra a 8m,50 de haut (hg. 5) il est entièrement en sapin et repose sur un soubassement de 8 mètres de long sur 2m,50 de large entouré d’une barrière, l’ensemble pèse 4200 kilogrammes. Les jambes forment la base d’une vaste charpente constituant le corps de l’animal et c’est sur cette charpente que viennent s’appliquer le ventre, les lianes, la croupe et les épaules, puis par-dessus tout la tête qui, à elle seule, a 5m,50 de haut et pèse près de 600 kilogrammes (fig. 1). Les naseaux, le front et les yeux sont sculptés, le reste est fait de bouts de planches juxtaposés et forme une sorte de marqueterie très réussie.
- Comme le théâtre de l’Opéra ne joue pas tous les jours la même chose et qu’un accessoire de cette importance est un peu encombrant , il fallait pouvoir le démonter facilement ; aussi M. Yallenot, que rien n’embarrasse, a-t-il prévu le cas : au moyen de cordages passés dans des anneaux ad hoc et équipés au cintre, on descend rapidement à terre les parties rapportées (fig. 4); ensuite la charpente, qui est assemblée au moyen de boulons, se démonte en moins d’une heure.
- Cependant quand les œuvres représentées dans la semaine n’exigent pas un grand déploiement de mise en scène, on ne démonte rien ; mais il faut alors remiser le tout. Pour cela, au moyen de deux câbles enroulés sur un treuil du cintre, on soulève d’environ 50 centimètres cette masse déplus de 4000 kilogrammes, puis pendant que des machinistes enlèvent rapidement le plan incliné sur lequel elle reposait, d’autres la font virer de 90 degrés et, à un signal, on la laisse doucement reposer sur une autre
- voie munie de rails, perpendiculaire â la première, et qui permet de l’emmener dans le fond de la scène où elle n’est plus gênante. Quand on assiste à cette manœuvre, on a un moment d’angoisse en considérant cette masse suspendue par deux fils au-dessus d’une vingtaine d’hommes; on croit à chaque instant qu’ils vont être écrasés.
- Le cheval n’est pas habitable, le livret de la pièce ne comportant pas l’entrée ou la sortie des guerriers grecs devant le public; mais il doit traverser la scène
- dans toute sa largeur, partant de la coulisse à gauche du spectateur pour aller à droite s’engager dans la brèche pratiquée aux murs de la ville. Ceci donne lieu à un cortège important, formé en partie de Troyens1 qui traînent l’animal (fig. 2); or, on n’aurait jamais pu, si large que soit la scène, étaler tout cet attelage, et il a fallu user d’un truc. Les cordages sur lesquels tirent les hommes qui traversent la scène, sont bien attachés au cheval qui est sensé encore très loin (en réalité il est tout près), caché par le décor ; mais les cordages ont tout de même leur longueur parce qu’ils sont enroulés sur des tambours installés dans la charpente (fig. 4) ; et munis de freins de façon que les cordes soient bien tendues comme si les Troyens traînaient en effet un lourd fardeau. En réalité, c’est par un treuil situé dans les dessous qu’au moment voulu, les machinistes amènent le monumental animal. Le soubassement sur lequel il repose est du reste muni de galets qui roulent sur des rails fixés au plan incliné figurant le talus à gravir pour atteindre les murailles de la ville.
- 1 Nous avons reproduit ici la scène telle quelle a été représentée devant nous par les machinistes, dans les ateliers de l’Opéra.
- Fig. i. — Le cheval de Troie 'au démontage.
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- LA NATURE.
- L’effet de cette masse énorme traversant la scène est très imposant , et c’est un joli succès de plus pour la machinerie théâtrale. G. Mareschal.
- LA NEIGE DANS LES ALPES
- Nous avons antérieurement signalé l’apparition de la neige à 1000 mètres d’altitude seulement, le 19 septembre 1897. Le même jour, vers 4 heures de l’après-midi, des flocons de neige tombaient dans la vallée de l’Àrve (altitude 450 m.), entre Genève et Bonneville. Alors, sur le flanc des montagnes qui encadrent celte belle vallée, le manteau de l’hiver était descendu jusqu’à la lisière des vignobles renommés d’Avse et de la Côte d’Hyot.
- L’an dernier, nous avons observé la première neige à une altitude inférieure à 2000 mètres, notamment sur le Môle (1869 m.), — bien connu des touristes à cause de la vue superbe dont on y jouit : le lac Léman, le cours du Rhône, le massif splendide du Mont-Blanc, etc., — dans l’après-midi du 17 octobre. C’était déjà un retard de près d’un mois, mais la différence est, cette année, bien plus grande et plus remarquable au point de vue météorologique.
- Nous avons aperçu une légère couche de neige sur le sommet du Môle, dans la matinée du 9 novembre. La veille, après une baisse barométrique brusque, la pluie tombait à partir de 3h 30 du soir. Chose remarquable, nous n’avons pas eu de gelée depuis le début de ce mois. Le thermomètre, à l’ombre, sous l’abri de l’École normale de Bonneville, a toujours indiqué des températures supérieures à zéro, et les maxima ont oscillé entre -+-17° et 21°, alors que l’an dernier, à la même époque, ils ne dépassaient pas +13°. Ajoutons bien vite que la neige observée le 9 novembre a disparu rapidement; dès 10 heures du matin, on n’en voyait plus.
- Le Buet (3109 m.), célèbre aussi dans les annales de l’alpinisme, que nous avons déjà signalé ici même l’an dernier, à cause du peu de neige qui recouvrait sa cime élevée, est encore plus dépouillé cette année-ci. Et pendant que l’on observe des crues et des inondations dans le midi de la France, il tombe très peu d’eau dans le voisinage du Géant des Alpes. Tout semble donc faire présager, dans ces régions tant explorées, un hiver aussi doux et aussi clément que les deux précédents.
- Il y a là, au point de vue météorologique, et aussi au point de vue de l’alpinisme, un phénomène intéressant qui concorde avec la fonte extraordinaire des glaciers. 0. Jullien.
- CHRONIQUE
- lu violent orage en novembre à Chàteaudun.
- — Le jeudi 2 novembre 1899, après une véritable journée estivale, pendant laquelle le thermomètre a atteint à l’ombre et sous l’abri, vers 1h 30 de l’après-midi, jusqu’à 21°,7, chiffre inouï pour novembre, un orage d’une violence extraordinaire et d’une assez longue durée s’est déchaîné sur Chàteaudun et la région. Les premiers éclairs ont été remarqués vers 6h 05 à l’horizon S. S. 0. et S. 0., et c’est à 6h 45 qu’a retenti le premier coup de tonnerre. A partir de ce moment, et jusqu’à 8h 55, sauf pendant deux courtes accalmies de 7h20 à 7h 50, et de 8h 20 à 8h 30, l’orage a été d’une rare violence : les éclairs, d’une
- très grande et remarquable intensité, se sont succédé sans interruption; les coups de tonnerre, violents et rapprochés, ont retenti comme dans les plus forts orages de l’été et la pluie, accompagnée d’un très fort vent du S. 0., est tombée avec abondance et à plusieurs reprises, mêlée, à un certain moment (vers 7h50), à de la petite grêle; rien n’y a donc manqué, et le spectacle, dans sa beauté tragique, ne manquait pas de grandeur. De mémoire d’homme on ne se rappelle pas, à Chàteaudun, d’avoir assisté à un orage de pareille intensité à une époque aussi avancée de l’année où nous sommes; c’est, du reste, le plus fort qu’on ait constaté de l’année, et celui qui a donné la plus forte chute de pluie : 16mm,7. Cette nuée orageuse paraît avoir eu une grande étendue, puisque le même orage a sévi pareillement et aux mêmes heures qu’ici, à Vendôme, à Orléans et à Chartres ; à Paris, à l’observatoire du Parc-Saint-Maur, on a signalé des éclairs de divers côtés, de 7 heures du soir iusqu’à 11h 30, et du tonnerre avec de la pluie de 11h05 à llh30, mais surtout à llh19. Malheureusement, cet orage n’a pas traversé le département sans y causer d’accidents ; la foudre a allumé un incendie à Angonville, commune de Monthoissier, à 19 kilomètres N. N. E. dé Chàteaudun et, à une petite distance de la ville, sur la route d’Orléans, le cheval d’un attelage, effrayé par les éclairs, s’abattit sur le côté de cette route et les deux limons de la voiture furent brisés. Le conducteur n’eut, heureusement, aucun mal.
- L’écroulement d’un bâtiment monstre. — 11
- est bon de faire léger et grandiose, mais il faut prendre ses précautions dans ce genre de construction, comme on vient de l’éprouver à Chicago, où l’on montait, sous le nom de Colisée, un bâtiment monstre en acier, qui devait avoir un peu plus de 91 mètres de long sur 52 de large et 25 de haut. On en était à la mise en place des immenses fermes destinées à supporter le toit, fermes en arc à trois articulations, présentant une ouverture libre de 43 mètres, et reposant sur des fondations en béton établies sur pilotis. Tout s’est effondré subitement, et l’accident, qui a causé la mort sur le coup de 10 ouvriers, et a entraîné des blessures pour bien d’autres, est dû probablement, comme des accidents antérieurs du même genre, à ce qu’on avait négligé de solidariser suffisamment les fermes pendant le montage. On comprend que le renversement de ces immenses fermes soit bien facile.
- Démolition rapide du matériel de chemin de fer hors d’usage. — Les Américains ont pour principe de ne jamais adopter de demi-mesures, et ils ont notamment horreur des réparations qui coûtent cher en ne donnant jamais que des résultats peu profitables. Aussi, de même qu’ils ne réparent point leurs locomotives un peu vieillies, de même, quand des wagons sont considérés comme hors de service, on ne prend généralement pas la peine de les démolir pour séparer le bois du fer. La compagnie dite « American car and Foundry Co » brûle les vieux wagons : elle a, dans ce but, loué un terrain spécial où ont été établies des voies légères. On forme un train de véhicules à « traiter », puis on les pousse brutalement de manière à les faire venir s’empiler les uns sur les autres, et on y met le feu. On brûle ainsi une centaine de wagons par jour, et l’on recueille le fer.
- Les mines d’Australie et de Tasmanie. — I)e
- nouvelles mines de fer et de cuivre viennent d’être découvertes dans lè district de Norbotten, en Suède. Au moment où le prix de l’étain s’élève d’une manière sen-
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- bible, il est intéressant de savoir que l’exportation de ce métal, faite par la Tasmanie, s’est élevée à la fin de 1897 à 80 000 tonnes, et que les 5/7 de cette quantité proviennent de la mine du Mount Bischof. Cette usine est exploitée à ciel ouvert et sur trois côtés à la fois, appelés Brown face, Slanghter face, et White face. Le Brown face forme une carrière demi-circulaire de 700 pieds anglais de longueur. Le minerai consiste en oxyde d’étain brun dont on a constaté la présence jusqu’à une profondeur de 200 pieds anglais. Le Slanghter face présente le même caractère, tandis que le White face est un dépôt d'alluvions. Les gisements d’étain d’Australie semblent s’épuiser, surtout ceux de la Nouvelle-Galle du Sud dont la production a diminué de 9/10; ceux du Queensland, du West Australia sont tombés dans des proportions moindres. Il y a peu de temps que des gisements de ce minerai ont été découverts dans la province de Victoria.
- La croissance des écrevisses. — On estime généralement que les écrevisses ne croissent que très lentement : Soubeyran et Carbonnier notamment évaluaient à 15 ans le temps nécessaire pour qu’un de ces crustacés dépassât le poids de 100 grammes. Or, le Dr Ilofer, dans la publication allemande « Allgemeine Fischerei Zeitung », donne des chiffres qui sont absolument en opposition avec ceux-ci : il est bien vrai que c’est seulement au bout de deux ou trois ans qu’une écrevisse pèse de 25 à 27 grammes; mais, un an après, elle en pèsera 75, en septembre de la même année 110 grammes, et un mois plus tard 125. Ce sont des chiffres intéressants à signaler aux éleveurs.
- La decouverte du pétrole en Pensylvanie. — Comme si ce n’était point assez des formidables gisements de pétrole que possèdent déjà les États-Unis, et notamment de ceux que l’on exploite en Californie depuis un certain temps, la Pensvlvanie vient maintenant ajouter sa production à celle du reste de la Confédération. Des sources de pétrole extrêmement nombreuses ont été, en effet, découvertes sur le territoire d’un petit village de 400 habitants, Gaines, situé dans la région montagneuse du comté de Tioga. Depuis longtemps, l’attention des habitants avait été attirée par des détonations souterraines et par des jets de vapeur qui s’ouvraient un passage à la surface du sol. Un propriétaire, particulièrement entreprenant, fit forer un puits qui donna immédiatement un rendement considérable; de nombreux imitateurs ont suivi son exemple; Gaines est envahi par les ingénieurs et les ouvriers, une cinquantaine de puits sont forés qui produisent chaque jour environ 50 tonnes de pétrole, souvent presque pur. Sans doute, Gaines va-t-il devenir un centre industriel de première importance.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 13 novembre 1899. — Présidence de M. Van Tieghesi.
- Crustacés parasites. — M. Edmond Perrier présente une Note de MM. Caulery et Mesnel, sur un crustacé désigné sous le nom d’épioniscus. Les crustacés, dit M. E. Perrier, offrent cette particularité d’admettre pour parasites des crustacés. Celui dont il est question affecte des aspects différents. Le mâle ressemble au cloporte ; la femelle subit des transformations. Le même individu se montre d’abord avec les caractères du mâle, puis avec ceux de la femelle.
- Caractères de la dessiccation des graines. — M. Dehé-rain résume une Note de M. Maquenne, sur les caractères de la dessiccation des graines. L’auteur observe que les graines sur lesquelles il a opéré peuvent perdre, à la tem-
- pérature de 45°, dans le vide, la même quantité d’eau qu’en étuve à 110° et à la pression normale. Lorsque les graines ont été soumises à une température de 80 à 90° pendant quelque temps, elles ne germent plus que difficilement. De plus, on observe que la vapeur d’eau dégagée a la même tension, quelle que soit la quantité d’eau contenue dans les graines, pourvu que la température soit la même dans tous les cas. L’auteur conclut que l’eau dans les graines se comporte comme un corps inerte et qu’elle y est contenue en nature.
- L'existence du radium. — M. Becquerel rappelle que M. et Mm" Curie sont parvenus à préparer des substances qui possèdent un pouvoir radiateur de plus en plus grand. Cette propriété les a conduits à émettre l’hypothèse de l’existence de deux métaux nouveaux dont l’un a été appelé par eux radium. M. Demarçay a donné à l’hypothèse du radium une haute probabilité tirée de l’analyse spectrale. M. et Mrae Curie font savoir que les mélanges de radium qu’ils préparent possèdent des poids atomiques de plus en plus élevés. Actuellement, ils ont obtenu une substance dont le poids atomique dépasse très notablement celui du baryum auquel le métal hypothétique serait associé. C’est donc un argument nouveau et important en faveur de l’existence du radium.
- Préparation de corps nouveaux. — M. Moissan présente une Note de M. Jaboin relative à la préparation du phosphure de baryum et du phosphure de strontium ’ cristallisés. Il s’agit, en réalité, de corps nouveaux dont l’existence seule avait été signalée par Dumas, mais qui n’avaient point été préparés à l’état de pureté suffisant. M. Jaboin les obtient en réduisant par le charbon, au four électrique, des phosphates. Ces corps décomposent l’eau à la température ordinaire en donnant de l’hydrogène phosphore pur.
- Absorption par les plantes de certaines substances du sol. — M. A. Gautier analyse une Note de son préparateur relative à l’absorption par les plantes de l’iode du sol. On savait déjà que certaines plantes condensent le rubidium existant en quantité infinitésimale dans le sol où el es croissent. L’auteur a porté ses recherches sur l’iode. Dans ce but, il a commencé par doser la quantité d’iode renfermée dans la terre d’expériences. Il a traité, à cette occasion, plusieurs mètres cubes de terre et a constaté qu’on y rencontrait 0‘nmïr,85 d’iode pour 100 kilogrammes de terre. Il a semé dans cette terre différents légumes, des pommes de terre, des tomates, des aubergines, des carottes, des navels, du persil, etc., puis il a dosé l’iode dans ces légumes. Il a constaté que certains légumes, notamment les pommes de terre, î’escarole, le persil, la carotte, ne contenaient pas d’iode, que d’autres (ràve, navet) en renfermaient de petites quantités, que d’autres, enfin, Jes épinards, l’ail, les oignons, les poireaux, en condensaient une forte proportion.
- Varia. — M. Lannelongue présente une Note de MM. Achard et Clerc relative à l’intensité d’action d’un ferment du sang (lipase) dans différents états pathologiques. — M. Moissan présente une Note de M. Marie relative au dosage du phosphore dans les composés organiques. Ch. de Yillkdeuil.
- L’ÀTHÈlNES DE LA CHINE
- C’est de Tien-tsin qu’il s’agit, et ce titre quelque peu emphatique lui a été donné récemment à cause des nombreuses écoles étrangères spéciales qu’elle
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- possède, et dont nos lecteurs ignorent sans doute pour la plupart l’existence.
- Tout d’abord voici le Collège impérial naval, fréquenté par 60 étudiants, et qui possède, outre son personnel enseignant le chinois, deux professeurs anglais et un danois, et un maître de gymnastique anglais; dernièrement on y a adjoint une école où l’on enseigne le russe, ce qui est caractéristique.
- Nous trouvons ensuite deux écoles militaires : VÉcole militaire impériale, comptant quatre-vingts élèves travaillant sous la direction de professeurs chinois et de trois instructeurs allemands, et possédant comme annexe une petite École de chemins de fer avec deux professeurs allemands ; puis le Collège militaire mandchou, qui a un personnel très nombreux exclusivement indigène, et qui forme des officiers pour les « bannières » , c’est-à-dire pour l’antique organisation avec tir à l'arc.
- Nous avons à continuer notre énumération par le Collège impérial des télégraphes, créé jadis par les Danois, mais uniquement aux mains des Chinois aujourd’hui, et où l’on enseigne la télégraphie à une trentaine d’élèves.
- C’est ensuite le Collège impérial de médecine, annexé à l’hôpital impérial, et où l’enseignement est donné par un Français; enfin ['Université. Cette Université de Tien-tsin, qui est en droit sous la direction du Taotsa'ï des Douanes, est effectivement dirigée par un Américain ; elle compte deux cent cinquante élèves internes et divisés en deux sections, une section préparatoire, et le collège proprement dit. Ceux des élèves qui sont défrayés de toute rétribution par l’État sont forcés de le servir quand ils sortent du collège; les autres demeurent absolument libres. L’Université comporte une dizaine de professeurs chinois, dont certains enseignent les mathématiques et l’anglais; mais on y compte aussi huit professeurs américains enseignant la physique, la chimie, la mécanique, l’exploitation des mines, des chemins de fer, ainsi que le droit et la gymnastique.
- Pareille accumulation, dans une ville chinoise, d’Écoles supérieures, et encore donnant des connaissances occidentales, explique bien ce titre d’« Athènes de la Chine » que nous avons choisi pour ces quelques lignes. D. L.
- Rocher représentant un profil humain.
- UN ROCHER A FIGURE HUMAINE
- Nous avons très souvent reproduit des photographies de pierres gigantesques possédant l’apparence d’objets quelconques ou de personnages historiques ; le hasard superpose souvent des monolithes et leur donne des formes si précises qu'elles semblent avoir été voulues et exécutées par la main de l’homme. D’autres fois, ces sculptures naturelles sont obtenues par l’action de l’air et de l’eau ; les falaises de nos côtes sont particulièrement maltraitées, la mer vient frapper leur base et en désagrège les molécules; les éboule-ments sont fréquents, les quartiers de roches s'affaissent et laissent derrière eux des surfaces très accidentées. Le rocher dont nous reproduisons aujourd'hui l’image appartient à cette catégorie de pierres. 11 se trouve en Normandie sur une de ces falaises basses (pii exhaussent, par endroits, le sol des côtes situées dans le prolongement de la rive gauche de la Seine, à son débouché dans la Manche. Pour le voir il faut longer la dune entre Lion et Luc-sur-Mer: à 150 mètres environ de cette dernière localité, on le perçoit nettement. Sa forme bizarre présente une structure humaine des plus accentuées et elle a cela de très particulier qu’elle rappelle avec beaucoup de vraisemblance le profil de Léopold II, roi des Belges; le nez effilé se prolonge suivant la même ligne
- que le front, la bouche est rentrée et la barbe semble fort longue, car le bas de la tête est caché par le bord de la falaise ; enfin l’œil paraît à moitié fermé, ainsi que le montrent généralement les photographies du souverain de la Belgique.
- Si on regarde le rocher vers 10 ou 11 heures du matin, au moment où le soleil tombe d’aplomb, les ombres sont accentuées et augmentent la ressemblance.
- Naturellement cette pierre curieuse est appelée à disparaître, comme toute la falaise elle-même, elle est condamnée à s’effriter petit à petit ; chaque année des blocs se détachent et viennent tomber sur la grève. 11 nous a semblé intéressant de montrer son image tant à cause de la curiosité qu’elle excite qu’en raison de son caractère éphémère. A. G.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahcre, rue de Fleuras, 9.
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- x» 1383. — ‘25 NOVEMBRE 1899.
- LA NATURE.
- UNE FABRIQUE DE CANONS ANGLAISE
- LES ÉTA.HL1SSEMENTS VICKERS
- Pour peu que l’on soit au courant des questions d’artillerie à l’étranger, et notamment en Angleterre, on connaît de nom les établissements métallurgiques Yickers : installés à Sheffield, ils se sont fait une spécialité de la construction de tout le matériel d’artillerie, particulièrement des canons en fil d’acier et des plaques de blindage. Aussi est-il intéressant de relever, dans notre excellent confrère « la Revue des Sciences pures », quelques détails à leur sujet.
- Ces établissements datent de la fin du siècle der-
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- nier, mais c’est surtout depuis une dizaine d'années qu’ils ont pris de l’extension, car leur capital, jusqu’en 1888, ne dépassait point 155 000 livres sterling, et c’est seulement à ce moment qu’il a été porté à 2 500 000, ce qui est un joli total! Cette transformation a été due en grande partie aux commandes de l’État, qui montaient à cette époque à un gros chiffre, et dont on promettait le renouvellement et même une majoration considérable au cas où les usines se créeraient un matériel complet pour la fabrication des plus puissants canons. En même temps, la maison Yickers s’installa complètement et s’outilla pour la fabrication des plaques de blindage, et tout cela dans les meilleures conditions.
- Vue intérieure des ateliers des établissements Yickers.
- Actuellement ces établissements possèdent leur usine de Sheffield, qui est le centre d’action, puis des chantiers de construction à Barrow-in-Furness (car ils construisent même les navires qu’ils arment ensuite de leurs énormes canons et qu’ils habillent de leurs cuirasses monstres) ; enfin, comme ils se sont annexé les établissements d’artillerie Maxim, ils comprennent aussi maintenant les ateliers d’Érith et de Birmingham. L’usine de Sheffield est particulièrement bien située, le long de la grande ligne ferrée du Midland Railway et sur la rivière Don, qui fournit aux besoins d’eau des ateliers : 8 hectares sur les bords de cette rivière sont occupés par les ateliers des plaques de blindage et des canons, tandis que les 10 hectares voisins du chemin de fer sont consacrés plus spécialement aux aciéries, fonderies, lami-27e année. — 2e semestre.
- noirs à bandages, fabrication du matériel de chemins de fer, des machines à vapeur et autres industries qui ne nous intéressent que secondairement ici. Les usines sont desservies par 8 kilomètres de voies à écartement normal, on y trouve 49 ponts-roulants, dont la puissance atteint pour quelques-uns 150 tonnes, et 59 grues de 10 à 25 tonnes. L’aciérie comporte 11 fours, et certains moules peuvent recevoir des lingots pesant jusqu’à 60 tonnes : on comprend que ce sont là des détails intéressants au point de vue de la fabrication et des canons et des plaques de blindage. Celles-ci se font avec tous les perfectionnements aujourd’hui connus, et l’on a successivement abandonné les plaques en acier doux, puis en acier au nickel pour fabriquer les cuirassements harveysés et enfin ceux qui sont traités suivant le procédé
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- Krupp. On a installé, pour les forger, une presse qui pèse 783 tonnes et qui peut exercer à leur surface un effort de 8000 tonnes; elle a naturellement pour auxiliaires deux ponts-roulants monstrueux. Quant au laminoir, il possède deux énormes cylindres de 914 millimètres de diamètre et de 5m ,657 de longueur, dont l’un ne pèse pas moins de 20 tonnes ! En une seule « chaude », grâce à ce laminoir, on peut réduire une plaque de 756 à 152 millimètres d’épaisseur. Tout cet ensemble est à même de produire journellement 4 grosses plaques.
- Au point de vue artillerie proprement dite, l’organisation est peut-être encore plus remarquable, et elle est tout spécialement conçue pour la fabrication des canons en fil d’acier, dont le type est bien connu. Pour cette fabrication, la maison Vick ers a installé une presse hydraulique de 2509 tonnes, des foreuses montées sur un banc de 33 mètres de long, un puits pour la trempe renfermant 65 hectolitres d’huile, une bigue de 400 tonnes pour la manutention des grosses pièces, notamment pour ces énormes canons de 42 pouces, autrement dit de 305 millimètres (le plus formidable calibre que l’on connaisse actuellement), qui pèsent 51 tonnes et lancent des projectiles de 585 kilogrammes !
- Les anciennes usines Maxim, absorbées aujourd’hui par les établissements Vickers, sont composées d’un très grand nombre de succursales et d’ateliers des plus importants : d’abord les ateliers d’Érith, où l’on fabrique les mitrailleuses et les canons automatiques, puis une maison secondaire et tout analogue à Crayford, une manufacture d’étuis de cartouches à Birmingham, des poudreries au même endroit, une usine pour la confection des munitions à Hartford, une fonderie de projectiles à North-Kente, des polygones d’expérience à Swanlay et à Eynsford.
- Pour linir, nous citerons encore les chantiers de Barrow, auxquels nous avons fait allusion tout à l’heure, où l’on construit des navires de guerre et des navires de commerce, et où l’on établit également les affûts de canons et les tourelles. Enfin nous ne devons pas oublier que la grande et puissante maison dont nous venons de parler a créé des succursales à l’étranger, à Plasencia, en Espagne, et à Stockholm, pour fabriquer le matériel destiné à l’Espagne et à la Suède. P. de Méhjel.
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- SUGGESTION ET PRESTIDIGITATION
- Pour faire de la prestidigitation, il ne suffit pas d’avoir une grande habileté de mains et des « trucs » adroits, il faut encore être un excellent psychologue soit pour détourner, au moment voulu, l’attention du spectateur, soit en pesant sur son esprit et sa volonté, pour lui faire exécuter un acte. Peu de personnes, en effet, peuvent échapper à ces « suggestions », et rien ne prouve mieux que, bien qu’il y paraisse, nous n’avons presque jamais notre libre arbitre. C’est, dans un travail sur ce sujet, que M. A. Binet1 appelle l’attention sur ces faits intéressants et dont nous croyons devoir dire quelques mots.
- 1 Année psychologique, 5e année.
- Le tour de la carie forcée constitue le type de ces expériences. Il consiste à forcer un spectateur, devant lequel on développe un jeu de cartes, à prendre dans celui-ci une carte désignée d’avance, et celle-là seulement, sans qu’il s’en doute bien entendu.
- Quand on veut forcer une carte, la première précaution est de ne jamais la perdre de vue, pour ne pas risquer de la confondre avec une autre. On met au-dessous du jeu la carte que l’on veut faire choisir, et on la tient toujours à la même place, en faisant semblant de mêler le jeu; puis on fait sauter la coupe, opération qui fait passer la carte au milieu; cette position est, en effet, indispensable. Il ne faut pas présenter le jeu étalé en éventail, mais fermé. Ce n’est qu’au moment où le spectateur avance la main, qu’on ouvre celui-ci ; et en même temps on ne tient pas les cartes immobiles; on fait filer une douzaine de cartes rapidement devant les yeux du spectateur; c’est dans cette douzaine, qui occupe le milieu du jeu, que se trouve la carte à forcer. Le spectateur, dans celte succession rapide de cartes qui passent devant son regard, n’a pas le temps d’en choisir une en particulier, mais il avance toujours la main, avec le pouce et l’index écartés, pour prendre une carte quelconque. On suit sa main et on épie son regard ; doucement, on avance le paquet vers lui et on met la carte entre ses deux doigts ; la personne machinalement serre les doigts et prend la carte.
- Il est facile de faire l’analyse psychologique de ce tour. 1° On présente d’abord le jeu fermé, pour empêcher le spectateur de faire son choix avant que l’opérateur lui ait mis les cartes sous les yeux ; 2° si on fait défiler devant lui seulement les douze ou vingt cartes du milieu, c’est pour lui indiquer que c’est dans ces cartes seulement qu’il doit faire son choix; celui-ci n’a donc pas lieu sur les 52 ou les 52 cartes du jeu, mais sur un nombre beaucoup plus restreint; 3° on fait passer les cartes dans un mouvement incessant, d’abord parce que cette manœuvre fait croire au spectateur qu’on met plusieurs cartes à sa disposition et ensuite parce que le regard du spectateur ne peut se fixer sur aucune. Lorsque nous sommes sur le point de choisir entre plusieurs actes possibles, dont aucun ne présente un intérêt particulier, c’est la facilité d’exécution qui détermine notre choix.
- 11 faut rapprocher de la carte forcée un second tour qui repose sur le même principe ; c’est celui de la carie pensée. L’artifice du tour consiste à faire défiler les cartes si rapidement que la personne ne peut les voir distinctement, sauf une que l’on écarte un peu plus que les autres; grâce à cet écartement, la carte est plus facilement perçue, elle saute aux yeux et il y a beaucoup de chances pour que la personne choisisse celle-là. En même temps, on surveille son regard. Si la personne conserve un regard incertain jusqu’à l’arrivée de la carte plus écartée, et qu’à cet instant, ses yeux, après s’être fixés sur cette carte, abandonnent le reste du jeu, à coup sùr elle a pensé à la carte qu’on voulait lui imposer. Mais si son attention, son incertitude ou son indifférence se conservent jusqu’à la dernière carte, c’est qu’elle n'a fait aucun choix, ou que son choix s’est fait d’après un souvenir et non d’après le paquet des cartes qu’on lui a montré.
- Les prestidigitateurs ont une habileté merveilleuse à agir sur les secrets ressorts de notre volonté. Il paraît qu’on arrive à faire choisir à une personne un chiffre inférieur à 10, par la façon qu’on emploie pour lui demander ce chiffre. Si l’on veut faire prendre le 5, on énumère rapidement les premiers chiffres en accentuant un peu le 5, et en faisant là une courte
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- pose, afin d’arrêter légèrement l’attention sur ce chiffre.
- Le choix des chiffres est soumis à une curieuse influence qui a été signalée à M. Binet par plusieurs prestidigitateurs. Il paraît que lorsqu’une personne est invitée à citer un chiffre quelconque, inférieur à 10, tous les chiffres n’ont pas la même chance d’être indiqués. On a remarqué (jue le chiffre qu’on ne cite jamais est le 1, et que celui qu’on cite dans la majorité des cas est le 7. M. Binet a fait l’expérience et a pu se rendre compte que les prestidigitateurs ne l’ont pas trompé : les 7 ont été en majorité, ils ont été choisis 17 fois sur 36. Quant à l’unité, elle n’a jamais été indiquée. En psychologie, le calcul des probabilités perd ses droits. Henri Cocpin.
- LA. CULTURE DU DATTIER EN ALGÉRIE
- Un colon algérien de Batna, M. Rose, a donné dernièrement au Bulletin Hebdomadaire du Service des renseignements généraux, des indications intéressantes sur les conditions dans lesquelles la culture du dattier peut se faire en Algérie, et notamment dans le sud constanti-nois. Il ne faut pas oublier que les dattes d’Algérie sont universellement réputées pour leur qualité et leur grosseur, qu’elles sont particulièrement douces et juteuses. De plus, il est admis qu’un dattier sain et bien développé produit annuellement de 8 à 10 régimes pesant chacun 6 à
- 10 kg, ce qui représente au total un poids considérable. La mise en exploitation d’une palmeraie demande, il est
- vrai, onze années et exige un capital de près de 36 000 francs.
- 11 faut d’abord pour une somme de 20 000 francs environ se procurer un terrain d’une superficie de 12 à 15 hectares, entourant une source qui donne au moins 200 litres à la minute : l’arrosage est, en effet, une condition nécessaire au succès, et il entraîne d’assez fortes dépenses, d’autant qu’il faut établir des rigoles pour amener l’eau aux arbres. Mais lorsqu’on a planté des djebars, c’est-à-'dire les rejetons que l’on détache des palmiers au moment où leur système de radicelles a pris un développement suffisant, le propriétaire de la palmeraie ne manque point de se livrer à des cultures secondaires de plantes maraîchères ou de céréales ; elles exigent sans doute un capital de plus de 10 000 francs, mais leur récolte, en 10 années, permet d’amortir complètement ce chiffre, si bien que finalement la palmeraie en plein rapport ne revient qu’à 42 000 francs et donne 7, 8 pour 100 et jusqu’à 11 pour 100 de bénéfices. Ce sont là des chiffres intéressants à signaler au point de vue des cultures algériennes. I). B.
- LA CELLULE NERYEUSE
- ET SON MODE DE FONCTIONNEMENT
- On sait que chaque grand système de l’organisme humain est formé d’une énorme accumulation d’éléments fort petits qui sont les cellules. Dans chaque système, les cellules ont des formes spéciales, elles sont toutes réunies entre elles et en rapport avec les nerfs et les vaisseaux sanguins et lymphatiques.
- Le système nerveux dont le rôle est si délicat est constitué par des cellules compliquées dont la connaissance et les rapports ne sont bien connus que depuis peu de temps.
- Jadis on considérait la cellule nerveuse comme une petite masse polygonale avec quelques prolongements
- allongés émergeant des angles de la ligure ainsi formée.
- Mais depuis quelques années les recherches de Nissl, Von Lenhossck, Ramon y Cajal, Golgi, etc., ont montré que la cellule nerveuse était autrement compliquée. Des méthodes de préparation fort délicates ont permis de reconnaître dans la cellule nerveuse une matière amorphe dans laquelle son! distribués des faisceaux de fibrilles formant un réseau assez régulier entre les mailles duquel sont amassés des grains d’une substance amorphe (chromatine).
- De la cellule partent une foule de prolongements allant dans tous sens et que l’on ne peut mieux comparer qu’au chevelu d’une racine d’arbre. La figure 1 montre nettement cet aspect.
- Ces prolongements sont, on le voit, fort petits. Ils sont hérissés à leur surface de saillies semblables aux épines qui couvrent certaines tiges végétales. Ces épines sont très visibles sur la préparation que représente la figure 2. Pourquoi cette disposition si compliquée? Les recherches des auteurs que nous citions plus haut auxquels, pour la partie physiologique, il est juste de joindre le nom du professeur Mathias Duval, vont nous l’expliquer.
- Suivant les prolongements des cellules, ces savants se sont aperçus qu’ils ne se continuaient pas les uns par les autres, ils sont simplement rapprochés les uns des autres : en contiguïté et non en continuité. Cette disposition parut tout d’abord paradoxale et incompatible avec l’idée que l’on se faisait du passage de l’influx nerveux considéré comme se comportant de la même façon que le courant électrique, et devant suivre des conducteurs ininterrompus.
- Mais en présence de ces dispositions particulières : chevelu des prolongements cellulaires, immense quantité des épines qui les hérissent, on put com-% prendre que les contacts pouvaient être intimes entre les éléments nerveux, et que l’influx pouvait ainsi passer des uns aux autres, tout comme le courant électrique peut passer d’un fil à l’autre lorsque ces deux fils sont fixés l’un contre l’autre.
- Bien plus, cet arrangement des éléments nerveux permet de comprendre le mécanisme de certains phénomènes physiologiques tels que le sommeil. Que voit-on, en effet, lorsqu’on tue brusquement un animal en pleine activité (comme l’a fait Mlle Ste-fanowska), et qu’on examine ses cellules nerveuses, immobilisées dans leur forme au moment même de la mort par les réactifs appropriés (matières colorantes, sels d’or et d’argent) ?
- Dans ce cas, les prolongements cellulaires sont étalés, allongés, ils sont hérissés d’un nombre immense de véritables épines. De ce fait, les contacts des ramifications cellulaires entre elles sont intimes et innombrables. Nous pouvons encore renvoyer à nos deux figures qui montrent bien cet aspect.
- Si, au contraire, on a tué l’animal durant son sommeil, on voit les prolongements cellulaires rétractés, ratatinés; leurs épines ont disparu, rentrées dans l’intérieur des filaments nerveux. Un simple examen montre que les rapports entre les chevelus des cel-
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- Iules sont infiniment moins marqués qu’à l’état de veille. Tout de suite la conclusion s’impose. Dans le premier cas, le courant pouvait facilement se transmettre d’un filament à un autre, mais dans celui-ci il ne peut que très difficilement passer.
- Ainsi peut s’expliquer facilement le sommeil, durant lequel l’activité cérébrale est considérablement diminuée, puisque alors l’influx nerveux parti de la périphérie du corps ne peut que difficilement gagner les centres nerveux et inversement.
- L’est précisément la vérification histologique de la théorie du sommeil qui avait été proposée par le professeur Mathias Duval peu après la publication des premiers travaux de Ramon y Cajal.
- Lorsque l’animal a été très fatigué, les choses se compliquent encore : non seulement les prolongements cellulaires sont rétractés et leurs épines ont
- disparu, mais en plus le corps de la cellule lui-même se rétracte, les masses de matière amorphe qu’il renferme peuvent disparaître en partie ou prendre une disposition irrégulière.
- Tel est le schéma très général de la diposition du système nerveux ainsi qu’on l’admet aujourd'hui. Les conséquences de ces faits sont innombrables. On comprend, par exemple, que tous les états physiologiques du système nerveux peuvent s’expliquer par le fonctionnement plus ou moins parfait de la cellule d’une part, et d’autre part par la transmission plus ou moins gênée et ainsi plus ou moins modifiée de l’influx nerveux.
- Au point de vue pathologique, une foule d états particuliers du système nerveux, sans lésions importantes, peuvent s’expliquer par des troubles dans le fonctionnement ou la conductibilité de tel ou tel de
- Fig. 1. — Cellules de Purkiiijc (cervelet).
- Grossissement de 125 diamètres.
- (Photographie microscopique directe de M. Monpillard.)
- ces groupements complexes formés par l’association des éléments nerveux depuis la périphérie jusqu’au centre, puis inversement et auxquels on a donné le nom de neurones. Si, en outre, on fait intervenir les modifications dans les grains de chromatine que renferme la cellule, on voit que le mécanisme producteur de nombre de phénomènes nerveux s’explique aisément.
- En veut-on quelques exemples : un neurasthénique faible, déprimé, sans force ni courage est tel parce que ses prolongements cellulaires sont mal ramifiés, ou rétractés, privés de leurs dendrites qui n’en peuvent sortir et par suite en contact insuffisant avec les autres éléments nerveux. L’influx ne peut passer aisément et d’ailleurs souvent aussi ses cellules travaillent lentement, leurs grains de chromatine sont en excès; ainsi s’explique son état morbide. Bien plus, que le contact entre les filaments nerveux ne se fasse [dus et le sujet pourra devenir paralysé. Il guérira d’ail-
- Kig. 2. — Cellules de Puikinje. Terminaisons des raïuiliculions. Grossissement de T60 diamètres.
- (Photographie microscopique directe de M. Monpillard.)
- leurs aussitôt que le contact se sera fait de nouveau.
- Chez tel autre sujet nerveux, irritable, excitable même, les ramifications cellulaires sont trop allongées, leurs épines exagérément saillantes. Les cellules nerveuses sont le siège d’un travail excessif : l’influx nerveux est surabondant, il passe trop facilement et trop rapidement.
- Ces exemples, d’ailleurs schématiques, et que l’on pourrait multiplier en indiquant les applications à la physio-psychologie, montrent comment les récentes découvertes histologiques et biologiques sur la structure du système nerveux ont amené une vraie révolution dans tous les ordres de recherches dirigées en ce sens. La simple paraphrase des remarquables photographies microscopiques de M. Monpillard que nous avons voulu présenter fera saisir l’importance et l’intérêt de ces nouvelles et curieuses découvertes de neuro-histologie. Capitan.
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- IA LUNE ET SA PHOTOGRAPHIE
- Phœbé, la blonde déesse à laquelle Jupiter avait accordé la grâce de garder sa virginité perpétuelle et qu'il avait pourvue sur terre d’une garde du corps formée par un gracieux cortège de nymphes ;
- Phœbé, la toujours douce et mélancolique figure que les amoureux regardent au ciel en soupirant, que les poètes rêveurs invoquent ;
- Phœbé qui, toujours dans sa vertu farouche, semble garder auprès d’elle quelques dentelles de brumes vaporeuses et flottantes pour se voiler la face lorsqu’un regard indiscret la contemple trop longtemps; Phœbé s’est laissé surprendre !
- Oublieuse même de ses procédés cruels envers Acléon, elle fait glisser un à un ses voiles pudiques, et c’est toute blanche dans sa nudité rayonnante et belle que, ô honte de notre lin de siècle décevante, elle pose elle-même devant l’objectif indiscret! !
- Les préjugés s’en vont, et, pour le cas présent, la science en fait son profit.
- Le joli croissant de lune que nous donnons aujourd’hui, nous a été obligeamment prêté par M. Lœwy, le savant directeur de l’Observatoire de Paris. C’est un des clichés qu’il obtient directement au foyer de son grand équatorial coudé et qu’il agrandit quinze fois environ pour former son 'atlas 'photographique
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- de la lune. M. Lœwy poursuit ce grand travail depuis plusieurs années en collaboration avec M. Puiseux, astronome au même établissement. Cet été 'même, il vient de déposer sur le bureau de
- l’Académie le
- — quatrième fasci-
- cule de cet ouvrage remarquable.
- L’examen de ces feuilles suggère des réflexions de plus d’un genre. L’ensemble des documents antérieurs, cartes, dessins ou photographies, avait accrédité l’opinion que la surface de notre satellite offre un caractère d’aridité générale, et une grande uniformité de teinte. Cette monotonie apparente était due certainement pour une part à l'insuffisance des appareils employés dans l’observation directe, l’œil fatigué par une lumière excessive n’apercevait plus les détails des parties les plus brillantes. Dans les photographies la lu-mière diffuse, imparfaitement éliminée, jetait sur l’ensemble de l’image une sorte de voile. Les nouveaux documents, obtenus en utilisant toutes les ressources de l’optique moderne, et choisis avec soin dans une collection déjà très nombreuse, font apparaître les paysages lunaires sous un jour beaucoup plus varié. Une étude même superficielle de ces feuilles montre que des forces physiques de nature diverse ont modelé la surface du sol de notre satellite dans des sens différents pendant de longues périodes, le plus souvent sans effacer ni
- Photographie lunaire obtenue à l’observatoire de Paris.
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- confondre' leurs effets. Les grands' traits de la physionomie de. la lune, aussi Lien que les principaux linéaments du dessin géographique, ont donc une histoire susceptible d’être reconstituée en partie, et seule capable de donner la pleine intelligence de l’état présent des deux globes.
- • Les notices dont MM. Lœwy et Puiseux accompagnent .chacune des cartes de leur atlas, aujourd’hui au nombre de 27, renferment de nombreuses applications de cette idée. Nous ne pouvons entreprendre de les énumérer à cette place. De leur ensemble, il résulte ,que Phistoire {le la Lune et celle de la terre ont une?partie. commune, celle des premières déformations dé la croûte solide, obligée de se diviser en compartiments irréguliers, et de s’affaisser par places pour suivre la contraction du noyau intérieur. A partir d’un certain moment, les deux évolutions ont suivi des marches divergentes : sur la lune dominent les éruptions volcaniques, aboutissant à la formation d’orifices circulaires de dimension décroissante. Sur la terre les phénomènes volcaniques, contrariés par la pesanteur plus forte et la densité supérieure des roches, demeurent l’exception. En revanche, l’action érosive des eaux courantes prend de plus en plus d’importance, et partage à la longue les continents en bassins de profil concave, uniformément inclinés vers les océans.
- Dans le but de mettre en lumière les traits de ressemblance entre les deux planètes, MM. Lœwy et Puiseux ont particulièrement comparé sur la Lune les régions les moins bouleversées par les éruptions volcaniques, sur la terre celles qui ont subi le moins d’érosion. Ils ont pu constater ainsi un véritable parallélisme d’allures entre les fosses profondes que révèlent les sondages dans les océans terrestres et les bassins déprimés de notre satellite. De même plusieurs massifs montagneux de la Lune, pauvres en orifices circulaires, imitent dans leur disposition générale certaines chaînes de notre planète, de sur-rection relativement récente, et où l’érosion n’a point encore effacé la structure primitive.
- L’étude des contrastes de teinte n’est pas moins suggestive que celle des inégalités du relief, et les photographies de MM. Lœwy et Puiseux les font parfaitement ressortir. L’existence de dépôts superficiels très vastes, mais d’une faible épaisseur, atteste dans le passé non seulement une période de grande activité volcanique, mais la présence d’une atmosphère assez dense pour transporter au loin les poussières. Cette enveloppe gazeuse a-t-elle totalement disparu à l’heure actuelle? Il semble difficile de l’admettre, et par suite de nier catégoriquement la possibilité, à la surface de la Lune, de quelques formes inférieures de vie animale ou végétale.
- Ces questions qui de tout temps ont sollicité invinciblement la curiosité humaine, ont été considérées par la plupart des astronomes de profession comme n’étant pas susceptibles de solution. Aujourd’hui, cependant, nous les voyons circonscrites, abordées par plusieurs voies différentes, et il se peut
- qu’un avenir prochain fasse surgir, dans cet ordre d’idées, des résultats importants.
- Loris R vbourdix.
- LE YOYÂGE DE LY « BELGICY »
- Le 5 novembre dernier la Belgica entrait dans le port d’Anvers saluée par les frénétiques applaudissements d’une foule sympathique venue pour acclamer le courageux équipage, de retour d’une exploration de deux années au Pôle Sud.
- Le navire belge Belgica était parti le 16 août 1897 du port d’Anvers afin de poursuivre une entreprise hardie dans les mers du Sud. L’idée d’explorer la zone polaire australe avait d’abord causé quelque surprise, mais le promoteur de l’expédition, M. Adrien de Gerlache, lieutenant de marine, avait su rallier à lui de nombreuses adhésions, si bien qu’une souscription fut ouverte et que le gouvernement demanda 160 000 francs aux Chambres. 11 ne restait plus qu’à s’organiser pour partir.
- La Belgica est un trois-mâts barque construit en Norvège, portant une forte cuirasse en bois de fer pour mieux résister aux atteintes des glaces. A l’avant se trouve un éperon en acier. A l’arrière et au milieu, la machination qui actionne une hélice démontable et qui chauffe, en même temps, les cabines. Sur chaque côté, des canons pour la pêche à la baleine. A l’intérieur, à côté des cabines et des salles de provisions, le laboratoire pour les expériences et le développement des épreuves photographiques. Sur le pont, deux baleinières du modèle norvégien. Enfin, au grand mât, le nid de corbeau, spécialement aménagé pour permettre de faire des observations scientifiques.
- Ce bateau jauge 250 tonneaux et file 8 nœuds. (L’est, en outre, un excellent voilier ; on ne se sert de la machine que dans les calmes et les vents contraires.
- Le personnel de l’expédition, peu nombreux, se composait de son chef M. de Gerlache, du capitaine en second M. Georges Lecointe, qui, après avoir appartenu à l’artillerie belge, fut longtemps détaché, en qualité de lieutenant de vaisseau dans la marine française ; du lieutenant norvégien M. Arnundsen, du lieutenant belge M. Mellaerts.
- Les observations scientifiques étaient confiées au lieutenant d’artillerie M. Emile Danco, à M. Arktowski, docteur de l’Université de Liège, à M. Racovitza, docteur ès sciences, ancien élève de la Faculté de Paris, au Dr Cook, médecin de l’expédition Peary au Pôle Nord.
- L’équipage se composait de deux machinistes, deux chauffeurs, un maître d’équipage, un charpentier, deux harponneurs, douze matelots et deux cuisiniers.
- Le cas d’un hivernage était prévu. La Belgica avait emporté un observatoire démontable, une maisonnette à doubles parois garnie de linoléum à l’intérieur et, à l’extérieur, de carton bitumé et de feutre; comme vêtements, la veste en peau de loup, le jersey d’Islande, gros gants et bottes de cuir; puis un assortiment de lunettes noires et de lunettes à neige.
- Le 16 août 1897 la Belgica quittait Anvers et se dirigeait vers les îles Canaries; de là elle gagnait les côtes du Brésil et bientôt la Terre de Feu.
- Le 14 décembre 1897, le navire laissant Punta-Arenas s’enfonçait dans le Sud,
- Un long silence. Enfin le 4 avril dernier la Société de géographie recevait de M. de Gerlache un télégramme de Punta-Arenas annonçant la réussite de l’entreprise, attristée par le décès de deux membres de l’expédition:
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- le matelot Welcke, victime d’une imprudence, et le lieutenant Danco, déprimé par le froid polaire.
- Apres avoir pénétré dans le détroit de Bransfield et gagné l’ouest de Low-Island, la Belgica se dirigea vers la baie de Hughes; M. de Gerlache découvrit un détroit séparant les terres de l’Est d’un important archipel que l’explorateur a baptisé du nom d’archipel de Palmer; la terre de l’Est est devenue « terre de Danco ».
- Mais le résultat scientifique dépasse de beaucoup le résultat purement géographique. M. Lecointe a déterminé les coordonnées des points saillants; le regretté Danco, partout où il lui a été possible de débarquer ses instruments, a relevé les éléments magnétiques ; M. Arktowski a recueilli de rares échantillons de la faune abyssale ; M. Racovitza a découvert des espèces ignorées d’acariens, de lichens, de mousses et de graminées. Une collection de photographies rehausse le tout et met en lumière l’importance des résultats acquis.
- Au point de vue géographique la Belgica s’est avancée jusqu’au 71°36' de latitude sud. Nous avons dit qu’une réception enthousiaste avait été faite à la vaillante expédition.
- La Société de géographie qui s’était montrée favorable à l’entreprise a décerné aux explorateurs la grande médaille d’or.
- MM. de Gerlache, Lecointe, Arnundsen, Rocovitza, Gook, Arktowski ont été nommés par le roi chevaliers de l’ordre de Léopold. Les mécaniciens et les matelots ont reçu la croix civique et la médaille de courage et de dévouement. T. Obai.skt.
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- L’INDUSTRIE ÂU JAPON
- En ces temps derniers, la presse s’est beaucoup occupée de la situation industrielle du Japon, et de nombreuses inexactitudes ont été écrites sur ce sujet. Les voyageurs dans leurs récits pas plus que les consuls dans leurs rapports n’ont, en effet, donné une idée bien nette de la façon dont s’y traitent les affaires, car ils n’ont pas pris contact avec le milieu que lés importateurs étrangers désirent atteindre. A cet égard, les documents publiés se bornent à des vues générales, agrémentées parfois de statistiques fournies par les agents des douanes. Tout autre est le travail de M. Lamar Lvndon, inséré récemment dans The Engineering Magazine. Cet ingénieur, chargé par des manufacturiers américains d’étudier quels débouchés le marché japonais pouvait offrir à leurs produits, a rapporté de curieux renseignements sur les diverses branches du Génie civil dans l’empire du Mikado. Son intéressant article, fruit d’une enquête de trois années, mérite de nous retenir quelques instants.
- D’abord, le technicien indigène, sortant d’une des grandes Écoles de Tokyo, est très infatué de lui-même. Possédant une instruction théorique élevée, la tête bourrée de mathématiques et farcie de formules, il se croit destiné à accomplir de gigantesques travaux, à renouveler les tours de force des de Lesseps et des Fowler, mais il manque totalement d’expérience pratique. Ainsi il achètera des machines mauvaises pourvu qu’elles soient bon marché. Il sera très difficile de lui persuader de payer davantage pour avoir meilleur. A la rigueur cependant il fera un sacrifice pour un appareil qu’il connaît, qu’il a vu fonctionner tandis qu’il ne se procurera pas un instrument, même offert à bas prix, s’il n’en a pas lu la description dans un journal scientifique de Londres ou de New-York.
- Pour ces motifs, il est malaisé à un nouveau venu de
- concurrencer avec succès une maison dont les articles sont en vogue dans l’Archipel. Aussi tout industriel, désirant se créer des relations commerciales au Japon, doit y envoyer des représentants possédant parfaitement le mécanisme des machines qu’il se propose d’offrir et prêts à répondre à n’importe quelle question relative à leur fonctionnement. Il lui sera même plus avantageux de confier ses intérêts à une bonne compagnie déjà ancrée dans la place.
- Comme la main-d’œuvre est très bon marché dans ce pays1, les machines simples, de bonne qualité, établies à prix réduits et d’un maniement commode pour leur conducteur, sont les plus recherchées. D’autre part, le charbon japonais étant de médiocre qualité et coûtant de 12fr,50 à 20 francs la tonne, tout dispositif qui réalise une économie de combustible y sera également très apprécié.
- Examinons maintenant l’outillage en service dans les fabriques japonaises. Les chaudières à foyer intérieur sortent presque exclusivement des usines anglaises. Ce sont les plus employées. On rencontre aussi, dans les stations d’électricité, quelques chaudières tubulaires de marque américaine. Le matériel pour le tissage de la laine et du coton est fourni également par l’Angleterre. Celui nécessaire pour façonner la soie vient de France.
- Lorsqu’ils montent ces ateliers, les Japonais procèdent selon l’ancien système. Un seul fabricant reçoit la commande de l’installation complète : moteur, poulies de transmissions, etc. Toutefois quelques ingénieurs intelligents tendent à réagir contre cette pratique et s’adressent aujd aiurd ’hui à des constructeurs spécialistes, sans pas par un intermédiaire.
- La plupart des machines-outils arrivent de Birmingham et de Manchester. Quelques-unes seulement sont importées d’Allemagne. Elles sont du reste assez primitives et, comme il faut toujours les vendre à bas prix, mal conditionnées. On n’en trouve de bonnes que dans les arsenaux du gouvernement ou dans les ateliers de certaines Compagnies de chemins de fer. Quant aux machines confectionnées au Japon, elles sont toutes d’imitation étrangère sans modification aucune. Là-bas, les procédés de contrefaçon sont peu compliqués. Dès que le modèle qu’on se propose de reproduire est rendu à destination, on le démonte, on en mesure chaque partie et on en dresse des patrons. On les copie ensuite tant bien que mal. Cette façon grossière d’opérer donne naturellement d’assez pauvres résultats.
- La construction d’appareils électriques est la seule où les Japonais aient un peu réussi, encore leurs dynamos sont-elles d’un faible rendement et conséquemment assez coûteuses. Les questions de transmission de force à grande distance et de distribution d’énergie électrique ont été étudiées par quelques-uns de leurs savants. La première grande installation de ce genre a été faite par la « Japan Car Building C° », afin d’actionner les usines de la Compagnie des chemins de fer de Hankaku, petite ville près d’Osaka. Depuis lors, les entreprises analogues se sont multipliées. Donc, avec un peu d’initiative, et malgré les difficultés ci-dessus indiquées, le marché du Japon s’ouvrirait aussi bien aux constructeurs et électriciens français qu’à leurs seuls concurrents sérieux, les Anglais.
- Jacques Boyer.
- 1 La journée d’un mécanicien-ajusteur est de 2(r,50 environ. Celle d’un ouvrier ordinaire varie entre 0fr,75 et lfr,25.
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- EA NATURE.
- LES CERFS-VOLANTS MÉTÉOROLOGIQUES
- DE RLUE-IIII.L1
- Nous avons parlé, il y a peu de temps, des nombreux services que les cerfs-volants sont susceptibles de rendre en météorologie; dans la plupart des circonstances, ils peuvent à ce point de vue remplacer les ballons, dont le gonflement est si coûteux, alors qu’ils n’entraînent pour ainsi dire aucune dépense. Toutefois nous aurions attendu davantage pour revenir sur la question, si notre article n’avait eu la bonne fortune d’attirer l’attention de M. Rotch, le savant directeur de l’observatoire de Blue-Hill, qui nous a adressé des renseignements sur les dernières expériences exécutées sous sa direction dans l’établis-
- sement en question, avec des cerfs-volants qu’on est en droit d’appeler météorologiques.
- Disons d’abord quelques mots de l’observatoire en lui-même, qui est situé près de Readville, dans les environs de Boston, et qui, bien qu’à une modeste altitude de 190 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer, se trouve sur le sommet le plus élevé de la cote de l’Atlantique entre le Maine et la Floride. Il a été fondé en 1885 parM. Rotch à titre de station privée, et c’est toujours M. Rotch qui en fait pour ainsi dire uniquement les frais. Avec la station météorologique municipale de New-York, il a été le premier aux Etats-Unis à posséder des instruments enregistreurs relevant graphiquement, et de façon continue, tous les éléments météorologiques. Il comporte deux postes secondaires munis d’enregistreurs, installés à
- 15 et à 60 mètres au-dessus de la mer; il signale le temps aux centres voisins au moyen de pavillons. Mais les travaux que l’on y poursuit portent surtout sur les nuages, leur hauteur, leur vitesse de déplacement, etc., et c’est pour cela que les cerfs-volants étaient tout indiqués comme un précieux auxiliaire des observations et des recherches dont il s’agit. Aidé seulement, depuis 1897, par une subvention de la « Smithsonian institution », M. Rotch dépense annuellement 20000 fr. et plus pour son observatoire, sans compter les frais des publications qu’il fait paraître.
- Or, depuis les ascensions que nous avons signalées ici même, de nouveaux résultats des plus intéressants ont été obtenus.
- Tout d’abord le matériel des ascensions a été grandement modifié, et dans les plus heureuses conditions en ce qui concerne le cerf-volant, le câble d’attache et le cabestan assurant le déroulement ou
- 1 Yoy. n° 1359, du 10 juin 1899, p. 27.
- l’enroulement de ce câble. Il importait au suprême degré de mettre les nouveaux appareils aériens à même de résister aux vents les plus violents, sans que les efforts subis par le cerf-volant et par la ligne de retenue devinssent excessifs: ce fut M. Clayton, un des collaborateurs de M. Rotch, qui reçut la mission de trouver la solution du problème. Tout d’abord il essaya des cerfs-volants du type malais ou Eddy, en forme de diamant, en les munissant d’une nageoire ou d’une quille s’étendant sur toute la longueur de la tige centrale de la charpente de l’appareil; de plus, le bout de la bride d’attache du câble de retenue sur la queue de l'instrument était élastique, de manière à laisser le cerf-volant prendre un angle différent sous les forts coups de vent, ce qui finalement assurait une diminution dans la pression exercée. Toutefois on revint aux types Hargrave qui sont plus stables, en leur conservant la bride élastique dont nous venons de parler. Cette bride peut
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- même ctre réglée dans sa tension de façon que la traction sur le câble n’excède jamais un certain maximum. Par vent faible, c’est la partie élastique de la bride qui supporte tout l'effort, jusqu’à ce que, sous l’influence de l’extension de cette première patte d’attache, la seconde entre, elle aussi, en jeu. L’efficacité de cette disposition est aujourd’hui bien prouvée par des expériences sur lesquelles nous ne pouvons insister, en dépit de leur intérêt. Au moyen d’un dynamomètre on peut aisément régler l'effort maximum auquel doit être soumis le cerf-volant. Et maintenant il ne se présente plus pratiquement de rupture des câbles de retenue.
- Nous aurions bien d’autres détails intéressants à
- fournir sur les améliorations secondaires apportées à la charpente du cerf-volant, pour diminuer la résistance qu'elle peut offrir à l’air, sur le revêtement de parafine dont on enduit l’étoffe qui le recouvre, etc. Dans la charpente, on emploie du bois de sapin et des cordes de piano pour servir de tendeurs. 11 importe du reste au premier degré que tous les angles du châssis soient absolument droits. Nous ne pouvons évidemment rédiger ici un cours de construction des cerfs-volants météorologiques, mais nous devons signaler quelques points assez importants au sujet du câble de retenue. Celui-ci est fait d’une corde de piano en acier, de 81 millimètres de diamètre, pesant 425 kilos par kilomètre, et qui ne se rompt que
- Fig. 2. — Vue générale du treuil et du moteur des cerfs-volants de Blue-llill.
- sous une tension de 156 kilogrammes. D’ordinaire ce câble travaille sous un effort qui n’atteint que la moitié de ce maximum, mais parfois aussi sous une charge de 80 kilogrammes environ. On peut se procurer ce fil par longueurs de 2400 mètres sans raccord, et d’ailleurs les épissures, quand on veut une longueur totale plus grande, sont aisées à faire; il faut seulement qu’elles soient soigneusement exécutées, après que les deux bouts de fil ont été limés en pointe, afin que l’enroulement de l’un sur l’autre ne forme pas un ressaut brusque sur l’ensemble du câble. On recouvre même l’épissure de soudure pour créer ainsi des sortes de plans inclinés supprimant tout choc de cette épissure sur le tambour d’enroulement. Le cerf-volant est fixé au bout du câble au moyen d’un anneau sur lequel le fil métallique est
- tourné plusieurs fois et même soudé. Quant aux appareils en tandem que l’on monte assez souvent sur le câble qui maintient un appareil principal, ils sont accrochés à une sorte de monture en aluminium à deux bras, présentant chacun une fente où l’on glisse le câble, et où on le serre ensuite au moyen d’une vis.
- Le treuil de retenue du cerf-volant n’est qu’une modification de l’appareil de sondage imaginé par sir William Thomson, et qui est assez connu pour que nous en parlions peu. Le câble s’y enroule sur un tambour métallique A (fig. 4), de 6 mètres de diamètre, dont les joues présentent chacune une gorge, l’une recevant la courroie M décommandé, l’autre la corde 0 du frein; on peut y enrouler 10000 mètres et plus de fil métallique. La distribution régulière de
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- ce dernier à la surface du tambour, au fur et à mesure qu’il s’enroule, est assurée par une poulie C qui est animée d’un mouvement alternatif au moyen d’une came C. Une seconde poulie E envoie le fil à une poulie de traction sur laquelle il s’enroule quatre fois,et enfin sur deux petites poulies qui forment dynamomètre. Une de ces dernières a est montée au bout d’une tige G dont l’autre extrémité est munie d’un ressort antagoniste, et, sans que nous insistions, on comprend que tout effort tendant à mettre a en ligne avec b agira sur les leviers que l’on voit reliés à la tige C, et fera inscrire un trait de la plume J sur le rouleau chronographique K. Si nous suivons plus loin le fil qui est indiqué dans la figure par la lettre W, nous le verrons passer sous la poulie oscillante R, qui peut prendre toute direction dans un plan horizontal, en tournant autour d’un axe vertical U, et, par suite, en donnant au fil et au cerf-volant toute liberté dans leurs mouvements.
- Les dessins que nous reproduisons, et qui nous ont été obligeamment communiqués par M. Rotch, montrent encore en S un cadran qui enregistre avec une exactitude fort suffisante les longueurs de câble filées. On y aperçoit également les engrenages et les arbres qui transmettent au treuil le mouvement fourni par le moteur à vapeur, placé sur la même plate-forme que ledit treuil; un double jeu de poulies donne la faculté de faire tourner ce treuil à une vitesse de 11 ou de 4,5 kilomètres à l’heure; du reste, on a aussi la possibilité de monter en A1 une manivelle qui permet de commander l’appareil à bras. Quant à la machine motrice, elle est du type automatique Shippmann, de deux chevaux de force, effectuant 400 révolutions à la minute, et consommant pour son chauffage moins de 2 litres de pétrole par heure. Elle peut ne faire que 100 tours à la minute.
- Nous nous sommes étendu sur tous ces détails.
- parce qu’ils n’ont pas encore été donnés, et parce qu’ils peuvent être utiles à ceux qui voudraient se lancer dans cette voie si intéressante de l’exploration de l’atmosphère au moyen de cerfs-volants. Ce qui montre bien les résultats que l’on y peut obtenir, ce sont les expériences de plus en plus curieuses que M. Rotch et ses collaborateurs mènent à bien presque chaque jour. En 1894, ils étaient parvenus seulement à faire monter leurs appareils à une hauteur de 651 mètres; en 1896, ils arrivaient à 2845 mètres, puis à 5571 en 1897, et enfui à 5679 en 1898; ajoutons que le maximum atteint à notre connaissance, cette année, est de 5811 mètres, ce qui est énorme. Les enregistrements du météorographe durant ces ascensions sont du plus haut intérêt, notamment au point de vue des phénomènes cycloniques et anticycloniques, et une des expériences les plus remarquables à ce
- sujet a été faite le 24 et le 25 novembre 1898.Sous peine de nous allonger beaucoup trop, nous ne pouvons songer à donner les graphiques qui ont été obtenus pendant ces ascensions; le directeur de l’observatoire de Blue-Hill en a pu tirer une conclusion qu’il considère comme ferme. Pour lui, les particularités des cyclones et des anticyclones sont dues à la température à l’intérieur et à l’entour de ces météores; la « théorie de la convection » des cyclones serait la vérité.
- En tout cas, nous ne pouvons manquer d’être absolument de l’avis du savant directeur de l’observatoire de Blue-Hill, quand il vient exprimer l’opinion que les cerfs-volants sont précieux, plus précieux même que les ballons, pour explorer l’atmosphère à des hauteurs comprises entre 5000 et 4000 mètres, d’autant qu’ils demeurent sensiblement immobiles en un même point, et qu’ils permettent les comparaisons les plus intéressantes avec les phénomènes qu’il est possible d’enregistrer simultanément à la surface du sol. Daniel Bellet.
- Fig. 5. — Moulure d’accrochage d’un appareil en tandem.
- Fig. 4. — Élévation et plan du treuil de retenue et de son moteur à vapeur.
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- LE CANCER ANIMAL ET VÉGÉTAL
- Je sais un homme heureux : la chose est plus rare qu’on ne pense. Depuis dix ans, le Dr Fiessinger d’Oyonnax a publié note sur note montrant que le cancer était une maladie contagieuse, qu’il se transmettait dans les familles, dans les mêmes habitations. 11 allait même plus loin, le cancer était fréquent chez les habitants des bois. Des enquêtes suivies, confirmées et vérifiées par des confrères habitant la même région, montraient que cette terrible maladie semblait plus fréquente chez les sujets que leurs occupations retenaient d’une façon durable dans les vergers, les bois, et il trouvait que par rapport aux habitants du village, les douaniers, les forestiers, les jardiniers offraient un contingent de victimes plus considérable.
- Ces assertions, que l’auteur étayait bien de statistiques, mais dont il ne pouvait démontrer la filiation et le bien fondé, n’eurent guère d’écho dans le public médical. Quelle était la cause? Quelle était la source? Comment et pourquoi la vie au plein air, en plein bois, pouvait-elle offrir plus de dangers que la maison de village ou de grande ville?
- M. Fiessinger cherchait en vain quel insecte pouvait être le vecteur du germe parasitaire. Car ce germe existait. Pour lui, le vulgaire chancre des arbres offre plus d’une analogie avec les tumeurs malignes qui sévissent sur l’espèce animale, et plus encore sur l’homme que sur les animaux. Ces chancres végétaux se développent surtout sur les arbres adultes à la suite d’une plaie, par la foudre, par la grêle, d’une excoriation, d’un ébau-chage, et fait curieux, connu des forestiers, ces chancres semblent bien contagieux. On les rencontre par îlots dans les forêts, formant des groupes de véritables malades.
- La marche, dit M. Fiessinger, l’aspect général de la tumeur végétale sont ceux du cancer humain. Dans le cancer du sapin, le tissu ligneux bourgeonne, l’écorce tombe, une surface mamelonnée envahit circulairement le tronc, le pénètre en profondeur, le rend friable, amène la dénutrition progressive du végétal et sa mort habituelle. La thérapeutique est la même : section des branches malades, ablation des tumeurs malignes chez l’homme.
- Cette analogie, cette similitude ont frappé notre confrère. 11 se souvient d’un cas qui lui semble être un fait très net de contagion de végétal à l’homme. Un cultivateur, en taillant un pommier chancreux, se blessa d’un coup de serpe à la lèvre. Peu de temps après un épithé-lioma se développait sur le point de la blessure, récidivait après une opération et finalement entraînait la mort.
- Plus tard, en étudiant de près ces chancres végétaux, M. Fiessinger demeura convaincu que ce chancre était dû à la pénétration par l’écorce de divers champignons, entre autres \& riectria ditissima. Existait-il des spores dans le cancer humain? et ces spores pouvaient-elles être les mêmes que celles du chancre végétal ? Rien ne venait à l’encontre de cette hypothèse. On sait que des maladies végétales se transmettent à l’homme et déterminent chez lui des lésions d’ordre similaire. Je n’en citerai qu’une, l’actinomycose, qui passait pour rare jusqu au jour où mon ami Poncet de Lyon eut l’idée de faire une enquête, d’examiner les malades suspects. En quelques années, il recueillait les éléments d’un superbe volume paru l’année dernière et qui montre la fréquence relative de cette maladie causée par l’aetinomyces.
- M. - Fiessinger en était là de ses conceptions lorsque
- lui vint une première satisfaction. Bra venait de découvrir le parasite du cancer. Dans les tumeurs malignes de cette nature et dans le sang des sujets atteints de cette maladie, le parasite1 se présente sous la forme de sphé-rules et de cellules cylindriques; on peut l’obtenir par cultures et reproduire expérimentalement des tumeurs cancéreuses, une infection générale en retrouvant chez les animaux soumis à ces inoculations, dans les tissus, dans le sang, les sphérules et les spores du type primitif.
- Cette découverte était la confirmation des idées de contagion que soutenait M. Fiessinger, mais il y a plus, car ce fait de la contagiosité tendait à prendre corps et semblait admis par bon nombre de pathologistes. En poursuivant ses études sur le parasite du cancer, en le cultivant sous diverses formes, dans les bouillons de culture les plus variés, Bra est arrivé à préciser la place de ce champignon ou pour mieux dire de cet organisme, à le classer, et, résultat assez inattendu pour tout autre que M. F’iessinger, cet organisme est identique avec le neclria ditissima qui donne naissance à ces ulcères chancreux des arbres. Et les preuves de cette identité des deux parasites c’est que l’inoculation à des animaux du neclria ditissima détermine l’apparition au point d’inoculation d’un ulcère qui se transforme graduellement et devient une véritable lésion cancéreuse. Et inversement, Bra a pu réaliser la contre-partie de l’expérience ; il a pris de ses produits de culture de cancer humain ou animal, ce qui est tout un, l’a inoculé sous l’écorce d’arbres de diverses essences et il provoquait ainsi un ulcère chancreux de l’arbre, ulcère dans lequel on retrouvait l’élément contaminateur, les spores de neclria.
- Ces expériences ne sont qu’à leur début, elles ont été confirmées par d’autres observateurs et il semble bien que le problème soit près d’être résolu. Elles viennent très nettement attester le bien fondé des observations de M. Fiessinger, qui patiemment, par l’accumulation méthodique de faits précis, avait entrevu, avec une perspicacité ingénieuse, la similitude des deux lésions, animale et végétale. Est-ce à dire que tout cancer ait semblable origine et que seuls les gens des bois ou des jardins soient exposés à cette pénible affection. Hélas! les statistiques hebdomadaires des grandes villes, de Paris, entre autres, se chargeraient d’infirmer une loi aussi absolue, mais elles viennent quand on serre les enquêtes de près, ce qui n’est pas toujours facile, confirmer l’idée de contagion. J’avais bien raison de vous dire que M. Fiessinger était un homme heureux. Dr A. Cartaz.
- —«•<$>*>—•
- UNE AILLE SOUTERRAINE
- EN TRANSCAUCASIE
- Sous ce titre2, nous avons déjà publié quelques renseignements intéressants qui ont été rapportés par M. le baron de Baye de son dernier voyage dans le sud de la chaîne du Caucase. Tous ces renseignements se rapportent à une ville souterraine que l’on a retrouvée aux environs de Gori.
- Nous disions que cette ville était la cité d’Ouplis-tzikhé, qui avait été creusée dans une montagne rocheuse, et était aujourd’hui abandonnée. Un esca-
- 1 Voy. n° 1554, du 6 mai 1899, p. 354.
- 2 Voy. n° 1364, du 15 juillet 1899, p. 106.
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- LA NATURE.
- lier taillé dans le roc permettait d’y parvenir. On y voyait une série d’antres, de grottes de grandeurs diverses, soit isolées, soit communiquant entre elles. Le toit est en forme de voûte en arc portant sur des piliers et des colonnes, le tout taillé dans la masse rocheuse; dans quelques salles, il est même arrivé de trouver des plafonds à caissons imitant le travail du bois.
- A propos de cet article que nous ne faisons ([lie rappeler, un de nos abonnés,
- M.N.Polachkine ingénieur à Der-bent (Russie), nous écrit qu’il a eu l’occasion de faire un voyage dans cette contrée en 1898, et il nous envoie les deux photographies ci-jointes (jue nous reproduisons. Dans la figure 1 on voit deux grandes entrées. La roche est travaillée de façon merveilleuse; elle est formée par un conglomérat siliceux. La figure 2 nous montre également un coin intéressant. Comme nous le disions dans notre premier article, cette architecture semble indiquer une époque relativement récente pour ces demeures troglodyti-ques superposées; aucun document ne permet d'attribuer une date sûre à cette cité déserte.
- Notre aimable correspondant, M. N. Polachkine, nous dit seulement que des salles appartenant à des époques bien différentes laissent voir une civilisation assez avancée ; au dehors une trace de rue que l’on trouve doit remonter à des époques très reculées.
- Rien que nous n’ayons pas de documents nouveaux à ce sujet, il nous a paru qu’il était bon de faire connaître les photographies de cette ancienne ville des Troglodytes. J. Ledànt.
- UN NOUVEAU PROCÉDÉ
- DE
- FABRICATION DE LA GLACE
- La fabrication de la glace artificielle a pris à notre époque une importance hors de pair, non point
- qu’on ait renoncé ’1 (bien au contraire) à recueillir de la glace naturelle, mais parce que la consommation en a subi une expansion tout à faitremarquable. Cette consommation n’est pas seulement alimentaire, quoique l’usage des boissons froides se soit étrangement vulgarisé, elle est aussi industrielle, car on sait, sans que nous y insistions, que le froid rend les services les plus précieux, on pourrait môme dire est nécessaire à une foule d’industries. Pour répondre à ces besoins, les inventions se sont
- multipliées, et l’on n’aurait qu’à reprendre la riche collection de La Nature pour retrouver les systèmes les plus caractéristiques imaginés depuis vingt-cinq ans : on connaît les appareils Carré, Mignon et Rouart, Tellier,Pictet. Et il est certain que quelques-unes de ces machines fonctionnent de façon fort satisfaisante et donnent le moyen d’obtenir de bonne glace à un prix relativement bas. Mais [dus nous allons, et plus l’industrie réclame l’abaissement des prix de production, afin de pouvoir arriver à un débit considérable des substances qu’elle fabrique. C’est pour cela que l’on a encore beaucoup à faire dans la production de la glace artificielle en vue d’atteindre le bon marché, et c’est dans cet esprit qu’un inventeur américain, M. D. L. Holden, spécialiste distingué en la matière, vient d’imaginer un système de fabrica-
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- LA NATURE.
- tion dont notre confrère Scientific American a donné une description, et grâce auquel les frais, en meme temps que l’espace occupé, sont singulièrement réduits. Le système Holden, comme tant d’autres méthodes, fait appel à l’ammoniaque pour amener le refroidissement nécessaire, en s’inspirant des dispositifs où l'on recourt à la combinaison et de ceux où l’on emploie, au contraire, l’absorption. Ici nous trouvons trois tuyaux verticaux de 50 centimètres de diamètre et de 12m,20 de haut; en À, c’est l’alambic, en R, l’appareil d’absorption et, en C, le condenseur. Nous apercevons, en outre, et sur la vue d’ensemble de l’installation et dans la figure schématique que nous en avons fait dessiner, deux tuyaux plus courts qui sont l’interchangeurH et le refroidis -seur K, et enfin la pompe à ammoniaque. L’alambic est en fer forgé, il est muni d’une enveloppe empêchant les déperditions de calorique ; il contient intérieurement 5t> tubes de vapeur fermés à leur partie supérieure, de 2cm,5 de diamètre.
- Nous donnons une figure de détail qui montre bien cette disposition , en laissant voir notamment que lesdits tubes se réunissent en bas sur une boite de disposition particulière, et qu’ils ne montent point jusqu’en haut de l’alambic. A cause de la complication de cette disposition, nous avons dû faire représenter à une plus grande échelle un des tubes en question, avec un arrachement qui permet de constater qu’il en contient un autre intérieurement. Le tube extérieur E est entouré d’un fil en spirale w. En réalité, la vapeur n’est introduite dans le tube E que par l’intermédiaire du tube interne et, par suite, au sommet même de ce gros tube externe : dans l’alambic, la vapeur suit donc le chemin qui est indiqué par des flèches. L’appareil d’absorption est, dans sa construction,
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- tout à fait analogue à l’alambic, à ce détail important près, pourtant, que les gros tubes E donnent passage à de l’eau qui circule. Dans le condenseur également nous retrouvons une série de tuyaux verticaux, mais ils ne sont pas entourés des fils \v. En bas de chacun des tuyaux A, B, C, sont des tuyaux a, b, c, de faible longueur qui reçoivent les liquides provenant des récipients supérieurs, et qu’on appelle pour cela receveurs.
- Il s'agit maintenant de comprendre par quel procédé continu l’ammoniaque liquide, à 52° B., est
- converti en ammoniaque anhydre et pur prêt à s’évaporer dans la machine à glace proprement dite. La liqueur est introduite en haut de l’alambic et on la laisse couler sur les tubes et leurs enroulements métalliques, de façon qu’elle se divise en myriades de particules et offre une surface considérable à la chaleur. Le gaz ammoniac se sépare librement, et il passe par un tube du sommet de l’alambic au sommet du condenseur. Ici il se condense à la surface des tubes d’eau verticaux, sous simple pression et à la température de l’eau de refroidissement: de la sorte, la distillation se fait automatiquement et régulièrement, sans réelle évaporation d’eau ni entraînement. En fait, l’ammoniaque anhydre qui tombe dans le « receveur » c est à plus de 99 pour 100 de pureté ; en suivant les flèches que porte notre schéma, on verra cette ammoniaque se rendre au cylindre de refroidissement, dont nous n’aurons besoin tout à l’heure . que de quelques mots pour expliquer le fonctionnement. Après son passage dans ce cylindre, il est conduit au sommet de 1’ « absorbeur ».
- Si nous retournons à l’alambic, nous verrons que la liqueur chaude, réduite par distillation à 16° B., s’est réunie dans le receveur a; de là, elle est lancée
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- LA NATURE.
- par un serpentin, sous une pression d’environ 10ks,5, dans l’interchangeur II, où elle abandonne sa chaleur à la liqueur forte, qui est en route pour le sommet de l’alambic en passant par le corps de l’interchangeur. Quant à la liqueur faible, elle va traverser le réfrigérant K pour aboutir au sommet de l’absorbeur R, où elle se rencontre avec le gaz ammoniac que nous avons vu tout à l’heure quitter le cylindre frigorifique ; elle se brise sur les enroulements de fils métalliques, qui offrent une large surface d’absorption, si bien qu’en arrivant au receveur b elle a absorbé tout le gaz disponible. A ce moment, elle a repris une densité de 52°, et la pompe de compression la refoule dans l’interchan-
- Ga2 ammoniac
- Ammoniaque
- Liqueur forte
- Cylindre frigorifique
- I Presse
- 1. — Schéma de l appareil.
- geur : ainsi se ferme le cycle que nous avions à étudier.
- La description est forcément un peu compliquée, mais le fonctionnement du système se comprend bien. Il nous faut maintenant dire quelques mots de la fabrication proprement dite de la glace ; là encore nous trouvons une très grande originalité. Que l’on se reporte à notre vue d’ensemble de l’usine ou au schéma, on y verra que la machine à glace est essentiellement formée d’un réservoir plein d’eau qui, pour une production de 10 tonnes par jour, a 2in,14 de long sur lm,06 de large et autant de haut. A l’intérieur, tourne le cylindre creux frigorifique dont nous avons déjà parlé. Par un de ses axes arrive l’ammoniaque anhydre en quantité suffisante pour former une couche de 5 à 8 centimètres à la partie inférieure dudit cylindre. Grâce au mouvement de rotation, l’intérieur de ce cylindre est constamment enduit d’une couche mince d’ammoniaque qui
- s’évapore rapidement, en refroidissant considérablement la paroi métallique avec laquelle elle est en contact ; constamment aussi l’eau du réservoir forme autour du cylindre une croûte glacée, mais qui est „ détachée, au fur et à mesure de sa formation, par une série de couteaux oscillants et comme le fait facilement comprendre la gravure. Les copeaux de glace montent continuellement à la surface de l’eau, où ils sont recueillis par une sorte de vis sans fin M, qui les conduit à deux compresseurs ; un robinet à trois voies permet de diriger ce courant de petits morceaux de glace sur l’une des presses quand l’autre est pleine. Comme les copeaux de glace entraînent avec eux une certaine quantité d’eau, les parois de chaque presse présentent de petites perforations : celles-ci la laissent échapper sous la pression de 22ks,5 qui, grâce au regel, transforment en un bloc compact et sans bulles d’air, la masse de ces copeaux. Dans notre figure d’ensemble, on voit précisément un de ces blocs sortir d’une presse et glisser dans le dépôt.
- Nous n’avons pas besoin d’insister sur les dispositifs de commande hydraulique des presses, ou d’alimentation d’eau du réservoir. On comprend du reste l’ingéniosité et l’originalité du système Holden, qui permet notamment au refroidissement de se transmettre à l’eau dans les meilleures conditions. En une heure et demie, l’usine est en plein fonctionnement; elle n’occupe d’ailleurs qu’une place très réduite, peut, par conséquent, s’installer partout, et avec ce procédé le prix de fabrication de la glace ne reviendrait qu’à 2fl',50 la tonne.
- M. Lehoy.
- CHRONIQUE
- Eres Eéonidcs. — Que sont devenues les Léonides? Nous avions dit (n° 1581) : est-ce bien certain que la pluie de météores se manifestera cette année avec éclat? Les perturbations de Jupiter et d’franus ont pu dévier l’essaim. Il semble qu’il en ait été ainsi. Le maximum des apparitions devait avoir lieu entre le 15 et le 16 novembre, comme nous l’avons expliqué. Le spectacle a fait défaut, du moins pour nous. 11 eût été possible que la pluie eût été très belle en Amérique et dans les Indes, et que nous ne l’eussions pas vue en Europe, parce que l’heure de la rencontre avec la terre serait survenue précisément en plein jour. Les nouvelles d’Amérique et des Indes ne confirment pas cette hypothèse. Le nombre des étoiles a été petit partout. L’anneau s’est sans doute tellement allongé et dispersé que la terre ne happe plus au passage qu’un nombre restreint de météores. En tout cas, à Paris, les observateurs ont été déçus. On n’a pas observé en 1899 plus d’étoiles qu’en 1898. Les nombreux préparatifs qui avaient été faits partout ont été vains. Les ascensions aérostatiques n’ont permis de voir qu’un nombre très faible d’étoiles. Le temps d’ailleurs n’a pas été propice. Le ballon 1’ « Aéroclub », montéparMM.Tikhoffet Lespiau, s’est élevé le mercredi 15 à 1 heure du matin. Après avoir franchi une mer de nuage de 400 mètres d’épaisseur, les aéronautes ont voyagé sous un ciel pur et n’ont, de 2 à 7 heures du matin
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- jusqu’à leur descente à Plessis Saint-Opportune (Eure), noté l’apparition que de 100 étoiles filantes. Comme le ballon a gêné l’observation, on estime qu’on aurait pu en voir jusqu’à 200. Le <( Centaure » qui est parti à minuit le lendemain, emportant Mlle Klumpke de l’Observatoire de Paris, n’a pas été plus favorisé. Malgré la pureté du ciel, Mlle Klumpke n’a compté que 12 Léonides. Le « Ballon d’Alsace-Lorraine », monté par le lieutenant llildebrand, et qui est venu tomber en France aux environs de Dijon, n’a pas été plus heureux. Mémo résultat pour le ballon de MM. Yernanchet, Dumontel et P. Valentin. A terre, à l’Observatoire de Paris, on n’a pu photographier les étoiles; le brouillard d’un côté, la lune ensuite de l’autre ayant masqué le phénomène. Des télégrammes nombreux adressés à M. Janssen, directeur de l’observatoire de Mention, il ressort que sur les trois quarts du globe au moins, on n’a relevé qu’une apparition insignifiante, en Amérique, aux Indes, etc. Et dire qu’en 186(1, en Italie, on en avait compté plus de 160 000 dans la nuit du 13 au 14. Cette année, à peine quelques dizaines! Il faudra néanmoins recommencer avec soin les observations en 1900.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 novembre 1899.— Présidence de M. Van Tieghem.
- Les météores du 15 novembre. — M. Maurice Lœwv, après avoir constaté le petit nombre de météores observés dans les observatoires français, le 15 de ce mois, remarque que l’on pouvait prédire que le partage des Léonides, en 1899, serait pauvre, à cause des grandes perturbations éprouvées par l’essaim en passant au voisinage de Jupiter et de Saturne.
- Action de Vacide .fluorhgdrique et du fluor sur le verre. — L’effet des impuretés des substances sur leurs réactions, dit M. Henri Moissan, est un fait bien connu. Il rappelle à ce sujet cette particularité du phosphore qui, dans l’oxvgène absolument sec, ne brûle qu’à la température de 500° ou 600°. M. Moissan, partant de cette remarque, a repris ses expériences relatives à l’action de l’acide fluorhydrique sur le verre. Il a enseigné précédemment que l’acide fluorhydrique absolument sec n'attaque pas le verre. Mais pour dessécher l’acide fluorhv-drique, il le faisait passer sur de l’anhydride phosphorique. Or, dans un tel cas, l’acide fluorhydrique est transformé en oxyfluorure de phosphore qui n’attaque pas le verre. M. Moissan établit d’ailleurs, par de nombreuses expériences, que l’acide fluorhydrique sec attaque toujours le verre à la température ordinaire. Voulant étudier l’action du fluor sur le verre, il a commencé tout d’abord par débarrasser le fluor gazeux des traces d’acide fluorhydrique qu’il entraîne. Dans ce but, il a fait passer le fluor dans un serpentin entouré d’hydrogène liquide. La température du serpentin est ainsi amenée à —180°; l’acide fluorhydrique s’y condense et le fluor en ressort parfaitement sec. Le gaz ainsi épuré n’attaque plus le verre, même à la température ordinaire. M. Moissan montre à ses collègues des tubes scellés remplis de fluor liquide qui restent transparents jusqu’à la température de 100°. Les tubes mal nettoyés s’attaquent légèrement, parce que les matières organiques sont brûlées et donnent lieu à la formation d’acide fluorhydrique.
- Le canal du Nicaragua. — M. Marcel Bertrand analyse une brochure dans laquelle il a résumé ses appréciations sur les volcans et les tremblements de terre dans
- l’Amérique centrale. A son avis le lieu le plus menacé de cette région est précisément le tracé du canal de Nicaragua. Si l’on examine la géographie de cette région, on voit que les volcans sont répartis sur une ligne de 1200 kilomètres parallèle à la côte depuis le Mexique jusqu’à l’isthme de Panama. En réalité cette ligne est discontinue. Elle est formée de trois tronçons dont les extrémités, au lieu d’être bout à bout, sont parallèles entre elles et empiètent l’une sur l’autre. Ce sont, dans l’ordre N. S., le tronçon de Guatemala, celui de San Salvador, celui de Nicaragua, celui de Costa-Rica. Trois coupures existent donc et sont le siège d’une dépression ou d’un lac. Les deux plus importantes sont à la hauteur de la baie de Fonseca et du lac de Nicaragua, aux deux extrémités du tronçon de Nicaragua. Ces trois coupures correspondent à des fentes transversales où l’écorce terrestre offre un maximum de mobilité ; chacune d’elles est un lieu d’élection pour les tremblements de terre. En outre, sur chacun des trois tronçons de la chaîne, se greffent des tronçons perpendiculaires comprenant trois à quatre volcans. L’étude des phénomènes volcaniques dont le Nicaragua est le théâtre montre que le siège de l’activité volcanique semble s’y déplacer d’une manière continue en se rapprochant de la mer. C’est, d’autre part, un fait établi par la tradition qu’il y a depuis la conquête espagnole des volcans éteints au Guatemala et de nouveaux volcans qui se sont ouverts au Nicaragua. Ce déplacement d’activité volcanique dans le sens N. au S. est d’ailleurs un phénomène rentrant dans les lois de la géologie. 11 est en effet établi qu’à l’époque du tertiaire le maximum de mobilité de l’écorce terrestre se trouvait aux États-Unis,* puis à l’époque du quaternaire au Mexique et enfin, à l’époque actuelle, dans l’Amérique centrale. Le lac de Nicaragua peut donc devenir le lieu d’une catastrophe du genre de celle arrivée à Fonseca vers le milieu du siècle. La fente de la chaîne à cet endroit est une facilité pour la construction du canal et aussi une cause de danger. Le tracé du canal de Panama est au contraire très bien placé.
- Nouvelle explication du mode de propagation de la lumière. — Dans une Note précédente et dans une Note présentée à la séance du jour, par M. Lippmann, M. Sa-gnac, préparateur de M. Bouty à la Sorbonne, montre que l’on peut retrouver les lois de la réfraction et de la réflexion de la lumière par un corps transparent, en imaginant que la lumière se propage entre les particules du corps, dans un milieu identique à l’éther du vide, mais en se réfléchissant sur les diverses particules. Il suit delà que les vibrations transmises par une lame d’eau, de verre, etc..., parcourent dans la lame des chemins tous plus longs que l’épaisseur de la lame. C’est pour cette raison que la lumière paraît aller plus lentement dans l’eau que dans le vide. D’autre part Fizeau a observé, en 1851, que la lumière qui se propage dans un tube plein d’eau, paraît aller plus vite, si l’eau est mise en mouvement dans le sens de la propagation de la lumière. M. Sagnac, au moyen de sa fhéorie, explique ce phénomène bien plus simplement, plus clairement et plus complètement que les théories actuelles ne permettent de le faire. C’est une première vérification à l’appui de sa manière de voir, qui est intéressante et nouvelle.
- Varia. — M. Moissan communique une Note de M. Colson sur le déplacement des métaux. — M. G. Bonnier résume une Note de M. Molliard sur la transformation des tissus que l’on observe dans les galles internes déterminées par le phitoptus chez les végétaux. — M. Becquerel analyse une Note de M. et Mmc Curie sur les
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- LA NATURE.
- propriétés chimiques des radiations émises par le radium. — M. Wolf analyse une Note de M. l’abbé Nau, dont il résulte que, contrairement aux idées admises, l’astrolabe n’est pas d’invention arabe, mais qu’il est dû aux philosophes grecs qui se sont spécialement occupés d’astronomie. Ch. de Yilledeuil.
- LA COMBUSTIBILITÉ DES PLANCHERS
- ET DES PLAFONDS
- Nos lecteurs n'ont peut-être pas oublié qu’il s’est fondé à Londres un comité spécial dit de « Prévention contre les incendies » (ou British Fire prévention Committee), qui s’occupe de chercher les meilleurs moyens pour lutter contre le terrible danger des incendies. Ce comité a créé une station d’expériences très complètes, où il a dernièrement poursuivi des essais sur certains types de planchers et de plafonds. C’est ainsi qu’il* a expérimenté un plancher construit de poutrelles massives de 0m, 25 d’équarrissage, placées tout près les unes des autres, et dont les joints étaient bouchés au moyen d’argile réfractaire. Ce plancher a été soumis à un feu intense pendant une heure, la tempérât ure atteignant près de 1100° à la fin de l’expérience. Un jet de vapeur fut alors lancé pendant cinq minutes, et le tout se refroidit rapidement. Un examen ultérieur auquel on se livra, vint montrer que, si la surface inférieure des poutrelles était carbonisée jusqu’à une profondeur de 5 centimètres, du moins le bois était demeuré absolument intact dans sa masse restante. En second lieu, des essais analogues ont été elfec-tués sur un plafond constitué de lattes ordinaires et de plâtre aimanté, et qui demeura exposé à une température de 260° environ pendant une grande demi-heure ; la température fut ensuite portée peu à peu à 820“, après quoi, on lança sur ce plafond un jet d’eau qui refroidit le tout dans l’espace de 5 minutes. On a pu constater que, en somme, ce plafond était peu atteint, qu’aucune portion ne s’en écroula ni pendant les essais, ni à la suite; mais, bien entendu, une partie des lattes étaient carbonisées, et des craquelures assez nombreuses s’étaient manifestées dans la surface soumise au feu.
- UN PME A BLATTES
- Notre collaborateur M. A.-L. Clément, en étudiant récemment les blattes1, parlait des moyens de les détruire et citait le piège à ailettes dont M. Chapel-lier recommandait l’emploi. Il ajoutait toutefois que ce piège ne réussissait que pour les adultes, le poids des larves étant insuffisant pour faire osciller les ailettes. Un de nos abonnés, M. Wilh. Schultz à Berlin, a partagé également cet avis qu’il nous fait connaître et il nous dit aussi que le piège présente un autre inconvénient; il faut que les blattes, pour pénétrer dans le piège, montent sur les parois.
- Il nous donne la description d’un autre petit piège plus simple, qu’il est intéressant de faire connaître. M. Schultz a eu l’occasion d’en faire l’essai pendant près de vingt ans à Stuttgart. La figure ci-jointe
- donne une vue d’ensemble et des vues de détail de l’appareil.
- Comme le montre le n° 1 de la figure, le piège est formé d’une boîte ronde en zinc, avec couvercle bombé, présentant à ras du sol sur les bords de distance en distance des petits trous. Dans ceux-ci sont fixés des petits tuyaux pénétrant à l’intérieur et légèrement inclinés; le n° 2 montre ces tuyaux dans la coupe intérieure de la boîte, et le n° 3 laisse voir les tuyaux en plan. Comme les trous extérieurs se trouvent aras du sol, les blattes y rentrent facilement. On a soin de remplir le piège avec un peu de bière, de préférence non fraîche. Les blattes sont attirées par l’odeur de la bière, elles rentrent dans les tuyaux, arrivent à l’extrémité et tombent dans la bière où elles restent assoupies.
- 11 suffit ensuite de soulever le couvercle, et de verser de l’eau chaude sur les insectes pour les tuer.
- Cet appareil est très simple et très bien disposé ; il permet d’attraper aussi bien les jeunes que les adultes. De plus il ne présente pas une construction bien difficile à réaliser, et il est possible de faire établir partout ce piège à blattes. D. Lebois.
- 1 Yoy. n° 1376, du 7 octobre 1899, p. 300.
- Le Gérant : P. Masson.
- Lu piège à blattes.
- 2
- Taris. — Imprimerie Lahore, rue de Fleuras, 9.
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- !g!BIBllOTHfpij£)S
- NATURE
- V I N G T - S E P T I È M E ANNÉE — 1899
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abeilles tapissières (Les), 181.
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de P), 15, 30, 47, 63, 79, 95, 111, 127, 143, 158, 175, 191, 207, 223, 239, 256, 271, 287, 303, 319, 334, 351, 367, 383, 399, 415.
- Âcapnie (Le ma Ides montagnes ctl’),145.
- Acétylène (Fanal de locomotive à T), 46.
- Acétylène (La détonation de F), 223.
- Acide carbonique de l’air, 159.
- Acier au nickel (L’) (Pour les tubes de chaudières), 327.
- Agnoline (L’), 110.
- Air liquide et la fusion de l’acier dans le vide (L’j, 142.
- Alcool dans les pays chauds (Le danger de 1’), 6.
- Alcool et pétrole, 122.
- Alcool végétal (L’), 15.
- Alcools d’industrie sont-ils plus nuisibles que les alcools naturels (Les), 74.
- Algues du genre cultéria (Reproduction des), 319.
- Alimentaire des fruits (Valeur), 354.
- Alun (Une montagne d’), 127.
- Anatomie végétale, 175, 287.
- Anbydr^^mixtes des acides gras et aromatiques, 367.
- Animaux paresseux (Les), 326.
- Animal disparu (Un représentant d’un), 287.
- Annélides et des gastéropodes (Histologie des), 319.
- Antilles françaises (Les), 55.
- Antitoxine diphtérique aux États-Unis (L’), 62.
- Application imprévue du ciment armé (Une), 30.
- Aquariums pour méduses, 167.
- Araignée (L’intelligence chez 1’), 238.
- Arbre àgutta (Acclimatation d’un), 319.
- Arbres de Padoue(Les vieux), 191.
- Arbres (Maladie des) (Les Broussins), 304.
- Arc du Pérou (Une nouvelle mesure de F), 98.
- Argon (Propriétés chimiques de 1’), 111.
- Armes empoisonnées (Les), 58.
- Arsenal chinois, 314.
- Arsenic et le métal ammonium (L’), 335.
- Art du dessin (La première période de
- n, 31.
- Artillerie navale anglaise (La nouvelle),
- 173.
- Ascenseurs électriques en Amérique (Les), 291.
- Ascensions (Les grandes), 383.
- Association française pour l’avancement des sciences, 337.
- Atmosphère (Exploration de F), 207.
- Atmosphère au moyen des cerfs-volants (Étude de F), 111.
- Attraction universelle (La constance de F), 207.
- Automobilisme dans l’armée (L’), 258. Autoparasitisme, 15.
- Autruche aux États-Unis (L’élevage de F), 94.
- Avoyeurde scie (Un), 59.
- B
- Balayeuse municipale (La), 161. Balbiani, 158.
- Ballons (La course aux), 79.
- Ballons et Xavier de Jlaislre (Les premiers), 193.
- Bandage pneumatique (Nouveau), 48. Barbe et les chirurgiens (La), 190. Bateau (Sauvetage d’une moitié de), 90. Bateau-malle (Un), 384.
- Bateau à propulsion automatique (Un), 315, 350.
- Bateau à vapeur (octobre 1825). (Voyage de Londres à la Colonie du Cap du premier grand), 394.
- Bateaux-pilotes à vapeur, 289.
- Bâtiment monstre (L’écroulement d’un), 598.
- Bête à bon dieu sur un scorpion (Victoire d’une), 128.
- Bétons armés (L’allongement des), 271. Biche avec bois (Une), 234.
- Bicyclette (La stabilité de la), 95. Bicyclettes (Une foire aux), 286. Bicyclettes automobiles (Les), 23. Bicyclettes en chemin de fer (Le transport des), 12.
- Billes de verre (Les), 534.
- Blackrot et les orages (Le), 256.
- Blattes (Les), 300.
- « Block-llall » (Le), 315.
- Bocrs (Les), 563.
- Boers et les mines d’or (Les), 195.
- Bois incombustible, 271.
- Bolovens (Le plateau des), 260.
- Borate de chaux au Pérou (Les exploitations de), 270.
- Bougie rongée par des souris (Une), 91. Brinton, 366.
- Bunsen (Robert G.), 206.
- c
- Café de ligues (Le), 118.
- Calendrier (Unification du), 222. Calendrier perpétuel mécanique, 156. Canal du Nicaragua, 415.
- Canal maritime au Canada, 155.
- Cancer animal et végétal (Le), 411. Canon de campagne à tir rapide de Bange et Pillard (Le nouveau), 305.
- Canons anglaise (Une fabrique de). (Les établissements Vickers), 401.
- Caoutchouc (Un nouveau), 175.
- Caoutchouc et les gaz (Le), 79.
- Carbonique dans les mines (L’acide), 46.
- Carbure de calcium (Procélé pour désodoriser et protéger le), 54.
- Carbure de calcium préparé, 163.
- Castel Béranger (Le), 276.
- Cavaillé Coll (M. Aristide), 333.
- Cellule nerveuse et son mode de fonctionnement (La), 405.
- Centenaire de Racine (Le), 33.
- Centres nerveux dans l’épilepsie expérimentale (Lésion des), 50.
- Céramique, 191.
- Cerf-volant et météorologie, 27.
- Cerfs-volants météorologiques de Blue-llill (Les), 408.
- Cérium (La séparation du), 15.
- Chambre de compensation à New-York (La), 63.
- Champignons (Les tunnels et la culture des), 78.
- Champignons (Plasticité des), 347.
- Chancre des arbres (Le parasite du), 111.
- Chapeaux de paille (École pour la fabrication des), 93.
- Charbon (Sur un phénomène de pseudoébullition de la poudre de), 102.
- Charbon sans fumée, 126.
- Charité chez les oiseaux (Le sentiment de la), 251.
- Charrette pliante et passerelle portative pliante, 111.
- Chasse au Zèbre, 303.
- Chasses de Bohême, 62.
- Chemin de fer électrique (de Fayet-St-Gervais-les-Bains à Chamonix), 134.
- Chemin de fer du Mont-Blanc, 162.
- Chemin de fer électrique de Pierrefitte à Cauterets, 183.
- Chemins de fer en Afrique (Les), 175.
- Chemins de fer en 1900 (Les), 82.
- Cheval de Troie à l’Opéra (Le). (Machinerie théâtrale), 396.
- Chèvre à Paris (La), 107.
- Chien calculateur (Un), 63.
- Chiens minuscules chinois et japonais (Lès), 224.
- Chiffres arabes et leur origine (Les), 222.
- Chine (L’Athènes de la), 399.
- Chlorate de potasse dans certains explosifs (Introduction du), 31.
- Chrysanthème (La suppression des bourgeons et boutons du), 325.
- Chrysanthème chez le Mikado (Le), 392.
- Ciel vert émeraude, 114.
- Circulation verticale dans les grandes villes (La), 110.
- Cire humaine (La), 35.
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- Citernes et les luvaux de cuivre (Les), 234.
- Cloche (Comment on accorde une cloche), 17.
- Cloches d’acier (Les), 342.
- Clôtures des voies de chemins de fer, 143.
- Clôtures métalliques et téléphonie, 134.
- Coco des mers (Le), 294.
- Cocons ouverts, 242.
- Coffret avec prise de courant universelle pour les automobiles électriques, 207.
- Colonies allemandes en Océanie (Les nouvelles), 278.
- Combinaisons séléniécs, sulfurées et tcllurée3, 191.
- Combustion spontanée des foins, 2'0.
- Comètes (Éclat des), 171.
- Commissionnaire à longue distance (Un), 62.
- Commutateur automatique pour piles, 96.
- Compresseur d’air monstre (Un), 175.
- Concasseur automatique pour coke, charbon et anthracite, 353.
- Conduites électriques et contagion, 254.
- Congrès international de géographie 318.
- Contagion par les verres (Garniture protectrice pour éviter la), 286.
- Coque sauteuse (Une), 1.
- Corps gras végétaux (Les), 555.
- Corps nouveaux (Préparation de), 599.
- Couranls de haute Iréqucnee (Action thérapemique, des), 7y.
- Crins chez un cheval (Croissance ex-traordinaiie des), 128.
- Croiseur allemand (Essais d’un), 255.
- Croiseur cuirassé la « Jeanne d’Arc » (Le), 77.
- Croiseur « Inferuet » (Lancement du), 254.
- Croiseur japonais à grande vitesse, 126.
- Crucifères nuisibles (Destruction des), 171.
- Crustacés parasites, 599.
- Cuirassé américain (Nouveau), 534.
- Cuirassé français « Le Sutfren * (Le), (Le cuirassé anglaisa la Vengeance»),
- 149.
- Cuira'Sé russe « Borodino » (Le), 551.
- Cuivre préparé à basse température (De la nature du), 47.
- Cultures dérobées d’automne, 246, 266.
- Cultures vertes d’automne (Efficacité des enfouissements des}, 127.
- Cycles (Un cours de construction des),47.
- Cyclone (Un), 42.
- D
- Daltonisme partiel, 126.
- Dattier en Algérie (La culture du), 405.
- Décapitation « Nouveau truc» (La), 15.
- Découvertes archéologiques à Carthage, 87, 140.
- Degrés alcooliques en France et en Angleterre (Les), 286.
- Désargenture des matières en cuivre argenté (La), 346.
- Dévouement maternel chez l’araignée (Le), 382.
- Diamants chinois (Les), 86
- Distillation-réctification directe des alcools, 373.
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Distribution de l’énergie électrique en Allemagne, 264.
- Dock monstre (Un), 94.
- Docks flottants (Nouveau mode de lancement des), 367.
- Dolomites du Tyrol méridional (Les), 540.
- Drainage gigantesque (Un réseau de), 207.
- E
- Eau à Paris (La question de F), 100.
- Eau de citerne (L’), 214.
- Eau de mer sur les alliages (L’action de F), 115.
- Eaux par l’ozone (Stérilisation des), 146.
- Echelle de sauvetage originale, 20s.
- Éclairage portatif par l’acétylène (L’),92.
- École d'agriculture coloniale de Tunis
- - l1’)- 3;
- Écorce d’acacia comme matière tannante
- _ (L’), 367.
- Écrevisses (La croissance des), 599.
- Égouts de Paris aux xvu° et xvme siècles (Les), 2.
- Électricité à Constantinople (L’), 127.
- Electricité atmosphérique (L’j, 319.
- Électricité pratique. Transformateur à interrupteur électrolvtiquc, 352.
- Éléphant chirurgien (L’), 191.
- Embrayage réducteur de vitesse angulaire (système llumpage), 220.
- Énergie électrique (Le prix de revient de F), 58.
- Énergie électrique et les hautes tensions (La transmission de F), 332.
- Enfants (La mortalité des), 42.
- Engrais et les amendements en agriculture (Les), 129.
- Enseignement des sciences physiques (Curiosités pour F), 308.
- Épaves (Voyages d’), 239.
- Éphéméridcs aeronautiques (Mort du Comte Zambcccari, 21 septembre 1812),
- _ 272.
- Équivalent du bore (L’), 567.
- Équivalent électrochimique de l’argent, 271.
- Éruption de l’Etna, 190.
- Eruption du Vésuve (Phénomènes consécutifs d’une), 95.
- Eté de la Saint-Martin (L’), 382.
- Éther et du chloroforme sur les graines (Action de F), 319.
- Étoiles filantes (Persistance des trajectoires d’), 207.
- Ëioiles filantes d’août (Les), 191.
- Étoiles (La Radiation des), 194.
- Excentricités de la nature (Le Prince Colibri), 288.
- Excursion scientifique de « La Nature » (Deuxième), 2, 49, 254.
- Exploration des profondeurs dans Focéan Arctique (Une récente), 210.
- Exposition de l’Automobile-Club de France, 51.
- Exposition de Côme (L’). (La statue do Yolta), 143.
- Exposition de 1900 (Les travaux de F), 218.
- Exposition de 1900 (Le Palais du Génie civil et des moyens de transport), 370.
- Exposition de 1900 (Vues d’ensemble sur F), 390.
- F
- Facteurs chinois (Grève de), 126. Faucon (Le raisonnement d’un), 62.
- Fer incrusté (Le). Une industrie artistique espagnole, 131.
- Ferment réducteur animal, 127. Ferments animaux, 95.
- Fermentation alcoolique (La), 176. Feuilles (Les squelettes de), 27.
- Feux de Bengale gigantesques, 207. Figurines égyptiennes (Les), 271.
- Fleurs artificielles (L’enseignement par les), 155.
- Fluor (Production abondante du) 334.
- Fluorhydrique et fluor sur le verre (action de l’acide), 415.
- Foire d’Arkhangelsk (La), 42.
- Fontaine du Vaucluse (La), 215.
- Fontaine portative filtrante, 159. Fontaines à gaz (Les), 250.
- Force motrice à l’Éxposition de 1900 (La), 27.
- Forces motrices naturelles en Suède,
- 271.
- Fossile (Découverte de), 567.
- Fourgon électrique d’incendie des sapeurs-pompiers de Paris, 317.
- Fumier et les mouches de maison (Le), 270.
- Fumivorité (La), 270.
- Funiculaire électrique du Mont-Dore (Le), 167.
- Fusil de guerre en Allemagne (Un nouveau), 287.
- G
- Gare de Lucerne (La grande), 104. Gastro-entérite des nourrissons (La), 170. Gaz à l’eau (Le), 271.
- Gazon combustible (Un), 215.
- Gelées sur le béton (Influence des), 3C6.
- Germination au bout de deux mille ans, 287.
- Gibier en Afrique (Une réserve de), 111. Glace (Un nouveau procédé de fabrication de la), 412.
- Glycogène pur (Les propriétés du), 583. Gouffre de Padirac (Aménagement du). 148.
- Graines (Caractère de la dessication des), 399.
- Grêle à Madrid (La), 58.
- Grenouilles (Élevage des), 579. Grenouilles (Invasion de), 255.
- Grès artificiel (Un), 302.
- Groupe électrogène mobile, 11.
- Grues électriques en Chine, 255. Gutta-percha (La), 11.
- H
- Haricots (Une maladie des), 351.
- « Henri IV » (Le), 222.
- Horloges mystérieuses, 585.
- Huile de bois chinoise (L’), 335. Hydrogène phosphore sur le cuivre (Action de F), 15.
- Hydrogène solidifié (L’), 223, 239, 322.
- I
- Iles des Cyclopes, 190.
- Importation européenne au Japon, 567.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- 419
- Impression aux rayons X (L’j, 366.
- Incendie des forêts (Contre 1’), 22.
- Industrie artistique Espagnole (Une) (Le fer incrusté), 131.
- Industrie au Japon (I/), 407.
- Industrie en Chine (L’j, 286.
- Industrie de la porcelaine à liinteehen IL’), 318.
- Industrie électro-chimique (L’), 331.
- Industrie minutieuse (Une), 258.
