La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET ]IE LEIJI1S APPLICATIONS AUX A1ITS ET A E’INDUSTlilE
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- KT DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A 1/INPUSTRIE
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- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- DIRECTEUR
- HENRI DE PARVILLE
- VINT. T-HUITIÈME ANNÉE
- 1900
- PREMIER SEMESTRE
- PARIS
- MASSON ET C", ÉDITEURS
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- 28' ANNÉE. — N° 1 58 i.
- 2 DÉCEMBRE 1899.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- MACHINE À REPIQUER LE MACADAM
- Le système d’établissement des routes qu’on désigne, d’après le nom de son inventeur, sous le terme de « macadam », est particulièrement précieux en
- ce qu’il donne d’excellentes surfaces de roulement; mais il a le défaut d’exiger un entretien très soigné, et par suite coûteux, si l’on veut que sa surface reste en bon état et continue d’offrir ses qualités caractéristiques. On sait que cet entretien comprend essen-
- Machiue flosack pour entretenir les routes.
- bellement un repiquage de la chaussée effectué à la pioche, repiquage qui a pour but de soulever les cailloux et le sable formant la route, afin qu’ensuite les nouveaux matériaux de rechargement puissent venir faire intimement corps avec la base sur laquelle on les étend.
- Mais ce travail à la pioche se fait mollement, lentement, et de façon fort imparfaite et comme la solidité du macadam en dépend absolument, il serait très désirable qu’on y pût substituer un piochage 28® année. — t'r semestre.
- mécanique. Aussi, dans la patrie même du macadam, en Angleterre, cherche-t-on, depuis un certain temps, à imaginer des machines réalisant pratiquement ce desideratum. Ces machines sont ce que l’on appelle des scarificateurs, et divers constructeurs, MM. Fowler, Aveling and Porter, Ch. Burrell and sons, etc., en ont déjà construit et exposé dans les concours agricoles qui se tiennent périodiquement en Angleterre.
- Nous voudrions en signaler un qui a été remarqué
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- cette année au concours de Maidstone, et sur lequel notre confrère « Engineering » attirait avec raison l’attention; c’est celui de M. II. Hosack, qui est construit par la maison Burrell. La photographie que nous en reproduisons fait saisir son aspect extérieur, et on voit qu’il ressemble considérablement à un rouleau compresseur ordinaire; du reste, il peut fonctionner simplement à ce titre quand besoin est.
- Mais examinez sa roue arrière de droite, et vous verrez ce qui fait son caractère particulier qui lui permet de jouer son rôle de « scarificateur ». Suspendu à l’axe de cette roue, et l’emprisonnant même, est un châssis métallique triangulaire qui peut osciller autour de son angle supérieur, et, par suite, de son axe. Par contre, à chacun de ses deux angles inférieurs, est l’outil scarificateur, formé de dents d’acier acérées qui labourent réellement la surface de la route, comme le fait la pioche par percussion. On a disposé deux outils semblables, pour que la machine puisse opérer dans les deux sens sans tourner : suivant le sens où l’on doit marcher, on abaisse d’un côté ou de l’autre le châssis triangulaire. Cela s’obtient par le moyen du secteur denté qu’on aperçoit sur le flanc de la machine, qui se relie au châssis par un bras articulé, et que l’on commande par une tige portant une vis sans fin : cette tige peut être mise en rotation par deux manivelles établies l’une en arrière, l’autre tout près du secteur. Le fonctionnement de ce scarificateur à vapeur se comprend aisément, et il ne présente guère d’autres particularités, sinon que son avant-train est construit pour s’accommoder au mieux des dénivellations possibles de la route. Daniel Bellet.
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- LE SOL ANIMAL
- Natura non fecit saltus. Le végétal appuie sa vie sur le minéral, l’animal appuie sa vie sur le végétal et le minéral ; l’homme appuie sa vie tout à la fois sur l’animal, le végétal et le minéral.
- La matière minérale est indispensable aux manifestations de la vie: son rôle y est capital, et de son exacte interprétation la médecine tirera des conclusions précises conduisant à des remèdes raisonnés et à une hygiène sûre et réfléchie qui reculera les bornes de la vie.
- L’importance du rôle de la matière minérale dans la vie des êtres organisés a été depuis bien longtemps soupçonnée et indiquée, et déjà Boerhaave parle du « sol animal au sein duquel l’animal plonge ses racines internes ». Mais ce n’est que depuis quelques années, avec les travaux de Bunge, de MM. G. Bertrand, Payen et Persoz, Gaube (du Gers), Gh. Robin, que la démonstration a été faite, rendue de jour en jour plus lumineuse par de nouvelles découvertes, plus intéressante par de nouvelles conclusions. C’est ainsi que l’on sait aujourd’hui, et à n’en pas douter, que, tandis que le milieu le plus favorable au végétal est la potasse, le milieu préféré de l’animal et de l’homme est au contraire la soude : aussi l’animal, après une nourriture riche en potassium, a-t-il besoin d’une consommation supplémentaire de sodium, sous forme de chlorure, par exemple (sel marin).
- On connaît le rôle du calcium et en particulier des
- phosphates de calcium dans le développement du squelette : aussi sur les terrains granitiques vivent en général des races petites et peu développées, tandis que sur les terrains riches en matières minérales moins stables que le granit, riches en phosphates de calcium, les hommes et les animaux à squelette se développent beaucoup mieux.
- On connaît encore l’importance de la présence du fer dans les globules du sang, et l’anémie amenée par la diminution de cette petite quantité de fer. A côté du fer, le magnésium apparaît comme le métal de la reproduction de l'espèce et de la sensation.
- Il importe de remarquer que l’ignorance dans laquelle on est demeuré longtemps du rôle de la matière minérale dans la vie tient à deux causes connexes : d’abord la recherche même de cette matière minérale dans les divers organes est délicate et difficile, car la proportion en est très faible par rapport à la matière organique ou protéique proprement dite. En deuxième lieu, on se demandait quelles pouvaient bien être dans les phénomènes de la vie les causes déterminantes des réactions qu’v subit la matière minérale : on sait, en effet, que dans nos laboratoires, il faut faire appel à des forces physiques le plus souvent violentes pour produire ces réactions.
- Cette partie du problème, et non la moins curieuse, est aujourd’hui résolue, et l’on a appris qu’à côté de raisons d’ordre purement physique ou chimique (action de l’eau, influence de la dilution, etc.), il faut placer le rôle des ferments; ce sont eux qui, dans le laboratoire animal, remplacent ces forces violentes que nous utilisons dans nos laboratoires de recherches. A chaque étape de la transformation de la matière dans l’organisme, à chaque matière fermentescible correspond un ferment particulier ; il y a, dans la suite naturelle des manifestations de la vie, autant de ferments que de substances transformables, ces ferments sont si variables et si difficiles à saisir parfois qu’il est presque impossible d’apercevoir en entier l’enchaînement de leur œuvre, car la matière élaborée par l’un est, au fur et à mesure de sa production, transformée par l’autre.
- On conçoit alors plus aisément le mécanisme de l’intoxication et de la déchéance de l’organisme : tout en nous est dans une sorte d’équilibre instable que peuvent détruire quelques dixièmes de milligramme d’une substance tout à coup fabriquée comme par erreur, ou régulièrement, mais en trop grande quantité : équilibre instable qui ressemble, à s’y méprendre, à celui de la sursaturation ou de la surfusion. Et la vie nous apparaît comme une série ininterrompue de réactions amenant, après la sécrétion d’un poison, d’une toxine, celle d’une anti-toxine, d’un antidote correspondant.
- Le rôle de la matière minérale dans la vie est donc aujourd’hui non seulement prouvé par une minutieuse analyse chimique, mais aussi expliqué par les conditions mêmes où cette matière minérale s’élabore et se transforme au sein de l’organisme.
- C’est alors qu’apparaissent des conséquences inéluctables et capitales : ne doit-on pas chercher, par une reminéralisation convenablement dirigée, à provoquer directement, chez l’être vivant, des réactions bienfaisantes? N’y a-t-il pas lieu de donner à chaque sol animal, comme on le fait depuis toujours à chaque sol végétal, la matière minérale propre à y entretenir et à y développer la vie? Et qu’est-ce donc alors que l’hygiène médicale sinon une véritable agriculture animale? Et déjà c’est bien ce que l’on fait dans l’anémie, que nous citions plus haut, en faisant absorber au malade des composés du fer; c’est aussi
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- encore ce que l’on fait lorsqu’à l’enfant de constitution débile on donne en potion le phosphate de calcium nécessaire au développement de sa charpente osseuse.
- Seulement ici le problème se complique quelque peu : comment doit-on consommer les aliments minéraux pour qu’ils produisent dans le corps l'action désirée? Question délicate et qui est loin d’être encore résolue : nous n’avons dans le sang que quelques grammes de fer, une faible diminution de cette faible quantité amène l’anémie, et l’on prend bien souvent des centaines de grammes de fer avant de triompher de l’appauvrissement du sang. De même encore l’organisme est loin d’assimiler les doses parfois considérables de phosphates que le médecin a ordonnées pour assurer le développement des os.
- Aussi reste-t-il, et presque entièrement, à résoudre toute une partie du problème de la minéralogie biologique, à savoir le mode d’action des aliments minéraux directement fournis à l’organisme en dehors de l’alimentation journalière; on devra étudier non seulement l’action immédiate des aliments minéraux, mais aussi leur action à longue échéance; on devra encore rechercher sous quelle forme il est préférable de les absorber.
- Et quand seront mieux connues les règles et les circonstances de leur assimilation, la science médicale, s’emparant des résultats acquis, modifiera en conséquence les traitements trop souvent empiriques dont elle use aujourd’hui, saura surtout les mieux adapter à tel ou tel organisme en particulier ; et dans cette lutte incessante des éléments de vie et de destruction que nous portons en nous, peut-être parviendra-t-elle à faire plus souvent pencher la balance du côté de la vie. J. Derôme,
- Licencié ès sciences.
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- ÉCHELLE THERMOMÉTRIQUE NATURELLE
- Il y a trois échelles thermométriques actuellement en usage : le thermomètre centigrade ou Celsius, le thermomètre Réaumur et le thermomètre Fahrenheit. Le premier tend à supplanter de plus en plus les deux autres. On ne fabrique plus guère, en France du moins, de thermomètres Réaumur, ceux que l’on rencontre encore dans les familles sont anciens. Les Anglais se servent à peu près seuls du thermomètre Fahrenheit.
- Ils sont d’ailleurs gradués tous les trois en prenant comme points fixes la température de la glace fondante et celle de l’eau bouillante à la pression de 760 millimètres de mercure. Les graduations centigrade et Réaumur ont toutes deux leur zéro à la température de la glace fondante; mais, tandis que le premier marque 100° à la température de l’eau bouillante, le second n’en compte que 80. Le thermomètre Fahrenheit marque, au contraire, 32° à la glace fondante et 212° à la température de l’eau bouillante. L’intervalle entre les deux températures fixes a donc été divisé en 80 parties par Réaumur, en 100 par Celsius et en 180 par Fahrenheit. Il est par suite facile de passer d’une graduation à l’autre. Nous n’insisterons pas sur ce sujet connu de tout le monde et qui se trouve exposé dans les traités de physique les plus élémentaires. Il nous a toutefois paru nécessaire d’énumérer et de définir les graduations actuelles comme préface à la graduation nouvelle que nous proposons et que nous avons qualifiée de naturelle par opposition aux échelles actuelles essentiellement artificielles.
- Comme on a pu le voir le zéro des échelles actuelles est tout à fait arbitraire, puisque le zéro Fahrenheit correspond à (17° -f 7/9) au-dessous de zéro du thermo-
- mètre centigrade et à (14° -f 2/9) également au-dessous de zéro du thermomètre Réaumur. Mais on démontre en physique, par des considérations d’ordre scientifique élevé, qu’il existe un zéro absolu, c’est-à-dire une température au-dessous de laquelle la matière ne peut descendre et qui n’est et ne peut être atteinte nulle part, même dans les espaces célestes, puisqu’il n’y a aucun espace qui ne reçoive de la chaleur provenant du rayonnement des étoiles qui, bien que très faible, n’est pas nulle. La chaleur étant un mouvement vibratoire moléculaire, le zéro absolu doit correspondre au repos absolu de la matière. 11 a pu être calculé et il correspond à 273° au-dessous du zéro du thermomètre centigrade.
- Puisqu’il existe un zéro absolu pourquoi ne pas en faire le point de départ de la graduation thermométrique? D’un autre côté comme le thermomètre centigrade est de beaucoup le plus répandu et le seul employé dans les travaux scientifiques, il est tout naturel d’adopter son échelle, c’est-à-dire d’adopter la même variation de température pour un degré. Pour avoir un thermomètre rationnel il suffit donc de porter le zéro au zéro absolu et par suite de compter + 273° au zéro actuel, c’est-à-dire à la température de la glace fondante. Par suite la température de l’eau bouillante à la pression de 760 millimètres sera de 373°. Ces chiffres sont trop élevés pour les usages courants, il est facile de les simplifier. Rien n’empêche de supprimer 200° dans le langage usuel. On compterait ainsi + 73° au zéro actuel et 173° au point 100° du thermomètre centigrade. Pour les calculs scientifiques il suffira d’ajouter 200 au nombre indiqué par le thermomètre ainsi gradué pour avoir la température absolue.
- L’avantage de la nouvelle graduation, outre quelle est rationnelle et scientifique, est encore de supprimer complètement les degrés négatifs dans les usages courants et même de tous les tableaux météorologiques. Jusqu’à présent, en effet, aucun ballon-sonde n’a indiqué une température inférieure à 60° au-dessous du zéro centigrade, c’est-à-dire inférieure à -f 13° de la graduation nouvelle. On voit qu’il y a une marge suffisante pour le jour où les ballons iront à plus de 15 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, hauteur maxima qui paraît avoir été atteinte jusqu’ici. Le thermomètre ne descendrait jamais non plus au-dessous du zéro au sommet du mont Blanc pendant les hivers les plus rigoureux, ni même fort probablement au pôle Nord. On supprimerait donc du langage les expressions au-dessus ou au-dessous de zéro et les signes -f- et — dans l’écriture, ce qui serait une simplification sérieuse.
- Nous ajouterons pour terminer que, la graduation n’étant pas changée, tous les thermomètres centigrades pourront continuer à être employés en changeant les chiffres de la graduation ou même en ne changeant rien, car il suffira d’ajouter 73 au degré lu.
- La réforme que nous proposons est donc aussi simple que rationnelle et n’apportera aucun changement au mode de fabrication des thermomètres. C. Mocquery.
- Présiilentdel’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon.
- Président de la Commission météorologique de la Côte-d’Or.
- LE MUSÉE ETHNOGRAPHIQUE DE BERLIN
- Notre confrère anglais Nature insistait récemment sur l’importance des collections ethnographiques que 1 on rencontre en Allemagne, et il donnait des détails intéressants sur le Musée spécial que possède la ville de Berlin.
- Ce (( Kôniglisches Muséum fur Voikerkunder » est un immense bâtiment uniquement reserve aux collections
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- d’ethnographie et aux collections préhistoriques : il comporte trois étages dont le premier est consacré à ces dernières, tandis que le second (en comptant le rez-de-chaussée comme un étage) abrite les collections d’Afrique, d’Océanie et d’Amérique, et que le troisième est réservé à l’Asie. Au point de vue de son administration, ce musée est partagé en cinq départements, qui portent respectivement les noms de Préhistorique, Africain et Océanique, Américain, Indien et Chino-Japonais ; chacun d’eux a un conservateur sous les ordres duquel sont d’ordinaire deux assistants. En fait, son budget annuel est assez maigre, puisqu’il ne comporte qu’une subvention de 50 000 marks; mais il est complété quand il en est besoin, dans des cas spéciaux, par des dons volontaires qui proviennent d’un comité dit « Hilfskomitee », comité formé de gens riches et de bonne volonté qui s’intéressent aux questions d’ethnographie. Cette assistance est particulièrement précieuse et permet d’acheter des collections pour lesquelles les fonds ordinaires du budget seraient insuffisants ; grâce à ce même comité, le Musée peut poursuivre l’enrichissement de ses collections d’une façon continue et systématique, en s’assurant les services de chercheurs du métier.
- L’installation matérielle du musée est excellente, a plupart des objets sont éclairés au moins de deux côtés, et abrités sous des vitrines à montures métalliques et à parois tout en verre : aucun spécimen ne demeure dans l’obscurité, et les surfaces qui restent libres le long des murailles, entre les fenêtres, sont consacrées à l’exposition d’un grand nombre de cartes et de diagrammes. On s’est réservé l’espace suffisant pour une foule de modèles grandeur nature, représentant des individus de tribus diverses, habillés et armés à la mode des contrées auxquelles ils se rapportent, et entourés de modèles de canots, de maisons, etc. La disposition des collections est géographique, mais parfois on a cru plus utile de disposer des séries de comparaison. On a enfin complété le Musée par une salle de Conférences et une bibliothèque. P. de M.
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- EXPOSITION DE 1900
- LES TRAVAUX SUR LES BERGES DE LA SEIIVE
- Un des plus puissants attraits de la grande fête dont nous sommes à la veille, sera la transformation
- Fig. 1. — La Seine. Vue prise du l’ont des Invalides.
- des quais et abords de la Seine, pour la partie contenue dans l’enceinte de l’Exposition. Entre la place de la Concorde et le Trocadéro, notre fleuve sera encadré de palais de toutes sortes et de toutes grandeurs ; chacune des portions de la Seine correspondant aux espaces compris entre les ponts aura un cachet spécial. Nous reviendrons sur les aménagements et sur les constructions qui ont été élevées en ces parages; aujourd’hui nous avons simplement voulu fixer une image fort intéressante et qui disparaîtra demain. C’est cette forêt de madriers et de clochetons en construction qui horde la rivière; l’aspect est des plus bizarres et, bien quelle doive céder la place comme intérêt à la situation définitive, quand les travaux seront terminés, la perspective actuelle méritait d’arrêter notre attention.
- La section de la Seine la plus intéressante sera celle qui est comprise entre les ponts des Invalides et de l’Alma ; sur ce passage, les berges sont rectilignes et les ponts sont perpendiculaires à la direction du fleuve, de façon qu’en cet endroit la Seine
- forme un grand bassin rectangle parfaitement régulier ; de part et d’autre, nous aurons un boulevard fluvial du plus agréable séjour, la présence de l’eau très rapprochée et le caractère de cette large avenue donnerontxdes impressions neuves aux Parisiens, ils montreront notre capitale aux étrangers sous un jour que nous-mêmes ignorons.
- Sur la rive droite, le boulevard sera interrompu en son milieu par un large escalier qui descendra jusqu’à la berge de la Seine ; il formera une sorte de piédestal aux immenses serres que l’architecte, M. Gautier, doit nous présenter sous le nom de palais de l’Horticulture. Ce rapprochement des fleurs et du courant du fleuve est une idée géniale, elle sera l’occasion de toute une décoration nouvelle et fort heureuse aux abords de cet édifice.
- Deux autres palais encadreront les serres dont nous venons de parler; mais, hêlis! ils ne sont pas jolis : le palais des Congrès, contre le pont de l’Alma, et le palais de la Ville près du pont des Invalides. Les crédits qu’on pouvait leur affecter n’ont pas été
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- suffisants pour que les auteurs aient pu donner à leurs monuments le caractère grandiose et le luxe mouvementé nécessaire à des palais d’Exposition. Tous les passants ont vu le palais des Congrès qui est achevé en ce moment ; sa couleur blanche — qui est définitive (les crédits manquent pour faire de la peinture) — marque avec plus d’intensité la forme lourde et carrée du bâtiment. Quant au palais de la Ville, ses dimensions sont trop importantes pour qu’on ait pu faire, avec aussi peu d’argent, un édifice somptueux. Les toits élevés donneront un peu de mouvement à l’ouvrage, mais la masse est trop grande et pas assez légère; les murs sont trop pleins, les fenêtres trop petites ; le pavillon rappelle l’Hôtel de Ville, avec la décoration en moins.
- Sur la rive gauche, l’aspect sera des plus riants : nous aurons là les pavillons des puissances étrangères ; l’architecture spéciale de chaque pays se fera sentir dans ces différents monuments, leur rappro-
- chement aura pour effet d’accentuer la bizarrerie et l’originalité de chacun. 11 y aura des surprises charmantes par ce passage subit d’un style à un autre.
- Le palais de l’Italie rappelle les palais de Venise et l’église Saint-Marc, avec les coupoles de son palais et ses bandeaux crénelés : en quittant cet édifice, les yeux se porteront sur le pavillon de la Turquie, dont l’architecture spéciale rappelle l’époque byzantine, par ses formes et ses couleurs. Puis nous passons au palais des États-Unis ; ici, c’est un grand monument sévère et grave comme le sont les constructions de New-York, un dôme élevé domine l’ouvrage : tout l’ensemble sert de cadre à la statue équestre de Washington de grandes dimensions, élevée au premier plan.
- Nous défilerons ainsi successivement devant les palais de l’Autriche, de la Bosnie, de la Hongrie et de la Grande-Bretagne. Un espace assez large est ré-
- Fig. 2. — La Seine. Vue
- servé à la suite de ce dernier palais ; il fait face au grand escalier de la rive droite dont nous parlions plus haut ; on fera en cet endroit des aménagements en jardins, qui serviront en même temps de dégagement. Nous passerons ensuite en revue la Belgique, la Norvège, la Roumanie, l’Allemagne, l’Espagne, Monaco, la Suède et la Grèce pour arriver à la Serbie qui termine la série par un merveilleux pavillon tout couvert de dômes et de campaniles.
- Pendant la durée de l’Exposition on compte donner sur cette partie de la Seine des fêtes nautiques de jour et de nuit ; l’encadrement de ces édifices exotiques sera des plus féeriques.
- Les palais vont être achevés avant la fin de l’année, l’aspect de ces constructions aura changé : nous en reparlerons en temps et plus longuement, nous dirons également les transformations qui se sont opérées sur la Seine pour l’établissement des passages couverts et du boulevard fluvial, nous étudierons enfin les deux passerelles actuellement en construction sur l’eau, dont la décoration devra arrêter à ses
- prise du Pont de l’Alma.
- deux extrémités l’ensemble du bassin rectangle formé par la rivière en ces parages. A. da Ccnha.
- TRAMWAYS A GAZ
- Quelques lignes de tramways fonct.onnent actuellement en Angleterre avec moteurs à gaz système Lührig; nous citerons les lignes de Blackpool, Saint-Anne and Lytham Tramways, et les Trafford Park Tramways, de Manchester.
- Nous pouvons donner sur ces tramways quelques renseignements d’après la description qu’en a publiée récemment la Revue industrielle.
- Les premières voitures étaient munies de moteurs de 7 chevaux; on prit ensuite 10 chevaux et dans les dernières voitures, construites en 1897, on eut recours à des moteurs de 14 chevaux.
- Les moteurs ont deux cylindres établis en ligne de part et d’autre de la manivelle qui est reliée aux pistons par une bielle ordinaire et une bielle à fourche. Ces moteurs tournent tous à la vitesse angulaire de 260 tours par minute. De l’arbre à manivelle, la puissance est transmise par un engrenage droit à un arbre, qui au moyen de
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- pignons droits combinés avec des embrayages à friction, actionne respectivement deux autres roues placées sur les côtés pour mettre en jeu un arbre intermédiaire. Ce dernier arbre commande un second arbre intermédiaire, qui met en rotation les essieux de la voiture à l’aide de roues à empreintes et de chaînes Gall. Pour les vitesses lentes ou les allures rapides, il suffit d'embrayer un accouplement ou d’accoupler un embrayage; ces commandes se font facilement des deux plates-formes à l’aide des transmissions qui sont placées à l’intérieur de tubes et rendues solidaires entre elles au moyen de leviers conjuguant les arbres. Le sens de la marche est obtenu très aisément. Les freins peuvent être actionnés de chacune des extrémités de la voiture par un levier à main et une tige verticale tirant sur l’une des deux chaînes.
- Les moteurs sont entièrement clos sous une banquette de la voiture. L’air nécessaire à l’alimentation des cylindres est aspiré par des tuyaux. Le gaz entre par des robinets. Un régulateur sur chaque cylindre règle l’admission du mélange ; les gaz brûlés s’échappent dans des amortisseurs par la partie basse des cylindres.
- Le gaz est emmagasiné, sous une pression de 10 atmosphères dans trois réservoirs, disposés l’un longitudinalement dans la banquette libre de la voiture, les deux autres transversalement au-dessous du fond de la caisse. De l’eau permet d’assurer également le refroidissement des chemises entourant les cylindres ; elle est renouvelée après un parcours de 20 km en été et de 50 km en hiver.
- La consommation de gaz par voiture-kilomètre, pour 52 voyageurs, est de 600 litres, en comprenant la dépense pour la machine de compression du dépôt; la quantité de gaz brûlé est de 528 litres seulement.
- Le prix de revient de la voiture-kilomètre pour la ligne de Blackpool est de 0fr,228, dont 0,r,0625 pour le gaz, 0,r,0085 pour l’eau, 0fr,00656 pour l’huile, 0fr,0756 pour le salaire du conducteur, 0,r,00656 pour l’entretien, 0,r,0098 pour la compression, et 0fr,059 pour les réparations. Les voitures actuelles marchent à la vitesse de 15 km à l’heure; elles ne dégagent plus de mauvaises odeurs comme les premières voitures. D. Morand.
- LE SUMAC
- Bien qu’on se figure volontiers, en vertu notamment de l’étymologie, que le tannage s’effectue exclusivement avec ce qu’on nomme couramment le tan, c’est-à-dire l’écorce de chêne pulvérisée, en réalité l’industrie des cuirs recourt à beaucoup d’autres produits, quebracho d’Amérique, sumac, etc. Aujourd’hui nous voudrions donner quelques détails sur le sumac, dont quelques lecteurs ne connaissent peut-être pas même le nom.
- Le sumac commercial arrive aux tanneurs sous la forme de ballots, de 50 à 60 kilogrammes, d’une poudre grossière mêlée souvent de bûchettes, de nuance jaune verdâtre, à odeur pénétrante et à saveur astringente, comme la plupart des substances contenant du tanin. Ce produit provient d’un arbrisseau de la famille des téré-binthacées et de la tribu des anacardiacées, appelé sumac ou « rhus coriaria ». La poudre en question est faite avec les feuilles, les rameaux et même les graines du sumac, qu’on met sécher au soleil, puis que l’on broie à la meule. Ajoutons qu’on ne l’emploie pas seulement au tannage des cuirs fins et de ceux qui sont destinés à la maroquinerie, mais aussi à la teinture en noir et en gris, à l’impression des étoffes, etc. On cultive le sumac en France (dans le Var, le Lot, le Tarn), mais ses vrais centres de
- production sont la Sicile, l’Espagne et le Monténégro.
- Disons tout de suite, pour classer ces différentes variétés, que, quand le sumac venant de Sicile se vend 22 à 24 francs les 100 kilogrammes, celui du Monténégro ne vaut que 20 francs, celui d’Espagne 10, et enfin celui de France 4 à 5 francs. La richesse en tanin du produit sicilien oscille entre 25,71 et 28 pour 100; c’est par Palerme qu’est expédiée cette substance, et le mouvement annuel d’exportation, du moins pendant les bonnes années, représente une valeur de près de 4 millions de francs. Malheureusement on reproche aux exportateurs de Sicile de frauder souvent leurs produits par adjonction de feuilles de lentisques de Tunisie, qui contiennent du tanin, mais en quantité bien plus faible : le gouvernement italien lui-même a voulu lutter contre cette fraude qui nuit à la réputation du sumac italien, et un de ses professeurs de l’Institut agronomique, M. Spica, a trouvé une méthode qui permet de déceler les matières étrangères dans le sumac pulvérisé. Cette méthode est simplement basée sur ce que le sumac donne par analyse une substance colorante dont l’intensité est invariable, et qui peut par conséquent servir de type précis de vérification.
- Le sumac a besoin d’un sol calcaire pour prospérer, et il trouve cette condition bien remplie au Monténégro; il croît du reste beaucoup mieux sur les montagnes avoisinantes du lac de Scutari que là où la terre végétale est plus épaisse. Dans plusieurs régions du Monténégro on a l’habitude fort heureuse de cueillir le sumac avant la floraison et par temps sec, à un moment où il contient plus de tanin, et, en outre, on l’émonde sur des aires en pierre, ce qui lui laisse toute sa force. Les principaux centres de production sont Bielopavlovitchi, Komani, Zagaratch, Piperi, etc. ; les transactions ont lieu à Podgoritza et à Bieka. La vente y est confiée à deux fermiers, qui d’ordinaire expédient directement le sumac sur Trieste ; bien que les moyens de transport soient rudimentaires, l’exportation annuelle atteint parfois jusqu’à 650000 kilogrammes.
- Après ce que nous avons dit des terrains préférés par le sumac, nous n’avons pas besoin de noter que c’est dans les parties montagneuses de l’Espagne qu’on le rencontre : il se contente des sols arides et rocailleux des provinces de Cordoue et de Jaen ; bien que, le plus souvent, il pousse spontanément et en touffes, quelquefois aussi on augmente sa productivité par la culture. 11 est expédié sur Malaga, d’où il gagne ensuite les différents marchés. Étant données les conditions dans lesquelles il pousse, il y aurait évidemment à en recommander la culture dans bien des contrées dont le sol ne permet pas des cultures plus rémunératrices. D. B.
- ÉTAU A MACHOIRES PLASTIQUES
- Entendons-nous tout d’abord sur le sens de cette désignation ; il ne s’agit point de mâchoires faites d’une substance, d’un métal suffisamment mou pour ne pas rayer, détériorer d’une façon quelconque la surface de la pièce que l’on veut maintenir dans l’étau : il y a longtemps que dans ce but on a imaginé de revêtir, de coiffer chaque mâchoire d’une sorte de chappe de plomb qui répond parfaitement à ce but spécial. Nous voulons parler ici de mâchoires, à déplacement parallèle du reste, qui peuvent venir serrer intimement une pièce même de forme irrégulière, en épousant ses irrégularités d’une manière intime pour que le serrage soit absolument effectif.
- La figure que nous donnons de cet étau, dû à M. H. Jones, va faire rapidement comprendre le fonctionnement de ce
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- curieux appareil, sur lequel l'attention a été attirée par notre confrère « Engineer ».
- Ainsi qu’on peut le remarquer immédiatement, les deux mâchoires se déplacent en demeurant parallèles sur les coulisses du support, et sous l’action d’une vis à double filet commandée par une manivelle de forme plus commode que le levier des étaux classiques. En réalité, chaque mâchoire est une boîte pleine de ces petites baguettes que montre la gravure, baguettes hexagonales en acier doux dont les extrémités, munies d’un épaulement, servent de guides. Pour chacune de ces baguettes, un petit ressort à boudin vient presser contre l’épaulement, en s’appuyant sur la plaque postérieure à travers laquelle passe l’extrémité de la tige; dans ces conditions, chaque baguette est constamment poussée en avant. Ajoutons que les grosses vis qu’on voit latéralement aux boîtes actionnent une plaque de serrage qui peut, au moment voulu,
- Etau à mâchoires plastiques.
- immobiliser toutes les baguettes dans la position où elles ont été amenées par une influence extérieure réagissant contre le ressort antagoniste.
- On doit pressentir maintenant comment cet étau va fonctionner. Pour y fixer une pièce, on commence par desserrer les vis et les plaques de serrage, ce qui rend leur libre jeu aux tiges; on écarte les mâchoires, et on les rapproche quand la pièce est mise en place. Chaque baguette vient pour ainsi dire en contact avec un point de la surface de la pièce, et se déplace, recule, se renfonce plus ou moins suivant le relief plus ou moins prononcé de la partie de la pièce correspondante. Si bien que leurs extrémités internes, au lieu de former une sorte de surface plate comme tout à l’heure, offrent en creux une reproduction du relief de la pièce mise dans l’étau. Il n’y a plus qu’à tourner les vis de serrage, et l’étau plastique prend la rigidité nécessaire au travail. Si l’on doit travailler plusieurs pièces du même type, on n’aura qu’à maintenir le serrage des baguettes ; si l’on a affaire à des pièces de forme variable, on desserre et l’on resserre à chaque fois les vis et les plaques d’immobilisation.
- L’idée est fort originale, et elle semble réalisée de façon pratique : cet étau nouveau doit faciliter grandement le travail, et le rendre moins dispendieux, en supprimant la nécessité où l’on était de construire au préalable un dispositif maintenant les pièces irrégulières, et sur lequel les étaus classiques pussent avoir prise. L. R.
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- LE GRAND CUIRASSÉ ANGLAIS « LONDON »
- En dépit de l’importance déjà prodigieuse de sa flotte de guerre, la Grande-Bretagne n’en continue pas moins ses efforts pour l’améliorer encore et pour la tenir au courant de tous les progrès, ce qui est le seul moyen de conserver la place hors de pair qu’elle a su se faire. C’est ainsi qu’elle vient de lancer un magnifique cuirassé de
- proportions énormes, et qui mérite une courte description.
- Au moment où il a été mis à l’eau dans l’arsenal de Portsmouth, il ne déplaçait que 5000 tonnes (nous parlons de tonnes anglaises de 1016 kilogrammes), mais quand il sera complètement terminé et armé, son déplacement ne sera pas de moins de 15 000 tonnes. Sa longueur entre perpendiculaires atteint 122 mètres, sa largeur extrême 22m,86; quant à son tirant d’eau, il est de 8 mètres à l'avant et de 8m,30 à l’arrière. Les machines sont du type vertical inverti à triple expansion, avec ces chaudières Belleville qu’on adopte maintenant si complètement en Angleterre; elles auront une puissance indiquée de 15 000 chevaux; la vitesse est prévue à 18 nœuds, et les soutes pourront contenir 2040 tonnes de charbon.
- Bien entendu, le Lotulon n’a que des mâts militaires en acier, au nombre de deux, et munis d’une hune militaire, en même temps que d’un projecteur et d’un sémaphore pour signaler à grande distance à la mer, sémaphore qui se trouve à une hauteur de 49 mètres au-dessus de la surface de l’eau. A ces mâts seront fixées trois grues, pouvant servir et au chargement du charbon et à la mise à l’eau des embarcations, dont nous dirons un mot à cause des conditions un peu exceptionnelles qu’elles présentent. On n’y comprend pas, en etfet, moins de 4 bateaux à vapeur, dont 2 de 17 mètres et les 2 autres de 12m,20 de long; 4 embarcations différentes complètent cette petite escadre, et quelques-unes d’entre elles ont près de 13 mètres de long. Les deux petits bateaux à vapeur peuvent marcher à une allure de 13 qœuds 1/2.
- L’armement défensif du London comporte un cuirassement dont l’épaisseur est de 228mm sur les flancs et sur une longueur de 66 mètres, et qui va en s'amincissant vers les extrémités du navire; le cuirassement est respectivement de 304, 254 et 228mm pour les cloisons transversales, de 304, 254 et 152mm pour les tourelles barbettes. On retrouve cette dernière épaisseur sur les casemates, puis 355mra sur la tourelle de commandement d’avant et 76mm sur celle d’arrière, les tubes de communication de ces deux tourelles étant respectivement blindés à 203 et à 76mm. Les masques protecteurs des gros canons sont de 203 et de 254ram d’épaisseur; les toits qui les abritent, les planchers sur lesquels ils reposent, sont faits de plaques llarveysées au nickel-acier de 76mm. La composition du pont protecteur est assez variable : on y trouve, entre les cloisons cuirassées extrêmes, deux plaques de 25mm chacune, tandis que sur les portions en pente au-dessus des espaces réservés aux machines on dispose une troisième épaisseur analogue. Le pont inférieur présente deux de ces mêmes plaques en avant de la cloison cuirassée antérieure, et seulement une plaque de 25 et une de I2ramsur la partie arrière correspondante ; le pont principal entre les deux cloisons est formé de deux plaques de 12ram chacune.
- Si nous passons à l’armement, nous verrons qu’il comprend d’abord 4 canons en fils métalliques et d’un calibre de 504mm, puis 12 à tir rapide de 152mm, 16 de 12 livres pesant chacun 609 kilogrammes, deux autres du même genre, mais pesant beaucoup moins et pouvant se placer dans les embarcations, 6 de 3 livres, et enfin 8 canons Maxim de petit calibre. Cette puissance offensive redoutable est complétée par 4 tubes lance-torpilles, et un approvisionnement de 19 torpilles de calibre variable.
- Ce splendide cuirassé sera éclairé à la lumière électrique; il sera susceptible de prendre à son bord 773 personnes, sans comprendre même l’amiral et son état-major, pour lesquels des aménagements considérables sont prévus. J. Durand.
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- LES INSECTES DU TABAC
- Quoique la culture du tabac soit peu répandue en France, elle atteint dans certains de nos départements, le Lot-et-Garonne par exemple, une assez grande importance pour que tout ce qui touche à sa prospérité ne nous laisse pas indifférents. L’usage du tabac d’ailleurs est trop répandu pour que nous ne soyons pas convaincus d’intéresser ici un grand nombre de nos lecteurs.
- Le tabac, comme toutes les plantes cultivées, a de nombreux ennemis. Il en a dans le règne végétal, l’Orobanche rameuse par exemple, qui vit en parasite sur ses racines, et nuit parfois beaucoup à sa végétation. 11 en a aussi dans le règne animal : le monde des insectes en particulier lui en fournit toute une série. Targioni Tzozetti, Garman, Quaintance ont publié
- sur ce sujet d’importants travaux, et, tout récemment, le savant entomolgiste américain, L. 0. Howard, dans un travail intitulé : Les insectes nuisibles aux plants de tabac aux États-Unis, en a fait connaître un certain nombre dont les dégâts sont, paraît-il, très graves, et qui n’étaient pas encore mentionnés par les auteurs précédents. Ce sont ces nouveaux ennemis que nous croyons utile de faire connaître, car il n’est pas impossible que quelqu’un d’entre eux soit introduit en Europe d’un moment à l’autre. Ne devons-nous pas déjà à l’Amérique le Phylloxéra, la Doryphore,!' Aspidiotus, et n’est-il pas bon d’être en garde contre tout nouvel envahisseur avant qu’il ait pu faire son apparition chez nous?
- Le plus nuisible de tous est un très petit coléoptère rouge brun (fîg. 3, n° 1), YEpitrix parvula Fab., très redouté dans l’Arkansas, la Floride, le Connecticut. Il attaque d’abord les feuilles du bas des plants, puis celles du haut. Ces feuilles présentent d’abord de petites taches desséchées, et plus tard de petits trous semblables à des piqûres d’épingles qui s’élargissent ensuite (fig. 3, n° 3). La femelle pond sur les racines. Les œufs éclosent rapidement, il en sort des larves blanchâtres, radicicoles (fig. 3, n° 2), qui, d’après Clittendel, se développent en un mois. Leurs dégâts sont moins graves que ceux causés par l’adulte sur les feuilles. Ce petit coléoptère vit aussi sur le Datura et diverses solanées qui l’attirent particulièrement, de sorte qu’on peut s’en servir comme plantes pièges pour le détruire, en en laissant quelques pieds isolés dans les champs de tabac.
- Dans les trous percés aux feuilles par YEpitrix se développent souvent des spores déterminant une ma-
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- ladie dont les ravages sont parfois plus graves que ceux causés par l’insecte lui-même, surtout pendant la saison humide.
- Les feuilles (fig. 3, n° 4) sont alors couvertes de taches circulaires blanches formées par un champignon : le Cercospora nicotinæ, vulgairement « Œil de grenouille ». (Ellis et Everhart pensent que ce point blanc est formé par le Macrosporium taba-cinum).
- Les feuilles du haut des plants sont alors tachées et percées par l’insecte pendant que celles du bas sont presque couvertes de petits disques blancs.
- Pour combattre YEpi-trix, il faut d’abord détruire les mauvaises herbes dans les champs de tabac, surtout les solanées. On répand ensuite sur les plants, avant qu’ils soient sortis de terre, un mélange formé
- Fig. 3. — Epitrix parvula. — 1,^Insecte parfait très grossi; 2, Sa larve très grossie; 3, Feuilles percées par l’Epitrix; 4, Feuilles envahies par la Cercospora nicotinæ.
- semblent. Carolina a les ailes plus sombres et les taches orangées de l’abdomen plus vives. Il est plus méridional et plus commun. Ces deux sphinx éclosent en mai-juin, et pondent des œufs isolés sous les feuilles. Les chenilles se développent en un mois et se chrysalident en terre. Comme celles de nos espèces indigènes, elles ont des parasites ; Ichneumons el Tachinaires. Dans les régions chaudes, il y a plu-
- de 1 partie de vert de Paris et 20 parties de farine ou de tout autre matière pulvérulente. Un mélange contenant une plus forte proportion de vert de Paris est également répandu sur le sol au moment des labourages, pour tuer les insectes qui hivernent, et quand les plants sont assez développés on les arrose avec un liquide formé d’une livre de vert de Paris et de 105 gallons d’eau.
- Les lépidoptères fournissent un important con-tingent d’ennemis au tabac.
- Ce sont d’abord deux sphinx, le Protoparce Carolina et le Protoparce Celeus, vulgairement appelés « vers à corne » (fig. 1 ), dont les chenilles, rayées de blanc, vivent également sur diverses solanées. Celle de Carolina a la corne rouge, chez celle de Celeus elle est noire. Les deux papillons se res-
- Fig. 4. — 1, Heliothis Armiger; 2, Capsules contenant des chenilles d’Heliothis ; 3, Feuille minée par la chenille du Gelechia Solanella; 4, Le papillon.
- sieurs générations par an. On emploie en Amérique pour détruire ces papillons un moyen fort élégant : on se procure des fleurs de Datura, on les plante dans le champ de tabac et au moyen d’une plume d’oie on y introduit un liquide empoisonné composé de : cobalt, une once; mélasse, un quart de pinte, et eau, une pinte. Les papillons viennent y puiser la liqueur sucrée et sont rapidement empoisonnés.
- Fig. 2. — Chrysalide de Protoparce celeus.
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- En Louisiane, on cultive le Datura exprès pour cet usage, et Townend Glover a conseillé l’emploi de fleurs de Datura en étain ou en porcelaine empoisonnées de la même manière.
- Dans le Maryland, le professeur Johnson a essayé l’emploi d’une solution arsenicale placée dans un seau en bois percé près de son fond et placé dans des terrines de granit, le tout élevé sur des supports au-dessus des plants de tabac. Les insectes venaient, paraît-il, en grand nombre y sucer le liquide empoisonné.
- Deux Heliothis : II. Rhexia S. et Armiger Hb. (fig. 4, n° 1) sont également très nuisibles. La chenille de la première est connue sous le nom de « vrai ver de boue », celle de la seconde sous celui de « faux ver de boue ». Ces chenilles peu communes au printemps deviennent très abondantes en août. Elles se chrysalident en terre et le papillon éclôt généralement en septembre. Vers la fin de septembre et en octobre, on observe une nouvelle génération de chenilles qui vit à l’intérieur des capsules et même des tiges (fig. 4, n° 2).
- Elles détruisent par conséquent les graines. Elles vivent aussi sur d’autres plantes : coton, physalis, blé, etc. La poudre arsenicale a donné de bons résultats pour leur destruction, et les «labourages profonds sont utiles pour la destruction des chrysalides.
- Un très petit papillon gris appelé Gelechia Sola-nella Bdv. (fig. 4, n° 4), et qui a plusieurs générations par an, s’est montré parfois très nuisible, surtout dans la Caroline du Nord.
- Sa chenille mineuse vit dans le parenchyme des feuilles (fig. 4, n° 5) et même dans les tiges et les capsules. Elle est polyphage, se trouvant également sur la tomate, l’aubergine, etc. Les cultivateurs attribuent parfois ses dégâts à l’humidité.
- Cette même espèce se trouve aussi en Algérie d’où Ragonot l’a décrite sous le nom de Tabacella. Les solutions arsenicales donnent de bons résultats pour sa destruction, et dans les régions où sa première génération éclôt avant que le tabac soit poussé, il est urgent de détruire les autres solanées qui pourraient lui donner asile.
- Les chenilles de plusieurs agrotis connues sous le
- nom de « vers coupeurs » sont aussi très nuisibles ; on les détruit en fauchant les herbes après y avoir répandu un mélange composé de 1 livre de vert de Paris et de 60 livres de son humecté d’eau sucrée avec de la mélasse; on laisse ces herbes sur le sol. Ce mélange détruit aussi les sauterelles. Mais il est dangereux pour le bétail et la volaille.
- Citons encore quelques noctuélides : Plusia Bras-sicæ, Mamestra légitima, entre autres, et nous en aurons fini avec les lépidoptères.
- Un insecte hémiptère qui vit d’ordinaire sur la tomate, le Dicyphus minimus (fig. 5, n° 6) est devenu depuis une dizaine d’années très nuisible aux tabacs, principalement en Colombie, et surtout aux récoltes tardives. Il suce la sève des feuilles, qui jaunissent et sont perdues. La larve vit à leur face inférieure. On le combat au moyen d’une solution de
- nicotine employée de préférence le matin, avant que l’insecte ait repris toute son activité. Une autre pu-naise(fîg.5,n°7), YEuschirius va-riolosus cause parfois aussi de grands dégâts.
- l/Aleyrodes tabaci Gen., la mouche blanche du tabac, qui vit à l’envers des feuilles, a été signalée comme nuisible en Grèce.
- Un Thrips, T. tabaci Sind. (fig. 5, n° 5), vulgairement Trips de l’oignon, a été signalé comme nuisible dans la Russie méridionale.
- La femelle du Criquet (QEcanthus fasciatus), nommé dans le Maryland « Jacasseur » ou « Babillard », sans doute à cause du chant du mâle, introduit ses œufs dans les tiges des plants et leur est quelquefois par ses piqûres très préjudiciable, ainsi qu’un certain nombre d’autres insectes que nous passerons sous silence.
- A l’état sec, le tabac a encore en eux de trop nombreux ennemis. Le scarabée de la cigarette, par exemple : Lasioderma serricorne Fab. (fig. 5, nos 1 à 4) qu’on voit souvent sortir des cigares et des cigarettes par de petits trous ronds. Chose singulière, certains fumeurs préfèrent, paraît-il, aux autres, les cigares ainsi endommagés non seulement à cause de leur bon marché, mais aussi à cause de leur goût particulier. On a vu le dermesles vulpinus donner lieu à un litige entre la France et les États-Unis pour s’être développé en masse dans une cargaison en
- Fig. 5. — 1, Lasioderma serricorne, très grossie; 1 La grandeur naturelle; 2, La même, de profil; 3, La larve très grossie; 4, La nymphe très grossie; 5, Thrips tabaci ; 5', Sa grandeur naturelle ; 6, Dicyphus minimus ; 6', Sa grandeur naturelle ; 7, Euschirius variolosus.
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- cours de route. Certaines chenilles qui ont vécu sur les feuilles du tabac vert sur pied continuent à le manger à l’état sec.
- Dans les magasins et les manufactures, l’emploi de l’acide cyanhydrique ou du sulfure de carbone suffit pour détruire ces ravageurs, mais il ne faut pas oublier que les vapeurs de sulfure de carbone forment avec l’air en espace clos des mélanges détonants.
- En terminant cette étude, nous ferons remarquer tjue le danger résultant de l’introduction, en France, de quelqu’un des insectes que nous venons de faire connaître est d’autant plus grand qu’ils vivent généralement sur un certain nombre de plantes : la tomate, l’aubergine, la pomme de terre, etc., et nous espérons qu’à l’occasion nos cultivateurs sauront mettre à profit les procédés de destruction que la science est en mesure aujourd’hui de leur fournir.
- A.-L. Clément,
- Vice-président de la Société d’apiculture et d’insectologie agricole.
- LE CLIGNEMENT DES PAUPIÈRES
- Pourquoi cligne-t-on les paupières? Voilà un phénomène qui n’a jamais été éclairci d’une manière bien nette. On a bien supposé que l’abaissement et le relèvement brusques des paupières avaient pour effet de balayer en quelque sorte la surface du globe oculaire, tout en l’hu-mectant, d’une manière uniforme, mais le fait mérite confirmation. Il semble plus probable que le clignement a pour rôle de reposer légèrement la vue ; ce qui paraîtrait prouver qu’il en est ainsi, c’est que l’on a employé récemment la méthode de l’enregistrement des clignements pour déterminer le degré de fatigue de l’œil.
- En attendant que cette question soit résolue, en voici une qui paraît élucidée : c’est le temps que dure le clignement,question aussi intéressante pour le physiologiste que pour le photographe amateur du portrait. Elle a été résolue par S. Garten dont le travail a paru dans les Archives de Pflüger.
- Garten a employé la méthode d’enregistrement photographique. Sur la paupière supérieure et quelquefois sur la paupière inférieure, on colle une très petite bande de papier blanc très fin : on s’en aperçoit au début ; mais, bientôt, on devient tellement habitué à sa présence qu’on n’y fait plus attention. L’œil est éclairé par une source lumineuse assez forte. Devant l’œil est placé un objectif photographique qui projette l’image de l’œil sur la surface d’un cylindre; sur ce cylindre est collée une feuille de papier photographique sensible ; on inscrit en même temps sur ce cylindre les temps. On obtient ainsi un trait blanc correspondant à la feuille de papier blanc collée sur le bord de la paupière supérieure ; de plus on voit assez nettement un trait sombre correspondant à la pupille, un trait sombre correspondant au sourcil, et dans le cas où une feuille de papier était collée aussi sur la partie inférieure on a un deuxième trait blanc correspondant à cette" paupière. Le clignement est marqué par une courbe du trait blanc correspondant à la paupière supérieure. - La paupière descend brusquement et très rapidement, puis elle reste un certain temps en bas ; sur cette partie de la couche on voit quelquefois des oscillations ; enfin la paupière remonte et elle le fait beaucoup plus lentement qu’elle n’était tombée. L’auteur a mesuré seulement les
- durées des différentes phases du clignement ; il trouve ainsi que la première phase (abaissement de la paupière) a une durée moyenne de 0 sec., 075 à 0 sec.,091; la deuxième phase pendant laquelle l’œil reste fermé est très variable, les durées les plus courtes sont de 0 sec., 15 chez un sujet et 0 sec., 17 chez un autre. Enfin la troisième phase du relèvement de la paupière dure environ 0 sec., 17, de sorte que la durée totale d’un clignement est en moyenne 0 sec., 40.
- M. Victor Henri, à qui nous avons emprunté l’analyse qui précède1, remarque avec raison qu’il aurait été intéressant de rapprocher de ces nombres les durées des obscurcissements du champ visuel qui ne gênent pas la vision distincte; nous savons, en effet, que le clignement ne gêne pas la vision distincte; remarquons encore que la durée de 0 sec., 17 est supérieure à la durée de réaction motrice de l’œil ; pendant un clignement,l’œil n’aurait donc pas le temps de se déplacer.
- Il est enfin à remarquer, avec M. V. Henri, que les différentes personnes clignent de manière différente ; les unes clignent souvent, d’autres rarement ; les unes clignent par groupes une dizaine de fois de suite et puis restent pendant un certain temps sans cligner, d’autres clignent régulièrement une fois seulement. Le clignement est modifié par l’attention : lorsque l’attention est fortement concentrée sur une image visuelle ou même sur une impression d’un autre sens ou sur une idée quelconque, on ne cligne pas, ou plutôt on cligne plus rarement qu’à l’ordinaire, mais en revanche dès que l’état de concentration de l’attention cesse, vient une série de clignements rapprochés; tels sont les faits grossiers que tout le monde peut observer et qui mériteraient d’être étudiés avec soin. Henri Coupjn.
- LA PORTÉE ET LE PRIX DES CANONS
- L’importance de la portée des canons dans les combats d’artillerie est aujourd’hui bien démontrée, la guerre du Transvaal en est une nouvelle preuve, l’avantage doit rester généralement au camp qui possède la plus longue portée de tir.
- Pendant la guerre de 1870 et particulièrement à Sedan l’artillerie allemande nous couvrait de mitraille, nos obus et nos boulets tombaient à deux cents mètres des batteries ennemies et ne pouvaient produire aucun effet.
- Nous avons réalisé depuis cette époque néfaste de grands progrès et notre nouvelle artillerie de campagne atteint le maximum de portée des canons de petit calibre. Les plus longues portées sont naturellement obtenues avec les canons de siège.
- Les premiers canons rayés du calibre de 16 centimètres ne pouvaient aller au delà de 6600 mètres. En 1870, grâce au frettage, au forcement et à la poudre à gros grains, on réussit à atteindre 8500 mètres. En 1875, par l’emploi de l’acier, on parvint à près de 12 000, et on alla même à 15 000 mètres par l’augmentation des calibres. A partir de cette époque, par l’emploi de nouvelles poudres et par l’allongement des pièces, la portée ne cessa de grandir.
- En 1888, à l’occasion du jubilé de la reine Victoria, les artilleurs anglais tirèrent, à Shœburyness, un coup de canon célèbre sous le nom de « Jubilee Round », c’est-à-dire trajectoire du Jubilé, qui atteignit une portée de 19955 mètres. Les Allemands imitèrent les Anglais et
- 1 Année psychologique, 5* année.
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- obtinrent dans les mêmes conditions 19 988 mètres.
- L’artillerie française n’est pas en retard sur ses voisines. Elle possède actuellement un canon de 54 centimètres qui, tirant avec une vitesse initiale de 900 mètres par seconde, peut envoyer son projectile aune distance de 22 kilomètres.
- Un canon plus allongé, qui n’est pas encore en service, pourra envoyer, paraît-il, son obus à 24 000 mètres, avec une vitesse de 1200 mètres. Lorsque cette même vitesse aura été réalisée avec le calibre de 54, la portée atteindra 50 kilomètres, juste la distance de Douvres à Calais.
- La confection d’un canon et le prix des coups s’élèvent à des sommes énormes.
- Une revue militaire allemande vient de publier à ce sujet des documents et des chiffres intéressants.
- 11 existe, de l’autre côté du Rhin, des canons de 110 tonnes, ce sont les plus puissants que l’usine Kriipp ait construits, dont chaque coup revient exactement à 8500 francs. Le projectile coûte 5250 francs ; quant au prix de la charge de poudre (485 kilogrammes), il n’est pas inférieur à 950 francs.
- Mais ce n’est pas tout, car il faut faire entrer en ligne de compte la valeur de l’arme, qui ne peut tirer plus de 95 fois sans se détériorer complètement.
- Or un canon de 110 tonnes coûte 412 000 francs à établir, par suite, à chaque coup, sa valeur diminue de 4500 francs.
- La marine allemande est dotée depuis peu d’un canon de 77 tonnes, dont le prix s’élève à 250 000 francs et qui ne peut guère tirer plus de 124 coups utiles. Chaque coup représente la somme de 4600 francs.
- Les canons de 45 tonnes supportent au moins 150 décharges sans se détériorer. Aux ateliers d'Essen, on les établit pour 184000 francs. Le prix de revient d’un coup ne dépasse pas 2500 francs.
- Enfin, pour les armes moins puissantes, les prix tombent à 850, 417 et même 525 francs par projectile tiré. . T. O.
- Fig. 2. — Un arbre déchiqueté.
- UN CYCLONE
- DANS LA FORÊT DE VILIÆRS-COTTERETS
- Un de nos abonnés, M. A. Fournier, a eu l’occasion d’observer les effets d’un cyclone qui s’est abattu sur la forêt de Villers-Cotterets dans . la soirée du 5 août 1899, et qui a produit des dégâts véritable-
- ment surprenants. M. A. Fournier a pris des photographies intéressantes et a bien voulu nous les communiquer avec quelques notes ; dans les figures ci-jointes, nous reproduisons quelques-unes de ces photographies.
- La forêt de Retz ou de Villers-Cotterets, ancien apanage du prince d’Orléans, aujourd’hui propriété de l’État, est à peu près à la même distance de Paris que celle de Com-piègne; mais elle est moins connue des Parisiens que cette dernière. Elle est une des plus belles forêts de France par ses hautes futaies composées principalement de hêtres. -
- Le 5 août (journée caractérisée par les orages violents qui se sont déchaînés sur une grande partie de la France), à 5h30 du soir, un cyclone a passe sur la partie de la forêt comprise entre « le Rond de la Reine » et la « Tour Réaumont » que l’on peut voir sur la carte que
- Fig. 1.
- Carte de la forêt de Villers-Cotterets.
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- LA N A TU r» K.
- J 5
- Puiseux où (quelques arbres ont des branches brisées.
- On peut évaluer à 2500 stères la quantité de bois abattu.
- Les arbres sont restés dans le même état pendant quelque temps, et rien n’a été changé pendant plusieurs semaines. Il était intéressant, pour les personnes qui voulaient examiner ces dégâts, de parcourir
- Fig. 3. — Arbres déracinés et brisés
- représente la figure 1. L’ouragan, en l’espace de quelques minutes, a renversé, à droite et à gauche de la route du Faite, quantité de chênes et de hêtres dont quelques-uns âgés de près de 200 ans. Les uns sont déracinés, d’autres coupés à moitié de leur hauteur, d’autres déchiquetés en mille aiguilles, on peut même dire que de quelques arbres il ne reste rien, quelques copeaux seulement. Les figures 2.
- et 6 nous montrent plusieurs de ces divers arbres dans l’état où ils se trouvaient après la tempête.
- A quelques mètres d’un arbre abattu, les autres arbres n’ont pas été touchés; on peut facilement sur le terrain reconnaître le mouvement circulaire du vent à la direction des arbres abattus. Le cyclone s’est ensuite dirigé vers le Nord en s’épanouissant pour ainsi dire, mais en perdant de sa violence : on voit de loin en loin quelques arbres déracinés ou brisés; on perd sa trace à la- sortie de la forêt à
- Fig. 4. — Arbre rompu et brisé vers le milieu.
- la forêt de Villers-Cotterets, et de voir en détail les différents accidents dont nous venons de parler. Un grand nombre d’ouragans et de tempêtes se sont
- 3, 4,
- Fig. 3. — Arbre rpmpu ù la base.
- Fig. 6. — Arbres déracinés.
- déjà abattus à de nombreuses reprises sur la forêt et ont laissé bien souvent des traces profondes de leur passage; mais il y avait longtemps que des dégâts aussi importants et sur une aussi grande étendue n’avaient été observés dans cette belle région de la France.
- J. Lerov
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- Il
- LA NATURE.
- CHRONIQUE
- Nouvelle petite planète. — MM. "Wollf et Schwass-mann ont trouvé, dans la nuit du i au 5 novembre à l’observatoire de Kœnigstubl, un nouvel astéroïde. Il est situé dans la constellation du Bélier. Cette petite planète est de 11e grandeur.
- Suggestion et auto-suggestion. — Voici une amusante histoire que nous résumons d’après Psycholo-yical Review. Le fait est raconté par M. Slosson et s’est passé à l’Université de AVyoming. J’avais préparé, dit M. Slosson, une bouteille remplie d’eau distillée, soigneusement enveloppée dans de la ouate et enfermée dans une boîte. Après quelques expériences faites dans une conférence, je déclarai que je désirais me rendre compte avec quelle rapidité une odeur se diffuserait dans l’air de l’amphithéâtre. En conséquence, je demandais aux assistants de lever la main aussitôt qu’ils percevraient l’odeur. J’enlevai le coton de la bouteille avec précaution et je versai à la surface un peu du contenu du flacon, en faisant mine de m’éloigner un peu. Je pris une montre à secondes et j’attendis le résultat. J’expliquai à haute voix que j’étais absolument certain que personne dans l’auditoire n’avait jamais senti l’odeur du composé chimique que je venais de verser et j’exprimai l’espoir que, si l’odeur devait sembler forte et caractéristique, du moins elle n’incommoderait personne. Au bout de quinze secondes, la plupart des auditeurs placés près du professeur levèrent la main. En quarante secondes, 1’ « odeur » se répandit jusqu’au foftd de l’amphithéâtre par ondes parallèles assez régulières. Les trois quarts environ de l’auditoire déclarèrent percevoir l’odeur. Au bout d’une minute, M. Slosson était obligé d’interrompre l’expérience, plusieurs des auditeurs du premier rang se trouvant gênés par 1’ « odeur » au point de vouloir quitter la salle !
- Ce qu'on tire du goudron. — In de nos confrères de la presse médicale prenait plaisir récemment à citer tout ce que l’on tire aujourd’hui de ce produit d’apparence si vulgaire qu’on nomme le goudron de houille ; et bien que les choses qu’il rappelle ne soient pas des découvertes de l’heure présente, sa longue énumération est assez curieuse. Le charbon ne sert pas seulement au chauffage et à l’éclairage : par l’intermédiaire de ce goudron visqueux et noirâtre, il devient comme un arsenal de couleurs, une vraie source de produits pharmaceutiques pour l’humanité souffrante, il fournit toute une série d’aliments nouveaux et de parfums, en même temps que des explosifs redoutables. Dans le goudron qui reste après le traitement d’une tonne de houille, le savant trouve jusqu’à 2000 nuances charmantes et variées de couleurs d’aniline ; la médecine et l’antisepsie en retirent l’ammoniaque, l’antipyrine, l’acide phénique, l’antifé-brine, la dulcine, la diurétine, la malarine, l’hypnol, la phénacétine, la naphtaline, le phénol, le salol, le sulfonal, le trional et une foule de médicaments aux noms bizarres, souvent ignorés totalement du vulgaire. Pour les parfums, l’énumération serait presque innombrable, depuis les imitations de cannelle, d’amande amère, jusqu’à celles de camphre ou de thymol, etc. Grâce à ce même goudron, on fabrique industriellement des substances qui permettent d’aromatiser les pâtisseries, de manière à leur donner la saveur de la vanille, de la framboise, de la fraise, etc. Rappellerons-nous aux photographes que c’est encore à lui qu’ils doivent certains révélateurs comme l’hydroquinone et l'iconogène? Nous pourrions encore
- citer la créosote, la paraffine, etc., etc. Et tout cela vient de ce qui n’est qu’un sous-produit, que l’on considérait d’abord comme encombrant et gênant dans la fabrication du gaz d’éclairage! /
- Un laboratoire de recherches et d'essais pour le commerce. — Le Conseil d’administration de l’Office national du commerce extérieur vient de soumettre à la ratification du ministre du commerce la création d’un nouveau service de « Recherches et Essais scientifiques et industriels » faisant partie intégrante de l’Office national du commerce extérieur, mais dont le laboratoire es! rattaché au Conservatoire des arts et métiers. Le but essentiel de ce nouveau service est de procéder, à l’aide des méthodes scientifiques les plus parfaites, à l’étude des matières premières utiles à l’industrie et .au commerce. Il a en outre pour mission de centraliser tous les documents économiques concernant ces matières premières et de les vulgariser dans la plus large mesure. Ce service comprend un laboratoire établi au Conservatoire des arts et métiers, où seront poursuivies, parallèlement, par des spécialistes, les études d'histoire naturelle, de chimie, de micrographie et de mécanique dont l’ensemble constitue l’étude scientifique complète des matières premières. Cette création importante, d’un intérêt général, a pu être menée à bien, grâce aux efforts de M. G. Masson, président de la Chambre de commerce de Paris et président du Conseil de direction de l’Office national du commerce extérieur et de M. Collin-Delevaud, directeur de cet Office. La direction en est confiée à M. le Dr F. Heim, professeur agrégé à la Faculté de médecine, docteur ès sciences. Indépendamment du service des renseignements techniques, naturellement mis à la disposition de tous les commerçants et industriels, des analyses pourront être demandées au laboratoire de l’Office national du commerce extérieur, aussi bien par des particuliers que par l’administration ou les corps constitués, tels que les Chambres de commerce.
- L'alimentation de la morue. — Comme on pouvait déjà le préjuger en constatant la variété des appâts, des boëttes, qu’emploient les pêcheurs de morues, suivant la saison et suivant la région où ils se trouvent, on vient de constater effectivement que ce poisson a une alimentation des plus variées et n’est point difficile sur son menu. A ce sujet, M. Nordgaard a donné récemment, dans le journal allemand Die Natur, des renseignements curieux, Nous y voyons que la morue mange toutes sortes d’animaux, depuis des vertébrés, rat de Norvège, oiseaux, et, ce qui est moins étonnant, poissons, jusqu’aux asturies. Rien entendu nous ne parlons pas des jeunes morues, qui s’alimentent de plankton. Qu’on ouvre un estomac de morue, et on trouvera des seiches, des harengs, et aussi des œufs de harengs tout près d’éclore.
- Les taches noires du papier. — Fort souvent les fabricants de papier, installés dans des districts très manufacturiers, voient les produits qu’ils obtiennent parsemés de taches noires : la faute en est aux particules charbonneuses innombrables qui sont suspendues dans l’atmosphère. Le journal spécial Papier Zeitung recommande, comme seul remède à cet ennui, la filtration de l’air entrant dans la papeterie à travers une étoffe de trame très serrée. Aux usines Schering de Berlin, où l’on fabrique du papier sensible pour la photographie, la circulation d’air régulière appelle l’air extérieur au travers de ces filtres en tissu, et le chasse au moyen de puissants ventilateurs installés sur le toit.
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- LA NATURE.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du ‘27 novembre 1899. — Présidence de M. Van Tieghem.
- Entraînement des cellules par le sang. — M. Bouchard dépose une Note de MM. Charrin et Levaditi, relative au transport des cellules par le sang. Les auteurs établissent par leurs recherches que le sang peut charrier des cellules du foie, du cœur et du rein. Pour que ce charriage soit possible, il faut que la maladie en altérant les cellules de l’organe les en détache. La portée de cette constatation est considérable ; elle permet de comprendre les processus morbides de certaines maladies, et notamment comment les cellules cancéreuses se généralisent dans l’organisme.
- Expériences téléphoniques. — M. Dussaud présente et fait fonctionner, avec un plein succès, son nouveau téléphone permettant d’enregistrer les conversations et de les recevoir à distance. Le téléphone Dussaud est composé d’un transmetteur et d’un récepteur tous deux pourvus de plusieurs plaques vibrantes agissant par chacune de leurs faces. Cette combinaison donne une intensité suffisante pour enregistrer la parole, même lorsqu’on parle à voix basse, et la répéter à volonté. Le téléphone Dussaud a permis d’enregistrer des nouvelles téléphonées aux journaux, des ordres d’administration, des auditions théâtro-phoniques et des discours au moyen d’un poste transmetteur dissimulé sur la tribune de l’orateur.
- Comité secret. — L’Académie se forme en Comité secret à 5h 50 pour l’examen des récompenses annuelles à décerner dans la séance solennelle de 1899. Ch. de Villedeuil.
- ÉLÉPHANTS SAVANTS
- J.ES ÉJfiiDilAXTS DE GÉO LOCKHART AUX FOLIES-BERGÈRE
- Quand on parle d'éléphants savants, aussi bien en Europe que dans les autres parties du monde, le premier nom de dresseur qui vienne à l'esprit est sans contredit celui de Lockhart. L’année dernière, j’ai eu l’occasion de présenter1 aux lecteurs de La Nature les éléphants de Maximilian, alors en représentation au Nouveau-Cirque ; sans vouloir diminuer en rien la mérite du dresseur allemand, il faut bien reconnaître que les frères Lockhart sont les rois du dressage de ce pachyderme qui semble cependant devoir être rebelle aux jeux du cirque. Avant de parler des bêtes, il me faut présenter les hommes. Les Lockhart sont deux frères, qui tous deux depuis un certain nombre d’années se sont exclusivement adonnés au dressage de l’éléphant. Sam, l’aîné, est venu à Paris avec sa meute d’éléphants à l’ancien Hippodrome de l’avenue de l’Alma, meute est bien l’expression, car Sam faisait travailler ensemble dix ou douze éléphants; aujourd’hui il est en Amérique, mais il reviendra parmi nous l’année prochaine. Quant à Géo, le cadet, il n’a que trois éléphants, mais d’un dressage absolument parfait, et si Sam « fait » les cirques, Géo travaille plus volontiers sur les scènes des music-hall. Ils étaient tous deux clowns chez Barnum, et, ma foi, très bons clowns, lorsqu’un jour la célèbre agence Rosinsky les envoya en engagement aux Indes. Le cirque auquel appar-
- 1 Vuy. n° 1341, du 4 février 1899, p. 159.
- tenaient les Lockhart lit de mauvaises affaires ; voici nos deux artistes sur le pavé. Que faire dans un pays aussi lointain. Ingénieux comme des clowns, ils s’engagèrent comme manœuvres dans une grande exploitation forestière qui comme bêtes de somme employait des éléphants. Sam et Géo virent alors tout le parti qu’un homme de cirque ou de théâtre peut tirer d’un éléphant et les voilà tous deux qui dans leur moment de repos s’amusent à faire exécuter à quelques-uns de leurs compagnons de travail ce que faisaient chiens, chevaux ou autres, animaux sur les [listes des cirques. Lorsque deux de leurs élèves furent suffisamment habiles, ils donnèrent des représentations privées, et, au bout d’un an, tâcherons le jour et artistes le soir, ils amassèrent un pécule suffisant pour acheter deux éléphants et partir en tournée, aux Indes d’abord, en Europe ensuite. Désormais la fortune des frères Lockhart est faite, et aujourd’hui Sam et Géo gagnent chacun annuellement la somme rondelette de 70000 francs. Chaque année aussi, ils perfectionnent leur dressage et imaginent de nouveaux exercices. Géo nous en présente actuellement aux Folies-Bergère de Paris qui sont vraiment extraordinaires.
- Géo a trois éléphants de taille et de poids respectables. Le plus gros pèse 9000 kilogrammes les deux autres 7000 et 5000, soit un total 21 000 kilogrammes; si on compte les accessoires qui leur sont nécessaires pour travailler, cela fait un poids de près de 30000 kilogrammes que doit supporter le plancher de la scène des Folies-Bergère : aussi M. Marchand avait-il hésité longtemps avant d’engager Lockhart et sa troupe; l’habile ménager ne doit pas s’en repentir aujourd’hui. Mais que de travaux il a fallu pour étayer les dessous de la scène : des poutres immenses, des madriers énormes, qui rappellent ceux qui barricadaient la porte d’entrée du fort Chabrol, des fermes en fer, soutiennent le plancher, et messieurs les éléphants peuvent, sans crainte de chute dans les dessous, exécuter chaque soir leurs curieux exercices.
- Le plus jeune des éléphants Boney est le clown de la troupe, et c’est certes le plus intelligent, car dans une pantomime très bien imaginée, c’est lui qui tient le principal rôle : celui d’un jeune fêtard, qui dîne copieusement, boit de même — Boney dans ce rôle est tout à fait curieux, et gravement assis dans un fauteuil, la serviette sous le cou, appelant à chaque instant le garçon, il engloutit force bouteilles de champagne — et finit par refuser le payement de l’addition que lui apporte un maître d’hôtel-éléphant. Vite qti’on aille chercher les gendarmes, et le brigadier de gendarmerie, le plus gros des éléphants, vient s’emparer du délinquant, le saisit par l’oreille et l’amène devant le tribunal — le public — qui le condamne à des applaudissements bien mérités.
- Une autre scène? Deux des éléphants, avec aux pieds des colliers, de grelots, se mettent à danser au son d’un orchestre, dont Boney est le chef et l’exécutant, d’un pied il bat de la grosse caisse, de l’autre
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- LA NATURE.
- des cymbales et avec sa trompe il tourne la manivelle d’un orgue de Barbarie. Puis pour se dégourdir les jambes, Boney fait le tour de la scène à bicyclette, guidant son instrument avec sa trompe, mais comme ses pieds pourraient glisser sur les pédales, Boney, tels les équilibrâtes de la corde raide, vient se frotter la plante des pieds sur une planchette poudrée de résine. On n’est pas plus artiste.
- Puis c’est une valse exécutée très en mesure par les trois bêtes, des sauts très légers — on ne le croirait pas — des équilibres sur une ou deux pattes, etc.
- On se demande vraiment comment ces dresseurs, si habiles soient-ils, peuvent obtenir avec des animaux aussi peu maniables que des éléphants de pareils
- résultats. De tous les animaux — puisqu’on n’a pas encore réussi à présenter la baleine en liberté — l’éléphant est le plus gros à qui l’homme ait imposé l'obéissance. Un auteur, qui a passablement écrit ou conférencié sur le dressage des animaux, prétend que les dresseurs emploient surtout les moyens coercitifs ; j’avoue pour ma part avoir assisté au dressage de plusieurs éléphants et tous les dresseurs, aussi bien Maximilian que les Lockhart, que W. Hagenbeck qui fournit les trois quarts et demi des animaux sauvages des cirques et des ménageries, ont toujours montré une répugnance... obligatoire peut-être, pour les coups et la brutalité, surtout envers les éléphants. Avec les chiens cela peut encore se com-
- Les éléphants de Géo Lockhart, sur la scène des Folies-Bergère.
- prendre, mais avec l’éléphant, cela n’est pour ainsi dire pas possible : l’éléphant étant un animal très intelligent, comprenant admirablement bien et doué d’une mémoire extraordinaire.
- On a voulu montrer les dresseurs d’éléphants munis d’un attirail formidable et digne de l’Inquisition : crochets en fer, cercles à pointes intérieures, barres de fer que l’on fait rougir, caveçons compliqués, etc., etc. ; on a dit que pour enjamber un homme couché à terre, exercice habituel des éléphants savants, le dresseur obtenait ce résultat en piquant la plante des pieds de la bête!
- Erreur que tout cela : le dressage de l’éléphant, comme les autres dressages, exige de la fermeté, de la patience, beaucoup de patience, et un tempérament tout à fait spécial ; car un dresseur brutal serait
- vite puni par ses élèves. J’ai même été témoin d’un crime commis par un éléphant qu’un aide du dresseur avait malmené. C’était l’année dernière au Nouveau-Cirque, un aide du dresseur Maximilian avait, au cours d’une répétition, frappé un peu violemment le plus jeune des éléphants : la bête s’en souvenait, et un beau soir, elle saisit l’homme avec sa trompe et le projeta violemment contre le mur. Maximilian comprit alors pourquoi la bête s’était montrée rétive pendant quelques représentations.
- Du reste, plus l’animal est intelligent, et c’est le cas de l’éléphant, moins on obtient par la violence.
- Paul Méginin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiicrr, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1385. - 9 DÉCEMBRE 1899.
- LA NATURE.
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- UN CHEMIN DE FER DANS UN CRATÈRE
- Il s’agit bien d’un cratère volcanique et d’un fait absolument normal. C’est aux environs de Rome que l’on peut assister à ce spectacle peu banal, d’un train apparaissant subitement dans un ancien cratère et disparaissant non moins rapidement. Quelques mots d’explication sont nécessaires pour la compréhension de ce qui va suivre.
- Les collines qui bordent, au sud, la campagne romaine sont appelées montagnes du Latium. Ce sont d’anciens volcans qui ont couvert de leurs projections
- toute la région environnante vers Frascati, Tivoli, Inviolata, etc., jusque près de la mer et jusqu’au delà de Monterotonde. Le Tibre roule ses eaux limoneuses au milieu de cette formation. Les célèbres « collines » du Capitole, du Palatin, qui ont joué un si grand rôle dans l’histoire de Rome, sont constituée^ également par des tufs volcaniques basaltiques et leucitiques. L’activité des volcans ayarft fourni cette prodigieuse étendue de projections a cessé peu de temps avant la fondation de Rome.
- Au nord, s’étend aussi un autre grand volcan dont le cratère est occupé par le beau lac de Rracciano, qui mesure plus de 10 kilomètres de largeur.
- La ligure représente la partie ouest du lac d’Albano. On aperçoit la ligne du chemin de fer, près du bord du lac et sur la crête
- quelques habitations de Castel-Gaudolfe.
- Les monts du Latium constituent un magnifique groupe de volcans à double enceinte; l’enceinte extérieure a plus de 60 kilomètres de circonférence, l’enceinte intérieure ne mesure que 5 kilomètres de diamètre. Ces deux enceintes sont ouvertes vers le nord-ouest. C’est dans cette direction, d’ailleurs, que la plupart des coulées issues du volcan se sont épanchées. L’enceinte intérieure qui, d’après la légende, aurait servi de camp à Annibal, est barrée, au nord, par un énorme rocher sur lequel la coquette ville de la Rocca di papa étage ses maisons en amphithéâtre. De là, on a une belle vue sur Rome, mais le panorama est bien plus grandiose lorsqu’on se trouve au Monte Cavo, point culminant de l’enceinte intérieure, ancien cône formé de projections volcaniques et dont l’altitude atteint près de 1000 mètres.
- 28e année. — t" semestre. ,
- C’est là que se dressait jadis le temple fameux de Jupiter Latial. De l’observatoire qui couronne aujourd’hui ce cône, on aperçoit : à l’est, la masse imposante des Apennins, aux tons grisâtres, aux flancs profondément ravinés, avec Tivoli, Palestrina au premier plan; au nord, se découpe sur le ciel le gracieux profil des monts Rracciano, tandis que la ville éternelle, d’où se détache nettement le dôme de Saint-Pierre, semble interrompre le cours du Tibre dont la surface des eaux miroite au soleil ; à l’ouest, la mer, et, plus loin, vers l’horizon, les montagnes de la Sardaigne vaguement estompées. Mais au pied du Monte Cavo, qui est comme le centre de ce Vésuve romain, à près de 700 mètres en contre-bas, se montrent les deux lacs d’Albano et de Némi, qui présentent comme particularité d’être installés au
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- LA NATURE.
- fond de deux dépressions aux parois abruptes. Ces deux grands réservoirs, qui ne possèdent aucun cours d’eau y aboutissant ni aucun déversoir naturel, sont d’anciens cratères volcaniques produits vraisemblablement par des explosions violentes, peut-être aussi en partie par effondrement. Ils rappellent, en plus grand, le lac Pavin situé près du Mont Dore, en Auvergne. Le lac d’Albano a 5500 mètres de long sur 2200 de large ; le lac de Nemi est un peu plus petit. La surface des eaux du lac est à 140 mètres du bord extérieur du cratère, de sorte que lorsqu’on se trouve au niveau du lac on est comme dans une immense fosse entourée d’une muraille à pic dont le pourtour atteint près de 10 kilomètres.
- Les Romains avaient construit un canal souterrain de plus de 2 kilomètres permettant au trop-plein du lac de se déverser dans la mer. Sur ses bords croissent l’olivier, l’oranger et le citronnier et toute la campagne est embaumée par la sauge, la lavande, la mélisse dont les tiges pointent de tous côtés. On pêche dans les eaux du lac une espèce de crabe (?) que l’on expédie en abondance à Rome durant le carême.
- Les villes qui se trouvent au voisinage des lacs de Nemi et d’Albano sont : Genzano, Albano, Castel Gondolfe et Marino.
- « Que de civilisations se sont succédé et que de villes, de villages, de palais de plaisance ont pu se bâtir dans les anciens cratères ! Albe-la-Longue et d'autres cités du Latium y ont été remplacées par des villes romaines, puis les papes et les grands dignitaires de l’Église y ont construit leurs châteaux et maintenant ces montagnes sont un centre d’excursions et de villégiature pour la foule des étrangers de toutes les parties du monde qui viennent contempler la grande Rome1. »
- C’est par Albano et Genzano, reliées par de pittoresques aqueducs, que passait la célèbre voie Appienne. Aujourd’hui, le touriste qui veut visiter cette région du Latium, si curieuse à tous égards par les souvenirs quelle éveille, délaisse fréquemment ces « chemins pavés », sur lesquels ont roulé les chars glorieux de la Rome antique. Il prend le train à la gare centrale de Rome, traverse la campagne romaine semée de ruines et gravit les pentes des monts du Latium jusqu’à Marino. A peine sorti de la gare, il entre dans un tunnel qui débouche brusquement sur les bords d’un lac aux eaux tranquilles : c’est le lac d’Albano. Pendant qu’il cherche en vain du regard le point pàr lequel les eaux du lac devraient s’écouler, pendant qu’il jette un coup d’œil rapide sur Castel Gondolfe dont les maisons s’alignent sur la crête dominant le lac, tandis que sur l’autre rive le Monte Cavo dresse sa fine silhouette, le train l’a emporté dans un second tunnel d’où il ressort au bout de deux minutes. Quelques instants après, il est à Albano. Là, changement complet dans le paysage. Il ne voit plus que la campagne romaine qui se prolonge insensiblement jusqu’à la mer.
- 1 Reclus. Géographie universelle.
- La plupart du temps, le voyageur ne peut pas s’expliquer ces changements rapides et singuliers du paysage. Il ne se doute pas qu’il marche depuis Rome sur des scories volcaniques, qu’il a traversé en chemin de fer un ancien cratère, et que le lac sans issue, sur les eaux duquel il a pu voir l'image du train fdant à toute vapeur, est uniquement alimenté par les eaux atmosphériques. Ne sont-cepas là, cependant, de bien étranges contrastes : l’eau où il y avait le feu, là, précisément, dans cette chaudière où bouillonnait la lave en fusion, et un chemin de fer roulant à l’intérieur de ce cratère où grondait jadis un tonnerre souterrain!
- Je songeais à toutes ces choses en parcourant cette belle région, et m’emplissant les yeux de toutes ses magnificences, de son ciel si bleu et de son clair soleil, je me disais que les touristes qui la sillonnent éprouveraient encore plus de plaisir s’ils comprenaient ce qu’ils voient. La compréhension et le raisonnement n’excluent pas la joie d’admirer ; elles la multiplient. Pu. Glangeaud.
- Maître de conférences à l’Université de Clermont-Ferrand
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- QU\NG-TeHÉ0U-mN
- Aos possessions coloniales au sud de la Chine comprennent sous le nom d’Indo-Chine française quatre grands pays différents : la Cochinchine, annexée partie en 1862, partie en 1867; le Cambodge, protégé depuis 1865; l’Annam et le Tonkin, dont le protectorat a été établi par le traité du 25 août 1885, bien qu’il existât dans une certaine mesure depuis 1874.
- LTndo-Chine française a une superficie de 550 000 kilomètres carrés et une population d’environ 18 millions d’habitants ; elle n’est pas une colonie de peuplement, mais elle peut devenir une magnifique colonie d’exploitation, car ses richesses sont considérables. Les régions montagneuses de l’Annam et du Tonkin renferment toute espèce de minerais; les gisements houillers du Tonkin sont très étendus et de bonne qualité. Au Cambodge on trouve les minerais de fer de Phnum-Deck. Parmi les produits agricoles susceptibles d’exportation, le premier rang est tenu par le riz de la Cochinchine, qui est envoyé dans l’Amérique du Sud, à Java, à Manille, à Singapour et. à la Réunion. On peut encore citer les cotons, la laine, la soie, la canne à sucre, etc., etc.
- Le chiffre total du commerce de nos colonies d’indo-Chine s’élevait dernièrement à près de 150 millions.
- Pour consolider notre belle situation nous cherchons à nous étendre dans le golfe, du Tonkin vers la presqu'île de Loueï-tchéou et l*île d’Haïnan qui le ferment en partie.
- Depuis quelques années, la China ayant ouvert ses ports au commerce international, les nations maritimes jugeant l’importance qu’il y avait de posséder quelques stations dans les mers de la Chine cherchèrent à obtenir du Céleste Empire des cessions de territoire afin de s’y établir solidement.
- L’Allemagne avait obtenu, en janvier, le territoire de Kao-tchéou; l’Angleterre, en février, s’était fait reconnaître des droits d’influence sur le bassin du Yang-tsé-Kiang; la Russie enfin avait reçu, en mars, Port-Arthur et Talien-Ouan. La France a donc jugé opportun de se faire accorder des avantages pour développer ses colonies dans le golfe du Tonkin.
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- LA NATURE.
- IV
- La cession de la baie de Quang-tchéou-Wan à la France date do mois d’avril de l’année dernière. Avant de nous établir là-bas toute la côte méridionale de la Chine fut explorée par des croiseurs léger s comme la Surprise et le Lion ; ils n’y trouvèrent aucun mouillage sûr et commode. La baie de Quang-tchéou-Wan, sorte de l'jor prolond, mais dont l’entrée, encombrée d’iles, n’est praticable que par un étroit chenal, fut choisie comme le moins mauvais port. Sa situation, à l’est de la presqu’île de Loueï-tchéou, parut devoir consacrer définitivement notre influence sur le golfe du Tonkin. Nous nous y sommes donc établis militairement ; un camp a été construit sur la rive droite de la rivière Ma-tsé, et tout autour ont été bâtis des fortins, dont le principal est le fort Bayard.
- Ce territoire est placé au pied des montagnes qui du
- ^ Hoï-hoou
- o no zo 3o 4.0
- Quang-Tdiéou-Wan.
- delta cantonnais à celui du Fleuve Rouge font à la Chine un rempart côtier. L’étroite zone maritime entre la mer et la montagne est une région sauvage sur laquelle le gouvernement de Pékin n’a jamais pu exercer qu’une autorité incertaine ; elle est habitée par des peuplades farouches, semi-indépendantes, issues de la vieille race autochtone des Miao-tsé que les Chinois ont refoulée sur le littoral de leur empire et dans les îles, où elle résiste depuis des siècles à tout assujettissement et à toute assimilation.
- Depuis que nous sommes établis à Quang-tchéou-Wan nous avons eu à subir des vexations de toutes sortes et même des attaques intolérables de la part des indigènes : deux officiers de marine viennent d’y être assassinés par les Chinois, MM. Gourlaouen et Koun, enseignes de vaisseau, tous deux embarqués sur le croiseur de deuxième classe Descartes.
- C’est cet incident pénible qui a rappelé à l’attention le nom d’une de nos occupations les plus recentes et les plus lointaines. . - < . -
- Notre gouvernement a immédiatement réclamé à la Chine des réparations. La Chine a renoncé à disputer à la France les deux îles qui commandent l’entrée de la baie de Quang-tchéou-Wan et le maréchal Son vient de signer avec l’amiral Courréjolles la carte de délimitation de notre possession. Satisfaction nous a donc été accordée sur ce point. Nous l’aurons de même certainement pour le meurtre des deux officiers.
- T. Obalski.
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- LA SOIE ET LA CHALEUR DU CORPS
- On a remarqué que la soie et la laine — deux productions animales — ont la propriété de s’électriser un peu au frottement, tandis que le lin, le chanvre et le coton, qui sont d’origine végétale, sont totalement dépourvus de caractère électrique. M. Charles Henry s’est demandé s’il n’y avait pas quelque rapport entre ces propriétés électriques de la soie et de la laine et la nécessité pour l’animal de garder une température constante; il a fait part de ses expériences à la Société des gens de science. M. Ch. Henry a cherché d’abord à augmenter considérablement les propriétés électriques de la soie afin d’amplifier en même temps, si possible, les propriétés thermiques; il y a ï'éussi en incorporant dans la soie un apprêt négatif qui n’altère en rien les qualités esthétiques de la soie. La résistivité de ces soies, dites à la diéleclrose, est environ double de celle de la soie ordinaire.
- Pour comparer les lois- d’échauffement et de refroidissement de ces deux sortes de soie, M. Henry a employé un thermomètre enregistreur, en enveloppant le réservoir, préalablement chauffé, d’une gaine de soie et en le transportant dans un milieu à température constante. 11 a aussi placé le même thermomètre dans un milieu relativement froid.
- Les soies, étant à la température du milieu, s’échauffent d’abord au contact du réservoir pour se refroidir ensuite, tandis que dans la deuxième série d’expériences, les soies, étant à la température du réservoir, se refroidissent tout le temps.
- On reconnaît ainsi que quand la soie plus électrisable tend à s’échauffer elle se refroidit plus rapidement que la soie ordinaire, et quand elle tend à se refroidir elle se refroidit moins vite que la soie ordinaire; les propriétés électriques de la soie ordinaire ont donc pour effet de tendre à assurer la constance de la température, en produisant du froid lors de l’élévation de tém-pératureW du chaud lors du refroidissement.
- Voici comment M. Ch. Henry comprend le mécanisme de cette auto-régulation thermique par les décharges électriques. Lorsque le tissu s’échauffe, l’air inclus dans les mailles se dilate : en se dilatant, c’est-à-dire en sortant du tissu, il frotte et s’électrise; électrisé, il revient se décharger dans le tissu; mais ce mouvement détermine un courant d’air à la surface du tissu, conséquemment un refroidissement. Lorsque le tissu se refroidit, l’air inclus dans les mailles se contracte; en se contractant, c'est-à-dire en pénétrant à l’intérieur, il frotte et s’élèc-trise ; électrisé, il revient se décharger à son point de départ. La particule d’air oscille sur place, elle empêche l’accès de l’air froid extérieur dont elle produit un réchauffement relatif. En résumé, dans le tissu électrisai» le il y a, lors de réchauffement, tendance au refroidissement, et, lors du refroidissement, tendance à réchauffement. Henri Coupin.
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- LA NATURE.
- LES CANONNIÈRES DÉMONTABLES
- ET LA CAMPAGNE ANGLAISE 1)U SOUDAN
- Dans toutes les campagnes coloniales, c’est-à-dire chaque fois que l’on doit combattre dans un pays neuf où n’existent pas par avance les voies de communication qui se rencontrent maintenant dans la plupart des pays civilisés, la première et la plus importante des choses à faire consiste à suppléer à l’insuffisance des moyens de transport en en créant de toutes pièces. Naturellement, et c’est là que réside la difficulté, il faut adapter ces moyens de transport aux circonstances spéciales dans lesquelles on se trouve ; l’important est de se mettre à même d’amener le plus vite possible, sur la base des opérations
- militaires, et les troupes et surtout, peut-on dire, les approvisionnements de tout genre. Et c’est le rôle de l’ingénieur d’imaginer des procédés qui résolvent le problème de façon satisfaisante.
- Précisément ce qui fait le succès si fréquent des Anglais dans leurs expéditions coloniales, c’est qu’ils donnent tous leurs soins à ce côté de la question, et cela a été le cas notamment pour la récente campagne du Soudan qui les a conduits à Khartoum. Le général qui a mené à bien cette campagne, celui qu’on désigne couramment sous son titre égyptien de « Sirdar », le général Kitchener, a appartenu jadis au corps de ce qu’on nomme les « Royal Engi-neers », à peu près l’équivalent de notre corps du Génie : aussi s’était-il attaché tout particulièrement à établir des voies de fer là où cela était
- Fig. 1. — Les sections d’une canonnière chargées sur wagons.
- possible, et à préparer une flottille de canonnières « à faible tirant d’eau » pour remonter le Nil. Dans sa pensée le chemin de fer même devait assurer le transport des bateaux jusqu’au point où ils auraient à être employés mais dont leur tirant d’eau, tout Féduit qu’il serait, leur interdirait encore l’accès direct. L’issue a pleinement répondu à ses prévisions : chemin de fer et canonnières ont été l’élément principal de son succès et méritent donc bien une description.
- Rappelons rapidement que le chemin de fer militaire du Soudan, si vivement mené à bonne fin, s’étend de Wady Halfa à Dongola, sur une distance d’environ 320 kilomètres, et de Wady Halfa à Khartoum sur une autre distance de 950 kilomètres. L’étude de cette voie serait fort intéressante en elle-même : large de 1,06 mètre, elle a été posée avec une célérité extraordinaire, parfois à raison de 5 kilomètres et demi par jour ; les rails en pèsent un
- peu plus de 22 kilogr. au mètre courant, ils sont du type américain dit en T, boulonnés directement aux traverses. Le matériel roulant est du genre américain aussi (quelque peu modifié cependant), les plates-formes notamment étant montées sur des bogies; quant aux locomotives, elles sont à 12 roues dont 8 couplées, avec truck porteur à l’avant. Les wagons plates-formes dont nous venons de parler ont servi précisément à transporter les canonnières à faible tirant d’eau, une fois démontées.
- Comme de juste, on n’a pas opéré ainsi qu’on l’avait fait jadis en France, à titre d’expérience, avec un torpilleur ; ces canonnières n’ont pas été chargées d’une seule pièce, et leurs constructeurs ont établi des bateaux sectionnables en tranches dont les dimensions respectives ne devaient point dépasser celles d’un wagon. Ces bâtiments sont sortis de deux chantiers différents, d'une part des usines Yarrow, de Poplar, de l’autre des chantiers Thornycroft, de
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- Fig. 2. — Le Melik à flot.
- Chiswich. Le type général, demandé par le gouvernement anglais, avait 44,20 mètres de long sur 7,46 de large et 1,83 de creux; le tirant d’eau ne devait pas dépasser 0,61 mètre avec une charge de 55 tonnes; enfin la coque serait partagée en 11 sections susceptibles de flotter par elles-mêmes, afin que le montage en lut grandement faci-
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- lité, sans l’emploi d’aucun chantier.
- Les canonnières sortant de chez MM. Yarrow sont munies de deux paires de machines à condensation compoundet de deux chaudières à tuhes d’eau, commandant deux hélices ; la vitesse aux essais a été de 15 milles avec 600 chevaux indiqués. L’armement en est essentiellement constitué de 2 canons à tir rapide de 12 livres et de 8 canons revolvers Maxim. Nous avons dit qu’on avait jugé nécessaire d’adopter l’hélice comme moyen de propulsion, si bien que les machines et les chaudières sont placées sous le pont, à l’abri, et même sous une superstructure qui sert à porter l’artillerie. Les constructeurs ont disposé les hélices dans deux tunnels où elles se trouvent complètement immergées au bout de peu de tours. Ajoutons que ces canonnières sont munies de dérives et de 5 gouvernails à vapeur. Les chambres qui sont sur le pont sont à l’épreuve des halles, elles supportent un second rouf surmonté d’un projecteur, et des meurtrières réparties partout permettent aux troupes de se retrancher réellement à bord.
- L’allure générale des canonnières sortant des ateliers Thornycroft est quelque peu différente, d’au-
- ï . A: !
- Fig.
- tant qu'elles ne comportent point de dérives et que leurs superstructures sont plus importantes : le prototype en est le « Melik », dont notre confrère Scientific Américain a pu se procurer une photographie une fois qu’il était démonté en sections et
- chargé sur les wagons du chemin de fer militaire. Les compartiments sont, comme pour les autres, faits de plaques d’acier au chrome de 4,77 millimètres d’épaisseur. Là encore nous retrouvons deux machines com-pound, dont les cylindres ont respectivement 505 et 496 millimètres de diamètre avec une course commune d e 279. Les propulseurs sont du type Thornicroft dit hélice à turbine, d’un diamètre de 1,05 millimètre, et tournent eux aussi dans un tunnel qui diffère toutefois un peu
- du système imaginé par la maison Yarrow. Dans ses essais le « Me-lik » a donné une vitesse de 12 nœuds avec 460 chevaux et 280 révolutions.
- Si nous suivons cette même canonnière depuis sa sortie des ateliers et son montage pour les essais, nous la verrons d’abord démontée et transportée par steamer jusqu’à Ismaïlia: de ce point, les diverses sections furent remorquées isolément par le canal d’eau douce et atteignirent ainsi le Nil : pour ce passage elles étaient du reste remorquées par le côté,1 caries écluses du canal n’ont que 4,60 mètres de largeur. En arrivant au-dessus du Caire sur le grand fleuve, la canonnière fut assemblée sommairement et remorquée à Wady Haïfa ; c’est en ce dernier point qu’elle fut démontée de nouveau pour être
- Une canonnière démontable Yarrow.
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- chargée sur wagons et atteindre ainsi sans difficultés le cours du Nil au delà des cataractes. Alors le « Melik » était à même de remonter le fleuve jusqu’à Khartoum, et il fut d’un grand secours durant la bataille d’Omdurman. Dasiei. Bei.let.
- LE BALLON DIRIGEABLE
- DU COMTE ZEPPELIN
- ‘ On parle beaucoup, depuis quelque temps, des expériences de ballon dirigeable qui vont être tentées par le comte Zeppelin sur le lac de Constance : il a été décidé, avec assez d’originalité et de bon sens, que les essais auraient intérêt à être exécutés au-dessus de cette nappe d’eau, parce que l’appareil pourrait aisément prendre son vol en rasant au besoin le lac, où aucun obstacle ne viendrait le gêner, et aussi parce que, en cas d’accident, il serait moins dangereux de venir rencontrer la surface liquide que la surface du sol. Pour donner toutes facilités au départ, on le fera du milieu même du lac, et c’est pour cela que le chantier de construction du ballon a dû être installé dans un ponton flottant ancré au milieu du lac.
- Nous reviendrons avec plus de détails sur cette tentative curieuse quand elle aura donné un résultat quelconque; mais, dès maintenant, nous pouvons présenter quelques renseignements sur ce curieux navire aérien. Le ponton flottant n’a pas moins de 152 mètres de long sur 24 de large et une hauteur de plus de 21 mètres : c’est une sorte de grande maison de bois pointue aux deux bouts (afin d’offrir moins de résistance au vent), et percée d’un certain nombre de fenêtres qui laissent pénétrer la lumière aux travailleurs ; une passerelle court tout autour extérieurement. Mais, par une bizarrerie qu’expliquent les nécessités du lancement, à l’intérieur de cet immense hangar, qui repose en réalité sur une série de bateaux disposés suivant le pourtour même du hangar et solidarisés les uns aux autres par des tirants passant sous l’eau, le plancher de construction porte sur des flotteurs indépendants; de telle sorte qu’on peut le remorquer au dehors de la maison, ce qui aura une utilité toute particulière quand on voudra tenter le lancement du ballon, sans démolir le hangar. Celui-ci servira, en effet, de nouveau quand on voudra remiser l’aérostat après une première ascension. Des escaliers et des passerelles ont été installés à l’intérieur de la construction, pour permettre aux ouvriers d’atteindre aisément le sommet même du ballon, afin d’en monter les diverses pièces.
- Cet aérostat a une composition bien curieuse : tout d’abord fl se présente sous la forme d’un cylindre effilé aux deux bouts long de 125 mètres et de 12 mètres de diamètre. La charpente est faite d’aluminium, et elle comprend ce qu’on peut appeler 16 couples placés à 8 mètres environ les uns des autres, et de forme polygonale à 24 côtés : ils sont reliés par des fils d’aluminium à un cercle central, comme la jante à l’axe d’une roue de cycle. Ces anneaux supportent de chaque côté une espèce de filet en corde de ramie, formant diaphragmes par rapport au cylindre total, et aussi un filet analogue qui recouvrira toute la charpente ; ils détermineront une série de compartiments à l’intérieur du ballon, compartiments qui contiendront chacun un ballon proprement dit, au sens strict du mot, ün réservoir à gaz, de sorte que ce cloisonnement localisera toujours les avaries qui pourraient se produire. Tout l’aérostat sera abrité par une enveloppe imperméable.
- Le gonflement se fera à l’hydrogène et dans des condi-
- tions que nous expliquerons plus tard; la direction sera assurée par 4 hélices en aluminium disposées par couple à chaque bout, et aussi par des gouvernails. Sous le ballon seront suspendues deux nacelles qui contiendront les deux moteurs à pétrole, isolés des parois des ballons à gaz par un revêtement ignifuge. Les expériences auront lieu prochainement, et comme toujours naturellement l’inventeur en espère les meilleurs résultats. P. df, Mérikl.
- VOIES DE TRAMWAYS A LYON
- Nous avons publié1 précédemment un article sur une : 0 Voie de chemin de fer à deux usages ». Un de nos abonnés de Nancy nous indique une application du même genre.
- Cette disposition de voie assez originale n’est pas absolument nouvelle en France. Un système analogue, quoique sur un parcours beaucoup moins long, existe en effet depuis bien des années, en pleine ville de Lyon.
- Le pont Lafayetle sur le Rhône donne passage à deux
- de /'Hôpital
- de la. G ui llotière
- des Brotteaux
- Voie étroite* montante*
- Voie, étroite descendantei
- Cordeliers
- Cuillotiere
- Gare de Vaise
- Voies île tramways larges et étroites à Lyon.
- lignes de tramways, l’une, gare de Vaise-Guillotière, est à traction électrique et voie large; l’autre, Cordeliers-Monplaisir, est à traction à vapeur et voie étroite.
- Comme on désirait avoir pour chaque ligne une voie montante et une voie descendante, et que, d’autre part, la largeur du pont ne permettait pas l’établissement de quatre voies, on a adopté la disposition de deux voies à trois rails analogue à celle qui a été signalée ; l’un des rails est commun à chaque voie large et à chaque voie étroite, conformément au croquis ci-joint.
- Les rails 1 et 2, 5 et 6 donnent passage au tramway à voie étroite ; les rails 1 et 5, 4 et 6 donnent passage au tramway à voie large. Ces deux lignes se séparent complètement avant et après le passage du pont. M. N.
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- LES CÂBLES SOUS-MARINS FRANÇAIS
- Un nouveau câble télégraphique vient d’être posé sur la côte américaine, entre la station de la Compagnie française
- 1 Voy. n" 1378, du 21 octobre 1899, p. 324.
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- des câbles, à Cap-Gôd (États-Unis) et New-York. Ce câble prolonge jusqu’à New-York le grand câble transatlantique que la Compagnie française a immergé l’année dernière entre Brest et les États-Unis. Aujourd’hui, par suite de l’établissement de ce câble, l’échange des télégrammes entre la France et l’Amérique peut s’effectuer par une ligne entièrement sous-marine jusqu'à New-York.
- C’est avec un véritable plaisir que nous enregistrons cette nouvelle d’un progrès acquis, mais combien nous regrettons, en jetant un coup d’œil sur une carte, de voir combien nos réseaux sous-marins ont peu d’extension. Tandis que l’Angleterre se trouve unie avec toutes ses colonies en quelques instants, la France ne peut communiquer avec ses possessions lointaines et pourtant le besoin de relations rapides se fait de plus en plus sentir à mesure que s’agrandit notre empire colonial.
- Les réseaux anglais qui possèdent les neuf dixièmes des câbles sous-marins enserrent le globe ; nous n’avons qu’une seule Compagnie française, en exceptant les petits câbles reliant la France à la Corse et à l’Algérie. Cette compagnie a deux lignes allant de Brest à New-York, avec embranchement sur les Antilles et la Guyane et une troisième reliant la Nouvelle-Calédonie à l’Australie, Un câble français a été posé de Madagascar à Mozambique en 1895.
- Les lignes de Brest aux États-Unis sont, en réalité, les deux seules pouvant se passer du concours anglais; nous pouvons librement échanger une dépêche entre les États-Unis et nos colonies d’Amérique, c’est notre seule ressource.
- Pour communiquer avec Madagascar ou la Nouvelle-Calédonie, nous devons, avant d’arriver à un câble français, recourir à ceux des Anglais. Quant à notre empire colonial de l’Indo-Chine, au Sénégal, à la côte occidentale d’Afrique, le réseau anglais les dessert seul et notre gouvernement ne peut pas envoyer un télégramme si on ne le veut pas à Londres.
- Le premier câble de France en Amérique a été établi de Brest à Cap-Cod (États-Unis) en 1879 par une compagnie française. Ce câble existe encore, il se poursuit jusqu’à New-York par une ligne aéÿenne qui passe à Boston.
- Ce câble prend la mer au Minou, près de Brest, et atterrit à Saint-Pierre, possession française ; de là il rejoint la côte à Cap-Cod. Notons en passant que de Saint-Pierre un embranchement se dirige sur la Nouvelle-Écosse et y atterrit à Louisbourg; un autre part de Déolin, près Brest, et traverse la Manche pour aboutir à Porceila-Cove (Pointe sud-ouest de la Grande-Bretagne).
- La nécessité d’un second câble s’est fait sentir aussi l’année dernière; une nouvelle voie sous-marine mesurant près de 6000 kilomètres a été établie de Brest à Cap-Cod ; c’est cette ligne qui vient d’être prolongée par mer jusqu’à New-York. Ce câble est le plus important qui existe dans le monde entier. La longueur du câble de Minou à Cap-Cod est d’environ 5100 milles nautiques, distance énorme, quand on songe qu’un seul point d’atterrissement, Saint-Pierre, est à 2500 milles de Minou.
- La Société française possède deux stations dans Pile de Cuba : Aguadores (près de Santiago) tête de ligne, et Guantanama; cette dernière est reliée directement à Môle Saint-Nicolas (Haïti). L’ile de Haïti est desservie exclusivement par les câbles français. De Môle Saint-Nicolas, le câble suit la côte, atterrissant à cap Haïtien et Puerto-Plata ; et un embranchement dessert Port-au-Prince.
- Saint-Dominique est relié à Puerto-Plata par une ligne aérienne qui y prend la mer pour rejoindre le Yénézuéla en passant par l’ile de Curaçao. 11 atterrit à la Guyara, port de Curaçao. De Puerto-Plata, le câble gagne la côte
- du Brésil en desservant la Martinique, Paramaribo (Guyane hollandaise), Cayenne (Guyane française) et Yizeu (Brésil), son point terminus. La Guadeloupe est reliée à la Martinique par un tronçon de câble, et la petite île de Mane-Galande possède aussi le sien avec la Guadeloupe. La longueur approximative du réseau est de 5500 milles.
- En suivant sur une carte les lieux que nous venons d’indiquer on s’aperçoit du vide laissé entre les deux grands réseaux, mais un projet déjà à l’étude nous donnera bientôt leur jonction : de New-York, un câble aboutira à Cuba en passant par la presqu’île de la Floride où il prendra la mer pour atterrir à une station française de Cuba.
- Pour établir un câble sous-marin on détermine d’avance sa longueur en calculant la longueur d’un grand cercle passant par les points à relier, en y ajoutant 20 pour 100 afin de tenir compte de la déviation possible de la route pendant la pose et du mou qu’il faut laisser au câble, surtout en grands fonds et lorsqu’il vient à être suspendu au-dessus de vallées sous-marines. On s'occupe d’autre part à déterminer, au moyen de sondages, la nature, le relief et la profondeur des fonds sur lesquels il devra reposer pour dresser des cartes donnant un profil approximatif du sol sous-marin et des indications sur sa nature.
- Ces travaux servent de base non seulement pour la pose, mais encore pour la confection du câble.
- L’âme du câble dont le calcul est un point délicat en est la partie active ou électrique; elle est constituée en général par une cordelette de fils de cuivre entourée d’une gaine isolante composée de plusieurs couches de gutta alternant avec autant de couches de « chatterton », composition destinée à faire adhérer la gutta.
- Cette partie ainsi constituée, il s’agit de la garantir contre les causes d’avaries et de détériorations auxquelles elle est exposée : c’est le rôle de l’armature. Celle-ci est composée d’un faisceau de fils de fer ou d’acier jointifs destinés à protéger le câble. Pour éviter que le fer de l’armature ne vienne détériorer la gutta-percha, on a revêtu l’àmej d’une enveloppe de jute tannée formant matelas sur laquelle repose l’armature.
- Cette armature métallique est enfin recouverte de plusieurs garnitures de jute goudronné enroulées en sens inverse et imprégnées d’une composition bitumineuse. Le câble doit résister à une traction énorme ; on l’évalue à 7000 kg pour les grands fonds et 20 à 25 000 pour la partie d’atterrissage. L’établissement d’un câble coûte des sommes énormes, mais les résultats couvrent assez facilement les dépenses.
- Les gens trop épris de progrès parlent déjà de télégraphie hertzienne comme devant donner sans dépense exagérée des communications faciles à travers les océans ; nous n’en sommes pas encore là. La télégraphie sans fils est encore dans l’enfance, elle s’essaie, et si nous pouvons espérer beaucoup d’elle pour l’avenir, pour le présent du moins nous devons avant tout utiliser les progrès acquis en télégraphie sous-marine. T. Obalski.
- EXPOSITION DE 1900
- I,’ARCHITECTURE DU PONT ALEXANDRE III
- L'Exposition a été entreprise d’après un budget établi sur quatre chapitres : la contribution de l’Etat, celle de la Ville, celle du public et celle des exposants.Sans chercher les avantages que les uns et les autres peuvent obtenir avec l’argent qu’ils ont dépensé, — il faudrait pour cela aborder des considérations qui nous
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- feraient sortir du cadre de cette étude — nous pouvons dire que des quatre commanditaires de l’Exposition, celui qui fait la meilleure affaire, c’est la Ville de Paris. Pour les vingt millions qu’elle a donnés, elle gagne un monument incomparable qui reste
- sa propriété absolue, le Petit Palais, et de plus elle voit des édifices de toute beauté surgir en plein cœur de la capitale : le Grand Palais et le pont Alexandre appartiennent à l’Etat, c’est entendu : mais enfin, ils sont construits dans Paris et ils contribuent à
- Fig. 1. — Ensemble du Pont Alexandre, III.
- l’embellir, ainsi que le font tous les aménagements de la Nouvelle Avenue et des quais aux abords du pont lui-même ; à ces bénéfices, il faut encore ajouter l’aug-
- mentation de l’octroi qui se fera aux barrières de la Ville pendant 1900, du fait de l’affluence énorme des personnes qui viendront l’année prochaine chez nous.
- Fig. 2. — Exécution des guirlandes du Pont Alexandre III.
- Le pont Alexandre III, qui contribuera dans une large mesure à l’ornementation de Paris, ne sera pas seulement un pont dans le sens vulgaire du mot, ce sera encore un monument ; en dehors du travail technique fort difficile à concevoir et à exécuter, on a cherché par tous les moyens possibles à lui donner une valeur architecturale qui le mette au premier rang des ouvrages de ce genre. Sa forme, en un seul arc
- très surbaissé, est fort gracieuse en elle-même, elle constitue une ligne qui sert de thème à toute l’ornementation : la décoration en effet n’a qu’un but, préparer les yeux à cette courbe, l’orner et l’encadrer.
- Sur les sept millions que coûtera le pont Alexandre III, un million a été attribué aux architectes, MM. Cassien-Bernard et Cousin; leur mission était
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- Fig. 3. — La clef du Pont (Œuvre de M. Récipon).
- d’un genre particulier puisqu’ils avaient à faire un monument avec un ouvrage dont ils n’étaient pas les auteurs : la partie métallique du pont leur était imposée tant comme formes que comme dimensions , ce chapitre étant du ressort des ingénieurs ; ils n’avaient donc pas à intervenir dans la construction proprement dite; on leur a donné un pont et on leur a demandé de le décorer.
- L’architecture du pont peut se diviser en deux parties distinctes, celle qui est relative à la partie métallique et celle qui a rapport aux culées ; la seconde est de beaucoup la plus importante.
- C’est sur le tablier qu’on a cherché à faire la décoration principale de la partie métallique, des grandes guirlandes de fleurs marines et de coquilles réuniront les piliers qui soutiennent la chaussée sur les fermes de rives : ces motifs seront très gais et donneront]à l’ensemble un mouvement des plus gracieux (fig. 5).
- Cette guirlande sera exécutée en fonte, ainsi que presque toute la décoration métallique du pont. Les
- sculpteurs ont dû commencer par dresser un modèle original en terre glaise (fig. 2) sur lequel on a pris un moule en plâtre dont on s’est servi ensuite dans les fonderies spéciales, où le travail a été exécuté d’une façon définitive.
- Un point difficile dans le travail d’un pont est la décoration de la clé, cette difficulté est encore plus grande, quand il s’agit d’un ouvrage sur trois rotules, comme le pont Alexandre III, où la dilatation cause toujours des petits mouvements dans le sens vertical; il est nécessaire de couvrir le tambour de faîtage par un motif qui puisse épouser les mêmes oscillations que les fermes elles-mêmes; on s’est adressé à M. Récipon qui est un maître dans l’art de créer des grands groupes décoratifs, il a imaginé une allégorie marine qui rappelle l’alliance dont les têtes de l’inauguration du Pont marquèrent la
- Fig. A. — Achèvement du groupe de hase sur un des pylônes.
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- date (fig. 5). Ces motifs sont exécutés en cuivre martelé.
- La balustrade et les candélabres contribueront grandement à la décoration ; ces derniers sortent de la maison Barbedienne, les dessins sont deM. Gauquié; aux extrémités du tablier nous aurons des vases ornés d’enfants du plus charmant effet, par M. Dagonet.
- Les culées sont en granit; ce grain a été choisi non seulement à cause de sa dureté et de sa solidité qui sont indéfinies, mais aussi pour son apparence grisâtre et foncée qui donne bien l’impression d’un monolithe inattaquable aux atteintes du temps ; son aspect massif exprime bien qu’elle peut résister à la poussée formidable de ces immenses arcs du pont, poussée qui se trouve augmentée par ce fait que la courbure est très surbaissée. On ne travaille pas le granit comme la pierre tendre, sa résistance aux outils fait qu’on ne peut pas fouiller cette pierre comme on le ferait avec de l’Euville ou du grès des Vosges ; d’ailleurs, une sculpture très fine ne se trou-
- verait pas en rapport au point de vue esthétique avec le grain et la couleur du granit : le granit est composé d’éléments très menus de teintes différentes qui pourraient avoir une influence sur le travail de la sculpture, si on voulait lui donner trop de détails; aussi la sculpture est-elle large, et les courbes sont-elles relativement peu accentuées. Pour arriver à ce résultat, il faut choisir les sujets : ceux qui ont été donnés pour la culée sont des dauphins de 8 mètres de hauteur ne présentant aucune saillie trop fine, ni aucun détail trop poussé.
- Les abords du pont Alexandre III ont été soignés d’une façon toute spéciale. Les quatre grands pylônes qui'ornent les deux extrémités constituent une idée fort heureuse de la part des architectes ; ils donnent bien la note d’une entrée majestueuse et sont le complément naturel du commencement d’une voie importante. D’ailleurs cette idée de placer, à l’extrémité d’une avenue, des piédestaux élevés et surmontés de génies, n’est pas nouvelle; les Romains aimaient beaucoup ce genre de' décoration et nul ne s’entendait mieux qu’eux pour donner aux constructions
- un air de grandeur et de luxe pompeux. Sans remonter aussi loin dans l'histoire de l’architecture, nous voyons, à côté de nous, un exemple de ces points hauts, à l’entrée des Champs-Elysées, sur la Place de la Concorde, et personne n’a jamais nié que l’aspect des chevaux de Marly sur leurs socles élevés ne fût à la fois grandiosç et bien en cadre. Les pylônes du Pont étaient tout indiqués par la situation de l’ouvrage entre le Grand Palais et l’Esplanade des Invalides. 11 existe une sorte d’harmonie dans tout cet ensemble ; les Palais avec leurs dimensions importantes forment des sujets de premier plan ; le dôme de Mansard est le fond du décor ; il fallait des points de repère intermédiaires conduisant l’œil d’une extrémité à l’autre : les pylônes rempliront cet office.
- Chacun de ces pylônes se compose d’un fut de 12 mètres de hauteur arrêté à ses quatre angles par des colones noyées dans la masse. Sur le devant se trouve une femme assise reliée directement au corps même du pylône, elle représente la France; chaque pylône parle d’une époque glorieuse, aussi chacune des femmes représentées montre la France aux temps de Charlemagne, de Louis XIV, de la Révolution et de nos jours. Les artistes qui ont eu pour mission de faire ces quatre statues sont M. Coutan, l’auteur du groupe décoratif qui surmontait en 1889 les fontaines lumineuses du Champ-de-Mars, MM. Marquestre, Lenoir et Gustave Michel (fig. 4).
- On doit installer au sommet des pylônes des pégases ailés avec héraults d’armes ; ces groupes sont en bronze doré, leurs auteurs sont MM. Frémiet et Granet. La partie sculpturaledupont se complétera par quatre groupes de lions et d’enfants placés aux parties les plus en dehors de la culée; deux sont dus au ciseau de M. Dalou et les deux autres à celui de M. Gardet.
- L’architecture du pont Alexandre III se trouvera rehaussée par son cadre qui est des plus heureux ; la perspective est fort belle, quel que soit le côté vers lequel on tourne les yeux, le pont formera pour chacune d’elles un premier plan du meilleur effet ; des deux côtés de la Seine, il y a des massifs d’arbres dont la verdure soutiendra la blancheur de la pierre (fig. 1).
- La difficulté à vaincre était très considérable, car en dehors des difficultés matérielles, il y a eu certains orages parlementaires qui auraient pu compromettre l’unité du pont, des contradicteurs de profession voulaient qu’on fît disparaître les pylônes ; aujourd’hui que l’ouvrage est terminé, ils ont pris droit de cité chez nous et ils seront eux-mêmes la confusion de leurs ennemis ; car, lorsque l’année prochaine on viendra de toutes les parties du monde à notre Exposition, ils seront le point de mire de tous les regards. Le pont, par sa merveilleuse unité et par le luxe de sa décoration, sera sûrement le prototype
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- Fig 5. — Détails de la décoration du tablier et de la ferme de rive.
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- d'une foule d’ouvrages construits dans la suite, comme l’Opéra de Garnier qui a été recopié partout. A. da Cuxha.
- AU PAYS DES BOERS
- LES MINES DE DIAMANTS DE KIMBERLEY
- Aujourd’hui que de graves événements attirent de nouveau l’attention sur Kimberley, la capitale du Gri-qualand, il nous semble intéressant de donner quelques renseignements sur cette province si peu connue qui comptait à peine trois ou quatre fermes malgré son étendue avant la découverte des terrains diamantifères.
- En 1867, un fermier boër, van Niekerk, était venu visiter à l’extrême frontière de la colonie du Cap un de ses compatriotes, Jacobs, dont les terres étaient situées au confluent de l’Orange et du Yaal. Pendant son séjour dans ce pays, il voit entre les mains des enfants de son ami quelques pierres brillantes qui attirent son attention. Un premier examen lui fait supposer que ce sont des diamants. Il veut les acheter, mais son ami, qui est loin d’en soupçonner le prix, les lui donne sans accepter aucune rémunération.
- Le plus gros de ces diamants tombe après diverses transactions entre les mains du docteur Atherstone de Grahamstown, qui en reconnaît la véritable valeur et le vend cinq cents livres sterling au gouverneur du Cap, sir Philip Wodehouse.
- Alléché par cette première aubaine, van Niekerk retourne sur les bords du Yaal, et, là, il apprend qu’un sorcier cafrè possède parmi ses innombrables grigris une pierre brillante d’un volume considérable. II se met à la recherche du sorcier, constate lui-même la beauté de cette pierre et réussit à l’acheter moyennant cent moutons et trente chevaux. Le marché était avantageux, car le diamant pesait 85 carats et fut payé II 200 livres sterling. C’était la « célèbre Etoile de l’Afrique du Sud ».
- A cette nouvelle une nuée d’aventuriers s’abat sur ce pays. Il en vient du Cap, de Natal, d’Australie, d’Amérique, d’Angleterre, etc. Les indigènes accourent également en grand nombre. En 1870, il y avait 8000 blancs sur les terrains diamantifères. En 1880, on en comptait plus de 40000.
- La première ville fondée par eux fut celle de Barkly sur les bords du Yaal. Elle date de 1869.
- A qui allait appartenir ce territoire qui acquérait d’un seul coup une valeur inestimableIl était en réalité la propriété de l’État d’Orange auquel l’avait cédé, quelques années auparavant, un certain Adam Kok, chef de la tribu indigène des Griquas. Mais il allait falloir compter avec l’Angleterre.
- En effet, les mineurs, d’origine britannique pour la plupart, s’étaient immédiatement organisés en société, avaient désigné quelques-uns de leurs compatriotes pour maintenir l’ordre et demandé au gouvernement du Cap d’envoyer à Barkly un résident et des troupes.
- L’Angleterre n'eut garde de refuser cette aubaine. Pour mettre un semblant de droit de son côté, elle
- se fait céder les pays diamantifères par le chef actuel des Griquas, Waterboer, et déclare nulle la première vente faite par Adam Kok à l’État d’Orange. En même temps sir Hay, gouverneur du Cap par intérim, envoie des troupes et un lieutenant gouverneur dans le Griqualand.
- Les Boers accueillent par de très vives protestations cette prise de possession faite au mépris de leurs droits. Brand, président de l’Etat d’Orange, arme même dans le Griqualand avec mille hommes et quatre pièces de canon et il faut toute l’habileté du gouverneur du Cap pour empêcher la guerre d’éclater. Enfin, après d’orageuses discussions, un arrangement est conclu entre lord Cornavon, ministre des colonies, et le président Brand, aux termes duquel une somme de 90000 livres sterling est accordée à l’État d’Orange pour l’indemniser de la cession des terrains diamantifères. Il reçoit également 15000 livres sterling pour l’aider à construire ses chemins de fer.
- L’opération était bonne pour l’Angleterre, car l’exportation des pierres précieuses pendant longtemps s’est élevée bon an mal an à 2 millions de livres sterling. Aujourd’hui ce chiffre a un peu diminué.
- Jusqu’en 1873, les chercheurs de diamants avaient borné leurs opérations aux sables du Yaal, où on avait découvert les premières pierres précieuses. Cependant quelques mineurs, plus intelligents que les autres, supposant avec raison que ces diamants avaient été détachés du sol par les eaux, entraînés par elles et qu’ils réaliseraient des bénéfices beaucoup plus considérables s’ils réussissaient à trouver ces terrains diamantifères, commencèrent à fouiller le sol. Bientôt leurs recherches obtinrent plein succès. En octobre 1875, l’un d’eux découvre un filon d’une richesse merveilleuse sur un plateau, au milieu d’une ferme appartenant à un réfugié protestant français, « Du Toit ».
- Cette découverte donne lieu à un incident des plus comiques. Du Toit, paysan fort arriéré, est pris de peur quand il voit sa propriété envahie par les chercheurs de diamants. Il se cache au fond de sa ferme et refuse absolument tout entretien à ceux qui désirent lui acheter ses terres. Convaincu même qu’ils n’en veulent qu’à sa vie, il s’échappe la nuit suivante et le lendemain ses acheteurs trouvent l’oiseau envolé. Alors commence une inénarrable chasse à l’homme. Du Toit fuit devant ses meurtriers imaginaires de toute la vitesse de son cheval, s’arrêtant à peine quelques heures pour manger et dormir dans les fermes qui se trouvent sur son chemin et les chercheurs de diamants le poursuivent avec l’acharnement de gens qui voient la fortune courir devant eux. Enfin, après cinq ou six jours d’une chasse effrénée, ils rejoignent Du Toit qui s’est blotti dans un kraal au milieu des chèvres et des moutons en se voyant sur le point d’être atteint. Ils font signer presque de force à cet étrange vendeur un acte de vente de sa ferme, lui remettent en échange 125000 francs et retournent sur leurs pas
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- LA NATURE.
- à toute bride pour prendre possession du précieux de ses acquéreurs quoiqu’ils ne lui eussent fait filon. Du Toit, peu rassuré encore sur les intentions aucun mal, ne veut plus revenir dans le Griqualand
- Fig. 1. — Le Falais du Lieutenant-Gouverneur, à Kimberley. (D’après une photographie.)
- et va s’établir avec sa petite fortune à Capetovvn, où il vivait encore [il y a quelques années. C’est sur l’emplacement même de sa ferme que se fonda la ville de Kimberley, aujourd’hui la capitale des mines de diamants.
- Sa population blanche, qui s’est élevée à 25 000 âmes, en 1875, est redescendue à 18 ou 20000 à cause de la prospérité des mines d’or du Transvaal. Petite ville coquette et bien entretenue, elle ne rivalisera jamais, au point de vue de l’importance, avec Johannesburg, actuellement la plus grande ville de l’Afrique du Sud.
- Dès 1873, deux compagnies anglaises s’étaient formées pour l’exploitation des mines de diamants « London and South African Company » et « Hope town Diamand Company ». Mais bientôt elles se font une guerre acharnée et la seconde est finalement dépossédée par la première.
- A cette époque existaient trois champs principaux
- d’exploitation de diamants : du Toits ran, New Rush et Rultfontein. Aujourd’hui il y en a sept ou huit.
- Chaque camp est divisé en sections séparées par de petits sentiers où circulent les charrettes et les brouettes. Bordés de « daims », ces sentiers sont si étroits que des accidents s’y produisent fréquemment. Hommes, chevaux et charrettes roulent dans les excavations qui forment de véritables précipices, et écrasent ceux qui travaillent au fond.
- Les daims, dont la valeur varie de 200 000 à 400000 francs, sont généralement des carrés de trente pieds de côté que chaque propriétaire exploite avec quelques blancs et un certain nombre d’indigènes. Les uns piochent et battent la terre au fond des puits, d’autres la montent à la surface du sol dans des seaux en zinc, au moyen d’une poulie, sur laquelle s’enroule une corde en cuir de vache. Lorsqu’il y a une quantité suffisante de terre, on la passe dans deux cribles, un gros et un fin. Toute
- — Une femme Griqua.
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- la terre'passe dans ces cribles et il ne reste plus qu’un tas de gravier et de petites pierres qu’on dépose sur une table. C’est à ce moment que commence le travail des blancs. Avec un morceau de zinc ou de fer-blanc d’environ 50 centimètres sur 10, ils amènent devant eux une certaine quantité de gravier qu’ils éparpillent sur la table. Un simple coup d’oeil leur suffit pour voir s’il s’y trouve quelque diamant. Quelques possesseurs de grands daims ont installé des machines à vapeur pour monter la terre.
- Ils font ainsi une économie de temps et de personnel, vont plus vite et passent plus de terre au crible, mais les procédés d’exploitation restent sensiblement les mêmes.
- Ces camps diamantifères sont de véritables ruches où s’agitent des nuées d’hommes de toutes couleurs : hlancs, noirs, bruns, gris, jaunes. De tous côtés on aperçoit d’innombrables câbles et des fils de fer qui s’enchevêtrent de mille façons, des seaux qui montent ou descendent, des charrettes ou des brouettes qui circulent en tous sens. C’est un coup d’œil extrêmement pittoresque.
- Les indigènes, dont le costume est essentiellement sommaire, viennent en grand nombre, attirés par l’élévation des salaires. Ils gagnent, en effet, 10 ou 12 schellings par semaine, sont logés et reçoivent à chaque repas un demi-litre de bouillie, faite avec de la farine de maïs. Le soir on leur donne, en outre, une tête de mouton ou de chèvre pour trois; Ils sont bien plus heureux que les blancs, car leur salaire est assuré, tandis que les blancs épuisent toutes leurs ressources pour gagner une fortune qui souvent leur échappe.
- En outre, les ouvriers indigènes, encouragés par certains blancs, volent une partie des diamants. Ils les ramassent habilement avec leurs doigts de pieds, les cachent dans leur bouche et les avalent au besoin, si bien qu’on estimait en 1885 les vols ainsi commis à plus de 25 pour 100 de la valeur totale des diamants extraits. Les peines les plus sévères ; la prison, l’amende, le fouet, restaient inefficaces. 11 a
- fallu parquer les indigènes comme des animaux et leur interdire toute sortie pendant la durée de leur engagemeijt. Et, malgré toutes ces mesures, il y a toujours des vols, grâce à la complicité de blancs, juifs pour la plupart, qui achètent aux mineurs les diamants volés. Certains ont réalisé ainsi des fortunes énormes au grand détriment des propriétaires de daims. LeGri-qualand est bien le pays le plus désagréable à habiter. Chaque année de fréquentes tempêtes de vent et de sable s’abattent sur cette contrée. Le sable recouvre le sol, les maisons et les gens d’une teinte rouge,qui change même la couleur des nègres. Les habitations en toile ou en tôle ne peuvent résister aux ouragans les plus furieux. En 1885, le camp de Bultfontein fut complètement rasé. 11 ne resta pas une tente debout.
- Aussi les maux d’yeux et les maux de gorge sont fréquents au Griqualand. Les plaies, les égrati-enures même s’enveniment et sont très difficiles à guérir.
- La température également occasionne de nombreuses maladies parmi les mineurs surtout en juillet et août, c’est-à-dire au commencement de l’hiver. La chaleur, excessive le jour, tombe subite-
- Fig. 3. — Mines de diamant à Kimberley. (D’après un dessin de M“‘ Marthe Mury.)
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- ment le soir, et le thermomètre descend à 5 ou 6 degrés au-dessous de zéro. Mal protégés contre le lroid par leurs frêles maisons, les mineurs sont attaqués par la pleurésie, les bronchites, qui dégénèrent vite en phtisie, faute de soins. Aussi les terres étaient-elles à peu près sans valeur avant la découverte des terrains diamantifères, et le pays sera-t-il de nouveau déserté le jour où les filons se trouveront épuisés. Fiiancis Muky.
- Ancien commissaire de la marine.
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- CHRONIQUE
- La vente du lait à Kew-l'ork. - La quantité quotidienne de lait vendu dans la ville de New-York est de 1212 000 litres. Il faut y ajouter 20000 litres de crème et 10 000 litres de lait condensé. On estime à 186533 le nombre de vaches laitières chargées de fournir à la consommation de New-York. Ces vaches sont réparties entre cinq États : New-York, New-Jersey, Pennsylvanie, Connecticut et Massachusets. Les fermes situées dans le voisinage immédiat de la cité fournissent 332 000 litres de lait. Le reste, soit 880 000 litres, est apporté par le chemin de fer. Pour la surveillance et le contrôle du lait, la Ville est divisée en districts, dont chacun est à la charge d’un inspecteur. L’inspection est faite à l’arrivée des trains. Les wagons destinés au transport du lait étant spécialement aménagés à cet effet, et munis d’appareils de réfrigération ou de chauffage, pour prévenir le sùrissement en été et la congélation en hiver, et le transport se faisant à grande vitesse, le lait arrive en général dans de bonnes conditions, même des régions les plus éloignées. Les facilités accordées par les chemins de fer aux fournisseurs, à savoir des appareils réfrigérants aux points d’embarquement et des agents qui surveillent le lait pendant son transport, contribuent surtout à assurer la conservation du lait, de façon qu’en dépit des distances souvent très grandes qu’il a à parcourir, il peut être livré encore frais et en bon état au consommateur. A New-York, nul n’est autorisé à vendre ou à distribuer du lait sans un permis du bureau sanitaire.
- La disparition des gondoles. — Le progrès continuant sa marche, Venise ne va plus être la Venise clas sique : Venise va perdre ses gondoles! Une Compagnie de bateaux à vapeur s’est fondée qui a mis en circulation toute une flotte de vulgaires « vaporetti ». D’abord on n’avait organisé un service qu’entre le Lido et la Piazetta, ce qui ne faisait qu’une concurrence relative aux gondoliers; mais, depuis lors, d’autres bateaux à vapeur desservent régulièrement la gare et le Grand canal. Bien des Vénitiens ont protesté par amour de la tradition, du pittoresque, du calme qui faisait jadis le charme des canaux, et par horreur de la fumée. Mais il est certain que les vapeurs auront le dernier mot, et que gondoles et gondoliers ne seront bientôt plus qu’un souvenir.
- Le pois de terre africain. — Le journal La Belgique coloniale publie, d’après le I)r Warhürg, des détails sur cette curieuse légumineuse, dont le nom savant est « Yoandzeia subterranea ». Elle joue un rôle assez important comme aliment dans toute l’Afrique tropicale, et probablement même dans le sud-ouest de ce continent. Cette plante cache sous terre ses cosses, qui contiennent une ou
- deux graines ; celles-ci ont l’aspect d’énormes pois, mais de couleurs très variées. Cuits, ils sont très farineux, et ont un goût agréable étant jeunes; ils sont toutefois plus difficiles à digérer que nos pois ordinaires; on les fait bouillir simplement à l’eau salée, et on les frit au beurre ou à l’huile. Cette légumineuse est un peu plus pauvre en azote et un peu plus riche en graisse que nos haricots, mais s’en rapprocherait sensiblement comme valeur alimentaire. Thoms en a fait l’analyse et y a trouvé 10,20 pour 100 d’eau, 4,53 de graisse, 5,13 de cendres, 0,80 de phosphore, 19,20 d’azote et 49,71 d’amidon. Le pois est du reste connu sous les noms les plus divers : mpandi dans l’Ounvoro, puo au Kilimandjaro, litlo au Sbire, ngangala au Bornou, etc.
- Les chutes de neige sur les chemins de fer américains. — On a donné à plusieurs reprises dans ce journal des détails intéressants sur ces abris à neige, sortes de tunnels de bois, que les Compagnies américaines se voient forcées d’établir sur certaines parties de leurs voies de montagnes : ce n’est point là un luxe inutile, et au moment où revient la saison hivernale, il est intéressant vie signaler quelques faits se rapportant aux véritables blocus que peut causer la neige sur les lignes en question. Nous trouvons, durant la dernière campagne, un de ces exemples caractéristiques sur le « Colorado and Midland Railroad »,qui traverse les Montagnes Rocheuses. Du 27 janvier au 14 avril, on peut dire qu’il fut impossible de maintenir la circulation normale, et pourtant on y employait constamment trois charrues à neige poussées chacune par un attelage de 5 locomotives; deux machines ont dù rester gelées pendant 65 jours. En certains points la neige formait des talus de 9 mètres de haut au-dessus du niveau des rails, et par places il était nécessaire de pratiquer de véritables galeries dans la neige et même de la faire sauter à la dynamite. La Compagnie a dépensé à peu près 300 000 francs dans sa lutte contre la neige. 11 laut dire que les conditions étaient tout exceptionnelles, et heureusement telles qu’elles ne se présentent pas souvent, même aux États-Unis et dans cette région : les alternatives de réchauffement et de refroidissement de la température entraînaient des fusions et des congélations successives, qui transformaient la neige en vrais blocs de glace.
- Nids d’oiseaux. — On se figure assez communément que les oiseaux qui nichent sur les plages ne savent pas faire de nid en réalité, et se contentent de déposer leurs œufs un peu au hasard parmi les galets. M. Patlen, dans Ylrish JSaturalist, rend compte d’observations prouvant qu’il n’en est rien, du moins pour la petite hirondelle de mer. En secouant en apparence le sable comme un moineau qui se roule dans la poussière, la femelle y creuse, sans doute du bec, un trou conique, une sorte de cratère de 5 centimètres de profondeur, et tout autour elle forme une sorte de zone étroite en déblayant les galets. Elle y dépose ensuite ses deux ou trois œufs, mais en les faisant reposer par la pointe : ils tiennent dans cette position parce qu’elle a eu soin de garnir le fond du nid avec des coquillages brisés qui les calent dans leur situation verticale. La petite bête a eu l’idée de les mettre de la sorte, parce qu’ils sont relativement gros, et qu’elle peut plus aisément les couvrir complètement de son corps pour les couver.
- Les hybrides bizarres. — On obtient aujourd’hui une multitude d’hybridations, mais non pas fréquemment entre plantes appartenant à des genres différents. Le Journal of Bolany en signale un exemple intéressant :
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- M. H. Peirsou aurait trouvé, dans le comté de Kent, plusieurs exemplaires d’une orchidée qui semble être le résultat d’un croisement entre 1 ’Orcliis maculala et le Gymnadenia conopsea.
- Ferry-boats électriques en Amérique. — Une
- Compagnie va mettre en service plusieurs ferry-boats mus par l’électricité entre Philadelphie et Camden(Pennsylvanie). Les avantages du nouveau système sont multiples. Les batteries pourront être chargées pendant que le ferry-hoat sera accosté à son slip, sans perte de temps. Ce système de propulsion demande aussi bien moins de place que des chaudières et que tout l’appareil d’une machine à vapeur ; donc autant de gagné pour le transport des marchandises. Sans compter que sur un ferry-boat la machine est toujours sous pression même quand le bateau est inactif à son slip, ce qui occasionne une dépense considérable de combustible, perte inutile qui sera complètement supprimée avec les nouveaux bateaux. Enfin, plus de cheminée, un équipage plus réduit et moins de vibrations. Tous les organes de transmission aboutiront à la chambre du pilote ; et de là le capitaine pourra lancer ou stopper le bateau directement sans avoir besoin du concours d’un mécanicien comme sur les bateaux à vapeur, ce qui offrira des avantages comme rapidité et sécurité, puisque les ferry-boats ont besoin d’être manœuvres très rapidement leur service les faisant naviguer dans des parages très fréquentés.
- IJn arbre de couche par chemin de fer. — La
- Bethlehem steel Company a dernièrement expédié, par chemin de fer, l’arbre d’une machine destinée au Boston Elevated Railroad. Cet arbre et les pièces adhérentes pesait 170 400 livres anglaises, le poids le plus lourd qui ait jamais été expédié par voie ferrée pour un seul objet, exception toutefois faite pour le canon Krupp transporté à l’Exposition du World’s Pair par le Pennsylvania Railroad. Cet arbre était porté sur deux trucks. il doit être actionné par une machine construite par la Carliss Steam Engine C°; il a 27 pieds anglais 10.pouces de long.
- I.es chemins de fer au Soudan. — La construction des chemins de fer au Soudan n’a commencé qu’en 1806. Depuis cette époque 587 milles anglais de voie ferrée sont en exploitation au nord du pont de l’Atbara ain>i que 122 au sud du même point. Il reste donc 75 milles à construire avant d’atteindre Khartoum.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 décembre 1899. — Présidence de M. Van Tieghem.
- Propriétés des radiations du radium. — M. Becquerel communique une Note dans laquelle il résume des recherches nouvelles personnelles sur les propriétés des rayons du radium, en ce qui concerne le développement de la phosphorescence. Il a constaté que certaines substances s’illuminent sous l’action des radiations du radium, tandis que d’autres restent inertes. Les premières sont celles chez lesquelles les rayons ultra-violets développent la phosphorescence, les secondes sont celles qui acquièrent cette propriété sous l’action des rayons rouges. Il a également étudié les variations d’intensité des rayons phosphorescents, sous l’influence des changements des distances de la source radiante à la plaque phosphorescente. Il rappelle ensuite que la fluorine développe, quand on la chauffe, une énergie accumulée pendant sa formation et devient ainsi lumineuse. Elle se décolore ensuite en s’éteignant, et enfin redevient phosphorescente lorsqu’elle
- est exposée aux rayons ultra-violets. Les rayons du radium restituent pareillement à la fluorine décolorée et éteinte sa phosphorescence. C’est donc une seconde analogie entre les rayons ultra-violets et les radiations du radium. M. Berthelot observe que le phénomène offert par la fluorine est complexe. Cette substance renferme, en effet, des sels de manganèse qui sont ramenés par la chaleur à l’état de sels de protoxyde et par suite décolorés. Il se peut que ces dernière sels exposés à l’air s’oxydent. Ainsi le phénomène observé par M. Becquerel est-il doublé d’un effet chimique. M. Becquerel objecte que la fluorine régénérée par les rayons du radium reste lumineuse après l’exposition pendant plus de 24 heures, circonstance qui exclut une. cause purement chimique.
- L’arsenic dans l’organisme. — M. Armand Gautier fait connaître que l’arsenic joue dans l’organisme un rôle fort important, tout comme le fer. Il rappelle que dès les temps les plus reculés, chez les Asiatiques comme chez les Grecs, l’arsenic figurait dans la thérapeutique. Ceux-ci utilisaient, dans ce but, les fumées du bronze ; Pline le Jeune parle également de l’arsenic. Malgré trente siècles d’emploi, remarque M. Gautier, la façon dont cette substance, qu’on ne trouve pas dans le sang, se comporte dans l’organisme reste mystérieuse. Au mois de juin dernier, il a présenté à l’Académie un mémoire sur l’emploi de l’arsenic organique, sous forme d’acide cacodylique. Ce médicament à peu près inconnu il y a six mois semble, spécialement pour le traitement de la phtisie, avoir donné les plus heureux résultats, car il s’en fabrique aujourd’hui de grandes quantités. Or quelle peut être son action ? M. Gautier partant de cette constatation que la glande thyroïde renfermait de l’iode a pensé qu’elle devait être arsenicale. Il a examiné, à ce point de vue, la glande thyroïde du bœuf, du mouton, du porc et enfin de l’homme. Son hypothèse s’est trouvée vérifiée. La glande thyroïde de l’homme est celle qui est la plus riche en arsenic. M. Gautier a encore trouvé l’arsenic dans la glande thymus. Quel est le rôle de l’arsenic dans l’organisme ? L’auteur dit qu’il y joue le rôle de phosphore organique. Il doit donc exister à l’état de nucléine dans la glande thyroïde ; effectivement l’analyse a permis d’y retrouver cette dernière substance. Ainsi l’arsenic est un principe qui est nécessaire à l’organisme et qui doit y exister en quantité suffisante; car, si cette dernière condition n’est pas satisfaite, les troubles du myxœdème apparaissent. M. Gautier a rencontré également l’arsenic dans le cerveau et dans la peau où il est en très faible quantité. En résumé, dit-il, un très petit nombre d’organes renferment de l’arsenic. Il convient d’ailleurs d’ajouter que, pour ces recherches spéciales qui revêtent un si haut caractère de précision, M. Gautier a imaginé un procédé de dosage qu’il expose dans une Note particulière.
- Élection. — L’Académie procède à i’élection d’un membre dans la section de chimie, en remplacement de M. Friedel. Au premier tour de scrutin, M. Etard obtient 19 voix, M. Lebel 17, M. Lemoine 2K Au deuxième tour M. Etard réunit 19 voix, M. Lebel 15, M. Lemoine 25; au troisième tour, M. Etard 25, M. Lemoine 32. En conséquence, M. Lemoine est proclamé élu. Les autres candidats classés par l’Académie étaient MM. Golson, Han-riot, Jungfleisch, Le Chatelier.
- Varia. — L’Académie reçoit l’invitation de l’Académie de Berlin à prendre part aux fêtes de son deux-centième anniversaire. Ch. de Yilledeihl.
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- LÀ NATURE.
- DISTRIBUTEUR AUTOMATIQUE DE FLEURS
- Actuellement les appareils distributeurs automatiques ne se comptent plus et sont d’applications bien diverses. Beaucoup de choses se distribuent ainsi automatiquement ; le distributeur de bonbons et de chocolat que l’on voit dans chaque gare, et qui fait l’amusement des enfants, n’est plus le seul. Il y a, en effet, les distributeurs automatiques d’essences de toilette placés aux portes des coiffeurs, parfumeurs, les distributeurs de boissons et de victuailles dans les bars automatiques, ouverts depuis un an ou deux à Paris, etc., etc.; bientôt nous aurons également aussi, s’ils ne sont déjà utilisés, les distributeurs de timbres et de cartes postales qui,peut-être, éviteront ou atténueront les longues attentes aux guichets des bureaux de poste. Mais, ce que je n’ai pas encore vu en France, à Paris tout au moins, c’est le distributeur automatique de roses et d’autres fleurs.
- En septembre 1897, au cours d’un voyage d’études horticoles que je faisais en Allemagne, j’ai été tout surpris et vivement intéressé de voir, dans un établissement près de l’entrée du château de Potsdam, un « rosen automat » (distributeur automatique de roses), qui est représente ci-contre. Ainsi qu’il est facile de le constater, cet appareil est très simple et ressemble assez comme aspect aux distributeurs de bonbons, avec cette différence qu’il ne contient et ne distribue que des roses.
- Deux petites baies vitrées ménagées dans la partie supérieure, sur la façade, permettent d’apercevoir le mécanisme et les lleurs. Chacune de ces fleurs se trouve placée dans un petit compartiment vertical, contenant un tube soudé sur un minuscule réservoir rempli d’eau; de cette façon la tige étant introduite dans ce tube la fleur se maintint constamment fraîche pendant un jour ou deux. Toutes ces cases sont fixées sur une bande de métal s’enroulant en spirale autour d’un axe qui assure un mouvement de rotation et permet à chacune des roses de venir se présenter devant l’ouverture inférieure assez large pour laisser passer la main et lui permettre de saisir la fleur. C’est, bien entendu, la pièce de 10 pfennigs lancée dans l’appareil, par la fente se trouvant à gauche, qui provoque le mouvement de rotation amenant devant l’ouverture la case contenant une rose. La case vide reste à cette place et clôt ainsi cette ouverture jusqu’au moment où, sous l’action d’une
- nouvelle pièce, une autre case, avec une autre rose, se présente de nouveau. Les cases étant disposées en spirale autour de l’axe, et chacune d’elles étant à peu près d’un centimètre plus élevée que celle qui lui est inférieure, à chacun des mouvements de rotation, la spire descend d’autant autour de l’axe qui est taraudé, et chacune des cases se trouve place'e à la même hauteur devant l’ouverture. Pour renouveler les fleurs il n’y a qu’à ouvrir la porte, mettre celles-ci dans les tubes, et remonter tout le mécanisme pour que la case inférieure se trouve près de l’ouverture. J’ai eu, au même moment, l’occasion de voir àjBerlin'un autre modèle de distributeur de fleurs. Mais, dans celui-ci, les cases, au lieu d’être disposées en spirale, forment deux étages, dont l’inférieur se déplace verticalement lorsque les cases sont vides pour céder la place à l’étage supérieur. Quant au fonctionnement il ne diffère pas de celui du précédent système et il suffit de pousser dans l’ouverture une pièce de dix pfennigs pour assurer le mouvement de rotation du mécanisme.
- Il serait curieux de voir cet appareil dans certains établissements et music-halls de Paris, où dames et messieurs se fleuriraient grâce à son intermédiaire. Je crois que dans les premiers temps il obtiendrait beaucoup de succès. Il est vrai que cet appareil est de beaucoup plus matériel et bien moins élégant que les bouquetières qui se chargent de fleurir le corsage des dames et la boutonnière des messieurs ; le gardénia, la rose, le gros œillet, le bouquet de violettes et l’orchidée seraient ainsi vendus automatiquement. Ce serait aussi curieux de les voir remplacer les bouquetières installées dans les kiosques des boulevards et placés à la porte de certaines fleuristes.
- Dans ces deux cas, il serait nécessaire que l’on remplaçât les fleurs plusieurs fois par jour ou par soirée, car il n’y a guère, dans les modèles que j’ai vus, qu’une trentaine de cases. Bien qu’en Allemagne ces distributeurs soient, surtout réservés aux roses, ils peuvent tout aussi bien contenir quelques fleurs ou de petits bouquets de corsage et de boutonnière tout préparés. Albert Maumené.
- Professeur d'horticulture.
- Le Gérant : P. Masson. Paris. — Imprimerie LAiiunE, rue de Fleurus, 9.
- Distributeur automatique de fleurs.
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- N# 1386. - 16 DÉCEMBRE 1899.
- LA NATURE.
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- TRANSPORT D’UN PALAIS DE JUSTICE
- Nous avons déjà parlé plusieurs fois du déplacement en bloc de maisons, cheminées d’usine, ou charpente en fer, genre de travail que les Américains semblent affectionner tout particulièrement et qu'ils réussissent du reste le plus souvent. Les cas qui nécessitent une opération de ce genre se présentent assez souvent chez eux pour qu’il y ait des entrepreneurs spéciaux munis du matériel nécessaire et ayant à leur disposition un personnel expérimenté. Cela s’explique par suite de la rapidité avec laquelle se développent en Amérique certaines contrées; pour des raisons telles que découvertes de mines, de sources de pétrole ou autres, une cité se fonde en un
- an ou deux, puis reste stationnaire, tandis qu’une cité voisine, que les circonstances favorisent, devient quelques années plus tard beaucoup plus importante. On n’hésite pas, on déménage comme les tortues avec sa maison pour s’installer au centre des affaires.
- Le Scientific American nous raconte même que dernièrement on a déplacé ainsi le Palais du gouvernement ! Mais il faut dire que ce palais mesure simplement 12 mètres sur 15 mètres environ à la hase et 16 mètres de hauteur. Malgré cela, c’est déjà une construction assez difficile à déplacer, surtout lorsqu’il s’agit de la transporter à 50 kilomètres plus loin. Or, dans l’État de Nebraska, la capitale qui était primitivement à Hemingforl fut reportée à Alliance,Çville plus importante, située à 50 kilomètres
- Transport d’un Palais de Justice
- de là; on hésitait devant une dépense de 150000 fr. pour reconstruire le Palais de Justice qui est en même temps le siège du gouvernement; un entrepreneur s’offrit pour le déplacer d’un seul bloc et le projet fut accepté. Mais après que ledifice eut été déchaussé, qu’on eut construit dessous une solide plate-forme, et qu’on l’eût même changé de place de quelques mètres, on se rendit compte qu’il faudrait des mois pour parcourir les 30 kilomètres et l’entreprise fut abandonnée. Cependant, le pays étant sillonné de chemins de fer, il se trouva une Compagnie qui proposa de charger le colis sur sa ligne et les membres du gouvernement acceptèrent. On souleva la plate-forme sur laquelle reposait déjà l’édifice de façon à pouvoir glisser dessous quatre trucks reliés ensemble par des poutres solides ; cela fait, on cala soigneusement la charge, qui naturellement débordait fortement de chaque côté, ce qui ne laissait pas que d’inspirer quelques inquiétudes, 28e année. — ier semestre.
- à Alliance (État de Nebraska).
- même aux Américains ; ils eurent alors l’idée de la fixer au moyen de haubans à une lourde masse placée au-dessous d’elle et constituée par des wagons lestés de 27 tonnes de fonte; ainsi que le représente notre dessin des câbles partent du faîte de l’édifice et viennent s’attacher aux wagons lestés, attelés devant les trucks ; la même chose est faite à l’arrière et la stabilité est assurée dans une large mesure. Ainsi équipé, le bâtiment fut traîné par une locomotive sur la voie ordinaire reliant les deux cités ; on eut seulement besoin d’élargir un peu une tranchée, il n’y avait heureusement pas de tunnels à franchir ! En 3 heures, ce colis d’un nouveau genre était rendu à destination.
- On a eu l’occasion de temps en temps en France d’essayer des déplacements de ce genre; cela n’a pas toujours très bien réussi, nous dira-t-on en pensant à la galerie de 30 mètres de l’Exposition ; mais il faut se souvenir qu’on s’est trouvé dans des con-
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- LA NATURE.
- ditions exceptionnelles et que la tempête qui a sévi tout à coup a été la principale cause de l’insuccès de l’opération. L. Gamaz.
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- VI ES D’E.NSEMBCE
- SUR L’EXPOSITION DE 1900
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- LES CHAMPS-ELYSÉES1
- En regardant les plans des diverses Expositions universelles qui ont eu lieu depuis une trentaine d’années à Paris, on se rend compte qu’il existe un mouvement tendant à les rapprocher du centre de la capitale : en 18117, l’Exposition ne couvrait que le Champ-de-Mars ; en
- 1878, on s’empara du Trocadéro; en 1889, on engloba l’Esplanade des Invalides; pour 1900, on a pris les Champs-Elysées. Chaque fois, la surface se trouvait augmentée d’une nouvelle zone dont les portes étaient plus accessibles au public, par leur rapprochement avec les artères principales de la ville.
- Il est probable que notre Exposition prochaine aura reculé ses limites autant qu’il était possible; nous ne voyons pas, en effet, de quelles nouvelles emprises les Expositions futures pourraient s’emparer, si elles voulaient encore les agrandir vers le centre de Paris.
- Les Champs-Elysées se trouvent au milieu du mouvement élégant ; et, en les mettant dans l’enceinte de l’Exposition, les organisateurs se sont assurés d’un des principaux facteurs du succès. Les facilités que les visiteurs trouveront
- su.
- l’tun (le l’Exposition. — Les Champs-Elysées.
- pour se rendre à notre belle manifestation internationale ne feront qu’accroître la foule ; or, on sait que plus le public est nombreux et plus la fête est belle.
- Les Champs-Elysées constitueront la partie aristocratique et choisie de l’Exposition; dans les jardins qui entoureront le Grand Palais, il n’y aura ni bars, ni restaurants, mais de belles allées bien encadrées de verdure : les grands arbres qui ornaient le Jardin de Paris disparu et qui ont été respectés, constitueront un des éléments du caractère élevé de ces parages; ils auront, par leur physionomie, quelque chose de pas neuf, si bien que les Parisiens eux-mêmes croiront se trouver auprès d’un palais déjà à eux depuis longtemps.
- Les deux belles entrées de l’Exposition seront aux Champs-Elysées : la Porte monumentale sur la place de la Concorde et l’accès de l’Avenue Nicolas II à son intersection avec l’Avenue des Champs-Elysées. Il est certain qu’à certaines heures de la journée les abords du Grand
- Yoy. n° 1382, du 18 novembre 1899, p. 390.
- Palais présenteront une animation exceptionnelle : presque tous les moyens de transports ont un point de contact avec l’Exposition aux Champs-Elysées ; les lignes d’omnibus qui arrivent place de la Concorde se ramifient, grâce aux correspondances, avec tous les quartiers de Paris; nous avons ensuite les bateaux de la Seine, aussi bien ceux qui la descendent que ceux •qui la remontent, ils s’arrêtent tous aux abords du Pont de la Concorde. Enfin, le Métropolitain amènera aux Champs-Elysées des milliers de voyageurs, soit des quartiers populeux de l’Est, soit des quartiers élégants de Passy et de l’Avenue du Bois. Toute cette foule devra forcément se répandre sur la surface de l’Exposition, elle ne stationnera pas aux Champs-Élysées : elle trouvera un débouché dans le pont Alexandre et dans une passerelle spécialement aménagée au-dessus de l’Avenue d’Antin, conduisant les visiteurs sur les quais du Cours-la-Reine. On réservera également au public le passage souterrain construit, il y a deux ans, pour l’arrivée aux chantiers des Champs-Élysées des matériaux venant par la Seine. Ce passage
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- couvert sera installé avec soin, il permettra aux visiteurs de se répandre sur les berges et, en passant sous le pont des Invalides, de gagner le boulevard fluvial du Cours-la-Reine.
- La circulation se fera merveilleusement sur le pont Alexandre qui a 40 mètres de largeur ; mais du côté de la passerelle et de la tranchée, il y aura sûrement encombrement ; les Lhamps-Élysées formant un cul-de-sac près du pont des Invalides, le public s’y entassera et ne trouvant que des couloirs relativement étroits, on aura en cet endroit des arrêts nombreux.
- Si les beautés artistiques entassées dans les Grand et Petit Palais attirent une partie importante du public des Champs-Elysées, il est certain que les jardins en retiendront une fraction considérable. La vue merveilleuse qui s’étendra par-dessus le fleuve jusqu’au dôme des Invalides, sera un des plus beaux ensembles de la capitale : les monuments, bien plantés sur l’avenue nouvelle, formeront un premier plan du tableau, les pylônes du pont guideront l’œil vers le point élevé qui forme le fond du décor, les palais de l’Esplanade avec leurs flèches et leurs campaniles dorés donneront une animation merveilleuse au panorama; enfin la verdure, qui est très fournie sur les deux côtés de la Seine, formera un soubassement dont la teinte soutiendra très harmonieusement la blancheur des monuments.
- Dans quelques jours, on aura l’impression exacte de l’aspect que prendra, l’année prochaine, la vision d’ensemble des Champs-Élysées, car l’adjudication de la démolition des derniers vestiges de ce que fut le Palais de l’Industrie a été faite dernièrement. Le pavillon du porche central aura disparu avant la fin de l’année, déjà ses deux parties latérales sont abattues. Il est juste de dire un dernier adieu à ce Palais grandiose qui fut le berceau des Expositions universelles en France; il n’était peut-être pas aussi beau que l’aurait voulu le luxe décoratif de notre capitale; mais on y était habitué et cette condition, à elle seule, suffisait pour l’attacher à notre affection.
- On sait que les deux Palais absorberont toute l’histoire de l’art : le Grand sera réservé aux peintres et sculpteurs du siècle et aux contemporains, le Petit Palais nous montrera tout ce qu’on a pu réunir de l’art ancien.
- Le Petit Palais, qui constitue à lui seul un des plus beaux monuments modernes, par son unité et sa forme, sera merveilleusement goûté des artistes qui, après l’Exposition, verront leurs œuvres exposées en cet endroit. La préoccupation de M. Ch. Girault, l’architecte, a été, en étudiant le plan de son Palais, de faire un temple à l’Art : il a visité tous les grands musées d’Europe et de chacun d’eux il a rapporté ce qu’il y avait de meilleur. Les dispositions sont prises de façon que le peintre et le sculpteur trouveront toujours à leurs œuvres un éclairage convenable. Les salles du pourtour seront éclairées latéralement par des grandes baies ouvertes sur les jardins ; toutes les expositions de jours se rencontreront puisque, le Palais étant isolé, les salles sont tournées dans toutes les directions possibles. A l’intérieur du monument, nous aurons une deuxième série de galeries dans lesquelles la lumière ne viendra que par en haut, c’est l’éclairage le meilleur pour la peinture. Au centre de 1 édifice on a ménagé un jardin intérieur en demi-cercle bordé, sur sa partie circulaire, par un péristyle garni de colonnes ; les artistes trouveront là une lumière mitigée entre celle du plein air et celle des salles; enfin le jardin intérieur lui-même offrira pour bien des sta-
- tues le cadre approprié et désiré par leurs auteurs.
- Le Grand Palais n’offre pas une diversité aussi considérable de lumières, ses dimensions ne permettaient guère de chercher des combinaisons savantes. Nous aurons un peu la répétition de ce que nous avions au Palais de l’Industrie : une grande piste pour la sculpture et des salles bien éclairées au premier étage pour la peinture.
- Les aménagements et transformations des Champs-Élysées, pour la création de la nouvelle avenue et la construction du Palais, apporteront un bouleversement complet au quartier des Champs-Élysées; toute la partie des quais sur la rive droite, qui était jadis fort abandonnée, va se trouver dès maintenant le centre d'un grand mouvement des promeneurs. U y a cependant une ombre au tableau. La gare des Invalides, qui va devenir la tête de ligne du chemin de fer de la Bretagne, sera très fréquentée par les voyageurs d’été ; il y a donc des chances pour que cette merveilleuse avenue et ce magnifique pont soient encombrés par les omnibus chargés de malles, dès que l’Exposition sera terminée et que les voies auront pris leur aspect normal ; ce sera dommage. A. 1)A Cl'XHA.
- LA POTERIE D’ÉTAIN EN ANGLETERRE
- De tous les peuples européens les Anglais sont presque les seuls qui aient continué à se servir de la poterie de métal. Pendant que les autres nations abandonnaient graduellement la poterie d’étain pour le verre, la faïence et la porcelaine (les peuples buveurs devin d’abord et ensuite ceux qui consomment de la bière et du cidre), les populations de la Grande-Bretagne continuaient à préférer les récipients et les gobelets d’étain, et bien que, actuellement, cette prédilection soit un peu moins marquée, on peut dire que dans les classes populaires la poterie d’étain domine encore.
- On ne saurait méconnaître, en même temps, que la poterie d’étain fabriquée en Angleterre a depuis les temps les plus reculés toujours été d’excellente fabrication.
- Les rois d Angleterre, dès avant le quinzième siècle, avaient formulé des ordonnances qui réglementaient minutieusement cette industrie dans tous ses détails.
- Ne ^devaient être admis, dans les ateliers des maîtres potiers, que des ouvriers stylés et ayant fait un long apprentissage. On ne tolérait pas la fabrication d’une poterie de qualité inférieure ou d’un alliage qui ne fût pas conforme aux ordonnances, et au quinzième siècle presque toute la vaisselle, les plats, les surtouts, les bols et les pots devaient peser un poids donné.
- Après l’an 1504, un règlement porta que chaque pièce devait être poinçonnée et porter la marque distinctive du fabricant. Il était défendu également aux potiers anglais de travailler de leur métier ailleurs qu’en Angleterre, sous peine de bannissement et de forfaiture.
- Les ateliers étaient inspectés cinq fois par an, et les marchandises défectueuses, de mauvaise qualité,
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- mal faites ou non poinçonnées étaient saisies et le fabricant passible d’une amende.
- La première qualité de la poterie d’étain moderne des Anglais, qu’ils appellent plate-metal, dont on fabrique principalement les plats et aussi les assiettes et qui a presque le poli et l’aspect de l’argent, est composée de 112 parties d’étain et de 6 ou 7 parties de régule d’antimoine. Bien qu’elle ne vaille pas la vaisselle d’étain d’ancienne fabric a t i o n elle s’en rapproche comme qualité, car elle est pure de tout alliage de plomb.
- La deuxième qualité, appelée en anglais trifle, est mélangée de plomb dans une certaine proportion. Elle sert surtout à la fabrication des pintes etpewter-pots dont on se sert dans les bars et les public bouses.
- Au temps jadis, les ustensiles en étain étaient largement employés par les autorités ecclésiastiques, pour les usages du culte, dans les églises et les couvents.
- L’étain prenait place à côté de l’or et de l’argent et était estimé assez noble pour servir à la fabrication des calices, des patènes et même des saints ciboires .
- Pendant la première et la plus gros-sière période du moyen âge les objets du culte, et principalement les calices, étaient fabriqués en bois, en corne, en marbre, en verre, en cuivre et en plomb.
- Mais petit à petit, le bois et la corne cessèrent d’être employés comme trop poreux ; le marbre et le verre comme trop fragiles, et le bronze, le cuivre et le plomb comme altérant les qualités du vin. C’est alors que l’or, l’argent et l’étain devinrent d’un usage fréquent. P. Voizot de Lerma.
- LIGNE DE COURCELLES AU CHAMP-DE-MARS
- TRAVERSÉE DE LA SEINE
- Des articles ont déjà été publiés, à plusieurs reprises, sur la ligne que la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest construit actuellement dans Paris,
- entre la station de Courcelles-Cein t u r e et le Champ-de-Mars. Les travaux comportent entre Courcelles et l’avenue Henri-Martin un élargissement de la ligne d’Auteuil, dont le nombre des voies sera porté de deux à quatre, et entre l’avenue Henri-Martin et le Champ-de-Mars, un raccordement à deux voies entre la ligne d’Auteuil et le chemin de fer des Invalides aux Moulineaux, récemment construit le long de la rive gauche de la Seine.
- Après avoir traversé en souterrain le quartier de Passy, la ligne de Courcelles au Champ-de-Mars doit franchir les deux bras de la Seine au moyen de deux via-ducs à tabliers métalliques.
- Le viaduc sur le bras de Grenelle est formé de trois travées faisant entre elles un angle de 4° 30' et sur lesquelles les voies seront posées en courbe de 155 mètres de rayon. Cet ouvrage est dès à présent terminé.
- Sur le bras de Passy, qui est principalement suivi par la navigation, le viaduc doit consister en une travée unique de 85 mètres d’ouverture, constituée par deux grands arcs en acier laminé, surbaissés au huitième et portant le tablier à un niveau intermédiaire entre la clef et les naissances.
- Les culées qui doivent recevoir la retombée de ces arcs sont achevées, et l’on a procédé, dans ces derniers temps, à l’établissement de l’échafaudage
- Fig. 1. — Ligne de Courcelles au Champ-de-Mars.
- 1. Chalands chargés de la travée métallique après leur départ de la berge. 2 et 5. Introduction des chalands dans la passe navigable.
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- destiné au montage de la partie métallique. L’échafaudage est formé dans ses deux parties extrêmes par de grandes palées en bois, solidement contreven-tées, laissant subsister entre elles, au mijieu du fleuve, une passe de 25 mètres d’ouverture pour la navigation. Il restait à le compléter au-dessus de cette passe. Ce travail a été effectué le 9 octobre 1899 de la façon suivante :
- Deux poutres en acier à treillis de la portée voulue, assemblées entre elles par de fortes entretoises et formant ainsi une véritable travée métallique pesant environ 45 tonnes, ont été construites sur une charpente élevée, portée elle-même par deux chalands garés le long de la berge. Ces deux chalands ont été halés dans la passe au moyen d’amarres, puis lestés d’une petite quantité d’eau.
- L’enfoncement ainsi obtenu a suffi pour permettre de décaler les coins sur lesquels reposait la travée métallique et pour que ses deux abouts viennent reposer sur les parties les plus saillantes de l’échafaudage en bois, préparées à l’avance.
- L’opération a été effectuée avec un plein succès sous la direction des ingénieurs de la Société de constructions de Levallois-Perret, qui a entrepris la construction de la partie métallique des deux viaducs sur la Seine, en présence de MM. Guillemin, inspecteur général, et Dumartin, inspecteur de la navigation, et des ingénieurs de la construction de la Compagnie de l’Ouest. Commencée à neuf heures et demie du matin, elle était terminée à midi. Pendant ce laps de temps, la circulation des bateaux a été reportée en entier dans le bras de Grenelle.
- Le montage des arcs est maintenant entrepris avec activité, et il y a lieu de penser que le viaduc déjà très avancé à l’heure où nous écrivons sera terminé dans les premières semaines de l’année prochaine.
- La ligne de Courcelles au Champ-de-Mars, dont les travaux sont actuellement en voie d’achèvement sur tout le parcours, pourra ainsi être livrée à l’exploitation quelque temps avant l’ouverture de l’Exposition universelle de 1900. Ed. Widmer.
- HISTOIRE NATURELLE DES DÉCORATIONS
- ET DES TIMBRES-POSTE
- On pourrait presque enseigner toute l’histoire naturelle en regardant les décorations et les timbres-poste.
- Commençons par les décorations. Aimez-vous les lions? On en a mis partout. En voici par exemple dans l’ordre de Léopold, dans l’ordre d’Henri le Lion de Brunswick, dans l’ordre du Bain, dans l’ordre de Sainte-Élùabeth, dans l’ordre du Mérite de Bade, dans l’ordre de Charles III. A citer encore le Lion du Palatinat, le lion d’or de Ilesse-Cassel, le
- Lion d’or de la maison de Nassau, le Lion de Pern et le Lion de Zæhringen de Bade.
- Les Aigles ne sont pas moins nombreux, noirs et rouges en Prusse, blancs en Pologne et en Serbie, dorés en Wurtemberg, sans parler de l’Aigle à deux têtes de la Russie et l’Aigle Mexicain.
- A citer encore : les Dragons de Chine, de Cambodge et de l’Annam; l’Éléphant blanc du roi de Siam; l’Éléphant du Danemark; les Chevaux des Guelfes et de Saint-Hubert d’Angleterre et de Hanovre; le Griffon de l’ordre de Saint-Georges, du Royaume-Uni ; le Mouton de l’ordre de la Toison d’or ; les Ours dans l’ordre d’Albert en Anhalt ; le Phénix en Allemagne et au Brésil; le Chien couronné en Espagne; le Faucon blanc en Saxe; le Cygne en Prusse; le Coq gaulois en France (médailles de juillet).
- N’oublions pas la décoration, non officielle il est vrai, de la Cigale, et les décorations, aujourd’hui disparues, de l’ordre du Saint-Esprit qui montrait une Colombe, et celle que la duchesse du Maine distribuait, sous la forme d’une Abeille, aux fidèles de sa cour de Sceaux.
- On peut même, dans les décorations, citer quelques représentants du règne végétal : le Chêne, les Trèfles, les fleurs de Lis, la Rose, les Chrysanthèmes, toute la flore de la chevalerie dans l’ordre de Wasa (de Suède), et enfin le Chardon qui est la
- Fig. 2. — Ligne de Courcelles au Chainp-de-Mars. — 4 et 5. Départ des chalands, une fois la travée métallique déposée sur les échafaudages en bois.
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- fleur nationale d’Angleterre, symbole singulièrement exact.
- Sur les timbres-poste, les êtres symboliques abondent egalement, mais il y a aussi nombre d’animaux qui y sont représentés pour eux-mêmes. Nous citerons particulièrement : le Castor (Canada), le Cygne noir (Australie), la Morue (Terre-Neuve), le Phoque (Canada), le Cbien de Terre-Neuve (Terre-Neuve), le Lagopède (Terre-Neuve), l’Emou (Nouvelle-Galles du Sud), l'Oiseau-Lyre (Nouvelle-Galles du Sud), le Kanguroo (Nouvelle-Galles du Sud), l'Ornithorhynque (Tasmanie), le Lama (Pérou), le Quetzal (Guatemala), le Cerf (Bornéo), le Paon (Bornéo), le Crocodile (Bornéo), l'Éléphant d’Afrique (État indépendant du Congo), l’Eléphant d’Asie (Perak), le Perroquet (Toga), les Coraux (Toga), les Tigres (plusieurs États asiatiques), les Dromadaires et les Chameaux (Obock et Djibouti), l’Hippopotame (Libéria), et le Bison (Uruguay).
- Remarquons, en passant, que beaucoup de timbres réprésentent des animaux en voie d’extinction : Castor, Cygne noir, Phoque, Kanguroo, OrnitliD-rhynque, etc. Remarquons aussi que, dans la zoologie des timbres, on trouve 12 mammiières, 7 oiseaux, 1 reptile, 1 poisson, et, à part les coraux de Toga, pas du tout d'animaux inférieurs. C’est une lacune mais inutile à combler. Henri Coupia .
- LES FILS TÉLÉGRAPHIQUES EN ALUMINIUM
- On vient d’essayer avec succès sur quelques lignes télégraphiques l’emploi de l'aluminium dont l’application avait été jusqu’ici très discutée. Et en effet il y a dans cette utilisation matière à discussion, car tout dépend des circonstances.
- L’augmentation progressive du prix du cuivre a, en effet, rappelé l’attention sur les fils en aluminium.
- Déjà on a substitué, comme nous venons de le dire, sur certaines lignes télégraphiques ce métal léger au cuivre ou au bronze phosphoreux. A-t-on raison, a-t-on tort? Tout dépend des conditions d’exploitation. Il faut examiner le problème dans chaque cas et comparer de près les conductibilités, les sections, et par suite les poids du métal. Donnons d’abord quelques chiffres représentant les caractéristiques du cuivre et de l’aluminium au point de vue électrique.
- Cyivre, Aluminium.
- Conductibilité........................... 100 63
- Poids spécifique...................... 8,93 2,60
- Poids correspondant à égalité de conductibilité ............................. 100 48
- Surface à égalité de conductibilité . 63 100
- Diamètre à égalité de conductibilité . 10mm 12,6mm
- Il résulte de ces chiffres que 1 kg d’aluminium fournit un fil ayant la même conductibilité que le fil que produit 2k‘,08 de cuivre. Il est donc possible d’établir, suivant le cours des métaux, s’il est plus avantageux d’employer le cuivre ou l’aluminium. Ainsi, par exemple, le cours actuel du cuivre étant supposé de 198f,,50 les 106 kg au Havre, soit lfr,98 le kg, pour que l’aluminium soit- choisi de préférence, il faut que son prix soit inférieur à 1,98 x 2,08 ou 4,11. Or, on se procure actuellement de l’aluminium à un prix inférieur à 4 francs le kg1. Au contraire, il y
- 1 aluminium
- a un an, le prix du cuivre était seulement de l,r,20 le kg, et il n’y avait plus avantage à le remplacer par l’aluminium que si cependant le prix de ce métal était réduit à 1,20x2,08, soit à 2,5 seulement.
- Il y a autre chose encore. Si l’aluminium offre des avantages sur le cuivre en raison de son prix et de sa légèreté, son volume crée des inconvénients par suite de l’augmentation de matière' isolante qu’il nécessite. Puis il s’oxyde rapidement et sa résistance à la traction peut diminuer. L’amortissement doit entrer en ligne de compte. Cependant, les partisans de l’aluminium font remarquer que la résistance de ce métal est de 15 à 20 kg par millimètre carré et celle du cuivre de 25 kg. Mais étant donnée la plus grande section du fil d’aluminium de même conductibilité, la supériorité resterait à l’aluminium, si l’action de l’air ou des matières violentes, bien entendu, ne modifie pas à la longue la résistance du métal à la traction.
- Quoi qu’il en soit il semble désormais acquis que dans certaines circonstances et surtout dans les pavs de production, l’aluminium pourra rendre aussi des services à la télégraphie. Flamel.
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- LES CANARIS
- ET IA COLORATION ARTIFICIELLE DE LEUR PLUMAGE
- t
- Dans une de ses intéressantes « Revue des Sciences » des Débats, M. Henri de Parville donnait, l’année dernière, de curieux renseignements sur l’élevage du serin en Angleterre. « Il se vend, disait-il, environ 400 000 serins chaque année dans le Royaume-Uni et le prix total de vente atteint environ 2 500 000 livres. Oui, je dis bien, 2 millions et demi de livres. Sur ces 400 000 chanteurs, 100 000 sont de provenance allemande, les autres sont de production indigène. »
- Certains spécimens atteignent les prix étonnants de 5000 francs; couramment on vend des serins, 100, 200, 500 et même 1000 fr. « Les marchands de serins, ajoute humoristiquement M. de Parville, ont vite pignon sur rue. Pauvres lapins et pauvres éleveurs à 3000 francs de rente ! Pensez aux serins, c’est bien plus lucratif. »
- Les sujets, atteignant ces prix fabuleux qui nous étonnent de ce côté du détroit, peuvent se diviser en deux classes : ceux de provenance allemande, appréciés pour leur chant, et les sujets indigènes dont le plumage fait le seul mérite. Dans un autre article, nous étudierons la curieuse industrie qui se pratique dans le Harzt et le Tyrol pour faire de ces oiseaux de merveilleux chanteurs; nous ne nous occuperons aujourd’hui que du canari anglais, piailleur sans talent, dont la forme et la couleur déterminent seules la valeur.
- Par des alliances, des croisements entre sujets plus ou moins déformés, on a obtenu et l’on conserve par une sélection constante des types plus ou moins allongés ou bossus, offrant un aspect qui contraste avec les formes harmonieuses du serin primitif ; Glascow-dun, Scotch fancy, London fancy, Yorkshire, sont les divers noms que l'on a donnés à ces variétés. L’autre qualité à rechercher chez un oiseau de haut prix est la couleur. Les canaris sont en général jaunes, d’un jaune particulier auquel ils ont donné leur nom. Leur valeur augmente à mesure que cette nuance prend une teinte plus ou moins,rougeâtre. Les sujets de grand mérite sont orange couleur de cannelle. Quoique le plumage du canari soit apte à de certaines modifications, puisque du vert jaune qu’il était à l’état sauvage il est devenu franchement jaune, il est
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- absolument impossible d'obtenir naturellement les colorations recherchées par les Anglais.
- Il est évident qu’on ne saurait teindre les oiseaux pour arriver à ce résultat, quoique ce procédé soit quelquefois employé par des truqueurs ; on a obtenu le but proposé en nourrissant les canaris avec des substances qui influent sur la couleur du plumage.
- Ces substances sont nombreuses, paraît-il, et on a le choix entre la racine d’orcanite, le clou de girofle, le cachou, l’écorce de quinquina, le sang-dragon, bois de campêche, etc., mais les résultats les plus prompts sont obtenus avec le poivre de Cayenne.
- Chaque éleveur a sa formule qu’il tient secrète. En voici une néanmoins qui a été fort recommandée dans un ournal spécial le Feathered World : 1 livre (0kg,433) de poivre de Cayenne, une demi-livre de mélasse additionnée de 4 onces (l’once = 28 grammes) d’huile d’olive. Au début de ce traitement, on mêle une demi-cuillerée à café de cette préparation au contenu d’un œuf auquel on ajoute des biscuits de manière à former une pâtée épaisse que l’on donne à l’oiseau; on augmente peu à peu la quantité de préparation au poivre qui doit atteindre une cuillerée par œuf employé. Suivant les nuances que l’on veut obtenir, on ajoute au mélange de poivre, mélasse et huile, soit du curcuma, soit de la garance de manière à lui donner une couleur analogue à celle que l’on veut donner au plumage de l’oiseau. Ce traitement n’a d’efficacité que pendant la mue ; on le cesse dès que celle-ci est terminée, mais il faut le reprendre à la mue suivante si l’on ne veut pas que les nouvelles plumes n’apparaissent avec leurs couleurs naturelles. On conseille aussi, durant cette période, d’additionner à leur eau de boisson 30 à 40 gouttes d’une teinture alcoolique de safran, 2 drachms (lgr,771) pour 2 onces de cognac ou de rhum; laisser infuser une huitaine de jours. On le complète enfin par la distribution de graines de lin qui donnent du brillant au plumage, d’eau ferrée qui les fortifie et de fleurs de souci qui sont dévorées par les oiseaux et ont, paraît-il, une action colorante assez marquée.
- Tous les sujets ne prennent pas la couleur désirée aussi bien les uns que les autres; du reste, cette coloration artificielle pâlissant quelque peu à la lumière, on a grand soin de maintenir les oiseaux dans une demi-obscurité. La grande difficulté consiste à régler les distributions de la nourriture spéciale suivant le tempérament de l’oiseau et la nuance désirée, tout en ne portant pas atteinte à la santé des sujets soumis à ce régime évidemment peu naturel. La couleur type est fort malaisée à obtenir, le plumage ne doit pas être trop foncé, ni trop clair; il doit offrir des reflets profonds presque métalliques. 11 faut à l’éleveur une grande pratique ainsi qu’une véritable habileté, des soins constants et minutieux qui expliquent les hauts prix que payent ceux qui préfèrent les canaris rougeâtres aux jaunes. Ajoutons aussi qu’il se tient en Angleterre chaque année de nombreux concours ou expositions de serins, distribuant des récompenses pécuniaires fort élevées, et qu’un beau sujet est d’un véritable revenu pour son propriétaire.
- Cette question de l’influence de la nourriture sur la coloration du plumage des oiseaux est, quoique fort intéressante, peu connue. Les éleveurs de volailles savent parfaitement que des poules blanches, nourries pendant la mue avec du maïs, prennent une teinte jaunâtre, regrettable dans ce cas, mais avantageuse pour les races fauves ; cette même nourriture donne également une nuance brillante aux sujets qui ont les pattes jaunes. Des pro-
- cédés analogues à ceux employés pour les canaris nous donneraient, sans aucun doute, des sujets extraordinaires; une nouvelle voie est ouverte aux éleveurs. Au point de vue scientifique, on n’a pas déterminé d’une manière exacte les effets de ces matières colorantes sur l’organisme des oiseaux qui les absorbent. Il est pourtant reconnu pour le poivre de Cayenne que son principe actif (la pipé-rine) n’a aucune action sur le plumage mais que l’effet est dù seulement aux matières qui donnent au poivre lui-même cette teinte rouge.
- L’influence de ces matières colorantes sur le plumage est visible; il est plus difficile de la déterminer sur les autres parties du corps. Néanmoins on peut aisément constater que les œufs des oiseaux ainsi nourris ont le jaune d’une coloration rouge plus ou moins intense, et à l’analyse on s’aperçoit que la proportion de matières grasses solubles (Trioléine) a augmenté au détriment des matières grasses insolubles. A l’autopsie des sujets, on remarque également que les parties où s’accumule, la graisse, sous la peau, principalement sous les ailes, aux jointures des jambes, présentent des traces évidentes de coloration. }
- L’analyse du poivre de Cayenne nous montre que cette graine est fort riche en matières grasses, et en outre qu’il est impossible de séparer les principes colorants de ces matières grasses, les dissolvants des uns dissolvant les autres.
- Les phénomènes de la digestion ne peuvent pas non plus faire cette séparation, ce qui est prouvé du reste par la présence de ces matières colorantes dans le jaune de l’œuf et dans l’intestin. Le blanc de l’œuf en est dépourvu parce qu’il ne contient aucune matière grasse soluble.
- Nous en conclurons que les matières colorantes, pour agir sur le plumage, doivent être en combinaison avec des matières grasses. 4
- Les couleurs d’aniline offrent quelques types qui, chimiquement purs, ont perdu leurs propriétés nocives ; en les mélangeant à des matières grasses on pourrait sans doute obtenir toutes sortes de colorations.
- Un Autrichien, le Dr Sauermann, a obtenu, il y a quelques années, des résultats remarquables en nourrissant des oiseaux de cette manière. Il leur donnait soit des grains ayant trempé dans une dissolution de couleurs d’aniline, soit du pain aux œufs pétri avant cuisson avec une certaine quantité de cette dissolution. Les oiseaux s’habituent parfaitement à cette alimentation et un prompt effet fut obtenu; on produit ainsi des changements de couleur des plus extraordinaires. Des pigeons isabelle, entre autres, ayant reçu durant la mue une nourriture assaisonnée de méthyléosine pure (méthyltra-bromo-fluorescéine) devinrent d’un beau rouge; d’autres oiseaux nourris avec une préparation de méthyl violet pur (mélange d’hydrochlorides de pentaméthylpararosaniline et de hexaméthylpararosaniline) prirent une magnifique teinte bleue. A bientôt peut-être les canaris offrant toutes les nuances de l’arc-en-ciel ! Anglais, vous pouvez délier les cordons de vos bourses.
- Ces expériences sur la coloration peuvent avoir une plus haute portée; en étudiant ces changements de couleur produits artificiellement, on pourra distinguer plus aisément les matières$qui colorent habituellement les plumes, se rendre compte des raisons qui amènent telle coloration sur telle partie du corps et arracher ainsi à la nature un de ses secrets qu’elle nous cache le plus jalousement. II.-L. Alph. Bl.vnchon.
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- LA NATURE.
- LA GÉOMÉTRIE
- DANS LES MONTAGNES LUNAIRES CERCLES ET POLYGONES
- On sait de quelle vogue a joui le système orographique d’Élie de Beaumont, caractérisé parla conception du réseau pentagonal. Dans ce système, les grandes chaînes de montagnes étaient considérées comme le résultat des soulèvements internes. Elles se distribuaient suivant un certain nombre d’orientations, de manière à découper la surface de la terre en vastes pentagones. A chaque direction correspondait un âge déterminé; et l’on était autorisé à regarder comme contemporaines deux chaînes éloignées, par cela seul qu’elles étaient parallèles.
- Après avoir été accueillie avec une extrême faveur et après avoir jeté une véritable illustration sur le nom de son auteur, cette théorie tomba par la suite dans un complet discrédit.
- Les géologues ne voulurent plus voir, dans la formation des montagnes, des phénomènes de soulèvement, mais seulement d’affaissement combinés avec l’érosion. Ils se refusèrent à admettre une relation quelconque entre l’orientation des chaînes et leur âge et cessèrent d’attacher une signification aux angles et aux alignements qu elles pouvaient former.
- Cependant, cette réaction avait sans doute été trop loin, car aujourd’hui on peut constater chez les géologues, comme chez les maîtres de la géographie physique, une tendance bien visible à reprendre certaines idées d’Élie de Beaumont.
- Les récentes études, dont la surface lunaire a été l’objet, contribueront sans doute à ce mouvement. Nous voyons, en effet, les deux figures géométriques les plus simples, la ligne droite et le cercle, jouer un rôle manifeste dans la configuration de notre satellite et l’importance de ce rôle s’accroître encore par un examen plus approfondi.
- Ces faits apparaissent surtout dans les photographies qui embrassent en une même image une grande étendue de la surface. Tel est le cas des planches de l’Atlas lunaire de MM. Lœwy et Pui-seux, dont nous parlions tout dernièrement encore.
- Nous ne pouvons montrer ici, sous peine de sacrifier des détails essentiels, qu’une assez faible portion de la belle planche qui porte le numéro XYIII de la Collection. Elle suffit cependant pour permettre quelques remarques intéressantes.
- Si nous prenons la reproduction que nous donnons et qui a été coupée dans une planche de l’Atlas, puis légèrement diminuée, la légende étant en bas, nous devrons avoir soin de mettre la lumière qui nous éclaire à notre droite et d eloigner un peu l’image de nos yeux. Nous aurons alors une intensité de relief saisissante. Le bord éclairé de la lune se trouve, en effet, vers l’est et la portion de noir, que l’on voit à gauche, c’est la grande ombre de la lune qui forme le croissant interne.
- Le grand cirque, qui tient près de la moitié de
- l’image, s’appelle Clavius. Il a un diamètre de 225 kilomètres et plus de 500 mètres de profondeur. Dans son ensemble, le fond est une plaine unie, mais de nombreux cirques secondaires y sont formés. Quelques-uns paraissent déprimés de près de 5000 mètres en dessous du cirque principal.
- On voit aisément qu’il y a deux types’de cirques : les uns à contour régulièrement curviligne, les autres polygonaux. Les diverses parties de l’enceinte de Clavius présentent un caractère bien nettement anguleux. Cette constatation est intéressante parce que les formes polygonales sont regardées comme plus anciennes que les formes régulièrement circulaires. Ces dernières sont superposées aux premières et les entament.
- L’enceinte de Clavius a subi des déplacements et des agrandissements successifs; on peut constater dans la partie nord des traces de l’ancienne enceinte en partie détruite par affaissement.
- La largeur des ombres accuse l’énorme dépression du sol à l’intérieur. Leurs découpures, sous une lumière aussi rasante, sont en somme peu prononcées et montrent une crête presque unie. Il en serait tout autrement si l’érosion avait pu exercer des ravages comparables à ceux qu’elle a produits dans les parties arrosées de la terre.
- Scheiner est le cirque qui touche au sud-est de Clavius. Il présente une découpure prononcée de l’ombre de l’enceinte. Cette découpure correspond à un cirque secondaire implanté sur la crête. La tendance des cirques à se former sur le bord d’une cassure plus ancienne est très générale, et constitue une forte présomption en faveur de leur origine volcanique.
- Les formes polygonales sont une conséquence de la structure antérieure de l’écorce. Celle-ci est composée de fragments soudés. Et les lignes de soudure ont dans une multitude de cas servi de limite aux affaissements et altéré la régularité de leur contour.
- La solidification régulière du sol à plusieurs niveaux différents, visible dans Clavius et dans les cirques secondaires qu’il embrasse, montre que ce cirque est arrivé à sa forme actuelle par étapes successives séparées par des périodes extrêmement longues.
- Tout autre aurait été le résultat d’une catastrophe soudaine, telle que la chute d’un énorme aérolithe comme le préconise la théorie balistique. Il n’y aurait aucune probabilité en ce cas de voir le contour prendre une forme polygonale, de voir les cirques secondaires se former de préférence sur certaines lignes et de trouver de nombreux cas de parallélisme dans les arêtes saillantes d’une même région.
- L’inclinaison des remparts des cirques vers le dehors, semble également inexplicable dans cette théorie.
- La différence de structure, entre les volcans terrestres et les cirques lunaires, s’explique par la faiblesse relative de la pesanteur sur la lune comparée à la force expansive des gaz et des vapeurs.
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- Lôs cirques lunaires Clavius et Scheiner.
- (Extrait de la planche XVÏII de l'Atlas lunaire de MM.
- Lœwy et Puiseux, de
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- LA NATURE.
- Enfin nous aurions encore beaucoup de choses à dire sur ce monde d’autant plus captivant pour nous qu’il est notre plus proche voisin.
- Les beaux travaux de MM. Lœwy et Puiseux nous le rendent plus attirant encore. Que nos lecteurs prennent une modeste lunette, une simple jumelle même et ils verront avec facilité les montagnes de la lune ; non pas certes telles qu’elles sont représentées sur le morceau d’atlas que nous donnons. Mais le spectacle qu’ils auront devant les yeux sera suffisant pour leur rendre plus intéressant ce que nous venons de leur dire et plus compréhensible la haute portée scientifique qui s’attache aux études de nos savants et sympathiques astronomes de l'Observatoire de Paris. Louis Rarouruin.
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- FORTERESSES YITRIFIÉES1
- Le bourg de Saint-Sauveur, situé dans la vallée supérieure de la Dore, ne compte qu’une douzaine de maisons, échelonnées le long d’un chemin vicinal reliant cette commune à celle de Saint-Alyre. La Dore, peu large à cet endroit, décrit une sorte d’S, au centre de laquelle est jeté un pont métallique. Près de ce pont s’élève une butte de gneiss, de forme irrégulièrement conique, n’offrant à son sommet qu’une surface relativement faible, mais dont la base, beaucoup plus large, se trouve presque entièrement baignée par la Dore qui la contourne.
- Le dessus de cette butte est à peu près plat, recouvert de gazon, parsemé de quelques pins rabougris, avec, çà et là, des tas de pierres, des blocs épars de granit ou de gneiss. A la cassure, ces blocs ont une teinte d’un blanc grisâtre avec des stries noires, ce qui pourrait, à première vue, les faire ranger dans la série des roches trachytiques. Mais un examen plus approfondi montre que ces moellons doivent leur couleur « pierre de deuil » à l’action d’un feu intense auquel on a dù les soumettre.
- Ce sont des roches gneissiques ou granitiques, dont les éléments, sous l’influence de la chaleur, se sont modifiés, déterminant ainsi le métamorphisme de la roche. A la surface, ces pierres sont recouvertes d’un enduit vitreux, noirâtre, ressemblant au verre employé par la Compagnie des eaux de Vichy dans la fabrication de ses bouteilles.
- J’ai recueilli et étudjé de nombreux échantillons de ces blocs; j’ai multiplié mes visites à la butte, et j’ai été amené à cette conclusion que je me trouvais en présence des derniers vestiges d’une de ces anciennes forteresses vitrifiées, de ces « châteaux de verre », comme il en existe beaucoup en Ecosse et comme il en a été rencontré quelques-uns en France.
- Des considérations d’un ordre plus général militent, d’ailleurs, en faveur de cette assertion. D’abord la configuration du pays, couvert de forêts sur une très grande étendue et où il était facile de se procurer le bois nécessaire à la vitrification de l’édifice. Puis la position du lieu, position imprenable grâce à l’inaccessibilité du dyke de rochers qui lui sert de substratum et à la rivière qui forme autour de lui un fossé naturel, difficile à franchir.
- De plus, le nom même sous lequel les villageois de la localité désignent l’emplacement en question vient appuyer ma thèse. La plate-forme qui surmonte la butte, objet de cette Communication, est en effet connue dans le pays sous le nom patois de « Châtevé », qui signifie
- 1 Comptes rendus de l'Académie des sciences.
- vraisemblablement « Château-Vieux », dénomination qui a dù se transmettre d’un siècle à l’autre.
- Enfin, l’entrepreneur qui a établi la route traversant Saint-Sauveur et coupant un angle de la butte de (( Châtevé » m’a affirmé avoir extrait à cet endroit, au cours des travaux de terrassement, il v a quatorze ou quinze ans, un grand nombre de blocs analogues à ceux que j’ai recueillis moi-même. J’ai la conviction qu’il y a eu en Auvergne des forteresses vitrifiées et que la butte de Saint-Sauveur a soutenu un de ces étranges édifices, qui n’ont pu être construits qu’à une époque très reculée, à l’aurore de la civilisation. J. Uselade
- U POPULATION DE LA FRANCE EN 1898
- Le « Journal officiel » vient de publier le rapport adressé au ministre du commerce par le directeur du travail, sur le mouvement de la population en France pendant l’année 1898. Il résulte de ce rapport que le nombre des naissances a été l’année dernière de 843 933 contre 859 107 en 1897. Sur ce chiffre le nombre des enfants mort-nés compte pour 39 805 contre 42 249 en 1897. Il y a eu également 287 179 mariages contre 291 462 en 1897 ; 7238 divorces contre 7460 l’année précédente, et 810 073 décès contre 751 019 pour 1897. Il y a donc eu sur les décès en 1898 un excédent de naissances de 33 860 contre 108 088 en 1897. L’ensemble des constatations auxquelles peuventdonner lieu ces chiffres et les remarques que nous ont suggérées les phénomènes qu’ils enregistrent se résument dans trois conclusions caractéristiques : la situation reste médiocre au point de vue de la natalité ; assez bonne au point de vue de la mortalité ; normale pour les mariages.
- Là DÉTÉRIORATION DU PAPIER
- Si l’on arrive aujourd’hui à fabriquer couramment des papiers ayant belle apparence et se vendant pourtant extrêmement bon marché, il faut bien avouer que ces papiers de cellulose, pulpe de bois, sparte, etc., ont le grave défaut de se détériorer avec une rapidité extraordinaire. Un éditeur de Londres considère que leslivresimpri-més aujourd’hui ne seront plus lisibles dans 30 ou 40 ans, alors que des papiers du moyen âge sont encore dans un état de conservation parfaite. Depuis 1885, le Bureau impérial allemand d’essai des matériaux poursuit des recherches sur les causes de cette détérioration rapide et sur les remèdes à y apporter. De son côté, la Société britannique d’encouragement aux Arts, à l’Industrie et au Commerce a nommé, pour étudier la question, un Comité qui vient de publier un rapport détaillé. Bien entendu, il n’a fait porter son examen que sur des papiers fabriqués normalement et soumis aux conditions ordinaires d’usure, et il a classé les détériorations observées en deux catégories : la désagrégation et l’altération de la couleur.
- Pour la première, on la rencontre dans tous les papiers, aussi bien dans ceux de chiffons que dans ceux qui contiennent une forte proportion.de pulpe. Les dégâts constatés sont dus tantôt à une transformation chimique des fibres elles-mêmes, tantôt à l’action du gaz éclairant les salles où se trouvent les livres. Dans tous les cas, on relève des transformations chimiques aboutissant à la désagrégation. Pour les papiers aux chiffons, elles proviennent de l’existence de corps acides, soit que ceux-ci fussent présents dans le papier au moment de la fabrica-
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- IX NATURE.
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- tion, soit qu’ils résultent des réactions postérieures, ou enfin qu’ils proviennent des produits de combustion du gaz. Pour le papier de pulpe, il y a oxydation avec réaction basique ou alcaline.
- L’altération de couleur affecte plus ou moins tous les papiers; mais, dans le papier à la cellulose, elle est proportionnelle à la résine qu’il contient et aux conditions de fixation de cette résine dans le collage.
- Le comité anglais est arrivé à des conclusions pratiques. Pour ce qui est du collage, il faut une quantité minima de résine dans le papier de livres, la proportion de 2 pour 100 calculée sèche étant considérée comme maxima. D’autre part, il ne faut pas exagérer l’emploi de l’amidon. Au point de vue de l’acidité, les papiers doivent être terminés avec quelque excès, normal d’alun leur donnant une légère réaction acide. Les papiers doivent contenir un minimum de chlorure. On ne doit pas oublier qu’on n’obtient pratiquement une grande blancheur qu’aux dépens de la résistance et de l’élasticité, souvent avec formation de produits oxydés susceptibles de se transformer en corps colorés. Comme ces inconvénients augmentent avec un fort collage, il faut réduire celui-ci au mi nimum quand on désire du papier très blanc, ou mieux, ne pas hésiter à imprimer sur papier un peu teinté. Les papiers par trop blancs sont certainement fatigants pour la vue.
- La charge du papier a des avantages bien connus, mais il ne faut pas en augmenter la proportion, car cela diminue la force du produit et entraîne également une augmentation du collage : la proportion de 10 pour 100, pour le total des matières minérales, doit être considérée comme un maximum. D’une façon générale, pour qu’un papier de livre dure le plus longtemps possible, il faut qu’il contienne au moins 70 pour 100 de fibres de coton, de chanvre ou de lin ; pour le papier ordinaire à écrire, les matériaux seront exclusivement de cette nature et collés à la gélatine. P. df, M.
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- UNE PRESSE HYDRAULIQUE IMPR0YISÉE
- Étant donnés les services multiples que peut rendre une presse hydraulique, soit pour l’essai de certains matériaux à la compression, soit pour la confection de briquettes, il y aurait intérêt à en avoir une à sa disposition dans les moindres ateliers, dans les plus modestes laboratoires. Malheureusement c’est là un outil qui coûte cher : aussi est-il curieux et utile de recommander le moyen ingénieux qui a été signalé, à notre confrère Scientific American, par un ingénieur des mines, M. Alexander Roy, pour suppléer de façon bien simple à l’absence d’une presse hydraulique.
- Pour cela, il suffit de posséder un vérin hydraulique, appareil dont on n’use pas assez en France, et qui est susceptible d’exercer une force relativemeiit énorme par le jeu d’une petite pompe solidaire du vérin. Pour transformer celui-ci en presse hydraulique, il faut le monter, comme l’indique la figure ci-jointe, en le combinant avec quelques pièces métalliques que le premier forgeron de village possède et est capable de mettre convenablement en place. On dispose, en effet, le vérin sur une plaque de fer forgé qui formera plaque de fondation, et qui doit avoir quelque, 30 centimètres de côté; on y perce à chaque angle un trou ayant pour but de recevoir l’extrémité d’une tige de fer ou d’acier. Chaque tige pénètre par le haut dans un trou correspondant fait dans une plaque supérieure, qui jouera le rôle de table de compression pendant le ^fonctionnement de la presse;
- naturellement les deux tables sont solidement maintenues par des boulons venant se visser au sommet des tiges dont nous venons de parler, et l’on comprend, sans que nous y insistions, comment la tète du vérin permet
- Presse hydraulique improvisée.
- d’exercer une compression énergique entre sa surface et le dessous de la table supérieure. On peut même assez facilement munir le vérin d’un manomètre qui indiquera la pression fournie par l’instrument. D. L.
- LE CHANYRE DE MANILLE
- Dans tous les relevés du mouvement commercial des Philippines, on voit le chanvre de Manille tenir une grosse place, soit sous ce nom, soit sous celui d’abaca : c’est une fibre textile très résistante, qu’on trouve à la rigueur dans de nombreuses variétés de bananiers, mais que produit surtout le Musa textiïis. Ce bananier, qui atteint souvent une hauteur de 4 mètres et plus, existe dans toutes les îles de l’Archipel, et autrefois on l’employait simplement à protéger les plantations de cacao contre les ardeurs du soleil, à cause des dimensions énormes de ses feuilles, qui ont fréquemment 3 mètres de long sur 0m,6ü de large. Mais on en sait aujourd’hui la valeur, et sa culture est l’objet de soins particuliers, principalement dans les provinces de Sorsogou, d'Albav, de Cebu, de Leyte, de Mindanao, de Mindoro, etc.
- Disons tout de suite qu’il existe des variétés diverses d’abaca, se distinguant par leur couleur, leur souplesse et la longueur de leurs fibres. La plus estimée de ces variétés est l’abaca Aliusanay, dont la longueur.ne dépasse point lm,70, mais qui est blanc et souple : on en fabrique le tissu connu aux Philippines sous le nom de sinamay, et qui sert à la confection des chemises. L’abaca sinaguilala a, au contraire, des fibres qui atteignent parfois jusqu’à 5 mètres de long. Pour donner une idée de l’importance de cette culture, nous rappellerons qu’en 1894 il a été exporté 96 497 000 kilogrammes d’abaca, représentant une valeur de plus de 14 millions et demi de piastres ! Cette exportation se fait principalement sur la Grande-Bretagne et les États-Unis.
- Les plantations d’abaca (nous préférons ce nom, celui de chanvre pouvant prêter à confusion), s’obtiennent par graines ou par plants; le second moyen donne des résultats bien meilleurs, la récolte des graines se faisant avec
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- beaucoup de négligence. Les semences se mettent en terre deux par deux dans des trous de 2 à 3 centimètres de profondeur, creusés à 15 ou 20 centimètres de distance les uns des autres; on recouvre de terre fine, et aussi d’une couche de paille à laquelle on met le feu. Toute l’opération se fait un peu avant le coucher du soleil; on arrose ensuite très légèrement pendant plusieurs jours le matin, et on abrite au besoin le terrain des ardeurs du soleil. La germination se produit en deux semaines; on transplante les jeunes plants quand ils ont 60 centimètres environ, en les plaçant à 2 mètres de distance les uns des autres : cela se fait dans un terrain argilo-sableux, en pente douce, qu’on a soigneusement labouré et hersé. On n’arrose que durant quelques jours.
- Il y a deux manières d’extraire la fibre du tronc de l’abaca. Tantôt on attend que la plante ait atteint l’àge de 3 ans et que son sommet se penche et prenne une teinte noirâtre : on détache alors l’enveloppe du tronc couche par couche et par bandes longitudinales, au fur et à mesure que le bananier mûrit, en le laissant sur pied. Tantôt, quand le bananier est sur le point de donner des fruits, on le coupe au pied, on lui enlève son
- feuillage, et on le divise alors comme tout à l’heure par couches dont on extrait les fibres. La dernière opération, la séparation des fibres, se fait au couteau ; aussitôt on met sécher au soleil lesdites' fibres en évitant de les mouiller; on les secoue ensuite vivement, on les lave et on les expose de nouveau au soleil, pour les classer enfin suivant la qualité, les réunir en balles et les livrer au commerce.
- Les Américains comptent donner une impulsion énergique à cette industrie, et réagir contre la négligence des producteurs indigènes. D. B.
- ELLIPSOGRAPHE
- Les ellipsographes, ou instruments pour décrire l’ellipse, semblent avoir servi de thème favori de recherches à l’imagination des inventeurs. Les données du développement de l’ellipse étant connues et variées, on a cherché à rendre ce développement mécanique par rapport à ces données.
- L’ellipsographe-croix date du commencement de
- ce siècle et repose sur cette loi, que si un segment de longueur fixe se meut de façon que ses deux extrémités soient obligées de se déplacer sur deux droites en croix, un traçoir fixé à ce segment décrit une ellipse. Sa fabrication est ingrate, car le principe de friction est mauvais pour tracer des lignes qui doivent être pures et d’un seul jet, puisqu’un arrêt dans le glissement provoque un à-coup et brise la ligne.
- Plusieurs constructeurs ont repris les recherches sur ce principe et ont créé des instruments malheureusement chers et compliqués; l’un deux date du milieu du siècle et a pour base la combinaison d’un mouvement circulaire avec un mouvement rectiligne sur une plate-forme surélevée au-dessus de l’épure, pour entraîner le mouvement automatique de la barre qui porte le traçoir; un autre participe du précédent, mais la construction en est conduite autrement et c’est à l’aide de petites chaînes de transmission qu’on obtient le mouvement circulaire progressant sur le grand axe de la barre porte-traçoir; cejlernier ellipsographe est le plus com-
- pliqué de tous, de construction difficile et fort coûteuse. Je passe sous silence d’autres soi-disant ellipsographes, plus simples mais totalement insuffisants.
- Le nouvel instrument que nous figurons est d’un maniement simple et trace l’ellipse, d’après le principe mathématique qui consiste à guider le traçoir le long d’un fil dont la longueur est celle du grand axe de cette ellipse, les deux extrémités de ce fil étant fixées aux foyers. La difficulté de maintenir le traçoir absolument vertical pendant sa course a été supprimée dans ce nouvel ellipsographe, dit 1’ « automatique », à l’aide d’un ingénieux compas à verge à glissière chaussant sur deux tringles parallèles. Ce nouveau compas à verge est attiré à la périphérie contre le fil guide représentant la somme des rayons vecteurs ou grand axe par un élastique (réglable par une vis) placé entre ces deux tringles.
- Cette nouveauté pour le dessin technique a déjà reçu l’approbation élogieuse de savants ingénieurs. L. Pape.
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- EXPLOSIONS BIZARRES DE CHAUDIÈRES
- Bien que l’instruction technique se développe tous les jours, et que par conséquent les mécaniciens auxquels on confie les machines à vapeur se rendent mieux compte des dangers que présente le moindre défaut de surveillance, bien que les différents États instituent tous des services fort compliqués de contrôle de ces appareils, enfin (ce qui est autrement efficace que les contrôles administratifs ) quoique les propriétaires de machines aient eu l'excellente idée de se syndiquer, ou plutôt de s’associer, pour faire surveiller par des employés experts à leurs gages les générateurs appartenant aux différents membres de la société; cependant lés explosions sont encore assez nombreuses. Pour s’en convaincre, on n’aurait qu’à lire les statistiques qui se publient dans les divers pays à ce sujet : c’est ainsi que, si nous envisageons un des pays où les appareils à vapeur sont le plus nombreux, [nous voulons dire l’An-gleterre, nous voyons qu’en moyenne il s’y produit 70 explosions par an, tuant 29 personnes et en blessant 61 ; en 1894, le chiffre des accidents a pu atteindre 114, entraînant 45 morts et 85 blessures. Les statistiques auxquelles nous avons emprunté ces données ont une grande utilité, car elles ont permis de constater quels sont les types de chaudières qui fournissent la plus forte proportion d’accidents, et aussi, à la suite d’enquêtes minutieuses, de mettre en lumière les causes ordinaires d’explosions. On en tire donc des indications précieuses sur les points qu’il faut le plus surveiller dans la conduite d’une machine à vapeur.
- Naturellement, dans chaque enquête à laquelle
- donne lieu un accident , on est forcé de rechercher les effets mêmes de l’explosion, parce qu’ils contribuent le plus souvent à indiquer d’où est parti l’effort anormal qui a causé l’arrachement de tout ou partie de la chaudière, et par suite quelle a été la cause de cet arrachement ; on peut constater aussi de ces explosions sympathiques qui font de si terribles ravages, comme celles qui se sont produites en 1892, aux forges de Redcar, sur douze chaudières. L’expansion brusque de la vapeur entraîne souvent des effets absolument stupéfiants, et nous pouvons en donner deux exemples pittoresques par l’étrangeté du résultat.
- Voici d’abord une locomotive employée dans une ferme du Dakota, aux États-Unis, et qui a terminé sa carrière comme tant de machines agricoles confiées aux soins peu éclairés de manœuvres qui ne connaissent guère les appareils à vapeur, et surtout n’imaginent point les soins de tous les instants qu’on doit leur donner. La
- cause de l’accident fut un abais sement exagéré du niveau de l’eau: à un certain moment, la locomotive, qui revenait à la ferme, se trouva arrêtée, ne pouvant avancer au milieu d’une fondrière ; et pour sortir de ce mauvais pas le mécanicien et le chauffe u r résolurent de relever la pres-sion. Pendant qu’ils étaient en train de le faire, survint un mécanicien de profession qui les avertit charitablement qu’ils allaient faire sauter leur machine et eux avec. Le mécanicien se précipita alors pour ouvrir la soupape de sûreté, mais il était un peu tard, et immédiatement se produisait l’explosion entraînant les résultats montrés par la gravure 1 que nous reproduisons d’après « Scientific American ». Pendant que les deux hommes étaient lancés à quelque 20 mètres
- Fig. 2. — Tout ce qui reste d une machine.
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- et lues sur le coup, le corps de la chaudière s’ouvrait, le cylindre et le coffre de vapeur étaient projetés à une distance de près de 50 mètres et même d’autres parties du mécanisme se retrouvaient à 400 ou 500 mètres de là. Ajoutons (pie les roues motrices étaient arrachées, le foyer éclatait, et enfin les tubes se séparaient les mis des antres comme un éventail.
- Cet effet si curieux sur les tubes est encore bien autrement net dans la seconde de nos photographies, où ces tubes non seulement forment une gerbe aux tiges éparses, mais se trouvent dirigés presque verticalement. Quoiqu’il soit difficile de s'en rendre compte d’après ce qu’en montre la photographie, ce que nous avons sous les yei,v c'est une grosse locomotive de montagne, pesant 60 tonnes sans son tender, et appartenant à la compagnie américaine « Santa Fé, Prescott and Phoenix railwav ». Au moment de l’accident, cette machine se trouvait dans la remise aux locomotives de la ville de Prescott, dans l’Arizona ; il y avait à cet instant, dans la remise, une vingtaine d’hommes au travail, et pourtant, bien que le bâtiment lui-même fût réduit en ruines et la machine projetée en mille pièces de tous cotés, jusqu’à plus de 560 mètres de distance, on ne compta heureusement que 2 tués et un seul blessé.
- Tout semblait fonctionner normalement dans la chaudière au moment de la catastrophe, mais si l’on examine précisément les restes de la machine, si l'on songe à la violence absolument extraordinaire qu’il a fallu pour produire ces arrachements qui n’ont laissé qu’un ensemble confus de débris, on se demande comment la vapeur à la pression ordinaire1 avait pu causer pareil résultat?
- L’effet paraissait dû à une véritable explosion de dynamite, puisque les roues notamment, qui sont calées sur leur axe sous une pression énorme, en furent tontes arrachées, La pompe à air, qui pèse pourtant plus de 200 kg, fut lancée en l’air avec une telle violence que, après avoir rebondi en touchant terre, elle retomba définitivement à une distance de 800 mètres du lieu de l’explosion; en somme il ne resta sur place que les tubes avec une portion de la boîte à fumée et le bogie avant, ou plutôt son châssis tout tordu, auquel demeurait encore un essieu et une roue.
- Ce sont là des exemples éloquents qui disent bien la puissance terrible que renferment en eux les générateurs à vapeur. Damei. Bellet.
- CHRONIQUE
- Les bienfaiteurs de la scieiiee. — Un nouveau prix de 100000 francs. Par acte passé par-devant notaire, M. Daniel Osiris, chevalier de la Légion d’honneur, a fait donation à l’Institut d’un capital productif de 32 000 francs de rente annuelle. Cette donation est faite aux clauses et conditions que voici : les arrérages en devront être accumulés durant trois ans ; à ce moment, — et de trois ans en trois ans, — l’Institut décernera un prix de 100 000 francs à la découverte ou à l'œuvré la plus remarquable qui se
- sera produite au cours de la période de trois ans écoulée, dans la science, dans les lettres, dans les arts, dans l’industrie, et, généralement, dans tout ce qui peut servir l’intérêt public. Parmi les découvertes qu’il serait particulièrement heureux de voir récompenser, M. Osiris signale celles qui relèvent de la science chirurgicale et médicale et qui apporteraient à l’humanité la guérison ou le soulagement des maux qui sont encore sans remède efficace, ou qui seraient un acheminement vers le moyen de prévenir le mal ou de le guérir. L’Institut ne devra pas s’en tenir uniquement aux candidats qui se seront présentés, mais devra en rechercher lui-même. Si l’œuvre est le fruit d’une collaboration indivisible, chacun des auteurs recevra sa part du prix. Le prix Osiris ne pourra être décerné qu’à un Français : toutefois, si son échéance coïncide avec une Exposition universelle, il deviendra exceptionnellement international. Si même l’Exposition doit avoir lieu un ou deux ans après l’échéance du prix, l’attribution pourra en être retardée et le prix, selon qu’on aura attendu un an ou deux, se grossira des arrérages et deviendra un prix de 133000 francs ou un prix de 166 000 francs. Mi Osiris fixe le point de départ de la première période de trois ans à l’ouverture de l’Exposition. C’est donc à la fin du premier semestre de l’année 1903 que l’Institut de France aura à décerner, pour la première fois, le prix Osiris de 100 000 francs.
- Société française de navigation aérienne. —
- Le regretté fondateur de La Nature fut président de la Société de navigation aérienne. Aussi, dans la dernière séance de h Société, M. Janssen, membre de l’Institut, ancien président aussi de cette Société, a tenu à rendre à son ancien collègue un hommage mérité. M. Janssen a prononcé l’éloge de Gaston Tissandier et son discours charmant a été interrompu à plusieurs reprises par les applaudissements de l’assistance. On ne pouvait en effet mieux dire et mieux rappeler les titres de Gaston Tissandier à la reconnaissance de ses contemporains. Nous sommes heureux de remercier ici M. le Directeur de l’Observatoire de Meu don de son éloquent discours et des paroles bienveillantes qu’il a consacrées à La Nature.
- Éclipse partielle de lune visible à Paris. —
- Éclipse partielle ! on peut bien dire totale, en fait, car sa grandeur,# en prenant pour unité le diamètre de la lune, égalera 0,995. Elle est donc totale à un cinq-millième près. Voici les heures des différentes phases du phénomène :
- Lever de la lune à Paris. . . . le 16 déc. à 5h40ni du soir. Entréede lune dans la pénombre, le 16 — à 10h42‘n —
- Entrée dans l’ombre.........le 16 — à llh54m —
- Milieu de l’Eclipse.........le 17 — à lh35m —
- Sortie de l’ombre...........le 17 — à 3hl2m —
- Sortie de la pénombre.......le 17 — à 4h29m —
- Le phénomène se produira donc dans la nuit de samedi à dimanche, 16 et 17 décembre.
- ___C-Y-O__
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 décembre 1899.— Présidence de M. Vax Ticghkji.
- La parallaxe du soleil. — M. Bouquet de la Grye rappelle que les observateurs envoyés par l’Académie en divers lieux du globe, en 1882, pour observer le passage de Vénus sur le disque du soleil, ont effectué un grand nombre de déterminations des instants des contacts et recueilli un grand nombre de photographies du disque
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- du soleil pendant dé passage. Ces observations ont donné lieu à des calculs fort longs. M. Bouquet de la Grye communique aujourd’hui le résultat obtenu pour la parallaxe du soleil, au moyen des contacts intérieurs. Ce nombre est 8",804, avec une erreur moyenne de ±0",01. 11 s’accorde avec le nombre qui a été obtenu, au moyen des observations allemandes et américaines. M. Lœwy remarque que le nombre donné par M. Bouquet de la Grye concorde avec celui qui a été adopté dans une conférence internationale tenue à Paris, en 1896, pour l’adoption d’un système de constantes numériques uniforme pour les divers éléments qui entrent dans les formules d’astronomie.
- Pseudo-tuberculose. — M. Gaston Bonnier rend compte d’un important travail de MM. Lucet et Cos-tantin concernant la découverte d’une maladie analogue à la tuberculose, mais dont la. cause est non pas le bacille de Koch, non pas un microbe, mais une moisissure, une nouvelle espèce de mucorinée. Cet organisme est adapté à la température du corps humain et ne peut, par suite, se cultiver à la température des laboratoires. Cette particularité donne lieu de penser que des recherches fondées sur cette remarque pourront conduire à de nouvelles découvertes. Une femme était morte de cette maladie et sa sœur en était atteinte. En étudiant les crachats, les auteurs ont opéré la découverte de la mucorinée. Or, l’arsenic empêche le développement de ces organismes. La malade a donc été traitée à l’arsenic et a guéri. Injecté à des lapins le liquide contenant la mucorinée détermine la mort de l’animal en quelques jours.
- Géographie de la France à l’époque tertiaire. — M. Albert Gaudry présente une Note de M. Glanjeaud relative à la cause de l’isolement du bassin parisien et de la mer du sud-ouest de la France à l’époque tertiaire. Dès cette phase apparaissent, notamment sur les récifs de l’Aquitaine, les rudistes. Ces singuliers mollusques (à la différence de ceux que l'on rencontre aujourd’hui) construisaient des récifs ainsi que font maintenant les polypiers dans l’océan Pacifique. Or ils n’étaient pas à plus de 40 mètres de profondeur. Ils indiquent donc une mer peu profonde, et comme d’autre part les études poursuivies par l’auteur lui ont révélé qu’il y a eu, à l’époque de la formation des lécifs, des phénomènes d’abaissement et d’exhaussement, on conçoit que les mouvements du sol aient facilement amené l’émersion des récifs. Cette circonstance explique l’interruption de communication entre le bassin parisien et la mer du sud-ouest de la France. Elle explique également pourquoi les fossiles crétacés des deux bassins sont bien différents.
- Explorations souterraines. — M. A. Gaudry présente également une Note de M. Martel sur une campagne souterraine de quatre mois que l’auteur vient d’opérér. 11 a exploré cette année les Chouruns, abîmes naturels remplis de neige de la région des hautes Alpes.
- La densité de la terre. — M. Lippmann présente une Note de M. Gerschun sur un nouveau procédé de détermination de la densité de la terre. Au-dessus d’une nappe de mercure, l’auteur suspend une sphère de masse connue et la rapproche de la surface du mercure. Celui-ci se soulève et l’on mesure optiquement, à l’aide d’un procédé dû à Foucault, le rayon de courbure. De cette quantité on tire le rapport des masses et cette quantité permet de passer à la densité de la terre.
- Cu. DE VlLLEDEl'IL.
- LES ANIMAUX AU THEATRE
- En ce moment, un théâtre de Paris donne, avec le plus grand succès, un grand drame-féerie, tiré par deux auteurs aimés du public, M. E. Blum et P. Decourcelle, du populaire roman Robinson Crusoé.
- Certes de tous les directeurs de théâtres de Paris, M. Rochard est un des plus habiles et de ceux qui se tiennent le plus au courant du mouvement scientifique pour l’appliquer au théâtre. Il a fait ses preuves depuis longtemps et l’on se souvient encore de l’écluse des Deux Gosses, ce mélo quatre fois centenaire ; dans Robinson Crusoé, il y a un certain combat naval qui est de tout premier ordre; mais revenons à notre sujet, c’est-à-dire à nos bons et braves animaux.
- Robinson Criisoé, dans le scénario de MM. Blum et Decourcelle, est abandonné dans son île déserte avec un chien ; il fait la conquête d’un singe, d’une chèvre et d’un perroquet. Ce sont ces quatre acteurs qui tiennent, l’un d’eux surtout — le chien — une place importante dans la pièce que je voudrais présenter à nos lecteurs. Ce n’est certes pas la première fois que des animaux paraissent et jouent un rôle sur une scène de théâtre ; mais c’est bien l’unique fois que dans une pièce, quatre animaux tiennent des rôles indispensables à l’action.
- En ce moment également au théâtre des Bouffes-Parisiens, c’est un chien nommé Shakspeare qui donne son titre à la pièce et qui, par son intelligence, sa gaieté, donne un imbroglio tout à fait comique.
- J’ai déjà eu l’occasion de présenter à nos lecteurs des chiens militaires, des chiens savants et mathématiciens, qui faisaient des additions et des soustractions; d’autres qui jouaient aux cartes ou aux dominos. Au théâtre Corvi, la troupe est entièrement composée d’animaux; dans des music-hall, nous avons vu des chiens pantomimistes; et les critiques de l’époque nous racontent qu’au Cirque Olympique, il y avait parmi les acteurs de la troupe un chien « Émile » qui jouait dans un mélodrame assez compliqué. Au Vaudeville, il y a quelques années, on a vu paraître un singe « Vermillon» dans une pièce de M. de Goncourt, mais ce n’était qu’un figurant. Faro II, le chien qui actuellement joue le rôle de Toby, le fidèle compagnon de Robinson, est bien un véritable acteur.
- Que tout d’abord je vous présente Faro II : Faro II que j’ai eu le plaisir et la satisfaction d’élever, appartient à l’excellent dessinateur de La Nature, mon ami. Ch. Weisser. Il est de la race des chiens de berger de la Brie, et se rapproche beaucoup du chien de berger des Pyrénées. Du reste, cela n’a rien d’étonnant, les chiens de berger des Pyrénées étant originaires d’un petit village appelé Bryard, ce qui donnerait à croire qu’une colonie briarde a été dans un temps assez reculé s’installer sur le versant français des Pyrénées,
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- ayant amené avec elle ses chiens gardiens de troupeaux .
- Faro II, d’origine illustre, puisque ses père, mère, grands-pères et grand mères furent des lauréats fameux de nos expositions canines, vivait heureux dans le petit cottage du peintre Weisser, à La Roche-Yillebon. Une seule fois on l’avait dérangé de ses habitudes en le faisant poser pour un tableau qui figura, du reste, au dernier Salon de Peinture ; ce nouveau métier — de modèle — ne parut pas trop déplaire à Faro, qui se prêta de très bonne grâce aux exigences du peintre. Or, un beau jour, M. Rochard, à la recherche d’un chien pour son Robinson Crusoé, débarqua tout de go, à la Roche-Villebon; il avait entendu parler de Faro II, on lui avait grandement vanté son intelligence, ses qualités, son obéissance.
- Le directeur du Châtelet voulut acheter le chien, mais Weisser, malgré de très belles offres, se refusa à se séparer de son Faro ; néanmoins, il. accepta de prêter l’animal à M. Rochard pendant la durée des représentations de Robinson, et voilà Faro, engagé — oui, certes, engagé; car il a, tout comme un grand premier rôle, son engagement en bonne et due forme. Faro reste toujours Faro, mais à la scène il devient Toby.
- Le dressage ne fut ni long, ni difficile ; comme je l’ai dit, Faro est d’une intelligence exception -nelle, il comprit tout de suite ce qu’on voulait de lui. Au bout de quelques jours, il était le camarade de Darmont (Robinson Crusoé), de Pougand (Vendredi) et de M. Rochard; mais il n’oubliait pas pour cela son maître Weisser. Et un fait entre mille qui prouvera bien l’intelligence, et la facilité de compréhension de Faro, c’est que sur scène ou au théâtre seulement, il répond au nom de Toby ; à la ville, vous aurez beau l’appeler Toby, il ne répond qu’à son vrai nom de Faro. Les répétitions allèrent leur train, et quand Faro entendait la voix du régisseur, criant : « Toby, en scène pour le deux! », il fallait voir avec quelle précipitation le bon chien quittait le bureau directorial, où il fait de longues siestes aux pieds de M. Rochard, et s’élançait sur la scène. Faro obéit à la voix et rapporte tout comme un chien de chasse et même mieux ; car au coup de fusil tiré par Robinson, sans qu’on ait besoin de lui dire : ap-
- porte, il saute sur l’oiseau tué et va le porter, non point à son maître, mais au cuisinier Vendredi, en montant dans la case de Robinson par une échelle.
- C’est encore Faro-Toby qui va chercher le fil de Robinson, sa pipe, les légumes du pot-au-feu, etc., et cela sans difficulté aucune. 11 prend part à l’action, est triste quand Robinson se désole, saute gravement quand son maître, transporté de joie, retrouve femme et enfants, et veille sur ses compagnons : la chèvre, le singe et le perroquet.
- La chèvre a un rôle effacé, elle assiste simplement au repas familial de Robinson et de Vendredi, avec le singe. Ah! ce singe, ce maudit singe, en a-t-il fait faire du mauvais sang à M. Rochard et aux régisseurs. Non point qu’il se refusa à tenir son rôle très correctement, mais le mâtin, sitôt sa figuration, s’empressait de courir à droite et à gauche, allant fureter dans les coins et visiter les poches des acteurs en scène, qui toujours avaient pour lui quelques friandises. Aussi, pendant les représentations, est-on obligé de veiller sur lui sans quoi il irait certainement faire un tour de promenade dans la salle.
- Quant au perroquet, il a toute une histoire : tout d’abord, M. Rochard voulait un ara, mais les trois ou quatre essayés étaient d’une telle méchanceté , qu’il fallut renoncer aux aras; ce fut alors le tour d’un perroquet parleur, car Coco a, dans la pièce, deux phrases à dire. Certes, il apprit facilement à répéter, sur un ton moqueur, que : « Vendredi était un imbécile et ne savait pas faire le pot-au-feu ! » Mais jamais on ne put arriver à lui faire prononcer les phrases au moment voulu; dès que Coco apparaissait en scène, il dévidait son rouleau et recommençait, tel un phonographe. Aussi, fut-on forcé de distribuer le rôle à un perroquet muet et très docile, pour lequel un compère parle dans la coulisse. Et maintenant tout marche à souhait.
- Telles sont les' quatre étoiles, qui sont apparues cette année au firmament des théâtres et que je tenais à présenter aux lecteurs du journal.
- Paul Mégnin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Faro II.
- Paris. — Imprimerie Lauuke, rue de Fleuras, 9.
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- .V 1587. — 2 5 DÉ CO UK K 1899.
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- LES ESSENCES CONCRÈTES
- EXTRACTEUR BE I.A SOCIÉTÉ DES I'ARFUMS BU LITTORAL
- Le marché de la parfumerie a vu apparaître, tout récemment, toute une nouvelle gamme de parfums, produits solides, à odeur suave et extrêmement intense : ce sont les essences concrètes.
- Les parfums des fleurs, on le sait, peuvent s’extraire par plusieurs méthodes différentes. La [dus simple est la distillation; le procédé est d’une application facile et fournit de bons résultats avec les corps qu’une température élevée n’altère pas.
- Si l’on veut éviter cette altération, on emploie l’enfleurage à froid qui consiste à mettre en contact avec de la graisse, de l’huile ou de la vaseline, les
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- parties odorantes des fleurs. Le procédé est malheureusement d’une application pratique difficile et exige un matériel encombrant et coûteux.
- Sur de grandes glaces qui ont près de 1 mètre de côté, encadrées par des châssis eu bois, on étend une légère couche dégraissé, sur laquelle on parsème les [létales des fleurs. Lorsqu'on juge que la fleur a dégagé tout son parfum, les châssis sont rechargés avec des [létales frais; l’opération est recommencée plusieurs fois de suite jusqu’à saturation de la graisse ; cette dernière est recueillie avec soin et conservée
- dans un endroit froid jusqu’au jour où on veut l’utiliser [tour la préparation des extraits alcooliques.
- 11 n’est pas rare de compter, dans les usines utilisant ce procédé, jusqu’à 40000 châssis; aussi a-t-on cherché depuis longtemps à substituer aux
- Vue d'un des extracteurs de la Société des parfums du Littoral, à l'usine de Fréjus.
- corps gras des dissolvants d’un maniement plus commode et exigeant l’emploi d’un matériel moins dispendieux.
- Robiquet songea le premier en 1855 à utiliser l’éther. Milon et Ferrand en 1856, Wild en 1860, Egrot en 1865, Hirzèle en 1864, signalèrent des perfectionnements sensibles à la méthode de Robiquet.
- M. L. Naudin fit connaître en 1879 son ingénieux appareil à épuisement.
- M. Massignon combina ensuite un extracteur qui fut pendant assez longtemps utilisé à Cannes.
- Mais, tous les appareils employés jusqu’ici étaient d’un maniement difficile et peu sûr. Les pertes de dissolvants étaient considérables et les rendements obtenus peu satisfaisants.
- Nous avons pu voir fonctionner tout récemment, dans l’usine de la Société des parfums du littoral à Fréjus, un grand extracteur qui paraît apporter à la question de l’épuisement des fleurs la solution 28e année. — 1er semestre.
- rationnelle et simple depuis si longtemps cherchée.
- Cet appareil est essentiellement constitué par 5 récipients A, B, C, auxquels sont adaptés respectivement des serpentins réfrigérants S1, S*, S3, placés à l’intérieur d’une cuve D.
- Les 5 récipients sont réunis entre eux par l’intermédiaire d’une pompe et d’une tuyauterie convenablement disposée.
- Le récipient B reçoit le liquide dissolvant destiné à l'épuisement des fleurs que l’on place dans un panier métallique disposé dans le récipient C. Un évidement central ménagé dans ce panier permet à une hélice de faire constamment circuler le liquide dissolvant dans lequel les matières à épuiser sont complètement immergées. Le chargement se fait en soulevant momentanément le couvercle à l’aide du palan qui surmonte l’appareil.
- Le récipient B étant préalablement rempli du dissolvant approprié, sulfure de carbone, acétone,
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- éther de pétrole, etc., on oriente les orifices des robinets à trois voies R1, R2 de façon qu’en actionnant la pompe, le liquide du récipient B passe dans le récipient C, en suivant la direction indiquée par les flèches figurées en traits pleins. On ferme ensuite les robinets R1, R2 et, par simple déplacement de la courroie, on cesse d’actionner la pompe pour mettre en mouvement l’arbre, qui commande l’hélice : l’épuisement commence.
- Cette première opération terminée, on fait communiquer, au moyen des robinets R1, R2, les récipients C et A et, à l’aide de la pompe, on refoule les liquides provenant de l’épuisement suivant la direction indiquée par les flèches pointillées.
- Arrivé dans le récipient A, le dissolvant est chassé par un courant de vapeur et se rend dans le réservoir B à l’état de pureté absolue, prêt à servir pour une nouvelle opération. Les produits d'épuisement restent dans le récipient A, d’où ils sont aisément extraits. En répétant plusieurs fois la meme manœuvre, on arrive à extraire complètement la matière parfumée contenue dans les Heurs. A la tin de la dernière opération, on chauffe les matières traitées à l’aide d’un serpentin de vapeur, de manière à chasser complètement le liquide dont elles sont restées imprégnées. Rien ne se perd et le dissolvant est ramené en B. Pour éviter toute déperdition pendant les distillations — que permettent de suivre deux petits cylindres de cristal placés à droite et à gauche de la cuve D et à sa partie inférieure, — la communication entre le réservoir B et l’atmosphère est établie par un serpentin S2.
- Le produit brut de l’épuisement est concentré au bain-marie, purifié avec soin par des méthodes appropriées et mis dans de gracieux pots en porcelaine.
- Quand la bonne saison arrive, on voit s’acheminer vers l’usine, aux premières heures du jour, de longs convois de fleurs odorantes que les extracteurs absorbent aussitôt. Leurs cellules parfumées se vident et l’odeur exhalée est doucement captée.
- Des lourdes charrettes pliant sous le poids de millions de pétales, que reste-t-il? Oh! peu de chose. Quelques grammes de substances cireuses que les parfumeurs achètent à prix d’or. Ces substances sont douées d’une puissance odorante tellement considérable, qu’on admet que 1 kilogramme d’essence concrète remplace avantageusement 100 kilogrammes de pommade obtenus par l’ancienne méthode de l’enfleurage à froid. Le succès qui a accueilli les nouveaux produits ne fera certainement que s’accentuer et l’emploi des graisses parfumées sera tôt ou tard complètement abandonné. M. Otto,
- Docteur ès sciences.
- m PARASITE UNIVERSEL
- Tous les ans, vers l’arrière-saison, certains marronniers des boulevards ont pris l’habitude d'endosser une livrée verte d’une fraîcheur inattendue. Cette parure automnale, qui fait l’ebtnncmcnt des Parisiens, brin de résulter de
- l’ardeur intempestive et de la sève fougueuse des arbres refleuris, est tout simplement la conséquence des brûlures d’une maladie parasitaire. Cet arbre ornemental montre, en effet, des complaisances dangereuses à l’égard d’un champignon invisible qui, dès le mois de juillet, bronze scs feuilles, les détache du tronc et les livre au caprice du vent. Les marronniers ainsi dépouillés profitent des premières pluies et de la prolongation d’un automne doux et ensoleillé pour cacher leur nudité précoce. Mais la seconde floraison escompte, de par sa vitalité, les réserves de l’avenir. Sans ce dépouillement hâtif et imposé, les bourgeons visqueux auraient gardé leurs forces pour le printemps qui suit.
- L’agent efficient de toutes ses perturbations a reçu d’un botaniste algérien, M. Debray, le nom de Pseudocommis vitis. C’est une espèce encore plus primitive et plus insidieuse que les microbes eux-mêmes; elle se trouve aux confins des êtres animés et constitue la plus simple expression de la matière vivante. Privé de membrane et de noyau, uniquement formé d’une gelée protoplasmique tantôt incolore, tantôt d’un jaune orangé, ce parasite, toujours invisible à l’œil nu, envahit par une sorte d’imbibition les tissus sous-épidermiques des plantes. C’est une masse muqueuse appartenant à un groupe d’êtres assez répandus, mais d’une simplicité tellement primordiale que botanistes et zoologistes, indifféremment, les font entrer dans leur domaine et les considèrent comme le prototype de la vie sur notre planète. Ce groupe de Myxomycètes, auquel nous faisons allusion, malgré sa simplicité, présente cependant parfois aux causes extérieures de destruction une résistance étonnante et le Pseudocommis en question résiste, au dire de M. Roze, à l’action de l’eau, de l’acide sulfurique presque concentré, de l’acide acétique et de l’ammoniaque !
- De tout temps le Pseudocommis vitis a dù tatercer sournoisement ses ravages aux dépens de toutes sortes de végétaux. Mais quoique très répandu sur les plantes terrestres cultivées ou sauvages, et jusqu’aux plantes aquatiques et même les algues marines, il a bravé longtemps l’indiscrétion de l’objectif. Son apparence granuleuse lui permet de se substituer, sans trop se faire remarquer, au contenu des cellules, qu’il vide sans pitié, et les meurtrissures qu’il cause ressemblent trop à l’aspect des organes morts pour soulever des soupçons.
- Comme les dégâts qu’il provoque se maintiennent dans des limites assez raisonnables, il aurait peut-être pu se jouer longtemps encore de la sagacité des botanistes s’il n’avait pas étendu sa gourmandise jusqu’aux feuilles de la vigne. En s’attaquant à cet arbuste il est sorti de sa modération ordinaire, puisque, dans certaines années, il a prélevé le tiers, et jusqu’aux deux tiers de la récolte. Les viticulteurs s’en sont justement émus et, en 1892, MM. \iala et Sauvageau découvraient ce nouveau compétiteur de nos vendanges, et attribuaient à la maladie provoquée par lui le nom de brunissure. Les dégâts causés à la vigne par cette gelée rampante éveillèrent l’attention des observateurs et plusieurs naturalistes dénoncèrent, peu de temps après, le Pseudocommis vitis comme vivant aux dépens des plantes les plus diverses.
- Aujourd’hui, on n’en est plus à compter ses méfaits. Un sait que ce parasite visqueux est peu difficile sur le choix de son hôte et qu’il possède la faculté de pénétrer dans les tissus végétaux les plus fermes, comme les plus délicats. C’est lui qui teinte les asperges de taches rouges rendues brunâtres par la cuisson, qui macule les fonds et les feuilles des artichauts, qui marque de noir les
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- flageo’ets et les haricots, les chicorées et les laitues.
- Sans se douter qu'il avait affaire à un organisme spécial un célèbre agronome de ce siècle, Payen, donna, en 1855, la description d’une altération qui jaunit les feuilles, brunit le pétiole et colore en rouge brique les faisceaux intérieurs des racines de la betterave. « Cette coloration, ajoutait-il, serait due à une substance oiga-niquc roux orange d’une consistance muqueuse qui produit les effets du parasitisme. » Désormais le doute n’est plus permis : la gelée insidieuse qui meurtrit les tissus des betteraves est justement cePe qui provoque la bru-nissurc de la vigne, et qui s’attaque aux pommes de terre et aux plantes d'ornement. Du r. ste, cet envahisseur ne respecte pas la solidilé du clr ne, il crible d’un grand nombre de petils Irons les feuilles du noisetier, il déshabille le châtaignier et il est sans pitié pour un grand nombre d’autres essences. M. Roze, qui s'est livré à une étude très approfondie de ce parasite ubiquiste, nous le donne comme étant particulièrement redoutable pour les plantes délicates Ses attaques enlaidissent surtout les plantes ornementales.
- L’amour du PscudncommU vitis pour les serres ne l’empêche pas d’être cosmopolite, et, dans les pavs chauds, son parasitisme, qui s’exerce aux dépens de la canne à sucre et d’autres espèces exotiques, sert de modérateur à la furie de la végétation tropicale.-
- Dans nos climats, sa multiplication obstrue les vaisseaux des arbres fruitiers, laboure et crève leurs fibres et oblige leur tige à couler des larmes de gomme.
- A l'automne, balayé par les souffles du vent avec les feuilles qu’il a desséchées, il va répandre le mal loin de son premier foyer. Pour mieux supporter les intempéries de l’hiver il s’enkyste; mais au relo r de la belle saison, aidé par l’humidité, il fait éc'ater son enveloppe, se gélili» et rampe, invisible, contournant toutes sortes d’obstacles, à la en (iiète de nouvelles victimes.
- Il n’est guère facile de se debarrasser de cet hôte incommode. Cependant, comme la sécheresse lui est funeste, on ne saurait trop reconnu nder l’égouttement ou le drainage des champs infectés. L'enfouissement des feuilles malades constitue un gran I danger. Là où les traitements sont possibles, le soufrage, ainsi que l’usage de la chaux éteinte peuvent donner de bons résultats. Dans les serres, il conviendrait de détruire par le feu toutes les plantes qui en sont visiblement attaquées et de ne pas se servir de la terre des pots qui les contenaient. J. DE LovF.RDO.
- LES TÉLÉGRAPHES CHINOIS
- Notre savant confrère, M. Fauvcl, a publié dernièrement une étude fort intéressante sur les télégraphes en Chine, télégraphes qui ont un développement assez important, mais une histoire assez récente. Jusqu’en 18G5 il n’existait pas une ligne télégraphique dans l'Empire du Milieu, ni un câble sous-marin atterrissant dans ses ports. Des câbles furent bientôt posés en assez grand nombre, mais il fallut encore une vingtaine d’années pour que fut tenté l’établissement d’une ligne terrestre : en 1884 enfin les Chinois, cédant à l’insistance des étrangers et aidés par les ingénieurs danois de la fameuse Compagnie des Télégraphes du Nord, de Copenhague, construisirent la première ligne télégraphique terrestre, entre îien-tsin et Shangaï. Celte ligne était rapidement poussée jusqu’aux Saintes Murailles de la capitale, en suivant sur une grande partie de sa longueur le grand canal impérial et les bords
- du Pï-ho. On se heurta d’abord à l’opposition des habitants qui affirmaient que les fils électriques troublaient de leur ombre le repos des morts; aussi ne se faisaient-ils point défaut d’arracher les poteaux pour les transformer avantageusement en bois de chauffage, et d'utiliser les fils à faire des clous. Un édit impérial vint les mettre à la raison, en menaçant de la peine de mort quiconque toucherait aux « fils qui portent la foudre ».
- Le premier pas était fait, et de nombreuses lignes se sont créées depuis : d’abord, et pendant la guerre franco-chinoise, celle qui relie Shangaï au Tonkin; une autre fut ensuite établie le long du Yang-Tse-Kiang. Des 1887, les télégraphes chinois atteignaient les frontières de Sibérie et, sur la demande expresse de l’empereur, étaient reliés au réseau russe. Nous pourrions signaler d’autres lignes, au Yun-Nan et dans le Kouang-si, rattachées presque immédiatement à celles du Tonkin. Ce qui est bien caractéristique, c’est que presque toutes les nations européennes ont signé des conventions télégraphiques avec la Chine. Le réseau de l’Empire Céleste s’étend de la limite des possessions anglaises de l’Inde jusqu’à la Corée, et se complète par une série de câbles sous-marins. Actuellement les télégraphes impériaux desservent plus de 250 villes; les tarifs y sont encore fort élevés.
- GRUE HYDRAULIQUE DE CHANTIER
- Les appareils de levage se multiplient heureusement de plus en plus ; mais, si abondants qu’ils soient, notamment aux États-Unis, on peut encore en créer qui répondent à de réels besoins, autrement bien que la chèvre primitive et classique. Parmi les appareils mécaniques de ce genre, les uns sont commandés par la vapeur, ce qui exige généralement un générateur par grue, et ce générateur produit bruit et lumée; d’autres sont mus par l’électricité, et nous n’avons pas à insister sur les avantages de cette force motrice. Mais, malgré la vulgarisation de l'électricité, l’eau sous pression a encore des préférences, et nous signalerons une grue tournante de fabrication anglaise intéressante à bien des points de vue.
- Comme on peut le remarquer immédiatement par rapport à l’échelle de grandeur que fournit la benne à enlever les terres accrochée au câble, la grue en question est de proportions relativement modestes, et surlout elle est ramassée sur elle-même, ses différents organes sont disposés pour occupera moins de place possible. Elle est d’ailleurs construite de la façon la plus rustique, et l’on y a franchement adopté le principe des palans, pour lui donner une grande force, malgré ses faibles proportions. Elle est montée, par un plateau métallique centrale, sur un soubassement simplement en charpente, et elle peut tourner sur ce plateau (en décrivant un cercle complet) par l’intermédiaire de billes de roulement qui réduisent les frottements au minimum. Ce mouvement de rotation est assuré par une paire de palans hydrauliques à chaînes disposés sur le bras oblique de la grue qui supporte le contrepoids de la berge; les chaînes des palans tournent autour d’un chemin ménagé au pied du mât central de la grue.
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- Si l’on examine ce mât, on y verra le palan à câble qui est mû lui aussi hydrauliquement, et qui assure les mouvements d’abaissement ou de relevée du bras de l’appareil ; une chaîne, qu’on aperçoit flottante, arrête l’abaissement quand il a atteint son maximum. Dans ce dernier cas, la portée du bras par rapport au centre de rotation du système est de lftai,7(), tandis que, dans le cas d'inclinaison mi-nima, elle est de 6 mètres.
- Si nous nous reportons à nouveau à la figure, (pie nous avons empruntée à notre confrère Engi-neer de Londres, nous comprenons aisément comment le moteur hydraulique commandant le relèvement du bras peut aussi à volonté assurer l’élévation de la charge pendue au crochet; cette charge peut atteindre un peu plus de 1500 kg, elle est élevée à une hauteur de 56m,60, et à une allure de 55 mètres à la minute.
- Cette grue, qui sort des grands ateliers de construction dits « Company of Providence » de Leeds, a été imaginée spécia ment pour l’extraction des terres dans le creusement des tunnels, et aussi pour la descente des segments composant les revêtements métalliques de ces tunnels. Cet appareil semble bien compris, et il fonctionne, paraît-il, absolument sans bruit, ce qui a bien aussi son importance. ____________ D. B.
- MACHINE A COURBER LES TUBES
- Notre confrère américain Iron Age, qui est particulièrement bien renseigné au point de vue de tout ce qui concerne l’outillage mécanique, signalait récemment une ingénieuse machine susceptible de courber les tubes, due à M. Henry Coudon. Bien entendu, il s’agit de courbage à froid sans déformation aucune du tube.
- La figure ci-jointe, aidée de quelques explications
- complémentaires, va rapidement faire comprendre le mécanisme de l’appareil. Nous ne dirons rien du bâti; sur la droite, on aperçoit la courroie et la poulie qui, par l’intermédiaire d’engrenages et de pignons, commandent finalement la rotation d’un arbre vertical, sur la partie supérieure duquel est elavetée la matrice qui va donner la courbure au tube. En l’espèce, où il s’agit d’obtenir une courbure en U, cette matrice a la forme d’une demi-poulie à gorge. Ce bloc semi-circulaire est en fer fondu massif, de plus de 7 centimètres d’épaisseur; le diamètre du demi-cercle est de 0m,40. Quand on
- veut traiter un tuyau, on débraye la commande, pour ramener la poulie matrice en arrière, de façon que le commencement de sa courbure se trouve vis-à-vis de la seconde poulie qu’on voit fixée le plus en avant du bâti (poulie qui sert de guide, tandis que l’autre n’a pour but que de soutenir le tuyau). Le bout du tube est alors introduit entre la poulie-guide et la poulie-matrice, et fixé à cette dernière; de sorte que, quand on embraye et fait tourner la matrice, le tube est entraîné et courbé rapidement sans craquelures.
- On fait des poulies-matrices pour les divers formats de tuyaux ; les constructeurs sont également à même de fournir des matrices qui peuvent donner aux’ tubes telle courbure que l’on désire, aussi bien en forme d’L qu’en spirale. L. R.
- LA MISE EN PLACE DES POULIES
- On a souvent l’occasion de monter une poulie dans un évidement ménagé dans une pièce de bois : en pareille circonstance, on se heurte à deux difficultés véritables qui peuvent avoir des conséquences gênantes, dangereuses même. Tout d’abord, il faut assurer à l’axe de la poulie des appuis solides pour
- Grill! iivdraulifiuo pour oxfrarfion dos (orres.
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- sa rotation, ensuite on doit prendre des mesures pour que l’évidement creusé dans la pièce de bois ne diminue pas outre mesure la résistance de cette dernière, qui a une tendance d’autant plus marquée à se rompre que les deux lames bordant l’évidement de chaque côté, sont encore affaiblies par le trou percé pour donner passage à l’axe de la poulie.
- Un inventeur américain a eu l’idée fort originale de créer, pour obvier à ces inconvénients, un châssis métallique de poulie que représente
- une de nos gravures, et qui se monte comme l’indique la ligure 2. Ce châssis alfecte une forme caractéristique dont la section serait à peu près un 0 très allongé o u plutôt un 8 avec évidement central, et il est obtenu par emboutissage d’une tôle d’acier, croyons-nous. C’est comme une sorte de petite cuve dont le fond comporte, du reste, un trou ménagé pour laisser sortir la corde qui est passée sur la poulie; celle-ci, qui est composée, suivant l’habitude américaine, de deux tôles embouties, tourne autour d’un axe rivé par ses deux extrémités aux deux faces du châssis. On perce donc en même temps la poulie et sa coquille (ou son châssis, comme on voudra l’appeler) dans l'évidement taillé à point nommé dans le bois. Le châssis est empêché d’un côté de sortir de cet évi-
- Machine à courber les tubes.
- Mise en place des poulies. -3. Mode de iixation.
- dement par les rebords qu’il présente, et la fixation complète est obtenue par un procédé tout particulier qui fait honneur à l’ingéniosité américaine.
- Une troisième gravure montre fort nettement ce procédé de fixation ; on y voit et l’outil appelé loc-king set, ce petit ciseau à 2 pointes employé à cet usage, et une vue plongeante où l’on aperçoit le ciseau en fonction, et la poulie môme en place, avec un arrachement par où l’on remarque le ciseau soumis au choc d'un marteau. Sous ce choc, les deux
- pointes du ciseau chassent la paroi interne du châssis métallique, et forcent deux ressauts à se
- former qui vont pénétrer dans le bois et rendre le châssis absolument solidaire de la poutre. L'opération se répète à l’autre bout de la coquille, toujours comme l’indique la gravure qui représente en vue plongeante une portion du dispositif avecle ciseau à double pointe. Désormais la poulie est absolument solidaire de la partie où elle est mise en place.
- Nous n’avons pas besoin de dire que ce cadre métallique soutient intérieu rement la pièce de bois au lieu de l’affaiblir, et que les efforts auxquels est soumis l’axe de la poulie se transmettent dans les meilleures conditions à la poutre où est encastré l’appareil de levage. P. de M.
- 1. Châssis métallique pour poulies. — 2. Montage du châssis. — 4. Emploi du ciseau. — 5. Ciseau à deux pointes.
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- DEUMSA»E EXCURSION SCIENTIFIQUE DE “NATURE”
- Biarritz. — Les Salins. Cliché de M. Dillave (App. « Spwu »/.
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- Défilé des guide»
- sur la place de Cauterets.
- A Cauterets. — Paysans bigourdans. Cliché de M. Dillaye (App. «Spido»).
- Le viaduc du Funiculaire.
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- Le lac de Gaube (Effet de brouillard).
- Cliché de M. Dillaye (App. « Spido ’ ).
- Le lac de Gaube (Le brouillard se dissipe).
- Cliché de M. Mortreux 'App. Beliiéui).
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- Cirque de Gavarnie (La grande cascade).
- Cliché de M. Dillaye (App. « Spido »)•
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- En montant au col d’Aspin.
- La Carrière de Marbre de Campan.
- Cliché de M. Méyére (App. Mackensteinj.
- Tarbes.
- Le cloître du Jardin Massey
- Cliché de M11* Dillaye
- (Jum. Carpentier).
- Etalon arabe des haras de Tarbes.
- Cliché de M. Dillaye (App. « Spido »).
- Au col d’Aspin : Vue de la vallée de Campan. Cliché de M. Dillaye (App. « Spido »).
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- Vue prise du port de la Picade : le col de Vénasque et le pic de Sauvegarde. Cliché de 51. Mortrelx (App. Belliéni).
- Le déjeuner i la Fontaine de Pena-Blanca; au fond de la Maladetta, Cliché de M. Dillaye (App. « Spido »).
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- Le cloître
- de Saint-Bertrand de Comminges. Cliché de M. Dillaye (App. « Spido »'
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- Castelnaudary, Le canal du Midi.
- Cliché de M. Mortreux (App. Belliéni).
- Conférence de M. Jourdanne
- sur les remparts de Carcassonne.
- Cliché de M. Fernet (App. Mackenstein).
- Saint-Ferréol. Les grandes eaux.
- Cliché de M11” Dillaye (Jura. Carpentier).
- La cité de Carcassonne.
- Cliché de 51. Mortreux (App. Belliéni).
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- Le Sanatorium de Banyuls-sur-Mer. Enfants jouant sur la plage. Cliché de m. méyère (App. Mackenstein).
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- Perpignan. — La promenade des Platane
- Cliché de II. JIéïère :App. Mackensteln).
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- Ascension du Canigou. • Clichés de Jl. Mortreux (App. Belliéni).
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- LÀ NATURE.
- IA PROPRETÉ CHEZ LES INSECTES
- L’instinct de la propreté se relrouve à des degrés plus ou moins élevés dans toute l'échelle des animaux, mais il n’est peut-être nulle part aussi développé que chez les insectes. Ceux-ci, ainsi qu’il est facile de le constater, ont presque toujours la surface du corps absolument lisse : ce résultat est évidemment obtenu grâce à la carapace de chitine qui les enveloppe et qui, enduite d’un vernis brillant, permet aux poussières de rouler et aux liquides de s’écouler. Mais, en de nombreux points aussi, il y a des toisons de poils, des épines, des enfoncements qui retiennent énergiquement la poussière; celle-ci, si l’insecte n’y prenait garde, ne tarderait pas à s’y accumuler et à gêner singulièrement les mouvements, tout en étant, par ses microbes, une menace continuelle pour la santé. Mais, heureusement pour eux, les insectes sont pourvus d’un riche cabinet de toilette qu’ils portent toujours avec eux à la manière d’une trousse. Celle-ci est surtout représentée par les pattes et les pièces de la bouche qui, suivant leur forme, jouent le rôle de peignes, de brosses ou de râteaux. Certains hyménoptères possèdent même, adapté à la première paire de pattes, un petit appareil auquel on a donné le nom A'étrille et dont la fonction est de brosser les antennes. C’est une encoche semi-cylindrique dont le bord interne forme un peigne à dents très fines, en regard de laquelle il y a une lame aplatie. C’est entre ces deux parties que l’insecte loge son antenne. M. Pérez, qui a constaté lui-même cette manœuvre, dit que l’insecte, ramenant sa patte en arrière, le tarse fléchi sur le tibia, l’antenne glisse de sa base à son haut entre la fossette et la lame tranchante de l’éperon, et ce frottement très immédiat la nettoie.
- Quelle est, chez les Insectes, dans l’œuvre commune, la fonction de chaque paire de pattes? M. le l)r Ballion, qui a fort bien étudié l’instinct de la propreté chez les bêtes, a donné à ce sujet d’intéressants détails.
- Aux membres antérieurs est dévolu un travail long et difficile, le nettoiement des organes buccaux, des palpes, des antennes et des yeux. On ne sait si cette opération consiste en un simple brossage ou si elle nécessite l’emploi d’un liquide servant à un véritable lavage. Le fait est qu’on voit souvent des insectes passer leurs tarses antérieurs dans leur bouche, comme font les chats, avant de les passer sur leur tête. Est-ce uniquement pour nettoyer leurs tarses qu’ils en usent ainsi, ou bien les humectent-ils aussi pour se débarbouiller? Quoi qu’il en soit, ce n’est pas une mince besogne, pour un libellule, par exemple, d’épousseter les mille facettes de ses grands yeux saillants, sans compter les ocelles. 11 faut dire que l’étonnante mobilité de la tète, chez ces névroptères, facilite singulièrement l’opération. Ce n’est pas non plus une petite affaire, pour certains longicornes, de donner un coup de plumeau à leurs antennes, dont la longueur dépasse parfois de beaucoup celle du corps. Ajoutons que les organes buccaux aident les tarses dans les soins à donner aux antennes. Beaucoup d’insectes se lustrent les antennes en se les passant dans la bouche. C’est avec cette première paire de pattes que les hyménoptères font la toilette de leurs larves. M. Forci, les ayant amputées à des fourmis, remarqua que ces insectes ne parvenaient pas, malgré tous leurs etlorts, à nettoyer les larves.
- Les pattes intermédiaires s’emploient peu à la toilette : elles servent principalement à tenir le corps en équilibre pendant la station, et cela, de concert avec une autre
- paire de membres; car il n’v a habituellement que deux pattes qui travaillent à la fois à la toilette.
- Les pattes postérieures sont très utiles pour le nettoyage des ailes et de l’abdomen. Ces régions, vu leur importance, réclament des soins assidus. Les pattes postérieures, par leur longueur relative, par l’étendue et la facilité de leurs mouvements, enfin par les différents appendices soyeux ou cornés dont elles sont hérissées, s’acquittent à merveille de ces délicates fonctions. Les cuisses, appliquées contre la face inférieure du ventre, contribuent par leurs mouvements de va-et-vient à nettoyer cette région et à la débarrasser des mites qui l’infestent si souvent. Les jambes et les tarses, se relevant et contournant l’abdomen, brossent la face supérieure et les faces latérales de cette région, ainsi que les ailes. Les Criquets et les Grillons nettoient les appendices velus de leur abdomen en les bottant entre les épines qui garnissent l’extrémité des pattes postérieures.
- La mouche domestique est facile à observer. Commençant par les membres antérieurs dont elle frotte d’abord les tarses l’un contre l’autre, elle se brosse la tète dans tous les sens. Puis, relevant son abdomen, elle fait la même opération à ses tarses postérieurs et procède ensuite à la toilette des ailes. Le hasard a fait découvrir à M. Ballion un moyen commode d’observer tout à loisir ces manœuvres. On prend un diptère de grande taille, le Taon des bœufs, par exemple, et on lui arrache la tête. L’insecte décapité se met incontinent à sa toilette. (( Dans mes courses à cheval, l’été, dit M. Ballion, quand j’avais capturé un de ces fatigants Tabaniens, je m’en débarrassais proprement de cette façon, ün jour, au lieu de le jeter au loin, je plaçais un Taon, ainsi mutilé, sur le dos de ma main. L’insecte resta immobile quelques secondes. Puis, à ma grande surprise, après avoir par un geste habituel porté ses pattes antérieures vers la tète absente et les avoir frottées vivement l’une contre l’autre, ce qui, assurément, n’était pas un signe de réjouissance, il se mit à brosser son abdomen et à lisser ses ailes avec ses pattes postérieures. Sous la pression douce de ces membres, l’abdomen s’abaissait et son extrémité se recourbait en dessous; et les ailes, lissées sur leurs deux faces, subissaient par moments un brusque changement de position, en vertu duquel leur face supérieure devenait externe. De temps en temps, ces pattes postérieures se brossaient elles-mêmes l’une l’autre. Bref, je pris goût à ce spectacle bizarre, et, pour en jouir plus longtemps, j’emportai ma victime dans mon cabinet de travail, où elle vécut un jour entier occupée jusqu’à la fin à son ingrate besogne. »
- Les pattes sont à leur tour nettoyées par les mandibules. r Henri Coupin.
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- A PROPOS DO PRINCIPE D’ARCHIMÈDE
- Tout le monde connaît l’existence de ce fameux principe d’hydrostatique qu’Archimède découvrit un jour dans son bain, et qui lui donna la clef du problème que lui avait proposé le tyran de Syracuse.
- On sait qu’en vertu de ce principe tout corps plongé dans un fluide (liquide ou gaz) subit de la part de ce fluide une poussée verticale dirigée de bas en haut et égale au poids du fluide déplacé. La démonstration expérimentale de ce fait est bien connue et facile à faire dans le cas des liquides. On a coutume, pour montrer que le principe d’Archimède s’applique aussi aux gaz, de se ser-
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- LA NATURE.
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- vir d’un petit instrument appelé baroscope; mais ce n’est là qu’une expérience de vérification indirecte qui montre la différence de deux poussées, et la théorie du baroscope est loin d’être simple.
- Nous voudrions indiquer ici qu’il est possible, comme on le fait déjà dans quelques cours1, de prouver directement le principe d’Archimède dans le cas des gaz, en calquant pour ainsi dire l’expérience que l’on fait habituellement avec les liquides :
- Sous l'un des plateaux d’une balance hydrostatique on suspend, l’un au-dessous de l’autre, deux ballons de verre de même volume (ou sensiblement, le ballon supérieur
- Appareil pour la déinoiislratioii du principe cl Archimède’ avec le gaz.
- étant plutôt d'une capacité un peu plus grande que celle du ballon inférieur). Le ballon supérieur est ouvert; le ballon inférieur est fermé et plongé dans un large et profond cristallisoir plein d’air. On fait la tare en metlant dans le deuxième plateau de la balance des poids convenables.
- Les choses étant ainsi réglées, si l’on vient à remplacer l’air que contient le cristallisoir par un gaz plus lourd, tel que le gaz carbonique, on voit le fléau de la balance s’incliner du côté de la tare, ce qui démontre bien l’existence d’une poussée. Si alors, à l’aide d’un tube abducteur amené à l’orifice du ballon supérieur, on remplit à son tour ce ballon de gaz carbonique, l’équilibre se rétablit, absolument comme lorsqu’on opère avec un liquide.
- L’expérience est plus facile à réaliser avec le chlore, qui est plus lourd que le gaz carbonique ; de plus, grâce à la couleur du chlore, qui permet à tous les spectateurs de bien suivre les diverses phases de l’expérience, celle-ci paraîtra peut-être encore plus concluante.
- J. Derôme.
- Licencié ès sciences.
- LES POUDRERIES INDIGÈNES DE L’ALGÉRIE
- Dans une intéressante étude que publie le commandant Monségur dans la Revue de Géographie, nous trouvons une description curieuse des fabriques de poudre installées sur de modestes proportions par les indigènes de
- 1 Si nos renseignements sont exacts, la première idée de cette expérience est duc à M. Métrai, professeur de l’Uni-versilé.
- notre colonie algérienne. 11 faut rappeler, pour expliquer la création de ces poudreries primitives, que le commerce des armes et de la poudre est interdit en Algérie; cela n’empêche point que l’on introduise en contrebande par l’extrême sud de grandes quantités d’armes à feu, de capsules et de poudre. Mais comme c’est là un trafic fort périlleux, il s’est créé toute une industrie indigène pour répondre aux besoins du consommateur. On s’est remis à adopter franchement les fusils à silex, qui n’ont pas besoin de capsules, et que fabriquent des armuriers clandestins. Les balles, tout le monde peut en couler; quant à la poudre, elle sort des poudreries indigènes en question sous la foi’me d’un produit grossier à grains inégaux, donnant beaucoup de résidus, mais qui suffit néanmoins.
- Pour fabriquer la poudre il faut, rappelons-le d’un mot, du soufre, du charbon et du salpêtre. Rien de plus facile que de se procurer du soufre dans le commerce ; le charbon, on le prépare aisément et en recourant au bois de laurier-rose. La grande difficulté résidait dans l’extraction du salpêtre, et c’est là que l’ingéniosité des indigènes s’est donné libre carrière. Dans la berge d’une rivière ou dans un talus de quelque deux mètres de haut, et à pic, ils pratiquent un trou hémisphérique de 80 centimètres à 1 mètre de rayon, puis au-dessous, à une certaine distance, ils creusent une autre cavité qui est séparée de la première par une couche assez résistante, et qui présente un orifice au pied du talus. Toutefois, les deux cavités communiquent par un trou pratiqué au fond de la cavité supérieure; il est constamment recouvert d’une pierre qui laissera passer l’eau en formant une espèce de filtre, mais il peut être bouché hermétiquement à volonté avec un chiffon. Quand il est obturé de la sorte, on remplit à moitié la cavité supérieure (qui est plâtrée intérieurement) avec des plâtras que les indigènes vont chercher dans les ruines, notamment d’origine romaine ; puis ils font à peu près le plein avec de l’eau. Ils agitent ensuite le tout à l’aide d’un bâton, et, quand ils jugent que les plâtras sont suffisamment délayés, ils débouchent le trou de communication, en soulevant, comme de juste, la pierre qui le recouvre. Ils recueillent alors le liquide qui s’échappe dans une jarre placée dans la seconde cavité. Naturellement, le liquide en question contient en dissolution tout le salpêtre que renfermaient les plâtras, et si on le fait évaporer en l’exposant au soleil dans de grands bassins peu profonds, il se déposera assez rapidement des cristaux plus ou moins impurs d’azotate de potasse, qui formeront l’élément principal de la poudre désirée.
- La fabrication même de celle-ci se fait suivant des proportions de soufre, de charbon et de salpêtre quelque peu variables dans chaque petit atelier. Le mélange est légèrement humecté, puis trituré dans une auge en bois à l’aide d’un pilon de même matière, jusqu’à ce qu’il soit parfaitement homogène. On obtient ainsi une pâte dont on forme des galettes plus ou moins épaisses, et quand elles ont bien séché au soleil, on les broie dans des auges, ce qui donne finalement une poudre grossière. Bien entendu, ces poudreries rudimentaires n’ont qu’une fabrication minime, mais elles sont innombrables; dans le cercle de Biskra, en particulier, on trouve par centaines, le long des rives de l’oued Djedbi ou de ses affluents, les installations destinées à extraire le salpêtre. Les indigènes recherchent plutôt pour ces installations les endroits peu fréquentés, mais ils sont sûrs de la complicité de leurs coreligionnaires ét souvent même des chefs arabes. D. D.
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- LA NATURE.
- BRÛLEUR A INCANDESCENCE PAR LE GAZ
- SYSTÈME SAINT-PAUL
- Les brûleurs à incandescence par le gaz, qui se sont d’abord propagés rapidement pour les usages particuliers, sont employés depuis quelques années avec avantage pour l’éclairage des voies publiques, et se répandent de plus en [dus en France, tant à Paris que dans un certain nombre de villes importantes.
- Ce résultat tient surtout aux perfectionnements successifs qui ont été apportés aux appareils eux-mèmes aussi bien qu’au mode d’allumage des lanternes pourvues de ces appareils.
- Parmi les systèmes qui attirent aujourd’hui l’attention nous signalerons le brûleur inventé par M. Saint-Paul, en 1897, qui l'a fait construire sous sa direction dans l'atelier de régie de la première section du service municipal. Ce brûleur est quant à présent appliqué exclusivement par la ville de Paris à laquelle M. Saint-Paul a fait hommage de ce système breveté.
- Les figures, jointes à la description sommaire que nous allons en donner, représentent en coupe verticale et en élévation cet appareil, et permettent de se rendre compte de sa disposition et de son fonctionnement.
- Son principe essentiel consiste à chauffer préalablement le gaz, qui se mélange ensuite à l’air, pour l’alimentation du Bunsen. M. Saint-Paul a reconnu, à la suite d’expériences probantes, qu’un jet de gaz porté à une température convenable avant son arrivée au brûleur Bunsen détermine un entraînement [dus actif de l’air, et un mouvement moléculaire qui favorise puissamment le mélange intime de la masse gazeuse, en produisant pour un même débit horaire une flamme d’une énergie calorifique plus considérable.
- L’échaufï’ement de l’air est obtenu au moyen d’une petite couronne C concentrique au tube adducteur A du gaz, laquelle couronne est placée dans une enveloppe cylindrique D percée de trous qui donnent issue aux produits de la combustion de petits jets de gaz brûlant en veilleuse. Cette veilleuse maintient à la température voulue le disque ou galet métallique E dans lequel le gaz s’échauffe à son passage. L’air nécessaire à l’alimentation de la couronne de chauffage C pénètre par des orifices pratiqués en B dans le
- dessous du cylindre 1). Le jet de gaz chauffé s’échappe de l'éjectcur E placé à la base du tube bi-tronconique dont le pourtour est percé d’orifices 11 par lesquels afflue l’air extérieur entraîné par la vitesse d’écoulement du gaz; le mélange s’effectuant alors dans le canal vertical 1 devient complètement homogène, et arrive au sommet du mélangeur oîi il s'enflamme comme dans un Bunsen ordinaire, en portant à l’incandescence le manchon Auer placé au-dessus de ce Bunsen.
- Des expériences, récemment faites par M. Saint-Paul sur le rendement thermique de cet appareil, ont démontré que pour un débit horaire de 550 litres, sous une pression de 140 millimètres, la flamme atteint une température de 1766 degrés, mesurés au moyen d’un pyromètre Le Chàtelier relié à un galvanomètre périodique De-prez et d’Arsonval.
- On conçoit qu’une pareille élévation de température produise une incandescence dont l’éclat dépasse ce qu’on avait pu obtenir jusqu'à présent.
- Les qualités caractéristiques de ce brûleur résultent par conséquent de cette haute température de la flamme, ainsi que de l’homogénéité du mélange gazeux et de la m o d i fi c a t i o n moléculaire que produit réchauffement préalable du gaz dans le voisinage immédiat de l’éjecteur.
- Les brûleurs de ce système, groupés par deux, trois, cinq, etc., sont déjà répandus au nombre de [tins de cinq cents à Paris; on en voit, notamment, sur la balustrade de l’Hôtel de Ville, du côté de la rue de Rivoli, des spécimens remarquables, composés de trois manchons, d’un 3ébit de 750 litres, et d’un pouvoir éclairant de 50 carcels.
- Des essais effectués au laboratoire municipal de la vérification du gaz de Paris, sur un brûleur Saint-Paul à un seul manchon, ont donné les résultats suivants :
- Consommation Intensité Pression Dépense de gaz
- de gaz par heure lumineuse d'écoulement en litres par
- veilleuse horizontale eu en milli- carcel-heure veil-
- comprise (15 lit.). carcels. mètres d'eau. leuse comprise.
- 297 litres. 20% 7 7 70““ 14520
- 550 — 24e,55 70mm 14527
- 500 — 57e,20 150““ 13550
- 573 — 59e, 00 -197mm 9570
- Ce nouveau type de brûleur à incandescence mérite donc d’être signalé aux intéressés! G. Jouanne.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- Bec à incandescence.
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- LA NATURE.
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- JUPITER EN 1899
- Remarques générales. — Les observations ont été laites à l’aide d’un instrument de 95 millimètres construit par Molteni ; objectifs de Lardon grossissant de 175 à 255 fois ; le grossissement que j'ai employé de préférence est le 180. J’ai observé surtout dans les environs de l’opposition. J’ai pris un nombre considérable de dessins et je reproduis ici les plus intéressants. Ces dessins permettent de juger des changements de colorations et de configurations si fréquents sur Jupiter. J’espère que ces observations seront profitables à l’astronomie et à ses adeptes.
- Observations. — Le 22 janvier 18h50. — Image très nette. Calotte boréale plus foncée que la calotte australe dans la partie centrale surtout. La région équatoriale est grisâtre. La bande équatoriale — a très foncée, a un peu une couleur terre de Sienne avec en 1 un petit point noir. La bande -j- y. moins foncée est plus rougeâtre avec une petite tache très noire en 2. Entre les deux une toute petite bande a.
- -4- p est bien visible et assez sombre (lig. 5).
- Le 22 avril à 9h50. — Image assez nette. Calotte boréale plus blanche "que calotte australe. La zone intermédiaire entre les deux bandes équatoriales est
- 4_ Le22 Avril àtlh3o
- 8_Le 4- Mai à 9^45
- 12_Le 11 Mai à 111145
- La planète Jupiter en 1899.
- foncée vers le bord est; vers le bord ouest M. Céo Mundler, mon collaborateur, remarque qu’elle est très rosée. La bande — a est très grosse vers le bord est, puis vers le centre prend la forme d’un entonnoir. Là sans doute est la tache rouge ; la bande s’amincit vers l’ouest. Elle est de couleur brune très foncée; puis au-dessus, à partir de la dépression, une autre bande au nord (image renversée) est presque imperceptible ; elle n’est visible que du centre à l’ouest. La bande nord -f- a est très droite et d’épaisseur constante; elle est ininterrompue (fig. 5).
- Le 22 avril à 11h 50. — La tache rouge est disparue; maintenant je vois — a très épais et on pense le dédoubler à l’est., tout en voyant un espace gris entre les deux, et un peu au sud on voit une
- petite bande très rapprochée; l’intervalle entre — a et — B est très blanc et je remarque pour la seconde fois que le rebord sud de — a est très blanc; au nord H- a est très large mais ne me semble double que dans l’est----------h (3 assez rappro-
- ché est bien visible; les calottes sont très grises surtout la nord.
- Sur -bal est très noir. Les deux bandes équatoriales sont raccordées par deux bandes transversales dont une est inclinée du sud-est vers le nord-ouest et l’autre du sud au nord. Il y a à l’ouest de cette dernière barre un grand espace blanc, et de 1 sur la bande -t- a se détache une petite langue grisâtre (fig. 4).
- Le 26 avril à 9h 45. — Image assez nette. Pôles très foncés ; pôle Sud verdâtre ; pôle Nord très sombre.
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- 70
- LA NATURE.
- plus sombre que le pôle Sud. La bande -h a est très large et très grise, mais elle n’est pas dédoublable; on y remarque vers le centre plusieurs points noirs; deux en toute sûreté, avec des interruptions à cet endroit dans la bande.
- -)- p est bien visible au nord et est plus large que — p mais n’est pas régulière; — est la bande de beaucoup la plus large, elle est très brune et on y remarque trois points noirs, la bande doit être interrompue à cet endroit, mais les trois points sont réunis par espaces gris. On ne peut dédoubler celte bande. — est bien visible, mais est très line. Entre les deux bandes de l'équateur s’étend une région gris rosé; pas de détails visibles; l’observation des plus difficile de a n’est pas très sûre (fig. 5).
- Le 2 mai à 9h45 du soir. —Image admirablement nette. La bande H-a n’est pas régulière, elle présente en certains endroits des rendements et à d'autres des dépressions; elle est très foncée et très large et forme un vif contraste avec la bande-f- [3 qui est très mince et d’une couleur brun très clair. La bande — a est nettement double dans toute son étendue; on voit sur la tranche inférieure une petite tache noire. La bande — (3 est très faible; par contre on aperçoit très nettement une bande — a près du pôle Sud ; le pôle Nord est de beaucoup le plus foncé (fig. 6).
- Le o mai à 14 heures. — Image splendide. L’aspect de Jupiter est des plus curieux ; contraiicmentà ce qui se passait hier le [tôle Sud est plus foncé que le pôle Nord: la bande, —[3 est très belle dans sa simplicité ainsi que la bande a; de la bande -4- a il n’y a rien à dire si ce n'est qu'elle est très large; mais l’aspect le plus remarquable est celui de la bande— a; à l'ouest se détache un arc de cercle qui enserre une partie de la surface de Jupiter blanche comme la neige; l’espace compris entre 4- et — a est très sombre (fig. 7).
- Le 4 mai à 9h 45. — Pôle Sud très foncé. Bande — (3 b:en visible et ne présentant rien de particulier; la bande — a a l’aspect ordinaire ; à l’ouest on voit la dépression où doit se trouver la tache rouge; 4- a est également, très large et très foncée; cl est-ce un cllét d’optique? elle présente une dépression absolument symétrique à celle de — a; on y voit une petite tache ronde et noire, dans la région intermédiaire très grise on distingue a (fig. 8).
- Le 5 mai à 9h45. — Rien de bien intéressant le pôle Nord est très foncé; par contre la zone équatoriale est très blanche; la bande H- a est très large et très irrégulière; la bande — a est nettement double et a ses deux composantes rectilignes ; la bande — (3 est fort bien visible (fig. 9).
- Le 6 mai à 9 heures. — L’observation ne présente aucun intérêt ; -h et — [3 bien visibles ; a très brune et très large; 4- a nettement double dans toute son étendue (fig. 10).
- Le 9 mai à 11 heures. — Des bandes 4- et — (3 rien à dire; elles ont toujours le même aspect; la bande 4- a est bien faible et bien pâle; on la distingue avec beaucoup de peine; il y a au nord de celle bande une
- nouvelle bande que je n’avais pa£ encore aperçue et que je désigne sous le nom de 4- y : la bande
- — a est très large et très épaisse, elle présente près de son milieu un cap très prononcé qui s’avance sur le disque de Jupiter (fig. 11).
- Le 17 mai à 11 heures. — Image bizarre ; je n’ai jamais vu autant de bandes sur Jupiter ; elles sont toutes très faibles excepté — a et ne présentent rien de re-marqualde; il est très difficile de les observer. Ce sont du nord au sud 4-y 4-(3-ha — a — (3 — y
- — o; le spectacle est très beau dans la lunette
- (fig. 12). Lcciex Libeiit.
- Observateur au Havre.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance annuelle publique «lu 18 déc. 1899.
- CONCOLT.S DE I,’ANNEE 1899 Présidence de M. Van Tieghem.
- M. le Président prononce le discours traditionnel. Après avoir rappelé bri -vernent l’impulsion constante donnée aux travaux scientifiques par 1 Académie, depuis sa fondation, M. Van Tieghetn esquisse en quelques traits les progrès accomplis dans chacune des difiérenles branches de la science au cours des deux ou trois dernières années écoulées.
- Au sujet de la géométrie, il mentionne les perfectionnements des connaissances relatives à la déformation des surfaces, aux surfaces à courbures constantes; au sujet de l'analyse il signale l’étude des fonctions définies par les équations ditlérentielles.
- Au sujet de l’astronomie, il rappelle la publication des premières feuilles de la carte photographique du ciel et de l'atlas photographique de la lune.
- Plus loin, il iv marque que la rhysiqne nous a dotés de la télégraphie sans fil, le jour où l'illustre Hertz a établi que l’éleeti icité se propage à distance par voie de vibrations à la façon de la chaleur etde la lumière; puis il décrit les résultats déjà tirés du principe posé par llert/. M. Van Tieghem relate ensuite les pcrfectionnemenlsréalisés dans la production et le tranqioit de l'énergie électrique et les améliorations dans la construction des machines à vapeur au moyen desquelles les perfectionnements en question ont pu être obtenus.
- Apres quelques m >ts consacrés aux recherches théoriques sur la locomotion automobile, l'orateur mentionne les applications des rayons X; il ajoute :
- « A coté de ces rayons, d’aulres, encore plus mystérieux, ont pris place djnsl.i science. Ils sont dégagés d'une façon continue par l’urantuin, et aussi par d’aulres corps simples que l’on a découverts précisément par celle singulière propriété et dont on conn ut déjà tr ois : le radium, le polonium, le troisième n’est pas encore nommé. »
- Parlant de la chimie, il dit:
- « Maniant facilement, grâce au four électrique, les températures les plus élevées jusqu’au delà de 5500°, elle a reproduit le diamant, étudié les carbures métalliques et obtenu à l'état de pureté les métaux réfractaires, en dernier lieu l'uranium, type des métaux radiants. Sachant aussi, d’autre part, obtenir les températures les plus basses et jusqu'à — 251°, c’esl-à-dire jusqu’à 10° au-dessus du zéro absolu, non seulement elle ft liquéfié l’air, qui aujourd’hui se manie aisément à l’état liquide dans tous les laboratoires, mais encore liquéfié,
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- LA NATURE.
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- puis solidifié l’hydrogcne, faisant ainsi disparaître de la langue scientifique le mot de gaz permanent. »
- Plus loin traitant de biologie animale, il rappelle qu’elle a éclairé le mode de formation des vraies perles en montrant quelles se forment dans l’huître perlière à la suite de la piqûre locale d’un parasite, qu’elles sont le résultat d’une sorte de maladie contagieuse de l’huître.
- M. Van Tieghetn a laissé pour la fin de son discours la botanique. Maître dans celte branche de la science, il s’attache surtout à mettre en évidence les faits d’ordre pratique auxquels se rattachent les récents travaux des botanistes.
- La Paléobotanique a repris avec succès l'étude, inaugurée il y a vingt ans, mais longtemps délaissée, du rôle qu ont joué dès les temps les plus anciens, notamment dans la formation de la houille, les petites Algues incolores de la famille des Bactériacées. Elle a achevé ainsi de démontrer que le rôle de ces plantes dans la fermentation et dans la destruction de la matière organisée avait pris déjà, dans ces âges si reculés, toute l’importance que nous lui connaissons aujourd’hui.
- Celles qui vivent et pullulent dans la terre arable, la fertilisant si elles y fixent l’azote de l’air et si elles oxydent l’azote pour faire de l’acide nitrique, la stérilisant, au contraire, si elles décomposent l’acide nitrique pour en dégager et en perdre l’azote, préoccupent chaque jour davantage les agronomes, qui en poursuivent activement la difficile élude. Celles qui se développent dans le fumier de ferme le transforment peu à peu et lui donnent enfin ses propriétés fertilisantes. Aussi, en s’appliquant à régler la marche du phénomène, est-on parvenu à améliorer beaucoup la préparation du fumier, à éviter notamment les grandes pertes d’azote qu’on y déplorait naguère.
- On sait, d’autre part, depuis les beaux travaux de notre grand Pasteur, que la plupart des maladies de l’homme et des animaux domestiques sont de même provoquées par le développement dans le corps de certaines Bacté-riacécs parasites. La connaissance approfondie des propriétés spécifiques de ces plantes a conduit déjà à prévenir ou à guérir quelques-unes de ces maladies et il est permis d’espérer que de nouveaux efforts réussiront peu à peu a les vaincre toutes. Aussi voyons-nous, dans le monde entier, toute une légion de travailleurs s’engager résolument dans celte voie difficile, mais féconde en bienfaisantes découvertes. Bornons-nous à inscrire ici les deux résultats les plus récemment obtenus dans cette direction.
- I) une part, on s’est appliqué à résoudre le problème très compliqué de la [(réservation et de l’immunité. Tout d abord on a été amené à attribuer aux leucocytes le rôle prépondérant dans ce phénomène. Tantôt ils agissent directement en détruisant, en digérant le corps même des Bactériacées, ils sont phagocytes, il y a phagocytose, comme on dit. Tantôt ils fonctionnent indirectement, en sécrétant des substances capables de combattre l’action des toxines produites par les Bactériacées, des antitoxines, comme on les appelle. Plus tard, le rôle si actif joué par les leucocytes dans la défense de l’organisme a été reconnu appartenir aussi à d’autres cellules, notamment à celles qui revêtent la paroi interne des vaisseaux.
- M. Van Tieghem termine son discours par un résumé rapide de 1 œuvre des savants disparus dans l’année que l’Académie s’était attachés. Ce sont MM. Naudin de la section de botanique, Friedel de la section de chimie, les associés étrangers Frankland de Londres, Bunsen de Heidelberg et les correspondants étrangers Richards de Londres, Wiedemann de Leipzig, Marsh de New-llaven, Flûwei de Londres, Rigg'enb'nch dTflt’en.
- 11 est ensuite procédé à la proclamation des récompenses dans l’ordre suivant :
- Sciences mathématiques. — Prix Bordin : Prix de 1898 reporté à 1899 : Non décerné. Une mention très honorable à M. Jules Drach. •— Prix Francœur : Feu M. Le Cordier. Une mention très honorable à M. Le Roy. — Prix Poncelet : M. Cosserat. — Prix extraordinaire de six mille francs : Un prix de deux mille francs est décerné à M. le Comd‘ Baills; un prix de deux mille francs à MM. Charbonnier et Galy Aché; un prix de deux mille francs à M. E. Perrin.
- Mécanique. — Prix Montyon : M. Partiot. — Prix Plu-mey : M. Bonjour. — Prix Fourneyron : M. Auguste Râteau. — Prix Lalande : M. Brooks. — Prix Valz : M. Nvrén.
- Physique. — Prix La Caze : M. Blondlot.
- Statistique. — Ihix Montyon : Partagé entre l’Office central des Œuvres de bienfaisance et MM. Dumesnil et Mangenot. Rappel de prix à M. Turquan. Une mention honorable à M. de Beaumont. — Prix Jecker : M. Maurice Hanriot. — Prix Wilde : M. le D1' Zeeman.
- Chimie. — Prix La Caze : M. Engel. — Prix Delesse : M. Kilian. — Prix Fontanne : M. Ilaug. — Prix Desrna-zières : M. l’abbé Hue. — Prix Montagne : Un prix à M. Jules Cardot; un prix au frère lléribaud (Joseph). — Prix lliore : Prix partagé entre MM. Parmentier et Bouilhac. — Grand Prix des sciences physiques : Non décerné. — Prix Bordin : M. Armand Viré. — Prix Savi-gny : M. Guillaume Grandidier.
- Médecine et chirurgie. — Prix Montyon : Un prix à MM. Nocard et Leclainche. Un prix à M. Mayetj un autre prix à M. Marfan. Des mentions à MM. Lejars, Fournier, Garnier. Des citations à MM. Guillemonat, Labbé. — Prix Barbier : Prix partagé entre MM. lloudas et Joanin, M. Louis Lapicque et MM. Schlagdenhautlcn et Reeb. — Prix Bréant : Un prix à M. Vaillard. Un prix à MM. Cour-mont et Doyon. Des mentions à MM. Besnoit et Cuillé et à M. de Brun. — Prix Godard : M. Pasteau. — Prix Serres : M. Louis Ri>ule. Des mentions à MM. Caullery et Mesnil et à M. Beard. — Prix Chaussier : M. Charrin. — Prix Bellion : M. Cestan et MM. Crespin et Sergent. — Prix Mège : MM. Terrier et Baudoin. — Prix Lallemand : Non décerné. Une mention honorable à M. Pierre Janet. — Prix du baron Larrey : MM. Arnaud et Lafeuille.
- Physiologie expérimentale. — Prix Montyon: M. Le Hello. Une mention à M. Quinlon.
- Physiologie. — Prix La Caze : M. Morat. — Prix Pourat : MM. Weiss et Carvalho. —- Prix Philipeaux : Non décerné. — Prix Gay : M. Vayssière. — Médaille Ara go : La médaille Arago a été décernée à Sir George-Gabriel Stokes.
- Arts insalubres. — Prix Montyon : M. Et Collin. Une mention à M. Paul Razous. — Prix Trémont : M. Louis Ducos de Hauron. — Prix Gegner : Feu M. Vaschy.
- Sciences mathématiques. — Prix Petit d’Ormov : M. Moutard.
- Scicîices nùturelles. — Prix Petit d’Ormoy : M. Alfred Giard. — Prix Tchihatchef : M. Verbeek. — Prix Gaston Planté : M. Maurice Leblanc. — Prix Cahours : M. René Metzner. Prix Saintour : M. Lecaillon. — Prix Jean-Jacques Berger : Institut Pasteur. — Prix Laplace : M. Siegler. — Prix Rivot : MM. Siegler, Heurteau, Aron. Becquerel.
- Enfin il est donné lecture de la Notice de M. Joseph Bertrand sur la vie et les travaux de M. Félix Tisserand.
- ___, A . Lu. DE VlLLEtfETJTL.
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- LA NATI UE
- LES MANSARDES DE \\. \. FERRET
- Dans les grandes villes, l'étage supérieur des maisons est surtout omi|>é par la population ouvrière, et la mansarde telle qu’elle est conçue ordinairement est peu laite pour donner le moindre confortable à l'habitant qui la déserte le pins possible et lui préfère le cabaret. Un philanthrope, M. A. Kerrel, s’est proposé d’améliorer cette partie de nos immeubles : au lieu de la chambre aux murs nus blanchis à la chaux, éclairée par une tabatière1 laissant passer peu de lumière, mais joignant fort mal et laissant filtrer l’air froid du dehors, il a réussi à faire dans quelques maisons du centre de Paris des chambres coquettes, recevant largement la lumière par une
- Fig. 1. — Aménagement des mansardes.
- Eh carlouclie type ancien et type nouveau.
- cuisine qui permet plus de propreté dans la pièce.
- Si l’on veut faire des frais un peu plus importants, on peut agrandir la pièce en gagnant d’abord sur l’épaisseur du plancher qui remplacera le carrelage. Pour cela on enlève la couche de plâtre qui recouvre les solives et on fixe des tasseaux à l’intérieur des chevrons à environ 5 centimètres de leur bord inférieur, puis on coule du plâtre liquide qui forme enduit et on le recouvre d’un plancher. En outre on gagne sur la partie inclinée en la remplaçant (fig. 2) par une partie cintrée un peu en forme de dème, ce qui n’entraîne pas une dépense bien considérable et donne à l’ensemble de l’immeuble un aspect tout aussi élégant sinon plus. Si l’on peut réunir deux mansardes ainsi aménagées on arrive à en faire un véritable petit appartement où la famille se retrouve le soir avec plaisir ; quelle se plaît à orner de son mieux, à rendre confortable et sain.
- sorte1 de petite véranda bien close. S’il s’agit de faire très pende frais, il fixe simplement des poteaux sur le rebord de la baie et les assujettit à la charpente par des traverses fixées solidement. Les cotés sont garnis de cadres fixes vitrés et le milieu d’une fenêtre a deux vantaux (fig. I).
- Par celte disposition le jour arrive de face et de biais et on a un éclairage beaucoup plus considérable. Au lieu de murs blanchis ou tapissés, une bonne peinture avec imitation de panneaux donne un aspect plus agréable; la soupente est fermée par un châssis vertical et forme un coin pour le débarras; en outre, une armoire ménagée, avec un trou d’air, dans l’épaisseur du mur, contient un petit réchaud et forme une sorte de petite
- Fig. • Agrandissement îles mansardes, pur l'emploi des cintres.
- Nous avons pu voir dans des maisons déjà anciennes des transformations ainsi opérées à litre d’essai par M. Ferret; il a pu se rendre compte de l’efficacité de ce mode de construction au point de vue humanitaire, hygiénique et même économique ; car la location de ces nouvelles mansardes est toujours assurée, il n’y en a jamais de vacante et cela suffirait pour permettre, malgré la dépense plus élevée de leur établissement, de ne pas en augmenter le prix; ainsi tout le monde y trouve son compte. L’expérience paraît concluante et mérite d’être encouragée par les pouvoirs publics. La ville de Paris qui a mis dernièrement au concours les façades dans un but de coquetterie, pourrait faire de même pour les mansardes dans un but humanitaire. G. M.
- Le Gérant : P. Masson. Paris. — Imprimerie Laiiit.e, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1588.
- 50 DÉCEMBRE 1899.
- LA NATURK.
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- LA PHOTOTHÉRAPIE
- Au mois de juillet 1895, un jeune médecin danois, 1 naître un traitement de la variole assez curieux. Le prosecteur à la l'acuité de Copenhague, faisait con- | Dr ISiels Finsen isolait en effet ses malades dans
- Fig. 1. — Traitement par la lumière solaire.
- une chambre où la lumière était tamisée par des verres ou des étoiles rouges. C’était un véritable cabinet photographique où ne pénétrait aucun rayon lumineux chimique. Sous l’influence de cet isolement particulier, l’auteur estimait que les pustules varioliques suppuraient moins et, la guérison survenue, les cicatrices étaient milles ou très peu marquées, précieux avantage pour qui connaît les effroyables stigmates que laisse bien souvent la petite vérole.'
- La méthode de traitement était originale ; mais le Dr Finsen avait eu des précurseurs qui avaient tout simplement placé leurs malades dans l’obscurité la plus complète trouvant que l’ab-sence de tout rayon solaire favorisait singulièrement la terminaison heureuse et sans marques de la maladie. Black, à Ches-terfield, l’employait dès 1867 et Gallavardin de Lyon en avait obtenu de bons résultats. Chose plus 28e année. — 1er semestre.
- curieuse, au siècle dernier, un médecin de Montpellier se souvenait avoir vu dans son enfance les jeunes enfants atteints de petite vérole enveloppés dans des draps écarlates, et cette pratique du vieux temps semble empruntée à une époque plus reculée, puisqu’au Japon et au Tonkin, des médecins ont signalé la coutume de reléguer les sujets atteints de cette maladie dans des réduits obscurs, souvent tendus d’étoffes rouges.
- Pour n’être pas nouveau, le traitement de Finsen n’en était pas moins original et facile à appliquer. Cependant en dehors de quelques médecins qui l’ont essayé dans leur service, Juhel-Rénoy, Œttinger, il n’a pas obtenu grand succès, et à Paris ou en province nous ne croyons pas qu’on l’applique d’une façon systématique.
- Ce traitement était cependant déduit d’une idée juste et à laquelle on n’avait pas trop fait attention
- Fig. 2. — Lentille pour concentrer les rayons solaires.
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- LA NATURE.
- avant Finsen. La Lumière agit sur les téguments (l’une façon énergique et d’autant plus énergique que le foyer lumineux est plus intense et les rayons plus concentrés. Courez la campagne un beau jour d’été, vous aurez facilement, si vous n'y prenez garde, un bon coup de soleil, comme on dit vulgairement. Faites une ascension alpestre, cheminez snr des glaciers et si vous n’avez pas la précaution de garantir la face et la nuque par un voile, vous aurez un érythème solaire des plus désagréables, quelquefois des plus douloureux.
- Pendant longtemps on a attribué à la simple action calorifique des rayons solaires la production de cet érythème, de cette sotte d’eczéma. En 1859, Charcot le premier, pensa que cette irritation cutanée était causée non par les rayons calorifiques, mais par les rayons chimiques.
- Cette hypothèse fort importante fut démontrée expérimentalement vingt ans plus tard par Widmark
- Fig. 5. — Schéma de l’appareil pour lumière électrique.
- de Stockholm et vérifiée depuis cette époque par un grand nombre d’observateurs de tous pays, et des plus autorisés, Unna, Hammer, etc.... L’emploi de plus en plus répandu de l’électricité est venu du reste montrer que l’action de cette lumière est identique à celle de la lumière solaire, et souvent bien plus énergique. Maklakow et le I)r Pefontaine avaient noté les dangereux effets produits sur les téguments des ouvriers exposés à une lumière électrique intense telle que dans la soudure électrique des métaux ; la plupart présentaient avec une conjonctivite catarrhale, souvent durable, quelquefois suppurative, une dermatite suraiguë accompagnée de sécheresse de la peau, formation de pustules et desquamation complète au bout de quelques jours. Or le rayonnement calorifique produit pendant ces soudures électriques est relativement faible et l’on ne peut attribuer à l’intensité de la chaleur les graves réactions provoquées à distance sur la peau des assistants.
- Widmark montra par une expérience fort ingénieuse que ce ne sont pas les rayons calorifiques, mais bien les rayons chimiques qui déterminent
- cette irritation de la peau. Nous n’avons pas besoin de rappeler à nos lecteurs que les rayons dits chimiques sont les rayons lumineux les plus réfrangibles et se trouvent placés dans la bande du bleu, du violet et surtout de F ultra-violet du spectre; dans cette zone, l’effet calorifique est minimum, l’effet chimique considérable. C’est l’inverse dans la zone du rouge et de l’ultra-rouge.
- Widmark employait une lampe à arc électrique égalant en pouvoir 1200 becs Careel. Il isolait les rayons calorifiques en faisant passer la lumière à travers un écran contenant une assez forte épaisseur d’eau; il empêchait au contraire l’arrivée des rayons chimiques en interposant une plaque de verre ordinaire qui absorbe les rayons ultra-violets. En excluant les uns ou les autres il parvint à montrer que l’action des rayons lumineux, sans les rayons ultraviolets, ne déterminait aucune lésion de la peau; que si on les laissait passer et si on supprimait les rayons calorifiques, la dermatite survenait . La preuve était donnée et c’est en raison de sa richesse en rayons ultra-violets que la lumière électrique exerce une action irritante si prononcée, même à des distances où l’on ne perçoit aucun rayonnement de chaleur.
- Partant de ces données expérimentales, Finsen pensa que l’exclusion des rayons chimiques sur des téguments malades, comme dans la variole, devait assurer une marche plus régulière, une atténuation de l’inflammation, et le traitement des varioleux par son procédé a montré l’exactitude de cette interprétation. Finsen a, depuis cette époque, cherché l’application de cette action distincte et bien spéciale des divers rayons lumineux au traitement d’autres affections.
- En dehors de cette action irritante, les rayons chimiques ont une action destructive sur les bactéries, comme l’ont prouvé les recherches de nombre de biologistes ; enfin ces rayons pénètrent dans les tissus à travers la surface tégumentaire jusqu’à une assez grande profondeur. Finsen a pensé à utiliser ces diverses propriétés; au lieu d’éliminer les rayons chimiques, comme pour le traitement des varioleux, il s’efforce de les obtenir concentrés en les emprun tant soit à la lumière solaire, soit à la lumière électrique, pour modifier certaines inflammations cutanées d’origine microbienne, telles que le lupus. Cette affection, forme de tuberculose à marche lente, amène des difformités profondes de la face détruisant par ulcération graduelle, le nez, les lèvres, et se montre, malheureusement, rebelle à bien des traitements.
- Suivant la saison, Finsen a recours à la lumière solaire ou à la lumière électrique : comme il faut agir sur un bacille enfoui dans l’épaisseur des tissus, le bacille tuberculeux, il faut, pour que les rayons puissent l’atteindre èt le détruire, qu’ils soient très concentrés, mais il est nécessaire en même temps d’éviter par cette concentration un foyer calorifique trop intense ; on est donc obligé de refroidir le faisceau lumineux. Pour ce faire, Finsen a imaginé une
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- LA NATURE.
- énorme lentille de 50 à 40 centimètres de diamètre formée par un verre plan et un verre convexe, laissant entre les deux un espace vide que l’on remplit d’une solution de sulfate de cuivre ammoniacal (fig. il). Cette solution permet le refroidissement du foyer lumineux en absorbant une grande partie des rayons ultra-rouges par l’eau et les rayons rouges et jaunes par la coloration bleue. Les rayons bleus, violets et ultra-violets ne sont pas trop diminués par leur passage à travers cet écran.
- Au moyen de cette lentille, les rayons solaires sont projetés sur la partie malade : la surface exposée ne dépasse pas en général lfm,5 à 2 centimètres au maximum, pour éviter une réaction trop vive et l’exposition ne dure pas plus d’une heure par jour. Cela suffit pour provoquer sur la plaque lupique du gonflement, de la rougeur, parfois même des bulles de sérosité. Suivant l’intensité de la réaction, < a espace les séances et on diminue leur durée. Inutile d’ajouter que les parties voisines sont soigneusement protégées, comme on peut le voir sur la tigure 1, page 75.
- Pour utiliser la lumière électrique, lumière des saisons d’hiver ou pluvieuses, quand le soleil ne brille pas, l’appareil est un peu plus compliqué (fig. 5). Les-rayons émanés d’une lampe à arc électrique, suspendue au plafond, sont renvoyés obliquement dans des sortes de télescopes qui permettent de les diriger exactement sur le point malade. Un système de lentilles de quartz, placé à des distances focales exactement calculées, concentre les rayons les plus divergents. Entre les lentilles est une certaine quantité d’eau distillée qui refroidit le faisceau lumineux en interceptant les rayons ultra-rouges. La chaleur n’est cependant pas toujours assez atténuée, et il est souvent nécessaire d’interposer entre le rayon convergent et la peau une lentille formée de deux plaques de verre, plane et convexe, entre lesquelles circule un courant d’eau froide. Cinq à six malades, comme le montre le dessin, peuvent être traités simultanément ; mais il est indispensable de protéger contre l’éclat de la lumière les malades, et même les infirmières, qui portent les uns et les autres des lunettes bleues.
- Le chiffre des malades traités par ce procédé est considérable, il s’élève à plus de 550. Dans les premiers temps, Finsen appliquait uniquement la lumière; dans un certain nombre de cas, il y''ajoute maintenant l’action d’un pansement à l’acide pyrogallique destiné à rendre la peau aussi souple que possible et plus facile à pénétrer par les rayons chimiques. Les résultats obtenus par cette méthode sont des plus satisfaisants; les photographies que nous avons eues sous les yeux et que nous ne reproduisons pas ici, car elles appartiennent uniquement au domaine de la pathologie, montrent des difformités, des mutilations graves, des ulcérations étendues guéries, en laissant des traces insignitiantes. Le principal avantage du traitement par les rayons chimiques réside justement dans la souplesse et le peu de
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- visibilité des cicatrices; ajoutons qu’il n’est pas douloureux et que les récidives sont fort rares : ce sera suffisant pour justifier l’adoption de ce procédé contre une maladie des plus graves et des plus difficiles à guérir.
- Dans ce même ordre d’idées, on a songé à utiliser les rayons Rœntgen pour la cure du lupus. Kümmell et Lapinski ont publié un certain nombre d’observations d ulcères lupiques très heureusement modifiés par une série de séances de radioscopie. Les téguments sains, le cuir chevelu demandent, dans ce cas, a être protégés d une façon toute spéciale contre 1 irritation très vive de ces rayons. Kümmell se sert pour cet usage de masques de plomb. Comme avec les rayons chimiques, la cicatrice est lisse, peu saillante; mais la réaction est généralement bien plus vive et, dans quelques cas, on a été obligé de suspendre et d'arrêter le traitement.
- Ce ne sont là que des applications restreintes du traitement par la lumière, qu’il était important de noter en raison des résultats obtenus. Mais la photothérapie a un champ bien plus vaste : la lumière est l’élément régénérateur, vivifiant par excellence. Tout dans la nature subit son influence bienfaisante. Son action physiologique sur l’organisme animal est des plus marqués : suractivité de la circulation, accroissement des échanges nutritifs, du développement de l’animal; toutes les fonctions sont modifiées par l'effet du soleil; elles le sont presque au même degré par 1 action de la lumière électrique'. Cette puissance vivifiante et régénératrice a été mise à profit dans le traitement de Kellog, par les bains de lumière : exposition au grand soleil, le corps nu, des heures durant, en évitant, par une ombre méthodique, les effets irritants, les coups de soleil. Les bains électriques, bains de lumière avec l’arc étincelant ou les lampes à incandescence, remplacent les bains de soleil, quand le climat, le mauvais temps ne permettent pas la promenade au grand air. Aujourd’hui répandus un peu partout et installés dans la plupart des grandes villes, Rome, Vienne, Paris, etc., les bains électriques ont été employés avec succès par Winternitz, Freytall, Colombo, Diamanti et d’autres, contre la goutte, le rhumatisme, l’obésité. C’esfsur-tout dans les états de langueur organique, dans ces maladies si heureusement dénommées, par le professeur Bouchard, maladies par ralentissement de la nutrition, rhumatisme, obésité, etc., que l’on constate les heureux effets de cette balnéation lumineuse.
- Rayons calorifiques, rayons chimiques, les uns employés dans un sens, les autres dans un autre, isolément ou ensemble, c’est toujours la lumière, et la lumière c’est la vie. Dr A. Cartaz.
- L’ANIMAL MYSTÉRIEUX DE LA PATAGONIE
- Depuis le mois d’aoùt 1898, l’Amérique du Sud est en révolution : la Prensa, la Piramule et autres journaux de Buenos-Aires, circulent de main en main; celte fièvre s’est même propagée jusque dans
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- LA NATURE.
- notre vieille Europe et une expédition est partie de Suède pour aller prêter main lorte aux Argentins et aux Chiliens : on recherche « el animal misterioso ». Un voyageur, Ramon Lista, vient de rapporter un morceau de peau provenant d'un animal étrange que l’on aurait quelquefois aperçu, la nuit, dans la Cordillère. Ce fragment, étudié par le savant paléontologiste F. Ameghino, a été attribué par lui à un Édenté gigantesque différant des espèces actuelles (Tatou, Pangolin) et se rapprochant beaucoup des Glypotodons et Mylodons fossiles; {tour bien préciser ces affinités il lui a donné le nom de Neo-mylodon Listai. Cette détermination est basée sur la présence de nombreux osselets dans la partie profonde du derme, osselets qui ne se trouvent (pie dans l’ordre des Edentés. La publication de la note de M. Ameghino a eu pour résultat de lancer de nombreux chercheurs sur les traces de cet être problématique; si les documents qu’ils ont rapportés sont
- encore un peu incomplets, ils n'en suffisent pas moins pour faire perdre au Néomylodon son prestige d’animal mystérieux.
- Dès 1895, le capitaine Eberhardt et quelques autres officiers de la République Argentine, visitant une grande caverne près de Puerto Consuelo, avaient trouvé un morceau de peau de lm,50 de longueur sur 0m,70 à 0m,80 de largeur et d’une épaisseur de 10 cà 15 millimètres; elle était couverte de poils grossiers et sa face interne présentait une multitude de petits osselets, de la grosseur d’un pois. Cette découverte les intrigua vivement, car aucun animal de cette région ne possède une dépouille semblable. Une partie de cette peau fut donnée, en 1896, au D1' Otto Nordenskjôld qui l'emporta à Upsal, une autre partie fut remise aux officiers d’un navire chilien, enfui, en 1897, le l)r Moreno, directeur du Musée de la Plata, trouva le reste suspendu à un arbre, près de la caverne désormais célèbre sous le
- Fig. 1. — Entrée de la caverne Eberhardt.
- nom de caverne Eberhardt. Ce fragment (fig. 2), envoyé à Londres, fut étudié par M. Smith Wood-vvard. Il mesure 0m,48 dans la direction des poils et 0m,55 dans la partie la plus large. Il paraît provenir d’un animal tué récemment et, vers les deux angles supérieurs, on remarque même des traces de sang desséché. Les poils (fig. 4), tous identiques, sont grossiers, droits ou à peine ondulés et très durs; leur couleur est jaune sale ou brun clair; leur longueur varie entre 65 millimètres et 30 millimètres. Examinés au microscope, les poils de forme cylindrique, se montrent totalement dépourvus de moelle. L’épaisseur de la peau varie entre 10 et 15 millimètres. La face postérieure (fig. 5), en grande partie dénudée, laisse voir de nombreux petits osselets, de forme ovoïde, distribués sans aucun ordre. Cette étude a conduit M. Smith Woodvvard à rapprocher, comme l’avait déjà fait M. Ameghino, le Néomylodon du Mylodon. Le savant professeur de l’Université d’Upsal, M. le Dr Lônnberg, qui a étudié le fragment rapporté par
- M. Otto Nordenskjôld, est arrivé aux mêmes conclusions. 11 a même constaté que la peau fournissait, par l’ébullition dans l’eau, une notable quantité de gélatine, ce qui prouve bien son excellent état de conservation. Le D1' O. Nordenskjôld avait en outre rapporté une grande griffe (fig. 3), qui fut aussi attribuée au Néomylodon et qui montrait que cet animal reposait sur le sol par les bords externes des pieds et non par la plante. Dans les premiers mois de l’année 1899, M. Erland Nordenskjôld, fils du célèbre explorateur suédois, se rendit dans la Patagonie et entreprit des fouilles à la caverne Eberhardt, dans l’espoir d’exhumer des documents plus complets ; il a rapporté des matériaux qui lui permettront de publier une étude détaillée du Néomylodon. L’éminent professeur de Paléontologie du Muséum, M. Albert Gaudry, qui a pu examiner ces pièces à Stockholm, a été frappé par leur état de fraîcheur et leur parfaite conservation. Les os sont durs, luisants, ils ne sont nullement poreux comme les os fossiles ou même exposés à l’air depuis des siècles ; des ten-
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- LA NATURE.
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- dons et des fibres musculaires adhèrent encore aux différentes parties du squelette et semblent provenir d'un animal mort depuis quelques mois à peine. L’examen sommaire des nombreuses pièces du squelette a montré à M. Gaudry que les déductions tirées par MM. Ameghino,
- Lonnberg, Woodward de l’étude de la peau étaient justifiées et que l’on était en présence des restes d’un animal réellement très voisin de Mylodon.
- Il y a quelques mois, un nouvel explorateur,
- M. Rodolfo Ilauthal, a repris ces fouilles. La caverne Eberhardt (fig. 1) est située dans la Patagonie, entre 51° et 52° de latitude australe, à 6 kilomètres environ de Puerto Consuelo, sur le versant méridional d’un chaînon de la Cordillère.
- Vers l’entrée de la caverne se trouve un monticule de blocs provenant du plafond, puis à 50 mètres environ, une barrière d’éboulis très élevée.
- Entre le monticule de l’entrée et la barrière, le sol est à peu près plat et c’est dans cette partie que le Dr Ilauthal a opéré ses fouilles. Au-dessous d’une formation d’humus et de terre on rencontre, fait assez bizarre, une. couche de fumier de lra,20 d’épaisseur moyenne. En certains points se trouvaient même des excréments d’un volume considérable, bien supérieur à ceux de l’éléphant. C’est dans cette couche que le I)1’ Ilauthal a recueilli de nombreux débris de Néomylodon associés à des restes d’animaux différents : un grand carnassier, probablement éteint, l’Iemisch Listai, le cheval, le cerf, le lama, etc. Beaucoup de ces débris ont été travaillés par l’homme et les traces de feu sont visibles en différents endroits. Le I)1 Ilauthal y a d’ailleurs trouvé des débris humains qui prouvent, d’une façon certaine, la coexistence de l’homme et du
- Fig. 2. — Fragment de la peau du cou du Néomylodon.
- Fig. 3. Griffe. — Fig. 4. Fragment de peau avec poils. Grandeur naturelle. Échantillon donné à M. Gaudry par.M. Lonnberg, pour les galeries de Paléontologie du Muséum. — Fig. 5. Osselets du derme.
- Néomylodon. Les pièces du grand Édenté recueillies proviennent d’individus jeunes ou adultes : crânes incomplets, mâchoires, vertèbres, membres, fragments de peau. Elles permettent une reconstitution à peu près complète.
- Le Néomylodon est un animal de très grande
- taille, plus haut que le Mylodon robuslus, dont la hauteur dépassait cependant 5 mètres. Sa charpente massive, la forme des pieds et la disposition des ongles, en font un animal lourd, à mouvements lents et difficiles, un véritable « Paresseux ». Le Dr Roth, quia étudié les documents rap-
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- portés par M. Hauthal, les range dans un genre voisin de Mylodon, qui a été créé par M. Reinhardt, le genre Grypolherium (animal à grilles) et il en fait l’espèce G. domesticum.Ce qualificatif paraît étrange; on se demande, en etfet, quels services un être aussi lourd et aussi lent peut rendre à l’homme. Cependant, pour le savant argentin, une partie de la caverne était une véritable écurie dans laquelle l'homme renfermait ces gigantesques animaux, pendant qu’il habitait l’autre partie. L’étude des excréments montre que le Néomylodon ou Grypotherium se nourrissait d’herbes et de foin haché. Or le régime des grands Edentés est bien connu depuis les beaux travaux d’Owen, il se composait de branches ou d’écorces d’arbres. Comme le Néomylodon avait une nourriture exclusivement herbacée il faut supposer ou bien qu’il fait exception dans le groupe des Edentés et, même dans ce cas, il serait bien difficile de comprendre pourquoi les herbes étaient préalablement hachées, ou bien que l’homme lui avait imposé un régime anormal, ce qu'il ne pouvait faire que par la domestication. Peut-être l’homme utilisait-il sa viande, ou son lait, ou autre chose encore ! La Patagonie est une région froide, les arbres sont bien rares au bord de la mer et beaucoup d'excréments de la caverne ont été brûlés. Un animal fournissant pendant sa vie un combustible abondant, du lait sans doute, des provisions énormes de viande après sa mort, présente suffisamment d’avantages pour que l’homme songe à s’en faire un auxiliaire. Mais, comme tout ce que nous savons sur le Néomylodon a été fourni par la caverne Eherhardt, il est peut-être imprudent de généraliser outre mesure. Il faudrait fouiller de nouvelles cavernes et s’assurer que les restes de Néomylodon se trouvent partout dans les mêmes conditions. Peut-être la grande caverne était-elle, pour des raisons quelconques, habitée alternativement par l’homme et le grand Paresseux qui, poussé par la lamine, consommait les provisions de fourrages accumulées pour le Lama, par exemple, certainement domestiqué à cette époque.
- Ce dont nous sommes bien sûrs toutefois, c’est que le Néomylodon ne vit plus en domesticité. Existe-t-il encore à l’état sauvage ? Les avis sont partagés, les uns prétendent que ce géant a disparu à tout jamais de la surface de notre planète, d’autres croient fermement à son existence. MM. Moreno, Hauthal, Roth affirment que le Néomylodon est éteint depuis plusieurs siècles. L’état de fraîcheur absolue des débris rencontrés jusqu’ici n’aurait, pour eux, aucune signification, le climat si sec de la Patagonie jouissant de la singulière propriété de conserver presque indéfiniment les débris organisés dans un grand état de fraîcheur : des cadavres d’indiens appartenant à une race complètement éteinte depuis 400 ans, au moins, se rencontrent fréquemment dans des cavernes de cette région, ils sont momifiés.
- En outre, les savants argentins contestent l’existence d’aucun témoignage oculaire. Et il paraît bien difficile d’admettre que dans un pays comme la Pata-
- gonie un animal d’aussi grande taille ait passé inaperçu. Dans les plaines ou pampas qui s’étendent du rivage jusqu’aux premiers contreforts de la Cordillère, on peut affirmer l’absence du Néomylodon qui aurait certainement été vu par les nombreux chasseurs de lamas qui sillonnent incessamment cette région. La zone boisée ou « Boscosa » qui s’élève jusqu'à une altitude de 1000 mètres environ, est couverte de fourrés très épais dans lesquels les animaux sauvages (cerfs, jaguars, etc.) tracent des sentiers, aucun d’eux ne peut être attribué au Néomylodon. Au-dessus, s’étend la région des neiges persistantes dans laquelle il ne faut pas espérer rencontrer un animal de grande taille. Le Néomylodon aurait donc disparu, assez récemment, il est vrai, car les indigènes conservent dans leurs légendes, le souvenir d’un monstre terrible, velu, gigantesque, « l’EUengassen » qui, pour eux, aurait quitté la région.
- Les partisans de la persistance du grand Edenté s’appuient surtout sur la conservation des pièces exhumées jusqu’ici qui est vraiment extraordinaire pour un animal disparu depuis des siècles, et aussi sur des témoignages oculaires : beaucoup de gens prétendent avoir vu le monstre, d’autres l’auraient suivi à la piste.
- Le Néomylodon existe-t-il encore dans les solitudes de la Boscosa ou au fond de sombres cavernes qu’il n’abandonnerait que la nuit ? A-t-il été anéanti, comme le Dronte, comme l’Epiornis, par la poursuite incessante de l’homme? Il est bien difficile de se prononcer actuellement, mais les chercheurs, et il sont nombreux, n’ont pas encore perdu toute espérance. En de nos compatriotes, M. André Tour-nouër, le fils de l’excellent paléontologiste qui s’était créé une si légitime renommée dans la science française, parcourt depuis deux ans la Patagonie où il se livre à de fructueuses recherches paléontologiques ; nous souhaitons qu’il puisse dire le dernier mot sur « el animal misterioso ». J. Gibaud.
- Agrégé (les Sciences naturelles.
- LA LUNE ET LA COUPE DES ARBRES
- Vieilles croyances, préjugés ou réalités ? Il est indiscutable que les bois abattus ou coupés en hiver se conservent infiniment mieux que les bois abattus ou sciés en été. La raison en est toute simple. La sève est l’élément corrupteur de l’arbre ; rien ne se décompose plus vite que la sève. Or, il va de soi qu’en été les arbres sont gorgés de sève et que, par cela même, une fois imbibés ils auront toutes les chances possibles de s’altérer quand on les jettera par terre. En hiver, la sève est très réduite et les probabilités de conservation portées au maximum. Donc, il faut abattre en hiver, en janvier-février, avant que la vie végétale ne reprenne et mette la sève en mouvement.
- Tout cela est logique et bien connu. Mais on prétend aussi que la lune, comme le soleil, joue son rôle. D’après la tradition, il convient de n’abattre les arbres qu’au déclin de la lune. Cette affirmation n’a pas de sens dans nos régions. Car, du moment où il est entendu que l’arbre
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- doit être coupé en hiver, précisément parce que la sève fait défaut, ce n’est pas la lune qui, pendant les temps froids, pourra agir d’une manière ou d’une autre sur un liquide absent. L’influence de la lune, sous nos climats, est nulle et ne supporte pas le plus petit examen.
- Aussi tous les forestiers ont un sourire sur les lèvres (juand on parle devant eux de l’influence de la lune.
- Mais tout est bien différent dans la zone tropicale où l’hiver n’existe pas.
- La sève des arbres circule en abondance. Les forêts vierges sont d’un vert sombre en tout temps, qui témoigne de l’activité de la végétation. Or, la lumière est un excitant énergique de la croissance des arbres et de la circulation de la sève. La lune nous renvoie les rayons solaires, et sa lumière peut exercer certaine action. Est-ce possible? Certes ; car nous avons fait sous l’équateur, à plusieurs reprises, des expériences qui semblent confirmer l’action lunaire sur les plantes. Des graines diverses furent semées à la pleine lune et à la nouvelle lune.
- Toutes les graines semées à la nouvelle lune, dans le même sol bien entendu, donnèrent de petites feuilles qui poussèrent plus vite que celles que nous avions mises en terre à la pleine lune. La croissance fut notablement plus marquée pour celles-là que pour celles-ci. Or, les premières sortirent de terre précisément à temps pour recevoir les radiations lunaires. Les secondes, au contraire, quand elles eurent germé, continuèrent à végéter dans l’obscurité. Le fait s’étant reproduit un grand nombre de fois, il a bien fallu en conclure que la lumière de la lune sinon une autre cause exerce aussi de l’influence sur l’accroissement des végétaux. Ne sait-on pas que la lumière lunaire exerce son action sur les rideaux et les tentures et quelle détruit certaines couleurs?
- Pour la même raison, il est présumable que la circulation de la sève des arbres feuillus doit être activée par la lumière lunaire, et que par suite il y a inconvénient à couper les arbres pendant la décroissance de la lune.
- Nous trouvons, dans un Mémoire lu dernièrement devant 1’ « American Institute of Mining Engineers » par M. E.-R. W'oakes, de Panama, une confirmation de ces vues conformes aux vieilles traditions. M. Woakes a fait remarquer à ses collègues que son pays est complètement couvert de forêts ; mais que la moitié des arbres est à peine propre à donner des bois de construction et qu’un quart n’est même pas bon à brûler. « A moins, dit-il, que l’on n'abatte les arbres après la période décroissante de la lune, le bois commence à pourrir dès qu’il est coupé, ce qui tient probablement à la rapide fermentation de la sève qui esf supposée circuler en plus grande abondance pendant la décroissance de la lune. » M. Woakes ajoute : « Cette assertion fera rire mes confrères ; mais, cependant, il n’y a qu’à se livrer aux expériences qui répondront nettement et sans laisser le moindre doute aux esprits les plus prévenus. Les bûcherons américains qui sont venus en Colombie et n’ont pas voulu écouter les gens du pays ont dû reconnaître que presque tous les bois qu’ils avaient débités pour installer des appareils de broyage de minerais étaient pourris avant que l’on ait pu s’en servir. »
- La démonstration n’est sans doute pas faite encore, et, en pareille matière, on ne saurait trop multiplier les réserves, mais il ne faudrait pas rejeter non plus trop vite les vieilles traditions qui peuvent avoir un fond de vérité. Les faits valent selon leur interprétation. Henri df. Parvillf..
- ÉCLIPSE DE LUNE
- DES 16-17 DÉCEMBRE 1899
- Malgré des craintes sérieuses inspirées par un ciel couvert à 6 heures du soir, nous avons pu observer à Bourges l’éclipse qui a été magnifique. On n’a pu la voir à Paris. Le ciel, vers 9 heures, était d’une grande pureté à Bourges et le phénomène s’est présenté pendant toute sa durée dans les meilleures conditions d’observation. L’entrée dans la pénombre qui avait lieu théoriquement à 10h4t2 n’a été sensible à l'œil que vers llh15.
- La photographie n’a donné quelque chose d’intéressant qu’à llh55. A minuit 10, on distinguait facilement une lueur rougeâtre sur le bord oriental de la Lune. A lh55, le phénomène était dans toute sa splendeur. Le disque, rouge au centre, était d’une belle couleur bleue au-dessus de Tycho, tandis que tout le pourtour du globe lunaire dans la partie éclipsée était plus brillant et d’une couleur rose clair. Le phénomène était surtout remarquable à la lunette avec un grossissement de 50.
- Il ne faudrait pas voir là a priori une preuve en faveur d’une atmosphère de notre satellite; il n’y a plutôt qu’un cas particulier d’éclairement du contour lunaire qui présente à nos yeux les déclivités brillantes des montagnes. Dans ces conditions, les plaines à surface sombre nous sont entièrement cachées.
- Peut-on distinguer sur la Lune l’ombre projetée des montagnes de la terre? Théoriquement la question nous paraît toute résolue dans le sens négatif. Cependant, quelques astronomes ayant émis cette opinion, nous avons dans la dernière éclipse étudié spécialement le problème, et nous devons dire que, malgré la meilleure volonté du monde, rien d’analogue ne s’est montré pendant toute la durée du phénomène. D’ailleurs la limite entre l’ombre et la pénombre n’est pas aussi tranchée qu’on le suppose généralement, pour cette excellente raison que l’ombre pure ne peut exister à la distance où la Lune passe de la Terre.
- En somme, l’éclipse de Lune du 16 décembre ne semble pas avoir rien appris de nouveau aux astronomes, il est vrai, mais elle aura confirmé ce que nous savons déjà sur notre satellite. L’abbé Tu. Mop.eux.
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- L’EXPOSITION DE 1900
- LA PORTE MONUMENTALE
- Un des principaux caractères de l’Exposition de 1900 sera la gaieté pour les yeux. Dans une grande manifestation comme celle que nous attendons, il y a deux éléments à considérer, et le difficile pour les organisateurs est de savoir les concilier, car ils ne semblent pas toujours être faits pour aller ensemble. Ces deux éléments se reportent aux deux catégories de personnes qui se trouveront en présence : les exposants et les visiteurs. En général, dans un spectacle quelconque, il y a une entente parfaite entre les acteurs et les spectateurs, ces derniers se dérangent pour applaudir les premiers, leurs dispositions sont favorables et la plupart du temps, même s’ils ne sont pas satisfaits, ils ne témoignent guère de leur mauvaise humeur. Dans une Exposition, ce n’est plus du tout la même chose, les intérêts des exposants et
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- ceux des visiteurs se trouvent souvent en opposition absolue; alors (pie les uns font tous leurs efforts pour montrer leurs produits, et les mettre en avant, pour les imposer presque, les autres, au contraire, soit par fatigue, soit par-indifférence, ne tiennent pas toujours à les voir.... Ce mot est peut-être cruel, mais il est vrai. Il est pourtant indispensable de ménager les exposants sans lesquels une exposition n’aurait guère de raison d’être et, d’autre part, il faut plaire au public sans lequel l’exposition aurait encore moins de raison d’exister.
- En d’autres lignes, nous avons parlé des premiers et nous avons dit comment ils seront reçus, de quelle façon leurs produits ont été classés et nous
- avons déjà fait pénétrer nos lecteurs dans quelques-uns des palais. C’est pour le public surtout qu’on a soigné l’extérieur des édifices, que, et de tous côtés on ménage des jardins merveilleux, c’est pour lui encore qu’on prépare des attractions de toute espèce qui le retiendront utilement tout en l’amusant. Il fallait surtout le recevoir dignement ; c’est en son honneur qu’on a élevé cette porte magistrale, en cours de construction, sur la place de la Concorde, et tpii ne coûtera pas moins de 750 000 francs (fig. 2).
- Trois grandes arches de 20 mètres d’écartement disposées en triangle offriront une surface couverte de 2500 mètres carrés : ce système servira de support à une couronne circulaire qui sera la hase
- d’une calotte aplatie faisant dôme. La ferme principale, celle faisant face au public qui entre, sera encadrée d’un fronton très important que surmontera la proue du vaisseau, emblème de la Ville de Paris : une allégorie de femme debout dominera l’ensemble. Deux minarets de 55 mètres de hauteur placés à droite et à gauche du monument seront reliés à l’arche principale par deux grandes frises décoratives cintrées de 9ra,50 de développement.
- Cet édifice qui est unique dans son genre, puisque jamais, à aucun moment, on n’a eu à en construire un ayant la même destinée, doit par son allure produire un grand effet sur le public : c’est le premier monument qu’il lui sera donné de voir, il faut donc que l’impression soit bonne ; son luxe décoratif et la disposition générale de l’architecture seront une sorte
- d’invite qui disposera les visiteurs à pénétrer dans l’enceinte de l’Exposition. Les minarets élevés et les emblèmes qui surmontent le fronton seront visibles de tout Paris, puisqu’ils dépasseront de 15 mètres la hauteur moyenne des maisons ; on apercevra donc ce porche de fort loin et, par ses banderoles le jour, et ses feux la nuit, il appellera encore le public répandu sur toute la surface de Paris.
- Il serait difficile d’attribuer un style particulier à l’architecture de cette porte monumentale; son auteur, M. Binet, s’est évidemment reporté à l’époque byzantine quand il a conçu son œuvre, mais il y a surtout mis de son goût personnel, et son crayon a été conduit par la fantaisie la plus originale que nous puissions imaginer. Les motifs d’ornementation ne se reportent à aucun modèle en usage, ils ne dérivent
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- ni de la végétation, ni des formes humaines; pour retrouver un exemple des évolutions bizarres et nouvelles de tous ces détails, il faudrait aller les chercher, par l’intermédiaire d’un microscope, dans les diatomées et les infiniment petits; il y a des por-
- tions de plâtre qui rappellent certains foraminifères, dont l’application surprend autant qu’elle plaît.
- La couleur jouera un rôle considérable dans l’architecture de la porte monumentale; elle sera violente et heurtée, les tons rouges, dorés et noirs se
- marieront de la façon la plus curieuse ; et, lorsque le soir au soleil couchant, les derniers rayons lanceront des clartés parallèles au sol par derrière
- l’édifice, il y aura des impressions féeriques. Afin d’augmenter cet effet, sur lequel l’architecte compte largement, on a ménagé des ouvertures en quantité
- Fig. 3. — Une des frises en grès du soubassement (œuvre de M. Guiilot.)
- dans les parties pleines de l’ouvrage ; ces ouvertures de formes les plus variées représenteront une sorte de dentelle, elles seront des trous de lumière en plein jour, alors que l’intérieur paraîtra en sombre; et la nuit, quand la lumière électrique fera valoir les couleurs, elles seront au contraire des trous noirs sur lesquels se détacheront toutes les teintes de la voûte.
- Nous avons parlé de deux frises décoratives reliant les minarets latéraux au corps du monument; celles-ci seront du plus haut intérêt et constitueront une des principales œuvres d’art exécutées pour l’Exposition; elles ont chacune 9m,50 de développement sur 2m,16 de hauteur, le sujet en relief montrera les travailleurs de tous les métiers venant apporter
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- le tribut de leur ouvrage; on voit, se suivant, le charpentier, l’électricien, le serrurier, etc. ; ils forment une procession un peu brutale mais merveilleuse comme intensité. L’artiste (fig. 3), M. Guillot, est un homme jeune, dont les œuvres passées ne sont pas assez nombreuses pour lui avoir donné un nom : sa frise de l’Exposition lui assure la célébrité. Une circonstance qui augmente l’intérêt de cette frise d’art est la matière dans laquelle elle sera exécutée, le grès.
- On sait les progrès considérables que ce genre de céramique a fait depuis dix ans dans la construction; à la dernière Exposition, on avait fait quelques essais fort hésitants, notamment au pavillon de la Ville de Paris; mais depuis, son application s’est propagée grandement au bénéfice de la décoration pour laquelle elle contribue beaucoup. C’est la
- Fi". 4. — Plan (la la Porte monumentale.
- maison Muller qui a entrepris à ses frais l’exécution en grès de la frise de M. Guillot ; ce sera un chef-d’œuvre, la teinte grise dominera, mais il y aura des traînées rougeâtres produites par la flamme qui donneront à la masse un aspect de lave naturelle; l’effet artistique de ce genre de construction est considérable.
- La partie couverte du porche sera accessible au grand public : on établira sur une portion de cercle les guichets de contrôle des tickets. Ces derniers seront installés d’une façon fort originale qui permettra l’accès d’un public aussi nombreux que possible. Des couloirs seront disposés les uns à côté des autres; les guérites se trouvant juxtaposées ne gêneront en. rien la vitesse d’écoulement des visiteurs (f,g- 7*)-
- Il y aura 36 guérites et, en supposant une pression égale du public, on pourra admettre sans bousculade 252 000 entrées à l’heure. Ce chiffre ne
- sera sûrement pas atteint d’une façon courante, mais il est certain qu’on le verra se réaliser à certains moments de la journée. La situation de la porte en pleine Place de la Concorde en fera l’entrée principale de l’Exposition : c’est, en effet, le point le plus rapproché des grands boulevards et du quartier de la gare Saint-Lazare ; une dizaine de lignes d’omnibus s’arrêtent sur cette place, notamment les tramways de Boulogne, de Saint-Cloud et de Versailles; enfin les bateaux-omnibus amèneront, pour leur part, un contingent fort important de visiteurs sur la place de la Concorde.
- La construction de la porte est faite en fer recouvert de bois sur lesquels on fixera du staff (fig. 1). Cette méthode qui est celle de tous les palais de l’Exposition, sauf de ceux des Champs-Elysées, est la seule qui soit applicable à un monument de courte durée comme ceux qui sont construits pour 1900 ; aussitôt la fête terminée, ils seront livrés aux démolisseurs qui auront pour mission de les faire disparaître. Il y a une chose pourtant qu’ils ne pourront enlever, c’est le souvenir de toutes ces merveilles de l’Exposition et le produit de toutes ces imaginations d’architectes; ils vivront longtemps dans nos mémoires et serviront d’exemples aux artistes de l’avenir. Un des monuments qui auront ainsi le plus de longévité sera cette Porte monumentale à laquelle M. Binet a donné le meilleur de lui-même, une conception éminemment neuve et originale, pleine de mouvements, de couleurs et d’imprévus.
- A. DA CüiXHA.
- LE SALON DU CYCLE DE 1899
- L’Exposition Internationale du Cycle, l’exhibition annuelle qu’on dénommait jadis salon du Cycle, a ouvert ses portes mercredi 13 décembre à la salle Wagram. Elle les a fermées le 27.
- Qu’y vit-on de nouveau? Il me iaut chercher ma réponse. Incontestablement l’Exposition Universelle de 1900 fait tort déjà à sa petite rivale ; la plupart des grandes marques du monde de la locomotion n’y ont pas de stand. Et puis, toutes les expositions révèlent-elles des progrès révolutionnaires? Les futurs visiteurs de notre grande Exposition qui, pour décider leurs achats, répètent en chœur : « J’attends l’Exposition ! » en auront dans quelques mois la preuve.
- L’Exposition Internationale du,Cycle peut se diviser en deux grandes sections : les instruments cyclistes, et les instruments automobilistes plus ou moins dérivés des premiers. Dans la première, une mode nouvelle se manifeste un peu dans tous les coins, une mode qui sera peut-être adoptée définitivement comme une amélioration réelle, celle de la roue libre; l’article actuel lui sera consacré. Dans la seconde, les recherches se poursuivent de la voi-turette à la fois légère, simple, bon marché, rapide, coquette, peu gourmande d’essence et élevée par son constructeur dans l’ignorance complète de la « panne ))! Nous verrons dans un prochain article, à côté des innovations dans la bicyclette, les efforts intéressants qui sont faits pour capter cet oiseau rare.
- La « roue libre » est une invention française, archaï-
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- que même pour le monde cycliste où tout va si vite, puisqu’elle date d’une trentaine d’années. On l’essaya sur les bicycles dè Michaux vers 1870. Elle échoua. On la reprit en 1895 en Angleterre. Elle échoua de nouveau. Elle semble arriver enfin au succès aujourd hui.
- En quoi consiste-t-elle? — Dans un bicycle ou dans une bicyclette ordinaires, la roue motrice est liée complètement au pédalier. 11 n’est pas de travail exercé par lui sur pédales qui ne soit immédiatement transmis à la roue; la roue reçoit donc aussi bien les efforts que fait le cavalier pour actionner sa machine que ceux qu’il fait en contre-pédalant pour diminuer son allure.
- Il en résulte, si l’on y veut bien réfléchir, que cette roue ne reçoit pas uniquement des impulsions positives qui propagent la machine, mais aussi des impulsions négatives, si l’on peut dire, qui la retiennent : pédalage irrégulier qui fait peser la jambe sur la pédale remontante; cahots qui produisent le même effet, etc. Il en résulte également que le cycliste, même en pente légère où la gravité seule le ferait rouler rapidement et sans danger, demeure lié à la roue motrice par son pédalier, obligé de suivre des jambes le mouvement éperdu qu’elle ne tarde pas à prendre, de continuer à travailler, passivement certes, mais à travailler néanmoins, au lieu de glisser délicieusement.
- Le remède à ces travers est celui-ci : trouver une disposition mécanique qui rende la roue motrice dépendante du pédalier en marche avant et qui la rende absolument indépendante de lui quand le pédalier a tendance à lui imprimer une marche arrière. Obtenir en un mot que le pédalier commande la roue motrice, mais que jamais la roue motrice ne commande le pédalier.
- On a deviné qu’il suffisait de placer soit sur le moyeu de la roue motrice, soit sur l’axe du pédalier, un rochet, un embrayage à billes ou à rouleaux, etc., qui rendît,«les deux organes solidaires l’un de l’autre dans un sens seulement, qui fit la roue motrice « libre » du pédalier. Remarquons en passant qn’il serait beaucoup plus logique de nommer ce dispositif celui du « pédalier libre », car il donne en tout temps au pédalier son indépendance vis-à-.vis de la roue tandis qu’il ne permet qu’exceptionnelle-ment à la roue de se soustraire au pédalier.
- Les avantages de la roue libre sont manifestes : la roue ne reçoit plus que des impulsions utiles de la part des pédales et n’en tourne que mieux; bien plus, elle peut recevoir du sol irrégulier des réactions propices parfois, réactions que vient toujours, dans le système ancien, annuler brusquement le pédalier, et qui sont, dans le système nouveau, tout au bénéfice du cavalier. En second lieu, le cavalier ne travaille plus que lorsque besoin en est et demeure souvent jambes immobiles, tout en continuant à rouler. Très souvent les virages se font beaucoup plus courts parce que, l’impulsion nécessaire à un virage étant donnée à la machine, le cycliste ne remue plus les jambes pendant qu’il vire et ne vient donc plus heurter du genou son guidon. Enfin il apprend de la roue libre à pédaler correctement, à pédaler rond, parce que, lorsque son coup de pédale est mauvais, il en est averti par les passages à vide que rencontre son pied.
- La roue libre ne peut cependant pas être appliquée pratiquement à une bicyclette si on ne lui adjoint pas un accessoire indispensable, un frein, un frein automatique. En effet, puisque le pédalier n’a sur la roue motrice aucune action lorsque le cavalier contre-pédale, la machine se trouve dépourvue non seulement du frein puissant des jambes, mais encore de cet excellent régulateur, de ce
- modérateur extra-sensible qu’est le contre-pédalage. Elle ne pourrait donc ni être retenue dans une pente rapide ni passer par cette infinité d’allures qui rend la bicyclette pratique.
- D’autre part un frein à main n’est ni assez rapide, ni assez puissant, ni assez sûr. Que de cyclistes sont allés se jeter sur un obstacle sans songer qu’il leur suffisait de crisper les doigts sur le levier du frein pour n’y point courir !
- Il ne saurait donc exister de pratique roue libre sans un frein automatique, un frein que les pieds actionnent par un simple mouvement instinctif, celui du contre-pédalage. Le mouvement nécessaire au serrage de ce frein est évidemment calculé d’amplitude assez grande pour que la roue ne soit pas influencée par un mauvais coup de pédale ou par un cahot même violent. Toutes les roues libres logiquement conçues sont donc pourvues d’un frein aux pieds. Le succès définitif de la free ivheel aurait ainsi du moins cet heureux résultat de rendre le frein obligatoire à toutes les bicyclettes par nécessité élémentaire. Le martyrologe des « sans-frein » se clôturerait le jour même.
- Les seuls reproches qu’on puisse adresser à la roue libre, semble-t-il, sont qu’elle met les débutants en plein désarroi et qu’elle complique un peu la bicyclette dont la simplicité est le plus beau mérite. Mais les débutants deviendront experts, et les constructeurs sauront demeurer simples, espérons-le.
- Bref, que la roue libre atteigne ou non le succès, il nous faut saluer son apparition comme une première concession aux touristes jusqu’ici sacrifiés aux coureurs. C’est la première revanche de la route.
- L. Baudry de Saunier.
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- MACHINERIE THEATRALE
- ÉCLAIRAGE DE LA PISCINE DU NOUVEAU-CIRQUE
- Le Nouveau-Cirque est le seul endroit à Paris où l’on puisse donner des spectacles nautiques, et, depuis sa création par M. Oller en 1886 *, il semblait avoir épuisé a peu près tout ce qui peut intéresser le public dans cet ordre d’idées. M. Houcke, le directeur actuel, a cependant trouvé cette année un sujet qui, sans être nouveau, a servi de prétexte à une mise en scène spéciale très intéressante et où M. H; Mercier, l’habile ingénieur de la maison, a du déployer toutes ses connaissances aussi bien en hydraulique qu’en électricité. Il s’agissait de faire voir aux spectateurs un homme poisson, ou plutôt un plongeur qui est sous l’eau comme chez lui. Les bons plongeurs ne sont pas très rares, on considère déjà comme très bons ceux qui restent plus de deux minutes sous l’eau, mais on cite ceux qui restent cinq minutes ; on les trouve surtout parmi les pêcheurs de perles, de nacre et d’éponges
- La respiration, physiologiquement parlant, ne consiste pas seulement en mouvements d’inspiration et d’expiration des côtes et du diaphragme, c’est là le côté mécanique de la question ; mais il y a aussi le côté chimique qui est non moins impor-
- 1 Voy. n° 669, du 27 mars 1886, p. 262.
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- LA NATURE.
- tant et qui consiste dans l’échange qui s’effectue entre l’oxygène et l’acide carbonique, au sein des globules sanguins qui inondent la surface pulmonaire.
- Les plongeurs de profession sont retirés du fond au bout d’un temps donné, connu d’avance pour chacun d’eux et que surveillent, chronomètre ou plutôt sablier en main, leurs camarades de pêche restés à la surface; les sabliers à trois minutes sont assez fréquents, ceux de cinq minutes sont très rares. Avant de s’immerger ces plongeurs font pendant environ dix minutes de profondes inspirations ; sans se rendre compte scientifiquement du but de celte opération ils l’ont reconnue nécessaire : il est évident qu’elle a pour objet d’emmagasiner de l’oxygène non pas dans les alvéoles pulmonaires, mais dans les globules sanguins. On obtient ainsi une capacité respiratoire du sang toute spéciale, analogue à celle du canard par exemple, dont les globules peuvent fixer une grande quantité d’oxygène, ce qui leur permet de respirer pour ainsi dire d’une façon latente sans mouvements thoraciques. M. le docteur Laborde, dont les travaux sur l’asphyxie et ses remèdes sont bien connus, a fait là-dessus, et continue encore, des expériences du plus haut intérêt. Le plongeur Benett, qui est en ce moment au Nouveau-Cirque, a pu, paraît-il, pendant une répétition, rester exactement cinq minutes 27 secondes sous l’eau, ce qui est excessivement rare; mais on ne lui laisse pas faire devant le public une expérience aussi longue; c’est un jeu qui pourrait lui être fatal. Il reste au fond de la piscine environ trois minutes jouant aux cartes avec un camarade qui vient l’y retrouver et simulant de déguster un déjeuner qu’apporte dans un panier une jeune femme également amphibie. Une centaine de carpes de forte taille qui circulent autour du groupe, ne laissent aucun doute de supercherie aux yeux du spectateur. Afin que ces poissons restent en scène (sans jeu de mot) et ne se dissimulent pas dans les dessous et les anfractuosités de la construction, *on a dù entourer la piscine au pourtour du plancher, de panneaux en métal déployé, formant une sorte de toile métallique qu’ils ne peuvent franchir. On les conserve dans la journée dans une sorte de vivier qui
- communique avec une ouverture étroite pratiquée dans cette barrière. Dans les premiers temps il fallait employer des filets pour les chasser de leur caisse et les y faire rentrer au moment voulu, mais au bout de quelques représentations ces acteurs d’un nouveau genre ont pris l’habitude des planches, si on peut s’exprimer ainsi, et effectuent tout naturellement leur entrée et leur sortie, sans que le régisseur ait à s’en occuper, et ils n’encourent presque jamais d’amendes.
- Pour pouvoir se maintenir au fond de la piscine qui a 2m,50 de profondeur, les plongeurs sont lestés de morceaux de plomb qu’ils abandonnent quand le moment est venu de remonter à la surface. Outre l’intérêt qui s’attache à cet exercice, rien n’est plus curieux que de voir les déformations bizarres que prend, pour ceux qui le considèrent par en dessus, le corps d’un homme qui marche sous une épaisse
- couche d’eau. Afin que le spectateur ne perde rien de ce qui se passe, il fallait trouver moyen de rendre lumineuse la masse des 700 mètres cubes d’eau,où évoluent les plongeurs ; la chose n’était pas aussi simple qu’on le croyait au premier abord.
- On avait pensé à installer sous l’eau des projecteurs à arc; mais l’éclairage ainsi obtenu se trouverait localisé dans la zone de propagation du faisceau émanant de la lentille et l’effet serait -plutôt mauvais. On a préféré avoir recours à un très grand nombre de foyers lumineux donnés par des lampes à incandescence réparties tant autour qu’au centre du bassin : on a évité de les noyer à cause de l’isolement difficile à maintenir dans ces conditions, surtout dans un matériel mobile qu’on change de place tous les soirs ; on les a donc placées aussi près que possible de la surface. Dans ces conditions l’éclairage est très intense, il se répartit d’une façon homogène dans toute la masse et le spectateur ne voit pas d’où il émane.
- L’installation électrique comprend 250 lampes à incandescence de 52 bougies chacune dissimulées dans 18 caisses qui s’appuient sur le pourtour de la piste et sont recouvertes extérieurement de toiles peintes mobiles qu’on change, au moment voulu, de façon à former un décor en harmonie avec les scènes du ballet représenté avant l’immersion du plancher.
- Fig 1. — Une partie tle cartes au fond de l’eau.
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- Au moment où l’on fait cette opération, les danseuses viennent se ranger sur la tablette circulaire qui forme la bordure ordinaire de la piste et les caisses flottent sur l’eau ; elles sont lestées de façon que les lampes qu’elles renferment arrivent très près de la surface; elles sont reliées électriquement entre elles, le courant est amené au circuit par un câble souple qu’une fiche permet de brancher au moment voulu sur la distribution générale de l’établissement. L’intérieur de chaque caisse est muni de réilecteurs qui renvoient toute la lumière produite vers le fond qui est blanc. Celui-ci est formé d’un tapis de caoutchouc collé au plancher et percé de
- trous pour laisser passer l’eau au moment de l’immersion. Pour éclairer le centre on a disposé des lampes au nombre de 40 dans un cône renversé en métal qui est suspendu de manière à affleurer l’eau, au moyen d’un câble partant du cintre et amenant le courant électrique. L'effet obtenu est très curieux, l’eau paraît devenir lumineuse par elle-même comme si elle était phosphorescente et le spectateur ne perd aucun détail de ce qui se passe dans la piscine. A la lin de la représentation, au moment de l’apothéose, une lampe à arc de 50 ampères est allumée à 10 mètres de haut ; elle est dissimulée par un transparent en étoffe formant une sorte de pa-
- Fig. 2. — La piscine du Nouveau-Cirque au moment de l’apothéose. — Détail des installations électriques et hydrauliques. En cartouche : détail de l’une des caisses flottantes contenant les lampes.
- rapluie monté sur une armature articulée qui permet de le fermer quand il n’est pas utilisé. Ses proportions ont été calculées de telle façon que les rayons lumineux ne peuvent atteindre directement le spectateur qui se trouve ainsi plongé dans une lumière tamisée tandis que la surface du bassin et les jets d’eau sont vivement éclairés.
- Car tout s’enchaîne dans une mise en scène de ce genre, et pour corser le spectacle on a été amené à installer un assez grand nombre de jets d’eau. On ne pouvait se brancher sur la canalisation de la ville dont l’eau aurait rapidement refroidi la piscine, qui est maintenue à 20° ; il se serait produit aussi dans la salle un abaissement de température gênant pour les spectateurs. On a donc résolu d’installer une pompe rotative Greindel mue par un moteur électrique ; elle
- puise l’eau dans la piscine même et la refoule dans un petit réservoir à niveau constant placé dans le cintre. On a pu disposer ainsi un jet tournant qui tombe du transparent cachant la lampe à arc dont nous avons parlé tout à l’heure ; quatre gerbes de 52 jets chacune partent des motifs décoratifs qui surnagent dans le bassin, et, en outre, chacune des 20 danseuses placées sur les bords est transformée en fontaine ; l’eau s’écoule du coquillage qu’elle tient à la main.
- Pour cela un tube souple est à demeure à la place de chacune d’elles, le long du chemin circulaire où elles sont rangées et elles n’ont qu’à le tirer et à le raccorder au coquillage dont elles sont munies ; l’effet ainsi obtenu est des plus réussis.
- Nous constatons tous les jours que l’art du décorateur seul ne suffit plus au théâtre, qui est obligé de le
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- compléter par l’art de l’ingénieur, et dans les établissements comme celui dont nous nous occupons ici, c’est ce dernier qui domine dans une large mesure. G. Mareschal.
- LES PETITES PLANÈTES
- Il y a quelques années, on s’est aperçu que l’on risquait beaucoup de prendre pour nouvelles d’anciennes petites planètes trouvées bien auparavant, et qui se présentaient dans les instruments, au hasard des recherches.
- L’inconvénient se retrouve plus fréquemment, depuis qu’on est parvenu à utiliser la photographie pour trouver ces petits astres, et qu’on y réussit fort bien. On conçoit en effet que les étoiles, en présence de la plaque photographique, viennent y faire une petite image parfaitement nette, si cette plaque suit le mouvement du ciel de façon à être impressionnée par les plus faibles étoiles qui s’y trouvent, même par des étoiles insaisissables à la vue ; tandis qu’une planète, en raison de son mouvement, ne peut laisser sur la même plaque qu’une légère trace rectiligne tout à fait différente des images d’étoiles qui l’accompagnent.
- On a eu alors l’idée de désigner les astres annoncés pour petites planètes, comme sont désignées à Paris les différentes lignes d’omnibus, par les lettres de l’alphabet, et d’attendre, pour donner à ces astres leur place définitive dans la série des petites planètes, que l’on soit bien certain qu’ils n’ont rien de commun avec ceux qui ont été catalogués avant eux. On a eu ainsi les petites planètes A, B, C, etc., jusqu’à Z, puis BA, BB, etc., jusqu’à BZ, CA, etc., DA, etc., EA, etc., en n’omettant dans chaque série que la lettre I et ses composés AI, Bl, Cl, etc., parce que nous avons des langues où cette lettre n’existe pas et parce qu’on aurait pu la prendre pour le chiffre romain 1.
- C’est la petite planète EY qui vient la dernière, sa découverte est du 4 décembre courant, à Nice, à 9h31m5\ et c’est M. Charlois qui l’a obtenue. Sa position dans le ciel était à 4h 58“ du point d’origine, et à 75° 47' du pôle Nord, c’est-à-dire à environ quatre fois la largeur de la Lune au sud et un peu à l’est de la belle étoile rouge qu’on nomme Ahlébaran ou l’Œil du Taureau. On lui a trouvé un mouvement en 24 heures, de 14 minutes d’arc vers l’ouest et de 4 minutes d’arc vers le nord.
- Mais M. Charlois nous donne comme mesure de l’éclat de ce petit astre le chiffre 10, quatrième grandeur seulement au-dessous de l’éclat des dernières étoiles visibles à l’œil nu. Or, depuis que l’on s’attache à la recherche des petites planètes dont le nombre dépasse 450 aujourd’hui, ce chiffre de grandeur 10 a été tant de fois dépassé qu’il y a bien des probabilités pour qu’il n’en reste plus une seule aussi brillante à découvrir. Attendons pourtant, un avenir prochain viendra dire si EY est bien une nouvelle planète ou non, et si l’habile M. Charlois peut ajouter un numéro de plus à son actif, déjà si riche sous ce rapport.
- Joseph Visot.
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- CHRONIQUE
- Alliage d’aluminium et de magnésium : (( le Hlagnalium ». — Un nouvel alliage utilisant le magnésium vient de faire son apparition et paraît avoir un brillant avenir industriel, si nous en croyons les revues scientifiques, publiées à Berlin, qui signalent depuis peu son
- avènement et ses usages. 11 se compose de magnésium dont la densité est 1,75, et d’aluminium dont la densité atteint 2,75. Tous deux entrent en fusion à 800° C., et comme leur coefficient de dilatation est très voisin, ils forment un alliage homogène, ductile, résistant et surtout extrêmement léger. Le magnésium qu’on obtient aujourd’hui très facilement par l’électrolyse de la carnal-lite n’était guère employé jusqu’ici que par la photographie, et pourtant sa légèreté, ses propriétés chimiques intenses appelaient sur lui l’attention de la science et de l’industrie. Les propriétés métallurgiques du Magnalium — tel est le nom que lui a donné son inventeur, un chimiste, M. Ludwig Mach — varient suivant la composition de l’alliage. A 10 pour 100, il ressemble à du zinc, à 15 pour 100, il ressemble à du laiton un peu plus brillant, enfin à 25 pour 100, le nouveau métal se rapproche beaucoup du bronze. Normalement, le magnalium a l’apparence d’un lingot d’argent ou d’une barre de nickel. Il peut être tourné, travaillé, découpé, percé ou étiré comme du laiton. Il raie le zinc et l’aluminium. Quoique son prix soit encore assez élevé, le nouvel alliage est un peu moins coûteux que le cuivre, et comme tel a déjà été employé par divers constructeurs d’instruments d’optique et d’électricité.
- Interdiction des émaillages au plomb en Grande-Bretagne. — En réalité l’interdiction est un peu moins large que ne le fait présager notre titre, mais elle est intéressanle à relever. Le département officiel que l’on nomme « Office of Works » en Angleterre, mettons le Bureau des Travaux, vient de décider, par un règlement spécial, que dorénavant on ne devra plus fournir que des articles d’usage domestique dont le vernissage ou l’émaillage ne sera pas à base de plomb, pour tout ce qui fait l’objet d’adjudications au compte des ministères, des chambres et des divers palais royaux. On s’apprête même à imposer la même condition pour les tuyaux de grès, les conduites de pareille substance, les terres vernissées et les briques émaillées employées dans la construction.
- machine h vapeur verticale. — On vient de procéder dans les ateliers Boulte et Larbodière, à Aubervil-liers, à des essais intéressants sur une machine à vapeur de 150 chevaux à la pression de 7 kg par centimètre carré et à la vitesse angulaire de 900 tours par minute. Cette machine, dont nous avons donné la description dans le n° 1561, du 24 juin 1899, p. 60, est à deux files de cylindres compound-tandem, à double effet et à graissage sous pression. En vue d’efforts de démarrage très énergiques, elle a été essayée à la pression de 26 kg par centimètre carré. Elle est construite tout en acier, fonte aciéreuse et aluminium. Elle pèse moins de 600 kg, soit moins de 4 kg par cheval utile. Cette nouvelle machine à grande vitesse constitue un réel progrès et commence à être utilisée dans un certain nombre d’applications industrielles.
- Une conduite à pétrole en Transcaneasle. —
- Alors que les producteurs américains ont depuis bien longtemps établi ces immenses conduites métalliques que l’on nomme des « pipes Unes », pour transporter les pétroles du lieu de production jusqu’au lieu d’embarquement, les Busses s’étaient entêtés à ne pas y avoir recours pour amener le pétrole de la mer Caspienne sur les rives de la mer Noire, où se fait le chargement à bord des bateaux réservoirs. Nous n’avons pas besoin de dire que cela majorait considérablement le prix de revient du pétrole russe, qu’il fallait véhiculer dans des wagons spéciaux,
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- toujours du reste trop rares. Aujourd’hui voici que le gouvernement et les producteurs se sont enfin décidés à l’établissement d’une « pipe line )), dont la pose n’est plus qu’une question de peu de temps, et qui suivra le chemin de fer transcaucasien de Michailovo à Eatoum. On a tenu d’ailleurs à ce que cette conduite fût exclusivement fournie par l'industrie métallurgique nationale.
- Les grandes agglomérations urbaines dans l’Inde. — Il n’y a pas que dans les pays de civilisation européenne que les agglomérations urbaines ont une grande importance : à preuve les chiffres qu’il est possible de relever en la matière dans les statistiques de l’Inde anglaise. Actuellement on compte dans ce pays 2035 villes qui, à elles seules, possèdent ensemble une population de 27 251 176 âmes; et, parmi elles, beaucoup ont une population de 100 000 âmes ou davantage, 13 ont de 75 000 à 100 000 habitants, 55 de 50 000 à 75 001, AO de 55 000 à 50 000. Le premier des groupes que nous venons ainsi d’établir contient une population totale qui est de 6175125, le second 1 077 574, le troisième 2177 800. Au nombre des plus grandes villes, nous devons citer Bombay avec 821 764 individus, Calcutta avec 741 144, Madras avec 452 518, etc. D’ailleurs toutes ces villes croissent d’une façon extrêmement rapide, puisque, pendant ces dix dernières années, l’accroissement a été de 48 000 pour Bombay, de 56 000 pour Calcutta, de 60 000 pour llvderabad, de 47 000 pour Madras, etc.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 décembre 1899.— Présidence de M. Van Tieghem.
- Influence du climat sur les végétaux. — M. Gaston Bonnier expose le résultat des recherches qu’il vient de poursuivre relativement à l’influence du climat sur les plantes. Il a choisi deux emplacements d’expériences, l’un voisin de Toulon, l’autre voisin de Fontainebleau et y a cultivé des plantes de même espèce. Afin d’éliminer l’influence de la différence de constitution chimique du sol, la terre de Toulon a été transportée à Fontainebleau; de plus pour écarter l’incertitude qu’aurait introduite dans la comparaison la germination des graines, les plants ont été pris sur la même touffe coupée en deux parties. M. Bonnier a pu noter ainsi des différences certaines dans le développement des types. Les plants cultivés dans la région méditerranéenne offrent des tiges plus ligneuses, des feuilles plus épaisses et plus longtemps persistantes, plus larges et moins dentelées.
- Le néomylodon. — M. Albert Gaudry a déjà entretenu l’Académie de la découverte, en Patagonie, du néomylodon et des particularités de cette découverte. Il dépose aujourd’hui un Mémoire dans lequel M. Erland Nor-denskjôld, fils de l’illustre explorateur, a résumé ses recherches sur les nombreux débris de cet animal. Suivant l’auteur, le néomylodon est identique non seulement comme genre, mais comme espèce, avec le fossile décrit autrefois sous le nom de Glossotherium Darwini. G’est un inylodon avec une cloison medium des narines ; rien n’annonce que les hommes l’aient domestiqué. Des fouilles méthodiques ont été pratiquées dans la caverne ; on y a constaté l’existence de trois couches. G’est seulement dans la couche inférieure que se trouvent les restes de glossotherium; ils sont associés à ceux d’un équidé d’espèce éteinte. Ces animaux paraissent avoir disparu à une «époque postérieure au quaternaire.
- Élections. — L’Académie élit correspondant dans la section de géographie et navigation, M. le général Gal-lieni, par 42 voix contre 2 données à M. Savorgnan de Brazza. — M. Milne-Edwards est élu vice-président pour l’année 1900 par 38 voix contre 2 données à M. Fouquet et 1 à M. Bouchard.
- Varia. — M. Becquerel expose les conclusions d’un travail qu’il vient d’entreprendre sur les propriétés des radiations émises par le polonium. — M. Janssen annonce qu’il a organisé à l’observatoire de Meudon un service régulier quotidien d’observation spectroscopique des taches et facules solaires. Ce service est placé sous la direction de M. Deslandres qui indique dans une Note les résultats déjà obtenus. Ch. de Villedeuil.
- UN NOUVEAU ROBINET
- POUR LES RÉSERVOIRS I)’aIR COMPRIMÉ
- Nous disons pour les réservoirs d’air comprimé, mais il s’agit en réalité d’une invention qui est faite pour s’appliquer à tous ees tubes ou cylindres dont on fait si grand usage maintenant pour'l’emmagasinage et le transport des gaz comprimés; aussi le système en question est-il particulièrement intéressant et ingénieux en lui-même. Il est appliqué par la Société Molas, Lamielle et Tessier, qui s’occupe spécialement des voitures à air comprimé, et il a été imaginé précisément pour la fermeture des réservoirs d’air que porte la voiture de ces inventeurs.
- Nous rappellerons d’un mot que dans les robinets ordinaires de ce genre, on trouve un pointeau qui est en acier (par conséquent oxydable), et qui fait corps avec la vis de commande, ce qui le force à prendre un mouvement de rotation durant sa montée et sa descente. Ici, le pointeau est en maillechort et indépendant de la vis de commande, qui lui imprime seulement un mouvement de glissement suivant son axe; on obtient une étanchéité parfaite au moyen d’une bague guide appuyant constamment sur une rondelle de cuir. Nous allons comprendre immédiatement ce dispositif si nous nous reportons à la figure représentant une coupe longitudinale du robinet, à coté de laquelle est une vue extérieure d’ensemble; le tout est complété par une section de ce robinet à la hauteur où se raccorde une tubulure permettant la sortie du gaz comprimé, qui s’échappe lors du retrait du pointeau.
- Il est inutile de faire remarquer que celui-ci se mettra en mouvement grâce au carré qui termine supérieurement la vis de commande B, et sous l’action d’une clef du type général connu ; ce pointeau A est empêché de tourner et guidé étroitement dans son mouvement de montée ou de descente par la petite vis C, qui forme ergot, et qu’il est facile de mettre en place avant que de visser les deux chapeaux jouant le rôle de boîte pour la vis de commande; l’ergot vient s’engager dans la rainure D faite à sa taille, que porte la bague E. Cette jjernière
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- est logée dans le corps du robinet et elle se trouve maintenue solidement en place par le serrage de la moitié F du chapeau dont nous avons parlé : cela forme un presse-cuir sur la rondelle G, qui empêche
- Nouveau robinet à air comprimé.
- toute fuite de se produire quand le pointeau a quitté son siège H.
- Lorsqu’on tournera la vis R de droite à gauche, le pointeau s’élèvera et le fluide comprimé dans le réservoir s’échappera par les conduits I et K, sans oxyder le maillechort de la pointe qui se rencontre sur son passage. Il lui sera impossible de prendre un autre chemin que K, et par conséquent de créer des fuites, par suite de la pression toujours suffisante que l’on peut exercer sur la bague de cuir par rotation du collier à vis F.
- Cette petite invention est certainement très originale et susceptible d’applications diverses;nous l’avons vue fonctionner sur la voiture à air comprimé dont nous avons dit un mot tout à l’heure et sur laquelle il y aura sans doute lieu à revenir quand elle aura subi ses essais définitifs. D. R.
- --0<^>~C*--
- CROCHETS POUR COURROIES
- Dans les usines, on est souvent obligé d’installer de grandes courroies de commande pour transmettre le mouvement de la machine à vapeur aux engins que l’on désire mettre en marche. Il faut monter ces courroies sur les poulies. Le plus souvent, on fait ce travail à l’aide d’une corde à nœud coulant. Mais il est nécessaire de prendre de grandes précautions et de lâcher la corde assez tôt, dès que la ma-
- chine se met en route. 11 peut arriver que la corde ne glisse pas facilement et que la courroie se rompe ou se déchire. Cette opération présente en réalité certains dangers.
- Un de nos abonnés, M. J. Mollon, directeur de l’usine de tissage de M. J.-R. David à Roën, a eu l’occasion d’apprécier de près tous ces inconvénients, et il a imaginé un crochet qui permet de monter les courroies facilement et sans danger; il nous en fait connaître les principales dispositions. La figure ci-dessous nous montre ce crochet. Il se compose d’une tige métallique horizontale C avec une petite tige verticale (n° 2) sur le côté; l’angle intérieur est arrondi. La tige horizontale présente à l’extrémité de droite une encoche, dans laquelle entre la poulie. Une vis de pression D permet de serrer à force et d’assujettir les deux pièces l’une sur l’autre.
- Pour se trouver dans de bonnes conditions, l’écartement de la tige verticale du crochet au bord extérieur de la poulie ne doit pas être supérieur à la moitié de la largeur de la courroie.
- Avec ce petit appareil, qu’il est facile de construire, on peut très aisément mettre une courroie en place. Un fixe d’abord le crochet sur la poulie à l’aide de la vis D. On place la courroie A (n° 1) dans le crochet sur la poulie R ; on met en marche en envoyant la vapeur dans la machine ; la courroie prend sa place aussitôt. La poulie peut faire plusieurs tours
- Crochet pour courroies.
- 1. Disposition sur la poulie. — 2. Détail du crochet.
- avec le crochet, sans que celui-ci gêne en rien la courroie. Ce simple crochet sera certainement très utile dans de nombreuses usines. J. Leroy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiore, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1389. — 6 JANVIER 1900.
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- LES CANONS SCHNEIDER-CANET
- Les canons Schneider-Canet, que les Boers emploient avec un certain succès dans la guerre qu’ils soutiennent actuellement avec une louable énergie contre l’Angleterre, méritent d’être signalés pour la haute perfection de leur construction.
- Nous nous bornerons ici à donner quelques renseignements sur le canon de 6 pouces (152mm,4), destiné à l’armement des fortifications de terre et de cote et qui est susceptible également, avec quelques modifications, d’être utilisé à bord des navires.
- Le gouvernement russe a adopté définitivement cette bouche à feu ; le gouvernement japonais a fait de même, mais en choisissant un calibre un peu moins élevé ; l’Espagne enfin a suivi le même exem-
- ple. Si ce mouvement d’adoption continue, comme cela semble probable, l’industrie française deviendra pour l’artillerie la grande pourvoyeuse des armées étrangères, au détriment des Krupp et des Wickers, les grands constructeurs d'Allemagne et d’Angleterre, qui devront borner leurs prétentions à écouler leurs produits dans leurs pays respectifs-,
- Le système du canon Schneider-Canet de pouces consiste essentiellement en une sellette fixée à un socle et sur laquelle l’affût repose (fig. 1).
- Ce dernier se compose d’un châssis et d’un berceau.
- Le canon est engagé dans le berceau et un lien élastique sert de liaison entre l’un et l’autre.
- Le schéma ci-joint (fig. 2) montre de quelle façon ces divers organes se trouvent disposés.
- Fig. 1. — Canon do 6 pouces, de SI) calibi’es, système Schneider-Canet.
- La sellette présente à sa partie supérieure un fort pivot autour duquel peut tourner le châssis. Celui-ci repose sur des billes de roulement qui lui permettent de pivoter avec la plus grande facilité.
- Le châssis est pourvu à sa partie supérieure d’encastrements pour recevoir les tourillons du berceau. Intérieurement, il est muni d’un chapeau dans lequel prend place le pivot de la sellette. Un pignon denté, engrenant avec une circulaire dentée de cette dernière, permet de produire le mouvement de rotation. Le châssis se prolonge à l’arrière par une plate-forme destinée aux canonniers qui doivent servir la bouche à feu. Un masque fixé au châssis protège les servants contre les petits projectiles de l’ennemi.
- Le berceau est constitué par deux longrines réunies à leurs extrémités par des colliers; le canon peut glisser entre ces longrines et ces colliers, mais sans pouvoir prendre de mouvement de rotation. Le 2H° année. — Ier semestre.
- berceau est muni de deux tourillons reposant sur le châssis. Il peut tourner autour de l’axe de ces tourillons à l’aide d’un arc denté et d’un pignon appartenant l’un au manchon, l’autre au châssis.
- Le canon porte un collier auquel la partie mobile du lien élastique est fixée, tandis que la partie fixe de ce lien est attachée au berceau. Un tube et une jaquette composent la bouche à feu. La fermeture de culasse est celle usitée par la maison Schneider-Canet : une vis cylindrique à quatre secteurs filetés permettant l’ouverture ou la fermeture en un seul mouvement. Cette vis est munie d’un extracteur et d’un percuteur.
- Le lien élastique est formé d’un frein et d’un récupérateur. Le premier est hydraulique; le second est composé par des piles de rondelles Belleville.
- Lors du départ du coup, le recul de canon agit à la fois sur le frein et sur le récupérateur qui tendent à le diminuer; le recul terminé, le récu-
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- pérateur ramène la pièce à sa position primitive. I La ligne de mire est établie sur le berceau, comme ! pour toutes les bouches à feu à tir rapide et demeure par conséquent fixe pendant toute l’exécution du tir. Les pointages en direction et en hauteur s’exécutent avec la plus grande facilité, grâce à l’emploi de billes de roulement pour le premier et un parfait équilibrage du capon pour le second.
- La mise en action de la pièce s’exécute à l'aide de sept canonniers ; trois sont sur la plate-forme et assurent le chargement et le pointage; les quatre autres sont employés comme pourvoyeurs.
- Le canon de () pouces peut être construit avec diverses longueurs d’âme : 40, 45 ou 50 calibres, suivant la vitesse initiale dont on désire disposer. Le tableau suivant fournit les données principales
- an o n
- Châssis
- S e 11 elte
- Socle
- — Schéma du canon de G pouces de 50 calibres.
- des trois canons correspondant à ces diverses longueurs d’âme.
- 10 15 50
- G VLIliRKS CALIBRES CALIBRES
- Poids du canon. . kp 4800 5800 6180
- Longueur totale . Hauteur des tou- m G, 080 6,840 5,600
- rillons .... Poids de fallût m 2,600 2,600 2,600
- avec plate-forme et appareil
- de chargement. kg 7800 7800 10110
- Poids du masque. Amplitude du poin- kg 1100 1100 1700
- t âge en hauteur. Pouls du projec- -t- 15’, — 10’ -t- 15°, — 10’ -+- 30’, —10°
- lile kg 45 45 45
- \ itesse initiale. . Puissance vive ini- m :s 765 700 850
- lialc tm 1285 1565 1500
- La rapidité du tir de ces canons est en général de huit coups par minute. Commandant L....
- VARIATIONS SÉCULAIRES
- DE L'INCLINAISON MAGNÉTIQUE DANS L’ANTIQUITÉ
- Il n’y a guère plus de trois siècles que les physiciens ont commencé à réunir des observations destinées à les renseigner sur les variations séculaires des éléments du magnétisme terrestre, et en particulier les premières mesures de l’inclinaison magnétique ont été faites il y a environ un siècle et demi. Et pourtant, comme nous l’a
- montré tout récemment M. Pellat dans une bien curieuse communication à la Société de physique, un savant italien, le br Folgheraiter, est parvenu à dresser un tableau des variations séculaires de l’inclinaison magnétique dans l’antiquité.
- La méthode de M. Folgheraiter repose sur les considérations suivantes: les briques et poteries ferrugineuses, au moment de la cuisson, acquièrent des propriétés magnétiques, et deviennent de véritables aimants permanents, tout comme les limes ou outils d’acier qui, dans un atelier, occupent pendant de longs intervalles de temps une même position fixe. Seulement, tandis que le magnétisme de l’acier est susceptible de se modifier avec le temps, celui des briques et des poteries est inaltérable, et se conserve indéfiniment, le champ magnétique terrestre n’étant plus capable de le modifier après le refroidissement. Ce fait de la conservation du magnétisme des poteries est très nettement démontré par des expériences directes de M. Folgheraiter et par de nombreuses vérifications portant sur des poteries anciennes.
- Mais d’autre part, la distribution du magnétisme acquis pendant la cuisson dépend de la position du vase dans le four, de son orientation par rapport à la direction du champ magnétique terrestre. C’est ainsi, par exemple, que dans un lieu où l’aiguille aimantée de la boussole d’inclinaison serait verticale, un vase disposé verticalement dans un four se présenterait, après la cuisson, comme un aimant dont le pôle sud serait à la partie supérieure du vase, et le pôle nord à la partie inférieure. Au contraire, dans un lieu où l’aiguille aimantée de la boussole d’inclinaison serait horizontale, un vase disposé verticalement dans un four présenterait du magnétisme sud et du magnétisme nord à chaque extrémité: si le vase était cylindrique, par exemple, chacune des circonférences de base serait comme décomposée en deux demi-circonférences chargées, l’une de magnétisme nord, l’autre de magnétisme sud. Ce sont là de - cas extrêmes, simples ; mais on conçoit que l’on puisse, dans le cas le plus général, connaissant la position exacte d’un vase pendant la cuisson par rapport à l’aiguille aimantée, déterminer quelle sera sur ce vase la distribution du magnétisme, après le refroidissement. Inversement alors, partant de la connaissance de cette distribution magnétique, et sachant aussi quelle était la position du vase dans le four, on pourra déterminer, pour l’époque de la cuisson, la direction de l’aiguille d’inclinaison.
- C’est ce qu’a fait M. Folgheraiter. Après avoir fait des expériences sur des vases qu’il avait façonnés et cuits lui-même dans un champ magnétique bien connu, il a pu établir des formules qui, d’après l’étude du magnétisme développé dans ces vases, lui permettaient de retrouver l’inclinaison magnétique à 2° près.
- Il a alors appliqué ces formules à l’étude d’un grand nombre de vases antiques remontant à des époques bien connues, et qui, d’après leur structure, n’avaient pu occuper dans le four de cuisson qu’une position bien déterminée. Les résultats de ces expériences ont été très concordants, ce qui constitue une vérification de la méthode.
- En définitive, M. Folgheraiter a montré qu’au huitième siècle avant notre ère, l’inclinaison en Italie était faible et négative (25 vases étudiés); c’est-à-dire que si une aiguille aimantée avait existé à cette époque et eût été suspendue à la manière de l’aiguille de la boussole d’inclinaison, elle aurait eu son pôle sud au-dessus de l’horizon, contrairement à ce qui se passe de nos jours.
- Vers le sixième siècle avant notre ère, l’inclinaison est nulle, et l’équateur magnétique passe par l’Italie (95 va-
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- ses étudiés) ; puis elle devient positive, et croît jusqu’à atteindre dans le premier siècle de notre ère la valeur de 66° supérieure à la valeur actuelle (34 vases étudiés). Il est alors probable qu’après le premier siècle l’inclinaison a dù croître encore pour passer par un maximum à une certaine époque, depuis laquelle elle décroît.
- Ainsi l’inclinaison éprouve des oscillations d’amplitude considérable, et peut-être le travail de M. Folgberaiter pourra-t-il contribuer à faire trouver la cause même de ces oscillations. D’ailleurs, il ne serait peut-être pas impossible d’étendre les résultats obtenus par le savant italien en étudiant des poteries plus anciennes encore que celles qu’il a trouvées en Italie et en s’adressant par exemple aux productions de l’art antique chinois.
- Nous insistons bien sur ce point capital : des expériences de ce genre doivent porter sur des poteries remontant à une époque (( bien connue » et dont la position dans le four de cuisson n’est « pas douteuse ».
- M. Folgheraiter fait enfin remarquer qu’une méthode analogue pourrait être appliquée à la détermination des variations de la déclinaison magnétique : il suffirait, par exemple, qu’on retrouvât soit des fours à briques intacts et d’une antiquité connue, soit des constructions où, à une époque bien déterminée, des briques auraient été recuites par un violent incendie. On ne peut, en effet, s’adresser à des briques dispersées, car il est impossible de décider quelle devait être leur position exacte pendant la cuisson. Peut-être posséderons-nous ainsi un jour deux tableaux complets des variations séculaires de l’inclinaison et de la déclinaison magnétiques.
- Mais il nous semble que la méthode peut se retourner, et que l’arme est à deux tranchants : étant donné un vase qui n’a pu occuper dans le four qu’une position bien déterminée, ne sera-t-il pas possible, en étudiant la distribution du magnétisme sur ce vase et appliquant les formules de M. Folgheraiter, de trouver quelle était la valeur de l’inclinaison à l’époque de la cuisson, et par suite, — en consultant le tableau des variations dressé par le savant italien, — de savoir quelle a été l’époque de cette cuisson? On pourrait donc, par ce procédé au moins inattendu, déterminer l’âge des poteries antiques que d’autres considérations n’auraient pu fixer1.
- Que feront alors les contrefacteurs de vases antiques, s’il en existe? Il ne leur restera plus qu’une ressource : appliquer d’une troisième manière les formules de M. Folgheraiter et opérer la cuisson de leurs pièces en leur donnant une position calculée, à moins qu’ils ne préfèrent monter leurs fours en des lieux où l’inclinaison magnétique aurait une valeur convenable ! J. Dkhôme.
- Licencié ès sciences.
- VUE D’ENSEMBLE
- SUR L’EXPOSITION DE 1900
- 111(4)
- l’ESPLANADE DES INVALIDES
- La différence qui distinguera l’Exposition de l’Esplanade en 1900 de celle qui nous avait retenus en 1889, est que
- 1 II n’est peut-être pas dépourvu d’intérêt de rapprocher ces considérations d’autres considérations que nous avons développées sur l’âge des monuments mégalithiques. Voy. n° 1276, du 13 novembre 1897, p. 370 : L’Astronomie préhistorique.
- “ Voy. n° 1382, du 18 novembre 1899, p. 390 et n° 1386, du 16 décembre 1899, p. 34.
- cette fois, les constructions qui la couvrent présentent une homogénéité absolue et procèdent d’un plan d’ensemble fort bien dressé. Il y a dix ans, lors de notre dernière manifestation, l’Esplanade des Invalides n’offrait qu’un intérêt secondaire, toute l’attention se portait auChamp-de-Mars et aux abords de la Tour Eiffel ; les édifices de l’Esplanade étaient disparates et diffus : il y avait de tout sur cette Esplanade : le Palais de la Guerre, l’Algérie, des panoramas, l’exposition des eaux minérales, etc. ; on y avait relégué les parties encombrantes et proposées trop tard, c’était le Vincennes de 1900.
- Maintenant, ce n’est plus du tout la même chose; l’Exposition de 1900 a son centre au pont Alexandre, les Champs-Elysées et les Invalides. C’est de ce côté surtout que se portera la curiosité des visiteurs; il était donc nécessaire de traiter cet emplacement avec plus de soins, de lui donner une unité qui contribuât au décor d’ensemble dont font partie les Grand et Petit Palais, le Pont et même le dôme de Mansart.
- Il y avait une certaine difficulté à vaincre. On sait que la Compagnie de l’Ouest avait obtenu depuis longtemps, avant même qu’il ne fût question de l’Exposition de 1900, la concession de construire aux Invalides, près de la Seine, une grande gare pour son chemin de fer; celle-ci absorbe une surface considérable puisqu’elle est composée de onze voies parallèles. Nous savons également que les travaux de la Compagnie sont complètement installés dans une tranchée profonde recouverte par un plancher en fer qui recevra la chaussée; c’est donc sur cet ensemble qu’il fallait construire une partie des nouveaux palais. Les difficultés qu’avaient à vaincre les architectes étaient de deux ordres : d’abord, il fallait que les édifices, tout en présentant l’aspect imposant requis, fussent édifiés en matériaux très légers, afin de ne pas trop peser sur les poutres métalliques de la couverture du chemin fie fer; ensuite, il fallait mener les travaux très rapidement, car la Compagnie a subi des retards pour l’achèvement de sa plate-forme et, naturellement, on ne pouvait commencer les monuments, qu’après l’achèvement de l’ouvrage qui devait les supporter.
- Le plan d’ensemble de l’FispIanade nous montre qu’au débouché du pont Alexandre, on a laissé un grand espace vide recouvert de jardins et qu’entourent les deux palais des Manufactures nationales. Ceux-ci sont édifiés en évasement, ils servent à préparer l’œil à la rue étroite qui sépare la place en deux parties et sur lesquelles sont construits d’autres palais.
- Les palais des Manufactures nationales se composent de deux corps de bâtiments symétriques et en tous points pareils ; ils présentent une façade sur' le quai de la Seine et une autre sur les jardins. Ainsi qu’on peut le voir sur le plan, ils ont très peu de profondeur, les galeries seront fort étroites, le monument est tout entier en façade. La partie de gauche embrasse le bâtiment de la gare de la Compagnie de l’Ouest qui est un fort bel édifice, mais dont l’aspect sera complètement caché pendant le cours de l’Exposition : ce n’est qu’après la fête, lorsque les palais seront démolis, que l’on pourra en admirer l’architecture.
- Cet édifice des Manufactures nationales sera un des plus réussis de l’Exposition ; sa situation exceptionnelle, bien en vue, se prêtait d’ailleurs merveilleusement à un beau déploiement d’architecture. Les auteurs ont eu une idée fort heureuse : ils ont établi des terrasses avec murs de fonds sur lesquels ils ont fait exécuter des grandes peintures décoratives; l’effet sera nouveau et sûrement
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- d’un très grand succès. Les architectes sont MM. Tu-doire et I'radelle.
- Un raccordement en quart de cercle permet aux édifices du premier plan de rattraper la largeur de la rue centrale. Dans celle-ci nous aurons deux palais fort intéressants : celui de droite est dû à MM. Larches et Nachon, celui de gauche à M. Esquié. Ces deux monuments ne se ressemblent d’aucune façon, ils ont chacun leur architecture bien définie qui dénote deux auteurs différents, toutefois ils sont semblables, je m’explique : les porches sont situés en face l’un de l’autre ; les clochetons sont élevés sur les memes axés, des galeries découvertes ont été prévues de façon à se faire pendants. 11 existe entre ces deux palais une harmonie qui empêche l’un de faire du tort à son voisin d’en face.
- Le Palais d u fond, dù à M. Trop-pey-Bailly, est construit sur le même principe que celui des Manufactures nationales du premier plan : il est divisé en deux parties symétriques et jumelles ; une cour circulaire et ouverte aux deux extrémités de son axe, vient continuer la rue centrale, de façon à ne pas en interrompre l’alignement; la circonstance de cette cour circulaire est fort heureuse, car elle a permis le dessin de deux façades courbes du meilleur effet avec clochetons élevés ; ceux-ci servent aussi à la décoration d’ensemble de la façade principale, sur la rue de Grenelle. De ce côté, nous avons deux grandes frises décoratives peintes en couleur de terre cuite, elles servent de sujets principaux à l’architecture, tout le reste paraissant servir d’encadrement.
- Tous les arbres de l’Esplanade ont été respectés par l’Exposition, aucun d’eux n’a été enlevé, les palais n’étant construits que sur la partie médiane, celle qui n’était pas boisée. Le sol du rez-de-chaussée, ainsi que celui de la rue médiane, a été relevé de lm,50 par rapport au niveau ancien, de sorte que la cote des planchers est en contre-haut de lm,50 par rapport au sol des parties latérales et
- extérieures aux monuments. Ce remblaiement a été jugé nécessaire afin de donner plus de soubassement aux palais de l’Esplanade, ils seront ainsi vus avec plus de hauteur par les spectateurs qui se trouveront de l’autre côté du pont Alexandre III. Ce nivellement était d’ailleurs indispensable, car le sol de l’Esplanade ne forme pas une pente régulière, depuis la Seine jusqu’à l’Hôtel des Invalides : au centre, vers la rue de l’Université, il y a une dépression très sensible qu’il était nécessaire de faire disparaître. Les différents palais recouvriront les produits
- des industries diverses, notamment de celles qui se rapportent à la décoration de l’habitation et au mobilier; les palais de gauche, construits du côté de la rue Constantine, sont réservés à la section française, et ceux de droite aux sections étrangères.
- Les moyens d’accès à l’Esplanade seront le pont Alexandre, qui communique avec les Champs-Elysées, et la passerelle construite au-dessus de l’avenue de la Tour Mau-bourg à l’entrée du pont des Invalides ; elle met ces parages directement en rapport avec le quai d’Orsay sur lequel sont construits les palais des puissances étrangères; en dehors de ces deux moyens, nous aurons également toutes les portes depuis le n° 24 jusqu’au n° 28 bis ainsi qu’il est indiqué sur le plan. Il y aura sûrement beaucoup de monde sur l’Esplanade des Invalides pendant l’Exposition ; car les entrées de la rue de Grenelle et celles de la Chambre des députés sont en relation directe avec tous les quartiers de la rive gauche.
- Ajoutons que le chemin de fer intérieur de l’Exposition et la plate-forme mobile longent la rue Fabert, sur laquelle se trouvera une station entre les rues Saint-Dominique et de l’Université; ces deux modes de locomotion permettront aux visiteurs de gagner soit le quai d’Orsay, soit le Champ-de-Mars, par l’avenue de la Motte-Piquet. À. DA Cunha.
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- S<f.
- Plan de l'Esplanade des Invalides.
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- LE FROID DANS LA FRANCE CENTRALE
- Nous avons montré1 que les grands froids d’Europe apparaissent ordinairement dans le Nord de la Russie, et qu’ils peuvent se propager jusqu’en France et en Espagne, en parcourant tout le continent, du Nord-Est au Sud-Ouest, sous l’action des dépressions baro-
- 27 Nov
- Berlin
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- Berne]
- Clermont
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- Fig. 1. — Répartition (le la chaleur et du
- puis il s’accentue en s'étendant à une distance plus ou moins grande, et notre pays devient ainsi un centre de froid qui rayonne dans les contrées environnantes. C’est en effet ce qui s’est produit tout
- métriques de la Méditerranée. C’est comme cela, par exemple, que se sont manifestés les minima de température de 10 à 15° au-dessous de zéro observés le 11 décembre dernier dans fe Nord-Est et le centre de la France.
- Mais le froid ne nous arrive pas toujours ainsi. 11 débute quelquefois dans la France centrale même,
- 28 Nov.
- Berlin
- Praquei
- . Brest
- Berne
- Clermont
- Madrij
- froid à la surface de l’Europe occidentale.
- récemment, du 23 novembre au 2 décembre 1899.
- Le 23 novembre, à sept heures du matin, on observe 10° en Corse, en Bretagne et même en Ecosse; 5° en Autriche, en Provence, en Catalogne,
- 1 v-------
- 23 Nov " 24- 25 26 27 28 29 30 1Déc 2
- Fig. 2. — V ariations simultanées de la température do l’air, à Clermont-Ferrand (358 m.), en traits pleins, à Orcines (8327m.), en traits fins, au l*uy de (Dôme (11(37 ni.), en traits pointillés.
- en Portugal, en Normandie, en Belgique et en Allemagne. A la même heure, la température de l’air est au-dessous de zéro dans une zone comprise entre Berne, Limoges, Rordeaux, Madrid, Toulouse et Grenoble. Dans l’intérieur de celte zone le froid est même très accentué, et à Clermont-Ferrand le thermomètre descend jusqu’à — 6°. Pour trouver à ce moment-là une température aussi basse dans toute
- 1 Voy. n° 1137, du 16 mars 1895, p. 251 et n° 1192, du 4 avril 1896, p. 279.
- l’Europe, il faut aller jusque dans les parties septentrionales de la Russie et de la Scandinavie. Cette singulière répartition de la chaleur et du froid prend même un certain caractère de stabilité et persiste, sans changements bien notables, pendant une dizaine de jours.
- Les cartes ci-jointes (fig. 1) montrent la distribution de la température, en France et dans les pays environnants, pendant le maximum d'intensité de cette anomalie. Pour suppléer à l’insuffisance de
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- nos cartes, qui sont un peu restreintes en étendue, ajoutons que le 27 novembre le thermomètre atteignait -f-10° dans les îles Feroë (comme à Naples), alors qu’il marquait — 8° à Clermont-Ferrand.
- Mais ce n’est pas seulement par sa localisation géographique dans le centre et dans l’Est de la France (pie ce froid est remarquable : il l’est encore davantage par sa localisation dans les couches tout à l'ait inférieures de l’atmosphère. En effet, non seulement le refroidissement de l’air n’a pas atteint la faible altitude de 800 mètres, mais depuis cette hauteur jusqu’à 1500 mètres, et sans doute bien plus haut encore, il s’est produit un réchauffement extraordinaire pendant que le froid sévissait dans les vallées et dans les plaines. Pour bien faire ressortir cet intéressant phénomène, nous donnons le diagramme des variations de température enregistrées à Clermont-Ferrand, à Orcines et au sommet du Puy de Dème (fig. 5). Ces trois stations, dont les altitudes respectives sont 588, 852, et 1467 mètres, se trouvent à peu près sur une ligne droite orientée de l’Est à l'Ouest, et la distance qui sépare les deux stations extrêmes est un peu inférieure à 10 kilomètres.
- Sur ce diagramme, on voit, au premier coup d’œil, qu’en général la température de l’air est d’autant plus élevée que l’altitude de la station correspondante est plus grande, contrairement à la loi ordinaire qui comporte une diminution de chaleur de 1° pour une augmentation de hauteur de 180 mètres environ. Pour toute la période, la température moyenne de l'air a été, en effet, de — 1°, 9 à Clermont, de 4°, 5 à Orcines, et de 6°, 5 au sommet du Puy de Dôme. Au lieu de décroître, la chaleur croissait donc, en moyenne, de 1° par 69 mètres entre Clermont et Orcines. Mais cette croissance a été bien plus rapide à certains moments ; le 50 novembre, à midi, on notait — 0°,8 à Clermont, 14°, 7 à Orcines, 10°,5 au Puy de Dôme, et la température de l’air augmentait de 1° par 29 mètres entre Clermont et Orcines. Les interversions qui se manifestent ainsi dans la répartition de la chaleur par rapport aux altitudes sont assez fréquentes, mais elles sont loin d’être toujours aussi accentuées. Ces interversions se produisent d’ailleurs de façons bien différentes.
- Elles surviennent quelquefois après une période de grand froid général, lorsqu’un vent du quart sud se met à souffler dans l’atmosphère à partir d’une certaine hauteur, sans descendre jusqu’au niveau du sol. Sous l’influence du chaud courant méridional, le froid cesse alors dans les couches atmosphériques suffisamment élevées, tandis qu’il persiste plus bas. L’interversion qui en résulte d’abord peut s’accentuer ensuite lorsque le froid primordial a été accompagné de brouillards : il suffit que ces brouillards ne demeurent que dans les vallées et dans les plaines basses, et qu’ils se dissipent plus haut sous l’action des vents du sud. Il en résulte alors assez fréquemment que les montagnes et même les plateaux de faible altitude ont un ciel pur. Us s’échauffent donc progressivement grâce à la radiation solaire, pendant
- que le froid continue et s’exagère dans les bas fonds où le brouillard empêche les rayons du soleil de pénétrer. D’autres fois, il n’y pas de froid général antérieur. Mais si le ciel est pur et si l’atmosphère est à peu près calme, l’interversion se produit la nuit par l’action du rayonnement terrestre auquel s’ajoute l’effet de la descente et de l’accumulation de l’air froid dans les parties les plus basses de la surface du sol. Si le fait se renouvelle pendant plusieurs nuits consécutives, et si pendant le jour il y a, près du sol, un brouillard plus ou moins épais, mais suffisant pour supprimer en grande partie le réchauffement qu’occasionnerait la radiation solaire, l’inversion de température se prolonge et s’accentue de plus en plus. C’est de cette manière que la région de Clermont-Ferrand est restée, du 25 novembre au 2 décembre, un véritable pôle de froid autour duquel la rigueur de la température allait en s’adoucissant, progressivement, dans toutes les directions.
- Quant à l’échauffement simultané des régions atmosphériques dont l’altitude est supérieure à 800 mètres, on doit l’attribuer uniquement à la radiation solaire. L’air de ces régions, très sec, puisque l’hygromètre est descendu à 0,20 à Orcines, à 0,17 au Puy de Dôme, pouvait s’échauffer pendant le jour au contact du sol qui était soumis à une insolation très ardente, tandis que sa grande pureté l’empêchait de trop se refroidir durant le rayonnement nocturne.
- J.-R. Plumasdon.
- Météorologiste à l’Observatoire du Puy de Dôme.
- TAILLERIES DE DIAMANTS D’AMSTERDAM
- ET LA GUERRE DU TRANSVAAL
- Quoique la liaison entre les deux choses ne semble pas très apparente au premier abord, elfe n’en existe pas moins, et de façon fort intime. On ne saurait trop le répéter et le montrer, la guerre est un fléau qui n’atteint pas seulement ceux qui y prennent directement part ; aujourd’hui que les relations commerciales et industrielles sont si étroites d’un bout du monde à l’autre, une crise de cette sorte réagit violemment sur les pays qui sont en rapports commerciaux avec un des belligérants, et l’on peut dire que c’est le cas de toutes les nations; les échanges sont au moins gênés considérablement, et souvent les ouvriers de tel ou tel corps de métier sont jetés sur le pavé parce que les matières premières sur lesquelles porte leur travail viennent à manquer, par suite des hostilités.
- C’est ce qui se passe actuellement pour les lapidaires d’Amsterdam : en effet, le diamant brut, qui est taillé ordinairement dans les ateliers si importants de cette ville, provient du Brésil et du Cap, mais surtout du Cap, dont les pierres ont presque chassé du marché les gemmes venant de l’Amérique du Sud. Nos lecteurs ont eu récemment1 un article intéressant sur ces exploitations diamantifères du Sud Africain. Mais, comme eda était assez aisé à prévoir, les diamants n’arrivent plus de Kimberley, et les ouvriers d’Amsterdam se trouvent sans travail, et dans une telle misère que l’on parle de prendre des mesures pour venir à leur secours. Le moment nous a donc semblé
- 1 Voy. n° 1385, du 9 décembre 1899, p. 27.
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- opportun pour donner quelques détails sur l’industrie de la lapidairerie dans la grande cité hollandaise.
- Nous n’avons pas pour cela l’intention de faire ici une monographie ni même un historique de ces tailleries de diamants ; nous rappellerons seulement que, dès la fin du seizième siècle, on savait à Amsterdam tailler les facettes sur la précieuse pierre, et c’est de là que la connaissance de la taille s’est propagée à Anvers et à Paris, les deux seuls centres à peu près où l’on fasse concurrence aux lapidaires hollandais : le célèbre « Coliinoor », qui a une histoire bien connue de tout le monde, et qui pesait 279 carats, fut taillé par un Hollandais. Mais c’est vers 1820 que cette industrie se développa réellement dans sa véritable métropole actuelle, pour atteindre son apogée de 1875 à 1885, à une époque où arrivaient précisément d’immenses quantités de diamants du Cap et où l’on n’avait pas encore songé à régler la quantité de pierres qui devait parvenir sur le marché, pour empêcher la baisse des prix. Depuis 1885, une crise redoutable a eu lieu dans l’industrie de la taillerie des diamants, mais néanmoins cette industrie occupe encore une place considérable à Amsterdam.
- A la fin de 1898, et sans tenir compte de quelques établissements secondaires de Rotterdam et d’Hilversum, cette ville possédait 50 maisons de premier ordre renfermant 7200 meules à vapeur pour la taille; d’autre part, si l’on totalise l’ensemble des ouvriers et ouvrières employés dans les tailleries, au polissage, au taillage ou au clivage, on arrive au chiffre fort respectable de 11 000 (dont 600 femmes). Notons, en passant, un détail assez intéressant et peu connu, c’est que les propriétaires des fabriques se bornent à louer les meules aux ouvriers qui travaillent directement pour le compte des bijoutiers. La production annuelle, même maintenant que l’on est bien au-dessous des chiffres de 1875, atteint près d’une cinquantaine de millions de florins; elle s’exporte presque entièrement sur l’étranger. Les frais de main-d’œuvre, qui assurent précisément l’existence des ouvriers aujourd’hui sans travail, s’élèvent à quelque chose comme 15 ou 16 millions de florins. Daniel Bellet.
- LES AUTOMOBILES DE GUERRE
- Lorsqu’il y a vingt-cinq ans environ, l’autorité militaire fit l’acquisition de locomotives routières, elle croyait avoir trouvé la machine qui devait assurer les gros transports de l’armée et suppléer à l’insuffisance des chevaux pour le mouvement du gros matériel. Il s’agissait à cette époque d’armer rapidement des forts nouvellement construits avec des pièces d’un poids considérable et qu’il était difficile et coûteux de transporter par les moyens ordinaires, c’est-à-dire avec des chevaux.
- Quels ont donc été les écueils rencontrés dans l’emploi de ces machines puisqu’elles ont disparu du service de l’armée?
- Ils sont de plusieurs natures et principalement dus à leur poids excessif, leur manœuvre peu sûre et au manque de puissance dès chaudières cependant volumineuses. Le poids de ces locomotives routières de deux types différents, le petit et le grand modèle, qui était respectivement de 15 et 18 tonnes, entraînait la détérioration rapide des routes ordinaires.
- Il leur interdisait l’accès des chemins vicinaux dont les ouvrages d’art métalliques ne peuvent supporter le plus souvent des charges supérieures à 8000 kilogrammes répartis sur deux essieux.
- L’appareil de direction n’agissait pas assez vite dans les tournants à angle droit et rendait la pénétration des ouvrages fortifiés avec portes-chicace, pont-levis, etc., sinon dangereuse du moins très difficile. Le manque de puissance des chaudières nécessitait de nombreux arrêts en cours de route pour la mise en pression; dans les parcours un peu accidentés, on exigeait alors une réduction notable du poids transporté. Telles qu’elles étaient cependant, il faut reconnaître que ces locomotives routières ont rendu de nombreux services pour le transport du gros matériel d’artillerie, car lorsqu’on est obligé d’employer des chevaux, il les faut si nombreux pour ces manœuvres que dans les tournants l’attelage hymique ne tire plus en droite ligne, et on est alors obligé de recourir à l’emploi de cabestans, manœuvre longue et toujours difficile.
- Les choses en étaient là, il y a une dizaine d’années, quand apparurent les premières voitures automobiles à vapeur d’un poids relativement beaucoup plus léger par rapport à leurs devancières (5 à 6 tonnes) et d’une puissance au moins égale. Ces résultats étaient dus à une grande amélioration apportée dans les procédés de fabrication mécanique et à l’emploi de vapeur à haute tension produite dans des chaudières nouvelles à vaporisation rapide sous un faible volume.
- Lorsqu’à la suite des différentes courses et concours qui eurent lieu depuis 1894, le ministère de la guerre eut consulté les commissions militaires qui avaient suivi de près les progrès accomplis, il fut reconnu que le tracteur Scotte était le type de véhicule automobile qui semblait le mieux répondre aux besoins de l’armée. Des expériences des plus variées, comme le démontrent les quelques photographies que nous reproduisons, furent entreprises dès le début de l’hiver 1897, et se continuèrent jusque dans le courant de l’année 1899. Elles ont prouvé que les tracteurs Scotte étaient capables de faire tous les transports des armées en campagne en seconde ligne, et le transport des parcs de siège et des grosses pièces d’artillerie. Un train Scotte composé de 6 voitures d’artillerie ou des équipages militaires tourne et évolue dans un rayon de 3m,50 (fig. 1), et il peut passer sur tous les chemins classés de France.
- Voilà donc un gros problème résolu puisque nous possédons aujourd’hui une machine qui remplacera avantageusement les chevaux dont le nombre décroîtra sans cesse, étant donné les progrès de l’automobilisme. Sur la traction animale, les avantages sont incontestables. En première ligne, la réduction de la longueur des convois sur les routes, la moitié environ; réduction du personnel nécessaire à la nouvelle traction qui n’emploierait que 120 hommes, tandis que pour un même convoi la traction animale en exige 180. La garde des flancs de ces convois auto-
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- mobiles en campagne ne demanderait que la moitié des hommes nécessaires par suite de la réduction de longueur sur route. Dans les marches forcées, le mo-
- teur mécanique étant infatigable permettrait des mouvements de stratégie plus étendus, tandis qu’ordinai-rement ils doivent être limités au parcours que peuvent
- Fig. 1. — Expériences de virage d’un train Scotte.
- faire les animaux dans un nombre d’heures donné. L’exemple suivant fait ressortir d’une façon encore
- plus frappante les avantages considérables de la traction automobile. Il est prouvé que 25 tracteurs
- Fig. 2. — Transport des équipages de pont.
- Scotte peuvent ravitailler de cartouches, à 100 kilomètres de distance et en dix-huit heures, un corps d’armée de 00 000 hommes et que l’on peut déplacer en une nuit à la distance de 15 kilomètres 50 canons de 24 du poids de 24 tonnes chacun.
- Si les Prussiens avaient eu en 1870 des machines de ce genre pour faire le siège de Paris, ils n’auraient pas attendu trois mois et demi avant de pouvoir amener leurs pièces en position. « Il fallut à cette époque faire venir de Metz 960 voitures et plus
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- de 2000 chevaux; les 2000 voitures et les chenaux réquisitionnés autour de Paris ainsi que les attelages de la troisième armée allemande alimentaient à
- grand'peine de munitions l’attaque qui une fois commencée ne devait plus à aucun prix être interrompue. » (Mémoires du maréchal de Mol lie, guerre
- Fig. 5. — Convoi demunitions sur la côte de Satory.
- Fig. 4. — Transport d’un gros canon de siège.
- jours seulement après l’envahissement, et la défense n’ayant pu être préparée suffisamment, les conséquences en auraient été encore plus désastreuses pour nous. Dans les guerres futures les tracteurs automobiles seront forcément appelés à jouer un très
- grand rôle pour les transports et le ravitaillement des armées en campagne, la France est certainement la plus avancée dans cette voie nouvelle. Souhaitons qu’elle ne se laisse pas devancer par les autres nations. —— Commandant X.
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- LA NATURE.
- LA FLORE DES RUINES
- La végétation qui s’attache aux ruines a depuis longtemps appelé l’attention des botanistes. Dès 1815, Sébas-tiani donnait la liste des plantes qui croissaient, à cette époque, sur les débris de l'amphithéâtre de Flavius, à Rome. En 1875, la flore du Colysée était l’objet d’un intéressant travail de M. Deakin et, l’année suivante, la comtesse Fiorini-Mazzanti s’en occupait également. Sur 425 espèces énumérées par le docteur Deakin et réparties sur trois hectares de superficie, 400 environ se sont maintenues. On aura une idée de la richesse de cette flore, en songeant qu’on y trouve des Anémones, des Cyclamens, des Rues, de Cistées, le Phytolaeca decan-dra, le Capillaire, gracieuse fougère qui se plaît dans les lieux sombres et humides de la région méridionale, le Chèvrefeuille, l’Acanthe, le Câprier, etc.
- La plupart de ces plantes appartiennent à la flore italienne, mais il en est quelques-unes cependant qu’on ne trouve pas indiquées parmi les représentants de la Flora romana. La giroflée des murailles y est rare, tandis qu’elle recouvre de ses gerbes dorées et parfumées les murailles du palais des Césars sur le Palatin.
- Si la vieille Rome a sa flore spéciale, nous ne sommes pas moins riches en France. La végétation des murs, des anciennes fortifications de l’Alsace, de ses églises, de ses bâtiments en ruine, de ses rues abandonnées, a tenté l’esprit observateur de Kirschlegett; le vieux château de Gisors a inspiré un pharmacien de la localité, Lepage ; les plantes des vieux châteaux ont trouvé un descripteur dans le vénérable doyen de la botanique systématique française, M. Chatin. « l'ne mosaïque des florales rudé-rales du centre de la France », « La flore de Vichy », « La flore murale de la ville d’Alger », « La flore murale du tombeau de la Chrétienne et de la ville de Tlemcen », tels sont les titres d’autant de notices qui ne sont pas dénuées d’intérêt, écrites par M. Pascal Jourdan.
- Plus récemment, la Cour des comptes et le conseil d’État ont tenté M. Vallot ; des « Promenades botaniques sur les clochers de Limoges » sont dues à M. Lamy de la Chapelle et M. J. Richard est l’auteur d’une « Florale des clochers et des toits des églises de Poitiers ». Il ne faut pas oublier mon excellent ami M. A. Chevalier qui, en 1897, a publié une flore adventive des ruines du château féodal de Domfront.
- Jetons un coup d’œil sur quelques-unes de ces flores.
- Les églises de Poitiers donnent asile, dans leurs parties les plus élevées, à 76 végétaux, très inégalement répartis, puisque certaines d’entre elles en possèdent 50, tandis que d’autres ne sont ornées que de 1 1 et même de 8. Tel monument offre des facilités considérables, pour l’ensemencement, par sa position même. Tel autre, au contraire, est moins bien partagé sous ce rapport. Les vents, en balayant la campagne voisine, peuvent apporter une quantité de graines légères; la proximité des marchés, où des semences de toutes sortes sont mêlées aux poussières de la rue, constitue un milieu favorable.
- Mais ce qui est digne de remarques, c’est qu’à Poitiers, la flore des parties les plus élevées des églises est entièrement empruntée à la flore locale. D'un autre côté, un fond de végétation demeure à peu près assuré.
- Au vieux château de Gisors, deux éléments floraux sont facilement reconnaissables. A côté de la végétation de la contrée, on trouve des plantes venues de régions diverses et sans nul doute naturalisées. Il en est ainsi de l’Œillet, de l’Hysope, du Corydalis hitea, etc. L’Œillet,
- l’Hysope sont les compagnons habituels des ruines. Nous avons vu l’Hysope sur les murailles de Provins; l’Œillet fait un revêtement de fleurs parfumées et gracieuses aux donjons de Sainte-Suzanne (Mayenne), aux murs du Mont-Saint-Michel, etc.
- Le « tombeau de la Chrétienne », dans la province d’Alger, avec ses assises formant un ruban de 4 kilomètres de longueur et une surface totale de près de 2500 mètres carrés, sur une hauteur de 52 mètres, est un brillant parterre. A part quelques plantes tout à fait murales, sa flore ne se distingue en rien de saillant de celle qu’on trouve au pied du monument (et sur le plateau du Sahel, dans un rayon de plusieurs kilomètres. Des arbustes se sont implantés dans les joints, les fissures et les crevasses des blocs de pierres; quelques-uns ont jusqu’à 12 et 18 centimètres de diamètre.
- La végétation y est singulièrement groupée, suivant les quatre points cardinaux. La portion nord du monument conserve une certaine humidité, qui jointe à l’abondance du terreau déposé sur ses assises et à l’enchevêtrement des racines des plantes, constitue un excellent milieu pour le développement de la vie. Au côté sud, au contraire, le peu de terre qui s’est accumulé pendant l’hiver est enlevé en grande partie par les vents chauds de l’été : la végétation y est peu abondante.
- Les végétaux printaniers dominent à l’exposition du nord et y mûrissent leurs graines. C’est ainsi qu’on y trouve en aussi luxuriant état que dans les meilleurs terrains : le Pissenlit, des Alvsses, des Mâches, la Mercuriale, des Renoncules, le petit Houx, des Avdx, des Ophrys et des Orcliis, entre autres VOphrys tenthredini-fera qui s’v développe parfaitement et donne des hampes de fleurs magnifiques.
- Dans la partie sud-est, ce sont les plantes estivales qui l’emportent en nombre ; au sud-ouest, les automnales et, au nord-ouest, celles qui fleurissent pendant l’hiver ou aux derniers temps de la végétation.
- Au sud-est il faut chercher les Roseaux, les Sedum, les Cistes, les Rues, les Côtiers, les Férules, les Eryngium, les Asphodèles, les Vipérines et les Anchusa. Le sud-ouest recèle les Scilles, les Asperges, les Smilax; le nord-ouest comprend surtout les Lichens et les Mousses. Le Palmier nain est répandu à peu près partout sur les gradins.
- En raison même de sa position géographique, le « Tombeau de la Chrétienne », après le mois de mai, ne présente plus que des plantes herbacées, à l’état sec, les arbustes eux-mêmes, brûlés par le soleil, perdent leurs feuilles.
- Fn fait remarquable est le suivant: nulle part sur le. « Tombeau de la Chrétienne » on ne rencontre certaines plantes, murales par excellence, telles que la Pariétaire, les Orties, les Chenopodium, les Ronces, etc. On y trouve 79 espèces, appartenant à 70 genres et à 59 familles.
- Dans ses études sur la flore du château de Domfront, M. Chevalier s’est surtout attaché à déterminer l’origine des végétaux qui y croissent. A la première période qu’il appelle « période de construction » (1011 à 1050), sont dus probablement l’Origan, le Réséda luteola, le Ver-bascum Lychnitis et d’autres espèces, apportées avec le calcaire utilisé pour la fabrication du mortier et qu’il fallait aller chercher à 60 kilomètres de là au minimum.
- A la « période d’entretien » du château (1050-1420) correspondrait l’arrivée du Chardon-Marie de YEchinops sphœrocephalus, qui eut dû être cultivé au moyen âge.
- La « période de décrépitude » qui s’étend de 1420 à 1608 a vu les œillets et la giroflée envahir les murailles, qui dès 1574 commençaient à tomber d’elles-mêmes.
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- Une période de jardins, de 1608 à 1867, est caractérisée par la naturalisation d’un grand nombre de plantes médicinales, potagères ou ornementales qui ont persisté. Après la démolition, par ordonnance de Sully en 1608, une quarantaine de jardins avaient été créés sur l’emplacement des fossés et des remparts, et quelques pans de murailles seulement ont subsisté jusqu’à nos jours.
- La Bourrache, l’Ægopode, la Matricaire, la Tanaisie, la Belladone, le Datura, le Fenouil, l’Agripaume, la Mentbe verte, etc., représentent à Domfront la flore médicinale adventive; l’Héliotrope d’hiver (Nardosmia fragrans), la grande l’ervenche, l'Herbe aux gueux, l’Hysope, la Valériane rouge (cenlranchus), la Cymbalaire, la Violette, le Buis, la flore ornementale.
- Les légumes consistent en : Persil,
- Mâche, Pimprenelle, Raiponce, Fraisiers,
- Oseille à écusson et Bon Henri. Ce dernier n’appartiendrait-il à une période antérieure? car on l’a cultivé à une époque reculée.
- Enfin, en 1867, les jardins avoisinant le donjon ont disparu pour faire place à une esplanade plantée d’arbustes et de bosquets. Depuis 1867 on a vu apparaître un Trèfle et une Luzerne qui couvrent les pelouses, les Saliæ cnprea et cinerea, les Centaurea, la Veronica persica du sud-est de la Russie (jui a envahi l’Europe dès le xvme siècle, ïErigeron anadensis, du Canada, déjà abondant à Paris dès le temps de Tour-nefort, etc.
- En résumé, en l’espace de 9 siècles, à la flore primitive du Rocher de Domfront, s’est substituée entièrement une flore adventive différente. Des plantes indigènes, n’ont persisté que celles qui vivent partout en compagnie de l’homme. P. IIariot.
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- AMPOULE RADIOGRAPHIQUE
- A ANTICATHODE FROIDE
- Les ampoules radiographiques ont le grand inconvénient de chauffer rapidement au foyer cathodique; aussi la durée d’activité se trouve-t-elle limitée lorsqu’il faut dépenser dans l’appareil une grande puissance. Plusieurs recherches ont déjà été faites pour refroidir l’anticathode par une circulation de liquide froid; mais ces recherches n’ont pas donné de résultats.
- MM. Ahel Bu guet et Victor Chabaud ont récemment présenté à l’Académie des sciences un nouveau modèle d’ampoule à anticathode froide. Comme le montre la figure ci-jointe, cette ampoule porte une anticathode faite d’un gros tube de platine soudé directement au verre de l’ampoule. Ce tube est entouré, jusqu’au centre de l’ampoule, d’un manchon de verre évitant l’action de l’induit inverse de la bobine sur le tube métallique. Le tube de platine est, à son extrémité interne, taillé en sifflet. Une lame de platine, soudée sur cette extrémité, la ferme hermétiquement. Une collerette métallique entoure le tube
- de platine à cette extrémité interne, arrêtant les rayons cathodiques étrangers au faisceau utile qui pourraient atteindre le verre à l’arrière de la plage anticathodique. Enfin un petit réservoir à eau est relié à l’extrémité extérieure du tube de platine. Dans le cas où l’on préférerait faire usage de circulation d’eau ou de mercure, il suffirait de remplacer le réservoir à eau par un dispositif de deux tubes concentriques qu’on relierait à l'extrémité libre du tube de platine au moyen d’un caoutchouc ou par
- un bouchon de caoutchouc muni de deux tubes dont l’un s’arrêterait près du fond du tube de platine.
- En marche, les rayons cathodiques tombent sur la lame de platine obturatrice. Cette lame étant, par sa face postérieure, au contact immédiat de l’eau ne saurait atteindre une température supérieure à à celle de l’ébullition libre du liquide.
- L’appareil peut recevoir, sans que l’anticathode rougisse, les décharges des bobines les plus puissantes actionnées par les interrupteurs les plus rapides, lors même qu’elles seraient capables de fondre en quelques secondes les anticathodes ordinaires. L’état de vacuité du tube ne subit aucune modification pendant le fonctionnement.
- On peut obtenir et maintenir la plus haute puissance de la source de rayons X, en conservant au faisceau de radiations la composition qui convient à chaque application particulière de la radiographie ou de la radioscopie. J. Leroy.
- LES MARBRES DES PYRÉNÉES
- Les richesses marbrières des Pyrénées sont tellement considérables qu’on a pu dire de la chaîne qu’elle forme, en quelque sorte, un bloc de marbre.
- Les carrières les plus célèbres furent exploitées dès les temps les plus anciens ; on sait que les Romains appréciaient les riches couleurs des marbres
- Ampoule radiographique à anticathode froide de MM. Ahel Muguet el Victor Chabaud.
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- pyrénéens et en décoraient leurs palais et leurs thermes dans le Sud-Ouest de la Gaule. François Ier, Henri IV, puis Louis XIV firent également exploiter certaines carrières, notamment celles de Campan et de Sarrancolin (fig. 1) dont on reconnaît les marbres dans les décorations des palais du Louvre, de Versailles, de Trianon et de Fontainebleau.
- Mais, jusqu’au commencement du siècle, l’industrie du marbre dans les Pyrénées se borna à l’exploitation des carrières, c’est-à-dire à l’extraction des blocs de matière brute, descendus à grands frais des sommets dans les vallées et, de là, transportés à leur destination où ils étaient travaillés sur place, par la main des artistes auxquels étaient confié le soin de décorer les palais royaux et les monuments publics.
- Fig. \. — Les carrières de marbre de Sarrancolin.
- nationaux et le décroissement de l’importation en France des marbres étrangers.
- Les trois usines de marbre de Bagnères-de-Bigorre sont actuellement entre les mains d’une Société dont l’Administrateur, M. Bouvet, a bien voulu piloter, dans la visite qu’ils y ont faite cet été, les abonnés de La Nature qui ont pris part à l’excursion scientifique de' l'Océan à la Méditerranée. Rien de plus intéressant à visiter que ces ateliers :
- « Des plaques, des blocs, des éclats entassés, des matériaux énormes, se pressent parmi des rosiers, des plates-bandes fleuries.... Sous les hangars, de lourds engrenages, des baquets d’eau bourbeuse, des scies rouillées, des roues grossières : voilà les ouvriers. Dans le magasin, des colonnes, des chapiteaux d’un poli admirable, de blanches cheminées bordées de feuilles en relief, des vases ciselés, des
- C’est en 1808 seulement que la première usine, dite marbrerie, fut créée à Bagnères-de-Bigorre par M. Costallat pour la transformation de la matière brute en objets ouvrés et polis. Cette industrie prit rapidement un développement important. Le successeur de M. Costallat, M. Géruzet, découvrit et exploita de nombreuses carrières inconnues jusqu’à lui.
- De nouvelles machines à scier, tourner, creuser, forer, raboter et polir, permirent d’obtenir, à des prix très avantageux, des objets d’arts et des cheminées d’une grande pureté de lignes et d’une exécution parfaite. La création de cette industrie nouvelle dans les Pyrénées eut pour résultat presque immédiat l’augmentation de l’exportation de nos marbres
- Fig. 2. — lin atelier de polissage mécanique.
- vasques sculptées, des bijoux d’agate : voilà l’ouvrage. Les carrières des Pyrénées ont donné toutes un spécimen pour lambrisser les murs ; c’est une bibliothèque de marbres. Il y en a de blancs comme l’albâtre, de roses comme la chair vivante, de bruns, de cailletés comme le ventre d’une pintade. La griotte est d’un rouge sang, le Baudéan noir, veiné de filets blancs, jette un reflet verdâtre. Le ronce de Bise sillonne de bandes noires sa robe couleur de biche. Le Sarrancolin grisâtre luit étrangement, tout marqueté d'écailles, rayé de teintes pâles et taché d’une large plaque sanglante. La nature est le plus grand des peintres; les infiltrations et les feux souterrains ont pu seuls inventer cette profusion de nuances et de dessins ; il a fallu l’originalité audacieuse du hasard et le lent travail des forces minérales, pour tourner des lignes si capri-
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- eieuses et assortir des teintes si composées1. » Situées sur les berges de l’Adour, ces usines disposent d’une force motrice hydraulique considérable
- qui actionne des ateliers de sciage (fig. 3) où les blocs de marbre bruts sont sciés en tranches d’épaisseur variable, suivant les besoins du commerce. Une fois
- Fig. 3. — La grande marbrerie de Bagnères. L’atelier de sciage et le sciage en plein air.
- sciés, ces marbres sont, à l’aide de débiteurs, coupés nieux, soit moulurés, soit tournés et polis (lig. 2) en longueur et, toujours à l’aide d’outils très ingé- selon leur emploi. Le sable est le grand agent qui per-
- Fig. 4. — Marbrerie Géruzet. L’atelier des tours.
- met de travailler le marbre : les scies les mieux affilées, les débiteuses les mieux affûtées, les outils les plus solides s’émousseraient vite sur ces blocs d’une
- dureté incomparable. De même que le diamant ne peut être attaqué que par sa propre poussière, de même le marbre ne peut être entamé qu’à l’aide du sable que roulent les gaves des Pyrénées après l’avoir arraché aux flancs des montagnes. Et c’est ce qui
- Voyage aux Pyrénées.
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- L'A NATURE
- donne aux marbreries un aspect très particulier : des ouvriers jettent constamment sur les blocs que l’on travaille des pelletées de sable, cependant que des robinets laissent couler sur les outils de minces filets d’eau ; et, grâce à cette association de l’eau, de l’acier et du sable, méthodiquement se poursuit et s’achève la lente désagrégation des marbres les plus durs.
- 11 nous a été donné de voir en confection, au cours de notre visite dans les différents ateliers (fig. -4), les objets les plus divers, depuis la simple et modeste cheminée dite capucine, jusqu’aux grandes cheminées de style, du travail le plus riche et de sculpture la [tins artistique; des travaux de décoration, des lambris, des carrelages, des marches et rampes d’escalier, des autels et des tombeaux, des colonnes, des balustres, des coupes, etc., etc.
- En résumé on peut constater avec satisfaction que, si l’industrie du marbre est arrivée à un rare degré de perfectionnement à l’étranger, nos établissements de marbrerie en France ne le cèdent en rien à leurs concurrents de Belgique et d’Italie, tant comme importance et valeur de l’outillage, que comme richesse des marbres et fini d’exécution.
- Emile Feiun et.
- APPLICATION DE LA PHOTOGRAPHIE
- AU JOURNALISME
- LA STÉRÉO-REVUE
- C’est une idée originale que de mettre à domicile, sous les yeux du public, les événements du jour, non plus sous la forme d’un fait-divers, ou de gravures, mais en épreuves photographiques stéréoscopiques.
- Imaginez une série d’instantanés stéréotypes, pris par un « reporter » habile à se trouver partout où se passe un fait important, et à presser le bouton au bon moment. Voilà l’événement fixé sur la plaque; il faut maintenant le transmettre aux particuliers, chez eux, sous une forme simple et pratique qui fasse revivre la scène prise.
- Pour cela les vues instantanées stéréoscopiques sont transformées en positifs sur une bande pelliculaire, analogue à celle employée pour le cinématographe. Cette bande roulée forme un très petit cylindre : c’est le journal de l’abonné. Il le reçoit chaque semaine par la poste, et l’introduit dans une jumelle stéréoscopique portative, très légère; un mécanisme ingénieux permet de transformer le rouleau en une bande sans fin qu’un bouton fait tourner dans les deux sens. Confortablement installé au coin de son feu, l’abonné à la Stéréo-Revue voit ainsi se dérouler, sous ses yeux, avec le relief stéréoscopique les événements parisiens de la semaine. C’est un amusement familial très varié et très vivant ; c’est en outre le passé conservé pour l’avenir.
- En effet, au bout de l’année, l’abonné possède une nombreuse collection de photographies des principaux faits : cérémonies, monuments, etc. Le stéréoscope dont on fait usage est léger et n’a rien d’encombrant ni de coûteux puisqu’il est compris dans le prix de l’abonnement.
- Cette adaptation de la stéréoscopie photographique au journalisme constitue une originalité qui méritait d’être signalée ici. L. Lefèvre.
- CHRONIQUE
- Téléphone enregistreur. — M. Dussaud a fait fonctionner récemment son téléphone haut parleur associé à un phonographe répétiteur. Les résultats ont paru satisfaisants. Le style de la plaque enregistre la communication sur la cire du rouleau du phonographe et cet appareil reproduit ensuite très nettement les chants, la musique et la parole. La transmission peut avoir lieu à grande distance, plusieurs centaines de kilomètres et, cependant, l’enregistrement est bon. Ce résultat tient à la bonne utilisation de l’énergie reçue dans le cornet téléphonique. En Allemagne, on semble tout aussi avancé. On a déjà expérimenté, dans les services téléphoniques de l’Empire, un téléphone parleur imaginé par l’ingénieur Poulsen. Le système consiste aussi dans l’adjonction au téléphone ordinaire d’un phonographe spécialement construit en vue de cette application. Si l’abonné ne se trouve pas chez lui au moment où on l’appelle, le phonographe enregistre la communication et la répète plus tard à l’abonné. Seulement M. Poulsen n’emploie pas de rouleaux en cire, il se sert de bandes métalliques. Les empreintes peuvent très facilement être enlevées, alors qu’une manipulation assez délicate est nécessaire pour remettre en état les rouleaux de cire après qu’ils ont servi. Ces appareils ont donné de bons résultats. On les verra et on les entendra dans la section allemande à l’Exposition de 1900.
- La télégraphie aux ondes hertziennes. — La
- télégraphie sans fil parles ondes hertziennes paraît jusqu’ici limitée à une cinquantaine de kilomètres. Il se présente une difficulté, entre autres celle de maintenir rigoureusement cylindriques les faisceaux d’ondes émis et l’absorption par les milieux interposés. M. Turpain, professeur à l’École des sciences de Bordeaux, s’est demandé pourquoi, pour les grandes distances; on n’utiliserait pas les ondes de Hertz en les canalisant au moyen d’un fil unique. Dans ce cas les communications et les intercommunications pourraient parfaitement se faire au moyen de résonnateurs bien accordés, qui révéleraient l’arrivée des ondes. M. Turpain a réalisé, à cet effet, des ïésonnateurs indépendants les uns des autres, et qui fonctionnent isolément sous l’influence d’excitateurs monochromatiques. Peut-être y a-t-il, en effet, dans le système imaginé par M. Turpain le germe d’un nouveau système télégraphique rapide et économique.
- Destruction des vieux canons. — On vient de procéder à Lille, d’après Armée et Marine, à la destruction de vieux canons. Il existe toujours dans les arsenaux des canons démodés. Ainsi en juillet 1870, à la veille de de la guerre, l’artillerie possédait 12 923 canons, parmi lesquels 5784 canons à âme lisse et par conséquent hors d’usage : 5810 de ces pièces tombèrent entre les mains des Allemands. Mais en 1872, notre effectif était remonté à 18 816 (Suions dont 2840 à âme lisse. Toutes ces pièces de 1872 sont à leur tour démodées, et il y aura lieu de s’en débarrasser peu à peu. On les détruit pour pouvoir en obtenir les débris. On les casse avec de la dynamite. Dans un endroit désert et abrité, on creuse une fosse assez profonde pour qu’on puisse y placer un canon debout, la bouche en l’air. On cale la pièce et on fait descendre à l’intérieur avec des cordes une charge d’explosif à hauteur convenable. Un cordeau Bickford établit la communication entre la charge et l’extérieur. On bourre et on met le feu. L’explosion se produit et le canon est réduit en morceaux. L’opération exige des pré-
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- cautions et de l’habileté; autrement les morceaux seraient trop volumineux ou au contraire trop petits, si la charge était trop forte. On emploie ordinairement de 500 à 600 grammes de dynamite. Le cassage revient à environ 8 francs tous frais compris. Le procédé de cas-sage des canons est du reste employé maintenant par l’ennemi pour mettre hors d’usage les pièces des assiégeants. On l’a utilisé déjà au Transvaal. Les Anglais ont ainsi brisé quelques pièces des Boers devant Ladysmith. Autrefois, avec les anciens canons, on se contentait d'en-clouer les canons, c’est-à-dire d’enfoncer un clou dans la lumière ; depuis les canons à culasse, il faut une opération plus radicale. On détruit le canon à la dynamite.
- Chargement de campagne du fantassin Allemand. — Le fantassin allemand porte en campagne un chargement de 26 kilogrammes 706 grammes répartis de la façon suivante : Vêtements et linge portés par l’homme: tunique, lke,450; cravate, 54 grammes; pantalon de drap, 970 gr.; caleçon, 450 gr. ; bretelles, 115 gr. ; chemise, 275 gr. ; paire de bottes, lk«,900; chaussettes ou Fusslappen (ce que l’on appelle dans le langage militaire des chaussettes russes), 80 gr. ; sachet à pansement, 54 gr. ; mouchoir, 50 gr. ; plaque d’identité, 9 gr. ; petit sachet porté sur la poitrine, 50 gr. ; au total, 5k8,597. Equipement: casque avec ses accessoires, 560 gr. ; couvre-casque, 50 gr. : havresac avec courroies, et sac pour les accessoires de tente, lk8,570; ceinturon avec plaque, 550 gr. ; étui-musette, 550 gr. ; gamelle avec courroie, 459 gr. ; dragonne, 27 gr. ; 2 cartouchières, 540 gr. ; petit bidon, 245 gr. ; quart, 55 gr. ; au total 5k8, 964. Paquetage: manteau, lk8,900; trois courroies de manteau, UOgr.; tente, P8,620; béret, 94 gr. ; chemise, 275 gr. ; une paire de souliers lacés, P8,050 : paire de chaussettes, 80 gr. ; livret individuel et de cantiques, 76 gr. ; brosse à dents, 20 gr. ; mouchoir, 50 gr. ; couteau et cuiller, 95 gr. ; objets de toilette et de couture, 250 gr. ; au total, 5k8,600. Armes et munitions: fusil, 4ks, 100; baïonnette, 580 gr. ; lavoir du fusil, 52 gr. ; cartouches (90 dans les cartouchières et 50 dans le havre-sac), 5k8,775; au total, 8k8,507. Vivres: vivres de réserve, 2ke,588 (biscuit, 750 gr.; conserves de viande, 815 gr. ; conserves de légumes, 478 gr. ; sel, 75 gr. ; café, 75 gr. ; trois sachets à biscuit, 75 gr. ; sachet à sel, 22 gr. ; trois boîtes à café, 80 gr. ; sachet à riz, 18 gr.); pain pour le déjeuner, 550 gr. ; boisson contenue dans le petit bidon, 550 gr. ; tabac et cigares, 150 gr. ; au total, 5kg,258. En plus du poids indiqué plus haut, il y a lieu de tenir compte des outils de pionniers portés par la moitié des hommes environ. La petite bêche pèse avec son étui, 890 grammes; la hache, avec son étui, P8,080 et la pioche-hachette, avec son étui, P8,480.
- Expériences sur le lait employé à la fabrication du fromage. — Des expérimentateurs allemands viennent de se livrer à des expériences variées sur le lait employé à la fabrication du fromage : c’est ainsi d’abord qu ils ont pu constater que le lait qui a été chauffé pendant 15 minutes à une température de 75° centigrades, ne perd pour ainsi dire rien de sa faculté d’être transformé en fromage; on comprend que cela est assez important au point de vue de la conservation et du transport de ce lait. D’autre part l’addition d’une certaine quantité de chlorure de calcium diminue le temps nécessaire pour que la présure fasse coaguler le lait, l’accélération étant proportionnée à la quantité de sel ainsi ajoutée.
- Vignoble coûteux. — On Sait combien sont appréciés et combien se vendent cher les crus de la Moselle : c’est ce qui explique le prix considérable auquel vient de se vendre un vignoble de ce territoire célèbre. Bien que ne représentant qu’une surface de 40 ares environ, il a été payé 500 000 francs : cela donne au mètre carré une valeur que l’on n’aurait guère soupçonnée.
- En pont de huit siècles. — Sans doute y en a-t-il de plus vieux, mais celui-là est également intéressant pour son importance, et il est bon de le signaler, puisqu’il va disparaître. Il s’agit du pont de Ratisbonne. Cet ouvrage, qui ne compte pas moins de 15 arches, et qui a un développement de plus de 500 mètres, a été construit de 1155 à 1146 par Henri le Superbe, duc de Bavière et de Saxe. La chaussée en est fort étroite, et les trottoirs ne sont faits que pour une seule personne, mais il avait pu à une certaine éj*>que être donné comme une merveille de construction; et le fait est que ses piles, reposant sur des pieux protégés par des enrochements à pierres perdues, avaient victorieusement résisté durant des siècles au courant et aux glaces du Danube. Voilà qu’au-jourd’hui, il gène la navigation, et il est condamné à disparaître.
- ACADÉMfE DES SCIENCES
- Séance du 2 janvier 1900.
- Nous remettons le compte rendu de cette séance à la semaine prochaine, en raison des congés du premier jour de l’An, l’Imprimerie générale ayant été fermée pendant les trois premiers jours de la semaine.
- UN INCENDIE À YOKOHAMA.
- Lorsque les voyageurs Européens vont au Japon, ils sont généralement prévenus, aussitôt leur débarquement, qu’ils ne resteront pas huit jours dans le pays sans ressentir quelques secousses de tremblement de terre, ou sans assister à un incendie. Cette prédiction est sans doute exagérée, mais cependant il est malheureusement vrai que les tremblements de terre et les incendies sont fréquents en cet admirable pays. Lors de mon dernier voyage au Japon où j’ai séjourné cinq mois environ, j’ai ressenti une fois les effets d’un tremblement de terre et j’ai pu voir trois incendies, heureusement peu importants, dans les différentes localités que je traversais.
- Il s’agit aujourd’hui d’une véritable calamité. En août dernier, la ville de Yokohama a été terrifiée par un incendie qui a pris rapidement des proportions considérables. Le.samedi 12 août, à neuf heures du soir, l’alarme fut donnée du côté de la maison des bains du Kumoïcho et peu d’instants après l’incendie prenant des proportions extraordinaires, on ne tardait pas à comprendre que le désastre serait irrémédiable.
- Le sirocco qui soufflait ce soir-là avec une violence inusitée augmentait les flammes déjà immenses, les lançant avec une rapidité vertigineuse de maisons en maisons. Les rues, si joyeuses et pleines de monde quelques instants auparavant, devenaient les unes après les autres des foyers d’incendie épouvantables.
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- dont l’aspect, disent les journaux locaux, avait une infernale splendeur. Le quartier des théâtres fut attaqué l’un des premiers. Les cinq principaux d'entre eux sont en llammes en même temps que les maisons de thé, les restaurants et les petites baraques de saltimbanques divers qui les entourent et qui constituent dans le quartier japonais, le grand élément déplaisir et de gaieté.
- Les scènes de panique intense et de désespoir dépassaient dans les rues toute imagination, et c’est miracle qu’on ait eu à constater que relativement peu de cas d’asphyxie au milieu d’un foyer incandescent, d’une atmosphère tellement chargée de fumées épaisses et de vapeurs suffocantes Dans ce désastre, les pompiers faisaient bien leur devoir, souvent même de façon héroïque, mais la violence du vent rendait leurs efforts presque inutiles. On crut qu’ils pourraient sauver quelques groupes de maisons, elles ne furent point épargnées ; l’église grecque le Mi-Kyokai fut menacée, mais construite solidement en briques, les flammes ne lui firent que peu de dommages. Vers minuit et demi l’incendie gagnait le petit port situé près Yoshida-baschi, alors rempli de sampans et de jonques. Beaucoup d’entre eux, chargés de caisses d’huile de kérosène ou de pétrole donnèrent une nouvelle force à l’incendie.
- Les détails officiels montrent l’effroyable importance du désastre, 5027 maisons ont été détruites, ainsi que neuf écoles. Des rues entières dont nous ne donnerons pas ici les noms ne sont plus que des
- Fig- 1. — Rue prolongée des théâtres avant l'incendie à Yokohama.
- Fig. 2.
- monceaux de cendres, d’autres ont été bridées en partie. Lorsqu’on nous a envoyé de Yokohama les photographies dont nous donnons (fig. 1 et 2) les reproductions, il était impossible de savoir encore le nombre exact des victimes. Heureusement il n’a pas
- été aussi considérable qu’on aurait pu le croire, vu l’heure avancée où le désastre a commencé et la facilité avec laquelle on peut s’échapper d’une maison japonaise qui n’a généralement qu'un rez-de-chaussée et quelquefois un petit étage au-dessus. On parlait seulement d’une dizaine de personnes.
- Ouant à la perte matérielle elle est considérable. Les autorités de la ville de Yokohama ont annoncé tout d’abord 15 millions, mais cette somme
- sera certainement dépassée.
- Les sociétés d’assurance garantissaient près de 700 propriétés pour une somme de 554 550 yens (le yen vaut cinq francs environ), mais ce sont sans doute les maisons les plus importantes, celles des pauvres sont perdues pour eux sans retour. Pour lutter contre l’in-cendie, il n’y avait, dit-on, que 484 pompiers ; la plupart d’entre eux, ainsi que
- beaucoup de gens de la police urbaine, ont été grièvement blessés ; c’est la meilleure preuve que ces braves Japonais ont pu donner, et de leur désintéressement et de leur courage.
- Albert Tissandier.
- Après l'incendie. Aspect de dévastation d’une partie de la ville de Yokohama, d’après des photographies de M. Mendelson.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- V 1590.
- 15 JANVIER 1 900.
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- LE BŒUF MUSQUÉ
- Après l’ours blanc, le bœuf musqué (Ovibos mos-chatus) est le plus gros mammifère terrestre de la faune arctique. A l’état adulte, sa taille varie de 1 à im,20; on peut, du reste, se rendre compte de ses dimensions par ce fait qu’il fournit environ 165 kilogrammes de viande. Monté sur des jambes très courtes, couvert d’une laine épaisse entremêlée de longs poils, cet animal a beaucoup plus l’aspect d’un gros mouton (pie d’un bovidé, comme le montre la photographie ci-jointe représentant un jeune individu.
- Indigène de nos pays pendant la période quaternaire, le bœuf musqué a, comme le renne, émigré vers le nord à la lin de cet âge géologique. Aujour-
- d’hui le Canada septentrional au delà de la haie d’Hudson, l’archipel polaire américain, et une partie du Gronland, en un mot, la zone arctique la plus extrême du Nouveau Monde, constitue son habitat. Unie rencontre même jusqu’à la Terre de Grinnell, le fragment continental le plus septentrional du monde. En revanche, il ne se trouve plus actuellement dans l’Alaska. Sa disparition de cette région est récente, car les Indiens ont conservé encore le souvenir de son existence. Au Gronland, tandis (pie sur la côte ouest, la baie Melville (70° de lat. N.) marque sa limite méridionale, le long de la cote est il descend [dus bas vers le sud.
- La présence d’un herbivore de grande taille à ces hautes latitudes est très intéressante. Les régions qu'il habite appartiennent en effet à une des zones
- Jeunes bœufs musqués capturés vivants au Gronland par le capitaine Groudahl.
- les plus froides et les plus désolées de notre globe.
- Le Gronland est recouvert par une épaisse carapace de glace qui ne laisse libres que quelques lambeaux du littoral; dans l’archipel polaire américain, les glaciers occupent également de vastes étendues, et partout le climat est extrêmement rigoureux. A la 'ferre Grinnell, la température moyenne annuelle est de 20° sous zéro, et, en hiver, le thermomètre s’y abaisse à 52° au-dessous du point décongélation.
- On est donc amené à se demander comment ces animaux se nourrissent dans un pareil milieu. C’est qu a 'côté d’immenses glaciers et sur le bord même des mers toujours encombrées par les banquises, se rencontre une végétation absolument étonnante pour la latitude. Sur la côte orientale du Gronland, entre le 70° et le 76°, par exemple, à deux pas de la plus vaste carapace glaciaire de l’hémisphère boréal et d’une des banquises arctiques les plus compactes, s'épanouit une flore relativement riche et abondante.
- Î8a auuée. — 1er semestre.
- A la Terre de Grinnell le contraste est encore plus frappant. Toutes les dépressions abritent des pelouses constellées de fleurs ; elles ne sont pas, il est vrai, bien vigoureuses, les tiges des plantes les plus élevées ne dépassent pas 0in,25. Au milieu de cette verdure, en regardant attentivement, on découvre même des arbres, des saules, dont la taille n’est guère supérieure à 0m,45. Pendant l’été, sur ces pacages les bœufs musqués trouvent une alimentation si abondante qu’avant l’automne ils deviennent très gras. En hiver il en va naturellement autrement. Pendant cette saison ces animaux demeurent à la diète de longs mois durant, et seulement de temps à autre, lorsqu’un ouragan débarrasse le sol de l’épaisse couche de neige qui le recouvre, ils peuvent brouter quelques végétaux désséchés. D’après Greely, comme les rennes du Spitzberg, ces mammifères trouvent dans la graisse qu'ils ont amassée en été un supplément à leur provende d'hiver. Aussi bien, au
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- printemps, sont-ils très maigres. Greely a observé que durant la période hiémale ils perdaient un quart de leur poids en viande comestible.
- Dans le nord du Canada le bœuf musqué est menacé de destruction. Sa toison, extrêmement chaude, excite naturellement la cupidité des trappeurs, et chaque année ces aventuriers en massacrent de 4 à 500. Dans l’archipel polaire, il est, au contraire, rarement poursuivi. L’éloignement et les banquises interdisent l’accès de ces îles aux chasseurs de fourrures, et seulement de loin en loin une expédition scientifique vient troubler les bœufs musqués dans leur paradis terrestre. En 1881 et 1882, l’Américain Greely en tua environ 200 sur les 400 qui habitaient alors la terre de Grinnell. En 1898, lorsque pour la première lois depuis seize ans, des explorateurs sont revenus dans ces parages, ils ont trouvé ce gibier très abondant. Après l’hécatombe qu’ils avaient éprouvée, vivant dans la paix la plus profonde, les troupeaux s’étaient reconstitués.
- Dans le Grônland oriental ce mammifère est demeuré longtemps plus complètement encore à l’abri des attaques de l’homme, derrière l’épaisse banquise qui bloque cette côte, et on peut presque compter le nombre des animaux qui y ont été tués. Dans cette région, le bœuf musqué n’est connu que depuis 1870, par l’expédition allemande de Koldewey. Depuis, trois fois seulement, des explorateurs ont abordé sur cette côte. En 1889, précisément au même point où les Allemands avaient rencontré un troupeau, un baleinier norvégien abattit plusieurs de ces animaux. Également en 1892, l’Américain Peary et la mission danoise de Ryder en tuèrent plusieurs exemplaires, l’un dans l’extrême nord (81° de lat. N.), l’autre beaucoup plus au sud, dans le bassin du Scoresby Sound (70° de lat. N.). Malheureusement pour ces pauvres bêtes, l’ère de paix et de sécurité dont elles jouissaient dans le Grônland oriental paraît terminée. L’été dernier une expédition suédoise, dirigée par le professeur Nathorst, a tué une vingtaine de bœufs musqués dans cette région, entre le 70° et le 76° de latitude N. Tous ces exemplaires ont été soigneusement mis en peau, et l’un des plus beaux a été offert par le célèbre explorateur Scandinave à notre Muséum d’histoire naturelle. Mais ce qui est beaucoup plus grave, c’est que les chasseurs norvégiens ont commencé à prendre le chemin de la côte est du Grônland.
- Chaque été, des ports de la Norvège septentrionale partent de petits voiliers de 50 à 50 tonnes, montés par une douzaine d’hommes énergiques, qui, sur les terres polaires, vont poursuivre le morse, le phoque, l’ours, le renne, etc. Ces marins ayant détruit le gibier au Spitzberg, et l’accès de la Nouvelle-Zemble leur étant interdit par le gouvernement russe, ils se dirigent aujourd’hui vers le Grônland nord-oriental, jusqu’ici très rarement visité en raison de l'abondance des glaces, et par suite demeuré très giboyeux. L’été dernier, au prix des plus grandes difficultés, trois navires norvégiens ont pu atteindre
- cette région et naturellement ces chasseurs implacables n’ont point épargné les bœufs musqués. L’un d’eux, le capitaine Grôndahl, a même réussi à s’emparer de deux jeunes exemplaires vivants et à les ramener en parfait état à Tromsô, en Norvège.
- Ce sont, croyons-nous, les premiers individus de cette espèce animale qui aient été rapportés en Europe. La gravure qui accompagne cet article a été exécutée d’après une photographie de ces animaux. Ces « veaux », pourrait-on dire, se sont parfaitement adaptés au climat de la Norvège, quoiqu’il soit singulièrement plus chaud que celui auquel ils sont habitués. Aux dernières nouvelles de Tromsô, ils étaient en parfaite santé. Charles Rabot.
- L’INDIGO ARTIFICIEL ET L’INDIGO NATUREL
- Comme on le sait, l’indigo est une substance tinctoriale très employée, qui provient de diverses plantes herbacées ou de petits arbustes croissant dans les pays chauds. C’est à la suite d’une fermentation particulière que l’on fait subir à la plante coupée que l’indigo se forme. Le principe colorant de l’indigo s’appelle indigo-tine.
- L’indigo, par son importance industrielle, a attiré depuis longtemps l’attention des chimistes en vue de sa reproduction synthétique. Le célèbre chimiste allemand, M. von Bayer de Munich, après une série de remarquables recherches qui durèrent près de quinze ans, réussit à reproduire artificiellement l’indigotine. C’était en 1878.
- Immédiatement les grandes usines allemandes de matières colorantes cherchèrent à rendre pratiques les synthèses de l’indigo effectuées par le savant chimiste. Mais malgré de nombreux efforts on ne put surmonter toutes les difficultés et, pendant plus de quinze ans, la question ne fit aucun progrès sensible. L’indigo naturel restait le seul employé en teinture, ou à peu près. C’est que, en effet, le problème se posait tout autrement que lors de la lutte de la garance contre l’alizarine artificielle, principe colorant de la garance. Celle-ci était très pauvre en produit colorant, lequel atteignait par suite un prix élevé. Le produit synthétique par son hon marché eut vite fait de détrôner le produit naturel. L’indigo au contraire est lâche en indigotine ; les belles sortes en renferment jusqu’à 70 pour 100 et plus; son prix était trop peu élevé pour pouvoir permettre une fabrication rémunératrice de l’indigotine artificielle par les synthèses alors connues.
- La question sommeillait donc quand soudain, en 1897, le bruit se répandit que la célèbre manufacture badoise d’aniline (Badische aniline und Soda fabrih) avait réussi à vaincre les difficultés de la préparation industrielle de l’indigo synthétique et qu’elle lançait ce dernier sous le nom d'indujo pur (indigo rein) à un prix capable de lutter avec celui de l’indigo naturel. Ce bruit rencontra beaucoup d’incrédules, on avait déjà tant de fois annoncé le remplacement de l’indigo naturel par l’indigo artificiel! Mais au bout de peu de temps il fallut se rendre à l’évidence. La manufacture allemande livrait bien de l’indigo et elle offrait même de faire d’importants marchés.
- L’histoire, dit-on, non sans raison, est un perpétuel recommencement. Il faut croire qu’il en est de même pour d’autres circonstances. Lors de l’apparition de l’alizarine artificielle, on ignorait comment elle se préparait et cela semblait tellement extraordinaire que les bruits les
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- plus étranges furent mis en circulation : ce n’était pas de l’alizarine, le produit était différent de celui de la garance, il teignait mal, d’une façon non régulière, etc., etc. La même chose se passa pour l’indigo artificiel. Les négociants importateurs, vivement émus par cet événement si longtemps et si vainement attendu, se mirent à décrier le nouvel indigo : il donnait de moins bons résultats que le leur, sa teinture étant plus difficile, moins solide, plus chère, etc. Comme la fabrique allemande ne faisait pas connaître ses procédés de fabrication, on prétendit même que son indigo n’était pas obtenu par synthèse, mais consistait simplement en indigo ordinaire raffiné. Il fut bientôt prouvé que tous ces bruits avaient une origine intéressée et petit à petit l’indigo artificiel conquit sa place, faisant diminuer, surtout pour certaines fabrications, l’emploi de l’indigo du commerce dont le prix baissa aussitôt.
- Les conséquences immédiates de l’apparition du nouvel indigo se firent vivement sentir en Angleterre, principal marché de l’indigo qu’elle tire de l’Inde. On s’émut du sort futur réservé aux plantations d’indigo, l’une des principales ressources de la grande colonie anglaise !
- 11 faut avouer que le souvenir de la culture de la garance, disparue en quelques années devant l’alizarine artificielle, n’était pas fait pour rassurer.
- line commission de savants fut nommée pour étudier sur place les moyens d’améliorer la culture et le rendement de l’indigo. Les planteurs eux-mêmes à qui pendant de longues années la routine avait suffi, menacés dans leurs intérêts, firent appel aux chimistes et se décidèrent à perfectionner leurs procédés primitifs en vue d’abaisser leur prix de revient, car tout se résume à une question de prix de vente.
- Qui l’emportera au point de vue du bon marché et des qualités de l’indigo naturel ou de l’indigo synthétique? Là-dessus chacun a son opinion et il s’est formé deux camps : l’un prédit la disparition de la culture de l’indigo, dans un avenir plus ou moins proche, l’autre soutient que le produit naturel peut facilement se défendre et soutenir avantageusement la lutte contre le produit synthétique.
- Les arguments des deux partis ont leur valeur, l’avenir seul dira qui a raison.
- Toutefois l’indigo artificiel a jusqu’ici deux avantages importants sur le produit naturel. Sa composition est constante, sa qualité toujours la même, alors que les indigos du commerce sont d’une richesse très variable en indigotine et d’une qualité constamment changeante, qui oblige le teinturier à de nombreux essais.
- Enfin la fabrication de l’indigo synthétique n'est pas à la merci des intempéries comme la culture de l’indigo naturel. Précisément, comme pour donner du poids à cet argument, on annonce que la dernière récolte de l’indigo sera considérablement inférieure à la moyenne, à cause des pluies qui ont entravé la croissance des plantes.
- En d’autres temps, cette nouvelle eut fait doubler au moins le cours de l’indigo, il n’en a rien été sur la croyance que le déficit sera comblé par l’industrie naissante de la fabrication dè l’indigo.
- D’ailleurs la fabrique badoise ne s’est pas lancée à la légère dans cette fabrication, elle s’est bien renseignée ; elle a, dit-on, envoyé des chimistes et des agents dans les principaux pays producteurs de l’indigo, afin qu’ils puissent se rendre compte de l’état des cultures et des résultats qu’elles pourront donner par une amélioration scien-tilique des moyens de culture et d’extraction. 11 faut croire
- que cette enquête n’a pas été favorable au produit naturel, puisque l’usine allemande a consacré plusieurs millions de marcs à la construction d’immenses bâtiments où se fera la préparation de l’indigo artificiel. Quand on réfléchit que la France seule a importé, en 1898, 1 600 000 kilogrammes d’indigo, on conçoit quel avenir a devant elle la fabrication de l’indigo synthétique.
- Une fois de plus, la science aura eu raison de la nature. Léon Lefèvre.
- LE CYCLONE DES ANTILLES
- Vers la mi-aout de l’année 1899, les agences télégraphiques envoyaient des Etats-Unis et des Antilles les dépêches les plus tristes sur un cyclone qui venait de désoler toutes les Antilles, et en particulier l’île de Porto-Rico, la nouvelle possession américaine. Tout naturellement ces télégrammes de la première heure étaient un peu exagérés, notamment quand on signalait comme entièrement détruite la ville rie Ponce, la principale ville, sinon la capitale de Porto-Rico; mais il s’agissait vraiment d’un désastre terrible, tel qu’il ne s’en était point présenté dans les annales de ce pays depuis près de quarante ans. Et, comme des relations de famille nous ont mis en possession de documents à ce sujet, comme aussi bien Porto-Rico compte une colonie française extrêmement importante (composée surtout de Corses), comme il est toujours utile, au point de vue météorologique, de relever les effets et les manifestations de ces terribles météores, nous avons songé à donner à nos lecteurs quelques détails sur la catastrophe qui a désolé les fertiles Antilles.
- Un chiffre va nous édifier immédiatement sur la violence de ce cyclone : il nous est fourni par le Bureau météorologique d’Hatteras, qui a reçu le coup de vent alors qu’il avait consommé son œuvre de destruction sur le groupe de ce que les Anglais nomment les Indes occidentales. Un peu après midi, le 17 août, la vitesse du vent atteignait l’allure formidable de 193 à 225 kilomètres à l’heure : nous n’avons pas besoin de dire qu’à ce moment les coupes de l’anémomètre furent emportées, et qu’on ne put ensuite qu’évaluer la vitesse du vent, qui dépassa encore assurément la rapidité enregistrée antérieurement.
- Le 17 août au soir, à Porto-Rico, on pouvait apercevoir dans le ciel de grandes taches noirâtres qui entouraient le soleil de toutes parts et arrivaient même peu à peu à le masquer. C’était le cyclone signalé par les avis météorologiques qui approchait, en se manifestant déjà par des rafales de plus en plus violentes et accompagnées d’averses. Il se déchaînait enfin vers 3 heures du matin, en traversant l’île du nord-est au sud-est. Bien entendu, le baromètre avait considérablement descendu, et depuis la veille à 5 heures ; mais il avait remonté au moment même où le cyclone se déclarait, tandis que le vent soufflait du nord-est, et que le thermomètre oscillait entre 28° et 29°, ce qui est énorme au milieu de la nuit. Le baromètre reprenait à .baisser vers
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- 7 heures et demie et descendait, avec des oscillations, pendant deux heures; l'appareil marquait jusqu’à 725 millimètres, alors que la veille la pression était aux environs de* 740 millimètres.
- C’est à ce moment que la tempête faisait rage, brisant et arrachant les arbres, couchant à terre comme des châteaux de cartes les légères huttes des paysans, fauchant les maisons de bois, en charpente pourtant solide, auxquelles il faut recourir dans ce pays où les tremblements de terre sont fréquents, détruisant aussi un assez grand nombre d’habitations de pierre ou de métal, et tout au moins arrachant les portes, les persiennes, enlevant les toits pour les transporter parfois fort loin. Comme de juste, la tourmente avait été accompagnée de tor-
- rents d’eau qui avaient accumulé jusqu’à un mètre d’eau dans les maisons que la disparition du toit laissait complètement à découvert. La ruine et la mort avaient déjà frappé la plupart des centres de l’ile; les plantations de cannes, de café, étaient hachées, les troupeaux dispersés. La capitale, San Juan, comptait un grand nombre de maisons éventrées ou plus ou moins elfondrées, d’innombrables terrasses et balcons avaient été rasés le long des murailles, une usine à glace nouvellement installée avait complètement disparu. Pendant ce temps la mer bondissait, balayait le rivage et enlevait ce qui s’y trouvait.
- Naturellement les communications télégraphiques avaient été suspendues à peu près partout, et ce ne
- fut qu’au bout d’un certain temps qu’on put connaître l’étendue du désastre. Sur quelques points, comme à Arroyo, à Yabucoa, à Adjuntas, la plupart des maisons étaient rasées, et celles qui demeuraient avaient toutes perdu leur toit; ici la mer avait envahi tout un quartier en faisant une multitude de victimes, là elle avait lancé un bateau à vapeur au milieu des habitations. Nous avons pu nous procurer de curieuses photographies que nous mettons sous les yeux du lecteur : toutes sont de Ponce, la grande ville commerciale dont nous avons prononcé le nom tout à l’heure, et où les ruines ont été peut-être plus grandes que partout ailleurs.
- A U heures s’était fait entendre un coup de tonnerre sourd qui annonçait la fin du cyclone, et le fait est que le baromètre remontait en quelques instants au beau temps. Mais la catastrophe devait avoir un second acte : il fallait compter avec les ava-
- lanches d’eau qui étaient tombées pendant plusieurs heures, et qui, trouvant dans l’intérieur de Pile des terrains déboisés en grande partie, allaient faire grossir les torrents de façon formidable et causer de graves inondations. La nuit venue, en effet, alors pourtant qu’on aurait dû prévoir cette conséquence naturelle du cyclone, au milieu d’une obscurité d’autant plus absolue que, à Ponce notamment, les lampes et les réseaux d’éclairage électrique avaient été complètement détruits par le cyclone de la matinée, les rivières, ou plutôt les torrents, apportaient brusquement des masses d’eau prodigieuses qui débordaient partout, formaient comme une vraie mer houleuse au milieu des champs et des habitations, mais une mer au courant terrible balayant tout ce qui faisait obstacle à son passage. Dans les quartiers bas, les maisons déjà ébranlées, lézardées, démolies plus ou moins complètement par lu
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- tempête de la matinée, furent emportées sans qu’il en restât trace, et avec elles presque tous leurs habitants; il n’était guère possible de porter secours aux
- malheureux, surtout au milieu de l'obscurité profonde.
- Et le Ilot qui les emportait avait auparavant ra-
- viné les campagnes, enlevant sur des espaces plus belles plantations de caféiers et de cannes à i nmenses toute la terre végétale, détruisant les sucre, entraînant les cafés et les sucres que ren-
- Fig. 3. — La plage du port de Ponce, à Porto-Rico.
- fermaient les magasins éventrés le matin par le cyclone.
- C’est par milliers que se comptent les vies perdues, par millions sans doute les richesses
- matérielles détruites, et Porto-Rico mettra probablement bien des années à se relever de cet immense désastre. I*. de Mériel.
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- L’ALCOOL SOLIDE
- On a beaucoup vanté, il y a quelques années, la commodité du pétrole solidifié comme combustible. On préparait des briquettes de pétrole et les briquettes étaient utilisées pour le chauffage des chaudières de bateaux principalement. Il ne semble pas que cette application se soit beaucoup répandue, non pas que le procédé soit défectueux, mais pour d’autres raisons. Le procédé de solidification est simple. 11 consiste à mélanger 10 parties de lessive de soude et 10 parties de graisse, à chauffer et à ajouter du pétrole de rebut à la masse chaude jusqu’à former 100 parties. On chauffe toujours en remuant sans arriver à l’ébullition du pétrole. La masse absorbe le pétrole; on moule et après refroidissement on découpe en briquettes. Il est clair que le pétrole solidifié tient plus de place que le pétrole liquide et à volume égal possède un plus petit pouvoir calorifique.
- On vient de fabriquer de même aux États-Unis et en Allemagne des briquettes d’alcool. Le produit allemand donne 62,5 d’alcool à l’analyse, 20 de résidu solide formé de graisse animale ou de savon et 18 pour 100 d’eau. Une briquette du poids de 50 grammes permettrait de porter un litre d’eau à l’ébullition en dix minutes. Cet alcool solidifié auquel on donne des formes diverses s’appelle en Allemagne F ester Spiritus et aux États-Unis Alcolia. On le prépare en faisant dissoudre un savon spécial dit : a savon amygdalien » avec de l’alcool à chaud et en laissant la masse se solidifier.
- Tout le monde du reste peut préparer un savon d’alcool bien simplement. Il suffit de verser dans un récipient convenable 10 centilitres par exemple d’alcool dénaturé ou non, de faire tiédir la liqueur et d’ajouter 50 grammes de savon blanc de Marseille râpé, bien sec et environ 2 grammes de gomme laque. On agite sur le feu jusqu’à dissolution. On retire après cinq ou dix minutes de bain-marie et l’on fait couler la matière dans un moule.
- Des industriels le versent dans de petites boîtes en fer-blanc comme des boîtes de cirage. On le vend en ce moment sous cette forme à Paris. On ferme les récipients et on laisse refroidir. Chaque boî*te ainsi préparée constitue un petit réchaud commode; car il suffit d’approcher une allumette pour que la matière s’enflamme sans mèche. L’alcool brûle. On pleut ainsi réchauffer un dîner de campagne ou faire une tasse de café en plein champ.
- Cette invention qui nous arrive de l’étranger est comme bien souvent d’origine française. Un fraudeur ayant remarqué que l’on pouvait solidifier l’alcool avec le savon employa la recette pour faire franchir l’octroi à de grandes quantités d’alcool fin. L’octroi faisait simplement payer le mélange comme savon. Ensuite l’alcool était retiré du savon dans un simple alambic. L’idée était ingénieuse, mais elle finit par coûter à son auteur un jugement sévère en police correctionnelle.
- Quoi qu’il en soit, l’alcool en morceaux paraît suscep-ble de rendre quelques services. Mais il faut bien ajouter qu’il en est ici comme pour le pétrole; en dehors de quelques circonstances particulières, son usage paraît devoir être limité.
- Il est tout aussi simple, en général, et toujours plus avantageux de se servir d’alcool liquide; car, à poids égal, il donnera évidemment plus de chaleur. L'alcool en bâton ou en boîte est donc surtout une curiosité du moment. Flamei.
- LA NOUVELLE HEURE
- Les journaux ont annoncé qu’à partir de 1900 Je jour civil ne sera plus comme précédemment partagé en deux parties de douze heures chacune, heures dites du matin et du soir. Ils se fondaient sur cette remarque.que cette année, d’après les tables publiées par l’Annuaire du Bureau des longitudes, les jours commencent à minuit comme par le passé, mais se comptent de 0 à 24 heures. Cette nouvelle n’a pas été sans préoccuper un peu les personnes qui n’aiment pas à changer leurs habitudes. Faudrait-il donc désormais changer complètement les heures de l’après-midi et de la soirée, et compter 13 h. pour 1 h., 14 h. pour 2 h., 15 h. pour 5 h.. 16 h. pour 4 h., 17 h. pour 5 h., 18 h. pour 6 h., 19 h. pour 7 h., 20 h. pour 8 h., 21 h. pour 9h., 22 h. pour 10 h., 25 h. pour 11 h. du soir. On irait se promener à 15 h., on s’inviterait à dîner pour 19h 30, etc. Quel bouleversement dans nos mœurs! Et les cadrans de montres, et les sonneries d’horloges? Aura-t-on la patience d’entendre sonner 25 h.? Et si l’on se trompe déjà quand il s’agit de 11 coups, quelle attention faudra-t-il pour reconnaître qu’il est 17 h. ou 19 h., etc.?
- Nous n’avons pas besoin de dire ici que nous n’en sommes pas encore là. Les journaux ont été un peu vite. Le Bureau des longitudes n’a pas qualité pour changer nos heures. Il faut une loi. Il y a bien eu déjà un projet de loi déposé à la Chambre pour l’adoption de la numération continue de Oà 24 h. Mais, comme souvent, ce projet est resté dans les cartons. Nous conserverons donc, pour le moment au moins, notre vieux mode du comptage des heures. Si le Bureau des longitudes s’est servi cette fois du comptage de 0 à 24 dans son Annuaire, c’est bien son droit, et cela n’a aucune conséquence pour le public. Le Bureau a sans doute mis certaine coquetterie à faire cette modification fin de siècle qui donne à sa publication annuelle certain cachet de renouveau; puis la mesure présente l’avantage d’unifier le mode de comptage des heures astronomiques et des heures civiles. Les astronomes comptent le temps de midi à 24 heures. Pour l’inscription des phénomènes, il devient logique de compter aussi pour l’usage civil de midi à 24 h. Aussi on lit maintenant dans l’Annuaire : janvier P. L., le 15, à 19h17m. Apogée, le 19, à 17 h., etc.
- Ce sont surtout les administrations de chemins de fer qui réclament depuis longtemps la suppression des heures de jour et de nuit sous prétexte que l’on se trompe facilement dans les horaires avec la notation matin ou nuit. En Italie, depuis cinq ans, on est revenu à la vieille méthode abandonnée après les guerres de l’Empire de compter de 0 à 24. En Belgique, depuis le 1er mai 1897, on compte également de 0 à 24 h., dans les administrations de chemins de fer des postes et télégraphes et dans la marine. La réforme est à l’état d’attente partout ailleurs. N’allons donc pas trop vite en France, et rassurons ceux qu’avait un peu émus la nouvelle prématurée du changement de nos heures séculaires. Henri de Parville.
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- LES TRANSPORTS DE TROUPES
- ET LA CAMPAGNE DU TRANSVAAL
- Le transport des troupes loin de la mère patrie offre des difficultés. En un temps très court, il faut transporter des milliers d’hommes, avec tous les impe-
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- dimenta, qui sont fort nombreux dans les armées anglaises, où l’on donne au soldat de carrière autrement de confortable qu’à nos soldats de conscription.
- C’est une question toujours posée en ces matières que de se demander s’il vaut mieux posséder des transports proprement dits appartenant à la marine militaire, et consacrés exclusivement à ce rôle, ou si, au contraire, il n’est pas plus simple de recourir à des navires de commerce que l’on affrète dans ce but et que l’on aménage en conséquence. En France on a adopté successivement les deux solutions, mais on ne semble pas s’être arrêté définitivement à l’une ou à l'autre; et le fait est que si l’on veut bien consulter l’excellent « Carnet de l’officier de Marine » de notre savant collaborateur M. L. Renard, on verra que notre flotte compte un nombre assez considérable de navires, tels que le Mytho ou la Vienne, qui sont souvent immobilisés quand ils n’ont pas de transports à effectuer.
- La Confédération américaine, qui est une nation nouvellement née au militarisme (mais qui cherche activement à rattraper le temps perdu), s’est vue absolument obligée de recourir aux transports affrétés : il s’en fallait du reste qu’elle eût à sa disposition une flotte commerciale considérable, car sa marine de commerce n’pst en réalité qu’assez modeste. A titre d’exemple de transport affrété par les Américains, nous pouvons citer YOhio, vapeur d’un peu plus de 2000 tonneaux de jauge, qui embarqua dans un de ses voyages 930 hommes de troupes, ce qui ne représente pas un encombrement exagéré. En fait, il semble que l’on s’y était mal pris pour classer le matériel embarqué, puisque les réserves de munitions n’ont pu être sorties des cales au moment où les troupes devaient se porter sur l’ennemi ; et il est certain que c’est une des plus réelles difficultés en cette matière que d’effectuer l’arrimage de façon qu’il réponde, et aux besoins de la traversée, et aux besoins les plus urgents au moment du débarquement. Par une particularité curieuse à signaler, et qui tient aux habitudes de confort dont jouissent les volontaires américains dans la vie civile, les autorités militaires furent obligées de se substituer à l’administration du bord pour assurer l’alimentation et la rendre plus abondante. Des bains et des douches n’avaient point été omis dans l’installation du navire pour son nouveau rôle, car on sait combien les Américains, à l’instar des Anglais, font usage de l’hydrothérapie. Mais ce dont on se plaignit dans l’aménagement de YOhio, ce fut de la mauvaise circulation de l’air, par suite de la multiplicité des cloisons qui découpaient le bateau en une série de petites pièces, cb> qui peut être bon quand il s’agit de transporter des passagers de cabine, mais ce qui a de réels inconvénients quand il faut loger un grand nombre de soldats.
- La flotte de guerre britannique ne possède pas un très grand nombre de transports ; les états spéciaux en relèvent quatorze, dont quelques-uns remontent à 1867, et par conséquent ne doivent plus guère
- répondre aux besoins actuels; le gouvernement n’estime sans doute plus nécessaire d’avoir des navires de la marine tout particulièrement destinés à ce service, parce qu’il sait pouvoir compler sur les prodigieuses ressources de la marine marchande. Le fait est que les navires à vapeur de fort tonnage ne manquent point qui seront enchantés de se faire affréter; mais il est certain aussi que, avec la campagne du Transvaal et les besoins de troupes qu’elle entraîne, le système des affrètements est soumis à une rude épreuve, et on pourra le juger en pleine connaissance de cause. En effet, pour assurer les transports, il n’a pas fallu mobiliser moins de 150 navires représentant ensemble un tonnage de plus de 670 000 tonneaux! On les a empruntés et loués à des compagnies diverses, et ils offrent des vitesses variables qui ne sont peut-être pas toujours suffisantes : deux, appartenant à la Castle Line, peuvent donner une allure de 18 nœuds 1/2; c’en est ensuite un de 18 nœuds, de la ligne Orient, un de 17 1/2 de l’Anchor, puis deux de 17 nœuds, dont l’un à la Compagnie Cunard et le second à la P. and 0., autrement dit Peninsular and Oriental. Les autres descendent comme allure à 16, 15 et même 14 nœuds et moins.
- Les journaux quotidiens ont suffisamment parlé de ces transports, pour que nous n’ayons pas besoin de dire dans quelles conditions ils se font; mais nous avons vu tout à l’heure que les deux navires les plus rapides affrétés par l’administration militaire anglaise, appartiennent à la grande compagnie dite Castle Line, et nous voudrions plus particulièrement attirer l’attention sur un des steamers qui fait partie de sa flotte, et qui est précisément le plus puissant et le mieux organisé qui ait été employé dans ces transports de troupes. Il s’agit du Kildonan Castle, qui est à flot seulement depuis le mois d’août dernier, et dont on terminait les aménagements pour le service ordinaire des voyageurs, quand le gouvernement anglais l’a loué pour les besoins de la campagne. Il devait entreprendre ses voyages seulement au commencement de l’année 1900, mais déjà tous les aménagements étaient à peu près terminés, si bien que, le contrat avec la marine une fois signé, il fallut se mettre en hâte à l’œuvre pour démolir tout le travail que l’on venait de faire, supprimer tous les cloisonnements isolant les cabines de passagers, etc. Cette besogne a été faite avec une rapidité surprenante puisque, en trois semaines, non seulement on avait démoli les installations normales, mais encore on avait achevé complètement celles qui étaient nécessaires pour l’embarquement et le transport de 3000 hommes (avec les officiers compris dans ce chiffre total). Et encore devons-nous ajouter que, à l’instant de la signature du contrat de nolisement, les machines et les chaudières n’étaient pas en place, et que, dans cet intervalle de trois semaines, on dut monter les chaudières cylindriques et les deux machines à quadruple expansion, qui représentent ensemble
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- une puissance de 11 050 chevaux, en meme temps d’ailleurs que toute la machinerie auxiliaire !
- Le Iiildonan Ccislle est un magnifique hateau de plus de 102 mètres de longueur totale, pour une largeur de 18 mètres, et une profondeur de 1 lm,80. Son tonnage hrut est d’environ 10 050 tonneaux.
- Les installations qu’on y a créées peuvent d’ahord abriter 190 officiers, qui ont leurs logements principalement sur le pont supérieur et le pont promenade ; mais on comprendra que nous y insistions peu, car ce n'est pas là que réside la difficulté. Dans une grande partie de ce qui restait disponible des ponts, on a établi de véritables chambrées de
- caserne, où l'on a tâché de donner aux hommes tout le confort que permet le peu de place dont on dispose à bord d’un navire. Nous reproduisons, d’après notre confrère Engineering, une vue d’une de ces chambrées : la vaisselle est sur la table et le pain aussi, et le nombre de soldats qu’il laudra loger avec leur fourniment explique la présence des nombreux crochets fixés sur toutes les surfaces disponibles et destinés à maintenir les objets les plus variés durant le voyage. Au plafond, sont disposées de longues planches qui supporteront les sacs à effets, et de gros crocs soutiendront les hamacs qui se replient dans la journée, comme dans les postes ordinaires des équipages des navires de
- Vue intérieure d’un bateau de transport.
- guerre. Quant aux tables, elles peuvent se replier de manière à ne plus tenir pour ainsi dire aucune place, et cela en quelques minutes. Les installations secondaires ont été faites de façon fort remarquable. On n’a oublié ni les chambres à bagages ni les cantines; les fours et les cuisines, qui ont été complétées par des aménagements supplémentaires, sont à même de suffire aux besoins de ceite petite armée. 11 y a une salle de musique, plusieurs cellules pour les indisciplinés, un hôpital qui peut se partager en pièces isolées, une armurerie qui contient plus de 5000 fusils, des appareils dis Dilatoires qui donnent le moyen de livrer quotidiennement à la consommation plus de 60 000 litres d’eau douce. Les dispositifs sanitaires sont des types les plus perfectionnés, et les troupes ont à leur disposi-
- tion un grand nombre de cabines, et aussi des cuves à lessivage multipliées. Nous ajouterons enfin que les soldats jouissent de l’éclairage électrique, ce qui est avantageux à tous égards, et enfin que la ventilation de leurs chambrées est assurée dans les meilleures conditions nar de nombreux ventilateurs, électriques également.
- Assurément les transformations qui ont dû être apportées au Kildonan Castle pour le changer complètement de destination, ont entraîné de très fortes dépenses ; il nous semble qu’il en coûte cependant beaucoup moins de recourir ainsi à des navires affrétés que d’entretenir, le plus souvent à ne rien faire, des transports de l’Etat qui s’usent dans l’inaction. Daxiel Rellet.
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- NOUVEAUTÉS PHOTOGRAPHIQUES
- « LF PASCAL )) APPAREIL AUTOMATIQUE - (( LA STÉRÉO-POCHETTE )) APPAREIL A CHASSIS
- Le Pascal. — Nous devons d’abord avertir le Ions pas dire que l'épreuve tombe toute tirée, virée lecteur que par le mot automatique nous ne vou- et fixée dans la main de l’opérateur; mais il y a un
- Fig. 1. — La « Stéréo-Pochette », appareil photographique de poche avec châssis.
- pas de fait vers ce résultat qu’il ne faut pas désespérer de voir atteint un jour ou l’autre. En réalité on a déjà fait des chambres photographiques dans lesquelles le changement des plaques se faisait automatiquement : nous avons décrit, ici même, un système de ce genre1 ; mais jusqu’à présent il résultait de ce chef une complication qui mettait l’appareil à un prix relativement élevé et, ce qui fait l’une des principales curiosités de celui-ci, c’est qu’on le vend 15 fr. 50.11 n’emploie pas de plaques sur verre, mais une bobine de pellicule, et, une fois celle-ci en place, il suffit d’appuyer sur le bouton pour prendre la vue; on peut répéter l’opération 12 fois de suite aussi rapidement qu’on le veut sans avoir à s’occuper d’autre chose que de regarder
- 1 Voy. n° 1132, du 9 février 1895, p. 172.)
- dans le viseur. Ensuite, il n’y a qu’à changer la bobine, ce qui peut se faire en plein jour : le
- nombre des clichés n’est par suite limité que par le nombre des bobines qu’on aura en provision. Les dimensions de l’appareil sont 7 x 8 X 11 centime -très ; celles des images 4x51/2 centimètres. " Voyons maintenant comment cela fonctionne.
- Nous remarquons d’abord que la bobine que nous devons mettre en place porte sur l’une des joues un trou rond, sur l'autre un trou carré ; ce dernier est reçu par une broche également carrée qui forme l’extrémité de l’axe d’un barillet I) renfermant un ressort (fig. 2) ; notre bobine une fois en place servira de clef pour remonter celui-ci, nous verrons plus loin comment.
- La bande sensibilisée se prolonge par du papier noir et on peut par suite commencer le déroulement
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- Fig. ,2. — Le « Pascal », appareil photographique à pellicule, avec changement automatique de la partie exposée. Vue extérieure et détails du mécanisme.
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- en plein jour. On saisit donc l’extrémité O de la bande où se trouve un petit œillet métallique qu’on vient placer sur un crochet porté par le tambour N. Dans son trajet pour aller de la bobine au tambour, la bande passe sur des rouleaux qui limitent la section exposée et la maintiennent plane en face de l’objectif A. On referme alors l’appareil ; à l’extérieur on voit un anneau, c’est l’extrémité de l’axe du tambour N ; en le tournant on enroulera la pellicule sur celui-ci et on fera par suite tourner la bobine qui, formant clef, comme nous l’avons dit, remontera complètement le ressort du barillet D. On suit de l’extérieur l’opération au moyen d’un cadran C : un repère indique quand il faut cesser de tourner, c’est-à-dire quand toute la longueur de la pellicule a quitté la bobine. Tout est alors prêt pour opérer : lorsqu’on appuiera sur le bouton de déclenchement H, un échappement à ancre B laissera se détendre une faible partie du ressort, de façon à déterminer un mouvement de la roue M. Celle-ci porte une came qui vient actionner par les leviers E et F l’obturateur G, dont notre gravure montre la vue intérieure en le supposant enlevé de sa position naturelle. Les leviers K et L sont reliés à l’extérieur par un axe terminé par une aiguille qui, comme on le voit sur la figure d’ensemble, s’arrête vis-à-vis les lettres L, R, P, ce sont les positions pour lesquelles on obtient l’instantané lent, rapide ou la pose à volonté.
- Lorsque le doigt quitte le bouton H l’échappement à ancre B s’achève et le tambour fait un tour entier en laissant se dérouler juste la quantité nécessaire de bande pour remplacer en face de l’objectif la partie qui vient d’être utilisée et qui, elle, va s’enrouler sur la bobine.
- Après chaque déclenchement, le repère du cadran C indique une division, et un chiffre placé en regard donne le nombre de clichés qui restent disponibles. Lorsqu’on arrive.au zéro toute la bande est impressionnée et replacée sur la bobine protégée par son papier noir ; il n’y a plus qu’à ouvrir l’appareil pour l’enlever et la remplacer par une autre.
- En somme, le mécanisme est très ingénieux, et on voit qu’il permet, comme nous l’avons dit, de réduire à la seule poussée d’un bouton l’impression de la partie de la bande exposée et son remplacement par une partie neuve. Il en résulte qu’on a presque un cinématographe ; car, en fait, on peut faire les douze poses consécutives en moins de 10 secondes; mais cela n’est pas à recommander : d’une façon générale, on fera mieux de prendra chaque cliché à son heure et avec le temps de pose qui lui conviendra.
- La stéréo-pochette. — Nous passons du mécanisme compliqué à l’absence de tout mécanisme. La stéréo-pochette n’a, en effet, d’autre prétention que de tenir fort peu de place et de pouvoir s’emporter dans la poche pour justifier son nom. Elle emploie des petits châssis métalliques n’ayant guère que l’épaisseur de la plaque sensible et qu’on case dans différentes poches, leur nombre n’est pas limité.
- L’appareil fermé n’a que 4 centimètres d’épaisseur sur 8 de large et 16 de long (ftg. 1). Les boutons x\, B et I) qui servent, les deux premiers pour ouvrir, le troisième pour la mise au point, ne dépassent pas mais viennent affleurer la maroquinerie ; l’ensemble a l’aspect d’une pochette de compas un peu épaisse. En tirant le verrou B on rabat l’avant L qui se cale à angle droit avec le reste de la boite; on tire alors la planchette qui porte les objectifs et qui coulisse jusqu’à une butée où elle se trouve en place pour l’infini; on l’arrête dans cette position en abaissant un petit levier F. Si l’on veut mettre au point, on agit sur le bouton D qui fait mouvoir le petit chariot sur lequel glisse la planchette; un verre dépoli peut être utilisé dans ce cas, mais si l’on veut en éviter l’emploi on peut se servir de l’échelle graduée d’avance pour les distances de 1 à 6 mètres.
- L’obturateur qu’on arme, au moyen du bouton E, donne la pose et l’instantané à différentes vitesses ; les diaphragmes à iris se manœuvrent ensemble par un bouton unique. Les châssis se placent à l’arrière de l’appareil qui se rabat comme l’avant quand on a tiré le verrou A, ils s’y encastrent complètement et on referme la porte H sur eux ; on enlève complètement le volet C du châssis et l’appareil est prêt à fonctionner. Le viseur, constitué par une lentille concave fixée sur l’avant, se met en place de lui-même quand on ouvre l’appareil ; la planchette des objectifs peut se décentrer en hauteur, ce qui est très important, car cette particularité n’existe pas généralement sur les petits appareils. Malgré ses dimensions réduites, la stéréo-jumelle donne des clichés sur plaque unique 6x15 et on remarquera que c’est presque la dimension normale des vues stéréoscopiques ordinaires. On obtient, en effet, sur cette plaque deux-épreuves ayant 6 centimètres de côté; l’écartement des yeux ne permet pas d’observer des images ayant plus de 7 centimètres de côté, qui est du reste la dimension réglementaire. On utilise généralement pour la photographie stéréoscopique des plaques 9x18; nous nous demandons pourquoi, puisqu’en somme il faut, au tirage du positif, ou bien opérer par réduction à la chambre, ou bien, si l’on opère par contact, couper une partie de l’image qui est perdue.
- Nous pensons, en somme, que cette dimension 6 X15 est très bien choisie, d’autant plus que, bien qu’on trouve couramment dans le commerce des plaques de ce format, il serait très facile de les couper soi-même dans des plaques 15x18, dont elles font exactement le tiers, et qui, elles, se trouvent partout. G. Mareschal.
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- EXPOSITION DE 1900
- I,\ COUVERTURE DE LA GRANDE NEF
- DU PALAIS DES BEAUX-ARTS
- Bien que l’Exposition de 1900 n’ait pas donné, comme sa devancière, l’occasion aux ingénieurs de
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- LA NATURE.
- montrer des travaux qui retiennent, d’une façon prédominante, l’attention publique, nous avons pourtant quelques ouvrages qui, par leur importance et surtout par les procédés de construction, méritent à coup sûr de nous arrêter; c’est le cas du pont Alexandre 111, et delà couverture du Grand Palais. L’Exposition de 1889 avait été le triomphe du fer dans ses applications et naturellement les ingénieurs, qui sont les opérateurs indiqués du métal, ont eu à ce moment le succès qu’ils méritaient; aujourd’hui, ce sont les architectes qui prennent leur revanche par l’emploi peut-être excessif de la pierre et du plâtre; dans quelques mois, nous assisterons à un déploiement de monuments décorés, si nombreux, qu’il n’est pas douteux qu’ils se fassent du tort les uns aux autres.
- La charpente métallique qui supporte la couverture du Grand Palais n’est pas tout à fait un travail d’ingénieur, puisqu’elle a été dessinée, dans ses grandes lignes, dans les agences des architectes MM. Girault et Deglane; et, si les constructeurs qui en ont conduit l’exécution et le montage en retirent de la gloire, c’est surtout par la rapidité, la précision et l’ingéniosité des moyens qu’ils ont employés pour la mise en œuvre de travaux aussi importants, dans le délai très court qui leur était imposé.
- Les architectes qui dessinent leurs palais donnent à la partie métallique une forme approximative dont ils n’ont pas d’ailleurs à chercher la solution définitive, puisqu’ils ne sont pas des ingénieurs. Ce sont ces derniers qui, à la suite de calculs très longs et compliqués, peuvent seuls fournir les dimensions et les formes finales qui seront mises à exécution.
- L’ensemble du travail métallique nécessaire à la couverture du Grand Palais est considérable, puisqu’il n’exige pas moins de 6000 tonnes d’acier; il se compose d’un grande dôme de 70 mètres d’ouverture supportant une coupole de 45 mètres de diamètre, cet ensemble forme le motif principal dominant le porche central ; elle est surmontée d’un campanile de 18 mètres de hauteur, qui porte le point le plus élevé de l’édifice à 75 mètres au-dessus du sol, c’est-à-dire à plus de 100 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce dôme métallique sert de jonction à trois galeries dont deux sont en prolongement l’une de l’autre, et la troisième est perpendiculaire à leur direction ; cette dernière sert à former la contre-nef du vaisseau, elle est située en face de la grande porte d’entrée.
- Devant l’importance du travail et à cause du peu de temps dont on disposait pour les études préalables, le commissaire général de l’Exposition n’a pas cru devoir s’adresser à une seule personne pour l’exécution de cet ouvrage ; il a eu recours à une association collective composée de trois maisons de construction les plus connues, MM. Daydé et Pillé, MM. Moisant, Laurent et Savey et la Société des Ponts et Travaux en fer. C’est avec raison que cette décision a été prise, car on sait que les constructeurs ne sont pas toujours les maîtres de la livraison de leurs
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- commandes, ils dépendent des forges qui leur fournissent les fers, et dont ils sont naturellement tributaires; or, celles-ci sont syndiquées, elles ne produisent que des quantités déterminées d’avance de tôle et de fers profilés, et il est possible qu’elles n’eussent pas été à même de livrer, en aussi peu de mois, à un seul client, les 6000 tonnes nécessaires.
- Bien que le travail total soit confié à la collectivité que nous avons indiquée et que les trois maisons en soient solidairement responsables, les constructeurs se sont partagé l’ouvrage : MM. Daydé et Pillé ont pris la coupole et la contre-nef, MM. Moisant, Laurent et Savey ont eu la partie de droite de la grande nef et l’on a confié à la Société des Ponts et Travaux en fer, la fourniture et le montage de la portion de gauche.
- De ces trois constructeurs, ceux qui ont eu la partie
- jcArase des fondations (33*10)
- Fig. 1. — Appareil pfÿi’ le montage de la coupole du Grand Palais.
- la plus importante ce sont assurément, MM. Daydé et Pillé non seulement à cause du poids du métal
- employé, mais encore, et surtout, en raison du caractère spécial du travail à exécuter. D’ailleurs, ces ingénieurs éminents, pour qui l’acier n’aplusde secrets, ont eu à exécuter maints ouvrages pour l’Exposition, c’est à eux qu’on doit les fameux caissons du pont Alexandre ; une partie de la couverture du Palais du Génie civil ,qui est une merveille, est leur œuvre, ainsi que les trois passerelles sur la Seine au sujet desquelles nous comptons revenir dans un article ultérieur. Toutefois, la coupole du Grand Palais reste assurément le plus grand travail métallique de l’Exposition, après le pont, par son caractère de hardiesse et la correction de ses lignes ; il a déjà reçu l’admiration de tous les connaisseurs qui n’hésitent pas à l’appeler couramment la Coupole Daydé, du nom de son constructeur.
- Les fermes de cet ouvrage, ainsi que celles de toute la couverture du Palais, appartiennent au genre
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- des fermes dites encastrées, c'est-à-dire que la résultante de toutes les poussées passe par les points d’appui sur le sol et y exerce une pression supportée par un grand massif composé de tirants en fer noyés dans du béton ; les murs du Palais ne subissent aucun travail, à tel point que ceux-ci pourraient s’écrouler et disparaître, sans que la couverture subisse de mal. Ce choix de fermes présente assurément la forme la plus rassurante, mais elle offre un inconvénient d’esthétique assez grave, c’est qu’elles possèdent forcément une flèche très haute, ce qui produit une courbure très accentuée ; c’est pour cela que le toit du Palais forme une carapace énorme qui semble écraser l’édifice. Les colonnes de la façade constituent une ordonnance très pure d’architecture, elles rappellent l’époque romaine dans toute sa splendeur ; mais, en ce temps-ià, le fer n’était pas utilisé dans la construction et les piliers en pierre n’avaient d’autre mission que de supporter un entablement et un motif ou fronton dominant le monument.
- Aujourd’hui, on est forcé d’avoir recours au métal pour fermer les grandes surfaces dont on dispose; c’est parfait... mais, de l’extérieur, rien ne nous explique que cette couverture est soutenue, à l’intérieur, par des poteaux indépendants que nous ne voyons pas du dehors; il en résulte qu’au point de vue apparent, ce sont les colonnes qui semblent supporter toute cette masse de fer ; or, par leur grâce et leur légèreté, elles sont loin de paraître capables d’un pareil effort (fig. 4).
- La coupole s’appuie sur une couronne circulaire supportée par les quatre fermes d’arbalétriers qui reposent aux mêmes retombées que les fermes de noues elles-mênîes (fig. _2). Celles-ci constituent la ligne
- de raccordement de la portion sphérique du dôme et de la partie cylindrique des galeries; cette ligne est très difficile à expliquer, car elle est très gauche et ne correspond à aucune définition connue; d’autant moins (pie, dans la circonstance actuelle, la portion sphérique considérée n’est pas absolument
- sphérique et que les cylindres de pénétration ne sont pas à section circulaire. La création de ces fermes de noue est en général extrêmement délicate ; car, en raison de leur courbure bizarre, elles sont fort disgracieuses ; celles du Grand Palais, au contraire, sont des merveilles de dessin; leur exécution, qui ne sera forcément admirée que par des spécialistes, est impeccable, la courbure est heureuse et ne choque en rien la vue.
- Le procédé de montage employé par MM. Daydé et Pillé est très intéressant : on a installé, sur un échafaudage élevé, un chemin de roulement circulaire en bois P situé au-dessus de l’emplacement que devait occuper la coupole dans l’espace (fig. 1); au centre de l’ouvrage, on a monté un échafaudage indépendant E de ceux qui servent au plancher en cercle dont nous venons de parler ; il est destiné à soutenir une sorte d’anneau en fer de 25 à 30 centimètres de diamètre 0 ; les emplacements de cet anneau et du plancher sont très importants, car ce sont eux qui auront à supporter l’appareil de manutention nécessaire à la mise en place des différents éléments. Cet appareil se compose de deux poutres jumelles de 35 mètres de longueur AB; elles sont armées, au quart environ de leur étendue, d’une très forte goupille qui s’adapte dans l’anneau central O ; cette disposition permet à l’ensemble de pivoter sur un plan horizontal autour du point (h La poutre est sensiblement équilibrée; à cet
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- Fig. 3.
- .Moulage des fermes de la grande nef du I’alais des Beau.vArls.
- Fi
- • r O
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- Appareil de ‘îuaiiuleution employé pour le moulage des fermes du Grand Palais.
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- LA NATURE.
- effet on a placé, au bout du petit bras OB, des barils chargés de rivets. Le grand bras OA est muni à son extrémité d'un chariot dont les roues s’appuient sur un rail circulaire posé le long du plancher de même forme P. Comme on peut s’en rendre compte, ce système peut tourner tout autour de son axe, le bras prend alors la direction d’un rayon quelconque du cercle de travail.
- La manutention est maintenant très facile à comprendre : on a fixé sur les poutres deux chariots avec treuils à vapeur dont les crochets CC prennent sur le sol les éléments d’acier à n’importe quelle place où ils sont posés, et viennent les placer à n’importe quel endroit de la coupole; ainsi qu’on le voit, le procédé est excessivement simple. Les mouvements des chariots sur la poutre, et de la poutre elle-même sont faits à bras d’homme.
- Nous pouvons ajouter que des planchers de travail sont installés à tous les endroits jugés nécessaires pour l’ajustage et l’assemblage des pièces.
- Les deux constructeurs des parties latérales ont chacun employé un procédé différent; la Société des Ponts qui fait la portion de gauche a monté un grand échafaudage qui embrasse toute la section de la nef, il est garni de vastes planchers à différentes hauteurs sur lesquels les ouvriers sont commodément installés pour faire leur travail.
- MM. Moisant, Laurent et Savey ont adopté un appareil nouveau d’un emploi très facile, qui permet un montage rapide des différentes pièces (fig. 3).
- Il se compose d’un grand pylône en bois qui peut rouler sur le sol dans deux directions normales à l’aide de galets et de rails disposés convenablement, et qui possède la facilité de tourner dans tous les sens. La partie intéressante de cet appareil est localisée au sommet; nous avons là un grand bras de levier horizontal qui se meut suivant un arc de cercle d’environ 60 degrés, le centre de cet arc étant situé à l’extrémité libre de cette longue poutre, c’est-à-dire en dehors du plancher de manutention. C’est également en ce point que vient passer la chaîne du treuil; un de ses brins descend jusqu’au plancher inférieur, sur lequel se trouve le tambour d’enroulement; quant à l’autre, il est situé sur un chariot mobile qui glisse le long de la poutre horizontale. On conçoit que cet appareil sert à toutes les opérations nécessaires puisque le crochet du treuil peut aller en tous les points de l’espace situés sous le bras de levier. Toute l’ossature métallique des galeries latérales et de la nef, côté Champs-Elysées, a été construite avec cet appareil.
- Les grandes fermes de la piste ont été exécutées en trois opérations distinctes : dans les deux premières on a installé les poteaux verticaux et les premiers voussoirs situés contre les murs, de sorte que les portions extrêmes de chaque ferme étaient établies en porte-à-faux et se soutenaient toutes seules dans le vide. La troisième opération consistait à fermer l’arc métallique laissé ouvert; pour cela, on venait soutenir les extrémités des parties con-
- struites en porte-à-faux, à l’aide de deux pylônes munis de vérins; ces pylônes avaient un double but, d’abord ils soulevaient légèrement les extrémités libres de la partie déjà faite, ensuite ils formaient de nouveaux piliers d’appui provisoires sur lesquels on pouvait faire reposer de nouveaux voussoirs encore en porte-à-faux, mais assemblés aux précédents (fig. 3); il ne restait plus qu’à placer le voussoir de clé et à l’assembler à ses voisins ; on décalait finalement tout le système, en baissant les vérins et toute la ferme tenait par elle-même.
- Quant aux ouvriers qui recevaient les différents éléments de la construction et qui avaient mission de les assembler, ils étaient installés avec leurs forges portatives sur des planchers volants accrochés aux parties des fermes déjà terminées.
- L’appareil qui est mû à l’électricité est, comme on le voit, très ingénieux et occupe fort peu de place; il fait le plus grand honneur aux constructeurs qui l’ont imaginé. Ceux-ci occupent d’ailleurs une place prépondérante dans l’industrie; les nombreux ouvrages auxquels ils ont été mêlés les mettent au premier rang des ingénieurs français; aussi l’Exposition les a-t-elle fortement mis à contribution. Ce sont eux qui ont été chargés d’une grande partie des autres combles du Palais des Beaux-Arts; au Champ-de-Mars, ils ont employé un poids énorme de fer et d’acier pour une partie du Palais du Fil et Tissus qui leur a été confié avec le Pavillon Central. Ce sont également à eux qu’on a donné l’exécution de l’escalier monumental du Grand Palais ; ils trouveront là une occasion unique de faire une innovation intéressante de l’emploi du fer ouvré et de la tôle, pour un grand ouvrage décoratif.
- A. da Cuxha.
- CHRONIQUE
- L’observatoire de Nice. — Quand on a inauguré l’observatoire du mont Gros près de Nice, le bruit s’était répandu que son fondateur, M. R. Bischoffsheim, membre de l’Institut, avait fait don de l’établissement au Bureau des longitudes. Mais la nouvelle était fausse, puisque le Bureau des longitudes n’ayant pas de personnalité civile ne pouvait recevoir légalement un don quelconque. L’Institut aurait pu accepter la dotation; il ne l’a pas fait pour une raison ou pour une autre. Ces jours derniers seulement, M. Bischoffsheim a donné l’observatoire de Nice, ses dépendances et les observatoires de montagne, annexes à l’Université de Paris qui les a acceptés avec empressement. Précisons. M. Bischoffsheim a donné la nue propriété irrévocable en conservant la jouissance, c’est-à-dire en payant les frais annuels jusqu’au jour de sa mort. Alors, l’Université de Paris recevra des héritiers de M. Bischoffsheim deux millions et demi pour faire face aux dépenses. Par conséquent, il n’y aura rien de changé ni dans la direction, ni dans la marche des travaux, du moins pour le moment, sauf cependant qu’à l’instar de ce qui se pratique pour l’Observatoire de Paris, l’Université va désigner un Conseil qui fera même office de Comité de direction. Ce nouveau comité est déjà désigné; il se compose de MM. ft éard, Joseph Bertrand, Lippmann,
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- Cornu, Darboux, Poincaré, Lœwv, Mascart, Troost et Favc. La générosité de M. Bischoflsheim a doté notre p:ns d’un observatoire incomparable sur lequel on pourra compter de plus en plus pour les progrès de l’astronomie générale.
- Les eaux potables à Paris en fl900. — La
- Commission technique des eaux potables de la Ville de Paris s’est préoccupée d’assurer la consommation d’eau pendant l’été de 1900. Plusieurs rapports viennent d’être examinés par la Commission, et des décisions importantes ont été prises. On a d’abord décidé l’acquisition de plusieurs sources qui augmenteront, après leur adduction, l’alimentation de Paris de plus de 100 000 mètres cubes d’eau par jour. Mais ce n’est point encore sur cette augmentation de débit que l’on compte dans le délai si rapproché de l’été de 1900. En 1899, en dépit de l’été extrêmement sec et particulièrement chaud, le‘débit normal de 220 000 mètres cubes d’eau de source a suffi à l’alimentation et on n’a pas été obligé de substituer l’eau de source en aucun quartier. En 1900, à ces 220 000 mètres cubes s'ajouteront 80 000 mètres cubes d'eaux de sources nouvelles et 20 000 mètres cubes d’eau filtrée par les fdtres de Saint-Maur. Le débit quotidien atteindra donc 320 000 mètres cubes d’eaux de sources. En outre, la réserve constante sera de 100 000 mètres cubes à Saint-Cloud et de 400 000 dans les autres réservoirs municipaux. Tous ces chiffres additionnés nous assurent pour les fortes chaleurs, sans pluie, où il faudrait faire donner les réserves, 820 000 mètres cubes d’eau fraîche.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 janvier 1900. — Présidence de M. Lévv.
- Du rôle des nodosités des racines. — MM. Deliéraiu et Demoussy ont étudié les conditions dans lesquelles s’effectue la croissance du lupin blanc. Cette plante se rencontre surtout sur les terres sablonneuses et la difficulté qu’on éprouve à la faire prospérer dans d’autres sols avait donné lieu de penser qu’elle est calcifuge. On peut cependant la cultiver sur des terres où le calcaire existe. Le lupin y réussit à la condition de trouver les bactéries qui provoquent sur les racines les formations des nodosités. Mais il convient d’observer que les nodosités que l’on peut rencontrer présentent des formes bien différentes les unes des autres. Parfois elles sont habitées par des bactéries qui organisent l’azote atmosphérique au profit de la légumineuse, qui acquiert alors son plein développement. Mais il arrive aussi que les racines de plantes restées chétives portent des nodosités énormes, peuplées de micro-organismes qui paraissent y vivre plutôt en parasites qu’en associés.
- Influence des maladies de la mère sur les enfants. — M. d’Arsonval présente une Note de MM. Charrin, Guillemonat et Levaditi sur la relation existant entre certains états pathologiques de la mère ^ alcoolisme, tuberculose...) et l’insuffisance de développement de leurs enfants. Ils repoussent la doctrine du microbe qui n’est pas toujours présent, à cause de son manque de fixité; ils repoussent également l’intervention d’un organe lésé avant la naissance. Ils estiment qu’il s’agit d’anomalies anatomiques, chimiques ou physiologiques des cellules des enfants, anomalies dépendant de l’infériorité des cellules formatives de la mère.
- * Ils invoquent aussi l’action des toxines fabriquées sous l’influence de la maladie dans l’économie maternelle,
- qui se fait sentir sur les tissus en cours de formation avant la naissance de l’enfant.
- Utilisation du moût à cidre. —M. d’Arsonval présente ensuite une Note de M. Descours-Desacres sur un nouveau mode de fabrication du cidre par congélation. Nous reviendrons sur cette intéressante communication.
- Séance du 8 janvier 1900. — Présidence de M. Lévy.
- Propriétés des radiations du radium et du polonium. — M. Becquerel présente une Note de M. Curie sur les caractères distinctifs des radiations émises par le radium et par le polonium. Dans une précédente communication M. Becquerel a montré que les radiations provenant du radium sont déviées sous l’influence d’un champ magnétique, tandis que celles émanant du polonium ne sont pas déviées. M. Curie a découvert que les rayons du radium sont en réalité de deux espèces différentes, une partie d’entre eux subissant une déviation sous l’influence d’un champ magnétique, l’autre partie, au contraire, ne supportant aucune déviation. Les radiations du polonium, au contraire, sont homogènes, en ce qui concerne l’inaction du champ magnétique. M. Becquerel présente ensuite une Note de Mme Curie sur les particularités de l’absorption des radiations en question. Il expose ensuite qu’il a vérifié expérimentalement que les radiations se propagent en ligne droite et donnent des ombres géométriques.
- Délégation. — L’Académie désigne, pour la représenter aux fêtes du deuxième centenaire de l’Académie royale de Berlin, MM. Darboux et Moissan.
- Varia. — M. Herrera adresse une Note sur la reproduction des phénomènes du protoplasma. —M. Mascart communique, au nom de M. Moureaux, un tableau des éléments magnétiques pour le 1er janvier 1900. — M. Lippmann présente une Note de M. Guido-Siegriest surun obturateur pour appareil photographique. Ch. de Yilledeuil.
- ÀVANT-TMIN ÉLECTRIQUE
- Il semble que l’avant-train amovible soit la forme vers laquelle tend l’automobilisme électrique. En effet, en dehors de l’avant-train Heilmann qui est plutôt un remorqueur électrique cà quatre roues, voici un avant-train électrique que vient de présenter la Société des voitures électriques de Paris.
- Cet avant-train, dû aux études de M. Solignac, présente certa ines particularités intéressantes. D'abord il réalise bien le véritable avant-train amovible en ce sens qu’il peut s’adapter à toute espèce de véhicule en se fixant au siège au moyen des mêmes trous que ceux qui servent à tenir le bâti de la cheville ouvrière qui existe lorsqu’on a une traction animale. Un particulier peut donc, avec une seule voiture, se servir de ses chevaux ou de son avant-train électrique.
- Le dispositif consifte en un châssis horizontal divisé en trois compartiments, l’un central qui contient la caisse d’accumulateurs, les deux autres latéraux qui renferment les roues et les moteurs électriques ainsi que deux freins électriques de Bovet. Ces moteurs sont groupés en tension et commandent chacun une roue; ils ont une suspension indépendante. L’ensemble du cadre et les organes qu’il contient sont rattachés par des ressorts de voiture à
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- un croisillon en tôle qui est lui-mème relié à la plaque boulonnée sous le siège de la voiture par un large chemin de roulement à bille. Sur la plaque boulonnée sous
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- le siège se trouve un volant de direction d’une commande non réversible qui agit sur l’avant-train mobile. En raison du montage en tension des moteurs des deux roues, celles-ci tendent à tourner sous le plus petit effort de direction et malgré le poids relativement considérable de l’a-vant-train qui pèse 750 kg y compris ses
- 500 kg d’accumulateurs ; il pivote très facilement.
- Un autre point original de celle voiture, c’est qu’elle ne comporte aucun accessoire de réglage de marche : les variations de vitesse s’obtiennent par la coupure franche ou la prise complète du courant sur les organes moteurs. Le véhicule s’avance sous l’impulsion d’une série de foulées, prenant sous ces poussées successives une vitesse moyenne; si les prises de courant sont longues et fréquentes, la vitesse augmente; si elles sont rares, la vitesse est moindre. Au fond, c’est un peu la marche adoptée en pratique par les conducteurs de tramways mécaniques qui, pour être maîtres de leur vitesse dans les endroits dangereux, procèdent également par à-coups. Ce dispositif nous a paru intéressant en ce sens qu’il fonctionne très bien sans être perceptible pour les voyageurs et qu’il supprime une des causes principales de la complication des voitures électriques.
- La coupure et la prise de courant se font par un volant concentrique au. volant de direction et
- Vue d'ensemble de la voiture.
- situé en dessous comme on peut le voir dans la figure ci-jointe. Lorsque le conducteur saisit à pleine main les deux volants, ils se rapprochent et
- le courant est établi ; lorsqu’il relâche les mains, le volant inférieur s’abaisse et le courant est coupé. L’ensemble des organes accessoires, la direction et le coupeur de courant sont disposés sous le plancher du siège.
- En raison de la position basse des accumulateurs, le centre de gravité se trouve très surbaissé, ce qui donne une grande
- stabilité à toute la voiture; de plus, les voyageurs ne participent plus aux chocs qu’entraîne la masse
- des accumulateurs. Les accumulateurs sont d’ailleurs suspendus dans le châssis par des ressorts et sur un double plancher installé sur vingt balles en caoutchouc qui amortissent totalement la trépidation.
- En résumé, l’ensemble donne une voiture très élégante qui ne fait pas trop regretter l’absence du cheval. Enfin, cette solution fournit à l’automobilisme électrique un moyen de se répandre, car elle offre au public, pour une somme quatre fois moins importante que celle que demande une voiture électrique complète, le moyen d’adopter ce mode de locomotion. Et ce mode de traction semble très applicable aux voitures de luxe, surtout lorsque l’on a à sa disposition une installation électrique complète permettant d’utiliser à volonté le courant de charge. J. Leroy.
- Le Gérant : P. Masson.
- l’ar:s. — Imprimerie Laiut.e, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1591. - 20 JANVIER 1900.
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- L' « HELICOPRION »
- RESTE D’UN POISSON FOSSILE DÉCOUVERT EN RUSSIE
- M. Karpinsky, directeur du Comité géologique de Saint-Pétersbourg, a eu récemment l’occasion d’étudier un singulier fossile. I) a été trouvé en 1898 près de Krasnoulîmsk (gouvernement dePerm) dans les couches dites d’Artinsk, qui appartiennent au terrain permien, et qui recouvrent immédiatement le carbonifère. GràceàM.Bes-sonow, M. Karpinsky a reçu un certain nombre d’exemplaires du nouveau fossile. Il en a fait le sujet d’un intéressant mémoire où il décrit l’animal de Krasnou-fimsk sous le nom d He-licoprion Bessonowi.
- L’Helicoprio?î se présente sous l’aspect d’une spirale à symétrie bilatérale ressemblant beaucoup à une Ammonite.
- Cette spirale est en réalité composée de segments émaillés et lisses disposés les uns à la suite des autres suivant trois tours qui ne se touchent pas. Chaque segment se termine à la périphérie par une dent dont les arêtes tranchantes sont fortement crénelées. Le fossile est donc l’analogue d’une scie
- qui serait enroulée en spirale, c’est précisément la signification du nom d’Uelicoprion. L’exemplaire que nous donnons (fig. 1), d’après une figure extraite comme les suivantes du mémoire de M. Karpinsky, présente en tout 156 segments et dents. Le diamètre du fossile est d’environ 24 centimètres. Entre les parties émaillées s’en trouvent d’autres plus étroites
- dépourvues d’émail. La base des tours de spire n’est pas non plus émaillée.
- Par leur forme extérieure les dents ressemblent beaucoup à celles de certains Requins fossiles ou vivants. Elles leur ressemblent encore par la structure histologique et la composition chimique.
- M. Karpinsky a étudié un grand nombre de coupes microscopiques d'Helicoprion. Toute la spirale est constituée essentiellement par de la dentine traversée de nombreux canaux qui logeaient chez le vivant des vaisseaux sanguins ; de l’émail couvrait la plus grande partie de l’organe. Enfin par l’analyse chimique on a constaté la présence de phosphate de chaux. Il est donc absolument légitime de considérer Y Helicoprion comme le débris d'un vertébré appartenant au groupe des Poissons Elasmobranches
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- Fig. i. - Reproduction de la planche 1 du Mémoire de M. Karpinsky. (1/i grandeur nat.)
- EdesLus gignnteus. Newberry. (1/3 grandeur nat.)
- Fig. 2.
- (Squales, Raies). Cette conclusion est d’autant plus légitime que les parties non émaillées de la spirale sont couvertes en certains points de petits granules. Ces granules, vus au microscope, se reconnaissent comme étant un chagrin analogue à celui qui se forme dans la peau des Elasmobranches actuels.
- M. Karpinsky a constaté que la base des tours de spire de YHelicoprion porte une profonde rainure, avec un canal qui, chez l’animal vivant, devait contenir un
- vaisseau sanguin. .......
- 28e année. — 1er semestre.
- — l’ositiou hypothétique de l'organe spiral de l’Helicoprion.
- 11 s'agit maintenant d’établir les analogies de l'Helicoprion.
- Depuis un demi-siècle on connaît de curieux fossiles provenant du terrain carbonifère de Russie et d’Amérique, composés de segments serrés les uns contre les autres, terminés chacun par une dent crénelée. La base est droite ou légèrement arquée. On leur a donné le nom d'Edestus (fig. 2) (d’un mot grec qui signifie dévorant). Ces productions ressemblent beaucoup à un Helicoprion dont la spire serait
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- déroulée; leur base est cependant beaucoup plus massive et l’émail se trouve presque exclusivement sur les dents. Sans aucun doute il faut placer les deux genres Edestus et Helicoprion dans une même famille de Poissons Elasmobranches, la famille des Edestidés.
- Le rôle de l'organe spiral appelé Helicoprion est bien énigmatique. 11 était certainement enfoncé par sa base étroite dépourvue d’émail dans les téguments de l’animal auquel il a appartenu. En effet cette base présente souvent des traces de chagrin; les canaux qui la parcourent venaient s’ouvrir à sa surface externe qui présente de nombreux orifices, enfin la gouttière suivant le côté interne logeait un vaisseau sanguin longitudinal. Le tégument devait se continuer dans les interstices étroits séparant les segments émaillés, car là aussi on trouve des restes de chagrin.
- Depuis longtemps on regarde les Edestus, à cause de leur forme comprimée et de leur symétrie bilatérale, comme des organes d’attaque ou de défense placés sur la ligne médiane du corps, le long du dos de l’animal. L’organe formait sur le dos une sorte de scie enfoncée par sa base épaisse dans le tégument. On voit quelque chose d’analogue chez certaines Raies actuelles, où, sur la queue, il y a une série de cinq ou six piquants.
- L’organe spiral de Yllelicoprion devait être placé aussi sur la ligne médiane du corps de l’animal. Il n’y était pas simplement enfoncé par une extrémité; les parties molles, d’après ce qui a été dit plus haut, devaient suivre la spirale dans toute sa longueur. On doit admettre de plus que la spirale s’est développée peu à peu avec l’àge, les tours internes ont dù être externes dans la jeunesse de l’animal et se sont enroulés peu à peu.
- Pour fixer la place de l’organe spiral sur la ligne médiane on est réduit à des hypothèses. Il n’est pas tout à fait invraisemblable qu’il ait fait partie de la queue, car chez certaines Raies la queue, très mince, porte une série d’aiguillons dermiques dont la hauteur dépasse notablement celle des parties molles, dépendant il est plus probable que l’organe spiral, dont les dents ressemblent à celles d’une mâchoire, a été en rapport avec la bouche.
- On sait que chez les Squales actuels l'arc de la mâchoire porte plusieurs rangées de dents disposées les unes derrière les autres. Les dents forment un grand nombre de séries longitudinales ; de nouvelles dents poussent constamment en arrière. Toute la série s’avance graduellement vers le bord de la mâchoire, les nouvelles dents venues de l’intérieur repoussent graduellement vers le dehors les dents anciennes qui ensuite tombent. Si l’on imagine que les dents de la série qui se trouvait sur le milieu de la mâchoire chez Y Helicoprion ne se détachaient pas en s'avançant hors de la gueule, mais étaient simplement repoussées au delà des limites des mâchoires par les dents nouvelles, on peut s’expliquer que, par suite de la croissance de l’animal,
- un organe spiral se soit graduellement développé. La spirale de Yllelicoprion représenterait donc un organe en relation avec la mâchoire supérieure ou inférieure et possédant des parties molles recouvertes de chagrin, dans lesquelles des vaisseaux auraient servi à la nutrition. La gueule était sans doute terminale, au lieu d’être située sur la face inférieure de la tête comme chez la plupart des Squales, et la spirale pouvait ainsi diriger en avant ses dents les plus fortes et devenir un puissant organe d’attaque (fîg. 5).
- Nous ne connaissons de Y Helicoprion que son organe spiral. Le poids relativement considérable de l’organe explique qu’il ait été conservé seul. Après la mort la spirale s’est détachée du cadavre et est tombée au fond de l’eau où elle a été recouverte rapidement par les sédiments.
- L'Helicoprion a certainement vécu dans la mer, car dans les couches où on l’a trouvé il est accompagné de toute une faune de coquilles marines.
- L’existence des Edestidés (Edestus, Helicoprion) a été relativement courte. Ils n’ont vécu que pendant la période carbonifère (Edestus) et la période permienne (Helicoprion). La complexité même de leur organe d’attaque ou de défense a été sans doute une des causes de la brièveté de leur existence. La Paléontologie a souvent à enregistrer la disparition rapide (au sens géologique du mot) de formes animales très différenciées et puissamment armées. E. Phiem.
- Professeur au lycée Henri IV.
- L’ANESTHÉSIE PAH LA COCAÏNE
- La découverte de ce précieux alcaloïde, la cocaïne (extrait de l’érytliroxylon coca), a modifié complètement la pratique de ce que l’on est convenu d’appeler la petite chirurgie. Deux spécialités, notamment, en ont largement bénéficié : l’oculistique et la rhino-laryngologie. La cocaïne est douée, en effet, d’un pouvoir anesthésique local considérable : une solution à 10 pour 100 étendue sur la muqueuse du nez pendant quelques minutes amène une rétraction de la muqueuse et une insensibilité absolue, permettant la cautérisation ignée de celte muqueuse à plusieurs millimètres de profondeur.
- Quelques gouttes d’une solution à peu près identique, instillées dans l’œil, amènent une anesthésie parfaite qui permet à l’ophtalmologiste de pratiquer sans douleur et sans réaction de la part du patient l’opération si délicate de la cataracte ou l’extraction de corps étrangers profondément enkystés. Le laryngologiste peut à son gré abolir les réflexes du pharynx et du larynx, annihiler ces haut-le-cœur si fréquents chez maints sujets dès qu’on veut toucher à l’arrière-gorge et permettre l’exploration complète du larynx, de la trachée, permettre aussi l’introduction d’instruments pour l’ablation de certaines tumeurs.
- Les dentistes ont mis à profit ces propriétés si remarquables de la cocaïne, d’abolir la sensibilité des extrémités terminales des nerfs, pour l’extraction des dents. J’en appelle à tous ceux qui ont eu à subir jadis cette horrible opération, se faire arracher une dent. Douleur atroce, s’il en fut ; on avait préconisé, pour atténuer la souffrance, l’anesthésie générale au protoxyde d’azote,
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- LA NATURE.
- anesthésie dangereuse, même quand elle est bien surveillée. Actuellement on introduit par piqûre, sous la gencive, quelques gouttes (j’insiste à dessein sur cette petite quantité) de la solution cocaïnique, au centième cette fois, et le davier, la clef de Garengeot amènent, sans douleur, la dent la plus solide.
- On ne s’est pas contenté de cette anesthésie locale. Plusieurs chirurgiens ont pensé que l’injection dermique de cocaïne, prudemment faite avec des solutions fortes, pouvait déterminer une insensibilité suffisante dans une zone déterminée pour pratiquer de petites opérations. Kummer, de Genève, et P. Reclus, en France, ont été les plus résolus partisans de cette méthode d’anesthésie; je crois bien que dans notre pays Reclus est le seul chirurgien qui ait, dans tous les cas où la chose est possible, substitué l’anesthésie par injections cocaïniques à l’anesthésie générale par l’éther ou le chloroforme. Il compte à cette heure un chiffre de plusieurs milliers d’opérations pratiquées par ce procédé, et ces opérations ne sont plus du domaine de la petite chirurgie. Il a pu enlever de grosses tumeurs, faire des opérations de longue durée. On n’a pas à craindre, en employant des solutions faibles,
- 1 pour 100, et en faisant deux, trois, quatre à dix injections d’un gramme de cette solution, soit 10 centigrammes de cocaïne, on n’a pas, dis-je, à craindre les accidents graves et subits que donnent parfois le chloroforme ou l’éther.
- Cette anesthésie partielle permet de pratiquer certaines interventions quand l’anesthésie générale est rigoureusement contre-indiquée pour affections du cœur, état de choc, de débilité profonde, etc. Récemment, on a eu l’idée de faire encore mieux. Depuis quelques années.on a pratiqué, assez souvent, tantôt dans un but de diagnostic, tantôt comme moyen thérapeutique, la ponction lombaire, c’est-à-dire qu’au moyen d’une piqûre à travers les parties molles du dos et dans l’intervalle des corps .vertébraux on va perforer l’espace méningé sous-arachnoïdien et retirer une certaine quantité du liquide céphalorachidien. L’antisepsie permet aujourd’hui ces ponctions qu’on n’eût pas osé qualifier il y a cinquante ans.
- Ln chirurgien allemand a pensé qu’on pouvait tirer parti de cette innocuité de la ponction sous-arachnoï-dienne pour déterminer une véritable anesthésie de la partie lombaire de la moelle et, partant, des régions du bas-ventre et des membres inférieurs, hier, après des expériences sur des animaux, a pratiqué chez six malades des opérations sur les os de la jambe et du pied, après avoir pratiqué l’analgésie par une injection, de très faible quantité, de cocaïne au niveau des vertèbres lombaires. En un quart d’heure, l’insensibilité était complète dans les membres inférieurs.
- Un des plus distingués chirurgiens de Paris, le D1 Tuf-fier, a employé dans son service ce procédé d’anesthésie et dans les quatre cas qu’il a opérés, il a constaté que l’analgésie était parfaite et assez prolongée pour permettre des opérations, même laborieuses. Le procédé lui semble inoffensif à la condition d’une antisepsie rigoureuse, ce qui est maintenant la règle dans toute clinique, de faire des injections très faibles, les doses minimes d’un centigramme ne devant être guère dépassées.
- Cette méthode paraît indiquée quand l’anesthésie générale n’est pas possible ; je crois que, dans la grande majorité des cas, la cocaïnisation par simples injections dermiques pourra être plus avantageusement choisie, comme aussi efficace et moins dangereuse. L’autre méthode en est à la période d’essais, mais elle est assez intéressante comme application pour être signalée. Ür A. Cartaz.
- YÀL BREGÀGLLY ET YALTELINE
- De tous les spectacles qu’il est donné de voir en Europe aux personnes qui ont le goût des voyages, il n’en est guère qui surpassent ceux dont on jouit en descendant des sommets alpestres dans le bassin du Pô. En quelques heures, on se croit transporté d’un monde dans un autre, entre lesquels tout diffère et tout s’oppose ; température, végétation, mœurs des habitants, air ambiant, aspect des choses. Bien qu’ayant déjà souvent eu l’occasion d’observer les contrastes que la différence d’altitude provoque entre deux contrées cependant peu distantes, jamais je n’en avais été aussi vivement frappé qu’au cours d’un voyage récemment accompli dans les vallées qui descendent du massif du Bernina, vers le lac de Gôme, et notamment dans le val Bregaglia, le val Poschiavo et la Yalteline.
- Le val Bregaglia commence au col de la Maloja et se termine à Chiavenna. Il est orienté d’est en ouest et dominé au nord et au sud par des sommets qui atteignent et dépassent même 5000 mètres, tels que la Cima di Lago et la Cima di Castello. Il a dans sa partie haute une pente très rapide. Maloja-Kulm est à 1817 mètres au-dessus du niveau de la mer, Ca-saccia à 1400, et cependant entre ces deux points, la distance n’est que de 2 kilomètres et demi à vol d’oiseau. Vue du fond de la vallée, la Maloja se dresse comme une immense falaise toute droite. La pente s’adoucit au contraire entre Casaccia et Chiu-venna, qui est à 553 mètres d’altitude. Au fond du val Bregaglia, coulent les belles eaux torrentueuses de la Mera, qui, à Chiavenna, tourne brusqueineut vers le sud, s’étale à son gré dans la fertile plaine de Chiavenna, traverse le lac de Mezzola et se jette enfin dans le lac de Côme.
- La Yalteline commence à Bormio et se termine à Colico. Elle décrit une courbe très marquée, si bien que sa direction après avoir été d’abord nord-sud devient ensuite nettement est-ouest. Sa longueur est de 130 kilomètres. Au nord s’élève l’imposant massif du Bernina, dont la plus haute cime dépasse 4000 mètres, à l’est l’Ortler (3900 mètres). L’horizon est borné au sud par la ligne continue des Alpes du Bergamasque, dont l’altitude maxima n’est que de 3000 mètres, mais qui, en revanche, n’offrent aucune brèche permettant de descendre aisément dans la plaine de Bergame. L’Adda, la rivière de la Yalteline, se forme à Bormio par la réunion de plusieurs torrents. Ses eaux rapides, d’une nuance bleutée, fort agréable à l’œil, sont encore sauvages sur la plus grande partie de leur cours, et causent des ravages dans les terres cultivées.
- Dans la Yalteline aboutissent des vallées secondaires : Yalle Grossina, val Poschiavo, val Eonlana, val Malenco, au nord ; val di Belviso, val di Yenina au sud. C’est dans le val Malenco qu’est située la petite ville de Chiesa, point de départ d’excursions, sur les pentes méridionales du Bernina. De toutes ces vallées la plus longue et la plus large est le val Poschiavo.
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- 11 est parcouru d’un bout à l'autre par le Poschia-vino, qui se forme près de la passe du Bernina. Au milieu de la vallée s’étend le joli petit lac de Pos-chiavo, large de 1 kilomètre et long de deux.
- Notre ligure a le représente avec le village de Le Prese, célèbre par son établissement thermal.
- L’aspect de toutes ces vallées varie avec l’altitude. Entre les points où chacune d’elles commence et finit, la différence est extrême, mais à 2000 mètres, à 1500, à 1000, à 500, à 200, toutes se ressemblent.
- Descendons, par exemple, le val Poschiavo, puis la Valteline, de la passe du Bernina, à Co-lico. A la passe du Bernina, même en été, le climat est rude; on se couvre avec plaisir de vêtements chauds et de fourrures ; les masses
- hleues des glaciers, les
- Fig. 1. — Paysage de la Valteline.
- étendues blanches des
- champs de neige, les petits lacs si justement nommés : lac Blanc et lac Noir, l’ahsence d’arbres, l'herbe rare qui couvre le sol, tout contribue à donner une impression de tristesse.
- Cependant on descend et bientôt les masses sombres des sapins et surtout les mélèzes au feuillage clair et finement découpé mettent un peu de vie et meme de gaieté
- Fis. 2. — Carte de la Valteliner du Val Uregaglia et de lu Haute Engadiue.
- dans le paysage.
- On descend encore, on atteint la ville de Poschiavo, les cultures de blé noir et de tabac apparaissent et annoncent une région propice à la vie de l’homme. On débouche enfin dans la Valteline, à Tirano, et on se voit transporté au milieu de la plus plantureuse des natures : prairies qu’en cette fin de . septembre on coupe pour la troisième fois de l’an-
- née, champs de maïs dont les chaumes sont encore debout, et dont les épis rouges sèchent de tous côtés aux fenêtres, vignes suspendues en guirlandes
- d’arbre en arbre et à l’ombre desquelles on cultive du blé noir. La forme des maisons a changé : aux chalets suisses, surmontés de larges toits, ont succédé les case italiennes, vives de couleurs et ornées de loggias. L’air est d’une douceur exquise; quelques heures ont suffi pour que nous passions d’un climat subpolaire dans une région toute méridionale.
- Et cependant, cette Valteline si féconde n’est pas pour ses habitants une terre de bénédiction. Les paysans ont les joues creuses et le teint hâve. Tout en eux, leur démarche fatiguée, leurs habits loqueteux, trahit la pauvreté, souvent la misère. 11 n’ont pour toute nourriture que la polenta, bouillie de farine de maïs; et les années où la récolte est mauvaise, ce
- mets grossier leur fait même défaut. Souffrir de la faim dans une contrée où la nature a prodigué ses dons, quelle ironie! C’est que le paysan italien est écrasé par le poids des impôts qu’il lui faut payer au gouvernement pour l’entretien de forces militaires aussi disproportionnées avec les ressources du Royaume qu’inutiles à sa sécurité. Non seulement ces vallées subalpines offrent, grâce à leurs beautés naturelles, un vrai régal au voyageur en quête de sensations nouvelles, mais elles jouent encore un certain rôle dans la géographie économique de l’Europe; Les longs couloirs
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- LA NATURE.
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- qui pénètrent entre les massifs alpestres font communiquer Tyrol et Lombardie, Allemagne et Italie, mer du Nord et Méditerranée. Le col de la Maloja met en rapport le val Bregaglia avec l’Engadine, ou haute vallée de l’Inn, Chiavenna avec Silz, Silva-plana, Saint-Moritz et Samaden. Une route qui descend l’Engadine conduit dans le Tyrol; deux autres qui s’en détachent donnent accès dans la vallée du Rhin supérieur, l’une par le Julier, l’autre par l’Al-bula. En remontant la Valteline, on atteint le Stel-vio, qui permet de descendre dans la haute vallée de l’Adige, d’où le col de Reschen donne accès dans la basse vallée de l’Inn. La passe de la Bernina met en rapport Poschiavo avec Pontresina.
- La disposition de ces vallées leur donne une valeur stratégique. La Valteline offrant une commu-
- nication aisée entre les pays du Danube et ceux du bassin du Pô, il y eut, à un moment donné, dans la politique européenne, une question de la Valteline.
- C’était dans la première moitié du dix-septième siècle, à l’époque où l’Europe était ravagée par cette guerre atroce, que les historiens ont plus tard nommée la guerre de Trente ans. Les deux branches de la maison de Habsbourg, l’Autrichienne et l’Espagnole représentées, la première par l’empereur Ferdinand II, la seconde par le roi Philippe IV, espéraient, après avoir vaincu les protestants d’Allemagne, dominer l’Europe toute entière. Ferdinand possédait le comté de Tyrol, Philippe le duché de Milan. Ils cherchèrent une route alpestre qui leur permît de communiquer et de faire passer leurs soldats du Tyrol dans le Milanais et récipro-
- Fig. 3. — Vue du
- quement. La Valteline était tout indiquée. L’occupation de cette vallée paraissait d’autant plus aisée qu’elle appartenait alors à des montagnards incapables de résister à deux puissances aussi redoutables que l’Empereur et le roi d’Espagne.
- Au quinzième siècle, trois ligues s’étaient formées entre Tyrol et Milanais : la ligue Haute, la ligue de la Maison-Dieu, et la ligue des Dix communautés. On les appelait collectivement les ligues Grises. Or, en 1515, ces ligues s’étaient agrandies au sud et avaient acquis les districts deBormio, de la Valteline et de Chiavenna *.
- En 1620 le duc de Feria, général espagnol, envahit la Valteline, tandis que les troupes impériales occupaient l’Engadine et Chiavenna. Ce fut la France
- 1 La bibliothèque de l’Institut possède trois cartes anciennes de la Suisse, l’ime de 1625, l’autre de 1648, la troisième non datée, où les divisions politiques des (irisons sont clairement exposées.
- lac de Poschiavo.
- qui vint au secours des ligues Grises. Déjà quinze ou vingt ans auparavant Henri IV avait empêché les gouverneurs espagnols du Milanais de les déposséder. Le ministre La Vieuville s’entendit pour les protéger avec le duc de Savoie et la République de Venise, puissances intéressées à empêcher un accroissement de pouvoir des Habsbourg nn Italie. Toutefois, n’osant pas s’avancer davantage, La Vieuville accepta la médiation du pape Urbain VIII, qui fit occuper par ses troupes les territoires en litige. Mais Richelieu se montra moins timoré. Dès son arrivée au pouvoir, il envoya le marquis de Cœuvres, comme ambassadeur extraordinaire auprès des cantons Suisses. Celui-ci rassembla une armée, chassa les garnisons pontificales et remit les Ligues Grises en possession du val Bregaglia et de la Valteline (novembre 1624).
- Pendant un siècle trois quarts, aucun événement politique ne vint troubler la paix de ces vallées. Mais,
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- LA NATURE.
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- à l;t fin du dix-huitième siècle, elles subirent le contre-coup des transformations que les victoires du général Bonaparte provoquèrent en Italie. En 1797 le val Bregaglia et la Valteline furent enlevés aux Ligues Grises et annexés à la République cisalpine, récemment constituée. Toutefois, de leur possession près de trois fois séculaire, les Ligues Grises, ou selon l’expression qui prévaudra, les Grisons, conservèrent quelque chose jusqu’à notre époque.
- On ne saurait voyager dans ce pays sans remarquer les irrégularités de la frontière Italo-Suisse. Elle présente des saillants et des rentrants. Dans le val Bregaglia, elle ne passe pas à la Maloja, mais descend à Castasegna; dans le val Poschiavo, elle ne passe pas au col de la Bernina, mais à Pieta Mala. La Suisse lance des pointes sur le territoire italien. Gc sont là les derniers vestiges d’un régime politique qui a disparu depuis plus d'un siècle et dont, sans doute, la plus grande partie des habitants a perdu le souvenir. Henri Dkhéiuix.
- Docteur ès lettres, sous-bihliotliéeaire de l’Institut.
- IA PRODUCTION DE L’OR DANS LE MONDE
- Au moment où la guerre du Transvaal suscite quelques appréhensions sur les approvisionnements d’or necessaires à la bonne marche des transactions, il n’est pas inutile de donner quelques chiffres sur la production de l’or dans les principales régions.
- M. Louis Strauss, examinant la question, dit qu’il faut se garder des exagérations de ceux qui prétendent que le Transvaal fournit la moitié de l’or produit dans le monde.
- Après la découverte des mines de la Californie et de l’Australie, ajoute notre confrère, la production de l’or a été d’environ 700 millions de francs; la valeur annuelle moyenne de 1851 à 1855 a été de 685 millions de francs, elle s’est élevée à 695 millions de 1856 à 1860, pour descendre à 635 millions de 1861 à 1865, remonter à 670 millions de 1866 à 1870, puis tomber régulièrement d’année en année et n’arriver plus qu’à 530 millions par an, de 1881 à 1885.
- Depuis 1885, les progrès ont été constants et considérables. En 1898, on a dépassé 1500 millions de francs.
- Voici comment se partage la production d’or des deux dernières années, en onces de 31gr,l.
- 1897 1898
- Afrique . . . 2 818 493 3 904 721
- Australie . . . 2 690 278 3 254 445
- États-Unis . . 2 774 935 5 182 242
- Russie . . 1 124 511 1 500 000
- Autres contrées. . . . 2 450 000
- 11 483 712 14 091 406
- La production de Witwatersrand figure dans ces chiffres avec 2 491 552 onces en 1897 et 5 562 815 onces en 1898. Ce rendement de 580 millions de francs a évidemment son importance; il représente 28 pour 100 de rendement général et cette année la progression a continué. Il est vrai que celle de l’Australie n’est pas moins forte et que la production va croissant dans d’autres contrées encore.
- Une interruption des exportations du Transvaal serait certes regrettable : elle ne peut cependant pas bouleverser les affaires en Europe.
- Le stock d’or, dans le monde, est d’environ 30 milliards de francs; la production annuelle du Witwatersrand ne représente même pas 1/2 pour 100 de ce stock; celle du monde 5 pour 100. Depuis 1896, la production annuelle de l’or a augmenté de 50 pour 100. Les effets de cette progression ne se feront sentir que dans quelques années, quand les excédents accumulés pourront avoir une influence réelle sur l’ensemble de l’approvisionnement. Nous commençons à peine à subir les conséquences du progrès de la production depuis 1887. O.
- LE YICT0RIUM
- Ce nouveau corps simple a été découvert par sir Williams Crookes qui l’a montré à la dernière réunion de l’Association anglaise pour l’avancement des sciences. 11 l’avait d’abord baptisé du nom de Monium. Il l’a dénommé définitivement Victorium. Ce nouveau corps est d’un brun pâle et se dissout facilement dans les acides. Son oxyde est moins basique que l’yttria et plus que la plupart des terres du groupe du Terbium. La photographie du spectre phosphorescent de l’oxyde Victoria montre certaines lignes bien définies que l’on n’a jamais rencontrées avec un autre corps. M. Crookes l’a isolé des terres rares par fractionnements successifs. 11 a fallu plus de mille opérations pour amener le nouveau corps à un degré de concentration suffisant et de pureté presque absolue. Il va sans* dire que le nouvel élément est peu connu et que l’on en soupçonne aussi à peine les propriétés caractéristiques.
- L’ORIGINE DE LA PILE DE Y0LÏA
- L’Italie vient de célébrer le centenaire de l’invention de la pile électrique, une des plus fécondes qui aient jamais été faites, et de rendre un juste hommage à la mémoire d’un de ses plus illustres enfants : Alexandre Volta.
- Nous n’avons pas à /aire de nouveau l’historique de cette invention.
- Mais nous voudrions rappeler certaines expériences peu connues qui ont précédé les immortels travaux de Volta ; elles montrent combien l’homme de génie sait mettre à profit les faits que le hasard ou l’expérience ont dévoilés à d’autres savants et, de ces faits isolés, tirer des conséquences et des applications imprévues.
- 11 est bien rare qu’une grande invention sorte du cerveau d’un homme comme Minerve tout équipée du cerveau de Jupiter. Elle « est dans l’air » ; différentes observations ont dirigé l’attention dans un certain sens et c’est de leur réunion que jaillit l’invention.
- Avant Galvàni, on avait constaté des phénomènes analogues à celui qu’il observa sur la grenouille ; on avait appliqué au traitement des maladies l’électricité qu’on appelait « le fluide vital ». Il était donc tout naturel que Galvani, comme physiologiste, attribuât une origine électrique aux contractions de la grenouille.
- De même — fait moins connu — Volta, lui aussi, a puisé ses principaux arguments et la base de son invention dans une découverte antérieure : la pile électrique n’est que la consécration, la démonstration de la théorie de l’électricité de contact et on a toujours, jusque dans ces derniers temps, admis que Volta était le premier auteur des expériences sur l’électricité de contact ; or il n’en est rien ; cette découverte avait été publiée dès 1789 par
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- LA N A TU R K.
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- X\L sa*#'.
- Abraham Bonnet, l’inventeur de l’électroscope à feuilles d'or et du doubleur ou duplicateur électrique.
- Vers la fin du dix-huitième siècle, l’attention des physiciens était particulièrement dirigée sur ces derniers appareils, imaginés dans le but de multiplier une charge électrique donnée au point de la rendre sensible aux appareils de mesure et qui furent, en réalité, les premières machines à influence que l’on ait construites.
- Ils ont pour origine le condensateur plan que Yolta inventa vers 1780 et dont il donna la description en 1782. Us sont décrits dans les traités de physique ; nous n’insisterons donc pas sur leur construction et leurs applications.
- Ils furent successivement perfectionnés par Cavallo, Bonnet, Nicholson. Ces deux derniers construisirent des machines composées de trois plateaux, deux fixes et un mobile autour d’un axe horizontal ; les communications nécessaires étaient établies automatiquement. Une charge électrique initiale, même très faible, étant communiquée à un des plateaux, et l’appareil étant mis en marche, le duplicateur ne tardait pas à fournir un courant d’étincelles. C’était donc une véritable machine à influence.
- On remarqua bientôt que si l’appareil était mis en marche sans avoir reçu une charge électrique préalable, il ne tardait pas quand même à donner des étincelles; il s’amorçait automatiquement. Cavallo attribuait ce phénomène à l’électrisation antérieure des plateaux qui persistait lorsque le duplicateur était au repos. Bennet, lui, reprit l’étude de ce phénomène, fit de nombreuses expériences, employa des plateaux de substances différentes, des fils de contact de divers métaux et, de ses expériences, il tira les conclusions suivantes :
- ' « La principale cause de la charge spontanée du doubleur est l’attraction de l’électricité par le rapprochement de ses plaques parallèles. Cette charge peut être positive ou négative suivant que les plaques ou les fils de contact sont composés de substances qui ont une plus ou moins grande affinité d’adhérence pour le fluide électrique. » Et remarquant que l’on pouvait changer à volonté le sens de l’électrisation en recouvrant de minium la plaque de cuivre, il dit :
- « 11 ressort aisément'que le simple contact de métaux ou aulres substances ayant une affinité différente pour le fluide électrique peut changer le sens de l’électrisation. » l'our le prouver plus complètement, il détermina le sens de l’électrisation et la force de la charge électrique lorsque le métal en contact avec le laiton du plateau était du fer, du plomb, du zinc, etc.1.
- 11 était donc nettement prouvé que le simple contact de deux métaux est une source d’électricité; les faits étaient nombreux, méthodiques, et leurs conséquences clairement é îoncéf s.
- D’un autre côté, on ne peut douter que Yolta ne connût ces expériences du savant anglais lorsqu’il engagea avec Galvani la célèbre discussion qui passionna la fin du siècle dernier et dont l’invention de la pile fut la conséquence et la conclusion. En effet, Bennet a publié ses travaux dans un petit ouvrage2, très rare aujourd’hui; or, en tète de cet ouvrage, il a placé la liste des souscripteurs et Yolta, professeur de philosophie naturelle et expérimentale, s’y trouve porté.
- Et si maintenant on se souvient que Volta avait tout
- 1 Yoy. G. Pellissier, sur les duplicateurs et les expériences de Bennet, dans La lumière électrique, du 10 novembre 1888.
- 2 Yoy. Bennet (Abraham). New experiments on Eleclricity, in-8° Derby, 1789.
- d’abord accepté et défendu la théorie de Galvani, on voit l’importance qu’acquièrent ces expériences de Bennet. Si Yolta ne les avait pas connues, aurait-il engagé avec Galvani cette mémorable discussion? La pile aurait-elle élé inventée?
- Mais, nous le répétons, cela ne saurait diminuer la gloire du célèbre physicien de Pavie ; si la découverte du phénomène appartient entièrement à Bennet, Voila a su en fixer les lois et en tirer des applicationspratiques d’une importance incalculable. On peut seulement lui reprocher de n’avoir pas cité son précurseur et d’avoir présenté comme entièrement sienne une découverte dont il avait emprunté tout au moins le principe. G. Pki.ï.issier.
- LES MUSCLES EXPRESSIFS DE IA FACE
- C’est sur la face que les expressions de Uàme se révèlent le plus facilement; parce que, là, les muscles sont très nombreux, très petits et qu’il y a peu de distance entre la peau et les os sur lesquels ils s’insèrent, de sorte que leurs plus légères contractions sont aussitôt perçues par l’œil.
- En 1862, le T)1' Duchenne a publié un livre intitulé : Mécanisme de la physionomie humaine ou Analyse électro-physiologique de l'expression des passions. 11 y montre comment on peut obtenir artificiellement l’expression des diverses passions en faisant contracter un ou plusieurs muscles de la face au moyen de courants voltaïques convenablement localisés par un appareil de son invention.
- J’ai eu l’occasion, au cours de mes recherches sur le système nerveux, de trouver des sujets assez sensibles pour que ces muscles se contractassent sous la simple influence des actions de polarité dont j’ai exposé des lois dans mon livre sur les États superficiels de l'hypnose, et j’ai obtenu, autant que le permettait ce procédé, les mêmes résultats que le médecin de Boulogne, résultats qui sont résumés dans la figure et dans les deux tableaux suivants.
- Tableau n° 1.
- NOMS DES PRINCIPAUX MUSCLES DE LA TÊTE ET EXPRESSIONS QU’ILS DONNENT EN SE CONTRACTANT
- U. — MUSCLES FIGURÉS SUR LA FIGURE i AVEC NUMÉROS DE RENVOI
- 1. Aponévrose épicranienne.
- 2. Frontal. —- Quand il se contracte isolément, il tend l’aponévrose épicranienne et élève légèrement les sourcils; quand son action est combinée avec celle de l’occipital, l’aponévrose tendue par ce dernier offrant un point d’appui, son action est plus énergique. Dans les deux cas, il détermine la formation, sur le front, de rides transversales. — Muscles de 1’Attention dont il exprime les différents degrés, depuis la simple surprise jusqu’à l’admiration et
- 'même l’épouvante; Doute, Frayeur.
- 5. Occipital. — Sert à fixer l’aponévrose épicranienne.
- 4. Orbiculaire palpébral supérieur; 5. Orbicu-
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- LA NATURE.
- laire palpébral inférieur. — Ce sont les deux parties d’un même muscle qui entoure l’œil comme un anneau et détermine par sa contraction le rétrécissement de l’oritice palpébral; d’où le nom de sphincter palpébral qu’on lui donne quelquefois. — La contraction de l’orbieulaire palpébral supérieur seul est la caractéristique de la Réflexion ; celle de l’orbicu-laire palpébral inférieur est la caractéristique de la Rienveillance et complète l’expression de la Joie.
- (>. Palpébral supérieur; 7. Palpébral inférieur. — Ces muscles déterminent le mouvement de la paupière supérieure et de la paupière inférieure. L’abaissement de la paupière supérieure est un signe de Pudeur, de Timidité. Les deux palpébraux se contractent dans le Rime et le Pleurer.
- 8. Élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure. — Ce muscle élève la partie moyenne des lèvres et abaisse, par suite, les commissures ; il élève également les ailes du nez et donne au sillon labio-nasal une forme concave vers l’axe de la face, — Pleurer a chaudes
- LARMES.
- 0. Transverse du ne
- — Son point d’insertion est sur le dos du nez ; en se contractant il aplatit l’aile du nez et diminue en largeur l’orifice des narines. — Plaisir lubrique et Délire sensuel.
- 10. Dilatateur propre des narines. — Ce muscle est l’antagoniste du précédent; il attire en dehors l’aile du nez et élargit ainsi transversalement les narines. Muscle complémentaire des Passions agressives.
- 11. Élévateur propre de la lèvre supérieure.
- — Il attire en haut la portion moyenne de la lèvre supérieure. — Muscle du Pleurer modéré.
- 12. Petit zygomatique. — Attire en haut et en dehors la partie de la lèvre supérieure voisine de la commissure. — Muscle du Pleurer.
- 15. Grand zygomatique. — Attire en haut et en dehors la commissure des lèvres. — Muscle de la Joie à tous ses degrés, depuis le sourire jusqu’au rire fou. — La contraction du grand zygomatique détermine, en relevant la peau des joues, surtout chez les vieillards et les individus brûlés par le soleil, des rides autour de l’angle externe des paupières et une forme sinusoïdale du sillon labio-nasal.
- 14. Orbiculaire des lèvres. — Muscle qui a la même forme et joue le même rôle par rapport à l’ouverture buccale que l’orbiciilaire palpébral par rapport à la cavité oculaire. Les contractions de la
- zone extérieure ( fibres excentriques) froncent les lèvres et les portent en avant ; les contractions de la zone intérieure (fibres concentriques) les froncent également mais les portent en arrière en les appliquant contre les arcades dentaires. — Les premières sont complémentaires du Doute ; les secondes sont complémentaires des Passions agressives ou méchantes.
- 15. Buccinateur. — Il attire en arrière la commissure labiale, agrandissant ainsi le diamètre transversal de la bouche. — Il concourt à l’expression de I’Ironie.
- 16. Triangulaire des lèvres. — Il abaisse la commissure labiale. — Il exprime la Tristesse, 1’Abattemext; dans les cas de contraction énergique, le Dégoût, le Mépris. Il est complémentaire des passions violentes.
- 17. Carré du menton. — Il renverse au dehors la lèvre inférieure. — Muscle complémentaire du Mépris et de la Colère.
- 18. Muscles de la houppe du menton. — Ces deux muscles attirent en haut la saillie du menton ; ils déterminent ainsi le soulèvement et le renversement en dehors de la lèvre inférieure. — Ce sont les muscles du Dédain et du Doute.
- 19. Risorius. — Il attire en arrière la commissure labiale. — Quand les deux muscles homologues se contractent ensemble, ils agrandissent le diamètre transversal de la bouche, disposition qui caractérise le Sourire.
- 20. Masséler. — Muscle élévateur de la mâchoire inférieure. —U se contracte fortement dans les passions violentes, telles que la Colère et la Menace; il se dessine alors sur les parties latérales de la face à laquelle il donne une expression d’ENERGiE brutale; c’est lui qui détermine le Grincement de dents.
- 21. Splénius ; 22. Sterno-mastoïdien ; 25. Trapèze. — Muscles qui déterminent les mouvements de rotation et d’inclinaison de la tête. — Complémentaires de la plupart des passions, spécialement de la Colère et de la Menace qui portent la tète en avant, de la Bienveillance et de la Douleur qui l’inclinent sur le côté, du Mépris et du Dédain qui la portent en arrière.
- 24. Auriculaire postérieur; 25. Auriculaire supérieur. — Ces deux muscles, qui font « dresser l’oreille » chez les animaux, ne concourent pas d’une façon sensible à l’expression de 1'Attention .chez l’homme civilisé.
- Fig. 1. — Muscles expressifs de la tète.
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- LA NATURE.
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- b. — musci.es non figurés srn ia figure i
- Sourcilier. — Petit muscle couché sur la partie interne de l’arcade sourcilière et recouvert par l'or-biculaire supérieur. Sa contraction détermine la
- sortie des larmes. — Douleur, Effroi, Impatience, Colère.
- Pyramidal du nez. — Petit muscle prenant son attache sur les cartilages latéraux du nez et antagoniste du muscle frontal; il attire en has la peau de
- la région intersourcilière qui se plisse en rides verticales. — Agression, Méchanceté.
- Âbaisseurs de la mâchoire inférieure. — Muscles situés au-dessous du peaucier du cou. — Ils se contractent dans PEtonnement et encore plus dans PEffroi.
- Peaucier du cou. — Grand muscle qui attire en
- has la peau du menton et de la lèvre inférieure. — Frayeur, Colère concentrée.
- c. — directions du regard
- Regard en haut. — Mouvement complémentaire du Souvenir et de I’Extase.
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- LA NATURE.
- Regard oblique en bas et latéralement. — .Mouvement complémentaire de la Défiance ou de la Frayeur.
- Regard en bas. — Mouvement complémentaire de la Tristesse, de I’Humilité.
- Tableau n° 2.
- I.KS EXPRESSIONS PASSIONNELLES ET LES MUSCLES QUI LES PRODUISENT
- EXPRESSIONS
- Attention..........
- Réflexion.........
- Méditation . . . . Contention. . . . Réflexion triste. .
- Réflexion agréable.
- bienveillance. . .
- Joie...............
- Rire..............
- Joie fausse, sourire menteur. . . . Ironie, rire ironique...............
- Sourire...........
- Joie féroce. . . .
- Plaisir lubrique. . Délire sensuel. . .
- Exlase. .
- Agression, méchanceté...............
- Colère féroce, avec emportement. .
- Colère concentrée.
- Tristesse, abattement.............
- Dédain, dégoût. .
- Doute.............
- Mépris. ....
- Surprise.........
- Étonnement.. .
- MUSCLES QUI I.F.S PRODUISENT
- Frontal.
- Orbiculairc palpébral supérieur; contraction modérée.
- Même muscle ; contraction forte.
- Même muscle; contraction très forte.
- Orbiculaire palpébral supérieur et triangulaire des lèvres.
- Orbiculaire palpébral supérieur et grand zygomatique.
- Orbiculaire palpébral inférieur et muscles fléchisseurs de la tête.
- Grand zygomatique et orbiculaire palpébral inférieur; contraction modérée.
- Mêmes muscles et palpébraux.
- Grand zygomatique seul.
- Buccinateur, carré du menton.
- Risorius et grand zygomatique.
- Pyramidal du nez, grand zygomatique et carré du menton.
- Transverse du nez et grand zygomatique.
- Mêmes muscles que ci-dessus ; regard tourné en haut et latéralement ; spasme des paupières, dont la supérieure recouvre une partie de l’iris.
- Même combinaison musculaire que dans le délire lubrique, mais sans transverse du nez.
- Pyramidal du nez, dilatateur propre des narines, fibres concentriques de l’orbi-culairc des lèvres.
- Pyramidal du nez, peaucier et masséler ; contraction très forte.
- Orbiculaire palpébral supérieur, masséter, buccinateur, carré du menton et peaucier du cou.
- Triangulaire des lèvres, constricteur des narines et abaissement du regard.
- Houppe du menton, triangulaire des lèvres et palpébraux.
- Houppe du menton, fibres excentriques de l’orbiculairc des lèvres (soit de la moitié inférieure, soit des deux moitiés à la fois) et frontal.
- Palpébraux, carré du menton, transverse du nez et élévateur commun de l’aile du nez et de la lèvre supérieure.
- Frontal et abaisseurs de la mâchoire inférieure à un degré modéré de contraction.
- Même combinaison musculaire et abaisseurs de la mâchoire inférieure à un plus haut degré de contraction.
- Stupéfaction . . . Même combinaison musculaire au maximum de contraction.
- Admiration, sur-
- prise agréable. . Muscles de l'étonnement associés à ceux de la joie.
- Frayeur...........Frontal et peaucier du cou.
- Effroi............Frontal, peaucier et abaisseurs de la mâ-
- choire inférieure au maximum de contraction.
- Effroi avec douleur, torture . .
- Douleur...........
- Douleur (abattement, désespoir) Grande douleur (larmes, affliction) ............
- Pleurer modéré. .
- Pleurer à chaudes larmes............
- Sourcilier, peaucier et abaisseurs de la mâchoire inférieure.
- Sourcilier.
- Sourcilier et triangulaire des lèvres.
- Sourcilier et petit zygomatique.
- Petit zygomatique et élévateur propre de la lèvre supérieure.
- Elévateur commun de l’aile du nez et de la lèvre supérieure, palpébraux.
- En 1894, un jeune peintre polonais, M. Maurice Heyman, exposa au Salon et publia ensuite chez Plon, sous le titre Symphonies d'expression, une série de tètes, dessinées avec beaucoup de soin et de talent, d’après lui-même. Profitant, en effet, de ses dispositions naturelles et de sa nature éminemment suggestible, il s’était exercé à s’inspirer les divers états d’àme qu’il voulait représenter et y avait réussi avec un rare bonheur, en les classant avec méthode de sorte qu’on pouvait en suivre les gradations. La figure 2 tjui est en quelque sorte la table, montre : au centre, sa figure naturelle; puis, en croix, verticalement et horizontalement, les quatre passions qu’il considère comme primaires, étonnement, colère, douleur et rire. Entre les branches de la croix s’intercalent les passions secondaires : Y effroi, entre l’étonnement et la douleur; le dégoût, entre la douleur et la colère; le dédain, entre la colère et le rire, et enfin, la joie, entre le rire et l’étonnement.
- L’auteur a • représenté trois degrés dans chacune de ces passions. Ce sont, en partant de l’atonie ou calme absolu :
- Pour le rire : le sourire, le rire, Véclat de rire;
- Pour le dédain : la mésestime, le dédain, le mépris ;
- Pour la colère : la colère, la fureur, la rage ;
- Pour le dégoijt : le désagrément, le dégoût, Y écœurement.
- Pour la douleur : la tristesse, le chagrin, la douleur.
- Pour 1’effroi : Y effarement, Y effroi, la terreur;
- Pour I’étonnement : la surprise, Y ébahissement, la stupeur.
- Pour la joie : la surprise amusée, Y épanouissement, la joie.
- Cette méthode a l’avantage de bien montrer comment la même figure se transforme sous l’influence des diverses passions par la contraction [de certains
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- muscles; il y aurait lieu de compléter les résultats ainsi obtenus avec d’autres ligures exprimant les mémos passions, de manière à faire ressortir les caractères essentiels et constants de l’expression de ces passions. Quoi qu’il en soit, il est aujourd’hui établi (pie :
- 1° bes gestes et les expressions de la face propres aux passions se retrouvent, à peu près les mêmes, chez tous les hommes ;
- 2° Les expressions de la face leur sont, en grande partie, communes avec les animaux rapprochés d'eux au point de vue de l’organisme, puisque des dessinateurs comme Kaulbach dans Reineke der Fitehs, Granville dans Les Animaux peints par eux-mêmes, et presque tous les illustrateurs des Fables de Lafontaine sont arrivés à rendre parfaitement, sur des figures de bêtes, les sentiments qu’ils avaient l’intention d’exprimer ;
- 3° Les différentes expressions de la face peuvent être déterminées par la contraction de certains muscles, contraction obtenue soit en agissant directement de l’extérieur sur ces muscles par des actions mécaniques, soit en agissant de l’intérieur par la volonté.
- Les lecteurs de La Nature ont pu voir, dans les numéros du 16 et du 23 septembre 1899 comment je suis arrivé à déterminer le masque des différentes passions chez un sujet extrêmement sensible, soit par des suggestions verbales qui paraissent agir de l’intérieur, en éveillant, au moyen d’un processus inconnu, des pensées, des sentiments ou des volontés, soit par des suggestions musicales qui paraissent au contraire agir de l’extérieur en faisant vibrer mécaniquement certaines circonvolutions cérébrales.
- Ges questions sont fort délicates et on est loin d’avoir à leur égard des données précises. Cependant on commence à y projeter quelques lueurs en les abordant, non plus par la métaphysique, c’est-à-dire par des raisonnements basés sur des théories préconçues, mais par ce qu’on appelle la Psychologie physiologique, basée sur l’expérience1.
- Albert de Rochas.
- NOUVELLE
- MACHINE A SCIER LES PIERRES DURES
- Le sciage des pierres dures stimule depuis longtemps l’initiative de nos constructeurs. Mais le progrès est lent, tellement sont grandes l'es difficultés à vaincre.
- Les expositions universelles ont révélé un certain nombre d’inventions intéressantes. Nous avons déjà2
- 1 Le lecteur désireux d’approfondir davantage le sujet pourra consulter le volume que je viens de publier à la Librairie Dauphinoise, à Grenoble, sous le titre : Les Sentiments, la Musique et le Geste, in-4° de 400 pages avec 500 photogravures. — Tiré à 1100 exemplaires numérotés
- * Voy, n° 052, du 11 avril 1891, p. 289.
- placé sous les yeux de nos lecteurs la description de plusieurs d’entre elles.
- Les divers systèmes produits jusqu’à ce jour varient plutôt par la forme des machines que par le principe. Au fond, il n’existait que deux principes de sciage : 1° le mouvement alternatif rectiligne; 2° la scie circulaire.
- Le mouvement alternatif rectiligne a conservé longtemps le monopole exclusif du sciage des pierres dures. Il consiste, tout le monde le sait, à user la pierre au moyen de sable projeté sous des lames d’acier qui vont et viennent fort lentement. La concurrence des machines nouvelles n’empêche pas que ce système est encore le plus employé, malgré son excessive lenteur.
- Des inventeurs ont songé à utiliser ce mode d’action en employant des lames plus épaisses, armées de diamant. La morsure était plus énergique qu’avec le sable roulé, mais cette combinaison n’a pas toujours réussi dans la pratique.
- Aussi presque tous les efforts se sont concentrés sur la substitution de la scie circulaire armée elle-même de diamants. Le système est bon. Son point faible, c’est que pour obtenir de larges surfaces on arrive à des machines monumentales et fort dispendieuses.
- Ainsi, d’un côté, sciage de grandes surfaces, mais avec une désespérante lenteur; de l’autre, sciage à grande vitesse, mais dont les difficultés s’accroissent à mesure que la surface augmente.
- C’est entre ces points extrêmes que se place une invention intéressante. Il s’agit d’une machine basée sur le principe de la scie sans fin, et qui est d’une facture originale et ingénieuse.
- Cette machine n’est pas dans le commerce. C’est ce qui explique qu’elle soit peu connue, bien que fonctionnant depuis nombre d’années dans les usines de Saint-Martin-lez-Riom, où elle est exclusivement employée au sciage de la lave de Volvic. Les plaques sciées à de minces épaisseurs sont ensuite émaillées et transformées en tables de laboratoire, cadrans d’horloge, plaques indicatrices, etc. Peu de personnes, en admirant les belles plaques de gare en lettres blanches sur fond bleu, adoptées par les chemins de fer de l’Ouest, se doutent que ces plaques, comme du reste toutes les plaques de voie, sont en lave d’Auvergne. La supériorité de ce système est l’inaltérabilité indéfinie.
- En se reportant à la vue de la machine, que nous reproduisons ci-contre, il est très facile de se rendre compte de son principe et de sa marche. La scie sans fin est une scie articulée. On conçoit que les scies sans fin destinées au découpage du bois peuvent, avec une épaisseur d’un millième à peine, se plier facilement pour contourner à plat la poulie qui les porte. Il n’en pouvait être de même pour des lames armées de diamant, et dont l’épaisseur est de 4 à 5 millièmes. La difficulté a été vaincue par l’emploi d’une lame articulée qui marche de champ, soutenue par des porte-lame à gorge, ainsi que le montre le
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- dessin, où l'on distingue la section des maillons.
- Cette lame est ainsi constituée : chaque maillon, de 0m,15 de longueur sur 0,n,07 de largeur est composé de trois épaisseurs de tôle d’acier, solidarisées par des rivets. La pièce du milieu a 0ni,002 d’épaisseur. Elle est évidée dans ses extrémités, de façon à permet Ire le raccordement des maillons entre eux. Le dessin n° 2 montre ce mode de raccordement. Une couronne en acier emprisonne deux demi-disques en bronze qui sont fixés par des rivets entre les deux lèvres delà lame.
- Ces demi-disques ont la même épaisseur que la pièce centrale évidée. La couronne est un peu plus faible afin de se mouvoir librement lorsque la lame contourne le porte-lame.
- Ce porte-lame, qui fait volant, a lm,10 de diamètre. La gorge a 0m,04 de profondeur. Les porte-lame font 500 tours à la minute. La lame complète développe 9 mètres. Elle est armée de 500 diamants.
- Le porte-lame supérieur est à glissière, pour scier jusqu’à lm,50 de largeur et même au-dessus. Le chariot développe une longueur de 2m,50. L’avancement dans la lave est de 0,20 à 0,25 à l’heure.
- Cette machine, sur laquelle son brevet a attiré l’attention, a été souvent visitée par des ingénieurs de France et de l’étranger, et aussi par des groupes d’élèves de l’École des Mines et de l’École Centrale, en voyage de vacances, qui s’y sont grandement intéressés en constatant sa simplicité en même temps que sa puissance de production.
- L’inventeur est M. Leboyer, dont le nom est bien connu depuis le brillant succès qu’il a obtenu à l’Exposition universelle de 1867, avec ses machines à imprimer les cartes de visite à la minute. J. R.
- FATHMA ET SMAUN
- LES DEUX XAESS ACROBATES I)ü XOlVEAU-CIRQUE
- Il y a quelques semaines l’un de nos collaborateurs présentait aux lecteurs de La Nature un nain très curieux qui semblait être un nain de nain, le
- Prince Colibri, et s’exhibait dans les foires, à côté d’un géant. Ce Prince, — les nains sont tous ou princes, ou généraux,ou rois, — véritable phénomène était bien à cette époque le plus petit homme résidant en France ; aujourd’hui le voilà obligé de céder son sceptre, et de ne prétendre qu’à la troisième place, car deux concurrents fameux viennent de dresser devant lui leur taille exiguë. Si je m’en souviens bien, le Prince Colibri, mesure 0m,57, Fathma et Smaun, nos deux nouveaux hôtes minuscules, mesurent, eux, 0m,52 et 0m,55 (en 1899 ils mesuraient respectivement 0m,50 et 0m,52, chaque année ils grandissent un peu, comme beaucoup de
- nains du reste) et, particularité curieuse, ces deux « pygmées » ne se mon-I rent pas uniquement pour leur petite taille, mais sont des acrobates et qui rendraient des points à bien des artistes de cirque; c’est dire qu’ils sont parfaitement bien constitués et musclés, et d’une intelligence qui dépasse la moyenne. Certes, ils seraient dignes de figurer dans l’armée de Liliput parmi les plus petits soldats et leur force musculaire leur vaudrait au moins le grade de colonel. Songez donc 0m,52, c’est la longueur, à peine, de la jambe d’un adulte.
- Les anciens croyaient à l’existence d’un peuple, les Pygmées, dont la taille était excessivement petite. Homère en parle au début du troisième chant de F Iliade, et Juvénal nous montre les Pygmées vaincus
- Vue en plan de la scie à diamants,
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- et enlevés dans les airs par les grues, d'autre part certains historiens de l’Antiquité parlent de peuplades naines qui auraient existé dans l’Inde, en Thrace, ou au sud de l’Egypte. Mais on n’avait pas de données bien exactes sur l’existence de ces êtres minuscules ; depuis, les intrépides voyageurs qui ont visité l'Afrique ou les hauts plateaux du Thibet ont montré qu’il existe réellement des races de très petite stature. Vers 1860, P. du Chaillu a reconnu les Obongos dont la taille ne dépasse pas lm,40 ; le D1 Schweinfurt, les Akkas qui ont 1^,50; d’autres les Niams-Niams, les Mincopies des îles Adaman en Asie qui mesurent de 1m, 14 à im,25. Mais le nain véritable est toujours un phénomène accidentel, une anomalie, une t'xception ; de ceux-là il y en a dans tous les pays, il y en a eu à toutes les époques ; aujourd’hui, on ne les voit que dans les cirques ou dans les baraques foraines, entre les mains d’un barnum ; autrefois, ils vivaient dans l’intimité des princes , entre le bouffon et le chien favori, et souvent ils passaient à la postérité, portraic-turés à côté de leurs maîtres par un Yélasquez, tel Don Antonio el In-glès, un nain de la cour d’Espagne ou Nicolas Ferry, dit Bébé, le nain de Stanislas, roi de Pologne dont le pastel est conservé au
- Musée de Nancy et le squelette au Muséum d’His-toire naturelle de Paris (ce dernier, très remarquable par son intelligence, mesurait à sa mort — 98 ans — 0m,72), tel aussi Jeffrey Hudson, le nain de Charles 1er, qui fut capitaine dans l’armée royale d’Angleterre. A l’âge de huit ans ce nain très curieux mesurait 0m,57 de haut; il mourut — en prison, inculpé de complot politique — à 65 ans, ayant atteint tout juste lm,12. Hudson vint en France à la suite de la reine d’Angleterre; il provoqua en duel un gentilhomme nommé Croîts (pii l’avait tourné en dérision. Sur le terrain Croîts menaça Hudson d’une arme illustrée par Diafoirus, mais le nain réussit à décider son adversaire à un duel sérieux et, dans un combat à cheval et au pistolet, il le tua d’une balle en pleine poitrine. Les nains célèbres
- sont nombreux, et, dans son très intéressant ouvrage sur les « Anomalies chez l’homme et les mammifères)), M. Louis Blanc, chef de travaux-anatomiques à l’Ecole vétérinaire de Lyon, en cite au moins une vingtaine, signalant parmi les plus curieux Th. S. Strotton, surnommé Tom Pouce, qui mesurait 0m,55 et pesait 7k,500. Barnum l’exhiba pendant une douzaine d’années, au bout desquelles Tom Pouce se retira fortune faite et épousa une naine Lavinia Warren de laquelle il eut un enfant, Minnie, qui mourut quelques mois après sa naissance d’une congestion cérébrale. Tom Pouce est mort, en bon bourgeois en 1894.
- Jusqu’à présent le nain le plus petit qui soit
- connu fut le Général Mite, qui, à dix ans, mesurait 0m,50 et pesait 9 livres, et parmi ceux qui s’exhibèrent on cite : la petite reine Mab, une Anglaise qui, à 19 ans, mesurait 0m,70 ; Hop O’my Thumb, à 12 ans, 0m,67 ; Jola Blu-menthal, née en Suisse, à 22 ans, 0m,80 ; Paul Naf, de Suisse également, à 20 ans, 0m,84; Victor S tell, un Français, qui mourut à 47 ans, 0m,80 ; II. Bureau, Français également, mort l’année dernière, O01,80; Adrien Esmilaire, 0m,69 à 16 ans. L’année dernière chez Barnum, alors à Londres,— c’est M. Rossi le sympathique administrateur du Nouveau-Cirque qui me signale ce fait, — il y avait un nain de 0m,55 mais ayant l’air souffreteux et maladif, qu’ont souvent ces êtres minuscules.
- Mais tous ces nains se montraient uniquement pour leur petite taille, comme le Prince Colibri. Au cours de la saison dernière, M. Iloucke, l'excellent directeur du Nouveau-Cirque, nous avait présenté trois nains de 0m,8Ü à 1 mètre qui luttaient et faisaient des poids; c’était la première fois qu’on voyait des artistes aussi petits travailler sur la piste d’un cirque ; car l’Auguste nuiu du cirque d’iliver Dourolf, mesure l n,07. Au cours d’une de ses récentes tournées à travers l’Europe M. Iloucke, toujours à l’affût du numéro nouveau et sensationnel, a découvert Fathma et Smaun qui sont bien les plus
- FaUnna et Smauii, nains acrobates du Nouveau-Cirque, mesurant 0*,52 et O"‘,5o.
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- petits êtres vivant actuellement. Tous deux sont élégants, bien constitués et d'une intelligence rare; ils sont originaires de l’Inde et issus d’un père et d’une mère de race birmane, et véritablement lorsqu’on examine ces deux êtres presque adultes, on songe aux Pygmées d’Homère, ou au peuple des Gnomes. Ce sont certes les deux plus curieux phénomènes anthropologiques des temps modernes; Eathma, l’aînée, a actuellement 17 ans; sa taille est de 0m,53, son poids, de 0 kilogrammes; Smaun a 16 ans, pèse 5 kilogrammes et mesure
- 0,n,f>2.
- Très intelligents Puis deux, ils ont une grande facilité pour les langues étrangères; ils viennent de l'aire une saison en Allemagne, et causent très correctement l’allemand, même le pur berlinois. Depuis un mois qu’ils sont en France, ils ont déjà tout un répertoire de mots français, qui leur permet de s’entretenir avec leurs collègues acrobates ou clowns du Nouveau-Cirque.
- A l’ancien Hippodrome, nous avons vu des géants ou des nains se promener, vendre des programmes, etc. ;- dans les baraques foraines les nains, tel Colibri, ne font que saluer le public et dire deux ou trois mots, souvent incompréhensibles, Fathma et surtout Smaun, sont des artistes. Ce n’est pas au centre du cirque qu’ils exécutent leurs exercices, ils sembleraient des mouches, mais sur la piste même ; on leur a dressé, sur une estrade, un portique minuscule, et aux anneaux ou au trapèze Smaun fait des rétablissements, la planche, le soleil, etc., etc., en un mot tous les mouvements gymnastiques qu’un directeur de cirque est en droit d’exiger d’un habile acrobate. I)e plus avec l’amusant Chocolat le nègre pantomiiniste, digne partenaire de Foottit, ils jouent une comique et divertissante petite saynète.
- Fathma, moins forte que Smaun, se contente de l’aider, et de signaler au public les mouvements difficiles exécutés par le jeune homme.
- Je ne saurais trop insister sur le côté scientifique de ce « numéro » très curieux, et qui fait courir tout Paris : un nain, et le plus petit des nains, particulièrement remarquable par ses. belles proportions, musclé comme un athlète et qui peut rendre des points aux meilleurs gymnastes : avouez que cela n’est pas ordinaire. Paul Mégnin.
- CHRONIQUE
- Sur l’hiver de 18119-1900. — M. G. de Bocqui-gny Àdanson nous transmet quelques considérations sur l’hiver actuel. Nous ne saurions évidemment, dit-il, prédire ce que sera, dans son ensemble, l’hiver de 1899-1900 qui s’est déjà signalé par une période de froid rigoureux d’une dizaine de jours environ, du 10 au 18 décembre. Cependant, nous pouvons affirmer en toute certitude que, jusqu’à présent, cet hiver se montre plutôt capricieux dans sa marche et qu’il n’a pas du tout l’allure ferme et soutenue des grands hivers tels que ceux de 1829-1850, 1879-1880 ou 1890-1891, Nous ajouterons, si cela peut intéresser le lecteur, que, il y a un siècle, d’après les
- observations d’Adanson, l’hiver de 1799-1800, après un début quelque peu sévère, s’est montré tout à fait clément. Voici, en effet, les notes que nous avons retrouvées :
- Décembre 1799. — « Ce mois a été froid de — 1°,0, degré moien entre les deux extrêmes — 12°,ü, le 51 et 11°,0, le 9 ». Nous avons relevé 19 jours de gelée consécutifs, du 15 au 51. A la date du 27, Adanson écrit :
- « Dégel peu sensible ». Le 18, il avait noté : « Premiers patineurs aux Tuileries. Glace épaisse de 5 pouces 5 lignes. »
- Janvier 1800.— « Ce mois a été froid le premier jour seulement, ensuite modéré, très pluvieux. » Nous n’avons trouvé, en effet, que 7 jours de gelée, çà et là, dans le courant du mois. « Température moienne 2°,0 ; extrêmes — 8°,0, le 1er et 12°,0 le 19. » — « Beaucoup de chiens enragés. Peste dans toute l’Europe méridionale. Disette en Angleterre. »
- Février 1800. — « Ce mois a été peu froid de 5°,5, degrés moiens entre les deux extrêmes — ô°,0 le 28 et 16°,0 le 22. Mois extrêmement sec. » (( Chiens enragés communs et fièvres ardentes, comme en janvier, dans l’Europe méridionale. »
- La première voiture à g;a*. — Tout le monde sait que la première voiture à vapeur a été réalisée par Cugnot en France au dix-huitième siècle. La première voiture à moteur à gaz a été construite par Lenoir en France au dix-neuvième siècle. Le brevet de Lenoir, pour les moteurs à gaz, a été pris le 24 janvier 1860. Décemment, un journal viennois avait revendiqué pour un mécanicien autrichien, M. Marcus Siegfried, l’honneur d’avoir réalisé la première voiture à gaz. L’Automobile-Club de France a tenu à tirer les choses au clair. M. Charles Jeantaud a été désigné comme rapporteur d’une Commission d’enquête. M. Lenoir a été consulté et il a montré ses brevets et additions. Dans son moteur, l’inflammation des vapeurs hydrocarbonées était obtenue par incandescence d’un fil ou avec la bobine Ruhmkorff. Nous avons vu fonctionner le moteur à gaz Lenoir dans les ateliers de M. Marinoni alors rue de Yaugirard. L’application du moteur à une voiture fut réalisée en 1862 et la voiture circula dans Paris. Dr, la voiture de M. Marcus Siegfried ne fut construite qu'en 1877. M. Deuiîier vient ensuite, vingt-cinq ans plus tard que Lenoir. L’Automobile-Club a voté une grande plaquette en vermeil à M. Lenoir en souvenir de l’invention de la première voiture à gaz.
- Petite planète E'£l. — M. Joseph Yinot nous envoie les détails suivants sur la petite planète EZ. La série E est terminée, le premier petit astre qui va venir sera dénommé FA. 11 y a à remarquer à ce sujet que la découverte de EZ est du commencement d’octobre, bien antérieure par conséquent à celle de EY et même à celle de EU, FIV, EW. C’est M. Coddington de l’observatoire Lick du mont Hamilton en Californie qui a trouvé cette petite planète par la photographie. En homme pratique, il a jugé superflus les frais d’un télégramme pour l’annoncer, et la nouvelle en est venue chez nous par lettre ordinaire. Dans l’intervalle, l’astre n’a donc pas pu être recherché ni observé en Europe. La faute en est aux gouvernements qui devraient transmettre en franchise les dépêches d’observatoire à observatoire, et même, de simples astronomes à observatoires. Dans ces conditions, le numérotage des petites planètes, dont nous
- 1 Voy. n° 1388, du 50 décembre 1899, p. 86.
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- avons déjà parlé, est difficile et peut même devenir impossible ; aussi se trouve-t-il bien en retard actuellement.
- L’n ballon monstre. — Nous avons signalé le grand ballon allemand du baron de Zeppelin. Qu’est-il à côté du gigantesque « navire aérien » des Américains. A la bonne heure là-bas on fait plus que grand. Un a constitué une Société de plus de 518 millions de francs. Un a obtenu, de tous côtés, des subventions de 100000 francs, de 777 000 francs, de 1 million. C’est un enthousiasme indescriptible. Pourquoi faire? Un long cylindre en tôle d’acier bardé de contreforts solides. Au-dessous, un très long vagon servant de nacelle, établi avec tout le confort moderne : chambres, salons, salles à manger, billards, etc. Dimensions du navire, 255 mètres de longueur; diamètre du cylindre, 44 mètres. Pour se faire une idée de ce Léviathan des airs, il suffit de se rappeler que notre grande galerie des Machines au Champ-de-Mars a 520 mètres de long sur 48 de large. C’est avec un petit excès le ballon dirigeable américain. Celui-là ne s’élèvera pas gonflé d’hydrogène. Un fera à l’intérieur un vide relatif de façon à l’alléger assez pour qu’il puisse s’élever; des moteurs puissants entraîneront des hélices et le ballon fonctionnera non seulement comme élévateur, mais comme aéroplane par suite de l’inclinaison qu’on lui imprimera. Poids total de la construction : 220 tonnes. Tout cela est-il assez américain? Comment la pression atmosphérique n’aplatira -t-elle pas ce gigantesque récipient; comment le vide pourra-t-il être maintenu? Comment tout cela se compor-tera-t-il en cas d’accident? Ne le demandez pas. Croyez, les yeux fermés. Un a toujours fait beaucoup de projets de ballons dirigeables. Un en fera toujours. Attendons patiemment le succès.
- Destruction des loups.— Le Bulletin du Ministère de l’agriculture vient de publier la nomenclature des loups tués en 1898, et les primes payées en vertu de la loi sur la destruction de ces animaux. Le nombre des loups tués au cours de l’année dernière a été de 197, dans 21 départements. Après avoir atteint un minimum en 1890, le nombre des loups tués s’est relevé dans les deux dernières années, comme le montre le tableau
- suivant 1885. . 1516 loups détruits. 1891. . 404 loups détruits.
- 1884. . 1055 — 1892. . 527 —
- 1885. . 900 1895. . 261 —
- 1886. . 760 — 1894. . 245 —
- 1887. . 701 — 1895. . 249 —
- 1888. . 505 — 1896. . 171 —
- 1889. . 515 — 1897. . 189 —
- 1890. . 401 — 1898. . 197 —
- Les départements dans lesquels on a détruit le plus grand nombre de loups en 1898 sont les suivants ; Charente, 54; Dordogne, 52 ; Haute-Vienne, 27 ; Meurthe-et-Moselle, 22; Vienne, 19, Meuse,'18; Vosges, 10. Le montant des primes payées pour la destruction s’est élevé à 15 080 francs.
- Le blé et l'engraissement du bétail. — M. Vacher a signalé dernièrement ce mode particulier d’alimentation des animaux. Le prix du blé est en ce moment à peu près identique à celui de l’orge et de l’avoine, mais le froment est plus riche en matière protéique. Les cultivateurs hésitent à employer le froment pour l’alimentation des animaux; cette hésitation tient à ce que les cultivateurs n’osent donner ce grain, destiné aux catholiques, à leurs animaux; elle tient aussi à un arrêté de messidor an 111 qui punissait de prison ceux qui faisaient manger le blé en vert. Comment donner ce froment? Les ruminants ne digèrent pas le froment en nature (40 à 50 pour 100
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- seulement). A l’état de farine, il y a un double inconvénient: 1° frais de mise en mouture; 2° la farine de froment n’est pas facilement prise et mangée par les animaux ; 5" le son a disparu ; or, il renferme la matière grasse du grain de froment qui est indispensable à l’engraissement des animaux.il y auraitdoncintérêtàdonnerlebléauxanimaux sous forme de grain concassé, mais cette utilisation du grain donne encore des déboires. La transformation du blé en pain a été essayée, mais les dépenses sont encore assez considérables; on ne peut pas faire beaucoup de pain d’avance, car il moisit au bout de trois semaines à un mois. Les animaux aiment cet aliment. M. Vacher s'est alors adressé au blé cuit dans les grandes chaudières qui existent dans toutes les étables d’engraissement. Cette manière de procéder est très économique. Le blé cuit est laissé vingt-quatre heures avant d’être employé. Un peut donner jusqu’à 40 litres de blé cuit par jour, ce qui correspond à peu près à vingt litres de grain pour les bœufs. Les animaux ainsi engraissés sont mûrs au moins trois semaines avant ceux soumis à l’ancien régime ; on ne donne plus avec le blé cuit que le foin sec avec addition d’eau chaude. Dans les Alpes, le blé ou le pain sont employés. 100 kg de blé correspondent alimentairement à 125 kg d’avoine. Pluchet a fait aussi des expériences à Rove. Il a employé le blé pour l’alimentation des chevaux, mais sous forme de pain. Les frais de mouture et de panification s’élevaient à 4tr,55 par quintal de froment et le rendement était de 127 kg de pain. Le prix du pain était de 15 francs les 100 kg. Un substituait 5 kg de pain à 5ke,750 d’avoine; on ajoutait à la ration 100 grammes de graine de lin. M. Müntz a fait avecM. Girard des recherches avec lui sur la question. Pour le cheval, le blé à l’état de nature est toujours absorbé et assimilé. Avec 5 kg de blé, on pouvait maintenir un cheval à l’état d’entretien.
- Voles de tramways à deux usages. — Un peut signaler encore une voie de tramways de ce genre, à Versailles, près de la porte du Chesnay. La Compagnie des tramways électriques de V ersailles, à voie normale de Im, 4 4, et la Compagnie du chemin de fer à vapeur de Versailles à Mantes, à voie étroite, de 1 mètre, suivent la même route et ont un rail commun.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 janvier 1900. —Présidence de M. Lévy.
- Phénomène de dénudation du sol. — M. Albert Gau-dry analyse une note de M. Bleicher sur la dénudation du plateau central de Haye. Sur les coteaux des environs de Nancy, formés de lias recouvert par le bathonien, on voit, dit M. A. Gaudry, de nombreuses crevasses dont M. Bleicher a entrepris l’étude, avec le concours de M. Gaiffe, opticien à Nancy et de M. le capitaine du génie Bois. Il y a trouvé des blocs dont quelques-uns renferment des fossiles du bathonien, et d’autres blocs qui présentent les fossiles de l’oxfordien. Ces blocs larges parfois de 0m,G0 sont anguleux. Or, les coteaux où on les rencontre se trouvent à 150 mètres au-dessus du fond de la vallée de la Meurthe et de la Moselle. Cette vallée sépare les coteaux en question de la région où commence le Coral rag. 11 faut donc admettre l’enlèvement d’une immense quantité de roches pour expliquer la présence actuelle des blocs dans les crevasses du plateau. M. Bleicher admet que le plateau situé près de Nancy a subi un exhaussement de 200 mètres au moins. Néanmoins le bathonien, le callovien, l’oxfordien
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- ir.o
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- ont disparu laissant comme témoins des blocs anguleux remplis de fossiles, restés dans des crevasses à la surface du plateau. Que sont devenues ces masses énormes de matériaux? Ch. de Villedeüii..
- ___c A Ci
- UN CACTUS DE MÈTRES
- Nos lecteurs n’ont assurément pas oublié l’article très intéressant que notre collaborateur, M. Poisson, a consacré à l’exposition des richesses qu’un autre collaborateur de La Nature, et non des moindres,
- M. Diguet, avait rapportées de son voyage en Californie h Parmi les choses les plus curieuses de cette exposition, étaient des documents photographiques et autres sur les diverses espèces de cactus, qui constituent presque à elles seules la vie végétale de la Basse Californie et des autres régions arides du sud des Etats-Unis. A plusieurs reprises, ce journal a entretenu ses lecteurs des bizarreries de cette végétation toute spéciale, qui vit où, pour ainsi dire, toutes les autres plantes mouraient; mais ce n’est pas une des bizarreries les moins curieuses de cette famille déplantés, que la variété des dimensions que présentent ses différents spécimens. Si en effet il est de ces cactus qui n'ont que quelques centimètres de hauteur, il en est au contraire qui atteignent vraiment des proportions gigantesques. M. Poisson signalait des espèces qui peuvent avoir une taille de 15 à 20 mètres, et le fait est qu’un correspondant du Scientific American, M. A. F. Messingcr, photographe des plus habiles de Phoenix, dans l’Etat d’Arizona, vient de lui envoyer une excellente photographie représentant un cactus qui atteint presque ces proportions énormes.
- 1 Voy. n° J353, du 20 avril 1800, p. 340.
- Pour les gens qui pourraient être tentés d’aller visiter cette plante vraiment extraordinaire, nous dirons qu’elle se trouve à une douzaine de kilomètres de la ville de Phoenix, près de la Réserve dite de Pima : les curieux feront bien du reste de se hâter, car elle est évidemment arrivée depuis un certain temps à son maximum de développement, et elle commence à pourrir du pied. Ainsi qu’on peut s’en rendre
- compte avec une suffisante appréciation par rapport aux personnages que l’on voit dans la photographie, le cactus en question a au moins une douzaine de mètres de hauteur.
- Avant de terminer, nous rappellerons qu’il ne faut pas se figurer que les cactus sont intéressants seulement au point de vue de la curiosité pure : il a été déjà indiqué ici le parti que l’on en tire dans la plupart des pays où ils sont particulièrement abondants. Mais il est bon d’attirer aussi l’attention sur les services qu’ils peuvent rendre, par exemple pour former des clôtures à la campagne ; d’autre part dernièrement M. Rolland-Go-selin les recommandait pour entourer les plantations de pin. Par la quantité d’eau qui est accumulée dans leur tissus, ils sontpraliquc-ment incombustibles, et un incendie de broussailles est forcé de s’arrêter à leur pied, sans pouvoir passer de l’autre côté et gagner ensuite les arbres de la plantation qu’ils entourent. Ajoutons encore qu’un cactus, tout au moins celui que l’on nomme le figuier de Barbarie, donne des fruits contenant une assez grande quantité de sucre, susceptible de fermentation, et pouvant fournir par suite un rendement important en alcool. P. de M.
- Le Gérant : P. Masson*.
- Paris. — Imprimerie Lauuke, rue de Fleuras, 9. '
- Un cactus de 12 mètres. État d’Arizona.
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- N° -1592. — 27 JANVIER 1900.
- LA NATURE.
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- INSTALLATION DE CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE DANS UN HOSPICE
- Nous disons chauffage, mais il s’agit en réalité d’une installation des plus larges, des -plus impor-
- tantes, oîi le courant électrique remplace pour ainsi dire complètement nos combustibles classiques ordi-
- naires. Empressons-nous d'ajouter que nous sommes sur territoire américain, tout au moins canadien.
- Le développement des usines hydro-électriques utilisant une partie des • chutes du Niagara, est venu vulgariser l’usage du précieux courant, d’autant que .ces usines sont en état de le livrer à assez bon compte ; et les administrateurs d’un hospice de Pères Carmélites construit sur la rive canadienne, dans le voisinage relativement proche des fameuses cascades, se sont dit qu’il y avait une transformation des plus intéressantes à tenter, en faisant installer une distribution électrique pour les besoins du chauffage et de la cuisine de Rétablissement. On s’est adressé pour acheter le courant à la « Canadian Niagara Power C° », compagnie qui est encore un peu à l’état provisoire, et qui ne possède pour l’instant que deux générateurs de 1000 chevaux de puissance, car sa clientèle est loin d etre comparable à celle de la station américaine proprement dite.
- 28“ année. — t" aemestre.
- De la station canadienne à la chambre des transformateurs de l’hospice, le courant parcourt une distance
- d’un peu plus de 3 kilomètres sur des fils nus. L'installation complète de l’hospice emploie 100 chevaux environ, dont 25 pour le chauffage de l’eau, la cuisine et aussi l’éclairage (car, bien entendu, l’hospice est éclairé électriquement), et le reste poulie chauffage même des pièces et salles diverses du rez- de-chaussée. Le courant primaire à 2200 volts est ramené sous forme de courant triphasé à 110 volts; ce courant est transmis par un câble souterrain aux tableaux de distribution installés dans le sous-sol de l'établissement ; il y a deux tableaux, l'un pour deux des phases, l’autre pour la troisième phase et pour la cuisine et l’éclairage. Nous passons vite sur ces détails, qui ne présentent absolument rien de bien nouveau.
- Dans l’ensemble de la construction (qui est destinée à prendre ultérieurement plus de développement), il
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- LA NAT U KL.
- y a un service de 200 lampes de 10 bougies ; au rez-de-chaussée se trouvent 11 chambres à coucher, une salle à manger, une salle de réception et un bureau; ces dernières pièces ouvrent sur un corridor long de 36 mètres, large de 3 et haut de4m,50, qui est chauffé par 9 radiateurs électriques de 4 chevaux. Chacune des chambres (dont les dimensions sont de 5 mètres sur 5m,60) contient un radiateur analogue, muni de deux commutateurs permettant de donner 2 degrés de chaleur, suivant le besoin.
- Tout cela commence à être assez commun ; mais ce qui peut paraître beaucoup [dus curieux, c’est ce qu’on voit quand on pénètre dans l'office. On aperçoit en effet 3 récipients d’une contenance d’une dizaine de litres, destinés à faire chauffer l'un le thé, l’autre le café, et le troisième l’eau bouillante qui sert à préparer ces deux boissons ; il s’y trouve également un réchaud électrique.
- Dans la cuisine le matériel est peut-être [dus intéressant encore. Voici d’abord un gril de grandes dimensions qui n’a pas une surface de moins de 0,56 mètre carré ; cette surface est partagée en 6 sections, chacune ayant son commutateur double, qui permet d’y donner pleine chaleur ou chaleur réduite de moitié, ou encore, naturellement, découper complètement le courant. Pour le passage au four ou le rôtissage des mets, on dispose de deux petits fourneaux et d’un grand : les petits, qui ont 3 compartiments, consomment individuellement 23 ampères sous 110 volts, tandis que la consommation du grand fourneau est de 50 ampères sous le même voltage : ce dernier est d’ailleurs à même de rôtir à la fois 4 pièces de viande de près de 12 kg (ce qui nous renseigne exactement sur sa consommation par kg de viande). Toute cette installation à été mise à une rude épreuve le jour de la consécration de l’hospice, puisque, en deux heures et demie, elle a pu faire cuire tous les mets pour 250 personnes (sauf pourtant la soupe, qui avait été faite la veille). Le pain peut cuire en 18 minutes dans les petits fours. D’ailleurs nous n’avons pas à insister sur les avantages généraux du chauffage électrique pour la cuisine : ils ont déjà été mis en lumière ici.
- Il ne faut pas oublier de mentionner deux sortes de chaudières à eau chaude qui se trouvent dans le sous-sol, de part et d'autre d’un des tableaux de distribution. Celle de gauche, la plus grande, d’une contenance de [très de 1200 litres, sert au blanchissage et aux bains : elle absorbe un courant de 120 ampères, et peut être portée à trois températures différentes ; à droite, est un récipient plus petit qui peut disposer également ces mêmes températures, et qui fournit de l’eau surtout pour les usages culinaires. L'une et l’autre chaudières sont revêtues d’une couche d’amiante de plus de 6 centimètres d épaisseur. Toute cette installation est vraiment intéressante, surtout parce qu’elle constitue un ensemble d’une importance rare, au moins jusqu’à présent. D. Lebois.
- LES GRANDES VITESSES DES PROJECTILES
- DE l/ARTILLERIE
- Les canons lisses d’autrefois, qui tiraient des boulets relativement légers, communiquaient à ces derniers des vitesses voisines de 500 mètres à la seconde.
- Les premiers canons rayés, dont les projectiles étaient plus lourds, tirèrent à plus faible vitesse, mais cette dernière ne tarda pas à s’augmenter grâce aux progrès réalisés par les artilleurs. La substitution de l’acier au bronze ou à la fonte augmenta la résistance des bouches à feu qui fut encore accrue par l’innovation du frettage ; d’un autre côté, l’invention des poudres lentes à gros grains permit de mieux utiliser cette résistance et de lui faire donner un plus fort rendement.
- Entin, le dernier progrès a été réalisé par l’emploi des poudres sans fumée, poudres extra-lentes, combinées avec la grande augmentation de la longueur d’âme des canons.
- Aussi les vitesses initiales qui, vers 1860, à l’époque des premiers canons rayés, étaient voisines de 350 mètres, se sont-elles élevées successivement à 520 mètres en 1875, à 670 mètres en 1888, pour atteindre aujourd’hui une valeur voisine de 900 mètres. On peut même dire que la vitesse de 1000 mètres a été pratiquement réalisée, car nous savons qu’une puissance européenne est sur le point de mettre en service un canon tirant à cette vitesse.
- Il va sans dire que dans les polygones d’expérience, on a obtenu des vitesses encore plus considérables.
- Une revue allemande citait, ces jours-ci, un canon Canet de 57 millimètres, de 80 calibres de longueur, qui avait donné, en 1892, une vitesse de 1026 mètres. Elle parlait encore d’un canon Armstrong de 15 centimètres et de 80 calibres qui, quelque temps plus tard, avait fourni 1120 mètres. Wohvich s’était même proposé de dépasser ce dernier chiffre, et avait réussi à atteindre 1130 mètres, avec une bouche à feu de 15 centimètres dont la longueur d’âme avait été portée à 100 calibres à l’aide d’une virole supplémentaire.
- Le record de la vitesse initiale appartient, croyons-nous, à l’artillerie de la marine française, depuis 1892; car, cette année-là, la fonderie de Ruelle a exécuté le tir spécifié ci-après : bouche à feu du calibre de 164mm,7; longueur d’âme : 90 calibres ; poids delà charge : 38ks,450; poids du projectile : 45kft,125; vitesse initiale : 1214m,6.
- Est-il permis de croire que cette limite de 1215 mètres ne pourra guère être dépassée? Non, sans doute, car le champ des matières explosibles est parsemé d’inconnu et d’imprévu. Actuellement, on peut obtenir plus de 1200 mètres de vitesse avec les poudres lentes au fulmi-coton et des canons longs; peut-être pourrait-on arriver à des résultats autrement plus considérables avec des explosifs d’une extrême vivacité et des pièces très courtes ou même pas de pièces du tout.
- Donnons quelques éclaircissements à notre pensée.
- Voici, par exemple, la mélinite qui est un explosif des plus puissants, si puissant que si on la tirait dans un canon, elle ferait voler ce dernier en éclats. Qu’on vienne à faire exploser une cartouche de mélinite à l’air libre et les éclats métalliques de l’enveloppe seront projetés avec une vitesse considérable. Cette vitesse de projection a été mesurée dans ces derniers temps à l’aide d’un chrono-graphe à cylindre Marcel Déprez et Sébert, appareil bien connu des artilleurs pour la sûreté de ses indications.
- Six pétards de 135 grammes fournirent des vitesses de projections des plus concordantes, dont la moyenne fut trouvée égale à 3509 mètres à la seconde.
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- Voilà donc un explosif, la mélinite, qui est susceptible de fournir à l’air libre des vitesses de plus de 5000 mètres.
- Qu’un inventeur vienne à imaginer des dispositions permettant de transformer les éclats en véritables projectiles et de diriger le sens de leur projection et il aura résolu le problème de tirer à plus de 3000 mètres de vitesse initiale. Le problème n’est peut-être pas insurmontable. L'-colonel Delabney.
- ^ A ^__
- MÉTALLURGIE DE L'ALUMINIUM
- ÉLECTHO-CHIMIF. I‘AU VOIE IUSKE
- L’aluminium est un des éléments les plus répandus dans la croûte terrestre, il s’v trouve sous forme d’oxvde (alumine), de silicates (argiles), de sulfates (aluns), etc., etc.
- Ce métal a été isolé pour la première fois en 1827 par tYohler, en décomposant le chlorure d’aluminium par le potassium : il obtenait une poussière grisâtre très altérable. En 1854 II. Sainte-Claire Deville, reprenant l’étude de ce corps, réussit à l’obtenir à l’état de pureté, et en masses considérables, en projetant dans un four à réverbère chauffé au rouge vif un mélange de deux parties de sodium et de douze parties de chlorure double d’aluminium et de sodium, auquel on ajoute cinq parties de cryolithe (fluorure double d'aluminium et de sodium) qui, augmentant la fusibilité de la matière, permet au métal de se rassembler plus facilement. L’industrie avec la première usine de ÏNanterre se trouva dès lors en possession d’un nouveau métal, doué de propriétés remarquables qui le rendent susceptible d’applications importantes.
- Pendant très longtemps le procédé de Sainte-Claire Deville légèrement modifié fut le seul employé pour la métallurgie de l’aluminium, et il y a une vingtaine d’années on l’obtenait encore par réduction dans un four à réverbère du chlorure double d’aluminium et de sodium (préparé avec la « bauxite », alumine ferrugineuse hydratée) mélangé de 40 pour 100 de cryolithe (fluorure double d’aluminium et de sodium) employé comme fondant, par le sodium à raison de 53 pour 100.
- Les applications de l’électricité à la chimie ont modifié complètement les procédés de fabrication de l’aluminium.
- On obtient aujourd’hui l’aluminium par les méthodes suivantes :
- Méthode électro-thermique, — Dissociation dans le four Cowles, sous l’action de la chaleur de l’arc électrique, de l’alumine en métal et en oxygène qui, en présence du charbon, se dégage à l’état d’oxyde de carbone/La présence d’un métal comme le cuivre qui s’empare au fur et à mesure de l’alumine semble nécessaire.
- Méthode électro-chimique. — Électrolyse d’un mélange de fluorure double d’aluminium et de sodium (40 pour 100) et de chlorure de sodium (60 pour 100), préalablement fondu dans une cuve formant électrode négative (procédé Minet); électrolyse de l’alumine fondue par le courant lui-même, procédé Iléroult modifié par Kiliani qui ajoutait de la cryolithe et analogue au procédé Minet.
- Cette partie de l’électro-chimie comprend deux classes de phénomènes qui se rattachent, les uns à l’électrolysc par fusion ignée, c’est-à-dire l’éleclrolyse des sels fondus anhydres, et les autres aux réactions électro-thermiques, où l’électricité joue surtout le rôle d’accumulateur de calories. L’économie de ces méthodes repose sur ce fait que l’on y tire partie de la propriété la plus caractéristique de l’agent électrique, celle en vertu de laquelle il peut apporter, dans un espace restreint, la plus grande somme d’énergie possible. j
- L’électro-métallurgie de l’aluminium est de beaucoup la plus développée; les méthodes employées dans les diverses usines se ressemblent d’ailleurs.
- Le four électrique permet de concentrer l’énergie calorifique et électrique dans un espace restreint et de produire des effets puissants difficiles à obtenir par les moyens ordinaires de l’énergie industrielle.
- Ce qui caractérise l’électro-chimie par voie ignée, c’est qu’une puissance de 2000 chevaux peut se trouver concentrée en quelques fours pour la fabrication, par exemple, du carbure de calcium ou de l’aluminium et employée dans un volume actif de 1 à 2 mètres cubes.
- La réaction du four électrique est à la fois électrique et thermique, et les effets obtenus tiennent à ces deux modes d’énergie. On ignore encore le mécanisme de cette réaction, et il semble impossible, quant à présent, de calculer ce que doit être le rendement théorique d’un four.
- En effet, les données thermo-chimiques et électriques sont inconnues aux températures obtenuesavecl’électricité.
- Les industries du four électrique sont actuellement les fabrications de l’aluminium, du carbure de calcium, du carbure de silicium ou carborundum, du magnésium, et dit-on, bientôt, du phosphore.
- Pour l’aluminium, le four Iléroult consiste en une enveloppe cylindrique en tôle d’acier, garnie intérieurement de charbon de cornue aggloméré, servant d’électrode négative, de cathode, et présentant une cavité, un creuset cylindrique. L’électrode positive est un cylindre plein de charbon aggloméré, que l’on peut descendre dans le four. Un trou de coulée est pratiqué à la partie inférieure du four.
- Pour mettre le four en marche, on descend l’anode au fond du creuset, en même temps que l’on verse la cryolithe qui est un fluorure double d’aluminium et de sodium; l’arc électrique jaillit, la cryolithe fond. On maintient l’anode peu à peu remontée, jusqu’à 10 centimètres du fond, en remplissant le creuset avec de la cryolithe. Au bout de trois à quatre heures, on commence à ajouter de cinq en cinq minutes de l’alumine. L’aluminium qui se dépose à la cathode se rassemble à l’état fondu au fond du creuset; toutes les vingt-quatre heures, on débouche le trou de coulée et on recueille le métal. En marche normale le voilage est de 7 à 8 volts, indiqué ordinairement par une lampe dont l’éclat varie. Quand le voltage augmente et avec lui l’éclat de la lampe, on ajoute de l’alumine. Le rendement en aluminium par cheval-heure est de 25 à 50 grammes.
- Des essais, qui paraissent devoir réussir, permettent d’abaisser le potentiel de 3 ou 5 volts en substituant à l’alumine le sulfure d’aluminium. L’économie serait de 50 pour 100 au moins. De plus, le soufre mis en liberté ne se combine pas au charbon de l’anode à la température élevée du four. Il n’en est pas de même quand on emploie l’alumine, dont l’oxvgène vient brûler l’anode qu’il faut remplacer. L’emploi du sulfure d’aluminium donnerait une économie, puisque les anodes ne s’usent pas ; d’autre part, il est possible de recueillir les vapeurs du soufre qui se dégagent.
- Parmi les établissements qui utilisent les applications de l’électro-chimie pour produire l'aluminium nous pouvons citer : les usines de Pittsburg (États-Unis) ; de Froges, La Praz, Saint-Michel-de-Maurienne en France; de Schaffhouse en Suisse ; British-Aluminium Company en Écosse où l’on exploite les procédés français, etc.
- Dans la plupart des applications de l’électro-chimie, les quantités d’électricité mises en jeu étant considé-
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- LA NATURE.
- râbles, nécessitent l’emploi de puissantes forces motrices.
- 11 ne faut pas songer à prendre la machine à vapeur comme source d’énergie, c’est un moteur trop cher; les forces naturelles dont l’installation n’est pas coûteuse, avec les chutes de grande hauteur, sont tout indiquées.
- Notre pays est particulièrement favorisé pour les forces motrices naturelles et possède un grand nombre de chutes d’eau d’un aménagement facile. T. Oualski.
- OMNIBUS AUTOMOBILES
- l'OUK I.ES SEUV1CES DE VILLE
- Dans une industrie dont les progrès sont incessants, comme l’industrie automobile, il est utile de [ne pas ignorer tout ce qui se fait dans les autres pays afin de ne pas se laisser distancer.
- C’est pour cette raison qu’il était intéressant de signaler l’importation des voi lurettes à vapeur Stanley de construction américaine ' ; il nous a semblé de même utile de signaler les résultats obtenus à l’étranger dans la construction des véhicules automobiles pour les transports en commun dans les villes.
- Il ne s’agit pourtant plus* ici de voitures américaines; merveilleusement desservies par le réseau serré des tramways électriques, les vastes « cities » du Nouveau Monde ignorent presque l’inconfortable omnibus. Au contraire, sur le continent, ce véhicule antique est rendu nécessaire par la disposition irrégulière des rues.
- En France, un assez grand nombre de services publics sont effectués par omnibus ou trains automobiles, mais ce sont des services de campagne. À Paris aucune tentative n’a, pour ainsi dire, été faite et on ne peut guère mentionner qu’un grand omnibus à vapeur à impériale du système de MM. de Dion et Bouton, qui, muni bien entendu de toutes les autorisations nécessaires, a circulé quelques semaines de l’été dernier dans les rues de Paris. La Compagnie
- 1 Yoy. n° 1582, du 18 novembre 1809, p. 587.
- générale des omnibus qui transforme (avec quelle lenteur!) la traction de ses tramways n’a pas encore étudié, croyons-nous, d’une façon sérieuse, la question des omnibus mécaniques. Il n’en est pas de même à l’étranger.
- À Berlin, un omnibus électrique (lig. 1) vient d’être mis en service à titre d’essai, il contient 12 places d’intérieur et fi de plate-forme arrière. Le bâti en tube d’acier porte les deux moteurs Siemens et llalske qui actionnent chacun une des roues d’arrière par l’intermédiaire d’une réduction de vitesse analogue à celle des tramways.
- La batterie d’accumulateurs logée sous les banquettes se compose de 44 éléments du type Pollak, elle est suffisante pour un parcours de 16 à 18 kilomètres. Cette faible capacité, qui paraît au premier abord insuffisante pour un service de ville, est heureusement compensée par un ingénieux système de ravitaillement ; l’omnibus porte sur le toit quatre prises de courant à archet qui permettent de recharger les accumulateurs aux stationnements de l’om-nihus en empruntant simplement le courant des tramways de la ville. On évite ainsi de décharger outre mesure la batterie et on assure, paraît-il, dans une large mesure, sa conservation.
- Comme on le voit sur la figure, le centre de gravité est très abaissé pour assurer une grande stabilité, le poids total de l’omnibus en ordre de marche est de ooOO kilogrammes, ce qui correspond à un poids total en charge, quand le véhicule est complet, de près de b tonnes.
- Les mêmes constructeurs ont également en essais un omnibus analogue au précédent mais disposé pour rouler à volonté, soit sur la chaussée, soit sur les rails de tramways ; dans ce dernier cas il emprunte par archet au fil de canalisation aérienne l’énergie électrique nécessaire à sa marche tout en rechargeant su batterie.
- En septembre dernier, a été inauguré à Londres, un service d’omnibus à pétrole entre Kennington-Gate et Victoria Station par le pont de Westminster;
- Fig. 1. — Omnibus électrique de Berlin. — Heehargement de la batterie à un stationnement au moyen des fils électriques des tramways.
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- LA NATURE.
- Ul
- cos omnibus contiennent 12 places d’intérieur et I l places d’impériale, ils sont munis de moteurs à essence Daimler à 12 chevaux, à 4 cylindres, du type de la maison Panhard et Levassor ; leur vitesse varie de 8 à 20 kilomètres à l’heure.
- Ajoutons que ce service est des plus modestes puisqu’il est assuré, pour l’instant, par deux véhicules seulement.
- Dans les environs de Londres, et notamment à Bedford, des services publics ont été créés l’e'té dernier ; ils sont effectués par de grands hreacks découverts à 12 places, mus par moteurs Daimler comme précédemment.
- Dans le même ordre d’idée, il convient de faire reremarquer que la Norvège, la pittoresque et classique contrée des Si okjarre1 n’a pas voulu rester en arrière.
- M. Irgens de Bergen vient de construire l’omnibus à vapeur très original que nous reproduisons (fig. 2). Il a cherché à réaliser un type de véhicule symétrique pour éviter l’écueil esthétique de la voiture a sans chevaux » tout en dissimulant les mécanismes et assurant la plus grande stabilité.
- L’avant-train est à la fois moteur et directeur, la chaudière placée à l’avant est aquatubulaire, et la machine est à o cylindres.
- Voici les principales caractéristiques de ce véhicule :
- Longueur...............................5m,28
- Largeur................................. . Im,72
- Empattement (distance entre les essieux). . 2m,88
- Voies des roues........................ lra,62
- Hauteur................................2m,(îG
- Vitesse en palier.......... à l’heure . 10 km.
- Omnibus à vapeur Irgens. — Avanl-Irain moteur directeur.
- Fig. 2. -
- Signalons toutefois qu’à notre avis le faible diamètre des roues (0m,70) semble peu compatible avec la conservation des chaussées empierrées.
- Il nous a semblé intéressant de signaler ces essais d’omnibus automobiles pour le service des villes, car les constructeurs français, grisés par le succès des voitures de sport, se préoccupent encore peu des véhicules-omnibus ; cependant, dans un avenir peu éloigné peut-être, ce sera là un gros débouché pour ceux qui, par des études approfondies et un long passé d’expériences, auront le mieux résolu le problème.
- Berlin et Londres viennent de faire usage de solutions intéressantes ; Paris, le berceau de l’automobile, se laissera-t-il devancer dans la voie du progrès.
- Lucien Périsse,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- 1 Légers tilburys à 2 places d'un usage général dans la Norvège.
- LES NOUVEAUX BARRAGES DU NIL
- On a beaucoup parlé, ces temps derniers, des barrages que les Anglais veulent établir sur le Nil pour améliorer les irrigations de l’Égypte; et, si l’on s’est inquiété avec raison des conséquences que le relèvement du plan d’eau du fleuve pourrait avoir sur les magnifiques ruines de certains palais égyptiens, il faut bien reconnaître que ces travaux étaient indiqués par l’étude du terrain tout comme par les traditions. Il est prouvé, en effet, ainsi que le rappelle M. le consul de Belgique Maskens, que la superficie cultivée de l’Égypte au sud du Caire était jadis bien plus considérable qu’elle ne l’est actuellement : il est évident que les eaux du Nil atteignaient autrefois, au moment de la crue, des parages d’où elles ont totalement disparu depuis. Il n’est pas probable que le débit des eaux ait diminué dans des proportions si considérables; au contraire, est-ce sans doute le régime du fleuve qui s’est modifié, les eaux s’écoulant plus rapidement : les cataractes, qui formaient un vrai rempart, s.e sont effritées peu à peu sous l’action de l’eau, ce ne sont plus
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- LA NATURE.
- "aère que des rapides, et elles ne sont plus en état de former de vastes réservoirs d’où l’eau irait se répandre dans les dépressions de terrain avoisinantes.
- Depuis longtemps on s’est efforcé d’amener l’opinion à adopter ce projet de constitution de barrages sur le haut Ml, et nous pourrions notamment signaler les projets de M. Lamothe et de M. Prompt. Celui qu’on a approuvé finalement, et que l’on commence de mettre à exécution, est dù à sir William Garstin et à M. Wilcokx. Pour le réaliser, on a eu l’extrême habileté de recourir à une combinaison qui permettra à l’Égvpte de ne commencer à payer les travaux que quand ils seront terminés, et porteront déjà une partie de leurs fruits.
- La dépense totale sera considérable, puisqu’elle s’élèvera à 50 millions de francs, dont 27 environ pour la portion la plus importante des travaux, le barrage et l’écluse d’Assouan, puis 19 millions à peu près pour le barrage et l’écluse d’Assiout. Les travaux sont exécutés par des entrepreneurs anglais, MM. Aird, de Londres, qui s’engagent à les terminer en 5 ans à partir du 1er juillet 1898. On voit que, au lieu du barrage monstre primitif prévu à Assouan, et qui aurait entraîné la submersion de l’emplacement où se trouve le magnifique temple de Phi lue, on a adopté deux barrages de dimensions plus modestes.
- Le premier emmagasinera les eaux de la crue, tandis que l’autre est destiné en été à élever les eaux du Ail à une hauteur suffisante pour donner au canal Ibra-himieh, qui irrigue la moyenne Égypte, sa part de l’eau emmagasinée dans le réservoir d’Assouan. Cet ouvrage d’Assiout, qui a pour but de distribuer l’eau, aura sensiblement les dimensions de celui qui existe déjà à la pointe du Delta, en aval du Caire ; quant à celui d’Assouan, sa crête sera arasée à 106 mètres au-dessus du niveau de la mer, et il contiendra 1 milliard 65 millions de mètres cubes.
- Cette eau sera la bienvenue, car on estime qu’on avait utilisé toute celle que la crue du Ail pouvait donner en l’état actuel des choses : les avantages seront énormes surtout dans la Haute-Égypte et le Fayoum, et la Basse-Egypte en profitera également, quoique d’une manière secondaire, pour ses terres cultivées, qui manquent souvent un peu d’eau l’été.
- Ces ouvrages principaux devront être complétés par des travaux auxiliaires, comme l’établissement de canaux de distribution et de drains, ce qui entraînera encore une dépense d’au moins 29 millions de francs. Mais les auteurs du projet (qui sont peut-être animés d’un peu d’optimisme) estiment que la richesse annuelle du pays sera, de ce fait, augmentée d’environ 60 millions de francs, et l’on convient que c’est là un beau placement. La seule crainte que l’on exprime au sujet de ces travaux, c’est que l’évaporation de la masse d’eau se trouvant dans le réservoir, ne vienne à causer la formation de nuages et de brouillards ayant une influence néfaste sur les cotonniers, qui constituent maintenant une des plus importantes cultures de l’Égypte. D. B.
- APPAREIL A SOULEVER LES RAILS
- A propos du levier à soulever les rails, dont nous avons précédemment1 donné la description, un de nos abonnés, M. Alfred Willaredt, ingénieur à Metz, nous a fait con-
- 1 Yoy. n* 1381, du 11 novembre 1899, p. 574.
- naître un autre appareil remplissant le même but, tout aussi léger, puissant, simple et pratique. L’appareil que représente la figure ci-jointe est formé d’une vis V, maintenue par un support B.
- L’extrémité de lavis porte un crochet double A articulé, qui vient saisir au-dessous en R les deux côtés du rail. 11 suffit de placer l’appareil,comme l’indique la figure, de manœuvrer la vis V et le rail est facilement enlevé. Sur le côté à droite est la coupe c, d du support B. La vis est mise en rotation au moyen d’une pince que l’on trouve toujours sur tous les chantiers.
- L’appareil dont il est question, d’après notre corres-
- Appareil à soulever les rails.
- pondant, a sur les leviers l’avantage qu’il ne nécessite pas de creusage d’un trou sous le rail pour son placement. La prise du rail avec le levier ne semble pas aussi bonne, mais plutôt sujette à glissements qui peuvent faire déplacer le rail.
- Une expérience comparative fixerait du reste rapidement les idées sur les avantages et inconvénients respectifs de l’un et de l’autre système. J. L.
- ÉDUCATION DES CANARIS CHANTEURS1
- Aous avons dit que les Anglais élevaient plus particulièrement les canaris en vue de leurs formes plus ou moins gracieuses et de leur plumage qu’ils cherchent à colorer diversement à l’aide de nourritures spéciales.
- En Allemagne le canari est plutôt estimé pour son chant; le rossignol, la fauvette sont des maîtres chanteurs qui malheureusement ne se plient que difficilement à la captivité, le canari, lui, est heureux dans son étroite prison ; il s’v reproduit parfaitement, en un mot c’est un oiseau domestique. Ne pouvait-on point profiter de son réel talent d’imitation pour lui donner une voix qui puisse rivaliser avec celle des plus délicats musiciens de nos futaies? Avec une patience incomparable, avec un système d’éducation tout particulier, on a pu atteindre ce résultat. Le piailleur souvent fatigant, toujours énèr-
- 1 Yoy. n° 1586, du 10 décembre 1899, p. 38.
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- vant, est devenu un véritable artiste. Le voici qui chante dans sa cage, presque toujours recouverte d’un voile qui le plonge dans une demi-obscurité. 11 commence sur un rythme lent et doux, puis passe sans interruption du pianissimo au piano pour arriver aux notes les plus hautes, sans offenser les oreilles les plus délicates. Ce sont des roulades entremêlées de longs sifflements et de trilles de rossignols, des « lleulrolle » au son douloureux émis dans le ton mineur, des (( Koller » comparables au murmure des eaux, des « Cliichroll » analogues au chant du rossignol, mais avec des notes plus longuement fdées encore, plus prolongées, des « Knarrolle » aux sons de crécerelle, des « Schirrolle », des « Klingelrolle » et que sais-je encore, car chacune de ses roulades, de ses modulations a reçu un nom spécial.
- Mais souvent l’artiste, au milieu des plus beaux effets de son concert, s’oublie et par un gazouillis discordant rappelle à ses auditeurs qu’il n’est qu’un canari.
- C’est là un défaut grave, l’oiseau qui le possède ne peut prendre rang parmi les sujets de haute valeur ; il doit rentrer dans le rang des modestes choristes dont le prix ne dépasse pas quelques francs. Aussi avec quels soins jaloux n’évite-t-on point tout ce qui peut faire naître cette tare? Le jeune mâle, car c’est le sexe fort qui a l’apanage exclusif de cette éducation spéciale, quelques jours après sa naissance, est enlevé à ses parents et nourri à la brochette. En restant dans le nid commun, il apprendrait les intonations du père, les appels de la mère, les cris de ses frères demandant à manger. Il est placé avec d’autres jeunes dans une cage en compagnie d’un maître éprouvé qui ne lui fera entendre qu’un chant artistique et correct.
- La véritable éducation ne commence toutefois qu’après la mue ; les sujets sont placés séparément dans de petites cages rangées sur des tablettes, pareilles à celles d’un placard, qui font le tour de l’appartement. En plaçant devant le grillage une toile plus ou moins épaisse, on les habitue peu à peu à une semi-obscurité. Plongés dans l'ombre, ils sont plus attentifs aux leçons du professeur impeccable qui, placé sur le rayon supérieur, leur apprend ses plus belles roulades. Tous ne profitent pas également des leçons; l’étourderie, l’inattention de quelques-uns ne peuvent être vaincues qu’en leur faisant sentir de temps en temps les souffrances de la faim. Au bout de quelques semaines, un éleveur expérimenté sait reconnaître la valeur des divers sujets ; aux médiocres il réserve les tablettes inférieures, tandis que ceux qui promettent le plus, viennent prendre place à côté du professeur.
- Durant toute l’éducation, on doit éviter tout bruit, tout cri, tout dérangement qui pourraient entraver les progrès des élèves, ils ne doivent surtout entendre aucun chant autre que celui de leur professeur. Ce véritable cours de chant se continue jusqu’en novembre pour les oiseaux de grande valeur, il dure moins longtemps pour ceux que l'on destine à l’exportation.
- L’élevage et l’éducation des serins chanteurs se pratiquent dans tout le sud du Hartz., ainsi qu’au Tyrol et en Hesse, mais plus spécialement dans la petite ville d’An-dreasberg, dans le Hartz, où les anciennes traditions transmises de père en fils, transforment en trilles ou roulades savantes le chant primitif du canari. Tous les habitants, des mineurs la plupart, s’occupent plus ou moins de cet élevage comme d’une industrie accessoire. Ces serins sont du type commun, un peu ronds et dodus, sans caractères spéciaux.
- Les sujets ordinaires ou médiocres s’exportent en
- Angleterre ou en Amérique, où ils se vendent sous le nom de « Hartz-mountain-roller », tandis que les chanteurs de haute valeur les « hahroller » sont jalousement conservés en Allemagne où ils atteignent des prix très élevés.
- Si nous en croyons M. de Schaeck qui a donné à la Société d’Àcclimatation, il y a quelques années, de curieux renseignements sur cet élevage, le Hartz élève chaque année 250 000 serins environ, dont 200 000 vont en Amérique, 27 000 en Angleterre, 10 000 en Russie et 3000 dans les autres contrées de l’Europe, 10 000 holi-roller; les maîtres ès chant restent en Allemagne.
- Les serins mâles, pour l’Amérique, sont principalement achetés dans le Hartz, de fin juin à octobre, par deux maisons rivales qui expédient aux Etats-Unis deux ou trois envois par semaine d’un millier d’oiseaux chacun.
- I n individu, chargé de prendre soin des oiseaux, les accompagne pendant tout le voyage. Payés de 2fr,80 à -ir‘ ,50 dans le Hartz, les oiseaux sont vendus 15 à 20 fr. en moyenne ; une fois arrivés à destination, le prix de plusieurs d’entre eux dépasse parfois 50 et 60 francs.
- II nous a paru intéressant de signaler les différences
- qui caractérisent le canari anglais et le canari allemand, oiseaux qui donnent naissance à des transactions commerciales importantes. Le commerce ne s’occupe pas de notre serin français, cet oiseau est modeste et comme li\rée et comme chant, mais s’il ne s’exporte pas, vif, pétillant comme du champagne, il vit sans contrainte, sans nourriture savante et reste l'ami des petites demeures, qu’il égaie, sans aucune pensée de lucre chez son propriétaire. H. L. Ai,ni. Blanchon.
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- CULTURE ORIGINALE
- DF, PLANTES SARMF.NTEUSES EN GUIRLANDES
- On utilise beaucoup aux États-Unis des guirlandes légères pour les décorations des tables et des vestibules. Cette mode introduite en France, il y a quelques années, a été très appréciée, car les fleuristes parisiens ont compris le rôle décoratif que pouvaient jouer ces gracieuses lianes dans l’ornementation des appartements. Aussi les demandes affluèrent et on diit importer de ces guirlandes. Certains horticulteurs se livrèrent particulièrement à cette culture qui est très facile et dont les personnes ayant une serre, peuvent tirer un agréable parti.
- Ces guirlandes sont produites par le Myrsiphyllum asparagoides, plante delà famille des Liliacées, plus communément connue sous les noms de Medeola et de Smilax.
- D’autres plantes peuvent jouer ce même rôle ; et plus d’une fois j'ai songé à une autre très curieuse, le Lygodium scandens. Un habile horticulteur, M. Truffaut, avait eu cette même idée et, cette année, il vient de le cultiver de cette façon.
- Le Lygodium scandens est une Fougère sarmen-teuse originaire de la Chine tout à fait remarquable par l’extrême volubilité de ses rameaux qui s’enroulent avec une incroyable facilité autour des ficelles, fils de fer, etc. Ce caractère est rare dans la famille des Fougères. D’autres espèces de Lygodium pourraient aussi être traitées de cette façon.
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- Les figures 1 et 2 montrent l’une, une serre de Myrsiphyllum cultivés en pleine terre après cinq mois de plantation dont les guirlandes ont une longueur de 2m,25 à 2m,50; l’autre une serre de Lygo-(liinn cultivés en pots après six mois de traitement, ayant une longueur de 2in,50 à 5 mètres, (les deux vues ont été prises à Versailles dans les cultures de M. Truffautqui a le premier cultivé ces deux plantes de cette façon en France.
- Ainsi que l’on peut s'en rendre compte, ce genre de culture exige une installation spéciale mais exces-sivement simple.
- Il faut choisir, autant que possible, une serre dont le milieu soit libre, ou, si elle est assez haute, telle qu’il n’y ait pas de tablettes sur la hache centrale.
- On dispose dans la partie supérieure de la serre en les clouant sur les chevrons, deux rangées parallèles de lattes.
- La largeur de l'espace libre entre ces deux rangées doit correspondre avec la largeur de la bâche où seront placées les plantes. On tend ensuite, entre ces lattes, des fils de fer distancés de 20 centimètres les uns des autres ; c’est sur eux que sont fixées les ficelles qui sont également attachées dans le bas à de petits crochets de bois enfoncés près de chaque touffe, et autour desquelles s’enrouleront les rameaux volubiles.
- En Angleterre où cette culture est également faite sur une grande échelle dans des serres nommées « Smilax houses » l’installation est un peu différente. Deux forts fils de fer sont posés dans le haut à chaque extrémité de la bâche, et deux dans le bas dans le sens de la largeur de la serre ; sur ceux-là on en tend deux autres par chaque rang de plantes, dans le sens de la longueur et bien parallèlement, l’un en bas à quelques centimètres au-dessus du sol de la bâche, l’autre au-dessus dans le haut de la serre. C’est de l’un à l’autre de ces deux fils de fer que sont ensuite tendues verticalement les petites (icelles à raison de une par plante.
- Avant d’être placés définitivement dans ces bâches les Myrsiphyllum comme lès Lygodium doivent avoir reçu des soins spéciaux, et être élevés à cet effet. La multiplication du Myrsiphyllum s'effectue par semis principalement, et aussi par sectionnement des touffes. Les graines sont semées dans une terre très légère et en terrines, en février-mars. Les terrines sont placées dans la serre à multiplication, à l’étouffée, ou encore sous châssis et sur couche chaude. Sous l’influence de la chaleur les graines germent vite et lèvent au bout de dix à douze jours. Aussitôt
- que les jeunes plantes ont atteint une longueur de 4 à 5 centimètres on met les terrines en serre tempérée. Dès ce moment on les habitue progressivement à l’air, et on doit leur appliquer quelques bassinages à l’eau nicotinée pour les préserver des pucerons. On ne doit pas attendre que les rameaux s’enchevêtrent pour les rempoter; ce que l’on (ait en mettant une ou deux jeunes plantes par pot de 7 à 8 centimètres de diamètre. La terre utilisée doit être légère et substantielle ; un mélange de moitié terreau,de feuilles et moitié terre de gazon leur convient particulièrement bien.
- On met aussi un tuteur par pot, autour duquel on enroule les jeunes tiges. Quelques bassinages à l’eau claire et à l’eau nicotinée font toujours très bon effet et les préservent des attaques des pucerons.
- Les tiges s’allongent rapidement et un mois à six semaines après le premier rempotage il est utile d’en effectuer un second, dans des pots de 11 à 12 centimètres de diamètre et en ajoutant au mélange un tiers de terreau de fumier.
- Une fois les racines développées dans ces nouveaux pots, les plantes croissent vigoureusement; il faut aérer la serre qui les contient et ne pas leur ménager les arrosages et les bassinages.
- Quatre à cinq semaines après le second rempotage
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- les plantes sont suffisamment fortes pour être plantées.
- Si la multiplication est faite par sectionnement des touffes on effectue cette opération en lévrier-mars en rempotant chaque fragment dans un pot de 8 centimètres de diamètre pour le rempoter ensuite dans un autre de 12 centimètres. Le traitement est le meme que celui des jeunes plantes obtenues par le semis. ,
- C’est le moment auquel on veut récolter les guirlandes de Myrsiphyllum qui doit faire choisir lepoque de leur plantation en pleine terre en prenant pour hase qu’il faut cinq à six mois pour que ces guirlandes soient complètement formées. Ainsi, pour la cueillette d’octobre on effectuera la plantation en mai. Il faut cependant tenir compte que, si l’on désire avoir des guirlandes au printemps, on devra prévoir un mois de plus ; la croissance de cette plante est en effet plus lente pendant la période hivernale ; on peut donc distancer chaque plantation d’un mois environ.
- Après avoir assuré l’écoulement de l’eau de la bâche par un drainage, on dispose au-dessus une petite couche de fumier cjue l’on recouvre d’une épaisseur de 15 à 20 centimètres de la terre utilisée pour le rempotage. Les touffes sont ensuite plantées en lignes transversales, et tous les 20 centimètres en tous sens ; toutes les cinq à six rangées on laisse un espace de 40 à 50 centimètres pour faciliter les arrosages et les bassinages. Chaque touffe correspond à une ficelle, autour de laquelle s’enroulent les rameaux de Myrsiphyllum, qu’il faut attacher cependant de place en place. Deux à trois tiges suffisent par ficelle.
- Une température de 17 à 20° centigrades est très favorable à la croissance de ces tiges. On aère peu pendant les premiers jours qui suivent la plantation, mais après il faut aérer assez souvent et donner de fréquents bassinages à l’eau bien claire; quelques arrosages aux engrais azotés favorisent une vigou-
- reuse végétation. Une fois arrivées à la longueur voulue les tiges sont pincées, ce qui durcit le feuillage et produit un arrêt momentané dans la végétation. 11 faut faire la cueillette des tiges en coupant tout simplement chaque ficelle en haut et en bas avant la floraison, car les feuilles tombent dès ce moment. On laisse ensuite les Myrsiphyllum au repos en supprimant les arrosages et, trois mois après, on remet les plantes en végétation, en arrosant de nouveau, après avoir renouvelé partiellement la terre et tendu d’autres ficelles. Les plantations de
- Myrsiphyllum ainsi constituées peuvent durer trois ans.
- On suit le même traitement pour l’obtention des guirlandes de Lygodium, en ne ménageant pas pour celui-ci ni les arrosages aux engrais azotés, ni les bassinages qui préviennent la venue des kermès. En les laissant reposer de deux à trois mois après chaque coupe de guirlandes on peut également obtenir plusieurs récoltes d’une même plantation de Lygodium.
- La culture en pots donne aussi d’excellents résultats et permet de les placer le long des bâches et des gradins lorsqu’on ne veut pas consacrer une partie de la serre à cette culture.
- La multiplication du Lygodium se fait par semis et division des touffes ; l’élevage des plantes obtenues par le semis des spores demande plus de temps que celui du Myrsiphyllum.
- Voici comment il convient d’opérer :
- Les spores sont semées dans des terrines bien drainées et dans du terreau de feuilles ou dans de la terre de bruyère concassée, sans les recouvrir. La terre doit être bien mouillée. Les terrines sont ensuite placées sur la tablette d’une serre tempérée chaude, on maintient la fraîcheur du sol jusqu'à l’apparition des prothales un mois à six semaines après. Lorsque les jeunes plantes ont deux ou trois feuilles on peut procéder au premier repiquage en terrines, que l’on hiverne dans une serre tempérée
- Fig. 2. — Serre de Lygodium scandens.
- (D'après une photographie prise chez M. A. Truflaut, à Versailles.)
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- froide. Au printemps elles sont repiquées en pleine terre dans un compost formé par moitié de terre de gazon fertile et de terreau de feuilles. Pendant l’été on les arrose et on les bassine fréquemment de façon à obtenir des plantes vigoureuses et robustes, que l'on rempote et hiverne de nouveau en serre tempérée froide. Ce n’est que la troisième année qu’on les traite pour l’obtention des guirlandes.
- Si les semis ont été effectués de bonne heure, la première année, cette année même on les repique en pleine terre, on gagne ainsi une saison de culture.
- Ce genre de culture est aussi amusant pour les amateurs que lucratif pour les horticulteurs, puisqu’ils peuvent vendre couramment chaque guirlande de 2 à o francs au minimum. Albert Malmené.
- Professeur d’horticulture.
- LES MÉTAUX DU SOLEIL
- La liste des métaux qui se trouvent dans le soleil augmente peu à peu. Fait curieux, on découvre dans le soleil des corps que nous ne connaissions pas encore sur terre. On se souvient que c’est M. Norman Lockyer qui annonça le premier, il y a déjà plus de quinze ans, que certaines raies très brillantes du spectre du soleil devaient être considérées comme l’indice de l’existence d’un gaz inconnu, auquel il donna le nom à'Hélium. Ce corps resta longtemps problématique. Mais, en 1895, M. Ramsay parvint à le trouver sur notre globe; il l’isola et en détermina la densité qu’il trouva égale à peu près au double de celle de l’hydrogène.
- M. Lockyer, vers la même époque, aperçut aussi dans le spectre de la couronne solaire d’autres raies colorées qu’il attribua à la présence d’un autre élément qu’il appela Coronimn. On n’a pu jusqu’ici rencontrer cet élément sur la terre. Cependant Prometheus a annoncé dernièrement qu’un spectroscopiste italien était parvenu à distinguer les raies du Coronimn dans les gaz incandescents rejetés par le cratère du Vésuve. Le Coronium existerait donc aussi dans les profondeurs du globe terrestre. Ce n’est pas tout encore. Toujours par l'étude des raies spectrales, d’autres physiciens ont caractérisé deux nouveaux métaux dans le soleil. Et, par anticipation, on les a désignés sous les noms d'Aurorium. et de Nebulum. On a été jusqu’à supposer que, d’après leur position dans les enveloppes gazeuses du soleil, ces éléments métalliques devaient être plus légers que l’hydrogène.
- En somme, en attendant mieux, on peut dire qu’il existe dans le soleil au moins quatre métaux dont deux sont très rares sur la terre, et dont deux nous sont encore inconnus. Tl est singulier que ce soit à 58 millions de lieues de notre planète que l’on ait été découvrir des métaux qui existent sur la terre et dont nous ignorions absolument l’existence. Flamf.l.
- LA STATION Z00L0GI0UE
- DE WIMEREUX
- Il y aura bientôt cinquante ans que Coste fondait à Concarneau le premier laboratoire maritime français. Depuis, les stations se sont multipliées ; en 1869 s’élevait le laboratoire de Marseille, dirigé par Lespès
- et plus tard par Marion. En 1872, le professeur de Lacaze-Duthiers ouvrait celui de Roscoff. Plus tard, venaient ceux de Banyuls, Arcachon, Saint-Yaast, etc. La création de la station de Wimereux remonte à vingt-cinq ans. A cette époque, il n’en existait pas dans la région du nord de la France et M. Giard, qui venait d’ètre nommé professeur à la Faculté des sciences de Lille, n’eut d’autres soucis, dès son installation, de trouver un point du littoral où il pût établir une annexe, une dépendance du laboratoire de zoologie de Lille.
- A la suite de nombreux voyages et recherches, son choix s’arrêta sur Wimereux. Pourquoi ce point plutôt qu’un autre? en voici les raisons. On a remarqué depuis longtemps que la richesse zoologique d’une côte est en raison directe de l’âge des roches qui la composent. Les terrains jurassiques du Boulonnais étaient donc bien désignés et particulièrement les grès portlandiens, à structure compacte, qui forment la plage de Wimereux. Autre raison décisive : ce point était très favorable à l’étude par son isolement, à l’abri de la foule des baigneurs et par sa proximité de Lille. Depuis, les baigneurs sont venus faire de ce petit port une plage mondaine, mais à cette époque, les chalets étaient rares et les visiteurs peu nombreux.
- La genèse de cette station n’alla pas sans nombre de difficultés, sans compter celles, toujours bizarres dues à l’administration. Si quelques-uns des laboratoires maritimes ont été dès les premiers jours richement dotés par l’État, qui a contribué par des subventions importantes à leur développement et à leur entretien, la station de Wimereux ne peut se prévaloir de pareilles faveurs. Elle est bien l’enfant de son père, M. Giard, qui l’a élevée, petit à petit, aidé par une marraine bienfaisante, l’Association française pour l’avancement des sciences. L’enfant un peu informe et chétif au début, a prospéré, et grâce à de bienveillants protecteurs, est devenu fort et robuste.
- Au début, rien de plus simple et de plus primitif que l’installation. Un maigre chalet, à l’embouchure de la rivière de Wimereux, fut le berceau de la station. Un rez-de-chaussée aménagé vaille que vaille pour les élèves et le professeur et trois ou quatre chambres misérables constituaient l’annexe du laboratoire de Lille. Les élèves Rusaient fonction, quand ce n’était pas le professeur lui-même, de concierge, femme de ménage, pêcheur, etc. Tous les métiers à la fois. Et l’on vivait tout de même, et gaiement; et l’on travaillait encore mieux. Et si le professeur avait quelque pudeur honteuse à montrer aux étrangers cette installation primitive, cette véritable cambuse, il pouvait tirer quelque orgueil que d’aussi faibles ressources permissent de mettre au jour des travaux qui attiraient jusque-là les zoologistes les plus éminents.
- Il me serait difficile de citer les noms des jeunes savants qui ont recueilli dans ce modeste asile les éléments de thèses et de mémoires remarquables ; la liste en serait trop longue. G. Pouchet, qui passa un
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- été à Wimcreux dans les premières années de la création, s’émerveillait déjà, et il s’y connaissait, de ce qu’avait pu faire, avec des ressources si exiguës, son ami Giard.
- L’Association française fut une des premières à aider le jeune laboratoire, puis la ville de Paris accorda une subvention ; l’Etat se faisait tirer l’oreille, donnant parcimonieusement. Lejouroù le professeur échangeait sa chaire de Lille contre une chaire à la Sorbonne, les ressources du laboratoire, qui devenait une annexe de la Sorbonne, ne s’augmentèrent pas pour cela, et ce fut la ville de Paris qui vint au secours de la station en prenant généreusement à sa charge une partie du crédit qui jusqu’alors avait été accordé par l’État.
- J’ai visité le laboratoire à sa fondation, lors du Congrès de Lille, et comme tous mes compagnons de voyage, j’avais été frappé de l’aspect par trop simple de l’établissement. Je l’ai revu dernièrement, pendant l’excursion du Congrès de Boulogne; la maison était déserte. Bans un aquarium un crabe avait l’air, en allongeant ses pinces, de nous faire les cornes et de nous reprocher d’avoir, durant vingt-cinq ans, laissé végéter si pauvrement M. Giard et les jeunes savants qui s’attachent à sa fortune. La station ancienne est abandonnée pour une création nouvelle, que nous avons tous parcourue avec plaisir ; notre filleul a grandi, est devenu un beau garçon, mais sa marraine devra ne pas l’oublier; il a encore besoin de beaucoup d’accessoires pour être un adolescent vigoureux et solide.
- En 1890, à la demande de M. Liard, et à la suite de négociations d’autant plus longues qu’il s’agissait d’accorder le ministère de la guerre, l’administration des domaines et le ministère de l’Instruction publique, un décret affecta un ouvrage fortifié déclassé, la Tour d’Ambleteuse (fort Mahon), à l’agrandissement du laboratoire de Wimereux. Le cadeau malheureusement venait un peu tard et eût été pour le maigre budget de la station une source de charges et de dépenses considérables; minée par le temps, rongée par les vagues, la tour s’en allait en ruines.
- G’est à ce moment que surgit un sauveur. M. Maurice Lonquéty faisait partie du Comité local qui organisait le Congrès de Boulogne : il pensa qu’il serait humiliant de montrer aux membres de l’Association la vieille maison de 1874, et proposa à M. Giard un compromis qui, sous la forme d’un simple échange, dissimulait un don généreux.
- M. Lonquéty offrait, pour le prix du loyer payé jusqu’ici, de faire bâtir sur ses terrains à la Pointe-aux-Oies un laboratoire complet qui serait cédé à la Sorbonne, une fois construit et aménagé, terrains et constructions, en échange du fort d’Ambleteuse. La solution était bonne et l’offre généreuse du donateur fut acceptée avec reconnaissance. On se mit de suite à l’ouvrage, le temps pressait, on alla vite, et c’est ainsi que nous avons pu voir un laboratoire simple, mais coquettement aménagé par M. Bonnier, architecte, une installation riante et confortable qui
- forme un contraste heureux avec l’ancienne installation de Wimereux.
- Le laboratoire actuel occupe un espace de 2500 mètres; il est constitué par un corps de logis rectangulaire de 19 mètres sur 10, comprenant trois parties qui, bien que reliées entre elles, sont tout à fait indépendantes, le laboratoire proprement dit, l’habitation du Directeur et le logement du gardien. L’épaulement de la dune au nord a permis d’abriter dans le sablç le sous-sol qui au sud devient un rez-de-chaussée, tandis que celui-ci semble former un premier étage. C’est ce large sous-sol qui forme, avec deux petites pièces servant de caves et de réserves de matériel de pêche, une grande salle d’aquariums, fraîche et obscure pour permettre la conservation prolongée et l’élevage des divers animaux marins.
- Citerne
- I Nloteurl ;
- Vestibule
- m Matériel
- Aquarium
- Fig. 1. — Plan de la station zoologique (rez-de-chaussée).
- Au-dessus de cette salle et lui correspondant exactement comme dimensions et orientation se trouve la salle de travail. Douze fenêtres ouvertes sur la mer et au nord éclairent à profusion les douze tables de travail où maître et élèves peuvent poursuivre leurs recherches. De plain-pied avec cette salle de travail se trouvent, comme le montrent les plans ci-contre, une bibliothèque, une salle de manipulations chimiques ou physiologiques, une réserve pour le matériel, la verrerie, les produits chimiques et une chambre noire pour la photographie.
- L’étage supérieur est divisé en six grandes chambres et peut abriter une vingtaine de naturalistes à la fois. Accolée à ce bâtiment et en communication avec le logement du gardien, s’élève une tourelle carrée de 14 mètres de hauteur, contenant les réservoirs d’eau de mer et d’eau douce.
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- L’aménagement intérieur, l’ameublement, les appareils et l’outillage scientifique obtenus du conseil de l’Université de Paris doivent être en place à l’heure qu’il est, et dès le printemps prochain, le laboratoire pourra ouvrir toutes grandes ses portes aux studieux et aux chercheurs. Est-ce à dire qu’il n’y ait plus pour M. Giard et pour ses élèves qu’à se laisser vivre? Hélas, le budget bien maigre qui lui est alloué, ne peut suffire à tout. 11 faudrait à la station un bateau personnel ; il serait nécessaire d’établir à la Poinle-aux-Oies un vivier qui aurait le double avantage de servir à des expériences de pisci-facture et de garantir contre les envahissements de la mer ce point mal défendu du détroit; et mille autres détails de nécessité plus ou moins urgente.
- De nouvelles dépenses sont à prévoir et il est
- utile que stimulée par les résultats déjà obtenus, la générosité des amis de la science vienne aider au parachèvement de cette œuvre. Les laboratoires de Plymouth (Angleterre), de Gatty (Écosse), de Sea-side (Californie), du Harvard College (Pennsylvanie) et tant d’autres, ont été élevés, grâce aux libéralités de millionnaires intelligents qui ont compris les avantages que leur pays pouvait attendre d’une étude méthodique des ressources de la mer. Faut-il croire que notre pays ne puisse suivre de tels exemples? Ne peut-on espérer que des hommes fortunés viennent eux aussi sinon fonder des Universités entières, comme les Rokfeller et autres, au moins aider à la vie et à la prospérité d’établissements si utiles. Mieux qu’aucune autre, la nation qui, encourageant les efforts de Coste, a su créer l’admirable industrie
- de l’ostréiculture, tiendra à honneur de perfectionner l’exploitation scientifique de son littoral et le développement de ses riches pêcheries maritimes.
- Dr A. Cartaz.
- UNE CHATTE DE L’ILE DE MAN
- ET SA DESCENDANCE
- Nos lecteurs ont à diverses reprises été entretenus dans le courant de l’année 1895 d’une singulière chatte sans queue vivant chez M. A. de Mor-tillet, à Saint-Germain-en-Laye.
- Cette chatte appartenait à la race très peu connue des chats dits anoures (felis catus anura;) qui habitent l’île de Man et dont le caractère principal semblerait être, comme leur nom l’indique, l’absence d’appendice caudal.... Ses mœurs étaient, paraît-il, semblables à celles des chats de notre pays; son
- pelage était tigré, et elle présentait en guise d’appendice caudal un court moignon de 2 à 5 centimètres, recouvert de poils, et rappelant à première vue la queue d’un lapin.
- La petite île de la mer d'Irlande n’est pas la seule patrie des chats présentant cette particularité intéressante de la queue : on l’a constatée également chez ceux qui habitent les côtes du Japon; ceux qui vivent en Malaisie et aux îles de la Sonde, et qui constituent la variété dite felis catus torquata, se rapprochent des précédents et possèdent une queue tronquée à mi-longueur, terminée le plus souvent par une nodosité. Ces deux variétés de chats domestiques (felis catus anura et felis catus torquata) sont toutes deux très peu connues : la première a simplement été signalée à l’île de Man et au Japon, la deuxième avec un peu plus de détails en Malaisie et aux îles de la Sonde dans des livres de voyages ; mais ni l'une ni l’autre n’ont été l’objet jusqu’à ce
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- jour d’études approfondies, d’observations anatomiques.... Le chat de l’île de Man, peut-être en raison de son peu de dissémination, de l’isolement et de l’exiguïté de sa patrie, était encore moins connu si c’est possible que ses congénères de l’Extrême-Orient, et la communication deM. A. de Mortillctà la Société d’AnthropoIogie (janvier 1893), suivie des articles de La Nature, constitue après le court paragraphe de Darwin ( Variations des animaux et des plantes domestiques, 1868), toute la bibliographie existant sur cet intéressant animal. Encore, ces auteurs que nous citons n’ont-ils pu que décrire les caractères extérieurs et les mœurs, n’ayant pas eu les moyens de se livrer à une étude anatomique.
- Des circonstances favorables et l’amabilité de M. A. de Mortillet nous ont permis d’essayer de com-
- bler en partie cette lacune.... En effet la chatte étant venue à mourir, M. A. de Mortillet voulut bien nous remettre son cadavre, et nous pûmes tout dernièrement présenter à la Société d’AnthropoIogie les résultats d’une étude anatomique de la région coceygienne de cet animal. Cette étude, bien que ne portant que sur un seul sujet, a eu pour résultat de nous amener à conclure que la dénomination de chats sans queue <pie l’on applique d’ordinaire à cette race de petits félins est erronée. Chez notre chatte nous avons en effet constaté la présence de 6 vertèbres caudales nettement distinctes les unes des autres, mais dont les deux dernières cependant, très réduites et mal formées. Chez le chat ordinaire, on en compte en général 22.
- Nous avons dit tout à l’heure, empruntant cette
- ('.liai do l’île de Man. — Squelette de la région sacro-caudale chez la chatte de l’île de Man et chez un chat de race conmiune.
- comparaison à notre collègue, M. F. Régnault1, qu’extérieuremenl, la queue de notre chatte ressemblait à celle d’un lapin. Cette ressemblance n’est qu’apparente, comme nous l’a d’ailleurs montré la dissection : en effet, alors que la queue d’un lapin, comme celle de tous les mammifères en général et du chat ordinaire en particulier, est effilée à son extrémité et se termine par atténuation progressive, les vertèbres perdant peu à peu leurs diverses apophyses et prenant l’aspect de phalanges, celle de notre sujet se terminait en quelque sorte brusquement, les deux dernières vertèbres courtes et déformées. On a, en regardant ce squelette, l’impression d’une atrophie de toute la partie terminale de la queue, atrophie menaçant même de s’étendre encore davantage. De cela, il faut conclure, nous semble-t-il, que le chat de l’île de Man n’a perdu sa portion de
- 1 Yov. n° 1032, du 11 mars 1893, p. 227.
- queue que depuis une époque relativement récente, et que son appendice caudal tend à se raccourcir davantage encore. Autrement dit, cette race ne constituerait pas relativement à l’organe qui nous occupe, un type définitivement fixé, et dériverait d’animaux ayant eu primordialement une queue plus longue. Puissent des études ultérieures donner pins de solidité à cette conclusion.
- Pendant le temps qu’elle a vécu en France, notre chatte s’étant accouplée plusieurs fois avec des chats ordinaires a eu 24 petits en 6 portées. Les uns, au nombre de 10, présentaient une queue longue semblable à celle de leur père ; les autres, au nombre de 14, présentaient soit une queue écourtée et torse, mais plus longue que celle de leur mère, soit une queue semblable à celle de leur mère, soit enfin un appendice caudal encore plus court; chez ces 14 derniers, l’influence maternelle était donc prédominante, et ils étaient répartis de telle façon que toutes les
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- portées, même la première, qui ne se composait que d’un seul petit, en contenait au moins un ; la deuxième en contenait 5, sur 6 qu’elle comprenait en tout.
- L’inlluence maternelle est donc en somme prépondérante; cependant on s’aperçoit, dans la fixation du type maternel, d’une sorte d’hésitation due à l'influence paternelle contrariante qui s’accentue de plus en plus à travers les générations par accumulation télégonique en quelque sorte, et qui se traduit, par la production, à côté de petits absolument identiques à la mère, de petits à queue écourtée et torse constituant la transition entre le type maternel et le type paternel, et rappelant en définitive le chat de Malaisie.
- Des chattes à queue écourtée, filles de notre sujet, ont donné, paraît-il, accouplées avec des chats ordinaires, des produits à queue plus ou moins réduite, mêlés à des produits à queue normale, et il paraîtrait même, curieux fait d’atavisme, qu’une chatte à queue ordinaire dé Saint-Germain-en-Laye, descendant probablement de notre sujet, aurait donné naissance à un produit anoure.
- De nos observations et de ces faits quelles conclusions avons-nous tirées? D’abord le nom de « sans queue )> ne nous semble pas devoir être appliqué aux chats de l’ile de Man, et nous proposons de le remplacer par celui plus exact de chats à « queue écourtée ». En deuxième lieu, que répondrons-nous à ceux qui nous poseront cette question que Darwin s’était déjà posée à lui-même : La race des chats de Man est-elle une race autochtone ou dérive-t-elle des races dites Anura ou Torquata de l’Extrême-Orient? Le peu de documents que nous possédons ne nous permet pas de répondre à cette question d’une façon ferme et catégorique. Peut-être, si nous eussions possédé de nombreux sujets de l’une et l’autre race, il nous eût été possible de montrer que le chat à queue torse de Malaisie est le type par lequel a dû passer le chat de Man et de Japon avant d’être ce qu’il est, comme l'étude de la généalogie de notre animal nous autorise d’ailleurs à le supposer.
- Quoi qu’il en soit, ce caractère semble devoir être considéré comme une anomalie devenue caractère de race, et cela depuis un bien long temps, puisqu’il se reproduit avec une telle persistance dépassant même en vitalité et en force le caractère normal de la queue dans l’espèce Félis catus. Et cependant, pour parler en évolutionniste, ce temps est relativement restreint, comme nous le montre l’étude morphologique du squelette, et le caractère ne nous semble pas définitivement fixé, puisqu’il tend sans cesse à s’accuser davantage.
- Toutes ces questions appellent de nouvelles études quij permettront alors de saisir nettement les relations qui existent entre ces différentes races de chats et en quoi elles diffèrent des autres Félidés à queue courte, c’est-à-dire des Lynx. Dr Anthony.
- CHRONIQUE
- Les vins en 1809. — La direction générale des contributions indirectes a publié les résultats de la récolte des vins de 1899, qui est évaluée à 47 907 000 hectolitres, soit une augmentation de 15 025000 hectolitres par rapport à la récolte de 1898, et de 15 411 000 hectolitres par rapport à la moyenne des dix années antérieures. Dans ces chiffres ne sont pas comprises la Corse et l’Algérie : 250 000 hectolitres pour la première, 4 millions 648 000 hectolitres pour la seconde. Cinquante-six départements présentent une augmentation : l’Hérault (5 515 000 hectol.); l’Aube (2 294 000 hectol.); le Gard (2 157 000 hectol.); les Pyrénées-Orientales (1 million 185 000 hectol.); la Gironde (1 123 000 hectol.); le Yar, les Bouches-du-Rhône, la Charente-Inférieure, la Haute-Garonne, etc., etc. Ces augmentations sont attribuées à la reconstitution du vignoble et aux influences climatériques favorables. Sur le reste du territoire, soit vingt-quatre départements, les gelées printanières, l’oïdium, la grêle ont eu des effets préjudiciables sur la quantité récoltée : dans le Puy-de-Dôme (526 000 hectol.); en Saône-et-Loire (407 000 hectol.); dans l’Aube (246 000 hectol.). La richesse alcoolique moyenne des vins ordinaires est à peu près la même que celle de 1898 ; mais la production des vins à degré élevé a doublé par comparaison avec l’année précédente. En Algérie, la production a diminué, par suite du siroco, qui a desséché les fruits sur plants. En tablant sur les divers prix de vente chez les récoltants, dans les divers départements, on estime que la valeur de la récolte de cette année s’élèverait à 1 249 535 000 francs.
- Les arbres de Paris. — D’après une conférence de M. Mangin, professeur au lycée Louis-le-Grand, voici la statistique des arbres parisiens. Le recensement de la forêt parisienne permet de compter environ 90 000 arbres. Ge total comprend 26 000 platanes, 17 000 marronniers,
- 15 000 ormes. Le reste se compose de sycomores, d’érables, de tilleuls et de quelques arbres d’autres espèces. 11 y a parmi les arbres de Paris un seul chêne et un seul mûrier.... Une des principales causes de mortalité est le manque d'air. Les arbres souffrent beaucoup plus au centre de Paris qu’à la périphérie. Leurs racines aussi manquent d’air. M. Mangin a constaté que l’air qui entoure les racines renferme jusqu’à 25 pour 100 d’acide carbonique. Enfin une dernière cause de mortalité, c’est le sel. En hiver, pour débarrasser les chaussées de la neige, on y projette du sel. Les balayeurs relèvent les boues et entourent les arbres de ces sorbets de neige glacée. Cette pratique est très nuisible. Enfin la réverbération solaire dans les rues agit encore très défavorablement. Aussi les arbres de Paris n’ont le plus souvent qu’une durée éphémère.
- In tunnel sons-marin dans le détroit de Gibraltar. — M. Jean Berlier, ingénieur civil, a conçu le projet de relier l’Europe à l’Afrique par un tunnel sous-marin creusé dans le roc du détroit de Gibraltar. L’établissement d’un tunnel intercontinental sous-marin entre l’Espagne et le Maroc, relié à un chemin de fer entre Tanger et Lalla-Maghnia, serait un succès considérable pour le développement de nos colonies africaines. M. Berlier estime, d’après des sondages, que le tunnel serait assuré de l’étanchéité par l’existence sous le détroit de Gibraltar d’un roc très compact, et que son établissement ne comporte pas de difficultés plus grandes que les entreprises du
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- Saint-Gothard, du mont Cenis, et du Simplon. En se basant sur les chiffres obtenus dans ces travaux grâce au perfectionnement de l’outillage, M. Berlier pense qu’avec des procédés nouveaux qu’il se réserve d’employer le tunnel de Gibraltar, d’une longueur de 41 kilomètres, pourrait être construit en sept ans au maximum et coûter 125 millions. Sur le territoire marocain, il faudrait exécuter le raccordement avec le réseau algérien et créer une ligne de 591 kilomètres environ de Tanger à Lalla-Maglinia, ville frontière du Maroc. Une ligne de raccordement de 58 kilomètres de Tlemcen à Lalla-Maglinia, prévue par la loi du 18 juillet 1879, compléterait le Grand Central algérien duquel se détacheraient les tronçons de pénétration vers le centre de l’Afrique. M. Berlier porte à 118 400 000 fr. la dépense à faire pour la construction de la ligne de Tanger à Lalla-Maghnia. Les frais de premier établissement du tunnel et de la ligne de chemin de fer s’élèveraient ensemble à 242 000 000 de francs environ. L’auteur de ce projet estime que la recette annuelle approximative serait de 15 209 000 francs, et il en fournit les éléments.
- La Consommation du sucre. — Sait-on quelle est la consommation de sucre par tête et par an en France et à l’étranger? M. E. Fleurent, professeur de chimie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers, nous la fait connaître dans un article de la Revue de Physique et de Chimie. En 1898, en Angleterre on a consommé par habitant 41kg,42, aux États-Unis 26kg,90, en Suisse 25kg,64,en Danemark 22k8,15, en Suède et en Norwège 18kg,48, en Hollande 15kg,61, en Allemagne 15kg,71, en France 15 kg, en Belgique 10kg,47. Pour les autres pays, l’Autriche, le Portugal, la Russie, l’Espagne, l’Italie, la Grèce et la Serbie, la consommation est inférieure à 10 kg et descend même à 2 kg.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du'i'i janvier 1900. — Présidence de M. Lévy.
- Lu confection de la carte du ciel. — La construction de la carte du ciel a, d’après les explications données par M. Lœwy, directeur de l’Observatoire de Paris, deux objets bien distincts : 1° Obtenir à l’aide de clichés à longue pose une image de l’état actuel du ciel présentant les étoiles jusqu’à la 14e grandeur; 2° faire des photographies à plus courte pose spécialement destinées à servir à l’établissement de catalogue de plusieurs millions d’étoiles s’arrêtant à la 11e grandeur. Ces deux genres de recherches sont activement poursuivies dans les 18 observatoires qui sur les deux hémisphères participent à l’œuvre commune de la carte du ciel. M. Lœwy présente au nom de M.-Yogel, directeur de l’observatoire de Potsdam, le premier volume d’un catalogue contenant les positions moyennes des étoiles figurant sur 57 clichés obtenus à l’observatoire de Potsdam : ce travail a été exécuté par M. le l)‘ Scheiner, savant déjà très connu par des recherches de photographie céleste. L’Observatoire de Paris, de son côté, a publié, au commencement de 1899, les vingt premières feuilles de la carte proprement dite du ciel. Les efforts des astronomes pour recueillir avec certitude l’image des étoiles de 14“ grandeur, après avoir été longtemps stériles, ont enfin abouti lors du Congrès tenu à l’Observatoire en 1896. La méthode consiste à imprimer au cliché un petit déplacement déterminé après trois poses successives d’une durée d’une demi-heure. Chaque étoile de 14“ grandeur donne alors un petit triangle et
- l’on n'est pas exposé à prendre pour une étoile un grain de la plaque de gélatine. Le travail a été effectué à l’Observatoire de Paris, sous la surveillance des frères Henry et a acquis, grâce à leur habileté, un degré de perfection qui ne sera dépassé nulle part.
- Transformation des clichés ordinaires.—M. Lippmann présente une Note de M. Trillat, relative à la transformation des clichés ordinaires en clichés à coloration interfé-rentielle. Dans ce procédé l’image est obtenue à l’état de lame. Pour y arriver le cliché ordinaire est d’abord soumis à la vapeur d’acide nitrique qui amène l’argent à l’état de nitrate. Ce cliché est ensuite traité par l’hydrogène sulfuré qui le fait virer au noir. L’image est alors lamellaire. Or il existe une relation entre l’épaisseur de l’image et les colorations obtenues. Celles-ci se distribuent en apparence au hasard dans les diverses parties de l’image. Mais on peut provoquer la localisation de certaines nuances voulues, le vert des arbres, le bleu du ciel par exemple. M. Trillat présente en effet plusieurs clichés de ce genre.
- Géologie de la Chine. — M. Michel Levy présente, au nom de M. Leclère, une Note sur la géologie de la Chine méridionale résumant une exploration d’environ 6000 kilomètres qui permettra de relier la géologie du Tonkin aux travaux classiques de MM. Richtofen et Loizy. M. Leclère est allé jusqu’au sud du Se-Tchouen en parcourant les régions les plus importantes du Yun-Nan, du Kouei-Tchcou et du Kouang-Si. Le voyage a été exécuté presque entièrement par voie de terre. Le service de la Carte géologique de France a été chargé de la détermination des échantillons. La contrée comprise entre le fleuve Rouge et le Tonkin forme une région tabulaire, affaissée par gradins séparés par des zones de fractions parallèles à la direction désignée par M. de Richtofen sous le nom de ligne du Grand Khin-Gan et signalée en 1898, comme une ligne d’effondrement par M. Michel Lévy dans son étude sur le réseau tétraédrique. La zone principale se prolonge jusqu’à la côte du Tonkin où elle s’arrête à la rencontre du faisceau de failles du fleuve Rouge. M. Michel Lévy présente ensuite une Note de M. Zeiller sur les végétaux fossiles rapportés par M. Leclère. M. Zeiller a caractérisé deux horizons; l’un est le prolongement de l’étage rhélien du Tonkin déjà étudié par lui et qui se rencontre jusqu’à Tchong-King ; le second horizon qui se rencontre aussi sur les bords du fleuve Bleu répond à l’étage carbo-niférien du centre de la Chine. Ch. be Yillebeüil.
- L’INDUSTRIE DES MATIÈRES C0L0R4NTES
- EX ALLEMAGNE
- 11 y a quelque temps, nous rappelions la série innombrable de produits que peut fournir le goudron de houille, et, dans la liste que nous en donnions, les matières colorantes tenaient une très grande place : comme complément de ces indications, et pour montrer encore mieux le parti que l’on devrait tirer en France de'ces substances, nous voudrions fournir quelques détails sur l’industrie et le commerce, particulièrement prospères, qui se sont fondés en Allemagne simplement sur les colorants extraits des goudrons de houille.
- Précisément, le gouvernement allemand a fait exécuter dernièrement un recensement des différentes industries et professions, et les résultats en viennent
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- d’ètre publiés, ce qui nous permet de posséder des chiffres complets sur le sujet qui nous occupe. Actuellement, il existe dans l’Empire 25 fabriques d’aniline et de couleurs d’aniline, et en outre48 établissements s’occupent de ces produits en même temps ([ue des autres dérivés de la distillation du goudron de houille, acide picrique, acide phénique, etc. Ce qui va bien montrer l’importance de ces industries, c’est qu’elles sont loin de se contenter d’alimenter le marché intérieur: en effet, l’exportation allemande de ces matières colorantes est cinq fois supérieure à celle des autres pays réunis. On conviendra que cela est absolument formidable. En 1885, on exportait un peu plus de4millions dekg d’alizarine, 600 000 kg d’aniline (huiles et sels), et pas tout à fait 4 millions de couleur d’aniline et autres couleurs provenant du goudron. En 1898 (nous négligeons les progrès intermédiaires), les chiffres respectifs ont atteint 9 500 000 kg, 12 560 000 et 19 712 000, c’est-à-dire que, en quinze années, l’exportation de l’aliza-rine a plus que doublé, celle de l’huile et des sels d’aniline est devenue 10 fois plus importante, et enfin celle des matières colorantes proprement dites a quintuplé .
- Ce sont surtout les Indes anglaises, les États-Unis et la Grande-Bretagne qui prennent l’alizarine; pour l’huile et les sels, les meilleurs clients sont encore les États-Unis, la Russie, la Suisse et la France, et enfin les colorants vont principalement dans la Confédération, en Angleterre, en Autriche et en Chine.
- Nous devons dire du reste que, d’une manière générale, l’industrie allemande a fait porter son développement sur tous les produits chimiques, et il y a là une voie féconde que malheureusement nos industriels sont bien loin de suivre avec la même ardeur et le même succès. P. Asciiv.
- lilCYCLE TRAINEAU A GLACE
- Ue nombreux systèmes ont été imaginés pour permettre aux cyclistes de se livrer à leur sport favori sur la glace, la rapidité qu’ils peuvent atteindre devant être alors d’autant plus vertigineuse qu’ils ne trouvent devant eux qu’une surface presque absolument unie. Une compagnie américaine vient de créer dans cet ordre d’idée un dispositif assez curieux et en même temps fort simjde, qui permet
- presque instantanément de convertir un bicycle quelconque en bicycle à glace. Nous en donnons une photographie qui parle fort bien déjà par elle-même en montrant le dispositif en place.
- Pour la roue d’avant, on pose en dessous un simple patin comme un patin de traîneau, et qui se fixe sous le bandage au moyen de deux colliers à écrous embrassant la jante et le pneumatique : celui-ci est suffisamment déprimé par le serrage des écrous pour que le patin ne puisse bouger. La direction, comme la sustentation d’avant, est donc assurée dans les meilleures conditions. Pour la roue d’arrière, il faut évidemment lui donner un double support sur la surface glacée, en même temps qu’un moyen de propulsion sur cette surface.
- On fait donc d’abord reposer l’axe d’arrière sur deux coussinets disposés au sommet de deux triangles de hauteur convenable, qui sont solidaires de deux patins formant un véritable petit traîneau
- pour l’arrière du cycle. Ce traîneau est du reste relié par une tige articulée au pédalier, afin de mieux solidariser tout l'ensemble. Naturellement la roue d’arrière est remplacée par une autre, telle que nous la montre la gravure : elle n’a pas de jante et elle possède 12 rayons ( qui sont, il est vrai, maintenus par une petite couronne légère). Chacun de ces rayons comporte à son extrémité libre une sorte de pointe à glace faite en acier trempé, et montée sur un ressort de tension assez fort pour absorber toutes les vibrations : on comprend en effet que, au fur et à mesure de la rotation de la roue motrice, chaque pointe vient assez violemment pénétrer dans la surface glacée et y prendre appui pour assurer la propulsion du cycle.
- Nous n’avons pas besoin d’insister davantage sur ce système, qui peut naturellement fonctionner tout aussi bien sur la neige durcie que sur la glace. Nous ne savons pas s’il est en état de résister longtemps à des courses à vive allure; toutefois il a du moins l’avantage de permettre en quelques minutes la transformation d’une bicyclette ordinaire en cycle à glace. Cette invention est dans le commerce et appartient à la compagnie spéciale « Ice Cycle Manufacturing Co ». deMihvaukee, Wisconsin, aux États-Unis. P. deM.
- Le Gérant : I*. Massok.
- Transformation d’un cycle en traîneau.
- Paris.
- Imprimerie Lauure, rue de fleurus, y.
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- .Y’ 1- 5 FÉVRIKR 1000.
- LA N À T LU E.
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- Fig. 1. — Canon automatique de 37"/” (Maxim) monté sur affût de campagne.
- Fig. 2. — Mitrailleuse automatique Maxim de 37"'/'“ montée sur pivot cylindrique.
- Dans les différentes rencontres, qui ont eu lieu au Transvaal, l’artillerie anglaise s’est montrée d’une insuffisance notoire. La raison en est Facile à donner. La direction d’artillerie qui avait adopté,
- dans le courant de l’année dernière, un canon de campagne à tir rapide a été surprise par la brusque déclaration de guerre. Elle a du renoncer à entreprendre la construction du nouveau matériel. C’est
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- 28e année. — 1er semestre.
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- L A N ATI UK.
- I;*i
- donc avec l’ancien que les troupes anglaises font actuellement la campagne sud-africaine. Ce matériel comprend des pièces destinées les unes aux batteries montées, les autres aux batteries'à cheval. Elles ont toutes le même calibre 76mm. Seule la longueur de l’àme diffère. Les canons réservés à la cavalerie sont plus courts, partant plus légers. Le poids du ' projectile du canon léger est de 12 livres, 5ks,440, celui du canon lourd est de 15 livres, 6ks,800.
- Les Anglais désignent ces deux canons par les poids de leurs projectiles, pièce de 15 livres, de 12 livres, suivant le cas.
- En cela, ils ont conservé les appellations en usage au temps où les canons se chargeaient par la bouche.
- Ces bouches à feu tirent trois sortes de projectiles, l’obus à balles ou shrapnel, la boîte à mitraille et l’obus à Iyddite ou obus brisant.
- Les shrapnels destinés à éclater, un peu avant de toucher le sol et à couvrir l’ennemi d’éclats, renferment deux cents balles chacun ainsi qu’une charge intérieure de 50 grammes de poudre. La fusée agit, à la fois, comme fusée fusante et percutante. La boite à mitraille, qui doit être employée contre les surprises de l’ennemi, contient 500 balles; son efficacité ne s’étend pas au delà de 500 mètres.
- Enfin l’obus à la Iyddite, qui a amené des protestations de la part des Boers, doit surtout être employé pour la destruction des ouvrages, forts, batteries et parapets. 11 renferme de la Iyddite, matière explosible d’une grande puissance et analogue à la mélinite.
- Le nom de Iyddite lui vient de ce qu’elle a été fabriquée d’abord à Lydd, dans le comté de Kent.
- On prétend qu’un tel obus éclatant au milieu d’un bataillon formé en masse l’anéantirait totalement et sans que les morts présentent aucune trace de blessure.
- Le grand défaut des canons anglais est d’être à tir très lent. Ils appartiennent au vieux matériel dans lequel le chargement se fait successivement. De plus, après chaque coup, la pièce doit être remise en batterie, le pointage renouvelé. D’où il résulte d’énormes pertes de temps. Le canon anglais est donc une arme inférieure, à tous égards, à l’engin extra-rapide, construit par les usines du Creusot et dont les Boers font usagé.
- Pour remédier à cette infériorité, les Anglais ont envoyé au Transvaal un certain nombre de canons automatiques Maxim du calibre de 57mm (lig. 1).
- Dans ces armes, tout se fait automatiquement: le chargement, la mise de feu, l’extraction de la douille. Tous ces mouvements sont produits par le recul résultant du départ du projectile et la rentrée en batterie que commande un ressort antagoniste.
- D en résulte un tir des plus rapides, l’hommç unique qui dessert la pièce n’ayant d’autres fonctions que de maintenir la ligne de mire sur le but et de con^jnuer à appuyer le doigt sur la détente.
- La pièce est muniè d’e deux freins, l’un hydrau-
- lique destiné à limiter le recul, l’autre consistant en un fort ressort à trois spirales qui produira le retour en batterie.
- Le canon proprement dit est enfermé dans un manchon en bronze contenant de l’eau destinée à refroidir constamment « la volée ». A la suite d’un tir précipité, 600 coups en une minute, cette partie de la bouche à feu, en effet, ne tardant pas à s’échauffer considérablement, communique une partie de ses calories à l’eau du manchon. Le liquide entre bientôt en ébullition, se transforme en vapeur, qui s’échappe à travers une ouverture ménagée dans le corps du manchon. L’alimentation de la pièce s’obtient à l’aide d’une ceinture « porte-cartouches ». Les munitions utilisées par les canons à tir rapide Maxim sont, en effet, de véritables cartouches analogues à celles du fusil d’infanterie et n’en diffèrent que par les dimensions.
- Elles comprennent l’étui, son amorce, la charge de poudre, le projectile enfin maintenu dans la douille à l’aide d’un sertissage. Les munitions sont fixées sur la ceinture au moyen d’agrafes et placées dans un coffre qui s’adapte à la pièce elle-même. Cette disposition facilite le déroulement du « porte-car-touches » au fur et à mesure des besoins.
- La pièce est munie d’un système de sûreté évitant que le percuteur ne frappe la cartouche avant la fermeture de culasse.
- On a dit plus haut que le tir, pour être exécuté sans discontinuité, exigeait que le canonnier tînt constamment son doigt appuyé sur la détente. En négligeant de remplir cette condition, on peut procéder au tir coup par coup, au commandement; on presse sur la détente pour l'abandonner ensuite. On règle la rapidité du tir par l’action des deux freins, du ressort à spirale et de l’hydraulique.
- La pièce de campagne est supportée par un pivot qui lui permet de prendre un mouvement de rotation. Lè canonnier, tout en appuyant son épaule sur la crosse de tir, peut donc imprimer un mouvement au canon à droite ou à gauche, d’où résulte un véritable fauchage.
- Quelques données numériques sont nécessaires pour compléter la description succincte que nous
- venons de faire :
- Calibre........................ 57 mm.
- Longueur de la pièce :
- Sans la crosse de tir............... 1 rn. 875
- Avec la crosse de tir............... 2 ni. 225
- Poids de l’obus vide........... 455 gr.
- Charge explosive de l’obus . . 15 gr.
- Poids du projectile plein . . . 056 gr.
- — de la douille.................107 gr.
- — de la charge (poudre sans
- fumée)..................... 55 gr. 5
- Vitesse initiale.................. 549 m.
- Pénétration dans le fer à 50U m. 55 mm.
- — à 600 m. . . . 55 mm.
- Poids du canon. ...... 189 kilogr.
- — de l’affût. ...... 548 kilogr.
- Cette pièce n’est pas seulement utilisée comme
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- canon de campagne; elle se monte également dans les ouvrages de fortification, sur affûts à éclipse, à bord des bâtiments sur des affûts à pivot.
- Tel est le canon automatique de campagne Maxim. Dès son apparition, la marine française se préoccupa d'utiliser cet engin. Malheureusement, malgré divers perfectionnements apportés aux mécanismes, l’arme est restée d’une délicatesse extrême. Exigeant des canonniers consommés, qui la connaissent dans tous les détails, elle paraît peu utilisable à bord et par ce fait a été totalement écartée depuis.
- Un doit s’étonner que les Anglais aient songé à utiliser en campagne, en dépit des difficultés de transport, d’entretien et de réparation, un engin déjà trouvé trop délicat à bord des bâtiments, où l’on dispose cependant de toutes les commodités. De plus, on peut se demander quels effets peuvent produire de tels engins opposés à des pièces de calibre variant entre 75 et 80 millimètres. Le projectile lancé par le canon automatique est huit fois moins lourd que celui dont sont approvisionnées les pièces d’un calibre courant. De plus, les éclats qu’ils produisent, les balles qu’ils renferment sont évidemment en nombre inférieur à ceux des shrapnels. On ne s’étonnera donc nullement d’apprendre un jour que le commandement a relégué au deuxième plan des engins trop compliqués pour être utilisables.
- Pour renforcer leur infanterie, les Anglais ont doté leurs bataillons d’un certain nombre de mitrailleuses de la maison Maxim (fig. 2). Leur fonctionnement reposant sur les mêmes principes que les canons automatiques précédemment décrits, nous n’y reviendrons pas. 11 nous suffira de faire remarquer que la mitrailleuse possède le même calibre que le fusil de l’infanterie. Grâce à cette disposition, on évite les confusions regrettables, qui se produiraient très certainement, s’il fallait constituer un double approvisionnement de munitions, fusils et mitrailleuses étant maniés par les mêmes mains.
- La vitesse de tir obtenue par la mitrailleuse peut atteindre de six cents à sept cents coups par minute. Les ceintures à cartouches contiennent de cent cinquante à quatre cents coups.
- L’engin peut être placé sur toutes sortes de voitures, sur des mulets ou traîné à bras. Un en a construit un modèle plus petit, appelé mitrailleuse légère, qui peut être porté sur un brancard, attaché à une selle de cavalier ou au dos d’un fantassin.
- On exécute le tir soit sur une voiture, soit sur trépied. On dispose également la mitrailleuse sur le parapet des fortifications ou à bord des navires.
- La mitrailleuse légère ne pèse que 25 livres, avec son équipement complet 57.
- Les défenseurs de la mitrailleuse prétendent qu’elle augmente d’un tiers la puissance d’un bataillon. En admettant que cette unité compte 1000 fusils, il faudrait en conclure que 4 de ces engins vaudraient environ 250 hommes. Un seul produirait donc le même effet que 65 fantassins.
- C’est là certainement une considération nulle-
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- ment à dédaigner. 11 reste à savoir si la pratique a répondu aux espérances que nos voisins d’outre-Manche fondaient sur leurs mitrailleuses. Il semble que non.... En effet, l'eau contenue dans le manchon, dans un tir un peu précipité, entre rapidement en ébullition et s’évapore. La déperdition du liquide est alors très sensible. Pour y remédier il faut introduire dans le récipient un litre d’eau en moyenne par minute. C’est là une complication à laquelle il est matériellement impossible de faire face.
- Les Boers n’ont, paraît-il, pas de mitrailleuse. Les succès qu’ils ont obtenus depuis l’ouverture des hostilités nous permettent de conclure qu’ils n’ont pas eu à le regretter. G. de Rosiaxe.
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- LES GRANDS TRANSATLANTIQUES
- LE (( KAISER WILHELM I)ER GROSSE ))
- La transformation qui s’est opérée dans la Hotte à vapeur chargée d’assurer des communications constantes entre l’Amérique du Nord et l’Europe, depuis la mise en service des premiers navires de cette flotte, est peut-être le phénomène le plus remarquable du progrès des moyens de transport en notre siècle. Et cela d’autant que cette transformation se poursuit sous nos yeux, avec des chapitres nouveaux pour ainsi dire de plus en plus intéressants : chaque jour, en effet, apparaissent des transatlantiques dépassant en proportions, en puissance, en perfection d’aménagements, tout ce qui a été fait avant eux. Ces derniers temps ont vu des progrès nouveaux, qui doivent être signalés à nos lecteurs comme les précédents.
- La grande loi générale qui domine ces progrès a été mise admirablement en lumière par un savant anglais bien connu, Sir William White, dans un discours à l’Association britannique.il a montré que les caractéristiques en sont l’accroissement des dimensions et du poids des navires, comme la puissance de leur machinerie, l’augmentation de la pression de la vapeur, l’économie du combustible, une réduction de poids dans l’appareil propulseur, une amélioration dans les formes de la coque et un meilleur choix des matériaux qui la composent. On pourrait ajouter que la pensée dominante de ces modifications aété « toujours plus vite et plus confortablement! » Grâce à soixante années d’efforts, qui aboutissent précisément à ces derniers résultats dont nous voulons parler, la vitesse des transatlantiques est passée de 8n,5 à 22",5, et la durée de la traversée a été réduite à 58 pour 100; les navires ont à peu près triplé de longueur, doublé de largeur, et décuplé do déplacement ; la puissance des machines est 40 fois plus forte, la proportion de celle-ci au poids transporté est quadruple, la eonsbmmation de charbon par cheval-heure n’est plus que le tiers de ce qu’elle était en 1840! Si l’on en était demeuré à la situation dont on se montrait pourtant si satisfait aux débuts de la navigation à vapeur, pour mettre
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- on marche un navire comme la Campania, il faudrait des machines et des chaudières qui, avec le poids du comhustihle nécessaire, représenteraient à
- elles seules précisément un poids équivalent au déplacement total réel de la dite Campania en ordre de route! Pour matérialiser quelques-unes de ces
- AUGLISTA VICTORIA
- FURST BISMARCK
- GREAT BRITAIN
- KAISER WILHELM DER GROSSE ”
- BRITANNIC "&"G ERMAN IC "
- CITY of ROME
- UMBRIA" & “ ETRURIA
- CAMPARIA ” &. “ LUCANIA
- TEUTON!C ” &“MAJESTIC
- Fig. 1. — Une comparaison cuire les (ransatlanliqucs depuis cinquante ans.