- Injection des bois (Un nouveau procédé d’), 386.
- Injections hypodermiques (Effets d’), 159.
- Insecte qui compte (Un), 90.
- Insectes résiniers (Les), 18.
- Insectes (Les méfaits et les bienfaits des), 158.
- Installations électriques à Bordeaux, 30.
- Institution rovale (Le centenaire de U) 54.
- Iode atmosphérique (L’origine de 1’) 143.
- Iode dans l’eau de mer (Etat de I’), 95.
- Irrigations (Les bienfaits des), 47.
- J
- Jardin Botanique du Lautaret (Le), 182.
- Jardin botanique de l’État de Missouri (Le), 382.
- Jubilé du professeur Stokes (Le), 47.
- L
- Laboratoire maritime du Muséum, 127.
- Lacs français les plus profonds (Les), 287.
- Laine d’alpaca, 275.
- Légion d'honneur (M. G. Masson), 350.
- Léonides (Les), 370, 414.
- Levier à soulever les rails, 374.
- Levures dans la vinification (Les), 562.
- Lierre (Les principes toxiques du), 47.
- Ligne d’Orléans au quai d’Orsay (Prolongement de la), 119.
- Ligne chinoise (Nouvelle), 367.
- Lit chez diffèrenls peuples (Le), 126.
- Locomotion chez les insectes (Mode singulier de), 273.
- Locomotive (Une cargaison de), 303.
- Lohans (Les). (Donnes au musée du Louvre par Mgr Favier), 369.
- Lumière (Propagation de la), 415.
- Lumières sur les vers à soie (Action des différentes), 191.
- Lune à la Pentecôte (La), 14.
- Lune et sa photographie (La), 405.
- Lutte contre les réclames en Angleterre (La), 62.
- Lyre et la transformation des nébuleuses (La;, 227.
- M
- Machine à saturer les liquides d’acide carbonique, 176.
- Machine à vapeur pour les pulvérisations insecticides, 215.
- Machine à vapeur à piston oscillant, 274.
- Machine à vapeur verticale (Nouvelle), 60.
- Machine èlévatoire de grande puissance 94.
- Machinerie théâtrale. (Le cheval de Troie à l’Opéra), 396.
- Machines à gaz et le problème des fumées (Les), 199.
- Madagascar (Géodésie et topographie de File de), 111.
- Maisons coloniales en tôle ondulée (Les), 502.
- Marées de la baie de Fundy (Les), 374.
- Marine royale en Angleterre (Le recrutement de la), 303.
- Matelas et contagion, 206.
- Matériel de chemin de fer hors d’usage (Démolition rapide du), 598.
- Matière colorante (Nouvelle), 567.
- Matière colorante des feuilles (La), 535.
- Mercure et les globules blancs du sang (Le), 355.
- Mers (La royauté des), 506.
- Mésange de Nankin (La), 230.
- Métal radiant (Nouveau), 333.
- Métaux (Origine des principaux), 83.
- Météores du 15 novembre, 415.
- Métropolitain municipal de Paris (Le), 7, 199.
- Meules sur les lime» (Avantage des), 224.
- Microphone et téléphone, 547.
- Microsporum du cheval (Polymorphie du), 47.
- Milles anglais en kilomètres (Évaluation des), 334.
- Mimique enseignée par l’hypnotisme (La). 252.
- Mines d’Australie et de Tasmanie (Les), 398.
- Mines d’or en France (Les), 354.
- Mitrailleuse automatique llotchkiss (La), 349.
- Montagnes et l’acapnie (Le mal des), 145.
- Montagnes sud-américaines (L’altitude des), 223.
- Mont Ramier et le parc Washington (Le), 558.
- Montre de précision (La), 74.
- Montre suisse (L’exportation de la), 283.
- Monument de Félix Tisserand (Le). 557.
- Mortalité chez les peuples européens (La), 166.
- Mort étrange d’un pêcheur, 50.
- Mortiers paragrèles (Les), 103.
- Moteur à gaz de 650 chevaux. 209.
- Molobicyclettes (Les), 243.
- Mouche Tsétsé (La maladie de la), 255.
- Mouettes et changements de temps, 385.
- Multiphone Dussaud (Le), 555.
- Musée Guimet (Collections de Baye), 14.
- Musée naval de Cronstadt (Le), 175.
- Musique et le geste (La), 267.
- N
- Nébuleuse de la Lyre, 159.
- Nébuleuses (La Lyre et la transformation des), 226.
- Nébuleuses et la loi d’évolution (Les), 55.
- Neige dans les Alpes (La), 398.
- Nénuphars et Lotus, 231.
- O
- Obligations à lois du Crédit Foncier (La mise en roue des numéros des), 187.
- Œillets (La maladie des), 383.
- Oiseaux collectionneurs (Les), 26.
- Oiseaux et la destruction des mauvaises herbes (Les), 213.
- Oiseaux jardiniers et construc'eurs (Les), 291.
- Oiseaux mineurs (Les), 282.
- Ondes hertziennes et direction des torpilles, 110.
- Orage en novembre à Châteaudun (Un violent), 398.
- Orages (La propagation des), 138.
- Orages et le chant des oiseaux (Les), 62.
- Orlyte (L’), 214.
- Orographie sous-marine, 47.
- Ostréicole italienne (Industrie), 325.
- Oxygène (Procédé Stuart pour la préparation industrielle de P), 46.
- Oxygène disponible sur notre planète, 54.
- Ozone (La production industrielle de F). — (Ozonateurs rotatifs de M. Otto), 311.
- P
- Palais du Génie civil et des moyens de transport (Le). (Exposition de 1900), 370.
- Papier dans la vente des objets d’alimentation (Le poids du), 254.
- Paquebots modernes (L’aménagement des), 344.
- Paris-Bordeaux et Bordeaux-Paris, 13.
- Passerelle portative pliante et charrette pliante, 111.
- Pays pluvieux (Un), 318.
- Pensée (La). Peut-on aggraver son mal en y pensant trop ? 263.
- Pépinière monstre d’enseignement forestier (Une), 367.
- Perdrix et faisans (Epidémie sur les), 238.
- Perle (La genèse de la), 79.
- Perles (La formation des), 163.
- Pétrole en Pensylvanie. (La découverte du), 599.
- Peuplier sélectionné (Le), 154.
- Phalanger renard (Le), 113.
- Phare (Le transport d’un), 126.
- Phoques jongleurs (Les), 31.
- Phosphure d’hydrogène sur l’oxyde de cuivre. (Action du), 175.
- Photographie astronomique (La), 71.
- Photographie au théâtre et à l’atelier avec la lumière magnésique, 328.
- Photographies de nébuleuses, 31.
- Photographiques (Nouveautés), 39.
- Piège à blattes (Un), 416.
- Pierre artificielle (Une nouvelle), 255.
- Pierre artificielle sifico-ealcaire (Nouvelle), 331.
- Pierre céramique (Nouvelle), 234.
- Piétin des blés (Le), 202.
- Pistolets automatiques (Les), 81.
- Planchers et des plafonds (La combustibilité des), 416.
- Planchers tubulaires, 294.
- Planète Mars (La vie sur la), 131.
- Planètes (A propos des petites), 106.
- Plantes (Croissance des). (Représentation photographique), 210.
- Plantes de certaines substances du sol (Absorption par les), 399.
- Plaques de blindage pour coffres-forts, 191.
- Plombagine au Brésil (La), 154.
- Pluie dans l’isthme de Panama (La), 382.
- « Pneu » (Les), 142.
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- 420
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Polaire et ses satellites (La), 33i.
- Pôle nord à Paris (Au), 31.
- Pôle sud (Sur la route du), 298.
- Poneys Chiliens, 18’/.
- Pont de Kornhaus à Berne (Le), 151.
- Pont de 1680 mètres au Tonkin (Un), 321.
- Pont à Chicago (Déplacement d’un), 351.
- Pont monstre de voie étroite, 239.
- Pont de Düsseldorf (Le), 271.
- Pont transbordeur de Rouen (Le nouveau), 284.
- Population de l’Empire britannique (La), 207.
- Porc-épic victorieux du Lion (Le), 62.
- Poste (Une concurrence victorieuse à 1a), 302.
- Poste d’Europe en Sibérie (La), 206.
- Pot à Heurs japonais (Le), 45.
- Poudre sans fumée (Nouvelle), 334.
- Poussières dans l’air des grandes villes, 363.
- Prismes Luxfer (Les), 52.
- Puits artésien de Cheminiéres (Le', 174.
- Pyrénées souterraines (Les), 66.
- R
- Raccords de cycles (Un nouveau procédé de fabrication des), 91.
- Radiantes (Communication des propriétés), 383.
- Radiations colorées et le système nerveux (Les), 262.
- Radiations électriques (Transparence des corps pour les), 19.
- Radio-active (Nouvelle matière), 354.
- Radium (L’existence du), 399.
- Raies du radium (Les), 383.
- Raisins secs en Californie (L’industrie des), 314.
- Rayons Rœntgen (Les applications médicales et chirurgicales des), 382.
- Recettes d’ateliers (Vieilles), 106.
- Réchauffeurs d’eau d’alimentation par la vapeur, 310.
- Réclame originale, 336.
- Redresseur cathodique pour courants induits, 97.
- Regard (Le), 378.
- Remorqueur pour notre marine (Nouveau type de), 303.
- Résistance électrique du sang (La), 179.
- Rêves (Les), 282.
- Robinet (Un curieux), 368.
- Robinet à double alimentation de la distribution d’eau du théâtre de l’Opéra-Comique, 256.
- Rocher à figure humaine (Un), 400.
- Rochers d’Adersbach (Les) Bohême), 280.
- Rochers de Weckelsdorf (Les) (Bohême), 241.
- Rue du monde (La plus petite), 287.
- S
- Sang (Un principe du), 15.
- Sang d anguille (Nature de l’action toxique du), 143.
- Sauterelles par inoculations (Destruction des), 383.
- Scie à ruban et à alimentation automatique, 320.
- Science au théâtre (La). (Combat naval en miniature), 363.
- Seine désinfectée (La), 110.
- Sélénographiques (Recherches), 79.
- Sénilisation rapide des bois par l’électricité, 296.
- Service postal par pigeons (Un), 318.
- Sirènes électriques de brouillard, 94.
- Sol (Mouvements du), 210.
- Sondage (Nouvel appareil de), 237.
- Sondages profonds pour les fondations (Les), 6.
- Sort d’Andrée (Le), 350.
- Sondes et les électro-aimants (Les ruptures de), 239.
- Soudure électrique des rails de tramways, 339.
- Soupape de sûreté, 507.
- Spectroscope de laboratoire à dispersion et à échelles réglables, 257.
- Suggestion et prestidigitation, 402.
- Suggestion mentale (L’elfet de la), 175.
- Surchauffe du monde (La plus grande installation de), 94.
- Système décimal pour toutes les mesures en 1785 (Le), 130.
- T
- Table trépidante pour l’essai des accumulateurs et autres appareils, 203.
- Tannage en Russie (Le), 319.
- Taupe (Appétit de), 158.
- Télégraphe (Système Pollak et Yirag) (Nouveau système de), 380.
- Télégraphe transafricain (Le), 175.
- Télégraphiques de Rennes à Paris (Communications), 163.
- Télégraphie sans tîl, 335.
- Télégraphie sans fil au mont Blanc, 343.
- Temps et l’état mental (Le), 338.
- Terre et la mer (Un épisode de la lutte entre la), 203.
- Têtes de chat (Les), 179.
- Thé aux États-Unis (La consommation du), 255.
- Thé impérial (Le), 319.
- Thermogenèse animale, 158.
- Tissandier (Gaston), 225, 248.
- Toxicité urinaire dans l’appendicite des enfants (La), 63.
- Traction (Dépensescomparatives pour la), 158.
- Traction de la Compagnie d’Orléans (Essais de), 22.
- Traction électrique par accumulateurs (Prix de revient de la), 62.
- Traction des tramways à New-York. Prix de revient, 351.
- Traction électrique à Tours (La), 228.
- Traction électrique dans les usines (La),
- 254.
- Traction électrique et traction par câbles,
- 255.
- Tractions de la langue, 311.
- Train d’œufs (Un), 175.
- Train de poids (Un), 206.
- Train Scotte (Le), 318.
- Tramway dans le Doubs (Chute d’un), 39.
- Tramways à conducteurs souterrains (Les avantages pécuniaires des), 367.
- Tramways électriques en Corée (Les débuts des), 239.
- Travail mental et élévation de température, 191.
- Tremblement de terre de Smyrne, 351.
- Tropomètres (Les), 38.
- Tubes de niveau d’eau blindés, 192.
- Tunnel sous-marin d’Angleterre en Irlande (Le), 238.
- Turquoises de la Perse (Mines de), 278.
- Tuyau de plomb rongé par les rats, 299.
- ü
- Universités américaines (Le personnel des), 134.
- Université millionnaire (Une), 206.
- V
- Vaisseaux (Propriété des tissus des), 351.
- Vanille à la Réunion (La culture de la), 355.
- Véhicules à air comprimé, 44.
- Vent en Géologie (Le rôle du), 287.
- Ventilation d’un tunnel américain (La), 255.
- Vie humaine (La), 6.
- Vigne (Les arrosages tardifs de la), 186.
- Vignes (L’arrosage des), 63.
- Vignobles californiens, 286.
- Villa Tliurct (La), 65.
- Ville souterraine (Une), 106.
- Ville souterraine en Transcaucasie (Une), 411.
- Vinification (Procédé rationnel de), 143.
- Vinification (Nouvelle méthode de), 198.
- Vitesse pour motocycles et voiturettes automobiles (Changement de), 123.
- Vitesse transatlantique (Becord de la) (Norddeutscher Lloyd), 150.
- Voie de chemin de fer à deux usages (Une), 324.
- Voies d’eau (Appareil pour révéler les), 223.
- Voies ferrées sans poussière, 366.
- Voiture de l’Émir d’Afghanistan (La), 275.
- Voiture Stanley (La), 387.
- Voitures automobiles à l’Exposition de l’Automobile-Club (Les), 115.
- Voitures de livraisons électriques aux États-Unis (Expérience sur les), 248.
- Voiturettes à l’Exposition de l’Automobile-Club (Les), 83.
- Volcans du Mexique (Les), 223.
- Votes (Dépouillement et recensement des), 330.
- Voûtes sans cintres (Les), 71.
- Voyage aérien, 303.
- Voyage de la Belgica (Le), 406.
- w
- Wagons monstres américains (Les), 158.
- X
- Xiphopages (Les). (Rosalina-Maria), 239
- Z
- Zapotecs (Les), 177.
- Zoologie (Un laboratoire mobile de), 94.
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- LISTE DES AUTEURS
- PU ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Acloque (A.). — Plasticité des champignons, 347.
- Adac (Jules). — Le Castel Béranger, 276.
- Albeh (le Prestidigitateur). — La décapitation (nouveau truc). 15.
- Ausciier (Léon). — La voiture Stanley. 387.
- Bai.tet (Cii.). — Le chrysantème chez le Mikado, 392.
- Bellet (I).). — Les squelettes de feuilles, 27. — La foire d’Arkhangelsk, 42. — Véhicules à air comprimé, 44.— Un avoyeur de scie, 59. — Origine des principaux métaux, 83.
- — Le sauvetage d’une moitié de bateau, 90. — La grande gare de Lucerne, 104. — Une ville souterraine en Transcaucasie, 106. — Le café de ligues, 118. — Le record de la vitesse transatlantique (Norddeulscher Lloyd), 150. — Aquariums pour méduses, 167. — Echelle de sauvetage originale, 208. — Les oiseaux et la destruction des mauvaises herbes, 213. — La voiture de l’émir d’Afghanistan, 275. — Bateaux-pilotes, 289. — L’industrie des raisins secs en Californie, 314. — Un bateau à propulsion automatique, 315. — Un pont de 1680 mètres au Tonkin, 321. — L’aménagement des paquebots modernes, 344. — La culture de la vanille à la Réunion, 355. — Un curieux robinet, 368.
- — Levier à soulever les rails, 374. — Les cerfs-volants météorologiques de Blue-Hill, 408.
- Bleunard (A.). — Curiosités pour l’enseignement des sciences physiques, 308.
- Boyer (Jacques). — L’action de l’eau de mer sur les alliages, 115. — Les machines à gaz et le problème des fumées, 199.
- — L’industrie au Japon, 407.
- Branuicourt (V.). — Nénuphars et Lotus, 231.
- Capitan (Dr). — La cellule nerveuse et son mode de fonctionnement, 403.
- Cartaz (Dr A.). — Le mal des montagnes et l’acapnie, 145-
- — L’Association française pour l’avancement des sciences à Boulogne, 337. — Le cancer animal et végétal, 411.
- Chastrey (Henri). — Les armes empoisonnées, 58. — Le coco des mers, 295.
- Clément (A.-L.). — Une coque sauteuse, 1. — Les Blattes, 300.
- Corcelle (J.). — Chemin de fer du Mont-Blanc, 162. — Le Jardin botanique du Lautaret, 183. — Les premiers ballons et Xavier de Maistre, 193.
- Cornu (A.). — Le centenaire de l’institution royale, 54.
- Coupin (Henri). — Les insectes résiniers, 18. — Les oiseaux collectionneurs, 26. — Les alcools d’industrie, 74. — Les abeilles tapissières, 181. — Mode singulier de locomotion chez les insectes, 273. — Les oiseaux mineurs, 282. — Les animaux paresseux, 326. — Suggestion et prestidigitation, 402.
- Cunha (A. da). — Le Métropolitain municipal de Paris, 7. — Les voûtes sans cintres, 71. — Les chemins de fer en 1900, 82. — Le pont de Kornhaus à Berne, 151. — Le prolongement de la ligne d’Orléans au quai d’Orsay, 119. — Le Métropolitain municipal de Paris, 199. — Les travaux de l’Exposition de 1900, 218. — Le nouveau pont transbordeur de Rouen, 284. — Une voie de chemin de fer à deux usages, 325. — Exposition de 1900. Le Palais du Génie civil et des moyens de transport, 370. — Vues d’ensemble sur l’Exposition de 1900, 390.
- Dechambre (P.). — L’École d’agriculture coloniale de Tunis, 3.
- Dehérain (P.-P-). — Cultures dérobées d’automne, 247, 266.
- Delauney (Lieutenant-Colonel). — Un insecte qui compte, 90. — Les mortiers paragrêles, 103.
- Dewar (James). — La solidification de l’hydrogène, 322.
- Dubar (L.). — Maladie des arbres (Les Broussins), 304.
- Dubois (L.). — Machine à saturer les liquides d’acide carbonique, 176.
- Dumont (J.). — L’éclairage portatif par l’acétylène, 92.
- Durand (P.). —Distillation-rectification directe des alcools, 375.
- Fauvel (A.-A.). — Les diamants chinois, 86. — Cocons ouverts, 242.
- Flamel. — Les tropomètres, 38. — Communications télégraphiques de Rennes à Paris, 163. — La barbe et les chirurgiens, 190. — Les citernes et les tuyaux de cuivre, 234.
- Gall (J.-F.). —Paris-Bordeaux et Bordeaux-Paris, 13. — La cire humaine, 55. — L’Exposition de Côme (La statue de Volta), 143. — Balbiani, 158. — La mise en roues des numéros des obligations à lots du Crédit Foncier, 187. — L’eau de citerne, 214. — Une biche avec bois 234. — Tractions de la langue, 311. — Nouvelle matière radio-active, 354.
- Girard (Joseph.). — La désargenture des matières en cuivre argenté. 346.
- Graffigny (II. de). — Les bicyclettes automobiles, 23. — Les motobicyclettes, 243.
- Grammont (Armand de). — Le spectroscope de laboratoire à dispersion et à échelle réglables, 257.
- Hommen. — Exposition de l’Automobile-Club de France, 51. — Les voiturettes à l’exposition de l’Automobile-Club, 83. — Les voitures automobiles à l’exposition de l’Automobile-Club, 115.
- Hospitalier (E.). — Oxygène disponible sur notre planète, 34. — Changement de vitesse pour motocycles et voiturettes automobiles, 123.
- Janet (P.). — Table trépidante pour l’essai des accumulateurs et autres appareils, 203.
- Jullien (0). —Un cyclone, 42.— Ciel vert émeraude, 114. — Le chemin de fer électrique de Fayet-Gervais-les-Bains à Cliamonix, 134. — La neige dans les Alpes, 398.
- Justice (O.). —Chemin de fer électrique de Pierrefitte à Cau-terets, 183.
- Karl (Carolus). — Les excentricités de la Nature (le prince Colibri), 288.
- L. (D.). — Les dangers de l’alcool dans les pays chauds, 6. — Robert G. Bunsen, 206. — Avantage des meules sur les limes, 224. — Réclame originale, 336. — Un nouveau procédé d’injection des bois, 386. — L’Athènes de la Chine, 399.
- L*** (Commandant). — Les pistolets automatiques, 81. — La nouvelle artillerie navale anglaise, 173. — Le nouveau canon à tir rapide de campagne de Bange et Pitfard, 305. — La mitrailleuse automatique Hotchkiss, 349.
- L. (L). — Un bateau-malle, 384.
- Laffargue (J). — Groupe électrogène mobile, 11. — La force motrice à l’Exposition de 1900, 27. — Le prix de revient de l’énergie électrique sur les chemins de fer américains, 38. — Nouvelle machine à vapeur verticale, 60. — Commutateur automatique pour piles, 96. — Le funiculaire électrique du Mont-Dore, 167. — Tubes de niveau d'eau blindés, 192. — Embrayage réducteur de vitesse angulaire (système HumpageR 220. — La traction électrique à Tours, 228. — Distribution de l’énergie électrique en Allemagne, 264. — Machine à vapeur à piston oscillant, 274. — Les ascenseurs électriques en Amérique, 291. — Soupape de sûreté, 307. — Fourgon électrique d’incendie des sapeurs-pompiers de Paris, 317. — La transmission de l’énergie électrique et les hautes tensions, 332. — Microphones et téléphones, 347. — Electricité pratique. Transformateur à interrupteur électrolytique, 552. — Le multiphone Dussaud, 355.
- Larbalétrier (Albert). — La fontaine de Yaucluse, 215. — Combustion spontanée des foins, 230. — Elevage des grenouilles, 379.
- Lauriston (H.). — Découvertes archéologiques à Carthage, 87, 140.
- I Lebois (D.). — Cerf-volant et météorologie, 27. — Nou-
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- 422
- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE.
- veau bandage pneumatique, 48. — Nouvel appareil de sondage, 237. — Planchers tubulaires, 294. — Un piège à blattes, 416.
- Lecarme (J. et L.). — La télégraphie sans fil au mont Blanc, 343.
- Ledant (J.), — Une ville souterraine en Transcaucasie, 411.
- Lelong (D.). — Nouvelle pierre céramique, 234.
- Léotard (Jacques). — Sur la route du pôle Sud, 298, 299.
- Leroy (D.). — Les exploitations de borate de chaux au Pérou, 270. — Réchauffeurs d’eau d’alimentation par la vapeur,
- 310.
- Leroy (L.). — Les prismes Luxfer, 52. — Passerelle portative pliante et charrette pliante, 111. — Fontaine portative filtrante, 159. — Moteur à gaz de 650 chevaux, 209.
- Leroy (M.). — Coffret avec prise de courant universelle pour les automobiles électriques, 207. — Un nouveau procédé de fabrication de la glace, 412.
- Le Roy (G.-A.). — Procédé pour désodoriser et protéger le carbure de calcium, 54.
- Leugny (Georges). — Les Egouts de Paris, 2.
- Lewal (M.). — Le personnel des universités américaines, 134.
- Loverdo (J. de). — Le pot à fleurs japonais, 43. — La gastro-entérite des nourrissons, 170. — La maladie de la mouche Tsétsé, 235.
- Marcel (Gabriel). — Le centenaire de Racine, 33. — Les nouvelles colonies allemandes en Océanie, 278. — Les Boers, 363.
- Mareschal (G.). — Nouveautés photographiques, 59. — Séni-lisation rapide des bois par l’électricité, 296. — La production industrielle de l’ozone (ozonateurs rotatifs de M. Otto),
- 311. — Photographie au théâtre et à l’atelier avec la lumière magnésique, 328. — La science au théâtre : le Combat naval, 363. — Machinerie théâtrale : le cheval de Troie à l’Opéra, 396.
- Marsy (A. de). — Transparence des corps pour les radiations électriques, 19.
- Martaud (P.). — De la poudre de charbon, 102.
- Martel (E.-A.). — L’aménagement du gouffre de Padirac, 148. — Les rochers de Weckelsdorf, 241. — Les rochers d’Adersbach (Bohème), 280.
- Maumené (Albert). — La suppression des bourgeons et boutons du chrysanthème, 326.
- Mégnin (Paul). — Au pôle Nord à Paris, 31. — Un chien calculateur, 63.
- Mériel (P. de). — Le transport des bicyclettes en chemin de fer, 12. — La mortalité des enfants, 42. — Un nouveau procédé de fabrication des raccords de cycles, 91. — L’agno-line, 110. — Clôtures métalliques et téléphone, 134. — Machine à vapeur pour les pulvérisations insecticides, 213. — Expérience sur les voitures de livraison électriques aux Etats-Unis, 248. — Laine d’alpaca, 275. — Arsenal chinois, 315. — Scie à ruban et à alimentation automatique, 320. — Industrie ostréicole italienne, 323. — Les marées de la baie de Fundy, 374. — Une fabrique de canons anglaise (Les Établissements Vickers), 401.
- Meunier (Stanislas). — La question de l’eau à Paris, 100. — Les têtes de chat, 179.
- Milne-Edwards (A.). — Le sentiment de la charité chez les oiseaux, 251.
- Moueux (l’abbé th.). — La vie sur la planète Mars, 131.
- Müry (Francis). — Les Antilles Françaises. Incendies et tremblements de terre, 55. — Les Boers et les mines d’or du Witwatersrand, 195.
- Nadaillac (W* de). — Les Zapotecs, 177.
- Obalski (T.) — Voyage de Londres à la Colonie du Cap du premier grand bateau à vapeur (octobre 1825), 395. — Le voyage de la Belgica, 402.
- Olivier (J.-R). — Le système décimal pour toutes les mesures en 1785, 130.
- Oustalet (E.). —. Le Phalanger renard, 113. — La mésange de Nankin, 230. — Les oiseaux jardiniers et constructeurs, 291.
- Parville (Henri de). — Deuxième excursion scientifique de La Nature 1899, 2. — Contre l’incendie des forêts, 22. — La chèvre à Paris, 107. — Alcool et pétrole, 122. — Les « pneu », 142. — Stérilisation des eaux par l’ozone, 146. — La balayeuse municipale, 161. — La formation des perles, 163. — Les arrosages tardifs de la vigne, 186. — Nouvelle méthode de vinilication, 198. — Gaston Tissandier, 225. — Les Xiphopages (Rosalina-Maria), 259. — Les radiations colorées et le système nerveux, 262. — Les rêves, 282. — Le puits artésien de Cheminières, 174. — Le temps et l’état mental, 538. — Légion d’honneur, 550. — Le monument de Félix Tisserand, 357. — Les levures dans la vinification, 562. — Les Léonides, 370 — Nouveau système de télégraphe (système Pollak et Yirag), 380.
- Pélissier (G.). — Carbure de calcium préparé, 163.
- I'esce (G.-L.) — L’Orlyte, 214. — Nouvelle’pierre artificielle silice-calcaire (système W. Olschewsky), 531.
- Planciiox (Mathieu). — Horloges mystérieuses, 385.
- Poisson (J.). — La villa Tliuret, 65.
- Plumandon (J.-R.). — La propagation des orages, 138.
- Rabot (Cii.) — Une récente exploration des profondeurs dans l’océan Arctique, 210.
- Rabourdin (Louis). — Les nébuleuses et la loi d’évolution. 35.
- — La lyre et la transformation des nébuleuses, 227, — La lune et sa photographie, 405.
- Raymond (L.). — Calendrier perpétuel mécanique, 156.
- Régnault (Félix). — L’automobilisme dans l’armée, 259.
- Reverchon (L.)- — Comment on accorde une cloche, 17. — La montre de précision, 74. — L’exportation de la montre suisse, 283. — La royauté des mers, 506. — Les cloches d'acier, 342.
- Ricco (A.). — Eruption de l’Etna, 190.
- Richou (G.). — Robinet à double alimentation de la distribution d’eau du théâtre de l’Opéra-Comique, 256.
- Robert (B.). — Une industrie artistique Espagnole (le fer incrusté), 131.
- Rochas (Albert de). — La mimique enseignée par l’hypnotisme, 252. — La musique et le geste, 267.
- Sarcé (C.). — Le peuplier sélectionné, 154.
- Seyewetz (A.). — Les fontaines à gaz, 250.
- Tissandier (Albert). — La course aux ballons, 79. — Croissance extraordinaire des crins chez un cheval, 128. — Les chiens minuscules (chinois et japonais), 224. — Gaston Tissandier, 248. — Éphèmérides aéronautiques. Mort du comte Zam-bcccari, le 21 septembre 1812, 272. — Le mont Rainier et le parc Washington aux États-Unis, 559. — Les Lohans (donnés au Musée du Louvre par Mgr Favier), 569.
- Yaiugny (Henry de). — Un épisode de la lutte entre la terre et la mer, 203.
- Yiburon. — La pensée. Peut-on aggraver son mal en y pensant trop, 263.
- Vielliard (Edme). — Les Dolomites du Tyrol méridional, 340.
- Vilcoq (Albert). — Les engrais et les amendements en agriculture, 129. — Destruction des crucifères nuisibles, 171.
- — Le Piétin des blés, 202.
- Yillard (P.). — Redresseur cathodique pour courants induits, 97.
- Villedeuil (Ch. de). — Académie des sciences. (Séances hebdomadaires de F), 15, 30, 47, 63, 79, 95, 111, 127, 143,158, 175, 191, 207, 223, 239, 256, 271, 287, 303, 319, 335, 551, 367, 383, 399, 415.
- Vinot (Joseph). — A propos des petites planètes, 106. — Éclat des comètes, 171.
- Viré (Armand). — Les Pyrénées souterraines, 66.
- Voizot (P.). — Les chiffres arabes et leur origine, 222.
- W. — Le cuirassé français « Le Suffren ». Le cuirassé anglais « La Vengeance », 149.
- Weyl (E.). — Le croiseur cuirassé « la Jeanne d’Arc », 77.
- X. — Une nouvelle mesure de l’arc du Pérou. 98.
- Z... (Commandant). — La mortalité chez les peuples européens, 166. — Dépouillement et recensement des votes, 559.
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués
- dans cette table en lettres italiques.
- Astronomie.
- Les nébuleuses et la loi d’évolution (Louis Rabocrihx) . 3,5
- Les tropomètres (Flamel)............................... 38
- La photographie astronomique........................... 71
- A propos des petites planètes (Joseph Vixot)......... 10(1
- La vie sur la planète Mars (I’Abbé Th. Moreux) .... 131
- Éclat des comètes (Joseph Vixot)...................... 171
- La radiation des étoiles (C. E. G.)....................191
- La lyre et la transformation des nébuleuses (Louis
- Rabourdin)......................................... 227
- Les Léonides (Henri de Parville)................ 370, 414
- La lune et sa photographie (Louis Rabourdin)...........403
- La lune à la Pentecôte............................... 1 i
- Photographies des nébuleuses........................... 31
- Recherches sélénographiques........................... 79
- Nébuleuses de la lyre. . ..............................159
- Les étoiles filantes d’août............................191
- Persistance des trajectoires des étoiles filantes . . . 207
- Unification du calendrier..............................222
- La Polaire et ses satellites...........................334
- Les météores du 15 novembre............................415
- Physique générale.
- Transparence des corps pour les radiations électriques
- (A. de Marsy)........................................ 19
- Les prismes Luxfer (L. Leroy)........................... 52
- L’éclairage portatif par l’acétylène (J. Dumont)........ 92
- Redresseur cathodique pour courants induits (P. Yillard). 97 Le système décimal pour toutes les mesures en 1785
- (J.-R. Olivier)......................................130
- Spectroscope de laboratoire à dispersion et à échelle
- réglables (Arnaud de Giiamont).......................257
- Curiosités pour l’enseignement des sciences physiques
- (A. Bleunard)........................................308
- La solidification de l’hydrogène (James Dewar) . . . 322
- Les cloches d’acier (L. Revkrchon)......................342
- Nouvelle matière radio-active (J.-F. Gai.i.)............354
- Le multiphone Dussaud (J. Laffargue)............. . 355
- Sirènes électriques de brouillard....................... 94
- Ondes hertziennes et direction des torpilles .... 110
- La constance de l'attraction universelle................207
- L'impression aux rayons X...............................366
- Communication des propriétés radiantes..................383
- Les raies du radium,....................................383
- L’existence du radium...................................399
- Nouvelle explication du mode de propagation de la lumière..................................................415
- Électricité théorique et appliquée.
- Groupe électrogène mobile (J. L.)....................... 11
- Commutateur automatique pour piles (J. L.).............. 96
- Le prix de revient de l’énergie électrique sur les chemins de fer américains................................... 38
- Clôtures métalliques et téléphonie (P. de M.)...........134
- Le chemin de fer électrique de Fayet-Saint-Gervais-les-
- Bains à Chamonix (0. Jullien)........................134
- Communications télégraphiques de Rennes à Paris (Flamel).....................................................165
- Le funiculaire électrique du Mont-Dore (J. Laffargue) . 167
- Chemin de fer électrique de Pierrefitte à Cauterets (0.
- Justice)........................................... 183
- Table trépidante pour l’essai des accumulateurs et autres appareils (P. Janet).....................................203
- Coffret avec prise de courant universelle pour les automobiles électriques (M. Leroy)...........................207
- La traction électrique à Tours (J. Laffargue) ... . 228
- Expériences sur les voitures de livraisons électriques aux
- Etats-Unis (P. de M.).................................248
- Distribution de l’énergie électrique en Allemagne (J.
- Laffargue)............................................264
- Les ascenseurs électriques en Amérique (J. L.). . . . 291
- Sénilisation rapide des bois par l’électricité (G. Mares-
- chal).................................................296
- Fourgon électrique d’incendie des sapeurs-pompiers de
- Paris (J. Liffargue)..................................317
- La transmission de l’énergie électrique et les hautes tensions (J. Laffargue).....................................332
- Soudure électrique des rails de tramways.................559
- La télégraphie sans fil au mont Blanc (Jean et Louis
- Lecarme)..............................................543
- Microphone et téléphone (J. L.j...........................347
- Électricité pratique, transformateur à interrupteur électrolytique (J. L.).......................................352
- Nouveau système de télégraphe (système Pollak et Yirag)
- (H. de Parville)......................................580
- Installations électriques à Bordeaux..................... 30
- Prix de revient de la traction électrique par accumulateurs ............................................... 62
- L’électricité à Constantinople...........................127
- Le télégraphe transafricain............................ 175
- Les débuts des tramways électriques en Corée . . . 239
- Les ruptures de sondes et les électro-aimants . . . 239
- La traction électrique dans les usines...................254
- Conduits électriques et contagion.........................254
- Grues électriques en Chine................................255
- Équivalent électro-chimique de l'argent...................271
- Télégraphie sans fil.....................................335
- L’industrie électro-chimique..............................351
- Les avantages pécuniaires des tramways à conducteurs souterrains........................................567
- Photographie.
- Nouveautés photographiques (G. Mareschal)................ 39
- La photographie astronomique............................. 71
- Croissance des plantes (représentation photographique)
- (M.)..................................................210
- Photographie au théâtre et à l’atelier avec la lumière
- magnésique (G. Mareschal).............................528
- Les billes de verre......................................334
- Chimie générale.
- Oxygène disponible sur notre planète (E. II?) ..... 34
- La cire humaine (J.-F. Gall)........................... 35
- Procédé pour désodoriser et protéger le carbure de calcium (G.-A. Le Roy)....................................... 54
- Les alcools d’industrie sont-ils plus nuisibles que les alcools naturels? (11. Coupin)........... .................. 74
- Origine des principaux métaux (D. B.).................. 85
- De la poudre de charbon (P. Martaud)................... 102
- L’agnoline (P. de Mériel).......................... . 110
- L’action de l’eau de mer sur les alliages (J. Boyer) . . 115
- Le café de figues (D. B.)..............................118
- Stérilisation des eaux par l’ozone (H. de Parville). . 146
- La plombagine au Brésil (M. C.)........................154
- Fontaine portative filtrante (L. Leroy)................159
- Carbure de calcium préparé (G. Pélissier)..............163
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- AU
- Machine à saturer les liquides d’acide carbonique (L.
- Dubois)...........................................
- L’eau de citerne (J.-F. Gau.)........................
- L’orlyte (G.-L. Pesce)...............................
- Les citernes et les tuyaux de cuivre (Flamel)........
- Les fontaines à gaz (A. Seyewetz). . ................
- Les exploitations de borate de chaux au Pérou (D.
- Leroy)............................................
- La production industrielle de l'ozone (ozonateurs rotatifs de M. Otto) (G. Mareschal)......................
- L’acier au nickel pour les tubes de chaudière........
- Nouvelle pierre artificielle silico-calcaire (système W.
- Olschewsky) (G.-L. Pesce)............. .
- L’huile de bois chinoise (D. R.).....................
- La désargenture des matières en cuivre argenté (.1.
- Girard)...........................................
- Valeur alimentaire des fruits......................
- Les corps gras végétaux .............................
- Les levures dans la vinification (H. de P.)..........
- Distillation-rectification directe des alcools (P. Durand). Un nouveau procédé d'injection des bois (D. L.). . . . Action de l'hydrogène phosphoré sur le cuivre. . .
- La séparation du cérium..............................
- Introduction du chlorate de potasse dans certains
- explosifs.........................................
- Procédé Stuart pour la préparation industrielle de
- l'oxygène.........................................
- Fanal de locomotive à l’acétylène....................
- L’acide carbonique dans les mines....................
- Les principes toxiques du lierre.....................
- De la nature du cuivre préparé à basse température.
- Le caoutchouc et les gaz.............................
- État de l’iode dans l’eau de mer ....................
- Propriétés chimiques de l'argon......................
- Charbon sans fumée...................................
- Une montagne d’alun..................................
- Ferment réducteur animal.............................
- L’air liquide et la fusion de l’acier dans le vide .
- L'origine de l’iode atmosphérique....................
- Nature de l’action toxique du sang d’anguille .
- Procédé rationnel de vinification....................
- L’acide carbonique de l’air....................
- Un nouveau caoutchouc................................
- Action du phôsphure d’hydrogène sur l'oxyde de
- cuivre............................................
- La fermentation alcoolique...................
- Combinaisons séléniées, sulfurées et tellurées. . .
- La détonation de l’acétylène . .................
- L’hydrogène solidifié................................
- La solidification de l’hydrogène. . ............
- Une nouvelle pierre artificielle...............
- Bois incombustibles..................................
- Le gaz à l’eau.......................................
- Les degrés alcooliques en France et en Angleterre .
- Un grès artificiel...................................
- L’industrie de la porcelaine à Kintechen.............
- Le tannage en Russie.................................
- Production abondante du fluor........................
- Nouveau métal radiant................................
- La matière colorante des feuilles . ............
- L’arsenic et le métal ammonium..............
- L'influence des gelées sur le béton..................
- L’écorce d’acacia comme matière tannante.............
- Les anhydrides mixtes des acides gras et aromatiques ..............................................
- Matière colorante nouvelle...........................
- L’équivalent du bore............................. • • •
- Préparation de corps nouveaux........................
- 176
- 214
- 214
- 234
- 250
- 270
- 311
- 7.27
- 331
- 535
- 540
- 354
- 355 362 375 586
- 15
- 15
- 51
- 46
- 46
- 46
- 47 47 70 95
- 111
- 126
- 127
- 127
- 142
- 143 143 143 159 175
- 175
- 176 191 223 223 239 255 271 271 286 302
- 318
- 319
- 334
- 335 535 335 566 367
- 367
- 367
- 367
- 599
- Météorologie. — Physique du globe. Géologie. — Minéralogie.
- Cerf-volant et météorologie (D. Lebois)...........
- Un cyclone (0. Jullien}...........................
- La grêle à Madrid.................................
- Les diamants chinois (A.-A. Fauvei.).................. 86
- Les mortiers paragrèles (Lieut.-col. Delauney)........105
- Ciel vert émeraude (0. Jullien).......................114
- La propagation des orages (J.-R. Pi.umandon)..........158
- Les tètes de chat (S. Meunier)........................179
- Éruption de l’Etna (A. Ricco)...........................190
- Un épisode de la lutte entre la terre et la mer (11. de
- Varigny).............................................203
- Mouvement du sol...................................... 210
- Une récente exploration dans l’océan Arctique (Charles
- Rabot.)..............................................210
- La fontaine de Vaueluse (Albert Arbalétrier]............215
- Mines de turquoises de la Perse.........................278
- Le mont Rainier et le parc Washington aux Etats-Unis
- (A. Tissandier)......................................359
- Les marées de la baie de Fundy (I*. de M.)............574
- La neige dans les Alpes (0. Jullien)....................598
- Les cerfs-volants météorologiques de Rlue-llill I). Rel-
- let)........................................• . . 408
- Orographie sous-marine.................................. 47
- Les orages et le chant des oiseaux...................... 62
- Phénomènes consécutifs d’une éruption au Vésuve. . 95
- Etude de /’atmosphère au moyen des cerfs-volants . 111
- Exploration de l’atmosphère.............................207
- Les volcans du Mexique..................................225
- L’altitude des montagnes sud-américaines................225
- Le rôle du vent en géologie ............................287
- Un pays pluvieux........................................518
- L’électricité atmosphérique.............................519
- Les mines d’or en France................................334
- Tremblement de terre de Smyrne..........................350
- L’été de la Saint-Martin............................... 382
- La pluie dans l’isthme de Panama........................382
- Mouettes et changement de temps.........................385
- Un violent orage en novembre à Chûteaudua. . . . 598
- Les mines d’Australie et de Tasmanie....................598
- La découverte du pétrole en Pensylvanie.................399
- Le cariai de Nicaragua..................................415
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- Le danger de l’alcool dans les pays chauds (L.-L.). . . 6
- La vie humaine (F.)...................................... 6
- La mortalité des enfants (P. de M.)..................... 42
- Les alcools d’industrie sont-ils plus nuisibles que les alcools naturels (Henri Coupin).......................... 74
- La question de l’eau à Paris (Stanislas Meunier) .... 100
- Le mal des montagnes et l’acapnie (D' A. Cartaz). . . 145
- La gastro-entérite des nourrissons (J. de Loverdo). . . 170
- La résistance électrique du sang........................179
- La barbe et les chirurgiens (Flamel)....................190
- Les Xiphopages Rosalina-Maria (Henri de Parville). . . 238
- Les radiations colorées et le système nerveux (Henri de
- Parville)............................................262
- La Pensée. Peut-on aggraver son mal en y pensant trop
- (Yibcron)............................................265
- Traction de la langue (J.-F. Gall)......................511
- Le temps et l’état mental (Henri de Parville) .... 339
- Le (regard (L.-R.).................................... 378
- La cellule nerveuse et son mode de fonctionnement
- (Capitan)............................................405
- Le cancer animal et végétal (Dr A. Cartaz)..............411
- Un principe du sang..................................... 15
- Lésion des centres nerveux dans l’épilepsie expérimentale................................................ 30
- Polymorphie du microsporum du cheval.................... 47
- L’antitoxine diphtérique aux États-Unis................. 62
- La toxicité urinaire dans Vappendicite des enfants. 63 Action thérapeutique des courants de haute fréquence ................................................. 79
- La Seine désinfectée....................................110
- Daltonisme partiel..................................... 126
- Thermogenèse animale....................................159
- Éffets d’injections hypodermiques.......................159
- L’Éléphant chirurgien...................................191
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-
-
-
- 425
- TABLE DES MATIÈRES.
- Travail mental et élévation de température .... 191
- Matelas et contagion.................................206
- Le mercure et les globules blancs du sang...........535
- Propriété des tissus des vaisseaux...................351
- Les applications médicales et chirurgicales des
- rayons Roentgen................................. 582
- Les propriétés du glycogène pur......................583
- Mécanique. — Art de l’ingénieur. — Construc tion.
- Les sondages profonds pour les fondations.'............ 6
- Le métropolitain municipal de Paris (A. da Cunha) ... 7
- Le transport des bicyclettes en chemin de fer (Pierre de
- Mériel)............................................... 12
- Comment on accorde une cloche (L. Reverchon). ... 17
- Essais de traction de la compagnie d’Orléans........... 22
- Les bicyclettes automobiles (11. de Graffigny). ... 23
- La force motrice à l’Exposition de 1900 (J. Laffargue). 27
- Chute d’un tramway dans le Doubs....................... 39
- Véhicules à air comprimé (Daniel Bellet)............... 44
- Nouveau bandage pneumatique (D. Lebois)............. 48
- Exposition de l’Automobile-Club de France (Hommes) . 51
- Un avoyeur de scie (D. B.)............................... 59
- Nouvelle machine à vapeur verticale (J. Laffargue). . 60
- Les voûtes sans cintres (A. da Cunha).................. 71
- La montre de précision (L. Reverciios)................. 74
- Les chemins de fer en 1900 (À. da Cunha)............... 82
- Les voiturettes à l’exposition de P « Automobile-Club »
- (Hommes).............................................. 83
- Un nouveau procédé de fabrication des raccords de
- cycles (P. de M.)..................................... 91
- La grande gare de Lucerne (Daniel Bellet) .... 104
- Vieilles recettes d’ateliers............................ 106
- Passerelle portative pliante et charrette pliante (L. Leroy) ....................................................111
- Les voitures automobiles à l’exposition de l’Automobile-
- Club (Hommes).........................................115
- Le prolongement de la ligne d’Orléans au quai d’Orsay
- (A. da Cunha).........................................119
- Alcool et Pétrole (Henri de Parville)....................122
- Changements de vitesse pour motocycles et voiturettes
- automobiles (E. Hospitalier)........................ 125
- Les «Pneu » (Henri de Parville)................... . . . 142
- Le pont de Kornhaus à Berne (A. da Cunha)............... 151
- Calendrier perpétuel mécanique (L. Raymond). ... 156
- La balayeuse municipale (Henri de Parville)..............161
- Tubes de niveau d’eau blindés (J. Laffargue)............ 192
- Les machines à gaz et le problème des fumées (Jacques
- Le métropolitain municipal de Paris. Station de la Bastille (A. da Cunha).......................................199
- Echelle de sauvetage originale (D. B.)..................208
- Moteur à gaz de 650 chevaux (L. Leroy)..................209
- Machine à vapeur pour les pulvérisations insecticides
- (P. de Mériel)........................................ 213
- Embrayage réducteur de vitesse angulaire. Système
- llumpage (J. Laffargue)................................220
- Avantage des meules sur les limes (D. L.)...............224
- Les motobicyclettes (II. de Graffigny)....................245
- Robinet à double alimentation de la distribution d’eau
- du théâtre de l’Opéra-Comique (G. Richou)..........256
- L’automobilisme dans l’armée (Félix Régnault) .... 258
- Machine à vapeur à piston oscillant (J. L.).............274
- La voiture de l’émir d’Afghanistan (D. B.)..............275
- Le castel Béranger (Jules àdac).......................
- Planchers tubulaires (D. Lebois)......................
- Soupape de sûreté (J. L.).............................
- Réchauffeurs d’eau d’alimentation par la vapeur (D. Le-
- Le « Block-Hall ».......................................515
- Scie à ruban et à alimentation automatique (P. de Mériel) ......................................... .... 320
- Un pont de 1680 mètres au Tonkin (Daniel Bellet). . 321
- Une voie de chemin de fer à deux usages (A. da Cunha). 324
- Concasseur automatique pour cokes, charbons et en-
- thracites (L. R.).....................................355
- Un curieux robinet (D. B.)...............................368
- Exposition de 1900. Le palais du Génie civil et des
- moyens de transport (A. da Cunha)...................570
- Levier à soulever les rails (D. B).....................374
- La voiture Stanley (Léon Auscher) . x..................387
- Une fabrique de canons anglaise. (Les établissements
- Vickers). (P. de Mériel)............................401
- Un nouveau procédé de fabrication de la glace (M. Leroy).....................................................412
- Un cours de construction des cycles.................... 47
- La plus grande installation de surchauffe du monde. 94
- Machine élévatoire de grande puissance................... 94
- La stabilité de la bicyclette.......................... 95
- La circulation verticale dans les grandes villes . . 110
- Le transport d’un phare..................................126
- Les wagons monstres américains...........................158
- Dépenses comparatives pour la traction...................158
- Les chemins de fer en Afrique............................175
- Un compresseur d’air monstre.............................175
- Plaques de blindage pour coffres-forts...................191
- Un train de poids........................................206
- Le tunnel sous-marin d’Angleterre en Irlande. . . 258
- Pont monstre de voie étroite.............................259
- Traction électrique et traction par câble................255
- La fumivorité............................................270
- Le pont de Düsseldorf....................................271
- Forces motrices naturelles en Suède......................271
- L’allongement des bétons armés...........................271
- Une foire aux bicyclettes................................286
- Une cargaison de locomotives.............................305
- Le train Scotte..........................................518
- Déplacement d’un pont à Chicago..........................351
- Traction des tramways à New-York. Prix de revient. 351
- Voies ferrées sans poussière.............................566
- Nouvelle ligne chinoise..................................367
- Une pépinière monstre d’enseignement forestier. . 367
- Démolition rapide du matériel de chemin de fer hors d’usage.............................................398
- Sciences naturelles. — Zoologie.
- Botanique. — Paléontologie.
- Une coque sauteuse (A.-L. Clément)........................ 1
- La gutta-percha (J. P.).................................. Il
- Les insectes résiniers (Henri Coupin).................... 18
- Contre l’incendie des forêts (H. de Parville).......... 22
- Les oiseaux collectionneurs (Henri Coupin)............... 26
- Les squelettes de feuilles (D. B.)....................... 27
- Le pot à fleurs japonais (J. de Loverdo)............... 43
- La villa Thuret (J. Poisson)............................. 65
- Un insecte qui compte (Lieutenant-Colonel Delauney) . 90
- La chèvre à Paris (Henri de Parville)....................107
- Le phalanger renard (E. Oustalet)........................113
- Victoire d’une « bête à bon dieu » sur un scorpion . . 128
- Croissance extraordinaire des crins chez un cheval (A.
- Tissandier)...........................................128
- Le peuplier sélectionné (C. Sarcé).......................154
- La formation des perles (H. de Parville).................163
- Aquariums pour Méduses (D. B.)...........................167
- Destruction des crucifères nuisibles (Albert Vilcoq). . 171
- Les abeilles tapissières (H. Coupin).....................181
- Le jardin botanique du Lautaret (J. Corcelle) .... 182
- Poneys Chiliens..........................................187
- Machine à vapeur pour les pulvérisations insecticides (P.
- de Mériel). ..........................................213
- Les oiseaux et la destruction des mauvaises herbes (D.
- B.)...................................................213
- Un gazon combustible (C. D.).............................215
- Les chiens minuscules chinois et japonais (A. Tissandier). 224
- La mésange de Nankin (E. Oustalet).......................230
- Nénuphars et Lotus (V. Brandicourt)............_. . . 231
- Une biche avec bois (J.-F. Gall).........................234
- La maladie de la mouche Tsétsé (J. de Loverdo). . , . 235
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-
-
-
- 426
- TABLE DES MATIÈRES.
- Cocons ouverts (A.-A. Fauvel).......................
- Le sentiment de la charité chez les oiseaux (A. Milne-
- Edyvards)........................................
- Mode singulier de locomotion chez les insectes (H. Cocpix).
- Les oiseaux mineurs (H. Coupin).....................
- Les oiseaux jardiniers et constructeurs (E. Oustalet)
- Le Coco des mers (Henri Chastrey)...................
- Les Blattes (A.-L. Clément).........................
- Maladie des arbres. Les Broussins (L. Dubar)........
- Industrie ostréicole Italienne (P. de M.)...........
- La suppression des bourgeons et boutons du chrysanthème (Albert Maumené)..............................
- Los animaux paresseux (Henri Codpin)................
- Plasticité des champignons (À. Acloqce).............
- La culture de la vanille à la Bèunion (D. B.).......
- Elevage des grenouiles (A. Larbalétrier)............
- Le chrysanthème chez le Mikado (Cu. Baltet).........
- La culture du dattier en Algérie.............
- lin piège à blattes (D. Lebois).....................
- Autoparasitisme.....................................
- L'alcool végétal....................................
- Les bienfaits des irrigations.......................
- Le raisonnement d'un faucon.........................
- Le porc-épic victorieux du lion *...................
- L’arrosage des vignes...............................
- Les tunnels et ta culture des champignons ....
- La genèse de la perle...............................
- Un laboratoire mobile de zoologie...................
- L’élevage de l’autruche aux Etats-Unis..............
- Ferments animaux....................................
- Une réserve de gibier en Afrique....................
- Le parasite du chancre des arbres...................
- Laboratoire maritime du muséum......................
- L?s méfaits et les bienfaits des insectes...........
- Appétit de taupe........... ........................
- Anatomie végétale............................. .
- Les vieuz arbres de Padoue..........................
- Action des différentes lumières sur les vers à soie .
- L'intelligence chez l’araignée......................
- Epidémies sur les perdrix et faisans................
- Invasion de grenouilles.......................
- Germination au bout de deux mille ans...............
- Anatomie végétale...................................
- Chasse au zèbre.....................................
- Le thé impérial.....................................
- Acclimatation d'un arbre à gutta..............
- Action de l'éther et du chloroforme sur les graines. Histologie des annélides et des gastéropodes ....
- Reproduction des algues du genre cutléria...........
- Une maladie des haricots............................
- Découverte cle fossile........ .....................
- Le dévouement maternel chez l’araignée. .....
- Le jardin botanique de l’Etal de Missouri...........
- La destruction des sauterelles par inoculation .
- La maladie des œillets..............................
- La croissance des écrevisses........................
- f'wtetneé* parasites-...............................
- Caractères de la dessiccation des graines...........
- Absorption par les plantes de certaines substances du sol..............................................
- Géographie. — Voyages d'explorations.
- Deuxième excursion scientifique de La Nature (Henri de
- Parville)........................................ 2
- Les Antilles françaises (Francis Mbry)..............
- Les Pyrénées souterraines (Armand Viré).............
- Une nouvelle mesure de l’arc du Pérou (X.)..........
- Une ville souterraine en Transcaucasie (D. B.)......
- L’aménagement du gouffre de Padirac (Ë.-A. Martel) .
- Un canal maritime au Canada..................... . . .
- Chemin de fer du Mont-Blanc (J. Corcelle)...........
- Les rochers de Weckelsdorf (Bohême) (E.-A. Martel). .
- Le plateau des Bolovens.............................
- /
- Les nouvelles colonies allemandes en Océanie (Gabriel
- Marcel).................................................278
- Les rochers d’Adersbach (Bohême) (E.-A. Martel).. . 280
- Sur la route du pôle Su l (Jacques Léotard)...........298
- Les Dolomites du Tvrol méridional (E. Yielliard). . . 540
- Géodésie et topographie de Vile de Madagascar . . 111
- Iles des Cyclopes..................................... 100
- Voyages d’épaves........................................239
- L’excursion de « la Nature »....................254
- Les lacs français les plus profonds.................... 287
- Anthropologie. — Ethnographie. Sciences préhistoriques.
- Découvertes archéologiques à Carthage (II. Lauriston). 87, 140
- Les Zapotecs (Mu de Nadaillac)........................177
- Les Boers et les mines d’or du Wihvatersrand (F. Mury). 195
- I es Boers (G. M.)....................................563
- Les Lohans (donnés au musée du Louvre par Mgr Fa-
- vier (Albert Tissan#er).............................569
- Une ville souterraine en Transcaucasie (.1. Ledant). . . 411
- Musée Guimet. Collections de Baye...................... 14
- La première période de l’art du dessin................. 31
- Le lit chez les différents peuples.....................126
- Céramique............................................. 191
- Les figurines égyptiennes..............................271
- Un représentant d’un animal disparu....................287
- Art militaire. — Marine. — Guerre.
- Les armes empoisonnées et leur valeur relative (Henri
- Chastrey)............................................ 58
- Le croiseur cuirassé la « Jeanne d’Arc » ( E. AVew.) . . 77 Les pistolets automatiques (Chef d’escadron L...' . . . 81
- Le sauvetage d’une moitié de bateau (D. B.)........... 90
- Le cuirassé français « Le Sufîren ». Le cuirassé anglais
- « La Vengeance » (\V.).............................149
- Le record de la vitesse transatlantique (Norddcutscher
- Llyod) (D. B.).......................................150
- La nouvelle artillerie navale anglaise (Commandant L. .). 175
- Nouvel appareil de sondage (I). Lebois)...............237
- Le nouveau pont transbordeur de Rouen (A. da Ccniia) . . 284
- Bateaux-pilotes à vapeur (Daniel Bellet).............. 289
- Le nouveau canon à tir rapide de campagne de Bauge
- et Piffard (Commandant L...).........................505
- La royauté des mers (L. Reverchon)....................306
- Arsenal chinois (P. de M.)..............................314
- Un bateau à propulsion automatique (Daniel Bellkt) . . 315
- L’aménagement des paquebots modernes (Daniel Bellet) . 541
- La mitrailleuse automatique Hotchkiss (Commandant L ..) 349
- Un bateau à propulsion automatique......................350
- Voyage de Londres à la colonie du Cap du premier grand
- bateau à vapeur (octobre 1825) (T. Übalski)........594
- Une fabrique de canons anglaise (Les établissements
- Vickers). (P. de Mériel).............................401
- Le voyage de la Belgica (T. Obalski)..................407
- Un dock monstre. ....................................... 94
- Croiseur japonais à grande vitesse.............. . 126
- Le musée naval de Cronstadt...........................175
- Le « Henri IV ».........................................222
- Appareil pour révéler les voies d'eau.................223
- Lancement du croiseur.« Infernet »......................254
- Essais d’un croiseur allemand...........................255
- Un nouveau fusil de guerre en Allemagne...............287
- Le recrutement delà marine royale en Angleterre. . 503
- Nouveau type de remorqueur pour notre marine. . 503
- Nouvelle poudre sans fumée. ............................334
- Nouveau cuirassé américain..............................534
- Le cuirassé russe « Borodino »..........................351
- Nouveau mode de lancement des docks flottants. . . 367
- Aéronautique.
- La course aux ballons des fêles de Paris (A. Tissandier). 79 Les premiers ballons et Xavier de Maistre (J. Corcelle). 193
- 242
- 251
- 275
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- 300
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- 158
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- 319
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- TABLE DES MATIÈRES.
- 427
- Ephéméridcs aéronautiques. Mort du comte Zambeccari
- ‘21 septembre 1812 (Albert Tissandier).....................272
- Les grandes ascensions.....................................383
- Voyage aérien..............................................303
- Notices nécrologiques. — Histoire «le la science.
- Le centenaire de ltacine (Gabriel Marcel)...................33
- Balbiani (J.-F. G).........................................158
- Robert G. Bunsen (D. L.)................................. 206
- Gaston Tissandier (Henri de Parville)......................225
- Gaston Tissandier (Albert Tissandier)......................248
- M. Aristide Cavaillé-Coll..................................335
- Le monument de Félix Tisserand (Henri de Parville). . 557
- Le jubilé du professeur Stokes............................. 47
- Brinton....................................................366
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Académie des Sciences. (Séances hebdomadaires de F)
- (Ch. de Yilledeuil), 15, 50, 47, 63, 79, 95, 111,
- 127, 143, 158, 175, 191, 207, 223, 239, 256, 271,
- 287, 303, 319, 354, 351, 367, 383, 399, 415.
- Le centenaire de l’Institution royale (A. Cornu). ... 54
- L’Exposition de Côme. La statue de Volta (J.-F. Gall) . . . 145
- Les travaux de l’Exposition de 1900 (A. daCunha). . . 218
- L’Association française pour l’avancement des sciences à
- Boulogne (Dr A. Cartaz)..............................337
- Exposition de 1900. Le palais du Génie civil et les
- moyens de transport (A. da Cuniia]...................370
- Vues d’ensemble sur l’Exposition de 1900 (A. da Cdniia). 590 Congres international de géographie.......................318
- Agriculture. — Acclimatation. — Pisciculture.
- L’École d’agriculture coloniale de Tunis (P. Dechambre). 3
- Les engrais et les amendements en agriculture (A. Vil-
- coq)...................................................129
- Le puits artésien de Cheminières (11. de Parville). . . 174
- Les arrosages tardifs de la vigne (H. de Parville). . . 186
- Nouvelle méthode de vinification (H. de Parville). . 198
- Le piétin des blés (Albert Vilcoq)........................202
- Combustion spontanée des foins (Albert Larbalétrier). 239
- Cultures dérobées d’automne (P.-P. Deiiérain).............246
- Cultures dérobées d’automne. Leur efficacité comme engrais vert (P.-P. Dehérain)..............................266
- I/induslrie des raisins secs en Californie (D. B.). . . . 314
- Efficacité des enfouissements de cultures vertes d’automne....................................................127
- Le blackrot et les orages.................................256
- Le fumier et les mouches de maison........................270
- Vignobles californiens....................................286
- Récréations scientifiques.
- La décapitation nouveau truc (Le prestidigitateur Alber) . 15
- Au pôle Nord, à Paris. Les phoques jongleurs (P. Mé-
- gnin).........................‘...................... 31
- Un chien calculateur (Paul Mégnin)........................ 63
- Les excentricités de la nature : « le prince Colibri »
- (Carolus Karl).........................................288
- La science au théâtre. (Combat naval en miniature)
- (G. Mareschal).........................................363
- Un bateau-malle (L. L.)...................................384
- Suggestion et prestidigitation (Henri Coupin).............402
- Variétés. — Statistiques. — Généralités.
- Les égouts de Paris aux xvn° et xvm' siècles (Georges
- Leugny).............................................. 2
- Paris-Bordeaux et Bordeaux-Paris (J.-F. G.)............ 15
- Mort étrange d’un pêcheur.............................. 30
- La foire d’Arkhangelsk (B. B.)......................... 42
- Une bougie rongée par des souris....................... 91
- Écoles pour la fabrication des chapeaux de paille. . . 93
- Une industrie artislique espagnole. Le fer incrusté
- (B. Robert).........................................131
- Le personnel des universités américaines (M. Lewal). 134
- L’enseignement par les fleurs artificielles............155
- La mortalité chez les peuples européens (Commandant Z).............................................166
- La mise en roue des numéros des obligations du Crédit
- Foncier (J.-F. Gall)................................187
- Les chiffres anbes et leur origine (P. Yoizot).......222
- Nouvelle pierre céramique (D. Lelong)..................234
- La mimique enseignée par l’hypnotisme (Albert de Rochas) ..............................................252
- La musique et le geste (A. de Rochas)................267
- Les exploitations de borate de chaux au Pérou (D. Leroy) . 270
- Laine d’alpaca (P. de M.)..............................275
- Les rêves (Henri de Parville)..........................282
- L’exportation dé la montre suisse (L. Revercuon) . . . 283
- Tuyau de plomb rongé par les rats (M. R.)............299
- Dépouillement et recensement des votes (Commandant Z.).... ......................................550
- Réclame originale (1). L.).............................336
- Légion d’honneur : M. G. Masson (H. de P.)...........351
- Poussières dans l’air des grandes villes...............363
- Horloges mystérieuses (Mathieu Planchon).............585
- L’Athènes de la Chine................................599
- Un rocher à figure humaine.............................400
- L’industrie au Japon (Jacques Boyer,................. 407
- La combustibilité des planchers et des plafonds. ... 416
- Une application imprévue du ciment armé................ 50
- Chasses de Bohême.................................... 62
- Un commissionnaire à longue distance................... 62
- La lutte contre les réclames en Angleterre............. 62
- La chambre de compensation à New-York ..... 63
- Grève des facteurs chinois.............................126
- Clôtures des voies de chemin de fer...................,143
- L'effet de la suggestion mentale.......................175
- Un train d’œufs........................................175
- La poste d’Europe en Sibérie.................. . . . 206
- Une Université millionnaire............................206
- Un réseau de drainage gigantesque......................207
- Feux de bengale gigantesques...........................207
- La j)opulation de l’empire britannique.................207
- Une industrie minutieuse...............................238
- Le poids du papier dans la vente des objets d’alimentation. . . :.......................................255
- La consommation du thé aux Etats-Unis..................255
- La ventilation d’un tunnel américain...................255
- L’industrie en Chine.................................. °86
- Garniture protectrice pour éviter la contagion par
- les verres.........................................286
- La plus petite rue du monde............................287
- Les maisons coloniales en tôle ondulée.................302
- Une concurrence victorieuse à la poste.................302
- Un service postal par pigeons..........................318
- Évaluation des milles anglais en kilomètres. . . . 334
- Le sort d'Andrée.......................................551
- Importation européenne au Japon........................367
- L’écroulement d'un bâtiment monstre....................598
- FIN DES TABLES
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- ERRATA
- Page 84, Lég. de la lig. 1. Au lieu de : Voiturette de Dion Il faut : Voiturette Renault.
- Légende de la lig. 2. Au lieu de : Voiturette Renault
- Il faut : Voituretle de Dion.
- Page 119, col. 2, ligne 52. Au lieu de : Centimètres Il faut : Millimètres.
- Page 191, col. 2, ligne 56. Au lieu de : Ammomoniums Il faut : Ammoniums.
- Page 259, col. 2, ligne 19. Au lieu de : 420 kilogrammes
- Il faut : 4200 kilogrammes.
- Page 302, col. 2, ligne 58. Au lieu de : 40 kilogrammes.
- Il faut : 400 kilogrammes.
- Page 357, col. 1, ligne 49. Au lieu de : M. l’architecte
- Vionnais
- Il faut : M. l’architecte
- Vionnois.
- Page 372, légendes des fîg. 4 et 5.
- Au lieu de : Groupes de M. Allar. Il faut : Groupes de M. Hannaux.
- Paris. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleuras, 9.
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-
-
-
- INFORMATIONS
- —®— Le Congrès pour l’étude des mesures à prendre contre la tuberculose endémique a été ouvert à Berlin le 24 mai, au Palais du Parlement. L’Impératrice, protectrice de l’Œuvre, le comte Posadovskv, secrétaire d’Etat, représentant le chancelier de l’Em-
- Ïire, et un grand nombre de notabilités, assistaient à la cérémonie.
- e comte Posadovsky a prononcé le discours d’ouverture. La délégation française est ainsi composée : MM. Brouardel, délégué du ministère de l’Intérieur; Nocard, délégué des ministères de l’Intérieur et de l’Instruction publique; Dr Lannelongue ; Martin, Baradat, de Cannes; Thoinot, Netter, Mosny, Cousin, de Lille; Metschnikoff, de l'Institut Pasteur; Critzman, Courmont, de Lyon; Spillmann, Haushalter, de Nancy ; Dupuy, et le président du Conseil municipal. Le Dr Brouardel, représentant de la France, au milieu de vifs ap-
- Ïdaudissements, a remercié tout particulièrement l’Impératrice de a protection qu’elle accorde au mouvement en faveur des tuberculeux. Il a fait ressortir en peu de mots le danger que fait également courir à la France cette maladie dont les germes, grâce aux moyens dont dispose la locomotion moderne, sont portés dans les régions les plus lointaines. Le Dr Brouardel a déclaré que 150000 personnes succombaient, annuellement, à cette maladie en France. La France, ajoute l’orateur, n’a pas hésité à répondre à l’appel qui lui a été fait : « Nos regards, a conclu le Dr Brouardel, sont dirigés, dans cette tâche que nous nous sommes imposée, vers les malheureux au bien desquels nous travaillons. » Le nombre des membres du Congrès est de 2000 dont 200 délégués des gouvernements allemands et étrangers.
- —®— L’exposition de la Société nationale d’Horticulture aux Tuileries, ouverte le 24, a duré jusqu’au 29 mai. Son succès a été considérable. C’était une féerie que la tente centrale. La tente des roses attirait aussi la foule. Nous ne citons aucune fleur ; il faudrait tout mentionner. Les fruits ont eu leurs amateurs : raisins, fraises, cerisiers sur pied, pêchés, brugnons, etc. Une salle des Beaux-Arts, consacrée à la peinture des fleurs, fruits, etc., avait été adjointe à l’exposition. Mais quelle audace! des tableaux à côté des fleurs! On passait, car on avait hâte de retourner admirer ces parterres éblouissants aux couleurs inimitables. Elle est vraiment bien belle cette exposition printanière de la Société nationale d’horticulture.
- —®— Les Saints de glace que l’on attendait comme d’habitude les 11, 12 et 15 mai ont fait défaut en 1899 ou du moins ont retardé leur arrivée. La température est restée à peu près la même du 9 au 16. C’est seulement à partir du 25, après la bourrasque du 24 à Paris que le thermomètre s’est subitement abaissé. Le 26, le 27 et le 28, il a fait presque froid. Le 27, il y a eu gelée blanche aux environs de (Paris ; la température est descendue en certains endroits à 2° et même à 1°; elle est remontée à partir du 29. Il arrive souvent qu’un refroidissement subit se manifeste dans les derniers jours du mois. Les Saints de glace étaient en retard. Ils sont venus du 26 au 29 mai cette année.
- —®— M. Ricour, doyen des Inspecteurs généraux des ponts et chaussées, vient d’être nommé directeur de l’École des Ponts et Chaussées en remplacement de M. Guy admis à la retraite.
- —-®— La peste est à Alexandrie. C’est la quatrième étape de l’épidémie, partie de Hong-Kong, il y a quatre ans, Hong-Kong, Bombay, Madagascar, l’Égypte. Lentement, la maladie se rapproche de l’Europe. Mais les « Échelles du Levant » ne sont plus aujourd’hui qu’à sept jours de Marseille. Caveant consules !
- —®— On est toujours à la recherche d’Andrée; une nouvelle •expédition vient de partir de Stockholm le 20 mai. En présence du professeur Nordenskiold et d’un grand nombre d’autres notabilités
- de la science, le bateau à vapeur XAntarctic est parti emportant l’expédition que dirige le professeur Nathorst. L'Antarctic prendra la direction de la côte nord-est du Groenland. Lorsque le professeur Nathorst atteindra le Groenland, son expédition qui se compose de vingt-huit personnes s’arrêtera entre le 73® et le 76® degré de latitude. Si dans cette région ils rencontrent des monticules de pierres, sous lesquelles les explorateurs ont l’habitude de déposer leurs lettres, ils espèrent y trouver des nouvelles du hardi aéro-naute. Si cet espoir est déçu, les explorateurs se dirigeront dans des traîneaux et des bateaux vers le cap Bismarck.
- —®— L’ordonnance de police du 25 juin 1898, concernant les fumées à Paris est rigoureusement mise à exécution, aussi semble-t-il que le ciel parisien, depuis quelques semaines, soit moins empanaché de suie noire et d’escarbilles flottantes. Dans le courant des mois de juillet et août, 1600 établissements environ avaient été mis en demeure de se conformer à l’ordonnance dans le délai de six mois. Pendant le premier trimestre 1899, 500 visites ont été effectuées afin de s’assurer des effets de cette sommation r la bonne volonté des industriels a été en général manifeste; la plupart se sont exécutés à la première sommation. Des sursis ont été d’ailleurs accordés, car les transformations des foyers sont parfois longues. Peu de procès-verbaux ont été dressés; mais, pour beaucoup d’établissements, après un rappel, un dernier délai a été prescrit et ce délai expire dans le courant de ce trimestre.
- —(§)— Le produit du monopole des tabacs, en 1898, atteint le plus fort chiffre relevé jusqu’ici ; il a été de 405 098 813 francs. Le taux moyen de la consommation par habitant s’est élevé sensiblement : il atteint 989 grammes, correspondant à une dépense de 10fr,52. Le taux moyen par habitant était de 933 grammes en 1895, 934 en 1894, 945 en 1895, 965 en 1896, 969 en 1897 et 989 en 1898. On voit que la progression a été continue. D’après les constatations du fisc, ce sont les espèces communes de tabac qui ont fourni la plus forte augmentation ; mais la vente des tabacs ae luxe est aussi en progrès. Les tabacs de luxe ne représentent qu’un produit de 10 millions sur l’ensemble des résultats du monopole. En ce qui concerne les tabacs communs, on constate qu’il a été vendu pour 51 millions de cigares, 35 millions de cigarettes, 203 millions de tabac à fumer, 55 millions de tabac à priser et 6 millions de carottes ou tabac à mâcher. Le surplus des ventes provient des tabacs de zone, des tabacs fournis aux troupes et aux hospices et de l’exportation. Il existe en France 45 928 débits, dont 50 582 débits simples et 15 245 débits annexés à des recettes buralistes. En outre, il y a 203 entrepôts. C’est naturellement le département de la Seine qui a le plus grand nombre de débits : il en compte 1396; viennent ensuite le Nord, avec 1345 débits; la Seine-Inférieure, 1253; le Pas-de-Calais, 1183: la Gironde, 712; le Rhône, 513, etc.
- —®— Il paraît que les Chinois nous expédient des milliers d’œufs de canards qui sont utilisés par la tannerie. Ces œufs nous arrivent en tonneaux tout prêts pour l’usage auquel on les destine. Comment ce mélange d’œufs battus, matière essentiellement putrescible, se conserve-t-il pendant la traversée? Ce qui est certain, c’est que les œufs ne s’altèrent pas. Car laissés à l’air libre dans une éprouvette ils ne montrent encore au bout de 15 jours aucune tendance à la putréfaction. Mais voici que des industriels peu scrupuleux se sont avisés de détourner ces œufs de leur usage primitif et de les employer à la confection des gâteaux et des biscuits. Dès lors l’hygiène est intéressée à se préoccuper de savoir ce que les Chinois peuvent ajouter aux œufs pour les rendre imputrescibles.
- —®— M. Capitan, professeur d’anthropologie préhistorique à l’Ecole d’anthropologie, fera, le dimanche 4 juin, à 10 h. du matin, une visite au musée d’ethnographie du Trocadéro. Le conservateur, M. le professeur Hamy, fera aux visiteurs, ainsi qu’aux auditeurs de son cours du Muséum, une conférence dans les salles du Musée.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. J. de Rey-Pailhade, à Toulouse, nous adresse une brochure contenant le rapport sommaire sur l’Exposition des appareils de mesure du temps et des angles gradués suivant le système décimal au Congrès des Sociétés savantes tenu à Toulouse du 4 au 8 avril 1899.
- M. Liyer-Belair, à La Gouchère par Romorantin, nous envoie des renseignements intéressants sur une maladie du haricot : « Ayant fait une observation curieuse sur une maladie du haricot vert, j’ai pensé que s’il y a là quelque chose d’intéressant, je ne pouvais mieux faire que de m’adresser à vous. Mon jardinier ayant planté des haricots verts sous couches, ces plantes en peu de temps devinrent superbes et se couvrirent de fleurs. Tout me faisait présager une abondante récolte. Quel ne fut pas mon étonnement en voyant les fleurs tomber en ne donnant aucun fruit, ou bien un fruit rachitique. Ce fruit ne tardait pas à tomber aussi. Depuis deux mois, le même phénomène se produit, sans que l’on puisse rien récolter. Je me décidai à arracher plusieurs pieds. Voilà ce que j’ai remarqué. 1° Les pieds ont encore des radicelles, ou n’en ont à peu près plus. Ces dernières sèchent. — 2° Les pieds ayant des radicelles ont collé après elles de petites pustules; plus on se rapproche du tronc, plus il y a de pustules. — 3° La moelle est perforée tout le long du tronc. — 4° L’extrémité inférieure de la radine est rongée. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir me dire ce qu’il en est. »
- M. A. X., à Cherbourg, au sujet des coussinets en gaïae que nous avons décrits dans le n° 1356, du 20 mai 1899, p. 394, nous adresse la lettre suivante : « Je me permets de vous signaler une application des coussinets en gaïae, et dont l’antériorité sur le coussinet Bigot me paraît probable. Dans les navires de guerre à deux ou trois hélices, les arbres de couche latéraux sortent de la coque sur une longueur qui peut atteindre 30 ou 40 mètres. Ces arbres tournent dans des ouvertures circulaires tenant lieu de coussinets et terminant des écharpes placées de distance en distance, sur les œuvres vives. L’éloignement du coussinet hors la coque ne permet pas de graisser. Des frottements pourraient donc se produire qui seraient très préjudiciables à la vitesse de rotation des hélices. On a paré à cet inconvénient en doublant les coussinets de bois de gaïae. Pastilles, bandes transversales ou longitudinales, je l’ignore ; mais le dispositif existe sur plusieurs navires et je ne serais pas étonné qu’il fût général. »
- M. Félix Sahut, à Montpellier, nous fait parvenir une brochure qui a pour titre : Un épisode rétrospectif à propos de la découverte du phylloxéra.
- M. Philippe Pascal, fondateur de l’Institut Opothérapique, à Marseille, nous adresse un mémoire qu’il a présenté à l’Académie de médecine sur l'Ozone, sa nature, les procédés de sa production, ses propriétés, ses applications.
- M. Déc/outin, ingénieur à Gondrecourt-Aix (Meurthe-et-Moselle), à propos de la Note de M. Cotte, à Crest, parue dans les communications du n° 1354, du 6 mai 1899, nous écrit :
- « On peut citer divers faits analogues, et qui résultent d’un genre de phénomènes encore mal connus. Ainsi, étant jeune, j’avais fait une sorte de fusil à gaz comprimé dont le canon était un tube de verre ordinaire. Or, tous les trois ou quatre jours, j’étais obligé de remplacer ce tube qui, ayant subi des pressions subites de 4 atmosphères, y résistait bien sur le moment, mais se brisait ensuite tout seul et dans le sens de la longueur, pendant la période de repos, sans être pourtant serré dans ses attaches. Une autre fois, un entonnoir en verre que j'employai depuis longtemps, et dont le verre était traversé de stries dues à une confection trop à froid probablement, se brisa dans ma main, et peu de temps après à deux reprises, de nouveaux segments s’en détachèrent seuls, toujours suivant les stries, sur la planche où il reposait, à l’abri de tout choc. Enfin, chose plus curieuse encore : plus récemment, j’avais voulu construire une petite pompe à liquides dont le cylindre
- était un tube de niveau de chaudière ancien, n’ayant jamais servi, d’un diamètre intérieur de 9m®,5, à parois épaisses de 3—,1, capable de résister naturellement à 7 ou 8 atmosphères au moins. Fermé par un simple tube de caoutchouc peu serré, il contenait comme piston un autre tube de verre d’un diamètre extérieur de 9mm, l ; il y avait donc un jeu assez fort, je m’en servis une seule fois quelques minutes avec des colonnes d’eau de 0m,60 de hauteur, mais en la manœuvrant à coups rapides. Trois jours après, je trouvai le tube épais brisé dans la boîte où je l’avais mis, et tous les jours, pendant quatre ou cinq jours, même délivré de son piston, il perdit un ou deux morceaux par rupture spontanée, les cassures suivant en grande partife les génératrices. Cela n’expliquerait-il pas bien des ruptures de tubes de niveau, sinon toutes? Dans les usines, on cite, et j’en ai vu un cas, des engrenages ayant résisté à un travail de plusieurs années et à de forts à-coups, qui se brisent subitement sous un effort très faible lors d’une remise en marche après un arrêt prolongé. Ces faits sont dus à des modifications de l’état moléculaire sous l’action des vibrations,
- . phénomènes encore mal étudiés et qui sont peut-être causés d’accidents inexpliqués. »
- Renseignements. — M. C. Bayle, à Montélimar. — Nous avons indiqué une encre incolore formée d’acétate de plomb; les traces sur le papier apparaissent à des émanations d’acide sulfhydrique ou d’nydrogène sulfuré. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- M. A. Verissimo, à Lisbonne. — Turbines hydrauliques : MM. Laurent et Collot, à Dijon; M. Singrünn, à Epinal; MM. Sloan et C!e, 3, rue du Louvre, à Paris.
- M. I. Gély, à Montpellier. — Ustensiles en nickel : Compagnie française du nickel, 64, rue de Turenne; Société Le nickel, 23, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris.
- M. le lieutenant M. G., à Rochefort. — Il sera préférable de prendre un moteur à pétrole. Vous pouvez vous adresser à MM. Brouhot et Cie, à Vierzon (Cher), à M. II. Brûlé, 31, rue Boinod, à M. Cadiot, 12, rue Saint-Georges ou à M. Grob, 56, rue Lafayette, à Paris.
- M. E. Colombo, à Milan. — Il existe un ouvrage Distilla-teur-liquoriste, dans la collection des Manuels Roret,» à la librairie Mulo, à Paris.
- M. Laurent, à Vanault-les-Dames. — La Locomotion automobile a son siège, 4, rue Chauveau-Lagarde, à Paris.
- L'abonné 6049-3139, à Paris. — Nous avons parlé précédemment de toutes ces machines; nous reviendrons peut-être sur la question. En tout cas, vous pourriez consulter la Revue générale des chemins de fer, à la librairie Dunod.
- M. P. Teisserenc, à Beaune. — Nous n’avons aucun détail sur cette fabrication, et nous ne savons pas si elle existe réellement.
- M. Firmina Huet, à Aveiro. — Nous n’avons pas à ce sujet d'autres renseignements que ceux qui ont été publiés.
- M. A. Germain, à Paris. — Non, dans le jus sucré, il n’y a pas de glucose.
- M. le Dr J. L., à Bruxelles. — Nous avons décrit le tramway électrique Claret-Yuilleumier, installé à Paris, avenue de la République, dans le n° 1206, du 11 juillet 1896, p. 81.
- M. E. Puiyot, à Morlaix. — Aucun article n’a été publié sur cette question.
- M. Durget, à Bône. — Aucun résultat n’a été publié depuis cette époque ; dès qué nous aurons quelques renseignements, nous les ferons connaître.
- M. E. Caballero, à Pontevedra. — Vous trouverez divers ouvrages de ce genre à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. A. R., à Avignon. — Nous pouvons vous donner les adresses suivantes de docteurs spécialistes : M. le Dr Thibierge,
- 7, rue de Surêne; M. le Dr Brocq, 65, rue d’Anjou Saint-Honoré; M. le Dr Jacquet, 58, rue de Monceau, à Paris.
- M. Waladier, à Paris. — Nous ne pouvons entrer ici dans les détails que soulève cette question; mais adressez-vous au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers — M. P. Glaszmann, à Arches. Nous n’avons aucune adresse spéciale à vous faire connaître. — M. L. Lejnos, à Andorre. Nous ne pouvons vous fournir de renseignements sur ces questions. — M. P. Dupont, à Paris. Adressez-vous à une agence de brevets. — M. J. Pascaly, à Metz; M. J- M., à Paris. Voyez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cle. — M. R. de Dompsure, à Dôle. Nous avons donné un procédé de trempe de l’aluminium dans le même petit livre que ci-dessus, 4e série, à la même librairie.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants gui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INVENTIONS1
- Batteur pour tapis et habits. — À la tapette en rotin, que nous connaissons jusqu’ici, les Américains ont substitué un nouveau batteur particulier. Ce batteur se compose d’un long ressort à boudin en acier nickelé, les deux extrémités sont
- Nouveau batteur de tapis.
- fixées sur une fourche métallique rivée sur un manche. Cet appareil présente des avantages incontestables sur l’ancienne tapette : il est bien en main et exige un effort bien moindre pour donner un résultat supérieur. De plus ce batteur est presque inusable, étant donné sa construction simple et pratique et la qualité du matériel employé. — Le batteurse trouve chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Lampe à pétrole. -— MM. Renaut viennent de mettre dans le commerce une nouvelle lampe à pétrole, que l’on peut facilement déplacer à volonté et meme emporter en voyage. Cette lampe se compose, comme le montre la figure ci-jointe,
- Nouvelle lampe à pétrole portative
- de deux parties, une partie inférieure A qui constitue le corps de la lampe proprement dit et une partie supérieure B, qui permet de boucher hermétiquement. Le système intérieur est formé d’un porte-mèche D, qui comprend en 1 le support du bec, en 2 le protège-mèche et qui se termine par un tube cylindrique C renfermant la mèche. Pour mettre la lampe en marche, on commence par mettre à découvert la lampe contenue dans le corps A en dévissant et enlevant le couvercle B
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- qu’on retourne. On dévisse le tube protège-mèche 2 et on l’enlève. On remplit de pétrole le corps de la lampe A en ayant soin de ne pas trop remplir la lampe, afin de laisser la place nécessaire pour remettre le protège-mèche. On dévisse ensuite le bec 1 du protège-mèche 2 et on le visse sur le corps de la lampe A. On se sert de la lampe comme de toute autre avec verre et abat-jour. Lorsqu’on doit remettre la lampe en place ou dans la malle, on enlève le verre et l’abat-jour, on dévisse le bec 1 et on l’enlève du corps de la lampe A. On le visse suc le protège-mèche 2 et on revisse ce dernier sur le corps A. Il reste alors à visser le couvercle B sur le corps A. La lampe se trouve donc en sûreté et hermétiquement close. Au fond du couvercle B, est un rond de feutre qui absorbe le peu de pétrole contenu dans le bec. Lorsque le feutre se trouve trop imbibé de pétrole, il suffit de le mettre entre deux feuilles de papier journal ou buvard qui enlèvent entièrement le pétrole contenu dans ce feutre. Au milieu de la figure, on voit la lampe complètement montée; en F est représenté le bidon de pétrole et en E l’abat-jour. — La nouvelle lampe à pétrole portative se trouve au Comptoir de spécialités brevetées, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- Nouveau développement : l’hydramine.
- L’hydramine est une substance dérivée de l’hydroquinone et de la * pàraphyline, que MM. Lumière et Seyewetz ont étudiée dernièrement et à laquelle ils ont reconnu des propriétés très-avantageuses pour le développement des clichés photographiques. Son action énergique à dose faible permet de remployer qu’une petite quantité de substance pour constituer le développateue concentré qui se conserve bien en flacons bouchés; mais que pour le voyage, il sera préférable d’emporter en poudre.
- L’alcalin recommandé est la lithine caustique, c’est le seul qui donne des résultats satisfaisants. Le bain peut servir à un grand nombre de clichés, il ne tache pas les doigts; il supporté très bien le bromure de potassium comme retardateur pour les clichés posés ou surexposés. En ajoutant le bromure par quantités successives depuis 1 cc. jusqu a 10 cc. d’une solution à 10 pour 100, on peut facilement tâter le cliché dont on ignore le temps d’exposition ; quant à la sous-exposition on peut aussi la corriger dans une certaine mesure en ajoutant peu à peu une solution de lithine à 1 pour 100.
- La formule est la suivante pour un bain normal :
- Eau ........................... 300 gr.
- Hydramine........................ 2 gr. 50
- Sulfite de soude anhydre ... 7 gr. 50
- Lithine caustique................ 1 gr. 50
- On dissout d’abord le sulfite et la lithine dans l’eau, puis on ajoute l’hydramine et on agite jusqu’à dissolution complète. L’eau distillée n’est pas nécessaire.
- Virage pour gélatino-chlorure.
- L’avantage de ce bain est de se préparer facilement au moment de l’emploi.
- Eau............................ 250 gr.
- Chlorure d’or...............: 0 gr. 50
- Bicarbonate de soude........... 8 gr.
- Le ton obtenu est d’un noir bleuâtre. Le virage est rapide et uniforme. Il faut laver les épreuves au sortir du' châssis-presse avant de les plonger dans le bain de virage où elles n’ont pas besoin de rester plus d’une ou deux minutes pour atteindre le ton voulu. On lave et on fixe dans un bain d’hvpo-sulfite à 10 pour 100.
- Colle inaltérable pour épreuves.
- On prend 500 grammes d’eau et dans une partie de cette eau on fait gonfler 5 grammes de gélatine molle, puis dans une casserole on fait une pâte avec 50 grammes d’arrow-root. On mélange ensuite avec ce qui reste d’eau la pâte et la gélatine et on fait cuire jusqu’à ébullition en remuant constamment. On laisse ensuite refroidir dans une cuvette et on ajoute une solution de 1 gramme d’acide phénique dans 50 grammes d’alcool. Ou si l’odeur de l’acide phénique est désagréable, on ajoute 50 centimètres cubes d’une solution de bichlorure de mercure à 1 pour 1000. On met ensuite dans un pot et la colle se conserve sans altération.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Physique et chimie viticoles, par A. de Saporta, avec préface de M. P. P. Dehérain, de l’Institut. 1 vol. in-8°. Paris, G. Carré et C. Naud, éditeurs. 1899.
- Manuel de l’ouvrier monteur électricien, par J. Laffarguf,, ingénieur électricien. 1 vol. petit in-8°, 4' édition, Paris, Bernard Tignol, éditeur. 1899. Prix : 9 francs.
- Connaissances pratiques pour conduire les automobiles à pétrole et électriques, par Félicien Miciiotte, ingénieur. Cours professé à l’Association polytechnique. 1 vol. in-16. Office technique, 21, rue Condorcet. Paris. Prix : 5fr,5().
- Lait, corps gras. — Conserves alimentaires, 2 vol. in-16 de la Petite Encyclopédie pratique de chimie industrielle, publiée soüs 'la direction de F. Billox, ingénieur chimiste. Paris. E. Bernard et Cie, 29, quai des Grands-Augustins. 1899. Prix : l,r,50 chacun.
- Les petits travaux du photographe. I. Appareils, par Albert Reyner. 1 vol. in-16. Paris. II. Desforges, éditeur. 1899. Prix : 2 francs.
- La photographie des commençants, par MM. Clerc et Niewen-glowski. 1 vol. in-16. 2e édition. Paris. II. Desforges, éditeur. 1899. Prix : 0fr,50.
- Almanach agricole et viticole spécial à la région du Centre et de l’Ouest, par A. Joüon. 1899. Tours. Poix : 0fr,50.
- Les guerres et la paix, par Charles Richet. 1 vol. petit in-18 de la Petite encyclopédie populaire illustrée. Paris, Schlei-cher frères, éditeurs. 1899. Prix : 1 franc.
- Résumé des observations météorologiques faites à l’Observatoire royal de Belgique, à Uccle, pendant l'année 1898, 1 brochure in-16. Bruxelles. Ilayez, imprimeur. 1899.
- Réformes navales, par le commandant Z. et II. Montéchaxt. 1 vol. in-12. Berger-Levrault et Cie, éditeurs. Paris. 1899. Prix : 5 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES Ut) MATIN thermomètre VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 mai .... 14%'.) W. S. W. 2. Couvert. 4,2 Presque couvert ; pluie de 1 h. 1/2 à 2 h. 1/2; halo.
- Mardi 23 14”,9 W. 1. Nuageux 0,0 Nuageux; halo.
- Mercredi 24 14”,3 S. S. W. 1. Nuageux. 0,0 Éclaircies le malin; couvert le soir; averses à partir de 15 h. ; pluie à partir de 20 h. 20. Couvert; pluie jusqu'à 9 h. ; ensuite quelques averses.
- Jeudi 25 9° ,2 W. S. W. 3. Couvert. 12,4
- Vendredi 26 8”,8 N. W. 2. Quelques nuages. 2,3 Nuageux à 1 h. et de 9 à 17 h. ; beau le reste du temps ; gelée blanche.
- Samedi 27 8”,2 N. 2. Quelques nuages. 0,0 Nuageux; gelée blanche.
- Dimanche 28 ... . 8“,0 N. 4. Quelques éclaircies. 0,0 Très nuageux jusqu’à 22 h. ; beau ensuite; halo.
- MAI 1899 — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 MAI.
- La courbe isupéreure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri & boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages et tempêtes. — Plusieurs orages et tempêtes ont eu lieu pendant la semaine du 20 au 27 mai.
- t ' Un violent orage a éclaté à Agen dans la nuit du 22 au 23 mai, vers 4 heures du matin. La pluie est tombée en abondance; il y a eu du tonnerre et des éclairs. La foudre est tombée à plusieurs reprises, notamment sur la métairie de l’hospice, à côté du stand de la garnison. Un jardinier de l’hospice a eu les deux jambes endommagées, un domestique qui a été atteint également parla foudre a eu un bras paralysé.
- Le 23 mai, un orage s’est abattu sur le département des Pyrénées-Orientales. A Baixas, près de Perpignan, une femme s’était réfugiée au plus fort de l’orage sous un arbre, avec un voisin âgé de 27 ans. La foudre tomba sur l’arbre ; la femme a été tuée net, l’homme a été paralysé et son état est très grave.
- A Collioure, on a trouvé dans le port le cadavre d’un individu encore inconnu, tué également par la foudre.
- Dans une partie du canton de Saillagouse, arrondissement de Prades, un ouragan de grêle a ravagé la récolte du seigle.
- Le même jour, des pluies et des orages ont été signalés dans le nord, le centre et l’ouest du continent; en France, on a recueilli 10 mm d’eau an cap Béarn, 13 à Lyon, 4 à Belfort, 3 à Brest ; îles orages ont éclaté à Lyon et au mont Aigoual.
- Le 24 et le 25 mai, les pluies sont tombées encore en quantité. Le 24 mai, des pluies sont tombées dans l’ouest et le centre de l’Europe ; elles ont été très abondantes dans nos régions; on a recueilli 24 mm d'eau au Havre, 16 à Nantes, 13 à Paris, 8 à Nice. Le 26 mai le vent a soufflé en tempête à Nantes, La Rochelle, etc.
- Ces divers orages et tempêtes, ainsi que les pluies continuelles, ont eu pour elfet d’abaisser la température, notamment à Paris. Le 22 mai, la température moyenne était de 16°; le 24 mai, elle n’atteignait que 13°,2, et était inférieure de 1°,5 à la normale. Le 27 et le 28 il y a eu gelée blanche aux environs de Paris.
- PHASES DE LA LUNE^J P. L. le 23, à 5 li. 58 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Il— La peste en Egypte! D’après les médecins du pays, MM. Hesse, Becker, Gotschleck, le premier cas de peste en Egypte a été celui d’un Grec qui a été admis à l’hôpital le 4 mai, mais ce n’était pas un cas typique. Le second cas, qui était typique, a été également celui d’un Grec, admis à l’hôpital le 17 mai. Le troisième cas concerne encore un Grec, et a été constaté le 24 mai. Le premier cas concernant un indigène s’est présenté le 27 mai. Les autres cas furent celui d’un Grec et de deux indigènes le 26 mai, d’un indigène le 27 mai, d’un indigène le 29 mai, et d’un Grec le 7>1 mai. Un Grec et un indigène sont morts le 28 mai. Tous ces cas ont éclaté parmi les classes pauvres, dans un humble quartier d’Alexandrie; le reste du pays est absolument indemne. Il a été impossible de déterminer la source de l’infection originale, mais il est probable qu’elle provient de Jeddah, d’où de nombreux juifs et quelques Grecs sont arrivés en Egypte. Les autorités sanitaires ne prévoient aucune extension immédiate de la maladie. A Alexandrie, dix cas se sont produits : cinq Grecs, un juif et quatre indigènes. Le centre infecté est bien déterminé. C’est dans la rue Anastasi, non loin du milieu de la ville, que l’épidémie a pris naissance. Cette partie de la ville est habitée par une classe pauvre d’Européens et de juifs. Jusqu’ici le nombre des cas n’augmente pas.
- —®— Le 50 mai a eu lieu, à Côme, l’ouverture solennelle du Congrès international des télégraphistes, organisé à l’occasion du centenaire de la découverte de la pile électrique par Volta. II y a 80 délégués : MM. Burdot et Amiot, représentant les télégraphistes français; M. Kœnig, les Allemands; M. Garland, les Anglais, M. Burton, les Américains.
- —®— La Société helvétique des sciences naturelles tiendra sa 82e réunion à Neuchâtel du 31 juillet au 2 août 1899.
- —Il— l’n accident de chemin de fer en Hollande qui rappelle des accidents déjà survenus par la même cause, notamment celui de la gare Montparnasse, à Paris, est survenu à Flessingue. Le frein Westinghouse s’est rompu dans un train de nuit et il a été impossible au machiniste d’arrêter la locomotive. Le train lancé à grande vitesse a pénétré dans le bâtiment de la gare, a brisé les clôtures entre la salle du restaurant et les salles d’attente. Le plancher s’est effondré sous le poids de la machine. Le machiniste et le chauffeur ont été grièvement blessés, deux conducteurs du train ont été tués et un voyageur a été blessé.
- -®- D’ap rès le Daily Mail, deux officiers de la section <l’aérostation de l’armée bavaroise ont fait en ballon le trajet de Munich à Vienne, fait qui ne s’était jamais vu jusqu’à présent.
- —®— La statistique nous apprend qu’il existe des cente' naires à Paris. Il y a actuellement à Paris 6386 personnes âgées de plus de 80 ans, 2787 variant entre 85 et 89 ans, 640 dépassant 1)0 ans et 148 dépassant 95 ans. Enfin on compte dans la capitale 32 centenaires.
- —®— A la dernière séance du conseil d’hygiène, M. Vieille a fait connaître le résultat des expériences qu’il avait entreprises au laboratoire des poudres et des salpêtres sur des mélanges d’acétylène et de gaz riches sous pression et qui ont été interrompues à la suite d’une explosion. C’est sur la demande de la compagnie I'.-L.-M. que ces essais avaient été entrepris. Il s’agissait de l’installation d’une usine où le gaz nouveau, qui possède un pouvoir éclairant considérable, aurait été fabriqué, pour être ensuite employé à l’éclairage des voitures. Cette usine ne peut être créée sans l’autorisation du préfet de police, et celui-ci demanda l’avis du conseil d’hygiène. Après de nombreuses expériences, M. Vieille a conclu que les mélanges d’acétylène et de gaz riches présentent sur un grand nombre de mélanges d’acétylène et de gaz inertes des avantages très marqués au point de vue de l’atténuation des propriétés
- explosives de l’acétylène qu’ils renferment. Pourtant cette insensibilité n’est que relative : elle ne subsiste que dans des limites de pression et de température variant pour chaque type de mélange» Aussi, la fabrication et l’emploi des gaz dont il s’agit pouvant présenter certains dangers, M. Vieille pense qu’on ne peut l’autoriser sans restrictions. Cependant, dans le but de faciliter l’introduction en France du nouveau système d’éclairage, employé déjà avec succès à l’étranger, il a exprimé l’avis qu’une autorisation, temporaire — révocable en cas d’inconvénients dûment constatés — pourrait être accordée à la compagnie P.-L.-M. Le conseil d’hygiène, après une courte discussion, s’est rallié à cet avis.
- —(§)— Voici le résumé de quelques observations faites sur la vitesse du vent au sommet de la tour Eiffel. A peu près constante pendant la durée de la nuit, cette vitesse diminue à partir du lever du soleil et atteint son minimum dans l’après-midi. A terre, au contraire, on sait qu’elle augmente à partir du lever du soleil jusqu’à une heure du soir environ, pour décroître ensuite régulièrement jusqu’à la fin de la nuit. Cette variation bien connue n’est donc qu’un phénomène localisé dans les couches les plus basses de l’air. Il est intéressant de constater qu’il suffit de s’élever à 300 mètres pour rencontrer le régime des montagnes : vitesse maxima et constante pendant la nuit, diminution de la vitesse pendant la journée, sous l’influence des mouvements verticaux dus à réchauffement du sol.
- —®— Le diplôme des récompenses de l’Exposition de 1900. Un concours à deux degrés est ouvert entre tous les artistes français, pour le dessin du diplôme des récompenses de l’Exposition de 1900. Ceux-ci seront soumis à un jury de 21 membres composé du ministre du commerce, du commissaire général et des directeurs de l’Exposition, des présidents de la Société des artistes français et de la Société nationale des Beaux-Arts et de 8 membres élus par les concurrents. Le premier degré du concours consistera dans une esquisse de grandeur d’exécution qui devra être déposée au pavillon central du Palais de l’Industrie avant le 15 juin à midi; une exposition publique» aura lieu du 18 au 25 juin et les cinq numéros considérés comme les meilleurs auront droit au concours du second degré qui se tiendra en septembre. Ce concours est à même de réunir les suffrages de bien des artistes à cause de la notoriété considérable qui sera donnée à la reproduction tirée à 50 000 exemplaires, et du côté artistique que pourra présenter l’ouvrage; le sujet se prête merveilleusement au déploiement des moyens d’art que chacun possède et les procédés de tirage sont à même de faire valoir l’œuvre avec toutes ses qualités. Ajoutons qu’un prix de 10 000 francs est accordé à l’esquisse primée et qu’une indemnité de 1000 francs sera remise aux quatre artistes admis au concours du second degré.
- —®— Le Salon de l’Automobile-Club devait s’ouvrir aux Tuileries du 13 juin au 3 juillet et comprendre 11 classes : 1° voitures automobiles en tous genres, motocyles et traction mécanique ; 2° moteurs pour automobiles et accumulateurs ; 3° matériel de construction et outillage pour la fabrication des automobiles; 4° carrosserie pour automobiles; 5° bandages de roues de voitures automobiles et de motocycles; 6° pièces détachées, accessoires et fournitures diverses pour automobiles et carrosserie ; 7° costumes, habillements et accessoires pour l’automobile; 8° Aérostation, navigation; 9° Inventions, applications diverses concernant l’automobile; 10° journaux, publications, photographies et dessins relatifs à l’automobile; 11® exposition rétrospective. La fermeture sans doute momentanée du Club va peut-être retarder l’exposition.
- —®— On a pêché, dit-on, dans le lac d’Esshust, propriété de lord Alexandre Russel, un brochet de 22 livres et demie. On a trouvé dans son estomac trois jeunes brochets, que la digestion n’avait, pas encore eu le temps d’entamer. C’est là une nouvelle preuve de la voracité du brochet.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le cerf-volant météorologique, s’adresser à American Air Power Company, C. 0. Third avenue, Street Railway Co, New-York.
- Communications. — M. H. Leroy, à Douvres (Calvados), nous informe que le samedi 20 mai à 9h 30m du soir, il aperçut un bolide magnifique tombant verticalement du haut de sa fenêtre. Sa direction était du nord-ouest-ou'est au sud-est-est. Ce bolide, au moins aussi brillant que Jupiter, s’est éteint sans bruit entre la constellation du Scorpion et celle d’Hercule; sa durée a été environ de une seconde.
- M. Hernest Chavoix, à Excideuil, nous écrit la lettre suivante dans laquelle il nous donne des renseignements intéressants sur les faits que nous avons signalés récemment. : « J’ai eu, comme M. A. Cotte de Crest, la désagréable surprise de voir „ une lame de verre mesurant -40 X 60 centimètres se pulvériser - littéralement entre mes mains en me couvrant de débris sans m’occasionner de blessures sérieuses. Lors de cet accident j’avais recueilli quelques fragments. Le verre était de qualité inférieure (verre Jardinier) qui sert aux vitrages des serres bâehes. C’est évidemment le défaut de recuit qui provoque ce phénomène identique à l’état instable des molécules dans les larmes bataviques. Le fait de verreries se brisant spontanément n’est pas rare dans les laboratoires de chimie, pour les articles communs tels que cornues, ballons, etc.
- (( En ce qui concerne l’article de M. Oustalet sur la destruction des hirondelles (n° 1356 du 20 mai 1899, p. 386) j’ai fait les mêmes constatations que vos correspondants. Il y a 15 ans dix ou douze couples venaient nicher dans les écuries ou granges de ma propriété, cette année je n’ai observé jusqu’ici que ' deux couples. Aux causes que vous énumérez vous pouvez ajouter les fouines et les couleuvres qui sont de grands destructeurs d’oiseaux. Les jeunes chasseurs de 8 à 14 ans sont légion, grâce au bas prix auquel on livre les carabines Flobert, cannes-fusils, etc., et autres armes similaires. Ces jeunes Nemrods font un grand carnage dé ces charmants auxiliaires de l’agriculteur. Les enfants qui se rendent aux écoles situées •souvent fort loin de leur demeure, abrègent la longueur du chemin... en dénichant tous les oiseaux indistinctement. La répression de ces délits est impossible dans nos campagnes.
- « Pour ce qui concerne les coussinets à lames de gayac, j’ai l’honneur de vous faire connaître que je possède dans mon atelier de mécanicien amateur une scie circulaire montée avec coussinets en gayac. Cette scie marche à 500 tours à la minute, les coussinets de gayac ont trois fois la durée de ceux en bronze, et le roulement de la scie est beaucoup plus doux. » M. Jeantaud, à Paris, nous transmet l’observation suivante :
- « Permettez-moi de vous signaler une légère inexactitude que je relève dans l’intéressant article de M. Auscher, sur les emplois actuels de l’aluminium, paru dans le n° 1356, du 20 mai 1899, p. 387. M. Auscher parlant des caisses de voitures en aluminium, dit que le laminé s’emploie depuis un an en carrosserie, et que la première caisse date de la course Paris-Bordeaux de 1898. M. Auscher, en écrivant ceci, ignorait bien certainement que la voiture 5, que conduisait le regretté Levassor 'dans la course Paris-Marseille, en 1896, était faite entièrement en cornières et en tôle d’aluminium laminées et qu’il n’entrait pas ombre de bois dans cette construction. A l’appui de ce que j’avance, le savant rapport sur cette course, rédigé par MM. Collin et de La Valette, adressé à l’Automobile Club de France, dit à la page 46 : « La caisse de la voiture 5 est « totalement en aluminium », et page 70 : « La caisse de la « voiture 5 a été construite en aluminium laminé, nous avons « vu comment elle a résisté au choc de La Palud. »
- M. H. Marc, à Dijon, nous envoie quelques renseignements intéressants concernant une centenaire de cette ville. Mlle Suzanne Marc a eu 100 ans le 6 avril 1899. Elle est née le samedi 17 germinal an VII à Izier (Côte-d’Or). Le 17 germinal
- an VII correspond au 6 avril 1799. M11’ Marc jouit drune bonne santé et a une mémoire prodigieuse. Elle se rappelle l’arrivée des alliés à Dijon en 1814.
- M. Paul Souchon, 30, avenue du Roule, à Neuilly-sur-Seine, nous prie d’annoncer qu’il désire faire échange lie cartes postales illustrées avec les abonnés de France ou de l’étranger.
- M. Ch. Weyher, à Bois-Salair, à propos de notre récent article sur les Aimants et tourbillons (n° 1357 du 27 mai 1899, p. 407), nous écrit qu’il y a lieu de faire les petites corrections suivantes : « page 409, 2e colonne, à la ligne 2 il aurait fallu mettre : (fig. 4, n° 4) au lieu de (fig. 3); à la ligne 4 de cette même colonne il aurait fallu mettre : (fig. 5) au lieu de (fig. 4, n° 4). Enfin, page 410, ligne 18 de la lr° colonne, au lieu de : il sera repoussé, il aurait fallu mettre : il sera de nouveau attiré. C’est en effet ce qui se passe pour un aimant véritable qui attire à chaque extrémité l’armature en fer qu’on lui présente tandis qu’il la laisse indifférente dans la zone neutre.
- Renseignements. — M. A. Paret, à Orléans. — 1° Vous trouverez divers ouvrages sur la traction électrique, à la librairie Baudry, 15, rue des Saints-Pères, à Paris. La librairie Fritsch, 30, rue Jacob, a aussi publié un petit volume. — 2° Nous ne connaissons pas d’ouvrages spéciaux; mais nous avons publié de nombreux articles sur ces sujets, notamment sur le phonographe Lioret dans le n° 1266 du 4 septembre 1897, p. 209, et sur un nouveau système de cinématographe dans le n° 1289 du 12 février 1898, p. 167. — 3° La Revue de physique et de chimie, Octave Doin, éditeur, 8, place de l’Odéon, à Paris, pourrait vous donner satisfaction.
- M. L. D. B., à X. — Nous ne comprenons pas votre question.
- M. F. di Brazza, à Udine. Il n’existe pas d’ouvrage spécial sur ces expériences; les résultats ont été publiés dans les journaux.
- M. J. Jeanson, à Troyeç. — Nous ne pouvons vous renseigner.
- M. H. Léauté, à Mer. — Pour ce qui concerne les sparklets que nous avons décrits dans le n° 1334, du 17 décembre 1898,
- . 44, il faut s’adresser à The Continental Sparklets C°, 57, oulevard Haussmann, à Paris.
- M. E. Louche Pélissier, à Vizille. — Adressez-vous directe ment à l’auteur de l’article, 151, avenue Malakoff, à Paris.
- Musée de Rouen. — La Notice que nous avons publiée vous a donné les renseignements demandés.
- M. F. P. L., à Anvers. — Nous n’avons aucune donnée nous permettant de fixer même approximativement ce prix de revient.
- M. Cuibert, à Barna. — Chaque fabricant de lampes prépare le filament qui est nécessaire; adressez-vous à M. Lar-naude, 5, rue des Mathurins, à Paris.
- M. G. Chaujfournier, à Montpellier. — Nous avons donné la formule de papiers tue-mouches dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5° série, à la librairie Masson et Cie.
- M. G. Houton, à Reims. — Nous ne connaissons pas ces adresses; il faut vous renseigner au secrétariat de l’Académie des sciences.
- M. P. Caron, à Saint-Nazaire. — On emploie des accumulateurs spéciaux; demandez à la maison Dinin, 69, rue Pou-chet, à Paris.
- M. le Dr Y. B., à M. — Le piège à bascule convient très bien pour la souris ; nous ne savons de quel insecte vous voulez parler.
- M. H. Antoine, à Thonon-les-Bains. — Nous avons décrit le siphon élévateur de M. Lemichel dans le n° 989 du 14 mai 1892, p. 569. C’est un très bon appareil qui a été bien perfectionné et qui peut rendre de grands services.
- Miss U. B., à Lowell (Etats-Unis). — Les ciseaux pour divers usages se trouvent chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris; le prix est de 4 francs.
- M. J. Custodio, à Marinha-Grande. — Nous n’avons pas à vous indiquer d’autre adresse que celle déjà donnée : The Carborundum C°, à Monongahela, Pensylvanie (Etats-Unis).