- transformations, du moins au point de vue des formes extérieures, nous avons fait dresser, en nous inspirant de diagrammes analogues parus dans notre excellent confrère Engineering, un petit tableau qui permet de comparer quelques-uns des transatlantiques de la première heure avec ceux de l’heure actuelle, et notamment avec celui sur lequel nous voulons spécialement donner des détails, le fameux bateau géant allemand Kaiser Wilhelm (1er Grosse. Dans notre graphique, nous ne le comparons qu’avec les grands navires analogues anglais, les seuls qui puissent supporter le rapprochement, et encore négligeons-nous pour l'instant le second, Oceanic, qui vient de faire ses premiers voyages, et auquel nous
- comptons consacrer prochainement un article spécial. Le nouveau et magnifique transatlantique allemand (dont nous avons attendu, pour parler, qu’il amplement ses preuves) a été lancé par les fameux chantiers Vulcan, de Jlredow, près de Stettin. Ce sont les chantiers les plus importants de l’Allemagne, ils ont débuté en 1851, et ont depuis lors suffi à une production intense : mais il est certain que l’on considère, et à bon droit, le Kaiser Wilhelm comme le plus beau paquebot sorti jusqu’ici de leurs cales. Les dimensions de ce nouveau « lévrier de l’Océan » sont éloquentes par elles-mêmes : il a en effet 197m,50 de longueur sur le pont et 190m,50 à la flottaison, c’est-à-dire entre perpendi-
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- culaires ; sa largeur extérieure est de 20“VlO, son creux sous le pont supérieur de 15m,50, et son tirant d’eau de 8m,50 en pleine charge. La section du maître-couple immergé est do 157 mètres carrés, et le déplacement correspondant est de 20850 tonneaux, alors «pie celui de la Campant a ne dépasse pas 17 000!
- La coque en est tout entière et, comme de juste, en acier; elle est à lond presque plat, sans quille proprement dite, et montée sur 255 membrures, avec un double fond cloisonné en vvater-ballast, d’une capacité de 2000 tonnes; très line de forme, elle affecte, à la ligne d'eau, un peu l’apparence d’une navette de tisserand dont les courbes commencent
- Fig. 3. — Le Kaiser Wilhelm en roule.
- presque dès la maîtresse section. On a prévu naturellement un compartimentage étanche qui comporte 22 cellules, séparées par des cloisons dont IG montent jusqu’au pont supérieur. Puisque nous parlons de pont, nous dirons qu’il en existe 6 étages, sans compter le pont-promenade, au-dessus duquel on trouve encore un pont léger qui a pour but spécial de supporter 'les embarcations, et que domine enfin la passerelle de commandement. La belle vue d’ensemble du navire, que nous devons à l’obligeance de la Compagnie le Norddeutscher Lloyd, complète ce que nous pourrions avoir à signaler de l’apparence extérieure; on y apercevra notamJ ment les quatre immenses cheminées et une mâture réduite, suivant les
- errements ordinaires, à sa plus simple expression, sous la forme de deux mâts à pible en tôle d’acier, qui ne -sont point destinés à porter de voilure.
- Dans ce géant, la machinerie joue un rôle primordial. L’appareil moteur se compose de deux machines à triple expansion à 4 cylindres, dont les diamètres respectifs sont de lm,52, de 2m,28 et de 2m,45, avec une course commune de 1111,7o ; les condenseurs sont séparés, avec pompe à air indépendante, et représentent une surface totale de 5504 mètres carrés. Les arbres à 4 coudes ont 0m,60 au corps, les boutons des manivelles offrent un diamètre deOm,61, et les bras de ces manivelles sont équilibrés par des contrepoids venus de
- Fig. 3. — Un coin d une cabine de luxe.
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- forge. Lu puissance de ces machines est de 27 000 chevaux; elles commandent deux hélices à trois ailes de 0m,80 de diamètre et de 10 mètres de pas; les ailes sont en hronze et rapportées sur un moyeu en acier coulé; chacune pèse 26 tonnes. Nous pourrions ajouter que, outre la machinerie proprement dite, le Kaiser possède 58 machines à vapeur auxiliaires pour les treuils, les servo-moteurs, etc. Quant à la vapeur nécessaire à ces machines diverses, elle est fournie par un ensemble de douze chaudières à double façade et de deux à façade simple, divisées en quatre groupes desservis chacun par une de ces grandes cheminées dont nous avons parlé, et qui ont 3rn,70 de diamètre en s’élevant à 52m,30 au-dessus des grilles. Ces groupes de chaudières, comme les machines, se trouvent dans des compartiments étanches isolés, disposition précieuse en cas de sinistre. Les soutes à charbon sont elles-mêmes divisées en plusieurs compartiments, et elles peuvent emmagasiner une masse formidable de 4500 tonnes de houille, ce que peuvent porter une dizaine de trains de marchandises ordinaires.
- Au point de vue de l’art de l’ingénieur, les questions de confortable sont relativement secondaires, mais nous ne pouvons les négliger, d’autant qu’elles ont, comme nous l’avons vu, une importance considérable dans la transformation des moyens de transport sur mer. Sous ce rapport aussi le Kaiser peut légitimement être pris à titre de modèle : la photographie que nous reproduisons le dit assez, et elle ne montre pas seulement un confortable extraordinaire, mais encore un luxe surprenant. Cet admirable bateau peut prendre 926 passagers de première ou de seconde classe, dans 300 cabines, et 800 de troisième classe; à cette population, il faut ajouter 450 hommes pour l’équipage et le personnel. Dans les cabines, c’est une profusion de peintures et de dorures, et les voyageurs ont à leur disposition tout ce que peuvent demander les plus exigeants, salons de toute espèce, fumoirs, bars, quartiers des enfants, salles de bains munies des derniers perfectionnements, salons de coiffure, etc. Quelques-unes des cabines ont absolument l’aspect d’une luxueuse chambre d’hôtel, et la place n’y est guère plus ménagée; un escalier monumental conduit dans la salle à manger, qui peut recevoir 300 convives, et qui comporte aux quatre coins 4 salles à manger particulières. Les ponts offrent aux désœuvrés des promenades d’un développement extraordinaire. Enfin la table est d’autant mieux servie que les systèmes les plus perfectionnés ont été adoptés pour la cuisine.
- On comprendra que tout cela est bien lait pour abréger considérablement la durée des traversées; mais, ce qui l’abrège surtout, c’est l’allure remarquable à laquelle marche régulièrement le magnifique transatlantique. On avait annoncé que sa vitesse serait de 21 nœuds, et la réalité dépasse de beaucoup tous les jours cette espérance. Si, en effet, nous étudions quelques-uns de ses parcours vers l’Europe, pendant l’année 1898, nous voyons que sa vitesse
- pu atteindre 22",51 et 22 nœuds; la distance couverte dans une seule journée a été parfois de 580 milles marins ! Bien entendu le temps ne permet point toujours d’obtenir un pareil résultat, mais ce qui montre les conditions excellentes dans lesquelles ce navire a été construit, c’est qu’à son premier voyage, alors qu'il n’avait encore fait aucun essai préliminaire, il effectuait la traversée à une allure moyenne de 21",39. Et il faudrait ajouter que, à ces vitesses vertigineuses, qui ont été longtemps considérées comme impossibles sauf pour les torpilleurs, le Kaiser se comporte admirablement, et les passagers ne sentent pour ainsi dire aucune de ces vibrations si pénibles dans la navigation à grande vitesse.
- Le résultat acquis est des plus remarquables; nous dirons prochainement comment les Compagnies anglaises essayent de ne pas se laisser devancer dans celte lutte à travers l’Océan.
- Daniel Bei.i.et.
- IN-SALAH
- Au sud de notre colonie algérienne existe une vaste zone peu connue confinant le grand désert du Sahara. Depuis quelques années nous cherchons à y établir une influence effective voulant faire de l’Algérie un centre en relation directe avec nos autres colonies africaines.
- Les missions envoyées dans ces régions et principalement au Touat ont toujours eu à souffrir non seulement de la soif et de la chaleur torride, mais encore et surtout de l’inimitié de certains chefs acharnés contre notre pénétration.
- Le Touat forme un vaste archipel d’oasis qui se développe sur une ligne courbe de près de quatre cents kilomètres du nord-ouest au sud-est séparant le grand Sahara du Sahara algérien. Un point important pour notre domination était la possession d’un centre, l’oasis d’In-Salah, où se fomentaient toutes les inimitiés contre la France et où nos missions avaient jusqu’à présent malheureusement échoué.
- C’est dans le Tidikelt que se trouve cette oasis qui est le principal entrepôt de la route qui joint le Maroc à la Tripolitaine, et qui passe par la Tafilet, le Touat et Ghadamès.
- In-Salah ou Aïn-Salah est à trois cent quatre-vingts kilomètres sud-ouest d’El-Goléah, un de nos postes les plus avancés de l’extrême sud algérien à neuf cents kilomètres d’Alger par la route de Laghouat et qui est le point d’intersection des principales routes du Sahara septentrional allant du M’zab et de la Tunisie vers le Touat et Tombouctou et du Maroc vers Ghadamès et Tripoli.
- In-Salah est depuis quelques semaines occupé par la France et cette conquête nous la devons en partie à la mission Flamand.
- La mission scientifique Flamand patronnée par les ministères de l’Instruction publique et des Colonies était partie d’Ouargla, protégée par une petite troupe, le 28 novembre dernier ; elle avait pour but d’explorer le Mouydu, ainsi que la région d’Adjemor et de faire connaître la géologie, la botanique et l’hydrologie de ces contrées.
- Le 28 décembre elle entrait à In-Salah après avoir repoussé une attaque de nombreux ksouriens ayant à leur tête les chefs ennemis de notre pénétration. Des renforts
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- LA NAITRE.
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- venus d’EI-Goléah assurent désormais nos droits sur la région.
- [n-Salah appelé par les indigènes ksar Aïn-Salah, et aussi ksar el-Kebir, est peuplé de plusieurs milliers d’habitants, des Arabes, des llarratins, des Touareg et des nègres.
- Les nombreux palmiers de toute la région du Tidikelt produisent en quantité des dattes des espèces marchandes les plus recherchées par les Arabes nomades et les Touareg Ahaggar dont In-Salah et le Tidikelt sont les seuls marchés.
- In-Salah est le centre d’un commerce de transit important. Par sa situation géographique c’est l'entrepôt et l’étape obligée des marchandises venant du nord, du sud-est et du sud. Les caravanes de Ghadamès, de Ghat, du Fezzan y entreposent surtout des cotonnades blanches et bleues et des produits manufacturés à destination de Tombouctou et du Soudan.
- L’industrie locale, de son côté, produit des tissus de laine recherchés. On élève de nombreux chameaux, des ânes, dans les pâturages abondants de la « raba » ou plaine dans laquelle se trouvent de nombreux puits.
- Ksar el-Kebir est situé par 0° G' de longitude est et par 27° 17' 50" de latitude nord.
- In-Salah avait déjà été visité par plusieurs missions françaises, mais aucune n’avait pu y séjourner; désormais ces régions font partie de notre domaine colonial.
- T. Obalskt.
- LES
- ÉLÉPHANTS AU SIAM ET AU CAMBODGE1
- Un ambassadeur du roi de Siam, qui vantait jadis au roi de Golconde la puissance de son maître, s’attira cette réponse : « Oui, les Etats du roi de Siam sont plus étendus que les miens; mais, moi, je règne sur des hommes, et votre maître sur des bois, des éléphants et des moustiques. »
- D’immenses forêts presque impénétrables couvrent en effet plus de la moitié des royaumes de Siam et de Cambodge, et elles sont si malsaines que les indigènes eux-mêmes n’y séjournent qu’avec répugnance. Quant aux Européens, il leur suffit quelquefois d’y passer une nuit pour être atteints d’une maladie qui pardonne rarement : la fièvre des bois2.
- Mais si ces vastes forêts sont rarement visitées par l’homme, elles renferment en revanche un nombre considérable d’animaux et de bêtes fauves de toutes espèces.
- Le plus remarquable de tous est l’éléphant, sans contredit le roi de ces solitudes. Il atteint de 11 à 15 pieds de haut, et, si sa férocité égalait sa force, il n’y aurait pas d’animal plus dangereux.
- Le Siam est peut-être aujourd’hui, avec le Cam-
- 1 Yoy. La Chasse aux éléphants à Ceylan, 1887, I, 258.
- - Henri Mouhot, le célèbre explorateur, qui a laissé une relation si intéressante de ses voyages à travers l’Indo-Chine, mourut en 1861 de la fièvre des bois dans les forêts de Luang Prabang. Et combien d'autres voyageurs ont rapporté des germes mortels de leur passage dans ces sombres forêts ! Auguste Pavic, qui a parcouru pendant près de trente ans l’immense presqu’île indp-cliinoise et qui occupe aujourd’hui avec Marchand le premier rang parmi nos explorateurs, est le seul Européen qui ait pu braver impunément la fièvre des bois.
- bodge, la seule contrée où l’on puisse rencontrer des troupes nombreuses d'éléphants. Aussi sont-ils assez en honneur dans le pays pour que l’on retrouve leur image sur le drapeau national et sur les monnaies. Jamais il n’y a de fêtes à Bangkok — et elles sont nombreuses — sans que l’on n’aperçoive quelques éléphants richement harnachés dans le cortège. Les enfants du roi vont journellement se promener à dos d’éléphant. On les rencontre dans les rues, juchés sur l’énorme animal dans une sorte de cage en bois doré, merveilleusement sculptée.
- Dans l’intérieur du pays, où les routes sont un luxe inconnu, les éléphants constituent une précieuse ressource surtout pendant la saison des pluies. Alors le Ménam et le Mékong inondent toute la contrée et, lorsqu’il n’y a pas assez d’eau pour aller en barque, force est de recourir à l’éléphant. Tantôt en marchant, tantôt en nageant, il parcourt des distances considérables ; mais il faut bien avouer que cette façon de voyager n’a rien d’agréable. Aussitôt que le lourd pachyderme prend le trot ou le galop, il secoue abominablement les patients perchés sur son dos. Il faut se cramponner à la cage pour ne pas être jeté contre ses voisins ou précipité à terre. Les voyageurs, sujets au mal de mer, éprouvent tous les effets de cette maladie lorsqu’ils emploient ce moyen de locomotion. Ainsi j’ai vu quelques-uns de mes compagnons, pendant mes voyages au Siam et au Cambodge, endurer d’intolérables souffrances et vomir constamment lorsque l’inondation nous obligeait à nous servir d’éléphants.
- Parmi les éléphants sauvages, il n’y a guère que les solitaires qui attaquent les hommes. Ceux qui vivent en troupes ne sont à craindre que pour les chasseurs.
- Au Siam il y a, tout près d’Ayuthia, l’ancienne capitale détruite par les Birmans au siècle dernier, un immense labyrinthe formé d’énormes troncs de teck, dans lequel on prend chaque année un très grand nombre d'éléphants. Ce labyrinthe, très étroit à l’une de ses extrémités, va peu à peu en s’élargissant et, tout près de la forêt, son ouverture est de 2 kilomètres environ.
- On laisse aller dans les bois des femelles déjà domptées, puis, lorsque le roi, qui prend un vif intérêt à cette chasse, est arrivé, les gardiens sonnent de la trompe. Les femelles, habituées à ce signal, reviennent et sont accompagnées par les mâles sauvages qui s’engagent, sans défiance, à leur suite dans le labyrinthe. Ils ne commencent à soupçonner un piège qu’en approchant d’Ayuthia, mais déjà il est trop tard; car, s’ils veulent revenir en arrière, les femelles les frappent avec leur trompe et les contraignent ainsi à avancer.
- Le labyrinthe se resserre bientôt de telle façon que les éléphants ne peuvent plus se retourner. C’est le moment attendu par les chasseurs.
- Ils laissent aller les femelles et, à travers la palissade, passent habilement des entraves aux mâles lorsque ceux-ci arrivent en face d’eux.
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- LA NATURE.
- C’est une opération fort périlleuse pendant laquelle des hommes sont fréquemment broyés par les éléphants que la terreur de se voir pris rend furieux. Seulement, comme ce ne sont que des esclaves du roi, leur mort n’a aucune importance. D’autres sont là qui les remplacent séance tenante.
- Les captifs, attachés à un poteau, jeûnent pendant quelque temps, puis on leur donne des friandises, et, en les traitant avec douceur, on les apprivoise assez vite. Il 11e faut généralement pas plus de six mois pour rendre un éléphant docile. Ceux qui restent, intraitables sont l’intime exception.
- D’immenses hangars abritent à Ayuthia les nombreux pachydermes du roi, et une véritable armée d’esclaves va tous les jours couper au loin l’herbe nécessaire à leur nourriture. Ces esclaves sont des
- condamnés à vie, comme en France les condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Au Siam, lorsqu’un coupable ne paraît pas aux juges mériter tout à fait la mort, ils l’envoient couper de l’herbe pour les éléphants pendant le reste de son existence.
- Cette chasse est réservée au roi, à qui appartiennent tous les éléphants du royaume. Quelques chasseurs audacieux, tentés par les défenses (pii sont fort recherchées, bravent les sévères pénalités de la loi; mais ce sont surtout les Laotiens qui, grâce à leur éloignement, peuvent enfreindre impunément la défense royale. Ils mangent certaines parties de l’animal, telles que la trompe qui est un mets fort délicat, et vendent l’ivoire à des marchands birmans, venus de Moulmeïn ou même de Pegou.
- Ceux qui sont munis de fusils sont des privilégiés,
- la plupart se servent de flèches empoisonnées qui tuent infailliblement l’éléphant lorsque celui-ci ne peut les arracher tout de suite de la plaie.
- Souvent les indigènes creusent sur le passage du pachyderme des fosses profondes qu’ils dissimulent sous des herbes et des branchages. Malheureusement, les gens qui ne sont pas prévenus y tombent parfois, et il est arrivé à un missionnaire de s’empaler, il y a quelques années, sur un pieu placé au fond d’une de ces fosses.
- On prétend aussi (pie certains indigènes -vont s’embusquer sur les rives escarpées des arroyos aux endroits adoptés par l’éléphant pour venir se désaltérer chaque jour. Au moment où celui-ci s’accroupit sur son arrière-train, afin de ne pas glisser dans l’eau à cause de la rapidité de la pente, ils lui enfoncent habilement dans le pied, entre le sabot et la chair, une cheville de cuir empoisonné, et s’enfuient avant que l’énorme bête ait eu le temps de se
- retourner. Peu après le pied enfle, l'éléphant, incapable de marcher, se couche et les chasseurs qui ont suivi sa piste le tuent et s’emparent de ses défenses.
- J’ai entendu plusieurs fois des indigènes parler de cette chasse, mais je n’ai jamais pu y assister. J’avoue qu’elle me laisse un peu incrédule, car elle exige une témérité extraordinaire, et les Cambodgiens, aussi bien que les Siamois, sont loin d’être des gens audacieux.
- Deux ou trois fois par an, les Européens, en résidence au Cambodge, organisent de grandes chasses pendant lesquelles on tue toujours plusieurs éléphants.
- M. Huyn de Yerneville, que de fâcheuses circonstances ont obligé en 1897 à quitter Phnom Peuh, où il remplissait depuis dix ans les fonctions de résident supérieur, conviait fréquemment ses amis à de mémorables battues dans les forêts royales, qui duraient des semaines entières. Des centaines d’es-
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- claves, mis gracieusement à sa disposition par S. M. Norodom, rabattaient les éléphants sur les chasseurs qui rapportaient toujours quantité de défenses.
- Mais les tireurs doivent être bien sûrs de leur habileté pour attaquer ainsi l'éléphant en lace. S’ils ne le tuent pas sur le coup, ils courent les plus grands dangers. L’animal furieux se précipite sur son agresseur avec une vitesse vertigineuse, et si celui-ci n’a pas le temps de grimper sur un arbre, il le broie sous ses pieds après l’avoir jeté en l’air avec sa trompe. Et encore faut-il que l’arbre soit assez fort pour résister aux formidables secousses que lui imprime le pesant animal lorsqu’il voit son
- ennemi lui échapper. Des arbres de la grosseur d’un enfant ont été renversés ainsi par des éléphants blessés légèrement. Au besoin ils enlèvent la terre avec leur trompe et mettent les racines à nu, sachant bien qu’ils auront ensuite moins de difficultés à triompher de l’obstacle.
- Les rois de Siam offrent quelquefois à leurs sujets le spectacle de combats de buflles et d’éléphants. La lutte est longue et acharnée entre ces animaux. L'éléphant cherche à terrasser son adversaire avec sa trompe ou à le clouer au sol avec ses défenses; mais il ne parvient pas toujours à éviter les redoutables cornes du buffle qui lui font de dangereuses blessures. 11 arrive même que la victoire
- Fig. 2. — Le labyrinthe d’Ayuthia.
- reste à ce dernier et que l’éléphant affolé prend la fuite en renversant tout sur son passage.
- Dans l’intérieur du palais du roi à Bangkok, il y a un grand bâtiment affecté au logement des fameux éléphants blancs qui ont été l’objet de tant de fables en Europe.
- D’après la religion bouddhique c’est par l’opération d’un éléphant blanc que Mahà Devi aurait conçu Bouddha, de là le respect dont on a longtemps entouré cet animal qui possède à la cour un grand nombre d’esclaves et qui a . même le titre de mandarin de première classe.
- Lorsqu’on apprend qu’un chasseur est parvenu à s’emparer d’un éléphant de cette couleur, il y a de grandes fêtes à Bangkok et dans tout le royaume. L’animal sacré est amené en grande pompe au
- palais du roi où on lui fait une réception solennelle.
- Le roi, entouré de ses ministres, de sa famille et des plus hauts dignitaires de la cour, l’attend assis sur son trône et l’accueille avec autant d’honneurs que si c’était un personnage royal. 11 lui donne une garde, une place dans le palais et un certain nombre de serviteurs chargés de le soigner et de le nourrir. Celui qui l’a capturé est anobli ainsi que toute sa famille.
- J’ai remarqué que ces éléphants étaient bien plutôt jaunes que blancs et je ne serais pas étonné que leur couleur fût simplement due à une maladie de peau.
- Il m’a semblé pendant mon séjour au Siam que l’antique vénération des indigènes pour l’éléphant blanc était beaucoup moins profonde. Le temps n’est
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- plus oh tout le royaume se trouvait plongé dans la désolation parce que le dernier éléphant blanc du palais venait de mourir et qu’on ne parvenait pas à en découvrir un autre. Tous les hommes valides fouillaient les forêts, les chasseurs s’aventuraient dans les endroits réputés inaccessibles pendant que les vieillards, les femmes et les enfants remplissaient les pagodes. Un roi faillit même être détrôné, car on prétendait que sa vue n’était pas agréable à Bouddha et que le dieu refusait pour cette raison d’envoyer un éléphant blanc aux Siamois. Il tremblait pour sa couronne et même pour sa vie lorsqu’on apprit que des Laotiens venaient d’en capturer un.
- La joie fut immense et le roi, plus heureux que tous ses sujets, leur donna des fêtes merveilleuses qui se prolongèrent pendant trois mois.
- Aujourd’hui le palais des divins pachydermes est bien déchu de sa splendeur passée. Les dorures sont ternies, les planchers à demi pourris, les colonnes dégradées. Enfin les serviteurs attachés à leur service leur présentent leur nourriture sans beaucoup de respect et ne se donnent même plus la peine d’enlever les ordures. Assurément, si le roi Phra Mahà Mongkut, qui avait la plus grande vénération pour ces pachydermes, revenait dans son palais et voyait la négligence avec laquelle on les soigne, il enverrait immédiatement au supplice les esclaves irrespectueux et semoncerait vertement son fils Chula Long Korn.
- Le temps n’est pas éloigné où le culte de l’éléphant blanc n’existera plus qu’à l’état de souvenir. On lui réservera peut-être toujours une place dans le palais du roi, mais ce sera uniquement pour respecter la tradition. La curiosité seule amènera des visiteurs dans son écurie. , Francis Mury.
- Ancien commissaire üe la Marine.
- L’HEURE EN EUROPE
- i
- Depuis la loi du 15 mars 1891, l’heure légale en France, en Algérie et même dans la Régence de Tunis est l’heure temps moyen de Paris. Cette substitution de l’heure de Paris en chaque point de la France est entrée dans nos habitudes; on y avait du reste été préparé partout par l’heure des chemins de fer qui, intérieurement, marquaient déjà l’heure de la capitale. Est-il besoin de rappeler que, avec la Grèce, l’Espagne et le Portugal, nous faisons sous ce rapport bande à part en Europe. On a adhéré presque partout, à côté de nous, au système des fuseaux horaires, en prenant pour point de départ le méridien de Greenwich qui diffère de celui de Paris de 210Q 215. Paris avance sur Londres de 9m21\
- On a découpé l’Europe en un certain nombre de fuseaux, comme Font fait les Américains pour leur pays. Chaque fuseau a son heure propre. Le premier fuseau a pour centre Greenwich. C’est l’heure anglaise partout entre les limites de ce fuseau. On l’a dénommée l’Heure de l’Europe occidentale. Si nous acceptions cette heure occidentale en France, nous aurions l’heure anglaise, l’heure de Londres.
- Le second fuseau suit le premier à l’Est; dans celui-là, on est au régime de l’Heure de l’Europe centrale. L’heure centrale est exactement en avance de 1 heure sur celle du fuseau précédent. Quand il est midi à Londres, il est une heure à Berlin. Dans le troisième fuseau, c’est l’Heure orientale qui fait la loi ; elle avance de 1 heure sur le précédent, soit de 2 heures sur l’heure de Greenwich. Et ainsi de suite tout autour du globe. Ce mode d’unification des heures est ingénieux et pratique.
- Dans le premier fuseau, heure occidentale, nous trouvons l’Angleterre, la Belgique, la Hollande et le Luxembourg. Dans le second fuseau, heure centrale, nous rencontrons l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Bosnie, l’Uer-zégovine, le Danemark, l’Italie, la Serbie, la Suède, la Norvège et la Suisse. Au troisième fuseau, heure orientale, se rattachent la Bulgarie, la Roumanie et les chemins de fer de Turquie.
- Non seulement la France est restée en dehors du concert européen jusqu’ici, mais encore la Russie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce. Fin Russie, l’heure légale est celle de Saint-Pétersbourg, adoptée presque exclusivement sur les chemins de fer russes. Au reste, la différence sur l’heure orientale d’Europe est très petite, quelques minutes. En pratique, c’est l’heure du fuseau oriental.
- Fin Espagne, l’heure légale est l’heure temps moyen de Madrid, qui retarde de 2 im fi’ sur l’heure légale de France. Dans le Portugal, on a adopté l’heure de Lisbonne, qui retarde de 46 minutes sur l'heure de France.
- Quand donc, nous franchissons la frontière de l’Est pour gagner la Relgique, la Hollande, il faut corriger notre montre et lui faire marquer l’heure du premier fuseau, soit l’heure anglaise. II faudra la retarder de dix minutes en gros. Quand nous arrivons aux douanes de l'Àlsace-Lorraine ou de la Suisse, nous serons dans le deuxième fuseau, heure centrale d’Europe, avec une avance de une heure sur l’heure de Greenwich. Il sera indispensable pour nous Français de faire avancer l’aiguille de 1 heure moins 9m21% soit de 50m59\ Si l'heure était à Paris 9 heures, il faudra lire 9h50m59s.
- Nous disons Lien lh50m 39s!
- Nous soulignons, parce que, d’habitude, on dit toujours l’heure centrale avance de 55 minutes sur l’heure de France. Je me rappelle à ce propos l’histoire d’un voyageur. Il achète un magnifique chronomètre en Suisse. 11 le règle, avant de rentrer à Paris, sur l’horloge du Bureau central des postes de Berne, heure officielle et exacte, transmise chaque matin par l’Observatoire du Dr Hirsch de Neuchâtel. 6 heures précises. Il prend le train et se dit : Demain matin, à Paris, ma montre marquera exactement 55 minutes de trop. 11 arrive à 6h 15 gare de Lyon. Le chronomètre marquait 7h10. Les horloges de Paris indiquaient 7h 4m et quelques secondes! Plus de 5 minutes d’écart en douze heures! Et le chronomètre coûtait 1200 francs! Quel désenchantement!
- Le chronomètre allait bien. C’est l’acheteur qui avait mal calculé en appliquant un chiffre faux. On dit en Suisse que la différence est de 55 minutes entre les heures, parce que les horaires français impriment, en effet, un écart de 55 minutes. Mais on oublie que nos chemins de fer ont la-vieille et détestable habitude d’indiquer à l'intérieur des gares une heure qui est en retard de 5 minutes sur l’heure légale. Par suite, l’écart marqué sur les horaires passe de 50 minutes à 55 minutes. Mais, en réalité, il est bon de s’en souvenir, la différence réelle entre l’heure de Paris et l’heure centrale est de
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- 50 minutes 59 secondes. Avis aux touristes et aux amateurs de l’heure exacte.
- Depuis plusieurs années, on a agité la question de savoir si nous continuerons en France à conserver notre heure ou si nous finirons par nous rallier à l’heure des fuseaux européens, entraînant par contre-coup une réforme analogue en Grèce, en Espagne et en Portugal. Les avis sont très partagés à cet égard. Adopter l’heure occidentale c'est, quelque subterfuge auquel on ait recours, adopter le méridien de Greenwich, proposition que nous avons rejetée avec le Brésil à la conférence internationale de Washington. Faut-il revenir sur cette décision, faut-il faire litière de certains sentiments respectables et accepter franchement l’heure du réseau européen"? En projet de loi, dans ce sens, ou à peu près, présenté par M. Louis Boudenoot, a été adopté le 24 février 1898. 11 a réuni beaucoup d’adhésions. Ce projet est actuellement soumis au Sénat. Nous y reviendrons tout spécialement dans un prochain article. Henri de Parvili.e.
- ALIMENTATION DE LONDRES
- Voici quelques chiffres que nous empruntons à la Quarterhj Review, et qui ne sont pas sans donner quelque raison à ceux qui prétendent qu’il ne serait pas difficile d’afl'amer l’Angleterre.
- En 1898, Londres a reçu de l’étranger ou de ses colonies 53 660 tonnes de blé. Les Etats-linis ont fourni 16120 tonnes, plus de la moitié, la Bussie un septième, 5870. Londres mange annuellement 76 000 tonnes de viande. Mais la quantité totale débarquée à Londres est de 450 000 tonnes, dont 200 000 tonnes de bœuf et de veau et 170 000 de mouton.
- Autrefois le fournisseur principal était la Hollande, puis le Danemark. Aujourd’hui, tout vient des États-Unis, du Canada et de la République Argentine. La proportion de viande morte à la viande sur pied est de 5 à 1. Londres reçoit 200 000 tonnes de poisson ; on estime la consommation par tête à 50 kilogrammes dans la capitale. Quant aux fruits, les oranges dominent. On importe 908100 hectolitres d’oranges, 246 600 hectolitres de citrons, 297 600 hectolitres de pommes, et les autres fruits 2 millions d’hectolitres. Le raisin vient d’Espagne, de Turquie d’Asie, les pommes du Canada, les citrons d’Italie, les oranges d’Espagne, les poires de France, les figues d’Espagne, du Portugal, etc. J. F. G.
- LE KÉFIR DANS L’ARMÉE
- Depuis trois ans, on emploie pour apaiser la soif des hommes, au 126e régiment d’infanterie en garnison à Toulouse, une boisson hygiénique, alcoolique, sucrée et mousseuse qui revient à moins de un sou le litre, exactement quatre centimes et demi! Cette boisson, semble-t-il, pourrait rendre les mêmes services dans les autres régiments et aussi dans les usines, ou même dans l’alimentation journalière'de tout le monde, ceux surtout pour qui le vin est un peu trop cHer et l’eau un peu trop claire.
- Cette boisson, sur laquelle M. J. Casteret, médecin-major de lre classe, vient d’appeler l’attention dans un petit travail couronné par l’Académie de médecine1, doit porter le nom de Kéfir à Veau. Le Kéfir ordinaire est,
- 1 J. Casteret, Le kéfir à Veau comme boisson hygiénique dans l’armée. (Ext. de la Presse médicale.)
- on le sait, une boisson préparée par les habitants du Caucase avec du lait de vache et des boules d’un ferment spécial, contenant une association d’une levure avec trois sortes de microbes, dont deux sont indispensables à la fermentation. Le Kéfir du 126e n’a de rapport avec cette boisson que par son ferment qui est le même ; mais le liquide qu’il fait fermenter n’est que de l’eau sucrée.
- Les graines de Kéfir ressemblent à des miettes de pain desséchées; mises dans un liquide, elles se gonflent, décuplent de volume et ressemblent à des boules gélatineuses. On peut en acheter chez les pharmaciens ou les droguistes pour les premiers essais. Plus tard, dans le liquide sucré, les boules se multiplient à qui mieux mieux et on peut en ensemencer d’autres barils. Ceci dit, voici la « recette » pour fabriquer ladite boisson :
- Pour un litre de graines de Kéfir, mettre deux litres d’eau et 50 grammes de cassonade brune par litre d’eau. Remuer le mélange. Laisser ainsi trois jours dans une cruche ou tout autre récipient, qu’on recouvrira à cause des mouches et des poussières, mais que l’on ne fermera pas trop hermétiquement pour que les gaz puissent se dégager. Au bout de trois jours, remuer encore et mettre dans des bouteilles, que l’on ne remplira pas complètement et dont on fixera les bouchons, qui sauteraient sans cette précaution. Boire après deux ou trois jours de bouteille. On doit de préférence prendre de la cassonade provenant de canne à sucre ; la cassonade brune contenant des impuretés, il faut la passer à travers une mousseline, après l’avoir fait dissoudre avant de la mettre dans la cruche. Au lieu de mettre en bouteille, on peut mettre en baril, au troisième jour, en ayant soin de tamiser le, liquide pour ne pas perdre de ferment. 11 est à noter que le ferment doit fonctionner tout le temps dans du liquide sucré, ou être amené à l’état sec; sans ces précautions, il s’altère. Le Kéfir peut se préparer à toutes les températures;
- Le Kéfir à l’eau est parfaitement liquide, jaunâtre comme du vin blanc trouble. L’odeur, un peu aigrelette, rappelle celle du cidre et du poiré. Le goût est acidulé, aigrelet ; il tient à la fois de la piquette et du cidre. Mousseuse et très rafraîchissante, c’est une boisson agréable à boire. 11 y a environ, par litre, lgr,4 de sucre,
- I gramme d’acide, 16 grammes de sucre et 2 grammes d’acide carbonique.
- Le Kéfir est très estimé au 126e; car, au retour des marches, en été, un demi-verre suffit à calmer la soif.
- II n’a qu’un inconvénient : celui de ne pouvoir se fabriquer en manœuvre. Mais on ne peut pas tout avoir.
- En somme, on peut conclure avec M. Casteret, que le Kéfir à l’eau a été une heureuse innovation dans l’alimentation du soldat. Son goût acidulé, son action rafraîchissante en font une boisson agréable, très appréciée des hommes. Il n’exerce aucune influence fâcheuse sur la santé; au contraire, il a une action favorable sur l’organisme. Il est, par l’alcool et l’acide carbonique, un léger stimulant des fonctions digestives; la quantité de sucre qu’il renferme en fait un vrai tonique musculaire. L’examen bactériologique montre que le Kéfir n’est pas un bouillon de culture ; il vaut mieux que l’eau qui a servi à le préparer, car la fermentation paraît gêner le développement de certains germes pathogènes.
- Mis en bouteilles, le Kéfir saute comme du champagne — du champagne à un sou le litre ! — Cela, évidemment, n’ajoute que peu à sa bonté, mais n’est-ce rien que de donner un peu d’illusion? C’est peut-être ce qu’il y a de meilleur dans la vie. Henri Coupin.
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- LE XIEUX PARIS A L’EXPOSITION DE 1900
- Nous avons déjà parlé de la restitution du Vieux Paris lors du commencement de sa création sur le (juai de Billy [très du pont de l'Alma1. Actuellement l’œuvre de M. Robida est fort avancée et tout sera prêt sans nul doute à la date d’ouverture. Les rues principales et les ruelles sont pavées, les sculptures et agréments extérieurs qui doivent orner les façades des maisons de bois et des monuments plus importants, sont posés. Il ne reste plus à faire (pie des travaux de décorations intérieures, encore sont-ils achevés dans maints endroits.
- La belle salle située au-dessus des balles et qui doit servir de grand théâtre est fort imposante d’aspect avec ses superbes charpentes en bois apparents et ses galeries ornées de balustrades sculptées. Du
- dehors, on aurait peine à se figurer la grandeur du Vieux Paris. U serait difficile de se rendre compte que cette salle du grand théâtre des halles, peut contenir aisément 1900 personnes et que ces abords seront larges et faciles pour une grande circulation de spectateurs. Dans le palais du Vieux Châtelet, la salle du premier étage servira également de salle de spectacle. On y représentera des mystères et on y jouera des pièces anciennes. Cette salle sera très riche comme décoration : les deux extrémités seront occupées par de larges fenêtres en ogive, garnies de vitraux; sur les bas-côtés, des galeries formant loges contiendront des spectateurs. De grandes statues de rois aux costumes brillants rehaussés d’or, compléteront, avec la voûte peinte bleu d’azur et toute fleurdelisée,
- la décoration de cette élégante salle qui pourra contenir au moins 600 personnes.
- La jolie petite chapelle Saint-Julien des Ménétriers est presque achevée. On peut admirer déjà les sculptures gracieuses de son portail composées de chérubins aux ailes déployées jouant chacun d’un instrument dilièrent et de statues originales de saints divers. L’église Saint-Julien des Ménétriers était autrefois située rue Saint-Martin non loin de l’église Saint-Méry. Jacques Grure et Ilugues le Lorrain, deux jongleurs qui vivaient en l’an 1321, fondèrent cette église en ayant soin de construire tout auprès un hôpital. Cet hôpital servait aussi d’asile aux ménétriers et aux jongleurs étrangers qui passaient par la ville de Paris.
- Grure et Hugues eurent grand’peine à achever leur œuvre, car c’est par des quêtes nombreuses qu’ils arrivèrent à réunir la somme suffisante aux
- 1 Voy. n° 1348, du 25 mars 1809, p. 268.
- frais de la construction. En 1335, tout était enfin terminé, mais il fallait encore songer à l’entretien d’un chapelain. Les ménétriers, jongleurs et jongle-resses en payèrent les frais. Ces braves gens avaient formé une corporation à Paris; ils habitaient la même rue, celle des jongleurs qui devint plus tard la rue des Ménétriers. Elle a disparu lors du percement de la rue de Rambuteau en 1838. Cette corporation était gouvernée par un « Roi » et par le prévôt de Saint-Julien. Les ménétriers, ainsi associés, avaient seuls le droit de jouer de leur musique aux fêtes et aux noces qui se célébraient dans Paris. Si les ménétriers étrangers s’y présentaient et s’ils osaient s’y faire entendre, ils étaient aussitôt condamnés à une amende. Le dessin (fig. 1) représente le carrefour de Saint-Julien des Ménétriers qui devait être si joyeux au xive siècle. Nous aurons en 1900, durant toute la durée de l’Exposition, des concerts sacrés donnés par les chanteurs de l’église Saint-Gervais, dans cette chapelle Saint-Julien du Vieux Paris.
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- LA NATURE.
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- La ligure 2 donne l’aspect de l’ancienne rue du Rempart qui commençait à la rue Saint-Honoré pour Unir à la rue de Richelieu, non loin aujourd’hui de la place du Théâtre-Français. Cette rue fut construite sur l’emplacement d’une partie du rempart achevé en 1585 qui se joignait à la porte Saint-Honoré. En 1656 cette petite rue fut appelée rue Champin, elle avait sans doute encore ses jolies maisons en encorbellement avec bois apparents et leur pignon élevé. Bientôt on lui rendit son premier nom.
- En 1850, la rue du Rempart existait encore; elle
- 1'
- Fig. 5. — Maison et cabaret de la Pomme de Pin.
- d’avoir du vin », du cabaret de la Pomme de Pin, ainsi que dans son « Grand Testament », stropheXCI.
- Notre figure 4, enfin, donne un aperçu des maisons pittoresques qui longeaient la Seine du temps de François 1er, ({liai de l’École. Sur le {dan de tapisserie (1512-1547), on voit près de Saint-Germain-l’Auxerrois, le long du fleuve, un emplacement marqué sous le nom de « École Saint-Germain ». Celui de Mathieu Merian 1615 en fait mention également, il indique « l’Eseolle. Saint-Germain » qui commençait alors au Pont-Neuf pour finir à la Tour du Bois, l’une des dépendances du Louvre.
- Cette tour était située en face la tour de Nesles, c’est-à-dire, aujourd’hui non loin du pont des Arts.
- a disparu par suite des travaux de la rue de Rivoli prolongée, l’emplacement occupé par la place du Théâtre-Français et l’avenue de l’Opéra.
- Nous voyons figure 5 la maison et le cabaret fameux de la Pomme de Pin, à la mode {tendant le siècle de Louis XIV, mais qui longtemps avant, avait déjà une grande renommée. C’était une véritable taverne littéraire, peut-être un peu comme celle du Chat Noir qui eut tant de succès ces dernières années. Le poète François Villon, qui mourait en l’an 1489, {tarie dans ses poésies de : « la Manière
- Fig. L — Anciennes maisons du Quai de l’École.
- Nous ne pouvons donner ici la description de tous les souvenirs archéologiques qui bientôt vont renaître pour le public au Vieux Paris. Les quatre dessins que M. llobida a bien voulu nous prêter donnent une faible idée des charmants aperçus que la foule s’empressera d’y contempler. Il est facile d’imaginer dès aujourd’hui l’aspect pittoresque que toutes les rues et places du Vieux Paris devront avoir lorsqu’elles seront peuplées par les marchands, les cabaretiers, les bateleurs et musiciens, les veilleurs de nuit en costume du temps. Actuellement, une visite aux travaux du Vieux Paris est intéressante et déjà même fort amusante. On ne saurait voir, en effet, un endroit artistique plus séduisant. Albert Tissandier.
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- LA NATURE.
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- CHRONIQUE
- système métrique. — Notre système métrique fait des progrès partout. On nous écrit d’Amérique que le système métrique légalement admis aux Etats-Unis depuis plusieurs années, prenant chaque jour une extension plus grande, il est question de le rendre obligatoire pour toutes les transactions avec le gouvernement, à partir du Ur janvier 11)01. Les Américains donnent l’exemple aux Anglais, dont beaucoup se refusent encore à accepter le système français.
- I.;t traction électrique en Allemagne. — La
- traction électrique ne cesse de se développer en Allemagne. D’après les récentes statistiques publiées par le journal Zeitschrift Elehtrotechnische, au 1er septembre 1890, il y avait en Allemagne 89 installations de tramways électriques. La longueur totale de voies était de 2048,59 km. la longueur totale de rails était de 2812,55 km ; le nombre de voitures automotrices était de 4504, et le nombre de voitures remorquées de 5158. La puissance totale électrique nécessaire pour le fonctionnement de toutes ces installations était, accumulateurs compris, de 06 041 kilowatts; les accumulateurs seuls avaient une puissance de 15 552 kilowatts.
- Reconstitution des anciennes méthodes de fabrication de la peinture. — M. Joseph Girard, préparateur à la Faculté des sciences, a fait le mois dernier une conférence à l’hôtel des Sociétés savantes sur ce sujet : (( Peintures anciennes et peintures modernes, peintures sans huile, ni vernis )), plein d’actualité qui oll're de l’intérêt pour les industriels et les artistes. Le conférencier a fait circuler dans l’auditoire une gamme de 120 tons obtenue à l’aide d’un nouveau procédé inventé par un industriel italien, M. Cérulli. Les teintes sont d’une pureté remarquable et les éclats d’intensités différentes; on voit à côté d’un rose antique une couleur brillante bien moderne et on a l’impression très nette de la facile reproduction des peintures anciennes. Les peintres modernes auraient enfin à leur disposition un produit, « la cérulline », permettant la réalisation d’un idéal artistique. Disons aussi que non seulement la (( cérulline » est fabriquée sans huiles, mais encore qu’il suffit d’une couche de cette substance pour recouvrir une surface brute, du plâtre par exemple, et que l’emploi du vernis est entièrement supprimé. On n’a pas donné encore la composition de la cérulline. Nous y reviendrons quand elle sera connue.
- line île de soufre. — Une île qui ne doit pas être agréable à habiter, c’est White Island à deux milles du littoral de la Nouvelle-Zélande, en face de la baie de Plenty. Cette île extraordinaire est un vaste et gigantesque rocher formé principalement de soufre, mêlé de gypse et de quelques autres matières minérales. Au centre se trouve une sorte d’immense cratère d’une superficie de 22 hectares, rempli de vase perpétuellement en ébullition. En outre, toute la surface de File est percée de trois à quatre cents ouvertures beaucoup plus petites, qui émettent jour et nuit des jets de vapeur brûlants et des fumées sulfureuses d’une àcreté particulièrement désagréable. Ajoutons que ces éruptions continuelles, très bruyantes, sont accompagnées de tremblements de terre aussi violents que prolongés. On peut même dire que le sol de File est perpétuellement en oscillation. Cependant une centaine de Néo-Zélandais, sans doute amateurs d’émotions bizarres, ont élu domicile sur la côte est de White Island, d'où
- l’on jouit, paraît-il, d’un panorama~merveilleux embrassant toute la baie de Plenty.
- Les plus anciennes locomotives en service.
- — Une revue technique étrangère nous apprend que les plus anciennes locomotives encore en service circulent à présent sur une petite ligne locale allemande. Ces locomotives — il y en a sept — remontent à l’origine même des chemins de fer en Allemagne, puisqu’elles portent la date de 1846. Mais elles avaient été dessinées l’année précédente, en Angleterre, par les frères Sharp, les constructeurs rivaux des frères Stephenson. Depuis cinquante-quatre ans, elles roulent donc sur les voies ferrées, et, à part quelques réparations indispensables, n’ont eu à subir aucune transformation de leurs organes essentiels. On leur a même conservé la teinte verte et rouge dont elles avaient été peintes primitivement, quoique les autres locomotives de la ligne soient uniformément habillées de brun. Ces vénérables doyennes de l'industrie des chemins de fer remorquent chaque jour, entre Mannheim et Heidelberg, les trains de voyageurs composés de dix voitures, à la vitesse de 62 kilomètres à l’heure. Malgré leur grand âge, elles assurent un bon service, et il n’est nullement question de les remplacer.
- Les microbes «le la mer. — On a déjà étudié les bactéries et leur rôle dans les phénomènes de phosphorescence. Les recherches ne manquent pas non plus sur Faction de l’eau de mer sur les divers microbes pathogènes. Mais les professeurs Fischer, de Kiel, et le Dr Bas-sengo ont voulu connaître les variétés des bactéries qui vivent dans la mer en ses différentes profondeurs et ils nous donnent les résultats de leurs études. Près du bord, le nombre des bactéries, comme on pouvait s’y attendre, est très grand ; mais il diminue rapidement à mesure qu’on avance vers la pleine mer. D’autre part, on en trouve beaucoup plus dans les profondeurs de l’Océan qu’à la surface. A la profondeur de 200 à 400 mètres, leur nombre est régulièrement beaucoup plus considérable qu’à la surface. On en trouve encore à 1400 mètres. Cette rareté des microbes à la surface s’expliquerait par Faction bactéricide de la lumière solaire. Quant aux espèces de ces micro-organismes, elles sont peu nombreuses. Les bactéries prédominent, les hyphomycètes ne se rencontrent qu’au voisinage de la terre. Mais les blasto-mycètes se trouvent si abondamment et à telle distance du bord qu’on doit admettre qu’ils se développent dans la mer même. Les bactéries de l’Océan sont remarquables par leurs grandes variations de forme et de taille. Les formes contournées sont très fréquentes, ressemblant à première vue au coma-bacille. Il y en a aussi d’arrondies, d’allongées en bâtonnets courts ou longs. Les zoo-glées sont très communes. Dans aucune de ces espèces, on n’observe la formation de spores, bien que plusieurs aient été cultivées pendant plus de deux ans. Toutes les bactéries de la mer sont, à certains stades de leur développement, douées de mouvements spontanés. Quelques-unes sont anaérobies facultatives. D’autres produisent des matières colorantes pendant leur développement, l'armi les bactéries lumineuses, quelques-unes peuvent croître à une température de zéro degré.
- Pharmacopée ancienne et moderne. — Le professeur Leech, dans sa leçon d’ouverture à l’Ecole de pharmacopée de Londres en parlant de l’histoire de la pharmacopée, a donné quelques détails curieux, d’après les papyrus égyptiens nouvellement découverts et déchiffrés, sur l’art de traiter les malades du temps des Pharaons. Le
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- LA N V I E ILE.
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- a papyrus Ebers », écrit quelque quinze cents ans avant notrè ère, contient plusieurs centaines de prescriptions et de formules avec la manière de s’en servir. Les principaux ingrédients de ces formules sont surtout le miel, les dattes et les figues. Mais on y trouve aussi des médicaments plus actifs d’origine minérale ou végétale, comme les sels de cuivre, les baies de genièvre et d’aloès. En outre, nombre de substances comme le sang, le cerveau, la graisse de divers animaux. Les formules renferment parfois jusqu’à dix-huit substances variées. On y voit aussi des décoctions et des infusions. Très habituellement il est recommandé de faire dissoudre les ingrédients solides et de les prendre mêlés au vin, à la bière et au lait. On prescrit souvent comme excipient le miel, parfois des pâtés et des gâteaux. 11 y a des ordonnances pour emplâtres, pour onguents pour collyres et aussi pour inhalations. Ces inhalations se faisaient en versant le liquide sur une pierre chauffée. Ilepuis ces temps reculés, la pharmacopée a fait de notables progrès dans l’art d’amalgamer les drogues, et surtout l’imagination des inventeurs de remèdes s’est donné libre carrière dans l’art de les baptiser. Ces appellations de remèdes ayant toutes les vertus, et faites pour séduire, remplacent aux yeux des malades les signes cabalistiques et les abréviations latines dont les anciens médecins hérissaient leurs ordonnances.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du lli) janvier 1900. — Présidence de M. Lévy.
- Propriétés des rayons du radium. — M. becquerel a récemment fait connaître qu’une partie seulement des radiations émises par le radium est susceptible de subir une déviation sous l’inlluence d’un champ magnétique. Ce phénomène subit-il dans le vide quelque changement ? M. Becquerel expose qu’il a effectué des expériences très précises permettant d’affirmer que le vide ne produit pas de différence notable. Il a également recherché s’il existait des différences dans le mode d’action de substances inégalement actives et n’a constaté aucune modification.
- Extraction du caoutchouc. — M. Roux décrit un procédé imaginé par MM. Arnaud et Yerneuil pour l’extraction du caoutchouc donné par le landolphia. En raison des besoins croissants de l’industrie, des plantations import mtes en ont été faites en Afrique. Mais dans le procédé actuellement suivi, le caoutchouc de l’écorce n’est pas utilisé. Une grande quantité est ainsi perdue faute de moyens de pouvoir l’extraire. On a essayé l’emploi des dissolvants, en particulier le sulfure de carbone. Mais le caoutchouc obtenu par cette voie ne possède pas certaines qualités, de telle sorte que le commerce le rejette. MM. Arnaud et Yerneuil pulvérisent l’écorce et la tamisent; puis, par une série d’autres traitements exclusivement mécaniques, arrivent à extraire le caoutchouc sous un état susceptible d’être très recherché à cause de son excellente qualité.
- Lu défense de l'organisme. — M. Roux présente ensuite une Note de MM. Charrin et Levaditi sur un mode spécial de défense de l’organisme. Ils observent d’abord, que la pancréatine introduite sous la peau est toxique; il ÿ a une véritable digestion du tissu. Comment, dès lors, n’est-elle pas dangereuse dans le tube digestif? Pour élucider cette question, ils créent au moyen d’une ligature une anse intestinale chez un lapin et y injectent une solution de pancréatine. Le volume du
- liquide injecté augmente; il y a une exsudation de la muqueuse. Au bout de plusieurs heures on ne trouve pas d’absorption. Mais si l’intestin présente une lésion l’effet est tout différent; il y a attaque du tissu. En pratiquant l’anse intestinale sur une partie basse de l’intestin, le liquide diminue. 11 y a absorption, mais les propriétés de la pancréatine sont amorties. Différentes causes concourent à cet effet, notamment l’action du sérum du sang.
- Exploration géologique de l'Algérie. — M. le général Rassot présente le 10e fascicule des Cahiers du service géographique. Ce fascicule constitue le premier terme d’une série intitulée : Matériaux d’étude topologique pour l’Algérie et la Tunisie. 11 fournit, au sujet de treize feuilles des cartes d’Algérie ou de Tunisie : 1° des croquis techniques donnant le tracé des affleurements des principaux bancs saillants de roches dures, le sens de leur pendage et sa valeur approximative ; 2° des notices décrivant la structure et les principaux caractères de la région étudiée sur place, d’après les cartes géologiques existantes et aussi parfois avec le très obligeant concours de géologues qualifiés; des vues pittoresques communiquées par les officiers. Le service géographique n’a pas eu la prétention d’accomplir une œuvre de géologie : c’eût été sortir de son rôle et de sa compétence. Depuis 1896, il est prescrit aux officiers des brigades topographiques de recueillir, au cours de leurs levers, les documents dont il s’agit pour que les matériaux réunis fassent la base de figuration rationnelle du terrain.
- Géologie australienne. — M. de Lapparent présente une Note de M. Jules Garnier sur la géologie des régions intérieures de l’Australie occidentale restées à peu près impénétrables jusqu’à ces dernières années, et que M. Jules Garnier a étudiées de concert avec son fils, M. Pascal Garnier, explorateur déjà bien connu, dont on doit malheureusement regretter la perte. Les granits qui forment la contrée sont sillonnés par de longues bandes de diorites dirigées à peu près Nord-Sud : ces diorites, outre l’amphibole et le feldspath, contiennent souvent l’or, finement divisé, à raison de 2 à 5 grammes par tonne, sans parler de certaines zones où l’or se concentre et devient exploitable. Les granits encaissants se fondent fréquemment au contact avec la diorite, et, comme ils sont eux-mèmes, parfois, aurifères, on est porté à considérer tout l’ensemble comme contemporain, mais divisé par les affinités chimiques en zones de roches cristallisées différentes, durant l’état primitif de fusion. La dénudation de ces roches a laissé sur le sol des fragments de quartz, des hydrates de fer et de l’or. Celui-ci dissous à la longue par les eaux très minéralisées s’est précipité dans les profondeurs des alluvions en fragments quelquefois très gros. La solution aurifère acide a même pu pénétrer les roches compactes du sous-sol, attaquant les pvrites et les feldspaths, et déposant leur or dans les vides créés. Il est remarquable que les roches compactes pénétrées par ces eaux deviennent schisteuses suivant des zones très étendues en profondeur et limitées nettement sur leurs parois. Ces zones, où les eaux minérales circulent, sont des fdons en formation.
- Élections. — M. Bienaymé est élu, à l’unanimité, correspondant de la Section de géographie et navigation. M. Mittag-Leffler de Stockholm est élu correspondant de la Section de géométrie.
- Décès. — M. le président annonce la mort de M. Ma-
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- LA NATURE.
- non, professeur à la Faculté des Sciences de Marseille, correspondant de la Section d’anatomie et zoologie.
- Varia. — M. Michel Lévy expose qu’il a effectué, avec le concours de MM. Lacroix et Leclère, la détermination des échantillons de roches rapportés d’une exploration en Chine opérée par M. Leclère. — M. Prilleux a reconnu que la maladie qui ravage les vignes des environs de Tiflis n’est pas, selon l’opinion émise par plusieurs savants, le blackroot, mais un champignon très voisin.
- ________ Ch. de Yilledeuil.
- POUDRE MAlGNÉSIQUE SANS FUMÉE
- ET LAMPE-ÉCLAIR
- Les poudres magnésiques employées en photographie ne laissent aucun résidu solide après combustion ; par suite elles présentent l’inconvénient grave de se transformer presque intégralement en une fumée désagréable à respirer, qui détériore les tableaux et ne permet pas de prendre deux clichés successifs sans ventilation énergique. D’où perte de temps, installation de dispositifs coûteux plus ou moins pratiques et toujours encombrants.
- M. Charles Henry est arrivé à résoudre le difficultueux problème d’une poudre magnési-que sans fumée, très actinique et suffisamment rapide ; l’éclat trop exclusivement violet du magnésium est corrigé; les plaques orthochromatiques sont plus vivement impressionnées que les plaques ordinaires par cette poudre qui conserve presque complètement aux couleurs les valeurs qu’elles ont dans les photographies faites à la lumière du jour.
- Ne contenant ni phosphore ni chlorate de potasse, la nouvelle poudre ne dégage aucun produit odorant ou dangereux à respirer ; elle est de plus inexplosible au choc.
- Ces résultats sont obtenus par une combinaison judicieuse des moyens chimiques et du moyen physique de l’élévation de température de combustion accroissant la vitesse de la réaction chimique.
- La figure ci-jointe représente le dispositif employé pour produire l’éclair; l’opération est simple.
- En A se trouve la coupelle en fer qui doit être portée au rouge avant de recevoir la poudre. En B est le chapeau en toile de garde-feu pour recueillir
- les grains de magnésie. L’éolypile à alcool C chauffe la coupelle A ; la cuillère en fer D sert à déposer la poudre sur la coupelle. On voit en E le gobelet de mesure de l’alcool à verser dans l’éolypile, en F le flacon de poudre magnésique contenant 10 charges, et en G le flacon d’alcool.
- Une quantité d’alcool, dont le petit gobelet donne mesure, est versée dans l’éolypile que l’on ferme ensuite au moyen d’un bouchon métallique à soupape de sûreté. Quelques gouttes d’alcool répandues autour du chalumeau et enflammées avec une allumette font jaillir de ce dernier une flamme vive qui vient chauffer une petite coupelle de fer.
- En peu d’instants, cette coupelle est portée au rouge; on y verse alors avec la cuillère, ou on y projette à l’aide d’un dispositif spécial la charge de poudre magnésique.
- Le corps oxydant très énergique contenu dans la poudre se transforme en un corps qui, en se ramollissant par la chaleur, fixe la magnésie et empêche la production de fumée. Les grains de magnésie projetés lors de la combustion sont recueillis par le chapeau en toile de garde-feu placé au-dessus de la coupelle.
- Pour les cas où l’absence de fumée n’est pas indispensable M. Charles Henry a préparé une poudre très actinique, très rapide n’exigeant pas le concours de la lampe-éclair et donnant sensiblement moins de fumée que les poudres ordinaires, environ 45 pour 100 au lieu de 90 à 95 pour 100. (Ces pourcentages représentent la différence entre les poids de la charge avant la combustion et le poids du résidu solide après l’éclair, divisé par le poids de la charge.) Un support spécial a été combiné pour les opérations qui exigent l’élévation de la source lumineuse à une certaine hauteur, on peut ainsi porter le pied de la lampe à lm,80du sol. Un autre dispositif réunit plusieurs lampes pour l'éclairage des grandes surfaces.
- Les poudres magnésiques et la lampe-éclair de M. Charles Henry seront bien accueillies par les ingénieurs, les amateurs de photographie et par tous ceux enfin qui, employant les poudres ordinaires, en connaissent les inconvénients. J. R.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris.
- Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1594. — K) FÉVRIER 1900.
- LA NATURE.
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- FABRICATION AUTOMATIQUE
- DES CHAINES DE BICYCLETTES
- On connaît la plaisanterie classique qui consiste à citer, comme le dernier perfectionnement de la mécanique moderne, la machine qui reçoit un porc vivant et qui, au bout de quelques instants, livre des saucisses prêtes à griller. Le machinisme moderne n’en est pas encore arrivé là, mais il produit pourtant de véritables merveilles : telle cette machine dont nous avons parlé antérieurement et qui fabrique le métal déployé; telle, à un plus haut degré encore, celle que nous désirons décrire aujourd'hui.
- Elle a pour but la fabrication automatique des chaînes de bicyclettes; ou plutôt, pour être exact, il faut rectifier quelque peu, et dire d’un système de chaîne de bicyclette.
- Comme le montre la ligure 1 que nous reproduisons, d’après Iron Aye, elle reçoit une bande d’acier continue, et il en sort bel et bien une chaîne absolument terminée, prête à être mise en place et à fonctionner. Le type de cette chaîne est du système Ewart, et nous en donnons quelques maillons à une assez grande échelle, parce que pour comprendre le fonctionnement de cette ingénieuse machine, et sa description assurément compliquée, il faut ne pas perdre de vue la constitution de la chaîne qu’il s’agit de fabriquer. Normalement, la chaîne Ewart est faite d’anneaux rectangulaires, dont chacun présente à une extrémité une petite tige cylindrique qui pénètre dans un crochet dépendant de l’anneau voisin ; à l’autre extrémité se trouve un crochet destiné à le réunir de façon analogue au chaînon suivant. En fait, pour que la chaîne puisse être fabriquée mécaniquement, la tige cylindrique, de même que le crochet, est formée d’une partie de la lame où a été découpé l’anneau, partie qui est enroulée convenablement sur elle-même.
- De la disposition générale extérieure de la machine, nous n’avons pas grand’chose à dire que ne montre la photographie d’ensemble que nous reproduisons : les matrices (car tout se fait par matrices) estampant et découpant la lame qui va se transformer en chaîne, sont commandées par un jeu de cames et d’engre-
- nages cpie met en mouvement la poulie (pie nous voyons à gauche de la machine. 11 serait beaucoup trop minutieux de montrer la coordination et l'enchaînement mécanique des mouvements de ces matrices ; mais nous allons indiquer, au moyen de figures schématiques (fig. 2 et 5), quelles sont les phases diverses du traitement que subit la lame d’acier en sortant de ce cadre que nous apercevons dans la figure d’ensemble ci-joinle. Notons que la figure schématique est supposée prise dans une position inverse de celle où nous voyons la machine dans la photographie, en ce sens que la lame d’acier s’y déplace de gauche à droite.
- Quand cette lame, alors à l’état continu, s’engage dans la machine, elle subit d’abord l’action de deux
- matrices A et E, qui y forment transversalement une première gouttière ce' ; celle-ci sera sectionnée tout à l’heure suivant une de ses génératrices, et constituera, par une de ses moitiés c', la partie supérieure1 de ce qui joue dans le chaînon le rôle de tige d’accrochage, en t ; son autre moitié c (celle de gauche) deviendra la portion supérieure également de ce que nous avons appelé le crochet (en cr) de l’anneau immédiatement suivant. Le même mouvement de la machine a commencé de détacher une bande intérieure au chaînon et par suite à la lame, bande que l’on voit s’abaisser en a, et qui s’abaissera bien davantage tout à l’heure, comme nous le constatons en portant les yeux de gauche à droite sur la figure schématique.
- La lame est poussée vers la droite, et elle se trouve entre les deux matrices B et F : agissant toujours sur la portion centralè de la lame, et par conséquent de l’anneau, les matrices dépriment davantage a en arrondissant l’angle formé, et abaissent d’autre part la portion d, qui vient continuer la courbe formée en c'. Nous arrivons au troisième mouvement effectué par les matrices C et G ; ces dernières coupent les deux anneaux voisins, qui élaient demeurés solidaires pendant ces opérations, le sectionnement se faisant comme de juste entre la partie c et c' de la même gouttière, ainsi que nous l'avions annoncé tout à l’heure. Le premier anneau détaché continue de progresser à droite, poussé par
- 1 Nous disons supérieure par rapport au dessin représentant la disposition de la chaîne Ewart.
- année. — Ier semesîre.
- Il
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- LA A ATI UK.
- la lamo, et il subit alors l'action delà matrice I), qui abaisse complètement la partie centrale se terminant en a, et qui vient se placer normalement à ce qui reste de l’anneau, aux bandes latérales simplement indiquées par un pointillé dans le schéma.
- Une dernière opération est encore à effectuer, opération qui n’a réellement d’intérêt que si un autre anneau a déjà été antérieurement fait et se trouve dans la position indiquée à l’extrême droite du
- i. — Schéma monliaiit
- iode (l'assemblage des anneaux.
- schéma1, ha matrice 1) se relève d’une certaine hauteur, suivie dans son mouvement par la matrice H : les indentations de l’une viennent presser le chaînon sur celles de l’autre. Il en résulte d’une part que la lame d se replie davantage, de manière à former ce (pie nous avons appelé la tige /; d’autre part, la lame a se replie elle aussi, s’enroule, de façon à former avec c autour de la partie c'd du chaînon
- JS\/IÎOJ={iEU Sc.
- Résumé schématique du mode de fabrication.
- supposé fabriqué auparavant, le crochet cr qui vient prendre la lige t et articule les deux anneaux successifs l’un à l’autre.
- En dépit de la minutie et de lu complication forcées de ces explications, on comprend maintenant, nous l’espérons, comment peuvent sortir de la machine des anneaux terminés et reliés les uns aux autres, soit une chaîne prête à fonctionner.
- Pareille ingéniosité mécanique fait le plus grand honneur et à la « Locke Steel Belt Co », qui a mis dans le commerce cette machine, et à l’usine Yiel-lard et Oswuld qui la construit ; en présence de l’intérêt spécial de la fabrication même, on en arrive à considérer comme secondaires les qualités spéciales de cette nouvelle chaîne. Daniel Bellet.
- 1 Ici d’ailleurs la section n’csl plus supposée faite suivant l’axe du chaînon, de manière qu’on voie les barres latérales de celui-ci.
- L’HEURE EN EUROPE
- h
- Nous avons précédemment défini le système des fuseaux horaires adoptés en Europe, les heures occidentales, centrales et orientales1 successivement en avance de l’ouest à l’est d’une heure sur le méridien central de Greenwich. Nous avons dit que seules, la France, la Grèce, l’Espagne et le Portugal, ne s’étaient pas ralliés au système Européen. I n projet de M. Boudenoot a été adopté par la Chambre en 1898 et est soumis au Sénat. Il a pour but l’unification générale des heures. Nous avons reçu de M. Boudenoot, député du Pas-de-Calais, rapporteur général du budget, quelques détails intéressants sur son projet, et il nous paraît utile de les faire connaître.
- Le système des fuseaux horaires étant aujourd'hui universellement employé dans le monde civilisé, M. Boude-noot a pensé que nous ne devions ni ne pouvions rester dans cette situation fâcheuse de nous isoler des autres nations, et qu’il était nécessaire de mettre l’heure française en harmonie avec celle du fuseau de l’heure occidentale. Aussi, sur son initiative, la Chambre des députés, après enquête, a adopté, le 24 février 1898, un projet de loi aux termes duquel, tout en conservant le méridien de Paris pour le méridien national, et par suite le slalu quo étant maintenu pour la marine et pour l’astronomie, (( l’heure légale en France et en Algérie serait désormais l’heure temps moyen de Paris retardée de9“ 21 • ».
- Ce projet a été accueilli avec faveur par les administrations et les services publics intéressés. Les Compagnies de chemins de fer, les chefs de service des constructions et des instruments nautiques au ministère de la marine, l’Administration des postes et des télégraphes, le ministère des Travaux publics se sont prononcés pour son adoption.
- Cette réforme n’a pas rencontré une moins grande sympathie auprès des savants. Elle a reçu notamment l’approbation de M. Poincaré, membre de l’Académie des sciences, professeur de mécanique céleste à la Sorbonne ; de M. Ch. Lallemand, membre du Bureau des Longitudes, etc. Enfin l’Académie des sciences, consultée par le ministre de l’instruction publique, écartait le 11 juillet 1898 un rapport défavorable aux fuseaux horaires qui lui était présenté par deux de ses membres, MM. Bouquet de la Grye et Janssen, et adoptait à une grande majorité, sur la proposition de M. A. de Lapparent, appuyée par MM. Ber-thelot, Joseph Bertrand, Mascart, etc., une motion ainsi conçue :
- « L’Académie estime que si l’unification des méridiens est au point de vue scientifique chose très désirable, sa réalisation par le système des fuseaux horaires ne soulève aucune question de science qui puisse motiver l’intervention de l’Académie.
- « En conséquence, elle est d’avis que le soin de se prononcer sur l’adoption du système doit être laissé aux pouvoirs publics seuls compétents pour apprécier l’intérêt d’une telle mesure en ce qui concerne les relations commerciales, économiques et politiques du pays. »
- Nous l’avons dit : le projet de M. Boudenoot est actuellement au Sénat. M. de Freycinet, président de la Commission chargée de l’examiner, y est favorable, et l’on peut prévoir que son avis sera aussi celui de la Commission. Si donc, nous a écrit M. Boudenoot, la réforme n’est pas encore votée, c’est que, dans ces derniers temps, les préoccu-
- 1 Vov. n" 1393, du 3 février 1900, p. 162.
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- pations de la Haute Assemblée étaient fixées ailleurs. Aujourd’hui que l’horizon s’est éclairci et que l’Exposition est à la veille de s’ouvrir, il est nécessaire qu’une prompte solution survienne. Au moment où elle donne rendez-vous à tous les peuples de la terre, ajoute M. Houdenoot, la France qui a toujours été à la tète du progrès ne saurait manquer à ses traditions, persister dans un isolement que rien ne justifie et qui est absolument contraire à ses intérêts.
- Par conséquent, aux dernières nouvelles, si le Sénat ratifie le vote de la Chambre des députés, nous aurons à bref délai l’heure occidentale de l'Europe, c’est-à-dire que nous serons non plus de 50m39s en retard, mais d’une heure exactement sur l’heure de la Suisse, de l’Allemagne, etc. Plus de fractions gênantes. Pour ce faire, il faudra retarder l’heure de Paris de 9™ 21' et adopter franchement l’heure de Greenwich.
- L’heure anglaise régnera donc en France. Le projet tient cependant certain compte du sentiment national. L’heure légale nouvelle sera l’heure de Paris diminuée de 9m21\ Ce subterfuge pourrait sembler un peu puéril, car enfin l’heure de Paris diminuée de 9” 21% c’est bien en définitive l’heure anglaise 1 Et autant vaudrait le dire franchement tout de suite. Mais il faut faire remarquer, comme atténuation, que le projet comporte cette restriction : « Le méridien national reste le méridien de Paris et le statu quo est maintenu ».
- Cela veut dire qu’en ce qui concerne l’heure seulement nous nous mettrons d’accord avec les pendules européennes. Une formalité à remplir!
- Au fond, il n’y a pas de solution possible qui puisse satisfaire tout le monde: garder notre heure et nous relier à la fois au système des fuseaux; il faut choisir entre le sentiment èt la pratique. Or, nous sommes en 1900. Toutes les nations sont en contact intime et continuel, il serait bien difficile de nous maintenir dans un isolement stérile? Un jour ou l’autre il faudra suivre la majorité. Autant nous y décider de bonne grâce dès maintenant et accepter l’heure européenne.
- Hem;i de Pakyiele.
- LA PHOTOGRAPHIE DES ONDES SONORES
- La photographie du son? Oui, parfaitement, un savant américain, le professeur Wood, est parvenu à obtenir la reproduction photographique des ondes sonores. On sait que le son se propage dans l’air par ondes sphériques, avec une vitesse d’environ 540 mètres par seconde. L’instant du passage du mouvement vibratoire en un point donné est caractérisé par une compression de l’air en ce point; cette compression dure un temps très court et est immédiatement suivie d’une dilatation, double phénomène qui fait varier pendant un intervalle de temps très court les propriétés optiques de l’air au point considéré. L’appareil bien connu de Tœpler peut être utilisé précisément à déceler ces modifications des propriétés optiques.
- Le problème se présente donc de la manière suivante : il s’agit d’abord d’éclairer le lieu de la production du phénomène par un éclair très intense et très court; car, d’après ce que nous disions plus haut de la vitesse du son, fonde sonore se déplace de 5°m,4 en un dix-millième de seconde. La durée de l’éclair doit, par conséquent, être d’environ J/T 00 000 de seconde, et on s’adresse naturellement pour obtenir ce résultat à l’étincelle électrique. Il faut, en outre, que l’étincelle se produise au moment voulu.
- Nous ne décrirons pas en détail l’appareil de M.Wood; nous dirons seulement que le son étudié n’est autre que le bruit instantané produit par une forte étincelle électrique, et que cette étincelle, en éclatant dans un circuit convenablement disposé, donne en un autre point de ce circuit une deuxième étincelle qui éclaire fonde sonore 1/100000 de seconde après que celle-ci a été produite.
- Dans ces conditions, les ondes sonores apparaissent sur le cliché comme des cercles alternativement lumineux et obscurs, ce qui correspond à la forme sphér.que de ces ondes et aux alternatives décompression et de dilatation.
- M. Wood a pu également obtenir des images des ondes sonores après une réfraction, et vérifier sur ses clichés les lois bien connues du phénomène.
- Est-il besoin de rappeler que le principe même sur lequel s’est appuyé M.Wood pour photographier les ondes sonores n’est autre que le principe de la photographie des projectiles : en profitant de la différence de réfraction des couches d’air diversement condensées qui entourent un projectile en mouvement, on peut, par un éclairage convenable, rendre visible le sillage du projectile et en obtenir des photographies. J. Dkiiôme.
- Licencié es sciences.
- NOUVEAU
- PERFECTIONNEMENT AU TROLLEY
- Aujourd’hui que l’on se décide enfin à adopter en France les tramways à fil aérien, que l’on appelle du reste souvent « à trolley », on peut dire que tout le monde connaît la forme caractéristique du trolley, de ce chariot ou frotteur qui glisse le long et en dessous du fil conducteur, pour y recueillir le courant électrique. Mais on fait des reproches assez sérieux à cette roulette portée au bout de ce bras élastique, elle a la mauvaise habitude de sauter du fil, notamment aux tournants un peu brusques, et l’on a cherché quelque chose de mieux pour assurer un contact plus sur. On est arrivé à ce qu’on nomme un «archet », c’est-à-dire un bras qui porte à son extrémité comme frotteur une tige ronde métallique recourbée sur elle-même de façon à présenter quelque peu l’aspect d’un archet courbé avec une convexité se dirigeant vers le haut ; il est alors pratiquement impossible, même aux tournants les plus raides, que ce contact se perde; le contact se fait sur une portion différente de la courbe de l’archet.
- Comme toutefois cette combinaison ne semble pas encore parfaite a certains, parce qu’il n’y a pas intimité parfaite entre le fil conducteur et le frotteur, un inventeur de Berlin, M. C. Steiner, a imaginé le dispositif que représente la figure ci-jointe : c’est une combinaison du trolley proprement dit, de la roulette, et de l’archet que nous décrivions tout à l’heure. Une roulette de trolley classique est enfilée sur la tige courbée formant l’archet, et elle peut se déplacer dans les courbes en glissant sur celte tige, sans que le fil conducteur perde jamais son contact. L’invention est ingénieuse, mais toute la question est de savoir si la roulette n’aura pas de tendances à se coincer sur là tige en s’y déplaçant latéralement. P. M.
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- LES GRANDES GARES DU MONDE
- BOSTON
- Les chemins de 1er ne se sont pas seulement multipliés de façon intense, leur trafic a augmenté suivant une proportion bien autrement considérable : cela oblige tout naturellement à modifier, à agrandir les anciennes gares, qui ne peuvent plus suffire au mou veine il t des voyageurs ni des marchandises, et à en construire de nouvelles sur des plans qui semblent gigantesques, mais où l’on est obligé de prévoir l’avenir. Les lecteurs de La Nature ont déjà vu les travaux qui ont été faits dans cet esprit pour améliorer les gares de Paris; nous étudions maintenant les grandes stations étrangères, en nous contentant pour aujourd’hui de visiter celle de Boston.
- Les Américains, on le sait, aiment à faire gigantesque : c’est ainsi qu’en 1896 ils ont achevé la nouvelle « Union Station » de Saint-Louis, qui n’a pas coûté moins de 12 millions 600 000 fr. et construite sur des terrains qui sont revenus à peu près au même prix. Elle a 184"',60 de large sur 213 mètres de long, ses bâtiments couvrent une surface de 8 hectares environ, et ses cours s’étendent sur près de 17 hectares.
- C’est au commencement de 1899 qu’on a livré à l’exploitation l’immense gare de Boston, faite pour servir de terminus à un grand nombre des lignes qui atteignent Boston en venant du sud : il s’agit à la fois d’un service de grandes lignes et d’un service de banlieue, où se fait un trafic annuel de 50 millions de voyageurs ; ces voies appartiennent aux com-
- pagnies (( New-York, New-llaven and Hartford » (division de Providence), « Old Colony », « New-England » et « Boston and Albany ». La réunion, dans une seule gare, de tout le mouvement de ces quatre compagnies devait assurer une économie considérable.
- Mais, pour obtenir le résultat de centralisation
- poursuivi, on se heurtait à une très grande difficulté : quelque vaste ({lie lût le terrain qu'on devait consacrer à la nouvelle gare, quelque larges que fussent ses halls, comment y faire entrer et en faire sortir quotidiennement un nombre total et formidable de 2000 à 5000 trains ? Le grand hall aurait bien 173m,75 de large et comporterait 50 voies, mais cela ne pouvait suffire. On résolut donc d’adopter une disposition originale et fort pratique, qui est une des curiosités de la nouvelle gare de Boston : établir une gare à deux étages, dont un souterrain, en partageant les trains
- en deux séries bien distinctes, trains de grandes lignes, et trains suburbains, les premiers étant reçus et expédiés à l’étage supérieur, les autres à l’étage inférieur.
- Si, nous aidant des renseignements et des figures publiés par notre excellent confrère Scienti-fic American, nous pénétrons sous la grande marquise du niveau supérieur, nous apercevons 28 voies en faisceaux, suivant la disposition ordinaire. Ces voies sont disposées par paire, avec un quai de voyageurs pour chaque paire, et de {dus, entre ces paires de voies, on trouve sept quais exclusivement destinés au transport et à la manutention des bagages et des colis de messagerie. La marquise qui couvre le tout a 183m,50 de long sur la largeur de 173m,73 que nous avons indiquée tout à l’heure;
- Fig. 1. — La gare de Boston. Vue de la faeade.
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- Fig. 2. — Plan de la gare du sous-sol.
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- LA NATURE.
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- elle est recouverte d’un toit courbe supporté par de puissantes poutres cantilever, portant elles-mêmes sur deux lignes de colonnes disposées dans toute la longueur de la gare; la travée centrale du toit est
- longue de 69m,48, les travées latérales ont chacune 52m,10. Quant à la hauteur maxima du hall, elle est de 36m,12.
- Jetons un coup d’œil sur l’ensemble de la gare au
- Fig. 5. — La gare de Boston. Vue des voies d'arrivée. L’entrée en gare.
- niveau du sol, en nous reportant au plan ci-joint. Nous pourrons noter immédiatement que cet ensemble couvre une surface de 14 hectares, dont
- 5,20 hectares sont occupés par les batiments proprement dits. Pour donner une idée de l’immensité de ceux-ci, les ingénieurs chargés de la conslruclion
- Espace réservé à la poste et aux express
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- tspace reserve ,. aux wagons et locomotives
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- Espace réservé aux marchandises matériel et personnel.
- des bagages
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- Fig. 4. — Le plan du rez-de-chaussée.
- ont, dressé un graphique montrant qu’on y pourrait faire tenir 24 des plus grands édifices de Boston, églises, temples, hôtels, etc.
- On pénètre dans la gare par trois grands porches ménagés dans l’angle du bâtiment, au coin de deux des grandes rues de Boston ; signalons en passant, sans y insister, les colonnades qui décorent les étages
- inférieurs, réservés aux bureaux de l’Administration. On a essayé de donner un bel aspect décoratif à la gare, en associant le granit aux briques sombres. Le front total des bâtiments n’a pas moins de 607 mètres de développement, mais avec 4 étages sur une partie seulement de ces façades, qui font retour sur les rues bordant la eare.
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- L A N A TU UE.
- Nous 11e devons point oublier que l’établissement de ces constructions a entraîné des travaux considérables : on sc trouvait en etlét sur des terrains qui ont été autrefois plus ou moins couverts par la mer, ou l’on avait installé jadis des quais, des docks, et oj beaucoup de remblais divers avaient été accumulés. On a donc été obligé de foncer quelque 20 000 pilotis pour donner une base solide à la station, d'enfermer la gare souterraine à l’abri d’un vaste collerdam, de poser ses planchers sur un revêtement imperméable, en ménageant de plus toutes les dispositions voulues pour assurer le drainage.
- Quand nous avons pénétré sous les arcades d’entrée, ornées de granit poli et de colonnes de même matière, nous arrivons dans ce qu’on nomme le mid-way, l’espace réservé entre les salles d’attente et les portes donnant accès aux quais. A gauche, on aperçoit les lavabos, le télégraphe, le téléphone, les guichets de distribution de billets; par derrière, est la grande salle d’attente, qui n’a pas moins de 09 mètres de long sur 20 mètres de large, avec un parquet en mosaïque et des murailles de granit poli et de briques émaillées. Dans un de ses angles, ouvre le salon des dames. Plus loin, au delà d’un passage, est le restaurant, puis un fumoir; enfin, longeant le hall, est une immense salle pour les bagages au départ. A l’opposé, nous apercevons une salle analogue pour l’arrivée : l’une et l’autre donnent sur de larges rues.
- On parvient à la gare inférieure par deux passages inclinés que nous trouvons marqués sur le plan du rez-de-chaussée : il n’y a du reste à descendre que de 4 mètres à peine, les quais se trouvant à lm,22 au-dessus du niveau des voies. Bien entendu, entre la gare supérieure et la gare inférieure, sont installés également des ascenseurs, au nombre de 19, dont 5 pour les voyageurs, 2 pour les marchandises et 12 pour les bagages, tous électriques.
- La gare de banlieue est desservie seulement par deux voies : elles y pénètrent par une tranchée creusée latéralement aux voies de grandes lignes, et forment dans le sous-sol une grande boucle; elles s’éloignent même l’une de l’autre pour laisser entre elles un quai d’une certaine largeur. Mais le vrai quai d’embarquement sc trouve à l'intérieur de la boucle, le quai extérieur servant à la sortie; le premier est situé juste au-dessous de ce que nous avons appelé le midwnf) dans la gare supérieure, et la communication directe est facile avec lui et avec la salle d’attente. Nous signalerons rapidement les deux salles de bagages correspondant à celles du haut. Les trains de banlieue ne refoulent donc jamais : ils font le tour de la boucle et repartent par une couple de voies parallèles aux voies d’entrée. En employant alternativement une des deux voies souterraines, on pourra expédier un train toutes les minutes ; quant aux quais, ils peuvent recevoir 25000 personnes. La traction électrique sera seule employée.
- Nous terminerons notre description en signalant l’usine de force motrice installée parallèlement aux voies d’entrée : elle comporte une puissance de
- 2000 chevaux et pourra en posséder 5000. Elle est chargée de distribuer lumière, force, chaleur et froid ; ses chaudières sont alimentées mécaniquement et fonctionnent à tirage forcé. Elle pourra notamment produire 20 tonnes de glace par jour : on sait qnel réde joue la glace dans la vie américaine. Enfin, elle alimente toute une distribution de vapeur et d’air comprimé, afin de chauffer les wagons en station sur les voies, et de fournir l’air comprimé aux trains au moment du départ. C’est une centralisation fort économique et fort bien comprise, comme toute cette gare, qui fait le plus grand honneur aux ingénieurs américains. Pierre de Mériel.
- UN QUAI NATUREL EN TUNISIE
- Bien que la Tunisie se soit grandement développée depuis quelques années, et qu’on ait consacré des sommes assez considérables à l’amélioration de certains des ports existant, cependant il reste encore beaucoup à faire, surtout dans l’extrême sud, pour doser le pa;s d’établissements maritimes suffisants. M. E. Fullot a donné dans le Bulletin de la Direction de l’agriculture et du commerce de la Régence, une étude intéressante sur le développement de cette partie méridionale de la Tunisie.
- Or il y signale une particularité curieuse de la cote ; c’est en un point qui a été désigné par la commission
- Quai naturel sur la côte tunisienne.
- officielle nautique comme « doté d’un quai naturel où les navires pourraient presque aborder dans l’état actuel des choses ». 11 est connu des.indigènes sous le nom caractéristique de Marsat-el-jorf, nom qui ne figure point sur les cartes et qui signifie le (( port de la falaise » : il est situé sur le continent, à l’extrémité nord de la presqu’île des Méhabeul, en face du village d’El-Ajim qui se trouve dans l’île de Djerba. Quand on vient de la haute mer, les fonds se présentent d’abord avec une pente très douce, si bien qu’à 40 mètres du rivage même on trouve encore une profondeur de 19 mètres. Mais brusquement, en ce point, le sol sous-marin se relève perpendiculairement de manière à former un mur à pic, qui est comme un quai se reliant à la rive par une surface à peu près horizontale. 11 est vrai que ce quai, sur cette largeur de 40 mètres, est recouvert d’une légère nappe d’eau qui atteint même 2 mètres à son point le plus bas. Mais on conviendra que c’est une bien étrange disposition de terrain, qui ressemble tout à fait à un quai. Rien ne serait plus facile que d’en tirer parti et à peu de frais : il suffirait de surélever légèrement, jusqu’au niveau de la mer, le quai naturel submergé.
- Il n’est pas dit qu’on se décide de sitôt à exécuter ces travaux, si peu coûteux qu’ils soient, mais cette configuration de terrain méritait d’être signalée ici. D. L.
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- LA NATURE.
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- EXPOSITION DE 4900
- LE PALAIS DES ARMÉES DE TERRE ET DE MER
- Une des constructions les plus importantes de l’Exposition et sur laquelle se portera, sans doute en grande partie, l'attention publique, est cet immense balais que l’on construit, en ce moment, sur les bords de la Seine, entre les ponts de l’Alma et d’Iéna. H s’étend sur un développement de 360 mètres de longueur, c’est-à-dire qu’il est aussi long que la distance qui sépare la statue de Jeanne d'Àrc de la rue de Rivoli et la Seine.
- Il a d’autres titres que ceux qui découlent de la surface qu'il recouvre pour attirer l’intérêt : le cachet original de son architecture et la destination du monument.
- Mais racontons son histoire, elle fait presque partie de l’histoire de notre troisième république; elle est même tellement embrouillée qu’il est difficile d’en rappeler toutes les phases, cela serait même
- peut-être dangereux. Contentons-nous de dire que primitivement chacun des ministères devait concourir à l’Exposition par une exhibition indépendante ; c’est ce qui s’était produit en 1889, chaque département avait disposé d’un budget spécial et chacun avait pu faire une exposition autonome ; on se souvient encore du Palais du ministère de la Guerre sur l’Esplanade des Invalides.
- Les plans avaient été dressés, pour la participation des ministères à l’Exposition de 1900, notamment pour l'édifice des Armées de Terre et de Mer; il avait été entendu que l’État prendrait à ses frais les trois millions nécessaires à sa construction. Tout était prêt et il ne manquait plus qu’une petite formalité, oh! bien petite ; le vote des crédits par les Chambres; ce fut la pierre d’achoppement. Les députés qui avaient déjà voté tantde millions pour l’Exposition refusèrent l’argent pour la représentation des ministères. 11 fallut s’incliner et le beau projet qui nous avait été présenté lut enterré ; on s’en souvient encore ; deux grands porches se trouvaient encadrés par deux
- Mètres
- Kig. I. — Man du Palais dos armoos do lorro ol do mor.
- enfilades de palais, lesquels étaient terminés, à leurs deux extrémités, par deux grands vaisseaux ; l’un rappelait le passé de la Marine française, dans un superbe navire en bois, tels que nous en voyons dans des gravures anciennes, l’autre nous parlait de l’époque actuelle, avec un cuirassé muni de tout son armement moderne. L’allégorie était fort heureuse. Il fallut l’abandonner.
- Mais le Commissaire général tenait absolument au Palais de la Guerre; il ne voulut point renoncer à l'idée qu’il avait eue de faire un grand Palais pour les armées ; et, pendant qu’il aliénait, au bénéfice d’autres constructions, les terrains primitivement réservés aux différents ministères, il conservait intact celui de la Seine sur lequel devait s’élever le Palais qui nous occupe; il faisait étudier dans les agences une modification du projet initial, de façon à en diminuer les dépenses, d’autre part il cherchait à ramasser l’argent nécessaire — deux millions — par des économies et des emprises sur les fonds disponibles.
- Bref, le Palais qui avait failli ne jamais voir le jour reçut son baptême il y a trois mois et sa
- construction fut confiée à MM. Umbdenstock et Au-burtin, les auteurs du projet primitif.
- Mais on n’était pas au bout des malheurs ; toutes les opérations que nous venons de rappeler avaient [iris un temps considérable, si bien que lorsqu’il fut décidé d elever le Palais, il était beaucoup trop tard pour l’exécuter en fer.
- A cause de la disette du métal que nous subissons aujourd'hui, aucune maison de construction ne voulut s’engager à fournir en aussi peu de temps les éléments nécessaires. Il fallut renoncer au métal et prendre du bois : on engagea immédiatement des équipes de charpentiers qui se mirent à l’œuvre. On avait déjà posé sept fermes et tout s’annonçait pour le mieux, quand un dimanche soir, une chèvre glissa entraînant avec elle l’effondrement de tout l’ouvrage déjà fait. Malgré cet accident, on ne perdit pas courage, on déblaya le terrain et l'on recommença; aujourd’hui, moins de trois mois depuis le commencement des travaux, et en dépit des difficultés, tout le gros œuvre de cet immense palais est terminé.
- Le terrain sur lequel on devait le fonder était très
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- L A NA TU LE.
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- mauvais, il fallut battre des pieux eu grand nombre et même, en eertains endroits, en mettre trois ou quatre les uns contre les autres pour former des piliers souterrains suffisamment solides.
- On sait que le chemin de for de l'Ouest longe la
- Seine sur toute la partie des quais réservée à l’Exposition; une tranchée a été faite à cette occasion ; elle fut recouverte dans la suite par un plancher en ciment armé, d’après les procédés de >1. llennebiquc. Le Palais est construit en partie sur cette couverture et on par-
- Fig. 2. — Façadt* du Palais dos armées do (erre el do mor.
- t:e sur les berges du fleuve ; toutefois aucun appui n’a été élevé directement sur le plancher en ciment armé; on a profité des murs de la tranchée qui sont
- très solides et l’on a monté sur eux les poteaux qui forment l’ossature du monument.
- Ainsi qu’on peut le voir sur la coupe qui accom-
- Fig. 5. — Poutre du plancher de letage.
- pagne ces lignes (fig. 4), le Palais de la Guerre se compose de deux bâtiments accolés, celui qui est construit sur la tranchée et celui qui est élevé sur la berge. Le premier est divisé en un rez-de-chaussée et un premier étage ; le second se compose des mêmes éléments; mais, comme il existe une différence de
- niveau entre les hases d’assise, il se trouve que l’étage de cette galerie est placé à la même hauteur que le rez-de-chaussée de la première partie.
- La construction n’a pas présenté de difficulté considérable, sauf pour les planchers de l’étage delà partie construite sur la tranchée du chemin de fer. La
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- portée, en cet endroit, est de 17 mètres; le problème consistait à lancer une poutre droite en bois, sans appui intermédiaire, puisqu'il était impossible de la faire reposer sur la couverture en ciment armé. On a imaginé alors de calculer cette poutre en faisant travailler chacune de ses parties à son maximum ; elle constitue une poutre d’égale résistance fort intéressante; elle se compose de deux âmes entre lesquelles on a placé des pièces de bois aux endroits où le travail est de compression et des tirants de fer à ceux où les efforts sont des tensions; les uns et les autres sont en nombre; correspondant à la valeur de ces différents efforts (fig. 3). Cette poutre a été exé-
- cutée par M. Poirier, le constructeur de charpentes bien connu.
- La Seine est courbe pour la partie des berges occupées par le palais; elle forme une ligne convexe des plus accentuées, de sorte qu’il sera impossible de jamais voir l’édifice d’un seul coup d’œil; ceci n’est pas un mal, à cause de sa longueur; l’architecture pourrait en effet paraître monotone, si elle se développait uniformément en ligne droite sur une distance aussi grande (fig. 1).
- Le sujet principal de la décoration du monument est un grand porche situé en face de la passerelle qui traverse;la Seine. Les architectes ont cherché à réu-
- Coupe transversale du Palais des armées de terre et de mer.
- Fig. 1. -
- nir ces deux éléments pour ne former qu’un seul et meme motif, de façon qu’ils paraissent avoir été étudiés l’un pour l’autre. Le porche est un grand arc libre, c’est-à-dire que s’il fait partie intégrante du palais au point de vue de l’architecture extérieure, il sert somme toute à séparer le palais en deux parties distinctes, la circulation restant accessible au public qui se promène sur les quais et qui ne désire pas pénétrer à l’intérieur des galeries ; quant à la passerelle, elle semble déboucher dans cet arc de triomphe ; elle est comme le tablier d’un pont-levis gigantesque rabattu devant la porte d’une forteresse.
- Les architectes ont eu une idée fort heureuse en n’établissant pas d'escalier reliant les berges à la passerelle ; cela aurait alourdi considérablement l’ouvrage et aurait enlevé à la passerelle ce caractère qui lui donne l’air d’appartenir au Palais. Il était
- pourtant nécessaire d’établir une communication entre les berges et la passerelle, afin que les visiteurs pussent traverser le fleuve ; c’est pourquoi on a construit des escaliers intérieurs au monument, dans une sorte de galerie de'couverte ; ces escaliers prennent naissance sur la berge et aboutissent sous le porche, qui est de plain-pied avec la passerelle (fig. 2).
- Tous les motifs de décoration de ce palais rappellent sa destination ; ainsi le porche est flanqué de deux grosses tours et le mur qui les sépare est crénelé comme un ancien fort; de tous les côtés, on a établi des allégories guerrières et des écussons de régiments divers; de grandes statues en pied, au premier plan, représentent des guerriers armés de hallebardes et, dans le fond du porche, nous admirons deux grandes statues équestres de Rayard et de Duguesclin.
- Toute la partie cylindrique du porche principal
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- LA NATURE.
- sera vitrée avec des verres jaunes, afin de donner une couleur dore'e qui rappelle celle du soleil couchailt ; elle augmentera l’impression de mystère et de grandeur qui doit ressortir de ce monument.
- Los visiteurs qui se promènent en ce moment sur es quais, derrière le Palais des armées de terre et de mer, sont étonnés de voir le peu d’épaisseur de la couverture en ciment armé qui ne dépasse pas quelques centimètres en certains endroits et ils émettent des doutes sur la résistance d’un tel support, surtout quand ils pensent que de grosses pièces d’artillerie seront exposées à l’intérieur des salles. Aujourd’hui on n’est pas encore habitué au ciment armé et l’œil, à lui seul, ne peut donner une impression suffisante [tour calculer sa résistance, il faut le raisonnement et des essais; le premier est donné par le calcul qui satisfait complètement les ingénieurs, les seconds sont encore plus rassurants, ils ont été faits à 1000 kilogs par mètre carré sans qu’il se produise de déformations exagérées; on peut même dire que-Tessai a été fait pour un poids bien supérieur, puisque lors de la chute des fermes en bois que nous racontions au commencement de cet article, les poutres en béton armé ont subi un choc formidable et n’ont point cédé. Cet essai est une des meilleures garanties du système.
- La perspective qui se déroulera devant les yeux des spectateurs situés dans le palais sera merveilleuse ; en face, on verra l’ensemble du Vieux Paris de Ro-bida, qui est une si belle évocation du passé de notre capitale ; à gauche, on découvrira le Trocadéro avec ses palais exotiques et ses flèches élevées qui rappelleront tous les pays; et, au premier plan, sur la Seine, nous aurons un petit port en miniature, avec sa digue et son phare, qui abritera les yachts et les embarcations de plaisance.
- Le Palais de la Guerre sera un des plus beaux monuments de l’Exposition; il fait grand honneur à ses jeunes architectes, MM. Umbdenstock et Auburtin. Cet édifice est leur première œuvre; pour leur coup d’essai, ils ont voulu un coup de maître.
- A. da Cuvha.
- IA FIÈVRE APHTEUSE
- Un véritable fléau s’est abattu sur les animaux de la ferme : bovidés, moutons, chèvres, porcs. Nous faisons allusion à la fièvre aphteuse ou cocotte, qui a occasionné en 1899 presque autant de ravages, dans certains départements, qu’en 1893.
- Cette maladie semble s’étre implantée sur notre territoire ; elle s’est montrée relativement bénigne depuis cinq ans; mais elle a pris, en 1899, un caractère de malignité redoutable. Il faut s’en préoccuper d’autant plus qu’il n’y a pas de raison pour qu’elle ne sévisse pas encore pendant l’année qui commence. Dans certaines régions en France la mortalité sur les animaux a atteint jusqu’à 12 et 15 pour 100.
- La fièvre aphteuse est une maladie éruptive. A l’instar de la petite vérole, elle débute surtout par la muqueuse respiratoire ou buccale. Et elle est extrêmement conta-
- gieuse. 11 suffit d’un gardien d’écurie pénétrant dans une étable jusqu’ici indemne pour que, par l’entremise de ses habits, la contamination se fasse. Les vésicules aphteuses envahissent l’estomac, où elles produisent des désordres mortels. La propagation du mal se fait très aisément par les vents, les mouches, les taons, les moustiques, les gens et les véhicules de transport, etc. La bave des animaux contaminés, matière d’aspect savonneux qui tombe sous forme solide, se dessèche, devient ferme, pulvérulente, et s’en va à des distances énormes propager le microbe et le fléau. On a vu même la fièvre envahir tout à coup des fermes situées à huit ou dix kilomètres de distance de fermes déjà envahies sans atteindre les animaux d’exploitation situés plus près. La marche est capricieuse et se fait surtout par les grands vents secs qui soulèvent et portent les poussières. En tout cas, une fois un centre d’infection formé, l’irradiation s'effectue un peu de tous côtés et toute une contrée est rapidement envahie. Le fléau s’est étendu sur soixante-six départements.
- Les pertes en 1899 ont été énormes. En Angleterre, on estime que la cocotte a causé un préjudice de 40 à 50 francs par animal malade ou non. En France, MM. Nocard et Leclinche ont porté ce chiffre à 60 francs en moyenne. Beaucoup d’agriculteurs estiment qu’il faut l’élever à plus de 70 à 80 francs pour 1899. Il est de fait que les bœufs, qui donnaient avant 1883 un bénéfice de 200 francs et plus, ne fournissent plus maintenant que 120 à 150 francs.
- L’administration a pris, bien entendu, les mesures les plus rigoureuses. On a isolé les fermes contaminées, on a supprimé les foires et les marchés, on a dressé des procès-verbaux multiples. Le résultat a été insignifiant. De hardis novateurs ont adopté des mesures à rebours. Ils ont dit : « Puisqu’on ne peut empêcher l’épidémie de se propager, nous allons la donner à domicile à tous nos animaux. » Ils ont fixé à l’extrémité d’un morceau de bois un chiffon trempé dans la bave d’un animal malade, et ils ont passé le chiffon virulent dans la bouche de tous les animaux de l’exploitation. Le raisonnement était simple : les bêtes qui doivent résister ne seront pas atteintes et seront comme vaccinées. Les autres s’en iront fatalement, et l'on saura à quoi s’en tenir. On a transmis ainsi le mal, et les praticiens affirment qu’il est bien moins grave et d’une durée moindre que celui qu’occasionne la contagion ordinaire. Il est clair qu’il y aurait grand avantage à chercher et à appliquer un virus atténué.
- On a indiqué naturellement une foule de remèdes qui ont fait la fortune des droguistes. On a vendu des drogues sans valeur des 8 et 10 francs. On a saturé les étables de chaux vive, ce qui a conduit à des accidents nombreux. Enfin, on a expérimenté, et cette fois avec succès, un remède bien simple. C’est l’huile.
- Autrefois, en Egypte, on se défendait contre la peste et efficacement, prétend-on, au moyen de lotions d’huile et même d’huile absorbée à l’intérieur. Or, on a imprégné les animaux, par mesure préventive, avec de l’huile d’olive, de pied de bœuf : on a administré l’huile et souvent l’huile de ricin comme remède curatif. Et l’on s’en est bien trouvé.
- Préventivement on enduit d'huile le mufle, les fosses nasales, les muqueuses de la bouche, la langue, les babines, les onglons, les mamelles avec une éponge, un pinceau. Curâtivement, on fait avaler surtout de l’huile phéniquée, à raison d’un demi-litre ou plus, selon la bête. On met une cuillerée à bouche d’acide phénique dans un litre d’huile.
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- LA N ATI; U K.
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- On a indiqué encore plusieurs autres remèdes. Sulfate de fer de M. Croquevielle, cautérisation à l’acide chro-mique déliquescent de M. le Dr Jarre, etc.
- Enfin, la cocotte est certainement transmissible à l’homme. On a cité plusieurs cas de contagion. Le [)r Cornélius, de Bernot (Aisne), entre autres, a signalé notamment plusieurs cas dans son pays; trois fillettes et un adulte ont contracté la fièvre aphteuse, soit en buvant du lait de vaches contaminées, soit par fréquentation d’étables infectées. La fièvre fut intense; il y eut éruption dans la cavité buccale, état infectieux général. Évidemment la transmissibilité à l’homme n’est pas comparable à celle des animaux ; mais enfin elle doit cependant attirer l’attention.
- Il serait vraiment temps que les bactériologistes s’inquiétassent de trouver une méthode de vaccination préservatrice. La fièvre aphteuse porte atteinte à la richesse agricole de notre pays. J.-F. Gau..
- PRODUCTION
- ET
- EXPORTATION DE MAILLES
- EN' ANGLETERRE
- Dans les pays où les grandes fermes occupent une place prédominante, les produits de la basse-cour sont, relativement à la surface cultivée, en quantité bien inférieure que dans les contrées où la propriété est morcelée. La France et l’Angleterre nous donnent un exemple frappant de cette vérité : tandis que nous exportons une quantité considérable d’œufs et de volailles, les importations de nos voisins d’outre-Manche gravissent d’une année à l’autre des hauteurs démesurées.
- Il est vrai cependant que l’accroissement des agglomérations urbaines et des richesses du Royaume-Uni en développant considérablement le goût des habitants pour ces produits délicats a largement contribué à la production de ce phénomène.
- De tous les marchés anglais celui de Londres est le véritable Gargantua des volailles et des œufs de l’univers. Toutes les nations productrices du monde cherchent à apaiser l’appétit croissant de la ville-monstre : l’absence de tout droit de douane et d’octroi les y incite. Parmi ces différents exportateurs, la France a occupé jusqu’ici une place d’honneur. Malheureusement, j’ai pu me convaincre, à la suite d’une étude poursuivie sur place, que des nations plus avisées, quoique plus éloignées, cherchent à nous remplacer et même à nous supplanter sur le marché de la capitale anglaise.
- Je ne dis pas cela, bien entendu, pour les poulets. D’autres contrées se chargent d’en expédier à Londres à des prix qui seraient ruineux pour nos éleveurs. La qualité, certes, n’est pas toujours excellente; mais le consommateur anglais ne recherche pas autant que le français le fumet et la finesse du goût de la volaille. Ces poulets à bas prix arrivent, des possessions anglaises et d’autres pays d’outremer, frigorifiés. Dans ces dernières années la Russie elle-même en a fourni des contingents importants et
- dans des conditions excessivement curieuses. On sait que dans les steppes russes, la rareté de la population fait que chaque paysan dispose d’immenses étendues de terre en jachère. Là, les volailles, élevées à l’état demi-sauvage, trouvent suffisamment de nourriture pour ne pas demander un supplément d’aliments à leur propriétaire. Celui-ci, surtout dans les contrées où les communications font défaut, s’estime heureux de les livrer à raison de 50 ou 40 centimes par tête.
- Ce sont ces poulets que des négociants ingénieux ont songé à tirer des steppes russes en y envoyant des vagons d’une construction spéciale. Chacun de ces vagons, comme on peut le voir dans notre gravure, constitue une sorte d’épinette roulante, à plusieurs étages, où les poulets sont engraissés pendant le trajet. Un homme suffit à la conduite de deux ou même de trois de ces vagons. La volaille qui, naturellement, est très maigre quand on l’achète, acquiert suffisamment de volume pendant le trajet pour pouvoir être vendue dès son arrivée à Londres. Là chaque poulet obtient de lfr,85 à 2fr,50. Rien qu’en 1897, la Russie a exporté à la métropole anglaise pour un peu plus de 11 millions de francs de ces oiseaux.
- Les palais un peu plus raffinés préfèrent la volaille indigène que l’Irlande fournit à des prix ne pouvant laisser aucun avantage aux éleveurs des pays voisins. De fait la Relgique, qui a tenté cette exportation, a dû y renoncer. Néanmoins, les Belges se sont créés une spécialité, grâce à leur « petit poussin » ou « poulet de grains de Bruxelles ». Bien engraissé, ce poulet trouve chez les grands restaurateurs de Londres et quelquefois même à Paris, un prix de 2fl',50 par tête.
- Le « petit poulet » est déjà prêt à^stre livré à la consommation à l’âge d’environ 40 jours. Une seule race flamande, très répandue dans la Flandre orientale, où elle est connue sous le nom de « Brackel », peut opérer ce miracle. Les éleveurs belges affirment que certains coquelets de cette variété commencent à chanter déjà trois semaines après leur éclosion ; à l’âgé de six semaines, ils possèdent de grandes crêtes rouges et les formes d’un poulet de trois à quatre mois; déjà en ce moment-là , ils se montrent si galants auprès des poules qu’on est obligé de les en séparer ou de les chaponner. M. Yander Snickt attribue cette grande précocité à l’habitude qu’on avait autrefois en Belgique d’organiser des concours de chants de coqs. Ces tournois musicaux ont eu pour conséquence de faire pousser toute une race d’infatigables chanteurs à la progéniture desquels on doit les Brackels précoces.
- Quoi qu’il en soit, comme les tables somptueusement servies ne font pas défaut à Londres la France pourrait augmenter sensiblement les exportations de ses produits fins et succulents du Mans et de la Bresse. Ceux-ci comptent de fervents adeptes dans les grandes maisons et les hôtels où il y a des chefs français, et l’on sait que la reine d’Angleterre en est particulièrement friande. Nous devrions cependant augmenter
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- LA NATURE.
- le nombre des consommateurs. Une Exposition internationale de volailles mortes qui se tient tous les ans à Londres, dansle courant de décembre,offre auxengrais-seurs de nos produits d’élite une occasion exceptionnelle pour montrer leur supériorité.
- Si, pour nous', le commerce des poulets est restreint, celui des « dindons » y est beaucoup plus, important. La France envoie tous les ans à Londres 60 000 dindons contre 600 à 800 000 envoyés par l’Italie. Les nôtres cependant, surtout ceux de Normandie, sont plus estimés et mieux payés étant plus savoureux et plus volumineux. Nos producteurs de la Sologne et du centre ont le tort de ne pas engraisser suffisamment leurs dindons. Un supplément de 2 à 5 kg par oiseau donnerait une plus-value de 50 à 60 centimes par kg. Disons en passant que Berlin, Cologne, Hambourg et d’autres villes allemandes pourraient offrir à nos dindons des débouchés fort avantageux. Depuis trois ans le Canada a fait des efforts inouis pour envoyer à Londres de gros dindons abattus dans des cales frigorifiques.
- Mais le froid enlève le fumet et déprécie la valeur de la chair, de sorte que les dindons canadiens, malgré les efforts de l’impérialisme anglais, n’ont pu dépasser lfl',70 par k1^, alors que les gros dindons de Normandie sont payés à raison de 5fr,50 le kg.
- La France est presque la seule à combler le déficit de la production anglaise pour ce qui concerne les « oies ».
- Rien que pendant les fêtes de Noël, le marché de Londres en reçoit près de 150000 de la Sarthe. L’oie de ce département satisfait mieux que la colossale oie de Toulouse les modestes ménages d’ouvriers, d’artisans et de petits bourgeois qui la consomment: son poids ne doit pas dépasser une dizaine de livres.
- L’Angleterre a importé en 1898, près de 1610 millions d’œufs d’une valeur d’environ 112 millions de francs. La Russie vient à la tête des exportations; la France est portée pour un effectif de 500 millions d’œufs d’une valeur de 20 millions de francs sur les tableaux de douane anglaise; mais ceux-ci désignent comme pays d’origine le dernier pays de provenance, de façon que dans les provenances françaises, il y a beaucoup d’œufs italiens. Quoi qu’il en soit, nos œufs étaient destinés jusqu’ici à la consommation directe; mais depuis deux ans une spéculation très
- mal entendue a sérieusement compromis nos débouchés. Nos fermières — surtout celles de Normandie, — dans l’espoir d’obtenir de meilleurs prix, s’avisèrent de garder leurs œufs plusieurs jours après la ponte. Or, les œufs ne doivent pas être livrés à la consommation après dix ou quinze jours. Une grande partie des nôtres arrivent à Londres bien plus âgés, à moitié vides et parfois même tout à fait pourris. Cet état de choses a fait reculer nos exportations tout en jetant un immense discrédit sur les œufs français. Une grande maison de commission qui pendant ces dernières années importait de France jusqu’à 25 000 fr. d’œufs par semaine a grand 'peine d’en vendre pour 1000 francs pendant la même période!
- Le terrain perdu pour nous a été gagné par le Danemark. Ce petit pays, qui envoie en Angleterre trois fois plus de beurre que la France, s’est organisé d’une façon admirable pour y expédier des œufs frais et de bonne qualité. Des Associations coopérati-tives ont été créées partout dans les campagnes danoises. Près des voies ferrées de nombreux dépôts furent établis. Les associés s’engagent d’y apporter trois fois par semaine leurs œufs marqués d’un timbre en caoutchouc indiquant le producteur. L’employé préposé au dépôt a le droit de refuser les œufs ayant plus de quatre ou cinq jours ; il classe les autres suivant leur grosseur. Cette double opération s’opère à l’aide d’un appareil spécial composé d’une guérite pour le mirage et d’une longue table surmontée de barreaux parallèles pour le classement. Les œufs sont mirés et classés automatiquement, à l’aide d’une bande métallique articulée. Le dépositaire danois, s’il emballe des œufs altérés, est passible d’une forte amende qui sert à indemniser l’acheteur.
- Les’Anglais apprécient au plus haut point cetteorga-nisation. La puissante compagnie d’Aerated Rread, qui compte plus de 400 établissements de crémerie à Londres, ne s’adresse plus à la France, mais bien au Danemark pour ses approvisionnements. L’introduction chez nous des mesures analogues aurait le double avantage de réhabiliter le renom de nos œufs et d’améliorer même la qualité de ceux que nous consommons à Paris. J. de Loverdo.
- Vagon-épinelte pour l'exportation de la volaille.
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- LA NATURE.
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- FAIililCATION
- DE L’ACIDE CARBONIQUE LIQUIDE
- L’acide carbonique liquide est employé aujourd'hui couramment daus l’industrie pour les machines frigorifiques; sa fabrication a pris une grande extension depuis quelques années.
- Notre confrère Engineering a décrit, il y a quelque temps, une des plus grandes fabriques actuelles, qui se trouve à Old Ford, et qui est exploitée par la Société London Acid carbonic Gas Works. Nous allons faire connaître les principales dispositions de cette fabrique qui peut liquéfier 5 tonnes d’acide carbonique par jour.
- Le principe de la fabrication est le suivant : dans
- les foyers des chaudières on brûle du coke, l’acide carbonique impur provenant de cette combustion traverse des laveurs contenant une dissolution de potasse. Celle-ci absorbe l’acide carbonique, et est renvoyée dans les chaudières où elle est régénérée. Le gaz acide carbonique pur est recueilli dans un gazomètre e.t passe de là dans les appareils de compression. La dissolution de potasse est à son tour renvoyée dans les laveurs où elle absorbe de nouveau d’autres gaz pour suivre la meme marche (pie précédemment.
- La figure ci-jointe donne une vue d'ensemble de la disposition des appareils. En A, A se trouvent les deux chaudières; on voit en R, R, leurs dômes de vapeur réunis entre eux. Les chaudières employées sont du type de Cornouailles et ont une largeur de
- 1 — i i
- Fabrication d'acide carbonique liquide à Old Ford, en Angleterre.
- 2 mètres et une longueur de 8m,45. La pression de marche ne dépasse pas 0,35 kg par centimètre carré; mais elle peut atteindre 3,5 kg par centimètre carré. Des précautions spéciales ont été prises pour éviter les fuites aux rivures par suite de l’action de la dissolution de potasse; les joints sont faits avec de la fibre de bois.
- Les gaz provenant de la combustion passent par un petit caniveau souterrain et viennent dans le laveur B rempli de fragments de marbre; de l’eau chaude provenant du réservoir supérieur 1) s’écoule constamment. Ce premier laveur retient le gaz sulfureux qui résulte de la combustion du cok». Le gaz passe ensuite dans un second laveur J semblable au premier, et arrive, après avoir traversé une série de tuyaux PP, aux absorbeurs EEE, qui renferment des couches de coke arrosées constamment par une dissolution de potasse placée en F et qui s’écoule peu à peu. Cette dissolution de potasse absorbe l’acide
- carbonique et se déverse dans un petit récipient placé en G, à gauche de la figure. De là, elle est pompée et renvoyée dans l’intérieur des chaudières en traversant un échangeur de température. Après quelque temps de séjour dans la chaudière, l’acide carbonique s’échappe par le tuyau que nous voyons au-dessus des dômes R, vient dans le récipient 1) traverser un serpentin et se rendre au gazomètre K. En traversant ce serpentin, le gaz dégage de la chaleur qui sert à chauffer l’eau utilisée dans le laveur B, comme nous l’avons vu plus haut.
- La dissolution de potasse restée dans la chaudière est renvoyée directement en G dans un réservoir voisin de celui que nous avons trouvé précédemment et elle est montée par une pompe en F pour s’écouler de nouveau dans les laveurs E, et recommencer la même opération.
- On recueille ainsi dans le gazomètre K du gaz acide carbonique qui est envoyé aux compresseurs
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- L A N A'I L U L.
- pour être liquéfié. Les compresseurs sont verticaux, du type Hall à 5 femps, à 3 cylindres, actionnés par une machine à vapeur de 20 chevaux. Le premier cylindre, à double effet, comprime l’acide carbonique à la pression de 1,4 kg par centimètre carré ; ce gaz traverse d’abord un épurateur à chlorure de calcium. Il est ensuite envoyé dans le deuxième cylindre, où il est comprimé à 9 kg par centimètre carré. Puis il circule dans un serpentin refroidi par une circulation d’eau, et il arrive enfin au troisième cylindre où la pression atteint près de 70 kg par centimètre carré suivant la température ambiante. On sait en effet que les pressions pour la liquéfaction de l’acide carbonique sont les suivantes, d’après les températures : 17,11 atm. à —25°; 23,13 atm. à — 15°; 30,84 atm. à —5°; 40,46 atm. à +5°; 32,10 atm. à +13°; 00,02 atm. à -f-25°; 82,17 atm. à -t— 33'’ ; 100,47 atm. à +43°. Le point critique est à -h 32°.
- Le poids spécifique de l’acide carbonique liquide varie de 0,947 à 0°, à 0,8266 à -+-20° et à 0,9951 à —10°.
- L’acide carbonique liquide, pour les climats tempérés, est recueilli dans des bouteilles en acier de 17 litres, qui renferment 12k£,7 d’acide carbonique. Les bouteilles destinées aux pays chauds ne sont remplies qu’aux 2/3 en raison des [tressions considérables qui peuvent se développer dans ces bouteilles. J. L.
- CHRONIQUE
- La latitude de tàenèie. — Les catalogues astronomiques donnent depuis longtemps pour la latitude de Genève le nombre 46° 11'58",8. De nouvelles déterminations poursuivies par M. Pidoux, avec le concours du directeur de l’observatoire de Genève, conduisent à un nombre plus fort qui se rapprochera de 46° 12'11". Si ce résultat était définitivement acquis, il confirmerait les mesures géodésiques directes qui partant de Paris ou de Strasbourg donnent pour la latitude de Genève une valeur supérieure à 46° 12'.
- Les poids et mesures en Russie. — Le correspondant du Times à Saint-Pétersbourg envoie à ce journal les règlements nouveaux qui viennent d’être édictés relativement aux poids et mesures en Russie. La livre russe sera l’étalon adopté et est déclarée égale à 409E,512mg. Le vedro devra contenir 30 livres anglaises d’eau distillée à 16°,6 G. et un (javnietij 8 livres anglaises de la même eau. L’unité de longueur, Yarshin, est fixée à 71cm,12. Le système métrique sera facultatif et non obligatoire.
- Colombophilie iniliiaire. — I ne intéressante expérience a eu lieu récemment entre les colombiers de foui et de Verdun. On voulait savoir comment les messagers ailés se comporteraient s’il leur fallait entrer dans une ville en état de siège; des pigeons venus de Toul furent accueillis à leur arrivée à Verdun par une violente canonnade. Bien que les coups fussent seulement chargés à poudre, les pigeons en proie à une violente émotion, refusèrent d’entrer au colombier, où, cependant, un réconfortant déjeuner leur était préparé. Un grand nombre d’entre eux n’ont même pas regagné le point de
- départ et se sont perdus. Il semble donc qu’il y ait lieu de compléter le dressage de ces intéressants oiseaux.
- La démolition des ponts à l’électricité. — Il va
- falloir apporter une modification au dictionnaire de la langue française, et quand on voudra exprimer qu’une opération se fait avec une rapidité rare, on ne dira plus que la chose se passe à la vapeur, mais bien à l’électricité. Voici, en effet, que cette précieuse électricité permet même de démolir les ponts d’une façon aussi élégante que subite. G’est du moins ce que l’on peut inférer, en généralisant peut-être un peu vite, d’une opération curieuse qui vient d’être menée à bien sur un pont de bois qui croisait la rivière Wabash, à Clinton, dans l’État d’fndiana. Il ne fallait pas songer à le faire sauter à la dynamite ni même à le brûler, car on aurait détérioré les piles de pierre sur lesquelles il reposait, et que l’on désirait garder intactes : et cependant on voulait faire disparaître, en un tour de main, la superstructure de bois. On résolut de recourir à un fil métallique, que l’on ferait rougir sous le passage du courant électrique, pour couper simultanément les diverses pièces de bois qui composaient la charpente de chaque travée, le sectionnement causé par le fil rougi n’ayant besoin de se poursuivre que jusqu’à une profondeur suffisante pour que les poutres se rompissent sous leur propre poids. On comprend aisément la combinaison qu’il s’agissait d’adopter. On entoura donc à point nommé chaque longrine à rompre, d’une sorte d’étrier formé d’un fil de fer où l’on pouvait faire passer le courant; à cet étrier était suspendu un poids qui le forçait à pénétrer dans le bois au fur et à mesure que la combustion de ce dernier se poursuivait. On fit agir un courant alternatif de 50 volts, et au bout d’une heure 40 minutes à peu près exactement, chacune des travées s’effondrait successivement dans la rivière. Tout s’était passé avec une rapidité extraordinaire, et sans aucun danger pour les ouvriers chargés du travail.
- Nouvelle Lampe À ineandesrence Edison. —
- L’inventeur Américain a breveté dernièrement un nouveau filament de haute résistance, pour les courants électriques de haute tension. Ce filament consiste en un mélange d’oxydes de terres rares non conducteur ; des particules de charbons font corps avec lui. Les étincelles engendrées par le courant sauteraient entre ces molécules, échaufferaient le filament et le porteraient à l’incandescence. En somme, d’après ce qui a été publié à cet égard, la nouvelle composition serait faite en oxydes de zircone et de thorium; puis on plongerait le filament quelques secondes dans un sel, dans l’acétate de zircone ou de thorium. Ce revêtement augmenterait l’éclat blanc de la lumière. On fabriquerait ce filament en préparant d’abord une solution de sucre d’asphalte ou d’un tartrate d’un oxyde terreux. La pâte ainsi obtenue serait soumise à une forte pression et passée ensuite à la filière. Après quoi, on imprégnerait de charbon. il faudrait un courant de plusieurs centaines de volts pour porter ce filament à l’incandescence. Edison avait déjà proposé et breveté un autre filament analogue. On l’obtient en constituant un fil de laiton, avec un oxyde de terre rare et en calcinant ; puis on plonge de nouveau dans l’oxyde terreux et l’on chauffe jusqu’à ce qu’une quantité suffisante d’oxyde se dépose à la surface. Le filament est finalement déposé dans un carbure et après l’avoir séché, on le plonge dans une solution de sel qui assure la blancheur et la fixité de la lumière. Nous verrons ce que donneront les nouvelles lampes à l’Exposition de 1900.
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- LA X ATI R K.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 février 1900, — Présidence de M. Lévy.
- Exploration de l'océan Glacial. — M. le prince de Monaco fait connaître les résultats géographiques tirés de la campagne d’exploration maritime de 1899. 11 avait reconnu l’année précédente que l’hydrographie de la région Est du Spitzberg est insuffisante. Les cartes sont mal faites; aussi avait-il obtenu du ministre de la Marine qu'un officier de la marine militaire fût attaché à l’expédition pour l’exécution des travaux hydrographiques. Le navire ayant rencontré un champ de glace vers le 80° degré de latitude chercha un refuge et pénétra ainsi dans un fjord que les cartes indiquaient vaguement sous le nom de haie de Red. Pendant vingt jours tous les efforts des hôtes du navire furent dirigés en vue de la confection d’une carte locale. 4200 angles furent mesurés, ainsi qu’une base géodésiquc de 2500 mètres, 2400 sondages exécutés sur un espace de 15 kilomètres de long sur 8 de large. La carte présentée à l’Académie embrasse une région de 30 km de longueur sur 15 de largeur, sur laquelle on trouve des montagnes de 800 à 900 mètres d’altitude. M. le Dr Portier, attaché à l’expédition pour la zoologie, a pu effectuer, sur les phoques, des recherches physiologiques qui donnent lieu de penser que l’épaisse couche de graisse de ces animaux n’est point une réserve alimentaire, mais qu’elle agit comme isolant.
- L'arsenic dans l'organisme. — M. Armand Gautier, dans un travail présenté à l’Académie le 4 décembre dernier, a montré que la glande thyroïde contient normalement de l’arsenic : 100 gr de cette glande sèche renferment 0,075 mmgr d’arsenic. 11 a montré également que la peau contenait de l’arsenic et expliqué ainsi le rapport de certaines maladies de peau avec des lésions de la glande thyroïde. Depuis deux mois, il a étudié tous les autres organes, tant au point de vue de la présence de l’arsenic, qu’au point de vue de l’origine de cette substance et de son élimination. 11 a fait savoir aujourd’hui que les cheveux, les poils, les ongles, la corne du bœuf, contiennent de l’arsenic. La glande mammaire en présente et par conséquent le lait qu’elle élabore. Le cerveau du fœtus contient de l’arsenic, de même que le cerveau de l’enfant nouveau-né, mais le cerveau de l’homme adulte n’en offre pas trace, du moins autant qu’il est résulté de l’examen de cerveaux de malades décédés à l’hôpital. Les os contiennent également de l’arsenic. Mais, en revanche, le foie, le pancréas, le rein, la rate n’en présentent pas trace, de même que la glande pituitaire qui cependant paraît jouer le rôle d’adjuvant de la glande thyroïde. L’estomac ni les intestins n’en offrent point non plus. Ce dernier résultat a une grande importance au point de vue des recherches toxicologiques, car il conduit à cette conséquence que si, à un moment donné, on trouve de l’arsenic dans l’estomac ou l’intestin, ce n’est point de l’arsenic normal. Comment l’arsenic est-il introduit dans l’organisme? Evidemment c’est par certains légumes spéciaux, le choux, le navet, les pommes de terre, les céréales des terrains pjriteux, car la viande, le poisson, les œufs ne renferment pas d’arsenic. Comment est-il expulsé de l’organisme? Les urines n’en contiennent pas, les matières fécales ne semblent pas en emporter. C’est donc par les produits de la peau, poils, cheveux, ongles qu’il est rejeté.
- Séparation de l’hydrogène et de ses carbures. — M. Moissan dépose une Note de M. Colson relative au
- dosage volumétrique de l’oxygène dans les mélanges de l’oxygène avec ses carbures. L’auteur préconise l’emploi de l’oxyde d’argent. 11 suffit d’une température de 100" pour que l’hydrogène se fixe sur l’oxygène. Les carbures subsistent et l’argent se dépose sur la cloche. L’auteur signale cette particularité de l’expérience que le dépôt d’argent se forme à une température de 100° bien inférieure à celle de la volatilisation de l’argent. M. Armand Gautier pense que, dans cette expérience, l’argent est sans doute à l’état d’hvdrure volatilisé.
- Le carbonifère de Madagascar. — M. Gaudry rappelle qu’on avait trouvé précédemment des traces de combustible minéral dans le Nord de Madagascar. M. le professeur Bureau, du Muséum, avait récemment prié divers explorateurs de lui rapporter des plantes permettant de déterminer l’âge du dépôt charbonneux. M. Joly, médecin de la marine, vient de rencontrer dans ce dépôt, diverses empreintes de plantes. M. Bureau a reconnu qu’elles appartenaient à un equisetum d’espèce nouvelle qu’il décrit sous le nom d’equisetum Joly, en l’honneur de celui qui a découvert les empreintes. Cet equisetum a les plus grandes analogies avec les formes du trias, aussi M. Bureau conclut-il que le dépôt charbonneux n’appartient pas au terrain houiller et confirme l’opinion émise par M. Marcellin Boule, suivant laquelle il serait assimilable au schiste à charbon de Karoo dans l’Afrique australe.
- Matériaux de roches disparues. — M. A. Gaudry présente une Note de M. Bleicher dans laquelle ce dernier communique le résultat de ses dernières investigations relatives à certaines dénudations de terrain, dans les environs de Nancy. M. Bleicher, dans une récente communication, avait montré qu’au-dessus du bajocien, il y avait eu du bathonien, de l’oxfordien et du corallien sur une épaisseur de 200 mètres et que ces terrains ont disparu. C’est surtout par suite de la dissolution du calcaire opérée pendant des milliers d’années qu’ils ont été enlevés. Ces calcaires n’étaient pas parfaitement purs; ils renfermaient de l’argile, du fer et de la silice qui ont été mis en liberté lors de la transformation des roches. Ils sont restés sur place descendant au fur et à mesure de l’ablation des terrains. Le limon rouge épais quelquefois de 4 à 6 mètres qui recouvre le plateau n’est que le résidu des éléments solubles dans l’eau qui étaient renfermés dans les 200 mètres de terrains existant autrefois.
- Varia. — M. Marcel Bertrand expose une théorie mécanique de la formation des montagnes.
- Ch. DE VlLLEDEUlL.
- L’OPTICIEN AUTOMATIQUE
- L’appareil qu’un de nos collaborateurs signalait l’autre jour, et qui vend si ingénieusement des roses dans certaines villes d’Allemagne, nous a remis en mémoire un de ces distributeurs que nous avons vu fonctionner en Grande-Bretagne, et qui procède lui aussi d’une idée bien originale, quoique moins élégante et gracieuse. Nous l’appelons 1’ « opticien automatique », car c’est le nom qui nous semble convenir le mieux au rôle qu’il remplit. Son nom anglais est en réalité « Automatic sight testing apparatus », ce qui signifie appareil automatique à essayer la vue, et en effet il a pour but de vous dire l’espèce et le Numéro des verres dont votre vue peut avoir besoin.
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- LA NATURE.
- L’aspect extérieur de cet appareil ressemble considérablement à celui des balances automatiques et autres systèmes analogues; mais, au-dessus du pied devant lequel le client de l’appareil vient se placer, entre les deux mains-courantes, se trouve une large plaque percée d’une part de la fente classique faite pour glisser les deux sous, et d’autre part de deux ouvertures auxquelles le client doit venir appliquer ses yeux. Derrière ces deux oculaires, et à l’intérieur d’une boîte, est fixée une petite carte sur laquelle sont imprimés des caractères extrêmement fins, et qui se présentent ainsi à une distance de 55 centimètres des yeux. En outre, également à l’intérieur de la boîte, et naturellement entre les oculaires et la carte des caractères imprimés, se trouvent deux disques qui peuvent être animés simultanément d’un mouvement de rotation, et qui comportent chacun à leur périphérie une série de 26 verres répondant aux défauts ordinaires de la vision pour les myopes ou les presbytes.
- Par conséquent, quand quelqu’un veut savoir quels verres il lui serait nécessaire d'acheter, il se met en position devant les oculaires, où il regarde en tournant à gauche ou à droite un bouton qu’on aperçoit à droite et en bas de la boîte supérieure dont nous parlions tout à l’heure: il tourne jusqu’à ce qu’il voie le plus nettement possible les caractères imprimés, et alors il n’a plus qu’à lire un numéro qui apparaît en même temps.
- Bien entendu, comme les verres de myopes ou de presbytes ne forment pas en réalité une sérié ininterrompue de numéros qui se suivent, il va sans dire que le numéro qu’on lit ainsi correspond à une classification toute particulière qui est faite pour et par une maison spéciale. C’est qu’en effet
- les appareils en question ont été imaginés par une fabrique de verres d’optique : cette fabrique porte le nom fort compliqué en apparence de « Automatic sight testing and Optical Supply C° », tout simplement parce que c’est elle tout à la fois qui a créé ces appareils pour l’épreuve delà vision, et qui fournit au public les verres correspondant aux numéros dont nous parlions à l’instant. Quand le client de
- l’appareil automatique a lu le numéro des verres dont il a besoin, il n’a qu’à détacher une feuille imprimée qui pend pour ainsi dire sous sa main, et qui est une formule de commande où un cadre est réservé pour l’inscription du numéro en question ; elle comporte aussi un espace spécial où l’on indique le nombre de lunettes ou de lorgnons dont on a besoin, en spécifiant si c’est pour lire ou pour regarder à distance.
- Bien entendu cet appareil automatique ne peut pas avoir la prétention de remplacer complètement l’oculiste et l’opticien, et, quand un malade n’a pas trouvé dans l’opticien automatique quelque chose qui satisfasse sa vue, il n’a qu’à s’adresser à la Société en question, qui lui envoie une carte pour un médecin spécialiste ou pour une consultation dans un hôpital. On conviendra que l’idée est fort originale: les appareils se rencontrent dans un grand nombre de gares de chemins de fer (c’est là que nous en avions examiné quelques-uns) ; mais on en adopte aussi un certain nombre dans des écoles du Royaume, pour permettre aux commissions scolaires de soumettre les enfants à des épreuves qui les renseignent sur letat de leur vue. D. L.
- , Le Gérant : P. Masson.
- L’opticien automatique.
- Paris. — Imprimeiie Laucre, rue de Fleurus, 9.
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- EXCURSION SCIENTIFIQUE AUX CHANTIERS DE L’EXPOSITION
- Réservée aux abonnés de « LA NATURE » (4 MARS 1900)
- La Nature a organisé depuis deux ans des excursions scientifiques en France : la première dans le Massif central, la seconde aux Pyrénées. Leur succès a été complet. Aussi avons-nous pensé qu’il serait agréable à un certain nombre de nos abonnés de leur offrir le moyen de faire de meme une petite excursion, cette fois en plein Paris, et qui présentera son intérêt et son utilité ; nous voulons parler d’une visite aux chantiers de l’Exposition universelle.
- Au commencement du mois prochain les travaux seront bien près d’être terminés et l’on pourra ainsi, avant l’heure de l’ouverture, se faire une idée d’cnsemhle des merveilles qui se préparent, et se rendre un compte exact des nouveaux procédés de construction et de montage qui ont été employés pendant l’exécution de cette œuvre grandiose.
- Aussi bien en 1900 le caractère des constructions diffère de ce qu’il fut en 1889. Le fer a cessé d’oc-
- ioo 200 3oo (j.oo 5oo
- Itinéraire de l’Excursion.
- cuper la première place. C’est la pierre, le bois, le staff surtout... qui, cette fois, ont eu toutes les faveurs. Les comparaisons seront instructives.
- Nous avons obtenu de M. le Directeur général de l’Exposition l’autorisation de conduire nos abonnés sur les chantiers.
- Notre collaborateur, M. da Cunha, a bien voulu se charger de diriger cette visite spéciale. M. da Cunha était tout désigné par sa compétence ; il a suivi jour par jour les travaux depuis leur commencement, et on a pu lire ici les excellents articles qu’il écrit pour nous sur l’Exposition. Cet ingénieur nous fera une conférence sommaire sur les travaux et fournira toutes les explications utiles au cours de notre visite. Nous suivrons pas à pas le trajet que nous figurons dans le plan ci-joint : les Palais des Beaux-Arts, le pont Alexandre III, les bords de la Seine, etc.
- 28“ année. — der semestre.
- En conséquence, ceux de nos abonnés qui voudront se joindre à nous devront envoyer leur adhésion, le plus vite possible, aux bureaux de La Nature ; car nous sommes obligés, à regret, de limiter le nombre des visiteurs, à cause de l’encombrement des chantiers.
- Les 200 premiers abonnés inscrits recevront une invitation valable pour une seule personne. Elle leur sera transmise par l’Administration du journal. Cette carte personnelle servira d’entrée à l’Exposition pour notre réunion.
- L’excursion aura lieu le dimanche 4 mars à 8h 45m précises du matin.
- Rendez-vous à la porte des Champs-Elysées, à l’endroit même où se trouvait autrefois l’entrée principale du palais de l’Industrie. (Voir le plan.)
- Henri de Parville.
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- LA NATURE.
- VUES D’ENSEMBLE
- SUR L’EXPOSITION DE 1900
- IV (1)
- LES UOKDS DK LA SEINE
- Le visiteur qui connait déjà les palais des Champs-Elysées el ceux de l’Esplanade des Invalides, continuera son excursion à travers l’Exposition par une promenade sur les rives de la Seine ; celles-ci sont comprises à l’intérieur de l’enceinte, entre le pont Alexandre et le pont d’iéna.
- Les transformations que notre fleuve subit en ce moment et le coup d’œil féerique qu’il présentera dans quelques semaines, seront sans contredit le côté le plus attrayant de la fête (pii se prépare. Les galeries et l’imposante architecture des palais qui couvrent les Champs-Elysées, l’Esplanade et le Champ-de-Mars, auront une grande part du succès; sans doute... mais, le public a toujours un penchant pour les grands décors d’ensemble, surtout lorsque ceux-ci se présentent sous une forme nouvelle et imprévue ; les objets exposés retiendront les personnes curieuses de se renseigner et de s’instruire, les abords de la Seine attireront tout le monde sans distinction.
- On sait que les berges du fleuve, pour la traversée de l’Exposition, ont été radicalement transformées, et que plusieurs millions ont été dépensés pour changer les anciens ports de tirage en ports droits. Ce travail n’est pas perdu, car il fait partie d’un plan d’ensemble de la réfection totale des rives de Paris. Mais, au point de vue de l’Exposition, le but de ce travail a été de présenter un sol horizontal sur lequel on pouvait asseoir des constructions importantes et bien disposé pour établir un large boulevard fluvial.
- Cette promenade, sur les bords mêmes de la Seine, aura un charme tout particulier, provenant de la présence du fleuve plus bas d’un mètre seulement que la chaussée et du panorama incomparable qui se déroulera devant les yeux.
- Nous avons dit, dans un article spécial4, que la Seine présentait un alignement droit entre les ponts des Invalides et de l’Alma ; elle forme ainsi un grand bassin rectangle sur lequel on compte donner pendant l’Exposition des parades de bateaux et des défilés enguirlandés avec fêtes nautiques. Aussi cette section du fleuve a-t-elle été soignée d’une façon toute particulière; à ses deux extrémités, nous aurons les passerelles provisoires construites contre les deux ponts; elles auront une ornementation des plus riches et des plus gaies; la meilleure garantie qu’on puisse avoir de la réussite de cette décoration, ce sont les noms des deux architectes à qui l’on a confié ce travail : MM. Mewès et Gauthier. Ces deux passerelles seront uniquement réservées aux visiteurs de l’Exposition, le public ordinaire de la rue pourra donc continuer à se servir des ponts eux-mêmes pour traverser la Seine; toutefois, l’enceinte de l’Exposition ne sera pas interrompue par ce fait, car, sur les quais, aux deux extrémités de ces ponts, on établira des passerelles pardessus la chaussée de façon à laisser le public longer la rivière sans sortir de l’Exposition.
- Sur la rive droite, trois palais officiels sont élevés et
- 1 Voy. n° 1582, du 18 novembre 1899, p. 590; n° 1586, du 16 décembre 1899, p. 34 et n° 1589, du 6 janvier 1900, p 91.
- 4 Yov. n° 1584, du 2 décembre 1899, p. 4.
- occupent à eux seuls presque toute la distance comprise entre les ponts des Invalides et de l’Alma : les palais de la Ville de Paris, de l'Horticulture et des Congrès; le seul qui mérite un intérêt spécial est celui qui servira de temple aux fleurs : il se compose de deux grandes serres jumelles séparées par un grand terre-plein en jardin dominant un large escalier aboutissant sur le boulevard fluvial inférieur construit sur la berge; les deux autres sont des édifices fort disgracieux et qui n’ont d’autre excuse d’existence que l’utilité de leur destination.
- Sur la rive gauche, nous aurons l’enfilade de palais des puissances étrangères, élevés les uns à côté des autres sur le quai supérieur. La construction de ces monuments a été assez difficile à établir à cause de la présence du chemin de fer de l’Ouest qui passe en tranchée par cet endroit; il a fallu couvrir cette dernière avec un plancher en ciment armé sur lequel les éditices ont été élevés; toutefois, ils n’ont pas pris leurs points d’appui sur cette couverture même — cela aurait été imprudent, — on a dù établir des espèces de ponts en fer par-dessus la tranchée et c’est sur cette arcature métallique qu’on a monté les murs des palais.
- Du côté de la Seine, et devant ces palais, on a établi une plate-forme en bois qui forme une promenade située au-dessus du boulevard fluvial dont nous parlions plus haut; plusieurs pavillons étrangers ont même été installés de façon à empiéter sur cette plate-forme ; la saillie est alors disposée en arcades sous lesquelles on peut passer, de façon à ne pas interrompre l’alignement général.
- Les palais étrangers ont été divises en deux lots séparés par un grand jardin situé en face de l’escalier monumental du palais de l’Horticulture ; de cette façon, le regard peut embrasser chacune des deux parties avec plus d’ensemble que si la continuité n’avait pas été interrompue.
- Tous ces palais sont fort intéressants et présentent chacun une architecture originale rappelant le pays dont il doit donner les souvenirs; ils sont construits avec un luxe de décoration considérable qui montre le désir que les différents États avaient de faire une belle figure à notre grande manifestation de la fin du siècle. Ceux qui retiendront le plus l’attention des visiteurs seront ceux de l’Italie et de l’Allemagne; le premier est une composition originale faite d'après des reproductions de motifs pris sur les palais de Venise ; on reconnaît la copie textuelle de la porte délia Carta du palais des doges et les coupoles de l’église Saint-Marc. Quant au palais Allemand, il représente une habitation austère de la Bavière, les toits peints en vert doré, sont très élancés et présentent beaucoup de mouvement; ils soutiennent une tour qui n’a pas moins de 45 mètres de hauteur.
- Un palais qui intéressera, moins par sa beauté que par l’originalité de sa conception, est l’édifice des États-Unis; c’est une grande masse carrée surmontée d’une coupole imposante et munie d’un portique qui n’a d’autre mission que d’encadrer la statue équestre de Washington. On sait que les Américains ne sont pas des artistes et que, pour eux, la manifestation du beau se traduit par la représentation de l’argent dépensé; or, tout leur palais en est là; il y a avant tout dans ce palais beaucoup de pierre, beaucoup d’or.
- La Belgique est très bien interprétée el fait une fort belle figure dans ce concours des nations. Elle montre une reproduction exacte de l’hôtel de ville d’Audenarde qui fut construit de 1525 à 1530 par l’architecte bruxellois Van Pede ; c’est le plus beau type connu des anciens édifices communaux des Flandres.
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- Après le pont de l’Alma, la Seine change d’aspect; au lieu d’être rectiligne, comme dans la section précédente, elle présente une courbe très prononcée; sur la rive gauche, nous aurons le palais du Mexique qui est une giande construction d’aspect sévère et triste, précédant le palais de la Guerre, qui s’étend sur une longueur de 550 mètres1.
- Presque toute la rive gauche de la Seine, entre les ponts de l’Alma et d’iéna, est réservée à l’armement, car à côté du palais des Armées de terre et de mer, nous voyons des pavillons russe, anglais et belge réservés à l’exposition des moyens de défense ; le plus important des pavillons isolés est celui de MM. Schneider et Cic, pour leur exposition du Creuzot ; il représente une coupole métallique de 40 mètres de hauteur. 11 y a de la fantaisie dans cet ouvrage, dû à l'architecte M. Bonnier, mais l’impression qui s’en dégage est la puissance des moyens de défense et d’attaque; le blindage de la couverture semble défier tous les projectiles, et les gros canons dirigés vers la Seine sont des exemples de
- nos meilleures et plus puissantes unités d’artillerie.
- En face du palais des Armées de terre et de mer, les Parisiens ont déjà pu admirer ce merveilleux tableau dù au crayon de M. Robida et qui représente une évocation du Vieux Paris *; cette délicieuse synthèse nous donne une impression charmante de ce que pouvait être la vie de nos grands-pères à la capitale, et nous fait presque regretter de ne pas avoir vécu à l’époque passée ; il y a dans ce décor une foule de détails qu’on découvre les uns après les autres ; tel balcon avait échappé à la première vision, tel campanile n’était pas apparu avec sa finesse et sa dentelure ; c’est un amusement constant pour les yeux qui cherchent et pour l’esprit qui découvre.
- Il faut dire deux mots de la passerelle qui est lancée par-dessus la Seine, en face du palais de la Guerre, nous en reparlerons d’ailleurs dans un article spécial. Elle fait le plus grand honneur à MM. Résal et Alby qui l’ont dessinée, car elle est mathématiquement belle ; les chiffres ont produit un ouvrage.d’art!... la chose est assez rare pour pouvoir être constatée. Il y a un tel sentiment
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- Plan des bords de la Seine.
- d’équilibre dans ses lignes, que les yeux perçoivent presque d’eux-mêmes les efforts de résistance auxquels chaque pièce est soumise.
- Sur la rive droite la passerelle sépare le Vieux Paris du restaurant populaire de la Société des bouillons Du val.
- La dernière attraction qui nous retiendra avant d’arriver au Trocadéro est un petit port en miniature établi à l’aide d’une digue construite en pleine eau; des yachts de plaisance et des bateaux de luxe mouilleront dans ce port pendant toute la durée de l’Exposition; ils obtiendront sur le public un très gros succès, car on sait que celui-ci est toujours très curieux de tout ce qui touche à la navigation telle que la comprennent nos riches amateurs.
- Gomme on le voit par cette excursion rapide sur les bords de la Seine et qui ne fait que montrer l’extérieur des monuments, la promenade le long du fleuve sera une des plus pittoresques distractions que pourra offrir l’Exposition pendant les sept mois qu’elle durera.
- A. da Cunua.
- 1 Voy. n° 1394, du 10 février 1900, p. 175.
- L’INDUSTRIE CÉRAMIQUE HOLLANDAISE
- Tout le monde connaît de réputation l’ancienne porcelaine de Delft, et les belles céramiques aux magnifiques bleus que l’on y faisait jadis : les pièces, provenant des fabriques qui existaient autrefois dans cette région, sont toujours des plus recherchées, et il n’est pas besoin d’être un collectionneur et un spécialiste en la matière pour apprécier les colorations transparentes et chaudes qui se vendent maintenant des prix fous. Malheureusement, sous l’influence de la concurrence que vint lui faire la céramique anglaise et surtout un fabricant nommé Josuah Wedgwood, qui se mit à produire à bien meilleur marché, la céramique delftoise fut ruinée en 4770, et elle ne fit plus que traîner péniblement jusque vers la moitié de ce siècle ; en outre, des fabriques qui existaient en dehors de Delft, témoin celle des Aelmis de Rotterdam, disparaissaient.
- Depuis lors, cette industrie est revenue au monde pour ainsi dire sous des formes diverses. Delft a repris la production de ses anciens bleus, en s’en tenant surtout aux articles de luxe; d’autre part, d’importants ateliers existent à Utrecht, à Purmerend, et aussi à La Haye, et
- 1 Voy n° 4393, du 3 février 1900, p. 104.
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- LA NATURE.
- on s’est même mis tout à fait au goût du jour en créant des colorations heurtées et intenses et des dessins décadents. Enfin il y a à Maestrichl deux fabriques qui produisent l’article à bon marché, et qui emploient 2500 ouvriers et 1500 femmes, et exportent chaque année plus de 53 millions de kilogrammes de céramique. P. de M.
- PHOTOGRAPHIE DES COULEURS
- PETIT Al'I'ARElIî d’aMATIU'R PAR M. L. DUC.OS DU HAURON
- 11 y a un an1, nous avons expliqué ici le principe de la photographie des couleurs par le procédé tri-chrome et nous avons même reproduit des planches obtenues par ce procédé ; nous n’y reviendrons donc pas aujourd'hui. Nous rappellerons seulement qu’il faut, au point de vue des écrans à employer, faire une différence suivant le but^ qu'on se propose : ils ne sont pas les mêmes si les clichés sont destinés à l’impression que s’ils sont destinés à donner une épreuve sur verre qui sera vue par transparence.
- Nous ne nous occuperons aujourd’hui que de ce dernier cas, c’est le seul auquel s’applique le petit appareil d’amateur de M. L. Du-cos du Hauron.
- Jusqu’à présent, il n’existait dans le commerce aucun appareil d’un modèle courant qui permette de faire les clichés nécessaires au procédé des trois couleurs. Les industriels qui l’utilisent faisaient faire des dispositifs plus ou moins heureux et le plus souvent, on peut dire presque toujours, ayant pour but d’assurer un repérage parfait des trois clichés faits séparément avec un appareil ordinaire. Il y a quelques années, M. Nachet imagina une disposition heureuse qui permettait de faire les trois clichés d’un seul coup avec le même objectif; le principe de l’appareil a été exposé ici2, mais ce n’est que depuis très peu de temps que M. Gaumont, après bien des essais, est arrivé à en construire un type réellement pratique et industriel, avant peu on pourra le trouver dans le commerce; ce sera toujours un appareil de haute précision dont le prix sera supérieur à un millier de francs.
- Le petit appareil dont M. L. Ducos du Hauron est l’inventeur s’adresse, au contraire, à l’amateur et
- 1 Voy. n° 1557, du 7 janvier 1899, p. 87.
- 2 Voy. n° 1101, du 7 juillet 1894, p. 91.
- coûte environ une centaine de francs ; les résultats qu’il donne sont très suffisants pour donner satisfaction à l’opérateur et pour l’initier aux mystères du procédé.
- Il s’agit, comme on sait, de faire trois clichés au travers de trois écrans colorés : bleu, vert, rouge; la chambre F est donc divisée en o parties (fig. 1), ayant chacune un objectifdistinct : elle forme en réalité 5 chambres superposées. Dans une coulisse L, ménagée en avant des objectifs, on glisse une petite boite A contenant 5 miroirs M1? Ms, M-, inclinés à 45° et leur faisant face. La partie supérieure de cette boîte porte un quatrième miroir M, incliné aussi à 45°, mais en sens inverse des autres; c’est celui-ci qui reçoit l’image de l’objet à photographier et qui la renvoie aux autres miroirs. Les deux premiers, Mj et Mjj, sont en glace transparente, ils ne réfléchissent qu’une partie du faisceau lumineux et laissent passer
- le reste, qui, en fin de compte, va se réfléchir sur le dernier M-, qui est en glace argentée à la surface.
- Il résulte de cette disposition que chaque objectif, bien quene recevant qu’une partie du faisceau lumineux émanant de l’objet, donne de celui-ci une image exacte; cette image est reçue comme dans tous les appareils photographiques par une plaque sensible placée au foyer. Mais ici, on a glissé auparavant, dans une coulisse H, ménagée en avant de celle qui recevra le châssis portant la plaque sensible, un châssis E portant les trois écrans, R, V, B, superposés : le rouge correspond à l’image du bas, le vert à celle du milieu, le bleu à celle du haut. Les châssis C, destinés à contenir la plaque, n’ont rien de particulier; ils sont disposés pour recevoir une seule plaque assez longue pour contenir les trois imagés. L’emploi de plaques panchromatiques, c’est-à-dire sensibles à toutes les couleurs, est indispensable; on les trouve du reste depuis longtemps dans le commerce d’une façon courante. 11 faut les manier dans l’obscurité presque complète ; on peut s’éclairer, mais très faiblement avec la lanterne rouge placée assez loin, lorsqu’on charge le châssis ou qu’on commence le développement.
- Un a dû remarquer que l'écran bleu, celui qui laisse passer la lumière la plus actinique, est celui qui reçoit la première réflexion de lumière : la plus
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- intense par conséquent; l’écran rouge ne recevant au contraire que ce que les autres ont bien voulu lui laisser. 11 en résulte que l’image du haut devrait être toujours trop posée; mais l’inventeur remédie à cela en plaçant horizontalement, entre le premier miroir qui reflète l’objet et la première glace transparente, une plaque de gélatine colorée en jaune et percée d’un petit trou au centre; par ce moyen les rayons bleus sont arrêtés pour la plus grande partie, ils ne peuvent passer que par le petit trou qu’on a bien voulu laisser au faisceau, tandis que les autres ne sont nullement gênés par l’écran jaune et vont se réfléchir jusqu’au dernier objectif.
- Afin d’éviter tout halo, il est très utile de mettre un enduit spécial au dos des plaques ; il existe plusieurs formules de ces enduits ; mais, pour plus de facilité, M. Ducos du Ilauron a imaginé une composition légèrement poisseuse ayant toutes les propriétés d’un anti-halo efficace et qui se trouve étendue sur des feuilles de papier; il suffit de couper la dimension voulue et de l’appliquer au dos de la plaque.
- Avant le développement, on enlève très facilement la composition en tirant le papier par un coin; elle peut servir ensuite pour d’autres plaques.
- La mise au point s’obtient au moyen de bonnettes qu’on place en avant des miroirs ; un léger déplacement de l’arrière de l’appareil, au moyen d’une crémaillère, permet de la régler plus complètement sur le verre dépoli. L’obtention du négatif ne présente donc pas de difficulté et l’opération est à la portée de tous ceux qui ont quelques notions de la photographie. Le positif s’obtient encore plus facilement, on le fait par contact au châssis-presse en employant une plaque quelconque au chlorure du commerce, comme pour les projections, stéréoscopes, etc. Mais il sera toujours bon de les munir d’un anti-halo.
- Au développement, on obtiendra trois images dont les parties claires correspondront aux parties opaques du négatif. Si nous plaçons la plaque ainsi obtenue dans un châssis D ouvert des deux cotés et qui se place dans l’appareil à l’endroit même où était placée la plaque sensible pour le négatif, et par conséquent contre les écrans colorés, il en résulte que chaque image recevra la coloration qui lui est propre, proportionnellement à la quantité de lumière ayant agi sur la plaque sensible.
- Pour examiner l’image obtenue, nous enlèverons
- le miroir supérieur M de l’appareil, et nous le remplacerons par un petit oculaire P, par lequel nous regarderons vers le ciel en tenant l’appareil incliné à 45° environ (fig. 2) ; un verre dépoli V placé dans une rainure ad hoc rendra l’éclairage uniforme pour les trois images.
- La lumière suivra la marche inverse à celle que nous avons indiquée tout à l’heure et nous obtiendrons pour l’œil une seule image composée des trois positifs qui viendront se placer l’un sur l’autre chacun avec sa couleur propre; l’ensemble reproduira l’objet avec toutes ses colorations. 11 faut pour cela que le repérage soit bien complet, et l'inventeur a prévu le cas où il ne se ferait pas immédiatement pour une raison quelconque.
- A cet effet, les faisceaux lumineux qui forment chacune des images traversent des glaces à faces parallèles, placées à peu près au niveau de la cou-
- _______^ lisse 11, et montées à
- pivot. Au moyen d’un bouton placé à l’extérieur, en déplaçant légèrement l’une de ces glaces par rapport aux autres, on fait dévier l’image qui lui correspond et on l’amène à se superposer exactement. Il ne faut du reste pas s’exagérer l’importance que pourrait avoir pour le résultat final un défaut de netteté ou même de dimension dans l’une des images séparées ; toutes les incorrections se trouvent rectifiées par ce fait même que l’ensemble est examiné avec le même système optique que celui qui a servi à l’obtention du négatif.
- Nous avons eu entre les mains un appareil et nous avons été surpris de la facilité avec laquelle nous avons obtenu dès la première fois un résultat satisfaisant.
- M. Louis Ducos du Ilauron, avec ce petit appareil de vulgarisation, aura mis le couronnement à son œuvre en permettant à chacun de contrôler ses théories sur le procédé des trois couleurs.
- G. Makeschal.
- LES BALLONS MILITAIRES ANGLAIS
- S’il était encore nécessaire de justifier l’utilité de Temploi des ballons en campagne, il suffirait assurément d’enregistrer les excellents résultats obtenus par les aérostiers anglais dans la" guerre sud-africain^. C’est grâce à eux, en effet, qu’on a pu, au cours des batailles sur la Tugela, notamment, apercevoir, du haut de la nacelle, les dispositions des retranchements et des camps ennemis»
- Fig. 2. — Emploi de l’appareil pour voir le positif en couleurs.
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- on même temps que les mouvements de troupes effectués sous la protection des crêtes et que les éclaireurs ordinaires étaient impuissants à découvrir.
- (1 n'est certes pas inutile de rappeler qu’en matière d’aérostation militaire, la France a toujours été l’initiatrice. Sans remonter au ballon de Fleurus et aux aérostiers de Coutelle et de Conté, sans s’arrêter même aux services que les ballons ont rendus pendant la campagne de 1870, où le temps seul a empêché d’aboutir les efforts de MM. Tissandier pour munir l’armée de la Loire d’un matériel de ballons captifs, chacun connaît l’organisation créée chez nous, à partir de 1875, parle colonel Renard, alors capitaine, qui dota notre armée d’un matériel aérostatique merveilleusement adapté aux besoins spéciaux de la guerre, tandis que se formaient les troupes techniques chargées de manœuvrer ces engins nouveaux.
- L’intervention des ballons aux manœuvres de 1880 fut une révélation, et les armées étrangères s’empressèrent de nous imiter. Les unes, à la vérité, n’v mirent pas un grand empressement et, pendant longtemps, l’Allemagne, par exemple, a émis quelques doutes au sujet de l’efficacité des services qu’on pouvait attendre des aérostats sur les champs de bataille. Très fiers de leur habileté reconnue, les artilleurs allemands ne doutaient pas qu’ils ne pussent aisément mettre à mal ces globes qui se dressaient sur le ciel comme des cibles et défiaient leurs projectiles.
- 11 est curieux de rappeler cette tendance, alors que, grâce aux efforts d’officiers aussi persévérants que convaincus, les études aérostatiques sont aujourd’hui très en honneur chez nos voisins.
- En Angleterre, au contraire, le "VVar Office n’hésita pas un seul instant, prévoyant sans doute qu’en tout état de choses le nouveau mode de reconnaissances s’appliquerait merveilleusement aux expéditions coloniales qui lui sont familières ; l’armement de l’ennemi habituel y est en effet assez rudimentaire pour qu’un ballon n’en ait pas grand mal à redouter, et l’on opère en outre dans des régions mal connues où le service de sûreté ordinaire est difficile à établir.
- Le sont ces considérations, longuement développées dans un mémoire du major Elsdall, professeur à l’école du Génie de Chatham, qui donnèrent les bases de l’organisation du service aérostatique en Angleterre. Les premiers essais aboutirent à la création d’ateliers de fabrication. En mai 1879, huit ballons étaient prêts et l'on institua une compagnie d’aérostiers militaires. A la tête de ce service, qui devait prendre une réelle importance par la suite, mentionnons, avec le major Elsdall, le colonel Noble et les capitaines Templer et Lee.
- Trois aérostats furent envoyés en Egypte et au Soudan, au courant de la campagne de 1885. Non seulement ils rendirent les services techniques qu’on en espérait, mais ils produisirent en outre un effet moral assez inattendu, en frappant les musulmans de stupeur, à la vue de ces astéroïdes se promenant dans le ciel de Mahomet.
- Depuis lors, aucune occasion n’a été négligée de se servir de ces utiles auxiliaires des armées.
- Spécialement créé pour servir dans des entreprises coloniales, le matériel aérostatique anglais a emprunté son caractère propre aux exigences particulières du genre de guerre auquel il était destiné. Rien n’a coûté pour lui assurer le maximum de légèreté et faciliter son transport et son gonflement, même dans les pays les plus dépourvus de routes. Telle est la raison des seules différences essentielles qui le séparent des matériels adoptés partout ailleurs Tandis que, dans les autres armées, on
- se sert universellement pour confectionner l’enveloppe, de soie ponghé revêtue d’un vernis souple à base d’huile de lin qui suffit à en assurer l’étanchéité, les ballons anglais sont en baudruche, dont le poids est sensiblement moins élevé, mais dont le coût suit largement la proportion inverse. La réduction du poids mort permet une réduction correspondante du volume. C’est ainsi que, pour enlever deux aéronautes, on se contente, en Angleterre, d’un ballon de 290 mètres cubes, dont l’enveloppe ne pèse que 45\500. Cette enveloppe est formée par 55000 morceaux de baudruche juxtaposés et supeiposés sur huit couches d’épaisseur; sa résistance est très grande, et l’imperméabilité supérieure à celle des enveloppes ordinaires en ponghé. Toutefois le prix d’un pareil ballon est de 13 500 francs.
- R convient d’ajouter que le maniement d'un ballon en baudruche exige des précautions difficiles à prendre en campagne, aussi bien que les soins que nécessitent sa conservation et les réparations. Il faut croire que les aérostiers anglais ont réussi à vaincre ces inconvénients.
- Le mode de suspension de la nacelle ne se distingue pas de celui qu’ont adopté la plupart des puissances, sauf la France. Le câble de retenue est une corde métallique du diamètre très réduit de 4mm,7, pesant 80 grammes environ le mètre courant, soit un poids total de 59 à 40 kilogrammes pour une longueur habituelle de 500 mètres. Le câble s’enroule sur un treuil que l’on peut fractionner en plusieurs éléments susceptibles d’être portés à dos de mulet ou de chameau.
- Ces divers accessoires, filet, nacelle, etc., pèsent 54 kilogrammes, ce qui donne un poids total inférieur à 100 kilogrammes pour le ballon équipé non compris le câble.
- L’invention la plus originale des aérostiers anglais a certainement été le mode d’approvisionnement de l’hydrogène destiné au gonflement, et ce procédé a d’ailleurs été adopté un peu partout après eux.
- Appelés à opérer le plus souvent dans des pays dépourvus de routes et où il eût été difficile de traîner les éléments assez lourds et indivisibles d’une usine volante, les aérostiers anglais ont adopté le parti fort sage de fabriquer leur hydrogène à loisir sur leur base d’opérations et de le comprimer dans des tubes relativement légers que l’on peut transporter aisément et qui constituent, pour ainsi dire, les munitions de l’engin aérostatique.
- Les tubes-réservoirs sont en acier. Rs ont habituellement une longueur de2m,40 pour un diamètre intérieur de 140 millimètres; mais on s’est servi au Soudan de tubes plus petits que l’on confiait aux hommes eux-mêmes.
- Le gaz y est comprimé à 130 atmosphères. Le poids mort est d’environ 9 kilogrammes de métal par mètre cube de gaz avant la compression. G. Espitallier.
- LES VACCINATIONS
- CONTRE LA FIÈVRE TYPHOÏDE
- La fièvre typhoïde expérimentale provoquée chez les animaux ne diffère pas beaucoup de celle que l’on observe chez l’homme, dans nos grandes agglomérations urbaines, provoquée par la contagion, par le surmenage et surtout par l’introduction dans l’organisme du bacille par des eaux de boisson impures. Une dose déterminée de cultures de bacille d’Eberth donne à coup sûr à des souris, à des cobayes une maladie analogue à la dothiénentérie humaine. Mais si l’on peut provoquer cette infection, on est arrivé aussi à pouvoir en préserver ces mêmes animaux en expérience. Si l’on prend en effet une cultuPe de bacille et qu’on la
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- chauffe pendant un certain temps à 55° et 00°, cette culture devient un agent d’immunisation.
- Cette expérience, faite en 1888 par Chantemesse et Widal, réalisait le type de la vaccination préventive; elle montra en même temps que le sérum des animaux vaccinés jouissait de propriétés préventives et curatives de la maladie. Pfeiffer, le médecin qui a découvert le microbe de l’influema, tenta de provoquer chez l’homme cette immunisation. Prenant une culture stérilisée, il l’injectait à des sujets de bonne volonté bien portants et n’ayant jamais eu la fièvre typhoïde. L’injection était faite dans le dos, à la dose d’un centimètre cube. Le soir même, il se produisait une réaction violente caractérisée par des frissons, de la fièvre, une température de 59°, de l’abattement : tous phénomènes qui cédaient le lendemain. Dès le sixième jour le sérum sanguin de ces sujets bénévoles possédait les propriétés bactéricides du sérum des convalescents de fièvre typhoïde. Pfeiffer suppose à bon droit que les élèves de son service qui s’étaient prêtés à cette expérience dangereuse étaient immunisés comme des malades guéris de la fièvre typhoïde. Pour vérifier cette hypothèse, il eût fallu inoculer à ces étudiants les cultures les plus virulentes. On conçoit que malgré tout l’intérêt de cette expérience de contrôle, on ait reculé devant les dangers qu’elle comportait.
- Ce sont là les premières tentatives de vaccination. A partir de ces premières recherches, de tous côtés, en Allemagne, en France, en Italie, on a immunisé des animaux : moutons, chiens, chevaux; on a obtenu ainsi des sérums qui ont été injectés non plus comme moyen préventif, mais comme agent thérapeutique de la fièvre typhoïde en évolution.
- ” Fraenkel, de Hambourg, avait injecté les cultures pures, atténuées par la chaleur et stérilisées d’une façon absolue : 57 malades furent soumis à des injections sous-cutanées à doses croissantes et, chez un grand nombre, il constata une défervescence de la fièvre, une atténuation des symptômes généraux.
- Les auteurs qui ont employé non plus les cultures, mais le sérum d’animaux immunisés sont loin d’avoir obtenu des effets aussi heureux et aussi constants. Chantemesse utilisant le sérum de cheval trouve qu’il diminue les phénomènes nerveux et active la guérison. Klemperer et Lévy qui prenaient le sérum de chien constatent l’innocuité du traitement, mais aussi son impuissance à juguler la maladie. Jez qui injecta du sérum de malades en puissance de maladie n’obtenait aucun résultat. La sérothérapie typhique, comme moyen thérapeutique, ne semble donc pas établie sur des bases bien solides ; tout au moins les résultats sont infidèles, inconstants.
- En est-il de même de la sérothérapie comme moyen préventif, c’est-à-dire à titre de vaccination préservatrice de la maladie? Je le crains. Les rares tentatives publiées jusqu’ici ne parlent pas en faveur de cette méthode ; son heure n’est pas venue.
- On avait un moment fondé de grandes espérances sur un sérum préparé au laboratoire de l’Ecole militaire de Nestley et la confiance en ses vertus préservatrices était Jolie que les médecins anglais n’ont pas hésité, au début de la campagne du Transvaal, à tenter l’immunisation de leurs jeunes soldats par l’emploi de cette préparation. Les rapports médicaux de la guerre du Cap nous donneront plus tard des renseignements sur les effets de cette vaccination préventive.
- Une statistique nous permet d’en envisager dès à pré-
- sent les résultats probables. Le l)1' Wright qui publiait en 1890 les premiers travaux sur ce sérum typhique a fait dans les Indes, avec la collaboration du major Leishman, une expérience en grand. Chargés l’un et l’autre d’accompagner la commission de la peste Indienne, ces deux médecins ont pu examiner et soumettre à ces vaccinations tous les corps de troupes postés sur leur passage. En quelques mois, de novembre 1898 à février 1899, ils ont inoculé 2835 hommes.
- Disons d’abord que le vaccin qu’ils employaient est une culture de bacille typhique préparée d’après les procédés généraux dont Hafkine s’était servi pour ses expériences sur l’inoculation préventive du choléra.
- Le vaccin, importé du laboratoire d’Angleterre, était une culture lysolée (à 1 pour 100) de quatre semaines du bacille virulent. La culture était stérilisée à 60° pour on faire une culture atténuée et chaque sujet recevait de un demi à deux tiers de centimètre cube. Je n’entre pas dans les détails de préparation de ces cultures, de leur conservation, des moyens de s’assurer de leur degré de virulence. Contentons-nous d’examiner les chiffres de la statistique du Dr Wright.
- Sur les 2835 soldats inoculés, 27 ont, malgré celte vaccination, contracté, dans les mois qui ont suivi, la fièvre typhoïde et sur ces 27 cinq sont morts. Le taux de morbidité n’est pas énorme, celui de la mortalité est assez élevé, surtout si on le compare au chiffre des soldats qui n’ont pas voulu être soumis à cette vaccination ou n’ont pu pour des raisons diverses. Leur nombre s’élève à 8460 sur lesquels 213 ont eu la fièvre typhoïde et ont donné 23 morts.
- La morbidité, on le voit, a été un peu moindre pour les inoculés. M. Wright interprète ces chiffres peu significatifs par ce fait que parmi les soldats non inoculés, il en est un grand nombre qui par leur âge, leur long séjour aux Indes, étaient en état de défense, d’immunité relative contre la fièvre typhoïde. Tous les inoculés, au contraire, étaient de jeunes recrues, non acclimatées, non endurcies et plus aptes à contracter la maladie. Toujours est-il que cette expérience, portant cependant sur un nombre assez considérable de cas, n’emporte pas la conviction et qu’il faudra d’autres résultats plus décisifs ou un sérum plus actif pour décider un ministre de la guerre à user de cette méthode comme moyen de prévenir la mortalité de troupes par cette maladie. Dr A. Cartaz.
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- IA DÉCOUVERTE DES SOURCES CHAUDES
- PAR LES SERPENTS
- Pendant plusieurs années, j’ai dirigé des excursions publiques dans les montagnes du Mont-Dore; de plus, ayant à faire un travail sur les venins, j’ai fait une très grande chasse aux reptiles. Je les prenais très commodément et sans danger, avec des pincettes ordinaires entourées, à leur extrémité, de caoutchouc, pour ne pas leur faire mal. Ce petit préambule est nécessaire afin de me présenter au lecteur comme connaissant assez bien la faune de mon pays. Or, je n’ai jamais trouvé dans les environs du Mont-Dore, ni ailleurs, un endroit aussi peuplé de serpents que celui appelé « La Compis-sade » et où se trouve la « Fontaine Pétrifiante » ; c’est-à-dire sur les bords de la Dordogne à moitié
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- chemin de La Bourboule. C’est aussi près de cet endroit que se trouve le « Salon de Mirabeau », bien connu des touristes.
- Par les temps d’orages, on voyait çà et là, au milieu des tas de pierres formant des taches claires dans le bois très sombre, des serpents par groupes de buità dix. Et personne ne s’était jamais demandé pourquoi il y avait cette quantité anormale de serpents, dans un endroit qui leur était si peu favorable ; en effet, la plus grande partie du bois est épaisse, tournée au nord, cachée du soleil par le haut plateau des Rigolets et sans aucun gibier. Les serpents ont pourtant besoin de proies vivantes ; la présence d’une côte ensoleillée, située en face, où il leur
- Vue (l’ensemble de La Compissade, à la Fontaine Pétrilii
- était possible d’aller tout en rencontrant de l’ombre et de l’humidité, permet encore de comprendre comment ces serpents trouvaient à vivre, mais on s’explique moins leur nombre si élevé dans un endroit si restreint. Cet étonnement devait être plus grand encore !
- Pendant l’hiver 1898-99, des travaux furent faits pour l’établissement du chemin de fer allant au Mont-Dore et à la « Compissade », on ouvrit une tranchée. Quelle ne fut pas la surprise des ouvriers de découvrir alors à cet endroit une quantité de serpents vraiment extraordinaire, des centaines sur une longueur de 50 à 40 mètres. Or, chose très intéressante, on découvrit en [même temps, au-dessous de
- sur les bords de la Dordogne, aux environs du .Monl-I)ore.
- cette tranchée, une source chaude de 47°, d’un débit tellement abondant que la compagnie qui l’a achetée a préféré faire une galerie souterraine de 100 mètres environ pour aller la rencontrer plutôt que de la pomper.
- D’autre part, les ouvriers ne découvrirent plus de serpents et pourtant les tranchées sont nombreuses de Laquenille au Mont-Dore !
- 11 est donc logique de partager l’opinion des ouvriers qui exécutèrent la tranchée de la « Compissade »; pour eux, l’eau chaude attirait les serpents pendant l’hiver. Ce fait méritait d’être signalé, et, peut-être, serait-on en droit de l’ajouter aux autres indices signalant les sources chaudes.
- D’ailleurs cette source chaude de la « Compissade » sera canalisée; nous aurons donc ainsi, l’armée
- prochaine, la confirmation scientifique de ce fait, savoir : la présence de nombreux serpents, dans un endroit déterminé, doit laisser soupçonner une source chaude, surtout, si dans le pays, il existe déjà d’autres sources.
- J’ajouterai pour mémoire que la présence d’une source minérale ne doit pas laisser croire à l’impossibilité d’une autre source. Ainsi, tout près de cette source chaude appelée « Source Croizat », à environ une centaine de mètres, se trouve la source froide à eau chargée de calcaire, appelée « Source Pétrifiante » et qui est connue depuis une quinzaine d’années, sans parler des autres petites sources d’eau douce et minérale qui émergent non loin de là.
- Dr Madfxf.
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- BIBLIOTHEQUE
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- CHEMIN DE FER DE COURCELLES MJX INVALIDES
- DÉMOLITION DU PONT DE IA RUE DUFRÉNOY
- Fig. 1. — État de l’ouvrage avant son abattage final. (Photographie de M. Wallon.)
- La nouvelle ligne que la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest est en train de construire en vue de l’Exposition, à l’intérieur de Paris, a été l’occasion d’une série d’ouvrages fort intéressants sur lesquels nous sommes revenus à plusieurs reprises dans les colonnes de ce journal. Comme on le sait, cette ligne peut se diviser en deux tronçons : le premier, qui est une construction nouvelle, est compris entre l’Esplanade des Invalides et la station du Tro-cadéro; le second, qui est une transformation de la voie, est situé entre le Trocadero et la jonction de Courcelles ; les voies sont portées de deux à quatre.
- Cette seconde portion n’était peut-être pas la partie la plus considérable de l’ouvrage, au point
- de vue des efforts à faire et de l’argent dépensé, mais elle était sûrement la plus délicate, à cause de cette condition, qu’il fallait constamment respecter, de ne pas gêner les services existants : ceux-ci étaient fort nombreux, ceux de la circulation des trains, du mouvement des piétons et des voitures sur la voie publique, enfin ceux qui consistaient à ne pas arrêter le passage des tuyaux d’eau dans la traversée des ouvrages en construction. Ainsi, enlace de la gare du Trocadéro, les conduites de l’Avre coupent l’ave-
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- nue, ils renferment du liquide à une pression de 40 mètres et sous aucun prétexte il ne pouvait être question d’arrêter son débit. La hauteur entre les voûtes et la chaussée n’était pas suffisante pour établir le tuyau, d’autre part, la Ville n’a pas autorisé l’installation d’un siphon sous les voies; il a donc fallu dédoubler ce tuyau en faisant deux conduites en fonte de 0m,80 et établir un passage provisoire pour l’eau pendant qu’on créait un sommier en ciment armé pour la pose des deux tuyaux parallèles.
- Un ouvrage fort intéressant a été la démolition du pont en maçonnerie de la rue Dufrénoy. Le programme des travaux de cette partie de la ligne consistait, comme nous le savons, dans l’élargissement de la plate-forme du chemin de fer, de façon à établir quatre voies au lieu des deux qu’on avait eues jusqu’alors. De ce fait, tous les ponts devaient être démolis et remplacés; quand ils étaient en fer, ce qui
- Périodes des attaques latérales.
- était le cas le plus fre'quent, rien de plus facile, un démontage s’opère rapidement ; la difficulté devenait très grande quand on se trouvait devant un ouvrage en pierre, surtout lorsque ce dernier était fort surbaissé, comme dans la circonstance qui nous occupe. 11 n’y avait pas moyen d’établir un échafaudage de démolition à cause du manque de hauteur entre le gabarit des trains et l’intrados de la voûte ; d’autre part, on ne pouvait point abattre le pont, car cela aurait arrêté la circulation des trains pendant plusieurs jours. On aurait bien pu descendre les voies, par un travail de terrassement, ce qui aurait permis l’installation d’une charpente, mais sans compter que cela eût été une grosse dépense, on se trouvait devant une impossibilité à cause du rapprochement de la gare et de l’installation des appareils et signaux. 11 a fallu tourner la difficulté, on s’est arrêté à une solution neuve et fort élégante. M. Rabut, l’éminent ingénieur de la Compagnie, chargé du tronçon de transformation de la nouvelle ligne, après avoir examiné la maçonnerie du pont, a pu constater qu’elle se trouvait dans un état de conservation et de solidité parfaite; alors, il a ordonné l’enlèvement de la chaussée du pont, ainsi que du remblayage, afin d’attaquer la voûte par son extrados ; c’est ce qui a été fait ; on a ôté les pierres les unes après les autres jusqu’à ce que la croûte fût réduite à 0m,f>0 d’épaisseur. Malgré cette fragilité apparente, le cintre s’est maintenu parfaitement sans déformation (fig. 1).
- Pour enlever cette dernière assise de moellons, on a établi, à droite et à gauche des voies, un échafaudage qui venait supporter la voûte à ses retombées
- et, pendant la nuit, on a attaqué directement cette dernière partie du travail. On ne disposait pour cela que de quatre heures chaque fois, car les trains ne cessent de marcher que de 1 heure à 5 heures du matin ; toutes les nuits, on faisait tomber une tranche située aux deux parements libres du pont et l’on déblayait immédiatement le sol. En dix nuits, l’ouvrage a été achevé, les deux parties de cintre en porte à faux se trouvaient soutenues par les échafaudages latéraux; le reste de l’abatage devenait très facile et rentrait dans le domaine de ce qu’on est habitué à faire tous les jours (fig. 5).
- Le cube de maçonnerie ainsi démoli a été de 240 mètres et, malgré le surcroît de dépense occasionné par le travail de nuit et la construction de l’échafaudage, le prix du mètre cube enlevé n’a été que de 18fl’,50, de sorte que la destruction complète n’a pas coûté 4500 francs.
- Aujourd’hui, un magnifique pont en fer de 18 mètres de portée remplace l’ancien ouvrage (fig. 2). M. Rabut a eu encore des difficultés pour l’établissement de ce pont métallique à cause du peu de hauteur laissé entre le gabarit des trains et le niveau de la chaussée ; les poutres n’ont que lm,06 de hauteur, c’est-à-dire 1/16 de la portée, au lieu de 1/10 comme cela se pratique ordinairement. Afin d’augmenter la solidité des poutres, on les a reliées entre elles, à leur partie inférieure, par des petits cintres en briques venant supporter un hourdis de béton ayant toute la hauteur de la poutre elle-même. Ce système a donné des résultats excellents ; le pont ainsi constitué est d’une solidité parfaite et a fourni, aux essais de surcharges, des résultats qu’on n’aurait pas osé espérer.
- Ainsi, le pont de la rue Dufrénoy a été un sujet des plus intéressants au point de vue de sa démolition et a été l’objet d’une application nouvelle du béton dans les constructions métalliques. Le béton et le fer qui, comme on le sait, possèdent les mêmes coefficients de dilatation à la chaleur, sont destinés à être souvent mariés ensemble dans la construction. Le ciment armé*est une des plus belles applications de cette union. Jules Adac.
- L’ASSOCIATION DES INVENTEURS
- ET LA PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE
- L’Association des Inventeurs et des Artistes industriels, fondée en 1849 par le baron Taylor, a fêté dernièrement son cinquantenaire. Son président actuel, M. Claude Cou-hin, a fait une conférence qui a porté bonheur à l’Association. On s’était réuni dans le grand amphithéâtre du Conservatoire des arts et métiers. Pour honorer les inventeurs, M. le Président de la République avait bien voulu y assister, en même temps que M. Leygues, Ministre de l’instruction publique, MM. Lucipia, président du Conseil municipal, Lavy, chef du cabinet du Ministre du commerce, colonel Laussedat, de l’Institut, Ad. Carnot, de l’Institut, président de la Société d’encouragement à l’industrie, Forichon, premier président de la Cour de Paris, etc.
- La conférence de M. Couhin, chaud plaidoyer en faveur des inventeurs, a eu non seulement un grand succès,
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- mais elle a provoqué immédiatement des résultats importants qu'il ne faut pas laisser passer inaperçus.
- M. Couhin a fait toucher du doigt les lacunes et les imperfections de la loi du 5 juillet 1844 sur la propriété industrielle qui place les inventeurs français dans un déplorable état d’infériorité vis-à-vis des inventeurs anglais, allemands et américains. Cette loi a été certainement un retour en arrière sur les dispositions libérales du décret du 7 février 4791. Lorsqu’un industriel veut s’assurer la propriété d’une invention, il doit rechercher avant tout s’il n’existe pas d’antériorités. Pour cela il lui faut étudier les brevets. Les descriptions et les dessins des brevets sont donc essentiels aux inventeurs. Tout devrait être mis à la disposition du public dans les deux ou trois mois qui suivent la prise du brevet. Or, la publication ne se fait que des années plus tard. A l’heure actuelle, nous en sommes encore à l’année 1895. La collection des brevets français n’a pas été livrée pour les années suivantes. A l’étranger, la reproduction des dessins est faite photographiquement. Chez nous, point; en sorte que des documents essentiels peuvent être inexactement reproduits. Puis les publications sont faites dans de gros volumes, et l'intéressé qui n’a besoin que d’examiner les brevets concernant sa spécialité, doit acheter le volume entier ou des livraisons très coûteuses. M. Couhin a fait remarquer que l’inventeur qui voudrait examiner les descriptions et les brevets relatifs à la fabrication des pianos, par exemple, devrait dépenser 900 francs. En Angleterre seulement 25 francs. Or, généralement l’inventeur n’est pas riche.
- A l’étranger, c’est autrement simple et à la portée de tout le monde. En Allemagne, en Angleterre, aux États-Unis, la publication se fait réellement deux ou trois mois au plus après la prise des brevets; ils sont livrés intégralement, sans modification aucune, et les dessins sont fidèlement reproduits par des procédés photographiques. Ces documents qui font foi sont publiés en autant de fascicules distincts et séparés qu’il y a de brevets, de manière que chacun puisse se procurer les seuls renseignements dont il a besoin. La description la plus étendue avec les dessins est vendue lrr,25 en Allemagne, 0fr,80 en Angleterre; 0fr,25 aux États-Unis.
- Dans ces pays, existe aussi le système des annuités pour le payement de la taxe des brevets. Mais le défaut de payement d’une annuité au terme fixé n’entraîne pas la déchéance du brevet. On aide l’inventeur ; on lui accorde un délai pour se libérer, avec une petite amende. La loi allemande va plus loin, comme la loi autrichienne. Si l’inventeur est un ouvrier qui n’a pour vivre que son salaire quotidien, on l’exonère de toute taxe. N’est-il pas évident que de ce côté encore, il y a inégalité choquante entre nos inventeurs français et leurs rivaux étrangers? L’invention qui est l’instrument de la puissance économique d’un pays est loin de recevoir en France l’encouragement qui lui est dû. M. Couhin a insisté en excellents termes sur ces causes d’infériorité qui retentissent si malheureusement sur le développement industriel de la France.
- A la suite de cette conférence, M. le Président de la République a exprimé le vif intérêt qu’il avait pris à écouter le Président de l’Association, et il a demandé au Ministre de l’instruction publique de transmettre au Ministre du commerce tous les desiderata qui venaient d’être formulés. M. G. Leygues a répondu que cette situation ne pouvait durer et qu’il en saisirait à bref aélai le Conseil des Ministres.
- Le Gouvernement a vite compris qu’il était temps d’agir. Et nous devons dire, à son honneur, qu’il n’a pas
- perdu de temps. En effet, un arrêté de M. le Ministre du commerce, en date du 50 décembre 1899, a décidé que la publication des descriptions et dessins des brevets serait faite a l’avenir in extenso et par fascicule séparé pour chaque brevet et que ce « nouveau mode de publication commencerait avec les brevets pris en 1899 o. Enfin,
- M. le Ministre du Commerce a déposé une proposition de loi permettant au breveté qui aurait laissé passer un terme sans payer son annuité, de se libérer dans les trois mois suivants moyennant une légère amende. Ce sont là des faits considérables pour l’avenir, un triomphe pour l’Association des Inventeurs. Avions-nous raison de dire que la fête du Cinquantenaire de l’Association avait porté bonheur aux inventeurs? Elle portera aussi bonheur aux inventions françaises. Henri de Pau mue.
- LES FOURRURES À NIJNI-NOWGOROD
- On pourrait donner à Nijni-Nowgorod le nom de ville a hibernante », car elle sommeille une partie de l’année, se réveillant seulement à l’époque de la célèbre foire qui s’y tient chaque été. Ses maisons et ses boutiques sont, en effet, désertées dix mois sur douze. Mais en juillet les marchands y arrivent en foule de toutes les provinces de l’empire slave, et le mouvement commercial y devient alors prodigieux. Des flottes de chalands, de nombreux trains de chemins de fer, voire même d’innombrables processions de charrettes, y apportent les marchandises les plus variées. Les usines métallurgiques de l’Oural expédient des millions de tonnes de fer brut ou de fonte. Lodz (Pologne) envoie ses lainages, Simbirsk (Russie orientale) ses draps, Téhéran ses tapis, la Chine son thé, en un mot tous les objets de négoce, sauf le bétail, se rencontrent à cette gigantesque lamarka. Cela dure à peu près soixante jours et, pendant ce court espace de temps, une population de 400 000 âmes y afflue afin de faire des échanges qui atteignent un milliard et demi environ. Nous nous proposons simplement d’examiner les fourrures, et, en utilisant les chiffres que notre vice-consul, M. de Chaulnes, nous fournit dans son dernier rapport.
- Nijni-Nowgorod est un des marchés les plus importants pour les pelleteries. Sa vogue s’explique du reste. En cette matière, l’acquéreur qui ne commande jamais sur échantillons trouve un grand nombre de peaux offert à son choix et en outre, comme il n’achète guère qu’à l’entrée de la saison froide, le moment où se tient la foire est parfaitement à sa convenance. Aussi les prix sont généralement assez rémunérateurs pour le vendeur.
- L’astrakan, très recherché en France et en Amérique et qui autrefois valait 15 à 20 roubles les dix peaux, est monté, en 1899, jusqu’à 46 et 48 roubles pour la même quantité. La chèvre du Thibet qui, cette année, donna lieu à peu d’affaires, atteignit 3 roubles 50 la pièce, La martre a vu ses prix hausser jusqu’aux alentours de 6 roubles. Le renard ordinaire, très demandé par les fourreurs étrangers, s’est payé 5 à 6 roubles, le renard blanc 11 à 12 roubles. Les zibelines de l’Amour et de Nicolaewsk ont été cotées 25 roubles, celles de Yakoutsch et de Yitun 85 à 120 roubles. Quant au loup, au glouton, à l’écureuil, à l’ours et aux variétés de chats leur marché a été lourd ; le petit-gris clair est monté jusqu’à 40 roubles. Toutes ces fourrures viennent du Caucase, de la Sibérie, de l’Asie centrale et de la Perse. Leur commerce est centralisé entre cinq grosses sociétés dont la plus importante est la maison Tveschnikof, de Moscou. Jacques Royer. '
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- LA NATURE.
- L’EAU DISTILLÉE EST-ELLE PURE?
- Si les poètes étaient plus savants en chimie, ils ne manqueraient certainement pas de faire de l'eau distillée, l’emblème de la pureté. En quoi ils auraient tort, car ce produit commercial est en réalité un mélange très complexe et contenant même des substances nuisibles. Voici un moyen de le prouver, sans qu’il soit besoin de faire appel à la chimie, laquelle d’ailleurs perd ici ses droits, car les impuretés de l’eau distillée sont en si faible quantité qu’elles échappent à l’analyse.
- Prenez un grain de blé, faites-le gonfler pendant vingt-quatre heures dans l’eau, puis mettez-le entre deux feuilles de papier humide de manière à provoquer un commencement de germination. Quand les racines auront atteint un à deux centimètres de longueur, mettez la germination à la surface de l’eau distillée, en la maintenant avec un crochet de verre. Dans ces conditions, on voit la partie aérienne, c’est-, à-dire les feuilles grandir et s’épanouir. Quant aux racines, elles tentent bien de s’accroître, mais, après s’être allongées de quelques millimètres, elles s’arrêtent et ne grandissent plus : comme on dit en biologie, elles avortent. Si on avait fait l’expérience avec de l’eau de source, on aurait obtenu des racines de trente à quarante centimètres de longueur.
- Pourquoi donc les racines avortent-elles dans l’eau distillée? La question, longtemps débattue entre les botanistes, vient d’être résolue par notre collaborateur, M. Henri Coupin. Prenons l’eau distillée du commerce et rcdistillons-la dans un alambic entièrement en verre : faisons-y germer, comme tout à l’heure, un grain de blé, et nous obtiendrons une germination magnifique avec cinq à six racines de plus de quarante centimètres de longueur et portant, à leur tour, de nombreuses radicelles. Conclusion : l’eau distillée n’est pas toxique par elle-même, mais celle du commerce contient des substances nuisibles aux plantes. Celles-ci sont évidemment, du moins en grande partie, des sels de cuivre provenant des parois de l’alambic à l’aide duquel les marchands de produits chimiques distillent leur eau. Et l’extrême toxicité que nous avons constatée ne nous étonnera pas, lorsque nous saurons, ainsi
- que M. H. Coupin l’a montré expérimentalement, que les racines du blé ne poussent pas dans une solution de sulfate de cuivre à 0,00000014 pour 100 et que celles du Lupin refusent de s’accroître dans une solution du même sel, à 0,000005 pour 100.
- Cette conclusion paraît très simple; elle n’a pas été cependant facile à obtenir. Le fait mérite d’être conté, ne serait-ce que pour apprendre aux expérimentateurs à ne rien négliger.
- L’un des derniers botanistes qui s’étaient occupés de la toxicité de l’eau distillée à l’égard des plantes, avait été très affirmatif sur l’existence de cette toxicité. Il avait pris de l’eau distillée du commerce et l’avait redistillée à six reprises successives. Dans la dernière eau obtenue, il avait placé des germinations et avait vu les racines avorter comme dans l’eau du commerce. Donc, disait-il, l’eau distillée
- est bien toxique par elle-même. Il semblait que l’argument était péremptoire, car il aurait fallu avoir l’esprit bien mal fait pour supposer que l’eau était mal distillée après six passages dans l’alambic.
- Néanmoins, M. Henri Coupin refit l’expérience, en prélevant un flacon d’eau à chaque distillation : dans chaque flacon il mit un grain de blé. Tous germèrent admirablement en donnant des racines d’une longueur démesurée.
- Comment concilier ces deux expériences identiques, mais donnant des résultats contradictoires? Après y avoir mûrement réfléchi, M. Coupin finit par trouver le nœud de la question : lui, se servait pour soutenir la graine à la surface de l'eau d’un crochet en verre, tandis que son prédécesseur se servait d’un bouchon et d'épingles. Celles-ci étaient attaquées par l’eau distillée, laquelle devenait très rapidement une solution de sels de cuivre, éminemment toxique. Cette supposition fut vérifiée expérimentalement par M. Coupin et donna bien les résultats supposés : les racines avortèrent dans une eau même parfaitement distillée, mais dans laquelle on mettait une épingle.
- La germination obtenue était identique à celle de l’eau distillée du commerce, représentée en A dans notre figure.
- Comme quoi, les physiologistes seront désormais prévenus qu’il faut se méfier de l’eau distillée du commerce et... des éping1 es. Victor de Ciîvfs.
- A. Grain de blé ayant germé dans de l’eau distillée du commerce. — B. Grain de blé ayant germé dans de l’eau distillée de l’alambic de verre.
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- LA NATURE.
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- LE PERSPECTEUR MÉCANIQUE
- Ou sait que toute construetion, — machine, edi -lice quelconque, meuble, etc., — doit être précédée d’une étude détaillée dont le résultat s’exprime sous la forme de ce que l’on appelle un « dessin géo-métral ». Les ingénieurs, archi-tectcs ou constructeurs mécaniciens ne sauraient s’en passer.
- Or ce dessin, suf-lisant pour donner une idée claire des constructions projetées aux techniciens, ne l’est pas pour satisfaire les personnes qui n’ont pas fait d’études spéciales. Ce qu’il faut à ces dernières c’est une vue perspective.
- Malheureusement l’exécution d’une telle vue, avec la précision nécessaire, n’est pas toujours aisée, elle exige en tout cas des connaissances mathématiques , des opérations assez longues et parfois même si ardues que nombre de dessinateurs habiles ne sauraient y satisfaire. C’est pourquoi l’invention d’un instrument relativement simple, capable de réaliser automatiquement un pareil travail d’une façon rapide et tout à fait exacte, est de nature à rendre d’importants services à tous ceux qui en sont chargés.
- 1 L’appareil est fixe sur une table A. Eu B se trouve placé le papier sur lequel est tracé le dessin perspectif ; C, planche dite de base où se fixe le plan horizontal de l’objet à représenter; celle planche est montée sur le bâtis E au moyen du coulisseau D et peut être actionnée parla vis micrométrique F, G, planche d’élévation. H, T, J, compas dont les bras- H et J
- Un tel instrument d’une simplicité surprenante a été imaginé récemment par un ingénieux professeur
- de dessin de Genève, M, Von Ziegler. En étudiant de très près la technique de la perspective, il est arrivé à la conviction qu’il serait possible de transformer en mouvement mécanique toutes les opérations m a -thématiques auxquelles nous venons de faire allusion; puis, passant de la théorie à la pratique, il réussit à construire l’appareil que nous représentons figure 1, auquel il donna le nom de « per-specteur ». Nous l’avons vu à l’œuvre et nous avons été émerveillé de la facilité avec laquelle le premier venu peut s’en servir. Il nous semble que cette nouvelle invention est appelée à un grand succès à cause de la multiplicité des applications qu’elle peut recevoir. Etant donné un dessin géométral quelconque, celui-ci sert à obtenir un dessin perspectif dans l’espace de quelques minutes, en sorte que, comme nous le disions tout à l’heure, non seulement les ingénieurs et les architectes, mais encore les géographes et les peintres
- sont articulés de façon que l’axe I est constamment la bissectrice «le l'angle qu’ils forment entre eux. Les deux bras sont à coulisse, le bras directeur II se termine par un poinçon qui est promené sur tous les points des dessins géométraux tandis que le bras traceur J, muni d’un crayon et d’un ressort d’extension, trace sur le papier la perspective de ces même dessins.
- Fig. 1. — Le perspecteur Mécanique’.
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- LA NATURE.
- I VIS
- pourront en tirer de réels avantages, en l’appliquant aux objets infiniment divers de leurs études.
- Il s’agit en somme, d’une sorte de pantographe qui, au lieu de reproduire exactement les dessins à plus grande ou plus petite échelle, les convertit de l’état géométral à l’état perspectif.
- Ainsi, pour en donner deux exemples bien dé-
- monstratifs, voici (fig. o, n° 4), la vue d’une villa obtenue au moyen des plans nos 1,2,5 de la même figure et le panorama d’une partie du cours du Rhône, dans le canton de Genève (fig. 2), exécuté par le perspec-teur d’après la carte de l’atlas fédéral Suisse de Siegfried dont une fraction est reproduite figure 4.
- Chacun pourra juger d’après ces exemples de
- Fiy. 5. — 1, -, ô. flans d’une villa utilisés pour la production de la fig. n" 4. — 4. Vue d’une villa obtenue par le pcrspecleur d’après les plans des fig. 1, 'i. 3. — Fig. 4. Iteproductiou partielle de la carte u” 450 (Vernier), de l'atlas Siegfried.
- l’étendue des applications dont le perspecteur est susceptible, sans que celui qui l’utilise soit astreint à autre chose qu’à un court apprentissage.
- E. Yiüsg.
- CHRONIQUE
- L’Alu minium. — 11 y a à peine quinze ans l’aluminium était encore considéré comme un métal rare et sans avenir. Sa production dans le monde entier ne dépassait pas 1500 kg. C’était l’Allemagne qui était alors le grand producteur d’aluminium. L’Angleterre, la France, les Etats-Unis n’en fabriquaient guère ensemble que 3000 kg. Or, en 1898, la production totale du monde atteignait environ 4 millions de kilog. Les grands producteurs sont aujourd’hui les États-Unis, la Suisse, la France et l’Angleterre. L’Allemagne est passée au quatrième rang ; elle importe l’aluminium au lieu de l’exporter. Les États-Unis ont produit en 1898: 2558704 kg, la Suisse 800000 kg, la France 600000 kg, l’Angleterre 500 000 kg. Naturellement les prix de vente de ce métal subissent une baisse continue. En 1835, l’aluminium alors qu’il n’était qu’un
- produit de laboratoire valait 1250 fr. le kg. Dès 1856, le prix descendait à 575 fr. De 1857 à 1886, les prix se maintiennent aux environs de 125 fr. Puis la chute a été progressive. En 1886, prix du kg. 88 fr. En 1890, 19 fr. En 1891, 15 fr. En 1892, 6 fr.En 1894, 5 fr. En 1895,4fr. En 1897, 3,r,20. En 1898, 2,r,70. Maintenant, 2“',50. Il y aura encore une petite baisse; mais nous sommes près de la limite imposée par le mode de fabrication actuelle. On descendra peut-être à 2 fr. N’importe, les extrêmes ont de l’amplitude. Production en 1885,13 000 kg. En 1898, 598 704 kg. Prix : 1200 fr. en 1855. En 1898, 2fr,70.
- Les moustiques et le Kérosène. — Le moustique est un insecte gênant et dangereux. Gênant, nous ne l’apprendrons à personne. L’insecte est dangereux, car avec son aiguillon il peut inoculer des microbes pathogènes, et, par .suite, des affections graves. Le moustique est un agent de contamination redoutable. Il nous transmet la malaria, et, dans les pays infectés, il peut nous donner la peste, etc. Chercher à le détruire est donc faire œuvre utile. En France, dans le midi, on a pris le parti de s’adresser aux larves elles-mêmes. A Menton, notamment, on a fait quelques essais qui ont paru satis-
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- faisants. La région est envahie par les moustiques d'octobre à novembre. Les insectes pullulent dans les pièces d’eau, dans les bassins, dans les mares; c’est là qu’on a été les chercher. Un entomologiste du département de l’agriculture aux États-Unis a préconisé l’emploi d’un dérivé de la houille, le Kérosène, lequel, paraît-il, exerce une action insecticide considérable sur les moustiques. Le pétrole peut remplacer aussi le Kérosène jusqu’à un certain point. Dans un baquet plein d’eau contenant 400 à 500 larves de moustiques, il a sufii d’ajouter cinq gouttes de Kérosène pour obtenir la destruction totale des larves en une heure ou deux. Toutes les larves d’une cuve d’une capacité de 8500 litres ont été détruites en quelques heures avec une seule cuillerée de Kérosène. 11 suffit, dit-on, de placer dans une chambre quelques gouttes de ce composé pour faire fuir les moustiques, il est certain qu’avec un peu de persévérance, on pourrait diminuer beaucoup le nombre des moustiques qui abondent dans les parties humides de certaines régions de la côte d’Azur.
- Appareil automatique pour le retour des eaux condensées dans les chaudières. — D’après les renseignements que nous fournit la Revue industrielle, M. Hôvelmann a construit un appareil qui a pour but de recueillir les eaux condensées et de les refouler automatiquement dans la chaudière. Cet appareil se compose d’un vase cylindrique en fonte, dans lequel un flotteur creux en fer forgé est suspendu à un levier coudé, armé d’un poids; ce dernier tend à s’opposer au mouvement d’élévation du flotteur. Sur le bras du levier coudé est fixé un goujon mobile dans la rainure d’une tige articulée à un levier; ce levier commande un tiroir oscillant relié directement au dôme de vapeur de la chaudière . Des soupapes sont placées sur les conduites d’arrivée et de sortie de l’eau. Le fonctionnement de l’appareil est le suivant. L’eau remplit le vase jusqu’au niveau du flotteur qui est plein et le tiroir oscillant est ouvert. La vapeur admise dans le vase exerce sur l’eau une pression qui détermine la fermeture de la soupape d’arrivée des eaux condensées, et refoule l’eau du flotteur à travers la soupape de sortie dans la chaudière qui est placée en contre-bas. Le niveau de l’eau s’abaisse dans le vase, et le flotteur s’élève. Le contrepoids dont nous avons parlé plus haut retombe, et le goujon venant buter dans la coulisse déplace le levier qui ferme le tiroir. La vapeur se condense, et la soupape de sortie se ferme sous la pression de la chaudière ; la poussée de l’eau condensée sur la soupape d’ouverture la fait ouvrir et l’eau envahit le vase. Dès qu’elle atteint le bord du flotteur, elle s’y précipite et le remplit; le contrepoids est ramené à sa position initiale, le tiroir de vapeur est ouvert, et l’opération recommence.
- Les richesses minérales de la Sibérie. — On
- commence à s’occuper sérieusement des ressources qu’il y aura intérêt et possibilité de développer, grâce au chemin de fer transsibérien : aussi est-il curieux de citer des richesses minérales qu’on connaît déjà en Sibérie, quoique l’exploration du pays ne soit que bien imparfaite à ce point de vue. Rien qu’entre Tomsk et Koozenesk, s’étendent des gisements carbonifères qui n’ont jamais été touchés, et qui couvrent une superficie de plus de 00 000 kilomètres carrés, et le charbon qu’ils renferment est donné comme excellent. Dans la Sibérie orientale, on compte au moins 400 emplacements qui fournissent dès maintenant de l’or; et partout, pour ainsi dire, il ne manque que des bras pour exploiter le graphite, le lapis-
- lazuli, le minerai de fer (minerai qui a une teneur atteignant 00 pour 100), dont l’abondance est extraordinaire dans le sous-sol. Nous avons passé sous silence l’argent, qui a pourtant encore sa valeur, et qui se rencontre sur une multitude de points.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 février 1900. — Présidence de M. Lévy.
- Dédoublement d'étoile. — M. Deslandres rappelle dans une Note que la grande lunette de l’observatoire de Meudon a été munie d’un spectroscope spécial permettant d’étudier le spectre des étoiles ainsi que la vitesse de leur déplacement dans le sens du rayon visuel de l’observateur. Or une étoile d’Orion qui jusqu’à ce jour a été considérée comme simple, présente des variations de vitesse de déplacement dont l’amplitude est considérable. Ces variations atteignent ± 140 km en vingt-quatre heures avec une période de deux jours. Ce phénomène permet de conclure que l’étoile est double. M. Deslandres fait remarquer que l’observatoire de Meudon est le seul observatoire français organisé pour les recherches [méthodiques de ce genre.
- Varia. — L’Académie enregistre un avis de donation testamentaire émanant de M. Hughes. Ce legs s’élève à 4000 livres sterling; il est destiné à la fondation d’un prix annuel à décerner à l’auteur d’une découverte dans les sciences physiques, particulièrement en électricité. — M. Stanislas Meunier adresse une Note sur une météorite tombée le 12 mars dernier. — M. Cornu présente une Note de M. de Gramont sur quelques conséquences des formules du prisme. — L’amiral Fournier adresse une Note sur la théorie dynamique des cyclones.
- Décès. — M. le président annonce à l’Académie la nouvelle de la mort de M. Blanchard, décédé à la suite d’une douloureuse maladie. M. Blanchard était le doyen de la section d’anatomie et zoologie, et avait succédé à Geoffroy Saint-Ililaire. M. le président rappelle l’exactitude du défunt à suivre, malgré sa cécité, les séances de l’Académie, où il se rendait appuyé sur le bras d’un ami dévoué, M. l’amiral de Jonquières. « Son absence persistante depuis quelque temps était, dit-il, trop significative pour ne pas être inquiétante. » M. le président mentionne la part active que M. Blanchard eut à côté de MM. Joseph Bertrand, Ossian Bonnet et Serret pour faire admettre à l’Académie Foucauld, un irrégulier de génie. La séance est levée en signe de deuil.
- Élection. — Avant de se séparer, l’Académie procède à l’élection d’un correspondant dans la section de botanique, — M. Schwendener, de Berlin, est élu par 42 voix.
- Cil. DE VlLLEDEUIE.
- ALLUMAGE ET EXTINCTION DU GAZ
- A IIISTANCE
- * i.’allumeur-pôle
- Les appareils combinés pour allumer le gaz à distance, au moyen de l’électricité, utilisent souvent un fil de platine que le courant porte au rouge et qui détermine l’inflammation ; cela permet de simplifier la construction, mais d’un autre côté cela nécessite
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- LA NATURE.
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- un courant d’assez grande intensité qu’il faut régler de façon que le fil soit très chaud, mais ne fonde pas.
- C’est là un point délicat qu'on a voulu éviter dans l’allumeur extincteur « pôle » que représente la gravure ci-contre, dans lequel le principe d’allumage est la production de l’étincelle d’extra-courant.
- Le mécanisme est peut-être un peu compliqué, mais l’installation est très simple, elle ne nécessite qu’un seul fil et des boutons de sonneries ordi naires placés aux différents points d’où l’on veut pouvoir agir; le même bouton sert pour l’allumage et l’extinction. Comme pile il faut employer 5 ou 6 éléments montés en tension.
- L’appareil se compose d'un électro-aimant E disposé sur un petit plateau qui entoure la base du bec de gaz IL L’une des extrémités du fil de cet électroest reliée à la borne II isolée du massif de l’appareil, l’autre extrémité passe dans une gaine de caoutchouc T et aboutit à une tige de cuivre C isolée du massif au moyen d’une feuille de mica. On attache directement à la borne 11 le fil venant du positif de la pile, le négatif étant relié en un point quelconque de la conduite du gaz ou à la terre.
- L’appareil étant vissé sur cette conduite, son massif (c’est-à-dire toutes ses pièces, sauf celles isolées) représentera le pôle négatif. Il suffira donc que l’extrémité de la tige C le touche en un point quelconque pour que le circuit soit fermé : ce contact a lieu en À à l’extrémité d’un petit crochet dont l’extrémité inférieure D est reliée à un ressort R qui tend à le tirer vers le bas et par suite à lui faire toucher C. Le courant passe donc dans l’électro et l’armature N montée sur un pivot P est aussitôt attirée ; son extrémité vient toucher le ressort R qu’elle soulève ainsi que le crochet A, qui quitte alors la pointe C et le courant est coupé, pour se rétablir aussitôt absolument comme dans un mouvement de sonnerie à trembleur. La chaude étincelle qui jaillit en A C est suffisante pour allumer le gaz qui s’échappe en B. Mais il faut auparavant, bien entendu, que le robinet ait été ouvert. Or voici comment il est manœuvré automatiquement.
- 11 est placé en F, et une petite traverse qui bascule autour du pivot L l’ouvre ou le ferme suivant la position quelle occupe ; elle obéit à une petite ancre M suspendue à l’extrémité d’un levier qui est constitué par l’armature 0 placée au-dessous de la première et pivotant comme elle en P. Une petite
- sphère de laiton tend à tenir d’une façon constante cette armature relevée; mais dès que le courant passe, elle est attirée la première et fait jouer l’ancre M qui ouvre le robinet.
- Dès que le courant cesse de passer, les deux armatures 0 et N quittent l’électro; l’ancre bascule sans modifier la position de la traverse, mais va se placer à son autre extrémité. Si on fait de nouveau passer le courant c’est celle-ci qui sera soulevée et le robinet sera fermé. Dans ce second mouvement un arrêt, disposé de ce côté seulement, empêche l’ancre de se relever complètement et par suite l’armature N (pii est toujours forcément attirée, en même temps que 0, est limitée dans sa course; elle ne peut plus aller soulever le ressort R et l’étincelle ne se produit pas, ce qui serait tout à fait inutile puisqu’on vient de fermer le robinet.
- Donc, en résumé, à une première émission de courant ou pression sur le bouton : ouverture du robinet et production de l’étincelle au trembleur, ce qui donne l’allumage ; à une seconde pression : fermeture du robinet sans production d’étincelle.
- A la rigueur, dans cette seconde opération on aurait pu laisser l’étincelle se produire, elle aurait été inutile mais c’est tout. Seulement le mouvement du trembleur se produisant dans les deux cas le bruit sera le même; si pour une cause quelconque l’allumage ne se fait pas et qu’on y renonce après un certain nombre de pressions sur le bouton, on ignorera si, au moment où l’on s’en va, on a laissé le robinet ouvert ou fermé. En supprimant le mouvement du trembleur dans le second cas, on est toujours renseigné sur la position du robinet, même si l’allumage ne se fait pas. Le mécanisme de cet appareil est certainement un peu délicat, mais il est fort bien construit et fonctionne depuis trois mois constamment dans notre appartement sans s’être dérangé.
- Nous devons dire cependant que l’emploi d’un système de ce genre, quel qu’il soit, dans lequel on obtient avec une si grande facilité l’ouverture du robinet qui donne issue au gaz, nécessitera toujours une certaine surveillance et qu’il ne faudra jamais l’abandonner complètement aux mains de personnes peu intelligentes et surtout peu soigneuses.
- G. M.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuke, rue de Fleuras, P.
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- N* 1596. — 'Ik FÉVRIER I960.
- NOTE DE LA DIRECTION
- Notre Excursion aux Chantiers de l’Exposition a rencontré un accueil qui a bien vite dépassé notre attente, car dès samedi le nombre des lettres, dépêches et communications téléphoniques qui nous étaient parvenues dépassait de près de 400 celui des places dont nous disposons. Les abonnés dont les lettres nous sont arrivées en temps utile recevront dans le courant de la semaine leurs cartes d’entrée. Nous luisons en ce moment d’actives démarches pour organiser une deuxième excursion ; nous aviserons en temps utile tous ceux qui pourront être compris dans cette nouvelle série. En tout cas et à regret, il ne pourra pas être tenu compte des demandes qui nous sont parvenues plus tard que le dimanche matin, 18 février.
- INÉGALITÉS SOCIALES CHEZ LES SCARABÉES
- On peut dire, presque sans métaphore, que les exigences variées de l’estomac sont à la base de la diversité des formes chez les animaux en général, et chez les insectes en particulier. Et cela s’explique : il faut être autrement bâti, outillé, armé, suivant qu’on force à la course un gibier rapide, qu’on le poursuit dans l’air ou dans l’eau ; — ou qu’on se contente du nectar des fleurs, du suc des fruits, des liquides provenant de la matière organique en décomposition.
- Beaucoup d’insectes ont reçu la mission de débarrasser le sol des cadavres et des détritus
- resses, sont ici dilatés en bouton, ou épanouis en éventail, afin de recueillir sur une plus grande surface olfactive les émanations putrides qui viennent de loin, apportées par l’aile du vent.
- On peut voir l’indication de cette modification des antennes chez les Nécrophores et les Silphes, amis des cadavres de petits animaux ; elle est très accentuée chez les Scarabéides ou Lamellicornes, qui de chaque côté de la tête portent, pour la plupart, un ample panache de lames mobiles.
- A vrai dire, tous les Scarabées ne semblent pas retirer un égal avan-
- Fig- i- — Gûolrupe, scaiabcc des bouses. tage (Je }eurs antennes
- dont la corruption emplirait l’air de miasmes dan- j flabellées, et il paraît, en tant du moins que nous
- puissions appré-
- sereux ; bribe a bribe, leur estomac absorbe la putréfaction, pour en extraire les particules alimentaires qu’elle peut encore contenir, et la restituer à la terre sous une forme qui ne puisse plus nuire.
- Ces Sapropha-ges et ces Copro-phages, qui se délectent de l’ordure, de la chair décomposée, ont reçu, comme attribut extérieur bien caractéristique, une forme d’antennes remarquablement adaptée à leurs fonctions spéciales. Ces menus appendices, si déliés chez les espèces chasse-
- cier l’utilité d’un organe dont nous ne connaissons pas très bien le rôle et le fonctionnement, que cette adaptation particulière n’est réellement utile qu’à ceux qui font leur pâture des excréments répandus sur le sol.
- C’est peut-être là la vérité ; mais l’inutilité d’un organe n’implique pas sa disparition lorsque cet Trichie, scarabée des fleurs. organe fait partie
- d’une formule caractéristique dont tous les éléments sont solidaires. En d’autres termes, si les Lamellicornes qui vivent sur les fleurs n’ont que faire
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- 28e année. — <t'r semestre.
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- d'antennes flabellées, ce n’est pas une raison pour qu’ils les perdent, parce qu’elles représentent un de leurs liens de parenté avec les types qui en ont besoin, un des traits de structure qui leur valent de n’ètre pas exclus de la famille. Ils en ont d’autres qui leur sont utiles, et qui sont respectés aussi chez les espèces coprophages, encore que celles-ci n’en retirent presque aucun profit.
- Mais qui dit ressemblance ne dit pas identité, et, en dépit du rapport étroit créé, malgré la divergence des mœurs, par la forme semblable des antennes et des tibias, il est instructif de considérer combien l’aspect extérieur des Scarabées varie suivant leur régime et leurs habitudes. Le cadre général demeure intact, et les grandes lignes de la forme ne sont pas altérées, mais que de différences dans les détails!
- Les uns vivent des excréments des Herbivores, les roulent en boules, et, de leurs mandibules, découpent la bouse. Ceux-là n’ont point de parure élégante, et n’ont reçu pour vêtement que des couleurs ternes et sans éclat; leur travail obscur, ingrat, dégoûtant, dure autant que leur vie, et s’accomplit sous la livrée de la misère.
- Les autres, au contraire, après leur période larvaire écoulée parmi les détritus, débarrassés des misères inévitables du jeune âge, n’ont plus qu’à jouir de la vie au sein des fleurs, et à se barbouiller de pollen; les corolles les accueilleront comme elles reçoivent les papillons, parce qu’ils sont parés d’un habit de fête, orné de velours, rehaussé d’or et d’argent, miroitant de paillettes métalliques.
- La société humaine n’a pas seule ses parias; on en trouve parmi les bêtes, mais apparemment les bousiers se résignent à leur sort, car ils n’ont jamais, jusqu’ici, songé à faire grève. A. Acloque.
- UN MUSÉE CHIRURGICAL ANGLAIS
- Le « Collège Royal des Chirurgiens », de Londres, possède un grand musée qui abrite une des plus remarquables collections de tout ce qui se rapporte aux sciences médicales. Ce musée a été formé au début par un don magnifique de John Hunter, qui vint à Londres il y a un siècle pour apprendre la chirurgie. Il s’était épris de l’idée de créer un musée où serait représentée toute forme de maladie ou d’état non morbide. Durant sa vie, il dépensa quelque chose comme 1 800 000 francs pour son projet de prédilection, l’argent ainsi employé venant de l’exercice de son métier de médecin. 11 mourut en 1795, et il ne fallut pas moins de six ans de lutte pour que le gouvernement voulût bien payer les malheureux 380 000 francs que Hunter avait spécifiés comme prix d’achat de sa collection. Depuis lors, le « Collège des Chirurgiens » a dépensé au moins 10 millions pour étendre et compléter le projet de Ilunter. Le musée possède les spécimens pathologiques les plus variés, des curiosités diverses, comme les vêtements de gens frappés par la foudre, des objets se rattachant à des guérisons extraordinaires de blessures considérées généralement comme fatales, et aussi, entre bien d’autres choses, un vrai petit musée historique des instruments de chirurgie et des apparails d’orthopédie usités par les Romains. J. SL
- U BOUTEILLE DE LEYDE
- ET LA PRÉVISION DU TEMPS
- Il arrive fréquemment que les phénomènes les plus simples de la physique donnent lieu à de curieuses expériences d’où l’esprit humain cherche à tirer d'ingénieuses conclusions. Nous en avons un nouvel exemple dans l’expérience signalée par SI. Ducla, de Pau, et relative à la variation apparente du poids des corps électrisés.
- Sous le plateau d’une balance hydrostatique on suspend, par le crochet de l’armature interne, ur,e bouteille de Leyde non chargée et on fait la tare dans l’autre plateau. Puis on charge la bouteille en mettant un certain temps son armature externe en communication avec un des pôles d’une machine électrique, dont l’autre pôle doit du reste être mis au sol comme l’est, par l’intermédiaire des pièces métalliques de la balance, l'armature interne de la bouteille. On constate alors que le fléau de la balance s’incline du côté de la bouteille; celle-ci paraît donc avoir augmenté de poids1.
- Le phénomène s’explique aisément; par suite de l’élec-tnsation de la bouteille, il se développe des forces dues aux tensions électriques, forces qui ont une résultante verticale dirigée de haut en bas, appliquée à l’armature externe de la bouteille ; et c’est cette résultante qui vient détruire l’équilibre de la balance. Pour entrer plus avant dans le mécanisme du phénomène, il suffit de considérer l’influence produite par la charge de l’armature externe sur les corps voisins, et en particulier sur la table où est placée la balance; l’armature externe, la surface de la table et la couche d'air qui les sépare constituent d’ailleurs un véritable condensateur électrique. Toute modification de ce condensateur faisant varier sa capacité produira une modification de la tension électrique et par suite une nouvelle variation apparente du poids de la bouteille. C’est ce qui arrive si l’on vient par exemple à. interposer entre la bouteille et la table un corps conducteur (tel que la main) relié au sol ; le condensateur dont nous venons de parler est alors constitué par l’armature externe et la main; on conçoit aisément que, dans le cas que nous venons d’indiquer, la résultante des forces attractives qui s’exercent sur l’armature externe a dû augmenter; effectivement l’augmentation apparente du poids devient ainsi plus considérable, la charge de la bouteille pouvant d’ailleurs être supposée n’avoir pas varié pendant la durée, (( fort courte », de cette double expérience.
- L’explication est donc complète; et du reste le phénomène n’est pas aujourd’hui signalé pour la première fois. Régnault ne l’ignorait pas lorsque, dans ses recherches sur la densité des gaz, il prenait garde de ne pas électriser par un essuyage trop attentif le ballon dont il se servait, de peur d’introduire des erreurs dans les pesées.
- Mais M. Ducla, poussant plus loin ses investigations, a remarqué que la variation de poids est plus ou moins intimement liée à la pluie et au beau temps et qu’en particulier, par exemple, elle est moins forte quand la pluie approche. Aussi a-t-il cru pouvoir annoncer que la bouteille de Leyde offrait ainsi un nouveau moyen d’investigation physique pour la prévision du temps. Effectivement, il est hors de doute que l’augmentation de poids apparente doit varier avec le temps qu’il fait, car toutes les causes susceptibles de faire varier l’état de la lame d’air du condensateur formé par l’armature externe et la table
- 1 M. Ducretel, le constructeur bien connu, avait bien voulu, sur la demande de M. de Parville, déterminer la grandeur des variations de poids. Elles atteignent jusqu’à plusieurs décigr.
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- doivent modifier la tension électrique, comme nous le faisions remarquer plus haut ; parmi ces causes de modification, il faut citer en première ligne l’état hygrométrique de l’air, sa pression, et, ce qui est sans doute encore plus important, son état d’électrisation.
- On voit qu’au fond le phénomène est très complexe ; il est difficile, sinon impossible, de savoir ce que traduisent les courbes de variation que M. Ducla a construites et d’après lesquelles il espère pouvoir préjuger du temps à venir à plus ou moins longue échéance. Dans quelles conditions sont faites les expériences qui donnent ces courbes? La nature des surfaces en regard est-elle la même à deux époques difîércntes? La conductibilité de la table varie à chaque instant, par exemple, par suite de la quantité d’eau qu’elle peut retenir et qui n’a rien à voir avec les indications hygrométriques. Les objections j se dressent en foule, mais à nos yeux il en existe une plus grave que toutes les autres : comment est chargée la bouteille de Leyde dans toutes ces expériences? Il n’y a de comparaison possible que si la charge demeure (( rigoureusement » toujours la même ; et c’est ce qui ne peut être réalisé. Rien n’est plus capricieux que l’électricité : si la bouteille une fois chargée, on l’abandonne à elle-même, la déperdition électrique intervient et suivant une loi très mal connue ; si, au contraire, on recharge la bouteille, comment peut-on s’assurer que d’une expérience à l’autre elle reprend la même charge ?
- C’est pour toutes ces raisons que les courbes de M. Ducla ne nous paraissent pas pouvoir remplir le but que leur auteur en attend, et que nous estimons que le problème de la prévision du temps n’est pas résolu. Il n’en reste pas moins une curieuse expérience de physique, facile à réaliser, et que nos lecteurs nous sauront peut-être gré de leur avoir présentée. J. Derôme,
- Licencié ès sciences.
- LE STAFF
- Aujourd’hui, plus que jamais peut-être, les procédés rapides de construction sont en honneur, et l'Exposition de 1900, pour sa seule part, a mis à l’apogée le règne de tous ces moyens hâtifs d’édifier, moyens qui, avec des ressources légères, permettent d’élever en très peu de temps des palais importants, tout couverts d’une décoration riche et luxuriante pour laquelle il faudrait dépenser des millions si on voulait avoir recours à des procédés sérieux.
- Le staff’ dont l’usage est maintenant si répandu, est un mélange de toile d’emballage et de plâtre; il est d’une solidité merveilleuse et remplace avec beaucoup d’avantage les modèles en plâtre pur. Son usage est très facile et à la portée de tous; de plus il permet d’avoir des moulages creux dont la légèreté est extrême ; enfin, si par un accident quelconque la statue ou le motif de décoration en staff vient à se casser, les filaments de l’étoffe retiennent le plâtre et permettent un raccordage auquel il ne faudrait pas penser si l’on avait affame à un objet uniquement en plâtre; ce dernier en se brisant tombe et s’effrite, rendant tout replâtrage impossible.
- Pour obtenir un modèle en staff, il faut avoir un moule en creux de l’objet à reproduire. On commence par le savonner intérieurement et par passer des couches d’huile, afin de faciliter le démoulage ultérieur. On passe ensuite un lait de chaux assez léger qui constituera la surface extérieure du modèle; on n’attend pas que ce plâtre ait pris complètement et on applique des morceaux de toile qu’on a préalablement trempés dans de la chaux; celui-ci fait corps avec les fils et forme un tout très compact; il épouse la
- couche de plâtre préalablement fixée et forme avec elle une croûte très intime d’un centimètre environ d’épaisseur. En dernier lieu, et afin de*consolider le système, on fixe des morceaux de bois entrelacés qui soutiennent les éléments du modèle et constituent l’ossature même de la statue. On attend que le tout ait bien pris et on démoule.
- Très souvent on emploie du chanvre ou de l’étoupe au lieu de la toile d’emballage, le mélange prend alors le nom de « torchis » ; mais la plupart du temps on continue à l’appeler également « stalV » comme l’autre composé.
- Le staff’ ne sert pas seulement à l’exécution des motifs de décorations provisoires comme ceux des palais de l’Exposition, on l’emploie beaucoup pour les intérieurs des édifices définitifs; les moulures, les rosaces, etc., des appartements sont généralement faites en staff’; toute la décoration de la salle et du foyer du grand Opéra de Paris est en staff recouvert de peintures et de dorures.
- Quand il s’agit de surfaces planes importantes comme pour les parements des murs des monuments de l’Exposition, on remplace le support, chanvre ou toile intimement mélangé au plâtre, par un corps quelconque tendu sur la charpente en bois qui constitue le bâtis du palais.
- Ce corps doit avoir des aspérités qui retiennent le plâtre : on a employé avec succès des feuilles de métal fendillées et étirées, appelées « métal déployé »; on s’est également adressé à des treillis de roseaux, à des lattes de bois hachurées, à de la ficelle tendue même.
- Il est évident que ce moyen économique ne peut donner lieu à des constructions durables, surtout quand il s’agit de la décoration extérieure; il semble répondre merveilleusement à l’esprit du siècle et de notre civilisation ; Aujourd’hui l’on veut faire beaucoup et vite avec peu d’argent sans trop penser au lendemain. A. C.
- APPLICATIONS DU CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE
- Le chauffage électrique est une des applications de l’énergie électrique qui ne s’est pas beaucoup répandue jusqu’ici. Des progrès sensibles, cependant ont été faits dans cette voie et il est probable que le chauffage électrique qui présente un grand nombre d’avantages, ne tardera pas à prendre de l’extension.
- Nous avons décrit précédemment1 le dispositif imaginé par M. Le Roy et qui consiste à employer une bûche électrique formée d’une baguette de silicium graphitoïde ou cristallisé d’environ 10 centimètres de longueur sur 10 millimètres de largeur et, 5 millimètres d’épaisseur. La baguette est placée dans un tube en verre, à l’intérieur duquel on a fait le vide, et réunie à ses deux extrémités à deux montures en cuivre. Le silicium graphitoïde a été choisi tout particulièrement en raison de la résistance spécifique élevée qu’il présente. On dispose parallèlement plusieurs bûches électriques et on peut constituer ainsi des appareils de chauffage.
- M. Le Roy vient de réaliser plusieurs applications intéressantes des bûches électriques.
- 11 a d’abord construit un calorifère électrique, dont la figure 1 nous donne la coupe intérieure et les divers éléments de construction. Le foyer électrique est formé par des couronnes (n° 1) composées de baguettes de silicium disposées suivant les rayons et 1 Vov. n° 1501), <lu 50 avril 1898, j). 5T7.
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- montées en tension entre des prises en cuivre; chaque couronne renferme 52 baguettes, qui consomment chacune une puissance normale de 15 watts. On peut monter en quantité deux ou plusieurs couronnes (n° 2) suivant les divers modèles d’appareils et atteindre des débits de 4,
- 0,12ht 18 ampères à 110 volts. Ce foyer électrique est placé à la partie inférieure du calorifère (n° 5).
- Au-dessus se trouve un autre cylindre qui forme la chambre de chauffe permettant d’utiliser la chaleur dégagée pour les besoins domestiques et pour le chauffage de l’air ambiant ; une tôle perforée est disposée à cet effet. Dans les grands modèles, il y a également un petit réservoir d’eau de 5 litres. Le calorifère est monté sur roulettes et se déplace facilement d’une pièce dans une autre. Comme autres applications
- Dans ses différents essais, M. Le Roy a trouvé que la dépense d’énergie électrique était environ de 50 à 55 watts-heure pour élever de 20° la température d’une pièce d’un volume de 1 mètre cube. En partant de la formule de M. Ser, qui donne la quantité de chaleur nécessaire pour chauffer une pièce en fonction de son volume et de l'écart de température
- de chauffage électrique, nous citerons la bouillotte que représentent les nos 2 et 5 de la figure 2. Cette bouillotte est formée d’une bûche électrique, montée dans un tube de verre, et disposée sur un support qui permet de l’introduire facilement dans une enveloppe métallique (n° 5) ; cet appareil est en service depuis près de huit mois à la Compagnie internationale des wagons-lits. La puissance absorbée par la bûche est de 50 watts.
- La Compagnie transatlantique, qui fait actuellement 1 ’ installa -tion d’un nouveau paquebot la Lorraine, doit employer des cheminées électriques semblables à celle qu e montre le n°l de la figure 2. Le foyer électrique de cette cheminée renferme 12 bûches électriques montées en tension et consommant une puissance de 1080 watts.
- à obtenir, on trouve que l’énergie électrique à dépenser, exprimée en watts-heure, est égale au produit du volume de la salle à chauffer exprimé en mètres cubes par l’écart de température et par le coefficient 1,5. M. Le Roy, dans les nombreuses expériences qu’il a faites, a été amené à vérifier pratiquement l’exactitude de cette formule. J. Laffargue.
- Fig. 1. Calorifère électrique. — 1. Couronne de bûches électriques. 2. Deux couronnes superposées. — 3. Coupe intérieure du calorifère.
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- UN NOUVEAU TÉLÉMÈTRE
- Dans la pratique des opérations topographiques courantes, à tout instant, l’on se trouve avoir à résoudre des problèmes variés, — mesure de la distance d’un point donné à un autre point inaccessible , mesure de différences d’altitude de deux points, etc., — nécessitant en général une série d’opérations longues et minutieu-ses, compliquées de calculs non moins longs et non moins délicats.
- Pour cette raison , les spécialistes depuis longtemps déjà se préoccupent de trouver des méthodes et une instrumentation simplifiées capables de répondre aux diverses nécessités usuelles.
- A cet égard, le nouveau télémètre de M. le capitaine Aubry mérite tout particulièrement d’attirer l’attention. Il a été réalisé avec habileté par M. Clermont-Huet, constructeur bien connu du Ministère de la guerre.
- De construction robuste, indéréglable, de poids minime et de très faible volume, au point de pouvoir facilement se loger dans la poche, le télémètre de M. Aubry, en effet, permet d’obtenir directement par la simple lecture d’échelles graduées sur l’instrument même, la mesure des angles, celle des distances, et enfin celle des hauteurs, côtes ou angles de site, c’est-à-dire, en résumé, tous les éléments nécessaires à l’établissement d’un lever topographique. Pour permettre l’obtention de ces diverses indications, ce télémètre comporte les trois éléments suivants :
- 1° Un sextant dont les déplacements angulaires du grand miroir sont commandés par l’intermédiaire d’une vis micrométrique, de façon à permettre une lecture facile des divisions sans qu’il faille donner à l’instrument des dimensions exagérées, ni faire usage d’une loupe.
- 2° Une réglette à divisions permettant de trouver les distances au moyen des indications fournies par le sextant.
- 5U Un petit pendule combiné avec un collimateur pour la mesure des angles de site. Voyons, à présent, comment est disposée chacune de ces parties constituantes.
- Suivant les données habituelles, le sextant de l’appareil comporte un petit miroir fixe a et un grand miroir mobile b, dont les déplacements angulaires sont commandés par une vis micrométrique c, engrenant avec un secteur denté d solidaire dudit miroir & (fig. 3).
- Un ressort antagoniste e maintient constamment le secteur d en contact avec la vis c.
- La vis micrométrique c est terminée par un tambour /, servant à la manœuvrer, et ce tambour, qui est divisé en cent parties égales, se déplace en regard d’un vernier donnant le dixième.
- Le plateau g solidaire du secteur denté d sur lequel est monté le grand miroir b, porte un index h qui se déplace en regard des divisions tracées sur la table de l’instrument, chaque division correspondant à un tour delà vis c
- Fig. 2. — Mode d'emploi.
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- ou du tambour f. Quant au pas de la vis micrométrique, il a été combiné de façon à donner la mesure du déplacement angulaire du miroir soit en centigrades, soit en millièmes.
- Rans le premier cas, c’est-à-dire quand la mesure de l’amffe doit être
- évaluée en grades, chaque division de l’échelle de l’instrument équivaut à dix grades, et le vernier donne alors le centigrade; dans le second cas, chaque division correspond à cent millièmes et le vernier donne par suite le dix-millième.
- Pour utiliser les indications du sextant et en déduire sans calculs, par de simples lectures, la distance cherchée, la table i du télémètre, ainsi que nous le notions tout à l’heure, comporte une règle divisée j entre les deux branches de laquelle se déplace un coulisseau k dont les mouvements sont réglés au moyen d’une vis de commande engrenant avec une crémaillère que présente ledit coulisseau. Les deux branches de la règle, et pareillement le coulisseau, présentent des échelles graduées.
- Enfin, complétant l’instrument, est disposé au-dessous de sa table le pendule destiné à permettre l’évaluation des angles de site.
- Fort simple, ce dernier dispositif comporte un collimateur m à réticule horizontal, en dessous duquel e=t suspendu un pendule n dont l'extrémité libre, munie d’un vernier o, se déplace en regard d’une échelle graduée F donnant les angles de site.
- Les divisions de cette échelle F correspondent, suivant le mode de construction de l’instrument, soit à un grade, soit à dix millièmes; le vernier o du pendule n donnant les dixièmes permet donc d’évaluer les altitudes soit à dix centigrades, soit à un millième près.
- Pour éviter les oscillations constantes du pendule, ce dernier est maintenu dans sa position verticale au moyen d’un ressort que l’opérateur déclenche, lorsqu’il veut faire une observation, en appuyant sur
- le petit levier p placé sur la face supérieure de l’appareil.
- L’instrument nous étant maintenant connu, il nous reste à voir son mode d’utilisation.
- Celui-ci est simple et présente des avantages considérables sur tous les procédés habituellement en usage, notamment en ce qui concerne la mesure de la distance d’un point, cette dernière opération n’obligeant plus l’observateur à prendre une base en se déplaçant soit à droite, soit à gauche.
- Voici, avec le télémètre Aubry, comment il convient de procéder.
- Soient A (fig. 4) le lieu où se trouve l’opérateur et M le point dont on cherche la distance.
- L’opérateur étant au point A choisit au loin un point de repère quelconque R, et, à l’aide du sextant, mesure la parallaxe a des deux points M et R considérés du point A.
- Cela fait, avançant d’une distance quelconque A R dans la direction du point R, distance pouvant varier de 25 à 50 mètres environ, l’observateur mesure la nouvelle parallaxe p des points M et R.
- Connaissant par cette double opération les angles a et p, on en déduit l'angle y qui est justement égal à p — a et l’on possède tous les éléments nécessaires à la résolution du triangle ARM, puisque l’on en connaît les deux angles a et y et le coté AB.
- En appelant / cette distance AB dont s’est avancé l’observateur et x la distance cherchée AM, on a la relation ;
- l x ,, , l . D
- d ou x — -——----------c sin p
- sin(p — a) sin [i et en prenant les logarithmes l
- log x = log . . „ ° °sin(p-
- sin (p — a)
- +- log . sin p.
- Les différentes valeurs de cette équation sont don-
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- m
- nées par les divisions portées sur la réglette graduée j et sur le coulisseau k (fig. 5).
- A cet effet, la réglette porte deux échelles dont les graduations sont logarithmiques : l’une R, dite échelle des distances, dont les divisions correspondent aux différentes valeurs de log. x, si bien que ces graduations expriment les valeurs des distances cherchées, et l’autre C, dite échelle des parallaxes, dont les divisions correspondent aux différentes valeurs de log. sin. (L
- Quant au coulisseau k, il porte lui aussi deux graduations, une échelle 1) à graduations logarithmiques, dite échelle des différences, et dont les divisions correspondent aux diverses valeurs de
- log. . -----r> et une échelle complémentaire E,
- ° sin ([i — a) r ’
- dénommée échelle des bases, dont l’objet est de permettre à l’opérateur de faire varier suivant sa commodité la longueur de la base /.
- Les choses étant ainsi réglées, rien de plus aisé que de mesurer une distance déterminée.
- Pour cela (fig. 4), l’opérateur commence par choisir un point de repère R, soit à droite, soit à gauche du point considéré M; puis, en agissant sur la vis micrométrique du sextant, il amène la coïncidence de l’image du point avec le repère ou réciproquement, et lit alors sur l’échelle circulaire A tracée sur la table de l’instrument et sur celle du tambour les divisions devant lesquelles se trouvent respectivement situés les deux traits de repère h et l tracés d’une part sur le secteur g et d’autre part sur le vernier de lecture du tambour f.
- Cela fait, l’opérateur se met en marche dans la direction du point de repère R et s’arrête en R, après avoir parcouru une distance connue de 25 à 50 mètres. En ce dernier point B, reprenant le sextant, il établit à nouveau la coïncidence des points R et M et lisant les divisions devant lesquelles se trouvent arrêtés les traits h et l, il note la différence des deux résultats.
- Dès lors, pour obtenir la solution cherchée, soit la distance du point A au point M, il n’est plus qu’une manœuvre à accomplir, amener au moyen de son bouton de commande le coulisseau D en une position telle que le trait de l’échelle E des bases correspondant à la base choisie par l’observateur, c’est-à-dire la distance A B, dont il s’est déplacé suivant la direction A R, soit en concordance avec la même division de l’échelle C des parallaxes que celle de l’échelle A, devant laquelle se trouve le repère h.
- En cette position, le trait de l’échelle B des distances contre lequel vient coïncider le trait de l’échelle D des différences correspondant au nombre trouvé pour la différence des deux parallaxes, donne la distance cherchée.
- L’opération, comme l’on voit, est particulièrement simple et présente cet avantage extrêmement appréciable sur le terrain de n’exiger aucun support fixe pour les appareils.
- Quant à la façon de procéder pour évaluer les
- angles de site et mesurer les différences d’altitude de deux points, elle est non moins commode, se résumant à une seule opération qui consiste à viser le point dont on cherche la hauteur à l’aide du collimateur m, en même temps qu’on libère le pendule n en appuyant sur le petit levier p. La division devant laquelle s’arrête le pendule donne la valeur de l’angle de site cherché.
- Les échelles graduées sur l’instrument permettent alors d’obtenir directement et sans calculs la hauteur à apprécier.
- A cet effet, une fois que l’on a mesuré, ainsi (pie nous le notions tout à l’heure, la distance du point considéré et son angle de site, on amène la division de l’échelle 1), correspondant à l’angle de site trouvé en regard de la division de l’échelle des distances D, correspondant à la distance précédemment reconnue; dans cette position de la réglette mobile, le trait de l’échelle des bases E qui se trouve en regard de la division 1000 de l’échelle des parallaxes G, division correspondant A un angle de 90° donne la hauteur cherchée.
- Dans le cas où la hauteur à mesurer est trop considérable pour pouvoir être donnée directement par le pendule, l’opération s’exécute de la façon suivante : on prend un point de repère voisin de l’horizontale et l’on évalue l’altitude de ce point au moyen du collimateur à pendule, et, cela fait, on mesure la parallaxe dudit point de repère avec le point considéré; la somme des deux angles donne alors la valeur de l’angle de site et, par suite, permet d’obtenir immédiatement l’altitude cherchée.
- Comme l’on voit, le nouveau télémètre combiné par M. le capitaine Aubry est particulièrement simple et de maniement commode. Aussi paraît-il appelé à rendre dans la pratique topographique courante les plus signalés services.
- Georges Vitoux.
- LES ALPINS EN HIVER
- En vue d’assurer, en tout temps, la défense de notre frontière du sud-est, le commandant de l’armée dos Alpes vient de prendre une décision dont l’importance ne saurait échapper.
- Traversée par un certain nombre de routes carrossables, de voies ferrées, de chemins muletiers et de sentiers, cette partie de notre frontière présente sur son développement, 150 kilomètres du mont Blanc à l’Aution, 87 passages.
- Dès l’apparition des premières neiges, les cols secondaires devenant impraticables, les Italiens devraient, dans le cas d’invasion, se résoudre à pénétrer en France par l’une des routes nationales, au nombre de cinq.
- En présence d’une telle éventualité, le haut commandement français a organisé, en travers de ces voies, un certain nombre de barrages possédant une garnison d’artillerie à pied et d’infanterie suffi-
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- LA NATURE. *
- santé pour offrir à l’ennemi une première résistance.
- Ce ne sont cependant pas les seules forces qu’il rencontrerait. En effet, avant de rejoindre leurs garnisons d’hiver, les troupes alpines laissent, derrière elles, des détachements chargés d’occuper au pied des cols secondaires certains postes spéciaux.
- Toutes les fois que le temps le permet, les détachements, dont la force varie d’une section à une compagnie, doivent gagner les hauts sommets pour observer les mouvements possibles des Italiens.
- Un réseau téléphonique très dense, installé sur toute la zone frontière permet de tenir au courant les commandants des ouvrages construits en arrière.
- Qu’une attaque vienne à se produire. Les troupes des barrages aussitôt avisées seraient en mesure de contrarier les mouvements de l’adversaire. Les canons à longue portée, dont sont approvisionnés ces ouvrages , battraient de leurs feux les lacets de la route venant de la frontière, gênant ainsi considérablement les avant-gardes.
- Cette résistance suffirait pour donner le temps aux voies ferrées de pénétration d'amener, à faible distance, en arrière, les troupes de renfort.
- A partir du moment de leur débarquement, les troupes de secours seraient forcées d’exécuter des marches en montagne, sur des routes littéralement ensevelies sous les neiges ; quelques détachements même devraient gagner, sur les flancs des vallées, des points élevés et pour ce, manœuvrer à travers les mille obstacles que cette aride nature oppose à l’homme les deux tiers de l’année.
- Pour vaincre de telles difficultés, il faut une endurance, un entraînement que l’on avait compté faire acquérir aux troupes par des séjours d’été, dans les Alpes.
- Les résultats n’ont pas répondu à l’attente du commandement.
- En effet, au cours de la belle saison, les troupes des XIVe et XVe corps, bien qu’exécutant des reconnaissances sur les plus hauts sommets, manœuvrent sur des terrains d’où la neige a disparu à peu près complètement.
- Par crainte des avalanches, on évite d’ailleurs ceux où la fonte se produit encore.
- Les glaciers, qui présenteraient la solidité suffisante, sont seulement reconnus, en raison de leur nature particulière, par des détachements de sous-officiers très entraînés.
- On a du renoncer au roulement établi dans les corps, en vue de fournir les détachements d’hiver, pour procurer à chaque soldat, en particulier, un séjour dans les Alpes, de quelques mois. Ces postes spéciaux sont, en effet, trop peu nombreux et ont une garnison trop faible.
- Il a donc fallu se rabattre sur l’instruction donnée dans les garnisons et tâcher d’en tirer parti au mieux en vue d’une guerre possible, pendant l’hiver. En raison de l’éloignement relatif où les garnisons
- se trouvent par rapport à la montagne proprement dite, le soldat, faute d’allocations spéciales, n’avait pu, jusqu’à ce jour, être mis aux prises avec les difficultés qu’il était exposé cependant à rencontrer pendant l’hiver.
- Une telle situation a pris fin.
- Nous avons, en effet, appris les ordres récents du commandant de l’armée des Alpes, prescrivant aux troupes de son commandement des opérations de longue durée, en montagne, pendant la saison rigoureuse. Ces prescriptions entraînent, bien entendu, avec elles l’allocation de crédits qui permettront aux troupes des XIVe et XVe corps d’exécuter des marches manœuvres, dans des conditions identiques à celles où elles se trouveraient réellement.
- Ces opérations devant se dérouler en pleine montagne, au milieu des neiges, les troupes feront usage des raquettes, du piolet et de la corde.
- Ces aides de l’excursionniste méritent d’être signalés. Le premier a été importé du Canada. Il consistait en un cadre de bois de forme ovale ayant 1 mètre de longueur et 40 à 50 centimètres de large.
- Dans l’intérieur du cadre, on disposait une série de cordelettes allant d’un bord à l’autre, de manière à constituer une sorte de treillis solide.
- Le pied, placé au centre de la raquette, était maintenu au moyen de courroies.
- Les dimensions relativement considérables de cet instrument obligeaient le Canadien à marcher les genoux largement écartés, ce qui lui donnait un aspect disgracieux et bizarre.
- i\° 1. N* 2.
- Fi". 1. — N° 1. Chargement du sac avec la raquette.
- N° 2. Chargement réglementaire avec, marmite de campagne.
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- Fig. 2. — Un poste d’hiver en observation.
- Fig. 3. — Ascensions avec piolet et corde.
- Dans nos bataillons alpins, on fait usage d’une Notre figure 1 met en parallèle deux chasseurs l’un raquette moins volumineuse et aussi plus légère. portant le chargement réglementaire du fantassin
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- avec la marmite de campagne, l’autre ayant sur son sac une paire de raquettes.
- D’après la photographie on voit que cet instrument n’a guère plus de 50 centimètres de long sur 40 de large. Les cordelettes y sont remplacées par des hoyaux. Le mode d’attache au pied est des plus simples et consiste en une paire de courroies.
- Les ligures 2 et 3 donnent l’une et l’autre une idée des fatigues causées par une ascension. Elles montrent également l’usage que font nos Alpins du piolet et de la corde.
- Le premier de ces intruments est destiné à pratiquer de petites encoches dans lesquelles l’ascensionniste pose le pied.
- On utilise la corde pour se soutenir mutuellement. A cet etfet, les soldats s’attachent à chacun des bouts et en son milieu par groupes de trois.
- Tels sont rapidement décrits ces trois aides indispensables dans les montagnes couvertes de neige. Leur usage qui paraît si simple au premier abord, nécessite cependant un entraînement constant, source de nombreuses fatigues.
- Malgré le surcroît de surmenage que vont causer aux troupes alpines les dernières prescriptions, nous ne pouvons que nous féliciter des dispositions du général Zedé, qui complètent une organisation si judicieusement commencée par ses prédécesseurs les généraux Berge et Voisin. G. de Romane.
- L’ORAGE DU 13 FÉVRIER 1900
- Depuis quelques années les orages hivernaux semblent devenir plus fréquents sur notre région; déjà le 1er janvier dernier on avait entendu tonner sur Paris, mais l’orage qui a éclaté dans la soirée du mardi 13 a atteint une plus grande intensité. Dans la soirée, vers 6h, il est tombé une pluie fine précédée d’une ondée violente et de très courte durée; le brouillard qui s’est formé aussitôt après est devenu en quelques minutes très opaque, et sur certains points de la capitale on ne distinguait plus les objets au delà d’une cinquantaine de mètres. Pendant ce temps l’orage commençait ; les premiers éclairs aperçus qui étaient assez intenses pour éclairer la partie supérieure du brouillard, se succédaient très nombreux. De la Tour Saint-Jacques, on entendait à 7h 18 un premier coup de tonnerre, suivi d’autres à 7h 30, 7h 35, 7h 38 et 7h 44; ce dernier qui a sillonné l’air au-dessus de la rive gauche a été d’un éclat remarquable. Cet orage a donné naissance à une pluie qui a précipité le brouillard en quelques minutes.
- Les orages hivernaux constituent toujours des phénomènes extraordinaires; les documents que nous possédons, sur ceux observés à Paris, montrent qu’ils se produisent en général par un grand abaissement de la pression barométrique, une prédominance très marquée des vents du sud-ouest et un réchauffement rapide de la température. Depuis le commencement du siècle, il a tonné en hiver à Paris les : 28 décembre 1803; 2 décembre 1806 ; 5 novembre 1807; 14 février 1809; 8 novembre, 24 et
- 27 décembre 1810; 25 février 1811; 26 février 1812; 15 novembre et 11 décembre 1816; 6 janvier 1817; 1er janvier 1834; 8 décembre 1836; 25 janvier 1837;
- 28 janvier 1847; 23 février 1848; 23 février 1853; 9 novembre 1854; 24 janvier 1856. Depuis, les re-
- gistres de l’Observatoire municipal de Monlsouris mentionnent les orages suivants : 19 janvier 1873; 25 février et 7 décembre 1876; 27 novembre 1878; 24 février 1884; 12 décembre 1886; 13 novembre et 7 décembre 1891; 4 décembre 1892; 23 janvier 1895; 29 février 1896; 8 décembre 1897; 2, 3, 7 et 22 février 1898; 2 janvier et31 décembre 1899; 1er janvier et 15 février 1900.
- Après l’orage, nous avons subi le passage d’une bourrasque d’une intensité extraordinaire, à la fois par sa durée et par la force et le nombre de ses coups de vent. Le vent a commencé à souffler en tempête, vers 8h du soir, se maintenant d’abord à une vitesse moyenne de 15 à 18m à la hauteur des toitures, c’est-à-dire à une vingtaine de mètres au-dessus du sol; cette vitesse a progressivement augmenté, pour donner des maximums moyens de 25m à la Tour Saint-Jacques et 59m,5 à la Tour Eiffel, et des à-coups bien supérieurs. Les anémomètres de la Tour Eiffel et de Montsouris ont enregistré, le premier, un maximum de 44m à 5h40 du m., et le second 53"' à minui 145. Cette bourrasque qui a causé de nombreux accidents a duré toute la nuit, et c’est seulement pendant l’après-midi du lendemain que le vent a perdu de sa violence.
- Le passage de cette dépression a déterminé une oscillation barométrique rarement enregistrée dans notre région. Parti d’un minimum de 758mm,2 le 14 à 3h20 du matin, le mercure atteignit 767ram,4 le lendemain à 2h 20, accusant ainsi un mouvement de hausse de plus de 29mm en vingt-trois heures dont 28mm en dix-neuf heures. Des mouvements d’une amplitude aussi accentuée sont très rares, et lorsqu’ils se produisent, c’est toujours pendant la saison froide et, ainsi que l’a fait remarquer Kaemtz, ils constituent l’indice d’une situation atmosphérique troublée pour un certain temps. Joseph Jaubert.
- Directeur de l’Observatoire météorologique de la Tour Saint-Jacques.
- MANDES TURERCULEUSES APRÈS CUISSON
- LEUR CONSOMMATION EN BELGIQUE
- Il s’agit là d’une pratique qui semble se généraliser en Belgique, en ne s’appliquant bien entendu qu’aux viandes plutôt suspectes que franchement tuberculeuses.
- Dans presque tous les pays, les viandes de boucherie sont soumises dans les abattoirs à des examens de fonctionnaires spéciaux de la police, examens qui sont malheureusement faits plus ou moins soigneusement, mais qui ont tous pour but de connaître et de faire mettre de côté les viandes altérées ou suspectes. La pratique en France est de détruire les viandes de cette sorte, sans essayer d’en tirer aucun parti pour la consommation. Évidemment cette manière de procéder peut se défendre, car on évite ainsi toute chance de contagion ; mais en somme une cuisson suffisamment prolongée et à une température élevée est considérée à bon droit comme détruisant tous les germes morbides qui se trouvent dans les tissus, et il est regrettable de laisser complètement perdre lès viandes en question, alors qu’il y a tant de gens qui n’ont pas l’argent nécessaire pour se procurer un pareil aliment. Aussi le Gouvernement belge s’est-il dit qu’il pourrait parfaitement et sans aucun danger autoriser la vente, après stérilisation, de la viande des animaux de boucherie atteints de la tuberculose à un degré relativement faible. Une décision a été prise dans cet esprit en J895,
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- et, dès ce moment, un certain nombre de villes, Saint-Nicolas, Alost, Turnbout, etc., ont acquis les appareils de stérilisation nécessaires : après cuisson convenable, ces viandes et les graisses et jus sont vendus au public au prix très réduit de 50 centimes le kilo, et les consommateurs, qui les achetaient d’abord avec quelque répugnance, en demandent maintenant plus qu’on ne peut leur en donner. Une partie du prix de vente est accordée au propriétaire de l’animal dont la viande a dû être soumise à ce traitement, ce qui l’indemnise complètement, avec l’indemnité ordinaire que lui verse le Gouvernement, de la valeur de sa bête : on comprend qu’avec cette méthode il n’a plus pour ainsi dire aucun intérêt à fuir l’examen sanitaire. 11 est évident aussi que, dans ces conditions nouvelles, les vétérinaires hésitent bien moins à saisir les viandes simplement suspectes parce qu’ils ne craignent plus de porter préjudice au propriétaire de l’animal.
- Actuellement le Gouvernement belge est tellement satisfait de cette manière de procéder, qu’il se préoccupe de l’étendre au plus grand nombre possible de villes, et que, dans le « Bulletin officiel du service de surveillance des denrées alimentaires », il recommande au personnel de l’inspection de rappeler aux administrations locales les avantages de la méthode en question. Sans doute une étuve coûte-t-elle généralement de 4000 à 5000 francs à installer, mais les perceptions que l’on peut faire sur les viandes traitées, quelque légères qu’elles soient en elles-mêmes, ont bien vite couvert et amorti cette dépense de premier établissement. T). B.
- LA CHASSE AUX SL0UGHIS
- Deux genres de chasse originale sont pratiqués couramment par les indigènes algériens des hauts plateaux et de la partie septentrionale du Sahara : l’un est la chasse au faucon, qui, entraînant de grosses dépenses, n’est possible qu’aux familles riches et ne se fait du reste que suivant des procédés généralement connus. L’autre est la chasse aux sloughis, c’est-à-dire aux lévriers. Des détails intéressants à son sujet nous sont fournis par le commandant Monségur.
- Dans la région que nous indiquions tout à l’heure, il n’est guère de tente possédant un cheval qui n'ait également un ou deux sloughis dressés pour la chasse. Ce grand lévrier indigène, d’un caractère assez maussade, n’est que peu susceptible d’attachement pour son maître; mais, comme il aime la société des chevaux et le grand espace, il suit volontiers les cavaliers; du reste, il chasse de race, avec le désir unique de satisfaire son appétit, et s’il n’était soumis dès sa jeunesse à un dressage sévère, il égorgerait aussi bien les moutons ou les chèvres que le gibier. Pour avoir un sloughi bon chasseur, on commence par le choisir de race absolument pure, et très souvent, pour lui affermir les muscles des pattes, on lui met des pointes de feu ; on l’accoutume ensuite à la compagnie des chèvres et des moutons, et ce n’est qu’après de multiples et vigoureuses corrections qu’il résiste à la tentation de-se précipiter sur ses compagnons improvisés. Quand il a atteint l’âge d’un an, il a déjà de la vitesse, mais il ne sait pas encore happer sa proie au moment voulu : aussi lui fait-on chasser la gerboise, espèce de petit rat spécial au pays, qui fait d’énormes bonds avec ses longues pattes de derrière, et se livre aux crochets les plus brusques quand elle est poursuivie. Rien n’est plus facile que de faire un lancer de gerboises devant un
- jeune sloughi ; pour cela on cherche, vers le soir, le léger renflement analogue à celui de la taupe, que forme sur le sol le terrier du petit animal, et comme à ce moment celui-ci est à fleur de terre prêt à sortir, si on frappe le sol, il s’élance brusquement et prend la fuite. Le sloughi assiste à cette sortie inopinée, et, excité par les cris de son maître, il se lance à la poursuite et ne happe la gerboise qu’après bien des tentatives, parfois après bien des culbutes. Quand il la tient enfin dans sa gueule, son maître arrive qui la lui prend pour l’empêcher de la manger.
- Lorsque le lévrier est habitué aux crochets de la gerboise, on peut alors le conduire chasser le lièvre, si abondant dans les plaines couvertes d’Alfa et dans les terres de labour parsemées de tamaris, de jujubiers et de len-tisques. Comme d’ailleurs le sloughi n’a pas de flair, on doit faire lever le gibier soit en battant les buissons avec des gaules, soit en recourant aux services d’un chien ayant du nez. Tous les chasseurs sont à cheval et suivent les chiens, pour les exciter par leurs cris, mais aussi pour déjouer si possible les feintes du lièvre et remettre les sloughi sur la piste, s’ils viennent à perdre la vue. Généralement, le lièvre est rapidement atteint. .Ajoutons que les lévriers servent également à des chasses beaucoup plus difficiles, celle du mouflon, de l’antilope et surtout de la gazelle. Comme ce dernier animal a une vitesse extraordinaire, afin de pouvoir l’atteindre à la course, on organise des relais de chien- sur les directions habituellement suivies par les gracieuses bêtes. Cette chasse est extrêmement fatigante, et, à la fin d’une journée, on y compte le plus souvent un certain nombre de chevaux fourbus. P. de M.
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- LA SUISSE A PARIS
- Le visiteur de l’Exposition universelle de 1900, qui aura passé une partie de sa journée aux affaires sérieuses, pourra trouver de nombreuses distractions sans avoir à s’éloigner. Les panoramas, les théâtres et exhibitions de toutes sortes seront à sa portée, soit dans l’enceinte même de l’Exposition, soit à deux pas de là sur les boulevards qui l’entourent et notamment avenue de Suffren où déjà, l’an dernier,
- « Paris en 1400 » et la « Grande Roue » avaient ouvert leurs portes. Une des principales attractions de ce coin privilégié sera certainement le « Village Suisse » de MM. Henneberg et Allemand, qui occupe une superficie d’environ 21000 mètres carrés. — C’est la reconstitution non pas seulement d’un village, mais de tout un coin de la Suisse avec ses montagnes, ses villages, ses pâturages, ses cascades, etc. — Ce n’est pas un panorama, c’est la nature même reconstituée de toutes pièces. Les travaux presque entièrement terminés aujourd’hui permettent de juger des résultats obtenus. Si, pour arriver jusque-là, on avait les yeux bandés, on pourrait jurer, au moment où le bandeau tomberait, qu’on est réellement en Suisse (fig. 2); on est cependant rappelé à la réalité quand d’un certain côté on voit apparaître au-dessus d’une montagne le sommet de la Tour Eiffel et de l’autre la Grande Roue, qui, avec sa multitude de rayons, semble un grand soleil qui s’appuie par son centre sur les rochers (fig. 1).
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- On pourrait se demander comment il a été possible d’amener en si peu de temps, sur un terrain qui était absolument plat, une pareille masse de terre et de roches, tant l'ensemble et les détails sont parfaits. La terre, les roches, les pâturages, les plantes, tout cela est bien réel, il n’y a pas de toile peinte, on peut toucher ; ce qui est artificiel c’est le dessous. La montagne est formée par une immense charpente bâtie avec des sapins du Jura, dont quelques-uns ont 30 mètres de liant et lm,80 de circonférence. Les fermes qui soutiennent cette charpente sont formées de poteaux solidement fixés dans une traverse double au moyen de tenons et de boulons ; elles sont disposées, les unes à* la suite des autres (fig. 3), sur une fondation préparée avec des pieux battus en terre à 6 ou 7 mètres de profondeur; les fermes ont été réunies par des eontrevente-ments et on s’est appliqué dans cet assemblage a obtenir des formes très variées : certaines parties sont inclinées, d’autres verticales.
- Sur cette charpente, pour laquelle on a employé plus de 3000 mètres cubes de bois, on a cloué des planches et on a ainsi obtenu une surface très mouvementée présentant des angles rentrants et des arêtes vives, d’un développement de plus de 25 000 mètres carrés, représentant les pentes abruptes de la montagne ; il ne reste plus qu’a procéder à son habillage. Pour pouvoir retenir la terre sur toutes les inclinaisons, on a ménagé des casiers formant un cloisonnement qu’on distingue nettement sur la photographie que nous reproduisons d’un coin non encore tout à fait fini (fig. 1).
- La résistance de la charpente a été calculée pour recevoir 400 kilogrammes de terre par mètre carré.
- Quant aux rochers ils sont formés d’une carcasse légère en bois supportant une croûte de staff (plâtre mélangé detoupes) de 2 ou 3 centimètres d’épaisseur
- qui a été obtenue dans un moule pris sur nature. Nous avons représenté (fig. 4) l’un de ces rochers vu à l’envers, c’est-à-dire du côté creux. Ils sont cloués les uns à côté des autres en suivant certaines dispositions géométriques et géologiques relevées sur le terrain. L’ensemble est ensuite peint à l’huile en frottis successifs assez transparents pour laisser voir les couches les unes au travers des autres. On obtient ainsi l'aspect exact des véritables rochers où les intempéries des saisons et le temps ont apposé
- aussi des couches superposées et transparentes; c’est à s’y méprendre. L’illu -sion est du reste d’autant plus complète que dans toutes les parties accessibles au public, il y a de véritables roches, quelques-unes énormes qui, pour chacune d’elles, ont demandé un wagon entier.
- Toutes les plantes, qui viennent de Suisse, seront réparties sur la montagne artificielle aux différentes altitudes supposées où elles croissent : on y trouvera comme arbres : le pin sylvestre, le mélèze, l’épicéa, le genévrier, la sabine de Zermatt, le cornouiller, le bouleau, le cityse, le tilleul des Alpes. La flore sera aussi largement représentée par les édelweiss, la rose des Alpes, les gentianes, les saxifrages, etc., tout un herbier où les botanistes en chambre pourront se livrer sur nature à leurs études favorites. Les habitations sont des reconstitutions des principaux types de maisons et de chalets connus : au bord d’un lac en miniature sont la chapelle de Guillaume Tell et le chalet de Treib, qui se trouve en face de Brunnen au pied du Seelisberg sur le lac des Quatre-Cantons ; disséminés un peu partout, les chalets de Lanchen, Zermatt, Meirigen, etc., puis formant des agglomérations et des rues, la tour de l’horloge de Berne, la maison de Bourg-Saint-Pierre (Valais) où déjeuna Napoléon avant le passage du Saint-Bernard; la maison de Mumpf (Argovie), où naquit la tragédienne Rachel, etc., etc.
- Fig. 1. — Construction (le la montagne. (Côté touchant à la Grande Roue de Paris.)
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- La cascade a près de trente mètres de haut ; ici on a dû naturellement supprimer les rochers en
- carton et les remplacer par de véritables rochers ou par des imitations très bien faites en ciment armé ;
- Fig. 2. — Uu coin du village Suisse (d’après une photographie).
- le lit du ruisseau et le lac qui lui font suite sont tion, il faut cinq millions de litres d’eau par jour; également faits de cette façon. Pour son alimenta- on ne pouvait demander cela à la Ville de Paris ;
- Fig. 5. — Les dessous de la montagne.
- aussi a-t-on creusé un puits spécial qui a quarante mètres de profondeur ; un moteur électrique recevant le courant du « secteur de la rive gauche » et
- Fig. 1. — L'envers d'un rocher.
- d’une puissance de trois cents chevaux actionne des pompes qui élèvent cette eau dans un réservoir placé au sommet de la montagne. Ce réservoir n’a
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- pas une grande capacité ; le débit des pompes étant très grand, il sert seulement de régulateur; il alimente également toute une canalisation qui fait le tour des crêtes et où des tuyaux d’arrosage permettront, pendant les chaleurs de l’été, d'entretenir la fraîcheur nécessaire aux plantes et aux arbustes.
- Un a ménagé à l’intérieur de la principale montagne une vaste salle circulaire où l’on a installé un panorama dans les conditions ordinaires : accès par des couloirs sombres, débouchant sur une plateforme centrale, d’où l’on contemple une toile circulaire peinte avec des premiers plans réels se raccordant avec elle. Le site choisi est le superbe point de vue qu’on a de la Petite Scheidegg. On voit en face de soi les imposants glaciers de la Jungfrau, du Miinch et de l’Eiger, au loin Miirren, en bas Lauterbrunnen d’un côté, Grindenwald de l'autre ; c’est une reproduction très fidèle de la réalité.
- La population du village suisse portera les costumes authentiques des différents cantons.
- A ce point de vue la promenade à la Suisse de Paris sera plus intéressante qu’une véritable excursion au pays même. G. Maresciial.
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- CHRONIQUE , .
- Voitures automotrices sur routes. — M. Lom-bard-Gérin vient d’exécuter, aux portes de Paris, des expériences-intéressantes sur des voitures automotrices électriques roulant librement sur routes. On évite ainsi les dépenses et l’établissement d’une voie avec rails. La voiture est un véhicule électrique ordinaire à moteur série qui commande les roues motrices. Le courant est emprunté à l’aide d’un double trolley à une ligne à 2 fds alimentés par une usine centrale qui se trouve installée à distance. On a déjà pensé à cette utilisation ; mais pour laisser toute indépendance au trolley, et permettre à la voiture de s’éloigner de quelques mètres de la ligne pour une raison ou pour une autre, M. Lombard-Gérin a eu l’idée de rendre le double trolley lui-même automoteur, et de lui donner une vitesse de déplacement un peu supérieure à celle de la voiture. A cet effet, le double trolley est mis en marche à l’aide d’un petit moteur à induit en cage d’écureuil à courants triphasés. Ces courants sont produits par le moteur de la voiture lui-même. Dans ce but, sur l’induit du moteur on a disposé trois bagues isolées que l’on a reliées à trois points de l’enroulement distants du tiers de l’écartement angulaire de deux pôles inducteurs de même nom. Des balais appuient sur ces trois bagues et envoient le courant dans les inducteurs fixes du petit moteur à courants triphasés qui actionne le double trolley. Des dispositions sont prises pour permettre au câble d’exercer des tractions obliques sans tendre à soulever les poulies de contact. Le moteur est entièrement clos; l’ensemble du trolley pèse 18 kilogrammes; la dépense est de 500 watts à la vitesse maxima. Pour éviter que dans les rampes fortes, le trolley ait une tendance à rouler sur la pente des fils, on a disposé un frein électromagnétique dont les sabots peuvent venir appuyer sur la couronne du moteur. Un commutateur permet à volonté d’inverser le sens de rotation du trolley. Ces voitures automotrices semblent pouvoir remplacer dans bien des cas les tramways no-
- tamment dans des pays où le trafic est de faible importance ou encore dans les régions à profil accidenté.
- Ve nouveau train rapide «1e la Compagnie «lu Nord. — On sait que la Compagnie française des chemins de fer du Nord se distingue, entre toutes celles du continent, en y comprenant même les lies britanniques, par la rapidité tout à fait remarquable de certains de ses trains. Elle vient tout récemment d’en mettre en service un nouveau, qui est en réalité destiné à assurer le service de Calais à Nice, et sur lequel M. Dubousquet, le savant ingénieur en chef du Matériel et de la Traction, a bien voulu nous communiquer quelques chiffres. 11 part de Paris à midi 55, et arrive à Amiens à lh5(‘>, la distance entre cesdeux points étant de ir>0km,fi: il repart d’Amiens à 2h 1 et atteint Calais à 5h50, après un nouveau parcours de lfi()km,0. Comme on voit, les journaux quotidiens avaient donné un renseignement faux en annonçant que le parcours total se faisait sans arrêt, ce qui aurait évidemment nécessité l’alimentation d’eau en cours de marche. Le train dont il s’agit pèse 170 tonnes derrière le tender. De Paris à Amiens, la vitesse commerciale ressort à 9Gkm,7, la vitesse moyenne de marche à ce même chiffre, et la vitesse moyenne de pleine marche à 99km,2; entre Amiens et Calais, ces vitesses sont respectivement de 91km,7, et de 95km,4, et, entre Paris et Calais, de 9lkm, L de 9okm,8 et de 95km,9. Nous rappellerons qu’on entend par vitesse commerciale celle qui est calculée en moyenne du départ à l’arrivée, en ne défalquant rien pour les ralentissements, arrêts, etc. Quant à la vitesse moyenne de marche, c’est celle que l’on obtient en défalquant seulement du temps la durée, des arrêts. Pour calculer celle de pleine marche, on déduit du temps total de ces arrêts une minute pour chaque démarrage et une autre pour le ralentissement qui précède chaque arrêt.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 19 février 1900. — Présidence de M. Lévy,
- Mode de formation des chaînes de montagnes. — M. Marcel Bertrand, dans la séance du 0 février, a montré que la formation d’une montagne passait par les phases suivantes ; 1° formation d’une grande cuvette où les sédiments s’accumulent; 2° affaissement du fond de la cuvette par suite de l’excès de pesanteur; 5° déplacement intérieur d’une masse profonde de matière pour faire place à la cuvette; 4° élévation d’un bourrelet sur le bord de la cuvette pour compenser l’intercalation de matière ; 5° chute du bourrelet sur la cuvette amenant des immenses charriages de matériaux, en sens inverse du mouvement de la masse interne; 6° diminution de poids de la zone correspondant à la cuvette par suite du remplacement des matériaux lourds des couches profondes par les matériaux plus légers des couches superficielles; 7° mouvement général des couches superficielles déplaçant l’excédent de matériaux de la surface et par suite déficit de pesanteur sur la cuvette, d’où soulèvement de l’ensemble des couches. De plus, M. Bertrand a établi que le mouvement des masses internes était dirigé vers le sud et les charriages vers le nord. 11 a fait observer que ces déplacements de matière doivent avoir pour conséquence un déplacement de l’axe de la terre. M. Bertrand, dans sa communication de ce jour, s’applique à vérifier la conception indiquée ci-dessus, en s’appuyant sur la considération des phénomènes volcaniques et du tétraèdre de fractures. L’examen du relief terrestre a donné lieu à cette hypothèse que la terre
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- tend vers un tétraèdre à faces courbes s’écartant peu de la surface de l’ellipsoïde et dont le sommet est voisin d’un pôle de la terre. Mais un tétraè Ire fixe ne peut fournir de données sur le déplacement des pôles. 11 y a lieu, dans ce but, de considérer les tétraèdres correspondant aux différentes époques géologiques. M. Bertrand montre que la couibe de déplacement du sommet du tétraèdre tend vers un point final qui marquera la terminaison de la vie géologique de la terre.
- Description d'un animai inconnu. — 31. Edmond l’érier présente une Note de M. fierez sur un parasite de l'animal marin très connu sous le nom de balane. Ce parasite apparaît sur la balane sous la forme d’un sac cruciforme offrant l’aspect d’une fleur de lis, sur laquelle on ne relève aucun orifice ni appendice. Il paraît fixé à cheval sur la balane; il pond des œufs donnant naissance à de minuscules êtres ressemblant à des cloportes asymétriques et qui, à cause de cette ressemblance, ont valu au parasite le nom de crinoniscus cquitans. La femelle, après la fécondation, se fixe sur l’animal.
- Culture des lupins. — MM. Dehérain et Demoussv communiquent les résultats d’observations établissant que les lupins bleus végètent normalement dans du sable additionné d’engrais minéraux, bien que ne portant pas sur leurs racines les nodosités peuplées de bactéries fixatrices d’azote. Mais il est alors nécessaire que sur ce sable apparaissent certaines algues accompagnées de bactéries. L’association de ces organismes détermine la production, aux dépens de l’azote atmosphérique, de matière organique dont se nourrissent les lupins blancs.
- Guérison de la tuberculose. — M. d’Arsonval présente une Note de M. Doumer sur l’application des courants de haute fréquence à la cure de la tuberculose. Ces courants produisent des modifications considérables dans la nutrition des tissus; d’autre part, ils déterminent une plus grande absorption d’oxvgène et une plus grande élimination d’acide carbonique. Ils provoquent un accroissement de la tension artérielle et enfin exercent une modification. sur la virulence des microbes. M. Doumer et M. Lemoine à l’hôpital de Lille ont essayé l’action des courants en question sur 17 individus atteints de tuberculose certaine. Cinq sujets ont complètement guéri; les autres ont éprouvé une amélioration très considérable. Les principales manifestations de la tuberculose disparaissent successivement : la transpiration d’abord, la fièvre ensuite. Au bout de 15 ou 20 applications, la toux cesse à peu près et les crachats ne contiennent plus de bacilles.
- Élections. — M. Stokes, de Cambridge, est élu associé étranger ; MM. Zittel, de Munich, et Pfeffer, de Leipzig sont respectivement élus correspondants dans la section de minéralogie et de celle de botanique.
- Varia. — M. Poincaré présente, au nom de M. Torres, un appareil permettant de résoudre les équations trinômes d’un degré quelconque. Ch. de Yilledeuil.
- ÉMILE BLANCHARD
- Le doyen des zoologistes français vient de mourir. M. Emile Blanchard s’est éteint dimanche matin 11 février, âgé de quatre-vingt-un ans. 11 était entré à quatorze ans au Muséum d’histoire naturelle dans le laboratoire d’entomologie ; il y a passé toute
- sa vie scientifique. Employé d’abord à des travaux matériels, il s’est bientôt initié aux sciences. En 1844, Henri Milne-Edwards entreprit sa fameuse exploration des côtes de Sicile à bord de la Santa Rosalia ; avec un simple casque de sapeur-pompier en rapport avec une pompe fixée sur la barque, il se fit descendre au fond de la mer, et y trouva une multitude d etres ignorés. Blanchard était de l'expédition ; ce fut un bon commencement pour sa réputation. 11 devint rapidement professeur d’entomologie au Muséum. 11 fut élu membre de l’Académie des sciences en 1802. Emile Blanchard a publié un grand nombre d’ouvrages, portant non seulement sur les insectes, mais sur toutes les branches de la zoologie. Ses articles dans la Revue des Deux Mondes étendirent sa renommée en dehors du monde scientifique.
- 11 y a lieu de s’étonner que tant de travaux aient pu être exécutés par un savant qui fut aveugle une partie de sa vie.
- Ses obsèques ont eu lieu le 14 février. Des discours ont été prononcés sur sa tombe par M. Filhol au nom de l’Académie des sciences, par M. Albert Gaudry au nom du Muséum d’histoire naturelle et par M. Bouvier au nom des entomologistes. Voici le début de l’excellent discours de M. Filhol :
- « Je viens au nom de l’Institut rendre un dernier hommage à Emile Blanchard, qui, depuis trente-huit ans, faisait partie de l’Académie des sciences où il avait été appelé à la suite de la publication de nombreux et très importants travaux concernant la Zoologie et l’Anatomie comparée. Nul savant ne se trouva plus touché que lui de l’honneur qui lui avait été fait en cette occasion. Il prit une part active aux travaux de l’Académie, tant que ses forces le lui permirent, et lorsqu’une cruelle et implacable affection le contraignit à ne plus assister aux séances, sa pensée ne cessa de se reporter vers celte illustre Compagnie qu’il aimait tant et de la grandeur de laquelle il se montra toujours si soucieux. Ce fut, pour ceux qui. l’approchèrent à ces heures pénibles, un devoir de l’entretenir des travaux présentés, des discussions soulevées. En écoutant parler, le vieux maître ne semblait plus ressentir les cruelles souffrances dont il était torturé. Le mal s’apaisait et c’était avec une joie extrême qu’il s’intéressait aux nouvelles apportées. Il prenait fréquemment la parole, évoquait le souvenir d’incidents, de faits se rapportant à ce qui venait d’être exposé. Un retour vers les moments heureux de son existence s’accomplissait alors dans son esprit. La nature l’avait doué d’une mémoire prodigieuse que le mal auquel il vient de succomber ne put jamais affaiblir. C’est à elle qu’il dut, alors que ses pauvres yeux, comme il disait, ne percevaient plus la lumière, de pouvoir continuer sa vie scientifique. Personne d’entre nous n’a perdu le souvenir de la séance annuelle de l’Académie des sciences qu’il pre'sida et dans laquelle il prononça un long et beau discours. Ses mains tenaient les nombreux feuillets d’un manuscrit,
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- tournés tour à tour, comme s’ils eussent été lus, le débit étant d’une régularité parfaite. 11 n’y voyait pourtant plus et seuls les initiés à sa misère admiraient la puissance de sa mémoire.
- « Fils d’un peintre de talent, possédant de modestes ressources, E. Blanchard entra à quatorze ans dans le laboratoire dWudouin au Jardin des Plantes. Il y témoigna d’un goût extrême pour les sciences naturelles, goût qui ne tarda pas .à se transformer en une véritable passion. N’ayant reçu qu’une sorte d’éducation primaire, il comprit rapidement que pour bien et utilement servir la science, à laquelle il allait se livrer corps et âme, il lui fallait une instruction littéraire plus élevée que ne l’était celle dont il disposait. A partir de ce moment, la journée ayant été consacrée au travail du laboratoire, il se hâtait de regagner la demeure paternelle où il occupait non seulement ses soirées, mais ses nuits à étudier la littérature française, à apprendre, tout seul, les langues anglaise et allemande, dont la connaissance approfondie lui permit de se tenir au courant de l’évolution des sciences à l’étranger.
- « 11 entra, ainsi préparé, dans la voie des découvertes scientifiques et ses premières observations consciencieuses, habilement entreprises, le conduisant à des résultats indiscutables, appelèrent sur lui l’attention de ses maîtres. A ce moment, les zoologistes, les anatomistes vivaient sous l’impression prolonde causée par l’œuvre gigantesque de Cuvier. Ébloui par la vive lumière que ce génie venait de projeter sur l’ensemble du règne animal, il se rattacha immédiatement, et pour toujours, à l’École du grand naturaliste et ne considéra plus, dès lors, comme ayant de la valeur, que les conceptions basées sur des faits. »
- M. Filhol termine ainsi : « Dans la dernière période de sa vie, Émile Blanchard se préoccupe plus spécialement de la question de la distribution des animaux à la surface de la terre pendant les temps anciens et l’époque actuelle. C’est à cet ordre d’idées que se rattachent ses travaux sur Madagascar, sur la Nouvelle-Zélande, sur l’existence probable d’un ancien continent antarctique, sur la formation du bassin méditerranéen, sujets d’un haut intérêt dont il entretint à maintes reprises l’Académie des sciences.
- « L’œuvre scientifique d’Émile Blanchard a été,
- comme je viens de le montrer, considérable, ses résultats profitables au plus haut degré à l’Anatomie et à la Zoologie, aussi son nom restera-t-il, dans l’Histoire des sciences naturelles, entouré d’un profond respect et d’une très grande considération. »
- À son tour, M. Albert Gaudry, le plus illustre représentant de la Paléontologie française, prit la parole. Nous ne pouvons à regret et faute de place que reproduire la fin de son discours :
- « Emile Blanchard avait une finesse extraordinaire de vision qu’il a mise à profit pour faire des injections et des dissections singulièrement délicates dont il faisait lui-même des dessins et des peintures. Un de ses éminents compagnons de travail me disait :
- « Ses yeux sont comme des verres grossissants. » Par un triste retour des choses humaines, ces yeux admirables, qui avaient su découvrir tant de faits curieux, s’altérèrent rapidement ; dès l’âge de quarante ans, Blanchard sentit sa vue s’affaiblir; chaque année amenait une diminution ; il y a vingt ans, il était presque aveugle; depuis dix ans, il l’était tout à fait.
- « Quelle déception plus affreuse peut frapper un chercheur dont la vie se passait à scruter la nature. Une existence de savant, qui semblait privilégiée par des dons naturels et par des honneurs reçus à un âge où peu d’hommes les obtiennent, a été livrée à une noire tristesse. Si encore Émile Blanchard avait connu les charmes de la famille, si, ne pouvant plus voir, il eût entendu les voix d’une compagne dévouée et d’enfants bien-aimés. Mais
- rien; il n’a plus rien vu, plus rien entendu. Les
- visites de quelques amis pouvaient seules de temps en temps distraire son âme solitaire.
- « Tout cela est fini. Cher collègue, nous voulons espérer que vous vivez dans un monde meilleur où vos yeux sont maintenant ouverts par les clartés célestes. »
- Ami d’Émile Blanchard, nous nous permettrons de joindre l’expression douloureuse de nos regrets à ceux de ses éminents confrères et de tous ceux qui l’ont connu et apprécié. J.-F. Gall.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
- Émile lîlauelianl.
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- >° 131)7. — 3 MARS 1900.
- LA NATURE.
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- LA FIN DU MAHDISME
- Le 2 septembre 1898, l’armée anglo-égyptienne commandée par le sirdar Kitchener Pacha entra dans la ville d’Ümdurman, après avoir presque complètement détruit l’armée mahdiste. On se rappelle de quels accents de triomphe cette victoire d’Ümdurman lut saluée en Angleterre. On s’y repentait tout bas d’avoir en 1885 laissé Gordon périr dans khartoum, malgré sa belle et longue défense, et de s’être contentédepuis, pour honorer sa mémoire, de lui élever un vain tombeau dans l’abbaye de Westminster. La victoire d’Om-durman délivrait les esprits d’une obsession : Gordon était vengé 1 la tache de 1885 était effacée.
- Toutefois, si le mahdisme était irrémédiablement vaincu, on ne pouvait pas cependant le considérer comme anéanti.
- Parmi ces milliers de cadavres, vêtus de blanc, qui gisaient dans la plaine en tel nombre qu ’ elle en était toute blanche, le chef, le khalife Abdullah, ne figurait pas. Pendant la bataille il avait planté sa bannière noire sur une hauteur ; il avait vu les trois corps dont son armée se composait s’avancer avec un courage admirable, essayer d’aborder l’ennemi, puis les rangs et les files chanceler et s’abattre successivement comme des pans de muraille secoués par un tremblement de terre. Quand ses hommes furent pour toujours couchés à terre, Abdullah s’enfuit avec sa garde, traversa Omdurman et continua à fuir vers l’ouest.
- Pendant un an il erra, avec le reste de ses fidèles, dans le Kordofan, le théâtre des premiers succès du mahdisme.
- 11 y a quelques mois, il se rapprocha du Nil Blanc. Un corps de troupes anglo-égyptiennes commandées par le colonel Wingate fut de Khartoum envoyé à sa rencontre. Wingate se heurta d’abord à une avant-
- garde mahdiste commandée par Abou Fedil, un des lieutenants du khalife, et la dispersa; puis le khalife en personne ayant été signalé en un lieu nommé Om-Debrikat, Wingate avança pendant la nuit du 25 au 24 novembre 1899, et au lever du soleil se trouva en vue du camp ennemi. À cinq heures un quart du matin le combat s’engagea.
- Les derniers survivants d'une puissance, qui avait eu son époque de grandeur, déployèrent leur courage habituel. Ils tentèrent même un mouvement
- tournant, contrairement à leur habitude de marcher droit sur l’ennemi.
- Mais à Om-Debri-kat comme à Omdurman, le courage individuel ne réussit pas à prévaloir contre les armes à feu européennes. A mesure qu’ils avançaient, les mahdistes tombaient. Ge ne fut pas à vrai dire un combat, mais une exécution . Les troupes montées achevèrent la déroute, et bientôt le colonel Wingate arriva sur l’emplacement même du camp du khalife. Il se trouva en présence d’un spectacle tragique. Le khalife Abdullah était couché sur sa peau de mouton, le burnous criblé de balles ; sur lui et à côté de lui ses émirs ou lieutenants; autour, ses gardes du corps : tous étaient morts. Un seul officier, l’ancien émir du Dongola, avait par un hasard extraordinaire, survécu à tous ses compagnons ; il raconta ainsi les derniers moments du khalife.
- Lorsque les mahdistes eurent échoué dans leur mouvement tournant et commencèrent à reculer devant un feu terrible, le khalife Abdullah appela à lui ses émirs et leur dit : « Je ne fuirai pas, je mourrai ici. Je vous demande de rester auprès de moi pour que nous mourions ensemble ». Ils acquiescèrent; le khalife s’étendit sur sa peau de mouton, ses émirs et ses gardes du corps se rangèrent devant leur maître et tous attendirent Ja mort.
- Bans la journée, le colonel Wingate fit enterrer, dans ce beau site d’Om-Debrikat, entouré d’arbres,
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- L’a émir mulidistc.
- Î8’ année. — 1er semestre.
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- LA NATURE.
- le khalife et ses émirs selon les rites de la religion musulmane.
- Cette fin du khalife Abdullah a quelque chose d’héroïque et qui rappelle certaines morts célèbres de l’antiquité. Après avoir pendant quinze ans tenu tète à la puissance anglo-égyptienne, il a mieux aimé tomber sous les halles de son vainqueur plutôt que d'implorer de lui l’aumône de la vie. Certains régimes s’effondrent misérablement, d'autres disparaissent avec gloire.
- Maintenant, le mahdisme est fini, et, par une coïncidence singulière, le coup de grâce lui a été porté par son historien, par ce même Wingatc qui l’a décrit dans un livre plein de renseignements curieux : Mahdiism and lhe Egyptian Sadan.
- C’est en 1881 que le derviche Mohammed Ahmed s’était proclamé Malidi et avait commencé à grouper des disciples autour de lui. Le Soudan oriental aura donc été occupé par les mahdistes pendant un peu moins de vingt ans.
- Cette domination n’a pas laissé d’avoir des conséquences : elle a achevé la ruine et le dépeuplement de cette partie de l’Afrique déjà médiocrement prospère pendant les soixante ans que les Égyptiens y furent les maîtres. Les combats qui se sont livrés de 1881 à 1885, la rigueur du khalife Abdullah et sa promptitude à décréter la peine capitale, surtout enfin les épidémies et la famine, ces maux que la barbarie entraîne toujours avec soi, ont causé la mort de millions d’hommes.
- Sous le rapport de la politique générale, l’existence du mahdisme a favorisé la permanence de l’occupation anglaise en Egypte. Dès que, sur le continent, une voix quelque peu autorisée remettait l'évacuation en question, immédiatement, à Londres, on grossissait les dangers que les mahdistes faisaient courir à la sécurité de l’Egypte, et on y déclarait impossible le rappel des troupes anglaises.
- Le mahdisme, enfin, a modifié les conditions de l’exploration de toute une partie de l’Afrique. Depuis 1840 jusqu’en 1881, la vallée du Nil fut la grande voie de pénétration des explorateurs, des d’Arnaud et des Lejean, des Sclnveinfurth et des Junker dans l’intérieur du continent. Mais, quand les mahdistes devinrent maîtres de Khartoum, on dut renoncer à atteindre le bassin de l’Ouellé et du haut Nil par le nord. Junker, qui s’était trop attardé dans la province équatoriale, fut même contraint de revenir en Europe par l’Ouganda et Zanzibar. Désormais, ce sera en partant des côtes occidentale et orientale que les explorateurs attaqueront l’Afrique centrale. Telle question géographique, comme celle de l’Ouellé par exemple, posée par un explorateur venu par le Nil, sera résolue par un autre explorateur parti du Congo.
- Si le mahdisme a disparu, les idées religieuses qui l'avaient engendré renaîtront un jour ou l’autre. La croyance à l’imamat, c’est-à-dire à l’apparition d’un êtrè investi par Dieu de la mission de faire régner la justice sur terre,.s’est de tout temps mani-
- festée dans l’Islam. Mohammed Ahmed, le Malidi du Soudan Egyptien, avait eu bien des prédécesseurs, dont quelques-uns firent des fortunes politiques auprès desquelles la sienne paraît pâle : tel cet Obeïd Allah, qui créa la dynastie des Eatimites, et dont les successeurs furent maîtres de la Tunisie, de la Tripolitaine et de l’Egypte; tel encore ce Mohammed ibn Toumert, fondateur de la dynastie des Almohades qui un temps dominèrent l’Algérie, le Maroc et l’Espagne méridionale. Il faut donc s’attendre à voir tôt ou tard un nouveau Malidi se lever, en quelque point de la terre d’Islam, et des foules, ignorantes du passé, superstitieuses et fanatiques, l’acclamer et le suivre. Hemu Dehékaix.
- Docteur es Ietlres, sous-bibliothécaire de l'Institut.
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- LE SÉRUM ANTI-ALCOOLIQUE
- On a fait dernièrement certain bruit dans les journaux quotidiens autour d’un moyen de traiter les alcooliques par un sérum curatif. Quelques injections cutanées et le buveur invétéré serait débarrassé de sa funeste passion pour les liqueurs fortes. 11 y a du vrai dans cette nouvelle, mais on a trop oublié que c’était pour le moins la troisième fois que l’on nous inventait le sérum antialcoolique. Cette remarque ne retire rien à la valeur intrinsèque des recherches poursuivies par MM. Broca, Sapelier et Thibaud. Pendant l’intoxication chronique par l’alcool, il existe une première période en quelque sorte latente ; c’est celle où le breuvage toxique joue simplement le même rôle qu’un poison. Les désordres sont évidents, mais il n’v a pas encore lésion des organes essentiels. Durant toute cette période, on peut espérer combattre le mal par un contre-poison. L’alcoolomanie ressemble un peu à la morphinomanie. On a essayé de combattre l’alcoolisme comme la morphinomanie, par suggestion, et on y est parvenu quelquefois; mais la méthode manque évidemment de généralité. MM. Broca, Sapelier et Thibaud ont pris le problème autrement. 11 y a, en somme, intoxication. D’après les travaux de MM. Doux, Borel, Brectska, Fulmini, Arnozan, etc., il a été mis hors de doute un fait curieux et important, à savoir qu’à la façon des poisons microbiens, certains poisons d’origine diverse, végétale, minérale, surtout ceux auxquels l’organisme s’habitue facilement, développent dans le sang des substances antitoxiques, des « stimulines », selon l’expression de Metchnikoff. Ces stimulines, injectées avec le sérum du sang dans un autre organisme, jouissent de la propriété très remarquable de le mettre en état de résistance à l'égard du poison correspondant. Or l’alcool ingéré à haute dose doit provoquer dans le sang la formation d’une stimuline. 11 en est ainsi pour la morphine, et les analogies entre les effets sur le système nerveux, de la morphine et de l’alcool, devaient encourager des essais dans cette voie. Aussi MM. Broca, Sapelier et Tbi-baud ont-ils donné à un cheval des doses de plus en plus fortes d’alcool : ils ont si bien alcoolisé l’animal, que celui-ci finit par réclamer chaque jour sa ration de petits verres. Buis, l’accoutumance obtenue, ils ont pris du sang de ce cheval et ils l'ont injecté à divers animaux que l’on avait préalablement rendus alcooliques. Le résultat a été, en général, très net. L’injection du sérum a déterminé chez les animaux un dégoût étonnant de l’alcool, à tel point que les animaux ont préféré s’abstenir
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- de toute boisson ou de nourriture plutôt que de continuer à absorber l’alcool. Comme l’injection sous-cutanée n’amène aucun accident local ou général, on passa de l’animal à l’homme. MM. Broca, Sapelier et Thibaud ont pris au hasard des buveurs, des alcoolomanes, et leur ont injecté leur sérum sous la peau. Ces buveurs ont été transformés après quelques séances. Ils ont perdu ainsi leur goût pour l’alcool et les boissons alcooliques : absinthe, bitter, rhum, etc. ; quelques-uns d’entre eux ne veulent plus voir une bouteille. Et pourtant ils n’ont pas perdu le goût du vin. Le traitement leur rend l’appétit et relève leurs forces.
- MM. Broca, Sapelier et Thibaud ont donné le nom d’ (( antiéthyline » à la substance encore inconnue qui constitue l’élément antialcoolique produit dans le sang du cheval. L’action de cette substance apparaît comme certaine. Mais il faut se souvenir qu’elle se limite aux cas d’intoxication alcoolique préalable, sans lésions organiques. Ce serait déjà beaucoup; mais, par prudence, attendons encore qu’une expérience un peu plus longue ait réellement démontré la véritable efficacité du nouveau sérum.
- Pour être juste, maintenant, il convient d’ajouter que, dès 1896, à la Société de Biologie, M. Toulouse avait déjà proposé la sérothérapie antialcoolique. « J’ai essayé, disait alors M. Toulouse, de faire pour les intoxications ce que l’on a déjà fait pour les infections, c’est-à-dire de rechercher des sérums doués de qualités antitoxiques. J’ai pensé que l’intoxication à haute dose par l’alcool devait éveiller une défense de l’organisme et peut-être la sécrétion de produits capables de s’opposer d’une manière quelconque à l’action de ce toxique. » Et M. Toulouse soumit des chiens à l’absorption de doses alcooliques de plus en plus fortes. Après quelques jours, il recueillit le sérum de leur sang; il traita avec ce sérum un alcoolique chronique atteint d’accidents aigus de delirium tremens, et il eut la satisfaction de voir ces accidents disparaître 20 heures après l’injection d’environ 25 centimètres cubes de sérum. La guérison s’est maintenue définitivement. M. Toulouse a donc la priorité sur les auteurs précédents.
- Mais un médecin américain avait eu antérieurement la même idée ou à peu près. M. Friderick W. d’Evelyn, de San Francisco, s’était mis à alcooliser des chevaux et à administrer à ses malades le sang de ces animaux, non plus par injection sous-cutanée, mais par absorption sous-cutanée. Le sang était desséché et incorporé à des rondelles de papier buvard; on raclait la peau au préalable et on appliquait, sur cette peau bien nettoyée les rondelles chargées de sang. Par cette opération, M. d’Evelyn prétendait non seulement guérir les alcooliques, mais encore prémunir contre leur fatale passion ceux qui y étaient exposés. Le traitement fit grand bruit en Amérique.
- Tel est en ce moment l’état des choses. Il ne faudrait pas en conclure trop vite que l’on va pouvoir guérir les buveurs de leur passion néfaste. Le problème est très complexe ; mais enfin c’est une arme de plus dans la guerre à l’alcoolisme. On ne saurait trop multiplier les efforts dans le but d’atténuer tout au moins les immenses ravages que fait partout l’alcool! Henri deParville.
- CIDRE PAR CONGÉLATION
- La fabrication ordinaire du cidre entraîne l'addition de certain volume d’eau; pas d’eau additionnelle, et l’on ne pourrait extraire du marc des pommes une suffisante quantité de jus. Or, cette eau, qui est généralement quelconque, joue de mauvais tours au fabricant; elle
- amène des fermentations nuisibles et le cidre s’en ressent. M. Descours-Desacres a eu l’idée d’enlever d’abord l’eau à un cidre fait et, ensuite, d’utiliser cette eau à une opération ultérieure. On peut par congélation dédoubler le cidre à un âge quelconque ; mais il est préférable de le faire au moment même de la fabrication. Deux méthodes ont été essayées : la congélation en masse et la congélation fractionnée. Dans la première, on abaisse uniformément et en 24 heures environ le marc de cidre à la température de 5° ou 4° au-dessous de zéro. Le cidre apparaît sous la forme d’un beau bloc glacé strié d’une multitude de canaux capillaires qui contiennent un cidre très riche en sucre et en tanin.
- On laisse le bloc se réchauffer, et quand il est à — 1°, puis à 0, on soutire avec précaution. On obtient ainsi des échantillons dont les densités décroissent graduellement depuis 19° Baumé jusqu’à 1° Baumé à la fin de l’opération. On est maître ainsi d'isoler des cidres de densité désirée *. Dans la seconde méthode, on abaisse la température du cidre à — 7°, et on provoque pendant la congélation un certain mouvement dans le liquide. La prise en glace est alors fractionnée en une multitude de petits cris!aux de titre peu élevé. Ces cristaux sont retirés à mesure de leur formation, et maintenus à — 2°. On les dispose sur un égouttoir, et la liqueur fondue s’en va dans un récipient. On recueille comme produit de la fonte une série de cidres de densités de plus en plus faibles.
- Quelle que soit la méthode, on obtient ainsi un « produit de tête » et un « produit de queue ». Le premier produit constitue une boisson dont la densité atteint et peut dépasser celle des vins de liqueur les plus riches. Le second est un liquide de titre très faible, pauvre en tanin, pouvant, chose imprévue, se conserver assez facilement à l'abri des fermentations. C’est ce produit qui, dans le nouveau mode de fabrication, remplace l’eau d’addition mêlée au marc de pommes.
- M. Descours-Desacres indique comme il suit les avantages du nouveau procédé par congélation: ’« Outre les avantages résultant d’une diminution dans la production de l’alcool comme aussi d’une fabrication plus hygiénique, d’une meilleure fermentation, d’une économie considérable dans le logement, d’un plus grand équilibre dans la valeur annuelle des produits et d’une diminution relative dans le prix de transport, la méthode de congélation offre cet intérêt énorme de donner lieu à un produit nouveau: le produit de tête. Ce produit de tête dont la densité doit varier à l’état de moût entre 10° et 18° Baumé est une liqueur riche en tanin, très sucrée ou très alcoolique suivant la période où a été arrêtée la fermentation, de goût bien franc rappelant, par son bouquet, les vins parfumés du midi de l'Europe. »
- Voici donc un cidre-vin dont on ne soupçonnait pas l’existence jusqu’ici et que peut nous fournir la pomme. C’est une acquisition qu’il ne faut pas dédaigner.
- Maintenant, il resterait à savoir ce que coûte ce cidre nouveau. M. Descours-Desacres nous parle bien des économies de logement et de transport communes à tous les liquides concentrés; mais les prix de revient? La congélation d’hectolitres de cidre se paye, et bien, car le froid coûte plus cher que la chaleur; il est plus économique de chauffer que de refroidir. L’opération sera-t-elle indu-
- 1 On sait que l’alcool et le sucre retardent la congélation de l’eau : il est bien clair que dans les blocs de cidre glacé les parties les plus riches doivent fondre les premières. La congélation a pour conséquence de trier en quelque sorte les liquides de moins en moins riches, et de les faire sortir de la masse isolément à mesure que la température sàMèvc.
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- strielle et le nouveau cidre frappé restera-t-il un cidre de luxe ou un cidre abordable pour tous les consommateurs? La question doit être posée, mais nous ne sommes pas en état de la résoudre. En tout cas le nouveau procédé par congélation pourra recevoir des applications utiles et il méritait d’être sommairement signalé. J.-F. Gall.
- APPAREILLAGE ÉLECTRIQUE
- POUR HAUTE TENSION
- L’appareillage électrique pour haute tension exige des qualités spéciales en raison des hautes différences de potentiel qu’il faut manier. M. Yedovelli a présenté à ce sujet quelques considérations intéressantes à la dernière séance de la Société des Electriciens. Un arc à haute tension peut s’étendre et s’allonger jusqu’à une limite parfois assez grande ; pour le rompre, on est obligé de l’allonger jusqu’à cette limite. On peut encore interposer un écran en mica, en verre, àl. Yedovelli a présenté un interrupteur bipolaire basé sur ce principe et qui permet de couper un circuit traversé par une intensité de 50 ampères à 6000 volts. Dès que l’on manœuvre l’interrupteur, par le jeu même de l’appareil, une feuille de mica s’interpose dans l’arc et celui-ci est rompu brusquement.
- M. Yedovelli emploie un autre appareil formé de deux tiges en aluminium ou en zinc, montées sur isolateurs et placées à une faible distancé l’une de l’autre. Ces deux tiges sont inclinées en arrière à 45° environ. Cet appareil permet également de couper un circuit traversé par une intensité de 50 ampères à 6000 volts. I/arc se forme entre les deux tiges à la partie inférieure, puis il tend à monter entre les deux tiges et s’allonge ainsi jusqu’à la rupture. La distance entre les tiges et leur longueur varie suivant la différence de potentiel.
- On a trouvé que pour 1000 volts il faut une distance de 5 cm ; pour 5000 volts, 4 ; pour 6000 volts, 6; pour 10 000 volts, 10. La longueur des tiges est respectivement de 20 cm pour 1000 volts, 50 pour 5000 volts, 50 pour 5000 volts et 70 pour 10 000 volts. M. Yedovelli a décrit également un coupe-circuit à huile pour haute tension. Le fil fusible est placé dans un tube en verre rempli d’huile et recourbé aux deux
- extrémités. Le fil est fixé par ses deux bouts à deux bornes placées au-dessus, et il supporte le tube à huile. Dès qu’un court-circuit se produit, le fd de plomb fond, l’arc se forme dans l’huile et s’éteint; le tube de verre n’étant plus retenu tombe dans un récipient ménagé 'a cet effet. Un autre appareil décrit a été un appareil de mise à la terre automatique. Ces divers appareils auront leur utilité dans l’emploi des hautes tensions. J. L.
- LE VÉLO-BRANCARD
- Le relèvement des blessés est une opération difficile, douloureuse et dangereuse ; il a fait un nombre incalculable de victimes. Pour le supprimer, le RrChavernac, d’Aix, a fait construire un brancard entièrement rigide et divisé en deux parties égales, courbes et symétriques. Son rôle principal est de simplifier la manière d’aborder un blessé. 11 permet de prendre un malade et de le déposer dans une voilure, dans un wagon ou dans un lit, sans le toucher.
- En vertu de sa construction, il peut se passer de pieds, et n’a pas besoin de têtière qui dans beaucoup de cas constitue une hérésie chirurgicale.
- Avec le système actuel des brancards usités dans les armées, dans les hôpitaux et dans les gares il faut toujours quatre brancardiers pour relever un blessé. Le système de'M. de Chavernac n’en exige que deux, si ignorants qu’ils soient; avec lui la relève du malade se fait sans secousses et sans douleur.
- Le déchargement de l’appareil s’opère d’une façon encore plus simple que son chargement, qu’il s’agisse de déposer le blessé sur un lit, sur une table d’opérations, c’est-à-dire sur un plan assez élevé au-dessus du sol. En tirant sur le crochet de fermeture le déclenchement s’opère, l’appareil s’ouvre automatiquement sans aucun effort et le blessé se trouve à la place qu’on lui a assignée.
- Avec cet instrument on peut prendre un malade dans un ruisseau, un xvagon, un lit, sur un banc, etc.
- Sa rigidité permet de descendre, à l’aide d’un treuil, un blessé du point le plus élevé d’un échafaudage, ou de remonter des profondeurs de
- Fi”\ 1. — Une équipe île deux brancardiers arrive sur le champ de bataille et rencontre un blessé. Ils ouvrent le brancard.
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- la terre les ouvriers mineurs grièvement atteints.
- À l’occasion de la médecine légale, les magistrats trouveront en lui un auxiliaire précieux pour faire ramasser un corps en putréfaction.
- Cet appareil n’a aucun des inconvénients des brancards à toile tissée, qui aggravent à cause de leur incurvation les entorses, les fractures et obligent les malades au décubitus dorsal. Et lorsque cette toile a été souillée par un liquide stomacal ou excrémentitiel, il faut la changer.
- Ce nouveau brancard est simple, rigide, léger, solide, construit en deux pièces dont aucune ne peut s’égarer. Il peut être lavé, flambé, désinfecté à volonté et être toujours aseptique.
- Fig. 2.— Ils mettent le blessé sur le brancard.
- Il n’a pas besoin de brancardiers instruits et ses dimensions permettent son accès dans les wagons.
- En un mot ce brancard est chirurgical et comme tel il peut rendre de nombreux services dans les grandes catastrophes, parce qu’il rend le relèvement des blessés facile et inoflensif.
- S’inspirant de l’idée émise au Congrès de Médecine tenu à Rome, par un médecin bavarois, le Dr Jacoby, M. le Dr Chavernac a fait construire un appareil roulant léger, solide et portatif, sur lequel on fera reposer le brancard chargé. Le tout constitue le « Yélo-brancard ».
- Le nouveau porteur est uniquement constitué par deux roues de vélocipède,
- Fig. 3. — Ils placent le brancard chargé sur le vélo.
- tournant sur billes, autour d’un essieu muni d’un double ressort sur lequel on fait reposer le brancard par son milieu ou son tiers suivant la configuration du terrain à parcourir. De cette façon le poids du blessé repose tout entier sur l’essieu et non sur les bras du brancardier qui, soulagé de ce coté et n’ayant qu’à pousser, pourra accélérer sa marche et arriver à destination plus rapidement que deux ou quatre hommes portant sur leurs hras ou leurs épaules un brancard chargé.
- Le maniement de cet appareil est d’une étonnante simplicité ; il n’exige ni apprentissage ni expérience acquise. On pose le brancard chargé sur le vélo, ou on l’enlève sans rien dévisser ni décrocher. Le vélo-brancard
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- aura des applications pratiques dans les hôpitaux, dans les gares, dans les stations balnéaires et surtout à la guerre, même en pays de montagne, car il circulera partout où peuvent passer des mulets flanqués de litières ou de cacolets. Fi.amel.
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- VUE D’ENSEMBLE
- SUR L’EXPOSITION DE 1900
- V
- I.E Cil AMP-DE-MARS
- En 1889, l’attrait immense de la tour Eiffel et des merveilleuses constructions qui l’environnaient, avait eu pour résultat de faire du Champ-de-Mars le centre de l’Exposition, c’est de ce côté que se portait la foule curieuse, et l’on se souvient encore des agglomérations qui s’y sont produites; toutes les autres zones, c’est-à-dire le Trocadcro, les Quais et l’Esplanade, n’avaient qu’une importance de second ordre. Aujourd’hui, il n’en est plus de même, la Tour de .500 mètres est trop connue pour avoir le même prestige qu’il y a dix ans et, d’autre part, la nouveauté du palais des Champs-Elysées et du pont Alexandre lll attireront sûrement de leur côté l'intérêt principal du public.
- Pourtant, afin de t'établir, autant que possible, l’équilibre de la densité moyenne de la foule, on n’a pas hésité à donner aux palais du Champ-de-Mars une splendeur exceptionnelle et à réunir dans ses jardins une série de constructions et d’attractions toutes plus gaies, plus colorées et plus intéressantes les unes que les autres.
- Ainsi qu’on peut le voir sur le plan qui accompagne ces lignes, l’idée d’ensemble qui a présidé à l’élaboration des divers palais, a été de ménager un vaste jardin au milieu des palais qui doivent l’entourer. De tous ces palais, le plus grand, le plus mouvementé, celui qui retiendra le premier les regards des visiteurs sera le Château d’Eau accolé au palais de l’Électricité qui tient tout le fond du décor et constitue l’élément principal de cet immense tableau d’ensemble des constructions du Champ-de-Mars; cette pièce importante se compose de deux parties, l’une forme la façade du palais de l’Électricité, elle est un grand rideau de dentelle aérienne qui se trouve placé derrière la massive architecture du Château d’Eau; ce dernier monument qui est tout entier en décoration, puisqu’il ne recouvre aucune salle, forme une niche de ‘20 mètres d’ouverture, contenant une large vasque d’où s’étendra une immense nappe d’eau colorée. A sa base, un vaste bassin placé entre deux talus conduisant au premier étage des palais adjacents, recevra le liquide et sera lui-même orné de jets d’eau divers, de statues et de plantes aquatiques.
- A droite et à gauche de ce motif central, nous voyons les deux séries de palais : ceux-ci se composent de trois unités de chaque côté. Elles ont chacune une architecture spéciale et un caractère indépendant, toutefois les galeries intérieures sont disposées de façon à se continuer les unes les autres; la répartition de celles-ci ont été établies de façon qu’un visiteur qui s’est engagé dans un palais à une extrémité pourra parcourir toute la file des monuments sans sortir delà même galerie; cette disposition est fort avantageuse pour le classement des produits et pour l’installation des différents groupes se rapportant aux diverses sortes d’objets exposés.
- Les trois palais de gauche (côté de l’avenue de La Bourdonnais) sont ceux des Mines, des Industries du Fil et des Industries chimiques. Celui qu’on voit en premier est celui des Mines et de la Métallurgie dont la façade est établie sur deux parements disposés en équerre ; à l’intersection des deux plans, l’architecte, M. Varcollier, a imaginé de construire un grand porche surmonté d’une coupole à contexture de tiare; cet artiste considère que cette forme est l’application la plus belle du métal et que cet emblème d’une figure si gracieuse est le couronnement naturel d’un édifice.
- Le palais du Fil, qui lui est accolé, se compose d’une série d’arcades formant une promenade couverte dans le genre de celle de la rue de Rivoli, mais doublée d’un étage qui sert de dégagement aux galeries intérieures. Au milieu de l’édifice nous avons un grand porche en plein cintre de dimensions importantes.
- Enfin le palais des Industries chimiques n’a d’autre prétention, au point de vue architectural, que d’entourer le Château d’Eau et de lui faire un cadre qui en rehausse la valeur.
- Ce palais est double, c’est-à-dire qu’il est situé de part et d’autre du motif central et se trouve être symétrique par rapport à l’axe médian du Champ-de-Mars.
- A la suite de ce palais, sur le côté droit, nous avons le palais du Génie civil et le palais de l’Education. Ces deux derniers sont destinés à faire pendants aux palais du Fil et des Mines : comme nous le disions au commencement, tous ces édifices ont leur caractère propre et ils sont totalement différents les uns des autres, toutefois leurs auteurs ont dû obéir à un plan d’ensemble fort bien conçu par le service central d’architecture de l’Exposition à la tète duquel se trouve M. Bouvard et qui a pour objet de présenter chacun de ces monuments de façon à ne pas nuire à ses voisins; il y avait une symétrie générale à conserver et une harmonie d’ensemble qu’il ne fallait pas négliger; c’est ainsi que les porches des palais situés en regard les uns des autres sont sensiblement de mêmes dimensions, les clochetons, les tours, les pavillons d’angles sont disposés aux mêmes endroits et possèdent les mêmes hauteurs.
- Au milieu de ces palais, nous avons des jardins merveilleux dus à l’initiative de M. Vacherot, l’habile directeur du service des jardins à l’Exposition. Toutes les anciennes dispositions de 1889 ont disparu ainsi que la dénivellation qui séparait le Champ-de-Mars en deux plans de cotes différentes; aujourd’hui le sol est sensiblement horizontal.
- Une allée de 40 mètres a été réservée au centre et servira au va-et-vient du public; autour, nous aurons des pelouses, des parterres, pour lesquels plus de 1500 variétés d’arbustes ont déjà été plantées.
- Avant d’aborder les parages de la tour Eiffel, disons deux mots des installations situées derrière le Château d’Eau.
- Le palais de l’Électricité prend toute la largeur du Champ-de-Mars entre l’avenue de La Bourdonnais et l’avenue Suffren ; la partie centrale recouvre une salle de 45 mètres de hauteur et dont la façade émerge au-dessus du Château d’Eau, comme nous le disions plus haut. Les deux ailes latérales se composent de fermes de 50 mètres dont quelques-unes ont été empruntées à la galerie de 50 mètres de la dernière Exposition. On se souvient que ces dernières ont été transportées d’une seule pièce à l’aide d’une opération très hardie qui n’a réussi qu’à
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- moitié puisque quatre fermes se sont effondrées pendant l'opération.
- C’est dans ce palais que seront placées les diverses machines électriques destinées à fabriquer la force électro-motrice nécessaire au mouvement de toutes les machines des exposants et à l’éclairage du soir.
- L’ancienne galerie de 120 mètres a été conservée intégralement et rien n’a été changé à son aspect extérieur. On ne peut en dire autant de ses dispositions intérieures. La partie centrale est transformée én une immense salle d'honneur, pouvant contenir 20 000 personnes et qui servira à toutes les solennités de l’Exposition.
- Elle est une merveille de forme et de décoration et fait le plus grand honneur à M. Raulin, son architecte.
- La Société de la Tour Eiffel a fait de grands frais pour donner à son monument un air de renouveau qui le mette au diapason des splendeurs environnantes : plus d’un million a été dépensé en réfections diverses ; on sait que la teinte générale a été refaite, de nouveaux ascenseurs permettent d’élever 2000 visiteurs à l’heure, enfin tous les aménagements des bars, restaurants du premier étage ont été démolis et reconstruits sur de nouveaux dessins.
- Les environs de la Tour auront dans quelques semaines une allure des plus gracieuses, les palais qui sont élevés au milieu de la verdure et des petits lacs sont des plus chatoyants, il n’est pas douteux que ce coin ne soit fort apprécié des visiteurs de l’Exposition. Nous avons quatre palais exotiques, du Siam, du Maroc, de la République Équatorienne et de Saint-Marin.
- Les attractions sont des plus nombreuses; il faut citer le palais de la Femme, celui du Costume, le Panorama du Tour du Monde, le Maréorama, le pavillon du Club Alpin, le palais lumineux, le palais de l’Optique, le palais de la Céramique, etc., etc.
- Sur les bords de la Seine enfin, nous avons deux grands palais officiels, celui de la Navigation et celui des Forêts situés de part et d’autre du pont d’iéna ; ce dernier a subi un travail d’élargissement portant de 14 à 24 mètres la distance entre les garde-corps.
- La circulation intérieure de l’Exposition et celle de l’extérieur ont été l’objet de soins spéciaux au Champ-de-Mars. Les personnes de la rue qui voudront longer les quais de la Seine, pour passer d’un côté à l’autre du Champ-de-Mars, ne seront pas obligées de pénétrer à l’intérieur de l’enceinte ; elles profiteront d’une rue en tranchée construite en 1878 pour la circulation courante. Elle est recouverte, dans l’axe du pont d’iéna, d’un très large pont dont la chaussée est de plain-pied avec le sol du Champ-de-Mars; de cette façon le public extérieur et les visiteurs pourront se croiser sans se gêner.
- Le chemin de fer électrique de l’Exposition et la plateforme mobile longent le Chhmp-de-Mars, sur l’avenue de La Bourdonnais ; ils permettent de gagner facilement d'une part l’Esplanade des Invalides par l’avenue de la Motte-Piquet et de l’autre d’aborder les quais de la rive gauche, sur lesquels sont construits le palais de la Guerre ainsi que les pavillons des puissances étrangères.
- Sur l’avenue Suffren, plusieurs entreprises ont été installées et méritent d’être citées; parmi elles, seuls, le village suisse et le grand globe céleste sont réunis à l’Exposition par des passerelles ; les autres, la Grande Roue, la Rue du Caire, Venise à Paris sont indépendantes et ne relèvent que de leurs propriétaires.
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- Plan du Champ-de-Mars.
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- LE DESTROYER ANGLAIS « MPER »
- Nous avons, précédemment1, donné la description de la première « Turbinia » qui figura à la grande revue navale du jubilé de la Reine; nous avions dit, à ce moment, qu’à la suite des excellents résultats obtenus aux essais, l’Amirauté britannique avait décidé d’expérimenter ces nouveaux appareils moteurs sur une plus grande échelle et de faire construire un « destroyer » muni de turbines.
- La Viper fut désignée et ce petit navire a été lancé en septembre dernier des ateliers d’ilawthorn, Leslie et Cie, à Newcastle.
- La Viper, comme on peut le voir sur le dessin ci-dessous, a l’apparence extérieure des derniers destroyers de 50 nœuds construits par la marine anglaise. Son déplacement est de 525 tonnes et ses constructeurs comptent lui faire développer à toute vitesse une puissance maxima de 12000 chevaux. La longueur totale entre perpendiculaires atteint 64 mètres et la largeur au fort est de 6m,40.
- Les machines de la Viper sont semblables à celles de la « Turbinia », mais quelque peu perfectionnées et disposées différemment afin d’assurer la possibilité de marcher en arrière, ce qu’on ne pouvait faire avec le premier navire. — Elles actionnent quatre arbres moteurs au lieu de trois, munis chacun de deux hélices ; les deux arbres extérieurs sont attelés chacun à un moteur à turbine de haute pression ; les deux arbres intérieurs sont mis en mouvement chacun par un moteur à turbines de basse pression et par un petit moteur réversible à turbines ; ce dernier est seul employé pour la marche arrière.
- La machinerie comporte en outre deux puissants condenseurs desservis par deux pompes à air mues par des turbines, mais les deux pompes de Circulation sont actionnées par des machines ordinaires à double effet. — Il est à désirer que ces deux dernières soient remplacées par des turbines afin d’unifier le système de machines motrices et de conserver intact le grand avantage donné par les turbines de supprimer complètement les trépidations.
- Destroyer Vipère, actionné par des turbines, à la vitesse de 35 nœuds.
- La vitesse prévue au marcher est de 55 nœuds pour la marche avant et de 16 nœuds pour la marche arrière.
- Le poids des turbines est inférieur à celui des machines ordinaires des destroyers de 50 nœuds, quoique devant développer 12 000 chevaux, soit 6000 chevaux de plus que ces derniers; on a pu ainsi augmenter la puissance des chaudières et avoir un excès de 180 à 200 mètres carrés de surface de chauffe.
- Le poids total de la machinerie de la Viper comprenant les chaudières, les turbines, les condenseurs les arbres, les hélices et appareils auxiliaires, est en effet, de 162 tonnes, soit 15k«,5 par cheval développé, le poids des memes organes sur les destroyers de 50 nœuds, est de 144 tonnes, ce qui donne, pour une force de 6000 chevaux, 24 kilogrammes par cheval. Un point très intéressant est que l’inventeur compte, sur la Viper, réaliser une économie de 25 pour 100 environ sur les consommations par cheval-heure, des premières machines.
- Aux essais préliminaires qui ont eu lieu récem-
- 1 Yoy. n* 12*'à, du 28^ août 1897. p. 197.
- ment, la vitesse a atteint 57 nœuds, mais on espère dépasser cette allure et arriver jusqu’à 40 nœuds.
- Dans ces conditions, on comprend combien avait raison sir William White, constructeur en chef de l’Amirauté britannique, lorsqu’il faisait dernièrement observer que cette expérience de la Viper était peut-être destinée à révolutionner l’art des constructions navales.
- M. Pearson, l’inventeur de la « Turbinia », a établi les plans d’une machine à turbines destinée à un grand transatlantique; le poids de la machinerie serait réduit de moitié et la consommation, sans doute, légèrement diminuée ; mais, ce qui serait plus appréciable pour un navire à passagers, on ferait complètement disparaître les trépidations.
- Il est bon de faire remarquer que ces belles vitesses de 55 nœuds ne sont pas spéciales à la « Turbinia » ; elles ont déjà été obtenues et même dépassées par une des machines ordinaires sur les quatre destroyers construits par Ja maison Schichau pour le gouvernement chinois. On a pu réaliser une puissance de 6500 chevaux sur des coques ne déplaçant que 200 tonnes. ’
- —><).«— Commandant G.
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- UN PONT EN YOYÂGE
- Le déplacement des édifices a beau l’autre coté de l’Atlantique, dans les mœurs presque quo-lidiennes, ce procédé de transport ne s’est pas encore Lien souvent appliqué aux ponts; aussi ne doit-on pas laisser passer sans le signaler un tour de force de ce genre iécenunent exécuté, et, qui plus est, sur le vieux continent.
- Il y a un certain temps, à ce que raconte notre excellent confrère Central-blatt fier Banver-wallung, on dut démolir le tunnel à voie simple de Heinitz, construit sur la ligne minière de Neunkir-clien à Ileinitz : des affaissements s’étaient produits dans la mine qui avaient rétréci de façon menaçante la section du tunnel, et il avait fallu le remplacer par une tranchée, Mais, avant la fin des travaux de démolition, il
- à la route de Bildstoek à Neun-kirchen, d’établir, à 20 mètres au-dessus du tunnel et obliquement à son axe, un pont à treillis métallique de 53 mètres d’ouverture. Malheureusement, pendant les travaux de déblaiement, il se produisit une crevasse dans le rocher supportant les culées dudit pont, crevasse qui en aurait entraîné l’effondrement total si l’on avait achevé la démolition de la partie restante du tunnel.
- Il n’y avait pas à hésiter, et il fut décidé qu’on rétablirait le pont 50 mètres plus loin, sur des culées nouvelles fondées dans un terrain qui pouvait donner toute confiance; et, pour cela, on résolut de transporter le pont en une seule pièce. L’opération était d'autant plus hardie que le pont ne serait point
- être entré, de ( avait été nécessaire, pour donner passage
- Fig. 2. — Déplacement d'un pont eu fer dans le district de la direction royale des chemins de fer de Saint-Jean-lez-Sarrebriick. — Disposition des charpentes pour le déplacement, et plan des voies de roulement.
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- déplacé perpendiculairement à son axe longitudinal ; par suite de la position des culées reconstruites, on était forcé de faire tourner cet axe, et la distance dont devaient être déplacées les deux extrémités du pont n’était pas identique. La solution, peu facile à mettre en pratique, consistait à placer, sous chaque extrémité du pont, un seul wagon, mais muni d’une plate-forme mobile.
- On eut d’abord à établir les deux voies où rouleraient ces wagons, et dès le début se présentait une difficulté : entre la position ancienne du pont et remplacement nouveau, les terres recouvrant le tunnel avaient été enlevées pour ménager la tranchée : les voies, ne pouvant porter directement sur le sol, durent être installées sur un échafaudage d’environ 10 mètres de hauteur.
- Les échafaudages des voies de transport furent soigneusement contreventés, afin que les pressions horizontales se trouvassent équilibrées ; en même temps on étançonnait le tunnel, ou du moins sa partie restante absolument incapable de résister au moindre effort. Les voies porteuses étaient à écartement normal, et formées de rails ordinaires posés sur des traverses en bois; celles-ci reposaient elles-mêmes sur deux longerons en bois placés à une distance de lm,50 l'un de l’autre. L’échafaudage proprement dit était composé de tréteaux espacés en moyenne de 10m,50. Pour faciliter le transport, on avait donné à la voie une pente légère de 1/500, dans le sens du déplacement.
- Pour entamer l’opération même du déplacement, on avait commencé par soulever, au moyen de vérins, la partie métallique du pont, pesant 70 tonnes; elle était ensuite venue reposer, par l’intermédiaire d’un échafaudage spécial, sur chacune des plates-formes mobiles portées par un wagon en fer à 4 roues de 0m,8Ü de diamètre. Chaque extrémité dit pont était munie d’un support en fer dans lequel pouvait s’engager le tourillon de la plate-forme. Aux deux wagons furent fixés des câbles en acier, tendus par des treuils placés aune distance d’environ 100 mètres ; de plus, à l’arrière de chaque wagon, était accroché par contre un autre câble en acier, enroulé autour d’un solide poteau, et qui se déroulait au fur et à mesure de la progression du pont. De la sorte on pouvait à tout moment arrêter la marche. Pendant le déplacement, il fallait mesurer le mouvement de chaque , extrémité du pont, pour que les deux wagons restassent toujours exactement à la même distance, un des rails de chacune des voies portait dans ce but des marques convenables.
- La préparation de l’opération, confiée à la Maison C. 11. Jucho, de Dortmund, prit environ 8 semaines ; puis on entama le déplacement, qui débuta à une vitesse de 1 mètre à la minute. Un léger accident se produisit : un longeron de rail mal équarri se brisa et le câble d’un des wagons se rompit dans la courbe finale du trajet. Cela fut réparé en 5 heures, et, le soir, tout était heureusement terminé. 1). Bellet.
- L’IODE DE Là MER
- L’eau de mer renferme de l’iode en quantités notables. Le professeur Armand Gautier, qui étudie la question depuis longtemps, a démontré que cet iode était à l’état organique. Sa quantité ne varie guère, quelle que soit la profondeur à laquelle l’eau est pulsée. Les analyses de M. Gautier ont porté sur de l’eau recueillie à la surface et à 880 et 980 mètres de profondeur. Mais, chose singulière, la densité de l’eau des profondeurs est moindre que celle de la surface. Il est donc vraisemblable que des sources profondes diluent les sels de l’eau de mer. A 980 mètres de profondeur, l’iode organique diminue, mais l’iode minéral apparaît. Ceci prouve que l’iode minéral venu des profondeurs de la mer n’y est pas fixé en totalité par les animaux et végétaux, qui y sont fort rares. Au fur et à mesure que la profondeur diminue, ceux-ci augmentent et fixent l’iode qui passe dès lors à l’état organique. T. O.
- EXPLOITATIONS SOUFRIÈRES ESPAGNOLES
- Quand on parle d’exploitations soufrières, on 'songe immédiatement à celles de Sicile, qui sont évidemment parmi les plus importantes du monde ; mais on oublie généralement que l’Espagne en possède aussi d’assez riches : un ingénieur anglais, M. A. Wilson, a donné à ce sujet, devant la Société anglaise des Ingénieurs des mines, des détails qui méritent d’être résumés. Les gisements dont il a parlé se trouvent dans la Sierra de Ca-dor, à 18 kilomètres de Alméria : le soufre s’y est infiltré dans un terrain éocène formé de calcaire à gros grain, de conglomérats et de marne argileuse ; il y constitue des veines innombrables, d’autant qu’il sert de ciment pour relier les conglomérats; entre ceux-ci et les marnes, il est en couche et presque pur. Sur une longueur de 400 mètres et une largeur égale, on le rencontre tantôt sous forme opaque, tantôt sous l’apparence de cristaux translucides, et ce, sur une épaisseur de 50 mètres, avec une teneur de 15 pour 100. La production annuelle est de 4500 tonnes de soufre, dont le prix, rendu à Alméria, à bord des navires qui emporteront cette substance à l’étranger, varie entre 45 et 48 francs la tonne.
- Le mode d’exploitation est analogue à ce qui se pratique à peu près dans toute l’Espagne : on attaque par de nombreux puits et galeries, sans toutefois beaucoup de méthode, et l’extraction se fait de façon curieuse, ün câble sans fin, mù par une machine à vapeur, passe sur une poulie à la surface du sol, et va passer sur une autre poulie au fond du puits. Il n’y a point de cage, mais les paniers où est remonté le minerai sont attachés le long dudit câble au moyen d’un bout de corde que porte chaque panier.
- Quant au traitement du minerai, il se fait dans des fours en dôme construits en briques ordinaires, dont les plus grands ont une capacité de 240 tonnes : le gros minerai y est porté directement, tandis que le menu est mis en pâte avec de l’eau et façonné en briquettes, qu’on fait sécher pour les placer à la partie inférieure du four et leur laisser supporter les gros morceaux de soufre. On allume par le haut et l’aspiration est produite à travers la masse par un ventilateur ; on règle soigneusement la température. Chaque grand four donne 50 tonnes ' de soufre par charge, la perte par combustion ne dépasse
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- point 1,5 pour 100, du moins d’ordinaire; les opérations de chargement, de fusion et de déchargement demandent quinze jours pour un four. P. de M.
- LES OSMIES
- Tout au commencement du printemps, on voit butiner sur les fleurs de jolis hyménoptères à peau cuivreuse et à toison d’un roux vif, ce sont des Osmies qui, au même titre que les hirondelles, nous annoncent l’arrivée des beaux jours. Malgré leur aspect élégant et délicat, ce sont des ouvrières habituées aux gros ouvrages, passant même une bonne partie de leur vie à malaxer la boue pour en faire du mortier : pas même maçonnes comme leurs frères, les Chalicodomes, elles ne sont que plâtrières. Ignorantes de la chimie des ciments hydrauliques que ceux-ci confectionnent avec de la poussière des chemins mélangée avec de la salive, les Osmies se contentent d’édifier leur nid avec de la vulgaire boue qu’elles recueillent et appliquent sans préparation spéciale. Ce nid, si friable, qu’une goutte d’eau suffît à faire écrouler, doit, on le comprend, être établi dans un endroit à l’abri de la pluie. C’est, en effet, exclusivement dans les cavités abritées que nichent les Osmies et la préoccupation de mettre leur ouvrage hors des atteintes de l’eau du ciel se montre bien lorsqu’elles élisent domicile dans les roseaux utilisés par l’homme. On n’en rencontre jamais dans les roseaux implantés verticalement comme ceux des clôtures de jardin, bien que le petit godet qui les termine en haut paraisse une cavité facile à murer ; ils abondent au contraire dans les roseaux disposés horizontalement comme dans ce que, dans le Midi, on appelle des canisses, c’est-à-dire des claies servant à l’éducation des vers à soie et au séchage des fruits : dans cette position, les nids placés aux deux extrémités du roseau sont naturellement à l’abri de l’action délayante de la pluie.
- Les Osmies, d’ailleurs, ne nichent pas seulement dans les roseaux ; elles acceptent presque indifféremment toutes les cachettes répondant aux conditions requises. L’une des plus singulières est celle des vieilles coquilles d’escargots. Les hyménoptères en divisent l’intérieur par des cloisons de boue et chaque cavité reçoit un œuf. A défaut de roseaux et de coquilles,‘les Osmies trouvent un logis dans les cellules abandonnées des Anthophores, dans les vieux nids de (lhalicodomes, dans les galeries creusées dans les talus par les Collètes et elles ne se font même pas de scrupules de venir s’établir dans les serrures des portes, les trous des boiseries dans les maisons et les tubes de verre •pie l’on met à leur disposition. Chaque espèce d’ailleurs a ses habitudes auxquelles elle ne déroge que lorsque les circonstances l’exigent. Certaines enfin n’utilisent pas la boue, mais déchiquettent les plantes herbacées ou ligneuses, pour en faire une véritable pâte à papier et en édifier la demeure de leur progéniture.
- Aussitôt qu’une Osmie a trouvé une cavité à sa convenance, elle la balaye avec soin, arrachant tout ce qui dépasse et allant le porter hors du logis à une certaine distance; elle l’époussette avec amour et, travaillant à reculons, rejette la poussière à l’extérieur. Quand le calibre du canal est étroit, l’insecte accumule de suite au fond le pollen et le miel destiné à la nourriture des jeunes, après en avoir un peu crépi les murs avec de la boue quand ils ne sont pas parfaitement lisses. Lorsque le calibre est trop large, avant d’apporter toute provision, l’Osmie commence par édifier à une certaine distance du fond une cloison transversale laissant sur le côté des échancrures. Ce n’est
- qu’ensuite quelle approvisionne la cellule; après quoi, elle bouche l’orifice et recommence une nouvelle cloison à chatière un peu plus loin, et ainsi de suite. L’Osmie établie dans un large tube débute par le cloisonnement, ce qin parait destiné à empêcher les parasites d’entrer et de venir déposer leurs œufs au lieu et place du légitime propriétaire. Pour confectionner sa cloison, l’ouvrière commence par placer un bourrelet circulaire qu’elle augmente ensuite; elle se fléchit en crochet, sur la cloison en formation, la tête d’un côté, l’abdomen de l’autre, l’extrémité postérieure agissant comme une truelle : la cloison prise entre celle-ci et les mandibules s’aplanit petit à petit, se lamine en quelque sorte et finalement devient une lame parfaitement bien calibrée.
- Si l’on examine la série des nids disposés dans un même roseau, on remarque que les chambres ont des hauteurs différentes : les cloisons du fond sont plus éloignées les unes des autres que celles des cloisons du haut, c’est-à-dire les plus récentes, sans qu’il y ait dans le passage de l’une à l’autre une décroissance mathématique. On remarque aussi la cloison qui clôt définitivement le travail, elle est extrêmement épaisse et à intervalles soigneusement mastiqués : cette opercule est évidemment destinée à protéger tout le contenu du tube des injures extérieures.
- Chaque loge contient un amas de pollen au centre duquel est dégorgé un peu de miel qui s’infiltrant entre les grains en fait une excellente bouillie. L’œuf est fixé sur la pâte, debout, l’extrémité postérieure engagée dans la pâte. l)e cette façon, aussitôt sa naissance, le ver se trouve la bouche dans la nourriture qu’il n’a ainsi qu’à prendre sans se déplacer, ce qui, d’ailleurs, lui serait difficile puisqu’il est dépourvu de pattes. Quand elle a mangé toute la provision, la larve se file un cocon, d’où sortira plus tard une Osmie adulte dont la vie active ne dure guère qu’un mois. Henri Coupin.
- BALLONS MILITAIRES
- Depuis le commencement de la guerre du Transvaal, d’après les dépêches reçues au War Office de Londres et aussi par d’autres voies, Capetown, Lou-renço-Marquez, etc., on sait que l’armée anglaise emploie des ballons captifs pour observer les mouvements des Boers. Le général White, bloqué dans Ladysmith, s’est servi souvent de ballons pour observer au loin les mouvements stratégiques de ses ennemis. Il a fait exécuter par ses officiers de fréquentes ascensions pour tâcher de se renseigner, mais depuis plus de deux mois il semble avoir renoncé à ces expériences. Sur la Modder-River, d’après une dépêche datée du 6 janvier, l’armée de lord Methuen pouvait constater, grâce à son aérostat captif, que les Boers avaient construit à environ trois milles de leur campement de nouveaux retranchements.
- Une dépêche de Spearman’s camp, datée du 18 janvier, annonça aussi qu’un ballon anglais avait fait deux ascensions ce même jour, et que les aéronautes avaient pu signaler d’une façon efficace à l’artillerie les différentes positions des Boers.
- Enfin, une autre dépêche, également de Spearman’s camp, datée du 22 janvier, annonçait que le ballon dont se servaient les Anglais avait été crevé par un boulet boer. L’aérostat fut remis sans doute
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- rapidement en état, car une dépêche datée du 7 février faisait savoir qu’au plus fort de la canonnade la section aérostatique rendait des services considérables et que les Boers faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour détruire le ballon captif.
- Ce n’est pas la première fois que les ballons servent dans les guerres, en Afrique. Les xVnglais nous ont imités en cela et peut-être se sont-ils souvenus que notre armée d’expédition d’Afrique les ont aussi utilisés lors'de notre conquête de l’Algérie. Dans les archives du Musée Carnavalet, il existe une lettre fort [intéressante qui prouve ce fait sans doute peu connu aujourd’hui, et dont voici la copie :
- Armée de Vexpédition d'Afrique État-major général.
- « Je soussigné, maréchal de camp, sous-chef de
- Fig. 1. — Ascension de Margot sur son cerf Coco, au jardin de Tivoli, en 1817.
- des extraits de vingt-huit voyages aériens de cet aéro-naute. L’un d’eux, le troisième, eut lieu au jardin de Tivoli le 5 juin 1817. Margat ne songeait guère à ce moment à servir sa patrie, il se montrait dans les fêtes publiques, et, pour mieux exciter la curiosité, il s’était enlevé monté sur un cerf, connu sous le nom de Coco. Le succès fut grand, aussi on fît des vers en son honneur pour célébrer les voyages nombreux qu’il exécuta par la suite au Champ-de-Mars, à Bordeaux, à Angers, à Gand, Bruxelles, ètc.
- Les ballons captifs nous ont servi aussi, comme on sait, pendant la guerre du Tonkin, lorsque nous avions à combattre contre les Chinois. Ces aérostats captifs avaient fait une grande impression sur les soldats du Fils du Ciel; ils éprouvaient toujours à leur vue une sorte de crainte superstitieuse.
- Plus tard, en 1887, le gouvernement chinois fit fabriquer un ballon captif pour son armée. L’aérostat, construit à Paris, fit sa première ascension à Tien-Tsin, le 8 octobre de la même année devant le con-
- l’état-major général, certifie que M. Margat, ae'ro-naute, attaché à l’expédition, a toujours montré beaucoup de zèle dans le service qui lui a été confié et que le 4 de ce mois, lorsqu’il reçut l’ordre de se porter en avant pour faire une ascension devant le château de l’Empereur, il s’avança malgré le feu de l’ennemi et eut plusieurs des voitures portant ses appareils atteintes par les boulets.
- « A Alger, le 24 juillet 1850.
- « Signé : général Tholozé.
- « Vu par le lieutenant général, chef d'état-major général de l’armée d’expédition d’Afrique, « Signé : Desprez. »
- Margat, qui servait l’armée à cette époque, était d’ailleurs un aéronaute fort connu de même que sa femme. On peut lire à la bibliothèque Carnavalet
- Fig. 2. — Dallons militaires français au Tonkin, en 1884.