- M. H. M., & Nantes. — 1° Il n’y a pas eu encore d’autre édition. — 2° Pas d’ouvrage récent à ce sujet, les nouveautés sont indiquées dans les journaux.
- M. E. Bouthier, à Saint-Dizier-la-Séauve. — On a cité quelques exemples de moteurs alimentés par l’acétylène; mais nous ne connaissons pas d’adresse de fabricant.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.)
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES (Suite)
- }f. F. Rossollin, à Saint-Antoine. — Nous ne pouvons vous donner ces renseignements; il faut vous adresser directement au Muséum d’histoire naturelle.
- M. Ed. Noaillon, à Chenée. — Vous trouverez l’indication des moyens de construire une bobine de Ruhmkorff dans Y Amateur électricien de M. Keignart, à l’ancienne librairie Michelet, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- L’abonné X., à P. — 1° Nous n’avons pas l’adresse de ce journal. — 2° Nous avons donné plusieurs formules de colles dans les petits livres des Recettes et procédés utiles, et notamment une colle pour faire adhérer au verre le papier ou le coton, dans le petit livre de la 4e série. — 3° Le nettoyage à la benzine pourrait convenir.
- M. I. G., à Saint-Julien. — Nous n’avons pas eu d’autres renseignements sur ce produit.
- M. E. Vallin, à Vienne. — L’azote n’est pas assimilé directement par les plantes, sauf par les microbes (les nodosités des légumineuses. Quant à l’objet de la discussion, vous n’avez raison ni l’un ni l’autre. Le sulfate d’ammoniaque, en présence du carbonate de chaux du sol, forme du carbonate d’ammoniaque. Dans le cas des nitrates, c’est la nitrification qui constitue l’engrais, mais dans tous les cas l’azote à l’état de liberté ne joue aucun rôle ni avec le sulfate, ni avec le nitrate.
- J/, le Dr F., à Paris. — Il nous est bien difficile de vous répondre ; il faudrait consulter un chimiste.
- M. Vanvincq Reniez, à Audruicq. — Tricycle de Dion, 12, rue Ernest, à Puteaux (Seine).
- L'abonné 7229-2795. —Appareils de chauffage électrique : Société du familistère de Guise, à Guise (Aisne) ; M. Le Roy, 60, rue Cortambert, à Paris; M. R. Relier, 18, cité Trévise; M. Gadiot, 12, rue Saint-Georges, à Paris.
- M. R. Catoir, à Hayes-sur-Meuse. — Jumelles stéréoscopiques : maison Baille-Lemaire, 22, rue Oberkampf; MM. A. et E. Deraisme, 167, rue Saint-Maur; M. Lacombe, 9, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- Questions. — N°1242.— M. J.-M. Meulenhoff, à Amsterdam, nous demande ce que l’on entend par charbon Iseli et comment on prépare ce produit.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. F. Gérard, à Brest. II faut consulter un ingénieur spécialiste ; nous ne pouvons vous répondre. — M. Dupuis, à Marseille.^Nous pensons qu’il y a une erreur dans votre analyse. — M. Debant, à Paris; M. Gérard, à Versailles. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2' série, à la librairie Masson et Cie. — M. Gérardin, à Paris. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — Af. D. F., à Paris; M. L. R., à Versailles. Remerciements pour vos communications.
- PETITES INVENTIONS1
- Taquet ferme-porte avertisseur. — On doit toujours chercher les moyens de se préserver des attaques extérieures. Les verrous-fermoirs de toutes sortes et avertisseurs ne
- manquent pas, mais les appareils en général sont d’un prix élevé et d’une application assez difficile. Le petit avertisseur que nous présentons est au contraire très simple et très pratique. Il se compose d’un taquet-arrêt (fig. 1 ) dont la partie de devant, à gauche, est plate et se termine, à l’autre extrémité, par un arrêt à pointes. En le posant sur le plancher, devant la porte, celle-ci passe par-dessus la partie plate et ne se trouve arrêtée qu’au taquet installé à 15 millim. de distance. Sur ce taquet, se trouve monté, au moyen d’un ressort B, un petit marteau A, qui s’arme en le soulevant et en le posant sur un arrêt, dont la détente traverse également le taquet. Au milieu de l’appareil, est rivé un petit ressort plat destiné à couvrir la charge détonante sous forme d’une petite amorce ordinaire que l’on trouve partout dans le commerce. Pour armer l’appareil, il suffit de soulever le marteau, de repousser l’arrêt, de poser le marteau dans l’encoche, et après avoir placé une
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- amorce sous le ressort, d’installer l’appareil devant le battant de la porte, en enfonçant légèrement les deux pointes dans le parquet. Aussitôt que l’on cherchera à ouvrir la perte extérieurement, celle-ci poussera contre la détente, de sorte que le marteau lâché frappera sur l’armorce qu’il fera partir comme le montre la figure 2. On provoquera ainsi une détonation, qui aura pour but de réveiller brusquement la personne qui a eu la précaution de se garantir, qui appellera l’attention des voi-
- Fig. 2. — Le taquet fonctionnant au moment de l’ouverture d’une porte.
- sins et qui surtout fera prendre la fuite au voleur. Ce taquet présente en outre l’avantage appréciable d’empêchet d’une façon absolue la porte de s’ouvrir. Le concessionnaire du « taquet ferme-porte avertisseur » est M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Nouveau billard. — Dans ce nouveau jouet, la bille, avant d’entrer dans une ouverture du fond pour retomber ensuite sur le billard où elle cherche son chemin à travers une série d’obstacles pour se loger finalement dans l’une des encoches numérotées du fond, suit une rainure qui se replie sur elle-même en se retournant. Cette course, qui ressemble vaguement aux montagnes russes, constitue une démonstration
- Nouveau jeu de billard.
- curieuse et intéressante de la force centrifuge et donne un attrait tout particulier au jouet. Chaque billard est livré avec six billes métalliques que l’on pose dans l’entrée de la rigole pour les laisser courir toutes seules. Chaque joueur n’a qu’à additionner les points obtenus, de la même façon que cela se fait pour les jeux de passe-boules, de tonneau, etc., etc. Le nouveau billard est un petit objet de mécanique, d’un travail soigné et fini ; toutes les parties métalliques sont nickelées. — Le concessionnaire est M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, | à Paris.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Désodorisation de Yiodoforme. — A propos de l’article sur la désodorisation du pétrole par l'acétate d’amyle, dont il a été question dans le n° 1548, du 25 mars 1897, p. 270, je peux vous signaler que le pétrole lui-mème est capable de faire disparaître tout à fait lodeur de l’iodoforme de vêtements par exemple. Une pulvérisation de pétrole, ou un lavage de l’objet dans le pétrole suftit. Après la vaporisation du pétrole, l’odeur de l’iodoforme ne revient pas. L’agent est si fort qu’on peut désodoriser l’iodoforme pulvérisé en une couche épaisse. Le fait a été trouvé par moi accidentellement. C’est un fait assez remarquable. — A. Nippa, à Svanino (Russie).
- Un nouveau procédé de désinfection. — Il est indiqué et recommandé par les U" Walther et Schlossmann. Au moyen
- d’un appareil spécialement construit, on pulvérise un mélange de formaldéhyde et de glycérine jusqu’à ce qu’il se forme un brouillard épais dans la pièce à désinfecter : il faut environ 1800 grammes du mélange pour 28 mètres cubes. Il n’y a pas du reste besoin que le local soit hermétiquement clos, car le déplacement de l’air assure la répartition uniforme du désinfectant et l'entraîne dans les moindres coins. Dans les expériences faites, au bout de trois heures, tous les germes étaient tués, le désinfectant pénétrant même à travers des couches de terre de 3 à 4 millimètres d’épaisseur. Il atteignait complètement des épluchures de pommes de terre sous des meubles, dans des poches de vêtements; il agissait enfin dans le poil de lapins ou de cochons d’Inde maintenus dans la pièce à désinfecter, et sur leurs excréments. La pénétration du formaldéhyde serait assurée par la glycérine, qui s’attache à toutes les surfaces et y entre assez profondément.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 mai .... 8*,9 N. N. E. 3. Beau. 0,0 Nuageux de 8 à 21 h. ; beau avant et après.
- Mardi 50 9”,8 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Nuageux de 10 à 17 h. ; beau avant et après ; gel. blanche.
- Mercredi 51 12”,9 N. W. 0. Beau. 0,0 Beau.
- Jeudi l”rjuin .... 16”,0 Calme. Beau. 0,0 Beau ; halo.
- Vendredi 2 16”,2 Calme. Beau. 0,0 Peu nuageux de 15 à 18 h. ; beau avant et après.
- Samedi 5 18”,1 N. 1. Beau. 0,0 Nuageux 5-6 h. et de 12 à 16 h. ; beau le reste du temps ; gouttes en 14 h. 1/2 et 15 h.
- Dimanche 1 17”,9 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Quelques nuages.
- MAI-JUIN 1899 — SEMAINE DU LUNDI 29 MAI AU DIMANCHE 4 JUIN.
- Lu courbe tsupereure indique la nébulosité de 0 à 10; les (lèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en mai 1899
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 758““,66; minimum 743"“,52 le 15 à 8 heures du matin ; maximum 767"“,19 le 30 à 8 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 7°,51 ; des maxima ÎS^S ; du mois 12°,87 ; vraie des 24 heures 12°,47. Minimum 1°,1 le 1" à 5 heures du matin ; moyenne des minima sur le sol 4°,28. Le minimum a été — 2°,5 le 5. Il y a eu 6 jours de gelée blanche. Maximum de la température de l’air 26°,2 le 18.
- Tension moyenne de la vapeur 7“”,29 ; la moindre 3"“,2 le 4 à 3 heures du soir ; la plus grande 13"“,6 le 21 à 6 heures du soir.
- Humidité relative moyenne 69; la moindre 27 le 31 à 3 heures et 4 heures du soir; la plus grande 100 eu 1 jour (le 10 à 4 heures du matin).
- Pluie 27““,4 en 52 h. 5/4 ; réparties en 11 jours; de plus 4 jours de gouttes. Nébulosité moyenne 52; le 12 un coup de tonnerre au N.-E. un peu avant 6 heures du soir.
- Vents dominants à peu près également du S.-W. à l’W.-S.-W. et du N. au N.-E. ; l'intensité moyenne du vent a été plus grande que d’habitude. Mois de faible insolation à cause de cela.
- Température moyenne de la Marne ; le matin 14°,51 ; l'après-midi 15°,08, en moyenne 14°,8Ô. Minimum 12u,30 le l”r: maximum 17°,94 le 24; son niveau a peu varié ; elle a été moyennement trouble.
- Relativement aux moyennes normales le mois de mai 1899 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 1"“,45 ; thermomètre plus bas de 0°,46. Tension de la vapeur moindre de ü"“,59 ; humidité relative plus grande de 1. Pluie moindre de 18"",5; nébulosité moindre de 1.
- Floraisons : le 1", genêt commun; le 3, iris germanique; le 5, ancholie; le 10, marronnier à Heurs rouges; le 11, épine rouge double; le 15, weigelia rosea; le 14, muguet, pivoine de Chine; le 15, chèvrefeuille; le ,16, néflier :1e 17, noyer, pivoine rouge; le 18, rhubarbe, seringat, alisier comestible; le 24, sureau commun; le 28, acacia; le 29, hémérocalle jaune.
- Oiseaux et insectes : le 1", loriot; le 7, tourterelle, martinet ; le 10, hannetons ; à peine en a-t-on aperçu quelques-uns ; le 21, coucou.
- On n’a vu, dans tout le mois, comme en avril, que quelques rares hirou-delles de passage.
- Relativement aux moyennes normales le printemps de 1899 (mars-avril-mai) a présenté les résultats suivants : Baromètre à midi plus haut de 1“",89. Thermomètre plus bas de 0°,46. Tension de la vapeur moindre de 0"",27. Humidité relative moindre de 1. Nébulosjté moindre de 2. Pluie moindre de 59““,3.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 31, à 11 h. 4 m. du soir.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— L’éclipse partielle de soleil du 7 juin, visible à Paris, a été favorisée par un beau temps. La grandeur de l’éclipse était de 0,609. Le diamètre du soleil était 1. Le phénomène a commencé à 16k50m4‘ pour se terminer à 20h36m, temps moyen de Paris.
- —9— Neuf nouveaux cas de peste ont été signalés à Alexandrie. Parmi les personnes atteintes se trouvent un Français et un Grec. Le total, à Alexandrie, depuis le début de l’épidémie, est de 27, dont huit décès et quatre guérisons.
- —9— Un concours télégraphique international vient d’avoir lieu à Côme. Le jury a proclamé : 4° Pour l’appareil Morse, champion, M. Geromim, de Milan, avec une médaille d’or et le prix du roi consistant en une reproduction du bronze « le génie de Franklin». Le temps minimum employé pour la transmission et la réception de 590 mots a été de douze minutes quarante-deux secondes. 2° Pour l’appareil Hughes, premier champion, M. Gruber, de Munich, avec une médaille d’or et un objet de valeur. Parmi les champions proclamés figure troisième M. Blein, de Lyon, avec une médaille d’argent et un objet d’art : le temps minimum employé à la transmission de 1040 mots a été de trente-deux minutes trente-huit secondes.
- —9— La Société d’anthropologie et de géographie de Stockholm u reçu le 6 juin de l’armateur Vallin, de Mandai, divers renseignements au sujet d’une boîte provenant de l’expédition Andrée : « Hier, dans la matinée, raconte M. Vallin, le capitaine Hueland, du bateau à vapeur Vaagen, est arrivé ici et a raconté qu’il avait trouvé, le 15 mai, près du Kollaflord (Islande), 65°34' de latitude Nord et à 21° 28' de longitude Ouest, une bouée flottante marquée du n° 7. Dans cette bouée, il y avait une boîte, portant la marque : Expédition polaire d'Andrée, et contenant un billet ainsi conçu : « Bouée flottante n° 7. Cette bouée a été jetée du ballon d’Andrée « le 11 juillet 1897 à 10k57m du soir, temps moyen de Greenwich, à « 82° de latitude Nord et 52° de longitude Ouest. Nous naviguons à « une hauteur de 600 mètres. Tout va bien. Andrée. Strmberg. « Fraenkel. »
- —®— Le concours de fiacres a commencé le 1er juin à Paris. Il a débuté par des expériences de vitesse et de freinage sur le quai de Suresnes et sur les rampes du mont Valérien. Des expériences de traction et de consommation ont eu lieu après. Ensuite on a commencé les parcours dans Paris. Ces parcours, au nombre de 3, comprenaient une longueur d’environ 60 kilomètres. Les voitures traversaient Paris et suivaient des trajets plus ou moins compliqués sur des rues en palier ou en rampe, comme la rue Raynouard à Passy. Les départs ont eu lieu tous les jours à 8 heures du matin à la porte Maillot, sous la direction de M. G. Forestier. Les voitures qui ont subi toutes les épreuves ont été les suivantes : un coupé à deux places, une victoria à quatre places, une voiture de livraison de la Compagnie internationale de transports automobiles système Jenatzy, un cab à deux places, un coupé à deux places et une Victoria à deux places de la maison Jeantaud, une voiture de livraison dé la maison Mildé et Cie, un coupé à quatre places, un coupé à deux places, et une victoria à deux places de la maison Kriéger. un coupé à deux places et une voiture de livraison Panhard et Levas-sor. Toutes les voitures étaient électriques, excepté les deux dernières qui étaient à pétrole.
- —9— Au cours de sa cinquième session, qui se tiendra en Allemagne en 1901, le Congrès international de Zoologie décernera pour la troisième fois le prix fondé par S. M. le tsar Nicolas II. La Commission internationale des prix met au concours la question suivante : Influence de la lumière sur le développement des couleurs chez les lépidoptères. Causes déterminantes des différences de couleurs, de forme et de structure des parties recouvertes pendant
- la position de repos chez ces insectes. La Commission prendrait en considération un mémoire qui ne traiterait que l’une de ces questions. Les mémoires présentés au concours pourront être manuscrits ou imprimés; dans ce dernier cas, l’époque de leur publication ne peut être antérieure à septembre 1898, daté du précédent congrès. Ils doivent être écrits en langue française. Ils devront être adressés avant le 1er mai 1901 soit à M. le professeur A. Milne-Edwards, membre de l’Institut, président de la Commission dés prix, 57, rue Cuvier, à Paris, soit à M. le professeur R. Blanchard, membre de l’Académie de médecine, secrétaire de ladite Commission, 226, boulevard Saint-Germain, à Paris. Conformément au règlement, les naturalistes de l’empire d’Allemagne, pays où doit se tenir le prochain Congrès, sont exclus du concours.
- —(8)— On estime, en France, la dépense annuelle pour l’alcool à 1 600 000 000 de francs au bas mot, prélevée pour plus des 4/5 sur la classe des travailleurs. Quelle économie pour elle! Quelle aisance reviendrait dans tant de pauvres et affreux ménages, si l’on savait se priver du petit verre ! Voilà pour le côté financier. Au point de vue social, le fléau de l’alcoolisme vicie la race dans sa vitalité même, diminue le nombre des soldats à l’armée et augmente dans une proportion effrayante les hôtes des prisons, des hospices et des asiles d’aliénés. En Angleterre, les compagnies d’assurances sur la vie sont tellement convaincues de l’influence des boissons alcooliques sur la mortalité et sur la morbidité, qu’elles font (aux abstinents) une réduction de 28 pour 100 sur le taux de la prime commune.
- —9— Le tour du monde en 33 jours. D’après des calculs établis par le ministre des Voies et Communications de Russie, on pourra une fois le Transsibérien achevé, faire le tour du monde en 35 jours. Voici l’itinéraire établi par ce ministre : De Brême à Saint-Pétersbourg, par voie ferrée, 1 jour 1/2; de Saint-Pétersbourg à Vladivostok, par voie ferrée, et à raison de 48 kilomètres a l’heure, 10 jours; de Vladivostok à San-Francisco, à travers l’océan Pacifique, 10 jours; de San-Francisco à New-York, 4 jours 1/2; de New-York à Brême, 7 jours. Au total 33 jours. Jusqu’à présent, l’itinéraire le plus court était : de New-York à Southampton,
- 6 jours; de Southampton à Brindisi, via Paris, 3 jours 1/2; de
- Brmdisi à Yokohama, par le canal de Suez, 42 jours ; de Yokohama à San-Francisco, 10 jours; de San-Francisco à New-York, 4 jours 1/2.
- -^9— La mortalité par les maladies cancéreuses augmente dans tous les pays. En Angleterre, M. Park constate que la mortalité par cancer, qui était en 1840 de 1 pour 5646 habitants, s’est élevée en 1896 à 2 pour 1036, c’est-à-dire qu’en 56 ans la mortalité a presque quintuplé. En 1865, le total des décès pour cancer était de 7922;
- en 1875, il était de 14 414; en 1885, il montait à 15260; et, en
- 1895, il atteignait le chiffre de 22 965. D’après Heimann, le même phénomène se constate en Prusse. Le nombre des cas de cancer, était de 2952 en 1877. Il s’est élevé au chiffre de 22 548 en 1896.
- —S— Le Bulletin des Ingénieurs civils donne une statistique curieuse des trains arrêtés aux Etats-Unis par des brigands : trains robbers. Les faits de cette catégorie donnent pour 1898 les chiffres suivants : nombre de trains arrêtés, 28; voyageurs et employés tués, 5 ; voyageurs et employés blessés, 4 ; brigands tués, 5 ; brigands blessés, 6. Le nombre total des trains arrêtés pendant les neuf dernières années s’élève à 246; le total des voyageurs et employés tués, à 88, et le total correspondant des blessés à 77.
- —9— Le commandant Chanzy, chef du 4e bataillon de chasseurs à pied, vient de signaler à l’ordre deux compagnies qui se sont distinguées par une prouesse pédestre. Les lieutenants Fischbach, Pourel et Etienne, avec 241 hommes, sac chargé, ont quitté à 1 heure du matin la caserne de Saint-Nicolas, de Nancy. Le détachement est rentré, en bon état, à 9 heures du soir, après avoir accompli 83 kilomètres.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’appareil utilisable pour plaques sur verre de M. b’adot se trouve chez tous les fabricants d’appareils photographiques. — Pour l’appareil avec changement de plaques rotatif de M. Breton, il faut s’adresser, 50, boulevard de la Yillette. — M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris, est le constructeur de l’appareil avec viseur décentreur automatique.
- Communications. — M. L. David, à Lyon, nous écrit qu’il a lu avec le plus vif intérêt la relation dans notre n° 1557 du 37 mai 1890, p. 407, des expériences de M. Weyher sur les « aimants et tourbillons ». 11 partage bien sincèrement notre admiration pour la maestria dont a fait preuve l’auteur de ces petites merveilles d’élégance, et il convient qu’on ne peut, sans surprise, se trouver en face d’une aussi étonnante analogie entre deux genres de phénomènes que la réflexion ne permet pas néanmoins de confondre. Sans vouloir ni pouvoir opposer aux expériences précitées d’autres expériences catégoriques qui les infirment, il nous demande si l’on peut admettre le tourbillonnement, le déplacement de- l’éther en tant que masse partielle. Il croit qu’il faut répondre malgré tout par la négative. On ne peut attacher à ces ingénieuses expériences qu’une valeur représentative, sans qu’elles autorisent à conclure au véritable moyen mis en œuvre. Notre correspondant appuie ses conclusiohs par une série de considérations d’ordre général sur lesquelles nous ne pouvons insister.
- M. Thomas Featherstonhaugh, à Washington D. C. (Etats-Unis), nous envoie une brochure ayant pour titre: The Mound-huilders of Central Florida, publiée par llarrisburg Publishing G°, Harrisburg. 1899.
- M. H. Meunier, à Marly-le-Roi, nous adresse la lettre suivante : « J’ai remarqué que de temps en temps vous signalez des faits ayant trait à l’intelligence des animaux; je désirerais, .si cela vous est possible, profiter de quelques lignes pour vous signaler l’intelligence d’une chienne croisée berger que je possède : Quand le matin, selon mon habitude journalière, je lui donne un morceau de sucre, elle le mange comme le font tous les chiens en le cassant assez bruyamment dans sa gueule ; mais si j’oublie un morceau de sucre sur la table; et que je passe dans une autre pièce, ma chienne prend le morceau de sucre, elle le met dans sa gueule et a bien soin de l’y laisser fondre ou bien de le mâcher; vous voyez l’intelligence. Elle s’imagine qu’en le laissant fondre je ne m’en apercevrai pas ; mais malheureusement le sucre et sa propre salive forment un sirop qui lui sort dans le fond de la gueule, et qui coule par terre ; c’est à cela que j’ai remarqué d’où provenait la disparition d’un morceau de sucre quand par hasard j’en oublie un sur la table. »
- M. Alberto Marçal Brandas, à For-do-Ovuno (Porto), nous écrit : « A Avegos (Portugal), tout près des thermes de ce nom, qui jaillissent à une température de 61° centigrades, s’élève un dattier, dont les dattes mûrissent (cas unique, dit-on, dans la péninsule) à la faveur peut-être de la chaleur du sol. Le tronc de ce dattier se bifurque en deux, à un mètre du sol, en se donnant la particularité d’être un d’eux mâle et l’autre femelle. Si cela est un fait anormal, comment l'expliquer? »
- Renseignements. — M. Francisco F. Andreu, à Mahon. — Nous ne connaissons pas les poudres que vous demandez.
- M. A. Boulonnais, à Paris. — 1° Pompes élévatoires : M. L. Dumont, 55, rue Sedaine; M. H. Carpentier, 73, boulevard Soult. Il sera peut-être nécessaire de prendre un moteur à gaz ou à pétrole. — 2° Appareils à douches : MM. Allez frères, 1, rue Saint-Martin; M. Delaroche, 22, rue Bertrand; M. Walter-Lécuyer, 138, rue Montmartre, à Paris.
- MM. Kafelhoff et Allaer, à Bruxelles. — Vous trouverez dans le bulletin mensuel illustré L'Aéronaute, 10, rue de la
- Pépinière, à Paris, des renseignements intéressants sur les travaux de Tatin, années 1876, 1877, 1878, etc., et sur ceux de Lilienthal, année 1896. Nous ne pouvons Vous dire si des brochures spéciales ont été publiées. Pour les expériences du commandant Renard dont les travaux appartiennent à l’Etat, on ne connaît aucune brochure et quant à M. Goupil nous ne saurions vous dire les résultats de ses expériences.
- M. H. Léauté, à Mer. — Nous vous avons répondu dans notre précédent numéro.
- M. M. V. Toussaint, au Havre. — 11 faut mettre au pied de cet arbre du sulfate de cuivre ou de l’acide sulfurique.
- M. le Dr J. Clairac, à Madrid. — Ce polissage se fait en grattant le granit à l’aide d’un ciseau spécialement préparé.
- M. E. Planquet, à Boissy-Saint-Léger.— 1° Nous ne connaissons pas l’effort à vaincre. — 2° Nous n’avons pas trouvé la description que vous demandez.
- M. G. Deniau, à Angers.— 1° Lentilles : MM. Krauss et Cie, 21, rue. Albouy; M. Mantois, 26, rue Lebrun, à Paris; MM. Bouyer et Martin, 58, boulevard Voltaire, à Paris. -— 2° Nous ne connaissons pas cette composition.
- M. L. Tissier, à Paris. — L’équilibre aura lieu lorsque le poids d ; l’eau déplacée sera égal au poids de la personne à soutenir sur l’eau.
- M. Jourdan, à Beyrouth. — La vapeur produite par les chaudières Serpollet ne peut être utilisée par les turbines de Laval.
- M. J. Aguet, à Rome. — Nous n’avons pas d’autres renseignements sur ces framboises.
- M. B. Baudoin, à Cognac. — L’amalgame est solide; vous pouvez essayer l’encollage à l’arrow-root indiqué dans notre Boîte aux lettres du n° 1357, du 27 mai 1899.
- M. W. Olivier Blais, à Pont-Rousseau. — Le verre doit être attaqué; rien ne peut y faire.
- M. Dupont, à Lille. — Vos calculs nous paraissent exacts; mais il faut maintenant essayer votre fer, pour connaître sa perméabilité magnétique, et voir si le chiffre que vous avez admis est exact.
- M. Ledant, à Provins. — Nous ne pouvons nous charger de faire ces essais d’appareils photographiques : mais vous pouvez vous adresser au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Deroy, à Paris. Il serait bon de consulter un spécialiste; nous ne pouvons nous occuper de ces questions. — M. A. Z., à Liège. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la lforairie Masson -et C*0. — M. D. L., à Paris. Remerciements pour votre communication.
- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- Pour activer la solution du Bichlorure de Mercure.
- Les personnes qui s’occupent de photographie ont souvent besoin d’employer le bichlorure de mercure pour renforcer leurs clichés ; de tous les moyens connus son usage est encore le plus courant et, ajoutons-le, le plus commode. Il y a un petit ennui pourtant, la dissolution se fait doucement et pour arriver à un dosage de 5 pour 100, qui est un minimum pour que le liquide soit assez actif, il faut agiter le sel dans l’eau pendant dix à quinze minutes; on peut chauffer à 100°, la dissolution se fait alors très vite, mais ce n’est que tourner la difficulté, on la retrouve : car il est impossible d’employer le liquide chaud pour les clichés, la couche de gélatine fondrait. Il y a donc de toute façon une perte de temps.
- Voici un moyen pour éviter cet embarras, il est recommandé parle Codex, mais son usage constant dans la pharmacie est à peu près inconnu des personnes qui font de la photographie.
- Vous faites dissoudre dans de l'eau froide parties égales de bichlorure de mercure et de chlorhydrate d’ammoniaque pulvérisé, la dissolution se fait instantanément et l’on n’est plus obligé d’attendre un quart d’heure pour avoir un bain.
- Ce petit tour de main permet même de pousser la dissolution au delà du point de saturation qui est de 6 ou 7 pour 100; il permet de l’obtenir à 9 pour 100, c’est-à-dire de faire un bain très concentré et partant beaucoup plus actif.
- Il est bon de filtrer, car il se produit un léger dépôt de chlorures doubles; ce sont des sels très ténus, mais qui pourraient s’attacher à la couche des clichés à renforcer et engendrer des points très petits sur lesquels la solution de bichlorure n’agirait pas. A. C.
- Dans la * Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Piège automatique pour souris, rats et rongeurs.
- — Le problème d’un piège efficace, pour se débarrasser des rongeurs —• souris, rats, etc., etc., — est posé depuis longtemps, et il n’a jamais été résolu d’une façon pratique. Tous les systèmes, imaginés jusqu’à présent, étaient incomplets; ils ne pouvaient attraper qu’une seule bête à la fois, ou bien, lorsqu’ils attrapaient plusieurs bêtes, celles-ci se trouvaient
- Fig. î. — Vue d’ensemble du piège.
- dans une cage, où, par leur affolement, elles effrayaient les camarades, les prévenant ainsi du danger. Le nouveau piège a tourné cette difficulté d’une façon très heureuse et les résultats obtenus avec ce piège sont surprenants. Placé dans les endroits où il y avait beaucoup de rongeurs, on a trouvé un matin jusqu’à 25 à 50 bêtes, c’est-à-dire le piège rempli. La figure 1 donne une vue d’ensemble de l’appareil. La souris, attirée par l’odeur de l’appât, placé derrière un grillage, à l’entrée, entre
- par la porte et, en passant sur un pont à bascule, fait tomber la trappe. Enfermée, elle cherche une sortie et choisit le seul chemin libre, en grimpant dans la cheminée en treillage qui, à son tour, se referme derrière elle, l'empêchant de redescendre et l’obligeant à monter dans la tour. Elle est forcée alors de passer par un second pont à bascule, qui, en la précipitant dans un réservoir d’eau, fait remonter automatiquement la trappe (fig. 2), ouvrant ainsi l’entrée pour la souris suivante. Les souris entrées disparaissent ainsi et se trouvent noyées aussitôt, surtout si l’on ajoute quelque acide au liquide du réservoir. Les bêtes n’effraient donc pas par leur affolement les autres qui suivent, comme dans les pièges perpétuels ordinaires. Pour préparer ce piège, il suffit de retirer le réservoir placé derrière, pour le remplir, jusqu’au trait, d’eau mélangée d’acide, de remonter la porte à glissières pour placer quelque morceau de fromage dans l’espèce de garde-manger qui encadre l’entrée, de refermer cette porte et de replacer le réservoir. On remonte ensuite la trappe, et le piège est prêt. Au besoin, il est recommandé d’étaler une pincée de farine à l'entrée et sur le premier pont à bascule. — Le nouveau piège se trouve chez le concessionnaire, M. Kratz-Boussae, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Bouchon auto-mesure. — 11 est souvent nécessaire d’avoir des mesures exactes d’un liquide, surtout quand il s’agit de médicaments. Les dimensions des cuillères à café et à soupe sont très irrégulières. Un inventeur a imaginé le bouchon auto-mesure qui permet de remédier à ces inconvénients. Ce bouchon, ainsi que le montre notre dessin, est formé d’un bouchon ordinaire C, traversé par un tube en verre, relié à un petit cylindre A également en verre. Ce cylindre est recouvert d’un anneau en bouchon D portant une partie métallique qui reborde en B. Au centre est une partie creuse G, que l’on peut ouvrir ou fermer à l’aide du ressort E en ap-
- Bouchon auto-mesure.
- puyantou non dessus. Pour remplir le cylindre A, on renverse la bouteille. On la retourne ensuite. On retire le bouchon, et, en appuyant à la partie supérieure, on fait écouler le contenu. — Le bouchon auto-mesure se trouve à la même adresse que l’appareil précédent.
- BIBLIOGRAPHIE
- Chimie végétale et agricole, par M. Bertiielot, sénateur, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, professeur au Collège de France. 4 volumes in-8°, avec figures. Masson et Cie, éditeurs, 1899. Prix : 36 francs.
- Cet ouvrage renferme l’ensemble des recherches entreprises depuis seize ans dans le laboratoire de chimie végétale de Meudon, en vue de poursuivre des problèmes relatifs à la chimie biologique, étroitement liée avec la synthèse chimique d’une part, et avec la chimie agricole d’autre part. Le tome 1er traite de la fixation de lazote libre sur la terre et sur les végétaux. Le tome II est consacré à l’étude de la marche générale de la végétation, et à la détermination de l’équation chimique d’une plante annuelle. Dans le tome III sont exposées les recherches spéciales sur la végétation. Le tome IV comprend deux parties distinctes : une générale relative à la terre végétale, à l’analyse et au dosage de ses divers éléments,-à l’examen des principes organiques qui la constituent et de leurs relations avec l’ammoniaque atmosphérique ; l’autre spéciale, concernant la formation des éthers et du bouquet des vins, leur oxydation, leur changement annuel, le dosage de l’acide tartrique, etc.
- Les céramiques cuisant à haute température, par E. S. Ausciier, ingénieur des Arts et Manufactures. 1 vol. in-8°. Paris, J. Rueff, éditeur. 1899.
- Alcools d’industrie et eau-de-vie de vin, par le Dr P. Carles, chimiste expert. Une brochure in-8°. Bordeaux, Féret et fils éditeurs, Paris. Libraires associés, 1899.
- Les microbes et la mort, par le Dr J. de Fo.ntexei.le. 1 vol. in-18 de la Petite Encylopédie populaire illustrée. Paris. Librairie U. Reinwald, Schleicher frères, éditeurs, 1899. Prix : 1 franc.
- Études et recherches sur le grain de blé, suivies d’un procédé de stérilisation et de blanchiment des céréales et de leurs farines, par Emile Frichot, ancien meunier. 1 vol. in-8°. Chez l’auteur, 75, rue Saint-Jean, à Dreux (E. et L.). 1899.
- Exploitations des mines, par Félix Colomer, ingénieur civil des mines. 1 vol. petit in-8° de la Bibliothèque du conducteur de travaux publics. Paris. Veuve Ch. Dunod, éditeur. 1899.
- La souris tombant dans l'eau.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Eaux minérales et stations climatériques de l’Europe, par les D" H. Weber et Parkes Weber. Traduit avec notes sur Ja 2e édition anglaise par A. Doyox et P. Spillmann. Paris, G. Steinheil, éditeur. 1899.
- Scientia. La théorie de Maxwell et les oscillations hertziennes, par H. Poincaré. 1 vol. petit in-8°. Georges Carré et Naud, édit. Paris, 1899.
- L'atmosphère terrestre, par Eugène Tassily, docteur ès sciences, chef des travaux à l’Ecole de physique et de chimie. 1 brochure in-8°. Paris. Société d’éditions scientifiques. 1899.
- Annuaire du musée zoologique de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg. 1898.
- Les harmonies naturelles, par Paul Maryi.lis. 1 vol. in-10. Paris, Société d’éditions scientifiques. 1899. Prix : 4 francs.
- Elementos de Fisica y nociones de quimica precedidos de nnas nociones generales de ciencias fisicas como prelimi-nares y des unas brèves nociones de mecânica como intro-duccion y seguidos de unas brevos nociones de meteorolo-gia como apendice, por D. Tomas Escriciie y mieg. 3e édicion. 1 vol. in-8°. Barcelona. Antonio J. Bastinos. 1899.
- Annual report of the board of regents of the Smithsonian Institution,Showing the operations, expenditures, and condition ofthe Institution to July 1897.1 vol. in-8°.Washington, Government Printing Office. 1898.
- L’allumino, par le D' Carlo Formenti. 1 vol. in-16 de la'col-lection des manuels Ilœpli. Ulrico-IIœpli, éditeur. Milan, 1898.
- Melallocromia, Colorazione e decorazione dei metalli per via chimica ed elettrica, par J. Ghersi. 1 vol. in-16 de la collection des manuels Hœpli. Llrico llcepli, édit. Milan,1898.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 juin .... 15*,2 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 11 h.; nuag. ensuite; éclairs et tonn. dans la soiree ; halo.
- Mardi 6 16”,1 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Nuag. ; tonnerre à 17 h. et éclairs dans la soirée ; averses à 17-18 h.
- Mercredi 7 19”,1 N. E. 2. Beau. 0,6 Beau le matin; peu nuag. le soir; éclairs à 1 h. et dans la soirée.
- Jeudi 8 1 i”,8 N. N. E. 1. Peu nuageux. 0,0 Nuageux le matin ; beau le soir.
- Vendredi 9 12”,G N. N. E. A. Couvert. 0,0 Nuageux jusqu’à 16 h. ; beau ensuite.
- Samedi 10 12”,8 N. E. 2. Quelques éclaircies. 0,0 Presque couvert le matin; quelques nuages le soir.
- Dimanche 11 ... . 12”,9 E. N. E. 3. Beau. 0,0 Beau.
- JUIN 1899 -- SEMAINE DU LUNDI S AU DIMANCHE 11 JUIN.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 « 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent î courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. m
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages et Inondations en Espagne. — A la date du 2 juin, on faisait connaître d’Almeria que la rivière d'Almanzora avait débordé. Les. dégâts étaient considérables. 8000 mineurs étaient privés de communications avec Cuevas.
- Une violente tempête de pluie et de grêle a sévi sur Madrid le 9 juin. Les dégâts ont été considérables. A l’Observatoire astronomique, on a ramassé plusieurs grêlons mesurant S centimètres de longueur sur 5 centimètres d’épaisseur.
- Le 10 juin, une tempête s’est encore abattue sur San Pedro de Alarce, dans la province de Valladolid. Cent cinquante maisons ont été détruites, et le nombre des victimes a été très grand.
- Orages. — Un violent orage s’est abattu sur la région ouest de la France dans la nuit du G au 7 juin. Au Havre, la foudre est tombée sur. une dizaine d’endroits incendiant une maison d'habitation. A Sauvic, une pluie diluvienne descendant par les rues en pente a dégradé les chaussées et produit des excavations profondes dans, les ruesGuiliemard et Clément-Marical. Les dégâts matériels ont été considérables, mais on n’a signalé aucun accident de personne. L’orage a duré de 2 heures à 7 heures du mâtin. A Houen, ce même
- orage a occasionné de nombreux dégâts. Une maison d’habitation a "été incendiée par la foudre et complètement détruite. Les pertes s'élèvent à 20000 francs. A Lanquetot, près de Bolbcc, la foudre est également tombée sur une maison couverte en chaume et a tout détruit. La famille qui l’habitait, se composant de quatre personnes, n’a eu que le temps de fuir. Un vieillard impotent a manqué de périr.
- A la même date, un orage terrible a sévi sur Brest, la foudre est tombée en divers endroits. A Recouvrance, elle est entrée par la cheminée dans une maison où tout a été bouleversé. Elle a également fait de grands dégâts au sémaphore du Parc-au-Duc qui domine la rade et où elle est tombée deux fois. La première fois, elle a cassé les fils et les piles électriques, et la seconde fois elle est tombée sur le mât servant aux essais de télégraphie sans fil du lieutenant de vaisseau Tissot, professeur au Borda. La décharge a longé le mât, puis a pénétré dans la salle du sémaphore, brisant tous les appareils télégraphiques. Pendant un quart d’heure, les guetteurs ont été étourdis et privés de 1 ouïe. Le tonnerre est tombé encore sur la caserne des équipages de la flotte et sur la tour de l'arsenal.
- Un cyclone s’est abattu, le 6 juin dans la soirée, sur Sainte-Maure et sur les environs non loin de Tours, brisant les arbres, détruisant les récoltes et causant des dégâts énormes.
- PHASES DE LA LUNE : N, L. le 8, à 6 h. 30 m. du matin.
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- M.
- 1361 (24 juin 1899), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —S— On n’emprunte qu’aux riches, dit le proverbe. Il y a cependant en tout des limites. Quelques journaux ont contracté l’habitude de nous prendre sans façon nos articles et, sans faire aucune mention d’origine, de les publier comme originaux. Nous demandons instamment que l’on indique exactement la source de ces emprunts. Nous ne citerons cette fois aucun journal par courtoisie ; mais à la première récidive, nous nommerons résolument les journaux qui oublient trop vite les règles les plus simples de bonne confraternité. Nous rappelons ces lignes inscrites au verso de la couverture de chaque numéro : « La reproduction sans indication de source des articles publiés par La Nature est interdite. La reproduction des illustrations est interdite à moins d’entente spéciale avec l’éditeur. »
- • —®— Au dernier Congrès d’électro-chimie tenu à Goettingen, la
- Société d’électro-chimie a nommé M. Henri Moissan membre d’honneur.
- —<§)— L’Italie fête ses grands hommes. Après le centenaire de Volta, à Côme, voici celui de Spallanzani qu’on organise à Reggio. Spallanzani, né à Scandiono, dans la province de Modène, en 1729, mourut à Pavie en 1799. Il fut professeur de rhétorique et de logique à Reggio. Ses ouvrages les plus connus sont ses observations microscopiques sur les théories de la génération, ses études sur la circulation, son mémoire sur la respiration. Spallanzani fut le premier qui vit, sous le microscope, la circulation du sang chez les animaux à sang chaud.
- —(g)— L’Observatoire de Paris a été informé que la comète Holmes III, découverte en 1892 par l’astronome dont elle porte le nom, vient d’être trouvée dans une situation voisine de celle que lui assignaient les éphémérides.
- —®— Des anciennes monnaies ont été trouvées dans les fouilles du Métropolitain aux abords de la place de la Bastille, à Paris. A la séance du 6 juin de la Commission du Vieux Paris, M. Charles Sellier a rendu compte des trouvailles faites. Indépendamment de quelques coins de démolition, en fer, et de quelques boulets et biscayens, de même métal, déjà signalés, il a appelé particulière-xnent l’attention de la Commission sur les anciennes pièces de monnaie recueillies dans ces fouilles par les soins de M. Faillie, conducteur municipal. En voici l’énumération détaillée, d’après les renseignements publiés par le Bulletin municipal officiel : 1° À l’entrée de la rue Saint-Antoine : un jeton en cuivre aux armes de Mazarin jd’azur à la hache d’argent en pal, fùtée d’or, entourée d’un faisceau de verges de même, au chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d’or), daté 1651 et portant la devise : Quod fuit ho nos cri-minis est vindex; au revers on distingue une fronde et la devise : Sunt certa hac fata tirannis. Ce jeton n'est pas commun. Ün denier tournois à l’effigie et au nom <le Gaston d’Orléans, daté 1650 •u 1651. Une pièce de six deniers en cuivre de Louis XIV. Trois jetons fabriqués à Nuremberg, très communs; le marché de Paris en était inondé. 2° Rue de Lyon, dans la chambre du bouclier : une piécette en métal blanc, ou bas argent de billon, qui paraît être un parisis de Charles VI. Un double tournois de François Ier, en billon. Un demi-douzain de François I"r, en billon. Un double tournois de Henri IV, daté 1594. Un double tournois de Louis XIII. Un double tournois de Charles Ier de Gonzague, daté 1636. Un double tournois du duc de Bouillon, daté 162.... Une monnaie papale, en billon, avec une contremarque française-(une fleur de ivs) pour lui donner cours en France, doit être du commencement du dix-septième siècle. Une pièce de six deniers de Louis XIV. Un liard de France de Louis XIV, daté 16.... et portant la lettre D, marque de l'atelier monétaire de Lyon. Cinq liards de Louis XIV,,
- très frustes. Un liard de Lorraine daté 1728. Une pièce de 12 deniers de Louis XVI, datée 1792, an IV de la Liberté. Un jeton en cuivre portant, à l’avers, une tête de Maure et, au revers les armes, assez imparfaitement indiquées, de Jeanne de Bour-
- fogne, première femme de Philippe VI de Valois, parties de rance ancien (aux fleurs de lys sans nombre) et Bourgogne ancien (bandé d’or et d’azur à six pièces, à la bordure de gueules). A première vue, cette pièce pourrait donner l’idée d’un jeton particulier de la reine Jeanne de Bourgogne, qui passe pour rarissime et dont la valeur marchande doit être assez élevée; mais il n’est pas nécessaire de la regarder de bien près pour douter aussitôt de son authenticité. Un jeton de Louis XIV pour l’administration de* revenus casuels, daté 1669. Deux jetons de Nuremberg, très ordinaires. L’identification de ces pièces de monnaie a été très obligeamment vérifiée par M. F. Mazerolle, archiviste de la Monnaie, dont la compétence spéciale est une sûre garantie. M. Le Vayer a fait observer que le jeton de Jeanne de Bourgogne était faux. Au quatorzième siècle, on ne gravait pas ainsi les émaux des armoiries. D’ailleurs, la gravure de ce jeton, exécutée d’une, façon très inhabile, indique une bande de sinople au lieu d’azur. Cette pièce fantaisiste et sans valeur fait certainement partie de la catégorie de ces jetons vul-aires qu’on fabriquait autrefois en si grande abondance à Nurem-erg. Celui-ci pourrait bien dater du siècle dernier.
- *-#— M. Philippe Berger a présenté, de la part de M. Gauckler, à l’Académie des Inscriptions, une nouvelle série de masques^funé-raires du plus haut intérêt, trouvés à Carthage. Les uns sont des masques de femmes qui offrent sous une coiffure égyptienne un type nettement carthaginois. D’autres sont des masques grimaçants d’un puissant effet. Sur plusieurs d’entre eux, M. Berger signale de véritables tatouages qui se combinent avec les pastilles collées sur le front et sur les joues de ces figures, leur donnant un aspect à la fois grotesque et terrible*
- -—@>— De Vienne à Paris à cheval en 12 jours et 14 heures. Tel est l'exploit accompli par M. Charlie Cottu. Parti de Vienne à 4 heures du matin le jeudi 1er juin, M. Cottu est arrivé le mardi 13 juin à 5h,45, à la porte de Picpus. Il a parcouru une distance de 1250km,700'n. D’après le procès-verbal d’arrivée M. Cottu était en parfaite santé et la jument qu’il montait, jument irlandaise de sept ans, ne présentait aucune trace de fatigue. Le cavalier a parcouru en général 90, 92 et même 118 kilomètres par jour, une fois 122 kilomètres. Il y a quelque temps le lieutenant hongrois Zabowitz, aujourd’hui capitaine, avait franchi cette même distance avec sa jument Karcedoc en 14 jours 5 heures. Le sportman français a donc battu ce record de près de deux jours. Il est vrai qu’on peut rappeler que le général Daumesnil, sous le premier Empire, est allé de Vienne à Paris à cheval en 6 jours et 6 nuits, pour porter des nouvelles à Napoléon Ier. Il changeait de cheval à chaque poste. Trop ankylosé pour pouvoir descendre de cheval et y remonter, on le soulevait de dessus ses étriers et on le posait sur le cheval frais. Il mangeait à cheval, pendant qu’on sellait sa nouvelle monture.
- y-®)— Un concours de chiens de berger et une exposition de chiens de berger ont eu lieu à Amiens le 24 juin 1899. Ils ont été organisés par le Club Français du chien de berger avec le concours de la Société des Agriculteurs de la Somme.
- —®— La fameuse mine Calumet et Hécla, aux Etats-Unis, détient» paraît-il, le record de la pompe sous forme d’une pompe géante qui peut débiter, par heure, 11250006 litres d’eau. C’est une pompe à triple expansion, haute de 15 mètres, et qui est actionnée par un moteur de 1500 chevaux de puissance. En la faisant fonctionner à pleine charge, elle pomperait aisément 537 millions de litres d’eau par 24 heures; mais on n’a pas autant d’eau que cela à lui fournir, et il faut la laisser se reposer.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES#
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Nous donnons les adresses des divers constructeurs des bicyclettes auto-.-mobiles que nous avons décrites dans le n° 1359 du 10 juin 1899 : Motobicyclette Durey, 82, rue d’Hauteville, à Paris; motocyclette Ridel, à Lisieux; bicyclette automobile Bouilly,à Chartres; pétrolette Oméga, M. Talluel, 106, rue Montmartre, à Paris ; tandems Bover pour l’entraînement sur pistes, M. Boyer, 14, boulevard Saint-Germain; Autocydette Garreau, 43, rue Lemarois, à Paris. — Pour tout ce qui concerne- les Luxfer prismes, s’adresser à la Société, 201, quai Valmv, à Paris. — L’avoyeur de scies se trouve à la Ilelmers Manufactu-ring Co, Laven-Worth Kansas, Etats-Unis.. — Pour la nouvelle machine à vapeur verticale, s’adresser à MM. Boulte, Larbodière et Cio, 20, rue Taitbout, à Paris.
- Communications. — M. E. D., ingénieur, à la Guaïra (Venezuela), nous envoie la lettre suivante : « J’ai lu votre article, au sujet de l’influence qu’exerce le climat sur les hommes, les animaux et les végétaux (n° 1354, du 17 décembre 1898, p. 46). Je suis complètement de. votre avis, et j’ajouterai même que l’influence du climat se fait sentir sur les infiniment petits, pour parler seulement des levures alcooliques. Dans ce pays elles sont plus petites qu’en Europe et supportent aisément des températures de 35 à 38° centigrades avec propagation très active tandis que celles d’Europe supportent difficilement 50° et encore sans reproduction (ce.qui est une température dangereuse pour les fermentations), donc il y . a acclimatation.
- (( J’ai l'honneur de vous faire part d’une observation faite par moi sur les fourmis : la voici : J’ai habité, en arrivant ici, une maison avec un petit jardin, j’ai trouvé ce dernier avec une très grande quantité de fourmis, et dévasté ; ‘j’y ai mis des poules. Deux ou trois jours après, des 'innombrables fourmis que l’on voyait dans le jour, on n’en trouvait plus une seule, mais cependant les dépradations continuaient, ceci se passait de nuit; alors j’ai retiré les poules, et • ce n’est qu’au bout d’une quinzaine de jours que les fourmis ont recommencé à reparaître de jour; c’était certainement l’instinct de la conservation qui les retenait le jour sous terre. Mais à quelle loi et quel commandement obéissaient-elles pour que pendant le jour, lorsqu’elles se trouvaient avec des poules, pas une seule n’ait osé s’aventurer au dehors (tandis qu’au bout de 15 jours passés sans poftle, elles ont continué à reparaître en quantités innombrables) et qu’elles aient attendu aussi longtemps pour s’assurer que le danger n’existait plus? »
- M. R. S., à Venise, nous écrit qu’il vient d’expérimenter un procédé singulier, pour couvrir le cuivre, métaux cuivrés, cuivre jaune etc., d’une couche d’aluminium. 11 sè sert d’une pile Leclanché de 0m,21 à charbon circulaire. Au pôle positif, il attache une lame d’aluminium 1res propre, au négatif, l’objet bien poli. En plongeant les deux pôles dans le liquide même de la pile (sel ammoniaque) très près l’un de l’autre on obtient immédiatement, avec forte affluence de gaz, une couche d’aluminium, qui, après polissure, résiste très bien au brunissage. On n’obtient pas le même résultat en opérant en dehors de la pile, dans un bain de sel ammoniaque.
- M. Henri Coupin, notre confrère, serait très reconnaissant à ceux de nos lecteurs qui voudraient bien lui adresser les réponses aux questions ci-dessous, réponses qu’il utilisera pour une étude psychologique à laquelle il travaille. Adresser les lettres à M. Henri Coupin, docteur ès sciences, 21, boulevard de Port-Royal, à Paris.
- 1. Nom. — 2. Age. — 3. Profession. — 4. Quelle fleur préférez-vous?— 5. Pourquoi? — 6. Quelle fleur aimez-vous le moins? — 7. Pourquoi? — 8. Quel fruit préférez-vous? — 9. Quel fruit aimez-vous le moins? — 10. Quelle plante sauvage aimez-vous le plus? —11. Quelle plante sauvage aimez-vous le moins? —12. Quel légume aimez-vous le plus? ,— 13, Quel légume aimez-vous le
- moins?— 14. Quelle viande aimez-vous le plus? — 15. Le moins? —116. Quels animaux domestiques aimez-vous le plus? — 17. Le moins? — 18. Aimez-vous mieux les chats que les chiens? — 19. Quels animaux sauvages aimez-vous le plus? — 20. Le moins? — 21. Quel oiseau aimez-vous le plus? — 22. Le moins? — 23. Quel art aimez-vous le plus? — 24. Le moins? —• 25. Quelle couleur aimez-vous le plus? — 26. Le moins? — 27. Quel sport aimez-vous le plus? — 28. Le moins? — 29. Quel arbre aimez-vous le plus? — 30. Le moins? —• 31. Aimez-vous mieux la ville ue la campagne?.— 32. Quelle saison vous plaît le plus? — 3. Aimez-vous mieux la montagne que la mer? — 34. Faites-vous de la photographie? — 35. Aimez-vous la lecture? — 36. Aimez-vous mieux les sciences que les lettres?
- Nous tiendrons nos lecteurs au courant des résultats de cette enquête. Dans les réponses il suffît d’indiquer le numéro de. la question.
- M. Xavier Raspail, à Paris, nous adresse une Notice extraite du Bulletin de la Société zoologique de France,j et qui a pour titre : Le sens de l'odorat chez les oiseaux', i
- M. Ed. Vanbutsele, à Lille, nous envoie la photographie d’une roche prise dans le massif de l’Esterel, chemin du îrfal-, infernet et qui figure assez bien une poule.
- Renseignements. — Un abonné, à Valenciennes. — 1° H v'a'un ouvrage en préparation dans l’Encyclopédie Léauté. — 2° Aluminium : Société française de l’aluminium, 74, rue Ame-lot; M. L. Auscher, 131, avenue Malakoff; Compagnie française des métaux, 10, rue Volney, à Paris; Société électromctal-lurgique de Froges (Isère).
- M. P. G., à Barcelone. — Musc naturel : M. E. Ottinger, 3, rue des Petites-Ecuries; M.-Robertet, 46 même rue, à Paris.
- M. le marquis I. Caitaneo, à Gênes. — Nous n’avons, à notre grand regret, aucune adresse à vous faire connaître.
- Un abonné, à X. — Votre observation est très juste.
- M. G. M., îi Tunis. Nous ne connaissons pas ces verres employés dans les lorgnons; mais leur propriété est évidemment d’absorber quelques rayons du spectre.
- M. G. V., à V. — Vous pourriez essayer la petite turbine à . eau « Chicago’s Top » pour actionner un ventilateur ; vous trouverez cette turbine à la Société des Produits Chimiques, 50, rue des Écoles, à Paris.
- M. E. Q., à Paris. — Nous pensons qu’une simple désinfec-. tion à l’eau phéniquée pourrait suffire.
- M. Polart, à Paris. — Nous n’avons pas l’adresse que vous demandez; mais vous trouverez une pince analogue chez M. Bertrand, 19, rue d’Hauteville, à Paris.
- M. G. R., au Point-du-Jour. — La turbine à vapeur de Laval a été décrite en détail dans le n° 1083 du 3 mars 1894,
- . 211; la société qui l’exploite a son siège, 48, rue de la ictoire, à Paris.
- M. H. Vasco, à l’Arba, près Alger. — 1° Vous trouverez cet album chez M. Philipp, 56, rue de,la Folie-Méricourt, à Paris. — 2° Demandez un appareil de ce genre à M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. R. Ronnet, à Paris. — Ce sensibilisateur est en vente au Comptoir de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. C. L. F. B., à Paris. — Vous pourrez vous procurer ces renseignements plus détaillés sur la turbine de Laval, en vous adressant au siège social de la Société que nous indiquons plus haut.
- M. Benoit, à Tours. — Ce remède a soulagé plusieurs personnes; il faut s’en servir à plusieurs reprises, sans en abuser.
- M. le conte de San Roman, à Saint-Sébastien. — Couveuses perfectionnées : MM. Arnoult et Roullier à Gambais-lès1-Houdan (Seine-et-Oise) ; maison Voitellier, 4, place du Théâtre-Français, à Paris.
- M. Lantz, à Paris. — Nous ne pensons pas que la disposition que vous indiquez puisse convenir; il est nécessaire d’éviter, autant que possible, les manœuvres, lorsqu’il s’agit de mettre une machine en marche.
- Accusés de réception. — Avis divers. — If. G. Assan, à Bucarest. Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner. — M. Coideru-Henri, à la Chaux-de-Fonds. Nous ne connaissons pas d’adresse spéciale à vous indiquer. — MUe T., à Nancy. Pour les vers des meubles, nous avons indiqué plusieurs recettes dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cle. — M. V. R., à Nice; M, G. V., à Nemours. Consultez le ipême petit livre que ci-dessus. — M. Chevrier, à Paris; M. L. Carqueja, à Porto ; M. Perry-Duffay, à Dijon ; M. X. Vaucher, à Lons-le-Saulniec; M. F. L., à Auch; M. Raoul Hervineau, à Fon-tenay-le-Comte. Nous donnons plus haut les adresses que vous demandez.
- Bans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne's’engage en aucune façon à répondre à toutes les questionSy-ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS*
- Cruche de ménage à. fermeture hermétique. —
- Les découvertes de Pasteur ont donné naissance à de nom-kreuses industries et la stérilisation est aujourd’hui entrée dans nos mœurs. Les avantages d’une fermeture hermétique sont universellement reconnus. Aussi, le nouveau cruchon de ménage trouvera-t-il son emploi dans bien des cas. Qu’il s’agisse de conserver du lait, de la bière, du cidre ou tout autre liquide à l’abri du contact de l’air, il fournira un moven simple et pra-
- Cruche de ménage à fermeture hermétique.
- tique de réussite complète. De plus, ce cruchon possède l’avantage d’un bel aspect décoratif et, fabriqué en faïence de première qualité émaillée à l’intérieur et à l’extérieur, il est d’une propreté parfaite et très facile à nettoyer. Le couvercle également en faïence émaillée est garni, à sa partie intérieure, d’une rondelle en caoutchouc qui s’applique sur l’encolure du vase et provoque ainsi une fermeture hermétique. Pour fermer le couvercle, on rabat l’anneau et en même temps le levier, on accroche l’anneau à l’épaulement du vase et on relève le levier que l’on rabat ensuite sur le couvercle. Ce levier est monté sur un excentrique qui serre le couvercle au moment voulu. — Le concessionnaire de cet objet est M. Kratz-Boussac, 5, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Lampe de poche & acétylène. — Parmi les innombrables systèmes de lampes à acétylène, aucun n’a supprimé le
- Lampe de poche à acétylène. — i. Vue d’ensemble. — 2. Détail du cornet renfermant le carbure de calcium. — 5. Coupe intérieure de la lampe.
- grave inconvénient que constituent l’odeur du carbure et l’ennui de la manipulation de cette matière. Aussi l’emploi de ces
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nou* velles scientifiques est étrangère aur annonces.
- lampes a été réservé presque exclusivement aux cyclistes qui, marchant en plein air, pouvaient seuls s’en servir sans s’incommoder. Il s’est trouvé un inventeur, M. Ch. Bertet, de Lyon, qui, d’une façon aussi simple qu’ingénieuse, a remédié à cela, et a pu construire une véritable petite lampe de poche pouvant servir aussi bien aux cyclistes, que pour lire en chemin de fer, en voiture et partout. Cette lampe (n° 1) est formée par un tube de 12 centimètres de longueur et d’un diamètre de 25 millimètres. Le bouchon vissé g est relié par un petit tube de caoutchouc fe à un bec en stéatite d placé dans un réflecteur étoilé h (n° 3). Le carbure est renfermé dans des petits cornets de papier imperméable (n° 2) cachetés aux deux bouts, évitant ainsi toute odeur. Ces cornets ont la forme d’un gros cigare et s’emportent facilement dans la poche. 11 suffit de remplir à moitié le tube d’eau, de casser le bout du cornet a à 3 millimètres de l’extrémité, de percer un petit trou avec le poinçon c dans la partie inférieure b au-dessous du cachet et de plonger ensuite le cornet, la pointe en bas, dans le tube, que l’on referme en revissant le couvercle. Une seconde après on peut allumer la lampe qui donne un bon éclairage pendant une heure environ. Cette petite lampe, si facile à faire fonctionner et de dimensions si réduites, est susceptible de rendre quelques services à l’occasion. Elle intéressera surtout ceux qui ne sont pas familiarisés avec l’acétvlène; son prix modique de 3tr,75 au détail la met à la portée de toutes les bourses. Les résidus du carbure restent enfermés dans le cornet, de sorte que la lampe n’est jamais sale et ne demande aucun nettoyage, ni entretien. — Celte lampe se trouve à la même adresse que l’appareil précédent. j
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Liquide parfumé h détacher. — La publication allemande Neueste Erfindungen und Erfahrungen donne la recette suivante pour une liqueur à dégraisser à base ‘d'ammoniaque, et cependant parfumée. On prend 160 parties, d’esprit de sel ammoniac, puis 30 de savon finement râpé, 10 de borax, 15 d’eau de Cologne, et enfin on ajoute assez d’eau distillée pour faire 460 parties de liquide.
- Contre le mal de mer. — On préconise actuellement qn Allemagne contre le mal de mer un double remède bien simple : prendre à l’intérieur du calomel et porter des lunettes à verres rouges. Pour recommander l’emploi de ces verres, on s’appuie sur les recherches d’Epstein au sujet de l’influence des couleurs sur la circulation dans les vaisseaux sanguins du cerveau : le mal de mer proviendrait d’une circulation insuffisante dans le cerveau, et le rouge rappellerait le sang à l’encéphale. Pour se guérir radicalement de ce malaise si gênant èt même si pénible, il suffirait donc de fixer un point, pendant un certain temps, à travers des lunettes à verres rouges. !
- Pour re7idre visibles les fines craquelures des outils. — Il est souvent important de pouvoir reconnaître les petites fissures qui se produisent dans le métal des outils. Pour cely, on recommande de mouiller avec du pétrole la surface craquelée, puis on frotte, on essuie au chiffon et l’on frotte à nouveau, mais avec de la craie. Le pétrole qui avait pénétré dans les fissures en ressort bientôt, et la trace en est nettement accusée par la craie.
- Pour purifier l’air des ateliers. — Nous trouvons, dans Kraft und Licht, la formule d’un liquide à pulvériser dans les ateliers et autres espaces clos où vivent un grand nombre de personnes, afin d’en purifier l’air. Dans un litre plein d’eau de pluie, on verse une cuillerée à soupe d’essence de térébenthine, et on secoue jusqu’à ce que le liquide prenne l’aspect laiteux, la térébenthine se mettant en suspension sous forme de fines gouttelettes; auparavant on a versé (sans que cela soit nécessaire) quelques gouttes d’acide acétique dans la térébenthine. Quand le tout est mélangé, on'le pulvérise dans la pièce i cela donne une excellente impression de fraîcheur, et il sa répand une odeur excellente.
- Plus de chevaux poussifs. — Il paraîtrait qu’on ignore en Norwège ce que c’est qu’un cheval poussif; et cela tiendrait tout simplement à ce que chaque animal, quand il mange, a toujours un seau d’eau à sa disposition. De la sorte, il prend alternativement une bouchée de foin et une gorgée d’eau.. Cela donne les meilleurs résultats.
- Nettoyage des articles en télé émaillée. — Un de nos abonnés nous a signalé quelques détails qui pourront être utiles à nos lecteurs. Depuis quelques années, on emploie dans un tr£s grand nombre de ménages dès articles en tôle entaillée.'
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Au bout d’un certain temps d’usage, ces articles se tachent et il est fort difficile de les nettoyer, en même temps que de leur enlever l’odeur sui generis, que l’usage leur a communiquée. Des lessivages aussi bien faits que possible ne peuvent y parvenir. Il suffit pour arriver à un très bon résultat d’opérer comme suit. On remplit le vase d’eau. A cette eau, on ajoute 50 à GO gr. d’ammoniaque liquide du commerce et on laisse en contact 1 à 2 heures en ayant soin de frotter les parois du vase avec un petit balai.
- Au bout de ce temps l’eau ammoniacale est jetée, le vase rincé à l’eau claire et rempli à nouveau.
- On y ajoute alors 10 grammes environ de permanganate de potasse et environ 10 à 20 gr. d’acide sulfurique.
- On laisse en contact 5 à G heures. Au bout de ce temps, le vase est vidé, rincé à l’eau claire et présente un aspect brunâtre dû à l’oxyde de manganèse qui s’est déposé sur les taches.
- On verse alors dans le vase, 20 à 50 grammes de bisulfite de soude environ, 1/2 litre d’eau et on frotte les parois avec un
- petit balai. En quelques minutes le vase revient à l’état de neuf, toutes les taches ont disparu et il n’a plus aucune odeur. Ce point est précieux pour les seaux à toilette qui sont si rapidement encrassés et sentent si fort. Ce procédé est applicable aux éviers et aux cuvettes des cabinets. Le jour même où l’on nettoie les ustensiles du ménage, on met sur le trou de l’évier ou au fond de la cuvette, un vieux journal plié en 5 ou 6 qui suffit pour faire soupape et on y verse dedans au fur et à mesure les liquides contenus dans les seaux.
- On obtient ainsi un nettoyage parfait, une désinfection absolue pour une somme des plus minimes.
- Les réactions sont les suivantes :
- L’ammoniaque saponifie les matières grasses déposées sur les parois destinées à être nettoyées.
- Le permanganate, aiguisé d’acide sulfurique, attaque et oxyde les substances organiques dégraissées.
- Le bisulfite à son tour enlève l’oxyde brun de manganèse et les substances organiques oxydées.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1>U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 juin. . . . 13*,2 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Quelques nuages à 15-16 h. ; beau avant et après.
- Mardi 13 12°, 3 N. 3. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 8 h. ; puis nuageux ; couvert après 10 h. jusqu’à 15 h. ; puis nuag. ; beau après 21 h.
- Mercredi 14 11°,0 N. N. E. 3. Peu nuageux. 0,0 Quelques nuages jusqu'à 7 b. ; puis nuageux ; beau après
- Jeudi 15 10°,1 N. 2. Couvert. 0,0 Couvert de 4 à 7 h. et nuag. jusqu’à 17 h. ; beau le reste du temps ; halo.
- Vendredi 16 12-,2 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Nuageux ue 14 à 20 h. ; beau avant et après.
- Samedi 17. .... . 13°,3 N. 2. Nuageux. 0,0 Couvert de 4 à 6 li. puis nuag. jusqu’à 16 h. ; beau le reste du temps.
- Dimanche 18 .... 17°,3 N. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 9 n. ; nuag. ensuite ; pluie à partir de 23 h. ; brumeux ; halo.
- JUIN 1899 -- SEMAINE DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 JUIN.
- Lundi
- Mardi
- Jeudi
- Mercredi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- MIS. 6 MIL' 6 MIN s M.L> 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIC 6 MIN 6 viC
- ISSS5S
- «sssssssbiz?':
- I555E
- La courbe supérieure indique la nébulosité de O à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boute mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tempêtes en Amérique. — Ou nous écrivait de New-York, à la date du 13 juin, qu’un tornado d'une grande violence s’était abattu dans la nuit sur le Wisconsin et le Minnesota. Un grand nombre de maisons ont été détruites. Le nombre des victimes a été considérable.
- A New-Richmond (Wisconsin), l’ouragan a fait 150 victimes.
- Plusieurs personnes ont été tuées durant une représentation au Cirque.
- Après le passage du cyclone, un grand nombre de maisons ont été incendiées.
- Les villes de Hastings (Minnesota) et de Hudson (Wisconsin) ont été également très éprouvées. Les communications télégraphiques ont été interrompues.
- Dans la soirée du 13 juin, un tornado s'est abattu sur Herman (Nebraska). Il n’a épargné aucune maison de la ville et beaucoup d'habitants ont été blessés. Ou a retrouvé douze cadavres, mais le nombre des victimes a dû être plus élevé.
- On signalait également des ouragans d’une violence extraordinaire dans
- l’est du Steliraska et dans l’ouest du lowa. L’atmosphère était saturée de charges électriques, et il est tombé, dans certains endroits, une grande quantité d’eau.
- I.a pluie et les orages. — A la date du 11 juin, des mouvements orageux ont passé dans le midi de la France (Toulon, 759 mm.). Le vent a été faible ou modéré de l’est avec mer généralement belle. Des orages ont été signalés en Autriche et vers notre littoral de la Gascogne. Des pluies sont tombées, le 12 juin, sur les pays du nord. Des orages ont eu lieu eu Gascogne et vers le golfe du Lion. La température a été en hausse. Le thermomètre marquait 6® à üléaborg, 15° à Paris, 23° à Alger. Les jours suivants, une dépression assez importante s'est formée près du golfe de Gènes, où le baromètre a baissé de 770 mm.
- Des pluies ont été signalées sur le centre et le sud du continent; en France, des orages ont été observés dans le Midi. On a recueilli 7 nnn. d’eau à l'Aigoual, 2 à Perpignan et à Riarritz. La température s’est abaissée sur nos régions. Le 14 juin, dans la matinée, le thermomètre marquait 8® à Dodœ, 11° à Pans, 14° à Moscou, 26® à Alger.
- PHASES DE LA LUNE : P, Q. le 16, à 9 h. 56 m. du matin.
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- M. J. LAFFAROUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— La Société nationale d’Acclimatation de France a tenu dimanche 25 juin sa 56e séance publique annuelle sous la présidence de M. le Myre de Vilers. Parmi les récompenses décernées nous relevons Tes suivantes : Grandes médailles d’argent : Frère Abel, supérieur des Frères de l’Instruction chrétienne à Ploërmel IMorbihan); Gomte de Chabot, à Mouchamp (Vendée); M. J. Cossar Ewart, professeur à l’Université d’Edimbourg; M. Eugène Bizeray, à Saumur; M. P. Mouillefert, professeur à Grignon, etc.
- M§M La médaille d’or pour la colonisation a été attribuée à M. le général Gallieni, gouverneur général de Madagascar; la grande médaille d’argent au R. P. Bichet, supérieur de la mission des Pères du Saint-Esprit au Fernan-Vaz (Congo français), etc.
- —On a inauguré le mardi 27 juin le pavillon Georges Ville au Muséum d’histoire naturelle sous la présidence ' de M. Liard, directeur de l’Enseignement supérieur et de M. Milne Edwards, directeur du Muséum. Ce pavillon se trouve au Jardin des Plantes à la suite des nouvelles galeries de paléontologie.
- —®)— La Société des Ingénieurs civils, présidée par M. Dumont, a fait une visite aux chantiers de l’Exposition le 29 juin. MM. de Nansouty et da Uunha ont dirigé cette visite intéressante suivie d’un déjeuner confraternel à la Tour Eiffel. On a porté de nombreux toasts au succès de l’Exposition de 1900.
- *—®— Dimanche 25 juin ont eu lieu à Lorient les fêtes d’inauguration de la statue de Dupuy de Lôme, l’illustre ingénieur, duquel on peut dire qu’il révolutionna l’art des constructions navales. On lui doit .le premier vaisseau à vapeur rapide, le Napoléon qui fila 14 nœuds et ht son apparition dans la flotte anglo-française au début de la guerre de Crimée. La vitesse de 14 nœuds était inconnue à cette époque pour les navires de guerre. On lui doit la première frégate cuirassée la Gloire, ce type nouveau qui devait être copié ensuite par toutes les nations. La Bretagne a bien fait de rendre un hommage mérité à l’un de ses enfants, qui a honoré notre pays.
- —®— L’exposition des dessins du concours pour le diplôme de l’Exposition a eu lieu du 18 au 25 juin, à la galerie des Machines, au Champ-de-Mars. Cent neuf concurrents se sont présentés. Le jury s’est réuni le 19 juin, à 10 heures du matin, afin de procéder à la désignation des cinq esquisses dont les auteurs seront admis au concours du second degré. Voici, par ordre alphabétique, les projets qui ont été retenus : MM. A. Besnard et Vaudover (n° 43) ; Camille Boignard (u° 99); Diogène Maiilart (n° 91); Michel Lançon (n° 12) ; Rosset-Granger (n° 58j. Parmi ces esquisses, l’une recevra la première récompense, soit 10000 francs, et sera exécutée; les quatre autres recevront chacune une prime de 1000 francs.
- —®— Par décision du 18 juin 1899 le sous-secrétaire d’Etat aux postes et télégraphes a" arrêté, qu’à l’avenir certains réseaux téléphoniques de province reliés respectivement à la capitale pourraient échanger des communications, le bureau principal de Paris servant d’intermédiaire. A partir du 1er juillet prochain les villes de Bordeaux, Saint-Etienne, Orléans, Lille, Lyon, Rouen," le Havre et quelques autres pourront, à des heures déterminées de jour ou de nuit, selon les nécessités de l’exploitation, communiquer entre elles en passant par Paris. Le tarif interurbain récemment abaissé sera applicable à ce genre de Communications, de sorte que le prix maximum de l’unité de conversation n’excédera jamais 3 francs, quelle que puisse être la distancé entre les villes mises en relation.
- . —M. le Commissaire général de l’Exposition universelle de 1900 a institué un Congrès international de mécanique appliquée.
- La même décision a constitué la Commission d’organisation; M. Haton de la Goupillière a été élu président de cette Commission. Le Congrès s’ouvrira le 19 juillet 1900 et durera une semaine, non compris le dimanche. La cotisation est fixée à 25 francs. Les renseignements complémentaires relatifs au Congrès de mécanique appliquée seront fournis par le Secrétariat de la Commission, qui est établi en l’hôtel de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, 44, rpe de Rennes, à Paris.
- —%— L’arrosage de Paris pendant la belle saison est absolument défecteux, à tel point que Ion pourrait avancer qu’il y a toujours de la boue dans les rues qu’il pleuve ou qu’il ne pleuve pas. Au Bois, les cantonniers lancent tant d’eau que les avenues sont souvent impraticables. Tout le monde s’en plaint, les bicyclistes surtout. Il y a dans cette direction une réforme à demander. Les ingénieurs du service municipal se sont préoccupés de cette question de l’arrosage de nos voies publiques. Peut-être sommes-nous à la veille d’une solution. Au système actuel d’arrosage à la lance, on va essayer de substituer des machines à pulvérisation d’eau. Les expériences déjà entreprises sont encourageantes. Le type adopté par M. Defrance, directeur des travaux, est une automobile électrique à laquelle est attelée une balayeuse ordinaire supportant un réservoir d’eau. Grâce à un procédé inventé par MM. Thomas et Le-rocher, ingénieurs municipaux, l’eau est pulvérisée et forme avec la poussière une sorte de sciure non boueuse que balaye l’arrière-tram de la voiture. L’administration compte mettre en service, peu à peu, 300 de ces balayeuses-arroseuses qui remplaceront lés 800 balayeuses et tonneaux actuellement eh usage. .
- —§— Deux autres décès causés par la peste se sont produits à Alexandrie à la date du 20 juin parmi les indigènes. Le total des cas de peste à ce jour était de 34. Il y a eu 13 décès et H guérisons.
- M§)— Dans la nuit du 21 au 22 juin, la neige est tombée eh abondance sur les montagnes de la Cerdagne et dans la vallée de Carol, non loin de Bourg-Madame (arrondissement de Prades). La neige arrivait jusqu’au village de Porta. Le bétail qui est aux pacages a souffert beaucoup de cette tempête de neige, notamment sur les montagnes de Porta et d’Andorre.
- —g)— Un jeune lion de mer est né le 18 juin au Jardin zoologique d’acclimatation et a reçu le nom de « Mireille ». Depuis 1893 chaque année un jeune otarie vient au monde au Jardin zoologique d’acclimatation du bois de Boulogne. Le jeune lion de mer a passé ses premières journées dans la grotte du rocher où il est né. Il accompagne maintenant sa mère au dehors; la sollicitude de celle-ci pour son petit intéresse vivement les visiteurs.
- M§)— Un grand concours régional de photographie, - organisé par la Société des sciences, lettres et art du canton de Rive-de-Gier, aura lieu du 16 au 24 septembre 1899, dans la grande salle des concerts de la ville de Rive-de-Gier. Sont admis à prendre gratuitement part à ce concours, tous les amateurs photographes des départements de la Loire, du Rhône, de l’Ain, de l’Isère, de la Drôme, de l’Ardèche, de la Haute-Loire, du Puy-de-Dôme, de l’Ailier, de Saône-et-Loire, de la Savoie et de la Haute-Savoie. Un prix d’ensemble de valeur artistique sera affecté à l’envoi le plus remarqué de l’Exposition. Il sera affecté en outre à chaque section un grand nombre de prix consistant en palmes, médailles de vermeil, d’argent et de bronze, en objets d’art, en appareils et produits photographiques et un certain nombre de mentions de mérite. La date extrême d’inscription est fixée au 15 août 1899. Pour avoir des renseignements précis, demander le programme et règlement du concours à M. le secrétaire adjoint de fa Société des sciences, lettres et arts du canton de Itive-de-Gier, 12, rue de Lyon, à Rive-de-Gier»
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — MM. les professeurs P. Tacchini et A. Ricio, à Catania, nous adressent une brochure qui a pour titre Memorie délia società degli spettroscopisti italiani»
- Renseignements. — M. P. Guillemaud, à Paris. — 1° Nous ne pouvons vous indiquer de livres à ce sujet. — 2° L’adresse de M. Martel est 8, rue Ménars, à Paris.
- M. L. Pointé, h Nullv. — 1° Cette adresse a été donnée dans notre dernier numéro. — 2° Remerciements. — 3° 11 faut encore attendre.
- M. G. F., à Marseille. — 11 faut demander ces renseignements directement à l’Office de publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. DuWeuil, à' Versailles. — Ce moteur est à 4 temps, comme la plupart des motéurs connus jusqu’ici.
- M. Somellera, à Mexico. — Pour la machine à faire les cartouches, que nous avons décrite dans le n° 1300 du 50 avril 1898, p. 344, il faut s’adresser à M. Bellan, 157, avenue de Yilliers, à Paris.
- M. J. Bernard, à Avignon. — Il existe sur ce sujet des notices du Dr Gilbert, à la librairie Masson et Cie. Nous décrirons ultérieurement les procédés employés pour la fabrication de ces extraits.
- M. A. Sèbe, à Meaux. — Ces adresses ont déjà été indiquées dans notre dernière Boîte-aux-lettres.
- M. P. André, à Paris. — 1° Nous ne croyons pas que le marbre puisse se travailler au tour. — 2° Non, ce fait n’est pas exact.
- M. A. Guillot, à Marseille. — Vous trouverez des peintures phosphorescentes chez M. Menitz, 37, passage Jouffroy, à Paris.
- M,. C. Sozolowski, à Howory (Russie). — Vous pourrez vous procurer des appareils pour le forage de trous de mines chez M. Lippmann, 47, rue de Chabrol, et chez M. Hermann-Glaenzer,
- 1, avenue de la République, à Paris.
- M. F. Teisserenc, à Ceilhes. — Girouettes : M. Lebœuf, 37, avenue de Saint-Mandé, Val d’Osne; 58, boulevard Voltaire, à Paris.
- M. Pierson, à Paris. —Le liquide spécial de cet indicateur de pôles est formé de glycérine, d’azotate de potasse et de phtaléine du phénol. Vous trouverez la composition exacte dans -les Recettes de l'électricien de M. E. Hospitalier, à la librairie Masson et Cie. .
- L’abonné 7557, à Smyrne. — Nous ne pensons pas que le traitement suivi soit bien efficace.
- M. E. Fabre, à Bizanet. — Glacières pratiques : M. Schaller, 332, rue Saint-Honoré; M. Ch. Lambert, 73, rue Turbigo; M. Raoul Pictet, 16, rue Grammont, à Paris.
- M. D. Lerens, à Paris. — La résistance électrique d’un conducteur est proportionnelle -à sa longueur et à un facteur spécial suivant la nature du métal employé, et en raison inverse de sa section. On compte qu’un fil de 1 millimètre carré de section et de 1 mètre de longueur a une résistance de 0,02 ohm.
- M. Dumont, à Lyon. — Il est nécessaire de faire faire l’analyse complète par un chimiste pour être fixé complètement sur la composition de cette matière.
- M. E. Penot, à Paris. — Nous avons donné la composition exacte du sturm-glass dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie.
- M. L. Bertrand-Belval, à Nîmes. — Nous ne connaissons pas le nouveau combustible dont il s’agit; mais nous ne pensons pas que l’on obtienne les résultats dont il est question.
- M. Dupont, à Brest. — Nous vous conseillons de faire des essais complets de durée et de consommation sur cette machine. On installe un frein, on met la machine en marche, on note la puissance indiquée, le temps de marche et la consommation de charbon. Vous pouvez ainsi déduire la dépense de charbon par cheval-heure. Mais il importe de poursuivre l’essai
- pendant plusieurs heures de suite à pleine charge, et d’examiner le fonctionnement de toutes les parties de la machine. Nous vous conseillerons également de faire d’autres essais à puissance réduite.
- M. D. R., à M. — La recette que nous avons publiée est exacte ; elle a déjà donné de bons résultats à plusieurs opérateurs.
- M. J. L ., à Paris. — Il faut vous renseigner à l’adresse que nous avons indiquée ; nous n’avons pas d’autres détails.
- M. jP. Gimont, à Nancy. — Nous ne comprenons pas votre question ; vous devez oublier de parler de la longueur.
- M. Jolly, à Enghien. — On ne peut juger un appareil d’après des plans et des calculs; il faut que l’appareil soit construit et soumis à des expériences.
- M. Grin, à Paris. — Le cheval vaut 75 kilogrammètres par seconde, et 756 watts. Le Poncelet a une valeur de 100 kilogrammètres pa seconde.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Marias, à Auriac. Regrets de ne pouvoir vous renseigner. — M. M. Neyret, à Genay. Votre lettre a été envoyée. — M. Dubois, à Lille. Il ne nous est pas possible de nous charger de ces commissions. — M. D. M., à Blois; M. Lelong, à Marseille; M. Dumart, à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. D. G„ à Paris; M. L. K., à Paris. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — M. Ludovic Leblois, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Elixir dentifrice antiseptique.
- Salol..................
- Alcool à 90°...........
- Essence de badiane. . Essence de géranium . Essence de menthe. .
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- L'orthoforme.
- J’ai déjà signalé l’emploi de ce nouvel agent comme anesthésique local dans les affections chroniques de la gorge et du larvnx, ulcères douloureux amenant de véritables angoisses à chaque mouvement de déglutition. On l’a employé également dans nombre d’autres lésions douloureuses, superficielles ou profondes.
- Dans la rage de dents due à la carie dentaire, l'orthofonne donne des résultats surprenants. H suffit d’en préparer une sorte de pâte avec’un peu de glycérine, ou de prendre une solution alcoolique, d’en imbiber un fragment d’ouate et de l’introduire dans la cavité dentaire. La douleur cesse très rapidement et est apaisée pendant assez longtemps.
- Employé à ces petites doses, l’orthoforme n’est pour ainsi dire pas toxique ; il n’en est pas de même si l’on s’en sert en grande quantité, pour des plaies étendues, anfractueuses, pour des brûlures. On a signalé dans des cas de ce genre des phénomènes d’intoxication analogues à ceux que détermine l’iodo-forme à hautes doses, nausées, vomissements, céphalalgie, puis apparition d’érythèmes; les accidents disparaissent ën peu dë temps avec le nettoyage des plaies.
- Les pommades à l’orthoforme conseillées pour calmer le prurit, amènent en effet la cessation rapide des démangeaisons, mais elles provoquent parfois des éruptions prurigineuses elles-mêmes et très rebelles. Il faut donc se garder d’employer ce médicament à la légère; il faut éviter de s’en servir comme pansement de grandes surfaces; mais pour une dent, pour une gerçure du sein, pour une petite plaie, la toxicité n’est pas à redouter. Dr X....
- Contre les morsures et piqûres d’insectes.
- Dans les cas légers, il suffit de laver la petite blessure avec de l’ammoniaque dilué, de l’eau de Cologne ou de l’alcool camphré. Mais voici des préparations beaucoup plus actives que recommande M. Combes. La première formule est composée de 10 grammes de chloroforme, d’un peu d'acide formique et de 50 centigrammes de menthol; la seconde formule comprend 50 grammes d’ammoniaque liquide, 10 de collodion et 1 d’acide salicylique.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieuxJes ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes . les Questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison j
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’aprôs les publications du Bureau des longitudes
- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1899. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- • Cocher
- Persée
- Moue he
- Bélier
- NE PTUNE
- fiSept.
- \ Sept.
- L. r
- Poissons
- PetitChien
- Orion'
- Baleine
- Coupe •
- Lièvre
- Grand/Chien
- XM
- 1 Sept. 21 11 XJ
- Passage nu mérictie:
- Herculs
- Dauphin
- Pbissons
- hiucus
- Aigle et A aLinoüs
- NlIlRCUREn
- Verse
- Serpent
- JUPITER
- lOct-
- URANUS
- SATUR 4E
- orpio
- Sagittaire
- Posson Austral
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Planètes et des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1899 Nom de l’astre. Grandeur. Immersion. Temps moyen. Émersion. Temps moyen.
- Juillet 3 7102 Lalande. 6,5 ’ >12 h. 44 m, 9 13 h. 34 m, 2
- 3 32 Taureau. 6,0 15 h. 0 m, 1 15 h. 51 m, 1
- 10 h Lion. 5,1 8 h. 42 m, 0 Appulse 1 l't du bord.
- 19 5709 B.A.C. 6,3 8 h. 18 m, 8 9 h. 29 m, 1
- 19 26 Ophiuchus. 6,1 5,9 8 h. 21 m, 3 9 h. 37 m, 7
- 20 7 Sagittaire. 7 h. 48 m, 4 8 h. 52 m, 8
- 20 9 Sagittaire. 6,0 8 h. 14 m, 4 9 h. 27 m, 6
- 23 41246 Lalande. 6,8 11 h. 12 m, 0 Appulse b l'I du bord.
- _ 24 7717 B.A.C. 6,8 8 h. 59 m, 9 9 h. 59 m, 9
- 31 8643 Lalande. 6,5 14 h. 6 m, 1 14 h. 49 m, 2
- Août 2 [A Gémeaux. 3,2 14 h. 18 m, 9 Appa'je à 0'9 do bord.
- 14 28 414 Lalande. 6,1 8 h. 39 m, 8 9 h. 51 m, 2
- 17 6343 B.A.C. 6,1 7 h. 50 m, 9 8 h. 29 m, 4
- — 18 f Sagittaire. 5,2 10 h. 39 m, 0 11 h. 47 m, 7
- 18 57 Sagittaire. 6,1 13 h. 50 m, 6 14 h. 34 m, 3
- 19 7145 B.A.C. 6,2 6 h. 57 m, 3 7 h. 59 m, 4
- . 20 42160 Lalande. 6,3 7 h. 7 m, 5 8 h. 5 m, 5
- — 21 x Verseau. 1 L etoile est sous l’horizon. 5,2 8 h. 28 m, 0 Appolse 1 l'i d* bord.
- Août 22 16 Poissons. 5,8 9 h. 26 m, 3 10 h. 23 m, 5
- 22 19 Poissons. 4,9 15 h. 12 m, 0 16 h. 19 m, 9
- 23 177 B.A.C. 6,7 -15 h. 15 m, 4 16 h. 17 m, 8
- — 26 T® Bélier. - 5,0 -12. h. 12 m, 0 13 h. 8 m, 9
- — 26 65 Bélier. 5,8 13 h. 4 m, 7 13 h. 53 m, 6
- ' 27 1289 B.A.C. 6,0 9 h. 58 m, 9 10 h. 50 m, 4
- — 27 u* Taureau. 4,5 16 h. 36 m, 8 17 h. 23 m, 6
- — 27 u* Taureau. 6,2 17 h. 0 m, 8 18 h. 21 m, 5 <
- — 29 7) Gémeaux. var. 16 h. 17 m, 9 17 h. 35 m, 3
- — 30 Ç Gémeaux. var. 15 h. 7 m, 9 16 h. 2 m, 4 ;
- •Septembre 12 39 Ophiuchus. 5,5 8 h. 56 m, 5 9 U. 44 m, 4 •
- — 17 7717 B.A.C. 6,8 6 h. 25 m, 1 7 h. 29 m, 2 >
- 23 A1 Taureau. 5,0 15 h. 48 m, 3 16 h. 29 m, 8
- — 23 A* Taureau. 6,5 16 h. 30 m, 3 Appulse A 3'2 do bord.’
- Satellites de Jupiter. ,
- OCCULTATIONS.____ ÉCLIPSÉS.
- 1899. Satellites. Immersion. Émersion. Commencement. Fin. >
- Juillet 7 I 9 h. 47 m.
- — 13 III 8 h. 36 m. 26 s. 10 h. 3 m. 33 s.
- — 16 I 9 h. 34 m. 39 s.
- — 18 11 9 h. 22 m. 43 s.
- — 20 111 9h. 12m.
- — 25 II 9 h. 28 m. 9 h. 44 m. 35 s.
- Août 15 I 8 h. 20 m.
- — 26 11 7 h. 10m. '
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- . NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Empois-glaçage pour le linge. — Il s’agit de formules américaines, et on sait quelle réputation ont les Américains en la matière. Les substances pour lustrer sont à l’état de poudre ou de liquide. Comme poudre, on peut mélanger 8 parties de borax pulvérisé avec 1 partie d’amidon de pomme de terre ; puis, pour préparer l’empois, on ajoute une cuillerée à café de ce mélange à chaque cuillerée à bouche, et bien pleine, d’amidon ordinaire. On emploie de même une poudre faite de 4 parties d’amidon ordinaire, d’une de borax en poudre et d’une de blanc de baleine pulvérisé. Un procédé tout à fait différent consiste à prendre 3 parties de talc en poudre et
- une de savon en poudre; on trempe un linge de flanelle bien propre dans le mélange et on frotte soigneusement l’endroit du linge empesé comme de coutume; puis on repasse suivant l’usage. Pour obtenir un empois liquide, on peut prendre 340 grammes d’èau, 3,5 grammes de glycérine, autant d’huile de térébenthine et de borax, enfin 56 grammes d’amidon. On commence par délayer l’amidon avec une certaine quantité d’eau, de manière à en faire une pâte un peu fluide et sans grumeaux, puis on ajoute le reste de l’eau, dans laquelle on a fait préalablement dissoudre le borax : on met ensuite la térébenthine et la glycérine. Pour employer ce composé, on en verse une cuillerée à bouche par chaque cuillerée bien comble d’amidon sec qu’on dissoudra pour un empesage.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1)U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 juin. . . . 14%5 S. S. E. 2. Couvert. 9,2 Couvert le matin; éclaircies le soir; pluie jusqu’après 5 h. et de 9 h. 15 à 50 m ; halo.
- Mardi 20. << ... . 16",5 S. E. 2. Couvert. 0,7 Très nuageux ; pluie à diverses reprises ; orage au S. de 16 h. 38 à 18 h. 12.
- Mercredi 21 16",4 S. W. 2. Nuageux. 3,9 Très nuageux jusqu’à 8 h. ; couvert ensuite ; halo ; goût, dans l’après-midi.
- Jeudi 22. i t ... . 14»,1 W. 2. Couvert. 2,9 Couv. ; pluie de 3 h. à 22 h.et averse à 24 ti.
- Vendredi 23 15",0 N. N. W. 3. Couvert. 14,5 Couvert le matin; très nuageux le soir; averse vers 2 h.
- Samedi 24. «... . 14",3 S. W. 1 Couvert. 0,0 Nuageux jusqu’à 6 h. ; puis couvert; très nuageux après 17 li. ; quelques averses.
- Dimanche 25 . . . . 15",4 N. W. 2. Peu nuageux. 0,4 Très nuageux; très brumeux surtout le matin. 1
- JUIN 1899 -- SEMAINE DU LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 JUIN.
- I Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | . Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à labri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- In orage à Paris. — Un violent orage s'est abattu sur Paris le 20 juin 1899. A 5k 18", on observa un obscurcissement dû au passage rapide de nuages de pluies courant très bas dans l'atmosphère. Les premières gouttes ont été observées à a1' 20, .et la pluie tombait torrentielle presque aussitôt. Le premier coup de tonnerre entendu à la tour Eiffel a retenti à 5h 21, paraissant venir du sud-ouest, d'où les nuages arrivaient avec rapidité. A partir de ce moment, les coups de tonnerre se sont succédé à un peu moins d’une minute d'intervalle. On en a compté quatorze bien caractérisés et plusieurs des éclairs furent très intenses. .L orage a paru passer au-zénith à 5k 33. A cette heure, l’intervalle le plus court entre l'éclair et le coup de tonnerre a été de 16 secondes. L’orage en passant sur Paris a pris une direction nord-est, mais avec des ramifications vers d’autres points. La pluie, qui a été torrentielle, s’est terminée à 5* 50, taudis qu'il pleuvait encore à 1 ouest-sud-ouest. La température avant la venue de l'orage était de 25°.5 et comme la baisse thermométrique pendant l’orage a été de 9° 2/10, la température, quand il prit tin, se trouva abaissée à 16° 5/10. Quant à l'humi-.dité (état hygrométrique de l’air), elle est montée rapidement de 43 centièmes à 80 centièmes. Le pluviomètre a enregistré 27““,5 de hauteur d’eau. . Un grand nombre d'accidents sont survenus à la suite de cet orage. Dès le premier moment on signala, à la préfecture de police et à l'état-major des sapeurs-pompiers, des accidents, rue. d’Ilauteville, où l’eau avait envahi les fondations d une maison en construction ; quai des Grands-Augustins, où un éboulement s’était produit sur la chaussée, en face du numéro 45; à l'Hôtel de Ville, dont les caves furent en partie noyées ; rue de Bellièvre, où les égouts, obstrués, amenèrent l'inonuation des caves de cinq maisons ; rue
- Saint-Médard, où un immeuble, menaçant ruine, dut être évacué. Des pompes furent immédiatement envoyées sur ces différents points. D’autres accidents furent encore signalés : rue Pascal, où la maison portant le n* 20 a dù être étayée ; rue Saint-Florentin, rue Saint-lloch, rue du Chemin-Vert, rue Broca, etc., où les caves furent envahies par les eaux.
- Le service des trains, sur la ceinture Nord, dut èti’e suspendu momentanément, les voies étant entièrement couvertes d’eaü. L'accident le plus grave s’est produit, rue de Lyon, dans les chantiers de construction du Métropolitain, où sont occupés, jour et nuit, près de 300 Ouvriers: L’orage avait atteint sa plus grande violence lorsqùe, tout à coup, à 1’anglè delà rue de Lyon et de l'avenue Ledru-Ilollin, la chaussée s'effondra avec un bruit sourd, laissant béante une excavation de 100 mètres carrés de surface et de 3 mètres de profondeur. Une gerbe d’eau énorme, partie d’un dés angles de l’excavation, s’abattit ensuite sur les débris, les noya, puis envahissant la galerie du Métropolitain, transforma celle-ci en un véritable canal ; l’égout collecteur de la rue de Lyon vênait de se rompre, et ses eaux poussées avec une force irrésistible avaient eu quelques secondes miné et détruit la voûte, à peine achevée de cette partie du Métropolitain. Pendant quelques instants on put craindre que le désastre ne s’étendît encore, et que les fondations des inaisoiis voisines ne fussent menacées. L’eau gagnait peu à peu du terrain, et, dans le large fossé, s’écroulait à chaque minute une partie nouvelle de la chaussée. Les pompiers de la caserne de Chaligny intervinrent heureusement pour empêcher tout nouvel accident. Par un hasard extraordinaire, aucun des ouvriers qui se trouvaient dans le souterrain au moment où l’accident s’est produit né fut blessé.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 23,‘à 2 h. 29 m. du soir. •— — Solstice le 21, à 3 h. 54 m. du soir.
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- H° 1363 (8 juillet 1899), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —@>— Les mœurs changent. Signalons une innovation qui est presque une révolution dans les habitudes académiques. L’Académie de médecine a décidé en comité secret, dans sa dernière séance, qu’en 1899 il n’y aurait pas de séance du 1er août inclus au 12 septembre inclus. L’Académie prend un congé. Pendant cette période, se réunira une commission permanente, composée des membres du Bureau et du Conseil et de membres désignés à raison de un par section. C’est là du neuf. Il y a des années que cette mesure est réclamée. A l’Institut on la demande aussi, notamment à l’Académie des sciences. Du mois d’août à la fin de septembre les séances de l’Académie des sciences sont bien pauvres. Les quelques académiciens qui restent à Paris parlent devant des banquettes vides. On se réunit parce qu’il y a une tradition ; mais les séances durent dix minutes et l’on s en va comme on est venu. Le mouvement scientifique est suspendu. On voit que les académiciens sont en vacance ; on s’est demandé pourquoi l’Académie tout entière ne prendrait pas un ou deux mois de repos. Oh a objecté que l’Académie des sciences fonctionnait un peu comme un Bureau d’enregistrement des découvertes et qu’elle n’avait pas le droit de suspendre ses séances. L’Académie de médecine vient de répondre à cet argument. Il suffirait de l’imiter et de constituer un Bureau permanent qui représenterait l’Académie entière pendant deux mois. On peut souhaiter, pour les académiciens d’abord, et pour le personnel du Palais Mazarin, que, réflexion faite, l’Institut se décide aussi à prendre des vacances annuelles.
- —(g)—• C’est le 4 juillet que le soleil était le plus éloigné de la Terre. Sa distance maxima à notre planète varie un peu chaque année. Tantôt, elle est de 156000000 de kilomètres en chillres ronds, tantôt de 151 000 000 de kilomètres. En 1899, la distance maxima a été de 150983 700 kilomètres. Ces écarts annuels sont dus aux perturbations produites par Vénus, Mars et Jupiter. Nous allons entrer dans la période chaude de l’année bien que le foyer de chaleur soit le plus éloigné de notre globe. Mais on n’ignore pas que la chaleur versée sur la Terre dépend avant tout du peu d obliquité des rayons solaires et de la durée de la présence du soleil au-dessus de l’horizon. En ce moment le jour est encore de plus de 16 heures, tandis qu’en décembre où le soleil est le plus près de nous, il ne nous chauffe que pendant 8 heures. La différence est du simple au double.
- —!§)— On se souvient que M. AV. Pickering a récemment découvert un nouveau satellite à la planète Saturne. Selon son droit, il a été le parrain du nouvel astre. Il l’a baptisé du nom de Phæbé. C’est peut-être un tort, car pour tout le monde, excepté pour les astronomes, Phæbé représente la lune. Les poètes et ceux qui n’ont pas oublié leurs études classiques appelleront toujours la lune Phæbé. Il y aura des confusions. Mais, à vrai dire, il n’y aura guère que des astronomes pour s’occuper du neuvième satellite de .Saturne qui brille d’un bien faible éclat.
- —g)— Un banquet qui n’est pas banal à Nancy. Deux banquets même dans un tonneau. M. As. Fruhinsholz avant de boucher l’énorme foudre de 4200 hectolitres, destiné à l’Exposition, a réuni dans l’intérieur de ce tonneau les 142 ouvriers de la tonnellerie. Le second banquet a réuni les notabilités de la région, sous la présidence de M. Volland, sénateur. Ce colossal tonneau est couché sous un immense hallier dont son ventre atteint presque le sommet. Le poids total du tonneau est de 150000 kilogrammes. Il coûte 150000 francs. Avec ses assises et une galerie de couronnement, il aura 14 mètres de haut. Pour établir la salle du banquet, l’intérieur du foudre a été divisé horizontalement en deux parties égales séparées par un plancher. C’est dans la partie supérieure que les tables ont été dressées. Le dessous est inoccupé. Pour accéder à ce iplaneher on a construit un large escalier d'une vingtaine de marches ;
- les rampes en étaient ornées de verdure, de drapeaux, de cartouches tricolores aux initiales R. F. Une centaine de lampes électriques à incandescence y répandaient des flots de lumière. L’entrée de cette étrange salle à manger était éclairée par une énorme lampe à arc avec, de chaque côté, des oriflammes alsaciennes, la maison Fruhinsholz étant originaire de Strasbourg. Autour des trois grandes tables somptueusement servies, se sont assis plus de 100 convives.
- —®— A l’Exposition des Tuileries, à côté des Automobiles on a réservé une section pour l’Aérostation. On y a exposé les appareils de MM. Archdèacon et Lhoste pour les ascensions maritimes, les aérostats de M. Besançon, des treuils et appareils générateurs d’hydrogène pour ballons captifs de MM. Godard et Surcouf, l’appareil de chauffage par le gaz des aérostats (le thermosphère) de M. Aimé et différentes aquarelles représentant des nuages pris d’après nature par M. Dumoutet. En somme, quelques perfectionnements de détail, mais aucune nouveauté bien saisissante.
- —(§)— Le 29 juin, à 6 heures du matin, une explosion s’est produite, 161, boulevard Ornano, à Saint-Denis, dans les bâtiments d’une usine pour la fabrication du celluloïd. Dans un immeuble en brique, large de 3 mètres et long de 2“*,50, étaient emmagasinés des papiers nitrifiés qui servent dans l’industrie du celluloïd. Cet immeuble a sauté. D’autres bâtiments contenaient des réserves de papiers explosibles, des précautions ont été prises.
- «—(g)—- Le coureur Corre a réussi à abaisser de 7k 23m le record de Paris à Brest et retour qu’avait établi Terront. Il a mis exactement 33h3m46‘ pour couvrir les 1200 kilomètres du parcours. Terront avait mis 40h26m4". La vitesse moyenne de Corre a été de 56 kilomètres à l’heure, et le retour s’est fait bien plus vite que l’aller grâce au vent qui soufflait de l’Ouest.
- —g— Une nouvelle fois, la neige est venue s’abattre sur les montagnes de Grenoble le 25 juin. Pendant quelques jours, les travaux du jardin alpin du col du Lautaret ont disparu sous une couche d’un demi-mètre d’épaisseur, et les hautes cimes ont revêtu une dernière parure hivernale. Les voyageurs qui parcourront la vallée de la Romanche pourront jouir du merveilleux spectacle qu’offrira cet été la chaîne des Grandes-Rousses, dont les névés actuels augmentent l’étendue des glaciers.
- —g— Exercices de visibilité en mer. Un ballon de la marine, embarqué sur le Jaurêguiberry, s’est élevé à 400 mètres pour des exercices de visibilité fort intéressants. Le Carnot avait appareillé et s’était transporté à des distances variant entre 5 et 25 milles, fouillant les airs de ses projecteurs électriques pour découvrir le ballon, mais celui-ci est resté invisible au delà de 20 milles.
- —!§)— Un jeune soldat de 21 ans, M. Servant, appartenant au 103e de ligne qui tient garnison à Alger, a brillamment soutenu en Sorbonne sa thèse de docteur ès sciences mathématiques.
- —g— D’après la Revue technique, on peut faire le petit calcul suivant pour estimer la quantité de houille que nous possédons sur la terre. L’oxygène libre de l’atmosphère paraît n’avoir pu être dégagé que par la végétation des premiers âges du globe. Il doit être en rapport précis avec la quantité de combustibles minéraux enfouis dans les terrains de sédiment. Le poids de ces combustibles de toute nature, anthracite, houille, lignite et tourbe, humus compris, compté en carbone pur, indépendamment des substances étrangères qu’ils peuvent contenir, est rigoureusement égal à la quantité que pourrait brûler I’oxygéne de l’air, soit à 750 kilogrammes par mètre carré de surface du globe, ce qui représente pour l’ensemble de tous ces combustibles un poids total de 375 millions de tonnes de carbone, ou une couche moyenne de houille de 0m,60 d’épaisseur sur toute la surface de la terre.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le nouveau procédé de fabrication des raccords se trouve chez MM. Schilling Schorz et Ulmer, chez M. Marillier, 42, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris. — Les appareils portatifs pour l’éclairage à l’acétylène se trouvent chez M. Blériot, 41, rue de Richelieu, à Paris. — Pour le commutateur automatique pour piles, s’adresser à M. V. Olyve, horloger électricien, 21, rue de l’Etape, à Reims.
- Communications. — M. P. Déguilhem, pharmacien-chimiste à Monbahus (Lot-et-Garonne), nous écrit la lettre suivante : « Dans un petit article fait par M. G.-A. Le Roy, chimiste de la ville de Rouen, et paru dans le n° 1361 du 24 juin 1899, p. 54, il est question d’un procédé pour désodoriser le carbure de calcium, et d’un autre procédé pour la protection dudit carbure. Je tiens à vous signaler que depuis trois ans environ j’emploie le pétrole pour empêcher l’action de l’air sur le carbure de calcium. J’ai fait construire à cet effet une Boîte en tôle galvanisée d’une contenance environ de 10 litres. A 5 centimètres du fond j’ai fait souder un grillage métallique à mailles serrées. La boite ainsi disposée, je mets du pétrole dans la boîte jusqu’à 1 centimètre au-dessus du grillage, je place alors mon carbure dans ce récipient. Le pétrole pénètre par capillarité dans les morceaux de carbure, les imbibe sur toute la surface. De la sorte le carbure se trouve à l’abri de l’action funeste de l’air et de l’humidité. J’ai même laissé pendant 5 à 6 jours le carbure dans le récipient découvert, je n’ai observé aucune trace de décomposition. Le carbure ainsi traité donne un dégagement régulier d’acétvlène. Pour les appareils à chute de carbure il est indispensable que ce produit soit ainsi préparé, à mon avis.
- « Je veux vous parler également d’un autre procédé que j’emploie actuellement pour protéger le carbure, et qui me donne entière satisfaction. Je chauffe au rouge sombre mon carbure, en gros morceaux de préférence, et sans le laisser refroidir je le plonge dans un bain liquide composé de pétrole et d’huile à parties égales. Quand les morceaux de carbure se sont refroidis je les fais égoutter sur un treillis métallique; une fois secs je les renferme dans une boîte en fer-blanc. Le carbure ainsi traité se conserve à l’air libre, et donne lieu à une production très régulière d’acétylène. Les gros morceaux de carbure ainsi enrobés se concassent beaucoup plus facilement. L’idée de M. Lé Roy concernant la protection du carbure par le pétrole n’est pas neuve comme il le pense. J’ose croire même qu’elle est employée depuis longtemps. L’autre procédé que je vous ai indiqué je l’emploie depuis peu; et, quoiqu’il soit long et peu commode à traiter de grandes quantités de carbure, pour les petites quantités il est, je crois, excellent. »
- L'abonné 4034, à X., nous écrit qu’il y a plus d’un an à sa connaissance, que les marchands de carbure de calcium recommandent l’imbibition du carbure par le pétrole. Il nous adresse du reste un prospectus qu’il a reçu au mois de décembre 1898 et dont nous extrayons la Note suivante : « Le carbure de calcium, si avide d’eau, est inattaqué quand on le plonge dans le pétrole; celui-ci, au contraire, arrête la production du- gaz. Ainsi, par exemple, quand on plonge un morceau de carbure dans l’eau et qu’on l’en retire, il continue longtemps encore à produire du gaz. Vient-on à le plonger aussitôt dans du pétrole qu’on voit cette production s’arrêter presque instantanément. Nous invitons tous nos clients qui veulent conserver convenablement leur carbure dans leurs fûts et ne pas craindre l’attaque nuisible de l’humidité de l’air, d’arroser le carbure d’un fût entamé d’une quantité de pétrole de 1 litre par 50 kilogrammes de carbure. Faire que tous les morceaux soient, autant que possible, uniformément imbibés par secouage ou roulage des fûts. »
- M. Chol-Moulin, à Clermont-Ferrand, nous expose les idées qui l’ont conduit à imaginer une disposition de foyer fumivore. 11 a d’abord observé qu’au moment des chargements il se pro-
- duisait une vive flamme. [C’est l’air entrant par la porte du foyer ouverte qui permettait aux gaz de s’enflammer. Pour avoir une combustion complète, c’est donc de l’air qui manquait sur la grille. Mais cet air refroidissait vite le foyer. Il fallait donc de l’air chaud. M. Chol-Moulin a eu l’idée d’utiliser la chaleur perdue dans le carneau de la cheminée ou la cheminée elle-même. Il introduit dans le carneau un tuyau, dont l’une des extrémités prend l’air extérieur du côté de la cheminée, et dont l’autre extrémité débouche dans la chaudière. On inonde ainsi le foyer d’air chaud. Si l’air arrive assez chaud et en quantité suffisante, la fumivorité est à peu 'près complète, et il y a économie, dit-on, de combustible d’environ 30 pour 100. L’appareil fonctionne seul, sans aucun souci pour le chauffeur. Le registre règle l’arrivée de l’air chaud comme de l’air qui arrive sur la grille. Les résultats obtenus jusqu’ici ont, dit-on, été très satisfaisants.
- M. Ch. Cugnet, à Lupény (Hongrie), nous informe que, pour éviter que les tracés du pyrochrome s’altèrent et s’effacent à la longue sous l’action de l’air, il a toujours soin d’enduire l’ouvrage fini d’un mélange de cire et de térébenthine. Il frotte ensuite fortement et obtient un beau brillant résistant à toutes les intempéries. Le même correspondant nous fait connaître qu’un ingénieur autrichien, M. Théodore Langer, a pu faire fonctionner une locomobile sans fumée, à l’aide d’un tiroir en éventail qui s’ouvre et se ferme ; il lance dans l’intérieur du foyer un jet de vapeur qui suffit pour empêcher les gaz et les particules de charbon de s’échapper à l’air sans se consumer entièrement. Des expériences ont permis de constater une économie de 12 à 15 pour 100 suivant la qualité de la houille.
- Renseignements. — M. L. Lavallée, à Bienne. — Votre lettre a été envoyée à l’auteur des expériences.
- M. A. Le Portier, à Pontoise. — On peut détruire les blattes au moyen d’appàts empoisonnés, mais ce moyen n’est pas sans danger. Il est préférable de leur tendre des pièges. Nous avons indiqué divers autres moyens dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- M. Marchetti, à Pazaga (Croatie). — Nous ne pouvons vous donner de renseignement bien exact; mais nous ne pensons pas qu’il y ait une action quelconque. Il serait nécessaire de faire l’essai.
- M. R. Catoir, à Naybes-sur-Meuse. — Les jumelles Zeiss-Krauss vous donneront "toute satisfaction.
- M. P. D., à Bordeaux. — Les adresses que vous nous demandez sont les suivantes : M. Mildé, 60, rue Desrenaudes ; moteur Bolide, M. Lefèvre, 11, rue Emile Allez, à Paris; M. Brillié, 30, boulevard de Villiers, à Levallois-Perret (Seine).
- M. D. S., à X. — Les essais dont vous parlez ont déjà été faits depuis longtemps et n’ont pas donné tous les résultats attendus.
- M. G. Chavanne, à Paris. — L’adresse que vous demandez a été indiquée en tête de la Boîte aux lettres, du numéro même qui contient la description de Luxfer-prismes.
- M. Paulo, à Bruxelles. — Nous ne connaissons pas de procédé spécial.
- M. Dupont, à Paris. — Il n’est pas possible de construire soi-même un moteur électrique; vous en trouverez de tous les modèles et de toutes les puissances chez les constructeurs.
- M. Girard, à Orléans. — Vous pourrez vous procurer tous ces accessoires au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. L. Mirau, à Paris. — Nous vous conseillons, avant d’acheter ce moteur, de faire faire des essais par une personne compétente.
- M. le Dr F. de Andrade Botelho, à Santa Izabel. — Les appareils dont nous donnons aujourd’hui la description peuvent très bien vous convenir.
- M. Dubois, à Lille. — L’intensité de 200 ampères est certainement beaucoup trop élevée pour le câble dont vous parlez. Avec des sections supérieures à 100 millimètres carrés, il ne faut pas dépasser 1 à 1,5 ampère par millimètre carré.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Marcoz Jer-nandez, à Malaga. L’adresse de M. Garreau a été donnée précédemment. — M. D. M., à Paris. Il faut vous renseigner auprès d’une agence de brevets. — M. L. Leron, à Toulon. Nous ne pouvons vous renseigner sur cette construction. — M. Dubois, à Nîmes; M. D. G., à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cio.— M. Foret, à Marseille; M. G. L., à Pontoise; M. J. R., à Paris. Toutes ces recettes se trouvent dans les mêmes petits livres que ci-dessus, 2° et 5e séries, à la même librairie.— M, Jules Dumont, à Arras. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui kii sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions. ni à insérer tontes les communications. — Il n’est'répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livrais»n.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Appareils contre le suintement des lampes à pétrole. — Nous avons eu l’occasion récemment de poser à nos lecteurs une question concernant le suintement des lampes à pétrole. Nous avons déjà reçu plusieurs réponses, et deux abonnés nous ont fait connaître deux appareils destinés à combattre le suintement. M. Maurion de Laroche, à Versailles, nous dit qu’il se sert avec succès, depuis plus de deux ans, d’une simple bobèche (fig. 1). Celle-ci, qui peut s’appliquer très facilement sur toutes les lampes, est formée d’un tissu absorbant.
- Fig. 1, — Bobèche contre le suintement des lampes.
- On monte la mèche et on visse la bobèche, la partie métallique sous la clef, comme l’indique la figure. 11. suffit de temps à autre de presser la bobèche en la pinçant avec un linge doux pour en extraire le pétrole absorbé. Un autre abonné, à Fonte-nay-sous-Bois, nous envoie la description d’un petit appareil appelé parapëtrole qui lui a été apporté de Vichy. Cet appareil
- Fig. 2. — Le parapétrole.
- (fig. 2, n° 1), en foimede collerette, supprime le suintement. 11 est formé d’un tissu spécialement préparé a et d’un ressort compresseur 6. Autour du collet a, sous la clé, on enroule de gauche à droite le tissu, on le tend et on le maintient ses deux extrémités croisées l’une sur l’autre jusqu’à ce que le ressort puisse être agrafé. On évase ensuite les dentelures supérieures ejt on pèse sur' le bourrelet afin que le bas de la doublure descende contre le récipient de la lampe sans laisser aucun intervalle. Pour expulser le pétrole absorbé, on enveloppe le tissu dans un journal plié en double, on le roule en cercle et on l’enserre; le papier prend peu à peu tout le pétrole. — La bobèche se trouve chez M. Renard-Lalaidier, lampiste, il, Lue Satorv, à Versailles. Pas d’adresse spéciale pour le parapétrole.
- 1 La description des appareils est gratuite, La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Report de photographie sur bois
- On réussit généralement à reporter sur un support tel que bois, marbre, etc., une photographie sur papier albuminé par le procédé suivant : on commence par bien nettoyer le support en question et on y étend une légère couche de vernis copal. Avant qu’il soit sec on y applique la photographie préalablement humectée, l’image sur le vernis bien entendu et on laisse sécher complètement. On mouille ensuite longuemefit le papier qui se détache laissant la couche d’albumine et l’image qu’elle porte adhérente au vernis.
- Nettoyage des épreuves jaunies
- On les décolle de leur carton et on les lave bien à l’eau pure pour les débarrasser de la colle.
- On prépare ensuite la solution mère suivante :
- Eau......................... 100 grammes.
- U va mire de potassium. ... 10 —
- Iode........................ 30 —
- On ajoute du cyanure si cela est nécessaire pour obtenir une solution incolore. :
- On met de 4 à 5 gouttes de cette solution dans 100 grammes^ d’eau et on y plonge les épreuves. On les lave ensuite à l’eau, pure. !
- Méthode pour graver les flacons.
- Au heu des étiquettes en papier qui se salissent et se dé-> chirent, on peut écrire directement sur le verre en caractères opaques.
- On fait les solutions suivantes :
- Eau........................
- Fluorure de sodium. . . \
- Sulfate de potasse ....
- Eau ... ...................
- Chlorure de zinc...........
- Acide chlorhydrique. .
- On mélange les deux solutions, à parties égales, au moment de l’usage, et on écrit directement sur le verre avec un pinceau’ ou une plume d’oie. On laisse sécher environ une demi-heure et on lave ensuite à l’eau.
- Pour empêcher les filtres de crever.
- On trempe le papier à filtre dans l’acide azotique à la densité 1,42 et on l’y laisse quelques instants, puis on le lave à l’eau pure ; ainsi traité le papier acquiert une résistance qui ne lui enlève pas ses propriétés filtrantes et permet de recueillir les précipités ou de faire passer plusieurs fois une solution tiède sans risquer de voir le filtre se crever. Le filtre nitré peut presque subir un lavage comme un linge.
- BIBLIOGRAPHIE
- Cent ans aux Pyrénées, par Henri Beraldi. Paris 1899. 1 vol. in-8°. Ouvrage tiré à 300 exemplaires.
- Nous avons annoncé l’année dernière (n° 1515, du 13 août 1898), le premier volume de la série de Cent ans aux Pyrénées dans lequel l’auteur décrit les premières découvertes de Ramond et d’autres explorateurs de ces montagnes jusqu’en 1827. Dans ce nouveau volume, comprenant les Pyrénées, de 1850 à 1800. M. Beraldi fait connaître les explorations de Chausenque, de Franqueville et Tehihatcheff, du duc de Nemours, de Lezat, de Tonnellé et d’autres touristes presque oubliés aujourd’hui, dont l’histoire est des plus attachante.
- Cinématique et mécanismes. Potentiel et mécanique des fluides. Cours professé à la Sorbonne, par II. Poincaré, membre de l’Institut. Rédigé par A. Guillet. 1 vol. in-8°. Paris, G. Carré et C. Naud, éditeurs. 1899. Prix : 15 francs.
- Leçons sur l'électricité professées à l'Institut électrotechnique Montefiore, par Éric Gérard, directeur de cet Institut. Tome 1. 0e édition. Librairie Gauthier-Villars. 1899. Prix : 12 francs.
- Hygiène des maladies du cœur, par le Dr Vaquez, professeur agrégé de la Faculté de médecine de Paris, médecin des hôpitaux. — Préface du Professeur Potain, membre de l’Je-stitut. 1 vol. in-16 de la Bibliothèque d’hvgiène thérapeutique, cartonné toile souple. Masson etC!e, éditeurs. Prix : 4 francs.
- 500 grammes.
- 30 —
- 7 -
- 500 grammes. .
- 14 — > 11. •'
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Cours normal de géographie par Marcel Dubois, professeur de géographie coloniale à la Faculté des Lettres de Paris, maître de conférences à l’Ecole normale supérieure de jeunes filles de Sèvres. — lre Année, avec la collaboration de Aug. Bernard, André Parmentier : Notions générales de géographie physique. Océanie, Afrique, Amérique. 1 vol. in-ifi illustré, cartonné toile. Masson et Cio, éditeurs. Prix : 1’2 francs.
- Traité élémentaire d'électricité industrielle théorique et pratique, par A. Mullin, professeur agrégé de physique au Lycée de Chambéry. 1 vol. in-8°. J. Fritsch, éditeur. Paris, 1899.
- Les matières colorantes ozoiques, par M. G. Jaubert, docteur ès sciences. 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Librairie Gauthier-Villars. Paris. 1899. Prix : broché, 2fr,50; cartonné, 3 francs.
- Les insuccès et la retouche, par Georges Brunel. 1 vol. in-16 de F Encyclopédie de l'Amateur photographe. Paris, Bernard-Tignol, éditeur. Prix : 2 francs. 1899.
- Récréations arithmétiques, par E. Foürrey. 1 vol. in-8°. Paris. Librairie Nony et Cie, 1899.
- Bulletin of the United States fish commission VoL XVII, for 1897. George M. Bowers, commissioner. 1 vol. in-8°. Washington, Government Printing Office. 1898.
- Smithsonian Miscellaneous collections. A select bibliography of chemistry 1492-1897, by Henry Carrington Bolton. First supplément. 1 vol. in-8°. City of Washington. 1899.
- Die enlstehung des lebens aus mechanischen grundlagen enhvizkelt, von l)r Ludwig Zehnder. E ester teil. Moneren. Zellen. Protisten. 1 vol. in-8°. Verlag von J. C. Mohr, Frei-burg. 1899.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de Oà 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 juin. . . . 15°,2 W. S. W. 1. Couvert. 0,0 Presque couvert le matin ; très nuageux le soir.
- Mardi 27 •. . 19»,2 Calme. Quelques nuages. 0,0 Nuageux jusqu’à 17 h. ; beau ensuite; brouillard bas dans la plaine à 4 h.
- Mercredi 28 18»,5 E. 2. Beau. 0,0 Beau jusq. 8 h. et à 24 b.; nuag. de 9 à 14 h. ; tr. n . ens. ; écl. du N.-E. au N.-W. de 21 à 24 h., 2 coups de ton n.
- Jeudi 29 16», 2 W. 3. Couvert. 0,0 Peu nuageux à 1 h. ; puis très nuageux surtout le matin ; halo.
- Vendredi 50 14»,1 W. N. W. 2. Couvert. 0,0 Très nuageux ; halo.
- Samedi 1*' juillet. . 14»,7 S. 4. Couvert. 7,2 Couvert jusqu’à 9 h. ; très nuageux ensuite ; pluie à plusieurs reprises ; quelq. coups de tonn. de 13 à 13 h. 20.
- Dimanche 2 12»,2 S. S. W. 1. Couvert. 10,8 Couvert jusqu’à 8 h. ; très nuageux ensuite ; pluie de 3 b. 1/2 à b h. 1/2 et quelques petites averses.
- JUIN-JUILLET 1899 — SEMAINE DU LUNDI 26 JUIN AU DIMANCHE 2 JUILLET,
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du.milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Italie. — Une secousse de tremble, ment de terre, qui a duré quelques secondes, a été ressentie dans la nuit du 26 au 27 juin, à Pise et à Florence.
- Tes ravages de la grêle. — La grêle est tombée en abondance, pendant la dernière semaine du mois de juin, sur un grand nombre de départements. On cite entre autres un ouragan de grêle qui s’est abattu sur le Lot et l’Aude. Les pertes sont évaluées à près de 50 000 francs pour le premier de ces départements et à 207 000 francs pour le second.
- Ta température. — La température subit en ce moment de grandes variations. Elle s’abaisse sur notre littoral, sur la Baltique et la mer Noire ; le 25 juin le thermomètre marquait 7° à Hernosand, 15° à Paris, 23° à Alger,
- 25° à Patras. Ou notait 7° au Puy de Dôme, 6° à l'Aigoual, 2° au pic dn Midi.
- Le 26 juin, le thermomètre marquait 11° à Hernosand, 15° à Paris, Moscou» 24° à Constantinople. On notait 6° au Puy de Dôme et à l’Aigoual, 4° au mont Ventoux et 3° au pic du Midi.
- Vers le 30 juin, la température s’est abaissée dans le centre de l’Europe; elle était de 10° à Kuopio, 13° à Moscou, 19° à Paris, 25° à Patras. On notai 15° au Puy de Dôme, 13° au moût Ventoux, 9° au pic du Midi.
- Orages. — Au cours d’un violent orage, la foudre est tombée à Rive-de-Gier le 29 juin matin, sur une ferme sise à Saint-Martin-la-Plaine et y a unis le feu. Malgré des secours rapides, l’immeuble et la récolte en grange ont été détruits.
- Le 1" juillet, plusieurs averses sont tombées sur Paris, et en quelques instants ont inondé la capitale.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 50, à 4 h. 54 m. du mat.
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- M. J* LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- DEUXIÈME EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “LA NATURE55
- DE L’OCÉAN A LA MÉDITERRANÉE PAR LES PYRÉNÉES (25 Août — 7 Septembre)
- Sous la Direction de M. ÉMILE CARTAILHAC
- . 1er Jour : Vendredi 25 Août
- Bayonne. Le matin, en bateau à vapeur, descente au Boucau, les forges de l’Adour. Promenade à pied à’ la digue de l’embouchure. Déjeuner. Retour à Bayonne. Départ en chemin de fer local pour Biarritz. Le phare, les falaises (fossiles nummulitiques), l’établissement salin, la grande plage. Dîner. Retour par le train à Bayonne pour coucher.
- 2° Jour : Samedi 26 Août
- Départ en chemin de fer pour Pau. Déjeuner. Visite du château, du musée. Célèbre panorama des Pyrénées. Promenade en voiture sur les coteaux de Jurançon. Après dîner, conférence avec projections photographiques : Les habitants des Pyrénées. Coucher à Pau.
- 38 Jour : Dimanche 27 Août
- Départ en ch'emin de fer pour Lourdes. En voiture au lac, paysage morainjnue, phénomènes glaciaires quaternaires. Retour en ville, liberté individuelle complète de 10 hèures à 2 h. 55 pour la visite de la grotte de l’Apparition, de l’Eglise et les offices religieux. Départ en chemin de fer pour Caute-rets ; les Thermes. Après dîner, séance de projections. Coucher à Cauterets.
- 4° Jour : Lundi 28 Août
- En voiture au lac de Gaube, vue du Yignemale. Au retour, travaux de soutènement du Péguère, établissement de la Rail-lère. Départ de Cauterets, après déjeuner, pour Pierrefitte, en chemin de fer électrique, arrêt à l’usine d’électricité. Coucher à Luz.
- 5e Jour : Mardi 29 Août
- En voiture, excursion à Gavarni, promenade à pied à la grande cascade. Déjeuner au cirque. Retour à Luz et à Pierrefitte. En chemin de fer de Pierrefitte à Tarbes, où l’on couchera.
- 6e Jour : Mercredi 30 Août
- Tarbes, les haras. Départ en chemin de fer pour Bagnères-de-Bigorre. Déjeuner. Manufactures de lainages, de bérets et autres; marbrerie, les Thermes. Après dîner, réception au Casino par la Société Ramond. Conférence avec projections sur les eaux minérales des Pyrénées. Coucher à Bagnères.
- 7e Jour : Jeudi 31 Août
- Départ en voiture par la vallée de Campan et le col d’Aspin ^i497 m.) pour Arreau. Déjeuner. Départ en chemin de fer pour Lannemezan et Montré]au. En voiture, grotte de Gargas, cathédrale de Saint-Bertrand de Gomminges. Chemin de fer pour Luchon. Dîner et coucher à Luchon.
- Prix de Souscription : 300 francs, couvrai
- Pour aller à Bayonne et revenir de Perpignan, billets
- 8* Jour : Vendredi 1er Septembre
- 1er groupe. — Promenade en voiture. (Environs de Luchon et particulièrement vallée du Lys.)
- 2° groupe. — Excursion proprement dite : Ascension au port de Venasque et au pic de Sauvegarde. Vue splendide du côté de l’Espagne et de la France. Déjeuner à la fontaine de Pena-hlanca, en face du massif et des glaciers de la Maladetta (en voiture jusqu’à l’hospice, à pied montée au col et au pic), retour par le port de la Picade et à l’hospice d’où les voitures nous ramèneront à Luchon pour dîner. Séance de projections ; les lacs des Pyrénées, faune et flore. Coucher à Luchon.
- 9e Jour : Samedi 2 Septembre
- Départ en chemin de fer pour Toulouse. Déjeuner. Visite de la ville. Musées divers. Monuments civils et religieux. Après dîner, réception à l’hôtel d’Assezat et de Clémence Isaure par la Société Archéologique du Midi et la Société d’Histoire naturelle. Coucher à Toulouse.
- 10e Jour : Dimanche 3 Septembre
- Continuation de la visite de Toulouse. Observatoire, etc. Repos. A 5 heures, départ en chemin de fer pour Revel. Dîner à l’Ecole de Sorèze. Coucher à Sorèze.
- 11e Jour : Lundi 4 Septembre
- En voiture, excursion dans la Montagne Noire. Déjeuner à Lainpy. Bassins d’alimentation du canal du Midi à Lampy et à Saint-Ferréol. Retour par la route de la Rigole. En chemin de fer de Revel à Carcassonne. Dîner et coucher.
- 12e Jour : Mardi 5 Septembre
- Promenade en voiture. Visite de la cité de Carcassonne, restaurée par Viollet-le-Duc. Après déjeuner, départ en chemin de fer pour Banyuls-sur-Mer. Visite du laboratoire Arago. Dîner. Conférence sur les explorations sous-marines. Coucher à Banyuls.
- 13e Jour : Mercredi 6 Septembre
- Visite du Sanatorium de Banyuls. Après déjeuner, départ en chemin de fer pour Elne : Eglise avec cloître roman richement sculpté. Départ pour Perpignan : visite de la manufacture de cahiers de papier Job à cigarettes et des monuments.
- 14e Jour : Jeudi 7 Septembre
- Fin de la visite de la ville, les églises, le musée. — Dislocation.
- Une excursion complémentaire et facultative au « Cani-gou )) (ascension) sera préparée par nos soins.
- , tous les frais, de Bayonne à Perpignan.
- wiinatifs de demi-place sur tous les chemins de fer.
- Les ABONNÉS à LA NATURE (et leur famille) pourront seuls prendre part à notre excursion.
- Le nombre des adhérents étant limité, on est prié de demander le détail des conditions générales du voyage et de
- S’INSCRIRE LE PLUS TOT POSSIBLE aux Bureaux de LA NATURE, 120, boulevard Saint-Germain
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits — Les voitu-rettes décrites dans notre dernier numéro se trouvent aux adresses suivantes : voiturette de Dion et Bouton, 12, rue Ernest, à Puteaux (Seine)'; voiturette Renault, 139, rue du Point-du-Jour à Billancourt (Seine); voiturette Turgan-Foy, 98, rue Carnot, à Levallois-Perret; voiturette de Riancey, à la Société des automobiles de Riancey, 3, place Daumesnil, à Paris. — La voiturette Quérey se trouve 119, rue de Montreuil, à Paris, et la voiturette Levenn à la Société d’automobiles Ernst et Cie, 13, rue Laffite, à Paris. — La passerelle portative pliante et la charrette pliante sont construites par M. 1). Doyen, 18, rue des Plantes, à Bruxelles. — Pour tout ce qui concerne l’agnoline, s’adresser à MM. Cordier et Deslandres, 22, rue Duban, Paris.
- Erratum. — Dans notre dernier numéro, à l’article sur Les voiturettes, p. 84, la figure 1 porte la légende de la figure 2 et réciproquement, par erreur.
- Communications. — M. F. Troissant, à Besançon, nous adresse une épreuve photographique qui présente une particularité intéressante. Deux chemins très éclairés se trouvent derrière un personnage placé près d’une statue et ces deux chemins le coupent l’un vers le milieu du corps et l’autre à la partie supérieure de la cuisse. A la loupe cet effet est encore plus saisissant et les chemins apparaissent nettement comme s’il n’v avait pas de corps faisant écran. Nous avons déjà eu l’occasion de signaler des phénomènes semblables dans les photographies et nous leur avons consacré un article dans le n° 1272 du 16 octobre 1897, p. 307.
- M. J. Geneste, directeur de l’établissement de Pisciculture du barrage de Bergerac (Dordogne), nous informe qu’un nouveau Congrès international de pêches maritimes et fluviales, d’ostréiculture et d’aquiculture, organisé par la Société Biarritz-Association, aura lieu du 25 au 31 juillet prochain à Bayonne-Biarritz. Ce Congrès a pour Président d’honneur, M. l’Amiral Fournier, commandant en chef l’Escadre de la Méditerranée et pour Président effectif, M. G. Roché, ancien Inspecteur général des Pêches, membre du Conseil supérieur de la marine marchande et du Comité consultatif des Pêches maritimes. Les pêches maritimes et fluviales, l’ostréiculture, qui constituent les moyens d’existence d’une population considérable et assurent pour une large part l’alimentation publique, trouveront dans des séances générales et des sections un champ d’études et de discussions étendu. Des excursions seront organisées sur les points intéressants des côtes françaises et espagnoles et sur les centres de pêche les plus importants du bassin de l’Adour.
- Renseignements. — M. Chol-Moulin, à Clermont-Ferrand. — Nous avons signalé votre intéressante invention dans nos Communications du n° 1363 du 8 juillet 1899; il nous a été impossible d’en faire le dessin.
- M. R. B. L., à Paris. — Nous avons reçu les recettes que vous nous avez envoyées ; remerciements.
- M. M. Gand, à Yilleneuve-lès-Béziers. — Il est probable que l’exposition au soleil a compromis l’isolement intérieur de la bobine de Ruhmkorff ; il faudrait l’examiner avec un galvanomètre.
- M. V. Lame, à Saint-Maurice (Nice). — Nous avons bien reçu vos renseignements et vos photographies; nous n’avons pas encore pu les utiliser.
- M. L. Espinaclo, à Vilaseca. — Veuillez demander tous ces détails au Comptoir général de photographie, 57, rue.Saint-Roch, à Paris.
- Un abonné, à Paris. — Nous avons fait de nombreuses recherches et nous n’avons pu retrouver l’article dont vous parlez.
- M. H. B., à Déliés. — 1° Nous avons déjà fait connaître plusieurs procédés de soudure de l’aluminium, notamment dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la
- librairie Masson et Cie. — 2° Il suffit d’appliquer la formule que donnent tous les traités de physique. — 3° Il n’y a pas d’ouvrage spécial.
- M. L. d'A, à Paris. — Adressez-vous à la maison Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, ou au Comptoir de photographie dont l’adresse est donnée plus haut.
- M. F. Pothier, à Saint-Alban. — 1° Les bureaux de la rédaction se trouvent à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 2° 11 nous est impossible de répondre à cette question.
- M. L. de Pioulet, à Genève. — Pour désinfecter les livres d’une petite bibliothèque, vous pourriez utiliser les appareils que nous avons décrits, il y a peu de temps : le formolateur Helios (n° 1311 du 16 juillet 1898, p. 107), ou l’appareil Guasco (n° 1341 du 4 février 1899, p. 155). — Le formolateur Hélios se trouve à la Société Hélios, 32, rue de Bondv, à Paris, et l’appareil Guasco à la Commission universelle, 22, rue de la Sorbonne, à Paris
- M. Eurique Parellad, à Barcelone. — Nous pensons que vous trouverez cet appareil chez M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. Giuseppe Dufour, à Genova. — Nous n’avons pu encore retrouver la composition de la boisson que vous nous demandez. . .
- M. E. Jurien, à Luxeuil. — Il faudrait connaître exactement l’appareil ; nous ne pouvons vous renseigner à distance,
- M. J. Gillot, à Paris. — 1° Adressez-vous à la librairie Carré et Naud, 3, rue Racine. — 3° II est préférable de faire bouillir l’eau.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. Lebois, à Nantes. Nous ne pouvons nous charger de ces essais ; il faut vous adresser à des ingénieurs compétents. — M. Dumont, à Paris. La formule que vous adoptez n’est pas exacte. — M. Gibourg, à Nancy. Cette nourriture est bien suffisante. — M. G. M., à Paris; M. D. R., à Paris; M. P. F., à Versailles. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Ouvert, à Melun. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 4e série, à la même librairie. — M. D. V., à X. Remer ciements pour votre communication.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Médicaments, chinois. — La pharmacopée chinoise emploie une foule de plantes qui donnent lieu à un commerce des plus importants dans l’empire. Au premier rang vient la réglisse, puis la rhubarbe, qui trouve bien souvent à s’exporter sur l’Europe. En Chine on distingue plusieurs variétés de rhubarbe : les meilleures sont la « chuang huang », la « vin huang » et la « cliin wen huang », dont les racines, quand on les ouvre, montrent un réseau de veines blanches; les qualités inférieures ont une couleur plus foncée, une odeur violente, des racines minces sans veines. Ces espèces vulgaires sont la « ch’ou huang » et la « ninshi huang », qu’on nomme en' anglais « rhubarbe puante » et « rhubarbe bouse de vache ». Nous ferons remarquer en passant que les indigènes, dans l’intérieur du pays, ne vendent pas plus de 25 francs les 60 kilogrammes cie racine des meilleures qualités, à l’état brut il est vrai. Après préparation pour le marché extérieur, les 60 kilogrammes valent déjà cinq fois plus.
- Parmi les autres médicaments, nous trouverons le « tan kuei » (aralia edulis), dont les racines et les tiges séchées servent de médicament à l’usage des femmes. Puis le « kan sung », de la famille des valérianes, et que l’on produit en grande quantité ; ses racines à écailles rouge brun et chevelues sont employées comme un dépuratif (en même temps que comme arôme). Notre liste peut se continuer par le « chiang-huo », qui ressemble au céleri, et dont la racine sert de fébrifuge; le « tu ho » n’en est qu’une variété. Le « tang shen », qui est un convolvulus sauvage, fournit une racine tonique ; le « pa’oshen » y ressemble considérablement. Contre la toux on recourt aux pousses blanches de Y malaria grandiflora, qu’on va chercher dans la terre avant qu’elles en sortent. Pour abaisser la température des malades, on se sert des radicules du « huang lien » ou coptis teeta, qui prend de 6 à 10 ans pour venir à maturité. Sans parler du fameux ginseng, qui mériterait une étude particulière, nous citerons encore un médicament, mais qui n’est point végétal : les cornes pulvérisées de daim, qu’il faut couper sur l’animal vivant, et qui doivent de plus garder leur sang et présenter la plus grande longueur possible.
- Dans la * Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- ' Nouvelle pédale de bicyclette. — En dehors des modifications très secondaires qu'on apporte parfois à la surface d’appui des pédales de cycles, on peut dire qu’on s’en tient à une forme générale toujours identique. La pédale est montée et oscille par son centre de rotation sur un axe disposé perpendiculairement à l’extrémité de chaque bras de manivelle. C’est la disposition classique qui est représentée dans la figure ci-jointe, en même temps et sur un même pédalier que la nouvelle pédale que nous voulons signaler. Cette pédale a été inventée par deux Américains, MM. Kabisch et Garcia, et notre attention a été attirée sur elle par le Scieniific American. On y remarquera immédiatement que les liras des manivelles sont bien plus courts que dans le système courant, la pédale proprement dite se présente sous l’apparence d’un véritable étrier, suspendu à un axe disposé de la manière ordinaire par rapport aux manivelles. Le manchon qui lui permet de tourner sur cet
- 1. Ancien ne pédale. — 2. Nouvelle pédale.
- axe est monté avec des roulements à billes, et naturellement, quelle que soit la position d’une des manivelles, l’étrier qui en dépend se maintiendra constamment dans une position verticale, pour la plus grande commodité du pied du cycliste. On comprend la façon assez avantageuse dont le pied s’appuie sur cet étrier dans les diverses situations qu’occupe la pédale, au fur et à mesure que les manivelles tournent : la figure 2 l’indique nettement, et, d’autre part, la figure 1 montre par comparaison ce qui se passe d’ordinaire, la trajectoire que suit Je point d’appui du pied du cavalier (cette trajectoire est représentée en pointillé). Les inventeurs exagèrent peut-être quelque peu les avantages de leur création en disant notamment que le pied agit effectivement dans le mouvement de montée comme dans le mouvement de descente, parce qu’en remontant il force sous le manchon autour duquel oscille l’étrier; il semble du moins évident qu’avec ce système il n’y a plus besoin de « rattrapes », le pied ne pouvant pas perdre la pédale. On ajoute encore qu’en pédalant en arrière avec ces pédales, le cycliste est à même d’arrêter sa machine beaucoup plus vite qu’avec les pédales classiques; enfin le parcours elliptique que décrit le pied est particulièrement favorable à une bonne propulsion. — La nouvelle pédale se trouve chez MM. Garl F. Kabisch et Raphaël B. Garcia, 95, Broad Street, New-York city.
- Un nettoyeur mécanique de chaînes. — La plupart de nos lecteurs savent sans doute avec quelle facilité s’encrassent les chaînes de bicyclettes. La poussière soulevée par la rotation des roues et par ïe vent pénètre dans tous les maillons de la chaîne, et y forme bientôt un cambouis épais qu’il est très malaisé d’enlever. Un inventeur américain qui a constitué pour l’exploitation de son procédé la société « American Bicycle-chain Cleaner Company », vient de créer un nettoveur mécanique qui semble à la fois ingénieux et pratique. Nous en donnons une figure d’ensemble et deux figures de détail qui en vont faire aisément saisir la disposition. Dans son ensemble, le nettoyeur rappelle assez bien un carter; il s’ac-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- croche du reste facilement au premier mur venu, comme le montre une des gravures. Ainsi que l’indique l’arrachement ménagé sur cette figure, pour mettre une chaîne en position de nettoyage, on soulève le couvercle de la boîte et on place la chaîne de manière qu’elle vienne entourer une roue à dents quelque peu analogue aux roues de chaînes classiques, mais avec un nombre de dents moindre. La portion libre de la chaîne pend à l’intérieur de la boîte en se repliant sur elle-même, et elle baigne par sa partie inférieure dans un récipient cylindrique qui, au moyen d’un étrier très simple, s’accroche au bas de la boite de nettoyage: ce récipient est figuré à une plus grande échelle sous le numéro 2 de notre gravure. Comme on peut le voir, il est rempli avec du pétrole qui a justement pour but de décrasser la chaîne et de mettre en liberté les poussières
- qui s y
- collées
- tombent
- trouvaient celles - ci dans un
- Nettoyeur mécanique de chaînes»
- faux-fond en entonnoir qui est ménagé
- au bas du cylindre, et elles s’écoulent par un trou dans le fond proprement"dit, d’où l’on a ensuite la possibilité de les évacuer par un orifice spécial de vidange. Ce petit appareil ingénieux permet aussi de graisser mécaniquement et par suite très vite, l’ensemble des maillons d’une chaîne. Dans ce but, on substitue au premier récipient un second qui est figuré en 5, et qui est formé en réalité de deux récipients également cylindriques, placés l’un dans l’autre : dans le premier on met de la graisse consistante, mais qui se trouve amenée à l’état liquide voulu par de l’eau chaude contenue dans le récipient extérieur. Il ne reste plus alors qu’à tourner la manivelle qu’on aperçoit en haut de la boîte, et les différentes parties de la chaîne viendront baigner dans la graisse pour s’enduire d’un revêtement protecteur, tout comme il y a un instant elles baignaient dans le pétrole pour se nettoyer. Le dispositif est simple et on affirme qu’il a déjà fait amplement ses preuves. — Le nettoveur mécanique de chaîne se trouve à l'« American Bicvcle chain cleaner Company », 106, Beekmann Street, New-York city.
- HYGIÈNE ET SANTE
- Dentition laborieuse (Dauchez.)
- Collutoire avec :
- Bromure de sodium. .... 0‘r,50
- Eau de fleur d’oranger. ... 50 grammes.
- Sirop d’éther...................... 50 —
- Eau distillée......................120 —
- Mêlez. Usage externe.
- Solution anesthésique hémostatique pour pratiquer l'anesthésie dentaire.
- D’après M. le Dr Legrand.
- M. Legrand a eu l’ingénieuse idée de combiner, dans sa formule, eucaïne et cocaïne, puis d’y ajouter le plus remarquable des coagulants, la gélatine.
- Voici la formule qu’il recommande :
- Gélatine pure..................2
- Chlorure de sodium pur .
- Phénol neige............
- Chlorhydrate d’eucaïne B.
- — de cocaïne .
- Eau distil. q. s. pour vol. total de
- Cette solution détermine une anesthésie complète qui permet, sans se presser et sans faire souffrir le malade, de pratiquer toutes les extractions de dents ou de racines, de plus,
- grammes. 0ïr,70 0«r,10 0gr,70 0‘r,50 100 cm5.
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- NOUVELLES' SCIENTIFIQUES
- après l’opération on n’a rien à craindre des hémorragies.
- Voici comment on doit procéder : un petit tampon imbibé de la solution anesthésique, est appliqué contre la gencive. Au bout de quelques minutes, on l’enlève et on pratique alors (sans qu’il soit nécessaire de coucher le malade) une injection de la solution ci-dessus liquéfiée en la faisant tiédir. 11 faut tâcher d’injecter 1 à 1 cm3 1/2 de chaque côté de la dent (côtés interne et externe). On pique d’abord au-dessous du collet, puis on enfonce l’aiguille tout en injectant, remontant du collet vers la racine et très profondément; 3 minutes après on peut arracher la dent. A peine l’extraction terminée, l’alvéole se remplit de sang qui se coagule et se présente sous la forme d’un caillot rosé.
- Le pain complet contre la constipation.
- On désigne sous le nom de pain complet celui dans lequel en ne retire, au moment de la mouture, aucune des parties qui sont le plus riches en matières azotées, grasses et miné-
- rales, à savoir le germe et les couches périphériques de l’albumen.
- Le pain blanc doit sa belle apparence à la grande quantité d’amidon qu’il contient, mais il n’a plus, par le blutage, l’élimination du son, les parties azotées et minérales.
- Ce pain complet, sorte de pain bis, d’un goût savoureux, est un médicament souverain contre la constipation des sujets sédentaires. Le I)r Camescasse a obtenu, chez des femmes, des nourrices, avec le seul emploi de ce pain, au lieu de pain blanc, des résultats remarquables et l’on sait s’il existe des remèdes prônés contre cette impotence chronique de l’intestin. Dès les premiers jours de ce régime peu compliqué et pas cher, les femmes voient tomber le ventre, par un fonctionnement régulier de l’intestin, par la disparition du tympanisme. L’ap-• pétit, cela va de soi, augmente ; le teint reprend son aspect normal, rose frais; tout l’organisme se ressent du jeu naturel de l’appareil digestif. Essayez du pain complet, si, par hasard, le remède est inefficace, il ne risque pas d’aggraver la situation ou de causer des inconvénients. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMETRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 3 juillet . . . 12°,8 S. W. 3. Couvert. 1T Couvert; quelques averses.
- Mardi 4 14”, 2 W. 3. Quelques éclaircies. 0,2 Couvert jusqu a 21 h.; nuageux ensuite.
- Mercredi a 15”, i W. N. W. 1. Beau. 0,0 Nuageux à 1 b. et de 10 à 20 b. ; beau le reste du temps; un peu de pluie à 15 b. 45.
- Jeudi 6 14”,1 S. 1. Peu nuageux. 0,0 Peu nuageux; éclairs au S. à 21-22 b. ; léger brouillard à 4 li.
- Vendredi 1 .... . 16”,2 N. 1. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 8 li. ; nuageux ensuite ; éclairs au N.-N.-W. à 23 b.
- Samedi 8 18”,3 E. S. E. 1. Beau. 0,0 Beau de 6 à 9 h. et n. j. lfi h. ; tr. nuag. le reste du t.; or. de 14 b. 10a 50 et de 16 b. 50 à 17 b. 50 av. un peu de pl.
- Dimanche 9 18”,1 N. W. 1. Beau. 1,2 Nuag. de 15 à la h. ; quelques nuages le reste du temps.
- JUILLET 1893 -- SEMAINE DU LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 JUILLET.
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince% thermomètre à Vabri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à Vabri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Ravages de la grêle et inondation*. — Dans notre dernière chronique météorologique, nous avons lait connaître des ravages de -la grêle ; nous avons encore à signaler une trombe de grêle uui s’est abattue le 29 juin sur le territoire des communes de Bouville et de Yitray-en-Beauce (Eure-et-Loir) ; toutes les récoltes ont été détruites sur une longueur de 8 kilomètres et une largeur de lkm,500. Les dégâts sont évalués à 400 000 francs. %
- Les dernières pluies ont occasionné une crue subite de la Seine dans l’Aube ; 1457 hectares environ ont été recouverts par les eaux dans les communes de Vallant-Saint-Georges, Cbaucliigny, Jlilly, Droupt, Saint-Oulph, Châtres, Méry-sur-Seine ; les dégâts ont été considérables, ils sont évalués à 200 000 francs environ.
- La crue de la Seine s’est fait sentir également à Paris; le 9 juillet, la cote du fleuve était montée de 0”,20au pont d’Austerlitz, de 0",26 au pont Royal, et de O",29 à l'écluse de Béions.
- 1.11 pluie et la température en France. — On signale de tous côtés en France des pluies intermittentes et de grandes variations de température.
- Le 3 juillet, des pluies sont tombées sur le centre et l'ouest du continent; en France, on a recueilli 22 mm. d’eau à Nancy, 7 à Toulouse, 3 à Dunkerque, 2 à Biarritz. Beux jours après, le 5 juillet, la température s’est abaissée. Le thermomètre marquait 10° à Limoges, 13° à Paris, 21° à Moscou, 26° à Alger. On notait 2° au Puy de Dôme, 1° àl’Aigual, — 4° au Pic du Midi.
- Des pluies ont eu lieu, le fi juillet, sur les pays du nord et l’est de la France où on a recueilli 62 mm. d’eau au ballon de Servauce, 21 à Besançon, 11 à Charleville.
- En France, on a recueilli, le 7 juillet, dans l’est seulement 1 mm. d’eau. La température est montée encore lentement: elle était de 11° à Limoges, de 14° a Paris. Le 8 juillet, un fort orage s’est abattu sur Paris pendant tout l'après-midi-
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 7, à 8 h. 41 m. du soir.
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- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- DEUXIÈME EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “LA NATURE”
- DE L’OCÉAN A LA MÉDITERRANÉE PAR LES PYRÉNÉES (25 Août — 7 Septembre)
- LES CONFÉRENCES DE NOTRE EXCURSION
- Comme nous l’avons annoncé, au cours de notre voyage plusieurs soirées seront agréablement et utilement occupées par des séances de projections photographiques complétant notre visite des principales régions et localités. Nous aurons de véritables conférences dues à des savants dont le concours est fort honorable pour La Nature et ses invités.
- A Pau, le directeur de l’excursion, M. Emile Cartailhac, nous entretiendra de la population des Pyrénées. Il insistera sur les hommes préhistoriques, sur leurs habitations au seuil des cavernes, sur leurs dolmens et leurs tumulus si nombreux aux pieds de la grande chaîne ; il nous montrera les principales découvertes et n’aura garde d’oublier, au cours de son résumé anthropologique, les Basques dont la mystérieuse origine et la langue, isolée en Europe, semblent défier les efforts de la science.
- A Bagnères-de-Bigorre M. le Dr Garrigou présentera l’ensemble de nos connaissances sur les eaux minérales des Pyrénées. L’éminent professeur de l’Université de Toulouse résumera les données de la géologie et de la chimie qui ont fait de l’hydrologie une science complexe et très avancée. Quelques indications médicales compléteront cet exposé.
- A Luchon M. Emile Belloc, président de la Société centrale d’Agriculture et de pêche, nous fera connaître les lacs des Pyrénées si nombreux et ceux du littoral girondin et landais si importants. 11 expliquera leur formation, décrira leur état actuel, leur avenir, les plantes qui vivent dans leurs eaux ou sur leurs rives, les animaux qui les peuplent. Des faits précis feront comprendre que bon nombre d’entre eux pourraient jouer un rôle considérable dans l’alimentation et la fortune du pays.
- Enfin, à Banyuls, c’est M. de Lacaze-Dutiiiers, membre de l’Institut, professeur à la Sorbonne qui voudra bien nous raconter l'histoire du laboratoire Arago, son œuvre de prédilection. Il nous dira les belles découvertes dont ses nombreux dis-
- ciples ont enrichi la science grâce à l’admirable installation de l’établissement et à sa situation privilégiée au bord de cette Méditerranée qui livre peu à peu sa faune profonde si curieuse.
- M. L. B., à Nancy. — Le prix de souscription (300 francs) comprend tous les frais du voyage depuis le moment de réunion des touristes, à Bayonne, le 25 août (ainsi qu’une chambre le 24 au soir pour ceux qui le désireront) jusqu’au moment où ils se sépareront, à Perpignan, le 7 septembre (trajets en chemin de fer, en voiture, en bateau, prix des bagages, frais d’hôtel, repas, pourboires).
- L’Administration de La Nature assure, pendant toute la durée du voyage, toute l’organisation matérielle : trains, voitures, repas et coucher et a dès à présent pris ses dispositions pour donner aux voyageurs le plus grand confort. Le transport des bagages sera assuré par ses soins.
- M. V., à Mantes. — Nous donnerons dans un de nos prochains numéros le programme du concours de photographie et et de croquis qui sera ouvert entre les touristes, et les prix qui lui seront attribués.
- M. S. T., h Cadix. — Nous acceptons seulement comme adhérents à notre excursion les Abonnés de La Nature et leur famille (c’est-à-dire frères, femme et enfants); si donc quelques-uns de vos amis désirent se faire inscrire il leur sera indispensable de s’abonner auparavant à La Nature. Notre excursion diffère des voyages qu’organisent dans un but lucratif les différentes agences, en ce que c’est un sacrifice que La Nature s’impose pour plaire à ses abonnés, il est donc bien naturel que nous n’admettions que ces derniers.
- M. E. H., à Aurillac. — Nous vous engageons à nous transmettre votre adhésion le plus tôt possible, car l’affluence des demandes que nous recevons nous fait croire que nous devrons bientôt clore notre liste.
- INFORMATIONS
- —®— Le prochain Congrès de l’Association française pour l’Avancement des Sciences doit se réunir à Boulogne-sur-Mer du 14 au 21 septembre 1899. Des visites seront échangées entre l’Association britannique et l’Association française. Dans cette session sera inaugurée aussi la statue du grand médecin-électricien français Duchenne (de Boulogne).
- —®— Une association technique maritime, calquée sur le modèle de l’Institut des NavaL. Architects de Londres s est fondée, il y a quelque temps déjà, à Berlin sous la présidence honoraire du grand duc héréditaire d’Oldenbourg. Cette Société est créée dans le but de nouer des relations entre les constructeurs, les ingénieurs de constructions navales, les armateurs, les officiers de la marine
- de guerre et ceux de la marine marchande, et de faciliter la discussion des questions pratiques qui intéressent la construction navale. Le professeur Bushy a été nommé président.
- —®— M. de Guernes, secrétaire général de la Société d’Accli-matation, nous signale un acte de vandalisme que l’on ne saurait trop réprouver. M. Paul Uginet, rentier à la Planche, près de Hon-fleur, membre de la Société d’Acclimalation, élevait des Nandous qui lui avaient été confiés par cette Société et qui étaient en pleine voie d’acclimatation. Le 29 juin, une femelle ue Nandou, qui avait pondu 14 œufs dont 11 sont en incubation sous le mâle, a été mise à mort par des brutes qui se sont introduits nuitamment dans la propriété de M. Uginet. L’autopsie pratiquée par le vétérinaire a montré qu’on a dû se servir pour tuer l’oiseau d'une arme pointue comme une canne à épée.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- —(g>— Le musée de Marine va s’enrichir d’un numéro sensationnel qui attirera certainement les curieux en grand nombre. C’est un modèle du Fram, le navire désormais historique qui conduisit Nansen parmi les glaces du pôle. Le conservateur du musée de Marine, M. l’amiral Miot, ayant exprimé le désir d’avoir pour ses collections un modèle de ce navire, un riche et généreux Norvégien, M. Ryghens, a fait exécuter à ses frais un Fram d’une longueur de 3 mètres et d’une exécution si parfaite qu’aucun des détails de la mâture, des machines et de la distribution intérieure n’a été oublié. Ce modèle du Fram a coûté, dit-on, 25 000 francs.
- —®— Morte à cent douze ans. — La doyenne des femmes corses et peut-être des femmes françaises, vient de mourir à Sampolo. Elle était née en 1787, sous Louis XVI et jusqu’au dernier jour elle a gardé toutes ses facultés et même une certaine énergie physique, puisqu’elle allait elle-même ramasser son bois dans la forêt.
- Pendant qu’un grand nombre de personnes regardaient le 11 juillet le croiseur-torpilleur F leur us, qui entrait dans le port de Bayonne, la foudre est tombée sur un arbre s’élevant sur le quai. Une jeune fdle et un garçonnet de huit ans, infirme, que celle-ci ramenait de la pension, ont été tués.
- ' —Un chien avec des dents artificielles. D’après The Vete-rimaran, un chien, appartenant au célèbre dentiste anglais Moeley, manquant de dents, s alimentait difficilement, surtout de matières animales. Son maître lui appliqua des dents artificielles, entre autres quatre canines et quatre molaires, et le chien peut, depuis ce temps, manger de la viande et même ronger des os avec facilité, aussi a-t-il beaucoup gagné en poids. Les dents ont été fixées dans la’ bouche au moyen d’une plaque suivant le mode ordinaire.
- —®— Le système suivant est en usage aux verreries de Gatcke à Altona-Biihreufeld pour garantir les ouvriers qui soufflent le verre contre la chaleur rayonnante de la fournaise. Juste au-dessous des ouvertures par lesquelles le verre est tiré de la fournaise sont placés des tubes de fer percés de très petits trous par lesquels passe de l’air comprimé, de façon à former une nappe d’air froid devant les ouvertures, ce qui absorbe une bonne partie de la chaleur rayonnante. En même temps des écrans ventilateurs sont mis en mouvement au-dessus des établis des souffleurs de verre et aident à leur procurer une température supportable.
- —(g)— Si les tissus de soie artificielle nous manquent, ce ne sera pas la faute des inventeurs. Nous avons déjà fait connaître un certain nombre de procédés de fabrication. Tous emploient comme matière première un composé très combustible, la nitro-eellulose, avec laquelle on prépare aussi le fulmi-coton. Cette fois, on est parvenu à se passer de cette substance. D’après un brevet allemand on dissoudrait des déchets de coton dans l’oxyde de cuivre ammoniacal et il n’y aurait plus qu a faire passer, par pression ou par simple
- aspiration, cette solution à travers une fdière à trous très petits. Le-liquide se solidifierait rapidement et les fils ainsi obtenus seraient soumis à une solution d’acide très dilué qui séparerait le cuivre de-l’ammoniaque. On obtiendrait ainsi une fibre extrêmement fine et brillante ayant de la solidité et toutes les apparences de la soie. D’après le brevet, cette méthode aurait, sur les autres, divers-avantages : 1° la production de ce produit ne présenterait plus aucun danger; 2° la production serait beaucoup plus simple; 3° le prix de revient serait beaucoup moins élevé. Mentionnons; mais, avant de croire à la valeur du procédé, nous voudrions bien pouvoir examiner des échantillons de la nouvelle soie.
- —(§)— On préconise, en Allemagne, un singulier remède contre-, le mal de mer. Avez-vous à effectuer une traversée ? Munissez-vous^ tout bonnement de lunettes à verres rouges, et ne regardez votre prochain qu’à travers des verres rouges. Dés lors vous éviterez le mal de mer. Cela se dit très sérieusement en allemand. On s’appuie^
- our recommander les verres rouges, sur les propriétés excitantes-!
- u rouge sur le système nerveux. Epstein a fait des expériences au sujet de l’action des couleurs sur la circulation du sang dans lèsj vaisseaux sanguins du cerveau. Le rouge active la circulation. Or, d’après certains physiologistes, le mal de mer aurait pour point de départ une circulation insuffisante dans l’encéphale. Le rouge ramènerait le sang au cerveau. L’explication ne manque pas d’ingéniosité. Quant à la pratique, elle est facile à contrôler. Il suffit de fixer un point pendant un certain temps à travers des lunettes à verre rouge. Il faut bien choisir son rouge, par exemple!
- —®— M. Chardon, lieutenant d’artillerie, en garnison au fort d’Estrées, près du cap Matifou, vient de découvrir l'emplacement d’une basilique du quatrième ou du cinquième siècle. Le sol de cette basilique est décoré d’une mosaïque offrant une superficie de près de cent mètres, ornée d’inscriptions et de dessins. Le lieutenant Chardon a entrepris, après autorisation du comte de la Ville-Gontier, propriétaire du terrain où se trouvent les restes de l’antique cité romaine, des travaux qui semblent devoir conduire à de nouvelles trouvailles archéologiques intéressantes.
- —(§)— Les réservistes de certaines subdivisions de région ont été informés que ceux qui posséderaient une automobile à deux ou plusieurs places, ou motocycle à pétrole et qui consentiraient à amener leurs machines aux grandes manœuvres, devront remettre, au commandant de la gendarmerie dont dépend leur commune, une déclaration avec signature légalisée, certifiant qu’ils savent bien conduire leur machine et qu’ils consentent à l’amener aux manœuvres. lisseront utilisés pour le service de la correspondance entre les divers états-majors.
- —(§)— La Russie vient d’acheter de la grande usine américaine Caringie et Cie 180 000 tonnes de rails pour les nouvelles lignes de chemins de fer chinois. Ces rails devront être livrés d’ici vingt-six mois.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les voitures décrites se trouvent aux adresses suivantes : voiture Dar-racq, quai de Suresnes, à Suresnes (Seine); voiture de la Compagnie française de voitures électromobiles, 20, rue Taitbout, à Paris; voiture Vedovelli et Priestley, 160, rue Saint-Charles, à Paris; voiture G. Richard, 2, rue Galilée, à Ivry-sur-Seine (Seine); voiture Pieper, établissements Pieper, Société anonyme de Liège, comte de Pradère, 12, avenue de la Grande-Armée, à Paris. — Appareils de changements de vitesse pour motocycles et automobiles : M. Couget, avenue de la Gare, à Pau; M. Guvenet, 75, avenue de la Grande-Armée, à Paris; M. Hugot, 8, rue Saint-Apolline, à Paris.
- Renseignements. — M. A. B., a Bilbao. — Cette adresse a été donnée en tête de la Boite aux lettres, du numéro même qui contient la description de l’appareil ; la Société des Luxfer-prismes a son siège, 201, quai Valmy, à Paris.
- M. A. Bernard, à Commercy. — Le virage des photographies précède ordinairement le fixage, parce que les réactions sont plus faciles et plus sûres. On a essayé de fixer avant de virer, et on y arrive.
- M. G. Fillder, à Genève. — Nous avons transmis vos
- demandes à M. J. Poisson ; il ne peut, pour le moment, vous donner de réponse.
- Un lecteur, à X. — Nous ne pouvons expliquer votre hypothèse ni comprendre votre système
- M. E. F., à Saint-Médard. — Vous trouverez ce rasoir chez le fabricant, M. A. Bain, 2, rue Taitbout, à Paris.
- M. Philippo G., à Milan. — 1° Nous ne croyons pas qu’il existe d’ouvrage donnant ces renseignements. — 2“ Vous pourrez vous procurer des plans en relief chez M. Digeon, 15, rue du Terrage, et chez MM. Cabrisy et Blanc, 161, rue Lecouibe, à Paris.
- M. Miguel Moyano, à Zamora. — Nous pensons que l’adresse Thornycrof Steam Carriage and xvagon C° à Chiswick, London, suffira; nous n’avons pas de détails complémentaires.
- Un lecteur, à Toulouse. — On a déjà essayé des ressorts pour remplacer les pneumatiques; mais on n’a obtenu que de mauvais résultats.
- M. A. Munier, à Joinville. — L’éclairage par piles n’est pas pratique.
- M. G. Mieuville, à Saint-Quentin. — Vous voulez sans doute parler de l’Ecole de Zurich ; mais nous ne pouvons vous donner de renseignements détaillés.
- M. F. Strunilo, à Jaltuszkow (Russie). — Nous ne connaissons aucun procédé spécial.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. V., à
- Paris. Nous ne pouvons nous occuper de ces questions commerciales, — M. Dupois, à Nancy. Il est nécessaire de consulter un ouvrage; ces renseignements ne suffisent pas. — M. G. L., à Versailles. Ces divers plans ne sont pas exacts. — M. L. R., à X.; M. J. L., à Nantes; M. F. S., à Cette. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 1" série, à la librairie Masson et Cie. — M. Grandjean, à Brest. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — M. Burillot, à Vesoul. Nous ne pouvons vous donner satisfaction. Tous nos regrets. — M. D. G., à Lille; M. M.N., à Nemours. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qtii lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engdge en aucune façon à répondre i toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — H n'est répondu qu'aux lettres reçues avant lé lundi qui précède la date de la livraison.
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- SUR LA CÔTE. LES PHARES. — Dessins inédits de A. Robida.
- 1. Gravelines. Le feu de la longue jetée de Petit fort Philippe. 15C0 mètres de jetée en avant des dunes au bout des digues de l’Aa. — 2. Le phare dp Tréport. Rentrée de nuit par gros temps des flamharts et barques de pêche. — 3. Le phare de Gatteville, en avant de Barfleur, sur les récifs du raz de Gatteville. Phare de premier ordre dont le puissant jet de lumière électrique tournant sur l’horizon affola, pendant les premiers temps, les vaches des prairies à plusieurs lieues à la ronde. — 4. Le vieux phare de Gatteville et ses sémaphores, vus de la lanterne du nouveau phare 71 mètres. —> 5. Le phare de Saint-Malo, à l'entrée de la Rance. — 6. Marseille, Le phare du fort Saint-Jean à gauche de l’entrée du port, dernier feu en arrière de cinq autres. — 7. Roscoff. Le feu de la jetée et le phare de l’île de Batz. — 8. Le phare du cap de la Hague, sur le récif du raz à 1 kilomètre en avant «les roches et des falaises de Jobourg. — 9. Douarnenez. Le phare de l’île Tristan. — 10. Rivière de Morlaix. Phare sur un îlot, à côté du vieux château du Taureau,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Les enfants assistés de France, par M. Henri Monod, directeur de l’Assistance et de l’Hygiène publique, membre de l’Académie de médecine. 1 brochure in-8% Masson et C‘% éditeurs. Prix : 3 francs.
- Cette brochure est une très intéressante monographie dans laquelle sont traités d’une façon complète : la protection des pupilles, les entraves à leur adoption, les concours, les résultats acquis.
- Formulaire de l'électricien, par E. Hospitalier. 17e année. 1899. 1 vol. in-16. Masson et Cie, éditeurs. Prix : 5 francs.
- Premiers principes de géométrie moderne, par Ernest Duporcq, ingénieur des télégraphes. \ vol. in-8°. Librairie Gauthier-Yillars. Paris. 1899. Prix : 3 francs.
- Toitures automobiles. Voitures électriques,’par MM. Ch. Mi-eandre et R. Bouquet, ingénieurs. 1 vol. petit in-8°. Paris, E. Bernard et Cie, édi'eurs. 1899.
- Les grandes légendes de l'humanité, par L. Michaud d’Humiac. 1 vol. in-18 de la Petite encyclopédie populaire illustrée. Paris, Schleicher frères, éditeurs. 1899. Prix : 1 franc.
- Les projectiles des armes de guerre. Leur action vulnérante, par H. Nimier, médecin principal de deuxième classe, professeur au Val-de-Grâce, et Ed. Laval, aide-major de première classe. 1 vol. in-12. Paris, Félix Alcan, éditeur. 1899. Prix : 3 francs.
- Dhionario tecnico in quattro lingue, italiano, deutsche, français, english, par l’ingénieur Ed. Webber, 1 vol. in-16 de la collection des manuels Hœpli. lilrico Hœpli, éditeur. Milan, 1890.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de [France.
- OBSERVATIONS T HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 juillet . . 19 ,9 N. N. E. 0. Nuageux. 0,0 Nuageux de 6 à 22 h. ; quelques nuages avant et après ;
- Mardi 11 20”,2 Calme. Très nuageux. 0,0 Nuageux jusqu a 19 h. ; couvert ensuite ; goût, à 22-23 h.
- Mercredi 12 20” ,1 S. S. E. 2. Très -nuageux. 0,0 N. le mat. ;. tr. n. ou couv. le s. ; coups de ton. dans l’W. v. 14 h. 20préc. dé g.; g. à 7-18 h. ; pl. de 21 h. 45 à 24h. Couvert jusqu’à 10 h.; très nuag. ensuite; pluie de 1 à 5 h.
- Jeudi 13 lo*,2 S. W. 1. Couvert. 9,0
- Vendredi 14 17%1 S. 1. Très nuageux. 0,0 Nuageux jusqu’à 17 h.; beau ensuite; parhélie de droite seul à 17 h. 30.
- Samedi 15 17*,9 S. E. 0. Peu nuageux. 0,0 Peu nuageux jusqu’à 7 h. ; très nuag. ensuite ; un peu de pluie à 11 h. 10.
- Dimanche 16 ... . 19*, 8 N. E. 1. Nuageux. 0,0 Nuageux jusqua 19 h.; beau ensuite.
- JUILLET 1897. -- SEMAINE DU LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 JUILLET.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en juin 1899
- par M. E. Renoü.
- Moyenne barométrique à midi, 758”“,93; minimum 743™,93 le 20 à b heures du soir; maximum 766",17 le 26 à minuit.
- Moyennes thermométriques : des minima 11°,53; des maxima 23°,50; du mois 17°,42; moyenne vraie des 24 heures 17°,35; minimum 7°,9 les 11 et 15; maximum 3Û’,0 le 6; moyenne des minima sur le sol 7U,99; minimum 2°,4 le 1".
- Tension moyenne de la vapeur 9™,63; minimum 5™,3 le 8 à 3 heures du soir ; maximum 15™,02 le 28 à 7 heures du soir.
- Humidité relative moyenne 67,5; minimum 23 le 1" à 3 et 4 heures du soir ; maximum 100 en 2 jours (les 21 et 25).
- Nébulosité moyenne 43. Deux jours clairs et un jour couvert.
- Pluie 32™,2 en 31 h. 1/2, réparties eu 7 jours plus 3 jours de gouttes. Brouillard bas le 27 au matin ; transparence atmosphérique de 3 kilomètres les 18 et 2o.
- IJ. Y a ™ 4 jours d’orage : le 5, quelques coups de tonnerre au S. — S.-S.-E. de 9 h. 20 et jusqu après 10 heures du soir. Eclairs dès 8 heures jusqu’après 1 heure du matin le 6. — Le 6, tonnerre au S. non loin, à 5 heures du soir, et au N.-W. jusqu après 6 h. du soir; le tonnerre cesse au loin vers 6 h. 40; eolairs sur divers points le reste de la soirée.—Le20,tonnerre au S. — S.-E.
- de 4 h. 38 jusqu'à 6 h. 12 l’orage au zénith à 5 h. 1/2. — Le 28, éclairs au N.-W., puis au N. et jusqu’au N.-E. de 8 h. 1/4 jusqu’après minuit; tonnerre au loin dans la région N. à 10 h. 30 et 43du soir. — Le 7, éclairs au S. — S.-W. à 10 heures et 11 heures du soir.
- Vents dominants du N.-W. au N.-E. et quelques-uns du S.-W., plus forts que d’habitude.
- Température moyenne de la Marne ; le matin 19°,07 ; l’après-midi 19°,77, du mois 19°,42. Elle s’est éclaircie progressivement ; son niveau peu variable. Minimum 14°,52 le 1". Maximum 21° le 12.
- Relativement aux moyennes normales le mois de juin 1899 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 0™,75; thermomètre plus haut de 0°,78. Tension de la vapeur moindre de 0™,53 ; humidité relative moindre de 6. Nébulosité moindre de 14. Pluie moindre de 25™,4.
- Floraisons : le 1" rose de tous les mois ; le 2, pivoine à odeur de rose ; le 3, nivelle; le 4, digitale, lilipendule; le 5, gilin capitala, delphinium vivace; le 6, escholtzia: le 11, clématite étroite, jasmin, iberis umbellata; le 12, galeya: le 14, seringat d’Amérique, pavot; le 16, hémérocalle fauve; le 17, Iychnis coronaria, ænollière odorante; le 18, troène du Népal; le 22, œillet commun; le 23,gaura,lis blanc; le 24, yucca gloriosa, pois vivace; le 26, capucine ; le 27, sumac de Virginie ; le 29, souci ; le 30, croix de Jérusalem.
- Les hirondelles et les martinets ont continué à être très rares tout le mois.
- PHASES DE LA LUNE ; P. Q. le 16, à 0 h. 8 m. du matin.
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- 1 U N" 1366 (29 Juillet 1899), du Journal « LA NATURE »
- ~U. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- DEUXIÈME EXCURSION SCIENTIFIQUE DE "LA NATURE"
- DE L’OCÉAN A LA MÉDITERRANÉE FAR LES PYRÉNÉES (25 Août — 7 Septembre)
- Lectures préparatoires, livres et cartes à emporter. — La plupart des départements, des villes et des vallées que nous allons traverser ont été l’objet de monographies, de descriptions, d’études nombreuses et variées, d’importance très inégale. Nous devons nous borner ici à rappeler que ces livres et ces mémoires sont, dans une certaine mesure, condensés dans les guides classiques :
- Itinéraire général de la France, par Paul Joanne; Les Pyrénées, en deux volumes : I. Partie occidentale. — II. Partie orientale. Au total 9 cartes, 3 plans, 8 panoramas, 51 + LX + 662 pages. Paris, 1896.
- Guide Bœdeker pour le Sud-ouest de la France, 10 cartes, 15 plans, 384 pages, 1897.
- Parmi les ouvrages généraux on peut citer pour le développement de la connaissance géographique de la chaîne, Les Pyrénées, de P. Camenad’Almeida, Paris, Colin; pour l’histoire de la connaissance pittoresque de la montagne, de Ramond à nos jours, Cent ans aux Pyrénées, de Henri Beraldi, 2 vol. parus, 1898-1899 (le 3e en préparation); pour l’histoire naturelle à ses divers points de vue, Les Pyrénées, de E. Trutat, 371 pages in-16; Paris, Baillère, 1894. Lire aussi naturellement La France dans la géographie de Reclus.
- Le comte Henry Russell, le plus célèbre alpiniste contemporain des Pyrénées, a publié à Pau, 1888, ses admirables Souvenirs d'un montagnard, 1858-1888, récits d’excursions commençant à Biarritz et se terminant à Perpignan.
- On trouvera dispersées dans les 24 volumes des Mémoires du Club Alpin français quantité d’excellentes notices illustrées, de
- Russell, Prudent, Vallon, comte de Bouille, de Saint-Saud Emile Belloc, surtout de Fr. Schrader qui a révélé les Pyré nées centrales espagnoles.
- Mention spéciale doit être faite de l'Aperçu de la structure géologique des Pyrénées dans le 18e volume du Club Alpin tiré à part, Paris, 1892, avec cartes, par Em. de Margerie et Fr. Schrader, et Le plateau de Lannemezan et les alluvions anciennes des hautes vallées de la Garonne et de la Neste (n° 45, t. VI, 1894, du Bulletin de la carte géologique de France, tiré à part, Paris, Baudry. 1895), par M. Marcellin Boule.
- A consulter enfin les périodiques des sociétés savantes du midi, tel que le Bulletin de la Société Ramond à Bagnères-de-Bigorre.
- Les personnes qui ne se contenteraient pas des bonnes cartes des guides cités plus haut peuvent prendre dans la carte au 80 000e de V Etat-major les feuilles ou quarts de feuille que voici : 226, Bayonne N.-E., S.-E. ; 239, Pau N.-E. ; 240, Tarbes; 251, Luz; 252, Bagnères N.-O. et S.-O. ; 241, Saint-Gaudens S.-O.; 231, Castres S.-O.; 243, Carcassonne; 255, Perpignan; 257, Prades; 258, Céret N.-O. et N.-E. (0 fr. 30 le quart de feuille).
- Dans la Carte du service vicinal, meilleure pour la plaine que pour la montagne, les feuilles de Saint-Vincent-de-Tyrosse, Bayonne, Pau, Oloron, Tarbes, Luz, Gavarnie, Saint-Gaudens, Bagnères-de-Luchon, Castelnaudary, Perpignan, Banyuls, Céret (0 fr. 80 la feuille). Pour l’excursion à Venasque et au pic de Sauvegarde la feuille 2 (Posets, Monts-Maudits) de la Carte des Pyrénées centrales, de M. Fr. Schrader.
- INFORMATIONS
- —®— Un violent orage s’est abattu sur Paris dans la nuit du 21 au 22 juillet et a causé quelques dégâts. D’après M. Mascart, directeur du Bureau central météorologique, cet orage a débuté à 5k40 du matin et s’est éloigné vers le nord-est un peu après 7 heures. Les averses qui l’ont accompagné ont fourni 5mm,3 d eau au pluvi.omètre. La fin de l’orage a été marquée par une baisse barométrique très rapide de S”1”,5 en une demi-heure environ. D’après les renseignements fournis par M. Jaubert, directeur de l’Observatoire municipal de la tour Saint-Jacques, cet orage a été remarquable par les manifestations électriques, intenses et répétées, auxquelles il a donné lieu. Dans la soirée du 21 juillet, on observait à l’ouest et au sud-ouest de l’horizon de Paris les premiers éclairs; vers minuit vingt, puis à 2h20, d’autres succédaient. A 3kl/2 la première masse orageuse traversait la région, en répandant, par places, quelques averses. Un peu avant 6 heures, nouvelles averses, plus fortes que les premières, et tombées surtout sur la banlieue nord-est de Paris. L ensemble de ces troubles orageux a été caractérisé surtout par le nombre extraordinaire de décharges
- électriques; celles-ci se sont produites entre 6 et 7 heures principalement, avec une très grande violence; à certains moments les éclairs se succédaient à quelques secondes d'intervalle et le tonnerre grondait d’une façon ininterrompue.
- -7#— L’orage n’a pas exercé ses ravages seulement dans les environs de Pans, mais il s’est fait sentir à une certaine distance. Le même jour, vers 6k,30 du soir, une trombe de grêle s’est abattue sur l’arrondissement de Château-Gontier (Mayenne) et y a causé des dégâts dans les communes de Renazé, la Boissière, Saint-Saturnin-du-Limet, Saint-Martin, la Selle-Craonnaise, Bouchamps, Craon, Niafles, Livré, Athée, Denazé. Les grêlons assez gros détruisaient les récoltes et ont brisé jusqu’aux toitures des maisons, dans lesquelles plusieurs personnes ont été contusionnées.
- —®— De violents orages se sont abattus aussi le 23 juillet sur le département des Pyrénées-Orientales. Vers une heure du matin la grele est tombée à Perpignan et dans les environs.
- —®— Si l’on en croit les rapports venant du Venezuela, il se commet dans cet Etat d’immenses massacres d’oiseaux pour obtenir certaines plumes brillantes dont se parent les chapeaux des dames européennes. On a tué, dit-on, 16 000 000 d’oiseaux en 1898. Il ea
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- faut 870 pour fournir 1 kilogramme de plumes. Les forêts se dépeuplent et les oiseaux brillants des tropiques disparaissent.
- —(g— Le 17 juillet, à Alexandrie, quatre nouveaux cas de peste se sont produits, dont deux suivis de mort. Le total des cas se trouve ainsi porté à 72, sur lesquels on a constaté 29 décès et 28 guérisons.
- —(S)— A Lorient, le stationnaire Caudan a recueilli, à 30 milles en mer un cétacé mesurant plus de 25 mètres de longueur; il l’a remorqué en rade.
- —(g— Les Jahrbücher fur die deutsche Armee und Marine font ressortir les avantages des chaloupes à pétrole sur les chaloupes à vapeur. D’abord elles sont plus légères : une chaloupe à vapeur de 8 mètres de long pèse 4950 kilogrammes, contre 2250 kilo-rammes seulement pour la chaloupe à pétrole. Les 3/5 de cette ifférence de poids proviennent du moteur qui pèse 1850 kilogrammes dans un cas, 250 kilogrammes dans l’autre.. La chaloupe à vapeur peut porter 200 kilogrammes de charbon et franchir 90 milles marins à la vitesse de 6,2 nœuds; la chaloupe à pétrole, avec 200 kilogrammes de naphte, peut franchir 100 milles marins à la vitesse de 5,9 nœuds, avec un personnel de 3 hommes, au lieu de 5 nécessaires avec le moteur à vapeur. D’autre part, le bateau à pétrole peut embarquer, en sus de son personnel, 30 personnes, tandis que l’autre n’en peut recevoir que 15. Enfin le premier ne coûte que 9375 francs alors que la chaloupe à vapeur coûte 14 875 francs.
- —g— L’opothérapie prend certain développement en France et à l’Étranger. On sait que l’usage de l’extrait de cervelle de mouton a été préconisé par le regretté Dr Constantin-Paul comme toniques nerveux. Or cette médication, comme nous le dit le journal le Janus, avait des racines dans les vieilles pharmacopées. D’après M. Withington, on trouve dans la Pharmacopeta Londmensis de 1691 le spiritus cerebri hominis, ou esprit de cerveau humain, recommandé comme anti-épileptique. Cet esprit devait être emprunté au cerveau d’un homme jeune et récemment tué.
- —®— L’ingénieur électricien Simms a construit pour le compte de la maison Vickers et Maxim une mitrailleuse montée sur un quadricycle à pétrole dont la vitesse peut atteindre 30 kilomètres à
- l’heure. Cette mitrailleuse automatique est analogue aux canons-revolvers de la marine. Son poids est de 70 kilos et elle peut tirer 600 coups à la minute. Le conducteur de cette pièce d’artillerie volante est assis à l’arrière, au-dessus du moteur qu’il commande par un jeu de pédales. Il se protège des coups de l’ennemi au moyen d’un double abri en acier-nickel très léger mais très résistant, formant comme un écran incliné à 45° de chaque côté de la culasse. Devant lui, dans deux longues caisses à claire-voie, se trouvent de 8 à 10000 cartouches. En marche et même à toute vitesse, ûn artilleur expérimenté peut tirer soit coup par coup, soit par salve à répétition, et recharger l’arme avec la plus extreme facilité. Des-expériences viennent d’être faites avec cette automobile mitrailleuse à Richemond, près de Londres.
- —®— Les essais de chauffage au moyen de l’huile minérale au lieu de charbon qui avaient été entrepris sur le destroyer-anglais Surly semblent définitivement abandonnés. Les résultats obtenus comme puissance et vitesse au moyen du combustible liquide, ont été trouvés inférieurs à ceux donnés auparavant par le charbon sur le même navire. Mais le défaut capital pour un navire de guerre et qui a paru irrémédiable, est la fumée intense, opaque, odorante et ne se dissipant que difficilement, causée par ce genre de combustible. Tous les moyens employés pour trouver un palliatif à ce grave inconvénient ont été sans efficacité; et nos voisins qui estiment avec raison qu’un'navire de guerre ne doit être trahi par-son panache de fumée que le plus tard possible, et qui, d’autre paiît, ne sont probablement pas fâchés de continuer à se servir des produits des mines anglaises ont décidé pour le moment de discontinuer les essais.
- —(g— Le navire de guerre anglais Dart vient, à la requête du gouvernement du Queensland, Australie, de parcourir le détroit de Torrès, après avoir embarqué à Cairns un botaniste de ce gouvernement, M. Cowley, afin de planter sur les îles situées dans ce détroit, des cocotiers qui devront en même temps servir d’amers pour la navigation et (s'ils remplissent mal ce premier rôle) devront nourrir au moyen de leurs fruits les naufragés qui aborderont sur ces îlots peu fréquentés. Tous les marins savent qu’en effet un bouquet isolé de cocotiers est un des meilleurs amers naturels qui puisse aider à reconnaître de loin les côtes tropicales.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’adresse de la chèvrerie parisienne que nous avons décrite dans le n° 1364 du 15 juillet 1899, p. 107, est la suivante : M. Cré-pin, 163, rue Blomet, à Paris.
- Communications — M. Ch. Janet, à Paris, nous adresse sès Etudes sur les fourmis, les guêpes et les abeilles; Anatomie du corselet de la myrmica rubra reine, éxtrait des mémoires de la Société zoologique de France, une Note sur le mécanisme du vol chez les insectes, extrait des Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, et une Note sur la Constitution morphologique de la tête de Vinsecte, extrait des Comptes rendus du Congrès international de zoologie de Cambridge en 1898.
- M. Ch. Thomasset, ingénieur à Port-au-Prince, nous donne quelques renseignements sur un bolide qu’il a pu observer dans la soirée du 25 juin. A 7“ 30m, nous dit-il, le bolide est apparu au sud 15° ouest, à une hauteur d’environ 70° au-dessus de l’horizon. Marchant avec une grande lenteur et éclairant tout le ciel du côté de l’ouest, il éclata en produisant une luie de feu à l’ouest 5° nord à une hauteur de 12° au-dessus e l’horizon. Pendant toute la durée de son apparition, le bolide laissait derrière lui une traînée lumineuse. Sa couleur était blanche, mais au moment où il éclata il eut des reflets violets et rouges. Sa grosseur apparente était celle d’au moins six étoiles de première grandeur. C’est la première fois que l’on observe ici un bolide non seulement de cette grosseur, mais dont l’apparition ait duré si longtemps : 12 minutes entre les points d’apparition et de désapparition cités plus haut. Le point duquel les observations ci-dessus ont été faites se trouve à la longitude 74° 42' 40" ouest du méridien de Paris, et à la latitude 18° 38' 50" nord.
- M. le Vie Begouen, à Les Espas, Saint-Girons (Ariège), nous informe que le samedi soir 8 juillet 1899, quelques minutes avant 9 heures, le ciel n’étant pas encore complètement sombre, il a remarqué presque au zénith un bolide très brillant traversant le ciel à peu près exactement du sud au nord. Il y a d’ailleurs en ce moment beaucoup d’étoiles filantes, et il n’y a pas de soirs où il n’en remarque plusieurs.
- M. F. Grey, à Ville-d’Avray, nous fait part de l’observation qu’il a faite le 14 juillet 1899. A 4h45m du soir, nous écrit-il, un point très brillant se montre au nord du soleil, sur l’horizontale de celui-ci. Beaucoup de cirrostratus légers dans le ciel. Quand l’un d’eux passe sur le point lumineux celui-ci s’accentue. Les couleurs du spectre y sont à peu près complètes, le rouge du côté du soleil. Distance du point lumineux au soleil (mesurée sans instruments), 22° à 23°. Dimension apparente du point 1° 10' environ. Quelques nuages passant dans le voisinage et d’autres passant sous le soleil prennent des teintes irisées extrêmement vives. Le point lumineux persiste ainsi très visible jusqu’à 5h 50m où il disparaît lentement. Malgré l’absence de tout halo, il semble que ce point ne pouvait être qu’un parhélie.
- M. J. de Rey-Pailhade, à Toulouse, nous adresse une brochure ayant pour titre Projet d’établissement d'un système mètre-gramme-jour pour l’unification des mesures physiologiques.
- M. H. Thoré, à Mussidau, nous fait parvenir la lettre suivante : « J’ai constaté un fait anormal que je désire vous soumettre. Tout le monde sait que dans les légumes à gousses, tels que les haricots, les pois et les fèves, les grains sont reliés par un pédoncule à la nervure formant charnière de la gousse et que ces graines sont pendantes, c’est-à-dire que le pédoncule de chaque grain est tourné vers la tige de la gousse et le côté opposé ou pointe du grain est dirigé vers la pointe. Cette disposition s’observe d’une façon très nette dans la fève commune ou fève des marais qui en temps normal ne présente pas d’exceptions. Or cette année 1899, toutes les fèves présentent la disposition contraire, c’est-à-dire que les grains sont remontants ; leurs pédoncules sont attachés du côté de la pointe de la gousse et leur pointe est dirigée vers la base. Il ne s’agit pas d’un phénomène isolé, sur un sujet exceptionnel, mais bien d’un phénomène général observé sur toute une région s’étendant sur une cinquantaine de kilomètres au moins et peut-être plus, mais je n’ai pas de constatation au delà de ce périmètre.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.)
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- BOITE AUX LETTRES (Suite)
- Un horticulteur du pays certifie avoir déjà constaté ce phénomène deux fois en sa vie (il est âgé de 55 à 60 ans). Toute la récolte de fèves de l’année a présenté cette anomalie. Chaque fois, ajoute-t-il, il y a eu une récolte de vin exceptionnelle comme quantité et comme qualité. Suivant d’autres personnes ce fait particulier aux fèves se reproduit tous les vingt ans. Il serait intéressant de recueillir les renseignements sur cet objet sur tout le territoire et de savoir : 1° si ce phénomène est général, régional, particulier au sud-ouest ; 2° quelle est la limite territoriale de ce fait; 3° ce qu’il y a d’exact dans sa périodicité ou sa concordance avec d’autres faits agricoles ou climatériques. »
- Renseignements. — M. A. Mérieux, aux Sables. — Nous vous remercions pour votre envoi ; mais le fait n’est pas rare.
- il/. A. Souldadié, à Boudon (Moissac). — La canalisation d’eau intérieure ne sera pas dangereuse, en cas de chute de la foudre, si elle n’est pas réunie à une partie métallique extérieure exposée aux coups de foudre.
- M. Giovanni Rocca, à Melfi. — Il y a eu plusieurs appareils utilisés ; nous ne savons pas de quel modèle vous voulez parler.
- M. H. M., à Menton. — Les adresses relatives aux bicyclettes automobiles que nous avons décrites dans le n° 1359 du 10 juin ont été données en tète de la Boîte aux lettres du n° 1361 du 24 juin 1899. L’autocyclette Garreau se trouve 43, rue Lema-rois, à Paris.
- M. G. de Reule, à Namur. — Nous ne pouvons répondre à toutes vos questions; il faut vous adresser à des photographes, par exemple au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. B., à X. — 1° Nous n’avons pas d’ouvrage de ce genre à vous faire connaître. — 2° Vous trouverez ce produit de bonne qualité chez les marchands de produits chimiques. — 3° L’adresse que vous demandez est la suivante : M. Paul Sou-chon, 30, avenue du Roule, à Neuilly-sur-Seine (Seine).
- M. G. A. Kühm, à Strasbourg. — Nous ne savons pas s’il y a une exposition de ce genre ; mais vous pourriez vous renseigner au Secrétariat général de l’Exposition, avenue de la Bourdonnais, à Paris.
- M. E. Godet, à Paris. — Vous pourriez vous adresser à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, ou à la librairie E. Bernard, 29, même quai, à Paris.
- M. A. Camino-Diaz, à Gijon. — Ces expériences ont été décrites dans des Notes à l’Académie des sciences; il faut vous procurer les Comptes rendus, à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. C. Sellier, à Paris. — L’adresse que vous demandez est donnée plus haut.
- M. J. G., à Saint-Julien. — Il n’existe pas encore d’appareils semblables à cèux que vous demandez.
- M. Li E. 0., à Tournai. — Nous ne connaissons pas d’ouvrages de ce genre.
- Jf. G. Catalin, à Gampel. — Vous pourriez peut-être prendre quelques renseignements à la maison Cosson, 6, rue du Parc-Royal ou à la maison YTe Sourdille, 18, rue Volta, à Paris.
- M. H. M., à Paris. — 11 faudrait visiter l’installation pour pouvoir vous répondre. Recherchez bien s’il n’v a pas un court-circuit.
- M. E. D., à Leuze. — Ces renseignements se trouvent dans le Formulaire pratique de VElectricien, à la librairie Masson et C*.
- M. L. Gervais, à Caudebec. -—Nous ne pouvons vous donner la solution mathématique que vous demandez.
- M. A. R.W., à Sochaux. — 1° Vous trouverez des ouvrages sur le calcul des engrenages à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 2° Nous ne pouvons vous donner d’adresse pour les coefficients à faire déterminer.
- Un abonné, à Naples. — Nous n’avons pu retrouver l’article dont vous parlez.
- M. Banvillet, à Barbezieux. - 1° Nous n’avons pas entendu parler de la lampe à acétylène dont il est question. — 2° Nous ne pouvons indiquer les brevets.
- M. Valadier, à Paris. — Il faut vous adresser directement vous-même au Muséum d’histoire naturelle ; il nous est impossible de nous occuper nous-mêmes de ces déterminations de plantes.
- M. Gallandat, à Lescure-lès-Rouen. — Les plaques galvaniques dont vous parlez sont des plaques zinc-cuivre qui, appliquées sur la peau, forment pile, et donnent un faible courant. Lorsque le zinc est un peu attaqué, il a besoin d’être décapé ; s’il est usé, il faut le remplacer.
- Un lecteur, à X. — Nous ne comprenons pas l’avantage que pourrait offrir cette disposition.
- Casino de Mazatlan. — Il faudrait demander ce renseignement à la Société d’éclairage par incandescence Auer, 147, rue de Courcelles, à Paris.
- M. J. Bassols, à Gerona. — Plusieurs ouvrages sur la radiographie ont été publiés à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, et à la librairie Carré et Naud, 3, rue Racine, à Paris.
- M. M. Sabatier, à Magnanville (Mantes); if. 0. Lejeune, à Bruxelles. — L’adresse où se trouve l’agnoline a été donnée en tête de la Boîte aux lettres du même n° 1364, du 15 juillet 1899, dans lequel il en est question.
- M. Cyrille Leberghe, à Roubaix. — Nous ne pouvons vous donner aucun renseignement au sujet de teintures pour cuir.
- 3/. Dubuisson, à X. — Le fait est bien connu; nous vous remercions de vos conseils.
- M. A. Deghelt, à Couillet. — Nous avons donné une recette générale pour l’émaillage des métaux, dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. Vous trouveriez peut-être quelque ouvrage à la librairie Roret, 12, rue llautefeuille, à Paris.
- M. B. de Rollière, à Morthemer (Vienne). — Dans le petit livre désigné ci-dessus, nous indiquons quelques procédés qui pourraient vous être utiles.
- M. G. Sénéchal, à Saint-Ouen-TAumône. — Nous ne pouvons vous donner cette adresse.
- M. Fimergle, à Barcelone. — Nous ne croyons pas qu’il existe de livre sur ce sujet. -
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E. G., à Paris. Nous ne pouvons faire ces calculs; consultez un ingénieur conseil. — M. Dulong, à Nîmes. Cette adresse est exacte. — M. R. D., à Lille. Nous ne pouvons vous fournir des renseignements; nous ne, nous occupons que de sujets scientifiques. — 31. R. Lebrun, à Paris. Il faut faire l'essai de cette machine et déterminer les constantes. — 31. P. V., h X; 31. L. D., à Nancy. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie. — M. G. F., à Paris. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — 31. Parbant, à Paris. Re-' merciements pour votre envoi. — M. Radout, à Paris; M. F. Zénon, à Paris. Nous donnons plus haut l’adresse de la ehèvrerie parisienne.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Comment se préserver des moustiques.
- Les moustiques ne sont pas seulement des insectes insupportables parce qu’ils vous empêchent de dormir, vous provoquent, par leurs piqûres, des sensations désagréables et fort cuisantes ; ils sont dangereux et ils le sont de deux façons. Par leurs piqûres, ils déterminent un véritable supplice; chez les enfants, chez des sujets à peau line, délicate, dans les pays chauds en particulier, ils peuvent engendrer de véritables inflammations cutanées ; on voit des personnes se réveiller avec la figure gonflée comme par un érysipèle.
- Mais ces piqûres, dont le venin est déjà si irritant, peuvent servir de porte d’entrée à de graves maladies par de véritables et multiples inoculations. J’ai indiqué comment on était arrivé à démontrer que les accidents paludiques étaient dus aux piqûres de moustiques ; d’autres maladies peuvent être apportées par ces terribles insectes, la fièvre jaune par exemple.
- Il est donc important de se préserver du mieux possible contre ces redoutables piqûres dans les pays où ces maladies régnent à l’état endémique. Le Dr Laveran, qui fit connaître le premier l’origine parasitaire de la fièvre intermittente et, pensa à son transport par les moustiques, a étudié avec sa compétence bien connue les moyens de se garantir.
- Les moustiques ont besoin d’eau stagnante pour se développer; les étangs, les bas-fonds humides, les flaques d’eau sont les coins préférés où la femelle vient déposer à la surface de l’eau les 250 à 300 œufs qu’elle pond. Ces œufs, donnent naissance à des larves qui se transforment en une-quinzaine de jours en insectes parfaits; pendant cette période de transformation les larves restent à la surface de l’eau. C’est donc là qu’on peut les atteindre. L’eau courante les entraîne1 en partie ; l’eau des étangs n’est pas de l’eau courante, mais si on la bat, si on l’agite, les larves ont des difficultés à accomplir leurs métamorphoses.
- L’huile de pétrole, étalée en eouche très mince à la surface de l’eau est un excellent préservatif : elle empêche le développement des larves, et à dose minime, c’est-à-dire une couche très superficielle, elle n’est pas toxique pour les poissons. C’est '
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- un moyen peu coûteux, mais qu’il 'n’est pas toujours facile d’appliquer; il peut être qualifié de moyen sédentaire, pour les pièces d’eau à portée des habitations.
- Y a-t-il des moyens efficaces de protéger les individus eux-mêmes? il en est un très sûr, mais encore, comme les moyens de destruction des larves, peu pratique et fort incommode en raison de l’odeur tenace et persistante. C’est un bain complet dans une solution phéniquée à 4 ou 5 pour 1000. Une lotion avec une éponge imbibée de ce liquide, lotion sur tout le corps, préserve très heureusement des piqûres, et encore n’est-ce pas absolument infaillible; j’ai connu un médecin algérien qui en avait usé et n’en était pas moins atrocement piqué.
- Les trochisques à brûler dans les chambres, les poudres combustibles à base de pyrèthre donnent de bons résultats, mais c’est au prix du séjour dans une atmosphère de fumée âcre, nauséabonde. 1
- Le professeur Giard a eu l’idée, sur le conseil d’un ami, de mettre dans sa chambre un plant de ricin, et soit réalité, soit suggestion, dit-il, il n’a pas été piqué. C’est à essayer.
- Les onctions des mains, de la face, des parties du corps exposées aux piqûres ont été faites avec les agents les plus variés; ou elles sont très énergiques et risquent d’irriter les téguments ou elles le sont peu et n’ont aucune action préservatrice.
- Somme toute, dans les pays de moustiques, le mieux sera d’avoir une bonne moustiquaire, de fermer les croisées avant le coucher du soleil et de se mettre au lit rapidement à l’abri de la gaze, à la condition qu’elle soit bien serrée, bien installée. La moindre fissure d’une moustiquaire est trouvée par l’insecte et vous passerez une nuit blanche si vous n’avez pris toutes vos précautions contre ces vilaines bêtes.
- Dr A. Cartaz.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 juillet. . . 18*, 8 N. E. 1. Beau. 0,0 Nuageux de 10 à 22 h. ; beau avant et après.
- Mardi 18. 18%1 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Quelques nuages de 4 à 6 h. ; beau avant et après.
- Mercredi 19 19*,1 N. N. E. 0. Beau. 0,0 Beau.
- Jeudi 20. 20*,9 E. 0. Beau. 0,0 Peu nuageux de 8 à 17 h. ; beau avant et après; halo.
- Vendredi 21 22-,2 N. W. 2. Beau. 0,0 Beau le matin ; nuageux le soir ; halo ; éclairs au S.-W. dans la soirée.
- Samedi 22 17*,4 N. E. 4. Tonnerre et pluie. 5,3 Très nuageux ; orage et pluie entre 5 h. 3/4 et 7 h. 1/4; halo.
- Dimanche 23 .... 20*,1 W. 2. Très nuageux. 0,6 Nuageux de 6 à 20 h. ; beau avant et après; gouttes à 18 h. 45.
- JUILLET 1899 — SEMAINE Dü LUNDI 17 AU DIMANCHE 23 JUILLET.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à fabri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre h Rome. Eruption de l’Etna.
- — Le 19 juillet, trois fortes secousses de tremblement de terre se sont fait sentir à Rome et dans les environs. Elles ont eu lieu à 2k 19, à 2k 20 et à 2k 5a. Les oscillations du sol ont été suivies, après une heure d’une forte pluie. La longue durée du phénomène a épouvanté-la population. Dans la rue on sentait le sol trembler et l’on voyait les réverbères osciller comme des roseaux.
- Beaucoup de maisons et d'édifices ont été lézardés, endommagés. Les palais Sciarra et Chigi, entre autres, ont beaucoup souffert.
- -Au Vatican, la secousse a été également violente.
- Dans la province de Rome, à Rocca-di-Papa, la secousse a été très forte. Plusieurs maisons ont été endommagées, mais on ne signale aucune victime.
- A Castel-Gandolfo, une partie de l’église s’est écroulée. A Marino, la secousse a été très forte ; elle a été légèrement ressentie à Fiumicino. Aux collines du Latinium, où beaucoup ae Romains sont en villégiature, la secousse, très forte, s’est fait sentir sur un large rayon. C'est là même qu’était le centre du phénomène. A Genzano et à Civita Lavinia, quelques
- maisons ont été lézardées ; à Frascati, on a ressenti deux secousses très violentes; presque toutes les maisons et les édifices publics ont été fortement endommagés.
- A Monte-Compatri, le tremblement de terre a endommagé les maisons et l’église. Le mal a été très exagéré. A Rome, comme aux environs, il y a eu nombre de maisons lézardées, mais il n’y a pas eu de victime.
- Le 19 juillet, l’Etna a eu une éruption et une grande colonne de fumée et de sable s’est élevée du cratère. On peut se demander si ce fait est en corrélation avec le tremblement de terre assez violent qu’on a constaté.
- La température. — La chaleur a été très élevée pendant la semaine dernière.
- A Paris, la température a été successivement de 20° le 16 juillet, 19° le 17, 18° le 18, 20° le 19, et 31° le 20 juillet, 32° le 21, 33° le 22 et 21° le 23.
- A Londres, le 13 juillet, la température a été de 87° Fahrenheit (31° C). Le 19 juillet, le thermomètre, à 4 heures de l’après-midi, marquait 32° à l’ombre et 53“ au soleil. Comme toujours en pareil cas, il y a eu des victimes de la chaleur ; on a constaté 67 accidents, dont 7 mortels.
- En Algérie la température s’est élevée à 43® à l’ombre.
- PHASES DE LA LUNE : P. L.-, le 22, à 9 h. 51 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- DEUXIÈME EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “LA NATURE”
- DE L’OCÉAN A LA MÉDITERRANÉE FAR LES FTRÉNÉES (25 Août — 7 Septembre)
- Excursion complémentaire au Canigou. — Comme nous l’avions annoncé dans le programme, nous avons pris nos dispositions pour que ceux de nos adhérents qui le désireraient, puissent, avant de quitter le Roussillon, faire l’ascension du €anigou. Cette course sera prodigieusement facilitée par l’installation du chalet du Club alpin au col des Cortallets (2200 m.) et dont l’inauguration doit avoir lieu le lundi 4 septembre.
- La durée de cette excursion complémentaire est de 48 heures. -Départ de Perpignan, le 7 septembre, à 9h30 du matin en chemin de fer pour le Vernet, où l’on déjeunera, et d’où l’on se rendra en voiture au Chalet (6 heures de voiture) où l’on soupera et couchera. Pour les alpinistes, départ du Chalet à 3 heures pour voir le lever du soleil sur la mer et atteindre le sommet du Pic (5 heures de marche). On rentrera au Chalet . pour déjeuner et l’on redescendra en voiture au Yernet d’où l’on rentrera coucher à Perpignan.
- Le prix total de cette excursion complémentaire, compre-, nant chemin de fer, voitures, guides, repas et coucher au . Chalet et à Perpignan, est de 50 francs. Nous recevons les adhésions dès à présent et nous les prendrons jusqu’au 26 août à notre départ de Bayonne. Mais le nombre de lits disponibles au Chalet étant limité, les inscriptions se feront dans l’ordre des demandes.
- Ceux de nos abonnés qui se sont fait inscrire pour notre seconde excursion scientifique recevront dans quelques jours un bulletin d'adhésion que nous les prions de remplir bien -exactement et de nous retourner avant le 10 août. Ces billets sont nécessaires à l’établissement des bons de remise de demi-place que les Compagnies de chemin de fer veulent bien déli-
- vrer à nos excursionnistes pour se rendre de leur domicile à Bayonne, et rentrer de Perpignan à leur domicile. Passé la date du 10 août, il nous serait impossible de faire bénéficier les retardataires de cette faveur.
- Un de nos abonnés, alpiniste distingué, actuellement dans les Pyrénées, nous écrit que la montagne est particulièrement belle cette année ; que la flore est magnifique et que de la neige nouvelle rehausse de sa blancheur éclatante la splendeur des hauts sommets; il nous fait espérer que cet état de chose se continuera jusqu’au moment de notre excursion, et que nos touristes pourront voir les Pyrénées dans toute leur beauté.
- M. H., à Bourges. — Nous sommes heureux de vous informer que les Compagnies de chemin de fer n’ont fait aucune restriction en ce qui concerne les trains express et rapides; par conséquent, munis des bons de remise, vous pourrez prendre place dans ces trains.
- M. L., à Neuilly.— Ceux de nos touristes qui le désireront, et qui en feront la demande dès le premier jour du voyage, pourront se faire servir des repas maigres le vendredi. Néanmoins nous croyons devoir les informer que par lettres adressées au directeur de l’excursion, N. S. S. l’Evêque de Bayonne et l’Archevêque de Toulouse ont bien voulu autoriser les membres de l’excursion à se dispenser du maigre le vendredi.
- M. M., a Prades. — Vous trouverez, dans le prochain numéro de La Nature, le programme complet du Concours de photographie et de croquis organisé au cours de notre excursion, ainsi que la liste des prix qui y seront attribués.
- INFORMATIONS
- —g>— Le Dr Jules Maringer, qui est mort le 13 mai dernier et dont on vient d’ouvrir le testament, lègue à l’Institut Pasteur une somme de 100 000 francs.
- On annonce la mort, à Olten (Suisse), à l’âge de 83ans, de M. Nicolas Riggenbacli, l’inventeur de la crémaillière qui porte ce nom et le constructeur du chemin de fer du Rigi.
- —®— M. Rabot a signalé à la Société de Géographie une épave de l’expédition d’Andrée trouvée le 14 mai sur les bords du Kollaf-jord, côté nord de l’Islande. C’est un flotteur contenant une esquisse de la route suivie par le ballon après le départ, avec le renseignement suivant : « Flotteur n° 7 a été lancé du ballon Andrée, te 11 juillet à 10ht>5m du soir. Temps moyen de Greenwich par environ 82ü de latitude nord et 25° de longitude est Greenwich. Nous llot-
- tons à une hauteur de 600 mètres. Tout va bien à bord. Signé : Andrée, Skindberg, Frankel. » Ce document est authentique. Il a été lancé 8h25m après le départ qui eut lieu le 11 juillet 1897, à 2 heures du soir. M. Rabot a rappelé la dépêche par pigeon du 13 juillet midi, indiquant pour la position du ballon 82° 2' de latitude nord et 13° 5' ue longitude est. A un intervalle de 38 heures, l’aérostat s’est trouvé à peu près à la même latitude, mais à une centaine de milles au delà dans l’est. Aussi M. Rabot pense que le
- ballon a dû continuer sa route vers le nord-ouest pendant la journée du 12 et a dû arriver bien près du pôle. Et après? Qui le dira?
- —(§)— La chaleur est devenue insupportable à Séville. Le thermomètre est monté à 47° centigrades à l’ombre.
- —®— Une forte secousse de tremblement de terre a été ressentie à Draguignan, le vendredi 28 juillet, à minuit. La durée du phénomène a été très courte. A la même heure on a observé une légère secousse à Toulon.
- —(g)— L’industrie des bicycles en Amérique. D’après Scientific American, les exportations de bicycles américains au cours des uatre années 1896-1899 représentent en chiffres ronds 100 millions e francs, dont 20 millions en Europe. Les importations en France de bicyclettes américaines ont plus que doublé de 1897 à 1899; en Allemagne, la progression est de 60 pour 100, et pour la plupart des autres pays européens elle est de 50 pour 100, sauf pour le Royaume-Uni, où il y a eu légère réduction plutôt due d’ailleurs à la baisse des prix qu’à une diminution réelle. L’Angleterre reste, au surplus, le meilleur client des fabricants américains auxquels elle a acheté, en 1898, pour 9 millions de francs de machines. Les autres pays importateurs sont : l’Allemagne, 8,6 millions de francs; le Canada, 3 millions; la France, 2,4 millions. Viennent ensuite : l’Australie anglaise (1,5 million], la Hollande (1,25), le Danemark (1,1), l’Afrique anglaise (0,9), le Japon (0,4), la Chine (0,1), etc.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — La fontaine portative filtrante se trouve chez MM. Prevet et C‘% 30, faubourg Poissonnière, à Paris.
- Communications. — M. Ch. Langrand, à Paris, à propos de la nouvelle pédale de bicyclette que nous avons décrite dans les Petites Inventions du n° 1364 du 15 juillet 1899, nous écrit que cette pédale a été inventée, il y a trois ans au minimum, par un modeste mécanicien français, M. Terver, 36, avenue d’Orléans, à Paris, qui a pris les brevets pour son invention dans presque,tous les pays, même aux États-Unis. Cette pédale, ajoute-t-il, a été aussi exposée au salon du Cycle de 1897. Notre correspondant nous dit encore : « Pour mon compte, je m’en c sers depuis cette époque et, je n’ai eu qu’à m’en louer, car elle présente tous les avantages énoncés dans le prospectus que je vous adresse. Aussi, je tiens a revendiquer encore cette invention comme française ».
- M. G. A. Le Roy, à Rouen, nous écrit : « A propos de la recette d’imbibition du carbure de calcium, que vous avez bien voulu m’aider à vulgariser, dans le n° 1361 du 24 juin, p. 54, j’ai vu dans le n° 1363 du 8 juillet des réclamations de priorité, au sujet de l’emploi du pétrole comme isolant conservateur.
- Ces réclamations sont assez vagues comme date. « Depuis trois ans environ, depuis un an », écrivent vos correspondants. Par un pli cacheté déposé par moi, le 13 février 1897 (date précise ) à la Société industrielle de Rouen, pli cacheté que je vais faire ouvrir à la prochaine séance, je me propose de montrer que c’est dès cette date que j’ai employé le pétrole comme isolant protecteur et non seulement le pétrole isolant de densité légère, mais encore des liquides inactifs sur le carbure, mais de densité plus forte que celle de l’eau, tels les huiles lourdes de houille, le sulfure de carbone, les chlorures de carbone; etc., de façon à protéger le carbure pendant l’attaque
- £ar l’eau. Le schéma ci-dessus indique le principe du procédé, onc je pense pouvoir revendiquer la priorité avec preuve à * l’appui sur vos correspondants pour l’emploi du pétrole protecteur isolant. »
- M. Tito Martini, professeur de physique au Lycée Tosca-rini, à Venise, à propos du phénomène de pseudo-ébullition de la poudre de charbon, dont il a été question dans le n° 1364 •Ru 15-jùillet 1899, p. 102, nous écrit la lettre suivante :
- <( J’ai lu avec intérêt les expériences de M. Martaud. Puisque, il y a quelque temps, moi aussi j’ai eu l’occasion d’observer _ des phénomènes semblables présentés par le silex pur, préci-, pité du verre soluble, et par le charbon animal, permettez que je vous donne, à ce sujet, des renseignements qui serviront à compléter la Notice publiée par M. Martaud. Dans une étude très récente sur la chaleur développée en humectant des poudres (Atti del R. Istituto Veneto, sérié 1*, t. 9, 1898. — Journal de physique, septembre 1898. — Phylosophical Magazine, March, 1899), j’avais besoin, pour la réussite, d’expérimenter avec des substances bien desséchées. A cet égard je calcinais fortement, sur un bain à sable, les poudres, et le phénomène décrit par M. Martaud se montrait d’une manière frappante avec le silex qui, à un certain point, sem-
- blait être devenu un liquide lorsqu’on le remuait dans la capsule ; mais quand la poudre s’était bien desséchée le phénomène disparaissait. Dans le cas du silex, aucune combustion n’ayant eu lieu, on ne peut pas invoquer les opinions de M. Martaud pour expliquer le phénomène ; l’auteur pense que l’humidité nuit au phénomène; a mon avis le phénomène est produit par la couche de vapeur qui tient soulevée la poudre de la même manière que la goutte d’eau dans les expériences classiques de Boutignv. Le silex est une substance singulièrement hygrosco-pique. J’ai observé que si l’on met du silex dans un milieu saturé d’humidité, en trois ou quatre jours il absorbe 85 pour 100 d’humidité qu’il va perdre en partie, en le remettant à l’air libre. Si l’on étend du silex sur un des plateaux d’une balance, lorsqu’on a établi l’équilibre, la balance devient un hygroscope des plus sensibles, et on voit le fléau se pencher d’un côté ou de l’autre selon l’état hygrométrique de l’atmosphère. Les petites éruptions volcaniques sont présentées par le silex avec une grande netteté et le phénomène mérite d’être reproduit dans les écoles. On doit mettre dans une capsule 400 ou 500 grammes de silex et le chauffer fortement sur le bain à sable. Après quelques minutes, en remuant la poudre pour apporter à la partie inférieure les couches supérieures toujours humides, on voit jaillir des jets de silex de la hauteur de plusieurs centimètres qui ont tous l’apparence des geysers. Lorsque toute éruption est achevée, et cela arrive quand la poudre est devenue sèche, les monts volcaniques et les cratères qui les terminent donnent, à la surface de la poudre, un aspect semblable à celui présenté par la surface lunaire vue au télescope. »
- Renseignements. — M. H. Courtois, à Muges. — Il faut soumettre votre échantillon à un chimiste ou à l’École des Mines, à Paris.
- M. Morin, à Paris. — Malgré tous ses inconvénients, la tôle est encore préférable.
- M. L. Routemy, à Lannoy-du-Nord. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage sur cette question.
- M. L. Cazeneuve, à Condom. — Demandez tous les renseignements au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. G. L. A, à X. — 1° La naphtaline convient très bien;
- — 2° Ces divers parfums se trouvent chez les épiciers.
- M. A. Renevey, à Fribourg. — Nous avons déjà donné cette adresse en tête de la Boîte aux lettres du même numéro qui contient la description du produit.
- M. R. M. Roivand, à La Mothe-Gurgy, par Moneteau (Yonne). — Il existe des liquides qui rendent le bois incombustible, nous en avons donné plusieurs formules dans les petits livres des Recettes et Procédés utiles, à la librairie Masson et Cie. Mais dans les freins, réchauffement ne peut être évité, puisque par suite de frottement, tout le travail moteur doit être absorbé par ces freins.
- M. G. Herlin, à Lille. — Voyez la Boîte-aux-Lettres de ce même numéro; l’adresse du dépositaire est donnée en tête.
- M. R. David, à Marseillan. — Comme appareils simples .à fabriquer de la glace, nous vous indiquerons l’appareil Schaller, 332, rue Saint-Honoré, ainsi que les appareils Carré, chez M. Lévy, 61 bis, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Vergniol, à Gensac. — 1° Même réponse que ci-dessus ;
- — 2° Ces divers ouvrages ont été signalés dans notre bibliographie.
- M. E. Q., à X. — Des recettes pour combattre les vers blancs ont été données dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles lre et 3e série, et des moyens de détruire les fourmis ont été indiqués dans les petits livres de la 1” série, à la librairie Masson et Cie.
- M. F. Teisserenc, à Ceilhes. — Ces piles se trouvent à la maison Digeon, 25, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, à Paris.
- M. Rennesson-Vasset, à Donchery. — H est absolument nécessaire d’établir une connexion métallique entre le paratonnerre et la terre.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. Cardot, à Alger. Il nous est impossible d’envoyer votre lettre; car l’air liquéfié ne se trouve pas encore dans le commerce. Tous nos regrets.
- — M. B. D., à Lille. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C*\ — M. Dubois, à Nantes. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5' série, à la même librairie. — M. Lelong, à Marseille. Remerciements pour votre communication. — M. G. R., à Nice. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison,
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- - NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS*
- Canne & pèche-pompe à vélo. — La nouvelle canne dont il s-’agit est une canne à pêche rentrante en aluminium; fermée, elle forme une pompe de bicycliste. Elle se compose de 11 pièces qui ajustées les unes à la suite des autres donnent une longueur de 2m,80. Cette canne est légère et très résistante ; elle convient à la pêche et est précieuse pour le cycliste. La figure 1 nous montre la canne rentrée ; on voit en A le bou-
- Caniie à pêche-pompe à vélo. — 1. Canne rentrée. — 2. Coupe intérieure, 3. Série des tubes formant la canne.
- chon, en B la bague à ressort de fermeture, en C la bague de serrage, en D le raccord vissé pour la pompe. La figure 2 nous fait voir le piston P de la canne faisant office de pompe pour bicyclette. Dans la figure 3 se trouve la série des tubes formant la canne. Les tubes 1 et 2 sont en laiton nickelé, les tubes de 3 à 7 sont en aluminium, et le tube 8 est en laiton avec une virole Y ; chaque tube est maintenu en place par un bouton à ressort. — La canne à pêche-pompe à vélo est en vente chez MM. Bourdon et Benoît, 28, quai du Louvre, à Paris.
- Attache-pantalon pour cyclistes. — Tous les cyclistes savent aujourd’hui, par expérience, combien il est important que le bas du pantalon de ville se trouve convenablement attaché, lorsqu’on monte à bicyclette. Un pantalon mal attaché qui peut s’ouvrir en route est exposé à être déchiré tout le long, ce qui a amené en outre d’innombrables accidents. Aussi, a-t-on
- Attache-pantalon. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Les deux attaches. 3. Détail d’une attache. — 4. Mode d’emploi.
- essayé plusieurs combinaisons pour fixer le pantalon. Le système que nous présentons aujourd’hui met les cyclistes à l’abri de tout inconvénient et de tout accident. H se compose de deux petites plaques métalliques minuscules (n° 2) n’ayant que 3 centimètres de longueur, et terminées à chaque extrémité par un petit crochet recourbé, de sorte qu’il suffit de plier le pantalon, de poser l’attache sur les deux bouts et de lâcher, les
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- deux crochets se fixent d’eux-mêmes. Les deux attaches sont construites de telle façon à se loger dans une toute petite breloque que l’on peut attacher à la chaîne de montre, à l’anneau de clef ou placer facilement dans la poche la plus petite. — L’(( attache-pantalon » se trouve chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Poudre éclair donnant peu de fumée.
- On mélange, à parties égales, du magnésium et de l’azotate d’ammoniaque finement pulvérisés. L’azotate d’ammoniaque étant un peu hygrométrique doit être bien desséché. On f^it le mélange au moment de l’utiliser, en mettant les poudres dans une boîte en carton qu’on agite dans tous les sens.
- Ne pas employer ce mélange dans une lampe, mais l’enflammer à l’air libre; il y a moins de fumée que dans les autres compositions analogues et on peut faire plusieurs clichés successifs sans qu’elle soit gênante : avec 2 grammes de poudre on éclaire bien une chambre de dimensions ordinaires.
- Élimination de rhyposulfile.
- Voici plusieurs formules recommandées par divers auteurs
- I. Eau.................100 grammes.
- Acide azotique ... A gouttes.
- Le cliché est plongé, après un premier lavage, dans cette solution pendant 5 minutes, puis lavé de nouveau 10 minutes.
- II. Eau. ..... 100 grammes. '
- Eau de javelle .15 —
- Après avoir passé le cliché dans une solution d’alun à 6 pour 100 pendant 5 minutes, on le plonge dans la solution indiquée ci-dessus, où il peut rester 10 minutes; on lave ensuite 5 minutes à l’eau courante,
- III. Enfin la solution la plus simple se compose de sel de cuisine (chlorure de sqdium), on la fait à saturation et on y plonge le cliché 10 minutes, après l’avoir lavé cependant à l’eau courante pendant 2 minutes environ. Un lavage cVün quart d’heure au sortir de la solution salée suffit pour terminer l’opération.
- Papier salé au formol,
- On fait une solution de gélatine à 5 pour 100 et on y ajoute du sulfate de baryte jusqu’à obtenir un blanc laiteux. On fait flotter son papier sur cette solution chaude, puis on fait sécher. Après séchage, on plonge les feuilles dans une solution de formol du commerce à 10 pour 100, pendant 5 minutes pour insolubiliser la gélatine. On rince à l’eau froide et on laisse sécher. Ce traitement est en somme un encollage du papier qui permet ultérieurement à l’image de rester à la surface, par conséquent le papier ainsi préparé peut se conserver indéfiniment. On le sensibilise autant que possible la veille du jour où il devra être utilisé; mais on peut le saler d’avance et le conserver ainsi. On le fait flotter pour cela sur un bain de chlorure d’ammonium à 1 pour 100. Pour la sensibilisation on prépare la solution suivante :
- Eau distillée............100 grammes.
- Azotate d’argent .... 6 —
- On ajoute ensuite de l’ammoniaque jusqu’à redissoudre le précipité qui se forme au début.