- (D’après une image danoise.)
- sul de France et les hauts fonctionnaires chinois. M. Panis, aéronaute français, était chargé des expériences aérostatiques et les manœuvres exécutées par lui eurent le plus grand succès. Nous ne reviendrons pas ici sur ces ascensions dont nous avons déjà parlé ici même1.
- La figure 1 que nous donnons ci-dessus représente une assiette, dont le motif principal a été composé d’après une affiche ancienne qui montre l’aéronaute Margat monté sur son cerf. La figure 2 est une assiette représentant les ballons captifs de la guerre du Tonkin; elle a été exécutée d’après une image populaire chinoise. Ces assiettes font partie de la série, dont nous avons parlé dans le n° 1362 de La Nature, 1er juillet 1899, qui rappelle les voyages en ballon des temps modernes. Elles ont été reproduites d’après nos aquarelles. Albert Tissandier.
- 1 Yoy. n0’ 592 du 4 octobre 1884; 015 du 28 février 1885, et 759 du 17 décembre 1887.
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- LES AMPOULES A ANTICATHODES FROIDES
- Un article paru dans ce journal1 donnait la description d’une ampoule à anticathode froide de
- MM. Buguet et Chabaud. Dans cct article l’auteur, après avoir constaté le grave inconvénient dû à 1’échaulïement rapide de l’anticathode des ampoules ordinaires, indiquait que plusieurs recherches avaient déjà été faites pour refroidir cette anti-
- — Ampoules Breton à anticathode refroidie.
- Fig. 2. — Autre modèle d'ampoule à refroidissement.
- cathode par une circulation de liquide froid, mais que ces recherches n’avaient pas donné de résultats.
- C’est ce dernier point que je tiens à rectifier. En effet, le premier dès la fin de l’année 1896 j’indi-
- Fig. 3. — Emploi pour la radiographie de l'ampoule à anticathode refroidie.
- tjuais ce procédé de refroidissement de l'anticathode et je fis construire plusieurs types d’ampoules de ce genre par M. Seguy.
- Je décrivis deux de ces ampoules dans un pli déposé à l’Académie, puis dans mon ouvrage, Bayons 1 Voy. n° 1389, du 6 janvier 1900, p. 99.
- cathodiques et Rayons X, qui parut au début de l’année 1897. Les dessins delà figure 1 représentent ces deux ampoules et en indiquent suffisamment le mode de fonctionnement sans qu’il soit nécessaire d’insister. •
- A cette époque ces appareils n’avaient qu’une
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- importance relative par suite de la faible puissance des générateurs et transformateurs d’électricité utilisés pour la production des rayons X. Ce n était guère que dans certains types d’ampoules à petite anticathode genre Collardeau que le refroidissement par courant liquide présentait un réel avantage.
- Mais les courants utilisés en radiographie allèrent sans cesse en augmentant de puissance et je fus par suite appelé vers la fin de l’année 1898 à étudier de nouveaux types d’ampoules à refroidissement.
- Je vis même à ce moment M. Chabaud pour la construction d’une de ces ampoules que je fis finalement réaliser par un habile souffleur de verre, M. Grisel. Cette ampoule, construite il y a plus d’un an, est représentée par la figure 2, et la figure 5 montre son mode d’emploi pour la radiographie d’une boîte de gainerie posée sur le châssis contenant la plaque sensible.
- Comme on le voit par ces figures cet appareil diffère très peu de l’ampoule de MM. Buguet et Chabaud décrite dernièrement.
- La cathode est constituée par une calotte sphérique ne présentant rien de particulier. L’anode, qui sert en même temps d’anticathode, est au contraire formée par un tube de platine traversant la paroi de l’ampoule dans une soudure du verre sur le platine; l’extrémité intérieure de ce tube de platine est fermée par une surface plane formant anticathode.
- Comme le montre la figure 3 un petit tube de cuivre, relié par un tuyau de caoutchouc à un réservoir supérieur, amène un courant d’eau froide contre la paroi anticathodique ; cette eau s’échappe par un second tuyau de caoutchouc adapté au tuhe de platine.
- Le tube d’arrivée d’eau traverse la paroi du tuyau de départ d’eau, et pénètre jusqu’au fond du tube de platine.
- En réglant convenablement le courant d'eau on peut ainsi maintenir l’anticathode à la température voulue et éviter d’une façon absolue son échauffement.
- Ce genre d’ampoule à refroidissement, dont je crois pouvoir revendiquer à juste titre la paternité, présente donc de très réels avantages, avantages qui iront sans cesse en grandissant au fur et à mesure qu’on cherchera à augmenter la puissance des générateurs de rayons X. J.-L. Breton.
- Philippe Salmon. — La science française vient de faire une perte très sensible en la personne de M. Philippe Salmon, sous-directeur de l’École d’antliropologie de Paris, président de la Commission des monuments mégalithiques du Ministère de l’Instruction publique, qui vient de succomber à Page de 76 ans. D’abord notaire à Sens, M. Salmon s’était occupé d’archéologie. 11 avait réuni une importante série de numismatique sénonaisè qu’il avait donnée au musée de Sens. Plus tard le préhistorique l’avait surtout attiré. Il contribua notablement au progrès de cette branche intéressante d’études, en publiant
- de très nombreuses monographies sur des sujets variés ressortissant à ces études. Membre très actif, puis président de la Société d’anthropologie de Paris, il prit une part importante à ses travaux.
- Grâce à ses connaissances juridiques, il put rendre d’éminents services à la Commission des monuments mégalithiques, surtout lors de l’achat par l’État, à son instigation, des grands et beaux monuments mégalithiques de Bretagne. C’était aussi un homme excellent, affable, bienveillant, toujours de bon conseil, qui laisse d’unanimes regrets à tous ceux qui l’ont connu. N’ayant plus de famille, il considérait comme sa vraie famille l’Association pour l’enseignement des sciences anthropologiques dont l’École d’anthropologie est la principale émanation. Aussi lui a-t-il laissé toute sa fortune. « Le présent don, dit-il dans son testament, a pour but l’entretien et le développement de l’École d’anthropologie.... » C’est là un fait bien rare en France que celui d’un pareil legs à une association purement scientifique. Il mérite d’autant plus d’être signalé.
- CHRONIQUE
- L.es eaux, calcaires. — Quand les eaux sont trop riches en chaux, elles ne sont plus propres aux usages alimentaires ou industriels. Pour juger à ce point de vue de la teneur d’une eau, on a recours, comme on sait, à la méthode hydrotimétrique. Cette méthode repose sur la réaction qui a.lieu entre une solution de savon et les sels calcaires et magnésiens tenus en dissolution dans l’eau. Ces derniers donnent avec l’acide gras du savon un précipité de savon calcaire ou magnésien insoluble. Les résultats obtenus par cette méthode s’expriment en degrés hydrotimétriques. Nous ne croyons pas sans intérêt de grouper ici quelques chiffres : eau distillée, 0°; eau de neige, 2°,5; eau de pluie, 3°,5; eau de la Loire, 5°,5; eau du Rhône, 15°; eau de la Seine, 17°; eau de la Vanne, 17 à 20°; eau de la Marne, 23°; eau de la Dhuis, 24°; eau de l’Ourcq, 30°; eau de Belleville, 128°. Au-dessous de 50°, les eaux sont réputées excellentes pour la boisson, le blanchissage et la cuisson des légumes. De 50° à 60^, elles sont impropres aux usages domestiques et déjà mauvaises pour les appareils à vapeur. Au-dessus de 60°, elles ne peuvent plus être employées pour les usages industriels.
- Transmission de l'électricité par l'air à. haute température. — Des résultats intéressants d’expériences sur la transmission de l’électricité par l’air à haute température ont été présentés à la Société physico-chimique russe. M. Lermantoff a publié récemment un résumé des travaux de cette Société dans le Journal de physique. M. Khessin avait disposé les expériences de la façon suivante. Un tuhe en porcelaine de 2 centimètres de diamètre intérieur était chauffé par une spirale en platine qui l’entourait et qui était traversée par un courant électrique alternatif de 76 ampères. La température obtenue était supérieure à 1000° C. Dans l’intérieur du tube se trouvaient deux électrodes en platine, terminées par un disque de 6 millimètres de diamètre; elles étaient supportées par de minces tubes de porcelaine concentriques au tube chauffé, et reposant sur des colonnes isolées indépendantes. Entre la spirale en platine et le tube, une feuille de platine intercalée communiquait avec le sol ; on a constaté un courant dérivé entre la spirale et les électrodes principales. Une des électrodes était mise en communication avec une borne d’une batterie de 100 pe-
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- tits accumulateurs servant de source de force électromotrice, et l’autre borne de la batterie était réunie à la terre. Un courant dérivé retournait par l’air échauffé et la deuxième électrode directement à la batterie, et une autre partie du courant allait à la terre. Ces expériences ont permis de constater que l’air laisse passer le courant à 550° C.; sa conductibilité augmente rapidement avec la température et décroît quand la force électromotrice augmente. Le maximum de conductibilité a lieu pour une distance de 2 millimètres entre les électrodes. Pour des distances plus faibles, le courant dérivé tend vers zéro.
- I,es fluxions de la Jungfrau. — Die Nalur signale une observation faite par M. llafner de Zurich sur le personnel occupé à la construction du chemin de fer de la Jungfrau : un très désagréable malaise a été constaté chez tous les ingénieurs et ouvriers que leur travail obligeait à séjourner à une altitude d’environ 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Au bout de huit à dix jours de séjour, ils étaient pris de douleurs extrêmement violentes à plusieurs dents d’un côté de la mâchoire, en même temps que les gencives et la joue intéressées gonflaient ; les dents étaient surtout sensibles à la pression de sorte que la mastication devenait très douloureuse. Les douleurs augmentaient jusque vers le troisième jour, pour diminuer ensuite progressivement et cesser après six jours environ. Le mal disparu, les dents revenaient absolument à leur état normal, sans aucune trace de conséquences fâcheuses. 11 semble s’agir d’un pur phénomène d’acclimatation, car tous les nouveau-venus devaient subir le malaise et il ne semble pas y avoir eu de cas de récidive.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 février 1900.— Présidence de M. Van Tieghem.
- Pendant l'absence de M. Ch. de Villedcuil, M. Giraud, agrégé de l’Université, a bien voulu se charger de faire le compte rendu hebdomadaire de l’Académie des sciences. H. de P.
- L’influenza exerce ses ravages jusque dans les milieux académiques, et, en l’absence du Président et du Yice-Président, M. Van Tieghem remonte dans le fauteuil qu’il vient de quitter.
- Sérothérapie du charbon. — M. Arloing présente une étude sur la sérothérapie du charbon sjmptomatique. 11 a retiré d’une génisse fortement immunisée du sérum avec lequel il a répété et complété les expériences de Itueusch-mann et de Kitt. Ce sérum jouit de propriétés préventives et, pour la première fois, il est démontré qu'il jouit en même temps de propriétés curatives. Au point de vue 'préventif, il est 10 fois plus actif lorsqu’il est injecté dans les veines que lorsqu’il est inoculé dans le tissu conjonctif: il est 40 fois plus actif s’il est préalablement mélangé avec le virus avant l’injection dans les muscles. Au point de vue curatif, il est indispensable que l’injection soit faite rapidement après l’infection. Par voie sous-cutanée il est impuissant à arrêter la marche d’une inoculation mortelle, s’il est injecté plus de 5 heures après le virus. Par voie veineuse, le sérum est encore efficace 9 heures après l’infection ; il reste impuissant après 12 heures.
- Composition en volume du fluor. — M. Moissan démontre, par l’analyse et l’étude des densités, que l’acide fluorhydrique est formé par la combinaison de volumes égaux d’hydrogène et de fluor.
- A propos de la fièvre typhoïde. — M. A. Gautier présente une Note de M. Causse ; ce savant a isolé, dans les eaux d’alimentation qui ont provoqué la fièvre typhoïde à Lyon, une substance organique, la cystine, ainsi nommée parce qu’elle a été reconnue pour la première fois dans la vessie d’un homme en 1840.
- Fossiles de Chine. — M. Michel Lévy annonce, de la part de M. Douvillé, que l’étude des fossiles rapportés par M. Leclère démontre l’existence en Chine de divers horizons géologiques allant du Dévonien moyen au Lias. Ces fossiles présentent des analogies partielles avec ceux de la Perse, de l’Indo-Chine et des îles de la Sonde.
- Nouveau parasite de la vigne. — MM. Ravaz et Bonnet ont étudié le champignon parasite sur les raisins du Caucase que l’on croyait identique au Black-rot. C’est en réalité une forme différente (Phoma reniformis) qui n’attaque que les raisins déjà blessés ou altérés.
- La mer en Auvergne. — M. Albert Gaudry présente une Note de M. J. Giraud sur les terrains oligocènes de la partie méridionale du bassin d’Issoire. Tout le monde sait que l’Auvergne a été recouverte autrefois par de grands lacs. Dans les dépôts lacustres (de l’âge du calcaire de Brie) qu’il vient d’étudier, M. Giraud a trouvé des coquilles (Cérithes, Potamides) qui attestent l’arrivée de la mer jusque dans ces régions montagneuses. La plaine de l’Ailier, au sud d’Issoire, formée par ces dépôts, résulte d’un grand effrondrement qui fait suite à celui de la Limagne.
- Phénomènes de dénudation géologique. — M. Albert Gaudry présente aussi une Note de M. Bleicher qui étend à toute la région du nord-est de la France les phénomènes de dénudation qu’il avait déjà signalés dans les environs de Nancy. J. Giraud.
- L’ÉTAIN DANS LE MONDE
- On ne peut pas, en réalité, donner l’étain comme un métal précieux, et cependant il est relativement rare; cette rareté est d’autant plus ressentie qu’il répond à des usages multiples qui le font demander de plus en plus. Nous n’avons pas à rappeler ces divers emplois, mais il est certain que le fer-blanc en exige pour sa fabrication des quantités considérables, et que l’industrie des conserves alimentaires, qui prend une extension chaque jour grandissante, en consomme finalement beaucoup, en dépit de la faible épaisseur des revêtements sous laquelle il s’y présente. C’est surtout pour ces raisons que le prix de l’étain monte énormément depuis un certain temps, et il est curieux de se rendre compte des sources ordinaires où l’industrie se procure cette matière première.
- La production de l’étain dans le monde entier s’élevait à 55100 tonnes en 1890, mais elle a pu être portée à 87 580 en 1896, et à 77 550 en 1898. Or, d’une façon générale, pendant les dernières années sur lesquelles portent les statistiques, la
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- péninsule malaise fournit de beaucoup la plus grosse part de cette production : les établissements des Détroits en exportent en moyenne les 60,6 pour 100, tandis que la part des Indes orientales hollandaises est seulement de 19 pour 100, celle de l’Australie de 7,9, celle de la Cornouaille 6,1, et il reste finalement 6 pour 100 pour la Bolivie.
- Cette répartition est d’autant plus curieuse que, si l’on s’en rapporte à des souvenirs qui ne remontent [tas à plus d’une quarantaine d’années, la Cornouaille faisait la loi sur le marché de l'étain, en donnant la moitié de la production du monde : la principale mine de ce pays était et est encore (puisqu’elle vient de fêter son centenaire) celle de Dolcoath, qui a fourni, depuis le commencement de l’exploitation, pour une valeur énorme de 6 millions de livres sterling, autrement dit 125 millions de francs ! Mais, d’une manière générale, la production de tout le comté a diminué considérablement, ainsi que le nombre des mines exploitées, parce que ces mines n’étaient plus rémunératrices, la machinerie étant primitive et la main-d’œuvre chère.
- La grande extraction d’étain se fait maintenant dans la vaste zone asiatique qui s’étend de la Birmanie et du Siam, au nord, jusqu’à Sumatra au sud, sur une longueur de 18 000 kilomètres au moins, dont une forte partie n’est pas encore exploitée, et où l’on n’a travaillé jusqu’à présent que dans des couches d’alluvions où l’extraction est particulièrement facile. Tout à l’heure, en parlant de la production, nous avons donné des chiffres d’exportation parce qu’il est impossible pratiquement d’avoir les chiffres complets de l’extraction, au contraire de ceux du commerce : c’est pour cela que nous avons complètement négligé de parler de la Chine et même du Japon parmi les pays producteurs, parce que la consommation locale absorbe une bonne partie de la production sans qu’on puisse l’évaluer.
- En Australie, c’est la Tasmanie qui fournit la majeure portion de ce précieux métal ; vient ensuite la Nouvelle-Galles du Sud.
- Avant de finir, d'un mot nous indiquerons quels sont les principaux consommateurs d’étain, autant que les statistiques nous permettent de saisir cette information. Au premier rang nous trouvons les
- Etats-Unis, avec 25 000 tonnes, cette consommation énorme s'expliquant en grande partie par la fabrication du fer-blanc, tout comme dans la Grande-Bretagne, qui prend une quinzaine de milliers de tonnes ; l’Al'emagne offre environ le même chiffre, et enfin la part de la France est d’à peu près 8000 à 9000 tonnes. 1). B.
- L’AUTO-CIREUR
- Il existe déjà un grand nombre d’appareils automatiques de toutes sortes pour distribution de jouets, bonbons, tablettes de chocolat, etc.; nous en avons du reste déjà décrit plusieurs. En voici un
- autre qui répond à un besoin plus général et qui peut rendre de grands services. Il s’agit d’un cireur automatique. Un appareil analogue aux distributeurs déjà connus est installé dans une salle d’attente, dans un jardin public; vous jetez une pièce de 10 centimes dans un récepteur disposé à cet effet, vous placez les pieds successivement dans le premier compartiment, où se trouve la brosse à décrotter, dans le second compartiment (brosse à noircir) et dans le troi-sième compartiment (brosse à reluire). Après une minute et demie l’opération est terminée. On peut du reste en suivre les diverses phases ; sur l’appareil se trouve, en effet, un cadran muni d’une aiguille qui indique les trois phases.
- La disposition intérieure est très simple. Un moteur électrique de faible puissance, environ 18 kilogrammètres par seconde, commande l’arbre sur lequel sont fixées les trois brosses rotatives. II suffit alors, comme nous l’avons dit plus haut, pour mettre l’appareil en mouvement, de faire tomber une pièce de monnaie, de tourner une poignée, afin de‘fermer le circuit.
- Nous pensons que les avantages de cet auto-cireur seront certainement appréciés dans les salles d’attente, stations d’omnibus, etc. ; il nous fournit un moyen pratique de cirer la chaussure rapidement et économiquement. J. L.
- Le Gérait! : I*. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lairiie, rue de Flcurus, 9.
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- LA NATURE
- Fig. 1. — L’entrée du souterrain du chemin de fer électrique de Laon.
- O Gr&nmttêre'
- Stations et OuuT'aqes d'art
- - ë-S
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- riait de/ comparaison^. _
- Cotes du./ terrain/ naturel
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- Cotes cho projet ( ftcuZuttatefbrrno)___________g
- JPcdiens, pentes et rampes,
- Alignements et courbes
- ± — Profil de la voie.
- On ne peut pas dire que les chemins de 1er électriques soient encore bien nombreux en France
- 28" année
- celui que la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée doit établir pour prolonger sa ligne de La Cluse au Fayct
- 13
- semestre.
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- LA N A TU LE.
- est loin d’ètre terminé, et quant à l'installation que la Compagnie de l’Ouest a laissé faire sur l'embranchement qui relie les deux gares de Saint-Germain, elle ne sert encore à rien. 11 est donc fort intéressant de signaler avec quelques détails le premier chemin de fer électrique qui fonctionne en France.
- Ceux qui connaissent la ville de Laon savent que, jusqu’à présent, quand on voulait s'y rendre en quittant la gare, il fallait soit monter à pied un escalier ipii semblait interminable et qui permettait d’atteindre la rue Lenain en coupant au plus court, soit prendre un des omnibus qui montent à une allure compassée la route sinueuse par laquelle les voilures atteignent cette même rue Lenain, et finalement la place de LHôtel-de-Ville, en se tenant sur le liane du coteau qu'occupe la ville. C’est qu’en effet, centre militaire avant tout, Laon est demeuré perché sur une liante colline isolée qui fait penser aux pitons qu'affectionnaient particulièrement les châteaux du Moyen Age. Aujourd’hui cette escalade pénible, ou tout au moins fastidieuse, est complètement évitée aux voyageurs : au sortir même du wagon qui les amène par exemple de Paris, ils aperçoivent sur une voie parallèle à la ligne principale, mais qui finit en cul-de-sac, un petit véhicule confortable et engageant, du type bien connu des jolies voitures (pic la Compagnie Thomson-Houston fournit maintenant à tant de lignes de tramways en France et à l’étranger. C’est le chemin de 1er électrique de Laon-Gare à Laon-Ville, analogue, comme services à rendre, à celui de Lan-gres-Yilleà Langres-Marne, dont la description a jadis été donnée ici.
- La gare se trouvant presque exactement en lace de la place de l’Ilùtel-de-Ville, où l'on voulait faire aboutir le tracé du nouveau petit chemin de fer, il ne pouvait être question d'aborder la difficulté de front, c’est-à-dire que l'on a fait suivre d’abord audit tracé une courbe à très grand rayon qui l’amène dans le faubourg de Vaux. Il traverse celui-ci pour prendre la rue Lenain dans sa partie inférieure, et la longer ensuite en offrant des rampes très marquées : précisément la photographie (pie nous reproduisons montre la voie suivant cette rue. Puisque nous parlons de rampes, disons que le point le plus bas de la ligne en question se trouve à la cote 85,85 mètres, tandis que son sommet est à 181,57 mètres. C'est donc une différence d’une centaine de mètres à gagner pour une distance de 1200 mètres seulement; et encore, sur les G00 premiers mètres, les rampes sont-elles presque insignifiantes ; si bien que la penle moyenne dans la portion accidentée ressort réellement à 10 pour 100, et que même on peut noter une inclinaison de 15 pour 100 sur une longueur d'un pou plus de 200 mètres. Au reste, nous avons fait reproduire le profil en long de cette petite ligne, afin que le lecteur puisse se rendre compte delà raison pour laquelle la Compagnie Thomson-Houston a cru nécessaire, par mesure de prudence, d’adopter une crémaillère sur la plus grande partie du parcours. A la rigueur, et comme on le pensait en se basant sur les résultats
- obtenus au funiculaire de La Cote, au Havre (installé également par cette même compagnie), on aurait pu se dispenser de cette précaution : la preuve en est dans les essais qui ont été faits sur la ligne que nous éludions, après que l’on eut enlevé la chaîne Gall commandant l’engrenage sur la crémaillère. L’ascension s'est effectuée dans les meilleures conditions, et seulement en 6 minutes et demie. On a constaté une économie très notable de courant sur ce que l’on en dépense quand la chaîne et l’engrenage fonctionnent.
- L’énergie électrique nécessaire à la propulsion des voitures (il n’y en a que trois, qui suffisent parfaitement aux besoins, étant donnée la brièveté du trajet) est fournie par l’usine électrique d’éclairage, de la grande gare de Laon, usine qui comporte deux machines verticales Corliss à condensation, accouplées directement à deux machines dynamos généralrices. La puissance des moteurs est de 500 chevaux à 160 tours par minute, les dynamos débitent 1200 ampères sous une tension de 120 volts, mais des survolteurs amènent à 500 volts la tension du courant nécessaire au tramway. La photographie que nous donnons renseigne à peu près suffisamment par elle-même sur l'installation de la ligne proprement dite, qui comporte, notamment un fil de trolley ordinaire, de 8,25 millimètres de diamètre, supporté par des poteaux tubulaires à console ou des poteaux à treillis. La voie est à la largeur d’un mètre. Chaque voiture peut contenir 20 personnes assises, dont 9 en première classe; les plates-formes peuvent donner asile à un grand nombre de voyageurs, enfin il existe un compartiment spécial pour les bagages et messageries. 11 y a deux moteurs par voiture, de capacité relativement grande, et étudiés en vue d’un travail pénible; ils peuvent être construits avec une armature à 2, 5, 4 ou 0 tours, suivant les exigences du service à effectuer à Laon ; ces moteurs sont avec induit à 4 tours de fil par bobine, et la puissance en est de 42 chevaux effectifs. Ce nouveau petit chemin de fer fonctionne parfaitement ; son tracé, étudié spécialement par M. Bourquelot, ingénieur des Ponts et Chaussées, a été très bien compris à tous les points de vue, et pour imposer la moindre gêne possible à la circulation ordinaire, et pour réduire au minimum les travaux d’établissement, qui ne comportent guère comme détails importants qu’un via-duc en maçonnerie de 80 mètres et un tunnel de 50 mètres. I*. de Méiuee.
- LES CHALIC0D0MES
- Les Chalicodomes méritent bien le nom d'Abeilles maçonnes que Iféaumur leur donnait avant l’établissement de la nomenclature. Elles construisent, en effet, avec un véritable mortier des demeures si solides qu’il faut des instruments de fer pour les entamer. Ces nids sont établis sur des pierres ou, plus souvent, sur des murs toujours tournés vers le midi et ressemblent tout à fait à des paquets de
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- boue étalés comme s’ils avaient été projetés par les roues des voitures ou les pieds des chevaux. Les Maçonnes tiennent si bien à la solidité de leurs habitations qu’elles se gardent bien de les attacher sur des murs enduits de quelque crépi et qu’elles ont soin de les édifier sur les pierres elles-mêmes et non sur le ciment qui les réunit. De plus, elles choisissent presque toujours, pour établir leurs nids, les endroits où ils peuvent être le plus solidement assujettis : c'est surtout dans les angles formés par les plinles, les corniches, les entablements, les saillies des fenêtres ({u'elles travaillent le plus volontiers.
- Ainsi que l’a noté Fabre, les Chalicodomes emploient comme matériaux de construction de la terre argilo-calcaire, mélangée d’un peu de sable et pétrie avec la salive même du maçon. Les lieux humides, qui faciliteraient l’exploitation et diminueraient la dépense en salive pour gâcher le mortier, sont dédaignés des Chalicodomes, qui refusent la terre fraîche pour bâtir, de même que nos constructeurs refusent plâtre éventé et chaux depuis longtemps éteinte. De pareils matériaux, gorgés d’humidité pure, ne feraient pas convenablement prise. Ce qu’il leur faut, c’est une poudre aride, qui s’imbibe avidement de la salive dégorgée et forme, avec les principes albumineux de ce liquide, une sorte de ciment romain prompt à durcir, quelque chose enfin de comparable au mastic que nous obtenons avec de la chaux vive et du blanc d’œuf.
- Les Chalicodomes mâles ont le corps recouvert de velours d’un rouge ferrugineux assez vif; chez les femelles, cette toison est d’un superhe noir velouté avec des ailes d’un agréable violet sombre. Ce sont les dernières seules qui se chargent de l’édification du nid. A cet effet, elles se rendent dans un endroit aride, ratissent du ciment et en font une houlette de la grosseur d'un grain de plomb à lapin qu’elles emportent entre leurs mandibules. Arrivées à l’endroit choisi, elles déposent leur pelote sur la muraille et la dispose en un bourrelet circulaire. De temps à autre, elles vont chercher des grains de sable ou du gravier qu’elles enchâssent dans la masse encore molle.
- Pour faire économie de main-d’œuvre et de mortier, l’hyménoptère emploie de gros matériaux, de volumineux graviers, pour lui vraies pierres de taille. 11 les choisit un à un avec soin, bien durs, presque toujours avec des angles qui, agencés les uns dans les autres, se prêtent mutuel appui et concourent à la solidité de l’ensemble. Des couches de mortier, interposées avec épargne, les maintiennent unis. Le dehors de la cellule prend ainsi l’aspect d'un travail d’architecture rustique, où les pierres font saillie avec leurs inégalités naturelles; mais l’intérieur, qui demande surface plus fine pour ne oas blesser la tendre peau du ver, est revêtu d’un crépi de mortier pur. Du reste, cet enduit interne est déposé sans art, on pourrait dire, à grands coups de truelle: aussi le ver a-t-il soin, lorsque la pâtée de miel est finie, de se faire un cocon et de tapisser de soie la grossière paroi de sa demeure (Fabre).
- Quand le Chalicodome a établi son bourrelet circulaire, il en exhausse peu à peu la muraille de manière à limiter au centre une cavité de la forme d’un dé à coudre, à orifice tourné vers le haut. Lorsque cette cuvette est achevée, l’hyménoptère abandonne son métier de maçon, pour aller recueillir la nourriture nécessaire à sa future progéniture. On le voit courir affairé au milieu des fleurs et se plonger avidement dans celles des genêts, d’où il revient bientôt le jabot gorgé de miel et le corps couvert de pollen. Aussitôt arrivé à sa cellule, il y plonge la tête pour y dégorger son miel ; puis il sort et se brosse avec soin de manière à faire tomber le pollen dans la cavité. Ce nettoyage achevé, on le voit rentrer de nouveau dans la cavité pour mélanger le pollen avec le miel et en faire une pâtée bien homogène. Puis il s’en va chercher de nouvelles provisions.
- La cellule une fois à demi pleine, le Chalicodome y dépose un œut et, sans tarder, se met en demeure de fermer le domicile avec un couvercle de mortier pur qu’il construit progressivement de la circonférence au centre. Deux jours ont suffi au travail complet.
- Tout de suite après, la Maçonne construit, tout contre la première, une deuxième cellule identique, puis une troisième, et ainsi de suite, jusqu’à huit ou dix. Bien que les cellules soient closes de toutes parts, elles ne tarderaient pas sans doute,vu la faible épaisseur du couvercle, à éclater par suite des chaleurs de l’été et à être démolies de fond en comble parles pluies d’automne ou les gelées de l’hiver. Aussi la femelle a-t-elle soin de ne pas les laisser en cet état.
- Toutes les cellules terminées, elle maçonne sur le groupe un épais couvert, qui, formé d’une matière inattaquable par l’eau et conduisant mal la chaleur, à la fois défend de l’humidité, du chaud et du froid. Cette matière est l’habituel mortier, la terre gâchée avec de la salive; mais cette fois, sans mélange de menus cailloux. L’hyménoptère en applique, pelote par pelote, truelle par truelle, une couche de un centimètre d’épaisseur sur l’amas des cellules, qui disparaissent complètement noyées au centre de la minérale couverture. Cela fait, le nid a la forme d’une sorte de dôme grossier, équivalent en grosseur à la moitié d’une orange (Fabre).
- Le nid dont nous venons d’étudier la formation a été fait de toutes pièces. C’est un cas fréquent, mais non absolu. En effet, très souvent, quand les Chalicodomes rencontrent d’anciens nids, plus ou moins détériore's, ils se contentent de les « rafistoler » pour les mettre en état de recevoir leur progéniture. Les réparations sont, en effet, peu importantes, puisqu'elles consistent seulement à boucher les trous par où sont sortis les jeunes du premier architecte, et à arracher les lambeaux de cocon tapissant la paroi.
- Ce que nous venons de dire est relatif au chalicodome des murailles qui est essentiellement solitaire et même très jaloux de son bien. Qu’il l’ait construit lui-même ou l’ait seulement tiré d’un vieux nid, il veut le garder pour lui tout Seul et éloigne- avec une
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- grande vigueur tout autre animal qui voudrait s’en emparer. II existe en France une autre espèce dont les mœurs sont légèrement différentes, surtout en raison de sa sociabilité. C’est le chaliendome des hangars. D'après les observations de Fabre, c’est par centaines, très souvent par nombreux milliers qu’il s’établit à la face inférieure des tuiles d’un hangar ou du rebord d’un toit. Ce n’est pas ici véritable société, avec des intérêts communs, objet de l’attention de tous, mais simple rassemblement, où chacun travaille pour soi et ne se préoccupe pas des autres; enfin une cohue de travailleurs rappelant l’essaim d’une ruche uniquement par le nombre et l’ardeur. Le mortier mis en œuvre est le même que celui du
- chalicodome des murailles, aussi résistant, aussi imperméable, mais plus fin et sans cailloutage. Les vieux nids sont d’abord utilisés. Toute chambre libre est restaurée, approvisionnée et scellée. Mais les anciennes cellules sont loin de suffire à la population, qui, d’une année à l’autre, s’accroît rapidement. Alors, à la surface du nid, dont les habitacles sont dissimulés sous l’ancien couvert général de mortier, d’autres cellules sont bâties, tant qu’en réclament les besoins de la ponte. Elles sont couchées horizontalement ou à peu près, les unes à côté des autres, sans ordre aucun dans leur disposition.
- Chaque constructeur a les coudées franches. 11 bâtit oii il veut et comme il veut, à la seule condi-
- Cliuliuodomes des murailles et leurs constructions. A gauche, on a ouvert un nid pour montrer les cellules intérieures.
- tion de ne pas gêner le travail des voisins ; sinon les houspillages des intéressés le rappellent à l’ordre. Les cellules s’amoncellent donc au hasard sur ce chantier où ne règne aucun esprit d’ensemble. Leur forme est celle d’un dé à coudre partagé suivant l’axe, et leur enceinte se complète soit par les cellules adjacentes, soit par la surface du vieux nid. Au dehors, elles sont rugueuses et montrent une superposition de cordons noueux correspondant aux diverses assises de mortier. Au dedans, la paroi en est égalisée sans être lisse, le cocon du ver devant plus tard suppléer le poli qui manque. A mesure qu’elle est bâtie, chaque cellule est immédiatement approvisionnée et murée. Semblable travail se poursuit pendant la majeure partie du mois de mai. Enfin tous les œufs sont pondus, et les abeilles, sans
- distinction de ce qui leur appartient et de ce qui ne leur appartient pas, entreprennent en commun l’abri général de la colonie. C’est une épaisse couche de mortier qui remplit les intervalles et recouvre l’ensemble des cellules. Finalement, le nid commun a l’aspect d’une large plaque de boue sèche, très irrégulièrement bombée, plus épaisse au centre, noyau primitif de l’établissement, plus mince aux bords, où ne sont encore que des cellules de fondation nouvelle, et d’une étendue fort variable suivant le nombre des travailleurs, et par conséquent suivant l’àge du nid premier fondé. Tel de ces nids n’est guère plus grand que la main ; tel autre occupe la majeure partie du rebord d’une toiture et se mesure par mètres carrés. Henri Coupin.
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- EXPOSITION DE 1900
- l’élargissement dc pont d’ién.v
- Une des principales préoccupations des organisateurs de l'Exposition a été de répartir également l’intérêt sur la surface des zones mises à leur dis-
- position, de façon à établir un équilibre moyen de la foule.
- Il fallait, autant que possible, éviter de réunir trop d’attraction en certains parages, ce qui aurait eu pour conséquence inévitable de créer en ces endroits des agglomérations dangereuses, au détriment d’au-
- . K
- Pig. X. — vue u eu?etiiijié Uu pont d ieua élargi.
- très parties de l’Exposition qui seraient restées abandonnées par les visiteurs. Le programme était donc d’établir une densité de la foule sensiblement la même sur toute l’étendue des Champs-Elysées, de l’Esplanade, des rives de la Seine, du Cbamp-de-Mars et du Troca-déro. C’est dans cette intention qu’on a cherché à donner au Champ-de-Mars un luxe de décoration considérable, car forcément les Grands Palais des Champs-Elysées et le pont Alexandre retiendront par leur nouveauté la grande masse des visiteurs; le Château-d’Eau et le Palais de l’Électricité ont pour but de rétablir l’équilibre; ces monuments féeriques ainsi que les divers palais qui les entourent sauront attirer un contingent important de visiteurs. Le Trocadéro ne sera pas négligé non plus, comme il
- l’avait été aux dernières expositions; cette lois, les colonies étrangères et françaises sont assurées, par
- leur cachet d’exotisme et l’originalité si variée de leurs pavillons, d’obtenir un très vif et très légitime succès.
- Ce système d’établir une densité constante du public est très avantageux, car il diminue les encombrements, mais il a un inconvénient; en effet, par ce fait que les attractions sont réparties de tons les côtés, les visiteurs se sentent constamment attirés en dehors de l’endroit qu’ils occupent, il s’ensuit que le mouvement du monde est très actif, la circulation est très abondante. C’est pour remédier à ce défaut qu’on a installé partout des dégagements très larges et très nombreux. Et, dans cet ordre d’idée, le pont d’Iéna qui est la seule jonction entre
- Ancienne disposition.
- Nouvelle disposition.
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- Fig. i. — Coupe «lu pont rFIéna avant et après l’opération «rélargissement.
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- LA NATURE.
- le Champ-de-Mars et les jardins du Trocadéro, aurait été beaucoup trop étroit si on l’avait laissé dans l’état où il se trouvait antérieurement. En 1881), on ne l’avait pas élargi, il était resté dans son état ordinaire; et, bien qu'il n’y eût pas à cette époque les mêmes raisons du mouvement de la l'oule que maintenant, il lut souvent insuffisant. Aussi a-t-on décidé de l’élargir de 10 m. en le portant de 14 m. (cote ancienne) à 24 m. (fig. 2)
- On se souvient qu’à la dernière Exposition, on avait installe à son débouché sur la rive droite, une passerelle en bois construite au-dessus de la voie publique du quai; c’était une faute grave qui arrêtait l’écoulement de la l'oule; aujourd’hui, on a creusé une tranchée profonde qui sert aux tramways et voitures, de sorte que le public du pont pourra se répandre de plain-pied, dans les jardins du Troca-di-ro, sans être obligé de monter et de descendre des escaliers.
- Bien que le travail de l’élargissement du pont soit provisoire, puisque après l’Exposition, les lieux seront remis en état, il est pourtant exécuté comme s’il était définitif. 11 constitue même un ouvrage fort intéressant; c’est peut-être la première fois qu’on augmente la largeur d’un pont en pierre à l’aide d’une construction métallique.
- Los travaux sont dirigés par M. Lion, ingénieur en chef de la navigation de la Seine pour la traversée de Paris et sont exécutés par MM. Daydé et Pillé, les constructeurs bien connus.
- Il a fallu commencer par débarrasser le pont de ses gardes-corps en pierre ; on les a déchaussés après les avoir numérotés, afin de pouvoir retrouver facilement leur place au moment de la restitution de l’état ancien; on a également enlevé les pierres qui constituaient la corniche supérieure; cette opération a été faite à l’aide d’un treuil monté sur le chariot d’un pont roulant et armé de deux griffes puissantes qui épousaient la saillie de la pierre.
- Une fois qu’on eut préparé l’emplacement et établi une surface horizontale bien unie, on a apporté les pièces de fer destinées à former l’élargissement et, pour cette opération, on s’est encore servi du pont roulant utilisé pour l’enlèvement des pierres.
- Une circonstance fort heureuse est venue en aide aux constructeurs ;' c’est la présence d’une saillie formant plate-forme horizontale située de chaque coté du pont sur les piles en maçonnerie. On pouvait donc se servir de ces bases d’appui pour faire reposer des consoles en fer qui viendraient supporter des poutres de trois mètres de hauteur accompagnant le pont suivant toute sa longueur, sur chacun de ses deux côtés.
- Ces deux séries de poutres forment les éléments principaux du travail de l’élargissement, c’est sur elles que viendront s’appuyer les entretoises qui supportent le trottoir. Comme le pont en pierre se compose de cinq travées, il a fallu prévoir cinq poutres reposant sur des consoles, et afin de résister aux efforts verticaux, qui, à l’endroit des consoles pou-
- vaient entraîner des poutres, on a le soin de relier les deux côtés du travail à l’aide de pièces métalliques de 24 mètres de longueur, placées transversalement au pont et noyées dans la chaussée.
- Pour opérer le montage, on a employé un artifice assez ingénieux; il était en effet assez difficile de placer ces longues poutres en porte-à-faux ; d’autre part, si l’on avait commencé par installer les consoles il aurait fallu un échafaudage coûteux pour poser les poutres sur elles; aussi a-t-on tout d’abord posé les entretoises sur le tablier du pont en pierre, et c’est sur l’extrémité de ces pièces qu’on a construit les poutres maîtresses à l'aide des pièces verticales. De celte façon, pendant ce travail préparatoire, ce sont ces entretoises qui supportaient les poutres. En même temps, d’autres équipes d’ouvriers ont établi les consoles à l’endroit des piles du pont; et lorsque les poutres furent assemblées, on a fait avancer tout le système de la quantité nécessaire pour l'élargissement de 5 mètres sur chaque côté. Les poutres trouvant des points d’appui naturels sur les consoles qui avaient été préparées, se reposèrent sur elles et, à partir de ce moment, ce furent les poutres qui devinrent les supports des entretoises à l’une de leurs extrémités alors que l’autre reposait sur l'assise en pierre du pont.
- Une fois cette opération faite, le travail de l’élargissement était achevé, il n’y avait plus qu’à établir un plancher en bois sur lequel les visiteurs pourraient marcher.
- L’aspect extérieur de ces poutres qui formeront désormais le nu du pont ne sera pas très heureux, aussi on a eu soin de les doubler d’un masque sur lequel on fera une décoration en staff. Pendant toutes ces opérations, les groupes en pierre qui sont situés aux deux extrémités du pont dans le prolongement des gardes-corps anciens, n’ont pas été touchés, de sorte qu’une fois l’ouvrage terminé, ces statues montées sur leur support se trouveront au milieu de la chaussée, le public pouvant circuler tout autour d’elles. C’est une manière de décorer un pont, qui peut-être ne sera pas très classique, mais qui aura du charme par sa nouveauté et son imprévu. A. C.
- U SUIE DE CHEMINÉE
- EMPLOYÉE COMME EXGRAIS ET COMME INSECTICIDE
- Par les temps de froid et d’humidité que nous subissons cette année, alors que les foyers brûlent de toute part, engloutissant d’énormes quantités de combustibles de toute nature, la suie se produit en abondance dans les cheminées. En dire quelques mots, c’est donc sacrifier à l’actualité et nous ne saurions y faillir.
- Qu’est-ce au juste que la suie? C’est une variété de noir de fumée qui est imprégnée de faibles proportions, variables d’ailleurs, des produits de la décomposition ignée du bois ou autres combustibles. La suie se présente sous forme d’une poudre plus ou moins noire, adhérente, formée d’un mélange de charbon, d’acide pyroligneux, de matières huileuses, notamment d’asboline (Braconnot),
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- de sels ammoniacaux, etc. Sa composition varie avec la nature des combustibles qui lui ont donné naissance.
- Voici, d’après Wollî et Vœlcker, la composition moyenne de suies de bois et de houille.
- SCIE CE
- BOIS. houiï .LE.
- Eau . . . 5,0 4,0 à 10,0
- Matière organique. . . . . 72,0 45,0 à 70,0
- Azote . . 1,3 1,0 à 7* .6
- Potasse . . 2,4 0,5 à 2,7
- Acide phosphorique . . 0,4 0,3 à 0,4
- Chaux . . 10,0 4 .0 à 5,0
- Magnésie . . 1,5 » )>
- Acide sulfurique. . . . . . 0,5 1,7 à 8,7
- Braconnot a donné une analyse plus complète de ce résidu, que nous reproduisons ci-dessous, mais sans indiquer sa provenance, ni sa nature :
- Acide ulmique............................50,2
- Charbon..................................... 5,0
- Matière azotée...........................20,0
- Sulfate de chaux......................... 5
- Carbonate de chaux.........................1-4,7
- Acétate de potasse, de chaux, de magnésie
- et d’ammoniaque.......................... 10,5
- Phosphate de chaux....................... 1,5
- Silice, oxyde de fer, chlorures............. 1,7
- Eau........................................ 12,5
- La suie est surtout riche en matières organiques char-
- bonneuses et azotées; l’azote ammoniacal, qui se dégage toujours dans les combustions, s’v trouve en proportions d’autant plus élevées que le combustible est lui-même plus riche en azote. La suie de houille est plus riche en azote et plus lourde que celle de bois.
- C’est donc surtout la teneur en azote de la suie qui fait sa valeur comme engrais, quoiqu’elle possède en outre une valeur amendante qui n’est pas à négliger et qui se manifeste surtout sur la texture physico-mécanique des terres sur lesquelles on l’applique.
- A ce point de vue, on ne devrait pas laisser perdre la suie, comme cela a lieu dans les campagnes. Comme aucune matière fertilisante, si minime qu’elle soit, ne doit être négligée, les cultivateurs feraient bien de recueillir la suie de leurs cheminées et des usines du voisinage pour l’appliquer à leurs cultures après l’avoir fait sécher.
- Dans des analyses plus récentes effectuées par M. A. Mayer, ce chimiste a trouvé, dans une suie provenant d’un foyer où avaient été brûlés des combustibles divers : 5 pour 100 d’azote, dont 2,5 pour 100 sous forme ammoniacale. Dans une suie provenant uniquement de la combustion de la tourbe, il a trouvé 8 pour 100 d’azote total. Les 40 pour 100 environ de l’azote, qui ne se trouvent pas sous forme ammoniacale, existent, d’après Mayer, à l’état de pyridine1. Pour établir la valeur d’une suie quelconque, comme engrais, c’est sa richesse en azote ammoniacal qu’il faut déterminer.
- Comme matière fertilisante, la suie doit être employée à la dose de 20 à 50 hectolitres à l’hectare pure ou mélangée. Elle est très favorable aux céréales, au trèfle et au colza. Mais c’est surtout sur les prairies humides ou envahies par la mousse, ainsi que dans les carrés des jar-
- 1 La teneur en azote des suies analysées par Mayer diffère notablement de celles analysées par Wolffet Vœlker, C’est là un fait que nous ne nous chargeons pas d’expliquer; car, personnellement, ayant dosé l’azote total dans deux suies, l’une de chêne, et l’autre de houille, exclusivement, nous y avons trouvé respectivement 2,7 pour 100 et 2,15 d’azote.
- dins où l’on élève des plants destinés au repiquage, que la suie trouve un emploi avantageux. Ses effets ne se font sentir que pendant une année. Outre sa valeur fertilisante, la suie possède encore une action insecticide assez marquée. Grâce à la pyridine et à l’acide pyroligneux qui s’y trouve, elle éloigne bon nombre de larves et d’insectes, surtout les pucerons des collas et des houblons. A ce point de vue, elle a été essayée plusieurs fois pour détruire le Phylloxéra, mais sans résultat. Cependant, M. Lasserre, viticulteur émérite à Puntous (Haute-Pyrénées), a annoncé ces jours-ci que « la suie de cheminée tue le phylloxéra avec la rapidité de la foudre et donne en même temps à la vigne une force de végétation extraordinaire. »
- M. Lasserre a poursuivi ses expériences pendant six années consécutives dans les vignobles de M. Begué, de Ponsan-Soubiran (Gers) en enfouissant la suie en hiver au pied de chaque souche à raison de 1,5 litre par pied de vigne. C’est à vérifier (?).
- En général, suivant la remarque de M. Menault, inspecteur général de l’agriculture, la suie n’a d’action véritablement favorable que lorsqu’elle est répandue sur des sols frais, exempts d'humidité surabondante. Si on doit l’employer sur des prairies très humides, il faut préalablement dessécher le gazon au moyen du drainage.
- D’après ce même auteur, la suie qui est près du foyer de combustion est plus fertilisante que celle de la partie supérieure des cheminées. La suie peut encore recevoir une application très utile en arboriculture fruitière. Mélangée au lait de chaux employé à badigeonner le tronc des arbres, elle contribue à rendre les arbres moins désagréables à la vue que s’ils avaient été simplement blanchis à la chaux. Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on a reconnu les bons effets de la suie, employée comme engrais, car l’abbé Rozier, dans son Cours complet d'agriculture, publié au siècle dernier, en parle dans ces termes :
- « Si un pré goûteux est rempli de mousses, de joncs et autres plantes de ce genre, inutiles et nuisibles, la suie produit un excellent effet lorsque les places en sont saupoudrées : on l’emploie également avec succès sur les trèfles dans les terrains gras; mais une main prudente doit guider son épandage. Il est à propos de la répandre à l’entrée de l’hiver, afin que les pluies de cette saison dissolvent les sels, les mélangent avec la terre, et les combinent avec les autres principes. Si l’opération est faite après l’hiver, et s’il survient une sécheresse pendant le printemps, le trèfle souffre et conlracte une odeur désagréable. Ce que je viens de dire s’applique également aux luzernes et aux sainfoins ou esparcettes. »
- A ce propos, certains auteurs ont prétendu que la suie appliquée comme engrais au pied des arbres fruitiers, notamment des espaliers, fait contracter aux fruits une amertume désagréable. Nous n’hésitons pas à dire que ce fait est absolument erroné, car, il nous est arrivé d’enterrer de la suie au pied de poiriers, et les fruits n’en étaient pas moins bons pour cela, bien au contraire.
- Enfin, notons pour terminer que la suie entre dans la composition de quelques encres typographiques; elle sert à préparer une couleur jaune appelée butane, pour la teinture des draps; c’est la suie de bois qui est utilisée.
- « La suie, lisons-nous dans le Dictionnaire des sciences médicales (A. Dechambre, M. Duval et Lereboullet), a été conseillée comme astringente, anti vermineuse, antispasmodique, emménagogue, contre le rachitisme, l’atrophie et les tubercules mésentériques, et sous forme de pommade dans le traitement des dartres, des teignes; on l’a encore
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- préconisée contre les leucorrhées et les ophthalmies1. »
- Dans les campagnes, on utilise assez souvent la suie en suspension dans l’eau tiède comme lavement contre les vers intestinaux. Albert Larbalétrier.
- LES FOUGÈRES INDIGÈNES
- Les fougères appartiennent à un monde déplantés humble et discret qui ne brille ni ne chatoie, mais qui n'en présente pas moins un charme étrange par la grâce et la délicatesse de ses contours, par la légèreté de son feuillage. Peuple déchu, qui eut son heure de gloire et de splendeur, aux premiers jours du monde, alors que, sur la terre à peine solidifiée et entourée de brumes épaisses, s’élevaient de magnifiques fougères arborescentes. Elles dominaient partout et portaient leurs frondes empennées, semblables à de grandes ailes d’oiseaux, plus haut que les arbres de forêts actuelles. Ce sont les troncs de ces fougères qui ont formé la houille et le mineur s’étonne parfois de retrouver sur le noir charbon, imprimée comme dans un livre, la reproduction de leur délicat feuillage.
- Les feuilles des fougères se nomment frondes, et un de leurs caractères c’est d’être, dans leur jeunesse, enroulées en forme de crosse. Chez les fougères composées, chacune des divisions de la fronde est, à son tour, roulée de semblable façon.
- Sur la surface inférieure de ces frondes se développent des graines ou spores très curieuses, en ce sens qu’elles ne donnent pas directement naissance à une fougère mais seulement à un prothalle, production intermédiaire qui engendrera, lui, une vraie fougère. Dans ce monde bizarre, on ne ressemble pas à son père, mais à son grand-père.
- Les frondes des fougères produisent une quantité innombrable de spores. Le professeur Lindley a compté, sur une seule fronde de scolopendre officinal, 18 millions de spores, ce qui, à raison de 5 à fi frondes par pied, donne le chiffre stupéfiant de 100 millions d’individus qui pourraient naître d’un seul pied si toutes les spores se développaient. Dans cette hypothèse, la terre serait bientôt devenue une immense fougeraie au milieu de laquelle aucune autre plante ne pourrait se développer.
- La ténuité de ces spores, jointe à leur grand nombre, explique la dissémination très étendue des fougères : on les trouve partout et sous toutes les latitudes. Elles croissent sur les rochers, sur les vieux murs, sur les troncs moussus des arbres ou au bord des cours d’eau. Le Polypodium vulgare (fig. 1) anime de sa présence les vieux troncs d’arbres, vivants ou morts.
- Les antiques toits de chaume de la Bretagne et de
- 1 Le médicament connu sous le nom de Fuligokali, qui est quelquefois encore employé contre les maladies de la peau, est composé de suie et de potasse. Sa composition est la suivante : suie 100 gr., potasse caustique 20 gr., eau distillée 2000 gr. On fait bouillir une heure, on filtre et on évapore à siccité.
- la Normandie sont parfois si complètement recouverts de polypodes qu’on a peine à imaginer une habitation humaine sous cette épaisse couche de verdure. Plusieurs espèces de fougères, désignées sous le nom générique de capillaires, décorent nos vieux murs, qu’ils soient à l’ombre ou au soleil. Ce sont : l’A.s-plenium trichomanes (fig. 2) qui tapisse si gentiment les vieilles murailles ou s’aventure jusqu’entre les pierres des puits ; Y Asplénium rut a muraria (fig. 5), la petite sauve-vieou rue des murailles, qui s’enfonce tellement dans les anfractuosités des murs que le botaniste a bien de la peine à la récolter avec ses racines complètes. Je vois d’ici un scolopendre Scolopendrium officinale (fig. 4), aux feuilles d’un si beau vert et si luisantes, qui a élu domicile entre les pierres d’un vieux pont du vieil Amiens, et que je retrouve chaque année aussi jeune et aussi frais, ayant résisté aux attaques du temps et des hommes.
- Plusieurs de ces fougères sont, d’ailleurs, constituées de façon à braver les plus fortes sécheresses. L’une d’elles, Ceterach officinarum (fig. 5), offre une force de résistance dont on rencontre peu d’exemples dans la vie des plantes. Que de fois n’ai-je pas vu scs frondes roussàtres, recroquevillées et desséchées, qui semblaient irrévocablement perdues, reprendre tout à coup la vie et la fraîcheur, s’étaler et se dresser au bout de quelques heures de pluie ! Le docteur Dau-beny, professeur à Oxford, cite un exemple frappant de cette puissance de vie chez le Ceterach. Une dame de sa connaissance a fait revivre un pied de Ceterach qu’elle avait conservé pendant deux ans dans un herbier; après quelques jours de plantation, les jeunes frondes ont repris vie et une nouvelle verdure s’est produite, puis la plante a continué à croître et à se développer.
- Une plante également bien curieuse, c’est le Poly-podium incanum ou plante de la Résurrection. Cette fougère forme, à l’état ordinaire, une élégante rosette d’un vert tendre et velouté; sous l’action de la sécheresse, elle se roule en un peloton informe n’ayant en rien l’aspect d’une plante. Dans cet état, si l’on fait plonger ses racines dans l’eau ou si seulement on l’arrose copieusement, elle s’épanouit de nouveau au bout de quelques heures.
- La fougère impériale ou fougère à l’aigle Pteris aquilina (fig. fi), que tout le monde connaît, aime les terrains siliceux et se plaît avec la bruyère. Elle élève ses frondes finement découpées à 2 mètres de hauteur, et une coupe, pratiquée dans la hase élargie du pétiole, fait voir des faisceaux ligneux dont la disposition rappelle, avec beaucoup de bonne volonté, la figure de la double aigle impériale d’Autriche. C’est une plante riche en potasse et dont la cendre a été utilisée en verrerie. Cette superbe fougère, qui envahit souvent les terrains où elle se trouve, ne se transplante pas facilement. Les bonnes gens qui vont la cueillir dans les bois, après avoir creusé profondément, croient avoir le rhizome entier alors qu’ils n’en possèdent qu’un morceau, et la fougère est fanée avant même qu’ils soient rentrés chez
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- fougères indigènes. — 1. Poli/podium vulgarc. — 2. Asplénium trichomnnrs. i. Scolopendre officinal. — 5. Cetera ch officinarum. — 6. Fougère à l’aigle. — S. Adinnfhum rnpiUus veneris !.. — 0. Fougère mâle.
- — ô. Asplénium rutn muraria. i. Ophiof/lossum rnlf/ntiini.
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- eux. Pour terminer cette nomenclature, deux fougères bien bizarres, qui ne ressemblent en rien aux précédentes et qui paraissent appartenir à une végétation antique aujourd’hui disparue : YOphioglossum vul-(jatum (tig. 7), ou langue de cerf qu’on a bien de la peine à distinguer au milieu des prés herbeux; elle a un peu l’aspect d’une spathe de pied de veau, avec sa fronde qui s’étale en forme de collerette raide ou de cornet, comme pour recevoir les spores qui s’échappent du sommet, — et le singulier Botrychium lunaria, qui, comme la précédente, émet une fronde stérile, en forme de collerette, mais ici la collerette est découpée en l’estons, comme pour un grand seigneur.
- Si les frondes des fougères offrent les formes les plus variées, il n’en est pas de même de leur coloris qui est généralement vert. 11 est vrai que cette teinte n’est pas uniforme et qu’elle présente des nuances suivant les espèces et même suivant l’àge de la plante.
- 11 en est quelques-unes dont les frondes sont d’un rose très vif lors de leur développement; plus tard, elles perdent cette couleur et deviennent vertes. D’autres otfrent des frondes multicolores ; certaines espèces d’Adianthum ont donné naissance à des variétés panachées de vert et de blanc.
- Les fougères n’ont que peu ou point de propriétés fourragères ou médicinales. Les peuples du Nord, si ingénieux à tirer parti de leurs ressources, mangent les jeunes pousses de fougères, comme on mange les asperges. En Sibérie, on emploie la racine à parfumer la bière. Chez nous, les souches engraissent bien les porcs et les feuilles tendres, mêlées à de la paille, constituent un assez bon fourrage en temps de disette. Les feuilles sèches sont employées dans le& campagnes pour la couche des enfants, et les coussins ou matelas que l’on en fait sont beaucoup plus sains que ceux de plume.
- Quant aux propriétés médicinales, elles se bornent à l’innocent sirop de capillaire que quelques bonnes femmes administrent encore dans les rhumes opiniâtres. Ce sirop est fourni par la très élégante capillaire Cheveux de Vénus, Adiantlium capillus ve-neris, aux tiges si fines et d’un si beau noir (lig. 8).
- ( )n a préconisé aussi l’emploi de la poudre de rhizome de fougère mâle contre le ver solitaire.
- La description des procédés de culture des Fougères m’entraînerait trop loin. Je rappellerai seulement en terminant que ce sont les Anglais surtout qui sont passés maîtres dans la culture de ces plantes. C'est dans ce pays qu’on rencontre ces magnitiques j fougeraies, gracieuses masses de fine verdure faisant ressortir l'éclatante couleur des fleurs auxquelles elles sont mêlées.
- Les fougères se prêtent merveilleusement à la décoration des rocailles et rien n’est plus beau qu'un rocher auquel les frondes délicates si finement découpées des Adiantlium, Cystopteris, Asplénium filixmas (fîg. 9) font un vêtement à la fois opulent et léger. V. Brandicourt.
- Secrétaire <le la Société linnéenne du .Nord de la France.
- L’INDUSTRIE DU SAVON
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- L’aphorisme de Liebig disant que la civilisation et l’aisance d’un peuple sont en raison directe de sa production de savon a été justifié, par le développement extraordinaire qu’a pris de nos jours cette industrie. Limitée d’abord à l’emploi exclusif d’alcalis carbonatés extraits des cendres de bois, elle se fit longtemps d’une façon primitive, mais lorsque la chimie industrielle fut révolutionnée par l’invention de la soude artificielle, et par l’extension de la fabrication de l’acide sulfurique, la France sut la première créer une fabrication rationnelle fondée sur les lois de la chimie. Elle y fut d’ailleurs aidée par son illustre chimiste Ehevreul, qui par des travaux remarquables détermina d’une façon nette les principes chimiques qui règlent cette fabrication. Depuis lors elle a suivi une marche ascendante due surtout à l’inlro-duction sur le marché de matières grasses autrefois inconnues des industriels, beaucoup de ces produits présentant des propriétés nouvelles, caractéristiques même, ont eu intérêt à en faire une étude raisonnée. Les conséquences de cette étude furent très heureuses : on put ainsi répondre à des besoins domestiques nouveaux, et offrir à l’industrie textile des produits qui lui devenaient d’un grand secours par leurs applications si variées.
- Les anciens savons d’acide oléique, les types delà vieille fabrication marseillaise composés d’huile d’olives, de sésame ou d’arachide ont donc perdu de leur importance, le public donnant sa faveur aux savons blancs unicolores ou blancs à marbrures; les^ savons sont obtenus à l’aide d’huiles concrètes (coco, palmiste, mowrah), qu’on fait entrer en combinaison avec les huiles de coton, d’arachide et de sésame ou de toute autre matière grasse propice.
- La fabrication s’opère en une ou deux opérations suivant la qualité de savon qu’on veut établir.
- En procédant en deux opérations, c’est-à-dire conformément aux procédés les plus usuels, on introduit dans la chaudière l'huile ou le mélange de matières grasses devant formel* la base du savon (huile coton blanche, huile arachide, huile sésame; suif d’os, suif de bœuf, saindoux), soit 1000 kilogrammes; on*ajoute 1000 à 1200 kilogrammes d’eau, on commence le chauffage et on y verse peu à peu, en modérant la chaleur, la lessive formée de 400 à 450 kilogrammes de solution soude carbonatée à 20° B. et de 1000 à 1100 kilogrammes lessive soude caustique à 25° B. La saponification s’opère parfois très vite ; en d’autres circonstances elle nécessite une attention très soutenue. D’ailleurs le réglage final de quantité de lessive absolument nécessaire est une opération trop délicate, et en général elle présente un côté économique trop intéressant pour les savonniers pour qu’elle soit confiée au premier venu. Le savon réglé on en laisse continuer la cuisson aussi longtemps que nécessaire, on passe ainsi par l’opération de la clarification, mais sans y attacher l’importance des anciens, et quand le savon est bien cuit on procède à son affinage. On charge le savon d’une quantité complémentaire de lessive caustique, on pousse activement le feu de façon que la lessive soit sans cesse rejetée au-dessus et on continue de chauffer jusqu’à ce qu’il se forme un savon d’aspect granulé. A ce moment on arrête le feu, on laisse reposer la pâte jusqu’au lendemain afin que les matières étrangères puissent se déposer. On enlève alors la lessive d’affinage et on la remplace par une quantité équivalente d’eau chaude. A ce moment intervient la seconde phase de l’opération qui consiste à
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- former dans la masse du savon neutre déjà existant un savon complémentaire qui sera composé d’huiles concrètes d’où dépendront des qualités nouvelles dans le produit final. L’huile de coprah, de palmiste ou de mowrah sont prises en mélange ou chacune séparément et dans la proportion de 50 à 50 pour 100 du poids de la matière grasse du premier savon formé. Le feu étant remis sous la chaudière on y verse les quantités de lessives caustiques et non caustiques nécessaires à l’huile concrète employée, on chauffe modérément et lorsque toute la masse monte au bouillon on la règle finalement avec la proportion normale de solution saline. On cuit à point, on arrête le feu, on couvre la chaudière et le lendemain, après avoir enlevé le dessus de mousse qui s’est formé, on tire le savon dans des mises où il se solidifie afin de pouvoir être débité pour la vente. Nous avons constitué ainsi un savon type; il va sans dire qu’il peut être modifié de diverses façons suivant le goût de l’acheteur. L’huile de palme jaune ou blanchie pourrait très bien prendre la place de l’huile de coprah, donnant ainsi un produit ou jaune ou crème et d’odeur très agréable. La colophane également pourrait être reliée au savon initial et le savon ainsi constitué présenterait des avantages tout particuliers employé en présence des eaux calcaires.
- Notre savon (t type » aura d’excellentes qualités, mais il ne répond plus aux types de la « vieille fabrication marseillaise. Nous pouvons lui en donner l’apparence tout en lui conservant ses qualités nouvelles, qualités que ne possédaient pas les anciens savons. Considérons donc notre produit au moment où nous venons de le terminer, et au lieu d’arrêter le feu, comme il a été dit, faisons entrer dans la masse, et peu à peu, la quantité de solution de sel marin suffisante pour faire surnager le savon sur lessive, continuons le bouillon à feu très modéré durant quelques heures et alors laissons reposer le tout en couvrant bien la chaudière. Au bout de quarante-huit heures nous aurons obtenu une masse entièrement séparée de ses impuretés et de « toute sa glycérine », la proportion d’eau sera réduite au minimum et le savon ainsi formé sera (( un savon normal », ce que les Marseillais appellent du 72 pour 100, c’est-à-dire un savon contenant de 60 à 64 pour 100 d’acides gras, 6 à 7 pour 100 d’alcali et 50 à 54 d’eau. Un simple « mouillage fait d’une façon habile en cours de fabrication permettra d’établir ce qu’à Marseille et à Paris on nomme le 60 pour 100, c’est-à-dire ces nombreux savons de provenances diverses qui sont aujourd’hui d’une vente si courante.
- Le savon normal peut très bien s’assimiler les produits chimiques (sulfure de fer, sulfate de fer, sulfate de cuivre, ocre, etc.) susceptibles d’y déterminer les marbrures, mais ces marbrures sont aujourd’hui produites dans les savons réalisés en une seule opération.
- C’est à ces savons de saponification directe, appelés à tort (( mi-cuits », que les huiles de coco, de palmiste, de cochin, de palme, ont dù leur immense vogue et qu’ils devront surtout le succès croissant de leurs emplois dans l’avenir.
- Les savonniers qui avaient essayé les premiers ces huiles, remarquèrent que la proportion d’eau nécessaire à la combinaison de leurs acides gras était plus considérable que pour les huiles végétales. En principe il devient donc possible d’augmenter le rendement d’un savon donné sans le frauder. Bien entendu, si cette constatation renversait les opinions qu'on s’était faites sur les savons et d’après les savons « liquidés », elle ouvrit la porte à la fabrication des savons de grands, de très grands
- rendements. Quoi qu’il en soit,'les qualités absorbantes des huiles concrètes ont rendu, dans certains cas, des services trop incontestables pour n’être pas devenues l’objet d’études suivies très intéressantes, et nous devons en somme nous féliciter des modifications survenues dans les procédés de fabrication. Toute matière grasse de bonne qualité peut servir à la production des savons obtenus en une opération, mais on choisit de préférence les blanches et celles ne possédant par une forte odeur.
- Ainsi prenons un type de savon Eschweg : 1000 kg de corps gras (suif d’os et huiles Coprah ou suif-saindoux et huiles concrètes) sont combinés dans une chaudière avec 1200 kg de lessive de soude caustique à 25°; 550 eau; 500 kg de solution de carbonate de potasse à 20° B., et 200 kg de solution de carbonate de soude à 22° B. On chauffe à feu modéré pour obtenir une masse homogène.
- Les proportions de lessives ci-dessus indiquées sont évidemment trop fortes par rapport au quantum des corps gras employés. Mais quand on considère qu’il s’agit d’introduire dans le savon caustique formé une quantité de 500 kg de silicate de soude à 54° B., qu’il est possible d’ajouter ensuite de 500 à 600 kg de solutions salines, mélange de chlorure de potassium et de chlorure de sodium, on comprend le rendement élevé auquel atteignent certaines fabrications modernes. Le savon ci-dessus, quoique légèrement caustique, est cependant un bon savon tout élevé que soit son rendement. Autrefois, on l’aurait appelé un savon fraudé; en prenant ce terme de fraude trop à la lettre, on pourrait se faire de fausses idées sur la nature et les qualités des savons qui sont fabriqués en grand à l’étranger, qui ont des écoulements réguliers et qui ont été très’ longtemps ignorés en France.
- La méthode de la saponification directe a encore permis d’établir des combinaisons de corps gras de toutes natures avec des colophanes et en présence des huiles concrètes. Ces produits font partie de la catégorie des savons dits « chargés», car outre une addition de silicate de soude, ils contiennent souvent des matières minérales, des talcs ou des terres. Ne le cachons pas, de semblables produits ont assuré à notre industrie nationale, à celle si connue de Marseille surtout, une source continue de bénéfices importants.
- Il est aisé de comprendre que les procédés de saponification directe ont permis de varier le pourcentage en eau et en lessives pour un corps gras donné, et on a créé ainsi d’excellents savons intermédiaires entre les savons liquidés et les savons dits chargés. Nous répétons que les qualités de ces produits sont au moins égales à celles des anciens savons qui ont si légitimement établi la bonne réputation de notre pays. Un bon savon de cette sorte et qui montre que la France peut aussi exceller dans cette fabrication, s’établit ainsi qu’il suit : 475 kg d’huile coco; 250 kg d’huile palmiste ; 140 kg huile végétale, sont fondus ensemble et combinés avec 1100 kg de lessive de soude caustique à 20° B. et environ 250 kg de lessives carbonatées (potasse et soude). Au fur et à mesure que la saponification s’opère, on ajoutera la quantité d’eau chaude nécessaire.
- La pâte devenue transparente, on réglera le savon avec la quantité normale de solution de sel marin à 18°; on cuit jusqu’à obtention d’une pâte ferme. Ce produit, tel que nous venons de le définir, sera excellent pour les usages domestiques et industriels. A. Hoffmann.
- Chimiste manufacturier
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- LA NATURE.
- APPAREIL AVERTISSEUR
- poi:r couvrir la voie
- Les nombreux accidents de chemins de fer survenus dans ces temps derniers ont appelé de nouveau l’attention sur les appareils propres à couvrir les trains que des circonstances imprévues immobilisent sur la voie. L’emploi des signaux sonores n’est pas toujours suffisant; on objecte que souvent le temps a manqué pour placer les pétards le long de la voie à distance suffisante pour que le signal fût efficace. Luis, un signal sonore ne laisse pas de traces et l’on manque de base de discussion quand il s’agit, après un accident, d’établir les responsabilités.
- Aussi a-t-on cherché à combiner des appareils automoteurs qui pussent prévenir le mécanicien que la voie est encombrée et en même temps laisser une trace de l’avertissement réglementaire. On en a imaginé un certain nombre.
- Presque tous sont fondés sur un principe simple.
- On dispose des butoirs sur les rails. La locomotive porte une tringle pendante.
- Celle-ci heurte les butoirs ; le choc déplace un bras de levier qui actionne une sonnerie, ferme le levier de marche et fait fonctionner les freins. Ce système fonctionne depuis des années sur une partie des chemins de fer de l’État français.
- Un système très analogue vient encore d’être expérimenté en Allemagne avec succès. Le Journal Cen-tralblatt (1er Bauverwaltung en donne la description.
- Comme le montre la figure ci-jointe (n° 1 ), la locomotive porte en avant un levier articulé AB, dont le bras B est recourbé en avant. Le bras A est relié d’une part à un robinet R placé sur la conduite du frein à air et d’autre part au sifflet d’alarme par la tige S.
- Sur le rail est fixée (n° 2) une pièce 1) en forme de boucle, maintenue sur le patin à l’aide d'un crochet G. Une corde E passe encore sur la boucle Det la retient fixe, en venant s’attacher sous le rail.
- Lorsque cet appareil a été placé sur la voie, le crochet B (n° 2) de la locomotive vient buter contre la boucle D ; il en résulte que le sifflet d’alarme fonctionne aussitôt, ainsi que le frein.
- Cette combinaison rappelle de très près celle que l’on a mise en service en France. Nous lui reproche-
- rons cependant d’utiliser un butoir encore difficile à mettre en place rapidement. Et, dans certains cas, les secondes ont une valeur inappréciable. Un express fait jusqu’à 28 mètres par seconde. Et en une minute il parcourt souvent jusqu’à 1680 mètres, près de 2 kilomètres. Il faudrait donc pouvoir se porter rapidement à au moins 150 mètres et avoir encore le temps de poser les butoirs.il serait mieux, malgré la dépense, d’avoir des butoirs tous les 150 à 200 mètres tout posés et renversés, de façon en cas de danger de n’avoir plus qu’à les relever séance tenante. 11 est à souhaiter que l’on poursuive les recherches dans cette direction. J. L.
- LE CANON DE CAMPAGNE DES R0ERS
- L’artillerie de campagne des Roers est composée,
- pour la plus grande partie, des canons à tir rapide de 75 millimètres du Creu-sot, modèle 18 95.
- Ces bouches à feu furent acquises par la République Sud-Africaine dans le courant de l’année 18 96 à la suite d’essais des plus satisfaisants exécutés sous la direction d’une commission d’officiers d’artillerie déléguée au Creu-sot par le gouvernement français sur la demande de celui du Transvaal. Les renseignements qui suivent sont extraits des documents officiels «qui furent publiés à la suite de ces expériences dans la Revue (Vartillerie de mars 1897.
- La bouche à feu est exactement du calibre de 75 millimètres. Elle est en acier forgé et trempé. Sa longueur totale est de 2m,47, son poids de 550 kilogrammes. Trois éléments composent le corps du canon : un tube dans lequel la culasse est fixée, un manchon recouvrant le tube sur une longueur de lm,10, une frette de volée. L’àme présente 24 rayures à pas variable avec une inclinaison finale de 8°.
- Le système de fermeture de culasse est à vis à filets interrompus; celle-ci présente quatre secteurs, deux filetés et deux évidés, de telle sorte qu’elle s’ouvre ou se ferme par une rotation d’un quart de tour. Le mécanisme est du système Schneider, breveté en 1895, et se caractérise par cet avantage que l’ouverture et la fermeture sont produites par un simple mouvement d’un levier horizontal de droite à gau-
- Appareil avertisseur pour couvrir la voie.
- 1. Dispositif «le la locomotive. — 2. Détail du butoir d’arrêt.
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- cho ou de gauche à droite. La mise de l'eu est obtenue Un système de sûreté ne permet de faire partir le par un appareil à percussion avec armé automatique. coup que lorsque la culasse est complètement fermée.
- Fig. 1. — Canon de campagne de 7o“/m à tir rapide du.Creusot.
- Vue de la pièce, une roue enlevée.
- L’affût est à frein hydraulique et à récupérateur à ressort; il est pourvu d'une bêche, placée sous la flèche, à égale distance de la crosse et de l’essieu et du modèle que le général Engeihardt a lait adopter pour l’artillerie russe. Pendant les transports, celte bêche est reliée et accrochée à la flèche. L’atlùt est également muni d’un frein de route qui ne doit être employé dans le tir que lorsque la nature du sol empêche qu’il soit fait usage de la bêche.
- La pièce est dans un berceau en bronze qui porte les cylindres de frein et les diverses autres pièces d’attache pour le récupératéur et les appareils de pointage.
- Le frein hydraulique est constitué par deux cylin-
- dres placés latéralement et à hauteur de l’axe de la pièce.
- L’essieu offre celte particularité de présenter en son milieu un large évi-
- Fig. 3. — Culasse ouverte.
- dement, dans lequel sont logés le berceau et la pièce; il porte deux tourillons à vis autour desquels se pro-
- - o^tëS.
- 4. — Empreintes de treize projectiles sur un panneau à 120 mètres.
- duitle pivotement nécessaire pour le pointage latéral. Cette disposition de la bouche à feu par rapport à
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- l’essieu a pour effet de diminuer considérablement les soubresauts que le tir tendrait à produire.
- Le pointage en hauteur s'effectue par la rotation de l’essieu dans les roues de l’affût au moyen d’une manivelle qui commande par vis sans fin et pignon un secteur denté du berceau.
- Le pointage en direction s’exécute à l’aide d’un levier de crosse, mais il existe sur l’essieu deux petits guidons formant ligne de mire qui permettent de ramener l’affût dans la direction du but aussitôt le coup tiré ; le pointeur n’a plus qu’à donner à la pièce un petit déplacement latéral par rapport à l’affût, ce qui s’obtient à l’aide d'un volant permettant de faire pivoter la pièce de 2 degrés de part et d'autre.
- La ligne de mire est formée par une hausse et un guidon disposés sur le côté droit du berceau. La hausse permet de procéder au pointage pendant le chargement ; elle porte un petit niveau oscillant afin de pouvoir repérer le pointage en hauteur lors du tir rapide.
- Le poids de l’affût sans roues est de 520 kg et avec roues de 670.
- Les munitions sont constituées par des cartouches renfermant charge et projectile, et dont le poids total est de 8^,700. La poudre employée est celle sans fumée désignée par les lettres B, N ; le poids de la charge est de 0ks,800. Les projectiles sont de trois sortes : obus ordinaire, obus à mitraille, et boite à mitraille ; le poids est le même pour tous, soit 6k«’,500. L’obus à mitraille contient 254 balles de lOs1',! et une charge explosible de 90 grammes.
- La bouche à feu étant susceptible d’être pointée sous l’angle maximum de 20 degrés et la vitesse initiale étant de 560 mètres, les projectiles peuvent être envoyés à une distance de 8000 mètres.
- Le personnel nécessaire au service de la pièce est de six hommes : un pointeur, un servant de culasse, un servant de levier de pointage, deux pourvoyeurs et un artificier chargé du réglage de la fusée. La rapidité du tir peut facilement être portée à 10 coups à la minute.
- La justesse de la bouche à feu est des plus remarquables. Lors des essais de réception, on exécuta, entre autres, le tir suivant : un coup de réglage, une première salve de six coups en 42 secondes, une seconde salve de six coups en 46 secondes. Les projectiles dirigés sur le cercle noir d’un panneau disposé à 120 mètres donnèrent le groupement de la figure 4.
- Le rectangle comprenant les 15 empreintes avait 465 millimètres de largeur sur 550 de hauteur.
- L’avant-train de pièce et celui de caisson sont identiques; ils portent un coffre contenant 56 cartouches et sur lequel quatre servants peuvent prendre place.
- L’arrière-train de caisson a deux coffres semblables à celui d’avant-train.
- Le poids total de la pièce et de l’avant-train chargé est de 1724 kg; celui du caisson de 1969. On peut atteler à 4 ou à 6 chevaux. IA-colonel Delauney.
- CHRONIQUE
- I.e fil au celluloïd. — Malgré les progrès réalisés en matière d’asepsie opératoire, Je matériel de suture employé en chirurgie reste souvent imparfaitement stérilisé, ce qui donne lieu à des accidents plus ou moins fâcheux. Or, suivant M. le l)r K. Schlutius (de Krefeld), il serait facile d’y remédier en se servant de fil au celluloïd qu’on prépare de la manière suivante : on prend du iil gris anglais de première qualité et, après l’avoir fait bouillir dans une solution de soude à 1 pour 100 pour le dégraisser et le désinfecter, on le lave, on l’enveloppe dans des linges stérilisés et on le fait sécher dans une étuve. On l’imprègne ensuite d’une solution de celluloïd et, enfin, on le lisse et on le stérilise d'abord au moyen de la vapeur humide, puis par l’air chaud. Le fil ainsi préparé est à la fois élastique et plus résistant que la soie; sa surface, lisse et brillante, n’est attaquée ni par l’alcool ni par l’eau. Il est d’un maniement facile et peut servir à former des nœuds solides. D’autre pari, comme il ne se laisse pas imbiber par les liquides de l’économie, il offre encore l’avantage de pouvoir être abandonné sans inconvénient dans la profondeur des tissus.
- Les canaux des grands lacs au Canada. —
- Poursuivant leur politique, tendant à créer une voie de navigation intérieure exclusivement canadienne qui permît de remonter aisément de l’embouchure du Saint-Laurent au point le plus éloigné des Grands Lacs, sans quitter le territoire du Dominion, les Canadiens viennent de mettre la dernière main au canal dit de Saulanges. Cet ouvrage n’a pas coûté moins de 5 250 000 dollars, et maintenant des navires tirant 4,20 mètres peuvent remonter sans difficulté de Québec jusqu’au fond du Lac supérieur, c’est-à-dire franchir une distance de plus de 2305 kilomètres. La série des canaux qu’il a fallu ouvrir dans ce but a entraîné une dépense de plus de 575 millions de francs !
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 mars 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- La symétrie tétraédrique du globe terrestre. — Dans la séance du 19 février, M. Marcel Bertrand avait exposé une théorie d’après laquelle la Terre serait formée par deux tétraèdres se pénétrant par la base. Par l’étude de l’emplacement, aux différentes époques des phénomènes volcaniques et orogéniques, il était conduit à admettre un mouvement de rotation de ces tétraèdres et par suite un déplacement des pôles1. M. de Lapparent présente aujourd’hui quelques observations au sujet de cette théorie séduisante, mais qu’il juge un peu prématuiée. Par suite du refroidissement continuel du globe, l’écorce terrestre a dû se plisser pour occuper la plus grande surface possible autour du noyau central dont le volume se réduisait de plus en plus. Or un double tétraèdre n’obéit pas à ce principe de la moindre action, tandis que le tétraèdre unique, imaginé par Loxvthian Green, réalise seul ces conditions et rend compte, en même temps, des particularités de la surface terrestre. De plus, ce tétraèdre n’a subi aucune rotation comme le prouvent : 1° l’existence de trois régions (Canada, Baltique, Sibérie orientale) qui, depuis les temps les plus reculés (époque cambrienne), n’ont subi aucun déplacement; 2° la superposition de chaînes de montagnes
- 1 Yoy. n° 1396, du 24 février 1900, p. 214.
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- récentes sur les plus anciennes chaînes connues dans le centre de l’Allemagne. En outre, des laits d’importance capitale ont été négligés : la ligne volcanique des Sandwich, la plus active de toute la Terre, a été placée sur une arête inactive. Pour M. Marcel Bertrand, il y a bien eu un déplacement : le tétraèdre de l’époque tertiaire, obtenu par M. Michel-Lévy en étudiant la répartition des roches volcaniques, ne se superpose pas à celui de l'époque actuelle, défini par Lowthian Green. M. Michel-Lévy admet un déplacement, mais il le croit assez faible. 11 insiste sur les coïncidences que l’on peut constater en superposant le réseau tétraédrique qu’il a établi et les rivages des anciennes mers restaurées par M. de happaient dans la dernière édition de son magnifique a Traité de géologie ». M. Marcel Bertrand maintient intégralement sa théorie qui résulte de l’étude de faits positifs et d’age rigoureusement déterminé.
- Fourü tempérai are constante. — M. Armand Gautier présente un four à gaz qui, entre 200° et 14(10°, permet de maintenir la température constante. Des brûleurs Bunsen débouchent obliquement dans une sole en terre réfractaire et entourent complètement, un tube de fer servant de moutle.
- Action du fluor sur le manganèse. — M. Moissan, en faisant agir le fluor sur l’iodure de manganèse, a obtenu le perlluorure de manganèse. Ce perlluorure permet d’obtenir les fluorures des métalloïdes (silicium, bore) en agissant sur les chlorures correspondants.
- Action de la traction sur les tiges des plantes en voie de croissance. — M. Thouvenin constate, d’après la Note présentée par M. G. Bonnier, que la résistance de ces tiges diminue par suite de la réduction du nombre des fibres et des tissus de soutien.
- Influence du su 'et sur le greffon. — Dans une Note communiquée parM. G. Bonnier, M. Daniel a constaté une influence marquée du sujet sur les produits du grelfon. C’est ainsi qu’en opérant avec le haricot noir et le haricot de Soissons, il a pu obtenir le haricot d’Espagne.
- Causes des maladies de la grossesse. — MM. Charrin et Guillemonat montrent que, pendant la gestation, les tissus consommant peu de sucre, le glycogène s’accumule et détermine un fonctionnement irrégulier du foie. Cette irrégularité explique les troubles divers (diabète, obésité, coliques hépatiques, etc.) si souvent constatés pendant cette période.
- Les rayons du radium. — M. et Mme Curie ont montré que les rayons du radium sont identiques aux rayons cathodiques : ils chargent négativement les corps qu’ils frappent; ils ont fait la contre-épreuve et démontré que le radium se chargeait en même temps d’électricité positive.
- Gisement de grands Reptiles secondaires.— M.Depéret signale la découverte d’importants gisements de Reptiles secondaires aux environs de Saint-Chinian, au pied de la Montagne Noire. Les ossements se trouvent dans des grès connus depuis longtemps sous le nom de grès à Reptiles et surtout dans des argiles rutilantes qui se poursuivent sur plus de 25 kilomètres de longueur. Parmi ces gigantesques Reptiles, de l’ordre éteint des Rinosauriens, M. Depéret signale une espèce dont le fémur atteignait près d’un mètre de longueur.
- A l’issue de la séance l’Académie se réunit en comité secret pour choisir deux associés étrangers. J. Giraud.
- LE CHEVAL ET LES CHIENS DE STECKEL
- AU NOUVEAU-CIRQUE
- Le dressage des bêtes pour les « jeux du cirque » remonte, je crois avoir déjà eu l'occasion de le dire ici, aux temps les plus anciens de l’antiquité; mais il se perfectionne néanmoins tous les jours, surtout depuis que les dresseurs sont devenus, au point de, vue des appointements qu’ils demandent, aussi exigeants que les ténors.
- Les montreurs d’animaux savants, même ceux du commencement de ce siècle, s'ils revenaient sur terre, seraient émerveillés des « ponts d’or » que font les directeurs à certains numéros sensationnels. Il est vrai de dire qu’en matière théâtrale ou scénique, la proportion est la même, et que Ilachel, notre grande tragédienne, n’a jamais certainement touché dans toute sa carrière de cachets semblables à ceux que !\llle Yvette Cuilbert, ou même M. Polin, touchent en Lan de grâce 1900.
- En fait de dressage d’animaux, lorsqu’un numéro inédit et nouveau est signalé par un imprésario, c’est à qui, parmi les directeurs, lui offrira la plus forte somme; et cependant je connais un certain nombre de ces artistes qui, jusqu’à présent, se sont refusés à monter sur la scène des .music-halls, préférant la vieille piste des cirques. Du reste, en général, beaucoup de numéros, et ceux de dressage d’animaux d’une certaine taille, entre autres, portent mieux sur la piste d’un cirque que sur la scène des Folies-Bergère, de l’Olympia ou du Casino de Paris.
- Un exemple : en ce moment à Paris, il y a deux artistes dresseurs, un homme, J. S teckel, et une femme, Milycappel, qui, l'un au Nouveau-Cirque, et l’autre à l’Olympia, présentent le même travail : combinaison du dressage d’un cheval avec des chiens. J'avoue que le « numéro » du Nouveau-Cirque est plus lini comme dressage, que les chiens, uniformes de race, de taille et de robe, sont plus gracieux ; mais — le mérite serait-il égal — l'elfet produit sur la piste est beaucoup plus grand.
- Lorsqu’on veut faire travailler ensemble plusieurs animaux de races dilférentes, le dressage est certainement plus délicat, plus difficultueux, et exige une plus longue préparation. Tout dresseur, quel qu’il soit, commence par devenir l’ami ou le maître de l’animal qu’il doit présenter en public ; dans le dressage simultané de plusieurs animaux d’espèces dilférentes, il faut habituer les animaux à vivre ensemble, pour plus tard travailler ensemble.
- Voici par exemple Steckel qui présente, au Nouveau-Cirque de la rue Saint-Honoré, quatre chiens et un cheval; son premier travail a été d’habituer les chiens à leur compagnon de dressage : le cheval.
- Un mot d’abord sur le dresseur : Steckel est un des derniers représentants des dresseurs vieux style, qui endossent encore l’hûbit bleu à la française, portent le pantalon gris à sous-pieds en drap de
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- même couleur, [tour venir présenter leurs sujets au public.
- Le dresseur moderne entile volontiers le pantalon boutîant du clown, ou la culotte courte en soie noire de Kam-Hill. Steckel ne fut pas toujours dresseur de chiens ; les vieux habitués du Cirque d’Été l’ont bien connu. 11 fut d’abord écuyer debout sans selle, puis écuyer de haute école après avoir reçu les leçons de Baucher. C’était vers 1865-1868, alors que les écuyers de haute école étaient des numéros que se disputaient les directeurs de cirque. Et malgré l’àge qui commence à venir, le brave Steckel monte encore chaque jour à cheval, et dans le cirque où il est en représentations, s’il y a un animal difficile à monter, c’est souvent à lui qu’on en confie le dres-
- sage\
- Puis Steckel — vrai type d’homme de cirque, qui ne peut vivre sans « travailler dans les chevaux », selon son expression — présenta des chevaux en liberté et eut l’idée u il jour d’un dressage simultané du cheval avec des chiens. Que font ses chiens?
- (Jh! mon Dieu, un « air de manège »; en pourrait-il être autrement? Et cet air de manège est la serpentine, non point la serpentine simple tout autour de la piste, mais la serpentine entre les jambes du cheval pendant que celui-ci fait régulièrement le tour de la piste.
- Les chiens de Steckel — ils sont quatre : trois « serpentinent », l'un entre les jambes de devant du cheval, l’autre entre les jambes de derrière, le troisième entre les jambes du dresseur, et le quatrième surveille les mouvements, monté sur le dos du cheval — appartiennent à la même race ; ce sont des braques d’arrêt de Suède (Steckel ayant pendant plusieurs années travaillé en Suède) croisés avec des dalmatiens; l’un d’eux même semble être un pur dalmatien.
- Pour obtenir un pareil résultat, cela a demandé à Steckel deux ans de dressage : tout d’abord pour trouver quatre chiens marchant avec ensemble, il lui a fallu en essayer dix-huit. Parfois un chien semblait devoir donner des espérances, et lorsque le cheval lui montait sur la patte, c’était fini, il ne voulait plus travailler; car il ne faut pas croire, comme ont dit certains auteurs de gros ouvrages sur le dressage des animaux, que l’on puisse obtenir tout d’un animal avec des coups et le collier |
- de force. Les chiens, surtout, intelligents et raisonneurs, arrivent très vite à se buter, et la cravache est inutile; un bon résultat s’obtient mieux par la douceur et les friandises.
- Comment Steckel a-t-il réussi son dressage? Ayant choisi, parmi ses dix-huit chiens, trois animaux dociles et intelligents, il a commencé par les habituer à passer entre ses propres jambes. Certes, il les a laissé jeûner parfois, et lorsque les bêtes sentaient le besoin de manger, il les « travaillait », et voici comme : au bout d’une ficelle, il attachait un morceau de viande (une remarque en passant : Steckel, qui connaît bien les chiens et sait les élever, les nourrit presque exclusivement à la viande), et tout en marchant lui-même à grands pas, il passait entre ses jambes la ficelle tentatrice que le chien suivait à la piste. Voilà le premier dressage; une fois l’animal habitué à suivre la ficelle entre les jambes de l’homme, Steckel fit marcher autour de la piste classique
- (15 mètres de diamètre) un cheval au pas lent, cadencé et régulier, et fit passer la « ficelle à viande » entre les jambes du cheval, les chiens suivirent la ficelle. Au bout de longues et longues semaines de cet exercice, répété plusieurs fois par jour et à la même heure, les chiens n’eurent plus besoin de viande au bout de la ficelle, puis plus besoin de ficelle; le tour était joué, le dressage était fait. Et voilà tout le secret!
- Steckel a présenté son numéro un peu partout, en Suède et Norwègc, en Italie ; il a suivi la fortune du cirque Lenka pendant plusieurs mois. Aujourd’hui le voilà au Nouveau-Cirque, c’est sa consécration; demain l’Amérique, l’Angleterre s’arracheront l’habile dresseur qui sera toujours aussi applaudi que lorsqu’il présentait des chevaux dressés en haute école.
- A mon point de vue, ce « numéro » qui paraît simple au premier abord, mais qui exige beaucoup de doigté et de patience, est le prototype du « numéro de cirque », car il réunit le cheval et les chiens, bêtes de cirque par excellence, et il exige de la part de celui qui le présente, une habileté très grande, et un sentiment parfait de l’ « attraction » qui porte. Paul Mégxix.
- Le Gérant : I’. JIassox.
- Paris. — Imprimerie Luuni:, rue (le Flourus, 9.
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- S* 1399. - 17 MARS 1900.
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- MACHINES A VAPEUR DE 3000 CHEVAUX
- Des machines à vapeur de 5000 chevaux ont été installées, dans le courant de 1899, dans une nouvelle
- station centrale électrique que la Société des usines de Berlin a établie à Luisenstrasse. Ces machines, au nombre de trois, sont remarquables par leur puissance élevée et par les diverses dispositions qu’elles
- Machine à vapeur de 5000 chevaux de la stalion centrale électrique de Luiftmstrasse, à Berlin.
- présentent. Elles sont verticales, à triple expansion et à quatre cylindres et actionnent chacune deux dynamos montées à droite et à gauche sur le prolongement de l’arbre. Elles ont été construites par la maison Sulzer frères, de Wintherthur. Le journal Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure eu a donné une description complète. Les deux cylindres 28e année. — 1er semestre.
- à basse pression ont lm,550 de diamètre et sont placés à la partie inférieure à côté l’un de l’autre: ils actionnent chacun une manivelle de l’arbre moteur, et les deux manivelles sont calées à 90° l’une de l’autre. Le cylindre à moyenne pression a un diamètre de lm,250, et le cylindre à haute pression un diamètre de 0m,865. Ils sont fixés sur les deux autres
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- cylindres et ont des tiges communes ; ils sont supportés par trois colonnes en fer fixées aux parois des cylindres à basse pression. La course de tous les pistons est de lm,50. On a laissé entre les cylindres inférieurs et supérieurs une distance de lm,20 pour permettre la sortie des pistons des cylindres inférieurs. Le bâti comprend une plaque de fondation qui porte les coussinets de l’arbre. Deux montants en fonte, placés à l’arrière, supportent chacun un groupe de cylindres et les glissières. L’arbre moteur a 0m,44 de diamètre; il est en deux parties qui sont réunies par des brides boulonnées; chacune des parties porte un volant de C mètres de diamètre. Les prolongements de l’arbre reposent sur des paliers que l’on peut régler dans trois directions. La distribution se fait à tous les cylindres par des soupapes équilibrées à quatre sièges coniques étroits et placés directement sur les fonds des cylindres. Ces soupapes sont commandées par des excentriques calés sur un arbre de distribution. L’admission au cylindre à haute pression est obtenue par un déclic Sulzer. La vapeur en sortant de chaque cylindre passe dans son enveloppe; car les cylindres ont tous des enveloppes de vapeur sauf le cylindre à haute pression, pour lequel on doit employer la vapeur surchauffée. L’arbre de distribution est commandé par un arbre vertical qui porte le régulateur et qui est mis en mouvement lui-même par l’arbre moteur à l’aide d’engrenages hélicoïdaux. Le mécanicien se tient sur une plate-forme à la hauteur de l’arbre de distribution et peut de là effectuer toutes les manoeuvres.
- A la vitesse angulaire normale de 85 tours par minute et avec une pression d'admission de 12 atmosphères, cette machine peut fournir des puissances de 1740, 2270, 2800, 5550 et 5800 chevaux pour des admissions au petit cylindre respectives de 0,11, 0,18, 0,25, 0,55 et 0,50.
- Chaque machine à vapeur commande directement deux dynamos à courants continus, à 16 pôles, construites par 1’ « AllgemeineElektricitats Gesellschaft », d'une puissance normale de 1000 kilowatts à une différence de potentiel normale de 250 à 280 volts.
- J. Laffargl'e.
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- LES NOUVELLES
- APPLICATIONS DE LA CELLULOSE
- Par les transformations que la chimie actuelle lui fait de jour en jour subir, la cellulose constitue un terrain de recherches de plus en plus fertile et vaste, et les emplois auxquels elle parvient sont aussi multiples qu’imprévus.
- Que l’on prenne, par exemple, une bûche de sapin ou d’un bois tendre quelconque et que, par une suite assez rapide d’opérations, on en fasse soit des objets solides de toutes formes simulant l’écaille, l’ivoire, la corne ou l’ébonite, soit un explosif violent, soit une soie artificielle plus brillante que la vraie, soit des feuilles flexibles presque aussi transparentes que le verre, soit de la peinture enfin très adhésive et de toute nuance, et de ce morceau de sapin on aura véritablement tiré plus qu’il ne paraissait promettre.
- Ces résultats sont si divers et si distants de la forme primitive, que les chemins pour y parvenir peuvent sembler particulièrement difficiles; il n’en est rien cependant, car la cellulose suit en général assez bien les prévisions que peut suggérer la nature de sa molécule chimique, et certaines de ses propriétés, comme par exemple ses réactions d’alcool, ont été des guides pour en découvrir d’autres.
- Tout le monde connaît depuis longtemps déjà quelques-unes — et non les moindres — des combinaisons de la cellulose; tels les nitrates, qui sous forme de coton-poudre, de collodion, de celluloïd, etc., ont reçu, en de nombreuses industries, des applications importantes. Mais tout le motide connaît aussi leur défaut générique, qui est, avec leur prix assez élevé, leur excessive combustibi ité.
- Dans ces dernières années, des composés nouveaux ont été trouvés, qui paraissent de plus en plus se rapprocher de la substance-type à laquelle on vise, et qui serait en quelque sorte un celluloïd ininflammable et peu coûteux. Parmi ces produits d’avenir, on peut citer le télracétale de cellulose, qui présente encore, comme les nitrates, l’inconvénient d’exiger des dissolvants chers, et le xanthate de cellulose, qui, lui, s’il a des qualités, par certains côtés moindres, se dissout au moins tout simplement dans l’eau.
- Ce xanthate, qui est l’une des plus récentes dérivations de la cellulose, et qu’il faut plus exactement dénommer : sel de soude de l’acide eellulose-xanlhogénique, est à la fois remarquable par les multiples applications pratiques dont il est susceptible, et par le bas prix au |uel on peut l’obtenir. 11 a été découvert par deux chimistes anglais, MM. Cross et Bevan, en 1892, et depuis lors de nombreuses industries ont cherché et ont réussi à tirer parti de ses propriétés toutes particulières.
- 11 est le produit de la combinaison de la cellulose avec la soude caustique et le bisulfure de carbone. Sa préparation est simple, et simple aussi le matériel qu’elle nécessite. Une meule à chocolat triture d’abord ensemble la cellulose réduite en fibres courtes et légèrement humide, avec une lessive de soude que l’on verse peu à peu sur elle. Au bout d’une demi-heure, il en est résulté un gonflement des cellules, qui est la mercérisation; et si, dans un tonneau fermé, on met pendant trois ou quatre heures en présence Valcali-cellulose ainsi obtenue avec un peu de sulfure de carbone, il se formera le xanthate, que l’on n’a plus qu’à dissoudre dans l’eau.
- 11 se présente alors sous l'aspect d’une colle plus ou moins épaisse selon la teneur en cellulose dissoute, et assez fortement colorée par les sulfures alcalins qu’elle renferme. Cette coloration, qui peut d’ailleurs être grandement atténuée par l’addition de certaines substances, n’est un inconvénient que pour un nombre très limité d’emplois possibles; elle ne gêne guère, en général.
- Cette solution aqueuse, appelée viscose par les inventeurs, si étendue qu’elle soit, possède une propriété essentielle et caractéristique ; c’est de se transformer d’elle-même, au bout de quelques heures ou de quelques jours selon les circonstances, en une masse gélatineuse insoluble, que l’on peut laver et sécher, et qui devient peu à peu extraordinairement compacte et dure. C’est le xanthate qui, ainsi, spontanément et même en vase clos, se décompose, abandonne à la longue tout son sulfure de carbone, et se réduit en hydrate de cellulose d’abord, pour redevenir enfin cellulose.
- Dès lors, si cette viscose était, dans son récipient, sous grande épaisseur, on aura un bloc solide, auquel le con-
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- tenant primitif aura donné sa forme, et qu’on pourra d'ailleurs débiter comme on voudra. Mais si, au contraire, on 1 étalait en couche mince sur une plaque de verre, ou sur une feuille de carton, ou sur un tissu végétal quelconque, cette coagulation se faisant encore, on obtiendra une pellicule qui deviendra limpide et claire après lavage, et qui présente, à l’état humide ou sec, une remarquable résistance.
- Cette insolubi isation, qui est assez lente quand on la laisse se faire, peut être activée, rendue même presque instantanée si on le désire; il suffit, par exemple, de tremper quelques instants dans une solution concentrée et chaude de sel marin; et beaucoup de substances ont aussi ce pouvoir, tels les sels d’alumine, d’ammoniaque, de zinc, etc. On voit de suite l’utilisation possible d’une pareille propriété :
- Ce sont les pellicules transparentes, dans toutes leurs applications, pellicules rappelant en quelque sorte celles de la gélatine, mais d’une gélatine parfaitement insoluble et imputrescible;
- Ce sont des toiles apprêtées avec un apprêt essentiellement rationnel de cellulose renforçant de la cellulose, et que ni lavages ni lessivages n’emporteront jamais; ce sont des toiles enduites, constituant une espèce de cuir artificiel, susceptible de toute teinture, ne se laissant traverser ni par l’eau ni par les matières grasses, et dont entre autres les industries des stores, de la reliure, des parchemins, etc., pourront tirer grand profit;
- Ce sont des solides, à grain extrêmement fin, faciles à mouler, à tourner, à polir, et qui rendront service, par leur bon marché, à la quincaillerie en général, cl à l’industrie électrique en particulier, car on sait combien la cellulose conduit mal l’électricité et la chaleur.
- C’est encore, et surtout, de par son importance à venir, la filature, c’est-à-dire la formation d’un fil continu de cellulose aussi brillant que la soie, aussi fin qu’elle, et qui possède de plus l’avantage d’une longueur indéfinie jointe a une régularité parfaite, et d’un prix incomparablement meilleur marché; à tel point qu’on peut prévoir le jour, où, renonçant à aller chercher le coton lui-même dans les régions lointaines où la nature l’a cantonné, on lui substituera simplement un colon artificiel, plus régulier et plus pur que la cellulose naturelle, filé en longueurs indéterminées, et tiré économiquement de nos bois les plus ordinaires. Jean Bonavita,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- LA NIRVANINE
- Nirvanine, un joli nom qui rappelle le nirvana, le paradis des bouddhistes, le monde immatériel où lame va se confondre avec le bouddha suprême dans les régions éternelles par delà les espaces lumineux. Joli nom qui conviendrait mieux aux médicaments comme l’opium, le chloroforme et surtout le haschisch qui vous donnent les rêves fantaisistes, qui vous transportent dans le domaine des songes merveilleux.
- La nirvanine est un agent moins puissant que ceux-là ; c’est un anesthésique dans le genre de la cocaïne, de l’eucaïne et qui présente, sur ces alcaloïdes, l’avantage d’être infiniment moins toxique tout en jouissant de propriétés analgésiques remarquables. En le baptisant nirvanine, ses deux parrains, les Dr* Einhorn et Heinz ont cherche un nom commode et moins barbare que son nom scientifique. La nirvanine est en effet l’éther méthy-hque de l’acide diéthylglycocollamido-oxybenzoïque. On n’a
- pas eu tort de prendre une dénomination simple et pratique.
- Ce corps se présente sous forme d’un sel cristallisé en pi ismes blancs, très soluble dans l’eau : la solution fournit, comme reconnaissance chimique, une belle couleur violette pai 1 addition de quelques gouttes de perchlorure de fer.
- La nirvanine a des propriétés anesthésiques très marquées . quelques gouttes d’une solution au vingtième, instillées dans l’œil, amènent en dix minutes une insensibilité complète. On peut toucher l’œil avec le doigt, pincer la conjonctive, pratiquer par conséquent toute la série de petites opérations de chirurgie, sans que le sujet éprouvé la moindre sensation. Sur l’œil, la réaction est un peu vive et on observe parfois de l’irritation conjonctivale. Mais sur les autres muqueuses, comme dans la bouche, le nez, l’irritation est à peu près nulle et l’anesthésie assez complète. Pour avoir une anesthésie absolue et susceptible de permettre, par exemple, l’incision, la cautérisation, il faut que les extrémités des filets nerveux viennent au contact de la solution. Aussi la vraie méthode pratique d’anesthésie consiste-t-elle en injections intradermiques ou sous-muqueuses.
- Luschenburger, qui a étudié avec grand soin les effets de ce nouvel agent, regarde la cocaïne comme infiniment supérieure pour anesthésier l’œil ou la muqueuse nasale. Mais il donne la préférence à la nirvanine pour toutes les autres anesthésies locales, en raison de sa faible toxicité. Il a pu injecter jusqu’à 40 centigrammes de nirvanine sans aucun accident, alors que la moitié de pareille dose de cocaïne exposerait à une intoxication sérieuse. La dose maximum va jusqu’à 70 centigrammes. Avec des solutions moyennes au centième ou plus les effets sont très nets et assez rapides : la durée de l’anesthésie s’accroît avec le degre de la solution. Avec une solution à 1 pour 100, on peut compter sur une insensibilisation de un quart d heure; avec 2 pour 100, de vingt à vingt-cinq minutes, sur une zone de 5 à 4 centimètres carrés. En faisant autour d une tumeur du volume du poing, quatre à cinq injections de 1 centimètre cube de la solution à 2 pour 100, on obtient une anesthésie qui permet l’ablation absolument sans douleur.
- t Utl processeur de l’école dentaire de Paris, M. Boncour, 1 emploie avec succès dans la chirurgie dentaire et trouve ce médicament supérieur à ceux qu’on employait jusqu’ici pour 1 insensibilisation delà pulpe ou l’extraction des dents.
- Les solutions de nirvanine ont encore l’avantage d’être plus stables que celles de cocaïne; elles ne s’altèrent pas par 1 ébullition et sont ainsi très aisémentstérilisables. La nirvanine a, du fait de sa constitution chimique, un certain pouvoir antiseptique. C’est encore une considération pour lui donner la préférence sur les autres agents d’anesthésie locale, mais ce qui constitue sa réelle supériorité, c’est son faible pouvoir toxique. Dr A. Caiitaz.
- P0UGNEKHA-K1IAN0U
- A 1 est-sud-est de la Finlande dans le bassin du lac Saima à quelques kilomètres de Neuchlôtt, se trouve une presqu’île curieuse par son site pittoresque et 1 originalité de sa forme. La figure 2 nous en donne la carte.
- Les Finlandais l’ont dénommée Pougnekha kha-piou, ce qui veut dire échine de porc. Elle est lam; par endroits de 60 mètres à peine, tandis que sa longueur atteint 7kin,5 environ. D’une extrémité à l’autre serpente une belle route postale qui tantôt s’élève à
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- LA NATURE.
- JÉM
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- Fig. 1. — Honte de I'ougncklia-Khupiou. Presqu'île de Finlande.
- pic, tantôt s’abaisse en pentes rapides suivant la déclivité du terrain formé de roches granitiques comme toute la Finlande. Le paysage environnant est splendide, des sites enchanteurs se succèdent sur tout le parcours. Sur le lac, des îles minuscules où croissent de beaux sapins, donnent l’idée d’un archipel en miniature.
- Em 181)9, la fonte des neiges tombées en abondance pendant l’hiver, a produit dans les lacs une crue extraordinaire. Les habitants de la contrée ont subi de grands dommages et les dégâts causés aux propriétés sont incalculables. Sur le lac Saïma la crue a atteint 2 mètres. Les routes
- dan§ plusieurs endroits ont été inondées. La photographie (fig. 1) montre la route de Pougnekha kha-piou dans sa partie la plus étroite couverte par l’eau. La passerelle était mise pour les piétons, les voilures passaient à côté ; les chevaux étaient mouillés jusqu’au poitrail. Les poteaux télégraphiques sont submergés ainsi que les blocs de granit qui bordent la route.
- Au milieu de ces nappes d’eau, la nature finlandaise paraît encore plus belle et plus imposante.
- Cette presqu’île est peu fréquentée des touristes, quoiqu’elle ne soit pas très éloignée de la fameuse Imatra. L’été on y arrive en bateau, l’hiver en traîneau, mais pour bien admirer le paysage, l’été est préférable. N. Piatnitsky.
- VÉHICULES ÉLECTRIQUES SUR ROUTES
- Les concours de poids lourds organisés depuis quelques années par l’Automobile-Club de France, ont eu pour résultat de montrer la possibilité d’utiliser les voitures automobiles pour le transport en commun des voyageurs, c’est-à-dire de faire des omnibus automobiles sur routes. Cependant si cette possibilité reste acquise, il n’en est pas moins vrai que les exploitations de ce genre sont plutôt rares ;
- Fig. 1. — Le trolley automobile Lombard-Gérin.
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- LA NATURE.
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- cela tient surtout aux frais assez considérables qu’elles nécessitent par suite de l’entretien d’un mécanisme toujours assez délicat quand il s’agit de voitures à vapeur ou à pétrole, exposées à la poussière ou à la boue d’une façon permanente ; le poids des véhicules est considérable et l’état des routes s’en ressent rapidement. La voiture électrique munie d’accumulateurs offre des inconvénients d’un autre ordre ; ici c’est le poids et l’entretien de la source d’électricité qui forment l'obstacle.
- Le moteur électrique par lui-même est très simple, il peut facilement être mis à l’abri ainsi que les principaux organes de transmission: si l’on supprime les accumulateurs, l’omnibus devient relativement léger et peut, sans grand inconvénient pour le mécanisme, rouler dans la poussière et dans la boue. Pour supprimer la source d’électricité dans la voiture, il y a un moyen bien connu et presque universellement employé sur les tramways : c’est la prise de courant par trolley sur une ligne parallèle à la voie.
- Le procédé a déjà été essayé pour les voitures sur routes, mais on s’est heurté à une difficulté qu’on n’avait pas prévue; c’est que dans ce cas la voiture a une indépendance que ne connaît pas le tramway.
- Elle doit pouvoir à chaque instant se détourner, aller d’un côté de la route à l’autre, en raison des obstacles quelle rencontre; or, dans ces conditions le petit chariot qui porte le trolley et coure sur la ligne aérienne installée le long de la route, se trouve soumis à des tractions subites qui tendent à le faire dérailler et même à casser la ligne. C’est en effet la voiture qui traîne le trolley, elle le remorque derrière elle et le fil qui les relie l’un à l’autre subit une tension plus ou moins forte, mais constante.
- M. Lombard-Gérin a pensé que de là venait tout le mal et il a imaginé le trolley automobile. C’est un petit chariot (fig. 1) muni de deux poulies à gorge G qui reposent sur les fils de la ligne amenant le courant. Au moyen de deux galets A qui viennent en
- contact avec le volant d’une petite dynamo 1), l’ensemble est animé d’un mouvement de translation dans le même sens que la voiture. Les dispositions sont prises pour que la dynamo tourne synchroniquement avec le moteur de la voiture, les deux véhicules, le gros qui est par terre et le petit qui est en l’air, marchent toujours de concert; mais ils sont en somme, au point de vue de la translation, indépendants l’un de l’autre ; dans les pentes le conducteur peut agir sur un frein F disposé sur le volant de la dynamo, de même qu’il agit sur les freins de la voiture.
- 11 résulte de ces dispositions que le fil qui relie
- la voiture au trolley n’est jamais tendu; il forme une boucle ménagée à dessein pour donner toute l’élasticité voulue au câble de jonction et permettre au véhicule de faire les embardées les plus imprévues sans tirer sur le câble. Cette boucle est maintenue au moyen d’une chaînette fixée sur le câble à quelques mètres du mât où il aboutit sur la voiture ; la chaînette descend dans l’intérieur du mât et se termine par un contrepoids. Des expériences ont été faites en octobre dernier sur une ligne d’environ 1 kilomètre établie aux environs de Paris (fig. 2), qui recevait l’électricité de l’usine du secteur de la rive gauche ; le courant était d’abord transformé à l’usine même en courant continu. Nous avons vu évoluer la voiture et son trolley automobile sur une route très encombrée par des véhicules de toutes sortes et jamais le câble ne s’est trouvé tendu ; la boucle ménagée près du mât subsiste d’une façon permanente; le trolley précède la voiture, c’est lui qui semble la traîner. Un mode de suspension (fig. 1) en forme d’étrier supporte en R l’extrémité du câble qui va à la voiture et lui permet de prendre différentes inclinaisons. Dans une exploitation régulière il faudrait prévoir comme amortissement des frais tous les bénéfices qu’on peut retirer d’une canalisation électrique; car il est bien certain que la ligne installée le long de la route pourrait servir à distri-
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- huer lumière et force motrice aux localités traversées.
- La traction électrique ainsi comprise serait alors assez économique pour qu'on puisse faire l'essai d’une exploitation régulière de transport en commun entre des localités qui n’en sont pas encore pourvues, sans occasionner les Irais toujours très considérables que nécessite la pose d’une voie ferrée pour tramway; on pourrait toujours plus tard faire cette dépense si le trafic devenait assez important pour la justifier. G. Mareschai,.
- L'INDUSTRIE DU SAVON1
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- L’industrie demande aujourd’hui des savons spéciaux pour apprêts Les savons de cette nature sont fabriqués au moyen d’huiles de coco mélangées de saindoux, ou d’oléines de saponification bien lavées qu’on combine avec des huiles de coco ou de palmiste ou de palme ; la préparation en est délicate, les proportions d’eau et de lessives devant être réglées d’une façon presque mathématique, aussi il n’est pas donné à beaucoup de savonniers de bien les réussir.
- Les savons mous à base de potasse ont aussi subi des transformations par l’emploi des sels potassiques dans des conditions nouvelles. Les huiles de lin, de maïs, de chanvre, l’acide oléique, sont combinés avec des lessives à 20° B. (2/5 caustique, 1/5 carbonatée), on y joint des colophanes (15 à 25 pour 100 du poids du corps gras), des fécules; d’après ces données, on en fabrique d’énormes quantités dans le Nord. Us doivent leur vogue à leur grande solubilité dans l’eau. Dans cette fabrication nous voyons souvent que la volonté de l’acheteur fait la loi du fabricant, et celui-ci est souvent embarrassé pour régler sa fabrication en rapport avec le prix qu’on lui en offre.
- Quand on étudie les différents savons fabriqués sur l’étendue de notre territoire on remarque que nulle part ailleurs qu’en France, on a su tirer un meilleur parti des idées nouvelles en matière de savonnerie. Les centres de production sont nombreux, les sortes établies sont variées et dans chaque région la fabrication présente son originalité propre, originalité justifiée autant par des coutumes que par des causes locales. Aussi Marseille, malgré les nombreux avantages que lui donnent la situation de son port et ses importantes huileries, ne peut plus prétendre éliminer des transactions commerciales les autres produits indigènes de même nature qui lui font sans cesse une sérieuse concurrence en France et à l’étranger.
- On a prétendu que le nouvel essor donné à la savonnerie a facilité sur une trop vaste échelle la production des savons trop économiques et par conséquent la fraude, concluant de là que l’industrie des savons purs avait été considérablement gênée. Notre expérience donne un démenti à cette assertion. Selon nous, les produits spéciaux et de marque en ont été, au contraire, rehaussés d’un nouvel éclat. La fraude, puisque fraude on dit exister, trouve toujours sa contrepartie dans les moyens d’examen dont dispose le public. D’ailleurs, en matière de négoce, les exigences de l’acheteur font loi et du moment que nos concurrents étrangers se soumettent à cette loi, nous serions bien mal inspirés en ne développant pas la production de toutes
- 1 Voy. n° 1598, du 10 mars 1900, p. 242.
- les sortes de savons économiques mi-cuits et chargés, presque tous destinés à des pays d’outre-mer où la température est un important facteur à observer. Nous avons aujourd’hui un intérêt primordial à entrer en lutte avec l’étranger et d’augmenter nos échanges.
- Nos savons nous en donnent l’occasion et nos nouvelles colonies pourraient nous fournir à cet égard de curieux renseignements.
- Kn industrie, si la sophistication ouvre parfois des horizons malheureux, elle conduit aussi à des résultats imprévus et bons. Ainsi, chose curieuse, c’est à l’introduction dans les savons de certaines matières minérales (kaolins, talcs, craies, Iripolis, sables) qu’on doit la réalisation de ces nombreux produits de polissage, d’applications variées, très répandus aux Etats-Unis, en Angleterre, et en Allemagne, un peu moins en France, quoique la fabrication y soit parvenue à une réelle perfection assurant de sérieux débouchés à l’étranger.
- L’industrie du savon si longtemps unique dans notre pays rencontre aujourd’hui de sérieux concurrents : en Angleterre où elle se trouve entre les mains des grands producteurs de soude; en Russie, où les quantités fabriquées augmentent chaque jour; aux Etats-Unis où tout se fait en grand; en Allemagne, où les fabricants sont très nombreux si leurs usines ne sont pas toujours de grande importance ; en Italie, où les usines saponifient les huiles vertes extraites des pulpes d’olives par le sulfure de carbone.
- C’est donc un motif sérieux pour nous d’user de tous nos moyens pour conserver la prépondérance que notre pays s’est acquise d’une façon incontestable dans la fabrication des savons de toilette riches. La chose est facile ; nous n’avons qu’à améliorer nos excellents procédés. Nous y sommes aidés par la grande pureté des suifs d’Amérique, des saindoux, des huiles végétales inodores, des huiles de coco Ceylan et Cochin qui sont mis à la disposition de l’industrie moderne. Des combinaisons entre corps gras bien étudiés ont permis de créer des pûtes répondant à des parfums donnés, dans d’autres cas l'addition à la pâte au moment de la cuisson d’une petite proportion de colophane de choix donne d’excellents savons sur lesquels le parfum spécial rêvé se fixe avec une ténacité remarquable. D’ailleurs aujourd’hui où par le concours de machines spéciales on effectue si bien le mélange intime de la pâte avec les compositions odorantes choisies, on sait de quelle utilité devient l’introduction par cette voie de la poudre d’iris de Florence finement pulvérisée au préalable. Sans cette délicieuse poudre, sans le soin et le goût que nous mettons à la rehausser, combien de savons à la violette, à la maréchale, au chvpre, au musc, n’auraient pas acquis la vogue auprès du public connaisseur.
- Évidemment, ce sont toujours des savons liquidés qui forment la base des savons de toilette riches ; leur saponification s’opère suivant les principes connus, mais cette fabrication particulière consiste à faire absorber à la matière grasse une proportion d’alcali surabondante, puis à enlever cet excès d’alcali par la liquidation au moyen de lessives faibles, de renouveler au besoin plusieurs lavages sur les mêmes lessives faibles, de façon à obtenir une pâte de savon extra-pure (elle prendra une bonne odeur de violette quand l’huile de palme est entrée en combinaison). Ue savon renfermera donc la proportion d’alcali et d’eau nécessaire à sa conservation. Les merveilleuses qualités adoucissantes que possède la glycérine en ont fait un précieux auxiliaire de la fabrication des savons de
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- toilette, et en Russie notamment on a créé des savons qui ne sont que des mélanges effectués sur machines de pâtes de savon pures, de talc extra-tin et de glycérine officinale auxquels on relie les parfums préférés. A notre avis ce sont là les meilleurs savons de toilette. L’Angleterre et l’Allemagne nous ont montré à présenter les savons de glycérine sous un aspect transparent, leur action est très favorable sur la peau qu’ils rendent souple et blanche. La fabrication peut se faire de deux manières différentes : avec ou sans alcool.
- Dans le premier cas, on fond ensemble à 70-75° 10 Kg de suif de bœuf pur, 4 kg d’huile coco Cochin ; on saponifie sur bain-marie avec 8k8,400 lessive soude à 58° B., on ajoute successivement 8 kg de glycérine blanche, 5 kg d’une solution de sucre (3 kg de sucre et 2 kg d’eau), puis on y verse 6 kg d’alcool à 90 pour 100. Au moment où on met l’alcool la masse du savon a une tendance à monter. On opère donc dans un récipient suffisamment grand. On coule le sav< n dans les formes requises qu’on recouvre légèrement jusqu’à refroidissement. On pourrait encore saponifier de même: 15 kg suif de bœuf; 8 kg huile de ricin; 15 kg de coco; 2 kg de palme jaune.
- Avec 22k*,5 de lessive soude à 38° B., y ajouler 18-20 kg d’alcool et 10 kg de glycérine à 24° B. Ce savon ne contenant pas de sucre sera moins poisseux que le précédent.
- La fabrication du savon transparent sans alcool est plus délicate. Ayant fondu ensemble 14 kg de suif bœuf, 14 kg d’huile de coco et 12 kg d’huile de ricin, on saponifie sur bain-marie et sans pousser la vapeur avec 22 kg de lessive soude à 39° B., mélangée de 10 kg de glycérine. On ajoute presque immédiatement 24 kg de sirop de sucre à 50 pour 100, chauffé à 75° C. La masse bien remuée étant homogène, on laisse reposer, recouvert pendant une heure, puis à ce moment on verse une solution chauffée préalablement à 75° C. et qui est composée de : 2k«,500 eau; 0k*,400 carbonate de potasse; 2 kg cristaux de soude. Après mélange intime, on retire du bain -marie, on laisse refroidir jusqu’à 50° et à ce moment on parfume avant de couler en formes. Le parfum est généralement un bouquet d’essences de géranium, girofles, lavande, cannelle, sassafras et bois santal ou bois de cèdre.
- Les savons blancs à barbe, vendus en barres, sont des savons à base de suif de bœuf, saindoux et huile de coco, bien lavés sur lessives, égouttés et parfumés au bouquet de mille-fleurs.
- Les savons légers dits savons de bain sont produits dans une chaudière munie d’un appareil à battage que l’on peut faire tourner plus ou moins rapidement au moyen d’un pignon. On prend un bon savon de suif et de coco que l’on peut à volonté colorer et parfumer : on y ajoute assez d’eau pour former une masse qui reste ferme après refroidissement; la masse refroidie étant devenue filante, on fait tourner l’appareil batteur et assez longtemps pour transformer tout le savon en écume. On verse dans les moules pour laisser refroidir. L’aspect poreux du produit obtenu est dù à la grande quantité de bulles d’air qu’il renferme.
- Comme produits de saponification directe dont le commerce de la parfumerie tire encore de grands avantages, il nous reste à parler des savons dits « à froid » que, par simple préjugé de ses consommateurs, la France a trop longtemps négligés. 11 s’en fabrique d’énormes quantités en Angleterre, en Allemagne et en Russie; cette fabrication exige de grands soins, de la méthode, mais elle est simple. L’huile de coco Cochin prise seule ou en mélange avec des huiles de palme blanchies, des
- saindoux, des suifs purs, est fondue puis ramenée à la température de 35 à 40°. A ce moment, on y verse une lessive de soude variant de 36 à 42° B. (à 50° B. il en faut environ 50 pour 100 du poids du corps gras), et on remue sans cesse jusqu’à obtention d’une pâte épaisse qu’on coule dans les « mises spéciales » recouvertes soigneusement avec des feutres. La chaleur de combinaison ne tarde pas à se manifester, le savon se cuit et au bout de 3 ou 4jours, alors qu’il est refroidi, on peut le retirer de sa forme et le débiter en pains qui sont ensuite soumis à l’estampage après avoir toutefois passé par une étuve réglée où le savon perd son petit excès d’eau de combinaison. La matière colorante est employée à l'état de solution aqueuse et elle es! ajoutée au savon en même temps que la lessive. Le parfum s’ajoute au moment du tirage en formes. Cette fabrication donne parfois des résultats vraiment curieux, aussi aujourd’hui où les importations des huiles de coco se font sur une si grande échelle, la France s’adonne sérieusement à cette production; elle y rivalise de bonne façon avec l’Angleterre et l’Allemagne qui ont créé des types très demandés.
- En terminant cette petite technologie du savon, nous tenons à faire remarquer combien nos fabrications actuelles ont trouvé de précieux auxiliaires dans les matières colorantes nouvelles, aussi dans les produits odorants synthétiques.
- L’emploi raisonné de ces divers produits chimiques, leur combinaison avec les parfums naturels, ont opéré une véritable révolution. Nos chimistes parfumeurs modernes ont souvent été émerveillés devant les nouveaux résultats acquis. Et que d’étonnements encore n’avons-nous pas en perspective quand nous considérons que c’est à l'emploi des parfums chimiques que nous devons de pouvoir enfermer d’une façon si heureuse, dans les savons surtout, certains parfums considérés autrefois comme introuvables. Le Jasmin, la fleur d’oranger, la rose, les violettes, le lilas, l'héliotrope, le muguet, l’œillet, le musc enfin, n’ont plus de secrets pour nous. Notre industrie est donc assurée d’une suite non interrompue de ressources si toutefois nous maintenons nos outillages dans un état de perfection leur permettant de répondre aux progrès de la science.
- L’industrie du savon est une industrie essentiellement française et à ce titre elle mérite notre constante sollicitude. A. Hoffmann,
- Chimiste-manufacturier.
- IA PHILATÉLIE INCONNUE
- LES TIMBRES D’EXPOSITION
- C’est à l’aide de timbres que les organisateurs d’une exposition font de la réclame en faveur de leur entreprise. Les avis, les circulaires qu’ils envoient aux industriels et commerçants, susceptibles de donner leur concours, portent, collé au verso des enveloppes, le timbre spécial de l’exposition en question ; c’est par centaines de mille que cette vignclle est ainsi répandue, constituant un mode de publicité qui donne les meilleurs résultats.
- Le timbre d’exposition n’est généralement pas un; nouveau Protée, il se transforme et se modifie, grâce à des changements de couleur dans le papier et dans l’encre d’impression, qui permettent d’obtenir diverses variétés ; de plus, il arrive souvent qu’un
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- tirage étant épuisé, on en fait un second et quelquefois un troisième avec un tout autre dessin. Aussi, a-t-on vu des expositions émettre des timbres dont les divers types et variétés montaient à des chiffres relativement considérables ; Milan, en 1894, Bruxelles, en 1897, ont, chacune, lancé dans la circulation plus de quatre-vingts timbres différents, mais ce sont là des exceptions; en général, le nombre des timbres d’une même exposition ne dépasse guère une dizaine.
- Le plus ancien timbre de ce genre paraît être celui de Sydney (Nouvelle-Galles du Sud) et remonte à 1879. Cette vignette ne fut pas, paraît-il, employée au même usage que les timbres actuels ; au lieu d’être collée sur la correspondance, elle fut appliquée sur certains produits vendus à bon marché dans l’intérieur de l’exposition, à titre de réclame. Cet exemple ne fut pas suivi et il a fallu que quinze années s’écoulassent pour que la même idée fût reprise. En 1894, en
- Dijon, Alençon, Lourdes, Roehefort, Mézières et Charle ville.
- L’Angleterre paraît encore réfractaire, n’ayant produit jusqu’à ce jour de timbres, que pour les expositions de la Tamise et philatéliques de Londres et de Manchester ; la raison de cette abstention semble provenir des tracasseries auxquelles se livre, à l’égard des timbres de réclame, l'administration des postes anglaises.
- Les collectionneurs de timbres d’exposition se comptent déjà par milliers ; en 1898 ils ont été mis en possession d’un album publié à leur intention par un éditeur de Leipzig avec un luxe extraordinaire ; cet album est déjà épuisé, mais une seconde édition doit suivre la première.
- Quelques gouvernements ont suivi l’impulsion donnée vers les timbres d’exposition ; c’est ainsi que la Belgique a émis des timbres de cette sorte à l’usage de la poste en 1894 pour l’exposition d’Anvers et en 1897 pour celle
- Universelle Jérusalem 1898.
- Arts et Métiers. Weimar 1808.
- effet, Milan et Anvers émirent des timbres à l’occasion de leurs expositions; il en fut de même, l’année suivante pour Venise,
- Lubeck et derechef Milan. L’essor était donné et se déploya de la façon la plus vigoureuse.
- En 4896, dix-neuf expositions émirent des timbres : Turin, Dresde, Inspruck, Budapest, Kiel, Berlin, Florence, Brunswick, Genève, Nuremberg, Rouen, Stolp, Wiesbade, Prague et Bade. L’Italie avait ouvert la voie et elle était suivie par la plupart des autres pays, surtout par l’Allemagne, qui, à l’avenir, gardera une prépondérance marquée. La France n’était représentée dans cet ensemble que par le joli timbre de l’exposition de Rouen, dû à Jules Adeline.
- En 1897, 1898 et 1899, les timbres-réclames progressent encore ; quarante-cinq expositions en émettent en 1897 et tout autant, sinon plus, en 1898 et en 1899.
- Presque toutes les dernières expositions françaises ont eu des timbres-réclames ; je citerai entre autres : Nice, Bordeaux, Marseille, Rennes, Arcachon, Lyon,
- Internationale et coloniale. llocliefort-sur-Mer 1898.
- Ait culinaire. Stuttgart 1897.
- de Bruxelles. Le Guatemala a fait de même, en 1897, pour son exposition de l’Amérique centrale. La ville de Berlin a aussi émis des timbres pour packets, en 1896, à l’occasion de l’exposition industrielle qui eut lieu cette année-là dans la capitale de la Prusse.
- Les particuliers ont aussi coopéré à la création des timbres d’exposition ; plusieurs ont obtenu des administrations de ces entreprises le droit de faire usage du timbre officiel en y faisant figurer leur raison sociale ; cette particularité se rencontre dans des timbres de Berlin 1896, Leipzig 1897, Heil-bronn 1897, Munich 1898, etc.
- Il est même arrivé à certains exposants de se faire fabriquer des timbres-réclames pour leur usage particulier ; à citer, par exemple, ceux du Village suisse qui doit figurer à l’Exposition de Paris en 1900, timbres qui sont déjà répandus dans le monde entier.
- L’administration de notre grande Exposition de 1900 a refusé de suivre, on ne sait trop pourquoi, l’exemple donné par ses devancières, malgré qu’elle
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- en ait été vivement sollicitée ; elle n’a pas voulu avoir de timbre. Mais, comme les philatélistes ne perdent jamais leurs droits, plusieurs vignettes, se
- rapportant à Paris 1900, ont déjà vu le jour et il y en aura vraisemblablement bien d’autres.
- Les timbres d’exposition, quoique ne datant que
- Concours régional. Beaux-Arts et Horticulture.
- Mézières-Cliarleville 1898. Florence 1890-1898.
- Acétylène. Berlin 1898.
- Art, culinaire. Casse 1 1897.
- Horticulture. Berlin 1897.
- Générale. Turin 1898.
- Agriculture» *Gan<l 1898.
- d’un petit nombre d’années, commencent à être en nombre assez respectable. La collection que j’en ai réunie est, à ce jour, de près de 1800 exemplaires.
- Le prix marchand de ces timbres n’atteint encore pour aucun d’eux un gros chiffre ; néanmoins, il est telles de ces vignettes, devenues assez rares, qui
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- sont cotées jusqu’à une dizaine de francs. 11 y a aussi les essais, les erreurs, les curiosités, etc., qui, étant recherchés par les amateurs avancés, se vendent un bon prix.
- J’estime qu’une collection assez complète de timbres d’exposition peut valoir aujourd’hui entre 500 et 400 francs. Mais si le goût du public penchait plus vivement vers ce genre de collection, cette valeur ne tarderait pas à quintupler, à décupler, tout comme cela s’est passé pour les timbres-poste. D. L. N.
- LÀ BALLE « DUM-DUM »
- On sait que dans la guerre actuelle du Transvaal, les Boérs ont eu plusieurs fois l’occasion de saisir des convois de munitions destinées aux colonnes anglaises, dans lesquels se trouvaient des balles dites (( Dum-Dum ».
- Comme preuve de cette assertion, un entrefdet explicite du « Petit Dieu » accompagnait récemment la photographie d’un de ces meurtriers projectiles dont la douille portait en exergue : « Corelite Mark II dumdum », que l’on avait trouvé sur le champ de bataille de Nichol-son’s Neck.
- Il nous a donc paru fort intéressant et instructif de présenter à nos lecteurs les recherches que nous a'vons faites sur ces abominables engins de guerre, proscrits par la Convention de Genève, et dont l’armée anglaise, à la réprobation universelle, se sert dans cette guerre inique et injuste.
- Or, voici comment cet engin a été imaginé.
- Lors de la dernière guerre avec l’Afghanistan, les
- Fig. G et 7. — Blessures laites dans le corps humain
- La balle qui servait à ces troupes se composait, comme le démontre notre figure 1, d’un noyau de plomb recouvert d’un manteau de nickel.
- On reconnut donc bien vite que son effet n’était pas « suffisant » puisqu’il ne mettait pas l’ennemi immédiatement hors de combat.
- C’est alors qu’on eut l’idée de limer la tète du manteau de nickel, en laissant le noyau de la balle de plomb à nu.
- Cette altération, pour minime quelle paraisse, produisit des résultats épouvantables, car en s’introduisant dans le corps humain, la balle s’aplatissait en champignon, éclaboussait même, et ces bavures donnèrent les blessures les plus horribles.
- On résolut donc de faire fabriquer des balles de ce genre, qui n’auraient un manteau de nickel que jusqu’à la tête, comme le montre la figure 2, à la cartoucherie de l’État de Dum-Dum-li-Galcutta (Indes orientales) et qui furent employées ensuite « avec un immense succès »
- troupes expéditionnaires anglaises remarquèrent que l’ennemi, malgré les pluies de balles qu’il recevait, n’en continuait pas moins ses charges.
- Le fusil d’ordonnance anglais était alors à peu près
- Ratios « Buni-Ihini
- du même calibre que notre fusil d’infanterie actuel.
- Bien plus, un officier supérieur remarqua dans son rapport qu’il avait vu un Afghan entrer dans une ambulance pour se faire soigner de cinq coups de feu; les balles avaient tout simplement passé à travers le corps sans s’arrêter.
- iar une lia lie ordinaire et par une halle « Buin-Duin ».
- dans la guerre d’Égypte. Or, on n’a pas oublié que la Grande-Bretagne a refusé, lors de la Conférence de la paix de La Haye, de retirer ou d’éliminer ces engins de ses arsenaux.
- On a donc continué à fabriquer en Angleterre d’abord une balle dont le manteau de nickel était recouvert, à son extrémité, d’une pointe en plomb (fig. 5 et 4) ; et, celle-ci n’ayant pas donné les résultats voulus, on s’est arrêté au dernier modèle (fig. 5) qui, se conifiant, devient creuse à sa pointe. La charge de la cartouche, au lieu d’être de poudre, est de cordite, — explosif des plus efficaces.
- Cette balle n° 5, par cela même que le manteau de nickel arrive jusqu’à son sommet, ne s’aplatit pas autant que celles décrites aux figures 2, 5 et 4 ; toutefois les blessures qu’elle cause sont excessivement dangereuses, car dès son entrée dans un corps mou et gras, comme le corps humain, elle se perle de bavures, tandis qu’elle coupe sans éclaboussure un corps dur, tel que l’os.
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- Je termine ces quelques détails en donnant deux dessins, montrant le canal de la blessure faite par une balle ordinaire (fig. 6), et en juxtaposant le canal de la blessure faite par une balle « Dum-Dum » dans le corps humain (%7)-
- Dans les deux cas la direction du projectile est de gauche à droite.
- On se rendra facilement compte des ravages effrayants que peut causer une blessure de cette sorte dans le tissu humain. Espérons que l’homme s’arrêtera dans ce genre de recherches ne visant qu’à sa propre destruction, et qu’élevant son âme et son génie vers de plus nobles buts il cherchera, au contraire, à améliorer son sort et celui de ses semblables, mettant à profit l’éternelle maxime :
- « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fît à vous-mêmes! »
- Barox Gkivot de Grasdcoit.t.
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- LES INCENDIES
- DES SALLES DE SPECTACLE DE PARIS
- Depuis le commencement de ce siècle, il y a eu à Paris vingt-deux incendies de théâtres ou autres lieux à spectacle.
- De ! 765 à 1818, on avait déjà relevé : incendie de la salle de l'Opéra (Académie Royale de musique située Cour des Fontaines, près du Palais Royal le 6 avril 1763); puis le 8 juin 1781, deuxième incendie de la salLe de l’Opéra. Le 2 février 1787 : théâtre des Délassements-Comiques du boulevard du Temple; 30 mai 1708 : théâtre Lazary; 15 décembre 1798 : cirque du Palais-Royal; 8 mai 1799 (28 ventôse, an VII) : Théâtre-Français, installé alors dans la salle de l’Odéon.
- Énumérons maintenant les incendies du siècle actuel.
- 20 mars 1818, Odéon ; 15 mai 1826, Cirque Olympique ; 3 juillet 1827, Ambigu; 31 octobre 1827,Théâtre-Français; 21 février 1835, Gaîté; 15janvier 1838, Italiens; 17 juillet 1838, Vaudeville ; 8 mars 1839, Diorama ; 50 juillet 1845, Théâtre enfantin; 14 juillet 1849, salle Bonne-Nouvelle; 20 mai 1863; Français; 5 décembre 1866, Nouveautés; 11 décembre 1867, Belleville; 29 septembre 1869, Hippodrome; 25 et 26 mai 1871, Porte-Saint-Martin, Châtelet, Lyrique, Délassements; 28novembre 1875, Opéra; 25 mai 1887, Opéra-Comique; 18 lévrier 1900, Trianon; 8 mars 1900, Théâtre-Français.
- dette énumération peut donner lieu à quelques remarques qui méritent sans doute de ne pas passer inaperçues.
- Nous laisserons de côté les quatre incendies produits pendant la Commune comme ayant été dus à des causes spéciales et ne retiendrons que les dix-huit autres.
- Nous remarquerons que sur le chiffre de 18 sinistres, il y en a 7 qui reviennent aux théâtres subventionnés et seulement 11 aux théâtres libres.
- C’est beaucoup trop pour les premiers ; et cette plus grande inflammabilité des théâtres officiels ne peut avoir son explication que dans un plus grand manque de précautions et de surveillance.
- Fn fait des plus curieux, et qui semblerait donner raison au proverbe : Un malheur n’arrive jamais seul, est le groupement qui apparaît dans la production des sinistres. Les divers groupes paraissent formés de trois unités. C’est ainsi qu’on a :
- 1er groupe. — 1826, Cirque Olympique; 1827, Ambigu et Français.
- 2e groupe. — 1858, Italiens et Vaudeville; 1839, Diorama.
- 5e groupe. — 1866, Nouveautés; 1867, Belleville; 1869, Hippodrome.
- Cette remarque n’est pas sans devoir provoquer quelque crainte. Puisque deux incendies viennent de se produire coup sur coup, à Trianon et au Français, on a quelque droit de se demander si nous ne sommes pas menacés d’un troisième désastre dans un temps rapproché?
- Cependant, il ne faudrait pas non plus s’inquiéter outre mesure des dangers que l’on peut courir en allant au théâtre. Il ne faudrait pas que la dernière catastrophe jetât l’effroi parmi la population. Le calcul des probabilités est très rassurant.
- Si l'on calcule la probabilité qu’on peut avoir, en se rendant au théâtre à Paris, d’assister à un incendie, on trouve environ, ce chiffre étant déduit, bien entendu, du nombre des sinistres et de celui des théâtres. Cela signifie, en langage ordinaire, que l’on ne sera exposé à voir brûler une salle de spectacle qu’après avoir assisté à 25 000 représentations. Une telle considération est bien faite pour rassurer les amateurs du Théâtre.
- Delavney.
- EXPOSITION DE 1900
- LES POSSESSIONS FI > AN ÇA 1 SE S AU T ROCADE B O
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- l’i sdo-chia E
- Une des attractions les plus puissantes de notre manifestation internationale de demain sera le groupement des colonies françaises sur le versant gauche du Trocadéro. On sait quelle grande étape la France a parcourue depuis dix ans, au point de vue de son influence en Afrique et en Asie, ainsi que de quelles zones son empire colonial s’est étendu. Il était donc du plus haut intérêt de faire voir, dans un ensemble bien compris, toute la valeur des colonies, en les rapprochant et en les montrant dans un cadre qui les mît bien en relief. M. Charles Roux, l’ancien député de Marseille, la capitale de la France extraeuropéenne, a été délégué par les ministères des colonies et des affaires étrangères à l’Exposition de 1900, et c’est à son zèle infatigable que nous devrons ce merveilleux décor du Trocadéro si plein de charme et d’enseignements.
- L’emplacement est exigu, il aurait fallu le Trocadéro tout entier, il aurait même fallu beaucoup plus; mais on a dû se restreindre faute de place, et le talent d’un grand organisateur est justement de faire les choses très bien, même dans les plus mauvaises conditions. M. Charles Roux y a excellemment réussi.
- De toutes les expositions des colonies, une des plus intéressantes est sans contredit celle de l’Indo-Chine qui ne couvre pas moins d’un hectare et demi de terrain, elle se rapporte à la Cochinchine, au Tonkin, à l’Annam, au Cambodge, au Laos et au territoire de Quan-Tché-wan, récemment annexé à notre empire d’Extrême-Orient. M. Doumer, le gouverneur général de l’Indo-Chine, dont le nom seul personnifie l’Asie française, a voulu que ce pays fît une belle
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- figure au Trocadéro, et il a su réunir une somme de deux millions qui est appliquée aux constructions et à leur entretien pendant toute la durée de l’Exposition, sans qu’il en coûtât rien au budget de la métropole.
- L’édifice qui nous surprendra le plus sera la reproduction cambodgienne dite projet Marcel-Dumoulin. MM. Marcel, architecte, et Dumoulin, peintre du Ministère des colonies, ont eu l'idée de reconstituer la colline de Pnom-Penh, avec la pagode du roi du Cambodge au faîte et, sur les coteaux de son monticule, ils ont dressé des huttes laotiennes et plan té
- une végétation exotique qui étonnera par sa puissance et sa virtuosité; mais, hélas! elle est factice; ces grands arbres de 18 mètres de hauteur ne sont que des monolithes de ciment armé à l’extrémité desquels on a fixé de vraies feuilles de lataniers et de palmiers! (fig. 2).
- On accède à la pagode par un escalier très rapide dont les paliers successifs masquent le soubassement de l’édifice supérieur. L’architecte a eu l’idée fort heureuse de supposer que sa colline était une carrière de pierre, dans laquelle les marches étaient taillées; il y a des effets fort nouveaux et très décoratifs. Tous les élé-
- ments de décoration ont été expédiés d’Indo-Chine par M. Doumer, quelques-uns surprendront; ainsi nous verrons un grand bouddha de 6 mètres de hauteur en métal doré qui dominera le flanc droit de la colline artificielle. A l’intérieur de cette montagne sacrée, on a disposé une vaste salle pour laquelle M. Dumoulin, le peintre colonial bien connu, a exécuté une série de dioramas faisant voir les progrès obtenus en Indo-Chine ces dernières années.
- Au-dessous du Pnom, on dresse, en ce moment, le Palais des produits de Plndo-Chine qui est la copie textuelle de la pagode de Cholon (Cochinchine). L’exécution de cet édifice constitue à elle seule une attraction de l’Exposition, bien que celle-ci ne soit pas encore ouverte. En effet, les ouvriers, au nombre d’une centaine, sont des Annamites, Tonkinois, Cam-
- bodgiens et Laotiens spécialement amenés à Paris pour faire ce travail. Rien n’est intéressant comme de voir ces hommes d’une autre race se livrer à un ouvrage de leur pays au milieu de notre Paris moderne. Ils ont tous la figure intelligente, et savent fort bien ce qu’ils ont à faire, toutefois ils n’ont guère l’air actif; tel menuisier aux prises avec une bille de bois passera des heures avant de l’avoir coupée avec sa petite scie à main, travail que deux de nos bons charpentiers auraient enlevé en quelques minutes (fig. I). Cette colonie indigène est campée à Passy, rue du Docteur Blanche, dans un long chalet en bois fort bien installé; ils vivent là comme chez eux et ne semblent guère s’inquiéter de nos usages qui ne ressemblent pas aux leurs. Ils prennent leur repas en commun, la plupart du temps, et c’est
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- armés de deux petits bâtons noirs qu’ils font passer, de pommes de terre et de riz qui constituent leur d’un bol à leurs lèvres, les morceaux de poissons, nourriture. Une visite rue du Docteur Blanche rem-
- Fig. 2. — Vue générale de I’nom-Penh.
- place un voyage en Indo-Chine. Le palais des arts industriels de l’Indo-Chine est la reproduction d’un palais du Tonkin ; il est construit par des Indo-Chinois également. Nous y verrons pendant l’Exposition des indigènes livrés à leurs occupations ordinaires, le tissage, les incrustations et les procédés du travail des bois et des métaux.
- Nous verrons même une école Tonkinoise, avec des vrais enfants et des vrais professeurs. Cette reconstitution est peut-être un peu exagérée au point de vue de la documentation à fournir au public; elle aura au moins l’avantage de procurer à ces jeunes gens un voyage à Paris qui constituera pour eux la partie la plus effective de leur enseignement.
- Ajoutons qu’à ces différents édifices viendront se joindre deux autres, un théâtre indo-chinois et un
- pavillon réservé à l’exposition forestière de la colonie; ce dernier est une reproduction d’habitation d’indigène riche: il a été exécuté de toutes pièces à Thudau-mot sur les rives de la rivière de Saigon et a été apporté à Paris où l’on doit procéder à son montage.
- Le théâtre sera une des curiosités de l’Exposition et fera oublier les exhibitions similaires qui avaient été faites en 1889. Nous aurons deux troupes célèbres en Indo-Chine, celle de Pnom-Penh et celle de la Cour de Hué : elles se composent d’une vingtaine de danseuses merveilleusement gracieuses et jolies.
- Ministère
- Colonies
- Les Petites Colonies
- De/essert
- Fig. 3, — Plan de l’Exposition de l'Indo-Cliine.
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- Ainsi qu’on le voit par cette incursion rapide sur le domaine de M. Iloumer au Trocadéro, dont la reconstitution est confiée à M. Pierre Nicolas, commissaire de la colonie, la participation de Plndo-Chine est assurée du plus brillant succès; nous aurons probablement à y revenir d’une façon plus détaillée, mais nous tenions à esquisser d’avance ce coin de l’Exposition si vivant et si .empreint de couleur locale. A. da Cunha.
- NÉCROLOGIE
- Lnimanucl Liais. — Emmanuel Liais, ancien directeur de l’Observatoire de Rio de Janeiro, s’était fait un peu oublier du monde savant depuis son retour à Cherbourg, son pays natal, où il vient de mourir le 5 mars dernier, à l’âge de 74 ans. M. Liais était maire de Cherbourg depuis 1892 et il avait conquis toutes les sympathies de ses concitoyens. Élève d’Arago et de Le Verrier, il resta longtemps à l’Observatoire de Paris. Envoyé à Rio de Janeiro simplement pour observer une éclipse totale de soleil, il y resta vingt ans. L’empereur Dom Pedro avait fini par le retenir en lui offrant une grande situation scientifique. Il devint directeur de l’observatoire impérial de Rio de Janeiro, président du bureau des Longitudes de cette ville, etc. Liais ne rentra en Erance que longtemps après la guerre en 1881. 11 abandonna la science officielle pour entrer dans la politique. On lui doit de très beaux travaux trop ignorés aujourd’hui sur l’astronomie, le magnétisme et la botanique. Il fut l’un des premiers à organiser la météorologie télégraphique, à appliquer les chronographes à la détermination électrique des longitudes, à enregistrer automatiquement les phénomènes magnétiques, etc. 11 a publié entre autres un bel ouvrage : L'espace céleste. M. Liais jouissait d’une fortune considérable. Ses maisons et le parc qui porte son nom sont très connus à Cherbourg. 11 possédait une collection de plantes de l’Amérique du Sud peut-être unique en France. Cet homme de bien a légué ses propriétés et ses superbes collections à la ville de Cherbourg. D’après le legs, le parc Liais serait rattaché au Muséum de Paris.
- M. Gottlieb Daimler. — On annonce de Cannsladt, près de Stuttgard, que M. Gottlieb Daimler vient de mourir à Page de Go ans des suites d’une maladie de cœur. Si Lenoir est bien l'inventeur du moteur à gaz et à pétrole, Daimler est bien l’auteur des premiers petits moteurs à pétrole pour automobiles. C’est bien lui qui a permis, par son moteur, les étonnants progrès de l’automobilisme. Selon le Vélo, Daimler naquit en 1855, dans le Wurtemberg; fils de modestes ouvriers, il ne reçut qu’une instruction élémentaire qu’il compléta plus tard. 11 étudia tout jeune la mécanique dans une fabrique d’armes à Graffenstudt, en Alsace, c’est-à-dire en France; il passa ensuite en Angleterre et resta longtemps à Manchester dans une usine de machines à vapeur et de locomotives. En 1872, Daimler entra comme ingénieur dans la maison Langen et Otto où l’on construisait des moteurs à gaz. En 188*2, il quitta cet établissement et s’en retourna à Cannstadt travailler pour lui. Il inventa son fameux petit moteur à pétrole, le premier type que nous vîmes, plus tard, perfectionné à PExpoOlion de 1 Automobile aux Tuileries. Daimler créa une fabrique et s’adonna complètement à la construction des moteurs pour voitures. Le premier type fut horizontal et à ailettes pour le refroi-
- dissement; l’allumage était produit par un tube chauffé au rouge. Alors sortirent les premières automobiles. Première application à la bicyclette en 1885 avec moteur d’un demi-cheval. Puis char à bancs (Daimler-Motorkutsche). Les deux véhicules de 1885 et 188Gont déjà l'embrayage et le débrayage, les changements de vitesse, etc.
- C’est en 1887, rapporte M. George Brade dans le Vélo, que M. Sarazin prit en France les premiers brevets de Daimler. Celui-ci resta encore à Cannstadt, mais il se fonda à Paris, avec le concours de MM. Panhard et Levassor, une association qui devait être l’origine de tous les progrès actuels. En décembre 1889, sortait de la maison française le premier moteur Daimler. On sait l'essor qu’a pris si vite l’automobilisme dans notre pays.
- Daimler vint souvent en Erance ; il y fut très apprécié, très aimé. Aussi tous les chauffeurs de France ont-ils aujourd’hui un souvenir de regret pour ce travailleur émérite, et cet ingénieur de grande valeur. L’Automobile-Club de France a envoyé une couronne à Cannstadt, où se sont faites ces jours derniers les obsèques de Daimler. Le nom de cet inventeur est à retenir. Il ne faudra pas oublier, en effet, ces deux noms : Émile Levassor à Paris, Gottlieb Daimler à Cannstadt; ce sont ceux des deux créateurs de l’industrie de l’automobile. J.-F. Gall.
- CHRONIQUE
- Les deux premières petites planètes de 1900.
- — L’Observatoire de Paris a reçu dernièrement la nouvelle de la découverte de deux petites planètes, les premières de l’année. L’une appartient à l’astronome autrichien Paliga, et l’autre à M. Charlois, de l’observatoire Rischoffsheim de Nice.
- Accidents de chemins de fer en Amérique.
- — Le relevé des accidents arrivés sur les voies ferrées aux Etats-Unis, pendant le mois de juin dernier, comprend 100 collisions de trains, 115 déraillements et 5 autres accidents-, soit un total de 220 ayant causé la mort de 19 personnes et occasionné des blessures à 175 autres. Neuf sont dus au mauvais état de la voie, 5G à des défauts dans le matériel; 61 à la négligence du personnel, 1G à des obstacles placés par malveillance sur la voie, et enfin 98 ont été attribués à des causes inconnues.
- Les inondations tlans le Texas. — On a laissé généralement passer sans les signaler les inondations qui ont eu lieu l’été dernier dans l’Etat du Texas, et cependant elles ont été marquées par des caractéristiques curieuses. C’est ainsi que, dans quelques-unes des localités de la région, il est tombé, dans l’espace de 5G heures, une épaisseur d’eau de lin,06: on ne s’étonnera pas ensuite si nous disons que des troupeaux entiers de bétail si abondants dans le pays furent noyés et emportés au loin, qu’une vingtaine de villes furent submergées. Sur une seule voie ferrée, 16 ponts furent détruits et des kilomètres de remblais rasés.
- Les proerdès èleetroljtiques dans l'industrie. — M. Borchers a publié, au mois de décembre 1899 dans Engineering magazine, une très intéressante étude sur l’emploi actuel des procédés électrolytiques dans l’industrie, et sur les différents produits obtenus; nous en empruntons un résumé à VEclairage électrique. 11 résulte que depuis leur emploi industriel les procédés électrolytiques ont permis d’obtenir jusqu’à ce jour 12 950 tonnes d’aluminium, au prix de 2G25 francs la tonne; 215 tonnes d’or à 5500 000 francs la tonne;
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- 166 560 tonnes de cuivre au prix de 1875 francs la tonne; 1475 tonnes d’argent à 101 250 francs la tonne ; 82 060 tonnes de soude à 70 pour 100, à 101 francs la tonne; 225 000 tonnes de chlorure de chaux à 54,8 pour 100, à 125 francs la tonne; 11 550 tonnes de chlorate de potasse à 818 francs la tonne; 250 244 tonnes de carbure de calcium à 575 francs la tonne, et 1585 tonnes de earborundum à 1250 francs la tonne. Nous ne mentionnons pas quelques autres produits dont la production a etc encore faible. M. Borchers indique encore la répartition des produits électrochimiques suivant les différents pays. Nous mentionnerons pour chaque produit la contrée où la production a atteint jusju’à ce jour le maximum. On a produit 6120 tonnes d’aluminium eu France, 10 520 tonnes d’or au Transvaal, 150000 tonnes de cuivre aux États-lnis, 1400 tonnes d’argent aux Etats-Unis, 6500 tonnes de chlorate de potasse en France, 17 280 tonnes de potasse causûque en Allemagne, 45 280 tonnes de soude caustique en France, 09(150 tonnes de chlorure de chaux en France, 60000 tonnes de caibure de ca’cium aux États-Unis, et 800 tonnes de de earborundum en France. Les établissements électro-chimiques installés dans les différents pays ont actuellement une certaine importance. On compte en Afrique, au Transvaal, une puissance de 454 chevaux obtenue par machine à vapeur. Fin Amérique, il y a 1500 chevaux par chutes d’eau au Canada, et 72 300 chevaux par chutes d’eau et 11 750 chevaux par machines à vapeur aux Etats-Unis. Il faut ajouter à ce dernier chiffre une puissance de 25 000 chevaux, obtenue par moteurs à gaz. En France, nous comptons une puissance de 110 141) chevaux par chutes d’eau et 1300 par machines à vapeur. En Suisse, la puissance obtenue par chutes d’eau est de 58 950 chevaux; en Allemagne la puissance par chutes d’eau est de 15 800 chevaux et par machines à vapeur de 16175; en Angleterre, elle est respectivement de 11500 et 8150. Ces différents chiffres prouvent que l’industrie électrochimique a produit jusqu’ici des résultats importants qui ne feront certainement que s’accroître.
- l ue plante qui pousse vite. — La végétation présente souvent, par exemple dans les arbres taillés récemment, une activité extraordinaire, et, dans le seul cours d’une année, les pousses atteignent parfois 2 et 3 mètres de long; mais c’est dans les plantes annuelles que l’or, peut faire les constatations de ce genre les plus caractéristiques, parce qu’elles n’ont que l’espace d’une année, et même moins, pour déployer toute leur vigueur. M. C. II. Baker vient de donner, dans le Bulletin du Jardin botanique de Kew, un exemple des plus curieux, fourni par ce qu’on peut sans doute considérer à juste titre comme la plus gigantesque des plantes annuelles. Il s’agit de VAcnida austratis, qui appartient à la famille des Ama-ranlhacées, et qui est originaire de la Floride : les brai elles en atteignent une longueur qui dépasse souvent 6m,70 et qui approche même fréquemment de 7m,G0.
- Les chemins de fer au Siam. — La ligne du chemin de fer de Korat au Siam est achevée jusqu’à 118 milles de Bangkok mais elle n’atteindra pas Korat avant un an d’ici au moins. L’embranchement qui se dirige au nord vers Lophburi est en bonne voie et sera probablement ouvert le 1er avril 1901. A Tarna, où arrivent les rails, on est en train de construire un pont de plus de 100 mètres de long et élevé de 10 mètres au-dessus des basses eaux. Les terrassements sont en cours d’exécution jusqu’à Lophburi.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 mars 1900. — Présidence de M. M. Lévï.
- Au début de la séance, le président lit une notice nécrologique sur Eugène Beltrami, professeur de physique mathématique à l’Université de Home, correspondant de l’Institut.
- Application de la photographie à la topographie. — M. le colonel Laussedat présente à l’Académie quelques-unes des photographies qui ont permis de dresser la carte, et d’établir le tracé du chemin de fer transbaïkalien sur les'frontières de Perse et de Chine. Les relevés, qui portent sur une surface de 3000 verstes carrées, ont élé obtenus dans un espace de quelques mois.
- Double fécondation des Phanérogames. —M. Guignard avait déjà signalé une double fécondation dans le Lis martagon; l’une, seule connue, donne naissance à l’embryon, l’autre produit l’albumen. 11 étend aujourd’hui cette observation à toutes les espèces du genre Lis, à la Jacinthe des bois, à la Tulipe et à quelques Renoncu-lacécs. Il signale en même temps l’extrême variabilité de l’appareil reproducteur des Tulipes.
- Reproduction artificielle des voyelles. — M. Marey annonce qu’il présentera, dans la prochaine séance, des expériences de reproduction artificielle des voyelles.
- Nouveau bacille de la houille. — Dans une Note présentée par M. Van Tieghem, M. B. Renault signale un nouveau bacille qu’il a découvert dans la houille de Saint-Étienne.
- Sur le Péripale. — M. E. Perrier expose un important travail de M. Bouvier sur ces êtres si curieux, ressemblant à des chenille’s munies de pattes, qui constituent le genre Péripate. On les a rangés successivement dans les Vers et dans les Arthropodes. M. Bouvier montre tout d’abord que les formes les plus primitives sont celles de l’Amérique du Sud. Leurs caractères anatomiques permettent de les considérer comme des Annélides marines vivipares, adaptées à la vie terrestre. Ce changement de milieu a nécessité la formation d’une poche pour assurer le développement des jeunes. Les modifications de l’utérus et du placenta suffisent pour expliquer les vésicules nucales des esp'ces de la Nouvelle-Zélande.
- Les faciès des gîtes métallifères. — Dans la Note présentée par M. Michel Lévy, M. de Launay montre les analogies que présentent les gîtes métallifères des différentes chaînes de montagnes. Ceux des chaînes les plus anciennes (Suède, Canada) sont des gîtes de profondeur; dans les chaînes plus récentes (Plateau Central, Bohème), les filons nombreux, bien réglés, généralement perpendiculaires à la direction des chaînes, sont des types de profondeur moindre; enfin les gîtes récents (Algérie) se trouvent à li surface. J. Giraud.
- PHOTOGRAPHIE INDUSTRIELLE
- TIRAGE DES PLANS
- Dans l’industrie on a constamment besoin de dessins à un assez grand nombre d’exemplaires. Pour l’exécution d’une machine, par exemple, chaque pièce est l’objet d’un dessin séparé que doit avoir chacun des ouvriers qui doit concourir à sa production; le forgeron, le tourneur, l’ajusteur, etc., auront besoin d’avoir ce croquis exact. Le dessin original serait vite détruit s’il traînait successivement dans les
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- différents ateliers et ce serait encore pis pour des calques, qui du reste coûteraient assez cher à faire établir. On a donc pris l’habitude de faire des reproductions photographiques rapides qu’on appelle des « bleus », ainsi nommés parce qu’en général le papier sur lequel ils sont obtenus est bleu, les traits s’y détachant en blanc. Pour cette opération photographique on n’utilise ni objectif, ni appareil. Le dessin est calqué et c’est ce calque qui sert de cliché. On fait le tirage dans un châssis-presse, comme pour une photocopie quelconque, en exposant simplement au jour; on utilise des papiers sensibles aux sels de fer plus économiques que ceux à hase d’argent. Un certain nombre de sels de 1er sont en - effet modifiés par la lumière; les papiers les [dus employés sont ceux qui sont préparés avec du prussiate rouge de potasse et du citrate de fer amoniacal ; la solution est étendue sur le papier et on laisse sécher à l’obscurité. Après insolation sous le cliché il suffit de laver à grande eau pour faire apparaître le dessin en traits blancs sur fond bleu : la manipulation est donc très simple; aussi fabrique-t-on ce papier en grand quantité pour l’industrie.
- 11 y a du reste des variétés, dont la composition est un peu plus compliquée que celle que nous venons d’indiquer, dans le but d’obtenir une sensibilité plus grande et un temps d’exposition moins long.
- Un comprend en effet que, dans les grands ateliers de construction, la rapidité du tirage est un l’acteur à considérer et il arrive que l’hiver, quand la lumière du jour fait défaut, on est fort embarrassé. En outre les châssis sont toujours assez encombrants, ils coûtent cher et se détériorent assez vite, car ils sont maniés souvent sans grand ménagement par des manœuvres et sont exposés aussi bien à l’humidité qu’au grand soleil. Dans certains ateliers on utilise la lumière électrique, mais les châssis plats ordinaires se prêtent mal à ce genre de tirage. Dans la maison Panhard et Cie, si réputée pour ses voitures automobiles, on a besoin d’une quantité considérable de « bleus » ; on en tire parfois plus de deux cents par jour pour le besoin des divers ateliers. Il faut pou-
- voir arriver à ce résultat quel que soit l’état de l'atmosphère, aussi se sert-on exclusivement de la lumière électrique, mais en employant un appareil, de fabrication anglaise, fort intéressant qui permet avec une seule lampe d’arriver facilement à la production dont nous parlions [tins haut. Nous croyons qne cet appareil est fort peu connu en France et qu’il est utile de le signaler ici. C’est un cylindre V formé de deux feuilles demi-cylindriques de verre épais montées sur une carcasse métallique.
- L’ensemble repose sur un soubassement portant des galets G qui roulent sur un rail circulaire. On applique le calque du dessin à reproduire contre la feuille de verre, à l’extérieur ; par-dessus on met le papier sensible et au moyen d’une toile qui entoure complètement le cylindre et se serre avec des boucles, on assujettit le tout. A l’intérieur du cylindre est suspendue une lampe électrique qui sert de poids pour actionner un mécanisme d'horlogerie rudimentaire B fixé à la muraille. La corde ayant été enroulée sur le treuil de celui-ci et les dessins étant en place on met le balancier en mouvement et la lampe L descend peu à peu dans l’intérieur du cylindre, éclairant uniformément toute la surface. Suivant la transparence du calque et la sensibilité du papier photographique on fait parcourir à la lampe le trajet plus ou moins vite, en réglant sa descente au moyen du balancier dont on peut déplacer la lentille; on a aussi la ressource de lui faire faire une seconde lois le trajet complet si on constate que l’impression n’est pas suffisante.
- La lampe employée fonctionne avec 10 ampères et 120 volts et on tire en même temps deux feuilles de papier format grand aigle (lm,05 X 0m,75) ; on peut en faire 40 à l’heure.
- C’est donc un appareil qui présente un très grand intérêt pour tous ceux qui veulent être assurés d’une production régulière indépendante de la lumière du jour; il serait fort utile chez ceux qui se chargent du tirage à façon. G. Mareschai..
- Le Gérant : P. ÎIasson.
- Appareil pour le tirage tles plans.
- Paris. — Imprimerie Laiuiie, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1400. — 24 MARS 1900.
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- RÉSURRECTION
- Tout être dont le cœur ne bat plus, qui en apparence a cessé de vivre, s’il n’a aucune lésion de ses organes principaux, s’il n’est pas épuisé par la ma-
- ladie ou la misère physiologique, peut être encore assez souvent ramené à l’existence. En général, on ne se fait pas bien l’idée de la persistance de la vie « latente » chez les asphyxiés, les pendus, les noyés, les foudroyés. Un homme que l’on n’a pu ramener à
- Fig. 1. — Le Tracteur lingual à moteur électrique en fonction sur un chien.
- mouvement rotatoire, avec taquet régulateur, (le transmission à
- la vie au bout de dix minutes d’efforts est un homme mort. C’est, du moins, ce que l’on croit à peu près partout. Il y a là une erreur grave contre laquelle il faut réagir. J’ai la conviction que, imbu de ce préjugé, on laisse mourir depuis longtemps beaucoup de personnes qui auraient pu être ramenées à la vie. 28" année. — 1“ semestre.
- Fig. i. — 1. I.c Tracteur électrique. — A. Cylindre moteur. — IL Système de transmission directe à la tige à traction linguale (boudin métallique élastique). — C. Rhéostat à curseur pour la mise en marche et le réglage. — i. Le même tracteur avec ses deux accumulateurs chargés pour une marche de 6 heures. — 3. Le tracteur à système d'horlogerie. — F. Cylindre moteur central commandant les rouages et pignons secondaires. — C. Rouble volant à ailettes mobiles pour le réglage de la vitesse. — IL Système à la tige à traction, armée de sa pince. — I. Clef pour remontage.
- Le 7 juin 1898, le brigadier Agnel, de l’iluveaune, était en service sur le point de la côte dit T « Anse du Prophète » (Méditerranée), lorsqu’il entendit les cris de détresse du mousse Igardens, âgé de seize ans. Ce mousse se baignait à une distance de 30 mètres du rivage quand il disparut sous l’eau ; il
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- avait commis l’imprudence de se jeter à la mer après avoir mangé. Le nommé Ricard, patron du mousse, qui se trouvait là, s’élança au secours de Igardens; mais il allait couler à son tour quand le brigadier se jeta à l’eau sans prendre le temps d oter sa tunique; il atteignit Ricard, le souleva jusqu’à ce qu’il ait pu le remettre à un second sauveteur qui le ramena au rivage.
- Le brigadier plongea de nouveau pour rechercher la première victime, et, après quelques minutes, il lut assez heureux pour ramener à terre le jeune mousse. Mais Igardens était inerte; il était resté sous l’eau au moins dix minutes. Tout espoir de le ranimer paraissait perdu ; mais, se rappelant les indications de la circulaire n°2465 du 2 novembre 1891, le brigadier Agnel appliqua au noyé le procédé des « tractions rythmées de la langue » recommandé par le l)1' Laborde, de l’Académie de médecine. Le noyé continua à ne pas donner signe de vie. Agnel, sans se laisser décourager, par un insuccès probable, persista dans ses manœuvres; il prolongea l’opération pendant trois heures !
- Cette louable persévérance fut couronnée de succès; fa respiration du noyé se rétablit et peu à peu le jeune Igardens put se soulever; il était hors de danger.
- Ceci est un résumé succinct d’un rapport de M. Vautier, directeur de la région douanière de Marseille, au directeur général des douanes. Un simple agent de l’administration a pu rappeler à la vie un noyé resté dix minutes sous l’eau après trois heures de tractions rythmées de la langue.
- Après trois heures! Aucun physiologiste, aucun médecin n’aurait jamais osé, jusqu’en 1898, prétendre que la vie latente pût subsister des heures. Car, entin, trois heures n’est sans doute pas la limite extrême et sans doute pourrait-on réussir encore au delà de ce temps déjà considérable. Nous ne savons pas, exactement, au bout de combien d’heures la mort réelle fait place à la mort apparente. L’intervalle de temps peut être très variable selon les individus; mais la survie existe, en tout cas, toujours chez le sujet dont les organes sont sains et n’ont pas été altérés par la maladie. La mort extérieure objective de l’organisme, révélée par la suspension des manifestations fonctionnelles, notamment par la suppression de la fonction cardio-respiratoire, n’est pas la mort achevée, définitive. Tandis que l’organisme a cessé de vivre en dehors, disait récemment le l)r J.-V. Lahorde, à l’Académie de médecine, il vit encore en dedans. C’est-à-dire que la vie continue d’une façon latente par la persistance des propriétés fonctionnelles des éléments et des tissus organiques. Les propriétés sensitives sont les premières à disparaître, puis les fonctions motrices nerveuses, enfin la contractilité musculaire. La mort complète exige du temps.
- En somme, le mécanisme général peut s’arrêter par suite de la cessation d’une fonction essentielle, comme celle de la respiration; mais, si les organes
- ne sont pas altérés, ils peuvent être excités de nouveau et reprendre leur marche normale. Tant qu’il y a survie latente, il ne faut pas désespérer de sauver un noyé, un asphyxié, etc. La fonction la plus indispensable à réveiller, la fonction primordiale de la vie, c’est la fonction respiratoire; il faut exciter le réflexe respiratoire. Ce réflexe fort heureusement, comme le montre M. Laborde, possède une persistance de vie extraordinaire. C’est donc à lui qu’il faut s’adresser pour ressusciter littéralement les personnes que l’on pourrait considérer comme absolument mortes1.
- Depuis longtemps déjà M. le l)r Laborde a fait toucher du doigt l’efficacité de la méthode et nous pourrions citer de nombreux cas de retour à la vie2.
- Quelle est la durée de survie du réflexe respiratoire? L’observation que nous avons rapportée montre qu’elle peut être de trois heures. M. Laborde avait trouvé, en opérant sur des chiens, une durée de deux heures trois quarts'. Il avait pris un chien vigoureux, demi-bull, du poids de 16 kilogrammes, et l’avait soumis à l’inhalation du chloroforme jusqu’à arrêt complet de la respiration. Le chien fut vite mis dans l’état de mort apparente. Un quart d’heure de traction, et l’animal revenait à lui. On recommença l’expérience jusqu’à asphyxie confirmée : abolition du réflexe oculo-palpébral, etc. On n’eut recours aux tractions que cinq minutes après l’asphyxie. Ce chien, qu'on appelait au laboratoire « Lazare », dénomination très justifiée, paraissait cependant cette fois bien perdu. Une heure de tractions linguales, rien! Deux heures, rien! Et M. Laborde redoutait un échec. Le garçon de laboratoire, Léon Jandon, qui avait un faible pour Lazare, continua, malgré tout, les tractions avec une confiance imperturbable dans la méthode. Il vit la langue rougir, ce qui est un signe de réaction avant-coureur habituel et certain du rappel et du retour des premiers mouvements respiratoires. Et, en effet, après deux heures et demie de tractions rythmées, un hoquet respiratoire se produisit, puis des inspirations successives survinrent.... L’animal promena autour de lui des regards étonnés et revint à la vie. Lazare est mort pourtant, mais longtemps après, d’une maladie cutanée, malgré les soins de M. Jandon.
- On peut donc avancer que le réflexe respiratoire persiste, prêt à fonctionner de nouveau, au moins trois heures après l’état de mort apparente. C est là un fait capital à se rappeler.
- On aura pu s’étonner de nous voir parler tranquillement de tractions linguales opérées pendant des heures entières. Le brigadier Agnel eut la persévé-
- 1 Les tractions excitent trois nerfs sensitifs, le nerf lingual, le nerf glosso-pharyngien, le nerf laryngo supérieur. Les excitations se transmettent au bulbe d’où elles sont réfléchies sur les muscles respiratoires de la face, sur les muscles respiratoires du thorax et sur le diaphragme par le nerf phrénique.
- * Yoy. n° 1089, du 14 avril 1894, p. 507 et n° 1577, du 14 octobre 1899, p. 511. Des tractions rythmées de la langue.
- 3 Comptes rendus de l'Académie de médecine, 25, 50 janvier, 6 février 1900.
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- rance nécessaire pour en venir à bout; mais il est clair que tout le monde n’en serait pas capable. M. Laborde s’était préoccupé de substituer à la main garnie d’un linge un appareil automatique. M. Auguste Mouchel, secrétaire de la mairie de Yalognes (Manche), qui avait assisté à diverses expériences de rappel à la vie faites par M. Laborde, réalisa en quelques jours et de ses mains, dans son petit atelier d’amateur, un petit « tracteur » à mouvement d’horlogerie, donnant 120 tractions par minute, avec l’intermittence rythmique désirable. Cet appareil, le premier en date, permit à M. Laborde d’entreprendre des expériencee de laboratoire ; le tracteur de M. Mouchel servit notamment à sauver d’une asphyxie certaine ce pauvre Lazare.
- Malheureusement le ressort d’horlogerie ne permettait pas à l’appareil de fonctionner plus de cinq minutes. Il fallait remonter le mouvement et on le remontait souvent plus de vingt-cinq fois par séance (fig. 2). Aujourd’hui, cet inconvénient a disparu. On a associé au mécanisme d’horlogerie un petit moteur électrique alimenté par quelques accumulateurs. Et l’on peut fonctionner trois heures durant sans toucher au tracteur (fig. 1 et 2).
- Nous représentons plus haut les détails des deux tracteurs à horlogerie et à moteur électrique.
- L’importante méthode trouvée par M. Laborde pour ranimer les sujets en état de mort apparente constitue en même temps une méthode de contrôle absolu de la mort réelle. La mort est certaine si, après plus de cinq ou six heures, le réflexe respiratoire est aboli h
- Quoi qu’il en soit, ces faits ne doivent pas rester ignorés. On perdait tout espoir de sauver les noyés, asphyxiés, etc., quand, au bout d’une demi-heure, on avait épuisé les moyens ordinaires de réveil de l’organisme : mouvement des bras, insufflation d’air, etc. On ne savait guère non plus combattre efficacement les syncopes chloroformiques, l’asphyxie des nouveau-nés. On le saura. Désormais, quand un baigneur sera entraîné à la marée descendante, quand un pompier sera asphyxié par des gaz méphy-tiques, il faudra résolument avoir recours aux tractions rythmées, non pas pendant une demi-heure, mais pendant des heures. Et, le plus souvent, on ressuscitera les malheureuses victimes. On devrait aussi encourager les municipalités à mettre à la disposition de leurs agedts, à défaut de tracteurs électriques, des « tracteurs automatiques », dût-on en remonter le mouvement tous les quarts d’heure. En définitive, ce sont là de grands résultats et dont il faut rapporter tout l’honneur aux persévérants et laborieux travaux de M. J.-V. Laborde. Sauver une existence est la plus belle action que puisse ambitionner un homme. Henri de Parville.
- 1 C’est à M. Laborde aussi que l’on devait depuis plus de ôO ans le procédé dit à l’aiguille pour déterminer la mort réelle. Une aiguille d’acier enfoncée dans les tissus s'oxyde nettement en une heure chez le sujet en état de mort apparente, elle ne s’oxyde pas chez le sujet réellement mort.
- EXPOSITION DE 1900
- LES SERVICES MÉCANIQUES
- I
- PRODUCTION ET UTILISATION DE LA FORCE MOTRICE
- La classification générale des produits et leur répartition dans les différents palais, adoptées pour la prochaine Exposition, ont entraîné l'étude d’un nouveau programme pour la distribution de la force motrice nécessaire à la mise en marche des nombreuses machines apportées par les divers industriels exposants.
- Jusqu’ici dans les différentes manifestations qui se sont produites, les exhibitions de machines se faisaient toutes en un même local dit Gulerie des Machines, dans lequel on concentrait toute la partie mécanique ; chaque exposant devait y faire ses installations d’après des données fixées d’avance ; il prenait la force motrice dont il avait besoin sur des arbres mis en mouvement par des groupes de machines motrices, celles-ci étaient fournies par des constructeurs exposants ou louées par l’administration. L’inconvénient de ce système était de réunir en un même endroit des machines se rapportant à des objets différents; c’est ainsi qu’en 1889 nous avons vu des machines à fabriquer du papier placées à côté de phonographes ; ce sont pourtant deux industries distinctes n’ayant aucun rapport. Mais comme l’une et l’autre requéraient de la force motrice on les avait installées à proximité, suivant le hasard des places disponibles.
- Pour 1900, ce n’est plus la même chose. Il a été décidé que chaque classe aurait toute son exposition en un même local ; on y verra les produits à l’état natif, puis à l’état de fabrication, ensuite à l’état d’objets fabriqués; enfin une dernière section se rapportera à la partie rétrospective qui sera l'histoire du produit dans les temps passés. Cette classie fication implique forcément l’existence des différentes machines de fabrication sur tous les point-de l’Exposition.
- Il n’y aura donc plus de « Galerie des machines » proprement dite, mais des groupes de machines situées un peu partout suivant les nécessités des différentes classes de produits ; quelquefois ces nécessités seront très réduites et se limiteront à une ou deux machines seulement.
- On conçoit que dans ces conditions il eût été impossible d’adopter les dispositions anciennes pour la nouvelle Exposition. Il aurait fallu installer de tous côtés des générateurs de vapeur produisant la force motrice nécessaire à chacun des groupes de machines, il se serait produit partout les inconvénients les plus divers, bruit et trépidations, installations des cheminées pour l’évacuation des fumées, etc....
- La classification adoptée cette année était irréalisable il y a dix ans : en effet, à cette époque, les moyens pratiques connus pour le transport de
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- la force motrice étaient les transmissions rigides et les transmissions télédynamiques ; ces dernières étaient impraticables à cause de l’embarras quelles provoquent, il ne restait que les premières et c’est à
- elles qu’on a eu recours. On connaissait déjà les expériences de M. Marcel Desprez sur le transport de la force par l’électricité, mais on n était encore qu’à l’enfance de cette industrie nouvelle.
- . Xongueur totale, d& la Cour de. la, Force' motrice/ -
- Fig. 1. — Plan général des installations mécaniques au Uhamp-de~Mars. (Usine des pays étrangers. Côté Suiïren.
- Aujourd’hui, nos ingénieurs savent tous les secrets de- ce moyen élégant de distribution de la force motrice ; la fée électricité, qui a déjà rendu tant de services à notre civilisation, vient encore montrer sa puissance et apporter ses ressources dans la répartition de l’énergie nécessaire à la fabrication des mille objets qui nous entourent.
- L’installation de l’Exposition n’est assurément pas la première qui se fait dans ce genre, mais elle est assurément la plus importante qu,i ait jamais été tentée, puisqu’on ne disposera pas moins de 40 000 chevaux de force motrice.
- On peut dire que le pivot de la nouvelle classification si parfaite et si rationnelle réside justement dans l’emploi de ce moyen de distribution
- d’énergie; elle fait le plus grand honneur à MM. Delaunay-Belleville, Stéphane et Dervillé, les
- directeurs de l’exploitation de l’Exposition.
- C’est M. Bourdon, l’éminent ingénieur dont la compétence est absolue pour toutes les questions de la. mécanique moderne, qui a été chargé de l’organisation de ce service ; les difficultés matérielles qu’il a eu à vaincre sont innombrables et c’est à son expérience que nous devons de pouvoir admirer une installation de force motrice unique au monde.
- Le palais de l’Électricité qui, comme on le sait, se trouve placé au fond du Champ-de-Mars, entre les avenues de la Bourdonnais et Sulfren, porte un nom qui n’est pas précisément exact, car ce n’est pas
- Panneau mobile .
- Caniveau boisé .
- ^Conduite deâO£l
- froide
- Fîg. 2. — Coupc d’un caniveau contenant les conduites de vapeur et celles de l’eau d’uliuienlalion et de condensation.
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- dans ses galeries que nous pourrons admirer les applications modernes de lelectricité. 11 devrait plutôt se nommer le palais de la production de l’énergie électrique. C’est, en effet, dans ce monument que se trouveront centralisées toutes les machines indispensables à la production de l’énergie nécessaire à la
- mise en marche des machines-outils et autres répandues sur toute la surlace de l’Exposition, ainsi qu’à l’éclairage électrique du soir.
- Il existe deux grandes usines de force motrice à l'Exposition, la première, située du côté de l’avenue de la Bourdonnais, est réservée aux constructeurs
- Fig. 5. — Conpe transversale des installations mécaniques au Champ-de-Mars. Usine française. (Côté Labourdonnais.)
- français ; la seconde, l’usine Suffren, est appliquée aux étrangers.
- Chacun apportera ses types de foyers, de chaudières, de machines à vapeur, de dynamos ; ces appareils mis en fonctionnement seront considérés comme objets exposés et devront participer dès lors aux concours de récompenses, mais ils seront tous réunis; c’est-à-dire que tous les générateurs enverront la vapeur dans des tuyaux appartenant à l’administration qui la distribuera ensuite comme elle l’entendra aux différentes machines à vapeur, lesquelles à leur tour devront faire fonctionner les dynamos suivant les conditions réglementaires déterminées d’avance par le service mécanique de l’Exposition. Ces exposants auront à faire usage des conduites d’eau chaude et d’eau froide mises à leur disposition, ils devront envoyer leurs eaux de condensation dans des tuyaux spécialement affectés à cet usage, enfin ils devront évacuer leurs fumées dans des carneaux communs.
- Comme on le voit, le service mécanique est unifié; et, bien qu’on ait recours à des exposants en grand nombre pour la production de la vapeur, de la force
- motrice et de l’énergie électrique, on peut considérer les groupes de machines comme formant deux grandes usines indépendantes et complètes.
- Les générateurs sont placés entre le palais de l’Électricité et la galerie de 120 mètres, dans un bâtiment spécialement affecté aux chaudières ; ce dernier qui est composé de fermes de 28 mètres de portée, s’étend droite et à gauche du Champ-de-Mars.
- 11 existe deux groupes de chaudières, l’un pour l’usine française (côté Labourdonnais), l’autre pour l’usine des étrangers (côté Suffren). Dans chacune de ces usines on a aménagé souterrainement des conduites en maçonnerie qui reçoivent les fumées et les évacuent à la hase d’une cheminée de 80 mètres de hauteur.
- Pour l’alimentation des chaudières, voici comment on procède : au bord de la Seine, une com-
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- pagnie anglaise a installé une usine qui prend l’eau du fleuve et la refoule, au moyen de pompes, dans des tuyaux de façon qu’elle puisse atteindre le bassin de déversement de la cascade monumentale placée sur le devant du palais de l’Électricité; cette usine pourra débiter 72 000 litres par minute. Comme on le sait, l’eau delà cascade se répand dans un bassin inférieur; c’est de là qu’elle sera distribuée pour l’alimentation et la condensation.
- Cette eau sera amenée dans des tuyaux de 500 millimètres de diamètre placés dans une galerie de 2m,60 de hauteur construite à cet effet. Cette galerie sert également à contenir les conduites de vapeur qui iront alimenter les groupes électrogènes. Ces dernières sont en acier, elles ont 250 millimètres de diamètre.
- Sur le dessin (fig. 2) qui accompagne ces lignes, les conduites de vapeur sont au nombre de 4 ; elles sont alimentées en bloc par les générateurs appartenant à différents exposants ; ce nombre de quatre tuyaux n’est pas constant, car les deux conduites du haut n’existent point sur toute la longueur des galeries, elles ne servent qu’à donner de la vapeur aux conduites inférieures sur lesquelles seulement on exerce des prises, et ne sont installées qu’aux endroits où leur présence est nécessaire.
- La vapeur sera envoyée sous une pression de 10k^,5 par centimètre carré dans les machines; celles-ci auront uniquement pour mission de mettre en mouvement les dynamos. Ces dernières donneront des courants continus d’une tension de 125, 250 et 500 volts et des courants alternatifs et triphasés de 2200 volts.
- Les fils qui transportent ainsi l’électricité en tous les endroits de l’Exposition seront accrochés aux fermes métalliques des Palais à l’aide de supports en porcelaine et seront nus, de façon qu’on puisse recueillir le courant par une simple dérivation lancée sur les fils. Ce courant fera mouvoir les dynamos réceptrices qui actionneront directement les machines-outils auxquelles ils seront accolés.
- Nous avons dit au commencement que l'ensemble de la puissance disponible était de 40000 chevaux : il est certain que jamais toute cette puissance ne sera nécessaire en même temps; on fera marcher les groupes éleclrogènes utilement les uns après les autres ; je dis utilement, car de fait, il est probable que pendant le jour les constructeurs exposants voudront les faire marcher à blanc, afin de montrer au public le mécanisme en mouvement.
- La puissance mécanique nécessaire pour les diverses machines de l’Exposition est calculée à 5000 chevaux et celle pour la lumière à 15 000, de sorte que dans les conditions les plus désavantageuses, c’est-à-dire lorsque les machines marcheront et que les lampes seront allumées, ce n’est que 20000 chevaux qui seront exigés, c’est-à-dire la moitié de la disponibilité.
- Afin de faciliter le montage des différentes machines dans les galeries du palais de l’Électricité,
- on a installé dans chacune des deux usines un grand appareil de manutention de 25 T. Du côté des Français, nous voyons un Titan fort intéressant construit par M. Maurice Leblanc, qui roule sur des rails placés au milieu de la galerie ; du côté des Étrangers, l’appareil est une sorte de grand pont roulant, embrassant toute la section du Palais; il est exécuté par un constructeur allemand, M. Flohr. Nous aurons d’ailleurs à revenir dans un article prochain sur ces appareils, quand nous traiterons de la manutention à l'Exposition. A. da Cunha.
- LES C0PE4UX DE HÊTRE
- ET LA FABRICATION DU VINAIGRE
- Les copeaux employés en vinaigrerie sont en bois de hêtre non échauffé, ni trop grands ni trop petits; ils sont enroulés en spirales un peu ouvertes et doivent présenter extérieurement une surface rugueuse produite par une succession de brisures à peine visibles dans les copeaux bien faits, qui permet l’adhérence du mucilage sur lequel vit et se développe le mycoderma acetix.
- Le rôle des copeaux est très important dans la fabrication du vinaigre : suivant que le liquide à transformer en vinaigre les arrose plus ou moins bien, ils travaillent de même plus ou moins bien; une fois imbibés ils se desserrent naturellement et l’espace compris entre leurs spirales s’agrandit; mais on peut certainement évaluer à un cinquième le nombre de ceux qui ne travaillent pas.
- Les copeaux sont fabriqués à l’aide d’une machine spéciale appelée (( raboteuse », dans laquelle un fort rabot est adapté entre deux glissières horizontales; sa surface est recouverte par une plique en acier, et le ciseau ou « fer », qui a une inclinaison voulue pour produire l’enroulement du copeau en spirale, a son tranchant tourné en dessus et son coin en dessous ; la lumière est évidée intérieurement à la forme du copeau. Les planches de hêtre à raboter, préalablement coupées à une longueur de 55 centimètres environ et de 52 à 44 millimètres d’épaisseur, sont placées de champ les unes contre les autres dans une forte caisse ou cadre en bois ou en fer où elles sont maintenues par deux vis à manettes2; cette caisse force les planches à s’appuyer sur le rabot et celui-ci dans son mouvement de va-et-vient enlève successivement les copeaux, qui tombent tout enroulés en dessous de la machine. On donne du fer suivant que l’on veut avoir des copeaux plus ou moins roulés : peu de fer produit un copeau mince à spirales très serrées qui a l’aspect d’un bouchon, beaucoup de fer donne un copeau épais à spirales ouvertes. La caisse coulisse entre quatre glissières verticales, elle est suspendue à l’extrémité d’une corde passant sur une poulie et dont l’autre extrémité est fixée à une pédale qui permet de l’élever selon les besoins.
- 1 Mycoderma aceti, nom donné à ce micro-organisme par Person en 1822, et conservé par Pasteur qui, en 1804, est venu par ses innombrables recherches éclairer les pratiques obscures et empiriques des vinaigriers.
- 2 En Allemagne les fabricants de copeaux de la Thuringe et des provinces de la Baltique, qui font un choix très judicieux des morceaux de hêtre qu'ils destinent à cette fabrication, préfèrent employer plusieurs machines et ne raboter qu’un seul morceau de bois à la fois; en France, dans le Dauphiné et le Limousin, on rabote ordinairement plusieurs morceaux à la fois, qui produisent deux ou trois copeaux à chaque coup de varlope.
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- L'ouvrier préposé à ce travail doit changer de bout les morceaux de hêtre qui sont pris à contre-fil et ne donnent pas de copeaux roulés, souvent il doit retourner plusieurs fois le même morceau de bois.
- Le hêtre utilisable dont il faut exclure les membrures 1 ne doit être ni trop frais ni trop vieux, mais d’une dessiccation pour ainsi dire à point, sans nœuds et bien sain ; dans le premier cas les copeaux sortiraient tout droits sans être roulés, dans le second ils seraient brisés. On a essayé de traiter à l’eau chaude ou à la vapeur le hêtre trop sec, mais sans grand succès. Le rabot, dont la course est nécessairement supérieure à la longueur du bois, doit marcher à une certaine allure pour opérer un bon enroulement; il nécessite une force assez considérable: 3 à A chevaux-vapeur au moment du contact. Un ouvrier un peu habile peut raboter dans sa journée un stère de bois représentant environ 700 kilogrammes de copeaux. La provenance et la nature du hêtre n’ont pas d’importance appréciable, si toutes les autres conditions sont observées.
- Copeaux de liêlre.
- On emploie indifféremment les copeaux À ou B, à l’état sec, sans leur faire subir aucune préparation à l’eau ou au vinaigre chauds, qui les rendrait cassants. Mais il est nécessaire de les passer sur une claie pour en retirer les poussières et les débris, avant de les introduire dans les cuves, où on les tasse assez fortement et sans ordre. On procède ensuite à leur acétification à l’aide de bon vinaigre fort, puis à la mise en marche avec une dilution appropriée.
- Lors du renouvellement, on ne doit jamais utiliser de copeaux provenant d’une autre vinaigrerie, ou de copeaux avariés, qui pourraient renfermer des germes de maladies, entre autres ceux des fermentations lactique et butyrique, qui précèdent la fermentation putride.
- Les appareils formés de deux demi-muids ayant ensemble une capacité de 11 à 12 hectolitres, demandent de 180 à 201) kilogrammes de copeaux ; les cuves de 15 hectolitres, de 260 à 280 kilogrammes; celles de 30 hectolitres, 560 kilogrammes; de 50 hectolitres, 950 kilogrammes ; de 100 hectolitres, 1900 kilogrammes.
- La surface travaillante développée de 100 kilogrammes de copeaux est environ de 13 mètres carrés, et leur prix de revient est approximativement de 18 francs les 100 kilogrammes.
- (’.omme on le sait, les copeaux n’ont aucune influence dans la formation de l’acide acétique; ils ne servent en
- 1 Dans le Grand-Duché de Luxembourg, on fabrique avec des membrures des copeaux qui sont vendus, il est vrai, à bon marché, mais qui n’ont ni tenue ni durée; on les écoule principalement en Belgique, et les vinaigriers procèdent au renouvellement à peu près chaque année.
- quelque sorte que de support au mycoderme qui, ainsi que l’a démontré Pasteur, jouit de la faculté de transformer l’alcool en acide acétique en présence d’un ferment et de l’air, et à augmenter la surface acétifiante en contact avec l’air qui vient en lécher toutes les parties et s’y désoxygène. Aussi le premier vinaigre obtenu sur des copeaux neufs, qui y dégorgent des matières extractives du bois, a-t-il un goût détestable et n’est pas vendable comme vinaigre de table; on doit le mettre à part pour l’écouler plus tard, en en mélangeant de 5 à 10 pour 100 avec celui qui est alors irréprochable, ou le vendre pour l’industrie.
- La durée des copeaux dans les acétificateurs est très variable, elle est subordonnée aux substances fermentescibles ainsi qu’aux liquides employés ; dans la fabrication des vinaigres de vin, de cidre, de bière, etc., qui encrassent promptement les copeaux, ceux-ci doivent être changés tous les h ou 5 ans et quelquefois plus souvent. Dans la fabrication du vinaigre d’alcool leur durée peut être plus grande, mais elle est également subordonnée aux matières mises en œuvre, et surtout aux soins à donner aux cuves et aux accidents de fabrication. Aussi tout l’art, tout le secret de la fabrication du vinaigre, que bien peu connaissent, réside dans l’entretien de la masse des copeaux au degré utile d’acétification, où le ferment, l’alcool, l’air et la température ont un rôle combiné et prépondérant; si le mauvais entretien de cette masse acétifiante est prolongé, il peut en résulter la ruine de la vinaigrerie.
- J’ai vu il y a vingt ans, dans la vinaigrerie deM. Aguet-tant à Montrouge, démontée depuis, des cuves du système Schützenbach qui avaient à cette époque près de trente années d’existence et qui fabriquaient encore bien avec les mêmes copeaux, et, plus récemment, dans une fabrique de l’Anjou, des copeaux de provenance allemande qui avaient servi pendant dix-sept ans à la fabrication du vinaigre d’alcool sans être renouvelés. E. Barbe.
- LA FABRICATION D’ON PNEUMATIQUE
- i
- Les progrès considérables des instruments de locomotion sur route, la bicyclette et l’automobile, sont dus, pour une part énorme, aux coussins pneumatiques, ou tout simplement aux pneumatiques, sur lesquels ils roulent. Je dis une part énorme, car il est hors de doute que, sans eux, les plus ingénieuses améliorations du mécanisme demeureraient nulles. La trépidation et les chocs constituaient une barrière rigoureusement infranchissable à la bicyclette et à l’automobile lorsqu’elles essayaient de franchir le cap du 30 kilomètres à l’heure. Les records d’il y a douze ans pour la bicyclette et d’il y a cinq ans pour l’automobile, les essais qu’on peut en faire quotidiennement, démontrent à l’évidence que le sort de nos modernes instruments de route est étroitement lié à celui des surfaces sur lesquelles ils roulent.
- Il semble donc qu’au moment où l’approche du printemps et de l’Exposition universelle va rendre plus vif que jamais l’engouement pour la « locomotion », une étude de cet organe curieux qu’est le pneumatique soit de réel intérêt.
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- LA NATURE.
- Le pneumatique se compose de trois éléments : un boudin circulaire de caoutchouc, nommé la chambre, dans lequel on comprime de l’air au moyen d’une pompe ; une enveloppe ou bandage, formée de caoutchouc collé sur toile, qui à la fois s’oppose aux dilatations anormales de la chambre et à son éclatement, et la protège contre les objets qui pourraient la déchirer; enfin une jante, sorte de cerceau d’acier à gorges, sur laquelle le bandage est accroché par ses bourrelets et maintenu par la pression de la chambre qu’il enferme.
- Du caoutchouc surtout, quelque peu de toile et d’acier, tels sont donc les trois matériaux constitutifs d’un pneumatique.
- Des deux derniers, je n’aurai que quelques mots à dire. La toile qui entre dans la formation de l’enveloppe est faite de coton écru et très minutieu-
- sement choisi. Une de nos gravures montre l’essayage d’une toile (fîg.2) ; le vérificateur regarde sur le dynamomètre sous quel effort exact elle va rompre. La toile, pour être utilisée, doit avoir subi le gommage. A cet effet elle passe lentement sur un cylindre, au-dessous d’une règle qui sert de digue à une épaisse dissolution de caoutchouc, puis s’étend sur une table chauffée où, la benzine s’évaporant, elle sèche en emprisonnant la couche de caoutchouc. L’opération est faite parfois sur les deux côtés de la toile. Nous verrons plus loin quel est le rôle exact du tissu ainsi préparé.
- La jante est faite d’acier fin, peu cassant, et formée par le passage d’une lame plate dans une e'tireuse, puis dans une cintreuse qui lui donne, ainsi que le montre la figure 3, le profil qui lui est nécessaire pour l’accrochage du bandage. Le cercle ainsi
- Fig. 1. — Objets trouvés dans des boules de caoutchouc
- Fig. 2. —L’essayage des toiles pour l’enveloppe du pneumatique.
- créé est fermé, rivé, puis brasé; enfin il est soigneusement calibré, car une très faible variation dans son diamètre aurait pour résultat soit de rendre impossible le montage de l’enveloppe s’il était trop
- grand, soit de rendre son accrochage imparfait s’il était trop petit, autrement dit de condamner la chambre à l’éclatement perpétuel.
- Le caoutchouc, qui est en somme l’unique matière
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- LA NATURE
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- Fig. 3.
- Le cintrage des jantes.
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- LA NATURE.
- constitutive du pneumatique puisque les deux autres ne lui servent que de supports, présente un intérêt bien autrement captivant. Sa facture est des plus complexes et des plus empiriques, tout hérissée de « tours de main ». Nous constaterons avec plaisir que la France garde en cette industrie une suprématie marquée sur les nations étrangères. Les usines que MM. Michelin ont édifiées à Clermont-Ferrand pour sa fabrication, fabrication dont les gravures ci-jointes représentent les principaux épisodes, passent avec raison pour modèles. Elles se détachent d’ailleurs de plus en plus des méthodes empiriques pour rechercher les procédés scientifiques. Un laboratoire de chimistes, un atelier d’essayeurs, des pistes et des voitures spéciales pour les épreuves, sont adjoints à cette petite ville de la roue pneumatique.
- D’où vient le caoutchouc? trop d’auteurs l’ont expliqué pour que j’aie à le redire. Je rappellerai rapidement que le cahuchu ou suc de l’arbre est un liquide, un latex blanc et sucré qui coule de lianes et d’arbres de l’Amérique du Sud, de l’Afrique, de l’Asie et du Tonkin, quand on les entaille, et que les indigènes font coaguler soit par la chaleur, soit par le jus acide d’un fruit (noix d’urucuri). Empressons-nous d’ajouter que les indigènes, afin d’augmenter le poids des houles ainsi recueillies, font souvent coaguler le latex autour d’une pierre, d’un gros coquillage, d’un morceau de bois ou d’un fer de flèche. Le vol au poids est de tous les mondes (fig. 1).
- Je rappellerai encore que la valeur du caoutchouc dépend beaucoup de sa provenance. Le Para, qui vient des forêts du fleuve des Amazones, vaut moyennement au Havre 12 francs le kilogramme, alors que les gommes d’Afrique n’en valent que 8 ou à peu près.
- Quelle que soit sa provenance, le caoutchouc est traité d’ailleurs par les mêmes procédés. Les boules sont coupées en gros morceaux, puis jetées dans des cuves d’eau tiède où elles s’amollissent. Elles passent ensuite dans une série de déchiqueteuses formées par deux cylindres à surface rugueuse qui roulent l’un contre l’autre avec des vitesses ditlérentes, et qui les broient en morceaux de plus en plus fins. Cette première opération, qui se fait toujours sous un courant d’eau de lavage, enlève au caoutchouc les débris de bois, de terre, les grains de sable et les insectes que les indigènes lui ont volontairement ou non fait absorber (fig. 1).
- i Réduit en chapelets composés de morceaux de la taille d’un dé à jouer environ, le caoutchouc est rejeté alors dans des cuves d’eau tiède où il achève de s’amollir. 11 faut, en effet, qu’il soit mou afin que, débarrassé de ses impuretés par le déchiquetage, il puisse être ressoudé à lui-même, reconstitué par le laminage.
- Les morceaux passent donc maintenant entre deux cylindres lisses qui les écrasent et les forment en plaquettes larges. Ces plaquettes, laminées de nouveau, finissent par se joindre les unes aux autres et constituér un ruban de très gros grain, d’un milli-
- mètre ou deux d’épaisseur, sur une longueur d’une vingtaine de mètres. Le lavage par l’eau se continue pendant toute l’opération.
- Cette mise en rubans du caoutchouc n’a toutefois pas modifié les qualités et les défauts qu’il possède brut. Il demeure souple et élastique; mais la seule chaleur du soleil le rend collant, et la moindre gelée le fait cassant. La vulcanisation ou incorporation de soufre dans le caoutchouc faite par cuisson, la vulcanisation, découverte en 1840 par l’Américain Goodyear, va faire de lui un corps tout nouveau. Le mécanisme des phénomènes chimiques de la vulcanisation n’est encore pas élucidé. On constate seulement que cette incorporation de 4 à 10 pour 100 de soufre a conservé au caoutchouc ses qualités natives d’élasticité, qu’elle les a amplifiées en lui donnant le nerf qui lui manquait, et quelle lui a retiré sa déplorable sensibilité au froid et au chaud.
- Cette addition de soufre devait malheureusement mettre les falsificateurs sur la piste d’additions autres et beaucoup moins heureuses. La falsification du caoutchouc se produisant toujours à la période de fabrication où nous sommes parvenus (la mise en feuilles), ayant d’autre part une importance capitale sur la valeur d’un pneumatique, je lui consacrerai quelques lignes.
- On peut faire varier considérablement le nombre et les proportions des éléments qui constituent 25 kilogrammes de caoutchouc pur et 25 kilogrammes de caoutchouc falsifié. Le mélange riche est composé de 24k?,250 caoutchouc Para à 15fl ,75 le kilogramme, et de 0ks,750 soufre pur à 0fl’,22 le kilogramme, soit vaut 14fr,45 le kilogramme. Le mélange chargé est formé de 4ks,750 caoutchouc d’Afrique à 12 francs ; 0ks,750 de fleur de soufre à 0fr,22 ; 7 kilogrammes factice brun (huile de lin et soufre) à 01V,65 ; 7 kilogrammes craie lavée à 0fl',04 ; 5 kilogrammes blanc de zinc à 0fr,65 ; et 0k«,500 déchets de caoutchouc à 2fr,50, soit vaut 2fr,65 le kilogramme. La densité du mélange riche est 0,5 ; celle du mélange chargé, 1,6. Il en résulte qu’un décimètre cube du premier mélange coûte de matière 15 francs tandis qu’un même volume du second ne coûte que lfr,65.
- La différence chimique des deux mélanges ne semble pas considérable. Il manque toutefois au second les qualités essentielles et un peu mystérieuses du caoutchouc pur qui sont la réaction, l’homogénéité, le ressort. On conçoit qu’un organe qui, comme le pneumatique, travaille à l’écrasement et à la traction, est cisaillé, heurté et tordu, doit posséder au maximum les brillantes résistances du para et ne peut se contenter de l’inertie du mélange chargé qu’on emploie pour les tuyaux de gaz et les articles de bazar. La constitution des deux mélanges est sensiblement la même. Ils se différencient cependant, comme le vieillard et le jeune homme, par l’élasticité et la nervosité des tissus.
- L. Raüdry de Saunier. „
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- LA NATURE.
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- IA MÉTALLURGIE
- DU MANGANÈSE ET DU CHROME
- Imaginez un minerai duquel on puisse sortir un métal sans le concours dispendieux de la chaleur avec ses fourneaux dévorants, et sans l’emploi du courant électrique avec ses machines. Cette métallurgie sans feu et sans électricité semble a priori paradoxale, elle existe cependant; elle s’explique très bien et s’applique aujourd’hui avec succès à la préparation de certains métaux que la métallurgie du fer recherche pour la fabrication des aciers spéciaux.
- Pour préparer, par exemple, le métal manganèse si abondant à l’état de bioxyde, on mélangera ce bioxyde avec de l’aluminium pulvérisé susceptible de désoxvder, de réduire, suivant l’expression consacrée, l’oxvde et de mettre le métal en liberté. La réaction se produira si l'on vient à porter un point du mélange à une température élevée, et elle continuera toute seule comme dans le cas du mélange d’hydrogène et d’oxygène, sans qu’il soit nécessaire de communiquer de la chaleur. Cette réaction, automobile en quelque sorte, ressemble tout à fait à la combustion de la poudre. Une étincelle initiale a suffi pour ébranler la masse quelque grande qu’elle soit.
- L’aluminium en s’oxydant aux dépens de l’oxygène de l’oxyde métallique dégage une quantité considérable de chaleur, la masse réagissante est alors portée à la température du blanc éblouissant tel que l’aluminium oxydé ou alumine qui n’est autre que l’émeri, fond en un liquide mobile ; le métal manganèse fondu se rassemble au fond du creuset.
- La température atteinte doit voisiner avec celle des fours électriques.
- On conçoit que les creusets employés dans cette métallurgie doivent être particulièrement réfractaires. On les prépare en brasquant des creusets ordinaires avec de l’alumine ou mieux avec de l’aluminate de magnésie. On peut aussi faire labrasque avec l’oxyde à réduire.
- Cette préparation du manganèse a été reproduite il y a quelque temps par M. Gall, de la Société d’électrochimie dans une conférence de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, devant les notabilités de la science et de l’industrie, sur un creuset de 20 kilogrammes de matière. C’est une expérience brillante qui va devenir classique.
- Pour déterminer la réaction, il faut provoquer une température élevée en un point de la masse ; on y arrive en projetant dans le creuset un mélange de bioxyde de baryum et d’aluminium qui s’enflamme facilement et d’une façon explosive en fournissant une température élevée nécessaire à la mise en réaction de la masse pour vaincre l’inertie du système.
- Théoriquement toute réaction susceptible de dégager de la chaleur, d’après les données de la thermochimie, devrait se produire sans chauffage constant, mais cette réaction ne commence qu’à une certaine température variable plus ou moins élevée qu’il faut atteindre. Ces réactions exothermiques doivent donc avec cet ébranlement préalable se passer du chauffage extérieur continu, et, dans la métallurgie ordinaire et un grand nombre de réactions chimiques, il y aurait peut-être dans certains cas à supprimer ce chauffage extérieur et à le remplacer par un chauffage interne de courte durée, jouant le rôle (^amorçage de la réaction.
- C’est un métallurgiste, M. Goldschmidt, qui a attiré l’at-
- tention sur ces réactions exothermiques *. Depuis quelques mois, l’industrie prépare par réduction des oxydes, au moyen de l’aluminium, les métaux suivants : manganèse, chrome, tungstène, molybdène, vanadium.
- Leur mode même de préparation fait que ces métaux réclamés pour la fabrication des aciers sont absolument exempts de carbone, ce qui est précieux pour cette application. C’est un avantage sur la métallurgie de ces métaux préparés au four électrique qui donne des métaux carburés.
- On a donné à cette métallurgie par l’aluminium le nom bizarre de métallurgie par les fours électriques secondaires, parce que la chaleur est produite par la combustion de l’alurninium issu des fours électriques2.
- Cette industrie des fours électriques secondaires produit non seulement des métaux utilisables, mais elle fournit encore de l'aluminium oxydé, c’est-à-dire du corindon ou émeri très dur qui est vendu comme matière à polir et à faire des meules.
- On a pu aussi utiliser la haute température des réactions réductrices des oxjdes métalliques comme procédé de chauffage pour la soudure et la brasure des métaux dans quelques cas particuliers. Avec un peu d’imagination, on pourrait sans doute chercher à utiliser celle réaction pour le chauffage ordinaire si les produits trouvaient un écoulement dans le commerce.
- 11 est bon de signaler que les oxydes faciles à réduire comme les oxydes de plomb, de cuivre, donnent des réactions explosives avec l’aluminium. On les détermine toujours par amorçage, par allumage au moyen du magnésium, de l’étincelle électrique, du chalumeau oxvhy-drique ou des mélanges de peroxyde et d’aluminium.
- Les sulfures métalliques se réduisent de la même façon avec un avantage même, c’est que le sulfure d’aluminium est plus fusible que l’alumine et que le métal fondu se rassemble mieux. T. Obai.ski,
- LA PÉRIODICITÉ
- DANS LES
- PHÉNOMÈNES MÉTÉOROLOGIQUES
- M. II. Helm Clayton a bien voulu envoyer à La Nature le texte d’une communication fort intéressante qu’il a faite devant 1’ « American Academy of Arts and Science », et où il a étudié la question de la périodicité dans les phénomènes atmosphériques et météorologiques : on connaît d’une façon générale ce dont il s’agit là, car c’est pour ainsi dire de tout temps que l’on a noté, dans certains de ces phénomènes, des périodes diurnes ou annuelles, et l’on a reconnu d’une manière universelle que ces périodes sont dues aux changements de position du soleil. A l’heure actuelle, les météorologistes passent une partie de leur temps à déterminer, pour les différentes
- 1 M. Goldschmidt d’Essen est le premier qui ait eu l’idée, il y a un peu plus d’un an, d’employer l’aluminium pour produire un échauffement local et de là une réduction des oxydes métalliques. Depuis ces premières recherches, il s’est fondé en Allemagne une société dans le but d’utiliser pour les applications industrielles ce nouveau mode de chauffage par l’aluminium, qui est une véritable révolution dans les procédés métallurgiques.
- 2 Voy. n° 1392, du 27 janvier 1900, p. 139. Métallurgie de l’Aluminium ; électrochimie par voie ignée.
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- LA NATURE.
- • S O C O
- PRESSIONS BAROMETRIQUES Paris, 1810 -32' Oscillations aitour /
- ïrlsruhe
- 1810-21.
- Strasbourg
- 1806-32
- LUIE
- v OURS DE P
- Paris
- Carlsruhe
- Strasbourg
- i)E SOLEIL
- JOURS D
- Krakau
- 1826 - 40
- Fig. i. — Courbes de concordance de phénomènes atmosphériques avec les phases lunaires.
- régions du monde, la valeur des modifications causées par ces périodes. Nous pourrions rappeler, avec M. Clayton, que bien des savants ont essayé ou essayent de prouver qu’il existe, dans les variations du magnétisme terrestre, une coïncidence périodique avec les mouvements de rotation du soleil sur son axe. Notre auteur rappelle aussi les études faites
- • soi*
- ATURE.
- TENIPEF
- Greenwich
- 1856-6t..
- 1837-*3
- Fig. 2. — La Lune et les variations de température
- pour établir une relation entre les taches solaires et les périodes météorologiques, notamment les chutes de pluie. On sait également que la lune est considérée comme un des corps célestes qui doivent le plus vraisemblablement avoir une influence sur les cycles atmosphériques : les recherches ont été multipliées à plaisir à ce sujet, et c’est ce qui a permis à Yan Bebber de dresser les courbes assez curieuses et concluantes que nous reproduisons d’après la communication même de M. Clayton. Les trois séries de courbes du graphique, qui se rapportent respectivement à la pression, à la chute de pluie et à la clarté de l’atmosphère, coïncident étrangement avec les phases de la lune, indiquées en haut du cadre. Et il ne faut pas perdre de vue quelles ont été dressées sur une période de temps considérable.
- • D O I *
- FRÉQUENCE
- DES ORAGES
- 'Bavière
- Allemagne 1879 -83
- Bavière
- 1880-88
- États-Unis
- 189^-98
- Fig. 3. — Les coups de tonnerre et la Lune.
- Nous pouvons en rapprocher, sans beaucoup y insister (car l’intérêt de ces relevés est tout entier dans les graphiques et en dehors des commentaires qu’il serait facile d’en faire), des courbes représentant la température moyenne aux différents jours de la période synodique de la lune ; les deux premières proviennent d’observations faites à Greenwich, mais dans le premier cas il s’agit réellement de la température moyenne, tandis que dans le deuxième on s’est basé sur la température minima pour tracer la ligne. Les degrés sont donnés suivant l’échelle Farenheit, mais cela ne gêne nullement les comparaisons, et n’empêche pas de constater que les maxima concordent généralement entre la nouvelle et la pleine lune. On trouvera sans doute assez intéressant un autre graphique où l’on voit la relation des coups de tonnerre aux diverses phases de cette même périocfe
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- LA NATURE.
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- lunaire, et pourtant les conclusions en sont nn peu plus confuses que dans l’exemple précédent.
- Bien entendu, M. Clayton ne s’est pas contenté de rassembler le fruit des observations d’autrui, pour en dresser les courbes que nous venons de signaler à l’attention du lecteur : non seulement ces graphiques mêmes comportent des données qui sont le résultat de ses observations propres, mais encore il a élargi beaucoup le champ d’étude par des observations extrêmement variées. Il est arrivé au bout d’un certain temps à formuler un ensemble de règles qu’il considère comme fort importantes : pour lui, chaque période météorologique est rendue complexe par l’existence de périodes qui sont « en relation harmonique avec la période primaire », en ce sens qu’elles ont une longueur qui est multiple simple de la longueur de cette période primaire, par exemple le double, le triple, ou, au contraire, le tiers, le
- PRESSION BAROMÉTRIQUE.
- 187V 1875 1876 1877 1878 1879 1880 1881
- Portland
- Louisvi
- Fig L — Périodes de variations harmoniques.
- quart, etc. Les périodes dans les différentes parties du monde ont des phases variées : c’est ainsi que, pendant la période annuelle, il fera froid dans l’hémisphère nord alors qu’il fera chaud dans l’hémisphère sud. Sur un point donné de la surface de la terre, les harmoniques et parfois les périodes primaires se renversent comme phase ; enfin les diverses périodes ne varient pas synchroniquement sur un point considéré.
- A titre d’exemple de périodes harmoniques de la période annuelle, et ayant une longueur double, nous signalerons à l’attention le graphique ci-contre, qui figure des observations de pression, et un second qui porte sur les précipitations atmosphériques : dans l’un comme dans l’autre, la période annuelle disparaît, et au contraire on voit apparaître une oscillation secondaire bi-annuelle. Enfin, pour nous borner, nous nous contenterons de citer comme dernier cas assez curieux l’observation que M. Clayton a pu
- PLUIE.
- 1875 '1876 1877 1878 1879 1880 1881 1882 1883
- n du LacSuférieur
- Vallée
- "Et ïtdefOi lëst
- dj Mexiq
- Sav Franc
- Périodes harmoniques de variations dans la chute de pluie.
- faire de variations dans la température normale, chutes et ascensions qui se reproduisent environ tous les trois jours et demi, ce qui correspond à peu près au huitième de la période lunaire. Un graphique représente précisément ces oscillations curieuses pour cinq mois successifs, et l’on a tracé pour les deux premiers, en pointillé, une courbe idéale qui correspondrait exactement à la période harmonique du huitième de la période lunaire. On remarquera certainement avec quelle régularité la température minima est venue coïncider avec la nouvelle lune pour les mois de décembre, de janvier et de février.
- Et de tout cela, si l’on ne peut conclure encore de façon absolument positive, pas plus que ne le fait M. Clayton, à l’existence régulière de ces périodes, du moins il est devenu à peu près certain qu’il y a
- TEMPÉRATURE en 1898-1899. Octobre
- Novembre
- Décembre
- Janvier
- Février
- Fig. 6. — Oscillations périodiques de la température.
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- LA NATURE.
- là un terrain qui demande à être soigneusement exploré, et où Ton parviendra à faire sans doute les découvertes les plus intéressantes. 1). L.
- CHRONIQUE
- Influence des détonations répétées sur l'oreille. — Le Dr Muller vient de publier dans le Zeitschrift fur Ohrcnheilkunde une étude sur « l'Influence des détonations répétées sur l’oreille » : c’est une étude de circonstance au moment des canonnades et fusillades du Natal. Muller a examiné 00 tympans avant et après l’exercice à feu. Dans 14 cas, il a constaté des altérations notables. Sept fois, on notait des hémorragies multiples, sous forme de petites gouttelettes de sang; une fois, cependant, l’hémorragie était du volume d’une lentille. Dans 57 autres cas, il n’y avait qu’une rougeur diffuse plus marquée sur la marge du tympan. En règle générale ces altérations n’ont été notées que sur des oreilles qui n’étaient pas absolument normales antérieurement. Chez 40 sujets, la distance à laquelle le diapason est perçu était diminuée. L’épreuve de Rinne a toujours donné des résultats positifs. Chez 20, les paroles prononcées à voix basse n’étaient plus entendues à 8m,0 qui est la moyenne normale. Quant aux bourdonnements, tintements, etc., 4 sujets seulement s’en sont plaints. En terminant, Muller estime que des lésions sérieuses de l’oreille sont extrêmement rares chez les hommes qui font leurs deux années de service. Au contraire, les officiers et sous-officiers qui ont à faire l’instruction du tir pendant de longues périodes, deviennent souvent partiellement sourds et sont atteints de bourdonnements. Dans ces cas, on constata la rétraction et l’émoussement du tympan. Comme conclusions pratiques, le Rr Muller demande qu’on n’admette dans l’artillerie que des hommes dont les oreilles sont parfaitement normales.
- Les lampes à arc. — Les lampes à arc fonctionnaient jusqu’ici par 2 en tension sur une différence de potentiel de 110 volts, et par 4 en tension sur 220 volts. On intercalait en circuit une résistance qui permettait d’avoir un arc stable et fixe. Mais des études étaient poursuivies de tous cotés, notamment par M. Blondel, pour chercher encore de nouveaux perfectionnements. Des constructeurs, MM. \igreux et Brillié, et M. Hegner, sont arrivés à faire fonctionner 5 lampes à arc en tension sur 110 volts et 5 sur 220 volts. D’après les explications que donnait récemment M. Boehet à la Société des Électriciens, il résulte que les divers modèles de lampes à arc peuvent donner ces résultats, à la condition d’employer des charbons de qualité spéciale. L’éclairement total fourni par la lampe est diminué dans des proportions qu’on ne peut apprécier à l’œil.
- Éclairage par insectes phosphorescents. —
- Nos lecteurs se souviennent peut-être d’une fantaisie amusante d’Alphonse Allais: l’éclairage aux vers luisants. Le spirituel écrivain n’a pas inventé ce mode d'utilisation des « forces perdues de la Nature ». Nous avons vu, dans l’ile de Cuba, les mouches phosphorescentes utilisées dans le même but. Ces insectes sont très communs dans les pays chauds; on croirait, la nuit venue, que toutes les étoiles du ciel se promènent sous les arbres. Les Cubains prennent un certain nombre de ces mouches de la plus grosse espèce, nommées dans le pays Cocuyo, et lés mettent dans des cages. La lumière ainsi obtenue est d’une couleur verdâtre; elle est plus brillante qu’intense; bien qu’on
- nous ait affirmé qu’elle permettait de lire un journal, nous n’avons pas pu le constater ; peut-être le nombre de « becs » était-il insuffisant. Les mouches peuvent vivre plusieurs mois en captivité et donner de la lumière si l’on prend soin de les baigner régulièrement et de les nourrir avec des morceaux de canne à sucre.
- Les toitures en papier. — l ne maison américaine vient d’introduire un nouvel article de construction. 11 s’agit de tuiles en papier durci servant aux toitures. Elle en fabrique des quantités considérables. Ces tuiles sont extrêmement dures et résistantes et le vernis qui les recouvre ressemble à de la laque. Elles sont meilleur marché que l’article similaire ordinaire, et sont fabriquées au goût de l’acheteur en tant que couleur et forme.
- Navire de guerre danois. — La flotte de guerre danoise ne fait pas souvent parler d’elle, mais c’est une raison de plus pour signaler les nouveaux navires dont elle s’enrichit. Tout dernièrement, l’arsenal royal de Copenhague a dû mettre à flot un intéressant bateau de guerre qui porte le nom de Herluf Trotte, et qui a un déplacement de 5470 tonneaux, pour une longueur de 82™,01), une largeur de 15'“,24 et un tirant d’eau de A"1,90. U sera muni de deux hélices commandées par des machines qui représenteront 4200 chevaux indiqués et devront fournir une allure de 15 nœuds. Le Herluf Trotte est construit en acier, avec double fond et nombreux compartiments étanches; il comporte un cuirassement latéral, montant à 0"',91 au-dessus du niveau de l’eau, descendant d'autant au-dessous de la ligne de flottaison et s’arrêtant à une distance de 0 mètres des extrémités du bateau, là où l’on a ménagé une cloison transversale cuirassée. Bien entendu on a prévu un pont cuirassé qui descend au-dessous de la ligne d’eau. Quant à l’armement offensif, il comprend d’abord deux canons Canet de 24 centimètres installés dans la tourelle, puis 4 canons à tir rapide de 150 millimètres, 10 de 57 et enfin 8 pièces légères. Il y a 5 tubes lance-torpilles, dont un à l’avant et les autres sur les côtés.
- La bière au Japon. — D’après les derniers renseignements recueillis, la bière commence à être consommée en assez grande quantité. Des brasseries importantes se sont établies en plusieurs centres. En 1899, la production totale a atteint 18 millions de litres; l’importation étrangère a été presque nulle. Le goût de la bière se répand chaque jour davantage et les brasseurs japonais cherchent à développer cette nouvelle industrie.
- La production d'une houillère. — 11 ne s'agit pas d’une production énorme d’une façon absolue, mais bien considérable par le fait que la masse de charbon en question est élevée par un seul puits et au moyen d’une seule machine d’extraction : cela semble un « record », comme on dit maintenant à propos de tout. Dans le cours d’une année, ce qui est bien loin de correspondre à 5G0 jours de travail, la houillère Albitn, dans le pays de Galles, a réussi à extraire 551 000 tonnes de charbon, ce qui correspond à une quantité réellement formidable comme moyenne quotidienne.
- Les locomotives à tvombustible liquide. — Le
- seul endroit des États-Unis où le combustible liquide soit employé pour le chauffage des locomotives est le sud de la Californie, où le prix de revient de la houille est élevé. La Compagnie du chemin de fer Atchison, Topeka et Santa-Fé, alimente ses locomotives de combustible liquide tiré des puits situés dans les localités environnantes. La Com-
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- LA NATURE.
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- pagaie Southern Pacific emploie aussi le même genre de chauffage sur certaines de ses lignes.
- l'n pont de 1500 mètres sur un port. — C'est à Sydney qu’on va le construire, si nous en croyons notre confrère Engineering Record. En réalité, c’est avec ses approches qu'il aura cette dimension considérable : il sera composé de deux paires de poutres en encorbellement équilibrées, et d’une travée centrale suspendue de 120 mètres. Cette dernière formera le milieu de l’ouverture laissée pour la navigation, et qui atteindra une largeur de 427 mètres avec une hauteur libre en dessous de 55 mètres ; la hauteur des poutres des cantilevers sera de 105 mètres sur les piles, une chaussée de 18 mètres de largeur, posée à moitié des poutres, donnera passage aux piétons et aux voitures.
- Utilité des araignées sur les espaliers. — La
- Revue horticole nous annonce que, dans une réunion d’arboriculteurs, la question de savoir si l’araignée doit être ou non détruite sur les espaliers a été agitée. La presque majorité de la réunion a été d’avis qu’il fallait plutôt se garder de détruire cette bestiole. La présence des araignées sur les espaliers entrave non seulement les incursions des perce-oreilles et autres insectes de ce genre, mais surtout le vol de divers insectes ailés dont les larves rongent les feuilles et les fruits. M. Armand Leyritz, qui a consacré un chapitre sur l’araignée dans son livre Les vilaines bêtes, la classe dans les animaux utiles. L’araignée doit être gardée avec soin dans les étables, écuries et bergeries, où elle rend de grands services tant aux grains qu’aux animaux.
- La gutta-perclia des feuilles. — L’industrie de la gutta extraite des feuilles est aujourd’hui en pleine activité. Par simple broyage de ces feuilles avec l’eau bouillante, on arrive à extraire la gutta absolument pure. Les deux usines de notre compatriote M. Ledeboer, docteur ès sciences et électricien bien connu, sont établies depuis plusieurs années dans des îles voisines de Singapore. Le consul de France de cette ville, M. Jouffroy d’Albans, vient d’attirer l’attention du gouvernement français suç cette industrie nouvelle qui pourrait bien être accaparée par nos voisins les Anglais. On a intérêt à traiter les feuilles fraîches; les feuilles sèches contiennent jusqu’à 12 pour 100 du précieux latex si nécessaire par ces temps de tout à l’électricité.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 mars 1900. — Présidence de M. M. Lévr.
- M. le président souhaite la bienvenue à sir John Evans, membre de la Société Royale de Londres, qui assiste à la séance.
- M. A. de Lapparent dépose sur le bureau la dernière partie de la quatrième édition de son Traité de Géologie.
- Nouveau procédé de purification de l'eau. — M. Brouar-del lit une Note du Dr Bordas qui, en faisant congeler de l'eau dans un vase cylindrique, a observé qu’il se formait un manchon de glace pure sur*des parois du récipient, tandis que les impuretés ou les matières dissoutes restaient, à la partie centrale, dans l’eau encore liquide.
- Volcan andésitique en Algérie. — Dans la Note présentée par M. Michel Lévy, M. Gentil décrit le volcan ancien (du miocène) de Tifarouïne, dans la province
- d’Oran. Il signale, parmi les roches émises par le cratère, des brèches volcaniques semblables à celles du Lioran dans le massif du Cantal.
- Développement de la chlorophylle à l'obscurité. — M. Guignard nous apprend que M. Itadais a obtenu le développement, sur des milieux très différents, d’une petite Algue (Chlorelia vulgaris). Les cultures faites à l'obscurité présentent la même couleur et la même richesse en chlorophylle que celles exposées à la lumière.
- Influence du froid sur la structure de la cellule. — D’après une Note de MM. Matruchot et Molliard, présentée par M. G. Bonnier, les cellules jouiraient d’une sorte de polarité qui se manifesterait sous l’action du froid. La substance nucléaire du noyau prend, dans des cellules placées dans un mélange réfrigérant, une orientation méridienne, tandis que la nucléine se dispose suivant une zone équatoriale.
- Thermomètre à étain. — M. Yiolle présente différents appareils construits par M. Dufour avec du quartz fondu au chalumeau oxyhydrique. L’un des plus intéressants est un tube cylindrique gradué, rempli d’étain, qui peut indiquer, comme les thermomètres ordinaires, par une simple lecture, les températures comprises entre 800 et 1000°.
- Relais monotéléphonique. — M. Mercadier, d’après la Note transmise par M. Cornu, a résolu le problème de la transmission simultanée par un seul fil, d’un nombre quelconque de messages télégraphiques. Le fil unique est relié à un nombre déterminé de plaques transmettrices et au même nombre de plaques réceptrices. Les deux plaques d’un même circuit vibrent sous l’action de courants dont la période est déterminée et diffère de celle des circuits voisins. L’expérience a montré qu’une série de courants dont les périodes étaient dans les mêmes rapports que les intervalles musicaux d’un demi-ton de si3 à mi #4 pouvaient être transmis sans aucune altération par le même fil. Chacun de ces courants n’influence qu’un seul ensemble télégraphique. Les courants reçus par une plaque commune sont ensuite distribués à chacun des récepteurs.
- Anémie des centres nerveux. — M. Batelli combat l’anémie des centres nerveux par des massages abdominaux. Des animaux, dont le cœur avait cessé de battre depuis un quart d’heure, ont été ranimés par des massages qui ont pour effet de renvoyer le sang dans le cœur et de rétablir ensuite les contractions cardiaques.
- J. Giraud.
- LA RÉCLAME EN ACTION
- On -avait mis la morale en action, on y met la réclame. Le fait est qu’à notre époque, au milieu de cette débauche de publicité qui envahit tout, et qui a même suscité contre elle, comme nous l’avons dit, la création d’une société, le public est quelque peu blasé : l’affiche n’attire plus guère ses regards, même quand elle est magnifiquement illustrée en couleurs, il ne se donne plus la peine de prendre le prospectus qu’on lui tend. On a donc imaginé une foule de combinaisons diverses pour frapper les yeux et les oreilles; l’imagination se donne libre cours en la matière, et l’on sait par expérience à quelles
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- 280
- LA NA;TURE.
- combinaisons audacieuses et bizarres elle a recours.
- Encore faut-il qu’elles ne coûtent pas trop cher, car c’est là un des desiderata obligatoires d’une bonne publicité. Précisément un inventeur américain, M. C. A. Pierre, vient d’imaginer un dispositif nouveau et particulièrement curieux, qui est aussi simple dans son principe qu’amusant par l'effet qu’il produit. A la vérité, il a le tort de ne pouvoir guère s’appliquer, au moins sans modifications, qu’aux marchands de tahae, et encore en France, le monopole, qui ne leur laisse que des bénéfices bien minces, ne leur permettrait point de faire les frais de cette installation.
- il s’agit d’un fumeur automatique dont la tête, haute de plus de 3 mètres, est peinte sur un grand panneau de 9 mètres, fixé sur la façade de la maison d’un marchand de cigares. Les inscriptions monumentales du panneau en question annoncent bien qu’il s’agit là d’une occasion exceptionnelle, puisque, dans ce magasin merveilleux, « tous les cigares de 10 cents, sont vendus 7 cents », et que même on peut en avoir 15 pour un dollar. Mais comme, malgré tout, les acheteurs pourraient demeurer indifférents, la grosse tête va les faire certainement s’arrêter.
- Il lui sort en effet de la bouche un énorme cigare, qui a bien près de 2 mètres de long et un diamètre maximum de 0m,50; et périodiquement vous voyez le bout du cigare s’illuminer, comme si le feu couvant sous la cendre se ranimait grâce à l’air aspiré par le fumeur ; puis la lueur caractéristique disparaît, et la grosse tête rejette par la bouche la fumée qui doit venir comme une conséquence toute naturelle.
- Le résultat est acquis pour le marchand de cigares : sa boutique va devenir légendaire, on s’arrêtera pour admirer son enseigne, et de là à entrer pour acheter les merveilleux cigares de « 10 cents pour 7 cents », il n’y a certainement qu’un pas, au figuré comme au propre. Mais nous sommes tous un peu l’enfant qui casse son jouet pour voir ce qu’il a dans le ventre, et le public qui s’arrête devant ce fumeur automatique serait bien désireux de connaître l’explication du mystère.
- Elle est fort simple. Bien entendu, le cigare n’est qu’un tube en cuivre de la forme convenable et peint de façon à imiter le tabac; son extrémité est comme coiffée d’un chapeau de mica qui se raccorde
- au bout du cigare, et dans lequel peut s'allumer brusquement une lampe à incandescence ; le mica est du reste rendu opaque pour mieux éveiller l’idée de la cendre. Quant à la fumée, c’est tout uniment de la vapeur, qui est empruntée au réseau de chauffage à vapeur qui est installé dans l'immeuble. Encore faut-il commander l’allumage et l’extinction périodique de la lampe, l’émission également périodique de la fumée, et assurer l’alternance de ces deux manifestations du fumeur automate.
- Comme on peut le pressentir, la lampe du bout du cigare est reliée au circuit de lumière électrique de la maison, naturellement par l’intermédiaire d’un commutateur ; quant au tuyau de vapeur qui se branche sur la distribution de vapeur du chauffage, il est lui-même commandé par une valve d’obturation qui peut être animée d ’ un mouvement vertical assurant l’ouverture ou la fermeture du passage de la vapeur; ce mouvement se fait dans un presse-étoupe qui empêche les fuites.
- Pour commander l’automate, on dispose un petit moteur quelconque, à air chaud, à gaz électrique, et (jui fait tourner un disque muni d’une cheville : celle-ci peut venir, à chaque tour, rencontrer et abaisser le grand bras d’un levier, qui, par une de ses extrémités, soulève la soupape d’arrivée de vapeur, tandis que, par l’autre, celle du grand bras, il porte un commutateur en lame de couteau qui fermera le circuit sur la lampe. Normalement un ressort antagoniste soulève ce bras, ce qui maintient par suite la lampe allumée et empêche la vapeur de sortir : le fumeur est en train d’aspirer sa bouffée de fumée. Le disque tourne sous l’impulsion du moteur, la cheville abaisse le grand bras, le petit se relève et soulève la valve de son siège : la lampe s’éteint, le fumeur a fini d’aspirer et il chasse la fumée. La cheville reste en contact avec le levier pendant un deini-tour du disque, puis elle le quitte, et alors les choses reviennent en l’étal, le cigare se rallumant.
- On le voit, ces dispositions sont des plus simples, et le résultat, extrêmement amusant, serait à coup sûr digne de prendre place dans quelque féerie.
- Daniel Beixet.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiuue, rue de Flcurus, 9.
- Le fumeur automatique.
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- N° UOi
- 51 MARS 1900,
- LA NATURE
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- LE DRAGAGE DE L’OR
- Nous n’en sommes plus à l’époque où l’on puisait un peu sans compter dans les richesses qu’of-
- fraient les gisements aurifères de la Californie ; on ne les exploite plus avec cette désinvolture et ces
- Fig. 1. — Drague à or de la rivière Yuba (Californie)
- procédés quelque peu primitifs, qui laissaient se perdre tant de métal précieux. On a inventé des systèmes de traitement qui permettent notamment d ’ extraire l’or de ce qu’on nomme les « tai-lings » dans l’Afrique du Sud, et nous avons eu occasion démontrer récemment par quelques chiffres que les travaux sont désormais rémunérateurs, même quand on traite des minerais dont la teneur semble au vulgaire assez faillie pour être négligeable. L’important est d’employer des méthodes bon marché, et naturellement le traitement à la machine se trouve tout indiqué ; c’est pour cela que les dragues se sont imposées sur bien des exploitations alluvionnaires.
- La question est si sérieuse, au point de vue essentiellement pratique, que bien des ingénieurs ont tenu à la faire connaître à fond dans le monde tech-
- nique ; tandis que notre collègue M. R. de Batz l’exposait à la Société des Ingénieurs civils de France,
- M. le capitaine C. C. Longridge lui consacrait une étude des plus complètes et des plus savantes dans les colonnes de notre confrère « Engineering ». Si les méthodes ordinaires, et notamment le procédé hydraulique sont des plus satisfaisants pour les placers découverts et à sec et pour ceux qui ont une forte teneur, il est bien évident que, pour les placers submergés et pour les alluvions de faible puissance où il faut manipuler un volume énorme de terre pour une faible teneur en or, il importe de posséder des appareils qui simplifient le plus possible ces vrais travaux de terrassement et les rendent peu coûteux. Pour les alluvions minces en terrain sec, l’excavateur est très utile, et les Américains ont commencé de l’em-
- 18
- Coupc et plan d’uuc drague aurifère,
- 28' année. — Ier semestr*.
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- LA NATO K.
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- ployer avec assez de succès. Mais c’est là un côté de la question dont nous ne nous occuperons point. L’idée de recourir aux dragues a été émise et pour la première fois pratiquée également aux Etats-Unis, mais on n’est arrivé pendant longtemps qu’à des échecs; depuis 1857 des millions ont été dépensés dans cette voie, et la solution pratique n’a été réellement trouvée qu’en Nouvelle-Zélande, d’où elle est en train de revenir maintenant en Amérique.
- Le problème était assurément diflicile, et on peut s’en rendre compte sans que nous entrions dans des détails par trop techniques; il ne faut pas songer aux dragues qui agitent le gravier, et qui provoquent immédiatement la chute de l'or au fond de l’eau, en raison de son poids. On ne doit pas non plus employer les dragues à godet unique, qu’il est impossible de fermer hermétiquement, et qui ne laissent arriver le sable aurifère que de façon intermittente sur les tables de lavage chargées de séparer le métal précieux ; pour les dragues suceuses et les pompes
- Kig. 5. - (h* lrin<!0 des sables.
- A. Arrivée des subies. — 11. Tables. — C. Décharge. b b'. Canaux d'eiilraiueinent d'eau.
- centrifuges, elles élèvent merveilleusement l’eau, souvent le gravier, mais l’or reste le plus fréquemment au fond. On comprend par conséquent que la drague munie d’une chaîne sans fin ne présente aucun des inconvénients que nous venons de signaler, et, depuis 1886, des améliorations répétées ont été apportées au dispositif élémentaire qui donnent maintenant des appareils excellents à tous les points de vue.
- Les résultats obtenus avec ces appareils ont été signalés par notre regretté confrère M. Garnier, qui avait fait un intéressant voyage en Nouvelle-Zélande afin d’étudier toutes les questions géologiques; un des exemples les plus caractéristiques qu’il put donner était celui de la rivière Clutha, où l’or se concentre constamment comme dans une immense table de lavage, et sans que l’on constate jamais de diminution dans la teneur. Sur ce cours d’eau, pourtant très rapide et profondément encaissé, on voit fonctionner régulièrement les bateaux dragueurs sur une longueur de 150 kilomètres. Ces dragues sont en bois, pour mieux résister aux chocs de toute sorte, la chaîne déverse les sables et graviers sur un « sluice » de 4 à 5 mètres de long, dont le fond est garni d’une série d’alvéoles retenant plus ou moins bien l’or; effectivement, ce système un peu élémen-
- taire laisse perdre 50 pour 100 du métal, mais on le perfectionne maintenant en employant un trom-mel séparateur qui rejette les sables fins sur deux sluices dont le fond est tendu d’une couverture de laine. La force motrice est la vapeur quand on peut se procurer du lignite, ou, au contraire, l’électricité produite par une chute d’eau. Les frais d’exploitation varient de 500 à 700 francs par semaine, pour une production de 2000 à 5000 francs, la drague coûtant 100 000 francs d'achat.
- Nous avons dit que ces dragues à or se sont introduites aux Etats-Unis, et les Yankees, avec leur intelligence mécanique si développée, n’ont pas tardé à les modifier quelque peu et à les perfectionner sensiblement. À Bannack, dans le Montana, il en fonctionne sur des placers qui couvrent une étendue de 20 kilomètres environ sur une largeur de 25 à 150 mètres. Les appareils qui travaillent en ce point sont montés sur un ponton de 50 mètres sur 11, tirant 0™,90. Le gravier pris à l’avant subit un lavage, et les résidus sont déposés à l’arrière, la drague avançant dans sa propre excavation, et en bottant dans la vallée qui a été inondée au moyen d'un barrage. Dans la trémie où se déverse le gravier, on projette de l’eau par des ajutages et la masse arrive dans un trommel incliné; les gros galets qui sont arrêtés par lui tombent à l’eau sur le côté, tandis que les sables fins viennent se faire aspirer par une pompe centrifuge qui se décharge sur le sluice. Le coût des opérations est de 61 centimes par mètre cube, et il se réduit à 50 et demi quand on recourt à l’électricité comme force motrice.
- Mais nous insisterons beaucoup plus sur le type le plus perfectionné actuellement en usage, et dont nous donnons une vue; c’est celui qui est construit par la compagnie dite « Ilisdon Iron and Locomotive Works C° », de San Francisco, sur les plans de M. Postlethwaite. Nous examinerons plus spécialement celle des dragues de ce type qui est en service sur la rivière Yuba, en Californie. Elle peut travailler des dépôts qui sont au plus à 18 mètres au-dessous du niveau de l’eau ou à 6 au-dessus, et elle a une capacité de 710 mètres cubes par heure. Elle comporte en réalité deux pontons allongés qui ont à peu près 28 mètres sur 2m,70, réunis à l’arrière par un troisième ponton de 5 mètres sur 1 mètre et demi, et à l’avant par une poutre massive; au centre de l’ensemble est donc un espace libre. Nous n’avons pas besoin de signaler les dispositifs de commande de l’élinde ; la force motrice est fournie par une machine à vapeur de trente chevaux, actionnant la pompe qui donne l’eau employée au débourbage dans le trommel. Cette dernière arrive à raison de plus de 11 000 litres par minute sur le gravier apporté par les godets ; à peu près comme tout à l’heure, les gros graviers sont rejetés à l’eau ou repris par un élévateur, pendant que les « fins » sont entraînés par le courant d’eau sur des tables courtes et larges où il n'y a qu’une faible épaisseur d’eau,
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- LA NATURE.
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- et qui sont couvertes d’une grille et d’un paillasson grossier en fibre de coco. Grâce à 6 treuils, la drague peut se déplacer avec la plus grande facilité au fur et à mesure du travail.
- Nos lecteurs seront évidemment désireux de savoir dans quelles conditions pécuniaires fonctionnent ces dragues perfectionnées. Le coût d’achat d’un de ces appareils à San Francisco est de 182000 francs, et les constructeurs affirment que les dépenses courantes ne dépassent point 20 centimes par mètre cube, ce qui semble bien faible; de même ils pré-tendi nt qu’il suffit, pour 24 heures, d’une équipe de / hommes, dont 1 surveillant, 3 mécaniciens et 3 chauffeurs. Mais, en admettant qu’il faille effectivement deux hommes de plus, et en réduisant le rendement a 1500 yards cubes par 24 heures, on voit que le coût total du traitement d’un mètre cube ne ressort pas à plus de 36 centimes. Un ne doit pas s étonner si Je dragage de l'or devient d’une pratique courante, et, en terminant, nous ferons remarquer que la Compagnie Suberbie de Madagascar vient de monter une drague basée sur le principe de celles que nous venons d’étudier et qui rend déjà des services. Daniel Bellet.
- LA FLORE ALPINE
- (( TERRESTRIA SIDERA, FLORES ))
- Très spéciale dans sa composition, très originale dans son aspect et dans ses formes, la Flore des Alpes frappe de prime abord l’œil du voyageur. Le port nain des plantes, les teintes vives des fleurs, la grandeur relative des corolles, tout cela offre un cachet spécial bien connu de ceux de nos lecteurs qui ont visité la montagne. — Chez ces plantes-là les tiges sont généralement courtes, le port est comprimé, ratatiné et les fleurs semblent se développer dans de plus fortes proportions que dans les plaines.
- A partir d’une certaine altitude (200U mètres habituellement, dans les Alpes) la végétation arborescente cesse; elle fait place à des arbrisseaux (Khododen-drons, Saules, Aulnes, Genièvres). Puis ces arbrisseaux eux-mêmes disparaissent, la végétation s’amoindrit et les seules plantes qu’on rencontre sont des espèces vivaces herbacées ou des arbustes traînants, rampant sur le sol ou entre les roches.
- Cela est si vrai que les genres qui, dans nos plaines, forment des arbrisseaux et même des arbres grands et majestueux, sont représentés à la haute montagne par des espèces naines, rampantes et s’élevant à peine à quelques centimètres. Les Saules, le Bouleau nain, l'Azalée des Alpes, l’Arbousier, sont dans ce cas. Plus on s’élève et plus la végétation diminue, se rabougrit, se tapisse sur le sol en de larges et épais coussins de mousse.
- Dans la région alpine proprement dite (de 2UOO à 2500 mètres d’altitude au-dessus de la mer) la
- végétation est formée de plantes basses, d’arbrisseaux peu élevés, comme la Rose des Alpes (Rhododendron) et de quelques plantes herbacées vivaces plus robustes (les grandes Gentianes jaunes et les rouges, par exemple).
- Cette végétation des régions alpines frappe d’étonnement le voyageur qui la voit pour la première fois; elle forme une catégorie privilégiée dans le monde des plantes et n’a pas son égal dans nos plaines. Tandis que, en bas, de grandes plantes au feuillage développé, aux branches dressées et ramifiées, portent des fleurs généralement plus petites que les feuilles, sur les hauteurs lumineuses des montagnes c’est le contraire qui se voit. A un feuillage peu abondant, souvent velu, surtout dans les hauteurs où la plante se garnit d’un duvet pour préserver ses cellules du froid des nuits, correspondent de grandes corolles et des fleurs très nombreuses, très vivement colorées. Ce sont de vraies étoiles terrestres, car les fleurs abondent tellement, elles sont si rapprochées les unes des autres qu’elles forment des masses qui sont comme autant de coups de pinceau sur un beau tableau.
- Et quelle variété dans la composition de ce tapis merveilleux! Tandis que les pentes sèches et ensoleillées, exposées aux vents desséchants, donnent asile à ces plantes velues et laineuses dont le Génipi [Artemisia spicata Wulf. (fig. 1), l’Étoile d’argent, que les Allemands ont popularisée sous le nom d'Edelweiss (Leontopodium alpinum Cass. (fig. 2), sont des types caractérisés; dans les lieux frais, par contre, on trouve des plantes au feuillage mou et bien vert, de délicates Fougères (fig. 3), des Pédiculaires (fig. 4), Myosotis, Primevères, etc. *. La végétation des rochers et pierrailles est différente de celle des pâturages, et, tandis que les lieux humides ont leurs plantes spéciales, les pentes arides ont la leur. D’autre part il y a la flore du calcaire et celle du granit, celle des moraines et celle des sables.
- A la haute montagne les plantes sont généralement vivaces et les espèces annuelles très rares. En effet, le court été qui leur est dévolu ne leur permet pas d accomplir pendant une seule année le cycle complet de leur existence. Les rares espèces qui ne soient pas vivaces sont quelques Gentianes (G. cam-pestris L., nana Wulf., nival is b., ienella Roth, et utricutosa L.) et des Euphraises. Partout on voit des plantes aux racines persistantes et à la souche renaissant à chaque printemps ; partout des végétaux touffus, aux rameaux étalés sur le sol, dont ils semblent vouloir rechercher la protection. Et, de fait, celui-ci conservant son calorique plus longtemps, il offre à la jdante une attraction permanente, surtout dans les nuits froides et les trop nombreux jours de mauvais temps. C’est ce qui nous explique le port étalé et nain de plantes dont les congénères sont, dans les plaines, des arbres ou des arbustes.
- 1 Les figures que nous donnons sont dessinées d'après les planehes eoloriées de l’Atlas des riantes alpines de M. Henry Corrovon, édité par le Club alpin allemand et autrichien.
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- Les Saules sont, à lu haute montagne, d'infimes arbrisseaux couchés sur le sol et ne s'élevant pas à plus de 5 à 8 centimètres (fig. 3).
- Dans les lieux arides et sur les cols 'élevés" les plantes se ratatinent tout à fait et finissent par
- prendre l’aspect de pelotes serrées, vrais hémisphères vivants qui se recouvrent entièrement de flenrs. Chez ces plantes (fig. 5) les feuilles sont très petites; elles sont serrées, pressées les unes contre les autres, à la façon des tuiles sur [un toit. Elles
- Fig. 1. — A gauche, Arlemisia spicata Wulff. — A droite, Étoile du Glacier.
- forment de petits rameaux cylindriques et compacts, appuyés les uns contre les autres et terminés, à leur sommet, par de petites rosettes de feuilles où naissent les tleurs, toujours sans tige et immédiatement attachées à la surface de la touffe, qu’elles recouvrent de leurs gaies corolles comme d’un voile merveilleux.
- L’effet produit par ces touffes naines et fleuries
- est absolument saisissant; elles sont autant de bijoux qui brillent sous les feux du soleil des hauteurs et qui animent l’aride rocher, la sombre arête décrépite, leur communiquant la couleur et la vie. Rien n’est beau comme ces mosaïques vivantes formées par les plantes aux fleurs éclatantes. Le Roi des Alpes (Eritrichium nanum Schrad., fig. 3) forme
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- des plages d’un azur intense, d'un bleu qui semble refléter le ciel d’Italie. C’est un myosotis absolument nain, aux fleurs grandes, sessiles, très nombreuses. A ses cotés luit la douce et tendre Androsace glaciale (fig. 4), qui est en rose ce que le Roi des Alpes est
- en bleu et présente au soleil des hauteurs sa chair toute palpitante de fraîcheur. Suivant les touffes, la teinte est pâle ou intensive ; elle varie du blanc pur au rose le plus vif.
- Et puis d’autres teintes, d’autres couleurs renfor-
- Fig. 3. — A gauche, en bas, Salix. — Au milieu, en haut,_Androsa.ce Helvetica Gaud. — A droite en bas, Ëritrichium nanum Schrad.
- Fig. 4. — A gauche, Androsace qlacialis lloppe. — Au milieu. Gentiana bavarica L. — A droite, Soldanella alpina L.
- cent, harmonisent, adoucissent tout le tableau. La Saxifrage aphylle donne le jaune soufre, tandis que sa congénère à deux fleurs (S. biflora AIL) fournit l'incarnat et que celle aux feuilles opposées (Voppositi folia L.) donne le carmin vif. Les tapis de campanulecénisienne donnent le lilas et les touffes de Linaire alpine le violet et l’orangé. Le bleu le
- plus intense, l’indigo profond, nous est fourni par la Gentiane de Bavière (fig. 4), qui recherche les lieux humides des monts bien découverts. Et puis c’est le violet sombre dans la Soldanelle (fig. 4), la fraîche et timide soldanelle, dont la cloche rêveuse se penche vers le sol. J’ai pour cette fleur en deuil une tendresse spéciale; elle me plaît dans sa grâce mystique
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- LA NATURE.
- et chaque fois que je la vois fleurir, dans mon jardin ou à la montagne, je lui rends mes hommages.
- Vers le sol tout transi sa corolle se penche, l.e domaine glacé la retient sur son seuil;
- Kilo semble trembler aux bruits de l'avalanche,
- Des bonheurs disparus sa fleur porte le deuil.
- En jour j'ai découvert, en sa coupe légère.
- En poème discret que nul n’a répété;
- (l’est un chant grave et doux, l’éternelle prière, Qu'adresse au Créateur la pauvre humanité.
- Sous le frimas du Nord elle courbe la tête ;
- Sa cloche, en frissonnant, redit un chant plaintif,
- Et sous le gai soleil, comme dans la tempête,
- Ea fille des grands monts garde son air craintif.
- Comme on le voit, dans celte flore des Alpes tout est admirablement combiné pour produire des effets de tableaux. Il n’est donc pas étonnant que les touristes l’aient en affection et n’en parlent qu’avec ivresse. C’est un monde à part dans le grand domaine des plantes, c’est un chapitre spécial dans le beau livre de la nature et nul ne doit l’ignorer.
- Henry Correyox.
- Stations. Altitude. Densité du g réduit
- — — sous-sol. an niveau des mers
- Grenoble . . 211 2,6 9m 80632
- Sainte-Agrève 1058 2.7 9” 80 639
- Lautaret . . . 2058 2.7 9m 80 521
- L’intensité de la pesanteur varie de l’équateur au pôle à la surface de l’ellipsoïde terrestre, mais Clairaut a donné une formule qui permet d’obtenir g à toutes les latitudes, si l’on connaît g à l’équateur et au niveau des mers. Cette formule a été modifiée en ce qui concerne la valeur numérique des quantités constantes qu’elle contient, d’après l’ensemble des observations modernes les plus estimées, de telle sorte que la valeur de g calculée pour un lieu donné présente un très haut caractère de certitude.
- M. Collet a donc pu calculer les valeurs théoriques de g aux trois stations indiquées plus haut; il a ensuite comparé les valeurs théoriques aux valeuis observées réduites au niveau des mers. Cette comparaison fournit les résultats ci-dessous :
- Stations. g observé. Grenoble. . . 9“ 80 632
- Sainte-Agrève. 9m 80 639 I.autaret . . . 9m 80 52l
- g calculé. Différences.
- 9™ 80 703 0.000 75
- 9“ 80 689 0.000 50
- 9m 80 688 0,001 67
- ANOMALIES DE LA PESANTEUR EN FRANCE
- M. J. Collet, professeur à la Faculté des sciences de Grenoble, s’est adonné, durant ces dernières années, à l’étude des variations de l'intensité de la pesanteur, dans la région du parallèle moyen (parallèle de latitude 45°), de l’Océan à Turin, à travers les massifs de l’Auvergne et des Alpes.
- Les observations qu’il a dû effectuer comportent une partie astronomique et une partie purement physique; elles ont été poursuivies parfois au prix de difficultés matérielles considérables.
- Les observations astronomiques pratiquées à l’aide d’une lunette méridienne, par la méthode de l’enregistrement des passages, avaient pour objet de déterminer la durée, en temps sidéral, du battement d’une horloge à balancier raccourci. Cette durée devait être obtenue avec une erreur ne dépassant pas une unité du sixième ordre décimal.
- Les observations physiques avaient pour objet de comparer la durée de l’oscillation d’un pendule à réversion avec la durée de l’oscillation du balancier de l’horloge.
- Les derniers résultats obtenus par M. J. Collet sont résumés dans le tableau ci-dessous ; ils ont été récemment communiqués à l’Académie des sciences.
- Stations. Années. Durée de l'oscillation Intensité de la
- — — du pendule à la0 pesanteur g.
- Grenoble. . . . 1894 0“ 711 5017 9m 80 585
- Grenoble. . . 1897 711 4978 9™ 80 595
- Sainte-Agrève. 1898 0* 711 5561 9“ 80 435
- Sainte-Agrève. 1899 711 5564 9m 80 434
- Lautaret. . . 1899 711 6701 9» 80121
- L’examen des résidus inscrits dans la dernière colonne conduit aux conclusions suivantes :
- 1° Vérification du déficit de la pesanteur dans une région montagneuse, fait déjà signalé par divers auteurs.
- 2° Importance exceptionnelle du déficit de la pesanteur constituant une véritable anomalie, au Lautaret (près de 2 pour 10 000 de la valeur de g). Ce déficit constaté au cœur de la partie la plus élevée des Alpes sur le parallèle moyen, est même supérieur à celui qui avait été relevé, il y a six ans, à la Bérarde.
- 3° Le déficit de 0,000 50 à Sainte-Agrève est le même, à peu près, que celui observé précédemment à Saint-Pierre-le-Ghâtel, dans la région ouest du plateau central, ou à Valence, dans la vallée du Rhône. Cette particularité jointe à celle notée à Grenoble, où le déficit est considérable, eu égard à l’altitude faible de 211 mètres, montre, comme M. J. Collet en avait déjà fait la remarque, que le déficit général relatif à un massif montagneux s’étend, dans une grande mesure, aux vallées que comprend ce massif.
- 4° Vérification d’un fait déjà signalé par M. le colonel Defforges, que le déficit croît en raison de la plus grande importance du massif. Entre autres explications de ce fait, on pourrait supposer que l’écorce terrestre est d’autant plus mince qu’elle se trouve soulevée à une plus grande hauteur sur une plus vaste étendue.
- Ch. RF. VlLLF.RF.UIE.
- —©<$-©—-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DU THÉÂTRE DE COVENT-GARDEN
- M. J. Collet adopte, pour la station de Grenoble, la moyenne des deux déterminations de g; pour Sainte-Agrève point de difficulté, car il y a identité fort remarquable des deux déterminations. Il ramène ensuite les valeurs adoptées pour g à la valeur qui correspondrait à la surface de niveau des mers, au même lieu, par un calcul tenant compte de l’altitude des stations et de la densité du sous-sol. Les résultats obtenus sont les suivants :
- On a attendu assez longtemps, ce qui peut paraître étonnant, pour doter complètement de l’éclairage électrique le fameux théâtre de Londres appelé Covent-Garden, qui est comme notre Opéra parisien ; mais aujourd’hui il possède une installation de ce genre tout à fait remarquable.
- En ce qui concerne l’éclairage général de la salle, on a prévu l’emploi de quatre couleurs, blanc, rouge, bleu
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- LA NATURE.
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- et orange, afin d’assurer au mieux les divers effets scéniques nécessaires; pour les lampes orange notamment, c’est la première fois qu’on y a recours sur une scène anglaise, car jusqu’à présent on se contentait, pour les effets où l’on avait besoin de cette nuance, de faire brûler les lampes ordinaires en leur donnant la .teinte rouge bien connue, ce qui entraînait du reste une vraie dilapidation du courant électrique.
- Au-dessus de la scène, on n’a pas disposé moins de six rampes, et une autre, qui n’a que 12 mètres de longueur (alors que les six ordinaires en ont 18 et plus), est chargée spécialement d’éclairer la muraille du fond. Chacune des grandes rampes comporte 220 lampes de 10 bougies, dont 80 blanches, 40 orangées, 50 rouges et 50 bleues; il y a un régulateur pour chaque couleur dans chacune de ces rampes, si bien que l’on est à même de varier leur éclairage de façon tout à fait indépendante, et les régulateurs à résistance liquide employés évitent tout tremblotement dans la lumière.
- Des dispositifs particuliers ont été naturellement prévus pour permettre de couper les câbles qui amènent le courant aux rampes quand on a besoin d’enlever celles-ci; elles peuvent, du reste, prendre un mouvement de descente ou de montée de 3ra,60, et on y a installé 4 lampes dites « pilotes », qui sont commandées par un tableau spécial et sans intervention de l’électricien proprement dit du théâtre, afin que, pendant les changements de décors, le personnel des mécaniciens puisse être suffisamment éclairé. Les câbles de suspension en acier qui soutiennent les rampes ne s’y trouvent rattachés que par l’intermédiaire d’un isolateur convenable spécialement choisi.
- Quant aux portants qui assurent, comme on doit le savoir, l'éclairage latéral, ils sont formés, de la même manière que les rampes, d’une légère charpente en acier avec remplissage en bois. Ils sont au nombre de cinq de chaque côté de la scène, et comportent 75 lampes de 16 bougies, dont 50 blanches et 15 respectivement des trois autres couleurs. Les portants sont montés sur des chariots qui roulent dans le premier « dessous » du théâtre, en se déplaçant au total d’une longueur de 4ra,90 ; chaque portant a ses commutateurs disposés dans sa partie inférieure.
- .Nous dirons enfin quelques mots de la rampe assurant l’éclairage de l’avant-scène : elle comporte 50 lampes blanches, 50 bleues, 30 rouges et 25 orangées. Il ne faut pas oublier non plus que l’on a disposé tout autour de la scène deux circuits qui ont un rôle spécial : ils offrent un nombre considérable de prises de courant, qui permettent d’éclairer suivant les besoins et de façon plus intense les différents points du théâtre où cela peut être nécessaire, et bien entendu au moyen de lampes portatives : les conducteurs qui ont charge de les alimenter et qui sont revêtus d’isolements appropriés sont également enfermés dans des sortes de tuyaux en toile qui les préservent très efficacement, lors même que l’on ferait rouler par-dessus quelque gros accessoire.
- La chambre des commutateurs est installée sous la scène et formée entièrement de plaques de fer, afin d’éviter les dangers d’incendie; on y peut accéder par une porte de fer qui ouvre dans le premier sous-sol, par une autre porte du même genre qui aboutit dans l’orchestre, et enfin par une trappe qui s’ouvre dans le plancher de la scène, et d’où l’on descend dans la chambre par une échelle; cette dernière trappe n’est destinée à servir que pour les cas exceptionnels. P. de M.
- L’EXCURSION DE « LA NATURE «
- SIR LES CHANTIERS DE I.’eXPOSITION DE 1900
- Notre petite Excursion aux chantiers de l’Exposition a eu un véritable succès. C’est une preuve de l’engouement général du public pour la grande manifestation industrielle de 1900. Au lendemain de l’avis inséré dans La Nature, les demandes d’inscription sont arrivées en si grand nombre que nous avons dù dédoubler notre excursion en deux sections comprenant chacune un groupe de lecteurs désireux de se rendre compte d’avance de la fête qui se prépare; malgré cela, il nous a été impossible de donner satisfaction à tout le monde, et nous avons été obligés à grand regret de laisser de côté plus de quatre cents adhésions à l’excursion.
- Nous adressons avec empressement, au nom des excursionnistes et en notre nom personnel, nos remerciements à M. Alfred Picard, commissaire général de l’Exposition, et à M. Henri Chardon, secrétaire général, de l’autorisation qu’ils nous ont accordée et des mesures qu’ils ont si bienveillamment prises pour nous faciliter notre tâche. Nos deux caravanes scientifiques ont visité les chantiers les dimanches matin 4 et 11 mars ; nous n’avons eu à relever aucun accident, malgré les difficultés du terrain au milieu du travail incessant des ouvriers. Les nombreuses lettres de remerciements que nous avons reçues dans la suite, nous ont montré que nous avions été bien inspirés, et que nos visites du dimanche avaient répondu aux souhaits de nos abonnés.
- Il semblait du reste que tous les atouts fussent tombés dans notre jeu; le temps lui-même, si incertain les jours précédents, s’était subitement mis au beau et paraissait être en fête.
- C’était un spectacle curieux et intéressant que d’assister au défilé de nos excursionnistes entre les madriers et les plâtras des chantiers; les jeunes gens, plus actifs et plus alertes, tenaient la tête tandis que les personnes plus âgées et plus posées suivaient tranquillement, admirant au passage les palais, les pavillons, etc. ; plusieurs dames avaient bien voulu prendre intérêt à l’excursion. Et comme toujours, au premier rang, sans souci de la fatigue, elles servaient d'exemple aux retardataires. Nous devons leur savoir gré de leur présence.
- Sur notre chemin, nous avons rencontré M. Cas-sien-Bernard, le très distingué architecte du Pont Alexandre III, qui a bien voulu nous donner des indications sur le plan d’ensemble de la décoration du nouveau monument; il a su nous dire en peu de mots toute la philosophie architecturale de cette œuvre grandiose. Le pont, construit entre les parages des Invalides qui datent de Louis XIV et le quartier neuf des Champs-Elysées, semble être un trait d’union entre le passé et le présent ; toutes les allégories et sculptures reproduisent d’ailleurs cette impression ; d’un côté nous voyons des sujets de gloire et de l’autre des emblèmes de paix; de cette façon, le Pont Alexandre III est une image ; il représente notre
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- i. Le Palais de l’Ai'Iriclie. — 2. Le « Vieux Paris » vu des Galeries du Palais de la Guerre. — 3. L’accès du Pont Alexandre III, — A. Sous la Tour Eiffel. •— 3. Le Pont d’It'-na. — 6. Les installations électriques de la Section allemande. — 7. Le Palais lumineux I'onsin. — 8. Le Palais des Indes anglaises, au Trocadéro. — 9. L’Exposition algérienne.
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- 1. Le Pavillon du Creusot. — 2. Le Palais de l’Électricité. — 3. Le Palais de la Hongrie. — 4. La partie postérieure du Grand Palais.
- — 5. L’entrée de l'avenue Nicolas II. — 6. Le porche central du Grand Palais. — 7. La cour intérieure du Palais de la Hongrie.
- — 8. Intérieur du Grand Palais. — 9. Devant le Pavillon de la Chambre de Commerce de Paris.
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- LA NATURE.
- époque comme celle qui profite, sous une ère d’abondance et de tranquillité, des victoires passées : d’ailleurs les cérémonies qui marquèrent la pose de la première pierre et le nom même du Pont, ne peuvent qu’accentuer ce symbole, par les souvenirs d’alliance et de concorde qu’ils rappellent.
- Au Champ-de-Mars, noire éditeur M. G. Masson, président de la Chambre de commerce de Paris, nous attendait devant son pavillon et nous donnait un aperçu rapide des services considérables que cette chambre rend sans cesse au commerce et à l’industrie.
- Un peu plus loin, nous avons enlendu une charmante allocution de M. Henri Saladin, le distingué architecte de la Section Tunisienne, au Trocadéro; monté sur un tertre en terre, il nous a indiqué la destination des palais qui composent la participation officielle de la Tunisie, à l’Exposition; avec des paroles pleines de saveur exotique, il nous a fait revivre un instant de cette existence si mouvementée et si colorée de l'Orient et cette conviction se trouvait accentuée par le cadre d’architecture Arabe et Harbaresque, au milieu duquel nous étions groupés.
- C’est enfin avec plaisir que nous remercions aussi notre collaborateur, M. A. da Cunha, d’avoir bien voulu, à deux reprises différentes, diriger nos excursions et nous renseigner avec la plus grande complaisance sur les travaux des Champs-Elysées, du Champ-de-Mars et du Trocadéro. Nous ne sommes ici que l’interprète de nos excursionnistes.
- Nous avons reproduit, en souvenir de notre visite, quelques-unes des nombreuses photographies qui nous ont été adressées, notamment par MM. Gaumont et Boquerbe et par M. le l)r Douvillé. Ce sont des documents qui ont leur valeur, puisqu’ils représentent déjà le passé.
- Encore quelques jours et l’ouverture aura lieu à la date fixée. L’elfort a été vigoureux et digne d’admiration ; les organisateurs peuvent se féliciter à bon droit de l’œuvre accomplie. Dès aujourd’hui, il est permis d’avancer que réellement l’Exposition sera bien l’expression la plus complète et la plus grandiose de la production intellectuelle et industrielle
- du siècle. . La Direction
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- UN INSTITUT BACTÉRIOLOGIQUE
- Voilà déjà six années que Constantinople possède un laboratoire bactériologique dont on ignore généralement l’existence, et qui pourtant a été créé par des savants français et fonctionne dans d’excellentes conditions.
- Cet institut a été fondé à la suite de la mission qui avait été confiée, sur la demande du sultan, au docteur Chantemesse, pour aller combattre l’épidémie de choléra qui avait éclaté en août 1893. L’organisation fut l’œuvre du Dr Nicolle, qui en a encore la direction. Tout d’abord le laboratoire fut simplement installé dans les locaux du service de chimie de l’Ecole de médecine, mais entre temps on lui édifiait une construction particulière qui devint rapidement trop petite, et en 1895 on l’installa dans un autre bâtiment. L’institut fournit l’enseignement théorique et pratique aux médecins et aux vétérinaires, aussi bien civils que militaires (car la spé-
- cialisation n'est nullement nécessaire); cet enseignement se fait en français, on y effectue également des analyses médicales et vétérinaires publiques et privées, on y prépare le sérum antidiphtérique on s’y livre à des études sur la peste bovine. Le laboratoire antidiphtérique est très apprécié, et le fait est qu’il rend les plus grands services : des doses de sérum sont envoyées dans tous les villayets, sur la demande écrite ou même télégraphique des gouverneurs, soit à titre payant, soit à titre gratuit. De même le sérum antipeslique est livré au Ministère de l’Agriculture, qui le fait inoculer par ses vétérinaires; il trouve ainsi moyen de lutter contre la peste bovine, dont les ravages dans les campagnes sont immenses, enlevant souvent une trentaine de mille de tètes de bétail en deux ou trois semaines, et dans un seul district. Le service antirabique a été attaché à l’institut, et naturellement on y poursuit les recherches les [dus variées. Le personnel, en dehors des savants français, comprend un certain nombre de collaborateurs ottomans, et cette organisation fonctionne à la satisfaction de tout le monde. ________ D. L.
- PHOTOGRAPHIE CÉRAMIQUE
- LITHO-PHOTO
- Les photographies ordinaires sont toutes destinées à disparaître au bout d’un temps plus ou moins long; malgré les procédés dits inaltérables, il y a toujours à compter avec la fragilité inhérente à la matière première du fond : le papier. Le portrait, en photographie, est en réalité éphémère. Plusieurs spécialistes l’ont bien compris, car depuis des années on voit surgir des essais dont certains ne sont pas sans mérite. Les photographies émaillées sur cuivre sont bien connues. On s’est adressé aussi à la porcelaine, à la faïence, qui permettent également, en fixant les photographies parle feu,- de les rendre plus durables.
- Cela concerne surtout les miniatures; car, pour les portraits de grandes dimensions, la photographie n’intervient généralement que comme contours ; le pinceauachève l’œuvre avant la cuisson.
- A dire vrai, nous ne pensons pas que l’on soit parvenu jusqu’ici à produire pratiquement, industriellement, des portraits de grandes dimensions, par exemple 18 x 24 ou 24 x 50, qui soient vraiment l’œuvre photographique pure, fixée par le feu sur une plaque avec laquelle elle forme une soudure inaltérable.
- Nous croyons aujourd’hui pouvoir avancer que le procédé existe. Nous venons de voir chez Pierre Petit une série de beaux portraits obtenus par le procédé de M. Leboyer. A côté de la peinture et de la sculpture, voici donc un moyen pratique et sûr de conserver la physionomie vivante des hommes que la postérité attend, et même de ceux qui n’ont pas d’autre moyen d’y arriver.
- Ce procédé va inciter les grands corps de l’État, les associations de tous ordres à créer une galerie où survivra chacun de leurs membres. Beaucoup de familles suivront l’exemple. Dans ce journal1, nous avons décrit une machine à scier les laves de Yolvic, de l’invention de M. Leboyer.
- Mais il est une autre roche plus ancienne et plus dure qui émerge sur beaucoup de points du Plateau central, c’est le basalte. Les variétés les plus pures se présentent sous la forme de colonnes prismatiques. Les touristes qui ont traversé l’Auvergne ont aperçu, de-ci de-là, leurs galeries qui ressemblent à des tuyaux d’orgue.
- Ces basaltes, quoique d’un grain très fin, sont sans autre emploi que de macadamiser les routes, parce que
- 1 Voy. n° 1391 du 20 janvier 1900, p. 131.
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- la taille en est absolument impossible : aucun ciseau n’v mord. M. Leboyer a eu l’idée de les scier et il y réussit à la condition de sacrifier beaucoup de diamants, car le basalte se défend et il l’use.
- De là à penser à émailler ces plaquettes il n’v avait qu’un pas, et cependant il a fallu la persévérance d’un Auvergnat pour y réussir : certains basaltes, fiers de leur origine volcanique, éclatent au feu; d’autres, grâce aux grains de feldspath qu’ils contiennent et sur lesquels l’émail produit l’effet de fondant, se couvrent de petits volcans éruptifs; ils en est qui poussent la fierté jusqu’à refuser de s’associer avec l’émail. Mais il en est heureusement de plus souples, et qui consentent, sous une couche d’émail staunifère préparé exprès, à prendre au feu l’éclat d’une page blanche.
- Il eût été plus facile et moins dispendieux d’utiliser la lave ordinaire qui se marie si bien avec l’émail. Mais l’émail sur lave produit de nombreuses craquelures qui en rendent l’emploi impossible pour cette spécialité. Une craquelure traversant l’œil, ou fissurant le bout du nez, quelle déception !, Les basaltes n’ont à peu près pas de craquelures. De là, le choix de cette roche. C’est lorsque le feu a fixé l’émail sur la plaque que commence l’œuvre du photographe qui ne va pas, non plus, toute seule. Le mode d’opérer est sensiblement le même que celui du procédé au charbon, et au lieu de déposer la pellicule sur le papier, on la dépose sur la plaque émaillée. C’est un peu plus délicat, voilà tout.
- Les professionnels qui emploient les papiers au charbon connaissent toutes les difficultés de la réussite. Ils comprendront que ces difficultés s’accroissent : l°par l’emploi, au lieu du corps inerte du charbon, de poudres vitrifiables, lourdes et autrement difficiles à traiter; 2° parce qu’il n’y a pas seulement les tours de main du métier, mais qu’il faut lutter victorieusement avec les caprices du feu, qui sont, ceux-là, irréductibles, et dont on ne devient maître que par une grande expérience et une attention soutenue.
- Les photographies que Pierre Petit nous a montrées révèlent à un professionnel toutes les difficultés vaincues. Ces photographies sont manifestement cuites au grand feu de moufle, parce que la poudre vitrifiable n’est pas seulement soudée, mais en réalité incorporée dans l’émail, qui a par conséquent atteint sa fusion complète. L’inaltérabilité est donc absolue. Ces photographies défient les intempéries et les siècles. L’invention est originale et utile.
- J.-E. Klein.
- IA PULPE DE BOIS
- EN MÉDECINE ET EN CHIRURGIE
- Voici un certain temps qu’un fonctionnaire américain de l’hôpital maritime de Leaugue Island, poursuit des expériences pour tirer parti de la pulpe de bois au point de vue médical et chirurgical, et il a indiqué dans le « Medical Record » les résultats intéressants qui ont été atteints.
- La pulpe qu’il emploie est la pulpe brute, en feuilles, telle qu’elle sort des usines de production. C’est une substance aisée à se procurer, qui ne coûte pas cher et qui offre des propriétés précieuses. Quand on la laisse macérer dans l’eau, elle se gonfle considérablement et absorbe jusqu’à quatre fois son poids de liquide, qu’elle garde du reste très longtemps: comme elle se ramollit également par cette macération, on comprend qu’il est facile d’en faire un cataplasme, en lui donnant la consistance nécessaire.
- Ce cataplasme retient sa chaleur et son humidité. Rien n’empêche de faire dissoudre dans l’eau de macération
- les médicaments que l’on désire faire absorber au malade par le cataplasme. A l’état sec, la pulpe absorbera parfaitement les huiles et les graisses, et permettra de constituer d’excellents emplâtres. Elle remplacera la charpie dans bien des opérations chirurgicales ; une fois ramollie, elle . se moule très facilement, et en séchant elle durcit et devient rigide, elle peut se substituer aux appareils en plâtre pour soutenir une fracture.
- M. Cordon a résumé son impression sur cette substance, en disant qu’il la considère comme tout à fait précieuse pour le médecin de campagne, qui peut la conserver pour ainsi dire indéfiniment sans qu’elle se détériore. La pulpe de bois, pour peu qu’elle soit humide, se fera sécher tout simplement dans un fourneau de cuisine, et elle se stérilisera parfaitement dans les appareils classiques. I). B.
- . EXPOSITION DE 1900
- LES INSTALLATIONS MÉCANIQUES
- II
- LES CHEMINÉES MONUMENTALES
- Malgré les réglementations récentes qui obligent tous les usiniers de Paris à transformer leur système de chaude pour éviter l’évacuation des fumées dans l’atmosphère, on n’a rien trouvé de mieux à l’Exposition que d’en revenir au système archaïque des hautes cheminées en laissant de côté tous les procédés de fumivorité connus; ceci prouve bien que les ordonnances de police, tout en procédant de principes fort justes et rédigées dans les meilleures intentions, ne sont pas toujours absolument réalisables. Il faut ajouter, pour être sincère, que la direc-tipn technique de l’Exposition ne viole en rien le règlement, car il est entendu qu’on peut toujours se servir de cheminées, à condition que celles-ci soient assez hautes pour envoyer les gaz dans des zones atmosphériques suffisamment élevées où elles n’incommodent en rien le voisinage. Il eût pourtant été intéressant de voir cette fabrique de force motrice de l’Exposition se passer de conduits extérieurs pour enlever les fumées, mais il faut croire qu’aucun moyen n’a été considéré comme assez pratique, puisque les ingénieurs n’ont pas voulu assumer cette responsabilité.
- On sait que toute l’énergie dynamique sera produite dans un local spécialement affecté derrière le Palais de l’électricité au Champ-de-Mars ; il y aura deux usines composées de séries de chaudières : dans la première (l’usine La Bourdonnais), on verra les modèles des fabricants français, et dans l’autre (l’usine Suffren), nous aurons les générateurs des étrangers. Ces appareils seront considérés comme objets exposés et seront susceptibles de récompenses ; ils fonctionneront sous la direction des constructeurs mais aux frais de l’Exposition, ce qui est fort juste puisque l’énergie produite servira à faire marcher les milliers de machines répandues sur toute la surface des palais.
- Chacun des deux groupes fournira de la vapeur en quantité suffisante pour actionner des moteurs devant donner utilement une puissance de 40000 chevaux; on conçoit que pour une produc-
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- tion pareille, le poids du combustible brûlé sera considérable et produira de la fumée en forte quantité; aussi s’est-on décidé à construire deux cheminées de 80 mètres de hauteur ; cette élévation est pleinement suffisante pour ne pas être incommode.
- Une chose pourtant était gênante, c'était la cheminée elle-même: malgré toutes les ressources de l’architecture moderne on n’a point trouvé le moyen de faire des cheminées qui plaisent à l’œil, elles seront toujours, quoique l’on puisse faire, de longs fûts cylindriques, toute l'ornementation se trouvant localisée à la hase et au sommet.
- On a fait appel à tous les constructeurs, un concours a été ouvert pour que chacun apportât son projet d’une cheminée monumentale et décorative; un prix de 10000 francs était même offert au meilleur projet : les fantaisies les plus irraisonnées furent apportées ; ne vit-on pas, en effet, une statue colossale ayant la forme de la L iberté de Bar-tholdi dans la rade de New-York, et transformée en cheminée, la fumée s’échappant par la torche du sommet. Le premier et unique prix fut attribué à MM. Nicou et Demarigny q u i montrèrent le meilleur dessin et qui furent chargés du travail (fig. 5). Ce projet n’est qu’une cheminée dans toute l’acception du mot, mais fort bien traitée ; il n’y a aucune recherche exagérée, les éléments se tiennent merveilleusement ; au point de vue du métier c’est une fort belle cheminée... mais, comme c’est une cheminée, elle est encore fort laide : c'est celle qui a été construite du côté de l’avenue de La Bourdonnais.
- Quant à la cheminée Suffren (fig. 4), elle a été dressée dans les bureaux techniques de l’Exposition, à la tète desquels se trouve M. Bourdon; son exécution a été ensuite confiée à MM. Toizoul et Fradet.
- L’une et l’autre se composent d'un piédestal, à faces planes, de 19 mètres de hauteur servant de soubassement à un long fût terminé par un chapiteau très mouluré. Le fut cylindrique est décoré sur le
- tiers inférieur de sa hauteur à l’aide de briques de différentes couleurs et grâce à un système d’ornementation, inconnu auparavant, dit céramique nouvelle; c’est un dérivé des procédés du métal déployé usité aujourd’hui dans la maçonnerie; il se compose d’une maille métallique qu’on entoure de céramique et qu’on porte à la cuisson, puis le tout est recouvert d’émail en couleur : ce procédé est d'une fabrication très rapide, et économique; il se prête à tous les besoins, son montage est facile et le poids est très faible, ce qui rend son emploi absolument pratique pour les revêtements.
- Les fondations devaient être faites d’une façon toute particulière ; la pression d’une cheminée sur le
- sol est considérable, puisque le monument est tout entier en hauteur : tout le poids porte sur une surface très restreinte, de sorte que la poussée par unité est très élevée.
- Pour trouver le bon sol, il a fallu aller le chercher très bas; au Champs-de-Mars, il y a une couche de terrain de 8 mètres de hauteur reposant sur de la glaise ; il a donc fallu découvrir celle-ci par une excavation et enfoncer ensuite des pilotis jusqu’à refus ; ce n’est qu’à 16 mètres en contre-bas du sol que les pieux, rencontrant une couche de gravier, refusèrent d’aller plus loin; on enfonça ainsi, pour chaque cheminée, 140 pieux en chêne de Ûm,5ü de côté et de 7 mètres de longueur ; une couche de béton de 2m,50 de hauteur avait pour mission d’entretoiser les têtes des pilotis et de former avec eux une assiette suffisamment solide pour recevoir les premières assises de la'cheminée.
- Cette plate-forme de ciment présente la surface d’un cercle de 15 mètres de diamètre, elle forme un large empâtement qui répartit le poids de la cheminée sur un espace très grand, ce qui diminue la pression; il en est résulté que l’édifice, qui pèse 5 750000 kilogrammmes, ne produit à sa hase qu’un poids de 2k«,253 par centimètre carré, ce qui est un chiffre offrant la sécurité la plus absolue.
- Aux premières assises, la cheminée présente en
- Fig. 1. Fig. 2.
- Fig. l.]Z— Coupe de la cheminée de l’usine La Bourdonnais. Fig. 2. — Coupe de la cheminée de l’usine Sullren.
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- coupe une ouverture de 6m,20 de diamètre et une épaisseur de maçonnerie de 2m,90; à mesure qu’on s’élève, ces chiffres diminuent pour n’ètre plus, au
- Fig. 3. — Cheminée de l’usine La Bourdonnais.
- sommet, que de 4m,50 de diamètre pour l’orifice et 0m,55 pour l’épaisseur de la maçonnerie. La colonne est bridée par quinze cercles en fer plat réunis par des longs boulons disposés en quinconces. Ajoutons qu’on a disposé à l’intérieur du fût deux séries d’échelons, l’une composée de barres de fer recourbées fixées tous les 28 centimètres, elle permet la montée verticale par les mains et par les pieds ; l’autre est beaucoup plus large, elle enveloppe la première et forme un dispositif très ingénieux qui permet d'éviter les chutes et de faciliter les repos au cours de montée.
- Disons enfin qu’un paratonnerre protège la cheminée contre la foudre.
- Ces deux cheminées, qui ne coûtent pas moins de 250 000 francs chacune, sont entièrement en briques ; elles en absorbent l’une et l’autre trois millions.
- Comme procédé de montage, les deux constructeurs ont employé le système des échafaudages extérieurs jusqu’à 18 mètres de hauteur; mais, à partir de là, ils ont adopté chacun un procédé différent. Pour la cheminée La Bourdonnais, MM. Nicou et Demarigny ont employé la méthode ordinaire qui consiste à dresser deux monticules de briques aux deux extrémités d’un diamètre de l’orifice de construction (fig. 1 ); ces deux monticules soutiennent une poutre en bois très solidement attachée, à laquelle est fixée une poulie. Les matériaux arrivent ainsi directement du bas par l’intermédiaire d’une loco-
- mobile de 5 chevaux, qui est suffisante pour élever les charges des matériaux : ce système est très simple, comme on le voit, les ouvriers du sommet construisent leur mur à droite et à gauche des monticules et le prolongent même au-dessus d’eux d’une hauteur égale, mais aux deux extrémités du diamètre perpendiculaire ; on enlève alors la poutre, on la reporte sur ces deux nouveaux monticules et on maçonne dans le vide produit par cette opération.
- Pour la cheminée Suffren, les constructeurs ont adopté un procédé plus savant peut-être, mais assurément plus coûteux et plus compliqué (fig. 2) ; c’est celui du treuil Dernier ; ils établissent à l’intérieur de la cheminée des guides en bois, que l’on prolonge dans le sens de la hauteur au fur et à mesure que les travaux avancent; la benne n’est autre qu’une plate-forme qui reçoit un wagonnet tout chargé et qui monte jusqu’au sommet à l’aide de câbles actionnés par une petite machine à vapeur ; un système automatique déclenche l’embrayage quand la nenne arrive à la fin de sa course et arrête l’ascension. Ce mécanisme est très utile et constitue une supériorité sur le système ancien, car forcément on ne peut être qu’aproximativement renseigné en bas sur l’endroit exact où il faut arrêter la charge dans sa course ascensionnelle, on fait bien des marques sur les câbles, mais celles-ci peuvent s’en aller et alors on est sans ressources pour opérer : il est vrai qu’un téléphone relie le haut et le bas et permet de com-
- Fig. I. — Cheminée tle Fusine Suffren.
- muniquer les indications ; le chef d’équipe qui dirige la construction de la cheminée donne ainsi des ordres aux hommes qui préparent en bas les maté-
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- riaux et au mécanicien qui manœuvre le treuil à vapeur. Le treuil Dernier exige tout un échafaudage intérieur à la cheminée, son enlèvement après la fin des travaux, prend toujours un certain temps, tandis qu'avec la méthode delà cheminée La Bourdonnais l’ouvrage est complètement terminé avec la pose de la dernière brique.
- L’un et l’autre de ces systèmes sont bons; malgré leurs défauts ils peuvent être utilisés avec prolit, mais il semble que le procédé ancien est préférable pour les très hautes cheminées, tandis que le treuil est d’une application plus profitable pour les cheminées moyennes. A. da Ul'mia.
- CORRESPONDANCE
- AMI'Ol'I.ES RADIOGRAPHIQUES A AXT1CA1 MODES FROIDES
- A propos de l’article que nous avons publié1 dernièrement à ce sujet, nous avons reçu de M. Abel lfuguet la lettre suivante :
- « Dans l’article précité, M. J.-L. Breton dit que : le premier, dès la fin de 1896, il a indiqué et fait construire des tubes Rœntgen à anticathodes refroidies ; qu’il a décrit deux de ces ampoules dans un pli cacheté, déposé à l’Académie, puis dans son ouvrage du début de 1897. Voilà donc, .comme dates prises : 1° L’ouvrage paru en 1897. ‘2° Le dépôt d’un pli à l’Académie. M. Breton ne donne pas la date de ce dépôt, ce qui m’oblige à rappeler qu’il a fait ouvrir, en séance du 22 février 1897, deux plis déposés : l’un le 28 décembre 1896 sous le n° 5267, l’autre le lor février 1897 sous le n° 5279. L’un d’eux était relatif à notre sujet. Admettons que ce soit le premier déposé le 28 décembre 1896. M. Breton voudra bien, suivant l’usage en pareille matière, ne pas appuyer ce qu’il appelle sa paternité présente sur des documents non publics, pour ne pas m’obliger à prouver par témoins que j'ai demandé à M. Chabaud de me construire un tube à anticalhode refroidie par courant liquide, dès les premiers jours d’aoùt 1896. Mais M. Breton ne dit pas que dans notre note publiée aux comptes rendus de l’Académie des sciences du 16 octobre 1899, M. Chabaud et moi nous écrivions : « L’un de nous a « publié (Journal de physique élémentaire, octobre « 1896) le principe d'après lequel nous avons cherché à « refroidir l’anticalhode des tubes du type focus par une « circulation de liquide froid ». Aous citions ensuite la publication de M. J.-L. Breton dans Hayons X et Rayons cathodiques de 1897.
- « Il semble clair que si M. Breton n’a pas à produire une publication plus ancienne que celle du 28 décembre 1896, la priorité appartient à mon article paru dans les premiers jours d’octobre 1896 (quelques mois après la naissance du tube focus); je dois ajouter que, contrairement à l’opinion de M. Breton, je pensais alors et je crois encore que le refroidissement de l’anticalhode des focus avait, dès cette époque, un aussi grand intérêt qu’aujourd’hui ; car, ainsi que beaucoup d’expérimentateurs, j’employai dès le début une très grande bobine de Ruhmkorff, excitée par un courant très intense et un interrupteur type Foucault à très grand godet.
- (( Les plus petits tubes Colardeau résistaient fort bien à ces puissants débits pareils à ceux que j’y lance encore
- 1 Yoy. n° 1397, du 3 mars 1900, p. 229.
- aujourd’hui. Mais pour les leur faire porter longtemps, il faut refroidir l’anticathode; c’est ce que je publiais en octobre 1896.
- « Je suis heureux, en cette occasion, de dire toute la gratitude que je conserve à M. Victor Chabaud qui a mis, au service de mon rêve de trois années, une compétence et une habileté que je n’ai jamais autant admirées. » Abei. Bugvet.
- Professeur à l'École supérieure des sciences à llouen.
- CHRONIQUE
- Les eaux de source à Paris. — La dernière analyse chimique et micrographique des eaux de Paris, faite à l’Observatoire municipal de Montsouris par MM. Albert Lévy et P. Miquel, indique le nombre de bactéries suivant, par mètre cube, pendant la semaine du 18 au 25 février 1900 : Eau de l’Avre, au réservoir dePassy: de 5600 à 19 600 bactéries; eau de la Dhuis, au réservoir de Ménilmontant : de 5255 à 5520; eau de la Vanne, au réservoir de Montsouris : de 1100 à 7200. Pour l’eau de Seine, il a été relevé, pour la même semaine: à l’usine d’ivry, 50 000bactéries; à l’usine d’Austerlitz, 50 000, et à l’usine de Chaillot, 75 000.
- Distribution des eaux à Paris. — Voici quelques renseignements sur la distribution des eaux de source à Paris. Ces sources sont, on le sait, l’Avre, la Dhuis et la Vanne. Les travaux d’adduction des sources du Loing et du Lunain ne sont pas encore achevés. L’eau de l’Avre arrive aux réservoirs de Saint-Cloud, composés de deux compartiments contenant chacun 95 000 mètres cubes. Elle dessert la haute zone de la rive droite jusqu'au bassin de la Viilette, et, amenée dans un compartiment supérieur du gran 1 réservoir de la rue de Villejuif, à Passy, la zone située vers Levallois. Une certaine quantité d’eau de l’Avre est dirigée sur Montrouge pour alimenter les quartiers du Petit-Montrouge et de Plaisance, trop élevés pour recevoir l’eau de la Vanne. L’usine de la place Saint-Pierre élève une autre partie de l’eau de cette première source pour desservir le haut Montmartre. Suivant la hauteur des eaux, l’aqueduc de l’Avre apporte un volume de 65 000 à 110 000 mètres cubes par jour. La Dhuis alimente le XXe et une partie du XIXe arrondissement; elle est, pour atteindre les hauteurs, relevée par l’us'ne de Ménilmontant dans le réservoir supérieur de Belleville. L’aqueduc de la Dhuis fournit de 15 000 à 50 000 mètres cubes par jour. La Vanne, qui a le plus fort débit (90 000 à 120 000 mètres quotidiennement), arrive aux réservoirs de Montsouris, contenant l’un 77 000 et l’autre 126 000 mitres cubes. Cette source dessert toute la rive gauche, sauf les deux quartiers de Montrouge et de Plaisance cités plus haut, plus les huit arrondissçinents de la rive droite limités par les boulevards extérieurs, et aussi le quartier d’Auteuil.
- Canon d'un nouveau genre. — D’après un journal américain, on vient de construire à Peoria (Illinois) un canon mpnté sur une automobile. Cet engin est destiné par la police municipale à la répression des émeutes populaires. Cet affût d’un nouveau genre porte quatre sièges pour les servants et un coffre servant de caisson qui contiendra 1000 cartouches. La pièce elle-même est du système Colt à tir rapide automatique. L’automobile est mue par une machine à pétrole.
- Les chantiers de constructions maritimes en Écosse. — Pendant le mois de juillet, 15 navires
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- LA NAT U H K.
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- d’environ 22 050 tonneaux (gross tonnage) ont été lancés des chantiers écossais, contre 58 d’environ 58 505 tonnes lancés au mois de juin. L’année dernière, 22 navires d’environ 17 541 tonneaux avaient cté lancés en juillet, ilepuis le commencement de l’année, les mêmes chantiers ont lancé 189 vaisseaux, d’une capacité de 278500 tonneaux, contre 244 949 tonnes pour la période correspondante de l’année dernière; 170550 tonnes en 1897; 220 877 tonnes en 1890, et 210 907 tonnes en 1895.
- Lampes à incandescence. — La répartition de la lumière émise par une lampe à incandescence dépend beaucoup de l’enroulement du filament par rapport à l’axe de l’ampoule. M. Liebenthal a publié à ce sujet, dans Zeitschrift fiir instrumentenkunde, une étude intéressante dont voici les éléments. L’auteur distingue quatre types principaux de filaments de lampes à incandescence. Le plus simple est un filament droit fixé suivant l’arc de l’ampoule; le second type est un filament simplement recourbé en forme de Y ; un ou deux de ces filaments peuvent être disposés dans l’ampoule; le troisième est le filament à une ou plusieurs boucles; enfin le quatrième, le filament en zigzag. Le premier type n’est pas employé en pratique. C'est le second qui donne la distribution la plus régulière autour de l’axe. Avec le troisième, l’intensité est maxima suivant des directions situées dans des plans à 180°; quant au quatrième, il donne un minimum très accusé dans le plan qui contient les deux extrémités des filaments.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 mars 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- Le rayonnement du radium. —M. Becquerel a réalisé expérimentalement la déviation, dans un champ électrostatique, des rayons émis par le radium. Ces rayons se propagent avec une vitesse qui est, comme celle des rayons cathodiques, sensiblement la moitié de la vitesse de la lumière. La perte de substance résultant de l’énergie rayonnée serait, pour 1 cm*, d’un milligramme pour un milliard d’années.
- Transformation des graisses en glycogène dans l'organisme. — M. Bouchard a montré qu’un animal gorgé de graisse et privé ensuite de nourriture peut encore augmenter de poids; l’augmentation résulte de l’oxydation de la graisse. Cette substance se transforme en glycogène qui s’accumule dans les muscles et non dans le foie.
- Retour des hybrides aux ascendants. — Dans la Note présentée par M. G. Bonnier, M. Hugo de Tries expose les résultats qu’il a obtenus en cultivant les hybrides d’un pavot à graines noires et d’un pavot à graines blanches. En semant les graines de ces hybrides, il a constaté que les trois quarts des graines nouvelles étaient noires. Les résultats étaient les mêmes pour les cultures successives, les hybrides reviennent très rapidement à la race à graines noires.
- Absorption de* iodures par la peau. — M. Gaillard, d après la Note présentée par M. A. Gautier, a constaté que la peau absorbe directement les substances salines et notamment les iodures, à l’état de dissolution dans les bains médicamenteux. L’iodure est d’abord absorbé par la peau qui le retient intégralement; il n’apparaît dans les urines que lorsque la peau a été saturée par des mmersions successives.
- Transmission de l’alcoolisme de la mère à l’enfant. — M. A. Gautier présente une Note de M. Niclou qui a
- pu doser, dans le sang et le lait, l’alcool ingéré dans l’estomac. L’enfant est donc atteint par l’alcoolisme en même temps que la mère.
- Formation de montagnes dans le baisin de Paris. — D’après la note de M. Munier-Chalmas, présentée par M. Marcel Bertrand, toutes les assises du bassin de Paris se seraient formées dans une mer entourée d’une ceinture de lagunes. La mer était séparée des lagunes par un bourrelet qui se serait graduellement déplacé vers le sud, tout en restant parallèle aux collines du pays de Brav. Le déplacement de cette ride aurait développé des plissements et des charriages semblables à ceux observés dans les Alpes. Ces plissements, étant strictement localisés aux couches profondes, pouvaient se poursuivre sans qu’aucun phénomène extérieur révélât leur existence.
- Élection d'un correspondant pour la section de physique. — M. Hittorf de Munster (Prusse) est élu correspondant de l’Académie, en remplacement de M. Wiedeman décédé. J. Giiuii).
- MACHINE A ÉCRIRE SUR REGISTRES
- Ceux qui sc servent de la machine à écrire, et qui en apprécient, par conséquent, les services, ont bien souvent émis le regret que l’on n’inventât pas un appareil de ce genre qui permît d’écrire non seulement sur une feuille maintenue à plat, mais encore et surtout sur une page de registre : on comprend que cela serait absolument nécessaire pour l’application de la machine à écrire à la tenue des livres et à une foule d’écritures commerciales. Or, jusqu’à présent, les machines inventées, au moins celles que nous connaissons comme entrées dans la pratique, ne pouvaient imprimer leurs caractères que sur un rouleau autour duquel on fait passer et tourner une feuille de papier, qui peut être en plusieurs doubles, mais qui doit garder toute sa flexibilité.
- Mais voici qu’il vient d’apparaître sur le marché anglais une nouvelle machine qui permet d’écrire sur tous les registres, comme l’indique son nom anglais de « Book Typewriter », et qui nous semble fort bien comprise pour le but spécial auquel elle est destinée. Ceux qui connaissent les diverses machines à écrire, et notamment la Remington, vont comprendre presque au premier coup d’œil les dispositions essentielles de cet appareil et y retrouver une grande partie des dispositifs devenus quelque peu classiques.
- C’est ainsi qu’on peut remarquer la disposition des touches, puis l’espaceur, qui se présente au milieu sous l’aspect d’un rectangle supporté par deux bras coudés ; l’encrage des caractères, ou plutôt l’impression en noir de leur gravure sur le papier, est assuré par un ruban du genre bien connu, qu’on voit s’enrouler sur un barillet. Un levier, que l’on aperçoit en haut et à droite de la machine, permet d’écarter ce ruban et de lire les lettres que l’on vient d’imprimer. C’est là une disposition précieuse qui manque dans bien des machines à écrire, et qui est pourtant fort désirable ;
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- d’ailleurs, un peu comme dans la Remington, le clavier tout entier peut être relevé, et l’on voit l’ensemble des lignes tracées.
- Ainsi que l’indique très nettement la gravure, le clavier et la partie imprimante proprement dite sont montés sur une sorte de cadre, dont le haut vient s’appuyer sur un massif en haut du registre oîi l’on veut écrire, et sur lequel le clavier et ses accessoires peuvent se déplacer dans deux sens perpendiculaires l’un à l’autre : d’une part, de droite à gauche, chaque fois qu’une lettre vient detre frappée ; d’autre part, de bas en haut, quand une ligne est achevée et qu’on veut en recommencer une nouvelle. Ce dernier mouvement est assuré par le rap-
- prochement des deux leviers qui se montrent couchés sur le papier à droite, et dont le serrage commande une petite roue à rochet.
- On doit deviner que le mouvement de descente qui en résulte prend son point d’appui sur la règle dentée qui forme la droite du cadre dont nous parlions tout à l’heure. Nous ne pouvons évidemment insister sur les divers détails de cette machine; de même que la Dachjle, par exemple, elle n’a pas de touches spéciales pour les majuscules, et c’est en abaissant un levier, tout en frappant la touche, que l’on obtient l’impression de la majuscule correspondant à la touche.
- Toutefois, la manière dont ce résultat est assuré
- Une machine permettant d'écrire sur registres.
- diffère complètement de ce qui se passe dans la Dactyle et mérite une courte description. Chacun des leviers des lettres se présente sous l’aspect que le dessinateur a figuré en cartouche : il comporte à son extrémité une pièce tournant autour d’un pivot, et à laquelle sont fixés deux caractères, une majuscule et une minuscule, puis un long doigt solidaire d’elle et dont nous allons expliquer le rôle, et enfin un ressort antagoniste. Tout auprès et au-dessus est un disque, qui est relié par sa tige au mouvement du levier spécial dit « des majuscules », et qui a un rôle prédominant : si ce disque est abaissé par le jeu du levier en question, le doigt vient le frapper, se met à décrire une portion de cercle, et déplace par suite la pièce dont il fait partie, de telle manière que ce qui vient frapper le ruban et le papier sous
- le jeu du dactylographe, ce n’est plus la minuscule, mais la majuscule. Quand, du reste, le levier de la lettre reprend sa position, le doigt rencontre un cercle qui est fixé sur le corps de la machine, et tout revient en état : si l’on frappe alors la lettre, comme le doigt ne trouvera plus le disque, c’est bien cette fois la minuscule qui s’imprimera.
- Cet appareil nous a semblé extrêmement intéressant à signaler, d’autant qu’il peut être avantageusement utilisé pour écrire sur des feuilles de papier ordinaires : il donnera une quinzaine de copies fort nettes, parce que la frappe des caractères se produit sur une surface plate. J. Leroy.
- Le Gérant : I'. Masson.
- Paris. — Imprimerie L.uiike, rue de Fleurus, 9.
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- N" 1 40 2. — 7 AVRIL 4 900.
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- L’ÉYOLUTION DES CUMULUS
- Tout le monde connaît le nuage qu’on appelle Cumulus (culmen), dont le nom évoque à la fois l’idée d’accumulation et celle de cime culminante. Quand il est bien développé, il paraît en effet comme un gigantesque entassement de nuées dont le sommet, éclatant de blancheur, s ’ élève pres-que à vue d’œil et semble dominer tous les autres nuages.
- Il se forme pendant le jour, quelquefois dès que le soleil monte à l’horizon et prend très vite une opacité remarquable.
- Par le beau temps les cumulus sont assez fréquemment disséminés dans tout le ciel, en masses isolées, d ’ un aspect floconneux, dont les bases ont une altitude commune, comme si ces nuages flottaient sur la même couche atmosphérique. Pendant l’été, les cumulus forment souvent, à l’horizon, comme_une immense chaîne de montagnes dont les rochers, arrondis, couverts de neige, seraient brillamment éclairés par le soleil.
- Mais, contrairement à ce qu’en dit Poëy qui a cependant publié une bonne classification des nuages, les cumulus ne sont pas, spécifiquement, des nuages d’été, de jour et d’horizon : on en voit de très beaux en hiver, les éclairs en révèlent de magnifiques pendant les orages nocturnes, et l'horizon d’un lieu est 28e année. — 1er semestre.
- toujours le zénith d’un autre lieu. Mohn en donne une excellente définition dans son ouvrage sur les Phénomènes de l'atmosphère : les cumulus ou halles de coton des marins doivent leur origine à des courants d’air ascendants dans les couches infe'rieures de l’atmosphère. Us se forment ordinairement à de hautes températures, et sont par conséquent l’espèce
- de nuages la plus fréquente dans les régions tropicales, et en été dans nos contrées. L’hiver on n’en voit pas dans les pays des latitudes élevées. Un reconnaît facilement les cumulus à leur base plane, horizontale, sombre, sur laquelle se groupent, en prenant des formes plus ou moins arrondies, des monceaux de nuages dont les sommets blancs brillent éclatants dans la splendeur des rayons solaires.
- Les cumulus se développent quelquefois avec une rapidité extraordinaire . Nous donnons ci-contre un exemple assez frappant de leur prompte évolution. Les sept premières photographies représentent le même nuage, le même cumulus pris a Clermont-Ferrand, de cinq minutes en cinq minutes, à 10 kilomètres au moins dans la direction du Nord-Ouest. Il n’a donc fallu qu’une demi-heure à ce cumulus pour passer de la première forme à la dernière ; mais nous en avons vu qui mettaient beaucoup moins de temps pour acquérir des dimensions encore plus considérables. Les repères qu’offre le paysage mon-
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- Évolution d’un Cumulus (D’après des photographies de l'auteur.)
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- trent que le cumulus, pendant toute son évolution, n’a pour ainsi dire pas changé de place.
- La huitième photographie reproduit un autre cumulus, orageux avec pluie, éclairs et tonnerre, autour duquel apparaissent de nombreux nuages secondaires, noirs parce qu’ils sont mal éclairés. Elle donne une idée de la dernière transformation suhie par le précédent cumulus dont nous n’avons pu continuer la chronophotographie parce que d’autres nuages, dont 1’apparition commence sur la septième photographie, nous l’ont caché trop tôt.
- Un peut remarquer que, pendant les cinq minutes qui se sont écoulées entre la cinquième et la sixième photographie, le cumulus a pris, en hauteur, un accroissement extraordinaire qui a porté son sommet à environ 0000 mètres au-dessus de sa hase. A ce sujet nous croyons, d’après de nombreuses observations, qu’il faut distinguer deux phases principales dans l’évolution des cumulus. La première comporte un développement qui peut être très grand, mais qui reste relativement lent, assez régulier, et qui doit être attribué aux courants ascendants créés par la radiation solaire. C’est ainsi, par exemple, que se développent les cumulus qui ne deviennent pas orageux, et en particulier ceux qui accompagnent le beau temps. Dans la seconde phase, présentée par les seuls cumulus plus ou moins orageux, l'accroissement du nuage offre de fortes irrégularités; des mamelons et des protubérances surgissent brusquement en certains endroits, et grandissent quelquefois avec une telle rapidité qu’on les croirait produits par une colossale machine à vapeur : c’est à ce moment que la condensation en pluie commence, et c’est la chaleur latente mise ainsi en liberté qui provoque, au-dessus des centres de condensation, une vive recrudescence du mouvement ascensionnel. C’est alors aussi que l’orage éclate, plus ou moins caractérisé, suivant l’intensité que cette seconde phase a pu prendre.
- Cela explique comment de grands cumulus peuvent achever leur évolution après le coucher du soleil, et même pendant la nuit : c’est un travail interne qui l’accomplit. Ordinairement les plus beaux cumulus se développent dans une atmosphère presque calme, et alors, comme celui dont nous donnons la photographie, ils restent à peu près immobiles, au moins tant qu’ils n’ont pas produit d’orage. Mais nous avons maintes fois observé de magnifiques cumulus qui se déplaçaient rapidement, et qui cependant grandissaient comme s’ils étaient stationnaires, en conservant des contours très nets et une parfaite pureté de formes. Il en est ainsi quand le cumulus se trouve tout entier dans un vaste courant général, régulier, qui entraîne avec lui toutes les couches atmosphériques où le nuage pénètre : celui-ci se développe là, comme dans un air calme, puisque le mouvement aérien n’occasionne aucun changement relatif de position dans le milieu atmosphérique qui l’environne. J.-R. Plumaxdon,
- Météorologiste à l’Observatoire du Puy-de-Dôme.
- LES NOMS DES PLANTES
- « Voyez un savant entrer dans une riante prairie, ou dans un jardin parfumé, écrit Alphonse Karr dans son Voyage autour de mon jardin, et écoutez-le, vous prendrez le jardin ou la prairie en horreur.
- « Les savants ont commencé par former pour ces gracieuses choses qu’on appelle des fleurs, trois langues barbares, qu’ils ont ensuite mélangées pour en faire une plus barbare.... Je vais écrire ici pêle-mêle ceux des mots de cette langue faite par ces messieurs que je me rappellerai au hasard. Vous me direz ensuite s’il n’est pas triste de voir ainsi traiter les fleurs, cette <( fête de la vue », comme disaient les Grecs. Écoutez bien et remarquez que je n’en n’invente pas un.
- (( Jumériées, mésocarpes, péritrope, vasiduCte, micro-pyle, exorhise, trophosperme, chalase, rntacées, gynoba-sique, hypocratériforme, etc. »
- Cela continue pendant 50 lignes au moins. Et, encore, le jardinier humoriste a été bon prince, et n’a pas donné un seul nom de plante. Il eût pu la compléter par la gracieuse nomenclature des noms de plantes suivantes :
- Kosteletskia, Schweiggeria, Bischofia, Trautvetteria, Wachendorfia, Ternstrœmia, Escholtzia, Schlechtendalia, Messerschmidtia, Krascheninikovia, etc.
- A quelle science occulte peuvent bien appartenir ces désignations barbares et quel profane essayera jamais de pénétrer dans une enceinte gardée par des dragons tels que MM. Schweigger, Escholtz ou Messerschmidt ? Pourquoi faire de la nomenclature d’une science aussi aimable que la botanique un obstacle presque insurmontable.
- Comme le déclare un peu solennellement Linné dans sa Philosophie botanique : « Si on ignore les noms, on ne peut retenir la connaissance des choses ». La nomenclature est la porte de l’édilice, et cette porte n’en est une que tant qu’elle est ouverte. Or, la condition essentielle pour une nomenclature dont ' le vocabulaire est immense, c’est d’être facile à retenir, et par conséquent euphonique avant tout. Malheureusement, il n’en est pas toujours ainsi en botanique, et souvent les gens du monde s’indignent de cette disparate entre une plante que la nature a créée légère et gracieuse et le nom repoussant que les hommes lui ont imposé; l’aversion qu’inspire la nomenclature se répand sur la science elle-même. « 'Voilà le principal obstacle qui empêche la botanique de- dfevenir populaire, voilà ce qui fait que les Flores, livres délicieux qui devraient être aussi répandus qué les- fables de La Fontaine, sont des livres rares, inabordables, ^pratiqués seulement par quelques amateurs passionnés, pu par les botanistes de profession1 ».
- A qui devons-nous cette intrusion de noms barbares?
- A Linné, qui aimait bien les plantes cependant et qui est, de tous les savants, celui qui les a le moins maltraitées. Il maintenait ou créaiL dans sa nomenclature « les noms établis pour conserver la mémoire des hommes qui ont bien mérité de la science. C’est l’unique et en même temps c’est le plus grand prix du travail : il le faut respecter et le décerner avec intégrité, afin qu’il soit un encouragement et en même temps un ornement pour la botanique'1. »
- Mais si le grand législateur de la botanique revenait et parcourait une flore, en apercevant tous ces noms terminés en our, ar, er, ach, dorf, mann, ou midi, il ne pourrait s’empêcher de s’écrier douloureusement, comme
- 1 Le Maout, Botanique.
- 1 Linné. Philosophica botanica
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- le berger de Virgile : « Insensé, qu’ai-je fait? J’ai appelé le vent du midi sur mes fleurs et j’ai lancé les pourceaux dans mes limpides fontaines ».
- Combien il s’applaudirait d’avoir au moins conservé ces appellations des anciens, si harmonieuses, si douces à l’oreille : Narcissus, Conflits, Avena, Bellis, Circea, Iris, Lilittm, Platanus, etc.
- Les anciens avaient en outre composé des noms significatifs qui facilitaient la mnémonique des végétaux connus de leur temps. Pline nous a transmis le Géranium dont le pistil s’allonge en « bec de grue », le Myosotis, dont les feuilles ressemblent à des « oreilles de souris », le Tussilago qui chasse la toux, le Chelidonium, dont la floraison dure autant que les « hirondelles », etc.
- Les modernes, Linné en tête, ont imité les anciens, sans être toujours aussi heureux, et ils ont créé un grand nombre de noms composés, tels que YOrnilhopus, dont les fruits ressemblent à un « pied d’oiseau » ; le Theo-broma, qui donne le chocolat, « nourriture des dieux », Y Aquitegia, dont les pétales figurent des urnes pour « recueillir l’eau » ; le Passiflora, ou fleur de la Passion, dans laquelle on a cru reconnaître la couronne d’épines, les clous, les marteaux, instruments du supplice de Jésus-Christ.
- Passe encore si la volonté de Linné était respectée et si ces brevets d’immortalité n’étaient décernés qu’avec une sévère parcimonie, aux seuls chefs de la science, à ses protecteurs, à ses martyrs ! Au prince de Bourbon qui fonda le plus ancien jardin botanique on a dédié le Borbonia; le Fagonia à Fagon, second créateur du Jardin des Plantes de Paris. Bertero qui sacrifiait toute sa fortune pour fréter le navire destiné au transport de sa cargaison botanique a donné son nom au Berleroa.
- Quelle que soit l’autorité du savant dont on veut faire le parrain d’une plante, il faudrait encore que son nom s’y prêtât. Des trois plus grands noms de la science botanique (Tournefort, Linné et Jussieu), celui de Linné seul est euphonique et se prête à la latinisation. La Linnea boréalis est une plante aussi gentille que le nom en est gracieux. Le nom si français de Tournefort est ridiculement habillé à la romaine en Tournefortia. Celui de Jussieu se refuse si obstinément à la désinence latine qu’il a été traduit de cinq façons différentes : Linné, après avoir donné au même genre les noms de Jussieua, Jussievia, Jussiœa, s’est décidé pour le dernier. Àdanson l’avait remplacé par Jussea, puis par le Jussia : Houston sans détruire le Jussiœa, qui est une onagrariée, réserva le Jussievia pour une eupborbiacée. — M. Brongniart maintient l’ancien Jussieua, qui n’est plus français et n’est pas latin ! — Toutefois ces noms qui appartiennent aux princes de la science ne sont jamais prononcés sans réveiller un sentiment de reconnaissance et de vénération. Mais que dire de cette quantité de noms obscurs qui viennent audacieusement se mettre au niveau de ceux que nous venons d’écrire?
- Que dire aussi de ces savants, tels qu’Adanson qui, embarrassé de trouver le nom d’une plante, tirait au sort des consonnes et des voyelles et les combinait de toutes les façons jusqu’à ce qu’elles produisent un nom articulalde, comme Tolpis, Kalancltoe, Kolman. Que dire aussi des anagrammes bizarres imaginés par Cassini en vue de désigner des genres voisins sans créer de mots nouveaux. — Ainsi du genre Filago, il tirait, par transposition des lettres, les genres Logfia, Gifola, Iglofa, Oglifa. Ces noms qui ont été forgés dans le but très
- louable de soulager la mémoire, sont précisément, à cause de leur grande ressemblance, encore bien plus difficiles à retenir.
- Cette nomenclature personnelle, reconnue barbare et antimnémonique, de bons esprits ont proposé de la réformer, d’en forger une de toutes pièces. Mais quel est le bénédictin qui osera entreprendre cette tâche, et qui surtout saura la mènera bien?
- En attendant il faut bien se contenter de la nomenclature telle qu’elle est, et nous supplions les débutants de ne pas s'effrayer et de ne pas hésiter à pénétrer dans l’empire de Flore.
- Les diverses plantes aux noms barbares sont du reste nouvelles, peu connues et peu nombreuses, tandis que les plantes aux noms harmonieux sont légion et rappelleront au jeune homme frais émoulu du collège des souvenirs classiques pleins de. fraîcheur. 11 y rencontrera « le peuplier qui se plaît au bord des eaux, ainsi que le sapin qui couronne le sommet des montagnes» chantés par Virgile.
- En trouvant le Daphné « toujours vert, le serpolet qui embaume l’air au loin », il se rappellera le précepte des Géorgiques qui recommande de placer les plantes dans le voisinage des ruches.
- C’est ainsi que les notions scientifiques déjà intéressantes seront assaisonnées d’une jouissance littéraire et que, la botanique deviendra autre chose que « l’art de déssécher des plantes dans du papier brouillard et de les injurier en grec et en latin ». V. Biundicoubt,
- Secrétaire de la Société Linnéenne du Nord de la France.
- COMBIEN Y MM-T-IL D’ENTRÉES
- A L’EXPOSITION DE 1900 ?
- La réponse à cette question peut se déduire des statistiques fournies par les expositions antérieures.
- On a constaté, pour ces dernières, les chiffres ci-après :
- En 1855 .............. 5 millions d’entrées;
- En 1867............... 8 800 000;
- En 1878............... 16 millions;
- Fin 1880.............. 28 millions.
- Il est à remarquer que ces divers nombres se succèdent sensiblement comme les termes d’une progression géométrique ayant 1,78 pour raison et qui seraient par conséquent :
- 5, 5 x1,78, 5x 1,78*, 5 x1,78*.
- En effectuant les calculs, on trouve en effet :
- 5, 8,9, 15,8, 28,2,
- nombres très voisins de ceux fournis par l’observation.
- Il est donc permis de conclure que le nombre des entrées à l’Exposition ne s’écartera vraisemblablement pas beaucoup de 5 x 1,784 ou de 50,2.
- Le chiffre probable des entrées de l’Exposition de 1900 paraît donc devoir être d’environ 50 millions.
- On sait qu’il a été émis, à l’aide des bons de l’Exposition, un nombre de tickets égal à 65 millions; ce chiffre étant notablement supérieur à celui que nous venons de déterminer, il en résulterait qu’il devrait rester à la fin de l’Exposition un stock d'environ 15 millions de tickets qui n’auraient pu trouver d’emploi. Mais sans doute les entrées à tickets multiples seront là pour rétablir sensiblement l’équilibre. I).
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- LA NATURE.
- IA FABRICATION D’UN PNEUMATIQUE1
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- Revenons à nos feuilles de caoutchouc. Les rubans obtenus par lecrasement de la gomme brute sont
- fort grossiers. L’ouvrier qui les reçoit a la charge maintenant d’en faire d’abord la matière à vulcaniser,
- Fig. 1. — Une i'euille à la sortie de la calandre.
- [»uis de transformer cette matière en un tissu tout à fait homogène. Cette transformation s’opère entre les cylindres d’un nouvel appareil, le mélangeur, qui porte en son pied une auge où les feuilles sont déposées. L ’ ouvrier engage la feuille entre les cylindres, la saupoudre de soufre, puis la reprend, la coupe, la pétrit, la réengage dans les cylindres, jusqu’à ce qu’il juge le mélange parfait.
- La calandre, formée de cylindres creux chauffés à la vapeur, termine le travail. A sa sortie, la feuille de caoutchouc chargée de soufre est lisse et unie comme une feuille de
- 1 Voy. n° 1400, du 24 mars 1000, p. 271.
- tôle. La figure 1 montre le vérificateur examinant au pied à coulisse si la feuille a bien l’épaisseur
- requise.
- La feuille, à la sortie de la calandre, est le drap dans lequel sont découpés les morceaux nécessaires à la confection des pneumatiques. Le caoutchouc n’est pas encore vulcanisé, puisqu’il n’est pas cuit ; il est seulement mélangé au soufre et à quelques poudres spéciales dans les proportions voulues, et est demeuré suf-lisamment plastique pour garder toutes les formes que l’ouvrier lui donnera.
- Pour façonner une enveloppe l’ouvrier étend, tout autour d’un noyau en bronze qui ressemble à une couronne funéraire lisse (fig. 2), une bande de la toile
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- LA NATURE.
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- gommée que j’ai citée dans le précédent article, et la ferme en la collant sur elle-même. Cette première bande est plus large que le noyau, car l’ouvrier doit placer dans ses bords, qu’il rabat ensuite sur eux, les bourrelets de caoutchouc très dur qui servent à maintenir l’enveloppe dans les gorges de la jante.
- Il colle ensuite successivement une bande de caoutchouc, puis une bande de toile, en terminant par une bande de caoutchouc dite « croissant », c’est-à-dire plus épaisse au milieu que sur les bords.
- Les pneumatiques de voitures ont quatre épaisseurs de toiles.
- Pour cuire l’enveloppe, l’ouvrier enferme le noyau, revêtu de ses couches, entre deux gorges ou moules d’acier qui l’enserrent hermétiquement. Les enveloppes, ainsi empilées les unes sur les autres, sont serrées à la presse hydraulique et portées dans des autoclaves ou fours à vapeur où la cuisson s’opère, (fig.
- 3). L’enveloppe, à la sortie, semble faite d’un seul morceau, et la fusion du caoutchouc lui donne l’apparence d’être née d’une seule coulée.
- La fabrication de la chambre est opérée différemment. La feuille de caoutchouc est prise par la vis d’une tréfileuse qui la pétrit et l’évacue par un trou rond à l’état d’un tube sans soudure. Elle est
- ensuite enfilée sur une tringle, enveloppée de toile pour éviter sa déformation, entourée de talc, et portée dans l’autoclave. A la sortie elle est essayée (fig. 4). L’ouvrière gonfle le tube assez pour pro-
- Fig. 3. — Le four à cuire les enveloppes et les chambres.
- duire en l’un de ses points une hernie légère, et le place sous l’eau. A l’aide des deux mains elle
- fait circuler cette hernie tout le long du tube ; si une fuite, même très légère existe, une bulle d’air sur l’eau la révèle immédiatement. En ce cas la chambre est mise aux déchets. En cas contraire, elle est fermée, c’est-à-dire que les deux bouts du tube sont engagés l’un dans l’autre et collés par une dissolution de caoutchouc dans de la benzine. La valve qui servira à la gonfler est ensuite posée dans l’ouverture qu’une ouvrière lui pratique.
- La chambre reconnue bonne est montée sur la jante et recouverte de son enveloppe. Le pneumatique ainsi complet est gonflé et porté dans un magasin spécial où il reste en observation pendant deux mois. Puis il est livré au commerce. Telles sont, rapidement esquissées, les principales phases de la fabrication, d’ailleurs fort difficile, de ces coussins d’air qui, gonflés à 6 et 7 atmosphères parfois, résistent pendant 5000 et 6000 km au travail incalculable qu’exigent des voitures de 1200 kg lancées à 40 et 50 km à l’heure 1 Nous voici loin du petit boyau anglais d’il y a dix ans qui désespérait les simples cyclistes par sa de'plorable facilité à rendre
- l’âme!
- J’ai dit, au début de cette étude, comment le sort de l’automobile est étroitement lié à celui du pneumatique, puisque le pneumatique est le rail souple et sans cesse renaissant sur lequel roule la voiture. L. Baudry de Sauaier.
- Fig. 4. — I.’cssayage des chambres,» air sous l’eau.
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- LA NATURE.
- COURANTS DE HAUTE FRÉQUENCE
- ET ÉCHANGES ORGANIQUES
- M. leI)r T. Uallelli, assistant de physiologie à l’Univeusité de Genève, a soumis six chiens à l'action des courants de haute fréquence et de haute tension. L'animal était placé dans le circuit du secondaire d’une bobine de Tesla. Chaque électrode aboutissait à un baquet d’eau tiède. Les pattes antérieures du chien plongeaient dans un des baquets, les pattes postérieures dans l’autre. Quatre chiens furent soumis à l'action du courant une demi-heure par jour. Deux chiens ont été électrisés trois fois par jour pendant 25 jours. Les animaux recevaient tous les jours la même ration alimentaire qui était constituée par du lait, du pain et de l’eau. Les expériences sur l’action du courant à haute fréquence n’ont commencé que lorsque le poids de l’animal et la quantité d’azote éliminé par les urines se maintenaient à peu près constants. On recueillait les urines jour par jour et on en faisait l’analyse. Les résultats ont été concordants chez les six chiens soumis au passage du courant de Tesla. La quantité d’azote, dosé par la méthode de Kjeldahl, n’a pas suhi des différences appréciables. Pendant tout le temps dans lequel les animaux ont été soumis aux courants de Tesla, la quantité d'azote émise chaque jour par les urines est resiée à peu près la même de ce qu’elle était avant la période des électrisations. La quantité des chlorures a augmenté, mais bien légèrement. Le résultat le plus remarquable observé a été celui d’une ’ orte diminution des phosphates. Chez les deux chiens u ai étaient soumis trois fois par jour au courant de Tes1 a, la quantité moyenne des phosphates émise chaque jour par les urines est devenue à peu près la moitié de ce qu’elle était avant la période des électrisations. Chez les quatre chiens électrisés une seule fois par jour, la moyenne journalière des phosphates a diminué d’un tiers environ. Lorsque les électrhations ont cessé, la moyenne des phosphates est redevenue normale.
- VUES D’ENSEMBLE
- SUR L’EXPOSITION DE 1900
- VI
- LE TROCADÉRO
- La situation en plein midi des jardins du Trocadéro rendait cet emplacement particulièrement indiqué pour l’installation des pavillons rappelant les souvenirs des zones exotiques. En ces nations, le soleil joue un rôle considérable dans l’esthétique monumentale, il semble même que les architectes de ces pays aient cherché à profiter de ce facteur important qui se présentait si économiquement à eux ; nous voyons en effet les édifices des pays chauds établis généralement en plusieurs plans, de façon que les ombres portées de l’un sur l’autre augmentent l’effet décoratif. Au Trocadéro, le soleil donne toute la journée, si bien qu’en le prenant pour allié, les constructeurs ont eu un atout supplémentaire pour donner de la couleur locale à leurs édifices.
- Nous savons que le Pont d’iéna qui est entièrement compris dans l’enceinte de l’Exposition, a été élargi de 14 à 24 mètres à l’aide d’un trottoir en encorbellement.
- Le visiteur venant du Ghamp-de-Mars et qui débouche au Trocadéro aperçoit devant lui toute une ville de palais
- et de constructions diverses, les architectures sont des plus variées, les styles les plus opposés sont représentés sur tous les monuments. A gauche, nous voyons les édifices des colonies françaises et à droite ceux des colonies étrangères et de quelques pays lointains. Au premier plan, deux groupes de constructions blanches et très mouvementées sont les interprètes de l’exposition algérienne. L’Algérie est une province de la France, elle ne dépend pas du Ministère des Colonies, mais du Ministère de l’Intérieur, c’est à cette circonstance sans doute qu’on doit de ne pas voir cette contrée mêlée aux autres possessions françaises; on lui a fait une place à part, isolée et bien en vue. La situation exceptionnelle de l’Algérie la fait remarquer particulièrement.
- Des deux groupes d’édifices de l’Algérie, l'un est officiel et dépend du gouvernement, aussi est-il austère, classique et presque grave; l’autre, au contraire, relève d’une entreprise particulière qui prétend retrouver dans des attractions diverses la rémunération des sacrifices financiers engagés; de ce côté tout y est chatoyant, gai et attirant; nous trouvons une reconstitution d’une rue d’Alger avec ses portes basses, ses fenêtres aux parties avancées, des vélums, des treillages ; c’est un peu ce que nous avions vu en 1889 au Ghamp-de-Mars dans la rue du Caire; des aimées exécutent des danses lascives, des aïssaouas nous étonnent de leurs sortilèges; enfin des panoramas, des cinématographes nous transportent sur la côte algérienne et nous font revivre cette existence si caractéristique des enfants de Mahomet.
- Le groupe colonial du Trocadéro constitue un des clous de l’Exposition ; chaque colonie est représentée avec ses bâtiments, ses plantations et même ses habitants.
- C’est ainsi que, près de la Seine, nous voyons une reconstitution de ville tunisienne avec tout son décor si coloré et si mouvementé. Un (( Souk » avec ses boutiques pittoresques nous donne une impression des plus vivantes des villes de la Côte africaine. Plus loin c’est le Soudan, avec ses habitants; le Dahomey avec ses cases et scs paillotes, la Guinée, la Martinique, aucune n’est oubliée; une des plus intéressantes exhibitions est celle de l'Indo-Chine à laquelle M. Doumer a donné tous ses soins; il a fait au Trocadéro une synthèse de cet empire colonial qui, sous son habile direction, est en voie de devenir une des plus brillantes possessions françaises.
- On a dit que le Trocadéro était le triomphe des panoramas; c’est un peu vrai, de tous les côtés nous en retrouvons : ici c’est l’histoire de la mission Marchand, par Cas-tellani, plus loin c’est l’entrée du général Gallieni à Tananarive, par Tinayre et partout des tableaux reconstituant l’histoire et la vie des Français coloniaux.
- L’exposition malgache a été installée sur la place du Trocadéro à l’endroit où se trouvait jadis un bassin circulaire avec son jet d’eau. L’édifice est une grande construction circulaire réunie au Palais du Trocadéro par une passerelle qui laisse libre la voie publique et permet aux visiteurs de se rendre dans ce domaine de l’Afrique, sans sortir de l’enceinte de l’Exposition. Il a été entendu avec la Ville qu’après la fermeture des portes, ce monument disparaîtrait et que la place reprendrait à nouveau son ancienne destination.
- Les palais de la partie de droite du Trocadéro se reportent aux colonies étrangères, c’est-à-dire à la Sibérie pour la Russie, aux Indes et au Canada pour l’Angleterre, Java et Sumatra pour la Hollande ; il faut ajouter à cette liste les possessions Portugaises d’Afrique. Nous y voyons également quelques pays, qui par leur caractère d’exo-
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- LA NATURE.
- 303
- tisme et leur cachet typique, trouvaient bien leur place sur le versant du Trocadéro; ces pays sont le Japon, la Chine, l’Égypte et le Transvaal.
- Le palais de la Sibérie est le pavillon officiel de la Russie qui n’en a pas de plus considérable à l’Exposition ; tous les efforts du commissariat Russe se sont portés sur ce groupe de monuments afin d’y faire une manifestation intéressante et une reconstitution authentique. A côté de ce palais, se trouve l’exposition de la Compagnie des wagons-lits ; les visiteurs sont placés dans les voitures et voient défiler par les portières le panorama (encore un!...) du paysage qui se déroule pendant le voyage du nouveau chemin de fer transsibérien.
- La Chine et le Japon se montrent à nous chacun sous l’aspect d’une ville locale avec des pavillons, des arbres venus d’Afrique, des lacs contournés, toute l’architecture si originale de ces contrées.
- Dans l’exposition transvaalienne, nous voyons une reconstitution du travail de l’or, avec les machines, bocards, tables d’amalgamation, etc., employés dans cette exploitation.
- Une société particulière a entrepris au Trocadéro une exposition minière ; elle a utilisé, à cet effet, les anciennes carrières sur lesquelles le Trocadéro est assis, elle les a égalisées, rendues propres à la circulation, si bien que nous avons un développement de galeries qui s’étendent
- Mètres
- NORD
- j7t. de- Zhùbeckj
- Oelessert Porte?
- Colomëset ProtectoratsFrançais
- —rrrn>y-Charcti*iZ-
- Vue d’ensemble du Trocadéro.
- sur plus d’un kilomètre, jusque sous la chaussée de l’avenue du Trocadéro. Une partie de cette mine artificielle passe sous les bâtiments d’extraction d’or du Transvaal, on en a profité pour la consacrer aux minerais aurifères ; du véritable quartz a été apporté d’Afrique et appliqué contre les parois du souterrain. Une reconstitution en cire, de mineurs cafres dans l’exercice de leur travail et s’occupant de l’extraction du minerai, nous donne une impression fort exacte de l’exploitation minière dans la république Sud-Africaine.
- Plusieurs attractions ont été aménagées au Trocadéro; en dehors de celles dont nous avons parlé, panoramas et autres, il faut citer particulièrement cette entreprise considérable de l’Andalousie aux temps des Maures, située près de la Seine, à l’extrémité ouest des jardins ; une grande piste a été construite ainsi qu’un théâtre sur
- lesquels on nous montrera des reconstitutions de scènes espagnoles du plus captivant aspect.
- Le Trocadéro contient également des restaurants exotiques divers, entre autres un établissement indien dans lequel on servira les mets épicés et le riz pimenté de la grande péninsule asiatique.
- La circulation des visiteurs a été prévue de la façon la plus rationnelle ; toute la partie centrale a été conservée avec ses allées, le public arrivant du pont pourra se porter sur ce grand terre-plein et se répandre dans les voies conduisant aux exhibitions des différents pays.
- Afin de ne pas interrompre le mouvement de la rue sur le quai, on a creusé une tranchée profonde à proximité de la Seine ; elle est réservée aux tramways et aux voitures. Une large passerelle en ciment armé est construite dans le prolongement du pont d’Iéna, par-dessus
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- r.oi
- LA NATURE.
- cette voie; il résulte de cette disposition que les personnes de la rue et celles de l’Exposition se croisent sans se gêner; les deux services peuvent se faire concurremment.
- L’Exposition du Trocadéro aura beaucoup de succès et son ensemble sera d’un aspect merveilleux : toutes ces constructions variées formeront un tableau unique auquel le magistral monument du Palais du Trocadéro, avec ses deux tours et ses longues galeries latérales, forme un cadre du plus grandiose effet. A. da Cuwn.
- ---^-^"0-
- DI\PHR\GME
- I N S C RIP T E U R ET REPRODUCTEUR
- Les diaphragmes ordinaires employés pour reproduire et répéter les sons dans les phonographes et
- autres appareils similaires offrent des inconvénients bien connus ; ils déforment la voix et mêlent aux vibrations produites leurs vibrations propres. Aussi la voie reproduite n’est plus la voix naturelle, mais une sorte de caricature de la voix.
- M. Z. Burguet, attaché au laboratoire de phonétique expérimentale au Collège de France, a combiné dernièrement en vue de recherches scientifiques un nouveau diaphragme que l’on a utilisé dans l’industrie et qui été très apprécié à cause de ses nouvelles qualités.
- Ce diaphragme est formé par une membrane en mica montée dans une boîte métallique que montre le n° o de notre figure. Sur cette membrane sont fixés en divers points des rayons communicateurs a qui se concentrent en un point central extérieur F.
- Diaphragme iiiseripteur et reproducteur de 31. 'L. Rurguet. — 1. Mode de fixation sur un phonographe, pour inscription. 2. Mode de fixation pour reproduction. — 3. Montage du diaphragme sur un support. — i. Contrepoids.
- En ce point sont vissés les stylets différents : a pour la reproduction, et b pour l’inscription.
- Cette disposition améliore les résultats, car on met ainsi la membrane dans l’impossibilité absolue de joindre ses propres vibrations à celles du son qu’on lui transmet. On est parvenu à ce résultat au moyen d’un système de serrage en forme de vis dont la monture est fixée perpendiculairement à la boîte métallique contenant le diaphragme. On doit serrer cette vis pour la reproduction ; pour inscrire au contraire on lui laisse une certaine liberté et on allège encore le dispositif au moyen d’un contrepoids. Celui-ci, que l’on voit dans le n° 4 de la figure, est formé d’une griffe placée à l’extrémité d’une tige qui porte un poids lourd, cylindrique et mobile. La griffe est placée de façon à saisir le diaphragme au point opposé au bras de support; le contrepoids repose sur ce bras.
- Des dispositions particulières ont été prises
- pour adapter le support sur un phonographe quelconque.
- Le diaphragme porte (n° o) une chape et un boulon qui permettent de le monter sur un anneau extérieur, où on peut le fixer à l’aide d’une vis extérieure. La vue 2 nous montre l’adaptation du diaphragme sur le support et ce dernier sur un phonographe, pour la reproduction.
- Dans la figure 1 nous voyons au contraire sur le diaphragme la vis desserrée, et le contrepoids ajusté pour l'inscription.
- Ce nouveau diaphragme inscripteur et reproducteur se distingue de ses semblables en ce qu’il n’émet ni « nasillement ni crissement » avec les rouleaux qu’il a enregistrés; ces défauts disparaissent même en grande partie quand on se sert de rouleaux quelconques. J. Laffargue.
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- LA NATURE.
- 505
- LE
- CANON DÉMONTABLE DE L’ÉTAT DU CONGO
- Le canon adopté par l’Etat indépendant du Congo est démontable afin de pouvoir être facilement transporté par des hommes ou des animaux.
- Sa légèreté permet également de le déplacer tout monté par charrette ou par bateau. On peut aussi le traîner et un seul homme peut suffire pour un tel transport; deux hommes attelés suivent facilement une colonne d'infanterie.
- Dans le transport à dos d’homme, trois porteurs sont nécessaires pour le canon, deux pour les roues,
- deux pour les flasques, un pour la vis de pointage et pièces de rechange, et enfin un pour les armements, crosse d’affût, etc. Total, neuf hommes pour porter la pièce.