- On peut étendre au pinceau, mais il est préférable de faire flotter à la surface du bain. Avoir soin de mettre à l’avance une marque au crayon pour reconnaître facilement le côté sensibilisé.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nettoyage antiseptique et économique des articles de literie. — Il s’agit d’une nouvelle méthode pour nettoyer les draps de lit et pièces de literie, méthode qui vient d’être recommandée à tous les hôpitaux militaires par le médecin èn chef de l’armée allemande. Elle assure un nettoyage plus facile que la méthode classique, et par suite diminue 1 usure du linge, celui-ci garde sa couleur tout en étant parfaitement désinfecté, enfin on emploie moins de savon, et il en résulte une économie assez sérieuse. Le procédé consiste tout uniment à ajouter du pétrole à l’eau de lavage, outre le savon et la soude, dans la proportion de 1 gramme de pétrole par litre d’eau.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Poudre de liège et conservation des fruits. —- Il existe un nombre considérable de moyens et procédés pour conserver les fruits : paille ordinaire ou de bois, foin, sciure de bois, etc. La paille de bois réussit assez bien ; quant à la paille ordinaire, notamment d’orge, elle ne laisse pas toute leur fraîcheur aux fruits; le foin donne un certain arrière-goût et laisse le fruit se tacher et se pourrir; dans la sciure de bois, celui-ci se pique, se flétrit. Au contraire, les fruits recouverts de poudre de liège ou enveloppés de deux épaisseurs de papier de soie entre lesquelles se trouve de cette poudre, se conservent parfaitement, la maturité se poursuivant régulièrement, sans; aucune transformation ni dans la saveur ni dans l’apparence.!
- Pour chasser les fourmis. — Les fourmis constituent un véritable fléau, quand elles envahissent des cultures ou même
- un jardin d’agrément; et comme’les moyens recommandés pour les éloigner ne donnent pas toujours un excellent résultat, nous en signalerons d’autres qui sont fournis par le Bulletin du Service des renseignements algériens. Un procédé très simple consiste simplement à répandre du sel dénaturé sur le passage des infectes : une traînée de ce sel broyé est pour eux un obstacle infranchissable. On peut aussi entourer les fourmilières d’un cordon de sel : cela les fait déserter par leurs habitants. Pour empêcher les fourmis de grimper aux fruitiers, on entoure le tronc des arbres, à dix centimètres du sol, d’un cordon de laine de la grosseur du pouce qu’on imbibe de nicotine étendue d’eau ou d’huile de schiste. Pour éloigner ces bêtes d’un appartement, il suffit souvent d’y placer un morceau de camphre enfermé dans un papièr ou un linge mouillé.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU C1£)L PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 24 juillet. . . 16*,1 S. W. 2. Couvert. 3,2 Couvert de 5 à 22 h.; nuageux avant et après ; averses le matin.
- Mardi 25 16*,4 N. W. 3. Couvert. 3,2 Nuageux jusqu’à 18 h. ; beau ensuite ; très brumeux.
- Mercredi 26 17*,8 . S. 1. Beau. 0,0 Beau ; un peu brumeux.
- Jeudi 27 17»,5 N. N. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert de 4 à 14 h. ; puis nuageux jusqu’à 20 h. ; beau le reste du temps ; très brumeux.
- Vendredi 28 13»,9 E. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Samedi 29 20»,2 N. 1. Beau. 0,0 Beau.
- Dimanche 30 .... 16»,4 N. 0. Quelques nuages. 0,0 Peu nuageux de 5 à 16 h. ; beau avant et après.
- JUILLET 1899 -- SEMAINE DU LUNDI 24 AU DIMANCHE 30 JUILLET.
- Lun(0 | Mardi | Mercredi | Jeudi ( Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, tKermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. •
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- La grêle. — A la date du 26 juillet, des trombes de grêle se sont abattues de tous côtés, causant de véritables catastrophes aux agriculteurs. Aux contrées déjà éprouvées il faut ajouter le canton de Séxanne (Marne), et spécialement les communes du canton d’Anglure, Allemanche, Baude.mont, Saron-sur-Aube, Marcilly-sur-Seine, Marsangis, Saint-Just, Sauvage et Vil-liers-aux-Cormeilles. Vers ih 30, un cyclone, accompagné d’averses de grêlons gros comme des œufs, s’est déchaîné sur ces localités. Les pertes ont été évaluées à un million.
- Le même jour, et à peu près à la même heure, de 4 à 9 heures du soir, un orage du même genre a ravagé l'arrondissement de Gannat, dans l'Ailier détruisant la récolte des vignobles et les céréales. Les cantons les plus éprouvés sont ceux de ; Saint-Pourçain, Chantelle, Escurolles. Le total
- général des pertes pour l’arrondissement atteint 1212130 francs. Très peu des propriétaires atteints étaient couverts par des assurances.
- A la même date, un troupeau, composé de 430 moutons, se trouvait aux pâturages de la montagne de Carlit, arrondissement de Prades. Un ouragan de grêle s’abattit tout à coup. Le troupeau se rassembla près de la cabane dans laquelle les bergers se réfugièrent. La foudre tomba brusquement sur le troupeau et 203 moutons furent tués. Un grand nombre d'autres ont été asphyxiés. Une vache a été foudroyée. Les bergers n’ont eu aucun mal. L’orage de grêle a fait des dégâts importants dans les cantons de Vinça, de Prades et d’Olette.
- Volcan en éruption. — On écrivait de New-York, à la date du 21 juillet, que le volcan Mananaloa (îles Hawaï) a eu, le 4 juillet, une violente éruption. Deux torrents de lave se sont dirigés vers la mer et un autre sur Ilo. Les plantations de cannes à sucre ont beaucoup souffert.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q., le 29, à 12 h. 52 m. du soir.
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- NOU VELLES SCIENTIFIQUES Supplément au n° 1368 (12 août 1899), du Journal “LA NATURE1*
- DeU^ïènnô E^cürsïor) scïepjtïFïqUe cte w*La Rature**
- DE L’OCÉAN A LA MÉDITERRANÉE PAR LES PYRÉNÉES
- —> 25 Août — 7 Septembre 1899 <—
- CONCOURS DE PHOTOGRAPHIE ET DE CROQUIS
- Le succès qu’a remporté l’année dernière notre concours de photographie lors de notre première excursion au Plateau Central, nous décide à renouveler notre effort pour développer parmi nos lecteurs le goût de la photographie et pour pousser nos excursionnistes à rapporter de leur voyage des souvenirs aussi parfaits que possible.
- Nous avons cependant, pour faciliter l’accès du concours à tous ceux qui pendant l’excursion détiendront un appareil photographique, un crayon ou un pinceau, modifié les conditions de l’année dernière en créant trois séries bien distinctes et en offrant pour chacune d’elles une série de prix dont la grande valeur sera un attrait de plus pour les concurrents. ^
- SÉRIE A. - Une collection de vingt-cinq sujets formant par leur ensemble un aperçu aussi complet que possible de l’excursion entière. Les épreuves de cette série devront former une suite et être numérotées de façon à indiquer les différentes étapes de notre voyage. Le nombre de 25 sujets est un minimum, mais il ne devra pas être dépassé.
- SÉRIE B. — Une collection de sujets entièrement consacrés au côté archéologique, industriel et purement scientifique de l’excursion. Le minimum des épreuves à fournir pour cette série est de vingt, mais le nombre n’en est pas limité.
- SÉRIE G. — Une collection de sujets fantaisistes pris dans le cours de l’excursion, groupes bizarres, aventures, etc., etc.
- Le nombre d’épreuves à fournir dans cette série doit être au moins de six, mais il n’est pas limité.
- CONDITIONS. — Le format des épreuves ne devra pas être inférieur à 6 x 8 ni supérieur à 18 x 24; à qualités égales, la préférence dans le choix sera donnée aux sujets mesurant au moins une surface 9x12 qu’ils soient obtenus directement ou par agrandissement, et cela surtout à cause de la reproduction.
- Les épreuves primées seront en effet reproduites en totalité ou en partie dans un supplément à La Nature, entièrement consacré au compte rendu du voyage et qui paraîtra avant le 1er décembre 1899. l'n même concurrent peut concourir dans les trois séries, il ne pourrait cependant remporter un premier prix dans chacune d’elles.
- Les épreuves fournies en un seul exemplaire seront montées sur carton et porteront au dos: l°une devise unique pour un même concurrent; 2° le titre désignatif du sujet.
- Séparément et par la poste, le concurrent enverra sous enveloppe son nom, son adresse et les indications techniques (appareil employé, noms des plaques et de l’objectif, etc.).
- Le tout devra être adressé au Directeur de « La Nature » avec la désignation Concours de photographie.
- Pour laisser toute latitude aux concurrents qui voudraient prolonger leur voyage dans le Midi après l’excursion, le concours ne sera clos que le 20 octobre au soir.
- Quant aux prix affectés à chacune des séries, ils sont répartis comme suit :
- SÉRIE A
- lei Prix. — Une jumelle stéréoscopique de Bel-liéni (de Nancy) appareil de précision muni de deux objectifs Zeiss ou Goertz pouvant donner le cliché 8 X 9 ou la vue stéréoscopique 8x18.
- Get appareil, accompagné du châssis spécial pour tous les positifs sur verre, est d’une valeur de 522 fr. 50.
- 2e Prix. — Un colis-postal de produits photographiques du Comptoir général de photographie (valeur 50 francs).
- SÉRIE B
- 1er Prix. — Une jumelle Mackenstein, format 9 x 12, munie des derniers perfectionnements avec objectif Goerz et un appareil d’agrandissement 18x24 sur lequel s’adapte la jumelle pour agrandir les clichés 9x12 et au-dessous en 18 X 24 ou 13 x 18 (valeur 520 francs).
- 2‘ Prix. — Un colis-postal des produits photographiques du Comptoir général de photographie (valeur 50 francs).
- SÉRIE G
- 1er Prix. — Une photo-jumelle Carpentier format 6 1/2x9 munie d’un objectif Zeiss à mise au point fixe (valeur 215 francs).
- 2e Prix. — Un colis-postal contenant un lot des spécialités photographiques de la maison Poulenc frères, papiers au platino, révélateur à la pvrocatéchine, stand-pochettes, etc. (valeur 50 francs).
- CONCOURS DE CROQUIS AU CRAYON, A LA PLUME OU AU PINCEAU
- l*r Prix. — 100 francs de livres à choisir sur le catalogue de la librairie Masson et Cia. 2e Prix. — Un abonnement d’un an à La Nature. —•
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- INFORMATIONS
- —Un orage d’une grande violence s’est abattu, le 1" août, vers 4 heures du soir, dans la commune de Banon, près de Forcal-quier. Les routes ont été coupées sur plusieurs points, les ponts ont été emportés, les rues complètement obstruées. Les récoltes sont perdues. Les poteaux télégraphiques ont été arrachés. II n’y a eu aucun accident de personnes à signaler. Le pays est dans la consternation. Les pertes ont été considérables.
- A la même date, un orage a eu lieu également dans les cantons montagneux de Saillagouse et de Montlouis, arrondissement de Prades (Pyrénées-Orientales). Dans certains endroits, la grêle a ravagé les récoltes, dans d’autres, les eaux ont raviné les propriétés. De nombreuses prairies ont été ensablées. Les dégâts sont aussi très considérables.
- La grêle a fait encore d’autres 'ravages dans les Hautes-Alpes. Le 1er août, un ouragan avec rafales de grêlons de la grosseur d’un œuf de pigeon s’est abattu sur les communes de Châteauroux et de Saint-André, canton D’Embrun (Hautes-Alpes). Toutes les récoltes sur pied ont été détruites, les terres ont été ravinées, surtout sur les territoires de Saint-Roch et de la Plaine, commune de Châteauroux. Les pertes sont évaluées à 500 000 francs.
- Après ces chaleurs un orage formidable a éclaté sur Paris, samedi 5 août, de 8 heures à minuit. Les éclairs se sont succédé sans interruption illuminant le ciel. Il a éclairé toute la nuit. La foudre est tombée en différents endroits dans les régions ouest de la banlieue et de la Ville.
- —®— La chaleur a été étouffante pendant la semaine dernière. A Paris, la température s’est élevée à 55°. A Madrid, le 2 août, il y avait 42° à l’ombre, et à Séville 48° à l’ombre et 57° au soleil.
- —(§)— Deux aéronautes anglais, MM. Percival Spencer et Pollock, ont effectué en ballon la traversée de la Manche le 31 juillet 1899. Partis du Palais de Cristal, près de Londres, ils ont mis un peu plus de cinq heures pour faire le voyage et ont atterri à 8h 10, aux environs de Dieppe. M. Spencer a raconté que le temps était superbe ; le soleil brillait de tout son éclat et c est à peine si, dans les altitudes très élevées, ils ont rencontré une légère brume. Deux heures après le lâcher du ballon, vers 4h 30, ils ont aperçu la mer. A 5 heures, ils se trouvaient à 7000 pieds du sol. Le vent soufflait légèrement du nord-ouest et les poussait droit vers les côtes de France. Ils jetèrent un sac de sable, ce qui les fit monter immédiatement à 9000 pieds, et ils aperçurent bientôt dans le lointain la ligne blanche des falaises normandes.
- —<S>— M. Yittorio Sella, fils de M. Quintino Sella, qui fut ministre des finances d’Italie, vient de faire l’ascension de la Dent du
- Géant, que l’on considérait jusqu’à présent comme inaccessible* Encouragé par cette ascension, il se propose d’escalader les plus hautes montagnes de la chaîne de rHimalava, notamment l’Everest ui, avec ses 8837 mètres d’altitude, est la plus haute montagne u globe. Pour cette exploration qui durera environ six mois, il aura avec lui son frère, M. Erminio Sella, et le célèbre guide Angelo Maquignaz, fils du plus célèbre encore Joseph Maquignaz, qui périt dans fine profonde crevasse au Mont-Blanc, après sa soixante-treizième ascension de cette montagne.,
- —®— Dans les dernières semaines, il y a eu une légère augmentation des cas de fièvre typhoïde à Paris, que l’on a attribuée à la mauvaise qualité des eaux de la Vanne. M. Defrance, directeur administratif des travaux de Paris, dit qu’il n’y a pas lieu d’imputer aux eaux de la Vanne cette légère recrudescence de la fièvre typhoïde à Paris. En réalité, le nombre des malades ne dépasse guère la moyenne habituelle des semaines de grandes chaleurs. Il n’a donc rien d’inquiétant, au moins jusqu’à présent.
- —(§)— Les Londonniens viennent de perdre leur chien favori, Léo, le fameux terre-neuve de l’hôpital des femmes et des enfants. Léo était très populaire à Londres. Il allait par les rues, digne, fier,
- fiortant suspendu à son cou un petit tonneau par l'ouverture duquel es passants glissaient les pièces de cuivre et d’argent. Léo était le chien quêteur de cet établissement, en un mois il recueillit 25 000 francs, qu’il versa contre un reçu dûment en règle. La princesse de Galles ne manquait jamais de faire arrêter sa voiture lorsque la présence de Léo lui était signalée. Elle le caressait et lui remettait son obole que le chien acceptait avec le signe de la plus vive reconnaissance, c’est-à-dire en faisant frétiller joyeusement sa queue. Léo sera remplacé par son fils aîné. Nul doute que ce dernier ne devienne bientôt aussi populaire à Londres que feu sou père.
- —®— La Locomotion automobile vient d’instituer un concours destiné à mesurer la puissance effective des moteurs d'automobiles et de motocycles. Il est de fait qu’on livre aujourd’hui des voitures devant donner 2, 3, 4, 8, 10, 12, etc., chevaux-vapeur. Mais est-ce exact? L’idée est donc bonne de permettre aux constructeurs de faire la preuve. Tous les constructeurs et propriétaires d'automobiles sont admis à prendre part à ce concours qui durera jusqu’au 30 septembre. Il n y a qu’à s’inscrire dès maintenant sans frais aùx Bureaux de la Locomotion automobile, 4, rue Chauveau-Lagarde. Notre confrère publiera chaque semaine les résultats des essais au frein qui, par précaution, seront répétés trois fois sur trois voitures de même type. Une commission d'ingénieurs et de constructeurs, nommée par les concurrents, contrôlera les expériences, et délivrera un certificat d’examen aux concurrents. Nous aurons à revenir sur ce concours qui offrira un véritable intérêt.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La machine à saturer les liquides d’acide carbonique se trouve chez M. Bill’ Meyer, chimiste, 14, rue du Cardinal-Lemoine, à Paris.
- Communications — M. le professeur A. Forel, à Morges (Suisse), nous adresse une Notice sur Jean-Pierre-Perraudin, de Lourtier, qu’il vient d’écrire; elle est extraite du Bulletin _de la Société Vaudoise des sciences naturelles.
- , M. A. L. Rotch, directeur-fondateur de l’Observatoire météorologique de Blue Hill, Hyde Park. Mass. U. S. A., à propos de notre article sur le Cerf-volant et la météorologie (n° 1359 du 10 juin 1899, p. 27), nous adresse quelques mémoires sur des expériences effectuées à l’Observatoire, et notamment des Notices ayant pour titres Progress of experiments with kites during 1897-1898, par S.-P. Fergusson, et Studies of cyclonic and anticyclonic phenomena with, kites, par II. Helm Clayton. M. Rotch ajoute que nous pouvons remarquer que leur météo-rographe à cerf-volant a atteint 3800 mètres.
- M. Darru, à Tananarive, nous écrit que l’éclipse totale de lune du 23 juin, invisible à Paris, et visible en Australie a été partielle pour Madagascar. Le 23 juin, aussitôt le soleil disparu à l’horizon, c’est-à-dire vers 6 heures, on a pu constater que la moitié environ du disque lunaire était cachée par
- l’ombre projetée par notre planète. A 7h 13m notre satellite avait repris son aspect habituel. Etant^ donné l’heure, peu de personnes se sont aperçues du phénomène, qui est passé inaperçu des indigènes.
- M. Em. Touchet, à Auteuil, nous écrit : « Je viens de lire dans la « Boîte aux lettres » du n° 1366, du 29 juillet, l’observation faite par M. F. Grey, à Ville-d’Avray, le 14 juillet dernier, d’un parhélie. J’ai pu, de mon côté, observer ce phénomène et noter quelques particularités se rattachant à son apparition. C’est vers 4 heures du soir que j’ai commencé à le voir et il a persisté jusqu’à 4\45m, heure à laquelle il a disparu. Par moment, l’éclat était très remarquable d’autant plus que le fond du ciel était presque bleu pur. Toutes les couleurs du spectre étaient visibles, excepté le bleu qui, à l’opposé du . soleil, se confondait avec le ciel. De 5h 45m à 6 heures, ce parhélie s’est encore reformé, il était alors d’une belle couleur orange et apparaissait sur un cirrostratus. Les dimensions données par M. Grey sont exactes, les heures seules diffèrent, mais cela tient évidemment à la distance des lieux d’observation, les miennes ayant été faites à Auteuil. »
- Renseignements. — M. M. Dezamme, à Arras.— Il y a, en effet, une erreur que l’on corrige facilement en lisant.
- M. A. F., à Bucarest. — Nous n’avons aucune adressé spéciale à vous indiquer pour vous procurer ces produits.
- M. H. Tival, à Riom. — Il n’existe pas encore de moyen bien sérieux et bien pratique.
- M. G. P., à Rouen, — Le tan donne de très bons résultats pour empêcher l’herbe de pousser dans une cour.
- M. P. Süe, à Nice. — L’acétylène liquide n’existe pas encore dans le commerce, et ne se trouve pas en tubes comme vous le désirez.
- M. Deschwansen, à Bâle. — Le Dr Brunet est médecin de la marine, et on ne connaît pas son adresse.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.)
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- - NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES {Suite)
- M. F. Teisserenc, à Ceilhes. — Les machines dynamos aimantent les montres, si le spiral n’est pas en métal antimagnétique. Nous avons publié à ce sujet un article dans le n° 659 du 16 janvier 1886, ç. 111.
- M. E. R., à Marengo (Algérie). — Les fabricants de pièces détachées pour bicyclettes sont innombrables ; entre tous, nous pouvons vous indiquer MM. Barriquand et Marre, 127, rue Oberkampf; Brion frères, 42, rue de Bondy; Cohendet et Cie, 166, quai Jemmapes; Lobin et C!% 3, boulevard Voltaire, à Paris.
- Un abonné, à X. — Un tube en métal flexible ne saurait convenir; du reste il n’est guère facile à fabriquer.
- M. A. Saurel, à Grasse. — Nous ne connaissons pas exactement les matières employées dans ces piles.
- M. J. A., à Ferrol. — 1° Il faut consulter des ouvrages photographiques ; nous ne pouvons répondre à toutes ces questions. — 2° Adressez-vous directement aux constructeurs que nous avons fait connaître.
- M. A. Denis, à Saint-Quentin. — Pour détruire les pies, on emploie les mêmes pièges que pour les geais et les corbeaux, c’est-à-dire des cornets de carton au fond desquels on a mis pour appât un morceau de viande gâtée et dont les bords sont enduits de glu. La pie enfonce sa tête dans le cornet et ne peut la retirer. -
- M. Dubois, à Paris. — Nous pouvons vous donner le renseignement suivant, bien qu’il ne s’agisse pas de questions scientifiques. Il paraît un journal La Chanson française, sous la direction de M. Paul Hippeau. La livraison 1 forme une brochure de 24 pages, tirée sur papier de luxe avec 2portraits; le prix est de 2 francs.
- M. Pascual Marti Codolar, à Barcelone. — Il faut choisir dans la collection de la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- „ M. le Dt A. B., au Havre. — 1° L’atelier de construction du transformateur Wydts Rochefort se trouve 4, rue Capron, à Paris. — 2® Nous pensons que cet interrupteur peut être utilisé.
- Accusés de récejption. — Avis divers. — M. D. R., à L. Il
- serait nécessaire de faire des essais pour pouvoir vous répondre. — M. G. M., à Paris; M. Lerant, a Lille. Voyez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Speiser, à Nice. Remerciements pour votre communication.
- PETITES INTENTIONS1
- Lanterne pliante universelle. — Cette nouvelle lanterne est, certainement, parmi tous les modèles qui existent, celui qui tient le moins de place, car pliée, elle représente l’épaisseur d’un cahier d’écolier ordinaire. On est surpris
- Lanterne pliante. — 1. La lanterne pliée. — 2. La lanterne développée.
- quand, en la soulevant simplement par son support, on lui fait prendre la forme d’une lanterne très confortable qui peut servir non seulement aux cyclistes, mais aussi pour les illuminations et même comme lanterne d’antichambre, car cette anterne se construit en différents modèles. Des feuilles de gé-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- latine ignifuges, représentant des images, portraits, paysages,etc. r ou bien des vitraux d’art de toutes sortes, sont maintenues dans des cadres en métal très léger et munis de charnières aux trois extrémités (n° I). Quand on soulève le carré de papier, il se développe et prend, comme nous le disons plus haut, la forme d’une lanterne très confortable (n° 2). — Au fond de la lanterne, on installe, par un système d’attaches très simple un petit porte-bougie. Ce système a, en outre, le grand avantage de placer et de retirer la bougie avec la plus grande facilité, car pliée, le porte-bougie se trouve complètement en dehors du système. — Le concessionnaire est M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Bâton extensible par vis-ressort. — Le bâton extensible dont nous parlons aujourd’hui est appelé à rendre de grands services. 11 est formé de deux parties ; d’un tube de métal A (n° 1) dans lequel entre par rotation une vis-ressort B. Aux deux extrémités, en G et F se trouvent deux plateaux garnis de caoutchouc permettant de les appliquer contre une surface. Ces plateaux sont eux-mêmes articulés en C et D de
- Bâton extensible par vis-ressort. — 1. Vue d’ensemble. 2 et 3. Modes d’emploi.
- façon à se prêter aux inclinaisons des surfaces sur lesquelles ils sont appliqués. La vis-ressort peut se manier facilement à l’aide de l’attache E ; elle sert à modérer la pression aux points d’appui et à la tenir constante. Ces bâtons, placés entre deux murs (n°‘ 2 et 3), peuvent servir de supports de toutes sortes; le montage et le démontage en sont très faciles et instantanés. Les longueurs et les diamètres sont variables suivant les applications. — Le bâton extensible par vis-ressort se trouve à la maison Herfort, 23, rue Vivienne, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Le Volta. Annuaire de renseignements sur l'électricité et les industries annexes. 1 volume in-4° relié de 3000 pageè. Société fermière des Annuaires, 53, rue Lafayette, Paris. 1899. Prix : 15 francs.
- Ce nouvel annuaire que nous annonçons renferme un grand nombre de renseignements très précieux. II donne à la fois au lecteur sur un sujet donné les renseignements techniques (formules, principe de l’appareil, etc.), les renseignements statistiques, et les renseignements commerciaux (noms et adresses des industriels qui fabriquent la matière, l’outil, l’appareil formant l’objet des recherches). Le Volta est divisé en quatre livres. Dans le premier livre se trouvent les renseignements relatifs aux sciences et industries annexes de l’industrie électrique. Dans le second livre, les auteurs ont examiné l'industrie électrique proprement dite, et ont passé successivement en revue les préliminaires, les producteurs, les canalisations et les récepteurs d’énergie électrique. Dans le livré troisième sont des renseignements sur les diverses sociétés d’électriciens, sur les brevets, les journaux et revues. Le livre quatrième contient les diverses tables, et en particulier une table analytique des matières très détaillée. Le Volta rendra certainement des services aux électriciens.
- Le carnet du chauffeur aide-mémoire de l'automobile, par le comte de La Valette, ingénieur des mines. 3° année. 2” édition, 1 vol. in-16, Pans, Ribierre et fils, imprimeurs-éditeurs. 1899»
- La liquéfaction des gaz. Méthodes nouvelles. Applications, par J. Cauro, agrégé des sciences physiques, docteur ès sciences, 1 brochure in-8°. Librairie Gauthier-Yillars. Prix : 2 fr. 75. Paris, 1899.
- De la physiologie"du membre inférieur dans la locomotion à bicyclette. Thèse pour le doctorat en médecine, présentée et soutenue le jeudi 20 juillet 1899, par Elisée Boünï. 1 brochure in-8°. Paris, G. Steinheil, éditeur. 1899.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- La mer, les marins et les sauveteurs, par L. Berthaut. 1 vol. in-16 de la Petite Encyclopédie populaire illustrée des sciences, des lettres et des arts. Schleicher frères, éditeurs. Paris. Prix : 1 franc. 1899.
- La géologie expérimentale, par Stanislas Meunier, professeur de géologie au Muséum d’histoire naturelle de Paris. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque scientifique internationale. Paris, Félix Alcan, éditeur. 1899. Prix : 6 francs.
- Pratique de l'art photographique, par L.-P. Clerc et G.-H. Niewenglowski. 1 vol. in-8°. Paris, H. Desforges, éditeur. 1899. Prix : 3 fr. 50.
- Petit mémorial des Électriciens. Renseignements techniques. 1899. 1 vol. in-18. Paris, L. Boudreaux.
- Les Machines à vapeur et autres moteurs thermiques, par
- H. Hœderi Ouvrage traduit de l’allemand par M. Svilo-kossitch. 1 vol. in-8°. J. Fritsch, éditeur. Paris, 1899. Prix : 16 fr.
- Annual Report of regents of the Smithsonian Institution for the year ending 30 1896. Report of the U. S. national Muséum. 1 vol. in-8°. Washington, Government Printing Office. 1898.
- Smithsonian institution. United states national Muséum. The fishes of North and middle America. N° 47 Part II et III. 2 vol. in-8°. Washington Government Printing Office. 1898.
- Field Columbian Muséum. Annual report of the director to the board of trustées for the year 1897-1898. 1 brochure in-8°. Chicago ü. S. A. 1898.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau oentral météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1>U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL
- Lundi 31 juillet. . . 18*,3 N. E. 2. Beau.
- Mardi 1" août. . . . 16", 5 N. E. 2. Beau.
- Mercredi 2 17%9 N. 1. Nuageux.
- Jeudi 3 20*,0 N. E 1. Beau.
- Vendredi 4 . . . . . 23*,3 h. S. E. 1. Beau.
- Samedi 5. ..... 22°,9 N. E. 2. Beau.
- Dimanche 6 20°,9 N. N. E. 3. Quelques éclaircies.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 0,0 Beau ; un peu brumeux.
- 0,0 Très peu nuageux de 13 à 17 h.; beau avant et après;
- halo.
- 0,0 Nuageux jusqu’à 20 h. ; beau ensuite ; halo.
- 0,0 Nuageux de 13 à 19 h. ; beau avant et après ; halo.
- 0,0 Nuag. de 12 à 15 h.; beau avant et après; halo; éclairs
- dans la soirée.
- 0,0 Nuageux jusqu’à 20 h.; couvert ensuite; fort orage à partir de 20 h.
- 5,9 Nuageux jusqu’à 18 h. ; beau ensuite ; trois orages avec averses.
- JUILLET-AOUT 1899 -- SEMAINE DU LUNDI 31 JUILLET AU DIMANCHE 6 AOUT.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer),; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- ^ Résumé des observations météorologiques faites au Fare Saint-Maur en juillet 189V
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi 760"",38. Minimum 749““,74 le 2 à 9 heures du matin. Maximum 766““,84 le 31 à 10 heures du soir.
- Moyennes thermométriques : des minima 13°,88; des maxima 23°,12; du mois 19°,64 ; moyenne vraie des 2i heures 19\60. Minimum 9’,9 le 28 à 4 h. 37 du matin. Maximum 31°,7 le 20 à 1 h. 43 du soir. Minimum au ras du sol 4°,7 les 28 et 29. Moyenne des minima au ras du sol 10°, 18.
- Tension de la vapeur, moyenne 11““,53. La moindrfe 6““,3 le 2 à 5 heures du soir. La plus grande 16““,8 le 22 à 8 heures du soir. Humidité relative, moyenne 69. La moindre 26, le 19 à 2 heures du soir. La plus grande 100 les 6 et 26 à 4 heures du matin.
- Pluie 42““,4 et 21 heures et demie réparties en 8 jours. Plus 5 jours de gouttes.
- Nébulosité moyenne 40. Tous les vents du N.-Ë. au S -W. par le N.-W. ; aucun coup de vent.
- 4 jours a’orage et 2 jours d'éclairs. Orage zénithal le 1" à 1 heure du soir avec pluie aésez abondante. Le 8, tonnerre de l’W. au N. de 4 h. 1/2 à 5 h. 1/2 du soir; peu de pluie. Le 12, un coup de tonnerre dans l’W. à 2 h. 20 du soir; peu de pluie. Le 22, grand orage de 5 à 7 heures du matin; pluie 5““,9. Eclairs le 6 au soir, au S. et le 7 au soir au N.-N.-W.
- Un seul petit brouillard le 6 à 4 heures du matin, par un temps clair et une température de 10°,0.
- Température moyenne de la Marne : le matin 21°,8;dans l’après-midi 21°,78 ;-et le mois 21°,43. Minimum 17°,39 le 6au matin. Maximum 24°,62 le 23 dans l’après-midi. Elle a été tout le mois basse et claire.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de juillet 1899 présente les résultats suivants : baromètre plus haut de 2*“,29. Thermomètre plus haut de 1°,61. Tension de la vapeur plus forte de 0”“,41. Humidité relative moindre de 4. Pluie moindre de 12““,0. Nébulosité moindre de 14.
- Nous avons noté le commencement de la floraison des plantes suivantes : le 1", clématite de Jackmann, monarde; le 2, clématite sauvage; le 4, pyrèthre de l'Inde, aster commun hâtif; le 6, spiroea callosa, millepertuis a grandes fleurs; le .8, fenouil, hevia; le 9, mélisse; le 10, Saponaire, leucanthemum des étangs; le 14, yucca filamenteux, aconit, verge d’or, phlox, passerose; le 13, silphium perfoliatum; le 21, glaïeul, agapantlie; le 24, echinops sphœrocephalus ; le 23, grande balsamine, hibiscus syriacus; le 31, plumbago larpentæ, tritoma uvaria, holianthus cucumerifolius.
- Ce mois est un des plus beaux qu'on puisse citer : il faut remonter à juillet 1881 pour en trouver un qui présente une moyenne plus élevée; mais juillet 1881, au rebours de celui-ci, avait présenté de grandes irrégularités et, le 19, un maximum de 58',4, la plus grande chaleur qu’on ait jamais authentiquement observée dans la région de Paris,
- _ On a commencé la moisson en Brie le 17, et sur le plateau de Trappes le 21.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 6 à 11 h. 57 du matin.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- DEUXIÈME EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “LA NATURE”
- DE L’OCÉAN A LA MÉDITERRANÉE PAR LES PTRÉNËES (25 Août — 7 Septembre)
- La Presse du Sud-Ouest a fait à notre projet le plus aimable accueil et nous souhaite en termes excellents la bienvenue. Nous lui exprimons nos plus vifs remerciements. Partout on regrette de ne pas nous voir stationner plus longtemps et plusieurs Municipalités ont insisté pour faire modifier notre programme. C’est impossible et c'est le cas de rappeler le dicton : Le mieux est quelquefois ennemi du bien.
- Recommandations diverses. — Toutes les dispositions sont prises par l'Administration de La Nature pour le transport des bagages pendant toute la durée de l’excursion ; toutefois les excursionnistes sont priés de ne pas excéder le poids de 30 kilogrammes par personne, et d’éviter les colis trop volumineux et d’une manutention difficile.
- —#— La température est actuellement assez chaude dans les Pyrénées; néanmoins, à cause des variations de température assez fréquentes en montagne, il faut rejeter les vêtements de toile pour adopter les vêtements de laine et préférer le chapeau de feutre souple et léger au chapeau de paille. A Cauterets, à Luz, à Bagnéres-de-Luchon, les soirées sont souvent froides, on doit prévoir de brusques changements de température et se munir de vêtements d’hiver ou de pardessus épais. En cas de froid ou de pluie une pèlerine en drap imperméable (pèlerine dite Vosgienne) vaudra mieux qu’un pardessus ou qu’un manteau de caoutchouc.
- Notre programme comprend quelques promenades à pied et des ascensions en montagne : des chaussures munies de clous seront presque indispensables pour gravir les pentes; une canne ferrée sera aussi d’un utile secours.
- —8— Dés que les Compagnies de chemin de fer nous les auront délivrés (probablement le 17 ou le 18 août), nous ferons parvenir
- aux adhérents à notre excursion les bons de remise nominatifs de demi-place qu’ils ont demandés et qui leur sont nécessaires pour se rendre de leur domicile à Bayonne et revenir de Perpignan à leur domicile.
- Nos excursionnistes trouveront ces bons dans la pochette du Carnet-Guide de l’Excursion qui leur sera adressé. Ce carnet contiendra en outre : 1° une carte d’identité ; 2“ la liste complète des abonnés qui prendront part à l’Excursion; 3° un petit guide pratique rédigé par le directeur scientifique de l’Excursion et dans lequel on trouvera, en plus de l’itinéraire et de l’horaire exacts de chaque journée, des détails sur les différents points que l’on visitera, des figures, des coupes, des cartes et des plans.
- —8— Nous rappelons à nos touristes que le bureau de renseignements de l’Excursion de La Nature se tiendra à Bayonne au Grand-Hôtel. C’est là que ceux de nos excursionnistes qui arriveront le 24, devront se rendre ; une personne spécialement chargée de ce soin attendra les voyageurs et les fera conduire aux logements qui leur auront été attribués. Les excursionnistes seront pris à leur nôtel le 25 à 7 heures du matin et conduits à bord du vapeur l’Eclair pour notre première excursion.
- INFORMATIONS
- —8— Parmi les derniers décorés du ministère de l’Instruction publique, nous trouvons avec plaisir les noms de M. Darboux, de l’Institut, doyen de la Faculté des sciences de l’Université de Paris, promu commandeur ; de M. Piéron, inspecteur général de l’Instruction publique, agrégé de mathématiques; de M. Sabatier, professeur de zoologie, doyen de la Faculté de Montpellier ; de M. Rupin, président de la Société scientifique historique de la Corrèze, etc. Parmi ceux du ministère de l’Intérieur, mentionnons aussi, parmi les officiers : M. le Dr Lereboullet, de l’Académie de médecine; parmi les chevaliers : le Dr Widal, médecin des hôpitaux; le Dr Go-don, directeur de l’Ecole dentaire de Paris ; le Dr Albann, chirurgien «les hôpitaux, le Dr Fabre, chirurgien de l’hospice d’Alais; le Dr Des-paux, de Crouy-sur-Ourcq, etc. Enfin parmi les nominations du ministère du Commerce, nous relevons aussi avec satisfaction le nom de M. Gustave Rives, architecte, le fondateur de la Société d’Encou-ragement de l’industrie automobile.
- —8— Aux termes d’un décret publié au Journal officiel, il est attribué à MM. Hermite et Besançon, sur l’émolument du legs Henry Giffard, une somme de 1200 francs pour l’étude qu'ils ont entreprise des hautes couches atmosphériques au moyen de ballons non montés.
- —8— Le service des eaux de la Ville de Paris a installé à Ivry «les bassins filtrants qui peuvent être très utiles par ces temps de chaleur. Ces bassins filtrants peuvent donner, en effet, si l’eau de source venait à baisser, 52 000 mètres cubes d’eau filtrée, micro-
- graphiquement presque aussi pure que l’eau de source elle-même, contenant moins de microbes, de calcaire et d’azote, un peu moins fraîche seulement. Ces 32 000 mètres cubes représentent la moitié du maximum de consommation supplémentaire a’eau de source que font les Parisiens par les plus fortes et les plus constantes chaleurs. Les bassins filtrants d’Ivry, qui font pendant à ceux établis, il y a quelques mois, à Saint-Maur, sont au bord de la Seine, à 1 kilomètre environ des fortifications, entre le pont d’Ivry et Choisy-le-Roi.
- —8— Un cyclone a eu lieu, le 8 août, à la Pointre-à-Pitre (Guadeloupe). Plusieurs maisons ont été démolies et un certain nombre de petits navires ont fait naufrage, à la Pointe-à-Pitre et sur d’autres points. Le croiseur français Cécille, qui se trouvait à la Pointe-à-Pitre, n’a pas souffert. On n’a signalé aucune victime. Les communications avec l’intérieur de la Guadeloupe ont été interrompues. Les plantations ont beaucoup souffert. Le cyclone est passé de l’est à l’ouest et a causé de grands désastres. La récolte de café et de cacao est perdue. Le Mourle, localité de 10000 habitants, proche de la Pointe-à-Pointre, est à moitié détruite. Il y a eu de nombreuses victimes au Morne, à l’Eau et aux Abymes. Le cyclone a également causé de grands dégâts à Porto-Rico ; il a ensuite passé sur le nord de la République dominicaine et s’est dirigé sur le Cap-Haïtien. Il a été ensuite dans les parages de l’est de Cuba.
- Un cyclone a eu lieu aussi dans l’ile Saint-Christophe, plus de 200 maisons ont été détruites. L’île d’Antigoa a beaucoup souffert. Le cyclone a ravagé les côtes nord de Haïti et de Saint-Domingue, causant la mort de plusieurs personnes. A l’île Sainte-Croix, les dégâts matériels sont considérables. Les toitures d’un grand nombre de maisons ont été emportées. De plus, 11 ouvriers ont été tués.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Un ouragan a détruit la ville de Ponce (Porto-Rico). Les rivières débordées ont inondé cette localité. On estime à 200 le nombre des noyés. Les dégâts dépassent un demi-million de dollars.
- —<§)— Des fêtes doivent avoir lieu à Chambéry les 19, 20 et 21 août, à l’occasion de l’inauguration du monument élevé à la mémoire de Xavier de Maistre. Le 20 août, après la remise du monument à la ville de Chambéry, à 5 heures on lancera le ballon Le Xavier de Maistre, monté par les capitaines Mouton et Lemaire, de la Société d’aérostation de là Défense aérienne.
- —<8— Un tremblement de terre s’est produit le 9 août, vers il heures du soir, dans- la région de Corte en Corse. Deux secousses, qui ont duré une minute, ont été ressenties à Corte, Venaco, vizzavona où le tremblement a été accompagné d’un bruit sourd semblable à un roulement lointain de tonnerre; quelques maisons ont été ébranlées. Il n’y a pas eu d’accident.
- —(§)— L’automobile bannie à Chicago. A la vérité, elle n’est pas bannie complètement, mais partiellement; la chose est pourtant assez curieuse en pays américain, où l’on accepte d’enthousiasme les diverses manifestations du progrès, pour qu’elle vaille la peiné d’être signalée. Le Conseil d’administration du parc de Chicago, connu sous le nom de « South Park », vient d’interdire la circulation des voitures sans chevaux dans les avenues du pare et sur les boulevards qui en dépendent : la police a les ordres les plus sévères pour faire respecter cette prohibition. La principale raison qu’on donne pour justifier ces mesures est le danger que les automobiles font courir aux piétons et aux cyclistes, et la peur qu’elles causent aux chevaux ; d’autant qu’on ne peut obtenir que les automobiles circulent d’une allure raisonnable. Ce qu’il y a de plus bizarre, c’est que beaucoup de maisons avaient acheté des voitures de livraison pour circuler dans les quartiers élégants où le passage des voitures de charge est interdit.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les tubes de niveau d’eau blindés sont fabriqués par M. Bara, ingénieur à Boulogne-sur-Seine.
- Communications — M. E. Boellard, à Yelp, près Arnhem (Hollande), nous écrit qu’il a constaté chez toutes les sortes dé fèves de son jardin la même anomalie dont parle M. Thoré dans les Communications de la Boîte aux lettres du n° 1366, du 29 juillet 1899.
- M. Leloir, à X., nous fait connaître un procédé intéressant : « Voulez-vous, nous dit-il, me permettre de vous faire connaître le procédé, tout nouveau, que j’emploie pour la destruction des souris et des rats, sans qu’il en résulte aucun danger ni inconvénient? Il consiste à employer un petit hameçon d’une longueur de 5 mm ; on le place dans des boulettes de viande préparée ; cela suffit pour que ces rongeurs en crèvent. »
- M. J. de Beij-Pailhade, à Toulouse, nous adresse une brochure sur La décimalisation du jour et du Gercle contenant une table à neuf chiffres pour la transformation des heures et des degrés en fractions décimales du jour et du cercle.
- Renseignements. — M. F. Teisserenc, à Ceilhes. — Nous ne connaissons pas d’appareil semblable; mais vous pourriez vous renseigner auprès de M. Deschiens, constructeur, 123, boulevard Saint-Michel, à Paris.
- M. H. M. F., à Paris; M J. D., à Bruxelles. — Vous trouverez des glacières portatives chez M. Schaller, 332, rue Saint-llonoré; M. Lévy, 61 bis, boulevard Saint-Germain, et chez MM. Allez frères, l, rue Saint-Martin, à Paris.
- M. J. S., à Lure. — Vous trouverez sous le titre Graveur un traité complet de gravure en creux et en relief, eau-forte, etc., par Villon, en 2 volumes, du prix de 6 francs, dans la collection des Manuels Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Hau-tefeuille, à Paris.
- Un abonné, à Bathurst. — Nous ne pouvons confirmer la théorie dont vous nous parlez et qui n’a aucune signification.
- M. G. T., k Horodnia.— Nous avons parlé du problème de la bouteille qu’on ne peut remplir qu’une fois dans le n° 1196 du 2 mai 1896, p. 339. Nous avons indiqué deux solutions, dans le n° 1201 du 6 juin 1896, p. 16 et dans le numéro 1205 du 4 juillet 1896, p. 79. Depuis cette époque nous n’avons plus entendu parler de cette question.
- 17. Sanitas, à Saint-Affrique. — L’air liquide n’est pas encore fabriqué industriellement et ne se trouve pas dans le commerce.
- M. A. Chaleau, à Versailles. — II nous est impossible de faire ces déterminations ; il faudrait vous adresser directement au Muséum d’histoire naturelle, à Paris.
- M. P. Beuf, à Arles. — Le téléphone peut fonctionner avec les dispositifs que vous indiquez ; mais il faut apporter beaucoup de soins dans la construction du microphone.
- J/. J. Colle, à Saint-Hyacinthe. — Votre information est intéressante ; mais il faudrait connaître les résultats des expériences qui ont été effectuées.
- M. J. Gardot, à X. — Pharmacies portatives : MM. Baudart et Cie, 5, rue Barbette; M. E. Fournier, 114, rue de Provence; Pharmacie normale, 19, rue Drouot, à Paris. ,
- M. G. L. D., à Dombrowa. — 1° La dose varie suivant lé-sujet ; en prendre d’abord de faibles doses et augmenter peu à peu jusqu à effet. — 2° Nous n’avons pas d’adresse spéciale.
- Un lecteur, au Yun-nan. — 1° Ces indications différentes proviennent d’une erreur de graduation. — 2° 11 n’y a en principe aucune donnée qui s’oppose à cette hypothèse.
- M. le Cla d'Esterno, à Vesove (Autun). — Nous n’avons pas d’autrés renseignements à ce sujet. Mais un fil métallique tendu sur des poteaux en bois peut servir de ligne télépho-; nique, à la condition que l’isolement soit suffisant.
- il/. A. B., à Genève. — Ces bobines ne peuvent être employées ; pour la radiographie, il faut des bobines d’induction donnant une étincelle d’une longueur de 10 à 12 centimètres. Adressez-vous à M. Kadiguet; constructeur, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. Junique, à Nice. — 1° Nous ne pouvons donner la description du frein que vous nous avez envoyée. — 2° Nous n’avons pas d’autre adresse que celle indiquée dans le corps de l’article.
- MM. Miranda et Portugal,' à Porto. — L’adresse que vous demandez est probablement celle de M. Durey-Sohy, 17, rue Lebrun, à Paris.
- M. E. Berthe, à Jonchery. — Il faut agiter fortement le thermomètre jusqu’à ce que les deux parties de la colonne se rejoignent. - —
- M. A. J., à Suindino. — Remerciements pour votre proposition ; nous ne tenons pas à publier cette description.
- M. Durand, à Paris. -—Les germes du charbon ne peuvent se trouver dans le suint des moutons, d’autant que ce suint provient exclusivement de la laine, et d’ailleurs, au point de vue général de son asepsie, il est préparé à une chaleur suffisante pour ne présenter aucune chance de contagion. C’est même essentiellement un antiseptique. La pommade spéciale à laquelle vous faites allusion a été expérimentée dans de nombreux hôpitaux, et tous les médecins de Paris connaissent maintenant ce produit.
- M. G. L., à Saultemont. — L’adresse que vous demandez est donnée en tète de la Boîte aux Lettres, du n° 1366, du 29 juillet 1899.
- M. G., à Nîmes. — Nous ne pouvons vous indiquer les proportions; mais ce produit doit être employé à faibles doses.
- M. P. Naytlen, à Lambersart. — Ces notes sont publiées entièrement dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences, à la librairie Gauthier-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. E. Géraud, à Bordeaux. — 1° La date de ce départ est variable suivant les années. — 2° Remerciements pour votre communication.
- M. E. Gillet, à Paris. — Pour insolubiliser la gélatine, il faut plonger les clichés pendant cinq minutes dans une solution de formol du commerce à 10 pour 100; on rince ensuite à l’eau froide, et on laisse sécher.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. Thibeau-deau, à Pons. — Nous ne pouvons vous donner d’adresse particulière. — M. G. R-, à Lyon. 11 serait nécessaire de faire une série d’essais comparatifs pour pouvoir vous donner les résultats que vous demandez. — M. Duoreuil, à Nantes. Un moteur électrique peut très bien être disposé pour commander cet outil. — M. Delong, à Brest ; M. G. liivoir, à Marseille. Consultez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cu. — M. Durigneux, à Nice. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. Dehon, à Orléans. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
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- PETITES INTENTIONS1
- Stadimètre photographique Elgé. — Le stadimètre photographique Elgé permet d’évaluer les distances rapidement et avec exactitude. Il se compose d’un verre prismatique produisant une déviation des objets dont la tangente angulaire est d’eilviron 0m,07 à 0m,08, d’une loupe Stanhope portant l’image micro-photographique d’un homme debout, divisée par des traits horizontaux équidistants, aux extrémités desquels se lisent des chiffres indiquant des distances en mètres, d’un support métallique percé d une fenêtre pour le logement du prisme et d’un trou pour l’adaptation de la loupe de Stanhope (lig. 1), et d’une mire de papier entoilé, pliable, portant des traits équidistants dont l’écartement correspond à une variation de distance de 0m,20. '
- L’opérateur, visant un objet, met la tranche découverte du prisme sur la direction qui joint cet objet à son œil, il voit alors deux images de l’objet : l’une directement, à travers la partie gauche de la fenêtre ; l’autre déviée vers le bas, à travers le verre prismatique. L’angle de déviation du prisme restant constant, les deux images paraissent d’autant plus écartées l’une de l’autre que l’éloignement de l’objet est plus grand. Connaissant l’écartement vertical des deux images, et la tangente de l’angle de déviation du prisme, on est fixé sur la distance qui sépare le stadimètre, donc l’opérateur, de l’objet. La mire est construite de telle sorte que cette connaissance Fig. i. — Verre se trouve donnée à vue. prismatique Pour le mode d’emploi, il faut remarquer si et loupe. ]e modèle est à une distance inférieure à 8 mètres ou supérieure. Dans le premier cas, le mo-"'dèle à photographier tient la mire tendue verticalement, le haut de la mire à hauteur de sa tête. L’opérateur maintient verticalement le stadimètre devant et près de son œil, de telle sorte que le prisme soit à droite de la fenêtre, et vise alors la mire par le bord découvert du prisme. En raison de la déviation des rayons lumineux produite par le prisme, il aperçoit simultanément deux images de la mire : l’une à
- Fig. 2.
- Mode d’emploi du stadimètre.
- travers le vide de la fenêtre; l’autre à travers le prisme et déviée vers le bas.
- En lisant sur d’image supérieure (celle non déviée, par conséquent) le numéro de la division qui correspond au trait le plus haut de Limage inférieure, on a immédiatement l’évaluation de la distance. On remarque que le trait le plus haut de la mire est isolé des autres et sensiblement plus à droite. Dans le cas où le modèle est à une distance supérieure à huit mètres, la précision, à quelques centimètres près, n’étant pas d’une nécessité aussi rigour euse, au lieu de viser sur la mire, on vise sur un homme debout placé auprès du modèle, ou sur le modèle lui-même, si ce modèle est une personne. On observe alors à quelle partie du corps de l’image supérieure correspond le sommet de la tête de l’image inférieure. On regarde ensuite dans la petite loupe Stanhope, et le numéro de la ligne horizontale qui, sur l’image vue dans cette loupe, passe par la même partie du corps indique la distance. Le prisme ne produit une déviation constante qu’autant qu’il se trouve dans une position normale indiquée par les lois de l’op-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- tique. Afin de permettre à l’opérateur de toujours donner au prisme cette position, l’image microphotographique de la loupe possède en son centre un rond noir que l’on place dans la direction de la tête du modèle ou du haut de la mire avant d’effectuer la visée par la tranche du prisme. — Le stadimètre photographique se trouve au Comptoir général de photographie, chez MM. L. Gaumont et Cia, 67, rue Saint-Roch, à Paris.
- Sonnerie automatique pour bicyclettes. — En
- dépit de la mode, et de l’esprit de fantaisie qui dirige le plus souvent les cyclistes dans l’achat des appareils avertisseurs dont ils veulent munir leur machine, il est certain que le meilleur
- Sonnerie pour bicyclettes. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Coupe intérieure.
- système, c’est le timbre, qui a, de plus, le mérite de bien indiquer que c’est un vélocipède et non une automobile qui approche. Toutefois le timbre présente l’inconvénient d’avoir besoin d’être remonté souvent, ce qui fait que parfois on veut le mettre en mouvement et qu’il reste muet. Un certain nombre d’inventeurs ont cherché à trancher la difficulté en commandant les battements du marteau par une sorte d’em-brayage qui vient frotter, au mcment où on le désire, sur le bandage de la roue du cycle. C’est à ce genre d’appareils qu’appartient la sonnerie Mossberg que nous voulons signaler' aujourd’hui, et dont nous donnons une vue d’ensemble et une vue de détail. Le mécanisme de percussion de cette sonnerie-est constitué par deux petites tiges d’acier formant marteaux, et glissant librement sur des guides : grâce à un petit arbré à cames, elles sont projetées alternativement de bas en haut, et elles viennent ainsi chacune à leur tour frapper le timbre. La pesanteur, aidée d’ailleurs par le rebondissement, ramène ces marteaux en arrière à leur position primitive, d’où ils seront à nouveau chassés par les cames de l’arbre. On comprend, comme le faisait remarquer Scientific American, auquel nous empruntons ces détails, que la force nécessaire pour commander la sonnerie est bien faible, puisqu’elle n’a à vaincre que le, poids des marteaux et le frottement de l’arbre à cames. Quand on tire la corde que l’on aperçoit montant vers le guidon, on force la roulette de frottement à venir en contact avec le bandage de la roue d’avant du cycle, et les cames font dès lors agir les marteaux. Nous n’avons pas besoin de montrer comment cette sonnerie se fixe sur la fourche avant. — La sonnerie automatique pour cycles se trouve chez Frank Mossberg Company, Attleboro, Massachusetts,
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- v La glace dans le rhumatisme.
- S’il est une tradition populaire médicale, tradition de tous les temps et de tous les pays, c’est que le froid, l’humidité sont les ennemis jurés des rhumatisants. Pour se garantir des intempéries des saisons, on se couvre de vêtements chauds, et Sydenham avait résumé dans une consultation laconique le vrai remède de ces douleurs articulaires : « Patience et flanelle » indiquant que la chaleur et le temps étaient les meilleurs agents de guérison de cette vilaine et si commune maladie.
- Or voici qu’un médecin anglais, le Dr Ewart, conseille tout
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- l’opposé; il est vrai qu’il le conseille quand les applications chaudes, la chaleur n’auront pas réussi à atténuer les lancées douloureuses, l’hyperesthésie des jointures; si les cataplasmes, les sacs de sable chaud, combinés au salicylate de soude, n’amènent pas de détente, prenez, dit-il, un morceau de glace, roulez-le dans de la flanelle, et frictionnez doucement la partie malade avec ce savon réfrigérant. La glace est un agent anesthésique; on peut arriver, sans aller jusqu’à la congélation, à
- anesthésier suffisamment la peau des doigts pour permettre des opérations douloureuses. La sensation de fraîcheur et d’engourdissement, déterminée par cette friction glacée, annihile la douleur; elle amènerait aussi une certaine décongestion de l’articulation et faciliterait la disparition du rhumatisme.
- Ce traitement est surtout applicable aux formes de rhumatisme articulaire aigu, mais j’engage fort à ne l’appliquer que dans des cas déterminés et sur avis du médecin. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Rentra (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN • THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 août .... 18%5 E. N. E. 1. Couvert. 4,5 Couv. jusqu’à 13 h. ; nuageux ensuite ; orage et pluie de 0 h. 45 a 2 h. Couvert jusqu’à 2 h. ; puis nuageux; éclairs le soir; halo.
- Mardi 8 . , 16*,3 N. £. 2. Très nuageux. 0,0
- Mercredi 9 16*,4 N. E. 0. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 8 h. ; nuageux ; puis beau ; halo ; gouttes à 4 h.
- Jeudi 10 lo*,6 N. E. 1. Peu nuageux. 0,0 Nuageux de 12 à 16 h. ; beau avant et après.
- Vendredi 11 15*,0 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau; quelques nuages.
- Samedi 12 14*,6 N. E 2. Beau. 0,0 Nuageux de 10 h. à midi ; beau avant et après ; halo.
- Dimanche 13 ... • 16*,4 N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- JUILLET 1899
- SEMAINE Dü LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 AOUT.
- Mardi
- | Mercredi |
- | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages. — A la sùite des orages que nous avons déjà fait connaître dans les Informations du n* 1368 du 12 août 1899, nous avons encore à en mentionner plusieurs autres survenus à la même date et qui ont causé de grands ravages.
- De nombreux orages se sont abattus sur les Alpes. La grêle a ravagé plusieurs communes. Les vignobles de la vallée delà Durance ont été détruits. A Gap et à Tallard, plusieurs maisons ont été envahies par les eaux.
- Un violent ouragan s’est déchaîné sur Tours et les environs. Les dégâts sont importants. De nombreux arbres ont été arrachés. Le train de Château-roux à Tours a subi un retard de 3 heures 1/2, par suite d’un déraillement survenu à Esvres, où un poteau télégraphique, un fil et un arbre avaient été renversés sur la, voie par l’orage. Il n’y a pas eu d’accidents de personne.
- Un autre orage s’est abattu, à 9 heures, sur Chartres. L’eau est tombée à torrents, submergeant les rues, inondant les maisons. La foudre a éclaté sur plusieurs points. A Ouerre, près de Chartres, la foudre a occasionné un commencement d’incendie chez les époux Geniu-Gobert.
- L’orage qui a éclaté à Lille, le 5 août, s’est étendu dans tout le département du Nord. Vers 11"30, la foudre y est tombée sur le territoire de la commune de Roncy et y a mis le feu à une ferme très importante, appartenant à M. Emile Dehabel. La ferme étant isolée dans la cam-
- {)agne, les secours n’ont pu arriver que tardivement. Le principal corps de lâtiment, qui avait 120 mètres de coté, a été réduit en cendres, ainsi que la plus grande partie des dépendances, étables, greniers, etc. Les pertes ont été évaluées à une centaine de mille francs.
- De nombreux orages très violents ont été également signalés, le 7 août, à Perpignan et dans la partie montagneuse du département. La grêle est tombée en abondance h Amélie-les-Bains, à Arles-sur-Tech, à Montalba,
- arrondissement de Céret, et à Caudies-de-Fenouillères, arrondissement de Perpignan. Les dégâts ont été considérables.
- Non loin de Troyes, le 5 août, à Chassericourt, un orage a traversé la commune. La pluie a commencé à tomber avec une violence extrême et a causé plusieurs inondations, dont quelques-unes sont assez importantes. La grêle a succédé à la pluie ; les grêlons atteignaient, la plupart, la grosseur d’une noix. Tout le pays a été saccagé. Les arbres fruitiers ont été perdus, ainsi que toutes les récoltés et les vignes. Les pays voisins, comme Cha-vanges, sont également très éprouvés. On a évalué approximativement les pertes occasionnées par cet ouragan à 60 UOÜ ou 80000 francs. Les nouvelles venues du département d’Indre-et-Loire annoncent aussi que cette tempête a causé des dégâts énormes. Dans beaucoup d’endroits, les récoltes ont été complètement anéanties ; des arbres ont été déracinés et transportés au loin; des voitures ont été enlevées, etc. Il en est de même dans le Nord, l’Aisne, la Meuse, les Vosges et en Seine-et-Marne, Dans ce dernier département, la foudre a incendie une fabrique de boîtes située à la Rosée, commune de Claye : il y a pour 100000 francs de dégâts; un jeune homme a été blessé et 60 ouvriers sont sans travail. Dans le Nord, la foudre a embrasé deux fermes dans l’arrondissement d’IIazebrouck, l’une à Baillent, l’autre à Steenwerck. Chacun des propriétaires éprouve une perte de 40 000 francs environ. Dans l’Aisne, l’ouragan, mêlé de grêle, a surtout éprouvé le territoire de la commune de Grouard, arrondissement de Vervins; un seul propriétaire, M. Lenain, fermier à Grandrieux, a perdu plus de 50000 francs. Toutes les récoltes en avoine et betteraves ont été détruites. Les communes de Prain et de Serocourt, dans les Vosges, arrondissement de Neufcliàteau, ont êlé également éprouvées : dans la première, on évalue les dégâts à 50000 francs, dans la seconde à 80 000 francs. Enfin, à Chauvoncourt, près Saint-Mihiel, la foudre a réduit en cendres la maison habitée par un officier du 150* régiment d’infanterie, le capitaine Develle.
- PHASES DE LA LUNE ; D. Q le 14 à 0 h. 3 du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- DEUXIÈME EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “LA NATURE’*
- DE L’OCËAN A LA MÉDITERRANÉE PAR LES PTRÉNÉES (25 Août — 7 Septembre)
- Le jour où paraîtra ce numéro se réuniront à Bayonne les abonnés de La Nature qui, sous la direction de M. E. Car-tailhac, vont accomplir la deuxième excursion que nous avons organisée de l’Océan à la Méditerranée par les Pyrénées.
- Le plus grand succès a couronné cette initiative qu’a prise La Nature d’organiser, pour ses abonnés, une série d’excursions scientifiques dans les provinces les plus intéressantes de la France, et le chaleureux accueil que nous avons reçu l’année dernière dans le Plateau Central et les gorges du Tarn nous a prouvé que notre idée était unanimement applaudie.
- De même, cette année, tout est organisé pour recevoir dignement nos touristes. Au nom de La Nature toutes les portes se sont ouvertes; les Municipalités, les Sociétés savantes ^t les entreprises industrielles privées ont rivalisé partout pour nous faire passer des instants agréables et nous faire emporter de bons souvenirs des pays que nous allons traverser.
- Voici la liste de nos abonnés prenant part à l’excursion de •cette année ;
- M. Auzou (Émile), Paris. — M. Bénard (Charles), Chatou. ~ M“e Bénard, Chatou. — Mme Bourion, Nancy. — M11' Bourion, Professeur à l’Ecole primaire supérieure de jeunes filles de Nancy.
- — M. Cartailhac (Emile), Directeur scientifique de l’Excursion, Toulouse. — M. Compand (Lucien), Charenton. — M. Denis (Georges), Bordeaux. — M. Deslandres (Paul), ancien élève de l’Ecole des Chartes, Paris. — M. Desroches, Directeur de l’Agence Desroches, Paris. — M. Dillaye (Frédéric), Paris.
- M“* Dillaye (Marthe), Paris. — M11" Dillaye (Fanny), Paris.
- — M. Diot (Emile), Professeur au Lycée Condorcet, Paris. — M" Dior, Paris. — Docteur Eternod, Professeur à l’Université de Genève. — Mme Eternod, Genève. — M. Fernet (Emile),
- Secrétaire de l’Excursion, Pans. — M. Hackspill (Louis 1, Versailles. — M“° Hanaut, Professeur à l’Ecole primaire supérieure de jeunes filles de Nancy. — M. Hazard (Paul), Avocat, Bourges. — Mm' Hazard, Bourges. — M. Hilléreaü (A.), Marseille. — M. Gillet (Eugène), Paris. — M. Güibaüd (Leonce), Bourgueil (Indre-et-Loire). — Mme Güibaüd, Bourgueil (Indre-et-Loire). — M. Langlassé (René), Neuilly-sur-Seine. — M. Langlassé (Jean), Neuilly-sur-Seine. — M. Langlassé (André), Neuilly-sur-Seine. — M. Lavanture (Georges), Paris. — M. Mackenstein (H.), Paris. — M. de Maleplane (Paul), Saint-Léonard (Haute-Vienne). — M. Masson (Georges), Président de la Chambre de Commerce de Paris. — M. Méyère (Paul), Chef de Division à la Compagnie de P.-L.-M., Paris. — M. Micron (André), Toul. — M1'” Michon (Alice), Toul. — M. Mortreux (Louis), Corbie. — M. Mortreux (Georges), Beauval (Somme). — M. Pensa (Charles), La Boutière (Saône-et-Loire). — Docteur Phisalix, Assistant au Muséum d’Histoire naturelle de Paris. — Mm“ Phisalix, Paris. — M. Qüiquet (Albert), Paris. — M11® Qui-quet (Alice), Dunkerque.— M. Robinet (Emile), Nœux-les-Mines (Pas-de-Calais). —M. Rodgé (Marcel), Avocat, Dijon. — M. Rougé (André), Dijon. — M. Vogt (Philippe), Secrétaire aux hospices civils, Strasbourg.
- Dès maintenant toutes les dispositions matérielles sont prises. Il ne nous reste plus qu’à souhaiter à nos excursionnistes le beau temps indispensable à ce pittoresque voyage et précieux pour tous nos amateurs de photographie, qui, nous en sommes persuadés, nous rapporteront des merveilles.
- Nous tiendrons du reste nos lecteurs au courant des diverses phases de l’excursion et nous reproduirons à cette place les télégrammes que nous recevrons des différentes localités visitées.
- INFORMATIONS
- —®— L’Association internationale pour la protection de la propriété industrielle, qui a déjà tenu deux Congrès depuis sa fondation, l’un à Vienne en 1897, l’autre à Londres en 1898, se réunira cette année à Zurich les 2 et 3 octobre.
- —«H- La peste s’est déclarée depuis le 14 août à Oporto (Portugal). Le laboratoire bactériologique de Lisbonne a envoyé un spécimen du microbe à l’Institut Pasteur, et la réponse a été que le microbe de l’épidémie d’Oporto est bien le microbe de la peste.
- Le conseil de santé en Espagne s’est réuni sous la présidence du ministre de l’Intérieur pour prendre des mesures contre la peste. Le conseil sanitaire a décidé ae soumettre à la quarantaine les provenances de tous les ports du Portugal, d’établir cinq Iatarets à la frontière, et, en attendant que ces lazarets soient installés, d’interrompre totalement toute communication entre l’Espagne et le Portugal, tant pour les voyageurs que pour les marchandises.
- Les mesures de précaution seront prises avec beaucoup de soin «çt il est probable que l’épidémie s’éteindra sur place.
- —®— L’Egypte entière est déclarée infectée par la fièvre aphteuse : 1827 cas ont été constatés depuis le 18 juillet.
- —®— Voici la première liste des engagements au concours de moteurs de la Locomotion automobile que nous avons annoncé dernièrement : 1. M. le baron de Zuylen, 1 duc Panhard, 6 chevaux. — 2. M. le baron de Zuylen, 1 spider Panhard, type Paris-Amsterdam, 8 chevaux. — 3. M. le baron de Zuylen, 1 duc Mors, 6 chevaux. — 4. M. le baron de Zuylen, 1 phaèton Gautier-Wehrlé, 8 chevaux. — 5. M. le baron de Zuylen, 1 spider de course Diétrich, 9 chevaux. — 6. M. le baron de Zuylen, 1 break Panhard, 8 places, 12 chevaux. — 7. M. le baron de Zuylen, 1 voiture à vapeur Serpollet pour recharger les accumulateurs, 12 chevaux. — 8. M. le baron de Zuylen, voitures à prendre sur un lot de dix voitures commandées à divers constructeurs. — 9. M. Lorilleux, 1 voiture Diétrich, Amédée Bollée, 9 chevaux et demi. — 10. M. Klaus, voiture à pétrole à 1 cylindre, système Klaus. — 11. M. de Crozals, 1 voiture Gobron-Brillié, 8 chevaux. — 12. M. A. Dumas, 18, rue Stendhal, 1 moteur Dumas, 6 chevaux. — 13. M. C. Ferrand, 1 voiture Rochet-Schneider, modèle 1898. — 14. Société des voi-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- turettes Léon Bollée, 1 voiturette, 3 chevaux. — 15. Société des voiturettes Léon Bollée, 1 voiturette, 4 chevaux. — 16. MM. Amiot ec Péneau, 1 voiture à avant-train moteur, 6 chevaux. — 17. M. Daniel Augé, 1 moteur Cyclope, 3 chevaux et demi. — 18. M. Raoul Vuillemot, phaéton Ducroiset, 6 chevaux. — Les inscriptions, gratuites sont reçues aux bureaux de la Locomotion automobile, 4, rue Chauveau-Lagarde, à Paris.
- —®— La nomenclature des établissements insalubres, dangereux ou incommodes, est modifiée par un récent décret en ce qui concerne l’industrie de l’acétylène. La fabrication de l’acétylène gazeux non comprimé ou comprimé à une atmosphère et demie au
- Plus, était classée précédemment : dans la première classe pour usage public, dans la troisième classe pour l’usage particulier, en raison de l’odeur et du danger d’explosion. Désormais, la fabrication de l’acétylène gazeux, ou comprimé à une atmosphère et demie au plus, est classée : dans la troisième classe lorsque le volume du gaz approvisionné n’atteint pas mille litres; dans la deuxième classe lorsque ce volume atteint ou dépasse mille litres; l’inconvénient indiqué est toujours odeur et danger d’explosion.
- —®— La guerre hispano-américaine a été pour les Américains une occasion de manifester leur enthousiasme patriotique sous les
- formes les plus diverses : c’est ainsi que, à cette occasion, Mr&s-Joséphine Mulford, de Madison (Etat de New-Jersey) a voulu doter la patrie d’un drapeau gigantesque, qu’on vient d’exposer sous les-auspices de la Société appelée « Les Filles de la Révolution américaine », et qu’on se propose d’offrir à la nation à l’occasion (Je l’anniversaire du traité de paix. Dans ce drapeau gigantesque, il n’y a pas moins de 325000 points de couture, un pour chacun des soldats ou marins ayant pris part à la campagne ; il mesure 30 mètres-de long et 18m,90 de large, et le champ bleu sur lequel se détachent les étoiles de la Confédération a 12”,20 sur 10m,67. Ces-étoiles ont chacune 0m,82 de diamètre, et les bandes alternées rouges et blanches ont lm,52de large. Plusieurs des étoiles ont été-fabriquées dans des villes dont le nom se rattache aux différents
- frands événements de l’histoire américaine : c’est ainsi que celle de-hiladelphie a été faite en partie dans la maison où Betsey avait préparé le premier drapeau américain, et en partie dans la salle où se réunit le premier Congrès. I/étoile de New-Jersey a été faite dans ce qui fut le quartier général de Washington, à Morristown r celle de l’Etat de Virginie, dans la chambre qu’occupait La Fayette chez Washington, à Mount-Vemon, etc. Chaque étoile porte brodé le nom de l’Etat qu’elle représente et la date de son admission dans l’Union ; elles sont, à ce point de vue, disposées dans l’ordre chronologique.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’échelle de sauvetage se trouve chez M. Emile Robiole, 313, Amsterdam Avenue, New-York City, Etats-Unis.
- Communications. — M. L. de Rault, à Genève, nous écrivait à la date du 3 août la lettre suivante : « J’ai eu aujourd’hui le plaisir d’admirer un magnifique halo solaire à lM0m (H. E. C.) distant de l’astre, d’environ 20 à 23 diamètres de celui-ci. Les couleurs de l’arc-en-ciel étaient parfaitement distinctes, le violet visible à l’intérieur du cercle. Le cercle n’était pas complet niais formait un arc d’une demi-circonférence dirigé du côté du nord-ouest.
- M. D. Antonio Torres y Tirado, à Madrid, nous envoie une Notice qu’il vient de faire paraître et qui a pour titre : Description de la es fer a celeste e instruction para el uso del mapa del cielo.
- M. G. A. Le Roy, à Rouen, nous adresse la lettre suivante : « Dans le n° 1368, du 12 août 1899, p. 163, je relève un article de M. G. Pélissier, sur le carbure de calcium, où votre collaborateur établit, avec preuves à l’appui, les priorités pour la « préparation » du carbure. Il en résulte qu’il existe des antériorités au pli cacheté que j’ai fait ouvrir à la Société industrielle et dont je vous ai communiqué la teneur (n° 1367, Boîte aux lettres, p. 38), relativement à l’emploi d’un isolant liquide surmontant l’eau d’attaque. Toutefois il me paraît, par contre, en résulter que j’ai la priorité pour l’indication de l’emploi d’une deuxième couche inférieure d’isolant inactif lourd, destiné à recueillir et à isoler les morceaux ou particules de carbure, tombés au fond de l’eau et à entraver leur attaque ultérieure. M. Pélissier ne me semble pas avoir saisi ce deuxième point capital revendiqué par un pli cacheté, qui mentionne nettement l’emploi aune couche d’eau d’attaque emprisonnée entre deux couches liquides d’isolants inactifs, l’une plus légère, l'autre plus dense que l’eau. »
- M. A. Raguenaud, à Paris, à propos de la Note de M. A. Le Roy (Communications du n° 1367, du 5 août 1899) nous écrit que le premier brevet revendiquant l’emploi du pétrole dans un gazogène à acétylène pour l’usage qui est dit ci-dessus a été pris le 12 mai 1896. Un autre brevet a été délivré exactement pour la même invention, à M. Purr, en décembre de la même année. »
- M. A. Klossovsky, à Odessa, nous adresse une Notice qu’il vient de faire paraître sur La vie physique de notre planète devant les lumières de la science contemporaine.
- Renseignements. — M. le Dr Robert, à Guiscard. — Nous avons déjà donné la description de cette voiture: à notre grand regret, nous ne pouvons revenir sur cette question.
- M. Ch. Gourgoulin, à Paris; M. R. Galerne, à Paris. — Remerciements pour vos intéressantes photographies d’éclairs ; nous en avons déjà reçu un grand nombre.
- M. D. P., klü. — Nous ne pouvons vous désigner en particulier les ouvrages que vous demandez ; consultez les catalogues-dé la librairie Masson et Cie, et de la librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. P. Blum, à Saint-Gervais-les-Bains. — 1° Annonces lumineuses : MM. Guillon et Yéry, 40, boulevard de Strasbourg, à Paris. — 2° Accumulateurs pour voitures automobiles : Société pour le travail électrique clés métaux, 13, rue Lafayette; Blot, 39 bis, rue de Châteaudun, à Paris; Fulmen, 18, quai de Clichy, à Glichy (Seine). — 3° Nous étudierons la question et nous ferons un article s’il y a lieu.
- M. Otto Osmussen, à Guayaquil. — Yotre lettre a été envoyée à destination.
- M. Sevin, à Paris. — Nous n’avons pas d’adresse plus complète que celle qui a été donnée dans la Boîte aux lettres : nous pensons qu’elle suffira, et nous avons fait partir votre lettre.
- M. V. Saladin, à Mittweïda. — Les moteurs de Dion pour tricycles n’ont pas cette puissance.
- M. H. Duhamel, à Gières. — Vous pourrez trouver des peintures phosphorescentes chez M. Menitz, 37, passage Jouffroy, à Paris.
- M. G. Toussaint, à Haybes. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial à vous indiquer ; mais vous pourriez peut-être vous adresser à M. Le Ghâtelier, ingénieur des mi nés v à l’Ecole des Mines, à Paris.
- M. V. Perret, à Saint-Louis (Nouvelle-Calédonie). — Nous tiendrons compte de vos observations ; les bateaux à pétrole, semblent en etfet la solution indiquée.
- M. L. Vanvincq, à Wimereux. — Il faut n’ajouter aucune confiance à cette note, bien que nous connaissions un géant de 2m,50. Il faut attendre encore que cette découverte très problématique soit confirmée.
- M. Senac, à Toulouse. — Nous avons donné en tête des Boîtes aux lettres des numéros qui contiennent les descriptiofis, toutes les adresses des constructeurs.
- M. H. Abadie, à Pontaillac. — Il s’agit d’un charbon américain et nous n’avons pas d’autres renseignements.
- M. G. Beaudequin, à Orléans. — Nous n’avons pas d’adresses plus complètes que celles indiquées dans l’article.
- M. P. Verdier, à Albigny. — L’adresse que vous réclamez est. donnée en tête de la Boîte aux Lettres.
- . M. J. de Bonneval, à Freycenet. — Remerciements ; nous ne pouvons pour le moment revenir sur la question.
- M. V. Tisserand, à Remiremont. — Nous ne croyons.pas qu'il existe de traité spécial ; vous pourriez vous adresser à la librairie Dunod et Vicq, 49, quai clés Grands-Augustins, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. F. Teisseretic, à Ceilhes. Nous vous avons déjà répondu dans îe numéro précédent.
- — M. D. L., à Paris: M. Dubois, à Lille. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2” série, à la librairie Masson et C'e.
- — M. Girard, à Marseille. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres.reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Le ballon-tourbillon. — On a pu voir dernièrement dans les rues de Paris un nouveau jouet, auquel on a donné le nom de ballon-tourbillon. Il s’agit simplement d’un ballon en caoutchouc, que l’on gonfle en insufflant de l’air dedans, comme le montre notre gravure. Mais au lieu de laisser un seul orifice
- Le ballon-tourbillon.
- de sortie comme à l’ordinaire, on en a laissé deux, placés à l’opposé l’un de l’autre sur un même diamètre. 11 en résulte que lorsqu’on abandonne à lui-même le ballon qui a été gonflé en fermant les orifices, l’air s’échappe par les deux ouvertures en forçant le ballon à tourner sur lui-même plus ou moins rapidement et en faisant la musique ordinaire de ces sortes de jouéts. — Ce ballon-tourbillon se trouve dans tous les bazars, à Paris..
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- Mouehivore. — Par ces temps de grande chaleur, les mouches sont nombreuses; elles se répandent de tous côtés, et leur contact est désagréable et même insupportable. On cherche donc à les tuer par tous les moyens. Les bouteilles
- Le mouehivore. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Détails de la cage métallique.
- spéciales que l’on emploie partout sont déjà bien connues. Nous désirons décrire un nouvel appareil automatique, marchant dix heures au moyen d’un mouvement d’horlogerie et permettant de prendre un grand nombre de mouches par jour. Cet appareil consiste essentiellement en un plateau horizontal présentant une série de petits godets et tournant autour
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux.annonces.
- d’un axe vertical, entraîné par un mouvement d’horlogeriè placé au-dessous. Les godets se déplacent et viennent successivement passer au-dessous d’une cage en toile métallique munie de cônes spéciaux à l’ouverture. On remonte le mécanisme, on met le plateau sur la rondelle de cuivre, on le fixe au moyen d’un écrou en cuivre. On pose ensuite la cage en toile métallique, puis on remplit les petits godets du plateau avec du miel, du sirop, des résidus de fromages, de la viande hachée. On place l’appareil dans l’endroit fréquenté par les mouches. Celles-ci viennent se poser sur les godets et sont entraînées par le plateau tournant sous la cage en toile métallique. Elles veulent alors s’échapper et entrent dans le piège. Après un certain temps de fonctionnement la cage est remplie. Il suffit de l’enlever et de verser un peu d’eau bouillante sur la grille du haut ; on enlève le couvercle, et les deux cônes intérieurs pour compléter le nettoyage. — Le nouveau mou-chivore se trouve chez M. G. Renaut, 43,. boulevard de Strasbourg, à Paris.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Le « Pyro-Reeb »
- Ce révélateur élastique au Pyrogallol ammoniacal est en deux solutions séparées ; l’une renferme l’acide pyrogallique, l’autre l’alcalin. Leur mélange, qui constitue le bain actif, ne se fait qu’au moment‘du besoin. Ce n’est donc pas un; révélateur automatique mais bien un révélateur « Elastique » de composition variable au gré de l’opérateur. ,
- Contrairement à ce que son nom semble indiquer, il ne! renferme pas, d’ammoniaque libre. Il diffère donc essentielle-! ment du révélateur classique à l’ammoniaque liquide, enuçe' sens qu’ici nous utilisons l’ammoniaque à l’état naissant, pej le dégageant qu’au fur et à mesure' du besoin et seulement àir moment et par le fait du mélange des deux liquides. Nous obtenons aussi un Bain révélateur à son maximum d’activité avec le moins de dépense d’énergie possible. Nous écartons encore les inconvénients de l’Ammoniaque liquide .qui sent, fort, s’évente et n’oflre jamais une composition constante. t C’est donc un produit de composition régulière, sur l’activité duquel on peut compter et cela jusqu’à la dernière goutte ; nos solutions, notamment celle de pyrogallol, étant parfaitement inaltérables, en flacon bouché bien entendu.
- Le voile dichroïque rouge, que produit volontiers l’ammoniaque avec certaines émulsions extra-rapides, ne nous a pas paru une raison suffisante pour nous priver d’un révélateur aussi précieux, aussi supérieur que .celui-ci. Aussi, sans lé ‘supprimer complètement, Pavons-nous au contraire utilisé en le réduisant au strict minimum, le localisant dans les seules parties sous-exposées à l’exclusion de toutes les autres, pour réaliser ce qu’on peut dès lors appeler un « maquillage automatique » grâce à la coloration plus ou moins rosée que prend la gélatine dans les parties trop peu développées.
- En résumé : Le Pyro-Reeb, tel que nous le présentons aujourd’hui, est d’un emploi et d’une conduite facile et sûre, à la portée de tout le monde; il agit doucement, n’a pas d’odeur ammoniacale trop prononcée, ne tache pas les doigts, donne des clichés d’une belle tonalité, à demi-teintes bien accentuées; est susceptible enfin de corriger dans une large mesure les duretés résultant d’une pose insuffisante. Le Pyro-Reeb se trouve chez M. H. Reeb, 158, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine. L. M.
- RIRLIOGRAPHIE
- Histoire abrégée île l'astronomie, par Ernest Lebon, professeur au lycée Charlemagne, 1 vol. petit in-8°. Librairie Gauthier-Yillars. Paris. 1899. Prix : 8 francs.
- Répertoire des sociétés par actions fonctionnant en Belgique et des principales sociétés étrangères, par Lievin Coppw. 3° édition. 1 vol. in-16. Librairie de l’Economiste international. 1899.
- Les arbres à gutta-percha, leur culture. Mission relative à l’acclimatation de ces arbres aux Antilles et à la Guyane, par Henri I ecomte, agrégé de l’Université, docteur ès sciences.
- 1 brochure in-8°.G. Carré et C. Naud, éditeurs. Paris. 1899. Prix : 2 francs.
- Les actions moléculaires dans l'organisme, par H. Bordier,; professeur agrégé à la Faculté de médecine de Lyon. 1 vol. • in-16. G. Carré et Naud, éditeurs. Paris. 1899.
- i Principes d’hygiène coloniale, par le Dr G. Treille. 1 vol. •' ! in-8°. G. Carré et Naud, éditeurs. Paris, 1899. Prix : 5 francs;
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Causeries physiologiques, par A. IIerzen, professeur de hysiologie à l’Université de Lausanne. 1 vol. in-16. Paris, . Alcan, éditeur. Prix : 3 fr. 50.
- Température et énergies. Essai sur une équation de dimensions de la température, par P. Juppont, ingénieur des arts et manufactures. 1 vol. in-16. Paris. 1899. Bernard Tignol, éditeur. Prix : 2,r,50.
- Les agrandissements et les projections, par Georges Brunel, 1 vol. in-16 de l’Encyclopédie de l’amateur photographe. Librairie Bernard Tignol. Paris, 1899. Prix : 2 francs.
- La Chimie du photographe. IL Les produits, choix, essai, conservation, par L. P. Clerc. 1 vol. in-16. Paris, H. Desforges, éditeur. 1899. Prix : 1 fr. 50.
- La photographie en ballon et la téléphotographie, par H. Meyer-Heine, ancien capitaine du génie. Conférences de 1899 de la Société française de photographie. 1 brochure in-8°. Librairie Gauthier-Villars. Paris. 1899. Prix : ltr,50.
- Considérations générales sur le filetage et tableaux servant à déterminer pratiquement le train d'engrenages pour réaliser un pas de vis quelconque, par 1’Association générale des élèves de maistrance. 1 brochure in-8° E. Bernard et C1*, éditeurs. Paris. 1899.
- Les Pyrénées françaises, par Gésa Darsuzy. 1 vol. in-16 de la petite Encyclopédie populaire illustrée des sciences, des lettres et des arts. Schleicher frères, éditeurs. Prix : 1 franc.
- Eighteenth annual report of the United States geological Survey to the Secretary of the Interior 1896-1897. Charles 1). Walcott, director. Part II. Papers chiefly of a theo-retic Nature. — Part V. Minerai resources of the United States, 1896. Metallic products and Coal David T. Day, chief of Division. 3 vol. in-4. Washington Government Printing Office, 1897.
- Observatorio de Manila bajo la direccion de los padres de la compania de Jésus. Boletin mensual. Ano 1897. 1 vol. in-4°. Manila, lipo-litografia privada del observatorio. 1898.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DD MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 14 août. . . . 18*,5 E. N. E. 2. Beau. 0,0 Nuageux de 16 à 21 h. ; beau avant et après ; gouttes de 17 h. 54 à 18 h. 15; halo.
- Mardi 15 21*,3 E. 0. Peu nuageux. 0,0 Nuageux ; tonnerre de 8 h. 17 à 10 h. ; éclairs à partir de 21 h. ; halo.
- Mercredi 16 21*,4 E. S. E. 0. Peu nuageux. 0,7 Nuag. de 7 à 20 h. ; beau avant et après ; éclairs jusqu’après 1 h. et de 20 h. 20 jusqu'après 22 h. ;'halo.
- Jeudi 17 19-,0 W. 1. Beau. 0,0 Peu nuageux ; halo.
- Vendredi 18 16%3 Calme. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 8 h. ; peu nuageux ensuite.
- Samedi 19 18*,7 W. N. W. 1. Beau. 0,0 Très nuageux; gouttes à 13 h. 10 et 25“.
- Dimanche 20 ... . 16’,9 S. W. 0. Couvert. 0,0 Nuageux de 5 à 15 h. ; beau avant et après ; brumeux le matin.
- AOUT 1899 -- SEMAINE DU LUNDI 14 AU DIMANCHE 20 AOUT.
- Lundi
- Hardi
- | Mercredi |
- Jeudi
- J Vendredi |
- Samedi
- | Dimanche |
- Ç MiOl 6 M'N u v ; C i G MIM G viD' ? m*n 5 M'Dl 5 Min 6 MIDI G min G midi 6 ’m*n G MIDI 5
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages. — Pendant la semaine qui vient de s’écouler, des pluies sont tombées dans le nord du continent. En France, on a signalé des orages dans le Centre et le Sud. Ou a recueilli 8 mm. d’eau à Clermont, 6tA Gap et à Perpignan.
- Le 16 août, un cyclone s’est abattu sur Luynes et les environs, prè£ de Tours, causant des dégâts évalués à plus de 100000 francs. Des maisons se sont effondrées, des caves ont été inondées, des routes défoncées. Les Vignes sont ravagées.
- A la même date, un orage a eu lieu à Chaumont. La foudre a allumé deux
- incendies, à Bugnières et à Soncourt, Dans cette dernière commune, une importante propriété a été détruite.
- La température s’est maintenue élevée à Paris, en moyenne à 23°,5, supérieure de 5°,2 à la normale.
- Tempêtes au Chili. — Le raz de marée désastreux qui a eu lieu il y quelques jours à Valparaiso a été suivi de tempêtes et d’inondations qui ont ravagé les environs de Santiago. Un train de voyageurs est tombé dans une rivière en passant sur un pont. Cinquante voyageurs ont été noyés. A Valparaiso, plusieurs maisons ont été enlevées par les eaux; neuf personnes ont péri.
- PHASES DE LA LUNE i P. Q. le 14 à 0 h. 3 du matin,
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- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- DEUXIÈME EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “LA NATURE’*
- DE L’OCÉAN A LA MÉDITERRANÉE PAR LES PYRÉNÉES (25 Août — 7 Septembre)
- Nous donnons ci-dessous les premiers télégrammes que nous avons reçus des différentes localités visitées jusqu’à présent par les excursionnistes de La Nature. Il est inutile d’y ajouter des commentaires : on verra que tout se passe comme nous l’avions prévu.
- Bayonne, 25 Août matin.
- Excursion admirablement commencée. Accueil sympathique et dévoué au-dessus de toute expression aux forges du Boucau. Directeur par intérim, M. Détanger, entouré de ses ingénieurs, nous ont procuré une matinée inoubliable. Avons déjeuné à la barre, au bord de la mer. Vapeur de plaisance l’Eclair qui nous avait amené de Bayonne et qui nous y ramène n’a pas peu contribué au charme de la course. Vivement intéressés par l’installation et l’organisation unique des thermes salins de Biarritz. Inutile dire succès de visite à la grande Plage. Photographes s’en donnent à cœur joie et amateurs de bains de mer profitent de la marée haute pour se plonger dans la bienfaisante eau salée. — Au retour concert donné par la Société chorale La Castagne, du Veloce-Club de Bayonne. Audition d’airs basques, espagnols et béarnais.
- Pau, 26 Août soir.
- Journée non moins belle. La promenade dans les environs et aux merveilleux coteaux de Jurançon, par une température exquise,, a mis le comble à l’enthousiasme général. Lunch
- INFORMATIONS
- -<8>- On annonce la mort de M. Henri Lévêque de Vilmorin, premier vice-président de la Société d’Horticulture, officier de la Légion d’honneur. Avec lui disparaît une des figures les plus intéressantes de l’industrie parisienne. 11 était le chef de la maison Vilmorin Andrieux et Cie, célèbre pour la culture sélectionnée de toutes graines et semences qu’elle fait dans les immenses terrains de Ver-rières-le-Buisson, près Jlassy (Seine-et-Oise).
- —®— Le Tzar vient de donner 60000 roubles à l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg pour l’achat d’un navire et pour parer aux frais d’une expédition qui devra effectuer l’exploration de la terre de Sannikotf et des îles de la Sibérie.
- ®— A partir du 1er septembre, le Health Department (bureau sanitaire) de New-York, analysera les sirops vendus au public; non seulement ceux qui sont débités par les marchands ambulants dans les rues, mais aussi ceux qui proviennent des commerçants importants. II paraît que les imitations de sirops d’orange et de citron sont les plus malsains; ensuite vient l’imitation de sirop d’ananas. La vente des sirops falsifiés sera punie d'une amende et même de prison.
- -y-®— Des terrassiers occupés à creuser un égout, rue des Guillemites, dans le quartier des Archives, à Paris, ont trouvé a 2 métrés de profondeur, un cercueil en plomb assez bien conservé, qui renfermait un squelette d’homme. Cette trouvaille a été ïaite sur l’emplacement d’un ancien cimetière. Les ossements ont ité transportés aux Catacombes par les soins de l’administration des
- magnifique offert par M. Albert Tissandier sous les chênes trois fois séculaires de la superbe Villa aux Bois. M"° Hélène Tissandier nous en fait les honneurs avec une bonne grâce qui ravit tous nos touristes. A ce moment, les Pyrénées, jusque-là voilées, se découvrent et nous permetteift d’apercevoir le magnifique panorama. Après diner, conférence fort applaudie au théâtre par M. Emile Gartailhac, sur les premiers habitants des Pyrénées.
- Cauterets, 27 Août soir.
- Aujourd’hui la matinée a été consacrée à la visite de Lourdes. La grotte miraculeuse, la crypte, la basilique provoquent une débauche de plaques photographiques. Départ en chemin de fer pour Pierrefitte, où nous avons pris le tramway électrique pour Cauterets. L’admirable panorama qui se déroule sous les yeux, tout le long de ce trajet hardi, enthousiasme tout le monde.
- M. Meillon, maire de Cauterets, nous prépare pour ce soir et demain des fêtes, qui, dit-on, doivent être superbes.
- Gavarnie, 29 Août.
- Excursion du Pont d’Espagne et du lac de Gaube effectuée par temps splendide. Après déjeuner sur la place de la mairie, divertissements par les jeunes filles du pays en costume national ; parcours de Cauterets à Pierrefitte par brouillard présente la montagne sous un aspect différent qui a beaucoup intéressé.
- Pompes funèbres. Le cercueil a été remis au musée Carnavalet. Il était revêtu de deux plaques, l’une en marbre et l’autre en cüivre, portant ces inscriptions, la première : « Deuxième jour de mars 1663 », et la seconde : « Nom illisible, correcteur du Roy ».
- —(§)— Les policemen cyclistes de Boston. On a créé, à Boston, un corps de policemen, autrement dit d’agents de police montés à bicyclette, qui peuvent faire de rapides patrouilles et arriver sans bruit, de manière à surprendre aisément les malfaiteurs. Bien plus même, ils ne portent aucun uniforme, ils sont habillés en vulgaires promeneurs et ne peuvent aucunement exciter la défiance.
- —®— Le vapeur brise-glace russe Ermack, dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs, est en cale sèche à Wallsead-an-Tyne, d’où il partira pour l’océan Glacial ; ce navire, après avoir traversé des banquises de plus de 2 mètres d’épaisseur à une vitesse de 3 nœuds, a pour seule avarie brisé une aile d’hélice. Aucune partie de sa coque n’a souffert du rude contact des glaces.
- —®— De violents incendies de pins ont eu lieu dernièrement dans les forêts aux environs de Bordeaux. A Lacanau, 3000 hectares de bois ont été détruits. Les pertes ont été évaluées à 1 500 000 francs ; encore le feu n’est-il pas complètement éteint. Le 24 août dans -la soirée, il a repris dans la direction du poste forestier d’Alexandre, en marchant à travers les propriétés de 1 Etat -vers l’Océan. A Naujac, en arbres sur pied ou en marchandises préparées, les pertes ont atteint 200 000 francs. Dans les autres points, on n’a pu encore les évaluer. Le feu était si violent que les flammes.fran-chissaient routes et canaux, détruisant les ponts sur leur passage.
- —<§)— La ville de Londres a eu recours, pendant le mois de mai,
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- aux sources suivantes pour l'eau nécessaire à sa consommation î la Tamise a fourni 115 203 735 gall. ; la rivière Lea 54382 200 g.; diverses sources et les puits 37 261 825, des étangs de Hampstead et de Highgate 224121 g. Ces derniers ne servent que pour le nettoyage des rues. La consommation journalière totale a donc été 207 071881 g., pour une population évaluée à 5 933154 pérsonnes, soit une consommation moyenne de 34,90 g. par tête. Les proportions sont Tamise 55,65 pour 100, Lea 26,26 pour 100, sources et puits 18 pour 100 ; étangs 0,11 pour 100.
- —Les chantiers américains ont construit, l’année dernière, plus de navires et de tonnage qu’ils ne l’avaient fait depuis 25 ans, si on en excepte l’année 1891, pendant laquelle ils construisirent 1384 navires. L’année dernière leur construction a été de 1429 navires jaugeant 520876 tonneaux brut et 22 navires pour l’étranger en outre.
- —(§>— Les quatre grands cuirassés d’escadre prévus cette année par le Budget de l’empire d’Allemagne, seront construits : le 1er dans les chantiers de l’Etat à Wilhelmshaven ; le 2e par Schichau à Elbing ; le 3' par la Compagnie Yulcan à Stettin, et le 4® par la Compagnie Germania à Jegel. L’industrie des constructions navales
- fait en Allemagne les mêmes progrès que les autres branches du commerce. En 1898, les chantiers allemands ont livré à l’étranger ; ; 22 navires de guerre se décomposant en : 1 croiseur cuirassé, 3 grands croiseurs protégés, 10 destroyers, et 8 torpilleurs. Un des-* troyër est pour le Brésil, un autre pour le Japon ainsi que les 8 torpilleurs et un croiseur protégé; ce dernier coûte 13 millions de marcks; 4 destroyers sont ponr l’Italie et 4 pour la Russie ainsi que 3 croiseurs qui coûteront 24 millions de marcks.
- —®— Grenouilles et poissons. D’après YÉleveur, Te tribunal correctionnel de Gray vient de juger une cause en laquelle il s’agissait de grenouilles, de poissons, d’un vieux et d'un jeune pêcheur. En effet, M. Emile Chevrolat, rentier à Gray, et son petit-fils avaient été trouvés pêchant la grenouille dans un petit cours d’eau voisin de la ville; il n'y aurait eu aucun mal à cela si la chose ne s’était produite le 11 juin, c’est-à-dire cinq jours avant l’ouverture de la pêche. Or, la loi sur la pêche ne concerne que le poisson, la défense s’efforça donc de faire ressortir au tribunal que la grenouille, même celle de Gray, n’est qu’un batracien échappant aux dispositions légales. Le tribunal s’est rendu à la démonstration scientifique de l’avocat et a renvoyé les inculpés des fins de la citation sans peine ni dépens, cela pour l’édification des gardes-pêche.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — La machine à vapeur pour les pulvérisations insecticides se trouve chez MM. Merryweather and sons, Greenwich road, Londres. — Pour l’embrayage réducteur de vitesse angulaire Humpage, s’adresser à M. J.-C. Ilowell, 24 Queen Yictoria Street, Londres, E. C.
- Communications — M. Béreau, aéronaute, à Paris, nous signale l’ascension qu’il a faite le dimanche 13 août, à Issy, dans le ballon « Ville d’Issy », cubant 650 mètres cubes. Parti avec M. Saint-Aubin, à 3h50, il est descendu à 5h45 à La Gouperie, commune de Beynes (S.-et-O.). L’altitude maxima a été 2000 mètres. Il est passé au-dessus de Versailles.
- M. le D* Gorecki, à Paris, nous adresse la lettre suivante qui montre l’influence de l’éclairage sur l’aspect des couleurs : « Si dans la journée, par un beau soleil, vous vous placez au viaduc du Pomt-du-Jour en regardant la tour Eiffel, vous êtes frappé de la couleur d’un blanc crayeux de la partie inférieure jusqu’à la première plate-forme. Si, prenant le bateau parisien, vous vous rapprochez, cette couleur blanche, contrastant avec le ton ocreux des parties supérieures, va en diminuant ; elle est encore presque aussi intense au pont Mirabeau, commence à diminuer au pont de Grenelle et disparaît presque complètement à la passerelle de Passy. Par un temps couvert, cette apparence ne se produit pas; de même, à partir de 4 heures, elle diminue par suite du changement de direction des rayons solaires. C’est entre midi et 2 heures, alors que les rayons sont presque normaux à la direction générale de la paroi de la tour Eiffel, que l’aspect blanc de plâtre est le plus intense. On sait qu’un tableau n’est réellement bien dans le ton que pour un certain éclairage, surtout lorsque quelques-unes de ses couleurs ont été obtenues au moyen de dessous; l’exemple de ce qui se passe sur une grande échelle (c’est le cas de le dire) à la tour Eiffel est, à cet égard, absolument caractéristique. Les trois tons ocreux de ses trois parties diffèrent peu lorsqu’on les regarde de près ou par un éclairage diffus ; mais, dans les circonstances relatées plus haut, la couleur blanche devient seule visible et la gradation de teinte qu’on a eu en vue est complètement rompue. »
- M. Rossignol, à Crutai (Orne), à propos de notre récent article sur la planète Mars (n° 1366 du 29 juillet 1899, p. 131), nous adresse les demandes suivantes : « Y a-t-il ou non des mers sur la planète Mars? L’article très documenté et extrêmement intéressant de M. l’abbé Moreux, conclut par la négative. Or, il me semble qu’il y a un fait positif, également en opposition avec l’hypothèse jusqu’ici adoptée, et dont on n’a pas parlé, je crois. Cette objection, c’est précisément l’éclat à peu près uniforme de la planète, éclat dû au pouvoir réfléchissant
- du terrain. S’il y avait des mers ou des surfaces liquides de dimensions notables, il est évident que ces mers agiraient? comme miroirs convexes à l’égard des rayons solaires, et que par conséquent : 1° nous verrions, à certain moment, un point extrêmement lumineux, dont la position sur le disque dépendrait de la situation relative de la planète, du soleil et de la terre; 2° que ce point se déplacerait peu à peu en raison du mouvement relatif de ces astres dans l’espace ; 3° qu’il apparaîtrait ou s’éteindrait presque subitement par le fait de la rotation de Mars, selon que la partie réfléchissante serait du terrain ou de l’eau. »
- Un abonné nous a envoyé des renseignements intéressants sur les broussins ; la lettre s’est égarée. Nous le prions de vouloir bien nous retourner de nouveau des documents.
- Renseignements. — M. L. Villar, à Logrofio (Espagne). — Nous ne pouvons vous donner ces renseignements ; il faudrait vous adresser à M. J. Carpentier, 20, rue Delambre, ou à M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. L. Muret, à Paris. — Il serait utile que vous consultiez à ce sujet le professeur de zoologie au Muséum d’histoire naturelle.
- M. 0. Âsmussen, à Guayaquil. — Pour tout ce qui concerne le téléphone haut parleur que nous avons décrit dans le n° 1349 du 1er avril 1899, p. 275, il faut vous adresser directement à M. P. Germain, à Fontenay-aux-Roses.
- M. A. Darblay, à Paris. — Les comptes rendus des séances de l’Académie des .sciences sont publiés toutes les semaines à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins.
- M. L. C., à Châlons. — Pour tous renseignements complémentaires au sujet de cet appareil que nous avons décrit précédemment, veuillez vous adresser directement au constructeur, 4, rue Capron, à Paris.
- M. J. Luce, à Grasse. — La formule nous paraît de nature à donner de bons résultats ; nous ne pouvons nous expliquer les-reflets dont vous parlez. Vous pourriez soumettre le cas. au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. L. Dufau, aux Trois-Rivières (Guadeloupe). — Nous n’avons pas l’adresse de l’inventeur. Tous nos regrets.
- M. A. Buillard, à Paris. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage sur cette question.
- M. le Dc P. Carrasco, à Buenos-Aires. — La Société qui fabrique les prismes Luxfer a son siège, 201, quai Valmy, à Paris.
- M. Martaud, à Oran. — Remerciements pour votre dernière Note ; mais nous ne pouvons encore revenir sur la question.
- M. Pellerin, à Tiffauges. — Nous ne savons à quoi attribuer la couleur noire qui a recouvert vos broches en aluminium: on obtient en général cet effet en faisant agir sur l’aluminium une solution ammoniacale seule ou en présence des sels ammoniacaux.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. R., h Dijon. Il faut faire faire l’analyse complète de ce liquide; adressez-vous à un chimiste. — M. Dubois, à Lille. Veuillez prendre ces renseignements à des agences de brevets. — M. D. Robert, à Paris; M. Jumau, à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série à la librairie Masson et C‘°. — M. Lebar, à Paris. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 4* série, à la même librairie. — M. J. F., h X. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres * la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- SUR LA COTE
- . — BOUÉES, SÉMAPHORES ET BALISES.
- Texte et dessins inédits de A. Robida.
- 1 Bouée flottante indiquant soit un écueil, soit un chenal. Rouge, noire ou blanche suivant la destination ou le côté du chenal, avec le nom du real quand il y a Heu, ou une cloche signalant au loin le danger. — 2. Un amer, point de la côte badigeonnée en blanc éclatant pour servir de repère aux marins du large. Le monument Lefebvre-Desnouettes dit le pain de sucre, sur la côte Sainte-Adresse du Havre. - 3. Sémaphore sur la tour de 1 eghse de Zuicote, à demi enseveli dans les sables des Dunes au-dessus de Dunkerque. — 4. Balise fixe, la Muette, sur un récif devant 1 entree du petit port de Dahouet en Pléneuf, près Lamballe. — 5. Un autre genre d’amers sur les longues étendues de sable entre Calais et Gravelines. — 6. Sémaphore sur vieux monument. La tour Solidor, petit donjon triangulaire défendant jadis l’anse de Saint-Servan à l’entrée de la Rance. — 7. Chapelle Sainte-Barbe, à Roscoff, entièrement badigeonnée de blanc pour servir d'amer parmi les îlots et rochers à l’entrée de la rivière de Morlaix. — 8. Dn puits à Roscoit, autre amer près,de Sainte-Barbe. — 9.. Bretteville, près Cherbourg. Signal élevé dans une petite anse. — 10. Bouée flottante au large devant lue de Noirmoutiers. — 11. Balise de chenal dans le port de GraveHnes.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Contre les mouches des chevaux. — Dans les saisons de chaleur, les chevaux, à la campagne surtout, sont assaillis et tourmentés par les mouches. Le chasseur illustré donne un Remède dont on dit le plus grand bien. Il consiste en une décoction de stramoine (Datura stramonium) faite avec :
- Feuilles et tiges................ 1 partie
- Eau. . . ...........................3 —
- r On laisse bouillir 15 à 20 minutes environ. La préparation faite au moment de s’en servir est celle qui convient le mieux. Les décoctions anciennes sont cependant bonnes. Une application faite sur la face interne des membres, le ventre et le pourtour de l’anus, suffit à débarrasser l’animal de ses ennemis pendant toute une journée. Toute autre décoction, même la décoction de tabac, qui est beaucoup plus coûteuse, ne vaut pas celle de stramoine.
- Liqueur amère des Alpes. — Les amers ayant une action tonique généralement heureuse sur les muqueuses de l’estomac
- et de l’intestin, signalons une formule de liqueur amère qui est donnée par le journal Colonialwaaren Zeitung, et qui nous semble assez bien composée. Dans 65 litres d’alcool à 60° (bien entendu ont peut opérer sur des quantités plus faibles) on fait digérer pendant 8 jours 500 grammes de racine de gentiane, le même poids de baies de genièvre et de racines de galanga, puis 240 grammes de racines d’angélique, 120 de thym, autant de sauge, enfin le même poids de calamus aromatique et de cannelle de Ceylan. On presse le tout, après digestion, pour en faire sortir, les essences, et on filtre ; puis on ajoute 5 à 6 litres de vin de Malaga et assez d’eau pour donner finalement 100 litres de liquide. 11 paraît que la liqueur obtenue a une saveur exquise ; elle a toutefois le tort de présenter une teneur en alcool assez élevée.
- Graisse pour courroies. — Faire chauffer et mélanger 15 parties de vaseline, 20 d’huile de poisson, 12 de lard el 1 de cire ; si l’on veut colorer cette graisse en noir, il faut mêler du noir de fumée aux deux premiers ingrédients pris isolément, et ajouter ensuite les deux autres. En tout cas on brasse soigneusement et l’on garde en boîtes.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DtJ CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES « OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 août. . . . 11*,9 N. E. 2. Beau. 0,0 Peu nuageux de 9 à 11 h. ; beau avant et après.
- Mardi 22 13%0 N. E 2. Beau. 0,0 Beau.
- Mercredi 23 16”,1 E. N. E. 1. Beau. 0,0 Beau.
- Jeudi 21 15",2 N. E. 0. Beau. 0,0 Beau.
- Vendredi 23 16 ,5 Calme. Beau. 0,0 Quelques nuages.
- Samedi 26 17”,7 N. N. E. 1. Peu nuageux. 0,0 Peu nuageux jusqu’à 18 h. et à 24 h. ; beau le reste du temps.
- Dimanche 27 . . . 19”,1 S. S. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Nuageux; gouttes à 9 h. 10.
- AOUT 1899. -- SEMAINE DU LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 AOUT.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inferieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Cyclone aux Antilles. — Les ravages causés dans les îles Bahania par le récent cyclone que nous avons annoncé sont considérables ; à l'île Andros, ou croit que 200 pécheurs d’éponges ont péri.
- Inondations en Espagne. — A la suite des diverses tempêtes qui se sont abattues sur l’Espagne et dont il a été question précédemment, toutes les régions ont subi des dommages étendus. Il y a eu plusieurs victimes.
- On a signalé des inondations dans diverses provinces, notamment dans celles de Saragosse, Séville, Murcie, Léon, Cordôue et Logroùo. Les ligues
- de chemins de 1er et les lignes télégraphiques ont été coupées. A Ocana, un couvent de religieuses s’est effondré. Deux mendiants ont été tués parla chute des murs.
- La grêle. — Un ouragan de grêle a dévasté, le 16 août, trois communes de l’arrondissement de Laugres (Haute-Marne) ; celles de Vieux-Moulins, Courcelles-en-Moutague, Noidant-le-Rocheux; le total des dégâts s’élève à 68000 francs. Outre ces pertes consistant en récoltes détruites, d’autres dégâts considérables ont été causés par l’inondation de Noidant-le-Rochex, conséquence de cet orage. Personne n’a été noyé.
- PHASES DE LA LUNE i P. L. le 21, à 4 li. 51 m. du mstU
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- 1 yV° 1372 (9 septembre 1899), du journal « LA MATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chei
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- DEUXIÈME EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “LA NATURE’*
- DE L’OCÉAN A LA MÉDITERRANÉE PAR LES PYRÉNÉES (25 Août — 7 Septembre)
- Nous donnons, comme la semaine dernière, les télégrammes que uous avons reçus chaque jour des Pyrénées, et qui nous prouvent ^ue l’excursion se continue à la satisfaction de tous.
- Nous devons malheureusement la première place à ceux que nos excursionnistes nous ont adressés quand ils ont appris par nous la triste nouvelle de la mort de IL Gaston Tissandier.
- Bagnères-de-Luchon, 2 septembre 1899.
- Veuillez transmettre à M. Albert Tissandier l’expression de notre vive sympathie. ‘Son frère est certainement un des hommes qui ont le mieux servi la science et la France. Cartailhac.
- J’ai reçu aujourd’hui la triste nouvelle de la mort de M. Gaston Tissandier, et j’en ai fait part à nos compagnons de voyages. Ils m’ont prié d’envoyer à M. Albert Tissandier son frère, et à M"e Tissandier qui nous avaient reçus, il y a quelques jours, à Jurançon, avec tant d’amabilité et de cordialité, leurs compliments de condoléance. Fernet.
- Tarbes, 29 Août soir.
- Sommes arrivés hier soir à Saint-Sauveur à la nuit tombante et avons passé la nuit à l’hôtel des Bains dont la charmante hôtesse a, comme nous avons pu nous en rendre compte, inspiré beaucoup de peintres, et la cuisine a fait élucuhrer à Armand Sylvestre ce quatrain fameux :
- Partir est un destin funeste.
- Si j’étais chef d’un grand Etat J’aurais pour cuisinier Pintat Et je me ficherais du reste.
- Partis à 5 heures du matin par un brouillard intense : heureusement en bonne mère, la nature protège La Nature; à 9 heures le temps se lève, et c’est par un soleil splendide que nous avons pu contempler le cirque grandiose de Gavarnie. Les intrépides vont jusqu’à la Cascade et les photographes prennent force vues de groupes sur le névé du glacier. Retour à Pierre-fitte en voiture et arrivée à Tarbes, où nous dînons.
- Bcugnères-de-Bigorre, 50 Août soir.
- Ce matin de bonne heure visité les haras de Taibes où nous avons pu revoir les anciens gagnants de nos hippodromes parisiens. Départ pour Bagnères déjeuner. Après-midi visite de la ville sous les auspices de la Société Ramond. Ces messieurs avec une obligeance parfaite font visiter toutes les fabriques de leurs villes : marbreries, fabriques de lainages, de bérets, menuiserie mécanique, qui intéressent beaucoup nos excursionnistes. Les superbes collections de M. Frossard provoquent l’admiration générale. Après dîner, aux: thermes, M. Dumoret, président de la Société Ramond, et M. le maire de Bagnères nous reçoivent avec une affabilité charmante et nous invitent à boire une coupe de champagne à La Nature. Ils distribuent à chacun des photographies de Bagnères et de jolis souvenirs. Ensuite la Société des Montagnards nous fait entendre les plus jolis morceaux de son répertoire, et c’est à regret qu’il faut aller coucher; mais nous devons être demain sur pied de bonne heure.
- Luchon, 31 Août soir.