- Quant aux cartouches, elles se trouvent renfermées par dix dans des boîtes en aluminium, dont chacune forme la charge d'un homme.
- Le canon est transporté dans une gaine en cuir et les autres objets sont renfermés dans des sacs en toile goudronnée.
- Dans le transport à dos de cheval ou de mulet, trois animaux sont nécessaires, le premier est chargé du canon, le deuxième de l’affût sans les roues et le troisième des roues et d’une boîte de munitions.
- Canon démontable du Congo.
- Le montage et le démontage de la bouche à feu se font très rapidement en un très petit nombre de minutes, 5 à 4, suivant l’habileté des servants.
- La Société belge Cockerill, de Seraing, qui a construit ce matériel et qui l’a fait adopter par l’État du Congo à la suite d’essais officiels très satisfaisants au champ de tir de Liège, est convaincue de son grand avenir, non seulement dans les contrées exotiques où les voies de communications et les animaux de bât n’existent pas toujours, mais encore en Europe comme arme de cavalerie, de montagne ou de débarquement. Cette pièce, en effet, en raison de sa solidité, de sa légèreté et de sa simplicité, peut se plier à toutes les exigences de la guerre.
- Le canon est du calibre de 47 millimètres et tout d’une pièce d’acier Martin-Siemens. La fermeture de
- culasse est à vis. L'affût a toutes ses pièces en acier forgé ou moulé.
- Les munitions sont des cartouches à obus ordinaire ou à obus à balle. La poudre employée est de la poudre noire ou de la cordite.
- Le tableau suivant fournit les données principales de cette bouche à feu.
- CaAOX ET AFFUT.
- Calibre........................................... 47mra
- Longueur de l’âme en calibres....................... 24#
- — — en millimètres . . . H28m"‘
- — totale............................. 1128rara
- Nombre de rayures.................................... 20
- Largeur — 5m">
- Profondeur — 0,5
- Angle de torsion des rayures............ — 3° à 6°
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- LA NATURE.
- Distance à la bouche ; pas uniforme . . 26Gmm
- Poids du canon sans fermeture ... 80 kg 000
- — de la fermeture....................... 6 kg 500
- — de l’affût.......................... 147 kg 000
- — du canon et de l’affût............. 254 kg 000
- Diamètre des roues................................ 1000mm
- Voie.............................................. 700mm
- Hauteur de la ligne de mire au-dessus
- du sol......................................... 765mra
- Hauteur du centre du canon........................ G75mm
- Pointage en hauteur que permet l’affût de — 7° à + 15°
- Munitions.
- Poids de la charge de poudre noire de 4
- à 8mm.......................................... 250 gr.
- Poids de la charge de poudre sans fumée 105 gr.
- Poids de la douille............................. 550 gr.
- Obus ordinaire, longueur.......................... 4 7Gmm
- — — poids complet................ 1 kg 500
- Charge d’éclatement, poids..................... 0 kg 0G0
- Doîte à balles, longueur........................... 195mm
- — — poids................................ 2 kg 000
- — — nombre de balles en plomb
- durci............................................. 114
- Cartouche complète, longueur............ 505,lmm
- — — poids avec obus ordinaire 2 kg 080
- Cartouche complète, poids avec boite à
- balles....................................... 2 kg 580
- Boîte à munitions vide, poids.................. 5 kg 050
- — — avec 10 cartouches
- d’obus ordinaires........................... 25 kg 850
- Distribution oes poids a porter a dos d’hommes.
- Canon avec fermeture.................... 86 kg 500
- Deux flasques avec garnitures, chacun . 26 kg 000
- :.............‘“ï8 î 27 kg ooo
- Crosse et son levier.......... 8 kg )
- Appareil de pointage avec bras . 20 kg ) 9g , qqq
- Pièces de rechange et outils . . 8 kg ) “ 8
- Deux roues, chacune...................... 24 kg 000
- Données balistiques.
- Vitesse initiale avec poudre noire de 4
- à 8mm................................. 570 mètres.
- Vitesse initiale avec poudre sans fumée . 410 —
- Force vive à la bouche, poudre noire . 11 040 kgm.
- — — sans fumée. 12 860 —
- Pression avec poudre noire.............. 1100 atm.
- — — sans fumée ... 1150 —
- Le matériel, pouvant se transporter monté ou démonté, est susceptible de passer partout et de suivre l’infanterie ou la cavalerie ; on pourra l’établir en des points que ni l’artillerie de campagne, ni même celle de montagne ne songeraient à occuper.
- Son emploi facile sur les embarcations le désigne tout naturellement pour être employé dans les expéditions maritimes et fluviales. Lé-Colonel Delauney.
- L’ACTINOMYCOSE
- bovis. Ce champignon se présente sous la forme de petits grains jaune soufre, ou brun, ou gris perle, que le microscope décèle aisément; il se multiplie très abondamment et presque exclusivement sur la plupart des céréales. C’est donc au contact des céréales, plus particulièrement par les barbes d’orge, de seigle ou de blé, que l’homme et les animaux s’infectent. La maladie est fréquente chez le bœuf et la contagion par les animaux est exceptionnelle.
- Ainsi l’homme ne contracte pas la maladie au contact des animaux qui en sont atteints; il ne s’infecte pas davantage en mangeant leur viande ou buvant leur lait; mais la maladie pourra l’envahir s’il triture entre ses dents des graines de céréales, s’il mâchonne par distraction des épis, s’il inspire la poussière de l’aire à battre le blé. s’il est piqué par une barbe, s’il se heurte à quelque pierre ou tronc d’arbre sur lesquels se trouve le germe du champignon. On considère même Yhordeum murinum, orge des rats, comme un véhicule fréquent du parasite. La maladie peut se montrer par suite sur les points les plus divers : gencives, poumons, mains, etc.
- L’actinomycose a été découverte en Italie chez le bétail, et en Allemagne chez l’homme. Elle est fréquente surtout dans ce dernier pays, mais on la rencontre à peu près dans toutes les parties du monde. M. Reboul a observé un premier cas d’actinomycose dans le Gard, chez l’homme, en 1895, et a eu connaissance de plusieurs cas sur les animaux. En France, la maladie a été observée pour la première fois, en 1888. Mais aujourd’hui que la maladie est mieux connue, on en découvre des cas plus nombreux.
- La contagion de l’actinomvcose à l’homme par les végétaux peut se faire par trois portes d’entrée : la peau, la muqueuse digestive, les voies respiratoires, et les habitants des campagnes sont beaucoup plus souvent atteints que ceux des villes.
- L’actinomycose constitue une maladie sérieuse; les tumeurs qu’elle détermine sur les points envahis sont difficiles à guérir. Parfois même, la médecine est impuissante. Il importe donc de prendre des précautions en vue d’éviter le développement et la propagation de cette maladie. Voici, à cet égard, les conseils préconisés :
- 1° Ceux qui s’exposent aux poussière végétales des fourrages et des céréales doivent faire des ablutions abondantes et minutieuses; 2° toute excoriation, toute plaie insignifiante' produite par des pailles ou des fragments de bois sera traitée sérieusement et antiseptique-ment ; 3° il est important de ne pas négliger les soins hygiéniques de la bouche et des dents; 4° il est dangereux de se servir de pailles ou de brins d’herbes comme cure-dents et de mâchonner des pailles*, des herbes, des grains de céréales ou de morceaux de bois; 5° les graines des céréales alimentaires ne seront utilisées qu’après avoir été soumises à une forte chaleur du four ou à une ébullition prolongée ; 6° la manutention des fourrages, des pailles, le battage des céréales ne doivent jamais être faits dans des espaces confinés; on pourra, à la rigueur, protéger les orifices bucco-nasaux au moyen d’un masque, ou tout au moins faire des lavages abondants, à l’eau chaude, quand on se sera exposé à ces poussières végétales ; 7° les pièces ou hangars dans lesquels on aura fait ces travaux seront lavés au linge mouillé ou à la lance, mais non balayés à sec*.
- L’actinomycose est une maladie infectieuse des animaux et de l’homme, produite par le développement, dans l’intérieur des tissus, d’un champignon dénommé actinomyces
- 1 Consulter à cet égard le beau livre du professeur Poncet de Lyon sur l’actinomycose. Librairie Masson et Cie.
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- LA NATURE.
- 507
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DES VOITURES
- DE CHEMIN DE FER
- Plusieurs modes d’éclairage ont déjà été successivement essayé pour l’éclairage des voitures de chemin de fer. On a en recours à l’huile, à l’essence minérale, au gaz et à l’acétylène, au mélange de gaz d'huile et d’acétylène. Aucun de ces modes d’éclairage n’a donné jusqu’ici complète satisfaction.
- La Compagnie générale électrique de Nancy vient de mettre à l’essai un dispositif dû à M. Yicarino, et qui consiste à munir chaque voiture d’un ensemble d’appareils permettant à la fois de produire sur la voiture elle-même, d’emmagasiner et de distribuer, au fur et à mesure des besoins, l’énergie électrique nécessaire à l’alimentation des lampes, en commandant par l’un des essieux, à l’aide d’une courroie ou par friction, une machine dynamo chargeant des accumulateurs. La dynamo est à deux pôles induit rainé, avec bâti en acier coulé en forme de boîte rectangulaire, munie de deux couvercles à charnières s’ouvrant sur les côtés et permettant d’accéder facilement aux balais et au collecteur. La dynamo tourne à une vitesse absolument variable suivant l’allure plus ou moins rapide du train; son sens de rotation change suivant le sens de marche de la voiture, mais elle comporte un dispositif automatique, grâce auquel le courant qu’elle engendre est toujours de même sens. Le courant fourni par la dynamo charge une batterie d’accumulateurs de 40 ampères-heure, placée sous la voiture ; cette batterie emmagasine l’énergie produite, régularise le débit et assure l’édairage en temps d’arrêt. Un conjoncteur disjoncteur automatique, placé entre la dynamo et la batterie, établit la communication lorsque la vitesse de la dynamo est suffisante pour qu’elle produise un courant de tension égale à celle de la batterie, et interrompt cette communication lorsque la vitesse est trop faible. Nous n’insisterons pas sur toutes les dispositions adoptées pour le réglage, et nous indiquerons les divers résultats d’expériences. L’éclairage d’une voiture de chemin de fer comprend en général 8 à 10 lampes de 10 bougies chacune, soit à 2,5 watts par bougie, une dépense de 200 watts. La tension choisie est de 50 volts. La batterie d’accumulateurs, formée de 10 éléments, a une capacité de 40 ou 60 ampères-heure, et peut donc assurer de 0 à 9 heures d’éclairage pour les arrêts et stationnements. La dépense par lampe-heure de 10 bougies s’élève à 0,58 centime, dont 0,25 pour la force motrice, 0,05 pour le graissage, 0,2 pour l’entretien des accumulateurs et 0,1 pour le remplacement des lampes. Les dépenses obtenues jusqu’ici sont de 4,5 centimes par lampe-heure de G bougies à huile, de 5,5 centimes par lampe-heure de 10 bougies pour le gaz à huile comprimé, de 5,4 centimes par lampe-heure de 10 bougies par accumulateurs simples, de 2,5 centimes par lampe-heure de 10 bougies à acétylène. Les prix d’exploitation d’une voiture, éclairée 4 heures par jour, s’élèvent par an à 262fr,80 avec l’huile, à204tr,40 avec l’éclairage au gaz, à 292 francs avec l’éclairage par accumulateurs simples, et à 70 francs par le système Vicarino. Les dépenses de première installation sont de 200 francs pour l’huile, de 800 francs pour le gaz sans compter les frais d’usine et de conduites de charge, de 950 francs pour les accumulateurs simples et de 1250 francs pour le système Yicarino. Cette dernière dépense est plus élevée ; mais les économies réalisées permettent de l’amortir rapidement. J. L.
- LE SENS ESTHÉTIQUE DES COULEURS
- CHEZ i/ENFANT
- Le Dr Aars a publié récemment dans le « Zeilsch. für pedagog. Psychol. » le résultat de recherches qu’il a faites sur le sens esthétique des couleurs chez l’enfant. Le dispositif était simple. Des ronds de papiers colorés, en bleu, jaune, rouge et vert étaient placés deux par deux sur un tableau d’un gris sombre, et on demandait à l’enfant quelle couleur il préférait.
- Chaque couleur était ainsi opposée à l’autre deux fois par jour. Huit enfants ont été examinés à ce point de vue, quatre filles et quatre garçons âgés de 1 à 7 ans. Sur 191 réponses précises, le bleu a été choisi 55 fois, le vert 46 fois, le rouge et le jaune 45 fois chacun. La couleur préférée des filles a été 50 fois le vert, 26 fois le bleu, 25 fois le rouge et 16 fois seulement le jaune. Aux yeux des garçons, le bleu et le jaune ont obtenu le même nombre de suffrages, 29. Puis vient le rouge avec 22, et le vert avec 16. On fit ensuite l’épreuve en associant les couleurs deux par deux. Les combinaisons du bleu ont triomphé 211 fois. Les combinaisons du jaune, du vert et du rouge ont eu sensiblement le même nombre de voix, 187, 186 et 184. Des expériences de M. Aars, il ressort ceci : c’est que le vert est la couleur que les filles aiment le mieux, et les garçons le moins, et que ceux-ci préfèrent les combinaisons du bleu.
- UN SUCCÉDANÉ DU K0UMISS
- Tout le monde connaît la boisson assez bizarre faite de lait de jument qui a nom koumiss. Un préparateur de l’École de médecine d’Alger, M. Arnold, vient de signaler à l’attention des médecins une boisson qui pourrait sans doute jouer le même rôle que le koumiss : il s’agit du leben.
- Nous ne parlons point de celui qui, simple mélange d’eau et de lait caillé, est renfermé dans un grand vase de terre où on l’agite de temps à autre avec un bâton. Le vrai leben est autrement compliqué, il se fait avec un mélange de lait de vache, de brebis et le plus souvent de chèvre, suivant des recettes dont voici l’indication générale. La femme chargée de la préparation prend un vase de terre appelé bougnl, qu’elle lave soigneusement, et elle y trait le lait, qu’elle abandonne ensuite dans un coin du gourbi. Le lendemain, ce lait est généralement caillé; dans le cas contraire, on le chauffe légèrement, puis on l’introduit dans une outre appelée chekoua faite d’une peau tannée d’une façon spéciale. Ce tannage est obtenu avec l’écorce du pin d’Alger ou dbara, qui est employée après avoir été réduite en poudre et additionnée de sel de cuisine. Une fois que la chekoua contient le lait caillé, on la suspend à un support formé de trois perches, et on lui imprime un mouvement de va-et-vient: cela sépare une partie du beurre, et fait subir au lait l’action des micro-organismes formant un enduit gluant sur les parois de l'outre.
- Au bout d’un certain temps le leben est prêt ; il se présente sous l’aspect d’un liquide blanchâtre d’une saveur assez agréable et légèrement piquante. On peut même le rendre plus acide en y ajoutant un peu d’eau, ce qui donne le leben aigre ou karse. Parfois aussi, comme dans la province de Consiantine, on le parfume avec une macération préparée un jour à l’avance, et composée de la racine fraîche de Vatractylis gummifera ou de la carlina invo-
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- 508
- LA NATURE.
- lucrata, la macération s’opérant dans de l’eau. Ces deux plantes ont une odeur balsamique, mais la première, dont le nom indigène est el-hedad, renferme un principe toxique qui a servi à commettre des empoisonnements. 11 serait fort intéressant d’essayer l’action du leben pur.
- LES ARAIGNÉES SOCIABLES
- L'araignée est le type de l’animal solitaire, ne partageant jamais ses victuailles avec ses camarades et ne demandant jamais aide et assistance à l’une d’elles. Cette horreur de la sociabilité se montre même
- au moment où elle pense à s’assurer une progéniture, époque où il n’est pas rare de voir les femelles dévorer les mâles lorsque ceux-ci ne peuvent se sauver à toutes pattes après avoir accompli leur rôle.
- Cependant, comme dans les sciences — en histoire naturelle moins qu’ailleurs — il n’y a pas de règles sans exception, on peut citer quelques exemples où ces instincts sanguinaires sont en partie abolis. Des rudiments de sociabilité se montrent, en effet, chez quelques espèces. C’est ainsi que les Clubiones établissent leurs coques côte à côte sous la même écorce et que chez les Théridions, qui vivent en
- Fig. 1. Fig. 2.
- Fig. 1. — Cocons réunis en commun de YEjieira Bandelieri. L’enveloppe extérieure a été entr’ouverte pour montrer l'intérieur.
- En bas : Cocon représenté isolé.
- Fig. 2. — Toile de VAnelosimm socialis. — En bas: Cocon représenté isolé.
- masse sous le vitrage des serres, les toiles s’enchevêtrent, et plusieurs individus s’avancent parfois simultanément sur une proie qui reste au premier arrivant sans que les autres lui cherchent noise.
- Chez d’autres espèces, la sociabilité est beaucoup plus marquée. On les rencontre surtout dans les pays chauds. C’est ainsi qu’Azzara raconte qu’au Paraguay, il v a une espèce d’araignée noirâtre ÏEpeira socialis, de la grosseur d’un pois chiche, dont les individus vivent en société de plus de cent et qui construisent, en commun, un nid plus grand qu’un chapeau, qu’elles suspendent par le haut de la calotte, à un grand arbre ou au faîtage de quelque toit, de manière qu’il soit abrité par le haut; de là partent tout à l’entour un grand nombre de fils gros et blancs qui ont 50 à 60 pieds de long.
- Maintenant que l’attention est attirée sur ce point, il est probable que les exemples se multiplieront. M. Eugène Simon1 a observé, au Venezuela, divers cas de sociabilité chez quelques espèces très éloignées les unes des autres. Cette sociabilité, d’ailleurs, présente plusieurs degrés : elle est tantôt temporaire et limitée à l’époque de la reproduction, tantôt permanente; dans certains cas, le travail exécuté est absolument commun et semblable pour tous les individus de la république; dans d’autres, le travail commun n’exclut pas une certaine dose de travail individuel.
- Le premier exemple à citer est celui d’une araignée à laquelle M. Eugène Simon a donné le nom A'Epeira Bandelieri. En temps ordinaire, elle ne
- 1 .Soc. ent. de France.
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- parait pas différer par ses mœurs des Epeires ordinaires; sa toile est normale et individuelle. Mais, au moment de la ponte, plusieurs femelles se réunissent pour construire en commun, sur un buisson, une grande coque de tissu jaunâtre et laineux, dans laquelle elles s’enferment pour pondre et fabriquer leurs cocons. Le cocon, de tissu très épais, est bombé sur l’une de ses faces, presque plan sur l’autre et attaché aux parois de la chambre incuba-trice par un très court pédicule. A l’intérieur on rencontre jusqu’à dix cocons et cinq ou six femelles partageant les soins de la maternité.
- La sociabilité est beaucoup plus complète chez l'Anelosimus socialis : plusieurs centaines, souvent
- Fig. 5.
- Femelles de l'Uloborus republicanus veillant sur leurs cocons.
- neuse. Les cocons sont arrondis, formés d’une bourse lloconneuse gris de fer; ils ne sont pas pédicules, mais fixés à la toile commune par quelques fils formant un réseau lâche.
- Le troisième type d’association, que M. Eugène Simon a observé chez l'Uloborus republicanus, est de beaucoup le plus parfait, car il offre sur la même toile un travail commun auquel contribuent tous les associés en même temps qu’un travail individuel propre à chacun d’eux.
- Plusieurs centaines A'Uloborus vivent ensemble; ils filent entre les arbres une toile immense, formée d’un réseau central assez serré sur lequel se tiennent côte à côte beaucoup d’individus des deux sexes ; mais principalement des mâles ; ce réseau est suspendu par de longs fils, divergeant dans toutes les directions et prenant attache sur les objets envi-
- plusieurs milliers d'individus de cette espèce se réunissent pour filer une toile légère et transparente, mais de tissu serré et analogue à celui d’Agélènes ; cette toile est de forme indéterminée, elle atteint parfois de grandes dimensions et peut envelopper un caféier tout entier. Au premier abord, cette immense toile rappelle plutôt le travail des chenilles sociales que celui d’une Araignée; quand on a déchiré l’enveloppe extérieure, on voit que l’intérieur est divisé, par des cloisons de même tissu, en loges très irrégulières. Les Araignées s’y promènent librement, se rencontrent en se palpant comme feraient des Fourmis avec leurs antennes, et se mettent quelquefois à plusieurs pour dévorer une proie un peu volumi-
- Toiles de l'Uloborus republicanus.
- ronnants. Dans les intervalles des mailles, formées par ces grands fils, d’autres Uloborus tissent des toiles orbiculaires, à rayons et à cercles, qui ne sont alors habitées que par un seul individu. On peut voir de temps en temps une araignée se détacher du groupe central pour chercher dans les câbles supérieurs un endroit propice à la fabrication de sa toile orbiculaire.
- Les mâles sont surtout nombreux dans le réseau central; c’est là que s’effectue la ponte. Celle-ci paraît être presque simultanée pour toutes les femelles d'une même colonie ; à ce moment les mâles ont disparu; les femelles ont cessé de filer des toiles régulières, elles se tiennent sur le réseau central, à quelques centimètres les unes des autres, gardant chacune son cocon dans une immobilité complète. Le cocon est lui-même des plus singuliers et ressemble
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- plus à un débris végétal accidentellement tombé qu’au travail d’une araignée. C’est un corps allongé, d’un brun lustré, étroit, tronqué et un peu échan-eré à la base, qui est fixé aux fils par ses angles, ensuite élargi et presque parallèle, offrant de chaque coté une ou deux petites saillies, largement tronqué à l'extrémité avec les angles plus ou moins dilatés et pourvus d’une ou de plusieurs saillies semblables.
- Si les araignées n’étaient pas si répugnantes à la vue, combien leurs mœurs seraient intéressantes à observer! Henri Coüpin.
- CHRONIQUE
- I.a force motrice en France. — Nous extrayons des diverses statistiques officielles les renseignements suivants sur les moteurs employés en France. Le travail mentionné donne l’énumération des puissances motrices soit par la vapeur, soit par l’eau. La France compte une série de cours d’eau non navigables ni flottables, pouvant fournir la force motrice, d’une longueur totale de 285 574 kilomètres. La Corse en possède 9147 kilomètres, les Côtes-du-Nord 0298 kilomètres, l’Hérault 0177 kilomètres, le Puy-de-Dôme, 0058 kilomètres et l’Aude 5551 kilomètres. La Seine possède la plus faible longueur de ces cours d’eau, 100 kilomètres seulement, alors que le Loir-et-Cher qui vient aussitôt avant la Seine en possède 725 kilomètres. Le département de la Loire compte 5097 kilomètres de cours d’eau non navigables ni flottables. Le nombre total d’usines à vapeur en France atteint 49 055 d’une puissance totale de 1 024 019 chevaux-vapeur. Le nombre maximum d’usines existe dans la Seine, où il atteint 4654 d’une puissance de 89 496 chevaux. Le département du Nord vient ensuite avec 4066 usines, d’une puissance de 141 255 chevaux. Le nombre minimum d’usines se trouve dans le département des Hautes-Alpes, où il existe 14 usines à vapeur d’une puissance totale de 55 446 chevaux. Le nombre total d’usines hydrauliques en France est de 69620, d’une puissance de 1 028 807 chevaux. Le nombre maximum d’usines est de 2985 dans le département du Puy-de-Dôme; ces usines ont une puissance de 18 779 chevaux. Le nombre minimum d’usines hydrauliques existe dans le département de la Seine, où il n’v a que 25 usines avec 184 chevaux. Le département de la Loire possède 1580 usines hydrauliques d’une force de 5869 chevaux. En résumé, il y a en France un total de 118 155 usines, dont 49 055 à vapeur et 69 620 hydrauliques. La proportion de ces dernières est donc environ 59 pour 100. La puissance totale des usines à vapeur est de 1 02 4 019 chevaux, et la puissance des usines hydrauliques de 1 028 807 chevaux, soit au total 2 052 826 chevaux. La proportion des usines hydrauliques comme puissance, atteint donc environ 50 pour 100. Il est intéressant de voir maintenant comment varient ces proportions suivant les départements. Dans la Seine, la proportion des usines hydrauliques n’atteint que 0,2 pour 100; dans le Nord, 6,9; dans la Loire-Inférieure, 15,5; dans le Pas-de-Calais, 25, et dans Seine-et-Marne, 25. Dans d’autres départements, comme les Hautes-Alpes, la Corse, la Lozère, le Cantal, les Basses-Alpes, la Savoie, la proportion des usines hydrauliques est respectivement de 98, 97, 96, 95, 92 et 92 .pour 100. La proportion est toute différente si l’on considère la puissance en chevaux.
- Ainsi, on a vu que dans la Loire les usines à vapeur représentent une force de 55 447 chevaux et les usines hydrauliques une force motrice de 5869 chevaux ; la proportion des chevaux hydrauliques n’est donc plus que 6,5 pour 100.
- Station centrale d’énergie électrique à New-lork. — D’après les renseignements que nous donne Engineering Record, la ville de New-York sera pourvue prochainement d’une station centrale de dimensions extraordinaires. Cette usine est construite par la New-York Cas and Electric Light, lleat and Power Companv. Elle est située sur la Première Avenue entre les 58rae et 59”e rues, en bordure par derrière sur la Rivière de l’Est; elle occupe une superficie de 61 mètres sur 84. Le matériel comprend 16 machines verticales de 5500 chevaux chacune, commandant directement autant de génératrices de courant triphasé de 5500 kilowatts, et 56 chaudières à eau dans les tubes dont chacune a une surface de chauffe de 567 mètres carrés. Les machines à vapeur pourraient donner chacune 8000 chevaux, de sorte que, si la marche la plus économique ressort, pour l’ensemble, à 88 000 chevaux, la puissance disponible peut être portée à 128 000 chevaux. Le bâtiment des chaudières, séparé par un mur de celui des machines, renferme deux étages de chaudières avec les magasins à charbon au-dessus du deuxième étage; ces magasins peuvent contenir 9000 tonnes. 11 y aura quatre cheminées de 5m,75 de diamètre et 40 mètres de hauteur au-dessus des grilles, ce qui correspond à 60 mètres environ au-dessus du sol. Le rez-de-chaussée sous le rang inférieur de chaudières recevra des carneaux correspondant à celles-ci, les pompes alimentaires, ventilateurs, réservoirs d’eau, etc., de même que les économiseurs (réchauffeurs) et le chemin de fer pour le transport des escarbilles. Au-dessous des machines se trouve un emplacement utilisé pour loger les pompes de circulation, le tuyautage, etc. On y installera également une batterie d’accumulateurs servant d’auxiliaire pour fournir le courant au circuit d’excitation.
- Production du charbon dans le monde en fl 8fM>. — La production totale du charbon dans le monde s’est élevée, en 1899, au chiffre de 662 820 000 tonnes. Cette production se répartit entre les grands pays 'producteurs de charbon dans les proportions suivantes : Grande-Bretagne, 202 055 000, soit 50,5 pour 100; États-Unis,. 196 406 000 ou 50 pour 100. Allemagne, 151 000 000, ou 20 pour 100; ces trois pays représentent 80 pour 100de la production totale de charbon du monde. Après vientl’Autriche-Ilongrie avec 55 millions détonnes, soit 5,5 pour 100; la France avec 52,5 millions ou 4,8 pour 100; la Belgique avec 22 millions, soit 5,5 pour 100 ; la Russie avec 15 millions ou 2 pour 100 et enfin les autres pays avec 54 millions environ, soit près de 5 pour 100. Les divers chiffres ont été publiés dans le Bulletin de la Société des Ingénieurs Civils.
- I.a chasse aux rennes dans l’Alaska. — D’après la Revue encyclopédique Larousse, en été, les rennes viennent en petites troupes dans la plaine, et par les jours calmes et ensoleillés ils s’avancent jusqu’à la mer et se plongent dans l’eau pour échapper à la piqûre des mouches. Le mois d’octobre étant l’époque de l’accouplement, on ne rencontre plus de rennes à cette époque que dans l’intérieur des terres, où ils se montrent très sauvages. Pourtant les jeunes mâles sont très curieux et s’approchent fréquemment de l’homme à portée de fusil. A partir de janvier, les rennes se rapprochent des agglomérations
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- humaines et l’on aperçoit un peu partout leurs traces sur la neige. C’est l’époque où les chasseurs, chaussés de patins, les guettent et les poursuivent, car le manque d’abri, ne permettant pas à ceux-ci de s'embusquer, les oblige souvent à des poursuites acharnées, pour pouvoir ouvrir le feu sur le gibier à 500 ou 600 mètres. Lorsque commence la nuit polaire, les rennes se retirent loin dans l’intérieur des terres, pour ne revenir vers la cote qu’en février; c’est alors que commence la véritable chasse. Les indigènes se bâtissent des cabanes de neige sur les bords des cours d’eau; et là, tandis que les hommes battent la plaine, les femmes dépouillent les animaux tués et font sécher les peaux en même temps quelles se livrent à la pèche sous la glace. A la fin de la saison, les familles regagnent leur domicile avec une grosse provision de viande et de poissons gelés et avec des peaux en abondance.
- Le bols de lièlre. — Parmi les bois de charronnage et d’ameublement de Tasmanie, un des plus utiles est le hêtre australien ou myrte, qui occupe là-bas d’immenses forêts, et qui arrive quelquefois à une grosseur de plus de 10 ou 12 mètres de circonférence à la base du tronc. 11 se travaille comme le hêtre d’Europe, mais est plus dur et plus lourd. C’est un excellent bois pour les objets abrités des intempéries de l’air, tels que les fûts, les manches d’outils et les meubles. Il acquiert un beau poli, et celui qui a été coupé pendant l’hiver est inaltérable. On emploie deux espèces de ces bois : la rouge et la blanche.
- lia destruction des rats. — M. le I)r Apérv de Constantinople vient d’employer l’acide carbonique à la destruction des rats. Il suffit, dans les locaux où l’on veut détruire ces animaux, de produire de l’acide carbonique. Ce gaz, en vertu de sa densité, descend dans les couches inférieures, déplace l’air qui y est contenu et asphyxie tous les rats. En général on a eu recours jusqu’ici aux fumigations de vapeurs sulfureuses ou de sulfure de carbone.
- Le réseau japonais. — L’année prochaine la dernière section du chemin de fer japonais Sanyo, de Shi-monoseki à Kobé, sera ouverte au public et au trafic. Il y aura alors une communication directe par voie ferrée entre Nagasaki et Tokio et même jusqu'à Àwomori situé à l’extrémité nord de la grande île, c’est-à-dire pendant une distance de 1249 milles, interrompue seulement par le bac à vapeur du détroit de Shimonoseki.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 avril 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- Au début de la séance, M. Darboux entretient l’Académie des fêtes organisées le 19 mars à Berlin, à l’occasion de la célébration du bi-centenaire de la fondation de l’Académie des sciences de Prusse. Il rend hommage à l’excellent accueil réservé aux membres des Académies étrangères et notamment à l’Académie des sciences de France qu’il représentait avec M. Moissan et au nom de laquelle il a prononcé un discours. Il rappelle que des distinctions très enviées ont été accordées à cette occasion à plusieurs savants français ; M. Berthelot a été nommé associé étranger, MM. Albert Gaudry et Lippmann, correspondants de F Académie des sciences de Berlin.
- Un nouveau gaz fluoré. — En collaboration avec M. Lebeau, M. Moissan a préparé le pèrfluorure de soufre
- SF6, en faisant réagir le fluor gazeux en excès sur le soufre. Une solution alcaline absorbe l’un des fluorures obtenus, isolant ainsi un perfluorure de soufre. Ce corps, qui est le composé le plus fluoré qui existe, est le plus lourd des gaz connus ; il est remarquable par son inertie qui lui assure une grande stabilité. Comme il est incolore, inodore, dépourvu de saveur, ses propriétés chimiques négatives ont dû certainement le faire confondre, comme l’argon, avec l’azote.
- Anciens glaciers dans les Karpallies. — M. de Lap-parent présente une Note de M. de Martonne qui a reconnu, dans les Karpathes méridionales, des traces bien nettes d’anciens glaciers.
- Reproduction artificielle de la carie dentaire. — M. Choquet a pu, d’après la Note présentée par M. I)u-claux, isoler dans des dents cariées obturées depuis quatre à sept ans et dont l’obturation était restée intacte, cinq espèces microbiennes distinctes. L’une d’elles, isolée et cultivée, a été inoculée avec toutes les précautions aseptiques, par un petit trou creusé dans l’ivoire et soigneusement refermé, dans une dent de mouton. Au bout de quatre ans, ce bacille a été retrouvé vivant, il s’était même multiplié très activement à l’intérieur de la dent. L’obturation d’une dent cariée n’est donc pas suffisante pour enrayer le mal, il faut qu’elle soit précédée d’un rigoureux nettoyage antiseptique.
- L'iode de la glande thyroïde. — M. Gautier communique une Note de MM. Charrin et Bourcet qui ont constaté, à l’état normal, la présence constante, bien qu’à des doses variables, de l’iode dans la glande thyroïde. La nucléine iodée ou thyroïodine de cette glande semble agir comme un excitant sur l’organisme. La quantité d’iode diminue lors de certaines maladies graves et peut même arriver à disparaître totalement.
- Némerliens et Phoronidiens. — Dans la Note présentée par M. Filhol, M. Roule montre que les rapprochements tentés entre ces Vers et les Chordés reposent sur de simples apparences embryologiques et doivent être écartés.
- Développement des Tænias. — M. Saint-Remy montre, dans la Note communiquée par M. Perrier, que le développement du Tænia du cheval présente les mêmes particularités que celui des Trématodes, des Douves, par exemple. Les différences observées proviennent simplement d’une accélération dans le développement embryologique du Tænia.
- Les montagnes du bassin de Paris. — M. Marcel Bertrand présente une seconde Note de M. Munier-Chalmas, sur la formation des chaînes de montagnes — internes pour ainsi dire, car elles ne se manifestent pas à l'extérieur — du bassin de Paris. A chacune des périodes de l’époque tertiaire il y a eu formation de plis et d’une sorte de voûte ou dôme dans le pays de Bray. Mais ces plis ne pouvaient aboutir à la formation de montagnes, car ils étaient aussitôt arasés par la mer qui en transportait les débris jusqu’à 100 kilomètres de distance.
- Télégraphie sans fil. — M. Lippmann annonce que M. Tissot a obtenu des résultats beaucoup plus réguliers dans la réception des télégrammes par la télégraphie sans fil, en plaçant un aimant sous le tube ou cohéreur plein de limaille de fer ou de nickel qui agit comme récepteur. J. Giraud.
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- LA NATURE.
- LE PARATOUT
- Nous touchons à lepoque où il faut se préoccuper de mettre les bourgeons et les jeunes pousses à l’abri des gelées printanières. Les derniers froids coûtent souvent cher aux agriculteurs et aux horticulteurs.
- Les procédés de préservation actuellement usités sont de deux sortes : les nuages artificiels et les abris temporaires.
- Les nuages artificiels sont coûteux, difficiles à employer ; il faut souvent réitérer l’allumage et dans bien des cas on préserve la vigne du voisin et pas la sienne.
- Les abris temporaires revotent les formes les plus variées depuis le capuchon de paille ou la planchette, jusqu’aux bandes de toile, aux paillassons.
- Tous ces procédés sont assez efficaces, mais leur installation est compliquée, leur prix de revient fort élevé, de sorte que les applications en sont restées restreintes.
- M. Laroche-Jou-bert, président du syndicat professionnel de l’Union des fabricants de papier de France, a eu l’idée de créer un abri en papier économique auquel il a donné le nom de « Paratout ».
- Naturellement le papier ordinaire ne pouvait suffire, il faut que le papier choisi soit imperméable à l’eau, imputrescible et transparent. On le fabrique maintenant dans les papeteries d’Angoulême avec ces diverses propriétés.
- Le para-gelée ainsi combiné est une sorte de sac en papier vert foncé, ou tel qu’on le livre un cylindre, un tuyau ouvert aux deux bouts de 28 centimètres de long sur 18 centimètres de large. On enfile le tube sur la partie à protéger, on le replie aux extrémités et on assure la fermeture avec des petits cercles, boudins en fer formant agrafe. On les glisse sur le papier double et ils maintiennent solide l’adhérence des deux feuilles. Le sac ainsi formé a toujours les dimensions désirables puisqu’il suffit de faire l’ourlet dans le papier à la distance utile. Un seul type de sac peut donc servir à préparer des types plus petits. La pose est rapide et facile.
- La figure 1 représente un sac muni de ses pinces-
- agrafes. La figure 2, les pinces elles-mêmes vues à part, telles qu’on les glisse le long de l’ourlet; enfin, dans les dessins suivants, on a représenté les sacs dans diverses applications. On peut disposer des para-gelées longtemps à l’avance, dès que les bourgeons font mine de se gonfler, et c’est d’ailleurs à ce moment que l’opération est la plus facile, car on ne risque pas de faire tomber les yeux en coiffant chaque courson ou chaque long bois de son abri. Les bourgeons resteront enfermés complètement dans leurs sacs; si quelques-uns atteignaient un assez grand développement pour arriver au jour, il suffirait d’ouvrir une pince à ressort à l’extrémité convenable pour agrandir l’orifice, ainsi que le montre la figure 5.
- Ce système a été expérimenté au cours de l’hiver dernier, au domaine de Cartex (Gers). On avait placé des sacs à la fin de l’été soit sur des raisins laissés en treille, soit sur diverses plantes de serres très sensibles aux moindres abaissements de tem pérature et transplantées pour l’essai en plein air. Pendant les nuits du 17 au 20 novembre où le thermomètre resta constamment entre 4 et 6° au-dessous de zéro, la gelée grilla tout ce qui était resté sans abri. Les raisins protégés par le papier aussi bien que les plantes délicates ne souffrirent en aucune façon. Les plantes environnantes étaient couvertes de givre, la surface extérieure du papier fut simplement revêtue de gouttelettes, la surface extérieure du sac resta sèche ; les feuilles et les raisins abrités furent simplement recouverts d’une rosée inoffensive.
- Ce premier résultat est encourageant. Mais en général les premiers résultats d’une expérience sont toujours encourageants. 11 sera donc intéressant de contrôler les premiers essais en multipliant un peu partout l’usage de ces nouveaux para-gelées. Les gelées printanières font souvent tant de ravages que l’on ne saurait trop s’efforcer de trouver un moyen vraiment pratique de mettre les jeunes pousses à l’abri des froids printaniers nocturnes. J.-F. Gall.
- Le Gérant : P. Masson.
- 1. Paratout eu papier. — 2. Mode d attache du bord replié. — 3. Paratout sur cordon. — 4. Paratout sur souche basse. — 5. Paratout ouvert sur le côté.
- Paris. — Imprimerie Laiu.be, rue de Fleurus, S.
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- N° 1403.
- 14 AVRIL 1900.
- LA NATURE.
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- JOSEPH BERTRAND
- DE LACADÉM1E FRANÇAISE, SECRÉTAIRE PERPÉTUEL DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES
- C’est encore une grande ligure qui vient de disparaître. La mort de M. Joseph Bertrand soulèvera d’unanimes regrets dans le monde savant en France et à l’Étranger. Sa renommée avait dépassé les limites de la frontière et son nom avait acquis un prestige légitime dans l’Europe entière. La perte est grande pour notre pays.
- On le savait malade depuis des mois, mais on espérait que sa constitution robuste triompherait du mal. Il avait cessé tout à coup, en septembre dernier, de venir occuper la place qu’il ne quittait jamais au Bureau de l’Académie des sciences ; depuis cette époque, on ne le revit plus à l’Académie. A la séance annuelle de décembre, c’est son fils, M. Marcel Bertrand, qui lut l’Éloge qu’il devait prononcer lui-même. 11 avait été frappé à l’automne d’un ictère intense, prodrome d’une maladie organique grave. On ne devait plus le revoir. La nouvelle de sa mort a surpris ses amis et impressionnera douloureusement encore ceux qui se refusaient de le croire si profondément touché.
- 11 avait conservé en apparence toute sa force; il s’intéressait à tous les travaux de ses confrères, quand brusquement la maladie s ’ aggrava. Il s’est éteint sans souffrance, après avoir reçu les consolations de l’Église, dans toute sa lucidité, entouré des siens, mardi, 5 avril, à 9 heures du matin.
- Louis-François-Joseph Bertrand était né à Paris le 11 mars 1822. Son père, polytechnicien, lui inculqua de bonne heure le goût des sciences de précision. Véritable petit prodige, il satisfit, à l’âge de 11 ans, à toutes les épreuves d’entrée à l’École polytechnique. Il y entra à 17 ans, le premier de sa promotion, et il étonna ses maîtres par la sûreté de son jugement et par la maturité de son esprit. Il sortit de l’École le premier comme il était entré et choisit le service des mines. L’École des Mines a toujours eu le privilège d’attirer les premiers élèves de chaque promotion de l’École polytechnique. Elle a toujours été une pépinière de savants pour l’Institut. Ingénieur au corps des Mines, il devint en même temps professeur de 28e année. — Ier semestre.
- mathématiques au lycée Saint-Louis, examinateur à l’École, puis professeur à l’Ecole polytechnique et professeur à l’Ecole normale.
- C’est tout jeune, en 1842 — il avait 20 ans —, qu’il faillit périr dans l’accident du chemin de fer de Versailles où succomba l’amiral Dumont d’Urville. Avec son frère, M. Alexandre Bertrand alors élève à l’Ecole normale, il se rendait à Versailles. Les deux jeunes gens occupaient un wagon voisin de celui de l’amiral. Joseph Bertrand eut le nez broyé et son frère la jambe brisée. Les voitures en ce temps-là étaient encore fermées à clef. Bien qu’aveuglé par le sang et souffrant cruellement il parvint à retirer son frère par la portière fermée et à le déposer sur le talus de la voie.
- Sa carrière se dessina vite. En 1856 Sturm venait de mourir. L’Académie n’hésita pas à lui donner pour successeur Joseph Bertrand qui avait à peine 34 ans. En 1874, la mort d’Élie de Beaumont laissait vacante la place de secrétaire perpétuel dans la classe des sciences mathématiques. Joseph Bertrand fut élu et prit place à côté de l’illustre chimiste Jean-Baptiste Dumas, secrétaire perpétuel pour la classe des sciences physiques. L ’ Académie française s’était ouverte pour Dumas et pour notre grand physiologiste Claude Bernard. Lorsque J.-B. Dumas disparut en 1874, enlevé par une courte maladie, sa place fut occupée par Joseph Bertrand. Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, M. Bertrand avait tous les honneurs.
- Sur ces entrefaites, en 1862, il avait été nommé titulaire de la chaire de physique et mathématique du Collège de France. C’est cette chaire qu’il conserva le plus longtemps. Il avait abandonné son cours de l’École polytechnique, mais il y a trois ans encore il faisait au Collège de France des leçons magistrales sur la théorie mathématique de l’électricité et sur le calcul des probabilités qui ont été depuis réunies en volume. 11 avait tenu à conserver son titre de professeur au Collège de France. M.Bertrand était grand officier delà Légion d’honneur.
- 20
- Joseph Bertrand.
- (D’après une photographie de M. E. Pirou.)
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- LA NA TU R K.
- rvi i
- Il serait superflu de mentionner les innombrables mémoires publiés par M. Bertrand dans le Journal de l’Ecole polytechnique, dans le Journal de mathématiques de Liouville, dans le Journal des Savants, dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences. Tout le monde connaît ses livres classiques de mathématiques : Arithmétique, algèbre, calcul différentiel et intégral, thermodynamique, etc. Il a fait des élèves innombrables dans notre pays et même, on peut le dire, dans le monde entier.
- Il a été avant tout un professeur incomparable. Sobre, profond, élégant, érudit, et d'un esprit critique très personnel. 11 avait le talent de jeter des clartés inattendues sur les problèmes les plus complexes de l’analyse mathématique. Il serrait toutes les questions et en faisait sortir dans des conclusions lumineuses ce que d’autres n’avaient pas vu avant lui. Il n’a sans doute pas été créateur, inventeur dans l’expression stricte du terme, mais que de méthodes élégantes, que de solutions brillantes et originales, (pie de développements d’intérêt supérieur! Son livre sur le « Calcul des probabilités » surtout, restera comme un modèle de critique fine et puissante. Joseph Bertrand conservera un des premiers rangs parmi les mathématiciens de notre époque, parmi cette pléiade de géomètres illustres dont, les noms resteront glorieux pour la France. A côté de lui, vivant en même temps, passionnés pour les mêmes études, n’avons-nous pas eu des géomètres et des analystes d’une fécondité admirable? iN’avons-nous pas encore, après le grand Cauchy, après Liouville, après le regretté Tisserand, M. Ilermite, au renom universel, et parmi les jeunes, parmi les élèves même de Joseph Bertrand, des géomètres comme MM. Darboux, Poincaré, Picard, Jordan, etc., l’honneur encore et toujours des mathématiques françaises?
- J. Bertrand a publié des articles qui ont été remarqués dans la Revue des Deux Mondes sur Pascal, sur Au guste Comte, sur des questions d’enseignement et une très belle étude sur d’Alembert dans les « Grands Ecrivains », Mais où il a excellé c’est dans ses « Eloges académiques ». Peut-être sa forme était-elle un peu cherchée et uniforme. Un lui a reproché de faire des phrases comme des équations; elles sortaient de sa plume comme figées dans le même moule, équilibrées toujours et toujours un peu semblables. Chacun son genre. Un a reproché à d’Alembert de manquer de style. Et cependant d’Alembert est un écrivain et M. Bertrand aussi. Et toute critique mise à part, quelles richesses d’anecdotes, quelle ironie quelquefois! J. Bertrand avait une mémoire implacable et il savait s’en servir. Ses portraits ont été dessinés d’un crayon habile et d’une main alerte. Il a laissé incontestablement de très belles pages.
- 1822-1900! C’est fini; après l’apothéose la fin triste pour ceux qui restent. La place qu’a eue Joseph Bertrand dans le monde des sciences a été considérable et même si élevée que mort il continuera à l’occuper longtemps comme s’il était encore vivant.
- Bans cette grande Salle de l’Académie des sciences où nous le vîmes s’asseoir fidèlement tous les lundis, on le retrouvera, quoi qu’on fasse, sans pouvoir jamais oublier sa voix, son geste, toute sa physionomie puissante. Il vivra à l’Académie comme y vivent encore tant de grands noms échappés à l’oubli : les Arago, les Flourens, les Elie de Beaumont, les J.-B. Humas !
- Un se souvient toujours de ceux qui par leur génie ont agrandi le domaine de la pensée humaine.
- Hf.xri de Parvili.k.
- • ->0 -
- PAQUES
- Il existe, cette année, dans la fixation de la fête de Pâques, une particularité qui a appelé l’attention d’un certain nombre de personnes.
- Dans tous les livres d’astronomie, on trouve la règle suivante pour fixer Pâques :
- « On célébrera la fête de Pâques le premier dimanche après la pleine lune qui arrive le jour de l’équinoxe du printemps ou quelques jours plus tard. »
- Aous appliquons la règle. La lune équinoxiale est pleine le dimanche 15 avril. Par conséquent le premier dimanche après la pleine lune équinoxiale, c’est le 22 avril.
- Donc Pâques devra être célébré le dimanche 22 avril. C’est clair. Ouvrez le premier almanach venu et vous y trouverez : Pâques, 15 avril!
- Et la règle? On l’a appliquée cependant! (Jui se trompe ?
- On se trompe tout bonnement parce que les livres classiques ont incomplètement énoncé la règle. Il ne s’agit plus ici d’astronomie; il s’agit du Comput ecclésiastique et on a eu tort de confondre. C’est le Comput qui est chargé, de par la tradition, de fixer les dates des fêtes mobiles de l’Église. Or, les computistes ne se guident pas, dans leurs calculs, sur la marche de la lune vraie, de la lune astronomique, mais bien sur celle d’une lune moyenne ou fictive, « la lune pascale ». De là la confusion et le désaccord.
- Le mode de fixation de Pâques remonte à l’an 525, au Concile de Aicée. Il fut ordonné alors que « la célébration de la fete de Pâques se ferait le premier dimanche après le quatorzième jour de la lune du premier mois, en sorte, néanmoins, que, ce quatorzième jour de la lune tombant un dimanche, on attendît au dimanche suivant, c’est-à-dire sept jours après ».
- C’était la Grande Pâque, ainsi nommée pour distinguer la fête de la Résurrection des autres fêtes solennelles qui portaient aussi le nom de Pâques dans la première Eglise.
- Avant le Concile de A’icée, on déterminait la succession des lunaisons au moyen du fameux nombre d’or de Méton1. Méton s’aperçut, en effet, que 255 lunaisons correspondaient à peu près à dix-neuf années solaires. La découverte du philosophe athénien fut inscrite en lettres d’or sur des tables de marbre. Tous les dix-neuf ans, les nouvelles lunes dans le cycle de Méton reviennent aux mêmes dates de l’année2. La première année du cycle est celle où la nouvelle lune tombe le 1er janvier. Partant du nombre d’or, on déduit la lune pascale. Mais, au Concile de A’icée, on décida encore que,
- 1 Méton vivait au cinquième siècle avant Jésus-Christ.
- 2 11 ne faut pas confondre le cycle de Méton avec le cycle de Saros qui est de 18 ans 11 jours.
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- LA NATURE.
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- pour avoir l'àge de la lune, on aurait recours à la méthode plus simple des épactes. Et, depuis ce temps éloigné, les computistes continuent, fidèles aux décisions de l’Eglise, à fixer l’àge de la lune au moyen de l’épacte.
- Qu’est-ce que l’épacte? C'est l’âge de la lune au premier janvier. Quand on connaît l’épacte, on peut obtenir sans calcul toutes les phases lunaires d’une année. Il suffit pour cela d’ajouter le nombre de jours écoulés depuis le commencement de l’année et de diviser ce nombre par 29,5, durée d’une lunaison moyenne, le reste de la division marque l’àge de la lune.
- On conçoit bien que cette lune moyenne ne concorde-pas toujours dans sa marche avec la lune vraie ou astronomique; il peut y avoir un désaccord de uh, deux et même trois jours entre la lune astronomique et la lune pascale. Ainsi, en 1900, l’épacte est XXIX, ce qui signifie que le 1er janvier la lune avait 29 jours. La lune vraie avait 50 jours. Le désaccord est de un jour. Donc, la lune pascale doit arriver un jour plus tôt que la lune vraie, soit le 14 avril. Le dimanche suivant survient le lendemain et, d’après la règle, c’est donc bien le dimanche 15 que doit être célébrée la fête de Pâques, et non pas le 22 avril.
- On remarque que l’équinoxe ayant été fixé au 21 mars par les computistes et le 14e jour de la lune compté avec l’épacte étant réputé le jour de la Pleine lune, le dimanche de Pâques peut arriver au plus tôt le 22 mars et au plus tard le 25 avril. Cette année Pâques vient douze jours plus tard qu’en 1899. Il était survenu en 1898 le 10 avril. Tout, encore une fois, dépend de la lune pascale.
- Les mêmes circonstances spéciales qui ont accusé le désaccord en 1899 de la lune écclésiastique et de la lune astronomique se sont déjà produites en 1876, mais en sens inverse. Alors, de par la lune astronomique, Pâques eût du venir le 9 avril; mais la lune pascale avait un retard d’un jour; elle ne tombait que le 9, et Pâques fut lixé au 16 avril suivant. Même anomalie encore en 1724. D après les calculs de J. Bernouilli, publiés à Lausanne, la pleine lune eut lieu réellement le samedi 8 avril, à 4h21m du soir. Et la fête de Pâques aurait dû par conséquent être célébrée le dimanche 9. Elle ne le fut que le dimanche 16, parce que c’est au 9 avril lui-même que la méthode des épactes attribua la pleine lune.
- Conclusion. Il sera bon pour éviter toute méprise de bien spécifier dans les livres classiques que, lorsqu’il s’agit de fixer les dates des fêtes de l’Église, il doit être bien entendu qu’il faut envisager non pas la lune astronomique, mais la lune pascale. Henri de Parville.
- KESSOURCES MINÉRALOGIQUES
- DES PHILIPPINES
- Au lieu de dépenser des sommes assez rondes à réprimer l’insurrection des Philippines, le gouvernement américain aimerait sans doute mieux les employer à mettre en valeur les richesses minéralogiques de ces îles. D’autant plus que les données recueillies par le géologue Decker dans sa récente exploration prouvent qu’elles ne sont pas négligeables.
- L’ « or » d’abord se trouve en divers points de l’Archipel. De Luzon à Mindanao on rencontre, en effet, beaucoup de sables aurifères. Si l’on n’a pas de renseignements absolument certains sur eux, le fait qu’ils sont lavés par les indigènes avec des coques de noix de coco au lieu de plats, indique assez leur richesse. La rivière Abra roule
- également des pépites du précieux métal. A Lepanto il y a aussi des veines assez importantes de quartz aurifère: sans compter que là encore, ainsi qu’à Mindoro, Capul et Panay on voit d’autres minerais, en particulier du « cuivre ». La région où ce dernier abonde le plus est l’extrémité nord de Luzon. Avant la découverte de ces terres par Magellan, les indigènes savaient déjà le griller et le réduire en matte. Leur procédé, assez compliqué du reste, avait sans doute été introduit par les Chinois ou les Japonais dont les navires visitaient souvent ces parages. En tout cas, l’industrie du cuivre aux Philippines est vieille de plusieurs siècles.
- Le « charbon » ne fait pas défaut non plus dans les provinces de Luzon et dans plusieurs autres endroits. Les couches les plus importantes semblent être celles de la petite île de Batan dont l’épaisseur varie entre 0“,60 et 4"\20. Les essais sur ce combustible montrent que son pouvoir calorifique équivaut à celui d’une bonne variété de lignite. En dehors de cette localité, des gisements houil-lers existent dans la région nord de Samar, dans l’île de Mindoro, à Semirara et dans la partie sud de Leyte. Dans l’ile de Cebu on extrait depuis longtemps une grande quantité de charbon dont la valeur atteint presque celle du Cardiff. En outre, il jouit d’un avantage sérieux : il produit seulement 4 pour 100 de cendres.
- A Calatrava (île de Négros) la présence de plusieurs mines de lignite est signalée ; sans compter les dégagements de gaz naturel et des sources de « pétrole » qui paraissent tout à fait intéressantes. Comme autres gisements minéralogiques, notons ceux d’ « étain » et de (( platine » qui existent en plusieurs points. Cette constatation est d’autant plus à remarquer que la production de la première de ces substances dans les Cornouailles décroît sensiblement depuis quelque temps. Quant aux diverses variétés de pierres à construire, elles sont assez abondantes en divers points de l’Archipel. Comme toujours donc, les Yankees se sont montrés très pratiques dans leur lutte contre les Espagnols et si la question d'humanité invoquée pour l’entreprendre était du « bluff a, les lauriers qu’ils ont su cueillir sont vraiment d'or. __^_____ Jacques Boyer.
- UN CAISSON MOBILE
- [•OCR LA RÉPARATION DES QUAIS
- On sait les services si précieux que rendent les caissons métalliques, mobiles ou fixes, pour l’exécution des travaux sous l’eau; mais, sans avoir à construire, au sens exact du mot, dans un milieu liquide, on peut être appelé à réparer des murs, des piles de ponts, des massifs de maçonnerie quelconques partiellement immergés, et il est bon d’avoir pour cela à sa disposition un moyen d'effectuer la réparation, sans être obligé de se mettre à l’abri derrière un coûteux batardeau de pilotis et palplanches.
- Pour les canaux, on a trouvé une solution du problème en abaissant le plan d’eau, en établissant, comme on dit, une période de chômage de la voie navigable; et du reste, ce chômage n’est pas sans gêner considérablement la navigation et le commerce. Dans un port maritime, l’abaissement du plan d’eau ne serait possible que dans un bassin à Ilot, et il troublerait considérablement le fonctionnement du port. Au surplus, la difficulté est encore plus grande
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- LA NATURE.
- quand il faut faire descendre les opérations de réfection jusqu’au pied même d’un mur de quai.
- Récemment, M. Charguéraud, ingénieur des ponts et chaussées attaché au port de Calais, a résolu le problème d’une façon très pratique et très simple, en employant un caisson mobile qui vient s’appliquer sur le mur, du haut en bas, et y former une enceinte fermée et étanche, une sorte de batardeau instantané, à l’abri duquel les ouvriers peuvent travailler tout à leur aise.
- Les murs à réparer, ceux du bassin Carnot, présentaient cette difficulté spéciale, que leur parement est un peu courbe, ainsi que l’indique notre gravure; mais, comme le mortier s’en était décomposé, il fallait absolument le reconstruire en moellons d’assises. Le caisson, entièrement métallique , était établi suivant la courbe du parement ; pour le faire appliquer d’une façon étanche sur les maçonneries désorganisées, on avait dû, au début du travail, poser, jusqu’au niveau des basses mers, deux bandes d’appui en maçonnerie. Il avait suffi, pour cela, d'abaisser 48 heures le plan d’eau du bassin1.
- Pour mettre le caisson en place, on le soulève au moyen d’une grue de 40 tonnes, puis on le laisse descendre dans l’eau ; deux caisses latérales étanches qu’il comporte le font flotter, avec un tirant d’eau de 7 mètres environ et une légère inclinaison au dehors. On amène alors le caisson juste en face du point à réparer, et l’on ouvre par des tiges de renvoi deux bondes de coulage disposées à sa partie inférieure, et laissant entrer l’eau dans les flotteurs. En quelques instants, l’immersion est produite. D’ailleurs, cette eau n’envahit qu’une partie déterminée desdits flotteurs, à peu près juste le volume nécessaire pour l’échouage, et on peut en chasser l’eau au moyen d’une pompe de scaphandre comprimant de l’air dans les compartiments de lestage, quand le caisson ne s’est pas enfoncé exactement où on le désirait. En descendant, le caisson vient toujours se placer convenablement à la base du quai, par suite
- 1 Pour un travail en -cours, il suffit d’établir une bande, la maçonnerie déjà faite formant l’autre.
- de l’inclinaison qu’il présentait quand il flottait1 L’accostage terminé, il faut vider le caisson, afin qu’on y puisse travailler et qu’il s’applique fortement sur le mur de quai. Cela se produit aisément grâce à une locomobile de 15 chevaux, montée sur un chaland, et commandant une pompe Dumont. Le joint du caisson avec le quai se fait très étanche par suite de l’interposition de baguettes de bois tendre, puis de touffes de chanvre et de saucissons de fil bitord et d’étoupe. Quand le niveau de l’eau est tellement bas que la pompe n’aspire plus, on termine avec un pul-somètre recevant la vapeur de la locomobile. En
- 50 minutes, comptées depuis le moment de la mise à l’eau, l’enceinte est vide, du moins suffisamment pour que le travail y commence.
- Bien entendu, le caisson est aussi peu épais que possible, afin que l’effort de soulèvement dû au déplacement de l’eau soit très faible ; les ouvriers y trouvent un espace bien suffisant de 2 mètres. Un plancher mobile est installé pour former plate-forme de travail; une petite grue à bras placée sur l’arête du quai descend et monte les matériaux.
- Le relevage de l’appareil s’exécute de façon très simple, par l’ouverture de vannes de remplissage situées au-dessous des bondes de coulage. Le travail se fait bien et vite, avec des dépenses réduites, sans gène pour l’exploitation du quai, où les navires continuent de venir charger tout à côté du caisson. Pierre de Mériel.
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- PETITE GRUE SIMPLIFIÉE
- En dépit de sa réelle puissance, qui lui permet de soulever sans peine un wagonnet lourdement chargé, on peut voir que cet appareil est de proportions réduites : il a été imaginé par une maison de construction américaine, dite « Whiting C° », pour répondre aux besoins de certaines compagnies dé chemins de fer, notamment dans leurs gares de marchandises. 11 fallait d’une part que le système tînt peu de place pour pouvoir se loger aisément
- K-1 78)
- Caisson pour la réparation des murs de quais.
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- LA NATURE.
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- entre les voies, et en second lieu que la manœuvre en fût suffisamment simple, la construction assez robuste et rustique pour qu’on put confier l’appareil à des agents plus accoutumés à pousser des wagons qu’à conduire un outil de ce genre. Comme les Américains, ainsi que nous avons eu l’occasion de le dire, sont particulièrement favorables à l’emploi de l’air comprimé, la grue en question est, elle aussi, mise en mouvement au moyen de cette force.
- C’est un appareil à pilier, comme le montre la fig., ce pilier, en fonte, étant solidement boulonné sur un large plateaujde fonte également. Quant au bras incliné (qui est soutenu par deux tirants sur lesquels nous n’avons pas besoin d’insister), il est fait de deux membrures d’acier solidement entretoisées. L’air comprimé arrive par un tuyau en caoutchouc au cylindre moteur de soulèvement de la charge : celui-ci est logé entre les deux membrures de la volée, et c’est sur son piston même que s’exerce l’effort de levage. Ainsi qu’on peut le voir assez nettement dans la figure, le cylindre agit sur la charge par l’intermédiaire d’une poulie sur laquelle vient passer un cable métallique, fixé d’une part à la tête de la volée, et de l’autre au crochet d’enlèvement (mais en passant sur la poulie de tête). Dans tout cet appareil il n'y a donc pas un engrenage, les mouvements sont absolument sous la dépendance de celui qui commande la grue, et cela au moyen de soupapes qui agissent vite et aisément : on a, par suite, toutes facilités pour enlever la charge et en régler tous les mouvements. D. B.
- L’ÉCHAPPEMENT DE LA VAPEUR
- La vapeur, en s’échappant après avoir agi dans la machine à vapeur et traversé les appareils de condensation, entraîne avec elle de l’eau et de l’huile, de sorte qu’en retombant au dehors elle peut encore détériorer les toits et les murs du voisinage. On a déjà cherché des appareils pour éviter cet entraînement de particules d’eau et d’huile. Le Street Rail-way Journal en a décrit un modèle que nous reproduisons dans la figure ci-jointe. Il se compose, comme on le voit, d’un grand entonnoir, qui repose sur le tuyau qui amène la vapeur, et qui
- porte sur le côté une conduite spéciale. Au-dessus du tuyau se trouve un premier petit entonnoir qui se déverse dans la conduite dont il vient d’être question. Au-dessus et dans la partie centrale est fixé un tuyau vertical, maintenu tout autour par une feuille de tôle, et formant la partie inférieure d’un entonnoir. Ce même tuyau porte un abat-jour, et le couvercle incliné dont nous avons parlé forme le couvercle du chapeau.
- Les flèches portées sur le dessin montrent la marche de la vapeur d’eau. Elle arrive d’abord par le tuyau inférieur, glisse sur les parties froides du premier petit entonnoir, puis suites rebords de l’abat-jour, et retombe bientôt en particules d’eau et d’huile pour venir se jeter dans la conduite fixée sur le côté. La faible quantité de vapeur qui a échappé à ces condensations se dépose encore à la partie supérieure, et il ne s’échappe en-
- I’etite grue simplifiée
- Appareil pour l’échappement de la vapeur.
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- LA N A TU K K.
- ilS
- lin que très pou do vapeur pure et complètement sèche.
- l/appareil que nous signalons a l’avantage de no créer aucune contre-pression et do fonctionner d’une manière entièrement silencieuse. .1. U.
- HOULES DE MILE
- Il ne s’agiI pas ici de ces projectiles inoffensifs que la clémence relative des derniers hivers a faits plus rares aux mains de nos collégiens, mais de ces nouvelles organisations de ventes dont s’est avisée l’ingéniosité de quelques commerçants soucieux d’assurer à leurs produits un écoulement rapide. Point de thé de cinq heures, point de dîner, point de réunion mondaine quelconque aujourd’hui sans l’assaut obligé des placeuses de « bons ». Vous avez le choix entre les bons de chaussures, de jupon, de costume tailleur, etc., voire mémo de livres, qui vous assurent, contre une somme insignifiante, la possession de ces divers objets..., à la condition toutefois que vous aurez, à votre tour, placé un certain nombre de'bons. C’esl là que se trouve la clef du système. Examinons les choses de plus près, et pour rendre les idées plus claires, avons recours à quelques chiffres.
- Supposons, par exemple, que vous vous soyez laissé tenter par le bon de chaussures. Vous le prenez des mains d’un de vos amis pour la modique somme de 5 francs. Le bon vous confère le droit de vous procurer, moyennant un débours de 15 francs, tro s nouveaux bons qu’à votre tour vous placez dans les mains de trois nouvelles personnes contre remboursement de 5 francs de chacune d’elles. Lorsque chacune de ces trois personnes aura, elle aussi, été verser ses 15 francs pour se munir de trois nouveaux bons à placer votre paire de chaussures vous sera livrée. Iteinarquez que les 45 francs versés par vos trois amis entre les mains du marchand représentent largement le prix de la paire de chaussures dont vous bénéficiez, de même que les 15 francs que vous avez déboursés pour votre part, joints aux 50 francs qui provenaient de deux autres personnes, avaient payé la paire de chaussures de la personne aujtrès de qui vous vous étiez pourvu de votre premier bon. Finalement vous n’aurez, il est vrai, sorti que 5 francs de votre poche, mais ne vous apitoyez pas trop sur le sort de votre cordonnier; lorsqu’il vous aura livré votre paire de chaussures il aura encaissé les 45 francs de vos trois amis et son gain se trouvera assuré. Vous aurez tout simplement, en fin île compte, acheté 5 francs le droit de vous faire offrir par trois de vos amis une paire de chaussures de 45 francs.
- Admettons maintenant que ce soit le bon de livres qui ait excité votre convoitise. Il vous sera livré également pour 5 francs; mais cette fois ce n’est plus trois, c’est six bons que vous aurez à placer à votre tour, six bons que vous vous procurerez à raison de 25 francs auprès du libraire et que vous délivrerez à raison de 5 francs l'un de telle sorte que, lorsque vous vous en serez débarrassé, vous serez remboursé non seulement des 25 francs contre lesquels ils vous auront été remis, mais même des 5 francs que vous aura coûté le droit d’aller vous en pourvoir. Finalement vous vous trouverez n’avoir rien déboursé et lorsque vos six amis auront, à leur tour, été verser leurs 25 francs, ce qui constituera pour le libraire un encaissement de 450 francs, vous recevrez des mains de celui-ci un stock de livres à votre choix représentant la même valeur. Ici, c’est donc encore bien mieux que tout à l’heure puisque les 5 francs mêmes, qui vous ont servi
- à acquérir le droit de vous faire offrir pour 150 francs de livres par six de vos amis, vous sont remboursés par ces amis généreux.
- Dans un cas comme dans l’autre, un marchand vous livre un certain produit lorsqu’il en a été payé par des versements provoqués par vous de la part d’autres personnes et qui confèrent à ces personnes le droit de procéder à leur tour de la même façon.
- On serait tout d’abord tenté de croire que ce petit jeu pourrait se répéter indéfiniment; mais il faudrait, pour cela, ignorer l’extrême rapidité avec laquelle croissent les progressions géométriques, c’est-à-dire les suites de nombres tels que chacun d’eux soit égal au précédent multiplié par un facteur constant qui est dit la raison de la progression. Les nombres eux-mêmes sont appelés les termes de la progression.
- Si l’on commence à 1, les progressions de raison 5 et f>, poussées jusqu’au 10e terme, sont les suivantes :
- liaison 5 liaison (i
- 1 ferme. 1 1
- 2“ — 5 fi
- 5" — 9 50
- 4" — 27 210
- 5e 81 1290
- 0e -- 245 7770
- 71' — 729 40050
- 8e — 2187 279950
- 9- — 0561 1679010
- 10e - 19085 10077690
- Pour connaître le nombre des personnes engagées dans une boule de neige jusqu’à un certain rang, il faut faire la somme de tous les termes de la progression jusqu’à ce rang; mais le résultat d’une telle addition peut s’obtenir très aisément de la manière suivante : Prenez, dans la progression, le terme qui suit le rang auquel vous vous arrêtez ; retranchez-en l’unité, et divisez le reste par la raison elle-même diminuée d’une unité. Vous aurez ainsi la somme.
- Par exemple, le 41° terme de la progression de raison 5 serait 59049. En divisant 59048 par 2, vous avez la somme 29524 des 40 premiers termes de la progression. De même, le 41e terme de la progression de raison 0 serait (>0400170, et le quotient de 00400175 par 5, soit 42095255, donne la somme des 40 premiers termes. On voit ainsi que les sommes de termes pour les deux pro-
- gressions précédentes sont : Raison 7> Raison 0
- Somme des 2 premiers termes. 4 45 7
- — 4 — 40 259
- — 5 — 421 1555
- — 0 — 504 9551
- — 7 — 4095 55987
- — 8 — 5280 555925
- — 9 9844 2015559
- 10 — 29524 42095255
- La seule vue de ce petit tableau suggère la réponse à cette question ; A quel moment une boule de neige s’ar-rêtera-t-elle d’elle-même faute de nouveaux clients? Le nombre des amateurs susceptibles d’y prendre part est évidemment limité ; il n’est pas besoin d’insister là-dessus. Or, si grand qu’il vous plaise d’imaginer ce nombre, il est bien clair que vous trouverez, à un moment donné, dans le tableau des sommes successives qui vient d’être dressé, un nombre qui lui sera supérieur. Ce nombre marquera le rang à partir duquel les bons ne se placeront nécessairement plus.
- Admettons que les amateurs soient au nombre de 40 000, ce qui est déjà un joli chiffre. Vous voyez que
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- LA NATURE.
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- pour une boule de neige à placement triple, le nombre
- 10 000 tombant entre 9841 et 29 524, les derniers bons placés s’égareront, dans le dixième rang, en des mains d’où ils ne pourront plus sortir. Pour une boule de neige à placement sextuple, le nombre 10 000 tombant entre 9551 et 55 987, l’extinction se fera entre le sixième et le septième rang. Cela suppose évidemment que jusque-là, dans chaque rang, toutes les personnes intéressées sont parvenues à placer leurs trois ou leurs six bons. En réalité,
- 11 peut n’en être pas ainsi, et cela permettrait quelques prolongements isolés au delà de la limite indiquée. Mais, vu l’intérêt qu’a chacun à se débarrasser de ses bons, les choses ne sont pas loin de se passer comme on l’a admis en commençant, et, en tout cas, il y aura fatalement un moment où ce que nous avons appelé le public des amateurs pour la boule de neige envisagée, sera épuisé, où, par conséquent, une dernière série de bons sans écoulement possible restera aux mains de ceux qui s’en seront nantis. Ceux-là d’ailleurs, moyennant un versement supplémentaire, pourront, en général, obtenir encore à d’assez bonnes conditions l’objet convoité. Le bénéfice réalisé par le marchand sur le stock écoulé jusqu’à ce moment-là peut l’autoriser, en effet, à consentir quelque avantage aux derniers venus, de sorte qu’en définitive personne ne se trouve complètement frustré. Que doit-on, d'après cela, voir en réalité dans une boule de neige? Tout simplement un jeu qui consiste à tâcher de s’assurer, parmi ceux qui y participent, un rang, d’ailleurs ignoré, grâce auquel, si on est favorisé par le destin, on a le privilège de se faire offrir un cadeau par la bourse d’amis complaisants risquant à leur tour la même chance. C’est après tout une sorte de loterie comme une autre, et pas plus immorale qu’une autre puisque, en fin de compte, ceux qui y ont tiré les mauvais numéros peuvent encore recevoir une fiche de consolation *.
- P. d’Ocamassk.
- LES PRODUITS DE NOS COLONIES
- I n savant professeur fort versé dans toutes les questions de cultures coloniales, M. Henri Jumelle, profitant du magnifique champ d’information que donne le musée spécial que créa M. Heckel à Marseille, a examiné les différents produits que sont susceptibles de fournir nos diverses colonies. Comme il s’en faut malheureusement, et de beaucoup, que nous tirions parti de ces richesses de notre domaine colonial, il est bon que nous jetions un coup d’œil au moins rapide sur quelques-uns de ces produits naturels.
- D’abord, parmi les corps gras, nous trouvons les graines oléagineuses de sésame et d’arachides, les premières venant surtout de l’Inde et de la Guinée, les autres du Sénégal et de l’Inde. C’est ensuite l’huile de palme, l’huile de coton, le beurre de coprah; moins connue est la graine de l’owala, qu’on rencontre en abondance sur la côte occidentale d’Afrique, puis celle du coula et du lis, de l’oba des Gabonais, dont le nom scientifique est irivengin gabo-nensis. Nous ne devons pas oublier naturellement le karité, bien connu du Soudan, et le maloukang de Sierra-Leone.
- 1 La loterie n'est pas autorisée en France, à moins de permission très spéciale. Légalement la boule de neige peut conduire celui qui l’entreprend à des condamnations. Dernièrement. un preneur de bon non rémunéré a fait un procès au vendeur. Le Tribunal de Lille a jugé que la boule de neige est contraire à la moralité des opérations commerciales et contraire à la loi. 11 faudrait pour la rendre possible que le preneur ne courût aucun risque et qu’il fût assuré de rentrer dans sa mise. N. de tt R.
- Les résines et les gommes abondent dans nos territoires coloniaux, telle que la résine de kaori, qui est une résine fossile de conifère et qu’on recueille en Nouvelle-Calédonie. En Nouvelle-Calédonie également, sont des araucarias qui exsudent des gommes parfaitement utilisables industriellement, et qui se rapprochent des dammars. Au point de vue du tannage, on peut recommander l’écorce du chêne gomme néo-calédonien, ou spermolepis gmn-rnifera qui renferme 80 pour 100 de tanin.
- Parmi les produits médicinaux, nous n’avons pas besoin de citer la kola, qui est si connue aujourd’hui ; mais nous mentionnerons le kinkelibah ou combretum Raimlxmlli de la côte occidentale d’Afrique, qui rend des services précieux contre la fièvre bilieuse hématurique.
- De nombreuses plantes textiles peuvent être aisément cultivées dans nos colonies, le cotonnier notamment, qui pousse admirablement à Madagascar, dans l'Indo-Chine, le musa textilis qui donne le chanvre de Manille, les crotalaria, d’où l’on tire le chanvre de Madras. L’exemple de l’Inde anlgaisc est là pour nous prouver tout le parti que l'on devrait tirer de la culture du Corcliorus capsularis. C’est lui qui fournit le jute, fibre précieuse qui sert à fabriquer les toiles d’emballage pour le riz, le coton et le café.
- Quant aux bois à utiliser, notamment en ébénisterie, ils sont innombrables, aussi bien en Guyane qu’à Madagascar, et l’acajou du Sénégal n’est pas moins à rechercher que le teck de l’Indo-Chine.
- Nous pourrions citer encore la longue série des plantes à fécule, manioc, arrow-root, igname, patates, riz; les plantes à sucre, comme le sorgho ou la canne; le cacao, le thé, le café; les nombreuses essences employées en parfumerie ; les matières colorantes ; et encore laissons-nous de côté les produits d’origine animale ou végétale.
- AÉRATEURS GUZZI .
- La première condition à remplir pour permettre de vivre à un être humain, enfermé dans un local quelconque, est de lui fournir de l’air et de la lumière en quantité suffisante. C’est ce que M. Guzzi a cherché, avec succès, à réaliser au moyen de son aérateur.
- Cet appareil remplace une partie vitrée pleine par un certain nombre de lames de verre, imbriquées les unes sur les autres. Ces lames sont insérées par côté dans des montures ou porte-lames (nos i et 2) pivotant chacune sur un petit tourillon porté par un montant. Un tel montant, formé d’un fer plat étamé et mince (presque invisible), s’applique, au moyen de quelques vis sur chacun des côtés du châssis d’une fenêtre ou d’une partie vitrée quelconque.
- Des porte-lames placés deux à deux au même niveau et des lames de verres insérées chacune entre deux porte-lames correspondants (n° 5) : voilà tout l’appareil. Une disposition spéciale, appliquée à un seul côté, permet de faire varier, suivant les besoins, l’inclinaison des lames, qui jouent comme des lames de persienne. A cet effet, le montant porte un petit bras soudé qui commande, par l’intermédiaire d’une tige verticale, tous les leviers soudés qui font corps avec chacune des montures placées d’un même côté. Cette tige, en se déplaçant, soit de bas en haut, soit de haut
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- en bas, fait prendre aux montures une position se rapprochant soit de la verticale, soit de l’horizontale, fermant ainsi ou ouvrant la persienne. Un ressort à boudin, agissant sur la tige des leviers ramène automatiquement et maintient les porte-lames à la position de fermeture.
- Pour ouvrir les lames à une inclinaison quelconque, on combat la tension du ressort antagoniste en tirant sur une chaînette spéciale, suspendue à la tige de manœuvre et dont les maillons sont disposés de manière à embrasser la petite tête carrée d’une vis lixée sur le bord du châssis. Une dizaine de maillons marquent ainsi autant d’arrêts correspondant chacun à une inclinaison qui varie de la position verticale de fermeture à la position horizontale de pleine ouverture.
- L’appareil est robuste et cependant très peu volumineux. Par suite des soins apportés à sa construction, et notamment de la constitution des porte-lames en un alliage spécial, on peut insérer les lames dans leur monture sans qu’il soit besoin de mastic. On peut, malgré cela, laisser l’appareil, d’abord ouvert en plein, se fermer automatiquement, sous l’action du ressort, sans que les lames de verre soient brisées par le choc. Il existe aussi un simple clou à tête carrée, formant sur chaque montant une légère saillie, un peu au-dessus de la lame supérieure. Le rôle de ce clou est d’assurer la sécurité de la fermeture de l’appareil, ce qui est intéressant pour les aérateurs placés à peu de distance du sol, au rez-de-chaussée. Sans lui, un passant malintentionné pourrait faire sortir la lame supérieure de sa monture (et les autres à la suite) en la poussant, par exemple, avec sa canne et se créer ainsi un passage, sans rien casser et sans faire de bruit. Le taquet rend toute effraction impossible sans bris du verre; il rend l’aérateur Guzzi aussi sûr qu’une glace pleine. Cette disposition est complétée par la forme des porte-lames, découpés à leur partie inférieure de telle façon que, dans la position de fermeture, ils s’emboîtent les uns dans les autres et que celui du dessus forme taquet d’arrêt pour la lame du dessous, quand l’aérateur est fermé. Chaque lame de verre est ainsi d’une pose ou d’un remplacement facile, quand l’appareil est ouvert,
- et inamovible, quand il est fermé. Ce sont ces détails de construction qui font le principal mérite de l’appareil.
- Tout le monde reconnaît les inconvénients du manque d’air dans les locaux exigus ou trop peuplés et les maladies qui en sont les conséquences. L’emploi de l’aérateur Guzzi, qui produit une alimentation d’air continue et régulière, prévient le mal et rend le remède inutile.
- Les fenêtres ou châssis ouvrants peuvent bien aussi servir au renouvellement de l’air. Mais, on ne peut pas toujours laisser une fenêtre ouverte; il faut compter avec la pluie, le vent et les poussières qu’il Apporte, les courants d’air froid arrivant brusquement sur les jambes ou dans les poumons des habitants, etc. L’ouverture d’une fenêtre produit, surtout en hiver, des alternatives de chaud et de froid
- fort préjudiciables à la santé et auxquelles on préfère souvent et inconsciemment 1 ’ asphyxie lente par l’air vicié.
- Avec l’aérateur Guzzi, l’action brutale et intermittente de la fenêtre ouverte est remplacée avantageusement par une action lente et continue. L’air frais arrive constamment près du plafond, il se réchauffe dans les parties hautes de la pièce avant de descendre dans les parties basses en y répandant son action vivifiante. L’alimentation d’air se fait sans secousse et sans arrêt. Elle peut être réglée à volonté par l’obliquité plus ou moins grande donnée aux ailettes. Elle se fait d’une façon sûre, quoique insensible : on peut dormir dans une chambre à coucher avec un aérateur Guzzi entr’ouvert, sans craindre les inconvénients d’une fenêtre ouverte. L’aérateur Guzzi est donc intéressant, en ce qu’il réalise un des plus importants desiderata de l’hygiène. Son emploi est tout indiqué partout où un châssis ouvrant peut être gênant (cuisines, antichambres, water-closets, etc...) et partout où l’aération est nécessaire (bureaux, ateliers, salles d'école, chambres à coucher, cafés, magasins, etc...).
- Le croquis que nous donnons ci-dessus montre immédiatement le fonctionnement de l’aérateur Guzzi en même temps que son aspect décoratif, son application facile et sa simplicité. II. Lestin.
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- LE SULFATE DE FER DANS LA CULTURE POTAGÈRE
- Le sulfate de fer en dissolution est employé depuis longtemps pour le traitement de certaines maladies des plantes, particulièrement pour combattre la chlorose.
- Je ne crois pas qu’il ait été employé souvent comme je l’ai fait ; car c’est sur des graines potagères que j’ai expérimenté.
- Au mois de juin 1898, j’avais fait ensemencer de haricots chevriers, une planche d’environ 40 mètres carrés. L’année étant sèche, la levée se fit très mal et je dus recommencer le travail.
- Nouvel insuccès.
- Quelques grains prélevés au moment de la germination me permirent de constater que le résultat était, en grande partie, attribuable aux ravages causés par des myriapodes, des limaces ou des vers. Il fallait donc empêcher ces animaux de nuire aux jeunes plantes et l’idée me vint
- de faire quelque chose d’analogue au sulfatage du blé. Seulement, au lieu d’employer le sulfate de
- cuivre, trop énergique et trop dangereux à manipuler, je me servis de la dissolution de sulfate de fer à 1 pour 100 (10 grammes par litre d’eau), très facile à préparer et d’un usage commode.
- Une partie des grains furent plongés pendant vingt minutes dans la dissolution et mis en terre aussitôt après, de telle sorte qu’un rayon de grains non sulfatés succédait à deux rayons sulfatés, les trois derniers rayons plantés exclusivement de grains non sulfatés.
- Le résultat dépassa mon attente : la levée se fit dans d’excellentes conditions, sauf pour les trois dernières lignes. Pendant longtemps, il fut facile de distinguer les rayons sulfatés des autres, leur taille étant supé-
- Fig. 2. — 1. Un pied de haricot beurre noir d’Alger, grain trempé dans l’eau. — 2. Un pied de haricot beurre noir d’Alger, grain trempé dans le sulfate de fer.
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- Heure de plusieurs centimètres et leur couleur vert foncé tranchant sur le vert clair des voisins.
- Cependant, un fait m’avait frappé : les grains mis en terre entre des rayons sulfatés avaient germé très régulièrement et ils avaient donné naissance à des végétaux de bonne venue; tandis que les trois derniers rayons n’avaient donné que des plantes rares et chétives. Il était certain que les intercalés avaient été protégés par leurs voisins, tandis que les autres témoins avaient subi toutes les attaques sans pouvoir se défendre.
- Pour que la démonstration fût complète, il fallait évidemment renouveler l’expérience, en la modifiant; par on pouvait su pposer que le trempage seul avait agi.
- C’est ce que j’ai fait en 1899 et sur différentes graines.
- Trois rangs de grains sulfatés, au milieu d’une planche de chevriers, se sont constamment reconnus à l’œil, tant par leur taille que par leur couleur.
- Une plate-bande, plantée de haricots beurre d’Alger, a été divisée en trois parties : la première, plantée de haricots sulfatés, a levé un jour avant les autres et a donné des pieds de lm,90 de hauteur moyenne ; la deuxième, plantée de grains trempés seulement dans l’eau, n’a atteint que 1 mètre de hauteur; la troisième, plantée de grains secs, a fort mal levé et n’a guère dépassé O"1,40. La fumure et la culture étant identiques pour les trois parties et les grains plantés par sept uniformément, le doute n’était plus possible. La végétation et le rendement des grains trempés dans le sulfate de fer ne souffrait pas la comparaison.
- Je reproduis, du reste, des photographies parlant mieux que je ne pourrais le faire :
- La première est celle d’un pied sulfaté. Les feuilles et les racines ont un développement bien plus considérable que dans les pieds non sulfatés de la deuxième photographie.
- Un examen plus minutieux m’a permis de constater autre chose que des différences de taille et de couleur. Les racines des pieds sulfatés portent des « nodosités nombreuses, grosses et souvent groupées ». Sur les racines de plantes non sulfatées, au contraire, les « nodosités » sont « rares » et « petites ».
- Ce fait me permet de supposer que les plantes sulfatées s’assimilent l’azote de l’air beaucoup plus facilement, ce qui explique la différence de taille.
- L’expérience faite sur des pois a été presque aussi concluante. Une planche, d’environ 10 mètres carrés, a été divisée en deux parties égales et ensemencée au commencement de février. L’une des parties a reçu des grains sulfatés; l’autre, des grains non sulfatés.
- La germination s’est faite plus tôt, plus régulièrement et plus vite dans la première partie. Quelques pieds arrachés le 22 février m’ont permis de constater : 1° que l’empattement sur les cotylédons était plus large et plus épais ; 2° que la tigelle et le collet étaient plus développés en longueur et en grosseur; 5° que l’écorce des grains sulfatés était gris terne, celle des non sulfatés étant restée verte; 4° que les
- plantes sulfatées étaient intactes, alors que les autres portaient quelques traces d’attaques par les insectes ou les limaces.
- Jusqu’à la floraison, la différence de hauteur entre les deux parties de la planche était assez grande pour qu’on pût s’en apercevoir à 50 mètres de distance. Après la floraison, il était encore facile de constater une différence dans l’épaisseur du feuillage.
- La différence de rendement a été d’environ 0ks,500 de grains écossés, soit 100 grammes au mètre carré ou une augmentation d’environ 10 pour 100.
- L’expérience faite sur des grains de navets a été aussi très concluante.
- Depuis plusieurs années, je voyais mes semis de navets dévorés et détruits par les altises. Cette année, par le sulfatage, j’ai obtenu de très beaux produits. Par le repiquage aussi, j’ai obtenu de belles racines. Enfin, j’ai expérimenté sur des épinards, des salsifis, des choux, des carottes, des poireaux et des chicorées de Meaux. Pour les salsifis seuls, l'expérience a été plutôt défavorable. Les épinards et les choux sulfatés ont levé une journée plus tôt que les autres. Les salades sulfatées sont devenues très belles.
- Peut-être y aurait-il lieu de renouveler l'expérience sur les petites graines, mais en faisant varier les proportions de sulfates et le temps de trempage.
- Je conseille, pour ces mêmes petites graines, de remplacer le trempage par un simple arrosage, lorsque les grains sont déposés dans les rayons.
- Conclusion : il y a toujours avantage à procéder au sulfatage des graines de choux, de navets, de radis, de salades, de haricots et de pois, dans la proportion de 10 grammes de sulfate pour 1 litre d’eau, le trempage durant environ un quart d’heure. La dépense est à peu près nulle.
- Le résultat sera toujours : levée plus rapide et plus régulière, rendement plus considérable.
- E. Henriot.
- LES GRANDS TRANSATLANTIQUES
- On a lancé à Saint-Nazaire, le 51 mars, le paquebot la Savoie long de 177 mètres, large de 18“,o0, d’un déplacement de 15500 tonnes, muni de deux machines développant ensemble 22000 chevaux et imprimant au navire une vitesse aux essais de 22 nœuds, soit de 40 kilomètres à l’heure. La vitesse moyenne sur les 5000 milles qui séparent Le Havre de New-York sera bien voisine de 20 nœuds. La Savoie sera, pour le moment, le plus beau paquebot de notre flotte transatlantique; c’est un pas de fait en avant pour nous rapprocher des magnifiques paquebots de l’Allemagne, de l’Angleterre et de l’Amérique. La Lorraine, lancée le 20 septembre dernier, est à la veille d’entrer en service ; elle a sensiblement les mêmes dimensions que la Savoie. Cela nous fera donc deux paquebots rapides. La Touraine, qui remonte à 1891, avait été jusque-là notre paquebot le plus rapide et cependant sa vitesse ne dépasse guère 18 nœuds en service courant. Elle a cependant obtenu, dans une traversée favorable, 19 nœuds 59. Mais nous n’en étions pas moins restés inférieurs à nos rivaux. 11
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- suffit, pour le montrer, de citer les « records » des
- transatlantiques étrangers :
- Kaiser Wilhelm, allemand. . 22 nœuds 35
- Lucania, anglais............22 — »
- Paris, américain............20 — 95
- Saint-Paul, américain. . . 20 — 80
- Majestic, anglais...........20 — 82
- Umbria......................20 — 09
- Fiirsl Bismarck, allemand. . . 19 - 84
- Touraine, français.......... 19 — 59
- Le paquebot Kaiser Wilhelm, en 1897, alors sortant des chantiers, n‘a mis que 5 jours 17 heures pour aller de Southampton à New-York.
- Pourquoi sommes-nous si en retard vis-à-vis de la concurrence étrangère? Tout se tient. Pour aller vite, il faut de grandes dimensions, des formes de carène effilées, des coques volumineuses pour loger des machines puissantes et leur énorme approvisionnement de houille. La consommation de charbon augmente comme le cube de la vitesse. 11 faut de la largeur, de la longueur et un tirant d’eau approprié. Or, le port du Havre n’est pas assez profond pour recevoir ces grands colosses ; les bassins de radoub sont ou trop étroits ou trop courts. Il y a longtemps qu’on le sait, mais chez nous on discute longtemps avant d’agir et pendant ce temps les autres marchent. Pas de port convenable et, naturellement, pas de transatlantiques à très grande vitesse. Aussi a-t-il fallu résoudre de véritables difficultés de construction pour réaliser des paquebots de 20 nœuds, capables de sortir et de rentrer au Havre.
- Les rapides d’Allemagne, d’Angleterre, d’Amérique ont des dimensions plus considérables. Le Kaiser Wilhelm mesure 197 mètres de long. Le Lucania a 190 mètres; le navire-paquebot allemand, le Deutschland, lancé en janvier dernier à Stettin et qui doit être le plus rapide de tous, mesure 209 mètres. Nous, hélas! 177 mètres au maximum sous peine de rester au quai. Les ingénieurs étrangers peuvent adopter toutes les dimensions, car leurs navires seront toujours à l’aise dans les grands ports de Hambourg, Brême, Liverpool, Southampton, etc. Nous, nous sommes bien mal outillés.
- Malgré tout, la Savoie fera bonne figure au milieu de ses rivaux. Elle franchira l’Océan en moins de six jours emportant 450 passagers de lre classe, 150 de 2e classe, 400 de 3e classe et 380 hommes d’équipage, soit 1380 personnes. Confort, sécurité, et même luxe, il est superflu de le dire.
- Il est curieux de constater les progrès réalisés depuis moins de 35 ans. De 1864 à 1900, la longueur des transatlantiques a passé de 110 à 210 mètres. Les vitesses ont été en croissant de 11 à 22 nœuds. On dit justement que la vitesse coûte cher. En 1866, le paquebot français Washington consommait pour l’aller et le retour, ligne Havre-Nexv-York, 36 000 francs de charbon ; aujourd’hui, la Touraine en consomme pour 107 510 francs et la Savoie en mangera, selon l’expression des marins, pour 147 000 francs. Les derniers paquebots étrangers en dépensent pour près de 160 000 francs. Les dépenses annuelles pour 52 voyages coûtaient à la Compagnie transatlantique autrefois 9 560 000 francs. Avec une flotte de Savoie, elles monteraient à 24 350 000 francs. Enfin, les prix de construction ont grandi aussi en proportion. Le Whasington de 1864 était revenu à 3 millions. La Champagne, un peu plus grande, à 7 500 000 francs. La Touraine, 9 millions; enfin la Savoie reviendra à 12 millions.. L’écart en 35 ans a été pour les divers types extrêmes de 9 millions. Mais aussi quels changements ! Le
- premier bateau à vapeur qui fit la traversée en 1819 mit pour atteindre New-York 41 jours. Aujourd’hui, il suffit de moins de 6 jours !
- Et ce n’est pas fini. Tout grandira encore et, au prochain siècle, on ira sans doute en Amérique aussi vite que nos chemins de fer nous transportent actuellement en Russie. L’Europe sera à trois jours de l’Amérique.
- J.-F. Gau..
- —><$><—
- LE PAYS DE LA SOIF
- On sait qu’il existe dans l’Amérique méridionale, au Pérou notamment, une zone où il ne pleut presque jamais. Une, deux ondées peut-être de très loin en très loin. Les terres sont desséchées et les arbrisseaux brûlés. Mais, dans cette zone, il est une région où la pluie devient une curiosité. Par exemple dans la ville de Payta, à la latitude de 5° sud de l’équateur, on ne voit pas tomber une goutte d’eau pendant des années. L’intervalle moyen entre deux averses, si l’on en croit Science et Industrie, y serait en effet de sept ans ! Sept ans sans pluie.
- Les graines attendent ainsi des années entières une ondée bienfaisante sans pouvoir germer. Elles poussent pendant quelques semaines et meurent. On cite cependant dans le pays un arbre à coton à longues racines qui peut vivre sept ans dans le lit desséché des fleuves. On affirme que depuis quelques siècles cette région du Pérou s’élève sans cesse; la côte serait aujourd’hui surélevée do 15 mètres sur ce qu’elle était autrefois.
- OUTIL A COUPER LES TUBES DE CHAUDIÈRES
- D’une façon générale, et surtout avec les chaudières multitubulaires et aquatubulaires, on a souvent à remplacer des tubes, et par conséquent d’abord à enlever le tube mis hors d’usage : or, comme fréquemment le tube est rivé à chacune de ses extrémités, il y a grand avantage, pour en simplifier l’enlèvement, à le couper inte'rieurement quand il est encore en place, et près d’une de ses extrémités. On comprend que pareille opération n’est pas toujours aisée, étant donné que les tubes sont rarement d’un fort diamètre ; et c’est pour cela qu’un Américain, M. Fletcher, a imaginé un outil très ingénieux et qui n’est nullement compliqué, en même temps qu’il semble devoir donner de bons résultats.
- Dans son ensemble l’outil affecte une apparence à peu près cylindrique, du moins quand il est complètement fermé (comme nous allons l’expliquer)' mais avec un carré à sa partie supérieure, carré qui permettra de le faire tourner dans le tube à couper, et de plus avec un épaulement qui vient porter sur la partie rivée du tube et l’empêche de s’y enfoncer trop loin. En réalité, et comme l’indique bien la figure ci-jointe, qui représente l’outil mis en place dans un tube, ce cylindre se compose de deux parties rentrant partiellement l’une dans l’autre et articulées un peu à la manière d’un compas. Les deux branches sont étroitement serrées l’une contre l’autre au moment où l’on introduit l’outil dans le tube à couper. Mais qu’on remarque auparavant, car il serait trop tard après, la pointe coupante G, qui
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- peut se déplacer en hauteur sous l’action d’une vis e, et qui est disposée tout à fait au bas de l’appareil. Si, quand l’outil a été mis en place, je monte une clef sur le carré, et que je tourne, l’appareil prendra un mouvement de rotation à l’intérieur du tube sans qu’il en résulte rien de particulier ; mais si maintenant je serre un peu l’écrou E, de façon que les deux branches s’écartent légèrement, il est évident aussi que la pointe coupante va rencontrer la paroi du tube, et qu’un nouveau mouvement de rotation lui fera tracer une rayure plus ou moins profonde dans cette paroi. Je n’aurai donc qu’à continuer de faire tourner l’appareil, en serrant de temps à autre et de plus en plus l’écrou E, de telle façon que la pointe coupante pénètre de plus en plus dans l’épaisseur de la paroi du tube, et arrive même fina-lement à la couper totalement.
- Si nous rappelons que la pointe coupante peut se déplacer suivant le sens de l’axe de 1 ’ appareil e n coulissant dans l’évidement ménagé dans ce but, et sous l’influence de la vis e, on com-prendra que l’on a la faculté de couper le tube à la distance que l’on désire (suivant certaines limites) du bout même de ce tube. Toutes ces dispositions sont rustiques et ne doivent pas être susceptibles de se déranger facilement. D. L.
- IA PRODUCTION DU MAÏS
- AUX ÉTATS-UNIS
- Tout le monde sait que les Etats-Unis sont grands producteurs de céréales, et quand on lit des détails sur leurs récoltes de « corn », et que l’on ne possède pas suffisamment les différences caractéristiques qui séparent l’anglais des Américains de celui des Anglais mêmes, on est tenté de croire qu’il s’agit là de la production du blé : l’énormité des chiffres ne fait que confirmer cette opinion. Mais alors que, de l’autre coté du Pas de Calais,
- « corn » veut dire blé, par delà l’Atlantique et dans les vastes étendues de l’Indiana et de l’Illinois, ce mot désigne tout simplement le maïs.
- C’est la céréale américaine ou plutôt yankee par excellence, son importance efface toutes les autres. Si, par exemple, nous interrogeons la remarquable publication que fait paraître chaque année le Département de l’Agriculture de la Confédération, sous le nom de « Yearbook of United States Department of Agriculture », nous y voyons que la récolte de maïs de la campagne 1898 a pu atteindre 1924 millions de boisseaux, ce qui fait en mesures françaises,un peu plus de71 milliards de litres! Nous n’insistons pas sur la valeur de cette récolte, qui était de 287 millions de francs, parce que la valeur en question est essentiellement variable suivant l’état du marché ; mais il est du moins intéressant de faire remarquer que cette culture occupait à ce même moment une superficie énorme de plus de 31 millions d’hectares. Pour apprécier encore mieux cette donnée, disons que la superficie cultivée en blé, toujours pendant l’année 1898, ne s’élevait qu’à 18 millions d’hectares, que le chiffre correspondant n’était que de 10 1/2 millions pour l’avoine et enfin que le coton, qui est pourtant une des principales ressources de la Confédération américaine, n’occupait pas 10 millions d’hectares !
- Mais la comparaison la plus édifiante et la plus parlante qu’il soit possible de faire, c’est de mettre en regard la production actuelle des États-Unis et celle de la France : nous présentons ce résultat comparatif sous la forme d’un graphique, où nous donnons en même temps la récolte de la Confédération en 1866, l’époque la plus lointaine à laquelle nous permettent de remonter les statistiques, puis la récolte française, et enfin la récolte des États-Unis en 1899. Chaque récolte est figurée d’une façon parlante, sous la forme d’un épi de maïs dont les dimensions sont proportionnelles à l’importance même de la récolte considérée. Pour prouver l’exactitude mathématique de cette comparaison figurée et quelque peu humoristique, nous fournissons les chiffres exacts au lecteur : d’une part, la culture du maïs donne en France à peu près 1070 millions de litres, tandis que le total correspondant est de 2500 millions de boisseaux pour les États-Unis, d’après les appréciations les mieux fondées, ces 2500 millions de boisseaux représentent 92 1/2 milliards de litres; d’autre part, la production de 1866 a été de 867 millions de boisseaux, ce qui fait à peu près exactement 32 milliards de litres. Ces différents chiffres supposent une progression énorme dans les surfaces cultivées aux États-Unis, et ils font disparaître presque complètement la production française.
- On a certainement remarqué que le total que nous venons de donner pour la campagne de 1899 est de beaucoup supérieur à celui que nous avions rapporté tout à l’heure pour la récolte de 1898 : le fait est que l’année 1899 est tout à fait exception-
- Oulil à couper les tubes de chaudière.
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- nelle à ce point de vue, et c’est même ce qui nous a amené à penser que le moment serait opportun de signaler le rôle absolument étonnant que le maïs joue dans les cultures américaines. A la vérité, les statistiques yankees avaient déjà pu relever en la matière ce que l’on nomme là-bas des années « records », et c’est ainsi que le chiffre de la production avait atteint 2115 millions de boisseaux en 1889, 2151 en 1895,
- 2284 en 1896, mais tout cela est aujourd’hui bien dépassé. Quoiqu’il ne soit pas encore possible d’établir des relevés absolument exacts et surtout absolument détaillés sur la récolte dans les différents États pour la campagne qui vient de finir, nous pouvons signaler, parmi les grands producteurs de maïs, le Kansas avec 340 millions de boisseaux, le Nebraska avec 310, puis l’Iowa avec 260, enfin-les 230 millions de l’Illinois. Ce sont évidemment des niasses qui passent tout ce que 1 ’ imagination peut saisir, et, pour les matérialiser un peu, nous dirons, comme certains de nos confrères de la presse américaine, que, pour porter au marché, dans des charrettes ordinaires, la seule récolte du Kansas, il faudrait une file monstrueuse de 5 millions d’attelages!
- Ce serait une caravane qui ferait le tour du monde.
- Pour égrener les épis de la récolte d’un seul État, encore une fois, il faudrait 80 000 hommes travaillant plus de deux mois ! Supposons enfin
- que l’on veuille charger simultanément sur wagons ces 540 millions de boisseaux : même en ne prenant
- (jue des wagons doués d’une assez forte capacité, 15 tonnes environ, il n’en faudrait pas moins de 600 000 pour emporter cette récolte énorme, et cela ferait un train d’un développement total de 6000 à 7000 kilomètres, en admettant qu’il soit possible de composer un pareil train.
- On comprend de quelle importance est la récolte du maïs pour tout le pays en général et en particulier pour les entreprises de transport ; le maïs est un vrai dieu pour les cultivateurs, et la fin de la récolte donne toujours lieu à des fêtes, que l’on appelle le carnaval du maïs, et où l’on promène des chars de toutes sortes et des allégories de toute espèce; le bienheureux maïs y tient naturellement la première place, et fournit même les
- motifs décoratifs et les costumes de ceux qui figurent dans les cor-Empres-sons-nous défaire remarquer que c’est dans l’Ouest surtout qu’on se livre à ces cérémonies et à ces fêtes, parce que c’est là surtout que le maïs est cultivé en abondance. Si, en effet, nous nous reportons aux statistiques de 1898 (les dernières qui soient complètes, ainsi que nous l’avons dit, nous voyons que la culture en question se répartit assez inégalement à la surface de l’immense Confédération. Pour résumer ces données, en ne nous occupant que
- Plus de 200 Millions de boisseaux.
- Plus de 100
- Plus de 30____„____
- SOUTH
- gggysffj Toronto
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- Fig. 2. — Carie des États-Unis indiquant les principaux États producteurs de maïs.
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- des États grands producteurs, nous avons dressé une carte spéciale, qui serait, bien entendu, quelque peu changée par les résultats de la campagne 1899 et les modifications qui se produisent dune année à l’autre dans un même État, mais qui permet de se rendre parfaitement compte des régions où se centralise réellement la culture qui nous intéresse.
- Un verra sur cette carte que l'iowa avait produit plus de 200 millions de boisseaux (exactement 255), ({lie parmi ceux dont la production dépassait 100 millions, nous trouvons au premier rang l'Illinois, puis le Texas, l’Ohio, l'Indiana, le Missouri, le Kansas et le Nebraska. Viennent ensuite, avec des récolt es oscillant entre 50 et 80 millions, la Pen-sylvanie, la Virginie, la Caroline du Nord, l’Ala-bama, le Mississipi, l’Arkansas, le Tennessee, le Kentucky, le Michigan, le Wisconsin et le Minnesota. Insistons sur ce point, qui est fort important, qu’une grande partie de la récolte demeure dans T Etat où elle est produite : pour 1898, par exemple, on a consommé sur place 5528 millions de boisseaux, et cela est fort heureux, car autrement il serait bien difficile de réunir des moyens de transport suffisants pour emporter toute cette masse de maïs sur les marchés, et surtout l’on ne trouverait pas assez de consommateurs pour absorber la récolte. Les agriculteurs américains emploient la plus grosse part de leur maïs à engraisser des porcs et des bestiaux de toute sorte, mais dès maintenant ils ne savent plus guère que faire de leurs récoltes prodigieuses, ils sont embarrassés de leur richesse.
- Us en sont à chercher des usages nouveaux pour cette substance, ou tout au moins à s’efforcer de développer les usages existants, à faire adopter complètement le maïs là où l’on n'en tire encore parti que timidement.
- Ils ont même lancé la nouvelle qu’il est possible de tirer du maïs une sorte de succédané du caoutchouc : et en cela on se préoccupait moins de l’épuisement des sources ordinaires de caoutchouc, que du débouché énorme que la nouvelle invention viendrait donner à la consommation du maïs. C’est encore dans ce but que M. H. W. Wiley, chimiste du Département de l’Agriculture, avait été chargé de préparer une excellente brochure que nous avons entre les mains, et qui est intitulée « Composition of Maize (Indian corn) », c’est-à-dire composition du maïs. Elle était destinée à être présentée au troisième Congrès International de Chimie appliquée, qui se tenait à Vienne, et, comme cela ressort parfaitement de la préface, il s’agissait en premier lieu de réagir « contre les préjugés qui existent en Europe au sujet de l’emploi du maïs comme aliment ». Bien entendu, la brochure mettait en lumière également le rôle que cette graine peut jouer dans l’alimentation du bétail, et, ce qui n’était pas moins intéressant, elle insistait sur les usages variés que l’on peut faire du maïs, usages qui ne sont guère connus en Europe.
- Si nous ne nous étions déjà peut-être un peu
- longuement étendu sur cette question du maïs américain, nous aurions pu signaler les divers partis que l’on a appris à tirer du « corn », afin de savoir qu’en faire dans les années d’abondance particulière. II va sans dire qu’on en extrait et de l’amidon et de la glucose, et de l’alcool ; dans tout le Sud on mange couramment du pain de maïs, et Ton affirme s’en trouver fort bien. On s’est mis à exprimer une huile excellente des germes du grain, le germe étant séparé soigneusement, dans la fabrication de la farine : cette huile est légère, ambrée, transparente, sans goût déplaisant, et elle peut s’employer tout aussi bien dans la salade que pour la production des savons ou pour le graissage. On a pu également insister souvent sur la valeur de l'enveloppe de l’épi de maïs, soit pour former un bon cofferdam à bord des navires de guerre, soit pour entrer dans la fabrication des explosifs puissants. Quoi qu’il en soit, comme ces différents usages ne sont pas encore entrés dans la pratique, tout au moins en dehors des Etats-Unis, il est à craindre que les agriculteurs américains ne se trouvent fort embarrassés cette année d’une partie de la récolte énorme qu’ils viennent de rentrer dans leurs granges. Daniel Bellf.t.
- CHRONIQUE
- I.a thermo-sphère. — On a quelque peu parlé ces temps derniers de la thermo-sphère de M. Emmanuel Aimé ; elle a été décrite dans le (( Bulletin illustré de la Société française de navigation aérienne ». C’est un ballon ordinaire incomplètement rempli d’hydrogène, fermé inférieurement par une soupape de sûreté et lesté de manière à ne pouvoir s’enlever par la seule puissance ascensionnelle du gaz. L’appoint d’une certaine quantité de vapeur fournie par un générateur disposé dans la nacelle et amené par un tube vers le centre de la thermosphère est indispensable pour décider le départ et maintenir ensuite l’équilibre. La vapeur injectée élève de quelques degrés la température de l’hydrogène; elle la dilate en lui cédant une partie de la chaleur de vaporisation et en augmente encore le volume de toute la place qu’elle occupe elle-même. A mesure qu’elle se condense partiellement, elle va former un dépôt de rosée sur la surface intérieure du ballon et l’eau ruisselle jusqu’au bas de l’enveloppe d’où un tube la ramène au générateur. L’aéronaute peut à son gré augmenter, modérer, régler le débit de vapeur pour monter, descendre ou stationner à la hauteur désirable sans aucune perte de gaz jusqu’à complet épuisement du pétrole du foyer dont la provision est renouvelable à terre. Avec ce système, M. Emmanuel Aimé compte se diriger entre certaines limites en utilisant les courants atmosphériques superposés et qui sont souvent de sens contraires. On peut d’ailleurs ajouter un propulseur mû par un léger moteur dont ]a vapeur après avoir servi dans la machine pénétrerait dans le ballon, comme il a été dit précédemment, ce qui permettrait de louvoyer entre les courants aériens et d’atteindre la direction fixée. .M. Emmanuel Aimé s’est emparé du principe de Bacon : « On ne triomphe de la nature qu’en obéissant à ses lois ». 11 est évident que de prime abord l’idée semble ingénieuse. Seulement
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- elle n'est pas précisément neuve. M. E. Derval l’avait indiquée il y a longtemps à la Société de navigation aérienne. M. G. Wellner, professeur à l’école de Brunn, l’a également émise dans YAéronaute en 1883; puis M. Duponchel, ingénieur en chef des ponts et chaussées, a décrit un système semblable en 1886. L’utilisation des courants opposés de l’atmosphère date de loin aussi. En sorte qu’on peut dire encore une fois qu’il n’v a rien de neuf sous le soleil pour les ballons. D’ailleurs en pratique l’injection de vapeur ne s’effectuerait pas dans la masse comme on le pense trop facilement. Le problème est complexe.
- Empoisonnement par 1’ a Œnantlie crocata ».
- — M. le 1)' Labesse, d’Angers, vient de signaler plusieurs cas d’empoisonnement causés par Yœnanthe crocata. Cette plante, appelée vulgairement pensacre, penfeu, pépet, pimpin, appartient à la famille des ombelli-fères, aussi ses caractères sont-ils très rapprochés de nombre de plantes servant de comestibles et de condiments comme le céleri, le persil ou le cerfeuil. La plante verte est peu dangereuse, par ce fait qu’elle n’atteint son complet développement qu’au moment même où les herbages destinés à donner le foin ne sont pas consacrés encore au pâturage des animaux. Il n’en est pas de même des tubercules. Ceux-ci, rappelant la forme du navet, possèdent une saveur douceâtre et une odeur aromatique qui ne peuvent mettre en garde contre le redoutable poison qu’ils recèlent. C’est surtout au moment où le cultivateur refait les fossés de ses pâturages, mettant alors à nu les dangereuses racines, que les empoisonnements se produisent. Les animaux ne trouvant à cette époque qu’une herbe courte et maigre, absorbent facilement les tubercules, et de graves accidents se produisent. On ne saurait trop attirer l’attention des cultivateurs et des vétérinaires sur les dangers que présente Yœnanthe crocata dans nos prairies et en particulier dans celles de l’ouest. Il est indispensable de noter les endroits où le penfeu a été observé, afin d’en écarter les animaux à l’époque du curage des fossés.
- Les œufs en Allemagne et en Angleterre. — D'après Y Éleveur : Le club (( Feutscher Deflugelziichter » vient d’établir des dépôts d’œufs dans les principales villes, notamment à Chemnitz et Leipzig; il se propose ainsi de fournir au consommateur, avec une sincère garantie, des œufs de belle qualité et vraiment frais, et d’autre part, de procurer aux éleveurs qui se préoccupent plus particulièrement de leur basse-cour une vente meilleure et plus facile. Pour pouvoir toujours établir par quel membre du club un œuf mauvais a été livré, on exige que tout éleveur, avant d’envoyer ses produits au dépôt, marque chacun d’eux d’un signe conventionnel qui le désigne comme frais. En échange d’un œuf vendu comme frais et qui ne serait pas mangeable, l’acheteur, comme compensation, en recevra quinze autres gracieusement et sans nouveau débours. Les produits des membres qui livreront des œufs mauvais seront exclus du dépôt pour un temps déterminé par le préposé. La valeur des œufs importés en Angleterre a été de plus de 109 millions de francs en 1897, el 111 millions en 1898. Dans ce chiffre, c’est la Russie qui détient la première place avec 24 millions de francs, puis l’Allemagne et la France avec chacune 20 millions, la Belgique avec 18 millions et le Danemark avec 17 millions.
- Appareil démise à la terre. — Pour éviter tout accident dans les appareils électriques à haute tension,
- dans les transformateurs par exemple et éviter que le circuit secondaire ne soit à un moment relié au circuit primaire, on a l’habitude de disposer un appareil qui réunit le circuit à la terre dès qu’il se produit un contact intérieur entre les circuits. M. Vedovelli a récemment décrit à la Société des électriciens une nouvelle disposition d’appareil de ce genre dù à M. Steele. Get appareil renferme dans une petite boîte en fonte un interrupteur relié d’un côté à l’installation électrique et de l’autre à la terre. Si la différence de potentiel entre l’installation et la terre dépasse 400 volts, l’interrupteur se ferme et les deux circuits sont réunis. En temps ordinaire, c’est un petit fil d’argent qui retient le ressort de l’interrupteur. Ge fil d’argent est d’un côté relié à la ligne et de l’autre côté à une partie métallique qui est séparée par un isolant de l’installation. L’isolant est formé par une feuille de mica d’épaisseur convenablement réglée, de 0mm,2 pour 400 volts, et qui est percée de trous d’aiguille. Dès que l’isolement descend au-dessous d’une certaine limite et que la différence de potentiel augmente au delà de 400 volts, un arc s’amorce entre les parties en présence et le circuit à haute tension ainsi que le circuit secondaire se trouvent réunis à la terre.
- maladie des pruniers dans le Lot-et-Garonne. — Nous lisons dans la Revue horticole que les cultures des prunes (YEnte, qui sont l’une des principales ressources du Lot-et-Garonne et des départements circonvoisins, sont affectées, depuis l’été de 1897, d’une maladie qui a déjà produit de sérieux dégâts à Villeneuve-sur-Lot et que l’on craint beaucoup de voir se propager. Les arbres atteints périssent par le sommet des jeunes rameaux, d’après ce que nous dit le rapport de MM. Pril-lieux et Delacroix publié par la Feuille d'information du ministère de l’agriculture. Ges rameaux perdent leurs feuilles et se dessèchent peu à peu. On voit apparaître en même temps un écoulement abondant de gomme qui s’échappe par de petites perforations circulaires placées à la base des bourgeons. Sur les branches plus grosses, ces perforations aboutissent à des galeries latérales, qui sont dues à un scolyte. Les blessures faites par cet insecte sont la cause de cette production gommeuse qui épuise et fait rapidement périr les arbres. Le traitement préconisé consiste, d’une part, dans la destruction des larves par le feu en brûlant toutes les branches malades ; d’autre part, à donner plus de soins à la culture des arbres fruitiers; fumure, taille, etc.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 avril 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- Transmission des rayons du radium. — M. Becquerel a étudié la transmission, à travers les corps, des rayons émis par le radium; il a constaté qu’une partie des rayons est transmise normalement, tandis que l’autre se réfléchit et se diffuse.
- Transport d’électricité par les rayons secondaires.
- — MM. Gurie et Sagnac ont constaté, d’après la Note présentée par M. Becquerel, que les rayons X ne transportaient aucune charge électrique appréciable; les rayons secondaires, au contraire, sont chargés négativement; leur charge varie avec le métal qui les produit : les rayons émanés du plomb, du platine transportent des quantités plus fortes que ceux émis par l’aluminium.
- Nouveau mode d'entretien électrique des diapasons.
- — D’après la Note présentée par M. Lippmann, M. Guillet
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- LÀ NATURE.
- aurait obtenu des résultats beaucoup plus satisfaisants dans l’excitation des diapasons par un électro-aimant, en fermant le courant de la pile non sur le diapason, mais sur un microphone intercalé dans le circuit.
- A propos de navigation aérienne. — M. Marey dépose un mémoire du capitaine Debureau qui espère, en utilisant certains vents de durée et de direction assez constantes, pouvoir assurer d’une façon régulière la traversée du Sahara par un service de ballons.
- Immunité contre le charbon symptomatique. — D’après la nouvelle Note de M. Arloing présentée par M. Marey, l’injection préalable du sérum immunisant suffit pour rendre un mouton réfractaire aux effets d’une injection de virus naturel. L’immunité passive est transformée en une solide immunité active. L’injection d’un mélange de sérum et de virus agit, au contraire, très activement sur le mouton qui finit par succomber.
- Élection d'un Correspondant. — M. Michelson de Chicago est élu Correspondant de l’Académie pour la section de Physique. J. Giraud.
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- MOTEUR PRESSE-PAPIER
- La mécanique est entrée dans nos habitudes, et il nous plaît de voir se mettre en marche et fonctionner le plus petit mécanisme qui nous tombe sous les yeux. En,s’inspirant de cette idée, un ingénieux constructeur de divers appareils mécaniques a eu l’idée récemment de faire un presse-papier avec une petite machine à vapeur posée sur un socle. Mais il a voulu que la machine pût se mettre en marche et fonctionner à volonté. Il a construit le petit moteur que représente la figure ci-jointe et dont nous pouvons
- Moteur presse-papier.
- distinguer toutes les pièces principales. Au premier plan nous voyons le cylindre fixe avec la tige du piston et la bielle ; en arrière se trouvent le tiroir de distribution, la tige du tiroir et l’excentrique; on distingue même le tube d’arrivée de vapeur. L’arbre moteur, sur lequel sont montés la bielle de la tige du piston et l’excentrique, porte un volant et à son extrémité une roue dentée qui vient s’engrener dans une vis tangente verticale portant le régulateur. Cette vis tangente est mise en action par un mouvement d’horlogerie placé dans le socle. La vis entraîne la roue dentée qui transmet le mouvement à l’arbre et par suite à la tige du piston et à l’excentrique. Ce petit moteur en fonction donne ainsi l’illusion de la marche d’une machine à vapeur horizontale de grande puissance. Le mouvement d’horlogerie permet une marche d’environ 15 minutes.
- On peut se demander quelle est la puissance de ce moteur, et s’il peut être utilisé dans quelques
- circonstances. Bien qu’il soit difficile de déterminer la puissance d’un moteur actionné par un mouvement d’horlogerie, attendu que l’on peut faire varier cette puissance dans des conditions très étendues en bandant plus ou moins le ressort, nous avons essayé de faire l’essai en faisant remonter par le moteur un poids déterminé à une certaine hauteur et en observant le temps écoulé. Nous avons trouvé que le moteur a pu remonter un poids de 5 grammes à une hauteur de 61 centimètres en 2 minutes 50 secondes ; sa puissance était donc dans ces conditions de 2 grammes-centimètres par seconde. Cette puissance est bien faible; mais elle pourrait encore quelquefois être utilisée pour mettre en mouvement une légère feuille de papier et constituer ainsi un petit ventilateur très agréable en été. J. L.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE.
- 21 AVRIL 1900.
- COCONS AMBULANTS
- Nous promenant un jour de Télé 1884, sur les bords du Yang-tze-Kiang, aux environs de Iian-Kéou, au centre de la Chine, nous fûmes tout étonnés de voir sur les saules, dont les pieds sont baignés par les eaux du Fils de l’Océan, des fruits que nous ne connaissions pas à la famille des Salicinées. Notre étonnement s’accentua quand nous étant approché, pour les examiner, nous vîmes les-dits fruits se promener sur les branches. Les ayant cueillis, nous reconnûmes que nous étions victime d ’ une illusion d’optique. Les olives grises et allongées que nous avions entre les doigts n’étaient autre chose que des cocons de soie recouverts çà et là de fragments de feuilles ou de petits bouts de bois. Contrairement à ce qu’on observe dans la majorité des cocons, ils étaient ouverts aux deux extrémités. A l’orifice le plus large se montra bientôt la tète noirâtre d’une chenille. Ceci nous apprit que nous avions trouvé là non des cocons mais ce qu’en histoire naturelle on appelle plus exactement un fourreau, les cocons proprement dits n'enveloppant qu’une chrysalide. Dans le fourreau, au contraire, s’abritent successivement la chenille, puis la chrysalide. L’insecte parfait, si c’est une femelle, n’en sortira même pas toujours, et c’est sur place qu’elle pondra ses œufs. Sitôt éclose, la jeune larve se forme un vêtement protecteur avec la hourre de soie de l’enveloppe maternelle. Au fur et à mesure de sa croissance, elle augmente le diamètre et la longueur de son habitation, quelle traîne après elle comme le colimaçon sa coquille. Il résulte de cette S8" année. — l" semestre.
- façon d’agir que le fil du fourreau n’est pas continu et ne peut, par suite, être dévidé. On pourrait utiliser cette soie en la cardant, mais les Chinois la dédaignent, ayant sous la main les beaux et riches cocons du ver à soie du mûrier. Au moment de se convertir en chrysalide, la chenille fixe le cocon sur une branche, au moyen d’une boucle de soie, puis
- elle se retourne dans le fourreau, de façon à présenter la tête là oii tout à l’heure elle avait la queue. C’est que la vie ambulante est terminée pour l’insecte. Au bout de quelques mois, le papillon éclôt. Si c’est un mâle, il s’envole et va prendre de courts ébats. Si c’est une femelle, nous l’avons dit, sa vie se passe, en général, tout entière dans l’étui protecteur; elle n’en sort même pas toujours pour le mariage. Elle est donc une image bien infidèle de l’àme, dont certains genres de ces curieux lépidoptères portent le nom (Psyché ou Ani-mula), mais représente plutôt l’existence claustrale de la femme chinoise qui passe sa vie enfermée dans le gynécée, ne marchant qu’avec peine sur ses pauvres pieds comprimés et transformés par la mode cruelle en informes moignons. La femelle de YEumeta Pryeri Leech, qui habite les fourreaux dont nous venons de parler, n’est guère plus volage que la chinoise de qualité, puisque, par une exception assez rare dans la classe des lépidoptères, elle est complètement dépourvue d’ailes et que ses pattes sont à peu près invisibles. Si YEumeta n’est pas utilisé pour la soie de son fourreau, il sert du moins à nourrir les volailles qui sont très friande de l’insecte contenu dans ces vilains cocons de soie grise.
- L’étude des Psychides nous a fait connaître, de-
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- Cocons ambulants. — 1. Fourreau d’Eumcla Muddermanni (I)clagoa-Bay). — 2. Fourreau d’Animula Sumatrensis (Aniboiue). — 5. Fourreau à'Eu-meta Layardi (Ceylau). — A. Fourreau de Psyché quadrangularis (Algérie). — 5. Fourreau de Psyché nlbida (France). — 6. Fourreau de Psyché hcticinella (Pyrénées). — 7. Fourreau de Aplerona crenu-lella (Enviions de Paris). — 8. Fourreau de Psyché hirsuteUa (Environs de Paris). — 9. Fourreau de Fumea nilidella (Environs de Paris).
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- puis, des fourreaux bien autrement curieux que ceux observés à Han-Kéou. Le plus grand de tous ceux que nous connaissions appartient à une espèce habitant l'Australie (Nouvelle-Galles du Sud). Long de lfi centimètres et large de 7>, au milieu, il est recouvert partiellement de brindilles de bois mesurant jusqu'à 5 centimètres et disposées en rangées parallèles, dans le sens de la longueur, séparées l’une de l’autre par un espace de 2 à 5 millimètres.
- Ces brindilles appartiennent au Melaleuca et Lep-tospennum dont les feuilles servent à la nourriture de l’insecte décrit par Westwood, sous le nom d'Oiketicus Sanndersii. D’autres Oiketicus, du même pays, confectionnent des fourreaux, l’un simulant un fruit à cotes, l’autre une pomme de pin; le troisième ressemble, grâce aux brindilles qui le garnissent, à un petit hérisson. Westwood figure encore1 un fourreau de 4 centimètres de long sur 1 de large, parfaitement cylindrique et entièrement recouvert de brindilles d’égales dimensions; deux bandelettes de soie qui les cerclent, près des deux extrémités, lui donnent l’apparence exacte d’un petit faisceau de licteur sans la hache, ou, si l’on aime mieux, d’un paquet d’aiguilles à tricoter. 11 provient de Ceylan. Un autre constructeur de fagots existe à Delagoa Bay, dans l’Afrique du sud, c’est YEumeta Moddermanni Ileyl. La soie de son fourreau est complètement recouverte de petits bouts de bois étroitement serrés l’un contre l’autre. Ceci donne une sorte de petit margotin de 4 à 5 centimètres de long sur 2 à 5 de large. Les bûchettes bien ajustées de niveau du coté de la tète sont d’inégale longueur à l’autre extrémité. La figure ci-jointe en est une reproduction exacte.
- Certains fourreaux provenant de Java et de Sumatra, dont les bûchettes ont presque exactement la môme dimension, ressemblent à un paquet d’allumettes. Ils sont l’oeuvre de YEumeta Weyersi Ileyl.
- Nous avons encore vu des fourreaux possédant à s’y méprendre la forme et la dimension d’une petite cigarette en soie unie jaune clair. Ils sont fabriqués à Sumatra et à Amboine par l’Animula Su ma (remis Ileyl. Par contre, YEumeta Layardi Moore adopte pour les siens la forme et la couleur d’un petit cigare de Manille. Les ramasseurs de mégots les prendraient à coup sûr pour des bouts de cigares oubliés sur les arbres.
- Le cocon de Psychide le plus curieux et le plus parfaitement construit qu’il nous ait été donné de voir appartient à la Psyché quadranguiaris, vivant en Algérie et en Perse. Sa forme est celle d’une petite pyramide tronquée entièrement formée, à l'extérieur, de bouts d’alfa très serrés l'un contre l'autre dans le sens de la largeur. Cette construction, des plus remarquables, rappelle un peu le sens géométrique des abeilles. Elle mesure en général
- 1 Proceedings of the zoological Society of London, 185L
- 2 à 2 cent. 1/2 de longueur sur 8 millimètres de largeur à la base et 2 à 3 au sommet. Nous venons de voir un fourreau de Psychide du Brésil ayant 8 centimètres de long et entièrement recouvert de petits bouts de bois creux de 1 centimètre, disposés en travers du cocon et dont les bouts se croisent légèrement. Ils forment à peu près une enveloppe octogonale. L’insecte nous est inconnu.
- Nous possédons en France de nombreuses Psy-chides de petite dimension, vivant en général sur les graminées, parfois aussi sur les lichens et la mousse. Dans ce dernier cas, le fourreau est recouvert de brins de ce végétal ; aussi les gens de certaines régions appellent-ils ces fourreaux « la mousse qui marche ». Leur nom scientifique est Psyché albida.
- Une espèce des Alpes recouvrant sa demeure de paillettes brillantes de mica (Psyché teneUa) pourrait être appelée par suite : la pierre qui marche. Dans les Pyrénées, la Psyché helicinella se loge dans un fourreau turbiné simulant à s’y méprendre, par la forme et la couleur, un petit colimaçon noir, de là son nom spécifique. Chez une autre espèce, beaucoup plus répandue, YAptevona erenunetla, le fourreau est très surbaissé et rappelle plutôt une petite Hélix d’eau douce.
- Les jolis noms de Psyché, âme, et d’Animula, petite âme, donnés à ces lépidoptères feraient croire au premier abord que les ailes des mâles doivent posséder des couleurs en harmonie avec celles des Heurs et des oiseaux des pays du soleil. 11 n’en est rien, ces papillons étant généralement de couleur terne, gris noirâtre ou brunâtre, parfois mais rarement blanchâtre avec quelques dessins. Ces teintes peu voyantes, les petites dimensions de ces curieux insectes font qu’ils échappent le plus souvent aux regards. Ils passent comme un léger souffle et semblent s’évanouir et disparaître comme un esprit. C’est là plutôt qu’il faut chercher la cause du nom qui leur a été donné. A.-A. I’advel.
- INAUGURATION DE L’EXPOSITION DE 190C
- En dépit des prédictions les plus noires, et malgré les difficultés internationales qui ont attristé le monde pendant ces dernières années, l’Exposition universelle a été livrée au public le dimanche de Pâques 15 avril, avec le concours de tous les pays, y compris ceux qui avaient le plus souffert, y compris même ceux qui souffrent encore des horreurs de la guerre. Trente-neuf pavillons étrangers battent les couleurs de trente-neuf contrées aux sommets des différents édifices élevés sur les bords de la Seine, et nous ne comprenons point dans ce nombre les colonies françaises qui apportent, en notre Paris moderne, des impressions nouvelles d’exotisme venues un peu de tous les coins de la terre.
- La fête d’inauguration a eu lieu, la veille de l’ouverture officielle, dans la grande salle des Fêtes aménagée avec un luxe inouï dans la partie centrale de l'ancienne galerie des machines; tous les corps constitués ont été représentés y compris les représentants des nations étrangères; les invités de la cérémonie, au nombre de 14000,
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- LA NATURE.
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- enduraient le Président de la République, M. Waldeck-Rousseau, président du Conseil, M. Millerand, Ministre du commerce, de l’industrie, des postes et télégraphes et M. Alfred Picard, commissaire général de l’Exposition de 11)00, qui ont successivement prononcé des discours sanctionnant la date du 15 avril comme étant la journée inaugurale de l’Exposition.
- La première fois qu’il fut question de l’Exposition de 1000 ce fut en 1892, dans un décret du 13 juillet signé du Ministre du commerce Jules Roche. Il a donc fallu six années pour la préparer et la réaliser.
- Les collaborateurs de l’Exposition sont connus du public : c’est d’abord M. Alfred Picard qui en a été l’àme constante, c’est à sa puissance de travail et à son opiniâtreté que l’Exposition a pu être ouverte au jour promis. M. Delaunay-Belleville, directeur général de l’Exploitation, était plus spécialement chargé des sections étrangères, tandis que M. Stéphane Dervillé, le sympathique Président du chemin de fer de Lyon, recevait la mission de diriger les sections françaises. Le quatrième grand directeur était M. Bouvard, directeur de l’architecture, qui a élaboré le plan général de l’Exposition. M. Grison enfin était chargé du service financier.
- A l’heure actuelle l’Exposition est-elle prête? Oui et non.
- Les constructions sont en place et, on peut le dire, achevées. Les jardins sont dessinés; le décor d’enseinble est prêt; il n’y a presque pas d’échafaudages. Il reste bien encore quelques touches de couleurs à poser, quelques raccords de sculpture à finir, mais ce sont là des travaux isolés de parachèvement qui n’intéressent en rien l’aspect général. Les visiteurs qui ont parcouru les chantiers ces dernières semaines seront forcément très surpris de voir les transformations opérées, et le tour de force qui a consisté à transformer en quelques jours un chantier boueux en palais bien propres et bien présentés n’est pas un des moindres mérites des organisateurs. Ainsi, la salle des Eûtes, dans laquelle a eu lieu la cérémonie d’inauguration, n’était qu’une véritable fondrière huit jours avant le 14 avril et tous ceux qui ont assisté à cette fête ont été éblouis de son aspect charmant sous le chatoiement de vitraux qui envoyaient des notes colorées et harmonieuses sur les peintures et sur la décoration.
- Si l’extérieur des monuments est prêt, si l'Exposition se présente au dehors comme achevée, on ne peut en dire autant des installations intérieures qui ne sont terminées sur aucun point et qui se trouvent considérablement en retard sur plusieurs. Les exposants n’ont pas répondu à l’appel avec l’exactitude qu’on aurait pu espérer d’eux. Sans doute, ils croyaient que l’Exposition ne serait pas ouverte à la dite fixée, ils ont mis de la négligence aux heures où le travail eût été facile; ils ont ensuite cherché à se rattrapera la fin; mais c’était trop tard : il y a eu encombrement de marchandises au point qu’il a fallu arrêter l’arrivée des wagons et des caisses pendant quatre jours pour faire place nette le 14 avril.
- Les comités d’installation n’ont pas tous fonctionné avec l’activité voulue; ils ont attendu que tous les palais fussent prêts pour commencer leur travail. De leur côté, les étrangers ne perdaient point leur temps, ils profitaient des moindres parcelles de terrain disponibles pour placer leurs fondations. C’est ainsi que dans le Palais de la force motrice, au Champ-de-Mars, des machines allemandes sont actuellement montées et prêtes à fonctionner, alors que la plupart des machines françaises ne sont pas encore posées sur leurs fondations et cependant les aménage-
- ments pour la France étaient prêts avant ceux des nations étrangères.
- Dans quelques semaines, grâce à l’effort de la dernière heure, effort vraiment prodigieux et qui ne se ralentit pas depuis l’ouverture, toutes les installations seront terminées et l’Exposition se montrera dans tout son éclat.
- Par la brillante réunion qu’elle aura suscitée de toutes les industries de tous les pays, elle jouera son vrai rôle de médiatrice, pour le progrès et la paix, grâce au concours combiné de toutes les bonnes volontés et de toutes les intelligences. A. n.v Cunha.
- LES BALLONS ET L’HYDROGÈNE
- L’accident mortel qui est arrivé pendant le gonflement d’un ballon au Parc de Chalais-Meudon (Voy. Inform. n° 1403), n’est pas le premier exemple d’intoxication par l’hydrogène arsénié. 11 y en a déjà eu, notamment en 1891. M. le l)r Maljean, aide-major de lr° classe, a eu l’occasion d’observer plusieurs cas d’empoisonnement par le gaz des ballons1. La Revue de Génie militaire est aussi revenue sur ce sujet4.
- L’intoxication se manifeste par un malaise général, des nausées, des maux de tète, des étourdissements, une courbature générale; l’urine devient très noire; la peau se colore en jaune verdâtre. La guérison vient en général au bout d’une huitaine de jours, mais est accompagnée d’une perte de poids assez notable (2 kg).
- Tous ces symptômes sont, à l’intensité près, ceux de. l’empoisonnement par l’hydrogène arsénié. D’ailleurs, l’essai des urines, au moyen de l’appareil de Marsh, donne les anneaux caractéristiques. Sur la paroi intérieure de l’aérostat, on trouve parfois un dépôt pulvérulent, qui fournit la même réaction.
- Le sulfate de cuivre ou le bichlorure de mercure permettraient sans doute d’absorber plus complètement ce gaz toxique.
- Afin de prévenir le retour de ces accidents, le Dr Maljean recommande l’emploi du baroscope du capitaine Lindecker, qui permet de vérifier, sans flairer, si l’on a bien affaire à un mélange d’hydrogène et d’air ou à de l’hydrogène. 11 conseille, en outre, l’usage du chlorure de chaux, dont les émanations suffisent à décomposer l’hydrogène arsénié, sans irriter en aucune façon les organes respiratoires.
- 11 est utile vraiment d’appeler l’attention en ce moment où l’on gonfle tant d’aérostats sur ce danger beaucoup trop méconnu. J.-F. Gall.
- L’ASSÈCHEMENT DES CHUTES DU NIAGARA
- On a parlé souvent depuis quelques années de ta disparition inévitable (au bout d’un temps plus ou moins long) des fameuses et magnifiques chutes du Niagara, et cela par suite des érosions qui font constamment reculer ces chutes. Cette fois il s’agit d’une autre catastrophe qui les menace : celle de leur mise à sec, l’eau qui y forme actuellement ces admirables cascades devant un jour prendre un tout autre chemin. Nous en trouvons l’annonce, et on peut dire la menace pour les admirateurs des mer.-
- 1 Avril, de méd. et de ph. milit., février 1900.
- 2 Mars 1900.
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- LA AA Tl HL.
- veilles de la nature, dans une savante étude publiée par M. G. K. Gilbert sous le titre de « Recent earth movement in the great Lakes région », étude qui a paru dans le volume annuel du Service Géologique des États-Unis.
- Nous ne pouvons pas suivre l’auteur dans son examen critique des différents mouvements qui ont pu être constatés sur les rives des Grands Lacs ; nous nous contenterons de dire qu’il a pu observer avec une exactitude mathématique des mouvements de plongement des côtes. Tout le bassin des lacs s’élève dans un sens, tandis qu'il s’abaisse par contre dans l'autre; l’inclinaison se fait dans le sens du sud-sud-ouest, et l'affaissement doit ressortir à une proportion de 0,42 pied en cent ans. C’est évidemment peu au point de vue pratique, mais en matière géologique le temps n’est rien, et l’on doit prévoir le moment relativement peu éloigné où l’eau se sera suffisamment élevée au sud du lac Michigan, pour modi-lier les conditions de déversement de la nappe du lac et par suite l’écoulement du Niagara.
- En effet, affirme M. Gilbert, si l’on n’y pourvoit au moyen de travaux hydrauli-ques spéciaux, dans quelques siècles, le Michigan s’écoulera danslTllinoisetle Mississipi, utilisant un ancien lit de rivière qui s’était formé dans les temps géologiques : tout d’abord cette décharge nouvelle ne jouera son rôle que quand les eaux du lac seront particulièrement hautes ; mais le mouvement d’oscillation continuant de s’accentuer, et cela environ dans 1500 ans, cette future rivière aura un cours régulier et continu. Dans 2000 ans elle recevra et déversera autant d'eau que le Niagara, et emportera cette masse liquide dans l’Illinois. De la sorte, les chutes du Niagara, dans 2500 ans, seront intermittentes, et elles ne se produiront que quand les eaux de l’Érié seront hautes. Enfin dans 3500 ans, l'affaissement des côtes aura submergé et Chicago et une foule de villes des rives des Grands Lacs ; le lac Erié se déversera dans le lac Iluron, et il n’y aura plus de Niagara, à moins cependant que le mouvement des côtes qu’il est facile d’observer avec certitude pour l’instant ne vienne à s’arrêter ou même à se renverser complètement. P. de M.
- DÉCOUVERTE DE KAOLIN
- AU SUD DE LA RUSSIE
- L’officier du génie russe Eugène Le Haupick a découvert récemment de forts dépôts de kaolin au sud de la Russie près de Nicolaïef dans le village Wassiliewka, gouvernement de Khevson. C’est le géologue français, M. Rarbot de Margny, attaché au service de l'Empire russe sous Alexandre II, qui le premier devina l’importance des dépôts de kaolin qui viennent d’être découverts par M. Le Haupick.
- Les kaolins de Wassiliewka ont été étudiés sur place par les ingénieurs belges sous la direction de M. Jules Delecourt-Wincgz, ingénieur-conseil de la Cie Internationale de recherches de mines. Ce sont des kaolins sédimentaires déposés dans un terrain tertiaire et résultant de la décomposition des roches granitiques peg-matiques qu ’ on retrouve encore en grande quantité non décomposés dans cette partie de la Russie. Ces roches, d’une origine éruptive, sont, d’après l’opinion de M. Barbot de Margny et des géologues russes, la continuation des Karpathes.
- La sonde a traversé en outre toute une série de terres plastiques, depuis l’argile à potier jusqu’à la terre de pipe. La hauteur de la couche de kaolin est de 4 mètres et elle se trouve sous le sol de la vallée à une profondeur de 2 mètres. Le banc de la couche a 1 kilomètre de largeur et une longueur de 2 kilomètres.
- L’analyse du kaolin faite au Bureau d’essai de l’École des mines, à Paris, a donné 50,30 pour 100 de silice et 58,40 pour 100 d’alumine.
- Les applications de ce kaolin dans les fours à la Manufacture de Sèvres, à la Manufattura Ginovi de Florence, ainsi que chez les frères Roch, en Belgique, ont fait voir que l’on pouvait fabriquer avec lui de la très bonne porcelaine.
- C’est une société russo-belge qui va s’occuper de la fabrication de toutes espèces de produits céramiques avec le kaolin de Wassiliewka et ce sera la première manufacture de ce genre que l’on inaugurera dans le midi de la Russie. 1). Wriska.
- Dépôts de kaolin à Wassiliewka (Russie).
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- LA NATURE.
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- IA NOUVELLE TARE DE DRESDE
- On a commencé à Dresde, depuis 1890, une série de transformations des plus importantes et aussi des
- plus intéressantes, sur toutes les lignes de chemins de 1er qui aboutissent à cette ville : le point caractéristique de cette évolution a été la création d'une immense gare à voyageurs, dans le cœur mémo de la cité, gare qui est non moins remarquable par
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- Fig. 1. — Vue générale de la nouvelle gare de Dresde.
- ses dimensions que par son aspect architectural.
- 11 faut dire d’une manière générale que les aménagements divers se rattachant de façon ou d autre
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- aux chemins de fer, occupent à Dresde une place considérable, puisque la surface totale qui leur est consacrée atteint jusqu’à 7 pour 100 de la superficie
- Halle du mi lie
- Halle et voles de marchandises.
- Halle! Nord
- Halle Sud
- Fig. 2. — Coupe transversale de la nouvelle gare de voyageurs de Dresde.
- de la ville, où pourtant les parcs et les jardins sont particulièrement multipliés. C’est précisément par suite de l’étendue du terrain qui avait été dès le début concédé à l’ancienne gare dite des Chemins de fer de Bohème, qu’on a pu y installer dans les conditions les meilleures la magnifique station actuelle. La centralisation du mouvement des voyageurs dans la ville saxonne s’imposait d’autant plus que l’Etat
- saxon a racheté successivement les différentes lignes qui conduisent à Leipzig, en Bohème, à Gorlitz, sur Alstadt et sur Berlin. Il était à la fois économique et commode de centraliser l’exploitation en donnant à tous ces réseaux un centre de relations et de correspondances. En fait, comme ces lignes sont les unes des voies de passage, les autres des voies terminus, desservant des trafics quelque peu locaux, la
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- LA N A TU HE.
- sr>-4
- gare est composée en réalité de deux gares de passage, surélevées et disposées de chaque côté d’une gare terminus de niveau avec les rues. En surélevant ainsi de 4m,50 les grandes lignes (comme on peut les appeler), on a eu l’heureuse faculté de pouvoir supprimer tous les passages h niveau, qui sont si gênants et même dangereux pour une exploitation un peu intense. Si l’on coupe transversalement la nouvelle gare, on y aperçoit donc tout naturellement une halle centrale dont le sol est de plain-pied avec la rue, tandis que d’un côté, au nord, s’élève une halle plus petite où les rails sont à la hauteur du premier étage, et que de l’autre côté, an sud, nous apercevons une halle analogue, qui comporte en [dus, parallèlement à elle-même et vers l’extérieur, une halle à deux voies réservée au service des marchandises. Nous devons ajouter que, en avant de l’entrée principale de la gare, qui se trouve naturel-ment dans l'axe du bâtiment, et entre les deux via-ducs donnant passage aux trains de grandes lignes, est une autre petite gare secondaire : celle-ci dessert les trains de banlieue se dirigeant vers Ilodenbach, elle est séparée de la gare principale par une place, et ne présente du reste aucun intérêt.
- Nous ne dirons pas grand'chose des fermes qui forment la charpente des diverses halles : les photographies que nous reproduisons suffisent à en faire saisir les dispositions et la légèreté; pour les trois grandes halles, ce sont des arcs à trois rotules, chaque demi-ferme d’un arc central étant solidaire de la demi-ferme voisine d’un arc latéral; dans la halle centrale, les articulations reposent sur le sol, et dans les autres au niveau des voies supérieures. La largeur totale de la gare atteint 130m,95, dont 32 pour la halle nord, 59 pour ce qu’on pourrait appeler la gare centrale, puis 30m,75 pour la seconde halle surélevée, et le reste pour celle qui est consacrée aux marchandises. Quant à la longueur de ces halles, elle oseille entre 240 mètres pour les halles latérales et 186 pour l’autre. On voit que tout cet ensemble doit couvrir une surface considérable.
- Quand on arrive sur la petite place dont nous parlions tout à l’heure, on se trouve en face des bâtiments de pierre qui constituent la station elle-même, et qui ont assez bonne apparence, sous leur dôme décoré flanqué de deux tours, et en avant duquel s’élève un groupe statuaire, qui représente la Saxe protégeant les arts industriels. Nous pénétrons ainsi par le grand porche sous la rotonde, à laquelle on a tenu à donner grand air, et qui forme le point dé croisée du grand hall disposé suivant l’axe principal du bâtiment et de la galerie transversale parallèle à la façade. La voûte est sobrement décorée d’abord de 4 figures représentant, les Chemins de fer, le Commerce, les Télégraphes et les Finances, et aussi par une suite des armes des villes les plus importantes de la Saxe.
- Qu’on tourne à gauche ou à droite, et l’on trouvera des salles transversales avec des guichets, pour la distribution des billets, et, en face, les guichets
- des bagages. Si, au contraire, nous nous engageons dans le hall central, nous trouvons à gauche, voisins l’un de l’autre, un bureau de tabac et un bureau de change, et en face un télégraphe et un débit de rafraîchissements, et enfin, de part et d’autre, des salles d’attente qui ont directement accès aux quais. La place nous étant ménagée, nous ne pourrons que signaler des porcelaines et des peintures élégantes, vues des grandes villes ou des points curieux de la Saxe, et qui décorent fort agréablement les murailles de la salle d’attente des premières classes. On a construit des escaliers qui conduisent à l’étage supérieur, où l’on a disposé deux buffets.
- Nous n’avons pas besoin de dire que ces derniers ont été spécialement imaginés pour les voyageurs de passage, qui ne sont pas ainsi astreints à descendre dans la station même, et qui ont également à leur disposition des bureaux télégraphiques installés sur les quais surélevés. Les explications forcément sommaires que nous donnons ne pourraient être complétées que par l’examen très simple d’un plan détaillé : on y peut notamment remarquer une combinaison originale qui consiste en ce que toute voie est toujours bordée, d’un côté, par un quai qui est réservé aux voyageurs, de l’autre, par une plateforme qui ne sert qu’au transport et à la manutention des bagages, ce qui supprime toute gêne et tout encombrement. Nous signalerons au passage, et surtout à titre de curiosité, un pavillon royal, richement décoré d’étoffes de soie. Bien entendu, on a multiplié les ascenseurs pour la manutention des bagages, tous les passages inférieurs ont été tapissés de briques blanches émaillées assurant l’éclairage dans les meilleures conditions; d’autre part, pour préserver le trottoir transversal extrême d’un accident analogue à celui qui s’est produit jadis à la gare Montparnasse, par le fait d’un train pénétrant en gare avec une vitesse exagérée, on a disposé des voies sablées qui suffisent à amortir l’allure d’un convoi même lancé et ne freinant plus.
- Si nous voulons donner une dernière idée de l’importance tout exceptionnelle de la gare de Dresde, nous dirons qu’elle peut recevoir et expédier 306 trains par vingt-quatre heures, quelle présente une longueur de trottoirs à voyageurs de 5740 mètres, et une longueur correspondante de 1850 mètres pour les trottoirs à bagages, que les diverses salles d’attente avec les restaurants et buvettes qui en sont le complément, offrent enfin une surface de plus de 3500 mètres carrés. Les dépenses totales qu’a entraînées la construction de cette station avec ses approches, ont dépassé 100 millions de francs, ce qui est énorme pour une contrée qui ne compte pas plus de 3 800000 habitants. Et encore devons-nous ajouter que l’établissement de la gare centrale a été accompagné de toute une série de modifications secondaires dans les voies ferrées qui se réunissent à Dresde : c’est ainsi que l’on a installé une grande gare de triage se raccordant avec les quais du port de l’Elbe. De plus, afin de réunir les différentes gares préexis-
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- tantes, et les mettre en relation avec la nouvelle station centrale, on a dû construire un pont sur l’Elbe, qui a plus de 450 mètres de longueur. Et encore passons-nous sous silence des aménagements secondaires qui ont complété cet énorme programme de transformations. Daniel Beliæt.
- L’ASCENSEUR DE SAINT-GERMAIN
- La ville de Saint-Germain-en-Laye est de toutes les localités de la banlieue parisienne celle qui fut de tout temps la préférée. Sa foret située à l’extrémité du plateau, à plus de 60 mètres d’altitude au-dessus du niveau de la Seine pris au pont de la Tournelle, est le but de promenade des Parisiens, et la ville elle-même est le lieu d’approvisionnement des environs.
- De la terrasse, si célèbre, on domine la plaine; Louis XIY abandonna, dit-on, cette résidence où il était né, parce que de ses appartements il apercevait les tours de Saint-Denis ! Les touristes n’ont pas les mêmes raisons de s’attrister à la vue du tombeau des Rois; ils sont tous amoureux de plein air et d’espace, et rien de tout cela ne manque à Saint-Germain.
- Les routes qui y conduisent sont belles et en partie ombragées. Par Clicliy, Neuilly ou Suresnes on vient aboutir au pont de Chatou et de là le cycliste, après la traversée du bois du Vésinet, passe de nouveau la Seine au pont du Pecq et parvient au pied de la terrasse; mais il n’est pas à la fin de sa peine. Celui-là n’a jamais « cycle » qui ne connaît pas la Rampe des Grottes, les « monteurs de vélos » et les escaliers.
- C’est à tous ceux qui sont passés par là que nous devons d’avoir eu l’idée première de l’ascenseur, car chacun a souhaité d etre transporté sans plus de fatigue à l’entrée de la Terrasse et des routes qui y aboutissent.
- Ce désir est réalisé; au moyen de l’ascenseur situé près du pont du Pecq, à quelques mètres seulement de la fontaine dite des Grottes, le voyageur s’élève à 55 mètres au-dessus de la route; il découvre peu à peu le panorama de la vaste plaine du Yésinet, les sinuosités de la Seine, les coteaux de Marly et ceux d’Argenteuil et plus loin les hauts monuments de Paris.
- Tous les divers systèmes de locomotion et d’élévateurs furent étudiés. Dans un ascenseur à plan incliné, le véhicule ne pouvait être qu’à gradin et par suite moins praticable. L’étroit espace qui existait entre la route et la terrasse nous permettait difficilement l’installation d’une salle d’attente à la station inférieure et l’établissement d’un abri de mécanicien à la partie supérieure; car, la pente dépassait sans cela 0m,65, et nous avions à compter avec les exigences de l’administration des Beaux-Arts. Bref, c’est cette pente excessive, qui, en l’exagérant, nous a conduit à la verticale et nous a enfin
- donné l’idée d’établir un ascenseur hydraulique.
- Si la genèse du projet a son intérêt, l’exécution en a bien davantage, elle a captivé longtemps l’attention publique, et les difficultés furent nombreuses.
- Notre travail fut commencé exactement le 2 février 1899, par les travaux de terrassement; c’est dans cette tranchée, de près de 2000 mètres cubes, que se trouve aujourd’hui le hall gracieusement décoré par lequel on parvient de la route à l’ascenseur. Cette excavation mesure environ 100 mètres de superficie et la pierre qui en fut extraite servit en partie aux divers travaux de maçonnerie.
- L’ensemble de la construction comprend ensuite une tour dans l’intérieur de laquelle monte l’ascenseur, et une passerelle de 58m,50 de longueur sur 2m,50 de large qui réunit le sommet de cette tour à la terrasse. Tel est dans son ensemble le dispositif très simple de la combinaison.
- L’alimentation de l’eau de la ville de Saint-Germain nous a permis de trouver une force motrice en nous dispensant d’une organisation spéciale. La machine élévatoire, située sur les bords de la Seine, envoie l’eau dans des réservoirs à un niveau de 56 mètres au-dessus du sol de la station inférieure de l’ascenseur. C’est sur la colonne ascensionnelle qu’est branchée notre prise ; la consommation par voyage est de 1500 litres environ, et le tarif décroissant de cette eau permet de compter sur 0ft,4 8 comme prix moyen maximum du mètre euhe.
- Les travaux de terrassement mirent à découvert, nous l’avons déjà dit, une roche dure qui fut débitée en moellons et utilisée dans la construction ; ce banc de roche est d’environ 6 mètres d’épaisseur ; au-dessous on a déblayé une roche plus friable et très coquilla-geuse dans laquelle ont été relevés des cérites et des pétoncles oreillers en grand nombre, d’autres genres de coquillage, des empreintes de poissons et des dents de squales dont l’émail est resté intact. C’est au-dessous de cette couche de roche qu’est le sol actuel du rez-de-chaussée, le sol du hall dont nous avons déjà parlé, où l’on a disposé un bar anglais et des distributeurs automatiques.
- Au-dessus de ce banc de pierre ont été posées les premières bases de la Tour, elles sont aujourd’hui dissimulées derrière le logement du gardien. C’est sur ces fondations en maçonnerie de 1 mètre d’épaisseur qu’a été établie la Tour en ciment armé (le schéma (fig. 4, nos 2 et 3) indique l’armature de cette tour formée de fers ronds de 0m,04 dans les quatre angles et de chaînages de fers semblables à chacun des cinq étages). Le béton aggloméré est composé de 9/12 de sable, 1/12 de chaux hydraulique et 2/12 de ciment; employés à l’état humide et fortement pilonés dans des gabarits en planches, ces matériaux perdent dans cette opération environ un tiers de leur volume. Ce n’est qu’après être arrivé au sommet et en enlevant les échafaudages qu’on a placé les divers motifs d’ornement qui décorent agréablement ce bloc de 100 mètres cubes environ. La tour
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- proprement dite est assise à 13 mètres du sol et selève à 53m,75, elle mesure donc à elle seule plus de ‘20 mètres de hauteur.
- C’est à la plate-forme de cette tour que se trouve
- la station supérieure de l’ascenseur, c’est de là que part la passerelle, dont nous ne parlerons pas davantage, et qui mène de plain-pied à la terrasse.
- Tandis que la tour, qui devait guider l’ascen-
- Fig. 1. — Vue générale (te la tour où se trouve l'ascenseur.
- seur dans sa course, s’élevait, on procédait en sens inverse au forage du puits destiné à la descente du piston porte-cabine. Dès les premiers coups de pioche les puisatiers trouvaient un sable gris Huent, qui nécessita la recherche d’un système de blindage résistant et sûr. On employa pour maintenir le terrain une série de cuves en ciment armé qui venaient elles-mêmes, de leur propre poids, prendre leur place au fur et à mesure qu’on creusait. Ces cuves qui forment l’entrée du puits ont été, en outre, doublées d’une cuve en tôle autour de laquelle on a coulé du ciment. Ces précautions prises, et toujours pour éviter les éboulements à craindre dans ce terrain très sablonneux, nous avons continué le blindage au moyen de cuves à cornières boulonnées jusqu’à la profondeur de 8 mèHres. À cette profondeur on a
- atteint les sables du Soissonnais et une source très abondante a jailli ; nous avons dû dès lors recourir
- au forage mécanique « au trépan ». La Nature a suffisamment décrit en son temps ce genre de travail pour qu’il nous soit inutile d’y revenir. Nous avons ainsi creusé à la profondeur de 36m,10, en traversant successivement depuis l’orifice : 2m,30 de sable gris très fin, 0m,70 d’argile tourbeuse, 0m,30 de tourbe noire, 0m,50 d’argile bleue compacte, 2m,70 d’argile bourbeuse, 0m,80 d’argile bleue très dure ; puis 2m,55 de sable du Soissonnais, lm,40 d’argile grise tourbeuse, 3,n,50 d’argile grise bleuâtre, 2m,9Ü d’argile plastique, 4m,-15 d’argile jaune, 2m,70 d’argile plastique, 5m,25 de calcaire dur, 2m,75 de calcaire très tendre; enfin, sur 5 mètres la craie blanche avec gros silex.
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- Le tubage de la partie inférieure du puits est complet, il est formé au moyen de trois tubes en
- tôle télescopant de 1 mètre aux intersections. La première cuve a 8 mètres de long et 0m,75 de dia-
- Fig. 5. — Autre vue de la tour.
- mètre, la seconde 10m,50 et 0m,65 de diamètre, 0m,55 de diamètre. C’est dans ce puits ainsi tube enfin la dernière mesure 12 mètres de long et qu’on a descendu le cylindre du piston porte-
- Fig. 4. — Dispositions principales de la construction.
- 1. Canalisation. — 2. Schéma de l’arrnature (élévation). — 3. Schéma de l’armature (plan). — 4. Schéma du compensateur.
- cabine; ce cylindre, formé de tuyaux de fonte de 0m,ü4 d’épaisseur et de 0m,46 de diamètre, est sup-
- porté à l’orifice du puits par une double charpente en fer à double T de 0m,24, disposée en croix.
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- L’ensemble de l’ascenseur, du système Heurtebise à compensateur, se compose : de l’élévateur proprement dit, du distributeur et du compensateur. Nous donnons ici à dessein le plan de la canalisation (fig. 4, n° 1), car il expliquera plus clairement que toute démonstration le rôle, d’un côté, de l’eau motrice, de l’autre, de l’eau de compensation. Si le piston porte-cabine ne pesait rien, il monterait avec l’eau motrice jusqu’à ce que celle-ci ait repris son niveau; autrement dit le piston s’élèverait jusqu’au niveau du réservoir supérieur. Mais il n’en est pas ainsi, la cabine et les voyageurs pèsent et le piston augmente de poids au fur et à mesure qu’il sort du cylindre, c’est tout cela qu’on a du équilibrer au moyen du compensateur. Au moyen du distributeur, actionné par le cable, l’eau motrice est tour à tour dirigée vers le compensateur ou évacuée, et la cabine monte ou descend. Le compensateur est donc l’àme du mécanisme, c’est lui qui augmente la force motrice en proportion de la résistance. C’est l’eau de compensation qui transmet cette force, elle ne s’évacue jamais ; elle va du compensateur à l’ascenseur proprement dit et vice versa, elle est le fléau de la balance.
- Le compensateur (tig. 4, n° 4) se compose d’un cylindre A, d’un piston et de sa tige PP' et d’un contrepoids B supporté par une chaîne CC tournant autour d’un tambour T. Enfin le cylindre A est muni de deux orifices 00'.
- Quand le distributeur découvre la communication de l’eau motrice cette dernière, entrant par l’orifice 0 situé à la partie inférieure du cylindre, agit sur la partie inférieure du [liston et lui imprime un mouvement ascensionnel. Le piston s’élevant a chassé l’eau de compensation qui se trouvait à sa partie supérieure. Cette eau, dénommée eau de compensation, sortant par l’orifice 0', est poussée sur toutes les parties du piston porte-cabine, le chasse et détermine l’ascension de la cabine.
- Pendant cette opération, quel est le rôle du compensateur? Al’extréinité d’une grosse chaîne dont les maillons pèsent 564 kilogrammes par mètre, se trouve un contrepoids de 12 500 kilogrammes. Ce contrepoids équilibre approximativement la cabine. Mais tandis que cette cabine s’élève, c’est-à-dire que le piston porte-cabine sort de son cylindre, il en est de même de la tige du piston du compensateur; la chaîne qui y est accrochée tourne sur le tambour T et passe peu à peu du côté du contrepoids. On obtient une augmentation de poids progressive qui vient augmenter dans un équilibrage progressif la force motrice, compenser le poids qu’acquiert le piston porte-cabine à sa sortie du cylindre, et permettre la continuation de l’ascension. Les diamètres des deux cylindres étant dans les proportions de 1/5, le contrepoids parcourra un mètre de course tandis que la cabine s’élèvera à 5 mètres ; et le contrepoids devra s’augmenter pendant ce temps, par le passage de sa chaîne au-dessus du tambour, d’un poids cinq fois supérieur à celui qu’acquiert le piston-cabine
- à la sortie de son cylindre. L’ascenseur est d’une force portante théorique de 2500 kilogrammes, il accomplit le parcours en 50 ou 60 secondes selon la charge.
- Telles sont, dans leurs grandes lignes, les parties principales du mécanisme. Le couronnement de la tour s’aperçoit de loin, mais l’ensemble de la construction frappe le regard du touriste au tournant de la route après avoir passé le pont du Pecq. Dans un amoncellement de rochers, s’ouvre la porte d’entrée et au-dessus s’étage à droite une tour d’aspect ruiné dans laquelle est dissimulé le mécanisme du compensateur; au même plan et dans l’axe de la porte d’entrée, un logement de trois pièces pour le gardien est adossé à la base de la tour, derrière un banc de roche crevassée. A deux étages différents sont disposées deux terrasses, enfin, sur le tout, s’élève gracieusement, type de la construction nouvelle, la tour en ciment armé, couronnant l’édifice.
- 11 est nécessaire de mentionner que dans un travail aussi compliqué, alors que près de 70 ouvriers des divers corps d’état ont à la fois superposé leurs efforts sur une superficie moindre de cent mètres carrés, nous n’avons eu à regretter aucun accident.
- Le 14 décembre dernier, la commission d’ingénieurs, nommée par M. le préfet de Seine-et-Oise, procéda aux essais, examina l’ensemble de la construction et rendit un rapport favorable.
- L’ascenseur est livré au public. On a peine à croire que pour 0fr,10 il soit possible d’éviter une aussi grande fatigue et d’arriver en moins d’une minute à 55 mètres de hauteur en évitant 1500 mètres de marche. L’engouement est énorme, le public se presse et quoique la cabine de 11 mètres carrés puisse contenir vingt voyageurs environ et faire vingt voyages à l’heure, il sera peut-être nécessaire d’avoir un second ascenseur. Paul Embhy.
- LES TERRES RARES ET L'INCANDESCENCE
- Les progrès réalisés dans ces dernières années dans l’éclairage au gaz s’appuient sur le principe qui consiste à produire une combustion complète des substances hydrocarbonées et à utiliser la grande chaleur développée par cette combustion pour porter à l’incandescence certains oxydes, convenablement choisis et disposés.
- On sait, en effet, que l’éclat d’une flamme lient d’ordinaire à la présence de corps solides qui s’y trouvent portés à l’incandescence. Une flamme qui ne contient pas de corps solides est généralement pâle, comme celle de l’hydrogène, du soufre, de l’oxyde de carbone; au contraire la flamme du zinc et celle du magnésium sont extrêmement brillantes, parce quelles contiennent de l’oxyde de zinc, de l’oxyde de magnésium, corps solides, portés à l’incandescence par la chaleur dégagée par la combustion.
- Si l’huile, la bougie, le gaz d’éclairage brûlent avec éclat, c’est que par suite de l’insuffisance de I’oxvgène au milieu de la flamme, leur hydrogène brûle d’abord en dégageant beaucoup de chaleur, de sorte que le carbone, mis en liberté, est porté à l’incandescence avant de brûler lui-même dans les parties extérieures; l’existence
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- du carbone libre dans ces flammes se démontre aisément : il suffît de couper la flamme avec une soucoupe froide, il s’y dépose immédiatement du noir de fumée.
- Le premier perfectionnement dans l’éclairage par le gaz a été réalisé en élevant la température de la flamme, et par suite celle du carbone incandescent qu’elle contient : c’est ce qu’on obtient en utilisant la chaleur de combustion du gaz de l’éclairage, pour échauffer le gaz combustible et l’air avant qu’ils n’arrivent à l’ouverture du bec, a bec industriel, bec Siemens ».
- Au contraire l'éclat de ces flammes s’affaiblit jusqu’à disparaître si l’on introduit dans leur intérieur assez d’air pour que la combustion y soit complète. C’est ce qu’on réalise dans le bec brûleur llunsen, qui est utilisé dans tous les fourneaux à gaz de nos cuisines.
- Mais une flamme pâle telle que celle de l’hydrogène, devient elle-même brillante si l’on y introduit un corps solide, comme de la chaux vive, de la magnésie, ou des brins d’amiante. Ce fait, qui est le point de départ de l’éclairage dit par incandescence, n’a été longtemps utilisé que dans la lumière de Drummond : le dard du chalumeau à gaz oxygène et hydrogène est dirigé sur un cylindre de chaux vive ou de magnésie, l’échauffe au rouge blanc et lui donne un éclat extraordinaire, presque comparable à celui de l’arc électrique.
- Sur cette idée se sont appuyés, depuis longtemps déjà, non seulement Drummond, mais bien d’autres savants encore : Edison, Williams, Clamond, Frankenstein, etc. Mais aucun d’eux n’était arrivé à un résultat vraiment pratique. S'inspirant de toutes ces recherches, M. Auer van Welsbach est enfin parvenu à présenter sous 1 ne forme élégante et pratique l’application des oxydes à l’incandescence par le gaz.
- La chaux et la magnésie depuis longtemps déjà rejetées, peuvent être remplacées par une série d’autres oxydes jouissant de la même propriété, mais à un degré encore plus élevé, et qu’on désigne sous le nom général d'oxydes rares, parce qu’ils sont peu répandus dans la nature.
- Les premiers oxydes employés par Auer étaient principalement ceux de zirconium et de lanthane; aujourd’hui on emploie plus généralement ceux de thorium et de cérium. Il est à peine besoin de rappeler la disposition des becs Auer : on place dans la flamme peu éclairante, mais très chaude, d’un brûleur de Bunsen un cylindre en treillis constitué par les oxydes dont nous venons de parler. Ce cylindre ou manchon a été obtenu en imbibant une toile légère d’un sel convenablement choisi, puis en calcinant après dessiccation : le squelette de toile disparaît, et l’oxyde infusible résultant de la calcination du sel demeure avec la forme de la charpente qui le soutenait. On comprend alors la fragilité de ces manchons et la nécessité d’allumer les becs avec précaution.
- Quoi qu’il en soit, les oxydes rares, base de l’incandescence, sont aujourd’hui très recherchés; ils ont d’ailleurs pour le savant un intérêt autre encore que l’intérêt industriel : les métaux de ces oxydes sont mal connus, la détermination de leur place dans la classification des éléments est d’une importance capitale en chimie ; aussi la chimie des terres rares prend-elle tous les jours une place de plus en plus grande dans les recherches du laboratoire. Nous n’avons pas l’intention de résumer, ni même d’indiquer tous les travaux qui ont été faits sur ce sujet, mais nous dirons quelques mots des principaux minéraux utilisés actuellement pour obtenir les oxydes rares.
- La thorite est un silicate hydraté de thorium ; c’est un
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- minerai brun, noirâtre ou orangé (variété orangite) qu’on a trouvé en Norwège; le principal gisement connu et exploité est celui de Langesundfjord, entre Christiania et Arendal.
- La monazite est un phosphate anhydre de cérium, lanthane et didyme contenant toujours de l'oxyde de thorium, ce qui est capital au point de vue qui nous occupe. La monazite a une couleur jaune miel, jaune rougeâtre et quelquefois brunâtre. On a découvert d’énormes gisements de sables monazites aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, en Suède, en Norwège, en Bussie et même en France, au Puy, près Saint-Christophe. Dans tous ces gisements la monazite accompagne les roches éruptives et les sables monazites, produits de la désagrégation de ces roches ; se rencontrent surtout .dans les lits ou à la source de petites rivières et au bord de la mer.
- Pour extraire la monazite de ces dépôts, on lave le sable et le gravier comme on le fait dans les placers d’or et la monazite lavée et concentrée est ensuite séchée. Puis un fort aimant enlève le fer magnétique qui peut être contenu dans ce sable, mais il demeure toujours avec la monazite des minéraux denses comme du corindon, du grenat, de la brookile, quelquefois de l’or.
- C’est après cette concentration du minerai que commence la manipulation chimique proprement dite. Au point de vue chimique, les terres rares se divisent en trois groupes fondés sur la solubilité de leurs sulfates doubles potassiques dans une dissolution saturée de sulfate de potassium :
- Dans le premier groupe se rangent les terres dont les sulfates doubles potassiques sont insolubles dans une dissolution saturée de sulfate de potassium; ce groupe contient le cérium, le thorium, le didyme et le lanthane.
- Dans le second groupe se rangent les terres dont les sulfates doubles potassiques sont peu solubles dans les conditions que 1 ous venons d’indiquer.
- Dans le troisième groupe, enfin, se trouvent les terres dont les sulfates doubles potassiques sont solubles. On a réuni sous le nom général de terres yllriqties les terres qui se classent dans le deuxième et le troisième groupes ; principaux métaux : yttrium, erbium (?), scandium, etc.
- On conçoit du reste que la séparation complète des terres rares exige d’assez longues manipulations sur lesquelles nous n’insisterons pas, à cause de leur caractère trop spécial. La simplification des procédés utilisés jusqu’ici est un problème industriel de haute importance, depuis la grande expansion du principe de l’incandescence.
- Ce principe de l’incandescence n’a d’ailleurs pas été uniquement appliqué à l’éclairage par le gaz ; il y a deux ans environ, M. Nernst, de Gœttingen, décrivait une lampe électrique brûlant à l’air libre, dans laquelle le corps incandescent était un tube de magnésie et d’alumine; entouré d’un fil de platine en spirale dans lequel on faisait passer le courant, ce tube s’échauffait progressivement jusqu’à pouvoir, à son tour, permettre le passage du courant et devenir incandescent. Jusqu’ici la lampe de Nernst est demeurée une curiosité de laboratoire; mais, en revanche, les électriciens d’Amérique nous paraissent avoir donné de l’éclairage électrique par incandescence une solution plus heureuse et plus naturelle : on traite simplement les filaments destinés aux lampes à vide par le procédé qui dépose sur les manchons Auer une pellicule d’oxydes rares; puis la lampe est utilisée à la manière ordinaire. On obtient ainsi une lumière plus blanche et plus intense; et il paraît que la durée des lampes est prolongée. Nous ne
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- LA N ATI! UE.
- croyons pas que le procédé ait encore été appliqué en France.
- Mais on comprend que l’industrie des terres rares soit appelée à se développer de jour en jour; toutefois, il paraît peu probable que l’industrie de l’éclairage par incandescence puisse parvenir à consommer l’énorme quantité de minerai qui lui est offerte. D’autant plus qu’il faut toujours compter avec l’inéluctable loi du progrès qui nous gouverne et qu’il n’est pas impossible que ce mode d’éclairage ne soit bientôt remplacé par un autre encore moins coûteux ! J. Derôme,
- Licencié ès sciences.
- NOUVEL INTERRUPTEUR AUTOMATIQUE
- POUR ALLUMAGE DES MOTEURS A GAZ ET A PÉTROLE
- En général, pour allumer le mélange détonant à l’intérieur des cylindres des moteurs à gaz et à pétrole, surtout pour les moteurs à essence employés en automobilisme, on emploie l’étincelle secondaire d’une bobine d’induction.
- Pour ne pas avoir à conduire à l’intérieur du cylindre deux fils parcourus par de l’électricité à haute tension, on a l’habitude de réunir un des fils du secondaire à la masse du moteur, l’autre fil, convenablement isolé, venant s’attacher à la partie isolée de la bougie d’allumage.
- Une bougie d’allumage (fig. 3) consiste, en principe, en deux fils de platine, dont l’un est relié à la masse, et dont l’autre, isolé, est relié au fil à haute tension ; la bougie, formée de l’ensemble, peut se visser sur le cylindre pour que les deux fils de platine paraissent à l’endroit favorable, à l’intérieur. Examinons d’abord quel est le montage de la bobine.
- La source employée est soit des piles, soit des accumulateurs qui doivent donner 4 volts environ, et l’intensité dépensée est de deux dixièmes d’ampère, en moyenne.
- Le plus commode est d’avoir ce qu’on appelle un pôle de la source à la masse: on choisit généralement le pôle négatif. Le dessin schématique (fig. 5) indique cette disposition.
- En I, se voit la place de l’interrupteur du primaire. Sur cet interrupteur, est, comme disent les électriciens, à cheval, un condensateur G, composé de deux surfaces métalliques séparées par un isolant. Chacune des deux surfaces est électriquement reliée à un contact différent de l’interrupteur.
- Le rôle du condensateur C, qui doit avoir une surface déterminée, est de renforcer le flux du primaire, tout en diminuant l’étincelle de rupture pro-
- duite à l’interrupteur entre les deux contacts au moment de la rupture.
- Dans le nouvel interrupteur primaire, la pièce principale est un levier que, par analogie avec un chien de fusil, j’ai nommé chien de l'interrupteur (fig. 1).
- La partie inférieure du levier porte un contact (p) en acier; la partie médiane porte un axe (R) autour duquel le chien peut tourner; l’extrémité opposée au contact porte une sorte de roulette qui peut avancer ou reculer par rapport au chien lui-même, et dont le mouvement est commandé par la rotation de la couronne dentée (2), qu’un ressort cliquet maintient dans la position choisie. Une tige prolonge à sa partie supérieure le chien, et un ressort, dont la tension est réglable à volonté, tend à maintenir les contacts.
- Le chien est relié, par les paliers de son axe, à une sorte de bâti qui porte vers le bas un support (R), sur lequel est fixée, convenablement isolée, une pastille d’argent (G) qui forme le second contact et qui est reliée à la borne isolée (0).
- Sous le bâti, se visse un godet dans lequel je mets du pétrole et qui est hermétique, par suite de la forme spéciale du palier de l’axe du chien.
- Le mouvement du chien est commandé par une came circulaire fixée sur l’arbre des cames du moteur. La forme de cette came est tout à fait spéciale. Si nous supposons qu’elle tourne dans le sens de la flèche, il y aura à sa surface un creux à deux pentes; celle qui monte dans le sens de la flèche est longue, elle finit en 7 ; celle en sens contraire (4) est rapide. Si nous avons soin, au moyen de la couronne (2), de régler la position de la roulette, de façon que les parties p et G étant en contact, la roulette tombe dans le creux, mais sans en toucher le fond, examinons ce qui se passera dans un tour complet de la came, en partant de la position indiquée au dessin :
- La roulette étant sur la partie circulaire de la came, les deux contacts seront éloignés à leur maximum; le point 7, origine de la grande pente, vient en contact avec la roulette, et, à partir de ce moment, les deux contacts se rapprochent; le mouvement de la came continuant, ils se rapprochent de plus en plus ; au moment où la roulette quitte la came, en 6, le contact a lieu et la roulette, complètement lâchée par la came, décrit en l’air un arc de cercle.
- Pendant la durée du passage de cet arc imaginaire (6, 4) devant la roulette, le contact (p G) est assuré par toute la tension du ressort (y). Ce contact est
- Fig. 1. — Interrupteur de courant, système Itochefort, pour motocyclc.
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- LA NATURE.
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- puissant, sans déplacement des surfaces ; une sorte de léger coup de marteau, à la mise en prise, a chassé la couche liquide isolante; en 4, la grande pente rencontre la roulette, et brusquement le contact est rompu.
- Le dessin permet de se rendre compte qu’avec cet appareil l'avance et le retard à l’allumage sont faciles : il suffit de faire tourner l’ensemble autour du palier de l’axe des cames.
- L ’ appareil remplit toutes les conditions théoriques de l’interrupteur; le réglage de la pression des deux contacts s’obtient en tendant le ressort y; le réglage de la durée du contact pendant un tour de came s’obtient en avançant ou en reculant la roulette, au moyen de la couronne, c’est-à-dire en faisant varier le point 6 ; les contacts sont toujours propres, étant dans le pétrole et en position verticale. Comme ils sont enfermés, l’extérieur ne peut les salir; l’arc de rupture est minimum, car le pétrole est un puissant isolant ; l’argent et l’acier (le courant passant de l’argent à l’acier) ont les propriétés électriques requises.
- Les résultats pratiques, donnés par l’appareil que nous avons appliqué aux automobiles et aux motocy-cles et fait marcher sur de longues distances, sont parfaits.
- A chaque tour de came, une étincelle puissante et chaude, toujours identique à elle-même, sans aucun raté, éclate au moment précis voulu, et allume le mélange détonant avec une consommation très faible d’électricité.
- C’est à la suite de l’étude des étincelles secondaires de haute tension à laquelle j’ai consacré des années, que m’est venue cette conviction qu’une étincelle d’allumage ne doit pas être divisée {our être chaude, et que, pour l’allumage
- des mélanges détonants, une seule étincelle puissante sera toujours préférable à un faisceau de petites étincelles pour une quantité égale d’électricité dépensée à chaque allumage.
- Cet appareil, ayant le chien à la masse, peut se construire avec plusieurs chiens, commandés chacun par une came correspondante, pour l’allumage simultané ou successif des cylindres, dans les moteurs à plusieurs cylindres.
- Un seul bain de pétrole suffit, et seules les pastilles d’argent sont isolées séparément et correspondent chacune à une borne spéciale de courant primaire.
- Cet interrupteur s’applique aussi, sous la forme indiquée au dessin, aux motocycles à essence de tous systèmes, et peut, sans aucun changement, remplacer les interrupteurs actuellement existants. Un couvercle, qui n’est pas figuré au dessin, protège l’ensemble du mécanisme au-dessus du godet.
- Fig. 2. — Interrupteur sur un moteur de Dion.
- Fig. 5. — Schéma de la disposition d’allumage d’un cylindre avec un pôle primaire à la masse. — A. Faisceau primaire. — R. Bougie..— I). Enroulement secondaire. — K. Enroulement primaire. — G. Contact isolé de l’interrupteur. — I. Interrupteur primaire. — I‘. Contact à la masse de Finlerrupteur 1.
- Pour les moteurs fixes, où le godet n’a plus besoin d’étre hermétique, et où il n’y a pas, en général, d’avance à l’allumage, l’interrupteur se simplifie considérablement.
- Mon interrupteur supprime complètement et les interrupteurs mécaniques à platine, et les bobines à trem-bleur à platine, dont les nombreux inconvénients sont trop connus pour que je les lasse ressortir ici.
- Les avantages pratiques du nouvel allumage, confirmés par les essais sur route, sont : la facilité de mise en marche, l’absence d’encrassage des contacts, le réglage sans aucun tâtonnement, la durée et le bon marché des deux contacts, la faible dépense d’électricité. Octave Rochefobt.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
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- CHRONIQUE
- Le sucre et la température animale. — Dans les Atli (Ici Lyncci, le professeur Mosso publie une série d'observations intéressantes sur la température d’un animal qui jeûne et sur l’assimilation des hydrocarbures, d’après des expériences faites à l’Université de Gènes. Ces expériences sont particulièrement intéressantes en ce qu’elles démontrent l’efficacité du sucre pour élever la température animale qui s’est abaissée pendant le jeûne. Ainsi, de un à quatre grammes de sucre provoquent une rapide élévation de température dans les dix ou quinze premières minutes. En une ou deux heures, la température atteint son maximum et reste constante pendant un intervalle de temps variant avec la quan tité de sucre introduite. Cette action du sucre est très marquée après un long jeune, quand la température est au plus bas. Sous certains rapports, l’action du pain est toute différente. La température s'élève beaucoup plus I lentement après l’introduction du pain qu’après l’intro- j duction du sucre et, dans ce cas, l’élévation est très ' rapide pour les animaux dont le jeûne a été court et dont la température n’est pas trop basse. Ces résultats sont en concordance avec l’idée que le sucre est assimilé plus vite que le pain par un animal qui a j àti. Le professeur Mosso raconte qu'avec le sucre il a réussi à restaurer la vitalité chez des chiens dans un sérieux état d'hypothermie tandis qu’en administrant de l’albumine à d’autres, il ne réussissait pas à les sauver.
- Vente «les primeurs françaises à Saint-Péters-hourg. — Le « Journal de la Société nationale d’horticulture de France » nous donne quelques curieux renseignements sur les prix atteints par certaines primeurs françaises à Saint-Pétersbourg en 1800. Une boîte contenant douze fraises a été payée 6 roubles, c’est-à-dire 15r%95; le rouble papier, monnaie courante dans les affaires commerciales en Russie, vaut 2fr,66 de notre monnaie française. On achetait des melons 4 roubles la pièce, ou 10fr,G5 et les pèches de Montreuil au prix de 15,r,95 ou 6 roubles la pièce.
- Fluorescence de divers sels sons l'influence des rayons Rœntgen et Becquerel. — M. Paul Bary a étudié récemment différents sels et il a constaté, comme il le dit dans une Note à l’Académie des sciences, que plusieurs devenaient lumineux sous l’influence des rayons Rœntgen et Becquerel. Les sels qui jouissaient de cette propriété appartenaient aux métaux alcalins et alca-lino-terreux suivants : lithium, sodium, potassium, rubidium, césium, magnésium, calcium, strontium et baryum. En substituant au tube de Grookes, un godet métal lique contenant une substance radio-active que M. et Mme Curie avaient mise à sa disposition, M. P. Bary a observé que tous les corps qui ont montré la fluorescence aux rayons X ont aussi donné le même phénomène avec les rayons Becquerel. Il en résulte que les mêmes familles de corps qui donnent des sels phosphorescents à la lumière donnent aussi les composés que rendent lumineux les rayons X et les rayons Becquerel; ces rayons se comportent donc comme des radiations lumineuses de courte longueur d’onde.
- I,a circulation dans les grandes villes. — Les
- Mémoires de la Société des ingénieurs civils (juillet 1899, p. 108) indiquent, d’après le' Journal of the Society of Arts, les chiffres suivants concernant la circulation dans les grandes villes. Il entre par jour à Berlin
- 150 000 personnes; on en transporte par joir '2 501 044 dans New-York. A Berlin, il passe par jour 58 580 piétons et 16 510 voitures place de Potsdam; 120 800 piétons et 15 240 voitures. Sous les Tilleuls, à.l’angle de Spandauer Strassc, 151 220 piétons et 11 915 voitures place Alexandre. A Paris, il passe en vingt-quatre heures 29 400 voitures attelées de 56 185 chevaux avenue de l’Opéra. A New-York, il passe en vingt-quatre heures sur le pont de Brooklyn 144 409 piétons et 4617 voitures, avec un maximum de 19 272 piétons par heure de trois à six heures du soir, et un minimum de 422 par heure de trois à quatre heures du matin. La plus grande largeur des rues ou avenues se rencontre à Paris : avenue du Rois de Boulogne 120 mètres ; avenue de la Grande-Armée 70 mètres ; Champs-Elysées 70 mètres; Grands Boulevards55 mètres; avenue de l’Opéra 50 mètres; rue de Rivoli 27 mètres.
- A Berlin: Unterden-Linden 60 mètres; Leipziger Strassc et Friedrich Strassc 22 mètres. A Vienne; Ilingstrasse 57 mètres; Karninerstrasse 22 et 56 mètres: Praterstrasse 55 mètres. A Bruxelles, Boulevard circulaire 66 mètres; avenue Louise 55 mètres; avenue du Midi 56 mètres; boulevard Anspach 28 mètres. A New-York, les avenues ont de 24 à 45 mètres; les rues qui les coupent de 18 à 45 mètres. A Washington, les avenues ont 50 mètres de largeur entre les façades des maisons, avec une chaussée de 15 mètres et parfois même de 55 mètres (Pensylvania Avenue).
- Nouveau Thermostat. — A la séance du 5 février de la Société d’Edimbourg, MM. J. Gibsonet A. YY. C. Men-zies ont exposé un système de thermostat chauffé et réglé par l’électricité. L’échauffement, est obtenu au moyen de quatre ou cinq lampes à incandescence ordinaires placées au-dessous du réservoir contenant l’eau dont il s’agit de maintenir la température constante. Ouand cette température est arrivée au degré voulu, un coupe-circuit très simple actionne un relais électrique qui met les lampes hors du circuit quand la température s’élève un peu au-dessus du point fixé et qui les y rétablit dans le cas contraire. Les opérateurs ont pu ainsi maintenir une température constante à un dixième de degré près pendant des mois et avec relativement peu de frais.
- Rencontre de tramway dangereuse. — Un
- accident bizarre par les faibles conséquences qu’il a entraînées, s’est produit récemment sur une ligne de tramways électriques, à Sing-Sing, dans l’étal de New-York. Un de ces véhicules vint en collision violente avec une charrette transportant une tonne de dynamite, collision telle qu’une des roues du tramway fut enlevée et la charrette retournée sens dessus dessous. Naturellement épouvante générale, car le mot dynamite était inscrit, suivant l’usage, sur le chargement. Le cocher de la charrette restait anéanti par la peur, le motorman paralysé par la frayeur, et au cri de dynamite poussé par un voyageur, tout le monde s’enfuyait épouvanté. Mais, en dépit du choc, rien ne se produisit, et il n’y eut qu’à relever les caisses de dynamite pour les charger sur un autre camion.
- lTn Batcan-Clicmin de fer. — Depuis quelques semaines fonctionne aux environs de Copenhague une nouveauté mécanique originale, une sorte d’appareil amphibie, tantôt paquebot, tantôt chemin de fer. Non loin de la capitale du Danemark existent deux lacs séparés par une langue de terre large environ de trois cents mètres. En vue de desservir les lacs dont il s’agit par un
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- seul et unique paquebot, un ingénieur avait proposé de percer l’isthme intermédiaire, mais les frais d’établissement d’un canal de largeur suffisante eussent été assez élevés. On renonça donc à ce projet pour adopter celui d’un autre ingénieur danois, M. Magrelen, qui, au moyen d’un seul appareil, naviguait sur les lacs en traversant l’isthme sur rails. Ce bateau-chemin de fer fonctionne aujourd’hui régulièrement ; il est long de quinze mètres, large de quatre et profond de trois mètres vingt-cinq. 11 comporte deux hélices et six roues, mues par un moteur électrique disposé au centre de la coque. Au moyen d’un levier et suivant qu’on est dans l’eau ou sur le sol, on fait engrener l’arbre des hélices ou l’essieu des roues. Quand le bateau s’approche de terre, il s’engage dans une sorte de passe étroite au fond de laquelle ont été placées des voies ferrées qui montent par une pente douce et invisible jusqu’à la berge, traversent l’isthme et replongent dans le second lac.
- Le père des chemins de fer. — Le litre glorieux de père des chemins de fer a toujours, de l’autre côté du détroit, été accordé à l’illustre Stepbenson, lequel fut non seulement l’inventeur de la locomotive à vapeur, mais aussi le premier promoteur, en Angleterre, de l’industrie des chemins de fer. Mais voilà que surgit, sous les auspices d’un ingénieur connu sir Edward W’atkin, un nouveau et inattendu father of raihvays, dans la personne de William James, qui, dès 1799, donc près de quinze ans avant Stephenson, dessinait des plans de locomotive et construisait une ligne assez importante, allant de Slralford-sur-Avon, la patrie de Shakespeare, à More-ton et à Skipton. Bien plus, en 1821, huit ans avant les essais de Stephenson avec sa fameuse Rocket, ce William James obtenait la concession de la première Compagnie de chemins de fer du monde : le Liverpool and Manchester Railway, sur lequel circulaient des locomotives à traction mécanique. Telle serait l’origine vraie des chemins de fer.
- Un vieux stesmer de guerre. — La marine de guerre américaine possède un vieux steamer en fer qui est d’un âge fort respectable. Il a, en effet, été construit à Pittsburg de 1841 à 1845, et transporté à ce moment, pour être mis à flot, à Érié. Il a encore à son bord toute son ancienne machinerie (et en parfait état), à l’exception de ses chaudières, qui ont été renouvelées. Lesdites machines sont au nombre de deux, à action directe, commandant des roues à aubes de 6™,50 de diamètre. Voici donc plus de cinquante-cinq ans que le brave navire est constamment en service, mais nous devons dire qu’en dépit de ses G canons de 6 livres, de ses 2 pièces à tir rapide de 10, et de ses 2 mitrailleuses, il ne sert en réalité, voici déjà longtemps, qu’à l’instruction des milices dans les différents ports des Lacs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 avril 1900. — Présidence de M. M. Lkyt.
- Il n’est question, dans la salle des Pas-Perdus, que du nouveau malheur qui vient de frapper M. Marcel Bertrand. Sa fille, âgée d’une dizaine d’années, jouait lundi dans une carrière de sable, à Chatenay, dans le bois de Verrières, quand brusquement se produisit un éboulement. La fillette fut ensevelie sous une couche de plusieurs mètres de sable. On accourut; mais les pelles manquaient
- et, malgré tous les efforts, on ne put sauver l’enfant. M. Marcel Bertrand avait perdu son père mardi de l’autre semaine; il a vu lundi mourir sa fille presque sous ses yeux. Nous lui adressons dans cette triste circonstance nos bien douloureuses sympathies. lTn sentiment de tristesse que l’on comprendra règne parmi tous les membres de l’Académie. Aussi la séance dure-t-elle à peine une demi-heure.
- Appareil prodlicteur d’étincelles de 1 *",20- — M. d’Ar-sonval donne à l’Académie la primeur de l’appareil électrique qui sera installé au sommet du palais de l’Electricité à l’Exposition. Il s’agit d’une série d’énormes condensateurs chargeant des transformateurs qui feront éclater des étincelles presque continues au-dessus de la tète de la statue de la Liberté. Le système est d’une extrême puissance. Le potentiel dépassera un million de volts. M. d’Ar-sonval a étudié le dispositif dans toutes ses parties et l’a rendu pratique. Nous reviendrons bientôt sur cette élégante solution.
- Nouvelle Lycopodiacée fossile. — M. Zeiller, le savant professeur de l’École des Mines, décrit une Lycopodiacée fossile trouvée à Marteau-les-Mines; c’est, dit M. G. Bonnier qui présente le travail de M. Zeiller, un intermédiaire entre le genre Lvcopode et le genre Sélaginelle.
- Chlorose de la vigne.' — M. Bonnier résume les recherches de. M. Curtel sur les phénomènes physiologiques qui accompagnent la chlorose de la vigne. Chez la vigne malade non seulement la respiration est ralentie et modifiée, l’assimilation atténuée, mais c’est surtout la transpiration dont l’affaiblissement excessif est intimement lié à l’existence de la chlorose.
- Géologie du Portugal. — M. Albert Gaudry présente une Note de M. Choffat depuis longtemps chargé par le gouvernement portugais de travaux géologiques. M. Choffat a fait de très importantes recherches sur les terrains du Portugal. Aujourd’hui il s’agit du crétacé le plus supérieur. L’auteur y a découvert de nombreuses couches qui ont été déterminées d’une manière très précise par les fossiles qu’elles renferment : plantes étudiées par M. de Saporta et M. A. Lima, poissons et reptiles dénommés par M. le Ür Sauvage, et mollusques qui ont fait l’objet spécial des recherches de M. Choffat. Comme les couches de la fin du crétacé on' participé aux exhaussements des terrains paléozoïques, il faut en conclure que la constitution des montagnes d'une partie du Portugal est beaucoup moins ancienne qu’on ne le croyait autrefois.
- L’ordre du jour est épuisé après la communication de M. Albert Gaudry. Intérim.
- UNE PORTE TOUJOURS OUVERTE
- TOIJOURS FERMEE
- Eli dépit du proverbe qui veut qu’une porte soit ouverte ou fermée, il y aurait beaucoup d’avantages à ce que, comme l’on dit dans la célèbre pièce de Beaumarchais, la (lisjonclive fût remplacée par la conjonctive. On sait que les portes ordinaires, pendant la saison froide, laissent, quand on les ouvre, pénétrer de façon déplorable l’air froid extérieur. C’est pour remédier à cet inconvénient que l’on a inventé ce que l’on nomme les « tambours », qui sont assez peu gracieux, et qui ont principa-
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- LA NATURE.
- lement le grand inconvénient d’obliger à manœuvrer une seconde porte, alors qu’on se trouve déjà dans l’entre-bâillement de la première. Une meilleure solution consisterait à imaginer un dispositif analogue à celui de la porte pour cloisons étanches dont nous avons parlé il y a quelque temps1, mais avec une étanchéité moins parfaite, s’entend : en somme une sorte d’écluse à air, de manœuvre et de disposition aussi simples que possible.
- (Test ce que semble réaliser assez bien la porte tournante Yan Kennel, invention américaine que l’on rencontre déjà appliquée en Angleterre.
- Comme le montre la photographie (fîg. 1 que nous reproduisons, et aussi le plan schématique (fig. 2, n° 1), (jui représente la porte dans son état normal, celle-ci se compose en réalité de quatre battants (vitrés ou non, cela importe peu), tournant autour d’un pivot commun, et formant deux à deux un plan perpendiculaire à celui des deux autres. Si une légère pression vient à être exercée contre une des ailes de cette espèce de moulinet, il se met à tourner immédiatement à l’intérieur du tambour ménagé dans l’ouverture générale d’entrée; les parois latérales de ce tambour sont dressées suivant une portion d'arc de cercle dont le centre coïncide avec l’axe de rotation des quatre vantaux. On doit comprendre par ces explications, et à l’examen des plans schématiques, que dans toutes les positions où peut s’arrêter ce moulinet deux des portes seront toujours à l’aplomb des parois latérales courbes, et en contact suffisant avec elles pour arrêter le passage de l’air 1 Yoy. n° 1509, du 2 juillet 1898, {>. Où.
- extérieur. L’équilibre des battants sur leur pivot est aussi parfait que possible, et un enfant suffit à
- vaincre leur résistance.
- Cette disposition assure un double courant de circulation, une des portes servant à ceux qui entrent, l’autre à ceux qui sortent. Nous devons encore ajouter certaines particularités qui méritent bien d’être signalées : notamment nous ferons remarquer que ces portes sont maintenues de telle façon dans leur position à angle droit les unes avec les autres que, sous l'influence d’une poussée plus violente que d’ordinaire, par exemple en cas de panique, d’accident, de sortie brusque en masse, les ailes se replient deux à deux les unes sur les autres comme l’indique le petit schéma n° 2. Elles n’occupent alors qu’une place extrêmement restreinte et ne gênent pas en réalité la sortie ; on peut du reste les fixer normalement dans cette position au moyen de boulons et d’arrêts ad hoc, quand on veut assurer deux passages constamment libres. On peut aussi, en été, les replier d’une manière analogue, mais en les reportant complètement sur un des cotés du tambour, ce qui laisse pénétrer l’air à flots. Enfin, pour la nuit, et pour “fermer le passage, on les met à plat et on les boulonne, mais dans la situation qu’indique le schéma n° 4, en travers de l’entrée.
- Cette invention nous a semblé digne d’être signalée par son originalité comme par ses avantages pratiques. p. de M.
- Le Gérant : I’. Masson. . Paris. — Imprimerie Laiiviie, rue de Fleurus, 9.
- Fig. 2. — Schéma tic
- la disposition adoptée
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- N* 1405. — 28 AVRIL 1900.
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- A. MILNE EDWARDS
- Le Muséum d’Hisloire naturelle et la science française viennent de faire une très grande perte : M. Alphonse Milne Edwards, vice-président de l’Académie des sciences, directeur du Muséum, est mort, dans la nuit du 20 au 21 avril, en cette maison du Jardin des Plantes où s’était éteint son illustre père. Il y a déjà quelques mois qu’il avait ressenti les premières atteintes de la maladie qui devait l’emporter; mais si grand était son dévouement au Muséum, si puissante son activité que, malgré les instances de sa famille et de ses amis, il voulut poursuivre quand même ses travaux scientifiques et remplir les devoirs multiples qui lui incombaient comme professeur et comme administrateur d’un grand établissement.
- Il fit, durant l’hiver, la plus grande partie de ses leçons à l’Ecole supérieure de pharmacie; il commença même, au mois de mars, son cours annuel au Muséum, et ne se fit suppléer que lorsque la maladie triompha de son admirable courage. Souffrant déjà de vives douleurs, il présidait la Réunion des Naturalistes qu’il avait fondée et quelques heures avant sa fin il donnait encore des instructions relatives à la participation du Muséum à l’Exposition universelle.
- Jusqu’à ses derniers moments il a conservé toute la lucidité de son esprit, dont tous ceux qui l’ont approché ont pu admirer la netteté et la vivacité. On peut donc dire que M. Milne Edwards est mort debout et c’est même son indomptable énergie qui faisait concevoir à sa famille et à ses amis les meilleures espérances. Tous pensaient qu’il finirait par triompher de la maladie et qu’il pourrait poursuivre longtemps encore une carrière qui a été extrêmement brillante.
- Né à Paris en 1855, Alphonse Milne Edwards fut reçu docteur en médecine en T 860, et docteur ès sciences en 1861. L’année suivante, il entra comme aide-naturaliste au Muséum, puis, en 1864, il fut nommé professeur agrégé et bientôt après professeur titulaire à l’Ecole supérieure de pharmacie, où il professa sans interruption pendant trente-cinq ans. L’École des Hautes-Études ayant été fondée, il prit, après avoir été adjoint à son père, la direction d’un 28e année. — 1" semestre.
- laboratoire dont il ne cessa pas un seul instant de s’occuper, aidant les élèves de ses précieux conseils, et mettant à leur disposition les richesses de sa magnifique bibliothèque. En 1876, il succéda à son père, Henri Milne Ëdwards, dans la chaire de Zoologie (Mammifères et Oiseaux) du Muséum d’histoire naturelle et pendant vingt-quatre années consécutives il fit, durant le semestre d’été, des séries de leçons suivies par de nombreux auditeurs qui appréciaient également la vaste érudition du professeur et la clarté de sa méthode d’enseignement.
- En 1879, M. Milne Edwards fut élu membre de l’Institut et en 1885 membre de l’Académie de médecine; enfin, en 1892, il fut placé à la tête de ce Muséum où s’était écoulée toute sa jeunesse et à la prospérité duquel il portait un si vif intérêt. En dépit de la faiblesse des crédits alloués à cet établissement, il réussit à le maintenir dans une situation prospère, à un niveau au moins égal à celui qu’occupent les institutions similaires de l’étranger; il améliora l’aménagement intérieur de la ménagerie, présida à l’installation des nouvelles galeries de Zoologie et s’efforça de resserrer les liens entre les différents services en instituant des réunions mensuelles où les naturalistes, les physiciens et les chimistes du Muséum entretiennent l’assemblée de leurs travaux, où les voyageurs relatent les conditions dans lesquelles ils ont obtenu leurs collections. En outre, pour qu’il restât une trace de ces séances, il créa, à côté des Nouvelles Archives, un Bulletin du Muséum destiné à faire connaître rapidement en France et à l’étranger les résultats obtenus dans chaque branche de la science.
- Aussi, en 1899, dans le banquet qui fut offert par les professeurs du Muséum à M. Milne Edwards, récemment promu au grade de Commandeur de la Légion d’honneur, M. Albert Gaudry était-il universellement applaudi quand il remerciait le Directeur des preuves qu’il donnait chaque jour de son infatigable dévouement, quand il déclarait, en employant une expression de Flourens, que « le vieux Muséum jouissait en ce moment d’une seconde jeunesse ».
- De 1880 à 1885, M. Milne Edwards dirigea à plusieurs reprises, avec le concours de MM. Perrier, Vaillant, Filhol, Fischer, de Folin et d’autres savants,
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- A. Milne Edwards.
- (D’après une photographie de M. E. l'irou. \
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- LA NATURE.
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- des explorations sous-marines d’abord dans le golfe de Gascogne, ensuite dans la Méditerranée et dans l’Océan Atlantique, explorations dont les résultats sont consignés dans le grand ouvrage, en cours de publication, intitulé Expéditions scientifiques du « Travailleur » et du « Talisman ».
- Nous n’avons point qualité pour apprécier ici les très nombreux ouvrages et mémoires que M. Milne Edwards a publiés et qui touchent à toutes les branches des sciences zoologiqncs, à l’anatomie, à la physiologie, à la zoologie proprement dite et à la paléontologie, qui concernent non seulement les Mammifères et les Oiseaux, mais les Crustacés, les Mollusques et les Zoophyles. Je citerai seulement, parmi ses travaux les plus importants, les Recherches anatomiques et paléontologiques pour servir à l'étude des Oiseaux fossiles de la France, les Recherches zoologiques, anatomiques et paléonlolo-giques sur la famille des Chevrotains, les Études pour servir à l'histoire de la faune mammalogique de la Chine, VHistoire naturelle des Mammifères et des Oiseaux de Madagascar, publiée en collaboration avec M. Alfred Grandidier, la série de mémoires consacrée aux Oiseaux éteints de Madagascar et des îles Mascareignes, les Observations sur l'organisation des Limules et enfin les magistrales Recherches sur la faune des Régions australes.
- Les orateurs qui ont parlé sur la tombe de M. Milne Edwards ont célébré, comme il convient, le grand savant que la France vient de perdre. Leurs discours renferment tout ce qui manque dans cette notice, qui eût dû être écrite par une plume plus autorisée que la nôtre. Celui qui l’a rédigée n'avait qu’une seule qualité pour le faire, c'est que pendant plus de trente ans il a vécu aux côtés du maître qui l’a guidé au début de sa carrière, qui l’a honoré de son amitié, et auquel il tenait à rendre un suprême et respectueux hommage. E. Oustai.et.
- FLORE MURALE DES ÉGLISES GOTHIQUES
- La flore a joué un rôle considérable dans l'ornementation des églises à l’époque gothique ; on a pu dire qu’elle était un des éléments principaux de l’architecture ogivale. Un amateur distingué, M. Lambin, s’est chargé de sa reconstitution et est arrivé, il y a quelques années, à d’intéressants résultats. Viollet-Ie-Duc s’en était occupé dans son Dictionnaire raisonné de l'architecture française; il n’en restait pas moins beaucoup à faire. « Afin d’éviter les erreurs dans la mesure du possible, oit M. Lambin, nous avons cueilli et collectionné les feuilles qui ont pu servir de modèles aux sculpteurs du moyen âge, puis nous avons étudié les monuments en comparant la feuille sculptée avec la feuille naturelle. Et de même que l’assyriologue et l’égyptologue cherchent à déchitirer les signes qu’ils ont sous les yeux, de même nous avons essayé de lire sur nos édifices religieux les noms des feuilles interprétées par nos premiers artistes français. »
- Cette lecture, cette reconstitution n’ont pas toujours été faciles et il a fallu, dans de nombreuses circonstances, développer une véritable sagacité. La feuille d’Acanthe a
- été longtemps le seul sujet reproduit à profusion sur les chapiteaux de l’époque romane. Au douzième siècle, les choses se modifient et c’est dans la flore indigène que la nouvelle école va chercher ses motifs d’ornementalion. C’est dans la nature même qu’elle les a pris, mais elle ne s’est pas contentée de reproduire tels quels les objets qui tombaient sous ses yeux, elle a mieux aimé les interpréter. En les interprétant, elle supprimait tout ce qui était susceptible de nuire à la netteté des lignes principales, donnant à la feuille ainsi modifiée une base en harmonie avec ses contours, lui faisant acquérir une pureté vraiment sculpturale.
- Les premières feuilles qui apparaissent sont celles de l’Arum, du Nénuphar, de la Sagittaire, de l’Iris, du Plantain qui tiennent compagnie aux frondes délicates et gracieuses des Fougères. On retrouve l’Arum un peu partout, traité de diverses façons, sur les chapiteaux de Notre-Dame de Paris, à Saint-Denis, à Reims, à Montreuil-sous-Bois. Le Nénuphar n’est pas moins fréquent : il brille à Saint-Pierre de Montmartre aussi bien qu’à Saint-Julien-le-Pauvre, à Argenteuil comme à Bagneux. 11 en est de même de l’Iris qui foisonne à Saint-Germain-des-Prés, montrant chez les sculpteurs, qui l’ont interprété, une remarquable souplesse d’imagination. Le Plantain manque rarement, accompagnant fréquemment le Nénuphar et tendant la main à la Fougère, presque toujours représentée alors que ses frondes sont jeunes et roulées en crosses.
- Il ne faudrait pas croire que la flore sculpturale, aux douzième et treizième siècles, s’en tint à ces quelques types; nous en trouvons d’autres encore. A la fin du douzième siècle, on voit apparaître la feuille de Vigne, pour le moins aussi élégante que celle de l’Acanthe. On la signale partout au moyen âge, dans la plus humble des chapelles comme dans la plus fière des cathédrales. D’où vient cette préférence marquée de la part des sculpteurs? Est-ce dans le symbolisme chrétien qu’il faut la chercher ou dans la facilité qu’elle prête en elle-même à l’ornementation? N’y aurait-il pas une autre cause? Les artistes du moyen âge ne détestaient pas la dive bouteille et s’en inspiraient. La Vigne devait être un sujet de prédilection qu’ils aimaient à faire revivre sous leur ciseau.
- Le Cresson, la santé du corps, aurait été également interprété d’après Viollet-le-Duc, mais ici le doute semble permis, et il pourrait bien se faire qu’on se trouvât encore en présence d’une feuille de Vigne, traitée d’une façon un peu spéciale.
- Puis viennent, de-ci de-là, le Trèfle qui pouvait symboliquement rappeler la Trinité; le Figuier, certaines paraboles des livres saints : la Rose, la Vierge mère du Christ, etc. Il est moins facile d’expliquer le sens à prêter à la Renoncule, à la Chélidoine, à l’Ancolie, à l’Hépatique, au Chêne. La Chélidoine semble être avec la Fougère et la Vigne ce que la flore murale du moyen âge a laissé de plus parfait, de plus gracieux; le Chêne est traité avec une merveilleuse élégance à Notre-Dame de Chartres ainsi qu’à Bourges.
- La Cymbalaire aux petites feuilles rondes, la Bryône qui court dans les haies où elle enchevêtre ses longs rameaux grimpants, l’Aristoloche à l’ample feuillage, le Persil délicatement lacinié, l’Aconit, le Muguet, le Fraisier, le Pavot, le Safran, la Primevère, le Framboisier, la Violette avec sa fleur, la Mauve, la Rue chère aux dames romaines, le Genet, le Lin, le Souci, la Ronce, la Reine des Prés, le Lierre terrestre, la Pivoine, la Clématite, l’Anémone sylvie, etc., ont également laissé des traces sur les chapiteaux de nos églises. Les autres feuilles sont difficiles à reconnaître, surtout quand elles
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- LA AA TU K K.
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- ont été interprétées. On a voulu voir, dans les motifs d’ornementation du moyen âge, le Chrysanthème, sans songer qu’on commettait une erreur des plus grossières, un anachronisme monstrueux.
- Si la feuille a charmé les naïfs sculpteurs et tailleurs d'images des douzième et treizième siècles, il n’en parait pas être de même de la fleur. A part la Rose, la Violette, la Renoncule bouton-d’or et le Muflier, c’est à peine si l’on en trouve quelques-unes. L’artiste de ces époques de foi a fait de la feuille ce qu’il a voulu tout en lui conservant son mouvement naturel. Au quatorzième siècle, l’architecture se modifie et avec elle l’ornementation qui en est inséparable. Les artistes n'interprètent plus, ils copient exactement la nature; ils ne s’attachent plus aux petites plantes qui avaient charmé leurs prédécesseurs, mais ils s’attaquent aux grands végétaux. Le Chêne est un sujet préféré et il est partout rendu avec une remarquable précision, une scrupuleuse exactitude. En son voisinage viennent l’Erable, l’Aulne, le Hêtre, le Poirier, le Prunellier, le Châtaignier, le Saule, le Lierre, etc. C’est à peine si de temps à autre paraissent la Sauge, le Liseron, la Rose de Noël. La flore nouvelle du quatorzième siècle est donc par-dessus tout de haut vol, elle est arbustive et forestière, au lieu d’être herbacée comme aux siècles précédents. Notre-Dame de Reims et la Cathédrale de Rourges sont à ce point de vue d’incomparables Musées, d’une indescriptible richesse.
- Avec le quinzième siècle commence la décadence florale en même temps que l’art ogival est à son déclin. Les larges chapiteaux disparaissent peu à peu et la place manque pour l’ornementation, qui est obligée de se réfugier dans les coins, en dehors du chœur et de la nef. La Vigne et le Chêne restent les derniers, en véritables plants nationaux qu’ils sont. L’Armoise fait une timide apparition avec le Houblon, l’Aubépine, la Chicorée, le Chou frisé et, parait-il, aussi des algues marines et d’eau douce. La feuille n’est généralement plus isolée, elle est représentée avec des branches ou des rameaux. On ne voit plus de bouquets de feuilles de chêne, mais de véritables petits arbres. L’exécution est encore bonne, mais le goût fait souvent défaut. Dans un très intéressant travail de M. Lambin consacré à la Flore des grandes cathédrales, postérieur à son mémoire sur la Flore gothique, on trouve la liste des végétaux figurés à Notre-Dame de Paris, à Notre-Dame de Reims, à Notre-Dame d’Amiens, à la Cathédrale de Rouen, à Saint-Pierre de Reauvais, à Chartres, à Saint-Etienne de Bourges, ainsi que dans un certain nombre d’autres églises de France. L’énumération des plantes reconnues n’est pas moindre de 42 espèces, inégalement distribuées, quelques-unes n’étant que rarement figurées. La liste des plantes indigènes et à feuilles décoratives, qui peuvent se trouver dans les cathédrales et les églises, est plus considérable et atteint 05 espèces.
- H peut être intéressant de faire remarquer que la flore de Notre-Dame de Reims a été en réalité la seule dont se soient occupés les archéologues, jusqu’à ces derniers temps, depuis l’année 1845, où un botaniste, Saubinet, reconnut 25 formes différentes. Certaines feuilles semblent mal déterminées : l’archéologue aurait besoin d’être doublé d’un botaniste et de savoir à quelle époque telle plante exotique a été introduite. On n’aurait pas fait figurer sur les chapiteaux de nos cathédrales du moyen âge le Calla æthiopica, le Chrysanthème, connus seulement dans les cultures au siècle dernier, la Vigne vierge, d’origine américaine, qui n’a été introduite en Europe qu’au dix-septième siècle. I*. Hariot.
- PÉRIODICITÉ
- I)K -NOS CONQUÊTES CO LO MAI. K, S
- Si l’on considère, pour chacune de nos acquisitions coloniales de ce siècle, la date à laquelle la conquête a été commencée, sans se préoccuper des développements que cette conquête a pu recevoir par la suite, on peut dresser le tableau suivant ;
- 1830. Algérie: 1842.
- Tahiti, Congo ; 1853, Nouvelle-Calédonie ; 1800.
- Guinée; 1862, Obock:
- 1861-1803, Cochinchine et Cambodge; 1881, Tunisie; 1883, Soudan,
- Annam; 1884, l’onkin ;
- 1805. Madagascar.
- Afin de rendre les éléments de ce tableau plus saisissables, construisons avec eux la figure ci-jointe dans laquelle on a établi des rectangles représentant les diverses colonies en les disposant à des distances proportionnelles aux temps écoulés.
- Si l’on veut bien admettre que la Guinée,
- Obock, la Cochinchine et le Cambodge, d’un côté, la Tunisie, le Soudan, l’Annam et le Tonkin de l’autre, ne constituent qu’un seul groupement, la périodicité saute aux yeux.
- Il est juste de remarquer cependant qu’il existerait une lacune vers l’année 1875, mais le voisinage de la guerre de 1870-1871 suffit à expliquer l’abstention de la France à cette époque pour toute conquête coloniale.
- Les termes de la périodicité seraient donc les suivants ;
- 1er terme, 1830, Algérie; 2e, 1842, Tahiti, Congo; 3e, 1853, Nouvelle-Calédonie; 4<!, 1860-1863, Guinée, Obock, Cochinchine et Cambodge; 5e, vers 1873, manque; 6e, 1881-1884, Tunisie, Soudan, Annam et Tonkin; 7°, 1895, Madagascar.
- La valeur de la période est en moyenne de 10 ans 83. Cette quantité coïncide suffisamment bien avec les résultats précédents puisqu’elle fournit :
- 1850-1841-1852-1802-1873-1884-1895.
- Si l’on vient à calculer les termes antérieurs à 1850, on tombe sur des dates qui n’offrent guère de coïncidence; il est vrai que les grandes guerres du Premier Empire ne permettaient guère de songer à des entreprises coloniales; il est à remarquer cependant que l’un
- 1830
- 184-2
- 1853
- 1860-63
- 1873
- 1881 - 84
- 1895
- AI a é n i~ë7
- Tahiti — Congo.
- N "-e Calédonie.
- Guinee, Obock,
- Cochinchine et Cambodge.
- “Tu n i s i e .
- Soudan, .
- Annam et Tonkin.
- Madagascar.
- ZM-Ji-
- l’ériodieilé do nos conquêtes coloniales
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- LA NAT U II K.
- 5-W
- des termes tombe en 1798, c’est-à-dire exactement sur l’année où eut lieu l’expédition d’Égypte.
- La loi de périodicité indiquerait que la prochaine entreprise coloniale de la France devrait se produire vers 1906, la suivante en 1917, etc.
- Constatons que la valeur de la période, qui est de 10 ans 85, se rapproche singulièrement de celle trouvée pour le maximum des taches solaires.
- Le soleil aurait-il sur les esprits des hommes cette action souveraine qu’il fait sentir d’une façon si puissante sur les divers phénomènes de la nature?
- Lieut'-colonel Delauxey.
- TIIHISINE \ PÉTROLE
- Voyant le rendement précieux des turbines soit à eau, soit à vapeur, deux ingénieurs norvégiens, MM. Paul Irgens ctGérardt Brunn, viennent d'imaginer une turbine à pétrole ou, si l’on veut, plus exactement, à gaz de combustion du pétrole, qui est assez originale. Nous allons la décrire brièvement, en nous aidant de figures qui en donnent une coupe verticale, en même temps que des détails de la turbine proprement dite et du vaporisateur.
- Sur le bâti du moteur, qui comporte des rayons R au centre desquels est ménagé un coussinet destiné à recevoir l’arbre vertical, est boulonnée une' enveloppe K qui se rétrécit d’abord, puis se renfle pour former une sorte de bulbe, qui se termine par une cheminée servant à l’échappement des gaz de la combustion. Nous y remarquons sur la droite, en R, un bouchon à vis 'dont, nous expliquerons tout à l’heure le rôle. En V V nous voyons le vaporisateur enfilé autour de l’arbre moteur.
- Si nous examinons la ligure représentant ce vaporisateur à une plus grande échelle, nous verrons qu’il comporte en G, G... des canaux, qui sont munis à leur base de brûleurs Ilr destinés à engendrer les gaz de combustion qui iront, eu s’élevant, exercer leur action sur les palettes de la turbine T clavetée sur l’arbre vertical.
- Comme de juste, il faut ménager l’arrivée du pétrole à ces brûleurs; il est amené par un canal G
- dans un conduit annulaire a, qui s’épanouit à son sommet et revient vers le bas sous forme de branches courbes, entre les canaux C du vaporisateur. Ses prolongements a' sont réunis à leurs extrémités par un évidement annulaire b avec lequel communiquent les brûleurs Br, si bien que le combustible liquide arrive par ces branches et vient se vaporiser aux brûleurs. Nous n’avons pas besoin de faire remarquer que ceux-ci sont logés dans des niches, et que les canaux qui débouchent juste au-dessus possèdent une certaine inclinaison indiquée en pointillé, afin que les gaz développés viennent frapper sous un certain angle les palettes de la turbine. Sans insister sur la forme de celle-ci, nous ferons remarquer que la couronne d, qui est à sa périphérie, possède des ailes e h sa base, et qu’il existe un espace annulaire entre elle et le vaporisateur. Nous allons voir tout
- à l’heure pourquoi.
- Quand nous voulons mettre en marche ce moteur, où le combustible liquide doit être envoyé sous une forte pression, nous versons de l’alcool dans la cuvette Cu, par l’ouverture B dont nous avons dévissé le bouchon ; et nous allumons. La chaleur qui se produit vaporise le pétrole qui se trouve dans les canaux du vaporisateur , et le gaz qui arrive aux brûleurs prend feu. Comme de juste le courant gazeux fait tourner la turbine. En même temps se met à tourner également la couronne auxiliaire d, et le mouvement de ses ailettes refoule de l’air frais aux brûleurs, ce qui assure une combustion complète des gaz de pétrole. Le passage constant de cet air frais a en outre l’avantage d’assurer une température relativement basse à l’enveloppe extérieure du moteur; cet effet est complété par l’espace réservé entre la couronne d et l’enveloppe E, et les pertes dues à la radiation sont ainsi très faibles.
- Le moteur de MM. Irgens et Brunn n’est pas encore consacré par une longue pratique, mais il est original et intéressant, et l’expérience ne pourra qu’indiquer des modifications qui tendront à le perfectionner et à l’améliorer.
- P. DE MÉRIEL.
- E^McrjeIi Sc
- La turbine à pétrole Iugens et Brunn.
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- LA NATURE.
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- DISTRIBUTEUR DE TIMBRES-POSTE ET DE CARTES POSTALES
- Depuis longtemps déjà l’administration des Postes promettait de doter ses bureaux de distributeurs automatiques de timbres, mais la promesse sem-
- blait ne pouvoir être tenue. 11 est vrai qu’en raisonnant un peu, on voyait surgir bien des difficultés pour cette innovation : la multiplicité des-
- Disirmuteur ue tmimes-posie et de cartes postales.
- 1. Vue d ensemble. — 2. Distributeur de timbres-poste. — 3. Le pèse-lettres. — i. Distributeur de cartes postales.
- timbres et par conséquent de la monnaie à verser, puis le faible poids de la vignette, son encollage, etc.
- Toutes ces difficultés sont désormais vaincues et nous avons pu examiner et faire fonctionner un ingénieux appareil donnant une solution pratique du problème.
- M. J. de Janisch, l’inventeur, a bien voulu nous
- montrer et nous expliquer lui-même le mécanisme de son appareil; aussi, pouvons-nous en parler en connaissance de cause.
- Le premier distributeur de timbres-poste vient d’être placé au milieu du hall de l’Hôtel des Postes de Paris, rue du Louvre; il présente la forme d’un parallélépipède rectangle en tôle vernissée monté sur une colonne de fonte. Cette boîte peu élégante
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- LA NATültK.
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- n’en renferme pas moins un fort ingénieux mécanisme.
- Supposons les côtés de la boîte entr’ouverts, nous constatons quelle contient quatre appareils : une balance bascule automatique pour vérifier le poids des lettres, un distributeur de timbres de 0f',15, un autre de cartes postales et un auget pour humecter les timbres-poste.
- Pesons d’abord la lettre.
- Pour cela l’appareil est surmonté d’une sorte de plateau en V dans lequel on place la missive et aussitôt apparaît, par une petite ouverture située au-dessous, un chiffre indiquant le prix du port à payer.
- Le principe de cette bascule est original : il consiste à effectuer automatiquement des pesées rapides au moyen d’une série de petites masses pesantes qui correspondent respectivement à une même charge prise pour unité, ajoutée sur le plateau du pèse-lettres; ces masses sont combinées de telle façon, avec un levier oscillant, que la charge mise sur le plateau détermine leur soulèvement successif jusqu’à ce que l’équilibre du fléau s’établisse; il en résulte que l’équilibre a lieu lorsque la charge du plateau est comprise entre le poids total des masses soulevées et le poids de ces masses augmenté d’une unité.
- On peut ainsi obtenir automatiquement des évaluations entières, c’est-à-dire sans fractions de l’unité adoptée, ainsi qu’il est requis dans le service postal.
- Quand le plateau du pèse-lettres reçoit une charge et s’abaisse, son accélération naturelle, sous l’effet de la pesanteur, est amortie par l’effet de la charge croissante des masses enlevées par le fléau et finalement l’équilibre est produit sans oscillation par le poids d’une dernière masse que le fléau ne peut plus soulever. Les indications du pèse-lettres sont par suite fournies immédiatement en unités de 15 grammes ou de 0f,,15.
- Le plateau destiné à recevoir les lettres est fixé, au moyen de tiges, à l’extrémité d’un fléau pouvant osciller vers son milieu sur des couteaux. L’extrémité du fléau opposé au plateau supporte une tige descendant librement au centre des masses pesantes ou tares de 15 grammes chacune et portant elle-même à sa partie inférieure une pièce conique destinée à soulever les masses; celles-ci consistent en une série d’anneaux ayant tous un même poids, limitées latéralement par des surfaces coniques à conicité dirigée vers le haut et pouvant s’emboîter les unes dans les autres.
- L’extrémité du fléau supportant le plateau est prolongée et porte un léger panneau cylindrique dont les inscriptions peuvent être observées du dehors à travers une fenêtre de l’enveloppe qui protège l’appareil. Ce panneau indique les valeurs respectives nécessaires pour l’affranchissement postal.
- La lettre est pesée, le chiffre indicateur vu par la fenêtre indique 0fr,15. Il faut maintenant un timbre.
- A gauche de la balance sont deux petites ouver-
- tures calibrées; vous introduisez dans l’une 0fl',10, dans l’autre 0r',05. Si vos pièces sont mauvaises elles vous sont rendues par une ouverture inférieure, si elles sont bonnes, un timbre de 0fr,15 vous est envoyé comme par un souffle à la sortie d’un couloir inférieur.
- Ce distributeur comprend, en combinaison avec un tambour rotatif à séries de compartiments, un mécanisme moteur permettant de faire tourner ce tambour division à division grâce à un échappement à ancre actionné par le poids des pièces de monnaie. Ces dernières sont introduites à travers un dispositif trieur qui rejette automatiquement à l’extérieur les pièces trop petites ou trop légères.
- Le tambour contient une suite de compartiments destinés à recevoir les timbres-poste, ces compartiments sont disposés sur une bande en hélice à la surface du cylindre. Une rainure pratiquée à la périphérie de la bande emboîte une série de saillies formées par un tiroir coulissant sur la boîte de l’appareil et qui se trouve ainsi commandé comme une crémaillère par une vis sans fin.
- Le tiroir est percé d’une ouverture correspondant aux dimensions d’un compartiment du tambour et pouvant donner passage aux timbres. De chaque côté de ce tiroir, sont disposés des segments de cylindre qui emboîtent la moitié inférieure du tambour afin d’empêcher les timbres de tomber hors des compartiments, sauf à travers l’ouverture.
- Les extrémités du tambour sont fermées par des disques dont l’un porte une série de dents disposées suivant un cercle et en nombre égal à celui des cloisons; ces disques peuvent tourner sur des tourillons fixes portés par des supports. Sur l’un des supports est articulé un levier dont l’axe d’oscillation porte deux bras terminés par des becs et un contrepoids réglable en position. Les beos sont disposés comme dans un échappement à ancre, de façon qu’à chaque oscillation complète du levier le tambour puisse tourner d’une dent.
- Un contrepoids moteur est porté par une corde passant sur des poulies mouflées et s’enroulant sur un tambour qui peut entraîner le tourillon en tournant dans un sens déterminé. Le tourillon est relié au tambour par un encliquetage à rochet de façon qu’on puisse tourner ce tambour en sens inverse, pour remonter le contrepoids, indépendamment du tambour, lequel est solidaire avec le tourillon.
- L'extrémité antérieure du levier est munie d’une poche réceptrice des pièces de monnaie ; leur introduction dans la poche s’effectue à travers un dispositif trieur fixé à l’enveloppe de l’appareil. Si la monnaie n’a pas le diamètre et le poids voulu elle est rejetée par le couloir, si elle est bonne, elle reste et son poids agit sur le levier au-dessus de son centre de gravité, le levier bascule et lorsqu’il a dépassé la position horizontale il laisse glisser les pièces qui roulent dans un conduit allant à la caisse.
- Lorsque le levier s’incline sous le poids des pièces de monnaie reçues, le tambour est momentanément
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- LA NATURE.
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- libéré de l'échappement et tourne d’une division sous l’action du contrepoids moteur; quand le levier se relève ensuite, après avoir déversé les pièces, la roue se trouve de nouveau retenue. Par suite de cette rotation un nouveau compartiment se présente au-dessus de l’ouverture du tiroir et un timbre tombe dans le conduit qui l’amène à portée de l’acheteur.
- Le dispositif trieur obture automatiquement l’ouverture d’entrée des pièces de monnaie lorsque le tambour est épuisé. Le timbre peut avoir parfois quelque difficulté à tomber; le cas a été prévu et résolu.
- Chaque compartiment à timbre est percé d’un trou communiquant avec le tourillon fixe qui est percé d’un canal qui conduit à une boîte fixe située à l'intérieur du tambour en communication avec une pompe à air. La boîte est fermée de tous côtés sauf à la partie inférieure pour que l’air puisse passer à travers les trous de la rangée de compartiments situés à la partie inférieure du tambour. La tige du piston de pompe est munie d’un bouton ou poignée formant saillie à l’extérieur de l’enveloppe et pouvant être manœuvré à la main; un ressort à boudin rappelle le piston à sa position de repos.
- Lorsqu’un timbre adhère quelque peu aux parois d’un compartiment, et que son poids ne suffit pas à le faire glisser quand il arrive au-dessus de l’ouverture, il suffit d’envoyer une masse d’air dans la boîte au moyen de la pompe pour que le courant d’air s’échappant à travers les trous le long des deux parois opposées du compartiment, entraîne sûrement le timbre à travers l’ouverture et le conduit de chute qui l’amène au dehors. Nous avons le timbre, il faut maintenant l’humecter pour le coller à la lettre.
- Pour cela à la paroi antérieure de l’enveloppe est fixée une boîte ou auget servant à contenir de l’eau et un cylindre horizontal dont les tourillons sont portés par les parois de l’auget. Ce cylindre, garni d’une enveloppe en caoutchouc, peut être tourné en agissant à la main sur un bouton situé à l’extérieur. Un le voit dans notre dessin, dans la vue d’ensemble de l’appareil (n° 1). Le dernier appareil est un distributeur de cartes postales.
- Pour approprier l’appareil précédent à la distribution automatique des cartes postales, il a suffi de remplacer le tambour à timbres par un tambour ayant des cases de dimensions convenables. Ces compartiments sont formés par des cloisons radiales d’une seule rangée. Les extrémités du tambour sont fermées par des disques dont l’un porte une série de dents destinées à la commande dudit tambour au moyen d’un échappement à ancre comme l’appareil précédent; ces disques sont pourvus de tourillons dont l’un porte un tambour destiné à recevoir une corde tendue par un contrepoids moteur.
- Le tambour présentant une seule spire de compartiments, la moitié inférieure est simplement emboîtée par un coursier cylindrique ayant une fente suivant sa génératrice inférieure pour le passage des cartes postales.
- Ce tambour étant combiné avec le mécanisme
- d’échappement à ancre fonctionne de la mémo manière que pour les timbres en tournant d’une division chaque fois qu’une pièce de monnaie est introduite dans le trieur et en amenant ainsi au-dessus de la fente une carte introduite dans les compartiments du tambour; cette carte tombe à travers la fente et glisse jusqu'à l’extérieur.
- L’ingénieuse invention de M. J. de Janisch donne une solution élégante aux distributeurs : le mécanisme est certes plus délicat que pour les distributeurs ordinaires, mais il ne faut pas oublier que la difficulté pour le timbre était grande puisque jusqu’à ce jour, malgré de sérieuses recherches, aucune solution satisfaisante n’avait été obtenue.
- Un appareil identique au précédent sera prochainement établi à l’Exposition universelle. T. Oisalski.
- UN DINER CIRCÀSSIEN
- Nous avons déjà eu l’occasion de recueillir des détails ethnographiques intéressants dans les rapports de missions de M. le baron de Baye ; nous en emprunterons encore une fois à son récit de voyage au nord de la chaîne du Caucase II se trouvait aux environs d’Ekaterinodar, capitale de la province du Kouban, au milieu des populations Bjedouks, qui sont des Tcherkesses ou Circassiens, et qui, jadis chrétiens, sont devenus mahométans.
- Voyons quel est le cérémonial et le menu d’un dîner chez ces populations quelque peu primitives. Voici les invités qui pénètrent dans la maison pour prendre part au repas qui leur est offert ; le maître de céans seul doit manger avec ses hôtes, que serviront son fils et ses neveux; l’appétit est de rigueur, car le fils l’a provoqué par une formule impérative qui ne manque pas de couleur locale : « Que les hôtes obéissent au maître sans objection, il vous faut manger, car nous avons nos armes ». Tous les invités sont assis sur des troncs d’arbres très bas, tandis que le maître de la maison demeure debout en signe de respect. On commence par des ablutions, c’est-à-dire qu’on verse de l’eau sur les mains des convives, puis on apporte un petit guéridon peu élevé qui sert à la fois de table et de plat ; au centre est une espèce de tarte composée de millet cuit. Dans des plats, nagent des ailes et des cuisses de poulet au milieu de beurre fondu, teinté de poivre rouge et de safran. Point de fourchettes, encore moins de cuillers ; pour manger on se sert de ses doigts. Chacun détache de son mieux un fragment de la galette, qui remplace notre pain, le trempe dans le jus de couleur orangée, et pèche, toujours avec les doigts, un morceau de poulet. Quand on a consciencieusement sucé les os, on les place sur le rebord du guéridon, qui est laissé libre dans cette intention expresse.
- Le premier service fini, on enlève le guéridon, et on en apporte un second, sur lequel se trouve un plat garni d’une pâte entourant des morceaux de mouton assez mal cuits, des sortes de côtelettes qui comportent peu de viande, mais beaucoup de graisse, ce suif étant particulièrement apprécié par les gens du pays. On mange naturellement le mouton comme on avait mangé le poulet, mais le plus souvent les os, une fois nettoyés, sont jetés à un loup qui est enchaîné dans la cour de la maison. Entre temps, on vous verse un verre de (( mepsi », sorte de boisson faite avec des pommes sauvages, ou de la bière faite avec du froment, et que l’on nomme « barkhzim. »
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- Vient enfin le dessert, qui est également introduit sur un guéridon spécial, et qui consiste en riz mélangé à des raisins secs, et en crème aigre, les deux mets étant d’ailleurs servis dans deux récipients différents. D. B.
- UN GENÉVRIER ÀRRORESCENT
- Nous connaissons le genévrier commun (Juniperus communis) d’ordinaire sous la modeste apparence d’un buisson. Dans l’intérieur des forêts non parcourues par le bétail il se présente sous la l'orme ramassée, conique qu’affecte son congénère, le genévrier Sabine, cultivé comme plante d’ornement dans nos jardins. Sur les pâturages c’est un buisson largement étalé, dont les branches, armées d’aiguilles piquantes, couchées sur le sol, offrent un abri bienvenu aux graines des essences utiles.
- Protégées ainsi contre le bétail, les essences forestières marchent , derrière l’avant-garde de genévriers, à la conquête des landes et des terrains déserts.
- Ce méchant buisson, pourtant si utile, est atteint parfois de la folie des grandeurs.
- Quittant son modeste habitus, il s’élève aux dimensions d’un arbre ou du moins d’un arbrisseau.
- À l’Exposition universelle de Vienne en 1873, figuraient des troncs de genévriers, coupés en Hongrie, qui mesuraient 30 centimètres de diamètre à lm,50 du sol.
- Un genévrier qui dépasse par ses dimensions ses confrères hongrois, est celui dont la photographie est reproduite ci-dessus.
- Un genévrier arborescent.
- Cet arbre se trouve sur le versant suisse de la vallée du Doubs, à une lieue de la Chaux-de-Fonds, la cité horlogère bien connue, qui se targue avec ses 30000 habitants d’être le plus grand village du monde.
- Ses dimensions sont les suivantes : Le tronc proprement dit atteint une hauteur de 5 mètres et mesure au milieu 40 centimètres de diamètre. A
- 3 mètres il se bifurque en deux fortes branches, formant ensemble une couronne arrondie, touffue et vivace. L’arbre tout entier s’élève à 0 mètres de hauteur.
- Il occupe, avec un deuxième exemplaire de di-mensions un peu moins remarquables , un pâturage presque entièrement d é-boisé.
- Toutefois il a dù passer la plus grande partie de son existence séculaire sous le couvert de la futaie jardinée et aussi hors de l’atteinte de la dent du bétail.
- Ce n’est que par cette hypothèse que l’on peut expliquer le fait de ce développement extraordinaire et en quelque sorte phénoménal.
- Souhaitons longue vie encore
- à ce doyen et ce chef de sa race! A- Pii.lichady.
- Inspecteur des Forêts au Locle.
- LES GRANDS TRANSATLANTIQUES
- I.’ « OCF.ANIC ))
- Quand nous avons fait ici la description du magnifique steamer allemand Kaiser Wilhelm der Grosse, notre intention était de poursuivre une comparaison avec les navires transatlantiques que
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- possèdent les autres pays, et pour aujourd’hui nous voudrions consacrer une monographie à VOceanic, qui vient précisément de commencer son service sur les lignes anglaises.
- Il y a longtemps que l'on parle de ce hateau, et on avait voulu d’abord l’annoncer comme une réponse péremptoire que feraient les constructeurs et les compagnies de Grande-Bretagne aux compagnies et aux constructeurs d’Allemagne : on avait en effet affirmé qu’il dépasserait en vitesse tous les navires actuellement à flot, à commencer par le Aaiser. En fait, les gens du métier n’avaient point cru à ces affirmations, et l’on ne fut nulle-ment surpris quand on sut que la Compagnie White Star, à laquelle appartient le nouveau transatlantique, ne comptait point faire concurrence au Norddeutscher Lloyd, et quelle se contenterait d’une vitesse commerciale de vingt nœuds. Assurément, l’amour-propre des armateurs anglais a dû souffrir beaucoup de voir que le sceptre de la vitesse des traversées de New-York restait à leurs concurrents d’Allemagne ; mais ils se sont dit que ces allures extraordinairement rapides coûtaient fort cher, ne payaient pas suffisamment; et ils ont résolu sagement de construire un navire dépassant tous les autres par ses proportions, dont les frais seraient réduits considérablement/ par suite même de ces proportions, et qui offrirait un confort et une sécurité tout exceptionnels à ses passagers.
- En somme, ce qui caractérise avant tout VOceanic, ce sont précisément ses dimensions gigantesques, dans sa coque proprement dite comme dans ses
- aménagements intérieurs (puisque les deux choses se tiennent logiquement). Si l’on dressait un graphique représentant les sections au maître hau des divers grands transatlantiques successivement lancés, on y verrait la supériorité de VOceanic à cet égard : on constaterait que ce dernier dépasse même le Deutschland, un nouveau hateau allemand qui n’est pas encore achevé, et qui est expressément
- destiné à faire une concurrence comme vitesse au Kaiser. Par contre toutefois, on notera que ce géant des temps modernes, VOceanic, est encore inférieur, comme section principale, au primitif Great Eastern : cela tient en réalité à ce que maintenant on donne des formes tout à fait différentes aux navires de vitesse, et qu’on les fait bien moins massifs que dans les débuts.
- Le nouveau hateau dont s’est enrichie la flotte de la Compagnie White Star, et qui a été construit dans les chantiers de MM. Harland and W o 1 ff de Belfast, mesure de tête en tête 215m,03, et 208 m, 7 7 entre perpendiculaires; sa largeur au maître hau atteint 20m,7 5, son creux 14m,05 et son tirant d’eau est de 9m,90. Au moment où il a été mis à l’eau et où il ne possédait pourtant encore comme machinerie que ses hélices et ses arbres, il pesait déjà plus de 11 000 tonnes métriques, et une fois terminé json déplacement a pu s’élever à 28 957 tonnes! Ses formes générales, de même que ses dimensions, sont tout à fait remarquables, elles frappent ceux qui ne sont pas du métier; on y remarque notamment les superstructures multiples, et aussi l’absence de ces ponts en dos de tortue que l’on dispose souvent à l’avant et à l’arrière des bâ-
- UOceamc dans la rue Royale, à Paris.
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- timents à vapeur pour lutter contre les coups de mer qui arrivent par la proue. La coque offre une résistance considérable, étant formée d’une double épaisseur de plaques à l’aplomb de la quille.
- Elle est puissamment soutenue par une série de sept ponts : cinq de ces ponts s’étendent sur toute la longueur du bateau, et ils sont faits de plaques d’acisr relativement épaisses. Seuls le pont des canots, ou « boat deck », et le faux-pont inférieur ne sont que partiels par rapport à la longueur du navire.
- Pour donner une idée de la résistance des plaques d’acier employées, nous dirons quelles ont une épaisseur qui atteint parfois 28 millimètres. La mise en place de ces tôles et des trois quilles, en même temps que des couples et de toute la charpente, a nécessité quelque chose comme 1 800000 rivets, dont certains avaient des dimensions relativement énormes, et qui ont tous été posés au moyen de riveteuses hydrauliques. Les trous étaient d’ailleurs percés sur place, et ils devaient fréquemment donner passage à des rivets de près 18 centimètres de long et pesant lks,500.
- Nous glissons rapidement sur les dispositions extérieures et facilement visibles de YOceanic ; nous indiquerons seulement que les deux immenses cheminées ont un diamètre suffisant pour laisser passer côte à côte deux voitures de tramways, et d’autre part que la passerelle du commandant se trouve à un peu plus de 12 mètres au-dessus de la ligne de flottaison, ce qui lui permet de surveiller aisément le lointain.
- Les machines (comme toujours maintenant, au nombre de deux), qui mettent en mouvement ce magnifique navire, sont du type compound à triple expansion, avec des cylindres ayant respectivement pour diamètre lm,20, 2 mètres et 2m,36, pour une course commune de lm,83. On a disposé quatre condenseurs cylindriques séparés pour chaque machine; l’arbre des manivelles a un diamètre de 650 millimètres et l’arbre de couche, qui est creux, en a 605.
- Les parties en mouvement des machines sont équilibrées, ce qui a beaucoup d’importance dans un bateau marchant à grande vitesse. Le tirage forcé ne se fait pas en vase clos : suivant une disposition qui se trouve déjà, à notre connaissance, à bord des nouveaux paquebots des chemins de fer du Nord faisant le service de Calais, ce tirage est assuré par de puissants ventilateurs qui aspirent l’air vicié dans les portions basses du navire. Il y a quinze chaudières à retour de flamme, avec foyers doubles et opposés. Quant aux propulseurs, qui sont naturellement au nombre de deux, ils sont à trois branches et ont 6m,70 de diamètre, avec ailes de bronze manganésifère boulonnées sur un centre en métal à canon. Les ailes de ces hélices ne se recouvrent pas, elles demeurent toujours au moins à une distance de 2m,74, mais un évidement ménagé dans
- l’étambot permet à 1 eau de les atteindre librement. Cet étambot, qui est fait d’une seule pièce d’acier fondu, pèse plus de 32 tonnes, tandis que le poids du gouvernail est de 53 tonnes.
- Toutes les indications que nous venons de donner montrent qu’il s’agit bien d’un véritable paquebot géant : complétons-les par quelques détails sur ses dispositions intérieures, qui, pour ne pas être techniques, n’en sont pas moins intéressantes.
- L'Oceanic est fait pour recevoir à son bord 410 passagers de première classe, 500 de seconde et 1000 de troisième; l’équipage comprend d’autre part 594 personnes. Sans insister par trop sur les aménagements, qui se ressemblent bien quelque peu à bord des différents transatlantiques, nous attirerons l’attention sur la largeur inaccoutumée, dans un paquebot, des splendides couloirs qui desservent les cabines. Le salon principal n’a pas moins de 24 mètres de long sur 19m,40 de large, il est fait pour 350 personnes; au centre, s’élève précisément le dôme, qui est magnifiquement décoré et qui empiète sur les deux ponts se trouvant au-dessus du salon : il distribue ainsi fort heureusement air et lumière.
- C’est une des curiosités des paquebots actuels que ces immenses salons, qui semblent malgré tout bien bas de plafond en dépit de leurs dômes. Celui du salon de YOceanie se termine dans la bibliothèque, où sa partie supérieure est entourée dé sièges. Nous avons eu l’occasion de montrer le luxe avec lequel on décore les divers salons des paquebots modernes ; et nous n’y reviendrons point.
- Nous ferons remarquer que les passagers de seconde classe même ont à leur disposition non seulement un salon pour 148 couverts, mais encore fumoir, bibliothèque, salle de correspondance.
- Nous n’avons pas besoin d’ajouter que les vastes proportions du navire donnent aux voyageurs la possibilité de faire de véritables promenades sur les ponts, ce qui est précieux pendant un voyage de plusieurs jours.
- Sans doute ne franchiront-ils pas l’Océan avec la même allure vertigineuse qui rend aujourd'hui si célèbre le Kaiser Wilhelm-, mais, en réalité, une différence de quelques heures n’est pas grand’chose sur une traversée de près d’une semaine.
- Daniel Beli.et.
- EXPOSITION DE 1900
- LES PASSERELLES SUR LA SEINE
- Une des conséquences des emprises faites sur les deux rives le la Seine pour les installations de l’Exposition a été la construction de diverses passerelles destinées à permettre aux visiteurs de traverser le fleuve sans sortir de l’enceinte. Il était, en effet, indispensable de créer au public des moyens de circulation faciles et nombreux ; celte question
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- qui en soi semble très simple est au contraire extrêmement complexe et difficile à résoudre, surtout pour le cas de notre Exposition de cette année, car il y avait à satisfaire en même temps des services différents et qui paraissent se contrarier, il fallait ménageries mouvements de la foule sans provoquer d'encombrement ; d’autre part, il était indispensable de créer des passages afin de réunir toute l’Exposition en un seul tenant, de façon à ne pas obliger le public à sortir par une porte pour rentrer par une autre. Ce système aurait, en effet, obligé les visiteurs à produire un nouveau droit d’entrée, les contre-marques de sortie étant d’un emploi impraticable.
- Les différents services qui se trouvent en présence sont ceux des visiteurs de l’Exposition, ceux du public de la rue, et ceux des voyageurs arrivant par les bateaux-mouches sur les quais compris dans le territoire de l’Exposition et qui désirent se rendre sur la voie publique. Ainsi, il existe au débouché du pont de l’Alma, sur la rive droite, un point très délicat sur lequel il semble que toutes les difficultés se soient rassemblées, nous y reviendrons d’ailleurs dans un article spécial.
- Dans le projet initial de l’Exposition on n’avait prévu que deux passerelles réservées aux visiteurs, l’une placée entre* les ponts des Invalides et de l’Alma, sensiblement à égale distance de l’un et de l’autre, le second entre les ponts de l’Alma et d’Iéna, devant le Palais de la Guerre. De ces deux ouvrages, le dernier seul a subsisté tel qu’on l’avait primitivement conçu ; quant à l’autre, il a été remplacé par deux passerelles accolées aux ponts eux-mêmes. La raison de cette modification apportée aux intentions premières a été que l’on a considéré la Seine, entre les ponts des Invalides et de l’Alma, comme formant un grand bassin rectangulaire sur lequel on avait l’intention de donner des fêtes et des parades nautiques ; or, l’existence d’un pont situé au milieu de cet espace n’aurait eu d’autre résultat que de couper l’alignement et d’empêcher le déploiement d’une cérémonie quelconque. Un sait, d’autre part, que tous les soins ont été apportés à ces parages que bordent tous ces merveilleux Palais des puissances étrangères ainsi que les boulevards fluviaux qui, dès l’ouverture de l’Exposition, ont obtenu un si grand succès.
- Les deux passerelles accolées aux ponts des Invalides et de l’Alma ont sensiblement les mêmes courbes que les ouvrages dont ils doivent doubler le service. Ils ont été construits assez légèrement, car après la fermeture des portes de l’Exposition, ils seront démolis afin de rendre à la Seine son aspect ordinaire.
- Les piles ont été établies en pilotis dont les têtes débordent au-dessus de la surface de l’eau; on a installé sur elles une série de poutres formant une sorte de radier qui répartit la charge du pont sur les différents pieux. Ces deux passerelles sont absolument pareilles ; elles sont composées
- chacune de trois travées ; celles de rives sont des poutres supportées sur deux appuis et destinées à équilibrer l’arc central. Elles n’ont rien en elles-mêmes de très remarquable au point de vue de Part de l’ingénieur, et nous n’en parlerions que pour mention si l’on n’avait employé à leur occasion un procédé de montage nouveau et très élégant.
- Il ne pouvait, en effet, être question d’arrêter le mouvement de la circulation sur la Seine par l’établissement d’un échafaudage plus ou moins compliqué ; il était de toute nécessité de laisser complètement libre le passage du milieu. Aussi a-t-on imaginé de construire un appareil de manutention qui était supporté sur la partie déjà construite et qui pouvait progresser en avant au fur et à mesure de l’avancement des travaux ; cet appareil était constitué d’un chariot pouvant circuler sur les poutres maîtresses de la passerelle et supportait, à l’aide de deux grands bras, un plancher volant placé au-dessous de l’ouvrage à faire; de cette façon, les ouvriers avaient un chantier facile et commode : les matériaux arrivaient par la partie du pont déjà construite, étaient manœuvrés par une grue montée sur le chariot de manutention et étaient assemblés par les ouvriers installés sur le plancher volant. On a pu construire ainsi en porte à faux les deux parties de l’arc central, malgré son ouverture de 48 mètres ; chaque portion était soutenue en l’air comme le serait une console, les poutres de rives servant à faire les contrepoids ; chacun des deux systèmes formait une sorte de balance dont un des bras était constamment plus lourd que l'autre. Les parties en porte à faux, placées en regard l’une de l’autre, avaient 20 mètres de portée, il restait donc une ouverture entre elles de 8 mètres qu’il s’agissait de combler; à cet effet, on a établi un voussoire de clé pour réunir les deux bouts, de façon à former un tablier continu; ce travail s’est effectué très facilement à l’aide de pièces en fer lancées entre les deux parties terminées et rivées aussitôt. À partir de ce moment le pont était terminé, toutes les pièces métalliques travaillaient librement et d’une façon régulière.
- Il va sans dire que de tous les côtés on a ménagé des articulations, aussi bien aux points de support, sur les piles et aux culées qu’aux joints du voussoire de clé de l’extrémité des parties construites en encorbellement.
- La passerelle du Palais de la Guerre est autrement intéressante que les deux ouvrages que nous venons de décrire et fait le plus grand honneur à MM. Résal et Alby qui l’ont conçue. Sa forme est d’une élégance merveilleuse ; elle a ceci de très particulier que cette élégance est rationnelle et provient uniquement de la forme mathématique de l’ouvrage, sans qu’il ait fallu faire intervenir aucune espèce de décoration. Il y a un tel sentiment d’équilibre dans toutes les pièces que les yeux perçoivent, à eux seuls, le travail auquel chacune est soumise : c’est un des rares ouvrages d’ingénieurs dont le dessin, à lui seul, suffit pour déterminer sa beauté.
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- Ce pont a été élevé sur des piles-culées en maçonnerie posée sur des tètes de pieux; de cette façon il peut vivre longtemps, aussi ne sera-t-il pas démoli après l’Exposition ; c'eût été d’ailleurs dommage.
- Ainsi qu’on peut le voir sur le dessin qui accompagne ces lignes (fig. pont est un système qui tient en équilibre sur les deux piles en rivière, il n’y a pas de culées proprement dites. On peut le considérer comme composé de deux parties bien distinctes : la première est l’ensemble des deux demi-arcs des rives réunis par le tablier, qui forme une sorte de grand tirant horizontal ; la seconde par le grand arc surélevé et complètement indépendant dont les tiges ont pour mission de supporter le tablier.
- Toutes les pièces maîtresses du pont, c’est-à-dire les deux demi-arcs de rive et l’arc central, sont doubles et contre-ventées par un jeu de fers horizontaux de façon à empêcher tout mouvement dans le sens latéral.
- Sur le dessin, on peut voir que les retombées sur les piles des arcs se font sur des tambours d’articulation communs; cette disposition n’a été prise que pour la facilité de l’exécution et afin de permettre un tour de main de montage dont nous parlerons plus loin ; en réalité les arcs n’ont aucune solidarité, ils ont des missions différentes et pourraient parfaitement reposer sur des points séparés.
- Le tablier à ses deux extrémités est simplement soutenu par des arcs de rives situés en porte à faux ; il s’ensuit que sous des influences acciden-
- telles, surcharge de la foule ou dilatations dues à la chaleur, il pourrait y avoir un jeu dans toutes les parties du pont, qui aurait pour résultat d’élever
- ou d’abaisser ces extrémités du tablier et d’empêcher un raccord exact avec la chaussée. Pour obvier à cet inconvénient, on a établi une bielle articulée entre la berge et le bout du tablier ; cette bielle joue tantôt à la tension quand les extrémités du pont ont tendance à se soulever,tantôt à la compression quand elles ont tendance à s’abaisser ; à certain s moments même, par exemple quand il n’y a aucune surcharge et quand la température du métal est égale à celle
- qui a été choisie pour les calculs de réglage, la bielle ne travaille même pas du tout. D’ailleurs son jeu, dont l’amplitude ne dépasse pas un petit nombre de tonnes dans un sens ou dans l’autre, modifie d’une manière favorable les conditions d’équilibre de la pile-culée et affecte seulement les valeurs des moments fléchissants des deux demi-arcs.
- On a employé pour le montage un procédé qui ressemble beaucoup à celui qui a été adopté pour les deux autres passerelles de l’Exposition. Les deux piles une fois terminées, on a commencé par établir les parties métalliques situées entre elles et les rives, ce qui était très facile, la distance qui sépare ces deux points n’étant que de 22m,50. La portée centrale a été construite à l’aide d’un chariot roulant sur l’extrados du grand arc, avec plancher volant; on a commencé à construire l’arc par ces deux bouts à la fois, les portions terminées servant de soutien
- Fig. 1. — Appareil de montage de la passerelle des Invalides.
- Fig. 2. — Appareil de montage de la passerelle ;du Palais des Armées de Terre et de Mer.
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- d'Orsay
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- Fig. 4. — Élévation schématique de la passerelle du Palais des Armées de Terre et de Mer.
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- K au. r. ordinaires (27.00)
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- J. 5c.
- Fig. 5. — Les cinq phases du montage de la passerelle du Palais des Armées de Terre et de Mer.
- aux ouvriers et à leurs appareils de manutention; •on conçoit dès lors que l’arc était maintenu en l’air et en équilibre; toutefois, étant donné la portée de
- ce grand arc, 75 mètres, il eût été imprudent de continuer l’ouvrage jusqu’à la clé sans prendre quelques précautions, c’est pourquoi on a installé un
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- LA N AT U R K.
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- tirant provisoire et une pièce métallique K destinées à consolider les naissances de l'arc et à augmenter sa solidarité avec les parties déjà construites ; malgré ces recours, les extrémités libres de l'arc avaient une tendance à fléchir verticalement et il aurait été impossible de les réunir; aussi a-t-on chargé les bouts de rives du tablier avec du lest, de l'açon à relever tout le système au-dessus de sa position délinitive ; c’est ici qu'intervient l’utilité de la rotule unique sur les piles sans laquelle il eut été impossible de faire basculer les deux demi-ponts ; dans cette position on pouvait placer le voussoire de clé ; une fois que cette dernière opération fut achevée, on a abandonné l'ensemble à lui-même. Le pont se trouvait ainsi terminé et toutes les pièces pouvaient travailler régulièrement suivant les calculs primitivement établis.
- Les trois passerelles de la Seine ont été construites par MM. Daydé et Pillé dans leurs ateliers de Creil; c’est à cette maison importante que l’on doit une grande partie des travaux métalliques de l’Exposition. Leur grand mérite dans la construction de ces trois ouvrages, de peu d’importance comme tonnage, a été l’ingéniosité des procédés de montage et la rapidité de l’exécution qui, malgré les difficultés d’accès et l'étroitesse des chantiers, ont permis d’achever l’ouvrage, sans gêner en quoi que ce soit aucun service environnant. A. da Cüxua.
- CHRONIQUE
- Société française de Physique. — La Société française de Physique, en raison de l’Exposition universelle, a supprimé cette année l’Exposition de Pâques et l'a remplacée par des séances qui ont eu lieu les 20 et 21 avril et qui ont été consacrées à des expériences et à des communications. M. Dongier nous a montré la lumière polarisée émise par un tube de Geissler soumis à l’action d’un champ magnétique. Le phénomène était très net et apparaissait sous la forme de franges brillantes parallèles. M. Rolhé a fait une étude particulière de l’interrupteur Wehnelt; il a observé qu’en formant un circuit d’une source d’énergie électrique, du circuit primaire d’une bobine de Ruhmkorff et d’un interrupteur Wehnelt, on augmentait notablement l’éclat d’une lampe placée en dérivation aux bornes de l’interrupteur; le fait s’explique par la force électromotrice de self-induction qui s’ajoute à la différence de potentiel aux bornes de la lampe. M. le D‘ d’Arsonval nous a expliqué sur un petit modèle d’appareil le mécanisme des rosaces lumineuses qui vont être utilisées à l’Exposition. — Deux tiges de cuivre parallèles et isolées l’une de l’autre sont montées verticalement sur l’arbre d’un petit moteur électrique. En même temps qu’elles tournent, elles reçoivent entre leurs pointes les décharges de puissants condensateurs. M. d’Arsonval est arrivé à constituer les isolants nécessaires à l’aide de la micanite dans le pétrole. Les dispositifs utili.'és par le savant professeur dans cette circonstance sont les dispositifs des expériences de Tesla, sur lesquelles nous avons déjà eu1 l’occasion
- d’insister. M. Rerger a présenté la loupe binoculaire stéréoscopique que nous décrirons prochainement. M. Ch.-Ed. Guillaume nous a montré un nouveau dila-tomètre très sensible et un appareil de démonstration pour les phénomènes de résonance qu’il a fuit construire par MM. Radiguet et Massiot. M. Riban a exposé un gazomètre à pressions constantes et variables à volonté. — M. ïeisserenc de Dort a fait voir les résultats qu’il a atteints avec les cerfs-volants et les ballons-sondes dans l’étude de l’atmosphère de la verticale. Mentionnons encore une communication de M. Marage sur la formation de la parole, une communication de M. Cotton sur un appareil pour la mesure des champs magnétiques et des expériences de M. et Mme Curie sur les corps radio-actifs.
- Consommation du gaz pendant les Expositions. — A Paris, en 1855, la consommation annuelle ayant été de 40 774 400 mètres cubes, l’Exposition et les édifices publics, qui n’employaient guère encore que des lampions pour leurs illuminations, ne brûlèrent qu’une très faible partie de ce total. En 1807, la consommation annuelle atteint 150 569 702 mètres cubes, et sur ce chiffre l’Exposition universelle ne consomma pas moins de 14 255157 mètres cubes en illuminations. En 1878, l’Exposition universelle fait une consommation considérée alors comme fantastique : 20 752 289 mètres cubes! sur 211 949 517 mètres cubes formant le total annuel. En 1889, la consommation annuelle est de 512 258070, maximum atteint jusqu’alors; mais l’Exposition ne brûle de ce total que 14560 250 mètres cubes. En 1900, nous brûlerons à peu près notre million de mètres cubes par jour et l’Exposition entrera dans le total pour environ 25 millions, avec ses illuminations et sa consommation extraordinaire. Ce sera le maximum de consommation depuis l’invention du gaz.
- La distribution de l’énergie électrique à Paris.— Les stations centrales de distribution d’énergie électrique ont été installées à Paris dans les premiers mois de l’année 1889 ; les autorisations de canalisation n’avaient en effet été votées par le conseil municipal qu’à la lin de 1888. Les sociétés se préoccupèrent d’assurer rapidement la distribution en quelques points de Paris et en particulier sur les grands Boulevards, afin de présenter pour l’Exposition de 1889 qui s’ouvrait au mois de mai un éclairage brillant. Si l’on excepte cette première année, qui a été une année de travaux et de préparations, il y a donc eu dix ans au 1er janvier 1900 que les sociétés d’électricité fonctionnent à Paris; il est intéressant de voir les résultats qu’elles ont donnés. Au 1er janvier 1900, on comptait dans les stations centrales de Paris une puissance installée totale de 25 000 kilowatts. La puissance installée chez les abonnés s’élevait à 46 600 kilowatts, représentée par 12 840 lampes à arc, 870 102 lampes à incandescence, 1000 moteurs d’une puissance totale de 4850 kilowatts et 05 appareils de chauffage électrique d’une puissance de 185 kilowatts. L’éclairage public comprenait 1590 lampes à arc dont l’alimentation en énergie électrique a coûté I 487 200 francs pendant l’année 1899.
- Les éboulements successifs des chutes du Niagara. — On a bien souvent répété que par suite de la corrosion exercée par les eaux et des éboulements qu’elle entraîne, les fameuses chutes du Aiagara reculent d’une façon sensible d’année en année : le fait est que de 1842 à 1890, on a évalué à près de 5 millions efr demi de mètres cubes le volume des roches qui ont été
- 1 Voj. n” 950, du 1» août 1891, p. 162.
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- enlevées. C’est ainsi que pendant ces dernières années, la partie des chutes qui porte le nom de « horse shœ fall )) (chute du Fer à cheval) avait bel et bien pris la forme d’un V, qui nuisait beaucoup à sa beauté et qui en tout cas ne légitimait plus son nom. Il vient tout récemment de se produire un nouvel éboulement, qui augmente encore le recul constant dont nous parlions tout à l’heure, mais qui du moins a rendu à la chute du Fer à cheval sa forme caractéristique.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 avril 1900. — Présidence de 51. 51. Lévy.
- Correspondance. — 51. Berthelot, secrétaire perpétuel, signale un article du Journal de Saint-Pétersbourg, communiqué par le ministre des Affaires étrangères, dans lequel on annonce que, sur l’initiative du tsar, une commission vient d’ètre chargée d’étudier la transformation du calendrier Julien. Les modifications, tout en respectant les dates du rite orthodoxe, tendraient à atténuer les différences entre les années Julienne et Grégorienne.
- Élection d'un délégué au Conseil supérieur de l'instruction publique. — L’Académie renouvelle le mandat de 51. Paye, comme délégué au Conseil supérieur de l’instruction publique; la nomination définitive aura lieu jeudi prochain, dans une réunion plénière de l’Instilut.
- Mort de M. Alphonse Milne Edwards. — 51. Maurice Lévy retrace rapidement la carrière scientifique de M. A. 5Iilne Edwards, vice-président de l’Académie des sciences, directeur du 5Iuséum d’histoire naturelle. « Fils d’un éminent naturaliste, il montra rapidement que, comme les oiseaux voiliersl qu’il étudia si bien, lui aussi avait des ailes. » Après avoir brillamment conquis ses grades universitaires, il était bientôt nommé professeur à l’École de pharmacie. Lauréat de l’Institut, il entrait d’abord à l’Académie des sciences, puis à l’Académie de médecine. En 1892, les professeurs administrateurs du Muséum d’histoire naturelle l’appelaient à la direction de cet établissement. 11 fit preuve dans ces fonctions de remarquables qualités administratives et, sous son impulsion, le Jardin des Plantes put conquérir une place prépondérante parmi les élablissements similaires du monde entier. 51. le président signale, dans l’œuvre de 51. A. .Milne Edwards, ses beaux travaux de répartition géographique des faunes terrestres ou marines, l’étude des matériaux rapportés par les expéditions du Talisman et du Travailleur qu’il avait organisées, et surtout son magistral travail sur les Oiseaux fossiles dans lequel il a pour amsi dire créé l’Ornithologie fossile. Après avoir rendu hommage aux grandes qualités de l’homme et du naturaliste, 51. le président exprime, au nom de l’Académie, les regrets unanimes que provoque celte mort prématurée et lève la séance en signe de deuil. J. Giraud.
- LES NAINS ET LES GÉANTS
- DU CYCLISME
- Nous ne voulons point parler des cyclistes gigantesques ou minuscules, bien que toute machine suppose en principe un cavalier pour la monter, mais bien des cycles de proportions monstrueuses ou au contraire de dimensions quasi lilliputiennes. La chose n’a pas du reste seulement un intérêt de
- curiosité pure, elle montre aussi les ressources de la mécanique moderne, qui réussit à fabriquer des petits vélocipèdes de précision aussi délicats qu’on le peut désirer, en même temps que des cycles géants, où le poids mort est réduit dans des proportions extraordinaires.
- Comme exemple le plus minuscule qui soit actuellement connu (et sans parler bien entendu des épingles de cravates, où la représentation d’une vraie bicyclette n’est que fort approximative) nous pensons que la palme appartient à une petite machine, qui a été fabriquée de toutes pièces, et avec une exactitude scrupuleuse, par M. Joseph Figarotta : elle ne doit pas peser en tout 30 grammes, les roues ont un diamètre de 2 centimètres et demi, et cependant on affirme qu’il n’y manque pas le moindre détail, même le verre de la lanterne. Mais ceci n’est pas un cycle sur lequel personne puisse prendre place, même les nains dont on nous a parlé dernièrement.
- 11 en est tout autrement de la bicyclette du plus petit format que construit la maison Gladiator (nous citons cette marque, parce que nous avons eu effectivement en main la petite machine dont nous parlons, et qui sort de ces usines). Ce cycle, qui est, comme dimensions, au-dessous même de celui qu’on fabrique pour l’àge de cinq ans, a une longueur totale d’environ lm,25, le diamètre de ses roues est de 40 centimètres, la distance entre le pédalier et la selle à fond de course est de 47 centimètres : on voit pour quelles jambes elle est faite ! Cependant elle pèse relativement assez lourd, à peu près 6 kilogrammes, parce que, nous n’avons pas à le faire remarquer, ce n’est pas une machine de courses! C’est en somme un vrai petit bijou de mécanique.
- Il est écrasé par le voisinage d’une machine ordinaire d’homme; mais qu’est-ce donc quand il se trouve à côté du cycle géant que représente une de nos gravures, et qui sort des usines bien connues Cleveland. Les tubes employés dans la construction de ce dernier ont un diamètre de 152 millimètres; les roues ont de leur côté un diamètre de 4m,57 ; la selle, qui est absolument proportionnée, est gigantesque, les rayons des roues n’ont pas moins de 19 millimètres, et nous n’avons pas besoin d’insister sur la multiplication.
- Quant aux bandages, qui sont, suivant l’habitude américaine, à enveloppe unique, ils ont un diamètre de 45 centimètres. C’est fantastique, et il faut ajouter que cela n’a pas d’utilité réellement pratique, puis qu’aucunes jambes ne pourraient atteindre les pédales de pareille machine ; c’est une simple réclame, et il n’a jamais été possible de reconnaître par expérience la force qui serait nécessaire pour faire marcher ce gigantesque cycle.
- Il en est tout différemment du tricycle que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs, et auquel jadis notre confrère Scientific American avait consacré une intéressante notice. Il a été construit pour le compte de la Compagnie Américaine « Boston Woven-Ikise and Rubber Co », et cela pour faire
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- L A NATüJUK.
- connaître les bandages pneumatiques Vim, qui sont très appréciés de l’autre côté de l’Atlantique. Il est évident que ce n’est pas expressément pour répondre aux besoins du tourisme que ce monstre avait été
- construit et imaginé, mais bien plutôt pour attirer l’attention sur ces énormes bandages dont il était muni ; toutefois il a été disposé de façon à pouvoir prendre et transporter toute une équipe de cyclistes,
- que l’on aperçoit dans la gravure que nous avons fait reproduire. Le fait est que les bandages en question, qui sont à enveloppe simple, montés sur desjantes en bois, ont respectivement 5 8 et 46 centimètres de diamètre, suivant que l’on considère la roue directrice ou les roues latérales; quant au diamètre de ces roues mêmes, il atteint 2m,13 et 3m,35, ce qu’il est possible de vérifier de façon suffisante par la taille des cyclistes qui sont en train d’actionner les pédales au moment où a été prise une photographie du tricycle. Ces cyclistes sont au nombre de huit, et cela ne semblera pas exagéré, si l’on songe que le poids de la machine est d’envron 1000 kilogrammes ; d’ailleurs tous les détails en sont faits avec un soin particulier, pour réduire au minimum frottement et résistance.
- Nous n’insisterons pas sur le cadre, auquel on a dû donner une forme particulière, assez apparente
- dans la photographie ; la direction est assurée par un volant qui est devant un des cyclistes du premier rang, et qui commande la fourche par des renvois spéciaux. On a muni l’appareil d’une lanterne et d ’ une sonnerie proportionnées à sa grosseur; ajoutons que les moyeux des roues ont 0m,46 de longueur, et que les rayons n’ont pas moins de 12 millimètres de diamètre : comme de juste les bandages s’aplatissent beaucoup, par suite de leurs dimensions, mais ils résistent victorieusement à la charge relativement énorme qu’ils supportent. D. L.
- Le Gérant ; P. Massox. Paris. — Imprimerie L.uilue, rue de Fleurus, y.
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- v I LOti. — 5 MAI 1900.
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- LE PESAGE DES LOCOMOTIVES
- La. locomotive au repos donne l'impression d’un poids considérable sans qu’un profane soupçonne
- l’intelligente répartition de ce poids total sur les différents essieux. La répartition judicieuse de la
- charge sur les différentes roues est cependant un des nombreux problèmes délicats que doit résoudre l’ingénieur, et de l’excellence de la solution dépend l’équilibre de la machine en marche. Le poids qui doit être attribué aux roues motrices, c’est-à-dire à celles qui sont actionnées par la machine à vapeur proprement dite, a une très grande importance : trop léger il entraîne le patinage par délaut d’adhérence, trop fort il exige de la part des cylindres un excès de puissance et dans les deux cas le travail est irrégulier. On conçoit dès lors qu'il y a pour une Compagnie 28' antiN'. — 1"' semestre.
- de chemins de fer un intérêt de premier ordre à ne mettre une locomotive neuve en service qu’après
- s’être assuré que la répartition du poids se fait bien conformément aux calculs des ingénieurs qui l’ont établie.
- Les grands ateliers Baldwin aux États-Unis procèdent de la manière suivante : Des balances, munies d’un siège spécial ( fig. 1, n° 1) sont montées sur un petit truck à quatre roues ayant l’écartement de le voie ordinaire sur laquelle il peut circuler. Ces balances ainsi placées sous chaque paire de roues donnent la charge au point considéré cl le réglage des
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- Fig. 2. — Détail de la balance de pesage aux Chemins de fer du Nord.
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- ressorts de suspension est fait en conséquence.
- La Compagnie du Nord (France) pour régulariser les charges de ses locomotives emploie les balances mobiles du système Erhard (fig. 1, n° 2). Ces balances sont composées d’un système de doubles leviers, le petit bras d’un de ces leviers portant un siège sur lequel on place le boudin de la roue à peser. D’autre part, l'équilibre est obtenu au moyen d’un poids mobile pouvant se déplacer sur le grand bras du second levier, gradué comme dans les balances romaines ordinaires. L’ensemble est très robuste et cependant aisément maniable. La figure 1 n° 2 et la figure 2 représentant, la première une locomotive soumise à la pesée et l’autre le détail de la balance appliquée à un essieu en feront comprendre l’application qui est d’une grande simplicité.
- La Compagnie de l’Est pour le pesage de ses machines emploie des ponts à bascules sur lesquels viennent se placer les essieux . L’ensemble du système comporte 8 ponts pouvant porter chacun 8000 kg.
- Comme on le voit, une locomotive est non seulement un engin de propulsion où tous les organes de transmission de puissance et de mouvement sont admirablement combinés, mais encore une masse intelligemment proportionnée.
- C’est que pour chaque tour de roue, par suite du mouvement des bielles, il se produit des déplacements du centre de gravité avec lesquels l’ingénieur a du compter pour établir des locomotives à la fois stables et rapides. Le poids mort a sa place dans ces calculs, c’est pourquoi on a du se préoccuper de sa répartition rationnelle. Les systèmes de pesage employés permettent d’établir cette répartition d’une manière scientifique et rigoureuse. A. R.
- LES ANIMAUX QUI ONT LA VIE DURE
- La plupart des animaux sont inférieurs à l'homme sous le rapport des facultés mentales, mais presque tous lui sont supérieurs, quant à la puissance de leur vitalité. Il en est même chez lesquels cette résistance atteint un degré remarquable.
- 11 y a d’abord la catégorie de ceux qui résistent aux blessures. I)e ce nombre sont, avant tout, les Tortues. On peut les décapiter sans les voir cesser de se mouvoir, et cela pendant plusieurs semaines et répondre aux excitations venues du dehors, par exemple retirer les pattes quand on les pince. Le célèbre naturaliste Rédi, ayant enlevé le cerveau à l’une d’elles, la vit se traîner pendant six mois. Cette extrême vitalité fait deviner qu’il est très difficile de tuer des Tortues et le récit suivant de Kersten le montre surabondamment. « Nous nous sommes donné beaucoup de peine, raconte-t-il, pour trouver une manière quelconque de tuer les Tortues que nous voulions placer dans nos collections, en les torturant le moins possible et en évitant, autant que faire se pouvait, d’endommager la peau et la carapace ; mais leur vitalité déjoua tous nos efforts. 11 ne nous resta finalement qu’à scier circulaire-ment, sur les côtés, la carapace résistante dans laquelle se réfugiait l’animal en vie, puis à déterminer la mort en lésant seulement alors les parties nobles. J’entrepris plus tard des expériences nombreuses dans le but de rechercher
- le procédé le plus propice pour tuer ces Chéloniens. Je plaçai l’animal, la tète en bas, dans un seau rempli d’eau, je serrai le cou dans un lacet aussi solidement que possible : mais même après avoir été privé d’air pendant des jours, l’animal vécut encore aussi sain que précédemment; j’enfonçai une forte aiguille entre la tète et la première vertèbre cervicale, et je la remuai de côté et d’autre afin de séparer l’encéphale de la moelle : vains efforts, la Tortue demeura vivante. J’essayai de l’empoisonner : à l’aide d’un tube de verre effilé, j’insufflai de l’alcool dans la bouche et dans les cavités buccales et nasales. Je répétai cette manœuvre avec une solution empoisonnée de cyanure de potassium, j'insufflai même celte redoutable liqueur dans les cavités oculaires et dans des points limités où la peau avait été dénudée : à ma grande stupéfaction, la Tortue resta en vie. La décollation, elle-même, n’atteint pas le but proposé; car, pendant des jours encore, la tête décapitée mord aux alentours, et les membres s’agitent avec le tronc pendant un temps as^ez long. Le seul moyen qui paraît efficace pour tuer une Tortue sans l’ouvrir consiste à la plonger dans un mélange réfrigérant : car ces animaux, qui d’ailleurs ont la vie si dure, sont absolument vulnérables au froid. »
- Cette résistance à la mort se montre chez tous les reptiles : les lézards restent longtemps dans l’alcool avant de mourir et les serpents, même coupés en morceaux, continuent à frétiller, tandis que leur tête cherche à mordre.
- Les insectes se montrent aussi très résistants aux blessures : décapitez une mouche et vous la verrez continuer à marcher. De même, les fourmis privées de leur abdomen, se promènent et transportent les nymphes, tout en veillant aux soins de la fourmilière.
- D’autres animaux sont remarquables par leur résistance à la privation d’aliments : ainsi les Punaises, chacun le sait trop, peuvent rester plusieurs mois sans nourriture. De même les grosses sangsues, dans les étangs, ne mangent que lorsque le hasard amène, dans leur voisinage, des animaux à sang chaud, des chevaux par exemple. Enfin, la résistance au manque de nourriture devient normale chez les animaux hibernants : les marmottes, les loirs, etc., restent pendant tout l’hiver endormis et, bien entendu, sans prendre la moindre parcelle de victuailles.
- D’autres résistent à la soif. Tous les animaux du désert y sont admirablement adaptés. Il en est même qui ne boivent jamais : toute l’eau nécessaire à leur existence vient des plantes, — cependant peu aqueuses, — qu’ils mangent. Les tortues sont aussi remarquables sous le même rapport : il est vrai que leur vessie constitue pour elles un vaste réservoir de liquide.
- La résistance à la sécheresse atteint son apogée chez les animaux dits revivisoents, parmi lesquels il faut compter les tardigrades et les rotifères. Quand la mousse où ils vivent vient à se dessécher, ils s’engourdissent et restent ainsi pendant plusieurs années. Ils ne reviennent à la vie active que lorsqu’on leur procure de l’humidité. s
- Très remarquable aussi est la résistance des poissons, et, en général, de tous les animaux aquatiques, au froid. Ils peuvent rester plusieurs semaines gelés dans un bloc de glace sans mourir. M. Pictet en a soumis à des froids de — 20° sans les voir mourir. Des grenouilles ont supporté — 28° et des escargots — 130° !
- La résistance au chaud est beaucoup moins considérable : on a vu cependant des cobayes résister cinq minutes à 100° et des pigeons six minutes à 90°. Mais ce sont là des limites extrêmes. Victor de Ceèves.
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- LES EAUX D’ALIMENTATION
- PUBLIQUE ET PRIVÉE
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- Les progrès réalisés par la géologie, la chimie, la bactériologie et l’hygiène depuis quelques années, permettent d’envisager d’une manière scientifique et rationnelle l’origine des eaux, leur mode de circulation souterraine, d’émergence, notions si importantes pour ceux qui sont appelés à juger de la qualité de ces eaux ou qui doivent les capter pour les besoins des agglomérations humaines, villes, villages, écoles, casernes, hôpitaux, prisons, grands magasins, etc....
- Le rôle de l’eau au point de vue de l’hygiène n’est plus contesté actuellement et la propagation des nombreuses affections épidémiques par les eaux con'taminées est hors de doute : une grande responsabilité doit être attribuée aussi bien aux conseils de l’hygiéniste qu'aux décisions de l’ingénieur. En distribuant de l’eau impure dans une ville, on peut semer périodiquement ou d’une façon continue les germes dangereux qui attaquent de préférence les individus de moindre résistance ou de plus grande réceptivité, tuant ou affaiblissant les uns, laissant indemnes les autres, augmentant certainement le taux de la mortalité globale et le nombre des malades, comme en témoigne l’affluence des recrues dans les hôpitaux des villes; quand, au contraire, l’adduction d’une eau pure apporte les bienfaits de l’hygiène dans une agglomération en supprimant les maladies régnant à l’état endémique, les foyers épidémiques, en permettant aux individus l’emploi de l’éau sans réserves et sans craintes pour tous les usages domestiques possibles : boissons, lavages des aliments, des ustensiles culinaires, du corps, etc..., il est démontré que ces bienfaits de l’hygiène ont pour conséquence l’augmentation, dans une mesure appréciable, du bien-être, de la richesse et du développement de cette agglomération. Non seulement il importe de distribuer de l’eau qui a été reconnue pure à un moment donné, mais il faut que cette pureté soit garantie d’une façon permanente : il est par conséquent indispensable que cette eau soit à l’abri de toutes les contaminations accidentelles, depuis son origine jusqu’à l’endroit où elle est livrée à la consommation, et indépendante des grands mouvements atmosphériques (précipitations, sécheresses).
- Les connaissances hydrologiques de l’ingénieur permettent généralement de prévoir l’origine et le régime d’une eau située dans une région géologique connue : le chimiste et le bactériologiste constatent les variations des éléments, des produits, des organismes qui sont en dissolution ou en suspension dans l’eau à des époques variables : de l’ensemble de ces données scientifiques, l’hygiéniste doit pouvoir établir un avis précis sur la valeur de cette eau dans son emploi permanent pour l’alimentation, cet avis étant toujours placé sous le contrôle d’analyses chi-
- miques et bactériologiques savamment et assez fréquemment effectuées. Voilà la façon rationnelle d’envisager les mesures qui doivent précéder le choix et la distribution d’une eau destinée à l’alimentation et la surveillance à laquelle elle doit être soumise d’une façon permanente, afin d’en vérifier la pureté.
- Le public doit être initié un peu à ces grandes questions d’hygiène publique qui s’appliquent également à l’hygiène privée, auxquelles il se trouve si intimement intéressé. Il y a des erreurs qui entretiennent un élat de' choses très préjudiciables qu’il est utile de signaler et contre lesquelles on ne saurait trop s’élever.
- C’est ainsi que le nom d’« eau de source » impressionne généralement le monde dans un sens non seulement favorable au point de vue de la qualité, de l’eau, ce qui est assez logique, mais frappe assez les imaginations pour voir dans cette appellation de « source », le symbole, le synonyme, la garantie indiscutable de « pureté ». Que de gens sont confiants dans ces eaux que l’on qualifie du nom de source ! et avec quelle stupéfaction accueillent-ils les réserves que les hygiénistes sont amenés à faire sur la qualité de certaines de ces eaux.
- Si un grand nombre de sources répondent aux résultats constatés, il y a vingt ans, par les travaux de Pasteur et Joubert : « les eaux de sources sont stériles », formule tant exploitée et déviée de sou véritable but comme d’ailleurs beaucoup des idées et des travaux de Pasteur, d’autres sources sont malheureusement loin de confirmer cette conclusion et peuvent être, au contraire, aussi polluées que les eaux superficielles des cours d’eau par des résidus de toutes sortes.
- La désignation d’ o eau filtrée » donne également au public une confiance absolue dans l’eau qui a traversé un filtre! Eh bien, les faits journaliers viennent démontrer que si quelques filtres fonctionnent bien, donnent de bons résultats au début de leur marche, après quelques jours leur emploi est illusoire, et finalement ils deviennent souvent un foyer d’infection permanent des eaux et malheureusement nous enregistrons maintenant de nombreux exemples d’épidémies de villes et de maisons attribuables aux mauvais filtres, aux filtres mal entretenus et par conséquent aux eaux ayant traversé ces appareils.
- Pourquoi cette confiance sans bornes dans les eaux de sources et dans les eaux filtrées ? A cause d’un fait bien simple et qui prime les autres : c’est que les eaux de sources et les eaux filtrées sont généralement claires, limpides; et que le public s’imagine qu’une eau est de bonne qualité lorsqu’elle est claire, limpide, qu’elle cuit bien les légumes et qu’elle savonne bien le linge! Ce sont d’anciennes erreurs, de « vieux clichés » qui se disent, s’écrivent de toutes parts, s’accréditent, se perpétuent. Il importe de déraciner ces préjugés si profondément inculqués dans l’esprit public, et qui conduisent aux pires conséquences les yeux fermés et confiants.
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- LA NA TL HL.
- Combien d’épidémies avons-nous vues sévir avec rigueur dans certaines villes distribuant des eaux de sources contaminées et dans d’autres oîx les eaux de qualité suspecte sont filtrées ! Combien de cas de fièvres typhoïdes ou autres, de dysenterie avons-nous été appelés à voir dans des familles vivant à la campagne, dans de grandes propriétés où l’on buvait en toute assurance soit l’eau d’une source existant dans un parc, soit l’eau de puits filtrée !
- À chaque alerte, les hygiénistes depuis plus de dix ans s’évertuent à exhorter le public à boire des eaux pures : s’il n’y en a pas, de porter l’eau suspecte à l’ébullition et de la laisser refroidir : elle peut être utilisée ensuite sans danger. Le public sage et prudent suit ce conseil, mais la plus grande partie se refuse à cette pratique, considérant que l’ébullition : 1° trouble l’eau, 2° lui fait perdre les gaz primitivement dissous et que, par suite, elle devient indigeste, 5° que l’eau portée à l’ébullition exige trop de temps pour se refroidir.
- Il est incontestable qu’il est plus agréable de boire une eau claire et limpide qu’une eau renfermant en suspension du carbonate de chaux qui la rend trouble; mais le choix ne ferait de doute pour personne entre une eau limpide additionnée d’une goutte de lait et qui deviendrait, par ce fait, opalescente, et une eau claire que l’on additionnerait d’une culture de bacilles typhiques, ou cholériques, ou dysentériques, et dont la limpidité ne serait en rien altérée.
- En tout cas, après l’ébullition, il est facile de rendre cette eau absolument limpide en la filtrant
- grossièrement, car il n’y a plus de germes à retenir, mais simplement des particules minérales inertes relativement grosses.
- Il est indispensable de recourir à la chaleur pour assurer la stérilisation de l’eau, c’est-à-dire la destruction des microbes dangereux qu’elle peut renfermer, et c’est seulement après qu’il faut demander à la filtration de clarifier l’eau. Ce doit être là son but unique, étant donné que jusqu’alors aucun appareil de filtration n’est susceptible d’arrêter d’une façon absolue et durable les germes dangereux qui peuvent être recelés dans une eau. L’observation relative à l’absence des gaz est inexacte : le temps que l’eau met à se refroidir et le fait de la transverser dans un récipient quelconque suffisent pour la saturer de nouveau d’oxygène, d'azote et d’une certaine quantité d’acide carbonique. Ses propriétés digestives ne sont en rien altérées.
- Quant à la troi-sième observation elle n’a aucun intérêt au point de vue de l’hygiène : il suffit d’organiser un moyen de réfrigération quelconque ou d’effectuer cette opération en temps voulu. A notre avis le véritable appareil qui donnera toute satisfaction aux hygiénistes et au public sera celui qui, d’une façon absolument pratique, stérilisera l’eau par la chaleur, la rafraîchira ensuite suffisamment et finalement la filtrera pour lui restituer ses propriétés objectives séduisantes. Des grands appareils répondant à ces conditions existent déjà pour le traitement d'assez grandes masses d’eau : leur prix est très élevé; mais il serait précieux de posséder de petits
- Fig. 1. — Micro-organismes animaux arrêtés par les filtres. Œuf de tamia médiocanalletta. — 2. Œuf de tænia solium. 5. Oxvure vermiculaire. — 4. Ascaris mvstax.
- Fig. 2. — Micro-organismes animaux arrêtés par les filtres.
- 1. Lyucées. — 2. Cyclops coronatus. — 3. Gammarus pulex. — 4. Ascllus aquatieus. o. Cyclops crassicoriius. — ti. Daplinia Julex. — 7. Cypris fusco.
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- Micro-organismes végétaux des eaux arrêtés par les lîltres.
- appareils de cette nature pour les usages domestiques La caractéristique essentielle que doit présenter une eau pour qu’elle soit de bonne qualité au point de vue hygiénique, c’est qu’elle soit pure d'une façon permanente, c’est-à-dire constamment exempte d’organismes et de matières organiques ou minérales soit en solution, soit en suspension d’origine suspecte ou dangereuse. Puis viennent les caractères secondaires qui sont le goût, la limpidité, la
- Fig. i.
- dureté représentée par la composition minérale et de
- laquelle dépendent les facultés de bien prendre le savon, de cuire facilement les aliments, d’être utilisée avantageusement pour les chaudières à vapeur. Quant à l’influence de la quantité et de la qualité des sels dissous dans l’eau sur la nutrition, nous la tenons pour à peu près négligeable tant est fai-
- Bactéries des eaux traversant les filtres (grossissement 1500 0). A gauche, streptocoques; à droite, bacilles.
- ble la proportion de ces produits que nous introduisons ainsi dans l’organisme avec l’eau
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- LÀ NATURE.
- comparativement à celle que nous absorbons avec les aliments composant une ration alimentaire. Il ne faut pas se dissimuler qu’il est bien difficile de se préserver d’une manière absolue du contact intime d’une eau polluée quand on est dans une ville où cette eau est partout distribuée, aussi ne saurions-nous trop demander, exiger l’adduction d’eaux constamment salubres.
- Cette solution est de beaucoup préférable à celle qui consiste à stériliser l’eau dont on a besoin. Malheureusement les événements et les progrès de la science nous montrent combien il est difficile de trouver, dans certaines régions, ces eaux pures et en quantité suffisante pour alimenter les grandes agglomérations. Depuis longtemps on cherche à stériliser les grandes masses d’eaux de qualité douteuse au moyen de la chaleur, de l’ozone, du peroxyde de chlore, du fer, de la filtration, etc., et jusqu’alors ces procédés sont trop coûteux ou donnent des résultats illusoires, diminuant généralement la quantité des germes dangereux, des matières organiques suspectes sans les détruire totalement. Et c’est alors que s’impose la situation lâcheuse où chacun se trouve dans l’obligation de stériliser l’eau qui est nécessaire à son alimentation travaillant ainsi pour sa propre sécurité.
- D’où vient cette suspicion sans cesse croissante jetée sur certaines eaux de sources? Pourquoi cette difficulté à trouver et à capter des eaux pures pour les besoins des agglomérations humaines? Comment les eaux peuvent-elles devenir mauvaises ou dangereuses?
- Nous étudierons ces différentes questions si importantes et qui sont maintenant plus que jamais à l’ordre du jour. Edmond Bo.njean,
- Chef du laboratoire du Comité consultatif d’hygiène publique de France.
- L’HUILE DE MENI
- Hans son volumineux et excellent ouvrage sur les « Plantes utiles des colonies françaises », le ministre actuel de la Marine, qui est un botaniste autorisé, M. de Lanessan, signale, parmi les plantes de nos possessions de l’Afrique, l’arbre connu sous le nom de « Mene » ou de « Meni », qui laisse exsuder une sève résineuse ou balsamique, et dont les semences sont huileuses. Un auteur anglais, Moloney, qui a consacré une étude fort complète aux richesses forestières de l’Afrique occidentale, dit aussi que ce végétal, qui porte en Sierra-Leone le nom de « laintlaintain », donne par extraction une huile appelée « méné », qu’on emploie pour la cuisine et pour les cheveux. Cependant, et bien que d’autres auteurs aient parlé également de cette plante et de son huile, elle est pratiquement inconnue au point de vue commercial, alors pourtant que tous les corps gras sont si demandés par l’industrie. Le fait est que, comme le rappelle M. Famechon, chef du Service des douanes à Konakry, il y a une vingtaine d’années, une maison anglaise en avait tenté l’exportation ; mais, à ce moment, les frets étaient fort élevés, ce qui est particulièrement sensible pour une marchandise de peu de valeur comme le méné; de plus, les négociants ne voulaient à cette époque traiter que des affaires susceptibles d’assurer
- d’énormes bénéfices, et, comme ce n’était point le cas ici la tentative fut absolument abandonnée.
- Un de nos plus savants confrères, le regretté professeur E. Heckel, directeur de l’Institut commercial de Marseille, et qu’il faudra toujours citer quand on s’occupera des questions de cultures coloniales, s’est efforcé d’attirer l’attention sur cette huile, et il y a consacré, dans les Annales de l’Institut qu’il dirigeait, une étude des plus complètes et des plus intéressantes.
- Si nous nous reportons à cette étude, nous saurons d’abord que le méné, de son nom savant le « Lophira alata Banks », est assez commun sur la côte depuis le Sénégal jusqu’au Congo ; le Rio I’ongo en particulier en est rempli, on le rencontre communément le long de la rivière Grande Scarrie, dans la Mellacorée, etc. Il aime spécialement les terrains sablonneux et là où se présentent des affleurements de grès, dans les régions vallonnées, et ne pousse presque jamais isolé, mais par bosquets, sinon par forêts. Le méné est très élégant, il atteint généralement de 0 à 7 mètres de hauteur, son tronc est noueux et tourmenté un peu comme celui d'un poirier, tandis que ses feuilles, d’un beau vert et lancéolées, rappellent assez bien le chêne d’Europe. La croissance de cet arbre est du reste fort lente, ce qui serait une raison de plus pour qu’on en ménage les forêts existantes, que les nègres brûlent souvent par routine et par paresse. Il semble que seuls les ménés qui ont atteint une certaine taille portent des fleurs, et encore tous les deux ou trois ans, fleurs blanches qui rappellent un peu celles de l’oranger et apparaissent en janvier, pour donner en février des graines qui seront mûres au commencement de mai. Le fruit est coriace et brun marron, il contient la graine qui, une fois décortiquée, ressemble assez à l’arachide, quoique un peu plus grosse : de couleur crème à l’état frais, elle passe rapidement à la nuance chocolat foncé dès qu’elle a été mise au contact de l’air. Elle présente d’abord une saveur douce, puis amère et astringente comme la kola, sa consistance est ferme, mais la seule pression de l’ongle suffit pour en faire exsuder de l’huile; elle brûle d’ailleurs sans flamme fuligineuse.
- Quand on soumet le méné à la pression, on obtient une huile demi-solide, formant une sorte de masse peu consistante, en haut de laquelle flotte une couche liquide. M. Heckel, en la traitant par le sulfure de carbone, a trouvé un rendement de 15,85 pour 100 sur l’ensemble de la graine et du fruit, et de 27 pour 100 sur la graine seule; avec des fruits plus vieux et plus secs, les proportions étaient respectivement de 27,17 et de 41,54 pour 100. L’huile en question donne comme rendement en acides gras de distillation 82 pour 100, et en acide gras solides 58 pour 100; le rendement en glycérine est de 0,50.
- Il ne semble évidemment pas que cette substance puisse être introduite dans l’alimentation, mais elle serait d’un usage précieux comme matière première pour la stéarinerie et la fabrication des savons, et les tourteaux résiduels formeraient un excellent engrais. Ajoutons que la décortication en est très facile, et que la graine même représente en poids les deux tiers du poids total du fruit tel qu’on le recueille sous l’arbre. I). B.
- LA TUBERCULOSE ET LA Z0M0THÉRAPIE
- Les douloureuses statistiques sur la mortalité par la tuberculose dans tous les pays ont provoqué, dans ces derniers temps, un courant de réaction contre l’apathie générale en face de ce terrible fléau. Annonce-t-on l’im-
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- portation du choléra par un navire venu des Indes, on s’émeut et on s’empresse de réclamer les mesures de protection les plus rigoureuses. La peste éclate à Oporto; les cordons sanitaires se resserrent, la désinfection se pratique sur toute la ligne et pendant ce temps, une maladie aussi puissamment contagieuse que la tuberculose enlève chaque année à Paris plus de douze mille personnes. Et ainsi dans tous les grands centres avec une proportion qui ne varie guère.
- Et cependant, les médecins l’affirment, les médecins le démontrent, la tuberculose est curable et non seulement elle est curable, mais elle est évitable, puisque c’est une maladie d’origine microbienne. Mais pour la guérir, que de soins et de soins prolongés. Comment songer à hospitaliser les milliers de malheureux promenant dans les ateliers, les fabriques et dans les rues leur maladie, semant avec leurs crachats dans l’intérieur de leurs logements et sur la voie publique les germes de la contagion.
- Les sanatoria, a-t-on dit, voilà le meilleur moyen de guérir la phtisie. C’est vrai, le malade trouve avec le repos, l’air vivifiant, salubre, les meilleures conditions pour revenir à la santé, si ses organes ne sont pas trop profondément atteints. Et de tous les côtés actuellement, on songe à installer de ces asiles plus ou moins copiés sur le modèle des premiers sanatoria construits en Allemagne. En France, on doit inaugurer cet été, un sanatorium admirablement situé dans les montagnes du Bugey, élevé par la charité lyonnaise et sous le patronage des hôpitaux de cette ville. Mais combien pouvez-vous abriter de tuberculeux, quelques centaines, quelques milliers ! et les autres?
- Aussi doit-on tenir grand compte des recherches tendant à modifier, par des procédés médicamenteux, par l’alimentation, par des moyens pratiques, à la portée de tous, les progrès de l’infection tuberculeuse, à l’enrayer et à la guérir. C’est dans cet ordre d’idées que l’on avait essayé jadis la tuberculine, si malheureusement célèbre ; c’est ainsi que MM. Richet et Héricourt avaient tenté la sérothérapie en 1895. Les résultats cliniques ne répondirent pas d’une façon absolue aux résultats expérimentaux, et ces deux savants ont cherché autre chose.
- Depuis longtemps, on donne d’une façon moitié empirique, moitié de tradition, la viande crue comme l’aliment restaurant le mieux les forces dans ces états si bien nommés du nom de consomption. La digestion de la viande crue est parfois difficile et pénible, mais quand elle est supportée elle restaure rapidement les forces et produit sous un petit volume une véritable suralimenlation. Appliquant ces données à l’expérimentation, MM. Richet et Héricourt ont montré, par des recherches très précises, que si l’on nourrit exclusivement avec la viande crue des animaux (des chiens) rendus tuberculeux, on en guérit quelques-uns. Pendant que des chiens témoins donnent en un an 100 pour 100 de mortalité, les chiens alimentés à la viande crue ne donnent qu’une mortalité de 50 pour 100.
- La viande cuite donnée en proportions plus ou moins considérables peut-elle remplacer la viande crue? En aucune façon ; les résultats ne sont plus comparables et les chiens nourris à la viande cuite succombent tandis que ceux nourris à la viande crue résistent. Et voici la preuve que c’est bien la viande crue qui est efficace. On isole la pulpe ou fibrine de la viande du plasma musculaire pour étudier séparément les effets. En faisant macérer de la viande hachée dans l’eau pendant quelques heures et exprimant à la presse, on obtient un suc, plasma musculaire, rouge, coagulant par la chaleur, contenant les
- parties solubles de la viande et qui est réellement l’agent actif. C’est tellement vrai que des chiens, en état de mort imminente par suite des progrès de l’infection tuberculeuse, ont pu être, avec le suc de viande crue, remontés et restaurés.
- S’agit-il, dans ces cas, de suralimentation? MM. Richet et Héricourt ne le pensent pas ; la viande cuite, ou la viande lavée, déchet de l’expression du plasma, auraient, s’il ne s’agissait que d’alimentation, un effet plus complet que le suc. Ils pensent qu’il s’agit là d’une action immunisante analogue à celle des produits animaux injectés dans les veines ou sous la peau, comme dans les divers procédés de médication par la sérothérapie ou l’opothérapie. Aussi proposent-ils de donner à cette méthode le nom de Zomothérapie (Çmploç, jus de viande).
- Cette médication bien simple n’offre aucune difficulté d’application dans la pratique courante du traitement de la tuberculose. La viande crue est mal digérée, mais le plasma musculaire, le suc par lixivation sera bien toléré. Un malade pourra absorber sans peine en vingt-quatre heures un litre de cette sorte de bouillon froid, extrait de 5 ou 4 kilogrammes de viande. Le goût n’en est pas désagréable ; en l’additionnant de sel, d’un peu d’extrait de bouillon de Liebig, de quelques condiments aromatiques, on peut en faire un liquide très facile à prendre et qui provoquera chez les malades une suractivité de la nutrition, une restauration des forces égale à celle observée dans ces curieuses expériences. Dr A. Cautaz.
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- TERRASSES DE 1/ « AUTOMOBILE-CLUB »
- Il y a longtemps comme on sait que les couvertures en terrasse sont connues et pratiquées par les architectes. Dans le Midi de la France, en Italie, en Espagne, les maisons sont couvertes de cette façon et avec succès, il en est de même en Orient. Des dalles de pierre ou un simple carrelage posés sur une couche de mortier ou de ciment suffisent en ces climats, ces terrasses n’ayant jamais à subir l’action de gelées semblables à celles que nous avons dans le Nord. On voit fréquemment, dans les palais Italiens, des plafonds sous terrasses décorés depuis des années de peintures à fresque qui n’ont jamais été atteintes par l’humidité. En nos climats il n’en est pas de même, aussi nos architectes évitaient avec raison l’emploi, pour leurs constructions, de couvertures en terrasse. Le château de Saint-Germain réédifié par François Ier, et dont les terrasses supérieures avaient été remaniées sous Louis XIV, en a offert un exemple frappant. François Ier, s’il faut en croire Félibien, avait confié la direction des constructions de son château à l’architecte italien Sébastien Serlio. Celui-ci couvrit tout l’édifice à la manière italienne par des terrasses de pierre et des balustrades ornées. Ce mode de construction ne pouvait convenir à notre climat si destructeur. L’humidité des hivers et de sérieuses infiltrations ruinaient depuis longtemps le château, lorsqu’en 1862, l’architecte, M. Millet, fut chargé de le restaurer entièrement . Afin d’assurer la solidité du palais de François Ie1', il fit couvrir les anciennes terrasses de pierre d’une suite de petites toitures formées de plusieurs pentes, couvertes de
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- plomb et munies de gouttières. M. Millet ne connaissait pas encore l’invention de M. Haeusler.
- C’est M. Haeusler qui, en l’année 1838, trouva un système ingénieux pour les couvertures en terrasse, capable de résister d’une façon complète aux intempéries de nos climats.
- Cette couverture peut être exécutée sur plancher en bois aussi bien que sur plancher en 1er. On étend sur la surface extérieure une couche de béton uni de 0,03 à 0,05 de ponte par mètre qu’il faut recouvrir d’une mince couche de sable lin. C’est sur ce sable qu’on pose successivement quatre épaisseurs contrariées de papier fort qui fabriqué spécialement possède des propriétés toutes particulières. Ces feuilles de papier soudées ensemble à chaud avec une matière collante élastique, restent tout à la fois inaltérables et imperméables. Cette composition conservée secrète
- constitue ce qu’on désigne aujourd’hui sous le nom de couvertures terrasses en « ciment volcanique ». Ce système était employé depuis longtemps déjà en Allemagne pour les habitations populaires aussi bien que pour celles de grand luxe et on peut en voir des applications nombreuses à Eupen, Cologne, Coblentz, Mayence, etc. 11 y en a aussi beaucoup en Hollande, en Belgique et en Suisse. En France seulement, le système Haeusler restait presque ignoré, nos architectes ne commencent à l’employer que depuis fort peu de temps. 11 a fallu qu’à Reims, un entrepreneur de couvertures, M. Eugène Pigneux, soit devenu concessionnaire pour la France et les colonies de l’invention Allemande, afin que les couvertures terrasses en ciment volcanique puissent enfin obtenir en notre pays un succès mérité.
- L’« Automobile-Club », récemmentjinstallé place
- Jardin de laTerrasse supérieure.
- Terrasse inférieure.
- /Plancher suspendu en bois impré^r
- d'aitique
- Jardin de la Terrasse supérieure.
- Plate-Bande avec corbeilles de Fleurs.
- Balustrade sur la Place de laConcon
- Bassin avecjet d'i
- Paillasson ciment arme
- Fers de o.o4o de dia^fespacés de
- Vide
- Béton
- Béton-de tfraviIJon sous'.le-Bassin
- ?Solive en Fer. ( Houndis-en béton de:£ravfllon*etciment
- Portique
- Chapiteau
- Plafond en plâtre .
- t'*g. 1. — Coupe des terrasses formant la toiture de Y « Automobile-Club » avec un détail de la construction.
- de la Concorde, a voulu adopter ce nouveau système dans le bel Hôtel qu’il habite. Les terrasses construites par M. Rives, architecte, remplissent parfaitement le programme proposé par les membres du club.
- M. Rives a dû enlever entièrement l’ancienne toiture de l’hôtel pour tout reconstruire sur un nouveau projet. La couverture en terrasse lui offrait d’ailleurs l’avantage de gagner la hauteur d’un étage sans dépasser les limites permises par les règlements de la ville. Il a su installer ainsi, directement sous la terrasse supérieure, une belle salle à manger que nous voyons indiquée en amorce dans la coupe (fig.l ). Cette coupe nous montre l’ensemble de la construction des deux planchers des nouvelles terrasses. On comprend mieux dans le détail fait à une plus grande échelle, à droite de la gravure, la place réservée aux feuilles de ciment volcanique qu’on a recouvert d’une légère couche de béton de gravillon. Ce revêtement nécessaire est isolant et protecteur quand la terrasse ne doit servir que comme couverture. Si elle doit
- être utilisée et que l’accès en soit libre comme c’est le cas à l’« Automobile-Club », on peut y disposer soit de la terre végétale pour planter des arbustes ou des fleurs, soit de légères fondations de béton pour établir un bassin avec jet d’eau, etc.
- La pluie ou les arrosages pour les fleurs amènerait des infiltrations au travers du revêtement de béton de gravillon, mais l’eau glissera le long de la couche de ciment volcanique qui reste imperméable et ira tomber dans le cheneau disposé le long de la terrasse supérieure (fig. 1).
- A F « Automobile-Club », la terrasse supérieure est un véritable jardin suspendu. Le panorama qu’on y découvre, en regardant du côté de la place de la Concorde, est remarquable. C’est la Seine avec les Champs-Elysées et les jardins des Tuileries, Notre-Dame et le Panthéon; le Dôme des Invalides, ensuite, dominant les palais de l’Exposition de 11100, complète l’admirable vue de la capitale.
- Nous donnons l’aspect du jardin suspendu du côté
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- où l’on voit ses parterres de fleurs et ses bosquets avec le bassin central (fîg. 2). La tribune ae'rienne qu’on voit au fond est destinée à recevoir des musi-
- ciens chargés d’égayer les membres du cercle qui pendant la belle saison prennent leurs repas dans les bosquets ou sous un vélum installé pour les abriter
- Fig. 2. - Vue d'ensemble du jardin.
- Fig. 3. — La salle à manger.
- du soleil. Sous le balcon des musiciens, se trouve l’ascenseur de l’hôtel.
- Nous avons dit que la terrasse supérieure abritait
- la nouvelle salle à manger (fîg. 5). Son aspect est agréable avec ses ornements sobres et de bon goût de style Louis XVT. Elle est éclairée par de larges
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- baies qui prennent vue sur les fleurs disposées le long de la terrasse inférieure. De cette jolie salle, on monte quelques marches pour arriver au niveau de la première terrasse qui donne sur la place.
- Les jardins suspendus de Y « Automobile-Club » sont en tous points réussis ; espérons que peu à peu nous en verrons beaucoup d’autres qui remplaceront les toits peu pittoresques de la ville de Paris.
- Albert Tissakdier.
- LÀ PROPRETÉ CORPORELLE
- CHEZ LES MAMMIFÈRES
- La propreté, beaucoup plus répandue qu’on le croit dans le règne animal tout entier, est particulièrement développée chez les Mammifères. Et ce fait n’est pas pour étonner si l’on songe que tous les animaux de cet ordre sont revêtus de poils et que ceux-ci, non soignés, ne tarderaient pas à se coller les uns aux autres, à s’encrasser, et à constituer finalement une carapace aussi désagréable que nuisible à la santé.
- L’instinct de la propreté peut se manifester chez certains d’entre eux par la répugnance qu’ils manifestent pour la nourriture malsaine ou malpropre. C’est ainsi que, si l’on en croit M. Pucheran, les Hottentots ne touchent jamais aux substances alimentaires qu’un singe, le Cynocéphale chacma, a refusées, parce qu’ils savent que, guidés par l’exquise sensibilité de leur odorat, ces singes repoussent ce qui peut être nuisible. Aussi, rien de plus difficile que d’empoisonner des chacmas lorsqu’on veut s’en défaire. l)e même, le lévrier d’Arabie est un délicat qui ne mange ni ne boit dans un vase malpropre ; il refuse même le lait dans lequel on a plongé les mains. Certains chevaux sont, au même point de vue, très remarquables, et l’on en cite qui ne touchent pas à une nourriture sur laquelle un animal aura seulement soufflé. D’autre part, D’Azara affirme que c’est assez que quelqu’un morde une bouchée de pain pour que les cerfs du Paraguay ne veuillent pas du reste, s’il leur est présenté. L’âne lui-même est très difficile pour sa boisson. Jamais, dit Brehm, il ne boira une eau sale. Elle peut être salée, amère ; il faut qu’elle soit propre. Dans le désert, l’àne cause souvent beaucoup d’embarras; quelle que soit sa soif, il ne peut pas boire de l’eau trouble des outres. Enfin, au diredeWood, un jeune hippopotame, transporté d’Égypte en Angleterre, donna beaucoup de mal à ses gardiens; le nourrisson était si délicat, qu’il voulait du lait frais, et point d’autre. A son arrivée au Jardin zoologique, il exprima le plus souverain mépris pour le produit falsifié des laiteries de Londres.
- Ce dégoût, on le voit très répandu, de la nourriture malpropre pousse certains Mammifères à la laver avant de l’ingérer. Ce curieux instinct a été constaté chez un chien de Poméranie qui, d’après Baines, avait l’habitude, alors qu’il était encore tout jeune, de tremper les biscuits dans de l’eau pour les amollir. 11 les prenait dans sa bouche et allait les déposer dans l’auge ; puis, au bout de quelques minutes, il revenait et les repêchait avec sa patte. Dans le même ordre d’idées, D’Azara rapporte, à propos d’un jeune cougouar, qu’il garda captif pendant plusieurs mois, qu’il cachait l’excédent de sa nourriture avec du sable parce qu’il n’avait point de paille; il reprenait ces restes lorsqu’il avait faim; mais, pour les manger, il les mettait dans l’auge, les lavait et les mâchait à mesure. Flourens, obser-
- vateur non moins digne de créance, raconte aussi que deux ours du Jardin des Plantes, dont on avait résolu de se défaire, au moyen de gâteaux empoisonnés par l’acide prussique, rejetèrent d’abord ces gâteaux avec dégoût. Bientôt, ils les poussèrent avec leurs pattes dans le bassin de leur fosse, et, après les avoir agités dans l’eau, les mangèrent. Enfin, l’instinct est passé à l’état d’habitude chez le raton laveur, qui doit précisément son nom à cette particularité : il trempe ses aliments dans l’eau, puis les roule un instant entre ses pattes avant de les manger.
- 11 existe aussi chez presque tous les Mammifères des attitudes spéciales pour éviter d’être souillés par leurs déjections et leur urine : songez aux chiens, aux chevaux, etc. N’insistons pas.
- Malgré les précautions qu’ils prennent, la toison des Mammifères a toujours une tendance à être souillée par des objets extérieurs. Ils la nettoient alors, soit avec leurs pattes, soit avec leur langue. Quelques-uns, comme dans l’espèce humaine, font appel à l’emploi de l’eau. Le fait est rare chez les singes, mais peut néanmoins s’y rencontrer : c’est ainsi que, si l’on en croit Boitard, Jacqueline, la femelle du chimpanzé noir, qui a vécu quelque temps au Jardin des Plantes de Paris, se lavait tous les matins les mains et la figure avec de l’eau froide. C’était chez elle une habitude spontanée, dont on avait cherché vainement à la détourner, en voyant l’influence fâcheuse qu’elle exerçait sur sa santé dans un climat rude. Mais c’est là un cas exceptionnel. Les singes se nettoient admirablement bien avec leur main thoracique; ils passent même des journées entières à se gratter et à s’épouiller. Les singes en captivité apprennent assez rapidement à se servir des objets destinés à la propreté : le chimpanzé élevé par Bufï'on s’essuyait la bouche avec une serviette après qu’il avait bu, et une femelle d’orang-outang savait utiliser un cure-dents après chaque repas. La plupar t boivent en humant, et ainsi ne risquent pas de se mouiller : un seul fait exception à cette règle, c’est le chiropote, qui prend de l’eau avec sa main .pour la porter à sa bouche. Cette particularité s’explique si l’on remarque que ledit singe est pourvu d’une magnifique barbe qui plongerait dans l’eau s’il buvait comme ses confrères.
- Ainsi que tout le monde a pu le voir chez les chats ou dans les ménageries, les félins sont d’une grande propreté. (( Pour cette besogne, dit le Dr Paul Ballion, à qui nous sommes redevable des éléments de cet article, les félins sont admirablement outillés. Une langue très rude, hérissée sur sa face supérieure de papilles cornées dirigées en arrière, leur est, à cet effet, d’une grande ressource. Ils la promènent en manière de brosse, ou plutôt de râpe, sur leur pelage pour le polir et le lustrer, et, grâce à l’extrême souplesse dont ces animaux sont doués, il n’est guère aucune partie de leur corps qui échappe à l’action de cet organe. Pour certaines régions inaccessibles à la langue, telles que la face et la nuque, les pattes interviennent efficacement, grâce aux pelotes rugueuses dont elles sont munies. Les félins, humectant leur patte de salive, la passent, à la façon d’une éponge mouillée, sur leur mufle et sur leur tête pour se débarbouiller. Et c’est merveille de voir comment, par le fait de la rétraction des griffes, le pied des félins, cette arme terrible, se transforme en patte de velours pour cette délicate besogne. Ce n’est pas tout : les grilles elles-mêmes ont ici leur utilité. Outre l’usage que les félins en font pour se gratter, ces organes leur servent aussi au besoin de cure-dents. En retour, les dents s’emploient à
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- nettoyer les griffes. Dents aiguës et griffes acérées se prêtent ainsi un mutuel secours. Enfin, pour compléter cet outillage, une queue longue et flexible, terminée dans plusieurs espèces, le lion entre autres, par une touffe de poils, procure à ces animaux, grâce à l’amplitude et à la vivacité de ses mouvements, une excellente époussette, avec laquelle ils se battent les flancs. En un mot, chez les félins, tous' les organes de la vie de relation concourent à cette fin commune. Ajoutons que la grande flexibilité de la colonne vertébrale donne à ces divers organes une sphère d’activité très étendue. » Cette perfection dans le nettoyage à sec est indispensable, car presque tous les félins détestent l’eau et ne se baignent jamais.
- Les Chauves-souris ont les extrémités des membres postérieurs pourvus d’ongles aigus dont ils se servent en guise de peigne. Daniell en a observé une qui mettait un soin particulier à sa toilette; elle mettait beaucoup de temps à nettoyer sa fourrure et à la partager en deux parties par une raie droite qui suivait le milieu du dos.
- Les Rongeurs sont également très propres et se servent, pour le nettoyage, des mêmes organes que les Carnivores. On sait combien la propreté est indispensable à la bonne réussite de l’élevage des lapins. L’Écureuil noir se suspend à une branche pendant au-dessus de l’eau, atteint la surface du liquide, boit à longs traits et se lave ensuite le museau avec ses pattes de devant, qu’il trempe l’une après l’autre dans l’eau. L’été, dit Tschudi, après leur repas du matin, les Marmottes se rangent en cercle sur une pierre plate, exposée au soleil. Là elles se livrent à leur plaisir favori, qui consiste à se peigner, à se gratter, à faire leur toilette, à se taquiner les unes les autres et à faire les belles en se dressant sur leurs pattes de derrière. La Gerboise mérite une mention spéciale. « Aucun rongeur, dit Brehm, n’est aussi propre qu’elle. Elle emploie à sa toilette une très grande partie de son temps, lèche ses poils un à un, les lisse, n’en oubliant aucun. Le sable lui est fort utile, et elle semble ne pouvoir s’en passer. Quand je la reçus, elle avait dû en être privée depuis longtemps; car elle se roula avec volupté dans celui que je lui procurai, le fouilla, le creusa, ne voulut plus le quitter. Pour se nettoyer, elle prend les postures les plus diverses. D’ordinaire, elle s’assied sur le bout de ses pattes de derrière et sur sa queue. Elle élève les talons à 4 centimètres du sol, porte le corps un peu en avant, joint ses pattes de devant, de manière que les ongles se touchent, et les projette en avant, de telle sorte qu’elles paraissent être des appendices de sa bouche. Elle se sert très habilement de ses membres pour se nettoyer. Après avoir fait un petit creux dans le sable, elle se penche, y place ses pattes et son museau, et pousse en avant; si quelque obstacle s’oppose à ce qu’elle puisse chasser le sable devant elle, elle le rejette de côté avec ses pattes. Elle se fait ainsi une sorte de sillon dans lequel elle se couche et promène la tête en commençant par la partie supérieure, puis par la partie inférieure, ensuite par le côté droit, enfin par le côté gauche. Cela fait, elle s’y couche tout au long, se retourne, s’étend, portant ses pattes tantôt directement en arrière, tantôt directement en haut, en avant, ou les ramenant à son museau. Enfin elle reste immobile, ferme les yeux à moitié et passe de temps à autre une de ses pattes sur sa face. Alors commence le nettoyage successif de chaque partie : la bouche, les joues, les moustaches lui donnent beaucoup de peine, emploient plusieurs minutes. Après la toilette de ces parties, elle se relève, s’assied, et nettoie le reste du corps. Les pattes de
- devant saisissent les poils par mèches, et ses dents les peignent, les lissent. Quand elle arrive au bas-ventre, elle écarte les cuisses et courbe son corps, qui prend alors l’apparence d’une boule. Les postures qu’elle affecte, quand elle nettoie ses membres postérieurs, sont des plus curieuses. Elle laisse l’un d’eux dans la position ordinaire qu’il a quand elle est assise, et étend l’autre, la queue lui servant toujours à se maintenir en équilibre. Les pattes de derrière, quand elle s’en sert pour se gratter, se meuvent avec une telle rapidité qu’on ne voit guère qu’une ombre qui s’agite. Ses pattes de devant, dont elle se sert pour se gratter la face, ont des mouvements moins vifs. C’est sur une de ces pattes qu’elle s’appuie, quand elle se penche de côté. »
- Les grands quadrupèdes herbivores sont moins méticuleux que les autres mammifères. Leurs jambes ne leur permettant pas de se gratter, ils se contentent de se lécher avec la langue, de s’épousseter avec leur queue et d’agiter leur peau par la contraction du muscle peaussier. Ils se baignent souvent.
- Les Éléphants prennent de l’eau avec leur trompe et se donnent des douches : quand ils rencontrent une eau claire, ils ne manquent pas de s’y baigner : ils pratiquent l’hydrothérapie en grand. Henri Coupin.
- UN CINTRE A DILATATION
- POUR IA CONSTRUCTION* DES CONDUITES VOUTEES
- La construction de ces petits tunnels maçonnés qui sillonnent le sous-sol des grandes villes modernes, pour le réseau des égouts notamment, pour le passage des lignes téléphoniques, télégraphiques, pneumatiques, des conducteurs électriques, a pris un énorme développement. On adopte généralement la forme en voûte pour les couvrir, le plus souvent; avec une section ovoïde ou circulaire, parce que ces voûtes offrent une résistance considérable et supportent vaillamment les charges auxquelles elles sont exposées. Mais la construction d’une voûte, même d’assez faibles dimensions, nécessite l’emploi de cintres qu’il faut monter avec des boisages plus ou moins considérables, et le décintrage est ensuite relativement compliqué.
- Un ingénieur anglais, M. H. J. Roberts, vient d’inventer un cintre mobile, rétractile et dilatable, si l’on peut employer des mots aussi bizarres, qui permet un montage pour ainsi dire instantané et un décintrage aussi rapide, et qui est ingénieux autant que pratique. Nous en donnons une vue générale, quand il est sorti d’une conduite dont il vient de servir à faire la voûte, puis une section, et enfin une coupe longitudinale qui doivent être parlantes pour le lecteur. Imaginez une sorte de chariot très allongé, supportant un toit courbe dont la section affecte un peu plus d’une demi-circonférence; supposez que ce chariot, étant une fois installé dans le radier, dans la première moitié d’une conduite construite à ciel ouvert, on maçonne la voûte sur son toit, puis que, la maçonnerie établie, on rétracte ce toit, on le fasse se replier sur lui-même, et vous aurez une idée grossière de l’invention de M. Roberts.
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- LA N ATI RL
- Au centre de ce cintre, dont la longueur est de quelque 5m,60, s’allonge un arbre qui comporte à une de ses extrémités des pas de vis filetés à gauche, et, à l’autre extrémité, des pas de vis filetés à droite; on les aperçoit dans la coupe longitudinale. Sur chaque pas de vis vient s’enfiler un noyau taraudé, sur lequel sont assemblés quatre bras au moyen d’un pivot; en réalité il n’y a de pivot proprement dit que pour les deux bras verticaux, tandis que les
- bras horizontaux de droite et de gauche sont assemblés à rotule dans une cavité de la noix, ainsi que le montre la section transversale de l’appareil; c’est un assemblage à rotule également qui réunit ces derniers aux tôles formant le cintre dont nous allons parler tout à l’heure. La nécessité de cette différence d’assemblage se comprend, car les bras latéraux, sous l’influence du déplacement de la noix le long du pas de vis, sont animés d’un mouve-
- Fig. 1. Coupe longitudinale du cintre. — Fig. 2. Coupe transversale.
- ment en avant et aussi vers le bas. Les bras verticaux s’articulent sur deux fers en U, l’un de ceux-ci vient prendre appui sur le radier de la conduite, tandis que le second sert pour ainsi dire de charnières aux tôles' qui formeront la surface extérieure du cintre : ces tôles sont courbées suivant le cercle qui for-jne gabarit de la conduite, et elles sont raidies et soutenues par des fers cornières, disposés longitudinalement ou même circulaire-ment.
- Nous avons dit que le cintre en question est monté sur un chariot : en effet, et comme cela est fort apparent, sur l’arbre longitudinal dont il a été question, sont fixés deux massifs venus de fonte, deux véritables petits chariots, munis chacun de deux grosses roues qui sont installées de façon à venir s’appuyer sur la maçonnerie du radier, suivant un rayon du cercle qui forme le gabarit de la conduite. Ces massifs offrent deux évidements où se loge un des fers en U dont nous avons parlé il y a un instant.
- Avons-nous besoin maintenant d’insister sur la manœuvre de cet appareil? Quand le radier d’une conduite est terminé suivant le demi-profil voulu,
- on y descend le cintre Roberts, et ses roues en facilitent étrangement la mise en place; puis on agit sur les manivelles placées au bout de l’arbre longitudinal. Les noix se déplacent, les bras agissent
- avec une tendance à prendre une direction perpendiculaire à l’arbre, ce qui fait venir le fer en U en contact avec la maçonnerie du radier, tout en soulevant les roues des chariots : cela fait osciller les tôles de cintrage jusqu’à ce qu’elles affectent la forme exactement voulue. On peut alors construire la voûte, et il n’y a plus ensuite, en tournant les manivelles en sens inverse, qu’à décintrer et à faire rouler l’appareil plus loin. (Pour les cintres de grande taille, le déplacement est obtenu au moyen de leviers agissant sur des roues à rochet.) Toutes les opérations se font avec une rapidité vraiment extraordinaire, en quelques minutes.
- Ce curieux cintrage, ce collapsible centring, pour indiquer son nom anglais, se fait en deux tailles : 0m,60 et 2m,28 de diamètre ; il a été employé à d’importants travaux dans l'Inde, et l’on s’en montre particulièrement satisfait. Pierre de Mériel.
- Fig. 3. — Le cintre en place et sorti d’une conduite.
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- LA NA il) H K.
- CANON DE 120 MILLIMÈTRES A TIR RAPIDE
- (SYSTÈME NORDEXFKLT)
- Ce canon est destiné à être employé dans les forts I stances mettent dans la nécessité d’avoir un recul et batteries et sur les navires, lorsque les circon- | limité. La bouche à feu est en acier Martin Siemens
- Fig. 1. — Canon de 12 centimètres à tir rapide.
- et se compose de deux morceaux, un tube et une 1 jaquette assemblés par serrage ; la culasse est une | pièce rapportée vissée sur la jaquette à laquelle elle est fixée par une clef.
- Le canon, lors du recul, coulisse dans un manchon à tourillons. Le frein est hydraulique.
- Le cylindre du frein est en acier et a été obtenu de la même coulée que le manchon à tourillons ; les axes de ces deux pièces sont parallèles et dans un même plan vertical. L’extrémité de la tige du piston est fixée à une oreille dont la culasse est pourvue. La fermeture de la culasse est à vis excentrique, semblable à celle dont il a déjà été parlé en donnant la description du matériel Nordenfelt de campagne.
- On sait que ce système de culasse, après de longs
- essais entrepris par le gouvernement français, a été acquis par ce dernier. Nous ne reviendrons pas sur
- le mode de fermeture des plus simples, puis-qu’ilpermet d’ouvrir ou de fermer la culasse par un seul mouvement de rotation de 4/10 de tour imprimé à un levier.
- La culasse possède un appareil <le sûreté pour préserver de tout accident en cas de long feu. À cet effet, lorsque le coup n’est pas parti, on peut réarmer le percuteur sans avoir besoin d’ouvrir la culasse, d’où suppression de toute chance d’accident. Bien entendu, le percuteur ne peut frapper l’amorce avant la fermeture complète de la culasse; de la sorte, il n’y a pas à craindre qu’il se produise de coup partant prématurément.
- La rapidité du tir est égale, sinon supérieure, à
- Fig. 2. — Le pointage de la bouche à feu.
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- LA NATURE.
- r,7i
- celle des meilleurs canons à tir rapide en usage.
- L’afi'ùt, qui ne prend qu’un emplacement restreint, se compose des diverses pièces suivantes : un manchon de suspension en acier, venu de même coulée que le cylindre du frein hydraulique ; un berceau d’alîùt en forme de fourche qui supporte le manchon ; une sellette, fixée au sol ou au pont du navire, et munie d’un pivot central reposant sur des rondelles Iîelleville; un mécanisme d’orientation; un appareil de pointage; un appareil de mise de feu et enfin un bouclier.
- Les données numériques de cefte bouche à feu
- sont les suivantes :
- Calibre.......................................... 120 nun.
- Longueur fie l'aine.............................. 46 cal.
- — totale du canon...........................5770 mm.
- Poids du canon................................... 2848 kg.
- — de l'affût sans masque...................... 2605 kg.
- — du masque................................... 1026 kg.
- Épaisseur du masque.............................. 20 mm.
- Poids total du canon et de fallut................ 6569 kg.
- Angles de tir....................................— 5° -(- 20°
- Longueur de recul................................ 500 mm.
- Poids de la douille.................................... 5k*170
- — de la charge de poudre sans fumée ... 5 kg.
- — du projectile............................... 21 kg.
- Vitesse initiale................................. 720 m : s.
- Voici, en outre, un extrait des tables de tir qui permet de se rendre compte de l’efficacité de ce canon, tant au point de vue des portées qu’il fournit que des pénétrations dans le fer dont il est susceptible.
- Portées. Angle de tir. Angle de Durée de Vitesse Pénétration
- — chute. trajet. restante. daus le fer.
- Métro. Degré et minute. Degré. Seconde. Mètre. Centimètre.
- 1000 0 — 58 0 — 43 1,6 576 25
- 2000 1 — 54 1 — 56 5.5 461 19
- 5000 2 — 51 4— 0 5.9 569 15
- 4000 4 — 42 7— 9 8,9 510 15
- 5000 7—12 11—6 12,5 277 11
- 6000 10 — 18 16— 6 16,2 250 10
- 7000 15 — 54 22 — 12 20,4 228 9
- 8000 18 — 15 29 — 48 24,9 208 8
- Le mécanisme d’orientation donne le moyen de pointer à l’épaule à l’aide d’une crosse, comme on le pourrait faire avec un simple fusil.
- Le pointage en hauteur s’exécute à l’aide d’un bras et d’une vis de pointage actionnée par un volant, l'ne disposition particulière opère automatiquement la correction de la dérivation. Les autres corrections sont exécutées au moyen d’un visuel horizontal.
- Commandant L....
- LA PLATE-FORME MOBILE A L’EXPOSITION
- Depuis l’ouverture de l’Exposition, la plate-forme mobile a auprès du public un succès qui ne fait que s’accroître de jour en jour. Nos lecteurs connaissent déjà le mécanisme de cette plate-forme ; nous l’avons décrit en détail lors des essais de Saint-Ouen1. La plate-forme proprement dite se compose de deux trottoirs roulants; l’un d’eux, de 2 mètres de largeur,'se déplace à la vitesse de
- 1 Yoy. n" 1342, du 41 février 1899, p. 164.
- 8,5 kilomètres à l’heure, le second, de 0m,80 de largeur a une vitesse de 4,250 km par heure. Sur le côté se trouve un autre trottoir fixe de 1 mètre de large. Les trottoirs mobiles sont formés d’une série de trucks en planchers avec roues, reliés entre eux par des trucks sans roues. Les extrémités de ces trucks sont arrondies de façon à s’emboîter les unes dans les autres; l’ensemble forme un système continu. Sous les trucks est fixée une poutre axiale articulée à chaque extrémifé. Ces poutres appuient sur des galets moteurs placés de distance en distance et actionnés par des moteurs électriques. Pour la vitesse maxima, les galets ont 0m,70 de diamètre, et 0m,35 pour la plus faible vitesse.
- Le parcours de la plate-forme a une longueur totale de 3400 mètres et en forme de quadrilatère; il suit les voies suivantes : avenue de la Bourdonnais, avenue de la Alotte-Piquet, esplanade des Invalides (côté droit), et quai d’Orsay. La voie est portée par des supports en bois au nombre de 270 environ, et l’ensemble est élevé sur un viaduc métallique qui est supporté par des palées en bois pour amortir les vibrations.
- Les stations sont au nombre de 0 sur tout le parcours. C’est avec la plus grande facilité que les voyageurs peuvent monter ou descendre à chaque instant. L’énergie électrique pour le fonctionnement devait être fournie par une sous-station de transformation qu’aurait desservie l’usine des Moulineaux. Une partie du matériel a été retardée par suite de la disparition du Pau illac. Une sous-station provisoire a été installée au coin du quai d’Orsay et du Champ-de-Mars. Un moteur asynchrone, à courants triphasés de 600 kilowatts, reçoit le courant à 5000 volts de la station centrale installée à Asnières; il actionne une dvnamo à courants continus à 500 volts montée sur le même arbre, et les moteurs électriques sont tous alimentés à 500 volts par un courant continu.
- La plate-forme mobile constitue, à l’heure actuelle, une des curiosités les plus en vogue de l’Exposition. J. L.
- I/air liquide et le procédé Pletet. — On nous écrit de New-York que M. Raoul Pictet a fait connaître, dans diverses conférences, un nouveau procédé de préparation de l’air liquide avec séparation fractionnée de ses éléments constitutifs, à la pression ordinaire. Le procédé consiste à employer comme point de départ une certaine quantité d’air liquéfié à la pression de 456 atmosphères, et à faire passer dans un serpentin plongé dans la masse un courant d’air envoyé par une pompe sous la pression de 1 atmosphère. L’air est refoulé dans un tube qui aboutit à un récipient. L’air de passage est refroidi, subit une sorte de liquation et ses éléments se séparent par ordre de densité et sont recueillis à des niveaux différents. L’oxygène le plus dense descend par un tube inférieur el l’azote plus léger par un tube supérieur. L’acide carbonique, s’il en existe, se liquéfie et est recueilli aussi à part. M. Pictet avance que, avec 500 chevaux-vapeur, on pourrait produire par jour 1400 mètres cubes d’oxygène d’une pureté de 50 à 90 pour 100 et 2800 mètres cubes d’azote. En outre, on recueillerait 700 kg d’acide carbonique liquide. En sorte que l’on pourrait fabriquer l’oxygène à un prix de revient inconnu jusqu’ici. On parle de 0fr,35 les 100 mètres cubes. Nous reviendrons, s’il y a lieu, sur ce nouveau procédé, quand il aura franchi l’Atlantique.
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- L A N A TU K K.
- -> / a
- L'n gazomètre gigantesque. — 11 faut croire que l’électricité n’est pas encore près de faire disparaître l’éclairage au gaz, car la municipalité de Birmingham, qui a fait de cet éclairage une entreprise à elle, vient de faire terminer pour son usage un gazomètre qui n’a pas moins de 80 mètres de diamètre, et de 19 mètres de haut quand il est à son plein développement. 11 est susceptible d’em-inagasiner environ "250 000 mètres cubes de gaz.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 50 avril 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- Astéroïdes télescopiques. — M. de Freycinet montre que la distribution des astéroïdes télescopiques obéit à la loi de Laplace.
- Le fluorure manganeux. — MM. Moissan et Yenturi ont préparé le fluorure manganeux par l’action directe de l’acide fluorhvdrique sur le manganèse. C’est un composé facilement réductible par les métalloïdes ou les métaux et qui fournit, le plus souvent, par ses décompositions, des produits très bien cristallisés.
- Les rayons du radium. — M. Becquerel décrit une expérience dans laquelle les rayons émis par le radium impressionnent une plaque photographique après avoir traversé un écran métallique et qui démontre bien l’existence de rayons transmis.
- Fermentation propre des cellules en vase clos. — MM. Matruchot et Molliard, d’après la Note présentée par M. G. Bonnier, ont montré que les tissus vivants qui subissent la fermentation alcoolique acquièrent des caractères morphologiques spéciaux et très constants. Rapprochant ces travaux de ceux publiés sur les levures, ces auteurs ont mis en évidence le critérium de la cellule en fermentation alcoolique.
- Gaz des eaux minérales. — M. Parmentier, dans la Note présentée par M. Troost, donne les résultats fournis par l’analyse des gaz dégagés par les sources minérales. Les sources de Rovat produisent de l’anhydride carbonique pur, tandis que dans les sources du Mont-Dore, ce gaz est associé à l’azote et à l’argon.
- Silurien supérieur de Bretayne. — M. de Lapparent présente une Note de M. Kerforne qui établit l’existence du Silurien supérieur en Bretagne; les horizons qu’il a pu distinguer dans ces assises rappellent ceux des couches de Ludlow, en Angleterre. Ces dépôts siluriens passent insensiblement à ceux du Dévonien inférieur.
- Rayonnement du radium. — M. Vil lard montre, dans la Note présentée par M. Violle, que parmi les rayons émis par le radium, une portion dé viable impressionne la plaque photographique, l’autre portion n’est pas déviée.
- Nécessité des cultures expérimentales. — En déposant les cartes agronomiques du canton de Redon et la notice explicative établies par M. Chartier, M. Schlœsing fait remarquer que l’analyse chimique du sol est insuffisante pour fixer sa valeur culturale. Certaines terres, riches en phosphore, exigent des phosphates, car le phosphore qu’elles contiennent ne se trouve pas sous une forme assimilable. La culture expérimentale est donc nécessaire.
- Géographie botanique de l’Afrique occidentale française. — M. Yan Tieghein dépose une Note de M. Chevalier sur la répartition des plantes et l’étude des cultures du Soudan et du Sénégal.
- Roches éruptives de Madagascar. — Dans la Note présentée par M. Michel Lévy, M. Lacroix fait connaître les roches éruptives (granités quartzifères à cegyrine, syénites) de Madagascar. Ces roches, riches en soude, se relient à celles de l’Abyssinie. La présence de la soude dans les produits éruptifs de Madagascar et de l’Afrique orientale, est la caractéristique de cette province pétro-graphique.
- Tige cristalline des lamellibranches. —M. E. Perrier présente une Note de M. Coupin. 11 établit par l’expérience que cette tige cristalline, solide, translucide, qui fait saillie dans l’estomac des mollusques lamellibranches, digère l’amidon et rend le sucre assimilable, mais son action est très lente.
- Tyrosine dans les eaux contaminées. — M. Causse, dans la Note déposée par M. A. Gautier, signale la tyrosine dans les eaux contaminées des puits de Lyon. Cette substance ne serait pas autre chose qu’un produit de fermentation d’une matière albuminoïde d’origine fécale.
- Élection d'un associé étranger. — M. Suess, l’éminent géologue de Vienne, est élu associé étranger en remplacement de sir Edward Frankland décédé.
- La fatigue nerveuse. — On est porté à admettre que, dans les expériences physiologiques, lorsque les contractions musculaires cessent après de nombreuses excitations du nerf, l’arrêt est une conséquence de la fatigue du muscle, le nerf étant supposé infatigable. Les expériences de M. Carvalho, présentées par M. Chauveau, infirment cette théorie en mettant en évidence la fatigue nerveuse. En muscle de grenouille maintenu à une température de 20° est laissé en relations avec deux nerfs dont l’un est plongé dans un milieu à 0°, tandis que l’autre présente aussi une température de 20°. En excitant successivement chacun des deux nerfs, on constate que le muscle effectue de nombreuses contractions lorsque le second nerf est excité, tandis que la fatigue arrive très rapidement lorsque les excitations sont portées sur le nerf froid. On doit en conclure que les nerfs se fatiguent lorsqu’ils sont placés dans des conditions de nutrition ralentie.
- A l’issue de la séance, l’Académie se forme en comité secret. J. Giraud.