- Partis ce matin à 5 heures, nous avons pu, par un temps
- très clair, admirer le superbe panorama qui s’étend sous nos yeux du col d’Aspin-Trisbon, déjeuner au buffet de Montréjeau. Visite de la grotte de Gargas et des superbes églises de Saint-Bertrand de Comminges et de Saint-Just de Valcabrère : les photographes sont dans le ravissement devant toutes ces beautés archéologiques et travaillent à l’envi. Quelle belle collection nous aurons!
- Luchon, 2 Septembre matin.
- Hier c’était la journée dure. Tandis que lés timides (une dizaine à peine) se contentaient de faire une courte promenade dans la vallée du Lys, les intrépides tentaient àvec succès l’ascension du port de Vénasque et du pic de Sauvegarde. Tout le monde grimpe avec entrain, les jeunes filles montrent l’exemple et arrivent les premières au sommet, à 2787 mètres d’altitude, d’où l’on découvre, à perte de vue, les Pyrénées françaises et espagnoles. Très joyeux déjeuner à la Fontaine de Pena-Blanca, puis, tout le monde étant vaillant, nous allongeons le retour par la corniche de la Picade, et, à 7 heures du soir, un peu fatigués, mais ravis par le superbe spectacle qu’ils avaient contemplé, tous nos excursionnistes sont de retour. Le dîner est expédié vivement ; un brin de toilette, car l’on nous attend au Casino, où nous assistons à la retraite des guides, très curieux et très attrayant carrousel. Après la retraite, devant un public élégant et fort nombreux, M. Belloc, membre de la Direction centrale du Club Alpin français, fait une conférence sur les lacs des Pyrénées, avec projections photographiques de M. LasaUe. Grand succès pour le conférencier et pour l’instigatrice de cette conférence, « La Nature ».
- Toulouse, 3 Septembre, 4 heures.
- Voilà deux jours que nous sommes à Toulouse, et cela a passé comme un rêve. Ici, notre sympathique directeur, M. E. Cartailhac, s’est surpassé : il a voulu nous montrer sa ville dans toute sa beauté, et nos excursionnistes emporteront de leur réception un souvenir impérissable. Nous avons visité tous les monuments, et en savant et intéressant causeur, M. Cartailhac nous en a fait admirer tous les détails : le Musée, le Capitole, la basilique Saint-Sernin, le Muséum, l’hôtel de Bernuy, etc., n’ont plus de secrets pour nous. Hier soir, à l’hôtel d’Assézat, réception d’une grande beauté. Séance de projections photo-rapniques. Le magnifique palais de Clémence Isaure resplen-it sous les multiples becs d’acétylène et les feux de bengales font se détacher tous les détails de la remarquable architecture. Les chanteurs toulousains nous chantent la Toulousaine et plusieurs airs de leur répertoire. — Ce matin, dans la curieuse chapelle du petit Lycée, messe en musique par la Société Là Palladienne, composée de guitares et de mandolines. Tous ont été impressionnés par ce beau spectacle. Hélas! il nous faut quitter cette belle ville aux manifestations artistiques : le programme est implacable et d’autres beautés nous attendent. Merci à Toulouse et merci à M. Cartailhac !
- Carcassonne, 5 Septembre.
- Avons été reçus avec grande cordialité par pères Ecole Soreze, les célibataires ont couché à l’école, les dames au dehors; hier,
- Ear très beau temps, promenade en voiture au réservoir de-ampy? où nous avons fait déjeuner champêtre très gai; au retour, avons admiré les grandes eaux du réservoir Saint-Ferréol. Partons pour visiter Carcassonne.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- INFORMATIONS
- —(§)— M. Jean Mascart vient de découvrir à l’Observatoire de Paris une nouvelle planète de 11e grandeur. Il s’agit encore d’un nouvel astéroïde compris entre Mars et Jupiter.
- —(§)— On annonce la mort de M. Cauro, jeune physicien attaché au laboratoire de M'. Lippmann à la Sorbonne. Il a fait une chute dans le massif de la Côte, à Chamonix. M. Cauro avait commencé des expériences de télégraphie avec son ami M. Lespiau.
- —(§)— Les amateurs du Lac des Quatre-Cantons savent combien il était peu commode de se rendre à Engelberg, station climatérique située à 1019 mètres en face les glaciers du Titlis. Depuis le printemps, on va directement de Stanstadt à Engelberg par un chemin de fer électrique à trolley. Ce chemin de fer élève les touristes de 600 mètres, sur un parcours de 24 kilomètres, en lh30m. Nous trouverons l’occasion de le décrire.
- —®— S. A. S. le prince de Monaco est arrivé au Spitzberg le 25 juillet. Sans pénétrer dans les baies du sud ou du centre, son navire la Princesse-Alice a gagné directement le nord et doublé l’île Amsterdam. Dans cette région, de grands champs de glace fer-
- maient encore l’horizon au nord, laissant un étroit passage qui permît au navire de contourner les terres extrêmes du nord-ouest. Mais bientôt la mer fut barrée partout; la côte même et toutes les baies apparurent bloquées au delà du 15® degré «le longitude est. Par conséquent, la baie Liefde, où se rendait la Princesse-Alice, pour des travaux hydrographiques, était inaccessible. Le prince de Monaco décida alors de chercher un mouillage dans une baie du voisinage, indiquée sur les cartes avec le nom de la baie Red, pour y atteindre un mouvement prochain dans les glaces. On s’aperçut bientôt que cette baie n’avait jamais été visitée complètement et qu’elle contient un des meilleurs abris du Spitzberg. Devant l’utilité qu’une pareille découverte présentait pour les navigateurs, le Prince chargea le lieutenant de vaisseau Guissez de faire l’étude complète de cette baie, étude qui devait nécessiter une quinzaine de jours. Après une première semaine consacrée à la triangulation, la Princesse-Alice débarqua, aux ordres de M. Guissez, une mission munie d’un matériel de campement, de trois embarcations et de vivres pour plusieurs semaines : puis elle quitta la baie Red et gagna la baie Auvent, à 180 milles dans le sud, et où devait se présenter vers le 4 août une occasion de recevoir et d’envoyer des nouvelles. Un officier de la marine française vient donc encore d’effectuer un travail scientifique utile.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La pierre céramique est fabriquée par la Société parisienne d’exploitation des procédés céramiques Garchey, 74, boulevard Hauss-mann,à Paris. — Le nouvel appareil de sondage se trouve chez M. E. E. Miczell, member ol the Institution of Mechanical Engineers, Londres.
- Communications. — MM. Mazillier et Jobard, à Dijon, nous ont fait parvenir un échantillon des nouveaux joints de vapeur qu’ils fabriquent. Ces joints se composent d’une âme souple en amiante recouverte de cuivre pur électrolytique. Ils sont incombustibles, imperméables, souples, plastiques et inaltérables; ils résistent aux plus hautes pressions.
- M. Ernest Chavoix, à Excideuil, nous adresse 2 photographies ; l’une représentant la colline qui domine le village de Tayac près les Eyzies (Dordogne) ; à droite se voit distinctement un profil de tête humaine fortement bourbonien. Cette vue est prise du train express en marche. La seconde épreuve a trait au fait suivant : le 27 juillet un orage d’une très grande violence éclatait sur la ville de Lanouaille (Dordogne). La foudre a frappé une maison appartenant à un épicier. La charge électrique a atteint le pignon nord de l’édifice, noirci un chevron, pénétré dans une chambre au premier étage où elle a enlevé l’enduit du mur sur une longueur d’un mètre environ, puis suivant un fil de sonnette elle a pénétré dans la cuisine et se dirigeant vers une cafetière reproduite sur la photographie, elle a fait irruption à l’intérieur, puis est ressortie en produisant un trou rond de 5 millimètres avec fusion du métal et emboutissage extérieur des bords du trou et a disparu. Cette chute de foudre est un fait peu banal, aussi nous remercions notre correspondant qui a bien voulu nous la signaler.
- M. Camille Sumeire, à Port-Louis, nous envoie le Bulletin de la Société médicale de l’île Maurice, du 18 juillet 1899, contenant les résultats des expériences qu’il a effectuées pour la conservation des cadavres humains et d’animaux au moyen des vapeurs de formol en circulation constante dans des appareils clos.
- M. A. Marouby, à Bordeaux, nous signale une illusion d’optique originale qui intéressera nos lecteurs ; « Cette illusion réussit dans un vase en verre de forme quelconque, mais surtout dans un verre conique. Sur une partie quelconque de la face intérieure d’un verre on produit une tache blanche
- {opalescente, à l’aide de l’acide fluorhydrique par exemple, ou •lus simplement d’une goutte de teinture de benjoin qu’on aisse évaporer. Si on remplit d’eau le verre, en regardant par l’orifice il semble que par un effet de réflexion, le verre lui-
- même, sa paroi, se trouve entre deux taches blanches. En passant extérieurement le doigt sur le verre en face de la tache, il semble voir se promener le doigt entre deux images. L’expérience est encore plus concluante lorsqu’on promène à la surface du verre un corps noir et mou s’adaptant bien à la forme du vase, par exemple un morceau mouillé de caoutchouc ou de drap. On le voit, à travers le liquide, pénétrer, voyager entre les deux taches, la tache réelle et son image, puis en sortir, l’illusion est complète, l’expérience facile à répéter. »
- Renseignements. — M. Clouard, à Caen. — Ces statistiques complètes de la puissance totale des machines à vapeur utilisées dans l’industrie ne peuvent se trouver qu’au ministère du Commerce et de l’Industrie.
- M. Perret, à Ecully (Rhône). — 1“ Nous n’avons pas cette adresse exacte, et nous ne connaissons pas d’autre machine semblable. — 2° Engrais : MM. Coignet et C‘% 114, boulevard Magenta; MM. Joudrain et Cie, 18, avenue Victoria, à Paris.
- L’abonné 7559, à X. — 1° Nous n’avons pas de renseignements sur ce moteur ; mais vous pourriez les demander à l’inventeur dont nous avons donné l’adresse dans l’article. — 2° Nous ne pensons pas que cet appareil soit dans le commerce. — 3° Nous ne connaissons pas d’autre brûleur analogue.
- M. A. G., k Saint-Jean. — Nous ne croyons pas qu’il existe d’ouvrage sur cette question.
- M. G. G., à Saint-Claude. — II faut vous adresser à la maison Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. F. Andreu, à Mahon. — Nous n’avons pu donner jusqu’ici sur cette question des renseignements complets et détaillés; nous y reviendrons dès que l’invention aura passé dans la pratique.
- M. J. d’Autemarre d’Hervillé, à Marseille. — 1° Vous pourriez vous adresser aux aciéries de Grenelle, M. Plichon, directeur, 56, rue de Lourmel, à Paris. — 2° La maison Dinin, 69, rue Pouchet, à Paris, fabrique un petit modèle d’accumulateur spécial pour les allumages.
- M. Garni, à Béziers. — Nous ne croyons pas que le chlorure de calcium ait quelque action sur les appareils que vous indiquez.
- M. A. Bouisset, à Millau. — Nous ne connaissons pas l’oiseau dont vous voulez parler; il faudrait peut-être en envoyer un spécimen au Muséum d’histoire naturelle, à Paris, pour en faire déterminer l’espèce.
- M. Euhoun, à Saïda. — Pour l’autocyclette Garreau, que nous avons décrite dans le n° 1359, du 10 juin 1899, p. 23* il faut s’adresser à l’inventeur, 43, rue Lemarois, à Paris.
- M. A. Guignet, aux Avenières (Isère). — 1° Nous regrettons de ne pas vous donner ce renseignement, que nous ne connaissons pas. — 2° Nous pouvons vous indiquer l’adresse suivante : Entreprise générale de fonçage de puits et de travaux de mines, 19, boulevard Haussmann, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dubois, à Paris. Il est nécessaire de faire un plan complet et détaillé de l’appareil avant d’en entreprendre la construction. — M. L. Renart, à Parts. Nous ne croyons pas qu’il existe d’appareil semblable dans le commerce. — M. G. D., à R.; M. L. P., à Marseille. Consultez les Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et G1®, à paris. — M. Grillon, h Nice. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 3® série, à la même librairie. — M. D. Gv à Paris; M• B. L., à Asnières. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Nouveau tire-bouchon. — Les systèmes de tire-bouchons de toutes sortes sont déjà fort nombreux; nous n’hésitons pas cependant à présenter le nouveau modèle figuré dans le dessin ci-joint, en raison des commodités qu’il offre. Il se compose, comme le montre la figure n° 1, d’un axe central i portant la poignée et muni d’un ressort a. En un point de la
- Nouveau tire-bouchon. — 1. Vue d'ensemble. —2. Mode d’emploi.
- tige est fixé un arc horizontal f portant deux parties g et h se séparant et pouvant venir emboîter le bouchon. Il suffit donc (n° 2) de fixer l’extrémité du tire-bouchon sur un bouchon, d’emboîter les deux supports latéraux j et k autour du bouchon, et d’enfoncer ensuite la tige en tournant la poignée; à chaque effort, le bouchon est attiré au dehors. Après 4 ou 5 tours ainsi faits, le bouchon sort de lui-même. — Le nouveau tire-bouchon se trouve chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Fixettes pour chapeaux. —Les dames, pour fixer leurs chapeaux sur leurs têtes, ont l’habitude d’employer une longue épingle qu’elles enfoncent dans leurs cheveux. Cette [épingle
- 1. Fixettes pour chapeaux. — 2. Mode d’emplot.
- peut causer des accidents. Un inventeur, M. Hinde, a imaginé pour la remplacer, deux petites fourches à 4 pointes arrondies, qu’il appelle fixettes. Les branches des fourches glissent dans deux guides b que l’on coud sur le bord intérieur du chapeau, une de chaque côté. On tire les tiges des fixettes dans toute leur longueur, on place le chapeau sur la tête, et on les enfonce ensuite. Ces fixettes, ainsi placées, donnent toute sécurité ; elles sont de plus à pointes arrondies. — Pour les fixettes de chapeaux, s’adresser à M. G. Renaut, 43, Boulevard de Strasbourg, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Traitement de la chorée.
- La chorée, plus vulgairement connue sous le nom de danse de Saint-Guy, a été regardée par beaucoup d’auteurs comme une manifestation infantile de la diathèse rhumatismale. Les résultats obtenus par les D" Bozzolo et Fornaux par leur traitement tendent à démontrer le bien fondé de cette hypothèse, ün sait que l’essence de Wintergreen ou salicylose de méthyle amène dans les rhumatismes, les arthrites, un soulagement très marqué des douleurs; une simple application provoque un engourdissement de la douleur, une anesthésie de la région enflammée.
- Partant de cette idée, ces médecins ont eu l’idée de faire chez des jeunes enfants atteints de chorée des applications systématiques, d’un mélange de 10 grammes d’essence de gaul-theria ou essence de Wintergreen et 10 grammes de vaseline. La friction était faite un jour sur les membres supérieurs, l’autre jour sur les membres inférieurs, puis la région était recouverte d’une couche d’ouate et de taffetas imperméable. A la suite des premières applications, les mouvements désordonnés devenaient moins fréquents et disparaissaient au bout de quelques jours. La médication a réussi chez plusieurs enfants; elle n’est pas infaillible (les auteurs accusent des insuccès), mais elle est assez simple à suivre pour pouvoir être essavée-. Dr X.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Papier éclair à la sépia. — Ce nouveau papier photographique est très rapide et donne des épreuves très nettes en traits blancs sur fond sépia presque noir. Pour obtenir une reproduction, on expose à la lumière sous châssis, comme pour toutes les photographies. Le temps d’exposition est de :
- Grand soleil. Grand jour. À l’ombre.
- En été. . , F/3 minute 2 minutes G à 12 minutes.
- En hiver. . 2 minutes G — 25 à 40 —
- La pose est terminée lorsque les traits sont bien visibles sur la copie et que les parties qui doivent être foncées sont couleur tabac. On peut alors laver-l’épreuve à l’eau pendant 5 minutes. Cela peut suffire ; mais si l’on tient à renforcer l’épreuve, il suffit de l’appliquer sur une planche ou feuille de carton et de laver rapidement avec une éponge imbibée d’une solution à 10 pour 100 d’hyposulfite de soude, puis de laver à nouveau 5 minutes dans l’eau pure et sécher. On obtient une première épreuve en traits blancs sur fond noir. Avec celle-ci servant de négatif, on obtient une épreuve qui donne des traits noirs sur fond blanc. Avec le même cliché, en employant du papier ferro-prussiate, on a des traits bleus sur fond blanc comme avec le papier cyanotype. Le papier sensibilisé se conserve bien 5 à 6 mois et les reproductions sont inaltérables ; en vieillissant elles ne se brisent pas comme avec les papiers héliotype ou mélagraphique. Avec le papier éclair à la sépia, on peut donc produire : 1° copies négatives à la sépia (traits blancs sur fond brun) remplaçant le papier au ferro-prussiate, et avec celles-ci on peut faire : 2° des copies positives à la sépia (traits bruns sur fond blanc) remplaçant le papier héliotype ou mélagraphique; 3° copies bleues positives (traits bleus sur fond blanc) remplaçant le papier cyanotype. Ce papier donne des résultats très satisfaisants. — Le papier éclair à la sépia se trouve à la papeterie de la construction moderne, chez MM. Aulanier et C‘% 13, rue Bonaparte, à Paris.
- Le procédé ozotype. — 11 est entendu que le photographe n’a pas encore le procédé du tirage idéal et tous les jours surgit un nouveau papier. Le procédé ozotype n’est pas encore celui qui détrônera les autres, mais il a cependant un intérêt pour ceux qui recherchent des effets nouveaux. C’est un dérivé du procédé au charbon avec cette différence qu’on voit venir l’image au châssis-presse. Voici comment on procède.: On prend une feuille de papier encollé et on la badigeonne au pinceau avec une solution de :
- Bichromate de potasse............. 7 parties.
- Sulfate de manganèse.............'14 —
- Eau............................. 100 —
- on fait sécher à l’obscurité et ensuite on insole comme d’ordinaire sous cliché négatif au châssis-presse. On suit la venue de l’image et on la laisse bien apparaître, après quoi on lave en changeant plusieurs fois l’eau et on laisse sécher. Cette image composée de chrome et de manganèse est permanente, mais elle est très faible. Pour lui donner le ton et les valeurs nécessaires, oh la transforme en épreuve au charbon, ©n
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- prend une feuille de papier au charbon du commerce de la couleur qu’on désire : noir, sépia, etc., et on la plonge dans le bain suivant :
- Hydroquinone............................ 1 gr.
- Acide acétique cristallisé............. 5 —
- Eau.................................. 1000 —
- Quand la couche de gélatine est bien ramollie on la met en contact avec l’image, dans le bain même. On retire le tout, on passe le rouleau de caoutchouc pour chasser les bulles d’air et l’excès de liquide, puis on laisse sécher.
- Lorsque le tout est bien sec, on plonge dans l’eau froide et au
- bout d’environ une demi-heure on peut détacher, avec précaution, le papier de la couche de gélatine; on a alors l’image sur son support primitif recouverte de la couche de charbon, et invisible par conséquent. On développe à l’eau tiède comme dans le procédé au charbon, le dépouillement se fait et l’image apparaît peu à peu.
- On arrête le développement quand l’image est complète, on lave à l’eau froide et on laisse sécher.
- Les épreuves ainsi obtenues n’ont pas la netteté de détails que certains recherchent et que donnent les papiers brillants. Mais pour beaucoup ce sera une qualité ; l’image est plus estampée, plus enveloppée et ceci convient aux épreuves de grand format qui visent à l’effet artistique. G. M.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMETRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 août. . . . 17%8 W. 2. Couvert. 1,0 Couvert de 4 à 7 h.. nuageux avant et après ; éclairs à 2 h.; pluie de 4 h. 20 à 6 h.
- Mardi 29 15»,6 S. 2. Peu nuageux. 0,0 Nuageux le matin et après 20 h. ; couvert le reste du temps; halo.
- Mercredi 30 17*,1 S. 2, Peu nuageux. 0,0 Nuageux; quelques averses.
- Jeudi 31. ... • • • 15”,5 S. W. 1. Beau. 0,4 Beau jusqu'à 9 h. ; puis nuag.; couvert après 21 h. ; halo.
- Vendredi 1" septemb. 15%4 S. 2. Presque couvert. 0,0 Très nuageux le matin ; couvert le soir ; pluie dans la soirée.
- Samedi 2 14*,8 S. S. W. 2. Couvert ; pluie. Couvert jusqu’à 7 h. ; nuag. ensuite; averses jusqu’à 7 h.
- Dimanche 3 16*,0 W. 1. Quelques nuages. 0,2 J Peu nuageux; halo.
- AOUT-SEPTEMBRE 1899 -- SEMAINE DU LUNDI 28 AOUT AU DIMANCHE 3 SEPTEMBRE.
- | Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi ( Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- 1.» température A Londres. — Le 19 juillet dernier, il s'en fallut d'un demi-degré pour qu’à Londres, le record de la plus haute température du siècle fût battu. Ce record qui appartenait à l’année 1832 était de 54°. 11 a été vraiment battu le 23 août, à lk 43. Le thermomètre du Bureau météorologique de Londres a indiqué 53° à l'ombre et 33° au soleil. La journée du 23 août est donc pour Londres la plus chaude du siècle. Un grand nombre d'insolations ont été observées. Plus de 200 personnes ont été relevées par des ambulanciers qui avaient été répartis notamment dans la Cité.
- Tremblement de terre À Oporto (Portugal). — Plusieurs secousses de tremblement de terre ont été ressenties à Oporto, en Portugal, le 24 août 1899.
- La température A Paris. — Pendant les derniers jours du mois-d'août, la température s'est- maintenue à une température élevée à Paris. Elle était en moyenne de 17J,9 le 23 août, avec un maximum de 20°,1, de 20°,3 le 24 août avec un maximum de 28°,7, de 21° le 23 août avec un maximum de 30°,3, de 23°,1 le 27 août. On a observé le 27 août un maximum de 33°. Les 29 et 31 août, la température moyenne était de 18°,9.
- Variation de la force magnétique terrestre avec la hauteur. — D’après le Cosmos, M. J. Liznar a calculé la valeur de cette variation au moyen des formules données par Gauss ; il l'a déduite d’autre part d’un grand nombre d’observations faites en divers points de l'Autrichef La non-concordance des deux séries de valeurs le conduit à conclure qu'une partie de la force magnétique a son siège en dehors de notre terre. Si c'est
- réellement le cas, les variations des éléments magnétiques doivent augmenter beaucoup avec la hauteur. Il serait fort désirable, dans le but de vérifier cette assertion, de créer quelques observatoires magnétiques à de grandes altitudes. • .
- In ouragan aux É<at*-Inis. — M. J.-R. Musick a publié, dans le Century Magasine, la description d’un ouragan qu'il a pu observer à Kirks-ville, dans le Missouri, au mois d’avril 1899. Les faits cités par l’auteur sont surprenants, suivant le Cosmos. Lorsque la tempête atteignit la ville, les portes, les volets, les toitures et même des maisons entières firent enlevés, volant et tourbillonnant à des hauteurs de 90 à 120 mètres. « Je visJ dit-il, la roue d’une voiture dt les corps de .deux personnes volant dans les nuages orageux. Une maison fut enlevée à une hauteur d’environ 50 mètres, et là, elle parut éclater en mille morceaux qui s’envolèrent, tourbillonnant au milieu des autres débris. » '
- Parmi les faits les plus étonnants, il faut citer le cas de trois personnes qui, enlevées par le tourbillon, ont ainsi parcouru près de 400 mètres, voyage aérien après lequel elles ont été déposées à terre avec tant d'égards qu’aucune n'a été victime de l'aventure. Plusieurs chevaux et d'autres animaux auraient été enlevés de même et transportés à de grandes distances. Un cheval ainsi enlevé aurait pris terre à plus de 3 kilomètres seulement et sans être aucunement blessé. Un fait peut donner une idée de la violence dh vent ; les arbres d’un verger situé au sud de la ville furent déracinés, transportés à 4 ou 500 mètres, et repiqués dans les champs où ils étaient tombés ; plusieurs de ces arbres avaient de 30 à 40 centimètres de diamètre, et leurs racines plus de 3 mètres de longueur. Le terrain d’où ils avaient été arrachés semblait labouré par des explosions de dynamite;
- PHASES DE LA I^UNE ; D» Q. le 28 août, à 0 h. 06 m, du mat.
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- M. J. L AF F ARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- DEUXIÈME EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “LA NATURE”
- DE L’OCÉAN A LA MÉDITERRANÉE PAR LES PYRÉNÉES (25 Août — 7 Septembre)
- Banyuls-sur-Mer t 5 septembre soir.
- La matinée d’aujourd’hui a été consacrée à l’intéressante visite de la Cité de Carcassonne. L’antique forteresse, restaurée avec tant de goût par Viollet-le-Duc, captive longtemps l’attention des touristes, archéologues et photographes. Il nous faut, hélas, écourter cette attrayante visite pour dejeuner rapidement et prendre le train pour Narbonne et Banyuls-sur-Mer. A la gare, nous sommes reçus par M. le médecin-administrateur du Sanatorium qui nous fait visiter minutieusement cet intéressant établissement si heureusement situé et qui contient actuellement 140 enfants. A la fin de la visite un lunch nous est gracieusement offert et nous buvons un verre du vin si justement renommé du pays à la prospérité du Sanatorium et de ses pensionnaires. Pendant le dîner, les membres de l’excursion prennent l’heureuse initiative d’une collecte dont le montant servira à offrir quelques jouets aux petits malades du Sanatorium. — A 8 heures 1/2 nous nous retrouvons au laboratoire Arago où M. de Lacaze-Duthiers, professeur à la Sorbonne, membre de l’Institut, nous fait l’honneur de nous narrer, avec projections photographiques à l’appui, les diverses phases de la fondation du laboratoire, son œuvre, et nous explique succinctement les grandes découvertes qui y ont été faites. A l’issue delà conférence, le maître nous invite à boire une coupe de champagne à La Nature et nous sommes heureux de répondre à ce toast en buvant à la santé du grand savant de Lacaze-Duthiers et à l’avenir de son laboratoire. — Mais une surprise nous attend : nous apprenons que M. Pams, député des Pyrénées-Orientales, met gracieusement demain à la disposition de La Nature son yacht à vapeur la Tita, pour nous faire faire une promenade en mer. De joyeux applaudissements saluent cet ajouté au programme et nous allons nous coucher pour être frais et dispos demain.
- Perpignan, 7 septembre.
- A 6 heures 1/2, embarquement sur la Tita. Par une mer très calme, nous faisons une très agréable promenade en vue des côtes françaises et espagnoles. De légères indispositions maritimes commençant à se manifester, quelques coupes de champagne (encore une surprise de M. Pams, auquel nous devons de nombreux remerciements) ragaillardissent lès cœurs sensibles, et la traversée s’achève sans incidents. Au débarquement, M. le professeur de Lacaze-Duthiers nous fait visiter en détail son laboratoire. Nous quittons à regret cet aimable savant pour déjeuner au bord de la « grande bleue » et partir our Elne dont nous visitons l’église et le cloître. — Arrivés à erpignan à 3 heures 1/2. Visite de l’intéressante fabrique de papiers à cigarettes Bardou-Job, du Musée et de la Bibliothèque, sous la direction du Dr Donnezan, président de la Société d’archéologie du Roussillon, que nous sommes heureux de remercier ici.
- Pour la dernière fois, nous sommes tous réunis autour de la même table. C’est fini : ces 14 jours ont passé devant nos yeux émerveillés comme un kaléidoscope animé ; l’heure des adieux a sonné. M. de Maleplane, le doyen des excursionnistes, se lève, et, dans une charmante et éloquente improvisation, remercie, au nom de tous, « La Nature », de l’agréable voyage qu’elle a su organiser. Puis, s’adressant à M. Cartailhac, il loue vivement notre directeur scientifique de la bonne humeur et du dévouement qu’il a montrés tout le long de l’excursion : aux applaudissements unanimes, il lui offre, au nom de tous les excursionnistes, un joli bronze représentant une tête de femme, et sur le socle duquel est gravé :
- A M. Emile Cartailhac,
- Les membres de la deuxième Excursion de La Nature.
- Août-Septembre 1899.
- En termes émus, notre directeur remercie. La soirée s’achève en de nombreux toasts, et l’on se quitte avec peine en prenant l’engagement de se retrouver à la prochaine excursion. F.
- INFORMATIONS
- —La Commission internationale de météorologie vient de se réunir à Moscou; M. Mascart, membre de l’Institut de France, a été nommé président.
- —Le 6 septembre, vers 9 heures du soir, après une journée de grande chaleur, un violent orage s’est abattu sur Paris, et a causé un grand nombre de ravages. Les sous-sols ent été envahis par les eaux et plusieurs inondations ont eu lieu. La foudre est tombée en plusieurs endroits et a provoqué des commencements d’incendie. Le vent a fait tomber des échafaudages; l’eau a inondé des caniveaux où sont placées des canalisations électriques et les grands boulevards ont été en partie plongés dans l’obscurité, par suite des perturbations.
- 7y®— La peste à Oporto ne fait pas de progrès, mais persiste toujours. Jusqu’au 5 septembre on a enregistré 64 cas de peste et
- 26 décès. Les demandes de sérum antipesteux ont afflué pendant ces derniers temps du Portugal aux laboratoires de l’Institut Pasteur, à Paris. D’après les renseignements de M. le Dr Metchnikoff, on peut largement fournir de tout le sérum qui leur est nécessaire en ce moment le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la Turquie, tous les pays qui ont demandé jusqu’à présent ou peuvent demander les secours de l’Institut Pasteur, et on peut faire ces livraisons sans toucher à la réserve que l’on garde à toute éventualité pour Paris et les départements. Depuis quatre ou cinq ans on prépare à l’Institut Pasteur le sérum anti-esteux, c’est-à-dire depuis peu de temps après la découverte de 894 par les docteurs pastoriens Yersin et Kitisato, du microbe de la peste. L’efffcacité de ce sérum est indiscutable : l’institut Pasteur ne lance dans la pratique que des sérums absolument éprouvés et sûrs. Les effets du sérum antipesteux, suivant le Dr Metchnikoff, sont tels que la peste dès son apparition en France, si tant est qu’elle pourrait jamais franchir les cordons sanitaires, serait immédiatement
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- 62 . NOUVELLES SCIENTIFIQUES. -
- arrêtée par ce sérum. Il importe pourtant de Yioter que lë sérum antipesteux est seulement préventif, mai? non curatif. Le sérum 'antipesteux est le quatrième que l’Institut Pasteur met à la disposition du public depuis sept à huit ans.
- —Le 30 août, une mission de l’Institut Pasteur. a quitté Paris par le Sud-express pour se rendre à Lisbonne, Cette mission, accréditée auprès du gouvernement portugais par M. Delcassé, ministre des Allai res étrangères, est chargée d’étudier la peste bubonique dans le but d’éviter la propagation de l’épidémie qui sévit en ce moment à Oporto. Elle est composée du Dr Albert Calmctte, directeur de l’Institut Pasteur de Lille, et du Dp Salimbeni, préparateur au laboratoire du Dr Roux, à;£Jnstitut Pasteur de Paris. Dès son arrivée, la mission a effectué' des expériences sur les animaux et a traité les malades par le sérum de l’Institut Pasteur. Pendant quelques jours, la mission a examiné les malades dans les hôpitaux. Elle dit que l’épidémie est actuellement stationnaire et qu elle pourra s’éteindre dès les premières pluies. La mission a pu isoler directement, du sang d’une malade gravement atteinte; lè microbe caractéristique de là peste, et a fait des expériences sur des animaux pour déterminer la violence de ce microbe.
- —<§>— Mme Jane Stanford, la veuve d’un millionnaire californien, en souvenir d’un fils quelle a perdu,, a fait don à l’Univer-sKë de Lelànd Stanford de 38 millions de dollars. C’est la libéralité la plus considérable qui ait jamais été faite en faveur d’une université américaine. Selon les intentions de son mari, l’Université de Stanford admettra des élèves femmes.
- —(g)— De nouvelles expériences de télégraphie sans fil faites à
- n
- la Spezza ont parfaitement réussi. On a pu transmettre des dé* pêches à 40 kilomètres et atteindre même la distance de 60 kilté mètres. On a pu communiquer avec Un train eh marche et des vais* seaux manœuvrant en mer,
- —(§)— Le phylloxéra commence, dit-on, à atteindre les vignobles aux environs de Paris. Récemment, M. Couanon, l’inspecteur, général de la viticulture, était appelé à Bry-sur-Marné, dont les vignobles sont phylloxérés. On signale l’apparition du terrible fléai dans le vignoble de Triel, l’un des plus importants de Seinè-et-Oise. Cependant un. rapport présenté à la récente session du conseil général de Seine-et-Oise, constate que dans ce département l’en-J vahissement phylloxérique a été très lent : sur 6700 hectares de vignes, 17 seulement ont été détruits, et 34, attaqués depuis longtemps, résistent encore.
- —g)—. Le ministre du commerce, sur la proposition du sous-j secrétaire d’Etat des postes et télégraphes, a décidé qu’à partir du 1er septembre le tarif des frais d’établissement des lignes abandonnées au réseau téléphonique est réduit de 30 à 20 francs par hectomètre de ligne double aérienne et de 90 à 60 francs par hectomètre de ligne double souterraine. A partir de la même date, un' régime plus favorable existe pour lès transferts de poste, nécessités* par le changement dé domicile des abonnés. Actuellement ces derniers supportent toutes les dépenses occasionnées par les travaux de l’èspècë : le déplacement et la réinstallation des appareils et l'établissement de sections de lignes pour le raccordement des nouveaux postes aux réseaux. Désormais les frais d’établissement des lignes-resteront seuls à la charge des abonnés qui n’auront à supporter aucune dépense pour le déplacement et la réinstallation des appareils.
- Adresses relatives aux appareils décrits. La bicyclette Lamaudière et Labre se trouve, 41, rue du Bois, à Levallois-Perret ; la bicyclette Girardot se trouve chez MM. Charron, Girardot et Yoigt, rue Brunei, à Paris; la bicyclette Boyer se trouve, 14, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Communications. — M. E. Wangerrnée, capitaine commandant du génie, vice-gouverneur général de l’Etat indépendant du Congo, à Batna, nous adresse la lettre suivante : « J’ai lu dans le n° 1354, du 6 mai 1899, une observation relative à la rupture spontanée d’un objet en verre ; peut-être pourrait-il être utile d’en rassembler un certain nombre et c’est pourquoi je vous en signale quelques-unes qui sont à ma connaissance. En 1876, au laboratoire de la compagnie d’artificiers du génie, à Anvers, un flacon de potasse caustique s’est réduit en poussière en présence de deux officiers; le flacon était déposé sur une table et n’a reçu aucun choc. En 1881, j’ai constaté chez moi, à Bruxelles, la rupture d’un verre à vin en cristal mince ; le verre était à pied et se trouvait dans un buffet ; un morceau équivalent au tiers environ du calice et détaché par une section à peu près plane et verticale en était tombé. Quand j’ai ouvert le buffet pour me rendre compte de ce qui s’y passait, le verre a encore craqué et quelques petits morceaux se sont détachés. En 1890, j’ai encore été témoin chez moi d’un fait analogue, à Belgrade,' aux environs de Namur. En décembre 1895, vers 5 heures après midi, la cheminée cylindrique en verre d’une lampe à gaz non allumée s’est brisée dans une salle à manger ; rupture suivant une génératrice. Cette cheminée était en service depuis près de deux ans. Au mois de novembre 1898, étant en voyage sur le Haut-Congo, je m’étais fait préparer un verre d’eau citronnée ; le récipient était de forme tronconique, sans pied et en verre mince. Pendant que je l’avais en main, il a craqué et s’est fendu suivant une génératrice et une autre ligne affectant à peu près la forme d’un parallèle. Pendant que je buvais, j’entendais des craquements produisant un bruit analogue à celui qu’on désigne sous le nom de « cri de l’étain ». Une minute après environ, le verre était en plusieurs morceaux. En février 1899, en cours de route également, accident analogue. Au mois de juin dernier, ici, à Bama, pendant la niiit, le verre d’une lampe à pétrole s’est brisé dans ma
- chambre à coucher. La lampe avait été éteinte la veille vers 11 heures du soir ; à 3h 30 du matin, je fus réveillé par un bruit insolite et entendis aussitôt sous la table, à côté de mon lit, des craquements. Ayant allumé une bougie, je vis que le verre de la lampe était fracturé dans le renflement et continuait à se briser. Plusieurs, fois, pendant mes séjours ici, j’ai constaté au matin que dés verres de lampe, intacts la veille, étaient fendus le lendemain matin; mais c’est la seule fois, indiquée ci-dessus, où j’aie constaté le moment de l’accident. En général, vers 3 ou 4 heures du matin, il y a un refroidissement très marqué; la maison que j’habite étant en 1er, les-variations de température s’y font sentir très facilement et le refroidissement nocturne y est très sensible surtout quand les. conditions extérieures sont favorables au rayonnement.
- « J’ai encore eu l’occasion autrefois de constater des ruptures de verre, mais dans des conditions différentes où une cause pouvait être attribuée à l’accident. Etant attaché aux travaux de l’enceinte d’Anvers en 1878-1880, j’avais assez souvent à faire des essais de chaux ou de ciment, au moyen de l’aiguille de Ficat. Les boulettes d’épreuve étaient déposées dans des verres communs, de la forme désignée dans le nord de la France et en Belgique, sous le nom de chope ou de pinte. Je remarquai plusieurs’ fois que des verres abandonnés depuis un certain temps et contenant encore la boulette séchée ayant fait prise, étaient brisés; j’attribuai l’accident à quelque maladresse. Pendant les travaux de fortification de la Meuse de 1887 à 1892, j’eus l’occasion de faire un beaucoup plus grand nombre d’essais sur du ciment; dès la première année, je constatai des ruptures et un jour, étant dans mon bureau, j’entendis un fort craquement provenant d’un verre contenant un culot de ciment pris. La rupture était à la base du verre, à peu près à mi-hauteur du culot; mon attention fut dès lors plus ou moins attirée sur ce fait et je fis conserver, à des époques différentes, des verres garnis du culot d’épreuve ; il n’en est pas un qui n’ait fini par se briser après un temps plus ou moins long, atteignant plusieurs mois. Je n’avais pas le temps de me livrer à des observations précises : je ne puis donc donner des nombres. Toutefois,*la plus grande part des ruptures s’observait en été. On peut rapprocher cette observation de celle qui a été faite sur les fissures qui se produisent dans les masses de béton de ciment; elles apparaissent quelques mois, parfois plus d’un an après la fabrication, et s’ouvrent fortement par les basses températures hivernales; elles se referment quand la chaleur arrive, au point que certaines deviennent invisibles ; ces mouvements durent, d’après ce que j’ai vu, de 2 à 3 ans. ».
- M. L. Leroy, à Paris, nous adresse une brochure de M. J, de Rey-Pailhade ayant pour titre Extension du système métrique à la mesure du temps et des angles. Cette brochure est suivie d’une bibliographie raisonnée de la question; elle se trouve au prix de 2 francs chez M. Maillet, directeur du Moniteur de la bijouterie et de l'horlogerie, 26, rue de Grammont, à Paris.
- (Voir la suite de la Botte aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.)
- Bans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES (Suite)
- Renseignements. — M. A. Ané, à Paris. —* Nous ne savons pas si ces appareils se trouvent dans le commerce ; nous n’avons pas à ce sujet d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés.
- M. Ç. Rousseau, à Paris. — Adressez-vous à la librairie Dunod, 49,. quai des Grands-Augustins, ou à la librairie Bernard, 29, même quai, à Paris.
- M. D. M., à Paris. — Renseignez-vous directement auprès du constructeur, M. A. Quérey, 119, rue de Montreuil, à Paris.
- M. N. Delorme, à Correy Island. — Nous ne connaissons pas le fabricant de cet appareil et nous ne croyons pas qu’il soit construit. Il nous est donc impossible de lui transmettre votre lettre ; tous nos regrets.
- M. A. Baraud, à Boufferé. — 1° Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux contenus dans l’ariicle. — 2° Nous utiliserons votre communication. — 3° Nous avons décrit les principaux appareils qüi nous ont été soumis; nous ne-pouvons apprécier, les autres.
- M. E. Girardin, à Cernay. — Votre mécanisme nous paraît intéressant; mais il faudrait le construire et faire des essais pratiques.
- M. A. Motta Veiga Casai, à Lisbonne. — Vous trouverez à ce sujet quelques ouvrages à la librairie Ganthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Ch. Laroche, à Glasgow. — Le virus pour la destruction des rongeurs se trouve à l’Institut Pasteur, service des virus, 35, rue Dutot, à Paris.
- M. G. Boulenger, à Albert. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur cette question.
- M. F. F. Andreu, à Mahon (Espagne). — A notre grand regret, nous ne pouvons publier la demande que vous nous avez adressée;
- Accusés de réception. — Avis divers. — Un abonné, à Madrid. Nous ne connaissons pas d’adresse à vottS indiquer. — M. A. Mare, à Paris. Remerciements pour votre communication. — M. Dubois, à X. Il est nécessaire de prendre un brevet: adressez-vous à une agence spéciale. — M. L. R., à Lille. Nous ne pouvons vous dopner ces renseignements ; il est absolument nécessaire de faire.,faire des essais industriels. —M. Lelong, à Brest; M. G; D., à Paris. Vovez les Recettes et procédés utiles, 3e série, à la librairie Masson et C‘°. — A/. D. L., à Paris. Regrets de ne pouvoir vous rénseigner.
- PETITES MENTIONS1
- Nouveau passe-thé. — On rencontre souvent, au fond de sa tasse, des feuilles de thé qui se sont échappées de la théière. Si l’on n’y prend garde, on peut avaler ces feuilles, il en résulte une toux souvent désagréable. Pour éviter que la feuille de thé passe ainsi, on emploie le plus souvent des petites passoires que l’on fixe au bec de la théière avec une épingle à
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- Nouveau passe-thé. — 1. Le bec sur la théière. — 2 et .3. Détails du bec.
- deux pointes. Mais cette passoire n’est pas assujettie et tombe souvent dans la tasse. Le nouveau passe-thé dont nous voulons arler donne de meilleurs résultats. Il consiste en un petit cylin-re (n° 2). terminé, en avant par un bec verseur A avec une toile métallique b ; ce cylindre se fixe sur le bec de la théière à l’aide d’un anneau en caoutchouc a.—Le passe-thé se trouve chez M. G. Renaud 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelle« scientifiques est étrangère aux annonces.
- Nouveau mode de suspension. — Lorsque l’on veut suspendre un appareil, une lampe électrique par exemple, il arrive souvent que la corde ou les câbles sont trop longs. Le moyen le plus simple de remédier à cet inconvénient est de faire un nœud à la corde ou au câble (n°l) ; mais ce moyen est
- Nouveau mode de suspension. — 1, Nœud à la corde. -2 et 3. Suspension à l'aidé d’üne boule. '
- disgracieux, le câble peut être détérioré, etc. Une' compagnie | anglaise a construit .une'houle en métal Creuse, formée de deux parties qui se superposent. A l’intérieur se trouvent deux axes autour desquels la Corde ou le câble peuvent s’enrouler (n° 2). On ajuste l’appareil à la hauteur nécessaire, puis on le fixe à l’aide des deux visa et.b (n° 3) placées de chaque côté.— L’appareil est fabriqué par là Cie Edison et Swan, 53, Parlement Street, London, S. W.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Encre blanche. —1 Pour obtenir cette énere, dont les emplois sont du reste forcément assez rares, il y a plusieurs recettes; le Scienlific American en rappelait l’autre jour quelques-unes. Si vous voulez, par exemple, écrire sur du i papier bleu, comme celui des tirages des dessins des machines, dans les ateliers, votre encre sera simplement un mélange d’acide oxalique (autrement dit de sel d oseille) et d’eau, qui blanchit le papier par son action. Une véritable encre blanche en elle-même sera faite d’une partie de miel et de 2 d’alun ammoniacal qu’on triturera ensemble. On sèche et on calcine dans un plat peu profond jusqu’à obtenir un résidu blanc. On laisse refroidir, on lave et on mélange ensuite avec une quantité suffisante d’eau gommeuse. Plus simplement, on peut se con- . tenter d’additionner de l’eau gommeuse de blanc de zinc ou de blanc de céruse finement pulvérisé, et en proportion voulue pour donner bonne consistance à l’encre. Enfin voici une der- ; nière formule : mêler à de l’eau contenant assez de gomme en | suspension, pour empêcher le dépôt des substances que nous : allons indiquer, du sulfate de baryum pur et récemment pré- ! cipité, ou du carbonate de magnésium, ou encore de l’amidon.
- BIBLIOGRAPHIE
- Faune de France. Mammifères, par A. Acloque. 1 brochure in-16. Paris, J..-B. Baillièfres et fils, 1899. Prix : 2 fr. 50. !
- Etude sur la navigation intérieure eh Allemagne. Enquêtes de la Société la Loire navigable. Première Enquête. Nantes, au siège social, 34, rue de la Fosse. 1 vol. in-4°, 1899.
- La lutte contre la tuberculose, par G.-H. Niewenglowski. 1 vol. in-16. Paris. Société d’éditions scientifiques. 1899.
- Le climat de la Belgique en 1897, par A. Lancaster, 12e an* née. 1 vol. in-16. Bruxelles. Hayez, imprimeur. 1899.
- Court aperçu du climat du Congo, par A. Lancaster. 1 brochure in-16. Bruxelles, Hayez, imprimeur. 1899.
- La pratique du maltage, par Lucien Lévy, docteur ès sciences, ingénieur agronome. 1 vol. in-8°. Paris. G. Carré et C. Naud, éditeur. 1899. Prix : 7 francs.
- Les mouvements méthodiques et la mécanothérüpie, par le Dr Fernand Lagrange. 1 vol. in-8°. Félix Alcan éditeur. Paris. 1899. Prix : 10 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Considérations générales sur le portrait en photographie, (par Frédéric Dillaye. Conférences de 1899 de la Société française de Photographie. 4 brochure in-8°. Librairie Gau-thier-Villars. Paris. 1899. Prix : l,r,50.
- Deuxième excursion électrotechnique en Suisse, par les élèves de l’Ecole supérieure d’électricité. 1 brochure m-8\ Librairie Gauthier-Villars. Paris. 1899. Prix : l,r,50.
- Annales de l'Observatoire national d'Athènes, publiées par Pemétriüs Eginitis, directeur de l’Observatoire. Tome I. 1 vol. in-4°. Athènes, imprimerie nationale. 1898.
- Living pictures; their history, photoproduction and pratical working, by Henry V. Hopwood. 1 vol. in-8°. The Optician and photographie trades review, 123, Fleet Street-London E. C. 1899.
- De l'emploi thérapeutique du vanadium, parleDr Victor Ber-thail; 1 vol. in-8°. Lyon, imprimerie Paul Legendre. 1899.
- United states commission of fish and fisheries, George M. Bowers, commissioner. Part. XXIV. Report of the
- commissioner for the year ending J une 30 1898. 1 vol. in-8°. Washington Government Printing Office. 1899.
- Smithsonian Institution united states national Muséum. Proceedings of the united states national Muséum. Vol. XVIII and XX. 2 vol. in-8°. Washington Government Printing Office. 1896 et 1898.
- Studien und skizzen ans Naturwissenschaft und Philosophie von Dr Adolf Wagner, t. I et II. 2 brochures in-16. Berlin, librairie des frères Borntræger. 1899.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 septembre. 15%0 E. 1. Beau. 0,0 Beau.
- Mardi 5 18*, 1 S. E. 1. Très nuageux. 0,0 N. de 4 à 18 h.; beau av. et ap. ; 1 coup de ton. au S.-W. à 15 h,40etécl. du S.-E. au N.-N.-Eà partir de 20h. 45.
- Mercredi 6 18*,1 S. 3. Couvert. 0,1 P. n.j. 5 h., de 12 à 18 h. et ap. 22 h.*; écl. du S.-W. à l’W.-S.^W. de 4 à 5 h.; orage de & 35 à 8* 15av. pluie.
- Jeudi 7 17*,1 Calme. Beau. 3,5 Quelques nuages le matin; nuageux le soir: éclairs de 19 h. jusqu’après 1 h. avec quelques coups de tonnerre.
- Vendredi 8 17*.4 Calme. Couvert. 1,0 Presq. couv. jusqu’à 14 h. ; puis nag. ; beau après 20 h. ; qq. coups de ton. entre 11 h. 50 et 14 h. 15; quelq. av.
- Samedi 9 16*,2 N. W. 2. Couvert. 1,5 Côûv. de 4 à 15 h.; puis tr. nuag. jusq. 17 h. ; 6. le reste du temps ; brouil. de 4 à 8 h.; petite pl. de‘14 h. la à 45.
- Dimanche 10 ... . 12*,8 S. S. W. 1. Couvert. 0,7 Couv. de" 6 à 20 h. ; nuag. avant et après ; pl. de 17 à 18 h
- SEPTEMBRE 1899.
- SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 SEPTEMBRE.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- 6 MIDI 5 m;n S miQ1 S min G midi 5 min 6 MIDI 6 min 6 midi 6 min S midi 6 min 6 midi 6
- ISSSS 3SSSÀBSs5sBBSB&SSakBESsSïSEBEPSi^SSS3BBBBBSKBESSSSS*îh!jBiic533 SSBSSSSSSBsSbBBSSB3&BBSB|
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à fl, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Fabri à • boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en août 1809
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 759““,89; minimum 753““,98 le 5 à
- lieures du soir; maximum 766"“,76 le 1" à 6 heures du matin. '^Moyennes thermométriques : des minima 14°,40 ; des maxima 27°,72 ; du mois 21°,06; vraie des 24 heures 20°.80; minimum 9°,1 le 21 à 5 h. 25 du malin; maximum 35’,7 le 5 à 12 h. 52 ; minimum au ras"du sol 3°,0 le 21 : moyennes des minima 9°,77.
- 'Tension moyenne de la vapeur : 11““,2; minimum 5”“,9 le 24 à 3 heures du soir; maximum 17m”,9 le 15 à 7 heures du soir.
- Humidité relative moyenne 64; minimum 20 le 24 à 2-3 heures du soir ; maximum 99 en 3 jours.
- Nébulosité moyenne 29. Il y a eu 4 jours de moyenne nébulosité à 0.
- Pluie 12"",5 en 9 h. 1/4, réparties en 6 jours ; plus 5 jours de gouttes.
- Vents dominants du N.-E. à l’E.-N.-E. et du S.-W. Brouillard sur la Marne e 16 à 4 heures du matin.
- Orages 4 jours : le 5, tonnerre ail S.-W. de 8 heures du soir jusqu’après 1 heure du matin au zénith vers 11 li. 1/2; à 1 heure du matin il tonne encore au S.-W.; peu de pluie. Le 6, tonnerre à l’W.-N.-W. de 10li. 40 jusqu'après 11 heures du matin. Le 7, tonnerre au S.-W. de minuit 45 jusqu'à 2 heures du matin ; peu de pluie. Le 15, tonnerre de 8 h. 15 à 10 heures d’abord au S.-W., au zénith à 9 h. 1/4 du matin; très peu de pluie.
- Il y a eu 4 jours d’éclairs ; le 4. éclairs de l’W.-S.-W. au S.-E. de 9 heures du soir jusqu’après 1 heure du matin. Eclairs dans la nuit du 7 au 8 dans
- la région S.-W. ; reflets d’éclairs au S. à 10 heures du soir, Eclairs dans la nuit du 15 au 16, du N.-N.-E. à l’E. Le 28, éclairs sur divers points vers 2 heures du malin.
- Marne ; température moyenne, le matin 22°,79 ; l’après-midi 23°,61 : en moyenne 23°,20. Elle a varié de 21°,32 le 31 à 25°,70 le 5. Toujours basse et claire.
- Relativement aux moyennes normales le mois d’août 1899 présente les résultats suivants : Baromètre à midi plus haut de 2““,07 ; thermomètre plus haut de 3°, 15. Tension de la vapeur plus forte de 0”“,16 ; humidité relative plus faible de 11. Nébulosité plus faible de 21. Pluie plus-faible de 42",9.
- Relativement aux moyennes normales, l’été de 1899 (juin-juillet-aoûtj présente les résultats suivants ;
- Moyennes. Écarts. Baromètre . . . 759",73 -f-1,70 Thermomètre . 19°,25 -t- 1,«5
- Tens. de la vap. 10"73, -+- 0,02
- Moyennes. Écarts. Humidité relat. . 67 — 7
- Nébulosité. ... 37—15
- Pluie........... 87",1 — 80,3
- Cet été est le plus chaud depuis 1859.
- Floraisons : le 12, polygonium d’Onent; le 13, tabac blanc; le 24, funkia subeordata (hémérocalle du Japon) ; le 26, hélianthus rigidus.
- Les hirondelles, aussi rares en juillet qu’en juin, ont été un peii pluk nombreuses en août.
- Le dernier martinet a été vu le 7.
- PHASES DE LA LUNE,: N» L. le a, à 3 h. 42 m. du matin.
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- N° 1374 (23 septembre 1899), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— L’Association française pour l’avancement des sciences a •ouvert son vingt-huitième congrès, le 14 septembre, à Boulogne-sur-Mer, sous la présidence de M. le Dr Brouardel, doyen de la Faculté de médecine de Paris. M. Aigre, mûre de Bouloçne-sur-Mer, a -souhaité la bienvenue aux congressistes et a félicité ^Association de a-endre ainsi, depuis trente ans, visite chaque année à une ville de France. M. le Dr Brouardel a remercié la ville de Boulogne de son -accueil, et a fait l’éloge de la science : « Chaque conquête scientifique, a-t-il dit, assure à l’humanité entière une plus large part •dans son bien-être matériel et, ce qui est bien plus précieux encore, •elle élargit le champ de notre domaine intellectuel, elle prépare pour l’avenir d’autres découvertes dont bénéficieront les prochaines générations, comme nous avons profité de celles de nos devanciers ». fl parle ensuite de l’hygiène et montre tous les progrès qui ont été accomplis pour combattre la fièvre typhoïde, la tuberculose, etc. L’Association britannique tient en même temps son congrès à Douvres, et, le 16 septembre, les savants français se sont rendus dans cette ville pour fraterniser avec les savants anglais. Des expériences de télégraphie sans fil ont été faites à cette occasion entre la France et l’Angleterre. A son tour, l’Association britannique a visité Boulogne-sur-Mer, le 21 septembre, et a été reçue par l’Association française.
- —g— Un nouveau sous-marin, le Morse, a fait, récemment, à Cherbourg, des expériences de marche à la surface qui ont pleinement réussi.
- —g— Par décret, est déclaré d’utilité publique, l’établissement de trois lignes de tramways à traction mécanique, destinées au transport des voyageurs, de leurs bagages et, éventuellement, des messageries, entre : 1° la place Bernard-Palissy (Boulogne-sur-Seine) et Pans (gare d’Auteuil), avec embranchement de la rue du Parchamp à la porte de l’Hippodrome; 2° le pont de Billancourt (Boulogne-sur-Seine) et Paris (gare d’Auteuil) ; 3° le pont de Saint-Cloud (Boulogne-sur-Seine) et Paris (gare d’Auteuil).
- —g— En 1898, le nombre total des bicyclettes, bicycles, tricycles, etc., déclarés à l’administration des contributions directes, s’est élevé, exactement, à 483 414. Il avait été de 529 816 en 1896, et de 408 869 en 1897. On prévoit, pour 1900, un contingent de 1 175000 bicyclettes et motocycles. En effet, le ministère des Finances annonce pour le 10 octobre prochain, l’adjudication de la fourniture pour une année (1er mai 1900 au 1er mai 1901) des plaques de contrôle à apposer sur les bicyclettes et motocycles. La fourniture est évaluée à 1 100 000 plaques pour bicyclettes ordinaires, 50 000 pour motocycles et 45 000 pour bicyclettes administratives.
- —g— Une centenaire. Une propriétaire de la commune d’Asté, près de Bagnèrcs-de-Bigorre, Mme Henriette Laffranque, vient de s’éteindre dans sa centième année. Jusqu’au dernier moment, elle avait conservé la plénitude de ses facultés et vaquait allègrement à ses occupations. La veille de sa mort, elle était allée encore, au marché de Bagnères-de-Bigorre, vendre des légumes.
- —g— Une première analyse a été faite de l’eau filtrée par les bassins d’Ivry qui viennent d’être inaugurés. Elle a donné, par centimètre cube, une moyenne de 269 bactéries, alors que la moyenne, par centimètre cube, des meilleures eaux de source que l’on boit à Paris est de 12 à 1500 bactéries. Le nombre moyen des bactéries contenues dans un centimètre cube d’eau de Seine non filtrée est de 50 000.
- —g— On vient de faire à Paris un recensement professionnel qui offre un certain intérêt. La population totale de la Seine, chiffres du recensement do 1896, est de 3 3 40 514 habitants, dont
- 2 536 834 pour Paris, 475 398 pour l’arrondissement de Saint-Denis et 328 282 pour l’arrondissement de Sceaux. La population des travailleurs de la Seine, chiffres fournis par le recensement professionnel qui s’achève actuellement et sera publié à la fin de l’année, est de 1816 746, dont 1473 192 pour Paris et 343 554 pour les arrondissements de Saint-Denis et de Sceaux. Il y a donc à Paris, défalcation faite des vieillards, infirmes, malades, femmes et enfants 58,07 pour 100 de travailleurs par rapport à la population totale et dans le reste du département 42,74 pour 100. L’ensemble pour la Seine et Paris représente 54,38 pour 100 de travailleurs par rapport à la population totale.
- —g)— Les mouches et les chevaux. Pour empêcher les chevaux d’être martyrisés par les mouches et les taons, M. le comte de Saint-Marsault donne, dans le Cosmos, la recette suivante : Faire bouillir pendant cinq minutes une bonne poignée de feuilles de laurier dans un kilogramme de saindoux. Il suffit de graisser un chiffon de drap avec ce saindoux et de frotter dans le sens du poil tout le corps du cheval ou du bœuf, au moment de le mener au travail. Depuis longtemps, dit-il, j’emploie ce moyen à l’avantage de mes chevaux de labour qui exécutent tranquillement leurs deux séances de travail. Si je monte en voiture, mon cheval est frotté avant d’être harnaché; pas un taon, pas une mouche n’osent le piquer. Bien ancienne et pas assez connue cette pratique. On rapporte qu’à Strasbourg, les bouchers graissent tous les matins les murailles autour de toutes les portes et fenêtres de leur étal et que pas une mouche n’ose pénétrer.
- —g)— On s’occupe, en ce moment, de la pose des parties métallurgiques du viaduc de Tanus (Aveyron). On sait que le viaduc de Tanus sera l’un des travaux de ce genre les plus grandioses de France, si ce n’est le plus grandiose. La travée centrale mesure 220 mètres de largeur, tandis que celle du viaduc de Garabit n’en a que 120, et la hauteur de cette travée, à Tanus, est de 115 mètres. On a calculé que 15000 personnes pourront s’y abriter contre la
- pluie.
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- —g— L’Automobile-Club de France organise pour le mois prochain, du 5 au 11 octobre, un nouveau concours de poids lourds. Les épreuves se feront comme précédemment autour de Versailles, mais avec une légère modification dans les parcours : l’itinéraire A a été supprimé et les concurrents devront parcourir trois fois les itinéraires B et C. Seront admis : 1° Les véhicules pouvant porter en sus de leurs conducteurs au moins 10 voyageurs avec 30 kilogrammes de bagages, soit 100 kilogrammes par place offerte. 2° Les véhicules à marchandises transportant au minimum une tonne dans les mêmes conditions. 3° Les véhicules mixtes établis en vue du transport simultané des voyageurs et des marchandises avec un minimum de bois transporté de 10000 kilogrammes. La commission établira des catégories, suivant les voitures engagées. Tous ces véhicules devront être munis d’un appareil enregistreur de vitesse agréé par la commission de l’Automobile-Club de France. Le nombre des véhicules n’est pas limité, mais chaque constructeur ne pourra présenter plusieurs véhicules du même type et de dimensions similaires.
- —g— Des excavations pratiquées sur la rive droite de la Narenta, près Capljina (Herzégovine), ont amené la découverte d’un grand camp romain, très bien conservé, que les archéologues croient avoir été construit sous Néron (premier siècle de notre ère) et qui aurait été détruit par un incendie vers la fin du quatrième siècle; les traces d’incendie sont, d’ailleurs, des plus visibles. Le camp semble avoir 100 mètres de long sur 80 mètres de large ; on peut reconnaître la plus grande partie des murs et des passages voûtés. La muraille extérieure a trois portes, dont l’une est haute de deux étages ; les marches, dans les tours, sont tout à fait bien conservées; les décorations sont encore très visibles. Les fouilles ont déjà fait trouver beaucoup d’ustensiles et d’armes.
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- NOUVELLES {/SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. le Dr Caries, professeur agrégé à la Faculté de médecine et de pharmacie de Bordeaux, nous adresse une Note qu’il vient de faire paraître dans le Journal de médecine de Bordeaux sur l’eau gazeuse dite de Seltz. De cette intéressante étude, nous extraierons la conclusion suivante qui résume les conditions principales à réaliser : pour que. l’eau de Seltz réponde aux exigences de l'hygiène moderne, il faut, en effet-: 1° savoir faire un choix judicieux de l’eau douce à gazéifier; 2° ne la saturer qu’avec de l’acide carbonique absolument pur; 3° ne pas la mettre en contact dans les siphons avec des armatures plombifères.
- M. A. Baraud, à Boufferé, à propos du café de figues dont nous avons parlé dans le n° 1305, du 22 juillet 1899, p. 118, nous signale le café de noisettes, qui est délicieux également, mais point nerveux et un peu fébrifuge. C’est à cet usage qu’il a imaginé d’employer les noisettes de sa récolte chaque année. On les torréfie, privées de leur coque, on les brise un peu toutes chaudes, enveloppées dans un linge, afin qu’elles ne soient pas trop grosses pour être saisies par l’engrenage du moulin à café. Notre correspondant ajoute que nous, pouvons conseiller ce café à nos lecteurs, qui ne peuvent prendre le café des Iles. Aucun médecin ne s’y opposera raisonnablement, car les noisettes ainsi employées sont très saines et légèrement fébrifuges. L’arome en est délicieux.
- M. G. Jacquemin, à Nancy, nous a envoyé deux brochures intéressantes ayant pour titres : l’une, La levure pure de vin en distillerie agricole, et l’autre, L'amélioration des vins par les levures sélectionnées de l'Institut La Claire.
- M. Karel Fryba, instituteur à l’école primaire supérieure de Prague-Schmichor, à Caslav, nous adresse la lettre suivante : <( J’ai lu votre article, Ciel vert émeraude, publié dans le n° 1365, du 22 juillet, dans un village tchèque, nommé Fremosnice (près de Caslav), en Bohême. C’était le 26 août 1899. Par hasard, le même soir j’ai admiré, après une belle journée, le coucher du soleil. Le ciel, à l’occident, brillait de toutes les couleurs qu’on puisse imaginer. Mais, ce qui nous frappait surtout (nous étions trois) c’était de voir au-dessus de derniers jets de lumière le ciel se teindre en vert, un vrai vert émeraude d’une beauté que je n’ai jamais vue auparavant. Le phénomène a duré à peu près dix minutes. Revenu chez moi, je relis votre article. J’étais très curieux de voir l’effet du phénomène. La journée suivante était très belle et calme, et rien ne présageait l'orage. Niais lundi, le 28 août, le ciel était déjà couvert de nuages et le soir un orage violent éclata et dura depuis 8 heures du soir jusqu’à minuit. »
- M. le lieutenant C., à Géryville (province d’Oran), nous fait connaître une recette qui peut avoir son intérêt : « Tout récemment, nous écrit-il, je laissai sur la table de mon laboratoire de photographie une cuvette contenant une solution de formol à 5 pour 100. Quelques heures après, revenant dans le laboratoire, je constatai que le sol, la table et la cuvette étaient couverts de cadavres de mouches; sans nul doute, le formol qu’avaient absorbé ces insectes était la cause de leur mort. Mettant ainsi à profit cette découverte je plaçai, en différents points de mon logement, des soücoupes légèrement garnies d’eau formolisée à 5 pour 100. Le résultat ne se fit pas attendre et fut merveilleux; en une journée, plusieurs milliers de mouches furent tuées. Mes camarades auxquels je communiquai mon procédé, obtinrent le même succès; attirées par l’odeur du formol et aussi par le désir de boire, les mouches se précipitaient sur les soucoupes et en cinq minutes passaient de vie à trépas. Tout le monde fait aujourd’hui peu ou prou de photographie ; le formol par suite est à la portée de tous et offre à chacun un moyen aussi simple qu’énergique de se délivrer des mouches, parfois si agaçantes en cette saison. »
- M. Ch. Chardin, à Paris, à propos de notre récent article sur la stérilisation des eaux par l’ozone et des applications de
- l’ozone à la thérapeutique (n'- 1367, du 5 août 1899, p. 146), nous envoie son Précis d'électricité médicale, où sont indiquées-les conditions dans lesquelles on doit faire usage de l’ozone. Il a combiné, dès 1896, un dispositif spécial d’ozoniseur qut semble donner satisfaction aux médecins.
- M. Renoux, à Voiron, nous adresse un échantillon curieux de bois phosphorescent. Il nous écrit à ce sujet : « Le cas me paraissant inconnu ou tout au moins excessivement rare mérite peut-être de fixer l’attention des hommes compétents. Ce morceau de bois que des bûcherons m’ont déclaré être du hêtre ou fayard, a été recueilli au milieu d’autres fragments moins gros pendant une excursion que j’ai faite à la Grande Chartreuse dans la nuit du 14 au 15 juillet en compagnie d’autres personnes. La phosphorescence de ces éclats de bois était à ce moment tellement vive qu’ils étaient parfaitement visibles à travers le sac d’étoffe où je les avais placés. Depuis-ce moment la phosphorescence a été en diminuant, ce qui tient probableme-nt à la dessiccation. Le bois ne présente d’autre part aucune trace de décomposition apparente ni de-moisissure. »
- Renseignements. — M. Dubois, à Enghien. — Il a été-reconnu que l’adjonction de 5 à 8 pour 100 d’acide carbonique à l’acétylène a pour effet de rendre la flamme moins fumeuse et de diminuer les dépôts de carbone. L’accroissement de pouvoir lumineux est peu marqué, mais les mélanges avec 3 pour 100 d’acide carbonique donnent autant d’éclat que l’acétylène sans mélange. Il y a donc gain réel. L’acide carbonique semble jouer dans ce cas un rôle oxydant.
- M. A. S., à Albi. — 1° Le numéro de la dernière série des Recettes et procédés utiles est le n° 5. — 2° Nous ne connaissons pas de procédé permettant d’obtenir ce résultat.
- M. Wilfrid, à X. — L’auteur de l’article ne nous a donné-aucune adresse.
- Un lecteur, à Y. — Nous soumettrons la question à un zoologiste, et, s’il y a lieu, nous publierons une étude à ce sujet.
- M. H. de Viviez, à Perpignan. — 10 II faut compter environ une puissance de 10 chevaux. — 2° Société l’Eclairage électrique, 27, rue de Rome, à Paris. — 5° Pompes : M. H. Carpentier, 73, boulevard Soult; M. L. Dumont, 55, rue Sedaine; M. Pilter, 24, rue Alibert, à Paris.
- M. S. G., à S. — Nous ne pouvons vous indiquer aucun système pour cette question.
- M. le Dr Marquez, à Paris. — Nous pensons que vous-obtiendrez de bons résultats; mais il serait nécessaire de faire l’expérience.
- M. R. Neveu, à Paris. — Nous ne pouvons guère vous fournir de renseignements sur cette question ; nous pensons toutefois que la gélatine pourrait être employée utilement. Mais il y a lieu de rechercher comment on pourrait y parvenir.
- M- C. R-, à Bruxelles. — Nous n’avons pu trouver de procédé pour enlever, comme vous nous le demandiez, l’étain des rognures de fer-blanc.
- M. P. T., à Paris. — Pour tout ce qui concerne l’agnoline, dont nous avons parlé dans le n° 1564, du 15 juillet 1899, p. 110, il faut s’adresser à MM. Cordier et Deslandres, 22, rue Duban, à Paris.
- M. Wertheimer, à Paris. — Nous avons publié tous les renseignements que nous avons eus sur le concours de la bouteille qu’on ne peut remplir qu’une fois, dans le n° 1196, du 2 mai 1896, p. 339; n° 1201, du 6 juin 1896, p. 16; et n° 1205, du 4 juillet 1896, p. 79.
- M. R. L., à Nesles. — 1° Glacière Schaller, 332, rue Saint-Honoré, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas la marque que vous indiquez. — 3° La lampe dont vous parlez est un des meilleurs modèles connus jusqu’ici.
- M. Lucain Jouves, à Grenade. — Nous ne croyons pas que ce procédé soit encore appliqué industriellement ; nous ne connaissons pas de fabricant.
- M. Ch. de Vos, à Bruxelles. — Nous avons indiqué dans les petits livres des Recettes et procédés utiles, lre et 2° série, plusieurs procédés, pour enlever la rouille, qui pourraient peut-être vous servir.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L.,i Paris. Nous ne pouvons trancher cette question ; il vous faut consulter un ingénieur spécialiste. — M. Dubois, à Brest. Votre idée est intéressante, mais il faut réaliser l’appareil et le faire fonctionner. — M. D. H., à X. ; M. G. P., à Paris. Voyez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cia. — M. Ver beau, à Lille. Ce procédé est indiqué dans le même petit livre que ci-dessus, 4* série, à la même librairie. — M. Geo Lebon, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison. P --------------------------------------------------------------------------------———-------------- -
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- PETITES INTENTIONS1
- Nouveau niveau ù. bulle d’air. — Il faudrait en réalité écrire à bulles d’air, car il en possède trois, et c’est précisément ce qui lui permet de remplir un double rôle de niveau ordinaire et de fil à plomb, et de constater la verticalité comme l’horizontalité des surfaces les plus diverses. Ce petit instrument,
- Nouveau niveau à bulle d’air.
- qui se nomme Starret’s cross îevel, du nom de son inventeur, est en réalité une équerre en fer dont le poids n’excède pas 90 grammes, et ses dimensions sont seulement de 76 millimètres pour sa grande branche et de 50 pour la petite (ce qui fait qu’on peut le mettre aisément en poche). On aperçoit les 3 niveaux d’eau qui sont logés dans ses diverses faces, et l’on comprend que leur présence permet, par exemple, de constater si une paroi est verticale, quand on a constaté l’horizontalité d’une autre surface avec laquelle elle est censée faire angle droit. — Pour le niveau à bulle d’air, il faut s’adresser à MM. L. S. Starett and C°, Athol, Massachusetts.
- Outil pour poser les clôtures métalliques. — Les
- Américains affectionnent particulièrement les outils qu’ils appellent à combinaisons, qui présentent comme plusieurs outils réunis en un seul, ou, si l’on veut, qui répondent à des usages multiples. Tel est le cas pour celui que nous signalons aujourd’hui, qui porte le nom de looper, et qui a pour but de rendre particulièrement facile la pose des clôtures métalliques.
- Si l’on veut bien examiner cet instrument assez curieux et les diverses figures qui représentent les usages variés qu’on en peut tirer, on verra qu’il est susceptible d’étre utilisé à tendre un fil de clôture, en y faisant par torsion une boucle qui fait disparaître le mou; il offre, en effet, dans ce but deux sortes de
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- Outil pour poser les clôtures métalliques.
- mâchoires de forme toute spéciale (n° 4) qui sont disposées de manière à faire la boucle voulue. Les deux branches del’outil assurent un grand bras de levier, et par suite une grande force. Sur la droite de l’instrument on aperçoit une petite mâchoire coupante qui permet de trancher facilement même un gros fil de fer, en serrant la base des deux branches courbes comme l’indique le n° 2 des figures. Si de plus on examine chacune de ces branches, on verra que l’une se partage à son extrémité de manière à former un excellent arrache-clou (n° 3) fonctionnant d’autant mieux qne le bras de levier est accentué par la courbure de l’appareil; l’autre branche se
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- renfle de façon à former comme une tête de marteau suffisant parfaitement à enfoncer les clous destinés à fixer les fils de clôture (n° 5). Nos gravures font parfaitement comprendre ces divers emplois, et cet'e « combination )) nous semble aussi réellement pratique qu’ingénieuse. — Ces outils sont fabriqués par M. W. C. Ileimbuecher, 100, Lake Street, Chicago.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour conserver les fleurs coupées. — Les recettes sont nombreuses, mais on ne peut trop les multiplier pour essayer de prolonger le plus longtemps possible la vie des fleurs qui décorent de façon si charmante nos intérieurs. Voulez-vous, par exemple, conserver intact un bouquet jusqu’au moment de l’offrir ou de vous en servir de quelque autre façon? Etendez-le sur un morceau de ouate bien humectée, et recouvrez le tout d’un récipient quelconque renversé et prenant aussi juste que possible sur la ouate. Des fleurs ont-elles l’air quelque peu flétries : mettez-les à tremper dans de l’eau salée chaude où vous aurez jeté quelques gouttes de sulfate d’ammoniaque. — Pour empêcher de se faner les fleurs composant un petit bouquet de boutonnière, brûlez l’extrémité des tiges dans la flamme du gaz, ou enduisez-la de cire à cacheter bouillante : de toute façon cela empêche la sève de s’échapper. Pour maintenir les fleurs d’un surtout de table en bon état, vous les plantez dans du sable aspergé de sulfate d’ammoniaque. — Enfin, avant que de mettre des fleurs dans un vase, lavez-en abondamment les tiges à l’eau courante, afin d’enlever toutes les matières en décomposition qui peuvent y être attachées, et en prenant garde de ne pas mouiller les pétales mêmes ; on plonge ensuite les fleurs dans un vase rempli d’eau de savon. Le lendemain matin on les place dans l’eau fraîche, après avoir sectionné légèrement le bout de chaque tige pour le rafraîchir; on fait bien de mettre quelques gouttes d’ammoniaque dans les vases, mais il faut aussi, de temps à autre, employer de l’eau absolument pure. En procédant ainsi chaque soir et chaque matin, on peut conserver des fleurs bien longtemps.
- “Métallisation sur cuir. — Pour rendre durables les bronzages, dorures et argentures de cuir, il faut d’abord saturer le cuir avec une solution d’acétate de cuivre, et l’exposer ensuite à l’action du sulfate d’hydrogène. On peut obtenir alors le bronzage soit par application de la solution au moyen d’une éponge, soit par le procédé galvanique. Les solutions qu’on peut employer sont indiquées comme suit par la publication Schuk und Leder. Pour la dorure, on prend 21 grammes d’une solution de chlorure d’or contenant 15 grammes de chlorure, puis un demi-litre d’une solution de soude à 40 grammes au litre, enfin 15 grammes de glycérine. Pour l’argenture, il faut 10 litres d’eau, 100 grammes de nitrate d’argent, 65 d’ammoniaque, 15 d’acide tartrique. On peut également nickeler en employant 400 grammes de nitrate de nickel, autant d’ammoniaque, 15 litres d’eau et 5 kilogrammes de sel de Glauber.
- Pour durcir les outils d’acier. — La recette est donnée et recommandée par la Zeitschrift fur Maschinen bau und Schlosserei : Prendre 500 parties de sabot de cerf pulvérisé autant d’écorçe du Pérou, 250 de sel de cuisine, 150 de salpêtre raffiné et autant de cyanure de potassium. On mélange le tout par broyage en poudre, et l’on en fait une pâte au moyen de 1000 parties de savon noir; on chauffe alors les outils au rouge et on y applique l’enduit pour les tremper ensuite.
- Pour enlever les taches de rouille du linge. — On mélange dans un verre 5 grammes d’oxalate de potasse, autant de jus de citron, avec 80 grammes d’eau distillée; on prend un peu de ce liquide, on le met sur les taches de rouille, et on expose au-dessus d’un vase de fer-blanc, dans lequel se trouve de l’eau qu’on maintient bouillante. 11 ne reste plus ensuite qu’à laver à l’eau de savon. La recette était donnée dernièrement par notre confrère Praktischer Wegweiser.
- Encre rouge indélébile. — L’encre rouge a le grave défaut de disparaître assez facilement, notamment celle qu’on emploie pour marquer le linge, et c’est cependant la nuance qu’on préfère pour cet usage : aussi la formule suivante, fournie par la publication Hannoversche Gewerbeblatt, sera-t-elle la bienvenue. Elle a le tort toutefois d’être compliquée. En effet, il faut d’abord préparer 3 solutions : l’une est faite de 3 parties de soude et d’autant de gomme arabique dans 12 d’eau ; la deuxième comprend 1 partie de chlorure de platine dans 24 d’eau distillée ; enfin la troisième, 1 de chlorure de zinc, dans 4 d’eau distillée. On commence par mouiller avec la solution n° 1, et par sécher, au moyen d’un fer chaud, l’endroit où l'on veut
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- écrire ; on trace ensuite les lettres et caractères à l’aide d’un crayon ou d’une plume trempée dans la solution n° 2, et, quand ces caractères sont secs, on mouille avec la solution n° 3.
- Revêtement protecteur contre le feu pour le fer. — Pour obtenir un revêtement qui empêche l’action nocive du feu sur le fer, il suffit d’appliquer sur celui-ci une couche de verre soluble en dissolution qu’on aura mélangé à du verre proprement dit et finement pulvérisé. Quand ce premier enduit est sec, on recouvre d’une couche mince d’une peinture faite de 14 parties de sable quartzeux, d’une certaine quantité de batti-tnres de fer, d’une demi-partie de chaux éteinte, d’autant de glaise, et enfin de la quantité de verre soluble nécessaire pour donner au tout la consistance voulue.
- Métal pour caractères d'imprimerie. — Un de nos confrères de la presse allemande signale un alliage nouveau pour la confection des caractères d’imprimerie et aussi, par conséquent, des clichés, alliage qui aurait l’avantage de ne pas être vénéneux, et, de plus, de prendre l’encre et de se nettoyer bien plus facilement que l’alliage classique ; nous n’en n’avons malheureusement pas la formule complète, mais nous savons qu’il a une densité spécifique de 2,56 à 2,67,.et qu’il contient une forte proportion d’aluminium.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Frictions à l'eau salée chaude pour favoriser la réaction après la douche froide.
- Dans les cas assez fréquents où, après les applications hydrothérapiques froides, la réaction nécessaire au succès de ce traitement est insuffisante ou fait complètement défaut, M. le Dr Bally (de Ragatz) conseille de frictionner le malade, avant de lui administrer la douche, avec du sel de cuisine qu’on fait fondre dans une petite quantité d’eau chaude de façon à obtenir une masse semi-liquide dans laquelle il ne doit, cependant, plus subsister de cristaux assez gros pour rendre la friction douloureuse. Le patient étant assis sur une chaise, complètement déshabillé, mais recouvert d’un drap et les pieds plongés dans un bain d’eau chaude, on frictionne d’abord les membres inférieurs avec l’eau salée chaude. La durée de cette manœuvre et l’énergie avec laquelle elle doit être pratiquée varient suivant la sensibilité de la peau. D’ordinaire, quelques mouvements d’effleurage suffisent pour provoquer une hyperémie cutanée intense. On enveloppe alors les jambes dans le drap et on fait de la même façon des frictions sur les membres supérieurs, puis sur le tronc. Immédiatement après on administre la douche, (Sem. méd.)
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU 1IATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 septembre . 9»,8 » 0. Beau. 3,8 Beau jusqu’à 8 h. ; puis nuageux jusqu’à 17 h. ; couvert ensuite.
- Mardi 12 16*,9 N. W. 3. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 10 h. ; puis nuageux ; beau après 15 h.
- Mercredi 13 10*,2 N. N. E. 2. Nuageux. 0,0 Nuageux jusqu’à 17 h. ; beau ensuite ; brouillard de 1000 mètres à 8 h.
- Jeudi 14 9%1 N. E. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 13 h. ; couvert ensuite.
- Vendredi 15 12',0 N. E . Beau. 0,0 Beau de 6 à 10 h. ; nuageux le reste du temps.
- Samedi 16 12-,2 S. S. W. 3. Couvert. 0,0 Presque couv. jusqu’à 15 h. ; puis nuageux ; beau après 20 h. ; quelques averses.
- Dimanche 17.... 9*,6 S. 2. Nuageux. 0,0 Peu nuageux le matin ; couvert le soir.
- SEPTEMBRE 1899 ---- SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 SEPTEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages. — Le 26 août, un orage terrible a éclaté sur la commune de Gardegun (Gironde), où se trouve le château de Pitray, appartenant au général de Pitray. Au cours de l’orage, le tonnerre est tombe sur le château et y a mis le feu. Malgré tous les efforts des pompiers des villages voisins, l'incendie n’a pu être maîtrisé qu’après avoir causé des dégâts évalués à plusieurs centaines de mille francs.
- Un violent orage s’est abattu, le 28 août, vers 6 heures du matin sur les environs de Dijon, notamment à Brazay-en-Plaine, Varois, etc. La foudre a mis le feu à plusieurs maisons. Les dégâts ont été très importants. Les récoltes ont beaucoup souffert.
- Le 29 août, un orage a eu lieu dans la soirée, sur les environs d’Annonay. Lue trompe d’eau est tombée sur le territoire de la commune de Boulieu, ravageant les propriétés, ravinant les routes. Une masse considérable de pierres et de terre a coulé sur la ligne du chemin de fer de Saint-Rambert-
- d'Albon à Annonay, au moment du passage d’un train de voyageurs. La machine est venue buter dans cet éboulement et le choc éprouvé a fait dérailler le train. Après deux heures de travail, la voie a pu être déblayée.
- Dans la nuit du 6 au 7 septembre, un ora<re a éclaté sur Roubaix et la région. Vers minuit, la foudre est tombée sur rétablissement de M. Edouard Delbar, y mettant le feu. Un vent violent a poussé les flammes. Bientôt tout était en feu. Vers 1 heure, un atelier d’imprimerie, appartenant à M. Achille Senecault, contigu à l’établissement Delbar, a été en partie détruit par la chute d’une muraille. Les presses ont été brisées ainsi que de nombreuses pierres lithographiques. Il a fallu travailler toute la nuit pour noyer les décombres fumants. Les dégâts s’élèvent à 700000 francs pour l’établissement Delbar et 120000 francs pour M. Senecault.
- Cyclone aux Açores. — Un cyclone a éclaté sur Pontadelgada aux Açores, le 4 septembre à midi, et a causé de grands dégâts. La barque Helenà a ‘fait naufrage ; il y a eu trois hommes d’équipage noyés.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 12 septembre, à 9 h. 58 m. du soir.
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- m° 1375 (30 septembre 1899), au journal « LA MATURE»
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Deuxième excursion scientifique de La Nature.—Après la visite du Sanatorium de Banyuls-sur-Mer les excursionnistes de La Nature ouvrirent entre eux une collecte pour offrir en souvenir quelques jouets aux petits malades. A cette occasion nous venons de recevoir du Dr A. Moutet, médecin-directeur du Sanatorium, une lettre dans laquelle il nous accuse réception de la « superbe caisse de jouets » qu’il vient de recevoir et nous prie, au nom du Comité de l’Œuvre des Hôpitaux-Marins, au nom des enfants et au sien propre, de remercier les excursionnistes de ' leur généreux envoi qui va faire le bonheur de ses petits pensionnaires. Nous sommes heureux de transmettre ces remerciements à nos compagnons de voyage.
- .-H»- A l’occasion du Congrès à Boulogne-sur-Mer de l’Association française pour l’avancement des sciences, dont nous avons signalé l’ouverture dans notre dernier numéro, il y a eu une exposition d’automobiles et une course d’automobiles entre Paris et Boulogne-sur-Mer. Les Congressistes ont visité à Yimereux, près de Boulogne, des appareils pour les expériences de télégraphie sans fils, d’après le système de M. Marconi. Enfin, deux aéronautes anglais, MM. Perciyal Spencer et le révérend père Bacon, à l’occasion de la visite du Congrès français pour l’avancement des sciences, à Douvres, ont fait la traversée de la Manche en ballon. Partis de Douvres à llh 30m du matin, ils atterrissaient à 12h 35m à Saint-Georges, près Gravelines. Avant de repartir, les aéronautes ont remis au maire de Gravelines une adresse de sympathies à la France. Ils sont repartis avec leur ballon, de Calais, sur le paquebot Calais-Douvres.
- —*<§)— M. Farman s’est élevé de Pans en ballon le 17 septembre à 6fc25m du soir, avec M. Hermitte. Il est descendu à Vergière (Bouches-du-Rhône), à 613 km du point de départ, par un mistral très violent, le 18 septembre à 9h 40“ du matin. Il est donc resté en l’air 15 heures 15 minutes.
- —(D— Les expériences de rayons X avec la lorgnette humaine, faites par M. Georges Deny, au Jardin d’Acclimatation, ont eu un très grand succès. La direction vient d’organiser, chaque jour, plusieurs séances. A partir du 15 septembre, les conférences avec expériences, auront lieu tous les jours de 4 à 6 heures ; les jeudis et les dimanches à partir de 2 heures.
- —(g)— Un concours de Dahlias, Glaïeuls, Bégonias, Asters, Roses, Plantes vivaces, Fruits, etc., organisé par la Société nationale d’Hor-ticulture de France, a eu lieu les 14 et 15 septembre, dans l’Hôtel de la rue de Grenelle, à Paris. L’exposition a été visitée par un grand nombre de personnes qui ont vivement admiré les magnifiques fleurs présentées.
- —(g)— La mission française de médecins qui est en Portugal a émis l’avis que l’épidémie subsistera à Oporto quelques mois, peut-être des aimées, sans augmenter d’intensité. Il est presque impossible de préserver les autres villes européennes de la contamination, mais la peste n’aura vraisemblablement aucune tendance à se développer ailleurs que dans les localités où les règles de l'hygiène ne sont pas observées. On devra considérer la peste comme une maladie infectieuse propagée dans certaines conditions de misère et de malpropreté habituelle, de même que la fièvre typhoïde est propagée par les eaux contaminées par des déjections. Il est à déplorer •que les autorités sanitaires de Lisbonne persistent à maintenir un cordon illusoire et dangereux puisque l’accroissement de la misère facilitera la diffusion de la peste. Les sommes considérables dépensées pour l’entretien du cordon de troupes seraient plus utilement employées à Oporto pour organiser des postes de désinfection, la destruction des maisons et des quartiers malsains.
- ~®— A signaler un nouveau succès pour des expériences de télégraphie sans fil faites entre Brest et Ouessant, soit à une distance de 22 kilomètres. Le lieutenant de vaisseau Tissot a pu réaliser ces expériences, que l’on considère comme définitives. On pense, d’ailleurs, que la distance que l’on a atteinte dans ces expériences pourra être dépassée dans la suite. Ces expériences ont été exécutées avec les appareils de M. Ducretet, l’habile constructeur bien connu.
- —(§)— Les ouvriers qui travaillent au Métropolitain, à Paris, viennent encore de faire de nouvelles découvertes. Sous la rue de Lyon a été trouvée une collection de pièces de monnaie et de jetons. Les pièces de monnaie sont des doubles deniers tournois datant des règnes de Louis XIII, Louis XIV et Louis XV, des liards de Lorraine et des pièces de billon du temps de la Révolution. Ces pièces de monnaie n’ont qu’une faible valeur. Parmi les jetons, quelques-uns sont des spécimens très rares. Il y a ainsi un jeton de Jeanne de Bourgogne, première femme de Philippe VI de Valois, et un jeton du cardinal Mazarin; ces deux pièces sont bien conservées. Les commerçants et les seigneurs payaient leurs fournisseurs en jetons de billon qui étaient échangés, à des époques déterminées, contre des espèces sonnantes. Les jetons portaient des emblèmes, des sujets allégoriques, les armoiries et même les portraits de leur propriétaire. Le musée monétaire de l’hôtel des Monnaies possède rès de 4000 coins de jetons des règnes de Louis XIII, Louis XIV, ouis XV et Louis XVI, ce qui forme une série extrêmement intéressante au point de vue de l’histoire de l’art et de la numismatique.
- —(§)— Les vendanges ont commencé depuis quelques jours déjà dans un grand nombre de départements. Les renseignements donnés de tous côtés portent à croire que la qualité du vin sera bonne eu général. On estime qu’en 1899, le rendement sera de 44 millions d’hectolitres pour la France, et de près de 5 millions pour l’Algérié.
- • —®— Le 7e Congrès international de géographie doit avoir lieu à Berlin, dans les nouveaux bâtiments du Reichstag, du 27 septembre au 4 octobre. Parmi les rapports qui y seront lus, mentionnons : « Les résultats d’une expédition dans le Groenland oriental, par le prince de Monaco ; les résultats océanographiques de l’expédition du Fram, par le Dr Nansen; l’expédition antarctique, par sir Clément Markham; la première et la deuxième cataractes du Nil, par M. de Claparède; projet d’une expédition au pôle Nord, par M. A.-C. Jackson. »
- —®— On vient de poser les premières pierres de la Nouvelle Académie de médecine. La construction de l’édifice de M. Rocliet sera menée rondement et dégagée de Ses échafaudages dès l’année prochaine. L’Académie de médecine, fondée, en effet, en 1820, fut abritée provisoirement dans un piètre local de la petite rue de Poitiers dont la nouvelle gare d’Orléans vient d’absorber une partie. Elle émigra vingt-neuf ans plus tard dans l’ancienne chapelle de la rue des Saints-Pères qu’elle occupe encore aujourd’hui et que l’on commençait à aménager pour elle, il y a juste cinquante ans, en septembre 1849. Cette chapelle, plus que centenaire, avait été désaffectée pendant la Révolution. En l’an IX, on modifia le décor de son fronton où l’on substitua aux croix et aux emblèmes du culte les attributs de la médecine : le premier consul destina par décret le monument à la clinique de Corvisart. La clinique Corvisart, continuée par les élèves, subsista jusqu’en 1823, époque à laquelle le ministre Corbière licencia tout le monde, ferma l’ancienne chapelle de la rue des Saints-Pères et la donna à l’administration des hospices. Sous Louis-Philippe, on allait rendre au culte ce monument, lorsque éclata la révolution de février. C’est alors que l’Académie de médecine, qui se plaignait du local provisoire où elle se réunissait depuis près de trente ans, rue de Poitiers, obtint du gouvernement la concession de l’ancienne chapelle à titre de palais également provisoire. Elle aura occupé ce dernier local cinquante ans, et ce n’est qu’après quatre-vingts ans de campement qu’elle pourra enfin, l’an prochain, s’installer chez elle.
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- NOUVELLES SCIENriFIQUES.
- Communications. — M. F. de Camargo, à Estado de San Paulo (Brésil), nous envoie la lettre suivante : « N’ayant jamais vu en Europe et n’ayant pas encore lu dans les ouvrages spéciaux d’aviculture le procédé suivant d’élevage des poussins, j’ai cru qu’il serait intéressant pour vos lecteurs de connaître ce système employé au Brésil. On prend un chapon jeune, on plume la poitrine. Sur la partie ainsi dénudée on applique quelques coups d’orties et on frotte avec du poivre. On l’enferme dans un panier et on place en dessous quelques poussins âgés de trois à quatre jours. On fait coucher le chapon et on le maintient dans cette position au moyen du couvercle, sur lequel on place un poids qui l’empêche de se lever. Pendant trois jours on ne l’en fera sortir que pour donner trois ou quatre repas ensemble avec les poussins. Pendant le quatrième ou cinquième jour on pourra le faire sortir mais l’enfermer dans une chambre avec les poussins. Si l’on s’aperçoit qu’il donne à manger aux poussins, on peut le faire sortir le lendemain et l’on sera surpris d’entendre un gloussement semblable à celui de la poule, et de voir les soins maternels qu’il prodigue à ses poussins. Il les défend beaucoup plus courageusement que la poule éleveuse et ne laisse approcher des poussins aucune autre volaille qui disputerait les aliments fournis aux poussins ; j’ai employé ce système avantageusement pour élever des poussins sortis de la couveuse artificielle. »
- M. Dauvé, professeur de physique au Collège de Beaune, nous fait connaître une intéressante expérience destinée à mettre en évidence la dilatation des gaz. On monte l’appareil traditionnel à hydrogène comme d’habitude, avec cette différence qu’on ne met rien dedans; l’éprouvette étant remplie d’eau, on entoure le flacon avec les deux mains et on voit des bulles gazeuses monter dans l’éprouvette comme s’il se dégageait réellement quelque gaz du flacon; avec un peu de patience on arrivera à recueillir, dans l’éprouvette, une quantité de gaz très appréciable. Cette expérience est très propre à mettre en garde contre des erreurs considérables les personnes qui se servent des instruments désignés sous le nom de calci-mètres et qui servent à doser le calcaire contenu dans les terres cultivées : c’est d’ailleurs le maniement de cet appareil qui a suggéré à notre correspondant l’idée de cette expérience.
- M. le Dt J. H. Duyvis, à Bomburg (Hollande), à propos du curieux fait que nous mentionnons sur l’intelligence chez l’araignée dans la Chronique du n° 1372 du 9 septembre, p. 238, nous écrit qu’il se rappelle avoir vu, il y a quelques années, deux faits analogues concernant des toiles d’araignée supportées par un lest. Une fois il s’agissait d’une toile d’araignée tendue entre le tronc et une branche d’un arbre, tandis que le troisième support était fourni par une petite pierre entourée de cinq ou six fils et suspendue à un câble assez long. Dans l’autre cas, qui était tout à fait analogue, les premiers supports étaient formés par le bâti d’une petite maison de jardin.
- M. Boleslas Matuszewski, à Paris, nous fait parvenir une petite brochure qu’il vient de publier et qui a pour titre : Une innovation en graphologie et dans l'expertise en écritures.
- M. le DT Charles Binet-Sanglé, à Angers, à propos de notre récent article sur Les Xiphopages, paru dans le n° 1372 du 9 septembre 1899, p. 239, nous adresse un extrait des Archives médicales d'Angers contenant une théorie nouvelle de la monstruosité composée et de l’inversion, et nous écrit la lettre suivante : « Permettez-moi d’attirer votre attention sur un travail que j’ai publié dans les Archives médicales d'Angers, en 1898, et qui a fait l’objet d’une communication à l’Académie des sciences. Dans le cas particulier, j’affirme qu’on trouvera chez l’un des composants du monstre, chez Bosalina ou chez Maria ; le cœur et la rate à droite, le foie à gauche, le poumon droit à la place du gauche, etc., tous les viscères transposés. En un mot on constatera que l’un des composants est interverti et symétrique en tous points à l’autre, lequel est
- normal. Ce monstre, comme tous les monstres composés vrais, est en effet un zoïde à mérides symétriques, au même titre que les méduses, les oursins et les étoiles de mer, et résulte d’un phénomène de régression. J’ajoute que la théorie dont je vous envoie l’exposé, réunit et explique deux ordres de phénomènes restés jusqu’ici distincts et inexpliqués, l’inversion et la monstruosité comparée. » '
- Renseignements. — M. H. Meunier, à Marly-le-Roi. — Nous ne pensons pas que les incendies soient la cause du phénomène que vous signalez; on nous a déjà fait connaître à diverses reprises des floraisons tardives.
- Bibliothèque de la garnison de Bou-Saâda. — Vous trouverez tous les renseignements nécessaires pour la reliure et la brochure dans l’ouvrage Belieur, par MM. Lenormand et Maigne, dans la collection des Manuels Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris. .
- M. C. Muller, à Paris. — Nous avons indiqué un moyen de peindre sur mousseline, sur peluche, sur soie ou sur satin, dans le petit livre des Becettes et procédés utiles, lro série, à la librairie Masson et Cie.
- M. A. Labrosse, à Paris. — La question que vous nous posez est trop spéciale, et nous ne pouvons la traiter ici; il faut consulter un ouvrage d’astronomie.
- M. Edm. L., à Rouen. — 1° Nous ne pouvons vous renseigner. — 2° Vous pourriez vous adresser à l’Ecole des Mines, à Paris.
- M. Gonin, à Goas-Hamon. — H n’y a pas de règle spéciale pour l’enroulement des bobines de téléphone.
- M. Aymard de Mautmonl. — Remerciements pour les renseignements que vous avez bien voulu nous faire connaître.
- M. L. Royer, à Paris. — 1° Il faudrait consulter les tables des matières; nous ne pouvons indiquer ici tous les numéros qui contiennent des articles sur ces sujets. — 2° Vous trouverez à la librairie Gauthier-Villars des ouvrages sur ces questions.
- M. L. Espinach, k Cardedeu. — Planches d’aluminium : Compagnie française des métaux, 10, rue Volney, Société française de l’aluminium, 74, rue Amelot, à Paris.
- M. B. L., à Paris. — Vous trouverez des ouvrages sur la traction à la librairie Baudry, 15, rue des Saints-Pères, et à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins.
- M. Chapin, à Saumur. — 1° Nous croyons que rien n’a encore été publié à ce sujet et nous ne pouvons vous dire ce qui sera fait. — 2° Il n’v a pas d’architectes spéciaux pour ces travaux.
- M. M. 110, à X. — Nous avons publié un article sur la chèvre à Paris dans le n° 1364, du 15 juillet 1899, p. 107 ; la chèvrerie parisienne appartient à M. Crépin, 163, rue Blomet, à Paris.
- M. Dutelle, à Ville-sous-La Ferté. — Pour ce qui concerne l’éclairage par l’alcool, il faut vous adresser à M. Denayrouze, 15, boulevard Montmartre, à Paris.
- M. J. Bourgery, à Nogent-le-Rotrou. — Les renseignements que vous nous envoyez ne sont pas assez complets pour nous permettre d’étudier cette bicyclette, et de voir s’il y a lieu d’en donner la description.
- M. P. Carré, à Paris. — Nous avons bien reçu vos diverses communications ; agréez tous nos remerciements.
- M. Brunei Serrier, à Marseille. — 1° On compte qu’un coulomb met en liberté, en décomposant l’eau, 0,1158 centimètre cube d’hydrogène et 0,0579 centimètre cube d’oxvgène. Un ampère-heure vaut 5600 coulombs. La différence de potentiel nécessaire pour électrolyser l’eau est de 1,5 volt. Vous trouverez tous ces renseignements dans le Formulaire de l'Elec-tricien, à la librairie Masson et Cie. — 2° Il faudrait installer un appareil de mesure qui est un peu compliqué.
- M. M. C., à Béziers. — Il n’est pas facile d’éviter la formation du sulfate de cuivre; on peut cependant l’atténuer en passant sur le cuivre une couche de vernis à la gomme laque.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Haffner, à Audincourt ; M. G. Dtaz, à Gizon ; M. L. Constant, à Paris ; M. Hé-duin, à Paris; M. A. Bacot, à Orléans. Nous avons demandé l’adresse à l’auteur de l’article, et nous vous la ferons connaître dès que nous l’aurons. — M. D. L.,h Paris. Ces essais sont incomplets; nous ne pouvons vous répondre. — Af. G. Leroy, à Paris; M. L. P., à Blois; Af. D. V., à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lr® série, à la librairie Masson et C‘\ — M. Dumont, à Paris. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 3* série, à la même librairie. — Af. Francis Leclerc, à Versailles; Af. G. R., à Nice. — Remerciements pour vos communications.
- Dans la * Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Le couvre-lampe. — On est souvent embarrassé pour révéler des clichés lorsque l’on n’a pas une bonne lanterne à verre rouge. Le couvre-lampe que nous signalons aujourd’hui rendra bien des services et à bon marché. Il consiste unique-
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- Le couvre-lampe.
- ment en un grand sac en papier rouge qui vient s’adapter en a, b, c, sur Fabat-jour d’une lampe à pétrole ordinaire A. Une bande supplémentaire d e fixée à la partie inférieure permet d’éviter toute lumière au point où se trouvent les clichés. Ce simple petit accessoire sera certainement très apprécié par les amateurs photographes. — Le couvre-lampe se trouve chez M. J. Bloch, 15, rue des Jardins-Saint-Paul, à Paris.
- Trousse d’amateur photographe. — Mme Amy Cristiani Mayall vient de construire une petite trousse d’amateur photographe qu’il est intéressant de faire connaître. Cette petite trousse est portative; elle est de dimensions très réduites,
- La trousse d’amateur photographe.
- 3,5 centimètres d’épaisseur, sur 10,5 de largeur et 14 de longueur. Le poids est de 450 grammes pour la trousse 9 X 12 en métal verni et de 300 grammes pour la trousse en aluminium. Les figures ci-jointes donnent en détail tous les ustensiles que renferme la trousse. On voit dans le n° 1 l’ensemble de. la trousse fermée ; le n# 2 nous montre la trousse ouverte et la lanterne dépliée avec le verre rouge en avant. Nous trouvons successivement dans le n° 3 la bougie, dans le n° 4 le bas de la cuvette pliée, dans le n° 5 la cuvette formée d’une feuille de celluloïd.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Le dessin n° 6 nous représente l’égouttoir, et le dessin n° 7 le châssis-presse. On voit dans le n° 8 les dispositions prises pour le remontage de toutes les pièces à l’intérieur de la trousse. Le bas de la cuvette (n° 4) et le châssis-presse (n° 7) sont superposés; au centre se trouve la bougie (n° 3). Cette petite trousse renferme, comme on le voit, tous les appareils nécessaires pour développer des clichés; elle sera certainement très utile aux amateurs photographes qui auront ainsi sous la main un petit laboratoire de photographie, et qui pourront développer en voyage leurs clichés pour juger des résultats obtenus et recommencer s’il le faut. — La petite trousse d’amateur photographe (brevetée en tous pays) se trouve aux Grands Magasins du Louvre, dans toutes les maisons de photographie et notamment chez MM. Desbains et Chemin, 79, rue Turbigo, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement électrique de la goutte.
- La goutte, la triste podagre des anciens, est une de ces maladies qu’on classait autrefois dans les maladies dites diathésiques, souvent héréditaires; il semble qu’elle soit bien une de ces formes d’auto-intoxication due à des ralentissements de la nutrition. Les modifications du régime, excès, écarts, même les plus légers, chez certains sujets provoquent des crises redoutables par leur acuité et par leurs suites. Peu à peu surviennent, surtout du côté des articulations, des altérations des tissus, dépôts uratiques, tophus, déformations des doigts, etc., qui témoignent de ces troubles profonds de la nutrition. ..i \
- Pour combattre ces altérations il faut, semble-t-il, augmenter l’activité nutritive des tissus, favoriser l’élimination des produits de déchets toxiques soit par eux-mêmes, soit par leur défaut de solubilité dans ces milieux organiques. C’est à ce rôle que s'efforce la thérapeutique en conseillant, en dehors des crises, le- régime frugal et sévère, l’exercice, le bon entretien des fonctions cutanées, toutes conditions diminuant la formation de l’acide urique et des urates et en facilitant l’élimination. .
- D’après le Dr Guillon, le traitement électrique résoudrait, dans une certaine mesure, ce double problème. L’électricité suractive la nutrition, son rôle trophique sur les muscles, sur la cellule, sur les organes est bien nettement établi aujourd’hui. L’action des courants continus de grande intensité amène une augmentation de l’expiration d’acide carbonique, une augmentation des produits de désassimilation.
- Partant de cette idée, M. Guillon emploie les courants continus intenses et les*courants de haute fréquence pour combattre le ralentissement de la nutrition, en modifier les conditions viciées chez le goutteux. Mais il a eu l’idee d’utiliser l’électricité comme agent de transport pour faire pénétrer dans les tissus, au voisinage des concrétions uratiques, un médicament très actif, le lithium. Voici comment il opère : le membre malade, le pied par exemple, plonge dans un baquet de porcelaine contenant une solution de lithium à 2 pour 100 additionnée d’un peu de lithine caustique. Le lithium marchant avec le courant du pôle positif vers le négatif, on relie le bain au pôle positif et le pôle négatif est appliqué sur le dos ou la oitrine sous forme d’une large électrode de feutre mouillée, 'intensité du courant est portée graduellement de 0 à 100, 150, même 200 milliampères, pendant une séance de 20 à 30 minutes. Le lithium électrolysé agit en alcalinisant la jointure et en formant pour l’urate de soude un milieu plus soluble.
- Les résultats obtenus ont été des plus remarquables; des accès traités en pleine période aiguë ont très rapidement avorté. Des empâtements articulaires chroniques ont diminué après trois ou quatre séances. En dehors de l’action locale, l’électricité modifie l’état général et contribue à éloigner, sinon à supprimer tout à fait les crises. Dr A. Cartaz.
- Traitement des gerçures du sein.
- Les gerçures ou petites plaies qui surviennent au mamelon chez les nourrices sont, dans bien des cas, plus sérieuses et plus graves que ne le comporte en apparence une aussi légère lésion. À chaque tétée l’enfant, tirant sur le bout de sein, détermine la réouverture de la plaie, causant une douleur telle que, en dépit de l’instinct maternel et du courage le plus énergique, bien des femmes ont dû renoncer à allaiter leur enfant.
- Nombreux sont les procédés de traitement ; tous les médica-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- fnents-ont été essayés. Le meilleur est de prévenir la formation de ses crevasses, en lavant les bouts des seins, avant et après ehaque tétée, avec l’eau bouillie, la solution d’acide borique et séchant avec soin le bout du sein. Quoi qu’on fasse parfois, une déchirure minime survient qui s’agrandit peu à peu ét nécessite un pansement qui, tout en étant efficace, ne doit pas être tôxique pour le bébé. Parmi les plus efficaces, on peut ranger le pansement à l’orthoforme, préconisé par^Maygrier et Tes-seire.
- L’orthoforme est une poudre jaune douée de propriétés anesthésiques remarquables et qui n’a pas la toxicité de la cocaïne. On l'emploie depuis quelque temps avec grand succès dans
- les diverses variétés de dysphagie. Contre les gerçures du sein elle réussit également très bien. On lave doucement la plaie, puis la saupoudre d’une petite quantité d’orthoforme et on maintient le pansement en place au moyen d’une petite couche d’ouate stérilisée et d’un bandage. Au moment des tétées, soit environ toutes les deux ou trois heures, on lave, et on renouvelle le pansement. La douleur se calme rapidement et comme l’action analgésique est durable, la tétée suivante passe tout à fait inaperçue et l’allaitement peut être continué sans douleur. Comme la poudre d’orthoforme n’a ni odeur ni saveur, l’enfant n’a pas de répugnance à prendre le sein. l)r X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN VENT
- THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 septembre. 14* ,9 S. W. 3. Couvert 0,0 Nuageux de 8 à 16 h. ; couvert avant et après ; gouttes à
- S. W. 2. 22 h.
- Mardi 19 13°,1 Très nuageux. 0,0 Nuageux jusqu’à 7 h. ; couvert ensuite.
- Mercredi 20 13*,4 S. W. 4. Couvert. 1,2 Couvert le matin ; nuageux le soir ; gouttes ou pluie de 5 h. à 8 h. 30.
- Jeudi 21 11%0 S. S. W. 2. Couvert. 1,6 Très nuageux jusqu’à 10 h. ; couvert ensuite ; petite pluie ou gouttes de 14 à 20 h.
- Veudredi 22 15",2 S. S. W. 5. Couvert. 0.2 Couvert jusqu’à 15 h. ; puis nuageux; beau après 18 h.; petite pluie de 8 b. 30 à 10 h. 30.
- Samedi 23
- S. S. E. 1. Couvert.
- 6*,9 0,9 Très nuageux. Couvert jusqu’à 7 h ; nuageux ensuite ; pluie fine de 3 h.
- Dimanche 24 ... . 10*,8 W. S. W. 3. Couvert.
- 0,8 à 7 h. 30.
- SEPTEMBRE 1899. ---- SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 21 SEPTEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de • à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages.— Un orage d’une extrême violence s’est abattu, le 11 septembre, sur Vouvray (Indre-et-Loire) ; plus de 200 peupliers ont été arrachés. La grêle a détruit la récolte des vignes sur une large étendue. Les dégâts ont été énormes.
- Le 12 septembre, non loin de Tours, un autre orage a éclaté sur la Ville-aux-Dames (Indre-et-Loire), et a causé pour plus de 20 000 francs de dégâts. Plus de 100 arbres ont été abattus par le vent. Les récoltes ont été ravagées sur une longueur de 2 kilomètres et une largeur de 500 mètres.
- A partir du 10 septembre, une tempête a régné sur la côte méditerranéenne, près de Toulon. Les lignes télégraphiques ont été coupées et des incendies allumés dans les forêts.
- Inondations en Allemagne et en Autriche. — Des inondations sont survenues en Allemagne et en Autriche. A la date du14 septembre, il s’est produit une crue des eaux dans les montagnes de la Silésie et de la Bavière. Les communications ont été interrompues entre Munich et Inns-bruck. Les trains reliant Vienne à Salzbourg et à Munich ont dû passer par la ligne de Simbach-Munich. L’Isar s’est accru très rapidement près de Munich et a atteint le niveau le plus élevé qu’il ait eu depuis quarante ans. Les ruisseaux des montagnes de la Silésie ont continue aussi de Croître pendant plusieurs jours. Les travaux accomplis pour la régularisation des cours d’eau ont été détruits en beaucoup d’endroits.
- En Autriche également, il y a eu des crues d’eau inattendue. A Neun-
- Kirchen, la Schwartza a débordé. Plusieurs personnes ont péri. 11 y aurait eu au moins 20 victimes.
- La ville de Salzbourg et plusieurs autres localités ont été inondées. Le niveau des eauxa été plus élevé qu’en 1897. On a envoyé partout des troupes pour porter secours aux habitants. Toutes les communications par chemin de fer ont été interrompues.
- La situation critique, provoquée par la crue des eaux, a subsisté plusieurs jours dans la Haute Autriche, et dans le Salzkammer gut. La Traun, l’Enns, la Salzach, l’Inn et tous leurs confluents ont débordé et causé les plus grands dégâts, sans parler des victimes qui ont été très nombreuses. Les villes de Gmunden, Ebensee, Ischl, Hallstadt, Aussee et notamment Salzbourg ont eu beaucoup à souffrir. Des ponts ont été emportés et plusieurs maisons se sont écroulées. La circulation sur les chemins de fer a été partiellement interrompue. L’express-Orient a dû changer d’itinéraire et passer par Munich, Passau, Wels et Vienne. Les communications télégraphiques ont également été interrompues.