- UN CHEF-DŒUYRE
- UN CROISEMENT DE VOIES DE FER
- On sait ce que l’on appelait autrefois, sous le régime des anciennes corporations, du nom de chef-d'œuvre, mot qui gardait alors sa signification primitive et exacte. C’était en somme le début officiel d’un artisan qui avait achevé son instruction, que l’on considérait comme suffisamment expérimenté, comme capable de voler de ses propres ailes. Avant d’être reconnu digne de devenir maître ouvrier (ainsi que l’on disait), et d’en avoir effectivement l’autorisation, il devait subir une épreuve qui lui était imposée par la corporation, et prouver sa capacité en exécutant un travail difficile. En fait, dans la confection du chef-d’œuvre (qui s’est perpétué longtemps, avec le « tour de France », dans certains métiers), le compagnon mettait un point d’honneur à faire un véritable chef-d’œtfvre dans le sens que
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- LA NATURE.
- r*7i)
- nous donnons maintenant au mot, un ouvrage où toutes les difficultés de son métier se trouvaient réunies à plaisir.
- Aujourd’hui, avec le développement du machinisme, la division du travail et la spécialisation un peu étroite qui en est la conséquence, les ouvriers ne font plus guère de chefs-d’œuvre ; mais de grandes maisons en réalisent parfois, notamment à l’occasion des Expositions universelles.
- La vue d’un ouvrage tout spécial qui vient d’être exécuté à Boston nous a remémoré tous ces souvenirs historiques, par sa complication véritablement extraordinaire, et qui semble avoir été recherchée volontairement, à l’instar de ce que faisait l’ouvrier qui voulait devenir maître, par exemple, dans la corporation des charpentiers. 11 ne paraît pourtant
- pas que cette espèce de travail puisse présenter bien des difficultés, car il s’agit tout uniment de croisements de voies de fer, voies posées dans le sol d’une rue pour la circulation des wagons de chemins de fer, et voies de tramways. Mais qu’on examine la photographie que nous en reproduisons d’après notre confrère Street Railway Journal, et l’on comprendra la complication qui nous a frappé.
- Le montage de ce croisement s’est fait à Dewey Square, à Boston, devant la grande gare terminus des chemins de fer de cette ville. Essentiellement on voulait faire croiser deux voies de tramways avec deux lignes ferrées proprement dites qui se trouvent en courbe en cet endroit, et aussi avec une troisième voie ferrée que l’on aperçoit à gauche de la gravure, et qui est normalement réservée au
- T il croisonu lit de rails à lioslon.
- trafic des marchandises. Mais, ainsi que l’indique la gravure, on voulait également réunir par des courbes (et par conséquent par des aiguilles), les quatre voies que nous avons citées d’abord, et cela au moyen de deux jeux de courbes se déviant de chaque coté de l’axe des voies que nous voyons se diriger de droite à gauche dans la photographie. Par suite de la courbure des deux autres voies, les dispositions n’étaient aucunement symétriques, et enfin la voie de marchandises avait à couper six voies de tramways, autrement dit douze rails.
- On doit comprendre, sans être nullement du métier, que le dessin de ces croisements tous obliques, et suivant une obliquité variable pour chacun d’eux, entraînait des difficultés considérables et de dessin et d’exécution. En fait on ne compte pas, dans ce travail, moins de 185 points d’intersection. Auxpoints de croisement en question, on a disposé des pièces en acier au manganèse pour offrir une plus grande
- résistance; bien entendu, les voies pour les wagons proprement dits sont faites de rails et de contre-rails ayant même hauteur que les rails spéciaux à gorge des voies de tramways.
- Ce croisement monstre et si compliqué a employé un poids de métal de 170 tonnes, ce qui n’a point empêché le travail d’être mené à bien avec une rapidité extraordinaire, les études et l’exécution n’ayant demandé en tout que dix semaines aux ateliers William Wharton and Co de Philadelphie. Le montage en avait été fait complètement avant livraison dans ces usines, et ce pour éviter tout mécompte; ces voies furent expédiées sur sept wagons, et on les posa en trois jours. Cet énorme croisement n’a pas coûté, paraît-il, moins de 75000 francs! D. L.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus. 9.
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- N° 1407. — 12 MAI 1900.
- L A NA TU LE.
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- NOUVEAU l'KOGKllK
- POUR LU MANIPULATION DU SEL
- Quiconque a eu l'occasion de voir du sel demeurer accumulé en masse, durant un certain temps, a pu constater la facilité avec laquelle il s’agglomère et se prend à former des blocs durs comme de la pierre. Évidemment, quand la masse sur laquelle se produit le phénomène est assez faible, la solution est simple : il suffit d’un choc brusque et un peu énergique pour rompre l’agrégation; mais si, au contraire, on se trouve en présence de magasins à sel où cette substance est accumulée sur des épaisseurs le plus souvent considérables, on éprouve une vraie difficulté à attaquer le massif de
- sel et à le diviser pour l’emballer et le livrer à la vente.
- C’est précisément ce qui s’est récemment passé dans les usines de la Compagnie « lluckley and Douglas Lumber Co », de Mainstee (État de Michigan). Le sel raffiné est déposé dans de vastes magasins où il s’accumule jusqu’à former un banc de 5 et fi mètres d’épaisseur. Les hommes qui ont à prendre ce sel pour le mettre en barils, se heurtent fréquemment à une muraille dont 1a dureté défie presque la pioche, et qui pour le moins exige des efforts extrêmement pénibles et prolongés. Il y a là une déperdition de travail qui coûte cher, et cela d’autant que le sel est plus humide, et contient une plus forte proportion de saumure.
- Comme, pendant la saison dernière, la main-
- Procédé américain pour la manipulation du sel.
- d’œuvre était particulièrement rare et, par suite, d’un prix élevé, la Compagnie américaine eut une idée ingénieuse : elle se dit qu’elle aurait avantage à employer une perforatrice appropriée pour attaquer la muraille du banc de sel par la hase, en la faisant effondrer par tranches successives, au fur et à mesure des besoins de la mise en barils. Mais, pour une matière semblable, et afin d’obtenir un grand rendement à bon compte, il fallait une perforatrice d’un type tout spécial; de plus elle devait être aisément déplaçable. La force motrice que l’on adopta, pour la commander, fut l’air comprimé, qui continue, tout particulièrement aux États-Unis, de soutenir vaillamment la lutte contre l’électricité comme agent de transmission de la force motrice. La perforatrice à air comprimé à laquelle on eut recours fut combinée avec un outil à piston à air comprimé (système Boyer), du type vendu couramment pour des usages multiples par la « Chicago pneumatic tool ?8n annû*. — I"1' semestre.
- Company ». La perforatrice comporte comme organe essentiel un long arbre droit, dont la rotation est commandée par le piston, et autour duquel est disposée une lame en hélice lui permettant de jouer le rôle de tarière.
- Le tout est monté sur un petit wagonnet à deux roues, une sorte de brouette que soutient un homme pendant que l’outil fonctionne. Cela fournit le point d’appui nécessaire et donne le moyen de déplacer rapidement la perforatrice d’un point à un autre.
- Un comprend comment on peut se servir de cet appareil, en creusant, à peu de distance les uns des autres, à la hase du mur de sel, une série de trous : toute une section, toute une tranche est ainsi minée par en dessous et avec une grande rapidité, puisque la tarière en question se creuse un tunnel de près de 2 mètres de profondeur en 45 secondes. La tranche s’abat d’elle-même, et, par sa chuté,
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- LA AATIKK.
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- elle se désagrège en morceaux suffisamment réduits pour être mis aisément en barils.
- On emploie, dans Tusine de Mainstee, la perforatrice dont il s’agit deux jours et demi par semaine, et, dès lors, il suffit de 50 hommes pour faire l'ouvrage qui en exigeait autrefois 60 ; d’ailleurs le travail qui reste à faire aux ouvriers a perdu tout caractère pénible. P. de M.
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- LA LONGÉVITÉ
- CHEZ LES AMMAUX VERTÉBRÉS
- Dans le numéro de janvier 1899 du journal ornithologique anglais Ibis, M. J. II. Gurnev a publié un intéressant Mémoire sur la longévité chez les Oiseaux, et il a été amené à fournir, comme terme de comparaison, quelques données sur fàge que peuvent atteindre des animaux vertébrés appartenant à d’autres classes.
- Comme il s’agit d’un sujet peu connu1, nous avons pensé qu’il serait intéressant de faire de larges emprunts au travail de notre savant collègue, et d’v joindre divers renseignements extraits d’autres ouvrages ou tirés des registres du laboratoire de Zoologie (Mammifères et Oiseaux) du Muséum d’histoire naturelle. En 1829, l’auteur du Journal of a Naturalist, en constatant qu’il était difficile de se faire une idée exacte de la durée de la vie chez les animaux, indiquait déjà parfaitement les causes de cette lacune dans nos connaissances.
- Cela tient, disait-il, d’une part, à ce que les animaux sauvages échappent plus ou moins à nos observations en raison de leur genre de vie, de l’autre à ce que les animaux domestiques se trouvent placés dans des conditions particulières! qui tendent tantôt à allonger, tantôt à abréger le’ cours de leur existence dont le terme normal se trouve ainsi déplacé. En effet, tandis qu’à force de soins et de gâteries on prolonge parfois de cinq ou dix ans la vie d’un Chien ou d’un Chat, on n’a point pour les Chevaux de Irait les mêmes ménagements et l’on sacrifie dans toute leur vigueur les Ruminants élevés pour la boucherie.
- On avait cru trouver une relation entre la durée de la vie des animaux et la longueur de la période de gestation : mais, comme le regretté II. Milne Edwards l’a montré par divers exemples, dans ses Leçons sur l'anatomie et la physiologie des animaux, il n’y a en réalité aucune corrélation entre ces deux termes. En revanche, il y a un certain rapport entre le régime et la longévité, et, d’une façon générale, les herbivores paraissent vivre plus longtemps que les carnivores, ce qui lient sans doute à ce que les premiers trouvent plus facilement et plus régulièrement autour d’eux les aliments nécessaires (‘à leur subsistance et ne sont pas soumis comme les carnivores à des alternatives de bombance et de jeûne forcé.
- Les anciens se faisaient les idées les plus fausses sur la longueur de la vie des animaux qu’ils étaient portés à exagérer singulièrement. Ainsi Onésicrite, cité par Strabon, prétend que les Éléphants vivent plus de 500 ans et Philostrate raconte que l’Éléphant favori du roi Porus existait encore 400 ans après la mort de ce prince. Pline
- 1 La question de la longévité chez les animaux a cependant été abordée par différents auteurs, par Bacon, Ray, Willughby au xvi° et au xvu0 siècle et de nos jours par le Pr Weismann, dans son Essai sur l'hérédité.
- estime encore à 2 ou 500 ans la durée de la vie desPro-boscidiens qu’Aristote avait cependant jugé prudent de réduire à 200 ou même 120 ans. Ce dernier chiffre emeorde sensiblement avec ceux qui sont donnés par YAyeen Âkbery1, par Bewick et par Tennent et paraît se rapprocher davantage de la vérité. D’après cerlains renseignements qui ont été publiés par le Field en 1871 et 1878, et auxquels M. Gurncy fait allusion, il semble d’ailleurs établi qu’à l’état domestique quelques Éléphants ont pu atteindre le siècle; mais c’est là une exception et les Éléphants de nos jardins zoologogiques n’arrivent même pas d’ordinaire à l’âge de Chevrette, Éléphant d’Afrique qui avait été donné au Jardin des Plantes par Méhemet Ali, en 1825, et qui vécut dans cet établissement jusqu’en 1855.
- Chez les Rhinocéros, la durée naturelle de la vie est probablement moindre que chez les Éléphants, car un. Rhinocéros unicorne de l’Inde, qui mourut à la ménagerie du Muséum au commencement du siècle, et qui était âgé de plus de 25 ans, offrait tous les signes de la vieillesse ; cependant, d’après M. Cornish, un Rhinocéros de la même espèce aurait été conservé pendant trente-sept ans aux Zoological Gardens, à Londres.
- Il y avait récemment, dans un haras d’Irlande, deux étalons vigoureux, âgés de 55 ans. C’est déjà un bel âge pour un Cheval, mais M. Yonatt a cité quelques exemples encore plus remarquables. A Snowhill, près Gainsford, dit-il, mourut, en 1755, un Cheval qui avait appartenu au corps du général Carpenter et qui, en 1715, à la bataille de Shireff-Muir, étant âgé de 7 ans, avait été blessé au cou d’une balle qui ne put être extraite qu’après le décès de l’animal. Un Poney des Shetland vécut 42 ans et un Poney du pays de Galles, 60 ans. Les Anes peuvent atteindre, exceptionnellement, un âge presque aussi avancé, au moins sur la terre d’Afrique; car, chez nous, ils ne dépassent guère une quinzaine d’années.
- D’après M. Gurney, un parent du Dr Leverkühn aurait tué à la chasse, vers 1869, un Cerf élaphe qui portait une petite boîte de métal à l’intérieur de laquelle était gravé le millésime 1829.
- Le Chien ne vit en moyenne que 16 à 18 ans; toutefois Yonatt cite un animal de cette espèce qui avait atteint 22 ans. Un Chacal, acheté en juin 1851, n’est mort au Jardin des Plantes qu’en mai 1848. M. A. Patterson, de Yarmoiith, avait un Chat de 18 ans, et, d’après le journal l'Éleveur, le vicaire d’Urswick possédait, en 1899, un Chat issu d’un Chat angora et d’une Chatte de l’île de Man qui venait d’entrer dans sa dix-neuvième année et qui se livrait encore avec ardeur à la chasse aux Souris, quoiqu’il fût devenu incapable de les occire luir même.
- Convenablement soigné et nourri, le Lion peut supporter la captivité pendant de longues années, moins longtemps cependant que l’Ours blanc que l’on a pu garder pendant 57 ans au Jardin zoologique de Londres. En revanche, comme nous avons eu l’occasion de le voir plusieurs fois, les Singes, et particulièrement les Singes anthropomorphes, Gorilles, Chimpanzés ou Orangs, enfermés dans les cages de nos ménageries, sont rapidement emportés par la phtisie et ne peuvent guère fournir de renseignements sur la durée de la vie chez leurs congénères sauvages.
- A l’exemple des auteurs anciens, plusieurs naturalistes
- 1 Ou Institutions de l'empereur Akbar. Cet ouvrage a été traduit en anglais par F. Gladwin, en 1800. Vov. P. Ar-inan.li. Histoire militaire des Eléphants, 1843. p. 7.
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- modernes ont affirmé que les Corbeaux et les Corneilles pouvaient vivre plus d’un siècle, mais cette asserlion repose probablement sur une erreur d’observation. On aura pris pour les mêmes individus les descendants d’une même famille nichant successivement dans le même clocher ou sur le même rocher et il est probable qu’un Corvidé ne dépasse pas 50, 60 ou 70 ans. Jusqu’à présent, ce sont les Perroquets, les Rapaces et quelques Palmipèdes qui détiennent le record de la longévité. Après Levaillant, ^ui a raconté l’histoire plus ou moins authentique d’un /Perroquet Jacko qui mourut à 95 ans, après avoir perdu la mémoire à 60 ans et la vue à 90 ans, M. J. Joncs, M. fj. L. Layard et M. le l)r G. A. Butler ont cité les exemples de Cacatoès à huppe jaune âgés de 50, 72 et 81 ans et M. Ph. L. Sclater, le savant secrétaire de la Société zoologique de Londres, a constaté positivement qu’un Perroquet vaza de Madagascar avait été pendant plus de 54 ans l’hôte des Zoological Gardens.
- M. Meade-Waldo a en sa possession une paire de Grands-Ducs (Bubo maximus), qui sont âgés, l’un de 68 et l’autre de 55 ans et qui, depuis 1864, ont niché régulièrement et donné naissance à 95 jeunes. Plus fort encore! La West Sussex Gazette a annoncé, en 1859, la mort, au Château d’Arundel (Grande-Bretagne) d’un Grand-Duc âgé de 100 ans laissant 7 descendants dont l’un avait alors 65 ans.
- En 1899, il y avait au Jardin zoologique d’Amsterdam un Condor de 52 ans, un Vautour moine de 52 ans et un Aigle bateleur (Helotarsus ecaudatus) de 55 ans et au Jardin zoologique de Londres un Vautour fauve (Gyps fulvus) de 54 ans. Laissant de côté plusieurs cas douteux, citons encore un Vautour à tête blanche [Neophron percnoplerus) et un Aigle doré (Aquila chrysaetos) morts à la ménagerie du château de Schœnbrun, le premier à 118 ans, le second à 80 ans, un autre Aigle doré qui, d’après Maitland, fut gardé à la Tour de Londres pendant plus de 90 ans et un troisième Aigle qui, selon Keysler, vécut à Vienne jusqu’à l’âge de 104 ans.
- F. Willnghby, Buffon et R. Lee ont mentionné des Oies domestiques de 80 et de 100 ans, et si le Cygne domestique (Cygnus mutus) ne vit pas 500 ans, il est certain qu’il peut atteindre 50 ou même 100 ans. Un oiseau de cette dernière espèce, connu sous le nom de Old Jack, né vers 1770, sur une pièce d’eau du palais de Buckingham, ne mourut qu’en 1840 sur le canal du port Saint-James.
- A Rotterdam on pouvait voir, en 1899, un Pélican de 41 ans et au commencement de 1887 fut capturé dans les parages du cap Ilorn, sur l’équipage du navire Duchess of Argyll, un Albatros qui portait au cou une boîte contenant une inscription d’après laquelle l’oiseau avait été pris une première fois dans l’Océan Atlantique par le navire américain Columbus, le 8 mai 1840. L’Albatros fut relâché et continue peut-être encore à mener son existence vagabonde.
- J’ai cité moi-même dans l’Onu's1 les exemples d’un Faisan argenté, d’une Grue de Mandchourie (Grusjapo-nensis), d’un Jabiru du Sénégal (Ephippiorhynchus senegalensis) et d’un Casoar Émeu d’Australie qui ont été conservés au Jardin des Plantes de Paris, le premier pendant 17 ans, la seconde plus de 21 ans, le troisième plus de 19 ans, le dernier plus de 25 ans, et M. J. H. Gur-ney a fait mention d’une Poule de 50 ans, d’une Grue ordinaire de 40 ans, d’un Jabiru d’Amérique (Mycteria
- unie ricana) de 56 ans et d’un Émeu de 28 ans qui ont vécu chez des particuliers ou dans les jardins zoologiques de Londres, d’Amsterdam et de Rotterdam.
- Les Passereaux, à part les Corvidés, n’atteignent pas, en général, un âge très avancé; cependant il y a des exceptions : tels sont le Rossignol de 25 ans dont parle Bechstein dans scs Gage-Birds, le Merle de 20 ans et le Bouvreuil de 19 ans cités par Thomson dans ses Birdsof Ireland, le Chardonneret de 25 ans mentionné par Conrad Gesner dans son Historia Avium et le Serin de 20 ans dont il a été question dans le Zooloyist, en 1886.
- Parmi les Reptiles M. J. H. Gurney cite un Alligator du Mississippi et un Python réticulé âgés tous deux de 20 ans et dont l’un vit encore dans la Beptile-house des Zoological Gardens, à Londres, où se trouve aussi une vieille Tortue de Daudin ( Testudo Daudini) de 150 ans, déposée par l’honorable Walter Rotshehild. Une Tortue terrestre ( Testudo marginata) a été conservée, dit-on, dans le Norfolk, en Angleterre, pendant 100 ans et une ancienne peinture du Natural History Muséum représente une autre Tortue âgée de 267 ans.
- D’autres exemples encore ont été cités par Murray dans ses Experimental Besearches. On conserve, dit-il, dans la bibliothèque du palais de Lambeth, la carapace d’une Tortue terrestre qui fut apportée, en 1625, dans la résidence des archevêques de Canterburv et qui y vécut jusqu’en 1750. Une autre Tortue, déposée par l’évêque Land dans le jardin du palais épiscopal de Fulham, en 1625, ne mourut qu’en 1755,
- Enfin, il résulte d’un document conservé dans les archives de la cathédrale de Peterborough qu’un troisième sujet, probablement de la même espèce que les précédents, a vécu dans cette localité pendant environ 220 ans. Un des sept évêques qui portèrent successivement la mitre à Peterborough durant cette longue période put observer l’animal pendant plus de 60 ans sans observer chez lui le moindre changement.
- Dans son Histoire naturelle Pline relate un cas remarquable de longévité chez un Poisson : « Dans la Campanie, aux portes de Naples, il y a, dit-il, une maison de plaisance, nommée Pausilippe, où étaient les réservoirs de César. Sénèque écrit qu’un Poissôn, placé dans ces réservoirs par Védius Pollion, y est mort après la soixantième année ; il ajoute que deux autres Poissons de la même espèce et du même âge vivaient encore au moment où il écrivait. » A propos de ce passage, un des traducteurs de Pline, Guéroult, rappelle que Gesner fait mention d’un Brochet, beaucoup plus vieux encore, qui fut pêché en 1447 dans un étang près d’Elbrein, en Allemagne, et qui avait la nageoire percée d’un anneau portant cette inscription : « Primas ego piscis quetn in hoc stagnum injectivit Frcdericus II lmp., V octob MCCV. » Ce Poisson aurait donc vécu 244 ans, mais’ l’histoire est-elle vraie? Nous émettrons les mêmes doutes pour le Brochet qui aurait été pêché dans la Meuse en 1610 et auquel il était fixé une petite plaque‘de cuivre avec la date 1448.
- Quant aux Carpes célèbres de Chantilly et de Fontainebleau, que d’aucuns font dater du Grand Condé ou du règne de François Pr, nous savons maintenant ce qu’il faut en penser. M. Blanchard a montré, en effet, que les Poissons qui peuplaient les étangs et les bassins de ces châteaux ont été, pour la plupart, mangés lorsque les résidences royales ou princières ont été envahies pendant la Révolution. E. Oustalet.
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- COMMENT ON TIRE PARTI
- DES PERLES DIFFORMES
- Un peut dire qu’aujourd’hui, après les belles recherches de M. Piguet, recherches qui sont particulièrement bien connues des lecteurs de La Nature, il n’y a plus grand’chose à apprendre sur la formation des perles fines ; mais précisément les conditions vraiment bizarres dans lesquelles se formenl ces perles dans l’huître perlière, et aussi sans doute dans les différents coquillages qui fournissent des perles d’un orient plus ou moins beau, laissent supposer que beaucoup de ces perles sont souvent très irrégulières. La bijouterie ordinaire préfère, et avec raison, celles qui offrent des contours parfaits, mais il ne faut pas s’imaginer qu’on ne tire pas parti, et fréquemment de la façon la plus heureuse, de celles qui sont difformes ou bizarres par leur apparence.
- Que l’on se promène devant les grandes bijouteries de Paris, comme celles des Fontana, des Sandoz, des Templier ( nous ne pouvons ni nous les rappeler ni les citer toutes ), dont les ouvriers sont de véritables artistes; et si l’on examine bien les richesses de la vitrine, on ne sera pas peu étonné d’y voir un certain nombre de bijoux fort originaux dont le motif principal est une perle souvent de forme absolument extraordinaire ; elle serait loin d’être jolie par elle-même, mais elle prend un cachet tout particulier, et forme un ensemble des plus heureux avec les motifs d’orfèvrerie qui l'entourent et la font valoir.
- Nous citions tout à l’heure le nom de la maison Templier : nous y avons trouvé des bijoux de cette sorte qui font honneur à la fois à celui qui les a dessinés et à l’ouvrier qui les a exécutés ; on nous a donné la faculté d’en faire reproduire quelques-uns,
- et nous avons admiré notamment une grue qui fait le motif décoratif d’une châtelaine en or destinée à supporter une montre, et dont le corps est uniquement constitué par une perle difforme. Le cou, la tête, les pattes s’y rattachent de la manière la plus habile et la plus naturelle, et on se demanderait volontiers si la perle n’a pas été faite exprès pour répondre à cetle combinaison. Nous ne pouvons insister, laissant à nos lecteurs le soin d’examiner les reproductions de bijoux que nous mettons sous leurs yeux, et
- de noter la manière dont les difformités de la perle sont utilisées.
- Mais sur ce sujet intéressant par sa bizarrerie même, nous trouvons des éléments d’information des plus curieux, dans ces publications si documentées que le Gouvernement des Etats-Unis publie sous le titre de Bulletin of the United States Fish Commission. Si nous nous reportons par exemple au volume relatif à l’année 1897, nous y voyons toute une étude spécialement consacrée à l’emploi des perles (et même des coquilles perlières) pour les travaux d’ornementation ; on y a reproduit une cafetière d’argent sortant des fameux ateliers de l’orfèvre de Nexv-York, Tiffany, et dont la panse, l’anse et le bec sont ornés de grosses perles de formes diverses, C’est encore la maison Tiffany qui, à l’exposition de Chicago, avait réuni dans son pavillon la collection la plus curieuse qui ait jamais été faite, croyons-nous, de perles difformes. Cette collection était si abondante et si variée, qu’il nous est absolument impossible de songer un seul instant à énumérer même les principales curiosités quelle
- contenait; il nous est également impossible de son-
- ger à reproduire toutes les photographies qui ont été prises de ces perles par la Commission des Pêcheries américaines : nous avons dù en faire un choix qui suffira encore à surprendre ceux de nos lecteurs (pii
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- ne sont pas au courant de ces bizarreries. Les unes sont allongées comme des grains de blé, d’autres ressemblent à des gourdes, certaines sont presque en lame de sabre, ou encore en forme de maillet, quelques-unes sont accouplées et se pénètrent mutuellement. En un mot, les variétés étaient innombrables, et les planches publiées par la Commission américaine sont elles-mêmes extrêmement nombreuses.
- La question de l'utilisation des perles, et en particulier des perles « baroques », suivant l’expression consacrée, est tellement importante aux yeux de la Commission des Pêcheries Américaines, quelle y est revenue dans un autre Bulletin, et que celte fois elle a donné une planche entière de petites statuettes en argent et de motifs décoratifs, qui sortent de la
- maison d'orfèvrerie Heilel et Fils, de Hanau, etoù des perles baroques sont employées à former une des parties essentielles de l’objet d’art : c’est, par exemple, un Bon Quichotte dont le pourpoint fait d’une de ces perles joue admirablement la soie blanche, ou encore un dragon que va transpercer un archange Saint Michel, et dont le corps est fait d’une perle contournée.
- Vraiment, pour utiliser les formes si étranges de ces monstres, il faut une imagination rare, et en même temps un goût très éclairé pour arriver, comme on le fait le plus souvent, à produire un objet d’une élégance et d’une originalité incontestables, et qui, sans faire oublier les magnifiques perles assez belles pour être simplement enfilées en collier, a une valeur
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- Fig. 4. — Quelques types (le difformités chez la perle.
- réelle que beaucoup d’amateurs savent apprécier. Le goût pour ces bizarreries artistiques se développe du reste rapidement depuis quelques années, et c’est pourquoi il nous a semblé intéressant d’en entretenir nos lecteurs. L. Lehoy.
- CE QUE COÛTENT LES COUPS DE CANON
- En raison des perfectionnements apportés au matériel d'artillerie, les coups de canon coûtent aujourd’hui bien plus cher qu’autrefois. Il est juste, cependant, de faire observer que, dans ces dernières années, on a réduit le calibre maximum des bouches à feu; on est passé de 42 centimètres à 505 millimètres ; ce dernier calibre est aujourd’hui celui auquel se sont arrêtés, comme par une sorte de mot d’ordre, les marins de toutes les puissances. En revanche, les canons sont devenus relativement plus longs et par suite plus pesants ; la poudre sans fumée est
- d’un prix plus élevé que celle qu’elle a remplacée ; enfin les projectiles, plus lourds, sont d’un acier plus coûteux. Quoi qu’il en soit, si l’on considère les deux calibres extrêmes de l’artillerie actuelle des navires, on trouve que le prix d’un coup de canon (charge et projectile) est environ de 0 francs pour le 57 millimètres et de lfiOO francs pour le 505.
- C’est le gros calibre qui est relativement de beaucoup le moins cher; en effet, d’après la loi de la similitude, les prix devraient être comme les cubes des calibres, et au chiffre de 9 pour le 57 devrait correspondre 5040 pour le 505, or, ce n’est pas 5040 francs que coûte un coup dé 505, mais seulement 1600.
- Il convient de remarquer que les prix que nous venons de donner doivent logiquement être augmentés de ceux qui proviennent de l’usure des canons; il est clair, en effet, que si une bouche à feu doit être mise hors de1 service au bout de mille coups, par exemple, le prix de chaque coup de canon doit être abondé du millième
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- de celui (le la pièce. Et il y a à tenir compte également de la détérioration que les tirs font subir aux affûts.
- Le coût de l’usure peut être estimé approximativement à 1 franc pour le 57 et à 100!) pour le 505. L’usure est d’un prix relativement plus élevé pour le gros calibre, puisqu’en vertu toujours du principe de ia similitude, on devrait avoir les chiffres respectifs : 1 et 500. Cette inégalité tient à ce que les gros canons sont mis hors de service beaucoup plus tôt que les petits par suite de la plus grande pression et de la plus haute température qu’ils ont à supporter de la part des gaz de la poudre.
- En somme, le prix d’un coup de canon, tout compiis (charge, projectile et usure) est de 10 francs pour le 57 et de 2000 pour le 505.
- On peut déduire de ce qui précède la dépense que les deux canons peuvent produire en un tir d’une heure. Le 57, pouvant envoyer 20 coups à la minute, fournira une dépense de 12 000 francs; celle du 505, la rapidité du tir étant d’un coup par minute, sera de 150000 francs.
- Et si l’on cherche ce que pourra bien coûter une heure de tir d’un cuirassé armé de 4 canons de 505, ainsi que d’autres pièces de plus faible calibre, on trouve un chiffre qui n’est pas éloigné de 800 000 francs.
- A ce compte-là, deux flottes ennemies de quinze cuirassés chacune qui se livreraient bataille, seraient susceptibles de consommer en une heure et à elles deux pour vingt-quatre millions de francs rien qu’en munitions d’artillerie.
- C’est à peu près la valeur d’un de nos cuirassés modernes. L’-Colonel Dei.aeney.
- L’ÉLEVAGE DU LION EN IRLANDE
- Une curieuse spécialité est celle dans laquelle le Jardin zoologique de Dublin se distingue depuis de nombreuses années. Cette spécialité, c’est l’élevage du lion. Le Jardin zoologique en question désire construire une nouvelle « lionnerie », et demande au public son aide. Il s’agit de développer l’élevage du lion en Irlande. Cet élevage n’est pas un vain mot, car les rapports de la Société zoologique d’Irlande établissent qu’à Dublin même, il a été élevé plus de 200 lions, et que depuis la fondation du Jardin, il n’a pas été vendu pour moins de 125 000 fr. de lionceaux, sans compter ceux qui ont été donnés en échange pour d’autres animaux rares. Comme exemples des transactions faites, on peut citer le cas de 4 lionceaux, âgés de quatre mois et demi, qui ont été vendus pour la somme de 5000 fr. plus une paire d’éléphants; deux autres ont été vendus 2000 fr. plus un dromadaire ; un lion a été xrendu 5000 fr. plus trois cerfs, etc.
- Tous les ancêtres de ces lions de Dublin étaient des lions du Natal; la race a entièrement disparu au Cap, au Transvaal, à Natal, dans l’État libre d’Orange, et une de ses caractéristiques principales, fréquente, mais non pas invariable, était de posséder la crinière noire.
- Cette race sud-africaine s’est parfaitement acclimatée à Dublin, et la reproduction s’en est obtenue sans peine.
- Pendant les dix premières années d’élevage, 12 portées ont fourni 46 lionceaux, dont 59 ont pu être élevés. Pendant les douze années suivantes, l’élevage a été interrompu pendant la moitié du temps, et il est né encore 46 lionceaux, dont 55 ont été amenés à l’àge adulte. Enfin, pendant les sept années qui ont suivi, on a obtenu 59 lionceaux en 11 portées, et 55 de ceux-ci ont été élevés. Durant les six dernières années, on a eu des in-
- quiétudes pour la race de Dublin : les naissances ont été très rares, et la race pure était réduite à un seul individu, nommé César. Par la sélection artificielle, la race avait été modifiée non seulement dans les dimensions, qui étaient accrues, mais dans la hauteur de l’arrière-train. Le dos des élèves de Dublin était bien droit, il ne tombait pas en arrière, mais la poitrine avait perdu de sa profondeur.
- Pour continuer l’élevage, il a fallu acheter un lion de Nubie et la famille du Jardin de Dublin comprend 5 lions et 6 lionnes. Une nouvelle race est en voie d’élaboration où le progéniteur, César, donnera le sang de la vieille race. Deux portées sont venues au monde, ayant pour père, l’une, Prince, le lion de Nubie, l’autre, César, le lion du Cap. La femelle de César ayant refusé d’élever sa famille, force a été de donner à celle-ci une mère d’adoption sous forme d’une chienne, qui a d’ailleurs parfaitement élevé les trois lionceaux.
- Le nombre habituel de lionceaux par chaque portée est de 4 : cependant, on a sept fois vu des portées de 7, et deux fois il y a eu 6 petits. La lionne est en état de produire trois portées par an, mais rien ne prouve qu’elle en produise plus d’une. Il se peut toutefois que là où les proies sont abondantes et faciles à tuer, les lionceaux s’élèvent plus vite, et qu’alors la lionne donne deux portées au lieu d’une seule.
- Ceci expliquerait-il le fait qu’il y a peu d’années encore on a pu rencontrer une troupe de 26 lions, formant peut-être une seule et même famille? — Il se peut ; mais alors elle comprenait la progéniture de deux années, trois peut-être, ce qui est beaucoup. Henry de Varie,ny.
- [.•UTILISATION’ MÉCANIQUE
- DES CATARACTES DU NIL
- Si les admirateurs de la nature et de ses beautés ont été indignés de l’utilisation industrielle des admirables chutes du Niagara, combien les archéologues ne vont-ils pas être davantage désolés en apprenant que l’on va troubler un des paysages classiques de l’ancienne Égypte et installer sur les fameuses cataractes du Nil des usines de production de force motrice et plus spécialement d’électricité !
- Il est bien manifeste que, au point de vue essentiellement pratique, il se perd aux cataractes une puissance énorme, par suite du volume d’eau qu’elles débitent, et, quoique la hauteur de la chute n’v soit pas très considérable, on pourrait en tirer un excellent parti industriel, surtout dans une contrée où le combustible minéral fait absolument défaut. Aussi, tout récemment, le gouvernement égyptien a-t-il chargé le professeur Forbes d’étudier la question de l’utilisation industrielle et mécanique des cataractes, l’énergie disponible devant, comme de juste, être transmise à distance.
- Pour pouvoir rédiger un rapport en pleine connaissance de cause, M. Forbes a passé un hiver dans la Haute-Égypte et dans le Soudan ; ce rapport a été présenté et sans en garantir les conclusions qui sont, parait-il, assez contestées, nous pouvons en signaler les points principaux. La première cataracte, siiuée à Assouan, commanderait les pompes employées aux irrigations de la Basse-Égypte, et rendrait les plus grands services dans les sucreries et les usines diverses de la Haute-Egypte ; à la seconde cataracte, située en amont de Wady-Halfa, on emprunterait la force motrice nécessaire au fonctionne-
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- ment des chemins de fer du Soudan, d'un côté jusqu’à Don-gola, de l’autre jusqu’à Abou-Uamed. La ligne d’Abou-Ilamedà Khartoum serait également exploitée électriquement au moyen de générateurs installés sur la cinquième et sur la sixième cataracte ; en établissant un barrage près de la troisième, entre Wady-llalfa et Dongola, on produirait l’électricité qui ferait fonctionner des pompes d’irrigation dans la province de Dongola.
- M. Forbes reconnaît, et l’on ne peut manquer d’être de son avis, que ces installations coûteraient fort cher, étant donné surtout que les transmissions se feraient le plus souvent à très longue distance ; mais il faut tenir compte de ce que le combustible est partout extrêmement cher en Egypte et que, dans certaines provinces, il est on peut dire hors de prix : si bien que M. Forbes a fait le calcul pour l’éclairage électrique de la ville du Caire, qui est actuellement assuré par des machines à vapeur, et qu’il a trouvé que cet éclairage coûterait beaucoup moins cher, si l’on produisait le courant nécessaire sur la première cataracte. P. de M.
- MAGNÉTISME TERRESTRE
- M. A. Rowland, professeur de physique à la Johns Hopkins University, annonce qu’il vient de terminer des recherches qu’il poursuit depuis près d’une année, dans le but de fournir une explication expérimentale du magnétisme terrestre.
- Son appareil consiste tout uniment en une simple roue en métal tournant sur un arbre au moyen d’un moteur électrique : cette roue est entourée de plusieurs kilomètres de fil fin, et c’est dans ce fil que le magnétisme se développe au fur et à mesure que tourne la roue. Autour de la roue se trouve une enveloppe de laiton qui est maintenue à quelque 12 millimètres de son pourtour, et l’espace intermédiaire est censé représenter la couche atmosphérique qui enveloppe la terre. Le Dr Rowland a constaté que le magnétisme se produit dans ce milieu une fois mis en rotation, et il assimile le phénomène à ce qui se passe pour le globe terrestre.
- PRIMES AUX OUVRIERS INVENTEURS
- Dans tout établissement industriel bien organisé, l’idéal est que les ouvriers et employés soient véritablement les collaborateurs de la Direction, dans le sens le plus large du mot, et il importe par conséquent qu’on cherche à tirer utilement parti des aptitudes de tel ou tel travailleur. Précisément l’ouvrier, entrant forcément dans les détails de la fabrication, en connaît le fort et le faible, sait par expérience les défauts que peuvent présenter les machines employées ou les méthodes suivies, et il se rend parfaitement compte, quand il est intelligent, de la voie dans laquelle il faudrait apporter des améliorations aux-dites méthodes ou machines. Il s’agit donc, dans l’intérêt général de l’industrie à laquelle il appartient, et surtout de l’établissement dont il dépend, de l’encourager à imaginer des méthodes nouvelles ou au moins des perfectionnements aux procédés en usage, à inventer des dispositifs mécaniques qui puissent augmenter la production, simplifier la fabrication et la rendre moins coûteuse.
- Les Américains, qui sont essentiellement pratiques, ont créé une façon de faire, au moins dans certains établissements, qui semble bien répondre à cette idée. Dans ces établissements, on accorde tout simplement des prix aux
- propositions faites par les ouvriers dans le but d’améliorer l’exploitation de l’usine, et qui sont reconnues comme réellement susceptibles d’assurer ce résultat. D’ailleurs, tout est organisé le plus simplement du monde pour qu’il n’y ait aucune perte de temps, et pour que l’inventeur ne soit pas exposé à un examen intimidant et à une vraie confusion au cas où son invention serait rejetée. Quand il a une idée qu’il croit bonne, il l’expose sur le papier et jette son projet dans une boîte à ce destinée : tous les mois, l’ensemble des propositions ainsi recueillies est soumis à un comité nommé par la Direction de l’usine, mais qui ne statue qu’après avoir consulté les contremaîtres sur la possibilité et aussi les avantages de la réalisation du projet. Les prix sont fixés et accordés suivant l’estimation du comité en question, et le résultat est ensuite porté à la connaissance de tous les ouvriers.
- Nous citerons, comme exemple de cette organisation curieuse, les résultats obtenus dans une énorme fabrique de registres qui s’appelle la « National cash Register Company ». Dans cette fabrique, il n’y eut pas, en 1898, moins de 1224 propositions faites par des ouvriers et qui furent mises à exécution. Nous signalerons également la Compagnie « Kodak », de Rochester, où il y eut, en neuf mois seulement, 579 projets jetés dans la fameuse boîte, et où 572 furent reconnus comme avantageusement réalisables.
- Nous n’avons pas à rappeler des faits bien connus dans l’histoire soit de la machine à vapeur, soit du tissage, pour montrer que souvent les inventions les plus remarquables ont été dues à de simples ouvriers que leurs occupations mêmes mettaient en présence des difficultés à résoudre ; et avec une combinaison comme celle qui a été adoptée aux États-Unis, ils auraient eu toutes facilités pour faire connaître et apprécier leurs idées. J. B.
- UN TUNNEL SOUS LA SPRÉE
- Ce que Ion appelle souvent aujourd’hui les « tunnels sous rivières » ne sont pas encore assez fréquents, surtout en dehors de la Grande-Bretagne, pour qu’on hésite à signaler celui auquel on vient de mettre la dernière main à Berlin ; d’autant qu’il offrait des difficultés particulières de construction.
- Dès l’abord, on peut s’étonner qu’on ait ainsi songé à créer un passage sous une rivière qui ne ressemble en rien à la Tamise, et qui, du moins tant que Berlin ne sera pas transformé en port de mer, ne voit point circuler sur ses eaux des navires de haut bord : il semble qu’il eut été beaucoup plus simple de lancer un pont sur la Sprée, afin d’établir aisément, à ciel ouvert, la voie de circulation que l’on a creusée péniblement en souterrain. On dirait que c’est un peu par amour de l’art que l’on a entrepris ce tunnel, et c’est bien en grande partie à titre d’expérience que l’on en a entamé les travaux.
- Comme dans toutes les villes importantes où le commerce et l’industrie sont florissants, et où la population se développe puissamment, la circulation est normalement congestionnée à Berlin ; c’est pour y remédier que l’on a établi le chemin de fer métropolitain que connaissent nos lecteurs. Partout ce sont des encombrements, aussi bien sur la fameuse
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- promenade « Unter den Linden », que sur la place de l’otsdam ou dans la « Leipzigerstrass ». Tout naturellement les ingénieurs ont multiplié les projets pour venir en remède à cette situation, et surtout en proposant des chemins de fer aériens pour compléter le réseau des moyens de transport existants.
- Nous ne citerons pas ces divers projets, qui n’auraient qu'un intérêt bien relatif ici ; mais nous rappellerons qu'à l’heure actuelle même, la fameuse maison d’électricité Siemens et Halske établit, entre la gare de Silésie et le Jardin Zoologique, une ligne qui formera comme une extension logique du métropolitain. On a également dressé les {dans d’une autre section qui desservirait les faubourgs du nord et du sud; mais, en dépit de l’exemple donné dans tant d’autres villes, et «pie Paris commence à suivre un peu tardivement, on ne s’est pas hasardé à tenter la moindre voie souterraine.
- A la vérité ce n’est pas que quelques gens audacieux n’y aient songé, mais on était généralement convaincu que le sous-sol de Berlin se prêtait fort mal à pareille entreprise, parce qu’il contient de l’eau en quantité, et qu’il est essentiellement composé de sables instables, très dangereux dans tous les terrassements. On voyait déjà s'effondrer toutes les maisons sous lesquelles on viendrait à creuser un tunnel pour le passage d’un chemin de fer souterrain. Aussi quand la société, connue sous le nom de « Allgemeine Eleetricitatsgesellschaft », proposa, en 1891, au conseil municipal de la ville, de créer une voie métropolitaine souterraine, on lui répondit en lui demandant de faire au préalable la preuve que pareil creusement pourrait se poursuivre sans danger dans un semblable sol. Elle accepta ce qu'on considérait un peu comme un défi, et elle tenta l’entreprise dans des conditions particulièrement difficiles, sous le lit même de la Sprée, entre Treptow et Stralau, en grande partie, il faut bien le dire, parce que la timide municipalité n’aurait pas osé l’autoriser à faire ses expériences sous des terrains portant des constructions.
- • Les travaux furent donc entamés, simplement d’abord pour être poussés jusqu’au milieu de la rivière, et néanmoins on les suivait avec le plus grand intérêt : la municipalité se faisait faire à ce sujet de multiples rapports circonstanciés, et, pour se rendre compte de l’effet que semblable creusement produirait sous les maisons au cas où l’on se déciderait à établir un métropolitain souterrain, elle fit édifier des bâtiments sur le bord de la rivière, au-dessus du tracé du tunnel commencé. Comme nous venons de le dire, celui-ci devait originairement être poussé seulement jusqu’au milieu du cours d’eau, parce que, dans ces conditions, l’expérience serait suffisamment concluante; mais, comme la société qùi avait entrepris le travail gardait l’espoir qu’on en pourrait tirer parti pour donner passage à un tramway mettant en relation Treptow avec la garé dé Silésie, on avait adopté pour le tunnel des dimensions suffisantes pour répondre à ce dessein :
- on le faisait sous la forme d’une section circulaire de 3m,96 de diamètre, ce qui laissait la possibilité de ménager un trottoir sur un des côtés, et un conduit de drainage sous la voie du tramway.
- Comme de juste, dans ce terrain fait non seulement de sables boulants et aquifères, mais aussi de vases, il fallait recourir et au bouclier et à l’air comprimé; le bouclier nécessaire fut imaginé, d’après les errements aujourd’hui courants, par MM. Mackensen et Lauter, deux ingénieurs allemands distingués ; il a été quelque peu modifié par la suite, parce qu’il laissait se former des affaissements de terre à la surface ; nous nous contenterons tout à l’heure de donner des détails sur sa forme définitive, et en somme il permit d’établir le tunnel dans de très bonnes conditions. Tant et si bien que, pendant la durée de l’exposition de Berlin, un nombre considérable de curieux descendirent par l’échelle à air pour visiter ces travaux qui étaient une nouveauté en Allemagne, le tunnel étant constamment éclairé à l’électricité pour faciliter les visites, et les ouvriers continuant le creusement sous les yeux mêmes des visiteurs.
- Les travaux furent ensuite interrompus quelque temps, et comme finalement on en arriva à celte conclusion pratique que le tunnel en question pouvait parfaitement être utilisé pour donner passage à un tramway, l’achèvement en fut décidé, de même que l’établissement de cette voie, qui mettrait en communication Treptow avec la gare de Silésie.
- Cet important travail est aujourd’hui presque fini, et nous allons donner quelques détails complémentaires sur la façon dont il a été mené à bien. La longueur totale de l’ouvrage est de 609 mètres, dont 435 en tunnel proprement dit, et le reste en tranchée, à ciel ouvert pour les approches. La partie qui est sous le lit même de la rivière n’a qu’un développement de 200 mètres. Du côté de Stralau, on est en pente de 5 pour 100 sur 235 mètres, puis l’inclinaison se réduit à 1,66 sur 132 mètres, et enfin le reste du tunnel remonte à raison de 5 pour 100 également. En plan, le tracé comporte 3 alignements droits, séparés par deux courbes, l’une de 50, l’autre de 40 mètres de rayon. Le tubage est métallique : par-dessus lui il y a une épaisseur de terrain d’environ 3 mètres, sous une hauteur d’eau de 3 mètres également. Le revêtement est constitué par une enveloppe en acier comprimé se présentant sous l’aspect d’anneaux successifs, qui ont 65 millimètres de long, et qui sont assemblés suivant la coutume par des brides ; pardessus les plaques, qui ont seulement 10 millimètres d’épaisseur, on a disposé une couche de mortier de ciment qui a 80 millimètres.
- Nous avons dit qu’il avait nécessairement fallu recourir à l’emploi de l’air comprimé : le fait est qu’à l’entrée du tunnel était établi un sas à air, et, tout près, un bâtiment contenait les installations mécaniques voulues, deux fortes locomobiles ainsi qu’une chaudière fixe, puis quatre compresseurs
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- d’air, deux pompes refoulant l'eau sous pression qui servait à enlever les déblais, une pompe d’épuisement et une dynamo avec des accumulateurs pour l’éclairage. Quant au bouclier, il était formé,
- comme de coutume, par un tube de plus gros diamètre que le tunnel même et il comportait une chambre de travail qui était partagée en deux compartiments ; dans l’un, celui de l’avant naturellement, les
- Construction d’un tunnel sous la Sprée. — 1. Pose des anneaux métalliques. — 2. La sortie de l’écluse à air. [3. La Sprée entre Treptoxv et Stralau, avec l'indication du tunnel. — t. Tranchée d'approche du tunnel.
- ouvriers enfermés sous forte pression attaquaient et faisaient tomber les terres par des ouvertures ménagées ad hoc dans une cloison disposée à l’extrémité du bouclier; tandis que, dans le second, on cimentait et l’on mettait en place les anneaux du
- revêtement. Bien entendu le bouclier était poussé en avant par une série de vérins [hydrauliques, au nombre de IC, grâce auxquels on pouvait faire tourner l’appareil pour épouser les courbes, et cela, simplement en répartissant inégalement la pression
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- dans les vérins, ce mouvement étant facilité par des roulements à billes.
- Tout le creusement s'est fait dans les meilleures conditions, sans accident grave; et non seulement on va installer dans ce passage souterrain un tramway îjui facilitera quelque peu les communications, mais la municipalité berlinoise va sans doute se trouver convaincue que l’établissement d’un chemin de fer métropolitain souterrain ne présente aucune impossibilité, ni aucun danger réel, même dans un sol aussi mouvant que celui de la capitale de l’Empire. Daniel Bellet.
- LA CULTURE DU MANIOC
- En insistant sur les heureux résultats que donne la culture du manioc en Annam, M. Félix Hausser a fourni dernièrement des renseignements curieux, et susceptibles d’applications pratiques, sur l’exploitation de cette plante et sur les débouchés que trouve facilement sa farine.
- 11 faut d’abord se rappeler, sinon même apprendre, que les racines tuberculeuses du manioc ou « manihot »,pour employer son vrai nom, contiennent une fécule qui reçoit deux noms et deux usages différents. L’une est l’arrow-root, qui se consomme surtout en Angleterre et en Amérique : pour l’obtenir, on commence par laisser séjourner les racines plusieurs jours dans l’eau, afin de les débarrasser surtout de l’acide cyanhydrique qu’elles renferment (il est bon de rappeler que le manihot est une euphorbiacée, et qu’il contient un suc amer et vénéneux). Après macération, on épluche les tubercules et on les râpe avec des râpes en cuivre ; la pulpe tombe dans des bassins remplis d’eau, on la recueille ensuite pour la faire passer dans des tamis en rotin ou en paille, et on la soumet à une forte pression. On peut aussi râper sur une vulgaire planche garnie de clous et recueillir la pulpe dans une marmite placée sur un feu vif, ce qui fait former presque instantanément la farine, si l’on a soin de remuer constamment. La dessiccation au soleil complète cette préparation. Dans les pays où pousse le manioc, on le consomme aussi pour ainsi dire tel quel, après macération toutefois, et sous la forme de tranches que l’on fait frire. Mais cela n’intéresse pas ceux qui veulent se livrer à cette culture sur une grande échelle. Ce qui doit au contraire être de première importance pour eux, c’est la fabrication du tapioca, qui, lorsque du moins il n’est pas fraudé avec de la fécule de pommes de terre, ou avec du sagou, est tiré exclusivement de la farine de manioc.
- Pour obtenir le tapioca, on prend de la farine de manioc préparée comme nous venons de le dire, et on l’étend de 2 à 5 fois son volume d’eau; on agite, on filtre et on laisse déposer durant vingt-quatre heures. 11 ne reste plus ensuite qu’à décanter et à faire sécher au soleil la pâte qui s’est déposée. Mais généralement le tapioca destiné à la consommation européenne est fabriqué par granulation sur plaques chaudes, au lieu de simple dessiccation à la chaleur solaire.
- Quoi qu’il en soit de ces diverses préparations, qui diffèrent quelque peu suivant les pays, il est certain que la culture du manioc est susceptible de donner d’excellents résultats pécuniaires : elle peut se pratiquer dans toute l’Amérique intertropicale, au Mexique et dans la Caroline, dans les Antilles, en Guyane, au Brésil, en Birmanie,
- dans l’Inde, dans la presqu’île de Malacca; on la pratique aussi, mais encore fort modestement, dans l’Annam. C’est une plante qui se cultive par bouture et qui demande une exposition saine et aérée, un terrain meuble et sans mauvaises herbes. La propagation par graines ne donne que de mauvais résultats. Les boutures, prises sur les tiges principales, se mettent en terre pendant la saison des pluies, deux par deux (on supprime ensuite celle qui a le moins bien pris). Ces boutures doivent être longues de 30 à 40 centimètres, être enfoncées obliquement et assez profondément, à un mètre les unes des autres, et dans des rayons distants de 60 à 80 centimètres. Les feuilles partent au bout de quinze jours, les tiges rapidement après, et, tant qu’elles n’ont pas atteint une longueur de 2 mètres, il faut sarcler souvent. Les mêmes plants peuvent donner des tubercules pendant deux et trois ans ; chaque pied en fournit 3 kilogrammes la première année, de 5 à 10 la seconde, ce qui correspond à un rendement moyen de 40 000 à 50 000 kilogrammes à l’hectare.
- Les tubercules doivent être retirés avant les grandes pluies, sous peine de pourrir. C’est à cause de ce danger de pourriture qu’il est particulièrement bon pour les plantations de manioc de rechercher les terrains sablonneux, parfois même de recourir à des talus artificiels, afin que l’assèchement soit assuré.
- Le manioc a deux ennemis, les chenilles (que l’on fait tomber en tapant légèrement sur les tiges) et les fourmis rouges, dont on arrête le passage en entourant les plantations d’un sillon rempli de chaux et de cendres. 11 est bon de dire aussi que c’est, une culture rapidement épuisante pour le sol. Quoi qu’il en soit, quand on songe que le terrain de l’Annam est tout particulièrement favorable à cette plante et que la culture d’un hectare dans ce pays ne coûte pas plus de 385 francs par an ; quand on voit, d’autre part, que cet hectare est susceptible de fournir 40 000 kilogrammes de tubercules, donnant 16 001 kilogrammes d’une farine qui se vend jusqu’à 4 francs le kilo, du moins sous sa forme d’arrow-root, on est en droit de se dire qu’il y aurait là de fructueuses exploitations à entreprendre dans notre possession d’Indo-Chine
- UN TILLAGE DE FOUS
- C’est au Laos, dans notre possession d’Indo-Chine, que l’on rencontre cette particularité probablement unique en son genre, qui est signalée par M. le I)r Lefèvre, médecin des Colonies. Il faut dire que d’ordinaire les agglomérations sont d’une importance extrêmement restreinte au Laos : d’une façon générale, la densité de la population n’y dépasse point un habitant et demi dans le Haut Pays, et deux et demi dans le Bas Laos. I)e plus, il ne se rencontre dans toute cette région qu’un seul village comptant 300 maisons, et c’est précisément Ban-Keune, sur le Namngume, le village des fous dont nous voulons parler.
- C’est même à la composition bizarre de sa population que ce village doit son importance relativement si grande. Au Laos les cas de folie sont fréquents, et quand on voyage, il n’est pas rare de trouver sur sa route des hommes, des femmes ou des adolescents qui sont atteints de cette maladie : une des manifestations les plus fréquentes de cette folie consiste à croire que l’on a un buffle dans le ventre. Sous l’influence de cette conviction au moins étrange, le « pipop », ainsi que l’on dit en lan-
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- gage, laotien, c'est-à-dire le possédé, commet toutes sortes d’extravagances, et même des dégâts : ses voisins cherchent par suite à s’en débarrasser, à l’éloigner du village. On le relègue donc à llan-Keune; mais auparavant on s’assure qu’il est bien « pi pop » en recourant à un procédé qui rappelle l’ancien jugement de Dieu : on lui lie les mains et les pieds, et on le jette à l’eau. S’il surnage, c’est qu’il n’est pas possédé; si, au contraire, il coule à fond, ce qui doit être fréquent, il est voué à la relégation. Nous n’avons pas besoin de dire-qu’on-le sur veille-pendant son immersion, autrement il n’y aurait guère de gens pour aller peupler le village des fous.
- Toujours est-il qu’un grand nombre de ces malheureux se trouvent réunis là, se mariant entre eux, ayant des enfants; ils ont même réussi à former une agglomération qui n’est pas seulement fort importante au point de vue de sa population, ce qui n’est pas tout à fait leur faute, mais qui est particulièrement florissante et riche, puisqu’elle rapporte annuellement à elle seule mille piastres d’impôts au protectorat français. Fi.amkl.
- LOUPES ET LUNETTES STÉRÉOSCOPIQUES
- Chaque objet que nous regardons se dessine, sur notre organe visuel, en deux images légèrement différentes. C’est justement cette légère différence des deux images rétiniennes qui permet au cerveau d’apprécier finement le relief, c’est-à-dire de reconnaître avec une grande netteté les objets dans leurs trois dimensions: largeur, hauteur et profondeur; tels sont les grands avantages de la « vision stéréoscopique ».
- La perte de la vision stéréoscopique, perte due soit à un défaut d’usage prolongé, ou à un affaiblissement de la vue ou à la perte d’un œil, soit à un trouble fonctionnel de certaines parties (je l’écorce cérébrale (hystérie), enlève à l’observateur une part importante de ses capacités techniques. En effet, les compagnies d’assurance doivent à un ouvrier, ayant perdu un œil pendant son travail, une rente viagère du cinquième de son salaire avant l’accident ; pour certaines professions, les mécaniciens de précision, par exemple, cette indemnité est plus élevée; elle atteint les 34 pour 100 du salaire primitif. Au contraire, une augmentation de la différence des deux images rétiniennes, due à un élargissement virtuel de l’écartement pupillaire des deux yeux, tel qu’il est produit par les longues-vues stéréoscopiques, donne à l’observateur une plus grande finesse de l’appréciation du relief, et permet de reconnaître le monde extérieur, avec une précision étonnante.
- La supériorité des jumelles stéréoscopiques sur les anciens instruments d’un grossissement plus fort, a obligé tous les états du monde entier à les introduire, malgré leur prix très élevé et la pénurie des budgets, dans leurs armées de terre et de mer.
- Nous savons d’ailleurs depuis longtemps que l’illusion du relief d’un paysage que le stéréoscope nous procure est d’autant plus accentuée que plus grande est la différence de ses deux vues photographiques.
- On comprend donc les grands avantages que ces perfectionnements de la loupe simple et de la lunette ordinaire pourraient procurer à l’observateur. En effet, tous les autres instruments d'optique d’un usage journalier (lunette de théâtre, loupe composée, microscope) ont déjà subi deux importants perfectionnements successifs. On les a transformés d’abord en instruments binoculaires, ensuite en appareils stéréoscopiques. Seule, la loupe simple, outil de travail, dans certaines sciences, dans certains arts, dans quelques industries, auxiliaire indispensable de lecture pour les malades, dont la vue est affaiblie, et la lunette, le plus ancien instrument binoculaire, sont demeurées ce qu’elles étaient il y a des siècles.
- Nous renvoyons aux Comptes Rendus de l’Académie des Sciences (129, p. 811, 1899), à laquelle M. Lippmanna présenté notre loupe binoculaire stéréoscopique, les lecteurs de La Nature qui désirent s’instruire sur la théorie de notre invention; la voici, d’ailleurs, brièvement résumée dans la figure page 588 (fig. 2). La loupe nouvelle est composée de deux lentilles convexes, décentrées et inclinées l’une par rapport à l’autre à l’horizontale et montées dans une sorte de petite chambre noire. Un objet A placé dans le foyer donne deux images très différentes, l’une pour l’œil droit (Ad), l’autre pour l’œil gauche (Ag). Ces deux images arrivant sur deux points identiques des rétines (Md et Mg), sont par suite perçues par le cerveau comme appartenant à un seul objet. La grande différence qui existe entre ces deux images, est cause de l’extrême finesse du relief.
- Cet instrument est donc l’inverse du stéréoscope qui, réunissant deux images différentes d’un objet en une seule, nous donne l’illusion de l’objet en relief. La loupe nouvelle, au contraire, nous procure le relief réel des objets rapprochés.
- L’appréciation du relief ne s’obtient toutefois qu’a-près un certain entraînement; en général, elle atteint assez rapidement une étonnante finesse. Nombre de savants ne s’en sont rendus compte qu’après avoir examiné toute une série d’objets divers. C’est ainsi que quelques-uns d’entre eux sont parvenus à distinguer dans leur vision, sur des cartes géographiques, le relief du tracé, l’épaisseur des lignes et des lettres, c’est-à-dire à accuser une différence de niveau de 4 /50e à 1/100e de millimètre1.
- La loupe nouvelle conserve le foyer et le grossissement de l’ancienne loupe; elle agrandit le champ visuel ; elle supprime le surmenage de l’œil qui travaillait seul, et la fatigue de l’orbiculaire palpébral de l’autre œil qui restait fermé pendant le travail ; elle rend la vision binoculaire aux savants, aux artistes et aux ouvriers, forcés, par leur outillage actuel, d’être borgnes pendant leur travail ; elle est à effet stéréoscopique, si utile aux savants, aux artistes et aux ouvriers pour leurs travaux exigeant une grande
- 1 Évaluations et observations de M. Guillaume, altacbù au Bureau international des poids et mesures et de MM. Paul et Prosper Henry, astronomes à l’Observatoire de Paris.
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- finesse d’exécution ou d’observation; elle permet l’examen prolongé d’un objet très rapproché sans la fatigue de la convergence, enfin elle permet, pour les 00 à 94 pour 100 des yeux humains, de corriger l’astigmatisme individuel.
- La plupart des yeux humains présente, en effet, une irrégularité de la courbure de la surface antérieure de la cornée, dont le méridien vertical est plus iortement courbé que l’horizontal ; c’est l’astigmatisme selon la règle, far leur inclinaison, au contraire, les lentilles de la nouvelle loupe produisent un astigmatisme contre la règle, égal au 1/13 de leur foyer.
- Cet astigmatisme de la loupe peut donc corriger l’astigmatisme de l’oeil humain ; dans le cas d’une surcorrection de l’astigmatisme de l’observateur par celui de la loupe, il suffit d’une deuxième inclinaison de cette loupe par rapport à la verticale
- pour le diminuer dans la mesure nécessaire.
- La lunette des presbytes pour la vision rapprochée n’étant qu’une loupe binoculaire à long loyer peut donc également, par le même principe, être transformée en
- Fi". 1. — Vue d'ensemble de la loupe stéréoscopique.
- lunette stéréoscopique.
- Enfin, les verres concaves, inclinés et décentrés, donnent aux myopes, pour la vision rapprochée, les avantages d’un effet stéréoscopique très marqué, dù à la grande différence des deux images rétiniennes
- O
- (fig. 2. Ad et Ag) qu’ils développent d’un objet rapproché (A).
- Les lunettes stéréoscopiques, à verres convexes ou concaves, permettent aux presbytes et aux myopes, un travail très prolongé sans la fatigue de la convergence ; les yeux restant pendant l’examen d’un objet rapproché : lecture, écriture, couture et dessin, dans une position voisine de celle du repos, qui est le parallélisme des lignes visuelles. Dr E. Berger.
- LES DEPOTS DE CHARBON
- RAVITAILLEMENT DES MMES DE GUERRE
- Etant donnée la consommation énorme de combustible que font les navires modernes à grande
- vitesse, il est de la plus haute importance de leur fournir des moyens faciles de faire leur « plein de charbon », suivant l’expression consacrée. Le temps de chargement de ce combustible dans les cales, doit être absolument réduit au minimum, car les grands paquebots, et même les simples cargo-boats, représentent un capital énorme qu’il importe de n'immobiliser que le moins possible. Cela n’empêche pas que bien souvent, comme par exemple pour les bateaux à passagers qui font escale à Port-Saïd, la houille est apportée de la façon la plus primitive et la plus gênante pour les passagers, par des théories de manœuvres qui se suivent en file ininterrompue, en portant un sac sur leurs épaules. Ces procédés primitifs commencent
- d’être abandonnés, et, sans insister sur les diverses méthodes que l’on emploie pour déverser le charbon dans les panneaux des soutes, nous pouvons tout au moins signaler une installation des plus remarquables due aux Yankees, qui comprennent mieux que personne le rôle précieux de la machine dans les moindres opérations industrielles. Il s’agit d’un dock spécial à charbon, monté sur le lac Supérieur, à l’entrée du port de Duluth, par la « Ohio Coal Company ». Ce dock, dont nous donnons une vue intérieure, comporte un immense massif long de 470 mètres et large de 90 environ; il est entouré d’eau de toutes parts, sauf à une de ses extrémités qui le relie à la terre, et donne accès à une double voie ferrée le parcourant dans sa longueur et permettant
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- d’apporter des chargements de charbon, ou au contraire de prendre la houille apportée par les navires venant à quai du dock. Cette installation peut en
- effet répondre à un double usage. Une partie de l’emplacement est couvert par une vaste toiture métallique, qui met les houilles à l’abri de l’action
- Fig. 2. — Le dépôt de charbon de la station navale de New London.
- pernicieuse de l’air et des autres agents atmosphériques. Transversalement à l’axe du dock, sont disposés des sortes de ponts-roulants de grandes dimensions, dont une des extrémités porte sur une voie
- établie sur le toit du magasin; l’autre extrémité s’appuie sur un chevalet, roulant, par l’intermédiaire de galets appropriés, sur une voie posée le long du quai, où viennent les navires qui ont à décharger du
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- cliarbon ou, au contraire, à faire leur approvisionnement de combustible. Bien entendu, la poutre supérieure des ponts-roulants sert au passage d’un petit chariot auquel est suspendue une benne à ouverture automatique, qui peut se refermer sur un tas de charbon en se remplissant, et se décharger ensuite à point nommé au-dessus d’un panneau de cale ou d’un lieu quelconque de dépôt. La houille peut ainsi parcourir une distance de 45 mètres, et les opérations se font si rapidement, que l’installation dont il s’agit est à même de manipuler plus de 4000 tonnes de combustible par jour.
- On doit bien penser que, si c’est une nécessité pour les navires à vapeur de trouver aisément à se ravitailler en combustible, cette nécessité s’impose bien autrement pour les bateaux de guerre. Ceux-ci, par suite du poids de leur armement, ne peuvent prendre à leur bord qu’une quantité assez restreinte de charbon, qui est bientôt épuisée par un parcours à grande vitesse. Il faut qu’ils trouvent, en temps de guerre notamment, répartis un peu partout à la surface du globe, des dépôts de charbon, où non seulement le combustible soit en abondance, mais encore où le navire puisse rapidement remplir ses cales, afin de repartir bien vite sus à l’ennemi. Pour rendre encore plus rapide ce ravitaillement en houille, on cherche à l'effectuer en mer même au moyen de navires charbonniers qui vont au-devant du cuirassé ou du croiseur, et lui font passer leur chargement à l’aide d’appareils transbordeurs plus ou moins ingénieux, tels que le transporteur « Tcm-perley ». Mais en somme ce mode d’approvisionnement est peu pratique, tantôt parce que la mer est mauvaise, tantôt parce qu’il y a impossibilité pour les deux bateaux de se donner un rendez-vous fixe : et on en revient alors aux dépôts de charbon à terre.
- La question est particulièrement à l’ordre du jour pour notre Hotte : précisément un de nos lecteurs, M. de la Bouglise, vient de nous envoyer quelques renseignements des plus intéressants, sur l’installation mécanique d’un dépôt de charbon que les Américains viennent de créer à leur station navale de New London, dans le Connecticut.
- Le simple examen de la photographie que nous en reproduisons va en faire comprendre les dispositions, du moins dans leurs grandes lignes. Et tout d’abord, pour répondre au besoin de protection contre les agents atmosphériques auxquels nous faisions allusion tout à l’heure, on a résolu d'emmagasiner la houille dans un.énorme hangar complètement fermé, qui est un peu comme un grenier à silo pour les céréales, et dont le remplissage comme le déchargement est assuré par Ja partie supérieure. L’inclinaison de la toiture est soigneusement calculée, de manière que le charbon, en prenant sa pente naturelle quand on le vide au sommet du magasin, ne vienne pas en contact du métal formant le toit; d’ailleurs celui-ci offre 14 panneaux qui servent à déverser le charbon amené par les appareils aériens dont nous allons dire un mot tout à l’heure. Sous le
- lanterneau qui domine le sommet du bâtiment, se trouve tout le mécanisme pour l’ouverture de ces panneaux, et aussi une voie ferrée qui peut amener des wagons au-dessus du magasin. Notons immédiatement que celui-ci a une capacité de 10 000 tonnes, qu’il est long de 90 mètres environ sur une trentaine de large.
- L’appareil de chargement ou de déchargement des navires qui viennent à quai dans la station en question, est essentiellement constitué par deux sortes de ponts-roulants obliques, fort analogues à ceux que nous avons décrits il y a un instant : ils reposent, par des chevalets roulants, sur des voies posées d’une part sur une estacade, à quelque distance du quai principal, et, d’autre part, sur ce quai même. Les chevalets de l’estacade supportent toute une machinerie qui permet de les déplacer, et aussi de commander les mouvements des bennes à cuiller qui ont pour mission de prendre le charbon à bord des navires charbonniers, et de le décharger à l’intérieur du magasin, ou d’opérer l’opération inverse, en descendant dans les cales des navires de guerre le combustible dont elles ont été se remplir dans le dépôt. Les chevalets du quai principal se déplacent à la main, et cela sans difficulté; tous, du reste, au moment où l’on va opérer un transbordement de charbon, sont fixés aux rails par des pinces et des crochets spéciaux.
- Quand nous aurons ajouté que ces ponts-roulants peuvent tout aussi bien manipuler de la houille en vrac, qu’ils sont capables d’assurer la
- ...uienlion de 100 tonnes à l'heure, qu’enfin le long de ces ponts sont disposées des balances automatiques qui permettent de peser les bennes ou les sacs de charbon, pour ainsi dire sans ralentir leur transport, on comprendra que cette installation fait le plus grand honneur et à la marine américaine et surtout aux constructeurs, MM. Hoffmann and C° de Philadelphie, qui ont été chargés de celte création. Il serait à désirer que nos dépôts de charbon militaires, encore trop peu nombreux, fussent aussi bien outillés que ceux que nous venons de décrire. J. Lebon.
- NÉCROLOGIE
- ÉDOUARD GRIMAUX
- L’Académie des sciences Ment d’être frappée coup sur coup : en un mois, elle a perdu J. Bertrand, 11. Milnc Edwards, et jeudi dernier Edouard Grimaux! Souffrant depuis deux ans, M. Grimaux avait cessé de suivre les séances hebdomadaires; nous ne l’avions plus vu depuis plus de six mois, quand, la semaine dernière, il succomba brusquement à une hémorragie cérébrale.
- Louis-Édouard Grimaux était né à Rochefort en 1855. Il entra dans le corps de santé de la marine ; puis alla à Paris travailler dans le laboratoire de Würtz, école célèbre d’où sont sortis la plupart de nos chimistes contemporains. C’était l’époque des grandes luttes entre les partisans de la théorie atomique et les défenseurs de la théorie des équivalents.
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- Ô!M
- Grimaux entreprit de savantes recherches sur la série aromatique, la série urique et les alcaloïdes. La reproduction par voie synthétique de plusieurs composés chimiques qui se rencontrent à l’état naturel lui acquit vite une réputation légitime. I)c nombreuses communications à l’Académie, notamment des études sur la morphine le classèrent parmi les chimistes les plus brillants de l’époque. Il a beaucoup produit. Citons seulement pour mémoire les travaux suivants : Du hachich ou du chanvre indien (1865); Équivalents, atomes et molécules (1866); Chimie organique (1872-1878); Chimie inorganique élémentaire (1874-1879); Théories et notations chimiques (1884); Lavoisier d'après sa correspondance, ses manuscrits, ses papiers de famille et d'autres documents inédits (1888), etc., etc.
- 11 collabora aussi sans discontinuité au beau « Dictionnaire de chimie » de Würtz.
- Docteur en médecine en 1865, il était nommé agrégé de la faculté de médecine de Paris l’année suivante. En 1872, il suppléa son maître Würtz dans son cours de chimie. En 1874, l’École polytechnique le choisit comme répétiteur adjoint. En 1881, il devenait titulaire d’une des deux chaires de cet établissement et professeur à l’Institut agronomique.
- II entra à l’Institut en 1894, héritant du fauteuil de Frétnv, dans la section de chimie.
- Il était ofticier de la Légion d’honneur.
- Ainsi que l’a fort bien dit son ami, M. Ch. Lauth, Edouard Grimaux sera profondément regretté et laissera un grand vide dans la phalange si éprouvée de nos chimistes français. A. Marixgel.
- CHRONIQUE
- La vie des microbes dans l’air liquide. —
- Dans sa séance du 5 avril dernier, MM. Allan Macfayden et S. Rouland ont présenté une seconde Note relative à l’action de la température sur les bactéries. Ils avaient déjà montre précédemment que les bactéries, exposées pendant 20 heures à la température de l’air liquide (de 185° à 192° au-dessous de zéro), ne paraissaient pas avoir subi une influence appréciable au point de vue de leurs propriétés vitales. Cette fois, c’est pendant « sept jours » consécutifs que les micro-organismes ont été exposés à la température de l’air liquide. Ces organismes étaient la B. tgphosus, B.coli commuais, B. dipthteriæ, B. proie us vulgaris, B. acidi lactici, B. anthracis, Spi-rillum choiera asiatica, Staphglococcus pyogenes aureus, B. phosphorescens. Au lieu d’être, comme précédemment, exposés au froid dans les milieux où ils vivent, ces organismes étaient soumis au refroidissement dans de fins tuyaux de plumes cachetés, ce qui permet de réaliser une immersion complète et une économie considérable sur l’air liquide dépensé, sans compter une manipulation plus facile. L’air liquide avait été obligeamment fourni par le professeur Dewar, et les expériences ont été faites dans son laboratoire. On ajoutait de temps en temps de l’air liquide pour compenser la perte due à l’évaporation. De cette manière la température restait constamment à — 190°. Un avait pris aussi de grandes précautions pour le refroidissement, afin d’empêcher la rupture des tuyaux de plume. Un refroidissement préalable était opéré au moyen d’acide carbonique solide. Au bout de la semaine, les tuyaux étaient enlevés avec des pinces de liège et placés dans des vaisseaux en verre jusqu’à complet dégel. Les tuyaux étaient alors ouverts et les bactéries
- étaient replacées dans leurs milieux de culture, Pour chacune, l’examen était fait au microscope pour découvrir les changements qui auraient pu se produire dans la structure. Les cultures faites après l’expérience se développèrent très bien, et rien ne put faire supposer que leur vitalité eût été atteinte par le froid. La bactérie photogénique émit de la lumière, et les échantillons de lait caillèrent Ces expériences, dont nous empruntons l'analyse à notre confrère anglais Nature, viennent confirmer pleinement les conclusions de notre éminent compatriote le professeur d’Arsonval sur le même sujet.
- Traitement du mal de mer. — M. L. Dutrem-blay a fait une communication à l’Académie de médecine sur le traitement du mal de mer par les inhalations d’oxygène pur sous pression. Les premiers essais ont été entrepris avec succès par M. le Dr Dubois, professeur à la Faculté des Sciences de Lyon, qui reconnait pour cause principale du mal de mer la ventilation incomplète du poumon augmentant l’air résiduel et amenant des échanges respiratoires imparfaits. M. Dutremblay, avec l’aide de M. le Dr Perdriolat, médecin de la Compagnie générale transatlantique, a repris et complété les essais sur de nombreux malades en mer. D’après lui, les déplacements profonds et subits de la masse viscérale et la contraction du diaphragme, causes principales, amènent les manifestations secondaires : migraines, vomissements, refroidissements, etc. Dans ces conditions, l’emploi de l’oxygène est parfaitement justifié. Des nombreuses observations prises, il résulte que ce gaz agit le plus souvent et soulage rapidement; les nausées et les vomissements cessent, un sentiment de bien-être se fait sentir, .auquel succède une période de calme et de sommeil; la respiration incomplète et fréquente se régularise, le pouls remonte, 'la céphalalgie disparait. Les malades doivent faire de longues et profondes inhalations bien rythmées; 50 à 40 |itres suffisent; on recommence selon les besoins. 11 est utile de faire ces inhalations par la bouche, seulement en fermant les narines de façon à ne respirer que de l’oxygène. 11 eût été sans doute bon de vérifier si de profondes inspirations rythmiques n’eussent pas suffi à elles seules pour amener aussi une amélioration.
- Le commerce des œufs aux États-Unis. —
- Alors que l’on cherche partout des méthodes plus ou moins heureuses pour conserver, pendant la saison d’hiver, les œufs à l’état frais, aux Etats-Unis on s’est mis avec beaucoup de raison à adopter dans ce but les entrepôts frigorifiques. Si nous en croyons ce qu’en dit un journal spécial fort bien fait, du nom caractéristique de Ice and réfrigération, les divers entrepôts de cette sorte qui existent actuellement aux Etats-Unis doivent contenir 2 855 060 boîtes d’œufs, ce qui correspond à 75 650 000 douzaines ou à 907 800 000 œufs. C’est à Chicago plus que partout ailleurs que se vulgarise ce procédé de conservation : les magasins frigorifiques de cette ville renferment, en effet, à eux seuls 700 000 boîtes; New-York vient ensuite avec 255 000, Philadelphie avec- 200 000.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 1 mai 1909. — Présidence de4M. M. Lévy.
- Géographie de Madagascar. — M. le R. P. Collin a profité de son séjour sur la côte orientale de Madagascar pour rectifier les positions géographiques de divers points, ainsi que les éléments magnétiques de ces points. Il a déterminé les latitudes par la méthode des hauteurs cir-
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- LA X ATI II K.
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- cumméridiennes du soleil, en se servant d’un théodolite. L’heure locale a été obtenue à l’aide de hauteurs du soleil prises dans le milieu de la matinée ou de la journée; cette heure locale a été ensuite comparée à celle de l’observatoire de Tananarive au moyen de signaux électriques pour avoir la longitude. Il a en outre, à Vato-mandry, déterminé un azimut. L’auteur a tiré de l’ensemble de ses observations les conclusions suivantes ; 1° Depuis Yatomandry et Mahanoro, la côte s’infléebit vers le sud-ouest plus que ne l’indiquent les cartes. La position de ces deux villes doit être reculée vers le nord. 2° En réunissant toutes ses observations magnétiques faites en 1892, 1896 et 1900 à Tamatave, Ampanotomai-zipa, Andevorante, Yatomandry, Marosika et Mahanoro, il constate, le long de cette zone de la côte orientale, une inégalité de force magnétique qui se traduit par les effets suivants ; a) la déclinaison augmente et diminue alternativement dans l’ordre des stations énumérées ci-dessus;
- b) le maximum d’amplitude des perturbations se trouve à Andevorante; le minimum à Yatomandry.
- Élections. — Il est procédé, au scrutin de liste, à la nomination d'une commission chargée de dresser une liste de candidats pour la place de secrétaire perpétuel laissée vacante par le décès de M. J. Bertrand. Sont élus : MM. Jordan, Boussinesq, Faye, Lippmann, Bouquet de la Grye, Sarrau. 11 est ensuite procédé à l’élection d’un correspondant étranger dans la section de médecine et chirurgie en remplacement de sir Paget décédé. M. Burdon Sanderson, d’Oxford, est élu. Gu. ne Yilledecil.
- LE GRAM0PH0NE
- Il existe aujourd’hui toute une série de phonographes, de gramophones et autres appareils de toutes
- Le gramophone.
- sortes qui permettent de reproduire convenablement la parole, le chant, la musique.
- Nous avons eu l’occasion dernièrement d’entendre un nouveau gramophone qui présente quelques particularités. Dans une petite boîte en bois, comme le montre la ligure, se trouve un ressort moteur qui fournit la force motrice pour faire mouvoir le disque enregistreur et répétiteur des sons.
- Il suffit de tourner à la main la manivelle pour bander le ressort. Il y a aussi une vis de réglage qui sert à activer ou à ralentir le mouvement des morceaux, suivant les circonstances. Plus la vitesse est grande, plus le son est élevé et vice versa.
- Le disque qui se déplace est en éhonite; il porte les inscriptions que le gramophone va reproduire. Ces disques sont gravés mécaniquement et remplacent les cylindres en cire qu’il faut impressionner séparément dans les autres systèmes. On a pu réussir à établir des disques matrices dans de très bonnes
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- Disques en ébonile.
- conditions, et il est possible ensuite de les reproduire en nombre presque illimité.
- Sur le disque on ajuste une pointe d’aiguille en acier qui est fixée sur le diaphragme de l’appareil. Ce dernier à son tour est monté à l’extrémité d’un cornet en cuivre qui repose sur le bras spécial qui le soutient. On pose simplement le diaphragme sur le disque et on le laisse se guider seul par le poids du cornet. Ce nouveau gramophone, de construction robuste, fonctionne bien et les sons reproduits sont agréables. Le timbre est peu modifié. Le piano, par exemple, s’entend merveilleusement . En somme, deux perfectionnements intéressants : la gravure industrielle sur del’ébonite, la pointe d’acier qui entre aisément dans toutes les rainures et provoque sûrement et avec force les vibrations du diaphragme. A. Séry.
- Le Gérant : P. Masson.
- Pans. — Imprimerie Lauure, rue de Fleuras, 9.
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- LA NATURE.
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- LES CARAÏBES
- Les Caraïbes ou Caribes lurent les premiers habitants du Nouveau Monde que Colomb rencontra dans son mémorable voyage de 1492. Malgré les nombreuses recherches dont ils ont été l'objet, leur origine, la date de leur établissement dans les Antilles restent encore incertaines. Physiquement, la race est belle, bien constituée; les hommes sont remarquables par leur stature et leur développement musculaire. Leurs yeux sont bien ouverts, légèrement obliques, leur nez est busqué, la face longue, la peau d’un brun tirant sur le rouvre. Leurs nom-breux rejetons se sont répandus sur toute la zone septentrionale de l’Amérique du Sud, où ils sont disséminés sous des noms différents, où ils parlent des langues différentes, tout en se rattachant certainement à un tronc commun1.
- Ceux de Cuba s’étaient rendus singulièrement redoutables à leurs voisins par leur humeur guerroyante, leur férocité et leur cannibalisme. Les mêmes faits se produisaient dans toutes les Antilles, et, de 1655 à 1660, les combats se poursuivaient avec acharnement entre les colons, la plupart Normands, et les Caraïbes. Ceux-ci furent finalement vaincus et la lutte se termina par la déportation en masse des survivants à la Dominique et à l’île Saint-Ain-cent2. Là, leur nombre s’accroissait rapidement, ils devenaient un danger pour les Anglais qui les déportèrent à leur tour sur la cote des Mosquitos. La pureté de la race s’est singulièrement altérée par des unions avec les nègres marrons ou fugitifs. De là le nom de Caribes noirs ou Iguiris, sous lequel ils sont connus aujourd’hui. Ils sont encore nom-
- 1 II existe un dictionnaire français caraïbe publié en trois parties à Auxerre en 1663-1665.
- 2 I.a Dominique fait partie des Lecwards Islands constitués en colonie de la couronne en 1871. Saint-Vincent appartient au groupe des petites Antilles ou Windward Islands.
- 28e année. — 1er semestre.
- hreux dans le Nicaragua, dans la Guyane et dans certaines parties du Brésil. Dans les Antilles, leur patrie primitive, il ne reste que leur souvenir et le nom de Caribbean Sea que les cartes anglaises conservent à la mer des Antilles.
- Leur civilisation durant les temps précolombiens se rapprochait de celle des habitants du continent; très inférieure à celle des Mexicains ou des Péruviens, supérieure probablement à celle des Mound-Builders, les constructeurs de ces tertres gigantesques, de ces pyramides en terre, une des curiosités des Etats-Unis. Un fonctionnaire français,
- M. Guesde, ayant longtemps résidé dans notre colonie de la Guadeloupe, y avait formé une nombreuse et intéressante collection d’objets en pierre oti en bois provenant des Caraïbes. Elle a figuré à une de nos expositions internationales et elle appartient aujourd’hui au Musée national de Washington1.
- Cette collection mérite d’attirer l’attention des anthropologistes; haches, celts, ciseaux, her-minettes rappellent les types connus en Europe comme en Afrique, en Asie comme en Australie. C’est là le fait qui domine leur étude et, quand on visite les collections préhistoriques, on ne peut se défendre d’une véritable surprise en rencontrant toujours les mêmes formes, les mêmes procédés de travail, les mêmes produits du génie de l’homme chez des populations séparées par des distances immenses, par des Océans ou par des déserts en apparence infranchissables.
- Parmi ces armes ou ces outils, les uns grossièrement taillés témoignent de l’enfance de l’art, les autres, au contraire, aux formes régulières, délicatement polis, montrent son apogée. Les haches sont de beaucoup les plus nombreuses et il en
- 1 Le savant directeur de ce musée, M. Olis T. Mason, en a publié un catalogue très complet. Smilhsonian Reports, 1876, 1884. Notre musée «lu Trocadéro possède un album offert par M. Guesde et reproduisant en une série d’aquarelles les principaux objets de sa collection.
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- I, A A AT nu;.
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- est qui pèsent plusieurs kilogrammes. Le fait ne saurait surprendre. Dans tous les pays, la hache répond aux premiers besoins de l’homme. Nombre de celts ou de ciseaux sont tirés d’une coquille gigantesque (Strombus yigas) qui se rencontre fréquemment dans la mer des Antilles. Les mortiers et les pilons destinés à broyer les grains rappellent ceux de la Californie. Les vases de formes diverses, les plats également tirés de la pierre sont fort rares et, si je ne me trompe, la collection Guesde ne renferme que deux de ces derniers. Les amulettes ne sont pas moins rares; M. Mason cite un petit Maboya, l’esprit mauvais qui ne cherche qu’à nuire aux hommes. La pierre est percée d’un trou de suspension qui indique sa destination. Le Maboya porte un organe sexuel très apparent, usage assez habituel chez les sauvages de tous les pays.
- Comme chez les peuples primitifs, les idoles sont nombreuses. Citons-en une en poterie. Si la cuisson est satisfaisante, le modelage est des plus grossiers. Elle représente un homme et un singe accolés. Dès cette époque reculée, Darwin aurait-il compté des précurseurs?
- Mais c'est surtout sur les idoles en bois, provenant de la collection Guesde, que nous voulons appeler l’attention. L’une d’elles (fig. 1) figure un homme remarquable par sa curieuse coiffure, l’expression sardonique de ses traits, ses lourdes boucles d’oreilles qui rappellent celles des Mound Builders du continent voisin; les bandes ou bracelets qui enserrent ses bras sont caractéristiques. La hauteur totale est de 45 pouces anglais, un mètre environ.
- La seconde figure représente deux individus assis cote à côte sur une chaise élevée surmontée d’un dais (fig. 2). Le dos du siège est couvert de cercles concentriques et d’autres ornements assez finement exécutés. Les figures humaines sont hideuses ; l’une d’elles, vue surtout de profil avec sa bouche s’avançant comme un museau, est d’apparence absolument simienne. Les oreilles sont distendues par le poids des ornements ; les tètes sont recouvertes de bonnets brodés et des bandes de coton également brodées serrent fortement les bras au-dessus des épaules et les jambes au-dessus des mollets1. Nous savons que Golomb, lors de son deuxième voyage aux Antilles, eut à soutenir, le 10 novembre 1495, un combat assez vif contre les Caraïbes de l’îlc de Santa Cruz.
- Les cheveux de ces sauvages, nous apprend-il, étaient rudes et épais, le tour de leurs yeux peint en rouge leur donnait un aspect féroce, leurs bras et leurs jambes serrés par de fortes bandes rappellent nos statuettes. Ses représentations humaines servaient à d’autres usages plus utilitaires. Le musée de Washington possède une figure humaine tirée d’une lave volcanique et attribuée aux Caraïbes. Cet homme au sexe accentué est couché sur le dos, et ses pieds forment les appuis d’un siège. Ses bras repliés touchent presque le menton. Telle était la posture
- 1 La hauteur du groupe est de 31 pouces, environ 78 centimètres.
- favorite des Caraïbes durant la vie, et telle était la position donnée aux morts avant la sépulture. Le type est moins simien que ceux que nous venons de décrire, le nez est aplati, la tète coiffée d’un bonnet rond : aux oreilles pendent de lourdes boucles et au nez pend un anneau. Nous reproduisons aussi un siège qui se termine par une tête grotesque grossièrement sculptée dans le bois (fig. 5).
- Ces figures sont bien le produit de l’art américain, tel que nous le connaissons dès ses débuts et tel qu’il se poursuit dans toutes les régions. Tandis que l’art Européen, noble fils de l’art grec, dans ses représentations de l’homme, s’efforce, en les idéalisant, d’atteindre la beauté suprême. L’art américain ne connaît que le grotesque; pour lui, le laid est le beau, c’est là un contraste d’autant plus curieux à noter que cet art persiste durant de longs siècles sans changement appréciable.
- AIis de Nadaillac.
- ORIGINE DES EAUX SOUTERRAINES1
- EAUX POTABLES --- EAUX MINÉRALES
- II
- Les anciens ont divinisé les eaux et particulièrement les sources ; les Assyriens et les Phéniciens ont donné des modèles remarquables des travaux qu’ils avaient exécutés pour amener dans leurs agglomérations des eaux pures et abondantes; les Domains ont poussé encore plus loin le culte des eaux comme en témoignent toutes les ruines de ces aqueducs colossaux qui font encore l’admiration des peuples actuels. Mais bien que l’on puisse lire dans les écrits de Vitruve et de Pline certaines indications sur la manière de connaître les lieux où il y a de l’eau, il faut arriver au treizième siècle pour retrouver non pas le culte des eaux qui était complètement abandonné, mais les premières études sur l’origine des eaux actuelles: Albert le Grand, Bernard Palissy (1580), Perrault (1084)., Papin (1647), Descartes, Mariotte (1700), etc., etc., vinrent successivement exposer leurs idées sur ce sujet.
- Mais ce n’est que depuis 1845, époque à laquelle Belgrand commença à étudier l’hydrologie du bassin de la Seine, étude qu’il poursuivit d’une façon si remarquable pendant toute sa vie, que des données vraiment scientifiques furent prises en sérieuse considération constituant ainsi les assises de la science hydrologique, dont l’édification fut extrêmement rapide, grâce aux nombreux travaux pénétrant dans l’écorce terrestre (sondages, tunnels, mines, constructions, adductions et captages d’eaux potables et minérales) effectués depuis cette époque.
- M. A. Daubrée, dans ses études si pleines d’érudition sur les Eaux souterraines à l'époque ancienne et à l’époque actuelle, a rassemblé un grand nombre de documents épars sur l’hydrologie du monde entier
- 1 Ynv. 11" 150f>. du 5 mai 1000. p. 3(i3.
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- LA NAÏ'UUK.
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- et, par des considérations d’un ordre scientifique élevé, a su démontrer d’une façon définitive l’origine et le mode de circulation des eaux dans les profondeurs du sol. M. de Launay, dans un ouvrage récent, a mis en évidence la confirmation expérimentale des déductions de M. Daubrée, au point de vue exclusif des eaux « thermo-minérales » qui ont une identité d’origine avec les eaux dites « potables ».
- Toutes les eaux souterraines, depuis celles que l’on rencontre à quelques’mètres au-dessous du sol (nappes phréatiques, puits) jusqu’à celles qui viennent des plus grandes profondeurs (thermo-minérales), ont une origine commune : les précipitations atmosphériques (pluie, neige, glace). Certains auteurs adoptent, comme Elie de Beaumont, d’une façon générale, cette théorie, conservant néanmoins l’hypothèse du volcanisme ou des origines geyseriennes pour quelques sources minérales.
- Les eaux atmosphériques en tombant sur le sol subissent d’abord le contact des poussières, puis des produits existant à la surface de la terre et arrivent au support géologique, c’est-à-dire au terrain.
- Là elles sont, en partie, restituées directement à l’atmosphère par l’évaporation, absorbées par les végétaux pour leur nutrition, entraînées aux thalwegs en suivant les lignes de plus grandes pentes, sous forme de ruissellement, enfin la partie qui nous intéresse ici tend à s’infiltrer dans le sol.
- Cette « eau d’infiltration )) est dès lors soumise à deux influences : la gravité qui est la conséquence de l’attraction de la masse terrestre et qui tend à entraîner l’eau vers le centre de la terre; la capillarité qui est l’attraction infra-moléculaire exercée sur l’eau par les molécules matérielles du terrain, c’est-à-dire l’attraction par les grains solides qui tend également à faire pénétrer l’eau dans les vides souterrains. Ces deux forces, dont les effets sont considérables, peuvent entrer en conflit : si la gravité est plus forte que la capillarité, l’eau descend dans les profondeurs de la terre ; si la capillarité est au contraire plus forte que la gravité, l’eau est retenue ou même remonte dans les roches comme dans les tissus spongieux.
- L’eau rencontre donc à la surface du sol des roches plus ou moins perméables ou des fissures (fig. 2, n° 1 et fig. 1, n° 5) dans lesquelles elle pénètre plus ou moins facilement, suivant la nature et la résistance que ces roches ou ces accidents opposent aux forces de la gravité et de la capillarité. Sous cette double influence, l’eau s’introduit dans le sol tant qu’elle rencontre des vides et des pressions inférieures au-dessous d’elle. C’est ainsi qu’elle est arrêtée sur les sols imperméables, qu'elle circule dans les milieux perméables ou dans les fissures souterraines. Le volume de l’eau qui existe ainsi souterrainement est sensiblement égal à celui qui existe à la surface du sol y compris le bassin de l’Océan.
- Les grandes forces naturelles : la chaleur terrestre et solaire, la pression, la gravité, la capillarité
- agissent de concert pour maintenir dans un état d équilibré parfait ce système constamment en mouvement accomplissant une série de cycles sans lin. C’est principalement à l’action régulatrice de l’atmosphère et de la vapeur d’eau qu’est dû ce merveilleux état d’équilibre des masses d’eaux souterraines, superficielles, atmosphériques en mouvement.
- Le régime des eaux souterraines est donc sous la dépendance de la nature des roches avec lesquelles elles sont en contact, et, par roche s, il faut entendre toutes les masses géologiques d’un volume considérable aussi bien les plus dissociées que les plus compactes.
- Parmi ces roches les unes sont nettement imperméables à l’eau, les autres sont plus ou moins perméables. Les roches imperméables comprennent les roches éruptives, granitiques, cristallines, le gneiss, les micaschistes : l’eau ruisselle à leur surface ou circule dans leurs fissures.
- C’est au contact de ces roches éruptives, dont certaines ont comme éléments constitutifs des corps qui n’existent dans la nature qu’en proportions minimes par rapport aux autres minéraux, que les eaux thermominérales se chargent d’éléments minéralisateurs rares (lithium, strontium, arsenic, fluor, etc.). A ce sujet nous ferons remarquer incidemment que les éléments fondamentaux de la croûte du globe sont au nombre de 70 environ. L’oxygène à lui seul représente la moitié du poids de la croûte terrestre accessible ; le silicium, combiné à l’oxygène, constitue la silice qui est le véritable élément de consolidation de l’écorce terrestre (70 pour 100). L’ensemble de l’oxygène, du silicium, de l’aluminium, du magnésium, du calcium, du potassium, du sodium, du fer et du carbone représente les 977 millièmes de Fécorce.
- Les termes de transition entre les roches imperméables et les roches perméables sont représentés par les argiles, les limons, les phyllades (ardoises), les marnes qui sont des argiles plus ou moins calcaires. Ce sont ces roches qui déterminent les niveaux d’eaux les plus importants.
- Un sol de 50 centimètres d’épaisseur constitué par de l’argile grasse met 55 jours à être traversé par l’eau, tandis qu’avec un sol composé de 10 parties d’argile et de 90 parties de silex impalpable, il faut seulement vingt-huit heures. Dans ce même ordre de fait, l’eau de pluie met de quatre à six mois pour traverser une colline crayeuse sans fissures de 60 à 90 mètres d’épaisseur.
- Parmi les roches perméables, il faut citer les sables dont la perméabilité est très variable, très grande dans les sables de Fontainebleau et de Beau-champ, par exemple, et faible dans les sables du crétacé inférieur en raison des matières argileuses qui les cimentent. Viennent ensuite les grès qui sont le résultat de l’agglutination de grains de quartz, de sable par un ciment de composition très variable.
- Les roches volcaniques boursouflées, laves, basaltes, trachytes, ponces, conglomérats poreux, tufs, scories, constituent des supports géologiques per-
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- LA NATURE.
- méables. Enfin, les dépôts organiques représentant la grande variété des calcaires rentrent dans ce groupe : chaux hydrauliques, ciments, pierres lithographiques, calcaires à lumachelles (coquilles d’os-tracées), calcaires à entroques (crinoïdes, radioles d’oursins), etc.
- Les craies (noduleuses, glauconieuses, marneuses) formées par une infinité de protozoaires et de microphytes, les marbres saccharoïdes, les
- dolomies, les cargneules, constituent les principales variétés de calcaires. Leur perméabilité, très variable, dépend presque uniquement des fractures qui débitent ces roches en fragments.
- Enlin, les. tourbes sont des matières organiques très perméables et absorbantes.
- Le régime des eaux souterraines est encore sous la dépendance de la disposition de ces roches. Le contact d’une roche perméable avec une roche
- 353-F s
- j Fig. 1. — 1. Eaux d'iniillration sur uni; roche imperméable. — 2. Infiltrations d'un plateau PF'.
- 5. Eaux de surface pénétrant directement dans la terre. •— 4. Fissures souterraines.
- imperméable détermine généralement un niveau d’eau et les stratifications des roches sont généralement favorables à la formation des nappes aquifères (lig.3). La couche aquifère qui est la plus rapprochée du sol et qui n’est séparée de lui que par l’intermédiaire des roches imperméables constitue la nappe des eaux phréatiques (puits). C’est cette nappe, la plus accessible aux contaminations accidentelles, qui est généralement employée pour l’alimentation en raison de sa présence dans presque toutes les régions et de la facilité avec laquelle on peut l’atteindre.
- Dans le cas le plus général les eaux d’infiltration, après avoir Iraversé une ruche perméable NE1 (fig. 1, n° 1 ), sont arretées par une roche imperméable NI; il s’établira un niveau d’eau NUI suivant sensiblement la topographie du terrain et tout le long de l’affleurement NI, à flanc de coteau, il y aura
- des suintements et quelquefois de véritables sources surtout du côté de la plus grande pente EL
- Les infiltrations superficielles d’un même plateau PP' (fig. 1, n° 2 ) peuvent donner naissance à plusieurs nappes suivant la présence et la disposition de plusieurs strates imperméables . La nappe RI(phréatique) sera facilement atteinte par les puits et pourra donner des écoulements naturels sous forme de suintements ou de sources, de même la nappe R1IA ; la nappe RâI2 pourra être atteinte au moyen de forages dans lesquels l’eau s’élèvera sensiblement au niveau R2N constituant ainsi un puits artésien aa'. Sur le terrain compris entre I et It on pourra établir des puits, des galeries de captages qui seront alimentés par la même eau que les sources qui se produiront à l’affleurement de la strate imperméable I*.
- Fig. 2. — 1. Contact et tissures des roches; ci, arkrose rouge;
- (I, granité. (D'après il. de Launay.)
- 2. Coupe verticale de la grotte des Baumcs-Chaudes. (D'après il. Martel.)
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- LA NATURE
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- Hg. 5. — Stratifications favorables à la formation des nappes aquifères. Gouffre du Saul-du-Moulin, près Rocamadour.
- (I)'après une photographie de M. Ed. Bonjean.)
- \
- Fig. 4. — Dislocation du sol par un tremblement de terre en Calabre. (D'après II. de Lapparent.)
- U ne rentre pas dans le cadre de cet article d'envisager toutes les conditions favorables à la formation des couches aquifères souterraines, mais les
- exemples précédents permettront d’avoir une idée assez nette sur la façon dont se forment les eaux souterraines et sur les rapports qui existent entre
- LA SV
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- LA NATURE.
- Ô9N
- les eaux appelées : sources, forages, galeries captantes, puits artésiens, puits.
- Les roches imperméables et perméables sont fréquemment lissurées : si la fissure est superficielle, les eaux de surface s’écoulent directement dans les profondeurs de la terre (fig. I, nu 5). Si la fissure est souterraine FF' (fig. 1, n° 4) elle a pour effet d’établir une communication entre une nappe supérieure N N, et la nappe sous-jacente MMj. Ces fissures appelées : cavernes, grottes, gouffres, abimes, ragagés, bêtoires, entonnoirs, dollines, suivant les régions ef leurs dimensions, jouent un très grand rôle non seulement au point de vue purement hydro-gnôstique,.mais encore au point de vue de leur influence quelquefois néfaste sur la qualité de certaines, eaux entraînant ainsi de graves retentissements dans l’hygiène publique des agglomérations qui les consomment.
- C’est dans ces larges fissures (fig. 2, n° 2) dont un très petit nombre est accessible et connu que se perdent-certains cours d’eaux superficiels ayant reçu les résidus et déjections des villes et qui réapparaissent dans des régions plus éloignées sous forme de sources et sont malheureusement quelquefois utilisées en raison de leur fort débit pour l’alimentation de grandes agglomérations.
- Ces excavations sont dues pour la plupart à des actions mécaniques qui ont écarté les parois des fissures (tremblements de terre, fig. 4) lesquelles ont été ensuite attaquées par les actions chimiques des eaux, de l’acide carbonique, par les actions dynamiques de l’atmosphère. Certaines ont été formées par l’entrainement de matières arénacées sous l’influence des courants souterrains, par la dissolution et l’érosion de sel gemme, de gypse; par des glissements superficiels, par des coulées volcaniques, par une action destructive analogue à celle de la mer dans les falaises. D’abondantes sources peuvent également émerger de ces cavernes ou larges fissures, notamment dans les roches calcaires : le type de ces sources le plus remarquable, en France, étant la fontaine de Yaucluse, on a donné à ces écoulements naturels le nom de « sources vauclusiennes ».
- Les eaux superficielles, en se précipitant dans les fissures, entraînent des produits et même des êtres vivants à la surface du sol, les faisant pénétrer et circuler ainsi très profondément dans les canaux souterrains. Ces corps peuvent être rejetés avec les eaux elles-mêmes soit morts, soit vivants, c’est ce qui explique les observations de graines, plantes, poissons, crabes rejetés par certains puits artésiens, par certaines sources, faits qui frappent encore vivement les imaginations dans certaines contrées. Edmoxd Bonjean,
- Chef du laboratoire du Comité consultatif d'hypène publique de Francer ~
- YÀCCIN DE CHÈYRE
- Déjà M. Hervieux, directeur du service de la vaccine à Paris, avait communiqué à l’Académie de Médecine les
- résultats des expériences qu’il avait entreprises sur la valeur du vaccin de chèvre. On peut les résumer ainsi :
- l° Si l’on inocule une chèvre, soit avec du vaccin de génisse, soit avec du vaccin humain, le produit de cette inoculation évolue comme le vaccin dé génisse.
- 2° La vaccination de chèvre à bras réussit bien, à la condition que l’inoculation soit pratiquée aussitôt après la récolte du vaccin. Les boutons vaccinaux ont tous les caractères de la vaccine classique.
- 3° L’inoculation avec du vaccin de chèvre conservé réussit aussi bien qu’avec le vaccin de génisse, quand elle est faite avec la pulpe, moins bien avec la lymphe.
- 4° La vaccination d’un sujet humain avec du vaccin de chèvre humanisé donne des résultats rivalisant avec le type le plus parfait de la vaccine classique.
- Les animaux de l’espèce caprine sont aussi aptes que ceux de l’espèce bovine à la culture de vaccin ; mais le vaccin de chèvre ne saurait prétendre, du moins en France, aux mêmes destinées que le vaccin de génisse, à cause de la rareté des chèvres et de la quantité insuffisante de vaccin qu’elles fournissent. Toutefois, ce dernier vaccin présente plusieurs avantages, et entre autres celui de ne pas exposer à l’inoculation de la tuberculose, cette maladie ne s’observant pas chez la chèvre.
- Pendant son séjour en Kabvlie, M. le docteur Pargin, médecin-major de 2e classe, a tenté cette méthode. Il y avait été conduit par le prix peu élevé des chèvres en Kabvlie et la rareté des génisses dans ce pays. Il avait pour là chèvre, comme pour la génisse, pratiqué sur le flanc de l’animal préalablement rasé, des scarifications longues de 2 centimètres environ et séparées les unes des autres par un espace de 3 centimètres. Le vaccin employé était de la pulpe vaccinale récemment récoltée. L’alimentation de l’animal restait la même, et la bête broutait comme par le passé. Il n’y avait ni fièvre, ni fatigue, ni manque d’appétit, ni amaigrissement. Les pustules étaient plus sèches que celles de la génisse, moins gonflées de lymphe et tarissaient plus vite. Mais les vaccinations faites avec cette lymphe ne réussissaient pas moins bien que celles qu’on obtient avec le cow-pox. Aucun accident dans l’évolution des pustules, développement normal. La sécheresse des boutons ne semble avoir influé ni sur leur forme ni sur leur évolution.
- Pour établir d’une manière exacte la valeur du vaccin de chèvre comparée à celle du cow-pox, M. Pargin a terminé son travail par deux tableaux dans lesquels sont consignés séparément les résultats de la vaccination avec le cow-pox et avec le vaccin de chèvre. Le premier tableau nous apprend que, sur 1200 hommes vaccinés avec le cow-pox et non variolés, le chiffre des succès a été de 1020, celui des insuccès de 180, et, par conséquent, la proportion pour 100 des succès de 85. Le deuxième tableau nous enseigne que, sur 250 hommes non vaccinés et non variolés qui ont subi l’inoculation avec du vaccin de chèvre, le nombre des succès a été de 195, celui des insuccès de 55, et la proportion pour 100 des succès de 78. Par conséquent, l’écart qui existe entre les résultats de la vaccination avec le cow-pox et ceux de la vaccination avec le vaccin de chèvre n’étant que de 7 pour 100, on peut considérer le vaccin de chèvre comme donnant'{en Kabylie des résultats équivalant à ceux qu’on obtient avec le vaccin de génisse.
- Étant donnés ces résultats, on comprendra sans peine que le docteur Pargin soit autorisé à dire que l’inoculation avec le vaccin de chèvre pourrait être utilement généralisée dans un pays comme la Kabylie, où les ani-
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- maux de l’espèce bovine sont très rares, tellement rares que M. le docteur Pargin a passé sept mois à Tuggurth sans avoir vu un bœuf et sans pouvoir en manger. Ses expériences, ayant été faites sur une échelle beaucoup plus élevée que celles de M. llervieux, confirment ce que celui-ci avait dit de l’efficacité et de la bénignité du vaccin de chèvre. Flamel.
- NOUVELLE FORMATION DE COMBAT
- POUR I,ES ESCADRES LA P H A L A X G E HEXAGONALE
- Au moment où notre escadre de la Méditerranée procède à de nouveaux essais de lactique navale, on ne lira pas sans intérêt les considérations suivantes, dues à un de nos marins les plus distingués.
- Nous avons appelé la nouvelle formation phalange hexagonale, pour donner en deux mots l’idée de sa force, de sa cohésion et de sa forme.
- On pourra voir que cet ordre n’est au fond qu’une sorte de formation en colonne par divisions endentées, ordre préconisé pour le combat par beaucoup d’officiers. Comme on y manœuvre toujours de même et d’un bloc, il supprime beaucoup de signaux, avantage très appréciable dans une rencontre. Il n’a pas besoin de répétiteurs, autre avantage qui résulte de la position centrale de l’amiral.
- En théorie, on nous accordera que l’ordre de bataille parfait des cuirassés serait celui qui leur permettrait de manœuvrer toujours dans la même disposition avec des voisins à des distances qui ne gêneraient pas pour les tirs et qui, cependant, seraient assez rapprochés pour empêcher un imprudent d’avoir l’idée de s’engager sous le feu convergent et simultané de plusieurs vaisseaux.
- En cet ordre d’idées, nous avons pensé que l’hexagone était la figure géométrique qui pouvait le mieux convenir à la solution cherchée. Cet hexagone devra se mouvoir. 11 aura un cuirassé à chacun de ses sommets et ceux de l’avant se relèveront perpendiculairement à la route, lorsque l’ordre sera normal. Dans ces conditions, on voit donc que nous avons bien affaire à un ordre en colonnes par divisions endentées.
- Tous les bâtiments de l’hexagone devront être, autant que possible, identiques comme propriétés de giration et de vitesse. Au centre nous placerons l’amiral.
- Il ressort des propriétés de l’hexagone que chaque cuirassé sera également éloigné de l’amiral et de ses deux voisins. L’amiral sera à égale distance de tout le monde, voyant chacun, vu de tous également. La distance normale de 4OU mètres pourra se conserver et peut-être serait-il bon de la réduire à 500, ce qui donnerait 200 mètres entre les œuvres vives des navires à la flottaison.
- Voilà donc sept cuirassés qui ne devraient jamais manœuvrer et naviguer au large que dans cette formation qui serait signalée par ordre normal de combat.
- ftn peut cependant avoir à modifier cet ordre pour quelque circonstance particulière de navigation. Nous allons dire comment on le fera facilement.
- Changer de route étant en ordre, hexagonal normal. — Nous avons fait remarquer qu’en ordre normal les deux navires de tête se relèvent mutuellement perpendiculairement à la route. Si la route vient à être changée, chaque navire prend la route nouvelle.
- Désignation des cuirassés. — Il est nécessaire de distinguer les différents cuirassés ; dans la pratique chacun
- aura son numéro particulier; mais dans les explications de mouvements, il est plus simple de convenir tout de suite que l’amiral sera désigné par la lettre A et que les cuirassés seront numérotés 1, 2, 5, 1, 5, fi, suivant le sens des aiguilles d’une montre, le numéro 1 étant donné à celui qui se trouvera en tète et à droite de la route de l’amiral. '
- À Qj
- 3
- O
- o:
- Passer de l'ordre hexagonal à la ligne de file. — Quelle que soit la route, A augmente de vitesse, suit la route et les cuirassés viennent se placer à sa suite en ordre naturel de numérotage et on a : A, 1,2, 5, 4, 5, fi.
- 1 ou 6 peuvent gêner la route de l’amiral à un moment donné, leur manœuvre est simple et toujours la même, 1 vient sur tribord pour dégager la route, 6 sur bâbord. Il n’y a aucun danger à cette manœuvre parce que 2 ne doit augmenter de vitesse que lorsque 1 le fera lui-même étant dépassé par A. Quant à fi en venant sur bâbord systématiquement, il dégage la route de 5.
- Passer de la ligne de fde à l'ordre normal hexa-gotial. — A garde sa vitesse, 1 passe à droite augmentant la sienne et chacun chasse son poste, A diminuant de vitesse dès que 1 l’a gagné par le travers.
- Passer de l'ordre hexagonal à l'ordre en colonnes par divisions.
- — À augmente de vitesse pour dépasser les navires de tête.
- 1 et 6 viennent former avec A en tête un triangle isocèle. 1,
- 2, 3 se mettent à droite en ligne de file à la distance normale de la route de A, 4, 5, 6 à gauche, en ligne de file, à la distance normale de la route de A.
- 1
- Passer de l'ordre en colonnes par divisions à l’ordre hexagonal. — A diminue de vitesse et reprend la vitesse normale quand il relève 2 et 5 perpendiculairement à la route. 1,5, 4, 6 prennent leur poste aux sommets de l’hexagone dont le diamètre 2A5 vient d’être constitué déjà.
- Cet ordre hexagonal est si simple qu’il n’y a presque pas besoin d’explication ; l’énoncé des manœuvres étant suffisant.
- Dans le cas où l’amiral disposerait de plus de sept cuirassés, les navires en excédent formeraient une réserve à laquelle les torpilleurs seraient adjoints.
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- LES PANORAMAS DE L’EXPOSITION 1
- LE STÉRÉORAMA --- LE TRANSSIBÉRIEN
- Les panoramas sont nombreux à l’Exposition; on en a mis partout; tous n’ont pas la même importance et quelques-uns sont plutôt des dioramas qui complètent heureusement l’ensemble de l’installation des
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- produits d’un pays, comme notamment celui de Sera- nie-IIerzégovine. Au Club alpin nous trouvons le jevo qui f ut un fond charmant au pavillon de la Bos- demi-panorama, montrant le massif du Mont-Blanc
- Fig. i.— Stéréorama. Voyage de Bône à Oran. Le spectateur reste immobile, c’est la toile qui tourne ainsi que les premiers plans.
- Fig. 2. — Le Stéréorama. Disposition des premiers plans figurant les ilôts, et système de roulement.
- vu de la mer de Glace et quelques petits dioramas des Vosges, des Alpes Dauphinoises, des Pyrénées, etc.
- „ Alpes Dauphinoises, des Pyrénées, etc. Nous aurons à revenir sur l’exécution de ces toiles
- où la photographie a joué un rôle très important.
- La Mission Marchand ne nous représente pas non plus le panorama entier; on trouve, dans les
- non
- cou-
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- loirs d’accès, des dioramas montrant des scènes de nous signalerons celui de la Scheidegg, au Village détail intéressantes. Comme panoramas complets Suisse; celui d’Alger près de la gare du Champ-
- Fig. i. — Le Transsibérien. Détail du mécanisme pour l’entraînement (les quatre plans à des vitesses différentes.
- de-Mars ; celui de Madagascar au milieu de l’Exposition de cette colonie; et celui du Tour du Monde dont l’intérêt ne répond pas à l’importance de la
- construction qui l’abrite: de même que nous rencontrons à l’extérieur un assemblage de styles les plus divers, nous trouvons à l’intérieur un mélange
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- de paysages pris sur tous les points du globe et raccordés entre eux d’une façon plutôt fâcheuse pour renseignement géographique.
- En général dans presque toutes les installations de ce genre de spectacle on sent que l’espace était limité et la toile de fond, trop rapprochée du spectateur, ne lui donne pas l’illusion complète de la réalité.
- Nous n’avons signalé jusqu’à présent que les tableaux inanimés, ceux qui ne sortent pas de la formule ordinaire du panorama que nous connaissons de longue date; on a voulu faire mieux et donner l’impression du mouvement.
- Pour cela on a eu recours à l’illusion d’optique bien connue des voyageurs qui, étant dans un train immobile, sont persuadés qu’il se déplace lorsqu’un train voisin passe auprès d’eux.
- Il suffit pour que l’effet se produise que l’œil ne puisse faire de comparaison avec le sol ou les objets immobiles situés dans le lointain; le rayon visuel doit être limité aux parties en mouvement. On a appliqué ce principe de différentes façons : dans le Stéréorama on a supposé les voyageurs placés dans une cabine de bateau; dans le Transsibérien ils
- Fig. o. — Schéma de l'installation des différents plans mobiles.
- sont dans les wagons d’un train de luxe. Le Cinéo-rama les suppose dans la nacelle d’un ballon et le Maréorama sur le pont d’un transatlantique animé lui-même de mouvements de roulis et de tangage ; dans tous c’est la toile qui marche.
- Dans le Stéréorama ou Poème de la mer, par MM. Francovich et Gadan, le spectateur est placé (fig. 1) dans une sorte de chemin de ronde semi-circulaire et obscure; sa vue est limitée par une série de fenêtres pratiquées dans un mur épais et, en restant devant l’une d’elles, il voit défiler devant lui toute la rive algérienne de Bône à Oran. Au départ le soleil se lève sur une mer très calme, puis peu à peu quand on passe vers Bougie, le houle se lève et de petites lames à la crête blanche apparaissent. Devant Alger le soleil brille de tout son éclat et le panorama de la ville s’étend à l’horizon avec ses maisons blanches et ses minarets; on arrive à Oran au coucher du soleil. Pendant tout le voyage l’aspect de la mer change constamment ; entre temps on rencontre des barques de pêche, un grand transport des messageries, puis l’escadre imposante en ordre de marche avec tous ses cuirassés, croiseurs
- et torpilleurs : la fumée de ses cheminées est remarquable de réalité.
- La toile de fond est peinte, à rencontre des panoramas habituels, sur la surface extérieure d’un cylindre. Celui-ci repose par sa partie inférieure sur un plateau circulaire d’un diamètre de beaucoup supérieur au sien de façon à présenter tout autour un large rebord; cet ensemble serait assez bien représenté par un chapeau haut de forme. Il est muni de roues qui suivent un rail circulaire et un moteur électrique fait lentement tourner le tout; comme on n’a aucun point de repère fixe on finit par croire qu’on se déplace soi-même. Sur le large rebord dont nous avons parlé tout à l’heure on a disposé concentriquement une quarantaine de bandes de tôle verticales (fig. 2) de quelques centimètres de haut supportées par des tiges en fer et s’élevant légèrement en gradin les unes au-dessus des autres. Sur ces bandes sont peints les flots et on y a fixé les navires. Pour reproduire la fumée de ceux-ci on a employé un artifice très ingénieux qui consiste à peindre des lames de verre très minces placées à différents plans les unes derrière les autres.
- Cette disposition de toute la partie la plus rapprochée du public est admirablement réussie, elle se marie on ne peut mieux avec la toile de fond en donnant un relief remarquable ; l’ensemble est d’une vérité saisissante.
- Le panorama Transsibérien érigé par la Compagnie internationale des wagons-lits, près des expositions de Kussie et de Chine, est présenté d’une façon particulièrement intéressante. Le spectateur se trouve dans de véritables wagons (fig. 5) de la Compagnie; il n’y en a que trois, mais ils ont 20 mètres de long : on y trouve des salons, salles à manger, fumoirs, bars, chambres à coucher avec cabinets de toilette, cuisine complètement aménagée pour satisfaire les gourmets les plus délicats; un ravissant salon de coiffure et une salle de bains à laquelle est annexée une salle de gymnastique pour faire la réaction ! C’est complet, luxueux, confortable. Il est vrai que chacune de ces voitures revient à 120000 francs. Une petite usine électrique comprenant une turbine Laval attelée à une dynamo est installée dans un fourgon pour fournir l’éclairage dans les trains en service. On a ménagé devant les wagons un espace libre afin de pouvoir admettre un plus grand nombre de personnes.
- Afin de donner au visiteur l’impression d’un véritable voyage, on fait défiler devant lui ce qu’il verrait de remarquable sur l’itinéraire de Moscou à Pékin : 9574 kilomètres! qu’on pourra parcourir en quinze jours, quand la voie sera complètement terminée; actuellement, on ne va que jusqu’au lac Baïkal, ce qui est encore une jolie course. Nous avons déjà donné ici des détails sur la construction du Transsibérien (voy. notamment 1895, n° 1166) et nous aurons sûrement à y revenir ; pour le moment nous voulons seulement nous occuper de ce que pourront voir les visiteurs de l’Exposition. — Quand
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- on est en chemin de fer, on ne voit pas tous les points du paysage se dérouler avec une égale vitesse : au premier plan, le ballast fuit rapidement sous les yeux, puis les buissons et arbustes en bordure vont déjà un peu moins vite; les maisons, les arbres, etc..., plus éloignés, moins vite encore, et enfin les lointains se déroulent lentement. C’est ce qu’on a voulu réaliser ici : dans une grande fosse pratiquée sur toute la longueur du batiment, on a disposé le mécanisme qui entraîne quatre plans du paysage à différentes vitesses (fig. 4.)
- On voit au premier plan le train d’engrenage A et les galets B qui entraînent par friction l’armature C dont nous parlerons tout à l’heure. En E, F, H, on a représenté les parties de la toile cachées au public.
- La partie la plus rapprochée du wagon représente le ballast : c’est une toile ayant la forme d’une large courroie de transmission horizontale (fig. 5), s’étendant sur 60 mètres de longueur, sur laquelle on a collé du sable et des cailloux; elle est portée de chaque côté par une chaîne Gall, qui est entraînée par des poulies animées d’un mouvement continu de rotation par un moteur électrique ; afin d’amortir le bruit on a interposé entre la chaîne et les poulies une corde de chanvre qui suit le mouvement de la chaîne.
- Un peu en arrière de cette toile on en a disposé une autre, mais verticalement : c’est sur celle-ci que sont peints les buissons et arbustes en bordure de la voie; elle est supportée de distance en distance par des piquets verticaux dont le pied est encastré dans une armature spéciale formant une sorte de chariot sans fin ; prise entre des galets B qui sont animés d’un mouvement de rotation continu, elle est entraînée par friction indéfiniment. Le plan suivant est constitué de la même façon, sauf que la toile a un peu plus de hauteur et quelle se déplace moins rapidement. Enfin le dernier plan est formé par la toile de fond qui a 220 mètres de développement et 8 mètres de haut; elle est suspendue par le haut à une chaîne sans fin soutenue par des galets qui roulent sur un rail. Comme le bâtiment n’a que 60 mètres de long, et qu’il fallait, sans enrouler la toile, puisqu’elle doit toujours marcher dans le même sens, obtenir un développement de 220 mètres, on a replié le rail sur lui-même, comme on le voit sur le schéma (fig. 5), donnant une idée générale de l’installation. Ce rail est soutenu par une charpente en fer à chaque extrémité de laquelle se trouve un pylône (fig. 4) portant une roue horizontale sur laquelle s’engraine la chaîne ; une seule des roues est motrice, un arbre de transmission G passant au centre du pylône va s’engrainer dans le sous-sol sur la transmission générale. Le premier plan, ou ballast, marche à raison de 300 mètres à la minute, le deuxième plan 120 mètres, le troisième 40 mètres et la toile de fond 5 mètres seulement. Le peintre décorateur Jambon y a représenté les principales villes telles que Moscou, Omsk, Irkoutsk, les rives du Baïkal, la grande muraille de Chine, etc., enfin Pékin. Le voyage complet demande
- 45 minutes; mais ce qu’il y a de particulier, c’est que jamais le paysage ne se présente absolument de la même façon, car les vitesses étant différentes, les mêmes objets des différents plans ne se superposeront jamais deux fois de suite; on obtient ainsi une variété indéfinie dans le paysage. G. Mareschal.
- USURE DES CONSTRUCTIONS MÉTALLIQUES
- Le mot peut paraître baroque, et cependant rien n’est plus exact, bien qu’il s’agisse de constructions proprement dites, où l’on ne voit pas comment des frottements, en dehors de circonstances tout à fait exceptionnelles, pourraient venir provoquer de l’usure. Quand on songe à la dureté proverbiale du métal, on est porté à considérer les bâtiments «pie nous construisons maintenant, et où le fer et l’acier jouent le rôle principal ou même presque unique, comme-devant se maintenir immuables et indestructibles dans la suite des siècles. Mais les ingénieurs les plus favorables à l’emploi du métal dans les constructions, savent bien que ce n’est là qu’une illusion, et ils songent avec quelque inquiétude à ce que seront devenus ces ponts et ces charpentes qu’ils élèvent, alors que le pont du Gard et le Colisée se dresseront encore orgueilleusement et presque intacts.
- Les charpentes métalliques établies « en plein air », c’est-à-dire sans être noyées dans des massifs de maçonnerie, doivent tout spécialement attirer notre attention, parce que nous n’avons en somme qu’une expérience de courte durée pour ce qui est de ces sortes de constructions ; et si celles qui sont abritées semblent jusqu’ici demeurer intactes, on peut supposer que les conditions changeront peut-être au bout d’un temps plus prolongé. Toujours est-il que, d’une manière générale, le métal qui demeure librement exposé aux agents extérieurs, air et eau notamment, se corrode avec une rapidité qui est en droit de nous inquiéter sur la vie des ouvrages que nous bâtissons, ou au moins sur les frais de réparations qui seront bien vite nécessaires. Ces corrosions, c’est ce que l’on nomme généralement la rouille, en attachant à ce mot un sens moins étroit qu’on ne devrait le faire dans son acception stricte, et en entendant aussi bien la décomposition qui se produit dans le métal sous l’influence de l’eau et de l’air, que celle qui se manifeste sous l’action des gaz qui s’échappent des locomotives par exemple.
- Ce qui prouve que ce sont là des inquiétudes par- * faitement légitimes, et qui ne sont pas le résultat de notre imagination, c’est que le monde des ingénieurs se préoccupe constamment, et de constater les ravages en question, et de trouver des procédés pour les prévenir, ou au moins les retarder de manière effective. Il y a peu de temps, notre savant confrère Engineering, qui fait autorité dans la presse technique, insistait sur cette grave matière, dans un article intitulé : « The rusling of iron and steel » ; il y montrait la complication réelle de ce phénomène
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- qui paraît si simple au premier abord, et il luisait notamment remarquer que cette modification du métal ne se produit point, quand il est poli et qu’il baigne dans de l’air absolument pur ou dans de l’eau pure ; il faut, semble-t-il, la présence d'une certaine quantité d’acide carbonique ou d’un agent analogue, bien (pie le résultat final de la combinaison puisse ne pas contenir de carbone. Et l’on doit ajouter que, pour (pie la rouille se manifeste, il est nécessaire (pie l’humidité se condense à la surface du métal. 11 se forme d’abord un carbonate ferreux, qui se dissout dans l'eau mélangée d’acide carbonique pour former un bicarbonate, et celui-ci par décomposition devient un oxyde de fer hydraté, de l’oxyde magnétique se produisant comme substance intermédiaire. On sait que, quand la rouille a une fois commencé d’attaquer une barre de fer, par exemple, elle continue son œuvre avec une rapidité surprenante, et sans doute par suite des propriétés de l’oxyde hydraté.
- Nous n’avons pas besoin de faire remarquer (d’autant que nous aurons peut-être occasion d’y revenir) que, dans les ouvrages par-dessus les voies ferrées, il y a d'autres gaz que l'acide carbonique qui viennent favoriser cette attaque du métal. Mais, comme le rappelait M. T. Tuner, dans une communication fort intéressante et des plus complètes faite à la Société « South Staffordshire Institute of Iron and Steel Works managers », le fer est moins susceptible à la rouille que l’acier, et c’est précisément l’acier que l’on emploie de plus en plus dans les constructions, à cause de ses qualités toutes spéciales. Et d’ailleurs, les meilleures variétés de fer sont même inférieures à ce point de vue aux fers communs; il est vrai par contre que les alliages de fer avec du cobalt, du nickel ou du chromo semblent beaucoup moins sensibles à la rouille.
- Naturellement, nous ne pouvons avoir la pensée ici d’épuiser cette matière, ni même de rechercher les différents remèdes actuellement connus contre cet état de choses : ce pourrait être l'objet d’un volume entier.
- Nous voudrions tout simplement attirer davantage l’attention sur les dangers de ces corrosions, en citant quelques exemples curieux, pittoresques, si l’on peut dire, qui montrent la rapidité et l’intensité avec lesquel-
- les se fait cette usure des constructions métalliques.
- Nous insisterons assez peu sur l’influence de l'eau de mer et même de l’air marin sur le fer, la fonte et l’acier, parce que ce coté du problème est généralement bien mieux connu. Toutefois nous rappellerons cet exemple de canons qui ont été repêchés, il y a peu de temps, dans le port de Brest, et qui, par une immersion de quelque 150 ans, étaient devenus tendres pour ainsi dire comme de la plombagine; d’autre part, il y a quelques années, nous avons cité, dans des publications spéciales, un pont construit sur un des canaux du midi de la France, dans la région des étangs de la Méditerranée, et dont les différentes pièces, en dépit d'un entretien et d’un goudronnage soignés, avaient été littéralement rongées et traversées par la rouille, si bien qu’il avait fallu les remplacer en bâte. Aujourd’hui que l’attention d’un certain nombre d’ingénieurs est particulièrement attirée dans cette voie, ces observations caractéristiques se multiplient. Dans le Portefeuille économique des machines, il y a peu de mois, on insistait spécialement sur la destruction des tètes de rivets par la rouille, et on conviendra que le rivet joue un rôle assez important dans tous les assemblages métalliques, pour qu’on ne néglige pas ce point. On avait d’abord cru qu’il y avait là une illusion, en ce sens que la corrosion serait plus visible sur le rivet que sur la tôle qu’il sert à assembler, mais il a fallu admettre la réalité absolue du fait.
- On a cherché et l’on cherche encore à expliquer ce phénomène, en se plaçant surtout au point de vue des chaudières; mais les explications trouvées sont insuffisantes; et d’ailleurs la corrosion est peut-être moins intéressante que dans les constructions ordinaires, parce qu’on peut mieux la surveiller que sous la peinture qui recouvre par exemple les poutres d’un pont. Mais, puisque nous en sommes aux assemblages, mettons sous les yeux du lecteur une pièce des plus concluantes, la reproduction d’un boulon absolument rongé, coupé même par la rouille, et à côté un dessin qui le représente à l’échelle, tel qu’il était quand on l’avait mis en place(fig. 1 ). Empressons-nous de dire que ce boulon se trouvait dans le cylindre d’une machine à vapeur, et en une position où l’huile
- Fig. i, — Un boulon à l’état neuf et détérioré.
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- pouvait se rassembler autour de lui et le maintenir dans un bain dangereux pour lui, comme on le voit. Cette détérioration intense s’était produite en trois mois seulement.
- Nous avons parlé tout à l’heure des ponts de chemins de fer (ponts par - dessus les voies s’entend) qui sont exposés aux fumées sulfureuses des machines , surtout quand les locomotives viennent justement stationner sous ces ouvrages, comme cela se présente dans maintes gares *. Un exemple fort concluant en a pu être recueilli sur le pont qui assure la traversée de la rue
- Washington, à
- Boston, au-dessus des voies de la Compagnie « Boston and Albany railway ». Nous avons fait reproduire les plus caractéristiques des photographies prises par M. Jackson, l’ingénieur de la ville, pour montrer les dégâts qui mettaient le pont absolument hors de service, au bout seulement de 26 années écoulées depuis sa construction (fig. 2 et. 5 ). Comme de juste, ce sont les parties inférieures des poutres du pont qui étaient attaquées de façon alarmante, parce qu’elles étaient exposées directement aux gaz sortant des tuyaux des locomotives ; mais l’ensemble des poutres n’en devenait pas moins inserviablc.
- Le pont en question comportait des âmes de poutres en fer forgé, ayant une épaisseur de 6 millimètres : et pourtant les corrosions prirent si rapi-
- 1 C’est ce qui se rencontre précisément à la gare Saint-Lazare, à Paris, sous le pont de l’Europe, qui a été transformé en garage de machines.
- Fig. 2. — Exemple de corrosion.
- Fig. 3. — Autre exemple de corrosion
- dement un caractère inquiétant, que, voilà bien des années, on avait reporté la charge de la chaussée sur d’autres poutres que celles qui la portaient primitivement. On repeignait cependant l’ouvrage fort régulièrement, mais cela n’empêcha pas de se
- produire ces énormes trous que nous voyons dans les pièces de la construction.
- Ces photographies n’ont réellement pas besoin de commentaire, car on y suit nettement le travail de la corrosion on y voit les tôle; réduites à l’épais seur d’une feuille de papier, et se pliant ensuite sous le moindre effort.
- Ces exemples de destruction rapide des constructions métalliques pourraient être multipliés à loisir, et nous aurions à signaler notamment la découverte que l’on vient de laire à
- Londres, au point où le chemin de fer souterrain passe sous le marché appelé Smithfield Market. Celui-ci est supporté par des poutres métalliques qui étaient exposées directement à l’influence des gaz sortant des machines : il faut dire qu’il passe là quelque 60 trains par heure, aux moments de grand trafic. Or, ces poutres sont hors d’état de continuer leur service, et il est devenu nécessaire de construire en hâte des voûtes en maçonnerie qui supporteront la charge que l’on ne peut plus conlier au métal.
- Après tout cela, et quoique nous n’ayons fait en réalité qu’effleurer cet important sujet, il ne faut pas s’étonner si certains ingénieurs, même pour les ponts à très grande ouverture, préfèrent la pierre,
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- qui a fait ses preuves depuis des siècles, au nouveau venu qu’est le métal. Et l’on peut au contraire se préoccuper de l’usage que l’on fait des poutres métalliques nues pour recouvrir les souterrains des chemins de fer que l’on établit actuellement dans Paris. Daniel Bellet.
- CHRONIQUE
- La planète Mercure. — Les observateurs qui ont de bons yeux peuvent en ce moment voir à l’œil nu la planète Mercure; le fait pourra sembler singulier, car Mercure est la planète la plus rapprochée du soleil et elle se perd dans l’éclat de ses rayons. Mais il faut savoir que, quelquefois, elle devient visible à la vue simple à l’époque de ses digressions, le soir, à son lever, à l’occident, ou le matin, à l’orient, tout près de l’horizon. L’année de Mercure est de 88 jours. M. Denning observe Mercure depuis de longues années et il a conclu de ses études, en ce qui concerne la visibilité de l’astre, que la planète obtient sa plus grande intensité lumineuse dix ou douze jours avant son élongation maximum. En février, en mars, Mercure a pu être vu vingt minutes après le coucher du soleil; en avril, trente minutes, et, en mai, on la verra quarante minutes après le coucher. La durée de la visibilité à l’œil nu est d’environ une heure quarante en mars, une heure trente en avril, une heure vingt en mai. La planète apparaît plus brillante qu’une étoile de première grandeur. En novembre 1882, elle se montra plus brillante même que Sirius !
- Comment on calcule la puissance des locomotives. — Le Praticien industriel publie une Note intéressante sur le calcul de la puissance des machines locomotives. Il donne la formule :
- F = K v/GCF
- dans laquelle
- F = la puissance en chevaux-vapeur ;
- (i = la surface de grille en mètres carrés;
- C = la surface de chauffe réduite exprimée en mètres carrés. On obtient celte surface en ajoutant à la surface de chauffe directe du foyer le tiers de la surface de chauffe des tubes;
- p _ la pression de la vapeur en kilogrammes par centimètre carré ou le timbre de la chaudière ;
- h = un coefficient qui varie d’après le diamètre des roues et le genre du foyer.
- C’est ainsi que, pour les machines à roues motrices de lm,50 et au-dessus ayant un grand foyer et un timbre élevé, K = 20; si elles ont un petit foyer, K = 24; pour les machines ayant des roues motrices de moins de lm,50 de diamètre et un grand foyer, K = 18; si elles ont un petit foyer, K = 22.
- D’après ces formules, on trouve que les fortes machines de nos chemins de fer français ont une puissance de 800 à 1000 chevaux; les machines moyennes donnent 500 à 000 chevaux; enfin les petites machines, qui font le service des gares, ne descendent pas au-dessous de 300 chevaux.
- Un charbonnage monstre. — Parmi les grandes entreprises houillères allemandes, la première place appartient sans doute à la G1'' llarpen. Avec les nouvelles
- acquisitions de gisements qu’elle vient de faire, elle possédera vingt puits en exploitation, et son extraction pendant la dernière campagne a été de 5 387 000 tonnes.
- Le revolver de l’armée allemande. — Tout le monde connaît de nom le fusil Mauser, dont sont armées les troupes allemandes; mais on connaît généralement beaucoup moins le revolver du même système, qu'elles emploient également. Comme on se prépare sans doute à adopter dans la cavalerie américaine l’arme dont on parait se trouver fort bien dans la cavalerie allemande, le docteur J. D. Griffith a été chargé de poursuivre des essais sur ce revolver, et il est arrivé à des constatations qu’il est intéressant de reproduire. Les essais auxquels il s’est livré ont été poursuivis sur des cibles ordinaires et aussi sur des corps humains, seul moyen de se rendre compte avec un peu de vraisemblance des effets que produit la balle dans un engagement réel. D’après l’expérimentateur que nous venons de citer, le pistolet Mauser doit être considéré comme l’arme de ce genre la plus puissante et la plus mortelle qui ait jamais été inventée, et ce, pour des portées comprises entre 50 et 500 mètres ; à la portée maxima, s’il est mis dans les mains d’un tireur éprouvé, il donne des résultats aussi bons qu’un fusil Mauser ou Lee. Quand sa balle ne rencontre que des chairs, elle y fait une incision toute ronde à son orifice d’entrée, et une coupure comme au couteau là où elle sort; si un os se trouve sur son passage, elle le fait éclater souvent en fragments. Elle traverse du reste un corps humain à la distance de 500 mètres, distance à laquelle le pistolet permet de viser de la manière la plus effective et de tuer son homme. On peut estimer que quand le projectile lancé par cette arme traverse un organe vital, il doit causer la mort immédiate, et qu’en frappant un os il entraîne forcément la mise hors de combat. Ce revolver est susceptible de tirer dix coups sans se recharger, et cela en moins de trois minutes; pour les balles, elles pèsent environ 5 grammes et demi, et sont formées d’une partie centrale en plomb recouverte d’une chemise en cuivre nickelé.
- Klectro-cnlture. — Un ingénieur russe, M. Tyurin, a fait à la Société électro-technique de Saint-Pétersbourg une communication intéressante à propos de l’influence de l’électricité sur la végétation. Il a montré par de nouvelles expériences que des graines semées dans des sols électrisés germent plus vite et donnent des fruits et des légumes meilleurs (de deux à six fois plus hauts) que celles qui poussent dans des sols non électrisés. Répétant les expériences de Ross, c’est-à-dire mettant dans le sol une plaque de cuivre et une plaque de zinc, placées verticalement et reliées par un fil, il a trouvé que les pommes de terre et les racines qui poussaient là donnaient des produits trois fois plus lourds; les carottes atteignaient des dimensions tout à fait inusitées, de dix à douze pouces anglais de diamètre. La 3e série d’expériences de Spyeshneff est plus originale. Il cultive les plantes sous une sorte de réseau de fils reliant des poteaux de bois terminés par des aigrettes métalliques et enfoncés dans le champ. Il obtient des résultats extraordinaires. Tout récemment M. Kravkoff entreprit une série d’expériences de laboratoire avec des caisses remplies de terre et parcourues par des courants électriques. La température du sol s’éleva sous l’influence de ces courants : son humidité diminua d’abord pendant trois semaines, puis recommença à croître et, finalement, la quantité de substance végétale obtenue se trouva augmentée par l’action des
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- courants électriques. Etant donné ce que l’on sait aujourd’hui de l’influence des micro-organismes sur la végétation, de nouvelles recherches du même genre seraient très désirables et probablement très fécondes, d’après les détails fournis par le journal anglais Nature.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 mai 11)00. — Présidence de M. M, Lévy.
- Perfectionnement de la télégraphie sans fil. — La pratique de la télégraphie sans fil offre cet inconvénient qu’un appareil placé sur le trajet des ondes permet de recevoir la déjièche. Pour remédier à cet inconvénient, M. Donato Tommasi a imaginé un dispositif qui, quoique fort simple, donne évidemment des résultats absolument certains. 11 emploie simultanément deux transmetteurs distincts dont l’un transmet les signes conventionnels de la dépêche cl dont l’autre transmet des signes quelconques produits par un mécanisme. La portée des signaux du dernier transmetteur est légèrement inférieure à la portée des signaux du premier. Cette condition qui est faci ement réalisée par un réglage appiopné des deux appareils a la conséquence suivante. Tout appareil récepteur interposé dans le trajet des ondes émises par les deux transmetteurs, les enregistrera simultanément. Il arrivera donc que lesfignes conventionnels de la dépêche seront masqués ou dénaturés par la superposition des signaux mécaniques; par suite il n’y aura pas de déchiffrage possible.
- Mesure précise des distances zénithales. — M. Cornu présente un appareil qu’il a imaginé, grâce auquel la mesure des distances zénithales est susceptible d’atteindre un degré de précision auquel les astronomes ne peuvent parvenir, dans la plupart des cas au moins, à l’aide des méthodes d’observation actuellement en usage. Ils emploient habituellement un bain de mercure qui donne la position du nadir, c’est-à-dire la position du point de la sphère céleste diamétralement opposé au zénith. Pour cette opération, la lunette est placée verticalement et dirigée de haut en bas. Cette position étant lue sur un cercle gradué, on obtient la position du zénith, sur ce cercle, en ajoutant 180°. Mais dans cette manière de procéder, on fait entrer en jeu l’erreur de division du cercle et les flexions qui peuvent résulter d’un retournement de la lunette bout pour bout. Dans certains instruments on a recours au Niveau. Or, si le Niveau, observe M. Cornu, est un instrument excellent lorsque l’on recherche une précision ordinaire, il ne peut servir pour des observations qui requièrent une haute précision, telles que celles concernant la variation des latitudes, attendu que les quantités sur lesquelles on discute sont inférieures à 0",5. Cet état de choses n’a pas été sans tenter depuis longtemps les efforts des astronomes. M. Paye, puis M. Airy ont imaginé des dispositifs ingénieux <jui n’ont pu entrer dans la pratique, et qui d’ailleurs n’établissaient pas une liaison directe entre le zénith et le nadir. M. Cornu a résolu le problème au moyen d’un appareil fondé sur l’emploi de deux miroirs plans rigoureusement perpendiculaires. 11 ne donne pas le détail de la construction ni celui du fonctionnement de son appareil, qui figurent dans une note manuscrite, et se borne à faire remarquer que la condition de perpendicularité des deux miroirs peut être aisément vérifiée d’une façon rigoureuse et obtenue par un réglage con-
- venable. Il ajoute que l’appareil a été expérimenté à l’Observatoire par M. Bigourdan et que les résultats fournis ont été excellents.
- Télégraphie sans fil en aérostat. — M. de Lapparent présente une Note de MM. J. Yallot, J. et L. Lecarme relative à une expérience de télégraphie sans fil faite au cours d’une ascension. Le récepteur était fixé au ballon. Les signaux ont été reçus à une distance de 000 et 800 mètres malgré un vent très vif. On peut affirmer qu’ils auraient été reçus à G kilomèires dans un air calme. Ces expériences ont en outre permis de constater que la différence de potentiel des deux postes ne semble pas avoir d’influence sur la transmission.
- Le danger des plantes d'appartement. — M. Gaston Bonnier présente une Note de M. Griffon dans laquelle l’auteur recherche comment certaines plantes cultivées en appartements peuvent vivre dans une lumière très atténuée. Il montre que ces végétaux résistent à ces mauvaises conditions biologiques par une atténuation considérable de leur respiration. Celte constatation permet d’inférer que les plantes vertes ne sont pas dangereuses pendant la nuit, dans les appartements. Ce n’est pas la respiration des plantes qui vicie sérieusement l’air dans un espace confiné; ce qui est dangereux, ce sont les essences émises assez communément par les plantes.
- Clï. DE Yillkdeuil.
- TRANSMISSION DE FORCE MOTRICE
- ET TRACTION ÉLECTRIQUE
- Une intéressante transmission de force motrice vient d’être effectuée par la Cie Tomson-Houston pour alimenter les réseaux de traction électrique de Nice et du Littoral (Menton, Contes-les-Pins, Cagnes). L’usine génératrice hydraulique est installée à la Mescla, dans la vallée du Yar, à environ 30 kilomètres de Nice. Elle comprend trois turbines principales, pouvant débiter chacune 7500 litres par seconde, constituées par deux roues coniques jumelées ; elles reçoivent l’eau de deux distributeurs dont les aubes sont articulées et commandées par le mécanisme du réglage de la vitesse. Chaque turbine actionne directement un alternateur Thomson-Houston à courants triphasés à 20 pôles à induit fixe et à inducteurs mobiles, de 500 kilowatts, à la fréquence de 25 périodes par seconde et à la différence de potentiel de 10000 volts. L’excitation des alternateurs est fournie par deux dynamos à courants continus à 4 pôles actionnées par deux turbines de 60 chevaux.
- L’énergie électrique est transmise, de l’usine de la Mesca à la sous-station principale de Sainte-Agathe, à l’aide d’une ligne aérienne constituée par six fils de cuivre de 7mm,25 de diamètre formant deux lignes à courants triphasés distinctes. Les fils sont supportés au moyen d’isolateurs en porcelaine à triple cloche sur des poteaux en treillis de fer de 11 à 13 mètres de hauteur et fixés de distance en distance. Au départ de la ligne se trouve un interrupteur automatique qui coupe le courant dès que l’intensité atteint une valeur dangereuse. A chaque
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- extrémité des lignes se trouvent des parafoudres et sur les lignes sont des fils reliés à la terre pour les protéger contre les décharges atmosphériques.
- La sous-station de Sainte-Agathe est aménagée également comme usine de secours à vapeur. Elle renferme d’abord deux groupes formés chacun d’un moteur synchrone à courants triphasés à 10 pôles de 530 kilowatts à 9000 volts, à la fréquence de 25 périodes par seconde, tournant à la vitesse angulaire de 300 tours par minute et actionnant directement un arbre sur lequel est montée une dynamo génératrice à courants continus de 500 kilowatts à 550 volts. L’excitation de chaque groupe est assurée par une dynamo de 25 kilowatts, à 4 pôles, donnant 60 volts à la vitesse angulaire de 1100 tours par minute. La sous-station de Sainte-Agathe comprend en plus une usine à vapeur lormée de deux batteries de 4 chaudières semi-tubulaires, chacune pouvant donner 5000 kg de vapeur par heure à 10 kg par centimètre carré, et de 2 machines à vapeur horizontales de 700 chevaux chacune, genre Corliss, pouvant commander par courroies les groupes électriques dont il a été question.
- Cette première partie de la sous-station de Sainte-Agathe assure l’alimentation des tramways électriques de Nice.
- Une partie du courant triphasé à 9000 volts est encore, dans le même but, abaissée à 540 volts à l’aide de transformateurs statiques et convertie en courants continus à 550 volts à l’aide de transformateurs rotatifs.
- Dans cette même sous-station se trouvent également des transformateurs statiques qui abaissent la tension de 9000 à 5000 volts pour alimenter la sous-station de Californie, à 8 kilomètres, d’une part, et la sous-station de Beaulieu, à 10 kilomètres, d’autre part. Dans chacune de ces sous-stations, la tension est d’abord abaissée à 540 volts et le courant triphasé, transformé en courant continu, à 550 volts. Un feedcr spécial d’alimentation pour la ligne de Contes emploie aussi un survolteur. Cette installation, qui vient d’être effectuée et dont nous avons trouvé tous les détails dans le Bulletin de la Compagnie Thomson-Houston, est très intéressante et méritait d’être.mentionnée. J. L.
- NOUVEAU CÀLC0GRÀPHE
- Lorsque l’on veut reproduire facilement un dessin, le moyen est déjà bien connu. 11 suffit de placer le dessin sur une table, de poser à côté une feuille de papier blanc et de fixer au milieu une glace transparente verticale.
- En se penchant du côté du dessin à reproduire et en regardant obliquement à travers la glace, on aperçoit sur le papier les contours du dessin que l’on peut aisément suivre avec le crayon.
- Cette disposition est certainement utile en de nombreuses circonstances. Mais elle présente l’inconvénient de donner des reproductions symétriques
- et qui par suite ne sont pas conformes au modèle, mais se trouvent en sens inverse.
- Un de nos abonnés, M. Prud’homme, à Paris, a adopté un nouveau dispositif très simple qui permet d’éviter l'inconvénient signalé. La figure ci-jointe nous donne une vue d’ensemble de l’appareil prêt pour l’emploi.
- Devant notre jeune dessinateur est placée verticalement une feuille de carton sur laquelle est fixé le dessin à reproduire, une église dont le clocher se trouve justement à gauche de la feuille de papier.
- En avant se trouve une glace étamée qui est maintenue par un petit chevalet, et qui est inclinée de façon à former un angle de 45° avec la feuille de carton dont il vient d’être question. Sur le côté est fixée une glace transparente verticale.
- Le dessinateur n’a qu’à se mettre dans la position où le montre le dessin, le regard incliné à travers la glace sur le papier, et il aperçoit le clocher de l’église sur le bord gauche de la feuille, exactement comme sur le modèle.
- Il est facile de voir que la glace étamée donne une première image inversée du modèle, et que cette première image s’inverse ensuite à son tour à travers la glace transparente pour reproduire fidèlement le paysage. 1). Lebois.
- Le Gérant : P. Masson.
- Nouveau calcograplie
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus. 9.
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- N° 1409. — 26 MAI 1900.
- LA NATURE.
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- LA GORGE DU RËGALON
- A 5 kilomètres à peine de la rive droite de la Durance et à même distance au N.-O. de la station de Mérindol (ligne d’Avignon à Siste-ron), l’ineffable Provence, dont Mistral et ses disciples ne louangeront jamais assez toutes les poétiques splendeurs, en recèle une où les touristes se gardent encore d’affluer. En Avignon, comme il se dit au pays de Mireille, elle est pourtant fort réputée, et les savants recueils de Joanne (guide de Provence, et dictionnaire de la France, au mot Lubéron) ont eu soin de ne pas la passer sous silence ; il s’en faut toutefois que les lignes qui lui sont consacrées là soient suffisamment développées et précises pour faire comprendre que la « gorge du Régalon », ainsi se nomme la chose, doit être considérée comme une des plus singulières curiosités naturelles du midi de la France, méritant au premier chef la publicité bienfaisante de La Nature.
- C’est dans un contrefort sud-est de la longue chaîne du Lubéron (Léberon ou Libéron),
- Fig. 1. — La gorge du Iiégalou (Vaucluse],
- qu’une crevasse du calcaire crétacé urgonien a permis à l’érosive action du ruisseau de Régalon d’approfondir l’un des plus curieux « étroits » de rochers que puissent citer les géologues.
- Il faut que les pluies aient fait trêve depuis un certain temps pour que l’étrange corridor soit accessible ; si ce n’est en été, ou après les sécheresses, le tor-renticule seul est capable de circuler dans le défilé, où ses capricieuses rémittences ont empêché de tracer un sentier stable; et, durant la belle saison , c’est dans le lit même des^.gjp» eaux, sur les sables fins de ses parties planes, ou sur les blocs chaotiques de ses gradins que le visiteur s’insinue, sur près de 2 kilomètres de longueur, d’aval en amont du Régalon.
- Les descriptions qu’on en a jusqu’ici données parlent toutes de grottes profondes excavées aux flancs de la gorge, et remarquent avant tout, à leur propos, qu’elles sont particulièrement bien dispo-
- sées, à l’ombre fraîche, pour les gais pique-niques
- Fig. 2. — Coupes en travers de la gorge du Iiégalou (Vaucluse).
- du dimanche. A raison des fréquentes récurrences de l’eau, il faut douter qu’on y recueille jamais des 28e année. — 1er semestre.
- reliques humaines plus scientifiques ; mais on doit noter que « grottes » est ici terme un peu excessif,
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- U NATURE.
- et que les flux du Régalon ont plutôt érodé des abris sous roches de quelques mètres de profondeur seulement, aux dépens des portions plus friables des deux falaises qu’il a si patiemment sciées de haut en bas. Dans l’une des plus grandes toutefois M. David Martin (conservateur du musée de Gap) qui a bien voulu, l'été dernier, me guider à Régalon, a constaté, ainsi que sur plusieurs autres points de la gorge, la présence inattendue de blocs ou lambeaux de molasse helvétienne, incontestablement miocène : si ces blocs sont in siln, à la place même où ils se sont déposés et agglomérés, il faut en conclure, fait très important pour la question de l’àge du creusement des vallées et des cavernes, que la gorge du Régalon était déjà approfondie, telle que nous la voyons aujourd’hui, dès le milieu des âges tertiaires. Mais avant de prendre cette capitale conclusion, il importerait sérieusement d’examiner si les blocs en question n’auraient point été, hypothèse des plus plausibles, transportés ici et encastrés dans les angles des cavités, après avoir été arrachés par les eaux à une formation de molasse jadis située en amont et aujourd’hui complètement balayée par les grands phénomènes de dénudation de cette région. Quelle que soit la solution de ce doute, l’observation de M. DaAid Martin n’en est pas moins des plus intéressantes.
- Et il faut dire qu’en plusieurs points de la crevasse, des rochers, certains énormes, de 100 mètres cubes et plus, se trouvent encastrés, à diverses hauteurs, entre les deux parois : éboulés de la hauteur ou roulés par les eaux anciennes, ils sont maintenant coincés (depuis combien de siècles?) d’indélogeable manière : et dans la partie la plus étroite de la gorge, trois , rocs de ce genre ont été superposés presque exactement l’un au-dessus de l’autre.
- C’est ce passage que représente notre gravure : il est plus étroit encore (0m,30 à 0m,50 seulement) que les corridors les moins larges de Weckelsdorf et d’Àdersbach que j’ai récemment décrits ici même (nos 1373 et 1375); sur plusieurs décamètres de longueur on ne peut y marcher que de flanc, le dos et l’estomac touchant presque l’un et l’autre mur.
- Gomme à Mammoth-Cave, les Américains n’auraient point manqué de baptiser cette entaille « Fat mau’s Misery », torture de l’homme gras.
- Un peu avant ce rétrécissement extrême, le ruisseau actuel coule maintenant (et les visiteurs doivent donc passer) par un vrai tunnel, au-dessus duquel une résistante portion de roche n’a pas pu être emportée par les eaux : celles-ci n’ônt fourni nulle part un plus topique exemple de leur colossale et patiente œuvre d’approfondissement des ravins.
- D’ailleurs, pour ne pas allonger une description, impossible à faire, de scènes aussi étranges, j’ai relevé les coupes transversales ci-contre de quelques points du Régalon; elles sont plus probantes qu’une énumération détaillée. •
- On voudra savoir en outre, je pense, que la moyenne profondeur de la coupure est de 40 à 50 mètres environ, et que cette profondeur diminue progressivement d’aval en amont, à cause de la pente, assez accentuée du thalweg, jusqu’à ce que, de crevasse, la ravine se transforme en vallon.
- Sur ces falaises, aux deux lèvres à peine entrouvertes, plaquez la plus luxuriante parure de lierres et de plantes grimpantes, — à leurs sommets si peu disjoints, apercevez une lumineuse bande d’intense ciel bleu provençal, -— et dans le fond où vous marchez, goûtez le charme de l’ombre fraîche, presque obscure jusqu’au mystère, — vous comprendrez que les gens d’alentour n’aient point trop vanté leur merveille, de crainte qu’une foule ne l’envahisse.
- Quant à l’étymologie, serait-il vrai qu’elle proviendrait des danses et régalades estivales que le joyeux et pimpant Midi a coutume de s’y offrir aux jours des dimanches et de fêtes? E.-A. Martel.
- LES MIGRATIONS POLYNÉSIENNES
- On a généralement laissé passer sans la relever la communication, fort intéressante, qu’avait faite à la Société de Géographie de Paris notre consul aux Hawaï, M. Louis Vossion, et qui peut contribuer à éclaircir la façon dont les Polynésiens ont pu jadis se répandre et émigrer d’ile en île, en franchissant avec sécurité et sans boussole les énormes distances qui séparent les Hawaï, les Samoa, de Tahiti et des Marquises par exemple.
- Un beau jour M. Vossion était prévenu qu’il venait d’arriver en détresse à llookena, dans Pile d’Hawaï, une barque tahitienne, simple schooner à deux mâts de 32 tonneaux, nommé Tetautua. Parti de Tahiti avec l’intention de gagner d’abord les Scillv, puis de repartir de là pour les îles Peurhyn, où il transportait des marchandises, le schooner avait accompli une traversée bien involontaire. Le capitaine avait à bord une boussole et un chronomètre en mauvais état, sans la moindre carte.
- Au bout de quatre jours on atteignait effectivement les Scilly, mais le lendemain, du jour où le petit bâtiment reprenait la mer, il était assailli par une effroyable tempête nui brisait et la boussole et le compas, et faisait d’autres avaries assez graves; si bien que, après plusieurs tentatives infructueuses pour se diriger sur les Peurhyn, le bateau se trouvait à la merci des flots. Durant 81 jours il fut emporté au hasard, les naufragés — car on peut les appeler ainsi — se voyant obligés de recueillir l’eau de pluie pour apaiser leur soif. C’est naturellement tout à fait épuisés qu’ils atteignirent les Hawaï, mais sans qu’ils fussent pour rien dans la direction suivie par le bateau.
- On se trouve donc en présence du renouvellement d’une de ces traversées, de Tahiti aux Sandwich, dont les légendes locales ont conservé le souvenir indiscutable.
- Ces voyages constituent la période héroïque pour les Hawaïens : les hardis marins qui les effectuaient se fiaient, et avec raison, aux courants marins, qui sont pourtant, du moins dans cette partie du Pacifique, encore
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- LA NATURE.
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- si peu connus des navigateurs, et qui expliqueront bien des problèmes ethnographiques. L. F.
- L’ÉCLIPSE DE SOLEIL DU 28 MAI 1900
- L’éclipse totale du disque solaire, qui aura lieu le 28 mai prochain, s’annonce comme un succès. Tout semble concourir pour amener un pareil résultat : l’époque de l’année à laquelle le phénomène doit se produire et qui est celle du printemps, la contrée où il sera le plus favorablement observable et qui est celle de l’Espagne, ou celle du Portugal, deux jolis pays à visiter. Pourvu que l’atmc-sphère veuille s’y prêter, car c’est d’elle que tout dépend! S’il lui prenait la fantaisie, le 28 mai, de se couvrir de gros nuages, d'éclipser l'éclipse, alors plus d’observation, plus rien.
- Les spectacles de la nature, tout comme ceux de nos théâtres, ne sont donc jamais sûrs du succès; il faut pour leur réussite, que le ciel ou le public veuille bien y mettre du leur. Mais pas de mauvais présage; espérons que le radieux ciel des Espagnes justitiera sa réputation légendaire.
- Du reste, il serait bien malheureux qu’il en fut autrement. Le nombre des touristes, qui se proposent d’assister à l’éclipse, est considérable. C’est par centaines qu’ils seront venus d’Angleterre sous la conduite de la British astronomie al Association. La Société astronomique de France ne sera pas non plus en retard ; mais les Français, à l’encontre des Anglais, n’aiment pas trop les voyages organisés par groupes; ils se déplacent avec moins de facilité; mais, du moment qu’ils se sont ébranlés, ils tiennent à ne pas être bousculés et à avoir toutes leurs aises. Les uns se rendront en Espagne par chemin de fer, passant les Pyrénées par un bout et revenant par l’autre et n’oublieront pas de visiter Madrid ; peut-être pousseront-ils jusqu’en Andalousie et Gibraltar. Les autres entreprendront le voyage par la voie de mer, pourront faire escale à Barcelone et, après avoir assisté à l’éclipse à Alicante, reviendront en faisant peut-être une station aux Baléares.
- 11 est bien entendu que les divers observatoires d’Europe seront représentés par de nombreux délégués et que l’empressement des savants ne sera pas moindre que celui des touristes. Pour la France, MM. Bigourdan et Sallet observeront à Tobarra (province d’Albacete) pour le compte de l’Observatoire de Paris, tandis que la mission madrilène fonctionnera à Plasencia sous la direction de M. Ini-quez ; quant aux astronomes dés divers observatoires d’Irlande et d’Angleterre, ils ont également fait choix de cette dernière localité. En dehors des savants officiels, il ne faut pas oublier les indépendants, ceux qui opéreront pour leur propre compte et dont les opérations ne seront pas moins fructueuses.
- Le cône d’ombre de l’éclipse aura, d’après les calculs, la marche suivante : prenant naissance en
- Californie, il parcourra l’Amérique, puis tout l’Océan Atlantique et viendra rencontrer l’Europe à Oporto, en Portugal. Traversant la péninsule Ibérique, il en sortira par Alicante. 11 se dirigera ensuite, à travers la Méditerranée, vers Alger, rencontrera Sétif, Tébessa, Gabès et Tripoli et s’évanouira dans la mer Bouge.
- Le meilleur poste pour l’observation de l’éclipse serait évidemment au point situé à égale distance de la Californie et de la mer Bouge ; c'est là que la durée du phénomène serait la plus grande ; malheureusement ce point favorable tombe jusle au milieu de l’Atlantique; on en sera quitte pour faire des observations de moindre durée. A Ovar, près de Porto, l'éclipse totale ne durera que I minute 55 secondes et à Alger seulement 1 minute l) secondes ; mais pour ceux qui sauront bien s’employer, il sera néanmoins loisible de noter bien des choses dans ce rapide intervalle de temps.
- Quelles seront les observations les plus utiles auxquelles il y aura lieu de procéder? M. de la Baume Pluvinel, le dévoué membre de la Société astronomique de France, a traité cette question pour ses collègues avec la plus grande compétence et nous ne saurions mieux faire que de donner un court résumé de ses recommandations.
- On peut noter les instants précis des contacts intérieurs de la Lune et du Soleil, ce qui permet de déduire la durée de la totalité du phénomène; cette observation ne nécessite que l’emploi d’un compteur à secondes et n’exige qu’un peu d’attention. Pour observer les contacts, on peut se servir de la vue directe ou employer une lunette, ou bien encore projeter l’image du soleil sur un écran blanc.
- Plusieurs observateurs, en se répartissant de distance en distance, peuvent déterminer sur le terrain la limite du cône d’ombre; on obtient un résultat plus exact par la photographie du sol exécutée au moment voulu d’un point élevé.
- Dans l’observation de l’éclipse, il ne faut pas oublier de noter le phénomène signalé par Bailev en 1856 et qu’on désigne sous le nom de grains de chapelet. 11 consiste en ce que, lors des contacts intérieurs, la surface découpée de la Lune laisse passer des rayons solaires séparés les uns des autres ; le croissant du Soleil se réduit alors à une dizaine de points lumineux. La durée exacte des grains de chapelet permet de déterminer la hauteur des montagnes lunaires qui les ont produits.
- 11 est intéressant d’observer l'effet produit sur les animaux et sur les végétaux par l’obscurité subite résultant de la disparition du Soleil; on pourra également noter l’abaissement de la température.
- Mais les phénomènes les plus dignes d’attention sont ceux qu’offrent les parties avoisinantes de la surface solaire, les protubérances ou flammes roses et surtout la couronne ou gloire lumineuse qui s’étend quelquefois à une si grande distance de
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- l’astre et dont les contours variables sont si dignes d’attention. La photographie ne reproduit pas toujours avec exactitude cette couronne et il est plus sûr, pour l’obtenir, d’en faire directement le croquis au crayon. Le dessin peut, du reste, être fait par parties par plusieurs observateurs, qui se seraient à l’avance partagé la besogne.
- On observera aussi le spectre de la couronne à l’aide d’un prisme-objectif.
- La photographie est appelée à jouer le rôle le plus important entre les mains des observateurs, soit qu’il s'agisse de saisir l’éclipse dans ses divers aspects, soit qu’on se propose de prendre les spectres des protubérances ou de la couronne, soit surtout, comme les Américains le demandent, qu’on saisisse les astres minuscules qui peuvent se trouver dans le voisinage immédiat du Soleil. Quel résultat inespéré, si l’on pouvait de la sorte mettre en évidence l’existence deYulcain, la planète intra-mercurielle an -noncée autrefois par Le Verrier à la suite des calculs entrepris sur l’accélération du mouvement de Mercure et si inu-tilement cherchée ! 11 n’y a pas lieu de se bercer de cette illusion ;
- Vulcain n’existe probablemen t pas; mais il est possible qu’il soit remplacé par une série d’astéroïdes et il n’y aurait rien d’impossible à ce que la photographie les mît en évidence, car elle accuse souvent des choses que nos yeux auraient été dans l’impuissance d’apercevoir.
- __o * Delauxey.
- OUTILS POUR L’ENTRETIEN DES CHAUDIÈRES
- Si la conduite d’une chaudière exige des soins continus, son maintien en bon état de fonctionnement ne nécessite pas moins une attention soutenue et des visites fréquentes : aussi tous les appareils qui facilitent cet entretien sont-ils les bienvenus parmi les mécaniciens, les chauffeurs et aussi les patrons, intéressés à ce que leur personnel ait plus de commodités pour faire son service.
- Une maison de construction anglaise, MM. Walker brothers and Co, vient de créer précisément dans ce but deux petits outils aussi originaux qu’utiles : l’un est un marteau spécial pour enlever, par percussion, les dépôts dans les chaudières; l’autre est
- une sorte de pince qui permet de mettre en place très aisément les barreaux de grille. Le marteau à repiquer les chaudières est, comme l’indique une des figures ci-jointes, porté au bout d’un long bras, courbe à son extrémité, sur lequel il s’articule; ajoutons que ce bras est une tige creuse où peut glisser une autre tige qui se relie au marteau par une espèce de mouvement de sonnette.
- Dans ces conditions, on comprend que, en tirant et en poussant alternativement la tige pleine, on donne au marteau des mouvements de percussion qui le font frapper des coups secs sur les parois intérieures de la chaudière et en détacher par suite les dépôts. La tige creuse, qui forme comme la charpente principale de l’appareil, est munie de deux tiges qui se déplacent dans les positions les plus diverses et s’y fixent ensuite par des vis de pression, en donnant un point d'appui solide à tout le système. Enfin
- l’outil peut être armé de tètes de marteau de formes multiples pour répondre aux différents besoins.
- La pince à mettre en place les barreaux de grille est peut-être encore plus ingénieuse. Elle comporte d’abord une tige fixe munie d’une poignée et se terminant par une fourche qui vient embrasser l’extrémité la plus éloignée du barreau; mais, sur cette tige principale, est monté, par articulation, un levier qui, au moyen d’une autre tige de renvoi arti-culéeetd’un mouvement de sonnette, peut commander le resserrement des deux parties d’une mâchoire métallique; celle-ci vient saisir la portion antérieure du barreau, et l’on s’explique dès lors le fonctionnement de l’appareil : quand on a mis la pince double en place, qu’on a abaissé le levier et, de plus, fixé ce levier ainsi abaissé avec le crochet que montre notre gravure, le barreau est maintenu de manière absolument solide, et on peut l’entrer dans le foyer sans crainte qu’il échappe et qu’on ait ensuite peine à le ressaisir. Une fois le barreau placé, rien n’est plus simple que de laisser relever le levier et de retirer la pince. Nous n’avons pas besoin de dire que l’appareil donne toute facilité d’enlever le barreau qu’on désire remplacer par un nouveau, et cela très aisément, même quand les leux sont allumés : il est bien évident que c’est un avantage précieux. P. de M.
- Outils pour le repiquage des chaudières et la pose des barreaux de grilles.
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- LA NATURE.
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- LE PONT ROULANT ÉLECTRIQUE
- a i/exposition
- Un pont roulant électrique très remarquable a été installé pour les opérations du montage des machines dans le hall spécialement affecté à l’étranger, à l’Allemagne, à l’Angleterre et à la Belgique. Ce pont roulant construit par les ateliers de la maison Cari Flohr de Berlin a rendu de grands services et nous croyons utile d’en donner une description.
- Comme le montre la figure ci-jointe, le pont roulant consiste esssentiellement en deux poutres droites jumelles à treillis horizontales, d'une largeur de
- 27 mètres, reposant à leurs deux extrémités sur deux pylônes verticaux. A la partie supérieure est placé un arc formé aussi d’une poutre en treillis de forme parabolique et dont les contours épousent ceux de la galerie. Le sommet de l’arc est à 22,n,12 du sol; le deux poutres horizontales se trouvent à la hauteur de 12IU,50. Des montants verticaux placés sur les poutres maintiennent le sommet de l’arc. C’est sur ces deux poutres que se déplace le chariot mobile dont nous allons parler plus loin.
- Les deux pylônes verticaux placés de chaque côté et qui supportent le pont sont formés de deux poutres à treillis qui reposent sur une poutre à caisson à treillis. Cette dernière à son tour est portée par deux
- Pont roulant électrique à l'Exposition.
- caissons à parois pleines et ceux-ci sont placés sur deux trucks mobiles sur une voie ferrée. Chaque truck est pourvu de deux roues disposées l’une derrière l’aulre. Ces dispositions assurent l’équilibre et la stabilité du pont roulant.
- Des plates-formes de service existent de part et d’autre de la voie du chariot mobile; au-dessous, à droite, se trouve aussi une deuxième plate-forme où se tient l’électricien chargé de la manœuvre des rhéostats. Des échelles fixées sur les pylônes permettent d’y accéder facilement.
- Le pont roulant peut se déplacer dans le sens de la longueur du hall, sur une longueur de l07 mètres, à la vitesse de 30 mètres par minute. Ce mouvement est obtenu par un moteur électrique de 26 kilowatts, tournant à la vitesse angulaire de 115 tours par
- minute. Ce moteur est placé au milieu de l’une des poutres horizontales et commande un arbre de transmission horizontal qui transmet lui-mème le mouvement, à l’aide de roues d’angles, à deux arbres verticaux fixés dans les pylônes. La transmission aux roues des trucks est assurée par un arbre horizontal, au moyen de vis sans fin à double filet.
- Sur une voie établie sur les deux poutres horizontales du pont se déplace un chariot, dont l’écartement des essieux est de 1“‘,60. Le mouvement est déterminé par un moteur électrique de 8 kilowatts commandant un des essieux et tournant à la vitesse angulaire de 500 tours par minute. La vitesse de déplacement est de 18 mètres par minute. Le chariot porte encore deux moteurs de 18 kilowatts, tournant à 450 tours" par minute. Ils sont excités en
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- LA NAÎT H K.
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- série et commandent , à l’aide de vis sans fin à double lilet, des roues à denture hélicoïdale et d’engrenages droits,le treuil de la chaîne Galle pour l’élévation de la charge.
- Le treuil peut soulever une charge de 25 tonnes et même 50 tonnes à l’essai, à une vitesse de 2,4 mètres par minute. Le mécanisme d’élévation de la charge est pourvu d'un frein magnétique à action rapide.
- Ge pont roulant électrique, qui n’a cessé de fonctionner en donnant toute satisfaction, pour le montage des machines, a été alimenté par le courant électrique fourni par la station centrale Charon du hall La Bourdonnais, dette station comprenait deux moteurs à gaz Charon à deux cylindres deOOchevaux chacun, actionnant par courroie deux dynamos de la Compagnie générale électrique de Nancy, de 180 ampères à 250 volts, soit 45 kilowatts. N’oublions pas non plus de mentionner l’emploi des rhéostats à graphite pulvérulent qui a permis un réglage facile. J. Laffargue.
- LE BLÉ ET LES CORBEAUX
- Les corbeaux font dans les ensemencements de céréales, de froment en particulier, des ravages considérables.
- « L’année dernière, dit à cet égard M. Schribaux, en parcourant les 50 hectares de blé, semés du 25 octobre au 25 novembre, dans une importante exploitation de l’Oise, grande fut ma surprise en constatant que, dans ces blés qui n’avaient pas été gardés, on ne trouvait nulle part trace du passage des corbeaux, alors que ceux-ci avaient au contraire causé de graves dommages dans les champs contigus, soumis cependant à une surveillance ininterrompue. En me renseignant, j’appris que les semences des surfaces respectées avaient été traitées en totalité par la méthode préconisée, il y a déjà quelques années, par un agriculteur bien connu, M. Stanislas Têtard ». Appliquée depuis quatre ans dans l’exploitation dont nous parlons, elle a donné les meilleurs résultats : les champs ont toujours été épargnés sans que l’on ait eu besoin de payer un nombreux personnel pour la garde des jeunes femis.
- La méthode Têtard consiste à enduire le grain de goudron additionné de pétrole et d’acide phénique.
- M. Têtard recommande l’emploi de 0 litres de goudron de gaz, auxquels on ajoute 5 litres de pétrole et 1 litre d’acide phénique pour 10 quintaux de semence, soit 12 à 15 hectolitres.
- 11 importe de bien choisir les matières qui composent le préservatif contre les corbeaux. Par exemple, le goudron de gaz doit avoir une odeur aussi pénétrante que possible, et l’acide phénique, employé en solution concentrée, doit avoir une composition normale, et ne pas être par conséquent fortement mélangé d’eau, comme cela arrive trop souvent. On peut employer tout aussi bien l’acide phénique liquide paille, que les droguistes vendent à très bon marché. L’acide impur a, paraît-il, une aussi grande efficacité que l’acide pur.
- Une autre obligation à s’imposer est celle de la bonne préparation du mélange :
- Mettre sur un feu doux la marmite contenant le goudron; au moment où les premiers signes d’ébullition
- indiquent qu’il est bien chaud, retirer du feu par crainte d’incendie, puis ajouter le pétrole en agitant et enfin verser l’acide phénique; en remuant vivement la masse pendant quelques minutes, à l’aide d’un bâton, on obtient un bon mélange qui, même après être refroidi, reste complètement liquide.
- Pour pralinerle mélange préparé ainsi, on opère de la façon suivante, d’après M. Schribaux :
- Sur une aire étanche, détacher à la pelle, du tas de blé à traiter, un quintal environ sur lequel on verse un litre du mélange à remuer aussitôt, très vivement, à l’aide de la pelle jusqu’à ce que chaque grain soit bien noirci, et que la masse présente la nuance d’un tas de café grillé ; continuer ainsi en traitant chaque fois un quintal de semence.
- Quand le liquide est épuisé, et que les 10 quintaux sont bien pralinés, il reste à procéder à une dernière opération indispensable.
- La semence goudronnée ne peut être semée telle quelle ; elle adhérerait aux cuillers du semoir et en rendrait le fonctionnement impossible.
- On remédie à cet inconvénient en versant sur le tas de blé environ 10 litres de phosphate naturel pulvérisé, de préférence à de la chaux, soit environ 1 litre par quintal de semence; on le mélange ensuite par un brassage sommaire ; le grain, complètement séché, se sème alors aussi facilement que du blé naturel.
- Quand la semence a été traitée comme nous venons de l’indiquer, on peut être assuré que les corbeaux n’y toucheront pas.
- Les corbeaux essayent d’attaquer le blé quand il commence à sortir de terre; mais aussitôt qu’ils sentent le goût du goudron, ils n’v reviennent plus. Le traitement retarde la levée de deux ou trois jours; c’est un petit inconvénient que compensent largement les avantages qu’il procure.
- M. Schribaux établit ainsi le prix du traitement pour 10 quintaux de blé de semence :
- Matières premières
- Goudron de gaz, 6 litres à 0rr,l5. 0.90
- Pétrole, 5 litres à 0tr,55 .... 1.05 Acide phénique, 1 litre. .... 2.55
- 4.50
- Main-d'œuvre
- Préparation du mélange, 1 heure. 0.50
- Pralinage, 3 heures 1.50
- Phosphate de* chaux 0.50
- 2.50
- Soit un total de 7 francs.
- Ce n’est pas excessif, lfr,50 par hectare, pour s’éviter peut-être des pertes considérables. A. Mfxi.f..
- LES HERBES FLOTTANTES
- ET LES VOIES NAVIGABLES DU SOUDAN
- Aujourd’hui que l’Afrique se trouve être presque complètement partagée entre les nations européennes, il est intéressant de se demander quelles seront les voies naturelles que prendront les productions des différentes régions, pour gagner la mer et ensuite les pays de destination. La question se pose tout particulièrement pour
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- LA NATURE.
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- ]e Soudan, brusquement rouvert à l’influence européenne ; or, deux voies opposées pourraient être suivies par le commerce de cette région, soit celle du Congo, soit celle du Nil. Pour le professeur Schweinfurth, qui est une autorité en la matière, et pour le docteur Abbate Pacha, de même que pour une grande partie de ceux qui, avant le mahdisme, faisaient le commerce avec le Soudan, les produits du Soudan méridional seront drainés par le Congo. Au contraire, pour le commandant Marchand, qui a parcouru tout dernièrement la contrée, même les productions de la vallée septentrionale du Congo ne pourront que suivre un jour ou l’autre la voie du Nil : à plus forte raison en sera-t-il ainsi de celles du Bahr-el-Ghazal et du Soudan méridional.
- Il y a bien, entre Bangasso, sur le Bomou, et un point sur le Boko, un bief navigable de 950 kilomètres de long ; mais, d’après l’avis universel, aussi bien de Schweinfurth que de Marchand et des officiers anglais qui connaissent le pays, la navigation sur le Bahr-el-Ghazal, au nord de Mechra-el-Rek, et sur les deux bras du Nil, le Bahr-el-Djebel et le Bahr-el-Zeraf, sera toujours difficile et irrégulière, tant que l’on n’aura pas débarrassé ces cours d’eau des herbes flottantes qui empêchant souvent le passage des moindres bateaux en s’amoncelant sur l’une et l’autre rive. Nous rappellerons à ce propos ce que nous avons dit jadis de certains cours d’eau de l’Amérique centrale, où des jacinthes d’eau bloquent complètement la navigation. Ici, d’après les explications qui ont été données par M. Schweinfurth, cette végétation est composée surtout de papyrus (c’est ce qu’on nomme le sad) ; et cet immense tapis, ce sad, de 2 à 5 pieds d’épaisseur, est formé de plantes qui ont leurs racines dans le sad même, sans aucun contact avec le lit de la rivière, si bien que l’eau s’écoule parfaitement par en dessous.
- Il paraît qu’à l'heure actuelle le Bahr-el-Ghazal, tout comme le Bahr-el-Djebel, est totalement obstrué par le sad; par contre, les bateaux peuvent remonter le Bahr-el-Zeraf jusqu’à une douzaine de kilomètres de l’endroit où les deux bras du Nil se séparent. Heureusement les crues, quand elles sont suffisamment violentes, emportent la plus grande partie de ces herbes et rendent la navigation possible pour un certain temps ; mais ce n’est là qu’une solution toute précaire, et sur ces fleuves africains comme sur les rivières que nous avions citées antérieurement, il y aurait grand avantage à inventer une méthode pour détruire ces végétations exubérantes.
- D. L.
- MAMELLES SUPPLÉMENTAIRES
- CHEZ LES BREBIS
- Le développement artificiel, par sélection, d’un organe supplémentaire chez une race d’animaux, est toujours une question des plus intéressantes, car cela vient apporter de nouveaux arguments en faveur des fameuses théories darwiniennes.
- Mais l’intérêt devient encore plus grand, en prenant un caractère pratique, quand il s’agit de développer un organe qui a un rôle important à jouer dans l’élevage d’animaux essentiellement utiles à l’homme. C’est ce (pie s’est dit M. Alexander Graham Bell, qui a poursuivi le développement par sélection des mamelles supplémentaires chez la brebis. Il a fait à ce sujet une-communication devant l’Académie des sciences de
- Washington, communication que nous allons résumer brièvement.
- En 1870, il avait remarqué que 50 pour 100 des agneaux nés sur sa propriété, en Nouvelle-Écosse, étaient jumeaux, et il avait voulu rechercher si les brebis donnant deux petits différaient notablement de celles qui n’en avaient qu’un. Il n’avait pas eu de peine à constater que 53 pour 100 d’entre les premières possédaient des mamelles supplémentaires plus ou moins rudimentaires, tandis que la proportion analogue n’était que de 22 pour 100 chez les autres ; de plus, 45 pour 100 des brebis à mamelles supplémentaires avaient une portée double, tandis que, parmi celles qui étaient normales à ce point de vue, 50 pour 100 seulement avaient deux agneaux.
- Bien que les chiffres ne fussent pas absolument probants, le Dr Bell estima que cela suffisait pour faire présager d’une fécondité plus marquée chez les brebis ayant des organes de lactation supplémentaires, et il voulut vérifier si, au moyen d’une sélection appropriée, il n’v aurait pas moyen de transformer ces organes rudimentaires en organes fournissant bien effectivement du lait; et si, en ce cas, la fécondité des animaux en serait accrue.
- Il résolut de créer d’abord un troupeau d’études par une première sélection, et il fit pour cela un choix parmi 890 bêtes appartenant à des fermiers de Cap-Breton : 79 seulement étaient dotées de mamelles surnuméraires, au nombre d’une, de deux, de trois, parfois même de six; mais les organes supplémentaires étaient le plus souvent rudimentaires, et l’on ne put prendre qu’environ 25 biehis où ces mamelles semblaient aptes à remplir leurs fonctions.
- Pendant dix ans, M. Bell a poursuivi sa sélection, et il est arrivé ainsi aux résultats qui se trouvent relevés dans le curieux tableau suivant, où l’on a indiqué le nombre de naissances d’agneaux, ceux-ci étant répartis suivant le nombre de leurs mamelles.
- Année do naissance. Nombre total d’agneaux. Ci Agnc /! &> S B 4 [i mamelles. / -, mt : Cf) JÜ B E 6 mamelles.
- 1890 71 59 4 8 » *
- 1891 78 38 10 30 » »
- 1892 71 29 5 36 1 »
- 1895 67 15 7 io » »
- 1891 22 4 0 15 » »
- 1891 26 » i 24 1 »
- 1896 27 » » 23 3 1
- 1897 3i » i 27 3 3
- 1898 37 » 26 5 6
- 1899 41 1 26 6 8
- Que l’on traduise les éléments de ce tableau sous la forme de pourcentages ou, ce qui est encore plus parlant, sous la forme de courbes graphiques, on y voit l'indication bien nette de l’augmentation du nombre des agneaux dotés d’appareils supplémentaires de lactation.
- Expliquons du reste l’abaissement énorme du nombre total des naissances en 1894, par ce fait qu'on su, prima dans le troupeau toutes les brebis qui n’avaient pas des mamelles supplémentaires susceptibles de remplir Dur rôle. Et depuis lors on n’a gardé aucun des agneaux du sexe féminin qui étaient dans le même cas. Comme on le voit, à partT de 1894, il ne naît, plus d’agneaux non dotés d’organes supplémentaires, et il y a tendance des plus marquées à ce que les agneaux soient de mieux en mieux dotés au point de vue qui occupait M. Bell. D. B. —<<><>—
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- LA NATURE.
- M-CENTENAIRE
- DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES DE PRUSSE
- L’Académie des Sciences de Berlin a fêté le 19 mars dernier le bicentenaire de sa londation, en grande pompe et en présence de l’Empereur Guillaume. L’Institut de France s’était fait représenter à la Cérémonie par plusieurs savants éminents choisis parmi les membres de ses Académies. Au nom de l’Institut, une Adresse fut lue dans la séance plénière. Elle a été imprimée à l’Imprimerie Nationale, avec des caractères semblables à ceux de 1550. On l'a beaucoup admirée à Berlin. Nous sommes heureux de pouvoir donner un spécimen de cette Adresse tirée à quelques exemplaires seulement et qui deviendra vite une rareté typographique. Nous reproduisons d’ailleurs intégralement le texte lu aux fêtes du bicentenaire de l’Académie Royale.
- Messieurs,
- « Les délégués de l’Académie des inscriptions et belles-let très, de F Académie des sciences et de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France sont heureux de vous remettre ici l’expression des sentiments de confraternité scientifique et littéraire de l’Institut tout entier.
- « En ce jour où vous lêtez votre deuxième centenaire, vous nous rappelleriez vous-mêmes, si nous pouvions l’oublier, quelle place l’esprit français a tenue auprès de votre berceau.
- « Au lendemain de la création de la Société des Sciences par le prince électeur, depuis Frédéric Ie1', roi de Prusse, nos érudits et nos controversistes vous apportaient, avec les trésors de leur savoir, l’habitude de la libre recherche et le goût de la critique éclairée. Quarante ans plus tard, après avoir transformé la Société des Sciences en Académie, c’est à Maupertuis que Frédéric II en confiait la direction, à titre de président perpétuel, marquant ainsi avec éclat d’où il attendait l’influence décisive. Et l’Académie comptait bientôt, au nombre de ses membres, d’Argens et La Mettrie, parmi ses correspondants, Raynal et Diderot, parmi ses hôtes, Voltaire. Selon
- le mot de Frédéric, d’Alembert « quoique absent en était fàme ». A l’exemple du Roi, elle avait adopté la langue française, comme organe officiel de ses communications avec l’Europe lettrée ; et dans le concours ouvert en 1785, où Rivarol remporta le prix, elle voulut se donner à elle-même et donner aux autres les raisons de cette « universalité » qu’elle proclamait.
- « Ce que vous aviez emprunté, vous l’avez rendu avec usure. En ce temps-là, les membres les plus illustres d’une Académie se faisaient honneur de traiter les sujets proposés par l’Académie d’un pays voisin. C’est ainsi que deux membres de l’Académie française, d’xVlembert et Bailly, ont été vos lauréats. Louis XIV pensionnait les savants étrangers ; vous avez contribué à former les nôtres. Pendant vingt ans, notre Lagrange, le successeur d’Euler comme président de la section des sciences physico-mathématiques, a grandi au milieu de vous. Notre Laplace a eu la pensée de se fixer parmi vous, avant de prendre à Paris son rang. Nul doute enfin que votre section de philosophie rationnelle, organisée en 1744, qui embrassait sous ce nom toutes les études relatives à la métaphysique, à la morale, au droit, à l’histoire, n’ait, la première, offert le type sur lequel a été conçue notre classe des sciences morales et politiques.
- « Ce sont ces souvenirs, Messieurs, que nous nous plaisons à évoquer avec vous : souvenirs de communs labeurs, d’émulation généreuse, de haute et mutuelle estime. D’Alembert était à Berlin, quand, sous l’infinie variété des phénomènes de la nature, entrevoyant l’unité des lois qui la régissent, il rêvait « à ce point du haut duquel l’ensemble du monde apparaîtrait comme une seule vérité ». Dans ces efforts d’ascension vers la vérité universelle, unique, il est un point, accessible celui-là, où, de quelque horizon qu’elles s’élèvent, quelle que soit leur patrie, toutes les nobles intelligences aiment à se rejoindre, à se reconnaître, à s’honorer.
- « Deux principes ont présidé à l’organisation de votre Académie, qui l’ont de bonne heure égalée aux plus célèbres institutions scientifiques des temps
- Fig. 1. — Spécimen réduit du titre de l'Adresse.
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- LA NATURE.
- modernes. Toute science, disait Leibniz, doit procéder de l'observation : toute découverte de la science doit aboutir à l’amélioration des conditions morales qt matérielles de la vie des peuples en même temps qu’à l’avancement des connaissances humaines. A la base des études, le fait dans son indiscutable réalité; au sommet, l’idée rayonnant sur l’ensemble des faits, les vivifiant et projetant ses lueurs avant-courrières sur les explorations prochaines, tirant la lumière de la lumière ». Tel est le programme (pie traçait à la Société des sciences, dans la modestie de ses débuts, votre « fondateur spirituel », celui à qui vous avez consacré une fête annuelle et
- MESSIEURS,
- Les délégués de l'Académie du infcriptions <b“ belles-lettru, de l'Academie du fciencu &• de l'Académie du factices morales <b“ politiques de l'Inllitut de France font heureux de vous remettre ta l'exprefion des fentiments de confraternité fcientifique èr littéraire de l'Inllitut tout entier.
- En ce jour oà vous fêtez votre deuxième centenaire, vous nous rappelleriez vous-mêmes, fi nous pointions l’oublier, quelle plate l’eSpnt français a tenue auprès de votre berceau.
- Au lendemain de. la création de la Société des sciences par le prtnee éteÛeur, depuis Frédéric I", rot de Frujfe, nos érudits nos controverfiSles vous apportaient, avec les tréfors de leur favoir, l’habitude de la libre recherche le goût de
- Fig. 2. — Première page de l’Adresse à l’Académie Royale.
- « Vous n’avez pas failli à ces ambitions. Depuis deux siècles, il n’est point d’ordre de connaissances où vous n’avez approfondi, multiplié, mis à la portée de tous, les sources du travail scientifique, fourni à la critique ses instruments de précision, contribué à l’évolution des idées et par là servi le progrès des mœurs. En philosophie Schleiermacher et Schelling; dans la science du droit et de l’économie politique, Savigny etRoscher; en histoire Nieburh, Frédéric de Raumer, Ranke, Sybel; en philologie classique, Boeckh et Laehmann ; en archéologie, Winckelmann et Gerhard ; dans l’exégèse des œuvres du moyen âge et des monuments de la Germanie proprement dite, les frères Grimm, Pertz et Mullenhoff, pour la linguistique moderne, Bopp et dans l’orientalisme
- 417
- dont un interprète de l’admiration française a pu dire « qu’à lui seul il faisait à l’Allemagne autant d’honneur que Platon, Aristote et Archimède ensemble en font à la Grèce ». Les successeurs sont restés fidèles à cette double pensée, précisée encore et élargie. Le Roi, lisons-nous dans le règlement de 1746, veut que les Académiciens, « en s’appliquant \ à la recherche de la vérité, rapportent toutes leurs vues à l’intérêt social ». Il ne suffisait pas, à ses yeux, que les gens de lettres fissent honneur à la patrie; il fallait qu’ils fussent des citoyens utiles. .Educateurs du genre humain, ils devaient en être, ils en étaient naturellement les bienfaiteurs.
- à l'hidotre, au langage, une critique philofophique dont la puiffance & la variété font penfer au génie de Leibnhg Alexandre, qui, dans les Tableaux de la nature comme dans le Cosmos, a pénétré à une profondeur d’invelligatwn qui n’avait pas encore été atteinte <ÙX qui n'a pas été depafée: peu de peuples Ù“ peu de ficelés ont vu une foraifon au fil féconde.
- Les maîtres qui ont fuccédé à ces maîtres ne nous permettraient pas de les-faillir autrement que d'ttn commun hommage. Nous les uniffons tous enfemble dans nos vaux : vaux fincères de prospérité cfoiffatite, que votre glorieufe allivité réalifera, comme déjà elle les réalife. Jamais le mot d'un de vos fou-verains n’a été mieux juflifié : «Le fuffrage de l’Académie de Berlin pèfe d’un grand poids dans le monde civilijé.»
- Caston PARIS. Caston DARBOUX * Oci.vi GRÉARD. Émile SENART. Hinei MOISSAN FRANQUEVUXE,
- Cxire* d* Cackin, iyjj
- Fig. 3. — Dernière page de l’Adresse à l’Académie Royale.
- Lepsius; en mathématiques, Euler et Lambert, Jacobi, Weierstrass; dans les sciences physiques et naturelles, Johannès Muller etHelmholtz; en dehors de toute classification spéciale, les deux Humboldt; Guillaume, quia appliqué à la politique, à l’histoire, au langage, une critique philosophique dont la puissance et la variété font penser au génie de Leibniz ; Alexandre, qui, dans les Tableaux de la nature comme dans le Cosmos, a pénétré à une profondeur d’investigation qui n’avait pas encore été atteinte et qui n’a pas été dépassée : peu de peuples et peu de siècles ont vu une floraison aussi féconde.
- « Les maîtres qui ont succédé à ces maîtres ne nous permettraient pas de les saluer autrement que d’un commun hommage. Nous les unissons tous
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- LA TSATI HE.
- ensemble dans nos vœux; vœux sincères de prospérité croissante, que votre glorieuse activité réalisera, comme déjà elle les réalise. Jamais le mot d’un de vos souverains n’a été mieux justifié : Le suffrage de l’Académie de Berlin pèse d’un grand poids dans le monde civilisé.
- Gaston Paris, Gaston Darboux, Octave Gréard, Émile Sénart, Henri Moissan, Lranqueville ».
- PRODUCTION DES TINS EN FRANCE
- DE 1850 A 1899
- Nous empruntons à la Feuille vinicole de la Gironde une intéressante statistique sur la production des vins en France de 1850 à 1899. La vigne est actuellement cul-
- tivée en France sur 1 097 754 hectares. La production du vin a subi, depuis cinquante ans, de nombreuses variations. Le diagramme ci-dessous en donnera une idée. De 1850 à 1857, l’oïdium ravage le vignoble; on descend, en 1854, à la plus faible récolte du siècle. Avec le soufrage, le mal est enrayé et la production remonte ; l’année 1875 en marque le faîte. Mais le phylloxéra diminue à son tour la quantité. Le mildew, ensuite, s’attaque à quelques récoltes. Mais, sans désemparer, les braves viticulteurs tiennent tète à tout et la production vinicole remonte sensiblement. Aujourd’hui, l’oïdium, le phylloxéra, le mildew peuvent être considérés comme vaincus, et la France, avec sa moyenne de 55 millions d’hectolitres de vin, occupe le premier rang dans le monde vinicole. Le diagramme ci-joint donne, année par année, la production des vins en France de 1850 à 1899. Il marque nettement les effets des diverses maladies sur-
- £ 55
- 25 E
- 20 S
- Oïdium Effets du soufre.
- Accroissement des plantations. Phylloxéra et mildew.
- Production des vins eu Franco de 1850 à 1899.
- Reconstitution et défense.
- venues, et les effets des procédés employés pour les combattre.
- Années Hectolitres Années Hectolitres
- 1850... 45. 266 000 1875... 85. 632. 591
- 1851... 39 429 000 1876... 42. 846 748
- 1852... 28. 656. 500 1877 .. 56. 405. 565
- 1855... 22 662 000 1878... 48. 7'20. 555
- 1854... 10. 824 000 1879. . 25 769. 552
- 1855... 15 750 000 1880... 29 677. 472
- 1856... 21 294 000 1881... 54 158. 715
- 1857... 55 410 000 1882... 50 886. 352
- 1858... 45 805 000 1883... 56 029. 182
- 1859... 55 910 000 1884... 54 780. 726
- 1860... 59 558 450 1885... 28 556 151
- 1861... 29 788 215 1886. . 25 065 545
- 1862... 57 110 080 1887.. . 24 553 284
- 1865... 51 571 875 1888... 50 102 151
- 1864... 50 655 364 1889... 25 225 572
- 1865... 68 924 961 1890... 27 416 527
- 1866... 65 917 541 1891... 50 .159 555
- 1867... 58 869 479 1892... 29 082 134
- 1868... 50 .109 .504 1895... 50 .069 770
- 1869... 71 575 965 1894... 39 .052 809
- 1870... 55 537 942 1a95... 26 .687 575
- 1871... 57 084 .054 1896... 44 .656 155
- 1872... 50 .528 .182 1897... 52 .550 722
- 1875... 55 769 .617 1898... 52 .282 559
- 1874... 65 .146 .125 1899... 47 .907 .680
- Sous l’influence des désastres causés par le phylloxéra et le mildew, notre production ayant considérablement
- baissé, nos importations atteignent, de 1880 à 1895, leur intensité maximum. Elles baissent sensiblement après l’abondante récolte de 1895.
- L’importation des vins de liqueur, Madère, Malaga, Xérès, etc., qui ne s’élevait, il y a vingt-cinq ans, qu’à 50 000 hectolitres environ, a été en progression presque croissante depuis lors et s’est chiffrée, durant ces dernières années, par 400 000 hectolitres, en moyenne.
- La plus brillante période de nos exportations a été celle de 1870-1879, où elles atteignent plus de 3 millions d’hectolitres.
- Puis elles diminuent, et ce mouvement de recul s’accentue de plus en plus. Bordeaux entre environ pour la moitié dans ces exportations. Les vins de champagne y figurent pour 150 à 200 000 hectolitres, et les vins de liqueur pour 40 à 50 000. Nos principaux acheteurs sont l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et la République Argentine.
- LA m CHEZ LES INSECTES
- M. Félix Plateau vient de faire de très nombreuses observations à l’effet de savoir si les insectes, dans leurs visites aux fleurs, sont guidés par les couleurs de celles-ci1. La question à résoudre était celle-ci : Quelle que soit la nature des perceptions visuelles des insectes, ceux
- 1 Sor. zool. de France.
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- . LA NATURE.
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- de ces animaux qui visitent les fleurs se laissent-ils guider dans leur choix par les couleurs que ces fleurs présentent pour l’œil humain?
- La réponse ne saurait être que négative. En effet :
- 1° Dans tous les cas où l’observateur s’est mis à l’abri des erreurs, souvent commises, résultant de différences dans la forme, dans le parfum, dans l’abondance ou l’accessibilité du nectar et du pollen, en étudiant la façon de se comporter des insectes vis-à-vis des variétés colorées d’une même espèce, variétés chez lesquelles la disparité des couleurs existe seule comme cause déterminante, on a vu ces arthropodes montrer pour la coloration une indifférence totale.
- 2“ Si, chez une même espèce, les variétés de couleurs distinctes sont en quantités égales, on voit non seulement les insectes passer, sans ordre, d’une couleur à une autre, mais, de plus, suivant le moment, ou bien suivant la durée de l’observation, on les voit tantôt effectuer des visites en nombres presque égaux aux diverses variétés, tantôt manifester une préférence absolument apparente pour une certaine couleur, puis montrer, quelque temps après, une préférence tout aussi illusoire pour une couleur différente.
- 5° Si, dans un groupe de fleurs de même espèce, les variétés colorées sont représentées par des quantités inégales, on constate, lorsque l’observation a été suffisamment prolongée, que les nombres de visites des insectes à la plupart des couleurs sont à peu près proportionnels au nombre de fleurs de ces mêmes couleurs.
- Le prétendu choix des couleurs n’existe donc pas. Les insectes se chargent eux-mêmes de nous montrer que toutes les couleurs des corolles ou des inflorescences leur sont parfaitement indifférentes, du moment que ces mêmes corolles ou inflorescences contiennent soit le nectar, soit le pollen cherché.
- M. Félix Plateau fait suivre ces conclusions d’une remarque destinée à empêcher qu’on travestisse sa pensée. 11 admet parfaitement que l’insecte puisse s’apercevoir à distance de l’existence des’ fleurs, soit parce qu’il voit leurs couleurs de la même manière que nous, soit parce qu’il perçoit un contraste quelconque entre ces fleurs et leur entourage. 11 admet que, concurremment avec l’odorat, quoique à un bien moindre degré, cette perception visuelle vague puisse diriger l’animal vers l’ensemble delà masse florale; mais, arrivé là, si les fleurs ne diffèrent entre elles que par la couleur seulement, il prouvera par ses actes qu’il lui est parfaitement égal que les corolles soient bleues, rouges, jaunes, blanches ou vertes. Henri Poupin.
- LES EAUX D’ALIMENTATION PUBLIQUE
- ET PRIVÉE1
- III
- ORIGINE ET CAUSES DE LA CONTAMINATION
- et de l’épuration naturelle des eaux
- RECHERCHES ANALYTIQUES
- La pluie, grand générateur des réservoirs souter-rainset artificiels dans lesquels l’homme puise l’eau qui est indispensable à sa vie, en tombant sur le sol peut se trouver en contact avec l’infinité des matières organiques ou minérales qui se rencontrent à sa surface.
- 1 Voy.-no'1408é du_19 mai 1900, p. 304.
- Tous ces produits superficiels tendent à être entraînés dans le sous-sol soit par l’action de la pesanteur, soit par l’entraînement mécanique, soit après avoir été dissous dans les eaux. Parmi ces substances dissoutes ou entraînées il y en a d’absolument inoffensives, telles les traces de matières organiques d’origine végétale, les gaz azote, oxygène, carbonique, les sels minéraux : silice, sulfate de (baux, chlorure de sodium, carbonates de chaux et de magnésie, les germes inoffensifs; il y en a de mauvaises constituées principalement par les déchets organiques des hommes et des animaux vivants ou morts; il y en a de dangereuses, ce sont les microorganismes pathogènes, c’est-à-dire les êtres infiniment petits, agents et propagateurs des maladies épidémiques et les résidus de ces affections qui renferment des corps très toxiques auxquels on a donné les noms de « ptomaïnes et de toxines ».
- Les agglomérations humaines sont les usines de production de ces produits dangereux qu’elles répandent dans une vaste zone autour d’elles ; à la surface du sol sous la forme d’épandage des matériaux résiduaires de toutes sortes et souterrainement par l’infiltration de ces produits non épurés. Le sol et le sous-sol de ces régions très peuplées sont insalubres, et ce n’est vraiment que dans les régions incultes et éloignées de toute agglomération que l’on rencontre des sols et sous-sols salubres.
- Fort heureusement la nature agit avec une énergie destructive immense pour arrêter et brûler ces produits et empêcher ainsi leur propagation nocive dans les couches souterraines où viennent se collecter les eaux.
- L’action oxydante de l’air augmentée par les phénomènes électriques de l’atmosphère, l’influence de la lumière, l’action solubilisante et dissolvante des bactéries et de l’eau provoquent la combustion des matières organiques et l’entraînement des produits de cette combustion (acide nitrique, acide carbonique, cendres solubles) dans le sous-sol. Cette destruction est puissamment aidée par la lutte acharnée que les bactéries exercent les unes sur les autres et dont la prédominance reste pour le mieux aux espèces banales : enfin les germes de la nitrification existant dans les couches superficielles du sous-sol, dont le rôle bienfaiteur paraît de jour en jour plus considérable aussi bien pour l’agriculture que pour l’hygiène, achèvent l’oeuvre de combustion et d’épuration commencée sur le sol.
- Lorsque toutes ces conditions sont bien remplies par le concours de ces phénomènes naturels, irréalisables artificiellement, l’eau qui se rassemble sur les surfaces imperméables est absolument pure, privée de matière organique, privée de germes ; elle ne renferme que des sels normaux en dissolution, et l’homme trouve dans cette eau l’élément utile à sa vie, qu’il peut employer sans restriction à étancher sa soif, à préparer ses aliments et utiliser sans craintes pour tous les usages domestiques.
- On conçoit facilement, d’après ce que nous avons
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- LA NATURE.
- dit dans notre précédent article sur l’origine des eaux souterraines, comment la nature géologique des terrains, comment la présence des fissures, pourquoi l’absence ou l’insuffisance des causes épura-trices de l’atmosphère, du sol et du sous-sol peuvent être l’origine de l’introduction directe ou indirecte dans les eaux souterraines des germes pathogènes et des différents autres produits nocifs de toutes sortes provenant de la surface.
- Les matières les plus dangereuses au point de vue de la contamination des eaux sont les matières fécales, les eaux de lavage des linges contaminés, les produits de putréfaction des matières organiques, notamment des cadavres.
- Et bien, quelque stupéfiant que cela puisse paraître, les agglomérations humaines, pendant des
- siècles, se sont efforcées à réunir aussi étroitement que possible ces trois facteurs épidémiques. Dans la plupart des petites communes, et dans un grand nombre de villes, on trouve les puits situés dans l’intérieur des cours au voisinage des fosses à purins, des fumiers, des latrines; le cimetière entoure l’église au centre de l’agglomération. Lorsqu’il y a une source, elle sert de lavoir. Les selles des typhiques, des dysentériques, etc., sont jetées sur les fosses à purin, les linges souillés sont lavés dans l’eau du lavoir et des traces de ces produits viennent quelquefois s’infiltrer ou se mélanger à l’eau de la nappe souterraine située au-dessous des habitations et du cimetière et cette eau alimente généralement les puits elles sources de la région : c’est alors que l’on voit éclater les épidémies meurtrières qui sévic-
- Fig. 1. — Appareils pour l'analyse bactériologique des eaux. — A. Tubes. — B. Flacons stérilisés. — C. Tubes de gélatine stérile.
- D. Crislallisoirs. — E, G. Fioles Pasteur. — F. Pipettes stériles.
- sent dans certaines communes soit accidentellement, soit périodiquement.
- Dans quelques régions les gouffres servent de charnier ; c’est dans ces abîmes que l’on se débarrasse des animaux morts de maladies infectieuses ou de toute autre cause, et les populations éloignées boivent les eaux qui ont baigné ces cadavres et qui se sont ainsi chargées de germes pathogènes et de produits de putréfaction.
- Nous ne pouvons passer en revue toutes les causes de pollution des eaux. Il est facile de concevoir comment les eaux superficielles, les cours d’eau, les lacs, les torrents peuvent être contaminés soit par les ruissellements des terrains engraissés sur lesquels on pratique des cultures intensives, soit par les résidus de toute espèce, domestiques ou industriels, des agglomérations auxquelles ces cours d’eau servent de collecteurs naturels.
- Nous pourrions citer certaines de ces rivières ayant reçu les déjections des villes, se perdant brusquement dans le sol et réapparaissant parfois à de grandes distances sous forme de sources abondantes qui sont utilisées en toute confiance pour l’alimentation publique.
- De telles eaux peuvent être absolument limpides ; leur mode d’émergence est celui des sources et néanmoins elles sont de mauvaise qualité et quelquefois dangereuses.
- Comment peut-on reconnaître les infiltrations dangereuses et s’assurer de la qualité d’une eau ?
- Dans les endroits suspects on projette une matière colorante dérivée de la houille, la fluorescéine, en solution sodique : s’il y a communication avec la nappe d’eau on voit celle-ci se colorer en vert fluorescent, au bout d’un temps variable dépendant de la distance et des facilités de communication.
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- Cette réaction est sensible en raison de la divisibilité extrême de ce produit, de son intensité colorante et de son action nulle sur la plupart des ter-
- rains. Néanmoins ce procédé n’est pas absolument fidèle : il est sujet à beaucoup de critiques.
- Les seules opérations qui permettent de donner
- Fig. 2, — Autres appareils pour l'analyse des eaux. — II. Colonies de germes sur plaques de gélatine. R. Microscope photographique. — M. Préparations sur lamelles de verre. — L. Flacons pour colorer.
- des renseignements absolument précis, ce sont les analyses chimiques et bactériologiques effectuées avec tous les soins et la compétence voulus. On recueille avec intelligence, en observant certaines précautions spéciales, dans des tubes A'
- (fîg. 1) et des flacons stérilisés B, l’eau à analyser, et on expédie ces échantillons dans une glacière au laboratoire.
- L’eau est ensemencée par fractions de centimètre cube dans des tubes de gélatine nutritive stérile C que l’on coule dans des cristalli-soirs D. On ensemence aussi des bouillons stériles conservés dans des lioles Pasteur E, G. Après plusieurs jours d’incubation dans des étuves on voit sc développer sur les plaques de gélatine des colonies de germes visibles à l’œil nu, constituées par des milliards d’individus II (fig. 2) : il y en a de toutes formes, de toutes couleurs (blanches, incolores, rouges, ochrées, bleues, vertes, violettes, etc.). C’est alors qu’il faut compter ces colonies engen-
- drées chacunfe par un germe de l’eau et qu’il faut les identifier. C’est ce dernier point qui est le plus ' long et le plus délicat : on y arrive à la suite des cultures effectuées sur différents milieux nutritifs : lait, pomme de terre, sérum, gélose, stries, piqûres, pep-tone, etc., et d’après l’aspect morphologique de la bactérie dans chacun de ces milieux, que l’on examine au microscope K et que l’on photographie au besoin, après les avoir préparés sur des lames et lamelles de verre M et colorés au moyen de rubine, de bleu ou de violet de méthyle, etc., L.
- Ces germes mesurent quelques millièmes de millimètre et pour les observer on emploie des grossissements de 1000 à 1500 diamètres; les uns sont mobiles, d’autres immobiles (fig. 4 de notre premier article dans le n° 1406 du 5 mai 1900, p. 565).
- Enfin les bouillons ensemencés avec les eaux servent, après quelques jours d’incubation, à l’inocu-
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- L A A ATI! K K.
- lation des cobayes. Les cochons d’Inde, en effet, constituent les meilleurs milieux de culture pour certains germes pathogènes qui auraient pu échapper dans la suite des investigations précédentes.
- Concurremment on effectue l’analyse chimique de la même eau qui ne comporte pas moins de vingt recherches et dosages des éléments en solution.
- De l’ensemble des résultats des analyses chimique et bactériologique et de leur discussion on peut alors donner un avis précis sur la qualité d’une eau au point de vue de l'hygiène.
- 11 ne faut pas se dissimuler que ces opérations doivent être pratiquées par des spécialistes en raison des connaissances étendues d’hygiène, de géologie, de chimie, de bactériologie, de biologie qu’elles comportent; elles exigent des laboratoires exceptionnellement appareillés et outillés, enfin elles sont longues à effectuer et dispendieuses.
- Depuis plusieurs années les pouvoirs publics veillent aux distributions d'eaux des villes et communes. C’est principalement dans ce but que le laboratoire du Comité consultatif d’hygiène publique de France a été institué en 1889 par le Ministère de l’Intérieur. Les hygiénistes commencent à être consultés. L’opinion publique se passionne maintenant pour cette question à laquelle elle a tout lieu de s’intéresser puisque la vie y est intimement liée. Espérons qu’avec le concours de tous ces efforts, avec l’aide des ingénieurs et les conseils des hygiénistes, les agglomérations sauront se procurer des distributions d’eaux saines et abondantes.
- La France est un pays merveilleusement doté sous’ le rapport des eaux potables et des eaux minérales. Dans presque toutes les régions on peut arriver à trouver d’excellentes eaux potables; c’est au fond affaire d’argent et de compétence dans cette question. Ces facteurs ne doivent pas compter auprès des milliers d’existences dont la vie est subordonnée à une alimentation d’eau pure.
- Edjioxd Bonjean,
- Chef du laboratoire du Comité d’hygiène publique de Fiance.
- *
- ---©<$>-©—
- CHRONIQUE
- l/artiilcrie anglaise an Transvaal. — Noire savant et sympathique confrère Engineering, que nous avons l’occasion de citer si souvent, vient de publier une petite note rectificative, pour ainsi dire, de l’article que nous avons consacré récemment à l’artillerie des Iîoers; et tout en voulant bien faire de La Nature un éloge auquel nous sommes très sensible, il nous reproche d’avoir parlé des canons à tir rapide de l’armée Iransvaalienne, en ne dismt po nt des mitrailleuses ce qu’elles méritent. En fait, pour lui, les succès que cette armée a pu remporter et la démoralisation qui a saisi les troupes britanniques, dans certaines occasions, sont bel et bien dus aux « machines guns », autrement dit aux mitrailleuses, plus spécialement au type appelé pittoresquement Pom-pom, c’est-à-dire à la mitrailleuse Max m d’nne livre. Tous les attachés militaires se sont, paraît-il, accordés pour vanter là grande mobilité, la rapidité de tir
- de cet engin, qui lance, à raison de 30t) en fi minutes, des projectiles se brisant en 7 ou 8 morceaux. Notre confrère affirme également qu’il ne se produit ni ébullition, ni évaporation de l’eau dans l’enveloppe par refroidi-se-ment, d’autant que le feu ne se prolonge jamais qu’avec des intermittences : les Boei s tir» nt rarement 20 coups de suite, ils se contentent plus souvent de 4 à 6 coups, parce que ce tir intermittent est plus démoralisant pour les troupes ennemies. Notre confrère connaîfassurément fort bien les « machines guns » du systime Maxim, qui sont de fabrication anglaise, et nous sommes heureux de faire connaître son opinion sur la matière.
- Le télégraplinnc. — Sous ce titre, Y Industrie électrique nous fait connaître un nouvel appareil dû à M. l’ingénieur Valdeinar Poulsen, de Copenhague, appareil qui se trouve à l’Exposition. L’appareil de M. Poulsen a pour objet d’enregistrer 11 parole à distance, problème dont la combinaison du téléphone et du phonographe avait donné la solution dès 1889 entre les mains de M. William Jlammer, et plus récemment en 1899, avec des appareils plus perfectionnés, entre celles deM. Dussaud. L’originalité de l’invention de M. Poulsen réside dans le procédé d’enregistrement et de reproduction de la parole, enregistrement et reproduction exclusivement basés sur des phénomènes magnétiques et électromagnétiques. Les paroh s que l’on veut enregistrer sont prononcées devant un microphone en circuit avec une pif1, la ligne et un électro-aimant, avec ou sans bobine d’induction, suivant la longueur de la ligne de transmission. Cet électro-aimant, de dimensions minuscules, se déplace longitudinalement très près d’un fil d’acier d’environ 0,5 millimètre de diamètre roulé en spirale à pas serrés sur un cylindre non magnétique animé d’un mouvement de rotation uniforme, les deux pôles de l’électro embrassent le fil. Sous l’influence du courant ondulatoire traversant le fil de l’électro-aimant, celui-ci p oduit un champ magnétique variable qui développe dans le fil d’acier des aimantations transversales permanentes : la parole se trouve ainsi enregistrée magnétiquement, sans aucun contact mécanique entre le système enregistreur et le cylindre enregistré, ce qui supprime radicalement le grincement particulier propre à tous les phonographes connus jusqu’à ce jour. Pour reproduire la parole ainsi enregistrée, on utilise le même électro-aimant en le disposant en circuit avec un téléphone magnétique de Bell. L’aimantation variable du fil se déplaçant entre les pointes polaires du petit électro-aimant développe des courants d’induction ondulatoires qui font parler le téléphone. Pour effacer l’enregistrement et faire servir le fil d’acier à une autre conversation, il suffit de faire passer dans l’électro-aimant un courant continu et constant de sens inverse. L’aimantation du fil devient uniforme, l’inscription est effacée, et le fil redevient silencieux.
- /alcoolisme dans l'armée. — L’Académie de médecine vient de voter un projet d’adresse à M. le Ministre de la guerre, présenté par MM. Jules Bergeron et Laborde.
- Voici la communication académique.
- « Un fait qui marquera comme un des plus importants dans les annales de l’hygiène moderne, soc.ale et nationale, vient de se produire dans la sphère officielle des pouvoirs publics : M. le Ministre de la guerre adressait, à la date du 5 mai dernier, à tous les commandants de corps d’armée, une circulaiie par laquelle il « décide » :
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- LA NAT nu:.
- m
- « ... L’interdiction absolue de vendre, dans les cantines, aucune eau-de-vœ ou liqueur à base d’alcool, ni aucune des multiples préparations connues sous le nom d’apéritifs., bette 'interdiction s’étend à toutes les cantines des casernes, quartiers, camps et terrains de manœuvre. Sont seules autorisées dans les cantines, la vente des boissons'fermentées: vin, bière, cidre, poiré; et celle de toutes les boissons usuelles (café, thé, lait, chocolat, etc.} ne1 renfermant pas d’alcool. Je vous invite — ajoute la circulaire ministérielle — à prendre les mesures nécessaires, pour que ces prescriptions, qui seront affichées dan-s toutes les cantines, soient immédiatement exécutées.... »
- «En prenant cette détermination,et en prescrivant ces mesures qui, d’ailleurs — il eA juste de le rappeler — généralisent et uniformisent des mesures partielles prises précédemment par un certain nombre de commandants de coiq-s d’armée et de chefs de corps, M le Ministre de la guerre a accompli un acte qui témoigne d’une réelle compréhension du péril national et de la haute sollicitude qu’il inspire, surtout quand il s’agit de l'armée. L’Académie de médecine, gardienne des principes d’hygiène qui président à la sauvegarde de la santé publique, ne saurait se montrer indifférente à des prescriptions prohibitives qui inaugurent, enfin, la mise en pratique des mesures indispensables qu’elle n’a cessé de conseiller et d’appeler pour combattre les progrès de l’alcoolisme. Nous avons pensé, en conséquence, qu’il appartenait à l’Académie, qu’elle avait le devoir de voter à l’auteur de la circulaire ministérielle du 5 mai, l’adresse suivante, que nous avons l’honneur de soumettre à l’approbation de nos collègues :
- « L’Académie de médecine, appréciant, comme elle le. mérite, en vue de l’intérél et du salut publics, la mesure de l’interdiction prescrite et édictée par la circulaire du 3 mai courant, a l’honneur d’adresser à M. le Ministre de la guerre, ses félicitations ; elle exprime, en outre, le vœu que cette première mesure tutélaire soit, au plus tôt, suivie du complément indispensable de l’interdiction des boissons alcooliques dans les autres services de l’Élat ; et que les Pouvoirs publics s’inspirent de cet exemple pour réaliser, en ce qui les concerne, les pf£s-criptions de nature à combattre aussi dans le milieu civil les progrès incessants de l’alcoolisme. »
- Mines naturelles de savon. — Une revue américaine signale la mise en exploitation régulière d’une mine naturelle de savon. Cette mine^umnouveau genre se trouve à Ashcroft, dans la Colombie britannique, et produit du savon composé de borax et de soude, utilisable tel quel pour l’industrie etj’écdhomie domestique. Au lieu d’avoir à incorporer de l’huile ou de' la graine avec une quantité donnée de soude caustique en faisant bouillir le mélange dans des cuves en bois, ainsi que cela se pratique habituellement dans les fabriques de savon, il suffit de laisser se solidifier à l’air libre une sorte d’argile très fluide que l’on rencontre en couches asse? épaisses près d’un lac situé aux environs de la ville. Cette espèce de glaise prend bientôt la consistance du savon, tout en conservant sa couleur un peu grise, et peut se découper en briques ou en pains pour être livrés immédiatement et sans autre préparation au commerce. La même revue annonce qu’on a découvert depuis quelques années trois mines de savon naturel aux Etats-Unis, l’une dans le Névada, la deuxième dans le Dakota, la troisième en Californie, mais qu’elles n’ont point été encore mises en exploitation.
- La construction des grands navires sur les lacs américains. — Les fameux lacs américains s’affirment de plus en plus comme de véritables mers intérieures, et chaque jour y voit construire des navires de proportions considérables, à faire presque envie aux transatlantiques. Tout dernièrement, un chantier de construction vient de recevoir la commande de deux steamers en acier d’une longueur de 132“,OU entre perpendiculaires, et de lu"1,24 de largeur au maître-bau.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 mai 1900. — Présidence de M. II. Lsvv.
- Formation d’acide azotique dans certaines combustions. — M. Berthelot, au cours de ses nombreuses expériences de thermo-chimie, a constaté qu’il se forme de petites quantités d’acide azotique, lorsque l’on brûle certains corps tels que le carbone, le soufre notamment. Il a recherché l’origine de cet acide azotique et attribue sa présence à des actions électriques. Il se forme autour des gaz chauds de la combustion un champ électrique produisant des effets analogues à ceux de l’effluve. M. Berthelot communique aujourd’hui le résumé de ses expériences relatives au carbone. Il a étudié la formalion de l’azote, lorsque le carbone est à des états différents et l’oxygène à des pressions variables. H met en présence du carbone et dé l’oxygène ayant un faible pourcentage déterminé d’azote. En opérant à haute pression, on peut fixer 3 pour 100 de l’azote; à pression ordinaire, cette quantité tombe au 1/60 de la quantité précédente. Avec de l’air, la proportion devient encore plus faible. .
- Télégraphie sans fil, — M. Cornu présente une Note de M. Blondel contenant l’exposé d’une méthode de nature à parer à l’inconvénient que présente la télégraphié sans fit de diffuser les ondes électriques dans tous les sens, si bien que tout récepteur placé sur leur trajet reçoit la dépêche. En présence de l’iinposdbiiité où l’on se trouve de diriger le faisceau*, il propose d’utiliser la période de l’interrupteur du courant alternatif. Le courant reçu par l’antenne gasse par*un tube à vide aux bornes duquel on inet en dérivation un téléphone. Le procédé repose sur l’emploi dœ ce téléphone dans des conditions déterminées. M. Lippmann présente une Note de M. Tissot relative à des expériences de télégraphie sans fil. I/auteur emploie des tubes cohéreurs de limaille soumis à l’action d’u î aimant. Grâce à cette disposition la communication a pu êtfe obtenue entre un phare et un navire de guerre placé à 60 kilomètres de (bstance.
- Diagnostic des bacilles. — M. Duclaux présente une Note de MM. Griinbert et Legros sur le diagnostic de divers bacilles. Ils signalent que le bacille d’Escherich, qu’on trouve dans l’intestin du nouveau-né et qui n’est pas pathogène, présente une analogie complète avec un bacille pathogène qu’on trouve dans les affections pulmonaires.
- Élections. — M. Darboux est élu secrétaire perpétue pour les sciences mathématiques par 55 voix contre 23 données à M. Cornu et 2 à M. Poincaré. L’Académie procède ensuite à l’élection d’un membre dans la section de zoologie en remplacement deM. E. Blanchard, décédé. Au premier tour de scrutin M. Joannès Cliatin obtient
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- LA NATURE.
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- 17 suffrages, M. Giard 15, M. Delagc 13, M. Mathias Duval 12, M. Taillant 1. Au second tour de scrutin, M. Joannès Chatin obtient 24 suffrages, M. Giard 19, M. Mathias Duval 8, M. Delage 7. Au troisième tour, M. J. Chatin est élu par 50 voix contre 28 données à M. Giard.
- Varia. — M. Armand Gautier dépose une Note sur la combustibilité de l'hydrogène et du formène. — M. le consvd de France à Manille adresse la relation d’une éruption du volcan Mayon de l’île de Luçon. — M. Ma-quenne communique un procédé de synthèse de l’éry-tlirite. — M. Bourquelot adresse une Note sur la composition de l’albumen de la fève de Saint-Ignace.
- Cil. DE VlLIiEDEUIL.
- LE TIR A L’ARBALÈTE
- Retira l’arbalète obtient le plus franc succès au Village suisse de l’Exposition. Le directeur du stand nous a avoué l’agréable surprise qu’il a éprouvée en constatant un aussi grand afflux d’amateurs pour l’arme de Guillaume Tell. Il a eu également le plaisir de s’apercevoir de l’adresse des tireurs parisiens qui ne le cèdent en rien à ceux de la Suisse, réputés à si juste titre. Il ne fait que de délivrer les montres et médailles qui sont les justes récompenses de ceux qui mettent dans le noir.
- Il nous a paru intéressant de prendre quelques notes sur les arbalètes et les fléchons dont il est fait usage, au Village suisse, et qui sont d’un perfectionnement tel qu’on peut les qualifier d’engins de précision.
- L’arme est du système établi à la suite de patientes recherches par le colonel suisse Bollinger, il y a une vingtaine d’années. Cet officier s’était proposé de confectionner une arme de guerre, susceptible d’être employée à petite distance, la nuit, contre les sentinelles ennemies, de façon à ne pas éveiller l’attention, par suite de son fonctionnement silencieux. Elle peut lancer son fléchon jusqu’à 100 mètres. Cependant, dans les stands suisses, on ne la tire, en général, qu’à 50 mètres. Au Champ-dc-Mars les cibles ne sont disposées qu’à 24 mètres des tireurs.
- L’arbalète n’est pas à cric, comme était celle de Guillaume Tell, mais à levier, ce qui rend le bandage de l’arc plus rapide, quoique tout aussi puissant. L’arc est en acier. L’arme est munie d’une hausse et d’un guidon.
- Mais le grand perfectionnement, apporté par le
- colonel Bollinger, réside dans la forme adoptée pour le fléchon; grâce à un projectile aussi bien approprié à l’usage auquel il est destiné, la justesse de l’arbalète est en tous points comparable à celle des carabines.
- La flèche est une pièce en bois de tilleul de 105 millimètres de longueur et d’un diamètre moyen de 15 millimètres environ. A l’avant se trouve une pointe de fer avec virole en laiton ; le bois affecte la forme d’une olive à l’avant que continue une partie cylindrique portant trois forts évidements hélicoïdaux ; à l’arrière est le méplat sur lequel la corde devra faire sentir son action impulsive.
- La forme adoptée pour le fléchon jouit du double avantage de n’opposer à l’air qu’une résistance aussi réduite que possible, grâce à la forme ovoïdale de l’avant, et d’obliger cette résistance à communiquer un mouvement de rotation au fléchon en raison
- des évidements hélicoïdaux de l’arrière. Ce dispositif nous remet en mémoire un fusil lisse qui fut proposé, il y a trente ans, par un officier d’état-major et dont la balle s’animait d’elle-même d’un mouvement de rotation, grâce à une composition fusante qui s’écoulait de l’arrière par des trous percés obliquement. Des essais très suivis furent entrepris sur cette nouvelle arme, mais ils ne donnèrent pas de bons résultats. Le projectile tournait peut-être bien sur lui-même, mais il prenait aussi les mouvements les plus désordonnés et la justesse obtenue était tout à fait déplorable. L’idée fut abandonnée.
- L’arbalète lance donc un projectile qui s’anime d’un mouvement de rotation tout comme ceux des armes rayées ; et c’est en cela que réside la cause de la justesse.
- La vitesse initiale du fléchon ne nous est pas exactement connue, mais elle doit être relativement considérable, une cinquantaine de mètres probablement, puisqu’il pénètre dans les cibles en bois à une profondeur qui peut atteindre jusqu’à 5 centimètres à une distance de 24 mètres. Un tel projectile serait donc capable de mettre facilement un homme hors de combat.
- L’arbalète peut, du reste, être employée avantageusement contre les oiseaux et contre tout gibier qui se laisse suffisamment approcher. D.
- Le Gérant : P. Masson.
- I.e tir à l'arbalète.
- Dans. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE
- VINGT-HUITIÈME ANNÉE — 1900
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Académie des sciences (Séances hebdo-madaires de 1’), 15, 51, 4(5, 70, 87, 103, 119, 135, 151, 167, 183, 199,
- 214, 231, 246, 263, 279, 295, 311,
- 327, 343, 359, 375, 391, 406, 423.
- Académie des sciences de Berlin (Bi-
- Centenaire de l’j, 416.
- Acide azotique dans certaines combustions (Formation d’), 423.
- Acide carbonique liquide (Fabrication de L’), 181.
- Actinomycose (F), 506.
- Aérateurs Guzzi, 319.
- Agglomérations urbaines dans l’Inde (Les grandes), 87.
- Air liquide et le procédé Pictet (L’)f 374.
- Alcool solide (L’), 110.
- Alcoolisme dans l’année (L’j, 422.
- Alcoolisme de la mère à l’enfant (Transmission de F), 295.
- Alimentation de Londres, 163.
- Alliage d’aluminium et de magnésium : « le Magnalium », 86.
- Allumage et extinction du gaz à distance. Allumeur pôle, 199.
- Alpins en hiver (Les), 207.
- Aluminium, électro-chimie par voie ignée (Métallurgie de F), 139.
- Aluminium (L’), 198.
- Ampoules à anticathode froide (Les), 229.
- Ampoules radiographiques à anticathodes froides, 99, 294.
- Anémie des centres nerveux, 279.
- Anesthésie par la cocaïne (L’), 122.
- Animal inconnu (Description d’un), 215.
- Animal mystérieux de la Patagonie, 75.
- Animaux au théâtre (Les), 47.
- Animaux qui ont la vie dure (Les), 362.
- Animaux vertébrés (La longévité chez les), 378.
- Appareil de mise à la terre, 327.
- Appareillage électrique pour haute tension, 220.
- Araignées sociables (Les), 308.
- Araignées surlesespaliers(Utilité des) 279.
- Arbre de couche par chemin de fer (Un), 31.
- Arbres de Paris (Les), 150.
- Arsenic dans l’organisme (L’), 51, 183.
- Artillerie anglaise au Transvaal (L’), 153, 422.
- Ascenseur de Saint-Germain (L’), 535.
- Astéroïdes télescopiques, 375.
- Auto-cireur (L’), 232.
- Automobiles de guerre (Les), 95.
- Avant-train électrique, 119.
- B
- Bacille de la houille (Nouveau), 265. Bacilles (Diagnostic des), 425.
- Balle « Dum-Dum » (La), 258.
- Ballon dirigeable du comte Zeppelin (Le), 22.
- Ballon monstre (Un), 135.
- Ballons militaires anglais (Les), 189. Ballons militaires, 227.
- Ballons et l’hydrogène (Les), 531. Barrages du Nil (Les nouveaux), 141. Bateau-chemin de fer (Un), 342. Bertrand (Joseph), 313.
- Bicycle traîneau à glace, 152. Bienfaiteurs de la science (Les), 46. Bière au Japon (La), 278.
- Blanchard (Emile), 215.
- Blé et l’engraissement du bétail (Le), 135. Blé et les Corbeaux (Le), 414.
- Boers (Au pays des), 27.
- Bœuf musqué (Le), 105.
- Bois de hêtre (Le), 511.
- Boules de neige, 318.
- Bouteille de Leyde et la prévision du temps (La), 202.
- Brûleur à incandescence par le gaz système Saint-Paul, 68.
- c
- Câbles sous-marins français (Les), 22. Cactus de 12 mètres (Un), 136. Calcographe (Nouveau), 408.
- Canaris (Les), 58.
- Canaris chanteurs (Éducation des), 142. Canaux des grands lacs au Canada (Les), 246.
- Canon de 120 millimètres à tir rapide, 573.
- Canon démontable de l’état du Congo (Le), 305.
- Canon de campagne des Boers (Le), 244. Canon d’un nouveau genre, 294.
- Canon (Ce que coûtent les coups de), 381.
- Canons (Destruction des vieux), 102. Canons (La portée et le prix des], 11. Canons Schneider-Canet (Les), 89. Canonnières démontables et la campagne du Soudan (Les), 20.
- Caoutchouc (Extraction du), 167. Caraïbes (Les), 593.
- Carbonifère de Madagascar (Le), 183. Carie dentaire (Reproduction artificielle de la), 311.
- Carte du ciel (La eonfectionde la), 151.
- Cataractes du Nil (L’utilisation mécanique des), 382.
- Cellule (Influence du froid siir la structure de la), 79.
- Cellulose (Les nouvelles applications de la), 250.
- Chaînes de bicyclettes (Fabrication automatique des), 169.
- Chaînes de montagnes (Mode de formation des), 214.
- Chalicodomes (Les), 234.
- Chanvre de Manille (Le), 43.
- Charbon dans le monde en 1899 (Production du), 310.
- Charbon symptomatique (Immunité contre le], 528.
- Charbon et le ravitaillement des navires de guerre (Les dépôts de), 388.
- Charbonnage monstre (Un), 406.
- Chasse aux sloughis (La), 211.
- Chatte de File de Man et sa descendence (Une), 148.
- Chaudières (Explosions bizarres de), 45.
- Chaudières (Outil à couper les tubes de), 325.
- Chaudières (Outils pour l’entretien des!, 412.
- Chauffage èlçetrique (Applications du), 203. ;
- Chauffage électrique dans un hospice (Installation de), 137.
- Chemin de fer dans un cratère (Un), 17.
- Chemin de fer de Courcelles aux Invalides, 193.
- Chemin de fer électrique de Laon, 233.
- Chemins de fer (Le père des), 343.
- Chemins de fer en Amérique (Accidents de), 262.
- Chemins de fer au Soudan (Les), 31.
- Chemins de fer au Siam (Les), 263.
- Cheval et les chiens de Steckel au Nouveau-Cirque (Le), 247.
- Chlorophylle à l’obscurité (Développement de la), 279.
- Chlorose de la vigne, 545.
- Chutes du Niagara (L’assèchement des), 331.
- Cidre par congélation, 219.
- Cintre à dilatation (Un), 571.
- Circulation dans les grandes villes (La), 342.
- Clichés ordinaires (Transformation des), 151.
- Climat sur les végétaux (Influence du), 87.
- Cocons ambulants, 329.
- Colombophilie militaire, 182.
- Combat pour les escadres (Nouvelle formation de), 599.
- 27
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- Conduite de pétrole en Transcaucasie (l ue), ST>.
- Conquêtes coloniales Périodicité de nos), 347.
- Constructions maritimes en Kcosse (Les chantiers de), 294.
- Constructions métalliques Usure des,. 403.
- Copeaux de hêtre cl la fabrication du vinaigre (Les), 270.
- Correspondance, 339.
- Correspondant dans la : ection de physique (Election d’un), 295.
- Courants de haute fréquence, 302.
- Crochets pour courroies, 88.
- Cuirasse anglais « London » (Le grand),7.
- Cultures expérimentales.(Nécessité des), 375.
- Cumulus (L’évolution des), 297.
- Cyclone dans la foret de Villers-Cottc-rets (Un , 42.
- Cyclone des Antilles (Le), 107.
- I)
- Daimler (M. Gottlieh), 262.
- Décès, 167.
- Décorations et des timhres-postc (Histoire naturelle des), 37.
- Densité de la terre (La), 47.
- Dénudation du sol (Phénomènes de), 135.
- Dénudation géologique (Phénomènes de), 231.
- Destroyer anglais « Viper » (Le), 224.
- Détonations répétées sur l’oreille (Influence des), 278.
- Diamants d’Amsterdam et la guerre du Transvaal (Tailleries de), 94.
- Diapasons (Nouveau mode d’entretien électrique des), 327.
- Diaphragme inscripteur et reproducteur, 304.
- Dîner circassicn (Un), 351. *
- Distributeur automatique Hé fleurs, 32.
- Distributeur de timbres-poste et de cartes postales, 349.
- Distribution de l’énergie électrique à Paris (La), 358.
- Dragage de l’or (Le), 281.
- Eau distillée est-elle pure'.' (L ), 196
- Eaux à Paris (Distribution des), 294.
- Eaux condensées dans les chaudières (Appareil automatique pour le retour des), 199.
- Eaux calcaires (Les), 230.
- Eaux de sources à Paris (Les), 294.
- Eaux d’alimentation (Les), 363, 419.
- Eaux potables à Paris en 1900 (Les), 119.
- Eaux souterraines (Origine des), 394.
- Éboulements successifs des chutes du Niagara (Les), 358.
- Échelle thermométrique naturelle, 3.
- Éclairage électrique des voitures de chemin de fer, 307.
- Éclairage électrique du théâtre de Co-vent-garden (L‘), 286.
- Éclipse de lune, 79.
- Eclipse de soleil du 28 mai 1900 (L .411.
- Eclipse partielle de lune visible à Paris, 46.
- Electricité par 1 air à haute température (Transmission de I’), 230.
- Electricité par les rayons secondaires (Transport d’), 527.
- Electro-culture, 406.
- Electrolytiques dans l’industrie .Les procédés):, 262.
- Élection d’un associé étranger, 375.
- Election d’un correspondant, 528.
- Élection d’un délégué au Conseil supérieur de l’instruction publique, 559.
- Élections à l’Académie des sciences, 31, 89, 161.
- Éléphants au Siam et au Cambodge (Les), 159.
- Éléphants savants, 15.
- Ellipsographe, 44.
- Émaillages au plomb en Grande-Bretagne (Interdiction des), 86.
- Entrées à l’Exposition de 1900 (Combien y aura-t-il d’), 299.
- Essences concrètes (Les), 49.
- Étain dans le monde (L’), 231.
- Étau à mâchoires plastiques, 6.
- Étincelles de lm,20 (Appareil producteur d’), 343.
- Étoile (Dédoublement d’), 199.
- Excursion de La Nature sur les chantiers de l’Expos tion de 1900 (L’), 54, 185, 287.
- Exploitations soufrières espagnoles, 226.
- Exploration de l’océan Glacial, 183.
- • Exploration géologique de l’Algérie, 167.
- Explorations souterraines, 47.
- Exposition de 1900, 23.
- Exposition de 1900 (Vues d’ensemble sur T), 34, 91, 186, 222, 502.
- Exposition de 1900 (Les possessions françaises au Trocadéro), 259.
- Exposition de 1900 (Les services mécaniques), 267, 291.
- Exposition de 1900 (Inauguration de T), 530.
- Exposition de 1900 (Les passerelles sur la Seine), 354.
- Exposition de 1900 (La porte monumentale), 79.
- Exposition de 1900 (La couverture de la grande nef), 114.
- Exposition de 1909 (Le palais des Armées de terre et mer), 175.
- Exposition de 1900 (Elargissement du pont d’Iéna), 237.
- Extracteur de la Société des parfums du littoral, 49.
- Fantassin allemand (Chargement dti campagne du), 103.
- Fathma et Smaim, les deux nains acrobates du Nouveau-Cirque, 152.
- Fatigue nerveuse (La), 375.
- Fermentation propre des cellules en vase clos, 575.
- Ferry-boats électriques en Amérique, 51-
- Fièvre aphteuse (La), 178.
- Fièvre typhoïde (A propos de la), 251.
- Fil au celluloïd (Le), 246.
- Fils télégraphiques en aluminium (Les)., 38.
- Flore Alpine La). 283.
- Flore des ruines (La), 08.
- Flore murale des églises gothiques, 346.
- Fluor (Cumpo.-ition en volume dut, 231. 1 luor sur le manganèse (Action du), 247. Fluorescence de divers sels sous l’influence des rayons Rœntgen et Becquerel, 542.
- Fluorure manganeux (Le), 375.
- Fluxions de la Jungfrau (Les), 231. Force motrice (Transmission de), 407. Force motrice en France (La), 310. Forteresses vitrifiées, 42.
- Fossiles de Chine, iâl.
- Fougères indigènes (Les), 240.
- Fourrures à Nijni Noxvgorod (Les), 195. Four à température constante, 247. Froid dans la France centrale (Le), 93.
- G
- Gare de Dresde La nouvelle,, 553. Gares du monde (Les plus grandes , 172. Gaz des eaux minérales, 575.
- Gaz fluoré (Un nouveau), 311.
- Gaz pendant les expositions (Consommation du), 558.
- Gazomètre gigantesque (Un), 375. Genévrier arborescent (Un), 552. Géographie botanique de l’Afrique occidentale française, 575.
- Géographie de la France à l’époque tertiaire, 47.
- Géographie de Madagascar, 591.
- Géologie australienne, 167.
- Géologie de la Chine, 151.
- Géologie du Portugal, 543.
- Gîtes métallifères (Les faciès des), 263. Glaciers dans les Karpathes (Anciens), o 11.
- Glande thyroïde (L’iode de la), 511. Gondoles (Disparition des), 50.
- Goudron (Ce qu’on tire du), 14. Graisses en glycogène dans l’organisme (Transformation des), 295. Gramophone (Le), 592.
- Greffon (Influence du sujet sur le), 247. Grimaux (Édouard), 590.
- Grue hydraulique de chantier, 51.
- Grue simplifiée (Petite), 316. Gutta-perclia des feuilles (La), 279.
- Il
- llélicoprion (L’j, reste d’un poisson fossile découvert en Russie, 121.
- Herbes flottantes et les voies navigables du Soudan (Les), 414.
- Heure (La nouvelle), 110.
- Heure en Europe (L’), 162, 170.
- Hiver de 1899-1900 (Sur l’j, 134. Houillère (La production d’une), 278. Huile de Meni (L’), 366.
- Hybrides aux ascendants (Retour des) 295.
- Hybrides bizarres (Les):, 50.
- Hydrogène et de ses carbures (Séparation de P), 185.
- Ile de soufre Une), 166.
- Incendie à Yokohama (Un), 103. Incendies des salles de spectacles à Paris Les), 239.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- m
- Inclinaison magnétique dans l'antiquité (Variations séculaires de 1’), 00. Indigo artificiel et l’indigo naturel (L’), 106.
- Industrie céramique Hollandaise (L'), 187.
- Inondations dans le Texas (Les), 262. In-Salah, 158.
- Insectes du taltac (Les), 8.
- Insectes (La propreté citez les), 66. Insectes phosphorescents (Éclairage par), 278.
- Institut bactériologique (Un), 200. Interrupteur automatique (Nouvel),540. Inventeurs et la propriété industrielle (L’association des), 104.
- Iode de la mer (L’), 226.
- lodures par la peau (Absorption des). 205.
- Jupiter en 1890. 69.
- k
- Kaolin au sud de la Russie (Decouverte de), 552.
- Kélir dans l’armée (Le), 165.
- Koumiss (Un succédané du), 507.
- L
- Laboratoire de recherches et d’essais pour le commerce (Un), 14.
- Lait à New-York (La vente du), 50.
- Lait employé à la fabrication du fromage (Expériences sur le), 103.
- Lamellibranches (Tige cristalline des), 375.
- Lampe à incandescence Édison (Nouvelle), 182.
- Lampes à arc (Les), 278.
- Lampes à incandescence, 295.
- Latitude de Genève (La), 182.
- Liais (Emmanuel), 262.
- Ligne de Courcellcs au Champ-dc-Mars, 36.
- Lion en Irlande (L’élevage du), 382.
- Locomotives à combustible liquide (Les), 278.
- Locomotives en service (Les plus anciennes), 166.
- Locomotives (Le pesage des), 561.
- Locomotives (Puissance des), 406.
- Loupes et lunettes stéréoscopiques, 387.
- Loups (Destruction des), 135.
- Lune et la coupe des arbres (La), 78.
- Lupins (Culture des), 215.
- Lycopodiacéc fossile (Nouvelle), 343.
- M
- Machine à courber les tubes, 52. Machine à écrire sur registres, 295. Machine à vapeur de 3000 chevaux, 249.
- Machine à repiquer le macadam, 1. Machine à vapeur verticale, 86.
- Machine à scier les pierres dure (Nouvelle), 131.
- Machinerie théâtrale, 85.
- Magnétisme terrestre, 383.
- Mahdisme (La fin du), 217.
- Maïs aux États-Unis (La production du), 324.
- Mal de mer (Traitement du), 391. Maladies de la grossesse (Causes des), 247. Maladies de la mère sui> les enfants (Influence des), 119.
- Mamelles supplémentaires chez les brebis, 415.
- Manioc (La culture du), 386.
- Mansardes de M. A. Perret, 72.
- Marbres des Pyrénées (Les), 99.
- Matières colorantes en Allemagne (L’industrie des), 151.
- Mer en Auvergne (La), 231.
- Métallurgie du manganèse et du chrome (La), 275.
- Métaux du soleil (Les), 146. Météorologiques (La périodici‘é dans les phénomènes), 275.
- Métrique (Le système), 160.
- Microbes dans l’air liquide (La vie des), 391. Microbes de la mer (Les), 166.
- Migrations polynésiennes (Les), 410. Milne Edwards (A.), 545.
- Milne Edwards (Mort de M. Alphonse), 559. Minéralogiques des Philippines (Ressources), 315.
- Mines naturelles de savon, 425. Montagnes dans le bassin de Paris (Formation de), 295.
- Montagnes lunaires (La géométrie dans les), 40.
- Montagnes du bassin de Paris (Les), 511. Morue (L’alimentation de la), 14.
- Moteur presse-papier, 328.
- Moustiques et le Kérosène (Les), 198. Moût à cidre (Utilisation du), 119. Muscles expressifs de la face (Les), 127. Musée chirurgical anglais (Un), 202. Musée ethnographique de Rerlin, 3.
- N
- Nains et les géants du cyclisme (Les), 359.
- Navigation aérienne (A propos de), 328. Navire de guerre danois, 278.
- Navires sur les grands lacs américains (La construction des), 423.
- Nécrologie, 230, 262, 590.
- Neige sur les chemins de fer américains (Les chutes de), 50.
- Némertiens et Phoronidiens, 311. Néomylodon (Le), 87.
- Nids d’oiseaux, 50.
- Nirvaninc (La), 251.
- Nodosités des racines (Du rôle des), 119.
- O
- Observatoire de Nice (L’), 118.
- Océanie (Les grands transatlantiques de F), 352.
- (Enanthe-erocata (Empoisonnement par F), 327.
- Œufs en Allemagne et en Angleterre (Les), 527.
- Œufs aux États-Unis (Le commerce des), 391.
- Omnibus automobiles pour les services de ville, 1 40.
- Ondes sonores(La photographie des), 171. Opticien automatique (L’), 183.
- Or dans le monde (La production de F),
- 126.
- Orage du 15 février 1900 iL’i, 210. Organisme (La défense de F), 167. Osmics (Les), 227.
- Panoramas de l'Exposition. 399.
- Papier (La détérioration du', 42.
- Papier (Les taches noires du), 14.
- Pâques, 314.
- Parallaxe du soleil (La), 46.
- Parasite de la vigne (Un nouveau), 231.
- Parasite universel (Un), 50.
- Paratout (Le), 312.
- Paris à l’Exposition de 1900 (Le Vieux), 164.
- Passerelles sur la Seine (Exposition de 1900, les), 324.
- Paupières (Le clignement des), 11.
- Pays de la soif (Le), 523.
- Peinture (Reconstitution des anciennes méthodes de fabrication de la), 166.
- Péripate (Sur le), 263.
- Perles difformes (Comment on tire parti des), 580.
- Perspecteur mécanique (Le), 197.
- Pesanteur en France (Anomalies de la), 286.
- Petites planètes (Les), 86.
- Phanérogames (Double fécondation des\ 263.
- Pharmacopée ancienne et moderne, 166.
- Philatélie inconnue. Les timbres d’exposition (La), 255.
- Photographie au journalisme (Application de la), 102.
- Photograph e à la topographie (Application de la), 263.
- Photographie de3 couleurs, 188.
- Photographie industrielle, tirage des plans, 263.
- Photographie céramique, 290.
- Photographiques (Nouveautés), 113.
- Photothérapie (La), 75.
- Pile de Voila (L’origine de la), 126.
- Planète (Nouvelle petite), 14.
- Planète EZ (Petite), 13 4.
- Planète Mercure (La), 406.
- Planètes de 1900 (Les2premières petites), 262.
- Plante qui pousse vite (Une), 263.
- Plantes (Le nom des), 298.
- Plantes d’appartement (Le danger des), 407.
- Plantes sarmenteuses en guirlandes (Culture originale de), 145.
- Plantes en voie de croissance (Action de la traction sur les tiges des), 247.
- Plate-forme mobile à l’Exposition (La), 374.
- Pneumatique (La fabrication d’un), 271, 300.
- Poids et mesures en Russie (Les), 182.
- Pois de terre africain (Le), 50.
- Pont de huit siècles (Un), 103.
- Pont en voyage (Un), 225.
- Pont de 1500 mètres sur un port (Un), 279.
- Pont roulant électrique à l’Exposition (Le), 413.
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- IA J > I : X ALl'JI AIIKTIQIJK.
- m
- Pouls à Fcicctricilé (La démolition des), 182.
- Population de la France en 1898 La)..
- 42.
- Porte toujours ouverte, toujours fermée (Une), 543.
- Possessions françaises au Trocadéro (Exposition de 1900, les), 259.
- Poterie «l’étain en Angleterre (La), 35. Poudre magnésique sans fumée et lampe éclair, 108.
- Poudreries indigènes de l’Algérie (Les), 07.
- Poulies (La mise en place des), 52. Pougnekiia-Ivliapiou, 251.
- Presse hydraulique improvisée (Une),
- 43.
- Primes aux ouvriers inventeurs, 383. Primeurs françaises à Saint-Pétersbourg (Vente des), 342.
- Principe d’Archimède (À propos du), 60.
- Produits de nos colonies (Lee), 319. Projectiles de l’artillerie (Les grandes vitesses des), 138.
- Propreté corporelle chez les mammifères (La), 370.
- Pruniers dans le Lot-et-Garonne (Maladie des), 527.
- Pseudo-tuberculose, 47.
- Pulpe de bois en médecine et en chirurgie (La), 291.
- Purification de l'eau (Nouveau procédé de), 279.
- Q
- Quai naturel en Tunisie (Un), 174.
- Quais (Un caisson mobile pour la réparation des), 315.
- Quang-Tchéou-VYan, 18.
- w
- Radiations du radium (Propriétés des)
- 31.
- Radium et du polonium (Propriétés des radiations du), 119.
- Radium (Propriétés des rayons du), 107. Radium (Les rayons du), 247.
- Radium (Le rayonnement du), 295. Radium (Transmission des rayons du), 327.
- Rails (Appareil à soulever les), 142. Rats (La destruction des), 311. Rayonnement du radium, 375.
- Rayons du radium (Les), 375.
- Réclame en action (La), 279.
- Régalon (La gorge du), 409.
- Relais monotéléphonique, 219.
- Rennes dans l’Alaska (La chasse aux), 310.
- Reptiles secondaires (Gisement de-grands), 247.
- Réseau japonais (Lé), 311.
- Résurrection, 265.
- Richesses minérales de la Sibérie (Les), 199.
- Robinet (Un nouveau) pour les réservoirs d’air comprimé. 87.
- Revolver de l’armée allemande (Le), 406. Roches disparues (Matériaux de), 183. Roches éruptives de Madagascar, 375.
- S
- Salmon [Philippe), 230.
- Salon du cycle de 1899 (Le), 82.
- Savon (L’industrie du), 242.
- Savon (L’industrie du), 254.
- Scarabées (Inégalités sociales chez les ,
- 201.
- Séance annuelle publique du 18 décem-bre 1899 de l’Académie des sciences, 70.
- Sel (Nouveau procédé pour la manipulation du), 377.
- Sens esthétique des couleurs chez l’enfant (Le), 307.
- Sérothérapie du charbon, 251.
- Sérum anti-alcoolique (Le), 218.
- Services mécaniques (Les), 267.
- Silurien supérieur de Rretagne, 375.
- Société française de navigation aérienne, 46.
- Société française de physique, 358.
- Soie et la chaleur du corps (La), 19.
- Soif (Le pays de la), 323.
- Sol animal (Le), 2.
- Sources chaudes par les serpents (La découverte des), 191.
- Statt (Le), 203.
- Station zoologique de Wimereux (La), 146.
- Station centrale d’énergie électrique à New-York, 310.
- Steamer de guerre (Un vieux), 343.
- Stéréorama (Le), 599.
- Sucre (La consommation du), 151.
- Sucre et la température animale (Le), 342.
- Suggestion et auto-suggestion,.l 4.
- Suie de cheminée employée comme engrais et insecticide (La), 238.
- Suisse à Paris (La), 211.
- Sulfate de fer dans la culture potagère (Le), 321.
- Sumac (Le), 6.
- Symétrie tétraédrique du globe terrestre (La), 246.
- T
- Tamias (I)éveloppemenl des), 311. Télégraphe sans lil, 423.
- Télégraphes chinois (Les), 51. Télégraphie aux ondes hertziennes La), 102.
- Télégraphie sans fil, 311, 407. Télégraphie sans lil en aérostat. 407. Télégraphone (Le), 422.
- Télémètre (Un nouveau), 205.
- Téléphone enregistreur, 102.
- Terrasses de l’Automobile-Club, 367.
- Terres rares et l'incandescence (Les), 338.
- Thermomètre à étain, 279.
- Thermo-sphère (La), 526.
- Thermostat (Nouveau), 342.
- Timbres d’exposition (La philatélie inconnue, les), 255.
- Tir à l’arbalète (Le), 424.
- Tirage des plans (Photographie industrielle), 263.
- Toitures en papier (Les), 278.
- Traction électrique en Allemagne (La), 166.
- Train rapide de la Compagnie du Nord (Le), 214.
- Tramway dangereuse (Rencontre de), 542.
- Tramway à Lyon (Voies de), 22.
- Tramways à gaz, 5.
- Tramways à deux usages (Voies de), 155.
- Transatlantiques (Les grands), 155, 322, 552.
- Transport d’un palais de justice, 53.
- Transsibérien (Le), 599.
- Trellev (Nouveau perfectionnement au), 17 L
- Troupes (Les transports de) ét la guerre du Transvaal, 110.
- Tuberculose et la zomothérapie (La), 566,
- Tuberculose (Guérison de la), 215.
- Tunnel sous la Sprèe (Un), 385.
- Tunnel sous-marin dans le détroit de Gibraltar (Un), 150.
- Turbine à pétrole, 348.
- Tyrosine dans les eaux contaminées, 375.
- Y
- Vaccin de chèvre, 398.
- Vaccinations contre la lièvre typhoïde (Les), 190.
- Val Bregaglia et Yalteline, 123.
- Vapeur (L’échappement de hé, 517.
- Véhicules électriques sur roule, 252.
- Vélo-brancard (Le), 220.
- Viandes tuberculeuses après cuisson, leur consommation en Belgique, 210.
- Victorium (Le), 126.
- Vignoble coûteux, 103.
- Village de fous (Un), 586.
- Vins eu France de 1850 à 1899, 418.
- Vins en 1899 (Les), 150.
- Voie (Appareil avertisseur pour couvrir la), 244.
- Voies de fer (Un croisement de), 375.
- Voiture à gaz (La première), 134,
- Voitures automotrices sur route, 214.
- Volailles en Angleterre (Production et exportation de), 179.
- Volcan andésitique en Algérie, 279.
- Voyelles (Reproduction artificielle des), 263.
- Vue chez les insectes (La), 418.
- Zénithales (Mesure précise des distances), 407.
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- LISTK DLS AUTLUHS
- I» Y R « R » R E IUP II I It î: f IQI E
- Acloqüe (A.). — 1 rivalités sociales chez les scarabées, 201. Adac (Jules). — Chemin de fer de Courcelles aux Invalides, 193.
- Anthony (D'j.— Une chatte de l’île de Man et sa descendance, 148.
- Aschy (P.). — L’industrie des matières colorantes en Allemagne, 151.
- Barde (E.). — Les copeaux de hêtre et la fabrication du vinaigre, 270.
- B. (D.;. — Le chanvre de Manille, 43. — Grue hydraulique de chantier, 51. — Les poudreries indigènes de l'Algérie. 07. — Un nouveau robinet. 87. — Les nouveaux barrages du Nil, 141. — Viandes tuberculeuses après cuisson, 210.
- — L’étain dans le monde, 251. — La pulpe de bois en médecine et chirurgie, 291. — Petite grue simplifiée, 316.
- — Le développement des mamelles supplémentaires chez les brebis, 415.
- ]j. (JC. — Primes aux ouvriers inventeurs, 583.
- Baudry de Saunier (LC. — Le salon du cycle en 1899, 82. — La fabrication d’un pneumatique, 271. 500.
- Bellet CD.). — Machine à repiquer le macadam, 1. — Le Sumac, 6. — Les canonnières démontables et la campagne • du Soudan, 20. — Explosions bizarres de chaudières, 45.
- — Tailleries de diamants d'Amsterdam, 94. — Les transports de troupes, 110. — Les grands transatlantiques, 155.
- — Fabrication automatique des chaînes de bicyclettes, 169.
- — Pont en voyage (Un), 225. — La réclame en action, 279.
- — Le dragage de l’or, 281. — La production du maïs aux États-Unis, 524. — La nouvelle gare de Dresde, 333. — Un dîner circassien, 551. — Les grands transatlantiques, l’Océanic, 552. — L’huile de meni, 366. — Un tunnel sous la Sprée, 385.— Usure des constructions métalliques,405.
- Berger (IP E.). — Loupes et lunettes stéréoscopiques, 387. Blanciiox (II.-L. Alph.). — Les canaris, 38. — Éducation des canaris chanteurs, 142.
- Bonavita (Jean). — Les nouvelles applications de la cellulose, 250.
- Bonjean 'Edmond). — Les eaux d’alimerftation, 563, 594, 419. Boyer (Jacques). — Les fourrures à Nijni-Nowgorod, 195.— Ressources minéralogiques des Philippines, 315.
- Brandicourt (V.). — Les fougères indigènes, 240. — Le nom des plantes, 298.
- Breton (J.-LC. — Les ampoules et anticathodes froides, 229. Buguet (Abel). — Ampoules radiographiques à anlicathodes froides, 294.
- U. (A.). — Le stalf, 205. — Exposition de 1900, l’élargissement du pont d’Iéna, 237.
- Cartaz (Dr A.). — La photolhérapie, 73. — L’anesthésie par la cocaïne, 122. — La station zoologique de AVimereux, 144.
- — Les vaccinations contre la fièvre typhoïde, 190. — La nirvanine, 251. — La tuberculose et la zomothérapie, 366.
- Clément (A.-L.). — Les insectes du tabac, 8.
- Clèves (Victor de). — L’eau distillée est-elle pure?, 196. — Les animaux qui ont la vie dure, 562.
- Correvon (Henry). — La flore alpine, 283.
- Coupin (Henri). — Le clignement des paupières, 11. — La soie et la chaleur du corps, 19. — Histoire naturelle des décorations et des timbres-poste, 37. — La propreté chez les insectes, 66. — Le kéfir dans l’armée, 163. — Les osmies, 227. — Les chalicodomes, 254. — Les araignées sociables, 308. — La propreté corporelle chez les mammifères, 370. — La vue chez les insectes, 418.
- Cunha (A. da). — Le musée ethnographique de Berlin, 3. —
- Vues d’ensemble sur l’Exposition de 1900, 25, 54, 82, 91. 114, 175. 186, 222, 259, 267, 291, 302. — Inauguration de l’Exposition de 1900, 330. — Exposition de 1900, les passerelles sur la Seine, 554.
- D. — Combien y aura-t-il d’entrées à l’Exposition de 1900?, 299. — Le tir à l’arbalète. 424.
- Dehérain (Henri). — Val Bregaglia et Valteline, 123. — La fin du Mahdisme, 217.
- Delauney (Lieutenant-Colonel). — Les grandes vitesses des projectiles de l’artillerie, 138. — Le canon de campagne des Boers, 244. — Les incendies des salles de spectacle à Paris, 259. — Le canon démontable de l’État du Congo, 505. — Périodicité de nos conquêtes coloniales, 547. — Ce que coûtent les coups de canon, 581. — L’éclipse de soleil du 28 mai 1900, 411.
- Derûmk (J.). — Le sol animal, 2. — A propos du principe d’Archimède, 66. — Variations séculaires de l’inclinaison magnétique dans l’antiquité, 90. —Photographie des ondes sonores, 171. — La bouteille de Leyde et la prévision du temps, 202. — Les terres rares et l'incandescence, 338.
- Durand (J.). —Le grand cuirassé anglais « London », 7.
- Embry (Paul' . — L’ascenseur de Saint-Germain. 355.
- Eswtai.i.ier (G.) — Les ballons militaires anglais. 189
- Fauvel (A.-A.). — Cocons ambulants, 329.
- Fernkt (Émile). — Les marbres des Pyrénées, 99.
- Flamel. — Les fils télégraphiques en aluminium, 58. — L'alcool solide, 110. — Ées métaux du soleil, 146. — Le vélo-brancard, 220. — Un village de fous, 386. — Vaccin de chèvre, 398.
- G. (Commandant). — Le destroyer anglais « Viper », 224.
- Gall (J.-F.). — La fièvre aphteuse, 178. — Émile Blanchard, 215.— Cidre par congélation, 219. — Le paratout, 312. — Les grands transatlantiques, 522. — Les ballons et l’hydrogène, 331.
- Gamaz (L.). — Transport d’un palais de justice, 35.
- Giraud (J.). — L’animal mystérieux de la Patagonie, 75. — Académie des sciences, 251, 246, 263, 279, 295, 311, 527, 359, 375.
- Glangkaud (Pii.). — Un chemin de fer dans un cratère, 17.
- Grivot de Grandcourt (Baron).— La halle « dum-dum », 258.
- Hariot (P.). — La flore des ruines, 98. — Flore murale des églises gothiques, 346.
- Henriot (E.). — Le sulfate de fer dans la culture potagère, 321.
- Hoffmann (A.). — L’industrie du savon, 242, 254.
- J. (F.-G.). — Alimentation de Londres, 163.
- Jaubf.rt (Joseph). — L’orage du 13 février 1900, 210.
- Jouanne (G.). — Brûleur à incandescence par le gaz, système Saint-Paul, 68.
- Klein (J.-E.). —Photographie céramique, 290.
- L. (Commandant). — Les canons Sclmeider-Canet, 89. — Canon de 120 millimètres à tir rapide (système Nordenfelt), 375.
- L. (1).). — Une presse hydraulique improvisée, 45. — Un quai naturel en Tunisie, 174. — L’opticien automatique, 183. — La périodicité dans les phénomènes météorologiques, 275. — Un institut bactériologique, 290. — Un succédané du Koumiss, 307. — Outil à couper les tubes des chaudières 323. — Les nains et les géants du cyclisme, 359. — Un croisement da voies de fer, 375. — La culture du Manioc, 386. — Les herbes flottantes et les voies navigables du Soudan, 414.
- Laffarguf, (J.). — Appareil à soulever les rails, 142. — Fabrication de l’acide carbonique liquide, 181. — Applications
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- U STK DES AUTEURS PAR ORDRE AEPR ARETIQUE.
- ir.o
- du chauffage électrique, 205. — Appareillage électrique pour haute tension, 220. — L'auto-cireur, 252. — Appareil avertisseur pour couvrir la voie, 214. — Machine à vapeur de 3000 chevaux, 240. — Diaphragme inseripteur et reproducteur, 504. — Eclair..ge électrique des voitures de chemin de 1er, 507. — L’échappement de la vapeur, 517. — Moteur presse-papier, 528. — La plate-forme mobile à l'Exposition. 374. — Transmission de force motrice, 407. — Le pont roulant électrique à l’Exposition, 415.
- Larbai.etrikr (Albert). — La suie de cheminée employée comme engrais et comme insecticide, 238.
- Lkbois (1).,. — Installation de chauffage électrique dans un hospice, 157. — .Nouveau Galeographe, 408.
- Lebon (J.;. — Les dépôts de charbon et le ravitaillement des navires de guerre, 388.
- Lefèvre (L.). — Application de la photographie au journalisme, 102. — L’indigo artificiel et l’indigo naturel, 10G.
- Leroy (L.).— Comment on tire parti des perles difformes. 380.
- Lk.roy (J.). — Un cyclone, 12. — Crochets pour courroies, 88.
- — Ampoule radiographique à anticathode froide, 90. — l n avant-train électrique 119.— Machine à écrire, sur registres. 295.
- Lestin (II.). — Aérateurs Guzzi, 519.
- Libekt (Lucien;. — Jupiter en 1899, 69.
- I.overdo (.T. de). — Un parasite universel. 51. — Production et exportation de volailles en Angleterre, 179.
- L. (N.-l).). — La philatélie inconnue des timbres d’exposition. 255.
- M. (G.). — Les mansardes de M. A. Ferret, 72. — Allumage et extinction du gaz à distance, l’allumeur-pôle, 199.
- M. (J.). — Un musée chirurgical anglais, 202.
- M- (P. de). — La détérioration du papier, 42. — La mise en place des poulies, 52. — Un cactus de 12 mètres, 156. — Bicycle-traîneau à glace, 152. — L’industrie céramique hollandaise, 187. — La chasse aux sloughis, 211. —Exploitations soufrières espagnoles, 226. — L’éclairage électrique du théâtre de Covent-garden, 286. — Outils pour chaudières, 412.
- M. (P.). — Nouveau perfectionnement au trolley, 171.
- Madeuf (D1-). — La découverte des sources chaudes pir les sei’pents, 191.
- Mareschai, (G.). — Machinerie théâtrale, 83. — Nouveautés photographiques, 113. — Photographie des couleurs, 188.
- — La Sui-se à Paris, 211. — Véhicules électriques sur routes. 252. — Photographie industrielle: tirage des plans, 263. — Les panoramas de l’Exposition, 599.
- Martel (E.-A.U - La gorge du Régalon, 469
- Masingei, (A. . — Edouard Grimanx, 390.
- Maumenk (Albert}. — Distributeur automatique de (leurs, 32.
- — Culture originale de plantes sarmenteuses en guirlandes, 145.
- Mégnin (Pai e). — Eléphants savants, 15. — Les animaux au théâtre, 47. — Fathma et Smaun, les deux nains acrobates du Nouveau-Cirque, 152.— Le cheval et les chiens de Slec-kel, 247.
- Mériei. (P. de). — Le ballon dirigeable, 22. — Le cyclone des Antilles, 107. — Les grandes gares du monde, 172. — Le chemin de fer électrique de Laon, 235. — Un caisson mobile pour la réparation des quais, 515. — L’assèchement des chutes du Niagara, 331. — Une porte toujours ouverte, toujours fermée, 545. — Turbine à pélrole, 548. — Un cintre à dilatation pour la construction des conduites voûtées, 571. — Nouveau procédé pour la manipulation du sel, 377. — L'ulilisaliou mécanique des cataractes du Nil, 382.
- Mocquery (C.). — Échelle thermométrique naturelle, 3
- Morand (D.'. — Tramways à gaz, 3.
- Moreux (L'abbé Ch.). — Éclipse de lune, 79.
- Mcry (Francis). — Au pays des Boers, 27. — Les éléphants au Siam et au Cambodge, 159.
- N. (M.’. — Voies de tramway à Lyon, 22.
- Nar.mli.ac (Mis de). — Les Caraïbes, 593.
- O. (T.). —La portée et le prix des canons, 11. — L’iode de la mer, 226.
- ÜDALSKi (T.). — Quang-Tchéou-NVan, 18. — Les câbles sous-marins français, 22. — Métallurgie de l’aluminiun, 139.
- — In-Salah, 158. — La métallurgie du manganèse et du chrome, 275. — Distributeur de timbres-poste et de cartes postales, 549.
- üc.amasse (P. ié). — Boules de neige, 318.
- Orro (M.). — Les essences concrètes, 49.
- Oistalet (E.). — A. Milne Edwards, 545. — La longévité chez les animaux vertébrés, 378.
- Pape (L.). — Ellipsographe, 44.
- Parmi.le (Henri de). — La lune et la coupe des arbres, 78
- — La nouvelle heure, 110. — L’heure en Europe, 162, 170. — Excursion scientilique aux chantiers de l’Exposition, 185. — L’association des inventeurs et la propriété industrielle, 194. — Le sérum anti-alcoolique, 218. — Résurrection, 265. — Joseph Bertrand, 515. — Pâques, 514.
- Pei.lissier (G.). — 1,’origine de la pile de Volta, 126.
- Périsse (Lucien). — Omnibus automobiles, 140.
- Piatxitsky (N.). —Pougneklia-h'hapiou, 251.
- Pn.LiciiADY (A.). — Un genévrier arborescent, 552.
- Pi.umandon (J.-R.). —Le froid dans la France centrale, 95. — L’évolution des cumulus, 297.
- Priem (F.). — L’hélieoprion, reste d’un poisson fossile découvert en Russie, 121.
- R. (A.). — Le pesage des locomotives. 561.
- R. ;,| ). — Nouvelle machine à scier les pierres dures, 151.
- — Poudre magnésique sans fumée et lampe-éclair, 168.
- R. (L.). — Étau à mâchoires plastiques, 6. — Machine à courber les tubes, 52.
- Rabot (Chaules). — Le bœuf musqué, 105.
- Rabolrdin (Louis). — La géométrie dans les montagnes lunaires, 40.
- Rochas (Albert de). — Les muscles expressifs de la face, 127.
- Rochefort (Octave). — Nouvel interrupteur automatique, 510.
- Romane (G. de). — l.'arlillcrie anglaise au Transvaal, 155. — Les alpins en hiver, 207.
- Séry(A.). — Le gramophone, 592.
- Tissandier (Albert). — Un incendie à Yokohama, 105. — Le Vieux Paris à l'Exposition de 1900, 164. — Râlions mi i-taires, 227.—Terrasses de TAutomobile-Club, 567.
- Usf.ladk (J.). —Forteresses vitrifiées, 42.
- Yarigny (Henry de). — L’élevage du lion en Irlande, 582.
- Villedeuii. (Ch. de). — Académie des sciences (séances hebdomadaires de P), 15, 31, 46. 70, 87, 119. 135. 151, 167. 185. 199, 214, 591, 407 , 425. — Anomalies de la pesanteur en France, 286.
- Vinot (Joseph). — Les petites planètes, 80.
- Vitoux (Georges). — Un nouveau télémètre, 205.
- Yoizot (P.); — La poterie d’étain en Angleterre. 53.
- X. (Commandant). — Les automobiles de guerre, 97.
- Ycng (E.). — Le perspecteur mécanique, 197.
- Widjier (Ed.). — Ligne de Courcelles au Cbamp-ie-Mars. 34.
- Wriska (D.). — Découverte de kaolin au sud de la Russie, 332.
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-
- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués
- dans cette table en lettres italiques.
- Astronomie.
- Électricité théorique et appliquée.
- La géométrie dans les .montagnes lunaires (Louis IU-
- bourdin)...........................................
- Eilipsographe (L. Pare)...............................
- Jupiter en 1899 (Lucien Libert).......................
- Éclipse de lune (I’Abbé Tu. SIoreux)..................
- La nouvelle heure (Henri de Parville).................
- L’heure en Europe (Henri de Parvii.ee) .... 102.
- L’éclipse de soleil du 28 mai 1900 (Bkeaeney . . . .
- Nouvelle petite planète...............................
- Eclipse partielle de lune visible à Paris.............
- La parallaxe du soleil................................
- L’Observatoire de Nice................................
- Petite planète E/Z....................................
- La confection de la carte du ciel.....................
- Dédoublement d'étoile.................................
- Les deux premières petites planètes de 1900. . . .
- Astéroïdes télescopiques..............................
- La planète Mercure................................. . .
- Mesure précise des distances zénithales...............
- 40
- 44
- 09
- 79
- 110
- 170
- 411
- 14
- 40
- 40
- 118
- 134
- 151
- 199
- 202
- 375
- 406
- 407
- Physique générale.
- Échelle thermométrique naturelle (C. SIocqxjery). ... 3
- La soie et la chaleur du corps (Henri Coupin)....... 19
- A piopos du principe d’Archimède (,l. Derôme)....... 06
- Brûleur à incandescence par le gaz (G. Jouanne). . . 08
- Ampoule radiographique à anticalhode froide (J. Leroy). 99 La photographie des ondes sonores ;J. Derôme) .... 171
- La bouteille de Levde et la prévision du temps .1. De-
- rô.me)..............................................202
- En nouveau télémètre (Georges Yitocx)...............205
- Les ampoules à anlicathodcs froides i.l.-L. Breton). . . 229
- Anomalies de la pesanteur en France ICn. de Yieeedeuie). 280 Ampoules radiographiques à anlicathodes froides (Aiiei.
- Bugdet).............................................294
- Diaphragme inscriplcur et reproducteur (J. Lakfargce). 704 Les terres rares et l'incandescence J- Derôme) .... 338
- Loupes et lunettes stéréoscopiques (Dr E. Berger . . . 387
- Le gramophone (A. Séry)................................392
- Propriétés des radiations du radium.................. 31
- La densité de la terre................................ 47
- Propriétés des radiations du radium et du polonium. 119
- Propriétés des rayons du radium....................... 167
- Les poids et mesures en Russie.........................182
- Four à tenipéi a(ure constante.........................247
- Les rayons du radium...................................247
- Thermomètre à étain....................................279
- Le rayonnement du radium. ... 295
- Transmission des rayons du radium......................327
- Fluorescence de divers sels sous l’influence des rayons
- Rœntgen el Becquerel......................... • 342
- L'air liquide et le procédé Pic’rl ....................574
- Les rayons du radium.................. ... 375
- Rayonnement dn radium. ......... 575
- Les câbles sous-marins français (T. Oiulski).......... 22
- Les fils télégraphiques en aluminium (Flamei.' . .... 58
- Les télégraphes chinois................................... 51
- L’origine de la pile de Yolta (G. Pellissier).............120
- Installation de chauffage électrique dans un hospice
- D. Lebois)............................................ 157
- Métallurgie de l’aluminium (T. Obalski'...................159
- Nouveau perfectionnement au trolley I1. M..............171
- Allumage el extinction du gaz à distance. FaHurpeur
- pôle (G. SL;.............\.......................... . 199
- Applications du chauffage électrique (J. Laffaiîgue). . . 203
- Appareillage électrique pour haute tension (J. Laffargue). 220 Le chemin de fer électrique de Laon (P. de SIériei/. . 235 Véhicules électriques sur routes G. SIareschal). . . . 252 L’éclairage électrique du théâtre de Covent-gnrden (P.
- de M.f.................................................286
- Courants de haute fréquence et échanges organiques . 302
- Eclairage électrique des voitures de chemin de fer (J. L.). 307
- Nouvel interrupteur automatique (Octave Rociiefort) . 340
- La plate-forme mobile à l’Exposition (J. L.)..............374
- Transmission de force motrice et traction électrique (J. L.) 407 Le pont roulant électrique à l'Exposition (J. Laffargue). 415
- Expériences téléphoniques............................. . 15
- Téléphone enregistreur.................................. 102
- La télégraphie aux ondes hertziennes......................102
- La traction électrique en Allemagne.......................166
- La démolition des ponts à l'électricité...................182
- Nouvelle lampe à incandescence Edison.....................182
- Transmission de l'électricité par l’air à haute température ................................................250
- Les procédés éleclrolyliques dans l’industrie. . . . 202
- Les lampes à arc..........................................278
- Relais monotélé phonique..................................279
- Lampes à incandescence....................................295
- Station centrale d'énergie électrique à Aeu -Yorl,. . 310
- Télégraphie sans fl........................ 311, 407, 425
- Appareil de mise à la ferre...............................327
- Transpoit d'électricité par les rayons secondaires. 527
- Nouveau mode d’entretien électrique des diapasons. 527
- Nouveau thermostat........................................542
- Appareil producteur d'étincelles de 11,1,20 ............. 545
- La distribution de l’cnergie électrique à Paris. . . 558
- Eleclro culture.......................................... 406
- Téle'grapltone. ..........................................422
- Photographie.
- Application de la photographie au journalisme (L. I.if'-vre). 102
- Nouveautés photographiques (G. SIaresiiiu.)...............115
- Poudre magnétique sans fumée (J. R.)..................168
- Photographie des couleurs (G. SIaresciiae)..............188
- Photographie industrielle, tirage des pl.-n« (G SIares-
- ciiae). . . ...........................................265
- Photographie céramique (J.-E. Klein)................ 291
- p.431 - vue 435/544
-
-
-
- TAIÎLK DK S .MATIÈKKS.
- ir»2
- T7'ans (or malion des clichés ordinaires..........loi
- Application de ht photographie à la topographie. . 203
- Chimie générale.
- La poterie d’étain en Angleterre (P. Voi/ot'.........
- Forteresses vitrifiées (J. Uselade)..................
- La détérioration dn papier (P. de M.)................
- Les essences concrètes Al. Otto,.....................
- Les poudreries indigènes de l'Algérie (D. IL)........
- L’indigo artificiel et l’indigo naturel 'Léon Lefèvre . .
- [/alcool solide (Flamel).............................
- Le victorium.........................................
- Les «létaux du soleil (Flajiei.).....................
- L’industrie des matières colorantes en Allemagne
- (P. Aschy)........................................
- Fabrication de l’acide carbonique liquide (J. Lafkvrouk). L’eau distillée est-elle pure? (Victor de Clèves). . .
- C.idrc par congélation (.I.-F. Gaie). ...............
- L’iode de la mer 1. O................................
- Exploitations soufrières espagnoles P. ns M.) . . . .
- L’industrie du savon, (A. Hoffmann;........... 242,
- Les nouvelles applications de la cellulose (Jean Bonavita). Les copeaux de hêtre et la fabrication du vinaigre
- (E. Barde]........................................
- Métallurgie du manganèse et du chromo (T. Odai.ski).
- Le draga’ge de l’or (Daniel Belt.et).................
- Un succédané du Koumiss ([)• L.).....................
- Découverte de kaolin au sud de la Russie D. Wiîiska).
- Ce qu'on tire du goudron.............................
- Les taches noires du papier..........................
- L'arsenic dans l’organisme...........................
- Alliages d'aliminium et de magnésium : a le ma-
- gnalium ».........................................
- Expériences sur le lait employé à la fabrication du
- fromage...........................................
- La consommation du sucre.............................
- Reconstitution des anciennes méthodes de fabrication de la peinture................................
- Extraction du caoutchouc.............................
- Séparation de l'hydrogène et de ses carbures . . .
- L'aluminium..........................................
- Les eaux calcaires. .................................
- Composition en volume du fluor.......................
- Action du fluor sur le manganèse.....................
- Nouveau procédé de purification de l'eau.............
- Les eaux de source à Paris...........................
- Distribution des eaux à Pai-is.......................
- Un nouveau gaz fluoré................................
- Le fluorure manganeux................................
- Eermentation propre des celluh s en vase clos . . .
- Gaz des eaux minérales...............................
- Tyrosine dans les eaux contaminées...................
- Formation d'acide azotique dans certaines combustions.............................................
- 35
- 42
- 42
- 49
- 07
- 106
- 110
- 126
- 146
- 182
- 106
- 210
- 226
- 226
- 234
- 250
- 270
- 275
- 281
- 307
- 532
- 14
- 14
- 31
- 86
- 103
- 151
- 166
- 167
- 183
- 108
- 230
- 231 247 270 204 204 511 575 375 575 375
- 423
- Météorologie — Physique du globe Géologie. — Minéralogie.
- Un cyclone dans la forêt de Villers-Cottercts (J. Leroy). 12 Variations séculaires de l’inclinaison magnétique dans
- l’antiquité (J. Derôsie)...................................00
- Le froid dans la France centrale (J.-R. Pi.ümandon). . . 05
- Le marbre des Pyrénées (Emile Fernet)................... 90
- Le cyclone des Antilles (P. de Mériel)..................107
- I/orage du 13 février 1000 (Joseph Jaluert).............210
- La périodicité dansles phénomènes météorologiques (D. L.) 275
- L’évolution des cumulus (J.-R. Plumandon)...................207
- Ressources minéralogiques des Philippines (Jacques Rover). 315
- Le pays de la soif..........................................323
- L’assèchement des chutes du 5’iagara (P. de IL). . . . 331 Magnétisme terrestre................................,. . . 383
- La gorge du Régalon (E.-A. Martel)..................400
- Sur l’hiver de 1899-1900............................134
- Phénomène de dénudation du sol..................135
- Géologie de la Chine................................151
- Une ile de soufre...................................166
- Exploration géologique de l’Algérie.................167
- Géologie australienne...............................167
- La carbonifère de Madagascar........................185
- Matériaux de roches disparues.......................183
- Les richesses minérales de la Sibérie...............109
- Modes de formation des chaînes de montagne. ... 214
- Fossiles de Chine...................................251
- La mer en Auvergne..................................231
- Phénomènes de dénudation géologique................231
- La symétrie tétraédrique du globe terrestre .... 246
- Gisement de grands reptiles secondaires.............247
- Les inondations dans le Texas.......................262
- Les faciès des gites métallifères...................263
- Volcan andésitique en Algérie.......................270
- Formation de montagnes dans le bassin de Paris . 205
- Anciens glaciers dans les Karpathes.................511
- Les montagnes du bassin de Paris....................311
- Nouvelle lycopodiacée fossile.......................543
- Géologie du Portugal................................345
- Les éboule me ut s successifs des chutes du Niagara . 358
- Silurien supérieur de Bretagne......................575
- Roches éruptives de Madagascar......................375
- Mines naturelles de savon...........................423
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- Le sol animal (J. Derôme)............................. 2
- Le clignement des paupières (Henri Coüpin)............ Il
- La pliotothèrapie (I)r A. Cartaz)..................... 73
- L’anesthésie par la cocaïne (Dr A. Cartaz)............122
- Les muscles expressifs de la face (Ai.dert de Rochas). . 127
- Fatluna et Smaun (Paul Mkunt.n).......................152
- La fièvre aphteuse (J.-F. Gai.i.)...........................178
- Les vaccinations contre la fièvre thyphoïde (IFA. Cartaz' . 100
- Un musée chirurgical anglais (J. M.,).................202
- Viandes tuberculeuses après cuisson (D. B.)...........210
- Le sérum anti-alcoolique (Henri de Parville)..............218
- Le vélo-brancard (Flamel)...................................220
- La nirvanine (Dr A. Cartaz).................................251
- Résurrection (Henri de Parville)........................ 265
- Un institut bactériologique (D. L.)......................290
- La pulpe de bois en médecine et en chirurgie (D. B/. 291
- L’actinomycose...........................................506
- Le sens esthétique des couleurs chez l’enfant............307
- Aérateurs Guzzi (II. Lestin).............................310
- Les eaux d’alimentation publique et privée (Edmond
- Bonjean)................................ 363, 594, 410
- La tuberculose et la zomothérapie (Dr A. Cartaz). . . 566
- Vaccin de chèvre (Flamel)............................... 598
- Entrainement des cellules par le sang.................... 15
- Pseudo-tuberculose....................................... 47
- Les eaux potables à Paris en 1900....................... 119
- Influence des maladies de la mer sur les enfants. . 119
- Les microbes de la mer.................................. 166
- Pharmacopée ancienne et moderne......................... 166
- La défense de l’organisme................................167
- L’arsenic dans l’organisme...............................185
- Guéi'ison de la tuberculose..............................215
- Sérothérapie du charbon................................231
- A propos de la fièvre typhoïde...........................231
- Le fil au celluloïd....................................246
- Causes des maladies de la grossesse....................247
- Influence des détonations répétées sur l’oreille. . . 278
- Anémie des centres nerveux...............................27!)
- Transformation des graisses en glycogène dans l’organisme........................................... 295
- Absorption des iodures par la peau.....................205
- Transmission de Valcoolisme de la mère à l’enfant. 205
- p.432 - vue 436/544
-
-
-
- TAULE DES MATIÈRES.
- 453
- Reproduction artificielle de la carie dentaire. ... 311
- L'iode de la glande thyroïde........................311
- Immunité contre le charbon symptomatique .... 328
- Le sucre et la température animale..................342
- La fatigue nerveuse.................................375
- La vie des microbes dans l’air liquide......... 501
- Traitement du niai de mer...........................301
- L’alcoolisme dans l'armée...........................422
- Diagnostic des bacilles.............................423
- Mécanique. — Art de l’ingénieur. Construction.
- Machine à repiquer le macadam (Daniel Bellet) . . .
- Tramways à gaz (D. Morand)............................
- K tau à mâchoires plastiques (L. R.)..................
- Un chemin de fer dans un cratère (Pu. Glangeaud). . .
- Voies de tramways à Lyon (M. S.)......................
- Transport d’un palais de justice (L. Gamaz)...........
- Ligne de Courcelles au Champ-de-Mars (Ed. Widmeri. .
- Une presse hydraulique improvisée (D. L.).............
- Explosions bizarres de chaudières (Daniel Bellet). . .
- Grue hydraulique de chantier (D. B.)..................
- Machine à courber les tubes (L. R.)...................
- La mise en place des poulies (P. de M.)...............
- Le salon du cycle de 1899 (L. Baudry de Saunier). . . Un nouveau robinet pour les réservoirs d’air comprimé
- (D. B.)...........................................
- Crochets pour courroies (J. Leroy)....................
- Avant-train électrique (J. Leroy).....................
- Nouvelle machine à scier les pierres dures (J. II.). . . Omnibus automobiles pour les services de ville (Lucien
- Périsse)..........................................
- Appareil à soulever les rails (J. Laffargue)..........
- Bicycle traîneau à glace (P. de M.)...................
- Fabrication automatique des chaînes de bicyclettes (Daniel Bellet).........................................
- Les grandes gares du monde (Pierre de Mériel). ... Chemin de fer de Courcelles aux Invalides (Jules Adac).
- Le perspecteur mécanique (E. Yung)....................
- Le statU (A. C.)......................................
- Un pont en voyage (Daniel.Bellet).....................
- Appareil avertisseur pour couvrir la voie (J. Laffargue). Machines à vapeur de 3000 chevaux (J. Laffargue).. . La fabrication d’un pneumatique (L. Baüdripe .Saunier). 271.
- Petite grue simplifiée (D. B.)........................
- L’échappement de la vapeur (J. L.)....................
- Outil à couper les tubes de chaudières (D. L.). . . .
- La nouvelle gare de Dresde (Daniel Bellet)............
- L’ascenseur de Saint-Germain (Paul Embry).............
- Turbine à pétrole (P. de Mériel)......................
- Distributeur de timbres-poste et de cartes postales
- (T. Obalski'j.....................................
- Les nains et les géants du cyclisme (D. L.)...........
- Le pesage des locomotives (A. R ).....................
- Un cintre à dilatation pour la construction des conduites
- voûtées (Pierre de Mériel)........................
- Un chef-d’œuvre, un croisement de voies de fer (D. L.). Nouveau procédé pour la manipulation du sel (P. de M.).
- Un tunnel sous la Sprée (Daniel Bellet)...............
- L’utilisation mécanique des cataractes du Nil (P. de M.). Usure des constructions métalliques (D. Bellet). . . . Outils pour l’entretien des chaudières (P. de M.) . . . Les chutes de neige sur les chem ins de fer américains.
- Un arbre de couche par chemin de fer..................
- Machine à vapeur verticale............................
- Un pont de huit siècles...............................
- La première voiture à gaz.............................
- Voies de tramways à deux usages.......................
- Un tunnel sous-marin dans le détroit de Gibraltar. Les plus anciennes locomotives en service,. . .
- Appareil automatique pour le retour des eaux condensées dans les chaudières. ........................
- 4
- 5
- 6 17 22 53 38 43 45
- 51
- 52 52 82
- 87
- 88 119 131
- 140
- 142
- 152
- 169
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- 193
- 197
- 203
- 225
- 244
- 249
- 300
- 316
- 317 323 333 335
- 348
- 349
- 360
- 361
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- 382
- 403
- 412
- 30
- 31 86
- 103
- 154
- 135
- 150
- 166
- 199
- Voitures automotrices sur roules.................214
- Le nouveau train rapide delà compagnie du Nord. 214
- Accidents de chemins de fer en Amérique..........262
- Les chemins de fer au Sium.........................263
- Les locomotives à combustion liquidai..............278
- Un pont de 1500 mètres sur un port................279
- La force motrice en France ........................510
- Le réseau japonais.................................311
- Un bateau-chemin de fer............................342
- Un gazomètre gigantesque...........................375
- Comment on calcule la puissance des locomotives. . 406
- Sciences naturelles. — Zoologie.
- Botanique. — Paléontologie.
- Les insectes du tabac (A.-L. Clément)................. 8
- Histoire naturelle des décorations (Henri Coupin) ... 58
- Les Canaris (H.-L. Alpii. Blanvhon)................... 38
- Un parasite universel (J de Lover do)................. 50
- La propreté chez les insectes (H. Couiun)............. 66
- L’animal mystérieux de la Patagonie;(J. Giraud). ... 75
- La flore des ruines (P. IIariot) ..................... 98
- Le bœuf musqué (Charles Rabot)........................105
- L’hélicoprion (F. Prier).............................. 121
- Education des canaris chanteurs (H.-L. Alpii. Bi.angiion) 142 Culture originale de plantes sarnienteuses en guirlandes
- (Albert Maumené)..................................146
- La station zoologique de Wimereux (Dr A. Cartaz). . . 146
- Une chatte de File de Man (Dr Anthony)................148
- Les éléphants au Siam et au Cambodge (Francis Mury). 159 La découverte des sources chaudes par les serpents
- (IP Madeuf)........................................191
- Inégalités chez les scarabées (A. Acloqde)............201
- Les chasses aux sloughis (P. de M.) . . . ............211
- Les osmics (Henri Coupin).............................227
- Les chalicodomes (Henri Coupin).........................254
- Les fougères indigènes (V. Brandicourt)............... 240,
- La flore alpine (Henri Correvon)........................283
- Le nom des plantes (V. Brandicourt).....................298
- Les araignées sociables (H. Coupin).....................308
- Cocons ambulants (A.-A. Fauvel).........................329
- Flore murale des églises gothiques (P. Hariot .... 346
- Un genévrier arborescent (A. Pillicuadt)................352
- Les animaux qui ont la vie dure (Victor de Cli.ves) . . 362
- La propreté corporelle chez les mammifères (Henri
- Coupin)..............................................370
- La longévité chez les animaux vertébrés (E. Oüstalet). 378 L’élevage du lion en Irlande (Henry de Varigny). . . . 582
- La vue chez les insectes Henri Coupin)..................418
- Nids d’oiseaux.......................................... 30
- Les hybrides bizarres................................... 30
- Du rôle des nodosités des racines.......................119
- Destruction des loups.................................. 135
- Les arbres de Paris.....................................150
- Les moustiques cl le kérosène...........................198
- Description d’un animal inconnu.........................215
- Culture des lupins......................................215
- Nouveau parasite de la vigne............................231
- Action de la traction sur les tiges des plantes en
- voie de croissance...................................247
- Influence du sujet sur le greffon.......................247
- Une plante qui pousse vite............................. 263
- Double fécondation des Phanérogames.....................263
- Nouveau bacille de la houille...........................263
- Sur le Péripate.........................................265
- Éclairage par insectes phosphorescents..................278
- La gutta-percha des feuilles............................279
- Développement de la chlorophylle à l’obscurité. . . 279
- Influence du froid sur la structure de la cellule . . 279
- Retour des hybrides aux ascendants......................295
- La chasse aux rennes dans l’Alaska......................310
- Le bois de hétt'e ..................................... 311
- La destruction des rats............*. ... 311
- p.433 - vue 437/544
-
-
-
- T AI1L K DES MATIERES.
- iV,
- Némertiens et Phoronidiens........................511
- Développement des tænias..........................511
- Empoisonnement par l’Œnanthe crocata..............327
- Tige cristalline des lamellibranches..............373
- Le danger des plantes d’appartement...............407
- Géographie. — Voyages d’explorations.
- Quang-Tchéou-Wan (T. Obalski)........................ 18
- Au pays îles Boers (Francis Mlry).................. ‘27
- Val Bregaglia et Valteliue (Henri Dkhkhain.........123
- Les nouveaux barrages du Ml (I). IL)............... 141
- In-Salah (T. Obalski)................................ 138
- Un quai naturel en Tunisie D. I................ 174
- Pougnekha-Kbapiou (N. Piatnitsky).................... ‘251
- Géographie de la France à l'époque tertiaire. ... 47
- Explorations souterraines......................• • 47
- La latitude de Genève................................182
- Les canaux des grands lacs au Canada..................246
- Géographie botanique de l’Afrique occidentale française .............................................
- Géographie de Madagascar...........................
- Anthropologie. — Ethnographie. Sciences préhistoriques.
- Le musée ethnographique de Berlin (P. de M.; . . . . 5
- La (in du mahdisme (Henri Dehérain).................217
- Un dîner circassien (1). B.)........................551
- Un village de fous (Flamel).........................586
- Les Caraïbes (Mis de Aadaillal}.....................305
- Art militaire. — Marine. — Guerre.
- Le grand cuirassé anglais « London » J. Dlranr,. . . 7
- La portée et le prix des canons (T. 0.).................. H
- Les canonnières démontables (Daniel Bellet)................. 20
- Les canons Schneider-Canet (Commandant L ..)............. 80
- Les automobiles de guerre (Commandant A.................. 05
- Les transports de troupes (Daniel Bellet)...................110
- Les grandes vitesses des projectiles de l’artillerie (Lieut.-
- colonel Delaüney)........................................158
- L'artillerie anglaise au Transvaal G. de Romane). ... 153
- Les grands transatlantiques « Kaiser Wilhelm » (Panel
- Bellet)................................................15.)
- Le kéfir dans l’armée (Henri Couimn)........................163
- Les Alpins en hiver (G. de Douane)..........................207
- Le destroyer anglais « Viper » (Commandant G. . . . . 224
- Le canon de campagne des Boers (lieut.-colonel Delacxkv) 244 La balle « Dum-dum » (Baron Giuvot de Granucocrt; . 258
- Le canon démontable de l’état du Congo Lieut.-coloncl
- Delaüney)................................................305
- Un caisson mobile pour la réparation des quais (P. de
- Mériei.).................................................315
- Les grands transatlantiques (J.-F. Gall)....................522
- Périodicité de nos conquêtes coloniales (Lieut.-colonel
- Delaüney)............................................... 347
- Les grands transatlantiques, F ci Océanie a Daniel Bellet) 552 Canon de 120 millimétrés à tir rapide système Nordcn-
- Telt) Commandant !....)..................................575
- Ce que coûtent les coups de canon (Lieut.-colonel Bei.al-
- ney'.....................................................581
- Les dépôts de charbon et le ravitaillement des navires
- de guerre J. Lebon;......................................588
- Nouvelle formation de combat pour les escadres. La phalange hexagonale.......................................399
- Les herbes Bottantes et les voies navigables du Soudan
- (I). L.)............................................... 4L4
- La disparition des gondoles................................ 50
- Fcrnj-boats électriques en Amérique......................... 51
- Destruction des vieux canons .........................102
- Chargement de campagne du fantassin allemand. . 105
- Colombophilie militaire...............................182
- Navire de guerre Danois...............................278
- Canon d’un nouveau genre..............................294
- Les chantiers de constructions maritimes en Ecosse. 294
- Un vieux steamer de guerre............................545
- Ilevoluer de l’armée allemande........................406
- Artillerie anglaise au Transvaal......................422
- La construction des grands navires sur les lacs américains.........................................425
- Aéronautique.
- Le ballon dirigeable (P. de Mékiel)............... 22
- Les ballons militaires anglais G. Espitai.lieii.......189
- Ballons militaires (Albert Tissandier)................227
- Les ballons et l'hydrogène (J.-F. Gall................351
- Société française de la navigation aérienne........... 46
- Un ballon monstre.....................................135
- La thermo-sphère......................................526
- .4 propos de navigation aérienne......................328
- Télégraphie sans fil en aérostat......................407
- Notices nécrologiques. — Histoire de la science.
- Émile Blanchard (J.-F. Gall)..........................215
- Joseph Bertrand (Henri de Parville)...................315
- A. Jlilne Edwards (E. Oustalet........................545
- Edouard Grimaux A. Masinokl'....................... . 590
- Philippe Salomon......................................230
- Emmanuel Liais........................................262
- il/. Gottlicb Daimler.................................262
- Mort de AI. Alphonse Ali!ne Edwards...................359
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Exposition de 1900. Les travaux sur les berges de la
- Seine A. da Clniia)................................. 4
- Exposition de 1900. L’architecture du pont Alexandre 111
- A. da Ci nii\....................................... 23
- Vues d’ensemble sur l’Exposition de 1900 (A. da
- Clara)............................ 54, 91, 186, 222, 502
- Académie des Sciences. (Séances hebdomadaires de 1’)
- 15, 51, 46, 70, 87, 103, 119, 155, 151, 167, 183,
- 199, 214, 231, 246, 263, 279, 295, 311, 327, 543,
- 359, 375, 591, 407. 423.
- Exposition de 1900. La porte monumentale (A. da Clniia). 79 Exposition de 1900. La couverture de la grande nef du
- Palais des Beaux-Arts (A. da Clniia....................114
- Le Vieux Paris à l’Exposition de 1900 (AlbertTissandier). 164 Exposition de 1900. Le palais des Armées de terre et de
- mer (A. da Cunha)....................................... 175
- Excursioh scientifique aux chantiers de l’Exposition
- Henri de Parville)..................................... 185
- La Suisse à Paris (G. Marescii.i.............................211
- Exposition de 1900. L’élargissement du pont d lcna A.C.;. 237 Exposition de 1900. Les possessions françaises au Troca-
- déro (A. da Clniia)......................................259
- Exposition de 1900. Les services mécaniques (A. iu Clniia) . 267 L’Excursion de La Nature sur les chantiers de l’Exposition de 1900 La Direction).................................287
- Exposition de 1900. Les installations mécaniques (A. da
- Clniia'..................................................291
- Inauguration de l’Exposition de 1900 A. da Clniia, . . 530
- Exposition de 1900. Les passerelles sur la Seine A. da
- Clniia)..................................................554
- Les panoramas de l'Exposition. — Le stéréorama. — Le transsibérien (G. JIarlsliiai.............................599
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- I A H [.K DKS MATIÈRES. t.™
- Bi-centenaire de l'Académie des sciences de Berlin . . 416
- Elections......................................BT, 125
- Election d'un correspondant pour la section de physique..........................................‘21)5, 528
- Correspondance........................................55!)
- Société française de physique..........................558
- Election d'un délégué au Conseil supérieur de l'Instruction publique.................................. 551)
- Election d'un associé étranger à l'« Académie des sciences »........................................... 575
- Agriculture. — Acclimatation. — Pisciculture.
- Le Sumac I ). B. ’................................... 6
- La lune et la coupe des arbres (Henri de Parwlle,. . 78
- Production et exportation de volailles en Angleterre
- (J. iie Lovfrdo).................................... 179
- La suie de cheminée employée comme engrais et comme
- insecticide (Albert Larbalétrieh;...................‘258
- Le paratout (J.-F. Gall)................................512
- Les produits de nos colonies ...........................519
- Le sulfate de fer dans la culture potagère (K. Henriot . 521 La production du maïs aux États-Fnis (Daniel Bellec). 524
- L’huile de Meni (D. B. . . .....................566
- La culture du manioc (D. L...........................586
- Le blé et les corbeaux.................................414
- Le développement des mamelles supplémentaires chez
- les brebis (D. B.'...................................415
- Influence du climat sur les végétaux.................... 87
- Vignoble coûteux....................................... 105
- Utilisation du moût à cidre............................ 119
- Le blé et l'engraissement du bétail.................. 155
- Utilité des araignées sur les espaliers..............279
- Les œufs en Allemagne et en Angleterre...............527
- Maladie des pruniers dans le Lot-et-Garonne. . . . 527
- Chlorose de la, vigne...................................545
- Nécessité des cultures expérimentales...................575
- Le commerce des œufs aux Etats-Unis.....................519
- Récréations scientifiques.
- Lléphanls savants (Paüi. Mégnin)......................... 15
- Distributeur automatique de fleurs 'Albert Malmené).. 52
- Les animaux au théâtre (Paul Mégnes)..................... 47
- L’auto-cireur .1. Laffargle)...............................252
- Le cheval et les chiens de Steckel au Nouveau-Cirque
- (Paul Mégnin)...........................................247
- l ne porte toujours ouverte, toujours fermée P. de M.). 545
- Nouveau calcographe (D. Leuois)............................408
- Le tir à l’arbalcte (l).j..................................424
- Variétés. — Statistiques. — Généralités.
- La population de la France en 1898. c~.............. 42
- Le chanvre de Manille 'D. B. i . ................... 45
- Les mansardes de M. A. Ferret G. M.................. 72
- Tailleries de diamants d'Amsterdam vDaniel Bei.i.et . . 94
- Fn incendie à Yokohama (Albert Tissandter^..........105
- La production de For dans le morde..................126
- Alimentation de Londres (J.-F. G). ........ . 165
- L’opticien automatique (I). L.)........................185
- L’industrie céramique hollandaise (P. iie M.........187
- L’association des inventeurs et la propriété industrielle
- (Henri de Parvili.e)................................194
- Les fourrures à Nijni-Nowgorod (Jacqcf:s Boyer). . . . 195
- L’étain dans le monde (D. B.)..................... . 251
- La philatélie inconnue, les timbres d’exposition (D. L.
- N.).................................................255
- Les incendies des salles de spectacle de Paris : Dei.acney) . 259
- La réclame en action (Daniel Bellei)...................279
- Machine à écrire sur registres (J. Leroy)..............295
- Combien y aura-t-il d’entrées à l’Exposition de I960? (D.). 299
- Pâques (Henri de Parville)..........................514
- Boules de neige (P. d’Ocamasse......................518
- Moteur presse-papier (J.-L.)........................528
- Terrasses de l'Automobile-Cluh (Albert Tissandier). . . 567
- Comment on tire partie des perles difformes (L. Leroy). 580
- Primes aux ouvriers inventeurs (J. IL'.................585
- Production des vins en France de 1850 à 1899 .... 418
- Suggestion et auto-suggestion.......................... 14
- Un laboratoire de recherches et d'essais pour le
- commerce............................................ 14
- léalimentalion de la morue............................. 14
- La vente du lait à New-Yorh............................ 50
- Les chemins de fer ati Soudan.................. . 51
- Les bienfaiteurs de la science........................ 46
- Les grandes agglomérations urbaines dans l'Inde. 87
- Interdiction des émaillages au plomb en Grande-
- Bretagne ........................................... 86
- Une conduite de pétrole en Transcaucasie............... 86
- Les vins en 1899...................................... 150
- Le système métrique................................... 166
- Les fluxions de la Jungfrau.......................... 251
- Reproduction artificielle des voyelles.................265
- Les toitures en papier.................................278
- La bière au Japon.............................. . 278
- La production d'une houillère..........................278
- Production du charbon dans le monde en 18„9. . . 510
- Vente des primeurs françaises à Saint-Pétersbourg. 542
- La circulation dans les grandes villes.................542
- Rencontre de tramways dangereuse.......................542
- Le père des chemins de fer.............................545
- Consommation du gaz pendant les Expositions. . . 558
- Un charbonnage monstre................................ 406
- Migrations polynésiennes...............................410
- FIN
- DLS TABLES
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- K K 11 ATA
- Page 47, col. 1, ligne 54. Au lieu de :
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- Tertiaire
- Secondaire.
- Phytolaeca
- Phytolacca.
- Kirschlegett.
- Kirschleger.
- Centronckus. Centranthus.
- Eriyeron anenden-sis.
- Erigcron Catien-demis.
- Page 131, col. 1, ligne 49. Au lieu de :
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- col. 2, ligne 45. Au lieu de :
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- *
- G. de lioequigny. G. de lioequigny.
- Deumer.
- Daimler.
- type Pollak. type Tudor.
- Stéphane et Der villé.
- Stéphane Dervillé.
- Maurice Leblanc. M. Leblanc.
- Paris. — Imprimerie Laiiüke, rue de Fleurus, 9
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- If fà N° 1384 (2 décembre 1899), du journal « LA NATURE »
- ----1 M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au
- la rédaction
- moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Il y aura une éclipse de lune visible en Europe le 16 décembre. A Paris, le phénomène commencera à 10h 42. L’entrée <lans l’ombre aura lieu à 11h 54. Le milieu de l'éclipse se produira à 1h 55 du malin dans la nuit du dimanche 17. L’astre sortira de la pénombre à 4h29. Cette éclipse du 16-17 décembre sera presque totale. Il ne restera en dehors de l’ombre que le demi-centième du diamètre de la lune.
- —#— H. Decrais, ministre des colonies, a été visiter, le U iio-vembre, au bois de Yincennes, le Jardin colonial. La Ville a mis à la disposition du gouvernement 17 hectares. M. Dybowski a déjà mis «n culture depuis quelques mois 5 hectares. Les premières serres sont en place ; le laboratoire est en plein fonctionnement. Le Jardin colonial sera d’aliord une école de démonstration à l’usage des agriculteurs de la métropole qui veulent aller faire de la culture aux colonies. Il est, en outre, une école d'expérimentation et de recherches, à l’usage des cultivateurs coloniaux à qui manquent, sur place, les moyens de se renseigner et de s’instruire eux-mêmes. Il est enfin un centre d’échanges où les graines de toutes sortes, expédiées de nos colonies, recevront la préparation qui les rend transportables et, conséquemment, utilisables d’une colonie à l’autre; grâce à quoi l'Indo-Chine pourra envoyer son thé au Soudan, et le Soudan son caoutchouc à l’Indo-Chine, etc. Le jardin ne coûtera rien à la Métropole. Ce sont les colonies qui subviennent à son entretien.
- —®— Le « tout à l’ègoùt » cause des mésaventures aux environs de Paris: à Pierrelaye, Saint-Ouen-1’Aumône, Epluches, Vaux, la Bonneville et Méry. Dans quelques régions, le sol n’absorbe pas les eaux comme on l'avait pensé; l’argile et le roc font obstacle à l’épandage. Les puits sont infestés et l’eau polluée. On prétend même que l’Oise reçoit par les ruisseaux de l’eau contaminée et que Pontoise est .menacée de ne plus avoir d’eaii potable. Ce qu’il y a de certain, c’est que sur la plainte des habitants de Seine-et-Oise le préfet a dû aviser. Aujourd’hui, on transporte par voiture, dans des tonneaux, de l’eau pure de commune en commune. Le conducteur du véhicule annonce son passage à coups de cloche aux habitants qui accourent pour recevoir leur ration d’eau. C’est la première fois, que nous sachions, que l’on fasse une distribution d’eau gratuite aux habitants d’une commune. Le'fait est original, s'il est désagréable à la population. Mais il n’y a pas compensation.
- —<§)—. Il y a quelques mois, M Ch. J. Glidden, président de la Western Telegraph and Téléphoné C°, à Lowell (Massachusetts) (U. A. S.), a proposé un prix de 1 million de dollars pour racheter directement le relai téléphonique qui serait aussi efficace pour la ligne téléphonique que le relai télégraphique pour la télégraphie.
- —(§)— Dans sa prochaine exposition, consacrée aux petits Echassiers et aux petits Palmipèdes de luxe et d’ornement, la Société -d’acclimatation réservera une place importante aux fruits et légumes exotiques. Un certain nombre dé récompenses seront décernées à .-cette occasion. S'adresser pour tous renseignements à la Société d’Acclimatation, 41, rue de Lille à Paris. L’exposition sera ouverte les 9, 40 et 11 décembre prochain.
- —#— D’après les documents statistiques publiés par l’administration des douanes, du 1er janvier au 31 octobre 1899, les importations en France se sont élevées à 3 465 902 000 francs, accusant sur 1898, pendant le même espace de temps, une diminution de ‘262 343 000 francs. Il y a eu augmentation pour importation des matières nécessaires à l’industrie (145 254000 francs), ét pour les objets fabriqués (47155 000 francs); mais la diminution a été de 455 352 000 francs pour les objets d’alimentation. Le chiffre des exportations a été de 3189 214 000 francs, en augmentation de 359040000 francs sur le chiffre de 1898.
- —La Compagnie générale des omnibus de Paris vient
- d’obtenir du Conseil municipal l’autorisation pour l’établissement dans Paris d’une canalisation d’air comprimé entre l’usine de Billancourt et le dépôt du Point-du-jour, en vue de l’emploi de la traction mécanique sur les lignes de tramways Louvre-Saint-Cloud et Louvre-Sèvres-Versailles, d’une canalisation d’air comprimé entre le dépôt du Point-du-Jour et le dépôt d’Auteuil, en passant par le boulevard Exelmans, en vue de l’emploi de la traction mécanique sur les lignes de tramways Auteuil-Boulogne et Auteuil-Madeleine, et d’une canalisation d’air comprimé entre l’usine de Billancourt et le dépôt de Montrouge, en vue de l’emploi de la traction mécanique sur la ligne de tramways Montrouge-gare de l’Est.
- —(g)— Nous avons récemment trouvé dans un grand journal maritime de Hambourg, le Bôrsen-halle, une statistique assez intéressante pour l’année 1898. Le mouvement maritime pour les ports principaux du nord de l’Europe ont été les suivants en chiffres ronds : Hambourg 7 350000 tonnes, Anvers 6 400000, Rotterdam 5 750000, Brème 2460000, AVnsterdam 1550000. Tous ces ports présentent une augmentation de trafic sur l’exercice précèdent. A côté de cela, le journal allemand met en comparaison les ports anglais de Liverpool, Londres et Cardiff. Le mouvement de Liver-pool a été de 9390000 tonnes en 1898, après avoir été de 8 930000 tonnes en 1897 ; mais Londres et Cardiffs ont assez fortement en décroissance, comme le fait remarquer aree une satisfaction évidente le journal allemand.
- —®— Emploi des automobiles dans les plantations de coton. Une des maisons les plus importantes de culture de coton a décidé d’acheter 6 chariots automobiles pour faire le service des balles de coton entre Augusta (Géorgie) et Charleston (Caroline du Sud). Deux véhicules à vapeur ont déjà commencé leurs services.
- —(§)— La Grande-Bretagne est le meilleur client des Etats-Unis d'Amérique pour l’huile minérale. Ils lui en ont fourni l’année dernière 242265 563 gallons et en ont expédié 155203222 à l’Allemagne, 53 398 115 au Japon, 44 523 552 à la Chine, plus 260 431316 aux autres nations d’Europe.
- —(§)— ,Sur les 245 238 kilomètres de voies ferrées construites aux Etats-Unis, 220803 ont des rails d’acier et 24 435 des rails de fer.
- —(§)— Les statistiques établissent que l’on commence à moins consommer de cartes à jouer en France. En 1898, dans les six mois, pour les cartes ordinaires, ont été imposés 1 254 715 jeux de36 cartes et 117 840 jeux de plus de 36 cartes; les chiffres correspondants, pour 1899, ne sont que 1208 872 et 113236. Pour les cartes de cercles, la diminution est également sensible : 57 314 jeux de 36 cartes ou moins, et 128081 jeux de plus de 36 cartes ont été imposés en 1898, et 52 872 d’une part, 109 762 de l’autre, en 1899. Quant aux autres cartes à portraits étrangers, les chiffres indiquent aussi une baisse : 29 822 au lieu de 29 962. Le produit du droit sur les cartes à jouer n’a fourni cette année que 1 514 721 francs; il avait fourni, l’an dernier, 1 588 232 francs.
- —(g)— Les chantiers de constructions navales Cramp de Philadelphie sont plus occupés que jamais. Six navires sont en chantier et les quilles de six autres seront posées dès que les cales seront libres. Le croiseur russe Variag sera lancé dans quelques jours et le cuirassé Retvitzan, pour le même gouvernement, est à moitié terminé. On vient de finir de mettre en place la membrure du cuirassé d’escadre américain Maine.
- —®— On vient de mettre en chantier à San Francisco, le plus grand cargo-boat qui ait encore été construit sur les chantiers de .l’océan Pacifique. C’est la Union Ironworks C° qui est chargée de la construction de ce navire. Sa longueur sera de 135 mètres, sa largeur de 15m,30. Il pourra porter 8250 tonnes avec un déplacement de 12 000 tonneaux. Ce navire est construit pour le compte de la American-Jlawaiian Sleamship Company.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la machine à repiquer le macadam, s’adresser à MM. Charles Burrell and sons, Limited, Thetford, Angleterre. — L’étau à mâchoires plastiques se trouve chez M. IL Jenes, New viccchop’s inventer. C. 0. « Engineer » publishing Department, 55, Norfolk Street,-Strand. Londres W. C.
- Communications. — M. Alf. Bogaerd, à Bruxelles, nous écrit à propos de notre article sur Une voie de chemin de fer à deux usages (n° 1578, du 21 octobre 1899, p. 324) : « La Belgique aussi, nous dit-il, peut s’enorgueillir, depuis une quinzaine d’années déjà, déposséder un tronçon de chemin de fer utilisé à la fois par des véhicules de grand et dé petit écartement. C’est entre l’antique cité maritime de Nieuport et la jeune station balnéaire de Nieuport-bains, sur une distance de 6 kilomètres environ, que l’on peut voir la Société nationale des chemins de fer vicinaux s’accorder avec l’administration des chemins de fer de l’Etat belge. Les voies de la première sont à l’écartement de 1 mètre, celles de la seconde, à l’écartement normal de lm,435. C’est aussi le rail central qui est l’instrument de cette confraternité. J’ajoute que le trafic entre les deux points nommés plus haut est peu important, surtout en hiver, n
- M. A. Bleunard, à Angers, nous écrit : « Je lis dans le n° 1581 du 11 novembre 1899, p. 578, un article intéressant sur le regard. Il résulte de certaines expériences qu’on a toujours échoué en voulant faire retourner des personnes sensibles en fixant le regard derrière ces personnes. Voulez-vous me permettre de vous communiquer une remarque que j’ai faite sur ce même sujet. Quand, passant dans la rue, je vois devant moi une personne que je crois connaître et que, involontairement, je désire savoir si je ne me trompe pas, la personne se retourne presque toujours, comme si elle devinait qu’une personne, placée derrière elle, désirait voir son visage ; elle sent qu’on pense à elle. Les femmes sont beaucoup plus sensibles que les hommes à cet appel à distance. Mais, voici ce que j’ai bien remarqué, jamais une personne ne s’est retournée quand j’ai voulu la faire se retourner. L’expérience ne réussit qu’à la condition que l’appel mental ne soit pas volontaire ; il faut qu’il soit instinctif. Je vous avoue ne pas savoir comment contrôler expérimentalement ce que je viens d’avancer, la volonté devant être absente sans ces expériences. »
- M. le comte de Castillon de Saint-Victor, à Paris, à propos de notre article sur Les Grandes Ascensions (n° 1381 du 11 novembre 1899, p. 385), nous écrit la lettre suivante : « Après avoir parlé très exactement de notre voyage de Paris-Commercy, vous entreprenez la nomenclature des .principaux voyages et vous dites : Paris-Copenhague par le comte de Castillon de Saint-Victor et Mallet. Dans ce voyage, que nous avons fait le 30 septembre 1899, M. Mallet et moi, nous ne sommes pas tombés en Danemark, mais bien à Westervick (Suède), en faisant 1320 kilomètres, d’après une ligne droite tirée sur la carte de Paris à Westervick ; !’Aéro-Club et la Société française de navigation aérienne ont proclamé ce voyage le record du monde pour la distance. Le voyage de L. Godard, de 1000 kilomètres, ne peut en effet entrer en ligne de compte, attendu que la distance a été calculée d’après le circuit probable du voyage. Or ce mode de procéder ne saurait être admis, par suite du manque de contrôle et surtout par suite de la facilité avec laquelle î’aéronaute peut être induit en erreur; en effet, dans ces voyages circulaires, on ne peut que très difficilement reconnaître les pays que l’on traverse et il est impossible d’affirmer qu’on est passé sur telle ville plutôt que sur telle autre. De plus, dans le cas qui nous concerne, en calculant comme le fait M. Godard, c’est-à-dire en tenant compte de l’axe de la terre et des détours que nous avons faits, nous arrivons au moins à 1700 kilomètres. Qu’il me soit permis, en outre, de faire remarquer que cette nomenclature des voyages est incomplète ; je vous en citerai encore trois autres qui doivent arriver
- dans les premières places : 1° Paris-Poméranie (oct. 1898) par le comte JL de La Vaulx et Mallet; 2° Paris-Hambourg (1893) par Mallet et un passager; 3° Paris-Hanovre (oct. 1899) par moi-même et trois passagers. Je pourrai encore vous en citer d’autres, mais qui ne me viennent pas à l’esprit pour le moment. Il est intéressant de remarquer, pour affirmer l’essor que prend l’aérostation, que dans le mois d’octobre le record de distance et le record de durée ont été battus et de beaucoup. »
- M. H. Dyke Gauthier, à Cognac, nous écrit la lettre suivante : « Dans votre n° 1580 du 4 novembre, je vois que M. A. Gaulard, de Ligny (Meuse), à propos des articles parus, dans La Nature, le 9 septembre et le 21 octobre derniers, au sujet de l’intelligence chez l’araignée, désire savoir, pour être fixé dans les observations qu’il fait, à quelle hauteur au-dessus, du sol se trouvaient le petit morceau de fer et le caillou. La toile se trouvait à 3m,20 de terre et le caillou à 92 centimètres du sol et était éloigné de l’auge en pierre de 75 à 80 centi mètres. La toile étant fixée à des branches d’un cognassier, si ces branches se sont allongées, elles ont dù faire descendre ln caillou au lieu de l’élever du sol. »
- Renseignements. — M. J. Vacher, à Paris. — Des dispositions analogues à celle que vous indiquez ont déjà été essayées, à plusieurs reprises et n’ont pas donné de bons résultats.
- M. Ch. Guillomot, à Saint-Mandé. — Adressez-vous à la librairie agricole de la maison Rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. H. U., à Calais. — Cette colle est formée d’une dissolution de caoutchouc pur dans de la benzine ou sulfure de carbone.
- M. P. Leclerc, à Reims. — Ces lampes ne sont pas en général bien pratiques; adressez-vous à la maison Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. Foray, à Roanne. — Pour enlever cette tache, essayez de la tamponner avec des morceaux de coton imbibés de benzine ou d’essence de térébenthine.
- M. le Dr Brenac, au Havre. — Vous trouverez des appareils de chauffage électrique à la Société du familistère de Guise (Aisne).
- M. A. L., à Igny. — Le plomb a été attaqué par le sol, il s’est probablement formé un oxyde ou un carbonate qui se réduit en poussière ; on a déjà constaté souvent ce fait. Pour donner une explication plus complète, il serait nécessaire de faire l’analyse chimique de la substance.
- M. A. Fisch, à Bruxelles. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage sur cette question.
- M. A. Fond, à Lyon. — Vous trouverez probablement cet ouvrage à la Librairie agricole de la maison Rustique, dont l’adresse est donnée plus haut.
- M. H. Dumilatre, à Orsay.—Vous voulez sans doute parler du Palais de Justice qui a été récemment déplacé en Amérique; nous allons bientôt publier un article à ce sujet.
- M. W. F. Dunton, à Londres. — Nous vous remercions, pour votre intéressante communication.
- M. R. de Montjon, à Vincennes. — Nous n’avons pas la formule de ce remède.
- M. P. C., à Troyes. — Il n’existe pas de papier révélateur très sensible ; on emploie un oiseau, et surtout le serin qui manifeste du malaise sous l’influence de petites traces du gaz. Vous pourriez vous adresser à ce sujet à M. Gréhant, professeur au Muséum d’histoire naturelle, à Paris.
- M. M. G., à Béziers. — Le chlorure de calcium est ordinairement employé pour dessécher; vous pourriez essayer la chaux anhydre ou l’acide sulfurique.
- M. A. Raimbaux, à Albi. — Vous trouverez des brûleurs spéciaux pour acétylène à la Compagnie française du gaz acétylène, 22, rue Lepelletier, au Comptoir de l’acétylène, 233, rue St-Martin, et chez M. Cuinat, 154, boulevard Magenta, à Paris.
- M. E. C., à Paris. — Ceintures de sauvetage : M. Lelièvre, 98, rue Montmartre, M. Métayer, 84, rue Saint-Antoine, à Paris.
- M. E. Lévy, à Neuilly-sur-Seine. — La métallisation ne s’obtient qu’après plusieurs opérations un peu prolongées.
- M. Jauch, à Albi. — Ce tube ne se trouve pas dans le commerce, et nous croyons que les études n’ont pas été poursuivies.
- M. G. Horay, à Paris. — Pour ces renseignements, il faudrait vous adresser à M. Blériot, concessionnaire des brevets Létang et Serpollet, 41, rue de Richelieu, à Paris.
- M. J. A. Pignol, à Paris. — Nous avons déjà dit qu’il est absolument impossible de se procurer de l’orlyte.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques. >
- Bans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- - r-_. rez vous procurer divers .«gcs a ia liorairie agricole de la Maison rustique, que nous avons déjà mentionnée.
- -IL E. Isaakides, à Londres. — Pour enlever l’émail de votre bicyclette, vous pourriez essayer l’action des acides ou de l’eau bouillante.
- .)/. Léo Dufau, à la Guadeloupe. — Vous trouverez des ouvrages d’arboriculture à la librairie agricole de la Maison rustique, indiquée ci-dessus.
- M. N. Pessoizky, à Saint-Pétersbourg. — Voici les adresses des fumivores que vous demandez : fumivores llawlev, M. Ckiandi, 1, rue de Rossini; fumivore Hinstin, 23, rue de Turin; fumivore Orvis, Muller et Roger, 108, avenue Philippe-Auguste, à Paris.
- -IL Karel Vorlicek, à Prague. — L’adresse de M. F. de Lalande est la suivante : 34, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, à Paris.
- M. E. F., à Paris. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage sur ce sujet et nous ne croyons pas qu’il en existe.
- JL .4. Gruny, à Pans. — Nous ne nous occupons pas de ces questions et nous ne pouvons vous renseigner.
- .IL A. Nippa, à ivanino. — Tous nos remerciements pour votre intéressante communication.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Ferrus, à Vincennes. Votre lettre a été envoyée à la dernière adresse que nous connaissons. — M. Paul Heygel, à Paris. Nous ne pouvons vous donner ces renseignements. — M. L. Dehar, à X. Il serait nécessaire de faire faire l'analyse complète de cette substance par un chimiste. —M. L. M., à Paris; M. Dupart, à Versailles; il/. L. R., à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dupont, à Reims. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. —- M. Leroy, à Nantes; M. Blé)on, à Paris. Remerciements pour vos communications.
- PETITES INVENTIONS1
- Petit bouclier A buriner. — Nos lecteurs savent évidemment ce que c’est que buriner, en terme d’atelier mécanique ; il s’agit, au moyen de ciseau en acier qu’on appelle le
- Petit bouclier à buriner.
- burin, de creuser plus ou moins les surfaces métalliques en frappant avec un marteau sur la tête de l’outil que Ton tient de la main gauche. On a bien inventé une foule de machines-outils qui effectuent à merveille ce travail d’évidage, mais il se
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- ^ jur mettre la main du burineui „ . sace, la maison Simmelbauer, a eu l’idée de > véritables petits boucliers où se loge la main qui affectent l’apparence générale que donrv L’est essentiellement une petite plaque de; demi-cylindre avec bordure de ren for cerne, plus de la moitié inférieure de la main, c’è^ que peuvent atteindre les éclats de métal. En ménagée une ouverture qai a pour but de livre burin; de plus une sorte d’étrier, qui se fixe au boulon à oreilles, passe par-dessus le dos de la ma solidement le bouclier. Sans doute ce demi-cvlindro lique enveloppant la main la raidit-il quelque peu, mais a . songer que, dans cette opération du burinage, la main gauê. n’a réellement point de mouvements à faire, elle se contente de tenir le burin toujours dans la même position. — Le bouclier à buriner se trouve à la maison Simmelbauer, à Monti* gny-lès-Metz.
- Hamac métallique. — Bien que la saison commence à être un peu avancée pour songer à jouir du doux farniente à l’ombre, étendu mollement dans un hamac, il faut espérer que reviendra le temps où Ton pourra profiter encore de ce plaisir champêtre : c’est pour cela que nous signalons cette invention fort ingénieuse. Comme le mode de fixation d’un hamac doit
- Hamac métallique..
- être particulièrement solide, et que, par conséquent, quand on Ta une fois accroché au commencement de la belle saison, on ne le décroche point chaque fois qu’il vient à pleuvoir, il ên résulte que la corde constituant le filet dudit hamac s’abîme assez rapidement sous l’influence des ondées qu’elle subit. C’est pourquoi on a eu l’idee, aux États-Unis, de fabriquer des hamacs en tissu métallique, sous le nom de « Lloyd woven wire hammak ». On sait que, d’une façon générale, des tissus de ce «renre peuvent être aisément obtenus qui offrent une élasticité parfaite. Le hamac en question se fait en plusieurs longueurs; le plus employé a 3 mètres de long, sur 0m,90 de large. Il est constitué de fil d’acier galvanisé, les mailles du filet ont environ 9 millimètres de long sur 6 de large. Aux extrémités le filet vient se fixer dans une monture en fer malléable également galvanisé, si bien que l’ensemble ne craint pas l’humidité et ne se rouille point. Il paraîtrait que ce type de hamac ne coûte pas plus cher qu’un hamac classique en corde, et que le gouvernement américain vient de 1 adopter pour les troupes des Antilles et des Philippines. — Ce hamac est fabriqué par la « (l!nion Wire Mattress company », 7383, Eric Street, Chicago, Etats-Unis.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement des engelures.
- Voici l’hiver qui s’approche et les pauvres bébés, les grands garçons lymphatiques vont avoir les mains, les jiieds constellés d’engelures douloureuses et difficiles à guérir. Aux adolescents on peut joindre encore bon nombre d’adultes qui souffrent, quoi qu’ils fassent, de cette petite infirmité.
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- Mardi 21 i%0 N. E. 2. Beau. 0,0 ... . - y M ». »». , u vd t/IUltlUUA UU reste; bruine à 20-21 h. Nuag. jusqu’à 15 h. ; beau ensuite ; gelée blanche ; halo.
- Mercredi 22 2*,0 S. 0. Couvert. 0,0 Couvert ; brumeux.
- Jeudi 25 4*,8 E. 0. Couvert. 0,0 Couvert ; très brumeux.
- Vendredi 24 ... . 5*,8 S. 1. Couvert. 0,0 Couvert ; brumeux.
- Samedi 25 5*,0 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Presque couvert ; brumeux.
- Dimanche 26 — 0\7 N. E. 0. Quelques nuages. 0,0 Peu nuag. ; brouil. de 500 m. à 9 h. ; de 20 à 30 m. à 21 h.
- NOVEMBRE 1899. — SEMAINE Dü LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 NOVEMBRE»
- | Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Safhedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orage à. Athènes. — Un orage d'une grande violence s’est abattu sur Athènes pendant la nuit du 17 au 18 novembre. Les quartiers bas de la ville ont été inondés et plusieurs maisons se sont écroulées. Les lignes de chemin de fer ont été endommagées. Aux casernes de l'artillerie, un mur s’est écroulé tuant une vingtaine de chevaux. Quelques personnes ont été noyées. Les dégâts ont été énormes.
- Inondations à Saint-l'étersliaurg. — Dans la nuit du 21 au 22 novemb're, par suite d'une crue, la Néva a inondé les quatiers bas de Saint-Pétersbourg. Les dégâts ont été considérables, mais il u'y a pas eu de victimes.
- tes pluies dans l’Ouest de la France. — M. J. Guilbert a fait des observations intéressantes sur le régime des pluies dans l’ouest de la France, et il en donne un compte rendu dans le Bulletin de la commission météorologique du Calvados; nous en extrayons les passages suivants :
- .« Octobre est habituellement le mois pluvieux par excellence : cette année au contraire, il a été des plus secs, alors même que la situation baromé-
- trique aurait dû normalement amener de bien plus fortes chutes d’eau. La moyenne des pluies d’octobre est, à Sainte-Honorine, de 90"",1 ; ce mois-ci, le total ne s’élève qu’à 14"“,4, soit un déficit de 75“",7. Un seul mois d’octobre, celui de 1897, avait donné une quantité moindre : 6““,1. Le mois qui vient de s’écouler est donc encore un mois de sécheresse, l’un des plus secs de l’année entière, qui, dès à présent, peut être considérée comme une année sèche. La diminution des pluies que nous avions signalée dans le Calvados à la fm de l’année 1894 persiste donc depuis cette époque. Si cette diminution avait subi un- arrêt en 1894, où le total s’était élevé à 720 millimètres, elle a repris depuis lors. La moyenne de la période 1895-1898 est seulement de 640““,5, alors que de 1874 à 1882 elle était de 803"“,9; de 726*“,2 entre 1882 et 1885; de 688"“,2 pour la période 1886-1889. Sans doute, la moyenne de 640““,5 pour les années 1895-1898 dépasse légèrement le chiffre 621 millimètres, qui exprime la moyenne de la période 1890-1893, la plus sèche jusqu’ici, mais l’année 1899, qui, en dix mois, n’a donné que 462 millimètres, ne parait pas devoir dépasser cette faible moyenne et, par conséquent, la diminution progressive des pluies dans le Calvados continue à se produire. »
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 25, à 6 h. 44 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— }I. le Dr Salimbeni, préparateur à l’Institut Pasteur, qui est revenu ces jours-ci du Portugal, où il avait été envoyé pour étudier les inoculations contre la peste, vient d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur.
- —g— Depuis le commencement de l’apparition de la peste, il y a eu, jusqu ici, 274 cas et 94 décès en Portugal. Pendant le mois dernier, il y a eu 18 décès de moins que le mois précédent.
- —g— Le littoral du Finistère est envahi par les pieuvres. Cette invasion devient de plus en plus alarmante pour les pêcheurs. Cet été, c’était sur la côte finistérienne, de Roscoff à l’île Vierge, que l'on rencontrait surtout ces hideux mollusques qui dévorent les poissons dans les filets, les homards et les langoustes dans les casiers. Quelques-uns sont de dimensions énormes. On a vu ces jours-ci, près de Camaret, des marsouins faire des bonds prodigieux hors de l’eau pour se débarrasser de pieuvres collées à leur tête. Il y en a dont les tentacules mesurent près de 2 mètres. Ces céphalopodes commencent, paraît il, à se montrer dans la baie de Douar-nenez, et nos pêcheurs redoutent beaucoup leur présence, à cause de la prochaine campagne de pêche.
- —g— Une chasse d’un nouveau genre est faite en ce moment à Paris. C’est la chasse aux rats. Ceux-ci pullulaient sur lés bords de la Seine et la construction des palais qu’on est en train d’y édifier, du pont des Invalides au pont d’Iéna, eût déjà suffi à jeter un alfreux désarroi parmi eux. Mais on ne se contente pas de les déloger ; on leur donne très sérieusement la chasse. Tout le monde sait, en effet, que le rat est l’un des plus dangereux agents de transmission de la peste. Il est donc de toute nécessité qu’au moment où l’étranger concentrera sur un seul point de Paris des produits expédiés de toutes les parties de l’univers, le rat « transmetteur » en ait préalablement disparu. Et c’est de quoi l’administration s’est justement préoccupée. Tous les moyens lui sont bons pour détruire ces rongeurs, et un nombre assez considérable d’employés sont passés depuis quelques jours chasseurs de rats.
- Le 30 novembre, il y a eu, à Londres, un brouillard très intense; il n’a pas fait jour. Dès le matin, à 10 heures, le brouillard s’est abattu sur la ville et a enveloppé ses rues et ses places de ténèbres humides et opaques. Pendant tout l’après-midi on a dû vivre au milieu d’une buée jaunâtre dont l’odeur âcre prenait à la gorge et pesait sur la respiration. Cette buée pénétrait jusqu’aux appartements. Le brouillard de Londres est non seulement noir, mais plein d'impuretés. De nombreux accidents ont eu lieu comme toujours; on a parlé seulement de deux déraillements de chemin de fer, de trois tamponnements et de dix-sept accidents de voiture.
- —g— On vient de capturer, près de Woolivich, un cétacé mesurant 12 mètres de longueur qui, entraîné par le flot, avait remonté la Tamise et était venu s’échouer, vivant, sur la rive. Assujetti au moyen d’un fort câble, il a été pris en remorque par le vapeur Empress. L’animal pesait environ 8 tonnes, et avait une valeur approximative de 2500 francs.
- —1§)— Le bateau sous-marin Goubet a fait, le 29 novembre, sa première sortie ; cette expérience avait été précédée, quelques jours avant, d’essais d’habitabilité, de stabilité et d’étanchéité qui avaient donné de bons résultats. Pour sa sortie, le sous-marin était presque immergé; on n’apercevait au-dessus de l’eau que son dôme dépassant la surface de 25 centimètres environ. La houle étant assez forte, il était escorté par un canot à vapeur ; sa vitesse était d’environ 5 nœuds. Arrivé près du fort de l Egnillette, le Goubet a plongé deux fois, parcourant 50 à 60 mètres sous l’eau, puis s’est immergé pendant vingt minutes, suivant les mouvements du canot qui l’escortait au moyen de son tube optique. Le retour s’est opéré à une
- vitesse de 6 nœuds; puis le sous-marin est venu reprendre son poste, après avoir passé sans incident sous les nombreuses chaînes et grelins qui amarrent les navires dans l’arsenal.
- —(g— Une Compagnie anglaise vient d’acheter du gouvernement égyptien de grands terrains à Port Ibrahim, près de Suez, pour y établir de vastes réservoirs de combustible liquide et y faire la manutention de ce produit. Cet établissement sera situé au bout du bassin du Commerce, dans les docks de Suez, et consistera d’abord en trois grands réservoirs en fer qui pourront contenir 4000 tonnes de pétrole chacun. Le combustible sera amené de Bornéo à Suez par une ligne de vapeurs spécialement construits et installés dans ce but. La Compagnie espère que le nombre des cargo-boals aménagés pour brûler soit de la houille, soit dû pétrole, lui assurera un débit, considérable et que, de plus, les chemins de fer égyptiens adopteront ce mode de chauffage.
- —(g— Un journal russe, Sibiraki Lislok, a établi le compte suivant des frais du Transsibérien : Chemin de fer de l’Oussouri (723 verstes), 42 293 439 roubles; chemin de fer de l’Ouest sibé rien (1327 verstes), 46124698 roubles; chemin de fer de la Sibérie centrale (1895 verstes), 102 000000 de roubles; le tronçon d’Irkoutsk au lac Baïkal (62 verstes), 2 892 457 roubles; le raccordement par navigation sur le lac Baïkal, 3 200 000 roubles; la ligne au delà du lac Baïkal (1038 verstes), 72 000000 de roubles; en somme, un total de 4955 verstes coûte 268510594 roubles, ce qui met la verste à 54190 roubles. En outre, la construction de la ligne qui contournera le lac Baïkal (280 verstes) exigera 38 000 000 de roubles et celle de la ligne chinoise 29 000 000 de roubles.
- —g— La Baldwin locomotive Works C°, aux Etats-Unis, avait exporté l’année passée, à la date du 1er août, 409 locomotives pour l’étranger. On emploie sur les voies ferrées des Etats-Unis 36234 locomotives et 1 326174 wagons de toutes sortes. Le nombre des voyageurs transportés l’année dernière a été de 501 066 681 et les marchandises ont atteint 879 006307 tonnes.
- —g— Le mois dernier, le vapeur italien Hercules a quitté Norforlk (Virginie) emportant à Gênes le premier chargement de houille américain qui ait encore été expédié en Italie. Les expéditeurs américains espèrent arriver à faire concurrence aux charbons anglais, avec la houille de Virginie, dans la péninsule italienne.
- —g— Aussi pratiques que les Yankees. A Sydney (Australie), on emploie, pour remplacer les compteurs à gaz, un système fort original. On sait que chez nous il faut qu’un inspecteur vieillie inscrire sur un registre ad hoc dit « Livre au gaz », quelle a été la quantité consommée et que ce chiffre lui est fourni par les aiguilles du compteur. A Sydney, on a supprimé tous ces intermédiaires. Dans chaque logis, il y a un appareil analogue aux bascules et distributeurs automatiques de nos gares de chemin de fer. Vous y mettez deux sous et le tuyautage laisse passer un mètre cube de gaz d’éclairage. A Paris, malheureusement, ce produit est plus cher, il faudrait 30 centimes. Ces gazomètres « Peniiy-in-the-Slot-system » sont extrêmement populaires là-bas; on en compte plus de 3000 actuellement.
- —g— Un nouvel observatoire allemand situé à une grande altitude vient d’être terminé et inauguré. Il est construit sur le Schnee Koppe, le sommet le plus élevé des montagnes de Silésie, à une hauteur de 1565 mètres. Il sera dirigé et administré comme institution d’Etat prussienne.
- —g— On annonce qu’en Russie, près de la ville de Berdiansk, sise dans la province tle Tauride, des gisements considérables de naplite viennent d’être découverts. Cette découverte, dit-on, aura une grande influence sur la valeur des terrains pétrolifères des environs. ‘
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Communications. —M. G. A. Khiin, pharmacien à Strasbourg, Kœnigshofen, nous prie d’annoncer qu’il échange des cartes postales illustrées contre des timbres-poste (valeur 0 fr. 25 pièce).
- M. A. de M., à Nouvelle-Ricardelette par Narbonne, nous adresse la lettre suivante : « Il me paraît intéressant de vous signaler la floraison anormale des lilas que j’ai en ce moment l’occasion de constater dans le jardin de mon domaine. Grâce à l’extraordinairè douceur de la température dans le mois d’octobre et durant la première partie du mois de novembre, certaines plantes et certains arbustes ont eu un nouveau départ de végétation. Pour les lilas, en particulier, je crois que la sortie de la fleur après la Saint-Martin est suffisamment rare pour mériter d’être notée. »
- M. J. Aguet, à S. Felice Circeo (province de Rome), nous transmet les intéressantes réflexions suivantes à propos de la destruction des oiseaux : « Mes olives tombent rongées par le ver du Dacus oleæ, et celles qui sont encore sur les plantes contiennent déjà les œufs de ladite mouche, de seconde génération. Les nouvelles de la Toscane sont mauvaises, et l’année dernière déjà les provinces méridionales ont été ravagées par ce terrible diptère. De remèdes, on n’en connaît point. Verrons-nous la fin de l’olivier, de l’arbre consacré à Minerve? C’est à craindre. Le Dacus oleæ ne nous vient pourtant pas de l’Amérique, comme tant d’autres fléaux. Non, il est indigène et a toujours existé chez nous. D’où vient-il que maintenant il ravage nos olives, tandis qu’autrefois il ne faisait qu'un mal insignifiant? N’est-ce pas le résultat de la destruction des oiseaux? Autrefois les gracieuses hirondelles, dont l’arrivée ici correspondait avec l’éclosion de .la mouche, et tant d’autres oiseaux se nourrissant de ces'diptères, les maintenaient dans une juste proportion; et la mouche, qui a certainement dans l’économie générale aussi sa fonction, prélevait un tribut limité sur nos oliviers, comme le moineau sur nos blés. Aujourd’hui, parla faute de l’homme, l’oiseau disparaît, l’équilibre est rompu ; la mouche pullule et nos oliviers sont anéantis. L’année prochaine aura lieu à Paris le Congrès international d’agriculture. Ne devrait-il pas s’occuper avant tout de l’importante question de la protection des oiseaux? Je dis avant tout, car à quoi cela sert-il d’enseigner à l’agriculteur les moyens d’augmenter sa production, si ce n’est pas lui qui doit récolter? Beaucoup de personnes parlent et écrivent en faveur de la protection des oiseaux, mais elles se bornent à émettre des vœux platoniques ; des propositions pratiques, je n’en ai guère vu. Or, j’en aurais à faire que j’aimerais voir votre Revue, qui compte tant de lecteurs, les répandre et appuyer, et les faire proposer au susdit congrès. Le Congrès devrait demander qu’une commission internationale fût chargée d’établir : 1° la liste des oiseaux qu’il serait permis de tuer ; 2° les époques où dans chaque pays cela pourrait se faire ; 3° la liste des oiseaux qu’il serait absolument interdit de prendre. De fortes amendes devraient être appliquées pour tout oiseau tué en dehors des époques permises ainsi que pour tout oiseau pris appartenant à la troisième catégorie.
- 11 devrait être ensuite interdit aux administrations postales, aux compagnies de chemin de fer, de tramways, de navigation, de transporter, en dehors des espèces domestiques et des exceptions à établir, n’importe quel oiseau vivant. Défense également de transporter, aux époques où la chasse serait interdite, des oiseaux morts, et enfin défense absolue de transporter, sauf exceptions à établir, des dépouilles d’oiseau. Cet article est de la plus haute importance. La défense de transporter les oiseaux vivants empêchera la capture des cailles vivantes par le moyen des filets qui, si cela continue encore un certain nombre d’années, finira par faire disparaître cet oiseau. La défense du transport des oiseaux morts aux époques où la chasse est interdite arrêtera le braconnage; et enfin celle des dépouilles d’oiseaux empêchera les hécatombes d’oiseaux destinés à orner <le leurs plumes les chapeaux des dames. On conservera ainsi
- beaucoup d’oiseaux utiles : hirondelles et autres qui sont offerts à nos gourmets sous les noms alléchants de conserves ou de pâtés de cailles et d’alouettes. Les gardes champêtres, sergents de ville, employés d’octroi, gendarmes et douaniers devraient être tous chargés d’appliquer la loi, et, pour stimuler leur zèle, la moitié de l’amende encourue par le délinquant devrait leur revenir. Les membres du Congrès devraient s’engager à faire dans leurs pays respectifs, par tous les moyens dont ils peuvent disposer, une active propagande afin que leur gouvernement s’entendît avec les autres pour convoquer une conférence-internationale. C’est ainsi que les mesures que je réclame deviendraient partout obligatoires. »
- M. le M,s de Nazelle, au château de Guignicourt (Aisne), nous a envoyé deux feuilles de peuplier de grandes dimensions qu’il a trouvées dans un bois. Nous avons soumis ces feuilles à l’examen de M. J. Poisson, au Muséum d’histoire naturelle. Il nous a fait connaître que ces feuilles se rapportent à une es-èce ayant habituellement les feuilles très développées (Populu* alsamifera); mais c’est surtout sur les jeunes rameaux que-les feuilles de peuplier, à quelque espèce qu’elles appartiennent, sont toujours plus grandes que celles des rameaux âgés.
- M. Jules Gavet, à Nice, nous envoie le numéro de la Revue-de Provence, du mois d’octobre 1899, dans lequel il a donné une très intéressante description, avec plan et coupe, de la grotte de la Loubière, aux environs de Marseille. Cette excavation est d’une grande étendue avec cours d’eau.
- Renseignements. — M. A. Lesne, à Lille. — Il n’y a pas d’ouvrage spécial sur cette question; les renseignements sont éparpillés de tous côtés dans les livres. Vous trouverez cependant un ouvrage mathématique de M. Maurice Lévy, à la librairie Gauthier-Villars. ’*
- M. Vandevyver-Grau, à Gand. — Votre lettre a été remise' à son destinataire.
- M. Magnac, à Paris. —Nous ne connaissons pas de fabricants spéciaux ; mais vous pourriez vous adresser à la maison Arbey, Jametel successeur, 41, cours de Vincennes, ou à la maison Kirchner et Cie, 77, rue Manin. à Paris.
- Un abonné, en Russie. — Il faut consulter un vétérinaire; nous ne traitons pas ces questions.
- M. Ch. Loonen, à Tracy-le-Mont. —• Nous avons donné la description de l’usine ; mais nous ne pouvons vous renseigner pour ce qui concerne la visite de l’installation.
- M. H. Husson, à Baccarat. — Il nous semble que dans votre-formule vous faites erreur en comptant la vitesse suivant la direction du rayon.
- M. T. Lafon, à Paris. — Nous ne traitons pas ces questions qui sont trop spéciales.
- M. G. Portai, à Rouen. — Nous n’avons pas eu à ce sujet d’autres renseignements. Vous trouverez ce produit chez les marchands de produits chimiques.
- M. A. B., à X... (Basses-Pyrénées). — Il faut vous adresser à une agence de brevets : M. Armengaud jeune, 25, boulevard de Strasbourg; M. H. Josse, 58 bisr rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris.
- L’abonné 7819, à Versailles. — Nous pouvons vous faire connaître l’ouvrage suivant : Comment on marche, par MM. le Dr F. Régnault et de Raoul, à la librairie Ch. Lavauzelle, 118, boulevard Saint-Germain, à Paris; le prix est de 5 fr.
- M. Boyer, à Avignon. — Votre lettre a été envoyée à destination.
- M. Calame Béguin, à Nomexy. — Nous n’avons pas retrouvé l’article sur le sujet que vous indiquez.
- M. G. Pinatel, à Paris. — Nous ne pensons pas qu’il existe d’autre moyen.
- M. A. de C., à Cette. — Adressez-vous à la Société d’éclairage Denayrouze, 2, rue Hippolyte Lebas, à Paris.
- M. H. Bruyant, h Orbais-PAbbaye ; — 1° Société d’éclairage Denayrouze indiquée ci-dessus ; — 2° Un dépôt des fontaines à gaz doit être établi prochainement à Paris, 15, rue Aubert; — 3° Vous trouverez dans les annonces du journal plusieurs adresses d’appareils qui pourraient vous convenir ; — 4° Extincteurs portatifs d'incendie : M. Blon, 17, rue des Messageries; M. Bernheim, 61, avenue des Gobelins; M. Harden, 98 bis, boulevard Haussmann, à Paris.
- M. G. T., h Cherasco. — Pour ce qui concerne l’ozone, demandez des renseignements à M. Otto, 101, boulevard Murat, à Paris; nous avons décrit son procédé de production industrielle de l’ozone dans le n° 1377, du 14 octobre 1899, p. 311.
- (Voir U suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.)
- JDans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précédé la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- BOITE AUX LETTRES (Suite)
- M. P. Bourguin, à Roanne. — Vous aurez des renseignements dans Galvanoplastie ou traité complet des manipulations électro-métallurgiques, par J.-A. Brandely, à la librairie èncyclopédique Roret, 12, rue Hautefeuille, à Paris. Pour la métallisation des fleurs et des insectes, les détails des opérations sont donnés dans les petits livres des Recettes de l'Elec-iricien et des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et C'\
- M. .4. A\, à Nancy. — Ce traitement nécessite un outillage spécial; il faut vous adresser à l’Institut Pasteur, 19, rue Dutot, à Paris.
- M. A. du Pont, à Gand. — Vous pourriez vous adresser à M. le Dr Saborau, médecin de l’hôpital Saint-Louis ; après avoir étudié la question, il semble être parvenu à des résultats appréciables.
- M. le comte L. Libienski, à Mierzow. — Vous pouvez nous envoyer votre lettre ; nous la ferons parvenir à l’auteur.
- M. P. B., h Melle-lez-Gand. — Nous n’avons pas de renseignements sur ce sujet.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. R., h Lyon-Nous ne pouvons nous occuper de ces questions. — M. Dulong, à Nîmes. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — M. Lambart, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- PETITES INTENTIONS1
- Casse-noisette à mâchoires parallèles. -— La désignation est peut-être ambitieuse pour un modeste outil comme un casse-noisette, mais c’est la seule qui rende la particularité ingénieuse que présente ce petit instrument de ménage. Tous nos lecteurs doivent savoir que les appareils que l’on vend couramment pour cet usage ont le grave défaut de ne pouvoir servir tout à la fois au cassage des noix et des noisettes, l’écartement de leurs mâchoires étant invariable : c’est pour cela
- Casse-noix à mâchoires parallèle-
- que M. Edwards, l’inventeur américain du nouveau casse-noisette, s’est arrangé de manière à rendre une de ses mâchoires mobiles, à la façon d’une des mâchoires d’un étau parallèle. En examinant la figure que nous en donnons, on voit que cette mâchoire mobile se déplace le long des dents d’une crémaillère, qu’on voit très nettement sur la gravure, et où elle vient prendre appui : pour casser la noix ou la noisette, on n’aura qu’à agir sur les deux branches, à la manière ordinaire. Comme le mouvement de rapprochement des deux mâchoires se fait sans à-coup, la personne qui se sert de l’outil peut maintenir la noix entre ses doigts, et empêcher les morceaux d’en tomber à terre, sans qu’elle ait crainte de se pincer. — On trouve le casse-noisette à mâchoires parallèles chez M. W. II. Edwards and Co, Bockford, Etat d’Illinois.
- •utll pour arracher les mauvaises herbes. — Les
- mauvaises herbes, voilà l’éternel ennemi pour le jardinier et pour tous ceux qui veulent avoir quelques allées en bon état. En dehors des procédés dont nous avons signalé quelques-uns, et qui consistent à arroser ces maudites mauvaises herbes avec des liquides qui les fassent dépérir, il est souvent nécessaire de recourir à des instruments à lames qui permettent de couper la racine de l’herbe sous terre : ils sont plus ou moins bien compris. On vient de mettre en vente sur le marché américain un type qui se distingue de ceux que nous connaissions jusqu’ici et qui semble particulièrement bien entendu. Nous n’avons guère à le décrire, car la figure se fait comprendre
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- d’elle-même. Sa caractéristique consiste en ce qu’il comporte une lame en zigzag, offrant une tranche coupante dans chaque sens. De la sprte, il peut sectionner les racines des herbes soit qu’on le pousse, soit qu’on le tire par le manche dont le dessinateur a figuré une partie; de plus, l’obliquité même des lames par rapport au mouvement de traction qu’on fait subir à l’instrument, assure un sectionnement bien plus sûr. La disposition de la monture empêche du reste qu’on ne puisse
- Outil pour arracher les mauvaises herbes.
- couper une rangée de plantes le long desquelles on veut enlever les mauvaises herbes. — L’appareil pour arracher les mauvaises herbes se trouve chez M. W. J. Clark Co, Salem, Etat: d’Ohio, Etats-Unis.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Vinaigre pour parfumer les appartements. Feuilles de roses rouges hachées, 55 grammes; storax calamite, 45 gr. ; iris de Florence, 45 gr. ; cannelle, 8 gr. ; clorns de girofle, 20 gr. ; fleurs de lavande, 35 gr. ; essence de bergamote,-' 10 gouttes. Hachez bien fin toutes les substances solides; met-tez-les dans un vase de verre ; alors seulement ajoutez l’essence; une pincée de ce parfum jetée sur des charbons ardents dégage une odeur très suave.
- Ciment pour le cristal, le marbre, la porcelaine, le verre. — Prendre du verre, avoir soin de bien le nettoyer, le broyer en poudre très fine et passer au tamis de soie, mélanger celte poudre avec un blanc d’œuf jusqu’à consistance voulue. Ce mastic est d’une solidité à toute épreuve, les parties jointes ne se décollent jamais; si l’objet vient à se briser à nouveau, les morceaux collés ne se sépareront pas.
- Manière de souder l'ambre jaune. — Mettre sur les deux parties à réunir une solution de potasse caustique, les appli-uer l’une contre l’autre en les maintenant au-dessus d’un feu e charbon de bois quelques minutes, laisser refroidir. Quand l’opération est bien faite, on ne doit pas apercevoir le joint.
- Lotion pour les ongles. — Pour enlever les taches de$ ongles et leur donner une belle teinte rose et unie, employer le mélange suivant ;
- Acide sulfurique. ............ 10 grammes.
- Teinture de myrrhe. .... 5 —- !
- Eau distillée.................125 —
- Lotionnez vos ongles avec un tampon de ouate, matin et soir, et polissez-les dans la journée avec une petite peau dq chamois (d’ap. Petit Moniteur de Pharmacie).
- Acide phênique en tablettes. Il est toujours plus commode d’avoir un médicament à l’état solide qu’à l’état liquide. Or' pour préparer des tablettes d’acide phonique, il suffit de faire fondre, au bain-marie, 95 parties de phénol et 5 de savon de stéarine. Cette masse est ensuite ietée dans un moitié froid, et, quand elle est refroidie, on la découpe comme on le.désire.’. Ces tablettes se conservent parfaitement et sont aisément-, solubles dans l’eau. *
- Bouchage des flacons. — Au Musée zoologîque de Turin,, les flacons renfermant des pièces dans l’alcool sont lutés avec un mastic dont M. le professeur L. Camerano a donne la formule : Caoutchouc, 200 gr.; suif, 125 gr. Les vieux tubes de -caoutchoue à gaz sont très propres à cet usage. On les coupe en petits morceaux qu’on jette dans le suif, où ils finissent par * se dissoudre, à une chaleur modérée. Quand la fusion est com-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Diète, on ajoute en tournant : talc de Venise, 200 gr. On laisse refroidir le mélange, qui se conserve indéfiniment sans s’altérer. Pour l’utiliser, il suffit de le chauffer : il entre en fusion et on le porte, à l’aide d’une baguette en bois ou en verre, sur les joints, que l’on désire luter. L’occlusion est hermétique; le mastic, inattaquable à l’alcool, s’oppose d’une façon absolue à l’évaporation et dure indéfiniment, ainsi que nous avons pu le constater; les flacons bouchés ainsi, voilà plus de quarante ans, n’ont jamais nécessité aucun remplissage et leur alcool est aussi fort qu’au premier jour. Ajoutons encore que le débouchage et le rebouchage des flacons se font avec la plus grande facilité.
- L'utilité de l'ammoniaque a la maison. — L’ammoniaque joue les rôles les plus précieux dans la tenue d’une maison. Pour nettoyer les peintures, par exemple, vous n’avez qu’à faire une solution avec une cuillerée à bouche de ce liquide et 4 litres et demi environ d’eau chaude, on trempe une flanelle dans ce mélange, on l’égoutte, et l’on frotte les taches qui
- peuvent se trouver sur la peinture. — Pour enlever une tache de graisse sur du satin, de la soie, on y fait tomber une quantité extrêmement faible d’ammoniaque, et, quand le liquide est évaporé, on place une feuille de papier buvard sur l’envers de l’étoffe et on pa<se un fer chaud, ce qui fait rapidement disparaître la tache. — Pour entretenir les objets en verre en bon état, y appliquer un peu d’ammoniaque (quelques gouttes) versé sur du papier de journal; en frotte ensuite à sec avec un morceau de ce même papier. — Pour nettoyer les bijoux, étendez-y avec une brosse à dents neuve et douce une solution composée d’une cuillerée à café d’ammoniaque dans une tasse d’eau chaude ; et de même on entretient l’argenterie brillante en mettant quelques gouttes d’ammoniaque dans l’eau où on la lave. — Vous n’avons pas besoin de rappeler que l’ammoniaque sur des piqûres de guêpe amène un grand soulagement. — Enfin, pour nettoyer admirablement peignes et brosses, il suffit de les tremper dans de l’eau où l’on a ajouté un dixième environ d’ammoniaque (en forçant la dose si elle ne suffit point).
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DD MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLOIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 novembre. — 0%3 S. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; brouillard jusqu a 17 b.
- Mardi 28 '5°,6 S. S. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; faible bruine à 12 et 14 h.
- Mercredi 29 6‘,2 Calme. Couvert. 0,0 Couvert; brouillard à 10 h.
- Jeudi 30 4-,5 E. S. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; bruine à 13 h.
- Vendredi 1" décemb. 1*,4 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert; faible bruine à 10 h. j
- Samedi 2 ..... . 5°, 9 S. S. W. 1. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 8 h. ; beau ensuite; bruine de 3 à 6 li. ; brouillard de 7 à 9 h.
- Dimanche 3 .... . — 5%0 N. E. 1. Beau. 0,0 Couvert à 23 h. ; beau avant et après; brouillard jusqu a 10 b. et dans la soirée de 70 m. à 7-8 h. <
- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1899. - SEMAINE DU LUNDI 27 NOVEMBRE AU DIMANCHE 3 DÉCEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : '
- courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pomUUér thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- . Orages en Tunisie. — Les pluies sont tombées en abondance eu Tunisie à partir du 23 novembre jusqu a la lin du mois. Elles ont été tardives cette année, mais elles vont permettre aux agriculteurs de pouvoir ensemencer ; ils commençaient à redouter la sécheresse. Les tribus indigènes établies autour de Gabès vont semer des céréales. Elles en avaient été empêchées par la sécheresse depuis sept ans.
- Tous ces orages ont causé de sérieux dégâts. La-ville de Sousse a surtout été éprouvée. La partie du quai au nord de son port s’est affaissée sur une assez grande étendue. Les ouvrages de terrassement du bâtiment en construction pour l'administration des contributions diverses ont été comblés ou détruits.
- Lh grand nombre d oliviers ont été brisés par la foudre dans la campagne aux alentours de Sousse et dans l’oasis de Gabès,
- Dans le port de Gabès, l’oued Gabès,-.démesurément grossira "entraîné uiie énorme masse de vase qui obstruait le bassin eu construction en face de la douane. Quelques dégâts ont été constatés dans le matériel "de la Compagnie des ports.
- La circulation des trains a été interrompue près de Sfax, sur la ligne de la Compagnie de Gafsa. La quantité d’eau tombée autour de Sfax, du 25 au 27 novembre, a été de 94 millimètres.
- I,e temps. — Dans la dernière semaine du mois de novembre, des neiges et des pluies mit été signalées dans le nord-ouest de l’Europe, dans quelques stations de la Russie, de la Scandinavie et des îles Britanniques. En France, la sécheresse a continué avec un temps brumeux, doux en général, froid à diverses reprises.
- PHASES DE LA LUNE: N, L. le 3, à 0 b. 57 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment tle la publication- du- journal.
- INFORMATIONS
- —®— La statue de Lavoisier, le fondateur de la chimie, s’élèvera Vannée prochaine sur le terre-plein de la Madeleine, dans l’axe de la rue Tronchet, à Paris. M. Berthelot, en annonçant récemment à l’Académie des-sciences, que les travaux de fondation allaient commencer sous peu, a fait connaître que le total des souscriptions recueillies s’élève à 08 000 francs. C’est le sculpteur Barrias qui a été chargé de l’exécution du monument dont l'inauguration aura lieu pendant l’Exposition universelle, probablement dans les premiers jours de juillet.
- —(S)— M. Mougeot, sous-secrétaire d’Etat des postes et des télégraphes, va soumettre prochainement un projet de réforme téléphonique à l’examen et à l’approhation du ministre du commerce. L’économie du nouveau projet est la . suivante : à Paris, l’abonnement annuel serait de 300 francs au lieu de 400 francs à partir du 1er janvier 190Ü. Dès à présent, le prix de la conversation demandée à partir d’une cabine serak abaissé de 25 à 15 centimes pour une durée de trois minutes. Dans les départements, trois taxes différentes seraient appliquées, qui correspondent à trois groupes administratifs distincts, la ville ou la commune, le canton et le département : taxe de 10 centimes pour la conversation urbaine ou locale ; taxe de 15 centimes pour la conversation cantonale; taxe de 40 centimes pour la conversation départementale.
- C’est très bien de chercher à réaliser des progrès, niais-il serait encore mieux de commencer par assurer un bon service. Et il y a beaucoup à dire à ce point de vue.
- A Paris surtout, tous les abonnés se plaignent, et les plaintes sont généralement très fondées. Les erreurs de communication sont incessantes. Deux, trois fois par jour et beaucoup plus souvent, la sonnerie retentit par suite de faux appels. Les demoiselles ne prêtent qu’une attention discrète au numéro qu’on leur indique, et dérangent ainsi inutilement les abonnés. Il en est un qui nous écrit qu’en huit jours il a été appelé par erreur 21) fois et s’est servi de l’appareil utilement 11 fois; il a-donc dû répondre que l’on se trompait 18 fois’/ Conclusion : il paye 4ÜÜ francs par an pour être dérangé tous les jours. C’est un peu cher. Ces demoiselles confondent les numéros avec une insouciance vraiment extraordinaire. On leur demande 5662, elles vous donnent 5622 ou 42, ou même des numéros qui n’ont aucun rapport avec le numéro indiqué. Il en résulte des scènes quelquefois amusantes. Un de nos lecteurs nous iicrit : « Depuis un mois, malgré mes réclamations répétées, on me -sonne chaque matin et l’on me téléphone : « La voiture de M. le « duc est prête ». Et ce n’est pourtant pas faute d’avoir affirmé qué je n étais pas duc et que je n avais pas de voiture... et toujours : <( La voiture de M. le duc est prête! » Un autre abonné de La Nature nous dit de même : a Tous les après-midi, depuis trois jours, un coup de sonnette : « On va vous envoyer vos 400 kg de papier demandés ». Inutile d’ajouter que je n’ai jamais demandé même une pauvre petite livre de papier. » La multiplicité des erreurs devient beaucoup trop grande. Nous ne saurions trop attirer l'al-lention de M. Mougeot sur les irrégularités du service. Les doléances «ont générales et finiront par. faire regretter l'ancien appel par les noms, plus lent, mais bien plus exact.
- —®—• A partir du 1er janvier 1900, des communications téléphoniques pourront avoir lieu entre Paris et Mulhouse par Belfort. Du côté français, la ligne suit la voie ferrée entre Belfort, Chèvre-mont et Petit-Croix; elle est placée sur les poteaux du télégraphe. Du côté alsacien, la ligne est posée en grande partie. Elle suit le •eanal du Uhône au Rhin, le long du chemin de fer de Mulhouse à Illfurth, et passe par. Dannemarie et Montreux-Vieux. Elle est installée Sur des poteaux spéciaux.
- —®— De nouveaux timbres-poste doivent être mis en vente dés l’ouverture de l’Exposition. M. Millerand, ministre du commerce, et M. Mougeot, sous-secrétaire d'Etat, viennent d’adopter la vignette
- exécutée par M. E. Mouchon, et destinée aux timbres de 11), 15,20, 25 et 50 centimes. Elle représente une République assise, de profil droit, tenant la main de Justice et une tablette sur laquelle on lit cette inscription : « Droits de l’iiomme ». La valeur du timbre est indiquée sur un cartouche enguirlandé de lauriers et au-dessous se trouvent les mots « République Française ».
- —(§)— Depuis plusieurs mois une sécheresse intense régnait à Perpignan et entravait les travaux dans les champs et les vignes. On n'avait pas encore signalé de neige sur les plus hautes montagnes.et la température, grâce à un beau soleil, se maintenait partout élevée. Le 8 décembre, dans la matinée, la neige est tombée sur les hauts sommets de l’arrondissement de Prades, notamment sur le Canigou, et la pluie lui a succédé en plusieurs autres endroits.
- —<§)— Les Etats-Unis ont parfois des coutumes bizarres. Le conseil municipal de la ville de Des Moines (lowa) vient de prendre des décisions sévères. Au son d’une formidable sirène qui siffle à 11 heures du soir, tous les habitants doivent être rentrés chez eux, sauf le cas de force majeure. L’infraction entraînera une amende de 50 dollars ou 20 jours de prison. Sous peine d’une amende de 10 dollars, il est défendu de cracher sur les trottoirs ; on ne pourra jeter des peaux de banane sur le trottoir ou faire du bruit sur la voie publique sans encourir une peine pécuniaire de 5 à 100 dollars. Les théâtres et lieux de réunion publique devront être fermés à 10 heures du soir.
- —(§)— Le département de la marine va utiliser les crédits mis à sa disposition pour la construction de deux croiseurs cuirassés qui seront mis en chantier l’un à Brest et l’autre à Toulon. Ces croiseurs auront un déplacement de 12 416 tonneaux, avec 145 mètres de longueur et 21 “,70 de largeur. La puissance de leurs machines qui actionneront trois hélices et seront alimentées par des chaudières multilubulaires, sera de 24000 chevaux. La vitesse maxima prévue est de 21 nœuds, et le rayon d’action à 10 nœuds atteindra 10000 milles. Leur artillerie comprendra quatre canons de 194 millimètres, seize de 164, vingt de 47, et quatre de 37. L’armement sera complété par cinq tubes lance-torpilles dont deux sous-marins. L'effectif prévu est de 25 officiers et 687 hommes d’équipage. Le devis total de chacun de ces croiseurs cuirassés dont les plans sont dus au directeur des constructions navales, M. Bertin, s’élève à 28 982 500 francs.
- —gs— Le gouvernement suédois vient d’ajouter deux torpilleurs de 20 nœuds à sa marine, le Clas Uggla et le Psilander. Ces deux petits navires ont été construits aux chantiers BergsUnd, à Stockholm, et les machines faites à Motala. Le cuirassé Dristighelen est en construction à Lindholmen Gothenbourg, et sera terminé prochainement.
- —®— Après les chiens, les chevaux! Il existe un cimetière de chevaux et on y élève des monuments. La France chevaline nous apprend que ce cimetière existe en Californie. On est en train d’édi-licr un monument à la mémoire du célèbre reproducteur Electioneer ; c’est une colonne de marbre blanc et sur cette colonne seront inscrits les noms de chevaux remarquables. Une plaque est placée sur chaque tombe, donnant le nom, la porformance et la date du décès.
- —$— Les maisons ne doivent pas avoir des murailles de trop faible épaisseur; le tribunal de simple police de Roubaix vient de rendre à ce sujet un jugement intéressant. En vertu de plusieurs arrêtés pris par les maires de Roubaix à djfférentes époques, il est interdit de construire des maisons dont les murs aient moins de ü“,54 d’épaisseur. Dans le courant de l’année, environ une centaine de propriétaires ont fait édifier des immeubles dont les murs ont une épaisseur variant de 22 à 27 centimètres. Ils n’ont tenu aucun compte, pendant les travaux, des observations plusieurs fois formulées par les inspecteurs de la voirie. Le juge de paix vient de condamner les propriétaires à faire démolir les maisons construites eu violation des prescriptions municipales.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’Ellipso-graphe se trouve chez l’inventeur, M. Pape, 72, rue des Archives, à Paris,
- Communications. — M, Xavier Raspail, à Gouvieux (Oise), nous envoie un extrait des « Memonas de la Sociedad Alzate de Mexico, tomo XII », qui ont pour titre : «'A propos d’un projet de réforme à la nomenclature des êtres organisés et des corps inorganiques. »
- M. Maxime Barbier, à Versailles, nous écrit à propos de notre article sur le monument de Félix Tisserand (n° 1380 du 4 novembre 1899, p. 357) : « Je me permets de vous signaler une confusion dans un article, p. 558. C’est le 15 décembre que les cendres de l’Empereur sont entrées à Paris, et c’est le 5 mai, jour de sa mort, qu’on voit le soleil se coucher encadré par l’Arc de Triomphe ».
- M. L., à Dourite, à Montferrand du Périgord (Dordogne), nous adresse la lettre suivante : « Le mercredi 15 novembre, dans ma maison orientée au midi, et à une altitude de 180 mètres, dominant la lonze, à sept heures du soir, les habitants cherchaient à voir les étoiles filantes dont aucune n’apparut. Mais à la place une énorme étoile se laissait voir au sud, se balançant dans l’espace, émettant des feux tantôt blancs, tantôt rouges et bleus. — Son mouvement pouvait être comparé à celui d’un cerf-volant et l’amplitude était assez grande. —L’observation a été faite avec une simple lorgnette de théâtre et le déplacement de l’étoile est visible à l’œil nu. Observée jusqu’à ce jour elle a présenté les mêmes phénomènes. Nous n’avions jamais rien vu ae semblable et nous pensions trouver quelques renseignements dans votre Journal sur ce fait qui nous semble extraordinaire. »
- Renseignements. — M. A. No’mis, à Langres. — Nous ne connaissons pas cette jumelle.
- M. C. B, à Poitiers. — Nous pensons que vous trouverez un formulaire de ce genre à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. G. Boulenger, à Albert. — Nous croyons que le meilleur moyen pour atteindre ce but sera de laisser l’objet à l’air.
- Un abonné, à X. — Nous n’avons pu trouver l’adresse où l’on peut se procurer le sel dont vous parlez.
- M. N. S., à Paris. — Nous ne pouvons vous fournir aucun renseignement à ce sujet.
- M. le Dr Salomon, à Mondilhan. — La Société des fontaines à gaz a établi un dépôt, 15, rue Auber, à Paris.
- M. H., h S. — 1° Il n’existe pas de journaux spéciaux. — 2° Nousavons publié les descriptions des machines à écrire nouvelles et intéressantes. — 5° Pour ce qui concerne les annonces, il faut vous adresser à l’office de publicité, 9 rue de Fleurus, à Paris.
- M. X., a Paris. — Nous n’avons pas l’adresse complète de M. A. Fournier.
- M. Ch. Belot, à Paris. — Vous voulez sans doute parler du multiphone; nous avons donné la description de l’appareil de M. Dussâud dans le n° 1580, du 4 novembre 1899, p.-555.
- . M. V. G., à Paris.— Vous trouverez les recettes d’encres autographiques dans les petits livres des Recettes et procédés utiles, Ve, 2'* et 5' série, à la librairie Masson et Cie.
- M. R. Lemoine, à Paris. — Nous regrettons de ne pouvoir vous expliquer les étymologies de ces noms.
- M. E. S., à Lille. — Le moteur à Vapeur rotatif Àrbel et Tihon est en vente chez les fabricants, 3, rue Yignon,à Paris.
- M. A. Mathey, à Tramelan (Suisse). — Nous ne pouvons vous donner ces renseignements; mais vous trouverez des revolvers ou pistolets de chasse de tous genres chez M. Chobert, 10, rue Lafayette; M. Flôbert, 12, boulevard Saint-Michel, et M. Galand, 15, rue Hauteville, à Paris.
- M. A. Adam, à Chartres. — Vous nous*demandez pourquoi
- les chemins de fer dans leur marche prennent toujours leur gauche à l’inverse des voitures. Au contraire de chez nous en Angleterre voitures et piétons prennent toujours leur gauche ; or, les chemins de fer sont d’origine anglaise ; sur le continent à l’origine on a copié les Anglais et les choses sont restées ei> l’état.
- M. F. B. F., à Saint-André-de-Cubzae. — Nous pouvons vous indiquer les deux journaux suivants : le Journal du Ciel dont le directeur est M. J. Vinot, 3 bis, cour de Rohan,, et le Bulletin de la Société astronomique de France, dont le secrétaire général est M. Flammarion, à l’Hôtel des Sociétés savantes, 28, rue Serpente, à Paris.
- Un abonné, à Saumur. — Nous avons publié dans le n° 1320 du 17 septembre 1898, p. 241, la description du moteur rotatif à vapeur, système Arbel et Tihon; nous donnons plus haut l’adresse des constructeurs.
- • M. L. Beaux, à Laroque-Timbault. — Nous pouvons vous indiquer les becs brûleurs fabriqués par M. II. Carpentier, 73, boulevard Soult;la Société du Bruncor, 17, rue de Rivolj, et M. Kaiser, 32, rue d’IIautéville, à Paris.
- M. L. Sladler, à Gand. — Malgré toutes nos recherches,, nous n’avons pu retrouver la recette que vous demandez; il faudrait parcourir toute la collection.
- M. L. M., à Évreux. — Nous croyons que les machines de l’Alliance ont été remplacées, il y a quelques années seulement, par des alternateurs Labour ; mais nous ne pouvons vous donner aucune date. Il faudrait vous renseigner au service des phares, avenue du Trocadéro, à Paris.
- M. P. Contât, à Troyes. — La question a été extrêmement étudiée et approfondie, et on n’a trouvé jusqu’ici aucun réactif de l’oxyde de carbone assez sensible pour révéler sa présence dans un appartement. Il suffit de traces de ce gaz pour rendre l’atmosphère dangereuse. Le meilleur moyen est de sentir les émanations d’un poêle, non pas que l’oxyde de carbone sente, mais parce que du moment où il y a dégagement des gaz odorants-de la houille, il y a presque toujours dégagement d’oxyde de carbone. D’ailleurs pour plus de renseignements veuillez vous adresser à M. Gréhant, professeur au Muséum d’Histoire naturelle. Nous ne pouvons insérer votre question, le fait étant trop connu.
- M. G. Vuitton, à Paris. — La monographie de M. Guimard sur le castel Béranger a été éditée par M. d’Hestingue, 14, rue-du Helder.
- M. E. Fortero, à Ciudad-Bolivar. — Nous vous remercions-pour votre notice ; mais ces questions sont trop spéciales pour nos lecteurs.
- M.* Tiffany, à Pai'is. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés ; nous ne connaissons pas de fabricants de ce papier.
- M. J. V., à Paris. — Nous ne croyons pas qu’il existe encore un appareil pratique ; des essais ont été faits, mais n’ont pas donné de résultats.
- M. Guarini Foresio, à Liège. — Nous avons reçu votre envoi; remerciements.
- Fre Charles, àBelley. —Nous ne savons si ces appareils sont encore fabriqués ; mais vous pourriez vous adresser à l’inventeur, M. F. Lemaître, ingénieur chimiste, 55, rue Pascal, Paris.
- Questions — n° 1244. — M. le Dr Jérôme Mari, à Viterbo, nous pose une question intéressante : « Vous m’obligeriez beaucoup, si vous aviez la complaisance de me donner l’explication d’un phénomène optique qui m’intrigue. Après avoir traversé un glacier dans les Alpes, sans besicles enfumées, je fus surpris, en entrant dans une grange, de voir le vide de petites fenêtres peint de couleur rose. Doit-on rapporter cela au phénomène bien connu du contraste ? Mais alors de quelle couleur la couleur rose serait-elle complémentaire, si la rétine avait été fatiguée par la lumière blanche?* ou bien cela tient-il à la reproduction du pourpre de Boll dans la rétine aussitôt que celle-ci est plongée dans une demi-obscurité? »,
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dubois, à Bordeaux. Nous ne pouvons résoudre tous ces problèmes; il faut vous adresser à un ingénieur-conseil. — M. D. L'., àX. Cette construction nous semble impossible. — M. Leroy, à Nice. Il y a une erreur dans vos calculs. — M. Dumont, à Paris. Nous avons reçu votre Notice; remerciements. — M. G. R., à Paris; M. Padie, à Paris; M. P. L., à X. Consultez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cic. M. Lelard, à Paris. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — M. P. M., à Brest; M. G. M., à Paris. Remerciements pour vos communications. — M. J. R., à Paris. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants gui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- Cigare filtre et porte-crayon inhalateurs au go-ménol. — Le goménol est une essence pure, provenant de la distillation des feuilles d’un arbre Melanleca viridiflora de la Nouvelle-Calédonie. Il a été expérimenté dans différents services d’hôpitaux, surtout dans le traitement des affections des voies respiratoires par la Dr Dujardin-Baumetz. Les résultats obtenus ont été très satisfaisants. M. Grandjean, qui a eu l'occasion de voir sur place les effets bienfaisants, à la Nouvelle-Calédonie contre les fièvres, a eu l’idée d’organiser une fabrique d’un produit constituant un composé de la véritable essence de goménol tel qu’on le trouve aujourd’hui dans toutes nos pharmacies. Nous signalerons aujourd'hui divers appareils qui permettent d’utiliser le goménol pour le traitement des voies respiratoires. C’est d’abord un cigare-filtre inhalateur (flg. 1, n° 1 ).
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- Fig. 1. Appareils inhalateurs au'goménol.
- 1. Cigare-filtre. — 2. Boite composée. — 5 et i. l'orte-crayon inhalateur.
- Au centre du cigare se trouve un charbon a aggloméré, poreux, formant filtre de 50 millimètres de longueur, que l’air est obligé de traverser. Au-dessus se trouve une couche de papier sans colle qui enveloppe le charbon sur toute sa longueur. Le tout est enfermé dans un récepteur c en forme de cigare en bois ou en os. A une extrémité, en cl et cj sont les orifices d’introduction de l’air. L’autre extrémité e porte une spirale en papier sans colle, sur laquelle on verse quelques gouttes de goménol, et qui le distribue au charbon filtre. En f est un embout en ambroïne que l’on démonte pour charger le.filtrede 7 à 8 gouttes de goménol par jour. En avant se trouve une chambre filtrante garnie de coton. Un porte-crayon inhalateur a été également imaginé (fig. 1, n05 3 et 4). Un crayon a est muni d’un pas de vis c, que l’on fixe dans un petit tuyau il. Celui-ci renferme en e du papier sans colle sur lequel on verse le goménol. En f est le filtre et le petit tube permettant d’aspirer.
- . Fjg. £ — Inhalateur de goménol..
- Pradier,
- M. Grandjean a disposé aussi un appareil spécial pour les inhalations buccales ou nasales de vapeurs de goménol. Comme le montre la figure 2, l’appareil est formé d’un flacon H rempli
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles 'scientifiques est étrangère aux annonces.
- de grenaille de charbon imbibé de goménol. À l’intérieur du flacon se trouve une ampoule en verre A contenant du coton destiné à épurer l’air introduit. En G est un entonnoir d’introduction de goménol. Sur le flacon I sont placées deux tubulures F et DE qui sont réunies à deux tuyaux de caoutchouc. L’un d’eux aboutit à un embout buccal B, qui pourrait être aussi bien un embout nasal, et l’autre est réuni à une poire insufflatrice C. On appuie sur cette dernière; l’air arrive en E, D, traverse l’ampoule A, la grenaille de charbon s’imprègne, de goménol et vient sortir en F pour arriver en B à l’embout buccal. L’air qui sort ainsi de cet appareil a subi une double filtration, puis il est saturé de goménol et, pénétrant dans les organes, il les guérit par les puissants effets du goménol. — — Pour tout ce qui concerne le goménol et les appareils inhalateurs, s’adressera la maison Prevet et Cie, 48, rue des Petites Ecuries, à Paris
- Ontil & casser la glace. —On sait que les Américains font un usage (et même un abus) absolument extraordinaire des boissons glacées ; la maison la plus modeste a toujours dans son office des blocs de glace plus ou moins gros qu’il faut débiter suivant les besoins du moment. Or, rien n’est plus malaisé que de casser de la glace : le plus souvent on en pulvérise, on en fait sauter un peu partout et on en perd une grande
- Outil à casser la glace.
- quantité ; le seul moyen pour réussir consiste à employer une pointe assez fine qu'on fait pénétrer dans la glace.
- Pour répondre à ce besoin, une naison américaine met en vente un petit outil très simple dont nous donnons une reproduction, et dont la construction se comprend aisément. Dans le corps de la tige est logé un ressort à boudin qui amortit le choc de la pointe sur la glace ; enfin toutes les parties de l’instrument susceptibles de venir en contact avec l’eau sont en laiton ou, tout au moins, recouvertes d’un dépôt galvanique de cuivre, ce qui empêche la rouille de s’v produire.
- Cet instrument se nomme en anglais : « Boston spring ice pick » ; il se trouve à l’adresse suivante : MM. J. II. Graham et G0, 113 Chambers Street, New-York.
- Le Zanzibar/— Les joueurs de Zanzibar sont souvent en désaccord, se reprochant les uns aux autres de ne pas jeter assez vigoureusement les dés pour empêcher ces derniers de, rouler et pour conserver ainsi les chiffres avantageux se trouvant placés au-dessus. L’appareib que nous présentons à nos lecteurs a pour but de régler mécaniquement et automatiquement le jeu, de sorte que le résultat des coups change fatalement et devient incontestablement le résultat du hasard, sans qu’il soit possible qu’un joueur puisse l’influencer en quoi que ce soit. Le nouveau modèle de Zanzibar se compose d’un pied dans lequel se trouve placée une manette comman-dée par un ressort g de rappel. Cette— manette agit «ur un fond mobile de telle sorte qu’en l’abaissant et la
- lâchant brusquement, elle vient frapper contre le fond, projetant en l’air les trois dés qui, en retombant, marquent le coup. Sur ce fond mobile est montée une cloche en verre qui empêche les dés de se disperser. Ce Zanzibar a en outre l’avantage d’empêcher de perdre les dés. Sa construction est soignée de sorte que cet appareil peut remplacer avantageusement les anciens cornets, non seulement dans les cafés, hôtels, etc., mais aussi dans les familles. — L’appareil est en vente chez M. Kratz-Boussac, 5, me Saint-Laurent, à Paris
- Le Zanzibar.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité (le physique élémentaire de Ch. Drion et Fernet. 13'édition parE. Fernet et J. Faivre-Dupaigre. 1 vol. in-8”. l'aris, Masson et Cie, éditeurs.
- La chimie du photographe. III. Préparation des surfaces sensibles, par L.-P. Clerc. 1 vol. in-18. II. Desforges, éditeur, Paris. Prix : l,r,50.
- Les petits travaux du photographe. Manuel de construction des appareils et accessoires. 2e partie, par Albert Reyser. 1 vol. in-18. II. Desforges, éditeur, Paris. Prix : ltr,50.
- Les Rhizopodes de faune profonde dans le lac Léman, par Eugène Pénard, docteur ès sciences. 1 vol. in-8°. Genève, imprimerie W. Kündig et fils. 1899.
- Electricité médicale. Traité théorique et pratiquer*par Feux Lucas, ingénieur en chef des ponts et chaussées en retraite et par le Dr A. Lucas. 1 vol. in-18. Paris. Librairie polytechnique Ch. Réranger. Prix : 10 francs.
- Le magnétisme du fer, par Ch. Maurain, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé des sciences physiques. 1 vol. in-16 de la Collection Scientia. G. Carré et Naud, éditeurs. Prix : 2 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE. VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLOIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 décembre . -i*,i E. S. E. 1. Peu nuageux. 0,0 Nuag. de 5 à 13 h. : beau avant et après; petit brouillard de 7 à 10 li.
- Mardi 5 1%9 2. Couvert. 0,5 Couv. ; pluie la moitié du temps; petit brouillard à 10 h.
- Mercredi 6 5”,6 S. 2. Couvert. 5,3 Éclaircies à 4-5 b. ; couv. avant et après ; pl. à diverses reprises ; petit brouillard à 16 b.
- Jeudi 7 8",1 S. 2. Couvert. 2,9 Couv. ; pluie les deux tiers du temps ; brouill. à 4 li.
- Vendredi 8 Ü%7 E. N. E. 3. Couvert. 16,8 Couv. le matin, puis nuag. ; beau ensuite ; pl. jusqu’à 8 b.
- Samedi 9 - 4”,9 N. E. 4. Beau. 0,1 Beau.
- Dimanche 10 — 7”,0 N. E. 2. Nuageux. 0,0 Peu nuag. à 6-7 h. ; beau avant et après ; halo.
- DÉCEMBRE 1899. — SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 DÉCEMBRE.
- | Lundi ( Mardi ( Mercredi ( Jeudi ( Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en novembre 1899
- par M. E. Rendu.
- Moyenne barométrique à raidi 764”"",93. Minimum 750““, 16 le 8 à 11 heures du matin. Maximum 774“”,05 le 17 à 10 heures du matin.
- Moyennes thermomélriques : des miuima 4°, 11; des maxiina 11°,50; du mois 7°,80 ; vraie des 2i heures 7®.41. Minimum — 5®,0 le 20 au matin. Maximum 21°,7 le 2 à 2 li. 10 du soir. Il y a eu 7 jours de gelée à glace et 7 jours de gelée blanche. Moveime des miuima sur ie sol 0\15. Minimum au ras du sol—8®,Ole 20.
- Tension moyenne de la vapeur, 6”“,75. Minimum 5”“.5 le 17 à 5 heures <lu soir. Maximum 12”“,2 le 10 à midi. Humidité relative moyenne 85,0. Minimum 45 le 17 à 3 heures du soir. Maximum 100 en 11 jours.
- Nébulosité moyenne 58, les derniers jours du mois particulièrement couverts. Pluie 18””,9 en 12 h. 1/4 réparties en 5 jours ; un jour de pluie notable le 8. 9““,5 d’eau. Pas de pluie à iwirtir du 11, sauf 5 jours de gouttes <>u bruine. Vents du N.-E seuls domiuanls, puis ceux de l’Ë. au S.-W. par le S.
- Eclairs le 2 de 7 à 11 heures du soir, d’abord de l’W. au S. puis au N. — N.-N.-W.; ton lierre à 11 heures du soir, passe au zénith à Tl h.20,un coup 4 secondes après l'éclair, puis s’éloigne au N.-E., et un vers 11 h. 30, peu de pluie. Eclairs seuls le 8 entre le N. et le N.-N.-W. de 6 à 11 heures «lu soir. .
- 10 jours de brouillard, il est de 20 à 50 mètres le 26 à U heures du soir.
- Température moyenne de la Marne; le matin 9",31 ; l'après-midi 9®48;
- du mois 9®,23. Elle a varié de 6®,50 le 28 à_123,00 les 4, 6 et 8. ELle5;st_toujours très basse et très claire.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de novembre 1899présente les résultats suivants ; baromètre plus haut de 7““,23. Thermomètre plus haut de 1®,29. Tension de la vapeur plus forte de 0““,42. Humidité relative plus faible de 1. Nébulosité plus faible de 11. Pluie plus faible de 23““,2.
- L’automne de 1899 (septembre octobre-novembre) présente les résultats
- suivants :
- Moyennes. Ecarts. Baromètre (midi). 760“”,75 -4-2,97 Thermomètre . 10®,97 -+-0,79
- Teiis. de la vap. 8““,06 — 0
- Moyennes. Écarts. Humidité relat. . 81,2 — 551 Nébulosité. . . . 50 — 91 Pluie............ 103””,4 — 57,7
- L'année météorologique a présenté les résultats suivants :
- Moyennes. Écarts. Baromètre (midi) 759"”,56 -+- 1,55 Thermomètre. 11®,22 -+- 1,16 Tension de la vap. 7““,63 -+- 0,10
- Moyennes. Écarts. Humidité relat. 74.8 — 4,5 Nébulosité . » 50 — 9;4
- Pluie .... 580““,7 —190,5
- Tonnerre 23 jours; éclairs 11 jours.
- Le maximum 21®,7 du 2 novembre est le plus haut connu dans ce mois depuis un siècle et demi.
- L’année 1899 est la plus chaude depuis 1854; c’est aussi l’une des plus claires; c’est celle qui fournit la moindre hauteur de pluie au parc depuis 1873 et aussi de toute la série de Paris proliablernent depuis très longtemps.
- PHASES DE LA LUNE ; P. Q. ie 9, à 9 li. 12 m. du soir.
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- H° 1387 (23 décembre 1899), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Les présidents des Sociétés impériales naturalistes et techniques de Russie, MM. Klossovsky et Depp, ont adressé d’Odessa à l’Académie des sciences, à l’occasion du Centenaire de l’adoption du système métrique, la dépêche suivante : « A l’occasion du Centenaire du Mètre, nous venons rendre hommage aux grands fondateurs du système métrique qui ont procuré à la France la gloire de faire adopter ce système par le monde entier. Signé : Klossovsky et Depp. » Et chez nous, est-ce que l’on ne. fêtera pas le Centenaire «lu mètre!
- —!§!— M. Berthelot a annoncé à l’Académie des sciences que M. Hinrichs venait d’envoyer un dernier complément à la souscription Lavoisier organisée aux Etats-Unis. La liste s’élève à 5054 francs, Plus de 500 chimistes Américains ont contribué à cette souscription en l’honneur du fondateur de la chimie.
- —®— Un comité vient de se former à Strasbourg pour placer un médaillon commémoratif sur la façade de la maison, rue des Veaux, 5, qu’habitait Louis Pasteur, en 1855, lorsqu’il était professeur à la Faculté des sciences de l’université de Strasbourg. Ce médaillon, une œuvré d’art, a été exécuté par M. Auguste Patay, le réputé sculpteur parisien, attaché à l’hôtel des Monnaies. Il représente l'effigie du grand savant français, avec l’inscription suivante : « Pasteur, 1822-1895 ». Le comité est composé de M1,e Jeanne Kuliff, attachée à l’institut Pasteur ; du Dr Jules Bœckel, chevalier de la Légion d'honneur; de MM. Fritz Rieffer, directeur de l’Imprimerie alsacienne, officier d’académie; Alfred Bitlcng, notaire, chevalier de la Légion d’honneur.
- —g)— On a inauguré le 14 décembre à 10 heures du matin, par un froid de 10" au-dessous de zéro, le monument élevé à la mémoire d'Alphand, avenue du Bois-de-Boulegne. On peut se demander pourquoi ou a choisi cette date. La température était telle que la musique de la Garde Républicaine n’a pu jouer la Marseillaise traditionnelle. Les musiciens ont été incapables de faire sortir un son de leurs instruments. On a dû remplacer notre chant national par un simple roulement de tambour. C’est M. Mesureur, député, qui a remis, au nom du comité Alphand, le monument à la ville do Paris. « Ce monument est, a dit M. .Mesureur, ce qu’il devait être : la synthèse «lu travail accompli en moins d’un demi-siècle, pour transformer notre vieille capitale en une incomparable cité, rivale moderne des plus belles cités antiques. Dans son attitude habituelle, faite de grandeur et de simplicité, Alphand domine cette page vivante des travaux de Paris; de cette place, il peut contempler la ville de pierre sans limite et les perspectives sans lin de son bois de prédilection. Ses collaborateurs l'entourent encore : l’ingénieur, l’architecte, le sculpteur et le peintre attendent ses ordres, et nous aimons à retrouver ici les traits de contemporains que la postérité ne séparera pas du maître. » M. Mesureur a félicité M. Dalou, auteur de l’œuvre. On aurait pu tout de même attendre un jour plus propice pour célébrer -celui qui fit Paris si beau et dont le nom est resté si populaire que -lorsque les habitants se plaignent du service municipal, on entend répéter de tous les- rètés : « Ah ! si Alphand était là ! » Tout Paris aurait voulu assister à l’inauguration du monument d’Alphand.
- -se Nous avons reçu de la Sociedad Mexicana para el cultivo de las Ciencias le programme d’une soirée scientifique qui a été donnée en novembre 1899, et dans laquelle a eu lieu une conférence sur Gaston. Tissandier, sa vie et ses œuvres, par M. le professeur Louis G. Léon, directeur de l’Observatoire météorologique à l’Ecole normale dejeunes filles de Mexico. Nojjs tenons à remercier nos correspondants des témoignages de sympathie qu’ils ont adressés au fondateur de La Nature.
- On se demande souvent quel est le nombre d’ouvriers açhiel'lèment employés aux travaux de l’Exposition qui sont poussés n'vèc niié si.grande activité. Ce nombre, qui a été au maximum de
- 2558 en janvier 1899, n’a cessé d'augmenter depuis cette époque pour atteindre 4597 en juillet, 5025 en août, 5706 en septembre et 6200 en octobre.
- —(§)— L’Exposition de 1900 consommera une grande quantité d’eau. Les machines prendront environ 8 millions de mètres cubes ; il faut ajouter l’eau qui sera nécessaire pour les visiteurs et l’arrosage des jardins. Deux usines à vapeur construites sur le bord de la Seine enverront l’eau aux générateurs à vapeur. La ville de Paris fournira à l’Exposition l’eau potable et l’eau destinée à l’arrosage. La Ville donne gratuitement l’eau de l’Ourcq ainsi que 6000 mètres cubes par jour a’eau de Seine. Quant à l’eau de source, elle sera payée 15 centimes le mètre cube. Une conduite maîtresse d’eau de Seme, de 0m,60 de diamètre, sera posée dans toute la largeur du Champ-de-Mars, derrière la Galerie des Machines, et desservira les générateurs. D’autres conduites plus petites se brancheront sur celle-là et circuleront dans le Champ-de-Mars, jusqu'auprès de la tour Eiffel. Une canalisation d’eau de source sera établie dans tous les bâtiments. L’eau de l’Ourcq, enfin, exclusivement destinée à l’arrosage, sera distribuée dans les jardins. L’annexe du Troeadéro recevra de l’eau de l’Avre et de l’eau de Seine; les palais des beaux-arts, dans lesquels une double canalisation sera établie, de l’eau de la Vanne et de la Seine; l’annexe de l’esplanade des Invalides, de l’eau de l’Ourcq et de l’eau de source.
- —®— La direction générale des contributions indirectes vient de réunir les éléments nécessaires pour l’évaluation exacte de la dernière récolte vinicole. Pour 1899, la récolte des vins en France est évaluée à 47 907 000 hectolitres. Elle accuse une augmentation de 15625000 hectolitres par rapport à la récolte de 1898. En tenant compte de 4 6 48 000 hectolitres récoltés en Algérie et environ de 250 000 hectolitres récoltés en Corse, on arrive à une production totale de 52 805 000 hectolitrês. La richesse alcoolique moyenne des vins ordinaires est à peu près la même que celle de 1898. Mais la production des vins à degré élevé a doublé par comparaison avec l’année précédente. En Algérie, la production a diminué par suite du sirocco, qui a desséché les fruits sur plant. Suivant les estimations faites dans chaque département, en tablant sur les divers prix de vente chez les récoltants, la valeur de la récolte s’élèverait à 1 249 585 000 francs. Dans ce total, les vins de qualité supérieure (et, par là, il faut entendre seulement les vins dont le prix de vente, çliez le récoltant, dépasse 50 francs l’hectolitre, sans les droits) sont compris pour 114 405000 francs correspondant à une quantité de 1200 000 hectolitres (contre 78 414000 francs et 956000 hectolitres en 1898) et les vins ordinaires pour 1154980 000 francs, correspondant à une quantité de 46 707 000 hectolitres.
- —®— M. Cornu, professeur de culture au Muséum d’histoire naturelle de Paris, vient, comme il le fait tous les ans, d’établir le catalogue des graines et des plantes vivantes qui sont offertes pendant l’hiver 1899-1900 aux établissements d’instruction. Ce catalogue comprend les graines pour jardins botaniques et celles de plantes pouvant servir à l’ornement (espèces annuelles ou pouvant être cultivées comme telles, espèces bisannuelles et vivaces). Le catalogue des plantes comprend des espèces vivaces pouvant servir à l’ornement, les arbres et arbustes pouvant servir aux plantations des jardins et des parcs, et enfin les plantes utiles à divers litres. Les demandes adressées à M. le directeur du Muséum, rue Cuvier, 57, à Paris, doivent parvenir avant le 15 décembre 1899, terme de rigueur. Les plantes offertes étant distribuées comme spécimens de collection, il n’est généralement donné qu’un exemplaire de chaque sorte.
- —(§:— A Riga (Esthonie russe), un pont gigantesque sera jeté sur la Duna, pour remplacer le pont de bateaux construit en 4897, au prix de 800000 roubles et qui avait été emporté par les glaces l’année dernière. Il fut replacé à son poste à l’ouverture de la navigation ; mais les habitants ont résolu néanmoins de le remplacer par une construction moins sujette aux avaries pendant la débâcle»
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. —Pour la grue hydraulique de chantiers, s’adresser à Leed’s Engineering and hyaraulic Company of Providence, Leeds (Grande-Bretagne). — Pour la machine à courber les tubes, s’adresser à M. Henry Condon Esq., à De Kalb, Illinois (Etats-Unis). >— Pour la monture de poulie, s’adresser à Fox Machine Co, Grand Rapids, Michigan.
- Communications. — M. Ch. L., à II., à propos d’une Note sur un distributeur automatique de gaz paru dans les Informations du n° 1385 du 9 décembre 1899, nous fait parvenir la remarque suivante : « Vous citez l’emploi des compteurs à gaz à recette automatique par les habitants de Sydney (Australie), et vous paraissez, dans cette Note, tirer de ce fait cette déduction <jue seuls les Anglo-Saxons ont le monopole des ingéniosités pratiques. Or, ce système est appliqué depuis plusieurs années sur une très large échelle à Roubaix, où il est très connu sous l’appellation populaire du « Gaz à deux sous ». La Compagnie du gaz de cette ville, pour permettre à tous l’emploi du gaz comme moyen de chauffage et d’éclairage, fait et fournit gratuitement l’installation complète, comprenant tuyauterie, appareils et compteur, etc., mais fait payer le mètre cube à 0fr,293 au lieu de 0,28, prix du gaz pour l’éclairage. Pour éviter des dérangements trop répétés, on peut introduire consécutivement dans la fente du distributeur, huit pièces de 0,r,10 ; à dates fixes, un employé vient vider la tire-lire. »
- M. G. Pellissier, à Paris, nous écrit aussi que les Compteurs à gaz à prépayement sont employés dans différentes villes de France depuis déjà un certain temps. A Melun, notamment, ils sont très répandus. Le volume du gaz libéré pour 0tr,10 dépend évidemment du prix du mètre cube.
- M. M. Gresland, à Rouen, nous informe également que le distributeur automatique d’éclairage existe depuis nombre d’années dans la région de Rouen ; il a uniquement pour but d’assurer l’encaissement du gaz consommé, car dans les contrées ouvrières il y a beaucoup de mauvaises payes, et nullement de supprimer un fonctionnaire, car ce dernier fait la recette chaque mois.
- Un abonné, à Tours, à propos de nos récents articles sur les moyens de prendre des cafards, nous fait connaître quelques renseignements utiles : « Les cafards nous ont indiqué eux-mêmes le meilleur moyen destructeur, en se faisant prendre dans la bassine grasse à relaver la vaisselle. En effet, dès que la paroi lisse (métal, verre, faïence) d’un récipient est grasse, les pattes du cafard sont impuissantes à la remonter, il y est pris. Donc on prend une bassine quelconque, soit une simple bassine carrée en faïence ou en zinc, dont on se sert en photographie, un récipient quelconque de cuisine, on verse dessus un peu d’huile à manger, pour en graisser les parois inclinées ; on met dans le fond un peu d’eau pour la noyade, et on applique cet engin contre un mur fréquenté par les cafards. On met autour une petite planchette inclinée pour qu’ils y montent et le lendemain, on trouvera la bassine remplie de plusieurs centaines de cafards. Le procédé est infaillible et d’une grande simplicité. On dispose la bassine dans l’endroit fréquenté par les cafards, avec planchettes d’accès sur les bords. Si c’est au milieu d’une pièce, ou si c’est contre un mur dans un angle, on applique simplement la bassine contre le mur. »
- M. G. Nicolas, à Annecy, nous envoie par la poste quelques branches de lilas en bourgeons, brûlés par un froid de — 6 à — 7° qui règne dans la région, restes d’une floraison qui a duré depuis la fin octobre jusqu’aux premiers jours de ce mois. L’échantillon que je vous envoie, ajoute notre correspondant, quoique fané par le froid, laisse voir les nombreux bourgeons encore verts que le lilas nous a donnés se croyant au printemps. La fleur a également un certain intérêt par sa position et son genre d’insertion directement sur le bois. J’ai pensé que cette floraison tardive pourrait vous intéresser; elle est extraordinaire, car il s’agit ici d’un lilas
- poussant en pleine terre, à cent mètres des bords du lac d’Annecy, qui est à une altitude de 447 mètres et que de plus nous sommes dans la Haute-Savoie, c’est-à-dire en plein massif montagneux.
- Renseignements. — M. G. Montagne, au Mans. — Noue ne connaissons aucune adresse spéciale où se trouvent les produits dont parle M. Villon, et l’auteur de l’article est décédé. Mais nous pensons que vous pourriez vous adresser à MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, ou à MM. Chenal,. Ferron, Douilhet et Cie, marchands de produits chimiques, 22v rue de la Sorbonne, à Paris.
- M. S. Nicolesco, à Bucarest. — Nous ne croyons pas que l’appareil dont vous nous envoyez la description puisse vous-donner de bons résultats; les actions sont trop faibles et ne pourront s’enregistrer.
- M. le bibliothécaire, à Beaupréau. — 1° Ouvrages sur le chauffage à la librairie Bernard et à la librairie Dunod, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 2° Chauffage à vapeur : M. IL Hamelle, 94, boulevard Richard Lenoir; MM. Grouvelle et Arquembourg, 71, rue du Moulin-Vert; MM. Mathelin et Garnier, 26, rue Boursault, à Paris.
- A/. J. Schumann, à Bilbao. — L’adresse est donnée en tète de la Boîte aux lettres du numéro qui contient la description-du système.
- M. Ed. Janini, à Tongres. — 1° Les paratonnerres rendent de grands services et sont fort utiles; mais ils doivent être bien installés. Nous avons publié à ce sujet une Note et un article intéressants dans le n° 1222, du 31 octobre 1896, p. 351,. et dans le n° 1229, du 19 décembre 1896, p. 37.
- M. A. Niderlinder, à Toulon. — Nous n’avons pas publié de recettes pour imperméabiliser les fûts; mais nous avons donné pour les nettoyer dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 3e série, quelques recettes qui pourraient vous être utiles; voyez à la librairie Masson et G1'.
- M. Kémal, à X. — Nous ne connaissons pas de journal tel que vous le désirez.
- M. Ch. à Tours. — La naphtaline se présente en grandes lamelles brillantes solubles dans l’àlcool chaud et dans l’éther.
- M. Don Antonio Ruiz Ldpasapuente, à Haro. — Votre lettre a été envoyée à Fauteur.
- M. Biétrix, à Lyon. — Nous n’avons aucune adresse spéciale à vous indiquer ; adressez-vous à la maison Poulenc, 122, boulevard St-Germain, ou à l’ancienne maison Billault, 22, rue de la Sorbonne, à Paris.
- MM. Adam et Cie, à Agra. — Les essais n’ont pas donné de résultats industriels, et la Société n’existe plus.
- : M. G. Theret, à Ozouer-le-Voulois. — Nous avons indiqué plusieurs recettes pour combattre les vers qui attaquent les meubles dans le petit livre des Recettes et Procédés utilesy lre série, à la librairie Masson et C*'.
- M. le D'S.,k J. — Nous n’avons pas connaissance que le système de boules ait déjà été employé. Nous pensons que rien ne peut remplacer un bon paratonnerre bien installé.
- M. M. B., h Avon. — Nous croyons que vous trouverez uu ouvrage de ce genre à la librairie Gauthiers-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. L. Flœurang, à Paris. — Nous vous sommes très obligés-de votre lettre. Mais les inoculations sur la tuberculose n’ont encore rien donné, et l’on s’occupe très sérieusement d’inoculations pour le traitement du cancer ; on a donc répondu d’avance à votre demande.
- Questions — n° 1245. — M. G. Vidal, botaniste à Plascassiers par Grasse, nous adresse la question suivante :
- « J’empoisonne mon herbier au moyen de sublimé dissous dans l’alcool. On m’a vendu un alcool frauduleusement décoloré par un des moyens usuels. Il a attaqué le sublimé et la couleur verte a reparu laissant un précipité abondant. Est-il possible par l’adjonction d’une substance peu coûteuse d’empêcher l’attaque du sublimé et de pouvoir me servir de l’alcool ? »
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. D. B., à Lille. Nous avons reçu votre envoi; remerciements, mais nous ne pouvons l’utiliser. — M. Dubreuil, à Nice. Ces données sont incomplètes pour construire une voiture. — M. G. Marpeau, à Paris. Cette installation peut être faite par un monteur électricien. — M. D. L.r à Paris; M. G. P., à X. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 3* série, à la librairie Masson et C‘“. — M. Bertrand, à Brest. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 5* série, à la même librairie. —* M. L. G., à X. ; M. R. G., à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres * la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Les petits automates. —
- comme tous les ans, il en est nieux. On peut en citer même d’une simplicité enfantine, mais qui n’en frappent pas moins l’esprit par leur originalité et leur perfection. Celte année, nous trouvons, sur les boulevards à Paris, trois automates qui appellent l’attention par les mouvements divers qu’ils exécutent et surtout par l’appropriation parfaite de ces mouvements à leur nature. C’est d’abord le faucheur; il tient de la main gauche le manche de la faux, et de la main droite le crochet fixé
- sur la faux et T .
- • : i • , . Le faucheur,
- qui lui sert a
- manœuvrer
- l'outil. Remontons l’appareil et
- Voici l’époque des jouets, et quelques-uns qui sont ingé-
- mettons-le à terre; nous le voyons aussitôt exécuter des. mouvements, abaisser la faux, la faire glisser comme sur l’herbe, la retirer, la ramener, et en même temps avancer progressivement; ces mouvements sont, surprenants. La petite blanchisseuse est devant son baquet, et tient en main son linge. Elle frotte l’une contre l’autre deux pièces de toile, les trempe dans l’eau, les relève et semble recommencer les mouvements
- jusqu a ce que le linge soit à fait En-
- tout propre
- tin, nous trouvons une oie qui agite doucement son
- cou, en se balançant de gauche à droite, suivant le mouve-
- La blanchisseuse.
- ment préféré de ces oiseaux. et avance peu à peu- avec une lenteur majesteuse. — Ces petits automates sont fabriqués
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- par M. Fernand Martin, manufacturier en jouets en fer mécaniques automatiques, 88, boulevard Ménilmontant, à Paris.
- Le globe terrestre. —
- La petite invention que nous décrivons aujourd’hui est un globe de lampe représentant une mappemonde et s’adaptant sur toute lampe. Il s’agit d’un globe ordinaire en opale de 0m,18 de diamètre sur lequel sont dessinées et fixées en couleurs inaltérables, par la cuisson au grand feu, les cartes des diverses régions de la terre ; le globe est blanc, et l’on peut suivre facilement toutes les traces des cartes. On obtient ainsi ces globes intéressants et instructifs â la fois, servant à tamiser la lumière et donnant l’illusion d’une mappemonde.
- Ce nouveau globe peut être utile pour l’étude de la géographie. Les cartes se dessinent bien par transparence et fraj)- -pent l’œil davantage. On peut, il ‘nous semble, utiliser ces globes pour donner aux enfants les premières notions de la géographie. — Les globes terrestres se trouvent chez M. G. Mey
- er, 54,- rue de Bondy, à Paris*
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES ,
- Nettoyage et blanchiment des éponges de toilette. — Par l’Usage, les meilleures éponges s’altèrent et contractent à la longue une couleur brune, quelquefois noirâtre. On les entretient propres en les-savonnant fréquemment. Pour les blanchir, il faut les tremper dans une eau bien chaude, sans être bouillante, où l’on a fait dissoudre du sel d’oseille (oxalate de potasse); la quantité de sel doit être proportionnée au poids des éponges;; on en met une pincée pour une petite éponge, deux pour unfe moyenne ; 30 grammes pour une quantité d’éponges pesant un demi-kilogramme. On les agite et on les presse fortement dans cette eau; après quoi on les rince soigneusement à l’eau pure.
- Pâte d'amandes. — On prend 500 grammes de bon savon blanc, on le râpe, puis on le met dans un vase en porcelaine!, en le recouvrant d’eau de rose, on laisse reposer pendant deux ou trois jours. On prend alors 125 grammes d’amandes douces, 38 grammes d’amandes amères émondées et pilées, on leis ajoute ensuite au savon râpé, et l’on place ce mélange dans une poêle, sur un feu très doux, en remuant sans cesse, avec une spatule de bois; quand le savon forme des filaments autour de la spatule, on retire la poêle, on ajoute, si l’on veut, un parfum très doux, en remuant toujours le mélange, puis on fait refroidir sur un plat quelconque. Quand la pâte est froide) on la découpe en morceaux.
- Dorure du verre et de la porcelaine. — Une excellente publication allemande à laquelle nous faisons souvent des emprunts, Neueste Erfindungen, recommande l’emploi de la solution suivante pour dorer le verre ou la porcelaine : huile de lavande 900 grammes, chlorure'd’or 100 grammes, sous-nitrate de bismuth 5 grammes et savon de chrome 50 grammes. Après application sur les objets à décorer, on laisse sécher ceux-ci, puis on les fait cuire au moufle, et l’on obtient directement une dorure brillante.
- Vernis pour meubles. — La formule en est donnée comme excellente par ses résultats et économique dans son prix de revient, par notre confrère Polytechnisches Nottizblatt. On prend tout simplement 60 grammes de laque en écailles, autant de poix de mélèzes résine blanche qu’on nomme aussi poix de Bourgogne, et l’on fait dissoudre dans un sixième de litre de bon alcool rectifié; on étend ensuite sur le meuble à traiter, mais en se mettant pour cela dans une pièce chaude et sèche. On peut désirer colorer ce vernis : pour obtenir une nuance noire, on écrase dans un mortier, et aussi finement que possible, du noir d’ivoire mouillé d’une quantité suffisante de vernis à la laque. Comme colorants, on peut employer de même soit du rouge indien, soit du vert de chrome, du bleu de Prusse, de l’indigo, etc.
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- . NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- La composition de l’encre des machines à écrire. — Le laboratoire de chimie du Ministère de l’agriculture des Etats-Unis, vient de soumettre à des analyses intéressantes les encres <jue l’on emploie dans les machines à écrire, pour enduire les rubans sur lesquels s’encrent les caractères. Les résultats en pourcentage (résultats qui donnent d’ailleurs un peu plus de 100 au total) ont été de 3,71 pour les matières volatiles (eau, huiles essentielles pour parfumer, etc.J, puis 74,51 pour l'huile, 0,93 pour un colorant en bleu qui présente la réaction du bleu de méthylène; enfin 13,11 pour le bleu de Prusse, et 8,19 pour du noir de fumée ou une autre sorte de carbone finement divisé. Par combustion, on a recueilli 9,23 pour 100 de cendres, consistant principalement en oxyde de fer. Ajoutons, ce qui a bien son intérêt, que les impressions obtenues à la machine avec ces encres ont résisté à tous les agents qui décolorent ordinairement les encres à la noix de galle ou au fer.
- Pour imiter le bois de rose. — On peut assez bien imiter le bois de rose au moyen du bois d’érable, dont la contexture est semblable. Il faut commencer par polir soigneusement les surfaces à traiter, puis on'emploie, pour leur donner la nuance voulue, des acides d’aniline : on obtient un rouge foncé, par exemple, en prenant 10 grammes de roséine, puis autant de coralline, et 1 gramme 1/2 de brun d’aniline, et en faisant dissoudre le tout dans un litre d’alcool. On fabrique ensuite une nuance rouge pâle en supprimant de la formule le brun d’aniline. Puis, à la surface du bois d’érable, on trace des veines rouge clair, à quelques millimètres les unes des autres, en employant une brosse finement divisée; on remplit, avec la nuancé foncée, les bandes intermédiaires demeurées intactes; et, avant que le tout soit complètement sec, on fond un peu les bandes alternées, avec une br-osse douce, de façon qu’elles ne paraissent pas offrir des bords trop nettement tranchés. .
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES UU MATIN THERMOMÈTRE VENT PIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLOIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 décembre. — 9%1 E. N. E. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu'à 8 h. ; très nuag. ensuite.
- Mardi 12 — 7°,3 S. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Couv. à 1 h. et nuag. de6 à 12 h. ; beau le reste du temps.
- Mercredi 13 — 9%9 E. 2. Peu nuageux. 0,0 Nuag. de 7 à 18 h. : beau le reste du temps ; halo.
- Jeudi 11 — 9*,9 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Vendredi 15 — 9’,0 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Très nuageux à 10-11 h. ; beau avant et après ; brouillard dans la soirée.
- Samedi 16 — 6-.1 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Beau jusqu'à 1 b. ; couv. ensuite ; brouill. jusqu’à 20 h.
- Dimanche 17 — 5*,7 N. E. 1. Couvert. 0,0 Couv. jusqu'à 18 h.; beau ensuite; très brumeux.
- DÉCEMBRE 1899, — SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 DÉCEMBRE.
- ljUm^ I Mardi | Mercredi | Jeudi ( Vendredi ( Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions bhromélriques (baromètre ramené à 0, au niveau de ta mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Tremblement «le terre en Espagne. — line légère secousse de tremblement de terre a été ressent e, le 0 décembre 1890, à Grenade. On a a signalé aucun dégât.
- É,a température; la neige. — Le 10 (décembre, le thermomètre marquait —7° à Paris, et —5° à Marseille. Dans la nuit du 9 au 10 décembre, la neige est tombée en abondance sur cette dernière ville et les environs. Le 1l décembre, il neigeait en Bretagne et vers Dunkerque: la température était de — 10° à Paris, — 15° à Clermont, —10“ au l'uv-de-Pùme, —10' à Lyon. Au Havre, à la suite de l’abaissement de la température pendant deux jours à 7° au-dessous de zéro, la [neige est apparue le 11 décembre (tons la matinée et est tombée abondamment, 11 a neigé aussi à Lille, Rouen, etc. La couche a atteint cinq centimètres,
- La neige a fait, les 9 et 10 décembre, son apparition dans la banlieue pari-srenne, principalement dans la banlieue ouest et la banlieue nord, où elle txst tombée le 10 de 1 heure à 1 heures de l'après-midi.
- Le sol, aux environs de Versailles, de Saint-Germain, ainsi que du côté de Pontoise, a été recouvert d’une mince coufche do neige ne dépassant pas centimètres environ.
- Les neiges sont tombées aussi le 12 décembre, vers nos côtes nord, sud et ouest, jusqu’au Mans et à Limoges. Le 12 décembre, on nous écrivait de Cannes que depuis trois jours les montagnes des Alpes étaient couvertes d’une couche de neige, à la suite d’une pluie line. La neige est tombée également sur les îles Lérins. Le même jour, le thermomètre tombait à Cannes à 5° au-dessous de zéro.
- La neige-est tombée, le 13 décembre, sur une grande partie du département des Pyrénées-Orientales. A Perpignan, la pluie est tombée toute la journée. Le froid a sévi avec une grande intensité dans le département de Saône-et-Loire. La navigation a été interrompue depuis le 12. On a patiné sur la Saône, qtli a été entièrement gelée sur un parcours de plusieurs kilomètres.
- Le thermomètre est descendu aux environs de Paris jusqu’à —16° du 13 au 15, et il a gelé assez fortement pendant huit jours pour que l'on ait pu patiner à partir du 11 sur les lacs du bois de Boulogne. La Seine a charrié de gros glaçons à partir du 15 décembre.
- Tempêtes. — Une tempête d'une extrême violence a sévi à Perpignan le 16, renversant les piétons et enlevant les toitures. A la gare de Cerbère, des hommes d’équipe ont été blessés. Tempête à Port-Vendres. ' ’
- PHASES DE LA LUNE } P. L, le 17, à 1 h. 10 m. du malin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction *
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal,
- INFORMATIONS
- —®— Par décret en date du 18 décembre 1899, rendu sur la proposition du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, M. Radau (Jean-Charles-Rodolphe), membre de l’Institut, est nommé membre titulaire du bureau des longitudes, dans la section d’astronomie, en remplacement de M. Tisserand, décédé. M. Radau avait ôté en effet désigné en première ligne par l’Académie des sciences, et M. Bigourdan en deuxième ligne.
- —!§>— L'Académie royale des sciences de Belgique vient d'élire, parmi ses associés, MM. Henri Moissan et Camille Jordan, de l’Institut de France, en remplacement de MM. Bunsen et Ch. Fi’iedel, décédés dans le courant de l’année 1899.
- —®— Une donation de cinq millions ! M. R. Bischoffsheim, député, membre de l'Institut, vient de donner à l’Université de Paris la nue propriété de l’Observatoire de Nice, avec ses dépendances et ses annexes, les observatoires du mont Mounier et du mont Macaron (Alpes-Maritimes), et une somme de ‘2 500 000 francs pour subvenir au fonctionnement et à l’entretien de cet établissement scientifique.
- —<§)— On a annoncé que le Conseil fédéral allemand avait décidé que l’année 1900 serait la première année du vingtième siècle. Charbonnier est maître chez lui, mais si la décision est bien réelle, elle est certainement regrettable. On cherche partout à unifier les calendriers; la Russie s’efforce d’en revenir peu à peu au calendrier grégorien, et en Allemagne on ferait commencer le siècle une année plus tôt qu’ailleurs! Un décret pontifical a qualifié 1900 de dernière année du siècle. Et en effet rien n’est plus chronologiquement exact. L’ère chrétienne a commencé avec l’an I. Donc, pour que le premier siècle de cette ère eut cent ans, l’année 100 devait appartenir à ce premier siècle et non au second qui a commencé seulement avec l’an 101. Toutes les années séculaires (00) font donc partie non du siècle qui va commencer mais de celui qui s’achève. C’est pour cela que dans le décret du 13 novembre 1899, le Pape indique comme lin du dix-neuvième siècle le 51 décembre 1900 et comme premier jour du vingtième siècle le 1er janvier 1901.
- —(§)— La période de grand froid que nous avons traversée et qui avait commencé le 7 décembre aura duré il jouis avec un abaissement du thermomètre qui a été pour Paris jusqu'à 15°. Brusquement le thermomètre est remonté au-dessus de zéro dans la soirée du 19. La Seine qui charriait des glaçons depuis le 15, était embâclée à Paris, du Point-du-Jour au pont des Invalides. Un peu plus, elle était prise dans toute la traversée de Paris. Le dégel étant survenu le 19, lé fleuve était débarrassé de ses glaces dès le 20. Cette première attaque du froid sera peut-être suivie d’une seconde plus sévère en janvier. 11 y a des chances, en effet, pour que cette année, l’hiver soit plutôt sévère que doux, car nous n’avons pas eu d’hiver froid depuis quatre ans. Le dernier hiver rigoureux a été celui de 1894-1895. Voici du reste la liste des grands hivers du siècle actuel : 1802-1803 ; 1812-1813 ; 1822-1823; 1829-1830; 1837-1838; 1840-1841; 1855-1854; 1860-1861; 1870-1871; 1879-1880; 1889-1890 ; 1894-1895. Soit environ 12 grands hivers pour un siècle ou un hiver rigoureux par huit ans. En réalité, on en compte un plus grand nombre, parce que la définition d’un hiver dur est un peu élastique. Ainsi 1870 fut froid, mais 1871 le fut également. Souvent deux hivers consécutifs sont rigoureux. Nous verrons s’il faut ajouter à la liste 1899, le dernier hiver du dix-neuvième siècle.
- —®— Il nous faut mentionner ici la terrible catastrophe d’Amalfi, survenue le 22 décembre, à 2h 50 de l’après-midi. Amalfi. en Italie, ne compte plus guère que 5000 habitants, mais elle fut jadis la rivale de Pise et de Venise, et posséda jusqu’à 50000 habitants. A •là suite des pluies, toute une portion de la montagne surplombant le port s’est détachée, ensevelissant dans sa chute des maisons, des hôtels, et notamment le grand Hôtel des Cappucini, ancien couvent
- fondé en 1212 par l'ordre de Cîteaux, qui s’élevait à pic de plus de 80 mètres au-dessus de la mer. Le nombre des victimes paraît être considérable. On a recueilli au milieu des vagues un cadavre coupé en deux. Cette catastrophe, d’origine géologique, a jeté le deuil parmi la population. Plus de 50 000 mètres cubes sont tombés de la montagne et plusieurs voiliers qui étaient dans le port ont été écrasés sous les débris des roches.
- —®— Actuellement à l’hôpital de Naples, on peut voir une petite fille de sept ans qui ne pèse pas moins de soixante kilogrammes. Elle est d’une bonne santé et, si elle est entrée à l’hôpital, c’est à la suite d’une chute.
- —(p)— Nos lecteurs sont probablement déjà renseignés au sujet de l’incendie qui a détruit dernièrement les ateliers de M. Pérignon, rue de Chazelles, à l’endroit où fut construite, il y a douze ans, la statue de Bartholdi érigée dans la rade de New-York. Cet incendie a eu une certaine répercussion sur les travaux de l’Exposition de 1900; puisque c’était dans cette maison que venaient d’être exécutés les groupes de clé du pont Alexandre par M. Récipen. Ces groupes étaient terminés et emballés pour être expédiés sur les chantiers, il n’en reste plus rien ; malheureusement il n’y a pas assez de temps d’ici le 15 avril pour pouvoir les recommencer. Aussi seront-ils exécutés en staff; après l’Exposition, on enlèvera ces groupes provisoires et on les remplacera par des sujets en cuivre battu qu’on aura eu le temps d’exécuter.
- —(§>— Hygiène bien entendue. Le sous-secrétaire d’Etat aux postes et télégraphes, après avis d’une commission, a fait recommander, dans les cabines téléphoniques publiques, qu’on essuie avec un linge légèrement humecté d’eau phéniquée (solution 3 pour 100) la plaque vibrante des transmetteurs, les poignées et le pavillon des récepteurs, qu’on asperge tous les jours avec la même solution les parois des cabines et qu’on les aère convenablement.
- —®— On a inauguré le 20 décembre, à 3 heures, dans les galeries du Conservatoire des arts et métiers, le buste d’Aimé Girard, érigé par voie de souscription publique. Une reproduction du bronze sera placée dans le jardin de l’Institut agronomique. C’est un juste hommage à la mémoire d’un chimiste qui a rendu de grands services à l’industrie de son pays.
- —1®— D’où vient le mot Canada? Quelle est l’étymologie de cette vaste contrée de l’Amérique du Nord? On sait que le Vénitien Cabot, au service de l’Angleterre, découvrit le Canada en 1497. Le Français J. Denys de Ilarfleur, et le Vénitien Veruzzani, au service de François Ier, visitèrent le golfe de Saint-Laurent en 1506 et 1525; ils furent suivis par les Espagnols, qui, n'ayant rien trouvé sur les côtes, aucune trace de mines d’or et d’argent, se retirèrent en répétant, dit-on, les mots « aeâ nada » (Ici rien). Ces mots, répétés plus tard par les indigènes aux Français, auraient été pris par les Français pour le nom de la contrée. On fait également dériver Canada d’un mot iroquois « lîanatha », qui signifie réunion de cabanes.
- —(§)— Un décret assujettit à la vérification des poids et mesures, les commerces, industries et professions désignés ci-après : abattoirs (adjudicataires, régisseurs et fermiers d’); bourreliers en détail; briquetiers et tuiliers (fabricants et marchands) ; celluloïd (fabricants d’objets divers en) ; entrepreneurs de chargement et de déchargement de navires; sociétés coopératives de production (lait, fromage, pain, etc.); sociétés coopératives de consommation (ayant magasins ouverts aux sociétaires et livrant articles d’épicerie, de mercerie, des tissus, vins et autres marchandises) ; syndicats agricoles (ayant magasins et livrant à leurs adhérents, par quantités variables, des semences, des engrais, des produits chimiques ou autres denrées) ; tonneliers et eercliers.
- —®— A la fin de l’année 1898, il y avait 508 603 personnel employées dans les chemins de fer de F Inde.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- IX
- Adresses relatives aux appareils décrits. Four le nouveau robinet pour les réservoirs d’air comprimé, s’adresser à M. Tessier, 36, boulevard d’Argenson, Neuillv (Seine),
- Communications. — M. Léon Labarre, chef des travaux chimiques à l’Ecole supérieure des Sciences de Rouen, nous adresse l’intéressante communication suivante : (( Nous voici arrivés à la fin de l’année 1899, et beaucoup de personnes pensent encore, que nous entrerons le 1er janvier prochain, 1900, dans le vingtième siècle. L’argument, servant de base à cette opinion, est ainsi conçu : « Pendant les 12 pre-« miers mois qui suivirent la naissance du Christ, on était « dans l’année 0. On ne fut en droit de chiffrer la lre année « du siècle, par le nombre 1, qu’après une période de « 12 mois révolus. C’est ainsi, disent ces personnes, qu’en « parlant de l’âge d’un nouveau-né, on dira : cet enfant a t< 8, 10, ou 12 mois. A partir de cette époque seulement, l’enfant a aura 1 an. D’où cette conclusion : Le siècle ayant commencé « 12 mois, avant qu’on ne puisse chiffrer 1, il en sera de « même pour le siècle suivant, ce qui arrivera pour notre « époque, au début de 1900. L’espace de temps compris entre « 1900 et 1901 devant constituer l’espèce 0 du siècle, futur ! » Cette conclusion est-elle juste ? Avant de répondre à quelle époque précise finit un siècle, il importe de savoir à quelle date exacte ce siècle a commencé. Une année est une période de temps de 12 mois. Les 12 premiers mois qui suivirent la naissance du Christ constituent, dans leur ensemble, l’année 1. Si durant cette période, on ne pouvait dire qu’une année était écoulée, on se trouvait néanmoins, dans un espace de temps, devant par sa totalité, former l’année 1, et non l’année 0. Chacun des mois de cette période, représente les divisions fractionnaires (par ~) de l’unité 1. Les partisans de la théorie indiquée plus haut, paraissent oublier que l’unité « l’année »,-obtenue à la fin des 12 premiers mois, est immédiatement dépassée par les divisions ou subdivisions fractionnaires devant, par leur ensemble, constituer l’année 2. Si l’ôn ne tient pas compte de ce fait mathématique, on a tendance à mentionner l’année 1, durant tout l’espace de temps nécessaire à l’accomplissement de l’année 2, et, dès lors, à attribuer le chiffre 0 à la lr* période. En résumé : (( Chaque unité,
- « dans la supputation des années, indique l'ensemble d’une « période de 12 mois, et l’on peut mentionner cette unité « durant tout le temps nécessaire à l’accomplissement de « cette période ». Actuellement, nous sommes en 99 (1899) et cependant l’année 99 n'est pas écoulée : ce chiffre indique simplement que depuis janvier dernier, nous accomplissons la 99e période de 12 mois; à la fin de 99 : 99 périodes de 12 mois seront écoulées; mais le siècle se compose : de 100 périodes de 12 mois. Il faudra, pour atteindre ce nombre, attendre encore 1 an, soit : la fin de 1900. Nous entrerons alors, le 1er janvier 1901, dans la lre période de 12 mois du siècle futur. Ces explications sont forcément assez abstraites, un exemple en facilitera la compréhension : admettons (heureusement. c’est une hypothèse) qu’on nous impose la tâche ingrate de lire 100 journaux, composés chacun de 12 colonnes. Après avoir lu quelques lignes ou colonnes du 1" journal, pourrons-nous dire que nous avons lu un journal : évidemment, non. Nous aurons lu ; 0 journal, une fraction. Cependant nous pourrons dire, dès le début de la lecture, que nous avons en main le journal 1. La lecture en étant terminée, nous commencerons à lire le journal 2. A la fin du 99e nous aurons lu 99 journaux; il faudra lire encore les 12 colonnes du 100e journal, pour avoir lu 100 journaux en leur totalité. Autre exemple : plaçons devant nous un mètre. Les 100 es-
- Eces (centimètres) de ce mètre, peuvent nous représenter 5 100 années dont se compose un siècle ; les divisions fractionnaires de chaque centimètre peuvent nous représenter les mois dont se compose chaque année. Examinons le mètre à
- | notre gauche. Le chiffre 1 placé à la fin du 1er espace, com-I prend les subdivisions de cet espace, c’est-à-dire l'espace dans son ensemble. Examinons le mètre à notre droite, nous-voyons que celui-ci se termine non à la fin du 99e espace, mais à la fin du 100° espace. D’après ces exemples on peut voir que le siècle présent doit finir le 51 décembre 1900 et le nouveau siècle doit commencer le 1er janvier 1901 à minuit. En résumé, le siècle présent finira à la fin de 1900. Aussitôt alors commencera une période de 12 mois ou année 1 du nouveau siècle, et avant d’être révolue, cette même année (si on compte par subdivisions ou mois) peut constituer l’espace 0+1 fraction de ce nouveau siècle. »
- M. E. Tonchet, à Paris, répond à l’observation qui nous a été adressée par M. L., à Dourite : « L’étoile observée au sud, vers 7 heures du soir, c’est sans doute Fomalhaut, du Poisson Austral. Cependant le qualificatif d'énorme donné par l’auteur ne semble pouvoir s’appliquer à cette étoile dont l’éclat est de 1,7. Il serait intéressant de demander, par l’intermédiaire de' La Nature, à M. L. des renseignements plus précis ; Position exacte de l’étoile sur la sphère céleste (par rapport aux constellations connues), durée de visibilité, éclat, etc. La planète; Vénus se trouve aussi dans la région-donnée par M. L., mais, le 15 novembre elle se couchait vers 5 h. 5 m. Il n’est pas surprenant que les observateurs n’aient aperçu aucune étoile filante : ce n’était pas au sud mais à l’est et vers 1 heure du matin qu’il fallait regarder, dans le voisinage de ç du Lion. »
- M. E. Rinn, à Alger, à propos de notre récente chronique sur L'impression aux rayons X, parue dans le n° 1380 du 4 novembre 1899, p. 366, nous écrit : « Dans un de vos derniers numéros, vous parliez de l’impression aux rayons X et vous faisiez remarquer très justement que ce mode d’impression ne paraît pas présenter d’avantages sur l’impression typographique, du moins pour le moment. Je suis entièrement de votre avis, mais je crois qu’il est une application pour laquelle* le mode d’impression aux rayons X rendrait des services inap-J préciables, et à ma connaissance cette application n’a jamais été faite. Je veux parler du tirage des ferrotvpies, héliographies, etc., que l’on fait dans l’industrie des dessins faits sur calques. Le tirage d’une seule ‘ épreuve exige des manipulations assez longues : mise en place dans le châssis du calque et du papier sensible, exposition au soleil et lavage à l’eau ou à des réactifs spéciaux. L’emploi des rayons X, en permettant de tirer à la fois un très grand nombre d’exemplaires du même dessin, rendrait des services signalés à tous ceux qui utilisent ces sortes de reproductions. Il y a évidemment plusieurs questions pratiques à résoudre, notamment en ce qui concerne la sensibilité des papiers employés, le moyen d’obtenir des traits noirs sur fond blanc, etc. ; mais la chose vaut la peine d’être étudiée si elle ne l’a déjà été. »
- Renseignements. — M. V., à Coudrai. — Nous avons indiqué l’adresse que vous demandez en tète de la Boite-aux Lettres du n° 1380 du 4 novembre 1899.
- M. Pellerin, à Sousse (Tunisie). — Pour les procédés employés pour désincruster les chaudières, nous ne croyons pas que vous trouverez d’ouvrages spéciaux. Ces renseignements sont donnés dans les ouvrages relatifs aux chaudières et que vous pourrez vous procurer à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à la- librairie Dunod, 49, quai des Crands-Augustins et à la librairie E. Bernard, 29, même quai, à-Paris.
- M. Marcel Bazin, à Trdyes. — Le fabricant n’a pas de-représentant en France, sinon nous l’aurions indiqué.
- M. Schmitt, à Mohilew Padolski (Russie). — Adressez-vous à la maison Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Messagerie, à Paris.
- M,leJ. Bellot, à Cognac. — Cet article est extrait des Comptes rendus de l’Académie des sciences; il n’existe pas d’ouvrage traitant ce sujet.
- M. H. Dachsbech, à Bruxelles. — L’adresse de la maison Bréguet est 19, rue Didot, à Paris.
- M. le Dr Ch. Truchot, à Clermont-Ferrand; M. G. Mourel, à Clermont-Ferrand. — Nous demandons des renseignements complémentaires à l’auteur de l’article et nous vous les ferons connaître.
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. Luis G. Léotir à Mexico. Remerciements pour votre intéressante communication. M. D. Ludart, à Paris. Vous trouverez tous ces éléments de calcul dans les traités de physique élémentaire. — M. Dumont, à Bordeaux. Nous ne pouvons nous occuper de ces questions ; ces renseignements vous seront fournis par des agences de brevets. — M. Préuandf à Paris; M. M..L., à Orléans. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C*\ — M. G. L-. à X- Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- 1." La neige sur les toits. Paris apparaît au matin sous un manteau de neige. Des Alpes extraordinaires se dessinent toutes blanches, avec des gorges et des précipices, des ravins et des pics, d’énormes glaciers qui sont des monuments, et d'étranges rochers qui fument par mille cratères. — 2. Tenue d’hiver. Uu’importent neige et verglas, service commandé, réceptions et divers bals et soirées. — 3. Pris par le brouillard. 11 n’ést pas bon d’avoir a traverser la place de la Concorde, on peut tourner vingt fois autour de l’Obélisque. — i. Pluie d’hiver. Des- rivières glacées qui se déversent sur les tètes et des lacs dans lesquels il faut patauger. — 5. Après 2 heures, le tapis blanc le plus épais se tvansfôwHe en marècaga^et fondrières, la neige se change en boue noire. Avec un peu de verglas par-dessus le 'plaisir est complet. — (3. Le marchand de marrons. Deux sous de marrons tout chauds, calorifère portatif. — 7. Patinage. Une fête sur le lac des patineurs est toujours bienvenue, excellent signe de dégel. — S. Tristesses. Les • braseros pour les sans-foyer. ’ >
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Suppression du goût de l'huile de foie de morue. — On sait quelle odeur désagréable émane de l’huile de foie de morue et combien de larmes elle a fait verser aux bébés. Voici une formule que nous trouvons dans le Bulletin de pharmacie de Lyon qui permet de supprimer ce terrible inconvénient. Mêlez 400 parties d’huile de foie de morue avec 20 parties de café en poudre et 10 parties de noir animal; chauffez le mélange en vase découvert jusqu’à 00° centigrades, laissez refroidir et reposer 5 jours en remuant de temps, en temps et filtrez. L’huile aura un goût de café.
- Pour protéger de l'humidité les capsules de gélatine. — €’est un brevet anglais que signale une publication allemande qui donne ce moyen évidemment fort utile. Avant que les capsules soient remplies, ou même après, on les traite tout
- simplement par une solution d’alun, qui les met à l’abri de tous les dégâts que pourrait leur causer l’humidité, au moins à la température ordinaire. :
- Pour durcir les objets en plâtre. — La recette peut être fort utile, en permettant de laisser ensuite impunément exposés ii la pluie et aux intempéries les objets soumis au traitement. Ce dernier, qui est breveté en Allemagne, consiste essentiellement dans l’emploi du borate d’ammoniaque. On commence par faire dissoudre de l’acide borique dans de l’eau chaude, puis on y ajoute de l’ammoniaque liquide, et on peut alors mélanger cette solution au plâtre, durant le gâchage, ou au contraire l’appliquer à la surface des moulages déjà obtenus, des cloisons, etc. Dans ce cas, on opère à froid, et, après l’application du liquide, on lave le plâtre qui a subi ce traitement. On obtient à la fois de la sorte non seulement durcissement, mais imperméabilisation.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30): — Bureau central météorologique de France
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EX MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 décembre. — 7",0 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Beau'; très brumeux.
- Mardi 19 — 5”,9 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; très brumeux.
- Mercredi 20 0”,1 N. N. E. 1. Couvert. 0,0 Couvert; pluie fine de 10 à 13 h. avec verglas; brouillard dans la soirée.
- Jeudi 21 0°,5 E. N. E. 1. Couvert. 0,3 Couvert ; très brumeux ; gelée blanche.
- Vendredi 22 3 ,2 K. 2. Couvert. 0;0 Couvert jusqu’à 19 h. ; éclaircies ensuite ; très brumeux.
- Samedi 23 1\1 S. E. 2. Couvert. 2,0 Couvert; pl. jusqu’à 9 h.; avec, verglas ; brouillard de 9 à 16 h., de 200 m. à 11 et 14 h.
- Dimanche 24 ... . _____ 1-,1 S. 2. Couvert. 1,5 Couvert ; gelée blanche ; pl. à partir de 15 h. ; tr. brum. - ' « - - U
- DÉCEMBRE 1899. ---- SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 DÉCEMBRE.
- Lundi I Mardi I Mercredi I Jeudi | Vendredi I Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les (lèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- l.e froid »» Paris. —Le froid a subsisté quelques jours au commencement de la semaine dernière. Depuis le 17 au malin, la Seine a été prise en deux endroits : à la pointe de l’ile des Cygnes et en aval (lu pont que la Compagnie de l’Ouest fait construire sur "le fleuve pour la prolonge de la ligne gare Saint-Lazare-Champ-de-Mars. Les glaçons se sont amoncelés contre les pilotis enfoncés au milieu de la Seine, et ont définitivement qbstrué le grand bras, rendant toute la journée, le remorqueur Némo a été occupé à assurer l’écoulement des glaçons par le petit bras, resté libre. Lu Seine a été également prise au pont (le Sèvres, au viaduc d’Aulcuil. Une large dépression existait entre ces deux points, à la hauteur de Billancourt.
- La navigation a été pendant plusieurs jours interrompue absolument sur la Seine et les canaui parisiens. Les débardeurs des ports ont dû cesser tout travail, et le chômage a été général. I ne distribution de secours d’une valeur totale de 10000 francs leur a été faite par les soins du service de l’inspection générale de la navigation.
- La Seine a été complètement prise sur plusieurs points en amont de Paris. La Marne a été également prise, notamment en amont de l’ile du Moulin-de-Bry, à la pointe aval de l’ile Beauté, à la pointe amont de l’ile Mâchefer. Dans Paris, le canal Saint-Martin n'a été libre que dans les bassins du
- Marais et des Rérollels; partout ailleurs, c’est avec la plus grande peine qu’on a procédé à de continuelles « éclusées » de glace.
- Dans Paris également, la Seine a été complètement prise, entre les petits bras Saint-Louis et de l’Archevêché, entre la nouvelle passerelle du chemin de fer de Coureelles au Champ-de-Mars et le pont des Invalides.
- Le 20 décembre, le dégel est survenu, le thermomètre est remonté do plusieurs degrés. 11 s’est produit aussitôt un brouillard opaque qui a persisté plusieurs jours.
- Sur la Seine, les glaçons accumulés sur divers points dans les petits bras, entre l’ile de Grenelle et le pont des Invalides, ont fondu sur place ; il n’y a donc pas eu de débâcle. Sur le petit bras de la Monnaie, au pont de l'Archevêché, les glaces qui bloquaient, le 19 au soir encore les abords de ce pont avaient disparu le 20 au malin.
- Sécheresse. — La sécheresse est générale dans le ceutre et dans le nord de la France. Tous les agriculteurs s’en plaignent. Nous traversons une période de sécheresse évidemment exceptionnelle. A Paris, le défaut d eau dans la Seine gêne beaucoup la navigation. Le service des bateaux-omnibus est resté interrompu môme après la fonte des glaçons. Le niveau de la Seine n’a jamais été aussi bas en décembre qu'il lest’en ce moment, depuis un siècle. 11 a atteint 50 centimètres au-dessous de l’Echelle au pont de la Tournelle. Il avait été seulement de —45 en 1871 et de —36 eu 1879.
- PHASES DE LA LUNE ; Néant.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— C’est avec une véritable satisfaction qui sera partagée par t’armée tout entière et les différents corps savants que nous avons vu l’Académie des sciences élire M. le général Galliéni Correspondant national dans sa section de géographie et de navigation.
- —(§>— M. Doumer, gouverneur général de l’Indo-Chine, a décidé, par arrêté du 30 octobre, qu'à partir du 1er novembre l’usage des mesures de capacité ou vuongs de 1, 5, 10, 20 et 40 litres serait obligatoire.
- —®— La Société de biologie a fêté son cinquantenaire à la Sorbonne sous la présidence du ministre de l’instruction publique, le mercredi 27 décembre. A cette occasion on a inauguré au Collège de France une plaque commémorative apposée sur le mur du laboratoire où travailla Claude Bernard et sur laquelle sont inscrits ces simples mots : « Dans ce laboratoire a travaillé, de 1847 à 1878, Claude Bernard, professeur de médecine au Collège de France. »
- - —®— MM. Broca, Sapelier et Thibault ont fait connaître, devant l’Académie de médecine, des recherches bien intéressantes sur un sérum destiné à combattre l’alcoolisme. Ces expérimentateurs ont déterminé chez un cheval l’accoutumance à l’alcool absorbé de bon gré par la voie buccale. Le sang de l’animal a fourni un sérum qui, injecté à des animaux ayant pris préalablement l’habitude et connu le goût de l’alcool, a produit chez ces animaux un dégoût tel de l’alcool, qu’ils ont préféré s’abstenir de boisson ou de nourriture plutôt que' de continuer d’absorber la liqueur. Ces médecins ont désigné sous le nom d’antiéthyline la substance encore inconnue et non définie contenue dans le sérum recueilli dans ces conditions. Les essais chimiques faits chez des buveurs enracinés ont confirmé les résultats expérimentaux obtenus sur les animaux. Le buveur ainsi traité perd le goût de l’alcool, des boissons alcooliques comme l’absinthe, l’eau-de-vie, le rhum ; il peut même en avoir le dégoût. Il peut cependant boire encore du vin. Mais il retrouve vite l’appétit et les forces. Il y aurait donc là une importante découverte qui, si elle se confirme en pratique, retentirait bien heureusement sur les ravages actuels de l’alcoolisme. Nous reviendrons sur cette question quand une expérience convenable aura mis hors de doute l’efficacité de la méthode de MM. Broca, Sapelier et Thibault.
- —®— Monuments mégalithiques de Borgy (Saône-et-Loire). Le I)r Variot vient de signaler à la Société d’anthropologie de Paris et à la commission des monuments mégalithiques, deux beaux dolmens situés à Borgy, commune de Dezize (Saône-et-Loire). La table de ces dolmens est parfaitement conservée ; elle est formée d’un seul bloc de calcaire pesant au moins 10000 kilogrammes et ayant 4 mètres de longueur; les pierres de support, formées par des dalles énormes, ont été mises à découvert par des travaux de déblaiement dirigés par le Dr Variot. Les fouilles ont permis de découvrir, au-dessous de la table, des ossements humains, des haches en jade, des poinçons en os indiquant bien que ces dolmens sont des monuments funéraires remontant à l’âge de pierre. M. Salmon, président de la commission des monuments mégalithiques, est décidé, d’accord avec le Dr Variot et avec le maire de la commune de Dezize, à prendre les mesures nécessaires pour conserver ces dolmens comme monuments historiques. Il n’en existe de semblables, dans le département;de Saône-et-Loire, qu’à Uxeau.
- —®r- La barque de pêche Trois-Sœurs, du Havre, a découvert, le 16 décembre 1899, à quatre milles au large, un énorme cétacè, long de 8 mètres sur 1 de diamètre. Ils lui lancèrent des grappins, des cordages, et l’amarrèrent solidement le long du bord. Cette belle prise, du poids de 3500 kilograhnbeâ, a- été débarquée à l’aide d’une grue à vapeur, en présence d’une foule considérable.
- —®— L’Administration impériale Japonaise des chemins de fer a commandé à l’industrie privée aux Etats-Unis, près de 8000 tonnes
- d’armatures en acier pour ponts de chemins de fer, livrables d’ici un an. Cette commande comprend 45 arches de 30 mètres et 10 de 60 mètres.
- —®— Les voitures de la Calcutta Tramcar Company seront mues par l’électricité dorénavant Cette compagnie abandonne la traction animale, et supprime sa cavalerie.
- —®— Au 1er janvier 1899, il y avait en Russie 7057 milles anglais de voie ferrée en construction; tant dans la Russie d’Europe que dans la Russie asiatique, et 26 958 milles de chèmins de fer exploités. ,
- —®— Ils sont bien traités les soldats anglais en campagne. On en jugera par le détail suivant des rations quotidiennes. — Viande. Une livre de viande fraîche, conservée ou salée. Quand le bétail est abondant, cette ration pendant les opérations actives peut être élevée à une livre et quart. — Pain. Une livre et quart de pain frais, ou une livre de biscuit, ou une livre de farine. — Denrées alimentaires. Un tiers d’once de café et un sixième d’once de thé, ou double ration de l’un ou de l’autre. Deux onces de sucre, une demi-once de sel, un trente-sixième d’once de poivre. Un tiers d’once de chocolat ou de cacao, au lieu de thé et de café. — Légumes. Une demi-livre de pommes de terre ou d’autres légumes frais, ou deux onces de pois, ou un quart de livre d’oignons, ou deux onces de riz. — Alcool. Un demi-quart, quand les ordres supérieurs le prescrivent. — Tabac. Une livre par homme et par mois. — Chauffage. Une livre de bois ou de charbon, mais seulement en cas de nécessité.
- —®— Les messages téléphonés sont transmis directement par l’expéditeur au bureau téléphonique, et de là au domicile du destinataire. M. le sous-secrétaire d’Etat des postés et des télégraphes a décidé qu’à partir du 1er janvier, les abonnés du réseau de Paris, qui ont versé une provision de garantie pour l’échange des communications payantes, peuvent, à toute heure de la nuit, transmettçe des messages téléphonés à partir de leur domicile. La même faculté est accordée aux personnes non abonnées qui se présentent dans les bureaux publics ouverts au service de nuit. Toutes ces améliorations ont certainement leur intérêt. Mais il serait encore préférable de pouvoir téléphoner commodément dans la journée, et d’avoir un service régulier et bien fait. "
- —®— Au commencement de l’année, on avait déjà parlé de la mise à l’essai en Allemagne, dans plusieurs corps de troupe, d’un nouveau fusil. Il s’agit de certains perfectionnements apportés au fusil modèle 1888. Cette arme transformée a donné, paraît-il, de bons résultats. Les perfectionnements portent sur le canon, qui est pourvu d’un appareil pour y fixer la baïonnette de manière à ne pas gêner le tir. Le chargement du magasin n’a plus lieu par paquets, mais par une sorte de ruban de cartouches. La culasse a une double fermeture qui empêche le choc et permet aux gaz de s’échapper sans gêner le tireur.
- —(§)— Manœuvres militaires sur écliasses. Le 34e régiment d’infanterie de ligne, en garnison à Mont-de-Marsan, vient de faire, guidé par les meilleurs échassiers du pays landais, d’intéressantes manœuvres, au cours desquelles il s’est servi d’échasses. Une ligne télégraphique notamment, a été établie sur les bords de l’Adour avec une grande rapidité par les soldats ainsi montés. Une autre expérience curieuse a été faite dans le fleuve : quelques hommes montés sur leurs écliasses sont entrés dans l’eau, et, marchant rapidement de côté et d’autre, n’ont pas tardé à trouver un passage guéable. Les officiers ont également voulu se rendre compte des avantages qu’on pourrait retirer de ce mode de locomotion pour faire des reconnaissances en temps de guerre. Cette telitative a donné les résultats les plus concluants. En effet, le soldat monté sur des écliasses peut voir à,une bien plus grande distance que le soldat allant à.pied; il peut, en outre, s’avancer ainsi sans difficulté à travers la brousse et les ajoncs épineux, dans les endroits ou des hommes à pied ne pourraient marcher qu’avec les plus grandes difficultés, et où souvent ils ne pourraient même pas pénétrer.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’ampoule radiographique à anticathode froide se trouve chez M. V. Chabaud, 58, rue Monsieur-le-Prince, à Paris. — Les bureaux de la Stéréo-Revue sont 56, rue de Provence, à Paris.
- Communications. — M. G. de R., à Lille, nous fait parvenir une étude qu’il a faite sur un système de signaux et d’appareils permettant de faciliter la circulation dans les rues. Nous pensons que le système serait difficilement applicable.
- M. G. Lullin, à Paris, nous envoie le projet d’un auto-avertisseur. 11 s’agit d’une aiguille mise en marche par une horloge qui vient à diverses heures fermer des circuits et faire fonctionner des sonneries en divers endroits. Un grand nombre de dispositions semblables ont déjà été employées.
- Renseignements. — M. J. S., à Saint-Pétersbourg. — Nous n’avons pas sur ces diverses bicyclettes automobiles d’autres renseignements que ceux donnés dans notre article. Mais nous avons indiqué les adresses des constructeurs en tète delà Boîte-aux-Lettres du n° 1561 du 24 juin 1899. Vous pourriez leur demander directement ces détails.
- A. L. I., Paris. — Le xxe siècle commencera le 1er janvier 1901 à l’origine des heures pour chaque pays, c’est-à-dire à minuit du 51 décembre au 1er janvier heure legale. Les horloges de Paris marquant minuit, celles de l’Europe centrale seront en avance de 1 heure et le xxc siècle aura déjà commencé pour ces pays ; à plus forte raison pour les contréesde l’Est. 5 heures avant pour l’Egypte, 5 heures pour Madras, 8 heures pour Sang-Haï, 11 heures pour Nouméa, dès midi pour l’île Chatham. Pour toutes les îles de ce groupe situé à nos antipodes, il est midi quand il est minuit chez nous, midi du lendemain ou de l'a veille. C’est sur cette ligne de démarcation que les marins ajoutent ou suppriment un jour lorsqu’ils font le tour du monde. Cette ligne de démarcation ne suit pas le 180e méridien de Paris, ni aucun autre, elle ondule fortement, passant à l’est du Kamtéhatka et à l’ouest des Carolines. C’est l’île Chatham qui entrera la première dans le xxe siècle. Le xxe siècle débutera à Paris 12 heures et quelques minutes après que le Ier janvier 1901 sera déjà arrivé pour ce petit coin de l'Océan. Nous ne pouvons nous arrêter ici sur les détails.
- M. L. Vanvincq Reniez, à Recousse. —• L’engrais que nous ayons fait connaître pour plantes d’appartement était formé de 45 gr de nitrate de potasse, de 50 gr. de nitrate d'ammoniaque et de 25 gr de phosphate d’ammoniaque. Les instructions sont données dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et C*°.
- M. -1. de M.. à Paris. — Le moyen de conserver une certaine quantité de tabac sans qu’il se dessèche, devienne cassant et mauvais à fumer, est de verser dessus de temps à autre quelques gouttes d’eau pour maintenir la fraîcheur.
- M. Miguel Careaga y Escobosa, à Bilbao. — Nous avons fait quelques recherches et nous n’avons trouvé aucun renseignement sur cette fabrication. Mais nous demandons des détails de divers côtés, et nous vous indiquerons les réponses qui nous seront faites.
- M. A. M, à Lille. — 1° Vous pourriez vous adresser à la maison Poirrier, rue des Poissonniers, à Saint-Denis (Seine); 2° Nous ne connaissons pas de journal spécial ; mais adressez votre demande à la librairie J. Springer, 5, Monbijouplatz, à Berlin.
- M. J. Fabre, à Narbonne. — Nous ne pouvons guère vous donner de conseils. 11 faut que les cheminees soient bien propres et que l’aératiQn se fasse facilement.
- M. le M‘‘ d’Estampes, à Arcachon. — 1° Nous avons publié dans les Informations une note qui a dû vous donner satisfaction ; 2° Les expériences de M. Marconi ont découlé des travaux de Ilertz ainsi que de ceux de MM.- Sarrazin, Righi, Branly, Lodge de Popoff. L’invention des cohéreurs de M. Branly a surtout été importante; sans eux la télégraphié sans fils eût été impossible.
- M. H. de Beaulieu, à Paris. — Nous avons donné dans les petits livres des Recettes et Procédés utiles, 1 " et 4e série, à la librairie Masson, plusieurs formules de ciments qui pourraient vous être utiles.
- M. Galatée, b Valencia. — 1° Vous pourrez vous procurer des poudres phosphorescentes chez M. Menitz. 57, passage Jouffroy, Paris. — 2° Vous pourriez demander ces ouvrages à la librairie Flammarion, 26, rue Racine, à Paris.
- M, Mengin Le Bachelle, à Sommedicue. — Les renseignements sur le poids des éléphants nous ont été donnés par Geo Lockert lui-même : mais ils ne nous semblent pas très exagérés : en effet un grand bœuf pèse bien 1000 kilogrammes, mais il a. comme taille lm,55 au garrot au maximum, et l’éléphant d’Afrique a entre 5 et 4m,50 au garrot et de 4 à 5 mètres de longueur y compris la trompe qui a 1 mètre. D’après Breton un éléphant adulte pèse 5000 kilogrammes en moyenne; on en voit en Afrique de 6500 kilogrammes et plus ; la peau seule pèse 1000 kilogrammes.
- M. L. Durruthy, à Paris. — Nous avons publié un article sur l’utilisation de la force du vent, et sur le moulin électrique de Cleveland (Etats-Unis), dans le n° 920, du 17 janvier 1891,. p. 97.
- M. A. Bonneau, à Janville. — Pour rendre les briques hydrofuges, on passe sur elles généralement plusieurs couches d’huile de lin bouillie.
- M. J. Wittock, à Saint-Nicolas (Belgique). — 1° 11 n’existe pas de traités semblables pour la construction des appareils de physique; 2° Pour les rayons X, adressez-vous à M. Radi-guet,. 15, boulevard des Filles-du-Calyaire, à Paris ; 5° 11 a paru récemment un ouvrage sur la télégraphie sans fils, de M. A. Broca, à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. 0. L., à Mons. Tous les phonographes peuvent remplir utilement le but que vous désirez. Nous vous citerons entre autres le phonographe Lioret, 18, rue Thibaud, le phono-
- raphe Pathé, 98, rue Richelieu, le phonographe Kaiser,
- , rue Sainte-Apolline, à Paris.
- M. L. P., à Paris. — Nous avons fait connaître dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles lr° série, à la librairie Masson et Ci0, un procédé pour écrire sur le verre que vous pourriez employer pour faire des étiquettes.
- M. le DT Ch. Truchot, à Clermont-Ferrand; M. G. Mouret, à Clermont-Ferrand. — Nous avons communiqué vos observations à l’auteur de l’article et voici la réponse que nous pouvons vous donner : c’est le Dr Jones, chargé du service d’électrothérapie à Saint-Bartholomew’s hospital à Londres, qui a préconisé le traitement dont il a été question. Il sera facile, en s’adressant directement à lui, d’avoir des détails précis. En tout cas, c’est galvanique et non faradique qu’il faut lire; ce sont des courants continus qu’il faut employer.
- J/. P. Dumont, à Paris. — Vous trouverer ces billes de verre au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. R. Girard, à Brest. — Il n’est pas possible de calculer dans une installation semblable la dépense de charbon par kilowatt-heure utile ; il faut, pour une durée de 10 à 12 heures, observer l’énergie électrique produite aux bornes de la machine, et peser pendant ce même temps la quantité de charbon consommée dans la chaudière.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Richmer, à Rome. Adressez-vous aux agences de brevets; nous ne pouvons nous occuper de ces questions. — M. L. R., à Orléans. Nous avons reçu votre intéressante communication; mais le sujet est un peu trop spécial pour nos lecteurs. — M. Levar, à Lille. Nous pensons qu’il serait nécessaire de consulter un médecin. — M. Beltard, à Nîmes. Cette information a été prise dans un journal anglais. — M. D. R., à Paris; M. G. Leroy, à Rouen. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et CiB. — M. Dupont, au Havre. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. L. T., à Roubaix; M. Dimard, à Nancy. Remerciements pour vos communications.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Contre la transpiration du cuir chevelu. — Infusion de feuilles de noyer, dans laquelle on ajoute 2 grammes de tanin. Si la matière grasse envahit les cheveux au point de les faire tomber, on emploiera la mixture suivante ;
- Teinture de quinquina......... 15 grammes.
- Teinture de cannelle............. 10 —
- Baume de Fioraventi.............. 25 —
- Rhum.............................100 —
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- i .
- Dressé A l’Observatoire de Paris, d après les publications du Bureau des longitudes 1
- »
- JANVIER-FÉVRIER-MARS 1900. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- ilanv.
- Mouche^
- Bélier
- IIEPTUNE
- Lion
- Mars
- Petit Chien
- 121 Fér*
- OLEIL
- Baleine
- Eridan
- Hercule
- Dauphin
- Poissons
- Mars
- Aigle et Aaiinous',,
- iMars’
- JUPITER
- SATUPI
- VENUS
- 7
- IIRANUS
- MAjRS
- rfcorpion
- Po isson Aust 'al
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Planètes et des Étoiles par la Lune,* visibles à Paris.
- 1900. Nom de l’astre. Grandeur. , Immersion. Temps moyen. Émersion. Temps moyen.
- Janvier. 5 8 Verseau. 6,8 6 h. 58 m, 2 7 11. 5 m, 3
- 6 19 Poissons. 5,2 7 h. 27 m, 6 8 h. 18 m, 9
- 7 177 B.A.C. 6,7 6,5 8 h. 38 m, 4 45 m, 9 9 h. 40 m, 0
- 9 27 Bélier. 9 h. Appose i 0’8 du bord.
- 10 t* Bélier. 5,0 7 h. 6 m, 4 8 h. 15 m, 6
- ... _ 10 65 Bélier. 5.8 8 h. 3 m, 2 9 h. 17 m, 6
- ; •• 10 6686 Lalande. 6,0 15 h. 22 m, 4 16 h. 8 m, 8
- 11 /.' Taureau. 4,3 10 h. 44 m, 0 11 h. 46 m, 4
- 11 x% Taureau. 6,0 11 h. 4 m, 3 11 h. 29 m, 9
- ' 13 1970 B.A.C. 6,5 6 h. 30 m, 4 7 h. 16 m, 1
- 15 5 Ecrevisse. 6,2 11 h. 59 m, 8 Appuise i 69 du bord.
- * 16 « Ecrevisse. 4,4 17 h. 33 m, 9 18 h. 3 m, 8
- 19 p* Lion. 6,1 10 h. 8 m, 2 11 h. 16 m, 5
- 20 4006 B.A.C. 6,1 12 h. 59 m, 5 13 h. 56 m, 8
- — 21 q Vierge. 5,7 11 h. 30 m, 5 12 h. 35 m, 5
- 1900. Nom de l’astre. Grandeur. Immersion. Emersion.
- Janvier. 23 4722 B.A.C. 5,8 . Temps moyen. 15 li. 46 m, 6 , Temps moyen, 16 h. 58 ni, O
- — 23 13 507 A. Oc. 6,7 17 h. 42 m, 5 Appuise A 2'6 du bord.
- - 23 4739 B.A.C. 6,2 18 h. 45 m, 4 Appuise à P6 du bord.
- Février. 2 % Poissons. 5.0 7 h. 12 m, 1 7 h. 50.m, 4
- _ 2 9 Poissons. 6,4 7 h. 33 m, 1 Appuise A 5't du bord.
- 6 8 Bélier. 4,5 8 li. 56 m, 6 9 h. 32 m, 9
- ' 7 A1 Taureau. 5,0 7.h. 3 m, 9 7 h. 43 ni, 9
- 7 A2 Taureau. 6,5 6,0 7 h. 10 m, 4 8 h. 18 m, 5
- 7 51 Taureau. 14 h. 9 m, 8 Appuise à 4 6 du bAd.
- 7 56 Taureau. 5,8 14 h. 16 m, 2 14 h. 59 m, 8
- 11 2649 B.A.C. 6,2 17 h. 24 m, 1 18 h. 14 m, 7
- 15 55 Lion. 6,1 13 h. 35 m, 4 14 h. 5a m, 9
- ' 17 4201 B.A.C. 6,8 16 h. 49 m, 9 Appuise A 3'3 du bord.
- Mars. 5 40 Bélier. 6,1 6 h. 44 m, 1 7 h. 13 m, 9
- „ 6 1143 B.A.C. 6,2 5 h. 9 m, 0 6 h. 25 ni. 6
- 8 Neptune. 6 h. 27 m, 5 7 li. 47 m, 6
- — 10 f Gémeaux. 3,2 13 h. 56 m, 4 14 h. 53 m, 2
- 11 16224 Lalande. 6,6 7 h. 21 m, 7 8 h. 15 m, O
- 11 29 Ecrevisse. 6,2 14 h. 28 m, 0 15 h. 19 m, 2
- -, 15 e Lion. 5,3 15 h.. 34 m, 7 16 h. 40 m, 3
- — 21 p Ophiucus, 3,0 17 h. 40 m, 4 Appuise i 0 6 du bord.
- — 23 Saturne, 20 h. 49 m, 4 21 h. 57 m, 8
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Satellites de Jupiter.
- OCCULTATIONS._____ ________ ÉCLIPSES.
- 1900. Satellites . Immersion. Émersion. Commencement. Fin.
- Janvier 5 1 18 h. 11 m. 31 s.
- - 14 I 17 h. 42 m.
- — 15 II 17 h. 14 m.
- — 15 III 17 h. 29 m. 59 s.
- — 28 I * 18 h. 21 m. 2 s.
- — 29 II 18 h. 2 m. 59 s.
- février 6 I 18 h. 4 m.
- — 13 I 16 h. 36 m. 25 s.
- — 16 II 17 h. 13 m.
- — 20 III 16 h. 45 m. 18 h. 29 m.
- — 23 I 18 h. 29 m. 55 s.
- — 22 I 16 h. 23 m-
- — 23 II 17 h. 24 m. 17h.17m.30s.
- — 27 III 15 h. 46 m. 11 s. 17 h. 19 in. 31 s.
- Mars 1 I 18 h. 17 m. 14 h. 51 m. 43 s.
- — 2 II 17 h. 31m. 9 s.
- — 8 I 16 h. 45 m. 8 s.
- — 10 I 14 h. 38 m.
- — 13 II 14 h. 10 m.
- — 17 I 16 h. 50 ni.
- — 20 II 16 h. 39 m.
- - 24 I 15 h. 0 m. 16 s.
- — 27 H 14 h. 27 m. 53 s.
- — 28 III 13 h. 47 m.
- — 31 I 16 h. 53 m. 43 s.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Moyen facile pour éviter le halo.
- On connaît cet écueil des clichés pris dans les intérieurs, dès qu’on se trouve devant une fenêtre ou en face d’un objet très éclairé par rapport au reste du sujet. La lumière se diffuse dans l’épaisseur du support, verre ou pellicule, et vient impressionner les contours de la source trop éclairée, en donnant un voile très connu des photographes, sous le nom de halo. En général, pour éviter ce défaut on se sert de plaques spéciales dans lesquelles existe un intermédiaire opaque entre la couche sensible et le verre, les rayons lumineux se trouvant arrêtés par cet écran ne peuvent se répandre dans la masse vitrée: on plonge ensuite le cliché, après développement, dans un bain qui dissout la couche protectrice et le négatif reprend l’aspect normal que nous connaissons. D’autres fois, on badigeonne le dos de la plaque avec une peinture noire terne qui arrête en partie la réfraction de la lumière : ce procédé n’est qu’un demi-remède.
- Voici un moyen qui, en certains cas, peut rendre de très grands services.
- 11 suffit de retourner la plaque dans les châssis ; les rayons traversent l’épaisseur du verre et viennent impressionner le gélatinobromure d’argent situé de l’autre côté. 11 est évident que lorsqu’on agit ainsi, il faut avoir le soin de retourner également le verre dépoli de la mise au point; toutefois, si l’on opère avec des jumelles ou Kodaks aujourd’hui en usage, il est inutile de s’occuper de cette divergence de distance entre l’objectif et la zone de formation de l’image, les combinaisons de lentilles qu’on vend avec ces appareils sont en général des grands angles pour lesquels il y a toujours une certaine latitude de mise au point, de sorte qu'on aurait tort de s’inquiéter de deux millimètres d’écart nécessités par l’opération que nous recommandons. La seule précaution à prendre est d’augmenter légèrement le temps de pose, car la lumière se trouvant en partie arrêtée par l’épaisseur du verre, il s’ensuit que la couche sensible se trouve plus difficilement impressionnée que.si elle était en contact direct avec l’image formée. ”
- Cette méthode présente un défaut, c’est que les images sont retournées, la droite est a gauche et réciproquement, ae .sorte que les épreuves obtenues n’ont plus aucun rapport avee la réalité ; on en est quitte pour ne pas tirer les épreuves par contact, mais par projection, sur les papiers au bromure : il suffit alors de tourner la couche- impressionnée du cliché extérieurement à l’appareil d’agrandissement,- au lieu de le faire intérieurement comme on en a l’habitudç. Ces négatifs retournés servent admirablement à la confection des petits positifs 8 1/2 x 10 employés dans les lanternes de projection. A. C.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Nouveau traitement de Vartériosclérose.
- D’après M. le Dr Kowalewski
- M. le Dr Kowalewski a attiré l’attention sur un nouveau traitement de h’artériosclérose préconisé par Rumpf.
- L’artériosclérose étant caractérisée par ce fait que des sels calcaires viennent se déposer sur les parois artérielles affaiblies, les conditions de guérison de la maladie sont : 1° Diminuer la quantité de sels calcaires introduits avec les aliments dans l’organisme ; 2° décalcifier les artères et éliminer les sels de l’organisme. On arrive à remplir le premier désideratum en prescrivant un régime approprié. Contrairement à ce que l’on préconise habituellement, le Dr Rumpf condamne l’emploi du lait. Le sel est très riche en sels calcaires, aussi convient-il de le proscrire complètement. Voici le régime qu’il propose : 250 gr. de viande, 100 gr. de pommes de terre, 100 gr. de pain, 100 gr. de fruits, 100 gr. de poisson. On peut y ajouter un peu de beurre et de sucre. Les fruits peuvent de même être remplacés par les légumes. Un même composé suivant ces principes contient 10 fois moins de sels calcaires que le régime lacté, ce qui le rend plus propre à l’hygiène des artérioscléreux. Indépendamment du lait, il faut interdire aux artérioscléreux le fromage, les œufs, les radis, le riz, les épinards. Gomme boisson, prendre de l’eau pure distillée ou bouillie.
- Quant au traitement médicamenteux, il est quelques substances, telles que le calomel, le sublimé, l’iodure de mercure, qui augmentent l’élimination des sels calcaires.
- L’acétate de potasse, l’acide oxalique, l’acide lactique ont le même effet. Rumpf conseille d’administrer la potion suivante :
- Carbonate de soude.............. 10 grammes.
- Acide lactique pour saturer
- Eau............................. 200 —
- D’après lui, l’emploi de cette potion et du régime ci-dessus indiqué augmenterait l’excrétion des sels calcaires dans la proportion de 50 à 52 pour 100.
- Sur le traitement du zona. — Je crois être utile aux personnes qui seraient atteintes de zona en relatant le fait suivant : Etant atteint d’un zona et souffrant horriblement, comme cela a toujours lieu en pareil cas, je reçus la visite d’une personne qui me demanda de lui définir le genre de souffrance que j’endurais; je ne trouvai rien de mieux que d'assimiler cette souffrance à celle que cause une brûlure; en prononçant le mot brûlure je songeai immédiatement à l’adage « simili^ similibus curantur » et je résolus d’appliquer à mon cas l’acide picrique qui agit si bien sur les brûlures; n’ayant aucune donnée sur ce qui pouvait se produire en pareil cas, j’y allai très timidement; ayant fait dissoudre de l’acide picrique dans de l’eau, j’appliquai cette dissolution avec un pinceau en poils de blaireau sur les phlyctènes qui caractérisent le zona : l'effet fut miraculeux; à midi, la souffrance que j’endurais était telle que je ne pouvais supporter sur la région malade le contact du linge le plus léger ; le soir même, je pouvais me pincer la peau sans rien ressentir. J’ai appliqué ce traitement cinq jours après l’apparition des phlyctènes et alors que le mal était tout à fait stationnaire. Il y a là un fait très curieux de similitude d’action de l’acide picrique dans deux cas de souffrances analogues quoique d’origine bien différente. (Communiqué par M. Dauvé," professeur de physique au Collège de Beaune.)
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I Un cyclone iV Madagascar. — Le Djemnah, courrier de Madagascar, a été surpris par un cyclone dans la nuit du 14 au 15 décembre, devant Vohemar. L’arrière du paquebot a beaucoup souffert, tl n’y a pas eu d’accident de personne. Le Djemnah a été remorqué à Diego-Suarez par le Caràvellas, paquebot de la Compagnie des chargeurs réunis. Le cyclone a causé peu de dégâts à Diego, mais à Nossi-Bé le quai ei les maisons ont beaucoup souffert. Les plantations ont été détruites. Les travaux de protection de la pointe de sable de Majunga sont anéantis.
- PHASES DE LA LUNE
- D. Q. le 25 déc. 1899 à 4 h. 7 m. du matin. N. L. le l"janv. 1990 à 2 h. 1 m. du soir.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Avis. — En raison des congés dû 1er janvier, l’Imprimerie a été fermée les trois premiers jours de cette semaine; le tirage du présent numéro ayant été fait avant les jours de congé, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison der la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets, et rien ne manquera ainsi dans la collection météorologique hebdomadaire. Il n’y aura qu’un relard de huit jours pour un dès bulletins.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— M. le ministre de l’Instruction publique et M. Liard, directeur de l’Enseignement supérieur, ont été dimanche à Lyon inaugurer le nouvel Institut de chimie.
- —(§)— Un nouvel institut Pasteur vient de s’ouvrir aussi à Lyon; c’est le huitième en France. Après l’institut de la rue Dutot s’ouvrirent, en effet, des instituts Pasteur à Alger, Tunis, Montpellier, Marseille, Bordeaux et Lille. Les établissements de ce genre sont «ombreux à l’étranger. On en compte 6 en Russie : à Saint-Pétersbourg, Moscou, Samara, Kharkov, Varsovie et Odessa; 5 en Italie : à Bologne, Milan,Naples, Palerme et Turin; 2 en Autriche-Hongrie : à Vienne et Budapest. Les villes de Saragosse, Malte, Bucarest, •Constantinople, Alep, Tiflis ont aussi des instituts Pasteur. L’Amérique du Nord est pourvue de trois de ces établissements : à New-York, Chicago, la Havane ; l’Amérique du Sud de deux : à Rio-de-Janeiro et Buenos-Aires.
- —On annonce la mort, à Londres, de sir James Paget, l’éminent chirurgien correspondant de l’Académie des sciences, celle •de M. Matheron, correspondant national de la même Académie, dans la section de Minéralogie, décédé à Marseille. Vient de mourir aussi M. le Dr Rammelsberg, le doyen des chimistes allemands.
- —(§>— Le ministre du commerce a fait signer un décret qui modifie les dispositions réglementaires édictées en vue d’assurer l’application de la loi sur les brevets d’invention. La modification a pour objet de permettre aux personnes qui ont déposé des brevets d’échapper, moyennant le payement d’un droit supplémentaire, à la déchéance qu’elles encourent, pour n’avoir pas payé dans les délais voulus l’annuité imposée.
- —®— On annonce que le directeur de la Compagnie South 'Eastern et Chatham a conclu un accord avec la Compagnie de ‘télégraphie sans fil, pour l’introduction du système Marconi sur les vapeurs de la Compagnie faisant le service entre Douvres et Calais, et ceux faisant le service entre Folkestone et Boulogne, afin que les vapeurs soient continuellement en relations avec la terre, fie télégraphe ne fonctionnera que dans quelques semaines, et ne sera employé que pour le^ervice.* ^____
- De violentes rafales de vent ont soufflé sur T’aris le 50 décembre. A l’intersection des- grandes voies, la tempête présentait un caractère inquiétant. Il n’y a eu cependant que quelques accidents. Le 31 décembre, pour finir l’année, un violent orage 4 éclaté à 111*25 du soii
- —Les Américains du Nord ont étudié dans ses moindres détails un chemin de fer qui doit traverser de part en part les deux Amériques. Toutes les études préliminaires sont à cette heure terminées et le comité qui en a pris l’initiative vient de les publier, avec atlas et illustrations photographiques représentant toutes les stations du parcours. On aura une idée de l’étendue de cette ligne gigantesque quand on saura qu’elle n’a pas une longueur moindre 2e 16 364 kilomètres. Elle va de New-York à Buenos-Aires; 7654 kilomètres sont déjà construits. On évalue la seule dépense des terrassements, des ouvrages d’art, des bâtiments, à 875 000 000 de francs. La superstructure et le matériel ’roulant seront estimés ultérieurement. Le chemin de fer pan-américain traverserait le Mexique et les autres républiques de l’Amérique centrale, puis la Colombie, l’Equateur, le Pérou et la Bolivie, pour aboutir à Buenos-Aires. Ce Sont les Etats-Unis surtout qui ont été les promoteurs de ce puissant instrument de circulation.
- H§r* Dans sa dernière séance de l’année 1899, le Conseil mu-nioipal de Paris a adopté la proposition de M. Daix, ingénieur civil des mines, président du Comité d’organisation international de l’acé-
- tylène, et qui consiste à illuminer la place de la Concorde à Paris au moyen du gaz acétylène pendant la durée de l'Exposition de 1900. Le Conseil municipal se réserve d’approuver te plan détaillé de cette illumination par délibération spéciale*
- —(§)— Dans ces sept dernières années, la population, sur les terrains miniers de l’ouest de la Tasmanie, a passé de 400 à 20 000 âmes, et elle continue à augmenter très rapidement. Le 31 juillet 1898, la ville de Zehan comptait 1700 maisons, dont 500 avaient été édifiées depuis moins d’un an. A Queenstown, le nombre des maisons s'est élevé de 40 à plus de 900 en une année, et des bourgs et des villages se construisent de tous les côtés*
- —(§>— L’anglais est parlé aujourd'hui par 116 millions d’individus ; le russe, par 85 millions; l’allemand, par 80 millions; le français, par 58 millions; l’espagnol, par 44 millions; l’italien, par 34 millions.
- Les essais de résistance du pont Alexandre III ont été effectués dans le mois de décembre 1899. Il a d’abord subi les « épreuves au poids mort », c’est-à-dire que son tablier a été recouvert d’une couche de lest pesant 400 kilogrammes par mètre carré et que l’on a disposé successivement dans les conditions les plus défavorables pour l’équilibre du pont. Cette charge correspondait au poids d’une foule serrée à raison de six personnes de taille moyenne par mètre carré. La même charge est plus considérable que ce que pourraient donner sur le pont de lourdes voitures ou camions se suivant de très près. Le lest du pont Alexandre III pour les épreuves en question a été fait avec du sable très sec approvisionné par la voie fluviale avant les gelées; la chaussée en a reçu une épaisseur moyenne de 25 centimètres et les trottoirs de 34 centimètres. 2050 tonnes de lest ont été ainsi réparties. Sous l’effet des charges, les arcs métalliques se sont nécessairement abaissés; mais se sont parfaitement relevés dès que le fardeau a été déplacé ; les ingénieurs n’ont observé aucun mouvement dans les culées et rien n’est venu se produire de contraire aux prévisions des constructeurs.
- —{§)— En dehors des travaux d’achèvement qui se poursuivent sur les deux sous-marins le Français et Y Algérien, on procède en ce moment, à Cherbourg, aux essais du bateau submersible le Narval, et M. de Lanessan a ordonné, il y a plusieurs mois déjà, la mise en chantier, à Rochefort, de quatre nouveaux sous-marins, le Farfadet, le Korrigan, le Gnôme, et le Lutin, dont les plans ont été établis sur un type qui a été déjà expérimenté et qui a donné de bons résultats.
- —(g)-- M. Henri Menier a fait don récemment au Muséum d’histoire naturelle de deux ours nQirs d’Amérique; ces animaux sont logés dans la galerie des animaux féroces du Jardin. Le Muséum ne possédait aucun exemplaire de cette espèce d’ours.
- —(§)— Une violente secousse de tremblement de terre a été ressentie à Adana et à Tharsous le 6 janvier. Les mouvements sismiques continuent.
- —(g)— La quéstion des chiens de guerre n’a fait aucun progrès en France. Il faut cependant faire une exception pour nos Alpins auxquels lés chiens de Saint-Bernard rendent de signalés services. Dans l’armée allemande, on a chargé les bataillons de chasseurs et les tirailleurs de la garde de dresser et d’entretenir un certain nombre de chiens, qui tous les ans passent un examen devant une commission spéciale. Celle-ci a siégé cette année à Oels, en Silésie, et a examiné 16 animaux appartenant aux bataillons de chasseurs et de tirailleurs de la garde et aux bataillons de chasseurs n“ 1,2, 3, 5 et 6. Les 16 candidats appartenaient à des races très différentes. Il y avait dans lè nombre 5 collies, 2 chiens d’arrêt allemands à poils ras, 4 chiens de berger, 1 barbet; les quatre autres'avaient des origines inconnues et n’appartenaient à aucune race déterminée. Les examens ont été bons.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le « Pascal », s’adresser chez M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris. — Pour le « Stéréo-pochette », s’adresser chezM. Joux, 18, rue Denfert-Rochereau, à Paris.
- Communications. — M. Jean Brunhes, professeur de géographie à l’Université de Fribourg (Suisse), nous adresse les brochures suivantes : Les marmites du barrage de la Mai-grange, avec un plan et six reproductions stéréoscopiques; L'homme et la terre cultivée, Bilan d’un siècle ; Etudes géographiques, lre année, fascicule 1.
- M. le comte Ludovico de Courten nous adresse de Florence une lettre très intéressante sur la question du nouveau siècle. Communication analogue de M. F. Grey de Paris. Nous regrettons que ce s Notes nous soient parvenues trop tard pour être publiées. La question est aujourd’hui épuisée. L'Annuaire du Bureau des longitudes fixe au 51 décembre 1900 la fin du dix-neuvième siècle. Avec le millésime 1900 se terminera le dix-neuvième siècle. Nous avons reçu encore beaucoup d’autres lettres sur ce sujet. Nous sommes obligés de faire à nos correspondants la même réponse.
- M. 0. Levill, ingénieur des plantations de Don Diego, Santa Marta (U. S. de Colombie), à propos de notre article sur La lune et la coupe des arbres (n° 1388, du 30 décembre 1899, p. 78), nous fait parvenir la Note suivante : « Habitant moi-même fréquemment la Colombie, j'ai lu votre article sur l’influence de la lune sur la végétation, avec le plus grand intérêt. Ce serait nier l’évidence que de nier cette influence. Non seulement l’époque de la lune a une influence considérable sur la germination et sur la conservation des bois, mais aussi sur la récolte des gommes des essences du caoutchouc. L’écoulement du latex au moment des hautes mers est beaucoup plus important qu’en temps ordinaire. Pour de nombreuses plantes même, si vous les saignez entre deux lunes, vous n’obtenez absolument rien. »
- M. A. Tivoli, à Venise, nous adresse une belle photographie donnant l’aspect du grand Canal au moment de l’arrivée de LL. AA. les princes héritiers d’Italie, et à propos de notre récente chronique La disparition des gondoles à Venise, parue dans le n° 1385, du 9 décembre 1899, p. 30, il nous dit que cette disparition est inexacte. Il nous écrit les lignes suivantes : (( Le progrès continuant sa marche, Venise est désormais dotée ae toutes les innovations utiles connues; nous avons la lumière électrique, les becs Auer, les téléphones, réchauffement à vapeur, électrique, etc., etc. Les Vaporetli circulent sur le Grand Canal, du Lido jusqu’à la gare depuis dix-sept années; il n’y a pas de nouvelle Compagnie pour la navigation à vapeur. Il va se former plutôt une Compagnie pour exploiter la navigation électrique qui est destinée à supplanter dans un prochain avenir la navigation à vapeur sur le Grand Canal. Rien de vrai dans la disparition des gondoles et des gondoliers! Venise possède aujourd’hui 625 gondoles publiques et 566 gondoles particulières, sans compter les innombrables bateaux de grande et petite taille. Tout fait donc croire que d’ici à quelques siècles les gondoles nous promèneront, ou mieux promèneront nos neveux, encore sur les canaux de Venise qui n’auront rien perdu de leur charme actuel ! Dans les occasions fréquentes ici, de fêtes, expositions, etc., tous les vaporetti, gondoles et autres bateaux dont Venise peut disposer, sont absolument insuffisants pour le besoin de ses habitants et des très nombreux étrangers. Donc, dans les dix dernières années, les gondoles et autres auront plutôt augmenté que diminué.
- Renseignements. — M. A. L., à Amiens. — Les corrections barométriques sont de deux sortes : la correction d’altitude est de environ 1 m/m pour 10 mètres d’altitude au-dessus du niveau de la mer, et la correction de température qui
- atteint 1 m/m par 7°,5 de variation de température. Tous ces renseignements sont donnés très exactement et avec explications dans l’article de M. Plumandon, que vous rappelez et que nous avons publié dans le n° 1053 du 5 août 1893, p. 154. L'Annuaire du Bureau des longitudes donne d’ailleurs d’excellentes tables de corrections Jet même un graphique pour la réduction à zéro.
- M. X. Z., à P. — Vous pourrez vous procurer du coke métallurgique pour fonderie, en vous adressant à la Gie parisienne du gaz, 6, rue Condorcet, à Paris.
- M. Flœurang, à Paris. — L’albuminurie est une maladie-chronique très connue, qui exige une alimentation spéciale. Nous ne pouvons insister sur ce sujet exclusivement médical.
- M. Alberto Villares, à Porto. — Le clair de lune ne peut donner aucune maladie ; mais il n’est pas démontré qu’il ne puisse avoir d’action sur les yeux.
- M. Lancier», à Paris. — La Société des Fontaines à gaz que nous avons décrites précédemment a établi un dépôt, 17, rue-Auber, à Paris.
- M. Léon Masse, à Vendôme. — II a été question à diverses-reprises des marées et de leur utilisation possible à la production de l’énergie électrique; mais nous n’avons pas retrouvé dans la collection la description de l’installation que vous-citez. Nous n’avons pas de renseignements à ce sujet.
- L’abonné 7971, à A. — Vous trouverez des ouvrages de ce genre à la librairie Guillaumin, 14, rue de Richelieu, à Paris.
- M. Bollinckx, à Bruxelles. — 1° Il faudrait vous adresser aux constructeurs que nous avons indiqués en tète de la Boîte aux Lettres du même numéro. — 2° L’adresse que vous-demandez est la suivante : The Iron Age ; MM. David Williams C° 232-258 William St. New-Vork.
- M. Fenal, à Pexonne. — Nous pouvons vous indiquer l’appareil à glace Schaller, 352, rue Saint-IIonoré, à Paris.
- M. L. Fontaine, à Paris. — Le procédé de désinfection que vous indiquez est très bon; mais il existe à Paris un service municipal de désinfection. Adressez-vous à la direction des Etuves municipales, 6, rue des Récollets, à Paris.
- M. F. Pothier, à Saint-Alban. — 11 y aura plus de 300 000 clichés pour constituer la carte du ciel. A notre grand regret, nous ne pouvons les faire connaître, d’autant plus qu’ils ne seront pas dans le commerce.
- — M. V. Guignon, à Kati (Soudan). — Nous avons reçu votre intéressante notice; mais la place nous manque en ce moment pour la publier. Mais lorsque vous avez un fait intéressant,, n’hésitez pas à nous le faire connaître.
- M. L. P., à Paris; M. Fabre, à Alger. — L’appareil est exploité en régie par la Ville de Paris et ne se trouve pas dans le commerce.
- M. Schmitt, à X. (Russie). — Les lampes fumivores pour appartements d’après certaines recherches récentes ne seraient pas sans présenter quelque danger.
- M. P. Lépany, à Paris. — Une bonne colle forte avec pression doit suffire.
- M. J. de Neck, à Bruxelles. — Vous pouvez vous adresser à la Cie française du celluloïd, 11, rue Bailly, à Paris.
- M. Corfmat, à Lorient. — Pour la pierre silico-calcaire, if faut, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, s’adresser à M. Krauss,. architecte, 22, rue Ghaptal, à Paris.
- M. Malaquin, à Paris. — L’adresse est donnée en tète de la Boite aux lettres dans le numéro même dans lequel la description a paru.
- M. Dezaunay, à Nantes. — Pompes à chaîne : M. Carré, 127, quai d’Orsay; MM. Revillon et Chaumont, 99, rue Petit, à Paris. —
- M. A. J., aux Invalides. — Nous avons parlé de vision stéréoscopique en cinématographie dans le n° 1231, du 2 janvier 1897, p. 65 et dans le n° 1313, du 30 juillet 1898,, p. 143; nous avons également décrit le stéréochromoscope,' appareil servant à voir des photographies avec le relief et la couleur des originaux dans le n° 1101, du 7 juillet 1894, p. 91 ; il se trouvait chez M. Nachet, 17, rue Saint-Séverin, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. M. Collin, à Auxon. Nous n’avons pas de renseignements. — M. Dumont, S Paris. Il est nécessaire de faire des essais de laboratoire pour déterminer la valeur du produit. —M. P. L., à Orléans. Cette question n’est pas de notre compétence ; nous ne pouvons vous renseigner.
- — M. G. R., à Lille; AU L. V., à Nice. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- — M. Lepont, à Nancy. Vous trouverez ces détails dans le même
- Setit livre que ci-dessus, 3° série, à la même librairie. — AU G. D., à ice ; M. Dublois, à Faris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à-insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INVENTIONS1 * 3 * * 6
- Nouveaux jouets du jour de l'an 1900. — Nous avons parlé dernièrement de quelques jouets qui ont été le grand succès des petites baraques du boulevard, nous devons
- Le cavalier Bocr.
- en signaler encore deux; quoique venus un peu en retard ils sont aussi cependant tout à fait réussis. C’est d’abord le cavalier Boer campé fièrement sur un beau cheval noir et armé d’un fusil à longue portée. On tourne une clef placée dans les jambes du cheval ; elle tend un ressort d’acier qui fait mouvoir une petite roue d’engrenage ; c’est en somme un très pri-
- Le pâtissier ét le ramoneur.
- mitif mouvement d’horlogerie. Le cheval part aussitôt au galop avec son cavalier qui remue sa tête coiflée d’un large feutre et son bras armé du fusil.
- Le deuxième jouet représente un jeune pâtissier portant sur son automobile un gâteau à l’un de ses clients. Un ramoneur joyeux et farceur s’est perché derrière l’automobile et taquine le pauvre pâtissier en lui labourant en tous sens la figure à l’aide de son balai tout noir de suie. Le mécanisme du jouet est semblable au précédent.
- Ballon dirigeable. — Voici un nouveau jouet que M. Lachambre, l’aéronaute bien connu, directeur de l’usine aéronautique de Vaugirard, a inventé à l’occasion du jour de l’an 1900. C’est un ballon dirigeable, imitant célui qui fut construit il y a longtemps déjà à Chalais-Meudon par MM. Krebs
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- et Renard. Ce petit ballon en baudruche doit être gonflé au gaz hydrogène. On accroche par des anneaux placés d’avance-sur l’enveloppe de l’aérostat, une hélice et le gouvernail-Un ressort en caoutchouc caché par le long tube de baudruche qu’on voit sur la gravure, fait l’office du moteur. Il' faut tourner les fils de caoutchouc par la droite, cent tours environ, et ensuite déclencher l’hélice placée à droite de la figure. On a eu soin auparavant de mettre le ballon en équilibre en mettant du lest dans la petite nacelle. L’aérostat s’élève et se dirige admirablement suivant le sens voulu donne
- Ballon dirigeai)!.'.
- par le gouvernail. La Nature a parlé déjà d’un jouet analogue construit par M. Lachambre en 1884 (n° 604, du 27 déc. 1884),; celui-ci donne des résultats encore meilleurs. !
- BIBLIOGRAPHIE I
- Traité de microbiologie, par E. Duclaux, membre de l’Institut, Directeur de l’Institut Pasteur, Professeur à la Sorbonne et à l’Institut agronomique. Tome 111; Fermentation alcoolique.; 1 vol. in-8°. Paris, Masson et Cie éditeur. 1909.
- Histoire des mathématiques, par Jacques Boyer. 1 vol. in-8°. Paris, G. Carré et C. Naud, éditeurs. Prix : relié, 5 francs.
- Dans cet ouvrage, artistement illustré de nombreux fac-similés et portraits, notre collaborateur suit l’évolution de la science depuis l’antiquité orientale jusqu’à 1899. Il n’a pas surchargé sou livre de formules ou de théorèmes; aussi les personnes même peu versées dans la science d’Euclide pourront aisément y apprendre les principales découvertes mathématiques.
- Les roches et leurs éléments minéralogiques, par Ed. Jan-xetaz, maître de conférences à la Sorbonne. 1 vol. in-8°. 5e édition avec 2 cartes géologiques. Paris, J. Rothschild, éditeur. 1900.
- Les sucres et leurs principaux dérivés, par L, Maquexne, professeur au Muséum d’histoire naturelle, 1 vol. in-8°. G. Carré et Naud, éditeurs. Paris. Prix : 16 francs.
- Leçons sur l'électricité, par Eric Gérard, Directeur de l’Institut électro-technique, Montefiore, 6e édition, tome second. 1 vol. in-8°, Paris, Gauthier-Villars et fils, éditeurs. 1900.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Siaint-tHaur en décembre 1890
- par M. E. Rexoü.
- Moyenne barométrique à midi 757“",15. Minimum 732"“,82 le 29 à 2 et
- 3 heures du soir. Maximum 771”“,56 le 3 à 7 heures du soir.
- Moyennes thermométriques : des minima 2°,49; des maxima 3°,08; du mois 0°,50; vraie des 24 heures 0®,07. Minimum —10°,9 les 13 et 15. Minimum sur le gazon —15°,0 les 14 et la. Moyenne des minima sur le gazon
- __5°,32. Maximum 11°,7 le 29 après-midi. Il y a eu 20 jours de gelée dont
- 13 consécutifs et 10 sans dégel, ae plus 4 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur, 4”“,31 ; la moindre 1”“,7 le 10 à 1 heure du soir ; la plus grande 8“",1 le 7 de 5 à 7 heures du matin.
- Humidité relative moyenne 88 ; la moindre 41 le 15 à 1 h. 30 ; la plus grande 100 en 23 jours.
- Nébulosité moyenne 60.
- Pluie 62“",8 en 88 h. 1/4 réparties en 14 jours. Il n’est tombé que quelque peu de neige insignifiante, le 27 de 5 à 6 heures du matin. Le 29, entre
- 6 et 7 heures du soir, éclairs fréquents au N -W; le 31 au soir, édairs au S.-E., puis 2 coups de tonnerre loin dans l’E. à 11 h. 20 du soir.
- Vents dominants du S., puis ceux du N. au N.-E.
- Marne : température moyenne, le matin 2°,58; l’après-midi 2®,45; du. mois 2®,41. Elle a varié de 0®,01 du 17 au 19, à 6®,58 le 1". Elle a ét& arrêtée une partie de son cours du 16 au 20. Elle est restée basse et clairet
- Relativement aux moyennes normales, le mois de décembre 1899 présente les résultats suivants : baromètre plus bas de 2”“,29. Thermomètre plus bas de 2®,42. Tension de la vapeur moindre de 1"“,76. Humidité relative normale. Nébulosité moindre de 11. Pluie plus forte de 16“*,2.
- Ce mois peut être caractérisé par ; une semaine chaude et pluvieuse, deux semaines très froides et sèches et une dernière semaine chaude et luvieuse. Quoique assez clair et froid, il a fourni plus de pluie que d’ha-itude, contrairement à ce qui arrive ordinairement.
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- La courbe supérieure indique Id nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Malgré les variations de température que nous subissons, la santé publique à Paris reste satisfaisante. A Londres, au contraire, t’influenza fait de nombreuses victimes. Il y a eu à Paris, pendant la première semaine de janvier, 1092 décès, chiffre voisin de celui de la moyenne ordinaire des semaines de janvier (1055) et très inférieur à celui des deux dernières semaines de 1899, 1156 pendant la 51° semaine et 1170 pendant la 52e.
- —(§)— Le Dr Kohlrausch, président du Comité tèchnique royal -de physique, vient d’être nommé professeur honoraire de physique à Berlin.
- ®— Nous recevons de Londres la nouvelle de la mort de l’aéro-naute Henri Coxwell qui eut une certaine célébrité par suite des ascensions scientifiques qu’il fit en accompagnant M. James Glaisher, le savant anglais bien connu. La plus remarquable d’entre toutes fut celle de grande hauteur exécutée lé 5 septembre 1862. MM. James Glaisher et H. Coxwell quittaient Wolvernampton à 1*3 après midi, ayant au départ une température de 15°. A lh 28, ils atteignaient déjà une hauteur égale à celle du mont Blanc, 4810 mètres. A lh39, M. Glaisher notait dans sa nacelle la hauteur de 6437 mètres avec une température de 13°,3 au-dessous de zéro. Peu après, le thermomètre descendait à 18°,9. L’aérostat s’élevant toujours, M. Glaisher, paralysé par le froid, perdit connaissance-Henry Coxwell était monté pendant ce temps sur le cercle du ballon pour démêler la corde de soupape et faire les manœuvres, mais lui aussi fut pris par le froid intense. Ses mains devinrent noires et peu s’en fallut qu il ne s’évanouît comme son compagnon. La dernière observation lue par M. H. Glaisher avait été à 8838 mètres; l’aérostat est monté plus haut encore. Les aèronautes purent opérer leur descente à Coldweston situé à sept milles et demi de Ludlow,
- —®— Par une ordonnance qui vient d’être publiée, le préfet de police interdit formellement aux marchands, fabricants et dépositaires de mettre en vente, pour les usages alimentaires, de la glace qui ne donnerait pas, par fusion, île l’eau potable. Ces fabricants et dépositaires devront mettre la glace provenant d’eau potable et celle qui provient d’eau impure, dans des locaux entièrement séparés. Celui réservé à la glace pure portera un écriteau blanc avec ces mots : « Glace alimentaire » ; l’autre, un écriteau à fond rouge avec ces mots : a Glace non alimentaire ». Les Véhicules servant au transport des glaces ne devront pas les contenir indistinctement; ils porteront, eux aussi, les mêmes inscriptions. Les débitants au détail seront tenus d’avoir deux caves ou réservoirs étanches, sans communication entre eux. Les mêmes inscriptions distinctes leur sont imposées. Les débitants qui ne pourraient avoir deux réservoirs ne devront vendre que de la glace alimentaire.
- —®— M. Lebreton, rapporteur de l’éclairage électrique au Conseil municipal de Paris, vient d obtenir des sociétés d’électricité d’abaisser «le 0,r,40 à 0r,30 le prix du foyer-heure (lampe à arc de 10 ampères) pour l’éclairage public. Cette diminution permet de réaliser de grandes économies siir la dépense totale réservée à l’éclairage public électrique.
- —(§)— Un tremblement de terre s’est produit le 9 janvier dans le Caucase. U y a eu, à Tiflis, trois chocs distincts, qui ont causé une grande alarme dans la ville. C’est surtout dans la petite ville d'Akhalkalaki que le tremblement de terre s-’est fait sentir particulièrement. Des maisons se sont écroulées, des villages voisins ont •été engloutis, et des milliers de paysans sont restés dans la campagne, sms nourriture et sans abri. De nombreuses victimes ont déjà été. •retirées des décombres. On évalue à plusieurs centaines les cadavres enfouis sous les ruines.
- -—®— La Compagnie des omnibus de Paris va mettre pour l'Exposition 150 nouvelles voitures en circulation. Elle desservira
- alors 92 lignes dont 33 lignes de voitures à deux chevaux, II à trois chevaux, Il lignes de théâtre, 3 lignes d’omnibus rabatteurs de Bagneux, Pantin, Ivry à Paris; 26 lignes de tramways à chevaux et 8 de tramways mécaniques. La moyenne quotidienne des voyages sera de 20000 avec 1200 voitures, un personnel de 9000 hommes et une cavalerie de 17000 chevaux!
- —®— La 6e commission du Conseil municipal vient d'approuver, sur la proposition de M. Chérioux, les termes d’un règlement nouveau sur les hauteurs et les saillies des bâtiments construits en bordure des voies parisiennes. En principe, dans les voies de 1 à 12 mètres de largeur, la hauteur maxima des maisons variera, suivant cette largeur, entre 6 mètres et 18 mètres. Dans les voies de 12 mètres de largeur et au-dessus, la hauteur maxima variera de 18 mètres à 20 mètres. En aucun cas, elle ne pourra dépasser ce dernier chiffre. Le règlement nouveau édicte en même temps des prescriptions relatives à la hauteur des étages, aux dimensions des bannes et stores, enseignes, transparents, marquises, motifs décoratifs, balcons, etc.
- —®— Quel est l’âge des locomotives? A la Compagnie de l’Est, d’après le Vélo, l’âge moyen des locomotives atteint vingt ans ; des wagons de voyageurs, dix-neuf ans ; des fourgons, vingt-sept ans ; des wagons plats, vingt-huit ans. A l’Ouest, l’âge des locomotives est de vingt-cinq ans et quatre mois ; au Midi, de vingt-cinq ans et trois mois; à l’Orléans, de vingt-six ans et neuf mois; au Paris-Lyon-Méditerranée, de vingt-neuf ans et neuf mois; au Nord, de dix-huit ans et deux mois ; à l’Etat de seize ans et huit mois. À l’Ouest, des wagons de voyageurs datent de trente-deux ans. Ainsi nos locomotives ont plus de vingt-cinq ans, tandis qu’en Allemagne, elles ne dépassent pas treize ans#
- —®— L’administration des postés de l’empire Allemand vient de commander de nouveaux modèles de timbres de 30 pfennigs à 3 marcs. Les timbres de 30, 40 et 80 pfennigs représentent la figure symbolique de la Germanie : la couronne impériale en tête, la poitrine recouverte d’une armure, et tenant «lans la main droite le pacifique rameau d’olivier. Le timbre d’un marc représente la vue au Musée postal impérial à Berlin; celui de deux marcs reproduit le tableau allégorique de Werner, où la Bavière et la Prusse, deux robustes figures de femmes, se donnent la main. Au-dessous se trouve la devise : « Soyez unies! » Le timbre de trois marcs représente l’Inauguration du monument à la mémoire de Guillaume Ier (22 mars 1897). On y voit Guillaume II à cheval, «levant la statue équestre de son grand-père ; autour de l’empereur, l’impératrice, les princes, les députations officielles. Le timbre de cinq marcs représente le jubilé du 25e anniversaire de la proclamation de l’empire Allemand. La scène se passe dans la Salle blanche du château royal de Berlin ; Guillaume II est sur son trône ; devant lui les membres du Conseil fédéral, du Reichstag, le corps des généraux, les ministres, les hauts dignitaires. Parmi les ministres, on distingue les traits caractéristiques du chancelier de Hohenlohe.
- —®— Le concours international d’accumulateurs, ouvert en décembre 1898 par l’Automobile-Club de France, est terminé, et les résultats viennent d’être publiés. A la suite de la publication d’un règlement sévère, 25 batteries d'accumulateurs étaient présentées par 18 concurrents. Le nombre officiel de charges et de décharges a été de 153 réparties sur 26 semaines. A la suite de ces essais, plusieurs batteries ont été éliminées, et la Commission a décidé de ne faire état dans le procès-verbal sommaire que des batteries ayant fourni au moins 60 décharges complètes avant élimination. Ces batteries, au nombre de 8 sur 18, appartiennent aux sociétés suivantes : Société anonyme pour le travail des métaux; Compagnie générale électrique de Nancy (plaques Pollak) ; Société Tudor; Société Italiana (plaques PescettoJ; Compagnie des accumulateurs Blot (plaques Blot-Fulmen) ; Société Fuhnen; Société des accumulateurs Phénix; Société Pope.
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- 30. NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- Errata. — 1° La Chronique, page 105, ayant pour titré : Chargement de çampagne du fantassin allemand, a été empruntée à la Revue du Cercle militaire. C’est par oubli que la source n’a pas été citée, .
- 2° Dans notre article sur « l’heure nouvelle », on a imprimé, pi 110, 2e col., ligne 40, le mot midi ; il faiÆ lire minuit. Les astronomes comptent de midi à 24 heures, et pour les usages civils on compte de minuit à 24 heures.
- Communications. — M. Thomas Thommasina, à Paris, nous adressé un èxtrait de sa communication à l’Académie des sciences sur la constatation de la fluorescence de l’aluminium et du magnésium dans l'eàuèt dans l’alcool sous l’action des courants de la bobine d’induction. Cette communication est accompagnée de deux intéressantes photographies.
- M. L., à Dourite (Montferrand du Périgord), nous adresse quelques réponses aux questions que notre correspondant M. E. Tonchet, à Paris, lut. a faites dans notre Boîte aux lettres du n“ 1588 dmSOjdécembre 1899 : « Le qualificatif d'énorme employé par moi doit être exàgéré, car il y. a des astres plus gros; mais l’étoile observée m’a paru de belle grandeur. La position de la maison est celle-ci : hauteur au-dessus de la mer 180 mètres, longitude 1°6' et 5000 mètres à l’ouest du méridien de Paris, latitude environ 45°, celle de Bordeaux. La position de l’étoile est relativement au point d’observation, au sud-ouest, vers 7 heures du soir actuellement. Sa hauteur au-dessus do l’horizon serait d’environ 35°, mais son mouvement perpétuel très accentué ne permet qu’une approximation, »
- A/, Rodrigues, à Bordeaux, à propos d’un renseignement que nous donnions, dans la Boite ayx lettres du n° 1389 du 0 janvier 1900, à M. A. de M. pour tenir son tabac frais, nous, écrit que depuis 20 ans il met tout bonnement dans son tabac une carotte. C’est un moyen bien connu de tous les fumeurs.
- M. le Dr E. Grimard, abonnés Gauriac (Gironde), nous adresse l’intéressante communication suivante : « Le 11 janvier 1900 j’ai eu l’occasion d’observer un halo solaire remarquable tant par son intensité lumineuse que par sa longue durée. Le ciel était parsemé de légers cirrhus, le temps un peu brumeux,.le vent N., le baromètre marquant 768m“, le thermomètre 10° C.‘ A 11 heures du matin, en faisant mes visites, à mes malades, je fus témoin de l’apparition très rapide du phénomène suivant : le soleil était entouré d’un arc-en-ciel circulaire qui m’a paru répondre exactemènt au halo de 22°. Il ne manquait à la circonférence ;pour être complète qu’un arc de 50° environ qui disparaissait dans une bande brumeuse couvrant le confluent de la Garonne et de la Dordogne. La partie inférieure du halo était plus vivement colorée que la Supérieure et les couleurs du prisme y étaient aussi plus distinctes.. Sur ce halo circulaire et aux deux extrémités du diamètre horizontal passant par Je soleil sè trouvaient deüx boules ayant chacune la même dimension apparente que le soleil et brillant d’un éclat extrêmement vif. Elles étaient également colorées des couleurs du prisme et étaient continuées en dehors par deux bandes blanches horizontales d’un assez bel éclat lumineux, dont la longueur était égale au rayon du halo et s’élargissaient peu à peu en s’en éloignant. A la partie supérieure , du halo se trouvait un arc tangent court et de faible éclat. Mais Fœil était surtout attiré par un arc circum-zénithal de 75° environ, dont l’éclat était égal, sinon supérieur, aux plus beaux arcs-en-ciel. Il était séparé du halo par une, distance égale à celle qui séparait ce dernier du soleil, et brillait dans un ciel bleu très pur. Mais alors que dans le halo circulaire le rouge était tourné vers le centre de la circonférence, dans cet arc le rouge était à la périphérie et le violet tourné vers le centre. Commencé à 11 heures à peu près précises, le phénomène est passé par différentes phases de plus ou moins grand éclat, avec deux maxima à llh30 et à 3 heures après midi. A 3h30 tout avait disparu,, après
- une durée totale de 4h,30 environ. Le lendemain, légère' chute de neige et pluie. » .vj
- M. Neveu, à Mayenne, nous envoie également quelques renseignements sur des parhélies qu’il a pu observer : « Le 1 it janvier; à midi un quart, il nous a été donné de remarquer-de curieuses parhélies restées visibles jusqu’à une heure. Par temps clair, d’un bleu pâle, gris, blafard même, et brumeux; dans la haute atmosphère, température 4° au-dessus, vent du nord, faible, à midi un quart ; le phénomène était dans tout; son éclat, à 1 heure il avait presque disparu et à 1 heure et demie, tout était effacé. Les cercles lumineux étaient très nombreux. L’arc-en-ciel supérieur du même diamètre que le halo était d’une largeur et d’un éclat extraordinaires. Des deux soleils placés à l’est et à l’ouest, celui dé l’est était de beau-* coup le plus brillant, d’un éclat à supporter difficilement sans' verre fumé, Une courbe lumineuse, blanche, brillante, visible; seulement à partir de chaque soleil, s’étendait à droite et àj gauche, parallèlement à l’horizon à k .hauteur du soleil et s’arrêtait à un nouveau soleil plus pale exactement au norrd-oüest et à un autre soleil au nord-est. En tout quatre parhélies. » . ; '
- Renseignements.'— M. R. Lemoine remercie M. A. II. de Strasbourg de son aimable attention et regrette de ne pouvoir lui adressèr directement ses remerciements.
- M. M. Bivy, à Paris. — Nous ne connaissons pas de fabricant spécial mais vous pourriez vous adresser à M. V. Cha-i baud, 58, rue Monsieur-le-Prince ou à M. Pellin, 21, rue de l’Odéon, à Paris. u-
- M. R., à A. — Objets én celluloïd : Compagnie française du celluloïd, 41, rue Bailly; M. A. Dubaut, 50, rue des Petites-Écuries; M. Petitcollin, 46, rue de la Folie-Méricourt, à Paris.
- M. P. B., a Arles. — 1° Nous ne pouvons pas étudier ainsi la question à distance. — 2° Nous vous envoyons également tous nos voeux. .
- M, le Dr P. M., h Paris. — Le renseignement a été emprunté à un journal étranger que nous ne retrouvons pas. .
- M. ’F. Bœuf, à Arles. — If faut vous adresser directement à l’auteur de l’article, 20, rue Lacroix, à Paris.
- M, R. L., à Amiens. — Nous ne connaissons pas les proportions des substances qui entrént dans la composition de cette colle. .
- M. Aubrit, à Chizé.— Nous avons l’intention, depuis longtemps déjà, de publier un article sur cet intéressant sujet ; ce mois nous attendons des renseignements.
- ' M. S. de Saint-Léger, à Alençon. — Vous trouverez des recettes pour coller le caoutchouc et soilder lé cuivre dans les petits livres de Recettes et Procédés utiles lre ét 5e série à la librairie Masson et Ci0.
- M. Manual Caibayal, à Zamora. — Nous ne connaissons pas. la composition de cet explosif.
- M. A. H., àX. (Seine-et-Oise). —Adressez-vous à la maison Les fils d’Emile Deyrolle, 46, rue du Bac, à Paris.
- M. Ph. Burthe, à Paris. — Vous trouverez la lampe demandée chez MM. Rageau, Dureuil èt Cie, 46, rue dg Sévigné, à Paris.
- M. A. Proton, à Beauregard. — Vous pourriez vous adresser à MM. Ferand et Rousset, 167, rue Saint-Denis, ou à MM. Desmoutis, Lemaire et Cie, 56, rue Montmartre, à Paris;, mais nous ne savons si ces maisons fabriquent des brûleurs.
- M. A. M., à R, — Les renseignements ci-dessus pourront vous être utiles. ;
- M. V. de B., à Paris. — Nous avons donné quelques moyens pour combattre l’humidité des murs dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson. Un des meilleurs procédés consiste à clouer sur le-mur des tasseaux carrés en toile badigeonnée avec de la gélatine biehromatée à 2 pour 100.
- M. Dupaigne, à Louveciennes. — 1° Nous ne pouvons rien vous promettre, car nous ne connaissons pas encore complètement la disposition dont il est question ; 2° le transformateur Wydts-Rochefort a été décrit dans le nq 1322 du kr octobre 1898, p. 288; le constructeur habite, 4, rue Capron, à Paris,!
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E. A., à Nancy. Malgré nos recherches, nous ne retrouvons pas l’article dont vous voulez parler. — M. L. Moerman, à Bruxelles- On ne. peut préparer soi-même ce produit ; il faut l’acheter chez les marchands de; produits chimiques, — M. Duvau, à Paris. — Consultez le .petit, livre des Recettes et procédés utiles, 3* série, à la librairie Massoip etCia. — M. Poront, à Brest. Remerciements poür votne commu-, nicatiom .. .. •<
- Dans là « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-, seignements qui M sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon a répondre à toutes les questions; ni à insérer toutes les-communieations. — Il n’est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de lé livraison*
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Réchaud à l’alcool solidifié. — Le petit réchaud que nous décrivons est un appareil bien simple et bien pratique. Comme le montre le n° 1 de la figure ci-jointe, il se compose d’une grille aérée A ou support, sur lequel reposera le récipient qui contient ce que L’on désire faire chauffer, d’une boîte en fer-blanc B qui contient l’alcool solide que l’on fait brûler, et d’un couvercle G pour la boîte. On ouvre la boite,
- Réchaud à alçool solidifié.
- 1. Détail de l'appareil. — 2. Mode d’emploi.
- on placeie couvercle au-dessous, elisuite on pose la boîte pardessus, puis la grille .aérée et au-dessus une petite casserole, remplie d’eau (n° 2). On approche une allumette enflammée sur la pâte que contient la boîte. L’alcool s’enflamme et brûle. L'alcool solidifié fond dès qu’on y met le feu et revient à Létat solide en se refroidissant. Ce petit appareil, d’un prix très modique, est appelé à rendre des services à beaucoup de personnes en voyage, à beaucoup d’employés et d’ouvriers. — Le réchaud à l’alcool solidifié se trouve chez M. Mathieu, 131, Galerie de Valois, Palais-Royal, à Paris. t
- Les cerfs-volants h boites h six pans. — Nous avons déjà parlé dans le journal à plusieurs reprises des nouveaux cerfs-volants carrés, de leur emploi à l’observatoire météorolo-
- Cerf-volant à 6 pans.
- gique de Blue Hill, et des résultats intéressants qu’ils ont fournis (n° 1583, du 25 novembre 1899, p. 408). De nouveaux modèles viennent d’être imaginés à l’usage des enfants et nous avons pu en voir dernièrement qui s’envolaient très bien.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Ces nouveaux cerfs-vo’ants se composent de deux bandes’ de toiles enroulées et formant chacune 6 pans, à l’aide de petites tringles horizontales en bois se croisant en X sur Lune d’entre elles, comme on peut le voir sur notre dessin. Ces deux bandes de toiles ainsi maintenues sont réunies entre elles par six tringles verticales en bois qui se placent dans des, ouvertures ménagées à cet effet. Ce cerf-volant très original n’a pas besoin de queue ; il s’enlève très facilement même par un vent modéré. 11 est nécessaire d’avoir une ficelle un peu résistante, ce que l’on obtiendra aisément en frottant la ficelle sur un morceau de cire à parquet. — Les cerfs-volants à six* pans se trouvent chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Chaufferette à veilleuse. — .11 est essentiel pendant l’hiver d’avoir les pieds chauds. La chaufferette est tout indiquée pour remédier au mal, lorsque les pieds sont froids. Mais les chaufferettes à charbons présentent bien des inconvé- -nients. Le nouveau modèle ci-joint est à veilleuse à huile. La figure 1 en représente une vue d’ensemble. C’est une petite caisse en forme de tabouret, ou en forme de pupitre légèrement inclinée. Le cadre est en noyer verni, avec plaque
- Chaufferette veilleuse. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Vue intérieure/ 3, Récipient à huile, — 4. La mèche, j
- supérieure nickelée. A l’intérieur (nç 2) se trouve un pe|if récipient dont le n° 3 nous montre le détail. Ce récipient est j rempli d’huile et reçoit une petite mèche (n° 4) à la partie ! supérieure. Cette chaufferette très confortable assure une teiirv-pérature constante de 40 à 45° pendant dix heures environ pour la somme de 5 centimes par jour. La chaufferette] à veilleuse se trouve à la même adresse que l’objet prétjé-dent. i * '
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- BIBLIOGRAPHIE j !
- Modes opératoires des essais du commerce et de Findus-trie. — Leçons pratiques d’analyse chimique faites aux Laboratoires Bourbouze, par L. Cuniasse et R. Zwilling, chimistes-experts de la Aille de Paris. 1 vol. in-8° avec une.
- , préface de M, Cu. Girarp, directeur du Laboratoire muni- ;
- cipal. G. Carré et Naud, éditeurs. Prix : 6 fr. |
- Analyse microchimique et spectroscopique, par M. E. Pozzr-Escot. 1 vol, petit ,in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Librairie Gauthier-Viîlars. Prix : broche 2tr,50, cartonné 2 francs. . ,
- L'élevage des volailles de pure race en vue des concours et*
- ! expositions, par H. L. Alph. Bi.anchon. 1 vol. in-8°. Extrait^ de Y Acclimatation, Paris. Les fils d’Emile Deyrolle, succès-i seurs. 1809.
- | La nature tropicale, par J. Costantin, maître de conférences ! ‘ à l’Ecole normale supérieure, 1 vol. in-8° de la Bibliothèque*;
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- te
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- scientifique internationale. FélixAlcan, éditeur. Paris. Prix : 0 francs.
- Faune de France. Les Oiseaux. — Les Poissons, les Reptiles, les Batraciens, lesProtôcordes, par A. Acloque. 2 vol. in-16 avec fig. Paris, J.-B, Baillière et fils. 1900. Prix: 5 fr. chacun.
- Lamarckiens et Darwiniens, par F. Le Dantec, 1 vol. in-12 de la Bibliothèque de philosophie contemporaine. Félix Alcan, éditeurs : Paris. Prix : 2 fr. 50.
- Les chemins de fer, par Louis Delmer. 1 vol. in-18 illustré de , la Petite Encyclopédie populaire illustrée. Librairie Sclilei-cber frères, éditeurs. Paris. 18)9. Prix : 1 franc.
- Annuaire astronomique et météorologique pour 1900, par Camille Flammarion. 1 vol. in-16. Paris, librairie E. Flam-‘marion. Prix : ltr,25
- La tuberculose est curable. Instructions pratiques à l'usage des familles, par le I)r Elisée Ribard. 1 vol. in-16 avec une préface du Dr Maurice Letulle, médecin en chef de l’hôpital .Boucicaut. Paris, Georges Carré et C. Naud, éditeurs. 1900. Prix : 2 francs.
- Indian meteorological Memoirs, being occasional diicussions
- and compilations of meteorological data relating to India and the neighbouring countries, published by order of his Excellency the Vicéroy and Gobernor general of India in council, under the direction, of John Eliot, meteorological reporter to the government of India and director general of Indian observatories. Vol. XI. Part I. 1 brochure in-4°. Calcutta. Office of the superintendent of government Prin-ting, India. 1899.
- Report of the chief of the Weather Bureau. 1897-1898. II. S. Department of agriculture. I vol. in-4°. Washington Government Printing Office. 1899.
- Carta idrografica d'Italia. Tevere. Minestero di agricoltura, industria e commercio. Direzione generale dell’ agricoltura.
- ' 1 brochure in-4°. Roina, Tipografia nazionale di G. Bertero. 1899.
- Field Columbian Muséum. Geological sériés. — The Ores'of Columbia from mines in Operation in 1892, by H. Windsor Nichols. — The mglagaulidœ : an extinct family of sciu-romorph rodents, by Elmer S. Riggs. —A Fossil egg from soutli Dakota, by Oliver Cummings Farrington. — Contributions to the paleontology of the upper cretaceous sériés, by W. Newton Logan. 4 brochures in-8°. Chicago. P. S. A. If99.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49-,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES ’ OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 janvier. . . 1-,1 W. N. W. 2. Beau. 5,5 N. à 1 h.; puis beau; couv.l’ap.-m. ; gel. bl. ; br. de 1000"; à 10 h.; qq. g. vers 12 h. 50 et pi. de 17 h. 45 à 19 h.
- Mardi 9.. 6%7 S. S. W. 2. Couvert. 1,1 A peu près couvert jusqu’à 18 h. ; peu nuageux ensuite ; quelques petites averses.
- Mercredi 10. . . . 1*,8 S. W. 2 Nuageux. 1,5 Nuag. ; quelques petites averses; gr. de grêle à 15h.50.
- Jeudi 11. ..... 5",3 N. W. 3. Couvert. 0,1 Très nuageux; quelquefois des gouttes.
- Vendredi 12 i',o N. N. E 2. Couvert. 0,0 Nuag. jusqu’à 17 h. ; beau ensuite; gelée blanche.
- Samedi 13. . ; . . — 4*,0 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau le matin ; quelques nuages l’après-midi.
- Dimanche 14 —1\9 S. E. 1. Couvert. • 0,0 Très nuageux à 1 h. ; couvert ensuite.
- JANVIER 1900. --- SEMAINE DD LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 JANVIER.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à tabri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- *i© temps. — La semaine du 8 au 14 janvier a été pluvieuse Le 8 janvier, des neiges et des pluies étaient signalées dans le nord, l’ouest et le sud de l’Europe. En France, on a recueilli 12 mm. d'eau à Dunkerque, 8 à Limoges, Biarritz, 5 à Lyon, 3 à Paris.
- Au Havre, le 7 janvier, après une nuit où une pluie diluvienne n’a cessé de tomber, le vent s’est élevé avec force de la partie du nord-nord-ouest et n’a pas tardé à dégénérer en tempête.
- •'Le 10 janvier, en France, un abaissement de température survenait avec un ciel nuageux et quelques pluies ou neiges dans le nord et l’est. On notait : — 5® au puy de Dôme, — 6® à l’Aigoual, —11® au pic du Midi.
- Le 11 janvier, des pluies et des neiges étaient encore signalées sur la
- majeure partie de l’Europe; en France, la neige est tomlœe üans l’Est; on a recueilli 37 mm. d’eau au pic du Midi, 24 au puy de Dôme, 11 à Belfort, 7 à Biarritz, 2 à Dunkerque.’
- Le 12 janvier, la Seine subissait une crue à Paris. Le niveau du fleuve s’élevait de 10 centimètres au pont d’Austerlitz et au pont Royal et de 40 à l’écluse aval de Uez'ons.
- Le 13 janvier, on observait —2® à Paris.
- Tempête k Marseille. — Lue violente bourrasque a soufflé sur i Marseille le 11 janvier et s’est continuée dans la auit. Le mouvement du port a été nul, taut à l’entrée qu’à la sortie. Lé Tell1, qui a essayé d’entrer, , est allé s’échouer sous le fort Saint-Jean. L’ouragan a renversé de nom-. breuses cheminées et une dizaine d’arbres des promenades.
- PHASES DE LA LUN’E ; P. Q, le 8, à 3 h. 40 w. du matin.
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- 't,
- N° 1392 (27 janvier / 900), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PAR VILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— M. Jean Dupuy, ministre de l’agriculture, vient d’instituer «ne Commission d’études chargée de rechercher les divers emplois des alcools dénaturés, d’effectuèr les rechérches scientifiques néces--saires pour servir de guide dans la voie de l’utilisation de ces alcools, de faire procéder aux essais des appareils proposés par l’industrie pour leur utilisation et d’en étudier lé rendement industriel. Cette Commission est ainsi composée : M. le directeur de l’agriculture, président ; M. Egrot, président du Syndicat des constructeurs de machines et instruments d’agriculture ; M. Hanicotte, président de la Chambre syndicale des distillateurs agricoles de la région du Nord; M. Lindet, professeur à l’Institut national agronomique ; M. Petit, agriculteur, vice-président du Syndicat de la distillerie agricole ; M. Richard, ingénieur des arts et manufactures.
- —®— Loin de s’arrêter, il semble bien que l’influenza gagne du terrain à Londres, et ses ravages augmentent chaque jour d’intensité Voici cinq semaines exactement quelle a fait sa réapparition sur tes bords de la Tamise, et les progrès qu’elle a accomplis ne sont rien moins qu’effravants. La première semaine, on a constaté 58 décès provenant de l’influenza; la deuxième on en a constaté 69; la troisième 193; la quatrième, 516, et la cinquième, qui est la dernière, 540. En même temps, lés décès causés par la broncho-pneumonie ont passé de 430 à 1221, et la mortalité dépasse de 642 la moyenne normale. Dans le nord de l’Italie, à Turin surtout, l’influenza se propage et fait aussi des victimes. Il semble que nous traversons en ce moment une période saisonnière analogue à celle de 1890.
- —®— L’Institut de France est autorisé à accepter, aux clauses, charges et conditions imposées, la donation faite à son profit par M. Daniel Osiris, suivant acte authentique du 29 novembre 1899. et consistant en valeurs mobilières, en une rente de 52 000 francs pour la fondation d’un prix triennal de 100 000 francs destiné à récompenser la découverte ou l’œuvre la plus remarquable qui se sera produite dans la science, les lettres et les arts, et dans tout ce qui touche l’intérêt public. L’Institut a accepté
- —®— La Société géologique de France est autorisée à accepter le legs de 40 000 francs fait par Mme Beaucourt, veuve Fontanne,*
- [»our être affecté à des missions utiles au progrès des sciences géo-ogiques.
- —(§>— On annonce la mort de M. Thomas Egleston, l’éminent professeur de minéralogie et de métallurgie à l’Ecole des mines de New-York, décédé dans cette ville à l’âge de 68 ans. Il avait tout récemment donné 23 000 francs pour venir en aide à l’enrichissement de la collection minéralogique de l’Ecole des mines de Paris.
- —®— Le doyen des guides de Chamonix, Jean Payot, vient de mourir à l’âge de 94 ans. Il était le contemporain de Balmat qui Fit le premier l’ascension du Mont-Blanc. Il avait servi de guide à l’empereur du Brésil et accompagné Pasteur sur la Mer de Glace, pendant les mémorables expériences de l’illustre chimiste.
- —®— L’empereur Guillaume, dans un discours lu le 15 janvier par le recteur ae l’Ecole technique de Chârlottenbourg, a exprimé la reconnaissance de la patrie pour les services rendus par les <l Technische Hoclischule ». Ces instituts ont fait la grandeur de l’Allemagne. L’an dernier, Guillaume IT proclamait solennellement ue les « Technische Hochscliule » devaient être traités à l’égal es écoles de droit, de philosophie, de théologie, de médecine. Il conférait aux élèves sortant de ces écoles le titre de a docteur ingénieur ». Il va grande importance à diriger les jeunes gens vers ces écoles. Les meilleures familles qui autrefois semblaient se tenir éloignées de cet enseignement spécial, poussent leurs fils vers la science industrielle, « et ce mouvement, dit l’Empereur, ne Tera, je l’espère, que s’accentuer »; On ne saurait trop méditer les .paroles de 1 empereur d’Allemagne. L’avenir est de ce côté. Et nous
- devrons en faire notre profit. Nous possédons aussi des écoles techniques; mais nous ne saurions trop les multiplier et nous efforcer de les rendre pratiques. Nos écoles de science pure occupent le premier rang. Il faudrait maintenant développer l’enseignement des applications de la science.
- —®— Une dépêche de Batavia a signalé une catastrophe aux Indes néerlandaises. Le volcan Gedeh a fait éruption et un fort tremblement de terre s’est fait sentir dans le district de Preang, dont le chef-lieu Soekabœmi a été en partie détruit. Le bruit court aussi que la ville voisine de Tjandjoer serait complètement ruinée. Les éruptions du volcan Gedeh ont provoqué des catastrophes semblables en 1847, 1879 et 1880. Preang est une des provinces les plus peuplées de l’île de Java.
- —(g)— Il paraît que les becs Auer se mettent parfois à siffler fortement et pendant de longues heures. On nous a déjà cité plusieurs cas de cet étrange fait et entre autres le suivant. Toutes les nuits devant la gare de Sceaux, à Paris, des becs de gaz produisent des sifflements d’une intensité et d’une fréquence telles qu’il est d’abord difficile de travailler, puis devenu impossible de dormir pour les habitants des maisons voisines.
- —(1)— Au commencement de l’année, à Mqedling (Basse-Autriche), il est tombé des flocons de neige noirs. On' examina de près cette neige surprenante et l’on vit qu’elle était animée par des légions d’insectes minuscules qui faisaient des bonds comme de vraies puces. On en envoya alors une caisse à un entomologiste, qui constata que les insectes appartenaient à l’espèce dite « puèe des laciers », et avaient très probablement été apportés des régions u Mont-Blanc par une violente tempête de neige.
- —<§)— Il ressort des statistiques de 1899 que le montant des exportations en chapeaux, fleurs artificielles et faux cheveux de France en Amérique dépassent 36 millions de francs, l’Angleterre n’exporte en Amérique que 20 millions de ces articles, l’Allemagne, 5 millions.
- —(§)— Une Société pour la conservation des forces hydrauliques vient de se constituer en Californie, elle a pour but de réglementer les irrigations et de permettre l’établissement de canaux par des ouvrages d’art appropriés.
- —®>— Le Conseil municipal de Rome (Italie) vient de donner la concession d’un service de fiacres automobiles ; ce service devra être fait par 60 véhicules électriques au même tarif que les fiacres à chevaux.
- —(§)— Le deuxième volume du tableau général du commerce et de la navigation pour l’année 1898, vient d’être publié par la direction générale des douanes. D’après les renseignements donnés le port de Marseille occupe le premier rang comme importance parmi les ports français ; le poids des marchandises embarquées ou débarquées a atteint 6 274 738 tonnes. Dans les autres ports le mouvement a été : le Havre 3 592 926 tonnes ; Dunkerque 2 998 904 tonnes ; Bordeaux 2 593 762; Rouen 2 270 384; Saint-Nazaire 1610262; Nantes 950114; Cette 937 078; Boulogne 617 874; la Rochelle, la Pallice 586627; Calais 476644 et Cherbourg 292 974. Le rapport entre la jauge des navires et le poids des marchandises est de 87 pour 100 à Dunkerque, de 96 pour 100 à Rouen, de 88 pour 100 à Saint-Nazaire et de 81 ponr 100 à Nantes. A Marseille, il ne dépasse pas 52 pour 100 et au Havre 56 pour 100. A Cherbourg^ il atteint seulement 27 pour 100.
- —(§)— On a créé, en Allemagne, une importante fabrication de verres à vitres pour vitrages dans lesquels un grillage métallique fin est encastré au moment du coulage du verre. Dans un, ordre d’idée analogue, on vient d’essayer en Italie de constituer des revêtements de navire par des plaques de verre qui donnent un excellent coefficient de frottement et empêchent les crustacés de se fixer aux flancs de navires.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. J. Quélin, directeur de l’observatoire municipal d’Angers, nous a adressé l’intéressante communication suivante : « Un beau parhélie, vu par un grand nombre d’habitants d’Angers, s’est montré le jeudi, 11 janvier, vers midi, c’est-à-dire au moment où le soleil passait au méridien (cette heure considérée comme le milieu de la durée du phénomène). Ne l’ayant pu voir, j’ai rencontré plusieurs personnes qui m’ont dit l’avoir bien observé, à des heures, ou plutôt, à des minutes différentes, il est vrai. La meilleure version est celle-ci : Le phénomène a duré près de 2 heures. Vers midi il était dans son plein. A ce moment le soleil était au centre d’un cercle grisâtre (brume ou cirrus). A chaque extrémité du diamètre horizontal dont il était le centre, un petit soleil fictif assez brillant touchant la circonférence au N. ; sur la même ligne, un 3e petit soleil. Puis, au dehors du cercle, une sorte d’arc-en-ciel très coloré — ce ne pouvait être un vrai arc-en-ciel — et à l’opposé, au S., un autre moins brillant. De plus on a observé plus au S. et plus au N. deux autres points brillants qu’on a pris pour deux petits soleils également. Tous ces petits soleils avaient une sorte de queue brillante comme celle d’une comète. Je crois qu’on a dû faire erreur pour ces deux derniers soleils. Ce devait être des éclaircies entre les nuages, comme il s’en présente souvent. La partie blanche étant le fond du ciel, avec des rayons du soleil passant derrière ces nuages.... »
- M. F. Delavau, à Roiffé; M. H. Collet, à Laval ; M. R. Chaboseau, au Mans, nous ont aussi adressé des renseignements très complets sur le même phénomène.
- M. Ed. Franger, à Cannes, nous écrit, à propos de la réponse que nous faisions à M. Adam, à Chartres, nous demandant pourquoi les chemins de fer dans leur marche prenaient leur gauche (Boîte aux Lettres du n0 1386, du 16 décembre 1899). Il nous dit : « Au sujet de l’évitement à gauche des chemins de fer français, il pourrait être intéressant pour vos lecteurs d’apprendre que sur les chemins de fer d’Alsace, ligne de Bâle à Strasbourg, construits de 1858 à 1842, l'évitement se fait à droite ; les chemins de fer du Grand Duché de Bade, établis immédiatement après et parallèlement à ceux d’Alsace, ont aussi adopté l’évitement à droite. Les Alsaciens qui ont construit leur ligne ferrée, une des premières de France, avec leurs propres moyens, capitaux, ingénieurs, mécaniciens, etc., ont tenu à maintenir l’évitement tel qu’il était en usage dans le pays, et sans s’inquiéter de ce qu’il pouvait être en Angleterre, et l’on se demande pourquoi, tant en France que sur presque tout le continent, on a pu se laisser aller à imiter les Anglais. Je crois que si la chose était à refaire on adopterait l’évitement à droite pour les voies ferrées comme cela se pratique sur les routes. »
- M. le Dr R. Nogué, à Paris, nous envoie une brochure qu’il vient de faire paraître sous le titre : De Vanesthésie par le protoxyde d'azote et l’oxygène en chirurgie courante.
- M. le Cte Lodovico de Cousten, à Florence, nous envoie une nouvelle lettre sur la question du vingtième siècle qu’il fait commencer dès 1900. Nous en avons reçu beaucoup d’autres encore pour ou contre cette opinion. Nous ne pouvons plus y insister maintenant. La question est épuisée... jusqu’au siècle prochain.
- Renseignements. — M. L. L. U., à Paris. — Le liquide immobilisé dans les accumulateurs est toujours de l’acide sulfurique étendu au dixième.
- M. R. B., à Paris. — 1° Nous ne connaissons pas de boulons spéciaux; on emploie des boulons ordinaires que l'on recouvre d’un vernis résistant aux acides. Vous trouverez des recettes de vernis de ce genre dans les Recettes de l'Electri-cien, à la librairie Masson et Cie. — 2° ü n’y a pas d’ouvrage spécial.
- M. C. B,, à X. — 1° Il est probable qu’il sera resté quelques
- traces d’eau dans la pompe. Nous ne pouvons vous répondre; il faudrait voir la pompe. — 2° Cette recette est donnée dans les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- Pyrotechnie, à Anvers. — Nous avons publié un article sur le métal déployé pour clôture dans le n° 1287, du 29 ’anvier 1898, p. 137.
- M. L. P., h Paris. — Nous regrettons, mais nous n’avons pas d’autres renseignements à vous donner.
- M. Standausch, à Batavia. — Ces concours seraient très intéressants; mais nous ne pouvons les organiser.
- M. H. Brixon, à Mouzon. — Il n’est guère facile d’obtenir les renseignements que vous désirez sur ce mode de soudure ; les détails pratiques ne sont pas publiés.
- M. J. B., h Angers. — 1° Il nous est impossible, à notre grand regret, de faire ce travail; c’est toute la collection au journal qu’il faudrait feuilleter. — 2° Nous ne connaissons pas d’autre ouvrage sur ce sujet.
- M. C. D., à Chennevières. — Adressez-vous à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. F. Verly, à Amiens. — 1° Nous pensons publier bientôt un article à ce sujet. — 2° Il faudrait consulter un médecin.
- M. Léchopié, à Paris. — Il faut que la pâte soit plastique, mais pas entièrement délayée. On la met dans les plaques et' on laisse sécher, en s’assurant qu’elle tient bien dans les alvéoles.
- M.' E. Smith, à Colombes. — Nous ne pouvons vous donner de détails ; l’auteur de l’article est décédé.
- M. Ricardo Lorrain, à Paris. — Toutes ces adresses ont été données en tête de la Boîte aux lettres du numéro même qui contient la description de l’objet. Veuillez vous y reporter ; nous ne pouvons reproduire toutes ces adresses.
- M. E. B., à S. — Il faut vous adresser à la commune et vous entendre avec elle.
- M. Paul Lesourd, à Tours; M. A. Bollinckx, à Bruxelles; M. Bailly, à San Remo. — Pour l’avant-train électrique décrit dans notre précédent numéro, veuillez vous adresser à M. Solignac, 67, rue de la Victoire, à Paris.
- L’abonné 7H7, à Paris. — 1°Pour conserver le caoutchouc, il faut le mettre à l’abri de l’air et de la lumière, on dit aussi u’en arrosant le caoutchouc avec une solution très étendue 'ammoniaque on obtient de bons résultats; 2° veuillez vous adresser à la librairie Andriveau Goujon, 4, rue du Bac, à Paris.
- M. F. Lavenir, à Vannes. — Nous croyons que cet appareil avait été fabriqué par la maison Demichel, 24 rue Pavée, à Paris.
- M. H. Dtimont, à Bordeaux. — On a fait en Silésie des forages de recherches pour la houille qui ont atteint 1700 mètres; les puits de 1000 à 1200 mètres ne sont pas absolument rares.
- M. Léon Jodot, à Millau. — Le dictionnaire de Wurtz, à la librairie Hachette, vous donnerait probablement satisfaction.
- M. A. M., à Lille. — Nous ne connaissons pas de spécialiste.
- M. H. Clarté, à Lutzelhausen. — Il y a dans le commerce des flacons de dorure que l’on applique facilement au pinceau. Vous en trouverez chez M. E. de Jongh, 13, rue des Tour-nellesou chez M. Thivolle, 18 bis, rue Bellefond, à Paris.
- M. E. Arnaury, à Vernon. —Veuillez vous adresser au service des annonces, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. A. Aymé, à Oran. — L’adresse est donnée en tête de la Boîte aux lettres.
- Un abonné de Syrie. — 1° Nous ne connaissons rien pour cet usage. 2° L’acétylène ne peut convenir. 5° Nous ne pensons pas.
- Libérât, à Rome. — Nous croyons que le premier des livres indiqués est celui qui vous conviendra le mieux.
- M. B. Dujardin, à Paris. — Nous ne savons ce qu’est devenue cette société.
- M. A. B. C., à Paris. — Nous n’avons pu trouver nulle part une indication quelconque ; nous ne savons pas si ce coefficient a été déterminé.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. le Dr Adrian Marada Veres, à Paris. Nous publierons prochainement un petit article à ce sujet. — M. D. L., à Paris. Il faut vous adresser à une agence de brevets. — M. Dupuis, à Brest. Il faudrait faire des essais de consommation. — M. Lelong, à Nancy; M. Gare, à Lille. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 3e série, à la librairie Masson et Cu. — M. P. Dumont, à Orléans. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engagé en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES MENTIONS1
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Le linéotome. — Le linéotome est un pointilleur universel ou un tire-ligne qui permet de tracer avec grande rapidité et régulièrement toutes sortes de lignes pointilïees. Comme le montrent les figures 1 et 2, il consiste en une tige de tire-
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- Linéotome. — Fig. 1,- Mode d’emploi; — Fig. 2, Détail de l’appareil;
- Fig. 3, Roue dentée; — Fig. 4, Molettes pointilïees.
- ligne portant à son extrémité une plaquette métallique de forme spéciale. Sur cette plaquette est fixée, à l’aide d’un petit ressort C, à l’extrémité, une roue F dentée (fig. 3). Celle-ci orte au-dessous une molette dentelée au pointillé que l’on ésire. La figure 4 donne quelques modèles de ces molettes. Dans les dents de la molette (fig. 2) vient s’appuyer et se déplacer une pointe g portée sur une pièce B qui est reliée au lire-ligne A. Pour se servir de cet appareil, il suffit donc de choisir la molette dentelée que l’on désire, de la fixer sous la roue extérieure, et de faire courir cette roue sur la ligne à pointiller. On obtient ainsi un grand nombre très variable de pointillés, dont on peut voir quelques modèles à la partie inférieure du dessin. — Le linéotome se trouve chez M. L. Pape, 72, rue des Archives, à Paris, s
- Patins A crampons. — Il ne s’agit pas de patins au sens ordinaire du mot, qui servent à glisser sur la glace, mais bien de patins qui ont au contraire pour but d’empêcher de glisser sur les surfaces glacées ou couvertes de -neige et de verglas. Les inventeurs ont donné à cet appareil le nom suggestif de
- Patins à ^crampons.
- a Klondvke creeper », ou Grimpeur du Klondyke, pour indiquer qu’il est particulièrement précieux à ceux qui veulent fréquenter ces régions presque toujours glacées.
- La gravure qui représente ce creeper parle d’elle-même : c’est essentiellement une lame d’acier évidée, et aussi légère que possible, qui épouse la forme du dessous d’un soulier, et qui se fixe à ce dernier au moyen de boucles et de courroies, comme beaucoup de patins ordinaires. Le métal en est nickelé ou laqué, pour qu’il ne se rouille pas. — Pour les patins à crampons, s’adresser Ludlow-Saylor Wire Co, Fourth Street, Saint-Louis, Montana, États-Unis.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Épreuve stéréoscopique avec une jumelle simple.
- La jumelle Carpentier petit modèle est la mère de toutes les jumelles; on lui a reproché d’être d’un format trop petit; elle n’en est que plus portative et ses enfants sont devenus si énormes qu’elle est obligée de les renier, ce sont des appareils plus ou moins quelconques, ayant souvent d’excellentes qualités, mais qui n’ont plus rien de commun avec leur grand’mère. Celle-ci pourtant a voulu répondre à l’objection qu’on lui faisait de donner des épreuves trop pètites et elle fait remarquer que, vue en stéréoscope, une épreuve peut être d’aussi faibles dimensions qu’on voudra, elle sera toujours intéressante parce qu’elle est très compréhensible. Et sans rien changer à la jumelle Carpentier petit modèle on arrive très facilement aux deux épreuves stéréoscopiques, étant donné bien entendu qu’on n’opère pas sur des objets en mouvement. Pour cela il suffit d’avoir une planchette de la dimension de la jumelle posée à plat. On fait une première épreuve avec le bouton de l'obturateur placé en dessus et à droite, puis on escamote la plaque et on fait une seconde épreuve avec le bouton placé au-dessous et à gauche.
- On a ainsi deux épreuves prises de points de vue différents, la partie de la jumelle formant magasin donnant précisément, pour les deux positions indiquées, l’écart voulu pour que le relief stéréoscopique se produise. Au tirage on pourra toujours répéter l’épreuve de droite et celle de gauche si l’on prend note du numéro du châssis. En supposant qu’on ait fait ainsi toutes les plaques contenues dans le magasin, toutes les épreuves des numéros impairs seront à droite et les numéros pairs à gauche.
- Le Kachin.
- Développement et fixage simultanés. C’est encore un nouveau révélateur,’ il y en a qui naissent tous les jours et sur lesquels nous ne pouvons pas attirer l’attention parce que s’ils ne sont pas plus mauvais que d’autres, ils ne sont pas meilleurs et qu’en général se sont des composés de révélateurs déjà connus.
- Celui-ci mérite d’être signalé parce que c’est un corps nouveau, tiré comme ses similaires, l’hydroquinone et autres, des sous-produits de la houille, et qu’il présente en outre une particularité peu commune, celle de pouvoir fixer le cliché (nous disons bien fixer) en même temps qu’il le développe.
- Il se présente sous la forme de cristaux qui se conservent indéfiniment à l’air libre. En solution il donne un bain révélateur qui se garde longtemps sans coloration et qui ne tache as les doigts. On obtient à volonté des négatifs doux ou eurtés suivant les proportions employées. La formule normale est :
- Eau..................... 500 grammes.
- Kachin.................. 7
- Sulfite de soude anhydre. 30 —
- Bromure de potassium. . 0gr,3.
- Pour l’emploi on ajoute une solution de carbonate de soude à 3 pour 100 dans l’eau par parties égales avec la solution ci-dessus, si la pose a été normale. Si le temps de pose est inconnu on commencera par mettre moitié moins de la solution de carbonate, sauf à compléter petit à petit, mais sans prolonger outre mesure le développement qui doit être terminé en 5 minutes. Pour les poses courtes on peut du reste concentrer davantage les solutions.
- Nous avons dit qu’on pouvait fixer en même temps la plaque ; nous n’y voyons pas d’avantage, sinon qu’il n’y a pas à craindre de laisser tomber quelques gouttes d’hypo dans le bain de développement et qu’on peut y tremper les mains qui sortent du bain de fixage sans les laver au préalable, ce qui peut être commode. Voici néanmoins le bain développateur-fixateur :
- A. Eau............ 100 B. Eau. ..... 100
- Sulfite anhydre. . 15 Hypo........... 20
- Potasse caustique. 7
- Kachin..... 7
- ' On mélange les deux solutions : 50 cc. de A, 90 cc. de B et environ 10 à 15 cc. d’eau. On y plonge le cliché et si la pose a été normale le développement et le fixage sont terminés en quelques minutes; dans le cas de sous-exposition le résultat est plutôt mauvais; dans le cas de surexposition on peut ajouter du bromure de potassium. 0. M.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement des chéloïdes.
- A la suite des brûlures, de plaies même régulières on voit parfois chez certaines personnes se développer, au lieu d’une cicatrice plane, nette, une masse bourgeonnante, ferme, ligneuse. C’est une forme de cicatrice vicieuse à laquelle on a donné le nom de chéloïde. On voit ces difformités de la cicatrisation survenir à la suite du percement du lobule de l’oreille pour le port des boucles, enfin certaines races, la race noire, sembleraient plus prédisposées au développement anormal de Ces productions de tissu conjonctif fibreux.
- Il n’est pas toujours besoin d’une cause irritante, comme une plaie, une brûlure, pour provoquer ces chéloïdes; on les voit survenir parfois spontanément, sans cause appréciable, et certains auteurs ont tendance, sans qu’on en ait pu jusqu’ici donner la preuve, à leur attribuer une origine microbienne.
- C’est une affection grave, par la difformité qu’elle constitue, mais surtout par sa résistance au traitement. Aucune médica-
- tion interne n’a d’action sur la chéloïde. Si on l’enlève par une opération la récidive survient rapidement, la masse cicatricielle se reproduisant plus volumineuse et plus dure.
- On a employé, avec des succès divers, les moyens les plus variés, les scarifications linéaires, l’électrolyse, les caustiques chimiques. Le Dr Ferras, a obtenu chez une des victimes du bazar de la Charité qui portait une vaste chéloïde épaisse et dure, un résultat remarquable par l’emploi des douches sulfureuses combinées au massage; il eut la chance de faire disparaître complètement la chéloïde.
- Le procédé le plus récemment appliqué est dû au Dr P. Marie et semble un des plus efficaces. 11 consiste à faire dans l’épaisseur des cicatrices, des injections d’huile créosotée au cinquième (5 créosote, 20 d'huile stérilisée). Les injections sont faites à Ja dose de 1 centimètre cube, réparties sur plusieurs points de la saillie et répétées à cinq ou six jours de distance. L’injection est assez peu douloureuse et la réaction consécutive est très modérée bien que le tissu s’enflamme et s’ulcère. Après quatre ou cinq injections, la chéloïde a disparu ne laissant qu’une cicatrice à peine visible. IP X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMETRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 janvier.. . — 5°,8 S. S. E. 3. Peu nuageux. 00 • Couv.; grains de neige à 9 h. 15 et 10 h. 15 el pluie dans la soirée.
- Mardi 16 5%0 S. 2. Couvert. 4,6 Couvert; pluie de 9 h. 40 à 13 h.; brouillard de 500 m. jusquat 7 h.
- Mercredi 17 9*,1 S. W. 3. Couvert. 5,0 Couvert; pluie à diverses reprises.
- Jeudi 18 3", 9 N. W. 3. Beau. 7,1 Beau de 4 à 11 h.; nuageux le reste du temps; averses mêlées de grêle à 13 h. et 13 h. 15; halo; gelée bl.
- Vendredi 19 0*,0 S. W. 2. Beau. 0,1 Beau jusqu’à 8 h.; nuag. ensuite; halo.
- Samedi 20 6°,0 S. S. W. 5. Couvert. 0,6 Couvert; pluie à partir de 6 h.
- Dimanche 21 7M E. N. E 2. Couvert. 6,9 Couv. ; brouill. de 200 m. à 8 h. ; pluie fine l'après-midi.
- JANVIER 1900. --- SEMAINE DU LUNDI 15 AU D1M1NCHE 21 JANVIER.
- Im courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- l.u pluie. — Nous traversons en ce moment une période tout à fait pluvieuse. Dans la dernière semaine, des pluies sont tombées dans le nord-ouest et le centre de l'Europe ; le 17 janvier, en France, on a recueilli 39 mm. d’eau à Besançon, 20 à Limoges, 14 à Bordeaux, 7 à Paris ; ce même jour, il est tombé à Paris vers 4 heures une averse considérable. La pluie est de nouveau tombée abondamment le 20 février.
- La température a baissé en France et sur la Scandinavie: elle était le malin de —21° à Moscou, -4-2® à Prague, 4° à Paris, 13° à Alger.
- Tremblement de terre en Russie. — Trois nouvelles secousses de tremblement de terre se sont fait sentir pendant la nuit du 15 au 16 janvier, dans le_district de Achalkalaki, en Russie.
- Les habitants des douze villages détruits, lors du tremblement de terre qui a eu lieu le 31 décembre dans cette localité, ont dù quitter le district.
- Tempête en Espagne. — Une violente bourrasque de neige et de vent s’est abattue le 16 janvier sur la ville de Puigcerda, ville espagnole voisine de la frontière française des Pyrénées-Orientales.
- Le vent a déraciné les arbres, enlevé un grand nombre de toitures, abattu beaucoup de cheminées, notamment la grande cheminée de l'usine Bertran. Tous les fils pour l’éclairage électrique ont été coupés. La ville a été privée de lumière et également d’eau potable. Le thermomètre étant descendu à 12’ au-dessous de zéro, l’eau a gelé dans le réservoir et les conduites d’amenée. En outre, l’eau du lac a été en grande partie rejetée par la violence du vent sur les propriétés et chemins avoisinants, où elle s’est glacée.
- PHASES DE LA LUNE: P. L. le 15, à 7 h. 17 m, du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— M. Raoult, doyen de la Faculté des sciences de Grenoble, correspondant de l’Institut de France, vient d’être élu correspondant de l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg.
- —®— On nous annonce de Marseille la mort de M. Marion, professeur à la Faculté des sciences et l’un des zoologistes les plus actifs de notre pays.
- —(g)— Le conseil d’hygiène, dans sa dernière séance, a reçu communication d’un rapport de M. Walckenaer au sujet de dégâts et d’accidents causés par la foudre daos le département de la Seine. Ce rapport a pour but d’inviter les maires et commissaires de police à aviser régulièrement le préfet de police de tous les coups de foudre notables qui parviennent à leur connaissance. Pour chacun de ces cas, un délégué du conseil d’hygiène sera chargé de dresser une note technique avec rapport à l’appui. Ces notes seront transmises par le préfet de police au ministre du commerce, comme contribution à l’étude générale demandée par le Congrès international des électriciens, tenu à Paris en 1881, et par la conférence internationale pour la détermination des unités électriques tenue en 1884.
- —g)— Le record des plus grandes vitesses en chemin de fer parait décidément appartenir au. chemin de fer du Nord. Le rapide Calais-Rome part de Paris à midi 35, arrive à Amiens à lh56. Distance 151 km. Vitesse 97 km à l’heure. Les machines qui transportent les voyageurs à une allure aussi rapide, sont les locomotives Compound (quatre cylindres à vapeur) à deux essieux accouplés, construites récemment par la Société Alsacienne sous la haute direction de M. Dubousquet, ingénieur en chef du service des machines à la Compagnie du Nord. Ces locomotives, à vide, pèsent 48 090 kg. Elles ont une surface de chauffe de 175 mètres carrés et sont timbrées à 15 kg. Les roues motrices ont un diamètre de 2n“,130 et les porteuses de lm,040. La course des pistons est de 0“,640. Leur longueur totale est de 9m,895 et leur largeur de 2m,942. Elles portent en outre une disposition permettant d’évacuer directement dans l'atmosphère la vapeur d’échappement du petit cylindre et d’admettre dans le grand une pression de 6 kg. bans cès conditions, la machine peut développer un effort de traction s’élevant à 7985 kg.
- —®— Un remède contre la vitesse exagérée des automobiles. La vitesse maxima tolérée sur les routes anglaises est de 20 kilomètres à l’heure; et, sous peine d’amendes importantes, on ne peut enfreindre le règlement. Mais comment la police s’y prend-elle pour contrôler l’allure des chauffeurs en rase campagne où ses agents -ne peuvént être constamment aux aguets? b’une façon, très simple. Au sortir de la ville que vous quittez on vous délivre une carte sur laquelle est inscrite l’heure de votre départ, et à la ville prochaine on constate le temps que vous avez mis à franchir la distance. Donc autant d'heures que de 20 kilomètres. Si. vous êtes en avance, la fâcheuse contravention ne vous «manque pas.
- —®— L’industrie des cartes postales illustrées a pris depuis quelque temps une grande importance. Jusqu’ici, les personnes qui en faisaient usage étaient dans l’obligation d’affranchir ces cartes et d’apposer le timbre qui devait leur donner accès dans le service des postes. Devant le développement que semble prendre chaque jour • cette industrie, M. Mougeot, sous-secrétaire d’Etat aux postes et télégraphes, vient de faire signer un décret qui l’autorise à timbrer pour le compte des particuliers les cartes postales illustrées. Aux termes de ce décret, le timbrage sera fait gratuitement par l’administration des postes quand les cartes postales leur seront fournies par les éditeurs toutes prêtes à recevoir le timbre de 40 centimes. De plus, l’administration des postes fera des remises importantes.
- —(§)— Le Moniteur de l'Industrie et de la construction de Genève nous cite un fait très instructif et qui devrait nous servir d’exemple. Il y a deux ans, les électeurs de la ville de Derne adoptaient un projet réduisant de 12 pour 100 le prix de gaz. Quelques habitants virent là un danger pour les finances communales et prédirent un gros déficit. L’avenir n’a pas donné raison à ces timorés. A la suite de la diminution des prix, la consommation du gaz a augmenté de 581 702 mètres cubes en 1897 et de 397 282 mètres cubes en 1898. De plus, l’équilibre financier, un moment compromis par la baisse des tarifs, est depuis longtemps rétabli. A l’heure actuelle, il y a un excédent de recettes. Il en a d’ailleurs été de même pour l’électricité. L’usine électrique communale, après avoir abaissé ses prix, a vu tout de suite augmenter le chiffre de ses affaires. Ses bénéfices, qui étaient de 10120 francs en 1892 ont monté à 38882 francs en 1898. Le même fait s’est présenté pour l’eau. Aujourd’hui les entreprises du gaz, de l’électricité et de l’eau forment les plus sérieux revenus de la commune de Berne.
- —(§)— Il paraît que la pêche aux phoques, de longtemps pratiquée dans les parages des îles du Commandeur et de Tuléni, dans la mer de Behring, ne donne plus autant de résultat qu’autrefois.
- Il n’y a rien d’étonnant à cela, en présence des massacres réguliers de ces pauvres bêtes. Mais le Gouvernement russe voit, par suite de la. décadence de cette pêche, ses revenus diminuer. En 1896, les recettes provenant des pêcheries de phoques s’étaient encore élevées à 254 000 roubles ; le ministère de l’Agriculture et des Domaines n’a pu prévoir pour l’année 1900 qu’un rendement de 110 000 roubles. _ En revanche, la pêche des écrevisses, des crabes, gros poissons, dans les eaux du Pacifique, est en voie de sérieux progrès. De 49000 roubles en 1894, le revenu pour l’Etat s’est élevé à 132 000 roubles en 1898.
- —®— Le Moniteur industriel indique qu’on garantit le fer et l’acier de la rouille en les recouvrant d’une mince couche de soufre : on fait dissoudre celui-ci dans l’essence de térébenthine, on étend la solution sur le métal qu’on chauffe avec une lampe à alcool, il se produit ainsi un vernis très solide de sulfure de fer.
- —®— Constructions navales en 1900. Le tonnage total des navire à voiles et à vapeur construits en 1899 dans les chantiers du monde entier se monte à 2 406 543 tonnes. L’Angleterre entre à elle “seule dans ce total pour 1 731 543 tonnes. Après elle vient l’Allemagne avec 260000 tonnes; les Etats-Unis ont atteint le chiffre élevé de 185 000 tonnes. La France arrive mauvaise quatrième avec 62000 tonnes seulement, et encore, la plus grande partie des navires construits dans les chantiers français en 1899 sont-ils des navires à voiles. Le tonnage des vapeurs mis à flot par la France, l’année dernière, n’excède pas 19000 tonnes, ce qui place notre pays au septième rang des pays constructeurs de steamers, après la Russie, l’Italie et la Hollande. Le tonnage total des navires mis à flot en 1898 était de 2136 722 tonnes, ce qui donne, pour 1899, une augmentation de 269 821 tonnes.
- —®— La quantité de fonte, de fer et d’acier, soit brute, soit travaillée, et de toutes formes, introduite en 1898 sur le marché russe, soit d’importation étrangère, soit de production nationale, est estimée à 3113242 tonnes.
- —d) - Cent tonnes de minerai de fer ont été expédiées de la Belmont Mine Ontario, pour Glasgow comme essai. Peu de temps auparavant, 20000 tonnes avaient été embarquées pour Hambourg.
- —®— Notre collaborateur, M. A.-L. Clément, vient de fonder, sous les auspices de la Société centrale d’apiculture, un cours d’entomologie agricole, qui s’ouvrira sous la présidence de M. E.-L. Bouvier, professeur au Muséum, le mardi 6 février, à 10 heures du matin et se continuera les samedis et mardis suivants à la même heure' dans le pavillon de la pépinière au Luxembourg. Ce cours nous semble appeler à rendre de réels services, à une époque où l’agriculture doit lutter contre tant de difficultés, et subit fréquemment de la part des insectes des pertes parfois considérables.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES;
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- poudre magnésique sans fumée et la lampe-éclair de M. Charles Henry se trouvent à la Société centrale de produits chimiques, 44, rue des Ecoles, à Paris.
- Communications. — M. Désiré A. Maës, préfet d’études ;Vl’Institut Saint-Joseph, à Grammont, à propos de nos précédents articles sur la destruction des blattes (n° 1376, du 7 octobre 1899, p. 300), nous écrit : « De tous les procédés indiqués et vantes pour arriver à détruire les blattes pas un ne vaut celui que fai employé avec le succès le plus complet et qui l’emporte sur ceux décrits, par sa simplicité. Mon piège est basé sur la prédilection de ces nuisibles insectes pour la bière. Voici comment on le prépare : dans un bassin de faïence ou de porcelaine (de toilette) rempli à moitié d’eau ordinaire, on ajoute un cinquième de litre de bière. On couvre le bassin ainsi préparé d’un large papier, un grand journal au centre duquel on a découpé une rondelle de 8 à 10 centimètres de diamètre; les bords du journal traînant sur le sol. La nuit venue, par l’odeur alléchés, les promeneurs nocturnes, grands et petits, arrivent en rangs serrés et, avec leur agilité ordinaire, gravissent le plan incliné que leur présente le journal et, parvenus au trou béant du centre, ils se laissent tomber dans le liquide où ils ne tardent pas à trouver la mort par centaines dans un seul bassin. »
- Le Bureau d’échanges internationaux de publications de la République de l’Uruguay nous envoie une brochure qui renferme une communication scientifique et qui a pour titre Le soleil intérieur.
- Renseignements. — M. T. Bube, à Paris. — 1° Consultez Y Automobile théorique et pratique, de M. Baudry de Saunier, chez l’auteur, 22, boulevard de Villiers, à Levallois (Seine).
- — 2° Petites dynamos : Société Gramme, 19, rue d’Hautpoul; Société l’Eclairage électrique, 27, rue de Rome, à Paris.
- M. P. Chevallier, à Coulommiers; M. P. Morand, à Paris.
- — L’adresse que vous demandez est la suivante : M. La-chambre, 24, passage des Favorites, à Paris.
- M. F. M., à Riopar. — 1° L’auteur de cet article habitait 9, rue du Montparnasse, à Paris. — 2° 11 n’y a pas d’ouvrage sur cette question.
- M. H. Pellier, à Dombasle-sur-Meurthe. — Veuillez vous adresser au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. Isidore Maronne, à Paris. — Le voyage de Sir John Ross (1829-1833) n’est pas relatif au Grônland oriental, région où le beuf musqué a été signalé pour la première fois en 1870. Le célèbre marin anglais a visité de 1829 à 1833 le Grônland occidental et surtout 1 archipel polaire américain situé à l’ouest.
- M. G. M., à Toulouse. — 1° Ce tramway n’existe pas. — 2° Nous n’avons pas le tracé exact.
- M. F. Pothier, à Saint-Alban. — Au moment où nous vous répondions, le Directeur de l’Observatoire de Paris présentait à l’Académie quelques parties de la carte du ciel. Nous ferons donc le possible pour vous donner satisfaction.
- M. G. K., à Bruxelles. — Nous ne pensons pas qu’un ouvrage spécial ait été publié sur le sujet ; vous pourriez toutefois vous adresser à la.librairie Gauthier-Villars, à Paris.
- M. Dupont, à Lille. — C’est M. Henri Coupin, notre dévoué collaborateur, qui vient d’entreprendre la publication de la Revue des revues d'histoire naturelle. Vous pouvez vous adresser à lui directement 21, boulevard de Port-Royal, à Paris; il vous enverra un numéro spécimen et accueillera avec plaisir les observations que vous aurez pu faire relativement à l’histoire naturelle.
- A/, le Dr G., à V. — Cette réponse est bien celle que nous avons faite à la même question.
- Nouveau Cercle, à Clermont-Ferrand. — L’adresse est donnée en tête de la Boîte aux lettres du même numéro.
- M. L. Le Mescam, à Nouméa. — 1° Nous avons bien reçu'; votre photographie; remerciements. Pour le moment nous né! pouvons en parler. — 2° Nous accepterons volontiers des renseignements de cette nature.
- M. Ananké, à Paris. — Nous avons donné dès formules d’encre sympathique aux sels de plomb ; mais nous ne connaissons pas d’encre semblable à celle que vous demandez*
- M. L. Astrié, à Toulouse. — 1° Vous trouverez des grenades extincteurs chez M. Harden, 98 bis boulevard Haussmann, ou chez M. Labbé, 83, boulevard Magenta, à Paris. —- 2° Nous avons donné une formule de boîtes éteignant le feu dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- M. H. Michel, à Paris. — Nous ne connaissons pas de procédé.
- M. Vial, à Roanne. — Nous ne croyons pas que la question ait été examinée.
- M. Dubois, à Paris. — La plupart des dentistes, docteurs en médecine, ont souvent recours à l’anesthésie à la cocaïne pour l’extraction des dents.
- M. le Dr J. Dupaigne, à Louveciennes. — Vous aurez ces renseignements en vous adressant à la Société française de l’ambroïne, 5, rue Boudreau, à Paris. Il s’agit d’une matière isolante, résistant à l’humidité, aux hautes températures et aux acides, et se laissant mouler.
- M. Tom Elling, à Nancy. — Nous n’avons pas entendu parler de ce concours.
- L’abonné 31416, à Lyon. — Produits chimiques : maison Billault, 22, rue de la Sorbonne ; MM. Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple; Société centrale de produits chimiques, 44, rue des Ecoles, à Paris.
- M. L. B., à Paris. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur cette fabrication ; mais vous pourriez vous adresser à la librairie L. Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris. *-
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. Michiets, à Malines. Nous avons transmis votre demande à l’administration. — M. E. Roger, à Mantes. Nous ne connaissons aucune adresse à-vous indiquer; tous nos regrets. — M. F. F., à Paris. Nous avons fait quelques recherches et n’avons trouvé aucun renseignement. — M. Lucien Marche, à Nancy. Remerciements pour votre Note ; nous avons déjà publié beaucoup de moyens analogues. — M. Duport, à Paris; M. L. G., à X. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, iTe série, à la librairie Masson et Cie. — M. Datant, à Bordeaux. Remerciements pour votre communication.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Intoxication par les œufs.
- Tout le monde connaît les faits d’intoxication par les viandes de conserves; les exemples en ont été malheureusement assez nombreux et quelquefois suivis de mort. Mais il s’agit là d’un véritable empoisonnement par un produit altéré, par des alcaloïdes éminemment toxiques, les ptomaïnes. L’intoxication par les œufs que je veux signaler n’a rien de commun avec ces faits-là, bien que les symptômes soient de tous points similaires. Il ne s’agit pas d’œufs avariés, d’œufs gâtés ou de préparations malsaines avec des œufs conservés depuis des mois. Pas du tout, les œufs sont des plus fraîchement pondus, ont toutes les qualités requises pour un parfait aliment. Eh bien, ces œufs occasionnaient chez une jeune femme de très bonne santé, des accidents d’empoisonnement très rapide, et, quelle que fût la forme culinaire sous laquelle les œufs étaient absorbés, vomissements, coliques, prostration, rien n’y manquait, et suivant la dose ingérée, la maladie durait de quelques heures à un ou deux jours.
- Je connais pour ma part une femme qui, depuis une vingtaine d’années, ne peut manger des œufs, jaune ou blanc, sans être prise de coliques hépatiques plus ou moins aiguës. Dans son enfance elle les mangeait absolument impunément. Sa fille, jeune encore, semble avoir hérité de cette ennuyeuse prédisposition. Ces cas ne sont pas uniques, tant s’en faut, mais ik sont heureusement assez rares et doivent être rapprochés de cette intolérance bizarre et non expliquée, de certaines urticaires, par l’ingestion de fraises, de fruits ou d’autres sortes d’aliments. Un de nos confrères de Paris ne peut avaler une graine de raisin sans être pris d’une indigestion formidable, et je puis affirmer qu’il n’est pas homme à se permettre une auto-suggestion de ce genre. Dr X.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Lève-portes. — On désire surtout en cette saison que les portes ferment bien et s’appliquent exactement dans les ouvertures ménagées à cet effet sans laisser trop de vide tout autour. Le petit lève-portes dont il est question peut être très utile à cet égard pour forcer la porte à s’appliquer fortement dans son embrasure. Il se compose uniquement (fig. 1) de deux petites consoles métalliques D et E munies de godets et d’une tige
- Lève-portes. — 1. Détails de l’appareil. — 2. La porte fermée. 3. La porte ouverte.
- F de longueur appropriée, présentant à ses extrémités deux boules métalliques. Celles-ci pénètrent et tournent aisément dans les godets dont nous avons parlé. Une console est fixée en C (fig. 2) sur la partie fixe d’une porte et l’autre console sur la partie mobile à une distance convenable. Lorsque la porte est fermée, elle est fortement appuyée sur le cadre. Lorsque la porte s’ouvre, la tige métallique tourne dans les godets et soulève légèrement la porte pour faciliter la manœuvre. — Le lève-portes est fabriqué par MM. Stremler et Loiseau, 74, boulevard Richard-Lenoir, à Paris.]
- Agrafe-bouton é. usages multiples. — Le petit appareil que nous décrivons est d’une grande simplicité et peut rendre de très utiles et multiples services. Il est formé de deux
- Agrafe-boutons à usages multiples.
- petites plaquettes métalliques nickelées réunies autour d’un axe central, comme le montrent les n05 1,2 et 3 de la figure ci-jointe. D’un côté (n° 4) est un bouton que l’on tourne pour fixer l’appareil ; les deux parties inférieures placées en regard (n° 2|, portent des pinces qui permettent de maintenir les objets placés entre elles. Ce petit appareil peut alors servir
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nour vellc* scientifiques est étrangère aux annonces.
- pour fixer la cravate (n° 4), maintenir la serviette (n° 5), remplacer au besoin un bouton de pantalon qui vient départir (n°6). 11 peut permettre de fixer aisément des petits sacs à une ceinture (n° 7), de relever les bas de pantalons d’un cycliste ou de maintenir un chapeau (n° 8), ou enfin de relever les jupes à volonté (n° 9). —- Cet agrafe-bouton à usages multiples d’un prix très modique, se trouve chez M. Didout, 28, rue du Buisson-Saint-Louis, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour colorer les billes de billard. — On n’a pas souvent àlfabriquer soi-même une bille de billard, pour l’excellente raison que c’est une fabrication extrêmement difficile et minutieuse; mais les billes rouges perdent relativement assez vite leur coloration et voici la recette qu’on emploie chez les fabricants pour la leur donner, et qui peut être utilisée en pareil cas. On met tremper la bille dans un récipient, de façon quelle soit entièrement recouverte d’eau, puis on ajoute au liquide deux cuillerées à thé de vinaigre et 1 gramme de rouge d’aniline ; si l’on désire une teinte plus foncée, on emploie la coralline, ou encore, de l’éosine pour obtenir une nuance amaranthe, de la fuchsine pour du cramoisi.
- Quand la bille a pris la couleur voulue, on la rince ù l’eau claire, on la laisse sécher et l’on fait bien ensuite de la polir au savon et à la chaux de Vienne.
- Les allumettes au sesquisulfure de phosphore. —* La for- : mule de la pâte actuellement employée pour les allumettes au : sesquisulfure de phosphore est la suivante : sesquisulfure de phosphore, 6 grammes ; chlorate de potasse, 24 grammes ; : blanc de zinc, fi grammes; ocre rouge, 6 grammes; poudre de verre, 6 grammes; colle, 18 grammes; eau, 34 grammes.
- Express-Copie. — MM. Yinceneux et Goulhard ont pris un ] brevet pour un procédé de préparation d’une encre ayant pour but de copier sans aucun mouillage et sans aucun instrument. • Pour préparer cette encre on prend :
- Encre ordinaire ....
- Glycérine ... 600 —
- Miel ... 200 —
- Sucre candi ... 200 —
- Alcool . . . 100 —
- Mélasse ... 50 —
- Pour distinguer Vambre du copal. — 0. Rôssler donne le moyen suivant de savoir si des objets sont bien effectivement en ambre vraie ou au contraire en gomme copal. Il se base sur ce fait que les divers copals ne contiennent pas de soufre alors que l’ambre en contient toujours. Si on place donc un copeau d’ambre dans un petit tube d’essai en verre, que l’on chauffe, et que, d’autre part, on ait disposé sur l’ouverture du tube une feuille de papier filtre saturé d’acétate de plomb, les vapeurs sulfureuses qui s’échapperont noirciront ce papier.
- BIRLIOGRAPHIE
- Lez fleurs à travers les âges et à la fin du xixe siècle, pr M. Tn. Yillard, reproductions d’aquarelles de Mm0 Madeleine Lemaire, in-4°. Paris, Armand Magnier, éditeur, 10, rue de Condé.
- Voici un livre remarquable : Les fleurs à travers les âges et à la fin du xixe siècle, que M. Th. Villard, vice-président de la Société nationale d’horticulture de France, vient de terminer. Aidé par M. Maxime Cornu, professeur au Muséum d’Histoire naturelle, et M. A. Chargueraud, professeur d’arboriculture de la Ville de Paris, M. Villard nous parle des principales fleurs que nous connaissons le mieux en faisant sur chacune d’elles une Notice historique très documentée des plus intéressantes, nous disant en même temps leur patrie d’origine. Il décrit leur rôle dans la médecine, leur utilité dans l’industrie et leur charme dans les arts. Ce livre est rendu très attrayant par ses illustrations. En frontispice, nous voyons le portrait de Mme Madeleine Lemaire, le peintre de fleurs si estimé du public parisien. La sympathique artiste a orné l’ouvrage de 51 aquarelles, œuvres d’art délicieuses exécutées avec une exquise précision, dont les reproductions parfaites sont un charme pour les yeux,
- Faune de France contenant la description des espèces indigènes disposéesen tableaux analytiques, par A. Acloque. 4 vol. in-18 Jésus illustrés de 5075 figures représentant les types çaraetéristiques des genres. 1895-1900. Librairie J.-B. Baillière et fils. Prix : 40 francs.
- Cet important ouvrage vient de prendre fin. Il renferme, classées en tableaux dichotomiques, les descriptions des diverses espèces d’animaux qui habitent notre pays. Il constitue le vade-mecum des personnes qui s’intéressent à la zoologie de la France,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Unité des forces physiques. Système ondulatoire. Explication purement mécanique de tous les phénomènes matériels, par M. l'abbé S.-V. Hémard, ancien professeur de sciences. 1 vol. in-16. Imprimerie C. Thouille. Châlons-sur-Marne. 1899.
- La vie dans la nature. Histoire naturelle pour tous, par Henri Coupin, docteur ès sciences, préparateur à la Sorbonne. 1 vol. grand in-8° illustré. Firmin Didot et 0% éditeurs. Paris. 1900. Prix : 12 francs.
- Annuaire pour Van 1900 publié par le Bureau des longitudes. 1 vol. in-16. Librairie Gauthier-Villars. Paris. 1900, Prix : lfr,50.
- Les matières odorantes artificielles, par G.-J. Jaubert, docteur ès sciences. 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Librairie Gauthier-Villars. Broché : 2fr,50 ; cartonné : 3 francs. Paris. 1900.
- Les objectifs et la stérëoscopie, par G. Brunei., 1 vol. in-16
- de l’Encyclopédie de l’amateur photographe. Librairie Bernard Tignol. Paris. 1900. Prix : 2 francs. .
- Le phénomène de Zeeman, par A. Cotton, maître de conférences de Physique à l’Université de Toulouse. 1 vol. in-16 de la collection Scientia, n° 5. Georges Carré et C. Naud, éditeurs, 1899.
- La chronophotographie, par J. Marey, membre de l’Institut. Conférences de la Société française de photographie. 1 brochure in-8°. Librairie Gauthier-Villars. Paris. Prix l,r,50.
- Les agrandissements, par E. Wallon, professeur au lycée Jan-son-de-Sailly. 1 brochure in-8\ Librairie .Gauthier-Villars. Paris. Prix : l,r,75.
- La photographie des montagnes, par J. Vallot, Directeur de l’observatoire du Mont-Blanc. 1 vol. in-8*. Librairie Gauthier-Villars. Paris. Prix : lfr,75,
- Bulletin de la Commission géologique de la Finlande, n05 6 et 7. 2 vol. Helsingfors. 1899.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 janvier.. . 9*,8 S. W. 2. Couvert. 4,8 Eclaire, à 12-15 li. ; couv. avant et après ; pl. jusqu’à 2 h.
- Mardi 23. 7%6 S. W. 3. Couvert. 0,0 Couvert; bruine le matin.
- Mercredi 24 6*,6 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert; pluie à diverses reprises. Nuageux; quelquefois des gouttes.
- Jeudi 23 5*,9 S. W. 3. Peu nuageux. 0,1 Beau à 1 h. ; couvert ensuite.
- Vendredi 26 5*,1 S. 2. Couvert. 0,0 Éclaircies de 8 à 12 h. et à 23 h. ; couvert le reste du
- Samedi 27 5%4 W. 2. Couvert. 2,6 temps; pluie à diverses reprises. Très nuag. ; pl. à div. repr. avec grêle à 4 h. et neige à
- Dimanche 28 — 0M S. W. 2. Quelques nuages. 5,9 18 h. ; brouiUard à 23 h.
- JANVIER 1900. — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 JANVIER.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Cabri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à Cabri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- La neige.— Un violent ouragan a traversé le 21 janvier le canton de Saillagouse, arrondissement de Prades. Des voyageurs ont été aveuglés par des tourbillons de neige et paralysés par le lroid.
- La neige est tombée en abondance dans le département du Nord et a fait sou apparition à Paris, les 28 et 29 janvier. Tempête violente sur le littoral de la Manche le 28.
- Crues de la Saône et de la Seine, — Les pLuies abondantes tombées dans la première quinzaine du mois de janvier, et, particulièrement, dans la nuit du 17 au 18. ont causé des inondations dans la vallée de la Saône. La rivière a grossi et a atteint une certaine hauteur. Le 18 janvier, à 8 heures, elle marquait à Saint-Albin 2”,93, la montée horaire étant de
- 23 millimètres ; à Gray, 2”,48, la montée horaire étant de 4 centimètres ; à Auxonne, 2'",36, la montée horaire étant de 6 centimètres. La crue a été près de 3",50 le 20 au matin à Auxonne.
- Les pluies ont également provoqué une hausse assez sensible du niveau de la Seine. Dans la seule journée du 22 janvier, le fleuve a monté de 25 à 30 centimètres. Les eaux de l’Yonne ont beaucoup grossi ; il bn est résulté une crue assez forte de la Marne, et le niveau de la Seine s’est encore élevé. Le service de la navigation a lait coucher le barrage de Suresnes, ce qui a permis aux bateaux-omnibus de continuer leur service.
- La crue est restée quelques jours stationnaire; mais elle a repris son mouvement ascensionnel le 26 janvier. Les eaux atteignaient à Paris, le 27 janvier à midi, 2n‘,83 au pont de la Tournelle et 5“,98 au pont Royal.
- PHASES DE LA LUNE; D. Q. le 24, à 0 b. 2 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— M. le Dr Henneguy est nommé professeur d’embryogénie au Collège de France, en remplacement de M. Balbiani, décédé.
- —®— Nous avons le regret d’apprendre la mort de M. le capitaine de vaisseau de Bernadières, membre du Bureau des Longitudes -et directeur de l'Observatoire école de Montsouris pour les officiers «le marine. M. de Bernadières avait été chargé de missions astronomiques et géodésiques importantes. C’est une perte pour la science ot pour la marine.
- —®— La crue de la Seine, que nous annoncions dans notre dernière chronique météorologique, a continué son mouvement ascendant. Dans la traversée de Paris, plusieurs ports droits, entre autres ceux de la Tournelle et des Célestins, ont été complètement inondés et le travail a dû y être interrompu. La hauteur des eaux, le 51 janvier à midi, avait atteint la cote, au pont de la Tournelle, <de 3“,16. et, au pont Royal, de 4m,29. Le 3 février la cote était de 4”,55 au pont Royal. La Marne est également sortie de son lit à Joinville, à Nogent, àSaint-Maur; les îles Fernac, de l’Ermitage, de Chennevières et des Vignerons ont été inondées.
- —®— A propos de l’inauguration de l’Institut Pasteur de Lyon, le Times a rappelé qu’il en existe 6 en Russie, à Saint-Pétersbourg, à Moscou, à Samara, à Kharkof, à Varsovie et à Odessa ; ceux d’Italie sont au nombre de 5, Bologne, Milan, Naples, Palerme et Turin; l’Autriche-Hongrie en possède seulement deux, à Vienne et à Buda-pesth. Il faut citer ensuite ceux de Saragosse, Malte, Bukarest, Constantinople, Alep, Tiflis, New-York, Chicago, la Havane, Rio et enfin Buenos-Ayres.
- —' Le gouvernement Espagnol se propose de faire d’importants aménagements à l’Observatoire de Madrid pour recevoir les astronomes étrangers qui voudront observer l’éclipse de soleil, le 28 mai prochain ; cependant on insiste dans plusieurs milieux pour que l’on choisisse, pour l’observation, un autre point que Ma<irid, Naval-Moral par exemple, qui se trouve à 200 kilomètres de la capitale sur la ligne le Caceres, et où l’éclipse sera totale pendant deux minutes.|
- 13-®- Une découverte archéologique vient d’être faite dans le département de Loir-et-Cher. M. Tessier-Servoin, cultivateur, en défonçant un terrain près du bourg de Verdes (Loir-et-Cher), a trouvé une large voie romaine. II a mis à jour un vase contenant 4 kg «Te monnaies romaines, soit 4 à 5000 pièces, portant différentes effigies. Les têtes sont toutes couronnées. Ces pièces ont de 5 à -8 millimètres de diamètre. Il a trouvé également une belle statuette, d’environ 25 centimètres de hauteur, représentant une jeune femme assise et allaitant deux petits enfants.
- —®— Plusieurs lignes télégraphiques sous-marines françaises vont être établies prochainement. Ce sont les suivantes : ligne Oran-Tanger-Ténériffe-Saint-Louis, ligne de Hué à un point à déterminer au nord de Hong-Kong, ligne de Tamatave à la Réunion, lignes sous-marines entre les établissements français du golfe de Bénin et du Congo français.
- —®— Oiisait qu’il existait, dans le port d’Alger, une roche sous-marine,*dite Roche-sans-Nom, située en plein port, au sud-est de L’ilôt AJ-Djefna Cet écueil formait une surface gondolée, mesurant environ 1700 mètres carrés, et sur laquelle la couche d’eau variait -entre les épaisseurs oie 7m,50 et de 9 mètres. L’arasement en a été jugé indispensable à une profondeur uniforme de 10 mètres. Les travaux viennent d’être entrepris et l’on fore, à l’aide de barres Je mine longues de 19“,50, des trous où des cartouches de dynamite sont ensuite descendues et que l’on fait exploser. *•
- —®— On poursuit en ce moment à la Direction de la voie publique aux travaux de la Ville de Paris, des études sur de nouveaux tombereaux destinés à enlever les ordures dans les rues. Des expériences viennent d’avoir lieu récemment.
- —®— On n’a sans doute pas oublié les indications que nous avons données sur les perfectionnements successifs des plaques de blindage, et les efforts que font les artilleurs pour toujours imaginer des projectiles qui traversent ces plaques. Dans notre confrère anglais Nature, M. R. A. Hadfield, après avoir rappelé brièvement ces transformations des cuirassements, fer forgé, acier, plaques com-pound, harveysées, traités suivant le procédé Krupp, insiste sur cette dernière méthode, qui durcit si formidablement la surface externe du blindage, et il termine en annonçant (ce qui serait uné grosse nouvelle), que sa maison a récemment produit des projectiles « à coiffe », qui triompheraient des plaques Krupp. Ils sont appelés à perforer les cuirassements à surface durcie en étant lancés à une vitesse légèrement plus grande que celle qui est d’usage courant ; et, pour M. Hadfield, on doit considérer dès maintenant les plaques les plus résistantes comm vaincues.
- —®— Une importante-veine de fer vient detre découverte au Japon, dans le mont Kuritani, dans le district de Kanibara. Cette veine a, dit-on, 50 mètres d’épaisseur et environ 100 mètres de longueur. On pense que c’est la plus importante de tout le Japon.
- —®— Le capitaine Eckhoff, du vapeur pétrolier à réservoir La Hesbaye, arrivé d’Anvers à Baltimore, a signalé un spectacle curieux rencontré en mer. Au large des bancs de Terre-Neuve, on aperçut au loin une banquise flottante de 100 pieds de long, sur laquelle se promenaient quatre gros ours blancs. Ceux-ci avaient évidemment été surpris par la débâcle au moment où le champ de glace se détacha des blocs polaires arctiques. Les ours furent très étonnés en voyant passer full speed le monstre marin ; et le capitaine, très pressé d’arriver au port, ne voulut pas se rapprocher des ours pour permettre à l’équipage de leur envoyer des coups de fusil. Ils continuèrent donc à flotter sur leur perfide radeau, et l’on peut prévoir le moment, où, le « Gulf-Stream » ayant fondu la glace, les farouches plantigrades se noieront dans l’Océan, malgré des efforts désespérés. On ne voit pas, en effet, un navire recueillant à bord ces dangereux naufragés.
- —®— La ligne de chemin de fer Riga-Ttickum en Russie est presque terminée, et sera livrée au public très prochainement.
- —®— Il y a 8039 kilomètres de chemins de fer au Mexique, en augmentation de (382 kilomètres sur l’année 1898. L’accroissement sera plus considérable en 1899; car il y a eu plusieurs lignés en construction qui ont été reliées aux grandes voies déjà existantes.
- —®— Le train de luxe de Sibérie qui doit faire, en 1902, les parcours de Calais à Pékin, figurera à l’Exposition universelle cette année. Ce train appartient à la Compagnie internationale des wagons-lits.
- —(g)— Nos lecteurs doivent savoir que, en Angleterre, quand on est élevé à la pairie, on prend un titre nouveau ; en réalité, on change de nom, ce qui crée quelquefois des difficultés pour les gens non au courant de ces transformations : on entend parler d’un nom inconnu sans se douter qu’il masque une célébrité. C’est pourquoi nous tenons à signaler le nom nouveau que sir John Lubbock, une des illustrations de la science moderne, vient de prendre par suite de son élévation à cette haute dignité. Désormais il devient Lord Avebury, du nom d’une de ses propriétés.
- —®— Le gouvernement de Ceylan possède un fonctionnaire spécial chargé a’étudier et au besoin de combattre des maladies qui atteignent les plantes ayant une valeur industrielle ou commerciale dans l’île : c’est son mycologiste. Ce poste vient d’être confié à M. J.-B. Garruthers, qui sera également directeur adjoint du Jardin botanique de Peradeniya, près lvandy,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Erratum. — Dans l’article de M. Mégnin sur les deux nains du Nouveau-Cirque (n° 1391 du 20 janvier 1900, p. 132), il est dit que Bébé (Nicolas .Ferry), le nain de Stanislas Leczynski est mort à l’âge de 98 ans. Ce cas de longévité est inexact. Bébé est né à Plaine (Vosges) en 1741 et il est mort en 1764 au château de Lunéville, deux ans avant son bienfaiteur. U a donc vécu seulement 23 ans. 11 avait 70 centimètres de hauteur. Son squelette se voit encore à Nancy.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la machine à fabriquer les chaînes de bicyclettes : MM. Yieliard et Osswald, 706, Jamaïca Avenue, Brooklyn. Pour la chaîne : The Locke Steelbelt Co, 45, Broadway, New-York. —L’opticien automatique se trouve : The automatic sight-testing and optical supply C°, 65, Chancery Lane. Londres. W. C.
- Communications. — M. L, Holtzer, à Lyon, nous envoie le schéma d’une disposition qu’il a étudiée avec M. A. Auric pour assurer automatiquement la sécurité de la circulation sur les lignes de chemins de fer. Le principe de cette disposition est le suivant : Des fils conducteurs sont établis sur toute la longueur d’un cantonnement (10 km. par exemple), soit en l’air, soit au niveau de la voie; diverses sections de ces fils sont isolées les unes des autres. Un fil spécial relie au rail l’extrémité arrière de chaque section (par rapport au sens de la marche) en traversant une résistance. Des sections intermédiaires de petite longueur (10 m. environ) en fil conducteur sont reliées au rail par un fil particulier. Une dynamo de faible puissance et de faible différence de potentiel est actionnée-par un moteur placé sur la locomotive; un frotteur vient au contact des fils établis le long de la voie. Une sonnerie électrique est installée sur la locomotive devant le mécanicien. 11 y a également un interrupteur automatique qui déclenche lorsque la locomotive arrive dans une section intermédiaire parce qu’à ce moment la dynamo portée par la locomotive venant en sens inverse se trouve en court-circuit. L’interrupteur prend une position spéciale qui relie la sonnerie de la deuxième locomotive au fil conducteur. En résumé, lorsqu’une locomotive arrive à l’extrémité d’un cantonnement, une sonnerie est actionnée et prévient le mécanicien qu’il a un train devant lui. Lorsque le premier train a franchi le cantonnement, le mécanicien du deuxième train est prévenu parce que la sonnerie s’arrête, et il peut repartir.
- M. Claude Couhin, président de l’Association des inventeurs et artistes industriels, nous a (adressé un exemplaire de la reproduction de la conférence qu’il a faite à l’occasion du cinquantenaire de cette association, au Conservatoire national des Arts et Métiers, en présence de M. le président de la République. M. Couhin a fait l’historique de la Société et a montré le but qu’elle poursuit, d’une part de venir en aide à chacun de ses membres, d’autre part de faire triompher la cause de la propriété intellectuelle.
- M. Havage, à Paris, nous donne une brochure qu’il vient de publier et qui a pour titre Rôle de Varthritisme dans la pharyngite granuleuse. L’auteur a fait sur ce sujet une communication à" l’Académie de médecine.
- M. A. Cheux, à La Baumette, nous donne des renseignements intéressants sur le halo solaire du 11 janvier 1900; nous avons déjà mentionné précédemment ce remarquable phénomène.
- M. J. E. Petavel, à Kensington, nous a fait parvenir une notice extraite des Proceeding of the Royal Society et relative à des recherches expérimentales sur quelques étalons de lumière.
- Renseignements. — M. Olyne, à Paris. — Nous avons reçu la description de votre appareil, qui est intéressant ; remerciements.
- H. Norat, à Guéret. — Vous pourriez vous adresser aux maisons suivantes qui fabriquent des feutres et enduits calori-
- fuges de toutes sortes : Compagnie française de l’amiante du Cap, 11, rue de la Cerisaie; M. II. llamelle, 21, quai Valmy; MM. Guyenot et Lebaron, 3, rue du Printemps, à Paris. !
- M. le DT Ch. Hortolès, à Montpellier. — Nous n’avons pas encore l’adresse du représentant en France; l’information a été empruntée à un journal étranger.
- il/. D. R., à Lille. — Adressez-vous au Comptoir général de‘ photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. Leblois, à Nevers. — Nous ne pouvons nous charger de ces essais; il faut vous renseigner au Laboratoire central d’électricité de la Société internationale des électriciens, 14, rue de Staël, à Paris.
- M. D. L., à Paris. — Nous avons déjà parlé de faits analogues ; nous ne pouvons revenir sur la question.
- M. Dumont, à Moulins. — Dans vos calculs, vous confondez la puissance électrique avec l’énergie électrique consommée. La puissance électrique s’exprime en watts et est égale au produit des volts par les ampères. L’énergie électrique est égale au produit de la puissance par le temps; elle s’exprime en watts-heure.
- M. P. L., h Paris. — Le fil de la bobine doit être coupé; essayez de mesurer la résistance.
- M. Gerot, à Nancy. — Consultez le Traité des moteurs à gaz, de M. A. Witz, à la librairie Bernard, à Paris.
- M. Jean Bard, à Montluçon. — 1° Pour ce qui concerne 1» machine à charger les cartouches, décrite dans le n° 1300 dn 30 avril 1898, p. 344, il faut vous adresser à M. E. Bellan, 157, avenue de Villiers, à Paris. — 2° Nous ne pouvons vouïs donner ces renseignements ; écrivez directement à la fabrique que vous mentionnez.
- M. J. M., à Thann. — Le phénomène est simplement dû à ce que les heures notées dans les annuaires sont les heures-temps moyen correspondant à la marche du soleil moyen, qui est différente de celle du soleil vrai. Il y a avance ou retard suivant les époques, et il y a - identité de marche entre les-deux soleils deux fois par an.
- M. Collin, à Auxon. — Nous n’avons pas compris votre demande; l’adresse de M. Denayrouze est 2, rue Hippolyte-Lebas, à Paris-
- M. L. T. G., À Gueugnon. — Le mode de soudure ordinaire est encore celui qui donne les meilleurs résultats.
- M. J. B., \ T. — 1° Vous pourriez vous adresser à la brasserie Tantonville, 37, rue Albouy, à Paris. — 2° 11 existe beaucoup de journaux financiers; mais nous ne pouvons vous er» indiquer .un tel que vous le désirez.
- M. E. Bardon, à Bordeaux. — 1° Adressez-vous à la municipalité de Lille; consultez le rapport de la commission'sur la question. — 2° MM. Marmier et Abraham n’ont rien publié de-plus que ce que nous avons dit. — 3° Renseignez-vous auprès de M. Otto, 101, boulevard Murat, à Paris.
- H. L. Serin, à Charleroi. — Le constructeur de cet appareil est MM. Chaligny et Cie, 54, rue Philippe-de-Girard, à Paris.
- M. V. Perret, à Saint-Louis. — Le phénomène que vous signalez est intéressant; mais il faudrait l’étudier complètement en refaisant toutes les expériences.
- Un lecteur, à Saint-Claude. — 1° Ce produit n’est pas encore dans le commerce. — 2° Nous pensons que vous pourriez essayer de projeter cette poudre dans l’eau en l’insufflant dans un tube ou en la laissant tomber dans un tuyau un peu élevé.
- M. F. Chalon, à Orléans. — L’appareil Le stéréo-pochette a été décrit dans le n° 1390 du 13 janvier 1900, p; 115; l’adresse du fabricant a été donnée en tète de la Boite aux lettres.
- M Ch. Olivier, à Paris. — Nous faisons les recherches nécessaires et nous vous répondrons dès que nous aurons les rensei gnements.
- M. J. P., à Paris. — Nous avons indiqué des solutions pour enlever l’encre dans les Recettes et procédés utiles, 5' série, ;» la librairie Masson et Cie ; elles sont formées d’acide oxalique et autres produits; nous insérerons votre question.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. R.,'a Pari*. Vous avez omis de nous indiquer la puissance de l’appareil. — M. Leroy, à Nantes. Il faut consulter une agence de brevets; nous ne pouvons traiter ces questions. — M. L. V., à Brest. Vous trouverez dans le commerce plusieurs modèles courants. — M. L. M., à Paris; M. Piron, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie. — H. Poi-part, à Nice. Cette recette est donnée dans le même petit livre
- Ïue ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — U. de Paris, » yon. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Bans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’eSt répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- L'HIVER AUX CHAMPS. — Dessins et texte inédits de A. Rompa.
- 1. Première neige. La féerie d’un réveil blanc après des journées sombres. Tout est blanc, le ciel s’est dégagé, le soleil paraît et illumine au loin, champs, collines et villages : la nature, comme une marquise, est poudrée à frimas. — 2. Tenue d’hiver pour affronter les marches sur le sol gele, Iç petit froid sec et terrifiant des belles journées. •— 3. Sur la mare gelée. Pendant toute la durée de la classe on y a pensé, et sitôt dehors, en avant les glissades, les chutes et les bousculades ! — 4. Tenue d’hiver des écoliers. Tous les nez rouges et les joues aussi. 3. Soirées d hiver. C est A* temps des longues veillées autour de la grande cheminée, le temps des vieilles histoires terrifiantes que les grand’mères se transmettent à travers es âges. — 6. Le bonhomme de neige. Des vocations "pour la sculpture se révèlent soudain. Tout le monde s’y met, des œuvres dart naissent, bombardera ensuite à coups de boules de neige. — 7. Le chemin de l’église le dimanche. La neige tient, et pendant des semaines covrmTa la campagne. Des fermes les plus éloignées, on arrive sous les capes et les houppelandes, par les chemins et les sentiers étincelants, à
- baies givrées, jusqu’au vieux clocher au chapeau blanc. .nogilih e.l
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- ! RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- ! Poiiï reproduire les vieilles lilhographies. — Le moyen, t intéressant comme résultat, qui permet de transporter sur jperre ôu sur zinc le calque instantané d’une lithographie dont
- < n veut tirer de nouvelles épreuves, est fourni par la publi-tation Neueste Erfindungen und' Erfalirungen. On commence par préparer un bain fait de 5 à 5 parties d’acide aulfuriquc (suivant l’âge de la lithographie, l’épaisseur du papier), de 2 à 5 parties d’alcool et de 100 parties d’eau, dans lequel on immerge l’épreuve durant 5 à 15 minutes; après tela on la pose, la face en bas, sur une plaque de verre ou
- < ’ébonite, en y laissant tomber doucement un filet d’eau pendant un certain temps. On la retire alors, et on l’étend entre (eux feuilles de papier buvard, pour la sécher du mieux possible. Quand elle est cependant encore légèrement humide, on l’étend à nouveau, mais cette fois le dessin en haut, sur une plaque de verre: on en aplanit bien la surface et, au
- moyen d’une éponge très douce, on la recouvre d'une coàchje ; d’une solution très fluide de gomme. Dès lors la lithographie est à même de prendre l’encre d’imprimeur ou de lithographe, ! diluée avec de l’essence de térébenthine, tout comme cela se fait pour un tirage de lithographie. On étend, sur la litho-j graphie encrée, une feuille de papier convenable, on passe un rouleau sec par-dessus le tout, et l’on obtient bel et bien une épreuve renversée qu’on pourra reporter ensuite sur une plaque de zinc ou une pierre lithographique pour en obtenir des tirages multiples.
- Composition nouvelle pour pavage. — Cette matière nou-' velle, que signale l’excellent Bulletin de la Société des Ingénieurs civils, est connue sous le nom de « pavimentum: Browne ». Elle s’obtient soit en mélangeant 3 kilogrammes de poudre de liège et autant de sciure de bois avec 50 ' kilogrammes de bitume, soit en employant 20 kilogrammes de cette dernière substance avec 4 de sciure de bois et 8 de liège granulé.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49-,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 janvier.. . O’.o N. 5. Couvert.. 0,6 Couvert; petite neige de 5 à 18 h.
- Mardi 30 1%4 N. N. W. 4. Couvert. 1,1 Couvert; quelques averses mêlées de grésil et de neige.
- Mercredi 51. ... 1%0 N. N. W. 2. Couvert. 0,6 Couvert; gouttes fines à 9 h.
- Jeudi 1" février . . 0*,5 N. E. 2. Couvert. 0,0 Couv.; gelée blanche ; un peu de neige et des gouttes.
- Vendredi 2 5*,2 E. N. E. 2. Couvert. 4,4 Couvert; pluie de 2 à 22 h.
- Samedi 5 ..... . 4°,1 S. S. W. 2. Couvert. 9,8 Couv. jusqu’à 22 h. ; beau ensuite.
- Dimanche 4 0’,3 N. E. 2. Couvert. 0,0 Très nuageux.
- JANVIER-FÉVRIER 1900. -- SEMAINE DU LU ADI 29 JANVIER AU DIMANCHE 4 FÉVRIER.
- La courbe supérieur,e indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené,à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- l^a neige. — La neige est tombée eu assez grande abondance sur Grenoble et la région dans la journée du 51 janvier. La température est restée Lasse et la neige pour la première fois de l'année a tenu dans les rues, où elle a formé une couche épaisse. .
- Des flocons de petite neigé sont tombés également à Paris le 1”' février: mais ils fondaient en tombant.
- Ou a également signalé de la neige à Lyon et dans les régions du nord de -la r rance.
- La neige est tombée le 2 février sur les cantons de Mont-Louis et de Sail- i lagouse, arrondissement, de Pgades. Les communications,ont été interrompues. Plusieurs voyageurs ont été bloqués par les neiges. 1
- La diligence portant le courrier de Bourg-Madame à Mont-Louis a dû être abandonnée dans les neiges près du col de la Perche. Les voyageurs ont regagné péniblement Muntlouis enfonçant dans la neige jusqu'à la cein-
- ture. Le courrier de Bourg-Madame, à Ax-les-Thermes (Ariège),’ n'a pu franchir, pendant cinq jours, le col de Puy-Morens.
- La neige s’est abattue également en abondance en Espagne. A Panipelune, elle a atteint 1 mètre de hauteur dans les rues. A Bilbao, le grêle est tombée avec une extrême violence, couvrant les rues de 2 centimètres ,d épaisseur. ,
- Wempêtes — Une violente tempête a sévi le 2 février sur les côtes de laiMéditerrauée près de.Perpignau. Plusieurs vapeurs se rendant à Cette et à Marseille ont été obligés de relâcher à Port-Vendres. Le garde-pêche le Passe-Partout, monté par sept hommes, surpris par la tempête, a été jeté à là cote sur la plage de Saint-Cyprien, près de Perpignan.
- A là mèihe date, une tenipête a forcé de relâchera Bizerte le" vapeur Kii'èti,de l’a1 Compagnie de navigation dano-russe, parti d’Anvers à destina-rtitm de?la Chine, avec un chargement de 1600 tonnes de rails et de matériel de chemin de fep, destiné, au Transsibérien,
- PHASES DE LA LUNE; N. L. le 51, à 1 h. 32 m. du matin.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Nous avons le regret d’annoncer la mort de M. Emile Blanchard, doyen de la section d’anatomie et zoologie de l’Académie des sciences. Nous reviendrons sur l’Æuvre de l’éminent professeur du Muséum.
- —§)— La Société royale astronomique de Londres a décerné cette année une médaille d’or à M. Henri Poincaré de l’Institut pour ses Beaux travaux de mécanique céleste.
- —8>— MM. Darboux et Moissan ont été désignés par l’Académie des sciences pour représenter cette Académie à la prochaine célébration du second Centenaire de l’Académie des sciences de Berlin.
- —®— Le médaillon de bronze représentant l’effigie de Pasteur vient d’être posé à Strasbourg, sur la façade de la maison de la rue des Veaux, qu’habitait, en 1852, l’illustre savant français. Ce médaillon est l’œuvre du graveur parisien Patey.
- —%— Après le succès obtenu par son pont transbordeur de Itouen, M. Arnodin va en construire un sur la Basse-Seine, à Tan-carville. «La hauteur de l’ouvrage sur la Seine sera supérieure de t> mètres à celle du pont projeté sur la Manche, de 18m,80 à celle du pont de Brooklyn à New-York, de 14 mètres à celle du pont du Forth en Ecosse, de 15m,40 à celle de Town-Bridge à Londres, de 10 mètres à celle du transbordeur de Martrou qui commande l’arsenal de Rochefort, etc., etc. En un mot, le transbordeur de Tancarville, par sa situation et par l’ampleur de ses proportions, détiendra le record de la hauteur sur les passes maritimes.
- —®— Le premier distributeur automatique de timbres-poste èst récemment sorti des ateliers du boulevard Brune. Cette petite machine est montée sur une élégante colonne cannelée en fonte émaillée et nickelée. On dépose dans une ouverture une pièce de 10 centimes et une de 5, et aussitôt elle sert avec un cliquetis un timbre de 15 centimes. Elle ne reçoit ni les pièces usées, ni les pièces démonétisées.
- —®— De nouvelles secousses de tremblement de terre ont eu lieu, le 4 février dans la soirée, dans trois villages du district d'Aehalkalak, dans la province de Tiflis. Ces secousses étaient accompagnées de grondements souterrains. Plusieurs maisons ont été détruites.
- —Dans la journée du 8 février la température à Londres est descendue à plus de 14° centigrades au-dessous de zéro.
- A Paris, on a noté, le 9, pendant la petite période de froid du 1 au 11, la température minimum de —8°. A Bruxelles —11° et — 26° à Carlstadt. La neige est venue à Paris assez abondamment pour la première fois de l’hiver dans la nuit du 10 au 11 ; jusque-là, «lie n’était tombée qu’en flocons qui fondaient aussitôt.
- —®— Un curieux phénomène s’est présenté à Londres le 4 février. Un soleil assez pâle brillait, lorsque brusquement, vers 10 heures du matin, on aperçut à l’horizon une sorte de nuage sombre qui rasait la terre et accourait rapidement. Dans l’espace de quelques minutes, l’atmosphère passa par toutes les couleurs, puis ce fut ia nuit noire. Tout le monde fut pris au dépourvu. On dut allumer becs et lanternes à gaz et appareils électriques. Enfin, après une heure de désarroi général, le jour revint, et le soleil .apparut de nouveau.
- —#— Le grand duc Léopold Ferdinand vient de rendre compte, -dans la publication Meteorologische Zeitschrift, de l’observation qu’il a pu faire d’un arc-en-ciel pourpre près de Przemysl, localité .gut se trouve à une altitude de 270 mètres.-Après une abondante
- rosée durant la nuit, la température était de 12° C. vers le matin, et, au nord-est, apparurent de sombres nimbus, quand, à 3ll45, le zénith prit une teinte rougeâtre, cette coloration augmentant vers le nord-est, et, à 4 heures, se montra un arc-en-ciel d’une largeur exceptionnelle, d’un pourpre sombre absolument pur : son sommet était à 35° au-dessus de l’horizon. Au bout de 4 minutes, en apparut un second d’une même largeur, mais à 10° du premier, et ce dernier était rose pâle. Notons du reste que, dans le premier, le bord extérieur était teinté de violet : peu à peu une nuance orange l’envahit et c’est ainsi qu’il disparut.
- —Une maison de Dresde viènt d’imaginer et de réaliser un nouveau dispositif pour arrêter la neige le long des voies ferrées, et l’empêcher de s’accumuler sur les rails, et notamment dans les tranchées. Ce sont des matelas ou plus exactement des filets à mailles de 3 centimètres environ, et qui ont une longueur de 4 mètres sur lm,50 de haut : ils se fixent à des poteaux verticaux comme des filets de pêche, et sur cordes qui les soutiennent en haut et en bas; les poteaux peuvent du reste être faits avec de vieilles traverses de chemins de fer. La matière qui sert à les fabriquer est la fibre de noix de coco, qui résiste aussi bien à l’humidité qu’à la sécheresse : ce filet bizarre n’oppose pour ainsi dire aucun obstacle au vent, ce qui ne l’empêche pourtant point d’arrêter parfaitement la neige, du moins à ce qu’affirme un journal spécial, le Railway Gazette.
- —®— Nous avons récemment parlé de la rapidité remarquable du steamer transatlantique allemand Kaiser Wilhelm der Grosse : or, il vient d’accomplir un haut fait encore plus extraordinaire que tous ses précédents. Il est, en effet, arrivé à Cherbourg, après un passage qui n’avait demandé que 5 jours et 16 heures, pour un parcours total de 3077 nœuds; ce qui correspond à une allure effective de 22,63 nœuds!
- —(g)— On vient de mettre la dernière'main et de faire effectuer ses essais à la Viper, un torpilleur anglais qui n’est qu’une reproduction sur une plus grande échelle de la fameuse Turbinia : c’est donc dire qu’il est mû par un turbo-moteur du système imaginé par MM. Parsons. Dans un essai préliminaire, il avait donné une allure de 32 nœuds avec une puissance indiquée de 7500 chevaux. Cette lois son allure a pu atteindre le chiffre considérable de 35,5 nœuds, pour une puissance de 10000 à 11 000 chevaux.
- —(g)— Le service des eaux de la ville de New-York semble se fier complètement aux appareils de filtrage : en effet, au commencement de l’été dernier, on avait coupé la communication des conduites de Brooklyn avec un étang dit de Springlield, et dont on avait constaté que les eaux étaient polluées par le voisinage d’un certain nombre de petites villes. Or, voilà qu’on annonce maintenant que l’on va recommencer à faire des emprunts à ce même étang, en installant des dispositifs de filtrage.
- —®— Le Dr Campbell White étudie l’action de l’air liquide sur les tissus : les résultats déjà obtenus l’encouragent à penser que ce liquide si bizarre pourra être employé comme anesthésique local, et qu’il pourra peut-être aussi trouver d’autres usages au point de vue médical ou chirurgical. La différence de température entre l’air liquide et le corps humain est telle qu’il fournit un moyen unique de produire une réaction soudaine et d’une extrême violence Sur une partie localisée du corps, sans entraîner pourtant de destruction des tissus, ni affecter le système général.
- —®— La revue anglaise, University Correspondent, donne un mot d’élève amusant : « Le soleil ne se couche jamais sur les possessions britanniques parce que le soleil se couche à T ouest, tandis que nos possessions sont situées au nord, à l’est et au sud. a
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- 40 NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Erratnm. — Dans notre article sur les Omnibus automobiles (n° 1392, du 27 janvier 1900, p. 140), 2e colonne, ligne 14, il est dit que les accumulateurs sont des éléments Pollak. Ce sont des accumulateurs Tudor qu’il faut lire; ils sont au nombre de 204.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le méla-nochromoscope se trouve chez Mil. Lesueur et Ducos du Ilauron, 22, rue Rambuteau à Paris. — L’allumeur-pôle se trouve, 6 bis, rue de Châteaudun, à Paris.
- Communications. — M. J. Brunei, à Toulouse, nous fait connaître quelques résultats d’expériences intéressantes et relatives à l’acétylène : « A la suite de quelques expériences sur l’acétylène j’ai constaté les faits suivants : 1° l’acide acétique régularise parfaitement le dégagement du gaz, en augmentant ou,en diminuant l’action de l’eau sur le carbure; l’eau perd son pouvoir proportionnellement au degré d’acidité qu’on lui donne au moyen de l’acide acétique : de l’acide acétique pur qui n’attaque pas le carbure d’une manière appréciable, jusqu’à l’eau pure qui l’attaque avec la vivacité que l’on sait, il est possible,* et très simplement, de régler la dissolution d’acide acétique, de telle sorte que la pression d’échappement soit atteinte. Cette intervention de l’acide acétique a non seulement l’avantage dé régler l’attaque de l’eau, mais aussi de baisser la température de réaction, et d’éviter le dégagement de chaleur, quelle que soit la quantité de carbure mise en présence de la dissolution. Il y a en outre formation d'un acétate de chaux soluble qui diminue d’autant le résidu provenant de la réaction ; 2° le charbon de bois granulé ou le noir animal, imbibés d’acétone, sont des absorbants de l’acétylène et leur absorption est augmentée par l’accroissement de pression et diminuée par la diminution de cette pression. D’un autre côté la fluidité de l’acétone fait que ce corps se répartit avec très peu d’uniformité dans la masse du charbon ; la pesanteur fait que le charbon est plus que saturé, qu’il y a excès d’acétone dans la partie inférieure du récipient qui les contient tandis qu’à la partie supérieure le charbon est presque à sec: ce dernier devient par suite un intermédiaire entre l’acétone, véritable accumulateur, et la flamme du bec, de sorte que l’abaissement de la pression ne semble pas être suivi des dangers qui seraient à craindre si l’on se servait seulement d’acétone liquide. 3° La gélatine trempée dans le bichromate de potasse étant complètement insoluble, elle est un excellent isolant et peut permettre de régulariser l’attaque du carbure, en limitant la surface d’attaque, soit en enrobant des capsules de carbure, des morceaux entiers et en pratiquant des trous sur toute la surface plus ou moins nombreux, etc. 4° Ne pourrait-on pas utiliser l’action de l’acide acétique dilué sur le carbure pour transformer la réaction chimique en agent électrique? Il y a, en effet, tous les éléments de la pile : deux réactions chimiques, donnant l’une un acétate de chaux, l’autre de la chaux. Si la possibilité d’établir un courant existe, on peut interrompre le circuit à l’extrémité du bec à acétylène de manière qail y ait étincelle au moment de l’ouverture du bec de gaz et inflammation. Ce côté du problème me semble intéressant, il supprime un argument contre l’acétylène : la nécessité de l’allumage. »
- M. A. Le Roy, à Rouen, au sujet de notre récent article sur « La poudre magnésique sans fumée et la lampe-éclair », paru dans le n° 139o, du 3 février 1900, p. 168, nous adresse la lettre suivante : « A propos de la poudre magnésique sans fumée, poudre dont la composition chimique n’est pas explicitement reproduite dans votre article, mais que j’ai tout lieu de croire préparée avec du bioxyde de baryum et du magnésium, comme agents fondamentaux, si je m’en réfère au Rrevet français de l’inventeur, l’honorable M. Ch. Henry (n° 273933, janvier 1898), voudriez-vous me permettre de
- formuler une revendication de priorité scientifique. Cette revendication de priorité est la suivante : en novembre 1893r c’est-à-dire cinq ans avant le brevet en question, j’ai présenté à la Société française de photographie une Note, où j’ai indiqué l’emploi du bioxyde de baryum (ou des peroxydes alcalins et alcahno-terreux) pour être associé au magnésium, dans le but d’obtenir une photopoudre stable aux chocs, très rapide, à rendement orthochromatique, et donnant peu de fumee comparativement aux autres préparations connues. La formule de ma photopoudre, à base ae bioxyde de baryum, a été depuis 1893 reproduite par nombre de périodiques, ou dans les traités photographiques les plus estimés. J’ai tout lieu de croire que 1» priorité, en 1893, m’appartient bien effectivement à l’exclusion de tout inventeur français ou étranger. Je m’étonne, en conséquence, ayant déjà réclamé publiquement, que l’on qualifie cette poudre magnésique de nouvelle en taisant mon travail très antérieur. La lampe-éclair peut constituer une nouveauté photographique, mais, quant à l’emploi du bioxyde de baryum associé au magnésium, je le conteste absolument. »
- Renseignements. — M. Ch. Olivier, à Paris. — Les dimensions exactes du nouveau vapeur Le Nord, affecté au-service postal entre Calais et Douvres, sont les suivantes : lon-ueur entre perpendiculaires 103 mètres, largeur au maître-ban 0m,60, largeur hors tambours 20ra,80, profondeur de coque 4m,95. Tirant d’eau normal 2m,75, tonnage 1700 tonneaux.
- M. L. S., à Nancy. — Il existe dans le commerce des dorures liquides qui pourraient vous donner satisfaction ; vous en trouverez chez M. Rolloré-Soehnée, 19, rue des Filles-du-Calvaire; M. d’Hu, 57, boulevard de Strasbourg; M. F. Thivolle, 18 bis, rue de Rellefond, à Paris. Vous pourriez aussi consulter l’ouvrage Dorure, argenture, etc., sur métaux, au trempé, à la feuille, au pinceau, à la librairie L. Mulo, 12, rue Haute-feuille, à Paris.
- M. C. L., à Pons. — En général, afin de prolonger, autant que possible, la durée des filets et les empêcher de pourrir, on se contente de faire bouillir le filet pendant une ou deux heures dans une chaudière remplie d’eau dans laquelle on a jeté quelques poignées de tan.
- M. J. Coutard, à Paris. — Nous avons soumis l’échantillon que vous nous avez adressé à un spécialiste. Cet insecte est le scorpion des livres (chelifer cancroides). Il vit communément dans tous les endroits poussiéreux et se nourrit d’acariens et de très petits insectes. On l’a déjà trouvé exceptionnellement dans certains vins de liqueur : malaga, madère, etc.
- M. R. CastelloUj à Paris. —Le méridien qui commence le jour est le méridien où les marins changent leur date dans leurs voyages autour du monde. Ce méridien a été choisi exprès en pleine mer; c’est une ligne un peu ondulée qui passe à droite de l’Australie.
- M. E. Marquette, à Voiran.— 1° Il faut préparer soi-méme la composition que nous avons indiquée ; le produit n’est pas encore dans le commerce. — 2° Nous avons transmis votre demande à M. H. Coupin.
- M. J. Bourgnier, à Saint-Martin-en-Bresse. — 1° Nous ne pouvons vous affirmer le fait; il faut vous adresser à la Préfecture de police, à Paris. — 2° Cette expérience est difficile.
- — 3° On ne connaît pas ces gaz. — 4° Nous ne pouvons accepter cette description.
- M. Ch. Leroy, à Douvres. — 1° On a poussé le calcul jusqu’aux dernières décimales dans le second cas; ce que l’on n’avait pas fait précédemment. En pratique cette différence n’a aucune signification. — 2° 11 suffit de prendre de la houille de bonne qualité.
- M. B. Smith, à Colombes. — M. Villon est décédé depuis plusieurs années.
- M. L. F., à Pontorson. — Il faut vous adresser directement à l’auteur, 14, rue Duphot, à Paris.
- M. H. Dulieux, à Lille. — Votre lettre a été envoyée à M. Solignac, 67, rue de la Victoire, à Paris.
- Questions — n° 1246. — M. I. P., à Paris, demande la formule pour faire soi-même un bon encrivore destiné à faire disparaître l’encre sur le papier sans avoir recours au grattoir.
- Accusés de réception. — Avis divers — M. Dumont, à Paris. Cet appareil n’a pas encore été construit. — M. Bureau, à Brest. Nous publierons prochainement un article à ce sujet. —-M. Dubois, à Lyon; M. B. J., à Nice. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 3e et 5e séries, à la librairie Masson et Cie.
- — M. G. P., à Paris; M. D. R., à Paris. Remerciements pour vos communications.
- J)ans la « Boite aux lettres » la Uédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
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- PETITES MENTIONS1
- Nouveau réchaud. — Dans les ménages aussi bien qu’en voyage on a fréquemment besoin d’un réchaud pour faire bouillir rapidement de l’eau, du lait, du café, etc. — Le nouveau réchaud que nous présentons aujourd’hui à nos lecteurs sera donc le bienvenu, car tout en étant d’un prix exces-
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- Nouveau réchaud à alcool.
- sivement bon marché, il réunit toutes les qualités de solidité, de bon fonctionnement, d’aspect. L’inventeur a réussi à supprimer totalement la mèche et, par un dispositif très ingénieux, la flamme chauffe le réservoir au point voulu. Lorsqu’elle est consumée, l’alcool à brûler se volatilise, de sorte que le gaz ainsi produit, sort par une série de trous circulaires. Aussitôt que la flamme de l’intérieur a chauffé suffisamment l’appareil, elle se communique au jet de gaz qui sort par les trous et les allume. On obtient ainsi une flammé circulaire de 6 centimètres de diamètre, qui produit un calorique considérable et porte à ébullition un litre d’eau en quelques minutes. La manière de s’en servir est extrêmement simple; il suffît de remplir le récipient à moitié d’alcool à brûler ordinaire et de l’allumer. En tournant la vis de réglage, on obtient la chaleur désirée. Le couvercle sert d’éteignoir. — Le concessionnaire est M. Kratz-Boussac, 3, rue St-Laurent, à Paris.
- Appareil inhalateur. — Tout le monde a été frappé de la fréquence des accidents d’asphyxie qui se produisent
- Appareil inhalateur.
- du marc de raisin. Des faits analogues se produisent fréquemment dans le curage des puits, dans la vidange des fosses, partout enfin où dans un espace profond et restreint peuvent, par une cause quelconque, se localiser ou se dégager des gaz irrespirables. De nombreux appareils ont déjà été essayés pour remédier à ces défauts. L’appareil de M. Vuaillet se distingue des précédents par sa grande simplicité.
- Il se compose, ainsi que le montre le dessin ci-joint, d’une embouchure à deux tubulures. L’une sert à l’exhalation, l’autre, prolongée par un tuyau souple d’une longueur suffisante pour avoir son embouchure toujours dans l’air pur, sert à l’inhalation. Un jeu de soupape assure le fonctionnement de l’appareil. Un sifflet est adjoint à la tubulure d’exhalation afin de permettre un appel, mais cet organe n’est qu’accessoire.
- Un pince-nez énergique comprime la narine et de ce fait supprime la respiration nasale. Dans le but d’éviter une surcharge à la bouche, une bretelle supporte le tube souple. D’ailleurs le poids de l’appareil ne dépasse pas 40 grammes. La figure représente le sauveteur tenant une corde à la main, prêt à descendre dans le puits, la fosse ou la cuve où il va porter secours. L’appareil a été essayé avec une longueur de tuyau de 30 mètres et a donné de bons résultats. — S’adresser pour cet appareil à M. Vuaillet, à Saint-Maurice (Seine).
- HYGIENE ET SANTE
- Traitement de l'urticaire par l'usage interne de phosphate de soude.
- M. Wolff donne le phosphate de soude à l’intérieur toutes les 5 heures, à dose de 4 à 5 grammes et moins chez les enfants, pour guérir l’urticaire en l’espace de 24 heures. . . . ,
- Localement, il prescrit en même temps des lotions avec un mélange souvent emplové en Amérique contre l’eczéma :
- Calamine préparée:............t ââ 6 grammes.
- Oxyde de zinc............... . . j ®
- Acide phénique ...... 2 —
- Eau de chaux.................. 60 —
- Eau distillée de rose......... 130 —
- Mêlez. — Usage externe.
- Chez les enfants, les doses d’acide phénique doivent être réduites suivant l’âge.
- Dans l’urticaire chronique, le phosphate de soude pris après chaque repas à la dose susmentionnée procure également un soulagement rapide, mais il se produit souvent des rechutes; aussi les patients doivent-ils continuer l’usage du médicament. jusqu’à ce que la tendance aux récidives ait complètement disparu.
- Le phosphate de soude se montre particulièrement efficace lorsque l’urticaire est d’origine gastro-intestinale, ce qui est souvent le cas. (Clinique de méd. de Bruxelles.)
- L'hygiène des ongles.— Pour faire repousser les ongles qûi ont été cassés par accident ou rognés avec les dents, et pour donner de la fermeté aux ongles trop flexibles, employer une mixture composée de : un jaune d’œuf dur, 2 grammes de cire vierge fondue au bain-marie ; mélanger avec de l’huile d’amandes douces. On enduit les ongles chaque soir avec celte pommade, puis on les essuie et on revêt des gants. Ce traitement continué pendant un mois fait croître les ongles, leur donne de la douceur et du brillant. La vaseline, employée de même, adoucit les ongles et les préserve des cassures.
- Topique calmant•
- Faire une onction sur la partie douloureuse avec :
- Sulfate d’atropine.............. 0gr,15
- Chlorhydrate de morphine. . . 0gr,75
- Acide oléique.pur ..............40 grammes.
- Puis envelopper avec ouate et recouvrir de taffetas gommé.
- » - • (Form. Mens.)
- Traitement des diarrhées infantiles infectieuses.
- Eau sucrée..........................20 grammes.
- Laudanum Sydenham..................1/2 goutte.
- Acide chlorhydrique dilué. ... 2 —
- A donner en une seule fois. Répéter cette dose plusieurs fois par jour selon les indications.
- chaque année au temps des vendanges, lorsque, la fermentation en cuve terminée, les ouvriers viennent enlever le chapeau
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Emploi de la solution alcoolique de savon
- pour l'asepsie chirurgicale. >
- L’expérience clinique, contrôlée par l’examen baçtériolor gique, a montré à M. le Dr J. Mikulicz, professeur dô clinique
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- •NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- chirurgicale à la Faculté de médecine de Breslau, que les lavages et les brossages à la solution alcoolique de savon mou de potasse, sans emploi d’eau ni pendant ni après cette toilette, constituent un excellent moyen pour aseptiser le champ opératoire et les mains du chirurgien.
- Si les téguments à désinfecter présentent des souillures visibles, on commence par les frotter avec une petite compresse de tarlatane imbibée de teinture de savon jusqu’à ce qu’ils prennent un aspect tout à fait propre, puis on les lave pendant cinq minutes au moyen du même liquide en se servant pour cela d’une brosse stérilisée. Pour ce qui est, en particulier, des mains du chirurgien, on les nettoie d’abord avec de la gaze chargée de solution savonneuse, puis après avoir curé les espaces sous-unguéaux, on brosse les mains durant 5 minutes dans de la teinture de savon.
- Les mains ainsi aseptisées restent stériles même après les opérations chirurgicales de longue durée, ce qui tient à la pénétration du savon dans lès profondeurs de la couche épidermique.
- Ce procédé est d’une exécution rapide et facile, il n’irrite pas la peau et, à l'encontre des méthodes de désinfection néces1-sitant l’emploi de l’eau, il permet de ne pas dévêtir complet &-ment le malade. On évite de la sorte une des causes du refroidissement qui joue un rôle incontestable dans la production de certaines pneumonies consécutives à la laparotomie.
- Le seul inconvénient, d’ailleurs négligeable, du procédé, c’est de rendre les mains glissantes au contact de l’eau et des humeurs de l’organisme, en raison de l’imbibition de l’épiderme par le savon. (Sem. méd.)
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES 00 MATIN THERMOMETRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 février. . . 3%4 N. E. 2. Couvert. 0,4 Couvert ; pluie à diverses reprises ; halo.
- Mardi 6 4-,7 N. E. 2. Couvert. 0,5 Couvert ; pluie ou neige la moitié du temps.
- Mercredi 7 -1%9 N. 4. Nuageux. 2,7 Couvert jusqu’à 4 h., puis peu nuageux ; beau après 9 h.
- Jeudi 8 -4*,1 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 16 h.; peu nuageux ensuite; halo.
- Vendredi 9 -3V2 N. E. 3. Nuageux. 0,0 Peu nuageux jusqu’à 17 h.; beau ensuite ; halo.
- Samedi 10 — 6%9 N. 1. Beau. 0,0 Beau ou peu nuageux jusqu’à 15 h., puis nuageux ; cou- : vert après 20 h.; halo ; petit brouillard. t
- Dimanche 11 1*,9 S. S. W. 5. Nuageux. 2,5 Couvert jusqu’à 6 h., nuageux ensuite ; neige de 1 h. 30 à 5 h. 30 : trente-cinq millim. sur la terre.
- FEVRIER 1900. -- SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE 11 FEVRIER.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 a 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre-ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en janvier 1900
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi 757“”,83. Minimum 739““,08 le 28 à 3 heures du soir. Maximum 770““,55 le 25 à minuit et le 26 à 1 heure du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 2",87 ; des maxima 7°,37; du mois 5°,12 ; vraie des 24 heures 4°,84. Minimum^ — 4°,9 les 13 et 15. Maximum 12°,6 le 17. Moyenne des minima sur le gazon —0°,31 et minimum — 7°,3 le 13. Il y a eu 8 jours de gelée dont 1 sans dégel le 14, et 5 jours de gelée blanche. Il y a eu 6 jours de neige insignifiante ; le 29 seulement, elle a donné avant le joui1 une couche de quelques centimètres qui a fondu quelques heures après ; 4 jours ont donné un peu de grêle et grésil.
- Tension moyenne de la vapeur, 5",78 ; la moindre 2““,7 le 14 à 11 heures et minuit ; la plus grande 10““, 2 le 21 à 2 heures du soir.
- ' Humidité relative moyenne 87 ; la moindre 49 4e 18 à 3 heures du soir ; la plus grande 100 en 12 jours.
- Pluie 66““,2 en 96 h. 1/2 réparties en 20 jours ; aucune pluie notable ; il y a eu 5 jours où il n’est tombé que des gouttes. Il y a eu 6 jours de brouillard dont un seul notable d’une centaine de mètres, le 6 a vaut le jour.
- Nébulosité moyenne 80.
- Vents dominants de S.-S.-E. à W.
- Température moyenne de la Marne : le matin 5°,06; l’après-midi 5°,18; moyenne 5°,12. Elle a varié de 3°,03 le 16 à 7°,15 le 25. Elle a été trouble tout le mois et s’est élevée à 2",60 le 1M, à 4*,89 le 26.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de janvier 1900 présente les résultats suivants : baromètre plus bas de 2“*,82. Thermomètre plus haut de 2°,97. Tension de la- vapeur plus grande de 0““,99. Humidité relative moiudre que 1. Pluie plus forte de 32“*,7 à peu près le double de 4a îiautéùr ordinaire. Nébulosité plus grande que 9.
- Ce mois est remarquable par le manque de soleil et les coups dfe vent; le manque presque absolu de neige et par sa température moyenne élevée elle 1 est moins pourtant que celle de janvier 1899 qui a atteint 5®,95.
- PHASES DE LA LUNE; P. Q. le 6, à 4 h. 32 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —$$— Le service de statistique municipale a compté, pendant la 6a semaine, 1255 décès, chiffre qui dépasse sensiblement celui de la semaine précédente (1104) et la moyenne ordinaire des semaines («le février (1083). Cet accroissement est dû presque tout entier aux maladies de l’appareil respiratoire. La fièvre typhoïde a causé Il décès (au lieu de 4 pendant la semaine précédente, 11 pendant îa 4e semaine et 9 antérieurement). Le nombre des cas nouveaux signalés par les médecins est en augmentation sur les semaines précédentes (45.pendant la 4* semaine, 93 pendant la 5e, 123 pendant la 6e). La variole, qui n’avait causé que 4 décès pendant tout le cours de l’année 1899, en a causé 4 pendant la 6e semaine (2 pendant la 5' et 1 pendant chacune des deux semaines précédentes). -Cependant, le nombre des cas nouveaux signalés par les médecins m'augmente pas (12 pendant la 4e semaine, 15 pendant la 5e et 10 •pendant la 6e). On ne saurait trop engager les habitants de Paris à se faire revacciner, l’immunité conférée par une première vaccine -suivie de succès ne présente de sécurité relative que pour une période d’environ dix ans. C’est ce qu’un trop grand nombre de personnes ne comprennent pas. Grâce à la vaccine obligatoire et souvent renouvelée, la variole est devenue une maladie inconnue en Allemagne.
- —La Société Industrielle de Rouen, dans sa dernière Assem-Idée générale, sur la proposition de son Comité de chimie, a décidé à l'unanimité, de fêter le cinquantième anniversaire de l’entrée dans la vie scientifique de M. Auguste Houzeau. Pour donner à cette manifestation, lé caractère que comporte l’importance des travaux de M. Houzeau, la Société a fait appel à tous : savants, industriels, commerçants, agriculteurs, élèves ou admirateurs du distingué chimiste. Elle a décidé d’offrir à M. Houzeau, qui depuis cinquante ans n’a cessé de préparer à l’industrie de nombreux chimistes, a travaillé sans relâche pour l’agriculture et a attaché son nom à des découvertes de grande importance, une plaquette artistique, œuvre du sculpteur Guilloux.
- -p-TOa annoncé que le grand ballon du comte Zeppelin qui devait s’élever prochainement au-dessus du lac de Constance a été détruit en grande partie par la tempête du 7 février avec le hangar qui lui servait d’abri.
- .3-®- A la suite de la démolition d’une vieille bâtisse, au coin de la rue des Prêcheurs, à Paris, le musée Carnavalet va s’enrichir de l’arbre de Jessé, contemporain de Philippe Auguste, qui se trouvait sur cet immeuble. On sait qu’au moyen âge, les pieds-corniers étaient fréquents. Ils ornaient les coins de rues et les •carrefours. L’arbre de Jessé est l’arbre généalogique de Jésus-Christ. Du douzième au seizième siècle, il est à profusion dans la peinture et la sculpture. L’arbre est souvent compliqué. Isaïe était figuré couché à terre et endormi; de son corps sortait un tronc vigoureux; entre chaque branche on voyait un prophète tenant dans sa main •un talisman qui annonçait la venue du Christ ; il regarde le sommet de l’arbre où la Yierge montre l’enfant divin. Cet arbre sera donc un précieux morceau de sculpture, précieux par son antiquité. Mais des réparations y sont nécessaires. Les siècles en ont effacé des détails. Une fois nettoyé, l’arbre de la rue des Prêcheurs prendra sa place dans les collections historiques de la ville de Paris.
- —#— Dans sa dernière séance, le Conseil d’hvgiène de la Seine s’est occupé de la question des eaux potables dans les jardins publics. Après avoir entendu les renseignements fournis par M. Bechmann sur la nature et la qualité des eaux distribuées dans les promenades et jardins publics, le Conseil a adopté à l’unanimité le vœu suivant : Le Conseil d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine émet le vœu que l’administration alimente en eau potable, le plus tôt possible, les promenades et les jardins publics, ainsi que Les établissements de consommation qui y sont installés. 11 demande,
- en outre, d’indiquer dès maintenant, par des éeriteaux distincts, le» fontaines fournissant de l’eau potable et celles qui ne fournissent que de l’eau d’arrosage.
- —L’amiral 0’ Neil a fait dernièrement un rapport mentiomié dans l’Engineering sur les mérites comparatifs des blindages har-veyés et des plaques Krupp. Les plaques de blindage Krupp contiennent 0,75 pour 100 de plus de nickel qu’il n’y en a généralement dans les plaques harveyées et, en outre, il est ajouté 20 kilogrammes de cnrome métallique par tonne d'acier en lingot. Les lingots pèsent deux fois un quart autant que la plaque finie, et tout le chrome contenu dans la masse est perdu à la refonte. L’usage du chrome dans la fabrication de l’acier donne du reste lieu à beaucoup de difficultés, mais ces difficultés ont, paraît-il, été surmontées par la fabrique allemande. De l’avis de l’amiral O’Neil, les plaques Krupp seraient de beaucoup supérieures. Avec le procédé Harvey, il n est pas possible de pousser la surcarburation au delà de 25 à 30 millimètres de la face de la plaque, tandis que pour les plaques Krupp, cette surcarburation règne sur toute l'épaisseur. A poids égal la plaque Krupp donne une protection beaucoup plus grande que la plaque harveyée ; il est vrai que le coût en est plus élevé dans une mesure proportionnelle au supplément de résistance.
- —(g)— Mme Laugier qui vient de mourir et qui était la femme de l’illustre astronome, a légué au musée Carnavalet toute une série de brevets nommant Delambre membre des Académies d’Europe et d’Amérique, et le portefeuille où Condorcet a écrit ses dernières volontés au moment où il allait s’empoisonner dans sa prison de Bourg-la-Reine.
- —®— Mme Vogt, une Française a obtenu ces jours derniers pour sa thèse de doctorat en médecine la mention « extrêmement bien » que les membres du jury d’examen ne décernent que dans des cas très rares. M“e Yogt, née Augustine Magnier, est née à Annecy, le 27 mars 1875*
- —•g/— Le bureau météorologique de Calcutta a groupé les observations indiennes faites dans 157 stations pendant 1 éclipse totale de soleil du 28 janvier 1898. Un fait saillant ressort des observations : c’est au moment de l’obscurité l’apaisement complet du vent. En plusieurs stations l’abaissement de la température pendant la totalité a atteint près de 3° centigrades.
- —La tempête qui a eu lieu le 13 février en France et à Paris et dont nous parlons dans le corps du journal, a traversé le détroit et-, depuis le 14 février, elle s’est déchaînée avec une violence inouïe sur le sud de l’Angleterre et sur Londres. Le 15 févrieril est tombé une grande quantité de neige, de pluie et de grêle. Il faisait en même temps un froid intense dans les faubourgs et dans les environs de Londres. Le 16 février le froid a cessé ; mais un vent terrible a soufflé en rafales, balayant tout sur son passage, emportant les toitures des maisons, abattant les arbres et les réverbères et brisant les vitres. On évalue à plusieurs milliers de francs les dégâts causés par l’ouragan. Dans le nord de l’Angleterre une neige épaisse est tombée, qui a gêné considérablement les communications et parfois même a arrêté les trains. En Ecosse, un train de voyageurs s’est trouvé bloqué par les neiges et a dû s’arrêter pendant toute une nuit en pleine campagne.
- —M. C. E. Mead annonce, ce qui a bien son importance, dans la publication American naturalist, que l’on aurait observé, au Nouveau-Mexique, un coléoptère du genre « collops » se repaissant de la larve au terrible insecte qui ravage les pommes de terre dans le Colorado. Cet insecte fait une guerre si complète à l’ennemi des pommes de terre, qu’on espère .voir la récolte totalement sauvee dans le comté de San Juan, et qu’on parle déjà d’introduire le « collops d dans les autres districts de l’Etat.
- —Notre collaborateur, M. de Loverdo, vient d’être promu officier du Mérite agricole.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Erratum. — Dans le n° 1595, du 17 février 1900, p. 192, dans la légende de l’article relatif h La découverte dès sources chaudes par les serpents, il faut ajouter que le dessin a été fait d’après une photographie de M. Bernard.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le calorifère électrique, s’adresser à M. Le Roy, 51, rue Croule-barbe, à Paris. — Le télémètre de M. Aubry se trouve chez M. Clermont-Huet, 114, rue du Temple, à Paris.
- Communications. — M. J. de Rey-Pailhade, à Saint-Etienne, nous adresse une Notice qu’il vient de publier sur l'Application rationnelle du système décimal aux mesures du temps et des angles physique et mécanique. Cette Notice est extraite du Bulletin de la. Société de l’Industrie minérale.
- 1899.
- M. J. Gavet, à Nice, nous envoie un numéro du journal L'éclaireur, de Nice, contenant un article sur la grotte de la Balme d’Arène qu’il a explorée et levée au cours d’une eam-agne spéléologique dans les Alpes-Maritimes. « La Balme ’ Arène, ou mieux d’Arène (sable), dit notre correspondant, est creusée en entier dans la dolomie jurassique relevée en bancs presque verticaux et prise entre l’infra-crétacé à l’ouest et des grès sableux (à nummulites) à l’est. Bien que de proportions infimes comparées à celles des grottes du Kentucky (États-Unis), d’Adelsberg (Autriche), de Saint-Marcel-d’Ardèche (France), etc., elle n’en constitue pas moins la plus grande excavation des environs 'immédiats de Nice ; son parcours total donne 125 mètres; c’est peu, mais sur une quarantaine de grottes explorées par nous Tan dernier dans l’arrondissement, elle est la seule ayant plus de 100 mètres. Il serait téméraire d’affirmer que la formation de la Balme d’Arène est due à un grand courant d’eau ; au début cet agent a pu exister, très faible, se déversant de l’extérieur par un aven qui, dans ce cas, serait simplement bouché. C’est peu probable cependant, car à la surface on ne trouve pas de trace de ravinements. La dolomie jurassique offrant peu de résistance à l’action des eaux, celles-ci ont très bien pu forer la grotte par simple infiltration. Les tremblements de terre ont singulièrement contribué à son agrandissement : témoin les éboulis qui ne proviennent pas du décollement des strates. Les concrétions calcaires : stalagmites, stalactites, etc., objets de la curiosité des touristes, ont disparu en partie à la suite du vandalisme incessant des rocailleurs. Il nous revient même que la cascade de Gairaut doit à cette balme sa plus belle parure. Seules quelques grosses colonnes, grâce à leur dimension, ont échappé à la rapine, de même que l’enduit stalagmitique tapissant les parties profondes.
- M. A. Praud, à Mortagne, à propos du renseignement que nous avons donné sur le sifflement des becs Auer dans les « Informations » du n° 1392, du 27 janvier 1900, nous écrit : « Je me sers d’une lampe à pétrole à bec Auer installée par la maison Auer. Quoique très content de cet éclairage (très délicat et dont il faut s’occuper soi-même), j’ai eu entre autres surprises celle d’avoir fréquemment un véritable harmonica chimique donnant un son très bas mais d’une forte intensité. Des jours elle ne chante pas et d’autres fois, après avoir chanté une demi-heure, tout d’un coup le bruit cesse. Je dois cependant ajouter que depuis l’adoption du bec Kron le fait semble se produire un peu moins souvent. »
- A/. José Barcala Millàn, à Trubia (Espagne), à propos de notre article sur L'heure en Europe (n° 1394 du 10 février
- 1900, p. 170) nous écrit que « l’neure légale en Espagne est l’heure du méridien de Greenwich ». Cette nouvelle a tout lieu de nous étonner et nous craignons que l’auteur ne fasse quelque confusion; au Bureau des Longitudes, à l’Académie des sciences, il n’a été fait aucune notification d’un changement d’heure légale en Espagne.
- M. E. Ducretet, constructeur d’appareils de précision, 5 Paris, vient de nous envoyer la 3e Partie. Electricité. 1900 de son nouveau catalogue, dans lequel nous avons trouvé un grand nombre d’appareils, machines électriques, appareils pour effets mécaniques, piles électriques, instruments de mesures»,, résistances électriques, commutateurs, appareils magnétiques,.
- 3areils d’induction, bobines d’induction, transformateurs-ustriels, machines magnéto et dynamos à courants alternatifs et à courants triphasés, etc. Nous avons remarqué, en particulier, le chapitre se rapportant aux oscillations électriques^ aux expériences de Lodge, Hertz, Branly et à la télégraphie sans fil. Un chapitre spécial est consacré avx courants de haute fréquence et de haute tension ainsi qu’aux appareils Thomson, Tesla, d’Arsonval. Nous trouvons également divers appareil^ concernant les rayons X du professeur Rœntgen et des télej-phones haut parleur. . :
- Renseignements. — M. Vermorel, à Villefranche. — Vous trouverez des renseignements sur la question des tores dans l’article que nous avons publié sur les aimants et tourbillons, à la suite des expériences de M. Weyher dans le n° 1357, du 27 mai 1899, p. 407. La description d’autres essais de-M. Weyher a été donnée également dans le n° 717, du 26 février 1887, p. 195.
- M. A. Dumorand, à Giens. — Nous n’avons pas retrouvé l’article que vous mentionnez. Tous nos regrets.
- M. Tannuffel, à Bruxelles. — Nous n’avons pas décrit ces appareils.
- M. A. Arcimis, à Madrid. — Il faudrait consulter un chimiste-teinturier.
- M. Stério D. Fauffas, à Samanoud (Egypte). — Les moteurs Diesel à combustion intérieure sont construits par la Compagnie française des moteurs à gaz, 155, rue Croix-Nivert, à Paris.
- M. A. J. Delforge, à Bruxelles. — 1° Nous avons reçu la description de votre cadran et de votre interrupteur; ce dernier présenterait plusieurs inconvénients pour les, contacts au mercure. — 2° Remerciements.
- M. P. G., à Nancy. — Les idées que vous nous soumettez sont intéressantes; mais il ne suffit pas d’émettre des idées, il faut les réaliser, et c’est là souvent la question la plus difficile.
- M. Z., à Lyon; M. Rhingrave, à Bourg. — Votre observation est exacte : le point critique de l’acide carbonique est bien -j- 32°. Mais on a observé des pressions de 82,17 -et 100,47 atmosphères à des températures de 4- 35° et + 45^ dans des bouteilles remplies aux trois quarts d’acide carbonique liquide à -U 15°. C’est ce fait que nous avons voulu mentionner.
- M. G. S., à Abbeville. — Veuillez vous adresser à la librairie Berger-Levrault, 5, rue des Beaux-Arts, à Paris.
- M. A. B., à Lacapelle Marival (Lot). — Vous trouverez des ouvrages de ce genre à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M'le T., à Nancy. — Avant de peindre sur étoffes, on les trempe généralement dans une solution étendue de silicate de potasse.
- M. E. G. de Angulo, à Madrid. — 1° Nous avons fait connaître la composition de l’encre des machines à écrire dans les Recettes et procédés utiles, du n° 1387, du 23 décembre 1899. — 2° II n’est pas possible d’enlever aux lampes électriques, la couleur noire qu’elles prennent après quelque temps de service. Cette couleur est formée par le dépôt de charbon provenant du filament et montre que la lampe est presque usée. II est alors plus économique de la remplacer, car elle consomme de l’énergie électrique et n’éclaire pas.
- M. X., à Paris. — On a imaginé et on imagine tous les jours des systèmes avertisseurs et défensifs pour signaler aux trains en marche tout danger de collision. Mais comme ils n’ont pas fait leurs preuves, on hésite à les appliquer. Nous ferons connaître bientôt un dispositif qui semble fournir de bons résultats.
- M. L. Carol, à Narbonne. — Les appareils Hélios comptent certainement parmi les appareils les plus pratiques, et donnent des résultats satisfaisants; mais il est difficile de pouvoir garantir un résultat certain.
- M. E. Marquette, à Voiron. — 1° L’adresse que nous.avons donnée est celle qui nous a été indiquée par l’auteur. — 2° Copies de lettres sans mouiller : M. Bloch, 3, rue des Gon-court; M. Morin, 52, rue Croix-des-Petits-Champs, à Paris. — 3° Ces essences ne se trouvent pas dans le commerce.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.)
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES {Suite)
- M. E. M., à X. — Le vernis qui convient aux instruments d’optique consiste en une solution de bitume de Judée dans l’essence de térébenthine.
- M. E. Fiori, à Padoue. — Ces signaux sont obtenus par une série de combinaisons de circuits reliés à des claviers. En appuyant sur ces claviers, on ferme divers circuits, et on allume des groupes de lampes déterminés.
- M. Dubois, à Amiens. — Vous trouverez les recettes que tous demandez dans les petits livres des Recettes et procédés utiles. lr®, 2' et -4e série, à la librairie Masson et C1®.
- M. .4. de V., à Turnhout. — Nous pensons que vos explications sont bonnes ; mais il était intéressant de faire connaître l’étude importante que nous avons signalée.
- Accusés de réception. — Avis divers. — A/. Lion, à Nice. Nous faisons des recherches et nous vous renseignerons. — M. P. R., à Marseille. La description est complète. — M. R. L., à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5® série, à la librairie Masson et C'®. — M. Dupont, à Blois ; M. Levant, à Paris. Remerciements pour vos communications.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Procédé pour la dorure sur soie. — La méthode dont il s’agit est donnée par la publication « Leipziger Farber Zeitung », et la voici sous sa forme originale. Cette dorure, que l’on
- {tournait appeler dorure de la soie, se fait uniquement suivant e procédé électrolytique, mais après que, au préalable, la fibre à été rendue conductrice par une préparation qui est la caractéristique de la méthode. On imprègne donc la fibre avec une Solution de nitrate d’argent, puis on réduit celui-ci au moyen de glucose et d’alcali dilué, pu mieux encore, dit la publication allemande, au moyen de ce qu’on nomme le sel à réduction de Raschig. A la place du nitrate d’argent, on peut aussi employer une solution d’acétate de plomb ou de cuivre. La soie ainsi imprégnée est plongée dans la solution d’un sulfure alcalin, sulfure de soude, sulfure d’ammonium, ou autre avec du sulfure d’hydrogène, et il se forme de la sorte un revêtement de sulfure métallique conducteur, sur lequel l’or peut être précipité suivant l’usage par l’électrolyse.
- PETITES MENTIONS1
- Brûleur de gaz acétylène. — Le nouveau brûleur que Ton désigne sous le nom de « Rubis », se distingue par sa structure en pièces interchangeables, fabriquées spécialement de manière à assurer une rencontre parfaite des jets de gaz pour concourir à la formation de la flamme en papillon. Les trous de sortie du jet sont percés dans du rubis ou du saphir, pierres inusables et inaltérables, lis sont grandis et polis comme pour les pierres fines en horlogerie. Le carbone, ni aucune impureté ne s’y attachent et leur durée est indéfinie. L’acétylène étant très riche en carbone, la première condition du brûleur est de parvenir à le consumer en totalité, tant pour
- Brûleur Rubis pour gaz acétylène.
- éviter un excès de carbone qui se répandrait en fumée incommodante, que pour obtenir un éclat maximum de lumière. Un appel d’air est donc de rigueur. Cette fonction est réglée par deux couverts qui protègent en même temps le rubis et leur sertissure : ils ont le dessus en porcelaine émaillée afin d’éviter tout dépôt. Enfin, ces couverts sont d’un prix très minime et comme ils sont interchangeables, on les remplace très facilement lorsqu’ils sont hors d’usage. Le rubis est en somme un brûleur perfectionné dont nous résumons les qualités essen-tieües en disant qu’il est inusable, qu’il ne fume pas et qu’il procure une lumière éclatante. — Pour le brûleur à gaz acétylène « Rubis », s’adresser à M. Geisseler, à Neuveville (Suisse).
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Couteau à papier pèse-lettres. — Nous n’affirmons pas que la pesée qu’il permet soit d’une exactitude absolue, mais il donne une approximation suffisante pour l’usage courant, et quand il accuse la lettre de peser plus que le maximum toléré, vous pouvez sans crainte doubler l’affranchissement. A la vérité, il est fabriqué aux Etats-Unis, c’est-à-dire qu’il est taré pour une once, pour un poids à peu près double de nos 15 grammes classiques, et nous ne savons pas que ses fabricants, la (( Pelouze Co » de Chicago, aient l’intention d’en lancer un type spécialement approprié à la clientèle française ; mais il serait sans doute assez aisé à nos lecteurs de se fabri-
- Couteau à papier pèse-lettres.
- quer eux-mêmes ce couteau-à papier. Gomme le montrent les figures ci-jointes, il présente par un bout une lame fort
- fiointue qui est en réalité destinée particulièrement à ouvrir es enveloppes, en s’insérant dans les coins de celles-ci. Son autre extrémité, relevée et coudée, offre une sorte d’anneau plat qui va jouer le rôle du plateau de la balance ou plutôt du; peson : quand on y place une lettre, le couteau une fois mis à plat sur un meuble, le système oscillera si la lettre pèse plus; que l’extrémité pointue du couteau. Et comme celle-ci est; tarée de façon à balancer un poids d’une once mis sur le pla-; teau, on comprend aisément qu’on a là un véritable pèse-lettres. On peut parfaitement donner à la lame un poids de! 15 grammes, ou tel autre dont on aurait besoin dans la pra-i tique courante. — Le couteau à papier pèse-lettres sè trouve •à la « Pelouze Scale Co », à Chicago, Illinois (Etats-Unis).
- BIBLIOGRAPHIE ' •
- A travers l'électricité, par Georges Dary. 1 vol in-4°. Paris, librairie Nony et Cie. 1900.
- Sous ce titre,-M. G. Dary nous fait parcourir agréablement tout le domaine de l’électricité et en quelques explications courtes et bien choisies, il nous met au courant de tous les grands progrès récemment accomplis. Il se pose une première question : Qu’est-cé que l’électricité? Il y répond de manière à satisfaire aux exigences les plus difficiles. Puis il examine l’électricité atmosphérique, la télégraphie, la téléphonie, sans oublier de mentionner les merveilles de la téléphonie sans fils. Il nous parle d’éclairage électrique, nous cite des applications multiples, puis passe à la traction électrique, où il sait résumer en quelques lignes l’état actuel de cette importante question; viennent ensuite la galvanoplastie, là navigation électrique, le phonographe, l’horlogerie électrique,- là médecine et la chirurgie. Puis nous passons à l'étude de l’êlecf tricitè sur les côtes, à ses applications à la marine de guerre, à la guerre, à l’agriculture, à l’industrie, aux chemins de fer.- ta chapitre spécial est consacré aux applications domestiques, et un autre aux applications diverses, théâtres, etc. L’auteur n’oublie pas de nous mettre en garde contre les dangers de l’électricité, par suite de l’emploi des courants à haute tension, et il termine en nous annonçant toutes les merveilles d’électricité que nous trouverons à l’Exposition de 11)00.
- Guide pratique de teinture moderne, suivi de l’Art du teinturier-dégraisseur, par V. Thomas, docteur ès sciences, professeur de chimie appliquée à la Société des sciences de l’Université de Paris. 1 vol. in-8°. L. Mulo, libraire éditeur, Paris. Prix : 20 francs.
- L’anthropologie et la science sociale. Science et foi, par M. Paul Topinard, ancien secrétaire général de la Société d’Anthropologie de Paris. 1 vol. in-8°. Masson et Cie, éditeurs. Paris. 4899. Prix : 6 francs.
- * Les armes blanches% leur action etjeurs effets.vulnérants, par les Drs II. Nimier, professeur au Val-de-Grâce, et Ëd. Laval, médecin aide-major de lr® classe. 1 vol. in-12. Félix ‘ Alcan, éditeur. Prix : 6 francs.
- Matières animales. Engrais. 2 vol. de la Petite Encyclopédie’ ratique de chimie industrielle, publiée sous la direction de . Billon, ingénieur-chimiste. 2 vol. in-46. Paris, E. Bernard et C1®, éditeurs. Prix : lf,,50 chacun.
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- NOUVELLES SC1ENTIFI0UES
- Uarnet-agenda du photographe, à l'usage des amateurs et des professionnels par Georges Brunel. 1 vol. in-16. Librairie J.-B. Baillière et fils. Paris. Prix : 4 francs.
- Premières visites à l'Exposition de 1900, par Max de Nansouty. 1 vol. in-16. E. Flammarion, éditeur. Paris, 1900. Prix : 3fr,50.
- A la conquête du ciel! Contributions astronomiques de F.-C. de Nascius. Livre deuxième (5a fascicule). Découverte de la loi des distances des planètes au soleil. Essai d’une formule générale. Brochure in-8°. Nantes, imprimerie-librairie, B. Guist’han, 1899.
- Verrier. Glaces et cristaux, par H. Bertrand, ingénieur des arts et manufactures, 2 vol. in-16 de l’Encyclopédie Roret L. Mulo, libraire-éditeur. Paris. Prix : 8 francs.
- La Tour du Mont-Blanc, par E. Daullia. 1 vol. in-8° avec 16 phototypies hors texte. Charles Mendel, éditeur, Paris. Prix: 7,r,50.
- Manière de fabriquer soi-même les capuchons à incandescence par le gaz. 1 brochure avec figures explicatives. Prix: 1 fr., chez Charles Mendel, 118, Rue d’Assas. Paris.
- Agenda aide-mémoire des arts et métiers. .Année 1900. 1 vol. in-8°. J. Loubat et C‘% éditeurs, 15, boulevard Saint-Martin. Paris. Prix : 1 franc et ltr,65 franco.
- Annuaire de l'Observatoire royal de Belgique, 1900. 67* année. 1 vol. in-16. Hayez, imprimeur de l’Académie royal» des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. Bruxelles.
- Smithsonian Miscellaneous collections. Index to the literature of thallium 1861-1896, by Martha Doan. 1 brochure iri-89. Washington City. Published by the Smithsonian Institution. 1899.
- The birds of eastern north America. Water Birds. Part I, by Charles B. CoRY,*curator of department of ornithology in the Field Columbian Muséum. 1 brochure in-8°. Field Columbian Muséum. Chicago. 1899.
- Smithsonian Institution. Proceedings of the United States National Muséum. Vol. XXI. 1 vol. in-8°. Washingtoa Government Printing Office. 1899.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 février . . — 0*,7 E. 2. Couvert. 0,0 Nuag. jusqu a 5_h. ; couv. ensuite ; halo; neige l’ap.-midi.
- Mardi 13; —1’,9 N. E. 1. Très nuageux. 1,3 Couv. de 8 à 18 h. ; très nuag. av. et ap. ; pl. dans l’ap.-midi ; éclairs et tonnerre dans la soirée.
- Mercredi 14 3*,1 W. 6. Couvert. 8,9 Couv. jusqu a 19 h. ; beau ensuite ; gouttes jusqu’à 5 et grains de neige à 8-9 h. et à 11 h. 30.
- Jeudi 15 0,0 S. E. 2. Très nuageux. 0,1 Nuag. jusqu a 8 li.; couv. ensuite; halo; petite pl. dans la soirée.
- Vendredi 16 9’,6 S. W. 5. Nuageux. 3,1 Couv. jusqu'à 6 h- ; puis nuag. ; beau après 16 h. ; quelq. averses.
- Samedi 17 6*,1 S. 4. Couvert. 1,2 Presque couv. ; gelée bl. ; gouttes à 8 h. et petite pluie dé'16 à 17 h.
- Dimanche 18 3*,9 S. S. W. 4. Très nuageux. 0,1 Très nuageux; quelques petites averses.
- FEVRIER 1900. -- SEMAINE DD LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 FÉVRIER.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- .a neige. — La neige est tombée en abondance à Rouen depuis le 10 jusqu’au 12 février. Il y en a eu dans les campagnes une couche fort épaisse, et, sur différents points du département, on a signalé que les communica-tionsétaient devenues très difficiles. Le vent souffle eu bourrasque du sud-est.
- La neige est tombée en abondance sur toute la région d?Arras dans la nuit du 11 au 12 février.
- Une tourmente de neige s’est également abattue à la même date sur Amiens et les environs.
- La neige est tombée aussi â Dreux dans la journée du 13 février.
- Inondations en Portugal et en Espagne. — A Oporto, eu Portugal, le 12 février, par suite de la fonte des neiges dans les montagnes, le Douro a débordé en plusieurs endroits, avec une telle rapidité, que les mesures de précaution ordinaires n’ont pas pu être prises et qu’il eu est résulté des inondations. Les dégâts ont été considérables.
- Tempêtes. — La tempête du 13 février àlpeine terminée, il en est supvenu une seconde presque aussi violente le 17, suivie d’une troisième le 19. Le vent a fait rage sur les côtes et même à Paris. Le baromètre est-descendu à Paris le 19 au minimum de 733*“.
- PHASES DE LA LUNE: P. L. le 14, à 2 h. du soir,
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- 1397 (3 mars 1900), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Excursions aux chantiers de l’Exposition. — Plusieurs de nos abonnés nous écrivent pour nous demander si la carte d’invitation que nous leur avons délivrée pourra servir d'entrée pour deux personnes. Le Commissariat général de l’Exposition, redoutant une trop grande affluence de visiteurs sur les chantiers, et les accidents qui pourraient en résulter, a limité le nombre des entrées à celui des cartes que nous avons délivrées; par conséquent, nous croyons devoir rappeler que les cartes sont absolument personnelles, et que personne ne pourra entrer sans carte.. Nous rappelons, en outre, qu’à notre grand regret, nous n’avons pu tenir compte d’aucune lettre parvenue après le J 8 février ; les invitations dont nous disposions «l’ayant pas même permis de satisfaire tous ceux qui ont écrit avant cette date. (N. D. L< D.).
- INFORMATIONS
- —®— MM. le général Peaucellier, président du comité technique •du génie ; le général Bassot, directeur du service géographique de l’armée; le contre-amiral Aubry de la Noë, chef du service hydrographique; le capitaine de frégate de réserve Guyou, membre de l’Institut et du bureau des longitudes ; Léon Philippe, directeur de l’hydraulique agricole ; le colonel Laussedat, membre de l’Institut, directeur du Conservatoire des arts et métiers; Maurice Lévy, «membre de l’Institut, professeur au Collège de France ; Liard, membre de l’Institut, directeur de l’enseignement supérieur; Bertrand, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences; Cornu, membre de l’Académie des sciences et du Bureau des longitudes; Faye, membre de l.’Académie des sciences, président du Bureau des longitudes ; Dar-l>oux, membre de l’Académie des sciences, doyen de la Faculté des sciences de l’Université de Paris; Lœwy, membre de l’Institut et du Bureau des longitudes, directeur de l’Observatoire de Paris, ont été nommés pour trois ans membres du conseil de l’Observatoire de Paris.
- —(§)— M. Percival-Lowell et M. le professeur Todd se sont embarqués à New-York avec un matériel astronomique important pour se rendre en Algérie, afin d’explorer la ligne de la totalité et de chercher une station favorable pour l’observation de l’éclipse totale qui doit avoir lieu. Cette ligne aborde l’Afrique à Alger même, où nous possédons un grand observatoire de premier rang, dont le directeur est venu récemment A . Paris, pour se concerter avec M. Lœwy, afin de prendre les mesures que nécessite cet heureux hasard. La ligne d’ombre totale va d’Alger à Sétif et traverse la Tunisie, de manière à sortir d’Afrique dans les environs de Gabès. Elle traverse une zone de pays arides, où il est probable que lé ciel sera d’une pureté absolue, circonstance du plus haut intérêt pour l’étude des protubérances rosacées se développant autour du soleil.
- —®— On annonce la mort, à l’âge de 81 ans, de M. Piazzi Smith, ancien astronome Royal d’Ecosse. M. Piazzi Smith est un des premiers astronomes qui se soient occupés de déterminer la quantité de chaleur envoyée par la Lune sur la Terre.
- —(§)— M. Luther, directeur de l’observatoire de Bilk, près de Dusseldorf, vient de mourir à l’âge de 78 ans. Il s’est occupé pendant toute sa vie du groupe des petites planètes et en à découvert 21 : la première en 1852 et la dernière en 1885. Sur les planètes qu’on lui doit, 15 appartiennent à la première centaine, et pendant quelques années il a détenu le record du nombre des astres découverts. M. Luther a calculé les orbites de toutes les petites planètes qu’il a trouvées et de beaucoup d’autres.
- —®— Le préfet de Meurthe-et-Moselle a fait placarder dans tout le département un avis attirant l’attention de la population *ur le danger de L’alcoolisme. Figurent ensuite d’effrayantes statistiques qui établissent que sur 56 millions de Français 4 millions au moins sont alcooliques, que sur 100 cas de meurtre 63 sont commis par des individus en état d’ivresse, et qu’enfin la France dépense, à cause de l’alcoolisme, 1 milliard 340 millions en journées perdues, 71 millions en frais de traitement, de chômage, etc. Dans le département de Meurthe-et-Moselle, la consommation de l'alcool a passé de 12 000 hectolitres d’alcool pur en 1880 à 20 000 en 1808.
- r —®— Nous avons donné beaucoup de détails sur le halo observé «n France le 11 janvier dernier. Un halo a été vu en Angleterre
- entre 9h30 et llh 30, surtout dans le Sussex et le Surrey. Cet halo comportait : 1° un premier arc concentrique au soleil, rouge à l’intérieur, bleu ou vert en dehors et ayant un rayon angulaire de 21 ou 22°; 2“ un second cercle ou halo, similaire au premier, mais avec une distance angulaire du soleil double ; 3“ deux arcs renversés touchant les deux halos concentriques, bleu ou vert du côté concave, rouge du côté convexe; 4° deux faux soleils au même niveau que le soleil. Le ciel était sans nuage, sauf vers l’horizon, mais brumeux, et le soleil était à peine visible; c’est du reste la condition habituelle pour la formation du phénomène qui.est dû à la réflexion et à la réfraction des rayons solaires par les petits cristaux de glace constituant les nuages eirro-stratus.
- —®— M. d’Arsonval, membre de l’Académie des sciences, professeur au Collège de France, a fait récemment une conférence fort applaudie sur les effets physiologiques de l’électricité. Il a montré d’abord que les effets dus aux différentes sources électriques ne sont pas les mêmes et diffèrent suivant la vitesse variable avec laquelle l’électricité traverse l’organisme dans les divers cas. Le savant professeur a fait une série d’expériences des plus intéressantes et a montré toutes les applications dont on pourra tirer parti pour la thérapeutique.
- —(§)— Le recensement des chevaux qui vient d’être fait accuse pour Paris 98 284 chevaux; en 1899, le nombre était de 93 652. Malgré le nombre élevé des voitures automobiles circulant dans Paris, le nombre des chevaux a augmenté de 4632. La substitution de la traction mécanique à la traction animale pour un certain nombre de lignes de tramways n’a pas causé de diminution dans le nombre des chevaux en service à la Compagnie des omnibus. Cette compagnie possédait l’année dernière 15 833 chevaux; cette année le chiffre de sa cavalerie s’élève à 16 838, soit une augmentation de 1005 chevaux.
- —®— Quelles que soient les qualités des eaux d’alimentation, quelle que soit leur pureté, on peut dire que, d’une façon générale, elles forment assez rapidement, dans les conduites, des dépôts qui ont des inconvénients multiples : il en résulte notamment assez vite une obturation relative qui diminue dans des proportions considérables le débit des tuyaux. On vient d’en avoir une nouvelle preuve à Plymouth, où l’on prit la résolution d’opérer le grattage intérieur d’une conduite de 0m,60, au moyen- de l’appareil vulgairement connu sous le nom de « diable », et qui est une sorte de vanne munie de grattoirs sur son pourtour, et entraînée par l’eau même qui circule dans la conduite. L’opération se fit parfaitement, et elle enleva plusieurs tonnes de dépôts, tant et si bien que ce nettoyage eut pour résultat immédiat une augmentation de 12 à 15 millions de litres dans le débit quotidien de ce tuyau.
- —®— En vue de se rendre compte des déplacements verticaux ou horizontaux produits par les tremblements de terre de juin 1897, aux Indes, on a procédé à la révision des triangulations principales de la région où se produisirent les secousses. Les opérations.ont été étendues à une superficie de près de 3000 kilomètres carrés, elles ont conduit à constater que toute cette vaste étendue avait été affectée plus ou moins, de sorte qu’il ne subsistait pas de point de comparaison absolument sûr. Le déplacement horizontal moyen araît toutefois avoir été de 2m,10, tandis que les variations de auteur varient depuis lm,50 d’affaissement jusqu’à 7“,50 de relève* ment. L’effet général apparent serait un relèvement et un épanouissement de toute la région.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Adresses relatives aux appareils décrits, Pour ce qui concerne Fauto-cireur, s’adresser à M. P, A. Martin, 24, rue Cambon, à Paris,
- Communications. — M. Émile Moreau, ingénieur à Paris, nous transmet les observations suivantes au sujet du choix d’un méridien : « La fixation d’un méridien est chose délicate au point de tue des susceptibilités nationales et l’on comprend parfaitement que les Anglais refusent le méridien de Paris, alors que nous ne voulons pas de celui de Greenwich. Pourquoi, dès lors, ne pas adopter, comme point de départ, le méridien du plus haut observatoire de l’Europe? Le Mont-Blanc est un point international, c’est la plus haute montagne de l’Europe, il est plus central que les deux concurrents actuels, puisqu’il est à 4° 30' Est de Paris, à 16° de Lisbonne, à 23° 30' de Pétersbourg, Il passerait près de Cologne (Allemagne), Fréjus (Var), Philippeville (Algérie). — Son méridien anti-
- £ode aurait ceci de remarquable qu’il passe par le détroit de éring et ne touche à aucune terre (à peine l’extrémité déserte, la pointe extrême de la Sibérie), son caractère serait donc bien aussi international. Cette idée ne pourrait-elle être soumise au Congrès de 1900? Comme point de départ des fuseaux horaires, ce premier méridien de l’Europe ne devrait soulever aucune objection et aucune nation ne pourrait s’en trouver froissée. »
- M. Pierre de Goy, résident de France au Tonkin, chef de la province de Thaï-Binh, nous adresse des renseignements très intéressants au sujet d’un typhon d’une violence exceptionnelle qui a sévi le 8 et le 9 novembre 1899 sur une partie du Tonkin : « J’en ai été, moi-même, spectateur à Thaï-Binh, c’est-à-dire dans la localité qui paraît avoir le plus souffert ; et je vous envoie des photographies indiquant une faible partie des dégâts survenus au chef-lieu de ma province. Elles ont été prises par un mandarin annamite, M. Vuong Hun Si, mandarin du 6e degré qui manque un peu d’expérience dans l’usage des manipulations photographiques, et elles paraissent avoir été fixées d’une manière insuffisante; néanmoins elles peuvent donner une idée des ravages exercés par la tourmente. En général, les typhons et cyclones qui font leur apparition au Tonkin, viennent de la direction de Manille et sont signalés, par câble, à l’avance, afin qu’on puisse prendre certaines précautions, dans les régions que l’on croit devoir être visitées par ces terribles phénomènes atmosphériques. Mais par exception, le typhon du 9 novembre n’avait pas été annoncé : aussi peut-on compter par milliers, les victimes qu’il a faites sur la côte, surtout dans le petit cabotage et les barques de pêche. Le typhon du 9 novembre n’a eu qu’une action purement locale, ne dépassant pas une zone très restreinte, sur son trajet. Ainsi le vapeur la Manche, annexe des Messageries maritimes, parti de Saigon le 7 novembre, est arrivé le 12 à Haïphong, ayant eu constamment une mer d’huile, alors que sur les côtes du Tonkin, on avait eu du 8 au 10 une mer démontée. La direction du vent a été nord-est pendant la première partie du typhon, et elle est devenue ouest et nord-ouest pendant la période que les marins appellent la « renverse ». Au plus fort de la tourmente, la marée montait; elle devait être exceptionnellement forte, ce jour-là, et la crue était accélérée encore par le vent, en certains endroits du Delta, tandis qu’elle était refoulée dans d’autres, suivant la direction des nombreux estuaires et canaux qui servent d’embouchure aux grands cours d’eau du Tonkin. Le canal du Tra-lij qui baigne le chef-lieu de la province de Thaï-Binh, roulait des vaguelettes que la tourmente pulvérisait aussitôt, et transformait en une pluie fipe çt nénétrante, emportée par les rafales comme un brouillard. $a résidence n’est pas encore, malheureusement, pourvue d’appareils d’observations météorologiques. Mais je dois à l’obligeance extrême de M. le lieutenant de vaisseau onnelier, commandant la canonnière l'Avalanche, le tableau
- ci-après de’ses observations barométriques et therniométriques-au port d’Haïphong.
- Dates, Heures. Baromètre, Thermomètre.
- 8 novembre. 4 heures S. 757 millimètres. 24 d ocrés.
- 8 — S. 756 — 22 —
- Minuit. 756 — 21 —
- 9 novembre. 4 heures M. 755 — 21 —
- 8 — M. 753 — 22 —
- Midi, 749 . — 24 —
- 2 heures S. 742 — 24 —
- 4 — S. 750 ‘23 £
- 8 — S, 756 — 22 —
- Minuit. 756 — 22 —
- 10 novembre. 4 heures M. 757 — ‘22
- 8 — M. 757 — 24 —
- Midi. 757 — 25 —
- La tempête avait commencé à se faire sentir avec violence,, dans la nuit du 8 au 9 novembre. Elle atteignit son maximum le 9, à 10 heures du matin. Vers 3 heures du soir, le calme était complet; une pluie fine termina la journée, et continua plusieurs jours. 11 est à remarquer que la hauteur de, la colonne barométrique au Tonkin subit, ordinairement, des variations bien moins fortes qu’en Europe, et qu’une dépression ou une élévation très minime correspond souvent à des changements météorologiques importants. J’ai rarement vu, par les plus beaux temps, le baromètre monter jusqu’à 77 centimètres, ni par les temps d’orage ordinaire, descendre au-dessous de 73,50. Les variations indiquées sur le tableau des observations de M. le commandant de l'Avalanche* sont donc exceptionnelles. »
- M. P. Angelo Rodriguez, directeur délia Specola vaticana, à Rome, nous adresse une notice intitulée ; Sulla pressione atmosferica e sue relazioni con le fasi e posizioni délia luna con un'appendice sui valori d'insolazione raccolti alla specola vaticana durante 6 anni.