- En Bohême, l’Elbe a eu une crue considérable.
- lin ouragan aux Bermudes. — Une dépêche des Bermudes a annoncé à New-York qu’un ouragan s’y est déchaîné le 13, à 2 heures du soir, et a duré jusqu’au 15 septembre matin.
- Il a causé de sérieux dégâts. Le palais du gouverneur, l’hôtel de ville et les jardins publics ont beaucoup souffert. Dans les docks, les dommages ont été évalués à 100 000 dollars.
- PHASES DE LA LUNE : P; L. Ie l9 à 12 h. 40 m. du soir.
- Equinoxe le 23, à 6 h. 39 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Le gouvernement s’occupe de protéger la France contre la peste qui sévit au Portugal. Dans toutes les communes du littoral de l’Océan, depuis Brest jusqu’à Hendaye, des mesures spéciales ont été prises et les préfets ont été chargés de demander aux bureaux d’hygiène de redoubler d’activité. A Oporto, la mission française a terminé ses études. Toute la colonie française de la ville, le personnel du consulat, du Crédit lyonnais, de la Compagnie des eaux, le personnel médical des postes de désinfection et du laboratoire d’hygiène ont été vaccinés par le Dr Calmette avec le sérum de l’Institut Pasteur. Le Dr Calmette, rapporteur de la Commission internationale, conclut à la généralisation de la vaccination. Il affirme que les mesures de prophylaxie appliquées aux individus et aux villes seraient de nature à suspendre bientôt la propagation de l’épidémie. La Mission française a quitté Oporto et vient d’arriver à Paris.
- —®— Nous signalons avec plaisir la belle conduite au milieu des pestiférés de M016 Calmette, femme du directeur de l’Institut Pasteur de Lille, qui avait tenu à accompagner son mari à Oporto. Le 21 septembre, notamment, elle est restée au milieu des malades de l’hôpital de Bonfim, où le Dr Calmette et le Dr Salimbeni faisaient, en collaboration avec les médecins portugais, des expériences de sérothérapie antipesteuse. Après avoir revêtu la blouse aseptique réglementaire, Mme Calmette, accompagnée du Dr Nogueira, a visité toutes les salles de malades et a remis à chacun de ceux-ci, ainsi qu’aux infirmières dévouées qui les soignent, une enveloppe contenant une petite somme d’argent enveloppée dans un_ ruban aux trois couleurs françaises, en guise de carte de visite.
- —Une bouée à ancre portant la marque Expédition polaire Andrée a été trouvée sur la côte nord de l’ile du roi Charles en Nonvège. D’après les dernières informations, cette, bouée serait celle qu’Andrée se proposait de jeter au moment où il passerait le pôle Nord. Les autres bouées quAndrée avait prises étaient, paraît-il, beaucoup plus petites. L’agence télégraphique suédoise annonce <jue la bouée Andrée a été ouverte. On a constaté, en présence des ministres et de plusieurs spécialistes, que cette bouée est bien la bouée polaire, que l’expédition devait jeter en passant au pôle Nord,
- —®— Une baleine de 11 mètres de longueur de la tète à la queue a été rejetée, le 20 septembre, par la mer sur la grève, près du phare de Waldan, situé entre Calais et Gravelines. L’administration a mis en vente l’énorme cétacé.
- —(§)— Les galeries souterraines destinées à transporter dans le Champ de Mars la vapeur nécessaire pour mettre en mouvement les machines îles groupes électrogènes installés dans la galerie de Trente mètres et les différents moteurs exposés dans les palais de la mécanique et des industries chimiques sont aujourd’hui entièrement terminées. Elles forment une vaste réserve qui s’étend, en face de la galerie des Machines, sur toute la largeur du Champ de Mars. Ces galeries sont de trois types différents, suivant le nombre et l’importance des canalisations qu’elles doivent contenir. Elles ont respectivement 2m,60, 2m,40 et 2 mètres de largeur contre 2m,70, 2“,60 de hauteur et 550, 730 et 210 mètres de longueur. Les tuyaux qu’elles doivent contenir mesureront de 0"“,50 à 0m,80 de diamètre, et seront affectés au passage de la vapeur et de l’eau. La distribution de l’eau dans les conduites se fera à l’aide d’une usine élévatoire qui sera installée au bord de la Seine, en aval du pont d’Iéna. Au moyen de pompes aspirantes et refoulantes, on enverra 1200 litres d’eau par seconde, au sommet de la cascade monumentale du Château d’Eau. Cette eau sera ensuite distribuée pour servir à la condensation des machines. A la sortie des condenseurs, clic sera .renvoyée à la Seine.
- —(§)— M. Chevalier a publié, dans la Quinzaine coloniale du 25 août, des renseignements intéressants sur la culture du caoutchouc au Soudan. La région soudanaise la plus riche en caoutchouc serait le plateau situé à quelques jours au sud-est de Sikasso et où prennent naissance la Comoé et la Volta. En plusieurs points de ce district, notamment, à Sindou, la densité des lianes atteint 500 pieds à l’hectare. L’exploitation n’a été commencée nulle part et les lianes atteignent parfois une grande taille. Près de Folo, M. Chevalier a mesuré un trône qui avait lm,30 de circonférence à la base et qui se divisait en dix rameaux ayant chacun la grosseur de la cuisse et d’une longueur de 15 à 20 mètres. Entre Sikasso et Bobo-Dioulasso, les lianes sont assez communes, de belle taille et inexploitées. Autour de Bobo-Dioulasso, il existe quelques plateaux où elles abondent. Il en est de même à Sau, à Sono et dans la résidence d'Odienné.
- —<§)— Un terrible ouragan a passé sur le golfe du Mexique et la mer des Antilles au commencement du mois d’août. La plupart des îles et les côtes de la Floride ont été ravagées et des centaines de vaisseaux ont été éprouvés; treize navires mouillés devant le port de Carrabelle (Floride) ont été tous jetés à la côte et sept d’entre eux sont perdus, corps et biens, les autres devront presque tous être démolis sur place, faute de moyens pour les renflouer. A la Pointe-à-Pitre, les dégâts sont estimés à 15 millions de francs; six vapeurs et vingt-deux goélettes sont perdus ou condamnés. Un grand nombre de bateaux de pêche n'ont pas reparu., „ '
- —®— Une fabrique d’allumettes existe depuis un an environ à Fouchéou, sous le nom de Footchow Match and timber Factory. Elle a surtout à soutenir la concurrence des Japonais qui sont les principaux importateurs de ce produit en Chine ; ils ont même commencé à en importer en Europe depuis trois ans. En Chine, en 1898, ils en ont importé 11 073 025 grosses contre 8 974 168 grosses l’année précédente. Alors qu’en 1898, il n’y a eu que 279 279 grosses d’autres provenances. Toutes les allumeltes vendues en Chine sont du type dit allumettes suédoises. Les importations de produits chimiques nécessaires à la fabrication de ces allumeltes viennent d’Allemagne principalement et se sont élevées, en 1898, à 208 960 taëls (un taël à Hong-Kong = 3f‘,60). En dehors de Fouteliéou, il existe des fabriques d’allumettes à Sanghaï et à Hankéou.
- —®— L’arrosage des rues au moyen d’eau de mer vient d’être essayé à San Francisco (Californie) et a donné les mêmes .résultats que les essais déjà tentés en Angleterre, dans certaines villes balnéaires. L’eau de mer rend la poussière adhésive et de plus le sel déposé lors de l’évaporation absorbe l’humidité de l’air pendant la nuit en quantité suffisante pour que, le matin, la i‘ue ait l’aspect d’une voie qui vient d’être arrosée.
- —®— La sonnerie de Big Ben, l’immense horloge dont le cadran décore la partie supérieure de la tour du Parlement, à Londres, est, comme on va le voir, d’un certain poids. Le puits dans lequel est logé le poids qui fait mouvoir le mécanisme, a 174 feet (53 mètres) de profondeur, et le poids lui-même pèse une tonne et demie. On le remonte une fois seulement en quatre jours. Le marteau pèse 16 tonnes; il faut ce poids formidable pour que la cloche donne son maximum de tonalité. Le mécanisme fonctionne avec une telle précision que Y Astronome royal affirme que la sonnerie ne varie pas d’une seconde dans toute 1 année.
- —Un décret, rendu siir la proposition du ministre du commerce, vient d’étendre à la période comprise entre 7h 30 et 9 heures du soir, la faculté d’obtenir des communications téléphoniques interurbaines par abonnement- Les abonnements pour la période de 7h 50 à 9 heures du soir ne seront admis qu’entre les villes reliées par plusieurs lignes téléphoniques, et resteront soumis au tarif ordinaire de jour. Les abonnés auront l’avantage d’obtenir, chaque jour, la communication à heure fixe et sans attente préalable.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne les fontaines à gaz, dont nous avons donné la description dans le n° 1373, du 16 septembre 1899, p. 250, il faut s’adresser à la Société anonyme des fontaines à gaz, 13, rue de la République, à Lyon.— Les planchers tubulaires sont fabriqués par Pease’s Tubular Construction Syndicate, 3, Lothbury, Londres, E. C.
- Communications. — Mme Louise Allix, à- Grenoble, nous fait parvenir la copie d’un passage emprunté à la Cosmographie universelle de Sébastien Munster et qui est relatif à la naissance en 1496, au mois de septembre, d’un monstre formé de deux filles ayant les corps entiers, mais réunies par leurs fronts.
- MM. Edoux et Ùie, à Paris, nous adressent la lettre suivante : « Nous lisons, dans votre chronique du n® 1372 du 9 septembre, p. 239, un article sur « Les ruptures de sondes et les électroaimants », où vous relatez une application des électro-aimants ui a été faite en Allemagne pour retirer une sonde brisée ans un forage; nous pensons qu’il vous semblera peut-être intéressant de connaître une opération du même genre que nous avons été amenés à faire à Paris, il y a bientôt un an. En novembre 1898, dans le forage d’un puits pour ascenseur, rue Miromesnil, le trépan se brisa à 16 mètres de profondeur, et la tête de l’itlstrument, pesant 65 kilogrammes, resta engagée au fond. Après plusieurs tentatives infructueuses pour la retirer au moyen de crochets et de pinces, nous avons songé à utiliser un électro-aimant. Nous en avons construit un de forme cylindrique, de 33 centimètres de hauteur, sur 23 centimètres de diamètre, pesant 55 kilogrammes et capable de porter une tonne sous l’action d’un courant de 4 ampères et 110 volts. Dès qu’il eut été descendu dans le puits et actionné par le courant de 110 volts, du secteur de Clichy, la tête du palan vint s’y coller et fut remontée sans difficulté. Depuis lors, nous avons eu l’occasion de mettre cet électro-aimant à la disposition d’un oculiste de Paris qui a pu, ainsi, extraire des fragments de fer qui avaient pénétré dans les yeux de plusieurs ouvriers. »
- M. J. Rolez, à Londres, nous écrit la lettre suivante : « Plusieurs villes de l’Amérique du Nord, suivant l’exemple que la ville de Chicago leur a donné, viennent de décider que les enterrements à l’avenir se feraient avec voitures automobiles, aussi bien le char que les voitures qui suivent, les maisons qui entreprennent les funérailles donnant comme raison que de nos jours on ne peut plus suivre les enterrements à pied, vu la distance des cimetières éloignés des villes et aussi de l’obstruction des voies par le cortège. Déjà dans plusieurs villes les enterrements se font au grand trot des chevaux, donc cette innovation d’employer les automobiles pour aller encore plus vite ne paraît pas nouvelle aux Américains. »
- M. A. de Calvinhac, à Bréhal (Manche), nous envoie un tubercule ne pomme de terre perforé par une tige souterraine de chiendent et nous rappelle, à ce sujet, les combats et les luttes qui s’engagent et se livrent entre les racines des plantes placées ou vivant à proximité.
- Renseignements. — M. J. M., à Meliun. — Nous avons trouvé quelques renseignements sur la construction d’une glacière, à l’article « Glacière », dans le Dictionnaire des arts et manufactures de Laboulaye. Vous pouvez vous procurer la livraison correspondante au prix de 2tr,50, à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. A. Cretté de Falluel, au Val André Pléneuf. — Votre lettre a été envoyée à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. 0. Limerich, à Paris; M. J. Leva g, à Brest; M. L. Bousquet, à Marseille; M. E. ¥., à Louvain; M. Jeanson, à Saint-Avertin ; M. Garçonnot, à Arcis-sur-Aube ; M. J. Berlra-non, à Marseille; M. Bourdeil, à Chalonnes; M. H. de Beau-lieu, à Paris, M. A. Pontvianne, à Oviedo; M. E. Witz, à
- Rothau. — Nous donnons plus haut l’adresse qui vous intéresse.
- M. de Virieu, à X.; M. Gaspar Diaz, à Gijon ; M. Hédouin, à Paris; M. A. Bacot, à Orléans; M. Haffner, à Audincourt. M. Quentin, à Reims. — Nous n’avons pas encore l’adresse que vous réclamez.
- Un abonné, à Albi. — Cette industrie n’existe pas en France ; nous n’avons pas d’autres adresses que celles données dans l’article.
- M. Dumas, à X. — Il n’y a pas d’autre moyen que de bien laver à l’eau.
- M. D. Maximovitch, à Kieff (Russie). — L’adresse que vous demandez est la suivante : M. Lioret, 18, rue Thibaud, à Paris.
- M. G. B., à Paris. — Il faudrait nous soumettre l’appareil à nos bureaux un samedi de 3 heures à 5 heures.
- M. le F‘° L. de Barrante, à Rivehaute. — 1° On désigne sous le nom de bois désincrusté un bois qui a reçu une incrustation ou dépôt formé sous l’action d’un liquide quelconque et qui a ensuite perdu ce dépôt. —- 2° Brûleurs à acétylène : Compagnie du gaz acétylène, 22, rue Le Peletier; M. Cuinat, 154, boulevard Magenta; M. Deroy, 71, rue du Théâtre; M. Forest, 32, boulevard Henri IV, à Paris. — 3° Nous n’avons pas d’adresse spéciale à vous indiquer.
- M. A. Gaeng, à Neufchâteau. — 1° Adressez-vous à la librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas la composition de ce „ ciment.
- M. B. L., à X. —- Vous trouverez cet appareil chez M. Mackenstein, 15, rue des Carmes, à Paris.
- M. Marconnet, à Nancy. — Les renseignements que vous donnez au sujet de la genèse des chiffres arabes sont très intéressants; mais nous ne pouvons revenir sur la question. Tous nos remerciements.
- M. G. Fournial, à La Tuilière. — 1° Nous ne savons s’il existe un ouvrage sur cette question; vous pourriez vous adresser à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 2° Nous avons donné plus haut plusieurs adresses de ce genre.
- M. F. A., à la Ville-Savary. — Les ouvrages que vous demandez sont les suivants : Les cures thermales par le D1' Delfau, prix 4 francs, et Hygiène et thérapeutique thermales, par le même auteur, prix 4 francs, à la librairie Masson et Cie.
- M. Geret, à Paris. — Nous avons déjà décrit plusieurs appareils pour la production de l’éclair magnétique ; mais adressez-vous au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. E. Buot, à Azay-le-Rideau. — Nous avons décrit cet interrupteur dans le n° 1236, du 6 février 1897, p. 155; le constructeur était M. Bazin, 47, rue du Rocher, à Paris.
- il/. Foucault, à Paris. — Il s’agit d’une huile spéciale pour laquelle il faut vous adresser à la Société française d’assainissement économique Klein et Cie, 29, rue Geoffroy-Saint-IIilaire, à Paris.
- M. L. Vanvincq Reniez, à Wimereux. — Ces études sont intéressantes; mais nous ne pouvons indiquer exactement quelles conclusions on peut en tirer.
- il/. E. Cisterne, à Paris. — Nous avons indiqué dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 4° série, à la librairie Masson et Cie la formule d’un mastic à la glycérine très dur et très résistant; vous pourriez peut-être l’essayer pour votre meuble.
- il/, de Virieu, à X, — 1° et 2° Nous avons demandé ces adresses et nous ne les avons pas encore ; nous les ferons connaître dès que nous les aurons. — 3° Vous trouverez des formules de mastics pour bacs à acide au silicate et à l’amiante dans les Recettes de VElectricien, à la librairie Masson et Cie. — 4° Nous ne connaissons pas de traités spéciaux; vous pourriez vous adresser aux librairies Hachette, Carré et Naud ou Baudry.
- Un abonné, à Bruxelles. — Diverses brochures ont été publiées sur la télégraphie sans fil à la librairie Gaulhier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L., à
- Reims. Il faudrait consulter un expert; nous ne pouvons vous répondre. — M. Lelong, à Nîmes. Il est nécessaire de faire des essais de consommation pour pouvoir juger cet appareil. — M. L. Regant, à Paris. Il nous est impossible ae vous renseigner; il faudrait faire une étude complète de votre affaire. — M. I). G., à Paris; M. L. R., à Genève. Voyez les Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cio. — M. Dumont, à Colombes; M G. R., à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé A l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 18S9. — POSITION DES PRINCIPALES PLANETES.
- 2! . Il I Déc
- Cocher Essaye
- 21 II I Xov
- u méridien .1 minuit Persée rr. '
- 1 Oct.
- Taur)
- Bélier
- Lion
- Petit Chien
- Orion\
- Baleine
- Granjd /Chien
- 1 . ♦ •
- Pégase
- Dauphin
- ihiucus
- Aigle et A xtinoüs
- Verseau
- erpent
- URANUS
- JbzLït
- 1 Nov
- MARS
- Capricorne
- >' lBéc
- orpioh
- Sagittaire
- Fosson Austral
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Planètes et des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1809 Nom de l’astre. Grandeur. In mersion. Temps moyen. Émersion. Temps moyen.
- Oct. 1 36 Sextant. 6,4 16 h. 37 m, 2 16 h. 50 m, 8
- 10 4 Sagittaire. 5,4 7 h. 18 in, 1 8 h. 20 m, 5
- 12 57 Sagittaire. 6,1 4 h. 28 m, 0 5 h. 42 111, 0
- 14 c* Capricorne. 6,4 6 h. 16 rn, 3 Appo se à i'i do bord.
- _ 16 16 Poissons. 5,8 6 h. 8 ni, 5 7 h. 10 m, 5
- . 16 19 Poissons. 4,9 177 B.A.C. 6,7 12 h. 4 m, 4 13 h. 11 m, 5
- . 17 12 h. 29 m, 0 13 h. 0 m, 8
- - . 19 27 Bélier. 6,5 9 h. 30 m, 0 10 h. 35 tn, 0
- 20 65 Bélier. 5.8 8 h. 6 m, 2 Appulse t 5'2 di bord.
- _ _ 21 56 Taureau. 5,8 6 h. 46 m, 3 Appulse b PO du bord.
- 21 x1 Taureau. 4,3 8 h. 42 m, 4 9 h. 41 m, 6
- 21 x* Taureau. 6,0 8 h. 44 m, 5 9 h. 37 m, 6
- 21 T Taureau. 4,7 18 h. 4 m, 1 18 h. 30 m, 1.
- 25 71 Weisse(81i.) 6,3 16 h. 15 m, 4 4ppul.se 1 3 0 du bord
- Nov, 9 T* Capricorne. 5,6 7 h. 58 m, 8 8 h. 10 m, 1
- 12 x Poissons. 5.0 11 h. 52 m, 1 Appulse i 2 2 du bord.
- 16' T* Bélier. 5,0 19 li. 4 m, 9 Appulse 4 2'i du bord.
- Nov. 17 A* Taureau. 5,0 10 h. 28 m, 4 11 h. 42 m, 7
- 17 A2 Taureau. 6,5 10 h. 45 ni, 9 12 h. 3 ni, 4
- 17 1289 B.A.C. 6,0 15 h. 17 ni, 5 15 li. 59 111, 6
- — 19 Neptune, 6 h. 15 ni, 1 7 li. 6 ni, 1
- 19 1970 B.A.C. 6,5 16 h. 27 m, 7 17 li. 3 m, 5
- 24 14 Sextant. 6,4 12 h. 4 rn, 8 Appulse b 2 4 du bord.
- 25 3726 B.A.C. 6,7 12 h. 25 ni, 1 13 h. 21 m, 4
- — 25 55 Lion. 6,1 14 h. 20 rn, 4 15 11. 32 111, 5
- c. 14 6686 Lalande. 6,0 8 h. l m, 0 Appulse A 18 du boid.
- — 16 Neptune. 15 h. 55 ni, 7 16 h. 21 m, 7
- 18 f Gémeaux. 5,2 18 h. 47 m, 2 19 li. 22 m, 1
- 19 16224 Lalande. 6,6 11 h. 8 m, 8 12 h. 26 tn, 7
- — 19 29 Ecrevisse. 6,2 19 h. 9 m, 3 Appulse à t'a du bord.
- 24 22833 Lalande. 6,5 17 li. 16 m, 7 Appulse b 3'9 du bord.
- ' 25 24034 Lalande. 6.1 14 h. 48 m, 9 15 h. 58 m, 4
- — 26 83 Vierge. 6,0 16 h. 55 m, 9 17 h. 11 m. 4
- — 26 85 Vierge. 6,5 17 h. 0 m, 3 Appulse b ü'ü du bord.
- Satellites de Jupiter.
- OCCULTATIONS. ÉCLIPSES.
- 1899. Satellites. Immersion. Émersion. Commencement. Fin
- Déc. 28 11 18 h. 54 ni. 58 s.
- — 29 I 19 h. 13 m.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Éclipse annulaire de Soleil, le 2 décembre 1899, invisible à Paris.
- Commencement de l’éclipse générale, 2 décembre, à 10 h. 49 ni. 1, temps moyen de Paris dans le lieu, longitude = 90°28' E. de Paris; latitude = 30" 12' A.
- Commencement de 1 éclipsé annulaire, 2 décembre, à 12 h. 19 m. 6, temps moven de Paris, dans le lieu, longitude — 46° 9' E. de Paris, latitude = 54’ 27' A.
- Commencement de l’éclipse centrale, 2 décembre, à 12 h. 21 m. 2, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 43° 10' E. de Paris, latitude = 55° 13' A.
- Eclipse centrale à midi vrai, 2 décembre, à 13 h. 11 m. 2, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 159° 59' E. de Paris, latitude = 87°36’ A.
- " Fin de leclipse centrale, 2 décembre, à 15 li. 52 m. 4, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 77° 10' O. de. Paris, latitude = 58° 46' A.
- Fin de leclipse annulaire, 2 décembre, à 13 h. 54 m. 0, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 78° 17' O. de Paris, latitude = 58° 3' A.
- Fin de l’éclipse générale, 2 décembre, à 15 h. 24 ni. 4, temps moven de Paris, dans le lieu, longitude = 126° 14’ O. de Paris, latitude = oi6 41' A.
- Éclipse partielle de Lune, le 16 décembre 1899, visible à Paris.
- Temps moyen de Paris
- Entrée de la Lune dans la pénombre, 16 décembre à . . 10 h. 41 m, 7.
- Entrée dans l’ombre, 16 décembre à..........................11 b. 53 m, 9-
- Milieu de l’éclipse, 16 décembre à..........................13 h. 35 m,.2.
- Sortie de l’ombre, 16 décembre à............................15 h. 16 m, 5.
- Sortie de la pénombre, 16 décembre à........................16 h. 28 m, 8.
- Grandeur de l’éclipse =0,995, le diamètre de la lune étant un.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 septembre. 13°,9 S. W. 3. Couvert. 0,3 Couvert jusqu’à 10 h. et après 21 h. ; nuageux le reste du temps ; pluie fine à 7 h.
- Mardi 26 15°,2 W. N. W. 4. Couvert. 0,2 Couvert le matin; nuageux le soir; éclairs au N. à 19 h. 30; petite pluie de 7 h. à 7 h. 30 et de 20 h. 40 à 21 h. 05.
- Mercredi 27 11°,1 S. S. W. 3. Couvert. 2,4 Nuageux jusqu’à 6 h. ; couvert ensuite ; pluie la moitié du temps. Couv. j. 9 h. ; puis nuag. ; beau ap. 18 b. ; ton. de 14 h. 50 à 15 h. 30; écl. de l’W. au N. de 20 à 21 h ; pl. et grêle.
- Jeudi 28 11°,9 S. S. W. 2. Couvert. 14,2
- Vendredi 29 6°,4 S. S. E. 2. Très nuageux. 2,6 Beau jusqu’à 5 h. ; puis très nuag.: couvert i’après-midi; quelquefois des gouttes ; pluie à partir de 22 h. 50.
- Samedi 30 9°,6 S. 4. Couvert. 6,7 Couv. jusqu’à8 h.; puis nuageux; quelques nuages après 16 h. ; pl jusq. 7 li. 20 : écl. au N. à 191i. 30 et 20h. 30.
- Dimanche 1" octobre 10°,3 S. E. 3. Couvert. 1,1 Couvert ; pluie de 6 h. 30 à 18 h. 30.
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1899 -- SEMAINE DU LUNDI 25 SEPTEMBRE AU DIMANCHE 1er OCTOBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tempête A Terre-Weuve. — Une violente tempête a dévasté la côte de Terre-Neuve, le 19 septembre ; une pêcherie a été détruite, beaucoup de bateaux ont chaviré. Le nombre des victimes a été de 26.
- Tremblement de terre en Turquie. — l’u tremblement de terre s’est fait sentir le 22 septembre dans le village d’Aïdin et a causé la mort de plus de 50 personnes.
- Inondation en Hongrie. — A Raab, en Hongrie, le 20 septembre, le Danube a débordé par suite de la rupture d’une digue et les eaux ont inondé tout le pays ; mais, le 22 septembre, les eaux ont trouvé un écoulement et tout danger a disparu.
- Cyclone A la Guadeloupe. — Nous avons déjà fait connaître qu’un cyclone d’une extrême violence a dévasté notre colonie de la Guadeloupe, le 7 août dernier. 63 personnes ont trouvé la mort dans ce sinistre et un grand nombre ont été grièvement blessées ; une grande partie des récoltes a été détruite, la presque totalité des maisons a été renversée sur le passage de l’ouragan, et les habitants des campagnes, sans asile, manquent des ressources nécessaires pour reconstruire leurs habitations. L’évaluation totale des
- pertes n’a pu encore être effectuée. Mais le gouverneur de la Guadeloupe estime qu’il est indispensable que la métropole vienne immédiatement en aide aux victimes du cyclone et accorde à la colonie un secours de 300 000 francs destiné à parer aux nécessités les plus pressantes.
- Tremblement de terre dans l’Inde. — On a ressenti, le 26 septembre, à Darjûling, plusieurs secousses de tremblement de terre; la pluie est tombée a torrent et plusieurs éboulements ont eu lieu. De grandes plantations de thé ont été détruites. Le temps s’est ensuite amélioré, la pluie a cessé, mais les éboulements ont continué. Sous la forêt de Run-garoon, des grondements souterrains incessants ont eu lieu, causant aux habitants de vives alarmes. Le nombre des personnes victimes du tremblement de terre est de 100 à Darjûling, de 200 au marché de Phul qui a été détruit par des éboulements, de 40 à Tamsong-Bustee et de plusieui s à Munner.
- Orage A Paris. — Un violent orage, avec éclairs, coups de tonnerre et averses de grêle à éclaté, le 28 septembre, dans l’après-midi, sur Paris. On n’a eu à signaler qu’un seul accident sans gravité. La foudre est tombée, à SMS, dans la cheminée d’une maison située rue des Pyrénées, déterminant un commencement d’incendie qui a été éteint aisément par les voisins.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le £6 septembre, à 3 h. 12 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— Toutes les revues scientifiques, un grand nombre de journaux quotidiens ont consacré des articles nécrologiques élogieux à Gaston Tissandier. Tous ont rappelé en termes émus les services rendus à la science par notre regretté ami. Nous ne saurions les citer tant est grand leur nombre, ni les remercier individuellement. Mais nous tenons à leur exprimer à tous notre gratitude et à être ici l'interprète de toute la famille Tissandier. 11. de P.
- —g— La Commission internationale de Porto nommée pour exécuter des expériences de vaccination et de sérothérapie contre la peste, vient de publier son Rapport. Les expériences ont mis hors de doute l’efficacité de la méthode et surtout du procédé mixte qui consiste à injecter le sérum antipesteux d’aboi’d, et, quarante-huit heures après, la culture vaccinale chauffée. Les membres de la Commission affirment que cette mesure ajoutée aux précautions connues (désinfection, isolement des maisons ou des quartiers contaminés) doit suffire, dans tous les cas, à arrêter en très peu de temps la propagation du fléau.
- —g— Le comte de Zeppelin doit essayer le ballon qu’il a imaginé très prochainement sur le lac de Constance. Retiré en Suisse depuis quatre ans, l’inventeur allemand a étudié le problème de la direction des aérostats et notamment les moteurs légers. On a pu voir, en effet, un aéroplane de son invention qui développait une force assez grande pour remorquer un bateau sur la rivière de l’Inn, avec une vitesse de 15 kilomètres à l'heure. Plein de confiance dans sa découverte, le comte de Zeppelin a constitué alors une Société par actions au capital de 800 000 marks, dont il a lui-même souscrit la moitié, et il s’est décidé à tenter une épreuve décisive. Afin de réduire les risques qu’entraînerait une chute imprévue, il a choisi pour champ d’expériences le lac de Constance, dont l’étendue (500 kilomètres carrés) est assez vaste pour lui permettre toutes les évolutions. Le « garage » de son aérostat, à Fricdrichshafen, s’avance dans le lac, porté par 00 pontons. Une usine à gaz est située tout auprès. Le comte de Zeppelin garde secret le mécanisme de son navire aérien et tient rigoureusement les curieux à l’écart. Tout ce qu’on sait jusqu’ici, c’est d’abord que son navire est grand : il a 10 mètres de long, lm,50 de diamètre et une capacité cqnsidérable : il est en forme de cylindre, terminé à chaque bout par une partie conique ot divisé intérieurement par des cloisons étanches; l’enveloppe est en soie, tendue sur une carcasse d’aluminium. La force motrice est fournie par deux moteurs placés au-dessous du cylindre, à ses deux extrémités, de chaque côté de la nacelle. Elle actionne quatre hélices semblables à celles des navires ordinaires et trois appareils spécialement destinés à donner la direction. Une plate-forme horizontale relie entre eux le moteur et la nacelle. Le lest est constitué par des réservoirs d'eau. M. de Zeppelin affirme que son aéroplane pourra s’élever à 1100 mètres, porter un poids de 1000 kilogrammes, marcher à raison de 10 mètres par seconde et rester en l’air une semaine. Nous verrons bien.
- —&— Des statues qui semblent dater de l’époque de saint Louis viennent d’être découvertes auprès de la Conciergerie. Là, sont effectués des travaux pour l’agrandissement de la prison. En creusant une fondation, des ouvriers ont mis au jour des fragments de statues ayant dû faire partie du domaine royal de Saint-Denis. Ce sont des figures de moines avec des scapulaires qu’on suppose avoir ôté adossées au mur d’un cloître, mur qui reliait le palais à l’église, complètement disparue, de Saint-Martin, laquelle était située sur l’emplacement où est installée à présent l’infirmerie spéciale. Les statues seront transportées au musée Carnavalet.
- —g— Le modèle de diplôme de l’Exposition de 1900 est définitivement choisi. Ce sera le modèle présenté au concours par M. Camille lîoignard, qui est à peine âgé de 22 ans. Le motif adopté
- par M. Boignard pour le diplôme est une grande allégorie du Travail avec un personnage symbolique placé entre un olivier à la droite du tableau, et un chêne à la gauche; l’ensemble est tout à la fois imposant et gracieux.
- —g)— Les recherches que des géologues de mérite tels que MM. Green, Dunn et le Dr Sutherland poursuivent sans relâche depuis de nombreuses années dans l’Afrique australe, tendent à établir d’une façon évidente que les richesses du sous-sol de cette partie du continent noir sont encore plus considérables qu’on se l’imagine généralement. Quoique d’exploitation très récente, les houillères du Transvaal et de la Natalie donnent déjà des résultats inespérés au début de l'entreprise. Or, on vient de découvrir encore de nombreux gisements liouillers. Ces découvertes sont importantes pour l’avenir de l’Afrique australe.
- —g— On a extrait, l'année dernière, 587 811 tonnes de charbon au Natal, contre 245 960 tonnes en 1897. En 1889, la production était de 25 609 tonnes.
- —g— Le premier service d'omnibus automobiles a été inauguré à Londres au commencement de cette semaine. L’expérience a parfaitement réussi.
- —g— L’Observatoire de Paris a reçu, le 2 octobre, la nouvelle de la découverte d’une comète à l’observatoire Bischoffsheim de Nice par M. Giacobini, astronome déjà connu par plusieurs observations importantes. Cette comète est très faible et l’on n’a pas encore pu déterminer sa trajectoire.
- -g— Les premiers essais de levée des boîtes postales de quartier par des facteurs montés à bicyclette ou à tricycle ont eu lieu à Paris, dans les journées du 5 octobre et suivantes. Ils ont donné de bons résultats.
- —g— La « Coupe des aéronautes», fondée par la. France automobile. vient encore de passer en de nouvelles mains. Le record établi, il y a quelques jours, par MM. Dermite et Farman vient d’être battu par MM. Castillon de Saint-Victor et Mallet qui, montés sur le liai Ion le Centaure, ont parcouru en ligne droite conformément au règlement du challenge, la distance de 1600 kilomètres environ. Partis, en effet, de l’usine à gaz du Landy, le samedi 50 septembre, ils descendaient dimanche, 22 heures plus tard, à Yestervik, en Suède.
- , —g— Un steamer britannique, l'Haffordshire. transportait eu Egypte la statue colossale de Ferdinand de Lesseps par Fremiel, dans neuf caisses d’un poids total de 17 000 kilogrammes. Il était en mer avec sa lourde cargaison et traversait justement le terrible golfe de Gascogne lorsque souffla une.etTi’oyable tempête, un cyclone qui fil beaucoup de désastres. Un coup de mer coucha le navire et les 17000 kilogrammes du bronze de la statue qu'il portait furent projetés contre l’un de ses flancs. Le navire a été rélevé, tout a été réparé, cl il est arrivé à Port-Saïd.
- —g— Le système de télégraphie sans fil va recevoir des applications en France. A la suite des expériences du lieutenant Tissot avec M. Ducrelet, on annonce qucM. Marebandeau, inspecteur général des télégraphes au Tonkin. est arrivé à Brest. Il est chargé, par le ministre des colonies, d’étudier le système de télégraphie sans fil que vient d’essayer M. le lieutenant de vaisseau Tissot, afin de l’appliquer aux îles et sur toute la côte tonkinoise.
- —g— Une secousse de tremblement de terre a eu lieu au cap de Bonne-Espérance. Elle a été ressentie à Capctown, lé 15 septembre à midi -vingt-cinq, et à Simons town, situé à 8 lieues u sud. La secousse a duré plusieurs secondes et a été assez violente pour jeter à terre quelques personnes en certains endroits. Les tremblements du sol ont été accompagnés d'une violente commotion de l’atmosphère. Le dernier tremblement de terre notable éprouvé dans la colonie remonte à 1857.
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- NOUVELLES SCIEMiKlQl KS.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’orlyte, dont nous avons parlé dans le n° 1371, du 2 septembre 1899, p. 214, n’est pas encore fabriquée en France; pour tous renseignements, il faut s’adresser à l’inventeur, M. d’Orlowsky, !, quai aux Fleurs, à Paris. — Le bateau à propulsion automatique se trouve chez M. Linden, secrétaire de la station zoologique de Naples, Italie. — La scie à ruban à alimentation automatique se trouve chez J. A. Fav and Egan Co, Cincinnati, Ohio, Etats-Unis.
- Communications. — Un abonné, à Paris, à propos de notre récent article sur les chiens minuscules (n° 1371, du 2 septembre 1899, p. 224), nous écrit qu’il connaît une personne qui est en possession d’une chienne de race japonaise issue d’un chien appartenant à un prince Japonais, et qui s’appelle Tchi-ni. Cette petite bête est âgée de 6 ans dont 5 ont été passés en Europe. On la nourrit comme les chiens ordinaires. Tchi-ni a le poil long, soyeux; est fort intelligente et s’est bien acclimatée.
- « Permettez-moi de vous signaler aussi, ajoute notre correspondant, un curieux cas d’atavisme que j’ai observé chez un épagneul. Cet animal, avant de s’étendre, fait une huitaine de tours sur lui-même, comme pour préparer sa place. Cela lui vient, sans doute, de l’habitude qu’avaient les premiers représentants de sa race de préparer leur couche et d’écarter tout ce qui pouvait les gêner. Mais cet épagneul fait cela partout, même sur les parquets. »
- M. Ovivon Sinon Bebeh, à Constantinople, nous écrit qu’il a été témoin d’un phénomène céleste intéressant. Dans la nuit du 12 au 13 septembre à 11h 15, le ciel était d’une parfaite sérénité : il a vu une large bande lumineuse traversant la Grande Ourse et se dirigeant vers la constellation de la Lyre. Peu à peu, la bande perdit son éclat, et, en se rétrécissant, forma une sorte de 8 parfait. 11 a pu constater le fait durant vingt minutes; après quoi elle disparut à son tour.
- M. J. Breton, à Mustapha, à propos des faits rapportés par MM. Maitaud et Martini (n° 1364 du 15 juillet, p. 102 et Communications du n° 1367 du 5 août) nous écrit pour nous indiquer que la « terre de Sommières » employée pour certains dégraissages, se prête remarquablement, ainsi qu’il a eu par hasard l’occasion de l’observer l’an dernier, aux expériences de M. Martaud et de M. le professeur Tito Martini. Ce qui se passe, en opérant avec cette substance tri s hvgroseo-pique, paraît confirmer entièrement les explications données par M. le professeur Tito Martini.
- M. James Pochon, à Cortaillod (Suisse), nous adresse une brochure qu’il vient de publier. Elle a pour titre : Hypothèses et traite de la chaleur intérieure du globe, des tremblements de terre, de la formation des continents et des montagnes, etc. La brochure se trouve chez l’auteur.
- Renseignements. — M. le directeur du collège de Cam-patide, à Lisbonne. — La librairie Masson et Cie a publié sur le gaz Biche, une brochure due à MM. Yigreux et Bardolle.
- M. 0., à Paris. — Vous trouverez des engrais au Comptoir général des engrais, 14, rue Bleue, ou à la maison Coignet et Cie, 114, boulevard Magenta, à Paris.
- M. A. Yiget, à Saint-Quentin. — Nous ne pouvons vous indiquer aucune adresse.
- M. P. Schnntt, à Mohile.n Podolski (Russie).*— Nous ne connaissons aucun procédé à vous sigualer.
- il/. Antonio Merlo, à Séville. — Les bateaux-vélocipèdes, que nous avons décrits dans le n° 1070, du 2 décembre 1893, ont été construits par M. Vallet, 78, boulevard Richard-Lenoir, à Paris.
- N 3/. B. Vauclare, à Alger. — Nous avons donné, dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie
- Masson et Cie, la formule d’un nouveau procédé de dorure'qui pourrait vous être utile.
- M. Kémal, à Constantinople. — Il est bien difficile d’éviter la transpiration: nous ne pouvons vous indiquer de moyen.
- M. L. Busson, à Lorient. — Les adresses que vous demandez, à propos des bicyclettes décrites dans le n° 1373, du 16 septembre 1899, p. 245, ont été données en tête de la Boîte aux lettres du même numéro.
- M. le C'° d'Esterno, au château de la Yésove, par Autun. — Des appareils ne se trouvent qu’aux adresses que nousravons indiquées.
- M. C. R., à Bruxelles. — Nous vous avons répondu dans le n° 1374 du 23 septembre 1899 que nous ne connaissions pas de procédé pour enlever l’étain des rognures de fer-blanc. Nous pouvons maintenant vous dire que la fabrique de produits chimiques Le stannum, dont le successeur est M. J. Véry, 92, quai de Clichy, à Clichy (Seine), a atteint ce but.
- M. B. W., à Morlanwelz. — Nous pensons qu’il y a peu de matières qui résistent à la corrosion de ce gaz.
- M. Ch. de Thierry, à Paris.— Nous donnerons une description de tous ces appareils, lorsque nous aurons des renseignements complets.
- Un abonné, à Tournai. — Vous trouverez des ouvrages sue les courants alternatifs à haute fréquence, à la librairie Gau-thier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Baudrit, à Paris. — Cette adresse a été donnée dans notre dernière Boite-aux-lettres.
- M. F. Huet, à Aveiro. — Ecrivez au fabricant que nous avons indiqué précédemment; il vous donnera tous les renseignements.
- M. F. Teisserenc, à Ceilhes. — Béliers hydrauliques : MM. Samain et C1", 12, rue Sainl-Amand; MM. Schæll'er et Budenberg, 105, boulevard Richard-Lenoir, à Paris.
- M. G. S., à Carcassonne. — 1° Tous les modèles d’accumulateurs peuvent être utilisés : accumulateurs Tudor, Blot, etc. — 2° Cette pile peut parfaitement servir au chargement des accumulateurs.
- M. L. V., à X. — Nous ne pouvons vous renseigner; tous nos regrets.
- M. Ern. Touchet, à Paris. — 1° 11 y a quelque temps que nous n’avons signalé de nouvelle lampe au magnésium. — 2° Le traité le plus important sur les moteurs à gaz et à pétrole est l’ouvrage de M. A. Witz, à la libiairie E. Bernard. — 5° Nous ne connaissons pas d’ouvrage sur cette question.
- M. J. Favre-Brandt, à X. — Remerciements pour votre envoi; mais nous ne pouvons utiliser vos photographies.
- M. E. Anadyn, à Y. — Nous ne saurions vous répondre; il faudrait faire une étude et apprécier exactement la dépense.
- M. E. Berteau, à Paris. — Remerciements pour la description de votre nouveau frein à enroulement et à double effet.
- M. P. L., à R. — D’après le traité élémentaire de météorologie de M. A. Angot, dans la formule qui permet de calculer l’état hygrométrique de l’air, en connaissant la tension de la vapeur d’eau dans l’air, la pression atmosphérique, la tension maxima qui correspond à la température du thermomètre mouillé, A est un coefficient qui varie avec l’agitation de l’air et le mode d’exposition des thermomètres; sa valeur moyenne est de 0,00079, elle s’abaisse à 0,00069 si l’on fait tourner en fronde le thermomètre mouillé.
- M. Alphonse de Martin, à Narbonne. — La monographie d’architecture de M. Guimard, dont il est question dans notre récent article sur le Castel Beranger (n° 1575 du 30 septembre 1899, p. 276), a été éditée par M. d’IIestingue, 14, rue du llelder, à Paris.
- M. P. Guynemer, à Luc-sur-Mer. — Nous avons transmis votre lettre à l’auteur de l’article.
- Questions. — N° 1243. — M. P. B., à K. (Loir-et-Cher), nous demande l’indication d’un procédé capable d’enlever les taches de vert-de-gris sur les baguettes de cuivre d’un meuble Louis XVI, en acajou vernis. Ces taches ont été produites par un jet d’extincteur Bernheim, à l’occasion d’un commencement d’incendie.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dumont, à Brest. 11 faut vous adresser à une agence de brevets; nous ne pouvons vous renseigner. — M. J. P., à Paris. — Nous ne croyons pas que ce modèle se trouve dans le commerce. — M. I). II., à Lille; M. P. .Y., à Paris; M. Lelong, à Versailles. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2a série, à la librairie Masson et Cie. — M. lioyat, à Bordeaux. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus. 5e série, à la même librairie. — M. Dubourg, à Paris. Remerciements pour votre envoi.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants gui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu 'qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS*
- \ouveau tire-lianes. — M. Félix Gaufroy vient d’imaginer un nouveau tire-ligne qui permet d’utiliser le pouce et l'index pour produire facilement et à volonté le trait fort ou le trait lin, sans avoir recours chaque fois au réglage. On sait qu’avec les tire-lignes actuels il est nécessaire de les régler toutes les fois que l’on veut passer du trait lin au trait fort et inversement, d’où résulte : 1° une notable perte de temps, un ennui ; 2° La difficulté d’obtenir des traits réguliers qui concourent à la beauté d’un dessin. Ce nouveau tire-ligne se compose, comme le montre Je dessin, de deux tiges parallèles
- j f’-Predijr',
- Vue en plan et en coupe du lire-ligne F. Gaufroy.
- mobiles autour d’une charnière formant centre a. Aux deux extrémités en b et en c se trouvent deux vis, et en d est un petit ressort pour maintenir l’écartement des tiges. Pour se servir de ce tire-ligne, on règle d’abord la force des traits à l’aide des deux vis b et c; Ja vis c règle le trait fin et la vis b règle le trait fort. Quand ce réglage des plus simples est fait, il n’y a plus à toucher aux vis pour tracer à volonté des traits fins ou gros. En tenant le tire-ligne comme d’usage on trace le trait lin ; pour le trait fort, il suffit d’exercer avec les doigts une légère pression sur les grandes branches. Cet appareil est, on le voit, très simple et très pratique, et ne manquera certainement pas d’être apprécié par les dessinateurs. — Le tire-ligne de M. Félix Gaufroy se trouve chez M. Barbotlieu, 17, rue Béranger, à Paris.
- Tube pour bigoudis. — Quelques-unes de nos Jeclrices nous ont demandé si nous ne connaissions quelque moyen simple et pratique pour bigoudis. Nous avons pris des renseignements et nous pouvons leur faire connaître l’appareil suivant. 11 consiste en un tube de cuivre d’une longueur rie 5,5 cm et d’un diamètre de 8 millimètres fendu sur toute la longueur.
- Tube pour bigoudis.
- et présentant aux deux extrémités deux parties prolongées (n°l ). L’emploi en est très simple. On passe un ruban dans le tube(n°1), on roule les cheveux autour jusqu’au bout (n°2) ; puis on prend les deux bouts de ruban et on les noue (n° 5). Le tube est ensuite retiré (n° 4) et le ruban reste dans les cheveux. — Le tube pour bigoudis se trouve chez MM. Kirby, Beard et C°, 5, rue Auber, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Ciment pour résister à la soude. —A la suite d’une question posée par un lecteur, notre confrère Engineering a donné une série de recettes de ciments résistant à la soude : en voici quelques-unes. On prend des parties égales en poids de soufre et de graphite (autrement dit de plombagine) et on les mêle : on fait lentement fondre la masse en vase clos, afin que le soufre n’aille point s’enflammer, et on emploie ce ciment quand il est encore chaud ; il prendra en refroidissant. On peut aussi mélanger 10 parties de céruse, 5 d’oxyde noir de manganèse,, enfin 1 de litharge, et, avec de l’huile de lin bouillie, on en fait une pâte à consistance de mastic. 11 est encore possible, toujours au moyen d’huile de lin comme liant, de prendre 05 parties de brique calcinée et 7 de litharge, qu’on pulvérise bien avant d’additionner d’huile, qu’on n’applique ensuite qu’après-avoir préalablement humecté la surface à enduire de ce mastic.
- Fermeture de flacon pour les liquides stérilisés. — M. J. Every recommande un procédé bien simple, et qui semble très efficace, permettant de fermer un flacon dans lequel on a opéré la stérilisation du liquide par la chaleur, et immédiatement après cette stérilisation, sans laisser l’air extérieur rentrer dans le récipient. Pour cela, on recourt tout uniment à un bon bouchon ordinaire : au moyen d’un fil de fer porté au rouge, on le perce d’un trou qui part diagonalement sur le côté et à peu près au milieu de la longueur, pour venir se terminer à la partie inférieure et au milieu de cette partie. Pendant qu’on opère la stérilisation, on place le bouchon sur la bouteille, et entrant dans le goulot juste assez pour que le trou latéral affleure au-dessus du bord de ce goidot : on comprend que, rie la sorte, l’air trouve parfaitement moyen de s'échapper. Quand ensuite la stérilisation est finie, on enfonce complètement le bouchon dans le goulot, ce qui bouche le flacon de façon hermétique.
- BIBLIOGRAPHIE
- Machines marines. Cours de machines à vapeurs professé à l’Ecole d’application du génie maritime, par L.-E. lirr,-tin, directeur des constructions navales. 1 vol. in-8°. Paris. E. Bernard et Cie, éditeurs. 1899.
- Annuaire général et international de la photographie 1899. 8e année, publié sous la direction de M. Marc Le Roux. 1 vol. grand in-8°. Paris. Librairie Plon. Prix : 5 francs.
- Notes et formules de Y ingénieur, du constructeur-mécanicien, du métallurgiste et de l'électricien, par un comité d’ingénieurs, sous la direction de Cu. Vigreux, ingénieur des arts et manufactures, et de Gu. Milan dre. 1 vol. in-16 de 1500 pages, 12e édition. Paris. Prix : 12 francs. E. Bernard et Cie, éditeurs.
- Cours normal de Géographie, par Marcel Dubois, professeur de géographie coloniale à la Faculté des lettres de Paris. Masson et Cie, éditeurs, 3 vol. in-10, cartonnés, toile anglaise. — I. Notions générales de géographie physique. l.’Oeéanie, l’Afrique, l’Amérique, avec la collaboration d’Augustin Bernard et André Parmentier. — 11. Europe, Asie, avec la collaboration de Paul Durandin et A. Parmentier. — Kl. France et colonies, avec la collaboration de M. Benoit. Chaque volume, avec cartes et croquis, 2 francs.
- Album des orchidées de l’Europe centrale et septentrionale, par II. Correvon, propriétaire du jardin alpin d’acclimatation à Genève. 1 vol. in-8° avec 60 planches coloriées. Paris, librairie 0. Doin. 1899.
- Administration des monnaies et médailles. Rapport au ministre des finances, 4e année, 1899. 1 vol. in-8°. Paris. Imprimerie nationale.
- Le café. Culture. Manipulation. Production, par Henri Lecomte, docteur ès sciences, professeur au Lycée Saint-Louis,
- 1 vol. in-8°. G. Carré et C. IS’aud, éditeurs. Paris. 1899. Prix : 5 francs.
- La photographie en couleurs, par Ceorges Brunel. 1 vol. in-16 de l’Encyclopédie de l’amateur photographe. Librairie Bernard TignoL Paris. 1899. Prix : 2 francs.
- La chimie du photographe. II. Les produits, choix, essai, conversation, !jpar L. P. Clerc. 1 brochure in-16, Paris. IL Desforges, éditeur. 1899.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- *0
- La jihotographie des couleurs à la portée de tous, p;ir G. Nai ket. 1 brochure ia-lG. Paris. H. Desforges, éditeur. 1899. Prix : 1(%50.
- Coup d'œil sur la faune et note sur la flore du Boulonnais, par A. Gi.vnn, professeur à la Faculté des sciences de l’Université de Paris. 1 brochure in-8°. Extrait de l’ouvrage offert par la Ville de Boulogne-sur-Mer aux membres du XXVIII* Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences, tenu en cette ville en 1899.
- La station zoologique de Wimereux de 1874 à 1899. 1 brochure in-8°. Extrait de l’ouvrage offert par la Ville de Bou-logne-sur-Mer aux membres du X\ VIIIe Congrès de l’Association française pour l’Avancement des sciences, tenu en cette ville en 1899.
- Report of S. P. Langley, secretary of the Smitlisonian Institution for the year ending J une 50, 1898. 1 brochure in-4". Washington, Government Printing Office. 1898.
- United states geological survey, Charles D. Walcott director.
- — EiglUeenth annual report 1890-1897. — Part I. Direc-tors report including triangulation and spirit leveling. —-Part lit. Economie geology. — Part IV. Hydrography. — 3 vol. in-4°. Washington Government Printing Office. 1897.
- United states geological survey, Charles D. Walcott director.
- — Nineleenth annual report 1897-1898. — Part I. Direc-tor’s report including triangulation and spirit leveling.
- — Part. IV. Hydrography. — Part. VI. Minerai resources of the United States, 1897, metallic products, coal and coke. 4 vol. in-4. Washington Government Printing Oftice. 1898.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLD1E EN* MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 octobre . . . 15°,3 S. S. W. 4. Presque couvert. 20,8 Nuageux.
- Mardi 5 7“,5 S. 2. Beau. 0,0 Peu nuageux de 10 h. à 14 h. ; beau av. et ap.
- Mercredi 4 6",0 S. K. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Jeudi 5 8-,5 E. N. E. 1. Couvert. 0,0 Très nuageux; pluie de 8 h. à 8 h. 5(1.
- Vendredi 6 10”,9 N. E. 3. Couvert. 0,3 Très nuageux.
- Samedi 7 7“,5 N. N. E. 3. Nuageux. 0,0 Nuageux.
- Dimanches 4“,0 N. E. 1. Beau. 0,0 Peu nuageux à 1 h. et de 12 à 15 h. beau le reste du temps. Gelée bl.
- OCTOBRE (899. — SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 OCTOBRE.
- La couche .supérieure indique -la nébulosité de 0 a 1Ü ; les flèches inferieures, la direction du vent. Les couches du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0. au niveau de la mer\; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Xtésumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-üfaur en septembre 1899
- par M. E. Renoü.
- Moyenne barométrique à midi 756'““,73. Minimum 74i“”,001e 50 à 5 heures du matin. Maximum 7d5,ora,89 le 11 à 9 heures du matin.
- Moyennes thermoniélriques : des minima 11°,40; des maxima 21°,57; du mois 16°,39; vraie des 24 heures 15°,58. Minimum o°,0 le 23 vers 2 h. 50 du matin, et le 29 à 5 heures du matin. Maximum 32°,7 le 5 à 2 ti. 1/4 du soir. Minimum au ras du sol —1°,0 le 23. Moyenne des minima au ras du sol 7°, 19.
- Tension de la vapeur, moyenne 9"”,86. Minimum 5““,4 le 30 à 2 heures du soir. Maximum 16“'",8 le 6 à 10 heures du matin.
- Humidité relative, moyenne 75,4. Minimum 53 le 4 à 2 heures du soir. Maximum 100 en 5 jours.
- Nébulosité moyenne 59. Pluie 47“'“,9 en 48 h. 1/4 réparties en 17 jours. Il va eu de plus 5 jours de gouttes. Les vents irrégulièrement répartis ; les dominants sont ceux du S.-M. et de l'W. ; ceux de la région E. manquent complètement.
- 5 jours d’orage : le 5, un coup de tonnerre loin au S.-W., à 3 h. 40 du soir, sans pluie. Dans la soirée, éclairs du S.-E. au N.-N.-E. Le 6, à 4 heures du matin, éclairs de l’W .-S.-W. au S.-W, ; tonnerre de divers côtés de 6 h. 55 à 8 h. 15 du matin; éclairs de 7 à 8 heures du soir du S. au S.-W., puis
- tonnerre de divers côtés jusqua 9 h. 50; ensuite éclairs vers le N.-E. jusqu'après 1 heure du matin le 7. Le 7, éclairs de 7 heures du soir jusqu’après 1 heure du matin le 8, avec tonnerre au S.-E puis au N., entre 8 h. 1/4 et 5/4 du soir; et pluie qui mouille le pavé. Le 8, quelques coups de tonnerre entre 11 h. 50 et 2 h. 15 du soir; peu de pluie. Le 28. tonnerre de 2 h. 1/2 à 5 h. 1/2 du soir, avec un peu de pluie et de grêle; éclairs au N.—N.-N.-W. de 8 heures jusqu’après minuit.
- 2 jours d'éclairs seuls : le 26, éclairs au N. vers 7 h. 1/2 du soir; le 30, au N. entre 7 h. 1/2 et 8 il. 1/2 du soir.
- Un jour de gelée blanche le 25. — Brouillard 2 jours : de 500 m. le 9, à 6 heures du matin ; de 1(XK) m. le 13 à 8 heures du matin. 2 jours de transparence de l’air de 2 km. le 7 et le 15 au matin.
- Mai ne : température moyenne : le matin 18°,48; l'après-midi 18°,98; du mois 18°,75. Elle a varié de 14°,62, le 29, à 22°,60 le 7. Toujours liasse et claire. Elle a présenté une température d’au moins 20° pendant 86 jours, compris entre le 7 juin et le 13 septembre.
- llelalivement aux moyennes normales, le mois de septembre 1899 présente les résultats suivants : baromètre plus bas de 1*“.98. Thermomètre plus haut de 0°,84. Tension de la vapeur plus faible de 0““,19. Humidité relative moindre de 5,6. Nébulosité plus forte de 9. Pluie plus faible de 2““,5.
- Floraisons : le 21, hélianthus orgyalis; le 23, gynérium argentum.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 4 octobre, à 7 h. 23 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— L'Association internationale pour la protection de la propriété industrielle a tenu son congrès à Zurich, les 2 et 3 octobre, lie congrès est le troisième qu'organise l’Association, depuis sa fondation à Bruxelles en mai 1897 sous le haut patronage de M. Pouillet. Le but de l’Association est de chercher à supprimer les frontières eu matière de propriété industrielle : brevets d’invention, marques île fabrique, dessins et modèles industriels, nom commercial. L’ordre du jour du congrès a ramené la discussion sur des questions déjà étudiées à Vienne et à Londres, telles que l’enregistrement international des marques de fabrique, les juridictions spéciales en matière de propriété industrielle, la protection internationale des dessins el modèles industriels, l’entente pour l'unification des formalités dans la rédaction des demandes de brevets, etc. La séance d’ouverture a eu lieu au Rathhaus, sous la présidence du colonel liuher-Wermüller, président de l'Association suisse des constructeurs de machines. Parmi les congressistes français on a remarqué MM. Georges Maillard, Allart. Barras, Jlainié, et MJI. Périssé et Blétry (ils, ingénieurs-conseils.
- —®— Lue violente bourrasque, qui s’est abattue dernièrement sur la ville d'I’zès, a brisé l’arbre historique, plusieurs fois séculaire. qui s'appelait « l’alisier du parc de l’évêché ». Lue légende locale dit que Racine a composé certaines de ses œuvres à l'ombre de cet alisier, alors qu'il vint, vers KiOO, auprès de son oncle maternel.
- — g— M. Perrin, inspecteur général des postes et télégraphes, vient d'être envoyé à Budapest pour y étudier un nouvel appareil télégraphique dù aux ingénieurs hongrois Pollak et Yirag. Des essais faits dernièrement avec cet appareil entre Budapest et Berlin ont donné des résultats très satisfaisants et on a pu, à plusieurs reprises. transmettre 1000 mots en quarante secondes, soit 1500 mots à la minute et 90 000 mots à l’heure.
- —g— Dans nue course récente, un ballon parti de Paris est descendu à Yestruin. eu Danemark. La plus grande vitesse atteinte par ce ballon a été de 110 kilomètres par heure ; il est monté aune hauteur maxima de -4000,mètres. Quant à la température, elle à varié, pendant le trajet, de 0 à 12°. Les deux ballons "partis du Tempelhof à Berlin ont atterri au bout de cinq heures à Graudenz, sur la Yistule. Le ballon dans lequel se trouvaient le IP Berson,de Berlin, et le professeur llergoseel. de Strasbourg, a atteint une hauteur de 0000 mètres. A cette élévation le thermomètre marquait 28° au-dessous de zéro.
- —g— La Bulletin de>• Malles vient de publier son estimation de la récolte du blé en K rance et dans le mouile. Pour la France, il évalue la récolte, celte année, à 122 2 42 000 hectolitres contre 151050 220 hectolitres en 1898, chiffres officiels provisoires; c’est donc une diminution de 8 808 209 hectolitres sur l’année dernière, mais une augmentation de 13245880 sur la dernière production moyenne décennale, qui e'st de 108 990 114 hectolitres.
- —g— 11 parait que l'air liquide, réservé jusqu'ici aux laboratoires, se vend couramment dans le commerce aux Etats-Unis. On l’emploie comme réfrigérant remplaçant la glace; une quantité d’air liquide qui coûte 4 francs équivaudrait à une tonne de glace. C’est beaucoup dire.
- —g— L’emplacement de l'annexe de l'Exposition à Vincennes a été définitivement arrêté et le projet officiel approuvé par l’administration. La superficie de l’annexe de Vincennes, y compris le lac Daumesnil. est très grande; elle est plus grande à elle'"seule que toute la surface des terrains occupés par l’Exposition dans Paris. Cette annexe comprendra les classes de la vèlocipédie, de l'automobilisme. des sports, de l’aérostation, des chemins de fer, et en général de tous les moyens de transport.
- —g— Pendant les travaux souterrains que l’on faisait à Bruges pour transformer le bassin ouest du port, on a découvert un bateau qui date d’avant l’ère chrétienne. Ce bateau est en chêne, il a 50 pieds de longueur environ et 7 pieds de large; le mât, qui a été brisé en quatre morceaux, avait 24 pieds. Il s’est probablement échoué à l’époque où la mer recouvrait une partie de Bruges, c'est-à-dire à une époque antérieure à 1ère chrétienne.
- —g— Les hôpitaux d'animaux sont fort éloignés d'être une invention récente. Depuis longtemps déjà, l’Inde avait établi des asiles pour les animaux âgés ou malades. A l’heure présente, ces établissements se comptent par centaines. I/animal est sacré dans l’Inde, surtout l’animal domestique. Dans un seul asile, à Lode-pour, près de Calcutta, on compte 900 pensionnaires, savoir : 129 bœufs, 507 vaches, 171 veaux. 72 chevaux, 09 moutons, 15 chèvres, 141 colombes, 4 poules, 4 chats, 52 singes et 5 chiens. Ils sont tous admirablement soignés, les vaches particulièrement, en raison de leur condition d'animal sacré.
- —g— Un propriétaire douaisien. M. Jules Pinquet, vient de mourir à fage de quatre-vingt-huit ans, laissant toute sa fortune, y compris le château Rayant, à la Société protectrice des animaux. La ville de Douai reçoit de son coté un legs important, destiné à la fondation d’une œuvre philanthropique.
- —g-— Le laboratoire d’études et de recherches de l’Eéole de Physique et de Chimie industrielles à Paris sera ouvert comme les années précédentes le 2 novembre prochain. Depuis un an. une salle réservée à l'électrochimie el à l’électro-métallurgie a été annexée à ce laboratoire.
- —g— A la fin de septembre, la galerie d’avancement du tunnel du Simplon mesurait 2970 mètres, soit 1837 mètres du côté suisse et 1155 mètres du côté italien. Pendant le mois dernier, le tunnel a avancé de 327 mètres. Du côté nord (Brigué) on a traversé le schiste calcaire ; l’avancement journalier moyen- a été île 5m,80. Du côté sud Iselle on a traversé le gneiss d'Antigorio schisteux; l’avancement moyen a été de 5“,10 par jour.
- —g— Quelques chiffres statistiques et curieux sur toute la la production et la consommation de la bière pendant l’année 1897-1898. Le chiffre total de la production a atteint 224 400000 hectolitres, sur lesquels l’Allemagne a produit 61500 000 hectolitres; les Etats-Unis. l’Amérique du Sud et l’Australie, ensemble, 55 400 000 hectolitres; la Grande-Bretagne, 53 millions d’hectolitres; l’Autriche-llongrie, 20 610 000 hectolitres; la Belgique, 12 410 000 hectolitres. La France vient en sixième rang, avec une production de 8 870 000 hectolitres. L’Espagne n'a produit qçie 150000 hectolitres. A Berlin, une seule brasserie a produit 709 000 hectolitres. La consommation par habitant a ôté la suivante dans les divers pays : Bavière 255,8 litres. Belgique 169.2 litres, Grande-Bretagne 145 litres. Allemagne 115,8 litres. Danemark 85 litres, Suisse 55 litres, Etats-Unis 47 litres. Autriche-Hongrie 44 litres. Pays-Bas 40 litres, France 22.4 litres. Norvège 15,5 litres, Suède 11 litres, Russie 4.7 litres.
- —g— Le rapport administratif de la Compagnie du canal maritime de Manchester, pour le semestre clos au 50 juin dernier, vient d'être publié. Les recettes du canal s’élèvent à 3 104575 francs et les dépenses à 2 285 950 francs, pour cette période, laissant un profit de 820625 francs, contre 514325 francs pour la même période l’année dernière. Bien que le rendement soit meilleur que précédemment, la Compagnie du canal peut à peine faire face aux intérêts des emprunts qu’elle a dù contracter et il ne saurait encore être question d’aucun dividende aux actionnaires. Le tonnage ayant passé par le canal a été, pendant les six premiers mois de 1898, de 1 173880 tonnes, et pendant la même période en 1899 de 1 525 821 tonnes, soit une augmentation de 151 941 tonnes en faveur du dernier exercice.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour lout ce qui concerne les ateliers portatifs, s’adresser à M. P. Royer, boulevard des Capucines, 55, à Paris. — Pour la nouvelle pierre artificielle silico-cnlcaire, s’adresser à M. Krauss, architecte, 22, rue Chaplal, à Paris.
- Communications. — M. H. Dyke Gautier, à Cognac, nous écrit, à propos d’un article du n° 1572 du 9 septembre, p. 258, intitulé : Intelligence chez une araignée, où il est mentionné le fait d’une araignée tendant sa toile au moven d’un petit morceau de fer suspendu à un fil. 11 nous envoie la photographie d’une toile d’araignée tendue avec un petit caillou, il a trouvé cette toile dans son jardin, à Boisclair, près Jarnac. Ce nouveau fait venant à l’appui de notre article du 9 septembre est intéressant.
- M. le Dr Boudard, à Marseille, nous adresse une Note sur le vaccin non plus des génisses, mais des chèvres dont on connaît la résistance à l’infection tuberculeuse. « Les personnes qui lisent les ionm-uix anglais, dit M. Boudard, ont remarqué que ie parlement mut entier, chambre des lords et chambre des communes, a déclaré officiellement que, désormais, la vaccine bovine serait facultative; mais, en même temps, le gouvernement lui-même donnait ordre à son représentant à Berne d’avoir à se procurer un troupeau de belles chèvres blanches sans cornes, et de les expédier dans sa colonie du Cap, où elles sont arrivées recouvertes d’un paletot, avec un connaissement de 800 francs chacune. Voilà ce qui s’appelle bien faire les choses! Mous possédons tous les documents anglais concernant l’extinction de la tuberculose congénitale par l’allaitement caprique, et la guérison de la tuberculose acquise par la vaccine caprine. Toutes ces expériences et toutes ces observations sont d’origine française; mais les Anglais se les sont appropriées en les développant sur une plus grande échelle, avec le concours des plus grandes dames londoniennes, avec le concours des plus grands seigneurs et surtout avec le concours des plus simples bergers, qui font partie des clubs capriques qui existent dans plusieurs grandes villes, chez nos voisins d’outre-Manche, exempts de tous nos préjugés à l’encontre de la vache du pauvre. Ainsi, voilà qui est précis, la nourrice de Jupiter, de Lamartine, d’Alphonse Karr, et peut-être de vous-même, est méprisée en France, incomprise à Paris; tandis qu’en Angleterre et à Londres, elle est sélectionnée en prévision de la médecine moderne. »
- M. Begoucn, à Saint-Girons (Ariège), nous adresse la lettre suivante : « Parlant dans son intéressant article « Une biche avec bois » (n° 1572 du 9 septembre 1899, p. 254) des modifications que l’âge apporte aux caractères sexuels extérieurs des oiseaux, M. J.-F.Gall a omis de citer l’exemple de la poule pourtant assez fréquent. Toussenel,ce remarquable observateur des bêtes, avait déjà signalé le fait et rapporté l’expression imagée des paysans sur les « poules qui deviennent coqs ». J’ai eu, il y a quelques années, dans mon élevage une poule qui a présenté ce phénomène d’une façon très intéressante. J’en ai rendu compte à cette époque par une lettre qui a paru dans Y Aviculteur du 50 novembre 1895 et dont je crois intéressant de vous envoyer quelques extraits.
- « J’ai chez moi une vieille poule coucou de Malines; elle « doit avoir cinq ans environ. L’an passé elle eut une tumeur
- a de l’ovaire qui se guérit mais à la suite de laquelle elle
- « cessa de pondre. Pendant quelques mois elle fut d’une mai-« greur désespérante : c’est ce qui l’a sauvée du pot; elle
- « était vraiment trop étique. Mais peu à peu sa santé est re-
- « venue, elle a repris de l’embonpoint; mais en même temps,
- « il se passait dans son plumage et dans tout son extérieur un <t changement bizarre. Son port se redressait, sa crête deve-« nait plus rouge, ses barbillons plus étendus. Le camail se « dessinait avec des plumes longues et effilées, le dos se re-(( couvrait de fines lancettes, les plumes de la queue se
- « recourbaient légèrement au bout. En résumé, cette poule a « pris un certain nombre de caractères extérieurs du coq. Je « la garde par curiosité, voulant me rendre compte si ce chan-« gement s’accentuera encore; pour le moment, à la voir, on-« ne sait si c’est une poule ou un coq. »
- (( J’ai gardé cette bête environ encore deux ans, pendant lesquels ses caractères se rapprochaient de plus en plus de ceux du coq ; la voix même lui était venue, et elle chantait parfois, mais d’un ton plus bas et plus rauque. »
- M. E. Miguet, 22, quai d’Orléans, à Paris, recevrait avec plaisir des cartes postales illustrées de tous les points du monde et ferait volontiers l’échange.
- Renseignements. —M. P. C., à Auxerre. — Dans quelques installations, on a placé, à la sortie des gaz, une colonne de coke pour l’échappement des gaz.
- M. X., à Z. — 1° 11 faudrait consulter un médecin. — 2° Mous ne connaissons pas de teinture spéciale à vous indiquer.
- M. M. Tliiolier, à Paris. —- Mous n’avons jamais essayé l’appareil dont vous parlez ; il peut donner peut-être de bons résultats.
- M. P. Skonsei, à Athènes. — Mous avons précédemmenl indiqué cette adresse.
- M. A. M., à Lille. — Mous n’avons pas d’adresse spéciale à vous indiquer pour les' pièges à blattes; mais vous pourriez vous renseigner près de M. Aurouze, 8, rue des Halles, de M. Moriceau, 28, quai du Louvre, et de M. Salmon, 12, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. C. C., à Châteaurenault. — Mous ne pouvons vous donner d’adresse particulière.
- M. E. Mouze, à Donchery. — Voici les adresses de fabricants de divers appareils de très" bonne marque : Columbia Phono-graph, 54, boulevard des Italiens; MM. Pathé, 98, rue de Richelieu; M. Lioret, 18, rue Thibaud, à Paris.
- M. Herviez, à Meuchàtel. — Mous ne comprenons pas votre question; veuillez nous l’expliquer de façon plus claire.
- M. Rémy et C'% à Avignon. — Nous ne croyons pas que cette liste ait jamais été publiée; mais-vous trouverez certainement toutes ces adresses en consultant le dictionnaire de Bottin, Paris et départements.
- M. Yletzac, à Marseille. — 1° On peut obtenir parfois de bons résultats. — 2° En doublant la vitesse angulaire, on ne double pas le travail pour une même dépense. — 5° M. Cho-meau, 55, passage du Havre, à Paris. — 4° Le numéro spécimen va vous être adressé.
- M. E. Augé, à Rouen. — Pour nettoyer les statuettes en plâtre, nous ne connaissons pas d’autre procédé que le nettoyage à l’amidon, indiqué dans les Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie.
- M. P. Faury, à Lyon. — Pour vous répondre, il faudrait faire des recherches que nous ne pouvons entreprendre. Tous nos regrets.
- M. Kémal Eram, à Constantinople. — 1° Mous ne connaissons que le journal Prometlteus, dont le directeur est M. le I)' Otto Witt, et qui est publié par la librairie Rudolf Mückcn-berger, 7, Dôrnbergstrasse, à Berlin. — 2° Mous transmettons votre lettre à l’Administration.
- M. le JE Bribosia, à Mamur. — Mous avons fait connaître plusieurs procédés pour assurer l’incombustibilité des tissus, dans les petits livres des Recettes et procédés utiles, 1 ", 2° et 4e série, à la librairie Masson et C‘*.
- M. A. G., à Paris. — 1e L’astre photographié n'est pas sorti du champ de l’objectif, puisque celui-ci a suivi son mouvements 2° Mous ne pouvons vous répondre.
- M. L. Garcia Mesa, à La Paz (Bolivie). — 1° Nous n’avons pas ce prix de revient. — 2° II faut vous adresser à la maison Brown, Boveri et Cie, à Zurich (Suisse).
- M. P. C., à Troyes. — Ces à-coups dans la canalisation sont dus à des excès de pression et portent le nom de coups de bélier. On peut remédier à ces défauts à l’aide de brise-pression; adressez-vous à MM. Samain et C'% 12, rue Saint-Amand, ou à M. Gibault, 08, avenue Philippe-Auguste, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dupont, à-Paris. Mous ne faisons pas les projets d’installations; il faut vous adresser à un ingénieur-conseil. — M. Lebard, à lîrest. Mous ne-croyons pas que des ouvrages de ce genre aient été publiés ; nous n’avons trouvé à ce sujet aucun renseignement. — M. L. Ii., à X. Votre description de machine n’offre rien de nouveau.— M. G. h., à Paris; M. Ledoir, à Paris. Consultez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C‘e, —M. D. L., à Versailles; .V. Dumont, à Nice. Remerciements pour vos renseignements.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- CORRESPONDANCE AVEC LES ASTRES,
- Texte et dessins (ITIimuot.
- v2. « D’abord, .ce sera du travail assuré aux ouvriers.,., construisons cinq Vésuve* à côt'5 de celui qui existe,
- 1, « .Votre planète, messieurs, devient de plus en plus inhabitable : les passions politiques, les discussions stériles rendent notre monde étroit.... Allons plus haut, messieurs... excelsior! faisons des signaux de grande détresse aux astres innombrables, disons à Mars que nous voulons monter! Multiplions les signaux, car il faut avant tout signaler notre existence ! Pour cela, changeons la face du globe....
- 3. Perrons l'isthme de Panama.
- Comblons les lacs de Suisse, taiIlon< le? Pyrénées en cubes géométriques....
- G. « Garnissons la muraille -le la Chine d'un cordon de lumières électriques
- 3. a Civiliser la Chine?.. Iiélas.... Le inonde sidéral n’y ferait aucune attention... mats Humilions les Chinois.... V
- 7. « Construisons cinq ou six tours Eiffel sur le Mont-Blanc...
- 8. «'Alors par une belle nuit d été, nos astronomes verront peut-être un pale sourire glisser sur la face de la
- lune....
- dans leurs observatoires.
- ^ ' V/0
- 30.«Et sans doute recevrons-nous les bolides qui assureront le va-et-vient entre la teirc et les différentes planètes.
- 11. « Ce jour-là, béni entre tous, il sera aisé de construire des funiculaires et des wagons-lits inte r-s idéraux dans lesquels on trouvera ce que nous cherchons tous « des ailes! des ailes! »
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- NOUVELLE> SCIKVIÏKIQl'ES.
- Si
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour envoyer des fleurs par la poste. — On a souvent le désir d’envoyer des fleurs par la poste, et naturellement on cherche le moyen de les faire arriver aussi fraîches que possible. Un journal anglais donnait récemment un ensemble de conseils bons à reproduire. Tout d’abord cueillir les lleurs avant qu’elles soient complètement ouvertes, et les couper juste au moment où il faudra les mettre à la poste : ceci est élémentaire. Quelle que soit la grandeur de la boîte employée, il est nécessaire que les fleurs la remplissent complètement, sans que pour cela elles soient trop pressées les unes contre les autres, autrement dit, il faut et il suffît que les fleurs ne puissent pas se déplacer et frotter les unes contre les autres. Quand la température est chaude, il est utile de tapisser la boîte avec des feuilles vertes et un peu charnues comme celles de la laitue ou des épinards; la mousse est assez mauvaise, salissant les fleurs
- et s’échauffant facilement; quant à la ouate, elle est trop avide d’eau, et elle s’accroche aux pétales; on ne peut y recourir que pour les fleurs de serre délicates, comme les camélias ou les gardénias, et encore faut-il mettre du côté de la fleur, la pellicule jaunâtre qui forme un des côtés dos bandes de ouate. Comme boîtes, il vaut mieux choisir celles qui sont larges et peu profondes; on met les fleurs les plus lourdes au fond, et l’on ne craint pas d’interposer une bonne épaisseur de feuilles entre deux couches successives de fleurs. Les boîtes en sapin ou en fer blanc des épiciers et des confiseurs sont excellentes pour ces envois:-mais il faut éviter soigneusement celles qui ont contenu du savon ou d’autres substances à odeur prononcée. Enfin, dernière précaution, au lieu d'écrire l’adresse et d’apposer les timbres-poste sur la boîte, ce qui entraîne, de la part des employés dès postes, de violents coups de tampon sur le contenu, attachez une étiquette résistante à la corde qui entoure la boîte, et écrivez-v lisiblement les indications nécessaires.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1)0 MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLOIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 octobre . . . 2°,1 E. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau ; gelée blanche ; lumière zodiacale.
- Mardi 10 ' IM N. E.'l. Couvert. 0,0 Peu nuageux le matin; beau le soir; brouillard épais jusqu'à 8 h.
- Mercredi 11 D*,7 Calme. Très nuageux. 0,0 Beau jusqu’à (5 h. ; puis très nuag.: couvert 1 après-midi ; pluie de 19 à 21 b.
- Jeudi 12 14",9 S. 5. Couvert. 5,1 Eclaircies à 17-18 h.: couvert du reste; pluie à diverses reprises.
- Vendredi 15 8%('> S. W. 2. Peu nuageux. 1,7 Nuageux jusq. 15 h. ; beau ensuite; lumière zodiacale.
- Samedi 14 o°,i U. N. E. 1. Beau. 0,0 Peu nuageux de 8 à 12 b. ; beau avant et après; brouillard jusqu a 7 b. ; halo.
- Dimanche 15 5°,ti N. E. 5. Nuageux. 0,0 Nuageux ; lumière zodiacale ; gelée blanche ; halo.
- OCTOBRE 1899. -- SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 OCTOBRE.
- Dundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi j Dimanche |
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- isssss
- •* La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 : les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse. les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la merj; courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri A boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE .
- Inondations cil Italie. — Dans la région de Salerne. en Italie, à la suite de pluies torrentielles, de grandes inondations ont eu lieu le 9 octobre. La marelie des trains a été suspendue. Il y a eu des victimes, dont on ne peut pas encore exactement énumérer le nombre. On sait cependant qu’à Molina il y a cinq morts et quinze blessés. M. Laça va, ministre des travaux publics, s'est rendu à Salerne.
- Orage à Marseille. — Un orage d'une grande violence a eu lieu le il octobre à Marseille et a duré de 8 à 11 heures. La pluie est tombée avec une abondance telle que la circulation dans les rues est devenue impossible même pour les voitures et les tramways. Rue Thubaneau. la toiture d'une maison s'est effondrée et les habitants ont dû être recueillis par les voisins. Presque toutes les caves du cours Belsuuce ont été inondées et les travaux pour la décoration de la ville à l'occasion des prochaines fêtes ont été fortement endommagés. Les rues du quart ica des Chartreux ont été inondées par le débordement du Jarret. Dans les environs, les chemins ravinés sont impraticables. On a signalé quelques accidents sans importance et des dégâts causés par la foudre.
- I.a pluie en France. — Depuis le commencement du mois d'octobre, la pluie est très variable en France. Le 5 octobre, on a recueilli 7 mm d’eau à Bordeaux, 2 à Nantes,'2 à Brest. 1 à Paris. Le 6 octobre, il y avait 11 mm d'eau à Belfort. 5 à Limoges, 4 à Biarritz. 1 à Boulogne ; le 7 octobre, on comptait 12 mm d’eau à Gap, 52 à Toulon, lti à Nice. 10 à Clermont et 10 à Nantes. Le 9 octobre, on signalait seulement, 1 mm d’eau au Puy-de-Dôme; le 10 octobre, on notait 1 mm d’eau au mont Ventoux. Le 12 octobre, on recueillait 79 mm d'eau à Marseille, 58 à Biarritz. 25 à Nantes, lia Brest, 5 à Paris.
- Tremblement* de terre. — Le 10 octobre, à 4 heures du matin, une oscillation sismique a été ressentie à Ouimper. à Douaruenez et sur le littoral de la baie jusqu’au cap Sizun. Cette oscillation a duré trois à quatre secondes et a été accompagnée d’un bruit souterrain d’une certaine intensité/ Les meubles ont été fortement agités et plusieurs personnes réveillées dans leur lit.
- Une dépêche de Batavia a annoncé un violent tremblement de terre sur la côte sud de l’île Ceram, aux Indes néerlandaises.'La ville d’Anialsei est complètement détruite. Le nombre des morts est évalué à KM K) et celui des blessés à 500. L’île de Ceram est une des iles Moluques.
- "PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 12 à 0 h. l‘t m. du matin.
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- (fl N° 1379 (28 octobre 1899), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de
- Supplément réservé au* abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— M. le ministre des Affaires étrangères a informé l’Académie, par l'entremise de M. le ministre de l’Instruction publique, que le « Cercle industriel agricole et commercial » de Milan a décidé d’offrir une médaille d’or à l’inventeur du meilleur appareil ou à la personne qui fera connaître la mesure la plus efficace contre les accidents du travail des ouvriers électriciens. Le concours ouvert à cet effet est international.
- —g— M. Mougeot, sous-secrétaire d’Etat aux postes et télégraphes, doit soumettre à la ratification du Parlement la convention qu’il vient de passer avec le gouvernement allemand, aux termes de laquelle seraient établies deux lignes téléphoniques, l’une entre Paris et Berlin, l'autre entre Paris et Francfort.
- —g— M. Dybowski, directeur du jardin colonial de Nogent-sur-Marne, vient d’ètre nommé commissaire spécial chargé d’organiser l’exposition des cultures coloniales en 1900, sous la direction du délégué des colonies et pays de protectorat,
- —g— On se demande souvent si les travaux de la grande ligne du Métropolitain Vincennes-Porte-Maillot-Porte-Dauphine seront achevés pour l’ouverture de l’Exposition de 1900. D’après les renseignements recueillis, la réponse est des plus rassurantes. La ligne comprend 11 000 mètres de souterrain et 23 stations ; à l’heure actuelle, la voûte est construite sur 10200 mètres et 21 stations sont entièrement construites. 11 est donc presque certain que la Ville de Paris pourra livrer le souterrain à la Compagnie concessionnaire dans le courant du mois de février 1900.
- —g— Depuis le 14 octobre, un banc de pieuvres s’est étendu depuis le Havre jusqu’à Trouville et Ronfleur, et cause aux pêcheurs de ces localités de graves dommages, tant pour leur pêche que pour leurs engins. La mer est par instants complètement infestée d’un nombre considérable de poulpes, dont certains ont des tentacules de plus d’un mètre de longueur. Il y en a qui pèsent plus de 6 kilogrammes. La capture de ces pieuvres qui se chiffre quelquefois par 3 ou 400 par coups de chalut, occasionne très souvent la perte de ces filets. Parfois les ventouses des tentacules de ces voraces animaux, passant à travers les mailles du filet, se collent le long de la muraille du bateau avec une telle ténacité qu’il faut avoir recours au pic, à la pelle et à l’eau bouillante pour les en détacher. Enfin lorsqu’après un travail pénible, les pêcheurs sont parvenus à embarquer les pieuvres à nord, ils sont encore obligés de lutter avec elles pour leur couper la tète. Semblable invasion ne s’était point vue sur nos côtes depuis 1809.
- —g— L’ne grève d’un genre nouveau vient d’éclater à Londres. Eelle des aveugles qui fabriquent des brosses pour une Société de charité. Ils se plaignent des gages dérisoires qu’ils obtiennent, et <jui sont, assurent-ils, juste suffisants pour ne pas mourir de faim; ils ajoutent que depuis longtemps on leur a promis des augmentations de salaires qui n’ont jamais été données. Plusieurs Unions et Sociétés amicales de Londres ont pris fait et cause pour les revendications de ces pauvres gens et doivent faire un meeting en leur faveur dans Trafalgar Square prochainement.
- Une autre grève peu commune a été celle des garçons employés à Manchester par la Compagnie du General Railvvay; elle a échoué et les enfants ont été obligés de reprendre le travail aux anciennes conditions. Pendant la grève, ces enfants ont tenu des meetings, prononcé des discours, et passé des résolutions avec toute l’assurance •d’hommes faits.
- —g-— Navires de guerre en station dans les mers de Chine. Dans les mers d'Extrême-Orient, il y a actuellement en station 101 navires de guerre européens. La Grande-Bretagne tient la tête avec 35 bâtiments, les Etats-Unis viennent ensuite avec 22; puis la Bussic avec 19 avant la France qui n’en a que 10. Les autres
- nations sont : l’Allemagne, qui en a 8; l’Italie 5 et enfin l’Autrieht et le Portugal qui ont chacun un navire de guerre.
- —(g)— Pendant le grand ouragan qui a ravagé Porto Rico au mois d’août dernier, la vitesse du vent a varié depuis 56 milles jusqu’à 140 milles à l’heure. Jusqu’à présent la vitesse enregistrée dans ces parages n’avait pas dépassé 80 milles à l’heure. Le baromètre est tombé à 28 pouces 6 ce qui est la lecture la plus basse qu’on ait jamais enregistrée aux Antilles sur le versant de l’Atlantique.
- —(g— Le ballon l'Aéro-Club, parti la semaine dernière de Paris, monté par le comte Henri de La Vaulx et le comte de Castillon de Saint-Victor, a atterri près de Commerey, après un voyage de deux-jours à travers la France par l’Ouest, le Sud et l’Est, battant ainsi le record de durée du monde aérostatique, par 29h 5m sans escale, et 55h 35m avec escale.
- —g— Les importations de matériel de chemins de fer venant d’Europe ont considérablement augmenté l’année dernière pour le, Guatemala. L'Allemagne en a fourni pour £ 23 911, la Grande-Bretagne pour £ 6160 et les Etats-Unis pour £ 4200. L’année précédente les Etats-Unis venaient en premier avec £ 18 000. L’Allemagne n’avait alors que la deuxième avec £ 4000 et l’Angleterre n’avait fourni que £ 2000.
- —g— La Compagnie Hambourgeoise américaine continue ses expériences de pigeons-voyageurs sur la ligne New-York-Hambourg. Dernièrement un pigeon iâché à mi-distance entre ces deux forts, au milieu de l’Atlantique, soit à 1500 milles marins environ de Hambourg, est revenu à son colombier en un peu moins de deux jours.
- —g— La Ville de Paris a terminé les travaux qu elle a entrepris dans les terrains de la presqu’île de Saint-Germain en vue de l’utilisation agricole des eaux d’égout. Le rapport de la Commission de surveillance constate que, depuis une année, les irrigations sur la totalité de ces terrains, qui contiennent environ 1000 hectares, ont presque atteint le maximum autorisé par la loi du 4 avril 1889. D’après les renseignements donnés par l’ingénieur en chef des travaux d’assainissement de la Seine pour la période du 1er mars 1898 au 28 février 1899, les déversements représentent un volume de 39670 475 mètres cubes, c’est-à-dire moins de 40 000 mètres cubes par hectare et par an, chiffres fixés par la loi. La Commission, dans ses diverses visites, a constaté que l’épandage continue à être fait, sans formation de mares stagnantes, dans des conditions satisfaisantes, et que les eaux déversées, tant dans le parc agricole d’Achères que dans le domaine municipal des Fonceaux, ne retournent au fleuve qu’après avoir été épurées par le sol.
- —g— On vient de mettre à l’eau la canonnière Zélée, qui était en construction à Rochefort. Les caractéristiques de cette canonnière sont : longueur, 56'”,19; largeur au fort, 8“,04; creux sur fond de carène à la ligne droite des baux du pont principal, 4m,39 ; déplacement, 646tonn,89’4; vitesse makima, lo nœuds; puissance correspondante, 900 chevaux; machine horizontale à triple expansion, actionnant une hélice, 2 chaudières NiclausSe. Armement : 2 canons de 100nm, 4 canons de 65, 4 canons de 37. Toute l’artillerie est à tir rapidé.
- —g— La police en automobile. 11 faut croire que, décidément, l’automobilisme est en train d’acquérir droit de cité partout et dans tous les corps de métiers, car on apprend chaque jour qu’il est l’objet d’une nouvelle application. Hier c'étaient les pompiers qui prenaient à se faire transporter en automobile, aujourd’hui c’est la police qui suit le même exemple. Du moins c’est ainsi que cela se passe dans quelques villes des Etats-Unis, et notamment à Hartford, dans le Connecticut. La brigade de police de cette ville va posséder à la fois des voitures automobiles de patrouilles, des voitures d’ambulance et jusqu’à des « paniers à salade », autrement dit des voitures cellulaires, dont la propulsion sera assurée par des moteurs au lieu de chevaux. On ne dit pas si les prisonniers se montrent particuliérement satisfaits de cette transformation dans le moyen de déplacement qu’on leur offre.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le transformateur à interrupteur électrolytique est construit par M. E. Chomeau, 33, passage du Havre, à Paris.
- Communications. — M. Le Tourneau, à Paris, à propos de notre récent article sur les Blattes (n° 1376, du 7 octobre 1899, p. 500), nous écrit : « Je crois devoir vous signaler un mode de destruction qui m’a absolument réussi à plusieurs reprises. Il suffit de mettre dans les coins chauds et obscurs de la cuisine, spécialement sous le fourneau et derrière les boîtes à charbon, des petits morceaux de papier sur chacun desquels on a déposé gros comme un pois de pâte phosphorée qu’on trouve chez les pharmaciens. Remplacer ces papiers tous les deux jours jusqu’à ce qu’on ne voie plus de cafards, c’est-à-dire pendant environ quinze jours. Continuer ensuite à renouveler les papiers tous les 8 ou 10 jours. Si l’on néglige cette précaution, les cafards se reproduiront et ce sera à recommencer. J’en avais partout : salon, chambres, etc., et ce simple moyen m’en a débarrassé ».
- M. A. Mathel,:d Bordeaux, à propos de la Communication de M. F. de Camargo sur l’élevage des poussins au Brésil (Communications du n° 1375 du 50 septembre) nous écrit :
- (( Le mode qu’il signale et préconise se rapproche à peu de chose près de celui que pratiquait notre mère, il y a déjà plus de 50 ans, dans notre propriété sise dans le Tarn-et-Garonne, lequel consistait à prendre un jeune chapon (en général tous les chapons sont jeunes) auquel on ingurgitait de force de la mie de pain mouillée de vin, et jusqu’à ce qu’il fût dans un état d’ébriété très complet; on le couchait dans cet état sur des œufs déjà couvés par une poule et on le recouvrait par un treillis spécial en osier; un ou deux jours après les jeunes poussins naissaient sous lui. 11 est certain que les rêves plus ou moins dorés, que lui avait procurés son état d’ébriété lui faisait croire qu’il était sinon la mère, tout au moins le père de cette nombreuse progéniture, et que conséquemment, il devait avoir à cœur de leur consacrer tous ses soins; en effet, il s’acquittait de ces soins avec un dévouement sans pareil, il fallait le voir la tète haute, l’œil au guet, gloussant pour appeler ses poussins pour leur désigner un bon repas, ou les rassembler en cas de danger, lorsqu’un oiseau de proie planait au-dessus de la propriété. Si le maraudeur se rapprochait par trop, ses poussins tous rassemblés autour de lui, il se mettait sur son dos, ses ailes entr’ouvertes, prêtes à enserrer si possible l’intrus, les pattes bien armées repliées sur son corps, le bec bien tendu en avant, prêt à écharper le malotru, qui du reste ne s'approchait jamais de cette forteresse. Bien des curieux sont venus voir ce système d’élevage des poussins et se retiraient émerveillés des résultats. Le dévoué chapon n’avait cure des nombreux quolibets que chaque visiteur lui décochait avant son départ et en cela je l’approuvais de tout cœur. »
- M. Hébe 't, à Paris, nous adresse la lettre suivante : « Je crois me rappeler avoir lu jadis, dans votre journal, un article relatif à un caniche fort intelligent que son maître a dressé dans le rôle de garde-barrière de chemin de fer. Ce caniche appartient à un cordonnier de Neufchâtel en Bray, du nom de Turpin. Lorsque le train est en vue de sa maison, Marquis, — tel est le nom de l’intelligent animal, — le chef coiffé d’un polo rouge, portant à la gueule une trompette surmontée du drapeau rouge, soi t de sa cabine, ferme la barrière qui glisse sur des rails, et salue imperturbablement les voyageurs du train. Le train passé, il referme la barrière et se repose, parfois avec une pipe à la gueule, pour recommencer le manège au train suivant. De passage à iNeufchâtel dernièrement, j’ai pris la photographie de l’animal. Je vous en envoie une épreuve espérant qu’elle vous intéressera ainsi que vos lecteurs. » Nous avons, en elfet, reçu une photographie curieuse qui représente l’animal en question ; nous remercions notre correspondant de nous ’avoir adressée.
- Renseignements. — M.1 V. B., à Coulours (Yonne). — Vous pourrez vous procurer des masques respiratoires chez MM. À. Weil et L. Dreyfus, 5 bis, rue Barbés, et chez M. Dondel, 24, rué du Pressoir, à Paris. Nous avons également décrit les masques Detroye dans le n° 1294 du 19 mars 1898, p. 251; ces appareils sont construits-par M. J. Bellot, à Champeix (Puy-de-Dôme).
- L’abonné 7952, à Paris. — Nous n’avons pas d’autres ren-, seignements que ceux qui ont été publiés ; vous pourrez vous procurer de la viscose et du viscoïd chez M. Thomas, 15, rue d’Enghien, à Paris.
- M. A. C., à Paris. — La formule de cette composition a été donnée dans les Recettes et procédés utiles du n° 1546, du II mars 1899.
- M. L. Leg de V., à Vienne. — 1° Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés. — 2° 11 faut vous renseigner auprès d’une agence de brevets. — 5° Vous pouvez toujours nous envoyer votre article; s’il nous paraît intéressant, nous l’insérerons.
- M. E. F., à Bruxelles. — Nous ne croyons pas que des ouvrages spéciaux ou brochures aient été publiés sur cette question.
- Un abonné, à Malmerspach. — 1° Lampes portatives à acétylène : M. Chasles, 7 bis, rue du Louvre; M. Ch. Chardin, 5, rue de Chàteaudun. Appareils Trouvé : MM. Cahen et Dover, 94, boulevard Richard-Lenoir, à Paris. — 2° Lampes à pétrole et à bec Auer : M. Ferrary, 31, boulevard Haussminn; M. Guil-Jem, 4, rue de l’Atlas; MM. Reich et Cie, 48, rue de Paradis, à Paris.
- M. Ch. E. Bretegnier, à Davos-Platz. — Nous ne retrouvons pas l’annonce dont vous voulez parler; en tout cas, nous ne connaissons pas cet appareil. Pour tout ce qui concerne les annonces, il fiiut vous adresser à l’Office de publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- Un abonné, à Paris. — Nous avons bien reçu votre envoi ; le cas est rare, mais déjà connu.
- M. G. Mercier, à Paris. — Nous n’avons jamais eu l’occasion de faire fonctionner l’appareil; mais d’après les renseignements qui nous en ont été donnés, l’appareil est sans danger et la pression du sac est suffisante.
- M. Pointe, à Vertus. — Nous avons retrouvé le procédé que nous avons indiqué qpour l’extraction de l'étain des résidus de fer-blanc, dans le n° 757, du 5 décembre 1887, p. 14. Ce procédé consistait à attaquer les résidus de fer-blanc à 400° en vase clos, par le gaz chlore ou le gaz acide chlorhydrique ; on recueillait le chlorure d’étain qui distillait dans un condenseur, ou le chlorure formé dans l’eau par simple lavage.
- M. C. Nantis, à Paris. — Le castel Béranger, que nous avons décrit dans le n° 1375 du 30 septembre, p. 276, se trouve 16, rue Lafontaine, à Auteuil.
- il/. E. Desserée, à Epinal. — Nous vous faisons envoyer le numéro que vous avez demandé.
- M. Berllielot, à Paris. — Nous allons publier prochainement un article sur ce sujet.
- il/ le D' P. Ménieres, à Paris, — Nous vous conseillons de lire l’ouvrage de M. Baudry de Saunier. U automobile théorique et pratique chez l’auteur, 22, boulevard de Villiers, à Neuilly-Levallois.
- Accusés de réception. — Avis divers.— M. D. B., à Paris. Nous no croyons pas qu'un appareil «le ce genre ait déjà été construit. — M. L. Slirand. à Paris. Il serait nécessaire de faire dés essais pour pouvoir vous répondre. — M. D. L.,h Brest; M. Geori/ct. à Lille, Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 1" série, à la librairie Masson et C‘“. — M. Dupont, à Nice; M. Lelargc, à Brest Celte recette se trouve dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. Leblanc, à Rouen; M. bidon. à Lille. Remerciements pour vos communications.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour nettoyer le cuivre. — Voici, d’après une publication allemande, un composé qu’on recommande comme excellent pour nettoyer le cuivre, et qui a l’avantage de pouvoir se présenter sous la forme d’une pâte, quand on réduit la quantité d’eau entrant dans la formule. Un prend une partie en poids d’acide chlorhydrique à 40 pour 10Û, 5 parties de tripoli de \enise, finement pulvérisé, et 4 d’eau. La pâte ainsi composée est appliquée au moyen d’un chiffon sur l’article à nettoyer, et on le frotte ensuite avec un chiffon sec jusqu’à obtenir le brillant voulu. On peut aussi former le composé de 4 parties d’acide tartrique, d’autant de tripoli et de 5 d’eau.
- Dans a « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- nouv;;: les scientifiques.
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- PETITES 'INTENTIONS1
- Attache-nappe à ressort. — Ce petit appareil, très solidement construit et nickelé, se compose d’une équerre en métal (n° 1) sur laquelle glisse une patte montée sur un ressort, de telle sorte qu’il suffit de pousser en bas la patte pour l’installer instantanément. Cette attache fixe la nappe d’une façon parfaite (n° 2) et évite l’ennui d’avoir, pour obtenir un même résultat, à nouer les coins de la nappe autour des pieds
- Atlache-mippe â ressort.
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- de la table. L’attache-nappe rend les plus grands services pour fixer la nappe sur une table en plein vent, évitant ainsi que le vent s’engouffre sous la toile; comme dans une pièce close ou dans une autre pour éviter que les enfants, en tirant la nappe dans un sens, compromettent la sécurité des couverts et des plats. On place l’atlache-nappe aux quatre coins de la table de façon à tenir la nappe immobile et bien tendue. Les ressorts sont disposés de manière à s’adapter sous la table quelle que soit l’épaisseur de la tablette. — Le constructeur de l’at-tache-nappe est M. Kratz-Boussac, 5, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Serrure à lançant «le sûreté. — Les serrures actuellement en usage pour la lermeture des portes extérieures de maisons ou d’appartements présentent l’inconvénient de n’offrir aucune garantie contre l’eilraction lorsqu’elles ne sont fermées qu’au simple tour. La figure 1 représente une de ces serrures. Comme on le voit aisément il suffit d’introduire, à défaut de
- Fig. 1. Serrure ordinaire. — Fig. 2. Serrure à tançant de_sûrelé. j
- clef, une lame ou crochet dans le trou de la serrure et d’exercer une pression sur la partie S du levrier V pour faire mouvoir le lançant L et ouvrir la porte. Les nombreux vols de vestibules prouvent que les cambrioleurs savent profiter delà facilité qu’on leur laisse de pénétrer le jour dans les maisons. — Un de nos abonnés a imaginé une disposition nouvelle, d’une extrême simplicité, au moyen de laquelle le lançant est commandé par le pêne et ne peut dès lors plus être actionné que par la clef s’adaptant aux combinaisons de ce dernier. — A cet effet Je lançant L (fig. 2), et le pêne P sont munis de deux ergots A et B disposés vis-à-vis l’un de l’autre et à une distance telle qu’ils soient au contact lorsque le double tour est ouvert, c’est-à-dire
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des velle.i xcienlifiquex est étrangère au\ annonces.
- lorsque le pêne est arrêté et ne forme plus saillie à l’extérieur de la serrure. Un demi-tour de clef prolonge le mouvement du pêne vers l’intérieur de la serrure et celui-ci, au moyen des ergots, entraîne le lançant, qui s’ouvre à son tour. 11 est donc impossible d’ouvrir de l’extérieur le lançant sans faire usage de la clef qui actionnne les peignes G du double tour. Quelques-uns de ceux-ci sont cependant disposés de façon à n’agir sur le pêne que dans la première partie de sa course, c’est-à-dire, dans son mouvement à l’exiérieur de la serrure et à ne pas entraver son mouvement prolongé vers l’intérieur. La serrure conserve ainsi l’avantage d’être munie de clefs n’ouvrant que le simple tour et de clefs ouvrant à la fois le simple et le double tour. Pour compléter la description, nous ajouterons que R est un ressort ordinaire actionnant le lançant ; II est un guide destiné à maintenir le pêne dans son mouvement prolongé à l’intérieur. Celte serrure ne comportant que des pièces simples et massives est à la fois d’une construction aisée et à l’abri des détériorations. — Pour tout ce qui concerne cette nouvelle serrure, s'adresser à M. Julien Walekiers, 209, rue de la Loi, à Bruxelles.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L'angine de poitrine des écrivains.
- L'angine de poitrine est une affection fort grave due à une altération des vaisseaux du cœur, des artères coronaires, qui se traduit par des crises angoissantes précordiales, avec défaillance et qui peut, lorsque la crise est trop violente, amener une mort subite. Mais il existe de fausses angines de poitrine; ce sont des accès douloureux dans la région du cœur provoqués par de s:mples spasmes nerveux, dus le plus souvent à l’empoisonnement par le tabac, comme chez les fumeurs invétérés, quelquefois à des causes purement nerveuses, surmenage physique ou moral.
- Le I)1' MusgraVe cite des cas d’accès d’angine de poitrine, de pseudo-angine, chez des écrivains. L’accès, pour être moins grave et moins dangereux que dans le cas d'angine vraie, n'en est pas moins très douloureux et peut être suivi de collapsus grave. On l’observe surtout chez les gens de lettres, les savants, les comptables qui, pressés par un travail important, se mettent à leur bureau, immédiatement après le repas et écrivent avec une soi'te de rage fébrile. Au bout de quelques instants, l’écrivain est saisi par une douleur brusque de la légion précordiale, il éprouve de l’oppression, de l’angoisse (d’où le nom d’angine de poitrine), des palpitations, puis une tendance à la défaillance avec sueurs froides. S’arrête-t-il un instant, le trouble passe peu à peu, pour reparaître s’il reprend la plume trop vite.
- Uet accès tient à deux causes, d'abord à la surexcitation nerveuse, augmentée encore si l’on écrit peu après le repas, [mis à la position du corps courbé en deux sur la table. Bans cette attitude, la respiration ne se fait pas avec l’amplitude nécessaire et elle se fait d’autant moins que le sujet absorbé par l’idée qu’il couche sur le papier oublie en quelque sorte de dilater son thorax, de respirer à pleins poumons. La circulation se ralentit, s’engage et chez des sujets un peu prédisposés il peut y avoir une crise angineuse.
- Le remède est simple : d’abord ne pas travailler en sortant de table, puis travailler sur un bureau un peu élevé, écrire debout, comme le faisaient quelques grands écrivains, Victor Hugo notamment, enfin, prendre de temps à autre un peu de repos, faire une pause qui laisse les muscles du bras et de l’avant-bras se délasser, le système nerveux se détendre et la tension cérébrale s’amoindrir. J’ai observé pour mon compte, non pas des accès angineux, mais de véritables crampes épigastriques dues certainement à un processus analogue. Dr X.
- ' La constipation et l'ipéca.
- D'après M. le Dr R. Blondel, dans la Revue de thérapeutique et de médecine, l’ipéca serait un excellent remède contre la constipation.
- L’action de l’ipéca sur les sécrétions intestinales est analogue à celle qu’il possédé comme excito-moteur de l’estomac. Ce pouvoir excito-moteur, l’ipéca le justifie au même degré pour 1 intestin, et après son emploi, les selles se régularisent d’une façon remarquable, parfois même avec légères coliques, et cela pendant plusieurs jours consécutifs après l’emploi de la drogue. Mais l’ij.éca par la voie buccale, même additionné de menthol, reste encore assez nauséeux pour beaucoup de personnes, et, pour son ingestion, la forme la plus commode est le lavement.
- On prescrit un lavement de 150 grammes (un grand verre
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- d'eau) où l’on ajoute une cuillerée à café (une demie pour commencer) d’une solution aqueuse d’extrait d’ipéca :
- Extrait aqueux d’ipéca.............10 grammes.
- Eau distillée......................50 —
- Le lavement renferme donc de 0“'r,40 à 0er,80 d’extrait, ce qui correspond à 2 ou k grammes de poudre. Cette dose a paru exagérée à quelques-uns. Cependant elle est toujours admirablement supportée, et des malades usant de ce procédé 2 fois par semaine en moyenne depuis 5 ou 4 ans, d’une façon presque continue, jamais ne s’en sont plaints. Il ne se produit aucun goût nauséeux, jtas même de salivation. Ce lavement est gardé jusqu’à absorption, ce qui demande une demi-heure en moyenne; la chose est beaucoup facilitée si le lavement est
- pris le matin au lit et si le malade ne se lève qu’une demi-heure plus tard.
- Il va sans dire que le régime devra être surveillé.et renfermer, bien entendu, le plus de végétaux possible, des matières grasses dans la mesure de ce que l’estomac pourra tolérer et que l’exercice sera recommandé. L’ipéca, pas plus qu’aucun autre remède, ne peut avoir la prétention de mettre à l’abri de la constipation tous ceux et toutes celles qui, en dehors de cela, feront tout ce qu’il faut pour rester constipés. Il réclame même son droit à une certaine proportion d’échecs, comme tout agent thérapeutique. Quoi qu’il en soit, il mérite de prendre une place honorable dans une liste de médicaments où le médecin, trop souvent embarrassé, n’aura jamais trop de choix.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30).] — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLOIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 octobre . . 8-,5 E. 2. Nuageux. 0,0 Nuageux jusqu’à 8 h. ; beau ensuite ; lumière zodiacale.
- Mardi 17 ’ 5”,9 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Pas trace de nuage.
- Mercredi 18 3°,1 N. N. E. 2 Beau. 0,0 Beau ; gelée blanche.
- Jeudi 19 T-,8 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau; gelée blanche.
- Vendredi 20. . . . . 2”,1 N. E. 2. Très nuageux. 0,0 Peu nuageux de 7 à 17 h. ; beau avant et après; gel. lil.
- Samedi 21 — 0°,G E. N. E. 0. Beau. 0,0 Beau; brouillard léger dans la soirée.
- Dimanche 22 ... . 2-,0 Calme. Peu nuageux. 0,0 Beau; brouillard jusqu’à 8 h. ; revient après 21 h. ; g. ht.
- OCTOBRE 1899. -- SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 OCTOBRE.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 u 10: les fléchés inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu i.iiuiijiieul : Jurlie épaisse, les pressions barométriaues (baromètre ramené à 0. nu niveau de la merj; courbe plus mince, thermomètre A l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Tempêtes en Espasne. — Une série de tempêtes viennent de s’abattre sur l’Espagne à la date du 16 octobre 1899.
- A Barcelone, la pluie a interrompu la circulation des tramways et des voitures.
- Au village de Puebo-Nuevo, près de Barcelone, un incendie, attribué à la Coudre, a détruit une raftinerie de pétrole.
- Dans la province de Malaga, à Don Iîenito, la grêle a détruit la récolte des olives. A Villanueva Serena. les maisons ont été inondées. La foudre a tué une personne et en a blessé trois.
- Les communications ont été difticiles pendant plusieurs heures.
- Orages et inondations en Italie. — Dans l'après-midi du 17 octobre, une trombe, mêlée de grêle et de tonnerre, a éclaté sur Rome. Beaucoup de caves ont été inondées, ainsi que plusieurs rues. Pendant un instant, l’église Saint-Pierre a été entourée d'eau. Le forum romain a été inondé.
- Les dégâts sont peu importants. La circulation sur quelques lignes de chemins de 1er, entre Rome et Pise, a été interrompue.
- A Lecco, un violent orage a dévasté la commune de Sau-Giorgio, détruisant l'église et plusieurs maisons. On a constaté trois accidents de personnes. Les dommages causés dans la province ont été importants.
- A Saii-Giorno, le torrent débordé a entraîné un pont et vingt maisons. La foudre est tombée sur l’église de Montemesola pendant la messe, tuant 5 personnes et en blessant il). L’église de Carosino aussi a été très endommagée. i.
- De violents orages se sont également abattus kur Pise et les environs. A la suite de fortes pluies, le torrent de Cornia a débordé, inondant le territoire de Campigli, et causant de grands dégâts dans les campagnes. Des bestiaux ont péri. La circulation a été interrompue sur les ligues de Pise à Rome et de Campiglia à. Piombiuo. Le torrent de Focuna a débordé. La circulation a été également interrompue sur la ligne de Lucignano à Sinalunga.
- PHASES DE LA LU.NE : P. L. le 18 à K) h. H m. du soir.
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- H° 1380 (4 novembre 1899), du journal « LA NATURt »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- DEUXIÈME EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “LA NATURE”
- DE L’OCÉAN A LA MÉDITERRANÉE PAR LES PYRÉNÉES
- 25 Août — 7 Septembre 1899
- EXPOSITION PE PHOTOGRAPHIES
- Nos Lecteurs se souviennent que nous avons ouvert un CONCOURS DE PHOTOGRAPHIE entre ceux de nos Abonnés qui ont pris part à la deuxième excursion de LA NATURE, de l’Océan à la Méditerranée. Nous avons reçu un grand nombre de photographies et d’agrandissements que nous exposons dans nos bureaux. 120, boulevard Saint-Germain. L’EXPOSITION sera ouverte du 2 au 11 novembre (le dimanche 8 excepté) de 9 heures du matin à midi et de 1 heure 1/2 à 6 heures du soir.