- La Société centrale de produits chimiques, à Paris, nous a envoyé un spécimen de la collection radiographique d’histoire naturelle qu elle vient d’établir du mammifère à l’invertébré.
- Le R. P. E. Colin, à Tananarive, nous adresse un intéressant volume contenant les Observations météorologiques faite» à Tananarive, à l’observatoire de Madagascar en 1893. Ce volume a été édité à l’imprimerie de la Mission catholique en, 1900, à Tananarive.
- Renseignements. — M. J. M. H., à Bruxelles. — Nous publions dans le présent numéro un article sur cette question,
- M. L. Gaudée, à Porquerolles. — Nous vous remercions pour votre notice ; mais ce procédé est déjà connu depuis plusieurs années.
- M. P. C. F., à Fontaine-au-Bois. — n faut vous adresser directement aux Sociétés de construction qui pourront vous faire connaître si elles ont des machines d’occasion.
- M. M. Legrand, à Paris. — Vous ne pourrez être renseigné qu’en vous adressant à l’auteur de l’article, professeur à l’Lni-versité de Genève.
- M. H. Cordier, au Raincy. — Vous pourrez emporter un appareil photographique à main pendant l’Excursion de La: Nature aux chantiers de l’Exposition.
- Réponses — N° 1246. — Encrivore pour faire disparaître l’encre sur le papier sans gratter. — M. G. Jaubert, docteur ès sciences, nous écrit qu’il se sert journellement d’une solution concentrée au chlorure de chaux, qui enlève instantanément les taches d’encre sur le papier, sans l’attaquer èt sans laisser de traces.
- Un moyen très sûr et simple est l’emploi de l’hypoçhlorite de soude concentré, connu dans le commerce sous le nom d’Extrait de Javel ; on l’applique pur, il est commode de se servir pour cela d’un compte-gouttes, à tube capillaire ; on sèche au buvard immédiatement après l’application et l’on saupoudre de sanda-raque impalpable pour écrire à nouveau. Ce procédé enlève même les caractères anciens et les encres de couleurs. Les papiers teintés sont décolorés. (Communiqué par M. A. Meunier, à Lyon).
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L., à Paris. Il doit y avoir une erreur dans vos calculs. — M. Gérard, à Asnières. Il faut vous adresser à un constructeur spécialiste. — MM. Lorry et Pernet, à Bar-sur-Aube. Nous ne répondons .qu’à nos abonnés. — M. Pérard, à Nîmes; M. P. G., à Paris. Voyez le
- Setit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie-[asson et Cie. — M. P. Jupport, à Orléans ; Al, Durand, à Nice. Remerciements pour vos communications.
- Pans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre, à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INVENTIONS1
- È(rler de suspension pour remplacer les assemblages des charpentes. Préoccupés qu’ils sont constam-wient d'obtenir des procédés permettant de construire vite, les Américains imaginent souvent des dispositifs bien curieux et ingénieux : tel est le cas des étriers de suspension que nous présentons aujourd’hui au lecteur, et qui ont pour but de donner appui à une poutre sur une autre, sans que l’une ni l’autre aient besoin d’être entaillées par mortaise et tenon. L’étrier est essentiellement formé d’une bande d’acier forgé ue l’on plie à chaud comme l’indique la figure : il peut onc, par ses extrémités recourbées, venir s’appuyer et se fixer sur une poutre, tandis qu’une seconde pièce dé bois, de direc-
- Étrier de suspension pour remplacer les assemblages de charpentes.
- tion perpendiculaire à celle-ci, sera glissée'par son extrémité dans la partie formant l’étrier même, où elle sera maintenue par une vis, grâce au trou à cette fin ménagé dans la lame d’acier. On doit comprendre que l’étrier peut prendre appui soit sur le sommet, soit en un point quelconque d’un mur ou d’une cloison, de manière à supporter des poutrelles, sans qu’on ait à creuser dans ladite cloison un trou où loger l’extrémité de ces poutrelles.
- Cet étrier curieux, qui se fait en toutes tailles, est connu aux Etats-Unis sous le nom de « Cleveland Hanger ». •— On le trouve en vente dans tous les magasins de la Yan YVagoner and William Hardware Co, de Cleveland, Etat d’Ohio, Amérique du Nord,
- Un arrêt de porte ingénieux. — Le dispositif est .original, il n’est pas disgracieux, étant donné son volume réduit, çtant donné aussi qu’il se fait en cuivre, en acier nickelé
- Arrêt de porte.
- ou non * enfin il peut fonctionner sur les parquets les plus délicats, sur les tapis les plus précieux ou même sur le carrelage. Il comporte en effet une rondelle de caoutchouc à l’extrémité de son grand bras de levier, ce qui empêche tout glissement sans causer aucune éraillure. .
- • La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nou-veilet scientifiques est étrangère aux annonces.
- La figure que nous en reproduisons le représente dans les deux positions qu’il peut prendre : l’une, en traits pleins, quand il est relevé et ne fonctionne point, l’autre en pointillé, quand il joue son rôle d’arrêt. Son bras le plus court comporte un élargissement qui permet de le relever ou de l’abaisser suivant les besoins; mais une de ses particularités les plus utiles consiste dans le ressort à deux fins qui est logé dans sa monture. Quand, en effet, on relève complètement le levier, ce ressort le maintient soulevé, hors de prise; lorsque, au contraire, on le rabaisse, à partir d’un certain point, le ressort agit en sens inverse et force le grand bras à se mettre presque perpendiculairement dans la position pointillée. Bien entendu, ce dispositif donne le moyen d’arrêter la porte, quel que soit l’angle d’ouverture qu’elle présente.
- L’appareil se vend, sous le nom d’Empire Hôlder, à IaT Caldwell Manufacturing Co, de Rochester, Etat de New-York,
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Papier dit « l'Automatique ». — Ce papier est au citrate d’argent, à surface brillante ou mate et se vire au sel de cuisine. Il supprime par conséquent le bain de virage-fixage. Il est donc économique, mais il nécessite encore l’emploi de l’hyposulfite après le passage dans la solution saline. Un met une cuillerée à café de sel marin dans un litre d’eau; c’est tout le virage. On ne lave pas avant Je virage. Ce papier est fixé. En deux ou trois minutes, on obtient les tons noirs ou; bleutés à volonté, selon la durée de l’immersion et l’intensilét de l’image. ;
- Le viro X. — Avec ce viro combiné par M. Hoffmann, de' Petit-Quévilly, on obtient des tons rouges et bruns sanguine. Si l’on applique le virage après celui du sel dans les papiers automatiques, on transforme les tons bleu foncé intense en tons d’un beau noir. Il faut laisser dans le viro X étendu de deux fois son volume d’eau pendant environ dix minutes.
- Si l’on applique le viro X aux épreuves sur papier ordinaire, il faut laver et faire dégorger : oq place l’épreuve dans le bain étendu de deux à trois fois son v'olume d’eau. En dix minutes on a un très joli ton rouge, et en quinze minutes un ton pho* tographique très chaud. Ce nouveau virage est encore peq connu et mérite de l’être, J.-F. G,
- Nouveau réducteur aux sels de cérium. -— Quand un cliché est voilé par suite d’excès de pose ou qu’il est trop dé* veloppé par suite du manque de pose, on le traite le plus sou* vent par le réducteur de Farmer qui enlève le voile en dissol* vant la couche supérieure du cliché, qui diminue l’intensité des grands noirs pour la même raison. Mais ce réducteur (mélange à parties égales d’une solution d’hyposulfite à 1 pour 10Q et d’une solution de ferricyanure à 1 pour 100) a l’inconvénient d’agir brutalement sur toute la surface de la plaque, et; s’il atténue les grands noirs, il atténue aussi lesïparties déjà trop faibles avant l’opération. Son emploi ne peut guère être recommandé que quand il s’agit d’enlever un voile généfal* Nous avons déjà indiqué ici que le persulfate d’ammoniaque préparé par MM, Lumière frères doit lui être préféré ; il agit en effet seulement sur les parties trop opaques du cliché, sans modifier les autres. Les mêmes chimistes viennent défaire de nouvelles expériences dans le but de permettre d’rmé-r liorer les clichés trop posés et trop développés, dans de nieil* leures conditions que ne le fait la solution de Farmer, qui du reste ne se conserve pas et doit être préparée au moment de s’en servir. MM. Lumière et Seyewetz, après avoir étudié un grand nombre de substances, se sont arrêtés aux sels de céri.um et préparent une solution concentrée au peroxyde de cérium qui se conserve indéfiniment et s’emploie étendue plus on moins d’eau suivant les besoins. Elle peut servir également au traitement de papiers du gélatino-bromure en l’employant très diluée.
- L’emploi se fait de la façon suivante : pour un cliché trop posé et dans lequel on veut augmenter les contrastes, on prend parties éqales dé la solution concentrée et d eau. (
- On plonge le cliché sec dans le bain et on le surveille attentivement; l’action est très énergique. Il faut, pour ne pas dépasser le but, plonger le cliché et le retirer pour l’examiner à plusieurs reprises. Dès que le résultat voulu es| atteint, on le passe sous le robinet et on lave comme d’habitude dans la cuve. . .
- Pour les clichés trop posés et trop développés on mouille la gélatine avant de tremper dans le bain, qui cette fois, doit etre seulement à 10 pour 100 de la solution concentrée dans 1 eau.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- S’il s’agit des papiers cette dernière solution doit être considérée comme la plus énergique qu’on puisse employer, et le plus souvent il faudra l’atténuer en y ajoutant de l’eau : mieux vaut recommencer l’opération plusieurs fois, que de perdre l’épreuve en agissant trop énergiquement.
- • Ce nouveau produit rendra certainement grand service aux photographes-amateurs en leur permettant de tirer parti des clichés qui seraient le plus souvent sans cela inutilisables. G. M.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- a Remède contre Vinfluenza.
- On traite d’habitude l’influenza au début par de légers purgatifs, des sels de quinine et les antiseptiques intestinaux.
- M. le docteur Borne, député du Doubs, a indiqué à ses collègues de la Chambre une formule qui a été reproduite de tous côtés. Nous la mentionnerons à titre documentaire. Elle ne renferme d’ailleurs aucun médicament nouveau. C’est une association en bloc pour ainsi dire des médicaments employés d’habitude : antiseptiques de l’intestin, antithermiques et purgatifs.
- Le premier jour, on prend par cuillerées à potage tous les quarts d’heure, la potion suivante :
- Eau chloroformée, 60 grammes; eau, 60; magnésie, 8; salol, i ; bétol, 1 ; antifébrine, 1 : sirop de fleur d’oranger, 55.
- Les jours suivants, pendant cinq jours, à raison de quatre cachets pas jour, deux au lever et deux au coucher :
- Magnésie, 10 grammes; bétol, 5 gr; salol, 2 gr. 50; terpine, 2 gr. 50. Pour vingt cachets.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49-30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN VENT
- THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 février . . 11*,1 S. W. 5. Couvert. s 1,7 Couvert ; pluie à diverses reprises.
- Mardi 20 Mercredi 21 5* ,9 2%9 S. S. W. 3. N. W. 3. Nuageux 1,1 Très nuag. ; quelques coups de tonnerre de 13 h. 21 à r 29 h. avec pî. et grêle, et pi. de 20 h. à 20 h. 30 ; halo. Nuag.; gelée blanche; averse à 1 h. 45.
- Nuageux. 5,8
- jeudi 22. ...... 3*,i S. S. E. 2. Couvert. 1,1 Couv. jusqu’à 15 h. ; quelques éclaircies ensuite ; gelée blanche; pluie de 4 n. 30 à 7 heures.
- Vendredi 23
- 10%3 S. S. W. 3. Couvert. 4,0 Couvert jusqu’à 18 h. ; éclaircies ensuite ; pluie de 0 h. 45 à 4 h. 30. Couv. jusqu’à 13 h. : puis nuag. ; peu nuag. après 17 h.;
- Samedi 24 9*,0 S. E. 2. Quelques éclaircies. 0,0
- Dimanche 25 10’, 3 S. S. E. 3. • Très nuageux. 0,0 Très nuag. jusqu’à 20 h. ; beau ensuite ; gouttes à 5 h. :
- halo. •
- FÉVRIER 1900. — SEMAINE Dü LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 FÉVRIER.
- courl,e supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiauent : courte épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Cabri à boule sechc; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. ’ “ 71 “
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Tempêtes. — Une violente tempête s’est abattue sur Brest à la date du 18 février et a duré sans discontinuer jusqu’au 22 février. Le vent a soufflé avec force, une pluie violente est tombée par intermittences. On a eu plusieurs sinistres a déplorer en mer, et notamment la perte de deux navires.
- A Cherbourg, la tempête a également sévi avec violence. La rivière Divette, grossie par les pluies torrentielles, a inondé le quartier du Roule. La viedle eglise de Sainte-Trinité a eu sa toiture enlevée.
- A Nantes, le 19 février, un nouveau cylone s'est déchaîné et a jonché les rues de débris. Les chantiers de la Loire ont dû renvoyer leurs ouvriers la plupart des toitures des ateliers étant enlevées. Un chaland a coulé dans’ le port. Un homme s est noyé. Les dégâts en ville et aux environs ont été Considérables.
- A Bordeaux, la tempête du 20 février a été également d’une extraordi-naire violence. La foudre est tombée, rue- de. Gérons, sur une maison dont eue a déni oh1 encoignure. Le soir, vers 8k 30, des grêlons gros comme des noisettes ont formé en quelques secondes une couche de 2 centimètres d épaisseur. La crue de la Garonne a donné de vives inquiétudes. Elle a
- marqué le 21 février, dans la soirée, 5“,38 au-dessus de l’étiage à la Réole. et 5",56 à Marmande.
- Un cyclone d’une violeuce sans précédent s’est abattu également le 18 février sur Belle-Ile. Dès 3 heures de l’après-midi, le veut commençait à souffler eu furie, et la surface de la mer étant soulevée par les rafafes, retombait eu pluie serrée. Vers 9 heures, l’ouragan était dans toute sa vio-lence, les fermetures étaient arrachées des devantures; les cheminées tombaient avec fracas et les ardoises voltigeaient en nombre, soulevées comme des plumes.
- Les rues ont été jonchées de débris de toutes sortes et les toits effondrés pour la plupart.
- Dans la citadelle, le toit de l’infirmerie a été également défoncé et les malades, au nombre de 20, ont été transportés, en pleine nuit, dans un autre local. Dans les forts, toutes les guérites ont été enlevées. Des arbres énormes ont été déracinés et projetés dans le bassin.
- Le cyclone a sévi à Quiberon avec.la même violence.
- Le clocher de l’église s’est effondré, il n’y a eu aucun accident de per*’ sonne,
- .... > . . .
- PHASES DE Là LUNE D, Q. le 22, à 4 h. ,53 du soir.
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- —--------- - 1f M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g>— Notre première Excursion aux Chantiers de l’Exposition a eu lieu dimanche de 9 heures à midi et nous l’espérons, à la satisfaction de tous ; elle a été favorisée par le beau temps.
- . —g)— M, Gaudry, professeur de paléontologie au Muséum d’histoire naturelle, est nommé assesseur du directeur de cet établissement pour l’année 1900.
- —g)— M-. Bouquet de la Grye, membre de l’Institut, est nommé
- Sour un an président du Conseil du Bureau central météorologique; I. Darboux, membre de l’Institut, vice-président ; M. Anthome, ingénieur en chef du service de la carte, secrétaire.
- —g)— La plus haute cote de marée du siècle était indiquée pour ie 5 mars. Au Havre, elle devait se produire à 10h23 au matin, à 8”,20 au-dessus du zéro de l’échelle. Tous les habitants des immeubles avoisinant l’avant-port avaient bouché les soupiraux des -eavès et le bas des portes pour empêcher l’inondation d’envahir les maisons. Ces précautions ont été inutiles. La mer est bien montée au niveau calculé, jusqu’au raz du quai, mais elle n’a pas débordé, étant restée calme comme un lac par beau temps sans vent. C’est que pour la marée comme pour le mascaret, il faut que le vent s’en mêle et chasse le flot vers la terre. Il peut y avoir de grandes marées par temps ordinaires si la mer est démontée.
- —g)— Ballons au Transvaal. Nous ayons parlé dernièrement des ballons militaires au Transvaal; ils viennent encore d’être fort utiles aux Anglais," et ont contribué à la défaite du général Kronje par “suite des observations faites par les aéronautes. On ne saurait •s’étonner que le général lord Kitchener ait tiré bon parti des aérostats. On assure qu’il faisait partie de notre armée en 1870-1871. .Ce fait a été confirmé, d’après Le Journal,. par un de ses parents habitant Dinan. Lord Kitchener s’est enrôlé dans les mobiles de Dinàn et prit part avec deux officiers à une ascension captive à Laval. MM. Albert et Gaston Tissandier étaient capitaines des aérostiers militaires dans cette Ville, sous les ordres du général Chanzy en janvier 1871. Ils firent entre autres les 29 et 30 de ce mois de •nombreuses ascensions, et purent enlever des officiers d’état-major du général, parmi lesquels lord Kitchener se serait trouvé. Cette •ascension faillit coûter cher à cet officier, à la descente il prit froid, et eut ensuite une pneumonie dont il faillit mourir.
- • —g)— LTn décret a paru récemment décidant que le bois d’orme
- rouge pourra être employé concurremment avec les bois de chêne, ,de hêtre, de noyer, de châtaignier, de sapin et de frêne pour la construction des mesures de capacité pour matières sèches.
- -g— On vient de terminer à Amsterdam l’établissement du premier élévateur à céréales qui existe en Hollande, où pourtant il se fait un commerce important de blé. Il est long de 125 mètres et large de 33; sa capacité est de 16000 à 18 000 tonnes métriques. Bien entendu, comme la plupart des élévateurs, il est fait principalement pour l’emmagasinage du froment en vrac dans ses greniers silos, mais le rez-de-chaussée est disposé pour abriter les cargaisons .de blé en sacs, qui se pratiquent encore. Ses appareils de pesage, .de.transport, etc., sont faits pour un maximum de 200 000 kilo--grammes à l’heure, et, de plus, ils peuvent assurer le déchargement simultané de deux espèces de grains. Cette construction a été .élevée par la ville, qui la loue à une maison de commerce.
- —g)— Pendant un récent voyage dans les régions abyssiniennes, dont il a rendu compte devant l’Association britannique, le capitaine Welby a rencontré aux environs des sources de la rivière Sobat, et •par conséquent tout près de la frontière du Soudan, une véritable
- race de géants. Ces sauvages avaient en effet une stature qui atteignait le plus généralement sept pieds, et, quoiqu’il s’agisse de pieds anglais, cel? fait encore plus de 2m,10l
- —g)— Les tramways font réellement fortune au Siam : il n’y en a du reste qu’une seule ligne, celle qui dessert les rues de Bangkok, et qui a été construite en 1889, avec la traction animale : depuis 1892, on y a installé la traction électrique par fil aérien, et elle est constamment encombrée de voyageurs. Actuellement elle donne un revenu de 12 pour 100 sur les fonds qui y ont été engagés. Le matériel roulant et les machines en ont été achetées aux Etats-Unis, et les rails proviennent d’Europe r il est probable qu’on va eh construire prochainement d’autres.
- —g)— Die Natur publie quelques chiffres intéressants relatifs au nombre d’espèces a animaux qui vivent tant sur la terre que dans les mers. Le nombre total des animaux connus et décrits est de plus de 400000, alors qu’on ne compte guère que 150 000 sortes de plantes. Les insectes fournissent à eux seuls plus de 280 000 espèces dont 120 000 pour les coléoptères, 50 000 pour les lépidoptères, 38 000 pour les hyménoptères, etc. Les oiseaux fournissent à peu près la trentième partie du nombre total d’animaux; on en compte environ 13 000 sortes. Pour les poissons le chiffre est de 12 000; pour les reptiles, 8300 dont 1640 sortes de serpents (300 environ venimeux). On connaît en outre : 1500 sortes d’amphibies, 20000 sortes d’arachnoïdes, 50000 sortes de mollusques, 8000 sortes de vers, 3000 sortes d’échinodermes, etc. Le Muséum d’histoire naturelle de Berlin posséderait 200 000 sortes d’animaux représentées par environ 1 800 000 exemplaires.
- —g)— Dans un rapport qu’il vient de publier sur l’ostréiculture en France, le Consul américain, M. Tourgee, donne une idée amu-santé de l’impression curieuse que font nos huîtres, qui sont pourtant si renommées de ce côté de l’Océan, sur les Américains habitués à leurs mollusques spéciaux. Il fait remarquer qu’elles ne sont guère engageantes avec leur aspect jaune ou verdâtre, et leur manque de consistance, pour ceux qui sont accoutumés à manger les huîtres yankees dodues, propres, et blanches ou grises. « Les coquilles des huîtres françaises, continue-t-il, sont plates, minces, irrégulières, vaseuses et tourmentées comme la coquille des coquillages qui s’accrochent aux coques de navires; l’animal qu’on y trouve n’est pas gros comme une pièce de 50 centimes, alors que la coquille même est relativement énorme. D’ailleurs les huîtres ne sont jamais mangées sorties de cette coquille, et les Français seraient stupéfaits si on leur proposait de les manger en soupe, bouillies, frites, etc.
- —gi— Dans The Gardeners chronicle, M. Percy E. Kewberry a consacré une étude fort curieuse à l’art des jardins de l’ancienne Egypte, et il montre que, jadis comme aujourd’hui, les habitants se voyaient forcés de se créer artificiellement l’ombre qui manque presque complètement dans tout le pays. Celui-ci est, en effet, alternativement plongé dans la sécheresse ou sous les inondations du Nil, les arbres indigènes sont rares, et c’est à peine s’ils donnent de l’ombre. C’est pour cela que la création de jardins était un luxe qu’on pouvait presque considérer comme une nécessité.
- —g)— Le Dr C.-G. Lamb vient de publier, dans le Phüosophical Magazine, les résultats curieux des recherches qu’il a poursuivies sur la distribution de l’induction magnétique le long d’une longue baguette de fer cylindrique. Quand cette verge est faiblement ma-nétisée, les positions moyennes de ses pôles sont relativement près es extrémités de la baguette, avec une magnétisation plus forte, ces pôles se déplacent en s’éloignant des extrémités, et lorsque la magnétisation est très intense, ils se rapprochent au contraire de plus en plus des bouts de la baguette.
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- Communications. — M. A. Poiteau, à Lille, nous écrit
- qu’il existe dans la région du Nord une maladie de la vigne à laquelle on a donné le nom de Blanc de la Vigne, se rapprochant en apparence de l’oïdium et du mildiou, mais en différant cependant par des caractères essentiels; la nature de cette maladie est encore inconnue. Notre correspondant nous fait connaître qu’il est arrivé à la combattre en plantant des tomates en assez grande quantité au pied des vignes. Depuis lors, la maladie a disparu et les vignes poussent bien. L’expérience a été faite par plusieurs personnes et a toujours réussi. La tomate par son odeur éloigne tous les insectes.
- M. P. Beuf, à Arles, nous envoie la communication suivante : « La malheureuse catastrophe du Péage du Roussillon nous a suggéré l’idée d’un système que les compagnies de chemin’ de fer pourraient bien mettre à exécution. Afin d’éviter le retour ‘de pareils accidents, il faudrait que les mécaniciens de deux trains se trouvant sur la même voie, dans un parcours de
- 10 kilomètres, fussent prévenus par la sonnerie d’un timbre électrique ; dans ces cas, le mécanicien du dernier train aurait le temps de fermer le régulateur de sa machine et de modérer la marche de son train jusqu’à la rencontre de celui qui le précéderait. Voici le moyen que nous proposons : établir un fil conducteur qui longerait le rail pendant un parcours de 10 kilomètres. Les machines seraient pourvues chacune d’un fort timbre électrique placé de façon à éveiller l’attention du mécanicien, et un balai en fils de cuivre à frottement doux, communiquant avec le timbre, viendrait glisser sur le fil en question;
- 11 est facile de comprendre qu’une fois établie, la communication ne pourrait se faire ou avoir lieu que lorsque les deux machines se trouveraient en même temps sur la section des 10 kilomètres de fils placés à cet effet. Après cette distance viendrait une solution de continuité de 500 mètres. Des poteaux indicateurs seraient placés devant les 1er, 5e, et 10e kilomètres pour indiquer le fil; des poteaux différant des premiers feraient connaître le commencement et la fin des 500 mètres de solution de continuité. Il nous semble qu’avec ce système, joint à celui déjà formulé, on pourrait prévenir beaucoup d’accidents. »
- - M. Alexis Abry, à Kieff, nous écrit la lettre suivante : « La différence de 12 jours existant entre les calendriers Julien et Grégorien est, à partir du 1er mars, encore augmentée d’une unité : ainsi le 1er mars en Russie sera le 14 dans les "autres pays où le mois de février 1900 n’a que 28 jours. En Russie, Tannée 1900 est bissextile comme elle devrait l’être chez nous par son rang de quatrième année si nous ne tenions pas compte de la différence de 45' de trop en faisant chaque quatrième année de 366 jours [et en retranchant trois jours tous les 400 ans, c’est-à-dire que la dernière année des trois derniers siècles n’est pas bissextile quoiqu’elle doive l’être j>ar son rang de quatrième année, tandis que l’an 2000 aura 066 jours. »
- Renseignements. — M. Gonzalo del Campo, à Cijon. — 1° Vous trouverez des livres sur ces questions à la - librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas d’ouvrage sur ces sujets.
- M. de S.-Maurice, à Sétif. — Votre lettre a été envoyée à la Société des voitures à vapeur Scotte, 56, rue de Provence, à Paris.
- M. le professeur Filippore, à Licata (Sicilia). — La librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris, a publie plusieurs ouvrages sur les engrais.
- M. V. Accalli, à Florence. — Nous ne voyons aucune raison pour expliquer ce fait.
- M. J. Vacher, à Paris. — Le petit modèle de perceuse électrique, dont vous nous envoyez le dessin, nous paraît en effet assez pratique; mais il existe déjà beaucoup de modèles qui donnent des résultats satisfaisants.
- M. Brèche, à kLa Roche-sur-Yon. — Après examen de la
- question que vous nous posez, nous croyons que l’hélice donnera de meilleurs résultats. Mais il est intéressant de poursuivre la construction du nouveau propulseur et de faire des expériences comparatives.
- M. H. C., à S. — Les formes varient à l’infini ; on adopte le modèle qui semble convenir le mieux suivant l’applicatiorv que l’on a en vue.
- M. J. C. Ferreira, à Porto. — 1° Il n’existe pas 'de publication relative à cette fabrication. — 2° II faudrait vous-adresser aux librairies spécialistes.
- M. Varinois, à La Fère. — Vous trouverez des ouvrages de-ce genre à la librairie Desforges, 41, quai des Grands-Augus-tins, à Paris.
- M. Mauny, à Cerisy-la-Salle, — De nombreuses descriptions ont été publiées; mais on ne donne pas de détails de construction.
- M. C. L.,'d Saint-Fons. — Veuillez vous adresser à la Revue industrielle, 17, boulevard de la Madeleine, à Paris.
- M. P. A., à Carcassonne. — Il faut vous adresser directement à l’auteur à l’université de Genève.
- il/. Ed. Faria, à Villa Nova de Famalicao. — 1° Turbine à vapeur de Laval, 48, rue de la Victoire, à Paris. — 2° Le-moteur Diesel est construit par la Compagnie des moteurs 5 gaz, 15, avenue de l’Opéra, à Paris.
- M. L. Delafons, à Paris. — Nous n’avons pas encore de renseignements précis à cet égard.
- M. Pellechet, à Bordeaux. — Vos réflexions sont très justes; remerciements.
- M. Ed. Eymar, à Marseille. — Nous prenons bonne note de votre communication et nous vous remercions.
- M. R. Larran, à Bordeaux. — Nous n’avons rien à ajouter aux renseignements que nous avons déjà publiés à ce sujet. ,
- Un abonné, à Nancy. — 1° Constructeurs d’appareils pour canots : M. Tellier, 52, rue de la Râpée ; M. Chavenon, 3, boulevard Morland ; M. Bonnet, 4, rue de la Bastille, à Paris ; M. Bessonneau, à Angers. — 2° Paliers à billes: M. Bellair, 17, rue des 3 bornes, à Paris; MM. Guilliet et fils, à Auxerre-(Yonne).
- il/, fl. Cavrel, à Rouen. — Pour enlever sur les ongles la coloration persistante que donne le diamidophénol, pendant l’opération au développement, il faut employer la pierre ponce avec l’acide citrique ou oxalique.
- M. F. Roy, à Paris. — A notre grand regret, nous n’avons-pu trouver aucun ouvrage traitant cette question.
- M. Tonis, à Moisrille. — Vous pouvez vous adresser à la maison Clermont-IIuet, 114, rue du Temple, à Paris.
- M. Kémal Eram, à Constantinople. —La librairie B. Tignoly 53 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris, a publié une série de livres sur la téléphonie, la sonnerie et la lumière électrique.
- M. Cl. Gnerry, à Paris. — L’adresse que nous avons donnée est exacte : MM. J. Loubat et Cie, 15, boulevard Saint-Martin-
- M. M. B., à Khroub. — Dans votre cas particulier le moyeu le plus simple sera de gratter l’intérieur du tuyau.
- M. A. Grellon, à Paris. — Ces questions sont un peu spéciales; nous vous donnerons satisfaction dans les limites possibles.
- il/ P. Thouraz-Martins, à Braga, Montariol (Portugal). — Le-svstème de H. Riché, pour la production d’un nouveau gaz, est intéressant ; il a déjà donné des résultats satisfaisants.
- M. Laurent Simondin, à Palermo. — 1° Adressez-vous à M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris. — 2° Yous-pourriez avoir ces renseignements en écrivant au secrétaire général de la Société des Ingénieurs civils, 19, rue Blanche, à Paris.
- M. B. M. P., à Paris. — Nous n’avons pu retrouver Cadres-e du fabricant de la veilleuse dont vous parlez; mais-vous trouverez divers modèles de veilleuses chez M. Bourrin, 20, passage de l’Industrie ; chez MM. Carrière, 54, rue de l’Arbre-Sec, à Paris, ou chez M. Gùillon, 55, rue de Corneille, à Levallois-Perret (Seine).
- M. X., à Paris. — 1° Le brevet de la Compagnie Auer prend fin le 23 septembre 1900. — 2° Le brevet ne pourrait être renouvelé que par un décret du Conseil d’État.
- M. J. Saussié, à Paris. — Très bonne idée dont nous vous-remercions; mais il y a de grandes difficultés à cause du nombre de personnes.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. J. Bustarret, à Paris. Nous avons reçu votre lettre; remerciements. — M. D. Lenon, à Brest. Nous avons donné tous ces renseignements. — M. D. R., à Blois; M. Jupart, à Versailles. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 3e série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dupont, à Lille. Remerciements pour votre envoi.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Nouveau système de contrôleur de ronde. — Les
- contrôleurs de ronde habituellement employés comprennent une sorte de grosse montre, contenant un cadran de papier, que l’homme de ronde va présenter successivement devant une sorte de poinçon comportant à son extrémité une lettre ou un signe : quand il appuie sur ce poinçon le cadran de papier, la lettre ou le signe s’y imprime. On peut être sûr de la sorte que le gardien a bien été là où se trouve fixé ledit poinçon ; mais celui-ci doit être mis à l’abri des chocs dans une boîte en fonte qui, sans être très volumineuse, n’est pas particulièrement décorative. Un inventeur, M. Ilahn, a imaginé un système dans lequel il suffit d’accrocher une simple clef de façon, bien entendu, qu’elle ne puisse être enlevée ni empruntée, dans la pièce où l’on veut que l’homme de ronde vienne faire viser pour ainsi dire sa feuille de route.
- Nous donnons une vue d’une des clefs ainsi employées, et de la montre enregistreuse, avec son boîtier ouvert, laissant apercevoir, sur son cadran de papier, l’inscription des douze
- Nouveau système de contrôleur de rondes.
- clefs successives devant lesquelles passe et se fait contrôler le gardien. Bien .entendu, on peut fabriquer des cadrans pour un nombre moindre ou pour un nombre supérieur de stations. Nous n’avons pas besoin de faire remarquer (car on l’aperçoit sur la figure) que le( cadran de papier présente une série de divisions rayonnantes qui correspondent aux heures et aux minutes de 10 en 10 et même de 5 en 5. Quand le gardien insère dans le trou disposé dans sa montre la clef d’une des stations, le numéro correspondant à cette station vient s’imprimer sur le papier, en face même de l’heure correspondante. Ces inscriptions successives se font du reste en hélice, afin qu’elles ne .puissent se brouiller en empiétant les unes sur les autres.
- Chaque clef est construite de telle sorte que, par sa seule pénétration dans le trou de la montre, elle fait abaisser le numéro correspondant imprimeur, qui normalement est relevé, et se trouve sous le boîtier même de la montre à l’abri de la serrure qui ferme celui-ci. — L’appareil est en vente à la C. Nanz and Co, 127, Duane Street, New-York.
- Tournevis A levier. — Souvent les vis sont trop dures à faire pénétrer pour qu’on puisse se servir d’un tournevis ordi-
- r Tournevis à levier.
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- naire et, dans ce cas, il faut emmancher une lame de tournevis dans un vilebrequin. Mais, comme un vilebrequin est toujours encombrant à emporter dans une boîte à outils, une maison de Buffalo s’est mise à construire des tournevis très
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- longs d’abord, ce qui est bien reconnu pour donner plus de force à la main de l’ouvrier, et dont le manche peut sç monter soit en prolongement de la lame (comme l’indique en pointillé la figure ci-dessus), soit perpendiculairement à cette lame, de manière que l’outil dans son ensemble ait l’aspect d’un T. Ce manche est du reste en cuir épais, ce qu’on recommande comme une excellente matière. — Le tournevis à levier se trouve à 1' « Union Manufacturing Co », Buffalo, Etat de New-York.
- Curieux arrêt de trappe. — En réalité, l’invention en question est faite pour s’appliquer spécialement aux fenêtres dites à guillotine, si universellement adoptées dans les pays de langue anglaise : bien qu’en France, au contraire, elles soient à peu près inconnues, il peut y avoir cependant grand intérêt, notamment pour certaines devantures de magasins qui s’ouvrent par glissement vertical et qui vont se multipliant, à posséder un système d’arrêt qui immobilise complètement ces trappes, et empêche de les ouvrir par l’extérieur. Ce desideratum est tout à fait comblé par le dispositif que représente là figure ci-jointe.
- C’est une sorte de pied-de-biche qui est maintenu norma-
- Arrct de trappe.
- lement appliqué contre le montant dormant le long duquel peut glisser la trappe, grâce à un ressort antagoniste que notre dessin laisse suffisamment deviner. Quand on veut soulever le châssis mobile sur lequel est vissé l’arrêt, on n’a qu’à appuver du doigt sur l’élargissement que présente le petit bras de levier opposé au pied-de-biche. D’ailleurs, on peut aussi visser cet arrêt (en renversant les rôles) sur le châssis mobile, alors il viendra frotter sur le cadre dormant, et, quand le châssis mobile sera soulevé plus ou moins, il le maintiendra dans cette position.
- Nous n’insisterons pas davantage sur le mécanisme aisément compréhensible de cet appareil, qui porte le nom suggestif, mais un peu compliqué, de « Œfinger’s automatic and burglar proof sash lock ». — On le trouve en vente chez M. Œfinger, 7, South Jefferson Street, Chicago.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Colle pour fixer les étiquettes sur le fer-blanc, — Le procédé est fort simple : il consiste uniquement à humecter avec de l’acide chlorhydrique, au lieu d’eau, les étiquettes gommées à l’avance qu’on emploie couramment : on laisse à l’air ensuite deux jours, ce qui fait évaporer l’excès d’acide non combiné avec le métal.
- Pour détruire les souris. — Dans cette recette qui peut paraître bizarre au moins par un de ses constituants, et qui est pourtant donnée par un grave organe américain, on commence par prendre un oignon, que l’on coupe très fin et .que l’on fait frire, jusqu’à ce qu’il brunisse, avec 500 parties de lard et une demi de suif. On ajoute ensuite à la friture 5 parties d’acide salicylique, puis on brasse' et on additionne de 500 parties de carbonate de baryum, et enfin de 50 d’unë solution d’ammoniaque, d’acétate de cuivre ou de vert-de-gris.
- Composition pour embaumer. — M. J.-W. Wagner emploie, à sa grande satisfaction, un liquide composé comme suit : 500 grammes de sel de cuisine, 750 d’alun, 350 d’acide arsé---nieux, 120 de chlorure de zinc,* 90 de chlorure de mercure et 6000 d’une solution à 40 pour 100 de formaldéhyde ; enfin on ajoute une quantité d’eau suffisante pour donner un poids total de 24000 grammes.
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- Pommade pour les lèvres. — La publication allemande « Neuesté Erfindungen Und Erfahrungen », à laquelle nous faisons souvent des emprunts, signale une formule de pommade pour les lèvres qui ne rancit point. Elle se compose de 80 parties de paraffine, d’autant de vaseline, d’une demi d’anchusine (principe colorant de l’orcanette), d’une d’huile de berga-motte et d’autant d’huile de citron.
- Cire jaune pour le cuir. — Pour fabriquer une bonne cire jaune, ou plutôt légèrement brune, pour les'souliers et le cuir en général, faites fondre soigneusement 4 parties de cire jaune et 12 d’essence de térébenthine; quand la mixture n’est pas encore refroidie, vous y ajoutez une solution chaude elle-même de 12 parties de savon dans 10 d’eau, et vous brassez le tout jusqu’à refroidissement complet. Vous pouvez ensuite ajouter le colorant en brun suivant la nuance que vous désirez obtenir.
- Le nettoyage des globes de lampes. —- Les globes de lampes, dont on faisait si grand usage dans notre enfance, sont quelque peu abandonnés aujourd’hui, on leur préfère généralement les abat-jour; cependant, comme ils sont loin d’avoir complètement disparu, et qu’ils reviendront peut-être un jour plus que jamais de mode, signalons, avec notre con-
- frère « Neueste Erfindungen », la recette suivante pour nettoyer lesdits globes des taches graisseuses qui viennent si fré-uemment salir de façon -désagréable l’intérieur de ces boules e verre dépoli. On verse dans le globe deux cuillerées d’une solution de potasse légèrement chaude, de façon à en humecter toute la surface interne, et on frotte ensuite avec un chiffon de toile très fin autant que possible. Bien entendu c’est surtout sur les taches que l’on doit frotter. On rince alors à l’eau claire, et finalement on sèche soigneusement avec un linge doux, de manière qu’il ne reste aucune trace d’humidité, ce qui ferait aisément craquer le verre.
- Solution contre les vers des étoffes et des fourrures. — C’est l’éternel idéal que poursuit la maîtresse de maison, et qui préserverait la garde-robe contre les dévastations de toutes sortes qui se commettent sur les vêtements enfermés. Le mélange précieux (qu’on nous donne du moins comme précieux) se compose de-500 parties d’alcool dans lesquelles on fait dissoudre une série d’ingrédients : FO parties de naphtaline, 10 d’acide phénique, 5 de camphre, autant d’essence de citron, 2 d’huile de thym, 2 d’huile de lavande, et enfin autant d’huilé de la plante qui est connue sous le nom de sabina ou savinier.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HECRES D0 MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 février . . 8*,3 S. E. 2. Couvert. 4,7 Très nuag. ; pluie de 4 à 8 h. et quelques autres averses.
- Mardi 27 8*,9 S. 4. Couvert. 2,1 Très nuag. jusqu’à 10 h. ; couv. ensuite; halo ; pluie de 11 h. à 16 h. 30.
- Mercredi 28. . . . 8-,2 W, S. W. 2. Couvert. 2,0 Couv. ; petite pluie de 20 à 21 h.
- Jeudi 1" mars. . . . 5%8 N. E. 3. Couvert. . 1,3 Couv. jusqu’à 13 h.; puis nuag. ; beau après 18 h.; pluie à plusieurs reprises.
- Vendredi 2 — 2% 5 S. W. i. Couvert. 0,0 Beau jusqu’à 6 h. ; très nuag. ensuite; quelquefois des grains de neige et grêle. Éclaircies à 1 h. ; couv. ensuite ; grêle à 9 et 18 h. ; un peu de pluie à 19 h. 45.
- Samedi 5 0\2 S. S. E. 1. Couvert. 00
- Dimanche 4 1*.0 N. 4. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 8 h.; puis nuag. ; beau après 20 li. : grains de neige a 9 h. 20.
- FEVRIER-MARS 1900. — SEMAINE DU LUNDI 26 FÉVRIER AU DIMANCHE 4 MARS.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à coule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- lia pluie et la température. — A la fin du mois de février et dans les premiers jours de mars, on a signalé des "pluies de tous cotés et en même temps un relèvement de 1» température.
- Le 25 février, des pluies sont tombées dans le nord-ouest de l’Europe ; en France, ou a recueilli 6 mm. d’eau au Havre, 5 à Dunkerque, 1 au Mans. Un a signalé des orages à Biarritz, Ilochefort, Sicié.
- La température était 10° à Paris, 23° à Alger, 8° au puy de Dôme, 1° au mont V'entoux et au pic du Midi.
- A Paris, le 2i février, la m>venne était de 12°,3, supérieure de 7°,7 à la normale. Le 27 février, les pluies, en France, ont été générales; on a recueilli 11 mm. d’eau à Besançon, 10 à Bordeaux, 9 à Nantes, 5 à Paris, 11 à Limoges. Des pluies sont encore tombées en France, à Biarritz, Limoges, Paris, Lyon, le 28 février. La température était de 8° à Paris.
- A partir du 1" mars, la température s’est abaissée, jusqu'à — 4° dans la nuit du 4 à Paris. Dans la nuit du 3 au 4 mars, aurore boréale ; tremblement de terre à Vérone. Neiges abondantes daus l'est et dans le midi.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 1", à 11 h. 3i -du matin.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Paris et la France n’ont pas seuls été frappés par la catastrophe du Théâtre-Français. Notre grande scène nationale jouit d’un renom qui dépasse nos frontières, et le monde civilisé a appris avec une douloureuse stupeur la destruction de ce sanctuaire de*l art classique. Depuis plus, d’un siècle, depuis le 19 mars 1799, la maison de Molière était, installée dans l’immeuble dont il ne reste guère plus que les murs calcinés. Tout a brûlé le 8 mars de midi à 2 heures. La cause? La saura-t-on jamais. On a attribué l’incendie au calorifère, on a prétendu que c’est l’électricité qui, en créant un court circuit, mit le feu au rideau. On ne peut s’empêcher en tout cas de faire quelques constatations navrantes. Il y a une Commission des théâtres; elle a tout discuté, tout arrêté pour mettre le public à l’abri du danger. Brusquement un théâtre brûle et tout le monde est pris au dépourvu. Le rideau de fer qui doit séparer la scène de la salle n’est pas abaissé malgré le règlement ; le service de grand secours, c’est-à-dire le réservoir d’eau qui doit inonder la salle à la première alerte, ne peut fonctionner. Les pompiers, prévenus tardivement, ont de la peine à se procurer de 1 eau ; de la peine à préparer l’attaque du feu. Il n’y a aucun agent responsable au théâtre. C’est l’heure du déjeuner: Aucun signal pour avertir les artistes qui ont leur loge sous les combles. Aucun pompier de service. Aucun agent connaissant la manœuvre de grand secours. Rien. Aucun renseignement sur le théâtre et sa défense ! C’est le désordre le plus absolu, le manque de contrôle, le manque de secours. Le théâtre est là, livré à lui-même, avec quelques ouvriers qui déjeunent!
- Et on croit avoir pris pour nos théâtres toutes les précautions de prudence. Et il y a de nombreuses séances de Commission. Et des tournéeS"d’inspection ! Ironie. Tout est sur le papier et rien ne fonctionne à l’heure maudite où tout devrait être prêt.
- • Les pompiers ne connaissaient pas le théâtre ; ils ne savent se diriger dans le dédale des escaliers et des couloirs. Rien ne peut les aider dans leur œuvre de dévouement. Et tous les matins on apprend à des conscrits le maniement du fusil et du canon. Ne serait-il pas aussi utile d’apprendre de même aux pompiers à attaquer l’incendie dâns chaque théâtre, à contrôler les prises d’eau, bref à faire l’exercice du feu. Ne devrait-on pas chaque mois au moins s’assurer comment fonctionnent les bouches d’eau, les services de grand secours? Ne devrait-on pas enfin pour les théâtres exiger ce que font les directions des grands magasins : la présence constante et à toute heure d’agents de grand’gardes prêts, au premier cri d’alarme, à inonder la salle et la scène? En vérité, c’est renversant! Une représentation va avoir lieu. 1200 personnes vont s’entasser au centre d’un véritable bûcher qui peut prendre feu à tout instant. Et personne ne songé au danger. On déjeune. C’est l'heure du déjeuner. Personne! Et en quelques minutes, c’est le brasier ardent, la flamme qui crépite, et la mort. Il y a des Parisiens qui, depuis l’incendie de l’Opéra-Comique, n’ont jamais voulu remettre les pieds dans un théâtre. Ont-ils tort? Toutes les précautions sont prises administrativement... mais qui prouve qu’on exécute les recommandations. Hélas! l’événement est d’hier et démontre que la surveillance est nulle et la sécurité problématique. La vraie cause de la catastrophe, -c’est l’heure, l’heure du déjeuner et l’absence dé tout poste d’alarme et de secours. C’est lamentable.
- .—®— De 1763 à 1900, on a relevé environ 27 incendies de théâtres à Paris et ce sont les théâtres subventionnés qui ont été incendiés le plus de fois. L’Opéra a brûlé en avril 1763, coür des Fontaines (Palais-Royal), puis encore en 1781. Le Grand-Opéra a brûlé en novembre 1873. Le Théâtre-Français, alors à l’Odéon, brûla en partie. En octobre 1827, le Théâtre-Français fut incendié par un feu qui prit dans la galerie de Nemours au Palais-Royal. En mai 1863, commencement d'incendie dans les dessous du Théâtre-
- Français. De même incendie du Théâtre-Italien ; incendie de l'Opéra» Comique, etc. Certains fatalistes prétendent qu’il est rare qu’un théâtre dure plus de 80 ans ; aussi quand on leur parle d aller passer une soirée au théâtre, ils commencent par s’informer de son âge. Il a 75 ans. Eh bien, nous n’irons pas, car il brûlera un de ces jours..., et la statistique n’est pas sans leur donner quelquefois raison.
- —®— A propos de la mort lamentable de M"° Jeanne Henriot (elle avait 22 ans!), au milieu du brasier ardent, beaucoup de personnes se sont demandé, comme pour la catastrophe du Bazar de la Charité, si les souffrances des victimes n’étaient pas horribles. Il convient de rassurer l’opinion. Le voisinage des flammes crée un milieu irrespirable d’acide carbonique et d’oxyde de carbone; la température élevée produit de son côté une sidération immédiate du système nerveux. L’asphyxie est instantanée et la victime, après avoir perdu connaissance, meurt par arrêt du réflexe respiratoire. Le feu poursuit son œuvre brutale de destruction; mais la sensibilité, et par suite la souffrance sont éteintes dès le début. Le mécanisme de la mort dans ce cas est certain pt de nature à atténuer la douleur de ceux qui ont assisté à ces drames terribles du feu.
- —(g)— Quelques journaux parlent avec certain enthousiasme du ballon dirigeable de M. Danilevsky, qui, plus heureux que le ballon du comte de Zeppelin, a pu résister aux bourrasques de cet hiver. Il est vrai qu’il est incomparativement plus petit. L’aérostat de M. Dani-lewsky a été mal décrit. Il s’agit d’un ballon aéroplane. Le ballon gonflé à l’hydrogène pur n’a d’autre fonction que d’équilibrer strictement le système dans l’atmosphère. L’ascension n’a neu que sous l’influence des ailes fixées au ballon. Imaginez un gros obus, la pointe en l’air et à la base des espèces de persiennes dont les mouvements en agissant sur l’air déterminent la montée ou la descente du ballon. C’est donc un système.mixte, un ballon aéroplane. Les ailes, en glissant sur l’air, impriment au système non seulement un mouvement de montée, mais encore une direction' déterminée. Le système Danilevsky a été construit aux frais du gouvernement russe. Il s’agit seulement pour le moment d’un appareil d’essai mû à bras d’hommes. On a voulu savoir ce que donnerait le système au point de vue de l’équilibre, et quatre hommes ont suffi par temps calme à faire déplacer l’aérostat et, dit-on, même à le diriger assez pour qu’il revienne à son point de départ. La caractéristique est donc d’avoir diminué le volume autant que possible pour diminuer les efforts de traction. Ces expériences sont intéressantes; mais il faudra savoir comment se comportera ce ballon à ailes quand il y aura de la brise. Tout système qui ne pourra emporter une machine suffisamment puissante pour lutter contre un vent d’au moins 12 mètres à la seconde, n’aura jamais aucune portée pratique.
- —g)— Le 5 mars, à 6 heures du soir, tremblement de terre dans le Tyrol méridional. Les secousses ont été ressenties dans le Tren-tin; elles ont été violentes à Arco. Il y a eu d’abord deux chocs violents, puis d’autres moins prononcés.
- Une tourmente de neige s’est abattue le 5 mars sur Privas et la région montagneuse au département. Le froid a été très vif et a persisté pendant plusieurs jours. Les arbres fruitiers, qui étaient en fleure, sont gelés dans les vallées. La récolte des pêchers et des amandiers est complètement perdue.
- A Perpignan, il a fait également un froid très vif accompagné d’un vent violent de nord-ouest. La neige est tombée en abondance sur le canton de Saint-Paul-de-Fenouillet, arrondissement de Perpignan. De fortes gelées ont été signalées dans les cantons élevés dfe l’arrondissement de Prades.
- En Suisse, on a relevé au même moment, c’est-à-dire vers le 6 mare des froids de —8°, les plus rigoureux de l’hiver et à Berne jusqu’à — 11°.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. Alexandre Nippa, à Iwanino (Russie), nous adresse la lettre suivante : « On avait beaucoup parlé en 1897 d’un canal de la mer d’Azow à la mer Caspienne. Ce canal maritime de la Baltique à la mer Noire est toujours resté à l’état de projet et contrairement à ce qui a été dit, n’a jamais été réalisé, 11 y a un autre projet d’une importance véritable et universelle, c’est le projet gigantesque d’un canal maritime au niveau de la mer entre les mers d’Azow et Caspienne à travers les vastes plaines du Caucase nord. Un tel canal, pour la construction duquel sont tout à fait appropriés les lits des rivières Couma et Slanysch, amènerait les eaux de la mer d’Azow sur les déserts sablonneux, environnant les mers Caspienne et d’Aral, qui sont situées au-dessous du niveau de l’Océan près de 25 mètres et en quelques endroits plus bas encore (il y a des endroits de 500 mètres au-dessous du niveau de l’Océan). Sans parler des résultats commerciaux de haute importance et de la conquête pacilique et complète de l’Asie centrale par la civilisation européenne, représentée par l’empire Russe qui résulteraient de l’exécution de ce projet, il y a d’autres conséquences immédiates d’une grande importance universelle et locale. La première conséquence serait sans doute telle, que le climat de toute l’Asie centrale russe et d’une majeure partie de la Sibérie et de la Russie proprement dite, devrait se modifier. La surface de la mer Caspienne augmenterait plus de quatre fois et la vaporisation de l’eau et la naissance des nuages en résulterait aussi. Pour ces diverses causes les grands froids d’hiver et les sécheresses insupportables de l’été céderaient la place à un climat plus tempéré et plus pluvial ; c’est ce but qui serait tout à fait à souhaiter pour l’agriculture de ces contrées. Quant à la possibilité de la réalisation de ce projet, il n'y a point des difficultés insurmontables. Les plaines des rivières Couma et Ma-nysch sont peu élevées au-dessus du niveau de la mer et les terrains mous des plaines permettent sans difficultés le travail des machines. La submersion des grandes villes et des terrains d’un haut prix n’existe point sur les rivages des mers Caspienne et d’Aral, parce que les rives occidentales de la Caspienne, sur lesquelles sont situées presque toutes les villes d’une importance réelle, sont assez élevées pour ne craindre aucune submersion. En outre la submersion peut arriver pour quelques villes dans le nord du Caspienne, mais c’est après une série de longues années que la transportation des quelques villes aurait lieu, parce que le canal Azow-Caspienne n’amènerait les eaux, en une quantité considérable, qu’après l’élargissement consécutif du canal. Le projet n’est point en exécution, c’est plutôt une idée géniale, qui attend encore un homme qui consacrerait toute sa vie à sa propagation, mais il y a déjà des hommes éminents et bien connus qui s’intéressent à ce projet gigantesque. »
- MM. les Drs J. Henriot et R. Anthony, à Lyon, nous envoient une Notice contenant une étude Sur un cas d'anomalie du grand pectoral chez l'homme. Ils ont présenté ce travail à la Société d’anthropologie de Lyon.
- M. G. Tardieu, à Sisteron, nous transmet les renseignements suivants : « Deux secousses de tremblement de terre se sont produites à Sisteron le 1er mars, jeudi, à 5h35 et 5h40 idu matin. La première, dont la durée a été de cinq secondes, très approximativement, était composée d’une série d’oscillations, dirigées entre nord-ouest et sud-ouest (d’autres disentnord-sud). La seconde, deux à trois minutes plus tard, a été plus courte et n’avait rien de commun avec la première quant au genre d’ébranlement. Cette deuxième secousse ne fut point, en effet, une série d’oscillations, horizontales, mais bien un tremble-mentproduit de bas en haut, de l’intérieur à la croûte delà terre. Ces secousses ne paraissent pas, à lire les journaux quotidiens tout au moins, avoir été ressenties dans un rayon bien éloigné, surtout dans la direction ouest; tandis que, à l’est de Sisteron,
- dans la montagne, direction du nord des Alpes-Maritimes, les secousses ont été plus violentes, sans cependant dépasser les limites d’un phénomène ordinaire. »
- M. J. Gavet, à Nice, nous adresse un numéro du journal l’Eclaireur de Nice, dans lequel il donne la description de « La Baume Robert », qui présente un assez grand intérêt au point de vue géologique et d’hydrologie souterraine.
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- Renseignements. —M. Sanitas, à Saint-Affrique. — 1° Les aspersions de sulfate de cuivre ne sont pas nuisibles en général parce qu’en tombant sur le sol, le sulfate de cuivre rencontre de la chaux ; il se forme du sulfate de chaux inoffensif et de l’oxyde de cuivre insoluble et par suite non toxique. — 2“ En ce qui concerne le sulfatage des graines, le composé cuivrique leur est indifférent pour la bonne raison qu’il ne traverse pas suffisamment le tégument pour atteindre le germe. Et d’autre part les embryons y sont à l’état de vie ralentie et, comme M. Henri Coupin l’a montré, leur résistance aux poisons est considérablement plus grande (Voy. ses-études sur l’action du chloroforme). Et puis pourquoi ne répétez-vous pas vous-même les expériences décrites? Vous-verriez que les conclusions en sont rigoureusement exactes-et faciles à vérifier.
- M. B. F., à X. .— Vous aurez ce renseignement chez MM. Aulanier et C'% éditeurs de la « Construction moderne », j 15, rue Bonaparte, à Paris.
- M. Andreu, à Mahon. — Il s’agit d’un litre de boules humides, ce qui correspond à 100 centimètres cubes tout au plus de boules sèches de kéfir. On n’obtient pas une « pâte » comme vous dites, puisqu’on filtre.
- M. C. D. C., à Gand. — Demandez ces renseignements aii Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. A. S., à Grasse. — Adressez-vous à l’ancienne librairie Michelet, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. P. G., h Nancy. — Toutes vos descriptions et raisonnements sont intéressants; mais il faut des expériences pour fixer les résultats à atteindre.
- M. J. P., à Paris. — i°Le système de traction Diatto a été décrit dans le n° 1372 du 9 septembre 1899, p. 228, quand nous avons parlé de la traction électrique à Tours. — 2° Le tramway électrique Thomson-Houston de Bastille-Charenton à caniveau souterrain sur une longueur déterminée a été décrit dans le n° 1355 du 24 décembre 1898, p. 60.
- M. Ch. Stroud, à Montréal. — Nous n’avons aucune adresse à vous indiquer.
- M. F. G. da Silvia, à Elvas. — 1° Votre changement d’adresse a été fait. — 2° L’appareil ne se trouve pas dans le commerce.
- M. Cambrelin, à Ostende. — 1° Il ne faut pas mettre de vernis à cause du contact qui est nécessaire; mais il faut éviter que le liquide ne vienne toucher le cuivre. — 2° Le livreJ est épuisé et ne se trouve pas dans d’autres librairies.
- MM. Raden Cronow et Lacombe, à Aiguillon. — Nous avons reçu votre notice ; remerciements.
- M. R. de Goursky, à Varsovie. — Nous avons décrit une nouvelle pierre céramique dans le n® 1372 du 9 septembre 1899, p. 234; il faut s’adresser à la Société des procédés céramiques Garchey, 74, boulevard llaussmann, à Paris.
- M. l’abbé Ch. Vivet, à Beauvais. — Votre carte postale a été envoyée à l’auteur de l’article.
- M. A. Lagny, à Elbeuf. — 1° Vous trouverez ce produit au Comptoir général de photographie, que nous avons déjà indiqué plus haut. — 2° Nous n’avons pas en France d’établissement analogue; il y a des écoles de chimie industrielle à Paris, à Lyon, etc. — 3® Nous faisons rectifier votre adresse. — 4“ Le prix est de 3 francs cartonné.
- M. Boerescau, à Galatz. — Il suffit de vous adresser à une agence de brevets; elle se chargera de toutes les formalités à remplir.
- M. G., h Clermont. —Vous pourrez vous procurer des peintures ou enduits incombustibles pour le bois chez M. Fleury-Legrand, 3, rue des Urbanistes, à Lille, à la Société Uincom-bustibilitë, 139, rue Lafayette, ou à la Société pour la Séni-lisation des bois, 6, rue Le Peletier, à Paris.
- M. H. M., au Bouchet. — Nous n’avons pas d’autre adresse à vous indiquer.
- M. V. Chambat, à Vinay. — Nous avons reçu votre Notej remerciements.
- (Voir la suite de la Botte aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.)
- Dans la • Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
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- BOITE AUX LETTRES [Suite)
- M. Wattier, à Roubaix. — Cette conférence ne sera probablement pas publiée. Le sujet n’est pas neuf et a fait l’objet de communications antérieures.
- M. Rasse, à Liège. — Si votre procédé nous paraît pratique nous le mentionnerons.
- ' M. Valabrèg-ue, à Barcelone. — Cette adresse a été indiquée en tête de la Boîte aux lettres du numéro qui contient la description de l’appareil.
- M. E. Miclotte, à Paris. •— Contrairement à ce que vous paraissez croire, aucun des trains de la Compagnie du Nord n’effectue le trajet sans arrêt de Paris à Calais non plus que de Paris à Feignies. Les indicateurs et les affiches mises à la disposition du public ne renseignent pas sur les arrêts de service qui ont lieu respectivement à Abbeville (ligne Paris-Calais) et Busigny (ligne Paris-Bruxelles) pour prendre de l’eau ; la Compagnie du Nord n’a en effet pas encore installé des bacs de
- Srise d’eau et, pour des trajets aussi considérables, il faudrait es tenders de 30 mètres cubes.
- Un artilleur, à Versailles. — La montre Cigale que nous avons décrite dans le n° 878 du 29 mars 1890, p. 269, se trouvait à cette époque chez M.E. Langlois, 23, rue Etienne-Marcel, à Paris.
- M. G. Dartnell, à Paris. — Vous trouverez à la librairie Vigot frères, 23, place de l’Ecole-de-Médecine, un livre qui pourra vous convenir, La cuisine végétarienne par le l)r Bonnejoy.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E., h Odessa. Nous ne connaissons pas la composition de ces rouleaux. — M. J. Lascombe, à la Tour. Il n’est guère possible d’utiliser celte essence. «— M. Dubosc, à Paris. Cette question est trop spéciale pour nos lecteurs. — M. Dubois, à Lille; M. G. B., à Paris, \oyez les Recettes et procédés utiles, Pe série, à la librairie Masson et Cie. —- M. Parant, à Brest. Ces formules sont données dans le même petit livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — M. L. R., à Paris. Remerciements pour votre communication.
- PETITES MENTIONS*
- Le cendrier coupe-cigare. — L’appareil suivant peut être très utile au fumeur. Il est formé d’une petite armature
- ?[ui se trouve placée dans une coupe en nickel. Sous la plate-orme de cette armature est fixé un couteau en forme de
- sifflet qui correspond au trou pratiqué sur la plate-forme. Si on place le bout d’un cigare dans le trou et si l’on appuie au-aessus, le pont de la plate-forme fait la bascule, fait jouer le couteau, fend le cigare et le ressort remet tout en place, la coupe forme cendrier. — Le cendrier coupe-cigare se trouve cljez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- Salière-poivrière. — Voici un petit article de ménage très simplifié; dans un même vase sont renfermés le poivre et le sel et il permet de saupoudrer à volonté très aisément
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- soit le sel, soit le poivre par la simple manœuvre du petit bou* ton a que l’on voit à la partie supérieure. En le poussant à gauche on rend libres les petits trous où passe le sel, et on ferme en même temps ceux du poivre, et à l’inverse lorsque
- Salière-poivrière. — 1. Vue d’ensemble. — 1. Poivrière intérieure.
- l’on tire le bouton à droite c’est le poivre qui arrive et le sel est fermé. L’usage de saupoudrer est beaucoup plus rationnel que celui de couteau ou de la pelle à 3el, qui sont moins pratiques. Avec ce système le poivre et le sel sont à l’abri de [la poussière. — La salière-poivrière se trouve à la même adresse que l’objet précédent.
- BIBLIOGRAPHIE
- La revue scientifique et industrielle de l’année, par J.-L. Breton. Année 1899. 1 vol. in-4°. Paris. E. Bernard et Cie, éditeurs. 1900. Prix : 15 francs.
- Dans cet intéressant volume, M. J.-L. Breton étudie et passe en revue plusieurs des plus importantes questions qui passionnent aujourd’hui l’industrie. La première partie est consacrée à la télégraphie sans fil; l’auteur examine successivement le principe fondamental, la transmission par ondes sonores, lumineuses, électro-magnétiques, électriques, et mentionne les principales applications. Dans la deuxième partie se trouve une étude de la commande électrique des machines, ainsi que la description de diverses machines-outils électriques, appareils de levage, ascen-i: seurs, ventilateurs électriques. L’énergie électrique dans les nùfié^j fait l’objet de la troisième partie. Après des chapitres spécüiuxjj sur les différents systèmes de transmission de force motrice cfiuigj les mines et sur la transmission électrique par courants contirihsj! alternatifs et polyphasés, l’auteur parle du transport des minerais] des perforatrices et haveuses électriques et de l’allumage éJbc-j trique des mines. Dans la quatrième partie se trouve une étqdtï relative à l’électricité médicale avec la description des dîvèrsj appareils et de leurs applications. La cinquième partie de Ppu-j vrage passe en revue les machines-outils à travailler les métaux ;; tours, machines à percer, à fraiser, â raboter, à mortaiser, el<e., ainsi que les marteaux-pilons, et un grand nombre de machines diverses.
- Traité de chimie analytique qualitative suivi de tables systématiques pour l'analyse minérale, par Louis Duparc, professeur de minéralogie et_ de pétrographie à l’université de Genève, et E. Degrange et A. Monnier, assistants au laboratoire de chimie analytique de l’université de Genève,. 1 vol. in-8°. Paris, F. Alcan, éditeur. 1900.
- Manuel pratique d’hygiène selon les programmes, par le Dr J. Constantin Gauthier, membre de la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle. 1 vol. in-16.
- Paris, Société d’éditions scientifiques. 1900.
- Leçons d'optique géométrique, par E. Wallon, professeur au lycée Janson-de-Sailly. 1 vol. m-8°. Gauthier-Villars, imprimeur libraire. Paris, 1900.
- L'échappement dans les machines à vapeur, par G. Leloutre.
- 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Librairie Gauthier Villars. Paris. 1900. Prix : 2fr,50, , broché; 3 francs, cartonné.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Album-Annuaire de l'Acétylène. — Deuxième année 1900. 1 vol. de la collection des albums de vulgarisation, par Paul Hubert, ingénieur. Lille, Le Bigot frères, imprimeurs-éditeurs. Prix net : 3 fr. 50.
- De Futilité publique des transmissions d’énergie, par A. Blox-uel, ingénieur des ponts et chaussées. 1 brochure in-8°. Paris. Y” Ch. Dunod, éditeur. Prix : 4 francs.
- Mesure des températures élevées, par H. Le Chatelier, ingénieur en chef du Corps des mines, professeur de chimie minérale au Collège de France, et 0. Boudouard, préparateur au Collège de France. 1 vol. in-8°. Paris, G. Carré et Nanti, éditeurs. 1900.
- Formules, recettes et tables pour la photographie et les procédés de reproduction, par le l)r J. M. Eder. Edition revue par l’auteur et traduite de l’allemand par G. Braun fds.. 1 vol. in-18. Librairie Gauthier-Viüars. Paris. 1900. Prix : 4 francs.
- Transactions of the American orthopédie Association. Thir-teenth Session, Held at New York. Yol. XII. 1 vol. in-8°. Philadelphia. 1899.
- La constitution du monde. Dynamique des atomes. Nouveaux principes de philosophie naturelle, par M"° Clémence, Rover. 1 vol. in-8°. Paris, Schleicher frères, éditeurs. Prix : 15 francs. 1900.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU HATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 mars. . . . - 2\6 N. N. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Très nuageux.
- Mardi 6 0%9 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; fines paillettes de neige à 8 h.
- Mercredi 7 2*,1 N. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert; gelée blanche; quelquefois de la bruine ou des gouttes.
- Jeudi 8 2\1 N. E. 0. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 17 li., puis peu nuageux; beau après 20 h.
- Vendredi 9 —1*,0 E. 1. Très nuageux. 0,0 Nuageux le matin; quelques nuages le soir; halo.
- Samedi 10 4%3 S. E. 1. Très nuageux. 0,0 Peu nuageux ; gelée blanche ; halo.
- Dimanche 11 ... . 3%6 S. S. E. 2. Nuageux. 0,0 Nuageux; gelée blanche; halo; gouttes à 18 h.
- MARS 1900. -- SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE 11 MARS.
- . j.iji j iii/di | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri i boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Pare Saint-Maur en février 190»
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi 749““, 13. Minimum 730““,98 le 19 â 5 heures 1 p du soir. Maximum 763”“,30 le 15 à 2 heures du matin ; à signaler l’ascension remarquable de 28”m,13 en 19 heures le 14 de 3 heures du matin à 10 heures du soir.
- Moyennes thermométriques : des minima 2\27 ; des maxima 8°,67; du mois 5°,47 ; vraie des 24 heures 5°,06. Minimum — 73,1 le 10 ; maximum 18°,2 le 25.11 y a eu 10 jours de gelée dont aucun sans dégel, et 4 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur, 5““,50 ; la moindre 2"“,3 le 8 à 7 heures et 8 heures du matin ; la plus grande 9”’,9 le 23 à 7 heures du soir.
- Humidité relative moyenne81 ; la moindre 34 le 21 à 2heures du soir; la plus grande 100 en 8 jours. i})
- Pluie 58’“,1 en 87 h. 1/2 réparties en 19 jours. Il y a eu 4 jourjj de neige dont un seul notable le 11 pendant lequel il y a eu le matin une couche de 35“” sur la terre, plus des grains de neige et des gouttes le 1" et des gouttes le 25. Un seul jour de petit brouillard, le 10 au matin. 11
- -Nébulosité moyenne 71.
- Vents dominants du S.-W., puis du N.-E., ils ont eu une intensité plus grande que d’ordinaire. Violentes tempêtes les 14,16 et 19.
- Deux jours d’orage : le 13, tonnerre de 7 h. 20 à 8 heures du soir. Le 20, de 1 h. 20 à 1 h. 30 du soir, avec pluie, grêle et neige fondante.
- Température moyenne de la Marne : le matin 4°,69 ; l’aprèsjnidf 4°,96 ; du mois 4°,83. Minimum 2°,42 le 12; maximum 9°,47 le 28. Trouble tout le mois; sa hauteur a varié de 5“,01 le 4, à 3“,75 le 14.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de février 1900 présente les résultats suivants : baromètre plus bas de 10*b,44. Il y a 21 ans que la pression atmosphérique n'avait étà-ayssi basse en .février. Thermomètre plus haut de ltt,47. Tension de la vapeur plus grande de 0““,39. Humidité relative moindre de 5. Ce chitfre, dans un mois sombre et pluvieux, est dû à la grande intensité du vent. Pluie plus forte de 24““,6. Nébulosité plus grande de 5.
- Nous avons noté les floraisons suivantes : le 16, arahis verna, primevère perce-neige ; 23, hépatique ; 24, nardosmia fragrans ; 25, tussilago farfara ; 27, iris de Perse.
- Ce mois est remarquable par les grands, mouvements du baromètre, la grande intensité du vent, la faiblesse de TinSolation, un maximum très élevé de la température, deux jours d’orage et le grand nombre de maladies.
- Relativement aux moyennes normales l’hiver de 1900 (décembre, janvier février) présente les résultats suivants :
- Écarts.
- Moyennes. Baromètre (midi) 754““,55 — 5,11 Thermomètre. 3°,32 -+- 0,67 (Tension de la yap. 5’*,20 -t-0,21
- Moyennes. Écarts» Humidité relat. 85,3 — 1,4 Nébulosité . . 71 -+- 2
- Pluie .... 187",1 -t- 73,5
- PHASES.DE LA LUNE : P. Q. le 8, à 5 h. 44 du matin.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Un arrêté de M. Millerand, ministre du commerce, vient -de fixer les conditions dans lesquelles les photographes pourront opérer, à l’Exposition. L’usage des appareils dits « à main » est absolument libre pendant toute la durée d’ouverture de l’enceinte au public; il n’est assujetti à aucune redevance. L’usage des appareils à pied ne peut avoir lieu que jusqu’à une heure de l’après-midi. il est subordonné à une autorisation écrite délivrée par le commissaire général et assujettie à une redevance. L’autorisation •est donnée soit pour une séance, soit pour la durée de l’Exposition. Dans le premier cas, le permissionnaire reçoit un ticket spécial du prix de 25 francs, dont le talon sera détaché à l’entrée. Dans le second cas, l’abonnement est constaté par une carte portant la photographie du permissionnaire. Il donne lieu au payement d’une redevance de 1000 francs par appareil. Mais cette redevance ne donne ni à l’opérateur, ni à ses aides, le droit d’entrée à l’Exposition. 11 faut attirer l’attention des photographes sur l’article 3, ainsi conçu : Aucun objet exposé ne peut être photographié sans l’autorisation écrite de l’exposant. Les intéressés doivent également se pourvoir, auprès des commissaires généraux étrangers et des concessionnaires, de l’autorisation pour la reproduction de leurs palais Ct pavillons. Ils assument l’entière responsabilité des reproductions et garantissent contre tout recours l’administration de Imposition.
- —!§>— M. Faye, membre de l’Institut, est nommé pour l’année 1900, président du Bureau des Longitudes ; M. le capitaine de vaisseau Guyou, vice-président; M. Lippmann, membre de l’Institut, secrétaire.
- —®— M. Crevat-Durand qui vient de mourir à Fontainebleau a fait différents legs qui s’élèvent à environ 750000 francs. Le généreux donateur a laissé 100 000 francs à l’Institut Pasteur de Paris.
- —®— Il vient de mourir, encore jeune, à Saint-Emilion, un physiologiste de valeur, M. le D* Louis Peyraud, médecin à Yichy. M. Peyraud était bien connu à la Société de biologie. C'est lui qui, peut-être le premier en date, eut l’idée de combattre les maladies infectieuses par les vaccins chimiques qui tendent à prendre aujourd’hui certaine place en thérapeutique. Il aété un initiateur dans cette voie, et il laisse d’importants travaux. C’est une perte regrettable. M. le Dr Peyraud était le beau-père de notre distingué collaborateur, M. E. Mury.
- —®— Le doyen des chasseurs vient de mourir dans l’Engadine, à l’âge de 80 ans. Le capitaine Rœdel était certes le doyen des nemrods de Suisse et d’ailleurs. Célébré chasseur de chamois, il ne doutait pas de ses forces, à peine diminuées par l’âge ; cet automne encore, il avait pris son permis de chasse et abattu maints chamois avec une sûreté étonnante.
- Diagnostic rapide de la rage. M. Vàn Gehuehten, de 1 Université de Louvain, publie, dans la Presse médicale, un travail établissant que la rage détermine des lésions caractéristiques dans les ganglions cérébro-spinaux. Il souligne en ces termes l’importance de sa découverte : « Jusqu’à présent, l’existence de la rage chez un chien mordeur ne pouvait être scientifiquement établie que par inoculation sur un lapin, et l’on devait attendre quinze à aix-huit jours avant de pouvoir se prononcer. De plus, ce procédé par inoculation n’est pas toujours applicable : pendant les grandes chaleurs de l’été, l’animal mordeur, abattu, arrive quelquefois en pleine décomposition, de telle sorte que le lapin inoculé succombe à une infection intercurrente avant que les symptômes de la rage aient pu se manifester. Actuellement, il’suffira d’examiner un des gan-
- glions cérébro-spinaux d’un animal mort de la rage pour pouvoir établir le diagnostic dans l’espace de quelques heures. »
- —-(§)— Perdrions-nous bientôt les demoiselles du téléphone ? On fait en ce moment à l’Administration des postes et des télégraphes des essais pour mettre en relation automatiquement les abonnés. L’appareil de mise en communication est disposé au Bureau central, et c’est l’abonné lui-même qui, en lançant le courant, l’actionne et l’oblige à le mettre en relation avec l’abonné demandé. Il y a disjonction aussitôt que les crochets du téléphone sont remis en place. Ce n’est pas la première fois que l’on essaie des systèmes de ce genre. Souhaitons que le dernier venu soit moins problématique que ses aînés.
- —(§!— A l’Administration des postes également, M. Mougeot se préoccupe de mettre en service un timbre qui indiquerait l’heure de la levée dans les boîtes de quartier, de sorte que le destinataire pourrait toujours contrôler le temps qu’une lettre a mis à lui parvenir. L’idée est excellente. Mais pour qu’elle soit efficace, il est indispensable que le timbre soit lisible. Or, il suffit au premier venu de regarder ses lettres pour s’apercevoir que la plupart du temps, on ne peut rien lire sur un timbre. Alors qu’à l’étranger, en Amérique surtout, où l’on timbre mécaniquement, les différents détails du timbre sont très nets, chez nous, c’est presque une exception quand on peut distinguer les dates et les distributions. Par suite, c’est avant tout le mode de timbrer qu’il serait utile d’améliorer. Le timbre est un contrôle de service; il est évident que s’il est illisible, il n’a plus aucune raison d’être. Donc, ajoutons Fheure, ce qui serait un grand progrès; mais, avant tout, que l’on puisse lire les dates et les pays ou les quartiers d’origine.
- —®— Un fait très curieux s’est produit ces jours-ci sur la ligne de Liège à Bruxelles. Le train devant arriver en gare à Bruxelles-Nord à 7h2 du soir, roulait à toute vapeur entre Tirlemont et Lou-vaio, quand soudain le machiniste aperçut des signaux d’alarme faits par un garde-barrière. Il stoppa aussitôt pour s’enquérir du motif de ces signaux. Il apprit alors que la lumière placée devant la locomotive était éteinte. Quand il voulut la rallumer, il ne fut pas peu surpris de trouver dans le réflecteur une grosse perdrix qui se débattait au milieu des débris de verre. L’oiseau avait dirigé son vol vers la lumière et avait brisé le disque. La pression de l’air occasionnée par la marche rapide du tram l’avait empêché de se dégager.
- —g)— M. Danlos a cité, à la Société des hôpitaux, une femme qui, il y a cinq ans, entra dans une brasserie où elle fut employée à trier le houblon. Au bout d’un mois, elle fut atteinte d’eczéma de la face et des mains et dut changer de profession. Il y a quelque temps elle essaya de nouveau de trier du houblon, et, au bout de deux jours, l’éruption se reproduisit. On ne connaît pas de faits analogues. C’est le lupulin qui paraît être la partie irritante du houblon. Il s’agit d’un eczéma artificiel à forme dysidrosique.
- —(g)— L’Observatoire de Paris a décidé d’envoyer deux astronomes sur le parcours de la ligne d’ombre qui traverse la péninsule Ibérique, pour observer l’éclipse du 28 mai. Ceux-ci se porteront avec leurs instruments dans deux localités distinctes afin d’augmenter les chances du beau temps. Un de ces savants est M. Bigourdan qui, en 1896, a dirigé une expédition analogue envoyée au Sénégal pour y observer la grande éclipse totale.
- M. Kohn, astronome de l’Observatoire de Strasbourg, a aussi l’intention de se rendre en Algérie. Le plateau de Sétif paraît offrir des conditions.particulièrement favorables à cause de sa grande élévation au-dessus du niveau de la Méditerranée. Il en est de même de la ville de Tebessa, station de la ligne de Constantine à Tunis, à cause de la proximité du désert.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. le Dr Lachize, à la Demi-Lune (Rhône), nous écrit : « Voire journal du 10 mars signale comme premier chemin de fer électrique fonctionnant en France le chemin de fer électrique de Laon, allant de la gare à la ville, longueur 1200 mètres. Je viens vous signaler un autre chemin de fer électrique en exploitation à Lyon, depuis plus d’un an. C’est la ligne de Lyon (Saint-Just) à Vaugneray, d’une longueur de il kilomètres; ingénieur directeur : M. Mollard. D’ici quelques mois, ce chemin de fer descendra du plateau de Fourvières à la Saône, au moyen d’une crémaillère. Je joins à ma lettre l’horaire de la Compagnie. Vous verrez que du Terpinien part un embranchement allant à Mornart. Sur cette ligne la traction se fait encore à la vapeur ; de Saint-Just à Vaugneray, la traction à vapeur a existé pendant une quinzaine d’années. Mais on doit remplacer aussi sur cet embranchement la traction à vapeur par la traction électrique. »
- Renseignements. — Un abonné, à X. — Remerciements pour vos justes observations.
- M. Z., à X. — 1° Nous ne pouvons vous indiquer de bibliothèque de ce genre. — 2° Le but de cette bibliographie est de faire connaître les ouvrages nouveaux. — 3° Nous avons indiqué une teinture brun châtain pour les cheveux dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie.
- M. Vassilesco, à Focsani. — 1° Pour cet appareil, il faut s’adresser à l’auteur de l’article, à l’Université ae Genève. — 2° Ce réchaud est en vente chez M. Kratz-Roussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- M. M. B., h. Orléans.— 1° Le numéro vous a été envoyé. — 2° Ces couleurs ne se trouvent pas encore dans le commerce. — 3° Nous y penserons.
- M. L. Caravaniez, à Tucuman. — On a déjà appliqué la traction électrique au labourage ; mais on a utilisé une canalisation aérienne avec trolley ; les avant-trains à accumulateurs présenteraient des inconvénients.
- M. G. Rose, à Poissy. — 1° Foyers fumivores de tous genres pour l’industrie: M. J. Hinstin, 25, rue de Turin, à Paris. — 2° Adressez-vous à la librairie Carré et Naud, 3, rue Racine, à Paris.
- M. M. Malichewsky, à Saratof. — Nous n’avons pas l’adresse exacte du constructeur; le fait a été mentionné par Railway Gazette.
- M. L. Marchetti, à Pans. — Remerciements pour vos renseignements.
- M. P. Jossot, à Dijon.— Le fait que vous nous signalez est intéressant ; mais nous ne pouvons le mentionner.
- M. Amido, à Marseille. — Nous avons donné un grand nombre de formules pour encres à tampon ; vous les trouverez dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- M. C. A. G., à Anvers. — Carton-pierre : M. Antigniat, 43, rue des Récollets; M. Rarbier, 82, rue d’Hauteville; M. Flandrin, 15, quai de Bourbon, à Paris.
- M. L. C., à Bordeaux. — Nous avons publié de nombreuses études sur le radiomètre de Crookes, notamment dans le n° 4 25, du 23 octobre 4875, p. 323, dans le n° 160 du 24 juin 1876, p. 60 et dans le n° 318, du 5 juillet 1879, p. 66.
- M. H. Leloir, à Paris. — On imperméabilise le bois en le recouvrant de plusieurs couches successives de silicate de potasse faiblement concentré ; on ne doit passer une couche nouvelle qu’après un intervalle de vingt-quatre heures. On obtient le même résultat en passant deux couches de peinture, la première étant absorbée par le bois.
- M. J. C. Ferreira de Castro, à Porto. — L’encre à marquer le linge indiquée dans le petit livre des Recettes, 5e sérié, vous donnera satisfaction.
- M. J. Casalis, à Orléans. — Nous venons de publier dans
- le n° 1398, du 10 mars 1900, p. 242, et dans le n° 1399, du 17 mars, p. 254, une étude sur l’industrie du savon dans laquelle vous trouverez les renseignements demandés.
- M. le Dr Freitas, à Ponte de Lima. — fl n’y a pas actuellement, pour la fabrication industrielle de l’alcool, d’autre procédé que la distillation des céréales. f
- M. L. F., à Albi. — Pour les ozonateurs rotatifs dont il a été question dans l’article paru dans le n° 1377, du 14 octobre 4899, p. 311, il faut vous adresser à M. Otto, 101, boulevard Murat, à Paris.
- M. A. Pescheur, à Clermont. — Les eaux sont peut-être très chargées en matières étrangères; il faudrait faire faire l’analyse des eaux pour connaître ces substances et les précipiter ensuite par les produits chimiques appropriés. L’écoulement pourrait peut-être après se faire facilement.
- M. M. Massias, à Marseille. — Il faudrait faire des essais d’incombustibilité avec du sulfate, du carbonate ou du phosphate d’ammoniaque. On trempe les poils de' chèvre dans des solutions peu étendues de ces produits et on laisse ensuite sécher. Vous pourriez essayer également des solutions de silicate de soudé et d’alun ordinaire.
- M. H. de Fontenailles, à X. — Nous avons fait connaître plusieurs formules de vernis noirs pour métaux dans les petits livres des Recettes et procédés utiles, 2*, 4e et 5e série, à la librairie Masson et C‘\ Vous pourriez aussi vous procurer directement des vernis noirs au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. H. fl., à 0. — Il nous est impossible d’entrer dans tous ces détails ; nous pensons toutefois que la roue libre est dangereuse.
- M. Carlo del Lungo, à Spezia. — 1° Non, on n’a jamais essayé parce qu’il faudrait des appareils à parois trop épaisses.
- — 2° On a construit le moteur Tellier. — 3° Non.
- M. E. Bernard, à Baku. — 1° Remerciements pour votre remarque. — 2° Les quatre appareils sont également recommandables.
- M. fl., à Périgueux. — Nous avons déjà donné plusieurs formules pour sensibiliser soi-même ses plaques.
- MM. Drapier, Planchon et C'”, à Barcelone. — Vous ne pourrez trouver des renseignements sur cette préparation que dans des traités de chimie industrielle, à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, ou à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. D. fl., à Paris. Il serait nécessaire ae faire faire l’analyse chimique pour pouvoir vous répondre. — M. L fl., à Lyon. Votre pile est usée; il faut renouveler le vase poreux. — M. L. Dumont, à Toulouse. Dans le schéma que vous nous avez envoyé, vous avez oublié de relier un des fils de la pile à la ligne; c’est de là que provient l’erreur. — M. Gérard, à Tours; M. fl. D.. à Bruxelles. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C**.
- — M. Debaret, à Lyon. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 4e série, à la même librairie. — M. Dulong, à Paris; M. Parot, à Orléans. Remerciements pour vos communications. .
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nettoyage des objets en étain. — Comme les articles en étain sont fort de mode, nous espérons que nos lecteurs trouveront quelque intérêt à la recette suivante, qui est donnée par le journal « Metallarbeiter ». Le nettoyage ordinaire des articles en étain se fait avec de la lessive chaude de cendres de bois et du sable fin : on étend d’abord la lessive, puis on applique le sable, et l’on frotte avec un chiffon de laine dur. Comme l’étain est un métal assez flexible, il fait bon prendre garde à ne pas le déformer par des pressions trop énergiques durant cette opération, et il est souvent bon dans ce but, surtout pour les plats, d’avoir une espèce de forme qui épouse complètement le métal et le soutient. Après le nettoyage premier, on rince à l’eau claire, et on place ensuite l’objet sur une table, en le recouvrant d’un linge de toile, et on l’y laisse sans le toucher aucunement jusqu’à ce qu’il soit totalement sec ; car autrement on y ferait des marques. Au reste, on peut éviter d’avoir recours souvent à ce récurage à fond, en nettoyant les objets en étain, chaque fois qu’ils ont servi, avec du son de blé. Ajoutons enfin que les articles en étain encore tout neufs peuvent être fort à propos polis avec une pâte de blanc d’Espagne et d’alcool, la proportion d’alcool devant être très faible, et le nettoyage ayant à être poursuivi jusqu’à ce que la masse employée soit complètement sèche.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes ’ les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Tournevis à cliquet,
- Tournevis à cliquet.— Pour les amateurs d’outillages sérieux et pratiques, voici un tournevis vraiment bien imaginé; grâce à son système de cliquet à l’intérieur du manche, il permet de s’en servir comme d’un vilebrequin, c’est-à-dire sans changer la main de place, soit à droite pour d visser, soit à gauche pour v dévisser et sans que l’outil ne quitte la vis ; on remarque sur l’armature de l’outil (n° 1) entre le manche et la lame qu’il existe un bouton poussoir qui, poussé soit en avant, soit en arrière, fait jouer un engrenage intérieur dont on voit les principales pièces en a, b, c, d, et qui vient faire l’arrêt nécessaire au fonctionnement. Avec ce tournevis on peut visser ou dévisser d’une seule main et avec la plus grande facilité. — L’appareil se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- Fixe-chaussettes. Boutons à pince pour pantalons. — Beaucoup de personnes ne peuvent supporter les jarretelles en caoutchouc qui ont l’inconvénient de serrer progressivement la jambe et sont susceptibles d’arrêter la circu-
- jfilM'ii
- i1*
- , 1. Fixe-chaussettes. — 2. Boutons mobiles pour pantalons.
- lation du sang. Le modèle de fixe-chaussettes qui nous est envoyé et que nous représentons par notre figure n° 1 est à l’abri de ces inconvénients; il est formé de deux petites pinces à ressort fixées aux deux extrémités d’une tige en sens opposé, l’une de ces pinces se fixe au caleçon et l’autre à la chaussette. Les boutons mobiles à pinces ne s’emploient que pour les
- Ïiantalons à bretelles. Ce bouton (n° 2) est de la forme et de a grandeur ordinaire, il est tout en métal et il est pourvu
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- d’un système de pince à ressort d’une grande résistance, il devient bouton universel, car il se place et se déplace à volonté. — Ces deux petits objets sont en vente à la même adresse que plus haut.
- „ Règle-plumier. — On” peut facilement utiliser l’intérieur d’une règle, puisqu’il n’y a que l’extérieur qui sert à tracer. Partant de ce principe le constructeur nous a apporté une règle [bien droite d’abord (n° 1) et qui ne jouera pas,
- La règle plumier.
- puisqu’elle est en métal; à l’intérieur est un tiroir n°2 qui contient les accessoires indispensables suivants: porte-plume, plumes, gomme, crayons, etc. Cette coulisse rentre dans la règle et donne l’aspect que représente le n° 3 de notre dessin, La règle-plumier est en vehte à l’adresse donnée plus haut, j
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Formules pour l'emploi de Veau chloroformée (Poi’chet.‘)
- L’eau chloroformée jouit d’une double propriété : elle exerce une action analgésiante locale sur la muqueuse gastro-intestinale d’une part et, d’autre part, elle constitue un excellent agent d’antisepsie intestinalé.
- La formule suivante donne une préparation agissant à la fois comme un somnifère et comme un calmant analgésique ;
- Chlorhydrate de morphine .... 60 grammes.
- Eau chloroformée saturée .... 1 ,7^" AO
- Eau de fleur d’oranger............| âa 0 gr. 02
- Sirop simple...................... 30 grammes.
- Dans la suivante, l’action sédative, antispasmodique du bromure de potassium s’associe à l’action analgésiante de l’eau chloroformée :
- l ff
- Bromure de potassium......2 à A grammes, j ,
- Eau chloroformée diluée .... 100 — |
- Eau de fleur d’oranger........ 30 — i îj
- Sirop simple ......... 20 — ’ j |*
- Pelade de la moustache (M. Brocq). ]
- 1° Tous les soirs, friction forte sur la plaque malade et:
- moins forte sur le reste de la moustache avec : ' A '
- : ’ 1?; .
- Acide acétique cristallisé .... 3 gr.
- Bichlorure d’hydrargyre .... 0 gr. 30
- Teinture de cantharides . , . . 15 gr.
- Alcoolat de Fioravanti.......... 30 gr.
- Eau de Cologne...................150 gr.
- 2° Pour la nuit, appliquer sur la plaque malade la pommade suivante :
- Oxyde jaune d’hydrargyre ... 0 gr. 50
- Goudron purifié............... 2 gr.
- Savon noir....................... Q. s.
- pour émulsionner.
- Vaseline pure.................... • 18 gr.
- 3° Tous les matins, frictions analogues à celle du soir, avec :
- Acide acétique cristallisé. ... 6 gr.
- Formol du commerce.............. 3 gr.
- Essence d’amandes amères ... Q. s,
- pour aromatiser.
- Alcool à 66».................... 200 gr.
- Ces formules étaient appliquées aussi à un cas de pelade de la nuque, laquelle, on le sait, est particulièrement rebelle. Dans ce cas, il faut faire arracher les cheveux qui tiennent mal tout autour, de la plaque, sans faire une épilation com-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- plète, et faire couper ce qui reste à 1 centimètre environ autour d’elle. On enlève ainsi les cheveux infectés et on détermine une zone d’observation facile à surveiller.
- (Journ. de Méd. et de Chir. prat.)
- Bu traitement des aliénés par le repos au lit (A. Trinchant),
- D’après 27 observations recueillies à l’asile de Pau, M. Claus-solles estime que le traitement des aliénés par le repos au lit doit être réservé seulement aux psychoses aiguës ou aux crises symptomatiques des vésanies chroniques. Il n’est pas partisan du repos permanent au lit, qu’il accuse de diminuer l’appétit, de produire la constipation, l’insomnie, le développement des troubles trophiques; mais il préfère le repos au lit coupé par des récréations et des promenades.
- A la fin du traitement, le pouls a été relevé chez les déprimés
- comme chez les ‘agités. La respiration a aussi augmenté, dans la proportion de 3 à 5 mouvements respiratoires par minute. La température s’est élevée dans les formes d’excitation, et a rétrogradé dans les formes dépressives. La nutrition générale a été en raison directe de l’état mental : activée ou ralentie, suivant que l’amélioration psychique était progressive ou nulle.
- Le traitement au lit exige une surveillance continue et nécessite des modifications dans l’organisation des asiles. Dans le traitement à l’état isolé, la solitude diminue la vive appréhension des lypémaniaques anxieux, évite la contagion des manifestations bruyantes chez les maniaques, surtout quand ils sont entachés d’hystérie. Dams le traitement collectif, il importe de bien assortir les malades et de séparer les agités des tranquilles ; les plus excités doivent passer la nuit en cellule et revenir au dortoir pendant la journée.
- (Essai à l'asile de Pau. M. Claussoles (G.). Année 1898-1899.)
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de Franc»
- OBSERVATIONS 7 HEURES DD MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 mars . . . 6*,8 N. E. 1. Couvert. IA Très nuageux de 10 à 12 h. ; couv. avant et après jusqu’à 17 h. ; beau après 18 h. ; pluie et gouttes le matin.
- Mardi 13 2*,2 N. W. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu'à 8 h. ; puis couv. ; peu nuageux après 21 h.
- Mercredi 14 2* ,9 N. N. W. 4. Couvert. 0,1 Beau à 1 h. et quelques éclaircies à 9 et 10 h. ; couvert ; geléé blanche ; pluie fine le matin.
- Jeudi 15 4*,4 S. W. 1. Couvert. 0,1 Couvert ; gelée blanche.
- Vendredi 16 4",9 S. W. 3. Couvert. 0,0 Eclaircies à 8 h. ; couv. le reste du temps ; petite pluie.
- Samedi 17 1*,0 N. W. 2. Couvert. 4,3 Couvert jusqu’à 9 h. ; puis très nuag. ; beau après 19 h. ; neige jusqu’à 7 h. 1/2 et à midi. Beau jusqu’à 10 h.; nuageux ensuite ; halo.
- Dimanche 18 ... . — 2*,8 S. S. W. 2. Beau. 0,3
- MARS 1900. — SEMAINE Dü LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 MARS.
- Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Variations de la température. K.a pluie. — La semaine du 11 au 18 mars a’ accusé en Europe quelques variations de température ; on a également signalé quelques pluies. Le 11 mars, en France, on a recueilli dans le nord-ouest 2 mm. d'eau à Brest et au Mans. La température a monté sur nos régions ; elle était de — 9° à Ilermaunstadt, — 2° à Prague, -+- 4° à Paris, 16° à Alger. On notait : —2° au puy de Dôme, —5° au mont Ven-toux. — 7° au pic du Midi. La’ température moyenne était de 9°,9 à Paris, supérieure de 3°,6 à la normale.
- Le 12 mars, des pluies sont tombées sur toutes nos régions ; on a recueilli 23 mm. d’eau au Havre, 18 à Toulouse, 1 à Paris.- La température s’est relevée dans le centre de l'Europe ; elle était le matin de — 6° à Hermann-stadt, h- 7° à Paris. 18° à Alger. On notait : 1° au puy de Dôme, — 7° au mont Mounier, —10° au pic du Midi.
- Le 13 mars, on signalait de nouvelles pluies à Besançon, à Limoges et à Belfort. La température tombait à -(- 5’ à Paris, — 2° au*mont Aigoual.
- Le 15 mars, des pluies sont tombées dans le nord-ouest et le centre de l’Europe. La température à Paris était, le 14 mars, de 4°,4 inférieure de 1°,9 à la normale. La neige est tombée de nouveau à Paris à la suite de la tempête du 16 mars..
- Inondations en Roumanie. — Le consul général de Roumanie a fait connaître que le Danube a de nouveau débordé et que, malgré les mesures prises par le gouvernement roumain, le port de Georgevo et les environs de Kustendji et de Tchernavoda ont été inondés. Les routes conduisant à Tchernavoda ont été enfouies sous l'eau ; les ponts ont été emportés et les communications par chemins de fer ont été interrompues, tandis que les habitants étaient contraints de se réfugier sur les hauteurs.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 16, à 8 h. 21 du matin.
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- M. J. LAFFARGXJE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de-la publication du journal.
- . INFORMATIONS
- —®— La santé publique s’est améliorée pendant la dernière semaine. Le chiffre des décès est revenu à la normale; il avait été de 1165 la semaine précédente ; il n’a plus été que de 1024.- La •fièvre typhoïde seule n’est pas en diminution; elle a causé 51 décès.
- —®— M. Metschnikoff, de l’Institut Pasteur, vient d’être élu Associé étranger de l’Académie de médecine, en même temps que M. Albert, de Vienne.
- —®— Le 19 mars a eu lieu, à Berlin, dans la salle blanche du château royal, et en grande pompe, la célébration du bi-centenaire de l’Académie des sciences. L’Empereur, le prince héritier et les princes assistaient à la cérémonie. Les ministres d’Etat étaient groupés à gauche du trône, ayant à leur tête le chancelier de l’Empire. M. Auwers, secrétaire de l’Académie, prononça le premier discours. Ensuite, dans une courte allocution, le ministre de l’instruction publique fit remarquer combien les relations avec les Académies étrangères avaient été rendues plus étroites par la fondation toute récente de l’Association internationale des Académies. L’Empereur se' leva à son tour et loua les grands résultats produits par la science : « L’Académie des sciences, a-t-il dit, fait pénétrer de plus en plus les hommes dans la connaissance de la vérité divine, puisque les sciences naturelles cherchent la cause première de l’être et de ses transformations. D’après le mot de Gœthe, le thème de l’histoire du monde est le conflit entre l’incrédulité et la foi et l'affirmation de Dieu dans l’humanité. Dieu veuille, a dit en terminant le souverain, que les sciences augmentent toujours, comme le désirait Leibniz, la gloire de Dieu et le bien-être de l’humanité! »
- A cette occasion ont été nommés correspondants de l’Académie des sciences de Berlin, les savants français suivants : MM. Gabriel Lipp-mann, Gaston Paris, Marcelin Bertlielot, Albert Gaudry, Albert Sorel, Léon Heuzey, Emile Sénart, Emile Levasseur.
- ~®~ Les faits ont leur ironie. N’est-il pas à rappeler, en effet, que l’introducteur en France de la pompe à incendie, le créateur du corps des pompiers de la Ville de Paris, fut pendant près de vingt ans... sociétaire de la Comédie-Française? Une plaque commémorative, au n° 30 de la rue Mazarine, consacre ce souvenir. Voici l’inscription qu’elle porte : « Ancien hôtel des Pompes. Dans cette maison est mort, le 21 juin 1723, du Mouriez du Pener, d’Aix-en-Provence, sociétaire de la Comédie-Française de 1686 à 1705; introducteur en France de la pompe à incendie, créateur du corps des pompiers de la Ville de Paris. »
- —®— Le Jardin des Plantes de Paris compte, depuis quelques jours, de nouveaux pensionnaires d’espèces très rares. C’est ainsi qu’on y verra une paire de pélicans d’Australie, achetée par le Muséum, qui n’en possédait pas depuis de longues années. On se les procure, eij effet, très difficilement. Ce sont de fort beaux palmipèdes au plumage blanc, avec des taches noires, pareilles à des épaulettes, de chaque côté du cou. Un peu plus loin, dans une allée de la ménagerie, se trouve la cage d’un guépard donné au Muséum
- rar M. de Léontieff, l’explorateur des régions méridionales de Abyssinie, qui débarquait récemment à Marseille. Ce fauve est un joli animal féroce, qui ressemble, à un’grand chat et dont le pelage est moucheté comme celui des léopards. Sa cage est voisine de celle des moutons du Dahomey, dont il n’est séparé que par un grillage. M. de Léontieff a aussi mis en dépôt, au Jardin des Plantes, un autre félin dont il n’existe que de très rares spécimens dans les ménageries d’Europe. C’est un « felis caracal », originaire des sauvages forêts de l’Ethiopie et qui présente une particularité curieuse : les oreilles de ce fauve, assez semblable au lynx, mais de plus forte taille, se terminent par de longs pinceaux de poils rigides.
- —®— A la Société nationale d’agriculture, M. Bouquet de la Grye vient d’attirer l’attention sur une opération frauduleuse pratiquée par certains marchands de pommes de terre sans scrupule. Ces commerçants puisent dans leurs dépôts des pommes de terre anciennes, mais de petite taille, les plongent pendant vingt-quatre heures dans du son moulu; puis ils leur enlèvent la peau superficielle grise. Ensuite, ils les noient dans l’eau jusqu’à ce que leur surface rosâtre change de ton. Alors ils les vendent comme des pommes de terre nouvelles, à raison de 40 ou 50 centimes le kilogramme.
- —®— Qui disait donc que le développement des exercices physiques, que la pratique des sports avait eu comme excellent effet de faire renoncer nombre de jeunes hommes aux plaisirs tabagiques ? Malheureusement les statistiques démolissent cruellement ces heureuses constatations. Elles nous prouvent, par l’irrésistible éloquence des chiffres, que l’œuvre sanitaire des sports concurremment avec la Société contre l’abus du tabac est, d’une façon formelle, parfaitement négative. La vente des tabacs a produit, l’année dernière, 407 millions, donnant un bénéfice net de 329 millions.
- —®- En ce moment s’exécutent dans les Alpes les exercices et reconnaissances d’hiver. Dernièrement une très heureuse marche a été effectuée aux environs de Nice par un groupe du 68 bataillon de chasseurs, composé de 12 officiers, 12 sous-officiers, 120 caporaux et chasseurs. Parti de Peira-Caval, le groupe a couché à Plan-Caval, poste d’hiver situé dans l’Authion à 2000 mètres d’altitude. Puis, après avoir franchi les dangereux passages de l’Ortighea et de Raus, il est arrivé au Belvédère, dans la vallée de la Yésubie. De là, pendant deux jours, il a tenté vainement-, au milieu de bourrasqiies de' neige, de faire l’ascension de la cime de la Valette (2500 mètres) ; mais il est parvenu le troisième jour à la Croix-de-la-Valette et en est descendu sans accident, se servant de piolets et de cordes. C’est la première fois que cette dernière ascension a été faite en hiver.
- —®— Il paraîtrait que, d’après le Moniteur de la photographie, les clichés d’étoiles obtenus sur plaque à la gélatine ont une tendance à s’altérer, à ce point qu’un certain nombre des étoiles qu’ils contenaient au début ne s’y retrouvent plus. Le Dr Roberts a découvert expérimentalement que, quel que soit le soin apporté.au développement et au tirage des négatifs, les images des étoiles les plus faibles s’effacent après un petit nombre d’années. Comme preuve à l’appui de ce fait, il cite deux exemples > l’un, celui d’une plaque sur laquelle il avait, aussitôt après la reproduction, en février 1886, compté 405 images d’étoiles sur le négatif, tandis u’en mai 1895, il n’en restait que 272 ; l’autre, celui d'un négatif e la même région, pris en mai 1886, sur lequel se trouvaient 364 étoiles, alors qu’après vérification nouvelle, en mai 1895, il n’en restait que 254 seulement. Or, étant donné que ces photographies, prises à des époques différentes, ont pour objet de montrer les modifications qui peuvent s’être opérées dans l’état du ciel, on se demande à quoi elles serviront si des parties de ces photogra-
- fihies s’effacent de façon à prehdre un aspect différent. La cause de a disparition de ces images faibles est un sujet digne d’étude, car les photographes doivent avoir à redouter l’inconvénient grave que peuvent présenter, à ce point de vue, les images argentiques sur gélatine.
- —®— En dépit des moyens de transports si nombreux à Londres, sir J. Wolfe Barry estime que la « congestion du trafic », suivant le terme pittoresque que l’on emploie maintenant couramment, fait perdre pour plus de 75 millions de francs chaque année au commerce qui se fait entre les deux extrémités est et ouest de la capitale. Pour -y porter remède, il voudrait voir percer une rue de plus de 36 métrés de large et de 8 kilomètres de longueur au moins, qui formerait une immense artère longitudinale, et qui serait complétée par des artères transversales qui en seraient comme les affluents. Gela entraînerait d’ailleurs une dépense de plus de 150 millions»
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Erratum. — Une transposition malencontreuse s’est glissée dans la rubrique « Hygiène et Santé » (n° 1400 du 24 mars 1900) : formule pour l’emploi de l’eau chloroformée. Il est important de rectilier.
- Au lieu de :
- Chlorhydrate de morphine........ 60 grammes.
- Eau chloroformée saturée........ i n., ^
- Eau de fleur d’oranger..........^ aa ’
- Il faut :
- Chlorhydrate de morphine........ 0gr,02
- Eau chloroformée....
- Eau de fleur d’oranger .
- | ââ 60 grammes.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Machine à écrire sur registres : Elliott and IJatch Typewriter Company, 87, Gracechurch Street. Londres E. C. — Pour les photographies céramiques, s’adresser à M. Pierre Petit, 8, place Cadet. Paris.
- Communications. — M. le Commandant D., à Vannes, nous envoie une petite brochure dont il est l’auteur et qui a pour titre Les armes de petit calibre et leur puissance meurtrière. A ce propos, on voit combien il est difficile de se mettre d’accord sur les sujets en apparence les plus simples. On s’est préoccupé partout de l’aggravation des blessures produites par la halle dum-dum. M. le commandant D. soutient qu’on a beaucoup exagéré cette gravité. Il nous écrit: « Si vous voulez bien lire les procès-verbaux d’expériences que j’ai faites, vous serez convaincu de l’inutilité du procédé adopté pour améliorer le fusil Lee Metford, d’autant plus que ces balles n’ont réellement d’effets destructifs qu’aux très courtes portées, la balle à pointe molle ou fendue jusqu’à 250 ou 300 mètres, la balle à pointe creuse jusqu’à 50 mètres environ. Au delà elles se comportent comme les balles ordinaires de leur calibre. »
- M. L. T, à Lyon, à propos du récent article de M. V. Brandi-court sur Les fougères indigènes (n° 1398,. du 10 mars 1900 p. 240), nous écrit que le nom vulgaire de Vophioglossum vul-gatum, dont il est question, n’est pas langue de cerf, mais bien langue de serpent. C’est le Sclolopendrium officinale, cité dans le même article, que l’on nomme vulgairement langue de cerf.
- Renseignements. — M. P. Favre, à Lœrrach. — Nous ne connaissons pas d’adresse spéciale où vous trouveriez ce produit; mais vous pourriez vous adresser à des marchands de produits chimiques : M. Billault, 22, rue de la Sorbonne; Société centrale des produits chimiques, 44, rue des Ecoles ; MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. T. N., à Lille. — Le constructeur de cet appareil nous est inconnu; mais vous pourrez toujours vous le procurer en le demandant à la maison Clermont-Huet, 114, rue du Temple ; à M. Bardou, 55, rue Caulaincourt, ou à M. Doignon, 85, rue Notre-Dame-des-Champs, à Paris.
- M. Durand, à Paris. — Toutes les améliorations dont vous parlez seraient très utiles; il est probable que les commissions compétentes examineront sérieusement toutes ces diverses conditions d’établissement.
- Un fantassin, à Grenoble. — 11 a paru un ouvrage : La télégraphie sans fils, par A. Broca, à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris. Nous vous conseillons aussi de consulter le catalogue des appareils de M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. C. Poncabaré, à Oloron-Sainte-Marie. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux qui ont été publiés; vous pourriez essayer toutefois de déterminer les valeurs de F et G, pour que la formule puisse s’appliquer également aux années antérieures avant 1582. Connaissant les dates à l’aide de l’Annuaire du Bureau des longitudes, dont vous vous servez, il suffit de poser deux équations à deux inconnues F et G.
- M. D. Ledant, à Paris. — Votre moteur électrique consomme 10 ampères à 110 volts. Sa puissance est donc de 1100 watts. En 12 heures de marche, il consomme 1100 x 12=13 200 watts-heure ou 132 hectowatts-heure.
- M. Ph. Bailly, à San Remo. — L’adresse que vous demandez est la suivante: MM. Lombard-Gérin et Cie, 31, quai Saint-Vincent, à Lyon.
- Mme E. Marquette, à Voissans-sur-Coublèvre. — Pour ces divers renseignements, veuillez vous adresser à M. Delauney, 15, rue Cortambert, à Paris.
- M. Obreck, à Puteaux. — Les adresses des constructeurs des bicyclettes automobiles dont nous avons publié la description dans le n° 1559 du 10 juin 1899, p. 23, ont été données en tête de la Boîte aux lettres du n° 1561 du 24 juin 1899.
- M. le Z‘ Frilley, à Oran. — Nous pensons que vous trouverez ces divers ouvrages à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. M. P., à Lyon.— Consultez le manuel pratique de l’ouvrier monteur éléctricien à la librairie Bernard-Tignol, 53 bis, même quai que ci-dessus, à Paris.
- MM. G. Sandoz et Breitmeyer, à Chaux-de-Fonds. — Nous n’avons pas trouvé de numéro donnant d’autres articles que ceux dont vous parlez.
- M. À. Cotte, à Crest. — 1° Vous trouverez à la librairie Masson et Cie les ouvrages qui vous seront nécessaires, — 2° Veuillez nous indiquer de quelle campagne il s’agit.
- M. R. B., à Berne. — Adressez-vous à des marchands de produits pharmaceutiques: MM. Adrian et Cie, 9, rue de la Perle; M. Bourdallé, 127, rue du Faubourg Poissonnière; MM. Brigonnet et Naville, 15, rue du Landy, à Paris.
- M. G. Stef, à Reims. — Il n’existe encore aucun livre qui puisse donner ces renseignements.
- M. A. S., h Grasse. — Nous n’avons pas entendu parler de ce nouvel appareil.
- M. L. L., à Lyon. — Une calorie kilogramme-degré dégagée par seconde est égale à 4170 watts, et une calorie kilogramme-degré est égale à 1,158 watt-heure.
- M. R. Gaillard, à IJrbillac (Ardèche). — 1° II faut employer l’eau de javel. — 2° C’est la fleur de soufre qui convient. — 3° II existe plusieurs modèles de lampes à pied stable.
- M. O. Gilbert, à Dantzig. — Pour ce qui concerne la viscose, s’adresser à M. Thomas, 15, rue d’Enghien, à Paris.
- M. R. Lemoine, à Chartres; M. L. Flœurange, à Paris. — Nous allons publier prochainement un petit article à ce sujet.
- M, J. K., à Saint-Dié. — A notre grand regret, nous ne pouvons vous donner aucunes indications sur cette préparation.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. R., h Arras. Nous avons donné dans l’acticle précédent dont vous parlez les renseignements dont il est question. — M. G. Mari, à Paris. Il faut construire l’appareil et l’expérimenter. — M. Dulong, à Blois. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cle. — M. D. G., à Paris; M. P. L., à Versailles. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — M. Dubois, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- BIBLIOGRAPHIE
- La cellulose, par Cross et Bevan, 1 vol. in-16 de la Bibliothèque de la Revue générale des matières colorantes. Paris, au bureau de la Revue, 23, Chaussée d’Antin, et chez MM. Masson et Cio, éditeurs. 1900. Imprimé sur papier pure cellulose normale.
- Tramways et automobiles, par MM. E. Aucamüs et L. Galixe, ingénieurs des arts et manufactures. 1 vol. in-8°. Paris, Librairie Veuve Ch. Dunod, éditeur. 1900. Prix: 12 francs.
- Encyclopédie chimique. Tome III. Métaux. 1" fascicule. Osmium et Ruthénium, par MM A. Joly, professeur adjoint à la Faculté des sciences de Paris, et M. Vèzes, professeur adjoint à la Faculté des sciences de Bordeaux. 1 vol. in-8°. Paris, Veuve Ch. Dunod, éditeur. 1900.
- Transmission de Vélectricité sans fil, par Emile Guap.im Foresio. 2e édition. Conférences à l’Association belge d’électriciens. Dépôt général : MM. Cerf et Vancleef. Bruxelles, 1900. Prix : 2 francs.
- La microphotographie, par F. Monpillard. 1 brochure in-8. Librairie Gauthier-Villars. Paris, 1900. Prix : 2,r,50.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé A l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- AVRIL-MAI-JUIN 1900. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- Moue Le £*
- J Av.
- Bélier
- PlE/L
- 1 lEPTUNt
- 1 Jufl.
- Lion
- Taur
- Poissons
- Mai
- Baleine
- Coupe •
- Êridan
- Lièvre
- Grani/Chien
- xxni
- ; * I Avril
- 1 Juin :!1 . .11 /
- •Sade ou mm-idien/a
- b—S Couroiflie
- Tuiruiit.
- Dauphin
- A **
- MARS
- Serpent
- JUPITER
- iflTURWr
- Capri :orne
- orpioh
- Po sscm Aust 'al
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Planètes et des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1900. . 4 Avril. 3 Nom de l’astre. Grandeur. 1373 B.A.C. 6,5 Immersion. Temps moyen. 9 h. 0 m, 5 Émersion. Temps moyen. 9 h. 56 m, 9
- 4 0 Taureau. 5,8 9 h. 42 m, 8 10 li. 36 m, 1
- __ 7 5 Ecrevisse. 6,2 5 h. 46 m, 8 7 h. 5 m, 3
- ___. 8 a Ecrevisse. 4,4 11 h. 59 m, 6 12 h. 59 m, 9
- 12 4006 B.A.C. ’ 6,1 8 h. 32 m, 6 Appulse à 5 3 do bord. 10 h. 54 m, 4 Appulse i î'9 du bord.
- 17 ô Scorpion. 2,6
- 18 24 Ophiucus. 5,9 10 h. 44 m, 5 11 h. 51 m, 0
- . 19 6088 B.A.C. 6,3 15 h. 20 m, 7 16 h. 41 m, 4
- 20 33 Sagittaire. 6,0 12 h. 46 m, 3 13 h. 36 m, 9
- , 20 Ç* Sagittaire. 3,5 14 h. 36 m, 9 15 h. 53 m, 1
- • 23 c* Capricorne. 5,4 15 h. 26 m, 8 16 h. 7 m, 4
- 23 c* Capricorne. 6,4 15 h. 41 m, 8 16 h. 45 m, 0
- 24 % Verseau. 5,2 14 h. 26 m, 1 15 h. 17 m, 8
- Mai 1 - • i Taureau. 4,8 9 h. 10 m, 7 9 h. 58 m, 7
- 5 A* Ecrevisse. 5,9 12 h. 1 m, 6 12 h. 54 m, 3
- » 6 m Liou. 5,6 11 h. 14 m, 0 12 b. 6 m, 3
- . 7 14 Sextant. 6,4 6 h. 14 m, 5 7 h. 34 m, 2
- .. 7 19 Sextant. 6,1 10 h. 58 m, 5 12 h. 3 m, 8
- 8 3726 B.A.C. 6,7 7 h. 3 -m, 5 8 h. 14 m, 8
- __ 8 55 Lion. 6,1 10-b. 6 m, 9 Ippulse à 5'1 du bord.
- __ 10 4201 B.A.C. 6,8 12 h. 34 m, 4 ippulse i 3’5 du bord.
- 1J00. Nom de l’astre. Grandeur. Immersion. Émersion.
- Temps moyen. Temps moyen, j
- Mai. v 17 6536 B.A.C. 6,2 12 h. 14 m, 1 ippslse 1 8'9du bord.,
- — 18 6707 B.A.C. 6,4 12 h. 44 m, 9 13 h. 29 in, 9 i
- — 19 t* Capricorne. 5,6 16 b. 39 m, 2 17 h. 30 m, 7
- Juin. 2 x Ecrevisse. 5,1 8 h. 47 m, 3 9 h. 49 m,,0 !
- — 7 24034 Lalande. 6,1 10 h. 15 m, 0 11 h. 8 m, 4' 1
- — 8 85 Vierge. 6,5 12 h. 27 m, 8 13 h. 28 m,-2 !
- — 13 Saturne. 9 h. 49 m, 5 11 h. 2 m, 4
- I
- Éclipse totale de Soleil, le St8 mai 1900, ^
- visible comme éclipse partielle à Paris. j
- Commencement de l’éclipse générale.................0 h. 21 m. 8-
- Commencement de l’éclipse totale . . r.............lh.23m.5-
- Commencement de l’éclipse centrale . . . . . . 1 h. 23 m. 8-
- Eclipse centrale à midi vrai . ~r~. . . . ~.........3 h. 6 m. 4.
- Fin de l'éclipse centrale. ................ 4 h. 42 m. 8.
- Fin de l’éclipse totale............................4 h. 43 m. 1.
- Fin de l’éclipse générale......................... 5 h. 45 m. 0.
- Éclipse partielle de Lune, le 12 juin 1900.
- Entrée de la Lune dans la pénombre, 12 juin à. .
- Entrée dans l’ombre 12 juin à............. .
- Milieu de l’éclipse 12 juin à. ... . . .
- Sortie de l’ombre 12 juin à............' . .
- Sortie de la pénombre 12 juin à........ .
- Grandeur de l’éclipse =0,0004, le diamètre de la
- Temps moyen de Paris. ... 13 h. 24 m, 1. . . 15 h. 34 m, 6.
- . . 15 h. 37 m, 0.
- . . 15 h. 39 m, 5. ... 17 h. 49 m, 9. Lune étant un.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Satellites de Jupiter.
- OCCULTATIONS.
- ÉCLIPSES.
- «900. Satellites . Immersion. Emersion. Commencement
- Avril 2 1 14 h. 37 m.
- 3 II 17 h. 1 m. 38 s.
- 4 III 15 h. 48 m.
- 9 I 16 h. 25 m. 13 h. 15 m. 36 s.
- _ 11 III 15 h. 30 m. 42 s.
- 14 II 13 h. 5 m.
- 16 I 15 h. 9 m. 6 s.
- 18 I 12 h. 38 m.
- 21 II 15 h. 25 m. 11 h. 26 m. 47 s.
- _ 23 I 14li. 24 m. 11 h. 31 m. 2 s.
- - . 28 II 14 h. 1 m. 18 s.
- Mai 2 I 16 h. 9 m. 13 h. 24 m. 42 s.
- 4 I 10 h. 35 m.
- __ 9 I 15 h. 18 m. 23 s.
- 10 III 10 h. 39 m.
- Fin.
- >h. 11 ni. 14 s.
- OCCULTATIONS. ÉCLIPSES.
- «900. Satellites Immersion. Emersion. Commencement. Fin.
- Mai. 11 I 12 h. 20 m.
- — 16 11 11 h. 25 m.
- — 17 111 13 h. 57 m. 11 h. 18 m. 48 s.
- — 18 I 14 h. 3 m. 11 h. 40 m. 44 s.
- — 23 II 13 h. 40 m. 11 h. 4 m. 34 s.
- — 24 III 15 h. 17 m. 9 s.
- - 25 1 13 h. 34 m. 39 s.
- — 27 1 10 h. 13 m.
- — 30 II 13 h. 30 m.
- Juin 3 I 9 h. 45 m. 12 h. 5 m. 24 s.
- — 10 I 11 h. 29 m. 13h.59m.34s.
- — 12 I 8 h. 28 m. 10 s.
- — 17 II 10 b. 35 m. 50 s.
- I 13 h. 13 m.
- — 19 I 10 h. 22 m. 27 s.
- — 22 III 8 h. 58 m. 43 s.
- — 24 11 9 h. 28 m. 13 h. 12 m. 52 s.
- — 26' I 9 h. 25 m. 12 h. 16 m. 49 s.
- — 29 III 9 h. 58 m. 11 h. 8 m. 8 s.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou {Parc Saint-Maur, altitude 49*30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU ÎIATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES 'observations générales
- Lundi 19 mars . . . 6%3 S. S. E. 6. Couvert. 0,0 Couvert; pluie la moitié du temps.
- Mardi 20 2“,8 S. 2. Couvert. 8,1 Couvert le matin; nuageux le soir; gelée blanche.*
- Mercredi 21 2*,1 N. E. 2. .Quelques nuages. 0,0 Nuageux le matin ; couv. le soir ; halo ; gelée blanche; pl. de 12 h. 1/2 à 21 h.
- Jeudi 22 5*,4 S. 2. Couvert. 3,6 Couvert jusqu’à 9 h., très nuageux ensuite ; halo.
- Vendredi 23. . . . 5",9 S. E. 1. Très nuageux. 0,0 Nuageux, jusqu'à 8 h., couvert ensuite; halo; gelée bl. ; gouttes l’après-midi.
- Samedi 24 9» 9 ^ y Ci N. U Couvert. 0,5 Couvert; gouttes dans la soirée.
- Dimanche 25 ... . ü",5 N. 4. Couvert. 0,0 Couvert ; éclaircies dans la soirée ; gouttes à 1 h, et grains de neige de 6 h. à 7 h. 1/2.
- MARS (900. - - SEMAINE Dü LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 MARS.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- pluie et température. — La neige est tombée le 17 mars
- dans la matinée,- à Cherbourg et aux environs de la ville ainsi qu’à Bricque-béc et Yvetot. Une épaisse couche a recouvert le sol pendant plusieurs heures.
- A partir du 18 mars, le vent a tourné au sud sur nos côtes de la Manche et de l’Océan, il a été fort du nord-ouest en Provence avec mer grosse vers Marseille. Des neiges et de's pluies ont été signalées dans le nord, l'ouest et le sud du continènt. En France, on a recueilli, le 18 mars, 22 mm. d'eau à Biarritz, 6 à Besançon, 2 à Brest. La température s'est abaissée sur nos régions, sauf en Bretagne. Le 18 au matin, le thermomètre marquait — 5° à Stôrnowaÿ, —3° à Paris, Moscou, -h 15° à Païenne. On notait — 8° au puy de Dôme, —10° à l’Aigoual.
- Le 19ihars, des pluies ont encore été signalées sur le centre, le sud et l’ouest
- du continent. En France, on a recueilli 23 mm. d’eau à Rochefort, 12 au Havre, 4 à Dunkerque. Le matin, le thermomètre marquait —8° à Moscou, — 7° à Paris, 13° à Athènes. On notait — 2° au puy de Dôme et à l’Aigoual, —16° au pic.du Midi. En France, des pluies sont tombées en Bretagne avec abaissement de la température. A Paris, le temps a été pluvieux ; la moyenne de la température a été de 6°,1, inférieure de 0\8 à la normale.
- Les 20 et 21 mars, les pluies ont été générales en France. Le 20 mars, on a recueilli 12 mm. d’eau à Ouessant, 10 à Besançon, 4 à Nancy et 4 à Nice ; le 21 mars, il y a eu 34 mm. d’eau à Nice, 16 à Lyon, 11 à Brest, 7 au Havre et 4 à Paris.. .
- La température est restée peu élevée pendant {a semaine à Paris. Le 20, la moyenne était de 5°,5 avec un maximum de 11°,8 et un minimum de 1°,6. Le 21 mars, la moyenne était de 6°,8, inférieure de 0°,3 à la normale.
- Le 23 mars, on a signalé des orages à Lorient* Biarritz et Nice.
- PHASES DE LA LUNE ; D. Q. le 24, à o h. 46 du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- . INFORMATIONS
- —®— La santé publique s’améliore. Nous voilà revenus tout à fait à la normale, au-dessous même, puisque le chiffre des décès, pour la douzième semaine, n’est que de 1060, alors que la moyenne est 1090. La fièvre1 typhoïde a causé 19 décès, chiffre inférieur à celui des semaines passées. La rougeole, au contraire, est en augmentation, 35 décès, alors que la moyenne est de 20.
- —g)— La convention téléphonique franco-suisse du 3 février 1899 a été mise en exécution le 1er avril. A partir de cette date, les relations téléphoniques franco-suisses seront étendues à toutes les grandes villes des deux pays. Paris pourra communiquer avec Genève, Lausanne, Berne, Zurich, la Chaux-de-Fonds, etc.
- v g)^ Le comité de l’Aéro-Club, réuni en l’hôtel de l’Automo- . bilé-Club, 6, place de la Concorde, a été informé de la création d'un prix de 100 000 francs par un de ses membres, qui désire garder l'anonyme. Si le grand prix de l’Aéro-Club n’est pas décerné dans un délai de cinq ans, à partir du 15 avril 1900, l’engagement du donateur sera annulé. Pendant cette période, et tant que le prix n’aura pas été attribué, il versera chaque année l’intérêt de la somme, soit 4000 francs, au comité de l’Aéro-Club, qui le distribuera aux expérimentateurs qui lui paraîtront mériter un encouragement.
- t—(§)— La Société astronomique de France a tenu, le mercredi 4 avril, son assemblée générale annuelle. M. Callandreau a fait un exposé des progrès de l’astronomie en 1899. M. le général Bassot, de l’Institut, a fait une conférence très applaudie sur la forme de la terre d’après les opérations géodésiques et sur le rôle de la géodésie française.
- —g)— Une jeune Russe, M™8 Gunsburg, vient de conquérir le grade de docteur en médecine à la Faculté de Paris. Née à Moïloff, Mme Gunsburg a 26 ans ; elle va retourner en Russie où elle exercera la médecine.
- —g— Orgies de vitesses! Dans la course automobile qui vient d’avoir lieu, Nice-Marseille, M. de Knyff, arrivé premier dans la catégorie des grosses voitures, a couvert la distance qui sépare la Promenade des Anglais de Marseille (Saint-Antoine) en 5h 25”. Mais M. Béconnais, sur son motocycle, a couvert les 201 km accidentés du parcours en 3k23”ll!,I Ainsi est largement battue la vitesse des rapides du P.-L.-M. qui circulent sur la côte d’Azur, car ils mettent, quatre bonnes heures pour couvrir, à quelques kilomètres près, le trajet-abattu par les chauffeurs en moins de 3h 30. On a battu le record de 1898 de 50 pour 100. Car, en 1898, Charron avait mis, pour franchir la même distance, j6h53“. En somme 4"1‘ 1/10 le kilomètre. Cela promet!
- —g— Encore un projet en l’air, mais qui fait, paraît-il, l’objet de quelques études en ce moment. Il s’agit d’élever, à Montmartre, sur la butte sacrée de la Ville-Lumière, une tour de 500 mètres encastrée dans le sol, et dans laquelle on pénétrera par un tunnel <Je 300 mètres qui prendra naissance sur le boulevard Rochechouart afin d’éviter la montée de la butte. Elle supportera, à son sommet, un phare colossal, alimenté à l’acétylène, et d’un pouvoir éclairant -de 200 000 bougies. Placé à 600 mètres au-dessus de Paris, ce phare pourra éclairer un espace de 1800 mètres de diamètre, soit une surface de 2 500 000 mètres carrés. L’auteur du projet, M. Sebillot, ajoute que lè poids total du métal serait de 1800 tonnes et le devis général s’élève à 3 millions. Pas cher vraiment, pour une tour de 500 mètres!
- —-g)--• Le Journal de Sibérie établit comme suit le prix de revient de la construction du ehemin de fer de Sibérie • La ligne de l’Ous-
- souri, mesurant 721 kilomètres, coûte 42 293430 roubles; celle de la Sibérie occidentale, mesurant 1327 kilomètres, 46124 698 roubles; le tronçon d’Irkoutsk au lac Baïkal (Sibérie centrale), mesurant 62 kilomètres, 2 892 457 roubles; les frais d’installation du bac pour la traversée du lac Baïkal, 3200000 roubles, et la ligne du Trans-baïkal, mesurant 1038 kilomètres, 72 millions de rouilles.
- —g— Pour les philatélistes. On a créé, ces jours derniers, de nouveaux timbres pour le Congo français. En outre l’administration des postes crétoises, qui, jusqu’à présent, n’employait que le timbre turc, vient de mettre en circulation le timbre national crétois. Le nouveau timbre, dont la vignette est l’œuvre d’un graveur français, est très artistique : il porte l’effigie du prince Georges. Quelques. autres, de modèles différents, donnent la reproduction de monnaies anciennes crétoises.
- —g— Les graines de l’ortie, consommées par les chevaux, exercent sur ceux-ci une heureuse influence. Les Danois, dont les chevaux offrent toujours un excellent aspect font sécher ces graines, et ils en donnent soir et matin une poignée dans la ration d’avoine. Les chevaux deviennent ainsi plus charnus et leur poil prend ùn. magnifique brillant soyeux. Ces graines d’ortie sont administrées trois fois par semaine.
- “-g)— C’est une mode curieuse en Angleterre de récompenser les animaux tout comme les hommes par des médailles et même des décorations. Lord Roberts, qui ramena la victoire sous les drapeaux britanniques, avait fait ses preuves, comme on sait, dans la guerre afghane. Son cheval aussi. Ce cheval n’est guère moins héroïque que son maître. Sa conduite fut si brillante que S. M. la reine Victoria ne dédaigna pas de récompenser elle-même ce bon serviteur ; et, pensant que le courage militaire était bien au-dessus des distinctions métaphysiques, elle décora le cheval de l’Ordre de Caboul. A la bataille de l’Alma, le chien Jack sauva la vie d’un soldat anglais; à Inkermann, il jeta à l’eau plusieurs Russes. Il reçut la croix de Victoria, la médaille de Crimée, et fut présenté à la reine. Ierry, qui était chien au 8e hussards, reçut une récompense moins illustre, mais à laquelle il fut sensible : les bourgeois de Dublin, après lui avoir olfert une médaille, l’invitèrent à dîner. Pendant la campagne d’Egypte, Tiny, blessé au pied à Tel-el-Kébir, reçut l’Etoile au Khédive et la médaille égyptienne; Paddy, un fox-terrier, se fit héroïquement tuer à la bataille d’Abou-Klea. C’est la digne fin d’une belle vie. Tiny, moins heureux, fut écrasé par une voiture en 1896, à Aldershot. Telle fut aussi la fin du plus illustre de ces animaux, et qui s’appelait Bob. Il servait au 2° régiment du Royal Berkshire. Il fit toute la guerre afghane, et fut blessé à Maïwaud. A son retour^ en 1879, la reine elle-même attacha au cou de Bob la médaille militaire ; et, comme Miltiade après Marathon, le chien anglais fut représenté au milieu de ses compagnons d’armes dans le tableau, qui devint célèbre : les Onze Derniers Combattants de Maïwaud. L’Angleterre honore ses quadrupèdes.
- —g)— Dans son discours présidentiel à la section d’ophthalmo-logie à Portsmouth, M. Simeon Snell a insisté particulièrement sur la fréquence des petits corps étrangers qui se logent dans la cornée des ouvriers se livrant à un métier où l’on travaille le fer ou l’acier. C’est particulièrement remarquable chez les ouvriers qui sont occupés au meulage : en examinant soigneusement leur cornée à la loupe, on la verrait bien souvent parsemée de tous petits nuages qui sont causés par une infinité de petites blessures de cette sorte subies successivement. Quand ces artisans emploient des verres protecteurs (comme ils le devraient toujours faire), c’est alors la surface dû verre même qu’on voit rayée par le choc répété de toutes ces petites particules d’acier ou d’émeri. Du reste, certains ouvriers ont une habileté étonnante pour extraire ces petits corps étrangers.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le nou-véau diaphragme inscripteur et reproducteur se trouve à la Société centrale de produits chimiques, 44, rue des Ecoles, à Paris. — On peut se procurer le paratout chez M. Vermorel, à Villefranche ( Var),
- Communications. —* MM. Léon Hollzer et André Auric, à X., nous ont envoyé une Note intéressante sur Un block System automatique basé sur le principe que nous avons déjà signalé précédemment pour couvrir les trains sur les voies. Des signaux électriques, actionnés par la transmission du courant à l’aide d’une ligne le long de la voie, sont transmis sur la locomotive. Toutes les précautions semblent prises pour assurer le bon fonctionnement des divers signaux. Nous avons déjà donné divers renseignements dans une communication précédente (n° 1394, du 10 février 1900).
- M. A. Masson, à Paris, nous transmet également deux projets de système permettant à un train de se couvrir lui-même sur une voie à une distance suffisante en un point quelconque du parcours. Le premier système est basé sur le même principe que précédemment. Un second système repose sur l’em-
- Ïiloi simultané d’un levier placé sur la machine et manœuvrant es freins et de butoirs. Le levier est actionné par des pièces faisant saillie entre les rails et qui, relevées par les roues du train, viennent s’enclencher dans des serrures électriques qui les maintiennent en l’état.
- M. Cheux, à l’observatoire de la Baumette, près Angers, nous envoie une brochure qui donne la description complète des Halos solaires observés le 2 mai 1886 et le 11 janvier 1900.
- M. Paul Gautier, à Montfort-l’Amaury, à propos de la Note parue dans les Informations du n° 1400, du 24 mars 1900, Note dans laquelle nous annoncions la mort du capitaine Rœdel qui pouvait être certes le doyen des nemrods de Suisse et d’ailleurs, nous écrit : « Le nommé Victor Robert, demeurant à Montfort-l’Amaury (Seine-et-Oise)v est âgé de 88 ans; il n’a pas manqué une ouverture de chasse depuis 1834, n’a aucune infirmité et manque rarement une perdrix ou un lièvre qui se présente bien. »
- M. le Dr Ponteil, à l’Isle-Jourdain (Vienne), nous écrit aussi à ce sujet « Non, le doyen des chasseurs n’est pas mort, car M. de la Bège de Persac, canton de Lussac-les-Châteaux (Vienne), est, Dieu merci, plein de vie et n’a pas envie de mourir. Malgré ses 83 ans bien comptés, il chasse encore volontiers une journée entière. L’été dernier un paysan vint lui signaler dans les environs la présence d’un sanglier. De suite à cheval et en avant ;f et la chasse ne prit fin que lorsque la bête fut tuée. » *
- Renseignements. — M. le Dr C. An. Macri, à Vidra-Putna. — 1° La physique de M. Fernet à la librairie Masson et Giè vous conviendra. — 2° Nous décrivons les principales inventions nouvelles. — 3° Il faudrait consulter les articles que flous avons publiés précédemment dans le tome H. 1879, p. 66.
- M. E. S., à Lille: — Nous n’avons pas d’adresse plus complète.
- M. A. K,, à Nancy. — 1° Le vase est en porcelaine et les anneaux sont en métal. —- 2° Le zinc est amalgamé. — 3° Oui. — 49 J1 faut vous adresser à M. Germain, à Fontenay-aux-Roses (bcincK . . ... •
- L’abonné 8072, à Bordèaux. — Nous n’avons publié sur çette question que quelques petites recettes déjà bien anciennes ; vous trouverez des ouvrages à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. le Dr Gauthier, à Paris. — Le transformateur avec interrupteur électrolvtique que nous avons décrit dans le n° io79, du 28 octobre 1899, p. 352, est fabriqué par M. Cho-ineau, 53, passage du Havre, à Paris.
- Mm* Colmont, à Paris. — Il existe des manuels de lutte, de boxe, etc., dans la collection Taride, chez MM* Marpon èt Flammarion, galeries de l’Odéon»
- M. E. Carpy, à Neüvy. — Nous avons déjà eu l’occasion dé faire les mêmes remarques.
- M. le Vte d'Aulan, à Paris. — Veuillez vous adresser à MM. Lombard Gérin et Cie, 31, quai Saint-Vincent, à Lyon*
- M* Pi Dubois, à Paris. — II n’a jamais été publié d’ouvrage sur les accumulateurs à gaz. MM. Cailletet et Colardeaii ont fait des communications sur la condensation des gaz de l’électrolyse par les corps poreux, le 2 novembre 1894 à la Sof ciété de physique et, le 12 novembre 1894, à l’Acàdé" mie des sciences. Au mois de mars 1900, quelques articles de journaux ont été publiés à ce sujet.
- M. le Dr D.,h Bône. — L’acide carbonique liquide est employé comme réfrigérant ; vous pourrez vous en procurer à La Carbonique lyonnaise rue Monplaisir à Lyon, à la Carbonique Française, 20, rue Tiphaine, et à la Compagnie parisienne du matériel des eaux gazeuses, 51, avenue Daumesnil, à Paris.
- M. le Dr Rogmans, à Anvers. — Vous trouverez ce produit chez des marchands de produits pharmaceutiques : MM. Adriàn et Cie, 9, rue de la Perle, MM. Brigonnet et Naville, 15, rue du Landy, à Paris.
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. D. R., à Paris. Nous ne connaissons pas cet appareil. — M. Lebart, à Paris. Il suffit d’attacher les deux fils venant de la sonnerie aux bornes de la pile. — M. P. R., à. Brest; M. G. Durand, à Orléans; M Paray, à Colombes. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lro série, à la librairie Masson et Cio. — M. L. M., à Paris. — Remerciements pour votre Note. .
- PETITES INVENTIONS1
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- Le jeu-de l’alphabet. — Le jeu dont il est question est . très ingénieusement combiné et peut être très utile., pour apprendre les lettres et la lecture aux jeunes enfants. 11 se compose de rainures découpées dans des plaques de bois, ; et dans ces rainures sont disposées des lettres qui glissent et qui -ne peuvent en sortir. Ces lettres sont montées sur des petites-* rondelles en bois (n° 1) présentant une petite rainure-a qui
- Jeu de l’alphabet. — Vue d’ensemble. — 1. Détail de la lettre.
- 2. La lettre dans la rainure. , .
- 1
- permet à la lettre de glisser sur des tiges (n° 2) métalliques-disposées à cet effet. Comme le montre notre dessin à la partie? supérieure, toutes les lettres placées dans des rainures peuvent être déplacées à volonté et amenées dans la rainure centrale* pour former des mots. C’est un exercice intéressant pour le' jeune enfant de chercher les lettres les unes après les autres' et de les amener au centre. Il faut remarquer qu’elles ne
- Eeuvent entrer que d’un seul côté dans la rainure centrale.. —) e jeu de l’alphabet se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie, de Valois, Palais-Royal, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des^Nou* celles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Dans la * Boite aux lettres *.la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage eh aucune façon à réponare'à toutes . les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède-la date de la livraison.
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- LE PAIN ARTIFICIEL. — Texte et dessins par Henriot.
- 4. Vous me direz qu’on pourrait utiliser nos colonies d’Afrique, et y faire d’augustes gestes de semeurs’? C’est trop simple.
- 5. J’ai cherché à faire pousser le blé en serres... mais, malgré l'excellence des 50 grammes de farine produits après une année de lutte, j’ai dû y renoncer. ! .
- 7. Un vieil artilleur qui avait beaucoup souffert pendant le siège de Paris m’eri a transmis la recette. Un oignon, trois carottes, une demi-carpe, une tete de lapin....
- 8. Quelques végétaux, une moitié de pavé de bois, etc.*
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- 9. On fait cuire à la broche..., on masse. 10. On produit ainsi-une sorte de galette la patte..., puis on cuit à grand feu....' “ " qui n'est pas encore tout à fait ça....
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour graisser les souliers. — L’entretien de la chaussure est généralement fort mal pratiqué, si bien que l’on se blesse les pieds en portant des souliers qui durcissent, et dont la durée est d’ailleurs étrangement réduite par le fait que le cuir en devient cassant, et se coupe rapidement. 11 est donc très important, au point de vue de la marche comme de l’économie, de posséder une recette qui assure cet entretien dans les meilleures conditions. Le dégras est une précieuse matière à cet égard, mais il vaut encore mieux, paraît-il, recourir à deux agents excellents qui sont la lanoline purifiée, et tirée, comme on
- doit le savoir, de la laine, et la vaseline jaune. Le mode d'application en est des plus simples, puisqu’il suffit de les étendre sur le cuir au moyen d’un chiffon quelconque; en quelques minutes on peut dire qu’ils sont absorbés complètement, et c’est là précisément ce qui donne de la souplesse au cuir : il faut plusieurs jours avant que l’onction ait besoin d'être renouvelée. Assurément, ces substances coûtent sensiblement plus cher que l’huile de poisson, que l’on recommande souvent en la matière, mais celle-ci sèche avec une rapidité extraordinaire, si bien que, en fait, elle rend le cuir cassant et ne fait ue du mal aux chaussures; de plus, elle a une odeur fort ésagréable qui persiste assez longtemps.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- OPservations de M. R en ou (Parc Saint-Maur, altitude 49* 30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DD CIEL
- Lundi 26 mars . . . 0“,9 S. S. W. 2. Couvert.
- Mardi 27 -1*,1 E. 1. Quelques nuages
- Mercredi 28. . . . — 2*,8 S. 1. Couvert.
- Jeudi 29 1*,9 N. W. 1. Couvert.
- Vendredi 50. .... 0*,8 N. N. W. 2. Très nuageux.
- Samedi 31 0%9 N. 5. Peu nuageux.
- Dimanche 1" avril . OM N. E. 2. Couvert.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 0,0 Couvert jusqu’à 18 h. ; puis très nuag. ; beau après 19 h.; grêle ou neige de 2 ou 3 h. jusqu’à 10 h. 1/2.
- 0,0 Peu nuageux jusqu’à 7 h. et après 22 h., ; très nuag. le reste du temps: quelques averses dans la soirée. Pe,u nuageux à 4-5 n. et ap. 19 li.; très nuag. le reste du temps; floc. de neige avant 4 h. ; br. de 6 à 9 h. ; halo.
- 0,2
- 0,0 Beau à 1 h. ; puis à peu près couvert jusqu’à 17 h. ; peu nuageux ensuite;beau après 19h.; gelée blanche.
- 0,0 Très nuageux jusqu’à 19 h. ; beau ensuite ; neige fine de 8 h. 10 à 40.
- 0,1 Peu nuageux.
- 0,0 Beau à 1 h. et après 19 h. ; presque couv. le reste du temps; tr. atm. 4 km. à 7 h., atm. cl. à 16 h.
- MARS-AVRIL 1900. —- SEMAINE DO LUNDI 26 MARS Aü DIMANCHE 1er AVRIL.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer),* courbe plus mince. thermomètre à l'abri d boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à Vabri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- La neige et la pluie. — Pendant la semaine du 25 au 31 mars, des >luies sont tombées dans le sud du continent et des neiges dans le centre. ,e 25 mars, on a recueilli 9 mm. d'eau à Biarritz, 4 à Besançon, 2 au Havre. Ou a signalé de la neige à Belfort ; à Paris il est tombé quelques grains de neige dans la matinée. La température moyenne à Paris a été de 1°,7, inférieure de 5°,8 à la température normale.
- Le 26 mars, à Paris, pendant toute la matinée, la neige est tombée à flocons. Il a également neigé à Limoges et dans diverses villes de Bretagne.
- Le 27 mars, le vent était assez fort du Sud-Ouest sur nos côtes de la Manche ; il était modéré d’entre Ouest et Nord en Bretagne et en Provence. Des pluies sont tombées dans l’ouest de l’Europe. En France, on a recueilli 20 mm. d’eau à Nice, 10 à Cherbourg, 7 à Clermont et 6 à Lorient. On a signalé de la neige dans l’Est et un orage à Nice. La température s’est relevée dans le centre du continent. Le 27 mars, au matin, lé thermomètre marquait : — 19' à Haparanda, —5° à Paris, 6° à Brest et 17° à Alger. On notait : — 6° au Puy de Dôme, — 8°, à l'Aigoual, — 8° au Mounier, — 8° au Ventoux, — 15u au pic.du Midi.
- Le 29 mars, des pluies sont tombées dans' le uord-ohest et le sud de
- l'Europe. Eu France, on a recueilli dans la moitié ouest 5 mm. d’eau’au Mans, 4 à Biarritz, 2 au Havre. H a neigé à Limoges. La température s'est relevée sur nos régions ; elle était, le malin, de : —14° à Haparanda, -t- 25 à Paris, 9° à Biarritz, 12° à Alger. On notait : — 7J au Puy de Dôme et au mont Aigoual, — 13° au pic du Midi.
- Les 27 et 28 mars, la neige est tombée sur Saiut-Etienue et la région : le 29, dans la matinée, la chute a été beaucoup plus abondante, et une couche épaisse de plusieurs centimètres a couvert la terre. La neige a continué à tomber dans la journée, mais moins abondante.
- La neige est tombée pendant plus de vingt-quatre heures à Vienne, le
- 30 mars, et en grande quantité;.la circulation en a souffert considérablement. Le service des tramways a été interrompu presque partout.
- Une tourmente de neige a sévi sans interruption à Prague du 29 au
- 31 mars. Sur toutes les ligues de chemins ded'er aboutissant à Prague, les trains ont éprouvé des retards considérables.
- Le 29 mars, à Buonos-Ayres, ou a enregistré 220 millimètres d’eau, à la suite des pluies tombées depuis le 25. La ville a été inondée gu nord et au sud, et, à l'ouest, les services de chemins de fer et autres moyens de-communications ont été interrompus. Le mais et le blé ont été gravement endommagés.
- 'PflASEScDE LÀ,1 LUNE : N. L. le 30, à 8 h. 40 du soir*
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- N° /403 (14 aoril 1900), du Journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chei
- M. J. LAFFAHGUE, secrétaire de la rédaction
- -Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- (
- INFORMATIONS
- —®— Les obsèques de M. J. Bertrand ont été célébrées vendredi C avril, à l'église Saint-Sulpice. Les honneurs militaires ont été rendus au défunt en sa qualité de grand officier de la Légion d’honneur, par quatre Compagnies du ISO* de ligne, une batterie du 13é d’artillerie et un escadron du 1er cuirassiers. L’inhumation a eu lieu au cimetière Montparnasse. Des discours ont été prononcés par M. Jules Lemaître au nom de l’Académie française, MM. Berthelot et M. Lévy au nom de l’Académie des sciences, Gaston Paris au nom du Collège de France, Perrot au nom de l’Ecole normale, Darboux au nom de la Société des Amis des sciences et Duclaux au nom de l’Institut Pasteur.
- —Un accident mortel s’est produit dans la journée du G avril au parc d’aérostation de Chalais-Meudon. On gonflait un ballon par le procédé habituel. Tout alla bien; mais, quelques heures après l’opération, les hommes qui y avaient participé manir festèrent des symptômes d'intoxication très graves. L’un d’eux n’a pu être rappelé à la vie. On attribue les accidents à l’action toxique de l’hydrogène arsénié qui agit sur l’hémoglobine du sang un peu à la façon de l’oxyde de carbone. L’acide sulfurique livré pour préparer l’hydrogène contenait des produits arséniés. Et cependant, dans la circonstance, l’hydrogène dont on s’est servi ne présentait aucune odeur spéciale qui eût pu avertir du danger. Il faudra désormais profiter de la leçon et se défier des produits livrés par les fabricants.
- —®— Dans la nuit du 5 au 6 avril, un train d’automobiles Scotte a effectué le transport d’un wagon-lit de 22 mètres de longueur et de 35 tonnes des usines de Saint-Denis à l’Exposition de la Compagnie internationale des wagons-lits au Trocadéro. Ce wagon a été commandé par le gouvernement russe pour le transsibérien. Parti à 5 heures du soir de l’usine de Saint-Denis, il est arrivé à l’Exposition, au Trocadéro, à 2 heures du matin.
- —®— Le Conseil municipal de Paris vient de créer pour 1900 un grand prix cycliste municipal sur route. L’organisation en est confiée à la Commission de l’union vélocipédique de France.
- —Le 30 mars, le général Pennequin, gouverneur général par intérim de Madagascar, a inauguré un institut Pasteur, fondé près de Tananarive. Tous les habitants notables, français, étrangers ou indigènes, se pressaient autour du général et de son état-major. Le Dr Thiraux, directeur de cet institut, a exposé le succès complet et la prospérité de l’établissement bactériologique créé par le général Gallieni.
- —®— On va commencer à Montmartre les travaux d’établissement d’un nouveau funiculaire qui rendra de grands services aux habitants de la butte Montmartre et aux nombreux promeneurs qui se rendent à l’église du Sacré-Cœur, en leur évitant la pénible ascension des 160 marches qui séparent la rue Lamarek du pied de la Butte. Ce funiculaire sera à contrepoids d’eau et partira de la place Saint-Pierre pour aboutir à la rue Lamarek en longeant, dans tout son parcours, Fesealier Foyatier. La différence d’altitude de ces deux rues est de 37 mètres et les voitures du funiculaire graviront cette rampe en suivant sensiblement la pente de l’escalier, c’est-à-rdire 120 mètres environ. Deux pavillons seront établis aux extrémités de la ligne pour servir de bureaux d’attente et d’abri.
- —®— Un bateau de secours, ayant à bord une pompe puissante avec son équipe de pompiers, doit se tenir constamment prêt à se
- Çorter sur le point de l’Exposition où éclaterait un incendie. Le jeux Paris, en raison de sa situation dans l’axe même de l’Exposition, sera très probablement choisi pour lieu de stationnement de -ce bateau.
- —®— On vient de donner récemment, dans certaines publications allemandes, des détails sur les expériences qui se poursuivent our la stérilisation de l’eau de la Sprée au moyen de l’ozone, ette eau passe par une première chambre remplie de gravier qui arrête les matières en suspension, puis elle est pompée dans une chambre cylindrique qui est pleine de grosses pierres, qui la divisent finement, et où elle rencontre dans cet état un courant d’air ozonisé introduit par en bas. On peut traiter environ 4 mètres cubes à l’heure; pour de la mauvaise eau, il suffit de 2 grammes d’ozone par mètre cube, et l’ozone coûte de 3 à 4 centimes le gramme.
- —®— Au commencement de l’automne prochain, une expé^ dition allemande antarctique quittera l’Europe, à bord d’un seul navire : celui-ci a été étudié avec la collaboration du service des constructions de la marine de guerre de l’Empire, et il doit être fait par les chantiers Howaldt de Kiel. Il sera susceptiblè à la fois de résister aux tempêtes qui se produisent si fréquemment dans les mers du Sud, et de passer sans danger à travers les glaces; non, seulement sa coque sera soutenue intérieurement par des contre-forts, mais encore elle sera revêtue d’un triple bordé, qui sera fait de chêne, de pitchpin et enfin de green-heârt. Ses formes seront du reste moins rondes que celles du Fram. Il sera muni d’une riia-chine. pouvant lui donner une vitesse d’au moins 7 nœuds, La durée de l’expédition sera de deux ans au minimum.
- —<§)— Un cultivateur de Messiny, près Trévoux (Am), en minant un terrain a découvert, le 30 mars 1900, de nombreux crânes humains, des squelettes, des tibias, etc., ainsi que deux bracelets en bronze ; le dessin et la forme de ces bracelets ont permis de fixer leur origine à l’époque gallo-romaine. On suppose que les ossements découverts sont ceux des guerriers de Vercingétorix tués lors de la fameuse bataille de la Saône où Jules César perdit son épée dans la mêlée et faillit être fait prisonnier. Le terrain exploré est près de l’endroit où l'on a toujours admis qu’avait eu lieu la rencontre des troupes gauloises et romaines.
- —®— Des ouvriers qui creusaient un canal près de la petite ville d’Adria, dans la plaine du Pô, ont découvert deux vaisseaux antiques, enfouis dans le sol à 5m,30 de profondeur, et bien conservés. Une tempête, qui gronda sans doute au premier siècle avant J.-C., les a jetés sur la côte de cette mer sauvage qui faillit engloutir César et qui faisait trembler les amis de Virgile. On a trouvé à bord des vases et divers objets de terre cuite, des armes, des ustensiles de bronze et des ossements humains. Le gouvernement italien, très soucieux d’antiquités, a fait immédiatement réunir ces débris, qu’une commission classera. Cependant, la découverte d’Adria n) intéresse pas les seuls archéologues. Ces navires se trouvaient à 30 kilomètres dans l’intérieur des terres. Ainsi, à l’époque romaine, un golfe se creusait dans le rivage rectiligne de l’Adriatique et atteignait presque Ravenne. En deux mille ans, la terre, grâce aux apports dé I’Adige, de la Brenta et du Pô, a gagné 50 kilomètres ; autrement dit la côte avance de 15 mètres chaque année. L’Adriatique, qui est une mer toute récente, décroît avec une hâte qui n’atteindra pas la vieillesse} et la face de la terre se transforme aussi régulièrement que le visage des môrtels.
- —®— Comme certaines Compagnies anglaises ou françaises, et pour la même raison, parce que les industriels du pays ne peuvent suffire à toutes les commandes, l’Administration des chemins de fer de l’Etat de Bavière vient de commander des locomotives aux Etats-Unis. Et ce qu’il y a d’intéressant, c’est que les.machines en question seront du type lourd américain, dont les proportions sont réellement formidables; deux de ces machines ont déjà été expédiées et sont arrivées démontées à Munich. On les monte actuellement, et on attend avec impatience leurs premiers essais.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La grue simplifiée se trouve à : The Whiting Foundry Equipment company Ilarvey. Illinois. Etats-Unis. — Pour l’outil à couper les tubes de chaudières, s’adresser à M. John William Fletcher, à Tocapilla, Chili. — Aérateur Guzzi, rue Saint-Nicolas, à Nancy. — Le petit moteur presse-papier se trouve chez MM. Coudray et Gie, 22, cité Trévise, à Paris.
- Communications. — M. H. Brurtlein, aux aciéries d'Unieux (Loire), nous adresse un renseignement complémentaire sur la Métallurgie du manganèse et du chrome dont il a été question dans le n° 1400, du 24 mare 1900, p. 275. « La réduction du manganèse par l’aluminium, dit-il, a été opérée pour la première fois, à ma connaissance, par deux Américains dont je n’ai plus le nom présent; mais j’ai vu en 1892 un de ces deux messieurs à Philadelphie, à cette époque, et j’ai rapporté un morceau de manganèse pur obtenu par ce procédé et qu’il m’avait offert. Je crois bien que leur invention a fait l’objet à cette époque d’une communication à l’Institut Franklin. D’ailleurs les articles parus sur ce sujet dans Stahl und Eisen, de Dusseldorf, font mention en note de la priorité des deux savants Américains. »
- M. le Directeur de l'Institut solaire international, à Montevideo, nous adresse une brochure qui a pour titre Eclipses du soleil intérieur et qui traite de l’éclipse de l’image thermique du soleil visible et du soleil intérieur et de divers cas d’éclipse.
- M. Ad. Eggis, à Fribourg, nous envoie un nouveau calendrier perpétuel historique qui permet de déterminer rapidement le jour ou le quantième sur lequel tombe une date quelconque depuis l’an 1 à l’an 2000 de l’ère chrétienne.
- Renseignements. — M. J. E. M., à X. — 1° Une bonne formule de révélateur à l’hydroquinone est la suivante; elle est due à M. Ottenheim : eau 1000 cm3, sulfite de soude 74 gr, hydroquinone 14 gr, carbonate de soude 158 gr. 11 faut dissoudre dans l’eau bouillante dans l’ordre indiqué. Pour assurer la conservation, il faut que le révélateur soit gardé en flacons pleins et bien bouchés; il vaut donc mieux le répartir en plusieurs petits flacons. — 2° Pour faire disparaître la teinte jaune sur des clichés ayant été renforcés au bichlorure ou à l’iodure, il faut les mettre dans une solution composée moitié d’une solution concentrée d’hvposulfite de soude et moitié de glycérine.
- Un Mexicain, à Mexico. —Il n’a encore paru aucun ouvrage à ce sujet; dès qu’il y en aura un, nous l’annoncerons.
- M. Ch. Olivier, à Paris. — Veuillez vous adresser à M. Ser-pollet, 9, rue Stendhal, à Paris.
- M. E. Marois, à Québec (Canada). — Nous avons transmis votre demande au fabricant en le priant de vous donner le prix de la machine.
- M. A. Cotte, à Crest. — Nous n’avons pas de renseignements; il faudrait vous adresser à M. Martel, 3, rue de Gram-mont, à Paris.
- M. G. H., h Pithiviere. — Il nous semble qu’une puissance de 5 à 4 chevaux serait suffisante.
- M. G., à Bucarest. — Ce sujet comporte une série de développements dans lesquels nous ne pouvons entrer.
- . L’abonné n° 8337, à Montpellier. — 1° Pour l’empoissonnement des rivières, vous pouvez vous adresser à M. Carbonnier, 20, quai du Louvre, à M. Jeunet, 50, même quai,_ ou à M. Leune, 28 bis, rue du Cardinal-Lemoine, à Pans. — 2° Il n’y a pas encore de machine bien pratique dans le commerce.
- M. F. Günther, à Gross-Umstadt. — Nous n’avons pas l’adresse que vous demandez.
- M. L. Dumas, à Huy. — La question pourrait en effet être reprise sous divers autres aspects; remerciements.
- M. G. Frêcoo, à Nancy. — Nous n’avons plus la brochure qui nous a été envoyée, et nous n’avons pu trouver l’adresse complète de notre correspondant.
- M. S. T., à Nantes. — Vous trouverez un ouvrage de M. Vidal. qui a pour titre Traité pratique de photo-lithographie, à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. E. J., à Paris. — Pour ce qui concerne le sérum antialcoolique, il faut vous adresser à M. Sapellïer, 14, avenue Bugeaud, ou à M. Broca, 13, rue de la Trémoille, à Paris.
- M. L. Monnier, à Alger. — Veuillez vous adresser à MM. Gaumont et C‘“, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Société littéraire, à Oran. — 1° Société des machines à glace système Linde à air liquide, à Wiesbaden en Allemagne ;. il y a à Paris un représentant, M. Desvignes, 99, avenue de la Bourdonnais. — 2° 11 faut avoir recours à un teinturier.
- MM. Solvay et C’e, à Salin-de-Giraud. — L’adresse que vous demandez est donnée en tête de la Boîte aux lettres du numéro qui contient la description de l’appareil.
- M. A. J. P., à Clermont-Ferrand. — Il ne nous est pas-possible de répondre, même approximativement, à votre question.
- M. G. H., à Paris. >— Vous trouverez des ouvrages à la librairie Gauthier-Villars.
- M. le Dr P. Fesch, à Théodosie (Russie). — Cette note est extraite d’un Journal allemand et nous n’avons malheureusement pas d’autres renseignements.
- Un abonné, à Santander. — Il faudrait vous adresser à M. Hoffmann, à la savonnerie des Chartreux, au Petit-Qué-villy, près Rouen.
- M. G. Guerqùin, à Saint-Pétersbourg. — Vous pouvez demander l’adresse du constructeur de cet appareil à la maison Panhard et Levassor, 19, avenue d’Ivry, à Paris.
- M. B. P. F., à Blaye. — 1° II faut vous adresser à l’administration de l’Exposition; nous n’avons pas de renseignements.
- — 2° Il est toujours permis de photographier sur la voie publique à Paris. — 3° Vous pourriez vous adresser directement à des marchands de monnaies anciennes.
- M. G. Pousot, à Belley. — La chambre noire du commandant Blain a été décrite dans le tome II de 1890, p. 93; elle est construite par M. Picart, 14, rue du Bac, à Paris.
- M. J. Cervera, à Valencia. — Ces procédés industriels n’ont pas été décrits et ne sont pas connus.
- M. J. de E., à Madrid. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés récemment ; veuillez vous adresser directement à la Direction de l’Exposition.
- M. Bellrani, à Palerma. — L’adresse de M. Hoffmann est déjà donnée plus haut.
- M. A. Blum, à Strasbourg. — Vous pourriez peut-être vous adresser directement à M. Ilennebique, 1, rue Danton, à Paris.
- M. H. P., à Metz. — La formule de révélateur au métol-hydroquinone est donnée dans les traités de photographie. Voyez la formule que nous donnons plus haut.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. D., à Lyon, Nous ne pouvons vous fournir aucun renseignement à ce sujet. — M. Dumont, à Rouen. Il faut consulter une agence de brevets. — M. G. R., à Paris. Nous avons déjà donné cette adresse à plusieurs reprises dans la Boite aux lettres. — M. P. Roy, à Nantes," JM. Levant, à Nice; JM. Gibar, à Bordeaux. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cle.
- — M. J. Faraud, à Colombes; JM. Bavard, à Paris. Ces formules sont données dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. Leroy, à Paris. Remerciements pour votre envoi.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Vernis pour bicyclettes. — Formule très simple donnée par notre excellent confrère « Scientific American ». Prendre 5 parties de laque en feuilles et blanchie, 1 de borax, 5 d’alcool, 4 d’eau, et suffisamment de bleu de méthylène pour l’intensité de la coloration que l’on désire donner au vernis. Dissoudre le borax dans l’eau, et la laque (par macération) dans l’alcool, en en gardant une petite quantité pour dissoudre le méthylène ; chauffer la première solution, y mélanger la seconde en brassant soigneusement, et enfin verser le bleu préparé à l’alcool. On applique à la brosse douce, et on entretient aisément en frottant avec un bouchon.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lut sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne syengage en aucune façon à répondre à toutes les questionsy ni a insérer toutes les communications. — Il n}est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Nouvelle lanterne ù. acétylène. — Placé sur une bicyclette, un appareil à acétylène se trouve dans des conditions tout particulièrement favorables : fonctionnant en plein air, un grand nombre des inconvénients de l’acétylène disparaissent; la trépidation de la machine provoque un tassement
- Lanterne à acétylène pour bicyclettes. — 1. Tube à carbure du milieu. — 2. Tube supérieur formant "réservoir à gaz et muni du réflecteur. — 5. Tube extérieur formant réservoir à eau. — 4. Vue en avant de la lanterne.
- constant des résidus du carbure et, partant, une combustion parfaite ; le bicycliste déjà familiarisé avec un nettoyage désagréable que nécessite sa machine n’est pas surpris par l’incon-Vénient de l’entretien d’une lampe à acétylène. Dans ces conditions, la demande a fait naître des systèmes multiples dont celui que nous présentons à nos lecteurs. Cette lanterne avec suspension à ressort, nickelée avec un réflecteur en aluminium, se compose de 3 tubes télescopiques. Le tube de milieu (n° 1) qui se démonte pour faciliter le nettoyage est destiné à recevoir le carbure, il entre dans une seconde enveloppe (n° 2) qui forme le réservoir de l’acétylène et le tout est plongé dans le récipient extérieur (n° 3) qui contient de l’eau. Le mouillage s’obtient au moyen d’une mèche. Ce système est garanti sans danger et fonctionne d’une façon parfaite. A cet avantage s’ajoute celui d’un bon marché extrême : 4 francs seulement la lanterne complète avec instruction. — Le concessionnaire de cette nouvelle lanterne à acétylène est M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Nouveau passe-courroies. — M. Arthur Middleton nous a fait connaître un nouveau passe-courroies qui présente divers avantages. Les figures ci-jointes 1, 2, 3, montrent les principales dispositions adoptées. En A est la poulie, en B une
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- Nouveau passe-courroies. — 1. Vue île face. — 2. Vue de côlé. 3. Vue d’arrière.
- section de tambour fixe, environ d’un quart de la circonférence de la poulie et de la forme indiquée. Ce tambour présente une fente ou rainure C sur laquelle passe un bras D articulé en E à un axe coudé F. A l’extrémité de cet axe est attachée une corde G sur laquelle on tire lorsqu’on veut faire passer là
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- courroie sur la poulie. H est un contrepoids tendant à ramener le bras D dans sa position normale lorsque la courroie est mise. En I est un support fixé sur le support J sur lequel est monté le tambour B à côté de la poulie A. K est une fausse équerre mobile montée sur le support 1; elle sert à enlever la courroie de la poulie et à la faire passer sur le tambour. N est contrepoids ramenant l’équerre K dans sa position normale. Une corde M, attachée à cette fausse équerre en N, sert à l’actionner quand on veut enlever la courroie. Supposons d’abord l’appareil au repos. Dans ce cas, la courroie repose sur le tambour 8, elle est détendue et isolée de la poulie et de la transmission. Pour la faire passer sur la poulie A on tire sur la corde G, le bras D se déplace en suivant la rainure E, c’est-à-dire en se rapprochant de la poulie. Ce bras dans ce mouvement pousse forcément la courroie sur la poulie et la conduit jusqu’au point P. Lorsque la courroie est mise, on abandonne la corde et le bras D retourne dans sa position première sous l’effet du poids IL Pour enlever la courroie on tire sur la corde M comme il a été dit plus haut. — Pour tout ce qui concerne ce nouveau passe-courroie, s’adresser à M. Arthur Middleton, 51 bis, rue du Temple, à Calais.
- BIBLIOGRAPHIE
- L'automobile théorique et pratique. Traité élémentaire de locomotion à moteur mécanique, tome II. Voitures à pétrole, par L. Baudry de Saunier. 1 vol. in-8°. En venté dans toutes les librairies et chez l’auteur, 22, boulevard de Yilliers, à Levallois (Seine). Prix franco : 12,r,60. 1900.
- Notre collaborateur, M. Baudry de Saunier, vient de faire paraître le tome II de son excellent traité de locomotion que nous sommes heureux de faire connaître à nos lecteurs. Ce tome II est entièrement consacré aux voitures à pétrole. Dans les deux premiers chapitres, l’auteur donne quelques généralités sur les voitures automobiles et l’historique. Il passe ensuite en revue toutes les grandes marques de. voiture en distinguant les voitures à moteurs verticaux et à moteurs horizontaux, et nous donne une description très complète des voitures de Dion-Bouton, Panhard et Levassor, Mors, Bochet, Darracq, Bochet et Schneider, Peugeot, G. Bichard, Delahaye, de Diétrich, Bolide. Toutes les pièces et particularités de chaque voiture sont examinées en détail, et soigneusement expliquées. A la fin de l’ouvrage, dans des chapitres spéciaux, nous trouvons des détails intéressants sur les principaux accessoires, et des considérations sur l’utilisation d’une voiture, sur les pannes principales et leurs remèdes. *
- L’ouvrage de M. Baudry de Saunier renferme des renseignements précieux qui seront très utiles aux amateurs d’automobiï lisme. 1
- Hygiène du dyspeptique, par G. Linossier, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Lyon. 1 vol. in-16 de la Bibliothèque d’hvgiène thérapeutique dirigée par le professeur Proust. Masson et Cie éditeurs. Paris. 1900. Prix : 4 frartçs.
- L’année industrielle. Découvertes scientifiques et inventions nouvelles en 1899, par Max de Nansouty. 1 vol. in-8.iF. Juven, éditeur. Paris. 1900. Prix: 3fr,50. j.
- Vinification dans les pays chauds. Algérie et Tunisie, jpar J. Dügast, directeur de la station agronomique et œnqlo-ique d’Alger. 1 vol. in-8°. G. Carré et Naud, éditeqrs, 900. Paris. Prix : 5 francs. j
- La peste et son microbe. Sérothérapie\et vaccination, pat le Dr Netter, professeur agrégé à la Faculté de médecine! dé Paris. 1 vol. in-8°. G. Carré et Naud, éditeurs. Paris, 19D0. Prix : 4 francs. i
- La pratique industrielle des courants alternatifs monophasés, par G. Chevrier, ingénieur à l’usine centrale du secteur électrique de la rive gauche de Paris, 1 vol. in-8°. G. Carré et Naud. Paris. 1900. Prix : 9 francs.
- Le portrait de N.-S. Jésus-Christ, d’après le Saint-Suaire de Turin, avec reproductions photographiques, par Arthur Loth, ancien élève de l’Ecole des Chartes. 1 brochure in-8°. Paris. Librairie religieuse H. Oudin. Prix : lft,50.
- Insuccès photographiques. Comment les éviter, comment y remédier, par G. Naudet. 1 brochure in-12. Besforges, éditeur. Paris. Prix : l,r,50.
- Comment on se défend du rhumatisme. La L%dte contre les douleurs et l'arthritisme, par le Dr Henry Labonne. 1 brochure in-16. Paris, Société d’éditions scientifiques. Prix 1 franc. 1900.
- Etude expérimentale du coup de pédàle, par le Dr Elises Bouny. 1 brochure in-8°. Pans, G. Steinheil, éditeur. 1899..
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- La philosophie naturelle, par le Dr W. Nicati. 1 vol. in-18. Paris, 1900, V. Girard et E. Brière éditeurs. Prix: 5fr,50.
- Manuel du Frénographe. 1 vol. in-16, traduction française. Constructeurs : MM. R. et J. Beck, 68 Cornhill London E. C.
- Conférence populaire sur l’astronomie, par Louis Quêtant.
- 1 brochure in-8°. Lyon, imprimerie A. Storck. 1899.
- Impression artistique des épreuves positives, par G. II. Niknven-glowski. 1 brochure in-8°.Paris. H. Desforges, éditeur. 1899. Prix : ltr,40.
- Agenda du photographe et de l'amateur, par Charles Mendel. 1900.1 brochure in-8°. Paris. Prix : 1 franc.
- La télégraphie sans fil. — Les nouveaux ascenseurs. —
- 2 vol. in-16 de la petite encyclopédie scientifique et
- industrielle publiée sous la direction de Henry de Graffigny. Paris. E. Bernard et Cis, éditeurs. 1900. Prix : l,r,50 pièce.
- Manuel pratique de. photographie au charbon, par E. Beein.
- 1 vol. in-18. Librairie Gauthier-Yillars. Paris. 1900. Prix :
- 2 francs.
- Annual report of the Smithsonian Institution. 1897. U, S. National Muséum 1. 1 vol. in-8°. Washington Government Printing Office, 1899. ^
- The birds of eastern north America. Part. II. Land birds Key to the families and species, by Charles Cory. 1 vol. in-8°. Field Columbian Muséum, Chicago. 1899.
- Transactions of the American surgical Association. Volume the seventeenth. Edited by I)e Forest Willard. 1 vol. in-8°. William J. Dornan. Philadelphia. 1899.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Ohaervations de M. Renou.(Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEDRES DD MATIN VENT
- THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 avril 0*,3 N. 2. Couvert. 0,0 Couvert de 4 à 7 h. et après 18 h.; très nuag. le reste du
- Mardi 3 . 1*,9 S. W. 2. Couvert. 0,0 temps ; grains de neige de 8 h. 40 à 45. . Presque couvert ; gelée bl. ; lialo ; qqf. des gouttes et
- Mercredi i ... . S. W. 2 Peu nuageux. petite pluie à partir de 22 h.
- 7*,1 8,5 Très nuageux ; pluie jusqu a 5 h. 1/2 et qq. autres averses
- Jeudi 5 4", 7 S. S. W. 2. avec un peu de grêle à midi.
- Couvert. 2,0 Très nuageux; gelée bl. ; pluie de 1 à 5 b. et qq. averses.
- Vendredi 6 5*,6 W. S. W. 2. Couvert. 0,3 Couvert jusqu’à 9 h. ; nuag. ensuite : gouttes entre 15 et 16 h ; halo.
- Samedi 7 3*,5 S. E. 1. Couvert. 0,0 Couvert de 5 à 17 h.; très nuag. avant et après; gelée
- Dimanche 8 4’,7 N. 5. Couvert. 0,0 blanche ; qqf. des gouttes. Beau à 1 h. ; couvert ensuite ; gelée blaiicfie ; bruine- à
- 8-9 1).
- AVRIL 1900. — SEMAINE Dü LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 AVRIL,
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologique* faites au Pare Saint-Maur en mars 1900
- par M. E. Renoo.
- Moyenne barométrique à midi 757—,19. Minimum 741"",60 le 21 à minuit. Maximum 771”,78 le 14 à 9 heures du matin. '
- Moyennes thermométriques : des minima 0°,86 ; des maxima 8°,04 ; du mois 4°,45; vraie des 24 heures 4°,13. Minimum — 4°,2 le 18 vers 6 iipures du matin. Maximum 17°,2 le 11 vers 2 heures du soir. Il y a eu 12 jours1 de gelée et 10 jours de gelée blanche. Ras du sol ; moyenne des minima — 2°,50 ; minimum — 8°,9 le 5.
- Tension moyenne de la vapeur, 4—,60 ; la moindre 2—,1 le 1*' à 3 heures du soir ; la plus grande 8—,0 Je 12-à 10 heures du matin.
- Humidité relative moyenne 75; la moindre 30 le 1" à 3 heures du soir; la plus grande 100 eu 3 jours.
- Pluie 19"“,3 en 58 h. 1/2 réparties eu 11 jours. 11 y a eu 8 jours de neige insignifiante et 5 jours de gouttes.
- Nébulosité moyenne 69. 2 jours dé brouillard.
- Vents dominants du N.-W. au N.-E., puis du S. au S.-E.
- Température moyenne de la Marne : le matin 6®,54 ; l'après-midi 6°,82 ; du mois 6°,68. Minimum 4°,58 le 9; maximum 9°,08 le 1« Sa transparence 1 a augmenté en même temps que le niveau s’abaissait presque régulièrement.
- Relativement aux moyennes nqrmales, le mois de mars 1900 présente les’ résultats suivants : baromètre plus haut de 0—,02. Thermomètre plus bas de 1°,99. Tension de la vapeur moindre de 0*",73. Humidité relative égale. Pluie plus faible de 21 "",5. Nébulosité plus grande de 11.
- L’abricotier a commencé à fleurir le 13. La végétation est très retardée. Les rivières de la région de Paris étant basses à la fiu.du mois, annoncent des eaux basses pour tout l’été.
- PHASES RE LA LUNE i P. Q. le 6, à 9 U. 4 tu, du soir.
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- M. J. LAFFAHGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aui abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —® — L’inauguration officielle de l’Exposition de 1900 a eu lieu à l'heure dite, samedi 14 avril. Le lendemain dimanche, jour de Pâaues, le public a été admis à la visiter. L’Exposition est désormais ouverte jusqu’au 5 novembre. C’est un privilège de toutes les Expositions universelles de Paris que la journée de leur inauguration soit favorisée par un temps doux, sans pluie. Le mardi 15 mai 1855, l’empereur Napoléon III inaugurait l’Exposition par un temps légèrement nébuleux, qui s’éclaircit vers 1 heure de l’après-midi, au moment où le cortège arrivait au palais de l’Industrie. Le lundi l"- avril 1867, des Tuileries au pont d’Iéna, la daumont impériale fut accompagnée par un rayon de soleil, après une matinée très variable. Le mercredi 1er mai 1878, le sel était encore détrempé par la pluie de la nuit lorsque le maréchal de Mac-Mahon, sous un brillant soleil, arriva, à 2 heures, à l’Exposition. Enfin, le lundi 6 mai, M. Carnot inaugurait l’Exposition de 1889 par un temps tout pareil' à celui de samedi dernier.
- —(§)— M. le professeur Planchon, directeur de l’Ecole supérieure de pharmacie, membre de l’Académie de médecine, vient de mourir subitement à Montpellier. Il était venu passer les vacances de Pâques chez son neveu, professeur à l’Ecole de pharmacie de cette ville. M. François-Gustave Planchon, frère du célèbre botaniste Emile Planchon, était né à Ganges (Hérault), le 28 octobre 1833. Il était professeur de matière médicale à l’Ecole supérieure de pharmacie, uand il fut, en 1877, élu membre de l’Académie de médecine. Il evint directeur de l’Ecole, le 1er novembre 1886. M. Planchon a publié un grand nombre d’études spéciales.
- —®— L’Association de la presse de l’Institut et des Sociétés savantes a tenu mercredi son assemblée générale suivie de son dîner annuel chez Durand, sous la présidence de M. Henri de Parville. Réélection du même bureau. Parmi les convives : MM. Charlier, de Bourmont, da Cunha, Maxime Serpelle, Capelle, Victor Taunay, Dr Bouffé, Vitoux, Wertheirner, etc. Dîner amical où les discours traditionnels ont été remplacés par des causeries pleines d’entrain. On a cité tant de vieux souvenirs, tant d’anecdotes qu’il a été convenu que l’on en ferait un volume dont le succès est assuré d’avance.
- —<§>— M. Kleinclausz, chargé de cours à l'Université de Dijon, vient de signaler, dans l’abbaye de Fontenay près de Montbard, un tombeau où sont représentés gisants un chevalier, les pieds posés sur des lions, et une femme dont les pieds reposent sur deux levrettes. D’après le costume, l’œuvre a dû être exécutée vers le milieu du quatorzième siècle. Cette hypothèse est confirmée par l’attribution formelle, dans la description des tombeaux, de cette sépulture à Meilot cadet et à son épouse. L’auteur est un des Flamands appelés en Bourgogne à cette époque et son œuvre serait le prototype des fameux tombeaux des ducs de Bourgogne.
- —®— M. H. Omont a communiqué à l’Académie des Inscriptions un très ancien manuscrit de l’Evangile selon saint Mathieu, récemment acquis pour la Bibliothèque nationale et l'apporté à la fin de l’année dernière de l’Asie Mineure par un officier français, M. le capitaine de la Taille, au retour d’un voyage en Russie et en Arménie. Ce manuscrit, copié en grandes lettres onciales sur parchemin pourpré, est orné, au bas des pages, de cinq miniatures représentant Hérodiade et la décollation de saint Jean-Baptiste, les miracles de la multiplication des pains, les deux aveugles de Jéricho et du figuier desséché. M. Omont a fait ressortir, au point de vue paléogra-pkique et iconographique, l’intérêt et l’importance de ce manuscrit, peut-être contemporain de Justinien.
- —f)— Deux officiers du 148e régiment d’infanterie, en garnison à Givet, MM. Olivero de Rubiart et Moral, accompagnés d’un sous-
- officier et d’un caporal, viennent d’accomplir un beau record. Partis de Givet à onze heures et demie du matin, ils arrivèrent à Charle-ville le même soir à sept heures. Après un repos de trois heures, ils repartirent, et le lendemain, à onze heures et demie du matin, ils faisaient leur rentrée à Givet, ayant ainsi couvert, à pied, un espace d’environ 125 kilomètres en vingt-quatre heures.
- —®— Le gouvernement portugais a résolu de prêter tout son concours aux astronomes étrangers qui se rendraient au Portugal pour observer l’éclipse du 28 mai prochain. Il a nommé une commission chargée de veiller à l’accomplissement de ces vues, et il a édicté les ordres suivants : les employés de la douane aux ports de mer et aux frontières devront accorder toutes les facilités • pour l’entrée des bagages de ces astronomes, les colis contenant les instruments étant libres de toulc charge. Cette concession cependant ne sera accordée que sur le vu d’un certificat délivré par un observatoire astronomique et authentiqué par l’agent consulaire portugais, déclarant le nom de l’astronome, et le nombre ainsi que ta qualité des colis d’instruments dont il se fait accompagner. Il serait avantageux de faire savoir au directeur de l’observatoire royal de Lisbonne (sis à Tapada) le jour probable de l’arrivée à la frontière et le point d’entrée. L’observatoire royal de Lisbonne a publié une brochure dans laquelle on trouve des cartes pour la trajectoire de l’ombre en Portugal, une autre pour les heures et les angles du premier contact, des cartes célestes des environs du soleil éclipsé ainsi que les données numériques qui ont servi à dresser ces cartes.
- Il ne sera nulle part difficile ni onéreux de se procurer des matériaux de constructions et des ouvriers passablement habiles. Les réparations délicates qui pourraient devenir nécessaires ne sont possibles cependant que dans les grands centres, et surtout à Lisbonne.
- —®— Il n’est partout question en ce moment que de cartes postales illustrées; en voici un nouveau modèle dit barométrique. Au dos de la carte postale se trouve une petite figurine surmontée d’un parapluie. Lorsque le temps paraît devoir être beau, le parapluie est bleu, lorsque le temps est incertain, le parapluie est violet, et lorsqu’il doit pleuvoir, le parapluie est rose. Ce sont les propriétés bien connues du chlorure de cobalt qui sont utilisées dans cette petite invention.
- —(§)— Le Bulletin de la Société d’encouragement du 31 mars 1900 donne des détails utiles sur les outils pneumatiques portatifs très répandus aux Etats-Unis et qui commencent à se propager en Europe. Les plus employés de ces outils sont des marteaux-frap-peurs, des riveuses, des perceuses et des grues. Les marteaux sont avec ou sans distributeur, selon que la distribution d’air comprimé est faite par un distributeur séparé ou par le piston lui-même. Les modèles sans distributeurs sont simples, rapides, à course courte, frappent de 10000 à 20000 coups par minute et conviennent très bien pour le travail du bois et de la pierre. Les types à distributeur sont d’une puissance plus grande, d’une allure plus lente, frappent de 1000 à 2000 coups par minute. La pression de l’air employé est de 4 à 6 kilogrammes par centimètre carré. Les riveuses à air comprimé sont à main ou à cadres; elles sont maniables et légères. Les perceuses pneumatiques portatives ont l’avantage de permettre de percer avec précision et rapidité de nombreux trous d’assemblage. Les grues à air comprimé très utilisées sont constituées par un simple cylindre suspendu; le crochet est directement attaché à la tige du piston, le distributeur est manœuvré par une ficelle. On emploie également des cisailles à air comprimé.
- —@>— Que les métallurgistes européens en prennent note : il paraît que, dans la Nouvelle-Galles du Sud, on se trouve en présence d’une vraie disette de rails en fer ou en acier. Un consul américain annonçait récemment que, sans doute, on trouverait acheteurs pour une valeur de plus de 5 millions de francs de rails.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le nouvel interrupteur automatique se trouve chez M. M. Octave Roche-fort, constructeur électricien, 4, rue Capron, Paris. — Pour la
- Kjrte toujours ouverte, toujours fermée s’adresser à Van Kamel evolving door Co, 40 Scrutton Street, Paul street, Finsburv, Londres E. C.
- Communications. —• }1. Lopo de Carvalho, à Guarda (Portugal), nous prie de faire connaître aux astronomes que cette petite ville est située à longitude 7° 14' W. Greenwich et latitude 40° 32'N. Elle a une altitude de 1059 mètres au-dessus du niveau de la mer. L’atmosphère est très pure et d’un bel azur pendant toute l’année. Dans ces conditions l’observation du phénomène de l’éclipse de soleil du 28 mai sera très facile. A 3 kilomètres environ existe une gare avec des communications rapides pour Iran, Lisbonne et Sporto.
- M. P. Montier, comptable à la Compagnie Havraise Péninsulaire, à Rouen, nous adresse une brochure qui a pour titre : Théorie algébrique de la comptabilité.
- M. R. Guérin, chef du laboratoire chimique central de la République de Guatemala nous fait parvenir un opuscule contenant les observaciones meleorologicas correspondientes al uno de 1899.
- M. Ducretet, à Paris, nous a adressé une réclamation de priorité à. propos d’une Note de M. Thomas Tommasina, qui a été présentée par M. A. Cornu à l’Académie des sciences dans la séance du 2 avril 1900. La Note de M. Tommasina avait pour objet l’auto-décohération du charbon, et l’application de cette découverte aux appareils téléphoniques pour recevoir les signaux de la télégraphie sans fil. MM, A. Popoff et Ducretet nous écrivent: « Le procédé décrit par M. T. Tommasina (de Genève) permettant la suppression du relais et du frappeur automatique et leur remplacement direct par un téléphone recevant les signaux hertziens, résultat obtenu par l’emploi d’un radio-conducteur à grenaille de charbon employée couramment dans les appareils micro-téléphoniques, est entièrement décrit dans le brevet pris en Russie par l’un de nous, puis en France le 22 janvier dernier. Les procédés pratiques indiqués dans ces brevets ont été sanctionnés par l’expérience. M. A. Popofî, avec ces appareils radio-téléphoniques, a pu obtenir des transmissions régulières, sans fil, entre la cote et des navires de guerre distants de 55 kilomètres et, en février dernier, relier entre elles des îles du Golfe de Finlande ; les postes extrêmes de ce réseau télégraphique sans fil, distants d’environ 50 kilomètres, ont des îles interposées entre eux; de plus, un des postes est placé à 5 kilomètres de la côte au milieu des bois. Ces expériences sont donc particulièrement intéressantes, et, par suite du succès de cette transmission sans lil, régulière et officielle entre ces îles, Sa Majesté l’Empereur de Russie a bien voulu manifester sa haute gratitude, en faveur de M. Popoff par un ordre officiel ». Ces expériences ainsi réalisées ne sont donc plus des expériences de laboratoire; elles sont d’usage pratique. M. Ducretet se propose de montrer à l’Académie des sciences un de ces appareils Popoff-Ducretet. Us possèdent la propriété de permettre de reconnaître « quel est le poste qui a expédié la dépêche hertzienne reçue » : cela est obtenu par l’appréciation du caractère du son téléphonique perçu; il varie suivant l’interrupteur employé ou suivant le transmetteur et la cadence adoptée.
- Ai. L. Meeûs, distillateur à Wyneghem-lez-Anvers, à la suite de notre article sur la fabrication de l’acide carbonique liquide (n° 1394 du 10 février 1900, p. 181) nous adresse la communication suivante : « Depuis dix ans, à Wyneghem-lez-Anvers (Belgique), notre distillerie fabrique de l’acide carbonique liquéfié, retiré des cuves à fermentation; le plus souvent, dans les distilleries, l’acide carbonique est rejeté dans la cour. Depuis un an, j’ai abandonné ce système de fabrication et j’ai
- adopté le suivant : Le gaz carbonique sortant des cuves à fermenter, est expulsé à la cour tant qu’il contient des traces d’air, puis le gaz est envoyé directement dans un gazomètre, d’où la pompe à liquéfier de première pression l’aspire pour le refouler sous une pression de trois atmosphères, dans une batterie de 10 filtres chargés de produits divers, pour retenir les impuretés qui pourraient se trouver dans ce gaz. A la sortie ae ces filtres, le gaz entre dans un tube de chlorure de calcium en morceaux, qui retient les dernières traces d’humidité, puis il passe sur un filtre de petites dimensions, contenant du coton destiné à retenir les parcelles de chlorure de calcium entraîné, et entre dans la deuxième pompe qui l’aspire et le refoule dans un serpentin entouré d’eau froide, sous une pression de 12 kg par centimètre carré.
- line troisième pompe aspire ce gaz, et le refoule dans un serpentin entouré d’eau froide à 15° et le gaz se rend liquéfié à la pression de 52 ou 55 kg par centimètre carré dans des bouteilles placées sur les bascules.
- J’ai installé à Bapaume-lès Rouen, au mois de septembre 1899, une usine à liquéfier le gaz carbonique provenant de 1» distillerie Bugnot Colludon, qui peut produire 7000 kg de gaz carbonique par 24 heures, et l’usine fonctionne dans de bonnes conditions.
- Les mêmes installations ont été faites dans les distilleries du Pouzin et de Montredon en France, pour produire 5000 kg de gaz carbonique liquéfié par 24 heures.
- Les analyses chimiques du gaz produit à Wyneghem ont donné les résultats suivants :
- Acide carbonique. . 99,935 99,816 pour 100
- Air................ 0,058 0,154 —
- Eau ................... 0,027 0,030 —
- La première a été faite par M. de Walgue, professeur à Louvain ; la deuxième a été faite au laboratoire municipal der Paris. Le gaz est complètement pur, il ne contient pas de-traces d’oxyde de carbone qu’il est toujours difficile d éliminer avec la fabrication de l’acide carbonique par le coke.
- L’acide carbonique est employé pour produire le froid, glaces, siphons, gazéification, bières, cidre, champagniser le vin blanc, extincteur, force motrice, conservation de la viande, du poisson, etc. ».
- Renseignements. — M. A. Gaeng, à Neufchàteau. — Nous avons décrit en détail le mécanisme des distributeurs-automatiques de liquides en parlant des fontaines populaires et bars dans le n° 962, du 7 novembre 1891, p. 365.
- M. A. F orgues, à Béziers. — C’est avec tous les renseignements et recettes publiés dans la Boîte aux Lettres que nous-avons formé la série des petits livres des Recettes et Procédés utiles qui compte 5 volumes à la librairie Masson et Cie.
- M. Julien, à Paris. — Nous avons rappelé le procédé de solidification du pétrole en parlant de l’alcool solide dans le n° 1590, du 15 janvier 1900, p. 110.
- M. le Dr Maere, à Gand. — 1° Nous avons décrit le transformateur Wydts-Rochefort dans le n° 1522, du 1er octobre 1898, p. 288 ; on peut se le procurer chez M. Rochefort, 4, rue Capron, à Paris. — 2° Le fabricant de cet appareil est M. Carpentier, 20, rue Delambre, à Paris. — 5° Adressez-vous à la librairie Bernard et Cio, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Un abonné, à Santander. — Nous ne connaissons pas de fabricant de ces machines.
- M. Ch. R., à Paris. — On forme une solution de citrate de fer ammoniacal, 30 gr. dans 120 gr. d’eau, et de ferro-prus-siate de potasse rouge, 50 gr. dans 120 gr. d’eau; on mélange par parties égales.
- A/. Ph. Wolfers, à Bruxelles. — Nous ne pouvons entrer dans tous ces détails; consultez les annonces, ou la Société des carbures métalliques, 50, boulevard Ilaussmann, à Paris.
- M. H. P., à Paris. — Vous trouverez un ouvrage à’Anatomie cl physiologie animales et végétales, par M. Caustier, à la librairie Nony, 65, boulevard Saint-Germain.
- M. X. Y., à Roanne. — Nous ne saurions vous renseigner; il faudrait consulter un chimiste spécialiste.
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. D. R., à Paris. Nous ne pouvons nous occuper de la construction des appareils. — M. Dupont, à Lille. Ces règlements ne sont pas encore édictés. — M. G. L., à Nice. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lro série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — M. Parrot, à Arras. Vous trouverez cette recette dans le même petit livre que ci-dessus, 3e sérié, à la même librairie. — M. Durand, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — li n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- SU
- PETITES MENTIONS*
- Torpilleur sous-marin. — Le petit torpilleur sous-marin que montrent nos dessins et qui représente comme extérieur la forme du fameux bateau qui, pendant quelque temps, a occupé la presse entière, produit les effets les plus curieux. Aussitôt qu’on le plonge dans l’eau, retenu par une ficelle qui l’attache à une bouée afin qu’il ne puisse se perdre, il disparaît aussitôt exécutant les évolutions les plus extraordinaires dans l’eau, revient à la surface, disparaît à nouveau et
- Torpilleur sous-marin. — 1. Verseur. — 2. Le sous-marin à la suifice. 3. Le sous-marin ilaùs l'eau.
- ainsi de suite. Ces effets sont oblenus au moyen d’un mélange chimique dont il s’agit de verser une cuillerée dans la chaudière. Ce mélange est formé de bicarbonate de soude et d’acide tartrique. On verse ce mélange dans le compartiment du centre à l’aide du verseur n° 1. Il est difficile d’indiquer le nombre d’immersions du petit bateau, il plonge 10, 20, 30 jusqu’à 40 fois, cela dépend de la façon dont l’eau s’introduit dans le compartiment du centre. Ce bateau plonge dans n’importe quel récipient : aquarium, cuvette, seau, etc., ou n’importe quelle masse d’eau (bassin, rivière), jusqu’à 4 mètres de profondeur.
- il faut toujours, avant de mettre le bâteau à l’eau, vérifier si les orifices ne sont pas bouchés : s’ils l’étaient, on les déboucherait avec une petite épingle; sans cette précaution, le sous-marin ne plongerait pas, l’introduction d’eau ne pourrait s’établir, l’air ne pénétrant pas, par l’orifice ménagé dans le bouchon du centre. — Le torpilleur sous-marin se trouve chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Boîtier d'allumettes et carnet de notes. — Voici une petite invention bien pratique, et l’idée ne manque pas d’originalité. Le boîtier en métal est construit pour recevoir les boîtes d’allumettes de l’Etat, dites allumettes « Suédoises »
- Boîtier d'allumettes et carnet de notes.
- qui sont vendues dans des petites boîtes à tiroir. De chaque côté une ouverture est réservée pour laisser libres les frottoirs. Sur la boîte est fixé un petit carnet ouvrant qui, enduit d’une composition spéciale, lui donne les propriétés de l’ardoise. Ce sont les allumettes elles-mêmes qui servent de crayons. Vous avez une note à prendre, un rendez-vous, une dépense à inscrire, vous prenez une allumette contenue dans la noîte et
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- vous écrivez avec sur le carnet, l’allumette n’est pas abîmée pour cela, elle s’enflammera dès que vous le voudrez, et les notes que vous avez prises s’effaceront en mouillant avec le doigt sur le carnet, ce qui le rend perpétuel. — Ce petit article d’un prix très modique est en vente chez M. Mathieu, 151-133, galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.
- Râpe multiple. — Cette nouvelle râpe de forme triangulaire, mais se démontant instantanément pour les besoins du nettoyage, forme un jeu de râpes complet, de sorte que l’on possède 7 râpes différentes réunies dans un seul appareil.
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- Un côté forme râpe à sucre, à chocolat, etc., un autre côté sert pour faire des pailles de pommes de terre et le troisième côté pour couper les carottes, les navets, pour faire la julienne, couper les pommes de terre, etc. Cette nouvelle râpe est en vente chez M. Kratz-Boussac, 1 et 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les mouches volantes.
- Vous est-il arrivé quelquefois, après un long travail de cabinet ou après avoir trop longtemps fixé une surface blanche, de voir passer devant vos yeux de petits corps flottants, remuants? Non; eh bien' tant mieux; vous n’aurez pas à vous préoccuper de ce que les oculistes appellent les mouches volantes. Vous en avez constaté parfois? vraiment; eh bien! ne vous en préoccupez pas trop, si elles ont été passagères, et rassurez-vous, si vous seul les observez, et si le médecin spécialiste n’arrive pas à les trouver.
- 11 y a en effet mouches et mouches, les unes dites physiologiques, à peine exagération d’un état normal, les autres vraiment pathologiques, indice d’une lésion. Cette distinction, que fait valoir avec son talent habituel le I)' Trousseau dans une de ses cliniques, est importante.
- Les mouches volantes affectent la forme de bâtonnets, de filaments d’étoffe, de grains de chapelet qui passent dans le champ visuel, tantôt lents, tantôt rapides. Plus visibles quand on vient, comme je 7e disais, de fixer une surface blanche, brillante, ils deviennent très évidents quand le sujet qui les constate regarde à travers une carte percée d’un petit trou.
- De ces mouches les unes sont invisibles pour l’oculiste, malgré vos affirmations très réelles; elles sont en effet dues à la présence près de la rétine de petits corpuscules flottant dans le corps vitré. Elles sont insignifiantes et n’ont que le désagrément d’exalter la nervosité du sujet. Souvent elles apparaissent à la suite de fatigues de la vue, travad trop prolongé, emploi de verres insuffisants. Le remède est simple : lire moins, écrire modérément, éviter l’action des lumières éclatantes, la réverbération du soleil, reposer en un mot un organe un peu fatigué et y aider par une hygiène générale sévère.
- Les autres mouches, celles que le sujet voit et dont l'oculiste peut aisément contrôler la présence au moyen de l’ophtal-moscope, demandent une thérapeutique plus sérieuse. Elles sont en effet l’indice de troubles plus ou moins marqués de la vision, de lésions de l’œil qu’il est utile de soigner sans retard. De celles-là nous n’avons pas à nous occuper : le meilleur conseil à suivre est .celui que vous donnera le spécialiste <jui saura reconnaître les mouches et la maladie qui en a provoqué le développement. Dr X.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- M
- Le massage du foie par la respiration profonde comme moyen prophylactique des coliques hépatiques.
- Sujet depuis sept ans à des accès de coliques hépatiques dont l’arrivée lui était annoncée par une sensation douloureuse dans la région du foie, M. Môbius a trouvé un moyen très simple qui lui permet de faire avorter la crise ou d’en diminuer l’intensité. Ce moyen consiste à faire une série de mouvements respiratoires très profonds.
- On fait une inspiration aussi profonde que possible, et pour arriver au maximum d’intensite, on emploie au moins cinq secondes; on reste dans cette position quinze, vingt, voire même trente secondes, puis on fait très lentement un mouvement d'expiration, de façon que ce temps de la respiration dure à son tour douze à quinze secondes, et on recommence. Durant les inspirations profondes, le foie s’abaisse quelquefois de 5 centimètres; pendant l’expiration forcée, il remonte en suivant le diaphragme. Ce va-et-vient du foie constitue un véritable massage de l’organe. Les mouvements respiratoires
- peuvent s'exécuter aussi bien debout que couché; le mieux, c’est de s’asseoir dans un fauteuil, le dos appuyé contre le dossier et les avant-bras posés sur le bras du meuble.
- M. Môbius estime que l’absence des mouvements du foie prédispose régulièrement à la cholélithiase ; ce serait pour cela que les femmes, dont la respiration est costale et qui ont les hypocondres comprimés par le corset, sont plus sujettes que les hommes à la lithiase biliaire.
- Il va de soi que les individus prédisposés à la lithiase et dont le foie fonctionne d’une façon satisfaisante devraient s’habituer à respirer profondément, d’une manière constante, et à pratiquer de temps en temps le massage du foie par la respiration profonde et forcée.
- Quant au massage du foie et de la vésicule biliaire à travers la paroi abdominale, tel qu’il est pratiqué par les spécialistes, M. Môbius le considère comme parfois dangereux et exigeant beaucoup de prudence de la part de l’opérateur.
- (.Montpellier médical.)
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN
- THERMOMÈTRE
- VENT
- DIRECTION ET FORCE
- de 0 à 9
- ÉTAT DD CIEL
- PLUIE EN MILLIMÈTRES
- OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 avril .... 5*,1
- Mardi 10 5”,5
- Mercredi 11 5M
- Jeudi 12 9’,5
- Vendredi 13 11*,2
- Samedi 14. .... . 6*,9
- Dimanche 15 ... . 10*,5
- S. S. W. 1. Couvert.
- S. 2. Couvert.
- S. S. W. 2. Couvert.
- W. N. W. 4. Couvert
- S. W. 5. Couvert
- S. W. 2. Couvert
- S. S. W. 2. Beau.
- 0,0
- 0,0
- 0,1
- 0/j
- 0,0
- o.o
- 0,0
- Couvert jusqu’à 8 Ii.; très nuageux ensuite; gelée bl. ; pluie line.
- Beau à 1 h. ; puis couvert; quelques nuages après 18 h; halo; gelée bl.; pluie fine.
- Nuageux jusqu a 4 h.; couvert ensuite ; gouttes et petite pluie; gelée blanche.
- Couvert jusqu’à 7 h. et à partir de 18 h. ; très nuageux le reste du temps: halo ; petite pluie.
- Couvert iusqu’à 9 h. ; puis nuageux ; beau après 19 h. ; pluie de 7 à 8 h. ; halo.
- Beau jusqu’à 4 h. ; puis couv. jusqu’à 11 h.; très nuageux ensuite ; gelée bî.
- Nuageux; halo.
- AVRIL 1900. — SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 AVRIL.
- I Lundi | Mardi | Mercredi j Jeudi I Vendredi I Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 « 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Le 6 avril, à lO*50 du soir, à Barcelonnette (Basses-Alpes), trois secousses de tremblement de terre se sont produites dans la direction nord-sud. Il n’y a eu aucun dégât.
- Ta pluie en Tunisie. — On a signalé, le 9 avril, des pluies bienfaisantes dans presque toutes les régions de la Tunisie. Ces pluies sont arrivées à propos pour sauver la récolte des céréales, qui était compromise par la sécheresse persistante. Dans les journées des 6, 7 et 8 avril, des pluies sont tombées dans le Mornag, dans la vallée de la Medjerda, au Kef, à Thala, à Maktar, à Kairouan, à Sousse, à Sfax, à Gafsa, à Tozeur, à Gabès.
- Inondations aux Etats-Unis. — Un grand ouragan a eu lieu au Texas dans les premiers jours du mois d'avril et a causé de grands dégâts dans toute la contrée ainsi que 40 morts. Il eu est résulté des inondations qui ont envahi tout le pays et tout dévasté.
- . Une digue du fleuve Colorado, la seconde comme grandeur des États-Unis, s’est rompue à Austin. L'énorme masse d’eau du lac Macdonald s’est répandue dans la vallée, balayant les bâtiments, le bétail et détruisant tout sur . son passage. Un pont de chemin de fer a été emporté au moment précis où un train express, venant de Saint-Louis, passait dessus, mais il n’y a pas eu de pertes à déplorer.
- PHASES DE LA LINE; P. L. le 15, à 1 h. 11 du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— D’après la définition d’Arago, la lune rousse est celle qui, commençant en avril, devient pleine à la fin de ce mois, ou plus ordinairement dans le courant de mai. En 1900, la lune rousse commence le 29 avril et finit le 28 mai.
- —®— L’astronomie vient de perdre deux savants qui ont largement contribué à ses progrès : R. Lutber et G. Rümker. R. Luther, directeur de l'Observatoire de Düsseldorf, a découvert 24 petites planètes circulant entre les orbites de Mars et de Jupiter. Il est mort à I âge de 78 ans. G. Rümker, directeur de l’Observatoire d’Hambourg, a publié un excellent catalogue de 12 000 étoiles. On fui doit des perfectionnements marqués dans l’étude de la marche des chronomètres de marine, très nombreux à l’Observatoire d'Hambourg en raison de l’importance du port de cette ville. Rümker avait 08 ans. La météorologie vient d’être aussi éprouvée par la mort de M. G. Symons, membre de la Société royale de Londres, président de la Société météorologique de la Grande-Rretagne. Il était dans sa 62” année.
- —(§)— Mardi 17 avril le prince Ouroussof, ambassadeur de Russie, a remis solennellement à M. Loubet, le cadeau envoyé par le tsar; la carte de France en pierres précieuses. Cette carte, unique en son genre, a la forme d’un carré d’un mètre de côté environ. Elle est entièrement formée d’une mosaïque de gemmes rares. Chaque département est taillé avec sa forme exacte dans une pierre spéciale, jade, onyx, agate, cornaline, malachite. Les grandes villes sont figurées par des clous de rubis pour Paris, d’émeraude pour Marseille, de diamant pour Lyon, d’opale pour Bordeaux, de turquoises pour Lille, etc. La grosseur de chacun d’eux est proportionnée à l’importance de la ville. On estime la valeur de cette carte à 4 millions de francs ; la seule émeraude qui figure Marseille représente à elle seule une somme de 18 000 roubles. Pendant toute la durée de l’Exposition, les Parisiens pourront contempler ce précieux cadeau dans le pavillon de Russie, situé à gauche du Tro-cadèro#
- —S>— Par décret de M. le ministre de l’instruction publique, l'ancien poste forestier du Yal-Joyeux, situé sur le territoire de Villepreux (Seine-et-Oise), est affecté au ministère de l’instruction publique, en vue de l’installation du pavillon magnétique faisant actuellement partie de l’observatoire du parc Saint-Maur, dépendant du Bureau central météorologique de France.
- —®— Le sous-marin le Morse, construit à Cherbourg sous la surveillance de l’ingénieur de la marine, Romazotti, vient d’être admis définitivement. Les essais ont donné une vitesse maxima à la surface de 12 nœuds 3. Le Morse a. à la surface, un rayon d’action de 150 milles à une vitesse de 5 nœuds 5 et de 174 milles à 4 nœuds 9. La rapidité de .plongée est de 4 minutes ; la stabilité en position de plongée est parfaite, la vision au moyen de l'appareil optique est très satisfaisante; la rapidité d’évolution, 14 minutes, -et la longueur du rayon de giration de 250 mètres ne donnent pas toute satisfaction. Le Morse est entré en armement définitif le 17 avril, sous le commandement de M. le lieutenant de vaisseau Terrin.
- —41— L’enlèvement des ordures ménagères, à Paris, coûtait 1 885 900 francs en 1893 ; il va revenir pour 1900 à 5 200 000 francs. Le conseil municipal, devant une telle augmentation de dépenses, avait chargé la troisième commission d’établir ua nouveau régime ui ramènerait les dépenses à un chiffre normal et donnerait plus e sécurité au point de vue de l’hygiène. M. Le Breton, rapporteur, a présenté récemment un travail qui a été adopté par le conseil.
- Pour une période de cinq années, du 16 juillet 1901 au 15 juillet 1906, le mode actuel de procéder dans les arrondissements chiffrés de 11 à 20 est maintenu. La collecte et le transport, par tombereaux clos et couverts, des ordures ménagères des dix premiers arrondissements seront mis en adjudication. Le traitement des ordures provenant de ces mêmes arrondissements se fera par le broyage. La dépense annuelle sera de 2 306480 francs.
- —(§)— Le brevet pris par Edison aux États-Unis le 20 mars 1883, pour le système de distribution électrique à trois fils, est expiré le 20 mars dernier. On sait que ce système assure une économie de cuivre de 25 pour 100 dans la canalisation.
- —(%)— Des essais intéressants ont été faits sur une chaudière tubulaire Babeock et YYilcox, construite pour le navire des Etats-Unis Atlanta. Ces essais ont été conduits par l’ingénieur en chef de la marine, John Low, et nous en trouvons les résultats dans la Revue maritime. Pour la combustion, on utilisait ou non des courants d’air chaud produits par un régénérateur spécial. Pour obtenir des pressions d’air, la chaudière avait été enfermée dans un endroit clos dans lequel on refoulait de l’air avec un ventilateur pour assurer une bonne ventilation et une température modérée. De cette chaufferie close, l’air passait dans le chauffeur d’air ou régénérateur, et se rendait de là aux cendriers. Quand l’air n’était pas chauffé, on fermait le régénérateur et on ouvrait les portes des cendriers. Les résultats atteints ont montré très clairement l’accroissement de vapeur par kilogramme de charbon consommé et l’abaissement de température dans la cheminée quand le régénérateur fonctionnait.
- —®— Nous avons parlé en son temps de l’école qui a été fondée à Liverpool pour l’étude et la médication des maladies tropicales ; cette école a envoyé une mission sur la côte occidentale d’Afrique, et spécialement à Sierra Leone, pour étudier les fièvres tropicales. Cette mission est rentrée après des recherches fort intéressantes, et en rapportant une collection des plus curieuses de moustiques infectés de germes de malaria.
- —$«)— Le représentant des États-Unis en Suède signale l’intérêt qu’il y aurait, pour les fabricants de voitures automobiles, à chercher à pénétrer le marché suédois : il est convaincu qu’on y trouverait une nombreuse et importante clientèle. Des loueurs de voitures ont été récemment à Berlin pour juger des automobiles qu’on y pouvait acheter, mais il faut dire qu'ils n’ont été nullement satisfaits, reprochant notamment aux électromobiles leur inaptitude à tourner dans un faible rayon et aussi leur manque de force motrice pour sortir d’une route où les roues enfonceraient quelque peu dans du sable. D’ailleurs les entrepreneurs de transport au pays veulent, avant tout, des voitures à deux places, et ils tiennent à les essayer gratuitement. Actuellement on peut citer, comme représentant l’automobilisme en Suède, un motocycle et une automobile à pétrole de fabrication française à Gothenbourg, et une automobile américaine à Stockholm.
- —(g)— Voici, d’après le Eisenbnhn-Zeitung, quelques renseignements sur les bacs à vapeur employés en Danemark pour assurer les relations par voie ferrée entre les diverses îles qui composent le royaume. Les wagons s’engagent sur ces navires spèciaux qui les transbordent sur l’autre rive -du bras de mer à franchir où le train retrouve des rails. Les chemins de fer danois possèdent deux sortes de bacs à vapeur : les uns pour 16 à 18 wagons à marchandises (de
- 10 tonnes chacun) et les autres pour 6 wagons. Les bacs de la première catégorie sont réservés pour les traversées un peu longues,
- 11 y en a quatre en service sur le grand Belt et sur le Sund, entre Copenhague et Malmoë; ils ont deux voies sur le pont, certains sont aménagés pour voyageurs et possèdent restaurant, cabines et fumoir. Les petits bacs n'ont qu’une voie; ils sont au nombre de onze.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. Pour la turbine à pétrole, s’adresser à MM. Marinier et Robelet, 42, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.
- Communications. — M. P. Quinet, à Hvères, nous adresse un extrait intéressant du Petit Var, relatif à une curieuse découverte à 75 mètres sous terre : « Une expédition peu ordinaire vient d’être tentée ces jours derniers par quatre intrépides Anglais. La colline des Oiseaux, qui domine la mer du côté .de Carqueiranne, est un but de promenade pour bon nombre d’hivernants. — Or, en 1808, deux Anglais, MM. Powel et Wilson, au cours d’une excursion du côté de Carqueiranne, découvrirent, sur le versant sud-ouest de la colline des Oiseaux et presque au sommet, un trou au ras de terre. Ce trou paraissait avoir une certaine profondeur, aussi décidèrent-ils d’en opérer la reconnaissance. A quelques jours de là, munis d’une corde à nœuds de 50 mètres de long environ, ils mirent leur projet à exécution, mais parvenus au bout de la corde, ils durent remonter. Une nouvelle tentative fut opérée dans le courant de la même année par MM. Powel, Corbett, vice-consul d’Angleterre, Wilson et notre concitoyen M. Quillier. Cette fois les explorateurs s’étaient munis d’une corde de 75 mètres. Non seulement la corde fut insuffisante, mais à cette profondeur ils furent arrêtés par le rétrécissement de la paroi calcaire de la crevasse. Les explorateurs ne se rebutèrent pas pour cela, mais renvoyèrent à plus tard une nouvelle descente. Partis récemment à 9 heures, MM. Powell, Aitken, Sarvlell, Le Gal-lienne, correspondant du Daily Chronicle, accompagnés de M. Jean Bico, homme de peine à la pharmacie Allouard, arrivaient vers onze heures de la nuit au bord du trou. Ils trouvaient là une corde à nœuds de 75 mètres de long que dans la journée M. Corbett, vice-consul d’Angleterre, avait fait assujettir à un solide piquet. Bientôt la périlleuse descente commençait. Le trou est étagé à l’intérieur. 11 se compose d’abord d’une ligne droite, descendant à pic pendant 50 mètres, puis un amoncellement de rochers, dû sans doute à des éboulements, fait une sorte de palier naturel. On s’avance alors de quelques mètres au bout desquels la descente recommence toujours à pic sur une profondeur de 15 mètres. La nouvelle crevasse, de 10 mètres, très difficile à franchir, puis un troisième palier, ne permettant plus au corps d’un homme de passer. Une fois arrivés là, c’est-à-dire à 75 mètres sous terre, empêchés de descendre par le rétrécissement du col de la crevasse, les explorateurs lancèrent des pierres dans l’abîme. Ces pierres roulèrent pendant 15 secondes, puis résonnèrent bruyamment, comme si elles tombaient au fond d’uné immense caverne. C’est alors que M. Le Gallienne, la corde fixée autour des reins, essaya, mais vainement, de se frayer un passage : l’orifice était trop étroit. 11 fallut cependant trois quai ts d’heure pour dégager son corps pris entre les deux rochers. Des pierres se détachant par intervalles des parois de ce gouffre auraient infailliblement tué les cinq hommes s’ils n’avaient eu la précaution de se bourrer le chapeau avec de la paille de bois. Exténués de fatigue, les mains, les pieds, le visage ensanglantés, à bout d’énergie, les courageux explorateurs commencèrent la rude ascension du retour, ascension qui dura de 5 heures à 6 heures du matin. Les jeunes gens ont pu se guider dans ce souterrain à l’aide d’une lampe à acétylène qui leur a permis de voir au fond de la deuxième galerie des ossements vieillis, provenant sans doute d’un animal de grosse taille... ou.peut-être d’un homme. Des expériences photographiques faites au magnésium n’ont qu’im-parfaitement réussi. Une nouvelle expédition aura lieu sous peu. Les pionniers se muniront d’explosifs et tenteront ainsi d’agrandir la troisième crevasse. »
- Un abonné, à Versailles, nous signale dans le Progrès de Versailles la description d’un appareil dû à M. le Dr Bréchot, pour l’incinération des matières de vidanges sans fumée et sans odeur. «L’appareil du Dr Bréchot, dit notre confrère, a pour but de soustraire au contact de l’air et de l’eau les ma-
- tières de vidanges, d’en éviter la manutention et le transport ; point très important pour l’hygiène, particulièrement lorsqu’il s’agit de matières provenant de gens atteints de maladies infectieuses. Laissant de côté les agents chimiques connus, qui désinfectent les liquides, mais sont sans action sur les matières solides, dont ils peuvent masquer l’odeur sans atteindre les germes nocifs, le Dr Bréchot a recours à une incinération très rapide des matières dans le récipient même où elles se sont accumulées et à la carburation complète des gaz. Son appareil, très ingénieux, destiné à être utilisé dans un hôpital, une caserne, une maison particulière, une agglomération quelconque, a été employé dans bien des circonstances et essayé, avec succès, au Laboratoire municipal de la ville de Paris. Dans son ensemble, cet appareil a la forme d’un alambic composé de deux parties, l’une mobile, l’autre fixe. La partie mobile est une tmette de dimensions à peu près semblables à celles en usage aujourd’hui. Cette tinette sépare, pendant la chute, les matières liquides des matières solides. Les liquides tombent sur un filtre au charbon, le traversent et se rendent dans un réservoir où ils sont désinfectés avant de s’écouler. Les matières solides sont retenues entièrement sur un épais filtre de charbon. Lorsqu’elles ont empli le réservoir qui leur est destiné, la tinette est poussée sous la portion fixe de l’appareil. Cette seconde partie est composée de l’appareil de tirage et du carburateur. L’appareil de tirage est un couvercle conique qui recouvre la tinette et se continue sous forme d’une trompe à eau ou à vapeur qui débouche dans le carburateur. Le rôle do cette trompe est de faire en quelque sorte le vide au-dessus do la tinette ; la vapeur est produite sans frais par les gaz chaude de l’appareil. Le tirage intense fait par la trompe au-dessus de la tinette donne au feu , disposé au-dessous du filtre au charbon qui porte les matières, une intensité considérable ; il détermine une prompte incinération des matières, entraîne tous les gaz dans le carburateur, où ils sont entièrement détruits sans qu’il y ait trace de fumée et sans aucune odeur.
- Renseignements. — M. H. Garnier, à Paris. — 1° L’article que vous demandez sur La Photographie pratique. Organisation du laboratoire a paru dans le n° 745 du 10 septembre 1887, p. 227 ; demandez le numéro à la librairie Masson èt C!e. — 2° Adressez-vous au Comptoir général de photographie, 57, rue St-Roch, à Paris.
- M. J. Rodel, à Paris. - 1° Nous ne connaissons pas ces-expériences. — 2° Cette expression ne nous semble pas exacte.
- Mme J.-R. M., àVoiron. — La bicyclette pliante a été décrite dans le n° 1173 du 23 novembre 1895, p. 401. A cette époque, il fallait s’adresser au capitaine Gérard, au 87e de ligne, à Saint-Quentin.
- M. Dubois, à Brest. — Vous trouverez ces appareils chez; M. Mackenstein, 15, rue des Carmes, à Paris.
- M. E. Tharnelet, à Paris ; M. E. Géraud, à Bordeaux ; M. G. Talion, à Paris. — L’adresse du constructeur a été donnée en tète de la Boite aux Lettres du numéro même qui contenait la description de l’appareil.
- M. D. Roussel, à Paris. — L’adresse demandée est la suivante : rue Saint-Nicolas, à Nancy.
- M. U., à V. — 1° Il n’y a pas d'autre procédé que d’employer le frein de Prony. — 2° Moteurs à pétrole de 2 à 4 chevaux.: M. Herlicq, 59, rue de Flandre; Le Gnôme, 44, rue Lafayette; MM. Japy, 7, rue du Château-d’Eau, à JLiris^ M. Noël, à Provins (Seine-et-Marne) ; Société française de matériel agricole de Vierzon (Cher). — 3® Pour tous renseignements, il faut s’adresser directement aux fabricants.
- M. E. Kant, à X. — Ces données ne peuvent être déterminées que par des expériences qu’il noms est impossible d’entreprendre.
- M. A. Kartson, à Pretoria. — Vous aurez tous ces détails au siège de la Société des voitures à vapeur Scotte, 56, rue lie Provence, à Paris.
- M. B. David, à Marseillan. — Le moyen le plus simple est de laisser le vin s’aigrir à l’air.
- M. L. de Carvalho, à Guarda. — Nous ne pouvons vous donner ces renseignements.
- Accusés de réception. —Avis divers. —M. Warrego, à X. Nous ne pouvons vous indiquer ce mode de construction. — M. D. L-, à Bruxelles. Ce sujet nest pas de notre compétence; consultez un avocat. — M. D. G., à Paris; M. Lenom, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lr“ série, à la librairie Masson et Cie. — M. Duvillars, à Nancy. Ces formules sont indiquées dans le même petit livre que ci-dessus, 3" série, à la même librairie. — M. Dubois, à Paris; M. L. Gérard, à Toulouse. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes lés communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Cyclomètre à totalisateur. Le cyclomètre Phénix est un nouveau compteur kilométrique pour vélocipèdes indiquant depuis 10 mètres jusqu’à 1000 kilomètres. Ce cyclomètre se fixe à gauche de l’axe de la roue d’avant et avec l’écrou du moyeu de cette roue. Son support étant à coulisse permet de régler le contact de l’étoile avec le taquet. 11 se fixe avec une vis à écrou mobile se tournant à la main. Le taquet se place au-dessus de l’étoile à l’un dès rayons de la roue, de façon que
- Cyclomèlre à tolalisateur Phénix.
- sa rondelle de caoutchouc prenne une dent de l’étoile à chaque tour de la roue. La grande aiguille marque les dizaines et les centaines de mètres jusqu’à 1 kilomètre. Le petit cadran de droite compte les unités de kilomètres jusqu’à 10 et celui de gauche les dizaines jusqu’à 100. Le totalisateur qui est le disque tournant placé au bas du cadran enregistre les centaines jusqu’à 1000 kilomètres. Ses chiffres se lisent sous une flèche servant d’index. La mise à 0 des aiguilles se fait instantanément et simultanément par une simple pression sur le bouton du haut. Le totalisateur est en relation constante avec l’engrenage de l’appareil. Que l’on se serve ou non de la mise à O des aiguilles pour l’estimation des distances par étapes ou excursions journalières, il tiendra toujours un compte exact du chemin parcouru. Pour ramener le O du totalisateur sous la flèche, ouvrir la lunette et tourner le disque avec une pointe d’épingle introduite dans le trou percé au centre du O. — Le cyclomètre Phénix se trouve chez M. Mathieu, 3, galerie de Valois, Palais-Royal, à Paris.
- comme l’indique la figure de gauche (n° I ) ci-jointe. On voit à droite l’épingle maintenue sur la cravate (n° 2). — Le fixateur d’épingles de cravate se trouve chez MM. Kirbv, Beard et Cie, 5, rue Auber, à Paris. . “
- Appareil pour nettoyer les verres à gaz. — L’appareil que nous présentons est destiné à nettoyer les verres à gaz. Il affecte la forme cylindrique du verre à gaz ; construit en fer-blanc, sa partie extérieure est entièrement garnie d’un feutre pour le nettoyage intérieur du verre. Il suffit donc d’introduire l’appareil dans le verre, de le faire descendre et remonter une fois ou deux pour que le verre soit nettoyé dans toute sa longueur. On remarque que l’appareil est ouvert d’un côté et dans toute sa longueur, ce qui permet de l’élargir ou le rapetisser afin qu’il puisse s’introduire facilement dans n’importe quelle grosseur de verre. Avec cet appareil on peut
- Appareil pour neltoyer les verres de lampes.
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- même nettoyer les verres à gaz garnis de manchon système4 « Auer » sans retirer le verre, et sans casser les manchons,^ car ce nettoyeur ne touche que les parois du verre. — L’ap-^ pareil se trouve chez M. Mathieu, 13l, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris. i
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES j
- Composé pour le blanchissage. — Une publication allemande donne la recette suivante, que nous n’avons du reste pas pu expérimenter personnellement, pour former un composé à laver qu’elle recommande comme excellent. On prend 600 parties d’eau en poids, et on la fait bouillir, puis on y ajoute 290 parties d’alcali siliceux, qu’on fait dissoudre, et peu à peu on y jette également 75 parties de résine; il faut ensuite compléter le mélange par additions successives de 50 parties de savon blanc râpé, d’autant d’alun en poudre grossière, et de 29 de bicarbonate de soude. Tout cela se prépare en remuant constamment, et l’on a finalement un agent de blanchiment qui répond particulièrement bien à son but et qui n’abîmé jamais les fibres du linge. !
- Fixateur d'épingles de cravates. — Ce petit appareil qui se fixe sur l’épingle après avoir piqué cette dernière dans
- Fixateur depingles de cravate. •— 1. Le fixateur sur l'épingle.
- 2. L’épingle sur la cravate.
- la cravate est destiné à assujettir l’épingle et la garantir contre le vol ou la perte accidentelle. Ce fixateur se pose après l’épingle
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère auxtannonces.
- Pour enlever les lâches de pétrole sur les vêtements. — Il suffit d’employer dans ce but la solution suivante : dans 10 parties d’eau on en dissout 1 de savon en poudre et autant d’aniline. On mouille les taches avec le liquide en question, et, après avoir attendu de 5 à 10 minutes, on lave à l’eau douce; si cela est nécessaire, on fait une seconde application de lit solution en procédant de même manière.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Plaque (( l'intensive » de M. Jongla.
- 11 y a environ un an, nous avons relaté les ëxpériences dè M. P." Mercier sur l’action de l’émétique, de la morphine et de la codéine sur la plaque photographique. Nous avons indiqué, d’après ce chimiste, que quand on soupçonne une plaque d’avoir été surexposée, on peut obtenir un excellent cliché en lui faisant prendre un bain dans une solution à 2 pour 100 d’émétique et en la faisant sécher avant le développement. Mais c’est une opération qui n’est pas toujours facile à faire, car il est assez difficile de bien sécher une plaque dans l’obscurité ; de plus, ce procédé peut donner lieu parfois à des taches sur le cliché. M. Mercier vient d’obtenir une formule qui permet d’incorporer dans l’émulsion diverses substances telles que la mor-
- Êhine et l’isérine qui permettent l’excès de pose dans une irge mesure et qui se comportent du reste avec la pose normale comme les plaques ordinaires et se développent dans tous les révélateurs habituels. Dans le cas d’une pose incertaine, on
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- S,s
- recommande principalement d’opérer de la façon suivante. On à un développateur composé de :
- Eau............1000 centi mitres cubes.
- Sulfite de soude anhydre. ... 50 gr.
- Carbonate de soude................80 gr.
- Hydroquinone..................... 10 gr.
- Bromure de potassium.............. 1 gi’*
- On fait la dissolution des sels dans l’ordre indiqué, l'hydro-quinone peut être dissous à part dans une partie de l’eau; 500'" par exemple, qu’on ajoute ensuite quand le sulfite est dissous.
- Ce bain sera employé dans le cas où l’on est sur que la pose est normale.
- Si l’on reconnaît quelle est insuffisante, on y ajoutera 5 grammes de métol.
- Si, au contraire, on suppose qu’on a trop de pose, on commencera par mettre la plaque dans le bain type additionné de 4 grammes de bromure de potassium.
- Pratiquement, on fera bien de préparer trois litres de bain : l’un, de bain type, sera conforme à la formule ci-dessus ; l’autre, de bain faible, aura été additionné de 4 grammes de bromure, et enfin, le troisième, le bain fort dans lequel on aura mis les 3 grammes de métol.
- Avec trois cuvettes on sera sûr de pouvoir obtenir de bons clichés dans tous les cas.
- Nous avons pu, avec la plaque «l’intensive» avoir des clichés identiques avec pose normale et avec excès de 10 ou 20 fois cette pose. G. M.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- observations 1 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 & 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 avril. . . . 8*,1 W. S. W. 5. Eclaircies. 0,0 Nuageux; beau après 18 h.; halo; gouttes à 16 et 17 h.
- Mardi 17 7",9 N. W. 2. Quelques nuages. 0,0 Beau jusqu’à 8 h.; puis très nuageux; couv. après 14 h. ; pavé mouillé à 16 h. 1/2 ; halo. Presque couv. jusqu a 1, h. ; quelques nuages ensuite; pavé mouiUé entre 5 et 6 h.
- Mercredi 18. . . . 9-,7 W. N. W. 2. Couvert. 0,0
- Jeudi 19 7-,3 N. £. 2. Beau. 0,0 Beau ; gelée blanche.
- Vendredi 20. . . . 9’,o N. E. 2. Beau. 0,0 Beau ; gelée blanche.
- Samedi 21 . 10,9 E. 0. Beau. 0,0 Beau ; gelée blanche.
- Dimanche 22 ... . 12’,9 N. 2. Beau. 0,0 Beau ; brumeux.
- AVRIL 1900. — SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 AVRIL.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de O à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- .e tempe. — Dans la semaine du 16 au 22 avril, le temps a été beau en France, un peu chaud, avec ciel nuageux dans le nord et clair dans le sud.
- . A Paris, le 16 avril, la température moyenne a été de 10°, sensiblement égale à la normale; on a noté un maximum de la0,7. Le 17 avril, la température moyenne a atteint 9°,5, et le 18 elle était de 1l°,3 avec des maxima de 15°,2 et 16°,7. Le 17 avril, des pluies ont été signalées à Dunkerque où l’on a recueilli 2 mm. d'eau, ainsi qu’à Brest et au Havre (1 mm). Les 19, 20 et 21 avril le temps a été généralement très beau.
- La pluie et l’électricité atmosphérique. — Le journal anglais Nature donne l'analyse d-’un intéressant mémoire sur l’électricité atmosphérique, présenté récemment par MM. J. Elster et 11. Geitel à la Société scientifique de Brunswick. Leur etude donnait principalement les résultats de leurs expériences sur les mouvements des corps produits par lelectro-
- lyse dans les gaz, mouvements étudiés d’abord par M. W. Giese en 1882, et plus tard par MM. Schuster et J. Thomson, etc. Elle explique les derniers progrès de nos connaissances sur l’électricité .atmosphérique en partant d’un point de vue analogue. Leurs conclusions s’accordent avec celles des expériences de M. Wilson, du laboratoire Cavendish à Cambridge, faites sur l’invitation de la Société royale météorologique pour la recherche des relations entre la pluie et l’électricité atmosphérique. Ce savant a trouvé que les corps positifs et les négatifs, au moins ceux qui sont produits dans 1 air par les rayons Rœntgen, diffèrent de puissance dans la condensation des vésicules de vapeur d'eau, les négatifs étant beaucoup plus efficaces, et que la prépondérance de l’électricité négative dans le voisinage du sol amène généralement la pluie. MM. Elster et Geitel trouvent que l’air atmosphérique contient des corps positifs et des corps négatifs à peu près en égale proportion, et que, quand le ciel est pur, ces corps se meuvent facilement, les négatifs se déplacent cependant un peu plus rapidement; quand l’air est embrumé, leur masse est fortement augmentée et leur mobilité presque entièrement détruite.
- PHASES DE LA LUNE î D.Q. le 22, à 2 h. 45 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Les obsèques du regretté M. Alpli. Milne Edwards ont eu lieu le 25 avril au cimetière Montparnasse au milieu d’une affluence énorme. Le deuil était conduit par le commandant Noël-J.-B. Dumas, M. J.-B. Dumas-Edwards, M. de Fréville de Lorme et le commandant Froissart, neveu du défunt. Des discours ont été prononcés par MM. Filhol, au nom de l’Institut de France; Gaudry, au nom du Muséum d’histoire naturelle ; Hutinel, au nom de l’Académie de médecine ; Moissan, au nom de l’Ecole de pharmacie ; Louis Passv, au nom de la Société nationale d’agriculture ; Maunoir, au nom de la Société de géographie et par notre éminent collaborateur M. (Justa-let, au nom du laboratoire de zoologie et des assistants du Muséum.
- —L’exposition des fleurs de la Ville est en ce moment de toute beauté entre la Concorde et le pont Alexandre. Au Trocadéro, tout le monde s’arrête pour admirer les collections de la Société Néerlandaise. Tulipes et jacinthes sont en pleine floraison. Il faut se hâter d’aller la voir avant que les fleurs soient fanées ou même <[ue le nuage de poussière qui est l’atmosphère de l’Exposition ait terni leurs pétales. Pour le moment, c’est un tableau d’un éclat incomparable. Les fleurs, disposées par nuances, ressortent admirablement sur le fond vert sombre du gazon. Les plus remarquables sont les « Immaculées », blanches; les « Président-Lincoln », violettes; les « Belle-Alliance », rouges; les « Chrysolora », jaunes. Il y en a aussi de rose-lilas, de carmin, de pourpres, mais c’est en vain que vous y chercheriez la légendaire et toujours introuvable tulipe noire. Si les jardiniers de Haarlem ne sont pas parvenus à la créer pour 1000, c’est bien qu’ils ne la trouveront jamais! Les tulipes, avec leurs couleurs éclatantes, font un peu tort à leurs voisines, les jacinthes, de nuances plus éteintes. II y en a néanmoins de fort belles, entre autres les « King of lhe yellows », jaune d’or; les « Rois des Belges », rouge foncé, les « Gertrude », roses; les « Ring of the blues », bleu foncé; les « La Pérouse », qui sont bleu porcelaine et les « Espérance » qui sont pourpres.
- —0— Le Congrès de la tuberculose a été ouvert solennellement le 25 avril à Naples, au théâtre San-Carlo, en présence des souverains, du prince et de la princesse de Naples et du duc de Gênes, accompagnés du général Pelloux et de M. Baccelii. Etaient présents : les représentants des gouvernements d’Allemagne, d’Autriche-Hongrie, de France, d’Espagne, de Portugal, de Suède et Norvège, de Grèce, de Roumanie, de Russie et des Etats-Unis, les autorités et de nombreux congressistes, parmi lesquels plusieurs notabilités scientifiques italiennes et étrangères. M. Baccelii a prononcé un discours très applaudi. Ont également pris la parole le maire de Naples, le recteur de l'Université et un délégué de chaque Etat représenté.
- —Depuis le 14 avril, des cadavres de pieuvres se sont échtués sur le littoral nord de l’île de Batz en quantité telle qu’on <iùt craint une épidémie si la grève n’avait été promptement débarrassée. Le maire de l’île de Batz a fait appel au dévouement des habitants. Il n’a pas été enfoui dans les dunes moins de 120 charretées de cadavres de pieuvres d’une taille énorme, puisque la moyenne des tentacules mesurait plus d’un mètre de long. Depuis l’an dernier, les grèves du littoral breton avaient été envahies par •ces mollusques, et les homards, langoustes, crabes, coquillages avaient été détruits.
- —D’après VEtincelle électrique, il vieil1 de se fonder à Paris une Association des consommateurs de gaz et d’électricité de Paris et du département de la Seine. Cette association a pour «flijet : 1® de grouper et de mettre en union tous les consommateurs vis-à-vis des Compagnies exploitant actuellement les services publics
- de gaz et d’électricité; 2° de préparer les voies et moyens pour former ultérieurement une société d'exploitation des canalisations à
- ai et électriques devant revenir à la ville de Paris à partir de 4906 ;
- 0 de provoquer l’abaissement des prix du gaz et de l’électricité jusqu’aux limites minima de 0rr,12 le mètre cube de gaz et de 0fr,40 le kilowatt-heure électrique qu’il est possible d’atteindre; 4° de réaliser l'extension continue des canalisations déjà existantes et de faire produire à ces canalisations un revenu proportionnel au prolit des communes propriétaires qui, pour la ville de Paris, paraît avec les prix indiqués devoir dépasser 50 millions annuellement.
- —<8>— On nous écrit de Rome que les courses du 22 avril, aux Capannelle, ont été marquées par un accident météorique dont notre secrétaire d’ambassade, M. Gatine, a failli être victime. A deux heures, il se rendait en voiture avec M,ne Gatine sur le champ de courses; le temps était pluvieux lorsque, tout à coup, arrivés à une certaine distance de la porte San Giovanni, une détonation retentit en même temps qu’un éclair éblouissant enveloppa la voiture. Le cheval tomba foudroyé par la décharge électrique. M. et Mme Gatine et leur cocher en ont été quittes pour une forte commotion et une frayeur bien naturelle.
- —(§)— L’armée allemande est pourvue, depuis quelques années, d'un matériel léger de ponts qui lui permet de franchir les cours d’eau d’une certaine importance. Chaque régiment de cavalerie possède un équipage très léger de ponts transporté sur une voiture à six chevaux et composé de deux bateaux pliants, des poutrelles, madriers et planches nécessaires pour former le tablier. Les bateaux se composent de trois parties étanches (deux becs et un entre-deux}, qui se replient à la façon des girandoles et, dans ce» état, offrent un volume des plus minimes. Développées et assemblées bout à bout, à l’aide de quelques rivets, ces trois pièces donnent un bateau long de 6m,50, large de 4m,50 et de üm,60 de creux. Les planches destinées à former le tablier du pont ont 4 mètres de long sur 1 mètre de large.
- On vient également d’installer, en Allemagne, des parcs aérostatiques analogues à ceux que nous possédons. Chaque parc se compose de deux ballons captifs, de douze voitures à gaz, deux chariots de matériel et un chariot-treuil. Tous ces véhicules sont séparables en deux trains et attelés de six chevaux. Le parc comprend aussi un fourgon à bagages, un à vivres et un à fourragère. Chaque voiture à gaz transporte vingt cylindres contenant chacun 5 mètres cubes à 5m3,4 de gaz comprimé à 150 atmosphères. Chacun des ballons de l’équipage cube 600 mètres environ. Pour le gonflement, il faut de 20 à 25 minutes. L’approvisionnement de six voitures de gaz est absorbé par cette, opération. La voiture-treuil porte un câble qui a 4000 mètres de longueur et qui est manœuvré à la main; dans les équipages français, le treuil est actionné par la vapeur.
- —(gi— On a dit souvent beaucoup de mal des indigènes australiens, et notamment de leur probité : or, voici que M. R. Lydkker se porte en faux contre cette accusation. En effet, s’appuyant sur l'opinion de gens qui ont vécu longtemps en Australie, il dit que ce qui les caractérise, c’est leur honnêteté et leur franchise : sans doute, quand ils voient quelque part un objet à leur convenance, ils ne se font pas faute de le demander tout naturellement, comme s’ils y avaient droit, mais jamais ils ne le voleraient. Ce sont du reste de grands enfants, qui ont une faculté particulière d’imiier les manières des gens.
- —®— Le croiseur cuirassé de première classe ùupleix est le plus grand navire qui ait été lancé à Rochefort. Ce beau croiseur, qui mesure 450 mètres à la flottaison et jauge 7700 tonneaux, a été mis le 28 avril à l’eau avec plein succès. Il a été construit sur les plans de M. E. Berlin, membre de l’Institut, leminent directeur des constructions navales.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le cintre à dilatation, s’adresser à M. II. J. Roberts, ingénieur, 44, Breeze 1191 Bootle, Liverpool.
- Communications. — M. Louis de Bronngue, colon à Sainte-Marguerite de Thibon, par Souk-el-Khémir (Tunisie), nous adresse une Note sur le Sorgho à Balai et sa culture en Tunisie : « L'agriculture tunisienne n’a pas encore dit son dernier mot. Les premiers colons qui vinrent s’établir dans ce pays se bornèrent à cultiver les céréales et à faire un peu de vigne. Plus tard, au lieu de laisser une partie de leur terrain en jachère, ils y semèrent des fèves qui, tout en rapportant, donnaient à la terre une excellente fumure. Enfin quelques-uns, se mettant résolument à la méthode française, firent des labours de printemps et, pour les utiliser, y semèrent des pois chiches et du mais. Sur 1 instigation de M. Marès, le distingué professeur d’agriculture de l’Ecole d’Alger, on essaya en Algérie (sur une très petite échelle) la culture d’une nouvelle plante de printemps, le Sorgho à Balai. Le Sorgho à Balai (Holcus Sorghum) est de la famille des Graminées. Aimant les terres riches, fortement fumées, il prospère surtout dans les terrains d’alluvions qu’inondent les rivières à certaines époques de Tannée. Placée dans de bonnes conditions, sous un climat chaud, cette plante atteint une hauteur moyenne de 2 mètres à 2m,50 et on voit quelquefois des pieds dépasser 4 mètres. Chaque plante fournit un nombre considérable de graines (environ 50 hectolitres à l’hectare) qui sont très recherchées pour la nourriture de la volaille. Comme dosage, cette graine a à peu près celui de la semence d’avoine et contient 1,78 à 1,80 pour 100 d’azote. Mais ce qui intéresse surtout dans le Sorgho, ce sont les panicules supportant la graine et avec lesquels on fait les balais. Dans un bon terrain, sa production est considérable et on obtient jusqu’à 4000 kilogrammes de balais à l’hectare. Cependant la moyenne est d’un millier de kilogrammes. En Tunisie, on sème le Sorgho entre le 20 et le 25 mars. Dans tous les essais que j’ai faits, ce sont ceux où les semis avaient été faits à cette époque qui m’ont donné les meilleurs résultats. Il faut avoir soin d’emblaver dans une terre forte, abondamment fumée et à un endroit pouvant être irrigué. On obtient 2 récoltes par an, la première au mois d’août, la seconde en octobre. La paille de Sorgho aurait certainement un débouché considérable et j’estime que cette culture serait très rémunératrice. Il est donc à souhaiter que tous les colons se mettent à l’œuvre et prouvent que la Tunisie contient dans son sol des richesses innombrables et magnifiques. »
- M. Krir, conducteur des Ponts et chaussées, attaché à la direction des travaux de Paris, nous écrit la lettre suivante : « Je lis dans le numéro 1403 du 14 avril 1900 la description d’un caisson mobile destiné à effectuer les réparations dans les revêtements des murs de quai, au-dessous de la ligne d’eau, sans recourir à la construction de batardeaux ou à la mise en chômage employé dans les canaux. Depuis huit ans environ je me sers couramment d’un caisson basé sur ce principe pour les nombreux travaux à faire dans les murs de quai du bassin de la Villette et des canaux Saint-Denis et Saint-Martin, dépendant du service municipal des travaux de Paris, pour effectuer des reprises de maçonnerie, des raccordements de tuyaux de prise d’eau, des scellements, etc. Je n’ai pas le mérite de l’invention, car cette idée m’a été suggérée par la lecture d’un article de La Nature à propos de la description d’un « caisson flottant pour la réparation des navires » (n° 928 du 14 mars 1891). A la suite d’un essai heureux que je fis dans l’emploi d’un caisson sommairement établi sur ce principe pour réparer la coque d’un de nos bateaux-toueurs, j’ai immédiatement étendu aux travaux de murs de quai l’idée prise dans votre journal. J’ai toujours obtenu de bons résultats. L’engin, qui n’a pas l’ampleur du caisson de M. l’ingénieur Charguéraud, puisqu’il est destiné à opérer sur des fonds de 2”, 50 à 3 mètres au
- maximum, est très primitif. Il est tout simplement en bois* renforcé par des équerres en fer. Il porte, en dihérents points, des organeaux d’amarrage et le côté ouvert est étrésillonné par quelques entretoises. Les bords du côté ouvert, qui s’applique contre la maçonnerie, sont garnis d’un bourrelet de mousse recouvert et*maintenu par de la vieille toile à bâche clouée sur le bois. Son transport à pied d’œuvre est très peu compliqué puisqu’il flotte tout naturellement et sa mise e» place n’exige, de la part de l’ouvrier, que l’effort nécessaire pour l’amarrer au lieu d’emploi et le lester avec des chaînes ou des barres de fer dans les conditions voulues pour équilibrer les pressions auxquelles il est soumis lorsqu’on épuise, à l’intérieur, au moyen d’une pompe placée à proximité, soit sur le quai, soit sur un bateau de service. Avec le caisson dont je me sers et qui a des dimensions fort modestes, on peut facilement faire une prise d’eau de 0m,00 à lm,50 en contre-bas du plan d’eau ; »
- M. L. Lampetaz, à Lyon, nous envoie la description d’uu interrupteur pour bobines d’induction qu’il a imaginé et qui lui a donné de très bons résultats. Cet interrupteur, dit notre correspondant, quoique aussi simple que l’interrupteur ordinaire, double le nombre des interruptions, ce qui peut être-utile dans quelques cas ; il donne des effets plus puissants que l’interrupteur commun à ressort vibrant, peut-être pourrait-il être employé pour la radiographie. Mon interrupteur est composé d’un ressort plat en acier muni à une de ses extrémités-d’une armature légère et fixé en un point, qui vibre horizontalement entre 2 vis; au repos, le ressort touche légèrement Tune des vis. Si on envoie le courant, l’armature est vivement attirée et tend à se placer dans Taxe du noyau de la bobine, mais la vitesse acquise la porte bien au delà, le ressort vient alors toucher la seconde vis, d’où une nouvelle attraction en sens-inverse s’ajoutant à la force élastique du ressort qui la rejette ; il en résulte des vibrations très énergiques. Le noyau de h* bobine est taillé en biseau de chaque côté de façon à formcr une arête qui concentre le champ magnétique au milieu et facilite les attractions. On peut éloigner Tune des vis, l’interrupteur fonctionne alors comme un interrupteur ordinaire.
- M. Th. Tiffereau, 89, rue Blomet, à Paris, nous fait parvenir une petite brochure ayant pour titre La transmutation des: métaux', les métaux sont des corps composés ainsi que les gaz, La brochure se trouve chez l’auteur au prix de lrr,50.
- M. Ch. Besnard, àChâteaubriant, nous écrit pour nous donner connaissance d’une trombe qu’il a eu l’occasion d’observer le 21 avril : « Samedi, à 1 heure 1/4, par un soleil magnifique-et un temps très calme, nous dit-il, j’aperçus de mon bureau une colonne de poussière au-dessus de bâtiments situés à environ 250 mètres de moi ; je crus d’abord à un incendie, puis cette colonne disparut pour se reformer environ une minute après plus puissante encore. Me rendant compte que c’était une trombe, je courus pour tâcher d’arriver à temps, pour me rendre compte du phénomène en me plaçant à l’intérieur; mais ayant un détour à faire, je ne pus y arriver qu’à une vingtaine de mètres, son pied s’éîait engouffré dans des-écuries grandes ouvertes et le reste se dispersa. J’estime que s» durée a été de 7 à 8 minutes. Sa hauteur pouvait atteindre 100 à 120 mètres. A sa base, le tourbillon avait 4 à 5 mètres de diamètre et sur son parcours le sol était fortement dégradé comme si on y avait passé un balai métallique. Un enfant de 10 à 12 ans qui a essayé d’en approcher a été repoussé. J’apercevais de loin que des coiffures qui étaient lancées dans le tourbillon étaient violemment renvoyées. Des personnes âgées ui se trouvaient auprès m’ont affirmé n’avoir jamais rien vu 'aussi important. »
- Renseignements. — M. E. Galbrun, à Paris. — 1° Vous ourrez vous procurer des fourneaux à pétrole chez M. Besnard, 8, rue Geoffroy TAsnier; M. Lamotte, 56, rue de Paradis; M. A. Robert, 25, rue Drouot ou à la Société des fourneaux à pétrole, 26, boulevard de Strasbourg, à Paris. — 2° Adressez-vous aux fabricants; mais nous ne croyons pas qu’ils vous donnent des garanties contre les explosions.
- M. H. B., à Anvers. — Le mémoire du géologue George F. Becker a paru dans le Rapport annuel de The United States geological Survey.
- M. P. Guimet, à Hyères. — Votre Note a été envoyée à M. Martel.
- M. J. Perretti, à Paris. — Ce volume dépend essentiellement de la température et de la pression.
- (Voir la suite de'la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.)
- Sans la < Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes tes questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES (Suite)
- M. H., à Paris. — Nous croyons que vous pouvez vous adresser à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins.
- M. A. ( iombault, à Bricquebec. — 1° Nous ne connaissons pas d'encre de celte couleur; nous mettons votre demande en question. — 2° Adressez-vous à la librairie Mulo, 12, rue Haute-feuille, à Paris. — 3° Vous trouverez un livre sur cette question à la librairie Tignol, 53 bis. quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. D. Maas, à Groningen. — Veuillez vous adresser à la Société des produits chimiques, 44, rue des Ecoles, à Paris.
- M. le D1 Êd. Lardy, à Genève. — Nous avons également mentionné depuis d’autres installations ; remerciements.
- M. A., à Vesoul. — Les piles dites sèches sont des piles ordinaires dans lesquelles le liquide a été immobilisé dans du cofferdam. Nous vous citerons en particulier les piles Bloc, système Germain, 98, rue d’Assas, à Paris.
- Societa Romana Automobili, à Rome. — Il n'y a pas encore que nous sachions d’application de l’air liquide aux moteurs pour automobiles.
- M. H. Bollinckx, à Bruxelles. — Toutes ces statistiques sont publiées par le ministère des travaux publics, à Pans.
- M. G. M. L., à Tunbridge Wells. — L’image est renversée comme dans les miroirs concaves.
- M. Droit, à Clermont-Ferrand. — Nous avons publié un article à ce sujet dans le n° 1403 du 14 avril 1900, p. 314.
- M. Gayard, à Paris. — 1° Nous ne pouvons vous répondre ; — 2° Phonographe Pathé, 98, rue de Richelieu.
- M. Êtennemare, à Rouen. — Nous ne pouvons nous occuper de ces questions.
- M. W. Kenngott, à Paris. — Nous n’avons pas connaissance de ce nouveau laboratoire pliant.
- M. F. Gernaert, à Bruxelles. — Vous trouverez des renseignements complémentaires sur les outils pneumatiques portatifs dans le « Bulletin de la Société d’Encouragement » du 19 mars 1900, 44, rue de Rennes, à Paris.
- M. Ph. Mathe, au Collegio de Caraza (Brésil). — Le sujet est trop spécial pour nos lecteurs ; remerciements.
- M.Ch. Carenave, à Valladolid. —Vous pouvez vous adresser à l’auteur de l’article, M. J. Bonavita, 21, rue d’Angoulême, à Paris, ou aux auteurs d’un récent ouvrage sur la cellulose, MM. Cross et Bevan, au bureau de la « Revue générale des matières colorantes », 23, rue de la Chaussée-d’Afttin, à Paris.
- Questions — n° 1246. — Encre blanche ou gris clair pour tampon en caoutchouc. — M. A. G., à B., nous demande de lui indiquer une encre blanc ou gris clair pour tampon en caoutchouc afin de marquer sur des couleurs bleu marin, noir et beige*
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Delong, à Colombes. Il faut faire faire l’analyse chimique de l'eau; adressez-vous à un chimiste. — JM. Dumont, à Paris. Nous vous conseillons de ne pas dépasser 2 ampères par millimètre carré dans le cas que vous indiquez. — M. G. D., à P. ; M. B. Ludon, à Brest; M. Gi-bert, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cio. — M. Dupai t, à Arras. Cette tacètte est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, & la même librairie. — M. Girard, à Paris; M. L. T., h Paris. Remerciements pour vos communications.
- PETITES MENTIONS1
- fixe-manchettes. — Ces fixe-manchettes sont très ingénieusement fabriqués. Ils sont formés d’une petite tige métal-
- Fixe-manchettes.
- lique munie à ses extrémités de deux pinces à ressort qui sont montées perpendiculairement l’une à l’autre. Ils ont l’avan-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction dés Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- tage de pouvoir fixer la manchette après la manche de la chemise comme le montre notre figure et à la hauteur désirée de façon que la manchette puisse dépasser légèrement la manche du vêtement. Pendant les heures de travail, on peut à l’aide de ces pinces fixer les manchettes beaucoup plus haut de sorte que complètement rentrées elles ne se salissent pas. Notre figure indique la manière de les fixer, la branche à prise horizontale sert à fixer la manche de la chemise, et celle verticale vient saisir la manchette. — Le fixe-manchette se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- Support mural pliant. —Ce nouveau support qui, plié, ne tient aucune place, permet de loger les bicyclettes dans le: plus petit appartement, couloir, chambre d’hôtel, partout enfin sans encombrèr et sans avoir à craindre qu’on les renverse.
- Support mural pour bicyclette
- Convenablement suspendue, la machine ne porte pas sur les-’ pneumatiques, ce qui est un grand avantage, et se présente; commodément pour le nettoyage. —1 Le concessionnaire de ce,, nouveau support mural pliant, est M. Kratz-.Boussac, 1 et 3, rue1 Saint-Laurent, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Exposition universelle de 1900. Le Vieux Paris. Éludes, et dessins originaux, par A. Robida. .!
- Le magnifique Album que vient de publier M. Robida confient toutes les études et tous les dessins originaux qtli se rapportent à l'installation du Vieux Paris. Nous avons déjà décrit en detail les merveilles si artistiques de ce coin de l’Exposition qui çsit de plus en plus apprécié par les visiteurs. „ I
- Éléments de Paléobotanique, par R. Zeiller, ingénieur enj chef des mines, professeur à l’Ecole nationale supérieure des Mines. 1 vol. in-8°. Paris. 1900. G. Carré et G. Naud, éditeurs. Prix : 20 francs. j
- Dans ce remarquable ouvrage, l’auteur s’est efforcé, suivant lej plan adopté par lui dans les leçons de paléontologie végétale qto’ili
- Jirofesse à l’Ecole supérieure des Mines, de présenter sous une orme suffisamment condensée les résultats les plus essentiel^ auxquels on est aujourd’hui parvenu dans l’éluae des plantes fossiles. Il s’est attaché principalement à faire connaître, pouç chacune des grandes classes entre lesquelles se subdivise le régné végétal, les types les plus remarquables qui la représentent à l’état fossile, en insistant surtout sur les formes éteintes, sur les rapports qu’elles ont avec les formes vivantes, dont elles se rapprochent le plus, et en ayant soin d’indiquer les niveaux géologiques auxquels on les rencontre. j
- Recherche, captage et aménagement des sources thermominérales, par L. de Launay, professeur à l’Ecole nationale supérieure des mines. 1 vol. in-8°. Paris. Baudry et Cio, éditeurs. 1899.
- Le coton. Culture. Histoire économique, par Henri Lecomte, agrégé de l’Université, professeur au lycée Saint-Louis. 1 vol. in-8°. G. Carré et Naud, éditeurs. Paris. 1900. Prix : 9 francs.
- Précis historique, descriptif, analytique et phoiomicrogra-phique des végétaux propres à la fabrication de la cellulose et du papier, par MM. Léon Rostaing, Marcel Rostainc,. et Fleury P. du Sert. 1 vol. in-8° II. Everling, éditeur, Paris.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- <*>
- Le furet. Élevage, hygiène, emploi et médecine, par Pierre Mégnin, directeur de L’Eleveur. 2e édition. 1 brochure in-8°. Prix : 2fr,50, aux bureaux de L'Eleveur, 12, boulevard Poissonnière. Paris.
- Destruction des animaux nuisibles, par un vieux Piêgeur. 1 vol. in-8°. 2e édition, aux bureaux de L’Eleveur. Prix : o francs.
- L’irritabilité dans la série animale, par le Dr Denis Coürtade. 1 vol. in-8°. Collection Scientia. G. Carré et Naud, éditeurs. Paris. 1900. Prix : 2 francs.
- Comment on se défend contre les maladies du cœur. La lutte •j pour la vie, par le D' Henry Labonne. 1 brochure in-8°. r. Société d’éditions scientifiques. Prix : 1 franc.
- Pour devenir avocat, par René Lapon. 1 vol. in-16 de la petite Encyclopédie populaire. Librairie Schleicher frères éditeurs. Prix : 1 fr.
- Essais de chronologie des temps préhistoriques, par Hoisf.i.. 1 vol. in-12. Félix Alcan, éditeur. Paris. 1900. Prix: lfr.
- Le portrait et les groupes, par L. P. Clerc. 1 brochure m-8°. Paris IL Desforges, éditeur 1899. Prixj lfr,25.
- La chimie du photographe, par L.-P. Clerc. Tome IV. Les bains photographiques. 1 vol. in-18. II. Desforges, éditeur. Paris. Prix : lr,,50.
- Générateurs d’électricité. Piles. Accumulateurs. Dynamos, par G. Geiger et G. Naudet. 1 vol. in-18. 11. Desforges, éditeur. Paris. Prix : lfr,50.
- Répertoire bibliographique de la librairie française, rédigé par D. Jordell. 1 vol. in-8°. Publication mensuelle. Librairie Nilsson. Paris. 1900.
- Annuaire de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. 1900. 66e année, in-16. Bruxelles. Ilayez, imprimeur.
- Le rôle des diverses radiations en photographie, par P. Villari», docteur ès sciences. 1 brochure in-8. Librairie Gauthier-Yillars. Paris 1900. Prix ; 1 franc.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DD MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET rORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EK MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 avril. . . . 11*,0 N. N. E. 2. Nuageux. 0,0 Nuageux jusqu'à 21 h. ; beau ensuite ; halo.
- Mardi 24 7-,3 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Mercredi 25 6*,8 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 10 h. ; puis nuageux; couvert après 17 h.; gelée blanche ; halo.
- Jeudi 26 4-,5 N. E. 3. Beau. 0,0 Peu nuageux à 1 h. ; beau ensuite ; gelée blanche.
- Vendredi 27 5*,1 N. E. 2. Beau. 0,0 Peu nuag. à 18-19 h. ; beau avant et après ; gelée blanche.
- Samedi 28 5*,8 N. E. 3. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 10 h. ; puis peu nuageux ; très nuag. après 14 h. ; halo.
- Dimanche 29 ... . 6%1 N. 2. Beau. 0,0 Très peu nuageux.
- AVRIL 1900. -- SEMAINE Dü LUNDI 23 AU DIMANCHE 29 AVRIL.
- Lundi | Mardi | Mercredi | • Jeudi | Vendredi | Samedi # | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les pèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- jLe temps. — En France, dans la semaine du 23 au 29 avril, le teints a été généralement beau et chaud. A Paris, la température moyenne du 23 avril était de 14°,5 supérieure de 3°,5 à la normale. On a noté un maximum de 22°,7. La température moyenne du 24 avril était de li°,8.
- . En France, il y a eu quelques pluies dans lest le 24 avril. On a recueilli mm. d eau à Clermont, 1 mm à Besançon et à Nancv. On a signalé des orages à Perpignan et au ballon de Servance. Le 25 avril la température s’est abaissée: la moyenne n’était que de 9°,6 à Paris.
- Le 26 avril, on a recueilli 1 mm d’eau à Toulouse, Cette, et 2 mm à Gap, et le 27 avril 13 mm à Gap, 4 à Perpignan et 4 à Clermont.
- Tremblements de terre. — Le 25 avril, vers 6 heures du soir, dans les communes de Relizane et de Lbillil, département d’Oran,
- on a compté vingt secousses de tremblement de terre. Les oscillations allaient du nord au sud et duraient chacune vingt secondes. De nombreuses maisons ont été lézardées et des dégâts importants ont été faits chez certains commercants. Aucun accident de personne ne s’est produit.
- Dans la nuit du 26 au 27 avril, à Lyon, vers 5 heures du matin, deux secousses de tremblement de terre ont "eu lieu dans le quartier des Brot-teaux. Les secousses étaient légères et n’ont causé aucun accident.
- Inondations aux États-Unis. — Par-suite des pluies torrentielles les inondations qui ont eu lieu les 16 et 17 avril auraient causé pour trois millions de dollars de dégâts dans le centre et le sud de la vallée du Missis-sipi, sans compter les dégâts causés aux voies ferrées.
- Plusieurs villes ont été cernées par les eaux. Quelques personnes sont, mortes dans les marécages, près d’Entreprise. La Louisiane a beaucoup souffert. ---------
- PHASES DE LA LUNE ; N. L. le 21*, à 3 11 32 m, du matin. ,
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- Supplément réservé aui abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
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- INFORMATIONS
- ~®>— La lune rousse devient pleine le 14 mai. Or, les saints de glace surviennent aussi les 11, 12 et 13 mai. Les observateurs nui croient encore et à la lune rousse et aux saints de glace seront donc plus à l’aise que jamais pour vérifier cette double influence. 11 est clair que s’ils ont raison, nous devrons traverser une période de froid relatif du 12 au 15 mai. On verra bien.
- —g— L’Académie de médecine, dans sa dernière séance, a nommé, à l’unanimité des suffrages, associés étrangers : MM. Behring, de Marburg, Golgi, de Pavie, Tilanus, d’Amsterdam, et Pavlof, de Saint-Pétersbourg. Le professeur Behring est connu par ses admirables travaux sur la diphtérie et les sérums en général. Le docteur tiolgi est l’auteur de travaux estimés sur la neurologie et la création de méthodes nouvelles pour l’étude du système nerveux; enfin les noms des docteurs Tilanus et Pavlof sont très honorablement cités dans les annales de la science chirurgicale et de la médecine opératoire.
- —®— L'université Harvard vient d’entrer en possession d’un legs de près de 500000 francs, à elle fait par Mme C. B. Croft dans le but de permettre la continuation de l’étude du cancer Le département de la chirurgie, dépendant de l’école de médecine qui appartient à cette Université, vient de déléguer le Dr E. H. Nichols pour visiter les laboratoires de l’Angleterre et du continent, et se rendre compte des travaux faits sur la matière.
- —g— Le 28 avril a eu lieu une magnifique éruption du Vésuve, Des roches ont été projetées de tous côtés.
- —g— L’Institut solaire international, ayant son siège à Montevideo (Uruguay), publie une circulaire pour attirer l’attention des astronomes, lors de la prochaine éclipse de soleil, sur l’allure du rayonnement thermique au cours de cet événement astronomique. Pendant l’éclipse du 16 avril 1893, des mesures du rayonnement solaire thermique furent prises à Cordoba et à Montevideo — et confirmèrent cette idée, que les rayons thermiques émanaient du centre du soleil, et étaient d'origine profonde. En effet, c’e3t au moment de l’occultation du centre du disque solaire, seul point vecteur des rayons thermiques, qu’on observe une descente brusque du thermomètre et de l’actinomètre, et cette descente ne cesse qu après l’occultation. C’est le moment de 1 éclipse du soleil intérieur.
- —Au Havre, le 1er mai, à 10 heures du matin, a eu lieu aux Forges et chantiers de la Méditerranée, le lancement du voilier en acier Yille-de-Uelfnrt, qui a été construit pour la Compagnie des voiliers havrais. La longueur du voilier est de 76°\90 et il jauge 2450 tonneaux. De nombreuses autorités locales et une foule considérable assistaient à l’opération, qui a parfaitement réussi.
- —g— Les résultats du recensement des chevaux dans Paris sont intéressants à connaître. En raison de l’extension de l’automobilisme, on pouvait craindre que le nombre de chevaux eût diminué; il en est autrement. En 1899, à Paris, il y avait 93652 chevaux susceptibles d’être réquisitionnés en cas de mobilisation. En 1900, ce chiffre s’élève à 98 284; il y en a 30 833 dans le premier arrondissement.
- —g— On annonce que les six employés formés par M. Marconi â l’usage de son système de télégraphie sans fil. et qui avaient été envoyés en Afrique du Sud, ont uéjà rendu de signalés services. A la vérité, au début, on manquait de mâts, de cerfs-volants, de ballons, en un mot de dispositifs quelconques pour élever le fil vertical qui constitue la partie essentielle de ce procédé de télégraphie ; mais, grâce surtout au Major Baden Powell, qui s’est fait une spécialité des ascensions à cerf-volant, on a improvisé de ces appareils, <pii ont répondu parfaitement au but poursuivi. On a communiqué
- facilement entre De Aar et la rivière Orange, ce qui représente une distance de 1(10 kilomètres au moins. De plus, des postes réguliers ont été établis sur la Moddor, à Enslin, à Belmont,
- —®— Au cours d’une conférence faite devant la Société d’encouragement, notre collaborateur, M. Bâclé, a résumé ainsi les progrès réalisés dans la fabrication des plaques de blindage depuis une vingtaine d’années. Une plaque en fer puddlé de 206 millimètres d’épaisseur, attaquée par le canon de 194 millimètres, exigera une . vitesse de perforation de 385 mètres; cette vitesse devrait être de 471 mètres si la plaque était en acier ordinaire. Pour obtenir la même résistance avec une plaque de fer puddlé qu’avec l’acier, il faudrait porter l’épaisseur à 280 millimètres, soit une augmentation d’épaisseur de 40 pour 100. Avec de l’acier spécial au chrome-nickel, la vitesse de perforation devrait être portée à 528 mètres, et la plaque de fer de résistance égale devrait avoir 330 millimètres d’épaisseur, soit une majoration de 60 pour 100. Si, de plus, l’acier est cémenté, la vitesse devrait être de 612 mètres.
- —g— Le ministère de la guerre vient d’adopter un obus à fumée épaisse pour notre nouveau canon de 75 millimètres. En dehors de leurs obus à mitraille et de leurs obus brisants à la mé-linite, les batteries de campagne recevront des projectiles du type nouveau destinés à produire en éclatant un fort nuage devant les batteries ennemies, de façon à masquer leurs vues. L’école de pyrotechnie de Bourges a envoyé, à Toulon, les renseignements nécessaires pour que les canons des vaisseaux de guerre puissent être dotés ae cet obus.
- —g— Les trains de la ligne d’Orléans arriveront bientôt jusqu’à la gare de la Cour des Comptes. Des locomotives électriques, actionnées par contact avec un rail placé le long de la voie et recevant le courant, doivent être utilisées. Des essais ont été faits dernièrement depuis la place Vallmbert jusqu’à la gare de la place Saint-Michel avec une locomotive remorquant 15 grandes voitures. Les essais ont très bien réussi.
- —(§)— Un violent cyclone a causé, le 30 avril, de grands dégâts dans la province d’Huelva, en Espagne. Douze maisons se sont écroulées. Soixante sont en ruine. La ligne de chemin de fer a été détruite.
- —g~ Une société vient, paraît-il, de se constituer pour installer un chemin de fer électrique de Bruxelles à Anvers. La distance de 40 kilomètres qui sépare les deux villes serait parcourue en 25 minutes. L’usine électrique serait établie à Malines et l’énergie électrique amenée par un troisième rail. Les trains seraient formés d’une seule voiture à 60 places et partiraient toutes les 7 minutes, à allure modérée dans la ville.
- —g— La Société anglaise bien connue a Institution of Meehanical Engineers » poursuit les recherches les plus intéressantes par les soins de quelques-uns de ses membres. C’est ainsi que, comme suite au rapport antérieurement publié sur les alliages, sir William Roberts Austen se livre à des études approfondies sur les effets que causent la trempe et le recuit sur les propriétés des aciers; le professeur Burstall exécute des expériences très prolongées sur les moteurs à gaz; enfin le professeur Beare accumule des données expérimentées sur l’efficacité des enveloppes de vapeur.
- —g— Le Bureau météorologique royal prussien s’apprête à . créer tout un service méthodiquement organisé pour l’étude des régions supérieures de l’atmosphère. C’est ainsi que sur l’emplacement de l’Observatoire aéronautique de Vegcl (qui n’est qu’un faubourg de Berlin), l’enregistrement des conditions atmosphériques sera poursuivi à une hauteur de 3000 à 5000 mètres, si possible nuit et jour, à l’aide de cerfs-volants et de ballons-cerfs-volants. Nous avons décrit, dans ce journal, les méthodes américaines imaginées dans ce but, et ce sont précisément celles que l’on suivra ici.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La loupe stéréoscopique se trouve chez M. Clermont Huët, fournisseur dés ministères de la Guerre et de la Marine, Paris, 114, rue du Temple, et pour la lunette stéréoscopique, s’adresser à MM. Franck-Valéry, Paris, 25, boulevard des Capucines. — Le gramophone se trouve chez M. Kratz-lloussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Communications. — M. J. du Tilly, à Bordeaux, nous écrit que le 26 avril il a aperçu un bolide à 9h12 du soir. Il était de la dimension d’une très grosse planète très brillante allant de l’ouest à l’est à environ 15° au-dessus de l’horizon, et décrivant une courbe tendant à se rapprocher de l’horizon. 11 avait la vitesse d’une étoile filante et n’a laissé aucune trace de son passage dans l’atmosphère. Le ciel était couvert, aucune étoile n'était visible dans le ciel.
- M. L. Chaussât, à Poitiers, nous adresse la lettre suivante : « Dans un de vos numéros précédents, le cas d’éczéma artificiel cité par M. Danlos à la Société des Hôpitaux, me rappelle un cas de dermatose également artificielle, présentant beaucoup d’analogie avec le sien, et me paraissant fort curieux, et sans doute très rar.e dans les annales de la dermatologie. Je connais, dans mon voisinage, un serveur ou commissionnaire, qui, chaque fois qu’il scie du bois, voit apparaître un érythème considérable, et fort douloureux, à la face, aux mains, aux bras, c’est-à-dire, à toutes les parties du corps qui se. trouvent à découvert pendant son travail. Il survient, le lendemain, des pètites vésicules contenant un peu de sérosité, pendant quelques nuits, il y a même de l’agitation et de la fièvre, enfin les démangeaisons se calment avec un léger traitement ad hoc, et au bout d’une huitaine la peau a repris son état normal mais conserve toujours sa même susceptibilité, car le même phénomène ne manque pas de se reproduire, dès que cet homme se livre de nouveau à ce même travail. Dans la circonstance, je crois qu’il faut attribuer cette singulière dermatose aux émanations gazeuses des divers produits empyreumatiques du bois (notamment de la créosote et dugaïacol); ces émanations infinitésimales étant développées par la chaleur considérable issue du va-et-vient de la scie de cet ouvrier dont l’épiderme jouit, en outre, d’une idiosyncrasie particulière vis-à-vis de quelques-unes des nombreuses matières organiques contenues dans le bois. »
- il. D. Former, à Bordeaux, nous signale un fait intéressant de nature à compléter nos notes sur la soie des araignées. Il nous écrit : (( J’ai habité le Sénégal de 1861 à 1874, en 61 jusqu’en 1869, résidant à Saint-Louis, j’ai eu l’honneur de partager l’amitié d’un homme aussi savant que modeste, le Dr Bancal, proche parent du général Dodds, l’une de nos gloires. J’ai vu et touché de mes mains une bande d’étoffe de 20 à 30 centimètres de large sur environ 80 centimètres de long, tissée avec des fils d’araignées communes au Sénégal et qui ont le corps zébré de jaune et de noir comme nos guêpes. Le Dr Bancal avait affecté à ces études une chambre de la petite maison qu’il possédait dans les environs de Saint-Louis, à Dakar-Bango, où il avait prévenu le mouvement de culture colonial actuel, et où il faisait des essais de tous genres. J’ai vu ces araigriées emmagasinées dans cette chambre par milliers; cela ressemblait un peu à un élevage de vers à soie. »
- Renseignements. — M. L. P., à Chalo. — 1° Nous croyons que les appareils E. Lévy ou Douane vous donneront satisfaction; vous pourriez encore vous adresser à M. Ch. Tellier., 128, rue de la Convention, à Paris, -r— 2° Pour ce qui concerne l’emploi du chlorure de calcium, renseignez-vous auprès de M. IL Bardot, 274, rue Lecourbe, à Paris.
- M. V. Brunot, à Paris. — 11 n’existe pas jusqu’ici de procédé réellement pratique.
- il. le D1' /. Lamatsch, à Vienne. — Nous n’avons aucune
- adresse spéciale à vous indiquer; il faut vous adresser à des marchands de produits chimiques.
- M, M. À., à Bonneville. — Veuillez vous renseigner directement auprès de l’auteur de l’article, 21, rue d’Angoulême, à Paris.
- M. V. H., à Paraguay. — 11 est nécessaire de consulter un chimiste, nous ne pouvons vous répondre.
- M. H. G., à Bordeaux. -- Adressez-vous fi la librairie Desforges, 43, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. L. Deldlz, à Paris. — Parmi les bonnes chaudières, nous vous citerons les chaudières Belleville, à Saint-Denis (Seine), les chaudières Niclausse, 24, rue des Ardennes, à Paris, et les chaudières Boser, 38, rue de la Briche, à Saint-Denis (Seine). Nous vous conseillons de demander un devis d’installation à chacune de ces maisons.
- M. J. D., & Mâcon. — Les jumelles du Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris, vous donneront toute satisfaction.
- M. J. Grandjean, à Paris. — 11 faudrait vous adresser à la Compagnie française du celluloïd, 11, rue Bailly, à Paris.
- M. D. Former, à Bordeaux. — 1° Nous mentionnons le fait intéressant que vous nous indiquez. — 2° A notre grand regret, nous ne pouvons vous donner aucun renseignement sur celte école,
- M. L. Gau, à Mazamet. — Les couleurs désignées elles-mêmes sous le nom de gouaches se vendent toutes préparées chez les marchands. On les trouve aussi en poudre fine dans le commerce. On les broie et on les délaye dans l’eau gommée. Il ne faut pas mettre trop de gomme pour éviter que la couleur ne sèche trop rapidement et ne s’écaille. Vous trouverez des couleurs à la gouache chez M. L. Berville, 25, rue de la Chaussée-d’Antin, M. Bourgeois aîné, 18, rue Groix-des-Petits-Champs ou chez MM. Deschamps frères, 2, rue dès Francs-Bourgeois, à Paris,
- M. L. W., à Tournai. — Vous trouverez des ouvrages sur ces questions à la librairie Hachette, 79, boulevard Saint-Germain ou à la librairie Colin A., 5, rue de Mézières, à Paris.
- M. J. Simond, au Châtelard (Savoie). — Nous avons soumis vos échantillons à un géologue autorisé ; ce sont des Nérinées, gastropodes fossiles du terrain corallien.
- M. Fenal, à Pexonne. — Pour graver sur des flacons en verre»des inscriptions inattaquables aux liquides et aux acides, nous pouvons vous indiquer la gravure par l’acide fluorhydrique, ou l’attaque du verre par un petit disque de cuivre animé d’un mouvement de rotation très rapide, imbibé constamment de boue d’émeri. Vous pourriez aussi-essayer de coller une feuille de papier sur le verre et de découper l’inscription dans le papier. Il faut ensuite projeter sur la découpure un jet dé sable fin qui dépolit rapidement' le verre aux endroits non couverts par le papier.
- . M. Pasquet, à Étampes. — Votre lettre a été envoyée à destination.
- M. L. C, à Paris. — Nous examinerons toutes ces questions et nous en ferons une étude détaillée, s’il y a lieu.
- M. Dupont, à X... (Dordogne). — 1° Il faudrait connaître les dispositions intérieures de l’appartement pour étudier la question de résonance. — 2° Ce sujet est en dehors de notre compétence.
- M. D. M. Ambrojioni, à Merate. — Il n’y a pas de journal spécial.
- M. A. G., à Saint-llippolyte-du-Fort. — Nous ne pouvons, pour le moment, à notre grand regret, vous faire connaître de magasins ayant employé ce système.
- M. E. G. B., à Paris. — Nous publierons des articles généraux sur ces diverses questions; mais nous ne pourrons entrer dans tous les détails. Voyez les Revues spéciales de l’Exposition que doit publier la librairie Dunod 49, quai des Grands-Augustins, à Paris. . •
- il,. Mariano Santos, à Leon. — Tous ces outils‘sônt de provenance américaine; nous n’avons pas d’adresse de maisons françaises à vous indiquer.
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. D. G., à-Brest. Il faut vous adresser à une agence de brevets; voyez M. Btouiii, 43, boulevard Voltaire, à Paris. — M. Rupont, k Paris. Il est nécessaire de calculer la section suivant la distance à atteindre. — M. R. L-, h Marseille. Demandez au constructeur de vous faire un devis. — M. V. G., à Lille; M. Denant, à Paris. Consultez,le petit livre des Recettes et procédés utiles, 1” série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dumont, à Nancy. Ce renseignement est donné dans le même petit livre que ci-dessus, 4e série, à la même librairie. — M G. D., k Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux, les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- CURES D’AIR.
- Texte et dessins par Henriot
- 1. Les embarras de Paris ont pris depuis Boileau un développement si considérable qu'il e<?t à peu près impossible de circuler à pied,
- ou même en voiture. Le sol est absolument impraticable.
- 3. Il est donc urgent de créer, à sept cents mètres au-dessus de la tour Eiffel une véritable cité respirable, des sanatoria avec bétels restaurants, etc....
- Là, la vie sera possible; on respirera, on vivra.
- 4. Les sports aériens remplaceront peu a peu les sports terrestres, et ils ne présenteront du mojns que ce léger incûnyéniéut d’effrayer les moineaux,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Contre la constipation.
- Les remèdes sont nombreux, les recettes des plus variées ; mais il est des intestins qui se montrent réfractaires aux méthodes les plus simples comme les plus compliquées. Il faut dès lors avoir pour ces organes trop paresseux plus d’une corde à son arc. Voici un nouveau moyen conseillé par M. Blondel et
- qui lui a donné dans bien des cas des résultats surprenants. C’est un lavement simple, un demi-verre d’eau bouillie, auquel on ajoute une solution d'extrait aqueux d'ipéca (10 grammes sur 50 grammes d’eau distillée). Ce lavement contient 4Ô à 50 centigrammes, soit 2 à 5 grammes de poudre. On pourrait le simplifier en usant d’une simple décoction, mais le lavement serait moins actif. L’elfet produit est durable, en ce sens que l’intestin fonctionne spontanément pendant quelques jours et il suffit de deux lavements par semaine pour déterminer au bout d’un mois une régularité plus grande et une disparition de la parésie intestinale. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 30 avril. , . . 6%3 W, 2. Couvert. 0,0 Nuageux ; gelée blanche ; halo.
- Mardi 1” mai .... 11M S. S. W. 1. Quelques éclaircies. 0,0 Très nuageux jusqu’à 19 h. ; beau ensuite ; pluie qui mouille le pavé à 10 h.
- Mercredi 2 . . . . 11M Calme. Beau. 0,0 Nuageux de 10 h. à 20 h. ; beau avant et après ; gelée bl.
- Jeudi 3 13%0 S. 2. Peu nuageux. 0,0 Beau jusqu’à 6 h. ; presque couvert ensuite ; pavé mouillé à 21 h.
- Vendredi 4 10',9 S. 1. Beau. 0,0 Nuag. de 10 à 19 h.; beau avant et après.
- Samedi 5 10*,4 N. E. 0. Nuageux. 0,0 Nuag. ; halo; halo circonscrit et arc circumzéuithal.
- Dimanche 6 18%2 S. E. 3. Nuageux. 0,0 Nuag. jusqu’à 17 h,; couvert ensuite ; orage avec un peu de pluie de 17 h. 30 à 19 h. 30; halo.
- AVRIL-MAI 1900. *— SEMAINE DD LUNDI 50 AVRIL AD DIMANCHE 6 MAI.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- ttémiinié de» observations météorologique» faites au Parc Saint-Maur en avril flOOU
- par M. E, Renoo.
- Moyenne barométrique à midi 758““,49. Minimum 742““,91 le 4 à 5 heures du matin. Maximum 771““,45 le 19 à 9 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 4°,50; des maxima 15°,79; du mois 10°,14; vraie des 24 heures 9’,71. Minimum —2\1 le 2 entre 1 heure et 1 heure 1/2 du matin. Maximum 26°,3 le 22 un peu après 2 heures. Il y a eu 2 jours de gelée les 1 et 2 et 15 jours de gelée blanche. Au ras du sol : moyenne des minima 01,13 ; minimum — 8°,0 le 2.
- Tension moyenne de la vapeur, 5“",46; la moindre 1““,8 le 27 à 5 heures du soir ; la plus forte 9““,3 le 13 à 8 heures du matin.
- Humidité relative moyenne 63; la moindre 14 le 27 à 5 heures du soir; la plus grande 98 le 1" à 5 heures et 7 heures du matin, et le 10 de 1 heure à 3 heures du matin.
- Pluie 14”“,17 en 14 h. 3/4 réparties en 6 jours. 3 jours de pluie du 3 au 5,et 3 autres jours du 11 au 13; 10 jours de gouttes; grains de neige le 2 à 8 li. 40-45 du matin. Un peu de grêle le 4 à midi, quelques grains de grésil le 7 à 4 h. 10 du soir.
- Nébulosité moyenne 48. 5 jours beaux, dont 4 consécutifs.
- -Vents dominants du N. à !'£., puis du S. à I W. presque égalemeut.
- Température moyenne de la Marne : le matin 10°,3” ; l’après-midi 10#.88; du mois 10°,62. Elle a varié de 6°,40 le 2 à 14®,78 le 25, de hauteur presque invariable ; sa transparence a un peu diminué jusqu’au 21 pour remonter légèrement ensuite.
- Relativement aux moyennes normales, le mois d’avril 1900 présente les résultats suivants : baromètre plus haut de 3““,17. Thermomètre plus bas de 0°,06. Tension de la vapeur moindre de 0““,67. Humidité relative moindre de 6. Pluie moindre de 27“”,7 ; elle n’est que le tiers de la quantité ordinaire. Nébulosité moindre de 7.
- Ce mois a été froid et nuageux au commencement; assez chaud, clair, et sans pluie ensuite.
- Floraisons ; le 4, prunier sauvage, iberis sempervirens ; le 6, mahonia, cerisier doux hâtif ou guignier ; le 7, glechoma ; le 11, prunier, goutte d’or, coucou ; le 12, groseillier à maquereau et groseillier commun rouge ; le 16, corchorus; le 18, drugmannia bicolor ; le 20, tulipe, lunaire, cerisier anglais, laurier cerise ; le 23, dielytra, lilas; le 24, cerisier de Sainte-Lucie le 28, cognassier, pommier de Canada; le 30, marronnier d’Inde.
- Oiseaux et insectes ; 9, chant du rossignol ; 12, hirondelles ; 19, loriot ; 22, caille. Les hirondelles et les rossignols très rares tout le mois.
- Erratum au mois de mars :
- Moyennes thermométriques : lisez moyennes des minima 8°,36 et du mois 4°,61.
- PHASES DE LA LUNE ; P. Q. le 6, à 1 h. 48 du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aui acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE I/ADMIIMSTRATIOW. — L’échéance du 31 mai étant une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 26 mai (n* 1109) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 juin renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales. (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et A la « Boîte aux lettres » doivent être adressées A la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —g)— Le ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes a inauguré le jeudi 17 mai, à 2 heures 1/2, les nouveaux locaux de la condition des soies et laines et du Laboratoire d’essai des papiers, qui viennent d’être installés par la Chambre de Commerce de Paris à la Bourse de Commerce, rue de Yarmes.
- -g— On s’apprête de tous côtés à observer l’éclipse de soleil du 28 mai. MM. Lebœuf, répétiteur à la Faculté des sciences de Montpellier; Carrère, mécanicien à l’Observatoire de Toulouse, ont installé à Elche en Espagne des appareils pour l’observation de l’éclipse. MM. Meslin et Burget, professeurs aux Universités de Montpellier et de Toulouse ; Ilamy, appartenant à l'Observatoire de Paris, et d’autres astronomes français sont incessamment attendus à Elche. La mission du bureau des longitudes, composée de MM. Bi-gourdan et Salet, astronomes de l’Observatoire de Paris; Heitz, ingénieur des arts et manufactures, et Eysseric, explorateur, est arrivée à Madrid, allant à Tobarra (province d’Albacete) observer la prochaine éclipse de soleil. La mission espagnole, qui est présidée par M. Iniguez, directeur de l’Observatoire de Madrid, s’installera dans les hauteurs, à 2 kilomètres de Plasencia. Le directeur de l’Observatoire de Dublin, avec deux astronomes ; le directeur de TObservatoire de Radclife, avec un autre astronome; le vice-président de la Royale Société de Dublin, et les chefs du Bureau IN au tic Almanach s’installeront à côté de la mission espagnole, à Plasencia. Les observatoires le long de la péninsule Ibérique d’où l’on pourra observer l’éclipse du soleil seront à Oval, Plasencia, Argamasilla, Tobarra, Elche.
- —g— La peste qui a éclaté à Port-Saïd est une menace directe pour nos ports d’Europe. Deux nouveaux cas mortels se sont produits le 12 mai. On espère cependant que l’on pourra éteindre le fléau sur place.
- —g— Un nouveau lancer international de ballons-sondes a eu lieu le .12 mai. L’Observatoire de Trappes a laissé partir pour son compte deux ballons-sondes. Nous reviendrons, s’il y a lieu, sur ces ascensions qui coïncident avec les Saints de glace.
- —g— Saints de glace et lune rousse ! La tradition populaire a eu raison, cette fois. Un abaissement de température marqué s’est produit à partir du 11 mai. Le thermomètre est descendu, aux environs de Paris, à 5° pendant la nuit; et la moyenne a été de plus de 5° au-dessous de la moyenne normale. Dans les journées du 14 et du 15, les Parisiens ont repris leurs pardessus d’hiver. Le froid a été causé par une violente bourrasque du nord-est.
- —g— L’herbier du Jardin botanique de New-York vient d’acquérir une collection unique, croyons-nous, du moins jusqu’ici : c’est celle des plantes du territoire du Yukon et de la fameuse région aurifère du Klondyke.
- —<g— A la tin du mois d’avril et dans les premiers jours de mai, on a procédé à des essais préparatoires de traction, au moyen *lu système Diatto, sur la ligne de Noisy-le-Sec à l’Opéra, par la place de la République, la rue du Temple, la rue Réaumur et [a
- rue du Quatre-Septembce. Les résultats de ces essais ont été satisfaisants, et la voiture expérimentée est arrivée jusqu’à la place de l’Opéra. On pense que la mise en exploitation de la ligne pourra avoir lieu dès que seront terminés certains parachèvements de voie à la traversée de la place de la République.
- —g— Il est intéressant de connaître les prix du charbon sur le carreau de la mine, prix qui varient, dans une large mesure, suivant les pays de production. Le Bulletin de la Société des Ingénieurs eivils vient de donner quelques chiffres à ce sujet, d’après l'Engineering. Le prix minimum paraît avoir été atteint dans l’Inde anglaise, savoir : 4fr,50 par tonne et le maximum dans la colonie du Cap avec 17fr,80. Au Natal, le prix est moins élevé, 12fr,50. Dans la Nouvelle-Zélande, on peut avoir du charbon à la mine pour 12fr,50. en Tasmanie pour 10 francs, dans la colonie de Victoria pour llfr,5ü et dans les Nouvelles-Galles du Sud pour 7 francs : au Transvaal, le charbon revient, dans les mêmes conditions, à 9'r,50. Les États-Unis viennent immédiatement après l’Inde pour les bas prix, le charbon y revient en moyenne à 5‘r,75 à la mine. Si on considère les pays européens, c’est en Espagne qu’on trouve les prix les plus bas, 7fr,50 la tonne ; après vient l’Autriche avec 7fr,65, la Grande-Bretagne 8,r,10, la Russie 8tr,40 et l’Allemagne 9fr,20. En Belgique, le prix moyen est de 10,r,25et en France de 10fr,80. Une des raisons pour lesquelles le charbon est très bon marché aux États-Unis est le taux élevé de la production par ouvrier, 450 tonnes par an. Ce taux est cependant inférieur à celui que donne un mineur dans les Nouvelles-Galles du Sud, 455 tonnes. Dans la Nouvelle-Zélande, c’est 440 tonnes. Dans la Grande-Bretagne, on obtient guère plus de 297 tonnes par ouvrier et par an. Dans la colonie du Cap, où l’on emploie principalement la main-d’œuvre indigène, le produit n’est que de 56 tonnes
- Sar an. Au Natal où on a facilement des coolies, on obtient 156 tonnes.
- ans l’Inde anglaise, un ouvrier ne produit que 68 tonnes par an. il faut donc que la main-d’œuvre y soit à un prix extrêmement réduit. Les productions annuelles sont de 271 tonnes pour le mineur allemand et de 216 pour le mineur français.
- —g— Une nouvelle tentative pour découvrir le sort de l’aéro-naute Andrée sera faite cet été. D’après le National Géographie Magazine, l’expédition Russo-suédoise, qui partira le 1er juin pour le Spitzberg dans le but de mesurer un arc du méridien à cette latitude, a l’intention de faire un détour par King Charles Land et de fouiller avec soin tous les environs. On se rappelle qu’en septembre dernier on trouva sur la côte nord de King Charles Land, vers 80° de latitude nord et 25 de longitude est, une bouée marquée « Expédition Polaire d’Andrée ». En l’ouvrant, à Stockholm, on eut la preuve que c’était la bouée appelée par Andrée a la bouée du Pôle Nord » et dans laquelle .il devait mettre un message quand il aurait passé le pôle. Un examen au microscope de l’intérieur de cet appareil n’a rien fait découvrir. Comme la bouée ne pouvait être venue du pôle à King Charles Land, la seule conclusion possible est que c’était simplement une épave de l’expédition, et qu’on pourrait en trouver d’autres dans la même région.
- —g— L’Université américaine de Minnesota vient de commencer une collection bien curieuse et originale qu’on nomme la Galerie d’art botanique : elle est composée d’une série de photo-
- frapides représentant les diverses plantes de la flore de l’Etat.
- our l’instant, on s’est contenté de prendre chaque plante dans son habitat normal.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Erratum. — Dans notre article sur l'Huile de Alem, n° 1406, du 5 mai, une correction malencontreuse nous a fait parler au passé de M. le Dr E. Ilcckel, directeur de l’Institut et du Musée colonial de Marseille. Nous nous hâtons de rassurer les nombreux amis de M. Heckel. L’éminent professeur de Marseille est en excellente santé et nous espérons bien qu’il continuera encore très longtemps ses belles études coloniales.
- une réponse en nous appuyant sur l’expérience suivante que mentionne le Traité de physique de M. E. Fernet. Un tube de verre fermé contient de l’acide carbonique liquide. Dans la glace fondante, la longueur de la colonne liquide est à peu près le tiers de celle du tube; le reste du tube est rempli d’acide carbonique gazeux à la pression de 30 atmosphères. Si on place le tube dans de l’eau à 30°, le niveau du liquide s’élève presque jusqu’au sommet. Le volume est alors à peu près triple de ce qu’il était à 0° ; la force élastique du gaz est devenue 75 atmosphères. En amenant la température à 51", tout liquide disparaît et l'acide carbonique reste à l’état gazeux. Il en résulte qu’il faut environ 3 litres d’acide carbonique gazeux à 31° et à 75 atmosphères pour obtenir 1 litre d’acide carbonique liquide à 0° et à 30 atmosphères.
- M. Louis Kaufmann, à Fleurier. — Nous pouvons vous indiquer les glacières Schaller, dont l’adresse est donnée plus haut, et les appareils Carré, chez M. Lévy, 61 bis, boulevard Saint-Germain, à.Paris.
- . M. D., d A. — Nous n’avons pas à ce sujet d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés.
- Rnmnfinnir.at.inns. — M. H. Ladame, à Neuchâtel, nous adresse le compte rendu d’une communication qu’il a faite à la Société neuchâteloise des sciences naturelles et qui a pour titre : Funiculaires à contrepoids d'eau et régulateur de vitesse à force centrifuge. Application aux funiculaires de Ser-rières et de l’Écluse. Notre correspondant ajoute les intéressantes réflexions suivantes : « Le sujet est un peu spécial, mais c’est la première fois que l’on cherche à calculer le poids que doit avoir un câble pour qu’il reste sur ses poulies, et ne se soulève pas lorsque la pente de la ligne n’est pas uniforme. A une époque où l’on s’efforce d’améliorer les moyens de transports, en les rendant plus rapides et meilleur marché, il peut être utile d’éviter aux constructeurs des déceptions, et de les tenir au courant de ce qui a été fait dans la construction des funiculaires.
- « Le funiculaire de l’Écluse-Plan, à Neuchâtel, dont le câble a été calculé pour en prévenir le soulèvement sur un raccordement des pentes de 23 pour 100 et 57 pour 100, présente aussi quelque intérêt comme traction diagonale, en ce sens qu’il a suffi d’augmenter la distance des essieux pour rendre l'usure latérale des rails insignifiante.
- « Le funiculaire de Serrières a ceci de particulier : l’établissement d’une plaque tournante sur un plan incliné, ce qui permet de diriger les wagonnets qu’elle transporte dans une direction faisant un angle quelconque avec l’axe de la ligne principale. De plus l’arrêt intermédiaire se fait automatiquement et mathématiquement, au moyen d’un frein hydraulique d’une grande simplicité. »
- M. Martaud, à Oran, nous envoie le compte rendu d’un mouvement séismique qui s'est produit, le 26 avril, à Ilelizane. J’ajouterai, dit-il, que la détonation n’a pas été unique, mais qu’il y en a eu deux successives. Les tremblements de terre ne sont pas rares dans nos pays, mais je ne crois pas qu’aucun de ceux dont on a pu garder le souvenir (et j’en ai ressenti moi-même un certain nombre) puisse être comparé à celui-ci, qui est évidemment un phénomène absolument local, comme l’explosion d’une mine naturelle.
- Renseignements. — M. C. T., à Colombes. — Four ces produits, il faut vous adresser directement aux marchands de produits chimiques, MM. Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain; MM. Billault, 22, rue de la Sorbonne, à Paris.
- M. G. Hadjikgriacon, à Salonique. — Nous ne croyons pas que les poids atomiques de ces corps aient encore été déterminés; nous avons indiqué dans divers numéros les propriétés connues de ces corps.
- M. R. L., à Paris. — Vous pouvez vous renseigner à l’Auto-mobile-Union, 59, avenue des Champs-Elysées ou à la Société Commerciale d’automobiles, 77 bis, avenue de la Grande-Armée.
- Al. A. S., h Albi. — Ce produit ne se trouve pas dans le commerce ; il faut le préparer soi-même.
- M. le D1 José L. Amorin, àSalto (Uruguay). 1“ Pour ce qui concerne les projections, vous pouvez vous adresser à MM. Raai-guet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris. — 2° Glacière Schaller, 229, rue Saint-Honoré, à Paris.
- M. L. Pépin, à Orléans. — Vous trouverez plusieurs vernis dans les petits livres des Recettes et Procédés utiles, lr0 et 4e série, à la librairie Masson et Cic.
- M. J. Perretli, à Paris. — Il nous est possible de vous donner
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. R., à Lyon. Nous ne pouvons vous renseigner ; il faut consulter un avocat. — Al. G R., h Paris. Nous n’avons pas encore parlé de cette question. — AI. L. Muron, à Versailles; M. Dubois, h Nice. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
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- PHOTOGRAPHIE
- Premier Congrès national de la photographie professionnelle. Paris 1900.
- Indépendamment du Congrès international de la photographie, la Chambre syndicale de la photographie et de ses applications a décidé la réunion annuelle de tous les professionnels dans un but de progrès et d’entente confraterneUe, pour toutes questions d’ordre corporatif.
- Ce Congrès national professionnel s’ouvrira, pour la première fois, le 1er juin prochain, sous le patronage du ministre de d’instruction publique et des Beaux-Arts, et avec Te concours du Ministre du Commerce qui a désigné, pour ses séances, l’une des salles du Conservatoire national des Arts et métiers.
- Outre les questions juridiques ou d’intérêt professionnel qui y seront traitées, il y sera réservé à des démonstrations pratiques et à la présentation de tous les instruments, produits ou procédés susceptibles d’aider au progrès industriel ou artistique de la photographie, des séances spéciales auxquelles seront admis, comme les patrons, les employés et ouvriers photographes. Des diplômes de 1'*, 2° et 3° classe seront attribués aux présentations les plus intéressantes, les inventeurs et fabricants professionnels pouvant tous Sa faire inscrire à titre de membre adhérent.
- Le Congrès abordera l’importante question de l’enseignement professionnel dont la patrie de Niepce et de Daguerre reste encore privée alors que l’étranger nous en a donné, depuis longtemps déjà, l’excellent exemple. Nous ne devons oublier, en effet, que la photographie est essentiellement française par ses origines et par ses progrès, qu’elle est aujourd’hui l’auxiliaire précieuse de toutes les sciences et de tous les arts, et nous souhaitons Bonne chance aux organisateurs de ce Congrès parmi lesquels nous retrouvons nos plus célèbres praticiens de Paris et de la province. Le président, le vice-président, le secrétaire du bureau du Comité sont MM. Paul Nadar, Pirou et Ladrey fils.
- Après 71 ans d’existence d’une industrie dont le développement considérable est en rapports mêmes des découvertes de nos savants, le plus illustre d’entre eux à l’heure actuelle, M. Lippmann, à qui l’on doit la photographie directe des couleurs, développera la théorie et la pratique de son invention dans une conférence réservée aux membres de ce Congrès qui fera date dans les Annales de la photographie.
- La cotisation est fixée au prix uniforme de 10 francs poulies membres actifs comme pour les membres adhérents; les instruments susceptibles d’une présentation devront être rendus, avant le 28 mai, au Conservatoire, national des Arts et métiers.
- Adresser toute lettre ou communication à M. Paul Nadar, président de la Commission d’organisation, 52, rue d’Anjou, à Paris! Les cotisations seront perçues par M. A. Neurdein, trésorier, 52, avenue de Breteuu.
- Dans la • Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes 1 les questions,.ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES MENTIONS1
- Terre A gaz arec grillage en fil de fer. — La fabrication des verres à gaz dits incassables a été présentée déjà sous plusieurs formes d’après divers principes : verre trempé, verre composé de lamettes, verre cerclé, etc., etc. Nous présentons aujourd’hui un nouveau modèle qui mérite d’être examiné. Il est formé d’un treillis en petit fil de fer qui est moulé dans le verre en fusion. La tension ou la dilatation à la chaleur et au refroidissement qui s’opère sur les verres ordinaires et qui, par contre, occasionne la casse, semble disparaître avec ce nouveau système. Lorsque ce nouveau verre est mis en expérience pour la première fois, au moment de la chauffe et du refroidissement, il se produit également une certaine dilatation du verre; il se forme en effet de petites fentes invisibles à l’œil nu partout où la tension du verre est nécessaire et c’est précisément par ce phénomène indispensable que le verre prend pour toujours ses moyens de dilatation indispensables. Les losanges formés dans le verre, loin de nuire à l’éclairage, tout Verre à gaz avec au contraire donnent une lumière aug-grillage en ül de fer. mentée par réflexions multiples. — Ce nouveau verre se trouve chez M. Mathieu, inventions nouvelles, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris,
- Appareils & acétylène. — Le « Générateur Loup » dont nous allons donner la description est un appareil très simple, à déplacement d’eau basé sur le principe du briquet à hydrogène de Gay-Lussae.
- Dès que le robinet d’alimentation d’eau est ouvert, l’attaque de carbure se fait automatiquement et le fonctionnement reste
- Générateur Loup de gaz acétylène.
- régulièrement automatique jusqu’à épuisement de la charge. La partie la plus remarquable de cet appareil est son double fond qui sert de laveur-épurateur en même temps que de communication entre le gazogène et le gazomètre et de fermeture hydraulique et automatique de ce dernier.
- L’appareil se compose de deux cylindres concentriques, le cylindre extérieur formant le corps de l’appareil ; le cylindre intérieur constituant le gazogène ou carburateur. L’espace annulaire enlre les deux cylindres est divisé en trois compartiments par des cloisons horizontales. Dans le milieu du carburateur se trouve un tube ouvert à ses deux extrémités.
- L’appareil étant en place, on garnit d’eau le double fond jusqu’à ce qu’elle coule par la boite du trop-plein. Cette opération est faite une fois pour toutes, car par la suite le niveau du double fond est entretenu par la condensation de la vapeur
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
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- d’eau entraînée par le gaz. L’excédent est chassé de temps «à autre en ouvrant un robinet purgeur. Ce robinet purgeur de double fond est actuellement remplacé par un bouchon, à vis placé derrière l’appareil. C’est par là qu’il est le plus commode de remplir le double fond avant de garnir. On remplit d’eau le corps de l’appareil A en la vidant en C et jusqu’à 20 centimètres environ au-dessus de la cloison. Le carburateur reste vide d’eau, car le robinet G est resté fermé. On garnit ensuite les paniers à carbure, on les introduit dans le carburateur et on les recouvre avec la cloche. L’appareil est prêl à fonctionner. Pour le mettre en marche, il suffit d’ouvrir le robinet G et il n’y a plus à s’en occuper. L’eau passant par G pénètre dans le carburateur et lorsqu’elle touche le premier panier à carbure le gaz se forme, monte dans l’intérieur de la cloc.he et redescend par le tube K. Après s’êfre lavé dans le double fond, il va à la canalisation par D. Mais, il se produit au début plus de gaz qu’il ne s’en consomme, cet excédent redescend entre les dèux tubes concentriques et vient se loger en A d’où il refoule l’eau par le tube plongeur E. En même temps le gaz se formant, l’eau a été abaissée de l’intérieur de la cloche et le contact avec le carbure cesse; la production du gaz s’arrête pour recommencer dès que la consommation aura diminué la pression. Pour recharger, il faut fermer le robinet G, ouvrir le bouchon F, enlever la cloche et le carbure usé, et remettre du carbure comme il est dit ci-dessus. Puis on referme le bouchon F et on remet en marche en ouvrant le robinet G. Pendant ce rechargement le gazomètre reste fermé par la fermeture hydraulique du tube K. Ces appareils se font à deux carburateurs, ce qui permet un rechargement très facile en marche sans arrêter l’éclairage. Ils peuvent en outre recevoir un régulateur de pression qui régularise la flamme des becs. — Ces générateurs sont construits par la maison Eugène Loup et Ci0 à Revel (Haute-Garonne).
- Nouveau tapis. — Le nouveau tapis ci-joint est forme! de brins de baleines qui sont réunis en petits faisceaux et montés sur un cadre en bois comme une brosse. Il se distingue! par une grande solidité et forme à la lois simple brosse et! décrottoir. 11 peut être mis au dehors sans être détérioré ; la pluie*
- Trader.
- .Nouveau tapis à brins «le baleine.
- ne peut avoir d’action sur le dessous, qui est goudronné. —> Le nouveau tapis se trouve chez MM. G. Renaut et Cie, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Répertoire général ou dictionnaire méthodique de bibliographie des industries tinctoriales et des industries annexes, ar Jules Garçon, ingénieur chimiste, Tome I, 1 vol. in-8°. ibrairie Gauthier-Villars. Paris. 1900.
- La tuberculose, par le Dr Sicard de Plauzoles. 1 vol. in-18 de la collection des Livres d’or de la science. Schleicher frères, éditeurs. Paris : 1 franc.
- La gomme bichromatée, par G. Naudet. 1 brochure in-10. Paris. II. Desforges, éditeur, 1899. Prix : lrr,2i>.
- De l'intérêt des relevés journaliers des heures de soleil, par A. Lancaster. 1 brochure in-1 G. Bruxelles. Ilayez, imprimeur. 1899.
- Scientùt. La spécificité cellulaire, par L. Bard, I vol. petit in-8°. Georges Carré et Naud, édit. Paris, 1899.
- Groupements cristallins, par Fred. Wallerast. 1 fascicule in-8° du recueil Scientia. G. Carré et Naud, éditeurs. Paris. Prix : 2 francs.
- Les ancêtres d'Adam. Histoire de l’homme fossile, par Vicrott; Meunier. 1 vol. in-16. Paris. Librairie Fisehbacher.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- United States geological survey, Ch. I). Walcott Directo>*-Monographs. XXIX. Gcology of old Hampshire county Massachusetts, by Eversos.. XXXI. Geology of lhe aspen mi-ning district Colorado, by Spurk and atlas to accompany monograph. XXXV. The laler extinct floras of north America, by New Berry. 3 gr. vol. in-4°et un atlas. Washington government I'rinting office.
- Bulletin of lhe United States Fish Commission. Vol. XVIII, for 1898, George M. Bowers, cominissioner, Washington, Government Printing Office, 1899.
- Report of S. P* Langley, secrelary of the Smithsonian Institution for the Year end in June 50 1899. Washington, Government Printing Office 1899.
- United States geological survey, Chart.es Wai.cott, Director. Nineteenth annual report 1897-1898. Twentieth annual report 1898-1899. Part. VI. 5 vol. in-4*. Washington, government Printing Office. 1899.
- Transactions of the American Mathematical Society, édited by K. IIasti.vgs Moore, E. William Brown, Thomas Scott
- Fioke. 1 brochure in-8°. Lancaster and New York. The Macmillan Company. 1900.
- Iowa geological survey. Vol. IX. Annual report 1898 mit h accompanying papers. 1 vol. in-8°. Des moines. Published for the Iowa geological Survey. 1899.
- Théorie und.'geschichte des photographischen objektivs, von Moritz von IIohr, 1 vol in-8°. Berlin, Verlag von Julius Springer, 1899.
- Index to the literature of zirconium, by A. C. Langmuir and Charles Baskerville. Smithsonian Miscellaneous collections. 1 brochure in-8\ Washington City. 1899.
- The mycetozoa and some questions which they suggest, by the right honourable sir Edward Frv and Agnes Fry. 1 vol. in-16. London-Knowledge office 520 High llolborn W. C. 1899.
- Biologia animale. Zoologia generale e peciale, par G. Colla-mahini. 1 vol. in-16 de la collection des manuels Hœpli. Milan. 1900.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 mai 13%1 S. 2. Couvert. 8,1 Couv. j. 9 b. ; pr. couv. ens. ; pl. jusq. 4 b. ; g. à 7-8 b. ; orage de,13 à 16 b. avec forte pl., avec un peu grêle.
- Mardi 8 10’,8 N. W. 2. Couvert. 6,1 Couv. jusqu’à 21. h; très nuag. ensuite: pluie à diverses reprises avec un peu de grêle.
- Mercredi 9 9",2 W. 2. Couvert. 11,0 Presque couvert de 4 à 10 h. ; nuag. avant et après.
- Jeudi 10 li\l N. 2. Beau. 0,0 _Nuageux de 10 à 11 h. et couvert après 22 b. ; beau le reste du temps.
- Vendredi 11 9%1 • N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 9 b. ; nuag. ensuite.
- Samedi 12 8%9 N. E. 2. Beau. 0,0 Peu nuageux.
- Dimanche f3 . . . . 8*,0 N. £. 2. Beau. 0,0 Beau le matin; puis peu nuageux; couvert après 17 h.; halo.
- MAI 1900. — SEMAINE DD LUNDI 7 AD DIMANCHE 13 MAI.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10;' les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Ornges. — Un orage d’une grande violence a éclaté le 6.mai, vers, 6 heures du soir, à Paris. Pendant près d’une demi-heure la pluie est tombée à torrents. Le temps est resté pluvieux pendant toute la soirée. L’orage a causé quelques accidents. Par suite des travaux de construction des nouveaux égouts, la rue Boissy-d’Anglas a été envahie par les eaux et a présenté pendant plusieurs heures l’aspect d’un lac qu’on ne pouvait traverser à pied. Les caves des maisons voisines étaient inondées.
- En province, on signale dans -la journée du 6 mai, également de nombreux orages. A Saint-Maixent, la grele est tombée pendant-en quart d’heure et a causé .de grands ravages dans la campagne. Dans laJ , ' les vitres.de beaucoup de maisons ont été brisées. A Itouen, un vérit . _ clone s’est
- abattu sur la ville et sur la vallée de la Seine. Des arbres ont été arrachés ou brisés. La grêle est tombée eu quantité.
- En France, le 6 mai, les pluies ont été abondantes et accompagnées d’orages dans le nord et le sud-ouest : on a recueilli 29 mm. d’eau à Limoges, 17 à Toulouse, 7 à Boulogne. A Paris, le 7 mai, le temps a été brumeux toute la matinée; il s’est obscurci vers 3 b. 1/2 de l’après-midi. Un violent orage a éclaté. La pluie est tombée en abondance. Enfin, les 8 et 9 mai, des pluies ont eu lieu en France; on a recueilli 28 mm. d’eau a Nice. 21 à Toulouse, 17 à Besançon, lt à Perpignan, 10 à Nancy. Orages à Lyon et à Bordeaux. Pluies à Lorient, Biarritz, Toulouse, Belfort les 10, 11 et 12 mai. Refroidissement accentué les 12, 13 et 14 dans tout le nord-est de l’Europe. Une violente bourrasque du nord a envahi les côtes et s est propagée jusqu’à Paris les 14 et 13 mai.
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- A.YIS BE Ki’ADHIIVISTKA.TlOil. — L’échéance du 31 mai étant une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 26 mai (n* 1409) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 juin renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales. (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 Irancs.
- ' Las lettres et communications relatives & la rédaction et à la ' « Boîte aux lettres a doivent être adressées à la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard' Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —f|— M. Millerand a inauguré samedi dernier le beau pavillon de la Chambre de commerce de Paris à l’Exposition. Le ministre a été reçu par le président de la Chambre, M. Georges Masson et par MM. Lourdelet et Soufllot, président et secrétaire de la commission d’organisation. Après une allocution très applaudie de M. Masson, le ministre a adressé ses félicitations et ses remer-ciments; il a visité en détail le joli édifice élevé par M. Roy, et admiré les fresques de M. Joannon et un superbe vitrail de JM. Gaudin. Le cortège officiel s’est arrêté devant les appareils de « conditionnement des soies » sur lesquels nous reviendrons prochainement.
- —®— Le gaz fait des progrès. A l’Exposition, au Trocadéro, au Champ-de-Mars, l’éclairage est de toute beauté. Il n’y a pas moins de 1100 candélabres en service, portant une quantité totale de 1500 lanternes! Ces lanternes contiennent elles-mêmes 1, 2, 3 et jusqu’à 10 manchons : le nombre total de ces derniers s’élève à 4500. Pour arriver à obtenir le maximum d’intensité lumineuse, on a eu recours à l’emploi du gaz comprimé au moyen de ventilateurs Farcot. La compression du gaz est effectuée à i'Exposition' même, dans le bureau installé au quai d’Orsay, en aval du pont d’Iéna. Le chiffre total des appareils à gaz comprimé est de 160, ils contiennent 1500 manchons et fournissent une intensité lumineuse de 40000 carcels, équivalant à 400000 bougies.
- —(§)— La famine dans l’Inde anglaise fait des victimes innombrables. Huit millions d’individus en souffrent, et à peine la moitié peut être secourue. La famine engendre toutes sortes de maladies et conduit très souvent à la démence. A Chander, en une seule nuit, sept cents affamés devinrent fous. Pour les empêcher de tout saccager, il fallut les empiler dans un train et les conduire ainsi à des enceintes fortifiées; chemin faisant, ces squelettes chantaient et criaient de leurs voix presque éteintes. Dix millions sont morts de faim en 1897, lors de la dernière famine. Et, cette fois-ci, on prévoit des résultats encore plus horribles : 100 000 milles carrés de territoire anglo-indien, 25ü000 milles carrés de territoire de protectorat anglais ne sont plus qu’un désert de poussière blanche sous l’accablant soleil de la sécheresse. Des millions d’êtres humains, déjà touchés par la mort, fuiént devant le fléau; les poor houses sont trop pleins, malgré la mortalité de 70 pour 1000 chaque nuit; les famine camps aussi ne peuvent pas employer tous ceux qui se présentent. Dans d’autres endroits encore, comme à Chota Nagpour, la faim pousse à la révolte céux que le mal n’a pas tout à fait terrassés. Le grain, le riz deviennent tous les jours plus chers et l'argent s'épuise dans les caisses de secours.
- —Une conférence internationale pour la protection des animaux sauvages de l’Afrique, dit Nature, s’est ouverte au Foreign Office le 24 avril dernier. Il y assistait des plénipotentiaires de France, d’Allemagne, d’Angleterre, des tats indépendants <lu Congo, d’Italie, de Portugal et d’Espagne, ün article du Times a appelé l'attention sur la nécessité d’une convention internationale
- pour restreindre l’extermination en Afrique d’un grand nombre de mammifères, d’oiseaux et de poissons. Il est inutile d’insister sur le massacre effrayant d éléphants, hippopotames, rhinocéros, antilopes, élans, zibelines, etc., qui se fait depuis que la colonie du Cap, les États Boers et les territoires de la Ithodesia sont ouverts à la colonisation. Il y a cinquante ans, toute la partie méridionale de l’Afrique, au-dessous du Zambèse, fourmillait d’antilopes et autres espèces, y compris des lions et des léopards. Aujourd’hui, à part un petit nombre de rares districts, on n’y trouverait pas plus de ces animaux que dans le Hampshire -ou le Devonshire. Pour remédier à cet état de choses, le Times préconise l’établissement de grands espaces de terrains réservés comme Yellowstone Park aux États-Unis, où les animaux sauvages sont placés dans les conditions de leur vie normale. Des essais partiels ont été faits en plusieurs endroits, notamment au Cap et dans la Rhodesia; ils ont très bien réussi. A la Smithsonian Institution, aux Etats-Unis, le professeur Laiigley a traité le même sujet. Avec l’arrivée du chemin do fer et du settler dans l’Ouest, les grands troupeaux d’animaux qui peuplaient ces contrées ont à peu près disparu, bien qu’au prix d’efforts considérables on ait pu conserver çà et là quelques exemplaires de bisons et autres grands animaux. Le professeur Langley estime qu’il faut au moins essayer de conserver en partie la faune si riche de l’Amérique. Dans l’ile de Kadiak, sur la cote S.-0. d’Alaska, les États-Unis possèdent quelques exemplaires vivants des plus grands carnivores, notamment un ours monstre, qui n’ont jamais vécu en captivité. On nous écrit de Londres qu’une convention pour la protection de la faune africaine a enfin été signée le 19 mai, au Foreign Office. La chasse des jeunes éléphants sera désormais interdite.
- —(§)— Notre confrère Electrical World and Engineer a fait dernièrement des comparaisons intéressantes entre l’énergie emmagasinée dans diverses substances. 1 kilogramme de pétrole contient une quantité d’énergie suffisante pour élever son propre poids à 11 000 kilomètres en hauteur verticale. Un kilogramme de houille élèvera son poids à 7000 km; 1 kg de poudre à 700 km et 1 k' d’accumulateurs (en comptant 13,3 watts-heure par kilogramme d’éléments) seulement à 11 km. Une batterie d’accumulateurs est donc 1000 fois plus faible à poids égal que le pétrole et il faut ajouter que ce dernier diminue de poids à mesure qu’il se consume tandis que la batterie ne change pas de poids en se déchargeant. L’emploi des accumulateurs, malgré cette infériorité écrasante, est dû à la simplicité des moteurs électriques comparativement aux moteurs à pétrole et à l’absence de bruit, d’odeur.
- —®— Un transformateur de 450 kilowatts a été récemment installé dans les ateliers de la Acheson Graphite Cy qui reçoivent le courant fourni par la Niagara Power Cy. Ce transformateur est employé dans la fabrication du graphite au moyen de charbon amorphe ou de coke. D’après VElectrical Heview, le courant arrive à l’usine à la tension de 2200 volts et est ramené à celle de 12 volts, l’intensité correspondante étant de 37 500 ampères. On peut toutefois augmenter progressivement la différence de potentiel jusqu à 30 volts. Le transformateur a été construit par la Société Westinghouse et est à isolation dans l’huile et refroidissement par l’eau. II est contenu dans une enveloppe en fer de lm,63 de diamètre et 1“,83 de hauteur. Le circuit secondaire consiste en un simple tour de barres de cui^R, nassives reliées en parallèle. Chaque narre a une section de 0 sur 0m,020 et il y a huit barres semblables.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les outils pour l’entretien des chaudières se trouvent chez MM. Walker brothers and Co, 168, Oxford Street, Glasgow.
- Communications. — M. A. Garric, à Paris, nous écrit la lettre suivante : « Votre numéro 1406 du 5 mai contient, page 370, un article deM. II. Coupin sur la propreté corporelle chez les mammifères. II y aurait peut-être lieu de mentionner aussi le porc. On lui a fait une réputation de malpropreté qui n’est pas tout à fait méritée, en ce sens que, s’il est malpropre, c’est le plus souvent parce qu’on ne lui fournit pas l’eau claire dont il abesoin. Voici ce que j’ai été à même d’observer.
- « J’ai séjourné, il y a bientôt cinquante ans, dans un petit village perdu au milieu des Pyrénées. Il s’appelle « Les Aldudes ». Il est arrosé par une Vive aux eaux claires etabon-dantes, au cours rapide, qui s’élargit au milieu du village, de manière à former une sorte de large bassin. Chaque famille élève plusieurs porcs. Ces animaux ont le droit de circuler librement dans lé pays. Je fus étonné de voir tous ceux que je rencontrais extrêmement propres et montrant à travers leurs soies lustrées une chair rose vraiment appétissante. J’eus bien vite l’explication de cette particularité. Chaque jour, ôn mène les porcs à la rivière. Ils entrent dans l’éau avec une satisfaction visible, nagent admirablement et prolongent leur bain avec une véritable volupté. Je crois que l’on peut conclure de cette observation que le porc éprouve le besoin de se baigner et qu’il se vautre dans la fange (comme on dit vulgairement), dans le cas seulement où il n’a pas d’eau claire à sa disposition. Afin d’être fixé sur son goût, il serait nécessaire de le soumettre à une épreuve, consistant à le placer entre une mare d’eau stagnante et infecte et un ruisseau d’eau courante et limpide. On verrait ce qu’il préfère. »
- M. le Ete Begouen, à Saint-Girons (Ariège), nous envoie un exemplaire du journal qu’il dirige et qui a pour titre le Bulletin avicole. Ce journal d’élevage s’occupe des races diverses de poules, de canards, oies, pigeons, lapins, incubation artificielle, colombophilie, chasse, etc.
- Un abonné, à Belfort, à propos des règles arithmétiques pour retrouver le jour de semaine correspondant à une date quelconque, nous écrit la lettre suivante : « En examinant la même question, je me suis aperçu qu’un instrument fort simple muni d’une graduation appropriée peut exprimer mécaniquement la relation qui existe entre les différentes données caractéristiques d’un jour quelconque, et résoudre par une simple lecture le problème ci-dessus. L’instrument que j’ai imaginé est une sorte de boîte munie de trois fenêtres et de deux boutons A et B (le premier portant un trait de repère). Des ressorts analogues à ceux des boutons de montre à remontoir forcent le bouton B à n’avancer dans sa rotation que d’un ou plusieurs 55es de tour (4,0° environ) et le bouton A d’un ou plusieurs quarts de tour.
- « Dans cette position figurée, en agissant sur le bouton B on fait apparaître à côté du chiffre 15 les mois successifs mai, juin, etc. (ou dans l’ordre inverse suivant le sens de la rotation). Si l’on continue le mouvement, après avoir déplacé A d’un quart de tour, c’est le chiffre 15 qui sera remplacé par les suivants ou les précédents. Dans les deux autres positions de A on fait varier de même le siècle (19) ou l’année de (00 à 99). Quant au jour de la semaine son changement est automatique, et les indications de l’instrument restent dans toutes les positions exactement concordantes. La graduation des siècles est double, c’est-à-dire qu’à côté du chiffre 19, par exemple, il y en a un second, 25 sur la figure qui correspond à un siècle du calendrier Julien pour lequel tous les jours se succèdent dans le même ordre. Un petit écran mobile dans une coulisse verticale permet de faire paraître à volonté l’une ou l’autre des
- graduations. Intérieurement il y a 5 roues portant chacunq 35 dents et les différentes graduations. B actionne constant ment 2 de Ces roues par l’intermédiaire d’un pignon. Lé bouton A a pour effet de placer successivement ce pignon dan$ 4 positions verticales différentes. Le principe d’où ce mécanismé est déduit est rigoureusement exact ; je l’ai d’ailleurs soumis à de multiples vérifications remontant jusqu’au treizième sièclé (bataille de Bouvines livrée le dimanche 27 juillet 1214* Vêpres siciliennes le lundi de Pâques, 30 mars 1282), sa ni avoir constaté d’erreur. »
- M. G. Buchet, à Romorantin (Loir-et-Cher), nous fait part venir des extraits des comptes rendus du Congrès de Boulogne-sur-Mer, 4899, de l’Association française pour l’avancement des sciences. Ces extraits ont pour titres : Considérations sur les conditions favorables au dosage du Plankton de surface en haute mer, et Contribution à l’étude des pêches canariennes;
- Renseignements. — M. 0. Moreau, à Saint-Louis. — Nous connaissons' des amateurs qui ont obtenu de bons résultats avec cet appareil, mais nous ne nous en sommes jamais servi nous-mêmes.
- M. Maurice G., à Paris, — 1° Nous avons publié un plan avec échelle dans notre premier article sur le Grand Palais dans le numéro 4332 du 3 décembre 4898, page6. — 2° Nous croyons aussi que le vaisseau du palais actuel est moins long.
- M. L. B., à Agde. — M. Ducretet a fait à ce sujet diverses expériences intéressantes ; vous pourriez vous adresser à luir 75, rue Claude-Bernard, à Paris. .!
- M. E. Boutmy, à Paris. — Pour tous ces renseignements*, il faut s’adresser directement au constructeur, 4, rue Capron, à Paris.
- M. Pablo Garcia, à Montevideo. — Nous n’avons pas d’adresse de fabricant spécial à vous donner ; nous avons seulement voulu faire connaître un mode nouveau de boisson.
- M. A. Grellou, à Paris. — Plusieurs faits semblables nous ont déjà été signalés ; nous vous remercions pour votre communication.
- M. G. de Venancourt, à Boa-Vista. — 4° Il faudrait soumettre votre médaille à un numismate ou à un marchand de médailles. — 2° Vous pourriez vous adresser à la librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, ou à la librairie Desforges, 41, qüai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. H. de la Braise, à Angers. — Vous aurez quelques renseignements sur les éléments Leclanché à agglomérées mobiles dans les Beceltes de l'Electricien, à la librairie Masson et Cie, à Paris.
- M. Bourdon, à Paris. — Nous décrirons prochainement ces installations. Le chemin de fer électrique de l’Exposition et la plate-forme sont alimentés par le courant qui vient d’Asnières et qui est transformé en courant continu dans une sous-station à l’Exposition. Pour le chemin de fer électrique, le courant est amené à un troisième rail sur lequel viennent le prendre les frotteurs des voitures. Le système a déjà été employé en plusieurs circonstances.
- M. A. H., à M. — Il faut faire fondre du soufre dans un récipient, et exposer l’objet à vulcaniser dans ce bain. La température peut aller de 445° à 450°.
- M. Antonio Santo, à Porto. — Vous trouverez des ouvrages, de ce genre à la Librairie Agricole de la maison Rustique, dont il est question plus haut.
- MM. Toussaint, au Havre. — Nous ne connaissons pas d’encre avec laquelle on puisse revivifier des rubans de machine.
- M. P. de Laforcade, à Le Gault. — Adressez-vous à la maison Mildé, 50, rue des Desrenaudes, ou à la Société industrielle des téléphones, 25, rué du Quatre-Septembre, à Paris.
- M. A. G., à Neuilly-sur-Seine. — Vous pourriez consulter l’ouvrage Mouleur, ou art de mouler en plâtre, au ciment, à la cire, etc., par MM. Lebrun, Magnier, Robert et de Valicour, à la librairie Mulo, 42, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. G. Conty, à Neuilly. — Adressez-vous à la librairie agricole de la maison rustique.
- M. L. Jollivet Castelot, à Douai. — 4° Nous avons décrit le nouveau pont transbordeur de Rouen, avec figures, dans le n° 1375 du 30 septembre 1899, page 284; — 2° nous ne connaissons pas de traité de ce genre ; — 3° il faudrait s’adresser sur place pour avoir ces documents.
- M. le Vr E. Grimard, à Gauriac. — Pour se procurer du sérum antialcoolique, il faut s’adresser à M. le Dr Sapelier, 14, avenue Bugeaud, à Paris.
- (Voir la suite de la Boîte aux lettres page 5* des Nouvelles scientifiques.)
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications — Il n’est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite)
- M. Jacques, au Saillant (Corrèze). — 1° Vous trouverez ces produits chez les marchands de produits chimiques. — 2° Nous mentionnerons votre intéressante note. — 5° Le carcel vaut 10 bougies.
- M. R. Vincent, à Paris; M. G. Durai, à Paris. — Ces adresses ont été données en tête de la Boite aux lettres du numéro même qui contient la description des appareils.
- M. J. Curette, à Courtrai. — Les chiffres et données que vous demandez n’ont pas été déterminés: il faudrait faire des expériences pour pouvoir vous répondre.
- M. Mazeau, à Bordeaux. — Voici les modifications à faire : on prend un verre d’eau ; on ajoute une cuillerée à café d’une solution d’extrait aqueux d’ipéca, 10 grammes dans 50 grammes d’eau distillée.
- M. R. D., à Lyon. — Vous trouverez tous les renseignements que vous demandez dans une étude qui a paru sous le titre : Méthode générale d'analyse des caoutchoucs manufacturés dans la « Revue de physique et de chimie » du 15 mai 1900, à la librairie Octave Doin, à Paris.
- Un lecteur, à Belfort. — 1° Nous signalons votre invention. — 2° Il faudrait vous adresser à la maison Delagrave ou à la librairie Larousse.
- M. G. Michelin, à Paris. — L’auteur de l’article est M. D. Bellet, 18, rue des Canus, à Maisons-Laffitte (S.-et-O.).
- M. Albert Blieck, à Ternath. — L’adresse où l’on peut se procurer le gramophone a été donnée.
- Réponses — n® 1246. — Encre blanche pour tampons en caoutchouc. — Prendre du blanc d’argent broyé à l’huile et l’étendre d’essence de térébenthine jusqu’à consistance voulue. S’en servir comme de l’encre à tampons ordinaire. Comme la qualité de l’encre dépend du broyage du blanc d’argent, il est préférable de se le procurer tout prêt chez un spécialiste, la maison Lorilleux, de Paris, par exemple, qui le vend en petites boîtes de 1/4 de kg. (Communiqué par A. Munier, à Lyon (Rhône), 29, rue Lanterne.)
- Accusés de réception. — Avis divers — M. J. Ferreira de Castro, à Porto. II.faut vous adresser à un marchand de produits chimiques; nous n’avons pas d’adresse spéciale. — M. H. R., à Versailles. Nous ne connaissons nullement ce nouveau combustible. — M. R. Cordebart, à Aubervilliers. Ce sujet est tout à fait en dehors de notre compétence. — M. A. Carvalhal, à Lisbonne. Nous n’avons aucune indication à vous donner à ce sujet. — M. D. L., à Paris; M. Dumont, à Marseille. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cio.
- PETITES INVENTIONS1
- Manivelle extensible pour bicyclettes système Doyen. —~ Le nouveau système de manivelles extensibles que nous présentons s’allonge lorsqu’on fait un effort avec le pied sur la pédale pour la mise en mouvement de la bicyclette; elle reprend sa longueur primitive lorsque cet effort cesse. La
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- Fig. 1. — Détail de la manivelle extensible pour bicyclette.
- longueur de la manivelle varie suivant l’effort exercé sur la pédale; il en résulte que lorsqu’on donne un coup de pédale, la manivelle s’allonge, et par conséquent le levier, étant augmenté, l’effort est diminué et aussitôt le coup de pédale donné, la manivelle reprend sa position primitive. Pendant le parcours du pied en arrière, celui-ci fait une faible course parce que la manivelle, ne recevant pas de pression, se trouve à sa
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- longueur la plus réduite, il y a donc diminution de fatigue par suite du peu de développement du pied pendant tout son parcours en arrière. Le n° 1 de la figure 1 représente la manivelle à sa plus grande longueur et le n° 2 à sa plus courte. Elle est composée de quatre bras articulés ABCD, dont le poids total ne dépasse pas celui de la manivelle ordinaire, le bras À est calé sur l’axe du bracket E, l’extrémité I des bras C et D est disposée pour recevoir n’importe quel genre de
- Fig. 2. — Adaptation à une bicyclette.
- pédales. A cette extrémité se trouve une coulisse F dans laquelle manœuvre un boulon servant de buttée pour les courses extrêmes, plus petites et plus grandes de la manivelle. Ce boulon peut aussi servir à rendre fixe la manivelle à, la longueur que l’on désire, alors elle n’est plus extensible. En ressort GG' adapté derrière la manivelle sert à écarter la distance des bras, par conséquent, à maintenir la manivelle à sa plus courte longueur. Le chemin parcouru par la manivelle est indiqué par la flèche H. — Pour tout ce qui concerne la manivelle extensible, s’adresser à M. D. Doyen, inventeur, 178, chaussée d’Anvers, à Bruxelles. : . . .
- Étiquettes inaltérables pour plantes. —: Les jardiniers ont l’habitude d’attacher aux; plantes, fleurs* arbustes, arbres fruitiers, etc., de petites étiquettes indiquant leur nom et leur espèce, mais la pluie et les intempéries les détruisent rapidement. Les inscriptions deviennent illisibles et disparaissent bientôt. ,
- La nouvelle étiquette, qu’un jardinier infelligéiit vient '
- Nouvelle étiquette pour plantes.
- d’imaginer, supprime cet inconvénient. Ce petit appareil est formé d’un tube en verre qui contient à l’intérieur une simple étiquette en papier sur laquelle on peut écrire tout ce que l’on veut soit à l’encre, soit au crayon ; un petit bouchon en liège ferme hermétiquement le tube. C’est une petite tige de fer galvanisé qui sert à fixer le tube à l’arbre ou plante. — Le concessionnaire de cette étiquette est M. Kratz-Boussac, 1 et 5, rue Saint-Laurent, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Bandes de pansement.
- L’antisepsie dans les pansements a réalisé des merveilles; plus de suppuration, plus d’infection, guérison rapide des plaies et sans accidents. Cette perfection n’est obtenue qu’à la condition de matériaux de pansement absolument propres, désinfectés. Les bandes de toile qui servaient autrefois à fixer l’appareil protecteur d’une plaie ont disparu pour faire place à des bandes de gaze qu’on jette au feu, à chaque renouvellement du pansement.
- Cette impossibilité d’utiliser les pièces de pansement plusieurs fois, comme jadis, après un lessivage, un nettoyage*
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- élève singulièrement le prix, question importante dans les services hospitaliers, militaires ou civils. Aussi doit-on, tout en respectant la question de l’antisepsie, chercher le bon marché, le prix de revient le moins élevé.Notre collègue, le Dr Desfosses, montre qu’on peut faire mieux encore qu’aujourd’hui pour les bandes de pansement, dont on use annuellement quelques millions de kilomètres. On se sert habituellement de la tarlatane, tissu de coton treillage qui est empesé avec l’empois courant, dextrine et amidon. Or ce tissu empesé est raide, dur et, d’une façon générale, la première opération avant de s’en servir consiste à enlever l’empois par le rinçage à l’eau chaude ; on trempe ensuite les bandes dans une solution antiseptique variable suivant les cas.
- M. Desfosses trouve plus simple de se servir du tissu sans empois ; il prend la gaze mousseline, la même qui empesée devient la tarlatane et y découpe des bandes de la largeur et de la longueur voulues. Cette gaze mousseline porte dans le commerce le nom de « singalette » ; elle se fabrique en grand à Tarare, à Roanne et dans quelques autres centres manufac-
- turiers. C’est un tissu souple, absorbant bien les liquides et pouvant ainsi se prêter au rôle multiple de bandes, de mèches, de drains, de compresses, etc. Son prix est très modeste ; il varie suivant le serré de la trame. La singalette se fait en divers numéros, 6, 7, 8 ; pour connaître le numéro de la gaze il n’y a qu’à compter le nombre de. fils se croisant dans un centimètre carré. Six fils donnent le n° 6 ; sept, le 7, etc. Or le prix du n° 6 est en fabrique de 7 centimes et quart le mètre courant, en 60 centimètres de large. Une pièce de 10 mètres coûtera donc en gros, 80 à 90 centimes, au détail, un peu plus; mais dans une pièce de 10mètres vous avez déjà de quoi couper un joli nombre de bandes ou de compresses. La singa-létte est du reste employée depuis longtemps par bien des spécialistes pour les pansements du nez, de l’oreille, en petites bandelettes, ou pour de petits tamponnements ; mais on la connaît encore trop peu et M. Desfosses a raison d’appeler I’àttention des chirurgiens et surtout des administrations sur l’emploi de cette gaze mousseline, moins chère que la tarlatane et bien plus pratique. Dr A. Cartaz.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49a,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 14 mai.... 7%3 N. E. 5. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 21. h ; très nuag. ensuite : petite pluie de
- 9 h. 1/2 à 11 h.
- Mardi 15 7*,4 N. N. E. 4. Beau. 0,1 Beau le matin; très nuageux le soir.
- Mercredi 16 N. E. 2. Beau. 0,0 Beau ; halo.
- Jeudi 17 8-,2 N. E. 3. Beau. 0,0 Nuageux de 9 à 13 h. ; beau avant et après.
- Vendredi 18 9*4 N. 2. Beau. 0,0 Beau le matin; très nuageux le soir; halo.
- Samedi 19 8*,0 N. N. E. 4. Beau. 0,0 Nuageux jusqu a 18 h. ; beau ensuite.
- Dimanche 29... . 7*,1 S. E. 1. Beau. 0,0 Beau ; brumeux.
- MAI 1300.
- SEMAINE DU LUNDI 14 AU DIMANCHE 20 MAI.
- Samedi
- | Dimanche j
- * La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à f abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. •
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Tempêtes. — A^ Brest, le 13 mai, le vent a soufflé en tempête. Le canot, de sauvetage de l'ile Molène a réussi à sauver trois hommes d’un dundee qui s’est brisé sur des rochers au nord-est de l'ile Molène.NLa prélecture maritime a été avisée du naufrage, corps et biens, d'un dundee à la grève Merrien, près du cap Fréhel. 7
- One violente tempête du nord-est a eu lieu à Cherbourg le 14 mai. La mer a été démontée et les vagues déferlaient par-dessus la digue.
- La rade était impraticable et les forts eu mer n’out pu être ravitaillés. On n'a pas signalé de sinistres.
- A la même date, il a fait en mer, pré i de Calais, un lort mauvais temps : la malle do Douvres est arrivée avec plus d’une heure de retard.
- Orage. — Un orage mêlé de grêle s'est abattu, dans la nuit du 13 au limai, sur la vallée du Chsmpsaur (Hautes-Alpes), La foudre a mis le feu au village du Noyer. Neuf maisons couvertes eu chaume ont été détruites. Une veuve, M“* Villard, est morte asphyxiée dans l’incendie. Tout le bétail du village a également péri.
- La température. — Pendant cette semaine, la température moyenne a. été au-dessous de la normale de 4® à 5° environ. Le 13 mai. le thermomètre marquait -(- 8° à Paris à 8 h. Le 14 mai, ou notait 5’ à Prague, 7° à Paris, 21° a Alger. La température est restée basse les 15 et 16 mai, par grande brise de N.-E. Le 19, il a gelé à Châlons-sur-Marne. Le thermomètre, serait même descendu à 7° au-dessous de zéro.
- PHASES DE LA LUNE ; f*. L. ie 14, à 3 k, 4* m. du soir.
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