- INFORMATIONS
- —%)— Nous rappelons aux amateurs le grand flux d’étoiles filantes des Lêonides des 15, 14 et 15 novembre. Le maximum observé tous les 55 ans revient cette année. Il sera bon d’observer le ciel dès le 10 novembre.
- —#— On a inauguré samedi 28 octobre une plaque commémorative en bronze incrustée dans la clef de voûte du pont de la Gironde sur le canal, en souvenir du regretté M. Humblot. Sur la plaque, on lit . « A. F. E. Edmond Humblot, inspecteur des ponts et chaussées, directeur du service des eaux de la ville de Paris. 10 avril 1850-12 janvier 1890. La Batellerie reconnaissante, la Chambre syndicale de la marine, le Syndicat du bassin de la Villette et des canaux adjacents ». Les canaux visés sont au nombre de trois : -Saint-Denis, Saint-Martin et de l’Ourcq.
- —<8— Cette semaine ont commencé les expériences du concours des moteurs organisé par la Locomotion automobile. Il s’agit d’être fixé sur la véritable puissance des moteurs des motocycles et des automobiles. Il est évident que les puissances déclarées sont en général loin d’être exactes. Voici du reste le but précis de ce concours qui a son importance. 1° Mesures au frein de la puissance effective des moteurs actuels. 2° Tableau des capacités des cylindrées complètes des moteurs soumis à ces expériences. 5® Tableau des capacités des chambres d’explosion des mêmes moteurs. 4° Evaluation du travail de rendement à la jante du travail moteur de ces voitures : c’est vous dire que ces indications seront précieuses pour les -constructeurs, elle leur indiquera de façon certaine les résistances passives engendrées par le dilférentiel, les embrayages, frictions, changements de vitesse, etc. 5° Evaluation approximative de la température des culasses de moteur après un travail exécuté dans Tes conditions ordinaires de roulement des voitures, c’est-à-dire avec la circulation d’air provoquée par la vitesse du véhicule. Les mêmes expériences auront lieu à poste fixe. 6° Evaluation approximative de la température des gaz d’échappement. 7° Unification de la puissance effective des moteurs à essence d’après les alésages et les pourscs, en'prenant des moyennes sur les moteurs les plus à point et sans tenir compte des variations provenant d’une construction défectueuse ni de l’emploi irrationnel de la source d’énergie, c’est-à-dire du carburateur employé.
- —<§>— Deux ingénieurs, MM. A. Pollak et J. Virag ont combiné un nouveau système de télégraphie à grande vitesse permettant de transmettre jusqu’à 40 000 mots par heure. Des expériences officielles
- ont été faites avec succès en présence des représentants des gouvernements autrichien, allemand, français et américain, et cela pendant plusieurs nuits consécutives. On se sert d’un long ruban de papier perforé et sensibilisé au gélatino-bromure sur lequel on photographie au fur et à mesure les points et les traits de l’alphabet Morse, reçus et amplifiés au préalable par un miroir oscillant. Nous reviendrons sur le système Pollak et Virag.
- —(g)— Un comité d’initiative pour élever un monument à Scheurer-Kestner s’est réuni, le 21 octobre, à l’Hôtel des sociétés savantes. Ce comité a été informé que le montant de la souscription déjà ouverte s’élève en chiffres ronds à la somme de 50 000 francs. Il a résolu d’attendre que le chiffre définitif de la souscription soit connu avant de décider l’emploi qui en sera fait.
- —®— La commission de la Société astronomique de Saint-Pétersbourg, présidée par le professeur Glasenapp, et chargée de re viser le calendrier russe de façon à le mettre d’accord avec le calendrier grégorien adopté en Occident, s’est arrêtée aux conclusions suivantes : Il est impossible actuellement d’entreprendre une transformation radicale du calendrier russe. Le plus difficile est de concilier les deux styles en ce qui concerne les jours de fêtes. Il sera indispensable de préparer les populations à la réforme projetée : à cet effet, on devra les familiariser avec le nouveau style en rendant obligatoire l’apposition de la date selon les deux styles sur toutes les pièces de caractère tant privé qu’officiel.
- —(|D— Congrès de sauvetage et des premiers secours en 1900. Le 17 juillet 1900 s’ouvrira un Congrès de sauvetage et de premiers secours dans lequel seront étudiées toutes les formes du sauvetage et tous les moyens de secours, sur mer, sur terre, dans l’eau et dans le feu, ainsi que les services d’ambulances et de brancardiers en temps de paix et en temps de guerre. Le bureau de la Commission d’organisation est formé par MM. Boucher-Cadart président, Cacheux et Brossard de Corbigny, vice-président ; Gabriel Goudeau et Félicien Michotte, secrétaires généraux ; Dr Baret, de Baker, M. Frébeault, secrétaires.
- —®— Au cours des recherches et fouilles entreprises dans la région de Timgad, M. Ballu, architecte des monuments historiques, vient de découvrir un des thermes dans un remarquable état de conservation. Ils se composent de trois grandes salles bordées de * nombreuses piscines et bains chauds ; les murailles sont décorées d’inscriptions grecques, de personnages en costume byzantin, d’animaux et de magnifiques mosaïques. Cette découverte présente tu* grand intérêt.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le multiphône, s’adresser à M. J. Dussaud, 160, boulevard Péreire, à Paris. — Pour le' robinet curieux, s’adresser à M. C. R. Ziégler, à Berne.
- Communications. — M. Raphaël Lavigne, directeur de l’usine électrochimique des Pyrénées, à Oloron-Sainte-Marie, à propos de notre récent article sur La production industrielle de l'ozone; ozonateun rotatifs de M. Otto (n° 1377, du 14 octobre 1899, p. 311), nous écrit qu’il obtient par l’élec-trolyse un gaz rigoureusement pur, puisqu’il provient de la décomposition de l’eau distillée. Avant d’être emmagasiné dans les récipients de transport, l’oxygène est soigneusement desséché, ce qui le rend éminemment apte à absorber des principes médicamenteux, ainsi, qu’à la préparation de l’ozone. On sait, en effet, que ce gaz se transforme en ozone dans une proportion d’autant plus grande qu’il est plus pur, plus sec et à une température moins élevée. II est livré à la pression de 120 atmosphères dans des tubes d’acier étiré très légers, qui en facilitent le transport et l’usage. Ces tubes très résistants sont préalablement éprouvés à une pression de 250 atmosphères, ce qui offre toutes garanties de sécurité pour leur manipulation.
- M. Reynès, à Perpignan, nous écrit : « Au sujet des billes de verre dont il est question dans votre chronique du n° 1378 du 21 octobre 1899, je dois vous dire que j’emploie, depuis de nombreuses années, pour mettre mes révélateurs photographiques à l’abri de l’oxygène, un simple tube creux en verre pouvant glisser à frottement dur dans le bouchon des bouteilles contenant les liquides altérables à l’oxygène de l’air. Cette solution est très simple et permet de procéder à un remplissage parfait ; il suffit, en effet, de faire glisser le tube jusqu’à ce que le liquide vienne affleurer le bouchon. Je suis convaincu que mes confrères amateurs photographes trouveront leur profit en utilisant cette disposition. »
- M. G. Jaeglé, à Yieux-Thann (Alsace), à propos de notre récent article sur les Blattes, paru dans le n° 1576 du 7 octobre 1899, p. 300, nous fait connaître un autre moyen de destruction : « Je me souviens, nous dit-il, d'un moyen de destruction très simple que nous avons employé avec succès contre ce fléau. Je prends la liberté de vous le communiquer. Voici le fait : Une de nos salles d’usine, dans laquelle on apprête des tissus de coton, était infestée par ces vilaines bêtes (au type de la periplaneta orientalis), dont le nombre augmentait chaque jour malgré les efforts qu’on faisait pour s’en débarrasser. Un jour, un ouvrier laissa par hasard dans un coin un petit flacon à demi rempli de vin. Le lendemain matin, lorsqu’il voulut reprendre le flacon, il remarqua que d’autres que lui avaient pris goût à son contenu : l’intérieur de la fiole était noir de blattes qui étaient tombées l’une après l’autre dans ce piège bien involontaire. Le moyen était trouvé. Le lendemain soir on plaça dans différents coins de la salle des flacons à large goulot dans lesquels se trouvaient quelques centimètres cubes de vin et autour desquels, afin de les rendre accessibles, on avait tassé des chiffons. La récolte fut magnifique : les cafards étaient tombés par centaines dans les pièges. On continua le procédé et après quelques semaines nous étions presque complètement débarrassés de ces hôtes si désagréables, quitte naturellement à recommencer à leur prochaine réapparition. J)
- M. A. Gaulard, à Ligny (Meuse), nous fait parvenir les intéressantes réflexions suivantes : « A propos des articles parus dans les n'” 1372, du 9 septembre, et 1378 du 21 octobre, au sujet de l’intelligence chez l’araignée, j’ai eu la pensée que dans ces deux cas les petites ouvrières n’avaient peut-être pas eu l’intention qu’on leur prête et voici pourquoi. L’araignée, au début de son travail, commence par tendre des câbles principaux, je suppose perpendiculaires. Les trois points d’attache,
- situés à trois sommets des deux lignes à angle droit, pourront être fixés à des tiges de fleurs ou d’arbustes, et l’autre point d’attache au sol, soit sur un petit morceau de fer ou un petit caillou qui, eux, ne seront pas fixés au sol, comme le pouvait croire l’araignée. L’ouvrière continue son travail en tendant des fils formant certains angles avec les lignes perpendiculaires et l’achève par dautres fils transversaux. L’ensemble de tous ces fils doit produire une certaine tension sur les premiers, par suite soulever de terre le petit morceau de fer ou le caillou servant de point d’attache. Il se peut également que quelques-uns des points d’attache étant fixés à des tiges de fleurs ou d’arbustes, ces tiges dans trois ou quatre jours s’allongeront, prendront du raide, et soulèveront encore mieux le petit contrepoids situé à l’extrémité près du sol. Pour être fixé dans ces observations, il faudrait savoir à quelle hauteur au-dessus du sol se trouvaient le petit morceau de fer et le caillou, dont il est question dans les articles désignés plus haut. »
- Renseignements. —M. F. Rouché, à Paris. — Nous vous donnons satisfaction dans le présent numéro.
- M. P. Lecuyer, à Choisy-le-Roi. — Le meilleur moyen pour détruire les mauvaises herbes dans les allées des jardins est d’y répandre du tan.
- M. C. R., à Nancy. — Nous ne connaissons pas cette pierre métallique ; il serait nécessaire de l’expérimenter pour pouvoir la juger.
- M. Dezaunay, à Nantes. — Adressez-vous au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. R. Naejely, à Marseille. —11 a été publié une notice sur le paraffinage des planchers dans le numéro du 20 novembre 1898 de la Revue d’Hygiène, à la librairie Masson et Cie. Vous trouverez aussi un encaustique pulvérifuge tout préparé chez M. Coppin, 21, rue du Faubourg-Montmartre, à Paris.
- M. A. Friedman, à Bucarest. — Pour cet ouvrage, il faut vous adresser à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augus-tins, à Paris.
- Mme Chavagnac, à Tunis. — Nous ne croyons pas qu’il existe dans le commerce de cannes acoustiques; vous pourriez toutefois vous renseigner auprès de M. Franck-Valéry, 23, boulevard des Capucines et de M. Kœnig, 27, quai d’Anjou, à Paris.
- M. Cancalon F., à Rennes. — Pour la nouvelle pierre artificielle silico-calcaire, système \V. Olschewsky, dont il a été question dans le n° 1378 du 21 octobre 1899, p. 531, il faut vous adreser à M. Krauss architecte, 22, rue Chaptal, à Paris.
- M. R. S., 'a Maubeuge. — Il faut, se laver souvent les dents avec des pâtes dentifrices.
- M. Relier Conrad, à Saint-Maurice (Valais). — Cette disposition a déjà été employée, et n’a donné aucun résultat satisfaisant.
- M. J. Fabre, à Narbonne. — Vous trouverez des semoirs d’engrais chez M. Faul, 13, rue Pierre-Levée, chez MM. J. Smyth et fils, rue Philippe-de-Girard, à Paris et chez M. Gou-deau à Châtillon-sur-Seine.
- M. Oct. Maules, à X. — Voici les renseignements que vous nous demandez : « Annales des sciences naturelles, zoologie », directeur : M. Milne-Edwards : « Annales des sciences naturelles, botanique », directeur : M. Van Tieghem, à la librairie Masson et Cie. Vous pourrez vous procurer le Rulletin de la Société géologique de France au siège de la Société, 7, rue des Grands-Augustins, à Paris.
- M. L. Roux, à Paris. — Les indications que nous avons données sont exactes ; vos produits sont peut-être de mauvaise qualité.
- M. Monfleur, à Paris. — Nous ne connaissons pas de dépôt spécial; mais vous pourriez vous adresser à M. J. Ullmann, 16, boulevard Saint-Denis, ou àM. Relier, 18, cité Trévise, à Paris.
- M. Jean du Tilly, à Paris. — Nous avons publié un article sur une coque sauteuse dans le n° 1358, du 3 juin 1899, p. 1.
- Accusés de réception. — Avis divers. — JW. D. Lepart, à Brest. Nous ne comprenons pas le dessin que vous nous envoyez. — M. Lehar, à Paris. Il est impossible de aire la puissance que consommera un appareil de ce genre ; pour répondre, il faut faire des; essais. — JW. Brion, à Lille. Il manque un terme dans votre formule.— M. D. G., à Paris; JW. Dumont, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et cie. — M. G. Lebois, à Paris. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — JW. Mornat, à Reims. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS*
- Nonveau snpport de lampe électrique. — La lampe à incandescence électrique présente de grands avantages, parce qu’elle est facilement maniable ; on peut la prendre à volonté, l’approcher, l’éloigner. Mais pour faciliter les manœuvres, il faut qu’elle puisse osciller aisément dans tous les sens autour d’un point central, que l’on peut lui-même faire déplacer. Toutes ces conditions sont réalisées dans le nouveau pied-support pour lampe électrique qu’a réalisé M. G. Bav, et que
- Kouveau'support de lsmpe électrique. —1. Vue d’ensemble. •—2. Détail.
- représente la figure ci-jointe. La lampe à incandescence est portée par une douille Edison ou à bayonnette, et placée dans un petit abat-jour. L’ensemble est monté sur une tige transversale qui laisse passer les fils aboutissant à la prise de courant. La tige transversale est maintenue sur une tige verticale par une sorte de joint qui lui permet de tourner dans tous les sens à volonté ; c’est ce joint universel qui constitue l’originalité de la lampe. Grâce aux diverses manœuvres que l’on peut effectuer, la lampe peut être utilisée pour le travail de bureau, de dessin, d’atelier, pour les médecins, etc. — Pour ce qui concerne le support électrique Bay, s’adresser à M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Roulement A billes pour portes. — Dans les grandes villes, où la place est toujours rare et ménagée, on tend de plus en plus à installer des portes glissantes qui, au lieu de s’ouvrir en battant, glissent et rentrent dans un évidement
- Roulement à billes pour portes.
- du mur ou de la cloison. Pour obtenir ce résultat, il faut qu’on les fasse rouler sur des coulisses, des petits rails métalliques ; mais le graissage en est malaisé à tous les points de vue. C’est pourquoi des inventeurs américains ont imaginé de faire reposer et rouler la porte sur le rail par l’intermédiaire des billes, et ils ont adopté dans ce but la disposition que représente clairement la ligure ci-jointe.
- Un peu comme dans certains ascenseurs, les billes forment un chapelet interrompu dont les divers grains viennent successivement porter sur le rail, en circulant dans cette sorte
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- de canal fermé qui est vise dans un évidement du bas de la porte, et dont un arrachement montre nettement l’intérieur. Nous n’avons pas besoin de vanter la douceur de glissement de ce système, qui est dit « Gardnerball bearing».— Les roulements à billes pour portes se trouvent à Gardner-Champlain Company, 164, Dearborn Street, Chicago.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Construction d'une cuvette en verre. — Voulant construire un appareil de physique, je dus me procurer une cuve en verre destinée à contenir, au-dessus d’une couche de mercure, un mélange d’eau et d’acide sulfurique; ces deux liquides qui devaient être employés très purs devaient rester tels malgré leur séjour pendant un temps indéfini dans cette cuve; enfin la cuve devait permettre de faire, à travers deux de ses faces latérales, une observation microscopique d’un phénomène qui devait se produire à l’intérieur du mélange d’eau et d’acide sulfurique; cette dernière condition exigeait que deux faces latérales soient en verre relativement mince.
- Je m’adressai à des fabricants d’instruments de physique qui m'offrirent exclusivement des cuves en glace forte, c’est-à-dire à parois trop épaisses pour l’observation microscopique ; en outre, le prix de ces cuves était très élevé; je me vis donc-obligé de chercher le moyen de construire la cuve qu’il me fallait; apres de nombreux essais, je suis arrivé au mode de construction suivant qui remplit tout à fait le but que je poursuivais. On prend une lame de verre un peu fort que l’on dépoli (cette opération se fait en frottant le verre avec un bouchon sous lequel on met de l’émeri en poudre humecté d’eau) ; sur cette lame on colle deux blocs parallélépipédiques de bois, avec de la colle forte (ne pas oublier de chauffer les deux surfaces qui doivent être appliquées l’une contre l’autre, par exemple en les tenant dans la vapeur d’eau du bain-marie qui sert à chauffer la colle) ; on laisse sécher une journée. Ces deux blocs de bois constitueront la charpente de la cuve. On coupera ensuite, avec un diamant, deux morceaux rectangulaires de glace (verre épais) que l’on rodera sur les bords et que l’on rendra autant que possible identiques; on les fixera contre les blocs de bois à l’aide de colle forte et contre la plaque de verre qui porte les deux blocs de bois (et qui constituera le fond de notre cuve) à l’aide de baume de Canada (chauffer légèrement la plaque de verre); on laissera sécher encore une journée. On coupera ensuite deux plaques de verre dans une plaque photographique dont on a enlevé la gélatine ; ces deux plaques auront une longueur supérieure à la distance des deux blocs de bois; on dépolira les régions de ces plaques qui doivent s’appliquer contre la glace et on les collera (en chauffant légèrement) au baume de Canada, on laissera sécher trois jours au moins en été et beaucoup plus longtemps en hiver. Celte cuve, telle qu’elle est, ne garderait même pas de l’eau : au bout d’un jour ou deux, le baume qui aurait été en contact avec l’eau prendrait un aspect caséeux et notre cuve ne pourrait aller loin. Nous déposerons alors délicatement avec un pinceau, sur toute la longueur des arêteà intérieures de la cuve, une couche d’un vernis obtenu en dissolvant de la glu marine et de la gomme laque dans un mélange d’alcool inéthylique, d’alcool éthylique, d’éther et de chloroforme jusqu’à consistance sirupeuse ; on laissera sécher un jour ou deux ; ce vernis étant à base de liquides très mobiles, va non seulement contribuer à rendre la cuve étanche, mais encore va se faufiler dans les quelques lacunes que nous aura laissées le baume de Canada et qui sont dues à ce que les surfaces collées au baume ne s’appliquent pas rigoureusement l’une sur l’autre. Telle que nous venons de l’obtenir, notre cuve n’est pas encore terminée; on remarquera facilement que de l’eau ordinaire par exemple ne tarderait pas à laisser la trace de son action sur le vernis que nous venons de déposer celui-ci acquiert, en effet, par le contact de l’eau, une teinte grisâtre rappelant celle que le goudron prend dans les mêmes conditions ; il nous restera à déposer sur la couche de vernis une couche d’un mélange liquide de paraffine et de gutta à poids égaux : ce mélange résiste à l’action des liquides que je me proposais de mettre dans la cuvette.
- Remarques. — 1° On ne peut pas se dispenser de la couche de vernis : d’une part, en effet, le mélange de ptta et de paraffine n’adhère pas suffisamment au verre, et d autre part, on ne comblerait pas avec lui les lacunes du baume de Canada.
- 2° La cuve construite comme je viens de le dire contient le moins possible de parties en bois ; on évite ainsi l’inconvénient qu’a le bois de se voiler; c’est pour cela que j’ai fait le fond de la cuve comme je l’ai indiqué. Dadvé. .
- Professeur de physique au collège de Beaune (Côte-d Or;.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Les explosifs, les poudres, les projectiles d’exercice; leur action et leurs effets vulnêrants, par IL Nimier, professeur au Val-de-Grâce et Ed. Laval, médecin aide-major de première classe. 1 vol. in-12. Félix Alcan, éditeur. 1899. Prix : 5 francs.
- Précis de physique biologique, par IL Bordieu, professeur agrégé et chef des travaux de physique à la Faculté de médecine de Lyon. 1 vol. in-18. Octave Loin, éditeur, Paris. Prix : 8 francs.
- Analyse chimique qualitative, par Pozzi-Escot, chimiste. 1 vol. petit in-8“ de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Librairie Gauthier-Villars. Paris. Prix : broché 2fr,50, cartonné 3 francs.
- De l’électricité, du magnétisme et de leurs applications. 6S vol. de l’Encyclopédie populaire illustrée, publiée sous la direction de MM. Buisson, Denis, Larroumet, Stanislas Meu-
- nier. N. G. Brunei, secrétaire de la rédaction. 1 vol. in-16. Paris, Société française d’éditions d’art L. Henry May. Prix: 1 franc.
- La télégraphie sans fils, par. André Broca, professeur agrégé de physique à la Faculté de médecine. 1 vol. in-18. Gauthier-\illtrs, imprimeur-libraire. 1899. Prix : 3,r,50.
- •Traité pratique de photographie stéréoscopique, par L. Ma-thet. 1 vol. in-8" broché. Ch. Mendel, éditeur. Paris, 1899. Prix : 2 francs.
- Les parfums artificiels, par E. Charabot, chimiste industriel, 1 vol. in-16. Paris, librairie J.-B. Baillière et fils. 1900. Prix : 5 francs.
- Les sérums thérapeutiques, par Léon Grimbert, docteur es sciences, pharmacien en chef de l'hôpital Cochin. 1 vol. in-8°. Octave Doin, éditeur. Paris. Prix : 4 francs.
- Les quatre âges au point de vue physiologique, par Mme A. Gensss. 1 brochure in-16. 5e édition. Ed. Crété, imprimerie typographique. Prix : 2 fr.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30).] — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 octobre . . 2%8 E. S. E. 1. Couvert. 0,0 Irrégulièrement nuageux ; brouillard jusqu’à 10 h ; revient à 20 li. ; gelée blanche.
- Mardi 24 9%0 N. 0. Couvert. 0,0 Couvert de 4 à 13 h. ; puis nuageux jusqu’à 13 h. ; quelq. n. le reste du temps; br. jusq. 10 h.; revient à 18 b.
- Mercredi 23 2°,1 N. E. 2. Couvert. 0,0 Nuageux de 7 à 17 n. : beau avant et après; brouillard jusqu’à 10 h. ; gelée blanche.
- Jeudi 26 — 0”,9 E. 0. Beau. 0,0 Beau jusq. 9 h. et de 16 à 19 h. ; nuageux le reste du temps; brouillard bas jusqu’à 7 h.
- Vendredi 27 11-,1 S. S. E. 2. Couvert. 0,2 Très nuag. ; un peu de soleil vers 16 li. et quelquefois de la bruine dans la matinée.
- Samedi 28 12%5 S. 2. Presque couvert. 0,0 Très nuageux jusqu’à 9 h. ; couvert ensuite; quelquefois de la pluie line.
- Dimanche 29 ... . 8*,1 S. 1. Peu nuageux. 0,4 Nuageux le matin ; très nuageux le soir ; halo.
- OCTOBRE 189*. -- SEMAINE DU LUNDI 23 AU DIMANCHE 29 OCTOBRE.
- Lundi I Mardi I Mercredi I Jeudi I Vendredi | Samedi I Dimanche I
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 « 10; les flèches inférieures. la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Inondations. — A la suite de pluies torrentielles, la ville de Nemours (Algérie) a été complètement inondée à la date du 20 octobre.
- Les magasins ont été envahis par les eaux, et les rues transformées en rivières. Les dégâts ont été importants. On n’a pas signalé d'accidents de personnes.
- Le brouillard. — Depuis le 20 octobre, un brouillard d’une intensité extraordinaire a couvert le détroit de la mer du Nord rendant la navigation très périlleuse à Calais. Dans la nuit du 23 au 21 octobre, le paquebot anglais Lord- Warden venant d’Angleterre avec la malle et les voyageurs, u’ayailt
- u distinguer l’entrée des jetées, vint épauler le musoir de l’est sans se faire 'avaries, grâce à sa marche extrêmement lente. Devant cette impossibilité de reconnaître sa route, le Lord-Warden ayant rebroussé chemin alla mouiller en rade et attendit le lever du jour pour tenter de reconnaître l'entrée du port, ce qu’il fit à 7 heures et demie du matin.
- Par suite de cette circonstance, les tiaius en correspondance avec le paquebot de nuit éprouvèrent également un retard de 7 heures ; mais il n’y a eu aucune avarie.
- A Paris, depuis près d’une semaine, un brouillard épais se lève le matin et le soir vers 5 heures ; mais il disparaît dans la journée; et le temps est très doux. Le thermomètre oscille entre 14 el 16 degrés,
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 26 à 9 h. 49 m. du matin.
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- DEUXIÈME EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “LA NATURE”
- DÉ L’OCÉAN A LA MÉDITERRANÉE PAR LES PYRÉNÉES
- 25 Août — 7 Septembre 1899
- EXPOSITION DE PHOTOGRAPHIES
- Nos Lecteurs se souviennent que nous avons ouvert un CONCOURS DE PHOTOGRAPHIE entre ceux de nos Abonnés qui ont pris part à la deuxième excursion de LA NATURE, de l’Océan à la Méditerranée. Nous avons reçu un grand nombre de photographies et d’agrandissements que nous exposons dans nos bureaux, 120, boulevard Saint-Germain. L’EXPOSITION sera ouverte du 2 au 15 novembre (les dimanches 5 et 12 exceptés) de 9 heures du matin à midi et de 1 heure 1/2 à 6 heures du soir.
- INFORMATIONS
- —d>— L’Exposition générale de chrysanthèmes et de fruits, organisée par la Société nationale d’horticulture de France, s’est ouverte le mercredi 8 novembre à midi, au Jardin des Tuileries et se fermera le 13 novembre, à 7 heures du soir.
- —®— Le 21 octobre a eu lieu avec un plein succès à Cherbourg la mise à l’eau du torpilleur submersible Narval. Ce petit bâtiment a été mis en chantier sur les plans de l’ingénieur Lau-beuf, du génie maritime. Ces plans avaient été soumis au concours de sous-marins décidé en 1896 par M. Lockroy et avaient été récompensés d’une médaille d’or par le conseil des travaux chargé de l’examen des ditférents projets présentés. L’ordre de mise en chantier du Narval a ôté donné le 1er juin 1898. Ce submersible, dont la coque est en acier, a un déplacement de 106 tonneaux avec 34 mètres de longueur, 3m,75 de largeur etlm,60 de tirant d’eau lorsqu’il navigue à la surface. Le Narval, différent des sous-marins Gymnote, Gustave-Zédé et Morse, peut naviguer dans trois positions : une partie de sa coque restant au-dessus de l’eau, à fleur d’eau ; la coque immergée, mais son dôme et sa cheminée émergeant; et enfin immergé, toutes ses ouvertures closes et sa cheminée rentrée. Dans les deux premiers cas il navigue au moyen d’un moteur à huile lourde dù à l’invention de M. Forest, qui a reçu un prix de 5000 francs dans le concours de 1896, et dans la troisième position son hélice est actionnée par des accumulateurs. .Sa vitesse, lorsqu’il navigue à la surface, est de 12 nœuds et est de 8 lorsqu’il est immergé. L’emploi du double moteur a l’avantage <le lui donner un rayon d’action beaucoup plus considérable que celui du Gustave-Zédé, qui est d’environ 80 milles. Le Narval, en effet, peut porter assez pour franchir 466 kilomètres à 12 nœuds de vitesse et 1155 kilomètres à 8 nœuds. Immergé, ses accumulateurs lui donneront une route franchissable de 46 kilomètres à 8 nœuds et de 129 kilomètres à 5 nœuds. Le Namal ne doit plonger et naviguer sous l’eau qu’en présence de l’ennemi. L'armement comprendra quatre appareils lance-torpilles. Le Narval doit porter deux officiers et neuf hommes d’équipage.
- —(g)— Un coup de grisou s’est produit, le 26 octobre, à Char-Leroi, dans des conditions peu ordinaires non pas dans une mine à charbon, mais dans un bateau chargé de charbon pour foyer domestique en destination de Paris. Le batelier, s’étant rendu dans une cabine en communication directe avec la cale où était entassé le charbon, enflamma une allumette sans se douter de la présence
- du dangereux gaz. Une explosion formidable se produisit. On accourut au secours du batelier, qui poussait des cris de douleur; le malheureux était horriblement brûlé aux mains et à la face.
- —®— La consommation du tabac augmente toujours en France, d’après les chiffres publiés par l’Administration des finances pour le premier semestre de 1899. Le Trésor public a reçu cefte année, en six mois, pour la vente de cigares, cigarettes, tabacs à fumer, tabacs à priser, tabacs à mâcher, la somme de 203 221 395 francs ; il n’avait reçu, en 1898, pour le même laps de temps, que 196 561 081 francs, soit une différence de plus de 6660 312 francs. Voici comment se décompose cette dernière somme : Pour les tabacs vendus directement aux consommateurs par les entrepreneurs : 2 950303 francs au lieu de 2 949187, soit une hausse dé 1116 francs. Ce sont les tabacs vendus par l’intermédiaire des débitants, et surtout les tabacs de vente courante, qui entrént pour là plus grande part dans le bénéfice total : 198675 694 francs au lieu de 191944 708, soit une hausse de 6 750986 francs.
- —*— Une ambulance automobile. L’hôpital de Chicago vient de s’offrir ce luxe. C’est une voiture électrique qui pèse 1600 livres et qui peut fournir 16 milles à l’heure; Cest probablement le premier automobile électrique employé au transport des malades.
- —®— Les moyens de transport abondent à Buenos-Aires. Les tramways surtout sont très nombreux. Voici la statistique officielle pour la seule ville de Buenos-Aires, pour 1898 : 10 Compagnies; extension^ kilométrique, 394km,243; parcours par les voitures 33 353 703; voitures en service journalier, 841; total : 1692; chevaux en service, 10 881; personnel, 4966 employés; voyageurs transportés 105 964 632 ; tramways électriques par trolleys ; lougueur kilométrique, 7km,500; voitures, 18; voyageurs transportés, 625 854.
- —®— La Revue suisse de photographie organise pour le mois de février 1900 un concours a’épreuves agrandies sur papier. Ce concours est international et il est aussi bien ouvert aux amateurs qu’aux professionnels. II faut s’adresser pour les conditions du concours à l’administration de la Revue, 40, rue du Marché, Genève.
- —®— En 1898, le Canada a produit 5 714217 tonnes de houille dont 2 247088 tonnes provenaient du Nova Scotia et 1100000 de la Colombie anglaise.
- —®— Il y a en Russie 15 852 kilomètres de chemins de fer appartenant au gouvernement impérial, et 9114 kilomètres sont exploités par des Compagnies.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le levier à soulever les rails se trouve chez M. Paul Rothermel, 105, Ladenhall Street, Londres, E. C. — Le bateau-malle se trouve chez M. John Osmond, 221, West, 12 the Street, Chicago, Illinois. — Pour la sénilisation des bois, dont il a été question dans le n° 1376, du 7 octobre 1899, p. 296, il faut s’adresser à la Société de sénilisation des bois, 6, rue Le Peletier, à Paris.
- Communications. — M. E, Rodocanachi, à Paris, nous adresse les observations suivantes : « La question de savoir si les détonations d’artillerie peuvent provoquer la chute de la pluie a été souvent discutée ; c’est pourquoi je crois intéressant de relever le passage suivant qui a paru récemment dans un journal : « Les pluies et les orages sont fréquents dans la saison « actuelle; ainsi, vendredi, la bataille a eu beu sous un ciel pur « et sans nuages ; l’après-midi, il a plu à torrents ; samedi, à « Elandslaagte, un orage a éclaté à la fin du combat. Les alter-« nances de pluies violentes et de soleil brûlant donnent nais-« sance à des brouillards épais qui gênent, parfois, les mouve-« ments militaires. On dit que, vendredi, la colonne du général « Viljoen n’a pu arriver à temps sur le terrain de l’action « parce qu’elle a été retardée par une brume épaisse. »
- « On pourrait rapprocher de ces faits, l’ondée diluvienne qui tomba vers 4 heures le jour de la revue de Spithead, où plus de 20 000 coups de canon furent tirés presque en même temps, à 2 heures. Le temps avait été un peu brumeux le matin. Tout le monde sait que la bataille de Leipzig s’acheva au milieu de torrents de pluie. On pourrait donc conclure de ceci, s’il était permis de conclure sur si peu de preuves, que lorsque le ciel est nuageux, ou l’atmosphère humide, de violentes détonations sont capables de produire une tombée de pluie. »
- M. A. Garnie, à Luzarches, nous fait connaître un phénomène dont il a été témoin : « Samedi, 28 octobre 1899, je me promenais tout près de Luzarches, il était 4h 50 du soir. Le soleil sur son déclin éclairait au loin le sommet des grands arbres. Le ciel était clair au zénith. Une bande de nuages gris, assez épais, s’étendait à l’horizon, marchant de façon appréciable du S.-O. au N.-E. Les bords de ce nuage étaient éclairés par le soleil, qui leur communiquait une couleur rose tendre. Cette teinte rose était tournée vers le zénith, la portion du nuage touchant l’horizon restant d’un gris foncé. Sur cette teinte uniformément grise, se détachait un globe, de même couleur rose que les franges du nuage, de la grosseur de la lune quand elle est pleine et se trouve au zénith. Ce globe avait la même vitesse et suivait la même direction que le gros nuage. Il était ou plutôt semblait être beaucoup plus près du sol que du bord éclairé du nuage. Il rasait, ou plutôt semblait raser le haut des arbres se détachant sur l’horizon. J’ai suivi ce globe pendant 15 minutes environ, conservant la même couleur. Quand il s’est rapproché de l’horizon vers l’est, son volume a diminué peu à peu, jusqu’à ne plus être qu’un point, que j’ai cessé d’apercevoir. Au moment où il a échappé à mes regards par sa petitesse, il avait conservé la distance apparente à laquelle il s’était toujours tenu au-dessus du sol. Le temps était chaud, lourd, comme orageux, malgré la saison. »
- M. C. Alvargunalci, à Gizon, nous transmet quelques observations qu’il a eu l’occasion de faire dans un dernier voyage en Suisse : « Presque toutes les rivières ou cours d’eau en Suisse, nous dit-il, en sautant de roche en roche, font de l’écume, celle-ci apparaît vert clair et les eaux ont un mélange de bleu et de vert. Dans la chute du Rhin à Shaffhouse, l’écume produite a des teintes vertes. Les eaux du Rhône à Genève sont bleu foncé. La glace dans les glaciers de la Iungfrau était verte. Toutes ces observations ont été faites par des journées claires et couvertes de nuages, et toujours j’ai vu ces deux couleurs par toute la Suisse; croyant que c’était un effet de lumière, j’ai rempli dans l’hôtel une baignoire émaillée avec l’eau de Genève; la hauteur de l’eau était de 0m,65, la couleur était vert clair. Les rivières de
- la province des Asturies qui proviennent du dégel des neiges des Pyrénées cantabriques, ont leurs eaux limpides et transparentes sans aucune teinte; de même l’écume est blanche. Mais dans l’eau de mer on voit les mêmes effets qu’en Suisse» au bord de la plage on voit les teintes vertes surtout dans les écumes des vagues et bleu noir dans la mer lointaine. Je crois me rappeler que M. Tvndall a écrit sur les glaciers et les eaux de la Suisse, et qu’il parlait de cet effet si curieux, »
- M. H. Anot, à Chalon-sur-Saône nous écrit : « Le n° 1378 du 21 octobre 1899, p. 324 de votre journal contient la description d’une nouvelle voie de chemin de fer à trois rails permettant la circulation successive de trains à voie normale et de trains à voie étroite. Semblable disposition se trouve dans un certain nombre d’usines où doivent circuler dans les mêmes ateliers des wagons à voie normale en provenance ou à destination de nos grandes lignes et des vagonnets à voie étroite exclusivement consacrés au service de l’usine. Je puis vous citer notamment la féculerie de Palinges où une voie semblable existe depuis longtemps à ma connaissance. Mais une application plus particulière du même principe est projetée sur la ligne à voie étroite partant de la gare de Rourbon-Lancy P.-L.-M. et actuellement en construction. Sur la section de la gare P.-L.-M. à Bourbon-Ville, soit 4 kilomètres, l’addition d’un troisième rail permettra d’atteler en queue d’un train à-voie étroite une ou plusieurs voitures à voie normale circulant simultanément. On évitera ainsi des frais de transbordement et ce dispositif étrange, au premier abord, ne saurait présenter d’inconvénient sur un parcours aussi faible et avec des trains de vitesse très modérée. »
- Renseignements. — M. Thomas, à Vincennes. — Tuyaux acoustiques : M. Magne, 10, rue des Pyrénées; M. Mors, 48, rue du Théâtre ; M. Morand, 15, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris.
- M. J. Piasio, à Cette. — La nouvelle arquebuse de pêche, que nous avons décrite dans le n° 1316, du 20 août 1898,, page 192, est construite par M. Bonnet, 85 bis, rue Fazillau, à Levallois-Perret (Seine).
- M. G. Fournial, à Saint-Ciers-de-Canesse. — Pour les appareils à acétylène, le cuivre est en effet dangereux; on emploie généralement le zinc ou la tôle.
- M. E. Marmier, à Bordeaux. — Nous ne pouvons vous fournir de renseignements à ce sujet; tous nos regrets.
- M. E. Jacquart, à Chatou. — Nous avons bien reçu votre communication ; remerciements.
- Un artilleur, à Versailles. — 1° L’oxalate de fer est généralement préférable, sauf avis contraire du fabricant du papier. — 2° Oui, il est bon de tremper le papier dans de l’eau acidulée à l’acide citrique après le développement. — 3° Le fixage acide au bisulfite recommandé pour les plaques est également bon pour le papier ; mais il n’est pas indispensable.
- Mm. Miranda et Portugal, à Porto. — L’adresse du constructeur est donnée en tête de la Boîte aux lettres du numéro qui en contient la description.
- M. A. B., h Mulhouse. — Nous n’avons pu nous procurer l’adresse du fabricant de cet appareil.
- M. H. J., à Escombera (Espagne). — Appareils à acétylène : appareil Le Bruncor, 17, rue de Rivoli; M. IL Chasles, 7 bis, rue du Louvre; M. Deroy fils aîné, 71, rue du Théâtre, à Paris.
- M. J. Fleury, à Alger. — Le phénomène que vous nous-signalez est certainement un halo; mais pour l’expliquer, il faudrait connaître les conditions dans lesquelles la photographie a été faite.
- M. le marquis de Rora Oerde, à San Sébastian. — Veuillez vous adresser à la maison Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. L. Kien, à Vincey. — Il nous est absolument impossible de vous donner ces renseignements ; vous pourriez les demander à l’ambassade des Etats-Unis, à Paris.
- M. Ducos, à Nantes. — Nous avons indiqué l’adresse où l’on peut se procurer des renseignements en tête de la Boite aux: lettres du n" 1378, du 21 octobre 1899.
- M. A. Reis, à Anvers. — Remerciements pour votre très intéressante communication.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. B., à Toulouse. Il faut consulter un fabricant de chaudières. — M Dubois, à Orléans. Cet appareil ne se trouve pas dans le commerce ; il faut le construire soi-même. — M. Leroux, à Paris. Vos produits sont certainement de mauvaise qualité. —M. G. /{.,àParis; M. J. Perat, à Colombes. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 3' série, à la librairie Masson et Cie. — M. Fleurent, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- HYGIÈNE ET SANTE
- L’entorse.
- M. le Dr Dagron vient d’adresser à l’Académie de médecine «ne Note très intéressante dans laquelle il expose avec détails le traitement type qu’il préconise pour l’entorse, la plus fréquente, celle du cou-de-pied et plus particulièrement du ligament latéral externe. Après' examen de la peau, qui doit être saine, dit le Dr Dagron, sans solution de continuité, sans petites plaies (qu’on devrait obturer de suite aseptiquement si elles existaient), on étale tout doucement sur la peau de la région tuméfiée, ainsi qu’en amont et en aval, soit un corps gras ou onctueux (huile stérilisée ou vaseline), soit une poudre très fine, du talc de préférence; ce dernier ne présente aucune fermentation, tandis que les poudres d’amidon ou de riz décomposées déterminent des érythèmes. On peut employer le premier jour une solution savonneuse, qui aura l’avantage d’être résolutive et de nettoyer une région trop facilement sale, mais on l’évitera chez les rhumatisants et les goutteux, ainsi que chez les variqueux. Il faut étaler le corps glissant le plus doucement possible avec la face palmaire des doigts et de la main, en esquissant déjà la passe de pression douce dirigée de bas en haut, sorte de friction légère qui a pour but d’éviter la surprise et de faire prendre confiance au blessé. C’est que, bien souvent, le patient a entendu parler des vives douleurs causées par le massage ; il se- rappelle que parfois son masseur, pour gagner honnêtement son pourboire, brutalisait ses muscles et même ses viscères, par des manœuvres de pression exagérée, et il pense que ce sera pénible pour lui, dans un instant, de supporter de semblables pressions sur une région toute contusionnée. Aussi est-il bon de le prévenir qu’on n’a aucun mal à lui faire et même qu’on désire être prévenu à la première apparition de la douleur.
- Le but sera de faire bien en place des pressions d’abord très douces, puis insensiblement plus fortes, sans que le malade reconnaisse cette progression. Ce sera, après la préparation de la peau, le ligament déchiré qu’on attaquera en premier; il suffira de faire avec la face palmaire des pouces de petites pressions progressives dirigées, de bas en haut, de l’insertion astragalienne à l’insertion marginale péronière sans aller sur l’os qu’on doit toujours éviter, car c’est comprimer inutilement le derme sur un plan résistant plus profond. Après un massage bien fait, le ligament rompu devient insensible ; la pression n’y réveille point de douleur. Cette pression douce, continue, bien parallèle à la direction des faisceaux, est un véritable analgésique local : elle suffirait souvent dans des foulures très bénignes.
- Le cou-de-pied présente quatre régions où sont situés de nombreux tendons glissant dans des gaines ostéo-fibreuses plus ou moins dures et résistantes, au moyen de synoviales tendineuses. Celles-ci sont en général, après le moindre traumatisme du cou-de-pied, tuméfiées, envahies par des liquides séreux ou séro-sanguinolents : il est donc indiqué d’aider, par des pressions limitées par la douleur, la résorption de ce liquide : on pratiquera ainsi avec ordre le massage des gaines antérieures, puis des gaines péronières: enfin, s’il est besoin, de la gouttière calcanéenne. Après cette première partie de l’intervention, le malade ne souffre plus, son pied est dégonflé. C’est l’occasion de profiter de cette accalmie pour faire exécuter à la jointure quelques mouvements. Au cinquième jour communément, la majeure partie de ceux-ci est d’ordinaire rétablie. Comme pansement, on place sur l’articulation un peu d’ouate et une bande qui ont pour but de protéger la région tuméfiée contre les mouvements intempestifs de l’autre pied pendant le sommeil. Le traitement de l’entorse demande le séjour au lit pendant quatre ou cinq journées, une dizaine de séances de massage; elle permet la station debout et les exercices de marche au sixième jour. Certes, le malade pourra marcher plus tôt, mais c’est courir au-devant des complications, comme nous l’a démontré l’expérience.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Papier pour protéger Vargenterie. — On sait que l’argenterie s’abîme souvent à demeurer exposée à l’air extérieur, surtout dans les milieux où l’atmosphère contient une surabondance de gaz industriels : le journal « National Druggist », auquel nous pouvons souvent faire d’intéressants emprunts, donne une recette qui permet de préparer un papier excellent pour envelopper l’argenterie et la protéger efficacement de ces atteintes. On fait une solution de fi parties d’hydrate de soude dans une quantité suffisante d’eau pour que, finalement, le
- titre soit de 20° Baumé ; on ajoute ensuite 4 parties d’oxyde de zinc, et l’on fait bouillir jusqu’à ce que cet oxyde soit dissous-Il ne reste plus qu’à ajouter assez d’eau pour ramener le titre à 10° B., et le bain est prêt pour traiter le papier. On en trempe chaque feuille séparément, et on laisse sécher dans une chambre absolument à l’abri des poussières, car le moindre grain de poussière peut rayer la surface du métal. Celui-ci se conserve intact sous ce revêtement protecteur.
- L’eau salée et les brûlures. — Il est toujours bon de rappeler que le vulgaire sel de cuisine est susceptible de fournir un remède immédiat contre les brûlures. Il suffit de plonger la partie atteinte par la brûlure dans un vase contenant une solution de sel et d’eau, solution qui doit être suffisamment faible pour ne point cuire les chairs du patient d’une façon intolérable. Quand on ne peut tremper la partie malade dans l’eaù salée, on recourt tout simplement à des cataplasmes de cette même eau.
- Pour le lustrage du linge. — Aux innombrables recettes données jusqu’ici pour le lustrage du linge, ou glaçage dit américain, ajoutons-en une nouvelle, qui nous est fournie par un confrère de la presse allemande. Prenez 15 kg d’acide borique, 9 de borax, 3 de stéarine et autant de cire blanche d’abeille; faites bouillir avec une quantité suffisante de lessive de soude titrant 20° Beaumé, et jusqu’à obtenir une masse liquide de consistance uniforme; vous laissez ensuite prendre. Pour empeser et glacer finalement le linge que vous voulez traiter, vous mêlez cette préparation avec du bon amidon de riz, dans la proportion de 1/10, et vous repassez comme de coutume.
- Entretien des parquets recouverts de linoléum. — 11 s’agit d’une formule d’encaustique que la « Oeifensieder Zeitung » recommande pour le bon entretien des revêtements de parquet én linoléum, que l’on emploie maintenant de façon courante, et dont on se trouve si bien. La formule est donnée pour une préparation industrielle sur une grande échelle, mais rien n’est plus simple que de suivre la même recette avec les réductions proportionnelles voulues : faire fondre 5 kg de cire jaune, 10 de cire de carnauba, puis y ajouter, tandis que c’est encore tiède, 4 1/2 kg d’essence de térébenthine et 40 de benzine. Il ne reste plus qu’à bien mêler en brassant énergiquement et à enfermer dans des boîtes en fer-blanc jusqu’au moment d’employer.
- L’étamage du cuivre. — Nous entendons l'étamage des petits objets, qu’on peut avoir avantage ou occasion d’opérer soi-même. On doit commencer par nettoyer le cuivre en l’immergeant dans un acide dilué, mais cela juste au moment où l’on veut procéder à l’étamage et en faisant suivre d’un lavage l’immersion dans l’acide ; il s’agit alors de traiter immédiatement au bain : on fait une solution saturée de crème de tartre dans de l’eau bouillante, puis on immerge dans le liquide les objets à étamer maintenus entre deux feuilles d’étain. On laisse bouillir jusqu’à obtenir un dépôt suffisant, et on lavé enfin à l’eau pour sécher ensuite dans du son.
- Contre les parasites des animaux domestiques. — Là recette en question est donnée comme fort efficace par la publication « Farmaceft ». Dans 60 grammes d’eau chaude on fait dissoudre 1 gramme de sulfate de cinchonine, puis 0*r,25 d'acide benzoïque, et 0er,5 d’acide borique; d’autre part, on a préparé dans 40 grammes d’alcool une dissolution de 0Br,l d’huile de bergamote, autant de cannelle, de romarin et de lavande, et il ne reste plus qu’à mélanger les deux solutions et à employer.
- Pilules apéritives pour les chiens. — A ceux de nos lecteurs que préoccupe la santé de leur caniche fidèle, nous signalons la formule suivante de pilules, recommandée par notre confrère « Pharmaceutical Era ». On prend 6 grammes de calamus aromatique et autant de sulfate de soude sec, puis 2 grammes de bicarbonate de soude et le même poids de poudre de rhubarbe. On en forme 6 pilules avec un sirop quelconque, et on en donne deux par jour à 1 animal; mais une seule à chaque fois.
- Pour nettoyer les gants. — On prend 15 parties de savon fin blanc et sec et on les râpe dans 15 parties d’eau distillée ou de pluie, pour les faire fondre au bain-marie et obtenir une pâte onctueuse. On enlève alors du feu et on laisse refroidir, puis on ajoute 16 parties d’une solution de soude chlorurée et 1 d’ammoniaque liquide. On mélange le tout soigneusement, et, comme mode d’emploi, on en etend un peu sur les gants à nettoyer au moyen d’une flanelle bien propre.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Colle de caoutchouc pour réparer les vêtements. — Les vêtements de caoutchouc demandent des soins assez minutieux : non seulement il faut les garder dans des pièces où ils soient suffisamment exposés à l’air sans pourtant être par trop soumis au froid, mais ils se décollent parfois partiellement aux sutures, et si l’on ne veut pas que le mal se propage vite, il fait bon l’arrêter immédiatement. Voici deux formules que l’on recommande pour effectuer ces colages. Dans l’une on prend 5 parties de caoutchouc, 3 de chloroforme, et on fait dissoudre l’un dans l’autre. On prend en second lieu 1 partie de gomme mastic en poudre, qu’on ajoute à la dissolution. La seconde recette consiste à se procurer 16 parties de gutta-percha, 4 de caoutchouc, 2 de résine, 1 de gomme-laque en écailles ; on réduit naturellement toutes ces substances en petits morceaux et l’on fait fondre dans 2 parties d’huile d’olive en mélangeant bien.
- Colle de pâte qui se conserve. — Cette colle est si bien susceptible de se conserver qu’elle demande même à « mûrir » un certain temps, et qu’on peut la mettre en bouteille pour ne l’employer que beaucoup plus tard : aussi ne l’indiquons-nous que pour répondre à des usages tout spéciaux. Dans 4 lit. 1/2 d’eau on fait dissoudre environ 2 kilogr. 1/2 de dextrine blanche, et cela en remuant bien, l’eau étant élevée à une température de 53° à peu près. Quand le tout est refroidi, on y ajoute 2 grammes d’huile de « wintergreen » et autant d’huile de girofles. Après avoir bien brassé, on vide dans des bouteilles et on met dans une cave par exemple, dans un endroit où un refroidissement complet puisse se produire ; les bouteilles doivent être soigneusement bouchées. Si la température de la cave est aux environs de 4", la maturation dont nous parlions tout à l’heure se fera en quelques jours.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30).] — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLOIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 30 octobre . . 15*,3 S. S. W. 4. Couvert. 0,0 Couvert; pluie à diverses reprises.
- Mardi 31...... . 7°, 9 S. S. W. 1. Couvert. 6,8 Nuageux jusqu a 13 h. ; beau ensuite ; petit brouillard à 6 h. ; halo.
- Mercredi 1" novemb. 1*,5 E. 2. Beau. 0,0 Beau le matin ; puis nuageux; couvert après 18 h. ; brouillard avant le jour ; gelée blanche ; lialo.
- Jeudi 2 13*,6 S. S. E. 2. Couvert. 0,5 Presque couvert ; éclairs de 19 à 22 h. ; puis tonnerre jusqu’à 22 h. 30 ; quelques averses.
- Vendredi 3 13*,1 S. 3. Couvert. 3,9 Couvert le matin ; nuageux le soir ; pluie de minuit 15 à 1 h. 30 et quelquefois des gouttes.
- Samedi 4 11*,8 S. S. W. 3. Beau. 0,1 Nuageux de 11 à 17 h. ; beau avant et après.
- Dimanche 3 10“,1 S. 2. Beau. 0,0 Nuageux à 18 li. ; quelques nuages le reste du temps.
- OCTOBRE-NOVEMBRE 1899. - SEMAINE DU LUNDI 30 OCTOBRE AU DIMANCHE 5 NOVEMBRE.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de On 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Cabri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- l.n pluie et la température. — Depuis les derniers jours du mois d’octobre, le temps est très doux en France. La pluie est tombée dans le nord et dans l’ouest. Le 26 octobre, on a recueilli il mm d’eau à Brest, 8 mm à Cherbourg, 6 à Dunkerque ; le 28 octobre, il est tombé 8 mm d’eau à Besançon, 5 mm à Nancy, 0““,4 à Paris. Les 29 et 30 octobre, d’autres pluies oiit' également été signalées à. Brest, à Cherbourg, à Boulogne et à Nancy.
- La température a été très variable. Le 29 octobre, on notait 10® au Puy-de-Jome, 88 au mont Aigoual, 21 au pic du Midi ; à Paris, la moyenne de la journée était de 13°, supérieure de 4°,7 à la normale. Le 30 octobre, les températures indiquées ci-dessus étaient sensiblement les mêmes, excepté >our Paris, où la moyenne était de 14°,4, supérieure de 6°,3 à la normale.
- 31 octobre, la température était 7° au mont Aigoual, 6° au Puy-de-Dôme, et 0° au pic du Midi ; à Paris, la moyenne atteignait 8°,8, supérieure de 70°,
- à la normale, avec un maximum de 13°,2 et un minimum de 0°,5 à 7 heure* du matin.
- Le 1" novembre, en France, on a recueilli 23 mm d’eau à Marseille, 7 à Lyon, 1 à Cherbourg. Des éclairs ont été observés à Perpignan et Biarritz. La température s’est relevée brusquement sur nos régions, la hausse a atteint 12® à Paris et au Mans, 10“ à Lorient. Le matin, le thermomètre marquait -t-14® à Paris, 24° à Alger, 81 au Puy-de-Dôme, 0° au pic du Midi. Le temps est resté pluvieux et chaud. La température moyenne du 1" novembre a été à Paris de 8°, supérieure de 0°,1 à la normale. Le baromètre, à 7 heures du ma'.in, marquait 737“",7.
- Le 2 novembre, à Paris, le temps était lourd et nuageux. Dans la soirée du 2 au 3 novembre, des éclairs ont illuminé le ciel à Paris et la pluie est tombée avec violence.
- Orage en Italie. — Un orage, le 31 octobre, a provoqué une inondation à Marciana-Marina, dans File d’Elbe, et a causé des dommages très graves. Plusieurs maisons ont été inondées et menaçaient ruine.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 3 à 10 h. 36 m. du matin.
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- M. HENRI DE PAR VILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— Quelques cas de peste ont été signalés en Algérie. M. le Dr Chantemesse a été envoyé aussitôt à Alger. Il a pris des mesures sévères qui, strictement appliquées, semblent avoir enrayé le mal. -On n’a plus observé aucun cas depuis plusieurs jours
- —g— L’exposition de chrysanthèmes de la Société nationale -< l’agriculture a eu son succès habituel aux Tuileries. Les chrysanthèmes exposés atteignent un volume exceptionnel et ont un coloris admirable. Novembre est le mois des chrysanthèmes. Exposition partout, aux environs de Paris et dans les départements. Mentionnons celles de Boulogne-sur-Seine, de Bougival, de Saint-Germain-en-Laye, Poissy, Meulan, Mantes, puis d’Autun, de Pont-Lévêque, «l’Avranches, de Rennes, de Pau, de Baune, de Ribérac, Nantes, Rouen, Marseille, etc. On ne dira pas que les chrysanthèmes n’ont pas la vogue.
- —(g)— Nous avons eu cette semaine une Exposition sérinophile très appréciée des amateurs. La Société qui l’organise date déjà de <piinze ans. Elle a pour but de protéger et de conserver la race des serins hollandais en France. Il est de fait que l’on a pu voir de très beaux oiseaux enfermés dans une vingtaine de cages,... tous hollandais d’origine, d’après leurs parchemins absolument authentiques.
- —(g— Le ministère de la Marine russe vient d’accorder 11 millions de roubles pour les agrandissements de Port-Arthur. Le chenal sera creusé jusqu’à upe profondeur de près de 10 mètres et deux longues jetées seront édifiées.
- —g— Le théâtre de l’Odéon... à Buenos-Ayres (République Argentine) est chauffé au moyen de l’électricité ; bien que ce ne soit pas le premier théâtre où ce mode de chauffage soit employé, on peut dire cependant que jusqu’à ce jour peu de grands bâtiments publics en ont usé. Il serait à souhaiter que notre Odéon eût une installation aussi moderne.
- —g— La production du cuivre aux Etats-Unis a été, en 1898, la plus forte qu’on ait encore connue et a atteint 535900232 livres anglaises de cuivre de belle qualité. Cette quantité dépasse celle de 1897 de 7 pour 100.
- —g— L'extraction du soufre en Sicile n’occupe pas moins de
- 30 000 personnes. La production de minerai pour les deux dernières années a été de 3 millions de tonnes en 1897 et 5,2 millions en 1898. En 1897, il y avait 6i2 usines en activité, et en 1898 le nombre en était de 695; l’accroissement s’est continué en 1899 aussi bien pour la production que pour le nombre des usines. En 1897, les exportations de soufre ont été de 427 825 tonnes, et en 1898 elles ont atteint le chiffre de 462 593 tonnes; l’augmentation «st due surtout aux plus grandes demandes des Etats-Unis à l’occasion de la guerre avec l’Espagne. Le stock de soufre disponible au
- 31 décembre 1898 était d’environ 235000 tonnes. Les principaux ports d’embarquement sont : Empedoclç (province de Girgenti) qui a expédié 207 260 tonnes en 1898; Catane (130192 tonnes) ; Licata (103257 tonnes) ; Palerme n’a expédié que 15 000 tonnes. Les Etats-Unis ont été les principaux acheteurs en 1898, il leur a été envoyé 142 553 tonnes de soufre. La France en a reçu plus de 95000 tonnes; l’Italie continentale 60 919 tonnes; l’Allemagne environ 27000; le Royaume-Uni et Malte, 26 487 tonnes. La plupart des chargements naviguent sous pavillon britannique.
- —g— Tremblement de terre à Livourne, le 10 novembre. Les habitants ont déserté leurs maisons et ont couché sous la tente. Aucun dégât matériel sérieux ; mais grande panique parmi la population, parce que les secousses sont venues à l’époque prédite par Falb pour la fin du monde. Il est vraiment singulier qu’à notre
- époque on puisse encore ajouter foi à ces prédictions d’un autre âge. Les journaux se font l’écho de ces bruits sans fondement et sèment la peur parmi les populations. A Paris même, dans certains quartiers, on a pris au sérieux ces racontars et beaucoup de femmes ont été effrayées au point d’en être malades. Nous n’avons à redouter aucune collision avec un astre quelconque. Et les météores de novembre sont absolument inoffensifs..., comme les étoiles filantes de la Saint-Laurent.... Tous ces petits corps se brûlent en traversant notre atmosphère. Rassurons-nous donc. Ce n’est pas ainsi qu’arrivera la fin du monde.
- —g— Au service hydrographique, on a signalé, le 3 novembre, une crue très menaçante du Rhône. Cette crue a été rapide et extrêmement violente à Arles, à Beaucaire et à Tarascon. A Avignon, par exemple, le fleuve, qui n’était, le 2 novembre soir, qu’à 4 centimètres au-dessous de l’étiage, était, le 5 novembre soir, à 6m,5. Il a charrié beaucoup, et, sur le parcours, depuis Pont-Saint-Esprit, de nombreux bateaux ont été enlevés. A Yallabrègues, les eaux du Rhône se sont élevées très rapidement à 3 mètres. Les bateaux ont été entraînés et un pont en bois, sur lequel circulait un Decauville, a été emporté par le courant. A Roquemaure, dans la nuit du 2 au 3 novembre, une crue soudaine, extraordinaire, s’est manifestée. Dans la nuit du 3 au 4 novembre, à la suite de bourrasques de vent du sud ayant amené une forte pluie sur les affluents du fleuve, presque à sec la veille, le lit du Rhône a reçu, au milieu de la nuit, un paquet d’eau de plus de 4 mètres de hauteur provenant surtout de l’Ardèche et de la Lèze. Les routes de Bagnols et d’Orange ont été sous l’eau. On a signalé de divers points du département du Gard des orages et des inondations. A Bessèges, à Anduze, plusieurs quartiers ont été inondés. Sur la ligne de Nozières à Alais, le Gardon a causé des dégâts et détruit une partie de la voie ferrée. Le transbordement s’effectuait par voie de terre entre Nozières et Moussae. Dans l’Ardèche, les communications ont été interrompues entre Aubenas et Privas, par suite de la rupture du pont d’Aubenas et de la chaussée de la route nationale qui a été emportée. A Jaujac, toutes les communications ont été suspendues. Un moulin construit sur le Lignon a été emporté, ainsi qu’un moulinage situé dans le quartier du Chambon. Une fabrique s’est écroulée à Barnas. A Vogué, les routes ont été coupées et les plaines inondées. La route de Ruoms a été recouverte de 50 centimètres d’eau. La route nationale a été coupée près de Vallon; il en est de même de la route du Puy. On a signalé de graves accidents dans le petit village de Laveyrune, dans le bassin de l’Ailier. Surpris par la crue, les habitants n’ont pu fuir et ont dû chercher un refuge au dernier étage des maisons; ils sont ainsi restés 36 heures sans secours. Toutes les habitations envahies par les eaux ont été remplies d’une couche de boue de plus d’un mètre, les meubles et le linge ont été entraînés par le courant ou enfouis dans la vase. Les provisions, pommes de terre, blé, vin, ont été perdues, et tous les bestiaux sont noyés.
- —g— Le 6 novembre, un très violent orage, accompagné de grêle, a eu lieu à Tananarive et a causé de nombreux dégâts. Les grêlons s’étaient amoncelés sur les toitures et dans les jardins, et sont restés jusqu’au lendemain sans fondre.
- —g— Une violente tempête a “passé sur Londres • le 3 novembre. Un vent impétueux a soufflé toute la journée sur Londres et a gravement compromis, la sécurité des promeneurs. Tuyaux de cheminées, ardoises, Branches d’arbres, morceaux de briques se sont abattus en grand nombre sur les rues et les places, tandis que dans les avenues, les feuilles mortes, les débris d’affiches, les vieux journaux voltigeaient de tous côtés. A Newhaven, à Folkestone et à Douvres, la mer était absolument démontée, et à Douvres les vagues qui venaient se briser avec furie contre les quais de la rade étaient tellement violentes qu’on n’a pu faire partir le courrier, et que le service des paquebots a dû être suspendu. Il y a eu également de nombreux dégâts a Dublin. Les services télèphoniqes et télégraphiques ont été désorganisés dans toute l’Irlanae.
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- Erratum. — La légende des figures 4 et 5, p. 372 (n° 1384, du 14 novembre 1899), porte la mention : Groupes de M. Allar. Il faut lire : Groupes de M. Hannmix.
- Communications. — M. R. Slickef, inspecteur adjoint des forêts, à Rouen, à propos de notre récenle chronique sur l’Ecorce d'acacia comme matière tannante (n° 1380, du 4 novembre 1899, p. 367) nous écrit: « Les Acacias qui fournissent des écorces employées en tannerie, sont des Acacias orais, c’est-à-dire qu’ils appartiennent à la famille des Mimosées (le Robinier à celle des Papilionacées). Les divers Acacias et Mimosas ne sont rustiques que dans l’extrême midi de la France, -ce n’est donc que là et en Algérie qu’on pourrait en recommander la culture. L’Algérie, où l’on en a introduit de nombreuses espèces, australiennes pour la plupart, fournit déjà des écorces pour la tannerie. »
- M. C. Maltézos, professeur à l’Ecole Militaire, privat-docent à l’Université à Athènes, à propos de l’article de M. A. Bleu-nard Curiosités pour l’enseignement des sciences physiques, paru dans le n° 1377 du 44 octobre 1899; p. 308, nous écrit qu’il a déjà étudié ces phénomènes capillaires en novembre 1892, et qu’il les a décrits dans les Comptes Rendus de l’Académie des sciences de Paris sous le nom de « microglobules lenticulaires liquides». Il nous adresse un extrait de ses deux Notes.
- M. Maurice Würthe Micha, à Liège, nous communique un fait intéressant : « Mon chef d’atelier, écrit-il, avait déposé dans une armoire une fraise neuve en excellent acier fondu de Sheffield. Quelques heures avant cette mise en magasin la fraise avait été soigneusement trempée dans un bain d’eau d’environ 10° C., après avoir été chauffée au rouge sombre légèrement dépassé. Cette fraise, d’un diamètre de 75 millimètres sur
- 50 millimètres de hauteur, avait été déposée dans l’armoire entièrement refroidie. Trois jours après, cette armoire est de nouveau ouverte, l’outil était brisé en deux par un plan diamétral avec trois petits éclats d’un côté de la cassure. Les deux morceaux étaient séparés l’un de l’autre de 15 centimètres environ. Le meuble était entièrement à l’abri de l’humidité et de toute variation de température ou de courant d’air. La cassure n’accuse aucun défaut de métal; celui-ci, au contraire, montre un beau grain parfaitement homogène; la trempe paraît avoir pénétré régulièrement de 2 à 3 millimètres. Le centre de la cassure offre un gonflement qui se manifeste lorsque l’on rapproche les deux morceaux. Nous sommes donc là en présence d’un phénomène d’explosion spontanée due au déséquilibrement des molécules à l’intérieur du métal à la suite de la trempe. »
- M. R. Lemoine, 9, rue Boissy-d’Anglas, à Paris, nous prie d’annoncer qu’il désire faire l’échange de cartes postales illus-strées avec tous les pays.
- Renseignements. — M. A. Delamain, à Paris. — 1° Nous n’avons pas de procédé spécial à vous indiquer ; l’encaustisque donne de bons résultats. — 2° Remerciements.
- M. G. B., au Mans. — Nous n’avons pas d’adresse à vous faire connaître ; mais vous pourriez vous adresser à MM. Bertin frères à Argenteuil, MM. Claparède à Argenteuil, et à M. Tel-lier, 52, quai de la Râpée, à Paris.
- M. L. L. du Bouchet, à Paris. — Nous n’avons pu retrouver l’article que vous demandez.
- M. A. Ginet, à Paris. — Le dix-neuvième siècle finit le
- 51 décembre 1900.
- M. L. de los Rios, à Salta-Cachi. — U s’agit d’un simple petit cornet acoustique.
- M. R. Lemoine, à Paris. — 1° Nous ne connaissons pas cette maison. — 2° Nous vous donnons satisfaction. — 5° Nous ne communiquons pas ces adressés^
- Mlle Beaumont, au Pré Saint-Gervais. — Nous avons indiqué «ne manière pour peindre sur ciment dans le petit livre des
- Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie.
- Un abonné, à Paris. — Le traité de Physique élémentaire de M. Fernet et le traité élémentaire de M. Troost, à la librairie Masson et Cie, vous donneront toute satisfaction.
- M. le Dt A. Deniz, à Cherbourg. — 1° Chèvrerie parisienne : M, Crépin, 163, rue Blomet, à Paris. — 2° Cet auteur est décédé.
- M, Blanc Ménard, à Nîmes. — Nous ne connaissons pas d’autre traitement.
- 1/. A. Roncale, à Bergame. — Nous avons publié un article sur la boisson appelée Kiva dans le n° 1318, du 3 septembre 1898, p. 214.
- Un abonné, au Camp de Châlons. — Agences de brevets : M. Armengaud aîné, 21, boulevard Poissonnière, M. E. Bert, 7, boulevard Saint-Denis, M. H. Blouin, 78, Boulevard Voltaire, à Paris.
- A/. E. Berthe, à Jonchery-sur-Nesle. — Nous avons déjà fait paraître plusieurs articles à ce sujet; nous reviendrons sur la question quand il y aura quelque chose de nouveau et d’intéressant.
- M. J. Neyret, à Lyon. — Les liquides légèrement acides ont tous la propriété que vous mentionnez.
- Un abonné, à Padoue. — La brochure de M. Guimard sur le Castel Béranger se trouve, comme nous l’avons déjà indiqué, chez M. d’Hestingue, 14, rue du Hclder à Paris.
- M. Trébla, à Paris. — Il existe un traité de télégraphie électrique de M. Mercadier, au prix de 3fr,50.
- M. Pedro Pedraza, à Trujillo. — Nous ne connaissons pas ces adresses.
- M. A. G. Lefort, à Paris. — L’adresse de MM. Amiot et Penëau, constructeurs de l’avant-train électrique moteur de la balayeuse municipale, est, 27, rue d’Anjou, à Paris.
- M. A. Fabbri, à Bologne. — Ces renseignements n’ont pas été publiés; des descriptions de stations centrales et d’usines ont été données dans les journaux électriques.
- Un abonné, à Porto. — Il s’agit sans doute des piles Ledan-ché; vous trouverez ces renseignements dans le petit livre des Recettes de l’Electricien, à la librairie Masson et C1*.
- L'abonné n° 7080-2974, à Saint-Dié. — Vous voulez sans doute parler du vernis brun noir obtenu par une solution de bitume de Judée dans l’essence de térébenthine. Vous trouverez plusieurs formules de vernis dans le petit livre indiqué ci-dessus.
- M. Dumont, à Lyon. — Votre lettre a été envoyée à destination.
- M. le Dv Maere, à Gand. — L’adresse du dépositaire a été donnée en tête de la Boite aux lettres du même numéro qui contient la description de l’appareil (n° 1354, du 6 mai 1899); écrivez à M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- M. Rouselet, à Neuilly-sur-Seine. — 1° Pour l’abonnement au bulletin du Bureau central météorologique, il faut vous adresser à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands Augus-tins, à Paris; le prix est de 5 francs par an. — 2° Le bureau central météorologique se trouve, 176, rue de l’Université, à Paris. — 3° Le Bureau des Longitudes a son siège à l’Institut, 23, quai de Conti, à Paris.
- M. O. M., à Villefranche. — Vous consulterez avec grand avantage L’éclairage à l’acétylène, par M. Georges Pellissier, à la librairie Carré et Naud, à Paris. •
- M. L. Benner, à Mulhouse. — Nous ne connaissons pas l’adresse de cette maison; mais vous pouvez vous renseigner chez M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. H. Jeanin, à Lyon. — Cette disposition est déjà bien connue, et couramment employée; remerciements.
- M. J. C, à Beaune. — Nous n’avons pas eu d’autres renseignements depuis cette époque; il faudrait vous adresser directement à la station agricole.
- M. P. F., à Liège. —Nous allons chercher des détails et dès que nous les connaîtrons, nous vous les indiquerons.
- M. J. Fardel, à Lille. — On ne peut pas encore se procurer de l’ozone dans le commerce ; il faut le produire soi-même avec des machines électriques ou des appareils à haute fréquence.
- M. C. M., à Bernay. — Vous trouverez un Guide de l’amateur photographe, par M. J. Ducom, à la librairie Carré et Naud.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. R., à
- Paris. Nous avons reçu votre envoi: remerciements. — M. Leloir, à Brest. Nous ne pouvons juger votre appareil sans en faire un examen détaillé. — M. Durand, à Orléans. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, ite série, à la librairie Masson et C*\ — M. Dumont, à Brest; M. Romart, à Lille. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Un Bonveao tlre-ll^ne. — Le tire-ligne classique est assurément un instrument des plus précieux ; mais, malgré •tout, il a des inconvénients, et notamment celui de tacher la règle le long de laquelle on le promène, et par suite quelquefois même le papier. Une maison américaine a lancé récemment un petit appareil évidemment un peu plus compliqué, mais qui permet de tracer des raies larges ou minces, simples ou doubles, avec une régularité parfaite, et sans qu’il soit possible de faire la moindre tache. Cet appareil, qui est destiné à glisser sur une règle plate à dessin, comprend d’abord une monture qui peut s’adapter à la largeur même de cette règle
- Fig. 1. — Nouveau tire-ligne.
- Fig. 2. — Mode d’emploi de l’appareil.
- au moyen d’une vis molletée qui en fait glisser les deux parties l’une sur l'autre. Cette monture se prolonge latéralement comme en porte-à-faux, et supporte une petite roulette qui joue précisément le rôle de tire-ligne, en roulant à la surface du papier et en glissant par sa monture sur la règle plate. Au-dessus de cette roulette, on aperçoit une sorte de chapeau métallique qui le recouvre à demi : ce chapeau, qui peut se relever, contient un encreur pressé par un ressort plat sur la roulette. Celle-ci se fait en trois types différents, susceptibles de donner un trait large, un trait mince ou deux traits fins parallèles. — Pour le nouveau tire-ligne, il faut s’adresser à Sdeal Manufacturing Company, 20, Broad Street, New-York.
- Porte-mousqueton à pose instantanée. — On peut avoir intérêt à posséder des porte-mousquetons ou, si l’on veut, des crochets à fermeture automatique, qui puissent se fixer instantanément, et de façon solide au bout d’une
- Porte-mo jsijv etoa.
- courroie, d’une corde, etc. Celui qu’on connaît aux Etals-. Unis sous le nom de « Triumph » semble répondre à ce dési-dératum.
- Il est d’autant plus intéressant qu’il est obtenu avec cette simplicité de moyens qui caractérise la fabrication américaine. Le talon du crochet présente deux sortes de joues qui se relèvent verticalement en même temps que deux pointes qui se dressent entre les deux joues. Veut-on fixer le crochet au bout d’une courroie, on insère l'extrémité de celle-ci dans le talon du crochet, et on rabat au marteau les joues qui viennent presser la courroie de manière même que les pointes la traversent et se rivent. — Le porte-mousqueton se trouve à Covert’s Saddlery Works, à Farmer, Etat de New-York.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Renforcement des clichés par Viodure mercurique.
- Le mode de renforcement le plus connu et le plus employé est celui au bichlorure de mercure et à l’ammoniaque. Il offre cependant deux inconvénients principaux : la. conservation du négatif est compromise et l’opacité des noirs est trop considérable. Bien que plusieurs autres méthodes, telles que le renforcement à l’urane, aient été préconisées, la plupart des amateure préfèrent encore le bichlorure. Mais celui-ci va être très probablement détrôné par un nouveau procédé dû à MM. Lumière frères qui viennent de publier une très intéressante étude sur l’iodure mercurique.
- Ce sel avait déjà été préconisé comme renforçateur, mais on l’employait dissous dans l’hyposulfite de soude, et bien que le renforcement dans ces conditions soit très facile à suivre et très efficace, on avait dû y renoncer parce que les clichés se conservaient encore moins bien qu'avec le bichlorure. La découverte des MM. Lumière consiste à substituer le sulfite de soude à l’hyposulfite dans la dissolution. On conserve ainsi tous les avantages de ce mode de renforcement et on en évite les inconvénients.
- Voici la formule telle qu’ils la préconisent :
- Eau............................100 grammes. !
- Sulfite de soude anhydre....... 10 —
- lodure mercurique............. . 1 —
- L’image se renforce peu à peu et prend une teinte brun foncé; il suffit de tremper le cliché dans le bain et de l’y laisser jusqu’à ce qu’on juge le renforcement suffisant. Les vieux clichés peuvent être traités aussi bien que les nouveaux sortant du bain de fixage et lavés sommairement.
- La formule donnée est une moyenne, mais on peut la diluer si l’on veut un renforcement peu important, de même qu’on peut dans le cas contraire l’augmenter : on ne devra pas cependant dans ce cas dépasser 2 grammes d’iodure pour 100 d’eau et 20 grammes de sulfite anhydre. , .
- Mais le renforcement ainsi obtenu n’est pas définitif, il y aurait altération assez rapide de l’image si l’on ne procédait à une opération supplémentaire qui est une sorte de développement, et c’est là ce qui constitue en somme l’originalité du procédé. Au sortir du bain renforçateur, après un lavage sommaire, on devra donc plonger le cliché dans un des développements connus, soit à l’acide pyrogallique, soit à l’hydroquinone, à l’hydramine, amidol ou autre. L’argent de l’iodure se trouve par cette opération réduit à l’état métallique et l’iode s’élimine complètement. Mais il n’est pas nécessaire de faire immédiatement cette dernière opération, et si l’on n’a pas un développement sous la main, on peut utiliser le cliché renforcé une fois sec et faire agir le développement ultérieurement. En somme il nous paraît que. MM. Lumière viennent de doter la photographie d’un précieux auxiliaire, fort commode à employer et utile à tous, car les amateurs savent combien sont souvent faibles les clichés qu’ils obtiennent, surtout pendant l’hiver. G. M.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Moyen d’extraire un taraud cassé dans une pièce de laiton. — Ayant cassé dernièrement un petit taraud dans une pièce de laiton, il me vint à l’idée de plonger ma pièce dans l’acide sulfurique étendu d’eau (à 10 pour 100 en poids par exemple) et de l’y laisser jusqu’à ce que le taraud soit complètement transformé en sulfate de fer : la pièce de laiton resta inattaquée, ainsi que les soudures à l’étain qu’elle comportait, et j’arrivai ainsi au résultat cherché ; on reconnaît que le taraud est complètement dissous à. ce qu’il ne se dégage plus de bulles "gazeuses au sein de l’eau acidulée. Ce procédé est évidemment inapplicable au cas de métaux attaqués par l’acide sulfurique étendu comme le fer par exemple. (Communiqué par M. Dauvé, professeur de physique au Collège de Beaune.)
- Pour nettoyer le marbre.— Notre confrère de la presse américaine National Druygist, donne une série de recettes pour nettoyer les marbres tachés. On peut par exemple laver la surface avec un mélange finement pulvérisé de pierre ponce et de vinaigre, qu’on laisse en contact avec le marbre durant plusieurs heures, on brosse fortement et l'on rince ensuite. Finalement, quand il est bien sec, on frotte avec du blanc d’Espagne et une peau de daim. Une autre formule consiste à prendre 4 parties de savon mou, autant de blanc d’Espagne, 1 de bicar-
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- bonate de soude, et enfin ‘2 de sulfate de cuivre. On mélange intimement, et l’on frotte avec une flanelle, puis on laisse en contact durant 24 heures. Alors on lave à l’eau pure, et il ne reste plus qu’à polir au moyen de flanelle ou d’un vieux morceau de feutre. Vous pouvez aussi prendre 2 parties de bicarbonate de soude, 1 de pierre ponce pulvérisée, et une autre de chaux en poudre fine. Pour que le tout ne contienne aucune grosse particule, vous passez à travers un tamis très fin et vous mêlez avec de l’eau, vous frottez vigoureusement cet enduit sur le marbre et en particulier sur les taches qu’il peut y avoir, et assez rapidement ces taches disparaissent. Il suffit ensuite de laver au savon et à l’eau pour que le marbre revienne dans son état primitif.
- Enlèvement des taches sur le marbre. — Nous avons donné des recettes pour nettoyer le marbre d’une façon générale, mais en voici d’autres qui ont pour but d’enlever des taches localisées sur cette même matière. Pour faire disparaître, par
- exemple, des taches d'huile, on y applique de l'argile vulgaire saturée de benzine; si la graisse était là depuis longtemps, il y a beaucoup de chances pour que le remède enlève le poli au marbre avec là tache. On réussit bien à faire disparaître les taches de rouille ou d’encre au moyen de la méthode suivante. On se procure une quinzaine de grammes de beurre d’antimoine, et 30 grammes d’acide oxalique, et l’on fait dissoudre le tout dans un demi-litre d’eau de pluie. On ajoute ensuite assez de farine pour donner au tout une consistance convenable. 11 ne reste qu’à étendre une couche bien uniforme de cette mixture sur la partie tachée, et à laisser quelques jours. On lave ensuite et on répète l’opération si besoin est. Pour traiter le marbre blanc, on conseille spécialement de prendre une trentaine de grammes de fiel de bœuf, un huitième de litre de lessive, et une grande cuillerée et demie de térébenthine ; on mélange et on fait une pâte avec de la terre de pipe. Il n’y a plus alors qu’à étendre cette pâte sur la tache, et à la laisser en place pendant quelques jours.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 novembre . sy S. S. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Beau jusqu’à 6 h. ; puis nuag.; couvert après 14 li.; petite pluie dans la soirée.
- Mardi 7 7*,1 N. N. W. 2. Beau. 0,6 Beau de 6 à 9 h. ; couvert avant et après; petit brouillard à 8 h.
- Mercredi 8 13*,1 S. 4. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 15 h. ; beau ensuite ; éclairs dans la soirée, au N.-N.-N.-W.; pluie de 9 à 14 h.
- Jeudi S 8*,0 S. S. W. 3. Quelques éclaircies. 9,2 Nuageux; halo ; lumière zodiacale.
- Vendredi 10 12“,1 S. 4. Couvert. 0,6 Couvert le matin; puis nuageux; beau après 19 h.; quelques averses.
- Samedi 11 5%0 S. 2. Beau. 4,0 Beau le matin ; nuageux le soir; gelée blanche ; bruine à 20 Ji. 30.
- Dimanche 12 7-,2 S. W. 2. Peu nuageux. 0,0 Très nuageux.
- NOVEMBRE 1899. --- SEMAINE DD LUNDI 6 AD DIMANCHE 12 NOVEMBRE.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Vabri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Pare Saint-Maur en octobre 1890
- par M. E. IIenoü.
- Moyenne barométrique à midi 760"",60. Minimum 743””,94 le 1" à 2 h. 5 du soir. Maximum 768““,31 le 21 à 10 heures du soir.
- Moyennes thermométriques : des minima 5°,14 ; des maxima 16°,38 ; du mois 10",76; vraie des 24 heures 9°,93. Minimum —1°,0 le 26 vers 7 heures du matin. Maximum 19°,7 le 23 à 1 h. 20 du soir. Au ras du sol moyenne <les minima 0°,76. Minimum — 5",5 le 21.11 y a eu 10 jours de gelée blanche et 3 jours de gelée à glace.
- Tension moyenne de la vapeur, 7““,56. Minimum 3”“,8 le 14 à 1 heure du soir. Maximum 12“”,8 le 12 à 10 heures du matin. Humidité reLative, moyenne 82,3. Minimum 35 le 14 à 1 heure du soir. Maximum 100 eu 1 i jours.
- Nébulosité moyenne 34. Un jour sans trace de nuage le 17. Pluie 36”“,6 en 33 h. 1/2 réparties en 7 jours. Le 1" il est tombé 21““,8 d’eau en 12 heures.
- Il y a eu 9 jours de brouillard ; le 24, il a atteint 50 mètres à 4 heures du matin. Il y a eu de plus 2 jours de transparence de l’air de 2 à 3 km.
- Les vents à peu près également répartis, sauf ceux du S. et de l’W.-S.-W. au N.-N.-W. qui manquent presque complètement.
- Température moyenne de la Marne : le matin 11°,99; l’après-midi 12°,52; du mois 12®,16. EUe a varié de 9®,63 le 26 à 14°,67 le 2. Toujours très basse et très claire.
- Relativement aux moyennes normales, le mois d’octobre 1899 présente les résultats suivants : baromètre à midi plus haut de 3“,66. Thermomètre plus haut de 0°,24. Tension de la vapeur moindre de 0*“,23. Humidité relative moindre de 3,2. Nébulosité moindre de 25. Pluie moiudre de 27““,0.
- Floraisons : aster multiflore le 10 : topinambour le 12.
- Le 16, on a vu 4 hirondelles ; ce sont les dernières.
- La nébulosité moyenne diffère peu de celle d’octobre 1897 ; ce sont les chiffres les plus bas de la nébulosité en octobre depuis un siècle et demi. J’ai déjà fait remarquer, il y a deux ans, que le mois d’octobre le plus clair que l’on connaisse est celui de 1752, dont la nébulosité n’était probablement que de 10 ou 12.
- PHASES DE LA LUNE; P. Q. le 10, à 1 h. 44 in. du soir.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES Supplément an n° 1383 (25nov. 1899), du Journal “LA NATURE’
- Ejccürsïorç scïerçtïFïqüe de Rature”
- DE L’OCÉAN A LA MÉDITERRANÉE PAR LES PYRÉNÉES
- —# 25 Août — 7 Septembre 1899 «—
- RÉSULTATS DU CORCOURS DE PHOTOGRAPHIE
- Nous avons rendu compte ici même de notre excursion aux Pyrénées et, malgré les journées si remplies de notre programme, beaucoup de nos adhérents ont pu selon nos conseils ajouter un attrait de plus au voyage en faisant de nombreuses photographies.
- Nous remercions ceux d’entre eux qui, malgré les délais si courts que nous avions accordés, ont bien voulu nous envoyer leurs épreuves et prendre part à notre concours. C’est grâce au nombre des photographies qu’ils nous ont confiées (nous avons reçu plus de 800 épreuves) et surtout aux très remarquables résultats obtenus par certains des concurrents que notre exposition a eu un très réel succès: pendant les 10 jours qu’elle a été ouverte aux abonnés de La Naturels de 500 personnes l’ont visitée et ont admiré les très belles collections où sont si bien présentés les étapes de l’excursion, les monuments et les sites qui ont laissé aux voyageurs de si séduisants souvenirs.
- Rappelons sommairement quel était le programme du concours :
- CONDITIONS. — Le format des épreuves ne devra pas être inférieur à 6x 8 ni supérieur à 18x24: à qualités égales, la préférence dans le choix sera donnée aux sujets mesurant au moins une surface 9x12 qu’ils soient obtenus directement ou par agrandissement, et cela surtout à cause de la reproduction.
- Les épreuves primées pourront être en effet reproduites dans un supplément à La Nature, consacré au compte rendu du voyage et qui paraîtra avant le 51 décembre 1899.
- Un même concurrent peut concourir dans les trois séries, il ne pourrait cependant remporter un premier prix dans chacune d’elles.
- Les épreuves fournies en un seul exemplaire seront montées sur carton et porteront au dos : 1° une devise unique pour un même concurrent ; 2° le titre désignatif du sujet.
- SÉRIE A
- Une collection de vingt-cinq sujets formant par leur ensemble un aperçu aussi complet que possible de l’excursion entière. Les épreuves de cette série devront former une suite et être numérotées de façon à indiquer les différentes étapes de notre voyage. Le nombre de 25 sujets ne devra pas être dépassé.
- 1er Prix. — Une jumelle stéréoscopique de Belliéni (de Nancy), appareil de précision muni de deux objectifs Zeiss ou Goerz pouvant donner le cliché 8x9 ou la vue stéréoscopique 8x18.
- Cet appareil, accompagné du châssis spécial pour tirer les positifs sur verre, est d’une valeur de 522 fr. 50.
- 2e Prix. — Un colis-postal de produits photographiques du Comptoir général de photographie (valeur 50 francs).
- SÉRIE B
- Une collection de sujets entièrement consacrés au côté archéologique, industriel et purement scientifique de l’excursion. Le minimum des épreuves à fournir pour cette série est de vingt, mais le nombre n’en est pas limité.
- V Prix. — Une jumelle Mackenstein, format 9x12, munie des derniers perfectionnements avec objectif Goerz et un appareil d’agrandissement 18 x 24 sur lequel s'adapte la jumelle pour agrandir les clichés 9x12 et au-dessous en 18x24 ou 15x18 (valeur 520 francs).
- 2a Prix. — Un colis-postal des produits photographiques du Comptoir général de photographie (valeur 50 francs).
- SÉRIE G
- Une collection de sujets fantaisistes pris dans le cours de l’excursion, groupes bizarres, aventures, etc., etc.
- Le nombre d’épreuves à fournir dans cette série doit être au moins de six, mais il n’est pas limité.
- 1er Prix. — Une photo-jumelle Carpentier, format 6 1/2x9 munie d’un objectif Zeiss à mise au point fixe (valeur 215 francs).
- 2e Prix. — Un colis-postal contenant un lot des spécialités photographiques de la maison Poulenc frères, papiers au platine, révélateur à la pyrocatéchine, stand-pochettes, etc. (valeur 50 francs).
- JURY ï MM. Henri de Parville, Directeur de, La Nature; M. Boule, Directeur de la première excursion de La Nature; Cartailhac, Directeur de l’Excursion, ancien Président de la Société de Photographie de Toulouse; Fr. Dillaye, Critique d’art; P. Masson, Éditeur-Gérant de La Nature.
- RÉCOMPENSES
- Hors Concours : M. F. Dillaye, dont l’habileté eût pu effrayer bien des concurrents et dont la compétence en l’art de la photographie, si universellement établie par ses ouvrages et ses conférences sur le sujet, nous a fait vivement apprécier le concours qu’il a bien voulu nous donner en prenant part aux travaux du Jury.
- Nous tenons à le remercier tout spécialement de la superbe collection de 60 agrandissements qu’il a mise à notre disposition et qui a été l’un des principaux attraits de notre exposition.
- Ses photographies ont été obtenues avec l’appareil SpidO (9x12) à décentrement et agrandies à l’aide de VAmplificateur télescopique.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- SÉRIE A
- 1" Prix : N’a pas été décerné, personne n’ayant répondu exactement et d’une façon entièrement satisfaisante aux conditions du programme.
- 2e Prix : M. Louis Mortrèux. 24 agrandissements (18x24) et une vue panoramique (18x62). Appareil employé : Jumelle Belliéni (9x12) à décentrement, objectif Zeiss.
- M. Mortrèux obtient : Un colis-postal de produits photographiques du Comptoir général de photographie (valeur 50 francs).
- SÉRIE B
- 1er Prix : M. Louis Mortrèux. 48 agrandissements (18 x 24). Appareil employé : Jumelle Belliéni (9 x 12) à décentrement. Le premier prix de la série A n’avant pas été accordé, il devient, par suite, le premier prix de la série B et le jury attribue à M. Mortrèux : Une jumelle Stéréoscopique de Belliéni (de Nancy), appareil de précision muni de deux objectifs Zeiss ou Goerz pouvant donner le cliché 8 x 9 ou la vue stéréoscopique 8 x 18.
- Cet appareil, accompagné du châssis spécial pour tirer les positifs sur verre, est d’une valeur de 522 fr. 50.
- 2e Prix : M. Paul Meyère, 19 épreuves stéréoscopiques et 1 agrandissement. Appareil employé: Jumelle stéréo-panoramique de Mackenstein, objectif Goerz. M. Meyère obtient Un COliS-pOStal des produits photographiques du: Comptoir général de photographie (valeur 50 francs).
- Mention honorable : M. Charles Pensa. 37 agrandissements (13x18). Appareil employé : Photo-jumelle Carpentier, objectif Zeiss.
- SÉRIE C
- 1er Prix : Mlles Fanny et Marthe Dillaye. 21 agrandissements 13x18. Appareils employés : Photo-jumelle Carpentier (6 1/2x9) et sténo-jumelle Joux (6 1/2x9).
- 2e Prix : M. Emile Fernet. 8 agrandissements 18x24 et 22 épreuves 6 1/2x9. Appareil employé : Jumelle Mackenstein (6 1/2 x 9).
- Mention honorable : M. G. Lavanture. 18 épreuves 8 1/2x6. Appareil employé : Folding Pocket Kodak.
- PRIX COMPLÉMENTAIRE
- L’un des premiers prix étant resté disponible puisque le 1er prix de la série A n’a pas été décerné, le Jury a été très heureux de pouvoir créer un prix spécial hors série et de l’appliquer à M. Paul Meyère pour sa très nombreuse et très intéressante collection de photographies. M. Meyère nous a fourni 16 agrandissements (18 x 24), 128 épreuves simples groupées en panoplies et 150 épreuves stéréoscopiques sur verre. Il eût été fâcheux qu’un défaut de classement des épreuves qui ne permet pas à ce travail considérable d’entrer dans aucune des trois séries du programme l’eût empêché d’obtenir aucune récompense. (Appareil employé : Jumelle stéréo-panoramique à décentrement de Mackenstein.)
- Le Jury a attribué à M. Paul Meyère Une jumelle Mackenstein, format 9 X 12, munie des derniers perfectionnements avec objectif Goerz et un appareil d’agrandissement 18 x 24 sur lequel s’adapte la jumelle pour agrandir les clichés 9x12. et au-dessous en 18 X 24 ou 13 X 18 (valeur 520 francs).
- Un grand nombre des épreuves primées seront reproduites dans un supplément à La Nature
- qui paraîtra avant la fin de décembre 1899.
- INFORMATIONS
- —(§)— Le 17 novembre a eu lieu, à Port Saïd, l’inauguration de la statue de Ferdinand de Lesseps, par un temps splendide, en présence de toutes les autorités internationales et d’une assistance de plus de 5000 personnes. Beaucoup des assistants ont manifesté leur émotion au moment où est tombé le voile qui cachait le beau monument de Frémiet, qui représente M. de Lesseps montrant le canal aux navires de toutes les nations. Et l’on ne pouvait éviter de songer que 3500 de ces navires ont passé à travers l’isthme de Suez l’année dernière, et que la plus-value du capital engagé dans l’œuvre du percement n’est pas inférieure, dividende compris, à 3 milliards.
- —(§)— Avalanche de ballons cette semaine pour l’observation des Léonides. On est monté dans les airs un peu de tous côtés, à Paris, à Strasbourg, à Londres, etc. Un peu avant le 9 novembre, un aérostat, d’un volume de .500 mètres cubes, a atterri aux environs de Bourbon-l’Archambault. Il était monté par M. Detouchc, lieutenant au 2e régiment du génie. Parti la veille de Montpellier, ce ballon avait franchi, en vingt-six heures, un parcours de plus de 450 kilomètres. M. Detouche a atteint la hauteur maxima de 5800 mètres. Enfin, le 19 novembre, est partie, de Yaugirard, la Lorraine, montée par MM. le comte de Castillon de Saint-Victor et Collinet, membres de l’Aéro-Club. L’aérostat est descendu après huit heures et demie de voyage sur les bords du lac de Grandlieu, près de Nantes.
- Tentative de direction aussi par M. Dumont Santos, avec son ballon allongé, mû par un moteur à pétrole. Le ballon a traversé Paris et est allé atterrir au Bois de Boulogne, après avoir obéi à l’aéronaute. Il n'y avait qu’une brise insignifiante. Chaque fois que la vitesse du vent ne dépassera pas 5 à 6 mètres, il est presque certain que’avec la force dont on dispose on pourra se diriger plus ou moins, comme l’ont déjà fait autrefois MM. Tissandier et le commandant Renard. Mais, jusqu’ici, les moteurs employés, eu égard au poids du ballon, ont été insuffisants pour lutter contre un vent moyen de 9 à 12 mètres. Ne décourageons pas les chercheurs.
- —(§)— Le samedi 11 novembre, la deuxième sous-commission do la commission municipale du Vieux Paris s’est rendue à l’église Saint-Pierre de Montmartre, où les premiers travaux exécutés pour la restauration de ce beau monument du douzième siècle avaient mis à jour des sépultures sous le dallage même de l’église. La commission put dégager un intéressant ornement (croix grecque entourée d’un cercle) qui se trouvait à la base d’un cercueil carolingien eu plâtre, sur lequel avaient été simplement posées les fondations de l’église. Le Dr Capitan put extraire, avec les précautions nécessaires, plusieurs crânes de sujets enterrés sous le dallage de l’église, dans le bas-côté Nord, tout à côté les uns des autres. Le cercueil doit aller au musée Carnavalet. Il constitue un type dont il n’existe pas encore de spécimen analogue dans ce beau musée. Les crânes seront étudiés à l’École d’anthropologie.
- BOITE AUX LETTRES
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la fabrication de la glace, s’adresser à M. D. L. Holden, Icè Manufacturer, C. 0. M. Nunn and C°, 361 Broadway, New-York.
- Renseignements. — M. G. H. Il, al. — Nous avons indiqué plusieurs procédés de désinfection dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Ci‘\
- Un abonné, à S. M. — L’ouvrage de M. Kayser sur les Levures a paru dans l’Encyclopédie Léauté, à la librairie Masson et Cie.
- M. L. Tramaux, à Besançon. — 1° Nous ne connaissons pas cette recette. — 2° Vous trouverez tous les renseignements sur le nickelage dans les Recettes de VElectricien, à la librairie Masson et Cie. — 3° Il a été publié 5 séries de petits livres de recettes.
- [La suite des^renseignements est renvoyée au prochain numéro.)
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Repeuplement des chasses en faisans. — Pour repeupler une chasse en faisans, il ne suffit pas, comme on le croit généralement, d’y lâcher au hasard un certain nombre de couples et de les laisser se débrouiller pour donner une nombreuse progéniture. Avec une semblable méthode, on n’obtient que des résultats lamentables et souvent, dans la chasse, on ne retrouve pas plus de faisans que l’on en a mis... ou même moins. Ces procédés anciennement en usage ont été la cause de tant d’insuccès et de tant de déboires, les plaintes parmi les chasseurs sont devenues si nombreuses et si générales, que la recherche d’un moyen pratique et sùr s’imposait : celui qui donne les meilleurs résultats consiste à pratiquer la reproduction naturelle : faire éclore des faisandeaux par des faisans, faire conduire des jeunes par leur propres parents qui sont les meilleurs éleveurs et les meilleurs éducateurs qui se puissent trouver.
- Des chasseurs se sont ingéniés à faire éclore des œufs artificiellement, à faire conduire du gibier par dgs poules de ferme, à donner la becquée, ainsi qu’à des poulets, à des oiseaux qui devraient êtré sauvages. Un métier s’est créé, celui de faisandier, tuant la profession de garde-chasse, de même que le tireur en battue menace aujourd’hui de remplacer le chasseur, devant un gibier non cantonné, non attaché au terrain, en bandes et non en compagnies. La difficulté du repeuplement des chasses au moyen de couvées naturelles, c’est-à-dire pondues, couvées et écloses par les reproducteurs naturels, était de faire pondre et couver des oiseaux sauvages, de les placer dans des conditions de tranquillité et d’habitat telles, qu’ils puissent amener leurs couvées à bien, que la récolte de ces couvées soit possible, et que les jeunes éclos puissent avec leurs parents être envoyés et fixés là où le manque de gibier se faisait sentir. Aujourd’hui cette difficulté a été vaincue, grâce aux beaux résultats obtenus par M. Galichet dans sa faisanderie de Mériel et dont les procédés commencent à être imités par plusieurs propriétaires. On élève les faisans entravés dans de larges parquets où ils vivent presque à l’état sauvage et où néanmoins on peut surveiller les couvées. Dès que les petits naissent, on expédie la mère faisane et les faisandeaux dans la chasse à repeupler.
- Voici, d’après M. du Pontavice, le savant auteur des Chasses bien gardées, comment se fait l’envoi et le lâcher des couvées. Les adultes sont placés dans des boites spéciales juste assez grandes pour les contenir. Les jeunes sont mis dans des boîtes de dimensions plus restreintes, garnies de peau de mouton et de petits tapis de molleton, dans laquelle ils trouvent les seules choses dont ils ont besoin, de la chaleur et de l’air. Il ne faut pas oublier, en effet, que les oiseaux ne mangent pas pendant les quarante-huit heures qui suivent leur naissance, et que les jeunes, dont se composent les couvées, sont expédiés aussitôt éclos, à peine séchés; ceci est indispensable à la bonne réussite et plus tard au cantonnement.
- Arrivé à l’endroit du lâcher, on opère la réunion des parents et des jeunes, de la façon la plus simple : on place les adultes dans une boite spéciale, à double compartiment (dite boites de lâcher), puis on rapproche la petite boîte contenant les jeunes, en l’assujettissant contre la porte à coulisse située au-devant de la boîte de lâcher et préalablement ouverte. On donne ensuite accès aux jeunes, près de leurs parents, qui ne tardent pas à rappeler, et bientôt toute la petite famille est blottie sous les ades maternelles. N’oublions pas de dire qu’il est indispensable de rendre aux parents leurs jeunes à eux* et non pas les premiers venus. A cet effet, des numéros d’ordre sont collés sur les boîtes, de telle sorte que la boîte d’adultes portant par exemple le numéro 2 contienne les parents des jeunes renfermés dans la petite boîte numéro 2. Cette précaution est nécessaire ; sans cela, il se pourrait que les poules, ne reconnaissant pas leurs petits, tuent sans pitié ceux qu’on aurait tenté de leur faire adopter. On enlève alors la boîte ayant contenu les jeunes, on baisse la porte à coulisse de la boîte de lâcher, et on laisse passer la nuit ainsi, de façon que la reconnaissance et la réadoption soient complètes, après la séparation du voyage.
- Le lendemain matin, on ouvre avec précaution, et alors le spectacle le plus charmant qu’il soit possible de voir s’offre aux yeux du garde chargé d’opérer le lâcher des petits ; heureux de sentir devant eux l’espace et le grand air, friands de la pâtée de jaunes d’œufs et des larves de fourmis semées à profusion sur les sentiers, ils se précipitent à I’envi ; prudente, la mère les retient d’abord et les rappelle. Plus hardi, moins obéissant ou plus affamé, un oisillon a franchi le seuil; un autre le suit, puis un autre, puis un autre encore. Effarée J
- m
- et blottie au fond de la boîte, la mère s’épuise en vains rappels ; son autorité est méconnue, et bientôt les petits vagabonds sont tous dehors, voletant, criant et piaillant à qui mieux mieux.
- Il ne reste plus à la pauvre délaissée qu’à suivre elle-même la bande indisciplinée, ce qu’elle ne fait qu’avec crainte, n’avançant que petit à petit, prudemment, l’œil aux aguets, inspectant les alentours, pour voir si aucun danger ne menace. Ne voyant rien, n’entendant rien, car le garde, immobile est blotti à dix pas de là, elle prend confiance et se met à table elle-même, donnant l’exemple. Bientôt tout le monde est repu, mais les petits sont fatigués, et ils viennent demander à l’aile maternelle la chaleur et le sommeil. La poule s’ac-couve, de moins en moins inquiète, et, au réveil, les jeunes trouveront les reliefs du festin, car la famille ne s’est pas éloignée, la boîte du lâcher constituant, pendant les premiers jours, un point de repère sùr, dans un pays ^encore inconnu.
- Le soir, le lendemain et les jours suivants, pour peu que l’agrainage soit régulièrement fait, et que les oiseaux n’aient pas besoin d’aller chercher leur fortune ailleurs, on est certain de retrouver la couvée à l’endroit même du lâcher. Les jeunes sont trop faibles pour s’écarter beaucoup; l’amour maternel, qui est alors à son maximum de développement, retient la mère, et, petit à petit, toute la famille grandit et se cantonne là où précisément on a voulu la fixer. Rien de charmant, rien de facile comme ce repeuplement. Nous dirons aussi, rien de plus certain. En effet, mises au loin ou en plaine, ainsi que nous venons de l’indiquer, les couvées se trouvent exactement dans les mêmes conditions que si elles y étaient nées, et n’offrent aucune différence avec celles qui sont écloses sur le terrain. Henri Coupin.
- BIBLIOGRAPHIE
- U art photographique. Ve année. G. Mareschal, directeur. G. Carré et C. Naud, éditeurs. Prix : 1 an, 32 francs.
- Nous annonçons à nos lecteurs une nouvelle publication mensuelle qui a pour but de montrer que l’on peut faire de l’art avec la photographie. Des planches remarquables accompagnent le texte.
- Le monteur électricien, par E. Barni, ingénieur-électricien. Edition française par J.-A. Montpellier. 1 vol. in-16. Paris, librairie J.-B. Baillière et fils. Prix : 5 fr.
- L’ouvrage de M. Barni donne de nombreux renseignements pratiques et des notions, élémentaires d’électro-technique. M. Montpellier a conservé dans sa traduction française le plan général de l’ouvrage ; mais il a complété et développé certaines notions générales.
- L’hypnotisme et ses applications à la médecine pratique, par le l)r 0. G. Wetterstrano, membre de la Société de médecine de Stockholm. Traduit par le ür P. Valentin et J. Lindford. 1 vol. in-18, Octave Doin, éditeur. Paris. Prix: 3 francs.
- La science pittoresque. Le monde sous-marin, par A. Acloqle, membre de l’Association française de Botanique. 1 vol. in-8°. Abbeville, C. Paillart, imprimeur-éditeur. 1899.
- Almanach de l’Agriculture pour 1900 publié par Henry Sagnier, rédacteur en chef du Journal de l’Agriculture. 34e année. Paris. Masson et Cia. 1 vol. in-16 illustré 0,r,50 lranco, par la poste 0fr,65.
- Corrélations régulières du système planétaire avec l’indication des orbites des planètes inconnues jusqu’ici, par Serge Socolow. 1 brochure in-8°. Moscou, imprimerie de l’Université impériale. 1899.
- Évolution du carbone et de l’azote dans le monde vivant, par P. Mazé, préparateur à l’Institut Pasteur. 1 vol. in-16 de la collection Scientia, G. Carré et Naud, éditeurs, Prix : 2 francs.
- Les lois fondamentales de l’Univers par le prince Grigori Stourdza. Historique de l'ouvrage avec commentaires sur les dix chapitres, par G. Ocasian. 1 brochure in-8°. Paris. Imprimerie de la Cour d’Appel. 1899.
- La levure de bière et la lévurine en thérapeutique (furonculose, anthrax, acné, etc.), par GeorgesVitocx. 1 vol. in-16. Paris, Chamuel, éditeur, 1899. Prix : f franc.
- Les êtres vivants : Organisation. Evolution, par Paul Bus-quet, chef du Laboratoire de Bactériologie de l’hôpital militaire d’Alger. 1 vol. in-8°. G. Carré et Naud, éditeurs. Paris. Prix : 5 francs.
- Notre ami le chat, par Paul Mégnin. 1 vol.in-80 avec une pré-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- face de François Coppée, membre de l’Académie française, J. Rothschild éditeur 1899.
- Suggestions towardan applied Science ofSociology, byEdward Payson. 1 vol. in-8°. R. P. Puttnam’s sons, New-York and London, 1898.
- Apuntes de telemetria. Differentes maneras de apreciar las distancias, par Nicolas N. Piaggio. 1 vol. in-16. Montevideo. 1899, Establecimiento grafico à vapor, Uruguay 27.
- Field Columbian Muséum. Zoological sériés. — Preliminary descriptions of New rodents from the Olijmpic mountains, by D. G. Elliot. — Notes on a collection of cokl-bloodeâ vertebrates from the Olympic mountains, by S. E. Mef.k.
- — Description of Apparently new species and subspeciey of mammals from Oklahoma territory, by D. G. Elliot.
- — Description of apparently new species and subspecies of mammals from the Indian terri tory, by D. G. Elliot.
- — Catalogue of mammals from the Olympic mountains
- Washington with descriptions of new species, by D. G. Elliot. 5 brochures in-8°. Chicago U. S. A. 1899.
- Primera reunion del congreso cientifico latino americano, IV. trabajos de la 3* seccion (ciencias medicas). 1 vol. in-8°. Buenos-Aires. Compania sud-amerieana de Billetes de Banco.
- 1898.
- Le carte fotografiche, par le Dott. Luigi Sassi. —- Fotografia per i diletianti , del Dott. Giovanni Mcffone, 2 ouvrages de la collection des Manuali Hœpli. Milano. 1899. Ulrico llœpli edi tore.
- Missouri botanical garden. Tenth annual report. 1 vol in-8°.
- 1899. Saint-Louis. Mo. Published by the board of trustées.
- Roscoe-Schorlemmer's ausführliches Lehrbucli der Chemie von Jul. Wilhr. Büiil, professeur à l’Université d’Heidelberg. 7e volume. Die Kohlenwasserstoffe und ihre derivate oder organische Chemie. 1 vol. in-8°. Braunschweig, F. Vieweg et fils, éditeur. Prix : 29tr,50.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLOIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 novembre. 2*,1 S. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 9 h. ; très nuageux ensuite : brouil. jusqu’à 10 li. et dans la soirée : gelée blanche ; halo.
- Mardi 14 3*,0 S. E. 1. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 11 h. ; beau ensuite ; brouil. jusqu’à 10 h.; brouillard bas dans la soirée ; gelée blanche.
- Mercredi 15 —1%5 N. E. 0. Couvert. 0,0 Couvert à 6-7 h. ; nuageux à 8 h. ; beau avant et après ; brouillard jusqu’à 8 h.
- Jeudi 16 2*, 2 N. E. 2. Beau. 0,0 Peu nuageux à 10 h. et de 16 à 21 li. ; beau le reste du temps; halo; gelée blanche.
- Vendredi 17 0%0 N. E. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 22 h. et couvert à 24 h.
- Samedi 18 3*,9 N. 2. Couvert. 0,0 Très nuageux.
- Dimanche 19 - . _ l',9 N. E. 2. Beau. 0,0 Beau ; gelée blanche.
- NOVEMBRE 1899. — SEMAINE DO LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 NOVEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de (i à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tempête dans la nouvelle Écosse. — Une violente tempête soufflant du nord-est s’est abattue, le 14 novembre, sur la côte d'Halifax, y causant de grands dégâts. Plusieurs navires ont été jetés à la côte. On a signalé plusieurs victimes.
- Te temps et la température. — Depuis le dimanche 12 novembre, une brume épaisse s’abat sur Paris dans la soirée vers 6 lie ires, et persiste toute la nuit pour ne se dissiper dans la matinée que vers 10 heures. Le temps resté nuageux, avec température un peu inférieure de la normale.
- La température qui était de + 7° à Paris, le 12 novembre, dans la matinée, était descendue à +- 2° le 13 novembre, à —2° le 15 et à -e 2° le 16. Mais elle ne tardait pas à se relever dans la journée, et la moyenne atteignait 9° le 12 novembre, 9°,6 le 13 pour redescendre à 4°,6 le 14 novembre, à 3°,7 le 15 novembre, à 4°,5 le 16, à 2°,7 le 17, et remonter à 5°,6 le 18. Dans les deux cas du 14 et du 13 novembre, la température était inférieure à la normale respectivement de 1°,4 et de 2°,2.
- Pendant tous ces jours de brouillard, l'hygromètre oscilla entre 80 et 90° ; le 15 novembre, il a marqué 95°.
- A la date du 15 novembre, des neiges et des pluies ont été signalées en Finlande, en Scandinavie, eu Allemagne et dans quelques stations des îles Britanniques : en France, il n'y a eu ni neige, ni pluie.
- PHASES DE LA LUNE: I*. L. le 17, à 10 h. 28 m. du malin.*
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